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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 10:27

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https://www.politis.fr/Les-crimes-impunis-de-la-police,16250.html


 

Les enquêtes mettant en cause des officiers de police avancent difficilement, malgré des preuves parfois accablantes de violences excessives. Le point sur cinq affaires de décès.

« Ce sont des histoires banales qui virent au drame rapidement, prévient Patrick Delouvin, directeur du pôle Europe à Amnesty international. Parfois, une heure suffit. » Mardi 29 novembre, Amnesty international a fait le point sur 5 affaires de décès aux mains de la police dans lesquelles l’organisation dénonce « l’utilisation excessive de la force et l’absence d’enquête effective ».

Impunité

Dans ces 5 affaires parfois anciennes, les rapports d’expertises accablants et les demandes répétées des avocats de la défense restent souvent lettres mortes. 4 dossiers d’instruction sont même au point mort. « Mon frère a été roué de coups devant témoins, alors qu’il hurlait, s’indigne Abdelkader Boukrourou, le frère de Mohamed Boukourou, décédé à 41 ans au cours de son interpellation, en novembre 2009, à Valentigney (Doubs). Deux ans après l’ouverture de l’instruction, il n’y a toujours pas eu de mise en examen. »

 

Sur le web

Le rapport d’Amnesty : Notre vie est en suspens

Les enquêtes sont freinées par les juges d’instruction, qui rechignent à prononcer les mises en examen contre les policiers. Dans une autre affaire qui court depuis 2004, le décès de Abou Bakari Tandia, suite à une garde à vue à Courbevoie (Hauts-de-Seine), l’enquête a été dirigée par 4 magistrats instructeurs différents, d’après l’avocat de la famille de la victime, Yassine Bouzrou. « Trois expertises ont montré qu’Abou Bakari Tandia a été victime de violence. Mais la magistrate fait traîner le dossier et n’a entendu les policiers que comme témoins assistés sans prononcer de mise en examen », s’indigne-t-il. Les parties civiles et Amnesty international concentrent donc leurs griefs contre les magistrats jugés incapables de traiter ces affaires engageant des officiers de police avec qui ils travaillent en liens étroits. « Les magistrats instructeurs ont la possibilité de devenir magistrats du parquet, dénonce Yassine Bouzrou. Ils doivent donc rentrer dans le rang s’ils aspirent à cette progression de carrière. »

« Des liaisons de maintien »


Dans l’affaire Ali Ziri, un retraité de 69 ans mort d’un arrêt respiratoire en 2009 suite à son arrestation à Argenteuil (Val-d’Oise), deux rapports d’expertise évoquent formellement des hématomes correspondants à des « liaisons de maintien ». D’après Stéphane Maugendre, avocat du collectif Ali Ziri, ces marques corporelles témoignent de l’utilisation de la technique du « pliage », qui vise à immobiliser un individu à plat ventre sur le sol en pressant son thorax. Un geste interdit depuis 2003, qui aurait entraîné la mort du vieil homme par suffocation. La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), dans un avis d’avril 2008, évoque des circonstances similaires et une « contention inadéquate », dans le décès par asphyxie d’un jeune de 25 ans, Lamine Dieng, le 17 juin 2007.

Sur ces méthodes d’interpellation comme dans la plupart des affaires de bavures policières, Amnesty international dénonce l’opacité entretenue par l’administration. Elle éprouve d’énormes difficultés à recueillir des informations auprès de l’IGPN, la « police des polices », qui livre des rapports minimalistes sur les sanctions disciplinaires qu’elle prend et refuse de communiquer sur le nombre de « bavures ».

Pressions

Mohamed Nemri, membre du collectif Ali Ziri, raconte aussi les difficultés qu’il a eu pour déposer une plainte contre les policiers, alors qu’il accompagnait Arezki Kerfali, ami du défunt, lui aussi victime présumée de violences le jour du drame. Après deux refus, il a dû faire déposer sa plainte par son avocat auprès du parquet. D’après l’avocat du collectif, aucune information judiciaire n’a été ouverte depuis les faits en juin 2009. « Aucun des trois policiers mis en cause n’a été entendu par les trois juges d’instruction successifs qui ont travaillé sur cette affaire », ajoute Stéphane Maugendre. Arezki Kerfali, ami intime de la victime, doit même comparaître en mars 2012 suite à une plainte pour outrage déposé par les fonctionnaires.

Dans un contexte de politique sécuritaire qui durcit l’omerta entourant ces affaires, Amnesty international salue le travail de la CNDS, qui « rendait des avis très forts » trop souvent ignorés par la justice d’après Patrick Delouvin. L’inquiétude et la « vigilance » sont pourtant de mise depuis que la CNDS a été dissoute sous la tutelle du Défenseur des droits, en mars 2011.

Procès

Du 16 au 20 janvier 2012, deux agents de la Brigade anti-criminalité (Bac) comparaîtront suite à la mort d’Hakim Ajimi. Ce Tunisien de 22 ans en attente de naturalisation est mort le 9 mai 2008 à Grasse (Alpes-Maritimes) par « asphyxie mécanique lente avec privation prolongée en oxygène », d’après une expertise médicale qui pointe là encore une pression sur le thorax lors de l’immobilisation du jeune homme. Les deux fonctionnaires seront jugés pour « homicide involontaire » et cinq autres policiers pour « non-assistance à personne en danger ». Dans les quatre autres affaires, les procédures sont au point mort.


Les cinq affaires suivies par Amnesty international :

 Abou Bakari Tandia, Malien de 38 ans, décédé en garde à vue en décembre 2004, à Courbevoie ;

 Lamine Dieng, Français d’origine sénégalaise âgé de 25 ans, décédé en juin 2007, à Paris ;

 Abdelhakim Ajimi, Tunisien de 22 ans, décédé pendant son arrestation en mai 2008, à Grasse ;

 Ali Ziri, Algérien de 69 ans, décédé en juin 2009, à Argenteuil ;

 Mohamed Boukrourou, Marocain de 41 ans, décédé pendant son arrestation en novembre 2009, à Valentigney.

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 10:19

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ujfp-titre-3.gifPierre Stambul, coprésident de l'Union juive française pour la paix (UJFP), revient dans cet entretien sur l’engagement et le rôle de Bernard-Henri Levy en Libye et évoque l'assassinat de Mouammar Kadhafi, ainsi que la politique extérieure du Qatar. Il aborde également les réactions en Israël quant aux «révolutions» dans les pays arabes.

 


Le Temps d'Algérie : Le journaliste et philosophe Bernard-Henri Lévy (BHL) a, lors de la convention nationale du CRIF, reconnu avoir agi, en Libye, pour le compte de deux pays, Israël et la France. Que pensez-vous de cette déclaration ?

Pierre Stambul : Il ne faut pas fantasmer sur ce personnage. Il s'agit de quelqu'un qui est riche, possède des médias et est imbu de sa personne. Il est assez mégalomane et avide de notoriété. Il n'est, hélas, pas le seul personnage de ce type dans une société médiatique qui privilégie le fric et l'apparence sur l'honnêteté et les convictions. Il était risible de voir BHL à Benghazi avec Sarkozy et Cameron. Il essayait désespérément de monter sur la tribune et de se faire photographier.

Avant la Libye, il a produit le même genre de spectacle en Afghanistan ou en Bosnie. Il s'est aussi fait photographier sur un char de Tsahal.

Dans le même genre, Bernard Kouchner s'était fait photographier avec un sac de riz en Somalie. Le problème fondamental en Libye n'est pas celui de BHL. C'est, comme l'a expliqué Rony Brauman, qu'après le désastre complet des interventions impérialistes en Somalie, en Irak ou en Afghanistan, l'intervention en Libye remet à l'ordre du jour ces interventions et essaie de les légitimer.

Sinon, la première réaction israélienne au début des processus révolutionnaires dans le monde arabe a été celle de Zvi Mazel, ancien ambassadeur israélien au Caire, qui a déclaré : «les révoltes arabes sont une catastrophe pour les Juifs». Israël est davantage préoccupé par ce qui se passe en Egypte, où son ambassade a été attaquée. Je ne pense pas qu'ils aient eu la moindre influence sur ce qui s'est passé en Libye.

«Je ne l'aurais pas fais si je n'étais pas juif», a-t-il expliqué quant à son engagement dans la crise libyenne. Pourtant, des juifs épris de paix, comme vous, l'Union dont vous faites partie, et bien d'autres, sont pour la paix et contre l'injustice et l’intervention militaire d'où qu'elle vienne. BHL peut-il s'exprimer au nom de tous les juifs ?

Les juifs ont été en Europe des parias décrétés inassimilables, discriminés et assassinés en masse par un génocide au nom de ces conceptions racistes. L'ancien président Bush a déclaré la «guerre du bien contre le mal», le mal étant évidemment d'après lui «les musulmans ou les Arabes». Le gouvernement français est l'auteur d'une politique xénophobe d'Etat. Dans ce contexte, certains (BHL, le CRIF, des dirigeants israéliens…) voudraient que les juifs passent de l'autre côté du miroir et prennent leur part dans cette «guerre». Ces forces, aujourd'hui, sont, à mon avis, du mauvais côté sur tous les terrains. Elles ne luttent pas contre le racisme, ne défendent pas les sans-papiers, tolèrent le parti Front National ou lui font des appels du pied et soutiennent la destruction de la Palestine par le gouvernement israélien. Il ne fait pas de doute qu'on assiste, aujourd'hui, à une gigantesque manipulation de l'histoire, de la mémoire et des identités juives pour enrôler les juifs dans la croisade voulue par Georges Bush. Pour moi, BHL est représentatif de cette manipulation.

L'ambassadeur de France en Algérie a déclaré que BHL n'a pas été mandaté par le président français Nicolas Sarkozy pour le représenter en Libye, alors qu'on l'a vu l'accompagner dans ce pays après la chute du régime de Kadhafi. Que pensez-vous justement de cette question ?

Encore une fois, BHL fera tout pour se faire de la publicité, y compris affirmer qu'il renversera tout seul les régimes. Il ne faut pas donner  une importance exagérée à ce mégalomane même si on le voit régulièrement sur toutes les télévisions faire la promotion de son livre. Quant au président Nicolas Sarkozy, il faut rappeller qu’il avait reçu avec tous les égards le guide libyen Kadhafi en 2007.

Il avait conclu avec lui de nombreux accords commerciaux et un engagement que la Libye arrête et enferme les immigrés africains en route pour l'Europe. Aujourd’hui, il a signé les mêmes accords avec le nouveau régime libyen. Et il a très vite obtenu le retour de Total dans les champs pétrolifères. C'est ce qui l'intéresse, à mon avis.

Quelles seraient, selon vous, les raisons réelles de l'assassinat de Kadhafi le 20 octobre dernier à Syrte ?

Le journal Le Canard Enchaîné a écrit, sans être attaqué en justice, qu'Obama et Sarkozy avaient donné l'ordre d'exécuter sans jugement Kadhafi pour qu'il ne parle pas, c'est-à-dire qu'il ne raconte pas en détail les rapports excellents qu'il avait avec l'Occident avant le début de l'insurrection. En Syrie, toutes les forces de l'opposition au régime se sont prononcées contre toute intervention étrangère et en particulier contre toute immixtion de BHL. Voilà une position de bon sens.
     
