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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 23:17
undefinedsamedi 2 février 2008

PARIS : conférence-débat "Cuba, l’Union Européenne et les Droits de l’Homme"

Le Comité de Paris de France Cuba vous présente ses meilleurs vœux pour l’année 2008

et vous invite


Samedi 2 février à 18h

Salim Lamrani viendra présenter son nouveau livre :

Double morale

Cuba, l’Union Européenne et les Droits de l’Homme

à la CMCAS Paris 19 rue de Provence 75009 Paris

M° Lepeltier – Richelieu Drouot – ND de Lorette

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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 23:11

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On dit parfois qu’on peut faire tout dire aux chiffres, et qu’ils ne prouvent rien. C’est parfois vrai, quand on les manipule, en les coupant de leur contexte. Mais il reste une réalité majeure en 2007 : certains chiffres sont tellement révélateurs des désastres entraînés par l’impérialisme aux quatre coins du globe que nos grands moyens d’information les taisent ou plutôt les noient sous un océan d’infos sans importance, « people » ou faits divers : aucun moyen dans ce fatras manipulé de découvrir le sens d’une actualité mondiale.
Le savez-vous ?
- L’Irak est livré au chaos par l’occupation américaine, que Nicolas Sarkozy ne met plus en cause au nom de la France ; on sait habituellement que les USA de Bush (et de ses opposants démocrates qui votent les crédits de guerre au Congrès…) dépensent des sommes énormes en crédits militaires, plus élevées que le budget national des états africains réunis.
- On sait moins que les occupants US de l’Irak sont seulement pour moitié des militaires, dont les pertes sont publiées en partie (plus de 3800 avoués depuis 2003), et pour l’autre moitié de 150.000 soldats mercenaires, salariés de sociétés privées : ils ne relèvent ni des lois irakiennes ni de la justice américaine, et leur statut permet de cacher l’effectif de leurs pertes au combat contre la résistance irakienne. On commence à savoir tout de même une réalité effrayante : le peuple irakien, depuis l’invasion, a perdu plus d’hommes, femmes et enfants que le Rwanda du fait du dernier génocide, en 1994 ; sans parler des centaines de milliers de réfugiés qui ont fui vers les pays voisins, la Syrie par exemple… Quant aux soldats US revenus d’Irak, ce qu’ils ont vu et fait les a à ce point traumatisés que des milliers d’entre eux se sont suicidés selon la presse américaine, l’an dernier !
Venons-en à la Palestine, plus encore qu’avant condamnée à la pauvreté, à l’apartheid raciste, non par la faute des islamistes comme le claironne la presse française, mais par la colonisation israélienne ; l’écart entre le PNB palestinien et israélien était de 6 pour 1 il y a quelques années ; il est aujourd’hui de 30 pour 1, à cause de l’asphyxie de la bande de Gaza, et à la multiplication des « checkpoints » dans les territoires palestiniens occupés (300 il y a deux ans, près de 600 aujourd’hui) ; la « bonne volonté » israélienne, donnée régulièrement en exemple lors de la libération de quelques prisonniers plus ou moins ralliés, fait oublier que les prisons d’Israël détiennent aujourd’hui 11.000 détenus politiques palestiniens ; et le discours sur la dangerosité des militants palestiniens du Hamas, des militants libanais du Hezbollah, du président Ahmadinejad n’ont pour but que de faire oublier le vrai rapport des forces au Moyen-Orient : l’état d’Israël, puissance coloniale, sponsorisé par les USA, est aussi la première puissance militaire de la région, avec une capacité nucléaire proche de celle de la France, une armée aux effectifs plus nombreux que celle du Royaume Uni ; et il est le quatrième exportateur d’armes (et de conseillers militaires) dans le monde…
L’une des caractéristiques du système capitaliste actuel est de manipuler l’opinion comme jamais ce ne fut le cas dans l’histoire, grâce au contrôle du pouvoir médiatique. Il serait temps pour le mouvement révolutionnaire et progressiste d’élaborer des ripostes à cette situation. Aucune transformation de la société ne sera possible sans cela.

Francis Arzalier

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 22:58
Demain

(État de veille, 1942)


Agé de cent-mille ans, j'aurais encore la force
De t'attendre, o demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,


Peut gémir: neuf est le matin, neuf est le soir.


Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.


Robert Desnos (État de veille, 1942)

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 22:01

arton2811-ab68f.jpgPlus besoin ici de présenter Jolie Môme.
Par contre il n’est pas inutile de rappeler la pétition de soutien à Michel Roger et Ludovic Prieur mis en examen dans un motif à peine croyable.

Un extrait de ce qu’écrit Aline Pailler à propos de cette affaire

« Michel Roger, de la Compagnie théâtrale Jolie Môme, et Ludovic Prieur, animateur du webmedia associatif et coopératif hns-info.net, se retrouvent mis en examen par un juge d’instruction du TGI de Paris pour violation de domicile suite à une plainte de la Direction nationale de la CFDT...

Intermittents et précaires : deux mises en examen pour violation de domicile suite à une plainte de la CFDT... Mais où va-t-on ? Le siège de la centrale syndicale, boulevard de La Villette à Paris... Les faits incriminés ?

Le 19 avril 2005, à l’appel de collectifs et d’individus, une centaine de personnes entrent au siège de la CFDT à l’occasion d’une exposition ouverte au public .Pour ces chômeurs, intermittents, RMIstes, salariés à temps partiel ou en CDD, il s’agit de rencontrer des dirigeants de la CFDT afin de leur faire part des conséquences induites sur la vie de centaines de milliers de personnes par la signature des nouveaux accords UNEDIC (régime général, protocole des intermittents). L’échange n’a jamais eu lieu car, après deux heures de présence dans les locaux, la centaine de précaires voient débarquer les forces de l’ordre.
Quelques instants plus tard, les précaires sortent escortés par la police sans subir de contrôle d’identité ou d’interpellations ce qui témoigne au passage du caractère tranquille, bien que déterminé, de l’occupation. Présent sur les lieux, Ludovic Prieur écrit dans la foulée un article et le publie sur HNS-info ;

Comment un syndicat peut-il en venir à porter plainte contre des précaires en lutte ?

Cette question, il faudrait pouvoir la poser aux dirigeants nationaux de la CFDT. A priori un syndicat est là pour défendre les salariés, y compris les plus précaires, et non les attaquer ! L’histoire du mouvement syndical, y compris celle de la CFDT, témoigne combien les moyens d’actions autres que la seule négociation ont permis de gagner des combats, d’obtenir de nouveaux droits ou de conserver des acquis sociaux ! Les grèves et les occupations sont parties intégrantes du combat syndical.

Quelles conséquences pour Ludovic et Michel ?

Au regard des articles 226-4, 226-5, 226-31 du code pénal qui leurs sont opposés, chacun d’eux risque jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

Quelles conséquences politiques ?

