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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:28

A.pngLa droite et la social-démocratie, porte-parole du capital, sont déterminées à imposer à leurs peuples les différents plans d’austérité. En Grèce, même l’extrême droite est appelée à la rescousse ! Les gouvernements qui n’exécutent pas avec zèle et brutalité les décisions des marchés financiers sont promptement et impitoyablement remplacés. La dictature du capital opère désormais au grand jour. Les peuples européens, les uns après les autres, sont ainsi appauvris, humiliés et méprisés par une horde de spéculateurs sans foi ni loi.

Sarkozy et Merkel « convoquent » le premier ministre grec, « socialiste », à Cannes avant le sommet du G20 pour avoir songé un moment à consulter son peuple. Et pour le punir de cette étrange idée, on l’a sommé de démissionner et de former dans les plus brefs délais un gouvernement avec la droite. C’est exactement ce qu’il a fait. Et dès le 11 novembre, le nouveau gouvernement grec, dirigé par Lucas Papademos ancien vice-président de la BCE, était prêt pour appliquer les ordres des marchés financiers. Il est composé du Pasok (« socialistes »), de la Nouvelle Démocratie (principal parti de droite) et du Laos (extrême droite). Tout va très vite. Il y a trop de milliards en jeu. Aujourd’hui on fait appel à l’extrême droite pour accélérer l’exécution des plans d’austérité. Demain on fera peut-être appel à l’armée si par malheur le peuple relève la tête et refuse de se soumettre au despotisme des marchés. Sociaux-démocrates, conservateurs et extrême droite sont ainsi unis dans un même élan contre le peuple grec !

Les agences de notation, elles, continuent à noter, à juger et à distribuer des avertissements aux gouvernements qui s’écartent de leurs dogmes. Leur alphabet est tellement réduit, comme leur vision économique, qu’il ne contient que quatre lettres : A, B, C et D. Tout le génie des peuples est ainsi réduit à ces lettres accordées avec beaucoup de mépris et d’arrogance en fonction uniquement et strictement des intérêts des plus riches.

Les médias, à l’unisson, répètent à longueur de journée et de nuit « qu’il n’ y a pas d’autres choix économiques que la rigueur ». Leur discours, pour paraphraser Orwell, est construit d’une manière telle que le mensonge le plus grossier paraît véridique.

Les places financières paniquent dès qu’on leur parle des peuples, de la démocratie etc. et applaudissent lorsque de nouveaux plans d’austérité sont adoptés.

Les experts et les économistes expliquent aux peuples, qui ne comprennent pas toujours, les subtilités et les vertus des différents plan d’austérité. La prospérité, expliquent-ils, passe nécessairement par la réduction des déficits et des dépenses publics. Il n’ y a aucune autre alternative possible à l’austérité. C’est une loi naturelle comme la fougère qui pousse dans les bois.

Seul le pape n’est pas encore intervenu ! Il le fera certainement dans une prochaine homélie qui apaisera la conscience des peuples et les soulagera du fardeau de l’inévitable austérité.

François Fillon, premier ministre de Sarkozy, va appliquer à la lettre cette fameuse « loi naturelle », tout droit sortie du cerveau de la bourgeoisie. Lundi 7 novembre 2011, il a présenté un énième plan d’austérité qui nécessitera un « effort supplémentaire de 65 milliards d’euros (...) pour arriver à 0 déficit en 2016 » et pour plaire aux agences de notation. Mais celles-ci comme les marchés financiers, la Commission européenne etc. sont insatiables. elles se nourrissent, à l’instar des vampires, du sang des peuples. Plus elles en pompent, et mieux elles se portent !

Christine Lagarde, directrice du FMI, est furieuse contre Silvio Berlusconi qui manque selon elle « de crédibilité » dans l’exécution des ordres de la Troïka (FMI, BCE, CE). L’Italie sera désormais surveillée par « la police économique » tous les trois mois . Il s’agit de protéger le peuple italien de la contagion de la crise grecque et de soumettre l’Italie « au test de la réalité », celle des marchés financiers évidemment(1). Silvio Berlusconi, l’homme de tous les scandales, le misogyne, le raciste admiré par toute la bourgeoisie européenne est devenu subitement sinon l’homme à abattre du moins à chasser du pouvoir. Le « Cavaliere » est tombé à son tour quelques jours seulement après les déclarations de la Troïka c’est à dire le 12 novembre 2011. Son successeur Mario Monti est un ancien commissaire européen au Marché intérieur d’abord et à la Concurrence ensuite !

Georges Papandréou et Silvio Berlusconi, deux dirigeants européens sont tombés non pas par le verdict des urnes, ou comme en Tunisie et en Égypte par un soulèvement populaire, mais par la seule volonté des marchés financiers et de leurs représentants. Ces deux pays sont ainsi gouvernés par des technocrates directement installés par des spéculateurs sans scrupules. C’est la démocratie ou, ce qui revient au même, la dictature du capital ! Malgré le masque de la démocratie, le vrai visage de la bourgeoisie apparaît de plus en plus au grand jour, hideux et répugnant.

En Espagne, José Luis Zapatero, l’autre dirigeant « socialiste », après avoir ruiné l’économie de son pays, à coup de plans de rigueur et d’austérité, a préféré passer la main en organisant des élections législatives anticipées (20 novembre 2011) pour permettre à la droite de continuer cette œuvre de destruction massive et de mettre à terre ce qui reste encore debout de l’économie espagnole.

Mais cette prospérité tant promise par les gouvernements, agences de notation, marchés financiers, FMI, BCE, Commission Européenne etc., les peuples l’attendent toujours. La Commission européenne prévoit dans ses dernières publications un sombre avenir pour l’Europe : « la croissance s’est arrêtée en Europe et nous pourrions connaître une nouvelle phase de récession », a prévenu le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn (2). Angela Merkel estime qu’il faudrait encore à l’Europe une décennie pour sortir de la crise !