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré que «les révolutions» dans des pays arabes causeraient leur retard plutôt que leur développement. Partagez-vous cette lecture ?

Pour Israël, les révoltes du monde arabe marquent un virage fondamental. Dans le cadre de la «guerre du bien contre le mal», les pays arabes étaient condamnés, selon des dirigeants israéliens, à avoir des chefs d’Etat dictateurs pour les préserver de l'intégrisme. Voilà que partout éclatent des révoltes exigeant liberté, démocratie et dignité.

Israël a déjà perdu son complice et allié privilégié dans la région (Hosni Moubarak) et pourrait en perdre d'autres. La question palestinienne s'est invitée dans les révoltes en cours comme l'ont montré l'ouverture de la frontière avec Ghaza ou l'attaque de l'ambassade israélienne au Caire. Donc Nétanyahou a raison d'être inquiet de ces mouvements de révoltes dans les pays de la région.

Comment voit-on au CRIF les «révoltes» dans le monde arabe ?

Franchement, le CRIF a d'autres chats à fouetter. Aux nouvelles que j'ai eu dernièrement, il y a des guerres de personnalités en son sein (pas sur des questions idéologiques) et BHL agit pour lui-même et pas pour le CRIF.

Croyez-vous que la Ligue arabe est utilisée pour internationaliser la situation en Syrie, comme cela a été fait avec la crise libyenne?
Les révoltes dans le monde arabe ont touché tous les régimes. Mais il y a un modèle qui s'en sort mieux que les autres, c'est le modèle des pays du Golfe que je qualifierai de féodal, patriarcal, esclavagiste et ultralibéral. Ces pays, qui soutiennent la révolte des Syriens, sont intervenus militairement en Libye aux côtés des Occidentaux et au Bahreïn pour écraser la révolte d'un peuple qui réclamait également liberté et démocratie.

L'Arabie Saoudite est puissante grâce au pétrole et à ses liens très anciens avec l'impérialisme.
Ce pays féodal a accueilli les dictateurs Ben Ali et Saleh, pratique dans la loi un antiféminisme forcené, inflige des conditions proches de l'esclavage aux immigrés et applique avec une grande cruauté la peine de mort. Son armée est intervenue pour écraser la révolte au Bahreïn.

De fait, les pays du Golfe contrôlent, aujourd'hui, la Ligue arabe qui devient ainsi le poisson pilote des Etats-Unis. Il me semble que la défense de la liberté et de la démocratie ne peut pas être à géométrie variable.

Que pensez-vous justement de la politique extérieure prônée par le Qatar et la couverture des événements par la chaîne de télévision satellitaire Al Jazeera ?
Cette question rejoint la précédente. Al Jazeera a souvent servi de média apportant l'information quand elle était bâillonnée. Cela a été clair pendant le massacre à Ghaza. Mais cette chaîne de télévision est très liée au gouvernement qatari qui est intervenu en Libye avec les impérialistes. L'histoire nous dira si le Qatar tire les ficelles de la Ligue arabe.                                                  

M. A.

 

http://www.letempsdz.com/content/view/66824/1/

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 20:17

aa-Iran-in-crosshairs21.jpgAlors que les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada ont prévu d’annoncer un ensemble coordonné de sanctions contre l’industrie iranienne du pétrole et de la pétrochimie aujourd’hui, Seymour Hersh, journaliste d’investigation de longue date, interroge le consensus croissant sur le supposé programme iranien d’armes nucléaires. La pression internationale sur l’Iran s’est accrue depuis que l’Agence internationale de l’énergie atomique des Nations Unies a révélé dans un rapport la « possible dimension militaire » des activités nucléaires de l’Iran, attestant d’une preuve « crédible » qui « indique que l’Iran a mené des activités pertinentes pour le développement d’un engin nucléaire explosif ». Dans son dernier article pour le blog du New Yorker, intitulé « L’Iran et l’AIEA », Hersh affirme que le récent rapport est un « document politique », et non une étude scientifique. « Ils [JSOC] n’ont rien trouvé. Rien. Pas de preuve d’un quelconque armement », dit Hersh. « En d’autres termes, aucune preuve de construction d’une bombe. Ils ont des installations pour enrichir, mais pas d’installations distinctes pour construire la bombe. C’est un fait brut. »

R. P.

[Cet article est la traduction de l’article « Seymour Hersh Propaganda Used Ahead of Iraq War Is Now Being Reused over Iran’s Nuke Program » paru le 21 novembre 2011 sur le site democracynow.org.]

 

Amy Goodman : Aujourd’hui, les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada ont prévu d’annoncer un ensemble coordonné de sanctions contre l’Iran. ABC News et le Wall Street Journal indiquent que les sanctions viseront le pétrole de l’Iran et l’industrie pétrochimique. Le week-end dernier, le président Obama a averti que toutes les options n’avaient pas été mises sur la table.

Président Barack Obama : Les sanctions sont déjà très incisives et leur portée énorme, et nous construisons hors de la plateforme qui a déjà été établie. La question est de savoir s’il existe des mesures supplémentaires que nous pouvons prendre. Et nous allons explorer toutes les possibilités pour voir si nous pouvons résoudre ce problème diplomatiquement. Je l’ai dit à plusieurs reprises, et je vais le redire aujourd’hui, nous ne mettons pas toutes les options sur la table.

Amy Goodman : La pression internationale sur l’Iran s’est accrue depuis que l’Agence internationale de l’énergie atomique des Nations Unies a révélé dans un rapport la "possible dimension militaire" des activités nucléaires de l’Iran, attestant d’une preuve "crédible" qui "indique que l’Iran a mené des activités pertinentes pour le développement d’un engin nucléaire explosif ». L’AIEA a adopté une résolution exprimant vendredi, je cite, sa « préoccupation croissante » relative au programme nucléaire de l’Iran d’après les conclusions du rapport.
     Le président du parlement iranien a déclaré hier que l’Iran réviserait ses relations avec l’AIEA après le rapport. Ali Larijani a indiqué qu’il pourrait être difficile pour l’Iran de continuer à coopérer avec l’organe de surveillance nucléaire.

Ali Larijani : [traduction] Si l’agence agit dans le cadre de la Charte, nous acceptons le fait d’être membre de celle-ci et assumons nos responsabilités. Mais si l’agence veut s’écarter de ses responsabilités, alors il ne faut pas s’attendre à la coopération de l’autre.

Amy Goodman : [Au Président du parlement iranien]. En attendant, certains Iraniens ont exprimé le souhait d’une coopération accrue avec l’AIEA.

Said Bahrami : [traduction] Compte tenu du fait que le gouvernement a apporté beaucoup de précisions, il serait mieux pour lui d’élargir sa coopération avec l’AIEA et de les laisser voir par eux-mêmes, de près, de telle façon qu’il n’y aurait aucun prétexte pour les superpuissances.

Amy Goodman : La semaine dernière, le Pentagone a confirmé qu’il avait reçu de nouvelles et puissantes bombes destructrices de bunker capables de détruire les sites souterrains, y compris les installations nucléaires iraniennes. Les bombes de 15 tonnes ont six fois la taille de l’actuel arsenal anti-bunker de la Force aérienne.
     Les nouvelles sanctions contre l’Iran ont également suivi les allégations du mois dernier par les États-Unis selon lesquels des responsables iraniens avaient été impliqués dans un complot déjoué visant à tuer l’ambassadeur saoudien à Washington. On s’attend à ce que les Etats-Unis annoncent aujourd’hui que le secteur financier de l’Iran est « principalement une entreprise de blanchiment d’argent ». Cette phrase déclenche un article du Patriot Act des Etats-Unis qui prévient les entreprises européennes, asiatiques et latino-américaines, qu’elles pourraient être empêchés de faire des affaires avec les États-Unis si elles continuaient à travailler avec l’Iran.

Et bien, pour parler davantage des sanctions et des implications du rapport de l’AIEA, nous allons à Washington, DC, pour parler avec Seymour Hersh – journaliste lauréat du prix Pulitzer d’investigation. Il a fait des reportages sur l’Iran et la bombe durant la dernière décennie. Son dernier article est intitulé « L’Iran et l’AIEA ». Il est dans le New Yorker.

Bienvenue à Democracy Now ! Seymour. Dites-nous ce que l’on doit, selon vous, comprendre à ce qui se passe en Iran en ce moment à propos de son secteur de l’énergie nucléaire.

 

