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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 19:43

Terrasses-a4ccd.jpgLa bourgeoisie se regroupe en général dans les beaux quartiers. Mais une fraction d’entre elle goûte aussi la mixité sociale. Avocats, consultants ou cadres supérieurs du privé viennent cohabiter avec des ménages des classes populaires, dans des quartiers naguère inimaginables pour eux. Sylvie Tissot a mené une enquête auprès de riches habitants du South End à Boston vivant aux alentours de cités d’habitat social, mais organisant soigneusement cette proximité, dans le cadre d’une « diversité » appréciée mais bien ordonnée. Nous publions ici en trois partie un chapitre de ce livre : De bons voisins, Enquête dans la bourgeoisie progressiste. Après avoir analysé les discours sur la mixité sociale, (Partie I : Ce que l’amour de la diversité veut dire), la deuxième partie revient sur ce qui est fait au nom de la diversité. Dans la troisième partie, sont examinés les rapports concrets qui se nouent entre les différentes groupes sociaux habitants dans ce quartier « mixte » La valorisation de la diversité s’accompagne, à la faveur de la gentrification, d’un renforcement du contrôle des populations et d’une raréfaction des rencontres entre les propriétaires blancs et les autres résidents ne reposant pas sur des situations de forte inégalité tandis que, par ailleurs, une certaine sociabilité gay friendly s’étend à l’échelle du quartier.


Photo de David Binder


Proximité et inégalité

L’imbrication vécue comme non contradictoire entre dévouement et statut social explique la présence de figures parfois contrastées dans les associations. Certains hommes et femmes d’affaires gagnant 200 000 dollars par an, voire plus, peuvent y croiser quelques résidents plus modestes, notamment des anciens militants désengagés pour qui l’échelle du quartier apparaît comme un refuge [1]. Cet infirmier très croyant, marié à une proviseure de lycée, s’est ainsi installé en 1983 dans le South End, dans la continuité de plusieurs années passées en Afrique pour « vivre avec les pauvres », me dit-il. Il n’hésite d’ailleurs pas à exprimer des positions radicales, reprenant à son compte, à l’inverse de Amy, la consultante évoquée plus haut, le mot « communiste » : «  Je crois que c’est très important de soutenir les programmes sociaux… ça fait presque de moi un communiste. »

Il ajoute, après une tirade violente contre les salaires des dirigeants des grandes entreprises, puis laissant sa phrase en suspens : « C’est pourquoi je fais tellement d’efforts pour que Bradford Street reste un lieu agréable parce que je peux changer des petites choses au niveau local, mais je ne peux changer…  » Il continue vaille que vaille à organiser tous les étés des barbecues hebdomadaires dans le petit parc de la rue.

Mais les moins fortunés des propriétaires comme lui sont généralement blancs. Parallèlement, alors que certains habitants s’étaient engagés dans les années 1960 et 1970 dans des combats communs (comme la lutte contre un projet d’autoroute devant traverser le South End), les rapports aux locataires, aux populations pauvres et non blanches passent de façon croissante par des actions philanthropiques. Celles-ci se développent à la faveur des transformations du secteur caritatif. Les associations à but non lucratif qui, traditionnellement aux États-Unis, jouent un rôle crucial dans les dispositifs de redistribution sociale, voient leur dépendance à l’égard des dons privés se renforcer suite à la forte diminution des aides fédérales dans les années 1980 et 1990. Les dons des membres des associations de quartier ou même des associations elles-mêmes (dont le statut dit 501(c)3 permet aux donateurs de déduire leurs dons des impôts) sont convoités. La rationalisation et les impératifs de rentabilité qui s’imposent à elles se traduisent par une pression accrue.

Pour gagner la générosité des fondations et des grandes entreprises, il faut donner des gages de bonne gestion, ouvrant ainsi une marge d’intervention pour les propriétaires du South End siégeant dans les conseils d’administration. La présence de cadres dirigeants dans ces instances est en effet une garantie sérieuse, qui permet, en retour, une forme de contrôle.

L’ancien président d’une association de quartier est aujourd’hui membre du conseil d’administration d’une association de réinsertion d’usagers de drogue et d’un centre de formation pour anciens sans-logis localisés tous deux dans le South End. Fils d’un avocat d’affaires de New York, il a été cadre dirigeant dans une grande banque de Boston. En 1999, ses enfants ont fini leurs études et se sont mariés ; il décide, avec son épouse, de vendre leur maison de banlieue pour acheter dans le South End, sur la prestigieuse adresse de Union Park. Comme de nombreux résidents actifs localement, son engagement gagne en intensité durant ses premières années de retraite. Il poursuit, à travers sa participation à de nombreux conseils d’administration (d’entreprises à but lucratif ou d’associations caritatives) une activité semi-professionnelle, moins rémunératrice financièrement mais symboliquement valorisante. Il devient ainsi consultant pour United Way, une organisation qui sélectionne, à l’attention des donateurs, et notamment des grandes entreprises, les associations méritant d’être aidées. Et c’est en visitant, en tant que consultant, une association caritative du South End, qu’il est sollicité pour entrer dans son conseil d’administration.

Le soutien politique, financier et symbolique qu’apporte ce résident fortuné offre en retour, pour les propriétaires habitant à proximité, un certain droit de regard. Celui-ci se traduit par un encouragement au programme particulièrement coercitif que suivent les anciens usagers de drogue : ces derniers sont soumis, pendant six semaines, à un encadrement strict et des règles rigoureuses concernant leurs allées et venues. Le jeune retraité vante les mérites de ce programme : « C’est leur dernière chance. S’ils n’y arrivent pas, ils retournent en prison.  » Cette pression est un gage de docilité, qui leur permet, mais dans des positions subordonnées, de se mêler à la vie du quartier, tout en participant à une diversité appréciée :

« On aime bien qu’ils soient là, parce qu’ils sont volontaires pour plein de choses. Ils participent aux deux opérations de nettoyage qu’on a deux fois par an. Si un habitant a besoin de quelqu’un pour bricoler, on va embaucher quelqu’un de là-bas. Donc ça marche bien. Et en plus, notre quartier est vraiment mixte. »

La proximité spatiale entre les habitants riches du quartier et les résidents plus modestes ne donne lieu qu’à de rares collaborations. En 2005, une structure est constituée au sein du centre social, qui vise à rassembler tous les groupes du South End, sans se limiter aux associations de propriétaires. La première réunion rassemble 35 groupes et 25 personnes assistent par la suite régulièrement aux réunions, dont l’objectif est de promouvoir la mixité sociale par des actions concrètes, orientées vers des échanges entre représentants de différentes cultures et milieux.

Cette promotion de la diversité conduit à animer des ateliers de rencontre entre les présidents des associations de quartier et ceux des associations de locataires. Néanmoins, ce processus se heurte rapidement à une demande de résultats de la part des résidents blancs : « Les seules personnes que j’ai entendues dire : “Est-ce qu’on peut commencer à travailler sur quelque chose ?” étaient les Blancs, qui disaient : “C’est super, mais sur quoi est-ce qu’on commence à travailler ?” » explique le travailleur social à la tête de cette initiative, qui va rester sans suite.

La proximité spatiale s’accompagne plutôt de relations inégalitaires, que mettent en scène plus qu’elles ne les atténuent les pratiques philanthropiques. Rien ne l’illustre mieux, sans doute, que le terme utilisé par le banquier à la retraite pour évoquer le résident d’un foyer à qui il rend visite, et qu’il aide tout en lui prodiguant des conseils de vie : il l’a « adopté », de même que sa femme a, elle, adopté une ancienne prostituée. Les relations avec les autres groupes locaux, et notamment les associations de locataires, sont par ailleurs inexistantes. Un témoignage recueilli par Mario Small dans sa monographie de l’enclave portoricaine du South End est à cet égard édifiant. Une locataire de Villa Victoria qui projetait d’organiser des visites guidées du quartier et voulait y associer d’autres habitants s’est heurtée à une violente fin de non-recevoir :

« Daniela, une femme à la peau claire dont l’anglais traduit un fort accent espagnol, essayait d’organiser un tour du South End et de Villa [Victoria], qui aurait mobilisé à la fois les habitants et des associations volontaires de tout le South End. Essayant de formuler l’offense voilée qu’elle a ressentie, elle explique : “Tu sais à combien de portes je suis allée frapper ? Je parle du South End. Je suis allée voir les associations de quartier, les associations juste là [elle montre] – je ne donne pas de noms… Tu sais à combien de portes j’ai dû frapper pour avoir de l’aide, pour obtenir des gens simplement qu’ils s’assoient avec moi ? On a eu quelques donations mais personne n’a voulu s’impliquer […]. Quand j’ai frappé à la porte de ces associations [de quartier], je te jure que c’était comme recevoir une gifle [2]. »

Interrogés sur l’absence de locataires dans leurs associations, les propriétaires tiennent un autre discours, renvoyant la responsabilité sur les locataires et le faible intérêt qu’ils manifesteraient pour les enjeux du quartier – ces enjeux renvoyant, bien entendu, à des préoccupations différentes. L’ancienne présidente d’une association raconte ainsi sa frustration après de nombreuses tentatives infructueuses pour faire venir à une réunion des locataires de la cité Tent City. Elle souhaitait rassembler les habitants pour faire pression sur un bar bruyant situé à côté. Personne ne s’est manifesté du côté de la cité, et de conclure : « Il y a un énorme fossé entre les gens comme moi et les gens là-bas. » Et pour illustrer ce fossé, elle souligne leur incapacité à faire pression sur la mairie, insinuant que des activités quelque peu illégales tendent aussi à les en éloigner.

