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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 10:46

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http://www.regards.fr/economie/la-crise-arme-de-destruction

 

Une étude menée par le chercheur Laurent Davezies démontre, chiffres et cartes à l’appui, les conséquences catastrophiques de la crise sur le tissu industriel de plusieurs régions françaises


.

De quoi cette crise économique est-elle le nom ? Qui sont les perdants ? Quels territoires souffrent particulièrement ? Pour répondre à ces vastes questions, il est parfois nécessaire de se plonger dans les séries chiffres et les indicateurs économiques (trop souvent épars), avant de pouvoir ensuite trier, analyser et conclure. C’est à cet exercice minutieux que s’est prêté, durant plus d’un an, le chercheur Laurent Davezies (Institut d’urbanisme de Paris, Sciences-Po), spécialisé notamment dans le développement économique et territorial.

Son immense travail, commandé par l’Assemblée des communautés de France (AdCF), la Caisse des dépôts et son institut pour la recherche, a abouti à l’écriture d’un rapport intitulé sobrement « La crise et nos territoires : premiers impacts » (1). Un rapport précieux accompagné de nombreux graphiques, cartes et tableaux, permettant aux lecteurs de pouvoir immédiatement mesurer les conséquences de la crise économique sur les différentes territoires, populations et activités, en particulier pour l’industrie.

352 000 emplois détruits

Car si l’impact sur l’emploi paraît « doux » sur l’année 2008, c’est seulement en moyenne : certains secteurs ont été protégés, d’autres surexposés au choc. En effet, pour une perte nette totale de l’ordre de 90 000 emplois salariés privés entre décembre 2007 et 2008, les secteurs d’activité qui ont perdu de l’emploi enregistrent une perte nette totale de 352 000 salariés privés, alors que les secteurs qui ont continué à se développer engrangent environ 260 000 créations nettes.

«  Les destructions massives dans les secteurs les plus affectés sont d’un ordre tel qu’elles suggèrent moins un choc passager qu’un « ajustement structurel » durable  », annonce Laurent Davezies dans l’introduction de son étude. Concrètement, sur la seule année 2008, on enregistre une perte de 10 % des emplois dans le secteur de la fabrication des « vêtements de dessus », de 15 % dans celui des équipements électriques automobiles... Dans les secteurs qui ont été créateurs d’emploi, on trouve la « recherche - développement - scientifique » (+ 5 %), les activités médico-sociales (+ 5 %), mais également les activités de production d’énergie, de traitement des déchets et de dépollution... et, paradoxe, le secteur « finance et assurance » (+ 0,5 %).

Déclin industriel ?

Pour de nombreux analystes, la crise n’aurait été qu’un accélérateur d’un déclin plus profond de l’emploi manufacturier français. Ainsi, en septembre, l’observatoire du « fabriqué en France » du ministère de l’Industrie, révélait que la valeur de la production revenant aux acteurs français des filières est passée en dix ans (1999-2009) de 75 % à 69 %.

Par la suite, l’année 2009 voit une accentuation des effets de la crise sur l’emploi avec une perte totale, entre le troisième trimestre 2008 et le troisième trimestre 2009, de l’ordre de 370 000 emplois, selon une structure sectorielle comparable, en plus accentué, à celle de l’année 2008. Bref, en moins de deux ans, c’est près de 700 000 emplois qui se sont envolés en fumée ! Et Laurent Davezies de prévenir : «  un certain nombre d’éléments suggèrent que l’impression de « sortie de crise » que l’ont pouvait avoir à l’automne 2009 doit être tempérée  ».

Territoires et métropoles

Mais les leçons les plus importantes à tirer de ces premières données recueillies concernent les différences criantes entre les territoires. Alors que lors des crises précédentes (1993, 1984), les métropoles (Paris, Londres, New York, Tokyo...) en avaient eu à subir le plus de désagréments, aujourd’hui, ce sont les autres territoires qui en sont les premières victimes. «  L’Ile-de-France, qui jusqu’alors amplifiait les retournements conjoncturels, semble désormais mieux les amortir  », souligne Laurent Davezies. Un rare point positif...

Car en régions, et notamment dans la partie nord du pays, «  la crise a été une vraie prédatrice en s’attaquant aux plus faibles , constate finalement le chercheur. D’autant que, on l’a vérifié sur les décennies passées, les pertes d’activités industrielles, accélérées lors des récessions, sont des pertes définitives. Ce qui est perdu n’est jamais retrouvé . » Les territoires les plus pénalisés par la montée du chômage sont généralement ceux qui ont les plus fortes spécialisations dans les emplois d’ouvriers, qualifiés ou non, alors que ceux qui s’en sortent le mieux (avec une variation moins forte du taux de chômage qu’au niveau national), sont plutôt de grandes villes dotées d’actifs qualifiés (ingénieurs, cadres, techniciens...).

Le choc de l’hiver 2008-2009

Certes, les taux de chômage n’atteignent pas encore les sommets du début des années 1990, mais la brutalité de la crise s’est particulièrement ressentie durant l’hiver 2008-2009 : à cette période, on y observe la plus forte progression trimestrielle du taux de chômage depuis 1982 ! Sont frappés en priorité les hommes (+ 22 %) plutôt que les femmes (+ 9 %), et les moins de 25 ans (+ 23 %) plutôt que les 25-49 ans (+ 14 %) ou les plus de 50 ans (+ 13 %).

Au coeur de cet hiver, ce sont les régions très industrieuses de l’Est qui ont le plus souffert : Rhône-Alpes, Franche-Comté et Alsace, alors que sur une période plus large, la variation semble bien plus étalée, relativement moins forte sur l’Alsace et Rhône-Alpes et relativement plus sur la Bretagne et les Pays de la Loire. De leur côté, les cinq régions du sud sont largement épargnées, l’Ile-de-France également, et le Nord-Pas-de-Calais. En mai, une note de l’Insee expliquait ainsi que «  les régions dans lesquelles l’emploi a été le plus préservé sont toutes spécialisées dans les activités tertiaires  ».

Industriel et résidentiel

A l’échelle des départements, certains, peu touchés par le chômage avant la crise, l’ont été de plein fouet cette fois-ci : notamment la Vendée qui a vu son taux de chômage augmenter de 3,2 points entre le premier trimestre 2008 et le quatrième trimestre 2009, passant de 5,2 % à 8,4 %. De même l’Ain, le Jura et la Haute-Savoie ont particulièrement été touchés par la crise. Les territoires les plus pénalisés sont finalement les bassins industriels de petite taille. C’est dans ces derniers que le choc industriel a été le plus violent.

Car sinon, sur cette période, l’augmentation du taux de chômage (de 29 % en moyenne) est extrêmement différente selon les zones d’emploi. On passe de moins de 10 % de hausse au sud, jusqu’à plus de 60 % dans certains zones d’emploi industrieuses (voir carte page 43). L’Ile-de-France est protégée avec une variation de seulement 19 %, comme la plupart des grandes villes françaises, à l’exception de Lyon (+ 33 %), Rennes (+ 37 %) et Nantes (+ 29 %).

Globalement, les territoires où le moteur du développement économique est résidentiel et non industriel souffrent moins, attirant de plus en plus de retraités (avec leurs revenus), de touristes mais aussi d’actifs, développant des activités largement protégées de la concurrence internationale. A l’exception notable des territoires qui accueillent des salariés effectuant jusqu’à présent des navettes pour travailler (pour eux, en moyenne une augmentation du chômage de 41 %).

Une crise ambiguë

Finalement, pour Laurent Davezies, les effets mesurés de la crise économique depuis 2008 sont ambigus : «  D’un côté, on a beaucoup dit, et on peut montrer, qu’il s’agit d’une sorte de « grande crise centennale » qui apparaît comparable, dans ses moteurs et sa violence, à ce que l’on a connu dans les années 1930. D’un autre, dans beaucoup de domaines, on entend, et on peut vérifier quand les données sont disponibles, que le choc n’a pas été si important et, à certains égards, moins violent que celui de 1993 . »

Ainsi, si l’on en croit Pôle Emploi, en octobre 2009, le choc de la crise n’aurait pas eu l’effet sur l’emploi privé français qu’avait eu la crise de 1993. Néanmoins, si la récession de 1993 a eu un effet brutal sur l’emploi salarié privé, les créations nettes d’emplois publics avaient alors constitué un puissant amortisseur (de l’ordre de 25 % des pertes). Il n’est pas sûr qu’un tel amortisseur soit aujourd’hui à l’oeuvre, dans le contexte actuel d’ajustement du secteur public. Et, comme le rappelle Laurent Davezies, cette étude n’est qu’un «  rapport d’étape  ». Car depuis le printemps 2010, on sait que l’Ile-de-France aurait connu une destruction d’emplois en fin 2009 plus forte qu’en province...

Marc Endeweld

 [1]www.adcf.org/files/ADCF-etud...

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 10:42

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 10:37

9782021050837.jpgIl n’est pas facile de rendre justice au livre publié en octobre dernier par notre collègue anthropologue Didier Fassin (La force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, éditions du Seuil). En effet, d’un côté ce livre dit des choses fondamentales sur la façon dont la police nationale intervient souvent de nos jours dans les quartiers réputés sensibles et, plus largement, sur la façon dont le gouvernement français traite les habitants de ces quartiers. Mais, d’un autre côté, notre collègue a observé un cas extrême - une BAC commandée par un policier aux opinions d’extrême droite virulentes - auquel il donne un retentissement voire une valeur exemplaire qui semblent à tout le moins exagérés. Le risque est donc que beaucoup de citoyens (et parmi eux les policiers) rejettent en bloc ce travail qui peut pourtant permettre non seulement de dénoncer des pratiques violentes et racistes déshonorant la République, mais aussi et plus profondément de comprendre dans quelle impasse nous ont entraîné les politiques sécuritaires qui se renforcent sans cesse depuis le début des années 1990, et plus encore depuis les émeutes de 2005. Parions donc positivement que nos lecteurs seront capables d’entendre un message un minimum complexe et de faire la part des choses. Dans un premier temps, nous nous concentrerons sur la contribution directe et positive de ce livre au débat sur l'organisation de la police nationale en France. Dans un second temps, nous discuterons certaines de ses interprétations générales qui nous semblent plus fragiles.

