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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 16:03

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 16:00

irak.jpgDépart au pas de course : l’évacuation, ce dimanche, du dernier convoi de GI’s marque la fin de l’aventure américaine en Irak. L’invasion du pays, en mars 2003, sous le prétexte (mensonger) de l’existence d’armes de destruction massive, suivie d’une chute-éclair du régime de Saddam Hussein, avait débouché sur une guerre contre-insurrectionnelle de plus de huit ans, dont le coût humain et financier a été dément…

L’armée américaine a compté jusqu’à 170 000 hommes sur le terrain (pic d’octobre 2007). En octobre dernier, ils étaient encore 39 000. Ne restent sur place désormais que 160 soldats, dont une compagnie de marines pour la protection de l’ambassade américaine à Bagdad, et 157 personnels accompagnant les livraisons d’armes à l’armée irakienne.

Faute d’avoir obtenu une prolongation du régime d’immunité juridique pour ses soldats, Washington a renoncé au stationnement – longtemps envisagé – d’une force de 15 000 à 20 000 hommes jusqu’en 2012 (et plus, si affinités…), au titre de la formation des soldats irakiens et de la protection des milliers de diplomates, agents, et ressortissants américains qui restent sur place.

Les projets ambitieux du département d’Etat pour l’Irak futur, qui avaient été élaborés alors que les militaires insistaient pour maintenir un contingent significatif en 2012, ont finalement été abandonnés : il a été décidé, par exemple, de ne pas ouvrir de consulats à Mossoul, Kirkouk et Bassorah, comme le demandait le gouvernement irakien.

Mais la nouvelle ambassade américaine à Bagdad reste la plus importante au monde. Et des centaines de « contractors » civils américains continueront d’écumer le marché de la sécurité privée, ou de participer à l’entraînement des forces irakiennes, lesquelles occuperont certaines des 505 bases abandonnées par l’armée américaine du nord au sud du pays.

Poids des vétérans

Depuis l’invasion de mars 2003, au moins 104 000 civils irakiens [1] sont morts des causes directes du conflit. Il faut y ajouter 20 000 soldats et policiers irakiens, et plus de 19 000 insurgés. Certaines catégories socio-professionnelles ont été particulièrement touchées : les universitaires (464 tués), les journalistes (174).

Côté coalition, les Etats-Unis ont perdu 4 487 hommes (dont 3 518 au combat), et 31 921 militaires américains ont été blessés dans les combats, selon les chiffres du Pentagone. 2097 employés civils de sous-traitants du gouvernement américain ont également été tués. Le Royaume-Uni, second contingent, a de son côté perdu 179 soldats.

Lors du déclenchement de l’opération Iraqi Freedom, 150 000 soldats américains étaient déployés en Irak, soutenus par 120 000 autres militaires depuis l’extérieur. Plus de 40 000 Britanniques ont également participé à l’invasion. Les effectifs du corps expéditionnaire avaient décru jusqu’à l’envoi, début 2007, d’un renfort de 30 000 hommes pour tenter d’endiguer l’explosion de violences.

Un accord signé en novembre 2008, sous l’administration Bush, prévoyait la fin de l’opération en septembre 2010, avec retrait échelonné du gros des troupes. Mais un contingent d’une cinquantaine de milliers d’hommes était resté sur place, au titre de la formation de l’armée nationale.

Les opérations en Irak depuis 2003 avaient été budgétisées à hauteur de 770 milliards de dollars, sur des lignes spéciales consacrées aux opérations extérieures. Une fraction indéterminée du budget du Pentagone a également servi à financer, de fait, la guerre en Irak.

Il s’y ajoute le coût de l’aide à l’Etat irakien, et de la prise en charge des blessés et des vétérans américains (au nombre de 1 250 000, avec ceux d’Afghanistan). Il a été calculé que le coût des soins et des pensions d’ici 2055 pourrait varier entre 345 et 470 milliards de dollars. [2] Voilà pourquoi on devrait être, pour le seul Irak, dans cette fourchette des mille milliards…

Pas avant 2020

En ce jour symbolique de départ du dernier convoi, l’Agence France Presse (AFP) a listé les problèmes qui, eux, restent :

Territoires disputés : les Kurdes, largement autonomes, revendiquent la souveraineté d’une bande longue de 650 km riche en hydrocarbures, à cheval sur quatre provinces (et comprenant la ville multiethnique de Kirkouk).

Violences et tensions religieuses : l’insurrection sunnite a reflué depuis le pic des violences de 2006-2007, mais attaques, exécutions et rapts restent fréquents. Le gouvernement dominé par les chiites accuse les anciens partisans sunnites de Saddam Hussein de comploter pour revenir au pouvoir et les réprime durement.

De son côté, « L’Etat islamique d’Irak », ombrelle de groupes affiliés à Al-Qaida, a mené des attentats spectaculaires visant notamment les forces de l’ordre, les pèlerins chiites et la communauté chrétienne.

Crise syrienne : la Syrie partage 600 km de frontières avec l’Irak. Bagdad dépend aussi beaucoup pour son alimentation de la Syrie. Une chute du régime alaouite de Bachar Al-Assad et l’arrivée au pouvoir de sunnites à Damas pourraient pousser des milliers de réfugiés en Irak et raviver le conflit chiites-sunnites.

Influence iranienne : l’Iran est soupçonné d’exercer une grande influence sur le gouvernement et d’entretenir des milices chiites responsables d’attentats anti-américains. Washington les accuse de vouloir former « un gouvernement dans le gouvernement », à l’image du Hezbollah libanais.

Faiblesse et corruption des institutions : l’Irak n’a pas depuis deux ans de ministre de l’intérieur et de la défense, faute de compromis entre factions politiques. Le pays est l’un des plus corrompus au monde, selon Transparency International. Certaines provinces réclament un statut d’autonomie, à l’exemple du Kurdistan. L’armée sera incapable de défendre les frontières et l’espace aérien avant 2020, selon son chef d’état-major.

Pétrole : il n’y a toujours pas de loi régissant l’exploitation des ressources en hydrocarbures, première source de revenus du pays.

Problèmes sociaux : un quart de la population vit dans la pauvreté. La condition des femmes s’est nettement dégradée depuis 2003. L’Irak compte quelque 1,75 million de déplacés internes et réfugiés.

Séparatistes kurdes : le PKK turc et le PJAK iranien disposent de bases dans le nord irakien. Les armées turque et iranienne y mènent des opérations militaires.

Conflit avec le Koweït : les relations restent tendues depuis l’invasion de 1990, avec des contentieux sur les réparations et le tracé de la frontière. L’Irak accuse aussi le Koweït de bloquer son accès à la mer en bâtissant un port qui gênerait ses exportations de brut.

Socle idéal

Au total, le président Obama aura réussi à tenir ses promesses au Congrès, avec un retour de ses « boys » avant Noël, même si c’est sans triomphe, et si une partie de l’opinion américaine s’interroge : cela en valait-il la peine ? La majorité de la population irakienne semble soulagée, même si certaines communautés (sunnites, chrétiens) peuvent s’inquiéter pour leur avenir, notamment en termes de sécurité.

A Mossoul, lors de la fermeture de la grande base américaine, fin octobre, la foule brandissait des drapeaux irakiens, et des affiches : « Félicitations à la ville de Mossoul en ce grand jour qui a vu partir les dernières troupes d’occupation ».

Le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, reconnaissait récemment qu’il ne pouvait compter au parlement sur une majorité accordant aux soldats américains l’immunité juridique à partir de l’an prochain (raison pour laquelle l’OTAN vient également de faire savoir qu’elle mettait fin à son opération de formation des militaires irakiens).

Si le gouvernement actuel de l’Irak, réputé faible et divisé, faisait face à une explosion de violence, il pourrait cependant demander l’aide de son protecteur américain qui restera un acteur de premier plan sur toute la côte sud du Golfe, notamment au Koweit.

L’ex-ambassadeur américain en Irak, Christopher Hill, exprime son appréhension [3] : le maintien d’une forme d’intervention pouvait-il forger cette alliance solide que les Etats-Unis espéraient alors même que le conflit a fait tant de victimes de part et d’autre, et vidé les coffres du Trésor américain ? « Nous pouvons déclarer que l’Irak est notre allié ; mais une invasion ne sera jamais le socle idéal pour une alliance ».

Notes

[1] Iraq Body Count, une ONG britannique, évalue les pertes civiles entre 103 775 et 113 680, au 30 novembre 2011.

[2] Fin 2010, les Etats-Unis avaient déjà dépensé près de 32 milliards de dollars pour la prise en charge des soins médicaux des blessés et le versement des pensions d’invalidité (dont les vétérans bénéficient à vie).

[3] Tim Arango et Michael S. Schmidt, « U.S. Scales Back Diplomacy in Iraq Amid Fiscal and Security Concerns », The New York Times, 22 octobre.

 

 

http://blog.mondediplo.net/2011-12-18-Une-guerre-a-mille-milliards-de-dollars

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 15:52

50881360.jpgEnfant chéri du Medef, la rupture conventionnelle n'a pour l'instant fait l'objet d'aucune évaluation officielle. A défaut de bilan d'étape, on peut surtout constater son insolente croissance et ses effets pervers !