Le contraste entre les intérêts et les rapports au quartier d’habitants si différents apparaît clairement lors d’un entretien réalisé avec un des seuls Noirs que j’ai croisés à une réunion d’association. Il se trouve que c’est le concierge d’un immeuble appartenant à PSI, l’association prévoyant d’acheter les trois fameuses maisons. Dans cet immeuble habitent déjà d’anciens sans-logis. Son poste le contraint à assister à ces réunions, ce qu’il fait sans intervenir à aucun moment, ni manifester l’enthousiasme et l’énergie des propriétaires. Lors d’un entretien plus tard, son emménagement dans le South End et son rapport au quartier ne sont commentés que sur le registre de la contrainte, à l’inverse de mes interviewés habituels. Avant de livrer un jugement essentiellement négatif, il ne répond qu’à demi-mot à ma question « Aimez-vous le South End ? », sur laquelle mes interviewés habituels aiment tant s’étendre. Le lieu où il habite est bien lié pour lui à son travail et au marché du logement, sur lesquels il a peu de prises.

Né en 1953 en Louisiane d’un père ouvrier, élevé dans une famille de huit enfants, il a migré vers le Nord à la recherche de meilleures conditions de travail, et pour fuir la ségrégation raciale du Sud. Il n’associe pas pour autant le South End à une quelconque diversité, mot d’ailleurs qu’il ne prononce à aucune reprise [3]. Non seulement il raconte que des insultes, et notamment le « N word » (renvoyant l’expression « nigger », qui désigne une des insultes les plus violentes adressées aux Noirs américains), lui ont déjà été adressées, mais il apprécie peu que des gays s’embrassent dans la rue. Surtout, les restaurants sont bien trop chers pour lui. C’est dans un bar plus populaire de Roxbury qu’il s’échappe, dès qu’il peut, pour jouer au billard avec son frère – les poolrooms d’antan ont définitivement disparu du South End.

La sociabilité des fundraisings ne brise que rarement l’entre-soi des associations de quartier. Tous ceux auxquels j’ai participé, généralement invitée par une enquêtée payant pour moi la contribution, s’organisent autour d’un buffet ou d’un repas, parfois d’un concert de jazz. Des rituels permettent de réaffirmer le statut social des donateurs : les ventes aux enchères (auctions), et notamment celles dites silencieuses (silent auctions), qui consistent à présenter les lots à gagner sur des tables. Les participants sont invités à inscrire sur une feuille de papier la somme qu’ils sont prêts à payer pour les acquérir ; le dernier inscrit emporte la mise. Les autres enchères, organisées par les associations les plus importantes (l’une d’entre elles fait régulièrement appel à un présentateur de télévision), ont des prix plus attractifs.

La diversité des associations du South End se retraduit toutefois dans le déroulement et l’assistance des fundraisings, les moins dotées et celles soulevant des enjeux moins consensuels comme la délinquance fonctionnent sur un mode plus militant, avec le soutien des propriétaires blancs les plus progressistes. Le fundraising d’un club de prévention me donne ainsi l’occasion d’entendre un discours clairement valorisant sur les jeunes des communautés noires et hispaniques du quartier. L’événement s’organise autour des œuvres d’art réalisées par des enfants et des adolescents avec des artistes du quartier, qui sont vendues aux enchères. La moitié de l’assistance, composée des enfants et de leurs parents, est noire, avec également une forte proportion d’Hispaniques. Plusieurs membres des associations de quartier y passent. Pendant l’enquête, je n’ai guère assisté à d’autres scènes où Blancs et non-Blancs se côtoyaient que ce soir-là.

Une gay friendliness sous conditions

Qu’en est-il maintenant de la mixité selon l’orientation sexuelle ? La présence des gays [4] fait partie de la mixité sociale vantée par les propriétaires, et on la retrouve au sein des associations de quartier. Cette intégration, que symbolise aussi le drapeau arc-en-ciel à l’entrée de quelques restaurants, ne touche qu’une fraction d’entre eux, les gays blancs fortunés. Néanmoins, elle donne lieu à des échanges et à une sociabilité commune, dans les espaces publics et privés, qui ne concernent pas, par exemple, ou en nombre très réduit, les Noirs des classes moyennes supérieures. Une certaine visibilité est même admise puisque les gays sont présents ouvertement en tant que tels.

Toutefois, cette sociabilité se déploie dans le cadre de lieux mixtes qui tranchent avec les espaces exclusifs comme les bars, certains commerces ou lieux associatifs qui ont joué un rôle majeur dans la vie homosexuelle urbaine du XXe siècle, et perdurent encore dans d’autres quartiers gentrifiés d’Amérique du Nord ou d’Europe. L’intégration à une gay friendliness excluant toute affirmation communautaire est bien mise en évidence par la trajectoire d’un habitant du South End et les possibles professionnels, résidentiels et biographiques qui se sont présentés à lui au cours de sa vie.

Steve Stanford, blanc, né en 1960, fils d’un petit entrepreneur et d’une femme au foyer, a grandi dans une petite ville du Massachusetts. Il part faire ses études à Boston et s’installe en 1982 dans le South End. « C’était un quartier identifié comme gay. C’était l’endroit évident où habiter pour un garçon gay s’installant à Boston. Et c’était abordable », raconte-t-il. Son déménagement dans le South End coïncide avec un engagement politique qui date du lycée, et qui le conduit à soutenir la carrière du premier homme politique ouvertement gay du Massachusetts : quand celle-ci s’écroule suite à un scandale, il se replie sur l’activité immobilière avant de travailler pour le maire Ray Flynn, puis de reconvertir son capital social dans l’activité plus lucrative du consulting. À la tête d’un think tank florissant, il gagne aujourd’hui 400 000 dollars par an et a renoncé à toute carrière politique. Marié à un homme au foyer et père de deux enfants asiatiques adoptés, il a aujourd’hui une sociabilité quasi exclusivement liée à sa vie familiale et fréquente, de fait, une majorité d’hétérosexuels. Quand je l’interviewe, un dimanche matin, son mari est en train de cuisiner des pancakes pour les deux enfants, et nous nous installons tous les deux dans le salon. Il n’est pas anodin que la personne qui me met en contact avec lui soit une des leaders de la défense du parc à chiens, plus récemment engagée dans l’association des parents d’élèves qui s’est constituée au sein d’une école publique du quartier. Le lobbying efficace de cette association traduit le plus grand investissement des parents dans le South End au fur et à mesure qu’il se transforme et apparaît plus adapté à la vie de famille. La multiplication de poussettes, ainsi que des magasins pour enfants renforce aussi la visibilité des jeunes parents. Ces transformations, qui irritent de nombreux gays, ne sont pas, dans le même temps, sans effet sur le cadrage subtil qui s’exerce sur leur présence dans le quartier.

Finalement, les gays, qui auraient pu s’engager dans une mobilisation collective et des actions de lobbying ancrées dans le South End, n’ont pas été, pour les gentrifieurs hétérosexuels, des concurrents potentiels dans l’appropriation du quartier. Il a donc été d’autant plus aisé, pour ces derniers, de développer une sociabilité et des engagements communs avec des gays de niveau socioéconomique élevé. Il n’en reste pas moins que cette intégration s’accompagne de formes subtiles d’exclusion, ou du moins d’une « assignation à la discrétion [5] », qui passe par l’absence de comportements considérés comme identitaires et/ou trop connotés sexuellement. Ces derniers sont relégués à des moments et dans des lieux ponctuels et moins visibles, tandis que le lieu de rencontre que constitue le parc à chiens autorise des formes de flirt analogues à celles des hétérosexuels, nous y reviendrons dans le dernier chapitre.

Cette intégration est favorisée par la présence plus importante de familles dans le South End à partir des années 1990, date à laquelle l’amélioration de la réputation du quartier et la prise en charge d’une école publique par un groupe de parents d’élèves blancs convainquent un nombre croissant de familles d’élever leurs enfants ici, et non pas en banlieue. Le rapprochement qui s’opère entre certains gays et hétérosexuels en termes de vie privée joue aussi un rôle important : à la fois par la présence de nombreux divorcés chez les seconds, et par l’investissement d’une conjugalité légitime (le mariage gay étant légalisé dans le Massachusetts en 2003) et familiale (en cas d’adoption d’enfants) par les premiers [6]. Le partage d’un style de vie reposant sur un fort niveau de consommation et un intérêt commun à mettre à distance certaines populations indésirables ont contribué à redéfinir la déviance sexuelle. Celle-ci est désormais moins liée à l’orientation sexuelle en elle-même – l’homosexualité n’étant un stigmate dans aucun discours (formel ou informel, explicite ou implicite) – qu’à des manières de l’afficher, à quoi s’ajoutent les clivages socioéconomiques et ethniques, ces deniers excluant les gays ni blancs ni aisés. Aujourd’hui, les gentrifieurs hétérosexuels affichent une attitude bienveillante mais toujours vigilante, qui transparaît lors d’une réunion à laquelle j’assiste.

