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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 20:55

POUR moi, au commencement, fut Jacques Berque. Une valeur que je considérais vite comme sûre face à tant d'autres éphémères, légères, ou prisonnières de choix partisans dans les formes multiples et ressassées à souhait du choc des civilisations auquel bien peu finalement échappaient.
J'étais certes prévenu contre le racisme et l'islamophobie, forte et dominante en France, alors que trop souvent l'antiracisme se limite au seul antisémitisme et j'avais connu l'enseignement de la 4e République dispensant sans vergogne les images d'Épinal des bienfaits civilisateurs de la colonisation française dans ses multiples étapes successives qui ont procédé de cette mondialisation dont certains ont pu dire qu'elle fut la première, dès la fin du 19e siècle jusqu'à la grande crise économique, mondiale elle aussi, qui secoua le capitalisme, à commencer par celui des États-Unis dès 1929, amena, entre autres, le retour à un protectionnisme qui triompha jusqu'aux dernières décennies du 20e siècle, bien après la deuxième guerre mondiale, la défaite du nazisme et la montée du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes qui emporta dans son mouvement poursuivi les empires constitutifs des principales puissances capitalistes avant que s'annonce cette deuxième mondialisation, celle que nous connaissons, dont l'une des caractéristiques est cette domination qui se voudrait sans partage du seul Empire et du seul capital financier.

Cette longue séquence coloniale a déposé dans les consciences des sédiments durables qui se sont surajoutés à ceux d'autres époques plus lointaines, celles où les féodaux, à l'étroit dans les frontières encore mouvantes des royaumes, cherchèrent, au nom de la Chrétienté et de la reconquête des lieux saints, à se constituer des fiefs dans cet Orient magique parce que porteur du lustre de l'apogée d'une civilisation triomphante et raffinée, riche des acquis des civilisations précédentes, qu'elle développa et diffusa
tout au long du pourtour de la Méditerrannée jusqu'en cet Occident qui su s'en saisir, en faire sa Renaissance qui supplanta le Moyen Age, et donner au mouvement de la connaissance et de la civilisation cette impulsion qui le mena vers le Siècle des Lumières et finalement l'étape actuelle du développement.

L'épisode des Croisades, dans la relation qui en a été faite, a gommé ce
riche apport pour n'en retenir que l'épopée des combats entre chrétiens et
sarrazins ennemis pour la conquête des terrres de la naissance de la religion
chrétienne, du tombeau du Christ, au nom de religions dont la coexistence
apparaissait impossible, sa seule évocation apparaissant pour le moins incongrue
en dépit de ce que fut souvent la réalité et en faisant abstraction de
ces données pourtant capitales : ces terres disputées étaient celles qui avaient
connu la naissance, non pas d'une, mais des trois religions monothéistes,
lesquelles au demeurant se réclamaient du même Dieu.
La révélation de ces évidences soigneusement cachées suffit toutefois à
créer l'interrogation, le doute, quant à maintes affirmations d'un acquis assimilé,
précédant tout un travail de remise en question portant non seulement
sur les périodes historiques incriminées, plus ou moins lointaines,
mais débouchant, aboutissant, à un examen des arguments actuels, des démonstrations
contemporaines, se situant dans la continuité des visions déformées
à souhait dans la justification des nouvelles entreprises de domination
des peuples et nations de toute l'humanité, avec une préoccupation
remarquable quant à celles et ceux du Proche et Moyen-Orient, longtemps
objet d'un grand jeu entre puissances capitalistes et aujourd'hui proie très
affichée de l'Empire cherchant à supplanter tous ses concurrents en se les
subordonnant.
Sans doute, la proximité de l'ère de l'après-pétrole et la présence là d'importantes
réserves encore disponibles en sont-elles le véritable enjeu qui
justifie tous les mensonges interventionnistes, qu'il s'agisse de la présence
d'armes de destruction massives ici, de projets d'industrie nucléaire là, et
partant de l'islam dont le fondamentalisme terroriste trouverait dans le Coran
une source inépuisable, notamment en Iran où la République s'en réclamerait
pour le plus grand malheur de son peuple, pour celui de la démocratie
aussi, comme pour être la causalité dernière du blocage de sociétés stoppées
depuis le 14e siècle dans leur développement qu'il conviendrait en
conséquence de sortir de leur léthargie en imposant un modèle démocratique,
y compris manu militari, avec ou sans prétexte, un modèle qui partout
se délite sous les coups de boutoirs du capitalisme libéral dont la
financiarisation et la mondialisation déstructurent les institutions traditionnelles,
écoles, République, partis, syndicats, familles... par le chômage et la
pauvreté, la remise en cause des acquis des époques précédentes, répandant
partout la désespérance.

LE MÊME DIEU
- 2 -
QUEL ISLAM ?
L'islam et le Coran donc, dont l'existence justifierait en dernière instance
cette guerre des civilisations dont les conservateurs et les églises évangéliques
américaines assurent la promotion, pour justifier toutes les ingérences,
toutes les violations des droits des peuples, toutes les interventions
militaires décidées en rupture du droit et de la légalité internationales.
L'islam et le Coran...
Mais quel islam? interrogeait Jacques Berque qui constatait une grande
diversité, sinon pluralité, dans l'immense zone géographique courant
des rivages atlantiques du Maroc et de l'Afrique jusqu'aux îles indonésiennes
du Pacifique.
Quel islam, questionnait-il encore, mettant en évidence dans le Coran
dont il avait assuré une traduction et dont il avait une connaissance approfondie,
les éléments, les contradictions, porteurs de possibilités d'évolution,
de développement. « L'aventure de l'homme islamique, disait-il,
prend un tour inédit avec les nouvelles vicissitudes de l'histoire... Des
solutions nouvelles, dans la projection des principes : tel serait l'ijtihad
de notre temps. On doit au penseur iranien Shariati, trop tôt disparu,
cette remarque d'évidence que la charia dont se réclament aujourd'hui
tant d'activistes les engage, non pas au fixisme, mais au contraire à la
dynamique qu'implique l'étymologie du mot. Il évoque en effet la voie,
l'accès, le cheminement... »
Bref, tout le contraire d'une fermeture.

- 3 -
LA CHARIA, LE FIGÉ ET L'OUVERT
Dans « Contradictions du Coran : le figé et l'ouvert », Jacques Berque
revient à cette notion de la charia et à l'apport de Ali Shariati : « Selon les
religionnaires, la sécularité serait impossible en islam. Je ne vois pas comment
ils peuvent le démontrer sinon par le fait que les normes de la société
islamique, les normes construites de la société et de l'éthique seraient toutes
tirées du Coran. Par là-même, cette société serait exclusivement d'essence
religieuse. C'est le sens même de leur insistance sur un retour à la
charia. Or, qu'est-ce la charia ? Le mot ne figure dans le Coran que deux ou
trois fois, sous une forme différente d'ailleurs, dans le sens plutôt inchoatif,
le sens de voie. La charia, c'est exactement la voie d'accès à la source, à
l'abreuvoir. Au figuré, c'est la méthode, donc la méthode de salut. Il est
tout-à-fait légitime d'en tirer, et on l'a fait très tôt, le corollaire à savoir que
la charia c'est l'ensemble des règles de la communauté musulmane permettant
ce cheminement, je ne le conteste pas. Sauf que, comme l'ont fait pas
mal de réformateurs, cet aspect inchoatif et méthodologique devrait demeurer
et prévaloir sur les aspects fixistes. C'est ce qu'avait fait récemment
Ali Shariati, en Iran, qui insiste beaucoup sur cette distinction. Alors que du
côté adverse on insiste sur l'aspect fixiste. Or il se joue entre ces deux termes,
fixité et évolution, un grand jeu qui est celui de l'histoire. »
LE SUJET EN ISLAM
Celui de l'histoire et, en conséquence, celui de l'individu, du sujet.
« Qui a dit qu'il n'y avait pas de théorie du sujet en islam? » s'interroge
plus récemment Cynthia Fleury dans sa chronique du 30 novembre dans

