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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 09:35

Kosovo : l’indépendance, et après ?

Le Kosovo vient de proclamer, ce 17 février, de manière unilatérale son indépendance. Cette décision, longtemps attendue, est présentée comme inéluctable après l’échec programmé des discussions entre Belgrade et Pristina. Parviendra-t-elle à calmer les tensions engendrées par le statu quo qui prévaut depuis l’instauration du protectorat international en 1999, ou ne risque-t-elle pas, au contraire, de rallumer tous les brasiers mal éteints de la région ? Et que sera le Kosovo de demain, « indépendant » mais sous contrôle, et sans aucune perspective économique viable ?

Durant deux années, le gouvernement serbe et les autorités albanaises du Kosovo ont mené des « négociations » qui, par bien des aspects, n’ont été qu’un théâtre de faux-semblants. D’entrée de jeu, les Etats-Unis avaient fixé les règles, en déclarant que l’issue — l’indépendance — était inéluctable. Alors que cette option était et demeure inacceptable pour Belgrade, aucune tentative réelle de dégager un compromis n’a jamais été entreprise. Pour sa part, la Serbie avait fondé toute sa stratégie sur le soutien de la Russie et sur les principes du droit international, réclamant le respect de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui reconnaît explicitement la souveraineté serbe sur le Kosovo.

D’après les dirigeants de Pristina, la proclamation d’indépendance du Kosovo est censée résulter d’un processus « concerté » avec les principaux acteurs de la scène internationale. Pourtant, la cacophonie semble l’emporter. En effet, l’Union européenne est profondément divisée sur le sujet. Certains de ses Etats membres (l’Espagne, la Grèce, Chypre, la Roumanie et la Slovaquie) n’envisagent pas de reconnaître immédiatement l’indépendance du nouvel Etat, même s’ils ne devraient pas s’opposer à l’envoi de la mission européenne Eulex, qui reprendra une partie des compétences détenues depuis juin 1999 par la Mission des Nations unies au Kosovo (Minuk), notamment dans les domaines de la police et de la justice.

Tout le problème est que l’envoi de cette mission nécessite un feu vert du Conseil de sécurité. Il faudrait, à tout le moins, que le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki Moon décide que l’envoi de cette mission n’est pas incompatible avec la résolution 1244, qui restera formellement en vigueur tant qu’une autre résolution n’aura pas été adoptée. La Serbie et la Russie ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, dont la majorité des membres sont actuellement hostiles à l’indépendance. Cette offensive diplomatique pourrait compliquer encore plus la tâche des Européens, en accentuant leurs divisions internes.

L’ampleur de la réaction russe demeure une inconnue. Moscou se contentera-t-elle de réactions politiques et diplomatiques ? La Russie a souvent mis en garde contre le précédent que pourrait représenter l’indépendance du Kosovo dans les territoires sécessionnistes du Caucase ou en Transnistrie moldave. Elle dispose aussi de l’arme du gaz et du pétrole, et vient de parapher plusieurs contrats énergétiques avec les pays des Balkans (Bulgarie, Serbie, bientôt Macédoine), lourds de conséquences pour l’approvisionnement de l’Europe occidentale.

En réalité, nul ne sait quand la mission européenne va effectivement se déployer au Kosovo, ni comment elle articulera son action avec la Minuk, toujours présente. Une seule chose paraît certaine, la sécurité du territoire restera de la compétence des forces de l’OTAN, la KFOR. Le contrôle des frontières et des douanes devrait être prioritairement assuré par la police locale des Nations Unies et la KFOR.

Il est donc certain que l’indépendance du Kosovo ne sera que très formelle : au lendemain de la proclamation, bien peu de choses changeront. Les Albanais auront obtenu la satisfaction symbolique de la revendication qui les unit depuis des années, mais combien de temps se contenteront-ils d’une indépendance symbolique ?

Risques régionaux

La Serbie considèrera comme nulle et illégale la proclamation d’indépendance, mais l’ampleur des réactions et des mesures de rétorsion qu’elle prendra demeure incertaine. Belgrade devrait, à tout le moins, rappeler ses ambassadeurs des pays qui reconnaîtront l’indépendance du Kosovo et appliquer à ce dernier un embargo. Cette dernière mesure pourrait avoir de très lourdes conséquences sur le territoire, qui dépend largement de la Serbie pour son approvisionnement énergétique et de nombreux produits de base. Alors que le Kosovo vit depuis 1999 au rythme d’incessantes coupures de courant, la situation pourrait donc encore beaucoup s’aggraver, même si la Minuk assure que des mesures de prévention ont été prises. La pénurie de produits alimentaires qui pourrait se produire risque également de faire la fortune des contrebandiers.

A priori, la Serbie a exclu d’envoyer l’armée au Kosovo, mais cette promesse pourrait être remise en cause si la violence se généralisait dans les zones serbes du territoire. Le risque d’attaques et de provocations contre les enclaves serbes ne peut pas être exclu, même si les dirigeants albanais assurent contrôler leurs troupes et s’ils n’ont, dans l’immédiat, aucun intérêt politique à laisser se développer un tel scénario. Les risques les plus grands se concentrent peut-être, dans l’immédiat, dans la zone nord du territoire, majoritairement serbe.