Contrôle de la visibilité gay : la négociation de la Gay Pride

Un groupe de préparation de la Gay Pride est venu soumettre à une association de quartier le projet de faire passer, cette année-là, la marche dans le South End. Le groupe comprend un Français installé à Boston. Lors d’une conversation que nous avons plus tard, il m’explique : « Eux, c’est vraiment les plus chiants. » Pendant la réunion, le ton n’en est pas moins policé et respectueux. Après la présentation des deux représentants de la Gay Pride, plusieurs questions détaillées et assez pointilleuses sont posées sur un ton sérieux et sévère : l’un d’eux souligne que, les dernières années, les camions de nettoyage ne sont passés que le lendemain. Un autre annonce : « J’ai trois questions à poser et un commentaire à faire. » Le fait qu’il s’agit de l’association de quartier la plus puissante du South End explique sans doute les formes mises dans l’examen de la demande. Si celle-ci est considérée avec professionnalisme, un accord unanime se dessine rapidement en faveur du parcours dans le South End, et la permission est donnée sans même avoir besoin de passer au vote. Outre le caractère gay friendly qui fait partie de l’identité des gentrifieurs du South End, outre le contrôle qu’ils ont pu mettre en scène lors de cette réunion, il semble bien que plusieurs membres de l’association aient été sensibles aux bénéfices commerciaux du passage de la Gay Pride par le South End. Au final, plusieurs hétérosexuels se joignent au cortège, tenant la banderole de l’association, et rendant publique leur participation sur leur site Internet.

La vie qui s’est développée autour d’un immeuble de lofts de Washington Street témoigne de la recomposition de ces frontières sociales. Depuis 1999, il accueille, dans ses 98 unités, plusieurs dizaines d’habitants arrivés au même moment dans la zone dernièrement rénovée. La réputation tangente du lieu favorise les rencontres entre les propriétaires et la mobilisation au sein de l’association de quartier. Des fêtes sont périodiquement organisées sur le toit l’été, autour de barbecues, où se rencontrent les habitants de l’immeuble et leurs amis. Surtout, le parc, situé en face, et, en son sein, le parc à chiens, sont des hauts lieux de sociabilité : c’est là qu’on lance les invitations informelles aux soirées.

Se pressent alors dans les dîners retraités, jeunes couples et gays, les premiers venus de banlieues résidentielles se mêlant souvent pour la première fois dans un cadre privé à une population aussi bien homosexuelle qu’hétérosexuelle. 20 % des unités ont été vendues à des prix inférieurs au marché. Des artistes qui ont pu, dans le cadre de cette programmation mixte, accéder à la propriété, participent aussi à cette animation – même si les moins fortunés d’entre eux vivent parfois dans la violence symbolique les décalages économiques faramineux que génère l’arrivée de propriétaires toujours plus riches.

La violence subie par ces « autres », artistes et gays, relativement bien acceptés, voire valorisés pour la diversité qu’ils représentent, affleure dans les propos d’un homme célibataire, propriétaire d’un appartement mais connaissant une situation professionnelle précaire. Ses regrets du South End des années 1980 expriment sans doute une nostalgie de l’insouciance et des fêtes de sa jeunesse ainsi que ses difficultés économiques actuelles, d’autant plus difficiles à supporter sans doute qu’il vit dans un quartier toujours plus riche. Mais ses sentiments ont aussi à voir avec la disparition d’une certaine visibilité et l’affaiblissement du rôle de la sexualité dans l’identité gay. Se plaignant de l’ostracisme que subissent aujourd’hui les peu respectables drag queens de la Gay Pride, il raconte qu’on lui a un jour conseillé de se marier et d’avoir des enfants : « Un mec célibataire, ça fait peur », conclut-il. Comme le souligne ce témoignage, l’intégration gay friendly n’est pas valorisée unanimement. Les clivages perdurent, mais de façon euphémisée. Certains expriment un ralliement au « mélange », et un refus du « ghetto gay ». Ce résident homosexuel, consultant en urbanisme, membre de son association de quartier, et qui habite le South End depuis 1977, m’explique :

« Je n’aimerais pas que ce soit un ghetto gay. Parce que ce n’est pas normal. Ça ne correspond pas à la société telle qu’elle est. Bien sûr je veux être dans un quartier tolérant, un quartier où un couple de lesbiennes, où deux hommes gay peuvent marcher dans la rue et se tenir la main s’ils en ont envie. […] On voit de plus en plus de familles avec enfants ici, je pense que c’est tout simplement merveilleux.  »

Mais d’autres voix se font entendre, qui montrent que des gays nostalgiques d’un South End plus communautaire peuvent aussi se faire les défenseurs d’un quartier où les habitants à faibles revenus étaient mieux acceptés. Ainsi Steve, le consultant gay aujourd’hui père de famille, s’emporte-t-il contre les résidents hostiles au projet de Pine Street Inn et défend la présence d’anciens sans-logis dans le quartier. Il raconte comment, lui, a toujours apprécié de voir les hommes accueillis par les associations de réinsertion (des anciens toxicomanes, d’anciens détenus) traîner sur les trottoirs ou sur les marches des immeubles. En accompagnant son propos d’un clin d’oeil, il fait clairement comprendre que, malgré son intégration à la sociabilité hétérosexuelle du quartier, il regrette la disparition d’un mode de vie fait de dragues et de rencontres éphémères, même si c’est avant tout son parcours biographique et sa vie familiale actuelle qui l’en ont éloigné.

L’opposition la plus visible des gays à cette gay friendliness des classes supérieures provient d’un blog, The South End is Over. Son auteur anonyme y publie une série de pamphlets ironiques sur les yuppies, leurs appartements de luxe (luxury condos), leurs bottes Ugg et les cuisines en granite et acier. À noter ici que l’incarnation du yuppie honni est très genrée ; il s’agit avant tout des femmes, et plus précisément de mères.

Café au lait de soja et poussettes de luxe : The South End is Over !

La scène commerciale concentre les critiques de l’auteur du blog : les cafés sophistiqués de type latte au lait de soja, les tomates « chair de bœuf » (heirloom tomatoes) à plus de 5 dollars la livre, les omelettes au foie gras à 50 dollars, le développement des voituriers sur les artères du quartier mais aussi SoWa, zone artistique du South End labellisée ainsi par imitation du SoHo de New York [7]. Ses critiques visent très souvent les familles, mais beaucoup plus les mères que les pères, à travers la place imposante et bruyante que prennent pour lui les bébés et les poussettes (de luxe) dans les cafés. Ces femmes symbolisent l’attitude désinvolte et sans-gêne qu’il dénonce chez des yuppies qu’il voit tout juste arrivés de leurs banlieues. Les articles publiés sur ce site sont par ailleurs ponctués de remarques sur la normalisation des comportements qu’opèrent, à ses yeux, les couples hétérosexuels : « Je dînais dehors avec cinq autres hommes gay l’autre soir. On se disait au revoir, et comme tous les gays partout, chacun de nous s’est donné une accolade et un baiser de bonne nuit. On a été atterrés par l’expression choquée de ces “branchés” avec leurs bottes Ugg, qui nous regardaient derrière les vitrines de Butcher Shop. À voir les regards sur leurs visages typiquement “banlieues/Back Bay/Beacon Hill”, on aurait dit qu’on s’était fait une pipe collective bien sexy. Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps un baiser de bonne nuit entre deux homos dans le South End était de rigueur, et ne choquait personne. En fait, avant Butcher Shop, il y avait au même endroit un super petit restaurant gay “Rave”, et avant cela, un café gay qui s’appelait “Mildred’s”. » Ce site a un écho tel, malgré l’anonymat dans lequel reste son auteur, que le South End News lui consacre un article en 2009 – la même année toutefois que la fermeture du blog.

P.-S.

La couverture du livre, la photo reproduite ici, ainsi que toutes celles du cahier central sont de David Binder. Voir, plus généralement, son travail sur son site.

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Published by valenton rouge - dans Monde
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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 19:38

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CINÉMA • Le documentaire «Bottled Life», présenté demain à Soleure, démontre la manière dont Nestlé «transforme de l’eau en or». Le géant de Vevey accepte enfin de prendre position.

Les prochains rendez-vous de Nestlé avec l’actualité risquent de se transformer en «malencontreux hasards» dégageant une image peu reluisante. Mardi s’ouvre, à Lausanne, le procès contre le géant alimentaire et la société de surveillance Securitas, pour espionnage à l’encontre du mouvement Attac. Le 28 janvier au WEF de Davos, Peter Brabeck, président de Nestlé, est invité à s’exprimer sur le thème de l’eau dans une discussion sur la pénurie d’or bleu dans le monde. Or, ce dimanche, un documentaire suisse présenté aux Journées cinématographiques de Soleure montrera comment Nestlé contribue à assécher des sources d’eau potable dans le monde pour commercialiser une eau en bouteille inconnue en Suisse, «Pure Life». D’où le titre du documentaire «Bottled Life» («La vie en bouteille», ou plutôt «La vie enbouteillée»?) réalisé par le cinéaste Urs Schnell et le journaliste Res Gehriger.


Quand Nestlé subit des critiques, c’est pour le lait en poudre, le chocolat, le cacao ou sa surveillance d’organisations critiques. On n’avait pas encore entendu parler de l’eau. Qu’est-ce qui vous a mis sur cette piste?


