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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 07:50
PAS D'AVENIR SANS PCF, nous ne voulons pas que le PCF se saborde mais qu'il retrouve sa raison d'être. SIGNEZ L'APPEL !  1207 signatures centralisées (3 Mai)

Le 34ème congrès du PCF, convoqué pour les 11, 12,13 et 14 décembre 2008
Vendredi 11 avril 2008

Alain, Olivier, votre démarche vise-t-elle à construire un nouveau « grand » parti anticapitaliste ou à participer à détruire le PCF ?

Alain, Olivier, votre démarche vise-t-elle à construire un nouveau « grand » parti anticapitaliste ou à participer à détruire le PCF ?

Nous sommes peut-être les mieux placés pour savoir que ce résultat ne résout pas tout. Mais la nette remontée du PCF, 9,3% aux cantonales, sur la base de 1300 campagnes locales ne masquant pas l'identité communiste, est une bonne nouvelle pour tous les militants révolutionnaires.

Il ne reste à ceux qui spéculent sur le « déclin inéluctable » du PCF que les colonnes du Monde pour expliquer qu'un bon score en est en fait un mauvais (Martelli, Grador...) ou celle de Rouge, l'hebdomadaire de la LCR. Alain Krivine, en politologue, s'y évertue à relativiser la « résistance au déclin » du Parti communiste.

Viendrait-elle contrecarrer les plans de la direction de la LCR ? Dans la motion majoritaire de son congrès, le « déclin du PCF » est présenté comme « continu et irréversible », notre parti comme « une force du passé », « incapable de rassembler » etc. Cet effacement du PCF serait l'une des principales validations de la constitution du NPA, le Nouveau parti anticapitaliste.

Alain Krivine, Olivier Besancenot, si vous voulez vraiment renforcer la lutte politique anticapitaliste en France, vous faites fausse route.

Militants aguerris, comment ne vous inquiétez-vous pas de l'extraordinaire complaisance médiatique dont vous bénéficiez, à l'heure où tout ce qui bouge un peu trop dans le mouvement social subit étouffement et répression ?

Aux élections municipales (il n'y avait quasiment pas de candidats aux cantonales), télévision et presse rangent la LCR parmi les gagnants, sinon les grands gagnants alors qu'ils minorent les résultats du PCF. Pourtant les listes LCR ou apparentées n'étaient présentes que dans un nombre limité de communes et obtiennent des résultats contrastés. 

A y regarder de près, les listes LCR+ dépassent 5% dans une trentaine de ville (sur 80 où elles étaient présentes) avec quelques pointes au dessus de 10, mais aussi des résultats décevants par rapport à 2001. Surtout, l'extrême gauche dans son ensemble (LCR+LO+PT) est en repli sur 2001 dans la majorité des villes : Paris (3,3% à 2,7%), Angers (9,3 à 6,4), Blois (8 à 6), Bordeaux (4,4 à 3,6) ; Caen (5,3 à 4,8) ; Créteil (10,5 à 5,5) ;  Lille (9,4 à 6,3) ; Le Havre (4,7 à 2,9 où une liste conduite par le PCF a obtenu 29%)...

Certes, la LCR supplante souvent LO mais l'irruption de l'extrême gauche aux élections municipales se produit de façon nettement atténuée par rapport à 2001. Des alliances étonnantes, par exemple avec des nationalistes régionaux, qui n'ont pas grand' chose à voir avec la gauche, faussent aussi certains résultats.

Il ne fait pas de doute pour nous que les votes pour vos listes sont à ranger, comme ceux pour les candidats PCF, dans l'expression du refus de la politique au service du Medef et nous les apprécions comme tel, mais à leur juste niveau.

Pendant des années, la LCR a cherché les mots les plus durs pour fustiger l'électoralisme supposé des communistes. N'avez-vous pas conscience de tomber en plein dans cette déviation ? Olivier est sur tous les plateaux, dans tous les magazines. Sa figure stylisée est devenue un logo sur toutes vos affiches de France. Une chose est de se saisir d'une opportunité après la présidentielle, une autre de tomber dans le piège conduisant à l'opportunisme. Là encore, vous ne pouvez pas ne pas avoir mesuré cet aspect.

Construire un « grand parti anticapitaliste » sur les bases de résultats électoraux fugaces (voir l'expérience de Laguiller) et de la complaisance des media du capital : c'est illusoire.

Votre démarche nous frappe sur un autre point. Pendant des années, vous avez critiqué, souvent violemment, les reculs idéologiques sinon les compromissions, selon vous, du PCF. Maintenant vous n'imaginez pas constituer un parti de masse sans effacer les mots « communiste » et « révolutionnaire » du nom de votre parti. Pourtant l'anticapitalisme ne désigne pas un projet de société, encore moins la formule « 100% à gauche ». Si nous sommes pour redonner son sens au mot « gauche », force est de constater qu'il ne porte pas aujourd'hui une perspective politique anticapitaliste.

Pour ne prendre qu'un exemple, votre campagne pour une meilleure « répartition des richesses » relève du plus pur réformisme. Pour un parti marxiste, la remise en cause de la production capitaliste et de l'exploitation est centrale. L'expérience, notamment du PCF, montre qu'elle arrache aussi des concessions concrètes au capital.

La LCR existe sous une forme ou une autre depuis 40 ans. Depuis 40 ans, elle n'a jamais réussi à devenir un parti de masse et de classe comme le PCF. C'est un constat. Elle compte aujourd'hui officiellement 3100 adhérents dans toute la France, c'est moins que le nombre de candidats communistes aux dernières élections locales.

Nous pensons qu'un positionnement en apparence extrémiste s'est montré non productif dans la lutte des classes, qu'une forme d'organisation élitaire s'est avérée incompatible avec un ancrage dans les masses. Tenir des discours déterminés à la porte des entreprises qui sont liquidées et contribuer à organiser la lutte sont deux choses différentes. Nous pourrions en écrire beaucoup plus long sur nos différends historiques, mais ce serait vain aujourd'hui. L'une des constantes historiques de la LCR aura quand même été aussi d'attaquer le PCF...

Aujourd'hui, vous décidez de changer et de lancer un nouveau parti. C'est votre choix. Vous savez d'où vous partez et combien les « mutations » des formations politiques sont lentes. L'idée d'un changement de nom de la LCR n'est d'ailleurs pas nouvelle. La direction l'a avancée il y a déjà plusieurs congrès. Il est prévu aussi que le « nouveau » parti reste adhérent de la 4ème internationale, trotskyste.

Nous nous retrouvons le plus souvent en ce moment du même côté dans les luttes. Des alliances politiques locales ont pu se nouer. Pas de problème. Mais si vous êtes des révolutionnaires, il serait irresponsable (en plus d'être illusoire) d'imaginer fonder le développement de votre parti sur le déclin du PCF.

Le PCF connaît une crise interne. Nous pensons que la ligne de la direction d'effacement de l'identité et des positions de notre parti en est principalement la cause. Elle laisse un grand espace vide dans les media et aussi dans le pays. Momentanément. Encouragés par les résultats des élections locales, déterminés devant l'aggravation de la politique au service du Medef, des milliers de communistes dans toute la France entendent faire vivre leur Parti et ses organisations sur une base de lutte.

Par sa théorie, sa forme d'organisation, les combats de ses militants, le PCF a fait ses preuves et a contribué de façon déterminante à toutes les avancées sociales et démocratiques dans notre pays. Le capital le sait bien et ne relâche jamais ses campagnes anticommunistes.

Si vous voulez vraiment lutter contre la politique du patronat et du pouvoir, vous n'avez pas intérêt à rechercher l'affaiblissement du PCF, à livrer, même à votre corps défendant, avec l'aide des relais du capital, une « concurrence faussée et déloyale » au parti historique des travailleurs en France.

Nous ne vous y aiderons pas !


par Emmanuel Dang Tran, secrétaire du PCF Paris 15, membre du CN du PCF
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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 07:47

60ème anniversaire d'Israël - déclaration du PC israélien

« Ne dites pas « un jour viendra », faites venir ce jour », Tamar Gozansky

Les 60 ans de l'Etat d'Israël sont 60 ans d'occasions manquées, aussi de luttes pour la paix, la démocratie et l'égalité.

Déclaration du Parti communiste d'Israël (PCI), 7 mai 2008 (traduction depuis l'anglais par vivelepcf)

La création de l'Etat d'Israël, il y a 60 ans, et le Désastre (« Nakba ») qui a fait de la majeure partie du peuple palestinien des réfugiés, sont les deux faces indissociables d'une histoire qui aurait pu être différente, si, cette même année 1948, l'Etat palestinien indépendant avait également été créé.

Les communistes juifs et arabes, pendant qu'ils agissaient clandestinement contre la domination britannique et pour l'indépendance du pays, soutenaient la résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies du 29 novembre 1947 qui prévoyait la création de deux Etats sur le territoire de la Palestine sous mandat. Depuis ce jour, le PCI a défendu sans relâche le droit à l'autodétermination de chacun des deux peuples, le juif et l'arabo-palestinien. Depuis ce jour, le PCI a exigé sans relâche l'établissement d'une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, reposant sur la fondation d'un Etat palestinien avec Jérusalem-est comme capitale et une solution à la question des réfugiés palestiniens conforme aux résolutions de l'ONU. L'indépendance d'Israël ne sera achevée que lorsque sera créée la Palestine indépendante à son côté.

Les dirigeants sionistes du temps du Mandat, les gouvernements d'Israël ensuite, ont empêché la création de la Palestine indépendante à côté d'Israël. En 1948 et pendant la guerre de juin 1967, ils ont mis en application le principe chauvin : « le plus de territoire avec le moins d'Arabes ». Pendant la guerre d'indépendance, les soldats israéliens ont détruit 450 villages et contraint des centaines de milliers de Palestiniens à s'exiler loin de chez eux. Pendant les 41 ans d'occupation israélienne commencée en 1967, l'armée israélienne n'a cessé de répandre la destruction et d'ôter la vie à des milliers de Palestiniens.

Le refus de mettre en œuvre, en principe comme en pratique, les décisions des organes des Nations Unies, retrait de tous les territoires occupés en 1967, démantèlement de toutes les colonies, établissement d'une paix juste entre Israéliens et Palestiniens, est la cause principale de l'absence de paix et de sécurité et de la poursuite de l'effusion de sang.

L'impérialisme, britannique il y a 60 ans, américain aujourd'hui, constitue le principal soutien et commanditaire de la politique d'occupation et d'annexion du gouvernement israélien. Dans le même temps, l'impérialisme oriente aussi la réaction de pays arabes, qui dans le passé s'étaient opposés au plan de partition, et qui maintenant, au service de l'agression américaine, développent des relations officieuses sinon ouvertes avec Israël, malgré la poursuite de l'occupation et de l'oppression du peuple palestinien, malgré l'extension des colonies en Cisjordanie.