Nul n'a oublié la célèbre phrase de Laurence Parisot : « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » qui a été le prologue à la création de la « rupture amiable » finalement baptisée : rupture conventionnelle.

Il faut savoir que le Medef en est tellement satisfait, qu'il l'a fait figurer en toutes lettres, dans la rubrique : « Qui sommes Nous ? » de son site institutionnel : « (...) C’est le MEDEF qui a proposé la rupture conventionnelle du contrat de travail qui permet de réduire les contentieux judiciaires pour les entreprises, tout en apportant aux salariés de nouvelles garanties (...) »

Garanties qui se résument, au passage, au droit de bénéficier des indemnités de chômage versées par Pôle Emploi !

En Décembre 2010, le Medef publiait un communiqué tonitruant : « La rupture conventionnelle, deux ans après » dans lequel il se félicitait de l'application du concept de « séparabilité » transposée par la loi du 25 juin 2008 « portant modernisation du marché du travail » Il joignait à ce communiqué un argumentaire, dans lequel on pouvait lire, quelques morceaux de bravoure

Laurence Parisot : « Ce concept de séparabilité représente un acquis majeur pour tous. C'est une vraie bonne nouvelle pour l'embauche en France qui ainsi se modernise et se dynamise. Il marque aussi un progrès souhaitable vers l'égalité entre l'employeur et l'employé »

Cathy Kopp, chef de file de la délégation patronale pour la négociation modernisation du marché du travail : « L'accord « modernisation du marché du travail » ouvre une ère nouvelle pour les relations sociales et pour l'économie en France : il invente la flexisécurité française »

Et le Medef de hurler son bonheur : « (...) Près de 400.000 ruptures conventionnelles en 2 ans. La rupture conventionnelle du contrat de travail a connu une montée en charge spectaculaire depuis sa création, et un rythme constant sur 2010, avec une moyenne de 21.000 ruptures homologuées par mois »

Puis, en juillet 2011, alors que le chômage flambait, on apprenait que le nombre de ruptures conventionnelles avait atteint le nombre de 600 000 !

Or, nous disent Les Echos : « (...) A l'occasion de l'élaboration de l'agenda social cet automne, les partenaires sociaux avaient décidé de mener une évaluation du dispositif. Le sujet pourrait donc s'inviter à la table du sommet social le 18 janvier (...) Aucune étude n'a jusqu'ici évalué la part des ruptures initiées par les salariés, ni leur destin professionnel après cette rupture (...) »

En attendant que le Medef veuille bien, accepter une évaluation sérieuse de ce dispositif, qui a ouvert : « une ère nouvelle pour les relations sociales et pour l'économie en France » De très nombreux témoignages de salariés montrent que le dispositif est loin d'être idyllique !

Les sites Juritravail et Village-Justice par exemple, se font l'écho de moult exemples de ruptures conventionnelles retoquées par les juges prud’homaux pour des raisons parfaitement justifiées.

Mais on peut également trouver d'autres cas évoqués régulièrement par la presse écrite.

L'Humanité dans un article du 11 avril 2011 donnait une liste non exhaustive d'entreprises ayant utilisé le dispositif pour passer outre les obligations relevant d'un plan de sauvegarde de l'emploi ou tout simplement pour se séparer d'un salarié trop vieux. Le journal faisait remarquer au passage que : « (...) 1 191 plans sociaux ont été comptabilisés pour l'ensemble de l'année 2010, contre 2 245 en 2009. Une réduction des PSE qui pourrait être expliquée, dans certains cas, par la montée en puissance de la rupture conventionnelle (...) »

Le Monde nous livrait il y a peu, quelques témoignages de lecteurs, dont certains avaient été contraint et forcé, d'accepter ce mode de licenciement, sous la pression de leurs entreprises.

On pourra aussi évoquer le cas de la Clinique de Lambersart, dont le maire est Marc-Philippe Daubresse, le secrétaire général adjoint de l'UMP, qui fermera ses portes au 31 décembre. A cette occasion, il n'y aurait pas de plan social : (...) mais la CFDT s'est rapprochée de la direction départementale du travail pour évoquer la multiplication de propositions individuelles de rupture conventionnelle de contrat de travail (...) »

Plus grave, encore, les révélations de la CGT Cognac, à la Charente Libre faisant état de l'utilisation de la rupture conventionnelle : « (...) Sur la vingtaine de dossiers de rupture conventionnelle qu'a traités la CGT de Cognac durant le dernier semestre, 90% sont motivés par des dépressions nerveuses (...) On craint que ces nouvelles méthodes de management s'accentuent en 2012 et qu'elles deviennent le nouveau mode de gestion des salariés »

Et quel est le prix de cette « flexisécurité française » ?

La CGT l'estime à 1,3 milliard. Mais précise que lors des dernières négociations sur la nouvelle convention d'assurance chômage, le Medef n'a pas voulu en entendre parler.

Alors, où en est-on de la progression du nombre de ruptures conventionnelles ?

« (...) les ruptures conventionnelles représentaient ainsi, à la mi-2011 et parmi les chômeurs indemnisés, 23,2 % des sorties de CDI. Les licenciements, qui représentaient la quasi-totalité des motifs de sortie de CDI à la mi-2006, n'en représentent désormais qu'un peu plus des deux tiers soit 67,8 % (...) » expliquent Les Echos

Quels sont, pourtant, les plus gros risques encourus, à terme, pour les salariés qui accepteraient une rupture conventionnelle ?

Tout d'abord, une possible modification de la durée d'indemnisation évoquée en novembre 2011, par Xavier Bertrand qui déclarait se poser la question : « des freins au retour à l'emploi » et envisageait : « la réintroduction d'une dégressivité des allocations chômage, incitative à la reprise d'emploi (...) »

D'autant qu'après Standard & Poors début décembre, on a appris hier que l'agence de notation Fitch a annoncé à son tour, avoir : « revu de stable à négative la perspective attachée à la note de neuf entités publiques françaises » dont l'UNEDIC. Bien malin qui pourrait dire, ce que les gestionnaires de l'UNEDIC décideraient, en terme d'indemnisation, si leur note était fortement dégradée ...

Il existe enfin un risque, mis en lumière par un jugement de la Cour d'appel de Nîmes, et sur lequel le Medef et les employeurs utilisateurs de la rupture conventionnelle, sont particulièrement silencieux : « Les assurances perte d'emploi contractés dans le cadre d'un prêt immobilier »

En effet, explique Comptanoo : « (...) si la rupture conventionnelle est assimilée à un licenciement économique en terme juridique et social, tant au regard des aides au reclassement et des allocations-chômage, les juges rappellent dans leurs attendus que « le contrat d'assurance garantit un risque susceptible de survenir qui doit être indépendant de la volonté des parties (...) » En clair précise L'Expansion : « Les salariés qui envisagent une rupture conventionnelle doivent donc être extrêmement attentifs à la rédaction de leur contrat d'assurance et s'assurer qu'il couvre bien ce mode de rupture du contrat de travail (...) »

Mais, dans la mesure où il n'y a aucune chance pour que le Medef, lors du sommet social du le 18 janvier 2012, renonce à cet outil « économique » de réduction des effectifs. Et, que le Président ne fera aucune pression dans ce sens sur l'organisations patronale. Tous les ingrédiens sont réunis pour que « l'aimable conversation de salon, aboutissant à une séparation amiable », ne devienne un « piège mortel » pour les salariés, à qui, crise aidant, on devrait de plus en plus proposer cette solution !

 

http://slovar.blogspot.com/2011/12/licenciements-le-bilan-calamiteux-de-la.html

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 15:49

index.jpgLa scène a de quoi intriguer. Vendredi dernier, 16 décembre, Ehud Barak, le ministre israélien de la défense, effectue une visite impromptue aux Etats-Unis pour rencontrer le président des Etats-Unis, non pas à la Maison Blanche, mais, pendant une demi heure, derrière l’estrade du Gaylord Hotel à National Harbor dans le Maryland où Barack Obama devait prononcer un discours devant les 5400 membres du Judaïsme réformé. De quoi ont-ils pu parler ? Quelle information ne pouvait pas être transmise par un télégramme chiffré ou une ligne de téléphone cryptée ? Pourquoi une telle urgence et un tel secret ? Ehud Barak est-il venu recevoir une réponse d’Obama? Un mot vient à l’esprit : Iran. Là, Amir Oren, le spécialiste des affaires militaires du quotidien Haaretz explique : « Il peut y avoir trois raisons à une rencontre entre un ministre israélien de la défense et un président américain. Transmettre au chef de l’exécutif une information militaire ou diplomatique. Tenter de convaincre le président de changer sa politique, ou, tenter de savoir s’il y a une  possibilité de le convaincre d’effectuer une certaine opération. » Oren poursuit. «  Si Barak espérait convaincre Obama d’accepter une attaque contre l’Iran au cours des prochains mois, il n’y a aucun signe indiquant qu’il a réussi ».  En tout cas, le ministre est revenu du Maryland particulièrement élogieux envers l’administration américaine. Au cours d’une cérémonie à l’occasion de la fête de Hannouca, le 20 décembre, il a remercié les Etats-Unis qui « plus qu’auparavant,  sont aux côtés d’Israël en terme de sécurité, alors que les deux pays sont d’accord pour que tout soit fait afin d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Actuellement la parole est à la diplomatie, on verra après..»