- 4 -
ALI SHARIATI
ET LA RÉFORME RELIGIEUSE
Retrouver l'esprit de la réforme religieuse, n'était-ce pas ce que recherchait
et préconisait cet Ali Shariati auquel Jacques Berque se réfère
pour montrer que les aspects fixistes de l'islam peuvent être dépassés et
dont il regrettait qu'il ait trop tôt disparu ?
Mais qui est-il et pourquoi seuls quelques initiés se recommandent de
lui et de son apport ?
Dire qu'il a été, à tort ou à raison, considéré comme l'idéologue de la
révolution islamique, n'éclaire-t-il pas davantage le rôle qu'il a pu jouer
et l'importance de son oeuvre ?
Le témoignage de Thomas L. Friedman, dans l'International Herald
Tribune du 4 décembre 2002, est particulièrement important même s'il
exprime à sa façon ce qu'il perçoit qui rencontre les idées exposées cidessus
:
« Ce qui se passe en Iran aujourd'hui est sans aucun doute la tendance
la plus prometteuse du monde musulman. C'est une combinaison de
Martin Luther et du square Tiananmen, un mouvement vers une réforme
de l'islam combiné avec un mouvement démocratique spontané mené
par les étudiants. Ce mouvement fait face à un formidable adversaire, le
pouvoir religieux conservateur d'Iran... Il reflète une compréhension
grandissante des musulmans iraniens pour qui tendre vers une ère moderne
implique un islam différent du fondamentalisme sans vie, antimoderne
et anti-ouest, qui leur est imposé en Iran... Pour le dire autrement,
ce qui se passe en Iran aujourd'hui est précisément la guerre des
idées au sein de l'islam qui est la plus importante des guerres... Les
seuls qui peuvent délégitimer et déraciner ces forces d'une manière durable
sont les sociétés musulmanes elles-mêmes... »
Thomas L. Friedman montrait que ce combat était symbolisé en Iran par
« Hashem Aghajari, un ancien révolutionnaire islamique, alors professeur
de collège, arrêté le 6 novembre dernier (2002) et condamné à mort par la
ligne dure iranienne, déclenchant le soulèvement estudiantin après avoir
prononcé un discours sur le besoin de rajeunir l'islam avec un "protestanl'Humanité
qui cite Fethi Benslama examinant le terme de « abd » qui fait
apparaître la coexistence des contraires : se mettre au service d'une cause et
simultanément se révolter, accepter une charge et refuser, affirmer et nier,
proche en cela de la signification du sujet en français qui reflète la double
dimension de la passivité et de l'activité, pour conclure que le sujet en islam
est le lieu de la contradiction.
Cynthia Fleury se réfère à Samir Kassir qui, pous sa part, pose deux
conditions pour l'émergence d'une citoyenneté garante de la démocratie :
première chose à inscrire sur l'agenda islamique, la « réforme de l'islam».
On ne peut, dit-il, « laisser le domaine de la religion en jachère », il faut
retrouver l'esprit de la réforme religieuse. C'est sans doute là l'unique façon
de désacraliser les dogmes sans pour autant cesser le travail herméneutique.
Seconde condition, « assumer l'hybridité », le mélange comme garantie que
l'individu ne se réduit pas à une seule de ses dimensions.
- 5 -
tisme islamique". C'était le jour du 25e anniversaire de la mort de Ali Shariati,
l'intellectuel le plus progressiste de la révolution iranienne. Il citait souvent
M. Shariati comme source d'inspiration : de même que le peuple, à l'aube
de l'islam, conversait avec le Prophète, nous avons le droit de faire la même
chose aujourd'hui... De même qu'ils interprétaient ce qui leur était transmis
à chaque événement historique, nous devons agir de la même manière...
Pendant des années les jeunes gens étaient effrayés d'ouvrir le Coran et
allaient demander au mollahs ce qu'il disait. Vint Shariati qui dit aux jeunes
que ces idées étaient révolues, qu'ils pouvaient comprendre le Coran en
utilisant leurs propres moyens, que les leaders religieux avaient peur que
leur racket prit fin, qu'ils avaient besoin d'une religion qui respecte les
droits de tous, une religion progressive plutôt qu'une religion traditionnelle
qui piétine le peuple... »
Et Hashem Aghajari concluait « Aujourd'hui plus que jamais nous avons
besoin de l'humanisme islamique et du protestantisme islamique que Shariati
défendait alors que les leaders du clergé iranien ne reconnaissent pas les
droits de l'homme pourtant inscrits dans notre Constitution. »
LES SOURCES
A l'évidence, 25 ans après sa mort, les idées d'Ali Shariati continuent
d'inspirer un mouvement populaire conséquent malgré la répression que
subissent ceux qui se réclament de lui.
Ali Shariati est mort à 44 ans en 1977 alors qu'il avait réussi à quitter
l'Iran après avoir été détenu pendant 18 mois par la SAVAK, police secrète
du Shah, puis libéré après les accords d'Alger et assigné à résidence.
Il est trouvé mort le 19 juin à Southampton (Angleterre).
A vingt ans (1953), il était devenu membre du Mouvement de la Résistance
Nationale, était arrêté en 1957 pour ses activités et obtenait en
1959 une bourse d'études en France où il collabore avec le FLN et rencontre
Frantz Fanon et son oeuvre, assimile toute une littérature révolutionnaire
et tiers-mondiste. Il est l'élève en islamologie de Louis Massignon
et de Jacques Berque, de G. Gurvitch et Henri Lefebvre en sociologie
et fut influencé en philosophe par le courant phénoménologique et
existentialiste via Sartre et Merleau-Ponty, avant de repartir en Iran en
1964 avec un doctorat es lettres, ce qui ne l'empêche pas d'être arrêté à
la frontière et incarcéré.

Que dit-il en Iran ?
« Je parlerai de trois dimensions : Dieu, égalité et liberté. C'est ce
dont ont parlé en Europe Pascal, Marx et Sartre et, dans l'histoire orientale,
Hallâj, Mowlavi, Mazdak et Bouddha. Dans le shîísme, c'est Ali
qui nous apporte tout cela, Ali seul puis ses compagnons avec des degrés
de conformité différents... Pour aborder la dimension spirituelle
dans la culture européenne nous devons connaître Pascal, Spinoza, Bergson
et Carrel. En ce qui concerne la justice, c'est toute la littérature
socialiste, moraliste germanique qui doit nous intéresser. De même, il
faut connaître le communisme avant Marx et toute la littérature marxiste,
l'existentialisme, et l'humanisme contemporain. Il faut connaître Stuart
Mill et ceux qui, comme lui, donnent la meilleure justification scientifique
et intellectuelle de la liberté de l'homme, de la liberté individuelle
et des droits de l'homme. »

- 6 -
La religion n'est pas absente du discours : « En général, on considère
la religion comme une réaction spirituelle de l'homme vis-à-vis de la
vie matérielle et des biens de ce monde. Autrement dit, opposition entre
la vie dans l'au-delà et vie d'ici-bas, entre religion et matière, âme et
corps... Mais, dans l'islam originel, il n'existe pas de contradiction entre
le monde d'ici-bas et celui de l'au-delà, il n'y a pas opposition mais
complémentarité, solidarité avec, comme objectif, le progrès de
l'homme... Un musulman aspire au bonheur matériel et spirituel de façon
permanente... »
LA SYNTHÈSE
La synthèse qu'il réussit entre ces différentes dimensions sociales,
politiques, idéologiques et religieuses n'est pas le fruit du hasard. Sarah
Shariati, (sociologue, EHESS) dans un article intitulé « Le Fanon connu
de nous » de décembre 2004, montre combien Ali Shariati est conscient
du fait que dans les sociétés de type médiéval et oriental, la religion est
à la fois mode exclusif de vision du monde, principe organisateur de la
vie sociale, fondement de la légitimité du pouvoir et que toute opposition
de classe ou de nature politique s'exprime dans un langage religieux
et se vit sous forme d'une guerre de religion.
Aussi, dit-elle, Shariati propose aux intellectuels, croyants ou athées,
l'appréhension du religieux, en l'occurence l'islam, comme phénomène
social. A l'instar de Weber, il prête beaucoup d'attention à la structure
interne du champ religieux, tant sur le plan théorique - représentation
du monde et ses conséquences, et sa logique idéologique, qu'à son évolution
historique et aux réalités sociales auxquelles il renvoie - loin de
vouloir proposer une vision exclusive de la religion, il y trouve un
« opium» à la fois toxique et guérisseur, cause autonome pouvant jouer
un rôle mystificateur ou conscientisateur selon ses périodes historiques
de réification et d'institutionnalisation statique ou bien de renouveau
dynamique. Par conséquent, selon Shariati, dans les sociétés religieuses,
et plus précisément musulmanes, aucun changement social et politique
ne peut être institutionnalisé que par une déconstruction préalable
et une reconstruction de la religion elle-même.
Libérer la religion de sa prison d'obscurantisme et de la réaction, voilà
la tâche qui incombe selon Shariati à l'intellectuel des sociétés musulmanes,
entraînant leur libération, privilégiant de ce fait la libération intellectuelle
et culturelle reconnue comme la garantie de toute entreprise
d'émancipation. C'est le principal sujet des correspondances Fanon-
Shariati. Ainsi, tout en attestant la pertinence d'une lutte anticoloniale,
la réforme religieuse, comme dans le modèle européen, devient le postulat
du projet social et politique shariatien. Cependant, Fanon et Shariati
se rencontrent et s'accompagnent, dans leur volonté commune d'inaugurer
une nouvelle voie, d'inventer un nouveau modèle, chacun à partir
des données de sa culture, pour accéder à l'universalité qui les réunit.
Si Ali Shariati est ainsi confirmé comme l'idéologue de la révolution
islamique iranienne, les ayatollahs ont émis des critiques à l'égard de
son oeuvre qui portent sur l'aspect trop occidental, voire marxisant, de
ses travaux, sur la vision moderniste et désacralisée de l'islam. Le clergé
chiite ne peut accepter qu'on remette en question le monopole qu'il s'est
arrogé sur la foi et la culture sacrées.
- 7 -
UNE THÉOLOGIE DE LA LIBÉRATION...
Mohamad-Reza Djalili, professeur à l'Institut universitaire des hautes
études internationales, est un observateur attentif des évolutions en
Iran. Il montre comment Khomeyni a utilisé Ali Shariati : « Je pense,
dit-il, que Khomeyni s'est beaucoup distancié de Shariati et en avait
une vision assez sceptique. Il voulait bien l'utiliser politiquement mais,
sur le fond Komeyni était en complet désaccord. Ali Shariati était très
anticlérical, ses disciples ont tous été écarés du pouvoir et son implication
minimisée après la Révolution islamique au cours de laquelle son
discours avait joué un rôle important dans la mobilisation des jeunes. »
Avant la Révolution, Khomeyni gauchit effectivement son discours.
Mohamad-Reza Djalili montre qu'il reprend celui anti-occidental des
marxistes, des tiers-mondistes ou encore des socialistes iraniens. Il assume
aussi tout l'héritage du nationalisme militant pour le retour de la
souveraineté des resssources, thèmes cultivés par Mossadegh sans qu'il
soit favorable à ce personnage. Ces idées sont reprises car elles ont souvent
fait l'unanimité de la population iranienne. Il y a aussi chez
Khomeiny une tendance à rendre responsables les autres pays, l'Angleterre,
puis les États-Unis et parfois aussi la Russie, accusés d'être à l'origine
du déclin du monde musulman et de l'Iran en particulier. Il y a un
discours anti-impérialiste qui se teinte de tiers-mondisme, discours à la
mode dans les années soixante.
On songe à une théologie de la libération musulmane.
Mohammad-Reza Djalili confirme le propos : « Je dirais même que
ce discours intègre d'évidents éléments de lutte de classes. Dans l'évocation
de l'opposition entre les « déshérités » et les « possédants », il y
a un accent qui va au-delà du tiers-mondisme, qui est une récupération
d'une idéologie de lutte de classes. Il est du devoir des musulmans de
« sauver les peuples opprimés et déshérités », de « combattre les oppresseurs
». La conception du monde de Khomeyni est une vision bricolée,
un patchwork idéologique fait d'éléments pris un peu partout et
ainsi rassemblés... »
Bref, Khomeyni ne lésine pas, il faut ce qu'il faut pour entraîner le
peuple et les idées de Shariati sont populaires, dans le peuple et aussi
dans le clergé.
Cependant, Sarah Shariati a montré que, pour Ali Shariati, dans les
conditions de sociétés de type oriental, toute opposition de classe ou de
nature politique s'exprime dans un langage religieux et se vit sous forme
d'une guerre de religion.
La guerre, c'est celle que connaît d'abord, au coeur de la ville sainte
de Qom, l'école religieuse Haqqani, un peu l'équivalent iranien de
l'ENA, d'où sortent les ayatollahs et hodjatoleslam promis aux plus grandes
destinées en République islamique.
Elle est fondée à la fin des années 60 par l'ayatollah Mohammad Hossein
Behesti qui sera l'une des éminences grises de la Révolution. Il est
convaincu que les membres du clergé doivent sortir du cadre étroit de
leurs études exclusivement coraniques pour être capables d'intervenir
directement en politique.
- 8 -
... ET LA RÉPRESSION
Assez vite, pourtant, un conflit divise le séminaire à propos d'Ali Shariati,
une faction dure, menée par l'ayatollah Mesbah Yazdi, exigeant la destruction
des livres de Shariati. Behesti et d'autres en prônent au contraire l'étude
critique. Les durs perdent la bataille, Mesbah doit quitter Haqqani. Il y reviendra
en 1979, après la Révolution, quand Behesti prend la responsabilité
du système judiciaire. Il reprend en main le séminaire, le radicalise, contrôle
l'attribution des diplômes et intensifie le noyautage des institutions de la république
islamique. Après la mort de Khomeyni, il s'oppose aux réformateurs,
dénonce les nouvelles interprétations du Coran et prône la violence à
l'égard des ennemis du système en place. En 1999, le journaliste Akbar Gandji
l'accuse d'avoir commandité des dizaines d'assassinats politiques, informations
qui auraient pu lui être transmises par d'anciens membres des services
secrets.
Amnesty International rappelle dans ses rapports annuels la répression qui
s'exerce y compris à l'encontre de chefs religieux chiites opposés à certains
principes fondamentaux du système politique iranien, comme celui de velayat
taquih, « le gouvernement du docteur de la loi », ou à la politique gouvernementale.
Des partisans de ces responsables religieux ont été arrêtés et emprisonnés,
des dizaines, peut-être des centaines, surtout depuis 1995 en relation
avec l'aggravation des dissenssions entre l'État et certains chefs religieux
chiites.
A l'évidence, les grandes idées réformistes d'Ali Shariati continuent à vivre
et pas seulement dans les milieux religieux. Pendant combien de temps le
régime survivra-t-il encore dans la crise de pouvoir et les contradictions croissantes
de la société qui s'élargissent autour de lui ?
On ne peut conclure.
Le grand jeu qui est celui de l'histoire et dont parlait Jacques Berque n'est
pas terminé.
Des idées sont là, latentes, considérables de potentialités ainsi que le montrait
le journaliste de l'International Herald Tribune : « La tendance la plus
prometteuse du monde musulman »...
On comprend le silence qui s'est abattu sur l'apport de Ali Shariati. En
fait, les donneurs de leçons actuels ne souhaitent pas vraiment que les peuples
musulmans assurent pleinement leurs souverainetés et leurs libérations.
Pas plus là qu'en Amérique latine et en Europe. Le discours sur la démocratie
est en trompe-l'oeil. Les ultra-conservateurs de Washington savent bien que
leurs pressions sur l'Iran sont le meilleur moyen d'empêcher le peuple iranien
de secouer la chape qui l'enserre et le paralyse.
Les dignitaires religieux et politiques, souvent les mêmes en Iran, y trouvent
leur compte et se prêtent volontiers à ce qui n'est plus un grand jeu mais
un tragique remake des farces grandguignolesques ou des pokers menteurs.
Le monde abasourdi observe.
N'y aurait-il plus rien à faire pour faire vivre la solidarité internationale
des peuples, la seule ingérence qui puisse s'admettre face à celle des nouveaux
colonisateurs ? Les horizons européens sont-ils devenus indépassables ?
Quand le peuple iranien pourra-t-il disposer librement de lui-même ?
Michel Peyret, 2-12-2005