L’enjeu de ce procès n’échappera à personne : il s’agit de criminaliser une pratique politique, l’occupation ! Si la direction de la CFDT sortait vainqueur de ce procès, cela donnerait en effet lieu à une jurisprudence ouvrant la voie à la condamnation de tout auteur d’occupation de locaux publics ou privés. Cette pratique de lutte très répandue a montré son efficacité,tant en termes de visibilité que de conflictualité, il nous est donc impossible de perdre ce procès !

Notre victoire permettra aussi de rappeler à tous ceux qui l’auraient oublié qu’il est impossible d’écarter les premiers concernés de tout processus de décision et que les précaires plus que jamais sauront faire entendre leurs voix et leurs revendications. »

Pour signer la pétition de soutien intitulée fort justement "si j’avais su j’y serais allé", pétition qui a reçu à ce jour 6639 signatures, cliquer ici

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 13:06
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AFPS
 

Pétition pour faire libérer Salah Hamouri, jeune Français palestinien détenu depuis 2005 par les autorités israéliennes sans la moindre preuve et sans jugement.

Signez, EN BAS de cette page, cette pétition qui sera remise aux autorités françaises qui DOIVENT agir auprès des autorités israéliennes pour obtenir la libération de Salah Hamouri.

Monsieur le Président de la République,

citoyen-ne français-e, attaché-e au droit, indigné-e par le sort injuste fait à notre concitoyen Salah Hamouri, détenu en Israël depuis 2005, sans jugement et avec un dossier d’accusation vide, je vous demande de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour faire libérer ce jeune Français dont la famille vit à Jérusalem.

Vous vous êtes engagé à apporter votre concours à la libération de tous les Français soumis à d’injustes détentions dans le monde, à "les chercher où qu’ils se trouvent".

Merci de tenir votre parole et d’agir au plus vite pour obtenir la libération de Salah Hamouri.

Avec mes remerciements citoyens anticipés

http://www.france-palestine.org/

Vous pouvez aussi écrire à Salah dans sa prison israélienne

 [1], afin de lui témoigner votre solidarité et l’assurer que des citoyen-ne-s de son pays, la France, entendent obtenir justice pour lui et le faire libérer :

Salah Hamouri

Rimonim prison

Po box 778

Even-Yehuda 40500

Israel

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 23:18

akistan et ses voisins par COMAGUER

Dans la crise politique pakistanaise, sans du tout minimiser les  données intérieures, les regards étrangers se tournent évidemment vers les voisins pour voir le rôle qu’ils peuvent y jouer et essayer d’évaluer les contrecoups qu’elle peut avoir chez eux.

Cette démarche  conduit à faire de l’Afghanistan le  point central de l’analyse et à réutiliser une nouvelle fois le discours monomaniaque de la «Guerre contre le terrorisme ». Le seul problème du Pakistan serait donc celui des groupes islamistes militants installés dans les massifs montagneux qui séparent les deux pays et qui se jouent de cette frontière difficile à contrôler.

Ce n’est pas le seul problème que les analystes US sérieux  - il y en a - prennent en compte mais il suffit au discours simplificateur de la propagande fabriquée à Washington et répandue ensuite à satiété dans les médias occidentaux.

 

Certes l’Afghanistan est un voisin bien particulier puisque, avec lui,  le Pakistan qui borde l’Océan Indien a par un miracle de la géopolitique virtuelle contemporaine des frontières communes avec  un pays occupé par les troupes de l’ORGANISATION DU TRAITE DE L’ATLANTIQUE NORD.

Les maoïstes avaient appris comme YUKON à déplacer les montagnes, les généraux de l’OTAN déplacent, eux, les océans !

Cette performance cartographique n’a pas échappé aux  autres voisins du Pakistan : l’IRAN à demi encerclé par les armées de BUSH and CO, l’INDE qui louvoie en permanence entre Washington, Moscou et Pékin et qui a des conflits frontaliers non résolus avec le Pakistan (Cachemire) et avec la Chine (le tracé de la frontière sino-indienne entre l’ouest du Népal et  l’Est du Pakistan dans le massif du Karakorum n’a jamais été réglé et surtout la CHINE.

La Chine et le Pakistan ont en effet une frontière commune à l’Ouest de ce même massif du Karakorum. Elle est courte, à une altitude très élevée , mais elle est ouverte et une route carrossable en tout temps y a même été construite qui met directement en relation le Pakistan avec la province chinoise autonome du SINKIANG. L’existence de ce lien est un des témoignages des relations confiantes qui existent entre les deux pays depuis leurs indépendances respectives (1947 pour le Pakistan  - 1949 qui pour la Chine n’a pas été une indépendance formelle mais la fin de la main mise étrangère sur le pays). Ces relations ont été entretenues par une commune méfiance vis-à-vis de l’Inde et ont survécu aux turbulences de la période de la Guerre froide (rupture Chine –URSS et alliance Inde-URSS)

Lorsque soudainement, en Octobre 2001, les USA fondent sur l’Afghanistan, les deux pays sont conduits à se poser les mêmes questions.

Pour le Pakistan qui a rendu d’énormes services à l’impérialisme US pour faire échouer l’occupation soviétique de l’Afghanistan et sans qui cet échec était impossible , qui a été le tuteur choisi par Washington des « terroristes islamistes » de toutes provenances, voir arriver directement l’armée US sur sa propre frontière est un désaveu, la manifestation d’une confiance désormais sous conditions et d’un resserrement de la surveillance d’un pays devenu puissance nucléaire dans le dos de l’impérialisme.
Pour la Chine le problème est encore plus grave. La Chine a une petite  frontière avec l’Afghanistan et à partir d’Octobre 2002 elle a donc des troupes US, suivies pas des troupes de l’OTAN, a une de ses frontières et précisément dans cette  région d’Asie Centrale où le « terrorisme islamiste » fabriqué en Afghanistan par les Etats-Unis se développe et l’inquiète.

Les deux pays vont donc se trouver assez facilement d’accord pour resserrer leurs liens, chacun proclamant haut et fort sa volonté de participer à la « guerre contre le terrorisme » sous-entendu le « terrorisme islamiste sponsorisé par la CIA »

Ils vont le faire sur le terrain de l’économie et les résultats sont au rendez-vous. Les échanges commerciaux ont cru à la vitesse de l’économie chinoise elle-même, la route du Karakorum est ouverte  et ils vont passer  en 2002 un accord pour ouvrir un nouveau port à vocation internationale  sur la côte de la province pakistanaise du Baloutchistan.  Ce port financé par la Chine et en partie construit par des entreprises chinoises est installé à GWADAR est remarquablement situé.