Tout comme Belgrade, le Conseil national serbe du Kosovo et Metohija devrait considérer comme nulle et non avenue la proclamation d’indépendance, mais sans proclamer la sécession de la zone Nord, qui reviendrait à reconnaître le détachement du reste du territoire. Alors que milices, groupes paramilitaires et provocateurs en tout genre abondent à Mitrovica, dans le camp serbe comme dans le camp albanais, la moindre étincelle pourrait mettre le feu aux poudres.

Même si une explosion parvient à être évitée dans les heures et les jours qui suivront la proclamation d’indépendance, que deviendront les zones serbes du Kosovo, où fonctionnent depuis huit années des institutions « parallèles » ? Imaginer leur « réintégration » dans le Kosovo indépendant est parfaitement illusoire, et les diplomates occidentaux sembleraient pouvoir s’accommoder, dans un premier temps, d’une « partition en douceur » du secteur nord, d’une partition qui ne dirait pas son nom, et qui ne serait rien d’autre que le maintien de la situation actuelle…

On ignore également l’ampleur de l’onde de choc régional que provoquera l’indépendance du Kosovo. Les Albanais de Macédoine, du Monténégro et de la Vallée de Presevo devraient la fêter, eux aussi. On peut supposer que les problèmes immédiats ne se poseront pas dans ces régions, même si l’indépendance du Kosovo entraînera l’ouverture d’une autre question, celle d’une éventuelle unification nationale albanaise. Par contre, les Serbes de Bosnie-Herzégovine pourraient mettre en avant le précédent du Kosovo pour réclamer, eux aussi, le droit à l’autodétermination. Alors que la Bosnie ne parvient pas à sortir d’une interminable crise politique, il est à tout le moins certain que l’indépendance du Kosovo durcira encore les conflits internes à cette république. D’ailleurs, la Bosnie a exclu de reconnaître immédiatement l’indépendance du Kosovo.

Le Kosovo, un pays « post-moderne » ?

Le Kosovo sera le plus jeune Etat d’Europe, ce sera peut-être aussi le plus « moderne ». En effet, il expérimentera des formes encore inédites d’organisation politique, reposant sur une souveraineté très limitée et un protectorat international d’un nouveau type.

Sur le plan économique, ce Kosovo a virtuellement renoncé à toute activité productive. Les entreprises de la région ne fonctionnent plus depuis longtemps, et l’économie du territoire ne repose que sur le commerce et les services. L’indépendance ne changera rien. Les projets de relance des activités minières demeurent très aléatoires, et la Serbie ne renoncera pas à ses droits de propriété sur la plupart des entreprises du Kosovo. Même après l’indépendance, la défense de ces droits de propriété se plaidera devant les tribunaux de commerce internationaux.

Le Kosovo est également engagé dans une forme particulière de « mondialisation », celle des migrations de travail. Les apports financiers des centaines de milliers d’Albanais de la diaspora, établis en Suisse, en Allemagne, dans les pays scandinaves, en Belgique ou aux Etats-Unis sont vitaux pour le Kosovo. Ces flux migratoires ne sont pas prêts de se tarir, alors que le chômage frappe environ 60 % de la population active du territoire, que 60 % des Kosovars ont moins de 25 ans, et que chaque mois, 40 000 jeunes fêtent leur dix-huitième anniversaire sans avoir presque aucune possibilité de construire leur vie dans leur pays…

Les Kosovars accepteront-ils longtemps l’ersatz de souveraineté qui leur est offert, et la terrifiante misère qui va continuer d’être le sort de leur pays ? Depuis les émeutes de mars 2004, les missions internationales au Kosovo craignaient l’explosion d’une nouvelle bouffée de colère dont elles auraient été les cibles directes. Si l’indépendance satisfait les revendications politiques des Albanais, elle ne désamorcera pas la bombe sociale que représente le Kosovo.

Jean-Arnault Dérens
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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 09:06

