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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 22:30

abdallah.jpgL’affaire du plus ancien détenu libanais de France vient d’être remise sur le tapis par Simon Abiramia.

PARIS, d’Élie MASBOUNGI

 


La toute récente déclaration télévisée du député Simon Abiramia sur l’affaire Georges Ibrahim Abdallah, le Libanais détenu en France depuis 28 ans pour actes de terrorisme, pourrait s’avérer comme étant un croche-pied au président Nagib Mikati attendu à Paris en visite officielle fin janvier.
En évoquant cette affaire – dont il ne s’était probablement jamais entretenu avec des responsables français lors de ses nombreuses visites dans l’Hexagone –, le député de Jbeil pose au chef du gouvernement un cas qui n’avait jamais figuré à l’ordre du jour d’aucun contact officiel franco-libanais et M. Mikati devra, avant son départ pour Paris, définir la position de son gouvernement à l’égard de l’incarcération de Georges Ibrahim Abdallah qui a déjà purgé sa peine et qui subit depuis 1999 des refus répétés de remise en liberté présentée par le célébrissime avocat Jacques Vergès qui vient de faire une déclaration publique dénonçant « l’ingérence des États-Unis dans cette affaire » et affirmant qu’« en tant que partie civile au procès en 1986, le gouvernement américain oppose à la justice française un “veto intolérable” à la libération de son client ».
Malgré la mobilisation permanente, depuis des années de plusieurs comités de soutien français et franco-libanais réclamant son retour au Liban les autorités françaises sont restées muettes sur cette affaire.
L’ancien patron de la DST et ancien député Yves Bonnet vient de réclamer la libération d’Abdallah qu’il qualifie de « plus vieux prisonnier politique de France » en dénonçant une « vengeance d’État », sous la pression des USA et d’Israël.
Dans une interview accordée au site La dépêche.fr, M. Bonnet déclare : « J’ai un problème de conscience avec cette affaire. La France a trahi la parole donnée et on a voulu faire croire qu’à l’époque, j’avais négocié seul sa remise en liberté après avoir terminé sa période de sûreté en 1999. »
Si l’affaire n’était pas évoquée lors des entretiens de Nagib Mikati à Paris, elle risque de faire l’objet de plus d’une question de la presse française à la demande des comités de soutien à Georges Ibrahim Abdallah.
Ces comités, pour la plupart dans la mouvance ultragauchiste, rappellent que les actes qui avaient été commis par Abdallah avaient un caractère politique puisque celui-ci militait au moment des faits au sein des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises).
Toujours est-il que le chef du gouvernement devrait, selon des milieux franco-libanais proches du Parti communiste et d’autres formations de l’extrême gauche française, se munir d’un solide dossier sur Georges Ibrahim Abdallah pour en répondre le cas échéant. Soit lors de ses entretiens officiels soit au cours de rencontres avec la presse.
Le Premier ministre pourrait toujours, comme l’avaient fait ses prédécesseurs, faire la sourde oreille et rester muet face aux interrogations des associations de soutien à Abdallah qui ne manquent aucune occasion de se manifester lors de visites de personnalités libanaises en France.
Il n’en reste pas moins que cette affaire est actuellement dans une phase ascendante si l’on en juge par l’activité croissante des associations concernées et aussi par le fait que dans une réponse vendredi à la question d’un journaliste lors de son point de presse bihebdomadaire, le porte-parole du Quai d’Orsay a renvoyé la balle... au parquet et au ministère de la Justice.
La communauté libanaise dans son ensemble ne s’est jamais émue du cas de Georges Ibrahim Abdallah, si l’on excepte quelques militants affiliés à des mouvements de gauche. De plus, comme tout prend une connotation communautaire au Liban, certains Libanais de l’Hexagone pensent qu’il faudrait alors évoquer d’autres cas de Libanais détenus dans le monde, notamment pour des motifs politiques et intervenir auprès des instances qui les retiennent.
Né le 2 avril 1951 à Kobeyate (Akkar), Abdallah avait tout d’abord milité dans les rangs du PSNS avant de rejoindre le FPLP palestinien et fonder quelques années plus tard les FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises). Il a été arrêté en 1984 à Lyon et accusé d’avoir participé à l’assassinat le 18 janvier 1982 de Charles Robert Ray, attaché militaire à Paris puis, le 3 avril de la même année des assassinats du diplomate israélien Yacov Barsimentov et du consul américain à Strasbourg Robert Onan Homme.
Des journalistes qui avaient couvert à l’époque le procès de Georges Ibrahim Abdallah affirment qu’il n’a jamais fait le moindre aveu même lors des interrogatoires les plus musclés. Au point de faire dire à Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand : « Il n’est inculpé que de faux et usage de faux pour utilisation d’un vrai-faux passeport algérien... ».

 

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/739388/Le_dossier_de_Georges_Ibrahim_Abdallah_s%27invite_aux_entretiens_de_Mikati_en_France.html 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 22:21

andre-faivre-pa.jpgAndré Faivre, plus connu comme « Dédé », a 66 ans de combats à gauche derrière lui.

Photo M.A.

http://www.lejsl.com/saone-et-loire/2011/12/20/compagnon-de-route-du-parti-communiste

Militant. Si un mot doit définir André Faivre, c’est bien celui-là. Tout au long de sa vie, il a défendu sans relâche ses convictions d’homme de gauche, prônant une plus grande justice et une plus grande égalité entre les hommes.

Ces convictions, il les a forgées dès l’enfance. Né en 1923 à Bantanges, en Bresse, il grandit dans une famille pauvre qui compte dix enfants. « On avait une petite ferme, et mon père était maçon. Pendant mon enfance, il m’a souvent répété qu’il fallait que les petits s’unissent contre les gros pour s’en sortir. »

À cette dimension politique s’en ajoute une autre, historique, quand, enfant, André assiste à Cuisery aux cérémonies de commémoration du 11 novembre. « Je me souviens du président des anciens combattants, nommé Favier, qui avait été amputé d’une jambe. Il était d’une éloquence incroyable pour dire son rejet de la guerre. »

Compagnon de route du Parti communiste

La guerre justement, André y est confronté très jeune quand la France est envahie par l’Allemagne nazie. Il échappe au STO grâce au maire de Ratenelle, où il travaillait avec son père, qui lui fait une fausse carte d’identité qui le rajeunit de deux ans. En décembre 1944, il se rend à Huilly à une réunion de résistants. « Je pensais qu’il s’agissait de FTP, en fait c’était le parti communiste. Je me suis reconnu tout de suite dans ces idées, et j’ai adhéré dès 1945. Ce n’était pas une adhésion électoraliste comme ça se fait maintenant, j’étais un militant actif d’un parti de combat. À la fin de la guerre, il y avait un vrai élan. On pensait parvenir à changer le monde. » Cette même année, il rencontre Waldeck Rochet, responsable communiste originaire de Sainte-Croix, village situé dans le même canton que le sien.

À partir de là, les combats s’enchaînent. En 1950, André s’installe à Chalon-sur-Saône en tant que maçon pour être au plus près de la fédération départementale. Cette même année, il est élu secrétaire de la fédération et se consacre au combat politique à plein-temps.

En campagne à Montceau

Il est par la suite élu premier secrétaire pour la Saône-et-Loire en 1952, avant d’appartenir au comité central du parti entre 1961 et 1971.