Urs Schnell: Je voulais me pencher sur la thématique de l’eau, un bien qui est beaucoup plus important que le pétrole, quand, en 2006, j’ai entendu parler des mouvements de citoyens aux Etats-Unis contre Nestlé. On n’avait presque jamais parlé, en Europe, de résistance américaine à un groupe dont de nombreux Suisses sont si fiers. J’ai découvert que Nestlé réalisait près de dix milliards de chiffre d’affaires dans le monde avec l’eau en bouteille et que leur nouvelle marque, «Pure Life», développée en 1997, était distribuée dans quelque 30 pays, surtout dans les pays du Sud où l’eau potable est un bien rare. Mais «Pure Life» n’est évidemment pas gratuite...
Mais dans plusieurs Etats américains, dont le Michigan, le Colorado, le Maine, les habitants se battent contre Nestlé, qui y a acheté de grandes surfaces de terrains et pompe de l’eau dans différentes sources – contrairement à l’eau de ses autres marques comme Vittel, Perrier ou San Pellegrino, qui proviennent d’une source unique – avant de la mettre en bouteille et de la vendre, dans le cas de la «Poland Spring», comme «eau de source», selon un accord obtenu en 2003. Possédant la matière première, le groupe fait des profits mirobolants avec la mise en bouteille d’une eau enrichie d’une recette de sels minéraux dont elle a le secret de fabrication. Partout dans le monde, au Brésil, au Pakistan, au Nigeria notamment, Nestlé essaie d’acheter les terrains avec les sources, ou d’autres entreprises en possession de droits, pour exploiter de l’eau…


Vous dites que les messages publicitaires sont très efficaces…


Le succès repose sur une stratégie qu’il faut bien qualifier de brillante: tout le discours «life style», développé par Perrier puis repris – en même temps que la marque – par Nestlé dans les années 90, en l’enrichissant d’arguments hygiéniques du type «il faut boire tant de litres d’eau par jour», ont fait chuter aux Etats-Unis la consommation de boissons sucrées et littéralement fait exploser les ventes de bouteilles d’eau. En 2008, en revanche, une baisse est intervenue, probablement en raison des mouvements citoyens qui ont fini par obtenir quelques succès.


Les autres groupes de boissons, comme Pepsi ou Coca-Cola, pratiquent-ils différemment?


Nestlé a été plus malin que Coca-Cola et Pepsi, qui eux mettent en bouteille l’eau sortant des robinets. Nestlé possède les sources! Or, il y a déjà pénurie d’eau dans plus de vingt Etats américains. En détenant la matière première, Nestlé est parfaitement équipé pour l’avenir. Les transports aux Etats-Unis couvrent déjà de longues distances. Nestlé exporte aussi «Pure Life» du Pakistan – qui était le marché test et où la nappe phréatique a déjà diminué – vers l’Afghanistan.


Nestlé a refusé de vous répondre et d’ouvrir ses usines à vos équipes de tournage. Avez-vous aussi subi des pressions?


Les prises de vue n’ont pas été faciles. Dans le Maine, une agence de relations publiques a joué au chat et à la souris avec nous. Le journaliste Res Gehriger a été ennuyé au Pakistan. Mais certains commentaires en Suisse alémanique nous accusent aussi de vouloir «descendre» Nestlé. D’autres pensent que nous avons été trop gentils, pas assez «Michael Moore». Notre but n’était pas de critiquer pour critiquer, nous voulions connaître les raisons d’un succès aussi phénoménal.


Tout le discours du groupe sur les «valeurs partagées», la responsabilité sociale et le respect de l’environnement, ce n’est que du vent?


Cela ne correspond en tout cas pas, dans les cas où nous avons enquêté, à la réalité. I

 

 

la réaction de Nestlé
Le service de communication de Nestlé a répondu par écrit à nos questions:
«Nestlé n’utilise que 0,005% des prélèvements mondiaux d’eau douce et Nestlé Waters seulement 0,0009%. Il n’est pas dans l’intérêt de nos
activités à long terme de mal gérer les ressources en eau que nous exploitons et nous nous sommes engagés à gérer ces ressources de manière responsable. Notre secteur eaux embouteillées n’est pas en concurrence avec les approvisionnements en eau publics, la principale source d’eau potable pour toute population.

»L’eau Nestlé «Pure Life» a d’abord été lancée au Pakistan en 1998 en tant que boisson à prix abordable s’adressant aux familles à revenu moyen à la recherche d’une eau saine.

»Il nous arrive parfois d’acheter des terrains lorsque nous pensons que c’est la seule façon d’atteindre nos objectifs de préserver la qualité originelle de la ressource de toute pollution extérieure, à condition que l’acquisition soit possible. Nous payons toujours une taxe aux collectivités locales directement en fonction des quantités prélevées.

»Nestlé est un leader reconnu dans le débat visant à rétablir la balance entre le prélèvement d’eau et la disponibilité d’eau de sources naturelle. Nestlé est, entre autres, membre fondateur du CEO WATER MANDATE (CWM) du Pacte Mondial des Nations Unies depuis juillet 2007.

»Nous avons décidé de ne pas participer à «Bottled Life», car nous avions la forte impression que le film serait unilatéral et ne représenterait pas la société et ses collaborateurs de manière équitable. Nestlé reste ouverte à une participation à des discussions et à des projets où les deux parties ont une chance égale de présenter leur point de vue. Ce que nous savons du film confirme notre impression initiale.»
AG

Critique

L’histoire de l’arroseur arrosé

Nestlé est désormais le leader mondial du commerce de l’eau en bouteille. Le précieux liquide représente aujourd’hui environ 10% du chiffre d’affaire de la firme et génère plus de 650 millions de francs de bénéfices. Peter Brabeck, directeur général de la multinationale helvétique, en a fait son cheval de bataille. Et utilise ce produit pour vanter la responsabilité sociale et environnementale de la firme. Qu’en est-il? Nestlé, qui détient plus de 70 marques, mène-t-elle vraiment une politique éthique? Tel est le point de départ de l’enquête menée par le réalisateur Urs Schnell et le journaliste Res Gehriger dans «Bottled life». Ils nous emmènent de l’Ethiopie au Pakistan, en passant par le ­Nigeria et les Etats-Unis. Après une entrée en matière un peu poussive, le film s’avère vite captivant. A voir dans les salles obscures du pays à partir de mercredi.

C’est au Pakistan que les conséquences des pratiques de Nestlé s’avèrent les plus problématiques. Près de Lahore, la fabrique de Sheikupura pompe des millions de litres d’eau de la nappe phréatique pour sa marque, très en vue, «Pure life», destinée aux classes moyennes et hautes de la capitale. Mais voilà, depuis l’installation de l’usine, le village voisin a vu le niveau de ses puits baisser drastiquement. Au point que l’eau prélevée par ses habitants est devenue le plus souvent impropre à la consommation, causant maladies et semant la mort chez les enfants. Les villageois, qui ne peuvent d’ailleurs se payer le luxe d’acheter de l’eau en bouteille, ont décidé de réagir en adressant une pétition à l’intention de Nestlé. Leur demande: l’installation d’une conduite d’eau depuis l’usine pour alimenter le village. Ou à défaut le forage d’un puit.

La firme helvétique a tout simplement refusé. Pendant ce temps, la petite bourgeoisie de Lahore profite de l’image soignée de l’eau «Pure Life», conquise par un marketing omniprésent: «Pour beaucoup de jeunes, c’est devenu la mode d’avoir une bouteille «Pure Life» à la main. Ça leur donne un statut social. On se profile ainsi comme une personne moderne, soucieuse de sa santé. Une manière d’adhérer à la jet-set pakistanaise», analyse Ehsan ul Haque, professeur en marketing à l’université.

Même stratégie aux Etats-Unis où Nestlé a acheté la marque «Poland Spring», l’eau en bouteille la plus bue dans le pays. Sponsor officiel du marathon de New York où le breuvage incolore à l’étiquette verte est distribué gratuitement aux coureurs. Cette eau est puisée à l’extrême nord de la côte est, dans l’Etat du Maine, où Nestlé a acheté de nombreux terrains. Coût de l’opération pour la firme: le prix du terrain et les impôts sur la propriété du sol. L’eau est gratuite. «Pourtant, chacune des cargaisons des camions citernes sortant de l’usine rapportera 50 000 dollars à Nestlé une fois vendue sur les étalages des magasins», assure la voix off.

Fatigués du bal incessant des camions et préoccupés par l’impact de ce prélèvement sur l’environnement, les nappes et les lacs, de nombreux habitants sont entrés en résistance. Une lutte menée principalement par des femmes. «L’eau est un bien fondamental, pas une marchandise. C’est pourquoi nous nous sommes unis avec des amis et voisins. Nous voulons empêcher Nestlé de débarquer ici pour pomper l’eau à tout va», explique à la caméra Denise Carpenter, assistante médicale et agricultrice, à Newfield. Une bataille qui s’avèrera ardue. Deux victoires historiques seront pourtant au rendez-vous pour les opposants. Et le documentaire de conclure: «A qui appartient l’eau sur notre planète?»


    Christophe Koessler

http://www.lecourrier.ch/nestle_est_a_nouveau_dans_le_viseur

 

Sortie du film: 25 janvier en Suisse romande, 26 janvier en Suisse alémanique
http://www.bottledlifefilm.com

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 19:34

arton2054-96726.jpgTerminés les paniers bios réservés aux « bobos ». Dans la ville ouvrière de Saint-Étienne, associations de quartier et paysans travaillent ensemble pour livrer des légumes de saison et des produits sains au plus près des quartiers, tout en créant des emplois. Rencontre avec les membres du projet « de la ferme au quartier », une plateforme d’approvisionnement alimentaire solidaire en circuit court, et une alternative au « low-cost » de la grande distribution.