La rencontre Obama-Barack, le 16 décembre dans le Maryland(Photo : Pete Souza. Maison Blanche)

Israël peut-il lancer une frappe sur le nucléaire iranien sans obtenir le feu vert des Américains ? En tout cas, Benjamin Netanyahu ont, à plusieurs reprises refusé d’avertir Washington de l’imminence d’une telle opération et les responsables de l’administration Obama multiplient les avertissements. Le dernier en date, Leon Panetta, le secrétaire à la défense. Le 2 décembre, lors d’une conférence du centre Saban à Washington, il a répété qu’une intervention militaire contre les installations nucléaires iraniennes ne devait être que le tout dernier recours. De toutes manières a-t-il dit, cela ne servirait pas à grand-chose : « Dans le meilleur des cas, des frappes aériennes retarderaient le programme nucléaire iranien d’un an, peut-être deux. Cela dépend de la capacité à frapper vraiment les cibles qui sont visées. Franchement, certains de ces cibles sont très difficiles à atteindre » Et puis : « Cela ne ferait que profiter au régime actuellement déséquilibré et en décalage par rapport aux soulèvements populaires dans la région. » Et, toujours selon Panetta, cela aurait des conséquences désastreuses pour les économies européennes et américaines en engendrant un cycle de violence incontrôlable au proche Orient.

Un avertissement clair et net auquel Benjamin Netanyahu a répondu indirectement quatre jours plus tard. Prenant la parole, lors de la cérémonie annuelle à la mémoire de David Ben Gourion, à Sde Boker, dans le Neguev, s’identifiant au fondateur de l’état, il a évoqué les décisions fondamentales qu’un dirigeant doit prendre : « Je veux croire que nous agirons toujours avec responsabilité, courage et détermination pour prendre les bonnes décisions, qui assureront notre avenir et notre sécurité » Et de rappeler que Ben Gourion  a eu la volonté de « prendre les décisions difficiles, nécessaires afin d’assurer la sécurité et l’avenir d’Israël »… Car il a proclamé l’indépendance d’Israël en dépit des énormes pressions qu’il subissait de l’intérieur et de l’extérieur  pour ne pas le faire. L’actuel Premier ministre résistera t-il à toutes les pressions pour donner l’ordre de déclencher la grande opération en Iran ? Il est persuadé que sa mission historique est d’éliminer « la menace existentielle» que constitue le nucléaire iranien.

 

B. Netanyahu à  Sde Boker le 4 novembre

Pour l’heure, il se heurte à l’opposition de la quasi-totalité des anciens chefs de l’armée et des divers services de sécurité. A leur tête, Meir Dagan, l’ancien patron du Mossad pour qui une frappe israélienne en Iran « serait une idiotie et déboucherait sur une guerre régionale ». A ses côtés, l’ancien chef d’état major, le général Amnon Lipkin Shahak, Youval Diskin ex N°1 du Shin Beth, et le général Ouri Saguy qui a commandé les renseignements militaires. D’après ce que l’on sait, les chefs actuels de l’armée et des divers services sont du même avis mais obéiront à l’ordre s’il vient du cabinet de sécurité où, actuellement, les avis sont partagés. Certains commentateurs israéliens rappellent qu’en 1981 la décision de bombarder Osirak, le réacteur nucléaire irakien, avait été prise par Menahem Begin, sans consulter le gouvernement… En l’occurrence, expliquent ces mêmes experts, une guerre en Iran ne devrait pas avoir lieu avant le mois d’avril prochain. En effet, d’ici là, le ciel est, dans cette partie du monde, trop couvert ce qui gênerait les frappes aériennes. Reste à savoir où en sont les Iraniens. Selon la dernière déclaration de Panetta, le 20 décembre : « Téhéran pourrait développer une arme nucléaire d’ici un an. Moins s’ils ont un centre secret d’enrichissement d’uranium ». Le Pentagone s’est empressé de publier une mise au point. Pour l’instant aucun centre de ce genre n’a été détecté en Iran.

 

Exercice de défense passive en Israël.

En attendant, et à tout hasard, la défense passive renforce ses préparatifs en Israël. Les exercices, essais de sirènes, mise en alerte de services de secours, d’hôpitaux etc. semblent s’accélérer. La presse et diverses personnalités ont évoqué l’éventualité de ripostes iraniennes. Il y aurait, selon certaines estimations, des dizaines de milliers de victimes israéliennes. Pas du tout, a répondu Ehoud Barak, il y aurait tout au plus 500 morts…

 

Charles Enderlin

http://blog.france2.fr/charles-enderlin/2011/12/22/israel-va-t-il-intervenir-contre-le-nucleaire-iranien/

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 15:45

salahunehuma.jpgExclusif. Le jeune Franco-Palestinien raconte son arrestation, ses conditions de détention, la volonté israélienne de briser les prisonniers politiques palestiniens. Il remercie tous ceux qui l’ont soutenu durant son emprisonnement et parle de l’avenir. Le sien et celui du peuple palestinien. 

Salah Hamouri est libre. Dimanche soir, il a retrouvé les siens, à Jérusalem-Est, toujours occupée. Le jeune Franco-Palestinien savoure ces instants de bonheur après presque sept ans passés dans les geôles israéliennes. Le combat pour sa libération n’a pas été simple. Et si les grands médias la mettent au crédit de l’intervention française, ils oublient que Nicolas Sarkozy n’a jamais voulu recevoir les parents de Salah et que son nom même n’a été prononcé officiellement que très récemment. À l’Humanité, nous nous enorgueillissons d’avoir apporté notre contribution, avec d’autres, à ce que Salah Hamouri ne soit pas oublié. Parce que, sans cette campagne, il serait certainement encore emprisonné. C’est avec plaisir que nous enlevons son portrait de nos pages.

Comment s’est passée 
votre arrestation ?

Salah Hamouri. Je devais rencontrer des amis à Ramallah. C’était le 13 mars 2005. Je suis donc parti de Jérusalem mais j’ai été arrêté au check-point de Kalandia. Les soldats israéliens m’ont bandé les yeux et menotté. De là ils m’ont amené à un premier centre sans que je sache lequel, puis à un second où je suis resté trois mois, à l’isolement total. Je subissais des interrogatoires tous les jours. C’était très difficile. Vous savez, les Israéliens essaient de casser notre volonté, notre détermination. Ils utilisent tous les moyens possibles pour faire pression. Sur nous et sur nos familles. Par exemple, mon père venait d’être opéré une semaine auparavant. Ils l’ont embarqué pour l’interroger, et moi, ils me l’ont montré sans qu’il s’en doute. Tout ça pour me casser. Parfois ils me laissaient plus de deux jours sans dormir. Bref, tous les moyens des services de renseignements. On nous laisse menottés, les mains dans le dos, on nous menace, on menace de détruire nos maisons… Je suis resté presque trois ans et demi emprisonné avant d’être officiellement condamné. Pendant tout ce temps, on m’a traîné à plusieurs reprises devant un tribunal militaire israélien totalement illégal puisqu’il se trouve dans les territoires occupés. Ces tribunaux militaires ne sont pas reconnus par le droit international.

Comment s’est passée l’audience à l’issue de laquelle vous avez finalement été condamné ?

Salah Hamouri. Mon avocate, Léa Tsemel, a tout tenté. Mais les Israéliens m’ont toujours menacé d’une condamnation à quatorze ans de prison. Alors, mon défenseur a essayé d’obtenir la condamnation la plus faible possible, c’est-à-dire une peine de prison la plus courte possible. Pour cela, il fallait plaider coupable, bien que je sois innocent de tout ce qu’on me reprochait. J’ai finalement écopé de sept ans de prison.

Quelles étaient vos conditions de détention ?