Seymour Hersh : Bon, en fait, l’article que vous mentionnez était sur le blogue. Pas dans le magazine, mais sur la page Web. *
     Mais vous avez mentionné l’Irak. C’est le même genre — ou presque le même — je ne sais pas si vous voulez appeler cela une « psychose », mais c’est une sorte de pays imaginaire qu’on se construit ici, comme dans le cas de l’Irak, le même genre — aucune leçon apprise, évidemment. Tenez, j’ai fait des reportages sur l’Iran, et je pourrais vous dire que dès 2004, sous George Bush, et en particulier le vice-président, M. Cheney, nous étions — comprenez Cheney était particulièrement préoccupé par l’existence d’installations secrètes pour la construction d’une arme, ce qui est très différent de l’enrichissement. Il y a enrichissement en Iran. Ils l’ont reconnu. Ils ont des inspecteurs sur place. Il y a des caméras là-bas, etc. Et c’est tout : l’Iran est signataire du Traité de non-prolifération. Personne ne les accuse de tricher. En fait, le dernier rapport dont tout le monde s’est entiché dit aussi que, une fois encore, nous ne trouvons aucune preuve que l’Iran ait détourné de l’uranium du processus d’enrichissement. Et c’est un enrichissement, pour l’essentiel, à des niveaux très bas et à des fins pacifiques, disent-ils, à 3.8 pour cent. Et oui, il y a un petit pourcentage enrichi à 20 pour cent pour usage médical, mais c’est assez faible, et cela se passe également sous les caméras, sous les yeux de l’inspection.
     Ce qui s’est passé à cette époque, en 2004, 2005, 2006, 2007, et même jusqu’à la fin de leur mandat, c’est que Cheney a continué à envoyer par le commandement interarmées des Forces d’opérations spéciales (les JSOC) des équipes en Iran. Ils travailleraient avec différents groupes dissidents — les Azéris, les Kurdes, même Jundallah, qui est une faction d’opposants sunnites très fanatiques — et feraient tout ce qu’ils peuvent pour essayer de trouver des preuves d’une installation souterraine illicite. Nous avons tout surveillé. Nous avons une surveillance incroyable. Par rapport à ce que nous faisions alors, nous pouvons même faire mieux maintenant. Et certaines choses sont très techniques, très classifiées, mais je peux vous le dire : il n’y a pas grand chose que vous puissiez faire en Iran en ce moment sans que nous le découvrions. Ils n’ont rien trouvé. Rien. Aucune preuve de la moindre militarisation. En d’autres termes, aucune preuve d’une installation pour la construction de la bombe. Ils ont des installations pour enrichir, mais pas des installations séparées pour construire une bombe. C’est simplement un fait. Nous n’avons rien trouvé, si cela existe. C’est toujours du fantasme. Nous voulons toujours penser — comme beaucoup de gens — que ces installations existent.
     Dans les dernières semaines, le grand changement a été la sortie d’un nouveau rapport de l’AIEA. Et ce n’est pas un rapport scientifique, c’est un document politique. Il reprend beaucoup des vieilles allégations qui avaient été faites au fil des années, et qui ont été examinés par l’AIEA, sous le régime ou la direction de Mohamed El Baradei — l’Égyptien qui a dirigé l’AIEA pendant 12 ans, qui a gagné un prix Nobel de la Paix pour son travail — quelqu’un qui se méfiait beaucoup de l’Iran au début et qui fut de moins en moins méfiant au fur et à mesure que l’Iran s’ouvrait. Mais le nouveau directeur de l’AIEA, un fonctionnaire japonais nommé Amano, une sorte de fonctionnaire vieux jeu issu du parti de centre-droit au Japon, je suis sûr que c’est un gars honnête, il croit ce qu’il croit. Mais une série de documents Wikileak de l’ambassade américaine à Vienne, l’une des ambassades à Vienne, nous a appris quelle bonne nouvelle ce fut de placer Amano là. C’était l’année dernière. Ces documents ont été publiés par le groupe de Julian Assange et sont assez importants, car les documents disent que Amano a promis son allégeance à l’Amérique. Je comprends qu’il a été élu en tant que candidat marginal. Nous l’avons beaucoup soutenu. Six scrutins. Il était considéré comme faible par tout le monde, mais nous l’avons poussé dans le jeu. Nous l’avons mis en place. Il a répondu en nous remerciant et en disant qu’il partage nos points de vue. Il partage nos points de vue sur l’Iran. Fondamentalement, c’était juste une expression d’amour. Il va faire ce que nous voulions.
     Rien de neuf dans ce nouveau rapport. Ce n’est pas moi qui parle. C’est dans l’article que j’ai fait pour le blogue du New Yorker, c’est différent dans le blogue parce qu’il y a plus du rapport dedans. J’ai parlé à d’anciens inspecteurs. Ce sont des voix différentes de celles qui s’expriment dans le New York Times et le Washington Post. Il y a d’autres personnes qui ne sont pas évoquées et qui sont beaucoup plus sceptiques sur ce rapport, et la couverture médiatique vous les cache, tout simplement. Donc ce que nous obtenons dans la presse dominante est une mince partie de l’analyse du rapport. Il s’agit d’une analyse totalement différente, et qui est très peu nouvelle.
     Et la façon dont ça fonctionne, Amy, ce n’est pas clair : au fil des ans, un rapport sera affiché dans un journal londonien, dont les informations se révèlent être fausses, se révèlent être de la propagande, initiée par nous ou bien par une agence d’intelligence européenne. Tout cela s’est passé, si vous vous rappelez les trucs d’Ahmed Chalabi, pendant les préparatifs pour la guerre en [Irak], tous les propos, vous savez, les grands arsenaux qui existaient à l’intérieur de [l’Irak]. Le même genre de propagande est utilisée maintenant — excusez-moi, j’ai un léger frisson — que celle qui, au fil de la dernière décennie, s’est affichée dans divers journaux. L’AIEA le regarde, décide que ce n’est pas une fabrication, ou qu’on ne peut certainement pas soutenir que ça l’est au regard de tout ce qu’ils savent. Tous ces anciens rapports, à l’exception, dans une nouvelle étude que l’AIEA a sortie, de 30 ou 40 éléments anciens, et avec seulement trois éléments postérieurs à 2008, sont tous — de l’avis de nombreuses personnes à l’intérieur de l’AIEA — des fabrications peu fiables voire fausses. Voilà où nous en sommes.

Amy Goodman : Donc, Seymour Hersh, vous dites qu’il ne s’agit pas de nouvelles informations. Il s’agit d’un nouveau chef de l’AIEA qui fait la différence ici. Pouvez-vous parler davantage de l’infiltration américaine en l’Iran, de JSOC en Iran, de la surveillance, aussi, en Iran ?

Seymour Hersh : Bien sûr. Je veux dire, le genre de trucs qu’ils ont faits. Je pourrais vous raconter des trucs qui étaient secrets il y a huit, neuf ans. Nous pouvions — et en l’occurrence, nous l’avons fait — si nous soupçonnions l’existence d’une installation souterraine, où nous avons vu certains creuser, disons dans une zone de montagne, nous pouvions border la route — quand il y avait des camions qui montent et descendent la route — avec ce qui semblait être des cailloux. En fait, c’étaient des capteurs qui permettent de mesurer le poids des camions entrant et sortant. Si un camion entrait à vide et sortait chargé, on pouvait supposer qu’il sortait avec les déblais, donc qu’ils faisaient creuser. Nous avions ce type de surveillance.
     Nous avons également mis toutes sortes de compteurs passifs pour les mesures de radioactivité. Pour l’uranium, le plutonium – ce qu’ils font surtout là-bas c’est de l’uranium enrichi. Ils ne fabriquent pas de plutonium. Mais vous pouvez le pister. À un certain point, il faut déplacer le plutonium. Dès que vous le sortez et commencez à le déplacer, vous pouvez le pister. Vous pouvez trouver des compteurs Geiger, si vous voulez utiliser cette ancienne appellation, vous pouvez mesurer la radioactivité et la voir augmenter. Si nous désirons aller dans un immeuble vérifier s’ils n’avaient pas procédé à quelque enrichissement dont nous n’aurions pas été avertis, alors nos troupes, parfois même avec les Américains, vont dans un immeuble de Téhéran où nous soupçonnons des activités louches, elles orchestrent une perturbation dans la rue, prélèvent quelques briques, vont vers une autre section faire cliqueter un compteur Geiger, par exemple, ou un appareil de mesure et procèdent à des contrôles.
     Et nous avons aussi une incroyable compétence pour rechercher des aérations, et ce à partir de satellites. Si vous construisez une installation souterraine, il faut la ventiler. Il vous faut y faire entrer de l’air. Vous devez trouver un moyen pour éliminer l’air vicié et insuffler de l’air frais. Et nous avons des gars, dans la communauté, qui sont des experts, des gens formidables. Certains d’entre eux sont partis à la retraite et ont monté leur entreprise pour faire ça. Ils vérifient toute la surveillance aérienne pour trouver des aérations afin que nous puissions, avec insistance, mettre en évidence un dessin d’installation souterraine. Nada. Nous avons fait chou blanc.
     Et le plus important, permettez-moi de le souligner — le nouveau rapport de l’AIEA et nous-mêmes le disons — est que si vous ne détournez pas d’uranium, si vous vous n’en subtilisez pas en contrebande en un lieu secret pour y fabriquer la bombe — ce sur quoi l’AIEA est absolument catégorique — tout ce qu’ils enrichissent, quel qu’en soit le pourcentage d’enrichissement est sous l’oeil des caméras et des inspections. Tout est visible, en vertu du traité — le traité de sauvegarde. Personne n’accuse l’Iran de violer le traité. Ils les accusent juste de trichoter, ou sur certains éléments de preuve qu’ils ont. Et il n’y a eu aucune preuve d’un détournement. Donc, si vous avez l’intention de faire une bombe, il va vous falloir en apporter les éléments depuis ailleurs. Et vu le type de surveillance que nous avons, cela va être difficile à faire, d’importer d’un pays tiers de l’uranium et de l’enrichir, ou directement de l’uranium enrichi. C’est un plan à grande échelle.
     Et ce à quoi on assiste — comme je le disais, c’est à une sorte d’hystérie comparable à ce que nous avions à propos de l’Irak, mais cette fois pour l’Iran. Et ce n’est pas un plaidoyer pour l’Iran. Il y a beaucoup de choses contestables du côté des Iraniens, comme la manière dont ils traitent la dissidence, etc, etc. Donc, j’essaie juste de faire entendre ma voix dans le raffut actuel. Et en ce qui concerne les sanctions, excusez-moi de le dire, mais vous savez que cela fait 60 ans que nous sanctionnons Cuba, et Castro, tout malade qu’il soit, est toujours là. Les sanctions ne marcheront pas. L’Iran est un pays qui produit du pétrole et du gaz, de moins en moins, mais toujours en quantités importantes. Et ils ont des clients dans l’Extrême-Orient, les Iraniens. Ils ont des clients pour leur énergie. Nous sommes perdants dans cette affaire.

Amy Goodman : Comment jugez-vous l’administration Obama par rapport à l’administration Bush au sujet de l’Iran ?

Seymour Hersh : Je ne peux pas trouver une comparaison. Elle est pareille – elle est un peu moins belliqueuse, mais ça reste identique. Je pense et j’ai toute raison de croire que, contrairement à M. Bush, la perspective d’une attaque inquiète vraiment le président Obama. Il ne veut pas voir les Israéliens bombarder l’Iran. C’est le genre de propos que nous avons reçus dans la presse ces derniers temps.
     Et il y a de nouveau, comme vous l’avez mentionné, les bombes de 15 tonnes construites par Boeing. Le problème est que la plupart des installations de l’Iran, celles que nous connaissons, les installations déclarées et sous inspection des caméras en un endroit appelé Natanz, sont à environ 23-24 mètres sous terre. Il faudrait un déluge de bombes pour leur causer de sérieux dommages. Vous pourriez certainement faire des dégâts, mais le coût au niveau international serait prodigieux. L’argument incitant à bombarder est vraiment vague et sans force. Certaines études — des études techniques, du MIT et d’autres lieux, et le gouvernement israélien a également impliqué ses scientifiques dans ces études — ont montré que ce serait vraiment difficile de faire des dégâts considérables, étant donné la profondeur des installations souterraines. Mais vous en entendez parler pourtant.
     Et il y a ceci, jugez-en : ce président n’a rien dit sur les nouveaux événements de la place Tahrir. Nous sommes muets. Il est resté muet sur ce genre d’attitude belliqueuse. Mais je crois comprendre, du point de vue de l’information brute, qu’il comprend davantage les enjeux. Je pense qu’en ce moment il enfile le costume d’un dur dans le cirque politique. Vous le savez bien, tout le monde cherche à capter le vote indépendant. Je ne sais pas pourquoi cela semble si important d’aller chercher des gens incapables de décider s’ils sont démocrates ou républicains, mais ça semble le parti pris.

Amy Goodman : Bien, passons à la réponse d’Israël au rapport de l’AIEA. Hier, le ministre de la Défense israélien Ehud Barak a déclaré dans une interview à CNN que le temps était venu de traiter avec l’Iran. Lorsqu’on lui a demandé spécifiquement si Israël attaquerait l’Iran, voilà comment il a répondu :

Ehud Barak (Ministre de la défense) : Je ne pense pas que ce soit un sujet de discussion publique. Mais je peux vous dire que le rapport de l’AIEA en a fait réfléchir plus d’un dans le monde, dirigeants comme citoyens. Et les gens comprennent que le moment est venu. Amano dit sans détour ce qu’il a trouvé, contrairement à Baradei. Et c’est devenu un problème majeur qui, de façon urgente je pense, devient un enjeu majeur pour les sanctions, la diplomatie intensive. Les gens comprennent maintenant que l’Iran est déterminé à se doter d’armes nucléaires. Il n’y a aucune autre explication possible ou envisageable pour ce qu’ils ont réellement fait. Et qu’on doit arrêter.