« Comment permettre au plus grand nombre, y compris aux personnes aux revenus très faibles et précaires, d’accéder à une alimentation saine ? » Georges Günther, et les autres initiateurs du projet De la ferme au quartier, à Saint-Étienne, ont répondu concrètement à cette question. Dans cette ville ouvrière qui a perdu pratiquement 10 % de sa population en 20 ans, les paniers paysans dans le cadre de l’économie sociale et solidaire se développent depuis 2005. Saint-Étienne compte 11 associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap), dans lesquelles les consommateurs s’engagent à acheter la production des paysans à un prix équitable et en payant par avance. « Le projet De la ferme au quartier est complémentaire des Amap, explique Georges. Il se veut créateur d’emplois et touche un plus large public, y compris les couches populaires. »

Miser sur la solidarité entre consommateurs

« La plateforme », le local où les salariés préparent et assurent les livraisons des paniers, est située dans le Marais, un ancien quartier de l’industrie lourde stéphanoise, aujourd’hui plus connu pour son Technopole ou pour le stade Geoffroy-Guichard. La volonté de créer des emplois est l’une des différences avec les Amap, qui reposent totalement sur l’engagement bénévole de familles directement en lien avec les paysans partenaires. Pour sa mise en place, le projet a notamment bénéficié d’un soutien de la Région Rhône-Alpes, de la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Rhône-Alpes avec le fonds social européen, l’État et la ville de Saint-Étienne qui loue un local.

Lancer une activité viable économiquement et créatrice d’emplois pérennes a évidemment un coût. C’est pourquoi producteurs et consommateurs participent à parts égales aux frais de fonctionnement de la structure. « Nous misons sur la solidarité entre les consommateurs. L’idée est qu’ils participent aux frais de fonctionnement en fonction de leurs revenus », précise Georges. Le montant de cette participation aux frais varie de 0 à 20 %. Les chèques d’aide alimentaire sont également acceptés. « Notre objectif, c’est de pouvoir proposer à tous les publics de l’agglomération de Saint-Étienne des produits agricoles locaux de qualité, à des prix abordables. » Et cela marche ! Alors que l’heure de la distribution approche, une jeune femme franchit le seuil de la plateforme. Elle précise venir « des caravanes », installées près du local, et vient se renseigner sur les paniers. Elle souhaiterait s’engager pour un mois avant de poursuivre la route. Le projet touche décidément un autre public.

Education populaire et alimentaire dans les quartiers

Il est plus de 17 h, et Sylvain, un autre jeune membre de l’équipe, s’active près de la chambre froide dans la préparation des paniers. Mâche, choux de Bruxelles, épinards, poireaux, courges, tout est local, de saison et sans OGM. Alors que Georges commence à regarder nerveusement sa montre, Nasser arrive avec la camionnette. Direction le quartier du Soleil, à l’Association familiale protestante (AFP), dont les bénévoles aideront à la distribution. Parmi eux, il y a Aziz. Pour lui, « le projet fonctionne de mieux en mieux avec des produits de plus en plus variés. Les gens ont compris qu’ils faisaient bosser des agriculteurs du coin ». Enthousiaste, Aziz file dans le local pour la mise en place de la distribution. Nasser poursuit la route jusqu’au centre social l’Arlequin, où une deuxième distribution est assurée ce soir-là.

L’une des spécificités du projet est l’engagement de plusieurs associations de quartier qui mettent à disposition leur local, mènent un travail de sensibilisation, et participent au conseil d’administration. Aux côtés de l’Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural (Addear), on retrouve des centres sociaux, des amicales laïques, mais aussi le centre Al Qalam-Firdaws, qui développe et diffuse des travaux traitant de la culture musulmane. « On bosse à leurs côtés pour informer sur ce qu’est l’agriculture paysanne, ce qu’implique un travail rémunérateur, explique Georges. L’amicale laïque prend, par exemple, des produits pour son centre de loisirs, où les mômes bouffaient jusque-là n’importe quoi pour le goûter. Ces associations organisent également des conférences débats ou viennent à la plateforme pour faire des ateliers cuisine. » Michel Avril, le directeur de l’AFP, témoigne de ce soutien. « On mène un travail de réinformation en diffusant, entre autres, une plaquette dans les collèges et les écoles primaires. On vise un public du quartier et on s’appuie sur le bouche à oreille pour que l’information circule. »

De la viande hallal dans les paniers

Se démarquer de l’image « bobo » qui colle aux Amap et aux paniers paysans n’est pas simple. « On a globalement un bon retour », estime Michel Avril. La mise en place du quotient familial soulage les familles les plus modestes. « On insiste sur le fait que c’est un service auquel même les populations en difficulté sociale ont droit. On leur dit de ne pas s’interdire ce genre de démarche, que c’est aussi pour elles. » Tout l’enjeu pour l’AFP est de redonner du sens afin que les gens adhèrent au projet. « Cela passe par une éducation aux saisons : les gens ont perdu ces repères, et on tente de leur faire retrouver ce rythme-là, souligne le directeur de l’association. Et c’est aussi une sensibilisation au développement local, on montre que c’est générateur d’emplois, de débouchés. On les sensibilise aussi aux difficultés que rencontrent les paysans, notamment les aléas climatiques. »

Lassaad fait partie des gens du quartier qui ont décidé d’adhérer. Entouré de ses cinq enfants, il dispose de 45 euros par semaine pour la nourriture, qu’il reverse dans les paniers familiaux proposés. « C’est moins cher, c’est meilleur pour les enfants et on aide les agriculteurs, tout le monde est gagnant, explique t-il. Quand on n’achète pas, l’autre ne travaille pas. » Ces paniers offrent la possibilité de budgétiser les courses, ce qui n’est pas négligeable pour les familles aux revenus modestes. Ils permettent aussi une certaine souplesse avec la vente en gros de produits de base une fois par mois dans chaque lieu. La possibilité de viande hallal en circuit court fait aussi son chemin.

Des paysans à la rencontre des cités

Vivre au rythme des paysans n’est pas toujours simple, mais les mentalités évoluent. « La preuve, remarque Mickaël, les gens viennent désormais avec leur propre cabas, on a passé la première étape avec le problème des emballages. » À chaque distribution, un paysan est présent, et ce soir-là, c’est Mickaël Martel qui répond aux questions des adhérents. Il a participé aux réunions de création du projet. Pour ce producteur de fromages, pas de doute, le public touché n’est pas le même. « On atteint ici une population qui ne viendra pas forcément au magasin de producteurs dans lequel je suis aussi impliqué. S’engager sur six mois à prendre des paniers paysans, ce n’est pas forcément évident mais là, le coût est variable selon le revenu du client. On croit en ce projet, et c’est pour ça qu’on est là. » De la ferme au quartier compte 24 paysans, dont la moitié environ sont labellisés en agriculture biologique (AB), les autres étant en conversion en bio ou en agriculture paysanne. Des visites de ferme se déroulent régulièrement afin de renforcer le lien entre toutes les parties prenantes du projet.

« Avec De la ferme au quartier, on aide des paysans à le rester avec des prix rémunérateurs fixés de façon concertée », assure Georges. Sur le contrôle des pratiques, l’association se place dans une démarche de respect de la charte de l’agriculture paysanne. « On discute avec les producteurs, on les met en lien avec d’autres producteurs et consommateurs pour faire évoluer leurs pratiques », explique Georges. Récemment, un des producteurs a eu des soucis avec ses poules pondeuses et a dirigé l’association vers un autre producteur. « Ce dernier a reconnu qu’il utilisait des aliments avec des OGM, mais il a accepté d’y renoncer pour travailler avec nous. Dans la mesure où il se met aux compléments alimentaires sans OGM pour ses poules, on a décidé de travailler avec lui tout en lui demandant d’améliorer ses parcours alimentaires. » Pour Gérard, refuser de travailler avec ce type de producteur reviendrait à vouloir s’enfermer dans une niche. « Face à un système productiviste délocalisable, nous voulons tirer les pratiques vers les haut. »

En route vers la coopérative

Imaginé fin 2009 au sein du portail pour l’accès aux droits sociaux [1], De la ferme au quartier réunit pour l’instant 24 paysans et 150 familles de consommateurs. D’ici à 2013, l’objectif est d’atteindre la taille d’une dizaine d’Amap, soit environ 600 familles pour une trentaine de paysans. « L’enjeu, c’est d’augmenter en nombre d’adhérents si l’on veut embaucher, explique Georges. Et pour que les paysans trouvent leur compte financièrement, il faut aussi élargir le nombre de lieux de distribution. » Si certains lieux fonctionnent bien avec une quarantaine d’adhérents, d’autres connaissent des difficultés. Consommateurs, producteurs, militants associatifs s’emploient ces dernières semaines à informer dans les écoles et les entreprises. Les horaires de distribution pourraient aussi s’élargir avec des livraisons débutant à partir de 17 h. "De la ferme au quartier" pourrait devenir une coopérative vers la mi-2013 si, comme l’espèrent ses initiateurs, le projet a atteint son équilibre économique.


Sophie Chapelle

http://www.bastamag.net/article2054.html


Notes

[1] Les initiateurs se sont aussi inspirés de Solid’Arles, une entreprise sociale et solidaire, et d’Alter-Conso dans l’agglomération lyonnaise.

En savoir plus

Pour aller plus loin : le site de De la ferme au quartier.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 19:33

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Interrogé il y a quelques jours pour savoir quand Israël attaquerait l’Iran, Patrick Clawson, chercheur au Washington Institute for Near East Policy (Winep), un think-tank lié au lobby pro-israélien, répondait : « Il y a deux ans » (cité par Scott Shane, « Adversaries of Iran Said to Be Stepping Up Covert Actions », The New York Times, 11 janvier).