Un constat accablant, des pratiques déviantes pourtant tolérées

Didier Fassin a eu à la fois de la chance et de la malchance. Le hasard a fait qu’il a pu pendant longtemps (quinze mois, de mai 2005 à février 2006 et de février à juin 2007) observer en direct et en permanence, de jour comme de nuit, le travail d’une BAC (brigade anti-criminalité) de la région parisienne. La possibilité d’une telle immersion est pourtant aujourd’hui interdite à tout chercheur. Tous ceux d’entre nous qui en ont fait la demande au ministère de l’Intérieur ces dernières années se sont faits poliment éconduire. Mais le hasard a fait que le chercheur a rencontré une équipe de policiers en partie atypique en ce sens qu’elle était un petit groupe d’hommes aux convictions d’extrême droite politisant en toute impunité des pratiques ouvertement violentes et racistes. Il s’agit donc d’un cas extrême car il semble par ailleurs établi que ces opinions politiques sont fréquentes mais pas non plus majoritaires chez les policiers. Dès lors, on ne peut pas considérer que les pratiques rapportées dans ce livre sont une description de ce que l’ensemble de la police nationale fait au quotidien. Cela étant, il n’en reste pas moins clair et révélateur que ce type de cas extrêmes existe et persiste, qu’il est donc toléré dans la police nationale. Il s’agit donc d’un cas qui se situe à une extrémité de l’échelle des possibles, mais pas en dehors des possibles. Nous sommes bien dans la réalité et il faut accepter de la regarder en face.

source : http://quefaitlapolice.samizdat.net

Tout ce qui est décrit dans ce livre est bien réel, et c’est proprement accablant. Jugeons plutôt : contrôles au faciès systématiques, arrestations injustifiées de jeunes dont le seul tort est d’être dehors la nuit, provocations répétées alors que les jeunes font profil bas sachant ce qu’ils risquent, recherches délibérées de l’outrage ou de la rébellion pour pouvoir interpeller et faire des procédures, humiliations « gratuites » lors des contrôles d’identité et des fouilles à corps, insultes permanentes (tous les jeunes habitants les « quartiers sensibles » sont indifféremment appelés des « bâtards », les habitants sont globalement perçus comme des « sauvages »), propos racistes en tous genres (« nègre », « crouille », « singe »...), démonstrations de force ridicules dans leur disproportion (exhibition menaçante de pistolet Flash-Ball hors de tout danger, appel et intervention de 4 équipages en voiture pour poursuivre 3 jeunes à pieds se révélant du reste innocents...), prises de risque extrêmement dangereuses dans la conduite automobile (équipage doublant un camion sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute à 150 km/h, pointes à la même vitesse en milieu urbain de nuit... !), provocations de gardes à vue injustifiées, auditions menées à coups de menaces et de mensonges pour masquer le manque de preuves, on en passe et des meilleures.
Que cela plaise ou non, ces pratiques déviantes existent dans la police nationale, ce n'est du reste pas la première fois qu'elles sont décrites par des chercheurs (voir la bibliographie à la fin de cet article). Elles font en réalité l’objet d’une forme d’omerta au sein de l’institution. Ceux qui désapprouvent (et ils sont nombreux) évitent le contact avec les hommes et les unités réputés pour leurs pratiques déviantes. Mais beaucoup les justifient ou les excusent en évoquant la dureté du métier, le besoin de disposer à tout moment d’une « force de frappe » rapide et efficace. Ce serait « un mal nécessaire » comme l’a dit un jour ce commissaire à notre collègue Didier Fassin. Or l’impression que donne ce chef de police à ce moment là est plutôt celle d’un homme qui n’a en réalité pas le pouvoir d’empêcher ces pratiques déviantes, ou bien qui en est complice de fait.

A quoi servent réellement les BAC ?

Au-delà de ces déviances sur lesquelles on va revenir, le séjour prolongé du chercheur au sein d’une BAC confirme des constats anciens mais toujours renouvelés de la recherche. Le plus important est le fait que, au contraire des discours exaltant le danger permanent, en réalité il ne se passe généralement pas grand chose durant les heures de travail des policiers de ce type d’unités. C’est tout particulièrement vrai la nuit où, du coup, les policiers s’ennuient le plus souvent. Ceci contribue beaucoup au fait qu’ils « sur-réagissent » lorsque, enfin, ils sont prévenus de quelque chose et peuvent démarrer sur les chapeaux de roues. Le résultat est souvent la disproportion que l’on a déjà signalée, ainsi qu’une frustration voire un sentiment croissant d’inutilité qui ne peuvent qu’être générateurs de volonté d’en découdre lorsque se profile l’occasion de faire enfin « une affaire ». Toutefois, et c’est aussi un constat classique, les policiers prévenus par radio arrivent le plus souvent après la bataille, lorsque les voleurs ou les agresseurs ont pris la poudre d’escampette. Ils patrouillent alors aux alentours, en voiture, munis seulement d’un signalement vague du genre « deux jeunes en survêtements ». Dès lors, le moindre jeune à cagoule ayant le malheur de passer par là a toutes les chances d’avoir droit à un contrôle plus ou moins musclé selon l’état d’excitation et de frustration des policiers. Même chose si les policiers reconnaissent ou croient reconnaître une personne « connue défavorablement des services », qui sera logiquement suspecté de ce seul fait. Didier Fassin a retranscrit nombre de ces situations, à la fois banales et édifiantes. Au final, son travail confirme que ce type d’unité de police ramène en fin de compte peu d’affaires (a fortiori si l’on exclut les « outrages » plus ou moins provoqués et les « usages » ou « détention » de stupéfiants constatés à l’occasion des contrôles) et que sa contribution active à la lutte conte la délinquance est en réalité très faible (quant à la « criminalité », on ne voit pas du tout en quoi les BAC luttent contre, contrairement à ce que leur nom indique).

Source : fr.wikipedia.org

Voilà un vrai sujet de discussion de fond et c’est la raison pour laquelle il n’y a rien de scandaleux ni d’angélique à se demander s'il ne faudrait pas supprimer les BAC (et reverser leurs effectifs en sécurité publique et en police judiciaire où ils manquent cruellement). Le fait est que l’on voit mal le type d’action policière qu’elles proposent et que ne seraient capables d’assumer aujourd'hui ni la police en tenue (pour le tout-venant, la patrouille et les appels au 17), ni la police judiciaire (pour le travail « anti-criminalité » justement), ni les unités de maintien de l'ordre (dans les situations émeutières notamment), ni au besoin les unités d’intervention spéciale type GIPN (dans le cas très rare des forcenés, des prises d’otages, etc.). Les BAC ont en revanche l’avantage d’être généralistes et surtout d’économiser des effectifs. La comparaison avec la police de proximité (ou quel que soit le nom qu'on lui donne) est intéressante. Là où cette dernière nécessite des policiers patrouillant à pieds dans chaque quartier d’une ville, le « système Bac » permet de se contenter de faire tourner une ou deux voitures sur l’ensemble de la ville. Voilà donc un modèle de police qui correspond bien à l’idéologie du muscle promue par pouvoir politique actuel, et qui par ailleurs consomme moins d'effectifs. On comprend mieux son succès...

Pourtant, au vu de l’ensemble des travaux sur la police inclus ce dernier livre de notre collègue Didier Fassin, force est de conclure que la police nationale française continue à tolérer des pratiques et des personnes dont les comportements violents et racistes la déshonorent et déshonorent la République. Pour en sortir, aucune leçon de morale ne sera efficace, aucun ajout d’heures de cours de déontologie à l’école de police n’y changera rien. Ce ne seront que de belles paroles. A fortiori si les policiers entendent régulièrement le ministre de l’Intérieur (« premier flic de France ») démontrer par ses propos xénophobes qu’il pense en réalité le contraire de ce que prescrit la déontologie, ce qui a été le cas ces dernières années avec Brice Hortefeux puis Claude Guéant. Dès lors, pour en sortir, il faudrait d’abord retirer toute responsabilité publique aux hommes et aux femmes politiques révélant d’une façon ou d’une autre des opinions racistes. Ensuite, il faudrait remettre en cause certains aspects du recrutement, de la formation, de l'affectation et de l'encadrement des jeunes policiers. Enfin, ce sont bien entendu les conditions de ce qui se passe sur le terrain entre la police et la population qu’il faudrait transformer, dans l'intérêt de tout le monde, en introduisant enfin des modes d'évaluation de l'action policière par la population et les élus locaux. Ce serait sans doute le plus efficace des gardes-fous. Et c’est dans ce cadre que l’on peut se demander très sérieusement s'il ne faut pas supprimer les BAC. Parce qu'elles sont le symbole de cette déconnexion entre d'une part les mythes héroïques et virils de la « chasse au voyou » et du « flag » qui attirent tant les jeunes policiers impatients d'en découdre, et d'autre part la réalité d'une gestion quotidienne de la délinquance et de la misère en milieu urbain à laquelle ils ne sont pas bien préparés. Parce qu’elles sont au fond un symbole d’une façon de faire la police de la rue - en dehors ou en surplomb de la population - qui peut être considérée comme un archaïsme créant souvent plus de problèmes qu'il n'en résout.

Fin de la première partie. Revenons à présent au livre.