Amy Goodman : C’était le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak. Seymour, votre réponse ?

Seymour Hersh : Et bien, ce qui me rend nerveux c’est que Barak et Bibi, Bibi Netanyahou, vont de concert sur ce sujet. Sur la plupart des sujets ils ne sont pas d’accord. Là ils sont tous deux d’accord, et c’est inquiétant parce que, encore une fois, c’est un problème politique là-bas. Tout le monde en Israël — le pays entier — se déplace rapidement vers la droite. Et je peux juste vous dire que j’ai aussi parlé — malheureusement, les règles du jeu sont tellement nulles en Israël que je ne peux pas l’écrire — à des gens très haut placés dans le renseignement en Iran, en Israël, plutôt. Si vous remarquez, vous n’en entendez pas beaucoup parler, mais l’ancien chef du Mossad qu’il a quitté, Meir Dagan (c’est le gars qui a orchestré la tentative d’assassinat à Dubaï, etc., pas vraiment une colombe) a été véhément au sujet de la folie de s’en prendre à l’Iran, au motif qu’on n’est pas sûrs de ce qu’ils ont. Ils sont certainement loin d’avoir une bombe. Israël a affirmé durant 20 ans, vous le savez, qu’ils l’auraient dans les six mois cette bombe.
     Mais je peux vous dire que j’ai parlé à des officiers supérieurs israéliens en Israël qui m’ont dit, Amy, qu’ils savaient que l’Iran, comme la communauté du renseignement américain l’a déclaré — je pense que c’était en 2007 — il y avait une évaluation du National Intelligence devenue publique qui disait, essentiellement, que l’Iran avait bien cherché à avoir une bombe. Ils avaient eu une guerre de huit ans avec l’Irak, une guerre terrible, de 1980 à 1988. Et nous, en l’occurrence, les Etats-Unis, étions du côté de l’Irak, celui de Saddam Hussein à cette époque. Alors l’Iran commença dans les années suivantes à s’inquiéter au sujet des déclarations de l’Irak relatives à la construction d’une arme nucléaire, de sorte qu’ils ont bien essayé, durant cette période, disons entre 87 et 97 de l’obtenir — mais en 2003, plus question. Le NIE [Évaluation du National Intelligence] américain l’a déclaré en 2007 — évaluation complétée en 2011. J’ai écrit à ce sujet il y a un an dans The New Yorker. L’évaluation a dit que oui, ils ont cherché à avoir une bombe, mais ils savaient qu’ils ne pouvaient l’avoir, et qu’en aucune façon ils ne pouvaient faire une bombe dissuasive envers l’Amérique ou Israël. Ils ne sont pas stupides. Cette société perse a quelques milliers années d’existence. Ils ne peuvent pas nous décourager. Nous avons trop de bombes. Ils pensaient peut-être qu’ils pourraient dissuader l’Irak. Après notre invasion de l’Irak et notre victoire en 2003, ils se sont arrêtés. Ils avaient fait quelques études. Nous parlons de modélisation informatique, etc., pas de construction. Cela ne fait aucun doute qu’ils ont réfléchi comment obtenir une bombe ou comment être en mesure d’en construire une. Cela, ils l’ont fait, mais ils se sont arrêtés en 2003.
     C’est encore le consensus américain. Les Israéliens vous diront en privé, « Oui, nous sommes d’accord. » Ils ont arrêté la plupart de leur planification, même leurs études, en 2003. La position israélienne est qu’ils n’ont pas arrêté à cause de ce que nous avons fait en Irak mais parce qu’ils ont vu que nous avions détruit l’Irak — c’est ce que m’a confié un général — en trois semaines quand eux avaient échoué à le faire en huit ans. Ils pensaient être les prochains sur la liste. Mais le consensus était que, oui, ils avaient arrêté. Et puis, si vous demandiez à des Israéliens sérieux, intelligents et avisés — et ils sont nombreux — travaillant dans le renseignement : « Pensez-vous vraiment que, s’ils avaient une bombe — et ils en sont dépourvus maintenant — ils frapperaient Tel-Aviv ? » la réponse était : « Pensez-vous qu’ils soient fous ? Nous les incinérerions. Bien sûr que non. Ils sont là depuis 2.000 ans. Cela n’arrivera pas. » Leur crainte était qu’ils puissent fournir une bombe à quelqu’un d’autre, etc.
     Mais il y a un élément rationnel dans la communauté du renseignement israélien qui n’est pas exprimé par les dirigeants politiques. C’est la même folie que nous avons ici. Il y a un élément rationnel dans notre communauté du renseignement qui a dit, en 2007, et qui l’a redit l’année dernière : ils n’ont pas la bombe. Ils n’en construisent pas une. Au sein de la NIE, 16 agences sur 16 en sont venues à la même conclusion dans un vote interne, avant la mise à jour en 2011 de l’étude de 2007. Il n’y a tout simplement pas de bombe. Cela ne signifie pas qu’ils n’en rêvent pas. Cela ne signifie pas que les scientifiques ne fassent pas des études sur ordinateur. Cela ne signifie pas que les physiciens de l’Université de Téhéran ne fassent pas ce que les physiciens aiment faire, écrire des articles et faire des études. Mais il n’y a tout bonnement aucune preuve d’un effort systématique pour aller de l’enrichissement d’uranium à la fabrication d’une bombe. C’est un processus immense et difficile. Vous devez prendre un gaz très chaud et le convertir en un métal, puis le convertir en un noyau. Et il vous faut le faire à distance, parce que vous ne pouvez pas vous trouver près de ce genre de truc. C’est mortel. C’est radioactif.
     Alors, oui, c’est vrai, je suis bien seul à le dire. Et vous savez combien The New Yorker est précautionneux, même sur un article de blogue. Cet article a été vérifié et revérifié. Et je cite des gens – Joe Cirincione, un Américain qui s’est impliqué dans le désarmement durant de nombreuses années. Ce sont des voix différentes de celles que vous lisez dans les journaux. Je suis parfois injurié par les mêmes voix que nous lisons dans le New York Times et le Washington Post. On ne nous permet pas de confronter des points de vue différents. Il y a, non seulement à l’intérieur de la communauté du renseignement américain, mais aussi à l’intérieur de l’AIEA à Vienne, beaucoup de gens qui ne supportent pas ce que fait Amano, et beaucoup de gens qui, fondamentalement, sont très gênés par la direction que Amano leur fait suivre. Je reçois des courriels — et cet article est sorti un week-end je crois — de gens qui travaillent à l’AIEA et qui sont comme fous, me disant : « Continuez ainsi ! ». Je parle de l’intérieur de l’AIEA car c’est une organisation qui ne s’occupe pas de la presse.
     Ce n’est pas une étude scientifique, Amy. C’est un document politique. Et c’est un document politique dans lequel Amano joue notre jeu. Et c’est le même jeu que les Israéliens reprennent, et ceux qui n’aiment pas l’Iran. Et je souhaite que nous puissions faire la distinction entre nos sentiments relatifs à l’Iran, aux mollahs et à ce qui s’est passé avec les étudiants de 1979, et la réalité qui offre je pense une très sérieuse chance pour que les Iraniens nous octroient le type d’inspections que nous voulons, en retour d’un geste de sympathie comme une levée des sanctions et le respect qu’ils réclament avec insistance de notre part. Et ce n’est pas ce que fait cette administration.

Amy Goodman : Seymour Hersh, je vous remercie beaucoup pour votre présence.

 

Amy Goodman, entretien avec Seymour Hersh
le 21 novembre 2011

Traduction Régis Poulet
le 25 novembre 2011


* L’article du 18 novembre 2011 intitulé « l’Iran et l’AIEA » (AIEA : International Atomic Energy Agency) est sur le blogue de Seymour Hersh dans le New Yorker. Son article du 6 juin 2011 « Iran and the Bomb » est à lire dans la rubrique ’ Annals of National Security ’ du magazine éditorial ; il est également accessible en ligne dans le New Yorker numérique. [

 

http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article2199

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 20:11

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http://www.monde-diplomatique.fr/2011/06/ATTANE/20661

 

Si le poids de sa population — et notamment celui des Chinois en âge de travailler — a constitué un atout pour le dynamisme économique du pays, son déclin relatif et la montée du nombre de personnes âgées inquiètent les dirigeants.

 


par Isabelle Attané, juin 2011

Avec 1,35 milliard de personnes en 2010, soit un habitant de la planète sur cinq, la Chine est le pays le plus peuplé du monde. Elle le restera pendant une vingtaine d’années. Dès 2030, elle devrait céder la place à l’Inde, qui compterait alors plus de 20 millions de personnes de plus qu’elle. En 1950, la Chine représentait 22 % de la population mondiale, contre moins de 20 % aujourd’hui. Cet effacement démographique relatif tient en partie au formidable essor de la population de certaines régions du monde en développement, notamment de l’Afrique, dont le poids est monté de 9 % à 15 % entre 1950 et 2010, et de l’Inde, passée de 15 % à 18 %. Mais pas seulement.

L’autre raison tient à la politique de limitation des naissances pratiquée depuis les années 1970 — la plus stricte jamais mise en œuvre sur une aussi longue durée. Après avoir prôné, pendant une petite dizaine d’années (1971-1978), deux enfants par couple dans les villes et trois dans les campagnes, le pouvoir a rapidement radicalisé son contrôle et, dès 1979, la règle de l’enfant unique a été imposée à la majeure partie de la population. A l’époque, la mesure est présentée comme la condition sine qua non pour atteindre l’objectif de modernisation économique porté, à partir de 1978, par le dirigeant réformateur Deng Xiaoping : elle permet d’allouer les ressources de l’Etat à la croissance, tout en améliorant le niveau de vie.

Alors que les Chinoises donnaient encore naissance à près de six enfants en moyenne en 1970, elles en ont actuellement moins de deux, c’est-à-dire presque aussi peu que dans les pays les plus développés de la planète. Ainsi, la population, qui grimpait de 20 millions par an au début des années 1970, ne s’est accrue que de 7,5 millions chaque année durant la décennie 2010 — soit près de trois fois moins. Au milieu du siècle, la prépondérance démographique de la Chine disparaîtra : 16 % de la population mondiale, contre 18 % pour sa rivale indienne et 22 % pour l’Afrique.

Jusqu’à présent, le ralentissement de sa croissance démographique a sans conteste constitué un formidable atout, tant pour son développement économique que pour l’amélioration globale du niveau de vie de ses habitants. En ce début de XXIe siècle, la Chine est ainsi devenue un acteur essentiel sur la scène économique mondiale (1). Ce succès a pris sa source dans la réforme en profondeur du système de production entamée par Deng Xiaoping à la fin des années 1970, grâce à laquelle la productivité du travail s’est fortement accrue. Mais cette transition économique n’aurait pu être aussi porteuse si elle n’avait bénéficié d’une conjoncture démographique très favorable.

