Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

0
parti.jpg 
thumbnail-copie-3.jpeg
4cb23c12e9-copie-1.jpg8071d6d8-f802-11df-a4d8-fa25b9579a36-copie-2.jpg 
Capture-du-2012-05-09-21-11-58.png
0
saint-communiste.jpg
00
0
soviet_propaganda.png

 vps-final.jpg

 

BDS-boycott-produits-israel.jpg

  

Recherche

lp.jpg

Léonard PELTIER 

 

arton1476.jpg

Archives

 free-the-miami-5-logo-colour.jpg

 

 rubon1-54e3a.jpgcuba-si.jpg

 

c.jpg

France  Cuba

cuba-si-3.jpg 

cuba_linda.jpg 

 

 

 

motocollant 2010 small

 

 

Thierry-copie-2.jpgHommage à

Thierry MENGUY

 


index.jpg 

une avocate

au service

du salarié

 

Maître

  Verrier Ouahmane Aicha

 

1 RESIDENCE DU PARC
  94430 Chennevières-sur-marne
 Téléphone : 01.49.62.04.45
 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





Articles Récents

  • POUR LES FEMME D'ESPAGNE EN 2014 La nuit, la Résistance ... reprise d'un texte de 2009 Alain Girard Je hais les coups d’état, je hais la violence aveugle d’hommes de pouvoir quant ils ne sont pas de simples nervis, ceux là sont sans doute les pires. Je...
  • Obsèques d'Henri Alleg
    Sa famille, ses amis, ses camarades lui rendront un hommage fraternel le lundi 29 juillet à 10h30, au crématorium du Père Lachaise, salle de la Coupole. Le même jour, à 16 h, une courte cérémonie d'inhumation aura lieu au cimetière de Palaiseau (Esso...
  • Décès d'Henri Alleg
    Les communistes sont en deuil, les communistes valentonnais bien plus encore. Henri Alleg, Henri l'infatiguable du combat anticolonialiste, de celui pour un Etat palestinien, de celui pour une société à laquelle il donnait un nom: socialiste. Henri, ce...
  • METROPOLES
    METROPOLES Déclaration de l’ANECR Assemblée Nationale Affirmation des métropoles : discuter en 3 jours d’un remodelage profond de la République est un scandale ! Les amendements gouvernementaux adoptés par la commission des lois de l’Assemblée Nationale...
  • Un nouveau club politique prend racine | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr CHAUNY - Le club Nouveau siècle verra le jour en septembre. Ou plutôt son antenne régionale. Une réunion d’information s’est tenue samedi matin. Objectif : réfléchir sur la société actuelle.
  • Il n'y a plus rien Ferré
    merci tovaritchi mais l'"vènement cd'est le rassemblemnt réusii des communistes azinbt quentinnois, aussi fort que Léo www.youtube.com Une œuvre magistrale, qui présente notre temps alors qu'elle le précède. Merci Léo, tu nous a marqué à jamais et ce...
  • Alain Girard shared Le libre service de la...
    Alain Girard shared Le libre service de la solidarité's photo.
  • Le candidat rouge sera Olivier Tournay | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr SAINT-QUENTIN - Le militant Olivier Tournay a profité de la Fête des libertés ce dimanche au stade Bienfait pour annoncer sa candidature aux municipales 2014.
  • Alain Girard shared Sinn Féin shop's photo.
  • Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's...
    Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's photo.

 

Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

Red_Cavalry_Riding.jpg
La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
sainr-just.jpg
   

A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

KM.jpg


19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 21:38

undefined

Cet article reprend simplement  en un unique document les deux volets du compte-rendu de l'Assemblée extraordinaire que j'ai rédigé. Je reste prêt à modifier certains passages du texte si des commentaires  m'invitent à le faire.

Vous pouvez retrouver les deux volets séparés si vous voulez lire les quelques commentaires qu'ils ont suscité :

Bilan démocratique de l'Assemblée extraordinaire : première journée.
Bilan démocratique de l'Assemblée extraordinaire : deuxième journée.

Olivier, le 18 janvier 2008.




Première journée : samedi 8 décembre 2007


I. Qui étaient les délégués ?

Description : Chaque section était invitée à envoyer un ou plusieurs délégués. Les sections de moins de 200 adhérents en ont envoyé un, celles qui ont entre 200 et 400 adhérents en ont envoyé deux, etc. Tous les membres du Conseil National et les secrétaires fédéraux étaient membres de droit de l'assemblée extraordinaire. Les badges étaient de la même couleur (rouge) pour tous ces participants, qu'il était donc possible de distinguer seulement de très près, en lisant ce qui était inscrit sur ces badges. 1179 délégués ont pris part au vote final : c'est la seule indication précise que nous avons sur le nombre de participants. Nous ne savons pas combien il y avait de membres du CN ou de secrétaires fédéraux parmi eux.

Commentaire : La place des dirigeants et des cadres fédéraux était trop importante. Ils composaient plus du quart de l'assemblée. Cela n'a pas permis de prendre en compte suffisamment l'avis des sections.

II. Comment le travail préparatoire des sections a-t-il été pris en compte ?

1. Par écrit.

Description : Chaque section a été invitée à transmettre un mandat à la direction nationale. Nous ne savons pas combien de mandats ont été transmis. Une commission avait été désignée par le Conseil National pour travailler au projet de mandat national à partir de la lecture des mandats de section. Cette commission n'a rendu compte ni par écrit ni par oral au moment de l'assemblée extraordinaire de la teneur des mandats de section. Un membre du Conseil National (Nicolas Marchand) a tenté à titre individuel d'élaborer une synthèse pour essayer de mesurer la proportion de sections qui ont affirmé explicitement leur volonté de continuer à travailler dans le cadre du PCF, sans s'engager pour l'instant dans la construction d'une autre organisation. Cette initiative personnelle lui a valu d'être accusé par certains participants d'avoir déformé le sens des mandats de sections en sortant certains passages de leur contexte. Certains participants ont également dit, à plusieurs reprises, que le nombre de participants aux assemblées de sections (30 000 en tout) était trop faible pour tirer des conclusions des résultats de leurs travaux.

Commentaire : Rien ne prouve que les mandats de section ont été lus. Le mandat national n'a rien d'une synthèse. Il se contente de se féliciter de la richesse des débats. Le travail des sections n'a pas du tout été exploité comme il aurait pu l'être et semble avoir été un travail pour rien.

2. Par oral.

Description : La première séance plénière, le samedi après-midi, permettait aux délégués de prendre la parole dans des interventions d'une durée maximale de trois minutes. La séance a commencé avec plus d'une demi-heure de retard par un rapport d'ouverture. Les interventions des délégués ont été interrompues par des interventions d'invitées, au nombre de trois ou quatre, qui ont parlé entre cinq et dix minutes chacun, et par la lecture d'un texte sur le réchauffement climatique, suivie d'un très court débat portant sur la pertinence du vote proposé à propos de ce texte.

En tout, les délégués ont eu la parole un peu moins de trois heures. Quarante-quatre d'entre eux seulement ont pu s'exprimer. Parmi eux, on peut compter une quinzaine de membre du Conseil National au moins. Par conséquent, seuls une trentaine de délégués mandatés par leur section ont pu avoir la parole. Le choix de ces délégués ne s'est pas fait selon des critères clairs. Pour avoir la parole, il fallait avoir déposé une demande écrite au secrétariat établi pour l'occasion. L'ordre de dépôt des demandes n'a pas eu d'influence. Certaines demandes déposées très tôt sont restées sans effets. D'autres déposées pour tard ont abouti. La tribune avait annoncé vouloir respecter un certain équilibre géographique. Pourtant, trois intervenants d'une même section, celle du dix-neuvième arrondissement de Paris, ont eu la parole. De la même façon, deux intervenants de la section de Nice ont pu parler. En tout, plus de dix délégués parisiens, dont un grand nombre de membres du Conseil national, ont pris la parole. On peut donc en déduire que plus de la moitié des fédérations n'ont pas pris part à ce débat.

La soirée a été l'occasion d'un travail "en ruche", par tables de dix. Commencé avec un peu de retard, ce travail a duré entre une heure trente et une heure quarante-cinq. Sept thèmes avaient été retenus. Une feuille de route proposait à chaque table de travailler une heure et demi sur le thème et une demi-heure sur le mandat. La discussion sur le thème a le plus souvent duré entre une heure et une heure et demi. Chaque table a désigné un rapporteur pour la discussion thématique. Sept groupes de rapporteurs (un par thème) ont élaborés sept synthèses thématiques.

La suite de l'Assemblée, le dimanche, a porté essentiellement sur la rédaction du mandat national, et n'a plus permis aux délégués de rendre compte du travail de leurs sections.

Commentaire : Le bilan est désastreux : seuls trente délégués mandatés par leurs sections, sur un total de mille environ, ont pu parler trois  minutes chacun l'après-midi.
 Le soir, chacun a eu la parole entre six et neuf minutes en moyenne pour la discussion thématique (60 ou 90 minutes divisées par 10 délégués à chaque table). Comment rendre compte dans ces conditions de plusieurs heures et souvent même de plusieurs demi-journées de travail dans les sections ? Lorsque l'on se dit qu'en plus les textes écrits pas les sections n'ont pas fait l'objet d'une synthèse...

III. Comment le mandat a-t-il été élaboré ?

Description : Une commission des mandats, présidée par Marie-Pierre Vieu et composée de membres du Conseil national, avait travaillé en amont sur un projet de texte. Ce texte avait été amendé par le Conseil national du 4 décembre. Les délégués ont pu le consulter sur internet dès ce jour, et une version imprimée du texte a été remise aux délégués à leur arrivée à l'Assemblée extraordinaire.

La discussion sur le mandat a commencé pendant le travail en ruche. La feuille de route prévoyait une demi-heure seulement pour cette description. Rares sont les tables qui ont pu aller plus loin que des remarques d'ordre général. Le temps a manqué pour réfléchir à des amendements à ce moment-là.

Chaque table devait désigner un rapporteur pour la commission des mandats. Les membres du Conseil national ne pouvaient pas, théoriquement, être choisis comme rapporteurs. La réunion de la commission des mandats était programmée à 23 heures, au siège du PCF, place du colonel Fabien, à trois-quart d'heures de métro de la Défense, où avait lieu l'Assemblée extraordinaire. La plupart des délégués de province n'ont pas pu participer à cette commission pour des raisons matérielles. Par conséquent, toutes les tables n'ont pas pu envoyer de rapporteurs et quelques unes d'entre elles ont choisi, faute de pouvoir choisir quelqu'un d'autre, des membres du Conseil national. Ces membres du CN ont expliqué la raison de leur présence au moment de la commission des mandats. Michel Laurent, sans doute par ignorance, a affirmé le lendemain en séance plénière qu'aucun membre du CN n'avait été choisi comme rapporteur de table.

