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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:59

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Les unions homosexuelles au programme du Parlement en 2012

 

Le Parlement cubain débattra en 2012 de la légalisation des unions entre personnes de même sexe dans le cadre des efforts des autorités cubaines pour mettre fin à toutes les discriminations, a annoncé lundi la sexologue Mariela Castro, fille du président cubain Raul Castro. | Str Réagir Le Parlement cubain débattra en 2012 de la légalisation des unions entre personnes de même sexe dans le cadre des efforts des autorités cubaines pour mettre fin à toutes les discriminations, a annoncé lundi la sexologue Mariela Castro, fille du président cubain Raul Castro. "Comme l’a indiqué la ministre de la Justice (Maria Esther Reus), la discussion du sujet est inscrite dans le plan législatif de 2012", a expliqué la directrice du Centre national d’éducation sexuelle (Cenesex) qui mène depuis plusieurs années une campagne en faveur de la reconnaissance des droits des homosexuels. La proposition de loi ne concerne pas un mariage, mais une union libre, telle que le prévoient déjà les lois cubaines, a ajouté Mariela Castro dans un entretien au site internet d’Etat Cuba Si. "En ce moment, l’avant-projet de modification du Code de la famille est soumis à l’examen des juristes du ministère de la Justice et de professionnels de l’Union nationale des juristes", a ajouté la responsable cubaine. La fille du président a par ailleurs espéré que la conférence du Parti communiste de Cuba (PCC) du 28 janvier adopte une "politique de non discrimination" qui ouvre la voie à l’examen de ce projet par le Parlement. "L’objectif de ce projet répond à la nécessité de reconnaître et protéger, toujours plus fermement, les droits de toute la population", a expliqué Mariela Castro. Le Parlement cubain se réunit deux fois par an, en juillet et en décembre.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:53

 

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Avec Denise Urcelay-Maragnès.

 

Questions-Réponses

 

 

 

- Michel Porcheron : - Le thème de votre thèse et de votre livre est atypique, original. De toute évidence, vous avez occupé un terrain laissé à l'abandon. En français et aussi en espagnol, ce qui est plus curieux. Comment expliquez-vous cela ?

 

 

Denise Urcelay-Maragnès (D. U-M) : - Bien sûr, j’aurais tendance à expliquer ce vide par le mépris accordé aux « petits » pays, anciennes colonies des puissances européennes et particulièrement ici envers Cuba. Dans la préface à Cuba, otro escenario de lucha (Madrid, 1988) de Consuelo Naranjo Orovio, Elena Hernández Sandoica regrette que « la historiografía española —imposible negarlo— no ha venido prestando atención suficiente, como hubiera sido de esperar, a una dimensión del pasado colectivo que pasa, indiscutiblemente, por tantas repúblicas americanas. Y que, de modo excepcional, hace de Cuba —quizá— el más privilegiado de los lugares de exploración» 1

 

Oubli que Consuelo Naranjo Orovio comble chaque jour, au sein du Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC), par ses recherches notamment sur l’émigration espagnole à Cuba.

 

Par ailleurs, il semble que -je ne connais pas tous les travaux-, l’action des Brigadistes Internationaux (B.I) n’ait pas vraiment fait l’objet des études attendues : la première élaborée à base de données d’archives et de témoignages est celle de Rémi Skoutelski sur le volontariat français en 1996. 2 Et j’ai tenté de suivre le chemin qu’il avait ouvert si généreusement.

 

Ce constat ne donne pas, seul, la clé de l’abandon de l’étude de la solidarité internationale par les historiens. Sans doute l’histoire de la guerre d’Espagne occupait-elle toute leur attention et les BI étaient-elles laissées à leur histoire nationale.

Et la difficulté à Cuba était patente : la recherche supposait de nombreux voyages hors de Cuba, même si des documents existent dans les diverses archives et bibliothèques de La Havane. D’ailleurs, quelques historiennes cubaines s’étaient déjà penchées sur le sujet, puis la recherche n’eut pas de suite. 3 Cependant, récemment deux historiens cubains ont consulté les archives du Komintern à Moscou pendant plusieurs mois et ont ramené à Cuba plusieurs centaines de documents constituant ainsi un fonds précieux pour l’étude de cette question.

 

- Quel fut le point de départ de vos recherches, existe-t-il un travail antérieur qui a retenu particulièrement votre attention ?

 

D.U-M : - Sous la direction de Ramón Nicolau, premier responsable de la commission de recrutement de volontaires, fut réalisé un recueil de témoignages de vétérans de la guerre. Cet ouvrage, Cuba y la Defensa de la República española, 4 fut publié en 1981 à l’occasion de la remise de la médaille du combattant internationaliste. Un autre ouvrage d’Alberto Alfonso Bello et Juan Pérez Díaz suivit en 1990, intitulé Cuba en España. Una gloriosa página de internacionalismo.

 

C’est le premier ouvrage qui va être déterminant pour moi : outre l’intérêt des témoignages, une liste d’environ 732 volontaires fermait le livre et suscitait de nombreuses interrogations.

La principale, qui va me pousser dans ma recherche, est la suivante: la solidarité

combattante de plusieurs centaines de Cubains faisait problème au regard du long passé colonial de la Grande île et des dures guerres d’indépendance (1868-1878, 1895-1898) contre la puissance colonisatrice espagnole.

De même que les sentiments à l’égard des Espagnols et de l’Espagne qui continuèrent de régner une fois Cuba indépendante. On sait qu’à la paix, et à compter de 1902, les Cubains se détournèrent de l’ancien maître déchu; certains, comme l’anthropologue Fernando Ortiz, regardèrent vers le Nord, après une critique sévère de l’Espagne décadente et impérialiste. 5

De plus, les nouveaux flux de population espagnole, importants et continus, qui se déversèrent dans l’île ravivèrent les conflits entre les travailleurs des deux nations en même temps que les liens intercommunautaires, jusque dans les années 30.

 

Qu’est-ce qui avait changé en 1936 pour que les sentiments anti-espagnols soient bouleversés ? C’est ce que je me suis attachée à comprendre.

 

- La Guerre d'Espagne, si je me réfère à votre biographie, appartient à votre culture depuis longtemps ?

 

Je suis fille d’Espagnol, plus précisément d’un ouvrier basque originaire de la province de Guipuzcoa, qui travailla dans l’industrie des armes de la zone de Vitoria et Eibar. Dans les années 1920, il émigra en France avec l’ensemble de l’usine qui s’implanta alors à Hendaye, terre de passage, de refuge et d’enracinement de nombreux flux migratoires espagnols. Comme ses camarades de travail, il connut la formation politique et les luttes ouvrières du bassin industriel basque espagnol. Ce groupe de travailleurs fut grossi en raison de la guerre civile par ceux qui fuyaient les bombardements du Nord, et la répression qui sévit après la défaite républicaine. Cette implantation de travailleurs syndicalistes et militants politiques marqua les luttes en Pays basque français, traditionnellement conservateur.

 

Outre le fait que partie de ma famille guipuzcoane traversa la frontière française pour se réfugier dans le Sud-Ouest de la France en raison des bombardements des fascistes, on peut comprendre alors que l’ambiance, les discussions, les lectures de la presse et l’écoute régulière de radio Pirenáica et radio Moscou ont été les « contes » de mon enfance. La Guerre d’Espagne de même que la Seconde Guerre Mondiale et les camps nazis participèrent de la formation d’une petite fille qui jamais n’a oublié les principes internationalistes de son père.

 

- L'écrivain espagnol Antonio Muñoz Molina, qui n'est pas forcément votre auteur de chevet, a déclaré que dans les années 80 en Espagne, nul ne parlait de la Guerre civile.

A partir de quand en parle-t-on ? Aujourd'hui en parle-t-on vraiment ? Car il semble que l'Espagne, en tout cas, une certaine Espagne "refoule" toujours ce passé.

 

Je ne vis pas en Espagne et mes amis espagnols sont précisément des personnes engagées dans le sauvetage de la mémoire de la Guerre civile. Par conséquent, il est difficile de construire une vision générale du phénomène. Cependant on peut voir que, outre la parution, depuis les années 1980, des travaux d’historiens espagnols, les « Asociaciones para la recuperación de la memoria » et leurs actions se multiplient à travers le pays. On publie aussi des témoignages de soldats républicains ou autres témoins qui durent se taire pendant le régime franquiste et la Transition. Je crois que l’Espagne, ou une partie, est en train de prendre la parole malgré de fortes intimidations. Il n’est qu’à voir le sort réservé au juge Baltasar Garzón [accusé de forfaiture pour avoir voulu instruire les crimes du franquisme, ndr]. Mais on ne peut en conclure à un intérêt général pour la guerre civile. Je ne saurais dire si les travaux très nombreux sur la guerre proprement dite et sur la répression sont lus par un nombre significatif d’Espagnols. Néanmoins, il semble qu’un mouvement favorable au rétablissement d’une république laïque se fait jour.

 

- Qui sont selon vous les grands écrivains ou historiens, espagnols et non espagnols de la Guerre d'Espagne ? Hemingway, Malraux, Orwell, Hugh Thomas... ? Et parmi les auteurs français...parmi les auteurs cubains?

Cela pour aider ceux, jeunes ou moins jeunes, à la recherche d'une bibliographie de base.

