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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 15:48
c'est Tibéri qui se marre !

L'ancien Premier ministre a été mis en examen vendredi pour "détournement de fonds publics" quand il était président de la communauté urbaine de Lille, à propos d'un emploi fictif présumé de Lyne Cohen-Solal.

Pierre Mauroy (Sipa)

Pierre Mauroy (Sipa)

L'ancien Premier ministre Pierre Mauroy a été mis en examen, vendredi 20 juin, pour "détournement de fonds publics", alors qu'il était président de la communauté urbaine de Lille, à propos d'un emploi fictif présumé de Lyne Cohen-Solal, selon son avocat, Me Jacky Durand.
La mise en examen a été décidée par un juge d'instruction de Lille, à l'issue d'une audition de près de sept heures de l'ancien Premier ministre, âgé de 79 ans. Ce dernier est passible de 3 ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende. Le sénateur du Nord n'est soumis à aucune mesure de contrôle judiciaire.
"Il est complétement effondré, très affecté", a précisé l'avocat, alors que Pierre Mauroy a affirmé dans un communiqué que "ce reproche n'est pas fondé" et qu'il était "confiant dans la suite de la procédure".

19.000 euros de salaire


Selon une source proche du dossier, les sommes concernées se monteraient au total à quelque 19.000 euros représentant un salaire versé à Lyne Cohen-Solal, actuelle adjointe au maire de Paris, pour un emploi d'attachée de presse de la communauté urbaine, pendant dix mois en 1992.
La mise en examen est une conséquence de la décision il y a un an de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens d'ouvrir une nouvelle information judiciaire pour cette affaire, issue d'une plainte en juin 2000 d'Eric Darques, ancien élu local de la ville de Lambersart, dans l'agglomération lilloise.
Il faisait valoir qu'en même temps que le poste d'attachée de presse de Pierre Mauroy, Lyne Cohen-Solal occupait celui de rédactrice en chef de l'hebdomadaire du PS "Vendredi", à Paris.
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 15:45
 
Écoute, mouton, tu vas travailler 60 heures et tu seras plus heureux
Javier Adler  
 

 
Nous méritons ce qui nous arrive parce que nous sommes des moutons, parce que nous sommes aveugles, ignorants, soumis. Une bande de gangsters se réunissent à Bruxelles et décident que nous, les Européens, nous allons travailler 20 heures de plus par semaine. Et en plus ils nous crachent à la figure en nous disant que c'est « un pas en avant pour les travailleurs ». J'imagine qu'une fois le pacte conclu, ils ont dû trinquer avec du champagne tous ensemble avec leurs copains les patrons.

Eh bien non ! ce n'est pas un pas en avant pour les travailleurs, c'est un recul d'un siècle des conquêtes sociales qui ont coûté tellement d'efforts, de sueur et de sang à un si grand nombre de travailleurs courageux qui se sont sacrifiés. Ils l'ont fait pour eux mêmes et pour leurs familles, mais nous en avons profité. Et pendant ce temps, la classe des patrons n'a pas cessé d'essayer de reprendre son taux de pouvoir et d'exploitation. Ils ont tout utilisé : la force, la corruption, la propagande, selon les circonstances. Pour finir, ils y sont arrivés.

Bien entendu, ils nous disent que c'est bon pour nous ; vous ne vous attendez tout de même pas à ce qu'ils vous disent qu'ils veulent vous exploiter davantage et que votre vie familiale va partir à vau-l'eau. Et comme nous sommes des moutons, nous avalons ça. Tout est fait pour notre bien, pour la compétitivité, pour le progrès, pour une société moderne. Il faut faire aussi bien que les travailleurs des pays de l'Est qui font déjà autant d'heures et c'est même pour ça qu'ils sont tellement heureux. Est-ce que vous comprenez bien maintenant tout l'intérêt qu'il y a à élargir l'Union Européenne ? Nous aligner par le bas, jamais par le haut.

Notre quotidien "de gauche" : El País » malgré un semblant d'opposition à cette mesure la soutient sans le dire.

« En vérité cette mesure ne fait qu'autoriser la semaine de 60 - 65 heures ; elle ne l'impose pas. De sorte que dans les pays plus sensibles aux droits sociaux, comme le nôtre, elle ne sera pas appliquée ».

Comment ça « elle autorise mais elle n'impose pas »? Par hasard, l'actuelle durée de 40 ou 48 heures hebdomadaires, a-t-elle été imposée ? Sont-ils obligés, les patrons, de nous faire travailler toutes ces heures-là ? NON. Mais, dites-moi un peu où il est ce petit malin qui va se présenter pour un entretien d'embauche et qui va exiger de faire 30 heures hebdomadaires ? On va lui dire : «Fort bien ; mais nous avons là une liste de candidats tous prêts à travailler un plus grand nombre d'heures. On vous écrira » C'est cela que veut dire « elle autorise » ; c'est la voie ouverte à l'exploitation.

Et quelle est cette blague comme quoi nous serions plus « sensibles aux droits sociaux »? Pourquoi avons-nous voté pour le Parti Populaire alors ? Et pourquoi avons-nous voté pour un gouvernement « socialiste » (ajoutez 60 guillemets) qui fait pratiquement pareil que la droite, qui approuve les contrats-pourris, qui permet la spéculation sauvage, qui achète les syndicats pour qu'ils ne bougent pas, qui baisse les impôts des riches, qui sabote l'Education Nationale et qui augmente comme jamais le budget militaire ?

Notre « sensible » gouvernement « ouvrier » s'est ABSTENU lors du vote de cette loi d'exploitation. Sa sensibilité est allée jusque là. Que va-t-il se passer quand commenceront à se multiplier les contrats de 60 ou 65 heures par semaine et qu'ici, en Espagne, on en sera encore à 40 ? Y a-t-il quelqu'un d'assez naïf pour croire que le gouvernement en place aura le moindre scrupule à nous fourguer son « nous ne pouvons pas aller à contre-courant » et que « dans notre intérêt » nous devons faire comme les autres ?

Mais qu'est-ce que ça veut dire 60 heures par semaine ? Mettons une demi heure pour aller au travail et une demi heure pour revenir avec une heure pour le déjeuner. Cela veut dire, par exemple, sortir de chez soi à 7 H 30 du matin pour embaucher à 8 H, manger de 14 H à 15 H, travailler jusqu'à 21 H et rentrer chez soi à 21 H 30. Mais quel bonheur ! Vraiment c'est un grand progrès ! Je saute de joie face à un tel avenir. Bien sûr, nous pouvons aussi ne travailler que 10 H du lundi au samedi. Dans ce cas, nous pourrons rentrer à la maison à 19 H 30, débordants d'énergie, pour nous retrouver en famille. Et le dimanche : du foot !