La réunion de la commission des mandats a commencé vers minuit. Les membres du Conseil national et les délégués parisiens y étaient fortement représentés. La discussion a été très vive et très désorganisée. Patrice Bessac, malade, distribuait la parole, entouré de Marie-Pierre Vieu et, dans un premier temps, d'Olivier Dartigoles. Aucune méthode de travail n'avait été mise au point. Patrice Bessac a proposé d'abord une discussion en deux temps : discussion générale d'abord, avec inscription pour obtenir la parole par écrit, puis discussion paragraphe par paragraphe. Mais la discussion générale a très vite été interrompue par des interventions sur la méthode à adopter. Patrice Cohen-Séat a proposé de s'en tenir à une discussion générale avant de laisser Patrice Bessac et Marie-Pierre Vieu travailler seuls aux amendements. Cette proposition a provoqué les réactions indignées d'une partie des délégués. La confusion qui a suivi n'était plus du tout organisée. Patrice Bessac donnait désormais la parole de façon parfaitement aléatoire, sans inscription, et en privilégiant les membres du Conseil national. Les divisions du Conseil nationale se retrouvaient donc dans la salle, et n'aboutissaient évidemment pas. Finalement, vers une heure et demi, une proposition de compromis assez vague faite par Pierre Laurent permettait à Patrice Bessac de proposer à la commission de le laisser travailler aux amendements de détails avec Marie-Pierre Vieu, ainsi que l'avait proposé Patrice Cohen-Séat une heure plus tôt. Certains délégués qui avaient demandé la parole ne l'avaient pas eue. Une déléguée a demandé l'élection d'une commission pour faire le travail d'amendement. Patrice Bessac n'a pas donné suite à cette demande, et a fait voter "sa proposition", adopté par une majorité de personnes présentes.

Commentaire : Les organisateurs de l'Assemblée extraordinaire n'ont-il jamais travaillé sur un texte ? N'ont-il jamais eu à mener un travail d'amendements ? Qui pouvait croire qu'une demi-heure de discussion dans chaque ruche, et la réunion de plus de cent délégués issus de ces ruches aurait pu permettre d'amender le texte collectivement ?

Tout me laisse penser, sur ce point, que tout a été organisé pour exclure les délégués des sections du travail d'amendement concret du texte. Tout a été organisé pour que les quelques dirigeants chargés du mandat gardent un entier contrôle du processus jusqu'à la fin.

Pourtant, cela n'a pas empêché la tribune de faire croire que le texte amendé pendant la nuit était le résultat du travail des délégués désignés par les ruches.

Quelques délégués ont tenté de dire le lendemain en séance plénière comment s'est passé la réunion de la commission des mandats. Ils n'ont pas réussi à se faire entendre.

Deuxième journée : dimanche 9 décembre 2007

Suite de la réponse à la question : Comment le mandat a-t-il été élaboré ?

Description : D'après le programme, la matinée devait commencer à 9 heures pour travailler directement sur le mandat, pendant trois heures et demi : "9 h – 12 h 30 : Séance plénière. Débat pour l’adoption du mandat donné à la direction nationale. Vote sur le mandat. Lors de cette séance, seul-e-s les délégué-e-s seront appelé-e-s à se prononcer par leur vote sur les décisions à prendre. - Compte-rendu des synthèses thématiques" À neuf heures, il n'y a pas grand monde, mais le texte amendé par Patrice Bessac et Marie-Pierre Vieu pendant la nuit est sur toutes les tables.

Les travaux reprennent véritablement vers 9h45, mais pas par le travail sur le mandat ! On commence par le compte-rendu des synthèses thématiques. Les délégués des ruches qui ont pu se réunir à propos des sept thèmes (combien étaient-ils ?) ont produits sept synthèses. Nous écoutons donc sept interventions à la tribune. Certaines ne sont pas très synthétiques, et se contentent de lister des remarques, parfois contradictoires, qui ont été faites par les délégués. D'autres sont plus affirmatives, mais il pourrait être intéressant de les relire. Elles disent peut-être l'une ou l'autre choses qui contredisent le mandat. De toute façon, il n'y a aucune articulation entre ce travail et le mandat.

On aurait pu d'ailleurs travailler à ce moment-là sur le mandat. Mais non. Il faut d'abord écouter un invité !

Il est 11h passées lorsque le travail sur le mandat commence. Patrice Bessac fait le rapport du résultat des travaux "de la commission des mandats". Il explique de manière assez vague le déroulement de la nuit. Il insiste surtout pour dire qu'il a fini vers six heures du matin. Mais surtout il indique qu'une phrase de l'avant-projet de mandat, rayée sur le document que nous avons sous les yeux, doit en vérité être rétablie ! Il s'agit de la phrase : « Il ne s’agir d’exclure aucune hypothèse concernant le Parti ou sa stratégie…. Il s’agit de permettre le réflexion et l’expérimentation sur la façon dont ces rassemblements peuvent s’élargir, s’approfondir et construire ainsi durablement des rapports de force favorables à l’émancipation humaines. » Émotion dans la salle.

Commence alors la discussion générale. Pour avoir la parole cette fois-ci, il ne faut pas s'inscrire, mais faire la queue derrière l'un des six micros de la salle. On écoute une première personne à chaque micro, puis une deuxième personne à chaque micro, et ainsi de suite. Ceux qui ont été les plus rapides au moment de se précipiter vers les micros ont donc pu parler. Les autres ont fait la queue en vain.

La présidente de séance (un mois plus tard j'ai oublié son nom) ne préside pas. Elle se contente de dire "micro 1", "micro 2", etc. Elle ne donne aucune consigne à propos du temps de parole de chacun.

Les premiers intervenants en profitent donc pour faire chacun plusieurs propositions d'amendements, en plus de dire parfois leur sentiment sur l'organisation de l'assemblée extraordinaire. Réponse de la présidente : "micro 3", "micro 4", etc. Les propositions d'amendement restent des propositions en l'air. De toute façon, aucune méthode de travail n'a été proposée.

Un jeune camarade de Villeurbanne intervient de manière très violente contre la direction. Il dénonce la manière dont s'est passée la commission des mandats, il appelle au rassemblement des communistes contre la liquidation
et invite à signer une pétition qui réclame, pour finir, le rétablissement de la faucille et du marteau comme emblème du parti communiste. Très forte émotion dans la salle.

Marie-George Buffet, assise à la tribune mais silencieuse jusque là, se saisit alors du micro, la voix pleine d'émotion et en appelle au respect et à l'unité des camarades. Son intervention trouve un très large écho.

D'autres interventions de délégués suivent. On découvre alors que Marie-George Buffet n'a pas abandonné le micro dont elle s'était saisie. Elle assure désormais la présidence de séance, et propose des votes sur certains amendements proposés par les délégués.

De temps en temps, elle retient une proposition, donne son avis, et fait voter la salle à main levée. La salle vote toujours dans le sens qu'elle propose. Elle commence d'ailleurs par les amendements les plus consensuels.

Mais elle n'intervient pas après chaque nouvelle proposition. Elle laisse le plus souvent passer plusieurs interventions de délégués, avant de soumettre au vote un, deux ou trois amendements parmi ceux qui ont été proposés. Les autres sont oubliés.

Paul Boccara propose alors un amendement visant à clarifier et à délimiter les expérimentations politiques que pourrait mener le PCF en 2008 : « ne pas entamer, avant le congrès de 2008, de démarche de création d'une nouvelle force politique ».

Marie-George Buffet ne peut pas éviter un vote sur cette proposition. Mais elle reprend d'abord une proposition qui va dans le même sens, mais de façon beaucoup moins claire, en déplaçant la phrase "il ne s'agit d'exclure aucune hypothèse" et en faisant disparaître le mot "expérimentation" du texte. Elle se dit favorable à cette première proposition et la salle l'adopte. Elle dit ensuite que ce première vote rend la proposition de Paul Boccara inutile et propose de ne pas la voter. Des voix s'élèvent pour réclamer le vote. Le vote a lieu. La salle, majoritairement convaincue de l'inutilité de cette proposition à cause du vote précédent, vote contre. On peut noter que les dirigeants présents à la tribune votent contre également.

Je ne sais plus si c'est à ce moment-là ou plus tôt dans la séance, mais je me souviens que Marie-George Buffet a manifesté sa fatigue et son agacement à un moment, en disant : "vous voulez qu'on vote à bulletins secrets et que cela nous prenne une demi-heure ? C'est cela que vous voulez ?" Ce qui est sûr, c'est qu'elle l'a dit à des camarades qui pouvaient à ce moment-là passer pour minoritaires.

Le temps passe. On nous propose de supprimer la pause de midi et de finir plus tôt. Il restera encore cependant, après le vote du mandat, à écouter quelques interventions, dont un discours de Marie-George Buffet.

La fatigue et la faim font leur oeuvre. La salle est de moins en moins attentive aux propositions des délégués. On vote de moins en moins. Et on vote beaucoup plus souvent contre, pour en finir.

Vers 13 heures, la tribune peut proposer d'en rester là pour les propositions d'amendement.

On passe au vote sur l'ensemble du texte. Il y a des urnes dans la salle mais personne n'a demandé le vote à bulletins secrets. On vote donc à main levée. Les membres du Conseil National participent tous à ce vote, comme ils ont participé à tous les votes sur les amendements. Le programme précisait : Lors de cette séance, seul-e-s les délégué-e-s seront appelé-e-s à se prononcer par leur vote sur les décisions à prendre. Mais peut-être les membres du CN étaient-ils considérés comme des "délégués", au même titre que ceux qui ont été désignés par leurs sections, et par opposition aux "invités" ?

On compte les mains levées :

POUR 852 (72.26%)  CONTRE 241 (20.45%)   ABSTENTIONS 86 (7.29%)

On entend ensuite André Chassaigne et Marie-George Buffet et l'on chante l'Internationale, mais cela n'a plus rien à voir avec le mandat définitivement adopté.

Adopté définitivement ?

En fait, non...

Commentaires : Qui décide la nuit ? Marie-Pierre Vieu et Patrice Bessac. Qui décide le jour ? Marie-George Buffet. Quant aux délégués, ils peuvent bien faire la queue derrière leurs micros.