 

En effet, Hemingway, Malraux, Orwell, ont apporté des témoignages qui constituent les grands textes de la guerre civile et de la littérature. Textes qui donnent trois visions de la guerre, à travers des situations et des protagonistes divers. Parmi eux, Malraux combattra dans les airs et c’est son honneur. Ajoutons parmi les écrivains que vous citez le témoignage de Arthur Koestler, Dialogue avec la mort (Un testament espagnol).

Hugh Thomas, quant à lui, ne consigna pas les Cubains dans ses chiffres des combattants internationaux : il ne signale que l’ensemble des Latino-américains dans son pourtant très important et imposant ouvrage.

 

On pourrait citer de nombreux autres historiens, ils sont si nombreux que j’en indique seulement quelques-uns de tendances politiques diverses : Victor ALBA, Michael ALPERT, Pierre BROUE, Emile TEMIME Emile, Gerald BRENAN, Pïerre VILAR, Gabriel CARDONA Gabriel, Andreu CASTELLS Andreu, Dolores IBÁRRURI Dolores, Artur LONDON, Mirta NUÑEZ DÍAZ-BALART, Stanley PAYNE, Abel PAZ, Jesús et Ramon SALAS LARRAZÁBAL, Manuel TUÑÓN de LARA et Angel VIÑAS.

 

Il faut signaler les auteurs cubains 6 qui allèrent en Espagne à titre de correspondants de guerre pour la majorité et qui ont envoyé leurs articles avec leur vision de la guerre.

 

- Avec votre livre maintenant en espagnol, allez-vous chercher un écho particulier chez vos amis les Cubains ? Institutions, historiens, essayistes? Car vous leur apportez un travail clé en main unique, alors que, probablement, faute de moyens matériels, ils n'ont pas, de toute évidence, prolongé leurs recherches depuis une vingtaine d’années.

 

J’ai offert la première édition (2008) au responsable de la culture de l’Ambassade de Cuba à Paris. Une invitation à une présentation de l’ouvrage a été promise qui n’a pas vu le jour. Une association cubaine d’exilés en France (Raíces Cubanas) m’a invitée à le présenter lors de la fête du journal communiste l’Humanité. Le Centre culturel Pablo de la Torriente de La Havane a publié un article dans son bulletin digital Memoria. J’ai offert également l’ouvrage à une responsable de La Casa de Las Américas invitée avec d’autres intellectuels cubains à un colloque littéraire dans l’île de la Guadeloupe où je vis.

 

Pour l’ouvrage en espagnol, j’ai, bien entendu, informé des Institutions de La Havane (Institut d’Histoire et Centre Pablo de la Torriente Brau) et mon vœu est de remettre quelques exemplaires du livre en espagnol aux amis cubains qui m’ont aidée. Pour ce faire, mon souhait était d’aller à la Feria del Libro de ce mois de février mais tant les propositions des organisateurs de la Feria que les moyens économiques de mon éditeur et les miens ne me permettent pas de réaliser ce projet. Il faudra attendre une autre occasion…

 

- J'ai lu que vous aviez participé, avec d'autres chercheurs et experts, aux récents travaux d'identification de ce qu'on appelle "le Brigadista cubano de Centelles", du nom du grand photographe catalan appelé souvent "le Capa espagnol".

Pourriez-vous nous rappeler ce qu'est cette « affaire » et nous dire où en est ce groupe de spécialistes ?

 

D’abord, nous ne constituons pas une équipe de chercheurs permanente. C’est la

découverte de deux photographies d’un volontaire « afro-américain » qui nous a réunis. Elles faisaient partie du lot de précieuses photographies de la guerre héritées par les fils du photographe espagnol Centelles. Ce volontaire était-il nord-américain ou cubain ?

Puisqu’il tenait dans ses mains la banderole de la Centuria Guiteras cubaine on fit

l’hypothèse qu’il était cubain mais son identité n’était pas connue.

C’est donc pour la recherche de son identité que les responsables de ALBA, Archives de la Lincoln Brigade à New York, ont pris contact avec moi et d’autres chercheurs. Il n’a pas été possible d’identifier avec certitude ce jeune volontaire même si les responsables de ALBA émettaient l’hypothèse qu’il s’agissait d’un cubain, surnommé José « Cuba Hermosa », ami de Rodolfo de Armas, et défilant à Barcelone le 17 janvier 1937. Que je sache, on en est resté à ce stade de connaissance.

 

- Un entretien se termine souvent par la question rituelle: Quels sont vos travaux actuels et à venir ?

Car il facile d'imaginer que vous êtes loin d'avoir épuisé tout le matériel

accumulé pendant des années. A moins que vous passiez à autre chose.

 

Aujourd’hui je m’attache à présenter la participation cubaine à qui le demande,-associations, universités, lycées, ou institutions- puisque si mon travail a été un travail d’histoire, maintenant il est nécessaire de faire connaître l’histoire, tout au moins une vision de cette histoire, des oubliés des historiens.

 

Le matériel mérite d’être enrichi. Ainsi les travaux que j’aimerais poursuivre sont doubles : -D’abord, avoir accès aux documents ramenés de Moscou à Cuba, afin d’apporter des compléments et des correctifs à mon étude.

 

Ensuite, approfondir la question que j’ai abordée dans ma thèse et dans le dernier chapitre de mon livre : l’étude du devenir social et politique des ex-vétérans à leur retour à Cuba. Quelle fut leur attitude face à l’alliance des communistes avec Fulgencio Batista qui les avait réprimés, et face à l’émergence de groupes insurrectionnels jusqu’en 1959 ? Ainsi on pourrait voir, peut-être, si le retour fut un abandon de la lutte armée qu’ils avaient reportée en 1937.

(dum/mp)

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:39

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Pourquoi ces mille Cubains ont-ils pris le bateau pour défendre l’Espagne ?

 

par Michel Porcheron

 

En 1933, le dictateur Gerardo Machado avait été renversé. La « révolte des sergents », au cours de laquelle s'illustra, déjà, un certain Fulgencio Batista qui devait y gagner ses galons de colonel (autoproclamé), amène au pouvoir un gouvernement nationaliste et progressiste, celui de Grau San Martin. Mais les Américains ne devaient supporter ce gouvernement que pendant quelques mois. Et de 1934 à 1940, des « présidents » imposés par la force, et qui ne seront que des figurants que manipulait Batista pour le compte de la puissance protectrice (A.Demichel, Université de Lyon II, 1980).

 

Pour la petite histoire, ces « présidents » hommes de paille s’appelaient Carlos Hevia, Carlos Mendieta, José A. Barnet, Miguel Mariano Gomez, Federico Laredo Bru…et le 14 juillet 1940, « l’homme fort » Batista que manipulait la puissance protectrice, parvint à se faire élire président.

 

 

Sans le recueil de témoignages de première main et de courtes biographies de combattants volontaires cubains intitulé Cuba y la defensa de la República española, de Ramon Nicolau, - qu’elle découvrit en 1996-- Denise Urcelay-Maragnès, résidant alors en Guadeloupe, ne se serait jamais lancée dans plus de dix ans de recherche, qui ont fait d’elle le seul auteur en français et en espagnol ayant à son actif une monographie sur ces Cubains qui, entre 1936 et 1939, ont combattu dans le camp des Républicains espagnols.

 

Il sera toujours fondamental et opportun de rappeler que ce travail appartient au domaine universitaire. Et il est remarquablement écrit. Les onze chapitres sont autant d’ « aventures » politiques et humaines, autant de récits qui, écrits au présent, captivent l’attention.

 

 

Ramon Nicolau

 

Quand elle commença ses propres recherches, elle ne pouvait compter qu’avec deux seuls ouvrages, qui faisaient autorité, celui de Ramon Nicolau première monographie à Cuba sur les Cubains dans la Guerre d’Espagne, et celui également publié à La Havane dix ans plus tard, de Alberto Bello et Juan Perez Diaz, Cuba en España, qui complétait judicieusement le recueil de Ramon Nicolau.

 

 

 

Alberto Bello

 

A ce sujet, on peut émettre deux regrets : que ces deux livres de base, ou leur équivalent, n’aient été publiés que 42 et 51 ans après la fin des combats et le retour des rescapés à Cuba [soit 22 et 31 ans après la Révolution de 1959]. Suffisamment de temps pour que des anciens de la Guerre civile trépassent dans l’intimité de leurs familles, soit autant de témoignages perdus.

 

Et que ces deux livres n’aient pas été par la suite actualisés. Pour des motifs qui n’ont pas été explicités, laissant place à des hypothèses qui relèveraient de l’interprétation de chacun. La Révolution était engagée sur d’autres fronts, plus prioritaires, peut-on penser. De même pour le monde de l’édition, à partir de 1959.

 

A l’inverse, on peut comprendre que les deux auteurs cubains n’aient exploité principalement que des sources cubaines. Si Alberto Bello cite des sources étrangères, c’est à la suite de recherches dans plusieurs bibliothèques de son pays.

 

 

 

Est-ce que c’est parce que Alejo Carpentier était romancier, qu’aucun chercheur, nulle part, n’ait pris en considération, dès la fin des années 70, tous les premiers chapitres de « La Danse sacrale » (1980, La Consagración de la primavera, 1978) qui ont pour toile de fond la Guerre d’Espagne, avec de nombreuses mentions de « personnages » cubains mêlés aux combats ? Alejo Carpentier eut l’occasion d’avancer le chiffre d’un millier de combattants cubains.

