Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

0
parti.jpg 
thumbnail-copie-3.jpeg
4cb23c12e9-copie-1.jpg8071d6d8-f802-11df-a4d8-fa25b9579a36-copie-2.jpg 
Capture-du-2012-05-09-21-11-58.png
0
saint-communiste.jpg
00
0
soviet_propaganda.png

 vps-final.jpg

 

BDS-boycott-produits-israel.jpg

  

Recherche

lp.jpg

Léonard PELTIER 

 

arton1476.jpg

Archives

 free-the-miami-5-logo-colour.jpg

 

 rubon1-54e3a.jpgcuba-si.jpg

 

c.jpg

France  Cuba

cuba-si-3.jpg 

cuba_linda.jpg 

 

 

 

motocollant 2010 small

 

 

Thierry-copie-2.jpgHommage à

Thierry MENGUY

 


index.jpg 

une avocate

au service

du salarié

 

Maître

  Verrier Ouahmane Aicha

 

1 RESIDENCE DU PARC
  94430 Chennevières-sur-marne
 Téléphone : 01.49.62.04.45
 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





Articles Récents

  • POUR LES FEMME D'ESPAGNE EN 2014 La nuit, la Résistance ... reprise d'un texte de 2009 Alain Girard Je hais les coups d’état, je hais la violence aveugle d’hommes de pouvoir quant ils ne sont pas de simples nervis, ceux là sont sans doute les pires. Je...
  • Obsèques d'Henri Alleg
    Sa famille, ses amis, ses camarades lui rendront un hommage fraternel le lundi 29 juillet à 10h30, au crématorium du Père Lachaise, salle de la Coupole. Le même jour, à 16 h, une courte cérémonie d'inhumation aura lieu au cimetière de Palaiseau (Esso...
  • Décès d'Henri Alleg
    Les communistes sont en deuil, les communistes valentonnais bien plus encore. Henri Alleg, Henri l'infatiguable du combat anticolonialiste, de celui pour un Etat palestinien, de celui pour une société à laquelle il donnait un nom: socialiste. Henri, ce...
  • METROPOLES
    METROPOLES Déclaration de l’ANECR Assemblée Nationale Affirmation des métropoles : discuter en 3 jours d’un remodelage profond de la République est un scandale ! Les amendements gouvernementaux adoptés par la commission des lois de l’Assemblée Nationale...
  • Un nouveau club politique prend racine | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr CHAUNY - Le club Nouveau siècle verra le jour en septembre. Ou plutôt son antenne régionale. Une réunion d’information s’est tenue samedi matin. Objectif : réfléchir sur la société actuelle.
  • Il n'y a plus rien Ferré
    merci tovaritchi mais l'"vènement cd'est le rassemblemnt réusii des communistes azinbt quentinnois, aussi fort que Léo www.youtube.com Une œuvre magistrale, qui présente notre temps alors qu'elle le précède. Merci Léo, tu nous a marqué à jamais et ce...
  • Alain Girard shared Le libre service de la...
    Alain Girard shared Le libre service de la solidarité's photo.
  • Le candidat rouge sera Olivier Tournay | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr SAINT-QUENTIN - Le militant Olivier Tournay a profité de la Fête des libertés ce dimanche au stade Bienfait pour annoncer sa candidature aux municipales 2014.
  • Alain Girard shared Sinn Féin shop's photo.
  • Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's...
    Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's photo.

 

Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

Red_Cavalry_Riding.jpg
La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
sainr-just.jpg
   

A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

KM.jpg


22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 20:11

Muriel Steinmetz
 

« Une patrie faite de mots ».

Samedi 13 septembre, au village du livre de la Fête de l'Humanité, les amis les plus chers de Mahmoud Darwich s'étaient réunis autour du poète palestinien, disparu en août dernier.

« Une patrie faite de mots »

Samedi dernier, au village du livre de la Fête de l'Humanité, un hommage bouleversant a été rendu au poète palestinien Mahmoud Darwich, prématurément disparu en août dernier. Nous revenons aujourd'hui sur ce moment d'intense émotion qui a réuni, autour de la figure du héraut de la cause palestinienne, Farouk Mardam Bey (son éditeur), Elias Sanbar (son traducteur) et le poète irakien Kadhim Jihad Hassan.

« Avec Mahmoud, nous formions une petite famille soudée autour d'un double souci : accompagner la cause palestinienne et vivre ensemble l'aventure des mots », déclarait Kadhim Jihad Hassan, avant de poursuivre : « Darwich a su créer, alors qu'il en était privé, une patrie faite de mots. Face à cette fabrique d'absence orchestrée par les Israéliens, il était parvenu à installer une présence faite d'images et de métaphores. Mahmoud Darwich n'était pas à proprement parler le poète de la cause palestinienne. Témoin d'une annulation programmée de son peuple, il était un poète élégiaque. » Kadhim Jihad Hassan a ensuite rappelé l'amour de Darwich pour René Char : « L'une des phrases de Char, "La tâche du poète consiste à transformer les vieux ennemis en loyaux adversaires", prenait chez Darwich valeur de formule. Ne disait-il pas que nous aussi, peuple palestinien, avons besoin de loyaux adversaires ? »

Farouk Mardam Bey, très ému, prit lui aussi la parole. « Rien ne pourra nous consoler de sa disparition. Darwich est et restera l'une des principales références de la littérature arabe contemporaine. Il a été le représentant le plus légitime de l'âme de son peuple. Lorsque les Arabes l'ont découvert, en 1967, après la défaite de la guerre des Six-Jours, il n'avait que vingt-cinq ans. On l'a d'emblée baptisé "Poète de la résistance palestinienne", ce qu'il a été, en effet, en tous sens, car la Palestine a peuplé sa poésie. » Il poursuit en ces termes : « Darwich s'est servi des acquis de la poésie arabe classique tout en se situant à l'avant-garde de la révolution du langage poétique arabe. Chacun de ses recueils se distinguait du précédent. Il disait : "Je suis moi-même le meilleur critique de ma poésie." » L'éditeur du poète en français a aussi évoqué l'immense résonance de la poésie de Darwich auprès du peuple palestinien : « Ses récitals donnaient lieu à des rassemblements de milliers de personnes. Avant d'être un Palestinien et un Arabe, il était poète, tout simplement. »

Quant à Elias Sanbar, il a traduit son émotion en disant ceci : « Cela fait deux mois que nous n'arrivons pas à parler ; deux mois que nous sommes incapables d'écrire une ligne. Son absence nous a desséchés. Nous nous attendions à ce départ, nous ne voulions pas y croire. Nous pensions que nous resterions toujours ce petit groupe soudé, convaincus que nous serions des jeunes gens jusqu'à la fin des temps. » Il a ensuite mentionné le dernier poème de son ami : « Ce poème, publié en arabe et intitulé le Lanceur de dés, nous avait éblouis. Nous ne savions pas encore qu'il s'agirait d'un poème testamentaire. Il commence ainsi : "Qui suis-je pour vous dire ce que je vous dis." Et se termine par : "Qui suis-je pour narguer le néant ?" » Elias Sanbar a alors voulu rappeler quelques-unes des facettes de « cette magnifique révolution profonde que Mahmoud Darwich a réalisée à travers ses poèmes. Il a su dire plus que tout autre l'intimité du peuple palestinien. Il a également dit notre simplicité. La Palestine est un pays simple, fait de gens simples broyés par l'histoire. Il y a, chez lui, des évocations de la nature, de la terre, des rochers, du ciel, dans une langue particulièrement sensuelle. Sa poésie était en osmose avec les lieux. Enfin, il a su affirmer notre humanité profonde, notre universalité. Il a porté la question palestinienne pour en faire un problème de dimension universelle. Il n'y avait pas de pathos dans ses écrits. Il a pu faire du malheur une force créatrice, une force de dépassement. Son oeuvre est révolutionnaire dans sa forme car Darwich était en combat perpétuel avec la langue. Tous les grands modernes sont aussi de grands classiques. Il était dans cette tension, dans cette épreuve de force ». Elias Sanbar a, pour finir, souligné le paradoxe qu'il y a « à être dans l'affection d'un petit cercle où l'amitié prenait tout et de voir soudain son ami disparaître et devenir un classique ». Farouk Mardam Bey a alors lu une suite de poèmes de Mahmoud Darwich en langue arabe, traduits sur le vif par Elias Sanbar.

Un court métrage de Jean Asselmayer intitulé Nous aussi nous aimons la vie, ponctué d'archives de Naqba - tourné à Ramallah dans la demeure de Mahmoud Darwich -, a clos cet hommage.

http://www.humanite.fr/2008-09-18_Cultures_-Une-patrie-faite-de-mots
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Palestine libre
commenter cet article
22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 19:14

Récréations mathématiques

Comment faire une multiplication sans connaître ses tables de multiplication?