Ce premier commentaire est trop abrupt. Certes. On me dira que les délégués ont voté, et qu'ils ont voté pour le mandat, sans ambiguïté. Mais ils ont voté fatigués par cette longue discussion trop souvent confuse. Ils ont voté au nom de l'unité des communistes. Ils ont voté parce que, une fois de plus, le texte proposé était un texte de compromis qui essayait de satisfaire tout le monde à la fois. Ils ont sans doute aussi voté pour qu'un texte sorte de cette assemblée extraordinaire. Si le vote contre l'avait emporté, cela aurait été l'aveu que ces deux jours n'avaient pas permis d'avancer. Pouvions-nous retourner dans nos sections sans texte ?

Rien n'a été fait pour que les questions les plus sensibles soient débattues et sereienement tranchées. Rien n'a été fait pour que les communistes puissent y voir plus clair à propos de l'avenir de leur parti.

Tous les sujets conflictuels, qui ont parfois été sources de tensions pendant l'assemblée extraordinaire, ont été étouffés par les organisateurs.

À l'avenir, il faudra se donner des règles beaucoup plus précises pour produire et amender nos textes de références, et il faudra avoir la volonté de mettre en avant nos désaccords, de façon à trancher quand cela est nécessaire. Sans cela, nous ne pourrons pas aller de l'avant.

Épilogue : mardi 11, mercredi 12 et jeudi 13 décembre 2007

Description : Mardi 11, par internet, et mercredi 12, dans Communistes, le mandat est publié. Surprise ! Il ne commence pas par les mêmes mots que le texte amendé et adopté au cours de l'assemblée extraordinaire. La première phrase commence par "La riposte au capitalisme" au lieu de commencer par "le combat contre le capitalisme mondialisé".

On apprend par courrier électronique, l'après-midi du 13 décembre, qu'il s'agit d'une erreur de copier-coller. Mais cet erratum n'est pas suivi d'un erratum dans Communistes, et si l'erreur a été corrigée sur le site national du PCF, elle subsiste sur la plupart des sites fédéraux.

Commentaire : Y avait-il un secrétariat de séance, chargé de noter précisément tous les amendements adoptés ? Cette erreur laisse penser que non.

Commentaire d'ensemble :

Le PCF est-il à ce point incompétent et irresponsable, pour organiser si mal une telle assemblée ?

Ou cette désorganisation est-elle voulue par certains dirigeants ?

Qu'elle soit volontaire ou non, il est certain qu'elle diminue considérablement le pouvoir des délégués de sections, et par conséquent celui des militants qu'ils représentent, et qu'elle renforce le pouvoir d'une direction qui n'a pourtant pas brillée par ses succès ces dernières années.
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 17:31

Jacques "Rank Xerox" Attali cache sa copie

samedi 12 janvier 2008 par Paul Litzer

Le vibrionnant économiste veille sur les travaux de sa commission comme une louve sur ses petits…
 


  Voilà une nouvelle qui ne manque pas de piquant : Jacques Attali, nous apprend Le Point (3/1), a imposé que les 41 membres de sa fameuse Commission pour « La libération de la croissance française » ne puissent consulter le rapport qu’au siège de la dite Commission et leur a interdit de faire des photocopies. Quand il officiait comme conseiller spécial de François Mitterrand, notre ami était surnommé « Rank Xerox » pour sa propension à photocopier, la nuit, tous les documents qui pouvaient lui être utiles. Ces papiers ont été recyclés notamment dans les livres à succès comme Verbatim. Une privatisation de documents publics qu’il veut éviter au profit d’autres que lui.

JPG - 48.8 ko
Jacques Attali
© Kerleroux

Bizarrement, les petites manies de Jacques Attali n’intéressent que fort peu la presse française. Pourtant, ses exploits sont connus. La perfide presse anglaise avait révélé, au début des années 1990, qu’il avait fait aménager des locaux somptueux à Londres pour la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Il avait notamment commandé du marbre de Carrare et les frais de représentation atteignaient des sommets. Pas mal pour une institution financière chargée d’aider les pays anciennement communistes d’Europe de l’Est. Un amour du luxe qui l’a rapproché de Super Sarko quand celui-ci n’était que maire de Neuilly. Une amitié intéressée alors qu’Attali voulait faire agrandir sa maison ? Apparemment non. L’intéressé a déclaré récemment que bien qu’étant conseiller d’un président socialiste, il avait voté pour le maire de droite de Neuilly. C’est bien la preuve d’un rapprochement idéologique et non d’un quelconque marchandage.

Preuve de ce rapprochement, Attali brigue, comme les lecteurs de Bakchich le savent, le poste de ministre de l’Economie et des finances, même si l’intéressé assure ne pas vouloir entrer au gouvernement. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a pris la tête de « La Commission pour la libération de la croissance française ». Depuis quelques semaines, cet heureux titulaire d’une chronique dans L’Express se démultiplie aussi sur les chaînes de télévision et les radios pour expliquer la crise actuelle des « subprime ». Et de prédire qu’on va tout droit vers une nouvelle crise de 1929. Une prophétie qui fait doucement rigoler les économistes, les vrais.

Malgré ses erreurs et sa prétention, la presse française n’ennuie pas trop Attali. Il peut écrire des livres sur toutes sortes de sujets. C’est souvent truffé d’erreurs, comme les historiens l’avaient relevé pour son ouvrage consacré à la « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb. Mais ça se vend et même très bien. Dernier exploit de notre ami : une biographie assez gnangnan de Gandhi sur laquelle les médias ne tarissent pas d’éloges. Peu importe qu’il n’apporte rien de nouveau. L’essentiel est d’être présent dans les rayonnages des librairies.

Notre ami s’est découvert une nouvelle passion ces dernières années : le micro-crédit. Grâce à ses innombrables réseaux, il a réussi à se faire passer pour un innovateur en France et a même confisqué la dernière tournée de l’inventeur du micro-crédit et prix Nobel de la paix Mohammed Yunus alors que Marie Nowak a développé une activité de ce genre en France depuis des années. Bref, là où passe Attali, la presse ne voit que lui. Pas étonnant qu’il soit l’ami de Sarko bling bling.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 17:16

si certains pouvaient encore douter du passage du parti socialiste dans le camp du Medef et de Sarkosy, l'avant-garde social-libérale et ses têtes chercheuses Attali, Delors, Rocard sonnent la charge contre le monde du travail et notre pays. Les rats liés à la politique et aux affaires du grand capital ont déjè été au manettes de la France et l'histoire n'en a retenu que leur servilité à l'égard de la bourgeoisie, quand aux idées neuves de ces messieurs elles étaient déjà combattues par le mouvement ouvrier ce qui eut pour résultat de donner naissance au pari communiste français. Décidemment la résistane à l'oppression est bien une idée neuve.


Le rapport Attali veut accélérer la mutation de la France

LE MONDE | 19.01.08 | 09h54  •








Moins de cinq mois après son installation, le 30 août 2007, la commission pour la "libération de la croissance française", présidée par Jacques Attali, doit remettre, mercredi 23 janvier, à Nicolas Sarkozy le résultat de ses travaux : plus de 300 propositions de réforme constituant "un plan global" d'inspiration libérale, que ses concepteurs veulent "non partisan", pour assurer le retour en France d'une croissance forte et mettre en place dans le pays "une véritable économie de la connaissance".
i
 
Le rapport, révélé par le site Internet des Echos, se décline en huit "ambitions", vingt "décisions fondamentales" et 314 "décisions". Six des vingt propositions "fondamentales" portent sur la nécessité de préparer, très tôt, la jeunesse à l'économie du savoir et de transformer la France en un "champion de la nouvelle croissance". "De notre capacité à innover dépendront notre croissance et notre place dans la compétition mondiale. Formation, transmission des savoirs et qualification permanente sont donc les conditions premières de notre réussite", insistent les experts, que la stratégie européenne adoptée à Lisbonne en 2000 et le modèle finlandais de recherche et d'innovation semblent avoir inspirés.

Aussi préconisent-ils, entre autres, de créer dix grands pôles d'enseignement supérieur de taille mondiale – "la part du financement privé pouvant atteindre 80%" – et de redonner à la France tous les moyens, dont ceux de la recherche, pour "prendre une place de premier plan dans les secteurs d'avenir" : numérique, santé, écologie, biotechnologies, nanotechnologies, neurosciences, etc.

M. Attali pose le diagnostic en ces termes : "Le monde avance, la France doit croître" et "changer de vitesse", car dans un monde évoluant "à très grande vitesse", un pays trop lent "s'appauvrit", "se désole et recule". Il n'y a nul déclinisme dans ce constat, mais plutôt la conviction partagée et étayée que, malgré ses nombreux atouts, la France a pris du retard et "reste très largement une société de connivence et de privilèges". "Les conséquences de ce conservatisme général sont catastrophiques, en particulier pour les jeunes", écrit M. Attali, dont le constat rejoint sur ce point celui dressé par le socialiste Jacques Delors.

Faire revenir "pour tous" une croissance économique forte suppose des réformes rapides et massives, estime l'ancien conseiller du président Mitterrand. Donnant implicitement acte à Nicolas Sarkozy de sa volonté de faire bouger la France, M. Attali appelle clairement à l'abandon d'"un modèle hérité de l'après-guerre, alors efficace mais devenu inadapté".

Dans un domaine très exploré depuis trente ans, depuis le classique ouvrage de Malinvaud-Carré-Dubois sur La Croissance française (1972) jusqu'au rapport Camdessus de 2004, la commission Attali n'innove pas toujours, loin s'en faut. Réduire le coût du travail, ouvrir les professions réglementées, fiscaliser une partie du financement de la protection sociale, diminuer la dépense publique en faisant maigrir l'Etat et les collectivités publiques sont autant de recommandations de facture classique, qui sonnent, souvent, comme des redites. Mais ce faisant elles n'en apparaissent que plus "incontournables".

Pour réaliser ce travail sur la croissance, auquel le chef de l'Etat avait assigné le même objectif fondateur que celui fixé par le général de Gaulle au rapport Rueff-Armand (1960), l'ancien sherpa de François Mitterrand s'était entouré de quarante-deux personnes : des présidents de grandes entreprises comme Anne Lauvergeon (Areva), des Européens de premier plan comme l'Espagnole Ana Palacio, vice-présidente de la Banque mondiale, ou l'Italien Mario Monti, aujourd'hui président de l'université Bocconi de Milan, des acteurs de la lutte contre les discriminations, des patrons de PME, des économistes comme Philippe Aghion, professeur à Harvard, mais aussi le Britannique Theodore Zeldin, auteur d'une célèbre Histoire des passions françaises, et le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, des journalistes dont Eric Le Boucher, du Monde.