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Published by valenton rouge - dans Monde
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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 20:50
Je suis venu, j'ai vu, j'ai détruit !

Uri Avnery - 15 mars 2008

Le ministre de la Défense et ses hommes compromettent le cessez-le-feu
d'aujourd'hui afin de se venger de quelque chose qui s'est passé il y a
sept ans. Il était évident à tous que le meurtre de militants du Djihad
islamique à Bethléem causerait la reprise des tirs de Qassam sur Sderot. Et
c'est ce qui s'est passé.


CE QUI EST arrivé cette semaine est si rageant, si exaspérant, que cela
sort même du cadre de notre paysage familier d'irresponsabilité
gouvernementale.


A court terme, une suspension de facto des hostilités prenait forme. Les
Egyptiens avaient fait de gros efforts pour la transformer en un
cessez-le-feu officiel. L'intensité de la flamme avait déjà visiblement
baissé. Le lancement sur Israël de roquettes Qassam et Grad à partir de la
bande de Gaza était passé de plusieurs dizaines à deux ou trois par jour.


Et alors quelque chose est arrivé qui a de nouveau attisé la flamme : des
soldats camouflés de l'armée israélienne tuèrent quatre militants
palestiniens à Bethléem. Un cinquième fut tué dans un village près de
Tulkarem.


LE MODUS OPERANDI ne laissait aucun doute sur l'intention.


Comme d'habitude, la version officielle fut mensongère. (Quand le
porte-parole de l'armée dit la vérité, il a honte et se précipite
immédiatement dans un nouveau mensonge.) Les quatre, a-t-on dit, ont sorti
leurs armes et mis en danger la vie des soldats, qui voulaient simplement
les arrêter, et qui ont donc été contraints d'ouvrir le feu.


Un demi-cerveau suffit pour comprendre que c'est un mensonge. Les quatre
hommes étaient dans une petite voiture dans la rue principale de Bethléem,
la route qui relie Jérusalem à Hébron depuis l'époque britannique (ou
turque). Ils étaient en effet armés, mais ils n'avaient aucune possibilité
de sortir leurs armes. La voiture fut tout simplement criblée de balles.


Ce n'était pas une tentative de les arrêter. C'était une exécution, pure et
simple, une de ces exécutions sommaires dans lesquelles le Shin Bet remplit
les rôles de procureur, juge et bourreau.


Cette fois-ci, aucun effort n'a même été fait pour prétendre que les quatre
hommes étaient sur le point de commettre un attentat. On n'a pas dit, par
exemple, qu'ils avaient quelque chose à voir avec l'attaque de la semaine
dernière sur l'école de Mercaz Harav, vaisseau-amiral de la flotte des
colons. En fait, une telle assertion ne pourrait pas être avancée car le
plus important des quatre avait récemment donné des interviews aux médias
israéliens et annoncé qu'il souscrivait au "projet d'amnistie" israélien -
un programme du Shin Bet selon lequel des militants "recherchés" rendent
leurs armes et entreprennent de cesser la résistance à l'occupation. Il
était aussi candidat aux dernières élections palestiniennes.


Donc, pourquoi ont-ils été tués ? Le Shin Bet n'a pas caché la raison :
deux des quatre avaient participé à des attaques en 2001 au cours
desquelles des Israéliens avaient été tués.


"Nous arriverons à les attraper, même des années plus tard", avait affirmé
Ehoud Barak à la télévision, "nous finirons par prendre toute personne qui
a du sang juif sur les mains."


EN TERMES SIMPLES : Le ministre de la Défense et ses hommes compromettent
le cessez-le-feu d'aujourd'hui afin de se venger de quelque chose qui s'est
passé il y a sept ans.


Il était évident à tous que le meurtre de militants du Djihad islamique à
Bethléem causerait la reprise des tirs de Qassam sur Sderot. Et c'est ce
qui s'est passé.


L'effet d'une roquette Qassam est totalement imprévisible. Pour les
habitants de Sderot, c'est une sorte de roulette israélienne - la roquette
peut tomber dans un champ, elle peut tomber sur un immeuble, quelquefois
elle tue des gens.


En d'a utres termes, Barak, selon ses propres dires, était prêt à risquer
des vies juives aujourd'hui pour se venger de personnes qui ont peut-être
fait couler du sang il y a des années et qui ont depuis abandonné leur
activité armée.


L'accent est mis sur le mot "Juif". Dans sa déclaration, Barak a pris soin
de ne pas parler de personnes "avec du sang sur les mains", mais de
personnes "avec du sang juif sur les mains". Le sang juif, bien sûr, est
tout à fait différent de tout autre sang. Et en effet, il n'y a personne
dans le leadership israélien ayant autant de sang sur les mains que lui.
Pas du sang abstrait, pas du sang métaphorique, mais du vrai sang, bien
rouge. Pendant son service militaire, Barak a personnellement tué un grand
nombre d'Arabes. Quiconque lui serre la main - de Condoleeza Rice jusqu'à
l'hôte honoré cette semaine, Angela Merkel - serre une main avec du sang
dessus.


LA TUERIE de Bethléem soulève un certain nombre de questions difficiles.
Mais, à quelques exceptions près, les médias n'en ont pas parlé. Ils se
dérobent à leur devoir, comme d'habitude quand les problèmes de "sécurité"
sont en cause.


De vrais journalistes dans un Etat vraiment démocratique auraient posé les
questions suivantes :


(a) Quel est celui qui a décidé les exécutions à Bethléem ? Ehoud Olmert ?
Ehoud Barak ? Le Shin Bet ? Tous ? Aucun d'eux ?


(b) Les décideurs ont-ils compris que, en condamnant à mort les militants à
Bethléem, ils condamnaient également à mort des résidents de Sdérot ou
Ashkelon qui pourraient être tués par les roquettes lancées en représailles
?