Cette déclaration venait après le meurtre à Téhéran d’un jeune physicien nucléaire, qui faisait lui-même suite à plusieurs autres meurtres « mystérieux », dont on s’étonne qu’ils aient été si peu dénoncés par les défenseurs des droits humains — une pétition circule toutefois pour les condamner, « Petition against the Murder of Iranian Scientists »). L’Iran a aussi été victime ces derniers mois de cyber-attaques par le virus Stuxnext (lire Philippe Rivière, « Cyber-attaque contre Téhéran », Le Monde diplomatique, mars 2011).

Cette escalade est incontestablement le fait d’Israël, qui ne cherche même pas à démentir. En revanche, il est plus difficile de saisir quelle est la stratégie du président Obama. Au moment même où l’administration américaine affirme, haut et fort, sa solidarité totale avec Israël et sa détermination à empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, les manœuvres militaires entre Israël et les Etats-Unis sont reportées et les explications avancées pour ce report sont loin d’être claires ; Hillary Clinton condamne fermement le meurtre du chercheur à Téhéran ; les services de renseignement « occidentaux » (en fait américains) faisaient filtrer des informations sur la responsabilité du Mossad dans les meurtres des scientifiques iraniens (Karl Vick and Aaron J. Klein, « Who Assassinated an Iranian Nuclear Scientist ? Israel Isn’t Telling », Time Magazine, 13 janvier) ; parallèlement, ils divulguaient des informations sur des agents israéliens qui tentent de se faire passer pour des membres de la CIA afin de recruter des combattants sunnites opposés au régime iranien (Mark Perry, « False flags », Foreign Policy, 13 janvier). Enfin, les Etats-Unis ont lancé une sévère mise en garde à Téhéran contre tout blocage du détroit d’Ormuz et mobilisent leurs alliés pour arrêter les achats de pétrole iranien.

Comment expliquer ces contradictions ? Gary Sick, un ancien conseiller du président Jimmy Carter, avance deux explications possibles : l’incompétence d’un côté ; de l’autre, un rideau de fumée pour préparer un nouveau dialogue avec Téhéran (« Stealth Engagement ? », Gary’s choices, 16 janvier 2011). Et il penche pour la seconde.

Il relève ainsi les déclarations de Leon Panetta, le secrétaire américain à la défense et ancien directeur de la CIA. Le 2 décembre 2011, celui-ci dressait un tableau catastrophique des conséquences d’une guerre contre l’Iran ; quelques jours plus tard, le 19 décembre sur CBS, il affirmait que l’Iran aurait peut-être une bombe atomique d’ici un an ; enfin le 8 janvier, à la question de savoir si l’Iran voulait la bombe atomique, il répondait… non.

Gary Sick met en avant trois facteurs explicatifs à cette apparente incohérence. D’abord, on est en pleine année électorale aux Etats-Unis, avec un Congrès favorable à une escalade des sanctions, notamment contre le pétrole iranien — avec le risque qu’elle soit analysée à Téhéran comme « un acte de guerre ». D’autre part, pour le président Obama, et compte tenu des conséquences d’un conflit dans le Golfe, il est important de retourner à la table des négociations. Enfin, il y a l’extrémisme du gouvernement Netanyahou et son influence aux Etats-Unis, notamment dans la perspective de l’élection présidentielle, même si, comme le rappelle Sick, il existe des réserves face à une aventure militaire — Ron Paul, l’un des candidats à l’investiture républicaine, s’est ouvertement prononcé contre.

Dans ces conditions, la stratégie du président Obama serait d’ouvrir une voie de communication avec Téhéran, tout en accompagnant les gestes d’ouverture de déclarations dures à l’encontre du régime iranien. Et il multiplie les pressions sur Israël pour que ce pays ne s’engage pas dans une aventure militaire. Selon Sick, la visite du président du Parlement iranien Ali Larijani à Ankara en janvier et ses déclarations sur une reprise des négociations avec les pays occidentaux, s’inscriraient dans le cadre des tentatives de dialogue lancées par la Maison Blanche.

Ces initiatives n’ont pas l’heur de plaire à Nicolas Sarkozy et aux Européens, qui poussent les Etats-Unis à adopter des positions plus fermes, au lieu de jouer le rôle de facilitateur et de favoriser le dialogue. Et qui ne veulent surtout pas entendre parler d’un Proche-Orient débarrassé des armes nucléaires, ce qui impliquerait qu’Israël renonce à la bombe. C’est pourtant la meilleure solution, comme l’expliquent Shibley Telhami et Steven Kull dans un article du New York Times, le 15 janvier, « Preventing a nuclear Iran, peacefully ».

 

 

 

http://blog.mondediplo.net/2012-01-17-Quand-Israel-attaquera-t-il-l-Iran-Il-y-a-deux

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 19:22

From-Israel-to-the-children-of-lebanon-with-love---by-Israe.jpgpar Pierre Conesa, ancien directeur adjoint de la délégation aux affaires stratégiques, chercheur associé à l'IRIS et Thierry Coville, chercheur à l'IRIS

L'Iran est seul pays du monde contre lequel 5 livres en vente en libraire appelle à faire la guerre rapidement, certains d'ailleurs écrits par ceux là même qui avaient justifié l'attaque américaine en Irak pour y trouver les armes de destruction massives.

L'embargo sur le pétrole que discutent les Européens constitue sans nul doute un casus belli pour Téhéran qui tire des hydrocarbures 60 % de ses recettes budgétaires (et financent aussi le logement, l'éducation, etc.). La république islamique y a donc répondu de la même façon, par des menaces de blocage du Détroit d'Ormuz. Le décor est donc planté pour un conflit. Au regard des insuccès obtenus par les Occidentaux en Afghanistan et en Irak, on peut se demander qu'est ce qui pousse nos décideurs à repasser les plats ? Que cherche-ton en Iran ? Le Washington Post du 10 janvier citant un responsable du renseignement américain dit que c'est le changement de régime (regime change) par une révolte contre les autorités. Espérer qu'une population durement marquée par un embargo stupide par son étendue et sa généralité (sur les pièces détachés d'avion, sur les médicaments…) va se révolter contre son gouvernement est méconnaitre l'histoire. Comme on l'a vu en Irak et en Afghanistan, le mécano qu'utilisent les responsables occidentaux pour changer un régime ne marche pas.

Cela est d'autant plus immoral que les Iraniens ont marqué leur volonté de changement pacifique en 2009. En outre, la politique de sanctions ne contribue qu'à affaiblir la société civile iranienne et à renforcer le poids des filières proches du régime qui contrôlent les filières d'importations de contrebande. Faut-il encore une fois penser que quelque conseiller secret garantit le résultat positif de l'opération comme en d'autres temps Monsieur Ahmed Chalabi pour l'Irak ou de monsieur Karzai pour l'Afghanistan auprès de l'administration Bush ? C'est peu probable. Arrêter le programme nucléaire ? L'objectif est louable mais est ce le droit de pays qui ont soutenu l'agression de l'Irak de Saddam Hussein en mettant sous embargo l'Iran agressé, avant de se retourner contre leur protégé et ont tout fait pour que l'ONU ne condamne pas Bagdad, de définir la sécurité de la région ? Apparemment oui puisque monsieur Kouchner avait vertement rappelé à l'ordre le Brésil de Lula et la Turquie de Erdogan qui avaient trouvé un accord avec Téhéran sur l'enrichissement. Le résultat de l'accord avait moins d'importance que les signataires apparemment.

Annoncer que la bombe iranienne serait déstabilisante doit faire se retourner le Général de Gaulle dans sa tombe, lui qui avait justifié le programme français par la volonté de notre pays de ne plus jamais se soumettre à une puissance étrangère. Lutter contre le terrorisme ? Mais la république islamique a fourni moins de terroristes et de prédicateurs salafistes que les universités saoudiennes ou les madrasas pakistanaises. Et la République islamique a été souvent la cible privilégiée des terroristes sunnites radicaux. Défendre les droits de l'homme régulièrement violés en Iran ? Objectif louable qui devrait être étendu à l'Arabie saoudite qui dispute avec succès le titre à Téhéran ainsi qu'à la Chine, à la Russie (la liste est malheureusement longue).

Quant à dénoncer l'usage de le peine de mort, on s'en étonne venant du gouvernement américain. Protéger Israël ? De quelle menace ? Si l'Iran avait la bombe qui peut penser qu'il l'utiliserait contre qui que ce soit sans menace vitale sur le pays, alors que les rétorsions militaires occidentales vitrifierait le pays dans sa totalité. Si une bombe devait préoccuper nos stratèges, ce devrait être celle du Pakistan, pays instable et fournisseur de terroristes. Donc il faut en conclure que nous allons à la confrontation directe. La guerre a d'ailleurs commencé puisque 6 ingénieurs et responsables du programme nucléaire iranien ont été assassinés, le dernier Monsieur Ahmadi Roshan en date le 10 janvier 2012.

Que dirait-on si des ingénieurs français, israéliens ou américains étaient assassinés dans leur propre pays ? Avant le début des hostilités, un blocage du détroit d'Ormuz additionné à la crise nigériane, générerait une hausse brutale du prix du pétrole, exactement le genre de conjoncture qui nous aidera à sortir de la crise économique. Excluons enfin une indigne intention électoraliste américaine ou française dans cette brutale montée de fièvre. L'embargo unilatéral décidé par l'Europe ne sera jamais appliqué par l'Asie, Chine en tête.

Il faut probablement chercher l'explication des décisions récentes de nos dirigeants dans la vieille croyance que la terre est toujours plate et que nous en sommes le centre. En attendant, la politique iranienne des Occidentaux ne fait qu'affaiblir leur légitimité chez les nouvelles puissances émergentes qui ne supportent plus cette politique de double standard.