Ces personnalités d'horizons et de sensibilités politiques divers se sont progressivement forgé un jugement consensuel sur l'état de la France, avant d'élaborer ces propositions qui les engagent toutes.

"CONSERVATISME ACTUEL"

Globalement libérales, les propositions de la commission ne le sont pas toutes. Plusieurs sont empruntées aux social-démocraties scandinaves, comme la mise en place des agences pour les principaux services au public à la manière de la Suède ou celle de rémunérer les périodes de recherche d'emploi dans le cadre d'un "contrat d'évolution" des demandeurs d'emploi sur le modèle danois.

"La réforme peut faire peur, notamment aux plus démunis, alors que ce sont ceux qui ont le plus besoin de croissance", reconnaît M. Attali. Il avoue "une obsession""que tous soient gagnants, et en priorité les exclus d'aujourd'hui" – et propose, dans son "mode d'emploi" du changement, de respecter trois principes d'équité "cardinaux" : que la réforme concerne "toutes les catégories sociales et professionnelles", que les acteurs "les plus fragilisés" par la mobilité soient "les mieux accompagnés" et que les effets des réformes soient évalués dans la durée "et d'abord du point de vue des victimes du conservatisme actuel : en premier lieu les jeunes, les chômeurs, les plus pauvres et les exclus du marché du travail, et plus généralement les classes moyennes qui ne vivent que du revenu de leur travail".

Reste à l'exécutif à décider la suite qu'il entend donner à ces travaux. Ils ne constituent ni "un inventaire dans lequel un gouvernement pourrait picorer à sa guise ni un concours d'idées originales condamnées à rester marginales", mais, avertit M. Attali, "un ensemble cohérent, dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout".

 

Claire Guélaud
Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 14:41
Si être poète est une conduite morale, il doit écrire comme il pense, vivre comme il écrit, il doit s’engager avec son peuple, avec ses luttes, avec la Révolution ». (O.R.Castillo)

Pourquoi un hommage à Otto-René Castillo ?

Il y a des années de cela, Armand Gatti se tourne vers les mots d’Otto René Castillo, Il écrit Retour à la douleur de tous, une pièce-dialogue autour des mots du poète. Il essaye alors de dire le génocide en cours au Guatemala, Aujourd’hui, les accords de paix ont été signés dans ce pays mettant fin à la guerre de 30 ans. La situation n’est plus la même, les questions ne se posent plus de la même façon, Comment Armand Gatti retrouve-t-il, au sein de l’aventure qu’il est en train de mener cette année, la présence d’Otto-René Castillo ? Quelle conscience le poète guatémaltèque peut-il nous apporter quant à la question de l’indianité que nous sommes venus poser ? Et comment nous situer à l’intérieur des mots qui furent les siens ? Pour nous, il sera le relais - le témoin - que nous voulons devenir, à notre tour. La possibilité d’une parole qui se transmet pour continuer à questionner le monde qui nous entoure, Comment a-t-il lui-même interrogé le monde indien, non seulement à travers ses poèmes, mais également à travers ses engagements politique ? C’est avec les mots du guérillero qu’Otto René entre dans ce que sera pour nous le Premier voyage en la langue maya ; ces mots, répondu à César Montés lorsqu’un jour ce dernier lui demanda :
« Et vous croyez que vous allez mettre nos combattants, rompus à l’art du combat, endurcis par les affrontements et les difficultés, à faire du théâtre en laissant pour après l’usage des armes ? »
Le poète répondit sans hésiter :
« Je crois pouvoir faire avec le théâtre de la guérilla, ce qui ne pourra jamais s’obtenir avec des balles. »
Sous la force de l’argument, César ne trouva aucune réponse. Otto continua : « Les balles de tes combattants font tomber l’adversaire, sans possibilité de dialogue. Mais le théâtre dont je rêve, peut provoquer des changements en profondeur dans la mentalité du peuple, dans sa formation citoyenne, et sa participation à la vie de la cité. Et j’ai la certitude que ceci ne s’obtiendra jamais avec un fusil ! Je te propose d’user la force de nos combattants au profit du verbe. Rassembler la population, et lui présenter des œuvres théâtrales « conscientisantes ». Le théâtre pour approfondir et simplifier l’intégration populaire, au projet politique. Un projet politique ainsi intégré ne pourra que servir les intérêts propres du peuple. Précisément le type de théâtre que la société bourgeoise ne nous permettra jamais de représenter. Pour nos guérilleros, le danger sera le même. Le verbe au coût de nos vies. Le verbe, arme aussi dangereuse pour les classes dominantes, que nos vieux fusils ».
Les mots d’Otto-René Castillo ici présents, lorsque de chaque guérilla, il a voulu faire un théâtre, un lieu de paroles. Ce que l’on fait, se voudrait la réponse à cette tentative.

Dix dates pour dire Otto-Rene Castillo

1936 : Naissance de Otto-René Castillo à Quetzaltenengo Guatemala.
1954 : Otto-René est président des étudiants de postprimaires, Il est également activiste du Parti guatemaltèque du travail. Il fait alors divers métiers à El Salvador : peintre en maçonnerie, veilleur de nuit, vendeur de livres.
À 18 ans, il s’exile au Salvador avec d’autres révolutionnaires guatémaltèques. Il entre à l’Université nationale du Salvador, Il commence à écrire des poèmes révolutionnaires qui déjà attirent l’attention de cercles culturels à El Salvador.
1955 : Un exil dans un pays voisin lui est très fécond puisqu’il lui permet de consolider ses connaissances et convictions politiques par d’étroits contacts avec le P. C. Salvadorien.
Il reçoit le prix Centro Américain de Poésie, Son écriture commence à se nourrir de la douleur de son pays, elle se fait appel combatif et hommage aux Indiens (ce qui à l’époque est le souci d’une minorité).
Le cercle littéraire universitaire auquel il participe au sein des universités contribue à faire connaître beaucoup de poètes révolutionnaires ayant influencé la génération dite « engagée ». Il s’agit de Nazim Hikmet, Miguel Hernandez, César Vallejo, Pablo Neruda. 1957 : Retour au Guatemala, Otto-René y poursuit des études de Droit et de Sciences Sociales à l’Université de San Carlos, Intense activité politique et culturelle, fondation de la revue Lanzas y letras qui, avec celle de Jose Maria Lopez Valdizon : Presencia, est le porte-parole d’une jeunesse peu satisfaite du gouvernement d’Ydigoras Fuentes. Prix International de Poésie accordé, à Budapest, par la Fédération mondiale des jeunesses démocratiques.
1958 : Otto-René est déclaré meilleur étudiant et obtient une bourse pour étudier les lettres à l’Université de Leipzig (ex. R. D. A.).
1962 : Séduit par la personnalité de Joris Ivens, Otto-René abandonne l’Université et entre dans la brigade du cinéaste Hollandais qui s’est fixé pour objectif de filmer les luttes de libération des peuples latino-américains opprimés et exploités. Peut-être faut-il voir dans ce premier pas d’Otto-René vers la lutte armée l’impact que dût produire sur lui la tentative de coup d’État du 13 novembre 1960 ; ce soulèvement d’officiers et sous-officiers nationalistes contre Ydigoras, par trop lié aux contre-révolutionnaires cubains, avait débouché sur la première guérilla au Guatemala. Par ailleurs, la R. D. A., Berlin, Leipzig, lui inspirent des poèmes regroupés dans Le Véritable Miracle Allemand, recueil où il exalte la renaissance de cette terre, le volontarisme de son peuple face à l’adversité, la capacité de lutte et d’espoir de ces hommes et ces femmes.
1964 : Retour au pays. Retour à la douleur de tous. Otto-René codirige un journal étudiant, fonde le Théâtre expérimental de la municipalité et participe à l’activité clandestine, liée à la lutte armée. Tout cela mis ensemble finit par attirer I’attention du régime sur lui. 1965 : Nouvel et dernier exil, Otto-René Castillo est déporté. Il parcourt l’Algérie, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, Chypre et, Cuba. Un an après, retour au Guatemala pour s’incorporer à la guérilla des F. A. R. dirigée par César Montés.
1966 : Retour clandestin au Guatemala, Contre la volonté de César Montés, Otto-René rejoint les rangs de la guérilla dans la Sierra de Las Minas.
1967 : En mars, blessé au combat, Otto-René Castillo est capturé et conduit à la base militaire de Zacapa où il est torturé, mutilé et brûlé vivant, sans dénoncer ses compagnons, Il a 31 ans, Son œuvre littéraire a commencé à se faire dans l’adversité, ou en exil. Elle s’est poursuivie comme combat contre les restaurateurs du passé obscur. Otto-René Castillo incarne, en littérature et en politique, un mouvement en rupture avec les traditions de l’époque. Il va introduire dans la poésie ainsi que dans la vision politico-culturelle, une nouvelle manière de traiter le problème de l’Indien exploité. Pour Otto-René, il fallait re-examiner totalement les concepts de nationalité à partir des racines culturelles ancestrales, et en invoquant la potentialité révolutionnaire de la population indienne.
Autre dimension qui travers I’œuvre et la vie d’Otto-René l’engagement politique. Il ne suffit pas d’avoir une conscience politique, il faut que cette conscience se traduise par un engagement concret. Il fait sienne la phrase de Miguel Angel Asturias, « le poète est une conduite morale ».
Un autre aspect important dans I’œuvre et la vie d’Otto-René est sa compréhension de l’amour, Il ne s’agit pas ici d’une simple exaltation de la relation homme-femme, mais de la réaffirmation constante du sentiment de la vie confronté à l’injustice, la misère, la mort.
Nombreux sont les poèmes où il s’adresse à Karen, sa femme, rencontrée en Allemagne. Avec elle, il aura deux enfants, Le moment de la rupture l’a profondément marqué,

« RETOUR À LA DOULEUR DE TOUS »