La poursuite de l'occupation, combinée avec les politiques ultra-libérales, ont fait d'Israël un pays qui applique un régime colonial dans les territoires palestiniens. Mais Israël applique aussi sur son propre territoire une forme de colonialisme intérieur qui s'exprime par l'ampleur extrême des inégalités socio-économiques, doublées de manifestations de racisme et de discrimination à l'encontre de ses citoyens arabes.

Le capitalisme israélien se caractérise par le haut niveau de militarisation de l'économie et de la société, par l'intégration croissante dans la mondialisation des grands groupes, par l'érosion de la démocratie. Depuis 30 ans, l'hégémonie politique est détenue principalement par la droite, alors que la gauche sioniste a délaissé ses bases socio-démocrates et s'est rangée docilement, pour sa plus grande part, dans cette droite qui s'appelle « centre ».

Mais même dans les conditions complexes de la réalité israélienne, ces 60 dernières années ont aussi été des années de luttes sociales et démocratiques importantes, de luttes ouvrières, de luttes contre les guerres et l'Occupation et pour une paix juste, de luttes contre les discriminations subies par les femmes, pour la protection de l'environnement. Dans l'histoire sociale d'Israël, des pages de luttes audacieuses ont été écrites par les marins, par les ouvriers de la compagnie de textile Ata, par les enseignants et les infirmières, par les étudiants et les professeurs d'université, par les travailleurs des ports et des collectivités territoriales, par bien d'autres encore. Des manifestations massives ont contraint les gouvernements à répondre à la volonté du peuple et à accepter de créer des commissions d'enquête publique. La population arabe, conjointement avec les forces démocratiques juives, a mené des campagnes publiques contre le pouvoir militaire, contre les expulsions et les démolitions de maison, contre les attaques visant la citoyenneté des Arabes-Israéliens et les projets de déplacement de populations, contre le racisme et pour l'égalité civique.

Le Parti communiste d'Israël a été et continuera à être pleinement partie prenante des luttes de classes, des luttes sociales, démocratiques et environnementales. Il propose aux travailleurs qui constituent l'immense majorité des deux peuples une visée, et une voie pour y parvenir, de vie dans la paix et la sécurité, l'égalité et la démocratie, le bien-être économique et la justice sociale. 

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 16:56

Voilà ce que j'espère du prochain congrès du PCF

Publié 11 mai 2008 La France , Les laboratoires du changement social
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Je ne suis pas habilitée à intervenir dans les débats du PCF, ,mais comme j'ai  la conviction qu'actuellement il n'y a rien d'autre qui puisse au moins constituer l'amorce d'un parti communiste, je me permets de donner mon avis. Je le fais en tant que citoyenne française, en tant que communiste convaincue qu'il est urgent de construire une véritable alternative au pouvoir du capital. Celui-ci menant depuis des décennies  une politique qui fait pression sur les salaires, les revenus, les protections sociales, l'éducation, la recherche et fait porter tous ses efforts sur l'augmentation des profits. Outre l'injustice de cette politique il s'avère qu'elle a des effets de plus en plus destructeurs sur les êtres humains comme sur la planète. Le système se perpétue de crises en crises, toujours plus profondes, plus destructrices et désormais nous sommes confrontés à la survie de l'humanité. Il faut donc impérativement changer de politique en France comme dans le monde.

Le protagoniste d'un tel changement est le peuple, nous reviendrons sur le contenu de ce terme. Tous les partis existant sont plus ou moins, comme aux Etats-Unis les émanations du capital, ou se rangent sur ses intérêts. Il est impératif que se développe une force politique qui soit l'émanation des intérêts des couches populaires,  qui soit l'instrument de leur intervention dans la vie politique pour construire une perspective d'issue réelle à cette crise de société.

Donc chacun de nous qu'il soit ou non encarté dans un parti est habilité à donner son opinion me semble-t-il. La question d'un parti de ce type va bien au-delà de ses membres actuels puisque ceux-ci sont sximplement en charge de jeter les bases de cet outil dont nous devrons nous emparer.

Personnellement je donne donc mon avis comme contribution au débat:  je ne crois pas que la direction actuelle soit en situation de construire une telle force. Certes, il faut privilégier la démarche politique mais il me semble que  cette démarche politique gagnerait en crédibilité si elle était portée clairement par d un candidat au poste de secrétaire, avec une équipe, et pour me convaincee elle devrait traiter de  trois préoccupations politiques essentielles:

Les trois axes

1) le maintien du PCF, c'est-à-dire veiller non seulement à avoir un parti communiste et pas un truc arc en ciel ou autre dont on a vu les résultats en Italie, mais un parti qui se donne l'objectif de développer l'initiative populaire, recréant des organisations de proximité, implanté sur les lieux de travail et quartier populaire en priorité, se donnant les moyens d'avoir des cadres en prise avec ces préoccupations populaires, faisant porter le débat interne sur ces questions et les popularisant. 

 quel est le contenu de ce terme de populaire, dans mon esprit il a une dimension de classe, les contours de cette classe englobent   les foyers sonacotra, les chômeurs, les clandestins qui réclament leur papier jusqu'à l'ingénieur, à l'employé des tours de la Défense, celui ou celle de Carrefour, en passant par l'ouvrier de Chez Mittal ou d'ailleurs, et sans oublier  l'enseignant qui veut les moyens d'enseigner. C'est-à-dire que cette dimension de classe n'est pas uniquement sociologique, avec une addition de catégories socio-professionnelles, elle correspond à l'évolution de la production et du travail dans la société française mais surtout elle se crée en tant que classe dans une dynamique de lutte. Et le parti est l'expression de cette conscience collective que crée l'histoire.

C'est d'ailleurs pour cela que' nous avons besoin d'un parti, parce que tout a été fait depuis des décennies pour segmenter, diviser, individualiser. Si nous avions simplement un mouvement nous resterions en l'état de morcellement, ce seraient des fièvres sans lendemain, ce qui in fine ne peut que profiter au capital et à son pouvoir en allant y compris jusqu'au fascisme.  Populaire cela veut dire de classe mais en tenant compte du fait que désormais en France il y a plus de 80% de salariés, cela veut dire également que le contexte national est important pour unifier cette classe. Si j'étais membre du PCf, je me proposerais d'appuyer la candidature de André Gérin parce qu'il me paraît avoir cette préoccupation d'être proche des couches populaires, de les mettre en action, alors que l'actuelle direction a liquidé l'organisation et a perdu toute réflexion sur ce sujet, elle nous mène à l'impasse.

2) Etre clair sur les MOYENS de la transformation de la société, en particulier revoir la question des nationalisations des secteurs clés, comme sur la transformation des institutions, recouvrer la souveraineté nationale en particulier sur le plan financier, en tenant le secteur bancaire. Cette exigence est d'autant plus essentielle que le capital traverse une crise telle qu'il est lui-même contraint de faire appel au financement de l'Etat pour éponger ses pertes. La direction actuelle du PCf ne cesse d'avancer des idées technocratiques proches de celles du PS dont on ne peut pas s'emparer et qui ne sont faites que pour brouiller les cartes et endormir les consciences, il faut substituer à cette démarche technocratique de pseudos experts la recherche de l'appui des travailleurs et des usagers des secteurs concernés. Ce qu'il faut faire partager à notre peuple est l'idée que sans ces MOYENS, il n'y aura aucune solution crédible à la question de l'emploi et à celle du pouvoir d'achat.

Je ne croirais qu'en celui qui aura le courage d'affirmer qu'il faut nationaliser les secteurs clés, et pas à la manière du capital, c'est-à-dire en privatisant les profits et nationalisant les pertes. Il faut en finir avec les discours oiseux sur la question à la manière du PS. Par parenthèse il faut éviter le piège de se donner comme objectif de rompre avec le PS, ce que nous tentons d'affirmer c'est la nécessité d'une politique autonome, capable de faire l'unité sur d'autres bases que celles imposées actuellement par le PS. Je ne rompt pas avec le PS pour le plaisir de rompre, j'affirme la différence sur ce que je veux et c'est dans ces deux domaines celui du capital, et celui de la souveraineté nationale que la différence se fera, ce qui nous oppose au PS n'est pas de savoir si demain on rasera gratis mais les MOYENS de changer et s'il est possible de le faire grâce à la mobilisation populaire.  Nous ne sommes pas contre l'unité, pour l'isolement pour l'isolement, nous sommes pour donner un autre contenu à l'unité, au rassemblement et c'est d'ailleurs pour cela que nous avons besoin d'un parti avec une autre politique, pour créer union et rassemblement sur des bases non illusoires et despérantes. Gérin m'est apparu clair là-dessus.

3) Avoir une solidarité internationale ACTIVE, n'y a-t-il pas autre chose à dire que des proclamations droits de l'hommistes qui vont toujours du côté atlantistes. Il y a des pays qui bougent, de nouveaux rapports sud-sud, la question du socialisme émerge, et surtout la situation empire, face aux émeutes de la faim, face aux luttes dans tous les pays du monde le parti
doit avoir une tout autre conception de la solidarité internationale. Il ne doit plus se poser  en donneur de leçon, ne plus rechercher de modèle pour affirmer sa solidarité, là encore il faut rompre avec une période antérieure où tout se définissait autour de la défense de l'Union Soviétique (ou l'attaque pour les trotskistes ce qui revient au même), il n'y a plus de modèle mais il y a le respect, la connaissance des expériences. Au plan international il y a l'exigence du respect des souverainetés nationales tant économiques que politiques, contribuer à la constitution d'un nouvel ordre international basé sur la justice sociale et le reszpect du droit international, contre les ingérences impérialistes qu'elles soient militaires ou dites "humanitaires".

Privilégier le débat d'idées sur les questions de personne, mais également savoir poser les responsabilités et dénoncer le "légitimisme" stalinien.

Voilà les trois points sur lesquels je souhaiterais voir se mener le congrès et sur ces trois points la position de Gérin me va. Je sais que la question des personnes est étrangère à la culture des communistes et j'appouve leur volonté de privilégier le débat d'idées, mais il s'avère que cette vertu politique a été aussi historiquement la manière dont le stalinisme a légitimé ses pires errances, forçant à confondre la personne du dirigeant avec une sorte d'infaillibilité complètement manipulatrice. Ne pas savoir poser la question de la responsabilité des dirigeants dans l'échec d'une politique, dans la liquidation du parti c'est avoir une conception quasi religieuse du rôle dirigeant. Au nom de l'unité du parti on le détruit et on personnifie l'organisation d'une manière totalement nuisible au nécessaire débat.

Dois-je ajouter que je partage le primat des idées et des choix politiques sur les questions de personne. c'est justement cela qui m'éloigne du nouveau parti que veut créer Besancenot. Cette initative actuellement n'est qu'une opération autour d'une personne, il ne répond pas et ne peut pas répondre aux trois questions que j'ai posées. la promotion dont il bénéficie est simplement la manière choisie par la droite d'accélérer la liquidation du PCf et avec lui la possibilité  de créer une force politique telle que j'ai tenté de la décrire. Il n'a rien derrière lui si ce n'est un mouvement de sympathie largement entretenu par ceux là même qui sauront aisément le détruire en temps utiles.