(c) Ont-ils compris qu'ils tiraient aussi les oreilles de Mahmoud Abbas,
dont les forces de sécurité, qui en théorie s'occupent de Bethléem,
seraient accusées de collaborer avec le peloton d'exécution israélien ?


(d) Le but réel de l'action était-il de saper le cessez-le-feu pratiqué
dans la bande de Gaza (et dont la réalité a été officiellement démentie à
la fois par Olmert et Barak, alors même que le nombre de roquettes lancées
était passé de plusieurs dizaines à seulement deux ou trois par jour) ?


(e) Plus généralement, est-ce que le gouvernement israélien n'est pas
opposé à tout cessez-le-feu qui libérerait Sderot et Ashkelon de la menace
des roquettes ?


(f) Si oui, pourquoi ?


Les médias n'ont pas demandé qu'Olmert et Barak exposent les raisons qui
les ont conduits à prendre cette décision, qui concerne tout le monde en
Israël. Et ce n'est pas étonnant. Ce sont, après tout, les mêmes médias qui
ont sauté de joie quand ce même gouvernement a déclenché une guerre
irréfléchie et superflue au Liban. Ce sont ces mêmes médias qui sont restés
silencieux, cette semaine, quand le gouvernement a décidé de porter un coup
à la liberté de la presse et de boycotter la télévision d'Al Jezeera pour
la punir d'avoir montré des bébés tués au cours de la récente incursion de
l'armée israélienne à Gaza.


Mais, à part deux ou trois journalistes indépendants d'esprit, tous nos
médias écrits et parlés marchent en rang serré, comme un régiment prussien
à la parade, dès que le mot "sécurité" est prononcé.


(Ce phénomène a été exposé cette semaine dans CounterPunch par un
journaliste nommé Yonathan Mendel, ancien employé du populaire site
israélien Walla. Il a souligné que tous les médias, de la première chaîne
de télévison jusqu'aux pages d'information du Haaretz, utilisent, comme si
c'était un ordre, exactement la même terminologie : l'armée israélienne
confirme et les Palestiniens prétendent, les Juifs sont assassinés alors
que les Palestiniens sont tués ou trouvent la mort, les Juifs sont
kidnappés alors que les Arabes sont arrêtés, l'armée israélienne répond
toujours alors que les Palestiniens attaquent toujours, les Juifs sont des
soldats, alors que les Arabes sont des terroristes ou tout simplement des
assassins. L'armée israélienne frappe toujours des terroristes de haut rang
et jamais des terroristes d'en bas, les hommes et les femmes sous le choc
sont toujours des Juifs, jamais des Arabes. Et, comme nous l'avons dit, les
gens qui ont du sang sur les mains sont toujours des Arabes, jamais au
grand jamais des Juifs. Ceci, soit dit en passant, est valable pour la
couverture à l'étranger des événements qui se passent ici.)


QUAND LE GOUVERNEMENT ne dévoile pas ses intentions, nous n'avons pas
d'autre choix que de déduire ses intentions de ses actions. C'est une règle
judiciaire : quand une personne fait quelque chose avec un résultat
prévisible, elle est présumée l'avoir fait pour obtenir ce résultat.


Le gouvernement qui a décidé la tuerie à Bethléem entendait sans doute
torpiller le cessez-le-feu.


Pourquoi veut-il agir ainsi ?


Il y a plusieurs sortes possible de cessez-le-feu. La plus simple est
l'arrêt des hostilités à la frontière de la bande de Gaza. Pas de Qassam,
de Grad et de tirs de mortiers d'un côté, pas d'assassinats ciblés, de
bombardements, de pillonages d'artillerie et d'incursions de l'autre.


On sait que l'armée s'y oppose. Elle veut être libre de "liquider" par
l'aviation et par des raids sur le terrain. Elle veut un cessez-le-feu
unilatéral.


Un cessez-le-feu limité est impossible. Le Hamas ne peut l'accepter tant
que le blocus coupe du monde la bande de Gaza de tous les côtés et
transforme la vie en enfer : pas assez de médicaments, pas assez de
nourriture, les gens gravement malades ne peuvent atteindre les hôpitaux,
la circulation des voitures est presque arrêtée, pas d'importations ni
d'exportations, pas de production ni d'activité commerciale. L'ouverture de
tous les points de passage pour le mouvement des marchandises est donc une
composante essentielle d'un cessez-le-feu.


Notre gouvernement n'est pas désireux de le faire, car cela consoliderait
la position du Hamas dans la bande de Gaza. Des sources gouvernementales
insinuent qu'Abbas et ses gens à Ramallah s'opposent aussi à la levée du
blocus - une rumeur malveillante, car cela signifierait qu' Abbas conduit
une guerre contre son propre peuple. Le Président Bush également refuse un
cessez-le-feu, même si ses gens prétendent le contraire. L'Europe, comme
d'habitude, est à la traîne des Etats-Unis.


Le Hamas peut-il accepter un cessez-le-feu qui s'appliquerait seulement à
la bande de Gaza mais pas à la Cisjordanie ? On peut en douter. Cette
semaine, on s'est aperçu que l'organisation du Djihad islamique à Gaza ne
peut pas rester sans bouger pendant que ses membres sont tués à Bethléem.
Le Hamas ne peut pas rester tranquille à Gaza et profiter des fruits du
gouvernement si l'armée israélienne tue des militants du Hamas à Naplouse
ou à Jénine. Et, bien sûr, aucun Palestinien n'accepterait que la bande de
Gaza et la Cisjordanie soient deux entités séparées.


Un cessez-le-feu à Gaza seulement permettrait à Barak de le mettre en
pièces à tout moment par une provocation style Bethléem. Voici ce qui
pourrait se passer : le Hamas accepte un cessez-le-feu à Gaza seulement,
l'armée israélienne tue une dizaine de membres du Hamas à Hébron, le Hamas
répond en lançant des missiles Grad sur Ashkelon, Olmert dit au monde :
Vous voyez ? Le Hamas terroriste viole le cessez-le-feu, ce qui prouve que
nous n'avons pas de partenaire !


Ceci signifie qu'un cessez-le-feu réel et durable, qui créerait
l'atmosphère nécessaire pour de véritables négociations de paix, doit
inclure aussi la Cisjordanie. Le duo Olmert-Barak ne pourrait pas imaginer
accepter cela. Et tant que George Bush est dans les parages, il n'y aura
aucune pression efficace sur notre gouvernement.


A PROPOS : qui gouverne réellement Israël en ce moment ?


Les événements de cette semaine donnent la réponse : l'homme qui prend les
décisions est Ehoud Barak, la personne la plus dangereuse d'Israël, le
Barak même qui a torpillé la conférence de Camp David et persuadé l'opinion
israélienne dans son ensemble que "nous n'avons pas de partenaire pour la
paix."


Il y a 2052 ans aujourd'hui, pendant les Ides de mars, Jules César fut
assassiné. Ehoud Barak se considère comme une réplique locale moderne du
général romain. Lui aussi voudrait bien pouvoir dire : "je suis venu, j'ai
vu, j'ai conquis".


Mais la réalité est quelque peu différente : il est venu, il a vu, il a
détruit.


----- Original Message -----
From: Lysiane Alezard
To: Alezard Lysiane
Sent: Monday, March 17, 2008 3:50 PM
Subject: message de Uri Avnery - pardon pour l'inversion de phrases !




Suite aux massacres de Béthléem et de Gaza, le grand écrivain israélien
a fait paraître le billet suivant dans la presse quotidienne israélienne.
j'y joins l'article qu'il a publié (en anglais, il est trop long pour que
je le traduise) sous le titre "je suis venu, j'ai vu, j'ai détruit", le 15
mars.

JE PROTESTE !

Je suis choqué par le silence des médias israéliens suite à la décision du
gouvernement de boycotter la chaîne Al Jazeera en signe de représailles
contre sa couverture des événements sanglants de Gaza.

Comme journalistes et citoyens de la « seule démocratie du Moyen-Orient »,
nous avons le devoir d'être les premiers à élever la voix contre cette
violation de la liberté de la presse dans notre pays.

Le boycott ne nuira pas à Al Jazeera. Il nuira à l'Etat d'Israël, car il
nous assimile aux régimes les plus oppresseurs de la région et du monde.

Uri Avnery
Ecrivain
Lauréat du Prix Sokolov

Publié dans Haretz, le 14 mars 2008

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 20:42

La communauté internationale célèbre le 20 mars 2008, sous l'égide de l'ONU, la 15ème « Journée mondiale de l'eau ». L'absence d'accès à l'eau affecte 1,1 milliard d'êtres humains ; l'absence de moyens sanitaires de base touche 2,6 milliards de personnes. Paradoxalement, alors que les premières étapes de la marchandisation de ce bien commun ont suscité de fortes mobilisations populaires sur les cinq continents, le mouvement mondial de libéralisation des marchés de l'eau, initié dans les années 1980, semble s'accélérer

La « libéralisation » des marchés de l'eau s'est au départ fortement inspirée du « modèle français » : le partenariat-public-privé (PPP). Un dogme s'affirmait avec force : la puissance publique est défaillante ; le recours au secteur privé est indispensable ; la bonne gouvernance repose sur le trépied de fer - dérégulation, décentralisation, privatisation ; les services de l'eau ont un coût, qui doit être payé intégralement par les usagers.

Dans ce cadre, les signatures de contrats avec des grandes métropoles du Sud se succèdent à un rythme impressionnant. Mais les conflits surgissent dès la moitié des années 1990, quand les opérateurs privés entendent faire payer des usagers fraîchement raccordés, qui n'ont ni la culture du paiement d'un bien jusqu'alors largement subsidié par la puissance publique, ni, le plus souvent, les moyens de payer. De nombreuses luttes se succèdent sur les cinq continents. La tenue des premiers grands forums altermondialistes publicise le thème du refus de la « marchandisation » de l'eau.