En 1973, cinq nouveaux cantons sont créés dans le département. « Je me souviens que Waldeck est venu me voir et m’a dit que nous devions avoir une expression au niveau départemental. Je me suis donc présenté sur le canton de Montceau sud, où nous avions de bonnes chances de gagner. »

Une fois élu, il s’installe dans la commune en 1975. En 1977, il est candidat aux municipales sur une liste d’union de la gauche face à André Jarrot. « La campagne a été assez animée… Je me souviens que le général Binoche, pourtant gaulliste, était venu me soutenir. Aussitôt un autre général, Schmitt, qui était chef militaire du département, l’a pris à partie dans un tract distribué de nuit. »

Accompagner la jeunesse

André Faivre est finalement battu de justesse, en recueillant 49,3 % des voix. Il est conseillé municipal d’opposition jusqu’en 1995, date à laquelle il devient adjoint après la victoire de Didier Mathus, qui reprend la mairie à la droite.

À l’issue de ce mandat, en 2001, il retourne s’installer dans sa Bresse natale en achetant une maison à Mervans. Mais il n’interrompt pas pour autant son engagement. « Je continue le militantisme de terrain, c’est ce qui compte pour l’avenir des citoyens. » Et à 88 ans, il reste combatif. « Le capitalisme n’a jamais autant dominé, tué et affamé les peuples qu’aujourd’hui. On doit substituer au système actuel, qui est la cause de tous nos maux, un autre type de société centré sur l’homme. »

Et André voit dans la jeunesse d’aujourd’hui des raisons d’espérer. « Regardez les mouvements des peuples arabes, les indignés… partout dans le monde, la jeunesse, avec en premier lieu les femmes, est prête à agir. Il faut faire en sorte que cette jeunesse soit partie prenante de ce monde qui bouge sans cesse. »

André est en tout cas un homme heureux : sa relève est bel et bien là.

André Faivre vient de sortir un livre intitulé « Une vie au XX e siècle. Des combats. Continuons » dans lequel il revient sur son parcours, et rend hommage à des personnalités marquantes du département. Il sillonnera bientôt le département pour le présenter.

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 22:13
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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 22:08

61j9-4tMWmL._SL500_AA300_.jpgDans les années 60 et 70, les ouvrages de Jean Suret-Canale ont contribué à la formation de toute une génération de militants et d’intellectuels africains. Depuis son œuvre pionnière semble avoir été oubliée. Cet ouvrage - écrit à partir d’entretiens autobiographiques réalisés à la fin de sa vie puis de l’étude de ses archives personnelles - vise à restituer la singularité d’une œuvre et d’un itinéraire où le travail de chercheur et l’engagement politique ont toujours cohabité.

Jean Suret-Canale constitue une figure intellectuelle complexe, sinon paradoxale, si on veut bien y regarder de plus près. Bien qu’étant animé par un anticolonialisme fondamental, il a dû s’appuyer sur d’autres sources coloniales (les premiers grands auteurs ‘africanistes’ comme Delafosse et Labouret mais aussi les documents de première main des archives coloniales) pour écrire une œuvre de référence qui s’est voulue en rupture avec l’historiographie coloniale. A l’heure des controverses sur le ‘postcolonial’, entre spécialistes patentés organisés en coteries rivales, il n’est pas inutile, ni ‘ringard’ de s’intéresser à l’œuvre de Jean Suret-Canale.

Jean Suret-Canale est décédé le 26 juin 2007. Même si cet événement n’a pas été totalement passé sous silence, les hommages qui lui ont été rendus ont été relativement discrets. P. Blanchini a cru devoir aborder pour commencer l’image extérieure de Jean Suret-Canale à laquelle il n’a pas échappé, comme pas mal d’autres qui le connaissaient de réputation. Sur le plan politique, il avait de lui l’image d’un intellectuel orthodoxe du Pcf ; sur le plan idéologique, il était associé également dans son esprit à un marxisme tiers-mondiste devenu obsolète, n’ayant pas échappé à la ‘langue de bois’, voué à être instrumentalisé par le nationalisme des nouveaux Etats au cours de ces années d’indépendances Cha-cha-cha. Même lorsqu’on se situait toujours dans une perspective ‘progressiste’, on ne pouvait que constater que la figure de Jean Suret-Canale, qui occupait un certain rang dans les études africaines des années 1960-1970, avait soudain disparu en quelques années, à tel point que sa spécialité disciplinaire n’étant pas l’histoire - moins en pointe dans les années 1980 où les politistes tenaient le haut du pavé - il avait fait l’impasse sur ses ouvrages. Il n’avait lu de lui, avant de le rencontrer en 2001, que le petit ouvrage qu’il avait publié, quelques années auparavant sur les Groupes d’études communistes (Gec). ‘Les Groupes d’études communistes (Gec) en Afrique noire’, Paris L’Harmattan, 1994.

La fin de sa vie est toujours occupée par l’écriture mais plus en relation avec ses engagements plus anciens : l’histoire des Groupes d’études communistes en Afrique ou des maquis communistes en Corrèze. Retiré dans la campagne girondine depuis la fin des années 80, il a pratiquement été oublié. Le retour au-devant de l’actualité de la question coloniale dans les années récentes n’a pas entraîné une relecture de son œuvre. On peut le comprendre car les ‘postcolonial studies à la française’, lorsqu’elles se soucient de répondre à une forme de demande sociale contemporaine, s’intéressent surtout aux problématiques hexagonales : les imaginaires coloniaux qui perdurent ou encore les discriminations vécues par les descendants des ‘indigènes’ dans le modèle républicain à la française, jamais lesté de son héritage colonial. Il est victime d’un soupçon systématique, notamment au sujet de son engagement en Guinée et aussi plus généralement de son anticolonialisme. Mais s’y ajoutent également ce qu’on peut considérer comme les oublis significatifs de ses ouvrages dans les bibliographies. Ensuite, on trouve, à son sujet, des erreurs et des approximations.

Il passe inaperçu au sein des intellectuels communistes alors qu’il y occupe une place éminente dans les années 1960. Le classique ouvrage de Philippe Robrieux ‘Histoire intérieure du parti communiste’, Paris, Fayard 1981, l’ignore totalement. Si les historiens français ont tendance à oublier l’œuvre de Suret-Canale, en revanche les historiens africains le citent beaucoup, ainsi par exemple : Joseph Ki Zerbo, ‘Histoire de l’Afrique noire’, Paris Hatier, 1978. On peut lui reprocher d’avoir gardé le silence sur le ‘côté noir’ du régime de Sékou Touré – selon sa propre expression – mais certainement pas d’avoir écrit des textes hagiographiques, contrairement à ses adversaires, les thuriféraires de la colonisation française et de ses prolongements françafricains. Boubacar Barry s’accorde avec lui sur la question des causes de la traite négrière contre le point de vue d’Henri Brunschvig pour lequel ‘l’Afrique n’avait rien d’autre à offrir hormis ses hommes’.

Dans un de ses entretiens avec P. Blanchini en mai 2000, J. Suret-Canale déclare a posteriori que le Pcf est sans doute resté ‘trop longtemps attaché à la défense de l’Union française’. J. Suret-Canale a aussi souffert de la dévalorisation de ses travaux, relégués à l’étage inférieur de l’empirisme, alors que les anthropologues français délectaient de débats très abstraits sur l’articulation des modes de production précapitalistes, en négligeant totalement les phénomènes historiques concrets nés de la situation coloniale (c’est notamment le cas des écrits de Claude Meillassoux et de Maurice Godelier). Même Samir Amin a pu lui reprocher d’être trop empiriste, en particulier lorsqu’il se contente de demeurer au niveau de l’’apparence descriptive’ de l’ ’économie de traite’ dans la préface du livre de Boubacar Barry ‘Le royaume du Waalo’.