Magique, non?

En fait pas vraiment: pour trouver combien font 8 *7, il suffit de compter le nombre d'intersection entre 8 lignes parallèles croisant 7 lignes. En représentant astucieusement un nombre à plusieurs chiffres en groupes de traits parallèles -un groupe par chiffre-, on reconstitue la multiplication terme à terme des deux nombres. Easy!

C'est pratique pour les nombres dont les chiffres sont petits: jusqu'à 5. 122 * 232 ne pose pas de problème. Par contre dès qu'on a des chiffres au-delà de 6 ou 7, compter les intersections devient coton...

Méthode des paysans russes
Les paysans russes avaient trouvé une méthode beaucoup plus astucieuse, qui marche quelque soit la taille du nombre. Il suffit de savoir additionner, multiplier par deux et diviser par deux.

Méthode:
Ecrivez les deux nombres l'un à côté de l'autre
En dessous multipliez le premier par deux et divisez le second par deux (sans décimale)
Recommencez comme ça jusqu'à tomber sur 1 dans la deuxième colonne
Barrez toutes les lignes dont le second nombre est pair
Additionnez la première colonne dont les chiffres ne sont pas barrés
Vous avez le résultat!

Démonstration avec 538 x 248

538
248
1076
124
2152
62
4304
31
8608
15
17216
7
34432
3
68864
1
133424



Et donc 538*248 = 133 424
Evidemment ça aurait marché en mettant 248 dans la première colonne et 538 dans la seconde.


Décryptage
Cette méthode utilise astucieusement le fait que tout nombre entier se décompose (de manière unique) en somme de puissances de deux, propriété bien connue des Egyptiens qui avaient d'ailleurs trouvé une méthode de multiplication très semblable mais moins simple.

En l'occurence: 248= 8+16+32+64+128=23+24+25+26+27
Du coup 538*248=538*23+538*24+538*25+538*26+538*27
On reconnaît la somme des nombres non barrés dans la colonne de gauche.

Mais, direz-vous, pourquoi suffit-il de barrer les nombres pairs dans la colonne de droite pour trouver les bons facteurs de 2? Et comment on trouve la décomposition d'un nombre en puissances de 2, d'abord? C'est là toute l'astuce...

Décomposer un nombre en puissance de 2, revient à l'écrire en base 2.
Prenons un nombre au hasard, en base 2, par exemple 1110.
Divisons-le par 10 successivement et observons les restes: ce sont les chiffres qui composent ce nombre en base 2!
1110:10=111 reste 0 => c'est bien l'unité
111:10=11 reste 1 => c'est bien la dizaine
11:10=1 reste 1 => c'est bien la centaine
1:10=0 reste 1 => c'est bien le millier


Sur la base de cette observation, on obtient la décomposition d'un nombre en puissance de deux en le divisant successivement par 2 (2 s'écrit 10 en base 2): les restes de chaque division donnent les décompositions cherchées.

En l'occurrence 1110 en base 2 vaut: 23+22+21=14
Faisons le calcul:
14:2=7 reste 0 =>0 est l'unité en base 2
7:2=3 reste 1 => 1 est la dizaine en base 2
3:2=1 reste 1 => 1 est la centaine en base 2
1:2=0 reste 1 => 1 est le millier en base 2
14 s'écrit bien 1110 en base 2, autrement dit 14= 23+22+21

C'est bien cette même succession de divisions par 2 dans la méthode russe qui permet de retrouver la décomposition en puissances de 2. Barrer les nombre pairs revient à éliminer de la décomposition finale en puissances de 2, celles pour lesquelles le reste de la division par 2 vaut 0.

On reprend tout depuis le début (en gras les colonnes de la division à la russe):

Nombre doublé
Opération Puissance de deux
Nombre divisé par deux
Opération Reste
538
538*20
20
248
248:2=124
0
1076
538*21
21
124
124:2=62
0
2152
538*22
22
62
62:2=31
0
4304
538*23
23
31
31:2=15
1
8608
538*24
24
15
15:2=7
1
17216
538*25
25
7
7:2=3
1
34432
538*26
26
3
3:2=1
1
68864
538*27
27
1
1:2=0
1

Total: 133424=538*23+538*24+538*25+538*26+538*27= 538*(23+24+25+26+27)=538*248

Le tour est joué. Rusés Russes...

Allez si tout ceci vous a fait mal à la tête, voici une méthode beaucoup plus simple que toutes les autres qui marche même sans connaître les additions...



Références:

L'excellent site du Dr Math (en anglais) sur l'arithmétique et d'autres méthodes de calcul (en particulier la multiplication égyptienne).
Un cours d'ethno-mathématique (pdf en anglais) sur un tas de systèmes très différents et parfois très rigolos pour compter ou calculer.
Publié par Xochipilli à l'adresse 10:25 0 commentaires Libellés : ,
Repost 0
Published by valenton rouge - dans vidéos
commenter cet article
22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 18:04
34ème CONGRES DU PCF : Nous voulons faire vivre le PCF pour mener le combat de classe. Nous défendrons un texte alternatif.
texte de synthèse de la rencontre nationale des 29 et 30 août pour le lancement d'un texte alternatif au projet de base commune adopté par la direction.


Lundi 22 septembre 2008

34ème congrès - texte alternatif - Où nous en sommes.

34ème congrès du PCF : s'opposer pour construire. Nous avançons !

 

Nouvelle étape : le dépôt, avant le 10 octobre, du texte alternatif au projet de base commune de la direction sortante

 

 

 

Continuons à accorder la méthode aux objectifs.

 

Voilà quatre mois qu'avec d'autres organisations du parti et camarades, nous avons lancé notre préparation du 34ème congrès.

 

A la veille de la rencontre de Tours le 14 juin, nous soumettions à la réflexion un premier texte. Tout l'été, nous avons multiplié les échanges notamment avec les camarades signataires de l'appel « Pas d'avenir sans PCF » initié avant l'assemblée nationale extraordinaire de décembre 2007 avec la Fédération de la Haute-Saône.

 

Après amendement, le texte de juin est devenu le texte de cadrage de la réunion nationale que nous avons organisée les 29 et 30 août à Paris.

 

Réunissant sur deux jours 120 camarades de 19 fédérations et 34 sections, dont cinq membres du Conseil national, plusieurs dirigeants actuels ou passés d'organisations du Parti, cette rencontre a débouché sur deux décisions :

 

-          Celle de passer à un nouveau stade dans la coopération et l'échange de matériel militant, allant jusqu'à mener les campagnes nationales que la direction du Parti se refuse à lancer. La première concrétisation de cette décision est le tract-pétition pour le retrait des troupes françaises d'Afghanistan, rédigé pour la fête de l'Huma, sur la base de la réflexion de Henri Alleg. Des milliers de signatures ont déjà été collectées.

-          Celle de défendre un texte alternatif au 34ème congrès devant la volonté clairement identifiée de la direction sortante du Parti de poursuivre la stratégie d'effacement du PCF et de sa raison d'être dans la lutte des classes en France, malgré son bilan accablant. A également été décidé de contacter le plus possible d'organisations du Parti et de camarades disposés à déposer ensemble ce texte alternatif. Retravaillé plusieurs fois collectivement, un appel est diffusé depuis la Fête de l'Huma : « Nous voulons faire vivre le PCF pour mener le combat de classe. Nous défendrons un texte alternatif au 34ème congrès ».

 

L'adoption par le CN de son projet de base commune de congrès les 5 et 6 septembre n'a pu que nous conforter dans nos décisions. Ce texte, vague et creux, esquive tout bilan et ouvre bien la voie à la continuation de la même stratégie suicidaire.

 

Le même week-end, des camarades sont allés à la rencontre des communistes réunis à Sanary-sur-mer en « Université d'été ». Ils ont constaté une forte identité de vue avec les camarades présents organisés dans le PCF (3 fédérations avec une forte représentation du Var et du Rhône). En revanche, il s'est avéré impossible d'envisager un travail en commun pour le congrès avec des groupes extérieurs sous peine d'arriver à une situation de blocage. Déjà à Vénissieux en septembre 2007, alors que les quatre cinquièmes des participants se prononçaient pour le maintien et la reconquête du PCF, aucune coordination efficace n'avait pu émerger de la rencontre. L'unique réunion du groupe de liaison désigné n'a pas abouti, suite au refus de certains de s'engager dans la préparation de l'Assemblée extraordinaire du PCF. Aujourd'hui, ces camarades, malgré l'échec reconnu de leurs expériences de groupes associatifs, voudraient s'engager vers la création d'une mouvance communiste hors du PCF, notamment à l'occasion de l'échéance électorale des européennes. C'est incompatible avec notre objectif de faire vivre, de défendre le PCF et ses organisations et de lui rendre sa raison d'être. 