A 60 kilomètres de la frontière iranienne il est au débouché du détroit d’ORMUZ, porte de sortie vers l’Asie  l’Europe  et dans une moindre mesure l’Amérique de la plus grande partie du pétrole et du gaz du Golfe (exportations de l’Arabie Saoudite, du Koweït, du Qatar, des Emirats arabes unis, de l’Iran et du sud Irak). A ce titre, le détroit d’Ormuz est une véritable veine jugulaire du commerce mondial. L’emplacement est donc stratégique et placé à l’extérieur de la véritable nasse que constitue le Golfe. Il permet au commerce extérieur chinois d’avoir une issue directe sur l’Océan Indien : le Sin-Kiang chinois est à environ 1500 km de GWADAR et à plus de 3500 kilomètres des grands ports chinois de la mer de Chine et il permet de donner un accès maritime à tous les pays d’Asie Centrale en contournant l’insécurité afghane.

Le port de GWADAR s’inscrit en même temps dans un vaste projet d’aménagement du territoire pakistanais : développer le Sud-Ouest du pays à l’écart de Karachi saturé et trop proche de la frontière indienne, créer une ville nouvelle – GWADAR n’est au départ qu’un village de pécheurs – des zones franches industrielles, relier ce nouveau pôle à Karachi et à la capitale par des autoroutes.
Les travaux du port ont commencé très rapidement en 2002 et sont pratiquement achevés. Quelques retards ont été constatés  qui pour une part résultaient d’actions terroristes conduites par des islamistes indépendantistes baloutches  mais l’inauguration officielle –par Mousharraf lui-même -  a eu lieu et le  trafic portuaire va débuter.

Pour les stratèges US,  GWADAR veut dire depuis le lancement du projet « port chinois  sur l’Océan Indien », autant dire une très mauvaise note pour Mousharraf. Pourtant les gouvernements chinois et pakistanais ont pris de souligner qu’il ne s’agissait que d’un projet de coopération économique et la gestion du nouveau port a été confiée à un des meilleurs spécialistes mondiaux : le port de SINGAPOUR.
 

5 Réponses vers “Le Pakistan et ses voisins par COMAGUER”


  1. 1 NOSE DE CHAMPAGNE 2008 janvier J à 11:10

    C’est vraiment très intéressant et intelligent, et ça colle “terriblement”/magnifiquement bien avec la théorie de la “guerre hors limite”…

    NOSE

  2. 2 NOSE DE CHAMPAGNE 2008 janvier J à 11:13

    Pour ma part, je pense que le plus gros problème du Pakistan n’est pas tant celui de ses groupes islamistes et de ses madrassas, mais celui de l’immense pauvreté du “petit” peuple, en deça des petits artisans…
    Et le problème de cette partie du peuple, c’est précisément d’être un jour partie prenante dans un décollage économique qui pourrait être provoqué par un partenariat avec la Chine.

    NOSE

  3. 3 dimitri 2008 janvier J à 3:26

    Le probléme ? Les problèmes du pakistan: colonnialisme, état corrompu, abscence de parti révolutionnaire organisé, géopolitique complexe a la croisée de la chine de l’inde et du moyen orient… L’extreme pauvreté n’est pas la cause, mais l’effet de tout cela.

  4. 4 NOSE DE CHAMPAGNE 2008 janvier J à 6:22

    J’ai dit “le plus gros problème”… ce qui laisse entendre qu’il y a non pas un mais des problèmes. Par ailleurs, il n’est précisément pas sûr qu’on puisse dire qu’il n’y a pas d’organisation révolutionnaire puisqu’il y a eu un congrès d’un mouvement marxiste avec plus de 2000 délégués… Mais les conditions de la lutte sont probablement extrêmement difficiles.

    NOSE

  5. 5 DIMITRI 2008 janvier J à 10:19

    Malheureusement cette organisation d’obédience trotskyste aux deux mille délégués, ne réprésente pas forcement grand monde ormis les classes moyennes.

    Le pcf aussi peut réunir 2000 délégués sans problème.
    Il ce pays est problèmatique pour le mouvement communiste internationnal. Soutenu par la chine, protégé des usa bien souvent, terreau d’islamistes de tout poils, social démocratie de droit divin “héréditaire”, communistes très faibles depuis toujours.
    Pays polymorphe…en quête d’une identité nationale unifiée, en devenir.


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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 23:09
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Dans une analyse du discours et de « l’adoubement » du président français au Vatican, Christian Terras, directeur de la revue Golias, estime que « Sarkozy réimplante quelque chose qu’on croyait d’un autre âge ». « Même s’il affirme ne pas vouloir remettre en cause 1905, le projet de Sarkozy violera 1905 », explique-t-il. Décryptant les emprunts idéologiques à Le Pen et Maurras, il estime que Sarkozy est porteur d’une « vision fondamentaliste et intransigeante du catholicisme dans son rapport au monde ».

Christian Terras est l’auteur de Benoit XVI ; le pape intransigeant (2005), L’opus Dei, une église dans l’église (2006), Le retour des intégristes (2007) aux éditions Golias. Il dirige le site golias.fr. et l’hebdomadaire Golias, dont un numéro consacré au discours de Sarkozy au Vatican doit paraitre jeudi 3 janvier.

Dans le prochain numéro de Golias, vous analysez la visite de Nicolas Sarkozy au Vatican. Vous l’avez intitulé « Le sermon du Chanoine Sarkozy : catholique et français toujours? »…

Christian Terras. « "Catholique et français toujours" c’est une vieille rengaine qu’on reprenait dans les églises autrefois. La marque, proprement ahurissante, du discours de Nicolas Sarkozy, c’est de ne pas parler au nom de tous les français, mais à partir d’une vision catholique très traditionnelle qu’il assume comme la sienne et celle de l’Etat français. Dans ce discours à l’église, il ne tient aucun compte des apports spirituels, humanistes, culturels non seulement des religions non catholiques, mais des religions chrétiennes – comme la réforme -, sans parler des agnostiques et des athées. Il estime du reste que l’aspiration spirituelle qui est en tout homme ne trouve sa réalisation que dans la religion. C’est donc d’entrée de jeu un parti pris, sur la base d’une sensibilité, d’une vision catholique que l’on peut qualifier de traditionaliste qu’il présente comme celle de la France. Il met aussi gravement en cause l’exercice laïc de la fonction présidentielle puisqu’il identifie son engagement politique à une vocation sacerdotale. Pour parfaire son identification personnelle aux ministres de droit divin, il est allé jusqu’à dire « sachez que nous avons au moins une chose en commun, c’est la vocation. On n’est pas prêtre à moitié on l’est dans toutes les dimensions de sa vie, croyez bien qu’on n’est pas Président de la République à moitié, je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi même, je sais ce que j’ai fait pour réaliser à la mienne ». C’est à mes yeux incroyable. La réalisation de sa mission politique, les sacrifices personnels qu’il évoquait durant la campagne électorale, sont dans le droit fil d’une vocation sacerdotale.