Par ailleurs, comme il le reconnaissait lui-même, il était venu au marxisme dans un contexte dominé par le stalinisme triomphant dans les années 1930. Cependant, à partir des années 1960, le marxisme ‘géopolitique’ que le contexte de la guerre froide et l’éveil du nationalisme du Tiers-monde avait favorisé allait commencer à se fragmenter entre les diverses obédiences se réclamant de légitimités internationalistes concurrentes, pour assister avec la décennie 1980 au déclin du Tiers-mondisme puis à la disparition du ‘socialisme réel’. C’est avec ce fardeau idéologique de plus en plus difficile à porter qu’il a choisi de continuer à écrire, au risque d’apparaître comme en décalage avec l’époque. Cela quand bien même il s’est réclamé d’un usage non dogmatique de la pensée de Marx. On pourrait toujours se demander pourquoi il a choisi de ne pas quitter le navire ainsi que l’ont fait la plupart des intellectuels communistes qui y sont entrés dans le contexte de la Résistance… Dans le cercle plus restreint des intellectuels marxistes ayant appartenu au Pcf, sa trajectoire diverge ainsi de celles des anciens adhérents du parti ayant choisi de privilégier leur carrière universitaire comme Maurice Godelier. Elle ne se confond pas non plus avec celles de francs-tireurs comme Jean Chesnaux ayant rompu avec le Pcf – et également avec la conception académique de l’intellectuel – sous l’influence de Mai 68, ni avec celle, plus proche de celui d’Yves Benot, tout aussi marginalisé par son engagement anticolonialiste conséquent mais ayant quitté le Pcf pour un tiers-mondisme plus proche de celui d’un Samir Amin.

Suret-Canale a connu une enfance parisienne avant de découvrir l’univers colonial en Aof. Il adhère aux Jeunesses communistes et effectue un deuxième voyage en Indochine. Il s’engage dans la résistance et connaît des expériences précoces comme la prison et la clandestinité. En 1946, il a eu l’agrégation de géographie, il a fait des demandes pour aller en Afrique ou plus généralement Outre-mer. Dans un premier temps, on voulait absolument l’envoyer en Indochine. Mais il ne voulait pas du tout y aller. Finalement, il est allé à Dakar où il a milité dans les Groupes d’études communistes (Gec). Il sera expulsé par un gouverneur socialiste manu militari (par un petit avion militaire) alors qu’il était professeur au Lycée Van Vollenhoven. Il évoque les divergences de fond qui l’opposaient à Cheikh Anta Diop. Il souligne l’existence de grandes difficultés à opérer une greffe marxiste. S’agissant du passage du Rda au Pai, il précise qu’il n y avait aucune filiation entre les Gec et le Pai.

En 1949, avant qu’il ne soit expulsé, il espérait l’année suivante se faire détacher à l’Institut français d’Afrique noire (Ifan) pour pouvoir travailler sur une thèse portant sur le Sénégal. Sa thèse principale devait concerner ‘Les paysans du Sénégal’. Elle a été faite par la suite par Paul Pélissier. De retour en France, Suret-Canale a eu des démêlés avec Davesne, l’’immortel auteur de Mamadou et Bineta’… Il a choisi un deuxième projet de thèse sur l’Anjou armoricain. Il a été aux côtés de la Guinée indépendante en 1958. Ce pays a eu des problèmes en matière d’enseignement puisque les deux tiers des enseignants français qui formaient la quasi-totalité du corps de l’enseignement secondaire sont partis. Ils ont fait appel à des concours, des volontaires extérieurs. Il en est venu des Etats-Unis, de Suisse, d’autres pays africains. Il y a eu Yves Benot (de son vrai nom Edouard Helman).

En 1961, commencent les premières difficultés de l’expérience guinéenne avec le complot des enseignants dont le syndicat est dirigé par Kéita Koumandian. C’est à partir de ce moment que la répression s’est installée. Des Guinéens et des Sénégalais membres du Pai furent emprisonnés. Durant ces années, J. Suret-Canale a pu poursuivre ses activités de chercheur. Il a pu faire pas mal de travaux sur la Guinée et travaillé sur des archives. L’année scolaire 1959-60, il a été nommé proviseur du lycée Donka, concurremment à ses fonctions de directeur de l’Institut de recherche. C’est également l’année où, avec Djibril Tamsir Niane il a rédigé le premier manuel d’histoire de l’Afrique Occidentale. Avec son nouveau retour en France après la Guinée en 1963, il a connu les vicissitudes d’un chercheur stigmatisé. Il a été nommé directeur adjoint du Centre d’études et de recherches marxistes (Cerm). Mais étant directeur du Cerm, Roger Garaudy était persuadé que Suret-Canale était là pour le surveiller.

A cette époque, le débat intellectuel interne au Pcf oppose d’un côté, les partisans de Garaudy et d’Aragon qui se réclament d’un ‘humanisme marxiste’ et, de l’autre, ceux d’Althusser qui se réclament d’un ‘antihumanisme théorique’ qui serait celui du second Marx des écrits postérieurs à 1845 ayant rompu avec la pensée idéaliste de ses années de jeunesse. L’ouvrage de Garaudy D’un réalisme sans rivage (1963) a été très critiqué. Un économiste espagnol Jesus Ibarrola a envoyé une lettre au Cerm où il développait ses désaccords avec les thèses de Garaudy. Le jugement de Suret-Canale sur Garaudy, c’est qu’il avait un peu une hypertrophie de l’ego. Au fond, il aurait voulu être Sartre, c’est-à-dire être à la fois grand philosophe, grand homme politique, grand homme de lettres, grand homme de théâtre.

A la parution du livre de Garaudy ‘Les sources françaises du socialisme scientifique’, (Paris Hier et aujourd’hui, 1948), un communiste américain, Bernstein lui a intenté un procès en plagiat. Et le tribunal lui a donné raison. Le livre a été mis au pilon. Des obstacles ont été mis à une carrière de chercheur au Cnrs. Ejecté du Cnrs en 1974, il part en Algérie. Son nouveau retour en France en 1978 était devenu problématique. Jean Suret-Canale est un ‘ancien combattant’ qui n’a jamais renié ses engagements. Pour connaître les relations de Suret-Canale avec les étudiants africains, on peut se référer à la postface d’Amady Aly Dieng.

 

http://www.walf.sn/culture/suite.php?rub=5&id_art=78051

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 22:02
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Pointe à Pitre. Mardi 03 janvier 2012. CCN.
http://www.caraibcreolenews.com/news,guadeloupe,1,3675,03-01-2012-guadeloupe-les-communistes-appellent-yy-yun-rassemblement-des-forces-patriotiques-yy-l-unity-du-peuple-y-et-la-constitution-d-une-autority-politique-y-.html 
Dans une déclaration remise à la presse à l’occasion de la nouvelle année, le Parti Communiste Guadeloupéen s’est exprimé sur la crise du » capitalisme mondialisé » en affirmant que le «  projet des communistes d’un renversement du capitalisme restait d’actualité. Analysant la situation sociale de là Guadeloupe, le PCG prédit qu’en 2012, les difficultés vont s’aggraver et souligne qu’aucun changement n’est possible sans un « véritable pouvoir politique » La conclusion de ce document prend la forme d’un appel au rassemblement des organisations politiques qui luttent contre le colonialisme français. Il faut rappeler que depuis déjà une année, les communistes avaient pris l’initiative de préparer l’organisation des « Assises des organisations anticolonialistes et patriotiques, » Plusieurs de ces organisations patriotiques et nationalistes , et anticolonialistes telles que l’UPLG, le Copagua, le CIPPA, FKNG ! y travaillent. Selon nos informations , la phase publique et populaire de ces « Assisses » est imminente et devrait se dérouler au cours des semaines à venir. On peut déjà penser que ces « Assises » vont déboucher pour la première fois en Guadeloupe , sur la création d’une Autorité Politique en vue de la conquête du pouvoir
  • Les gouvernements des Etats capitalistes notamment des Etats‐Unis et des pays européens mettent en œuvre à l’encontre de leurs peuples des plans drastiques d’austérité destinés à sauver la mise du capitalisme financier international de ses propres turpitudes (licenciement des travailleurs, compression des salaires, réduction des droits sociaux, privatisation et liquidation des services publics, hausse des impôts et prélèvements, hausse des prix des biens et services de première nécessité...).