Des conclusions qu’il ne faut peut-être pas généraliser

Malgré tout ce que l’on vient de dire, nous ne pouvons pas suivre totalement notre collègue Didier Fassin dans ses conclusions les plus générales. Ayant d'un côté observé une BAC dirigée par un brigadier-major d’extrême droite raciste cherchant à recruter des hommes partageant les mêmes opinions et les galvanisant en ce sens, et ayant d'un autre côté constaté la situation de ghettoïsation de certains quartiers des agglomérations où la population est souvent majoritairement non-blanche de peau, D. Fassin en conclut que la police est l’instrument de la gestion post-coloniale des banlieues, qu’elle n’est là au fond que pour permettre à un système inégalitaire et raciste de perdurer. La police n’est pas la garante de l’ordre public mais de l’ordre social qui est aussi un ordre racial. Or ceci nous semble à la fois en partie vrai et pourtant un peu trop simple. Dans tous les cas, pour être incontestable, la démonstration aurait du respecter toutes les étapes requises, procéder par élargissement progressif des observations et des preuves, plutôt que par déduction à partir d’une grille de lecture générale préexistante (celle de la société post-coloniale) qui se trouve peut-être un peu trop rapidement plaquée sur la complexité du réel.
D’abord, il aurait fallu pousser beaucoup plus loin la discussion sur ce que fait réellement la police, c’est-à-dire sur la distance qui sépare la formation initiale des policiers, les épreuves de sélection à l’entrée dans les BAC (que notre collègue semble ignorer) et les comportements réellement développés sur le terrain. Pourquoi ce décalage ? Pourquoi des policiers sélectionnés au concours d’entrée de la police puis sélectionnés aux épreuves d’entrée dans la Bac (course à pied, tir, technique d’interpellation, mais aussi gestion du stress et de l’agressivité) finissent-ils par se comporter parfois comme les voyous qu’ils prétendent traquer ? La police (a fortiori les Bac) attire t-elle fatalement certains types de personnes, d'opinions et de motivations en particulier ? La socialisation professionnelle des policiers les rend t-elle plus cyniques et plus racistes que d'autres professions ? Le type de métier qu'ils exercent, les situations de vie qu'ils rencontrent les transforment-ils en un sens particulier ? L'on aurait apprécié ici une discussion serrée des travaux sociologiques de référence sur ce que Dominique Monjardet appelait la culture professionnelle des policiers (voir la bibliographie en fin d'article).

Source : lepost.fr

Certes, l’image virile et agressive des BAC attire d’emblée un certain type de policiers. Comme le rappelle D. Fassin, l’iconographie est révélatrice. Il n’y a qu’à voir les écussons des BAC pour être dans l’ambiance : ce sont quasiment tous des têtes d’animaux sauvages montrant les dents et/ou les griffes... Mais si l’on voit bien pourquoi de nombreux jeunes policiers sont attirés par les BAC, l’on ne comprend toujours pas pourquoi les comportements déviants qu’ils peuvent y adopter sont tolérés par l’institution. A l’évidence, il y a un problème de contrôle hiérarchique qui aurait du être investigué. Quelle est la part du manque d’information d’un commissaire sur ce que font réellement ces unités lâchées sur le terrain sans aucun contrôle ? Quelle est la part de son éventuel intérêt pratique et statistique (la culture du chiffre !) pour les quelques affaires, gardes à vue et mises en cause que ramènent tout de même de temps à autre les BAC ? Quelle est la part de la complicité passive (voire active) de certains avec cette façon de faire la police ? Et entre les gardiens et les commissaires, quid des officiers (totalement absents dans le livre de D. Fassin) ? Comment les sanctions interviennent-elles quand parfois elles interviennent finalement ? Qu’en pensent les responsables de l’IGS et de l’IGPN ? Que deviennent les plaintes que tentent parfois d’introduire les habitants ou des élus ? Combien de cas de ce type la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait-elle traité ces dernières années avant qu’elle soit supprimée ?
Ensuite, ce que notre collègue a observé est-il généralisable à toutes les BAC dans toutes les villes ? Ce n’est pas sûr. Il y a du reste des BAC de nuit mais aussi des BAC de jour, des BAC de secteur mais aussi des BAC départementales. Et est-ce spécifique à des quartiers habités par une population presque exclusivement non-blanche de peau ? Ce n’est pas sûr non plus. L’étude est fatalement limitée voire minée par le caractère unique de son terrain d’observation. D. Fassin n’y est pour rien. Il explique clairement comment l’institution l’a empêché de faire d’autres observations dans d’autres commissariats d’autres villes. Mais là où il aurait pu solliciter ses collègues chercheurs spécialistes de la police pour être mis en relation avec d’autres policiers voire s’insérer dans d’autres programmes de recherches, D. Fassin a au contraire choisi de mener son étude puis la rédaction de son livre dans le plus grand secret, ne faisant aucune présentation de son projet dans les séminaires de recherches ou les colloques spécialisés. C’est là un « péché d’orgueil » au fond bien regrettable car il aurait pu profiter d’autres contacts, d’autres terrains et d’autres expériences et ainsi donner au final une force bien supérieure à son livre.

Qu’est-ce qu’une société « post-coloniale » ?

Source : www.ldh-toulon.net

Enfin, que penser de cette grille de lecture générale qu’est celle du post-colonialisme ? Rappelons qu’à travers la description de type ethnographique du comportement d’une unité de police, notre collègue D. Fassin prétend mettre à jour la nature post-coloniale de la société française (métropolitaine). N’est-ce pas aller un peu vite en besogne ? N’est-ce pas un peu trop ambitieux ? Constater l’exclusion socio-économique, les discriminations, le racisme et toutes les violences matérielles et symboliques subis beaucoup plus fortement qu'ailleurs par les habitants des quartiers dits sensibles est une chose (fait n°1). Mais est-ce causé essentiellement par le fait qu’ils aient le plus souvent la peau non-blanche ? Constater par ailleurs que la police nationale française est probablement un des secteurs de la fonction publique les plus conservateurs et les plus incapables de prendre acte du caractère multiracial de la société française est également une chose (fait n°2). Mais est-ce généralisable à toutes les composantes de l’État français ? Constater enfin que nous sommes actuellement dirigés par des hommes et des femmes politiques dont certains ont des opinions racistes est également une chose (fait n°3). Mais est-ce généralisable à la majorité de la classe politique ? Cela paraît difficile sans plus de preuves. Dès lors, déduire de ces trois faits que la France est une société post-coloniale ayant instauré un ordre racial (un apartheid) protégé par la police est un jugement qui semble trop rapide. A tout le moins, il faudrait pour le démontrer une recherche d’une toute autre ampleur, une recherche collective...

 

Pour aller plus loin :

* Un débat critique a eu lieu également entre Didier Fassin et Fabien Jobard sur le site de La vie des idées (voir ici et ici).

* Le livre de Manuel Boucher : Les internés du ghetto. Ethnographie des confrontations violentes dans une cité impopulaire (éditions L'Harmattan, 2010).

* Le livre de Christian Mouhanna : La police contre les citoyens ? (éditions Champ social, 2011).

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 10:35

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Le 17 décembre, la Jeunesse communiste du 15èmeorganisait une initiative exceptionnelle avec Henri Alleg, militant communiste et figure de la lutte anticoloniale en Algérie, ancien dirigeant du PC Algérien et directeur d'Alger Républicain.

 

Le secteur de la JC Paris 15 avait choisi d'axer le débat sur « la raison d'être de l'organisation communiste, hier et aujourd'hui ». Les 50èmesanniversaires à venir de l'indépendance et, avant, du massacre de Charonne (deux jeunes communistes du 15èmeparmi les 9 morts) seront d’autres occasions de l’enrichir à propos de l’Algérie.

 

Pour la quarantaine de jeunes présents du 15ème, des Hauts-de-Seine (et quelques uns de plus loin), il s'agissait d'apprendre à lire l'histoire à la lumière de nos préoccupations présentes et d'éclairer nos luttes actuelles par les enseignements d’expériences telles que celle d’Henri Alleg.

 

Dans sa présentation, notre responsable a insisté sur la nécessité de combattre certaines idées propagées par nos adversaires de classe pour dénigrer l'action héroïque des communistes dans la lutte anticoloniale. Henri Alleg est l’un des mieux placés pour remettre les choses à leur place.

 

Non, la lutte anticoloniale n'est pas une affaire d'engagements individuels malgré la richesse humaine et le courage inestimable de camarades comme Maurice Audin, Fernand Iveton ou Henri Maillot. Ces actes individuels s'inscrivent dans un engagement collectif, rendu possible par une organisation qui les a suscités, orientés, qui a démultiplié leurs forces et leur a donné une direction : l'indépendance et le socialisme.

 

Oui, les communistes algériens ont joué un grand rôle dans la lutte pour l'indépendance. N'en déplaise à certains nationalistes algériens, le PCA a joué un rôle décisif, en organisant la classe ouvrière là où elle se trouvait, en reconstruisant le Parti entre 1945-1954 avec une base ouvrière arabisée, en combattant les éléments de division entre travailleurs, le racisme en premier lieu dans une société coloniale,  en construisant une organisation de masse et d'avant-garde, l'UJDA (la JC Algérienne) qui fut un temps la plus grande organisation de jeunesse d'Algérie, devant l'organisation de jeunesse du FLN, enfin, en donnant une perspective claire à la lutte : l'indépendance comme voie vers le socialisme.

 

Comme le disaient les camarades algériens, « pas question de remplacer des Borgeaud français (richissimes colons et propriétaires terriens) par des Borgeaud Algériens ».

 

Sur cette base claire, les communistes n'ont jamais refusé les rassemblements les plus larges mais ils ont toujours refusé de se dissoudre, lorsque le FLN l'a exigé lors de la guerre.

 

Oui, les communistes français peuvent être fiers de leur action. Aucun autre parti n'a mené, de bout en bout, en France la lutte pour la paix en Algérie et l'indépendance comme le PCF l'a fait. Combien de fois l'Humanité a-t-elle été saisie parce que, comme Alger Républicain en Algérie, elle était le journal qui disait toute la vérité ? Le combat anticolonialiste du PCF fut une prise de conscience et un déclencheur de l'engagement pour nombre de jeunes. Henri a rappelé les années de prison des camarades, soutenus par le PCF, qui ont refusé de prendre les armes.

 

Dans sa recherche d’une union de la gauche en France favorable aux travailleurs, dont les conditions existaient, le PCF a brièvement soutenu en 1956 le socialiste Guy Mollet qui devait aussitôt renier ses promesses de négociations pour la paix avec les indépendantistes. Ce qui a été analysé comme une erreur n’a rien changé à l’engagement du PCF pour la paix en Algérie.

 

Et des leçons, les communistes n'en ont pas à recevoir. Surtout des socialistes. Quand on pense que le ministre de l'intérieur lors des événements de Sétif en mai 1945 était un socialiste (Texier), que Guy Mollet fut celui qui a lancé la répression euphémisée en « politique de pacification », que François Mitterrand est celui qui disait « l'Algérie, c'est la France » et ajoutait que la souveraineté de la France ne se remettait en question « des Flandres au Congo, du Sénégal au Soudan ». Les socialistes ont été au cœur de la répression coloniale.