On a beaucoup remarqué les signes donnés au Vatican – le baise main au pape, l’allusion au baptême de Clovis…

Il donne des signes de ce qu’on appelait autrefois la chrétienté. Il s’est mis au passage à l’égal du Pape. Quand il dit « comme Benoît XVI je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique religieux spirituel de son histoire commet un crime », ou encore « je partage l’avis du pape quand il considère que l’espérance est une des questions les plus importantes de notre temps »… Non content d’être le premier personnage de la France, il se met à égalité avec le premier personnage de l’église catholique romaine. Ca va très loin puisqu’il se permet de souffrir avec ceux qui ont souffert ou qui souffrent encore des lois de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, dont il est théoriquement le gardien ! Il dit « je sais les souffrances que sa mise en œuvre a provoqué en France chez les catholiques, les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905 »… Dans une espèce d’exhortation urbi et orbi, il va aller jusqu’à pâtir avec les séminaristes du séminaire français comme jamais il ne l’a fait avec aucun sans papier ou autre insignifiant du pays. Il dit aux séminaristes « Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement ou la solitude. Je sais aussi que la qualité de votre formation, la fidélité au sacrement, la lecture de la bible et de la prière vous permettent de surmonter ces épreuves »...

C’est le premier chef d’Etat français qui prend cette position…

Absolument. Dans la tradition radicale socialiste, Chirac qui était un président de droite restait frappé du bon sens de la culture traditionnelle laïque française. Même de Gaulle qui était un catholique très pratiquant ne s’était jamais risqué avec les autorités pontificales romaines ou autres autorités hexagonales à un tel mélange de genre. Jamais. De Gaulle refusait de communier par exemple parce qu’il incarnait la France dans toutes ses composantes et qu’il ne pouvait pas donner un signe ostentatoire d’adhésion à une philosophie à un credo, fusse-t-il catholique, à la nation. Il le faisait en privé. Alors que Sarkozy s’exhibe. Tout en revendiquant, dans le même discours, « la liberté ne pas être heurté dans sa conscience par des pratiques ostentatoires ». Il fait allusion à l’islam et au voile islamique. Mais on pourrait se poser des questions sur ses pratiques ostentatoires présidentielles et sa vision sur la religion. Le sommet, c’est la concurrence entre l’instituteur et le curé. Je cite : « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et la charisme d’un engagement porté par l’espérance ». C’est inimaginable d’entendre ça dans la bouche d’un président de la République. Les enseignants, les pédagos de la laïque, engagés dans les écoles difficiles par exemple dans la banlieue où ils donnent de leur vie, de leur temps, de leur exigence familiale, vont apprécier. C’est un discours qu’il n’a pas écrit. Pas plus qu’Henri Guaino. D’après notre enquête, c’est un dominicain qui s’appelle Philippe Verlin. Il pose une vision fondamentaliste et intransigeante du catholicisme dans son rapport au monde. Au final, Nicolas Sarkozy nous en fait une religion à l’américaine. Les communautés avant la citoyenneté, au risque de favoriser le communautarisme. »

Est-ce que ce positionnement est lisible dans le parcours de Sarkozy?

Sarkozy n’est pas un intellectuel, c’est un pragmatique. Et sur la question religieuse, il en est à la religion de son enfance. Il n’y a pas d’évolution dans son intelligence de la foi par rapport à ce qu’on lui a transmis quand il était jeune. Il a sa propre géopolitique religieuse. Pour lui une société qui n’est pas référencée dans le sens ultime du christianisme et du catholicisme, c’est une société qui court à sa perte. Dans son livre sur la religion l’espérance et la république, c’est idéologiquement chevillé au cœur, c’est la conviction que la République ne peut pas avoir un sens ultime pour la cohésion sociale.

L’incursion de la religion en politique évoque beaucoup l’utilisation du catholicisme par Le Pen dans ses meetings…

Sans faire référence au décalogue, c’est la même chose. C’est Le Pen en plus soft. Mais cela rappelle historiquement Charles Maurras. Maurras ne croyait pas, mais il trouvait dans l’église catholique le système parachevé qui pouvait permettre à un Etat de trouver le sens de sa destinée sur terre, par rapport aux missions de Dieu, pour que les responsables politiques puissent vivre en bonne intelligence. Pour moi, Sarkozy emprunte au système maurassien. De l’utilité du système ecclésiastique pour cimenter la cohésion sociale. Je vous donne, je vous délègue, je décentralise la question du sens et cela me permet de gérer les affaires en fonction de mon programme politique. Cela veut dire aussi j’abdique ce que la République en elle même porte comme sens. La dangerosité de ce discours, c’est quelque chose qui est passé complètement sous silence pendant la campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy ne pouvait engager un débat sur la laïcité au moment des élections : cela mettait le feu aux poudres. Il ne peut le faire qu’en le distillant. C’est sa conception de la laïcité. Même s’il affirme ne pas vouloir remettre en cause 1905, le projet de Sarkozy violera 1905. C’est la première fois sous la cinquième République qu’un Président de la République écrit au pape - qui l’avait félicité pour son élection -, une lettre de quatre pages pour lui donner son programme politique à la lumière de l’éclairage de l’église et du sens spirituel. D’habitude les présidents font dix lignes.

Au sein du RPR ou de l’UMP, le discours religieux n’avait aucune place jusqu’à présent…

Sarkozy réimplante quelque chose qu’on croyait d’un autre âge. C’est sa propre vision des choses mais c’est aussi l’aspiration d’un certain nombre de catholiques de droite. Même dans un journal comme La Croix, qui conserve un certain pluralisme, on n’a pas trouvé une critique, ni même l’écho d’une critique du discours de Sarkozy. Parce que dans l’église catholique, ce discours porte. Il scelle une espèce de pacte avec les catholiques français de droite. Sarkozy met le curseur sur la religion majoritaire. Il leur promet ses faveurs. Et bien sûr, il attend un retour d’ascenseur. Il leur parle de « participer à la pacification » de l’hexagone. Il leur dit « Je vous soutiendrais pour participer au débat et à la mise en œuvre des lois sur la bio éthique ». Et il espère un soutien pour « son grand dessein de la Méditerranée » qui rencontre l’intérêt du Saint Siège par exemple. Rien n’est gratuit. Ce n’est pas uniquement convictionnel. C’est aussi pour obtenir des cathos une alliance et une mobilisation sur les sujets sensibles. Dans certains sites cathos, non pas intégristes mais traditionalistes, Nicolas Sarkozy est présenté comme le personnage providentiel dont la France chrétienne avait besoin. A travers ce discours au Latran, il est perçu comme celui qui sur le plan sociétal et civilisationnel, va faire se rencontrer la République et l’Eglise. On n’est pas dans la théocratie, mais je crains qu’on ne s’oriente à terme à une remise en cause inquiétante de la laïcité française.