En attendant l’opulence qui surgirait un jour de l’austérité, c’est plutôt la misère qui ronge le quotidien des peuples. En Espagne et en Grèce on parle même de la grande misère. La soupe populaire a fait son apparition en Grèce. Des milliers et des milliers de citoyens grecs, frappés de plein fouet par le chômage de masse et la précarité conséquences directes des plans de rigueur et d’austérité, n’ont que ce moyen humiliant pour se nourrir. Ici les salaires ne cessent de baisser, comme le nombre de fonctionnaires, comme les différentes allocations, les pensions de retraite etc. Le taux de suicide, selon le gouvernement grec, a augmenté de 40 % les six premiers mois de 2011 par rapport à la même période de 2010 (3). En Espagne cinq millions d’hommes et de femmes sont déjà sans emploi dont deux millions ne touchent aucune indemnité. Quasiment la moitié des actifs de moins de 24 ans sont au chômage. On compte 1,4 millions de familles où les deux parents sont sans travail. Les files d’attente des malades s’allongent de plus en plus dans les couloirs des hôpitaux. La situation n’est guère meilleure en Italie, au Portugal, au Royaume Unis, en France, en Irlande etc. La faillite de l’Union européenne, de sa politique économique et de ses institutions politiques est totale. Et la crise est loin d’être terminée ; car elle est intimement liée au capitalisme lui-même.

La bourgeoisie européenne aveuglée par son arrogance et son despotisme ne voit dans les peuples qu’une masse infâme dépouillée de toute dignité et vidée de toute humanité. Les peuples notamment les travailleurs n’existent, pour elle, que pour produire sans trêve, quand elle en a besoin, du profit. Mais elle oublie un peu vite que ce sont justement ces peuples, qu’elle méprise tant, qui font l’histoire. Son système de production en déliquescence qui engendre tant de malheurs, produit en même temps les conditions de sa propre disparition. Seule l’union de tous les travailleurs et de tous les peuples d’Europe peut précipiter le renversement du monde absurde de la bourgeoisie.


Mohamed Belaali


(1) Le Monde du 6/7 novembre 2011 page 12

(2) http://www.romandie.com/news/n/_L_Europe_menacee_par_une_nou...

(3) http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/11/11/kill-the-bill-c...

URL de cet article 15151
http://www.legrandsoir.info/despotisme-et-mepris-des-peuples.html

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:26

a-copie-14.pngAu train où l’on va, d’économie en économie, l’avancée de l’espérance de vie va passer à la trappe. Désespérant … Heureusement vient la chasse à la fraude !

Soyez un bon citoyen : ne tombez pas malade. Ou, si vous êtes vieux, abîmé, souffreteux, ayez la décence de mourir avant d’avoir creusé le trou de la Sécu.Faites un effort de solidarité nationale, crénom, regardez nos amnésiques, la Bettencourt, elle se soigne avec des simples, Servier, le mec du Médiator, il vit sur son stock, et aux dernières nouvelles Chiracs’est fait prescrire de la Corona, non remboursée, pour déchirer ses ultimes neurones. Voilà des Français, des vrais. Pas comme ces pégreleux qui accouchent à tout vent, sortent mal vêtus dans les courants d’air pour pécho le cancer, ou se piquent au Canard-WC avec la seringue du voisin de palier pour se couler dans l’HIV.

LES ENFANTS TRINQUENT

La santé, c’est comme tout : les parents jettent le pognon par les fenêtres, et les générations à venir vont devoir compter sur Lourdes pour dépasser cinquante ans. La génération des ces empaffés de soixante-huitards a poussé papy et mamy dans une maison de retraite médicalisée où, tous les jours, c’est piquouse de trompe-varice, deux comprimés de laxatifs, un cocktail de sels de lithium (pas de marques !) pour voir la vie en rosâtre et un somnifère massif pour que ça ne pleure pas le soir tard. Ajoutez un col du fémur tous les deux ans, la location du fauteuil roulant et du déambulateur, cent vingt séances d’un kiné qui vient une fois sur deux, et hop !, vous avez un vieillard qui vous dévore 500 piastres de sécu par mois.

Pendant ce temps, les réchappés des barricades se gobergent peinards, un pontage pour papa, douze scanners de la thyroïde pour maman, sans compter le filon ménopause et le pactole cholestérol, ces deux mamelles de l’escroquerie pharmaceutique,et re-hop ! on fait la culbute, 500 piastres derechef, en tout cas chez les bourges, les pauvres, c’est même pas constipé, faute de bouffe, un aspégic pour la migraine et le dos cassé, trois abbé Souris pour les bouffées de chaleur, dommage qu’à force de se caler avec du pain et du jambon bas de gamme ou du cassoulet sucré de récupération ils nous font des obésités paradoxales, ne parlons pas de leurs gosses, des baudruches à six ans, des gras-du-bide gavés de pizza surgelée et de pâtes aux noisettes caramélisées. Et comment on va les soigner, ces gnards, avec le trou dans la Sécu qu’on a ?

SECURITE SOCIALE, S.S. !

C’est d’autant plus regrettable, ce putain de trou, que la Santé, c’est payant. Je veux dire, ça rapporte gros. C’est pas comme la zonzondu même nom, qui ne nous rapporte pas un rond. La santé, c’est des millions d’emplois, mon gars, suppose que demain tout le monde cesse d’être malade, évite des se péter les membres en ski ou en scooter, mette bas dans un fossé, à l’ancienne, façon baba-cool, considère que le cancer est mortel et que la grippe ça se soigne au grog, c’est plus un trou de la sécu, qu’on aura, mais des queues de huit cents mètres à la porte du Pôle-Emploi les jours où il sont pas en grève.Je signale au passage qu’en ce cas, les médecins et les pharmaciens seraient les plus touchés, parce qu’ils sont les mieux payés. Plus de maladie, plus de sécu ; plus de sécu, plus de toubibs, parce qu’à 90%, qui est-ce qui les paie, les toubibs ? La sécu, ou plutôt les cotisations des citoyens, tiens donc.