Je me mets maintenant dans la peau d'un de ces grands patrons qui décident de nos vies. Ils gagnent beaucoup d'argent et leurs revenus grimpent infiniment plus vite que l'inflation, c'est-à-dire très au-dessus de la masse salariale moutonnière. Les horaires de travail ça ne les concerne pas. Leur vie à eux ce sont les repas d'affaires, les conciliabules avec leurs collègues sur les terrains de golf toujours très bien arrosés et aussi les croisières sur leurs yachts qui jamais ne manquent de carburant. Durant leur temps libre, c'est-à-dire celui qui est encore plus libre, ils assistent à des dîners de gala, ils fréquentent leurs complices les politiciens, ils sont interviewés à la télé pour nous donner des leçons de morale et ils reçoivent les hommages que leur vaut leur générosité. Qu'est-ce qu'ils ont dû rigoler et comme ils doivent se frotter les mains en pensant aux bénéfices supplémentaires qu'ils vont tirer de l'exploitation de leurs salariés !

J'ai dit que nous sommes des moutons parce que, comme les moutons, ils nous exploitent et nous ne nous plaignons pas ; ils nous mettent une carotte devant le nez et nous avançons ; nous devenons vieux et ils nous jettent. Mais nous ne sommes pas nés ainsi et nous ne sommes pas obligés d'accepter ce sort, même s'ils ont considérablement érodé notre non-conformisme naturel déjà depuis notre enfance. Nous savons ce qu'ils sont en train de manigancer et nous savons que nous n'en voulons pas. Après tout, Bruxelles, ce n'est pas si loin que ça.



Texte traduit de l'espagnol par Manuel Colinas pour Investig'Action

Source : Kaos en la Red
URL : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=68785
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 15:42
Lettre à Fidel Castro
Stella Calloni  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Cette lettre de l'éminente journaliste et écrivaine argentine Stella Calloni, lauréate du Prix Latino-Américain de Journalisme José Martí et auteure du livre Opération Condor, Pacte Criminel, un des ouvrages les plus éclairants sur le génocide des dictatures militaires sous les auspices des Etats-Unis, sera incluse dans la seconde édition du livre Fidel, la Bolivie et un peu plus... un parcours historique dans le cœur de l'Amérique Latine.
 
Buenos Aires, 11 juin 2008


Cher Commandant Fidel Castro


Il y a quelques jours, la directrice du journal La Jornada m'a envoyé une copie magnifique de cette photographie sur laquelle on vous voit avec des colombes posées sur vos épaules et sur votre tête. C'est une photo extraordinaire et géniale. Et je me suis aussi souvenue que, alors que je me trouvais à Cuba et que je participais à une rencontre au cours de laquelle vous avez pris la parole, votre discours fut accompagné par un chœur d'oiseaux qui s'étaient posés sur un câble électrique à haute tension - je ne suis pas experte en lignes électriques - et je n'ai jamais eu l'occasion de vous demander si vous les aviez entendus chanter à ce moment-là. Même sur certains enregistrements de votre discours on entend, parfaitement enregistré, ce formidable accompagnement de trilles réellement très particulières. Et magiques.

J'avais grande envie de vous écrire depuis ces territoires-ci du Sud, tous quelque peu agités - certains plus que d'autres - et plus particulièrement depuis que j'ai vu passer dans la rue Corrientes, rue populaire et mythique aussi, la statue en bronze de Che, passage qui a empli d'émotion bien des gens comme si cela signifiait plus qu'une revendication. Je me suis dit : je vais lui écrire maintenant.

Rien de tel que d'écouter le langage de la rue et, au coin de la rue, il y avait un homme qui ressemblait à un esprit et qui séchait ses larmes avec un mouchoir très vieux, très usé et même déchiré. Il était de petite taille. Je lui ai demandé pourquoi cela l'avait tellement ému. Il m'a dit : « J'ai 93 ans. J'ai du mal à marcher, mais j'ai su qu'Ernesto allait passer dans cette rue et j'ai voulu le saluer même si je sais bien que cette statue ce n'est qu'un symbole, mais y'a bien tout de même quelque chose là dedans. »

Je lui ai demandé d'où il venait et je l'ai un peu interrogé sur sa vie qui, visiblement, avait dû être particulièrement dure. « Je viens du Nord, de quelque part du côté de Tucumán et de Santiago Del Estero. Elle a été très dure ma vie, mais ça a été une vie de lutte. Depuis tout petit je me bats pour ce que je crois juste. Un homme n'a besoin de rien d'autre que d'être juste pour se retrouver dans toutes les luttes pour la justice. »

Il avait fait les métiers les plus durs, aux champs pendant son enfance, dans les plantations de canne à sucre, dans les orangeraies, dans les stations frigorifiques plus tard et il avait participé à plusieurs résistances contre les diverses dictatures qui ont ruiné notre pays. Il me l'a raconté sans s'étendre, en peu de mots, comme qui résume une vie en deux ou trois phrases.

Il est resté là à regarder la statue du Che jusqu'à la voir disparaître au loin, incapable de parler.

Avant de s'éloigner il m'a tendu une main tremblante et usée par cette vie et ces années de travail et il m'a dit : « et maintenant il ne me reste plus qu'à demander à Saint Ernest de la Higuera1 et au Che d'Amérique qu'il fasse le miracle d'unir nos forces de gauche et nos meilleurs militants qui ne semblent être prêts que pour se désunir. Des temps difficiles s'annoncent et à ceux qui ne font rien d'autre que brandir des drapeaux avec le portrait du Che je leur dis que ce n'est pas ça qui fait un combattant, qui fait un révolutionnaire et encore moins par les temps qui courent. Le Che a besoin de moins de vivats, de moins de tee-shirts et de plus de connaissance et de réflexion sur les temps nouveaux de lutte qui viennent. Nous vivons des temps où il nous faut savoir qui est l'ennemi. Si nous nous trompons d'ennemi nous sommes perdus. Aujourd'hui, le « Malin » se cache sous un flot de jolis discours et voilà que certains camarades sont devenus aveugles et qu'ils tombent tout seuls dans les pièges. Ils n'ont qu'à lire à fond le Che, ils n'ont qu'à lire à fond Fidel, ils n'ont qu'à lire l'Histoire, ils n'ont qu'à être humains et dignes comme eux, c'est un vieux comme moi qui le leur dis, moi qui dois me battre chaque jour pour pouvoir acheter les médicaments même pas chers qu'il me faut prendre. Rien que pour manger chaque jour il faut que je me batte durement ».