Le discours évolue à l'aube des années 2000, le sustainable cost recovery (recouvrement soutenable des coûts) succède au full cost recovery (recouvrement intégral). Place à l'ingénierie sociale et politique. Les engagements largement médiatisés de la communauté internationale se succèdent lors de la tenue de forums qui s'enchaînent à un rythme soutenu. Sommet du Millénaire pour le développement à New York en 2000, Sommet de la Terre à Johannesburg en 2002 (« La maison brûle et nous regardons ailleurs », y proclamera le président de la République française, M. Jacques Chirac...), Troisième Forum mondial de l'eau à Kyoto en 2003. Le rapport du « panel » Camdessus publié en juin 2003 martèle que l'engagement financier pour fournir de l'eau à tous à l'horizon 2025 doit atteindre la somme phénoménale de 180 milliards de dollars par an. Il appelle à une plus grande implication des acteurs locaux : collectivités, communautés de base, ONG..., au nom de l'« empowerment ». Qui consiste à conférer un réel pouvoir de décision à la société civile. Conjointement, on envisage de nouveaux crédits consentis par les institutions financières internationales (IFI). De nouvelles normes d'organisation ou de gestion sont mises en avant, impliquant de façon croissante des acteurs extra-étatiques, privés ou associatifs, dans des dispositifs de plus en plus décentralisés.

Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Le PPP apparaît pour ce qu'il est en réalité : une branche industrielle prestataire de services dont la gestion échappe à la sanction du marché. Aujourd'hui 7 % à 8 % des marchés de l'eau et de l'assainissement ont été libéralisés dans le monde, avec des fortunes diverses. La cartographie mondiale du marché laisse apparaître une grande hétérogénéité. Globalement non solvable, l'Afrique n'enregistre que quelques contrats, dûment garantis par de l'argent public, dans quelques métropoles de l'Afrique de l'Ouest et du Maghreb. L'eldorado sud-américain a réservé de cinglantes déconvenues aux opérateurs privés qui l'abandonnent dans la confusion. Ils se recentrent sur l'Europe où émergent les marchés considérables de la dépollution d'une ressource sans cesse plus dégradée. Les contrats mirobolants signés en Chine par Veolia, souvent pour des durées de 50 ans, et des dizaines de milliards de dollars, le sont dans une configuration politique pour le moins hypothétique. Quid de la Chine en 2050 ?

Parmi les marchés en pleine expansion, on trouve l'externalisation du traitement des eaux usées industrielles. Suez-Ondeo détient un portefeuille de 50 000 contrats de ce type. Autre marché émergent, promis à un développement fulgurant, le dessalement de l'eau de mer. Ou encore, celui de la réutilisation des eaux usées pour l'industrie et l'agriculture. Et un nouveau Far-East, déjà à peu près totalement conquis : les ex-démocraties populaires de l'Europe de l'est. Un marché potentiel de 100 millions de clients, qui auront recouvré, à horizon de 20 ans, un niveau de vie équivalent à celui de l'Europe occidentale. Des infrastructures, certes anciennes, mais qui ont le mérite d'exister. Des financements communautaires pré et post adhésion, qui ont tout de la fontaine miraculeuse. Et - last but not least - un personnel politique majoritairement constitué d'ex-apparatchiks fermement résolus à céder aux sirènes de l'ultralibéralisme le plus débridé...

Mais, en dépit des engagements répétés de la communauté internationale, l'argent promis pour l'eau fait défaut. La manne n'est pas aussi importante que prévu. Rétrospectivement, nombre d'analystes stigmatisent l'ivresse de l'euphorie économique de la fin des années 1990, qui, à l'image de la bulle Internet, aurait précipité la course à la croissance mondiale des majors de l'eau. Plusieurs initiatives se sont révélées catastrophiques dans des pays confrontés à des crises monétaires, comme en Argentine, et ont conduit les majors à se retirer de nombreux projets trop risqués. Un paradoxe pour les apôtres de la liberté d'entreprendre et de la « prise de risques »... Les déclarations des apologistes de la libéralisation des "marchés" de l'eau lors du 4ème Forum mondial de l'eau, à Mexico, du 16 au 22 mars 2006, tranchaient dès lors singulièrement avec les discours martelés depuis une dizaine d'années. Ils y proclamaient unanimement que ce sont bien la puissance publique, et l'argent public, qui doivent procéder aux investissements qui doivent impérativement être déployés pour promouvoir l'eau et l'assainissement pour tous. Manière de garder la main, quand de nouvelles coalitions regroupant services publics et militants de l'eau s'organisent afin de promouvoir de nouveaux « partenariats-public-public », Nord-Sud et Sud-Sud dans le monde entier.

Changement climatique et crise écologique Le changement climatique, qui affecte les modèles météorologiques, les précipitations et le cycle hydrologique, et par conséquence la disponibilité des eaux de surface, l'humidité des sols et l'alimentation des nappes souterraines, pourrait provoquer une augmentation de l'ampleur et de la fréquence des catastrophes naturelles liées aux précipitations : inondations, sécheresses, glissements de terrain, ouragans et cyclones. Et, en conséquence, provoquer de grandes vagues de « réfugiés environnementaux ». Si les prévisions actuelles se confirment, avec un climat plus irrégulier dans les années à venir, le rendement des cultures serait menacé tant dans les pays développés que dans les pays en développement, et près de 3 milliards de personnes seraient exposées à des pénuries d'eau.

Dans de vastes régions de l'Europe de l'Est, de la Russie occidentale, du centre du Canada et en Californie, les débits de pointe des cours d'eau sont désormais enregistrés en hiver, car la proportion des pluies par rapport à la neige y est plus importante, et les eaux de ruissellement atteignent les rivières plus rapidement. Dans les bassins du Niger, du lac Tchad et du Sénégal, qui font partie des bassins versants les plus grands d'Afrique, la quantité totale d'eau disponible a déjà baissé de 40 % à 60 %.

Si des changements radicaux du cycle de l'eau se généralisent, les tendances observées par le passé ne peuvent plus fournir de modèles fiables pour prévoir la gestion de la ressource en eau dans le futur. De nouveaux modèles devront être mis en œuvre pour anticiper les inondations et les sécheresses, déterminer la taille des réserves d'eau et décider de l'allocation de la ressource entre les usages domestiques, industriels et agricoles. Les implications en sont très lourdes, si l'on considère que l'investissement mondial annuel dans l'infrastructure de l'eau représente 500 milliards de dollars, et que celui-ci est réalisé en fonction de l'hypothèse, déjà dépassée, selon laquelle le cycle de l'eau oscillerait dans les limites relativement étroites constatées dans le passé.

Fuite en avant technologique Pour répondre au défi de l'épuisement des ressources, à défaut de remettre en cause des modèles de développement générateurs de prélèvements excessifs, de gaspillage et de pollution, la tentation est grande d'une fuite en avant technologique lourde de risques, et génératrice de nouvelles inégalités.

Plus d'un tiers des terres du globe arides ou semi-arides manquent d'eau. Les perspectives d'évolution démographique permettent d'augurer qu'en 2050 près de 40 % de la population du globe souffrira de stress hydrique, entrave majeure à toute perspective de développement. Avec pour conséquences l'absence de sécurité alimentaire, des pertes économiques, une pollution sans cesse accrue et de possibles conflits.

Face à ces défis émerge depuis quelques années l'idée de déployer une nouvelle « gestion raisonnée » de la ressource, s'appuyant sur des réponses technologiques innovantes. Les projets de transferts d'eau massifs, à l'échelle d'un pays ou d'un sous-continent, en Libye, au Canada ou en Espagne, le dessalement de l'eau de mer, la réutilisation des eaux usées pour des usages agricoles, industriels, voire pour l'alimentation humaine, comme la mobilisation de nouvelles ressources par le biais de la réalimentation artificielle des nappes phréatiques, sont désormais fortement promus comme autant de réponses pertinentes à la crise de l'eau.

Le dessalement permettrait ainsi un accès illimité à la ressource. Sachant que 40 % de la population mondiale vit à moins de 100 kilomètres de la mer et, que sur 70 villes de plus de 1 million d'habitants sans accès direct à des ressources supplémentaires en eau douce, 42 sont situées sur la côte, le dessalement par osmose inverse est ainsi présenté comme une solution compatible à l'avenir avec des énergies renouvelables, telles que les éoliennes.

Nécessitant un fort apport d'énergie, ces technologies ne sont aujourd'hui mobilisables que par les émirats du Golfe, l'Australie, l'Espagne, l'Algérie, la Chine, ou les Etats-Unis. Mais on compte déjà dans le monde près de 15 000 unités de dessalement, et la capacité de production pourrait être multipliée par deux dans les dix prochaines années. Reste la facture environnementale de cette nouvelle technologie : pour produire un litre d'eau dessalée, on rejette à la mer un litre de saumure, qui affecte l'équilibre des milieux aquatiques.

De même, le constat qu'aujourd'hui, dans le monde, 165 milliards de mètres cubes d'eaux usées sont collectées et traitées dans des stations d'épuration avant d'être rejetées dans le milieu naturel, conduit à la proposition d'utiliser cette eau comme ressource alternative. Le développement de technologies de pointe, notamment la mise en œuvre de procédés utilisant des membranes d'ultrafiltration, permettrait de mettre à disposition une eau traitée, dont la qualité rendrait possible leur réutilisation à des fins agricoles et industrielles, ou pour les loisirs, qui consomment de plus en plus d'eau dans les pays développés. Procédé qui réduirait d'autant les prélèvements directs dans la ressource, la réservant à la consommation humaine.

Les entreprises qui maîtrisent ces technologies affirment qu'on sait aujourd'hui produire une eau totalement potable à partir d'eaux usées et qu'il serait possible de fonctionner quasiment en circuit fermé pour faire face à une demande croissante. De plus, cette technologie est moins onéreuse que le dessalement. Les habitants de Singapour et la capitale de la Namibie boivent déjà en partie de l'eau recyclée. En Australie, les autorités ont été contraintes de demander l'avis de la population par referendum avant de recourir à l'eau recyclée.

Ce vertige technologique semble repousser toute limite. M. Mark Shannon, directeur du Centre de matériaux avancés pour la purification de l'eau à l'université de l'Illinois, aux Etats-Unis, déclarait ainsi à l'Agence France Presse le 18 mars 2008 que : « L'eau, même douce, doit encore être décontaminée, car il y a de nombreux composants toxiques dans l'eau en petites quantités, mais les traitements chimiques sont très coûteux et posent des problèmes. » Et d'indiquer que le recours à des matières nanostructurées, dont les particules ont une taille de quelques millionièmes de millimètre, ainsi qu'aux rayons ultra-violets pour transformer et lier les substances toxiques, permettraient à l'avenir d'améliorer les traitements de l'eau...