 

 

Pablo de la Torriente Brau

 

Un autre auteur fait autorité sur le thème des Cubains en Espagne, et pour cause puisqu’il fut combattant et mort au combat fin 36, à Majadahonda, près de Madrid. Il s’agit de Pablo de la Torriente Brau, journaliste et écrivain cubain, né à Porto-Rico. Que les lecteurs francophones ne peuvent découvrir, aucune de ses œuvres – édités actuellement dans leur intégralité à Cuba—n’a été traduite.

 

C’est à partir de cette documentation, à la fois essentielle et partielle, que Denise Urcelay-Maragnès entreprit sa thèse de doctorat (achevée en 2006, mention très honorable, avec les félicitations du jury), dont le directeur de recherches a été le professeur français Alain Yacou, « cubanista apasionado ».

La version en espagnol (chez Lobo Sapiens) vient d’être mise en circulation, trois ans après l’édition en français (chez l’Harmattan).

 

L’agence espagnole EFE a consacré à « La Leyenda Roja, Los Voluntarios cubanos en la guerra civil española » la présentation suivante :

 

http://www.20minutos.es/noticia/1141404/0/Denise-Urcelay-Maragnes/cubanos/guerra-civil/

 

A ce jour, on l’aura compris, Denise Urcelay-Maragnès est la seule à avoir enquêté, menant partout où elle s’est rendue un véritable travail de fourmi. Ces dernières années, à sa liste initiale de 1056 volontaires cubains, elle en a ajouté quarante cinq autres eux aussi « sortis de l’oubli », pour un nouveau total de 1101. Ce n’est là qu’un aspect finalement minime de ses recherches.

 

Lire attentivement ses trois pages de sources (hors bibliographie), à Cuba, en Espagne, aux Etats Unis, en France, en Suisse, ainsi que la liste des organisations dans ces pays qu’elle cite, donne un net aperçu de l’ampleur de ses investigations.

 

On passe ainsi de l’Archivo nacional de Cuba, des Archives de la Brigade Lincoln à New York, à la Croix rouge internationale de Genève, en passant par l’Espagne (archives de Alcala de Henares, Avila, Salamanque…), la préfecture de police de Paris, etc…En France, elle a enquêté aussi à la Bibliothèque de la Rochelle et travaillé dans les locaux qui abritent les archives départementales des Pyrénées Atlantiques (Pau), de la Seine Maritime (Rouen), de la Gironde (Bordeaux)…

 

Sur le site www.amazon.fr, on peut « feuilleter » avec intérêt la quasi-totalité de la Table des matières, de la Bibliographie ainsi que huit des dix tableaux du livre. Là encore, les titres de ces tableaux confirment, si besoin est, la profondeur de ce travail : notamment, « Appartenance politique à la date de l’engagement », « Activités politiques avant l’enrôlement », «  Professions », « Répartition par classe d’âge », « Les décès et les fronts », tableaux établis en fonction des données disponibles.

 

 

Maria Luisa Lafita

 

Lors de ses recherches à Cuba, l’auteure a pu recueillir les témoignages d’anciens volontaires, comme Maria Luisa Lafita, Mario Morales Mesa, Manuel Ortega, ainsi que le recruteur Victor Pina. Cependant le grand âge de certains autres et leur état de santé, déduit-on, n’a pas permis de mener à bien d’autres entretiens prévus.

 

La seule existence de ce livre désormais en français et en espagnol n’est pas un argument suffisant pour que sa valeur soit affirmée.

Non seulement, avec toutes les données recueillis à ce jour par l’auteure, l’ouvrage fait nettement avancer les recherches sur ce thème, mais de plus elle apporte sur le volontariat cubain un point de vue original, atypique.

 

En effet, on a souvent expliqué le grand nombre de combattants cubains par leurs convictions antifascistes. Mais l’antifascisme, présent dans leurs témoignages (tout comme dans les témoignages des autres Brigadistes internationaux) ne peut à lui seul expliquer leur engagement.

Selon Denise Urcelay-Maragnès, l’engagement cubain est singulier quant on met en lumière l’originalité des conditions de décision de participer à la Guerre civile espagnole ainsi que le changement des sentiments cubains envers l’Espagne et les Espagnols.

 

A Cuba dans les années qui ont suivi « l’indépendance » et surtout à partir des années 20, une nouvelle génération de Cubains prenait conscience non seulement de la perte du pouvoir économique et politique mais également de celle de l’identité cubaine.

 

 

 

 

 

Liste établie en 1981 des Cubains morts au combat (1 ere partie)

 

 

Ce furent des années de lutte antidictatoriale croissante jusque dans les années 1930. Après l’échec de la grève générale de 1935 et la répression de Fulgencio Batista qui s’ensuivit, les projets insurrectionnels ne furent pas abandonnés. En 1936, à l’heure du coup d’Etat militaire en Espagne, les groupes favorables à un renversement du régime de Batista cherchaient, sans y parvenir, l’unité. Cependant, malgré leur désaccord, ils attendaient tous la décision d’insurrection à Cuba.

 

Par ailleurs, en septembre-octobre 1936, le Komintern décida de recruter des combattants étrangers. Par conséquent, le PC cubain, engagé secrètement dans ce projet d’insurrection, eut alors pour tâche d’organiser le recrutement. Pour ce faire, il dut attendre la décision des organisations insurrectionnelles.

 

En décembre 1936 ou janvier 1937, à Cayo Largo (Floride), cette perspective

Insurrectionnelle tant attendue est abandonnée, abandon présenté comme un simple report.

Et, en ce même lieu, la majorité décide d’aller en Espagne.

Pour la première fois on devait renoncer aux plans de reconquête de l’indépendance nationale.

 

Seconde partie

 

 

Ce fut une nouvelle frustration. Une question se pose alors : le combat en Espagne est-il un combat de substitution comme l’annonçait déjà en juillet 1936 Pablo de la Torriente Brau, le dirigeant politique de la « Organización Revolucionaria Cubana Antimperialista » (ORCA). Il écrivit de New York où il était exilé depuis 1935: La revolución está en ‘el punto muerto’ …ahora me consuelo con la revolución española.» 1 (28-7-36).

 

Mais la seule faillite du mouvement révolutionnaire et l’analyse des conditions de

décision de partir en Espagne suffisent-elles à expliquer l’importance de la participation cubaine ?

Il faut encore tenir compte, selon l’auteure, des nouvelles représentations de l’Espagne et des Espagnols qui surgissent lorsque la lutte révolutionnaire embrase l’Espagne. Les sentiments anti-espagnols qui règnent dans Cuba indépendante se transforment à cette occasion. Il ne reste rien du fort anti-espagnolisme. Une double vision de l’Espagne naît: la véritable Espagne face à l’Anti-Espagne

 

Un groupe de Cubains au départ de New York

 

La véritable Espagne est celle d’un peuple par essence rebelle, révolutionnaire, qui a vaincu Napoléon en 1802, dépositaire de l’essence de l’âme espagnole. Les crimes de la colonisation ne sont pas imputables à ce peuple mais aux castes privilégiées responsables de la Conquête.

L’Espagne véritable, éternelle, est redécouverte comme Espagne populaire des opprimés, opposée à l’Espagne responsable de la « Légende noire », l’Espagne de « Pizarro, de Weyler, de Franco y de Marañón » 2. C’est cette Anti-Espagne qui a perpétué au cours de l’histoire les horreurs commises contre l’humanité tant sur le sol de la Péninsule qu’en Amérique.

L’identification avec le peuple espagnol et son combat se produit de l’intérieur et non comme une toute simple solidarité. Elle passe par la filiation, reconnue et affirmée. Avec la guerre civile, l’Espagne, rencontrée dans son peuple combattant, coule de nouveau dans la chair cubaine, dit Denise Urcelay-Maragnès La cubanité alors reconnaît dans ses racines hispaniques les éléments les plus nobles à l’œuvre déjà dans les luttes ouvrières à Cuba.

 

C’est bien la conjonction entre l’échec du processus révolutionnaire à Cuba et la

résistance d’une partie des Espagnols au coup d’Etat des militaires qui est déterminante dans le nouveau regard sur la Péninsule et, par conséquent, qui œuvre dans la solidarité combattante avec la lutte révolutionnaire et républicaine.

 

Hormis cette thèse centrale qu’elle expose, Denise Urcelay-Maragnès apporte par ses recherches d’autres éléments particuliers sur l’engagement cubain.

 

S’il est d’usage, rappelle-t-elle, de considérer les combattants étrangers comme des combattants des Brigades internationales (BI), les Cubains présentent pour leur part une singularité.

Les 1101 volontaires, ou plus, intégrèrent à la fois les Brigades internationales et les Brigades proprement espagnoles. Et d’après les documents étudiés ils furent plus nombreux dans les Brigades espagnoles. L’engagement dès les premières heures d’exilés cubains en Espagne et la communauté de langue furent les raisons de cette originalité.

 

 

 

Retour à La Havane

 

En effet, la majorité des volontaires cubains intégrés dans les BI venaient des Etats-Unis tandis que ceux qui vivaient en Espagne rejoignirent les colonnes ou les milices puis les Brigades espagnoles.

Ceux qui venaient de La Havane furent répartis dans les deux types d’unité. Ainsi, ce fait est connu, un nombre important lutta dans les bataillons de la BI XV: d’abord le Bataillon (Bon) Lincoln 58, puis le Bon espagnol 24/59, quelques uns dans Le Bon britannique 57, et le Bon canadien. D’autres intégrèrent trois BI. Ceux des Brigades espagnoles (près de 70) elle les a retrouvés dans des divisions Líster, du POUM trotskiste, du Campesino, la Division Columer de même que dans l’Armée basque.