Depuis le milieu des années 1980, la Chine détient une carte maîtresse : un bonus démographique exceptionnel. En effet, la natalité y a fortement baissé alors même que sa population âgée reste encore, en proportion, peu nombreuse. Ainsi elle compte 2,1 adultes par personne économiquement dépendante en 2010, contre 1,3 adulte au Japon, 1,6 en Inde ou 1,8 au Brésil. A l’heure actuelle, près de 70 % des Chinois sont d’âge actif (15-59 ans), contre 56 % des Japonais, 61 % des Indiens et 66 % des Brésiliens. Mais dès 2050 ils ne seront plus que 54 % alors que l’Inde, sa concurrente la plus directe, en comptera 63 %.

Or la force actuelle de la Chine sur la scène économique mondiale tient en partie à ce contexte démographique privilégié, mais transitoire. Dès le milieu du siècle, son bonus démographique aura fait long feu, et la Chine comptera alors presque autant de dépendants que d’actifs, avec un ratio de 1,1 adulte pour une personne dépendante, deux fois moins qu’en 2010.

Les retraités sont souvent
à la charge de leur famille

Ce bouleversement structurel qui se manifeste par un vieillissement exceptionnellement rapide de la population vient davantage de la réduction de la fécondité que de l’allongement de la durée de vie. Il s’agit bien là d’une particularité chinoise : un vieillissement créé de toutes pièces par la politique de contrôle des naissances qui, en restreignant le nombre des enfants, a fait mécaniquement augmenter la part des seniors. D’ici 2050, la proportion de Chinois âgés de 60 ans ou plus aura triplé, atteignant 31 %, et les seniors seront alors... 440 millions, l’équivalent de la population européenne actuelle (2). Un Chinois sur deux aura plus de 45 ans, contre un sur quatre encore en 2000. Alors, la population atteindra un niveau de vieillissement comparable à celui que connaît actuellement le Japon, pays à la proportion de population âgée la plus forte du monde. Ce qui ne sera pas sans effet sur l’économie chinoise.

L’Etat et la société devront supporter une charge financière accrue, sous le double effet d’une hausse des dépenses de retraite et de santé et d’une baisse des recettes fiscales. Si cela peut présenter certains atouts pour un pays comme le Japon qui, malgré ses 30 % de seniors, reste la troisième puissance économique mondiale, pour la Chine l’équation est plus délicate. D’une part, l’économie nippone est principalement une économie de services : le secteur tertiaire occupe les deux tiers (68 %) de la population active (contre 27 % en Chine en 2008) et assure les trois quarts de son produit intérieur brut (PIB), contre 40 % chez son voisin. D’autre part, alors qu’au Japon, où le revenu disponible des seniors avoisine celui des actifs, le vieillissement est en passe de se transformer en dynamique d’innovation et de consommation (3), cela est loin d’être le cas en Chine : les personnes âgées, toujours largement exclues du système de retraite, ont un niveau de vie globalement faible. Tout reste à faire, ou presque.

Le régime de retraite par répartition, hérité de l’ancienne économie collective, ne bénéficie qu’à une minorité, presque exclusivement des citadins, et n’octroie bien souvent qu’un minimum vital. L’Etat tente de mettre en place un système de protection sociale généralisé qui pourrait bénéficier à tous. Mais si quelques municipalités vont d’ores et déjà dans ce sens — certaines ayant réussi à instaurer des dispositifs privés qui fonctionnent grâce aux cotisations des entreprises et à celles des salariés —, à l’échelle du pays cela reste une gageure, en particulier dans les campagnes.

Au milieu des années 2000, seul un retraité sur quatre vivait de sa pension. Un autre quart continuait à vivre d’un revenu d’activité tandis que la moitié restante, elle, subsistait principalement grâce à un membre de la famille — souvent un enfant.

Par ailleurs, la cohabitation des générations sous un même toit, qui a longtemps été l’unique solution pour la prise en charge des personnes âgées, atteint ses limites. Si une loi datant de 1996 fait obligation aux familles, et nommément aux enfants, d’assurer la subsistance de leurs parents, la conjoncture actuelle rend ces solidarités familiales difficiles à mettre en œuvre. Avec le renversement de la pyramide des âges consécutif à l’allongement de la vie et à la forte baisse du nombre d’enfants, la charge portée par chaque actif devient insupportable. Comment un jeune Chinois, a fortiori s’il est enfant unique, peut-il, avec son épouse, assurer la subsistance de deux parents retraités — voire quatre, si l’on compte ses beaux-parents ? De plus, les modes de vie, en particulier dans les villes, se prêtent de moins en moins à une cohabitation des générations : les logements, de plus en plus coûteux, restent exigus ; les exigences de confort et d’intimité se font de plus en plus grandes ; la vie est de plus en plus chère.

En outre, le marché du travail oblige bien souvent les jeunes gens à quitter leur localité de naissance pour trouver un emploi qui les éloigne de leurs parents, ce qui complique encore leur prise en charge. Près d’un ménage sur cinq est actuellement composé d’au moins trois générations, mais cette tradition pourra-t-elle résister longtemps aux contraintes de la vie moderne ?

Quant à l’éventualité d’un report de l’âge de la retraite, relativement précoce (60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes), elle est provisoirement écartée. Tout au moins pour les hommes. Le gouvernement envisage de retarder le départ des femmes pour le fixer au même niveau que celui de leurs collègues masculins.

D’une façon plus générale, le pouvoir peine à s’accommoder du vieillissement de sa population. Si le pays veut conserver, à l’avenir, un rythme de croissance soutenu, il devra réorganiser sa fiscalité pour financer la prise en charge durable de son troisième âge et lui garantir ainsi un niveau de vie décent. Il ne pourra sans doute pas non plus échapper à une restructuration de son économie, en l’axant davantage sur les services et la consommation intérieure, notamment celle des seniors.

Une majorité de Chinois épargnés
par la politique de l’enfant unique

Si le vieillissement s’impose comme un défi majeur pour la société et l’économie chinoises, il n’est pas le seul. Car la Chine doit aussi faire face à un déficit croissant de femmes dans sa population alors que les autorités continuent à limiter les naissances. Certes, à l’heure actuelle, seuls 36 % des couples sont soumis à la règle de l’enfant unique. Dans les campagnes de dix-neuf provinces (4), ils sont autorisés à avoir un second enfant si le premier est une fille — ce qui concerne 53 % de la population. Les 11 % restants, pour la plupart des couples issus des minorités ethniques, peuvent en avoir deux ou plus quel que soit le sexe du premier.

Il reste qu’on estime à 60 millions le nombre de femmes manquantes. Ce déficit résulte d’une forte préférence des Chinois pour les fils qui les conduit, dans certains cas, à éliminer leurs filles soit par des avortements, soit, après leur naissance, par des inégalités de traitement débouchant souvent sur un décès prématuré. La Chine est ainsi devenue le pays du monde comptant la plus forte proportion d’hommes dans sa population (105,2 pour 100 femmes en 2010 (5)). D’un point de vue strictement démographique, la situation des femmes est la plus mauvaise qui soit (6).

Or un tel déséquilibre entre les sexes n’a rien d’anodin. D’abord, en termes de croissance démographique stricto sensu : qui dit moins de femmes aujourd’hui dit moins de naissances demain, et donc une croissance encore ralentie. On estime ainsi qu’à l’horizon 2050 près de 20 millions de naissances n’auront pu survenir du seul fait du déficit féminin. Cette situation atypique contraindra également un nombre croissant d’hommes au célibat : entre 1 et 1,5 million de Chinois pourraient chaque année ne pas se marier, faute de partenaires.

L’économie chinoise risque d’être directement touchée. Dans l’industrie, qui apporte la moitié des richesses, les femmes sont surreprésentées. Elles sont majoritaires dans les usines qui produisent des jouets, des textiles ou du petit matériel électronique. Dans l’agriculture, de plus en plus délaissée par les hommes, elles compteraient aujourd’hui pour plus des deux tiers de la main-d’œuvre.

A l’avenir, la population active deviendra de plus plus masculine : 54 % d’hommes chez les 15-49 ans en 2050, contre 51 % actuellement. Soit au bas mot, dans cette tranche d’âge, 100 millions de femmes en moins sur le marché du travail (7). A terme, cela pourrait entraîner une pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs industriel et agricole.

Au-delà de ces aspects économiques, la question posée est celle du respect des droits des femmes et de l’égalité entre les sexes — une problématique aujourd’hui relativement délaissée.

Dans les prochaines décennies, la Chine devra donc résoudre deux problèmes d’envergure : pallier les effets du vieillissement de sa population et remédier à sa masculinisation. Une solution globale consisterait à mettre un terme à la politique de contrôle des naissances pour relancer la natalité. En rajeunissant la pyramide des âges, cela permettrait non seulement de ralentir le vieillissement, mais encore de réduire la propension des couples à éliminer leurs filles, et donc d’endiguer progressivement la masculinisation.

A Shanghaï, près d’un habitant sur quatre a d’ores et déjà plus de 60 ans et une pénurie de main-d’œuvre commence à se faire sentir dans certains secteurs. Elle sert de « ville test ». C’est la seule municipalité du pays à mener des campagnes de sensibilisation encourageant activement une partie des couples (ayant été eux-mêmes enfants uniques) à donner naissance à un second enfant. Effort méritoire... mais sans effet. La fécondité y reste parmi les plus faibles du monde : 0,7 enfant par femme en 2005 !

Autant dire que, si le contrôle sur les naissances devait être relâché, il n’est pas certain que cela suffise à juguler le vieillissement de la population chinoise. Contraintes de la vie moderne et hausse des coûts pour l’éducation et l’entretien des enfants obligent, la plupart des couples sont amenés à se limiter d’eux-mêmes. Incontestablement, la solution passe par une réforme en profondeur du système de protection sociale et de l’économie afin d’absorber ces nouvelles contraintes démographiques.

Isabelle Attané

Démographe et sinologue à l’Institut national d’études démographiques (Ined), Paris, auteure notamment des essais En espérant un fils... La masculinisation de la population chinoise, INED-PUF, Paris, 2010, et Au pays des enfants rares. Vers une catastrophe démographique chinoise, à paraître chez Fayard en 2011.

(1) Lire Martine Bulard, « Pékin cherche à concilier puissance et stabilité », Le Monde diplomatique, mars 2011.

(2) Hors Europe de l’Est.

(3) Cf. Evelyne Dourille-Feer, « Démographie et dépendance au Japon », Institut Silver Life, Paris, 30 mai 2007.

(4) La Chine compte 22 provinces (Pékin considère Taïwan comme une 23e province), 5 régions autonomes, 4 « municipalités » et 2 régions spéciales.

(5) Il s’agit du rapport de masculinité moyen, issu du dernier recensement chinois.Mais, selon l’ONU, ce rapport serait de 108 pour la Chine et de 107 pour l’Inde.

(6) Lire notamment « L’Asie manque de femmes », Le Monde diplomatique, juillet 2006.