 

IRM, anagramme de RMI

Comme vous le savez, le milieu est plutôt libéral, à croire qu’ils gèrent une petite entreprise dans leur cabinet, à remplir des papiers hygiéniques.Regardez tous ces spécialistes qui ne supportent pas de voir leurs tarifs plafonnés, alors, ils enjambent, ça s’appelle le «  dépassement d’honoraires », tout ce qui est au dessus, c’est pour la mutuelle ou le patient – mais si la sécu ne payait plus les 40 premiers euros, ils feraient quoi, les mecs ? Ils vendraient le second 4x4 et le studio aux Ménuires, tiens. Que de misère ! Dix-huit mois d’attente pour un ophtalmo. Pauvres gars surmenés, les pupilles de la nation, si j’ose dire, si fermement attachés au numerus clausus des spécialités d’internat ! Trois mois pour une IRM, c’est l’anagramme de RMI,mais c’est un pur hasard, les radiologues ne claquent pas du bec à ce point, c’est la seconde profession la plus payée en France après Trésorier-payeur général. Et les pharmaciens, si libéraux qu’ils ont des quotas d’installation pour bousiller la concurrence, une profession plus protégée que ça par l’Etat, faut déjà chercher, y en a, mais au moins ils la ferment. Question de pudeur.

EN BOITE, LE CRABE !

Oui, la maladie, ça coûte cher, mais ça peut rapporter gros. Par exemple, il y a encore de la marge, pour rentabiliser. Regardez les Anglais. Chez eux, il y a une sorte de commission qui décide si ça vaut le coup de soigner les cancéreux.Sale journée, pour le bonhomme qui est recalé. Il apprend à la fois qu’il a un cancer, que c’est incurable et qu’à partir de demain, il raque tous ses soins. On reconnaît bien là le pragmatisme dont se prévalent les Anglo-Saxons, face aux Latins qui, comme nous, sommes de grands sentimentaux travaillés par des idées gazeuses comme l’humanisme, l’égalité, la fraternité. Du coup, ils font des économies monstrueuses, les roastbeefs saignants, on va quasi direct de la biopsie au crématoire, même Hitler n’avait pas imaginé ce circuit court qui permettait d’économiser le Zyklon B. Et aux States, grand pays de la liberté, on a, de même, la liberté de vendre sa maison pour payer une banale appendicectomie.

Aux Etats-Unis, t’as le droit d’être assuré pas d’être malade

Et de raquer à fond perdu des assurances qui refusent le contrat dès que tu as eu un vrai pépin, tu payes pour être assuré, pas pour être malade.Ou alors, faut être riche, donc, t’as qu’à être riche, c’est une leçon de vie, mon gars ! Mais ne vous inquiétez pas, on y vient, chez nous, par petites touches, mais on y vient. Sous Sarko, payer sa mutuelle se sera révélé comme une autre façon de payer ses impôts : en augmentant les taxes sur ta mutu, on prend ton pognon et on l’injecte dans le remboursement de la dette pour amortir la niche Copé, t’as rien vu, le pognon, ça va, ça vient et une main lave l’autre. On dérembourse à tour de bras, sauf les virées en taxi pour aller de chez toi à l’hosto chaque lundi, si t’es un « chronique »,histoire de te décourager d’y aller avec ton auto si tu peux conduire, parce que tu paierais l’essence et le parcmètre, faut soutenir les taxis, t’as vu comment ils votent ? Et l’on subventionne encore des cures thermales qui ne soignent que les revenus des bourgades qui les abritent, sinon, c’est de la thalasso sans la mer, mais l’hôtel est payé, il y a forcément un casino, et on peut même cumuler, ici ou là, avec un pèlerinage. Et surtout, on oublie la campagne contre la grippe H1N1, menée avec brio par la mère Bachelot, qui a coûté plus de 2 milliards d’euros dont les deux tiers étaient totalement inutiles – sauf pour les fabricants de masques (150 millions d’euros, + 11 en pédiatrie) et de vaccins (807 millions d’euros, source : rapport Autain, Sénat).

DEUX BOULETS SOUS LES OBUS

Le fond de l’affaire, c’est que pour les gouvernements libéraux capitalistes, il y a deux trucs qui sont comme un boulet, la santé et l’éducation. Obsédés qu’ils sont par tout le pognon qu’on se ferait en coupant les vivres à ces goinfres.Mais c’est duraille, faut une bonne crise pour entamer ces bastilles. Dans de vieilles républiques comme la nôtre, pas moyen de les bazarder comme on a fait des banques nationalisées par Mitterrand, voire par De Gaulle soi-même. Alors, pour rentabiliser le truc, il y a deux techniques. La première, c’est le deux-vitesses : d’abord, on économise à fond sur le service public, c’est toujours ça de gagné ; alors, les clients (c’est comme ça qu’on appelle les citoyens, en libéralisme avancé) vont se faire soigner ailleurs et à leurs frais, pour être convenablement traités. Ne restent à l’école publique et aux urgences que les cas sociaux, les loques humaines et les « défavorisés », ainsi appelés parce qu’ils ne portent pas de favoris.On y vient, on y vient : voyez la prolifération des assurances privées, des cliniques de proximité qui émargent à des fonds de pension qataris, des académies pour cours particuliers, des écoles d’anglais de Wall Street ou de sa proche banlieue, et l’encombrement chez les Bons Pères qui font l’éducation sexuelle à l’œil.

Au besoin, l’Etat met la main à la poche : du coup, ce sont les impôts des parents des enfants de l’école publique qui paient l’école privée, c’est pas finaud, ça ?