 

Au-delà de l'histoire, c'est toute l'actualité de l'organisation communiste qui resurgit en cette année 2011, qui fut le théâtre de mouvements de contestation à potentialités révolutionnaires, dans le monde Arabe notamment, mais aussi d'une reprise en main par les forces dominantes, par les bourgeoisies compradores et l'impérialisme. La leçon de ces « révolutions confisquées » n'est-elle pas à trouver dans l'absence d'organisation révolutionnaire, communiste, capable de donner au mouvement à la fois une base ouvrière et une direction révolutionnaire, une perspective alternative ?

 

Après la présentation, dans le débat, les jeunes ont multiplié les questions. Henri Alleg y a répondu en alliant justesse politique et anecdotes stimulantes, précision et exhaustivité.

 

Le socialisme algérien ? Une vague aspiration politique à une société libérée de l'exploitation en Algérie, mais un flou théorique et politique au niveau des directions du FLN qui a mené à une politique au coup par coup sans cohérence et à terme à une contre-révolution libérale. Rien à voir avec la conception claire du socialisme qu'avaient les communistes algériens.

 

La construction de l'organisation communiste en Algérie ?Avant tout dans la rupture avec l'héritage socialiste de la SFIO, ce vieux fonds d'esprit colonial. Dans la construction de liens avec la jeunesse ouvrière et paysanne algérienne, c'était l'idée de l'UJDA : faire des communistes la force dirigeante d'un vaste mouvement anti-colonialiste.

 

Quelle organisation du Parti dans la classe ouvrière algérienne ? Les plus exploités étaient les Algériens, paysans ou ouvriers. Hélas, les européens, même progressistes, étaient privilégiés dans le système colonial. Pour le PCA, il s'agissait de se battre d'abord pour l'égalité des droits. Les communistes ne partageaient pas toutefois les conceptions d'un Franz Fanon pour qui tout travailleur européen est par nature un exploiteur et ne pouvait être anticolonialiste, et tout ouvrier algérien est par imitation un ouvrier assimilé au système. Pour les communistes, la classe ouvrière algérienne restait la classe révolutionnaire. Ce qui passait par la CGT qui organisait l'écrasante majorité des travailleurs algériens. Les communistes se sont battus pour que les Algériens puissent aussi diriger les syndicats. La force des communistes était telle que les nationalistes ont eu peur qu'ils prennent le contrôle des syndicats à la libération et ont cherché à les éliminer de l'UGTA.

 

Quels rapports avec le FLN ? Complexes. Les communistes ont toujours été les plus unitaires dans la lutte mais ont toujours refusé de dissoudre le « Parti » dans le « Front ». Pour le PCA, seuls les communistes proposaient une alternative claire, le socialisme, alors que le FLN naviguait entre socialisme et nationalisme classique. Seul le Parti pouvait organiser la lutte et orienter les travailleurs, mais cela dans une lutte plus large. On peut penser à l'acte héroïque d'Henri Maillot qui organise le détournement un camion d'armes françaises que le Parti livre ensuite à l'Armée de libération nationale comme gage de bonne foi.

 

Quelle perspective aujourd'hui en Algérie ? Le mouvement progressiste est affaibli, tout comme l'idée communiste. L'espoir peut venir de la jeunesse, qui ressent toutefois un profond dégoût pour la classe politique, mais qui manque de perspectives, d'alternative dans son combat. Les communistes sont dans une situation difficile mais les luttes sont incessantes et le pouvoir a de plus en plus de mal à les canaliser.

 

En Algérie comme en France, l'alternative aux politiques de paupérisation et de casse sociale du capital, à la politique d'asservissement des peuples de l'impérialisme, sous ses différentes formes, du colonialisme brutal à l'impérialisme moderne, passe par la reconstruction de l'organisation communiste, un processus auquel la jeunesse du 15èmeentend bien contribuer à son échelle !

 

source: le blog JC Paris 15ème

mercredi 28/12/2011

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 12:23
penibilite.pngSelon Les Echos, moins de 500 salariés ont pu partir en retraite à 60 ans pour cause de taux d'incapacité permanente d'au moins 10 %. On est très loin des affirmations d'Eric Woerth sur le le problème des salariés ayant eu une vie professionnelle très usante !

 

Souvenez-vous, c'était en mai 2010, Eric Woerth épaulé par Raymond Soubie, alors conseiller du Président, nommé entre temps au Conseil économique et social préparait les français au passage à 62 ans de l'âge légal de la retraite. Inquiets de la réaction des salariés, nos deux spécialistes mettaient brandissaient une contrepartie majeure : la prise en compte de la pénibilité.

Eric Woerth dans une interview au JDD expliquait d'ailleurs, qu'il prendrait : « (...) des mesures dans lesquelles sera privilégiée l'évaluation au cas par cas (...) nous allons vraiment prendre en compte la pénibilité alors que ce n'était pas le cas jusqu'à présent. Il y aura une véritable avancée dans ce domaine. Avancées que n'ont pas fait d'autres pays (...) »

Les Echos nous rappellent les conditions dans lesquelles un salarié peut demander son départ à 60 ans pour cause de pénibilité.

« Les assurés qui justifient d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 20 % provoqué par une maladie professionnelle ou un accident du travail peuvent continuer à liquider leurs droits à 60 ans (...) Ceux qui souffrent d'une incapacité comprise entre 10 % et 20 % peuvent également faire une demande, mais la retraite à 60 ans ne leur est pas accordée automatiquement. Une commission pluridisciplinaire examine leur dossier. L'assuré doit avoir été exposé pendant au moins dix-sept ans à des facteurs de risque dont la liste est précisément établie (...) »

Or, si le gouvernement escomptait : « (...) jusqu'à 30.000 départs par an au titre de ce dispositif, qui est entré en vigueur le 1 er juillet dernier (...) » Les chiffres officiels de mi octobre 2011 sont sans appel : (...) seules 1.338 demandes avaient été déposées, dont seulement 377 pour des incapacités comprises entre 10 % et 20 % (...) Parmi les demandes traitées, 466 départs à 60 ans ont été accordés (...) »

Si du côté gouvernemental, on préfère justifier ce nombre ridicule, par le manque d'information des salariés, du côté de la CGT on est plus réaliste : « (...) de nombreuses personnes qui ont eu des carrières pénibles ne sont plus en activité à 60 ans mais au chômage, en invalidité ou aux minima sociaux. »

Autre volet de la pénibilité, fixée par la loi du 9 Novembre 2010 sur la réforme des retraites : Celui qui prévoyait : « (...) que les entreprises d’au moins 50 salariés, dont au moins 50 % des effectifs sont exposés à certains facteurs de risques, doivent être couvertes par un accord ou un plan d’action de prévention de la pénibilité »

S'il a donné naissance à un site web : « Travailler mieux - la santé et la sécurité au travail », opulent en termes de textes et données , il faut savoir qu'il était censé se préoccuper de la prévention de la pénibilité. Or, les branches professionnelles avaient jusqu'au 31 décembre de cette année, pour négocier entre partenaires sociaux des accords sur la prévention de la pénibilité.

Où en est-on ?

Selon un autre article des Echos : « (...) Deux types de pistes ont été proposées par le patronat : d'abord l'étalement de la disparition des primes de pénibilité lorsqu'un salarié prend un poste classique (...) Ensuite, la possibilité de convertir des primes en temps, à prendre dans l'année ou en fin de carrière pour avancer l'âge du départ en retraite (...) » Ce qui, expliquent les syndicats, existe déjà dans plusieurs entreprises ou branches. En bref, on tatônne ... sans plus !

Néanmoins, les millions de salariés en activité doivent savoir qu'en cas d'échec des négociations de branches, l'avenir de la prévention de la pénibilité relèverait des entreprises. D'où une grande disparité de situations à prévoir !

Mais que se passerait-il si les entreprises à leur tour, trainaient les pieds ?

Et bien, si le gouvernement avait la moindre idée de mobiliser ses troupes pour contrôler la mise en place des accords, la sanction serait terrible, puisque : « (...) les entreprises ont de toute façon six mois pour se conformer à leurs obligations (...) »

Nul doute que les salariés apprécieront, à juste titre la : « véritable avancée » mise en place par Eric Woerth et l'UMP ...
http://slovar.blogspot.com/2011/12/reforme-des-retraites-retour-sur.html
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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 12:14

Violence-enfance.jpgDepuis trente ans, les actes violents sont de moins en moins nombreux dans notre société. Cependant, ils nous semblent de plus en plus intolérables.

Le thème de « la violence » est devenu central dans le débat public à partir du début des années 1990. Les responsables politiques commentent en permanence diverses statistiques s’y rapportant : violences sexuelles, violences dans « les banlieues », violences à l’école, homicides, braquages, etc. Les médias relayent et illustrent ces interrogations en puisant dans l’intarissable source des faits divers. Dans la population, il est fréquent de commenter « toute cette violence » pour exprimer une inquiétude allant des tags sur des murs de son quartier jusqu’aux phénomènes de terrorisme international. C’est dire si beaucoup de choses s’amalgament à travers cette notion de « violence » et si le risque est grand de ne faire qu’ajouter aux discours et aux « prénotions », comme disait Émile Durkheim. Si elle veut s’en prémunir, l’analyse à prétention scientifique doit poser deux constats préalables.

Hétérogénéité des comportements violents. Il n’est pas sérieux de regrouper et d’interpréter ensemble des assassinats mafieux, des infanticides, des violences conjugales, des vols avec violences, des viols, des incestes, des actes de pédophilie, mais aussi des violences verbales en tous genres, des gifles, des coups de poings, des jets de pierre sur des voitures de police, des dégradations d’Abribus ou de cabines téléphoniques, des incendies de véhicules, etc. Ces infractions sont de nature largement différente. Leurs causes, leurs motivations, leurs auteurs, leurs victimes, les lieux et les circonstances de leur perpétration sont extrêmement divers. Il faut donc délimiter un objet présentant une relative homogénéité. Nous parlerons ici des violences interpersonnelles, physiques, sexuelles et verbales. Ceci exclut les violences anonymes de masse de type terroriste, les violences d’État (y compris les violences policières) ou encore les violences politiques collectives telles que les émeutes, ou les actions violentes commises par des groupes d’extrême droite ou d’extrême gauche.