 

A la Fête de l'Huma, s'est tenue une rencontre informelle au stand du Pas-de-Calais. Nous en retenons deux éléments positifs :

 

-          Sur la base de leurs réalités locales et de leur propre réflexion, des dirigeants notamment de la Fédération du Pas-de-Calais (JC.Danglot) et du Réseau du Rhône (Vénissieux) arrivent, aux mêmes conclusions que les participants à la rencontre nationale des 29 et 30. A. Gérin est allé dans le même sens lors de la rencontre.

-          Décision a été prise de travailler à un texte alternatif ensemble. C'est maintenant l'affaire de nous tous !

 

La réunion à la Fête, même informelle, a permis de fixer certains points :

 

-          Le texte alternatif que nous allons produire s'inscrit dans un processus de reconquête du PCF par les communistes qui dépasse largement le congrès lui-même. Nous voulons donner un signal fort aux communistes, avec ou sans carte, aux salariés en lutte que le PCF ne se réduit pas à sa direction atone, décidée à continuer, dès le congrès passé, à tourner le dos à ce qui fait la raison d'être de notre parti, jusqu'à envisager, dit-elle, de le « métamorphoser ». Il ne s'agit donc pas d'un texte de témoignage, ou d'une sorte de manifeste, se limitant au congrès.

-          Le texte alternatif que nous allons produire doit donc être un texte situé dans le temps. Aussi court que possible, il est nécessaire, comme nous l'avons rappelé, qu'il s'inscrive dans la réalité du Parti d'une part, faisant le bilan que la direction refuse d'assumer, dans celle de la lutte des classes en France d'autre part. Rappeler les « fondamentaux » est essentiel mais ne trouve son sens que s'ils servent à des propositions de rupture immédiate en lien avec le mouvement des luttes. La nécessité de l'indépendance totale d'idée, d'action et de structure du PCF au service des travailleurs doit être soulignée en toute circonstance, comme condition du rassemblement.

Le résumé, qui devra nécessairement précéder le texte envoyé à tous les communistes, doit le rappeler.

-          Mettre en cause la stratégie des directions sortantes, c'est mettre en cause les directions et c'est nécessaire. Mais il faut partir du fond politique et surtout ne pas réduire les choses à des questions de personnes. Tous les participants à la rencontre de la Fête ont affirmé leur refus de se ranger derrière un « sauveur suprême » et de tomber dans la personnalisation de notre démarche et nos idées, piège que nous tendent déjà les media et la direction du Parti.

 

Dans les courtes semaines qui nous séparent de la date limite de dépôt du texte le 10 octobre, mobilisons-nous en poursuivant la méthode suivie jusqu'à présent !

 

A la fin de la réunion de la Fête, un collectif informel s'est trouvé désigné pour rédiger le texte. Son rôle ne saurait être que purement technique. Nous avons communiqué le document issu de la rencontre des 29 et 30 août. Il reste notre point de repère.

 

Le plus régulièrement possible, nous soumettrons l'évolution de la rédaction du texte.

 

Vu les courts délais, nous incitons chaque camarade à commencer à collecter des pré-signatures autour de lui.

Les mois qui viennent peuvent et doivent nous permettre de réunir, fédération par fédération, des communistes décidés à le rester, à se donner les moyens de sortir de l'isolement, de faire revivre sur des bases de classes cellules, sections...

 

Nous vous tiendrons informés de toute évolution. Merci de communiquer contributions, comptes-rendus de réunions qui pourraient être redistribuées.

 

Continuons !

 

Fraternellement,

 

 

Pour le secrétariat du PCF Paris 15,

 

Albert Barré et Emmanuel Dang Tran (présents à la rencontre de la Fête de l'Huma)

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
commenter cet article
22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:36
Hémorragie de militants à l'UMP

Où sont passés les 370.000 adhérents UMP de la présidentielle ? La moitié sont partis ce qui inquiète Sarkozy « Il a besoin d'avoir un parti qui continue d'être à l'initiative dans le débat politique, comme il l'a été durant la campagne. » rappelle-t-on au siège de l'UMP.

Pour enrayer cette "débandade" (sic) plusieurs solutions sont à l'étude : baisse de l'adhésion à 25€, voire 5€ et même suppression pure et simple du paiement de l'adhésion à la façon du parti démocrate américain où le don est libre mais l'adhésion gratuite.

Evidemment dans un parti comme l'UMP la part des cotisations dans le budget est très faible (environ sept fois moins que le financement public). Cette baisse des tarifs aurait donc des conséquences (très) limitées et montrerait qu'il y au moins un secteur de la vie publique où l'UMP fait quelque chose pour le pouvoir d'achat !

Transmis par Linsay

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:33
La villa de Christian Clavier au programme des visites vendredi 19 septembre 2008

Comme chaque année, les Journées du patrimoine seront l'occasion pour les Français ordinaires de visiter les monuments et palais qui leurs sont habituellement interdits. Au titre des nouveautés très attendues les 20 et 21 septembre prochains, on notera l'ouverture exceptionnelle au public de la villa de Christian Clavier en Corse.

Récemment rendue célèbre par une manifestation spontanée de militants nationalistes enthousiastes, la villa de Christian Clavier suscite la curiosité du grand public toujours avide de découvrir les splendeurs de l'architecture contemporaine qui s'intègrent si merveilleusement dans leur cadre naturel semi-sauvage.

C'est un "ami parisien haut placé" souhaitant garder l'anonymat qui a rendu possible l'ouverture de la villa de Christian Clavier en faisant pression sur les autorités pour dépêcher sur place les forces de sécurité nécessaires au bon déroulement de cette journée du patrimoine exceptionnelle

Ainsi, Hervé Morin, ministre des événements qui ne sont pas une guerre, et Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur et des fichiers, ont exposé dans un communiqué commun le dispositif "allégé" mis en place pour sécuriser les abords de la villa la plus célèbre de l'île de Beauté  : une compagnie de CRS occupera le jardin et la plage privée, trois détachements de gendarmes mobiles sécuriseront les routes dans un périmètre de 50 kilomètres. Ces forces au sol seront appuyées par un soutien aéronaval adapté : le porte-avions Charles de Gaulle mouillera à dix miles nautiques, des avions Rafale survoleront la zone ainsi que des hélicoptères de combat. Un régiment de parachutistes sera prêt à sauter sur la villa de Christian Clavier "dans un délai inférieur à 3 minutes après l'alerte".

Pour faire face au succès qu'anticipent les organisateurs des Journées du Patrimoine en Corse, les visiteurs de la villa de Christian Clavier devront s'inscrire à l'avance auprès des Renseignements Généraux, qui se chargeront de vérifier qu'aucun de ces visiteurs n'est fiché dans Edvige.

Afin de satisfaire toutes les demandes de visites qui s'exprimeraient lors des Journées du Patrimoine, on nous signale par ailleurs de sources sûres bien désinformées que le ministère de la culture de droite étudie les modalités de transformation de la villa de Christian Clavier en Musée national. "

C'est beau la culture à la portée de tous !

Trouvé sur www.desinformation.com et transmis par Jacques Lerichomme

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:26

 

(c) ReutersLe magazine 60 millions de consommateurs révèle dans son numéro à paraitre jeudi 25 septembre que les fabricants de produits alimentaires n'hésitent pas camoufler les hausses de prix grâce à divers procédés, plus pernicieux les uns les autres, a-t-on appris lundi 22 septembre. Pour préserver leur marge, ils changent l'emballage, modifient les recettes ou diminuent le contenu.
Il faut "être un consommateur sacrément avisé" pour remarquer cette "inflation masquée" que les statistiques officielles ont bien du mal, elles aussi, à détecter, souligne le mensuel, qui cite plusieurs marques dans son enquête.