Deuxième technique : on dézingue carrément, en montrant des gouffres partout, pleins à ras bord, mais gouffres tout de même, quelle horreur avec les marchés qui s’affolent ! Alors, on les configure comme des niches à profiteurs, voyez tous ces instituteurs qui roulent en Porsche, ces infirmières en blouse Dior, ces « fonctionnaires » ah, putain, le gros mot est lâché, regardez les chacals qui nous dévorent, avec tous leurs privilèges et leurs années d’études insolentes à flemmasser dans les facs en tétant des joints, pour s’engraisser grâce à nos spermatozoïdes aboutis et nos maladies qu’on a la bonté d’avoir !

LA SANTE, OU L’EVASION ?

Le trou, on y est, et pas que pour la Sécu. Jamais on n’est tombé aussi bas : le même jour ou presque, on taxe les mutuelles de santé et on détaxe les chambres d’hôtel de luxe, parce que pour les chambres à plus de 200 euros, 4 euros de solidarité nationale, c’était monstrueux. On lance une attaque d’ampleur nationale sur la fraude à l’assurance maladie (156 millions en 2010, dont la moitié sont imputables à des facturations indues d’hôpitaux et de cliniques privées, et à peine 10 % à des prescriptions injustifiées…)  : mais que fait-on contre la fraude fiscale massive ? Au cas où vous seriez troublés par les vœux candides de Sarko, apprenez qu’en août 2011 la France a refusé un accord de régularisation des avoirs détenus en Suisse (l’accord « Rubik », signé avec les Helvètes par l’Allemagne et la Grande-Bretagne) qui lui aurait rapporté environ 4,5 milliards d’euros dès 2012– au risque toutefois de devoir taxer des copains, si utiles pour graisser une campagne électorale…

Mieux : il y a un député que la réduction fiscale sur les dons aux associations humanitaires scandalise comme si c’était la pire des évasions, il veut la saquer. Pour quelques millions d’euros. Une broutille, en comparaison de ce que bouffent les banquiers et de ce qu’étouffent tous ces fraudeurs dont Bercy a la liste, paraît-il, ça sert à caler un bureau. Pauvre type. A quel degré de bêtise et d’égoïsme le sarkozisme peut-il mener…Tiens, je lui souhaiterais presque un cancer à l’anglaise, si je n’étais pas, bêtement, encore soucieux de décence.

 

http://www.bakchich.info/Sante,13165.html

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:23

a-copie-13.pngLe décès d’un adolescent lors d’un affrontement entre jeunes dans la région parisienne, en mars 2011, a de nouveau projeté les bandes à la « une » de l’actualité. Mais, au-delà des discours alarmistes des experts et des martiales déclarations des ministres de l’intérieur, que sait-on de ces formes de sociabilité des milieux populaires et de leurs évolutions ?


par Gérard Mauger, mai 2011


A l’occasion de tel ou tel fait divers, de la publication des dernières statistiques policières ou de l’annonce d’un nouveau projet de loi sécuritaire, le monde des bandes resurgit régulièrement dans les débats politiques et médiatiques. Aux figures des apaches de la Belle Epoque, des blousons noirs de la fin des années 1950, des loubards des années 1970 a succédé le spectre des « jeunes des cités ».

L’une des interprétations du phénomène relie immigration et délinquance. Martelée par le chroniqueur Eric Zemmour, elle a trouvé un relais récent dans le monde académique. Refusant, lui aussi, de « se laisser intimider par la pensée unique »et en quête d’une théorie originale de la délinquance, le sociologue Hugues Lagrange a cru bon de mettre en avant les « origines culturelles (1».Mais, si l’exhibition d’une « nouvelle variable » peut, la conjoncture politique aidant, être au principe d’un « scoop sociologique », l’étude au coup par coup de variables isolées conduit à une impasse scientifique. En l’occurrence, s’il est vrai que les enfants d’immigrés sont surreprésentés en prison et, vraisemblablement, dans la population délinquante, c’est notamment parce qu’ils le sont aussi dans la population en échec scolaire et, de ce fait, dans celle des jeunes sans diplôme en quête d’un emploi et jugés inemployables (2) — tant à cause de leur absence de ressources scolaires que des discriminations qui les frappent. Quant à l’influence propre de « facteurs ethniques ou culturels » (domination masculine, polygamie, etc.), encore faudrait-il, après les avoir identifiés, montrer qu’ils ont un effet criminogène : les réserves sont permises...

Mais comment rendre compte du monde des bandes ? De la fin des années 1950 à celle des années 1970, il pouvait être décrit comme l’univers de sociabilité dans lequel les adolescents des classes populaires jouissaient des licences accordées à la jeunesse et faisaient l’apprentissage collectif des valeurs de virilité associées à l’usage de la force physique comme force de travail. La « culture de rue » apparaissait ainsi comme un préalable à la « culture d’atelier ». Mais, au milieu des années 1970, le processus de consolidation de la condition salariale de l’après-guerre fait place à une insécurité sociale croissante et à la déstabilisation des modes de vie des classes populaires : désindustrialisation, chômage, précarisation et dégradation de l’emploi ouvrier, tertiarisation des emplois sans qualification, renforcement de la ségrégation sociale - spatiale, généralisation de l’enseignement scolaire, déclin de l’encadrement politique et consolidation de l’encadrement étatique. Au renforcement des politiques sécuritaires (3) fait écho l’institutionnalisation de la figure du stagiaire perpétuel ; à l’effondrement du taux d’emploi des jeunes, l’apparition et le développement d’une économie « souterraine » dans certaines banlieues populaires.