Je l'ai regardé très émue et je lui ai dit qu'il parlait très bien. « Même si j'ai été très pauvre toute ma vie, toujours j'ai lu. Tout ce qui me tombait dans les mains. C'est un camarade mineur qui m'a appris ; il était très malade, là-bas, dans ma province. Il m'a dit : ce sera ta défense et celle des autres. C'est lui qui m'a appris. C'était un grand bagarreur. Et vous voyez, je continue de lire » et d'une poche de son sac très râpé il a sorti plusieurs feuillets froissés et il m'a montré les copies de plusieurs de vos Réflexions du camarade Fidel2 qu'un jeune voisin lui fait passer aussi souvent que possible.

Je lui ai demandé comment il s'appelait et il a hoché la tête : « Je m'appelle comme s'appellent tous ceux qui vivent comme moi »

Je vous raconte cette petite histoire parce que je me suis posé la question : apprenons-nous toujours avec humilité auprès de ceux auprès de qui nous devons apprendre ?

Cette histoire elle est pour vous et je vous embrasse très fort, avec une immense tendresse et un immense respect

Che, présent ! ... 80 ...




Notes :
1) Ernesto Guevara, c'est-à-dire Che Guevara ou El Che, fut assassiné sur ordre de la CIA à La Higuera, en Bolivie.
2) Le journal cubain Granma publie fréquemment et sous le titre Réflexion du camarade Fidel les articles que l'actualité inspire à ce dernier depuis qu'il n'assume plus de fonctions officielles.
.

Texte traduit de l'espagnol par Manuel Colinas pour Investig'Action

Source : Granma
URL: http://www.granma.cu/espanol/2008/junio/sabado14/carta.html
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 15:39
Le Cauchemar, lettre de prison FAYOUMI Wahoub  

Ce mardi 17 juin (2008), le journal « Le Soir » publiait une lettre écrite depuis sa prison par Wahoub Fayoumi, journaliste poursuivie en Belgique pour son appartenance à l'association « Secours Rouge ».

Elle parle non pas tant de l'affaire proprement dite que de ses conditions d'arrestation et d'interrogatoire. Elle nous montre des pratiques policières dignes des « escadrons spéciaux » dont les méthodes ressemblent plus à un enlèvement qu'à une interpellation policière dans un cadre légal...

Lire et comprendre ce témoignage exceptionnel doit être une obligation, aujourd'hui, pour tous les démocrates, pour tous les citoyens et pour tous ceux qui veulent croire en la loi et en la justice. (*) P. Capoue

Je suis journaliste. Mais ce n'est pas pour ça que j'écris aujourd'hui. Ce texte est mon témoignage. Quelque chose d'immense et d'effrayant m'est arrivé, il y a plus d'une semaine.

C'était jeudi. Le 5 juin, c'est l'anniversaire de mon compagnon. A 5h00 du matin, on frappe à la porte. Je dormais encore, je m'habille vite, ça a l'air important. Lorsque j'ouvre, je vois des policiers dans la cage d'escalier. Il y en a beaucoup. Je pense à un cambriolage. On me dit que c'est pour une perquisition. Chez moi ? « Vous venez chez moi ? » je dis. Oui. Je leur demande pourquoi. « On ne sait pas. On a juste un mandat. » Ils entrent. « Vous êtes seule ? Vous êtes sûres ? » Ils sont 6 ou 7. Ce n'est pas normal. « Que ce passe-t-il ? » je dis. Sur le papier, il y a écrit « terrorisme », « urgence ». « Vous êtes privée de liberté, madame. » On ne réalise rien à ce moment-là. On ne comprend simplement pas les mots. La tête tourne. Ils fouillent. Tout. La cuisine, la salle de bain, mes vêtements, mes livres. Ils mettent des choses de côté, ils disent « on saisit ». ça dure 3 heures. Ils prennent les ordinateurs, des affiches, des livres, un bouquin en arabe. Je leur dit « je dois aller au travail. » « Je ne pense pas que ce soit possible. » Je voudrais téléphoner, mon GSM est déjà saisi. Mon équipe attendra à Reyers, mon compagnon aussi, je ne verrai pas mon frère qui prépare un voyage de plus d'un an en Espagne et au Mali. Personne ne saura où je suis aujourd'hui.

« Au bureau » comme ils disent, c'est l'interrogatoire. Des questions sur mon nom, mon âge, mon loyer, mon numéro de carte de banque, mes opinions politiques, mes amis. Des heures passent, je commence à trembler. Aux questions auxquelles je réponds « je ne sais pas », ils insistent. Avant de comprendre ce qu'ils veulent. Le choc se diffuse lentement, à chaque question. C'est l'après-midi. J'aperçois des hommes cagoulés, armés. Ils viendront me chercher. Il doit être 17 ou 18 heures. Je suis menottée, attachée par une corde que tiennent deux hommes. Je suis masquée, je ne peux rien voir. Trajet en voiture. Sirènes hurlantes, escorte. Arrivée au Palais de Justice. Des couloirs, des ascenseurs, je ne vois rien. On s'arrête. Un homme m'enlève les menottes, mains sur la tête ; un autre, le masque. Je suis face à un mur gris. Une porte se ferme. Je n'ai vu personne. Je n'ai rien vu à part cette porte grise qui s'est fermée, grise comme les murs, comme le rebord en béton. Les murs lisses, affreusement lisses. Il n'y a aucune ouverture. J'ai l'impression d'étouffer. Envie de taper sur ces murs lisses. Je ne dois pas pleurer. Personne ne m'a dit un mot. J'attends. Des heures. 20h ? 22h ? Interrogatoire chez la juge d'instruction. « Vous n'avez pas tout dit ». Un cauchemar qui se poursuit. Je ne sais pas où j'ai mal. Ça va s'arrêter, j'en suis sûre. Je pleure quand elle parle de ma famille. C'en est trop.

A nouveau le cachot. Ma tête est raide. Je m'allonge sur le rebord en béton. Quelle heure est-il ? Est-ce que le temps s'allonge ou se rétrécit ? On reviendra me chercher. Chez la juge, dans ce bureau allumé au fond d'un couloir. « J'ai hésité » elle dit. Alors je sais. Sur mon mandat d'arrêt, il est 2h30.