Je suis revenu
après cinq ans.
Et la rue était seule pour moi.
Ce vieux vent
que je connais depuis mon enfance
caracola un peu dans mes cheveux
et il resta là dressé et joyeux,
Peut-être pour fêter mon retour.
Quant aux amis
on ne pouvait en voir aucun.
Presque tous sont pareils,
me dit-on vaguement,
mais leur peau
est maintenant plus pesante.
Presque tous également
travaillent dans l’ombre,
donnant par leur vieillesse
un dur et amer témoignage
de leur lutte.
Quelques uns, cependant,
se sont lassés et ils ont tourné
le dos au peuple et à leur orgueil.
Pour pouvoir manger et dormir mieux
ils se sont dépouillés d’eux-mêmes,
misérablement ils sont devenus
le vers qu’ils détestaient
et maintenant ils rampent,
sous terre, parmi les charognes
dont ils se gavent
côte à côte avec les fauves.
Malgré tout,
ils sont peu nombreux les traîtres,
ceux qui, un jour,
trembleront
face à la furie
multiple
du peuple
et ils demanderont pardon
et ils seront durement,
immanquablement
et justement
châtiés
parce qu’eux
ils ont toujours su
ce qu’ils faisaient.
Je suis revenu
après cinq ans
et personne
n’a pu venir m’accueillir.
Même pas ceux
pour qui j’ai vécu
luttant et criant :
« Vous êtes grands
puissants et, unis, vous pouvez
rendre cette vie plus insupportable.
Soulevez-vous ! »
Eux, non plus, ne se souviennent plus
de moi.
Mes compatriotes
souffrent et souffrent encore,
quotidiennement.
Peut-être aujourd’hui
un peu plus que jamais.
Je suis revenu, dis-je.
Et je suis ici
pour continuer le combat.
Et même si,
parfois,
d’autres lunes
plus lointaines et plus belles
me brûlent la peau, je resterai avec vous tous,
pour souffrir avec vous tous,
pour lutter avec vous tous,
pour vieillir avec vous tous.
À son retour,
diront, plus tard, les hommes,
il n’y eut rien ni personne
si ce n’est la rue seule
et ce vieux vent
qu’il connût dès son enfance,
il y a déjà tant d’étoiles,
tant et tant de pluies.« VISAGE COMMUN »
Aujourd’hui je palpe joyeusement un visage
formé de visages minuscules :
je palpe le grand visage commun.
Je vois visage et visage qui cheminent,
- comme deux tempêtes ennemies
allant à la rencontre de la foudre -
vers l’aigu visage père
formés d’hommes silencieux

qui ont pour demeure la faim, pieds nus
de baisers, de souvenirs et de désirs.
Le grand visage commun chemine
tel un homme gigantesque
fait de peuple et de printemps,
d’acier et de sang,
d’aurore et de larmes martyrisées en vain...
Tu ne sais pas,
ma délicate ballerine,
l’amère saveur à deuil
qu’a la terre
où fume mon cœur.
Si quelqu’un frappe à la porte,
tu ne sais jamais si c’est la vie
ou la mort
celle qui demande
une aumône.
Si tu sors dans la rue,
il se peut que jamais plus
les pas retournent
franchir le seuil
de la maison où tu vis.
Si tu écris un poème,
il se peut que demain
il te serve d’épitaphe.
Si la journée est belle
et que tu ries,
il se peut que la nuit
te retrouve dans une cellule.
Si tu embrasses la lune
qui caresse ton épaule,
il se peut qu’un couteau
de sel naisse à l’aube
dans tes pupilles.
Amère saveur à deuil
a la terre où je vis,
ma douce ballerine.
Tu sais,
je crois que je suis retourné
dans mon pays
seulement pour mourir.
Et en vérité
je ne le comprends pas encore.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans le coin du poête
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 14:35

Poème élégiaque

Malheureux exilés, épave abandonnée
de ce peuple martyr qui fut toujours vaillant,
fils d'une mère esclave, sans cesse angoissée,
victimes d'un exploit sublime et émouvant :
en pays étranger, bannis de leurs foyers,
pâles et décharnés, dans un sombre taudis,
ils boivent et leurs cœurs gémissants sont blessés,
et chantent mais leurs chants sont de pleurs assouvis.

Ils boivent ... Dans le vin, ils trouveront l'oubli
des détresses passées et des chagrins présents,
leur souvenir sera par le vin assoupi
et pourra s'endormir leur esprit turbulent :
dans la tête alourdie s'effaceront alors
de leur mère éplorée les traits endoloris
et ils n'entendront plus, ivres dans leurs transports
l'appel désespéré qu'elle adresse à ses fils.

Comme un troupeau traqué par un fauve affamé,
un peu partout déjà les voilà dispersés:
le tyran sévissant les menace à jamais,
féroce et sans pitié - de son glaive dressé,
ayant abandonné leur patrie dans le sang,
ayant abandonné leurs maisons dans le feu,
si loin à l'étranger - les voici tous errants
et seule la taverne est ouverte pour eux.

Ils chantent ... Et leur chant gémit farouchement
car leurs cœurs sont blessés, rongés par les malheurs
la haine les étouffe en son épanchement
et leur visage blême est tout baigné de pleurs ...
Car leurs cœurs opprimés, de fiel sont saturés,
la raison est déjà par le feu consumée,
la foudre vient briller dans leurs yeux injectés
et l'âme est assoifée de vengeance effrénée.

Or, leurs voix sont mêlées à l'hiver, à l'orage
qui gronde dans la nuit, hurlant terriblement
Le chant de la révolte - au loin il le propage,
déchaîné dans le monde avec la voix des vents,
Et, sinistre, s'éteint toujours le firmament
et cette nuit glacée est toujours menaçante,
et toujours plus ardent, vole partout le chant,
et la tempête y mêle une voix plus puissante ...

Ils boivent en chantant... Épave abandonnée
de ce peuple martyr qui fut toujours vaillant,
fils d'une mère esclave, sans cesse angoissée,
victimes d'un exploit sublime et émouvant :
bannis de leurs foyers, dénudés et nu-pieds,
en pays étranger, dans un sombre taudis,
ils boivent, dans l'ivresse ils vont tout oublier
et chantent mais leurs chants sont de pleurs assouvis.

Peïo Yavorov

Repost 0
Published by valenton rouge - dans le coin du poête
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 14:21

Accord sur la « modernisation » du travail : le chantage du moins pire

 

                                                                                                                                                        Accord sur la « modernisation » du travail : le chantage du moins pire

 

Vendredi 18 Janvier 2008 - 14:24

A l'exception notable de la CGT les syndicats ont donc signé l'accord interprofessionnel sur les contrats de travail. La décision finale, transposition dans la loi, est maintenant entre les mains de Sarkosy qui a mis la pression sur les syndicats en exigeant qu'ils signent une grosse partie du cahier de revendications du Medef sous la menace d'en transcrire la totalité dans une la loi


 
Les exigences du Medef portent sur trois questions essentielles avec comme point commun la recherche d'une flexibilité, d'une insécurité encore plus grandes que celles que connaissent déjà les salariés.

D'abord allonger les périodes d'essai.

Il s'agirait à la fois de mieux apprécier les compétences du salarié recruté et de bénéficier d'une période de consolidation économique. Les périodes d'essai sont généralement d'une durée d'un mois et de trois mois pour les cadres, ce qui est largement suffisant pour mesurer les qualités professionnelles d'un travailleur d'autant plus que l'embauche est entourée d'un luxe de précautions inouï. D'autre part, dans la pratique, la période d'observation est (en toute illégalité) plus longue puisque le recrutement en CDI est très souvent précédé de CDD ou d'intérim. Quant à la période de consolidation économique le raisonnement patronal devrait le conduire à exiger des périodes d'essai illimitées puisque la pérennité des commandes n'est jamais certaine.
En fait l'allongement des périodes d'essai présente deux avantages au yeux des patrons : se débarrasser quand ils le veulent des éléments jugés indésirables et pendant toutes ces périodes faire suer le burnous au maximum aux personnes embauchées à l'instar des méthodes de cette grande surface qui prenait 20 jeunes en contrats de qualification de deux ans en même temps et en annonçant qu'à l'arrivée il y en aurait 5 recrutés en CDI : des mères affolées devant l'état d'épuisement de leurs fils mis ainsi en concurrence appelaient l'inspection du travail pour demander ce qu'il était possible de faire.

Il faut savoir cependant que les périodes d'essai sont fixées par les conventions collectives de branches, l'accord interprofessionnel et la loi ne peuvent les abroger. Il faudra que dans chaque branche les patrons obtiennent les signatures syndicales.

La séparation à l'amiable


Il s'agit d'organiser une vaste fraude aux Assedic incompatible avec « la France qui se lève tôt ».

En fait cette modalité de rupture existe depuis toujours. La nouveauté serait qu'elle ouvrirait droit aux allocations chômage alors qu'actuellement il faut « être involontairement privé d'emploi » pour toucher les allocations.

Aujourd'hui « la séparation à l'amiable » se pratique autrement. Les départs, le plus souvent après 57 ans, sont arrangés entre employeurs et salariés : une lettre de licenciement avec un motif imaginaire accepté par le salarié. L'entreprise réduit ainsi, ou renouvelle, ses effectifs à peu de frais, le salarié de son côté est satisfait de partir en retraite anticipée payée pendant trois ans par l'Assedic. Ces pratiques sont légion en particulier dans les plus grandes entreprises. Actuellement 450 000 personnes sont ainsi dispensées de recherche d'emploi, non comptées dans les chiffres du chômage.

L'accord conclu légaliserait donc ces pratiques frauduleuses. Mais en plus il conduira à plus de licenciements : l'employeur qui veut se débarrasser d'un salarié pourra pousser le salarié vers la porte en lui menant la vie dure tout en lui faisant miroiter comme issue les allocations chômage au lieu d'une hypothétique procédure prud'hommale. En quelque sorte les allocations Assedic se substitueraient aux dommages payés par l'employeur sur décision du juge.

Il s'agirait, dit le Medef, de protéger les chefs d'entreprise contre l'insécurité juridique que représente les procédures devant les conseils des prud'hommes. D'où aussi l'exigence d'un plafonnement des indemnités accordées par le juge en cas de licenciement abusif. Etonnant de la part de gens qui prétendent que la caractéristique première de ces surhommes que sont les chefs d'entreprise c'est justement le goût du risque qui justifie leurs hautes rémunérations !

Mais quelle est donc dans la réalité l'ampleur du risque pris par le patron quand il licencie ? Le recoupement de diverses sources donnent ceci : bon an, mal an 800 000 licenciements par an, 140 000 procédures engagées en justice par les victimes dont 40 000 aboutissent à des condamnations en dommages et intérêts d'un montant moyen de trois mois de salaire, c'est-à-dire que chacun des 800 000 licenciements coûte en moyenne environ 250 € au patronat pris dans son ensemble. On voit l'urgence à protéger les chefs d'entreprise contre une telle menace !