Quelle importance accordaient les autres présidents français au titre de chanoine de Latran?

L’insignifiance totale pour les précédents. Par contre, avec l’accueil du cardinal Vicaire de Rome Camillo Ruini à la basilique de Latran, Nicolas Sarkozy s’est glissé dans le lit du corps ecclésiastique. Comme chanoine de Saint-Jean-de-Latran, il a même remercié le cardinal Ruini de le recevoir en son chapitre – c’est la communauté des chanoines, le chapitre. En son chapitre ! Il prend possession de Saint-Jean-de-Latran, compte tenu de ce que ce rite désuet lui donne symboliquement comme fonction. Mais de ce rite désuet et symbolique, il en tire un argument politique. Monseigneur Ruini, je vous reçois chez moi à Latran. Et chez moi, à Saint-Jean-de-Latran, je vais vous parler, au sein de mon chapitre, et je vais vous donner mon programme, sur les rapports entre la religion, la politique et l’espérance. Et ça c’est très fort, parce qu’il politise un symbole. Par cette solennité, cette prise de possession des lieux, il en a fait un adoubement. Avec Sarkozy, on a un président qui est missionné presque mystiquement aujourd’hui. La réaction des cardinaux présents montraient qu’il était adoubé pour être pour le Vatican l’un des grands hommes d’Etat de la planète qui portera les valeurs du catholicisme. Cet adoubement là n’a jamais eu lieu avec les autres présidents de la République.

Propos recueillis par Karl Laske

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 19:10

250px-Fidel-Castro---MATS-Terminal-Washington-1959.jpgon cherchera inutilement une telle conviction et honnêteté chez nos ptits djeunes de la direction nationale du PCF. Certains accolent le terme de dictateur à Fidel hé bien je suis particulièrement fier de militer à la cellule....Fidel Castro de Valenton, non ce n'est pas le culte ou si ce n'est celui d'un communiste exemplaire.


Cher
compañero Alarcón

 Je te prie de lire le message suivant à l’Assemblée nationale demain en début de séance.

 Une forte accolade.


 Compañeros de l’Assemblée nationale

 Votre travail est très dur. Face au cumul de besoins croissants que notre société a hérités de la néo-colonie yankee à compter du 1er janvier 1959, nous étions nombreux à rêver de créer un pays pleinement juste et totalement indépendant. A un moment donné, nous sommes restés seuls dans une lutte difficile et inégale.

 

A presque un demi-siècle de la victoire, nous pouvons être fiers à juste titre d’avoir résisté tout ce temps à l’Empire le plus puissant que l’Histoire ait connu. Aucun de vous n’a vu le moindre acte de népotisme ni d’usurpation des fonctions du parlement dans ma Communication au peuple cubain du 31 juillet 2006. Cette année-là, à la fois difficile et prometteuse pour la Révolution, l’unité du peuple, du parti et de l’Etat était une condition sine qua non pour aller de l’avant et contrecarrer la menace déclarée d’une intervention militaire de notre ennemi, les Etats-Unis.

 

Au cours de la visite qu’il a réalisée le 24 décembre dernier dans la commune qui m’a fait l’honneur de soutenir ma candidature au Parlement, le compañero Raúl s’est rendu compte que la totalité des nombreux candidats choisis par le peuple dans cette municipalité – qui était fameuse par le passé pour sa combativité, mais où le niveau scolaire était faible – était des diplômés de haut niveau, ce qui, comme il l’a raconté à notre télévision, l’a profondément ému.

 

Les cadres du parti, de l’Etat, du gouvernement et des organisations de masse font face à de nouveaux problèmes dans leurs relations avec un peuple intelligent, observateur et cultivé qui déteste les entraves bureaucratiques et les explications machinales. Chaque citoyen livre au fond sa propre bataille contre la tendance innée de l’être humain à suivre l’instinct de survie, cette loi naturelle qui régit la vie.

 

Nous naissons tous marqués par cet instinct que la science définit comme quelque chose d’élémentaire. Il est bon de s’y heurter, parce que cela nous conduit à la dialectique et à la lutte constante et désintéressée, nous rend plus martiniens et vraiment communistes.

 

Ce que la presse internationale a le plus souligné de la lettre que j’ai adressée le 17 au directeur de la Table ronde télévisée, c’est la phrase où je dis que je ne suis pas quelqu’un qui s’accroche au pouvoir. Je peux ajouter que je l’ai été à un moment donné par excès de jeunesse et carence de conscience quand je suis sorti tout seul, sans le moindre précepteur, de mon ignorance politique et me suis converti en socialiste utopique.  C’était une étape où je croyais savoir ce qu’il fallait faire et souhaitais pouvoir le faire ! Qu’est-ce qui m’a fait changer ? La vie même, à mesure que j’ai mieux approfondi la pensée de Martí et celle des classiques du socialisme. Plus je me battais, et plus je m’identifiais à ces objectifs au point que je pensais,  bien avant la victoire, que mon devoir était de lutter pour les atteindre ou de mourir au combat.

 

Par ailleurs, de grands dangers qui menacent l’espèce humaine nous guettent aussi. C’est quelque chose qui est devenu toujours plus évident pour moi dès le jour où, voilà plus de quinze ans, en juin 1992, j’ai prévenu pour la première fois à Rio de Janeiro qu’une espèce courait le risque de disparaître à cause de la destruction de ses conditions de vie naturelles.  La quantité de gens qui comprennent ce risque réel ne cesse de croître ces derniers temps.  Joseph Stiglitz, qui a été vice-président de la Banque mondiale et principal conseiller économique du président Clinton jusqu’en 2001, prix Nobel et best-seller aux Etats-Unis, a publié récemment un ouvrage qui apporte à cet égard des données actualisées irréfutables. Il dénonce que les Etats-Unis, qui n’ont pas souscrit le Traité de Kyoto, sont le principal émetteur de dioxyde de carbone dont ils lancent tous les ans six milliards de tonnes qui perturbent une atmosphère sans laquelle la vie est impossible.  Ils sont par ailleurs le plus gros émetteur d’autres gaz à effet de serre.

 

Peu de gens connaissent ces données. Le système économique en soi, qui a imposé un gaspillage d’énergie insoutenable, empêche la diffusion du livre de Stiglitz ; sa magnifique édition se borne à quelques milliers d’exemplaires, juste bons pour assurer les profits, une exigence du marché sans laquelle les éditeurs ne pourraient exister.