Donc quand je dis que si j'étais membre du parti, je voterais pour André gérin et l'équipe de direction qui se reconstituerait, je ne choisis pas un personnage pipole, médiatique, je choisis la ligne politique que je viens de décrire : Je pense qu'il est temps de changer de politique  et donc de direction politique. Je vois mal comment des gens qui depuis plus de vingt ans incarnent une ligne qui conduit à l'échec pourraient aller vers ce changement politique indispensable. Maintenant il est clair que la tâche essentielle de la nouvelle direction serait de renforcer le PCF, de faire surgir d'autres forces et y compris préparer une organisation et une direction en capacité de rassembler et donc d'affronter les combats qui seront ceux de tout un peuple. Il ne s'agit pas de momifier le parti, il s'agit d'en faire l'instrument de tous ceux qui veulent changer de société.

Danielle bleitrach

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 10:54

ACTUS HUMANITE.FR 01-04-2008

La carte des suppressions de postes

Marseille, Toulouse, Nice, Strasbourg, dans toute la France, des dizaines de milliers de lycéens et d'enseignants ont manifesté mardi partout en France.

Pour le gouvernement qui entend réduire les dépenses publiques pour faire face à la dette, l'éducation est un poids pour la société. Alors que 30 000 emplois ont déjà été supprimés depuis 2003, le gouvernement promet un total de 80 000 suppressions d'ici 2012.
Bien décidé à refuser ce dégraissage, les lycéens et enseignants, attachés à un service public de qualité, manifestaient mardi et mercredi dans toute la France. Les lycéens multiplient les blocages et les actions pour informer et mobiliser. Ils dénoncent les suppressions de postes et le désengagement de l'État.

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 09:23

 

A l'occasion du quarantième anniversaire du mouvement social de mai juin 1968, nous vous proposons une chronologie de ces événements survenus dans un climat social et sociétal particulier. Comme le dit l'ancien secrétaire général de la CGT, Georges Séguy, ils n'ont pas éclaté comme un "coup de tonnerre dans un ciel serein" . Le vieux monde avait besoin d'être bousculé, les rapports sociaux avaient besoin d'une révolution. Les acquis sociaux ont été nombreux à l'issue du mouvement, les impacts sociétaux ont été considérables.




14 Avril 2008 | Article

Lire, écouter, voir, les 40 ans de mai 68  Lire le document Lire


A l'occasion du quarantième anniversaire des événements de mai et juin 1968, l'Institut d'Histoire Sociale de la CGT propose divers produits.

ALBUM
Un mois de mai très occupé
Livre illustré, couleurs, 80 pages, format 32 x 23 cm
Prix de vente :
unitaire : 15 euros
Au-dessus de 20 exemplaires : 13 euros
IHS : 12 euros

LIVRE
Le Mai de la CGT
de George Séguy. Editions. Julliard - 1972. 220 pages
Prix de vente : 5 euros

DVD
CGT, Mai 68 réalisé par René Vautier.
Une production du Centre confédéral d'Education Ouvrière de la CGT durée:55 minutes 

DVD
Traces de Mai
Documentaire de 80 minutes réalisé par Paul Seban
Prix de vente : 8 euros l'unité

EXPOSITIONS
25 panneaux (deux formats), plastifiés double face, accrochage par œillets
* Grand format 80 x 120 :
Prix de vente : 1 300 euros + frais de livraison
Prix de location par semaine :200 euros + frais de livraison
* Petit format 60 x 90 :
Prix de vente : 700 euros + frais de livraison
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Ces produits sont à commander auprès de l'IHS-CGT par courriel

 

Le Peuple réédition spéciale 40 ans de mai 68
Il y a 40 ans, Le Peuple
n° 799-800-801, daté
du 15 mai au 30 juin 1968,
publiait « à chaud » des photos, des réactions, des analyses, une chronologie et les premiers acquis de la lutte...
Un document historique !
Le Peuple a procédé à son retirage.
Il est disponible au prix de 10 euros
(+ frais de port).
Vous pourrez vous le procurer
sur place, à Montreuil,
lors des initiatives de l'Ihs-Cgt,
ou bien le commander en
téléchargeant le bon de commande



11 Avril 2008 | Vidéo

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1968 Mai 2008
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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 09:17
Pour la défense de la retraite solidaire
Un 22 mai unitaire


une_22_mai.jpg
Au lendemain de la confirmation des orientations gouvernementales en matière de retraite, les cinq centrales CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC ont convenu de faire du 22 mai prochain une journée nationale interprofessionnelle d'action et de manifestations "pour la défense de la retraite solidaire". Elles expliquent, dans un communiqué commun, avoir pris cette décision "face au blocage gouvernemental sur les principales propositions des organisations syndicales". Celles-ci concernent "la garantie et le niveau des retraites, le droit à la retraite à 60 ans, la durée de cotisation, la reconnaissance de la pénibilité, les ressources financières assurant l'avenir à long terme du système de retraite, la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes...".
Télécharger le tract de la CGT pour le 22 mai.

Pour Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire de la CGT « Cette mobilisation du 22 mai est pour la CGT essentielle dans la constitution d'un rapport de force vis-à-vis d'un gouvernement qui croyait pouvoir passer cette échéance sans avoir à affronter les revendications des salariés". Mais sans attendre cette date, les manifestations du 1er>/sup> porteront aussi sur la défense des retraites.
Sur le fond comme sur la forme, les choses sont très mal engagées par le gouvernement.
On ne peut même plus parler de « concertation ». « Le rendez-vous de 2008 » en l'état n'est qu'un faux-semblant. Le gouvernement a verrouillé tous les choix. « Il n'y a pas d'alternative au plan gouvernemental » a martelé Xavier BERTRAND sur tous les médias. Nicolas SARKOZY avait dès jeudi soir, lors de son intervention télévisée, confirmé l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans d'ici 2012.

Toute la communication gouvernementale cherche à dissimuler la poursuite et l'accélération de la baisse du niveau des retraites. La désindexation des salaires est en effet un mécanisme redoutable qui va amputer d'un tiers le montant des pensions relativement au salaire moyen. L'Ocde est très claire : le taux de remplacement du salaire moyen par la pension va tomber à 51%. Hormis le Royaume-Uni et l'Allemagne, c'est le taux le plus bas des pays européens.
L'emploi des seniors, qui est une réelle question posée par la CGT depuis 30 ans, sert de diversion. Pour la deuxième fois en 3 ans, le gouvernement prétend s'y attaquer. Mais toutes les contraintes vont peser sur les salariés : fin tous les dispositifs de préretraite, extinction de la dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs âgés, amputation de la prime de départ à la retraite pour les salariés qui n'auront pas une carrière complète... Par contre, dans l'immédiat, pas de sanction pour les entreprises. On verra en 2010 ! Pour la Cgt, il faut améliorer la situation vis-à-vis de l'emploi des seniors, mais aussi des jeunes, des salariés peu qualifiés. Ce n'est certainement pas une monnaie d'échange pour accepter un durcissement des conditions générales d'acquisition des droits à la retraite.

Concernant la reconnaissance et la prise en compte de la pénibilité, rien dans le document de Xavier BERTRAND n'évoque une initiative gouvernementale pour débloquer la négociation sur la pénibilité. Le gouvernement là aussi, continue à miser sur « la bonne volonté du Medef ». Celle-ci aurait pourtant eu l'occasion de se manifester depuis 3 ans et demi que sont ouvertes les négociations ! Sur le niveau des retraites, L'ouverture par le gouvernement d'une perspective de discussion en 2010, ne doit pas faire illusion. C'est dès maintenant que d'autres choix doivent être opérés pour garantir l'avenir du système par répartition et donner confiance aux nouvelles générations. C'est pourquoi les questions de nouvelles ressources de financement ne peuvent être éludées.

La priorité est donc bien la mobilisation. D'abord pour le 1er mai qui doit être partout très revendicatif et inclure les objectifs sur les retraites. Ensuite, par un processus de mobilisation tout au long du mois de mai. Le contenu de celui-ci fera l'objet de la discussion intersyndicale qui doit avoir lieu ce 29 avril.

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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 16:35

Un cauchemar de la première à la dernière ligne

Publié 10 mai 2008 Amérique latine , Etats-Unis

Espions qui ne reviennent pas du froid.
L'histoire des cinq agents cubains emprisonnés aux Etats-Unis.

Ce qui a commencé comme un échange prometteur entre Fidel, García Márquez et la CIA, s'est terminé avec cinq agents cubains emprisonnés et tout un mouvement solidaire pour que les espions soient libérés et puissent retourner à Cuba.

Par Eduardo Febbro
Página 12 . Depuis Paris, le 27 avril 2008. 
 

Un cauchemar de la première jusqu'à la dernière ligne, comme sont les histoires réelles quand les intérêts des États jettent dans un précipice la vie des individus. Le premier chapitre est constitué par une série de sabotages et attentats perpétrés à Cuba à partir de 1997 contre des hôtels de la capitale, La Havane. Le 4 septembre, un de ces actes terroristes perpétré dans l'hôtel Copacabana a provoqué le mort d'un touriste italien, Fabio di Celmo. Le second chapitre est une note envoyée par Fidel Castro au président des Etats-Unis de l'époque, Bill Clinton, par le biais de l'auteur colombien Gabriel García Márquez. La note, entre autres, disait : « Une importante affaire. On maintient des plans d'activité terroriste contre Cuba, payés par la Fondation Cubano-américaine en utilisant mercenaires centroaméricains. Deux nouvelles tentatives ont été menées pour faire exploser des bombes dans nos centres touristiques avant et après la visite du Pape ». Dans le même texte Castro disait que les agences d'intelligence des Etats-Unis détenaient des informations substantielles sur les responsables de ces actes et il signalait que « ils projettent maintenant et font déjà des pas pour faire exploser des bombes dans des avions des lignes aériennes cubaines et d'autres pays qui voyagent vers Cuba amenant et ramenant des touristes depuis et vers des pays d'Amérique Centrale ».

Le troisième chapitre est le rendez-vous que Gabriel García Márquez avait le 6 mai à 11 heures et quart du matin à la Maison Blanche afin de livrer le texte de Castro. Là, le prix Nobel de Littérature devait s'entretenir avec Clinton, mais il n'a pas été reçu par le président mais par trois fonctionnaires. Ceux-ci, au bout de 50 minutes d'audition, lui ont dit : « Votre mission était en effet de la plus grande importance, et vous l'avez très bien remplie ». Dans un récit sur cette médiation, Márquez a écrit : « Je suis sorti de la Maison Blanche avec l'impression certaine que l'effort et les incertitudes des jours passés valaient la peine. La contrariété de ne pas avoir délivré le message au président en main propre me parut compensée par ce qui fut un conclave plus informel et opérationnel dont les résultats ne se feraient pas attendre ".