undefinedRéponse du berger pakistanais à la bergère étasunienne

  L’intense activité déployé depuis quelques mois  par les Etats-Unis pour infléchir le cours de la politique pakistanaise, voire pour faire tomber le gouvernement actuel, coupable aux yeux de Washington de relations trop amicales et de plus en plus intenses avec la Chine – celle-ci prévoit maintenant le doublement de la route transfrontalière du Karakorum et la construction d’une voie ferrée suivant le même parcours – et avec l’Iran – avec lequel un accord a été signé pour construire un gazoduc livrant du gaz naturel au Pakistan -  n’a évidemment  pas échappé aux dirigeants pakistanais.  La campagne médiatique orchestrée par les Etats-Unis a visé ces dernières semaines à répandre la frayeur atomique,  les bombes atomiques pakistanaises risquant, selon les annonces apocalyptiques destinées à justifier une intervention militaire directe des Etats-Unis au Pakistan, de tomber entre les mains d’Al Qaïda et de Ben Laden dont le spectre hante toujours les nuits washingtoniennes.  On imagine assez  bien une sorte de bande dessinée où l’on verrait quelques barbus enveloppés de houppelandes rustiques s’approchant  nuitamment d’un hangar en tôle ondulée, sautant un grillage, ligotant quelques gardiens ensommeillés et repartant furtivement avec une bombe atomique pakistanaise dans  un grand sac de voyage. Pour couper court à cette campagne qui les fait passer pour des gamins turbulents et indisciplinés, image qui contient sa dose de racisme méprisant, les généraux pakistanais ont réagi.  Le  25 Janvier le Général Atta M Iqhman a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a analysé les dysfonctionnements dans les procédures de sécurité des armes nucléaires aux Etats-Unis, dysfonctionnements qui ont été révélés le 29 Août 2007 à l’occasion du  vol au dessus du territoire des Etats-Unis  d’un  bombardier stratégique B 52 sous les ailes duquel avaient été attachées par erreur six missiles à tête nucléaire prêts à l’emploi. Le général a souligné que cet incident traduisait de graves faiblesses dans les procédures de contrôle des armes nucléaires par l’armée US et notant que d’autres  incidents analogues dont il a aimablement fournie la liste avaient déjà eu lieu il a très aimablement offert les services de l’armée pakistanaise pour améliorer ces contrôles avant qu’une catastrophe ne se produise. Un journaliste US présent a voulu réorienter le débat et voulant montrer que la Pakistan n’avait pas de leçons à donner s’en est pris au rôle de ce pays en matière de  prolifération nucléaire (le Pakistan n’est pas, rappelons–le, signataire du traité de non prolifération). Il s’est attiré la réponse suivante : « Tous les Etats nucléaires professent la non-prolifération mais aident leurs amis à acquérir l’arme nucléaire. Les Etats-Unis ont aidé la Grande-Bretagne et la France. La France a aidé Israël .La Russie a aidé la Chine. Et le général a ajouté avec un sourire : « Il se dit dans les médias occidentaux que la Chine a aidé le Pakistan. Pourquoi le Pakistan ne ferait pas comme les autres ? » Soucieux sans doute d’éviter un incident diplomatique, le général a ensuite laissé la parole à son adjoint le colonel Bom Zhalot qui a fait état de ses craintes sur le sang-froid et la maîtrise des dirigeants des Etats-Unis.  « Les dirigeants des Etats-Unis considèrent que la vie, y compris celle de l’embryon, est sacrée mais ils n’ont pas hésité à utiliser deux fois l’arme atomique ! » « Le commandant en chef des Etats-Unis (BUSH) est un ancien alcoolique et 20% des militaires US sont de gros buveurs   Combien d’entre eux sont responsables des armes nucléaires ? Répondant enfin à une question sur les dangers de l’islamisme le colonel a répondu :« Des millions d’américains croient que la fin du monde est proche et que cela hâtera leur arrivée au paradis. De nombreux pakistanais s’inquiètent de voir les Etats-Unis être un jour gouvernés pas des extrémistes religieux qui verraient dans l’holocauste nucléaire une voie rapide vers le paradis. » Selon le correspondant du New York Times présent sur place les diplomates US qui assistaient à la conférence de presse ont refusé tout commentaire.  Question : SARKOZY est-il prêt à aller à Islamabad pour donner des conseils de bonne gouvernance aux dirigeants pakistanais ? S’il le fait, on attendra avec une curiosité  gourmande les commentaires officiels qui seront faits là-bas sur l’idéologie du Chanoine de Latran. 

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 08:59

undefined7,5 milliards d’euros… et rien pour Gandrange

Sidérurgie . Arcelor-Mittal qui a réalisé un bénéfice record en 2007, persiste à vouloir liquider le site lorrain, qui n’aurait besoin que de… 30 millions d’euros d’investissements.
 

Du côté de Gandrange, dans la vallée mosellane de l’Orne, la nouvelle a suscité chez beaucoup un véritable sentiment de révolte. Mercredi, le numéro un mondial de l’acier a annoncé des résultats financiers pour 2007 d’un niveau sans précédent. Avec un chiffre d’affaires de 105 milliards de dollars, en hausse de 19 %, Arcelor-Mittal a dégagé un bénéfice net de 10,4 milliards de dollars - 7,5 milliards d’euros -, en progression de 30 % sur 2006. Et près d’un tiers de ce pactole - 3,1 milliards de dollars - tomberont dans les portefeuilles des actionnaires du groupe. Deux milliards de dollars en dividendes, 1 milliard en rachat d’actions. Ainsi en a décidé la direction d’Arcelor-Mittal, sous la houlette du patron, Lakshmi Mittal, lequel, du coup, se sert lui-même très généreusement : le PDG indien détient en effet 44 % du capital de l’entreprise. Cela ne l’a pourtant pas empêché de réaffirmer, le même jour, son intention de « restructurer » l’aciérie de Gandrange en liquidant 600 emplois, au motif qu’elle perdrait trop d’argent (36 millions d’euros en 2007).