Construction juridique et sociale des comportements dits violents. Est illégitimement violent ce qu’une société reconnaît comme tel et qu’un droit sanctionne comme tel. La définition des comportements violents n’a rien d’intemporelle, elle ne cesse au contraire d’évoluer dans nos sociétés. Le phénomène est particulièrement net dans le cas des violences faites aux femmes et aux enfants, mais il est beaucoup plus général. Dès lors, comment raisonner sur l’évolution d’un phénomène dont la définition ne cesse de s’élargir ? L’on croit le plus souvent « nouveaux » des comportements qui ne le sont que dans leur dénonciation.

Fort de ce double postulat, nous tentons de construire un cadre interprétatif global et complexe, qui permette d’émanciper la réflexion de l’équation simpliste « réduction versus augmentation de la violence ». Ce modèle sociohistorique consiste dans un ensemble articulé de cinq processus (1)

 

Transformation du statut de la violence

La célèbre thèse de Norbert Elias sur le « processus de civilisation » – parlons plutôt de « pacification », mot moins normatif – n’est pas obsolète. En effet, contrairement à un préjugé omniprésent dans le débat public, les violences interpersonnelles ne connaissent pas d’« explosion » depuis une quinzaine d’années (encadré ci-dessous). Au contraire, un processus de pacification des mœurs continue à travailler la société française et participe du recul lent, irrégulier mais continu de l’usage de la violence interpersonnelle comme issue aux conflits ordinaires et quotidiens de la vie sociale. Il la réduit parce qu’il a pour conséquence première de la stigmatiser, de la délégitimer. D’où un paradoxe qui n’est qu’apparent : le sentiment général d’une augmentation des comportements violents peut parfaitement accompagner un mouvement d’accélération de leur dénonciation mais aussi de stagnation voire même de recul de leur fréquence réelle. En réalité, notre société ne supporte plus la violence, ne lui accorde plus de légitimité, ne lui reconnaît plus de sens. Du coup, les comportements changent de statut. Ce qui était regardé jadis comme normal ou tolérable devient anormal et intolérable. Ceci concerne massivement les violences sexuelles, les violences conjugales, les maltraitances à enfants, les bagarres entre jeunes. Cette mutation s’étend aussi à la violence psychologique ou morale, sans dommage physique, c’est-à-dire à la violence verbale. De là, la fortune de la notion de harcèlement moral.

Cette transformation de nos sensibilités et de nos représentations s’articule fondamentalement sur une mutation du statut de victime dans la société française. Outre que l’élévation du seuil de sensibilité élargit le champ des actes dénoncés comme insupportables, elle accentue la compassion et l’empathie morale envers les victimes de ces actes, surtout si est présente la notion de souffrance (2).

 

Criminalisation : quand l’État veut discipliner

De Karl Marx à Zygmunt Bauman en passant par N. Elias, l’école de Francfort et Michel Foucault, la plupart des traditions intellectuelles s’accordent sur le fait que la disciplinarisation aura été l’une des caractéristiques majeures de la « modernité ». Le débat porte sur les leviers de ce processus. L’action de l’État en a toujours été un. Ainsi, dans les années 1990, confrontés aux conséquences du chômage de masse et du redéploiement des inégalités, à un haut niveau des vols et cambriolages et à une demande de sécurité croissante, la plupart des États occidentaux ont fortement réinvesti leurs prérogatives régaliennes en matière pénale et tenté d’imposer un nouveau contrôle social (3). Le processus de criminalisation en est la clef. Il se poursuit sans discontinuité depuis le début des années 1980 . Le législateur ne cesse de créer de nouvelles infractions ainsi que de durcir la poursuite et la répression d’incriminations préexistantes. De trois manières : en alourdissant les peines encourues, en changeant la qualification de certaines infractions (par exemple de la contravention au délit), et en durcissant la qualification de certaines infractions (surtout les vols et les atteintes aux personnes) par l’ajout de « circonstances aggravantes ». Outre le renforcement continu de la pénalisation des violences sexuelles, des violences visant certaines catégories de personnes (les conjoints, les mineurs, les fonctionnaires), certains lieux (notamment les établissements scolaires) ou certaines circonstances (les manifestations, le fait d’agir « en réunion »), on relève aussi dans les années 1990 la création des délits de bizutage et de harcèlement moral. Enfin, depuis 2002, nous sommes entrés dans une période de véritable frénésie sécuritaire avec près de 50 réformes du code pénal et du code de procédure pénale (4).

 

Judiciarisation des conflits de la vie sociale

La judiciarisation consiste dans le fait de recourir à la justice pour régler des litiges, conflits, différends en tous genres. Ce processus est bien entendu favorisé par les deux précédents. Mais il est lié aussi à l’évolution des modes de vie en tant qu’ils réduisent les capacités de régulation des conflits interindividuels dans les microcommunautés sociales. L’urbanisation se poursuit en effet en raison du développement de la périurbanisation, cette dernière ne s’accompagnant en réalité d’aucune reconstruction de dynamique communautaire. Au contraire, les modes de vie périurbains séparent toujours plus le lieu d’habitat familial du lieu de travail, des commerces où l’on fait ses courses et parfois des équipements scolaires, des loisirs et des lieux de l’engagement associatif. Nos lieux d’habitation sont par conséquent toujours plus anonymes. En centre-ville, ne pas connaître ses voisins est courant, l’anonymat est la règle dans les transports en commun et dans les lieux de loisirs. De manière générale, les contacts de proximité s’amenuisent à une vitesse accélérée. Dès lors s’accentue encore un mouvement ancien de réduction des capacités de règlement infrajudiciaire des conflits inter­individuels. Faute d’interconnaissance, d’habitude du dialogue et de médiation, les individus se retrouvent seuls entre eux pour réguler leurs conflits et n’ont d’autre solution, s’ils ne parviennent pas à s’entendre, que de se retourner vers les pouvoirs publics.

Ainsi les principaux changements enregistrés dans les zones de gendarmerie ne résident pas dans la nature des comportements délinquants mais, d’une part, dans l’élargissement de la définition de la délinquance, d’autre part dans les transformations des façons de travailler des gendarmes et des comportements de plainte des habitants. À tel point que ce dont les gendarmes se plaignent le plus est l’évolution des comportements des habitants qu’ils décrivaient tour à tour comme « assistés », « individualistes » et les harcelant de petites demandes ne relevant pas, selon eux, de leur compétence, s’agissant en particulier de conflits de voisinage, d’incivilités attribuées aux jeunes et de conflits conjugaux ou familiaux dans lesquels les gendarmes se sentent parfois même instrumentalisés (5).

 

Compétition pour les biens de consommation

À l’orée des années 1960, la société française connut une très forte croissance de la proportion des jeunes. Les phénomènes de délinquance juvénile s’en trouvèrent donc également plus nombreux. Le débat public de l’époque s’en fit du reste l’écho à travers la peur des « blousons noirs ». Toutefois, derrière les constructions médiatiques basées sur des événements spectaculaires mais rares, le cœur de la délinquance juvénile et de son augmentation est alors constitué par des vols. Certains sont d’un genre nouveau. Ni vol de survie du pauvre, ni du vol « professionnel », ils visent des objets qui incarnent la société de consommation : la Mobylette et la voiture. L’essor constant de cette société de consommation s’accompagne ainsi du développement d’une délinquance d’appropriation qui constitue une sorte de redistribution violente. La « modernité » se caractérise donc aussi par cette compétition de plus en plus âpre pour la possession des biens de consommation, dans une société où l’anonymat facilite grandement la tâche des voleurs. Là réside la caractéristique principale des transformations de la deuxième moitié du XXe siècle. De fait, le principal risque dans la société française contemporaine est de se faire voler des biens ou de l’argent permettant d’acquérir des biens, dans son commerce, chez soi ou dans l’espace public : voiture, scooter, sacs à main, vestes et portefeuilles, bagages, et désormais aussi téléphones portables, MP3, ordinateurs portables, consoles de jeux, etc. Et de se faire violenter si d’aventure on tente de résister au vol.

 

Ségrégation : des « ghettos » à la française

Après avoir analysé des processus qui traversent toute la société française, il faut s’interroger sur les différences relatives des types de territoire et de groupes sociaux les habitant. Non seulement les modes de vie des « hypercentres » diffèrent largement de ceux des zones rurales « profondes » et des zones périurbaines en pleine croissance, mais au sein même des « banlieues » des moyennes et grandes villes, la polarisation sociale ne cesse de croître. À tel point que les sociologues n’hésitent plus à parler de « ghettoïsation » (Didier Lapeyronnie) et de « séparatisme social » (Éric Maurin). Et ces processus ne sont pas seulement spatiosocioéconomiques, ils ont aussi des conséquences psychologiques en termes d’identités collectives (donc de frontière tant sociale que mentale).

Les enquêtes annuelles de victimation de l’Insee signalent que les agressions, comme les vols contre les particuliers, sont plus intenses dans les zones urbaines sensibles (zus). Les enquêtes locales de victimation du Cesdip précisent que les zus n’enregistrent des taux vraiment plus élevés qu’en matière d’agressions intrafamiliales. Nos études sur dossiers judiciaires appuient ce constat de violences graves (tant les homicides que les coups et blessures suivis d’ITT (6), chez les majeurs comme chez les mineurs), produites la plupart du temps dans le cadre de l’interconnaissance et souvent dans des relations familiales ou conjugales. Elles surviennent plus souvent qu’ailleurs dans les territoires qui concentrent les personnes en situation de grande précarité socioéconomique. Facteur supplémentaire de mal-être, de dépressivité, de stress et d’agressivité, cette dernière ne peut qu’envenimer les conflits interpersonnels à tous les niveaux : au sein des familles, entre voisins, entre groupes de jeunes, entre les familles et les enseignants et entre les jeunes et les policiers. C’est ici une sorte de violence du ressentiment, de l’échec et de l’humiliation.

Alliée au développement continu de la société de consommation, cette ségrégation constitue le principal facteur contredisant le processus général de pacification des mœurs commencé à la fin du Moyen Âge en Europe (7). C’est donc à la question de l’organisation démocratique de la répartition des richesses déterminant les conditions de vie que renvoie aussi in fine l’analyse de l’évolution des violences interpersonnelles dans nos sociétés dites « postmodernes ».

 

Quel avenir pour les questions de « violence » ?