Les conséquences ont été immédiates parce que -fait peu commun- s'est instauré une sorte de coopération formelle entre La Havane et Washington. Vers la mi-juin, des spécialistes cubains et des officiels du FBI se sont réunis dans la capitale cubaine pour analyser les preuves et les documents sur les actions terroristes qui avaient comme cible Cuba. La sécurité d'État cubaine a fourni au FBI 230 pages, ainsi que des enregistrements et conversations téléphoniques et des vidéos sur les plans en cours. Les agents du FBI ont quitté La Havane avec la promesse de donner une réponse rapide aux inquiétudes cubaines. La coopération se termina là et là a commencé le quatrième chapitre.

Les Etats-Unis ont donné une réponse mais totalement à l'inverse du schéma ouvert présenté par Cuba. Toute l'information recueillie à Cuba a été utilisée pour arrêter à Miami cinq agents cubains qui étaient en territoire étasunien avec l'objectif d'infiltrer les groupuscules d'extrême droite et freiner leurs actions dans l'île. C'était un cas typique d'opération extérieure destinée à la protection intérieure. L'administration Clinton retourne les arguments, elle s'est servie des informations que Castro a livrées à García Márquez et, le 12 septembre 1998, elle a arrêté les cinq cubains : Gerardo Hernández, René González, Antonio Guerrero, Fernando González y Ramón Labañino. Aujourd'hui connus comme les « Cinq cubains de Miami », ils ont été condamnés à des peines de prison qui vont de 15 ans à perpétuité. Jugement expéditif et pour beaucoup de juristes « hallucinant » parce que la Justice de la première puissance mondiale a été incapable de présenter la moindre preuve de ses accusations. Les charges sont, en outre, contradictoires avec la mission qu'ils accomplissaient : « conspiration espionnage », ou « conspiration pour assassiner » sont deux des charges qui figurent parmi les 26 infractions qui leur sont imputées.

La jurisprudence à « géométrie variable » appliquée par Washington est tellement scandaleuse que l'Association Internationale de Juristes Démocrates (AIJD) a organisé cette semaine au Sénat français un colloque sur le cas des cinq cubains de Miami. La condamnation des agents cubains est une énormité d'autant plus abusive qu'elle laisse encore plus à découvert l'impunité avec laquelle la Maison Blanche a agi quand la CIA a monté les vols secrets déjà célèbres dans lesquels elle transportait d'un pays à un autre des supposés terroristes membres d'Al Qaida.

À l'injustice s'ajoute le caractère inhumain avec lequel sont traitées les familles des prisonniers. Magali Llort, mère de Fernando González, a raconté au Sénat la « bataille qu'il faut livrer pour ouvrir les portes de la prison et pouvoir donner un baiser à son fils ». De fait, les Etats-Unis fontt tout ce qui est à leur portée pour ne pas donner de visas aux familles. Olga Salanueva, l'épouse de René González, et Adriana Pérez, la compagne de Gerardo Hernández, attendent depuis dix ans un visa. Leonard Weinglass, célebre avocat étasunien qui défend Antonio Guerrero, a souligné pendant le colloque que la façon avec laquelle a agi la Justice étasunienne viole toutes les conventions existantes.

En mai 2005, le groupe de Travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires a justement considéré que l'arrestation de ces cubains constituait une détention arbitraire. La même année -en août 2005-, après que les cinq cubains aient appel du jugement devant l'onzième Cour d'Appel d'Atlanta -en Géorgie- trois juges de cette Cour ont rendu public un document de 93 pages dans lequel ils annulaient le verdict. La troika a estimé que les cinq cubains n'avaient pas eu un procès équitable à Miami et a ordonné un nouveau jugement. Détail d'excellence de cette décision, les trois juges ont admis que les preuves présentées par la défense étaient valables. Et qu'y avait-il dans ces preuves ? Cela n'étonnera personne que dans ces dernières figurait le nom de ce grand ami de la démocratie étasunienne qu'est Posada Carriles, l'agent de la CIA impliqué dans plusieurs attentats anti cubains et protégé avec toutes les armes de la loi par l'administration Bush.

Et on entame ici le cinquième chapitre, toujours ouvert. Bien que la troika ait ordonné la tenue d'un autre procès, les cinq cubains continuent à attendre. Alberto González, ex conseiller de George Bush et ministre de la Justice des Etats-Unis, est intervenu ensuite devant le tribunal pour lui demander qu'il révise la décision de la troika d'Atlanta. Cela ne vous surprendra pas d'apprendre que le 31 décembre 2005 les juges ont accepté de réviser ce qui était déjà révisé.

Les juristes présents à Paris ont énuméré avec effroi les irrégularités du procès contre les cinq, en particulier la première : les accusés n'ont commis aucun crime, n'ont pas attenté contre la sécurité des Etats-Unis, le procès contre eux s'est déroulé à Miami, une ville que la même Cour Fédérale d'Appels des Etats-Unis a considérée comme « hostile et irrationnelle » avec le gouvernement cubain. Pire encore, les cubains peuvent rester dans ces limbes d'injustice pour un temps indéfini. La révision de la révision est en cours et les parties ne se sont même pas mises d'accord sur le lieu où l'on pourrait mener à bien le prochain procès.

Comment expliquer tant de démesure ? Leonard Weinglass allègue que ce drame infini n'est pas étranger à l'ambition politique de la ministre de Justice des Etats-Unis, Janet Reno, candidate au Sénat pour l'état de Floride et à laquelle manquaient les vois cubaines. Robert González Sehwerert, avocat de René González, fait valoir que le cas des Cinq cubains « révèle la contradiction entre le droit et la politique. Le maintien des cubains en prison correspond à un intérêt politique en opposition à la loi ".

Traduit de l'espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi.

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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 08:28

Logement adapté et abordable pour tous :

Intervention de Pierre GOSNAT à l'assemblée Nationale

Pierre GOSNAT Député communiste et républicain - Département du Val-de-Marne - Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine

Séance d'initiative parlementaire - Groupe SRC Logement adapté et abordable pour tous mardi 1er avril - 1ère séance

Discussion générale

Lors de l'examen du texte en commission, les députés de la majorité se sont étonnés d'une proposition de loi dont il était pourtant urgent de débattre, étant donné la situation dramatique rappelée par le rapporteur, et en se fondant sur l'expérience concrète sans attendre les décisions inquiétantes que le Gouvernement prépare en secret.

Dans ma circonscription du Val de Marne - non loin de celle de M. Le Bouillonnec -, qui compte près de 9 000 demandeurs de logements, vous avez installé à Ivry, sans consulter les élus locaux, un centre d'accueil pour SDF prévu initialement pour un an et dont je viens d'apprendre qu'il serait pérennisé pour 5 ans ! C'est là prendre acte d'une situation tragique sur laquelle M. Hirsch était plus disert avant de devenir ministre...


4 avril 2008

Il suffit également de consulter ceux qui sont directement engagés dans la réflexion et l'action pour le droit au logement : selon le rapport 2008 de la Fondation de l'Abbé Pierre, il y aurait en France 3,2 millions de mal logés, 100 000 SDF, 150 000 personnes vivant chez un tiers - sans compter les jeunes qui ne peuvent quitter le foyer familial. Le logement est devenu une source d'appauvrissement et 6 millions de personnes seraient en situation de réelle fragilité.

Alors qu'en 1979, avant l'application de la réforme Barre, la part du budget que les foyers consacraient au logement avoisinait les 12 à 15 %, elle se situe aujourd'hui autour de 25 à 30 %, atteignant parfois 50 % - comme l'indique la proposition de loi -, non seulement parmi les catégories les plus démunies, mais aussi parmi les couches moyennes ou intermédiaires. Or les futures mesures relatives aux plafonds de ressources et au surloyer en HLM risquent de les priver du logement social, au mépris de la mixité.

En outre, le coût du logement - loyers et charges - a littéralement explosé au cours de ces dernières décennies et les disparités de loyers entre le secteur privé et le logement HLM continuent d'atteindre 150 % en région parisienne. S'agit-il de faire du logement une marchandise comme une autre, en contradiction avec le droit au logement inscrit dans la Constitution ?

La part de l'État dans le financement du logement social ne cesse de décliner, n'excédant pas aujourd'hui les 8 %. Et si le 1 % payé par les salariés - appelé à tort 1 % patronal -, si les collectivités territoriales, ainsi que les organismes, avec leurs fonds propres ne compensaient pas cette défaillance, il ne se construirait quasiment plus de logements sociaux dans notre pays et on ne pourrait engager des opérations de réhabilitations du parc social, voire du parc privé. La part consacrée au logement par l'État, exprimée en pourcentage du PIB, est la plus faible depuis 30 ans, alors que ce secteur économique lui rapporte - sans compter son racket systématique dans les caisses du 1 % logement et dans les réserves du Livret A !

À ce propos, nous réprouvons la décision annoncée hier par le Gouvernement - et prise sur injonction de Bruxelles - d'ouvrir la gestion des livrets A aux banques privées, au mépris de l'épargne populaire. Vous offrez ainsi une manne considérable aux spéculateurs et menacez le système de financement du logement social. Au fond, votre politique se résume à prendre plus pour donner moins.

Voilà pourquoi nous approuvons pour l'essentiel cette proposition de loi. Certes, l'augmentation du pouvoir d'achat passe avant tout par la revalorisation des salaires et des retraites, mais la réduction des dépenses de logement est aussi un facteur important. À cet égard, le présent texte rappelle qu'il est indispensable de faire appliquer la loi SRU sur l'ensemble du territoire, y compris dans la ville de M. Sarkozy où elle ne l'est pas du tout. M. Pierre Gosnat - Une réserve, toutefois : l'article 31 portant à 50 % le seuil de logements locatifs dans certaines communes risque de pénaliser les villes déjà engagées dans une politique sociale et de dédouaner les délinquants de la loi SRU. Cela étant, les élus du groupe GDR ont, lors de la campagne municipale, défendu pour l'essentiel les mêmes propositions que nos collègues socialistes. Le verdict des urnes devrait vous inciter à vous en inspirer davantage, Madame la ministre ! Pourquoi ne pas, par exemple, réserver la moitié des 500 000 logements visés aux loyers réglementés ? Songez que jusqu'en l'an 2000, près de 70 % de la construction étaient réservés aux deux tiers les plus modestes des ménages, contre 40 % seulement en 2005 ; et en 2006, les trois quarts des nouveaux logements étaient même attribués au tiers le plus aisé des ménages ! Voilà qui illustre bien votre politique de marchandisation du logement. Au contraire, nous proposons la création d'un grand service public du logement comme il en existe un pour l'éducation ou pour la santé.