Une décision illégitime

À Gandrange, les syndicats, convaincus que les difficultés de l’usine étaient largement évitables, prêts à démontrer la viabilité de l’outil de travail, voient dans l’annonce de ces chiffres la confirmation du bien-fondé de leur combat pour la sauvegarde du site. Cela « montre que la décision qu’a prise la direction pour Gandrange est illégitime », tranche le délégué CGT Gérard Lopparelli, qui lance « un appel à la révolte ». « Avec de tels résultats, il va être très difficile d’expliquer pourquoi on n’investit pas ici », renchérit Marcel Thill, secrétaire CFDT du comité d’établissement, estimant à 30 millions d’euros les besoins d’investissements pour « faire vivre Gandrange ». Soit à peine 0,5 % des profits 2007 du groupe. À tout le moins, la direction d’ArcelorMittal devrait être mise en demeure de respecter l’engagement que la lutte des salariés lui a arraché : étudier sérieusement les « solutions alternatives » que préparent actuellement les syndicats, avec l’aide d’un cabinet d’experts. Les pouvoirs publics pèseront-ils de tout leur poids en ce sens, comme l’a promis Nicolas Sarkozy ?

pour la pérennité

du site lorrain

Mercredi, la ministre de l’Économie Christine Lagarde a déclaré que, « avec des profits de ce type, il semblerait bien légitime que (ArcelorMittal) investisse, sur le territoire français notamment, dans des aciéries modernes et d’avenir » et que, « dans ce cadre-là, des salariés de Mittal puissent être reclassés de manière utile pour l’avenir ». Les ouvriers de Gandrange et leurs syndicats peineront à trouver dans ces propos le soutien franc qu’ils sont en droit d’attendre au combat qu’ils mènent et qui vise, pour l’heure, non leur reclassement, mais la pérennité du site lorrain. Au demeurant, la locataire de Bercy a laissé percer le fond de la pensée gouvernementale en ajoutant : « Il ne s’agit pas de contraindre un industriel à investir dans un secteur qui (…) n’est peut-être pas d’avenir ». Un quasi-aveu d’impuissance face au diktat d’une multinationale.

De ce point de vue, l’ancien premier ministre et actuel co-président de l’UMP Jean-Pierre Raffarin était encore plus clair, hier matin, sur France-Inter. Invité à réagir au bilan financier d’ArcelorMittal, au regard du plan de liquidation de Gandrange, cet « ami de Sarkozy », comme il se présenta lui-même, ne se montra en rien scandalisé. La seule leçon qu’il trouvait à tirer de l’affaire était qu’il faudrait renforcer « l’attractivité » de la France pour les investisseurs comme Mittal, mettre à leur disposition des « outils financiers ». En clair, dérouler un peu plus le tapis rouge, augmenter la dose d’avantages fiscaux pour ces hyperpuissances financières et industrielles qui regorgent de profits mais, on le sait, n’en ont jamais assez.

La semaine dernière, déjà, le chef de l’État avait envisagé d’investir des fonds publics à Gandrange pour inciter le groupe indien à s’y maintenir. « Pourquoi est-ce que le contribuable devrait se substituer à un groupe qui dégage autant de bénéfices ? », interrogeait alors le responsable CGT d’ArcelorMittal, Marc Barthel. Les profits 2007 n’étaient pas encore connus. La bataille de Gandrange n’est pas terminée mais elle a déjà révélé la vraie portée - démogogique, électoraliste - des grands discours sarkozystes, stigmatisant un certain capitalisme, affirmant une volonté de « garder des usines ouvertes en France ».

Yves Housson

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 08:52

undefinedLe ministre des finances britannique, Alistair Darling, a annoncé, dimanche 17 février, que la banque en difficulté Northern Rock allait être "temporairement nationalisée". "Dans les conditions actuelles de marché, nous ne pensons pas que les deux propositions [celle en interne et celle de Virgin] offrent une valorisation suffisante pour le contribuable. Donc le gouvernement a décidé de présenter une loi pour placer Northern Rock dans une période temporaire de nationalisation", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

 

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')}
if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle"; } Ces deux candidats sont le conglomérat mené par Virgin du milliardaire Richard Branson, et un dirigeant de Northern Rock, Paul Thompson, ancien directeur général de la compagnie d'assurances Resolution, qui a pris la tête d'un plan de redressement "maison". "Nous avons pris cette décision après une large consultation avec la Banque d'Angleterre et la Financial Services Authority (FSA)", gendarme des marchés britanniques, a ajouté M. Darling.

OFFRES INSUFFISANTES

Selon le quotidien économique Financial Times de mercredi, le ministère des finances avait fait savoir aux deux candidats que leurs offres étaient insuffisantes. Virgin avait expliqué vouloir injecter quelque 1,25 milliard de livres (1,6 milliard d'euros) dans la banque en crise et confirmé qu'il prévoyait de la marier avec sa filiale bancaire Virgin Money, dont elle reprendrait le nom. De son côté, le plan de redressement défendu par Paul Thompson, qui souhaitait prendre le poste de directeur général, prévoyait de lever "au moins" 500 millions de livres (668 millions d'euros) de capitaux frais et de réduire la taille des opérations de la banque, afin de la remettre sur les rails.