Dans plusieurs régions du monde notamment aux Etats‐Unis, en Europe, dans les pays arabes et dans les conditions et avec les réalités qui leurs sont propres, les peuples avec en première ligne les travailleurs, les femmes, les jeunes, les étudiants, s’engagent dans des mouvements de masse pour combattre les politiques d’austérité de leurs gouvernements et mettre un terme à l’oppression, à l’exploitation aux injustices qui les frappent.
Ces mouvements de contestation et de luttes qui se développent, sont la manifestation et l’expression de la lutte des classes qui se déroule à l’échelle de la planète entre les capitalistes, les Etats à leur solde et les couches laborieuses et populaires victimes de la domination du capitalisme financier international qui affame les peuples.

En cette fin d’année 2011, vingt après la chute des régimes socialistes de l’Europe de l’Est, l’exigence de rupture et d’alternative au capitalisme est à l’ordre du jour pour mettre un terme à la misère, à la pauvreté, aux guerres, aux famines, aux catastrophes écologiques qui sont la conséquence du système capitaliste fondé sur l’exploitation des hommes, la domination des peuples et le pillage de leurs matières premières et qui met toute l’humanité en péril pour satisfaire les intérêts d’une minorité.

Plus que jamais, le projet communiste de renversement du capitalisme est d’actualité pour répondre aux besoins humains, pour un monde de paix, de liberté, de progrès pour tous les hommes et tous les peuples.

La Guadeloupe et les Guadeloupéens n’échappent pas à la tourmente capitaliste doublée de son supplément colonial, bien au contraire, la situation empire d’année en année sans qu’aucune réponse ne soit portée aux difficultés qui agitent le paysNous pourrions faire dans le politiquement correct en formulant des vœux de bonheur et de prospérité à nos concitoyens et en leur prédisant que 2012 sera meilleure que 2011, mais, nous savons que cela ne serait que des vœux pieux tant l’année qui s’annonce sera difficile pour les travailleurs et les peuples du monde confrontés à la férocité d’un système capitaliste en crise généralisée.



Est‐il besoin pour s’en convaincre de rappeler ici les statistiques qui illustrent la situation de catastrophe économique et sociale dans laquelle se débat le pays et qui traduisent la faillite du système économique et politique en place depuis plus de 60 ans ? Derrière ces statistiques, ces pourcentages, ces chiffres affolants et effarants du chômage (plus de 62000), de la pauvreté, du surendettement, de l’illettrisme, il y a des hommes, des femmes, des jeunes en chair et en os, il y a des Guadeloupéens (dont on ne nous dit pas les ascendances) qui se démènent au quotidien pour survivre.

En 2012 leurs difficultés vont s’aggraver avec la réduction des moyens budgétaires nécessaires aux politiques publiques dont la Guadeloupe a grand besoin dans de très nombreux domaines, tels la santé, l’éducation, l’environnement, les transports...
En 2012, il n’y aura aucun changement porteur de développement économique, de progrès social, pour le peuple guadeloupéen, s’il n’y a pas de rupture avec le système actuel de domination politique et économique, de dépendance et d’assimilation que la France impose à la Guadeloupe.

Il n’y aura aucun changement en Guadeloupe sans un véritable Pouvoir Politique guadeloupéen établissant de nouveaux rapports politiques avec l’Etat français et l’Union Européenne

Il n’y aura aucun changement en Guadeloupe sans un véritable Pouvoir Politique guadeloupéen pour décider de son organisation économique et sociale, de l’aménagement de son territoire, de ses relations de coopération et mettre en œuvre un plan de développement global qui répond aux besoins et aux intérêts du pays et à ceux des masses populaires et laborieuses.

Il n’y aura aucun changement en Guadeloupe, si les organisations politiques qui luttent contre la domination coloniale et l’exploitation capitaliste, ne se rassemblent pas pour élaborer un projet politique d’émancipation qui mobilise et entraîne l’adhésion de la grande majorité de notre peuple.

En ce début d’année 2012 c’est à cette tâche que nous devons nous atteler, en réalisant les Assises des forces patriotiques, anticolonialistes et anticapitalistes de Guadeloupe pour constituer une autorité politique ayant en charge de conduire la lutte d’émancipation du peuple guadeloupéen.
Pour tenter de sauver leur système empêtré dans ses contradictions insurmontables, les institutions de la bourgeoisie capitaliste mondiale, FMI, Banque Mondiale, OCDE, G8, OMC, OTAN et autres instances de la mondialisation capitaliste font payer aux travailleurs, aux couches populaires, aux peuples du monde entier le prix de la crise du capitalisme mondialisé.
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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 21:46

humadimanche.jpgSept dangereux activistes du Parti communiste français ont été neutralisés par la police alors qu’ils vendaient L’Humanité dimanche en pleine rue. Grâce à la vidéosurveillance. 

Le 21 décembre, le Premier ministre François Fillon inaugurait la première tranche du nouveau plan de vidéosurveillance de la capitale. A cette occasion, le préfet de police Michel Gaudin se réjouissait d’un dispositif qui permettrait de "diriger les patrouilles de police avec intelligence".

Illustration de cette intelligence, la mésaventure arrivée à sept militants du Parti communiste français, dimanche midi. Comme toutes les semaines, ils vendent L’Humanité dimanche à la criée, au coin de la rue Rambuteau et de la rue Beaubourg, à Paris. Ce jour-là, ils distribuent aussi des tracts contre la TVA sociale.

Mais leur point de ralliement fait face à une caméra de surveillance. Ils le comprennent en voyant trois policiers sortir d’une voiture et se diriger vers eux. Evelyne Zarka, élue communiste du 4e arrondissement, raconte :

“Ils nous ont dit 'contrôle d’identité' et ont parlé de 'trouble à l’ordre public'. Je me suis mise très en colère, nous sommes là chaque dimanche, on discute en vendant l’Huma. C’est un poste historique, tenu depuis cinquante ans par un vieux militant mort l’an dernier.”

Les policiers n’entendent pas lâcher l’affaire et disent avoir été alertés d'un attroupement par le centre de vidéosurveillance. Seule Evelyne Zarka accepte de fournir sa pièce d’identité pour mettre un terme à l’altercation, alors que les passants s’agglutinent.

Les policiers troublaient l’ordre public bien plus que nous ne l’avons jamais fait”, rigole Nicolas Dutent, un autre des militants présents. Ils repartent finalement bredouille, après avoir arraché l’affiche scotchée sur une banque le temps de la vente, pour la forme.

Ce lundi matin, Ian Brossat, président du groupe Front de gauche au Conseil de Paris, a envoyé un communiqué appelant à un rassemblement au même endroit dimanche prochain.

"D'après les premiers éléments" dont elle dispose, la préfecture de police explique que l'intervention des policiers a été motivée par un appel au commissariat, "corroboré par les images de vidéosurveillance montrant un attroupement devant un établissement bancaire".

Constatant qu'aucune manifestation n'avait été déclarée dans cette zone, les policiers sont intervenus et ont retiré l'affiche "sauvage", qui constitue "en elle-même une contravention". Notre interlocuteur rappelle toutefois que les policiers sont appelés à faire preuve "de discernement" et qu'une telle situation s'est déjà produite.

L’histoire rappelle en effet, à une échelle moindre, les déconvenues d’un militant communiste, Lounis Ibadioune, verbalisé en 2007 pour “vente à la sauvette” de l'Humanité. Après avoir refusé de payer son amende, il a été relaxé au tribunal.