Il y a bien sûr des cas où la condamnation est plus lourde, 6 mois de salaire, deux ans, quatre ans dans des cas extrêmes. Il reste que ces condamnations visent les cas ou l'abus patronal est manifeste et où le préjudice subi par le salarié est parfois considérable. En réalité le préjudice subi par un salarié de plus de 50 ans ayant fait toute sa carrière dans la même entreprise n'est jamais complètement réparé ; nombreux sont ceux qui, dans cette situation, ne retrouveront plus jamais de travail. Qui donc prend les risques et doit être protégé contre l'insécurité juridique ?

Est-ce que Sarkosy osera, d'une part légaliser les fraudes massives aux Assedic permises par l'accord et, d'autre part, favoriser la tâche de ces voyous qui mettent le couteau sous la gorge d'un travailleur en lui disant : « tu signes à l'amiable avec trois mois d'indemnités ou je continue à te mener la vie dure, tu seras tout de même lourdé et je te garantis qu'alors tu ne retrouveras plus jamais de travail dans la région ». Ces pratiques existent déjà mais en les légalisant on risque de les multiplier et on rend quasi impossible les contestations par les victimes. L'homologation par les directions départementales du travail pose enfin deux problèmes : d'abord, vu le nombre de ruptures, ces directions ne pourront pas suivre, ensuite il semble que le gouvernement a oublié de signaler aux négociateurs qu'il a prévu, dès 2008, la disparition des directions départementales du travail ?

La question se pose : peut-on en France interdire à un citoyen de demander réparation en justice quoi qu'il ait signé ? les tribunaux ne peuvent être privé du droit d'apprécier les conditions dans lesquelles le consentement à été obtenu, les motifs réels de la rupture, ainsi que le montant de la réparation du préjudice.

Un nouveau motif de CDD : le contrat de mission ou le contrat à objet défini.

Pas si nouveau que cela. Petit rappel historique : dans le silence du code du travail c'est le code civil qui réglemente le contrat de travail, or ce Code napoléon prévoit qu'on peut engager ses services pour une entreprise (un objet) déterminée. Cette possibilité a toujours donné lieu à de nombreux abus et à une très grande précarité tempérée cependant dans ses conséquences dans les périodes de faible chômage comme celle des années 60. En 1982 une ordonnance vient limiter une première fois le CDD de mission en obligeant à fixer une date de fin de contrat. Puis une loi du 12 juillet 1990 interdit totalement ce type de contrat. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que cette loi reprenait le contenu de l'accord interprofessionnel du 24 mars 1990 signé par le CNPF et les syndicats, CGT comprise. Bien que rarement, il arrivait encore à l'époque que le patronat signe des accords de progrès social.

Aujourd'hui le Medef récuse ce que ses prédécesseurs ont admis il n'y a pas si longtemps. On peut se demander dès lors ce que valent les signatures patronales.

Les délégations syndicales l'ont souligné, le CDD de mission serait un mauvais coup contre les salariés car il cumulerait les défauts du CDD c'est-à-dire l'éviction de l'entreprise sans autre motif que la fin de la mission et les défauts du CDI à savoir la possibilité du licenciement à tout moment. Exit la durée minimum garantie du CDD mais exit aussi la nécessité d'un motif réel et sérieux pour licencier du CDI.

Les constructeurs automobiles, par exemple, recourent fréquemment aux CDD (sous la forme intérim) lors du lancement d'un nouveau modèle et pendant toute la période de montée en charge et même au-delà. C'est le plus souvent illégal parce qu'il n'y a pas « accroissement temporaire de l'activité », il y a toujours en effet des nouveaux modèles. Les tribunaux, quand ils sont saisis, requalifient les contrats ainsi conclus en CDI. Avec le contrat de mission à objet précis on pourrait, en toute légalité, écrire à un salarié qu'il est recruté pour la période de lancement de tel nouveau modèle ou bien pour la période de montée en charge de tel marché à l'export, c'est le chef d'entreprise qui décréterait à tout moment que la période de lancement est terminée.

Avec 900 000 CDD et 650 000 intérimaires en permanence (donc deux fois plus de personnes concernées puisque ces précaires ne travaillent en moyenne que 6 mois par an) l'emploi précaire est déjà à un niveau très élevé, ça ne suffit pas aux actionnaires des grands groupes qui veulent toujours plus, conformément au credo de Laurence Parisot selon laquelle « la vie, l'amour, la santé sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette règle ? »

L'accord limite ce nouveau CDD aux ingénieurs et cadres. Rien n'empêchera demain de l'étendre à tous comme cela s'est fait avec le forfait jour réservé aux cadres par Aubry et étendu récemment à tous les salariés.

De plus l'accord prévoit la légalisation du « portage salarial », cette forme extrême de l'intérim où un salarié (le porté) se cherche des missions chez des clients, un intermédiaire (l'entreprise de portage) établissant des factures au client et les transformant en salaires après avoir déduit sa commission. Du trafic de main d'œuvre actuellement illégal.

On fera un sort rapide à la promesse que tous ces suppléments de souplesse favoriseront l'embauche et la lutte contre le chômage. Cette soupe a été servie cent fois depuis la légalisation de l'intérim en 1972 jusqu'à la dernière loi sur le rachat des RTT en passant par l'abrogation du volet anti-licenciement de la loi de modernisation sociale. On connaît les résultats.

Quant aux concessions qu'auraient arrachées les syndicats c'est la misère : Indemnité de licenciement portée à 1/5ème de mois de salaire, c'est déjà ce que prévoit la plupart des conventions collectives et c'est très faible (deux mois pour dix ans d'ancienneté, en Espagne c'est cinq fois plus depuis longtemps). Portabilité de certains droits comme les 20 petites heures de DIF annuels. Stages des jeunes pris en compte dans la période d'essai, encore heureux puisque ces stages sont des essais, de surcroît non ou mal payés.

Dans ces conditions l'accord est favorable au patronat à 99 %. Mystère ?
Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 14:14

undefinedTout cela est bel et bon mais qu’est-ce qu’on fait ?

Dans le fond chacun à leur manière Dimitri et Stelios posent la même question. L’un à propos du texte de Broda, l’autre à propos de celui d’Alain Bihr. Chacun sent bien que cela ne peut pas durer ainsi, il y a de la colère, beaucoup de solitude et d’impuissance. Il faut bien voir que chaque échéance électorale aujourd’hui est faite pour nous convaincre qu’il n’y a rien à faire, de nous épuiser en actes qui ne débouchent sur rien… les municipales et singulièrement dans ma ville Marseille portent au sommet ce mépris de nos espérances.

 

L’exemple marseillais

Hier soir ven dredi 18 janvier, je suis allée à une réunion dans laquelle un certain nombre de communistes s’interrogeaient  sur le que faire dans la mélasse marseillaise. Comme d’habitude dans cette ville sont exagérés les traits d’une élection municipale qui se déroule souvent avec des travers semblables mais plus atténués dans le reste du pays. Certains y verront le tempérament méridional, il est plus vraisemblable d’y voir une ville où l’affrontement de classe est plus exaspéré que partout ailleurs, une ville où la combativité ouvrière est forte mais où le niveau politique est faible, ce qui est historiquement lié au faible niveau de qualification d’une main d’œuvre immigrée que le patronat peut rejeter comme cela lui sied, la flexibilité exigée par le patronat ne date pas d’aujourd’hui. Dans une telle situation le patronat peut mieux diviser et le niveau politique reflète ces divisions, ces querelles de clans… Dans cette ville pourtant les luttes, le syndicalisme révolutionnaire, ont réussi dans certains secteurs à imposer le respect, à obtenir une stabilité relative. Mais c’est peu dire que depuis plus de vingt ans, ces acquis séculaires ont été démantelés. Il faudrait analyser des tas de phénomènes y compris la mise en pièce des solidarités générationnelles, la privatisation s’est souvent accompagnée de la coexistence de jeunes précarisés et d’anciens travailleurs au statuts momentanément préservé. Résultat les forces vives, la jeunesse, les plus prolétarisés sont désormais en rupture avec les organisations dans leur grande majorité. Il y a un personnage qui a perçu cela c’est Charles Hoareau qui à partir de la CGT a continué à mener le combat dans ces couches précarisées et a réussi ce que personne d’autres n’avait réellement tenté. Il ne s’est pas contenté d’organiser les chômeurs, les précaires, mais il est allé travailler des questions essentielles comme celle du logement, et il avait établi après des années de lutte un programme pour Marseille, ce que devraient faire des élus communistes.

Disons tout de suite que la démarche me paraissait bonne et il est dommage que la mélasse politicienne marseillaise empêche de la pousser jusqu’au bout. Première idée qui me vient : tant qu’on acceptera si peu que ce soit de participer à cette mélasse on empêchera une solution d’émerger. Comme je l’ai expliqué je ne considère pas ma volonté de m’abstenir aux élections municipales comme une fin en soi, mais plutôt une étape, celle du refus de cautionner les illusions et les manipulations.

Le jeu des deux familles


Pour ceux qui ne sont pas encore au courant de la « bouillabaisse » électorale marseillaise, voici une description rapide :
Gaudin en suivant l’exemple de Sarkozy est allé débaucher un ancien élu socialiste marseillais, Philippe Sanmarco. Ce à quoi son challenger le « socialiste » (sic) marseillais Guerini est allé débaucher à son tour une tête de liste de droite, un ancien des Sac… franceschi. Pour vous illustrer la situation c’est à peu près comme si Hollande répondait à Sarkozy  en attirant dans ses filets Pasqua…

C’est le jeu des deux familles, je te donne le PS Sanmarco, tu me donnes l’UMP Franceschi, de toute manière cela n’a strictement aucune importance ce sont les mêmes et nul ne voit de réelle différence, ici comme au plan national. Sarkozy on le sait s’apprête à parachever son système en annonçant un remaniement ministériel avec il l’espère Allègre et Lang à son tableau de chasse. C’est sordide mais éclairant comme l’est la forfaiture du PS face au vote du traité européen, cela relève du même mépris du peuple que de l’absence d’alternative politique.