Depuis qu'elle s'est placée le 13 septembre sous la protection de la Banque d'Angleterre, Northern Rock lui a emprunté environ 26 milliards de livres (35 milliards d'euros) selon certaines estimations. Northern Rock, banque spécialisée dans les prêts immobiliers, qui avait connu une ascension fulgurante depuis son entrée en Bourse en 1997, jusqu'à se hisser parmi les dix premiers établissements bancaires du Royaume-Uni, a plongé dans la tourmente en septembre, lorsqu'elle a frôlé la faillite dans le sillage de la crise des prêts hypothécaires à risque ("subprime") aux Etats-Unis.

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 08:46

undefinedParution. Israël, la paix impossible

Programmer le désastre. La politique israélienne à l’oeuvre, de Michel Warschawski, Éditions La Fabrique, 76 pages, 9 euros.

Court, incisif, féroce même. Tel est le dernier pamphlet que vient de publier Michel Warchawski. L’infatigable militant d’une paix juste entre Israéliens et Palestiniens ne baisse pas les bras. Il constate le désastre actuel, l’accélération de la colonisation, le mur qui ronge un futur État palestinien de plus en plus improbable. Mais il affirme en conclusion qu’il n’y a rien là d’irréversible et cherche dans l’histoire des raisons d’espérer.

Pourtant, tout le livre n’est qu’accumulation de désastres.

Il décrit dès l’introduction ce qu’il appelle la « Reconquista » : entreprise de destruction généralisée des droits acquis par les peuples au XXe siècle, menée par ces mêmes néoconservateurs qui ont « programmé le désastre palestinien » parce que la Palestine reste le lieu emblématique de la lutte anti-impérialiste. Ce désastre-là, explique-t-il, n’est qu’une étape vers celui, prévisible, du projet sioniste lui-même, d’un Israël rongé par sa propre violence et ses peurs. Et pour montrer qu’il n’est pas seul à le dire, il cite le livre à paraître d’Abraham Burg, ancien président de la Knesset et sioniste historique, l’un des hommes les plus respectés d’Israël. Ce livre, Vaincre Hitler, il voulait l’intituler Hitler a vaincu, c’est tout dire. « Israël est devenu une société effrayante », dit Abraham Burg qui vient de se résoudre à quitter son pays. Tout le monde en prend pour son grade avec Warchawski. Il a la dent dure pour les travaillistes, pour « La Paix maintenant », accusée d’être rentrée dans le rang en 2000, après avoir avalé les mensonges et la forfaiture d’Ehud Barak à Camp David. Il n’est pas tendre non plus pour l’OLP et impitoyable pour Mahmoud Abbas, choisi selon lui par Israël et les États-Unis pour sa mollesse et son insignifiance. En revanche, l’auteur ne tarit pas d’éloges à l’égard du Hamas. Il va même jusqu’à absoudre le mouvement islamique de toute responsabilité dans la situation de quasi-guerre civile qui prévaut à Gaza et en Cisjordanie. Un point de vue parfaitement partial, bien dans la manière d’un intellectuel qui continue de cultiver l’art du contre-courant et de jouer les poils à gratter de la gauche israélienne.

F. G.-R.

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 08:43

Le président chypriote sortant, Tassos Papadopoulos, tenant d'une ligne dure sur le dossier de la division de l'île, a été éliminé dimanche au premier tour de la présidentielle qui opposera dimanche prochain Ioannis Kasoulides (droite) et Demetris Christofias (communiste).

AFP/PIO :: Demetris Christofias dans un bureau de vote, le 17 février 2008 à Nicosie
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 AFP/PIO :: Demetris Christofias dans un bureau de vote, le 17 février 2008 à Nicosie
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Selon les chiffres officiels, M. Kasoulides, député européen de 59 ans et ex-ministre des Affaires étrangères, arrive en tête avec 33,51%. Il ne devance toutefois le président du Parlement, Demetris Christofias, que de 980 voix. M. Papadopoulos, 74 ans, est troisième avec 31,79%.

M. Kasoulides, placé en troisième position dans la plupart des sondages de campagne, et M. Christofias se veulent tous deux les champions de "l'ouverture" vers la communauté chypriote-turque.

Ils s'affronteront lors du second tour dimanche prochain et ont, dès le résultat connu, lancé les tractations avec les soutiens du président sortant.

Les six autres candidats à l'élection, présentée comme la plus serrée de l'histoire de l'ex-colonie britannique et déterminante pour son avenir, ont obtenu moins de 1,5%.

"Le temps est venu de dépasser tout ce qui a divisé le peuple sur la +question chypriote+ ces dernières années", a réagi devant plusieurs centaines de partisans, Ioannis Kasoulides.

"Le temps est compté" face à "l'impasse" dans le dialogue intercommunautaire, a estimé Demetris Christofias, 61 ans, premier dirigeant du parti communiste chypriote candidat à une présidentielle.