 


Pierre Conesa est aussi l'auteur de "la fabrication de l'ennemi ou comment tuer avec sa conscience pour soi", Thierry Coville est aussi l'auteur de Iran, la révolution invisible, La Découverte, 2007.

Pour lire d'autres analyses, rendez-vous sur le site de l'IRIS.

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/16/ou-mene-la-logique-guerriere-avec-l-iran_1630299_3232.html

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 22:32

linky.jpgLe nouveau compteur électrique Linky d'ERDF a été piraté par un petit groupe de hackers allemands. Ce qu'ils y ont découvert fait un peu froid dans le dos.

 

Le compteur électrique intelligent d'ERDF, baptisé Linky en France et Smart Meter à l'étranger, a dès sa sortie été l'objet de nombreuses critiques. D'une part, son prix exorbitant (entre 120 et 240 euros) pourrait, malgré l'engagement pris par ERDF pour une gratuité, être pris en charge par le consommateur.

Par ailleurs, en décembre 2010, l'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) déclarait que « Si le compteur Linky, tel qu’il est actuellement conçu, apporte des bénéfices en termes de comptage et de gestion du réseau électrique, voire de diminution du contenu CO2 du kWh électrique, ses bénéfices pour le consommateur en termes de maîtrise de la demande restent encore théoriques. » Ce qui a poussé les élus Europe Ecologie/Les Verts de la Ville de Paris à rejeter la décision ministérielle d'installation de l'appareil. Ce sont surtout ses aptitudes à communiquer des données bien plus personnelles que de simples relevés de consommations électriques qui ont fait le plus de remous.
Et c'est précisément sur ce point délicat que nos « pirates technophiles » allemands entrent en scène. En « hackant » le petit boîtier, ils se rendent compte qu'il est capable d'identifier exactement le type et le nombre d'appareils connectés dans votre foyer. Pratique pour automatiser le paiement de la redevance audiovisuelle ! Pire, il peut même savoir précisément la chaîne de télé que vous êtes en train de regarder ! Sur le modèle testé, fourni par une société allemande, ils s'aperçoivent que toutes les données transitaient entre le compteur et les serveurs de manière non cryptées.
Enfin, poursuivant leurs investigations, ils falsifient les données envoyées à l'aide d'un programme d'émulation, faisant croire que le foyer raccordé au Smart Meter n'avait pas consommé d'électricité pendant deux mois ! Et d'après eux, le piratage de l'appareil est à la portée de tous ou presque, à l'aide de simples outils Windows.
http://www.01net.com/editorial/553084/le-compteur-electrique-communicant-qui-etale-votre-vie-privee/ 
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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 20:16

free-telephone-mobile-3g_97x72.jpgBusiness - Frais annexes, roaming, débits, facturation, usages..., l'association de consommateurs a relevé la plupart des points noirs présents dans l'offre de Free Mobile.


Le jour de la sortie des offres de Free Mobile, BusinessMobile.fr avait interrogé Edouard Barreiro de l'association UFC Que Choisir ? Si le spécialiste saluait une offre séduisante qui fait bouger les lignes du marché, il s'interrogeait également sur les quelques questions qui restaient sans réponses.

"On attends de voir précisément les conditions générales de ventes, les limites d'usages, les débits de l'Internet mobile, l'usage du Wi-Fi etc...", nous indiquait-il. Trois jours après les annonces, l'association publie aujourd'hui un document à charge, réalisé avec son service juridique, qui passe au peigne fin ces zones d'ombre.

Et autant dire qu'elles sont nombreuses même si, il faut le rappeler, Free lance aujourd'hui une offre très agressive démontrant que l'illimité peut être vendu moins de 20 euros par mois... Pour l'UFC, Free Mobile présente "les mêmes défauts que chez les autres opérateurs de téléphonie mobile : des clauses abusives, des frais annexes, des restrictions d’usage…"

-Un usage "en bon père de famille', une formule parfaitement opaque

C'est le premier 'gros' point noir. Free précise que l’abonné doit utiliser le service voix « en bon père de famille », formule aussi vague que piégeuse qui renvoie notamment aux observations d'usage du régulateur que personne ne connaît. "Cette formule ne permet pas de connaître les limites d’utilisation du service", souligne l'UFC.

Cette même formulation est utilisée dans les CGV de la Freebox et a parfois donné lieu à des interprétations opaques (coupure des communications après un certains temps, résiliations..)

Et d'ajouter : "les précisions contiennent également des formules approximatives (« utilisation à des fins ou de manière anormale… ») ou trop vagues (« utilisation perturbant ou dégradant le service… ») donnent à l’opérateur une grande marge d’interprétation".

Seconde zone d'ombre importante,Free mobile s’autorise par ailleurs à résilier un contrat « sans indemnité » (art. 7 des Conditions générales d’abonnement), sans que soient précisément définis les abus anormaux du service.

Par ailleurs, si les SMS et les MMS sont illimités, ils sont tout de même limités à 10 destinataires par envoi, donc pas d'envois groupés lors du nouvel An...

-Des frais supplémentaires

L'association dénonce la somme de petits ou gros frais facturés par Free après une inscription. Elle s'étonne ainsi à juste titre que l'opérateur facture 10 euros l’envoi de la carte SIM (sauf en cas de souscription par Internet). Surtout que l'envoi d'un mobile est lui aussi facturé 10 euros...

Ce n'est pas grand chose mais Free n'en a absolument pas parlé lors de l'annonce de ses offres. Ceux qui souhaitent par ailleurs accéder au service Mail Push BlackBerry devront payer 1 euros de plus par mois. Quant à des option pourtant classiques comme le renvoi d'appel, il est facturé 0,05 euros/min (en métropole).

Enfin, c'est une habitude chez Free, seul le prélèvement automatique est proposé.  L’abonné peut bien payer par carte bancaire ou par chèque, mais dans ce cas, un dépôt de garantie de 200 euros lui sera demandé. Une pratique pourtant jugée discriminatoire dans l'Internet fixe...

-La qualité du réseau et les débits

Comme beaucoup d'observateurs, l'association s'interroge sur la qualité et les débits proposés par la 3G de Free. L'UFC ne préjuge pas cette qualité (puisqu'elle n'a pas encore été testée) mais souligne qu'offrir 3 Go de données par mois incitera les utilisateurs à beaucoup se connecter à Internet et donc à surcharger le réseau à certains moments.

Surtout, Free ne donne aucune précision concernant les débits proposés sur son réseau (en propre ou en itinérance avec Orange), que ce soit en utilisation normale ou bien une fois les 3 Go de données épuisés. Ce point risque d'être déterminant dans la perception à court terme de l'offre de l'opérateur...

-De grands écarts dans le roaming

Free a frappé très fort en incluant les appels vers 40 pays à l'international dans son forfait. De même, il propose un prix très bas pour les appels depuis certains pays étrangers comme les USA ou le Canada (0,5 à 0,7 euros la minute). Mais pour d'autres pays, la note est autrement plus salée.

L'UFC souligne qu'un appel vers la France est facturé 2 euros/min depuis l’Algérie (contre 1,18 euro chez Orange) et 2,50 euros/min depuis Andorre (1 euro chez Orange).De quoi faire le jeu des MVNO communautaires...

Comptez par ailleurs 0,48 euro le SMS envoyé depuis l’Algérie (0,28 euro chez Orange) et 0,032 euro le Ko depuis le Royaume-Uni (0,005 euro/ko chez Orange). Évidemment, comme ses concurrents, Free mobile facture ces appels hors forfait, ajoute l'association.

-Le SAV

Là encore, ce point est souvent mis en avant par les observateurs et les concurrents de Free. Ce dernier affirme avoir recruté assez de conseillers pour supporter au moins 1 million de clients. Mais l'image d'un support médiocre est tenace chez Free. "En cas de problème, pas d’autre choix que de demander de l’aide par Internet ou d’appeler la hotline (qui n’est pas réputée pour son efficacité !)", juge l'UFC. A vérifier sur pièce, selon nous...

-Des clauses et des frais abusifs

Elles sont nombreuses... Une interruption du service d’au moins 2 jours donne droit "à un avoir calculé sur le montant de l’abonnement mensuel au prorata temporis du défaut d’accès au service"  Imposer un avoir est abusif, rappelle l'UFC (art. R.132-1 7° du code de la consommation).

Free impose une facturation intermédiaire en cas de dépassement trop important. Une disposition considérée comme abusive par la Commission des clauses abusives.

En cas de retard de paiement, Free appliquera "un taux égal à trois fois le taux d’intérêt légal calculé sur le montant des sommes dues TTC à compter du 1er jour de retard suivant la date limite de paiement portée sur la facture et comprenant un minimum de perception de 7,50 € » (brochure tarifaire)". Le client ne dispose d’aucune contrepartie en cas de non-respect par le fournisseur de ses obligations. Elle est donc abusive.

Enfin, la clause indiquant que "en cas de vices apparents ou de non-conformité du produit livré, l’acquéreur doit le signaler dans les 48 heures après la livraison" (art. 5 des CGV) est également jugée abusive puisque contraire à l’article R.132-1 7° du code de la consommation.

-Des délais longs en cas de coupure

Free mobile s’engage à rétablir un service interrompu "dans un délai de 2 jours maximum à compter de la publication de l’incident sur le site" (art. 5.2 des CGA). L'UFC estime ce délais trop long. Surtout, Free "laisse aussi croire au consommateur qu’il ne pourra pas demander d’indemnisation si le service est interrompu moins de 2 jours, alors que toute inexécution contractuelle, même de 24 heures, doit être indemnisée".