La prospective est un exercice difficile pour un sociologue. Le modèle sociohistorique proposé est complexe, il articule cinq processus de nature différente. Les cinq processus semblent devoir se poursuivre voire même s’amplifier lorsqu’ils correspondent à des évolutions profondes dans nos modes de vie et nos représentations. Pacification, judiciarisation et compétition pour la consommation semblent ainsi devoir continuer à se développer de plus belle dans les années à venir. Le processus de ségrégation continue actuellement à s’enraciner, les évaluations nationales – comme le dernier rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles – n’étant guère rassurantes (8). Il relève cependant en bonne partie de l’action (ou de l’inaction) des pouvoirs publics. Reste enfin le processus de criminalisation qui dépend plus directement des évolutions de la gestion politique des questions de sécurité. La stratégie actuelle des pouvoirs publics est de répondre à la « question de la violence » par l’entretien d’un climat d’inquiétude à l’occasion des faits divers (concernant les bandes, les mineurs de moins de 13 ans, les agressions en milieu scolaire, les armes à feu, la récidive, etc.), par un usage frénétique de l’incrimination (c’est-à-dire l’élaboration permanente de nouvelles lois durcissant le code pénal, souvent même avant que l’on dispose d’évaluations des précédentes) et par une prévention qui se réduit quasiment à la vidéosurveillance (dont l’efficacité est critiquée dans le milieu scientifique). On pourrait imaginer une autre gestion politique, mais ce n’est plus de l’ordre de la prospective.

 

 

Une «explosion des violences» que démentent les enquêtes

 

Les homicides sont en net déclin dans les statistiques de police et de gendarmerie (819 cas d’homicide et de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort relevés en 2009, contre 1 519 en 1988). Ces statistiques permettent de mesurer relativement finement la fréquence et l’évolution réelle des comportements indépendamment de l’action des administrations et de l’évolution du droit, et indiquent la stabilité des violences physiques interpersonnelles (1). Enfin, les enquêtes sur dossiers judiciaires montrent que les augmentations de faits judiciarisés correspondent à des comportements qui ne sont nouveaux que dans leur dénonciation (violences sexuelles, conjugales, harcèlements divers chez les adultes, bagarres, attouchements, violences intrafamiliales et turbulences scolaires chez les adolescents et préadolescents (2)).

 

Évolution de la victimation chez les adolescents de 1994 à 2006 (en %)

Le graphique ci-dessus rend compte de l’évolution de quelques victimations chez les jeunes dans la partie françai­se d’une enquête inter­nationale (3).

 

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NOTES :

(1) Dans tout ce qui suit, nous résumons et actualisons, L. Mucchielli, « Une société plus violente ? Analyse socio­historique des violences interpersonnelles en France, des années 1970 à nos jours », Déviance et société, vol. XXXII, n° 2, 2008.
(2) V. Le Goaziou, La Violence, Le Cavalier bleu, 2004.
(3) D. Garland, The Culture of Control: Crime and social order in contemporary society, Oxford & Chicago University Press, 2001.
(4) J. Danet, « Cinq ans de frénésie pénale », in L. Mucchielli (dir.), La Frénésie sécuritaire, La Découverte, 2008.
(5) L. Mucchielli (dir.), Gendarmes et Voleurs. De l’évolution des délinquances aux défis du métier, L’Harmattan, 2007.
(6) Incapacité temporaire totale. Le nombre de jours d’ITT, déterminé par le médecin légiste, joue parfois sur l’incrimination de l’agresseur (tribunal de police ou tribunal correctionnel).
(7) L. Mucchielli et P. Spierenburg (dir.), Histoire de l’homicide, de la fin du Moyen Âge à nos jours, La Découverte, 2009.
(8) www.ville.gouv.fr/article.php3?id_article=600

Les homicides sont en net déclin dans les statistiques de police et de gendarmerie (819 cas d’homicide et de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort relevés en 2009, contre 1 519 en 1988). Ces statistiques permettent de mesurer relativement finement la fréquence et l’évolution réelle des comportements indépendamment de l’action des administrations et de l’évolution du droit, et indiquent la stabilité des violences physiques interpersonnelles (1). Enfin, les enquêtes sur dossiers judiciaires montrent que les augmentations de faits judiciarisés correspondent à des comportements qui ne sont nouveaux que dans leur dénonciation (violences sexuelles, conjugales, harcèlements divers chez les adultes, bagarres, attouchements, violences intrafamiliales et turbulences scolaires chez les adolescents et préadolescents (2)).

 

Évolution de la victimation chez les adolescents de 1994 à 2006 (en %)

Le graphique ci-dessus rend compte de l’évolution de quelques victimations chez les jeunes dans la partie françai­se d’une enquête inter­nationale (3).


NOTES :

(1) Les enquêtes de victimation (enquêtes interrogeant anonymement des échantillons représentatifs de personnes sur ce qu’elles ont pu subir sur une période de temps déterminée, qu’elles l’aient ou non signalé aux services de police et de gendarmerie.
(2) R. Zauberman, P. Robert, S. Nevanen et E. Didier, « L’acteur et la mesure. Le comptage de la délinquance entre données administratives et enquêtes », Revue française de sociologie, n° 1/2009.
(3) Sur les mineurs, voir V. Le Goaziou et L. Mucchielli, La Violence des jeunes en question, Champ social, 2009.
Laurent Mucchielli

 


Laurent Mucchielli


Sociologue, directeur de recherches au CNRS (Cesdip). Il a récemment dirigé, avec Pieter Spierneburg, Histoire de l’homicide en Europe, La Découverte, 2009, et publié avec Véronique Le Goaziou La Violence des jeunes en question, Champ social, 2009.
Site Internet : www.laurent-mucchielli.org
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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 16:27

sacp1l.gifLe PC Sud-africain commémore le 50ème anniversaire du déclenchement de la lutte armée contre le régime d'apartheid



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Déclaration du secrétaire-général du PC Sud-africain (SACP), Blade Nzimande



Aujourd'hui, en ce jour important et historique, le SACP met son drapeau rouge en berne en hommage à tous les cadres de l'Umkhonto we Sizwe (MK – branche armée de l'ANC) qui ont sacrifié leur vie dans la lutte contre le régime criminel d'apartheid afin de libérer notre pays. En tant que communistes sud-africains, nous souhaiterions également rendre hommage à tous ces anciens cadres du MK, encore parmi nous, qui ont montré par l'exemple, par leur dévouement désintéressé, dans la lutte pour libérer notre pays.



En ce jour, le SACP salue également les différentes générations de combattants du MK, jeunes et vieux, des membres du Haut commandement du MK au début des années 1960, en passant par le détachement de 1976, aussi bien que nos combattants au plus fort de notre lutte de masse, dans les années 1980. Ce jour ne pouvait tomber à un meilleur moment, à la veille du centenaire de l'ANC, et durant le 90ème anniversaire du SACP !



Il n'y a guère de meilleure façon d'honorer le rôle du MK que d'intensifier la lutte pour mobiliser l'ensemble de notre peuple afin de réaliser les cinq priorités de notre mouvement – création d'emplois, accès à l'éducation et à la santé, développement rural et lutte contre le crime et la corruption. Ce faisant nous devons, comme combattants du MK, être préparés à servir de façon désintéressée notre peuple sans rien attendre en terme de profit personnel, pour nous-mêmes en tant que dirigeants et cadres de notre mouvement.



Aujourd'hui, il n'y a guère de meilleure de façon de rendre hommage au rôle et à la contribution des cadres du MK que d'intensifier la lutte contre la corruption, le tenderpreunariat [dérivé de tender = contrats publics ; patrons qui vivent des contrats publics frauduleux], le militantisme dévoyé et le manque de discipline. En ce jour, nous appelons notre mouvement dans son ensemble à affronter de façon résolue le manque de discipline, l'inconscience, le populisme et la corruption. Les cadres du MK ont compris qu'une des meilleures armes que nous pourrions remettre entre les mains de l'ennemi afin qu'il puisse nous vaincre étaient le manque de discipline et une forme de militantisme inconséquent. Éliminons toutes ces tendances étrangères à notre mouvement afin de préserver l'héritage de l'Umkhonto WeSizwe.



Il nous faut également rendre hommage à ces milliers de communistes qui ont battu dans les rangs du MK et joué un rôle héroïque tout au long de leur existence dans cette glorieuse armée. En ce jour, nous devons nous souvenir de Moses Kotane, Yusuf Dadoo, Govan Mbeki, Ruth First, Raymond Mhlaba, Joe Slovo, Chris Hani, Linda Jabane, Mzala Nxumalo, ainsi que de toutes ces militantes communistes qui ont joué un si grand rôle dans la poursuite de la lutte armée. Nous sommes fiers que des communistes se soient battus courageusement aux côtés de tous les autres combattants du MK, dans les rangs de l'ANC. Le MK, à sa façon, a joué un rôle important dans la consolidation de l'unité de notre Alliance dans la lutte et dans les tranchées.



Les communistes étaient parmi les premiers à rejoindre les rangs du MK lorsque notre mouvement de libération s'est engagé dans la lutte armée. Nous rappelons avec fierté les paroles de Joe Slovo lorsqu'il nous évoquait le rôle que les communistes ont joué dans la formation et l'évolution du MK :



« Pour constituer le Haut commandement, l'ANC a nommé Mandela et le Parti m'a désigné. Nous avions chacun nos instructions afin de faire des recommandations sur l'équilibre des forces au sein du Haut commandement, recommandations que nous avons faites et qui ont été finalement approuvées ».



Ainsi, en ce jour, nous, communistes sud-africains, nous nous engageons à continuer la lutte, aux côtés de tous nos camarades et compatriotes dans la lutte pour l’éradication de la pauvreté, l'inégalité des sexes et l'exploitation de classe. Tout comme nous l'avons fait par notre participation dans la lutte armée, nous ne ménagerons pas nos efforts et nous nous dévouerons pleinement à la reconstruction et au développement de notre pays, tout en luttant contre toutes les tendances étrangères, d'accumulation égoïste et d'indiscipline, tant dans les rangs qu'en dehors des rangs de notre mouvement. Cela sera la façon dont les communistes honoreront la mémoire de tous les cadres du MK.