L'ensemble de ces innovations expriment aussi des choix politiques, environnementaux, qui devraient susciter un large débat, aujourd'hui inexistant. Car c'est bien la dégradation accélérée de la ressource qui légitime cette nouvelle approche de la question de l'eau. Avec pour perspective un risque croissant d'appropriation marchande de la ressource elle-même, et de tous les services qui garantissent son usage le plus efficient, pour les besoins énergétiques, industriels, agricoles, et bien sur humains.

Un nouveau facteur accroît les tensions sur la disponibilité de la ressource et sa qualité. Dans la perspective de l'« après-pétrole », les Etats-Unis, l'Europe et plusieurs pays émergents se fixent pour objectif l'utilisation croissante de carburants issus de produits agricoles pour les transports routiers. Redessinant la carte de l'agriculture mondiale, bouleversant le paysage des productions et des échanges commerciaux, agricoles et énergétiques, cette « nouvelle économie » va à son tour peser sur l'allocation des ressources en eau, et contribuer à la dégradation de leur qualité.

Nouvelles inégalités La nouvelle régulation des besoins pourrait donc à l'avenir reposer sur le déploiement de ces nouvelles technologies, qui n'emportent malheureusement aucune remise en cause des pratiques énergétiques, agricoles, industrielles, économiques, qui sont au fondement de la dégradation accélérée, sur toute la planète, des ressources en eau.

Comment par ailleurs imaginer que les milliards d'êtres humains qui survivent avec moins d'un dollar par jour pourront demain bénéficier des bienfaits du dessalement de l'eau de mer ou de la réutilisation des eaux usées ? Déjà dans nombre de pays pauvres l'alimentation sous forme d'eaux embouteillées est ouvertement privilégiée, et bénéficie aux seules élites qui peuvent en faire l'acquisition, au détriment de l'accès à l'eau pour les populations défavorisées.

Le déploiement industriel de cette nouvelle « gestion raisonnée » à l'échelle planétaire repose sur l'imposition massive de nouveaux process et de nouvelles technologies, notamment les technologies « membranaires » (ultra et nano-filtration, osmose inverse), protégées par des normes et des brevets qui garantissent la captation de rente par les firmes transnationales. Lesquelles se substitueraient, avec l'appui des institutions financières internationales et des pays du Nord, aux pratiques traditionnelles de gestion de l'eau, héritage de l'histoire, que possèdent et maîtrisent les communautés humaines des pays pauvres.

Par Marc Laimé Le Monde diplomatique du 21/03/2008

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 20:31

Une cour d'appel fédérale américaine a annulé jeudi 27 mars la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, figure de la lutte internationale contre la peine capitale, tout en confirmant sa condamnation dans le meurtre d'un policier survenu en 1981. En cela, la cour d'appel confirme la décision prise par un juge fédéral en 2001 qui avait décidé que Mumia Abu-Jamal ne pourrait être exécuté sans la tenue d'un nouveau procès.

 

Aux Etats-Unis, le procès déterminant la culpabilité et celui déterminant la peine sont distincts. La cour d'appel a décidé que Mumia Abu-Jamal était bien coupable du meurtre d'un policier, Daniel Faulkner à Philadelphie en 1981, mais a estimé que lors de son procès, en 1982, le jury aurait été abusé : les instructions données aux jurés avaient pu leur faire croire qu'ils devaient s'accorder à l'unanimité sur des circonstances atténuantes pouvant épargner au condamné la peine capitale, alors que la procédure est en fait moins restrictive. La condamnation à mort sera commuée automatiquement en réclusion criminelle à perpétuité, à moins que l'accusation ne se présente à nouveau devant un jury pour tenter d'obtenir la peine de mort.

Concernant la culpabilité, la cour d'appel, qui n'est pas chargée de se prononcer sur le fond mais sur la forme, a rejeté les arguments dénonçant des violations des droits de la défense : les juges ont refusé par deux voix contre une d'accorder un nouveau procès au condamné. Une décision que le comité de soutien du condamné a qualifié de "dévastatrice" en appelant à plusieurs manifestations, vendredi à New York et le 26 avril à Philadelphie.

"FAIRE FRIRE CE NÈGRE"

Ancien journaliste radio et militant des Black Panthers, Mumia Abu-Jamal, aujourd'hui âgé de 53 ans, a en effet toujours clamé son innocence. Sa défense contestait notamment le fait que, lors de la constitution du jury de son procès, dix jurés noirs aient été récusés pour obtenir, au final, un jury de dix jurés blancs et deux jurés noirs, alors que plusieurs décisions de la Cour suprême américaine interdisent de récuser un juré potentiel en raison de la couleur de sa peau. Pour ses partisans, l'ancien militant de la cause des Noirs a été victime d'un procès politique et de forts préjugés racistes. Ils avancent que le juge présidant le procès de 1982 aurait déclaré à l'époque : "Je vais les aider à faire frire ce nègre" ou encore qu'en 1999 un certain Arnold Beverly aurait par ailleurs avoué à la justice avoir été engagé par la mafia de la ville pour assassiner Daniel Faulkner, parce que ce policier enquêtait de trop près sur certaines figures du crime organisé.

Ces arguments, accompagnés des photos de Mumia Abu-Jamal arborant fièrement de longues tresses rastas, ont fait du condamné une icône de la lutte contre la peine de mort, surtout hors des Etats-Unis. En France, Paris en a fait un "citoyen d'honneur" en 2003 et Saint-Denis a baptisé une rue à son nom, ce qui vaut aux deux villes d'être poursuivies par Philadelphie pour "apologie de crime".

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 20:25

Washington - Une cour d'appel fédérale américaine a annulé la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, figure de la lutte internationale contre la peine capitale. Les juges ont toutefois confirmé sa culpabilité dans le meurtre d'un policier en 1982.

Par 2 voix contre 1, la cour d'appel de Philadelphie a refusé la demande de Mumia Abu-Jamal, un ancien journaliste radio et militant des "black panthers" aujourd'hui âgé de 53 ans, qui clame son innocence et souhaite un nouveau procès.

La décision de la cour signifie que l'accusation doit se présenter une nouvelle fois devant un jury pour obtenir une condamnation à mort, sinon la peine sera automatiquement commuée en réclusion criminelle à perpétuité.

Les juges ont en effet estimé que lors du procès de 1982, les instructions données aux jurés ont pu leur faire croire qu'ils devaient s'accorder à l'unanimité sur des circonstances atténuantes pouvant épargner au condamné la peine capitale, alors que la procédure est en fait moins restrictive.

http://www.swissinfo.ch/fre/infos/n...

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 20:19

Youri Gagarine (Sipa)

                 En avril 1961, il avait été le premier homme à voyager dans l'espace.

Youri Gagarine (Sipa)

L'URSS a appris avec tristesse la mort mercredi 27 mars de Youri Gagarine au cours d'un vol d'entraînement. Les Soviétiques ont en été informés par un communiqué radiodiffusé.
Youri Gagarine avait marqué l'histoire : il a été le premier homme à voyager dans l'espace le 12 avril 1961 réalisant une révolution complète autour de la planète. Cet exploit l'avait hissé au rang de héros national soviétique.
Parcourant le monde, il était depuis un excellent ambassadeur des valeurs de l'Union soviétique: né à Gjatsk (URSS) en 1934 d'un père charpentier et d'une mère paysanne, il disait incarner le symbole du modèle soviétique, pays dans lequel un moujik avait pu par devenir cosmonaute.

Youri Gagarine
est né à en 1934 dans une famille de fermiers kolkhoziens. Il intègre l'armée russe en 1955. Son premier vol spatial est une révolution complète autour de la Terre à bord de la capsule Vostok 3KA-2.
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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 16:01

jeudi 27 mars par Laurent Léger, Michel Despratx  

 

 

stries et métiers de la métallurgie (UIMM) poursuit son opération transparence en publiant ses comptes 2007 et en détaillant l'indemnité de départ de son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac, « Bakchich » a voulu en savoir plus sur l'ancêtre du Medef et les pratiques qui avaient cours alors, notamment pour financer la classe politique. Mme Parisot, accrochez vous !

Au Medef, à entendre Laurence Parisot, sa présidente, on ne savait rien des pratiques étranges en vogue dans l'une de ses fédérations affiliées - l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), avec ses millions retirés en cash de ses comptes bancaires et distribués en secret par les patrons successifs de l'organisation.

Achetant sa puissance et son influence à coup de billets remis de la main à la main, sans signature ni reçu, la riche UIMM n'était pourtant pas la seule à fonctionner dans cette zone grise. Au CNPF (Conseil national du patronat français), l'ancêtre du Medef, on connaissait l'usage des valises. Ça finançait joyeusement au 31, avenue Pierre 1er de Serbie, l'adresse historique du patronat, aujourd'hui déménagé avenue Bosquet, près du Champ de Mars.

« Ah, cette porte dérobée... »

Dans cet édifice acquis en 1937, un bel escalier classé monument historique est resté dans toutes les mémoires, ainsi que la discrète entrée située à côté de la principale. Ah, cette porte dérobée... Un ancien patron départemental de l'organisation patronale s'en souvient encore. « Un huissier asiatique ouvrait la porte avec méfiance. Il fallait montrer patte blanche avant de monter à l'étage », murmure-t-il à Bakchich, tant ces détails restent brûlants des années après.

Et pour cause : dans ces bureaux, le CNPF organisait le financement, en argent liquide, des hommes et des partis politiques. Pour la plupart, confie notre ex-patron local du Medef, des structures et des hommes plutôt « de droite », dont plusieurs sont aujourd'hui au plus haut niveau de l'UMP. Dans des villes gérées par la gauche ou (pire !) le parti communiste, comme c'était souvent le cas dans les communes où étaient implantées des industries, le CNPF arrosait les élus d'opposition. Il fallait bien soutenir les intérêts des patrons, à l'usine comme à la mairie.