Par ailleurs, l'article 2 de la proposition prévoit une indispensable hausse des aides au logement, que le gouvernement de M. Raffarin avait bloquées et qui n'ont jamais été revalorisées davantage que l'augmentation générale des prix. Toutes les organisations de locataires revendiquent cette revalorisation. Comme la conférence générale du logement, nous réclamons même une augmentation immédiate de 20% : voilà de quoi redonner du pouvoir d'achat à nos concitoyens !

Et encore cette revalorisation ne serait-elle efficace qu'assortie d'un gel général des loyers pour une durée de trois à cinq ans et d'une cessation des expulsions locatives. Il faut aussi mener une action spécifique en faveur des jeunes, car la réhabilitation ou la construction des cités universitaires est loin de suffire à l'heure ou le logement étudiant s'ouvre à la spéculation immobilière. Enfin, il faut pour les jeunes travailleurs construire des logements sociaux ou spécifiques et augmenter les aides.

En somme, nous voterons cette proposition de loi qui ouvre la voie à une autre politique qui donnera un logement adapté à chacun et abordable pour tous





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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 23:55
Le quarantième anniversaire de la révolution de mai 1968 fait l'objet, dans les médias capitalistes, d'une profusion d'articles, de « dossiers » et d'émissions. A de très rares exceptions près, on est confronté à des tentatives de discréditer et de travestir ce gigantesque mouvement de la jeunesse et de la classe ouvrière. La raison en est évidente : la classe dirigeante est toujours hantée par Mai 68. Elle craint mortellement que « ça recommence ». Les capitalistes les plus intelligents - ceux qui observent les agissements de Sarkozy avec angoisse - comprennent bien que les conditions d'une nouvelle explosion révolutionnaire de la jeunesse et des travailleurs ont mûri, au cours des dernières années. L'anniversaire de Mai 68 est pour eux l'occasion de « conjurer le sort », pour ainsi dire, en expliquant sur tous registres que « c'est du passé », qu'un tel mouvement n'est plus possible, que désormais le marxisme et le socialisme sont morts, les révolutions impossibles - et ainsi de suite. Bien sûr, il ne manque pas d'« ex-soixante-huitards » renégats pour « témoigner » du fait que, décidément, les temps ont bien changé. Daniel Cohn-Bendit, chef de file des renégats, publie un livre au titre évocateur : Oubliez 68. Mieux vaut oublier Cohn-Bendit.

A longueur d'articles, de livres et d'émissions, on nous explique que Mai 68 fut le douloureux accouchement d'un nouvel ordre moral ou « civilisationnel ». Autrement dit, tout cela n'avait rien à voir avec l'oppression capitaliste. Et comme le nouvel « ordre moral » est advenu, les causes de la crise sont supposées avoir disparu. L'accent est mis sur certaines revendications de la jeunesse étudiante. La grève générale n'est souvent mentionnée qu'en passant, comme la force d'appoint d'une « révolution culturelle » qui ne serait pas sortie du Quartier Latin. Apparemment, 10 millions de travailleurs ont fait grève et occupé leurs lieux de travail pour qu'enfin les garçons puissent aller rendre visite aux filles, dans les résidences universitaires !

En réalité, Mai 68 fut avant tout la plus grande grève générale de l'histoire. Ce fut une magnifique expression des traditions révolutionnaires de la classe ouvrière française. Tous ceux qui, aujourd'hui, luttent contre le capitalisme, y puiseront de précieuses leçons. Quelles en ont été les causes ? Quelle fut l'attitude des dirigeants des partis de gauche et des syndicats ? Pourquoi le capitalisme n'a-t-il pas été renversé ? Pourquoi les élections législatives de juin 1968 ont-elles donné une large majorité à la droite ?

Surprise ?

Mai 68 a éclaté vers la fin de la longue phase d'expansion capitaliste qui a suivi la seconde guerre mondiale (les « trente glorieuses »). L'économie française se développait alors au rythme moyen de 6% par an. Les capitalistes français accumulaient d'immenses profits et se félicitaient d'en avoir fini avec la lutte des classes et les révolutions. Ils ont été complètement pris de court par l'explosion révolutionnaire. « Quand la France s'ennuie », titrait un éditorialiste du Monde, le 15 mars 1968. Les dirigeants du PCF et de la gauche socialiste n'ont rien vu venir, eux non plus. C'était encore pire du côté des intellectuels et des organisations prétendument « marxistes » qui grouillaient aux marges des grands partis de gauche.

Le « théoricien marxiste » André Gorz, par exemple, écrivait à la veille de la grève générale : « Dans un avenir prévisible, il n'y aura pas de crise du capitalisme suffisamment grave pour pousser la masse des travailleurs dans des grèves générales et des insurrections armées en défense de leurs intérêts vitaux. » (Réforme et révolution, 1968). Gorz n'était pas le seul à considérer que la classe ouvrière n'était plus une force révolutionnaire (« dans un avenir prévisible »). Les dirigeants de la LCR, eux aussi, expliquaient que les travailleurs s'étaient « embourgeoisés », « américanisés », et que le salut viendrait des étudiants. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils ont continué à défendre cette théorie pendant la grève générale, en demandant aux travailleurs de bien vouloir se soumettre à la « direction révolutionnaire » des étudiants. Inutile de dire qu'ils ont été froidement accueillis par les grévistes.

En réalité, la longue phase d'expansion capitaliste des « trente glorieuses » avait considérablement renforcé le poids social de la classe ouvrière, dans le pays. Longtemps, la classe dirigeante française, traumatisée par la Commune de Paris, avait volontairement freiné le développement de l'industrie, et donc du salariat. Elle avait développé une économie largement basée sur le capital financier et les colonies. Elle avait artificiellement entretenu une paysannerie massive, comme contre-poids aux travailleurs des villes. Cependant, au lendemain de la seconde guerre, le développement rapide de l'industrie modifia le rapport de force à l'avantage de la classe ouvrière. L'exode rural s'accéléra. En 1936, la moitié de la population vivait encore de l'agriculture, contre seulement 15% en 1968 (et 5% aujourd'hui). Non seulement le salariat constituait la grande majorité de la population active, mais il était, plus que par le passé, concentré dans de vastes unités industrielles. Les usines Renault et Citroën, par exemple, employaient des milliers de travailleurs. Près de 30 000 ouvriers étaient concentrés dans la seule usine de Renault Billancourt.

Dans les années 50 et 60, le niveau de vie d'une couche de la classe ouvrière avait augmenté. Entre 1958 et 1968, le nombre de propriétaires de voitures avait doublé. Il y avait également deux fois plus de machines à laver, dans les foyers, et trois fois plus de réfrigérateurs. Plus d'un million de maisons secondaires avaient été achetées. Mais ce n'était là qu'une face de la pièce. La croissance industrielle reposait sur une exploitation sévère de la force de travail. Alors que la grève de juin 1936 avait arraché - temporairement - la semaine de 40 heures, le temps de travail moyen, en 1968, était de 45 heures. Un grand nombre de salariés travaillaient jusqu'à 48, voire 50 heures. La tyrannie patronale et les cadences infernales régnaient dans bien des entreprises. Sur les chaînes de production, les travailleurs immigrés étaient placés de façon à ne pas pouvoir communiquer avec leurs voisins. Des millions de travailleurs touchaient des salaires misérables. Six millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté. Trois millions de travailleurs logeaient dans de véritables bidonvilles, aux frontières de Paris. Entre 1960 et 1968, le chômage avait augmenté de 70%, portant le nombre officiel de chômeurs à 500 000 (700 000, selon les syndicats). Tous ces éléments contribuaient à créer une situation explosive.

Les années précédant Mai 68 avaient été marquées par toute une série de signes avant-coureurs. En 1963, une longue grève des mineurs avait secoué le gouvernement de Gaulle et abouti à une victoire partielle. En 1967 et début 1968, les débrayages se multipliaient. En juin 1967, des violents affrontements ont opposé la police et les travailleurs en grève de Peugeot. Deux ouvriers ont été tués. Quelques semaines plus tard, 14 000 travailleurs de Rhodiaceta, à Lyon, ont fait grève pendant 23 jours. En janvier 1968, à Caen, les ouvriers de Saviem se battaient contre la police sur les piquets de grève et dans les rues de la ville. Entre mars et mai 1968, pas moins de 80 actions syndicales ont été recensées à Renault Billancourt. Début mai 1968, les travailleurs de Sud Aviation, dont les patrons voulaient réduire les salaires, cessèrent le travail plusieurs fois par jour. On pourrait multiplier les exemples. De manière générale, une grande effervescence se développait, dans la classe ouvrière. Les dirigeants syndicaux, comme le patronat, ne pouvaient pas l'ignorer. Mais nul n'imaginait où cela conduirait.

La mobilisation étudiante

Les étudiants sont toujours un baromètre sensible des tensions qui s'accumulent dans la société. Sur fond de mobilisation contre la guerre du Vietnam, la contestation ne cessait de se développer, sur la faculté de Nanterre, depuis le début de l'année 68. L'activité et les « coups d'éclat » d'une poignée de militants qui, en d'autres circonstances, auraient rencontré l'indifférence de la masse des étudiants, sont parvenues à cristalliser la sympathie et le soutien de centaines, puis des milliers de leurs camarades.

Le 2 mai, la direction de la faculté de Nanterre décide de suspendre les cours. Mais le lendemain, le 3 mai, le mouvement se transporte à la Sorbonne, au cœur du Quartier Latin. Dans la cour de l'université, un meeting de solidarité avec les étudiants de Nanterre est organisé. A l'extérieur, des « militants » du groupe d'extrême droite Occident - auquel appartenait l'actuel secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian - menacent de « donner une leçon » aux étudiants mobilisés. Dans l'après-midi, la police intervient, évacue la Sorbonne et, sous l'œil indigné d'une foule croissante d'étudiants et de passants, embarque 400 étudiants dans ses fourgons. L'ambiance est électrique, les forces de l'ordre sont conspuées, et les témoins de la scène ne tardent pas à passer à l'action. Vers 17 heures, les premiers affrontements éclatent. Les coups pleuvent, des barricades sont érigées. Le « calme » ne revient qu'aux alentours de 21 heures.

Le lendemain, toute la presse de droite condamne la violence... des étudiants. Elle est secondée par L'Humanité, qui écrit : « On voit clairement aujourd'hui à quoi aboutissent les agissements aventuriers des groupes gauchistes, anarchistes, trotskistes et autres qui, objectivement, font le jeu du gouvernement ». Les jeunes qui, d'heure en heure, sont toujours plus nombreux et audacieux, accueillent d'un haussement d'épaule ce type de sermon. La direction du PCF est à côté de la plaque. La mobilisation étudiante dépasse largement l'influence habituelle des groupes « gauchistes ».