La lutte armée, en particulier entre 1961 et 1990, fut un des quatre piliers fondamentaux de notre lutte pour vaincre l'apartheid – la lutte de masse, la lutte clandestine, la lutte armée et l'isolement international du régime d'apartheid. La propagande armée du MK a joué un rôle crucial en galvanisant notre peuple afin d'intensifier la lutte sur tous les fronts et sur tous les terrains, y compris la mobilisation de solidarité internationale en soutien à notre lutte juste de libération.



Les combattants du MK ont souvent représenté les cadres les plus disciplinés de notre mouvement, ceux qui n'attendaient rien en retour pour leurs sacrifices, mais étaient prêts à donner leurs vies afin que leur pays puisse être libre. Il est par conséquent notre devoir, en tant que cadres du mouvement, de faire vivre l'héritage de nos combattants du MK, d'honorer leur mémoire et de défendre toutes les valeurs qui ont guidé leur action.



En ce jour, il est tout aussi important de rendre hommage à tous ceux qui ont participé au mouvement international anti-apartheid. En particulier, nous aimerions reconnaître l'aide, pas seulement militaire, que nous avons reçu de l'ex-Union soviétique et du mouvement communiste international dans notre lutte contre le régime d'apartheid.



Le SACP lance un appel afin que notre mouvement et notre gouvernement réponde tout de suite aux besoins des cadres encore vivants du MK, en particulier de ceux qui vivent dans des conditions misérables. Il est important que nous occupions de nos cadres, afin qu'ils ne soient pas trompés par les libéraux, comme ceux de l'Alliance démocratique [parti libéral de droite post-apartheid] et tous nos ennemis et nos détracteurs, ceux qui n'ont jamais le petit doigt dans la lutte contre l'apartheid, et qui pour nombre d'entre eux ont été parmi les bénéficiaires de l'ordre raciste d'apartheid. Pour cette raison, nous saluons la mise en place d'un Département des vétérans de la lutte armée en 2009 afin de répondre aux besoins des anciens combattants.



A tous les cadres du MK disparus nous disons, votre sang n'a pas coulé en vain, puisqu'aujourd'hui nous sommes un pays libéré ! Le SACP chérira à jamais votre mémoire.

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 16:24

barakeh-auschwitz.jpgLe gouvernement israélien poursuit le député communiste Mohammed Barakeh, accusé d'avoir rendu hommage aux victimes d'Auschwitz au nom de l'Autorité palestinienne


Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Ministre des Affaires étrangères israélien a déposé une plainte officielle contre le président du Hadash (Parti communiste d’Israël/Front démocratique pour la paix et l'égalité) et député communiste Mohammad Barakeh mardi, invoquant le fait qu'il « s'est rendu en visite officielle en Pologne au nom de l'Autorité palestinienne ».

 

Dans la plainte, il est affirmé que Barakeh a réalisé deux voyages au nom de l'Autorité palestinienne, violant ainsi le règlement de la Knesset. Les voyages remontent à 2010. Selon la plainte, en janvier 2010 Barakeh a participé à une mission officielle Israélienne à Auschwitz, un ensemble de camps de concentration et d'extermination Nazis construits et exploités par le Troisième Reich dans les territoires occupés Polonais annexés par l'Allemagne nazie. Selon le Ministre des affaires étrangères, « à un moment de la visite de la délégation en Pologne, il a retrouvé plusieurs responsables de l'Autorité palestinienne qui visitaient également le pays ».

 

L'organisation d'extrême-droite « Le forum juridique pour la terre d’Israël » avait déposé une plainte contre le président du Hadash auprès de la Commission de l'éthique de la Knesset, demandant une enquête sur cette affaire. Dans un communiqué, le député communiste Barakeh a déclaré : « Le fait que le Ministre des affaires étrangères poursuive les rivaux politiques de Lieberman est quelque chose de très grave. Le contrôleur d’État et le procureur général devraient lancer une enquête sur la conduite anormale de ce ministère ».

 

« Je représente une plate-forme de paix et de justice sociale sur la base de laquelle j'ai été élu – et non le gouvernement, »a-t-il ajouté. « Quand j'accepte une invitation officielle, je coordonne mon voyage avec la Commission d'éthique. Je ne suis aucunement obligé de le faire lorsqu'il s'agit de voyages privés – ceux-ci sont à mes propres frais. C'était le cas lors des rencontres que j'ai pu avoir en Pologne, y compris avec des représentants du Ministre des affaires étrangères Polonais ».

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 16:10

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 16:06

chirac_jospin2.jpgCe n’est pas possible de ne pas respecter : le retour de l’âge de la retraite à 60 ans pour tous.

 


François Hollande a détaillé, sur RTL, ce qu’il envisageait à propos de la retraite à 60 ans en cas de victoire de la gauche en 2012. Elle ne concernerait que les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et disposant déjà de « tous leurs trimestres » pour une retraite à taux plein. Et pour les autres? « Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation ne le pourront pas », a précisé le candidat du PS remettant en cause ce qui était acquis dans le projet PS. « Il ne l’avait certes pas promis pendant les débats de la primaire socialiste. Mais il n’avait pas non plus contredit Martine Aubry et Ségolène Royal qui prônaient un retour généralisé aux 60 ans », écrit Le Figaro qui se réjouit évidemment : « François Hollande entérine en creux le recul de l’âge légal à 62 ans. Il se contente de proposer une exception supplémentaire. Il élargit, ni plus ni moins, le dispositif « carrières longues ». Instaurée par la réforme Raffarin Fillon de 2003 pour les salariés entrés dans la vie active au plus tard à 16 ans, la mesure a été étendue par Éric Woerth aux personnes ayant commencé leur carrière à 17 ans. Là, c’est à 18 ans. Cela devrait ne concerner que 80.000 à 100.000 hommes et femmes par an (entre 1 nouveau retraité sur 6 et 1 sur 8 environ). « Mais avec un âge légal à 62 ans, ceux qui ont commencé à 18 ans doivent encore travailler 44 ans : notre proposition est une proposition de justice, pas d’idéologie », balbutie Marisol Touraine, chargée de ces questions dans l’équipe de campagne de Hollande. …
Pourtant la majorité des jeunes, 7 sur 8, confrontés à 25 % de chômage ne trouvent un CDI qu’à 29 ans, ce qui signifie pour eux une retraite à 70 ans au moins.

« C’est juste impossible »

François Hollande a implicitement admis que la durée de cotisations avait encore vocation à augmenter, parlant sur RTL de « 41 années, voire 42 années de cotisation » (elle est actuellement fixée entre 40,75 ans, pour la génération 1951, et 41,5 ans pour la génération 1955 et les suivantes). Mais c’est impossible alors que les salariés font en moyenne, dans la vie réelle, 35 annuités. Ils sont licenciés, inaptes, malades, au chômage dans 2 cas sur 3 à partir de 55 ans : exiger d’eux 42 annuités, c’est 7 ans de décote ! C’est une véritable agression contre le niveau des retraites : c’est impossible pour la gauche de défendre cela contre 75 % de l’opinion et contre les 8 millions de manifestants de 2010.



Sinon, c’est le chômage qui va gagner

1. L’âge de la retraite recule ? le chômage avance.

2. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse record (5 millions) sans réduction du temps de travail.

3. C’est un non-sens d’allonger les durées de cotisations (ou de faire faire des heures supplémentaires) quand on a 5 millions de chômeurs.

4. L’autre seul résultat c’est que ceux qui ne seront pas en retraite seront inscrits au chômage…

5. 2 salariés sur 3 sont au chômage, licenciés, inaptes, malades, autour de 55 ans.

Les jeunes seront aussi pénalisés

6. Il y a 25 % de chômeurs parmi les jeunes actifs, pourquoi pousser à ce que les « seniors » travaillent plus, s’il y a une priorité cela doit être pour les jeunes, priorité à la jeunesse !

7. 3 jeunes sur 4 ne trouvent un boulot en CDI qu’à partir de 29 ans. 41 annuités c’est la retraite à 70 ans assurée.

8. Ceux qui commencent à travailler « tôt » vers 16, 17, 18 ans sont 1 ou 2 jeunes sur 8.

9. Et même ceux qui commencent à travailler tôt ont des périodes de chômage qui ne sont pas prises en compte à 100 % dans les annuités.

Un salarié qui a travaillé toute l’année peut avoir moins de 4 trimestres validés si sa rémunération est faible. Ce n’est pas la durée de travail dans l’année qui détermine le nombre de trimestres validés mais le montant des salaires soumis à cotisations retraite. Beaucoup ne parviendront pas à avoir suffisamment de trimestres validés à l’âge de 60 ans, ni probablement d’ailleurs à 62. Puisqu’il faut percevoir un salaire de 1772 € brut pour valider un trimestre. Ce qui veut dire qu’un temps partiel au SMIC travaillant 4 trimestres à l’année n’en valide que 3 !Ainsi, les gens n’ayant pas fait d’études auront le « droit » à la double peine

* Contrats précaires et petits salaires dans leur vie active

* Retraites amputées à 67 ans

Pensons aux caissières d’hypermarchés. Mais qui les avertit et qui se soucie d’elles ? Le calcul de la retraite imposé par Balladur sur les « 25 meilleures années » est ségrégationniste contre les jeunes et pauvres.



C’est la santé des salariés qui est danger

10. L’espérance de vie « en bonne santé » selon l’INSEE est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes (59 ans pour les ouvriers, 69 ans pour les cadres). Toujours selon l’INSEE, en France, l’espérance de vie en bonne santé pour les hommes a baissé de 2007 à 2008, de 63 à 62,4 ans.

11. Entre 55 et 60 ans, 2 maladies sur 3 sont liées au travail, entre 60 et 65 ans, 3 maladies sur 4 sont liées au travail.

12. La biologie du corps humain n’a pas changé entre 55 et 65 ans. TOUS les métiers sont pénibles. Physiquement et mentalement. Vous voyez un vieil instituteur de 62 ans devant ses élèves ? Un chauffeur-livreur à 59 ans ? Une femme de service de nettoyage à 61 ans ? Un cadre stressé de 60 ans en compétition avec des « jeunes » cadres ? Et un ouvrier du bâtiment de 55 ans devant son marteau piqueur ?

13. La principale maladie professionnelle ce sont les TMS, (troubles musculo squelettiques) elles augmentent de 18 % par an depuis l’an 2000.