C'était il y a une semaine et quatre jours. Beaucoup de choses à dire sur le mandat d'arrêt, sur l'inculpation, sur les méthodes.

Des méthodes de cowboys, des interrogatoires où on renverse la charge de la preuve. On m'a épié, surveillée, mise sur écoute, analysé mes comptes bancaires et mon écriture, depuis plus d'un an. Attendait-on de moi que je conforte une hypothèse de départ ? Que je donne des noms qui alimenteraient leur idée ? Leur enquête est restée désespérément vide. Est-ce pour cela que je suis en prison ? Sommes-nous là parce qu'il DOIT y avoir quelque chose ? Il suffirait alors de bien peu : d'affirmer des solidarités, d'avoir des idées politiques. Je l'ai entendu à notre charge, ces idées politiques ont été présentées comme en soi terroristes !

Je n'ai jamais caché mon engagement. Il est public, libre et réfléchi. Défendre des étudiants, des sans-papiers, des prisonniers politiques, se battre pour un monde plus juste, ce ne sont pas des engagements dont on doit avoir honte. Si je n'avais pas été ici, j'aurais été devant ces prisons, j'aurais écrit des communiqués, j'aurais contacté des associations.

La souffrance de ma mère et de mes frères, la solitude de mon compagnon, la tristesse de mes amis, l'incompréhension sur mon lieu de travail, la privation de liberté de quatre militants, la criminalisation de la solidarité, sont-ils des prix à payer ?

Wahoub

Prison de Berkendael

Texte publié dans « le soir » :
http://www.lesoir.be/actualite/belg...

(*) Voir aussi : http://www.legrandsoir.info/spip.ph...

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 15:37
Selon un sondage Ifop, 53 % des Français auraient voté contre le texte si un référendum avait eu lieu en France. Le traité dont l'avenir est compromis après le "non" irlandais a déjà été ratifié dans l'hexagone.

(Sipa)

(Sipa)

Les Français rejetteraient le traité de Lisbonne pour une solide majorité (53 %), soit la même proportion qu'en Irlande, si un référendum avait lieu dans le pays, selon un sondage Ifop à paraître dimanche 22 juin dans le quotidien Sud-Ouest.
Le président Nicolas Sarkozy, voulant éviter une défaite du "oui" dans la ratification de ce mini-traité obtenu à l'arrachée au début du deuxième semestre 2007, avait préféré la voie parlementaire. Il avait ainsi été ratifié le 14 février dernier par la France.
En mai 2005, pour la ratification du Traité établissant une Constitution pour l'Europe, le "non" l'avait emporté par 55 % des voix, enterrant ainsi le projet issue de la commission présidée par l'ancien Président français Valéry Giscard d'Estaing.
Cette fois encore, le "non" aurait eu la préférence des Français. Il l'aurait emporté pas 53% contre 47% de oui. Parallèlement, 33% des personnes interrogées ont indiqué qu'elles se seraient abstenues.

"Persistance d'un euro-scepticisme"

Pour Ifop, ce sondage traduit "la persistance d'un euro-scepticisme" dans l'hexagone, et montre que le décrochage entre les Français et la construction européenne perdure: 73% des électeurs du oui et 72% des électeurs du non auraient renouvelé leur vote.
57% des cadres et des professions intellectuelles auraient approuvé le traité de Lisbonne en cas de référendum, alors que 72% des ouvriers et 63% des employés l'auraient rejeté. Les communes rurales auraient voté "non" à 56 %, tandis que le "oui" se serait imposé à 63% en agglomération parisienne.
Le clivage gauche-droite autour de cette question reste également très net. 64% des sympathisants de gauche (59% au PS) auraient voté "non", alors que 54% des sympathisants de droite (71% à l'UMP) auraient approuvé la ratification.

Sondage réalisé par téléphone les 19 et 20 juin auprès d'un échantillon de 960 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée auprès de la commission nationale des sondages.
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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 07:36
                                                                                                                                                                                                                     VIVAS Maxime   photo : http://berlinf.spaces.live.com/

réponse à un article paru dans le magazine "la Décroissance"

Tout d'abord, il serait bon, pour la compréhension de la complexité chinoise, de préciser qu'à côté des Tibétains, cohabitent 54 ethnies minoritaires. La Chine est constituée de plus de 150 régions d'autonomie ethnique, dont cinq régions autonomes à l'échelon provincial, des dizaines de départements autonomes, plus de 100 districts autonomes, plus de 1000 cantons ethniques.

Il existe donc des dizaines de possibilités d'éclatement d'un pays où 28 langues sont parlées. La question de savoir si nous devons y contribuer mérite d'être posée.

- On me dit que le Tibet a été indépendant de 1913 à 1950, raccourci abrupt que pas un historien ne voudrait adopter et par lequel sont niées les années de présence britannique et l'acceptation de la suzeraineté de la Chine par le Dalaï Lama d'alors. Une autre thèse, qui mérite d'être au moins discutée est que, quels qu'aient été au fil des siècles les soubresauts des rapports entre Pékin et Lhassa, le Tibet était chinois avant que la Bretagne, la Bourgogne, la Savoie et la Corse ne soient françaises.

- On me dit que l'étude du tibétain est « marginalisé au profit du chinois, langue obligatoire ». En fait, la Constitution prévoit l'apprentissage du chinois (putonghua) et des langues des ethnies minoritaires. Dans la pratique, les choses sont effectivement moins idylliques du fait de la non gratuité de l'école, même si des manuels scolaires en tibétain existent pour l'enseignement primaire et secondaire. Il reste que, du fait du recul de l'analphabétisme (95% du temps des Dalaï Lama), le tibétain est plus parlé et écrit que dans les décennies passées. Ce qui n'est pas le cas chez nous du breton, du corse, de l'alsacien, de l'occitan, langues « génocidées ». Il y a chaque jour plus de 20 heures de programmation en langue tibétaine à la télévision ; 40 magazines et 10 quotidiens sont publiés en tibétain.

- On me dit que les « écoles y sont rares » alors que notre ambassade en Chine dénombre au Tibet 4 établissements d'enseignement supérieur, une école normale secondaire, 9 écoles professionnelles secondaires, 105 écoles secondaires et 892 écoles primaires. Insuffisance sans doute, rareté, non.