Salah Hamouri. Après trois mois d’interrogatoire, j’ai été transféré à la prison de Beer Sheva, dans le Sud. Je suis resté là-bas presque vingt-deux mois. Puis j’ai été transféré dans un autre établissement dans le Nord. Dix mois après, ils m’ont encore fait changer de prison. Puis il y a eu la condamnation à sept ans de prison. Ils m’ont ensuite amené à la prison de Gilboa où j’ai passé presque trois ans. Il y a deux mois et demi, ils m’ont sorti de là pour tenter de briser la grève des prisonniers qui demandaient de meilleures conditions de détention. Mes conditions de détention étaient les mêmes que pour les autres prisonniers palestiniens. Les Israéliens essaient toujours de maintenir une certaine tension, de faire pression sur nous pour briser toute résistance. Plusieurs prisonniers politiques ont été isolés pendant des années. Certains se voyaient interdits de toute visite, y compris familiale. Depuis deux ans, nous n’avions plus l’autorisation de recevoir des livres. Les Israéliens prennent toujours un prétexte sécuritaire pour appliquer leur politique de pression sur les prisonniers. Il faut savoir que les prisonniers palestiniens qui sont de la bande de Gaza n’ont reçu qu’une seule visite depuis six ans. Ils ne peuvent même pas recevoir un seul coup de téléphone, de personne. Ni de leur femme ni de leurs enfants. Beaucoup de prisonniers de Cisjordanie ont été soumis au même régime. Avec toujours le même prétexte sécuritaire. Il faut aussi parler de l’isolement. Une mesure inhumaine qui, là encore, vise à casser le moral des prisonniers, à briser leur capacité de résistance. Ils sont isolés dans des sections spéciales. Ils sont dans des cellules où ils ne peuvent avoir aucun contact avec les autres prisonniers et évidemment pas avec leurs familles. Certains sont restés comme ça six à sept ans, totalement seuls. L’interdiction de faire entrer des livres dans la prison relève de la même volonté de tenter de miner notre moral. Les Israéliens savent bien qu’au XXIe siècle il faut non plus viser le corps de l’être humain mais son esprit. C’est cet esprit politique des Palestiniens que les Israéliens veulent détruire. C’est pourquoi ils nous ont empêchés de recevoir des livres pendant deux ans. Ils ont également bloqué l’accès à de nombreuses chaînes d’information à la télévision. C’était vraiment une guerre totale déclarée par l’administration israélienne au niveau culturel contre les prisonniers politiques palestiniens. Cette administration israélienne était représentée dans les prisons par la police.

Comment en êtes-vous arrivés à une grève de la faim ?

Salah Hamouri. Pendant toutes ces années, nous avons essayé de discuter avec l’administration des prisons pour la convaincre de respecter nos droits qui sont inscrits dans la quatrième convention de Genève. Nous avons essayé à plusieurs reprises d’améliorer nos conditions de détention, nos conditions de vie carcérale. On a évidemment demandé de mettre fin à l’isolement des prisonniers politiques, et notamment à celui d’Ahmed Saadat, le secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Malheureusement, les Israéliens ont toujours refusé de discuter avec nous et ont opposé une fin de non-recevoir à toutes nos demandes. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer une grève de la faim le 27 septembre jusqu’au 17 octobre. Nous l’avons observée pendant vingt jours. Pendant ce temps-là, l’administration pénitentiaire israélienne a tout tenté pour briser notre mouvement, utilisant tous les moyens de pression qu’elle avait à sa disposition. Mais, heureusement, nous étions bien préparés. Nous avions la volonté de gagner et de ne pas nous laisser briser. Ce qui nous a permis de résister à tous les coups entrepris contre nous.

Comment avez-vous perçu 
la solidarité qui s’est exercée en France envers vous ?

Salah Hamouri. C’est la chose la plus importante qui me soit arrivée en prison. La campagne menée par le comité de soutien, l’engagement de Jean-Claude Lefort, de l’AFPS, du journal l’Humanité, des Jeunes communistes ont été le pont de l’espoir pour moi, ma famille, mais aussi pour tous les prisonniers politiques.

Cela a été comme un mur nous protégeant des visées israéliennes. Je tiens à les remercier pour ce soutien qui m’a aidé moralement et psychologiquement.

Maintenant libre, 
qu’allez-vous faire ?

Salah Hamouri. Profiter d’abord de ma famille. Je vais essayer de venir en France pour rencontrer ceux qui m’ont soutenu et puis ensuite reprendre mes études. Le combat du peuple palestinien continue, malgré les prisons et la répression. Notre résistance est légitime.

 

http://www.humanite.fr/monde/salah-hamouri-%C2%AB-votre-solidarite-ete-le-pont-de-l%E2%80%99espoir-pour-moi-%C2%BB-486268

  • A lire :

Denise Hamouri, la mère de Salah : « Nous n’avons jamais baissé les bras »
Pierre Laurent, secrétaire général du PCF : la libération de Salah Hamouri "une formidable nouvelle"
Reportage de notre envoyée spéciale à Jérusalem

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 15:42

 

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 15:39

usa.jpgUne des bizarrerries d’être régulièrement en avance sur son temps c’est celle de découvrir à intervalles régulières que, soudain, vous ne l’êtes plus. Par exemple, pendant dix ans j’ai avancé l’idée, étrange aux yeux de certains, que la Première République Américaine était morte et que nous étions passés à une adhocratie post-constitutionnelle. Dernièrement, cette idée paraît de plus en plus banale, presque comme un commentaire sur la météo.

Mais à quel moment cette pensée radicale est-elle devenue une banalité ? Je ne me souviens pas d’avoir vu de débats sur les grandes chaînes de télévision, d’articles dans le New York Times, de thèmes abordés dans les campagnes électorales ou d’analyses dans les revues spécialisées. C’est juste arrivé, comme ça. L’évolution la plus importante de l’histoire de la nation depuis la Guerre de Sécession s’est simplement glissée discrètement parmi nous. Et puis à un moment donné, une conjecture radicale est devenue une norme.

Nous sommes entrés dans une époque où le « Bill of Rights » (Droits garantis par la Constitution US - NdT) est régulièrement piétiné, où le taux effectif de chômage atteint des records depuis les années 30, où nos grandes entreprises échappent à tout contrôle, où plus personne au gouvernement ne semble se soucier du changement climatique, et où tous les candidats à la présidence, à l’exception de Ron Paul, vous enverraient à Guantanamo sans inculpation et sans procès.

Ce qui est essentiel ici, ce n’est pas simplement que cette nouvelle réalité soit reconnue mais qu’elle ait été acceptée comme inéluctable, sans débats, sans colères, sans protestations virulentes.

Il y a quelques années, j’avais écrit ceci à ce propos :

Ce qui était inattendu, à la fois de par le calendrier des événements que de par leur intensité, c’est que j’allais non seulement vivre un des grands moments de la renaissance de l’Amérique mais connaître aussi par la suite l’époque où mon pays – sans discussion, sans hésitation, sans résistance – déciderait qu’il ne voulait tout simplement plus être l’Amérique.

Très peu en parlaient mais, en tant qu’écrivain et en tant qu’enfant de la ségrégation, je savais que le silence pouvait être plus révélateur et maléfique que les mots. Après tout, dans le langage du vieux Sud, c’étaient le silence - ou ce qui était interdit de mentionner - qui était le plus parlant.

Bien plus tard, j’ai découvert les mots d’un professeur d’université allemand qui décrivait au journaliste Milton Mayer la vie sous les nazis dans les années 30 :

Vivre au milieu du processus c’est en être totalement inconscient – je vous prie de me croire – à moins d’avoir un niveau de conscience politique et de lucidité bien plus grand que la plupart d’entre nous n’auront jamais. Chaque pas était si infime, si insignifiant, tellement bien justifiée et parfois même « regretté » …

Croyez-moi. Chaque fait, chaque incident est pire que le précédent, mais un tout petit peu seulement. Vous attendez le suivant, puis encore le suivant. Vous attendez celui qui fera déborder le vase en pensant que les autres se joindront à vous pour résister d’une manière ou d’une autre.

Puis d’un seul coup, tout s’écroule. Vous réalisez qui vous êtes, ce que vous avez fait ou, pour être plus précis, ce que vous n’avez pas fait (car c’est cela qui était demandé à la plupart d’entre nous : ne rien faire). Vous vous souvenez de ces premières réunions à l’université où, si quelqu’un avait résisté, d’autres auraient peut-être résisté, mais personne n’a résisté. Pour une question triviale, comme l’embauche de telle personne plutôt que de telle autre, vous avez effectivement embauché celle-ci plutôt que celle-là. A présent vous vous souvenez de tout et votre cœur se brise. Trop tard. Vous êtes définitivement devenu complice.

William Shirer avait écrit quelque chose de similaire dans Nightmare Years (les années cauchemar – trad. litt. - NdT) :

Ce qui m’a surpris au début était que la plupart des Allemands, pour ce que j’ai pu constater, ne semblaient pas être gênés par la confiscation de leur liberté personnelle, ni que leur magnifique culture soit détruite et remplacée par une barbarie bêtifiante, ni que leur vie et leur travail soient réglementés à un niveau jamais atteint auparavant y compris par un peuple habitué pendant des générations à une grande réglementation...

Peu après la scène de sa mort dans « Tom Stoppard’s Rosencrantz & Guildenstern Are Dead  », Rosencrantz dit :

De quoi s’agissait-il ? Quand est-ce que ça a commencé ? … Ne pouvions-nous simplement nous tenir tranquilles ? … Nous n’avons rien fait de mal ! Nous n’avons fait de mal à personne. N’est-ce pas ? … Il a bien du y avoir un moment, au début, où nous aurions pu dire « non ». Mais je ne sais pas comment nous avons fait pour rater l’occasion... Bon, eh bien nous ferons mieux la prochaine fois.

Avons-nous encore une fois raté l’occasion ?