Affaiblissement du contrôle parental

Ces transformations ont affecté le monde des bandes. Leurs ressortissants se recrutent désormais pour l’essentiel dans des familles populaires plus ou moins désaffiliées de la société salariale et souvent d’origine immigrée. Ces dernières ne disposent ni des informations nécessaires sur le fonctionnement du système scolaire, ni des savoirs et savoir-faire culturels légitimes (à commencer par la langue). Leurs conditions d’existence sont une source permanente d’inquiétude et de tensions. La précarité les contraint à vivre en fonction des impératifs et des accidents biographiques : licenciements, accidents de travail, invalidités, décès, conflits conjugaux, problèmes judiciaires, etc. Confrontées à l’impossibilité matérielle d’exercer le contrôle et à l’incapacité culturelle d’assurer le suivi (en particulier scolaire) d’enfants « qui leur échappent » (dans tous les sens du terme), soumises aux injonctions contradictoires de travailleurs sociaux qui les invitent à moins de sévérité et plus de rigueur, ces familles se voient reprocher une attitude jugée démissionnaire. L’affaiblissement du contrôle familial renforce ainsi la socialisation par le groupe de pairs.

La ségrégation sociale étant aussi spatiale, les enfants des fractions les plus démunies des classes populaires fréquentent les établissements où les taux de réussite au brevet et au baccalauréat sont particulièrement faibles et les taux de redoublement élevés. Les difficultés d’apprentissage des fondamentaux conduisent à l’hypoactivité scolaire et progressivement au retrait du jeu. Plus l’écart se creuse par rapport aux exigences de l’enseignement, plus la présence en classe apparaît inutilement humiliante, plus la probabilité de perturber l’activité pédagogique ou de fuir l’école s’accroît. La recherche de la protection du quartier et de la reconnaissance au sein du groupe de pairs renforce la porosité de la frontière entre les activités des bandes et l’espace scolaire.

Les emplois précaires accessibles aux jeunes sans diplôme ou titulaires de diplômes dévalués sont souvent des emplois de services (commerce ou bureaux) ou des emplois ouvriers dispersés dans des univers beaucoup plus proches des prestataires de services que des ateliers de production. L’écart s’est creusé entre, d’un côté, la culture de rue et ses valeurs de virilité et, de l’autre, les dispositions requises dans le secteur tertiaire (coursiers, employés de maison, agents de nettoyage, travailleurs de la restauration, etc.) ou même dans l’usine moderne (disponibilité, initiative, flexibilité, etc.). « Le rêve macho-prolétarien de faire ses huit heures plus les heures supplémentaires tout au long de leur vie d’adulte dans un atelier syndiqué à un poste difficile[a] été remplacé par le cauchemar d’un travail de bureau subalterne, mal payé et très féminisé (4»,écrit l’anthropologue Philippe Bourgois.

Au sein du monde des bandes, on peut désormais distinguer deux pôles. Le premier — celui des jeunes encore scolarisés — reste sous-tendu par la logique agonistique (5) des blousons noirs ou des loubards, valorisant le courage, l’esprit rebelle et un virilisme agressif. L’enjeu est la conquête, la défense et l’amélioration d’une position « en vue », individuelle et collective (celle du quartier), dans la hiérarchie des réputations locales. La tchatche, les vannes cherchent à tourner l’autre en dérision en sachant jusqu’où ne pas aller trop loin. Mais les réputations s’acquièrent surtout dans les bagarres au sein du groupe, avec les bandes des cités voisines ou encore avec la police. Ces « faits d’armes », les pointes de vitesse et les vols de véhicules constituent l’essentiel des pratiques délinquantes caractéristiques de ce pôle, sur fond de conduites banales susceptibles d’engendrer nuisances sonores, obstructions du passage dans les espaces collectifs ou dégradations du mobilier urbain.

Faire un « truc de ouf »

Le second pôle — celui des « grands » — se démarque du premier par l’investissement dans l’économie « souterraine » (l’épithète insistant sur son caractère occulte), « parallèle » (le flou du qualificatif suggérant l’existence d’un continuum avec l’économie formelle), « illégale » (l’adjectif emprunté au répertoire juridique en souligne le caractère délinquant), voire « des cités » (la notion évoquant la thématique de la survie). L’affiliation au monde des bandes a pour corollaire la dénégation de la relégation : le « bizness » permet l’appropriation des attributs de l’excellence juvénile qui permettent de sauver la face. La croyance en la possibilité de « monter sa propre affaire » — l’esprit du capitalisme souterrain... — s’avère d’ailleurs étonnamment partagée. L’échec des tentatives d’insertion professionnelle par des voies légales, les dispositions à l’égard du travail non qualifié, les tensions entre nécessité économique et contraintes symboliques, l’impératif de la « débrouille », la convergence entre une définition dominante de la réussite sociale et les trajectoires ascensionnelles des revendeurs de stupéfiants, le travail de légitimation morale du « bizness » peuvent faire alors de l’engagement dans l’économie illégale le choix le moins humiliant et le plus rassurant (6).

Le « bizness » et, plus spécifiquement, le « deal » impliquent une plus grande porosité du monde des bandes par rapport au milieu de la délinquance professionnelle. Conformément à l’hypothèse des premiers sociologues de l’école de Chicago, l’existence d’un « pôle délinquant » dans le quartier en fait une aire de recrutement et de transmission des savoir-faire délinquants, ouvrant un espace d’« opportunités déviantes ». La surenchère caractéristique de la logique agonistique peut rendre compte de la fuite en avant dans la hiérarchie indigène des délits (du vol à l’étalage au braquage). Faire un « truc de ouf » (de fou) est un gage de réputation et de prestige. Par ailleurs, la prison, en favorisant le développement de relations dans le monde de la délinquance professionnelle et la transmission des savoir-faire correspondants, reste un lieu privilégié de conversion du monde des bandes au « milieu ».

Quelles conséquences peut-on tirer de ce genre d’analyse ? Le monde des bandes apparaît comme un effet des structures sociales. C’est pourquoi, instrument de compréhension de soi-même et des autres, la sociologie se voit régulièrement taxée d’« angélisme » par tous ceux qui, drapés dans la défense des victimes (semblant, d’ailleurs, ignorer que les premières victimes des bandes sont les jeunes des bandes eux-mêmes), entretiennent la « panique morale » et se font les hérauts de la « guerre contre le crime ». D’où la fortune des théories de l’action rationnelle appliquées à la délinquance qui légitiment la philosophie pénale inspirée de la doctrine du libre-arbitre, le retour de la théorie du criminel-né (7), sinon des « explications » plus ou moins ouvertement racistes.