 

http://www.businessmobile.fr/actualites/l-ufc-que-choisir-passe-au-crible-les-nombreuses-zones-d-ombre-de-free-mobile-39767475.htm

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 20:14

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Bernard Thibault, leader de la CGT, et Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, le 17 janvier aux Lilas. Photo : Francois Mori / AP

 


A la veille du sommet social prévu par l'Elysée, mercredi 18 janvier à Paris, Jean-Luc Mélenchon ne pouvait rêver meilleure photo. Mardi, il s'est affiché aux côtés de Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, lors d'une conférence de presse commune au QG du candidat du Front de gauche, aux Lilas (Seine-Saint-Denis). Une attention qui peut surprendre de la part de la CGT, qui a coupé les ponts avec le Parti communiste il y a une dizaine d'années, et qui, en 2007, a veillé à garder une certaine neutralité.

Quelques jours plus tôt, le 13 janvier, la rencontre entre ce même Bernard Thibault et François Hollande, le candidat du Parti socialiste, n'avait donné lieu, elle, à aucun point presse. De même, l'entretien de lundi entre M. Mélenchon et Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, au siège du syndicat, s'est soldé sans prise de parole commune.

SOMMET "ANTI-SOCIAL"

La rencontre avec la CGT a été préparée de longue date par l'équipe de M. Mélenchon qui a également sollicité la CFDT, FO, la CFTC et l'UNSA : c'est à la Fête de l'Humanité, en septembre, que l'invitation a été lancée la première fois à M. Thibault. M. Mélenchon aura donc dû patienter plusieurs mois avant de pouvoir s'entretenir avec lui mais le timing n'est pas pour lui déplaire. "Je suis très touché par cette marque d'amitié", dira-t-il.

Les deux hommes se sont donc retrouvés dans la matinée pour discuter, pendant une heure et demie, d'un sommet qu'ils jugent tous les deux "anti-social". Comme l'a expliqué M. Mélenchon, la rencontre avait pour but de "démonter la comédie du chef de l'Etat avec son soi-disant sommet social", qui, selon lui, va tourner "à l'eau de boudin" et va conduire à "encore plus d'austérité". "Nicolas Sarkozy est un homme aux abois qui gesticule comme quelqu'un en train de se noyer et qui essaye de se raccrocher à une bouée", a-t-il jugé.

"C'EST PILE, JE GAGNE, FACE TU PERDS"

Un avis que M. Thibault, qui a donné du "Jean-Luc" à son interlocuteur, a exprimé en d'autres termes : "Il y a une aspiration très répandue dans nos rangs à un changement de président de la République et à un changement de comportement des élus politiques par rapport au fait syndical." Ce dernier a aussi jugé "schizophrène" l'attitude du gouvernement pour conserver le triple A : "A chaque fois, la conclusion est la même, plus d'austérité pour les salariés (...) S'il y a des économies à faire, je suggérerai au gouvernement d'arrêter les subventions de l'Etat aux agences de notation."  "C'est pile, je gagne, face tu perds", a-t-il résumé.

"Pour nous, [ce sommet] est une excellente occasion de ramener les questions sociales sur le devant de la scène", a ajouté le candidat de la gauche radicale, qui sera mercredi soir en meeting à Metz (Moselle) . Celui qui se situe désormais entre 7 et 8,5 % des intentions de vote dans les sondages en a profité pour souligner les sujets de "convergence" entre les deux formations, notamment la lutte contre "le renversement de la hiérarchie des normes", que souhaiterait le gouvernement. Cela "mettrait non pas la loi ni la convention collective au-dessus de tout, mais l'accord individuel ou d'entreprise" : "Ce serait un renversement inouï dans lequel les salariés seraient broyés", a-t-il dénoncé.

M. Mélenchon a particulièrement soigné son hôte : non seulement il sera présent au meeting que la CGT organise le 31 janvier à Paris sur le thème des retraites - pour l'instant, il est le seul candidat à la présidentielle à avoir rendu publique sa venue - mais il reconnaît aussi sans ambages s'être inspiré des revendications de la centrale cégétiste. "Nous avons emprunté beaucoup aux syndicats, et notamment à la CGT, qui est la première centrale syndicale", a-t-il conclu, en citant l'augmentation des salaires, et notamment du smic qu'il veut voir porté à 1 700 euros brut, ou encore, dans une pique à François Hollande, la retraite "pleine et entière" à 60 ans. "Nous ne ferons pas un procès en droit d'auteur aux candidats qui puiseront une source d'inspiration dans nos revendications", lui a répondu avec un sourire M. Thibault.

Raphaëlle Besse Desmoulières

 

http://gauche.blog.lemonde.fr/2012/01/17/melenchon-thibault-une-photo-de-famille/

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:33

arton6446.png"Ce que je n’accepte pas"
Danielle Mitterrand, entretiens avec Gilles Vanderpooten
Editions de l’Aube - 109 p. - 7,10 euros

***

"Je ne veux pas me contenter de changer le monde, je veux changer de monde", raconte Danielle Mitterrand, décédée en novembre 2011, dans "Ce que je n’accepte pas", un livre d’entretiens posthume, à paraître le 19 janvier, où elle évoque son esprit de résistance et ses combats.

"Remettre en cause, protester devant l’incompréhensible, l’inadmissible, se rebeller contre les autorités (...) J’ai appris cela très jeune et par conséquence toute ma vie j’ai posé des questions", explique la veuve de François Mitterrand dans ces entretiens réalisés avec Gilles Vanderpooten l’été dernier à Latche.

Son époux n’échappait pas à ses interpellations : "Lorsque je ne comprenais pas la motivation d’une décision, j’interrogeais mon interlocuteur privilégié tout au long de ses deux septennats, surtout lorsque je discernais une contradiction entre ses convictions et ses actes", raconte l’ex-première dame, décédée le 22 novembre 2011 à l’âge de 87 ans.

De ses jeunes années dans la Résistance à son dernier combat pour l’accès à l’eau pour tous, "le refus de l’injustice a présidé toute ma vie", souligne Mme Mitterrand, dont le livre est publié aux éditions de l’Aube.

Danielle Mitterrand raconte aussi son combat pour le droit des peuples, comme les Kurdes, les Cubains ou les Quechuas, au travers de sa fondation France Libertés. "Je peux m’enorgueillir d’avoir participé (...) à la fin de l’appartheid en Afrique du Sud", rappelle-t-elle par exemple.

Affirmant ses convictions - "il faut être radical", "l’indignation est nécessaire" -, elle insiste sur la nécessité d’une "rupture avec le capitalisme" et explique avoir rejoint le mouvement des altermondialistes "parce qu’il était, et reste, le seul lieu où la défense des droits de l’homme se conjugue avec la défense des ressources indispensables à la vie".

Celle qui salue le mouvement des Indignés et les forums sociaux mondiaux qui lui ont "donné beaucoup d’espérance", les appelle à s’unir "pour mettre un terme à la dictature économique et financière".

"Mais c’est long, que c’est long. Surtout quand on a 87 ans. Je me dis que je ne verrai rien de tout cela. Mais je sais que le processus est engagé", conclue-t-elle.

 

http://www.aloufok.net/spip.php?article6446

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:31

photo_1326806547822-1-0.jpgATHENES — Plus de 10.000 personnes, selon la police, ont manifesté mardi à Athènes contre l'austérité qui frappe la Grèce pour la troisième année consécutive, en marge de grèves dans plusieurs entreprises, marquant la première mobilisation sociale de 2012 dans le pays.

Le Front de lutte des travailleurs (Pame), proche du Parti communiste (KKE), a rassemblé presque 7.000 personnes qui ont défilé jusqu'au ministère du Travail dans le centre-ville pour dénoncer "le gouvernement de la ploutocratie" et "la poursuite de mesures anti-populaires".

Un deuxième cortège rassemblant des milliers de personnes, syndicats de sociétés publiques et privées, journalistes du quotidien Eleftherotypia au bord de la faillite ou d'autres médias, professeurs ou des ouvriers de l'usine de la société privée Hellenic Halyvourgia, en grève depuis plus de trois mois, ont marché jusqu'à la place Syntagma devant le parlement.

"On ne va pas les laisser tuer notre vie", "Interdiction des licenciements, effacement de la dette", "Nous résistons aux conditions de travail moyen-âgeuses", "Solidarité aux grévistes, nous sommes tous des grévistes", pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants.

"Les choses deviennent dramatiques, la dignité des Grecs est blessée", se lamente Vassilis, 30 ans, employé d'un super-marché, qui a vu son salaire se réduire de 35% sur les deux dernières années.

Son ami Christos, 30 ans, qui manifeste à côté de lui, avoue qu'il a récemment été licencié car il a refusé "de renégocier son contrat de travail réduisant son salaire de 20% chez un concessionnaire automobile Saab".

Les fonctionnaires du petit musée byzantin à Athènes tenaient de grandes croix noires en bois, sur lesquelles était inscrit "Taxes", "licenciements", "Voleurs".

Mardi, les syndicats des entreprises, des banques et des transports en commun à Athènes ont observé une grève de 24 heures, tandis que les journalistes, dans un secteur fortement frappé par la crise, menaient une grève de 48 heures.

En dépit d'une personne blessée sur la place Syntagma, les manifestations se sont déroulées largement dans le calme, après les dizaines de grèves et de mobilisations, souvent violentes, qui ont eu lieu depuis le début de la crise de la dette en 2010, et l'adoption des mesures d'austérité qui ont entraîné la récession et le chômage dans le pays.

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