Les fonds d'Aimé Aubert, dit le « Pharaon »

Que trouvait-on derrière la petite porte du CNPF ? Il y eut, pendant des années, celui à qui était dévolu le titre ronflant de « délégué du président du Conseil national du patronat français » : Aimé Aubert, surnommé le « Pharaon » dans les couloirs du siège du patronat. Officiellement, le trait d'union avec le monde politique. En réalité, spécialiste des questions électorales, il aidait les uns et les autres à se financer avec quelques belles valises. Et pas remplies de carton, s'il vous plaît.

Le journal du PS, L'Unité, publie ainsi en 1973, sous la plume de Nicolas Brimo (aujourd'hui l'un des boss du Canard enchaîné), une enquête sur les subsides du patronat. «  En mars 1973, écrit le journaliste, tout candidat de la majorité qui passait dans son bureau repartait avec 300 000 anciens francs. (...) Les fonds que distribue Aimé Aubert proviennent du budget propre du C.n.p.f. Par ailleurs, les très grosses fédérations, celles qui ont les plus importantes ressources (entre 500 et 700 millions d'anciens francs) financent par elles-mêmes. En 1969, par exemple, Jacques Ferry, patron des "métallurgistes", a été le plus gros bailleur de fonds du candidat Pompidou ». Déjà les métallos faisaient parler d'eux...

La complainte d'un député mal arrosé

Avant le Pharaon, il y avait eu, dans les couloirs du patronat, d'autres financiers de l'ombre, à la tête de divers départements à l'appellation plus ou moins fumeuse, tel le Centre d'études administratives et économiques. André Boutemy fut l'un d'entre eux. Il n'hésitait pas à raconter en public qu'il avait gardé le nom de tous ceux qu'il avait arrosés. C'était l'époque où un dirigeant du Parti communiste interceptait une lettre d'un député des Deux Sèvres, Clovis Macouin, adressée au CNPF, se plaignant de ne pas avoir suffisamment touché, et la brandit à la tribune de l'Assemblée nationale... On imagine l'ambiance à la Chambre.

Henri Weber, député européen PS, qui a effectué une plongée, dans les années 1980, au coeur des arcanes du patronat pour un livre de réfèrence, « Le Parti des patrons », revient sur cette époque où les scandales étaient bien plus retentissants que celui de l'UIMM. Il le dit face à la caméra de Bakchich TV. Guettez sa réaction à la question de savoir si le Medef, d'après lui, perpétue ces pratiques de financement occulte...

Un « service des études législatives »

Après le Pharaon, un autre hiérarque du CNPF est resté dans les mémoires reconnaissantes de quelques élus. Michel de Mourgues, digne représentant de la droite conservatrice et catholique, aux dires des anciens du CNPF, a dirigé un service au nom, là aussi, très flou : le « Service des études législatives », que les initiés dénomment le SEL, rebaptisé pour lui donner un aspect encore plus lisse : « Direction générale des études législatives ». Une petite dizaine de personnes officiellement dédiées au lobbying.

Contacté pour les besoins de cette enquête, Michel de Mourgues, qui a quitté le Medef et reste aujourd'hui administrateur et vice-président de la banque Bred, n'a pas souhaité nous répondre. A son domicile du VIIème arrondissement, après la troisième tentative de le joindre, une dame fort aimable prend nos coordonnées au téléphone et assure que « cela ne sert à rien de rappeler », Michel de Mourgues « ne nous répondra pas ».

Pourtant, il en aurait des choses à raconter, Michel de Mourgues... Dans les années 1980, les représentants de fédérations lui apportaient des chèques représentant les cotisations rassemblées par la fédé. « Il me disait : revenez dans trois jours, se souvient l'un d'entre eux. Trois jours après, j'étais de retour dans son bureau, et il me remettait des billets à la place des chèques. Je repartais avec l'argent liquide ».

Un financement décentralisé

Une manière de décentraliser les financements : pour plus de sécurité et toujours plus de secret, le CNPF, qui n'était pas particulièrement riche, recevait des fonds de la part de ses principales fédérations, telle la métallurgie (UIMM), le bâtiment, la grande distribution, l'audiovisuel, et les reversait à ses filiales locales. A charge pour elles de distribuer sur le terrain...

Remarque d'un connaisseur du système : « Le financement des politiques par les centrales professionnelles permettait d'éviter le trafic d'influence et de déconnecter l'attribution de marchés publics de la remise d'argent ». Ah bon ? Il nuance néanmoins : « Enfin bon, il fallait quand même que celui qui recevait l'enveloppe sache qui le payait ». Ça pouvait toujours servir, en effet.

Et la gauche arriva au pouvoir...

Avec l'arrivée de la gauche en 1981, le patronat se paie la frousse de sa vie. Les communistes sont au pouvoir, et voilà même que le CNPF élit à sa tête Yvon Gattaz, un patron de PME qui ne sera pas, aux yeux de certains patrons, suffisamment solide face au pouvoir socialiste, qui nationalise à tour de bras. Au sommet du patronat, on est divisé, et beaucoup refusent que l'idéologie « rouge » mette des bâtons dans les roues du fonctionnement des entreprises et étouffe les sirènes libérales qui charment leurs patrons.

« La nationalisation des grands groupes, auparavant gros pourvoyeurs de fonds, a cassé les filières du financement politique. Le CNPF, en échange de la neutralité de la gauche à l'égard du monde de l'entreprise, a pris l'engagement de stopper les financements des partis de droite », poursuit notre expert.

Sauf que certains, au sein des instances du CNPF, ne sont pas d'accord. Le fameux SEL, ainsi que plusieurs fédérations professionnelles, vont perpétuer l'arrosage des politiques de droite. Le SEL devient pendant quelques années un quasi-État dans l'État au sein du patronat.

Fin 1997, Ernest-Antoine Seillière prend au CNPF la succession de Jean Gandois, après la démission de ce dernier. C'est sous son ère que le syndicat des patrons change de nom. Adieu le CNPF, bonjour le Medef. Laurence Parisot succède au bon baron le 5 juillet 2005.

Sans avoir jamais su ce qui se passait au « Service des études législatives »... ?

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 15:54

Une lettre signée par Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était président du conseil général des Hauts-de-Seine, serait apparue dans le dossier judiciaire de l'affaire Hamon, qui porte sur des détournements de fonds publics.

Nicolas Sarkozy (AFP)

Nicolas Sarkozy (AFP)

Une lettre signée par Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était président du conseil général des Hauts-de-Seine, est apparue dans le dossier judiciaire de l'affaire Hamon, qui porte sur des détournements de fonds publics, révèle Le Monde
Selon Me Philippe Gumery, la lettre signée par le chef de l'Etat le 13 octobre 2004, à l'époque où il était à la tête du conseil général des Hauts-de-Seine, atteste de sa connaissance du dossier Hamon.

Mise en examen de Santini

André Santini, le secrétaire d'Etat à la fonction publique, est mis en examen pour "prise illégale d'intérêt", "faux et usage de faux" et "détournement de fonds publics" à l'occasion de la création avortée en 2004 de la fondation d'art contemporain Hamon.
Pour Me Philippe Gumery, les faits reprochés à André Santini pourraient aussi concerner Nicolas Sarkozy.
L'avocat demande, en outre, l'audition de la garde des sceaux, Rachida Dati, qui fut directrice générale adjointe des services du conseil général des Hauts-de-Seine.
La cour d'appel de Versailles devrait se prononcer, vendredi 28 mars, sur un complément d'information réclamé par Me Philippe Gumery.
jeudi 27 mars. Me Philippe Gumery, le conseil du collectionneur d'art Jean Hamon, s'est appuyé sur cette lettre pour demander à la juge d'instruction Nathalie Andreassian d'enquêter sur les flux financiers autorisés par Nicolas Sarkozy.
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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 13:58

Dollar : Une analyse de De Gaulle d'actualité!

Publié 26 mars 2008 1 , Economie , Etats-Unis , La France

Published on mars 20, 2008 par Blue Rider La qualité légendaire des entretiens de De Gaulle avec la presse n'est plus à démontrer. Dans cet entretien accordé en 1965 à la presse écrite, il exprime une fois de plus le choix raisonné de l'indépendance économique, politique et militaire des Etats-Unis. Que son choix politique d'un retour à l'étalon-or soit aujourd'hui sujet à débat est une chose, mais la justesse de son analyse politique dynamique est toujours d'actualité. Dès 1965 il pointe le doigt sur les dérives vénales du système économique libéral étatsunien adossé à un usage quasi frauduleux du dollar.

 

 Q. - M. le Président, en changeant en or une partie de ses avoirs en dollars, la France a provoqué certaines réactions qui ont fait apparaître les défauts du système monétaire actuel. Etes-vous partisan de réformer ce système, et, si oui, comment ?