"Prince" de Lu, "Jockey" de Danone

Au moment où la plupart des Français peinent à boucler leur budget, un des procédés les plus fréquemment utilisés pour doper les prix "sans que cela saute aux yeux du client" est la diminution du produit.
Le magazine cite l'exemple des biscuits "Prince" de Lu qui ne pèsent plus que 300 grammes contre 330 avant l'été. Plutôt que de faire valser les étiquettes, Jockey de Danone a aussi réduit les quantités: 850 g de fromage blanc contre un kilo.
Une autre stratégie consiste à changer l'emballage, un procédé qui "ouvre la voie à de très jolies augmentations pour le client", souligne le mensuel.
La troisième méthode, "probablement la plus pernicieuse", est la modification de la recette. Il s'agit, explique le mensuel, de remplacer des ingrédients onéreux par des matières premières moins chères ou de changer la composition pour abaisser le coût de revient.
Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 16:40
Le salaire mensuel de base a augmenté de 0,9% au deuxième trimestre 2008, ce qui porte, en un an, sa hausse à 3,1% mais à "une perte de pouvoir d'achat de 0,4 point", selon un indice définitif diffusé vendredi 19 septembre par le ministère de l'Emploi.
Le salaire mensuel de base (SMB) exclut les primes, gratifications et rémunération des heures supplémentaires.
La perte de pouvoir d'achat du salaire mensuel de base, qui s'explique par une évolution inférieure à la hausse des prix (+3,5%), a été plus importante pour les salariés travaillant dans le tertiaire (-0,5 point) que dans l'industrie (-0,3 point) et la construction (-0,1 point), a précisé le ministère.

Le salaire réel stagne

L'évolution du salaire mensuel de base reflète la variation moyenne des salaires et est estimée à partir d'une enquête trimestrielle sur l'activité et les conditions d'emploi de la main d'œuvre (Acemo) de la Dares (Direction des études du ministère).
Le ministère a en outre indiqué que l'indice du salaire horaire de base des ouvriers (SHBO), qui sert pour le calcul de la revalorisation du Smic, avait progressé de 1,1% au 2ème trimestre et de 3,4% sur un an.
Le niveau du Smic a été relevé par anticipation en mai en raison d'un pic d'inflation.
Pour cette année, l'Insee prévoit que le salaire nominal moyen des Français aura beau augmenter de manière "plus dynamique" qu'en 2007, le salaire réel va stagner, et même baisser pour les agents des administrations publiques, à cause de la poussée de l'inflation.
Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 16:33
Selon le site Mediapart, la ministre des Finances Christine Lagarde a menti dans le "dossier Tapie". En effet, le 28 juillet, la ministre a publié un communiqué de presse, annonçant que, selon les avis juridiques recueillis par le Consortium de réalisation (CDR), adversaire de Bernard Tapie dans l'affaire Adidas, un recours contre la sentence des arbitres aurait peu de chance d'aboutir. Les chances de succès d'une telle action auraient été "très faibles", selon le communiqué.

Pas de recours

Ce même-jour, Bercy a donc averti qu'aucun recours contre la décision des arbitres allouant 390 millions d'euros à Bernard Tapie ne serait introduit. Or deux des quatre avocats qui ont été consultés ont jugé que le CDR avait à sa disposition un "moyen d'annulation qui peut être qualifié de sérieux".
Cette affaire, révélée par Mediapart, éclate alors que Christine Lagarde doit être entendue mardi 23 septembre devant la Commission des finances de l'Assemblée nationale.
Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 22:45
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi après-midi en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne contre la présence de troupes de ces pays en Afghanistan.

Selon la police allemande, les manifestants étaient 5.000 à Berlin et autant à Stuttgart à défiler à l'appel d'un collectif de 250 organisations pacifistes. Leur slogan: "Donnez une chance à la paix, les troupes hors d'Afghanistan".

"Il existe une autre stratégie de paix en Afghanistan qui n'implique pas l'armée, et cette stratégie doit être essayée", a plaidé Jens-Peter Steffen, l'un des organisateurs du rassemblement berlinois.

Quelque 3.300 soldats allemands sont actuellement stationnés en Afghanistan, pour la plupart dans le nord du pays où règne un calme précaire.

Dans le même temps, 2.000 personnes, selon la police, ont défilé à Paris pour réclamer le retrait des 2.600 militaires français déployés en Afghanistan.

"Troupes françaises hors d'Afghanistan", ont scandé les manifestants entre les places de la République et de Clichy, à deux jours du débat à l'Assemblée nationale sur la prolongation de l'intervention des forces françaises dans ce pays, après l'embuscade qui a fait 10 morts dans leurs rangs le 18 août dernier.

A Manchester, dans le nord de l'Angleterre, où s'est ouvert samedi le congrès annuel du Parti travailliste du Premier ministre Gordon Brown, plusieurs milliers de protestataires ont eux aussi dénoncé la présence de soldats britanniques au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), la force de l'OTAN en Afghanistan.

Emmenés par la coalition "Stop the War" (arrêtez la guerre), les manifestants étaient au nombre de 5.000 selon les organisateurs, 2.500 selon la police. Parmi eux figuraient des membres de l'organisation des Familles de militaires contre la guerre.

"Nous sommes ici pour dire au gouvernement que nous voulons une politique étrangère qui s'appuie sur la paix et non sur la guerre", a souligné Kate Hudson, la présidente de l'ONG Campagne pour le désarmement nucléaire. "Nous voulons que nos troupes quittent l'Irak et l'Afghanistan et nous sommes atterrés à l'idée que la guerre gagne en ampleur." AP

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Europe
commenter cet article
20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 20:17
Quelle sera demain
la politique internationale des USA ?
MICHEL COLLON

Après Bush, chacun espère un changement ou craint le pire. McCain ou Obama ? Qu'est-ce que cela changera pour l'Irak, l'Afghanistan, la Palestine, l'Afrique, le Caucase, Cuba ou le Venezuela ? Et dans les relations avec les grandes puissances : Europe, Japon, Russie, Chine ?

Nous ne pensons pas que la politique internationale des Etats-Unis se décide à la Maison-Blanche. En fait, l'élite US est actuellement hésitante sur la stratégie à suivre dans les prochaines années. Ce texte analyse les deux options qui s'offrent à elle. La crise économique rend la question encore plus brûlante: comment les Etats-Unis s'y prendront-ils pour rester la superpuissance qui domine le monde ?

Ce texte est extrait de notre livre Les 7 péchés d'Hugo Chavez (chapitre 11 : Les Etats-Unis, l'or noir et les guerres de demain) à paraître prochainement. Dans les pages qui précèdent, ont été expliquées les raisons de l'ascension, puis du déclin des Etats-Unis. Investig'Action a jugé urgent de publier déjà cet extrait pour éclairer les débats en cours sur les élections aux USA...

L'échec de Bush
Quel bilan peut-on tirer de cette guerre globale menée par l'administration Bush à partir du 11 septembre ? Négatif. Pratiquement partout...

En Afghanistan et en Irak, les Etats-Unis ont déclenché deux guerres qu'ils ont été incapables de gagner et qu'ils ne gagneront jamais. Bush aurait bien voulu en déclencher une troisième contre l'Iran, mais trop affaibli, il a dû y renoncer. Le but de cette guerre était d'assurer à Washington le contrôle du pétrole. En cinq ans, il a grimpé de 25 dollars à plus de 100 dollars, avec des conséquences très négatives pour l'économie US et mondiale.
En Amérique du Sud, les Etats-Unis ont perdu, entièrement ou partiellement, le contrôle de presque toutes leurs colonies : Venezuela, Bolivie, Equateur, Uruguay, Paraguay, Argentine et Brésil. Ne leur restent, à l'heure où nous écrivons ces lignes, que le Pérou, le Chili et la Colombie.
En Afrique aussi, la résistance a marqué des points. Le Congo de Kabila a refusé de se mettre à genoux. Et quand Washington a cherché un endroit pour installer le centre de son nouveau commandement militaire Africom, tous les pays ont poliment refusé. Il a finalement fallu se rabattre sur le Maroc, au prix de certaines concessions financières.

De même, en Asie du Sud, un groupe de stratèges US s'inquiétait récemment de la montée des résistances dans toute la région et proposait de renforcer la 'capacité de projection' des Etats-Unis en Asie du Sud. Dans leur jargon, ça veut dire les moyens d'organiser des débarquements militaires, des bombardements ou des coups d'Etat soutenus. Mais il s'empressait de signaler qu'en raison de l'impopularité des Etats-Unis dans cette région, il serait impossible de trouver un pays pouvant accueillir le siège de cette force US. (1)

Même chez les alliés européens, la politique de Bush a provoqué des résistances. Ainsi, au sommet de l'Otan à Bucarest, en avril, George Bush a réclamé une nouvelle expansion pour intégrer cette fois l'Ukraine et la Géorgie, deux pistolets braqués sur la Russie. Mais il a essuyé un refus, ferme et public, de l'Allemagne, de la France, de l'Espagne, de l'Italie, de la Belgique, de la Hollande et du Luxembourg, peu désireux de se fâcher avec Moscou qui fournit leur gaz. Steve Erlanger et Steven Lee Myers, deux analystes proches du Pentagone, y ont vu « un échec notable de la politique des Etats-Unis dans une alliance normalement dominée par Washington » (2).