Mais revenons à l’essentiel, face à la crise dont les menaces se précisent, face à la politique menée par Sarkozy au profit des riches qui va défendre Marseille prolétarienne et dans celle-ci je mets y compris tous les jeunes diplômés, pas seulement le prolétariat d’origine immigrée qui assure l’essentiel des services dans la ville ?… Où les travailleurs du port vont-ils pouvoir s’organiser, ceux des transports en général, ceux de l’EDF, etc… Est-ce un hasard si Fillon a entamé la campagne des municipales à Marseille en défiant ces travailleurs, en proposant un démantèlement du statut du docker?  Non je crois qu’il venait les exciter, les pousser au désespoir dans la débâcle politique organisée.

Parce que le vrai problème du capital est là en finir avec l’organisation politique de ce prolétariat, le diviser, l’individualiser. C’est ce que disent chacun à leur manière Badiou et Broda : la seule richesse du prolétariat, de ce « nous » qui n’existe plus et qu’il faut recréer c’est la discipline, l’organisation.

Ma propre position est celle que j’ai dite lors de la conférence de Badiou : si les élections peuvent contribuer à renforcer cette organisation je suis pour les élections, mais si celles-ci sont destinées à me faire perdre la tête, à me jeter dans du n’importe quoi, pour éviter une fois Le pen, une fois Sarkozy-Gaudin cela ne m’intéresse pas, cela contribue à ma névrose d’impuissance, à mon desespoir et cela ne relève plus du politique mais de la cure psychanalytique. Quand la politique n’est plus que le jeu d’ambition personnelle manipulée par un patronat qui tient les ficelles de la pipolisation, il ne reste plus qu’à déserter ce terrain piégé.

Guerini ne s’arrête pas là, il présidentialise la fonction de maire à laquelle il aspire, c’est-à-dire qu’il ne négocie plus avec ses alliés du PCF, il attire à lui les élus officiels de ce parti qui il faut bien l’avouer n’ont déjà plus que des liens distants avec leur fédération et avec tout projet communiste également. Il négocie avec chacun d’eux, et cela aboutit à quelques stupéfiants éclaircissements. Par exemple le maire communiste du secteur historique des quartiers nord, le successeur de Billoux et Guy hermier, Frederic Dutoit qui a déjà perdu son siège de député aux dernières législativex au profit d’un socialiste s’est rallié sans condition à Guerini. On pouvait penser que c’était pour sauver sa mairie, point du tout, il la laisse à la tête de liste socialiste. Qu’a-t-il obtenu en échange ?

Mais il n’est pas le seul, c’est là que l’affaire se corse, aux dernières présidentielles, frederic dutoit, mais aussi le sénateur communiste Robert bret, et la conseillère municipale Annick Boet avaient mené l’offensive contre la direction du PCF et la candidate Marie georges Buffet au nom de la démocratie des collectifs anti-libéraux et pour les deux derniers s’étaient prononcés pour josé Bové. En fait c’était la position officielle, en réalité l’un et l’autre faisaient campagne pour ségolène Royal et aujourd’hui le PS reconnaissant les prend sur son quota de membres du PS. Bref, ces « rénovateurs » impliqués dans la stratégie de Braouzec filent avec armes et bagages chez le PS. Peut-être cela nous aide t-il à mesurer ce qu’a été réellement la stratégie des collectifs anti-libéraux, leur manipulation pour achever le PCF.

La seule logique commune a été de faire passer les contenus au second plan derrière des personnalités dont on attendait tout de la capacité médiatique. Je suis convaincue que c’est cela qui peut être aisément manipulé. Ségolène Royal a été promue comme un marque de savonnette parce que c’était la candidate la plus faible, la moins dangereuse pour sarkozy, et pour être sûre de l’achever bayrou a été promu de la même manière.

Le politico-médiatique tel qu’il fonctionne aujourd’hui à coup de sondages, d’articles d’une presse dominée par les grands intérêts, ceux des groupes de propriétaires et des annonceurs peut aisément manipuler des individus, les promouvoir quand ça l’arrange, les abattre également mais il a plus de mal avec les forces organisées si faible soient-elles.

Ceci m’amène à ce qui est en train de surgir à Marseille. Inutile de vous dire que dans un tel contexte beaucoup de militants communistes sont écoeurés, le parti communiste ou ce qu’il en reste a voté à 70% l’entrée dans les listes Guerini mais avec le désespoir et la colère au cœur, convaincus par légitimisme ou par l’éternelle idée qu’il fallait aller surveiller les socialistes, les contrôler… Sans y croire réellement d’ailleurs… D’autres, les rebelles excédés se disent que cela suffit et pensent à renouveler derrière la ligue communiste l’expérience des collectifs anti-libéraux dont certains ont d’ailleurs poursuivi le travail entamé malgré les aléas de la présidentielle… Hier une camarade expliquait que dans « les boites », tous ceux qui n’en peuvent plus de la situation et sont désespéré par l’absence d’alternative disent « il n’y a que le facteur ».

Je vous le dit en toute sympathie : je ne suis pas convaincue. Il n’y a rien contre Besancenot ou la ligue, je crois qu’ils sont même conscients de la réalité dont ont témoigné les législatives. Si aux présidentielles Besancenot fait 5% et MGB moins de 2% aux législatives c’est différent, l’organisation retrouve son avantage. Et je crains que l’affaire telle qu’elle est partie consiste à promouvoir Besancenot pour achever le PCF, quitte après à achever Besancenot ce qui sera facile. Donc en disant cela je m’adresse avec gravité à mes camarades trotskistes, il faudrait peut-être que nous réflichissions ensemble puisque nous sommes conscients.

Il n’y rien contre les amis de la Ligue, contre leur idée d’un nouveau parti, c’est plus une question de méthode et du poids de l’élection telle qu’on est en train de nous la fabriquer. Empêcher toute issue, toute organisation, tout projet, tout changement de société par des forces organisées devenues les mêmes sans alternative et le renvoi à la marge de tous ceux qui veulent œuvrer à ce changement.

Il me semble qu’il faut exactement faire l’inverse de ce qui nous est proposé, ne pas se précipiter tête baissé dans n’importe quoi. Ce que je retire de positif de la réunion de hier, je le ressens déjà dans ce blog : les communistes présents se prononçaient pour des solutions différentes, l’une était sollicitée par sa section pour être le leader des communistes du quartier sur la liste Guérini, elle avait accepté convaincue qu’il fallait « surveiller les socialistes », son anti-socialisme instinctif lié à son amitié pour ses camarades du parti l’avait conduite à accepter. D’autres qui avaient quitté ou non le parti et qui s’étaient déjà prononcé pour Bové rentraient dans les collectifs anti-libéraux autour de la ligue contre Guérini. D’autres étaient organisés et ils faisaient le même choix en ayant soutenu MGB. Il y avait toute la palette et quelques autres comme moi, avec la même prévention. Le miracle de la situation et c’est pour cela que je la compare à ce blog était que nous nous écoutions, étions réellement désireux de nous entendre mutullement et surtout de la nécessité de ne pas se diviser pour « si peu ».

Les conditions d’une organisation

Parce que c’est bien cela qui ressortait, la conscience que quelque soit le choix opéré l’essentiel n’était plus là, il était dans la nécessité d’une organisation et celle-ci n’existerait me semble-t-il qu’à deux conditions incontournables.

Premièrement une perspective politique dont l’essentiel n’est pas la nature des alliances à opérer entre forces complètement divisées et en déshérence mais le contenu. Par exemple je leur ai fait remarquer le vide du terme anti-libéral alors même que bientôt le capital va tenter de sauver les meubles en recourant à l’intervention étatique… Que les nationalisations que nous n’osons plus réclamer ils vont finir par les mettre en œuvre, à nos dépends une fois de plus… Il y a tout un travail pour comprendre le monde tel qu’il est, la mondialisation, etc.

Deuxièmement, il faut une organisation  apte à favoriser l’intervention populaire, le contraire des partis aujourd’hui. Il faut retrouver la proximité sur les lieux de travail, dans les quartiers populaires.

Dimitri fait référence à Fidel Castro, il a raison : c’est absolument fascinant cette conscience historique qui est la sienne que le capitalisme est fini, qu’il risque d’entraîner l’humanité dans sa mort. (1)

L’idée de reconstruire un nouveau parti autour d’un leader pipolisé, de choisir à Marseille un autre leader me paraît aller dans le mauvais sens, c’est comme les collectifs anti-libéraux se disputant autour d’un leader comme des chauves se disputant un peigne, c’est la stratégie de gribouille on va dans le lac pour éviter d’être mouillé. Autre chose est une démarche à la base, sans prétendre recomposer une organisation quelconque, accepter un processus plus lent mais qui ne nous laissera pas une fois de plus désespérés. Et dans ce contexte là, il ne faut pas ignorer cette réflexion sur les consciences individuelles, leur soumission, leur peur qui est la meilleure arme du capital et des ses valets. Parce que comme nous le disions, les conditions objectives du changement de société sont réunies mais c’est peu dire que les conditions subjectives ne le sont pas. Au titre des conditions subjectives il y a la perspective proposée, l’organisation, mais aussi dans l’individualisme, la solitude à laquelle nous sommes contraints des mécanismes qui relèvent d’autres profondeurs. Nous n’osons pas aller jusqu’au bout, nous cherchons encore et toujours quelqu’un ou quelque chose qui nous économise le combat indsipensable, je crois que c’est la seule chose que disent badiou et Broda: de quoi Sarkozy est-il le nom, de notre peur…

Donc il faut imperativement penser autrement, se révolutionner…

Donc tant que ces deux conditions indispensables n’avancent pas l’élection me paraît à Marseille un piège à con… voilà la base de mon accord avec Badiou et Broda, mais je suis bien d’accord tout reste à faire. Cela dit la première règle est de ne juger aucune expérimentation, d’être ouvert et de seulement garder le cap sur l’essentiel : comment faire face à l’urgence, à cette terrible crise qui menace la planète et qui va aggraver la vie de millions d’individus ?

Comme nous disions jadis : « ce n’est qu’un début continuons le combat ! » ou encore cette phrase essentielle « un peuple uni jamais ne sera vaincu ! » Nul n’a la solution, ne nous divisons pas et avançons.

Danielle bleitrach

(1) j’espère que notre livre, en particulier grâce à Bonaldi fera bien percevoir cette conviction et la manière dont il arrive à la faire partager à un peuple. Aujourd’hui les Cubains et toute l’Amérique latine qui mesurent la force d’une telle vision sont sans doute d’accord avec le choix de ne pas l’épuiser par des contacts vains, de ne le faire aller qu’à l’essentiel, de laisser s’exercer cette formidable lucidité historique le plus longtemps possible.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 14:05

Sarkozy : toujours rien sur le pouvoir d’achat

palais de l’Élysée . Le discours du président de la République, hier matin lors de ses voeux aux forces vives, sonne comme un nouvel aveu d’impuissance.