 

On peut penser et conclure que nombre de ces combattants, plus difficiles à localiser que ceux des BI, restent inconnus. Leurs noms sont-ils enfermés dans quelques documents des archives du Komintern et des archives provinciales ou sont-ils perdus à jamais ?

 

L’apport cubain au livre

 

Dans les remerciements (agradecimientos), Denise Urcelay-Maragnès se réfère notamment et tout naturellement aux apports de nombreuses personnes cubaines « qui l’ont accompagnée tout au long de ce travail », parmi lesquelles en premier lieu Gabriel Molina (Granma International), puis Coralia Alonso (Archivo Nacional) Victor Casaus (directeur du Centro Cultural Pablo de la Torriente Brau), Angelina Rojas et Waldo Brunet (Instituto de Historia del Movimiento Comunista y de la Revolución Socialista de La Habana), ainsi que d’autres personnalités comme Jesus Guanche, Miguel Barnet…

 

NOTES :

 

(1)- Avant la sortie (2008) du livre en français de Denise Urcelay-Maragnès, l’hebdomadaire cubain Granma International avait publié le papier suivant (en français) censé faire le point sur les travaux cubains :

 

http://www.acer-aver.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=150&Itemid=42

 

et (espagnol) notamment :

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=66629 (avec photos et documents, en particulier la liste (non exhaustive) des Cubains tombés aux combats)

L’existence du livre en français de D.U-M ne fut mentionné par nous qu’en février 2010 (lors de sa sortie en France et l’année qui suivit, nous étions à Cuba) dans (en espagnol):

 

http://www.granma.cu/espanol/2010/febrero/mier3/universo.html

 

Le dernier « épisode » de l’histoire des Cubains dans la Guerre d’Espagne fut « l’affaire », début 2010, de la photo de Agusti Centelles, celle de l’identification – jusqu’ici vaine- de ce jeune « afro-américain ».

 

 

 

 

On peut voir :http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10168&lg=es (mp)

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:37

scr_120105-Db8df-1382d.jpgDébut janvier, le gouvernement Obama a dévoilé la nouvelle stratégie du Pentagone, « Maintenir le leadership global US : Priorités pour la défense du 21ème siècle ». Plutôt que de couper dans les dépenses de l’appareil militaire US, il s’agit clairement surtout de réorganiser les priorités du Pentagone pour assurer une domination absolue pour les premières décennies du 21ème siècle (dominer n’importe quelle nation, n’importe où, n’importe quand, à n’importe quel degré de force).

 

 

Le président Obama l’a dit lui-même, après que les dépenses militaires aient pratiquement doublé durant la période Bush, la stratégie va ralentir la croissance des dépenses militaires, « mais… ça va continuer à croître : en fait de 4% dans l’année qui vient. »



La nouvelle doctrine place la Chine et l’Iran au centre des préoccupations sécuritaires des USA. Ainsi, elle met en priorité l’expansion des capacités militaires des Etats-Unis en Asie et dans les océans Pacifique et Indien, en « rééquilibrant vers la région Asie-Pacifique… en s’appuyant davantage sur nos alliances existantes. » Cela comprend le Japon, la Corée du Sud, les Philippines et maintenant l’Australie et l’Inde ainsi que les « pivots » US, de l’Irak à l’Afghanistan jusqu’au cœur de l’économie globale du 21ème siècle, l’Asie et le Pacifique. Les implications pour Okinawa et le Japon devraient être claires : pour s’assurer que le Japon restera son porte-avion insubmersible, Washington va faire tout son possible, notamment faire pression pour construire la nouvelle base aérienne à Henoko.



La Russie « reste importante », mais les priorités tendent à s’assurer que le développement de la Chine se réalise dans les systèmes globaux de l’après-deuxième guerre mondiale dominés par l’Occident et le Japon. La focalisation sur l’Iran vise à s’assurer que les ambitions de Téhéran ne viennent pas compromettre le contrôle néocolonial par les Occidentaux du pétrole essentiel à leurs capacités économiques et militaires.



C’est pourquoi la Chine et l’Iran sont les premières cibles de systèmes d’armement à développer ; d’alliances militaires US étendues, de bases, d’accords d’accès et d’exercices militaires à un rythme accru ; ainsi que de capacités avancées dans le domaine des guerres cybernétique et spatiale.



Par rapport au pétrole du Moyen-Orient, la stratégie insiste explicitement sur les responsabilités extraterritoriales (comprenez le Sud) de l’Otan « en cette période de ressources restreintes ». Ce point doit être renforcé par des opérations de contre-terrorisme à l’échelle mondiale, notamment en mettant davantage l’accent sur les opérations secrètes des Forces Spéciales. Et, parmi les différentes failles de la stratégie, notons l’importance donnée au partage du fardeau financier et militaire par l’Otan et les autres alliés US, un objectif qui ne sera probablement pas atteint alors que l’Europe est plongée dans la tourmente économique.



La stratégie signale que le président du Conseil National de Sécurité révise actuellement la position sur le nucléaire. Il devrait au minimum réduire le rôle des armes nucléaires dans les politiques militaires ainsi que le nombre d’armes dans l’arsenal US en cas de second mandat du gouvernement Obama. Une mesure à mettre en parallèle avec le discours du Président à Prague ainsi que l’extorsion politique qui l’a conduit à adopter l’augmentation de 185 milliards de dollars de dépenses pour de nouvelles armes nucléaires et systèmes de lancement pour la prochaine décennie dans le but de décrocher la ratification du traité New START. (1)




(1) : le New START est un traité sur la réduction d’armes nucléaires conclu entre les Etats-Unis et la Russie signé à Prague le 08 avril 2010. Après avoir perdu les élections de mi-mandat, le président Obama est parvenu à faire passer cette décision décriée par les Républicains en consentant une augmentation du budget alloué au maintien et à la modernisation des arsenaux nucléaires militaires. (ndlr)

 

Source orignale : Counterpunch

Image : defense.gov

Traduit de l'anglais par Investig'Action

Source : michelcollon.info

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:34

cuba-embargoa637-a567aLe 3 février 1962, John Fitzgerald Kennedy, président des États-Unis, annonçait des sanctions totales contre la petite île des Caraïbes qui venait de mettre fin au régime pro-américain du dictateur Batista. Le blocus a été encore renforcé en 1992 et 1996, au mépris du droit international.

 

 

Au nom de la « lutte contre le communisme » d’abord, puis de « la défense des droits de l’homme », la plus grande puissance au monde, les États-Unis, livre à une toute petite île, Cuba, une guerre économique sans pitié. Le blocus américain contre Cuba dure depuis cinquante ans, violant toutes les lois et traités internationaux.

 

Washington châtie tout un peuple pour crime de lèse-empire. Pour les « médias de marché », cet embargo ne serait qu’un prétexte dont se servirait le régime. Alors chiche  ? Enlevons donc ce « prétexte » et voyons  ! « Embargo » ou « blocus », on a là un véritable état de siège interminable, injustifiable, chaque jour plus intolérable, et condamné chaque année par la quasi-totalité des pays à l’ONU.

 

Dès le 1er janvier 1959, les États-Unis ne supportent pas que dans leur «  jardin  » ait lieu une révolution et la considèrent comme un dangereux foyer de sédition. «  Plus jamais un nouveau Cuba.  » En avril 1960, le sous-secrétaire d’État aux Affaires interaméricaines, écrit  : «  La majorité des Cubains soutiennent Castro. Le seul moyen possible pour annihiler le soutien interne est de provoquer le désenchantement (…) par l’insatisfaction économique et la pénurie.  » Peu à peu se met en place un dispositif d’étranglement économique. L’île dépend des États-Unis à 73 % pour ses importations et à 65 % pour ses exportations, essentiellement le sucre. En décrétant la réduction des importations, puis la suppression totale du quota sucrier, Washington escompte mettre Castro à genoux. Mais à chaque mesure d’agression, la révolution répond par la légitime défense  : 6 juillet 1960, nationalisation des propriétés américaines à Cuba. Lorsque Washington livre de moins en moins de pétrole et que Cuba doit recourir à l’URSS, les raffineries américaines sur l’île refusent de traiter le «  pétrole communiste  ». Fidel les nationalise. La myopie politique des gouvernements américains pousse la révolution à se radicaliser. En réponse à l’embargo sucrier décidé par Eisenhower, les pays de l’Est achètent plus de la moitié du sucre cubain.

 

Le 3 février 1962, le président Kennedy décrète les sanctions totales, l’interdiction des exportations et importations  : le blocus. L’aide de l’URSS permit à Cuba de survivre… Les sanctions impérialistes allèrent crescendo. Le 2 novembre 1966, la «  loi d’ajustement cubain  » octroie résidence et nationalité à tout Cubain qui touche le sol américain  ; ce statut pousse à l’immigration illégale.