En Russie justement, le ton monte. Moscou refuse l'installation sur le continent européen des armes que les Etats-Unis appellent un bouclier antimissile : « Si une partie du potentiel nucléaire des Etats-Unis est en Europe (...), nous devrons avoir des cibles en Europe » (3). D'ailleurs, en mai 2008, la Russie a testé un nouveau missile intercontinental à têtes multiples, « en réponse aux actes unilatéraux et infondés de nos partenaires », a déclaré Poutine. Washington certifie pourtant que le bouclier antimissile n'est pas dirigé contre la Russie, mais seulement contre des Etats comme l'Iran. Mais Poutine rétorque : « Aucun missile iranien n'a de portée suffisante. Il devient alors évident que cette nouveauté nous concerne aussi nous, Russes. » (4).

Tout comme la Russie, la Chine n'a pas reculé non plus devant les multiples campagnes et pressions organisées par Washington.

L'élite US se divise
Il y a dix ans, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter et stratège le plus important des Etats-Unis, publiait Le Grand Echiquier, sorte de mode d'emploi du « Comment rester la seule superpuissance dominant le monde » (5) . Il y expliquait, avec la brutalité de quelqu'un qui n'est plus aux affaires, que Washington devait absolument affaiblir ses rivaux : Russie, Chine, mais aussi Europe et Japon, et les empêcher de s'allier entre eux. Diviser pour régner.

Aujourd'hui, quel est le bulletin de George Bush, sur base des critères définis par Brzezinski ? A-t-il réussi à affaiblir les grandes puissances rivales ? Disons : mention assez bien en ce qui concerne le Japon, assez bien (pour l'instant) en ce qui concerne l'U.E., mais mauvais en ce qui concerne la Russie, et très mauvais en ce qui concerne la Chine.

Globalement, Bush a provoqué tant de résistances que la domination des Etats-Unis s'est affaiblie. Les secteurs qui l'avaient porté au pouvoir - armement, pétrole, automobile, défense, compagnies pharmaceutiques - constatent que les guerres de Bush n'ont apporté ni de grands profits, ni de nouvelles zones d'exploitation. En fait, elles ont coûté davantage qu'elles n'ont rapporté. Et l'administration Bush s'est révélée être un petit cercle restreint, pensant beaucoup à s'en mettre personnellement plein les poches, mais incapables de finesse tactique et de réelle vision à long terme.

Une fois l'échec devenu évident, les divisions se sont exacerbées au sein de l'élite US, et même de l'administration Bush. A partir de 2006, les néocons ont dû céder du terrain. Ils ont dû accepter le remplacement du ministre de la Guerre, Donald Rumsfeld, par Robert Gates, un homme de la Trilatérale et de la tendance Brzezinski. Le nouveau ministre a en quelque sorte admis la faiblesse du militarisme US dans un discours prononcé devant les élèves de l'Académie militaire de West Point : « Ne combattez pas à moins d'y être obligés. Ne combattez jamais seuls. Et ne combattez jamais longtemps. » (6). Puis, la commission bipartisane Baker - Hamilton a condamné la tentative de Bush de remodeler le 'Grand Moyen-Orient' comme étant irréaliste et elle a prôné au contraire une approche plus tactique envers la Syrie et l'Iran.

Même au sein des services secrets et de l'Armée, plusieurs frondes se sont déclenchées. En décembre 2007, lorsque Bush a voulu préparer une attaque contre l'Iran sous le classique prétexte des armes de destruction massive, seize services de renseignement US ont surpris tout le monde en publiant un rapport qui constatait que l'Iran avait suspendu son programme nucléaire militaire depuis au moins 2003.

« Le déclin des Etats-Unis est inévitable »
(Zbigniew Brzezinski)
Dans son livre, Brzezinski proposait une stratégie agressive et machiavélique pour sauver l'Empire US. Mais lui-même, croit-il que ça marchera ? Aussi surprenant que ça paraisse, la réponse est : Non.

« A long terme, la politique globale est vouée à devenir de moins en moins propice à la concentration d'un pouvoir hégémonique dans les mains d'un seul Etat. L'Amérique n'est donc pas seulement la première superpuissance globale, ce sera très probablement la dernière. » (p. 267)
La raison tient dans l'évolution de l'économie : « Le pouvoir économique risque aussi de se disperser. Dans les prochaines années, aucun pays ne sera susceptible d'atteindre 30% environ du PIB mondial, chiffre que les Etats-Unis ont maintenu pendant la plus grande partie du 20ème siècle, sans parler de la barre des 50% qu'ils ont atteinte en 1945. Selon certaines estimations, l'Amérique pourrait encore détenir 20% du PIB mondial à la fin de cette décennie pour retomber à 10-15% d'ici l'an 2020, tandis que les chiffres d'autres puissances - l'Europe, la Chine, le Japon - augmenteraient pour égaler approximativement le niveau des Etats-Unis. (...) Une fois que le déclin du leadership américain sera amorcé, la suprématie dont jouit aujourd'hui l'Amérique ne pourra être assurée par aucun Etat isolé. » (p. 267-8)

« Une fois que le déclin du leadership américain sera amorcé ». Brzezinski ne parle donc pas d'une possibilité, mais d'une certitude. Il écrit cela en 1997. Aujourd'hui, il est devenu clair que le déclin est bel et bien amorcé. Le monde devient multipolaire.

Mais peut-être Brzezinski est-il un pessimiste isolé ? Peut-être que les néocons qui ont inspiré Bush sont plus 'optimistes', si l'on ose employer ce mot ? Eh bien, en fait, pas beaucoup plus. Dans le texte fondateur de toute la politique de l'administration, le Project for a New American Century (PNAC), rédigé en 1992 par Paul Wolfowitz et ses amis, on trouve évidemment toute l'idéologie de la nouvelle croisade militariste, mais aussi une remarque qui attire l'attention : « Actuellement, les Etats-Unis ne rencontrent aucun rival mondial. La grande stratégie de l'Amérique doit viser à préserver et étendre cette position avantageuse aussi longtemps que possible (...) Préserver cette situation stratégique désirable dans laquelle les Etats-Unis se trouvent maintenant exige des capacités militaires prédominantes au niveau mondial. » (7).

« Aussi longtemps que possible ». Ici aussi, donc, on ne croit pas qu'il sera possible pour les Etats-Unis de rester éternellement les maîtres du monde. Voilà bien un grand paradoxe. Le moment entier craint les Etats-Unis. Mais les dirigeants US, eux, savent qu'ils sont aux commandes du Titanic. Et pour sauver l'Empire autant que possible, ils sont partagés entre deux options...

Deux options pour sauver l'Empire
Quelle sera la politique internationale des Etats-Unis dans les années qui viennent ? Le choix de tel ou tel président est certes une indication. Mais pas décisive.
Rappelons que, durant la campagne présidentielle de 2000, George Bush avait promis une politique internationale beaucoup plus humble et moins interventionniste que son prédécesseur ! Tandis que l'autre candidat, Al Gore, avait proposé un budget militaire plus élevé que celui de Bush. Nous pensons que les grandes orientations de politique internationale ne sont pas décidées par les présidents, mais par les multinationales. En fonction de leurs besoins du moment et de leur évaluation du rapport de forces mondial.

Et justement, après le bilan d'échec des années Bush que nous venons de décrire, l'élite US apparaît assez divisée sur la marche à suivre. Comment se sortir de cette situation délicate ?

La première option possible, c'est l'option militariste. Les néocons de Bush l'ont incarné ces dernières années avec la stratégie Wolfowitz. L'agression et l'intimidation comme stratégie générale. Multiplier les guerres, gonfler au maximum les commandes au complexe militaro-industriel pour tirer la croissance et la domination des multinationales US, pour intimider aussi les alliés et les rivaux.

L'autre option, c'est celle défendue par Brzezinski et qu'il aime à appeler 'soft power' (le pouvoir en douceur). D'autres parlent d'un 'impérialisme intelligent'. En fait, il s'agit de réaliser les mêmes objectifs des Etats-Unis, mais par des formes de violence moins directes, moins visibles. En comptant moins sur les interventions militaires US, très coûteuses, et davantage sur les services secrets, les manoeuvres de déstabilisation, les guerres par pays interposés, et sur la corruption aussi...

Cinq généraux de l'Otan préparent un gouvernement mondial...
La première option consiste à militariser encore davantage la vie politique et à multiplier les guerres. Bush au carré.