 

On sait aujourd’hui que la vie sur la Terre a été protégée par la couche d’ozone, située sur un anneau extérieur entre quinze et cinquante kilomètres d’altitude, dans la zone connue comme la stratosphère, et servant de bouclier de la planète contre les rayons solaires qui peuvent être nocifs. Certains gaz à effet de serre, à pouvoir de réchauffement supérieur à celui du dioxyde de carbone, agrandissent au-dessus de l’Antarctique le trou de la couche d’ozone, laquelle perd à chaque printemps jusqu’à 70 p. 100 de son volume, un phénomène progressif de nature anthropique. Pour en avoir une idée claire, qu’il suffise de dire que le monde émet en moyenne 4,37 tonnes de carbone par habitant, mais que les Etats-Unis en émettent 20,14, soit presque cinq fois plus ; et que l’Afrique en émet 1,17 et l’Asie-Océanie 2,87.

 

Autrement dit, la couche d’ozone nous protège des rayons ultraviolets et calorifiques qui causent du tort au système immunologique, à la vue, à la peau, bref, à la vie des êtres humains. La destruction extrême de cette couche par l’homme affecterait toute forme de vie sur la planète.

 

D’autres problèmes sans rapport avec notre patrie ou n’importe lequel dans des conditions similaires nous menacent. Une contre-révolution victorieuse serait épouvantable et constituerait une tragédie pire que celle que souffrit l’Indonésie quand Sukarno, un dirigeant nationaliste qui, prenant des positions loyales à son pays, avait dirigé les guérillas qui se battirent contre les Japonais, fut renversée en 1967.

 

Le général Suharto, qui le renversa, avait été entraîné par les occupants japonais. A la fin de la Deuxième guerre mondiale, la Hollande, alliée des Etats-Unis, restaura sa domination sur ce territoire lointain, étendu et très peuplé. Suharto manoeuvra. Prit en main les drapeaux de l’impérialisme yankee. Commit un atroce massacre. On sait aujourd’hui que, sur instructions de la CIA, non seulement il tua des centaines de milliers de communistes, mais qu’il en emprisonna un million et les priva, eux et leurs descendants, de tout bien et de tout droit. Il entassa une fortune familiale de quarante milliards de dollars qui, aux cours actuels, équivaudraient à des centaines de milliards, fruit du bradage des ressources naturelles et du travail des Indonésiens. L’Occident paya. Le président des Etats-Unis était alors le Texan Lindon Johnson, successeur de Kennedy.

 

Les nouvelles qui nous parviennent aujourd’hui sur ce qui s’est passé au Pakistan sont un autre exemple des dangers qui menacent l’espèce : un conflit interne dans un pays doté d’armes atomiques. Tout ceci est la conséquence des politiques aventurières et des guerres déclenchées par les Etats-Unis pour s’emparer des ressources naturelles du monde.

 

Le Pakistan, impliqué dans un conflit qu’il n’a pas déclenché, s’est vu menacé d’être renvoyé à l’âge de la pierre. Les circonstances spéciales qui entourent le pays ont aussitôt influé sur les cours du pétrole et les actions en bourse. Aucun  pays ni aucune région du monde ne peut échapper à ce genre de conséquences. Il faut être prêt à tout.

 

Je n’ai cessé d’apprendre un seul jour de ma vie.

 

Martí nous a appris que « toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs ». J’ai dit et répété bien des fois cette véritable maxime morale contenue dans à peine onze mots.

 

Les Cinq Héros cubains prisonniers de l’Empire sont des paradigmes que les nouvelles générations doivent imiter.

 

Heureusement, les conduites exemplaires se multiplient toujours dans la conscience des peuples, et il en sera ainsi tant que notre espèce existera.

 

Je suis convaincu que de nombreux jeunes cubains feraient pareil dans leur lutte contre le Géant aux bottes de sept lieues. On peut tout acheter avec de l’argent, hormis l’âme d’un peuple qui ne s’est jamais agenouillé.

 

J’ai lu l’allocution brève et concrète que Raúl m’a envoyée au préalable. Il faut continuer d’aller de l’avant sans s’arrêter un instant. Je lèverai ma main en  même temps que les vôtres pour la soutenir.

 Fidel Castro Ruz
27 décembre 2007

20 h 35

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 18:41
undefined"Le 14 janvier 1957, Étienne Fajon, député communiste de la Seine et membre du bureau politique du Parti communiste français (PCF), dénonce dans le quotidien L'Humanité les dangers que fait peser le Marché commun sur la France.


Marché commun" contre la France

L'Assemblée nationale reprend ses travaux demain. En tête de son ordre du jour figure un débat sur le projet de création du « Marché commun européen ».

Le « Marché commun » s'étendrait à six pays : Allemagne occidentale, France, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg. Il s'agit d'instaurer progressivement, au sein de ce morceau d'Europe, la libre circulation des marchandises, des capitaux et de la main-d'œuvre. Selon les promoteurs du projet, le « Marché commun » contribuerait à la prospérité de la France et au bonheur de son peuple.

Pour apprécier la valeur de ces promesses, il importe de se rappeler que le « Marché commun » n'est pas la première étape de la prétendue construction européenne. En 1951, déjà, la « Communauté européenne du charbon et de l’acier » avait été créée entre les six pays. Son inspirateur, le funèbre Schuman, assurait qu'elle devait aboutir à la baisse des prix et à l’essor de notre industrie. Les résultats sont maintenant connus : hausse de l'acier et du charbon, fermeture d'une centaine de puits de mine en France, interdiction d’utiliser notre charbon selon nos besoins, dépendance aggravée de l’économie française à l'égard des monopoles allemands.

Le projet de « Marché commun » s’inscrit dans une même politique néfaste pour la nation, pour la classe ouvrière et pour la paix.

1. L'association envisagée est une association économique entre pays capitalistes, c'est-à-dire qu'elle est soumise aux lois de la concurrence et du triomphe des plus forts. Or, dans l'Europe des Six, c'est l'Allemagne occidentale qui dispose de loin du potentiel le plus élevé.

Dès 1955, elle produisait deux fois plus de charbon, d'acier et d'électricité que la France. Sa production chimique est le triple de la nôtre. Ses réserves d'or, infiniment supérieures, lui confèrent d'immenses possibilités d'investissement de capitaux. La domination du « Marché commun » par les monopoles allemands serait donc certaine et rapide. Elle aurait pour conséquence l'arrêt de nombre de nos entreprises. Elle préparerait en fin de compte la désindustrialisation de la France et l'hégémonie du capitalisme allemand dont Hitler et Pétain avaient fait leur programme. Notre patrie perdrait ainsi, tout en se ruinant, les bases économiques de son indépendance nationale.

2. Le projet comporte l'unification progressive des charges sociales entre les six pays. C’est là une menace très grave pour les travailleurs français.

En effet, grâce aux luttes ouvrières, grâce aux conquêtes sociales obtenues aux temps du Front populaire et de la Libération, quand les communistes faisaient partie du gouvernement ou de la majorité, le niveau des salaires en général et des salaires féminins en particulier, le taux des heures supplémentaires, le régime des congés payés, sont supérieurs en France par rapport à l'Allemagne occidentale ou à l’Italie.