(7) Dans le même temps, la population des hommes de 15-49 ans n’aura diminué que de 80 millions environ.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 20:08
arton15262-cd1f7.jpgManlio DINUCCI


«  Une occasion unique de pouvoir visiter le Vatican » : c’est ce que s’est exclamé un marin du chasseur torpilleur lance-missiles Truxtun, en abordant Civitavecchia le 23 novembre. Ceci est un des services de bord, offerts au personnel par la marine étasunienne du département MWR (Moral, Welfare, Recreation - Moral, Bien-être, Divertissement). Le Truxtun et quelques autres navires de guerre, qui ont mouillé d’abord en Espagne et au Portugal, font partie du Strike Group (groupe d’attaque) du porte-avions USS George H. W. Bush, arrivé à Marseille deux jours plus tard. Là aussi ont été organisés pour l’équipage des sorties touristiques, parmi lesquelles un tour à Paris, et des activités récréatives, dont une partie de foot dans une école.

A la lecture de ces chroniques de l’US Navy, on a l’impression qu’elle promène ses bâtiments de par le monde non pas pour faire des guerres, mais pour tenir la promesse faite aux marins que, en s’engageant, ils feraient le tour du monde. Un système un peu coûteux : l’USS George H.W. Bush, le plus moderne et puissant porte-avions, a coûté plus de 6 milliards de dollars, à quoi s’ajoute une dépense opérationnelle de centaines de millions annuels. Long de 333 mètres (trois terrains de foot) et large de 77, avec 20 ponts au-dessus de sa ligne de flottaison, 90 avions et hélicoptères et un équipage de 6mille hommes (et femmes, Ndt), c’est une véritable base flottante, actionnée par deux réacteurs nucléaires. Son Strike Group comprend dix navires de guerre et neuf escadres aériennes. Il a commencé sa croisière en mai dernier, quand il a levé l’ancre à Norfolk, accompagné au départ par quatre navires. Entré dans l’aire de la Sixième flotte, il a fait escale en juin à Naples. Il a ensuite repris sa navigation en allant donner un coup de main pour l’attaque contre la Libye. Le Canal de Suez traversé, le porte-avions et son groupe de bataille, avec un équipage total de 9 mille hommes, sont entrés dans la zone de la Cinquième flotte. Là les avions de l’USS George H.W. Bush, déployé en Mer d’Arabie, ont été utilisés pour bombarder l’Afghanistan. En août, le porte-avions (devenu opérationnel en 2009) a atteint la « pierre milliaire » de 20 mille atterrissages sur le pont de vol. Le commandant de la Cinquième flotte, Marc Fox, monté à bord alors que le bateau était dans le Détroit d’Hormuz, s’est congratulé avec l’équipage, en rappelant que « la marine U.S. existe pour protéger nos intérêts nationaux dans le monde entier et nous avons d’énormes intérêts dans cette partie du monde ». En septembre, le USS George H. W. Bush fait une visite aux Emirats arabes unis, où les marins se sont amusés en chevauchant des chameaux et en visitant le musée Ferrari de voitures de course. Et le croiseur lance-missiles Anzio du Strike Group a visité le Bahrein où un groupe de marins a donné une leçon d’anglais dans les écoles. Puis, le 20 novembre, le USS George H. W. Bush a complété ses cinq mois d’ « opérations de combat » dans l’aire de la Cinquième flotte, où il a été remplacé par le porte-avions John C. Stennis, puis est rentré dans l’aire de la Sixième flotte en Méditerranée.

Le Jour du Remerciement (appelé par les indigènes nord-américains Thanksgiving, NdT …), le 24 novembre, a été célébré à bord dans une chaleureuse atmosphère familiale. Tandis que le président Obama, remerciant les militaires qui venaient tout juste de bombarder l’Afghanistan en tuant même des enfants, graciait à la Maison Blanche deux dindes aux noms emblématiques de Liberté et Paix.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 29 novembre 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Il y a presque 9 ans, le lendemain de Noël, le Comité comprendre et agir contre la guerre (Comaguer, Marseille) mobilisait en 24h une manifestation d’un millier de personnes protestant contre la venue dans la rade du porte-avions Truman et accueillait avec des tracts (bilingues) ses pauvres marins à la descente des navettes qui les amenaient en ville, avant la grande traversée vers l’Irak.

Par quoi et par qui le mouvement anti-impérialiste a-t-il depuis été paralysé, égaré, trompé ? Au point que des militants qui se disent de gauche, et mouvements qui se disent de la paix, pour le dialogue etc. en arrivent à faire circuler des pétitions de l’" ONG Avaaz" (non gouvernementale, c’est ça) demandant un embargo et des sanctions économiques contre la Syrie ? C’est-à-dire exactement un génocide lent pendant que nous nous donnons bonne conscience car nous ne bombardons pas et n’envoyons pas (encore) de forces (spéciales) sur le terrain.

m-a

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http://www.legrandsoir.info/les-croisieristes-de-l-u-s-navy-il-manifesto.html
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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 20:00

874249493.pngLe général Bigeard, décédé l'année dernière, avait souhaité que ses cendres soient dispersées au-dessus de la cuvette de Dien Biên Phù, là où le corps expéditionnaire français a été définitivement vaincu par les combattants vietnamiens.

Les autorités vietnamiennes ont refusé ce cérémonial douteux.

Le ministère de la Défense vient donc d'annoncer que les cendres de l'illustre militaire seraient transférées à l'Hôtel des Invalides, à Paris.

Après le décès du général Bigeard, Nicolas Sarkozy, avait tenu à exprimer sa « profonde tristesse » et avait salué un « très grand soldat » qui incarnait « pour les Français la figure héroïque du combattant ».

Beaucoup d'autres l'avaient suivi, jusqu'à Jean-Pierre Masseret, président socialiste du Conseil régional de Lorraine qui avait exprimé son « émotion » et sa « tristesse ».


C'est ainsi que toute la France bien-pensante, plus ou moins nostalgique de l'Empire colonial, s'était retrouvée unie dans cet ultime hommage.


LES GESTAPISTES FRANCAIS


Le 13 janvier 1955, sous le titre Votre Gestapo d'Algérie, Claude Bourdet [1], dénonce la torture pratiquée par la police et l'armée en Algérie.

Il écrit dans l'hebdomadaire France Observateur :

« Le supplice de la baignoire, le gonflage à l’eau par l’anus, le courant électrique sur les muqueuses, les aisselles ou la colonne vertébrale, sont les procédés préférés, car bien appliqués ils ne laissent pas de traces visibles.

Le supplice de la faim est également constant.

Mais l’empalement sur une bouteille ou un bâton, les coups de poing, de pied, de nerf de bœuf ne sont pas non plus épargnés.

Tout ceci explique que les tortionnaires ne remettent les prisonniers au juge que cinq à dix jours après leur arrestation...

Une fois que les Gestapistes ont dicté et fait signer à leurs victimes à demi-mortes "l’aveu" qu’il leur plaît d’attribuer, le reste du séjour à la police sert à remettre le prisonnier en état, au besoin à le soigner (mais oui !) afin qu’il soit présentable lorsqu’on le mène au juge ».

A la fin de la guerre d'Algérie, De Gaule s'empresse de proclamer l'amnistie et empêche que ces crimes puissent être largement connus.


Henri Alleg, journaliste à Alger Républicain, lui-même torturé [2], remarque :

« Les délits et crimes liés à la guerre d’Algérie ont été amnistiés [...]

Aucun autre événement de l’histoire de France n’a bénéficié d’une mesure aussi rapide et systématique. [...]

Un tortionnaire aurait la possibilité de faire condamner en diffamation sa victime si elle l’accusait ! Car l’amnistie est assortie d’une obligation d’amnésie ».[3]


BIGEARD LE TORTIONNAIRE

Il faut attendre juin 2000 et la publication par Le Monde du témoignage de Louisette Ighilahriz pour que ces pratiques soient publiquement et largement dévoilées.

En 1957, âgée de 20 ans, Louisette Ighilahriz est une combattante  du Front de libération nationale (FLN).

Tombée, avec son commando, dans une embuscade tendue par les parachutistes du général Massu, elle est capturée et emmenée, grièvement blessée, au quartier général. Là, elle est torturée, sans relâche, trois mois durant.

Dans son récit, Louisette précise comment Massu, ou bien Bigeard, quand ils venaient la voir, l'insultaient et l'humiliaient avant de donner l'ordre de la torturer.

« Massu était brutal, infect. Bigeard n’était pas mieux ».  

Louisette a souvent hurlé à Bigeard : « Vous n’êtes pas un homme si vous ne m’achevez pas ».

Il lui répondait : « Pas encore, pas encore ! ».

Elle ne doit sa survie qu'à un médecin militaire qui la découvre fin décembre 1957 et la fait transporter dans un hôpital où elle échappe à ses tortionnaires.

A la suite de ces révélations, Massu reconnaît que « la torture avait été généralisée en Algérie » et « institutionnalisée avec la création du Centre de coordination interarmées (CCI) et des Dispositifs opérationnels de protection (DOP) ». Tout en affirmant n'y avoir « jamais été directement mêlé ».

Même ligne de défense de Bigeard, pour qui la torture a été un « mal nécessaire » mais qui dément l'avoir pratiquée lui-même.

A l'annonce de la mort de son tortionnaire, Louisette Ighilahriz, a déclaré :

« Chez nous, le nom de Marcel Bigeard est synonyme de mort et de torture. Il aurait pu libérer sa conscience avant de mourir.

J'en suis profondément déçue, malade ».

 

[1] Ancien Résistant, Claude Bourdet a participé à la fondation du mouvement Combat qu'il réprésente au Conseil national de la Résistance (CNR). Arrêté en 1944, il est déporté dans plusieurs camps de concentration dont celui de Buchenwald.

[2] Dans un livre - La question, Ed. de Minuit - Henri Alleg a raconté les sévices que lui ont fait subir des parachutistes français à Alger. Le gouvernement à direction socialiste en a immédiatement décrété la saisie au motif de « participation à une entreprise de démolition de l'armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale ». Réimprimé en Suisse, le livre a été vendu et lu à des milliers d'exemplaires dans le monde entier y compris en France où sa diffusion a été clandestine.

[3] Le seul officier qui ait été sanctionné est le général Pâris de Bollardière : il a été condamné à l'emprisonnement en forteresse pour avoir dit au général Massu que les méthodes qu’il employait le dégoûtaient et qu’il n’avait que du mépris à son égard. Ce militaire refusait les méthodes de répression et la torture.

 

Jean-Pierre Dubois - blanqui.29@orange.fr

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2010/06/18/art-175.html

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 19:54

 

images-copie-2.jpegEn France, les liens entre citoyenneté, nation et empire sont historiquement ambigus. Dès la proclamation de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en 1789, la question se pose de limiter la citoyenneté aux frontières de l’Hexagone ou de l’étendre aux divers peuples de l’empire hérité de l’Ancien Régime. C’est par crainte d’une réaction royaliste ou de l’invasion de la riche colonie de Saint-Domingue par un autre empire que la nouvelle République décide d’accorder la citoyenneté aux « gens de couleur » libres, puis d’abolir l’esclavage en 1793. Lorsque Napoléon tentera un retour en arrière à Saint-Domingue, la rébellion se muera en guerre d’indépendance. Dans les autres colonies, il faudra attendre 1848 pour voir les esclaves libérés et accordés le statut de citoyen.