En janvier 2008, cinq ex-généraux de l'Otan ont présenté un document préparatoire à une rencontre au sommet de l'OTAN à Bucarest (8). Leurs propositions révèlent une tendance absolument effrayante. Et ce qui donne beaucoup de poids à leur document, c'est que tous exerçaient, jusqu'il y a peu, des fonctions au plus haut niveau. Le général John Shalikashvili était chef de l'état-major US et commandant en chef de l'Otan en Europe, le général Klaus Naumann dirigeait l'armée allemande et présidait le comité militaire de l'Otan en Europe, le général Henk van den Breemen était chef de l'état-major hollandais, les mêmes fonctions étant occupées en France par l'amiral Jacques Lanxade tandis que Lord Inge dirigeait l'état-major et le service de la Défense en Grande-Bretagne. Rien que des grosses pointures. Et très agressives, comme nous allons le voir...

Page 6 : « [Les auteurs] proposent des pistes sur la façon de surmonter une rivalité possible avec l'UE et de permettre à l'OTAN d'accéder à des instruments non militaires. » Deux remarques. 1. En fait, cette rivalité n'est pas seulement possible, elle est tout à fait réelle. Dans quel sens voudront-ils la surmonter ? 2. Que signifie pour l'Otan « accéder à des instruments non militaires » ? S'agit-il d'obtenir une emprise plus forte sur la vie civile des sociétés occidentales ?

Page 7 : « Afin d'initier le processus, ils proposent d'établir un directorat réunissant les Etats Unis, l'UE et l'OTAN. Il aurait pour mission de coordonner toutes les opérations dans la sphère atlantique. » Un super - gouvernement mondial, donc. Pour réaliser quels objectifs ?

Les Cinq nous l'expliquent page 42 : « Ce qui attend les alliés occidentaux, c'est la défense proactive, soutenue sur le long terme de leurs sociétés et de leur mode de vie. » 'Défendre notre mode de vie' fut déjà un argument employé par le père Bush pour déclencher la première guerre contre l'Irak. En fait, 'mode de vie' est une façon hypocrite de désigner la domination des multinationales sur la vie économique. Domination qui a pour effet de maintenir la moitié de l'humanité dans la pauvreté. Le but des Cinq, est bien d'employer les moyens militaires pour maintenir le fossé riches - pauvres. Pour qui en douterait, on précise page 92 : « Les objectifs de notre stratégie sont de préserver la paix, nos valeurs, le libéralisme économique et la stabilité. »

Préserver la stabilité des multinationales, donc. Et contre quel ennemi ? Les auteurs fournissent quelques exemples de ce qu'il ne faut pas tolérer dans le tiers monde. Page 52 : « Nous avons des exemples moins importants d'aide non souhaitable : du Venezuela au régime cubain ». Le gendarme mondial s'arroge le droit d'intervenir partout contre tout pays posant des actes qui déplaisent aux multinationales.

Mais parmi tous les indésirables, quel est l'ennemi principal ? La réponse vient page 44 : « La Chine est en mesure de faire grand tort aux économies US et mondiale en s'appuyant sur ses énormes réserves en dollars. » Et page 52 : « La Chine est en mesure d'utiliser l'arme de la finance pour s'imposer en Afrique et acquiert la capacité de l'utiliser à beaucoup plus grande échelle - si tel est son choix. »

Voici donc les bons et les méchants bien définis. Le libéralisme a besoin de l'Otan pour s'imposer au monde entier. Et pour mener cette guerre économique, de quels moyens l'Otan devrait-elle disposer ?

Le droit international et l'ONU jetés par-dessus bord
En fait, les cinq généraux se sentent frustrés. Page 76 : « L'un des principaux problèmes dans la conception stratégique actuelle de l'alliance atlantique est que ses actions restent essentiellement réactives plutôt que préventives, et sont limitées à des moyens militaires. » Page 91 : « Or une stratégie ambitieuse doit comprendre l'utilisation bien intégrée de tous les leviers disponibles, qu'ils soient politiques, économiques, militaires, culturels, sociaux, moraux, spirituels ou psychologiques. »

Nous y voilà ! La Bande des Cinq entend déborder de ses tâches militaires et exercer une emprise sur le fonctionnement de la société civile. Au moins, le droit sera-t-il respecté par ce nouveau gouvernement mondial ? On en doute fortement... Pages 94-95 : « Un autre principe à respecter est la légalité. Toute action doit être légitime, autorisée et respecter le droit international. Voilà qui peut représenter un handicap considérable lorsque l'adversaire n'a aucun respect pour quelque loi que ce soit, mais agir différemment signifierait en fin de compte appliquer la loi de la jungle et miner notre propre crédibilité. Pourtant ce principe n'empêche pas qu'il faille adapter le droit international existant à un contexte international en constante évolution... »

Dans cette citation, les premières phrases servent de pommade, le véritable contenu vient à la fin : 'adapter' le droit signifie en réalité le violer, nier les principes proclamés jusqu'à présent. Après Abou Ghraib, Guantanamo, la torture, les assassinats de chefs d'Etat, les vols clandestins et les prisons secrètes de la CIA, nous propose-t-on de combattre ces violations du droit ? Non, on propose de les légaliser en 'adaptant' le droit.

Il faut rappeler que déjà les deux guerres contre l'Irak et celle contre la Yougoslavie ont violé le droit international, la charte de l'ONU et même la propre Charte de l'Otan. Mais, précisément, c'est de la légalité internationale que les Cinq veulent se débarrasser. Page 104-105 : « L'approbation des Nations - Unies peut ne pas être nécessaire selon l'article 51 de la Charte des Nations - Unies (légitime défense) et il est peut-être possible d'y renoncer au terme de la Convention sur le génocide. »

« Vive la guerre préventive » ! Même nucléaire.
On sera d'autant plus inquiet en lisant page 96 : « Ce qu'il nous faut, c'est une forme de dissuasion par refus proactif, où la préemption est une forme de réaction en cas de menace imminente et la prévention une tentative pour reprendre l'initiative et mettre fin au conflit. »

'Défense proactive', dans le jargon des militaires, désigne la guerre préventive bien que celle-ci soit interdite par le droit international. Ce terme revient sans cesse dans le document des Cinq. George W. Bush avait déjà invoqué une 'guerre préventive' contre le terrorisme. Comme Hitler en son temps. Car les agresseurs se réfugient souvent derrière le prétexte de prévenir un danger. En réalité, le droit international a toujours interdit explicitement les guerres prétendument préventives. Mais les craintes ne s'arrêtent pas là...

Page 94 : « A première vue, l'arme nucléaire peut sembler disproportionnée; mais si l'on tient compte des dommages qu'elle prévient, il est possible qu'elle soit raisonnable. » Ici, éclate toute l'immoralité des cinq bandits. La guerre nucléaire est une atrocité et l'humanité n'a cessé de réclamer le démantèlement de ces armes de destruction massive. Voici qu'on prétend les justifier. Avec une hypocrisie qui ne peut tromper personne : 'prévenir des dommages'. Totalement flou et sans doute raciste : la vie des peuples adversaires ne vaut rien.

La vérité est que ces généraux criminels, constatant que les bombardements classiques ne suffisent pas à briser les résistances, et que les guerres terrestres sont coûteuses et périlleuses pour les envahisseurs, ces généraux criminels avancent l'arme nucléaire comme solution au problème d'hégémonie mondiale des multinationales.

« Préparer les esprits »
On le voit, la marchandise que la Bande des Cinq prétend nous vendre est totalement pourrie et avariée. C'est pourquoi, prévoyants, ils comptent travailler l'opinion par des campagnes de propagande à long terme. Page 104 : « Ces mesures doivent s'accompagner d'efforts proactifs et coordonnés de communication dans les médias (...) Par ailleurs, cette campagne médiatique pourrait préparer les esprits à une intervention armée. »

'Préparer les esprits' ! Bien sûr, ce n'est pas nouveau... Tirant le bilan de la guerre contre la Yougoslavie (en 1999), qui fut le festival le plus réussi de la désinformation organisée, un général de l'Otan avouait, après la guerre, que de fausses informations avaient été systématiquement balancées, tandis que les informations gênantes étaient écartées ou marginalisées pour « anesthésier les opinions ». Il résumait ainsi la philosophie de l'Otan : « L'opinion, ça se travaille, comme le reste. » (9). A chaque guerre, d'ailleurs, les généraux occidentaux engagent des spin doctors, c'est-à-dire des agents publicitaires pour vendre leur guerre et manipuler l'opinion. Mais cette fois, on va beaucoup plus loin, il s'agit de toute une campagne à long terme pour conditionner l'opinion...