- On m'assène sans sourciller le chiffre de 1,2 million de morts par violence au Tibet depuis la fuite du Dalaï Lama N° 13. Ce chiffre est bidonné par le « gouvernement tibétain en exil ». Des chercheurs internationaux l'ont démontré. Le simple examen de la "pyramide des âges" fait litière de cette fable que le Dalaï Lama ne soutient d'ailleurs plus. Il n'accuse plus de "génocide", mais de "génocide culturel". De surcroît, comment pourrait-on parler de génocide des « Tibétains de souche » (la « race pure » ?) alors que le Tibet est autorisé à déroger à la politique de l'enfant unique ?

- Je lis dans un journal alternatif d'amis de la nature (et du Dalaï Lama !) que les troubles de ce printemps à Lhassa se limitent à des destructions de « luxueux véhicules » et à des boutiques appartenant à des « Chinois » (des étrangers au sang impur ?). Or, chacun a pu voir des vidéos de chasses aux faciès, des lynchages de passants isolés et des destructions de leurs deux roues.

- Le même prétend tout à la fois que le Tibet est « économiquement marginalisé » et que son PIB progresse de 12% par an et que la croissance du Tibet est « extrêmement rapide ».

- On m'assure que les « Tibétains de souche » ploient sous le nombre des envahisseurs « chinois » (traduction : des Hans). De retour d'un voyage d'étude au Tibet, le réputé sinologue allemand Ingo Nentwig, rapporte que les Hans séjournent souvent temporairement (ouvriers de chantiers, conscrits, cadres), que les habitants permanents de l'ethnie Han représentent seulement 7% de la population totale du Tibet, tandis que la proportion des Tibétains dépasse 90%. Les Hans seraient-ils plus nombreux, souhaiterions un système de quota ? Dans quelle région de France le mettrions-nous en place ? Combien de Russes Nice peut-elle accepter ? Quel est le nombre tolérable de bistrots auvergnats à Paris ?

- On ne me dit pas que le Tibet compte quelque 46 000 moines et 1 700 lieux de culte, mais on me cache que le prétendu génocide culturel est aujourd'hui contredit par la totale liberté de culte, heureusement amputée de celle d'avoir, dans les monastères, l'exclusivité de l'enseignement (pour une minorité) et des soins médicaux.

- Par ailleurs, les dalaï lamistes français ne soufflent mot des éloges attendris du Dalaï Lama (ses Mémoires) à son précepteur, un officier nazi, Heinrich Harrer.

Ils occultent ce que fut le régime oppressif, féroce, liberticide, abrutissant des Dalaï Lama contre leur population soumise au servage, à l'analphabétisme et promis à une espérance de vie qui ne dépassait guère 37 ans.

Instaurez en France une dictature à la chilienne, enseignez dans les établissements religieux (les seuls autorisés !) que Pinochet est une sorte de Dieu vivant, réinventez la Sainte-Inquisition, la pratique de la torture, de l'enlèvement des enfants, de leur enfermement à vie dans des monastères, de la maltraitance sexuelle, et vous saurez ce que fut le Dalaï lamisme appliqué.

La journaliste américaine Anna Louise Strong a raconté ce qu'elle a vu dans une exposition d'équipements de torture de l'époque : menottes de toutes les tailles, y compris pour des enfants, instruments pour couper le nez et les oreilles, pour énucléer et pour briser les mains, les rotules et les talons, ou pour paralyser les jambes, instruments spéciaux pour éviscérer.

Si je me risque à livrer ici ces informations, au risque de passer pour un adepte tardif de Mao, c'est parce que la question du Tibet mérite qu'on n'occulte pas les éléments de réflexion qui ne confortent pas la pensée unique et l'agitation proaméricaine d'une fausse ONG compassionnelle.

Les pro-Tibet-Indépendant, s'ils ont vocation à nous alerter sur les exactions des gouvernements, à faire signer des pétitions, vont sans doute aussi lancer une campagne contre le génocide d'une culture plusieurs fois millénaires, en Irak, le pillage de ses trésors antiques, la destruction de ses musées, le massacre de centaines de milliers de civils (qui ne demandaient rien à G.W. Bush), contre l'encagement de centaines de malheureux dans des bagnes et dans 17 prisons flottantes US, zones de non droit, de tortures et de disparitions. Ils vont, car leur cohérence est grande, déployer des banderoles sur la Tour Eiffel pour la fermeture de Guantanamo.

Il n'est pas nécessaire d'être un conspirationniste pour dire que le Dalaï Lama est subventionnée depuis des décennies par les USA, que la National Endowment for Democracy, organisation paravent de la CIA, sponsorise des kyrielles d'organisations chargées d'ébranler le Tibet (il suffit d'aller voir sur le site officiel de la NED). Il n'est pas indispensable d'être géographe pour voir que le Tibet, « toit du monde » (et donc de la Chine) est une position stratégique cruciale, qu'il est la réserve d'eau de tout le pays, que son sous-sol est riche de minerais indispensables et que la Chine ne voudra, ne pourra jamais laisser cette province s'acheminer vers une indépendance qui pourrait se traduire, à terme, par l'installation de bases militaires américaines, comme ce fut le cas dans nombre de pays qui composaient le bloc soviétique.

J'entends souvent que personne ne réclame l'indépendance, juste d'autonomie. Outre que le Tibet est déjà une région autonome, c'est bien un combat sécessionniste qui se mène à grand renfort de pilonnage médiatique. Lisons ce que dit le matois Dalaï Lama dans une interview accordé au magazine « Der Spiegel » le 12 mai 2008.

« Après des années d'oppression les Tibétains ne font plus confiance aux Chinois ».

Donc, le Dalaï Lama, réclame bien L'INDEPENDANCE puisqu'il distingue les Tibétains des dizaines d'ethnies qui composent la Chine et qu'il les exclut de ce que tous les pays qui sont représentés à l'ONU appellent « Les Chinois ».

Il déclare en outre : « Les Tibétains doivent-ils prendre les armes pour conquérir cette indépendance ? Quelles armes, d'où ? Des Moudjahidines au Pakistan, peut-être ? Et si nous les obtenons, comment les ferons nous passer au Tibet ? Et si la guerre d'indépendance commence, qui nous viendra en aide ? Les Américains ? Les Allemands ? ».

Le pacifisme du chef religieux n'est pas intrinsèque, consubstantiel de sa pensée, mais imposé par le rapport des forces. Et nous lisons bien : « indépendance ».

Dommage également que dans vos deux pleines pages sur le Tibet, vous n'avez su évoquer la « Charte » du Dalaï Lama, ayant valeur de Constitution.