 

À ceux qui nient les conséquences terribles du blocus, les autorités cubaines répondent, chiffres en main, qu’il a coûté à l’île 751 milliards de dollars, et touche tous les aspects de la vie quotidienne, toutes les catégories de la population, essentiellement les plus vulnérables  : enfants, personnes âgées… Depuis 1962, Washington ne permet pas même la vente de médicaments à Cuba, alors que la convention de Genève interdit cet embargo sur les médicaments, même en temps de guerre. En 2004, une entreprise pharmaceutique américaine, la Norton Corporation, se vit imposer une lourde amende parce que l’une de ses filiales européennes avait vendu à Cuba des vaccins pour enfants. Cuba ne peut avoir accès à la plupart des brevets médicaux. L’île a les pires difficultés pour obtenir des financements internationaux, pour se procurer les nouvelles technologies qu’elle doit payer au prix fort, doublé de frais de transports coûteux… Elle ne peut utiliser le dollar pour commercer avec d’autres pays.

 

Cuba n’est pas une situation virtuelle. Le contexte l’a obligée à vivre en forteresse assiégée, ce qui ne se prête guère à l’épanouissement de toutes les libertés. Le blocus est un drame quotidien. Il n’est pas la seule cause de la crise profonde que vit Cuba. La dépendance du modèle monoproducteur et exportateur de sucre, le rôle de réserve sucrière du «  camp socialiste  », les errements économiques, l’étatisation contre-productive, la bureaucratisation, pèsent lourd à l’heure des bilans.

 

Les États-Unis auront tout tenté pour faire plier la révolution. En 1992 et 1996, le Congrès américain vota la loi Torricelli puis la loi Helms-Burton, afin de renforcer le blocus, de le rendre «  extraterritorial  »  : les filiales américaines dans des pays tiers ne peuvent commercer avec Cuba. Aucune entreprise, sous peine de sanctions, ne peut exporter à Cuba des marchandises ou machines comportant des composants américains. La loi Helms-Burton autorise les grands propriétaires américains expropriés par la révolution, et indemnisés, à réclamer leurs anciennes propriétés. Pour normaliser la situation, Cuba devrait changer de système. Une ingérence inadmissible.

 

Aujourd’hui, l’opinion publique nord-américaine est majoritairement hostile aux sanctions économiques, mais la politique d’Obama reste globalement celle de ses prédécesseurs. Cuba continue à résister au prix de lourds sacrifices.

 

Cuba « réinvente »

 

Cuba vit des changements structurels importants. En novembre 2005, 
Fidel Castro mettait en garde  : 
«  Nous pouvons être les fossoyeurs 
de notre révolution.  » 
Depuis, avec pragmatisme 
mais détermination, le Parti communiste a fait appel au peuple et le pays s’est engagé dans un processus de révisions déchirantes, nécessaires à la survie, selon Raul Castro. Le 18 décembre 2010, 
il lançait  : ou nous «  rectifions  », 
ou nous périrons. Une étape est terminée, celle d’une économie étatisée, hypercentralisée 
et bureaucratisée, aux faibles rendements. Alors «  retour 
au capitalisme  »  ? Nullement. 
À Cuba, on parle «  d’actualisation  » du modèle, de «  réinvention  ». Passer à un système plus flexible, «  reconvertir  » 1 500 000 travailleurs de l’État vers un secteur privé naissant ne peut se faire sans traumatismes, sans inégalités. L’économie, qui reste planifiée, s’ouvre à des mécanismes de marché, des formes d’initiative 
et de propriété privées. Les fermes d’État sont démantelées et la terre remise en usufruit aux paysans. 
La désétatisation fera passer 
40 % de la population active 
du secteur public au secteur privé. 
Le projet d’émancipation cubain 
se joue aujourd’hui.

 

Source : L'humanité

 

Dessin : Carlos Latuff

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:31

Lla democrati936b-a0efasette Talate est décédée l’autre jour. Je me rappelle d’une fine femme à l’intelligence aiguisée qui masquait sa peine avec une détermination qui était une présence en elle-même. Elle était la personnification de la résistance des peuples à la guerre contre la démocratie. Je l’ai d’abord entr’aperçu dans un film du bureau des colonies datant des années 1950, à propos des gens des îles Chagos, une petite nation créole vivant à mi-chemin entre l’Afrique et l’Asie dans l’Océan Indien. La caméra se déplaçait dans des villages fourmillant, une église, une école, un hôpital, construits dans un endroit phénoménal de beauté naturelle et de paix. Lisette se rappelle du producteur du film lui disant à elle et ses amies adolescentes : “Continuez à sourire les filles !”

 

 

Assise dans sa cuisine de l’île Maurice plusieurs années plus tard, elle dit : “On n’avait pas besoin de me demander de sourire. J’étais une enfant heureuse, parce que mes racines descendaient profondément dans ces îles, mon paradis. Mon arrière grand-mère était née là-bas, j’ai fait 6 enfants là-bas. Voilà pourquoi ils ne pouvaient pas nous jeter légalement en dehors de nos maisons ; ils devaient nous terrifier pour que nous partions ou nous forcer à partir. Au début, ils ont essayé de nous affamer. Les vaisseaux de ravitaillement cessèrent de venir, ensuite ils ont répandu les rumeurs que nous serions bombardés, puis ils se sont retournés contre nos chiens.”

 

Au début des années 1960, le gouvernement travailliste (NdT : les “socialistes” britanniques) d’Harold Wilson acquiesça secrètement à une demande de Washington pour que l’archipel des Chagos, une colonie britannique, soit “nettoyée” et “aseptisée” de ses 2 500 habitants afin qu’une base militaire puisse être construite sur l’île principale de l’archipel, l’île de Diego Garcia. “Ils savaient que nous étions inséparables de nos animaux domestiques”, dit Lisette, “quand les soldats américains sont arrivés pour construire la base, ils firent reculer leurs gros camions jusqu’aux baraques de briques dont nous nous servions pour préparer les noix de cocos ; des centaines de nos chiens avaient été emprisonnés dedans. Ils les ont gazé avec des raccords fait à leur pots d’échappement. On pouvait les entendre hurler.”

 

Lisette, sa famille et des centaines d’insulaires furent mis de force sur un vieux bateau à vapeur rouillé à destination de l’île Maurice, distante de 4 000 km. Ils devaient dormir dans les cales contenant du fertilisant : de la merde d’oiseaux. La météo était dure, tout le monde était malade ; deux femmes firent des fausses-couches. Larguée sur les quais de Port Louis, les deux plus jeunes enfants de Lisette Jollice et Régis, moururent à une semaine d’intervalle. “Ils sont morts de tristesse”, dit-elle. “Ils avaient tout entendu et ont vu l’horreur du gazage de nos chiens. Ils savaient qu’ils quittaient leur maison pour toujours. Le médecin de Maurice nous a dit qu’il ne pouvait pas guérir la tristesse.”

 

Cet acte fut fait dans le plus grand des secrets. Dans un document d’archive officiel, sous le titre de “Maintenir la fiction”, le conseiller juridique du ministère des affaires étrangères exorte ses collègues de camoufler leurs actions en “reclassifiant” la population comme étant une population “flottante, nomade” et de “refaire les règles au fur et à mesure”. L’article 7 des statuts du TPI dit que “la déportation ou le transfert forcé de populations” est un crime contre l’humanité. Que la Grande-Bretagne ait commis un tel crime en échange d’une ristourne de 14 millions de dollars sur un sous-marin nucléaire américain Polaris, n’était pas dans l’agenda d’un groupe de correspondants de la “défense” qui furent envoyés aux îles Chagos par le ministère de la défense lorsque les travaux de la base américaine furent terminés. “Il n’y a rien dans nos dossiers”, dit un officiel du ministère, “à propos des habitants ou à propos d’une évacuation.”

 

Aujourd’hui, l’île de Diego Garcia est cruciale à la guerre contre la démocratie menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les plus gros bombardements qui ont eu lieu en Afghanistan et en Irak ont été lancés de cette base, au delà de laquelle le cimetière et l’église abandonnés par les insulaires se dressent comme des ruines archéologiques. Le jardin en terrasse d’où Lisette souriait à la caméra est maintenant un dépôt pour des bombes anti-bunkers transportées sur leurs lieux de bombardements sur deux continents par des bombardiers B-2 furtifs aux allures de chauve-souris. Une attaque sur l’Iran commencera de là. Comme pour compléter le blason du pouvoir criminel omni-présent, la CIA y a ajouté une prison du style de Guantanamo pour les victimes de son programme de “rendition”, appelé “Camp Justice”.

 

Ce qui fut fait au paradis de Lisette a une signification forte et universelle dans la mesure où cela représente la nature violente et sans pitié d’un système entier derrière sa façade démocratique et la mesure de notre propre endoctrination avec ses suppositions messianiques, décrites par Harold Pinter comme “de brillants numéros d’hypnose, spirituels même, qui fonctionnent”. Plus longue et plus sanglante que toute guerre depuis 1945, faite avec des armes démoniaques et un gangstérisme déguisé en politique économique, parfois connu sous le nom de mondialisme, la guerre contre la démocratie n’est pas mentionable dans les cercles de l’élite. Comme l’a écrit Pinter : “Cela ne s’est jamais produit et dans le même temps cela se produisait”. En Juillet dernier, l’historien américain William Blum a publié son sommaire mis à jour des statistiques de la politique étrangère américaine. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont :

 

1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements la plupart d’entr’eux démocratiquement élus.