A l’inverse, reprenant à son compte une longue tradition anarchiste et prise dans une surenchère de radicalité, une fraction de la gauche intellectuelle croit déceler dans le monde des bandes cette « fleur du prolétariat » que Mikhaïl Bakounine décrivait comme « cette grande masse, ces millions de non-civilisés, de déshérités, de misérables et d’analphabètes(...), cette grande canaille populaire qui, étant à peu près vierge de toute civilisation bourgeoise, porte en son sein, dans ses passions, dans ses instincts, dans ses aspirations, dans toutes les nécessités et les misères de sa position collective, tous les germes du socialisme de l’avenir et qui seule est assez puissante aujourd’hui pour inaugurer et pour faire triompher la révolution sociale (8».C’est le même mirage qu’on retrouve chez ceux qui voient dans les « feux de joie »des émeutes de novembre 2005 « le baptême d’une décennie pleine de promesses »et s’émerveillent de « tout ce qu’il y a de purement politique dans cette négation absolue de la politique » (9).

Ignorant ces enthousiasmes rhétoriques, les luttes politiques, médiatiques, scientifiques qui ont pour objet la définition de la représentation légitime de la délinquance juvénile et de ses causes ont un double enjeu. L’indignation morale régulièrement réactivée à l’égard du monde des bandes est utilisée à des fins partisanes pour capter les voix d’une partie de l’électorat du Front national. Mais elle permet surtout de renforcer le contrôle policier sur un sous-prolétariat qui ne cesse de s’étendre et d’exacerber les divisions au sein des univers populaires. A la traditionnelle vision du monde « nous »-« eux », elle substitue un nouveau clivage entre établis et marginaux. Les premiers appartiennent à des classes moyennes précarisées et à des classes populaires bloquées dans leur espoir d’ascension, alors que les autres sont des ouvriers et employés « précarisés » et des « sans ». Comment alors reconstituer et unifier un mouvement populaire capable d’inclure ses marginaux ? Comment réduire la fracture entre les deux groupes, alors que les porte-parole politiques et médiatiques des classes dominantes s’en prennent alternativement à des établis « privilégiés » et à des marginaux « diabolisés » et/ou « assistés » ?

Gérard Mauger

Directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il a publié récemment La Sociologie de la délinquance juvénile, La Découverte, coll. « Repères », Paris, 2009.

(1) Hugues Lagrange, Le Déni des cultures, Seuil, Paris, 2010.

(2) Le rapport 2010 (PDF) de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles indique que 43 % des hommes jeunes y sont au chômage.

(3) Cf. Laurent Bonelli, La France a peur. Une histoire sociale de l’“insécurité” », La Découverte, Paris, 2008.

(4) Philippe Bourgois, En quête de respect. Le crack à New York, Seuil, Paris, 2001.

(5) Relatif à la lutte.

(6) Nasser Tafferant et Gérard Mauger, Le Bizness. Une économie souterraine, Presses universitaires de France, Paris, 2007.

(7) « Alors que les gangs sont typiquement vus comme un phénomène sociologique, notre étude montre que les variantes d’un gène spécifique de monoamine oxidase A (MAOA) jouent un rôle significatif », déclarait récemment le criminologue Kevin M. Beaver. Cf. « Monoamine oxidase A genotype is associated with gang membership and weapon use », Comprehensive Psychiatry, Saint Louis (Etats-Unis), 2009.

(8) Mikhaïl Bakounine, Œuvres, tome IV, Stock, Paris, 1908.

(9) Comité invisible, L’Insurrection qui vient, La Fabrique, Paris, 2007.



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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:20

a-copie-12.pnghttp://www.marianne2.fr/BertrandRothe/Comment-la-finance-controle-le-debat-economique_a26.html

 

Comment la finance contrôle le débat économique

La crise fait rage, mais le débat n’avance pas. La seule solution qui émerge, se serrer la ceinture pour payer les banques. Mais n’est ce pas la définition même de la crise : « quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître » ? Sauf que cette fois la formule d’Antonio Gramsci ne fonctionne pas : les économistes hétérodoxes, les Lordon, Sapir, Gréau… ont des solutions. Le vrai problème : ils ne sont pas entendus. Est-ce surprenant ? La finance contrôle le débat économique.



Y'en a que pour les banquiers

Qui nous a informé sur la crise cet été ? Essentiellement des banquiers. En août, dix articles du Monde traitent du fond du problème dans les pages débat. Sur ces 10 articles, 16 citations proviennent d’individus liés aux institutions financières, et 6 d'individus non liés directement à la finance. 76,6 % de citations pour les financiers, c'est beaucoup pour les responsables de la crise. Le Monde n’est pas le seul. Le 11 Août, le Nouvel Obs titre sur : « Les incendiaires. Comment ils nous plongé dans la crise ». Là encore les banquiers ne sont pas les incendiaires, mais les experts ! Anton Brender, autrefois réputé de gauche, directeur des études économiques de Dexia Asset Management – vu les performances de son entreprise on s’attendrait à davantage d’humilité – dispose de deux pages pour clamer que : « Ce ne sont pas les marchés qui sont en cause mais l’impuissance politique ». Géniale novlangue : les marchés remplacent les banques, car ce sont elles qui spéculent contre l’euro. Mais comment un économiste pourrait-il cracher dans la main qui le nourrit ?