Il est vrai qu'on fait miroiter aux travailleurs la promesse d'une unification par en haut. En réalité, la recherche du profit maximum par les trusts des six pays et le déchaînement de la concurrence entre eux conduiraient nos capitalistes, particulièrement menacés par leurs rivaux allemands, non seulement à s'attaquer à des «charges» sociales qu'ils ont toujours dénoncées, mais à renforcer leur opposition à toutes les revendications ouvrières. Et l'offensive des exploiteurs serait favorisée par la présence sur le « Marché commun » d'une armée permanente de chômeurs, déjà importante en Italie et en Allemagne, grossie demain par la mort des usines françaises les moins bien armées pour résister.

Quand les partisans du « Marché commun » tentent de nous rassurer en indiquant que leur projet prévoit des « étapes » et contient des « clauses de sauvegarde », ils ne font que confirmer involontairement notre cri d'alarme. C'est seulement sur les chemins dangereux qu'on installe des garde-fous.

3. Funeste par lui-même, le projet de « Marché commun » l'est bien plus encore si on l'examine dans l'ensemble dont il fait partie. Il est inséparable en effet de deux autres projets également en cours d'élaboration : l’« Euratom », qui offre au militarisme allemand revanchard l'accès aux riches ressources atomiques de la France et la possibilité de produire des bombes nucléaires ; l'« Eurafrique », prônée par Guy Mollet dans sa dernière déclaration, qui prétend ouvrir les pays africains à l'investissement des capitaux allemands et plus tard, par voie de conséquence, aux plans stratégiques de la Wehrmacht.

Nous assistons ainsi, au mépris de l'intérêt national, à une entreprise de revanche de la CED, à une relance de la guerre froide, à la tentative de dresser contre la partie socialiste de l'Europe une Europe capitaliste agressive, où la France aliénerait plus encore sa souveraineté et où la domination appartiendrait bien vite aux militaristes allemands, vassaux préférés de l'impérialisme américain.

Guy Mollet et d’autres dirigeants socialistes se consacrent à cette politique « européenne » avec d'autant plus d'ardeur qu'elle constitue par excellence, sur le plan intérieur, la base d'alliance entre le Parti socialiste et la réaction cléricale des Bidault et des Pinay.

« La restauration de la solidarité européenne est le vrai besoin de cette période», a proclamé le pape dans son message de Noël, en faisant allusion à l'Europe capitaliste.

« Le gouvernement français — répond quelques jours après l'ambassadeur de France au Vatican — s'attache à traduire dans les faits les règles de conduite et de pensée si magistralement définies par le Souverain pontife ».

En bref, le « Marché commun » n'a rien à voir avec l'indispensable réconciliation franco-allemande, avec la coopération nécessaire des peuples d'Europe, avec la paix. Il n'est qu'une pièce de la «petite Europe» vaticane, d'une politique exécrable de réaction et de guerre.

Nous sommes, quant à nous, des partisans convaincus de l'amitié entre la France et l'Allemagne. Mais cette amitié passe par l'entente et la solidarité avec le peuple allemand, avec les sociaux-démocrates et les communistes d'Allemagne occidentale, avec les puissants syndicats ouvriers, avec la République démocratique allemande. Elle ne passe pas par l'assujettissement de la France aux magnats de la Ruhr et aux anciens nazis dont Adenauer est le porte-parole.

Nous voulons de tout cœur la coopération économique de l'Europe, mais de toute l'Europe, des pays capitalistes et des pays socialistes, dans le respect de l'indépendance de chacun et dans l'intérêt de tous.

Nous aspirons fermement à la paix européenne. Mais cette paix exige justement l'abandon de la division de l'Europe en deux blocs militaires hostiles. Elle suppose au contraire l'élaboration d'un pacte de sécurité collective entre tous les pays d'Europe sans distinction de régime social et, à partir de là, une politique hardie de désarmement contrôlé.

C'est cela qu'il faut opposer victorieusement, pour l'avenir de la France, dans l'intérêt des travailleurs et de la paix, à une Europe-croupion qui aurait l’impérialisme américain comme suzerain et le Vatican comme centre politique, avec les Krupp et les Thyssen à la direction de son économie et les généraux d’Hitler à la tête de ses armées.

Étienne Fajon.

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 13:40
undefinedL’obsession cubaine de la Maison-Blanche

 

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par Salim Lamrani

 

L’actuelle administration étasunienne présidée par George W. Bush souffre d’une obsession singulière à l’égard de Cuba. Malgré la sanglante tragédie irakienne et l’échec de l’invasion de l’Afghanistan, Washington est plus que jamais décidé à renverser le gouvernement de La Havane et à instaurer un régime à ses ordres. L’Union européenne, si prompte à emboîter le pas étasunien dès lors qu’il s’agit de stigmatiser Cuba, continue d’observer un silence complice face à la politique irrationnelle de la Maison-Blanche.

En mai 2004, Washington a imposé de nouvelles sanctions économiques qui ont eu des conséquences désastreuses pour la population cubaine. Les envois d’argent ont été fortement limités. Les citoyens cubains des Etats-Unis ne peuvent désormais envoyer une aide financière qu’aux membres directs de leur famille, selon la nouvelle définition du terme fournie par Bush. Sont donc exclus tous les autres membres (cousins, oncles, neveux…) sauf les grands-parents, parents, frères et sœurs, enfants et époux. Les émigrés cubains ne peuvent dorénavant rendre visite à leur famille sur l’île que 14 jours tous les trois ans dans le meilleur des cas. En effet, il faut qu’ils obtiennent préalablement une autorisation du Département du Trésor. De la même manière, ils ne peuvent emporter plus de 20 kg de bagages ou dépenser plus de 50 dollars par jour sur place [1].

En juillet 2006, le président Bush a établi des sanctions additionnelles encore plus drastiques. Il a même désigné Caleb McCarry comme coordinateur de la « transition », à l’instar du proconsul Paul Bremmer nommé en Irak en 2003, et a fixé le délai pour se débarrasser du gouvernement cubain à 18 mois ! Un budget de 31 millions de dollars a été alloué à la fabrication et au renforcement d’une opposition interne qui s’ajoute à la somme de 50 millions de dollars prévue en 2004 et 2005. Washington prévoit même de sanctionner économiquement les pays qui investiraient à Cuba et a établi une liste noire des fonctionnaires à mettre hors d’état de nuire dans une future Cuba recolonisée. Les échanges académiques, culturels, religieux, sportifs et humanitaires entre les deux pays sont extrêmement limités et les peines les plus sévères – jusqu’à 10 ans de prison – peuvent être appliquées aux contrevenants. Les envois d’argent à Cuba sont désormais encore plus restreints et les conditions requises aux entreprises étasuniennes pour vendre des produits alimentaires à Cuba sont de plus en plus difficiles à remplir [2].