2. Tenté de supprimer un mouvement populiste ou national dans 20 pays.

3. Interféré éhontement dans des élections démocratiques dans au moins 30 pays.

4. Bombardé les populations de plus de 30 pays.

5. Tenté d’assassiner plus de 50 leaders politiques étrangers.

 

Au total, les Etats-Unis ont commis une ou plus de ces actions dans 69 pays. Dans la plupart des cas, la Grande-Bretagne a été la complice et la collaboratrice. L’”ennemi” change de nom, de communisme à islamisme, mais le plus souvent c’est la montée de mouvement démocratique indépendant du pouvoir occidental ou une société occupant un territoire stratégiquement utile, jugée aléatoire, comme les îles Chagos.

 

La véritable échelle de la souffrance, sans parler de celle de la criminalité impliquée, n’est pas connue en occident, malgré la présence des systèmes de communication les plus avancés au monde, nominalement le journalisme le plus libre et l’académie la plus admirée. Que le plus grand nombre de victimes du terrorisme, du terrorisme occidental, soient les musulmans est quelque chose qu’on ne peut pas dire, si cela est seulement su. La mort d’un demi million d’enfants irakiens dans les années 90 suite à l’embargo imposé par la Grande-Bretagne et l’Amérique n’a absolument aucun intérêt. Que le djihadisme extrême, celui qui mena aux attentats du 11 Septembre, fut couvé et développé comme une arme par la politique occidentale (“Opération Cyclone”) est une information connue des spécialistes mais autrement complètement supprimée.

 

Alors que la culture populaire en Grande-Bretagne et en Amérique immerge la seconde guerre mondiale dans un bain éthique pour les vainqueurs, les holocaustes qui émergent de la domination anglo-américaine des régions riches en ressources naturelles sont consignés dans le tiroir de l’oubli. Sous le tyrant indonésien Suharto, adoubé “notre homme” par Thatcher, plus d’un million de personnes furent massacrées. Décrit par la CIA comme “le pire massacre de masse de la seconde partie du XXème siècle”, les estimations ne prennent même pas en compte le tiers de la population du Timor oriental qui fut affamé ou massacré avec la complicité de l’occident, des avions et des mitrailleuses britanniques.

 

Ces histoires vraies sont racontées dans des documents déclassifiés et archivés dans les archives publiques, néanmoins elles représentent une dimension entière de la politique et de l’exercice du pouvoir complètement exclu de la vie publique et de la considération du public. Ceci fut réalisé par un régime non-coercitif de contrôle de l’information, depuis le mantra évangélique de la publicité consumériste aux informations de la BBC en passant par les médias sociaux éphémères.

 

C’est comme si les écrivains faisant fonction de rempart n’étaient plus ou sont sous l’emprise d’un zeitgeist sociopathe, convaincus qu’ils sont trop intelligents pour être dupés. Voyez la ruée des sycophants en mal de déifier Christopher Hitchens (NdT : journaliste anglo-américain grand supporteur de la guerre d’Irak), un amoureux de la guerre qui s’est languit d’être autorisé à justifier les crimes du pouvoir prédateur. “Pour presque la première fois depuis deux siècles”, écrivit Terry Eagleton, “il n’y a pas de poète britannique éminent, de dramaturge ou de romancier, préparés à questionner les fondations même du mode de vie occidental”. Plus d’Orwell pour nous dire que nous ne devons pas nécessairement vivre en société totalitaire pour être corrompu par le totalitarisme. Plus de Shelley pour parler pour les pauvres, plus de Blake proférant une vision, plus d’Oscar Wilde pour nous rappeler que “la désobéissance, aux yeux de tous ceux qui ont lu l’histoire, est la vertu originelle de l’Homme.”

 

Et plus de Pinter rageant contre la machine de guerre comme dans American Football :

Hallelujah.

Praise the Lord for all good things … [Rendons grâce à Dieu pour toutes les bonnes choses...]

We blew their balls into shards of dust, [Nous leur avons explosé les couilles en débris de poussière,]

Into shards of fucking dust … [En débris de putain de poussière...]

 

En débris de putain de poussière s’en vont toutes les vies détruites là par Barack Obama l’Auguste du changement et de l’espoir de la violence occidentale. Quand un des drones d’Obama élimine une famille complète dans une région tribale lointaine du Pakistan, de Somalie, ou du Yémen, les contrôleurs du jeu américains devant leurs écrans de jeu vidéo, tapent sur leur clavier “insecte écrabouillé” (NdT : “bugsplat” en anglais). Obama aime les drones et a fait des plaisanteries à ce sujet avec les journalistes. Une de ses premières actions comme président des Etats-Unis fut d’ordonner une vague d’attaques de drones Predator sur le Pakistan, qui tua 74 personnes. Il a depuis tué des milliers de personnes, pour la plupart des civils. Les drones Predator tirent des missiles Hellfire “feu de l’enfer” qui vide les poumons des enfants de leur air et laissent des lambeaux de chair humaine sur le terrain.

 

Rappelez-vous des manchettes de journaux noyées de larmes lorsque la “marque” Obama fut élue : “Monumental, donne la chair de poule”, titra le Guardian. “Le futur américain”, écrivit Simon Schama “est fait de vision, sacré, léger…” Le chroniqueur du San Francisco Chronicle y vît “un éclairagiste spirituel qui peut pousser pour une nouvelle façon d’être sur la planète”. Au delà de ce radotage, comme l’avait prédit le grand lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’état militaire se déroulait à Washington et Obama était leur homme. Après avoir séduit le mouvement anti-guerre jusqu’à un silence virtuel, il donna à la classe des officiers militaires corrompue américaine des pouvoirs d’état et d’engagement sans précédent. Ceci inclut la possibilité de guerres en Afrique et des opportunités de provocations contre la Chine, le plus grand créditeur de l’Amérique et nouvel “ennemi” d’Asie. Sous le régime Obama, la vieille source de paranoïa officielle, la Russie, a été encerclée par un rideau de missiles ballistiques et l’opposition russe a été infiltrée. Des équipes d’assassins de la CIA et de l’armée ont été déplacées dans 120 pays, les attaques planifiées de longue date sur la Syrie et l’Iran laissent présager d’une guerre mondiale. Israël, le clone américain de la violence et de l’illégalité par proxy vient juste de recevoir son argent de poche annuel de 3 milliards de dollars avec la bénédiction d’Obama pour voler toujours plus de territoires palestiniens.

 

La réussite la plus “historique” d’Obama a été d’amener la guerre contre la démocratie sur le sol de l’Amérique. Au réveillon du nouvel an, il signa la loi du National Defense Authorization Act (NDAA), une loi qui donne le droit au Pentagone de kidnapper à la fois des étrangers et des citoyens américains, de les détenir de manière indéfinie, de les interroger, de les torturer et même de les tuer. Les victimes n’ont seulement besoin que d’être “associées” avec ceux qui sont en guerre contre les Etats-Unis. Il n’y aura aucune protection légale, aucun procès, aucune représentation légale. Ceci est la première législation qui abolit le Habeas Corpus (le droit a une procédure judiciaire légale) et réfute de facto les droits civiques de 1789.

 

Le 5 Janvier, dans un discours incroyable au Pentagone, Obama a dit que l’armée devra non seulement être prête “à sécuriser territoires et populations” à l’étranger, mais également à se battre ™à domicile” et “donner du soutien aux autorités civiles”. En d’autres termes, les troupes américaines seront déployées dans les rues des villes des Etats-Unis lorsque les troubles sociaux inévitables se déclancheront.

 

L’Amérique est aujourd’hui un pays de la pauvreté épidémique et de prisons barbares : la conséquence d’un extrémisme de marché, qui sous Obama, a favorisé le transfert de 14 000 milliards de dollars d’argent public aux entreprises criminelles de Wall Street. Les victimes en sont le plus souvent les jeunes chômeurs, sans abri, incarcérés afro-américains, qui ont été trahis par le premier président noir américain. Le corollaire historique d’un état de guerre perpétuel, ceci n’est pas le fascisme, pas encore du moins, mais cela n’est pas non plus la démocratie dans une forme reconnaissable, indépendemment de la politique placebo qui se déroulera juqu’à Novembre. La campagne présidentielle, dit le Washington Post va “mettre en scène le choc des philosophies enracinées dans des vues différentes de l’économie.” Ceci est faux. La tâche qui incombe au journalisme des deux côtés de l’Atlantique est de créer l’illusion d’un choix politique là où il n’y en a aucun.

 

La même ombre plane sur la Grande-Bretagne et la plupart de l’Europe où la social-démocratie, un article de foi il y a encore deux générations, a capitulé devant les dictateurs des banques centrales. Dans la “grande société” de David Cameron, le vol de 84 milliards de Livres en emplois et en services dépasse même le montant des impôts “légalement” évités par les entreprises pirates. Le blâme demeure non pas avec l’extrême-droite, mais avec une culture politique libérale couarde qui a permis à tout cela de se produire, ce qui, écrivit Hywel Williams juste après les attentats du 11 septembre 2001, “peut devenir en soi une forme de fanatisme de l’auto-satisfaction”. Tony Blair est un de ces fanatiques.. Dans sa gestion indifférente des libertés qu’il clame pourtant être chères, la Grande-Bretagne bourgeoise blairienne a créé un état policier avec plus de 3000 lois et actes délictuels nouveaux : plus que pour l’ensemble du siècle précédent. La police croit de manière évidente qu’elle a l’impunité totale de tuer. A la demande de la CIA, des cas juridiques comme celui de Binyam Mohamed, un citoyen britannique innocent, torturé puis emprisonné pour cinq ans à Guantanamo, seront traités dans des cours de justice spéciales et secrètes en Grande-Bretagne afin de “protéger les agences de renseignement”, les bourreaux.