Page 129 : « Il faut par conséquent que l'OTAN développe une stratégie d'information qui doit servir trois objectifs simultanément. Elle doit persuader le monde que l'OTAN est une force du bien. Elle doit se déployer avant que les adversaires commencent à répandre leurs informations, c'est-à-dire que l'OTAN doit imposer sa domination en matière de relations publiques. Elle doit gagner le coeur et l'esprit des habitants des pays de l'OTAN (à la justesse de l'attitude de l'alliance atlantique) mais aussi des populations dans les pays où se passe l'intervention armée. »

« Imposer sa domination en matière de relations publiques ». L'information est conçue comme une guerre qui se gagne en éliminant les forces de l'adversaire. Il ne s'agit pas ici d'accusations gratuites : l'armée US a bombardé et emprisonné des journalistes d'Al-Jazeera, l'Otan a bombardé la télévision de Belgrade (17 tués), le Pentagone a préparé des plans pour éliminer les informations gênantes sur Internet dont le caractère démocratique dérange considérablement.

Un plan de dictature mondiale
Au début de leur document, les cinq généraux annonçaient « des pistes pour surmonter une rivalité avec l'U.E. » Comment vont-ils s'y prendre ? En fait, ils utilisent le cadre de l'Otan pour organiser la soumission de l'U.E. aux volontés de Washington...

Page 137 : « Nous considérons que les forces multinationales sont la clé d'une modernisation rapide et peu onéreuse des forces de l'OTAN, mais nous soulignons que cette option n'est possible que si les Etats membres acceptent sans restriction que ces forces seront à la disposition de l'OTAN pour toute opération autorisée par le Conseil de l'OTAN. » Traduction : on obligera les armées européennes à obéir aux décisions de l'Otan (actuellement, l'unanimité est requise).

Le plan des Cinq procure trois avantages aux Etats-Unis : 1. Intégrer des forces européennes dans leurs guerres. 2. Reporter les coûts sur les alliés. 3. Partager aussi l'impopularité.

Le caractère antidémocratique des Cinq se manifeste clairement page 139 : « Nous choisissons de ne pas formuler nos propositions pour la réforme de l'UE de façon aussi détaillée que pour l'OTAN, et ceci pour deux raisons : tout d'abord un nouveau traité qui vient remplacer la 'constitution' désormais condamnée est actuellement adopté en douce, de façon à éviter de consulter les populations. »

Leur plan vise bien à rendre impossible toute opposition. Page 144 : « Afin d'éliminer toute source d'irritation, il pourrait être décidé que c'est toujours d'abord au sein de l'OTAN qu'un point sera traité et que les membres de l'OTAN qui sont aussi membres de l'UE s'engagent à ne pas s'écarter du vote posé à l'OTAN quand le point est abordé dans des instances européennes. » Donc, une fois que l'Otan aura décidé, un pays européen n'aura plus le droit de s'opposer.

En conclusion, ce plan de la Bande des Cinq, préparé par des gens qui ont été au sommet du pouvoir militaire mondial, indique une tendance significative dans cette élite. Leur plan de super - gouvernement mondial à trois (dominé en réalité par les Etats-Unis) jetterait à la poubelle tout vestige du droit international, légitimerait la guerre préventive et les armes nucléaires, organiserait la manipulation systématique des opinions. C'est un plan de nature fasciste.
Voilà une des deux options auxquelles l'élite des Etats-Unis pense actuellement pour résoudre ses problèmes. L'autre est incarnée notamment par Zbigniew Brzezinski dont nous avons parlé plus haut...

« L'impérialisme intelligent » ?
Les stratèges militaires US distinguent trois types de guerres qu'ils peuvent déclencher : 1. Les guerres de haute intensité. Il s'agit des affrontements entre grandes puissances du type des deux guerres mondiales. 2. Les guerres de moyenne intensité. Elles comportent aussi un engagement militaire US direct mais contre des puissances beaucoup plus faibles. Comme l'Irak ou la Yougoslavie. 3. Les guerres de basse intensité. Elles ne comportent pas d'engagement militaire direct des Etats-Unis. Ceux-ci s'arrangent pour faire se battre les autres. Ils provoquent des conflits entre pays voisins, ou à travers des mouvements paramilitaires ou terroristes.

Trompeur, le terme 'basse intensité' peut donner l'impression que les dégâts sont moindres. En réalité, ils ne sont moindres que pour les Etats-Unis. Ainsi, la guerre dite de 'basse intensité' que Washington a déclenchée contre le Congo (à travers les armées du Rwanda et de l'Ouganda voisins, et diverses milices) a fait cinq millions de morts et elle a paralysé le développement du Congo.

La stratégie Brzezinski, à la différence de Bush, privilégie ces guerres de basse intensité. Elle n'est donc nullement plus morale, mais se veut juste plus intelligente.

Mais Brzezinski propose aussi de recourir à d'autres formes d'intervention. Souvent, on ne pense qu'à la forme la le plus visible de l'agression : l'intervention militaire des Etats-Unis. En réalité, ils disposent de toute une panoplie. Si on veut établir une typologie complète, dans l'ordre d'intensité, on doit compter les formes suivantes : 1. Corruptions des dirigeants locaux. 2. Chantages sur ces dirigeants locaux. 3. Campagnes médiatiques de diabolisation. 4. Déstabilisations diverses. 5. Embargos et blocus commerciaux. 6. Coups d'Etat. 7. Provocations de séparatismes. 8. Guerres par intermédiaires. 9. Bombardements. 10. Occupations terrestres. Toute une gamme de méthodes, on le voit, et qui peuvent évidemment se combiner, mais qui constituent toutes des agressions.
Bien sûr, tous les gouvernements US recourent à l'ensemble de ces méthodes, et pas seulement à certaines. Mais le dosage et les financements diffèrent.

Après les crimes commis par Bush, on pourrait être tenté de se réjouir de voir un changement de méthodes. En réalité, si Washington décide de changer ses tactiques, il ne s'agira pas de pacifisme, mais seulement de rendre la brutalité moins visible. Il faut rappeler que Brzezinski, c'est l'homme qui a financé ben Laden en Afghanistan pour piéger l'Union soviétique dans une guerre de longue durée, coûteuse et briser son alliance avec le monde musulman. Brzezinski est très fier de son succès et ne manque pas une occasion de le rappeler.

Si les Etats-Unis décident d'appliquer la stratégie Brzezinski, il y aura sans doute moins de guerres directes. Et elles se feront le plus possible en concertation avec les alliés. Ce qui permettra également de mieux soigner l'image médiatique et la manipulation de l'opinion.
Et surtout, en faisant travailler davantage la CIA, on s'efforcera de remplacer les guerres menées directement par les Etats-Unis par des guerres 'indirectes'. Faire se battre des pays voisins en soutenant 'le bon' sous toutes sortes de bons prétextes. Ce fut la méthode employée avec succès par Clinton contre la Yougoslavie.

La méthode Brzezinski présente deux avantages pour les Etats-Unis : 1. Elle leur redonne un aspect plus présentable, pour rétablir leur autorité morale. 2. En versant moins d'argent au complexe militaro-industriel, elle permet d'aider davantage l'économie US pour renforcer sa position concurrentielle face à l'Europe, la Chine, l'Inde, etc...

Pour économiser sur les guerres, la stratégie Brzezinski recourt davantage aux chantages et aussi à l'action clandestine. Les chantages peuvent passer, notamment, par l'utilisation des instruments du contrôle économique global comme la Banque Mondiale, le FMI et l'OMC. Institutions multilatérales mais dominées par les Etats-Unis et permettant de dicter leurs volontés au tiers monde d'une manière apparemment plus objective. Mais ce ne sera pas facile car la Banque Mondiale et le FMI ont accumulé tant de haines là où ils sont passés que les pays ont cherché des alternatives. L'idée d'une Banque du Sud, lancée par Chavez, fait son chemin...

L'action clandestine, c'est-à-dire la CIA, devrait aussi être utilisée davantage. Elle permet de se débarrasser des gouvernements gênants avec des investissements bien moindres.

Voilà pourquoi les tenants de la stratégie de Brzezinski se définissent comme partisans d'un 'soft power' ou 'impérialisme intelligent'. Le danger, avec ce soft power, serait que la gauche se réjouisse d'être débarrassé de Bush et diminue sa vigilance parce qu'il y aurait - pendant un certain temps - moins de guerres directes. De sorte que le mouvement anti-guerre international, qui connaît une crise évidente, riposterait encore moins face aux stratégies plus discrètes de l'Empire.

De toute façon, cet Empire ne deviendra pas pacifique. Tôt ou tard, il relancera des guerres à la Bush. Parce qu'en fait, l'élite US pratique un cycle d'alternance entre les deux options...