Pourquoi les journalistes sont-ils si prompts à gober pareilles mystifications ? Leur réponse est invariable : «
On n’a pas le temps ». Et c’est le génie des banques de l’avoir compris, comme l’explique une journaliste de l’Expansion : « Les banquiers savent répondre vite, ils sont payés pour ça. Ce qui n’est pas le cas des universitaires qui réfléchissent, et dont les nuances sont difficiles à retranscrire ». Et c’est vrai, la pression est importante. Au Monde, une journaliste économique a signé 29 articles au mois d’août, soit plus d’un par jour travaillé, une autre en a signé 18, et ce n’est pas le journal le plus mal doté.

Jacques Sapir pense différemment. Il distingue les journaux grand public, chargés de faire la pédagogie du libéralisme, et les médias économiques pour lesquels l’information a une vraie valeur marchande et qui, paradoxalement, sont plus ouverts : en pleine crise, les
Echos ont ainsi édité un supplément très intéressant sur le « bon » capitalisme. Comme le signale le journaliste François Ruffin (Fakir), le Monde, qui pose une - bonne - question : « L'inflation peut-elle résorber les dettes publiques ? », réussit à publier … six  experts qui condamnent l’inflation, sans même un autre son de cloche. La Pravda n’aurait pas osé.

De plus les banques ont compris que la presse est le média de référence. Les télévisions et les radios viennent y puiser leur inspiration. Ainsi la télé permet aux banques de faire entendre leurs voix bien plus loin que le simple cercle des lecteurs. Une pierre, deux coups.



Un enseignant peut cacher un supplétif du système financier

Le système peut être un peu plus complexe. Le 12 août, en pleine déroute financière, l’Autorité des Marchés Financiers interdit la vente à découvert pendant 15 jours, pour vérifier si la décision réduit la volatilité des marchés. A mi-parcours le Monde enquête. Verdict publié le 20 août : « La suspension des « ventes à découvert » ne permet par d’éviter de lourdes chutes en Bourse ».  Cette fois-ci, c’est du sérieux, seul un banquier juge que l’ « on ne peut pas arrêter tous les bandits ». Chapeau ! La journaliste a interrogé deux professeurs de l’Edhec, une des plus célèbres écoles de gestion françaises. Interdire les ventes à découvert est « au mieux démagogique, au pire dangereux ». La messe est dite. Sauf que l’on découvre, moyennant deux clics sur Google, que le laboratoire de ces deux spécialistes est financé par la banque Rothschild. Et là, de clics en clics, on apprend que le même labo vend de la formation aux professionnels… 2 000 euros pour deux jours et par participant, logement non compris. Excusez du peu. Si vous avez dix élèves… A ce prix-là, mieux vaut éviter de se fâcher avec ses clients. Les ventes à découvert sont très rémunératrices pour les institutions financières. On reste sur la toile et l’on découvre que l’un des experts est aussi le patron de l’Edhec, Noël Armenc pour lequel « le débat entre marché et science n'a pas lieu d'être dans une grande école de commerce ! ». Circulez, pas de débat. Dommage.



« Aucun n’est directement corrompu mais la plupart sont payés par les banques… »

Reste la télévision et la radio... Là pas d’experts inconnus, pas de seconds couteaux, seules les stars sont invitées, comme Elie Cohen que les chaînes se disputent, lui qui, en juin, nous expliquait que la crise était derrière nous.

En dehors de ce genre de fantaisiste, pour avoir accès à ces médias les banques prennent comme consultants des professeurs d’école prestigieuses : Ulm, Sciences Po Paris, Dauphine et Polytechnique. Difficile de résister. Même les plus grands ont accepté cette compromission. Michel Aglietta, par exemple, conseille Groupama Asset Management. Lequel précise à la fin de ses livres qu’il est rémunéré par cette institution. Tout le monde ne le fait pas. Daniel Cohen par exemple signale très rarement qu’il travaille pour la banque Lazard. Il préfère rappeler qu’il forme les futurs Jean Paul Sartre de la rue d’Ulm, réservant son engagement chez Lazard aux lecteurs de
Challenges.



Pourquoi se cacher quand on est entre amis ?

Pour l’ordinaire, les institutions financières embauchent des seconds rôles. Anton Brender s’est retrouvé directeur des études économiques de Dexia, Jean Paul Betbéze sévit au Crédit Lyonnais puis au Crédit Agricole. En choisissant de passer du côté obscur de la force, nos hommes sont moins demandés pour les grands médias, mais ils vont pouvoir porter la bonne parole parmi les importants. Jean-Luc Gréau, qui a œuvré pour le Medef, rappelle que le débat économique sert aussi à prendre des décisions politiques. Et là aussi les banquiers ont souhaité être présents. Sur les trois économistes qui siègent au prestigieux Siècle, deux, Christian de Boissieu et Daniel Cohen, sont liés à des banques et siègent au Conseil d’Analyse Economique.

Ce Conseil d’Analyse Economique, créé par Lionel Jospin, est aussi une citadelle imprenable de la planète finance. L’enjeu est de taille. Le CAE conseille le premier ministre. La finance monopolise cet accès à l’oreille du gouvernement. Sur les 28 membres, 19 sont directement ou indirectement liés à la finance. La Société Générale, le Crédit Agricole, HSBC et Natixis sont ainsi représentés directement par leurs subordonnés. On découvre à la lecture des CV des membres que l’on peut être professeur à Dauphine et Conseiller du Directoire de La Compagnie financière Rothschild comme Jean-Hervé Lorenzi. Les jeunes ne sont pas en reste. Augustin Landier enseigne à la Toulouse School of Economics, mais a aussi créé un hedge fund. A Claire Derville qui lui demandait si on avait raison de penser que les fonds spéculatifs avait fomenté cette crise, il rétorque : «
Non... Au contraire, en corrigeant les excès des marchés, ils contribuent à les assainir. Mais c’est vrai qu’en étant obligé de liquider leurs positions…, ils ont amplifié la spirale baissière. Ce sont les victimes collatérales de la crise du crédit ». Il fallait oser présenter les fonds spéculatifs comme des victimes de la crise... Le président du Conseil a aussi ses pudeurs, et on le comprend, notre homme est gourmant, il ne mange pas à un seul râtelier. Le CV de Christian de Boissieu qui affiche ses titres universitaires, ferait rougir de jalousie n’importe quel colonel de retour d’Afghanistan : économiste de l’année, lauréat à deux reprises, puis des titres en anglais non traduits, total respect… Mais notre président oublie de préciser qu’il conseille aussi un hedge fund, excusez du peu, le Crédit Agricole, qu’il siège au conseil de surveillance d’une banque privée, une paille, et la liste est encore plus longue.