A l’époque, j’avais interpellé le préfet de police en séance du conseil de Paris”, se souvient Ian Brossat. Le 13 février 2009, Michel Gaudin - préfet à l’époque, toujours en exercice - lui répondait :

“Sur le fond, la Préfecture de police n'a rien à redire sur la vente de l'Humanité à la criée qui se pratique depuis des décennies et se dit même prête à la protéger. Le régime des colporteurs de presse qui existait jusqu'il y a quatre ans supposait une autorisation. Il y a eu probablement un excès de zèle. L'orateur prend l'engagement que l'Humanité pourra être vendu de manière très libre.”

Ironie de l’histoire, les élus communistes s'étaient opposés au plan de vidéosurveillance de la préfecture, adopté avec l’assentiment du maire de Paris. 


Camille Polloni

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/75808/date/2012-01-09/article/huma-dimanche-controle-didentite-videosurveillance/

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 21:40

fidel_castro_1.jpgCe n’est pas une question d’optimisme ou de pessimisme, de connaissance ou d’ignorance de choses élémentaires, de responsabilité ou d’irresponsabilité face aux événements. Il faudrait jeter à la poubelle de l’Histoire ceux qui se targuent d’être des hommes politiques alors qu’en règle générale, ils ignorent tout ou presque tout de ce qui a trait à cette activité.



Je ne parle pas bien entendu de ceux qui, au long de plusieurs millénaires, ont converti la chose publique en instrument de pouvoir et de richesse au profit des classes privilégiées, établissant en l’occurrence de véritables records de cruauté durant les huit ou dix mille dernières années, celles durant lesquelles nous possédons des vestiges certains de la conduite sociale de notre espèce d’êtres pensants dont l’existence, selon les scientifiques, ne dépasse guère les cent quatre vingt mille ans.

Je n’ai pas l’intention de me lancer dans des thèmes pareils qui ennuieraient assurément la quasi-totalité des gens continuellement bombardées de nouvelles fournies par les médias, qui vont depuis la parole écrite jusqu’aux images tridimensionnelles que les cinémas coûteux commencent à projeter, au point qu’elles finiront sous peu par prédominer sur les écrans de télévision aux images déjà fabuleuses en soi. Il n’est pas fortuit que l’industrie dite des loisirs soit installée au cœur même de l’Empire qui nous tyrannise tous.

Je prétends juste me situer au point de départ actuel de notre espèce pour parler de la marche à l’abîme. Si je parlais d’une marche « inexorable », je serais d’ailleurs bien plus près de la vérité. L’idée d’un jugement dernier apparaît implicitement dans les doctrines religieuses les plus pratiquées parmi les habitants de notre planète, que nul ne qualifie pour autant de pessimistes. J’estime au contraire que le devoir élémentaire de toutes les personnes sensées et sérieuses, qui sont des millions, est de se battre pour reculer, voire, qui sait, pour empêcher cet événement dramatique et proche dans le monde actuel.

De nombreux périls nous menacent, mais deux d’entre eux, la guerre nucléaire et les changements climatiques, sont décisifs et leur solution ne cesse de s’éloigner toujours plus.

Le verbiage démagogique, les déclarations et les discours au sujet de ces deux points auxquels recourent les États-Unis et leurs alliés puissants et inconditionnels qui imposent leur tyrannie au monde ne font aucun doute.

Le 1er janvier 2012 – qui marque le nouvel an en Occident et dans la chrétienté et qui coïncide avec l’anniversaire de la victoire de la Révolution cubaine et avec le cinquantième de la crise des Fusées de 1962 où le monde se vit au bord de la guerre atomique – m’oblige à écrire ces lignes.

Mes mots n’auraient aucun sens s’ils visaient à imputer la moindre faute au peuple étasunien et à celui de n’importe quel pays allié des États-Unis dans cette aventure insolite : ils seraient inévitablement, tout comme les autres peuples du monde, les victimes de la tragédie. On a vu récemment en Europe et ailleurs l’indignation de ceux que le chômage, les pénuries, les réductions de revenus, les dettes, la discrimination, les mensonges et la politicaillerie poussent à protester massivement, même s’ils sont brutalement réprimés par les gardiens de l’ordre en place.

On parle de plus en plus fréquemment de technologies militaires pouvant toucher la totalité de notre planète, le seul satellite habitable connu à des centaines d’années-lumière à la ronde, à moins qu’un autre ne nous soit accessible si nous nous déplaçons à la vitesse de la lumière, soit trois cent mille kilomètres par seconde.

On ne saurait ignorer que si notre merveilleuse espèce pensante disparaissait, bien des millions d’années s’écouleraient avant que n’en surgisse un autre capable à son tour de penser, en vertu des principes naturels qui régissent l’évolution des espèces découverte en 1859 par Darwin et admise aujourd’hui par tous les scientifiques sérieux, qu’ils soient croyants ou non.

À aucune autre époque de son histoire, l’humanité n’a connu les périls actuels. Ceux qui comme moi ont plus de quatre-vingt-cinq ans ont passé leur bac à dix-huit ans alors que la première bombe atomique n’avait pas encore été fabriquée.

De nos jours, les engins de cette nature prêts à l’emploi – incomparablement plus puissants que ceux qui produisirent une chaleur solaire sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki – se comptent par milliers.

On dénombre aujourd’hui plus de vingt mille ogives nucléaires, entre celles qui sont entreposées dans les dépôts et celles qui sont déjà déployées en vertu d’accords.

Il en suffirait d’une centaine pour provoquer un hiver nucléaire qui infligerait en peu de temps une mort épouvantable à tous les êtres humains, comme l’a expliqué brillamment, à partir de données informatiques, Alan Robock, scientifique et professeur à l’Université de Rugers, dans le New Jersey.

Ceux qui lisent normalement les nouvelles et les analyses internationales sérieuses savent que le danger d’une guerre à armes atomiques s’aggrave à mesure que la tension grandit au Proche-Orient où le gouvernement israélien en dispose de centaines parfaitement opérationnelles, même si nul n’infirme ni ne confirme le statut d’Israël de forte puissance nucléaire. Les tensions s’accroissent aussi autour de la Russie, qui possède incontestablement une capacité de riposte et qui est menacée par un bouclier nucléaire censément européen.

L’affirmation des États-Unis selon laquelle le bouclier nucléaire européen vise à protéger aussi la Russie de l’Iran et de la Corée du Nord est risible. Leur position sur ce point délicat est si débile que leur allié, Israël, ne se donne même pas la peine de leur garantir qu’il les consultera au préalable au sujet de mesures qui risqueraient de déclencher une guerre.

L’humanité, en revanche, ne jouit, elle, d’aucune garantie. L’espace sidéral est saturé, à proximité de notre planète, de satellites étasuniens qui épient ce qu’il se passe jusque sur les balcons des logements de n’importe quelle nation du monde. La vie et les habitudes de chaque famille ou de chaque personne sont maintenant l’objet d’espionnage ; les conversations sur téléphone mobile de centaines de millions de personnes partout dans le monde ont cessé d’être privées pour devenir un matériau d’information pour les services secrets étasuniens.

Tel est le droit qu’il reste aux citoyens de notre monde en vertu des actes d’un État dont la Constitution, adoptée par le Congrès de Philadelphie en 1776, stipule que tous les hommes naissent libres et égaux et que le Créateur leur concède des droits déterminés dont il ne reste même plus, ni à ceux des USA ni à ceux du reste du monde, celui de communiquer au téléphone à des parents et amis leurs sentiments les plus intimes.

La guerre reste donc une tragédie qui peut advenir et qui, très probablement, surviendra. Mais, à supposer que l’humanité soit capable de l’ajourner pour une période indéfinie, un autre fait tout aussi dramatique s’impose désormais à un rythme croissant : les changements climatiques. Je me bornerai à signaler ce que des scientifiques et des communicateurs éminents de stature mondiale ont expliqué dans des documents et des films que nul ne conteste.