Le président sortant, dont la santé a été sujet à interrogation en fin de campagne, a concédé sa défaite. Il s'est dit "fier" de son bilan depuis 2003, notamment du "non" au référendum sur la réunification de l'île en 2004. Il a appelé la population à "rester en éveil" sur ce thème.

A demi-mot, sa réélection n'était pas souhaitée par la partie turque.

Dimanche après-midi, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé garder l'"espoir" d'une relance des pourparlers, tout en estimant que M. Papadopoulos était "très réticent à s'engager".

Avant même l'annonce officielle des résultats, les rues de Nicosie, la capitale divisée, ont résonné de coups de klaxons de partisans des finalistes.

"Je suis ravi de l'élimination de Papadopoulos. C'était une occasion de (...) dire que nous voulons une solution" à la division, a affirmé à l'AFP Joseph Patitas, un étudiant de 21 ans.

Selon le responsable de la commission électorale, Lazaros Savvides, le taux de participation a atteint 89,42%, contre 90,55% en 2003.

A la clôture des 1.159 bureaux de vote, à 17H00 locales (15H00 GMT), les sondages réalisés à la sortie des urnes donnaient des résultats trop serrés pour permettre de dégager le nom des finalistes.

Quelque 516.000 Chypriotes avaient pour obligation de se rendre aux urnes pour cette élection, la première depuis leur entrée dans l'Union européenne en 2004.

Une des inconnues du premier tour résidait dans l'opinion des milliers d'étudiants chypriotes à l'étranger (4% du corps électoral) ayant eu droit à un billet d'avion gratuit pour venir voter.

Dans un pays en situation de plein-emploi et à la croissance soutenue, la question de la division s'est nettement imposé comme le thème central.

Chypre est divisée depuis 1974 entre la République de Chypre (sud) et la République turque de Chypre Nord, uniquement reconnue par la Turquie.

En 2004, les Chypriotes-grecs ont massivement rejeté le référendum portant sur un plan de réunification soumis par l'ONU, accepté par les Chypriotes-turcs. Parmi les trois principaux candidats, seul M. Kasoulides avait voté "oui".

L'ONU a récemment affirmé qu'il n'y aurait pas de nouvelle initiative, plaçant les parties devant leurs responsabilités.

Cette élection sur la troisième île de Méditerranée par la taille est par ailleurs marquée par le vote inédit à une présidentielle de 400 Chypriotes-turcs vivant dans le sud.

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 08:27
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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 08:15

Hier mercredi 14 février 2008, toute l’économie grecque était paralysée par une journée massive de grève générale, la deuxième en deux mois.

Il n’y a pas besoin d’avoir fait une grande école de journalisme pour comprendre que la consigne générale, d’autocensure ou bien d’ « exocensure », c’est de parler le moins possible de tous les mouvements sociaux qui peuvent survenir à l’étranger, et surtout s’il s’agit de nos frères et soeurs « consorts » européens : ceux qui partagent le même « sort » institutionnel.

On voit bien ici le tour foncièrement antieuropéen et antieuropéiste de cette Europe des traités de Maastricht et de Lisbonne : Tout est fait pour faciliter la circulation des marchandises et des capitaux, mais tout est conçu pour entraver la libre circulation des âmes et des idées, pour cloisonner chaque peuple dans son espace médiatique étriqué autour d’enjeux dérisoires tels que les chroniques inlassables de chaque cour princière (ah, Carla et Nicolas, ah Berlusconi, s’il fallait vous inventer !).

Bref, tout est fait pour priver méthodiquement les Européens d’un espace public commun, condition indispensable d’une démocratie commune. Et ils osent nous parler d’Europe et même nous traiter de nationalistes attardés ! (Vous remarquerez que pour être bien certains que les citoyens de chaque pays européen vivront toujours à des rythmes séparés, on ne vote pas les mêmes jours ni sur des listes européennes, afin d’isoler et d’impuissanter la volonté populaire. Afin de pouvoir sanctionner prestement chaque peuple qui s’avérerait isolément récalcitrant dans l’Empire supranational, un peu comme cela se passait à l’Est pour les Hongrois en 1956 et les Tchèques en 1968, même si la Commission de Bruxelles possède aujourd’hui des moyens infiniment plus sophistiqués que les chars d’assaut soviétiques pour faire plier un pays qui aurait mal voté à un référendum…)

Faire semblant de construire l’Europe en faisant son contraire, c’est-à-dire l’ « Union ineuropéenne », voici le secret de fabrication de ces si médiocres dirigeants politiques du niveau de cynisme de Tony Blair, de Sarkozy, de Schröder et de Berlusconi, qui ont trouvé ainsi un moyen subtil de se passer des peuples, afin de se délivrer pour toujours des conquêtes démocratiques et sociales issues de plusieurs siècles de résistance démocratique contre les rois, contre les magnats, et il y a soixante ans contre les nazis.

Maintenant, il reste une question brûlante : Qui nous interdit de parler des grèves en Grèce ? Et demain peut-être en Finlande, au Portugal ou en Roumanie, si leurs classes ouvrières se révoltaient ? Et qui interdit en retour les travailleurs européens de se préoccuper de nos combats en France ?