Article 3. Nature de la politique tibétaine. « L'avenir politique tibétain doit respecter le principe de la non-violence et s'efforcent d'être un libre État de la protection sociale avec sa politique guidée par le Dharma ». La Dharma, c'est-à-dire ce que les musulmans appellent la Charria, disposition qui nous fait pousser des hauts cris.

La Charte se termine par une « Résolution spéciale », votée en 1991, dont voici un extrait : « Sa Sainteté le Dalaï Lama, le chef suprême du peuple tibétain, a offert les idéaux de la démocratie au peuple tibétain, même s'il n'a pas ressenti le besoin de ces idéaux. Tous les Tibétains, dans le Tibet et en exil, sont et restent profondément reconnaissants à Sa Sainteté le Dalaï Lama, et s'engagent à nouveau à établir notre foi et notre allégeance à la direction de Sa Sainteté le Dalaï Lama, et à prier avec ferveur pour qu'il puisse rester avec nous à jamais comme notre chef suprême spirituel et temporel. » Vous avez dit «  laïcité » ?

Article 36. Pouvoir législatif. « Tout pouvoir législatif et autorité réside dans l'Assemblée tibétaine. Les décisions de celles-ci requièrent l'approbation de Sa Sainteté le Dalaï Lama pour devenir des lois ». L'Assemblée a tous les pouvoirs si Sa Sainteté le veut !

Article 19. Pouvoir exécutif. « Le pouvoir exécutif de l'administration tibétaine est dévolu à Sa Sainteté le Dalaï Lama, et doit être exercé par lui, soit directement ou par l'intermédiaire d'officiers qui lui sont subordonnés, conformément aux dispositions de la présente Charte. En particulier, Sa Sainteté le Dalaï Lama est habilité à exécuter les pouvoirs ci-après en tant que chef de la direction du peuple tibétain : (a) approuver et promulguer les projets de loi et des règlements prescrits par l'Assemblée tibétain.

(b) promulguer des lois et ordonnances qui ont force de loi.

(c) conférer les honneurs et les brevets de mérite.

(d) convoquer, ajourner, reporter et prolonger l'Assemblée tibétaine ?

(e) envoyer des messages et adresses à l'Assemblée tibétaine chaque fois que nécessaire.

(f) suspendre ou dissoudre l'Assemblée tibétaine.

(g) dissoudre le Kashag (gouvernement) ou destituer un Kalon (ministre).

(h) décréter l'urgence et convoquer des réunions spéciales de grande importance.

j) autoriser les référendums dans les cas impliquant des grandes questions en suspens conformément à la présente charte. »

Le site officiel des tibétains donne des précisions quant à la validité des différents discours du Dalaï Lama en précisant que celui qui suit est toujours d'actualité : « Alors que se poursuit l'occupation militaire du Tibet par la Chine, le monde doit garder présent à l'esprit que, bien que les Tibétains aient perdu leur liberté, du point de vue du droit international, le Tibet reste aujourd'hui un état indépendant soumis à une occupation illégale. [...] Libéré de l'occupation chinoise, le Tibet continuerait à remplir aujourd'hui son rôle naturel d'Etat-tampon, préservant et favorisant la paix en Asie. »

Pour le Dalaï Lama, désavoué par la totalité des Etats de la planète, le Tibet, un quart du territoire chinois, doit donc devenir indépendant. Cette affirmation est significative de la volonté d'affronter le gouvernement légal du pays et de provoquer des troubles qui ne pourront être que sanglants. Pour instaurer une démocratie à la mode française ? On vient de voir que le projet est une dictature théocratique.

En conclusion, les adversaires de la politique du pire souhaitent que les moines prient, que les gouvernements gouvernent, que les langues régionales soient respectées (mieux que chez nous), que les cultures perdurent, que la démocratie progresse au Tibet, dans les autres régions chinoises, partout dans le monde (et jusque dans la presse française) et que rien de cela ne soit obtenu par des guerres civiles.

Inutile donc de crier haro sur le baudet, de désigner à la vindicte l'Empire du mal en tranchant à notre place. Le citoyen français a le droit d'exiger de la presse et des commentateurs sur Internet qu'ils présentent la réalité dans sa complexité, ce qui suppose de ne rien celer qui affaiblit une thèse, de ne pas gommer la nécessaire connexion aux enjeux géopolitiques mondiaux.

Maxime Vivas, écrivain.

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 07:33

 

(c) ReutersLa Confédération Générale du travail (CGT) a lancé, jeudi 19 juin, avec la confédération syndicale polonaise Solidarnosc, un partenariat visant à défendre les droits sociaux des migrants polonais venus travailler en France notamment dans le cadre de la nouvelle législation européenne sur la libre circulation des personnes qui devrait entrer en vigueur le 1er juillet prochain, date à laquelle les citoyens des huit pays ex-membres de la CEI entrés dans l'Union Européenne (UE), comme la Pologne, pourront circuler librement et venir travailler dans les autres Etats-membres.
Cette "stratégie commune" entre les deux organisations syndicales a pris la forme d'un "livret d'accueil et d'information" rédigé en français et en polonais, présentant "le B.A-BA du droit du travail français" et qui sera distribué par les deux syndicats ainsi que dans certaines ambassades, a indiqué la secrétaire confédérale de la CGT Francine Blanche. Les travailleurs migrants polonais se répartissent principalement dans les secteurs du bâtiment, de la construction navale et des travaux agricoles saisonniers.

Vers une prévention des abus à l'échelle européenne.

L'accord entre les deux confédérations syndicales vise à prévenir un certain nombre d'abus, à l'exemple de contrats de travail de migrants polonais en France signés en Allemagne ou donnant de faux lieux de résidence au Portugal pour échapper à la législation française. Abus qui selon le secrétaire international de Solidarnosc Andrzej Adamczyk devrait "normalement à partir de juillet, [être] sanctionnés, quels que soient les pays". Pour la Confédération européenne des syndicats, elle aussi mobilisée, "les choses sont plus compliquées et difficiles à contrôler sur les contrats commerciaux où les travailleurs offrent leurs services aux indépendants".
Reprenant les chiffres du ministère du travail, la CGT a par ailleurs estimé à près de 10.000 le nombre d'étrangers venus travailler en France en 2007 "à titre individuel". 70.000 sont "venus par le biais de prestations de services", c'est-à-dire en sous-traitance, soit 20% seulement de l'ensemble des salariés étrangers venant travailler dans la sous-traitance, selon le syndicat.
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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 07:28

Après le vote des Irlandais, l'Europe, en proie à un processus de décomposition, est entrée dans la fermentation malodorante, chacun envoie des messages contradictoires et la diplomatie tourne au crépage de chignon. Ils  ne refont l'unité dans ce chaos  que quand il s'agit de s'attaquer à plus malheureux que soi, en déclarant par exemple criminel, le candidat à l'immigration, justifiable non seulement d'expulsion, mais de prison. Sur tous les sujets, les appetits s'entre-culbutent avec une hâte si inouïe que c'est la paralysie. Et la présidence slovène a du annoncer qu'aucune décision importante sur la façon de faire face à la crise ne devrait être prise lors du sommet européen des 19 et 20 juin.