En octobre 2007, le président Bush a tenu un discours extrêmement virulent contre La Havane soulignant que « peu de problèmes ont défié […] notre nation autant que la situation à Cuba » et a réaffirmé sa volonté d’accroître encore plus l’état de siège dont est victime la population cubaine. Il a également lancé un appel à l’insurrection à destination de l’armée [3].

Le 19 décembre 2007, le Bureau de responsabilité gouvernementale des Etats-Unis (United States Government Accountability Office – GAO) a publié un rapport de 96 pages sur les conséquences engendrées par le durcissement des sanctions économiques à l’égard de Cuba qu’il considère comme étant « le réseau le plus développé de sanctions économiques imposé par les Etats-Unis ». Ainsi, en 2007, les services douaniers (Customs and Border Protection – CBP) de Miami ont réalisé des inspections « secondaires » sur 20% des passagers en provenance de Cuba afin de vérifier que ces derniers n’importaient pas de cigares, de l’alcool ou des produits pharmaceutiques de l’île. En revanche, la moyenne a été de 3% seulement pour les autres voyageurs. Selon le GAO, cette focalisation sur Cuba « réduit l’aptitude des services douaniers à mener sa mission qui consiste à empêcher les terroristes, les criminels et les autres étrangers indésirables d’entrer dans le pays [4] ».

« Après 2001, le Bureau de contrôle des biens étrangers [OFAC] a ouvert plus d’enquêtes et a imposé plus de sanctions pour les violations de l’embargo, telles que l’achat de cigares cubains, que pour toutes les violations d’autres sanctions telles que celles imposées à l’Iran », souligne le rapport [5]. Plus grave encore, le GAO affirme que de nombreuses défaillances ont été détectées dans de « grands ports d’entrée à travers la nation qui augmentent la possibilité pour les terroristes […] d’entrer dans le pays. L’utilisation efficace des ressources d’inspections secondaires est indispensable à l’accomplissement de la mission prioritaire antiterroriste des services douaniers [6] ». La lutte contre le terrorisme est devenue « la première des priorités de la CBP depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001 [7] ».

Ainsi, entre octobre 2006 et mars 2007, les services douaniers de l’aéroport de Miami ont procédé à 1 500 saisies « de petites quantités de tabac, d’alcool et de produits pharmaceutiques dans la plupart des cas » sur des passagers en provenance de Cuba lors d’inspections qui ont duré entre 45 minutes et trois heures. En revanche, ils n’ont effectué que 465 saisies sur tous les autres passagers en provenance du reste du monde dont 211 kilos de drogues et 2,4 millions de dollars en liquide [8].

L’administration Bush, au lieu d’utiliser les ressources humaines et techniques à sa disposition pour préserver la sécurité nationale et lutter contre le terrorisme et le trafic de drogue, préfère concentrer ses efforts pour réprimer les touristes qui importeraient une boîte de cigares, une bouteille de rhum ou des médicaments de Cuba. Cet acharnement irrationnel est d’autant plus grave qu’il se fait au détriment de la protection des citoyens étasuniens. En effet, le rapport a noté le manque important de personnel douanier qui « a créé des vulnérabilités dans son processus d’inspection dans les ports d’entrée américains [9] ».

Le rapport insiste également sur le caractère obsessionnel de la politique anticubaine de Washington. Ainsi, alors qu’il existe plus d’une vingtaine de programmes de sanctions économiques contre des pays tiers, l’OFAC a dédié, entre 2000 et 2006, 61% de ses ressources à pourchasser les touristes étasuniens qui se sont rendus à Cuba sans autorisation [10]. L’OFAC a réalisé 10 823 enquêtes concernant des violations des sanctions économiques contre Cuba et seulement 6 791 enquêtes pour tous les autres programmes de sanctions [11].

« Alors que l’embargo contre Cuba ne représente qu’un seul des quelque vingt programmes de sanctions que l’OFAC gère, les amendes imposées par l’OFAC pour les violations de l’embargo contre Cuba représentent plus de 70% des amendes totales imposées entre 2000 et 2005 [12] ». L’étude conclut que « depuis 2000, l’OFAC a mené plus d’enquêtes et a imposé plus d’amendes pour les violations de l’embargo cubain que pour l’ensemble des quelque vingt autres programmes de sanctions que l’agence applique [13] ». Le Département du Trésor a imposé des amendes pour un total de 8,1 millions de dollars pour les 8 170 violations des sanctions contre Cuba, ce qui fait une moyenne de 992 dollars par violation. « La plupart de ces violations étaient relativement mineures, telle qu’acheter des cigares cubains par Internet [14] ».

Le GAO a exhorté les autorités gouvernementales et le secrétaire à la Sécurité nationale en particulier à destiner prioritairement les ressources humaines des services douaniers à la sécurité du pays et non pas « aux inspections secondaires des voyageurs revenant de Cuba ». Il a également demandé à l’OFAC de faire preuve de plus d’équilibre dans l’administration des sanctions financières et de cibler en priorité les pays « engagés dans le terrorisme, la prolifération des armes et le trafic de drogue [15] ».

Les Etats-Unis sont déterminés à renverser le gouvernement cubain et n’ont aucun scrupule à infliger un traitement cruel et inhumain aux catégories les plus vulnérables de la population de l’île pour atteindre leur objectif. Ils persistent à appliquer une politique anachronique et illégale qui viole les droits fondamentaux des Cubains et qui met en danger leur propre sécurité. Rejetées par l’immense majorité de la communauté internationale, les sanctions économiques ont échoué depuis près d’un demi-siècle et illustrent l’incapacité de Washington à accepter l’indépendance et la souveraineté de Cuba.

NOTES:

[1] Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consulté le 7 mai 2004), pp. 40-41.

[2] Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), pp. 19, 24, 25, 27 ; Salim Lamrani, Cuba face à l’Empire (Genève : Editions Timéli, 2006), pp. 139-54.

[3] George W. Bush, « Remarks by the President on Cuba Policy », Office of the Press Secretary, The Miami Herald, 24 octobre 2007.

[4] The United States Government Accountability Office, Economic Sanctions. Agencies Face Competing Priorities in enforcing the U.S. Embargo on Cuba, Report to Congressional Requesters, novembre 2007. http://www.gao.gov/new.items/d0880.pdf (site consulté le 21 décembre 2007), introduction, pp. 1, 6.

[5] Ibid., introduction.

[6] Ibid., p. 6.

[7] Ibid., p. 18.

[8] Ibid., p. 44.

[9] Ibid.

[10] Ibid., p. 6.

[11] Ibid., pp. 45-46.

[12] Ibid., p. 7.

[13] Ibid., p. 9.

[14] Ibid., p. 48.

[15] Ibid., p. 61.

En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:

RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine
URL: http://risal.collectifs.net/

Source : Rebelión (www.rebelion.org), 24 décembre 2007.

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