R. - Je vais tâcher d'expliquer ma pensée sur ces points, A mesure que les États de l'Europe occidentale, décimés et ruinés par les guerres, recouvrent leur substance, la situation relative qui avait été la leur par suite de leur affaiblissement apparaît comme inadéquate, voire abusive et dangereuse. Rien, d'ailleurs, dans cette constatation n'implique de leur part et, notamment, de celle de la France quoi que ce soit d'inamical à l'égard d'autres pays, en particulier de l'Amérique. Car, le fait que ces États veuillent, chaque jour davantage, agir par eux-mêmes dans tout domaine des relations internationales procède simplement du mouvement naturel des choses. Il en est ainsi pour ce qui est des rapports monétaires pratiqués dans le monde depuis que les épreuves subies par l'Europe lui firent perdre l'équilibre. Je veux parler - qui ne le comprend? - du système apparu au lendemain de la Première Guerre et qui s'est établi à la suite de la Seconde. On sait que ce système avait, à partir de la Conférence de Gênes, en 1922, attribué à deux monnaies, la livre et le dollar, le privilège d'être tenues automatiquement comme équivalentes à l'or pour tous paiements extérieurs, tandis que les autres ne l'étaient pas. Par la suite, la livre ayant été dévaluée en 1931 et le dollar en 1933, cet insigne avantage avait pu sembler compromis. Mais l'Amérique surmontait sa grande crise. Après quoi, la Deuxième Guerre mondiale ruinait les monnaies de l'Europe en y déchaînant l'inflation. Comme presque tontes les réserves d'or du monde se trouvaient alors détenues par les États-Unis, lesquels, en tant que fournisseurs de l'univers, avaient pu conserver sa valeur à leur propre monnaie, il pouvait paraître naturel que les autres Etats fissent entrer indistinctement des dollars ou de l'or dans leurs réserves de change et que les balances extérieures des paiements s'établissent par transferts de crédits ou de signes monétaires américains aussi bien que de métal précieux. D' autant plus que l'Amérique n'éprouvait aucun embarras à régler ses dettes en or si cela lui était demandé. Ce système monétaire international, ce « Gold Exchange Standard », a été par conséquent admis pratiquement depuis lors. Cependant, il ne paraît plus aujourd'hui aussi conforme aux réalités et, du coup, présente des inconvénients qui vont en s'alourdissant. Comme le problème peut être considéré dans les conditions voulues de sérénité et d'objectivité - car la conjoncture actuelle ne comporte rien qui soit, ni très pressant, ni très alarmant - c'est le moment de le faire. Les conditions qui ont pu, naguère, susciter le « Gold Exchange Standard » se sont modifiées, en effet. Les monnaies des Etats de l'Europe occidentale sont aujourd'hui restaurées, à tel point que le total des réserves d'or des Six équivaut aujourd'hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu'ils ont à leur compte. C'est dire que la convention qui attribue au dollar une valeur transcendante comme monnaie internationale ne repose plus sur sa base initiale, à savoir la possession par l'Amérique de la plus grande partie de l'or du monde. Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l'or pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les États-Unis à s'endetter gratuitement vis-à-vis de l'étranger. En effet, ce qu'ils lui doivent, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu'il ne tient qu'à eux d'émettre, au lieu de les leur payer totalement avec de l'or, dont la valeur est réelle, qu'on ne possède que pour l'avoir gagné et qu'on ne peut transférer à d'autres sans risque et sans sacrifice. Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l'Amérique contribue à faire s'estomper l'idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu'il est un moyen de crédit approprié à un Etat. Évidemment, il y a d'autres conséquences à cette situation. Il y a en particulier le fait que les Etats-Unis, faute d'avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d'autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les mesures voulues pour remédier à leur déséquilibre, subissent, d'année en année, une balance déficitaire. Non point que le total de leurs échanges commerciaux soit en leur défaveur. Bien au contraire! Leurs exportations de matières dépassent toujours leurs importations. Mais c'est aussi le cas pour les dollars, dont les sorties l'emportent toujours sur les rentrées. Autrement dit, il se crée en Amérique, par le moyen de ce qu'il faut bien appeler l'inflation, des capitaux, qui, sous forme de prêts en dollars accordés à des Etats ou à des particuliers, sont exportés au dehors. Comme, aux États-Unis même, l'accroissement de la circulation fiduciaire qui en résulte par contre-coup rend moins rémunérateurs les placements à l'intérieur, il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l'étranger. De là, pour certains pays, une sorte d'expropriation de telles ou telles de leurs entreprises. Assurément, une telle pratique a grandement facilité et favorise encore, dans une certaine mesure, l'aide multiple et considérable que les États-Unis fournissent à de nombreux pays en vue de leur développement et dont, en d' autres temps, nous avons nous-mêmes largement bénéficié. Mais les circonstances sont telles aujourd'hui qu'on peut même se demander jusqu'où irait le trouble si les États qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or? Lors même, d'ailleurs, qu'un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu'il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le système soit changé. On sait qu'elle l'a fait, notamment, lors de la Conférence monétaire de Tokyo. Étant donné la secousse universelle qu'une crise survenant dans ce domaine entraînerait probablement, nous avons en effet toutes raisons de souhaiter que soient pris, à temps, les moyens de l'éviter. Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s'établissent, comme c'était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d' aucun pays en particulier. Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu'à cet égard il puisse y avoir de critère, d'étalon, autres que l'or. Eh oui ! L' or, qui ne change pas de nature, qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n'a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence. D'ailleurs, en dépit de tout ce qui a pu s'imaginer, se dire, s' écrire, se faire, à mesure d'immenses événements, c'est un fait qu'encore aujourd'hui aucune monnaie ne compte, sinon par relation directe ou indirecte, réelle ou supposée, avec l'or. Sans doute, ne peut-on songer à imposer à chaque pays la manière dont il doit se conduire à l'intérieur de lui-même. Mais la loi suprême, la règle d'or - c'est bien le cas de le dire - qu'il faut remettre en vigueur et en honneur dans les relations économiques internationales, c'est l'obligation d'équilibrer, d'une zone monétaire à l' autre, par rentrées et sorties effectives de métal précieux, la balance des paiements résultant de leurs échanges. Certes, la fin sans rudes secousses du « Gold Exchange Standard », la restauration de l'étalon -or, les mesures de complément et de transition qui pourraient être indispensables, notamment en ce qui concerne l'organisation du crédit international à partir de cette base nouvelle, devront être concertées posément entre les Etats, notamment ceux auxquels leur capacité économique et financière attribue une responsabilité particulière. D'ailleurs, les cadres existent déjà où de telles études et négociations seraient normalement menées. Le Fonds monétaire international, institué pour assurer, autant que faire se peut, la solidarité des monnaies, offrirait à tous les Etats un terrain de rencontre approprié, dès lors qu'il s'agirait, non plus de perpétuer le « Gold Exchange Standard », mais bien de le remplacer. Le « Comité des Dix », qui groupe, aux côtés des États-Unis et de l' Angleterre, d'une part la France, l' Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Belgique, d' autre part le Japon, la Suède et le Canada, préparerait les propositions nécessaires. Enfin, il appartiendrait aux Six États qui paraissent en voie de réaliser une Communauté économique européenne d'élaborer entre eux et de faire valoir au -dehors le système solide que recommande le bon sens et qui répond à la puissance renaissante de notre Ancien Continent. La France, pour sa part, est prête à participer activement à la vaste reforme qui s'impose désormais dans l'intérêt du monde entier.

Charles de G au lle Extrait de "Discours et Messages" - Charles de Gaulle - Plon, 1970 - pages 330 à 334

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 13:39

La confédération Syndicale Internationale (CSI) qui rassemble 168 millions de travailleurs au sein de 311 organisations affiliées nationales dans 155 pays aboie avec les loups.

Même si je ne cautionne pas les graves errements actuels en Chine, où je n'ai d'ailleurs jamais eu la chance d'aller, il faut d'abord enlever les oeillères afin de voir ce qui gravite actuellement autour du Tibet.

Selon la CSI, il y aurait des dizaines de morts. Pas de réelles certitudes, mais qu'importe pour ce syndicalisme approximatif. Il faut rappeler l'affaire du courageux jeune homme de la place Tian yen Men qui  "a mis sa vie en péril" en stoppant un char et qui, ensuite est tranquillement remonté dans ce même char. C'est-y pas beau ça!

Les Georges Bush, les Sarkozy, Kouchner, Lang, Royale et consorts ne sont jamais intervenus contre la pratique de la torture dans le sinistre bagne étasunien de Guantanamo, contre les interventions militaires en Yougoslavie, en Irak, en Afganistan, en Equateur où le numéro 2 des FARC, qui s'apprétait à négocier la libération d'otages a été, avec d'autres personnes lâchement assassiné pendant son sommeil, avec la complicité ou l'imbécile connerie de Sarkozy. Tout ce joli monde n'a pas bronché ou laisse faire les agressions et répressions en cours.      

Des Palestiniens souffrent et meurent chaque jour victimes des coups d'une puissante armée israélienne, soutenue par les Etats-Unis. Ce n'est pas rien. En Afrique comme dans nombre d'autres régions du monde, les atteintes aux libertés individuelles, contre les droits de l'homme sont journellement piétinés. 

Nous, peuple de France, qui vomissons Sarkozy et sa clique, nous devrions nous associer à l'appel de la CSI et prêter main forte à nos pires ennemis. Nous devrions nous accoquiner avec Sarkozy à qui nous venons d'infliger un camouflet cinglant lors des dernières élections. Notre peuple serait-il crédule à ce point?

Il me semble qui si les syndicats doivent tenir un rôle majeur en ce qui concerne la Paix dans le monde, ceux-ci ne doivent pas pour autant avaliser et cautionner tous les mauvais coups fomentés par le capitalisme. Ces puissances d'argent ne craignent pas d'utiliser le glaive au nom de dieu, ce dangereux opium dirigé habilement contre les peuples. Le pape, patron du richissime et minuscule Etat catholique du Vatican ne démentira pas mon propos, lui qui vient de convertir un homme d'origine musulmane. Le pavillon de l'évangélisme est hissé.

Le dalaï-lama, ce religieux de tous crins, cette crapule, soutenu par ses amis, les Etats-Unis et leur caniche Sarkozy sont prêts à tout pour saboter l'organisation des jeux olympiques de Pékin. Ces forces du mal, comme dirait l'enfoiré de Bush savent que la Chine est actuellement le seul pays au monde qui soit en capacité  de résister militairement à l'ogre  qu'est le gendarme américain, porte-parole et bras armé de l'impérialisme mondial.

Sur le plan purement sportif, les Etats-Unis redoutent d'être supplantés par les athlètes chinois. Les Bush, Sarkozy et leurs carpettes n'ont que faire des années de travail, de préparation, d'entraînement des sportifs du monde entier qui rêvent de participer aux jeux de Pékin, sources d'espoir et de rencontres sportives à la loyale.

Les voyous internationaux de la politique sont prêts à mettre la planète à feu et à sang afin d'écraser tout Etat qui n'accepte pas de se plier à leur loi : celle du capitalisme. 

La CSI, organisation internationale réformiste n'est autre qu'une courroie de transmission, d'accompagnement de la dictature de l'argent. Ce n'est pas le rôle dévolu à une organisation syndicale.

Je suis de ceux,nombreux, qui refusent de tomber dans le piège tibétain du dalaï-lama et de ses compères américains.
Jacques Tourtaux
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