La question des futurs élargissements de l'UE s'avère particulièrement délicate, étant donné que la présidence slovène actuelle de l'UE et les prochaines présidences dont la France ont exprimé des positions contradictoires sur le sujet. Le président du Parlement européen ne s'est pas arrêté en si bon chemin, il a été ensuite contredit par le commissaire européen à l'Elargissement et par le responsable de la politique étrangère de l'Union .

Sarkozy trépigne : tant pis pour l'irlande, je veux l'Europe de la Défense

Alors que le ministre slovène des Affaires étrangères Dmitrij Rupel, parlant au nom de la présidence actuelle de l'UE, a exclu tout changement au processus d'élargissement suite au référendum irlandais, le prochain président du Conseil européen Nicolas Sarkozy a martelé que «pour qu'on s'ouvre aux Balkans et à la Croatie, il faut le traité de Lisbonne». Nicolas Sarkozy est un exhibitionniste compulsif et le fait qu'il soit le futur président de l'Union ne paraît pas destiné à améliorer le chaos. Pourtant son excitation n'est pas seulement vaine, elle témoigne d'une stratégie mise à mal par le référendum irlandais. Des priorités qu'il avait dessinées pour sa présidence, il n'y en avait deux qui comptait, l'une était de faire adopter à l'Union la politique d'immigration de son gouvernement, les méthodes fascisantes de Brice hortefeux, voilà qui est fait. La question climatique était pour l'emballage, le supplément d'âme, mais l'essentiel était l'Europe de la défense, un pactole pour les industries de l'armement. Notez que la fascisation de l'immiogration et la création d'une défense commune vont bien dans le sens trés néo-cons du choc des civilisations.

L'entente était totale avec le pays possédant l'industrie d'armement la plus puissante au monde après les Etats-Unis, c'est-à-dire la Grande Bretagne. Nicolas Sarkozy et Gordon Brown avaient  reçu l'aval du "parrain" Bush. L'Europe de la Défense que les trois acolytes envisageaient serait bien totalement intégrée à l'OTAN.  Ils s'étaient même entendu avec le parrain à propos de l'Union Pour la Méditerranée, ce serait le complément du Grand Moyen Orient prévu par les Etats-Unis. Un troisième pays lui aussi grand producteur d'armes et possédant l'arme nucléaire, Israël en serait de fait le bénéficiaire. Les négociations en coulisse entre israêl et l'Union européenne vont bon train. Et l'ensemble devrait pouvoir être retourné contre l'Iran, dont on envisageait le bombardement avant le départ de Bush de la maison blanche. Le traité de Lisbonne permettait de surmonter la règle de l'unanimité et elle avançait vers cette fameuse Défense intégrée à l'OTAN si chère à Sarkozy. Sans parler de la possibilité de soutenir les pires aventures nord-américaines dans le Grand Moyen Orient et ailleurs.

Mais la petite irlande a mis le grain de sable dans la machine si bien huilée et tout s'est enrayé. Mais Nicolas Sarkozy, c'est dans sa nature autant que dans celle des intérêts qu'il sert, a persévéré dans le projet, il a choisi de prendre la tête du forcing. D'où le chaos semé dans les Institutions européennes.

Un dommage collatéral : les sanctions contre Cuba ne seront pas levées

C'est lors d'une visite à Prague, où il essayait de convaincre ses hôtes eurosceptiques que la République tchèque ne devrait pas stopper le processus de ratification, que Nicolas Sarkozy a émis ses commentaires. Dans le pays, la ratification reste en effet bloquée dans l'attente d'une décision de la Cour constitutionnelle. Donc le président français a essayé de rassurer les Tchèques pour les inciter à poursuivre la ratification alors qu'ils étaient plus qu'hésitants.

Mais il y a plus. L'initiative destinée à lever les sanctions sur Cuba a été  abandonnée par les ministres des Affaires étrangères Javier Solana et ne sera pas à l'ordre du jour du sommet, principalement pour ne pas frustrer ce pays « problématique » concernant la ratification du traité, la République tchèque. Prague s'oppose à l'initiative espagnole visant à lever les restrictions imposées sur les visites des fonctionnaires de haut niveau. La question pouvait sembler d'importance mineure, puisque le ministre suédois aux Affaires étrangères, Carl Bildt, a expliqué que Cuba elle-même n'était de toute façon pas très intéressée par les négociations avec l'Union. Mais ce point confirme de façon anticipée les prévisions selon lesquelles l'UE serait affaiblie sur la scène internationale après un « non » irlandais au référendum.

Sur l'élargissement, le chaos est total

Dans le même temps, alors que le commissaire à l'Elargissement Olli Rehn et le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune Javier Solana ont tenté de rassurer les pays aspirant à la candidature que leur adhésion n'est pas menacée par le « non » irlandais, le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering a déclaré que, selon lui, la Croatie serait le dernier pays à rejoindre l'UE tant que le traité ne sera pas en vigueur. Et comme on l'a vu Nicolas Sarkozy envoyait un message dans le même sens.

Un au-delà du droit et de l'ethique

Mais l'élargissement n'est pas le seul sujet de discorde entre les dirigeants. L'un des leaders européens les plus expérimentés, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a accusé les grands pays de l'UE, en particulier l'Allemagne, de tenter d'ignorer le vote négatif en Irlande. Dans un article du Financial Times Deutschland, M. Juncker a critiqué les dirigeants français et allemands de dissimuler le fait que la ratification pourrait se poursuivre malgré le « non » irlandais.

Il visait principalement le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, qui avait suggéré que l'Irlande devrait prendre une pause et se retirer quelques temps de l'Union. M. Steinmeier avait également déclaré que le destin du traité de Lisbonne était incertain et que les pays de l'UE devaient donc rapidement trouver une solution.

Ce point de vue contraste encore une fois avec celui du ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband, qui a affirmé qu'il faut donner davantage d'espace aux Irlandais.