14. Dix millions de salariés sur 24 ont des métiers pénibles physiquement (horaires atypiques = 5 millions, dont 2,3 de nuit ; port de charges divers = 5 millions) et les autres subissent une pénibilité mentale de plus en plus forte (burn out, suicides, harcèlement, stress, troubles psychosociaux, précarité, surexploitation, un milliard d’heures supplémentaires impayées..).

15. Mais ce ne sont plus les « coups de grisou » qui tuent comme il y a un siècle : ce sont les accidents cardiaques et vasculaires. 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires : entre 1/3 et 50 % sont liés au travail.



… alors que la fiabilité des prévisions démographiques est contredite par la réalité

16. Les prédictions de ceux qui disaient qu’on ne peut payer les retraites pour des raisons démographiques sont toutes tombées à l’eau : ils prévoyaient 350 000 naissances par an à partir de 2000, on a eu 850 000 enfants par an depuis l’an 2000.

17 : Il y a un « pic » de retraités entre aujourd’hui et 2036. Ensuite ça retombera jusqu’en 2060 où cela remontera. Il suffit d’ajuster le taux des cotisations en fonction des variations année par année.

18 : L’ajustement des cotisations sociales retraites peut se faire en temps réel, d’un an sur l’autre, selon les variations démographiques, directement de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite. Pas besoin de « placer » de l’argent en courant tous les risques dans des fonds de pension aléatoires que les spéculateurs dilapideront dans les îles Caïman.



La durée de cotisation réelle moyenne devrait être la référence

19. Pourquoi avoir réduit la durée du travail sur la semaine si c’est pour l’allonger sur la vie ?

20. Celui qui prétend allonger la durée de cotisations est impuissant à agir sur le réel : actuellement elle recule depuis 10 ans en pratique vers 36 et vers 35 annuités. Aucune des promesses patronales d’aller à l’inverse pour les « seniors »  n’est entrée en pratique.

21. Prétendre imposer – sur le papier – 41 ou 42 annuités, le SEUL résultat, puisque la moyenne des salariés ne peut cotiser que 36 ou 35 annuités, c’est 6 ou 7 ans de décote. Comment admettre d’allonger des annuités qui ne seront jamais effectuées et donc baisser les plus petites retraites ?

22. Reculer l’âge de départ en retraite à pour seul effet pratique de baisser le niveau des retraites réintroduisant la misère chez les vieux.

23. Il faut prendre comme référence le nombre d’années réellement cotisées dans la vie réelle et non pas l’allongement aléatoire de l’espérance de vie.

24. Par exemple, si la moyenne réelle des annuités cotisées dans la vie réelle des salariés est de 35 annuités, la référence retenue pour une retraite à taux plein doit être de 35, si elle est de 36 cela doit être 36, si elle monte à 37, cela doit être 37…

25. Mais mettre un objectif inatteignable à 41 ou 42 annuités, c’est faire sauter les gens à la perche sans perche, le seul résultat actuel est qu’ils ont une retraite plus basse et non pas qu’ils travaillent plus.

26. Depuis 8 ans AUCUNE raison « nouvelle » de repousser l’âge réel de la retraite. Aucun effet d’entraînement dans l’emploi des seniors. Les salariés cotisent MOINS longtemps en moyenne ! 36 annuités seulement ! Pour sortir de la crise, il ne faut pas baisser salaires et retraites mais les augmenter !

27. Raison de plus pour ne pas prendre l’espérance de vie comme référence, c’est trop aléatoire : l’espérance de vie régresse aux Etats-Unis depuis plusieurs années, elle régresse aussi depuis trois ans en Allemagne. Travailler plus longtemps vous mourrez plus tôt.

Des conditions bien plus dures que dans le reste de l’Europe

28. En Allemagne, en Italie, en Espagne, c’est 35 annuités pourquoi 41 ou 42 ici ? Sarkozy a fait la pire réforme contre le droit à la retraite de toute l’Europe.

29. En Allemagne, la droite veut fixer les départs à 67 ans, mais en 2029… c’est remis en cause par les syndicats qui l’avaient, hélas, signé parce qu’actuellement, la moyenne des départs est autour de 58 ans…

30. En Grande-Bretagne, ils annoncent 68 ans… en 2048 ! Ici, en France, Sarkozy a imposé 67 ans pour le taux plein en 2018, c’est-à-dire demain ! Il faut abroger la loi Sarkozy-Woerth.

31. En Allemagne, ce n’est pas du tout pareil qu’en France, parce que nous, on vit un « boom » démographique depuis l’an 2000, 2,04 enfants par femme, en Allemagne c’est 1,4 enfant par femme.



Un projet politique pour tous

32. 60 ans c’est un DROIT ce n’est pas une obligation ! Mais encore faut-il que ce DROIT soit pour tous ! « d’ordre public social ».60 ans c’est une référence pour tous, un objectif réaliste, contrôlable, clair TOUS ENSEMBLE.

33. 100 000 hommes et 50 000 femmes meurent entre 60 et 62 ans, Avec 41 ou 42 annuités, ils mourront sans un seul jour, une seule semaine, un seul mois de retraite après avoir cotisé toute leur vie.
34. La « retraite à la carte » c’est le slogan du Medef : pour complexifier le système et le rendre illisible, pour qu’il n’y ait plus d’ordre public social, que les salariés ne soient plus solidaires. C’est comme la durée du travail « a la carte », le SMIC à la carte… La règle ne sera plus fixée en raison des besoins humains mais en raison des exigences de la productivité.

35. 60 ans c’est déjà trop. On doit exiger la retraite à 55 ans dans le bâtiment et dans tous les métiers très pénibles.

36. Il ne faut vivre pas moins bien que nos parents : retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires (ce que proposait encore Lionel Jospin en juin 1997)

37. Sinon on subit la double facture : travailler plus longtemps après 60 ans et gagner moins, une majorité de gauche ne peut aller dans ce sens = austérité = récession = crise aggravée = chômage.

Respecter la démocratie à tous les niveaux

38. Démocratie ! Le seul vote de congrès – unanime – du PS qui a eu lieu c’était à Dijon 2003 pour le droit a la retraite à 60 ans à taux plein. Respectons-le.

39. C’est François Hollande qui avait fait voter le congrès du PS unanime de mai 2003 pour la retraite à 60 ans à taux plein !

40. Démocratie, débat dans le PS et dans toute la gauche, tous les syndicats : branle-bas de combat pour la défense des retraites à 60 ans pour tous. 60 ans c’est majoritaire et dans la gauche politique et dans les syndicats : pour qui on dirige ? Pour le peuple ou pour le AAA ?

41. De toute façon, il y a un risque de ne pas gagner si c’est se trouver en porte-à-faux avec 75 % de l’opinion et les 8 millions de manifestants de 2010 (rien ne s’oublie) qui veulent abroger la loi scélérate Sarkozy-Woerth de pillage de nos retraites : il va falloir s’en rendre compte.

42. Oui, il faut écouter les 8 millions de manifestants et 75 % de l’opinion, il faut que François défende la retraite à 60 ans.

43. On votera François Hollande, mais nous luttons pour exiger qu’il respecte le rétablissement de l’âge légal de départ à 60 ans.



Des richesses, il y en a !

44. La « dette » a bon dos pour justifier qu’on ne peut payer les retraites ni hausser les salaires. Elle est la conséquence de choix réalisés par Sarkozy qui veut nous la faire payer. En France, on n’a pas un problème de dette mais de recettes.

45. Ne pas céder au chantage des officines de droite qui s’auto intitulent « agences de notation ». Ils ne proposent jamais d faire payer les riches mais de baisser les salaires et retraites des plus modestes

46. Ne pas céder au chantage des fonds de pension qui veulent siphonner les retraites. Ne jamais les croire, ne jamais leur confier un seul sou de nos retraites : ils vous prendront tout et ils vous voleront tout, le dilapideront dans les caves à « subprimes » et autres paradis fiscaux des Bahamas.

47. La France a 87 % de dette/PIB à cause de Sarkozy qui a vidé la « cagnotte publique » de Lionel Jospin, et remplit les « cagnottes privées » en faisant 24 points de dettes en plus en cinq ans (de 63 à 87/PIB). Mais la France avait 290 % de dette/PIB en 1945 et pourtant elle a mis en place la Sécu et les retraites à ce moment-là.
48. La France est 2,5 fois plus riche qu’en 1982 quand la retraite à 60 ans a enfin été mise en place.

49. Salaires et cotisations sociales sont trop bas depuis + de 20 ans, la France n’a jamais été aussi riche, elle peut payer les retraites à 60 ans.

50. Le COR l’a expliqué et démontré : avec 0,35 % seulement d’augmentation des cotisations sociales par an d’ici 2036, les retraites à 60 ans (35 annuités, 75 %, 10 ans, > au Smic, indexées sur salaires) sont garanties et payées.

Conclusion :

Convainquons, battons-nous, nous sommes la majorité non seulement de la gauche, du salariat, mais du pays tout entier. Qu’on n’ait pas convaincu Sarkozy ce n’est pas une surprise, hélas, vu le personnage et sa politique 100 % réactionnaire, mais ce n’est pas tolérable, il n’a pas écouté le peuple. Lui, il est pour la retratie à 70 ans et 45 h sans gain de salaire. Mais François Hollande est candidat et socialiste, lui, il peut et doit entendre davantage.



PS : La gauche socialiste toute entière combat pour le respect du droit à la retraite à 60 ans :
- En mai 2003 nous avions fait voter la retraite à 60 ans à taux plein,
- En juillet 2006 nous avions fait écarter « la retraite à la carte »,
- en janvier 2010 fait ré affirmer la retraite à 60 ans.
Depuis nous avons empêché que soient votées les 41,5 annuités, elles ne le sont toujours pas officiellement, certains dirigeants pratiquent par coups de force tellement il y a de résistances dans la base du parti ! Alors c’est « renvoyé à la négociation avec les syndicats » :

Donc s’il vous plait faites tous et toutes le boulot, argumentez, argumentez, argumentez comme en 2010, dans TOUS les syndicats aussi pour que la position finale soit correcte !


Vendredi 16 Décembre 2011
Gérard Filoche
http://www.marianne2.fr/gerardfiloche/50-arguments-pour-retablir-la-retraite-a-60-ans_a23.htm
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