On se demande vraiment à quoi servent ces permanents d’organisations syndicales et altermondialistes qui se rencontrent si fréquemment en symposiums internationaux tels que les Forums sociaux, mais sans jamais parvenir à se mettre d’accord sur un ou deux objectifs précis et vraiment gênants pour les managers de Bruxelles, ni même sur un texte de principe commun.

Si nos porte-parole sont incapables de s’entendre, tant pis. Que ce soit au moins un principe élémentaire de solidarité, un réflexe à propager, un conseil d’ami : Lorsqu’il y a grève chez nos voisins et consorts, en Grèce ou ailleurs, qu’on en parle au maximum, entre collègues et voisins, et aussi dès qu’on a accès à nos médias. Pour briser cette censure officielle inacceptable et ineuropéenne, et non l’entretenir par notre passivité. Qu’on fasse des piquets de grève, des marches, des danses, des distributions de tracts multilingues devant les représentations diplomatiques grecques et les succursales d’entreprises concernées. Qu’on arbore ici des autocollants grecs solidaires et des drapeaux hélènes. Qu’ils aient peur d’un réveil du peuple des peuples européens infantilisés, ce peuple des peuples qui surviendrait enfin « pour-soi »et non seulement « en-soi ».

Qu’ils sachent enfin que nous sommes l’Europe, contre l’Ineurope.

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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 21:09

En 2004, Hervé Morin voulait en finir avec le néocolonialisme...

Il y a trois ans à peine, l’actuel ministre de la Défense fustigeait les relents coloniaux de la politique de la France en Afrique et s’engageait devant l’association Survie à soutenir le changement (voir le courrier ci-dessous). Aujourd’hui ministre de Nicolas Sarkozy, il cautionne en connaissance de cause la poursuite d’une politique anachronique et dangereuse au Tchad.

La condamnation du néocolonialisme français en Afrique figurait parmi les thèmes de campagne de plusieurs candidats à la dernière élection présidentielle. Nicolas Sarkozy, on s’en souvient, avait lui aussi promis la rupture avec les "réseaux d’un autre temps" et s’était engagé à ne plus défendre des chefs d’Etat illégitimes. Promesses vite contredites une fois arrivé au pouvoir, comme l’illustrent le soutien apporté par la France au tchadien Idriss Déby, les accolades avec Omar Bongo ou le tapis rouge déployé devant Mouammar Kadhafi.

Moins connues sont cependant les promesses émises sur la question par une autre personnalité politique aujourd’hui en charge d’un secteur clé de la "Françafrique", le ministre de la Défense, Hervé Morin.

En décembre 2004, interpellé par l’association Survie dans le cadre d’une campagne contre le soutien de la France aux dictateurs africains, celui qui était alors le président du groupe UDF à l’Assemblée écrivait ces quelques lignes à François-Xavier Verschave, président de Survie et auteur de plusieurs livres sur la question:

"Je partage avec vous la conviction que la politique africaine de la France a, depuis les années Foccart, mené un cours particulier, peu lisible, manquant de transparence et empreint de clientélisme.

"Ces relations, marquées par le souvenirs de l’époque coloniale et reposant le plus souvent sur des relations personnelles d’homme à homme, n’ont plus lieu d’être aujourd’hui. L’UDF souhaite qu’un nouveau cours soit donné à la politique africaine de la France pour lui donner enfin une vraie transparence, une vraie lisibilité. […] Je salue votre initiative […], vous pouvez compter sur notre vigilance et notre soutien."

Parmi la trentaine de députés ayant répondu aux sollicitations de l’association dans le cadre de cette campagne, cette lettre apparaissait sans conteste comme une des plus argumentées et des plus explicites.

Explicite mais peut être pas vraiment sincère. Car à peine plus de trois ans plus tard, si l’on se fie aux déclarations du même Hervé Morin sur la crise tchadienne et à sa défense de la prétendue "légitimité" d’Idriss Déby, le changement de ton apparaît brutal. Malgré ses engagements précédents, le ministre Hervé Morin s’inscrit aujourd’hui dans la droite ligne de la politique françafricaine de la "stabilité", celle qui consiste à soutenir les dictateurs en croyant défendre les intérêts français.

Il est vrai qu’il était sans doute plus facile de s’attaquer à la politique de Jacques Chirac depuis les rangs de l’UDF (alors quasiment un parti d’opposition) que d’oser critiquer aujourd’hui la politique de Nicolas Sarkozy au sein même de son gouvernement. Les places sont chères et Hervé Morin n’est pas le plus en sécurité, si l’on croit certaines rumeurs… Le secrétaire d’Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel, qui a annoncé il y a peu vouloir "signer l’acte de décès de la Françafrique" mais quasiment muet sur la situation au Tchad, se montrera-t-il, lui, plus courageux?

Si les peuples africains ont bien "droit à la démocratie, comme tous les hommes", ainsi que l’écrivait le député Morin en 2004 dans son courrier, il y a cependant fort à redouter qu’ils attendent encore longtemps que certains dirigeants français mettent en adéquation leur politique de coopération avec l’Afrique avec les principes défendus lorsqu’ils sont en campagne.