Il est impossible à dire mais le seul moyen de le vérifier est de mettre bruyamment fin au silence et de décrire l’Amérique telle qu’elle est devenue – pas encore une dictature mais très certainement un pays dirigé par des gens dont le mépris envers la Constitution et l’absence de morale la plus élémentaire leur ôte toute légitimité à gouverner, et à qui il ne reste que la cupidité, la corruption et le cynisme de ceux qui n’ont du respect que pour le pouvoir.

Ce qu’il faut maintenant, c’est la mobilisation de ceux qui en sont conscients, qui le disent, qui le détestent et qui sont prêts à se battre pour reconquérir notre pays. Nous devons faire connaître l’enjeu de manière à ce que même notre presse Prozac ne puisse plus l’ignorer, comme le mouvement Occupy l’a fait pour les enjeux économiques.

En gros, notre pays est divisé entre ceux qui croient encore à la démocratie et ceux qui ne croient qu’à la culture de l’impunité pour ceux qui ont le pouvoir. A quelques très rares exceptions, ces derniers sont constitués non seulement de politiciens Républicains et Démocrates mais aussi des dirigeants d’entreprises, des personnalités médiatiques et d’un nombre étonnant d’universitaires. Il suffit de comparer le rôle des intellectuels d’aujourd’hui avec ceux des années 60 pour voir à quel point la situation s’est dégradée.

Pour réagir, nous ne devons pas ignorer les enjeux économiques, écologiques et sociaux, mais nous devons aussi comprendre, et agir en conséquence, que la plus grande des divisions dans notre pays aujourd’hui est entre ceux qui croient encore à la démocratie, la décence et la liberté et ceux qui prennent l’Amérique pour un gros fonds d’investissement que personne n’a envie, ou la capacité, de réguler...

Il pourrait être utile, par exemple, que les Verts et les Libertariens concoctent ensemble un plan pour affronter le crise. Ou si Bernie Sanders et Ron Paul s’unissaient pour lui donner vie. Ou si les gens du mouvement Occupy et du Tea Party prenaient des conseils auprès de leurs membres de Memphis et Richmond et, malgré tous leurs autres désaccords profonds, travaillaient ensemble pour sauvegarder la société constitutionnelle. Comme l’a dit le caporal de marine Stephen Mark Allen, membre du Tea Party, « rien ne fait plus peur à la classe dirigeante qu’une union entre le mouvement Occupy et celui du Tea Party. »

Mais une chose est sûre : le temps presse. Lorsque vous avez un président Démocrate qui soutient l’emprisonnement militaire sans protections constitutionnelles, il ne vous reste plus beaucoup d’amis. Il ne s’agit plus de divergences idéologiques : il s’agit de deux Amériques.

Et il se peut que nous n’ayons plus le loisir d’attendre pour apprendre et faire mieux la prochaine fois.

Sam Smith

 

Sam Smith publie « the Progressive Review » et est l’auteur de « The Great American Repair Manual »

http://www.counterpunch.org/2011/12/20/americas-silent-colla...

Traduction « lorsqu’un empire s’écroule dans le silence des médias, est-ce que sa chute fait quand même du bruit ? » par VD avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 15439
http://www.legrandsoir.info/l-effondrement-silencieux-des-etats-unis-counterpunch.html
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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 19:49

google-watch-292x300.jpg.pngNicolas Sarkozy, tout à son travail méthodique de séduction de chaque catégorie d'électeurs, tente à présent de séduire les jeunes et les acteurs du numérique échaudés par l'épisode désastreux d'Hadopi. Il a ainsi inauguré, le 6 décembre, le nouveau siège de Google à Paris. C'est un faux pas de plus.

Par ce geste, Nicolas Sarkozy adresse en effet sans complexe un message économique et moral inquiétant. Car cette firme est, au-delà de sa puissance d'innovation, l'incarnation par excellence de l'irresponsabilité fiscale, des abus de position dominante et de la menace démocratique globale.

Alors que Nicolas Sarkozy exhorte, à raison, les entreprises à payer leurs impôts en France, comment comprendre qu'il décerne, par sa visite officielle, un satisfecit à une firme qui fait jouer à plein toutes les astuces pour éviter de payer des impôts ? Le taux d'imposition de Google à l'international avoisinerait même les 2,4 % ! Malgré ses 200 employés en France, c'est en Irlande que Google rapatrie l'essentiel de ses capitaux européens. En annonçant l'ouverture de locaux à Paris, le géant essaye de faire taire la critique. Mais la ficelle est un peu grosse et ne trompe que ceux qui le veulent bien : ce n'est pas une opération immobilière qui vaudra réindustralisation de notre pays.

En plus d'être la figure du rentier ultime, il faut s'inquiéter de l'abus de position dominante dont le géant américain est actuellement accusé à Bruxelles. Les comportements de Google sont sous le coup d'une enquête de la Commission européenne pour soupçon de manipulation à son profit et pratiques discriminatoires. Encore récemment, les modifications apportées à l'occasion de ce qui devait être une simple "mise à jour" avantagent généreusement les services proposés par Google (Places, Shopping...), au détriment d'autres sites qui n'ont pas l'heur d'appartenir à la galaxie de la firme aux jumelles.

Google développe en particulier un effort soutenu pour imposer ses moteurs spécialisés, à tel point que, aux Etats-Unis, des sociétés de recherche de voyages sur Internet et de recherche locale ont porté plainte pour dénoncer les pratiques d'autopromotion monopolistique de Google. En France, une start-up, Twenga, a annoncé aussi vouloir porter l'affaire devant la justice européenne. Contrôlant le visible et le caché du Net, la firme utilise ce pouvoir pour favoriser ses intérêts commerciaux au prétexte d'une démarche de qualité. Juge et partie, au sens où il doit juger de la qualité de sites tout en proposant lui-même de nombreux contenus concurrents de ceux qu'il fait monter ou descendre, Google franchit des lignes blanches.

Ce n'est pas tout. Nicolas Sarkozy vient plier genou devant un "Moteur Souverain" qui accommode nos libertés selon ses besoins. La CNIL ne s'y est pas trompée en condamnant Google à une amende record de 100 000 euros pour violation de la vie privée. Pire, c'est la préservation du pluralisme qui est en jeu. Google représente en effet 95 % du marché de la recherche sur Internet. Or les moteurs de recherche, qui sont la principale porte d'entrée sur Internet, sélectionnent, trient, classent et orientent les internautes vers des sites en fonction de mots-clés.

AGENCE DE PUBLICITÉ

Ces différents portails jouent exactement le rôle que jouent les médias pour l'information : ils rassemblent pour nous l'information supposée pertinente et la présentent selon un ordre supposé objectif. Et c'est là que le bât blesse. Une entreprise qui serait le seul média d'information auquel les gens pourraient se référer disposerait d'un pouvoir immense. Quel retournement de l'histoire de voir le capitalisme effréné réussir à se doter de sa Pravda ! Notre capacité d'information en ligne est, quasiment, entre les seules mains d'une gigantesque agence de publicité.

Il fut un temps où nous nous indignions face aux pratiques de TF1 qui se vantait de vendre notre temps de cerveau disponible à Coca-Cola. A côté de Google, cette ambition fut celle d'un amateur. Il nous faut, à l'inverse de Nicolas Sarkozy, combattre ce monopole, au nom de la protection des entreprises de notre pays contre les prédateurs et de la défense de nos libertés fondamentales et de notre démocratie. Et il est de notre devoir de contenir la dominance absolue de Google pour que s'épanouisse une société numérique libre et prospère.


Après l'ouverture du site de données publiques Data.gouv.fr et avant la conférence sur le Web, Nicolas Sarkozy a inauguré, le mardi 6 décembre, le nouveau siège français de la société Google à Paris.

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/14/le-sarkozysme-est-atteint-d-une-crise-aigue-de-googlisme_1618423_3232.html

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:39

kucheida-458457-jpg_309320.jpgL'enquête s'oriente vers le financement des campagnes du PS local et l'enrichissement personnel.

Après la carte de crédit, la voiture..., Jean-Pierre Kucheida, le député-maire socialiste de Liévin, avait, comme l'a révélé Le Point.fr, l'habitude de faire "chauffer" sa carte professionnelle. En 2008, par exemple, ses dépenses réglées avec la carte de la Soginorpa, l'un des plus grands bailleurs sociaux de France, s'élevaient à 9 654 euros, dont 1 392 injustifiés. Le baron PS du Pas-de-Calais a mis en avant des problèmes techniques avec sa carte bancaire personnelle. En fouillant dans les comptes de la Soginorpa, on découvre que Kucheida dispose également d'une voiture de fonction. Une Renault Laguna bleue qui s'avère être en leasing, dont beaucoup à la Soginorpa se demandent quel usage le député-maire peut bien en faire puisqu'il roule habituellement dans une Peugeot 306 ou une Toyota Prius. À moins qu'il n'en ait confié le volant à quelqu'un d'autre ? Président de l'Epinorpa, un établissement public propriétaire de la Soginorpa, Jean-Pierre Kucheida a la haute main sur les logements miniers du Pas-de-Calais - 65 000 maisons et appartements évalués à 2,4 milliards d'euros. Une des deux vaches à lait du PS local, avec la société d'économie mixte Adevia, qui gère notamment l'ambitieux projet du Louvre-Lens.