Les présidents passent,
les multinationales restent
Elles ne sont pas nouvelles, ces deux options, militariste ou 'intelligente'. Et il ne s'agit pas d'une opposition entre républicains et démocrates. Parce que ces deux partis ne représentent pas 'la guerre' et 'la paix', mais seulement des électorats différents, et des tactiques différentes, et toujours au services des multinationales. Ainsi, ce n'est pas un républicain, mais bien un démocrate, Harry Truman, qui a déclenché la guerre en 1950 contre la Corée et la Chine. Ce n'est pas un républicain, mais bien un démocrate, John Kennedy, qui a commencé la guerre contre le Vietnam en 1961.

Et ce n'est pas non plus un vote populaire contre un vote bourgeois. Les multinationales US financent toujours les deux candidats, plaçant leurs oeufs dans les deux paniers. Mais on peut juger leurs préférences aux montants versés. Au début des années 90, les multinationales investissent des deux côtés, mais privilégient Clinton et les démocrates à 58 %. A partir de 1996, au contraire, elles misent sur les républicains à 67 %. Aux présidentielles de 2000, c'est Bush qui est financé massivement. Et déclaré élu bien que le scrutin ait désigné son rival Gore. Par contre, à la présidentielle de 2008, les multinationales changent à nouveau de côté et financent davantage Obama que son rival McCain.

De toute façon, le même président peut changer de politique. Après la chute de l'URSS et la fin de la guerre froide, Bill Clinton a d'abord baissé les budgets militaires et les commandes au complexe militaro-industriel dans l'espoir de relancer la machine économique US en général. Mais, bien que la décision soit passée quasiment inaperçue, le même Clinton, en fin de mandat, a effectué un virage : « Le budget militaire des Etats-Unis doit augmenter de 70 % » (10) Ce qui confirme ce qui a été dit plus haut : les grandes décisions politiques ne dépendent pas du caractère de tel ou tel président, mais bien de stratégies décidées plus haut. Les présidents passent, les multinationales restent.

La politique US alterne les méthodes
Donc, on parlera plutôt d'une alternance dans la politique des Etats-Unis. Après chaque grand revers, on constate un retour, temporaire, au 'soft power'.
Après la défaite du Vietnam et la réprobation morale envers les dictatures installées par Washington en Amérique latine, les multinationales US ont porté à la présidence le gentil pasteur Jimmy Carter avec de merveilleux discours sur les droits de l'homme. Après la guerre froide et la première guerre contre l'Irak, le président Clinton s'est efforcé d'embarquer les Européens dans ses guerres et il a soigné la présentation médiatique.
En fait, pour essayer de résoudre ses problèmes, la bourgeoisie US a constamment hésité entre les deux options. Ou plutôt, elle les a alternées : un peu plus de bâton, un peu plus de carotte. Mais ses choix deviennent de plus en plus difficiles. Car aucune méthode ne résout vraiment les problèmes.

A présent, après le désastreux bilan de Bush, cette bourgeoisie US hésite entre les deux options. Ou bien la fuite en avant, c'est-à-dire la guerre tous azimuts. Ou bien un repli tactique, reculer pour mieux sauter et réorganiser les méthodes d'action. La question n'est pas tant de savoir quel président elle choisit, mais bien quelle stratégie.

De toute façon, on n'est pas certain que la stratégie Brzezinski soit, au final, moins brutale que celle de Bush. Il est vrai qu'en 2008, il a critiqué publiquement le président en disant qu'il était stupide de vouloir attaquer l'Iran, parce qu'il ne pouvait pas gagner et qu'une guerre serait nuisible à la situation d'Israël, au prix du pétrole, et donc à l'économie US. Mais certains analystes pensent que Brzezinski veut ménager l'Iran parce qu'il espère retourner ce pays et le faire participer un jour à un encerclement de la Russie. Voilà la puissance qui reste la bête noire, l'obsession de l'auteur du Grand Echiquier. Certains pensent que Brzezinski vise toujours à encercler et affaiblir complètement la Russie, quitte à en découdre avec elle. Sans oublier la Chine, devenue manifestement une cible majeure. Dans cette hypothèse, le soft power se transformerait en une apocalypse now.

Leurs solutions aggravent le problème
Que la bourgeoisie US soit divisée sur la ligne à suivre, découle du fait que les Etats-Unis ne sont finalement pas si puissants qu'on le croit. Ni sur le plan économique, ni sur le plan militaire. A chaque fois que les dirigeants des Etats-Unis ont cru avoir trouvé une solution, il s'est avéré après un certain temps que cette solution aggravait le mal.

Par exemple, dans les années 80, pour échapper à la récession, les multinationales US ont foncé sur l'Amérique latine et d'autres régions du tiers monde, faisant main basse sur leurs matières premières, leurs entreprises, leurs marchés. Mais comme cette offensive néolibérale a tellement appauvri ces pays, elle a provoqué des catastrophes économiques, donc des résistances de plus en plus fortes et l'Amérique latine a viré à gauche. A partir de 1989, Washington a déclenché une guerre globale pour s'assurer le contrôle absolu du pétrole. Mais le pétrole lui a échappé de plus en plus. A partir de 2001, Bush a déclenché sa guerre contre le prétendu Axe du Mal, mais il n'a réussi qu'à renforcer les résistances dans toutes les régions.

Les Etats-Unis paraissent très forts, mais le sont-ils vraiment ? Avec tous leurs dollars, toutes leurs technologies et tous leurs crimes, ils ont perdu la guerre de Corée (1950) et celle du Vietnam (1961-1975), ils ont dû se replier du Liban (1982) et de la Somalie (1993), ils n'auraient sans doute pas gagné en Yougoslavie (1999) si le président Milosevic avait accepté les combats terrestres, et ils ont d'ores et déjà perdu en Irak et en Afghanistan, même s'ils ne le reconnaissent pas encore. Ne sont-ils pas, effectivement, comme on dit, un 'tigre en papier' ? Sur le long terme, les peuples qui défendent leurs richesses et leur avenir, ne sont-ils pas plus forts que les dollars et les missiles ?

Les Etats-Unis ont beau dépenser à eux seuls plus que toutes les autres nations du monde ensemble pour les budgets militaires, cela ne réussit plus à leur assurer la suprématie mondiale. Ils sont eux-mêmes victimes, si l'on peut dire, de leur contradiction fondamentale : tout ce qu'ils font s'oppose aux intérêts de l'immense majorité des habitants de cette planète, ils créent donc eux-mêmes la force qui les abattra.

Une armée ne peut pas être plus forte que l'économie qui la finance. Et la faiblesse fondamentale qui empêchera les dirigeants US d'atteindre leur but, c'est que l'économie US scie la branche sur laquelle elle est assise. En sous-payant ses travailleurs, en délocalisant une partie de sa production, en ruinant les pays du tiers monde qui devraient être ses partenaires, elle ne cesse d'appauvrir ceux à qui elle est censée vendre.
Ce problème, aucune des deux options, ni la militariste, ni l' 'intelligente' ne pourra le résoudre. Les militaristes augmentent les dépenses et les résistances. Les 'intelligents', s'ils diminuent la terreur diffusée par la guerre directe, encouragent aussi la résistance.

Quelle que soit la tactique choisie, les Etats-Unis continueront à porter la guerre partout dans le monde. Pour imposer leur système économique et leurs intérêts. Il est urgent de recréer un puissant mouvement pour la paix et la souveraineté des peuples.

MICHEL COLLON
1er septembre 2008

SOURCES :
(1) John E. Peters, etc, War and escalation in South Asia, www.rand.org/pubs/monographs/2006/RAND_MG367-1.sum.pdf
(2) New York Times, 3 avril 2008.
(3) Le Monde, AFP, Reuters, Le Figaro, 21 avril 2008
(4) Corriere della sera, 21 avril 2008.
(5) Michel Collon, Monopoly, EPO, Bruxelles, 2000. Epuisé, voir copie gratuite à :
Brzezinski
(6) Le Soir (Belgique), 23 avril 2008.
(7) Project for a New American Century (PNAC), Rebuilding America's Defenses, septembre 2000.
(8) Towards a grand strategy for an uncertain world, German Marshall Fund of the United States, www.gmfus.org/event/detail.cfm?parent_type=E&id=451
(9) Nouvel Observateur (France), 1er juillet 1999.
(10) Clinton Remarks on US Foreign Policy, 26 février 1999.

Les liens entre l'économie et la guerre sont analysés dans le livre "Bush le cyclone" :
Bush le cyclone
Ce livre répond notamment à la question "Qui commande à Bush ?" Et donc au prochain président.

Ces questions seront aussi abordées dans le prochain séminaire organisé par Investig'Action les 8 et 9 novembre.
Infos :
magali.investigaction@gmail.com

D'autres articles sur la politique internationale des Etats-Unis,
la Russie, la Chine, l'UE, l'Irak, l'Afghanistan, Brzezinski, Obama...
:
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article