 

L’état invisible a permis au gouvernement de Blair de lutter contre les habitants des îles Chagos alors qu’ils se levaient de désespoir depuis leur exil pour demander justice dans les rues de Port Louis et de Londres. “Seulement quand vous menez une action directe, face à face, et même que vous enfreignez la loi, alors on vous remarque”, a dit Lisette. “Et plus vous êtes petit, le plus grand est l’exemple pour les autres.” Une telle réponse éloquente donne de quoi réfléchir à ceux qui demandent toujours : “Que puis-je faire ?”

 

J’ai vu pour la dernière fois la fine silhouette de Lisette debout sous une pluie battante, aux côtés de ses camarades devant le parlement. Ce qui me frappa par dessus tout fut le courage endurant de leur résistance. C’est le refus d’abandonner que le pouvoir pourri craint par dessus tout, car il sait que c’est la graine plantée sous la neige.


John Pilger
Le 19 janvier 2012.

 

Source : Resistance71

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:30
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Le rapport de l’OCDE, rendu public aujourd’hui, rappelle que l’investissement dès l’école maternelle pour les enfants issus de milieux défavorisés constituait une mesure équitable et en même temps économiquement rentable. Il est inacceptable que la France soit restée si sourde à cette préconisation qui contribue à rendre l’école plus juste.

Suite aux restrictions budgétaires, la maternelle française connait une période de fragilisation sans précédent, illustrée par les suppressions de postes annoncées actuellement dans les départements : mort lente de la scolarisation des moins de trois ans, hausse du nombre d’élèves dans les classes, remplacements non assurés dans ces écoles, formation à la spécificité de la maternelle quasi-inexistante.

Face à l’échec scolaire, il est urgent de changer la donne. La prévention et l’aide commencent dès l’école maternelle si l’on veut lutter contre les difficultés scolaires. Chacun reconnaît combien la maternelle contribue au développement moteur, sensoriel, intellectuel et culturel des élèves. Aujourd’hui, cette première étape de la scolarité doit retrouver un nouveau souffle. Une des priorités doit être les apprentissages langagiers. C’est avec le langage que se construisent les premiers rapports à l’écrit, la découverte des autres et du monde, la structuration de l’espace et du temps... Trop souvent, aujourd’hui, les enseignants n’ont pas les moyens de cette nécessaire ambition.

Il y a urgence à réinvestir dans la maternelle. La formation des enseignants doit être développée dans ce domaine. Le nombre d’élèves par classe est aussi un facteur important. Il faut aussi, comme le demande le SNUipp-FSU depuis plusieurs années, doter les écoles qui concentrent les difficultés scolaires, « de plus de maitres que de classes », véritable facteur de richesse pédagogique. Ici, des décloisonnements pour faire travailler les élèves en petit effectif. Là, la présence de deux enseignants dans la classe pour aider les plus fragiles. Ailleurs, des petits groupes pour varier les situations d’apprentissages.

Plus de doute, pour contrer l’échec scolaire, l’avenir, c’est la maternelle. Le SNUipp-FSU demande des décisions fortes en ce sens.

Paris, le 9 février 2012

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:25

051f0 gcclead1a8-25f85Les machinations “démocratiques” de la Ligue arabe ont essuyé un dérapage incontrôlé. Lorsque nous parlons de la Ligue arabe, il serait plus opportun de parler de la Ligue du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) tant le véritable pouvoir dans cette organisation panarabe est exercé par deux des six monarchies du Golfe persique qui composent le CCG, aussi connu sous le nom du Club de la Contre-révolution du Golfe. Ces deux pays sont le Qatar et la Maison des Saoud.

 
Au départ, le CCG a créé un groupe d’observateurs de la Ligue arabe pour voir ce qu’il se passait en Syrie. Le Conseil National Syrien – basé en France et en Turquie, deux pays membres de l’Otan – a soutenu l’initiative avec enthousiasme. Il se dit que le Liban, voisin de la Syrie, ne l’a pas fait.
Quand les observateurs, qui étaient plus de 160, ont remis leur rapport après un mois d’enquête… surprise ! Le rapport ne suivait pas la ligne officielle du CCG selon laquelle le gouvernement du « diabolique » Bachar el-Assad tue sans distinction et unilatéralement son propre peuple si bien qu’un changement de régime est nécessaire.
Le comité ministériel de la Ligue arabe a approuvé le rapport, avec quatre votes pour (Algérie, Egypte, Soudan et le membre du CCG Oman) et seulement un vote contre ; devinez qui ? le Qatar, qui préside actuellement la Ligue arabe depuis que l’émirat a acheté son tour à l’Autorité palestinienne dans le système de présidence tournante.
Le rapport a donc été soit ignoré par les médias mainstream d’Occident soit carrément détruit sans pitié par les médias arabes, ces derniers étant presqu’exclusivement financés soit par les Saoud, soit par le Qatar. Le rapport n’a même pas été discuté. En effet, le CCG a bloqué sa traduction de l’arabe vers l’anglais ainsi que sa publication sur le site internet de la Ligue arabe.
Puis il y a eu la fuite. Voici le rapport (français ou anglais). Il est catégorique. Il n’y a pas eu de répression meurtrière et organisée du gouvernement syrien contre des manifestants pacifiques. Au lieu de cela, le rapport pointe d’obscurs gangs armés responsables de la mort de centaines de civils syriens et de milliers de soldats de l’armée syrienne. Ces gangs utilisent des techniques redoutables comme le bombardement de bus civils, le bombardement de trains transportant du gasoil, le bombardement de bus de la police et le bombardement de ponts et pipelines.
Une fois encore, la version officielle de l’Otan-CCG sur la Syrie est qu’un soulèvement populaire est réprimé par les balles et les tanks. Mais la Russie et la Chine, membre des BRICS, ainsi qu’un large éventail des pays en voie de développement, pensent que le gouvernement syrien combat des mercenaires étrangers lourdement armés. Le rapport confirme largement ces suspicions.
Le Conseil National Syrien (CNS) est en fait essentiellement composé de Frères musulmans soutenus à la fois par la Maison des Saoud et le Qatar – avec un embarrassant soutien d’Israël qui œuvre discrètement en second-plan. La légitimité n’est pas vraiment sa tasse de thé vert. Comme pour l’Armée syrienne libre, le CNS a ses déserteurs et ses opposants bien intentionnés au régime d’Assad. Mais il est surtout infesté de mercenaires étrangers armés par le CCG, particulièrement des gangs salafistes.
Jusqu’à maintenant, l’Otan-CCG n’a pas pu appliquer en Syrie son modèle à taille unique de promotion de la démocratie : bombarder un pays et se débarrasser du méchant dictateur. Mais ils ne se découragent pas. A la tête du CCG, la maison des Saoud et le Qatar ont rejeté leur propre rapport sans ménagements pour entrer directement dans le vif du sujet : imposer un changement de régime made in Otan-CCG à travers le Conseil de sécurité des Nations unies.
Si bien que l’actuelle « campagne arabe pour assurer une fin pacifique à dix mois de répression » en Syrie auprès de l’ONU n’est rien d’autre qu’une grossière campagne pour un changement de régime. Les suspects habituels de Washington, Londres et Paris ont été contraints de se mettre en quatre pour assurer à la véritable communauté internationale qu’il ne s’agissait pas d’un nouveau mandat à la libyenne qui permettrait à l’Otan de bombarder. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton l’ a décrit comme « une chemin vers une transition politique qui préserverait l’unité et les institutions syriennes ».
Mais la Russie et la Chine, membres des BRICS, voient ce projet pour ce que c’est. Un autre membre des BRICS, l’Inde, rejointe par le Pakistan et l’Afrique du Sud, a également levé de sérieuses objections au projet de résolution des Nations unies dessiné par l’Otan-CCG.
Il n’y aura pas une autre no-fly-zone comme en Libye ; après tout, le régime d’Assad ne déploie pas de Migs contre les civils. Une résolution de l’ONU pour un changement de régime sera bloquée – à nouveau – par la Russie et la Chine. La confusion règne même au sein de l’Otan-CCG. Washington, Ankara, ou le duo formé par la Maison des Saoud et Doha… Chacun des acteurs-clé de cette alliance a son propre agenda géopolitique sur le long-terme. Et ne parlons même pas de l’Irak, voisin crucial de la Syrie et principal partenaire économique. Bagdad a officiellement déclaré s’opposer à n’importe quel plan de changement de régime.

Voici donc une petite suggestion à l’égard de la Maison des Saoud et du Qatar. Puisque vous semblez tellement séduits par la perspective démocratique en Syrie, pourquoi ne pas utiliser tout votre armement US, envahir ce pays au beau milieu de la nuit – comme vous l’avez fait au Bahreïn – pour finalement procéder au changement de régime par vous-mêmes ?

 

Source originale : Asia Times

Traduit de l'anglais par Investig'Action

Source : michelcollon.info

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 19:02

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La plus grande grève générale depuis vingt ans en Belgique contre la politique d'austérité concertée entre le « gouvernement d'union nationale » et l'Union européenne

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

    Jamais une grève ne fut aussi suivie en Belgique sur les deux dernières décennies, depuis 1993 exactement. Jamais un mouvement de grève n'eut à subir en vingt ans une telle propagande médiatique, et un tel chantage patronal visant à intimider la classe ouvrière belge.