Le cas de l’Algérie, conquise à partir de 1830, est particulier. Consolidé par plusieurs gouvernements successifs, le régime distingue clairement les citoyens français, qui jouissent de droits, des sujets français, qui n’en ont pas.

Au cours du XIXe siècle, pendant que les habitants de la France métropolitaine sont encouragés à développer un sentiment d’appartenance à la nation, les Algériens musulmans et d’autres peuples plus récemment colonisés se voient accorder le statut de « nationaux français » (sans droits politiques). La IIIe République, en dépit des réserves formulées par certains de ses dirigeants, perpétuera un système au sein duquel nationalité n’est pas synonyme d’égalité. Seuls quelques individus parvenus à convaincre de leur parfaite adaptation au mode de vie « à la française » parviennent à accéder au statut de citoyen.

Il faudra attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que la France s’attelle à une refondation de ses relations avec l’outre-mer. La réforme passera par l’abandon du travail forcé dans les colonies et la fin des juridictions d’exception (l’indigénat), pour arriver à l’élimination de la catégorie de « sujet ». Dans le cadre de la Constitution de 1946, tous les habitants des territoires d’outre-mer acquièrent la « qualité » de citoyens en même temps qu’ils disposent d’un droit que n’ont pas les habitants de la métropole : celui de déroger au code civil pour recourir à la loi islamique ou coutumière en matière d’affaires civiles (mariages, héritages, etc.). Savoir conjuguer intégration et différenciation a toujours été l’apanage des empires. L’empire colonial français d’après-guerre voulait insister sur le fait que ses peuples étaient à la foi égaux et différents.

Ainsi, la République de 1946 est loin de constituer un ensemble homogène, ou une entité politique nettement divisée entre colonisateurs et colonisés. Les liens qui unissent les territoires colonisés à la puissance colonisatrice relèvent d’une pluralité de statuts : départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, etc.) ; Algérie française ; territoires d’outre-mer (principalement en Afrique) ; Etats associés (les protectorats du Maroc, de Tunisie et d’Indochine) ; territoires sous mandat (Cameroun et Togo). Dans les faits, la Constitution institue une citoyenneté impériale, aux contours incertains, et sans rapport avec l’Etat-nation.

Décentralisation, fédération, confédération ? Le champ politique de l’après-guerre est marqué par de longs débats au sujet du nouveau cadre à donner à l’empire – appelé l’Union française à partir de 1946 et la Communauté française après 1958 – et par nombreux conflits. Unanimes dans leur détermination à mettre un terme au colonialisme du passée, les dirigeants, à Paris comme en Afrique de l’Ouest, explorent plusieurs modèles sans envisager que les anciennes colonies puissent un jour devenir des Etats-nations indépendants.

La guerre d’Indochine (1946-1954), l’insurrection de Madagascar, matée dans le sang en 1947, et la guerre d’Algérie (1954-1962) attestent la violence extrême dont le gouvernement n’hésite pas à user pour préserver l’unité de l’empire. Alors même qu’il tente d’inculquer aux « citoyens de 1946 » le sens de l’appartenance à la nation, l’Etat s’inquiète d’autant plus de voir les compatriotes d’outre-mer surpasser en nombre les Français du continent européen que, en Afrique, des revendications politiques et sociales commencent à émerger. Les unions syndicales, les associations de vétérans et les milieux étudiants y militent pour la liberté de présider à la destinée de leurs territoires, mais aussi pour un niveau de revenu et un accès à l’éducation ou aux soins médicaux équivalents à ceux qui existent en France métropolitaine.

Plus qu’à l’indépendance, c’est à l’émancipation qu’aspirent les dirigeants des mouvements politiques africains. La majorité d’entre eux défendent l’égalité de tous les citoyens associée à une reconnaissance de la « personnalité » et parfois même de la nationalité distincte de chaque territoire au sein d’un régime qui demeurerait français. Félix Houphouët-Boigny souhaitait que chaque « petite patrie » (Côte d’Ivoire, Sénégal, Dahomey, etc.) exerce sa pleine autonomie au sein d’une fédération française intégrée. La vision de Léopold Sédar Senghor était celle d’un regroupement des territoires en une nation africaine qui ferait jeu égal avec la métropole dans le cadre d’une confédération d’Etats.

Le gouvernement français se trouve alors face à un lourd dilemme. Accéder aux exigences d’égalité et en payer le coût exorbitant, ou opposer un refus et risquer de s’embourber dans une nouvelle guerre coloniale, comme en Algérie. De la même manière, les dirigeants d’Afrique de l’Ouest sont tiraillés entre de nombreux intérêts souvent contradictoires : ils doivent composer avec leurs bases territoriales respectives d’une part, les bénéfices attachés au maintien des ressources et de la nationalité françaises d’autre part, et enfin leur incapacité à s’entendre pour donner corps à leur désir d’une nation africaine unifiée. Pour finir, abandonnant toute idée de fédéralisme ou de confédération en même temps que les formes plus complexes de souveraineté à plusieurs niveaux qu’ils avaient longtemps prônées, tous devaient faire marche arrière pour se tourner vers un système politique que presque personne en Afrique occidentale française ou en France métropolitaine n’avait réellement désiré : celui de l’Etat-nation.

La France et ses anciennes colonies ont alors réécrit l’histoire et édifié le récit commun d’une aspiration des peuples à l’indépendance des nations. Un peu plus tard, la France reprendra à son compte l’idée de confédération, non plus pour l’appliquer à ses anciens territoires, mais pour s’engager dans la construction européenne. Pour ce faire, elle s’empressera de se délester des peuples qu’elle avait œuvré, des siècles durant, à conserver dans son giron.


Jane Burbank et Frederick Cooper

Professeurs d’histoire à l’université de New York, auteurs d’Empires. De la Chine ancienne à nos jours, Payot, Paris, 2011.
http://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/BURBANK/47021
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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 19:47
guediguian_604.jpgCrédits photo:  "Les Neiges du Kilimandjaro" de Robert Guédiguian (2011).

Entretien avec Robert Guédiguian, ardent défenseur de la fierté ouvrière.

 

La notion de classes sociales vous paraît-elle toujours un bon décodeur pour observer l'organisation de la société d'aujourd'hui ?

Robert Guiédiguian - Pour parler de la société au cinéma, il faut déjà penser ça : les classes existent toujours, elles sont en lutte et cette lutte est toujours le moteur de l'Histoire. Même si ça a pris des formes en apparence plus floues.

La conscience de classe, notamment dans le milieu populaire, ne s'est-elle pas transformée ?

Elle existe moins. C'est pourquoi je parlais de flou. Dans un texte qui appelait à voter "non" au référendum sur la Constitution européenne, j'avais remplacé le mot "classe ouvrière" par "les pauvres gens". Il existe encore une classe ouvrière, mais elle est plus réduite. Comment appeler les salariés de France Telecom, par exemple, qui pour moi font partie de la nouvelle classe ouvrière ? Beaucoup de gens se sont prolétarisés. Tout le tertiaire, par exemple. Mais ce secteur n'a pas la même conscience de classe que les ouvriers à l'ancienne. Souvent, ces salariés ne travaillent pas dans les mêmes lieux, sont éparpillés. On est loin des grandes unités qu'on trouvait dans les usines. Ils ont du mal à se réunir et à prendre conscience qu'ils occupent la même place dans les processus de production.

Que recouvre l'expression "les pauvres gens", empruntée au titre d'un poème de Victor Hugo ?

"Les pauvres gens", ça ne s'affiche plus. La conscience ouvrière, elle, s'affichait. "Je suis un ouvrier" ou "Je suis un paysan", ça voulait dire : "Je suis de ce monde-là, je suis fier, autant qu'un aristocrate, j'ai un métier dont la visibilité pour les autres est très claire." On a rendu les gens honteux et frustrés. La conscience de classe, même si elle existe, est refoulée, clandestine. On ne la claironne pas dans la rue. J'ai connu une époque où les ouvriers faisaient les matamores. Ils n'aimaient pas les bourgeois, se sentaient plus dignes qu'eux.

Dans votre dernier film, Les Neiges du Kilimandjaro, la lutte des classes paraît s'être déplacée vers le bas de la pyramide sociale...

Il faut d'abord parler de la non-visibilité de l'ennemi commun. Le patron n'est plus incarné, plus visible. Il y a des actionnaires, des conseils d'administration, etc., mais pas de patron en direct. Dans la guerre de tous contre tous, celle des pauvres contre les riches, on a déplacé et fabriqué des oppositions factices mais qui fonctionnent. Dans mon film, le personnage qu'interprète Grégoire Leprince-Ringuet prend les deux personnages principaux (Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan) pour des bourgeois alors que ce ne sont que des pauvres types qui ont travaillé toute leur vie. On a tout fait pour opposer les travailleurs et les chômeurs. Ensuite, on oppose les mi-temps et les quarttemps, etc. Le bouquin de Florence Aubenas, Le Quai de Ouistreham, était formidable sur le sujet. On a créé l'illusion que le conflit se situait entre les actifs et les sans-emploi. Ça masque l'opposition réelle, la vraie, entre les chômeurs et les travailleurs d'un côté, et les patrons de l'autre.

 

Que pensez-vous de l'usage que fait le cinéma français de la lutte des classes ou de la critique sociale ?

Le travail de critique sociale reste très mince dans le cinéma français. On trouve quelques exceptions, en ce moment en tout cas. Le cinéma y a oeuvré davantage avant-guerre. Après guerre, presque tout le cinéma de Godard est traversé par la politique, les classes ouvrières, les guerres, etc. Aujourd'hui, Laurent Cantet (Entre les murs) et Lucas Belvaux (Rapt) s'y intéressent aussi. Le champ du documentaire est plus actif et politisé mais il ne connaît pas la même diffusion que la fiction. Dans sa grande majorité, le cinéma français s'intéresse essentiellement et de façon très bourgeoise à des histoires de moeurs.

Vous avez une opinion sur le scénario type, commun à tous ces films à succès, de deux individus opposés par leur appartenance sociale et qui transcendent par l'amour ou l'amitié les conflits de classes ?

C'est contre-productif. Après, ça peut être fait de façon plus ou moins intelligente. Dans la vie, je ne m'interdis pas de croire qu'un patron peut tomber amoureux de sa femme de ménage ! Je ne suis pas dogmatique à ce point ! (rires) Mais je m'interdis de travailler cette question-là. Ou si je le faisais, je montrerais que ça ne fonctionne pas, quels sont les points de conflit et les empêchements d'une telle relation. Le Droit du plus fort de Fassbinder est exemplaire là-dessus.

Rien ne peut transcender la lutte des classes ?

Dans la vie, si ; au cinéma, non ! (rires)

Que pensez-vous de la large adhésion populaire que ces films remportent ?

On est dans le rêve, la princesse et le savetier, Pretty Woman... C'est la grande histoire d'amour qui transcende non seulement les classes mais tout le reste. Comme l'a écrit Umberto Eco, il n'existe pas une seule personne au monde qui ne pleure pas devant Love Story ! C'est un très mauvais film mais il faut être inhumain pour ne pas chialer ! D'où son succès... C'est un terrible constat d'impuissance (rires).