Et comme toujours quand la l'affaire est gâchée, on cherche le responsable du fiasco. On ne se dit pas que la marchandise était frelatée, que l'Europe de la Défense n'intéresse que les marchands d'armes et que tout peuple raisonnable s'en détournerait si on lui conseillait de renoncer pour elle à son statut de neutralité. Parmi les accusés d'intempérance verbale ayant conduit les Iralandais au refus, il y a bien sûr notre ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Il avait été fortement critiqué pour avoir déclaré que les Irlandais seraient les « premières victimes » en cas de rejet du traité, dans la mesure où l'Irlande n'a pas reçu un grand soutien de l'UE ces dernières années. Son intervention , comme à l'ordinaire avait été perçue comme de la pure provocation.

Parallèlement, le leader du groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, a attaqué le commissaire européen irlandais Charlie McCreevy pour avoir admis, à la veille du référendum, que lui-même n'avait pas lu le traité de Lisbonne. Ce n'est plus l'union européenne c'est le marché de Brive la gaillarde.

Le vote irlandais on le voit a fait plus pour mettre en évidence le pourrissement des institutions européennes, ce fut une étincelle de vie dans cette décomposition généralisée gouvernée par les lobbys et les multinationales où chacun trafique le mieux qu'il peut la part du gâteau qui lui échoit. La concurrence est son principe, tant qu'elle peut s'exercer dans le pillage elle donne un semblant d'unité, mais qu'un peuple se conduise comme l'enfant du conte devant le roi nu et tout le monde découvre ce qu'il en est réellement de ces institutions que l'on nous disait si indispensable à notre propérité que personne n'osait dire: "Et si on sortait de ce machin-là ?"

Danielle Bleitrach

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 15:24

Le technocentre Renault à Guyancourt

Le technocentre Renault à Guyancourt (c) Sipa

La justice a demandé un complément d'enquête sur trois suicides de salariés du Technocentre de Guyancourt (Yvelines), apprend-on jeudi 19 juin de source proche du dossier. Elle suit ainsi l'avis de l'inspection du travail qui demandait de joindre les dossiers et évoquait du harcèlement moral,
En février 2007, une enquête préliminaire avait été ouverte sur le troisième suicide, sans déboucher pour l'instant sur l'ouverture d'une information judiciaire.
L'inspection du travail avait envoyé en janvier un "avertissement" au constructeur automobile au sujet de "harcèlement moral institutionnel" envers les salariés du Technocentre. Elle reprochait à Renault de ne pas se donner les moyens de contrôler les horaires de ses cadres et leurs dérives
Le parquet de Versailles a confié le complément d'enquête à la police.
L'assurance maladie a reconnu deux des trois suicides de salariés du Technocentre qui se sont produits sur le site entre octobre 2006 et février 2007 comme accidents du travail.

Une "faute" inexcusable", selon les familles

Les familles de ces deux salariés ont déposé des requêtes en reconnaissance de la "faute inexcusable" de Renault. Une audience de conciliation s'est tenu le 12 juin concernant le premier suicide, celui d'Antonio B.
Un communiqué commun des avocats des familles révèle que Renault "a refusé de reconnaître une quelconque responsabilité, et adoptera vraisemblablement la même position dans les autres affaires".
La famille d'Antonio B. projette de saisir le tribunal des affaires de sécurité sociale de Nanterre pour obtenir gain de cause.
Dimanche, en marge d'une fête pour les dix ans du Technocentre, son directeur Bernard Ollivier a qualifié ces suicides de "drames personnels" et expliqué que "le plan de soutien suivait son cours".
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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 14:54

texte de B  Brecht et les mots  de Danielle Bleitrach

 

A ceux qui viendront après nous

I

Vraiment, je vis en de sombre temps !
Un langage sans malice est signe
De sottise, un front lisse
D'insensibilité. Celui qui rit
N'a pas encore reçu la terrible nouvelle.

Que sont donc ces temps, où
Parler des arbres est presque un crime
Puisque c'est faire silence sur temps de forfaits !
Celui qui là-bas traverse tranquillement la rue
N'est-il donc plus accessible à ses amis
Qui sont dans la détresse ?

C'est vrai : je gagne encore de quoi vivre.
Mais croyez-moi : c'est pur hasard. Manger à ma faim,
Rien de ce que je fais ne m'en donne le droit.
Par hasard je suis épargné. (Que ma chance me quitte et je suis perdu.)

On me dit : mange, toi, et bois ! Sois heureux d'avoir ce que tu as !
Mais comment puis-je manger et boire, alors
Que j'enlève ce que je mange à l'affamé,
Que mon verre d'eau manque à celui qui meurt de soif ?
Et pourtant je mange et je bois.

J'aimerais aussi être un sage.
Dans les livres anciens il est dit ce qu'est la sagesse :
Se tenir à l'écart des querelles du monde
Et sans crainte passer son peu de temps sur terre.
Aller son chemin son violence
Rendre le bien pour le mal
Ne pas satisfaire ses désirs mais les oublier
Est aussi tenu pour sage.
Tout cela m'est impossible :
Vraiment, je vis en de sombre temps !

II

Je vins dans les villes au temps du désordre
Quand la famine y régnait.
Je vins parmi les hommes au temps de l'émeute
Et je m'insurgeai avec eux.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

Mon pain, je le mangeais entre les batailles,
Pour dormir je m'étendais parmi les assassins.
L'amour, je m'y adonnais sans plus d'égards
Et devant la nature j'étais sans indulgence.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

De mon temps, les rues menaient au marécage.
Le langage me dénonçait au bourreau.
Je n'avais que peu de pouvoir. Mais celui des maîtres
Etait sans moi plus assuré, du moins je l'espérais.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

Les forces étaient limitées. Le but
Restait dans le lointain.
Nettement visible, bien que pour moi
Presque hors d'atteinte.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

III

Vous, qui émergerez du flot
Où nous avons sombré
Pensez
Quand vous parlez de nos faiblesses
Au sombre temps aussi
Dont vous êtes saufs.

Nous allions, changeant de pays plus souvent que de souliers,
A travers les guerres de classes, désespérés
Là où il n'y avait qu'injustice et pas de révolte.

Nous le savons :
La haine contre la bassesse, elle aussi
Tord les traits.
La colère contre l'injustice
Rend rauque la voix. Hélas, nous
Qui voulions préparer le terrain à l'amitié
Nous ne pouvions être nous-mêmes amicaux.

Mais vous, quand le temps sera venu
Où l'homme aide l'homme,
Pensez à nous
Avec indulgence.

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