Toutes les deux ont été mises en cause par la chambre régionale des comptes (CRC) et sont aujourd'hui dans le collimateur de la justice, qui soupçonne un financement illégal du Parti socialiste, dont Jean-Pierre Kucheida serait le chef d'orchestre. Un système qui favoriserait le clientélisme : sympathisants politiques, réseaux francs-maçons, amis en tout genre et famille. Ainsi Adevia, dont Jean-Pierre Kucheida est administrateur, a-t-elle été critiquée par la CRC pour avoir conclu des marchés importants avec une société gérée par Frédéric Kucheida, le fils du député. Quant à la fille, Marie, elle est chargée de mission au conseil régional pour un projet baptisé "Mineurs du monde". Artiste photographe, elle intervient régulièrement sous le nom de MaryKa dans des expositions parrainées par la commune de Liévin, dont son père est l'heureux élu. On la retrouve encore dans certaines publications de la Soginorpa.

Patrimoine

Contacté par Le Point, Jean-Pierre Kucheida n'a pas souhaité nous répondre. Chaque année, la Soginorpa distribue largement un gros gâteau au nom de la promotion des logements miniers. En 2006, par exemple, "publicité, ­publications, relations publiques, cadeaux" représentaient 561 604 euros. À quoi s'ajoutaient 185 000 euros de prestations et d'indemnités diverses, plus 104 000 euros de subventions distribués. L'enquête préliminaire ouverte au printemps et révélée par Le Point.fr s'orienterait, selon nos informations, vers les financements de campagne du PS dans le Pas-de-Calais, avec en toile de fond un système de double facturation et de commissions sur les attributions de marché.

Par ailleurs, le patrimoine du député-maire de Liévin intriguerait les enquêteurs, notamment cet appartement en SCI boulevard de Grenelle (Paris 15e), acheté 2 millions de francs en 1993, et ce chalet à Mercury, non loin du fameux restaurant de Marc Veyrat où Jean-Pierre Kucheida a fait "chauffer" la carte de crédit Soginorpa...

 

http://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-kucheida-a-l-esprit-de-famille-14-12-2011-1407252_20.php

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:35

arton15393-46ee8.jpgLe 1er décembre 2011 - L’auteure vénézuélienne Mónica Chalbaud enregistre puis transcrit les discours et interventions du président Hugo Chávez ; elle a effectué ce travail à l’occasion du mémorable dialogue entre le président vénézuélien et Cristina Fernández de Kirchner (présidente de l’Argentine). La veille de la création de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC), Cristina et Chávez ont commenté la pensée de Jorge Abelardo Ramos et sa géniale œuvre « Histoire de la Nation latino-américaine ». Voici la transcription d’une partie de ce très intéressant dialogue.



Dialogue entre Cristina Fernández de Kirchner et Hugo Chávez

  […]

Chávez : Au fait il faut féliciter Cristina ! Elle vient d’être réélue. Nous ne l’avons pas saluée comme il convient. [Applaudissements] Pour la présidente des Argentins qui vient d’être réélue ! [Applaudissements] Avec 54% des voix !

Cristina : Oui ! 54,11.

Chávez : 54.

Cristina : 54,11. N’oublie pas le « virgule onze ».

Chávez : Je vais tenter de te dépasser pour les élections de l’an prochain. [Il rit] Ou au moins t’égaler. [Applaudissements]

Cristina, je veux aller assister à ta prise de fonction. Nous allons y aller ! Nicolás [Maduro] n’est pas ici parce qu’il se trouve à la réunion des ministres des Affaires étrangères de la CELAC ! Ce sera le 10 décembre, et je vais y aller ! Cristina, compañeros, compañeras, c’est pour cela que je disais que cette unité, ce rapprochement, cette compénétration personnelle, politique et stratégique, entre le gouvernement dirigé alors par Néstor [Kirchner] et celui que tu diriges maintenant, et notre gouvernement, nos peuples, nos nations, tout cela vient de très loin. Je crois que c’est une obligation de l’histoire. C’est une obligation de la géographie, pourrait-on dire même. Cette phrase que Bolívar écrit quand il se trouve au bord de l’Orénoque, en pleine guerre de libération, en 1819, il dit alors à celui qui dirigeait les Provinces unies du Río de la Plata, c’était [le général] Pueyrredón, il écrit alors à Pueyrredón et aux habitants du Río de la Plata, 1819, il dit alors : « Quand avec les armes du Venezuela nous achèverons le processus de notre indépendance, nous irons au Río de la Plata » ; il ajoute : « pour forger le pacte américain ». Il dit finalement : « Si la Providence, si le Ciel, nous concédaient la satisfaction de ce vœu, nous ferions ici la reine des nations et la mère des républiques ». Et Bolívar est presque arrivé à Buenos Aires, vous le savez. Presque. Il n’y est pas arrivé parce que cela lui a été interdit par le mouvement antibolivarien qui prenait forme alors à Bogotá autour de Santander, alors président de la Grande Colombie. On le demandait à Buenos Aires. Le Loco Dorrego [le « fou » Dorrego] était de ceux qui l’appelaient.

Cristina : Laisse-moi te dire. Il y a quelques jours j’ai signé un décret qui a été critiqué par l’historiographie libérale argentine. On a créé l’Institut du révisionnisme historique argentin et ibéro-américain Manuel Dorrego, où on étudiera l’histoire ibéro-américaine, mais pas du point de vue des colonisateurs et des vainqueurs dans les différents pays, mais en prenant en compte l’économique, le social, dans l’histoire de l’indépendance. Cela a provoqué quelque polémique parce qu’il existe une histoire officielle. Dans tous les pays il existe toujours une histoire officielle, surtout dans les pays qui ont connu des dictatures et de fortes subordinations culturelles. C’est ce qu’ils nous enseignent dans les collèges, c’est ce qu’ils nous racontent. Mais nous savons tous que ce n’est pas la véritable histoire. C’était juste une petite digression. Je ne voulais pas vous interrompre, Président, excusez-moi. J’ai adopté votre habitude, voyez-vous. Je ne devrais pas trop vous fréquenter. Continuez. [Applaudissements]

Chávez : Cristina. Non. Tu n’as fait qu’alimenter encore davantage mes réflexions. Et cela me paraît très bien. Ici la bourgeoisie m’accuse de changer l’histoire. Eh oui, en fait nous la changeons. Aujourd’hui et dans le futur. Mais aussi l’histoire passée, le récit historique, la vérité, ils avaient falsifié ce qui s’est réellement passé ici. Et maintenant nous faisons un effort pour remettre les choses à leur juste place, essayant d’être au maximum objectifs. Ici au Venezuela presque personne ne savait que Bolívar avait été expulsé. J’ai fini par l’apprendre quand j’étais capitaine, j’étais professeur d’histoire militaire, et, à force de chercher et chercher, je tombe sur le décret d’expulsion de Bolívar. Je te jure que, bien que presque 200 ans fussent passés, le sang m’est monté à la tête, j’ai empoigné mon épée de capitaine et je voulais sauter 200 ans en arrière pour défendre Bolívar, parce que personne, ou presque, ne l’avait défendu alors. Le pauvre il a fini seul, isolé, ignoré.

Il y a une phrase de Bolívar, vers la fin de sa vie, qui dit textuellement : « Que peut faire un pauvre homme contre le monde ? »

C’est de là que provient tout cet élan. Bolívar, San Martín. L’Abrazo de Guayaquil ! Voilà un défi pour nous, Argentins, Vénézuéliens, l’Abrazo [Etreinte propre aux Latino-américains pour se saluer chaleureusement] de Guayaquil et tout ce qui est arrivé ensuite.

D’ailleurs, puisque nous parlons de Dorrego, dans les notes que me transmettent les compañeros, les clips historiques, le 1er décembre, aujourd’hui, tu vois nous sommes presque à Noël, mais en 1828, quel hasard !, une conjuration téléguidée par Londres renverse le gouvernement légitime de la Province de Buenos Aires, le gouvernement de Manuel Dorrego. Le représentant de l’empire britannique est alors [prononciation hésitante] Lord Ponsonby.

Cristina : Lord Ponsonby. Il existe une pièce de théâtre, fantastique, c’est un dialogue entre Lord Ponsonby et Dorrego, écrite par Pacho O’Donnell. Excellente ! Et je vais te dire, tu dis que Bolívar a été expulsé d’ici. Je te dis quelque chose à propos de Manuel Belgrano, autre grand patriote, qui n’a peut-être pas…

Chávez : Tu m’as beaucoup parlé de Belgrano.