    Au soir de cette journée de grève, les Fédérations patronales wallones (UWE) et flamandes (Voka) claironnaient sur« l'échec de la grève » tout en pestant contre les « 150 ou 200 millions d'euros perdus en une journée ». Derrière ce discours contradictoire, la reconnaissance en réalité d'un mouvement très largement suivi.

    Dans la ligne de mire, le plan de rigueur de 11 milliards d'euros dévoilé par le premier ministre socialiste Elio di Rupo, dans le cadre d'un gouvernement d'union nationale, un plan concerté avec l'Union européenne. Le gros morceau, la contre-réforme des retraites qui prévoit notamment le recul général de l'âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans, de la durée de cotisations minimale de 35 à 40 ans ou encore la remise en cause des régimes spéciaux tels ceux des marins ou des mineurs.



Une grève suivie massivement dans le public, les transports, l'industrie et dans toute la Wallonie



    Une grève qui a paralysé l'ensemble du pays donc bien que de façon inégale. Elle a touché plus le secteur public que le privé, l'industrie plus que le tertiaire ou encore la Wallonie plus que la Flandres.

    A l'avant-garde du mouvement de grève convoqué par les trois grands syndicats belges de la FGTB (socialiste), de la CSC (démocrate-chrétien), de la CGSB (libéraux), les travailleurs des transports.

    La grève des cheminots a totalement interrompu le trafic national sur le rail, tandis que de nombreux trains internationaux Thalys et Eurostar depuis Bruxelles étaient annulés. Aucun métro, tramway et bus de la STIB ne circulait à Bruxelles, pendant que le système de transports était quasiment à l'arrêt en Wallonie. En Flandres, le système de transport public De Lijn a connu d'importantes perturbations, aucun tramway ne roulant par exemple à Gand.

    Enjeu de la grève aussi, les aéroports et les ports. L'aéroport de Charleroi a été totalement fermé tandis que de nombreux vols ont été annulés à l'aéroport international de Bruxelles. Le port international d'Anvers a, de son côté, tourné au ralenti.

    La grève a également été suivie dans l'ensemble du secteur public. Le sud du pays a été privé de courrier après la fermeture des centres de tri de Charleroi et Liège tandis que la grève des enseignants a été largement suivie tant en Flandres qu'en Wallonie, avec la fermeture d'une grande partie des écoles du pays.

    Dans le privé, l'industrie lourde wallonne a été fortement paralysée par le mouvement, notamment dans la sidérurgie et la pétrochimie. Le tertiaire a été plutôt épargné, bien que la Fédération patronale elle-même ait du reconnaître que 30% des commerces n'ont pu ouvert leurs portes en Wallonie en cette journée de mobilisation.



Quelle direction pour le mouvement ? Des syndicats liés à la CES empêtrés dans la « concertation sociale » et l' « intégration européenne »



    Si la grève est un succès et montre un potentiel de mobilisation sans précédent au sein de la classe ouvrière et des couches populaires belges, l'avenir du mouvement dépend aussi de la direction que lui donneront les syndicats belges.   

    Or, le ton n'est guère offensif, et la volonté de poursuivre la lutte contre la politique de classe absente, chez les trois syndicats belges ancrés dans une tradition réformiste et de conciliation de classe.

    Ainsi, les secrétaires de la FGTB et de la CSC, Anne Demelenne et Claude Rolin, se sont empressés de lancer des appels à la « concertation sociale » vite repris par le premier ministre Elio di Rupo qui a annoncé son intention de « préserver la concertation sociale entre patronat et employés ».

    Le grand rassemblement organisé par les trois centrales syndicales au rond-point Maurice Schumann, dans le quartier européen de Bruxelles, ne visait pas l'Union européenne du capital comme responsable mais demandait au contraire « plus d'Europe ».

    En effet, les dirigeants des syndicats ont profité de cette initiative pour émettre une « euro-obligation symbolique », démontrant que « d'autres solutions existent ».

    A noter que la proposition 'révolutionnaire' d'euro-obligation, portée par la CES (Confédération européenne des syndicats) et le PGE (Parti de la gauche européenne), est portée en France par les dirigeants du Parti socialiste comme Ségolène Royal ou Martine Aubry, par le secrétaire de la CFDT François Chérèque mais aussi par la patronne des patrons Laurence Parisot.

    Certes, toutes les fédérations n'offrent pas tout à fait le même son de cloche. Ainsi, celle des Métallurgistes de la FGTB exprime une ligne plus dure, encline à voir dans cette grève le début d'un mobilisation plus large.



Les communistes belges posent la question de la résistance à cette politique de casse sociale mais aussi de l'alternative



    Comme le remarquait Peter Mertens, président du Parti du travail de Belgique (PTB), avant la journée de mobilisation, la grève pose non seulement la question de la résistance acharnée à cette politique anti-sociale mais aussi celle de l'alternative révolutionnaire :

« La grève ne concerne pas seulement sur le fait que le gouvernement va plonger 200.000 personnes de plus dans la pauvreté, en réduisant les allocations du chômage. La grève n’a pas seulement trait au fait que le gouvernement veut réduire la déductibilité fiscale pour le prêt de votre maison, pour votre épargne pension, pour vos crèches et pour l’isolation de votre maison.


La grève n’a pas seulement trait au fait que le gouvernement refuse d’imposer des tarifs maximaux à Electrabel et au fait que l’électricité est en train de devenir hors de prix.


La grève n’a pas seulement trait au fait que les gens vont devoir travailler plus longtemps et que certaines catégories de pensionnés vont devoir sacrifier entre 150 et 180 euros de leur pension chaque mois.


La grève n’a pas seulement trait au fait que des ministres et des patrons rêvent d’un saut d’index ; ce qui veut dire que, la prochaine fois, vos salaires ne seront pas adaptés à la hausse du coût de la vie. Une baisse de 2%. La grève n’a pas seulement trait au fait qu’on cherche 11 milliards d’euros en se trompant de cible et que les millionnaires vont encore y échapper.


La grève, naturellement, a trait à tout cela, mais la grève a surtout trait au genre de société que nous voulons avoir. Toute lutte sociale qui éclate aujourd’hui n’est que le début d’une nouvelle ère ».

    Cette grève historique montre que le potentiel de mobilisation existe plus que jamais en Belgique pour mettre en échec une politique de casse sociale défendue par l'ensemble des forces du consensus dominant en Belgique et en Europe.


    Les travailleurs de France comme du reste de l'Europe ne peuvent qu'exprimer leur solidarité avec les travailleurs belges par le développement des luttes dans leur propre pays, contre l'agenda de casse sociale de l'Union européenne du capital et des gouvernements nationaux à son service !

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 18:57

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« Renoncer au Parti serait faire le jeu de la marchandisation de la politique »

 

 

Extraits du discours de clôture de Raul Castro lors de la Conférence nationale du Parti communiste cubain

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Si nous avons choisi, souverainement, avec la participation et le soutien du peuple, l'option de Marti du parti unique, notre mission est de promouvoir la démocratie la plus large dans notre société, en commençant par donner l'exemple dans les rangs du parti », a déclaré le général de l'armée Raúl Castro dans sa conclusion de la première Conférence nationale du Parti.

Il a ajouté que cela impliquait  de « susciter un climat de confiance maximale et de créer les conditions requises à tous les niveaux pour l'échange d'opinions le plus large et sincère, tant au sein de l'organisation que dans ses liens avec les travailleurs et la population. »

Le premier secrétaire du Comité central a défendu l'idée que « les divergences soient accueillies avec bienveillance et respect,  y compris dans les médias de masse ».

Il a déclaré que la presse devait rentrer dans ce débat « avec le sens de la responsabilité et de la plus stricte véracité, non à la façon bourgeoise, pleine de sensationnalisme et de mensonges, mais avec objectivité ».

Raul a fait un bilan des textes adoptés par la Conférence et a réaffirmé que « la seule chose qui peut conduire à la défaite de la Révolution et du socialisme à Cuba, serait notre incapacité à éradiquer les erreurs commises en plus de cinquante ans depuis le 1er janvier 1959, et les nouvelles qui peuvent se produire à l'avenir. »

Il a insisté : « Il n'a pas existé et il n'existera pas de Révolution sans erreurs, car elles sont œuvre de l'action et de peuples qui ne sont pas parfaits. »

Nous ne renoncerons pas à notre Parti

Le premier secrétaire a lancé une mise à garde à ceux qui « ont caressé le rêve que la Conférence consacre le début du démantèlement du système politique et social hérité de la Révolution », que « renoncer au principe d'un seul parti équivaudrait, tout simplement, à légaliser le parti ou les partis de l'impérialisme, sur notre sol et à sacrifier l'arme stratégique de l'unité des cubains, qui a concrétisé les rêves d'indépendance et de justice sociale pour lesquels ont lutté des générations de patriotes, de Hatuey à Céspedes, Martí y Fidel ».

Il a ajouté que « sans le moindre manque de respect à tout autre pays avec un système pluri-partite », à Cuba « nous défendons le système du parti unique face au jeu de la démagogie et de la marchandisation de la politique. »

Plus de 800 militants ont participé en cette fin de semaine à la Première conférence nationale de l'organisation et ont appuyé une résolution qui réaffirme le rôle du Parti dans la mise en œuvre des directives du VIème Congrès du PCC, liés à l'actualisation du modèle économique cubain.


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