Recueillis par Jean-Marc Lalanne et Jean-Baptiste Morain 

Les Neiges du Kilimandjaro en salle depuis le 16 novembre

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 22:19

article_THURAM_.jpghttp://www.20minutes.fr/article/832308/lilian-thuram-l-histoire-zoos-humains-totalement-meconnue

EXPOSITION - Lilian Thuram, commissaire général de «Exhibitions: L’invention du sauvage», explique l'intention de cette exposition qui retrace l’histoire des zoos humains...

Jusqu’au milieu du XXe siècle, des personnes venues d’Afrique, d’Océanie ou des Amériques étaient exhibées dans des foires, des zoos, lors d’expositions universelles... Au musée du Quai Branly, à Paris, jusqu’au 3 juin, l’exposition «Exhibitions : L’invention du sauvage» retrace l’histoire de ce phénomène, qui a marqué l’imaginaire collectif en Occident. Entre 1800 et 1940, plus d’un milliard de visiteurs ont ainsi pu voir l'«Autre» en se confortant dans l’idée de lui être supérieur. En 600 œuvres (affiches, cartes postales, tableaux), «Exhibitions» montre, de manière dépassionnée, comment se sont exercés ce racisme, cautionné par les scientifiques de l’époque, la politique coloniale et l’industrie du spectacle. L’ancien footballeur et champion du monde, Lilian Thuram, commissaire général de «Exhibitions», explique pourquoi cette exposition inédite dans le monde, lui tient à cœur.

Pour quelle raison vous êtes-vous investi dans ce projet?

J’avais lu Zoos humains, le livre de l’historien Pascal Blanchard, il y a une dizaine d’années. Puis je l’ai rencontré personnellement à Barcelone, lors d’un colloque sur la colonisation. On a discuté, et il est devenu l’un des scientifiques de ma fondation. Il y a deux ans de ça, nous avons discuté et l’idée nous est venue d’aller voir le musée du Quai Branly pour une expo sur les zoos humains. Son président a été conquis par cette idée.

Quel est le but de l’exposition?

Pendant très longtemps, on a pu voir des gens venus d’Asie, d’Océanie, d’Afrique, dans des zoos. Ces personnes, dans des enclos, étaient présentées comme des sauvages. Dans l’imaginaire collectif, ce phénomène a eu des conséquences. Aujourd’hui, nous sommes assez matures pour questionner le passé. Pour dépasser les préjugés, il faut les comprendre. Parler du racisme, c’est comme le sexisme ou l’antisémitisme. Ce sont des constructions culturelles, qu’on peut déconstruire grâce à la connaissance.

«Exhibitions» montre ainsi comment l’histoire a nourri ces préjugés...

Pour comprendre ces préjugés, il faut questionner l’histoire. L’histoire des zoos humains est ainsi totalement méconnue dans la société française. Et pourtant, ces exhibitions ont duré jusqu’en 1958, pendant l’exposition universelle en Belgique. En 1931, les arrière-grands-parents de Christian Karembeu ont par exemple été exhibés. En 1994, il y a eu la reconstitution d’un village africain à Nantes. C’est donc quelque chose de récent. Cette exposition a pour but d’expliquer les préjugés et de pouvoir les dépasser.

Selon vous, l’expo peut-elle déranger?

La seule chose qui me tenait à cœur, c’est que le discours ne soit pas culpabilisant, ni qu’il insiste sur une certaine victimisation. Nous devons avoir l’intelligence de réfléchir sur les conséquences qu’a eues ce phénomène dans la société. Je dis souvent aux enfants qu’il existe une histoire du racisme: il ne faut pas s’arrêter en se disant c’est honteux, mais pourquoi ça a été possible pour des millions de personnes d’aller dans des zoos ou des jardins voir des personnes qu’on présentait comme des sauvages. Pourquoi? Parce qu’à l’époque, il y avait une idéologie de prétendue «supériorité de la race blanche».

Des théories scientifiques et la politique colonialiste ont nourri ce racisme. Comment a-t-il aussi imprégné le monde du spectacle et de la culture?

C’est compréhensible à partir du moment où le discours dominant prône l’infériorité et la supériorité de gens par rapport à d’autres, tout le monde l’intègre. Pourquoi Joséphine Baker a eu une popularité aussi grande? Parce qu’elle répondait aussi aux stéréotypes que les gens voulaient voir: la femme noire, dénudée, dansant avec des bananes. Ce n’est pas anodin qu’elle ait été acceptée en reproduisant les stigmates de l’imaginaire populaire.

Aujourd’hui, ces préjugés circulent encore…

C’est évident. Quand je vais dans des écoles, les enfants de CM2 me disent encore qu’il y a plusieurs «races»: la noire, la jaune, la rouge... Ça veut dire que ces enfants, de façon inconsciente, pensent encore comme les scientifiques du XIXe siècle. Combien de personnes encore dans notre société pensent que les Noirs sont plus forts en sport? Une grande majorité des gens, même s’ils ne vous le diront pas ouvertement ou le pensent inconsciemment. Et comme on vit dans une société qui sépare le corps de l’intellect, ça veut dire: «Ils sont moins intelligents». Il ne faut pas avoir honte de ces préjugés mais les comprendre. Donc oui, quand je lis dans un journal, «un homme de couleur» au sujet d’un entraîneur, ça m’interpelle, ça veut dire que la couleur «blanche» n’est pas. Par ailleurs, dans notre société on se voit encore à travers la couleur de peau. Si on dit «minorité visible», ça veut dire qu’il y a une «majorité invisible», qui serait de couleur blanche et les autres non-blancs. Ce clivage de couleurs de peau, il faut essayer de le dépasser.

En sortant de l’expo, qu’aimeriez-vous que retiennent les jeunes?

Qu’ils se questionnent sur leurs propres préjugés. A la fin de l’expo, dans l’espace aménagé par l’artiste Vincent Elka, une jeune femme musulmane dit: «Je sais qu’il y a des préjugés sur moi, comment pourrais-je avoir des préjugés, par exemple, sur les homosexuels?» Si nous sommes conscients de subir des préjugés, il faut avoir l’intelligence de ne pas porter des préjugés sur les autres. Car quand on a des préjugés sur quelqu’un, ça permet de se rassurer, de se dire qu’on est «mieux». C’est très rassurant de penser que l’autre est inférieur. C’est ce qui s’est passé dans le cas des zoos humains.

Joël Métreau
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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:16

etudiants_capitalisme.jpgLes conséquences des plans d'austérités sur les étudiants en Europe


 

Communiqué publié par les JC 13 (http://jeunescommunistes13.over-blog.com/) et JC Paris 15 (http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/)


Depuis 2008, le système capitaliste est rentré dans une nouvelle période de crise. Cette crise systémique qui a d’abord commencé aux Etats-Unis et s’est ensuite développée en Europe ayant de nombreuses conséquences pour les classes populaires de notre continent.

Le système d’aide de la "Troika" qui vient en aide aux gouvernements de droites et sociaux-démocrates afin de sauver les capitalistes, ne peut pas arrêter la crise. Pire encore, en appliquant des mesures réactionnaires, ils ont conduit les peuples dans une situation encore plus difficiles dans une période ou la crise du capitalisme s’accentue.

 

Avec la crise, l’Union Européenne montre son vrai visage, celui d’une institution impérialiste dont l’objectif est de servir les intérêts de la bourgeoisie européenne.

 

La crise de la dette qui est un symptôme de la crise économique du capitalisme, n’est qu’un prétexte pour imposer des plans d’austérités aux classes populaires dans des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne ou l’Italie. Ces politiques permettent la casse des droits des travailleurs, des étudiants et de l’ensemble de la population. Elles constituent une déclaration de guerre contre les intérêts du peuple.


Depuis 15 ans, le secteur de l’éducation a été le centre des attaques de l’Union Européenne qui veut instaurer les mêmes règles que dans les systèmes éducatifs anglais et américains. Depuis l’ouverture de l’Education au marché, les privatisations et la commercialisation des écoles publiques ont créé d’énormes possibilités de bénéfices pour les monopoles. Dans ce contexte, la situation qui est déjà très dure, va continuer d’empirer. Dans la continuité du processus de Bologne et du traité de Lisbonne, avec à présent la stratégie euro2020, les jeunes venant des classes populaires seront exclus des universités.


Nous, CJC (Catalogne), CJC (Espagne), COMAC (Belgique), EDON (Chypre), FGCI (Italie), JCP (Portugal), KNE (Grèce), UJCE (Espagne), UEC (France), déclarons, en ce jour du 17 novembre, journée internationale des étudiants, que :

 

1. L’éducation supérieure est un droit fondamental du peuple et de la jeunesse, qui ne doit pas être subordonnée aux intérêts privés.


  2. L’éducation et l’enseignement supérieur doivent être un service public, gratuit et laïc. Nous luttons contre les réformes capitalistes, pour que les universités servent les besoins des peuples et non les profits des capitalistes et des monopoles.

 

3. Nos pays doivent rejeter le Processus de Bologne, nous le mettrons en déroute !


4. Le but des universités doit être d’éduquer les jeunes et de leur permettre de poursuivre des projets de recherches de bonnes qualités et ce quelques soient les ressources de chacun.


5. Le capitalisme est un système qui ne permet pas à tout le monde d’étudier et de vivre dans des conditions décentes, c’est pour cela que nous nous battons pour le dépasser.


6. Les universités ne devraient pas appliquer des politiques impérialistes avec les autres pays en les forçant à mettre en œuvre les mêmes réformes que celles de l’UE, comme le Processus de Bologne.Les universités de tous les pays doivent promouvoir la coopération et des programmes de recherches basés sur la solidarité et les intérêts mutuels en fonction des besoins des peuples et non au profit des corporations multinationales.


7. Les étudiants venant du Tiers Monde pour étudier en Europe sont victimes de discriminations et de racisme. Les capitalistes les exploitent et participent au pillage de ces pays. Nous leurs exprimons notre entière solidarité, nous soutenons leur combat et nous les appelons à s’unir dans la lutte pour nos droits à tous.

 

8. Nous demandons instamment à nos universités de développer des partenariats avec les universités Palestiniennes, afin d’aider la lutte pour la vie, l’éducation et le travail que le peuple Palestinien mène dans des conditions très difficiles, en raison de la poursuite de la politique impérialiste d’occupation promue par l’Etat Israélien.


9. Nous dénonçons fortement le révisionnisme et l’anticommunisme dans l’éducation notamment via la falsification de l’histoire et l’amalgame entre nazisme et communisme.


10. Dans le même temps, nous luttons contre l’idéologie capitaliste dans la conception de l’éducation et nous appelons à une vraie démocratie dans l’élaboration des programmes et dans la gestion des universités, de manière à ce que l’éducation et les sciences puissent jouer un véritable rôle dans la société afin d’améliorer la vie des travailleurs.


Pour conclure, nous exprimons notre solidarité aux étudiants et aux jeunes du monde qui se battent pour des meilleures conditions de vie et d’études.

En avant pour un monde de paix, de solidarité, pour le socialisme, avec une Europe libérée de l’exploitation et avec des étudiants ayant de meilleures conditions d’études et vivant librement !

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Published by valenton rouge - dans Europe
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