Cristina : Mon préféré c’est Belgrano. Cela a fait la une de la presse, les supporters de River Plate voulaient ma peau. Mais bon ce n’est pas grave. Belgrano c’est le nom d’un club de football, lequel a battu River Plate, et moi j’avais dit : « Mon préféré c’est Belgrano » ; et un journal a titré « Le préféré de Cristina c’est Belgrano ». [Rires]

Belgrano, et heureusement il a désobéi, avait reçu l’ordre de Buenos Aires de se retirer du nord du pays. S’il avait obéi aux ordres il n’aurait pas remporté les batailles de Salta et de Tucumán. Ce que San Martín accomplit ensuite aurait été impossible. San Martín, la traversée des Andes et ses victoires remportées au Pérou, cela ne peut être compris que comme une suite des victoires de Belgrano dans le nord de l’Argentine. Et ils avaient ordonné à Belgrano d’abandonner ces positions pour revenir avec ses troupes vers Buenos Aires ; or cela aurait permis l’avancée des royalistes. Il a désobéi et il a vaincu, et les défaites qu’il leur a infligées à Salta et à Tucumán ont été déterminantes. La même chose pour un autre grand Argentin, [le général Martín] Miguel de Güemes.

Chávez : Lors de la traversée des Andes qui se produit ensuite ?

Cristina : Bien sûr, il fallait qu’il mène ces batailles pour empêcher la pénétration, parce que sinon la marche de San Martín vers le Pacifique aurait été inutile. C’est aussi un exploit, inspiré d’Anibal, je crois, le Carthaginois, qui a tenté de franchir les Alpes pour parvenir à Rome. Bon, je te laisse continuer avec Dorrego.

Chávez : C’est très bien que nous nous rencontrions. Nous sommes en direct à la télévision. Bolívar a mené une geste un peu équivalente par ici, en 1819, il a traversé les Andes jusqu’à Boyacá. Il a libéré la Nouvelle Grenade. Voilà pourquoi cette histoire vient de loin et possède des racines très très profondes et très vives encore aujourd’hui. Ce ne sont pas des racines mortes. Non. Ce sont des racines vivantes. C’est une histoire vivante, excitante, c’est un défi qui nous oblige à l’engagement.

C’est le 1er décembre 1828 qu’ils ont renversé Dorrego.

Belgrano. Je me souviens que comme tu as dit que tu as versé quelques larmes lorsque j’ai annoncé mon cancer… Cristina appelait et appelait depuis plusieurs jours à La Havane. Nicolás m’a dit : « Je ne sais pas quoi dire à Cristina. Que lui dirai-je ? » Après il m’a raconté que Cristina lui a dit  : « Nicolás, d’accord, ne me dis rien ». Tu lui as fait des remontrances.

Cristina : Je me suis fâchée. Oui, je me suis fâchée.

Chávez : Et tu lui as dit : « J’imagine qu’Hugo doit avoir quelque chose de grave, parce que je suis tombée, et je me suis donné un coup, et il ne m’a pas appelée. Et j’ai été choisie comme candidate, et il ne m’a pas appelée ! »

Cristina : C’est lorsque je suis tombée lors d’une cérémonie et je me suis ouvert la tête. Et toi, qui m’appelais à tout propos, lorsque je suis tombée tu ne m’as pas appelée ! Puis j’ai annoncé que j’allais une nouvelle fois soumettre ma candidature à la considération de l’électorat, et tu ne m’as pas appelée ! C’est ainsi que j’ai réalisé qu’il se passait quelque chose. Pourquoi ne m’appelle-t-il pas ?

Chávez : Et finalement c’est Nicolás qui a dû subir tes remontrances. Moi de la même façon j’ai pleuré d’indignation, une nuit, je conduisais la nuit, ma petite voiture, à la caserne Fuerte Tiuna, je revenais, il était presque minuit, je revenais à l’Ecole militaire, où je travaillais comme capitaine, en 1981, et j’écoutais la radio, et j’entends la nouvelle : le Belgrano a été coulé !

Cristina : Bien sûr.

Chávez : Le Belgrano, je crois que ce n’était même pas un navire de guerre, je crois qu’il transportait des passagers.

Cristina : Non, non. C’était le navire de croisière General Belgrano qui se trouvait hors de la zone d’exclusion. C’est un crime de guerre. Ce n’est pas un acte de guerre. C’est un crime de guerre !

Chávez : Je n’oublierai jamais cette nuit-là, Cristina. C’est pour ça que je disais que c’est cette histoire qui nous dynamise, et c’est cette histoire qui nous a menés ici ! alors que commence le XXIème siècle ! Tu vois [il lui tend un livre], Jorge Abelardo Ramos ! Ce livre, que je suis en train de lire, je me prépare pour la CELAC ! [Cristina rit]. Oui, j’étudie. Il m’a été offert par des Argentins en 2003. Ils ont écrit : « Monsieur le président Hugo Chávez – le 17 août 2003 – pour un Ayacucho définitif ! La marche des vainqueurs ! Natalia Fosatti et Andrés Ruiz, fiers d’avoir dansé un tango pour vous, en représentation de notre peuple, et pour l’union des nations. » Ils m’ont offert ce livre !

Cristina : Le fils de Ramos est l’un des historiens qui intègrent cet Institut ibéro-américain Manuel Dorrego ! Tu vois ! Tu vois comme l’histoire…

Chávez : Nous devrions faire ici à Caracas une réplique de cet institut ! Bien sûr ! Regarde ce qu’écrit Jorge Abelardo Ramos, marxiste qui aborde très bien la question nationale. La question nationale !

Cristina : Il intègre un courant marxiste, avec Hernández Arregui, parmi d’autres qui se penchaient sur les questions historiques. Ils étaient marxistes mais ils avaient une approche nationale des problèmes. Il a intégré ce courant marxiste de l’historiographie.

Chávez : Et il a soutenu Perón !

Cristina : Bien sûr ! En 1973, lorsque la candidature est Perón­-Perón l’ambiance est assez chaude. C’est un moment historique. La formule Perón­-Perón, lui la soutient sous l’étiquette FIP [Front de la gauche populaire].

Chávez : La formule Perón-Perón ?

Cristina : Bien sûr ! Lorsque Cámpora démissionne et Perón se présente. La candidate à la vice-présidence est Isabel, son épouse, Isabel Perón. Comme cela a provoqué beaucoup de discussions, beaucoup de secteurs de la jeunesse et du centre gauche qui n’aimaient pas trop son épouse, Abelardo Ramos, sous l’étiquette FIP, soutient aussi la formule Perón-Perón, mais dit : « Un vote de gauche pour Perón ». Et il mène ce projet. Il obtient plus de 800 000 voix, presque un million de voix, parmi les voix péronistes, qui atteignent un record historique de 62%. C’est l’apport de…

Chávez : de la gauche !

Cristina : Ce n’étaient pas des voix pour Abelardo Ramos, bien entendu. C’était des gens qui voulaient voter pour Perón, mais sur des bases différentes.

Chávez : Des mouvements de la gauche, des secteurs populaires. Regarde, dans ce chapitre, le 7, de cette œuvre merveilleuse qui s’appelle « De Bolívar à la Bolivie », Jorge Abelardo Ramos dit : « Le peuple de Buenos Aires célèbre Bolívar ». Je lis juste un paragraphe : « La nouvelle est arrivé à Buenos Aires à 8 heures du soir le 2 janvier 1825. Alberdi racontera son enfance… ». Alberdi, un écrivain.

Cristina : Juan Bautista Alberdi est un homme qui a d’abord fait partie de la génération de Mai. Nous ressemblons à des professeurs d’histoire. A Buenos Aires ils vont dire : Elle nous saoule encore une fois avec ses cours d’histoire ! [Ils rient] Juan Bautista Alberdi fut l’un des hommes les plus clairvoyants. C’est vers la fin de sa vie qu’il devient très clairvoyant, lorsqu’il voit l’évolution de l’histoire. Cet Alberdi des « Œuvres Posthumes » est occulté, ignoré. Ils parlent de l’Alberdi qui a été antirosiste, l’Alberdi de la génération de Mai. Mais ils occultent l’Alberdi merveilleux des « Œuvres Posthumes », lesquelles sont très difficiles à trouver. Je les ai trouvées dans une librairie perdue de la rue Corrientes. On ne les trouve nulle part.

Chávez : Je crois qu’il était alors enfant.

Cristina : Il était très jeune. Et ses positions n’étaient pas très nationalistes ni très populaires. Mais sur la fin de sa vie, il modifie son point de vue, et alors, il devient l’homme des bases constitutionnelles de l’Argentine, et réellement, c’est un personnage dont on montre toujours la première partie. Mais l’Alberdi de la fin, l’Alberdi qui pressent la question nationale et la question populaire, celui des « Œuvres Posthumes », celui-là est escamoté. Comme tant d’autres.

Chávez : Regarde ce que Ramos dit d’Alberdi : « Alberdi racontant son enfance, ‘‘Ma première impression à Buenos Aires ce sont les sons de cloches et les fêtes en l’honneur de Bolívar pour le triomphe d’Ayacucho’’. Beaucoup plus tard, déjà vieux, le général Gregorio Heras, alors gouverneur de Buenos Aires, lorsque la grande nouvelle est arrivée, disait ses impressions avec sa verve de vieux soldat : ‘‘Ils ont sorti le portrait de Bolívar pour la procession dans les rues avec des torches guerrières, par une nuit de pampero’’  ».