L’on sait que le gouvernement étasunien s’est opposé aux accords de Kyoto sur l’environnement, sans même concilier cette ligne de conduite avec ses plus proches alliés dont les territoires souffriraient énormément et dont certains, telle la Hollande, disparaîtraient presque totalement.

La planète ne dispose plus aujourd’hui de politique sur ce grave problème, tandis que le niveau de la mer s’élève, que les énormes couches de glace qui couvrent l’Antarctique et le Groenland – où s’accumule plus de 90 p. 100 de l’eau potable du monde – fondent à un rythme croissant et que l’humanité compte officiellement, depuis le 30 novembre dernier, une population de sept milliards d’habitants dont la croissance dans les régions les plus pauvres du monde est soutenue et inévitable.

Ceux qui se sont consacrés, ces cinquante dernières années, à bombarder des pays et à tuer des millions de personnes pourraient-ils d’ailleurs s’inquiéter du sort des autres peuples ? Les États-Unis sont aujourd’hui non seulement les fauteurs de ces guerres, mais encore les plus gros fabricants et les plus gros exportateurs d’armes au monde.

Ce puissant pays, on le sait, vient de souscrire avec le royaume d’Arabie saoudite – d’où ses transnationales et celles de ses alliés tirent tous les jours dix millions de barils de pétrole léger, soit un milliard de dollars – un accord portant sur la livraison d’armements pour soixante milliards de dollars. Qu’adviendra-t-il de ce pays et de la région quand ces réserves d’énergie seront épuisées ? Notre monde globalisé ne saurait admettre sans ciller ce gaspillage colossal de ressources énergétiques que la Nature a mis des centaines de millions d’années à créer et dont la dilapidation renchérit les coûts essentiels. Ce serait tout à fait indigne de l’intelligence qu’on attribue censément à notre espèce.

Cette situation s’est aggravée d’une manière considérable ces douze derniers mois compte tenu de nouvelles avancées technologiques qui, loin d’alléger la tragédie qu’entraîne la déprédation des combustibles fossiles, l’empire toujours plus.

Des hommes de science et des chercheurs de prestige mondial ne cessent de signaler les conséquences dramatiques des changements climatiques.

Le réalisateur français Yann Arthus-Bertrand a, dans un documentaire datant de mi-2009 et élaboré en collaboration avec des personnalités internationales prestigieuses et bien informées, alerté le monde de ce qu’il advenait à partir de données irréfutables. Se fondant sur des arguments solides, il a exposé les conséquences néfastes qu’impliquait le fait de consommer en moins de deux siècles les ressources énergétiques créées par la nature durant des centaines de millions d’années, le pire étant non seulement cette dilapidation colossale, mais les conséquences suicidaires qu’elle aurait sur l’espèce humaine. Parlant de l’existence même de la vie, il reproche à celle-ci : « Tu bénéficies de l’héritage fabuleux de quatre milliards d’années que t’a légué la Terre. Et toi, en seulement deux cent mille, tu as changé la face du monde. »

Il n’accusait personne – ce n’était pas son propos – il dénotait simplement une réalité objective. Mais aujourd’hui, nous devons nous accuser tous de le savoir et de ne rien faire pour tenter d’y remédier.

Les réalisateurs de ce film y incluent des images et des concepts, des mémoires, des données et des idées que nous avons le devoir de connaître et de prendre en considération.

Plus récemment, deux autres réalisateurs français ont présenté un documentaire tout aussi fabuleux, Océans, jugé par la critique cubaine comme le meilleur film de l’année : de mon point de vue, peut-être même le meilleur de cette époque.

Il éblouit par la précision et la beauté d’images qu’aucune caméra n’avait jamais filmées auparavant. Les réalisateurs y ont investi huit années et cinquante millions d’euro. L’humanité devrait leur savoir gré d’exprimer ainsi les principes de la Nature adultérés par l’homme. Les acteurs n’en sont pas les êtres humains, mais les habitants des mers du monde qui méritent un Oscar !

Les motifs pour lesquels je me fais un devoir d’écrire ces lignes-ci ne sont pourtant pas les faits que j’ai signalés plus haut et que j’ai déjà commentés auparavant d’une façon ou d’une autre, mais d’autres qui, manipulés au gré des intérêts des transnationales, ont vu le jour ces derniers mois au compte-gouttes et qui prouvent définitivement, à mes yeux, la confusion et le chaos politique régnant dans notre monde.

C’est voilà à peine quelques mois que j’ai lu pour la première fois des informations sur le gaz de schiste, selon lesquelles les États-Unis disposaient de réserves suffisantes pour satisfaire leurs besoins de ce combustible pendant cent ans. Comme j’ai maintenant du temps pour approfondir sur des thèmes politiques, économiques et scientifiques qui peuvent vraiment être utiles à nos peuples, je suis entré discrètement en contact avec plusieurs personnes vivant à Cuba ou à l’étranger. Curieusement, aucune d’elles n’en avait jamais entendu parler. Ce n’était pas la première fois, bien entendu, que ça arrivait : on s’étonne d’ailleurs de constater à quel point des faits importants en soi sont occultés sous une véritable marée d’informations mêlées à des centaines ou à des milliers de nouvelles circulant à travers la planète.

J’ai continué toutefois à m’intéresser à cette question. Quelques mois à peine se sont écoulés et le gaz de schiste a disparu des médias. On disposait toutefois à la veille du nouvel an d’assez de renseignements pour voir clairement que le monde marche à l’abîme, menacé par des périls dont la gravité est aussi extrême que la guerre nucléaire et les changements climatiques. J’ai déjà parlé des deux premiers ; du troisième, je me bornerai pour aller vite à exposer des faits déjà connus et d’autres à connaître qu’aucun cadre politique ni nulle personne sensée ne saurait ignorer.

J’observe ces deux faits – je l’affirme sans hésitation – avec la sérénité des années que j’ai vécues en cette phase spectaculaire de l’histoire humaine qui ont contribué à l’éducation de notre peuple vaillant et héroïque.

Le gaz se mesure en TCF, qui peut signifier des pieds ou des mètres cubes [1] – on ne précise pas toujours s’il s’agit de l’un ou de l’autre – en fonction du système de mesures appliqué dans un pays donné. Par ailleurs, quand on parle de billion, il s’agit d’un million de million, à ne pas confondre avec le billion étasunien qui équivaut au milliard (le billion français équivalant, lui, au trillion étasunien). Ce sont là des différences dont il faut tenir compte quand on parle de volumes qui sont généralement, pour ce qui est du gaz, très importants. Je le signalerai le cas échéant.

Daniel Yergin, auteur étasunien d’un gros classique sur l’histoire du pétrole, a affirmé, selon l’agence de presse IPS, que le tiers du gaz produit aux USA provenait d’ores et déjà du schiste : « …l’exploitation d’une plateforme dotée de six puits peut consommer 170 000 mètres cubes d’eau, voire provoquer des effets nuisibles, par exemple influer sur les mouvements sismiques, polluer les eaux souterraines et superficielles, et endommager le paysage. »

Le groupe britannique BP informe de son côté :

« Les réserves prouvées de gaz conventionnel ou traditionnel de la planète se chiffrent à 6 608 billions – million de millions – de pieds cubes, soit 187 billions de mètres cubes […] les dépôts les plus importants se trouvant en Russie (1 580 TCF), en Iran (1 045), au Qatar (894), et en Arabie saoudite et au Turkménistan, avec 283 TCF chacun. » Il s’agit du gaz déjà produit et commercialisé.