Loin d'intimider le mouvement, les arrestations et l'occupation policière de la Sorbonne ne font que le radicaliser et lui apporter un soutien plus massif. Tout s'enchaîne alors très vite. Le 6 mai, une manifestation de 60 000 personnes réclame la libération des étudiants emprisonnés, la réouverture de la Sorbonne et le retrait des forces de l'ordre du Quartier Latin. En fin d'après midi, les manifestants affrontent la police. De nouveau, des barricades sont érigées, plus nombreuses que le 3 mai. Bilan : 600 blessés et 422 interpellations. Puis, après quatre jours marqués par des manifestations et une extension du mouvement aux universités de province, la violence policière atteint des niveaux extrêmes le 10 mai au soir - la « nuit des barricades ». Pas moins de 60 barricades sont érigées aux alentours de la Sorbonne. Toute la soirée et une bonne partie de la nuit, les CRS et la police municipale chargent sans la moindre retenue, inondent le quartier de gaz lacrymogènes, tapent sur tout ce qui bouge et n'hésitent pas à pénétrer de force chez les gens pour y traquer leurs proies. Lorsqu'ils arrêtent un jeune, il arrive qu'ils l'embarquent dans un fourgon, le rouent de coups, puis le jètent à l'entrée d'un hôpital. D'autres policiers pénètrent dans les hôpitaux et embarquent des blessés pour « finir le travail ».

Cette nuit de violence policière suscite une immense vague d'indignation, dans la population. Symptôme caractéristique d'un début d'une crise révolutionnaire, le gouvernement se divise en deux camps : les partisans de la « fermeté » (autour du général de Gaulle) et ceux qui suggèrent de faire des concessions (Pompidou). Face à l'indignation générale et sous la pression d'une classe ouvrière qui, elle aussi, veut en découdre avec le pouvoir, les dirigeants des grandes organisations syndicales - CGT, CFDT, FO et FEN (enseignants) - appellent à une grève générale de 24 heures pour le 13 mai. Les travailleurs entrent alors massivement dans l'arène.

La grève générale

La grève générale du 13 mai est un énorme succès. La manifestation parisienne est monumentale : 1 million d'étudiants et de travailleurs y participent. Les salariés de pratiquement tous les secteurs sont représentés : métallurgistes, postiers, routiers, cheminots, gaziers, électriciens, fonctionnaires, travailleurs des banques, des assurances, de la distribution, de la chimie, du bâtiment, etc. Tout au long du parcours, des employés des bureaux et magasins sortent pour se joindre aux manifestants. En référence à la nuit du 10 mai, les employés des hôpitaux brandissent des pancartes : « Où sont les disparus des hôpitaux » ? En ce jour anniversaire de pouvoir gaulliste, de nombreux manifestants clament : « Dix ans, ça suffit ! ».

A aucun moment les dirigeants syndicaux ne songent à poursuivre la grève générale au-delà de 24 heures. Pour eux, l'objectif du 13 mai est d'ouvrir les vannes du mécontentement et, ainsi, de faire retomber la pression. Ils savent que, face aux mobilisations ouvrières, le gouvernement va faire des concessions aux étudiants. Tout devrait donc rentrer dans l'ordre, le 14 mai : les travailleurs reprendront le travail, les étudiants retrouveront leurs universités - et la routine reprendra ses droits. D'ailleurs, de Gaulle croit lui aussi pouvoir quitter la France, le 14 mai, pour un voyage diplomatique en Roumanie, comme si rien de sérieux ne se passait dans le pays.

Cependant, dans les entreprises et la base syndicale, le mot circule : « il faut poursuivre ». Au vu du succès de la mobilisation, chacun sent bien qu'il est possible d'aller plus loin. Les travailleurs ont pu mesurer et ressentir leur force, leur nombre, leur détermination. Une fois lancé, le mouvement acquiert une vie propre, indépendante, qui échappe aux directions syndicales. Celles-ci ne peuvent pas toujours mobiliser et démobiliser la classe ouvrière comme un robinet qu'on ouvre et qu'on ferme. Malgré l'énorme autorité dont elles jouissent, en 1968, les directions syndicales vont être rapidement et complètement débordées.

Le 14 mai, les travailleurs de Sud-Aviation se mettent en grève et occupent leur usine. Ils sont très vite suivis par les salariés de Renault à Flins, Le Mans et Boulogne, puis par les cheminots, les gaziers, les électriciens et les mineurs. En l'espace de quelques jours, la grève se répand comme une traînée de poudre, gagnant un secteur après l'autre. Le 18 mai, il y a 6 millions de grévistes ; le 21 mai, ils sont 10 millions. Le pays est complètement paralysé. Le gouvernement est suspendu en l'air.

Les étudiants occupent les universités, transformées en d'immenses forums de discussion où l'on débat jour et nuit des maux du capitalisme et du système qui doit le remplacer. Les lycéens occupent les lycées. Le théâtre de l'Odéon est également occupé. Face à la puissance de la mobilisation ouvrière, toutes les couches intermédiaires de la société sont contaminées par la fièvre révolutionnaire. Les paysans, les scientifiques, les artistes, les architectes, les sportifs, les médecins, les journalistes, les avocats, etc. : tous prennent part au mouvement, remettent en cause la routine de leur métier et son asservissement au système capitaliste. Les paysans organisent le ravitaillement, de concert avec les grévistes. Les docteurs occupent les bâtiments de l'Association Médicale. Les écrivains occupent la Société des Gens de Lettres, à l'hôtel de Massa. Les astronomes occupent les observatoires. Une grève éclate parmi les 10 000 ingénieurs, techniciens et chercheurs du centre de recherche nucléaire Saclay. Les danseuses des Folies Bergères se mobilisent et demandent davantage de considération. Même l'Eglise est affectée. Dans le Quartier Latin, de jeunes catholiques occupent une église et exigent que la messe soit remplacée par un débat. Bien sûr, une partie de la petite-bourgeoisie reste à l'écart du mouvement ou lui est foncièrement hostile. Mais une large section des classes moyennes est affectée. C'est une expression limpide de l'extrême profondeur de la crise.

Le 24 mai, de Gaulle tente de désamorcer la crise en annonçant qu'il organisera un référendum - en fait, un plébiscite : pour ou contre de Gaulle ? La réponse lui vient immédiatement de manifestants réunis pour écouter, à la radio, l'allocution présidentielle : « Adieu de Gaulle ! ». De toute façon, les travailleurs des imprimeries refusent d'imprimer les bulletins de vote. Sollicités par le gouvernement français, leurs camarades belges refusent de jouer les briseurs de grève. Ce ne sera pas la seule manifestation de solidarité internationale. Les cheminots allemands arrêtent les trains à la frontière. Des travailleurs britanniques travaillant dans des entreprises françaises organisent des actions de solidarité. En Italie et au Pays-Bas, les dockers refusent de décharger de bateaux en provenance de France.

Révolution ou « vaste mouvement revendicatif » ?

« La situation n'est pas révolutionnaire » : tel est, du début à la fin de Mai 68, le credo des dirigeants du PCF et de la CGT, qui à l'époque exercent une énorme influence sur les secteurs décisifs de la classe ouvrière française. Le PCF compte plus de 400 000 adhérents et une très large couche de sympathisants. La CGT, qui est contrôlée par le PCF, organise 2,5 millions de travailleurs. Dans le contexte d'une grève générale indéfinie, la puissance potentielle de ces deux organisations est décuplée. C'est vers elles que tous les regards se portent - y compris, bien sûr, ceux de la bourgeoisie. Que vont faire leurs dirigeants ? S'ils décident de prendre le pouvoir, ils n'ont qu'à le ramasser. Le gouvernement ne contrôle plus rien. L'Assemblée Nationale s'épuise en bavardages impuissants. Le véritable pouvoir est dans les entreprises et dans la rue.

Au début de la grève, de Gaulle rassure l'amiral Flohic : les communistes veilleront sur « l'ordre ». Plus tard, de Gaulle doutera de son propre diagnostic. Il dira à l'ambassadeur des Etats-Unis : « C'est fichu. Dans quelques jours, les communistes seront au pouvoir. » Mais non, les dirigeants communistes insistent : « la situation n'est pas révolutionnaire ». Il s'agit, selon eux, d'un « vaste mouvement revendicatif » qui doit déboucher sur des négociations avec le gouvernement et le patronat. Seuls de dangereux « aventuriers gauchistes » peuvent avancer la perspective d'une conquête du pouvoir.

Les militants du PCF et de la CGT constituent la colonne vertébrale de Mai 68. Mais leurs dirigeants freinent des quatre fers. Comment l'expliquer ? A l'époque, la direction du PCF n'a pas encore officiellement abandonné l'objectif du socialisme. Mais dans les faits, elle mène déjà une politique purement réformiste. Elle prétend que l'objectif immédiat, en France, n'est pas le socialisme, mais la réalisation d'une « authentique démocratie » (capitaliste). Le socialisme fait figure de « deuxième étape », qui est ainsi renvoyée aux calendes grecques. Toutes les « forces anti-monopolistiques » doivent d'abord lutter contre les tendances dictatoriales du régime gaulliste, dans le seul cadre de la « légalité républicaine », avant de songer à la transformation socialiste de la société. Tel est, en résumé, le charabia « démocratique » que les dirigeants communistes servent à la classe ouvrière.

L'un des principaux éléments de l'équation est l'attitude de la bureaucratie soviétique, à laquelle les dirigeants du PCF sont étroitement liés. La bureaucratie de Moscou ne veut pas d'un régime socialiste en France, car elle craint mortellement l'impact d'une telle révolution sur la classe ouvrière de Russie et des autres pays du bloc de l'Est. Le renversement du capitalisme, en France, ne déboucherait pas sur un régime de type stalinien : les travailleurs français n'accepteraient pas d'étouffer sous une chape de plomb bureaucratique. L'exemple d'une authentique démocratie ouvrière, en France, aurait un impact immédiat sur les classes ouvrières du bloc soviétique - sans parler des travailleurs du reste de l'Europe. Cela signerait l'arrêt de mort des bureaucraties « socialistes », déjà en butte à la révolte de la jeunesse et des travailleurs, notamment à Prague. La Pravda n'évoquera pas la grève générale des travailleurs français avant le 5 juin, lorsque les salariés commencent à reprendre le travail.

En Mai 68, non seulement la situation est révolutionnaire, mais il serait difficile d'imaginer un contexte plus favorable au renversement du capitalisme. Qu'est-ce qu'une révolution ? C'est une situation dans laquelle les masses - d'habitude passives - font irruption dans l'arène politique, prennent conscience de leur propre force et se mobilisent pour tenter de transformer la société. C'est exactement ce qui se passe, en mai 68, à une échelle colossale.