Vingt fois les mots « travail » ou « travailler », onze fois ceux de « pouvoir d’achat », le tout concentré dans les dix premières minutes de son allocution : Nicolas Sarkozy aura voulu, hier matin, lors de ses voeux aux forces vives de la nation, faire taire ceux qui l’accusaient d’avoir oublié ses promesses de campagne.

« Lorsque certains font croire aux Français qu’il serait possible de distribuer du pouvoir d’achat tout de suite, sans travail et sans réformes, je reconnais la démagogie qui a fait tant de mal à notre pays depuis trois décennies », a tenu à préciser le chef de l’État, comme pour tempérer les attentes de plus en plus fortes des Français concernant leurs revenus.

« des caisses

qui sont déjà vides »

Arguant hier qu’il ne pouvait vider « des caisses qui sont déjà vides » ou « donner des ordres aux entreprises », le président n’a ouvert aucune nouvelle piste alors que les prévisions économiques ne semblent guère pouvoir l’aider à aller au-delà de ce constat d’impuissance.

« 2008 sera une année difficile pour le processus de réformes du président Nicolas Sarkozy puisqu’il devra faire face à un environnement externe qui s’est fortement détérioré et au mécontentement suscité par l’absence de résultats à court terme de sa politique », observait hier Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas.

Les réactions syndicales ne se sont d’ailleurs pas fait attendre : « C’est un discours qui ne restera pas dans les annales, et qui n’était pas d’une grande portée. Il n’y a aucune réponse nouvelle sur les revendications sur le pouvoir d’achat, qui s’intensifient pourtant de plus en plus », déclarait le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault.

Guère plus tendre, son homologue de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, considérait que l’on restait « dans la vieille logique selon laquelle si l’on veut favoriser l’emploi, la croissance, il faut plus de précarité et plus de flexibilité, donc il faut faire des sacrifices ».

« Une conception du rôle du travail relativement simpliste », ajoutait Gérard Aschieri, responsable FSU, « basée sur la quantité de travail, mais pas sur la qualité ». Un argument partagé par le président de la CFTC, Jacques Voisin, qui estimait que le président « cherche des boucs émissaires lorsqu’il dit que les salariés ne travaillent pas assez, que c’est la faute aux 35 heures. Sa démonstration sur le travail du dimanche ne m’a pas convaincu. Je ne la partage pas. La vraie question est celle du temps de vie ».

des patrons qui se montrent satisfaits

Nicolas Sarkozy est néanmoins parvenu à convaincre les représentants des organisations patronales. Le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), Jean-François Roubaud, a même souligné que ces voeux étaient « dans la droite ligne de ce que l’on attendait : glorifier le travail, glorifier ceux qui se décarcassent pour faire avancer la France ».

Autre sujet de satisfaction : les félicitations du président pour « le travail accompli par les partenaires sociaux » sur la réforme du marché du travail, accord que la CGT devrait refuser de signer.

« Je remarque que le président a salué le travail gigantesque que nous avons fait entre partenaires sociaux et a recommandé que le gouvernement reprenne le contenu de l’accord, sous-entendu rien que le contenu de l’accord », a déclaré la présidente du MEDEF, Laurence Parisot.

Nicolas Sarkozy a également abordé la question des OGM, justifiant l’activation de la clause de sauvegarde contre le maïs Monsanto, et celle de la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publiques, soulignant que la mesure serait compensée par « un financement très largement mutualisé sur la totalité des nouveaux moyens de communication » (voir page média).

* PCF. « Le président de la République a prévenu qu’il n’y aurait pas d’augmentation de pouvoir d’achat sans contrepartie. De qui se moque Nicolas Sarkozy, pris en flagrant délit de double discours ? En effet, quand il s’agissait de donner 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches l’été dernier, où était l’exigence de ces fameuses "contreparties" ? » a réagi Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

Frédéric Durand

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 13:58

undefined

samedi 19 janvier 2008 par Vanessa Serarien

Les Français commencent à douter sérieusement du président de la République. En cause : ses promesses non tenues sur le pouvoir d’achat, un moral économique dans les chaussettes… et le mode de vie trop « bling-bling » du fiancé de Carla, qui choque, notamment dans l’électorat de droite. Mais Sarko entend tenir bon. Au risque de continuer de glisser dans l’opinion.

Moins six points dans le sondage Ipsos-Le Point. Moins six également dans le baromètre BVA-L’Express. C’est le deuxième mois de baisse consécutive pour le Président de la république. En deux mois, sa cote a dégringolé de dix points. La conférence de presse du 8 janvier n’a pas enrayé cette montée du mécontentement. Et l’annonce de son mariage imminent avec Carla Bruni n’a pas calmé les esprits après quelques semaines de "pipolisation" exacerbée.

Première raison de cette déception : le pouvoir d’achat. Les Français sont tétanisés par les augmentations des prix. Les hausses ont été spectaculaires dans l’énergie, l’alimentation, le logement et dans certains services. Nicolas Sarkozy avait fait campagne sur le volontarisme politique, le pouvoir d’achat, et il s’est montré impuissant à redresser la barre. Le moral des ménages est d’ailleurs retombé à son niveau le plus faible depuis mai 2006 !

Les électeurs âgés et ceux du centre le boudent

On remarque également dans les dernières enquêtes d’opinion une très forte désaffection parmi les plus de 65 ans. Moins 11%. Les personnes âgées, qui sont au cœur de son électorat, sont en premier lieu inquiètes de l’évolution économique, mais elles émettent également un jugement de valeur sur le style présidentiel durant les dernières semaines. D’ailleurs, à la sortie du conseil national de l’UMP, samedi 12 janvier, les militants les plus âgés ne cachaient pas leur désapprobation sur le comportement de leur chef. Manque de tenue, manque de tact à l’égard de son fils et de celui de Carla Bruni… « Son discours nous a redonné de l’énergie, mais cela n’efface pas les dérapages des dernières semaines », confiait une dame d’une cinquantaine d’année. Enfin, le décrochage est également assez impressionnant parmi les électeurs du Modem : moins 21% ! L’ouverture, le gouverner tous ensemble, prôné par François Bayrou et mis en oeuvre par Nicolas Sarkozy ne suffit plus à masquer les divergences de fond, notamment sur la gestion des déficits et de la dette, axe central de la campagne du candidat du Modem.

On sent de manière perceptible le fossé se creuser entre le président et le pays. Alors que le ciel s’obscurcit, avec une croissance mondiale en recul, une économie américaine menacée par la crise des subprimes et un baril à cent dollars, le chef de l’Etat affiche non seulement son idylle, mais un train de vie fastueux. De manière jubilatoire, « exhibitionniste », pour reprendre l’expression de Ségolène Royal. Et ce bonheur insolent vient percuter le moral en berne des français qui broient du noir.

Les présidents face aux désillusions

Les débuts de mandats sont généralement marqués par la désillusion. Après des campagnes où l’on a peint l’avenir en rose, le retour à la réalité est souvent difficile. François Mitterrand, lui, avait réussi à conserver une cote positive jusqu’au printemps 1983. Confronté à un risque de décrochage du franc, il avait engagé la fameuse « parenthèse dans les réformes », qui ne sera jamais refermée. Jacques Chirac s’est retrouvé dans le rouge dès l’automne 1995, lorsqu’il a tourné le dos à ses promesses sur la fiche de paye et la fracture sociale en se soumettant à la rigueur budgétaire qu’il avait dénoncé durant toute sa campagne…

La grande différence avec Nicolas Sarkozy, c’est que ce dernier n’a pas renoncé à faire la politique qu’il avait annoncée. Même si les résultats ne sont pas au rendez-vous. Il continue d’être persuadé que sa politique de réformes tous azimuts, afin d’éradiquer les rigidités de l’économie et de créer les conditions d’une croissance durable, est la bonne. « Les heures sup, cela va marcher. Et l’année 2008 va tenir ses promesses, avec des réformes de fond, qu’il s’agisse de la fusion ANPE-UNEDIC, de la carte hospitalière, du contrat de travail, de la révision des politiques publiques », répète-t-on dans son entourage. Mieux : « 2008 va faire apparaître une vision globale », affirme même son ministre du budget, Eric Woerth.

Le chef de l’Etat qui espérait, avec l’ouverture, pouvoir s’appuyer sur un large soutien de l’opinion publique est aujourd’hui revenu à un étiage classique droite gauche, avec une opinion très clivée. La droite, même si elle émet des réticences sur le style et la personnalité de Nicolas Sarkozy, lui sait gré d’avoir fait bouger les lignes, qu’il s’agisse des régimes spéciaux, de l’autonomie des universités, de la négociation sociale. Elle veut qu’il aille encore plus loin. Le chef de l’Etat ne cesse de répéter qu’il va aller plus vite. Mais en ayant mis en avant la notion d’évaluation, il risque de se voir reprocher l’absence de résultats tangibles. Et d’être lui aussi mal noté.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 13:51

undefinedLe PS affirme avoir perdu près d'un quart de ses militants en un an


ouf enfin seuls !

LEMONDE.FR avec AFP








Le Parti socialiste a perdu entre 40 000 et 60 000 adhérents depuis le vote d'investiture pour l'élection présidentielle de novembre 2006, a-t-on appris vendredi 18 janvier auprès de la direction du PS.

"On est entre 160 000 et 180 000" contre un peu plus de 218 000 au moment de la primaire interne qui a vu la victoire de Ségolène Royal devant Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, a expliqué à Reuters Kader Arif, secrétaire national chargé des fédérations. Ces chiffres représentent une décrue de 17 à 27 %, huit mois après la défaite présidentielle du PS, la troisième consécutive.

 
La fourchette approximative s'explique par le fait que "les gens peuvent reprendre leur carte jusqu'à mi-février" 2008, a précisé Kader Arif, démentant que la perte s'élève à 40 % de militants, comme l'ont évoqué certains journaux.

Il a, en revanche, confirmé qu'une majorité des nouveaux adhérents - les militants à 20 euros - qui s'étaient inscrits dans la perspective de l'investiture avaient quitté le PS. "Dans les cartes à 20 euros, on n'en récupère que 30 % même si cela varie beaucoup d'une fédération à l'autre", a-t-il déclaré.

"C'est un ressac important mais c'est toujours la même chose pour une année de congrès ou de désignation. On assiste à une élévation forte [du nombre de militants] avant une perte importante", a-t-il assuré.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article