« Une étude de l’EPA – une agence énergétique du gouvernement étasunien – publiée en avril 2011 mentionne pratiquement les mêmes volumes (6 620 TCF ou 187,4 billions de mètre cubes) de shale gas récupérables dans à peine trente-deux pays, les géants étant la Chine (1 275 TCF), les États-Unis (862), l’Argentine (774), le Mexique (681), l’Afrique du Sud (485) et l’Australie (396 TCF). »

Le shale gas est le gaz de schiste, également appelé « gaz de roche-mère » ou « gaz de shale ». Remarquez que l’Argentine et le Mexique comptent des réserves presque égales à celles des USA. La Chine, qui possède les plus gros gisements, disposent de réserves quasiment le double des premières et 40 p. 100 de plus que les USA.

« …des pays qui ont toujours dépendu de fournisseurs étrangers disposeraient d’une forte base de ressources pour leur consommation. C’est le cas de la France et de la Pologne qui importent 98 et 64 p. 100 respectivement du gaz qu’elles consomment et qui posséderaient dans leurs roches schisteuses (ou lutites ou pélites) des réserves supérieures à 180 TCF chacune. »

L’IPS explique :

« Pour l’extraire des schistes, on recourt à une méthode dite de fracturation hydraulique, qui consiste à injecter de grandes quantités d’eau à haute pression mêlée à du sable et à des additifs chimiques. L’empreinte carbone (proportion de dioxyde de carbone libéré dans l’atmosphère) est bien supérieure à celle qu’engendre la production de gaz conventionnel. »

« Quand on bombarde des couches de l’écorce terrestre par de l’eau et d’autres substances, on aggrave le risque d’endommager le sous-sol, les sols, les nappes phréatiques profondes et superficielles, le paysage et les voies de communication si les installations de forage et les moyens de transport de la nouvelle richesse sont défectueux ou mal manipulés. »

Qu’il suffise de signaler que, parmi les nombreuses substances chimiques qu’on mêle à l’eau afin d’extraire le gaz, on trouve le benzène et le toluène qui sont des substances terriblement cancérigènes.

Lourdes Melgar, experte de l’Instituto Tecnológico y de Estudios Superiores de Monterrey, estime :

« "C’est un technique qui suscite de nombreux débats et ce sont des ressources situées dans des zones où l’eau n’existe pas."

« Les schistes gaziers – affirme l’IPS – sont des réservoirs d’hydrocarbures non conventionnels retenus dans les roches qui les enferment, si bien qu’on recourt à la fracturation hydraulique pour les libérer à grande échelle.

« La production de gaz de schiste implique de gros volumes d’eau ; le forage et la fracturation engendrent de grandes quantités de résidus liquides qui peuvent contenir des substances chimiques dissoutes et d’autres polluants qu’il faut traiter avant de les rejeter.

« La production de gaz de schiste est passée de 11,037 milliards de m3 en 2000 à 135,84 milliards en 2010. À ce rythme de croissance, elle permettra en 2035 de satisfaire 45 p. 100 de la demande de gaz général, selon l’EPA.

« Des études scientifiques récentes ont alerté au sujet de l’impact négatif du gaz de schiste sur l’environnement.

« Les professeurs de l’Université de Cornell (USA), Robert Howarth, Renée Santoro et Anthony Ingraffea, ont conclu dans leur étude « Methane and the Greenhouse-Gas Footprint of Natural Gas from Shale Formations », publiée en avril dernier dans la revue Climatic Change, que cet hydrocarbure était plus polluant que le pétrole et le gaz.

« "L’empreinte carbone est supérieure à celle du gaz conventionnel ou du pétrole, analysée à tout horizon temporel, mais surtout sur un délai de vingt ans. Comparée au charbon, elle est au moins supérieure de 20 p. 100, voire de plus du double, sur vingt ans", souligne cette étude.

« Le méthane est l’un des gaz à effet de serre les plus polluants de tous ceux qui sont responsables de l’élévation de la température sur la planète.

« "Dans les zones d’extraction active (un ou deux puits au kilomètre), les concentrations moyennes et maximales de méthane dans des puits d’eau potable ont augmenté à proximité du puits gazier le plus proche et ont constitué un danger d’explosion potentielle", écrivent Stephen Osborn, Avner Vengosh, Nathaniel Warner et Robert Jackson, de l’Université publique de Duke.

« Ces indicateurs remettent en cause l’argument de l’industrie selon laquelle le schiste peut se substituer au charbon dans la production d’électricité et qu’il peut donc être un ressource permettant de réduire les changements climatiques.

« "C’est une aventure trop prématurée et trop risquée".

« En avril 2010, le département d’État étasunien a lancé l’Initiative mondiale du gaz de schiste pour aider les pays qui cherchent à exploiter cette ressource à l’identifier et à la développer, au profit économique éventuel des transnationale des USA. »

J’ai dû forcément m’étendre. Je rédige ces lignes pour le site web CubaDebate et pour la chaîne Telesur, l’un des chaînes d’information les plus sérieuses et les plus honnêtes de notre monde si mal en point.

Pour aborder cette question, j’ai laissé passer les fêtes du Nouvel An et de l’ancien.

Fidel Castro Ruz

Le 4 janvier 2012, 21 h 15

 

[1] 1 TCF vaut 28,3 milliards de mètres cubes (N.d.T)

EN COMPLEMENT : toutes les réflexions de Fidel Castro dans toutes les traductions officielles http://www.cuba.cu/gobierno/reflexiones/reflexiones.html

URL de cet article 15546
http://www.legrandsoir.info/la-marche-a-l-abime.html
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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 19:47

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La section du Parti Communiste Français de Valenton

vous présente ainsi qu'à vos proches,

tous ses voeux de luttes et d'Espoir pour cette année 2012

 

 

 


 

Franchement, nous n'allons pas bouder notre bonheur et même si le nombre de camarades mobilisés la veille pour préparer la salle laissait penser que nos premiers vœux seraient bien reçus, demeurait l'angoisse qui précède toute assemblée.


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A 11h00 tapantes les premiers arrivent, à Valenton c'est bon signe et puis et puis 103 camarades franchiront la porte de la salle Louis Aragon ornée des affiches de notre parti mais aussi et un énorme merci, des œuvres de Mustapha Boutadjine (dont de superbes portraits de Manouchian, de Salah Hamouri, de ce géant de la poésie, Mahmoud Darwich), prêtées pour la circonstance, songez un peu, 60 000 euros de confiance envers notre section.


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Midi et la prise parole du secrétaire de section appelle à la bataille de la présidentielle pour battre la droite et le Medef ainsi que l'extrême droite et pour une gauche de combat, sans compromission avec le capital.


3

 

Quelques minutes plus tard c'est Jeanine, vétéran de notre parti qui lance l'Internationale reprise par la salle et le buffet s'ouvre. Les groupes se font et se défont au rythme des accolades, des embrassades, des retrouvailles. Tous les quartiers sont présents , toutes les cellules du parti également.


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A l'entrée on n'a pas chômé, 32 cartes de remises, 2 adhésions, 27 camarades ont cotisé pour 667 euros. Jeanine toujours en verve a collecté, à sa seule initiative, 303.25 euros dans la salle pour la souscription. 30 timbres de soutien à Mumia sont vendus, 3 programmes, 3 Pacte des rapaces.

La section compte en cette première semaine de janvier, 135 cartes 2012 placées, 1331 euros de cotisations et 363 euros de souscription, un démarrage qui en dit long sur la volonté de battre Sarkozy, de changer la vie.


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Prévu à 13H30 c'est un peu en avance que son Excellence Monsieur Orlando Requeijo, Ambassadeur de Cuba nous rejoint. Une formidable attention à sa prise de parole, les communistes valentonnais ont soif de solidarité internationale et de superbes viva aux noms de Raoul, de Fidel, de la Révolucion.