Une grève générale comme celle de Mai 68 ne peut pas être réduite à un « mouvement revendicatif », même « vaste ». Elle diffère d'une grève normale en ceci qu'elle pose la question du pouvoir. La question qui est posée n'est pas telle ou telle augmentation de salaire, mais : qui contrôle la société ? Bien sûr, le mouvement commence par toute une série des « revendications immédiates ». Mais au cours d'une lutte de cette nature, la conscience des travailleurs évolue à une vitesse vertigineuse. Ils comprennent qu'ils ont affaire à quelque chose de beaucoup plus grand qu'une grève pour de meilleures conditions de travail ou de meilleurs salaires. Ils prennent conscience de leur propre pouvoir et - fait décisif - constatent l'impuissance de ceux qui représentent l'Etat, qui perd alors son caractère « sacré », tout-puissant et intimidant.

En Mai 68, une situation de « double pouvoir » se développe. Il y a, face à l'Etat capitaliste, un Etat embryonnaire des travailleurs, sous la forme des comités de grève. C'est dans la région de Nantes que les choses sont allées le plus loin. Un comité de grève central coordonne, à l'échelon local, l'activité des comités d'entreprise. Par ce levier, les travailleurs organisent le ravitaillement en essence et en nourriture. Ils délivrent les autorisations de vendre des marchandises. « Ce magasin a le droit d'ouvrir. Les prix sont sous le contrôle permanent des syndicats », peut-on lire sur les devantures. L'autorisation est signée : CGT, CFDT, FO. Le prix du litre de lait passe de 80 à 50 centimes, le kilo de pommes de terre est ramené de 70 à 12 centimes - et ainsi de suite. Le comité de grève organise la vie économique et sociale. Les syndicalistes célèbrent même les mariages !

La grève générale pose la question du pouvoir - mais, en elle-même, elle ne peut pas y répondre. Pour trancher cette question, il faut que la direction du mouvement prenne des mesures décisives pour balayer l'Etat capitaliste agonisant et constituer un nouvel Etat reposant sur les organes de démocratie ouvrière qui ont émergé au cours de la lutte : les comités de grève. Il aurait fallu relier ces comités aux plans local et national en élisant, dans toutes les entreprises, des délégués réunis dans un Comité National qui aurait pris le pouvoir en main et rejeté le vieil appareil d'Etat dans la poubelle de l'histoire. Si le PCF et la CGT avaient mobilisé toute leur force colossale pour orienter la grève dans cette direction, les travailleurs auraient répondu avec enthousiasme. Mais pour les dirigeants du PCF et de la CGT - comme pour ceux de la CFDT et de la gauche non-communiste - il n'en était pas question. Aussi, lorsque le gouvernement et le patronat proposent d'organiser des négociations, les dirigeants de la CGT (George Séguy, Benoît Frachon et Henri Krasucki), de la CFDT (Eugènes Descamp) et de FO (André Bergeron) s'y précipitent, le 25 mai.

L'échec des accords de Grenelle

Face au risque de tout perdre - à savoir son contrôle de l'économie et de l'Etat - la classe dirigeante est disposée à faire d'énormes concessions. Elle est prête à céder sur bien des revendications, du moment qu'on ne la pousse pas dans le précipice ouvert par la grève générale. Son calcul est simple : reculer dans l'immédiat, mais conserver le pouvoir et reprendre ce qui a été donné une fois l'orage passé. C'est exactement ce qui se produira.

Le 27 mai, les dirigeants syndicaux ressortent des négociations avec, en main, un « protocole d'accord » comprenant de larges augmentations de salaire pour tous les travailleurs, la légalisation de la section syndicale d'entreprise, une augmentation des petites retraites, une réduction du ticket modérateur et des engagements sur une réduction du temps de travail. Dans la fournaise de la grève générale, les dirigeants syndicaux ont obtenu en 36 heures bien plus que ce qu'ils réclamaient, en vain, depuis des années.

Pourtant, lorsque George Séguy, secrétaire général de la CGT, présente les termes de l'accord devant des milliers de travailleurs de Renault Billancourt, ceux-ci commencent à le huer, puis se mettent à crier : « Gouvernement populaire ! ». Le même scénario se déroule dans le reste du pays. En des circonstances « normales », les grévistes auraient accueilli les accords de Grenelle comme une grande victoire. Mais la situation, en Mai 68, n'est pas « normale » : elle est révolutionnaire. La classe ouvrière rejette l'accord. Toutes ces concessions, c'est beaucoup, oui - mais c'est infiniment moins que ce à quoi aspire alors la masse des travailleurs. Ils ne veulent pas seulement des augmentations de salaires, même importantes, mais la fin du gouvernement de Gaulle et de l'esclavage capitaliste. La légalisation de la section syndicale ? Mais les travailleurs occupent les entreprises ! Ils y font la loi, et c'est les patrons qui y sont désormais illégaux.

La débâcle des accords de Grenelle est une réédition, à un niveau supérieur, de ce qui s'était produit lors des accords de Matignon, pendant la grève générale de juin 1936. A l'époque, les accords de Matignon n'avaient pas immédiatement arrêté la grève, et des entreprises avaient même rejoint le mouvement gréviste après la signature. Le dirigeant du PCF Maurice Thorez avait alors tapé du poing sur la table et lancé sa célèbre formule : « il faut savoir terminer une grève ». Au lendemain du 27 mai 1968, les dirigeants du PCF et de la CGT ne peuvent pas en appeler à la reprise du travail. Ils sont obligés de « prendre acte » du refus de la base, et se cachent derrière le fait qu'ils n'ont rien signé, formellement, car il s'agissait seulement d'un « protocole d'accord » soumis au vote des salariés. Par la suite, Seguy expliquera que ce sont les propositions du patronat - et non son discours - qui ont été huées, à Billancourt. Mais en réalité, même si les travailleurs n'en étaient pas forcément conscients, ils huaient à la fois les directions syndicales et le patronat, qui formaient un seul et même bloc opposé à la conquête du pouvoir par la classe ouvrière.

Le fiasco des accords de Grenelle envoie une onde de choc dans tout le pays. Le 27 mai au soir, la gauche non-communiste - PSU, Unef, CFDT, etc. - organise un meeting de 30 000 personnes au stade Charlety. A la tribune, André Barjonet, qui vient de rompre avec la CGT, lance : « Tout est possible ! » Oui, mais comment ? La réponse ne viendra jamais. Les dirigeants de la CFDT, du PSU et de la SFIO ne présentent aucune perspective sérieuse. Dans le même temps, une pression monumentale s'exerce sur les dirigeants du PCF et de la CGT, qui, le 29 mai, organisent une manifestation de plus de 500 000 travailleurs sous le mot d'ordre de « gouvernement populaire ». Encore une fois, leur objectif est de lâcher un peu de pression et de canaliser un mouvement qui leur échappe de plus en plus. Le mot d'ordre de « gouvernement populaire » est interprété différemment par la base et les dirigeants. Ces derniers ne lui donnent aucun contenu concret et ne prennent aucune mesure pour qu'un gouvernement ouvrier se saisisse effectivement du pouvoir. Ils s'accrochent désespérément à la « légalité républicaine », selon leur formule. Aussi, lorsque le général de Gaulle prend la parole, le 30 mai, pour annoncer la dissolution de l'Assemblée Nationale et la tenue d'élections législatives pour la fin du mois de juin, les dirigeants communistes se déclarent satisfaits. Le « gouvernement populaire » devra passer par les urnes. A partir de ce moment là, les dirigeants syndicaux appellent à négocier les « meilleurs accords possibles », dans les entreprises, puis à reprendre le travail.

Une intervention militaire ?

L'un des principaux arguments de la direction du PCF était le suivant : « si nous tentons de prendre le pouvoir, de Gaulle mobilisera l'armée. Cela finira dans un bain de sang et une dictature fasciste. » Qu'en était-il vraiment ?

De fait, dès le début de la grève générale, de Gaulle a étudié la possibilité d'une intervention militaire. Des plans ont été élaborés pour arrêter 20 000 militants de gauche et les enfermer dans le Vélodrome d'hiver, où ils auraient connu le même sort que les militants chiliens, cinq ans plus tard, après le coup d'Etat de Pinochet. Cependant, ce plan n'a jamais été exécuté, car le gouvernement craignait la réaction des masses. Loin de mettre un terme à la grève générale, ce plan risquait de pousser le mouvement sur une voie ouvertement insurrectionnelle.

Sur le papier, de Gaulle disposait d'une puissante machine militaire : 144 000 policiers - dont 13 500 CRS -et 261 000 soldats. Si on approche la question d'un point de vue strictement quantitatif, il faudrait non seulement exclure la possibilité d'une transformation pacifique de la société, mais également la possibilité d'une révolution en général - dans la France de Mai 68 comme ailleurs. De ce point de vue, aucune révolution n'aurait jamais pu être victorieuse, au cours de l'histoire. Mais en fait, on ne doit pas poser la question ainsi.

Dans toutes les révolutions, des voix s'élèvent pour tenter d'effrayer la classe opprimée avec le spectre de la violence. C'était exactement l'attitude de Kamenev et Zinoviev, à la veille d'Octobre 1917. Mais au premier choc, les forces « considérables » à la disposition des ennemis des bolcheviks se sont littéralement évanouies. Il est clair qu'il en aurait été de même, en Mai 68.

Complètement démoralisé, de Gaulle a quitté Paris, le 29 mai, pour Baden Baden, où il s'est entretenu avec le Général Massu, commandant des troupes françaises en Allemagne. Il n'est pas difficile d'imaginer ce que de Gaulle a demandé à Massu : « Peut-on se fier à l'armée ? ». On ne trouve la réponse dans aucune source officielle, pour des raisons évidentes. Cependant, le journal britannique The Times a envoyé un correspondant à Baden-Baden. Le journaliste demanda à un soldat s'il tirerait sur des grévistes. Réponse : « Jamais ! Je trouve leurs méthodes un peu rudes, mais je suis moi-même un fils de travailleur. » Dans son éditorial, The Times posait la question clé : « de Gaulle peut-il utiliser l'armée ? », et y répondait en disant que de Gaulle pourrait l'utiliser - une seule et dernière fois. En d'autres termes, un seul affrontement sanglant aurait suffit à briser l'armée. Tel était le point de vue de la plupart des plus fidèles stratèges du capitalisme, à l'époque. Sur ce point, nous n'avons aucune raison de mettre en doute leur opinion.

La situation au sein de l'armée, en Mai 68, a été soigneusement cachée. Mais différentes anecdotes en disent long sur le moral des soldats et le degré de contamination révolutionnaire de l'armée. Par exemple, le 14 juin, le journal Action - qui fut immédiatement saisi par les autorités - publia un dossier sur une mutinerie qui avait éclaté, en mai, sur le porte-avions Clemenceau. Plusieurs marins avaient été déclarés « perdus en mer ».