A moins que M. Morin ne pense vraiment, pour reprendre les propos contenus dans sa lettre, que le clientélisme a disparu de la scène franco-africaine, que la politique menée au Tchad ou en Libye est plus lisible et plus transparente qu’en 2004 et que les relations d’homme à homme ne sont plus la règle.

On aimerait y croire aussi…

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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 20:49

Seules 40 % des communes font des efforts suffisants de construction de logements sociaux. La Fondation Abbé Pierre publie les tableaux d’honneur et de déshonneur des communes. Par Valérie Schneider et Louis Maurin.

Entre début 2002 et fin 2006, seules 40 % des communes concernées par la loi Solidarité et renouvellement urbain de 2000 [1] ont respecté les objectifs de financement de logements sociaux, selon une étude de la Fondation Abbé Pierre. Cette loi visait à atteindre un taux minimum de 20 % dans les principales communes des grandes agglomérations. La Fondation souligne que les villes qui ont fait les efforts les plus importants sont celles qui disposaient déjà d’un taux proche des 20 %. Pas moins de 67 municipalités n’ont financé aucun logement, 269 n’ont réalisé que la moitié de leurs objectifs.

Le bilan général est décevant. Certes, au niveau global, plus de 110 000 logements locatifs sociaux ont été financés, ce qui correspond à l’impératif de la loi SRU. La Fondation met d’ailleurs en avant dans cette étude les investissements de nombreuses communes, dirigées par des majorités très diverses.

Cette loi avait comme objectif de répartir équitablement sur le territoire l’augmentation de l’offre de logements sociaux en demandant à chaque commune concernée de participer à cet effort collectif. Dans la réalité, de nombreuses communes profitent des efforts réalisés par les autres. Devant ce peu de volonté, la Fondation Abbé Pierre constate le manque de réactivité de l’Etat et parle même “de laxisme, voire de complaisance des pouvoirs publics pour des situations pourtant intolérables”. Les préfets, au nom de l’Etat, doivent en effet procéder sur leur territoire aux éventuels constats de carence, également définis par la loi SRU, établissant des pénalités pour les villes ne respectant pas leurs obligations. Certaines d’entre elles n’ont pas fait l’objet de ces constats, selon la Fondation.

En outre, il faut ajouter que les nouvelles constructions comprennent de plus en plus de logements dits "sociaux" mais qui ne sont pas destinés aux plus démunis : selon la Fondation, un tiers des logements construits ne bénéficient pas à ces ménages. D’autre part, le parc social est pour partie occupé par des foyers aux revenus élevés, comme l’ont montré différentes affaires récentes.

Au final, le pouvoir exécutif se trouve devant une forte contradiction. D’un côté, il vote une loi sur le "droit au logement" et proclame la nécessité de l’accès de tous à un toit convenable, de l’autre il ne se donne pas les moyens de construire suffisamment. On touche du doigt à la fois à un manque de volonté politique de l’Etat, mais aussi aux limites du processus de décentralisation.

Les résultats de l’étude par commune

La Fondation publie un classement des bons et des mauvais élèves, non en fonction de la proportion de logements sociaux à un moment donné (qui résulte aussi du passé de la commune), mais des efforts réalisés depuis 2002. Parmi celles qui en ont fait le moins, on trouve à la première place Saint Maur des Fossés (94) avec 30 logements financés en 5 ans pour un objectif de 1 236, et qui au total compte 5 % de logements sociaux... Neuilly-sur-Seine (92) en a réalisé 181 pour 1 324 prévus, et affiche 2,6 % de HLM. En revanche, Paris (75), Versailles (78) ou Dijon (21) sont distinguées pour avoir dépassé les objectifs de la loi.

Dans les communes de moindre importance, la Fondation souligne la « situation scandaleuse » et « l’égoïsme local » de certaines communes qui refusent toute construction, comme Allauch (13) ou Solliès Pont (83) et renvoient les plus démunis sur le parc des communes avoisinantes. Ce qui n’empêche pas des villes de taille moyenne comme Pontault Combault (77) ou Saint Médard en Jalles (33), d’avoir réalisé de vrais progrès, avec deux fois plus de logements financés que les objectifs déterminés par la loi.

Les villes de plus de 50 000 habitants

De 5 à 50 000 habitants

Parmi ces communes moyennes, un certain nombre, majoritairement situées en région Paca (Bouches-du-Rhône, Var, Rhône), font figure de très mauvais élèves. C’est le cas de Allauch, Le Pian Médoc, Les Plessis Bouchard.

Moins de 5 000 habitants

Certaines de ces villes, pourtant en plein développement, n’ont entrepris aucun plan de financement. C’est le cas de Saint Jeannet (06), Barbentane (13), Saint Clément de Rivière (34), L’Etang le Ville (78) et Chazay d’Azergues (69).

Source des tableaux : Fondation Abbé Pierre, palmarès 2008 des communes - année des données : 2006.

- Voir le palmarès 2005 sur notre site.



[1] La Fondation a étudié les données de 720 des 736 communes concernées

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