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Le comité de Cuba Coopération est en gestation, visiblement les adhésions arrivent dès l'événement connu. La délégation du Parti de l'Indépendance et du travail (Sénégal) en profite pour nouer le contact avec notre camarade cubain, ensuite des décisions sont arrêtées pour les mois à venir pour développer nos relations et actions en direction de Cuba, promis ça va encore être fort, très fort. nouveau moment d'émotion lorsque Orlando reçoit la peinture réalisée par Mathilde lors de ses 18 ans, en soutien aux 5 cubains détenus par l'Oncle Sam, un cadeau en toute simplicité, celui du cœur des communistes valentonnais. C'est encore l'Internationale en hommage à Cuba socialiste, aux 5 de Miami. La galette des rois clôturera la journée.


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Valenton est toujours belle,rebelle et solidaire,

 

qu'on se le dise !


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Nos remerciements particuliers aux camarades des partis communistes ou ouvriers qui souvent retenus sur d'autres lieux ont tenu à manifester leur solidarité. Pads Algérie, KPL Luxembourg, PCP Portugal, PCP Pérou, PCQ Québec, PCC Colombie et bien sûr PIT Sénégal.

 

 

 

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 19:37

arton15498-abddd.jpgA la suite de la chute du « socialisme réel » en URSS et dans les pays de l’est, les porte-parole du capitalisme ont clamé aux quatre vents que c’était la fin du communisme, des utopies et jusqu’à celle de l’Histoire. La Révolution d’Octobre 1917 a été une tentative pour établir une société égalitaire et auto-déterminée, une organisation socialiste des rapports humains et de l’économie, ambassadrice de la société communiste du futur.



A la suite de la chute du « socialisme réel » en URSS et dans les pays de l’est, les porte-parole du capitalisme ont clamé aux quatre vents que c’était la fin du communisme, des utopies et jusqu’à celle de l’Histoire. La Révolution d’Octobre 1917 a été une tentative pour établir une société égalitaire et auto-déterminée, une organisation socialiste des rapports humains et de l’économie, ambassadrice de la société communiste du futur.

Les difficultés externes rencontrées par une pareille gageure sont bien connues : agressions militaires, blocus, harcèlement matériel et spirituel, etc. Avec cet effondrement s’est écroulée aussi l’expérience consistant à répartir le travail, l’éducation, la santé, l’alimentation et le logement entre tous.

Cependant, il n’a pas été capable de surmonter ses difficultés internes, c’est-à-dire, le socialisme d’entregent mis en place par une bureaucratie plus intéressée par son propre pouvoir que par le bien-être et l’auto-détermination des populations, par leur émancipation matérielle et spirituelle.

Il semble que Karl Marx ait prévu ce genre de difficultés. Sans presque d’expérience pratique, si ce n’est la brève tentative de La Commune de Paris (18 mars au 18 mai 1871) il écrivait ce qui suit en 1842 : « Nous avons la ferme conviction que ce n’est pas dans l’instauration pratique mais dans le développement théorique des idées communistes qu’est le véritable danger, car les instaurations pratiques, bien qu’elles soient le fait des masses et soient périlleuses, peuvent être contestées par les idées en place [con los cañones ?], mais les idées qui se sont emparées de notre esprit, qui ont conquis notre conviction et en lesquelles notre intellect a forgé notre conscience sont des chaînes auxquelles il n’est pas possible de se soustraire sans avoir le cœur déchiré. » (MEW, I, p ; 108. Souligné par Marx)

Alfonso Sastre, expert en expérimentation du socialisme bureaucratique du XX° siècle s’est heurté au pessimisme et à l’abandon dominants. Ce n’est pas possible, proclamaient de toutes part et dans tous les médias les porte-parole « bien-pensants », et abondamment nourris, du capitalisme. « Abandonnez toute espoir ! » affirmaient-ils en citant Dante (« Lasciate ogni speranz »). Mais Sastre défend l’utopie communiste, c’est-à-dire l’utopie d’une société égalitaire et auto-déterminée. Ce n’est pas qu’elle soit impossible, comme le clament les voix du capital, mais que les uns ou les autres la rendent impossible. Ce n’est pas la même chose une auto-détermination impossible en soi et une impossibilité due aux difficultés rencontrées par les entraves imposées par l’hétéro-détermination.

Tout mouvement d’émancipation, d’auto-détermination économique, politique et culturel qui a eu lieu dans l’Histoire a connu ces difficultés et a été combattu à mort. C’est pour cela que, pour Sartre, le communisme contient « une puissance de libération énorme ».

Hermann Kant, un autre excellent écrivain Allemand, a pris lui aussi une part active dans la construction du socialisme en RDA. Quand il parle des difficultés impliquées par ce projet, il fait référence, par dessus tout, aux difficultés internes. Dans son allocution aux jeunes « Kommen und Gehen » il les prévient que la tâche n’a rien de facile. Ici, il n’y rien, c’est toute une société qui est à transformer ! Avec tout son appareillage matériel et mental : ses moyens de production, de transport, sa nourriture, sa façon de vivre, ses comportements, ses façons de penser et ses habits. Et c’est précisément ce qui est le plus difficile. Entre autre, par exemple, l’habitude de catégoriser et juger les personnes en fonction de leur manière de s’habiller. Ou celle d’adapter l’épaisseur de son porte-documents à celle de ses pairs. Ou bien l’habitude de jouer des coudes pour se frayer un passage. Le petit exploit constitué par l’abandon d’habitudes appelées « jalousie », « indifférence », « goût du pouvoir », « servilité », etc.

Oui, le communisme est bien hors des sentiers battus du système. Il s’intéresse à des choses qui lui sont étrangères. Et toutes ses solutions comportent du travail. Les valeurs qu’il défend sont le contrepoint de celles qui sont en vigueur. Face à l’individualisme régnant, il défend le fait que le bonheur est dans la coopération et la solidarité. Pour lui, le pire des malheurs est la solitude. Il est convaincu que l’autodétermination commence avec la reconnaissance de l’hétéro-détermination. C’est pour cela qu’il appelle voleurs les maires vénaux, blasphémateurs les curés, pyromanes les propriétaires terriens, plaisantins les universitaires qui répriment la pensée critique et qu’il empêche leur accès aux écoles.

Il a subi tout ce qui peut l’être, de la marginalisation et l’humiliation au harcèlement au travail et dans la société. Il a été reconnu comme cause du mal. Et c’est pour cela qu’il vaut mieux ne pas s’en approcher. Certains « bien-pensants », c’est-à-dire bien placés, ont essayé de le convaincre que ses idées sont dépassées, que les inégalités et l’exploitation de l’homme par l’homme font partie de la condition humaine, que c’est quelque chose de naturel. Mais les communistes savent que cette résignation n’est pas satisfaisante, que la vie stimulante est diverse, belle, fraîche… C’est pour cela qu’il ne reconnaît pas comme naturel tout ce qui se présente comme tel, en particulier le bien et le mal. La phrase qui dit que les choses sont et ont toujours été comme ça vient des temps où les êtres humains étaient obligés de dire des bêtises pour sauver leur peau.

Ce que le communiste authentique défend c’est une vie pleine d’aventures, un travail que personne ne voudrait échanger contre un autre, un école dont la fin n’est pas considérée comme un prix à payer. Il souhaite tendre l’oreille aux chuchotements infimes qui annoncent la transformation. Et tremper les nerfs les plus forts pour qu’ils ne se brisent pas quand la terre hurle. Il est capable de dire la vérité à ses amis et a le courage de la dire aussi à ses ennemis ou, si cela arrive, de ne pas dire un seul mot. Par-dessus tout, il est capable de penser.

Oui, loin du caractère totalitaire et oppresseur que lui attribuent de manière intéressée ses détracteurs, le communisme authentique est l’expression maximale de la liberté et de la dignité humaines. C’est l’utopie possible, si facile à comprendre mais si difficile à réaliser.

 

Vicente Romano

17/12/ 2011

Source : http://insurgente.org/index.php?option=com_content&view=...

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 19:32

 

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