Un tract publié par les soldats du RIMECA (infanterie), à Mutzig, près de Strasbourg, déclarait : « Comme tous les conscrits, nous sommes confinés dans les casernes. On se prépare à nous faire intervenir comme force répressive. Les jeunes et les travailleurs doivent savoir que les soldats du contingent NE TIRERONT JAMAIS SUR LES TRAVAILLEURS. Nous sommes absolument opposés à l'encerclement militaire des usines. [...] Nous devons fraterniser. Soldats du contingent, formez vos comités ! » (Cité dans Revolutionary Rehearsals, de Colin Barker)

Même la police - qui est toujours plus réactionnaire que l'armée - était dans un état de grande agitation. Les responsables de la police ont prévenu le gouvernement de la possibilité qu'une grève y éclate. De fait, à une certain stade, nombre de policiers refusèrent de faire leur « travail ». Vers la fin du mois de mai, la police semblait avoir déserté les rues. Même les services de renseignement refusèrent de donner des informations au gouvernement !

Ce n'est pas l'armée qui a sauvé le capitalisme français, en Mai 68 : ce sont les dirigeants de la gauche et des syndicats. Les marxistes ne sont pas les seuls à parvenir à cette conclusion. Tous les historiens bourgeois un tant soit peu sérieux le reconnaissent.

Le reflux

Le soir du 30 mai, juste après l'annonce de la dissolution de l'Assemblée Nationale, des centaines de milliers de manifestants hostiles à la grève manifestent, à Paris, de la Concorde à l'Etoile. D'autres manifestations de ce type ont lieu dans le pays. Organisées de longue date par les Comités pour la Défense de la République, à l'initiative de l'extrême droite, ces manifestations rassemblent tout ce que le pays compte de réactionnaire et de décadent. Les petit-bourgeois hystériques y côtoient les notables ulcérés, les bourgeois bedonnants (venus en famille), les retraités effarouchés, les jeunes croisés de l'anticommunisme, les nostalgiques de l'Algérie française, etc. D'un point de vue arithmétique, ces cortèges sinistres semblent imposants. Mais le poids social de ces éléments est dérisoire. C'est la poussière de la société française.

Cependant, dans les jours qui suivent, un reflux de la grève générale s'amorce. La classe ouvrière ne peut pas être maintenue indéfiniment dans un état d'extrême tension révolutionnaire. Au début du mouvement, les travailleurs sont remplis d'enthousiasme. Ils sont prêts à se battre et faire des sacrifices. Mais lorsqu'une grève se prolonge sans conclusion en vue, l'humeur finit nécessairement par changer, à un certain stade. Les éléments les moins combatifs, d'abord, sont gagnés par la lassitude. Les doutes et la fatigue s'installent. Alors, la reprise du travail s'amorce.

En l'absence de toute autre perspective, beaucoup de travailleurs acceptent ce que les dirigeants syndicaux présentent comme une grande victoire : les « accords » de Grenelle et la dissolution de l'Assemblée nationale. Nombreux, cependant, sont ceux qui reprennent le travail la rage au ventre, avec le sentiment qu'un immense espoir vient de leur glisser des mains. C'est ce que montre très bien le film Reprise, sur la fin de la grève à l'usine de piles Wonder, à Saint-Ouen. On y voit notamment des cadres de la CGT pousser les salariés à la reprise au travail.

Engagée début juin, la reprise s'étend sur tout le mois. Les travailleurs poursuivent parfois la grève jusqu'à la signature d'un accord supérieur au « protocole de Grenelle ». Les travailleurs de Renault tiendront jusqu'au 14 juin, suivis, quelques jours plus tard, par ceux de Citroën. Les ouvriers de Peugeot ne reprendront pas le travail avant le 24 juin. Mi-juin, on compte encore plus de 4 millions de grévistes. Face à cette résistance, l'Etat déchaîne une répression brutale. De véritables batailles rangées se déroulent aux portes de plusieurs usines. Dans certains cas, l'intervention des CRS provoque de nouvelles grèves et manifestations. La répression, dans son ensemble, fait quatre morts et de très nombreux blessés. Plus d'une centaine de journalistes de l'ORTF sont licenciés. Des centaines d'étudiants et de travailleurs étrangers sont expulsés du territoire français. Dans les entreprises, le patronat prend sa revanche en ciblant les militants. Dans les seules usines de Citroën, 925 travailleurs sont licenciés.

Les élections législatives des 23 et 30 juin donnent une large majorité aux partis de droite. La gauche socialiste perd 61 sièges et le PCF 39. Dans Les enseignements de mai-juin 1968, une brochure publiée au lendemain des élections, le secrétaire général du PCF, Waldeck Rochet, explique que les principaux responsables de la défaite de la gauche sont - comme toujours ! - les « aventuriers gauchistes » et leurs maudites barricades. Waldeck Rochet célèbre ad nauseum la « ligne juste du PCF » et lance aux communistes qui oseraient en douter un avertissement limpide : « nul n'est obligé de rester au parti. » Des milliers de militants critiques en seront exclus.

En réalité, le résultat des élections législatives était une conséquence de la fatigue, des doutes et de la désorientation consécutifs au reflux de la grève générale. Après être allé très loin vers la gauche, le balancier repartait à droite, temporairement. Un élément décisif de l'équation fut la campagne électorale menée par la direction du PCF sous la bannière de « l'ordre » et de « la loi ». Dans ce domaine, de nombreux travailleurs ont préféré l'original - « l'ordre » gaulliste - à la copie communiste.

Dans sa brochure, Waldeck Rochet célèbre la « grande victoire » de Mai 68, en référence aux différents « acquis » concédés par la classe dirigeante : augmentations de salaires, etc. Cependant, il ne faudrait pas oublier que la plupart des « acquis » de Mai 68 ont été rapidement liquidés - exactement comme ceux de juin 36 -, notamment par le mécanisme de l'inflation, qui a été volontairement stimulée par la classe dirigeante et qui a rongé les augmentations de salaires et les retraites. Cinq ans plus tard, la récession mondiale frappait de plein fouet l'économie française. Le chômage de masse se développait de façon vertigineuse, et pour longtemps. L'idée que les conquêtes de Mai 68 ont été définitivement acquises relève de la mythologie réformiste. Surtout, ces conquêtes doivent être mises en regard de la possibilité - qui a été gâchée - d'en finir définitivement avec le capitalisme français, ce qui aurait complètement bouleversé le cours de l'histoire mondiale.

L'histoire n'est cependant pas terminée. Les magnifiques traditions de Mai 68 sont toujours vivantes, dans l'esprit des travailleurs français et du monde entier. Tôt ou tard, il y aura d'autres Mai 68. Quel pays est le candidat le plus probable ? Ce pourrait bien être la France, mais aussi l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Grèce et d'autres pays encore - y compris en dehors de l'Europe. Les mêmes causes produiront les mêmes effets, à une échelle encore plus vaste. Le capitalisme mondial travers une crise profonde. Partout, il constitue un obstacle absolu au progrès social. De plus en plus de gens parviennent à la conclusion que ce système malade et dégénéré doit être balayé pour laisser place à une organisation rationnelle et harmonieuse des rapports économiques et sociaux. Aujourd'hui comme hier, le socialisme est la seule alternative. En ce glorieux anniversaire de Mai 68, nous devons en saisir le flambeau et nous engager à ne pas le lâcher avant d'avoir terminé la tâche entreprise par nos aînés.

 Jérôme Métellus
PCF Paris
par David NOËL publié dans :
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 20:38

Loi de modernisation de l'économie : Le Modef refuse les pleins pouvoirs à la grande distribution

Le projet de loi de modernisation de l'économie (loi Châtel 2) adopté le 28 avril en conseil des ministres est à l'opposé des attentes des exploitants familiaux et des consommateurs.

En effet, ils ont besoin de plus de protection et non pas d'une déréglementation des relations commerciales fournisseurs distributeurs.

En supprimant le peu d'encadrement existant, le gouvernement fait descendre les agriculteurs, les coopératives, les Pme agro-alimentaires dans la fosse aux lions et peu en sortiront vivants.

Les conséquences de ce texte vont être dévastrices en matière de concentration des exploitations et d'amenuisement de la diversité de l'alimentation. Il va aboutir à une accélération sans précédent des délocalisations de productions agricoles et alimentaires vers les pays à normes sociales, de qualité des produits et environnementales peu élevées, pays qui de surcroit pour la plupart n'ont déjà pas les moyens de subvenir à leurs propres besoins alimentaires.

Il en est ainsi de la suppression inscrite dans le projet de loi de l'autorisation d'implantation ou d'agrandissement par les commissions départementales (Cdec) pour les surfaces de vente inférieures à 1000 m² (300m² dans la législation actuelle).

Il en est ainsi de la suppression de la transparence, de la suppression de la non discrimination entre les partenaires économiques, de la fin de l'obligation de justifier les services rendus. Le projet de loi autorise la grande distribution à imposer aux fournisseurs ses tarifs et conditions d'achat.

Pour le Président de la République, l'objectif est de donner aux ménages l'impression que le prix de l'alimentation va se stabiliser quelles  qu'en soient les conséquences. Entre le Nicolas Sarkozy qui déclarait à Rennes l'importance qu'il attachait à des prix agricoles rémunérateurs et à la préférence communautaire et le Président de la République qui mobilise les télévisions pour annoncer qu'il donne les pleins pouvoirs à la grande distribution, il y a le dogme libéral qui guide ses actes. N'est-ce pas pourtant ce même dogme qui imposé par la banque mondiale et le Fmi aux pays pauvres sous la forme des plans d'ajustement structurels a donné lieu au soulèvement de ces populations qui crient famine ?

Le Modef dans l'intérêt des exploitants familiaux et des consommateurs, de notre indépendance et sécurité alimentaire comme de celle des pays du sud  demande aux députés et sénateurs de non seulement s'opposer à toute déréglementation telle qu'inscrite dans le projet de loi Châtel 2 mais d'exiger au contraire un renforcement des règles encadrant les pratiques de la grande distribution avec notamment :

- La mise en place du coefficient multiplicateur permanent pour tous les produits agricoles périssables frais ou transformés.

- L'interdiction de vente à perte de sorte que les centrales d'achats ne puissent pas acheter aux producteurs des produits agricoles  à un prix inférieur aux coûts de production. Ce prix plancher deviendrait ainsi un prix minimum garanti et rémunérateur.

- La suppression des services facturés aux fournisseurs. Ce n'est pas à ces derniers de prendre en charge les coûts de structure et de fonctionnement des GMS

- Contrats de vente : Inscrire dans la loi les prix planchers basés sur le prix de revient réel et les rendre obligatoires dans les contrats ; Rendre obligatoires les volumes dans les contrats ainsi que le paiement à 7 jours au lieu de 30 ; Interdire les factures antidatées ; Les labels doivent être respectés et valorisés en fonction des charges de production réelles. Arrêter avec les produits labellisés vendus en conventionnel au gré des besoins de profit des GMS

-  Le maintien de la pénalisation des pratiques commerciales

Il demande par ailleuirs la création d'une commission d'enquête parlementaire sur l'abus de position dominante des centrales d'achat sur les marchés agricoles et alimentaires.

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