« Nuit de pampero  », de quoi s’agit-il ?

Cristina : Le pampero c’est le vent.

Chávez : Ah oui, de la pampa ! le vent de la pampa. Qu’il est bien ce vieux Heras ! Il écrit tout cela longtemps après. N’est-ce pas ? Il dit : « Des torches guerrières allumées par une nuit de pampero. Un volcan de fêtes et de joies dans la ville, pour un mois ». Et finalement : « J’ai dû émettre un décret pour canaliser le délire ». C’est ainsi qu’avait été reçue la nouvelle d’Ayacucho ! C’est pour cela qu’aujourd’hui, avec ce même délire, nous avons Néstor [Kirchner] ! nous avons San Martín ! nous avons Perón ! Nous avons Evita [Perón] ! Et toi ! Et vous tous ! [Applaudissements]

Compañeras et compañeros ! La Patrie argentine ! [Applaudissements]

Continuons d’être à la hauteur du défi ! Le défi du sud. Notre défi ! 

Pour moi, bien entendu tous les pays d’Amérique latine et tous les pays des Caraïbes, tous les pays d’Amérique du Sud ont leur propre poids, ils ont leur propre grandeur, ils ont leur notable importance ! Mais la géopolitique : Caracas-Buenos Aires. La Caraïbe et l’Atlantique sud. L’Orénoque et le Río de la Plata. Il peut manquer beaucoup de choses pour parvenir à l’unité de l’Amérique du Sud, et, au-delà, de la Caraïbe. L’Amérique latine. Mais le plus important, je le crois fermement, nous le croyons, c’est la relation que nous pouvons continuer de structurer, de consolider, c’est l’axe Caracas-Buenos Aires.

Et c’est ce que nous sommes en train de faire ! Et nous en avons beaucoup parlé lors de la réunion avec nos ministres des Affaires étrangères, avec nos ministres, avec nos ambassadeurs.

Et maintenant que Cristina est sur le point de commencer une nouvelle période, de huit ans !

Cristina : quatre !

Chávez : Quatre ans. Pardon. De quatre ans. [Il rit]

Cristina : Ne t’amuse pas à dire ça, je t’en prie ! J’imagine déjà la presse avec 80 titres ! C’est quatre ans ! C’est plus que suffisant !

Chávez : Quatre ans. Et l’année prochaine nous commencerons, nous, une nouvelle période de six ans. Nous avons devant nous, ensemble, disons, quatre ans, pour renforcer ce que nous avons déjà construit, et pour faire avancer la relation stratégique à des niveaux nouveaux, plus importants. Surtout si on considère l’état du monde aujourd’hui, ce qui se passe dans le monde aujourd’hui. Ce qui n’existait pas il y a huit ans, ce qui n’existait pas il y a un an. Tu étais présente au G20 et tu nous as raconté certaines choses. Hier soir je regardais TeleSur, TeleSur s’améliore de jour en jour ! Regardez TeleSur ! Débora, tu regardes TeleSur ? [Débora, étonnée et contente, répond positivement]. Un jour Néstor m’a appelé, il m’a dit : « Tu sais une chose ? ». J’étais en train de parler je ne sais plus où, et moi, ce n’était pas de ma faute, TeleSur transmettait mon intervention. Et moi qui parlait parlait sans fin. Néstor appelle alors : « Dites à Chávez de laisser TeleSur, sinon je ne pourrai pas dormir. [Il rit]. Moi je m’endors avec TeleSur. » T’en souviens-tu ? [Il rit]. Il m’a rappelé ensuite, dans la nuit, et nous avons parlé. « Je m’endors avec TeleSur, dites-lui de laisser TeleSur, mon ami »[Il rit]. Ce n’était pas de ma faute, TeleSur transmettait un discours.

Cristina : En Argentine les chaînes de télévision transmettent très peu de ce qui arrive dans le monde. On est à peine informés. Si on veut savoir ce qui se passe à Londres ou à New York, en Grèce, en Europe, au Moyen-Orient, il faut regarder TeleSur, parce que, en fait, les chaînes ne veulent pas montrer ce qui se passe dans le monde. Il ne faudrait pas que les Argentins prennent conscience de ce que nous avons obtenu. Il me semble aussi que, souventes fois, cela doit relever d’une stratégie. Ce ne sont pas toutes les chaînes, il serait injuste de généraliser, mais pour la plupart il ne s’est rien passé dans le monde.

Chávez : Heureusement, Cristina, c’est mon point de vue, modestement, en analysant, comme je me trouvais ces quatre ou cinq mois un peu à l’arrière-garde, avec davantage de temps, pour voir, pour analyser, pour étudier un peu. Ce qui arrive en Europe maintenant, ici c’est déjà arrivé. Ce qui est en train de se passer maintenant dans certains pays d’Europe, d’Afrique, des rébellions populaires de différents types, cela nous l’avons déjà vécu ! Le caracazo qu’est-ce que c’est ? Et vous, là-bas, à Buenos Aires, le modèle néolibéral ! La faim ! La misère ! La dette extérieure ! Les impositions du FMI ! C’est l’une des réalisations magistrales de Néstor : Le schéma financier stratégique. Nous en avions parlé au bord de l’Orénoque, je m’en souviens. Julio De Vido était présent. J’envoie un salut à Julio De Vido !

Maintenant dans cette situation mondiale, dans cette crise terrible, dont personne ne sait comment ça va finir, nous sommes ici présents. Dans Notre Amérique !

Je ne crois pas que nous soyons dans les meilleures conditions possibles. Mais les conditions sont bonnes, pour pouvoir penser à un projet, au-delà du national, du national national, si vous me permettez l’expression, pour pouvoir nous concentrer sur un projet Grand national, si vous me permettez cette autre expression. Je lis également Aldo Ferrer.

Cristina : Notre ambassadeur en France.

Chávez : Ah. Il est en France ? Et Helio Jaguaribe, ce petit livre que j’ai depuis plusieurs années, « L’Argentine et le Brésil dans la réflexion Mercosur ou ALCA ». C’est ce que nous avons fait à Mar del Plata. Et cette fameuse phrase de Néstor [Il rit] : « Ne venez pas ici nous patotear  » ! T’en souviens-tu ?

Cristina : Leur visage montrait qu’ils ne comprenaient pas vraiment.

Chávez : Ces messieurs sont sortis par là-bas, discrètement. Je m’en souviens. Néstor était très habile. Très habile. Il m’avait parlé, il m’avait dit : « Ecoute Hugo, toi qui parles tant !, ces gens-là on va les épuiser ici. On va les épuiser ! » Ils suaient, ils suaient. Il m’avait dit : « Lorsque j’aurai besoin de gagner du temps je te donne la parole, à n’importe quel moment ». Je crois que j’étais allé aux toilettes, on me dit : « c’est votre tour de parler ». Moi ? Oui ! La parole est au président du Venezuela ! Et à chaque fois que je parlais Mister Danger [George W. Bush] se levait et s’en allait je ne sais où. J’ai été impressionné par l’habileté de Néstor, par sa gestion de cette rencontre. Sinon ils nous auraient imposé l’ALCA [ZLEA, Zone de libre-échange des Amériques] ! Ces gouvernements, ces gens-là étaient décidés, ils ont y compris voulu que l’on vote. Tu étais présente. Ils voulaient que l’on vote. C’est alors qu’il a dit « Ne venez pas ici nous patotear », cette expression typiquement argentine [qui signifie « nous bousculer, nous humilier »].

Bien. Cristina qu’en dis-tu ? Je ne souhaite pas abuser du temps. La présidente Dilma est en route, la présidente brésilienne. Et nous avons une autre rencontre bilatérale. Pourvu que nous puissions nous rencontrer tous les trois, ensemble, pour discuter de quelques idées, de tout cela, du thème Grand national ! Vous les ministres, les ambassadeurs, les entrepreneurs, il y a ici des gouverneurs également. Compañeras et compañeros, portons tout cela ici, fermement, tous les jours, ici, entre la poitrine et le dos, dans la conscience : la question nationale, si bien développée ici par Jorge Abelardo Ramos. Mais celui qui l’a très bien développée, sur le terrain, c’est San Martín ! Pourquoi San Martín est-il venu jusqu’à Guayaquil ? Il est presque arrivé à Caracas ! Et pourquoi Bolívar est-il presque arrivé à Buenos Aires ?

Parce qu’ils avaient une claire conscience, bien avant que ne se produisent les thèses sur la question nationale, qu’aucun de nos pays pris séparément n’aurait de futur dans le monde, lequel comme disait Bolívar évolue très rapidement. Il s’accélérait beaucoup déjà sous la menace de grands empires. Les vieux et les nouveaux empires !

Aujourd’hui nous avons une grande opportunité de donner vie à un projet Grand national sud-américain !

 

Traduction : Numancia Martínez Poggi


Source : http://www.cubadebate.cu/noticias/2011/12/03/cristina-y-chavez-un-dialogo-excepcional-para-repasar-la-historia-latinoamericana-video

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Published by valenton rouge - dans Monde
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