Quand on interroge les membres de cette institution sur les dérives que peut générer ce quasi monopole de la finance dans le CAE, la réponse fuse: «
On est libre, Patrick Arthus propose par exemple d’augmenter les salaires depuis longtemps ». L’institution accepte un ou deux trublions à condition qu’ils ne mettent rien en cause d’essentiel. Au CAE et au Cercle des économistes, c’est la fonction de Patrick Arthus. L’homme est sans danger. Il a de nombreux fils à la patte. Le directeur des études de la banque Natixis - aussi conseiller d’administration de Total, généreusement payé 55 000 euros par an pour sept réunions - ne se précipitera pas pour inviter à la révolution, ni pour augmenter la fiscalité du CAC 40. Il s’est aussi vanté de conseiller les dirigeants chinois dans des cercles privés.



« A la soupe »

Les banques sont les premiers employeurs d’économistes. Les débouchés pour les économistes sont très réduits. Traditionnellement, l’enseignement arrivait en tête et il existe quelques postes dans la fonction publique. Aujourd’hui les banques ont énormément augmenté leurs effectifs : dans les salles de marché, les risques pays, les services marketing… Il est fréquent de passer du public au privé. Les conditions de travail sont meilleures, les salaires aussi, entre 4000 euros par mois pour un économiste confirmé et 15 000 euros pour une star, bien plus qu’un agrégé d’économie en fin de carrière. Et voilà nos économistes dans le toboggan.

Evidemment quand ils passent au privé, ils se jurent bien de ne pas changer. Sauf que Philippe Labarde, dans sa longue et belle carrière qui l’a mené du service économique du
Monde à France Inter se souvient d’évolutions : « Quand celui–là travaillait dans un organisme public, il n’avait pas le même discours que depuis qu’il dirige le service d’une grande banque ». Evidemment personne n’a envie de revenir en arrière. Le paradoxe de cette histoire c’est que les économistes ont inventé un terme pour expliquer cette « laisse » qui n’annonce pas son nom. C’est à Joseph Stiglitz que l’on doit « le salaire d’efficience ». Sa description est relativement simple : comment s’assurer de la fidélité de ses salariés ? Il suffit de les payer un peu au-dessus du marché, et par peur de perdre ce petit avantage, ils fourniront un maximum d’efforts et se comporteront en chiens fidèles.

Comme d’habitude c’est ceinture et bretelles, il est évidemment interdit de dire du mal de son employeur, voir des clients de son employeur, Etats ou autres. Le chemin est étroit. Antoine Brunet, un ancien de chez HBC, nous affirme avoir signé une clause qui lui interdisait de publier des livres sans l’autorisation de sa hiérarchie. Il existe des cas de licenciements. Un économiste que nous avons rencontré nous a expliqué sa situation : sa banque s’est séparé de lui pour avoir dit du mal de la Chine. Comme il a négocié son départ, il refuse que l’on cite son nom.


Je tiens à remercier Antoine Brunet ancien économiste d’HSBC, Google, Philippe Labarde, ancien membre du CSA, Frédéric Lordon du CNRS, François Ruffin de Fakir, Jacques Sapir de l’EHESS, Jean Luc Gréau, et ceux qui ont accepté de me parler à condition que je ne les cite pas pour « continuer à être invité dans les colloques » voire d’intégrer un jour une banque. Sans eux, je n’aurais pas pu écrire cet article.



Bertrand Rothé

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:17

a-copie-9.pngLe groupe CRC, soutenu par les sénateurs de gauche, a déposé une proposition de loi visant à abroger le mandat de conseiller territorial. Alors que le texte doit être débattu le 16 novembre en séance publique, Christian Favier, président du Conseil général et sénateur du Val-de-Marne, revient pour CIDEFIL sur ses objectifs et fixe les lignes d’une autre réforme de la décentralisation.

Le groupe CRC a déposé une proposition de loi, cosignée par l’ensemble des sénateurs de gauche, visant à abroger le nouveau mandat de conseiller territorial. Pourquoi l’adoption de ce texte pourrait représenter une première étape vers l’annulation complète de la loi du 16 décembre 2010 ?

Christian Favier : Chacun en a conscience, la création des conseillers territoriaux, qui viendrait en 2014 remplacer à la fois les conseillers généraux et les conseillers régionaux, constitue l’une des pierres angulaires de cette mauvaise réforme. Aussi obtenir son abrogation n’est pas un simple aménagement de la loi, mais bien un premier démantèlement qui en appellera d’autres.

Rappelons-nous, l’instauration de ce nouveau mandat représente un triple non sens.

Non sens, d’abord, d’un point de vue démocratique car c’est éloigner les élus locaux des citoyens et des territoires. Songez par exemple qu’un seul élu siègerait à la fois dans une dizaine de conseil d’administration de collèges et de lycées. C’est purement intenable !

Non sens également d’un point de vue institutionnel. Confondre les mandats, c’est bien dans l’esprit des initiateurs de la réforme, je pense notamment à Edouard Balladur, qui parlait d’évaporation des collectivités locales, pour aller en particulier vers la disparition du département.

Or avec le groupe CRC nous sommes très attachés au maintien de trois niveaux de collectivités, la commune, le département et la région, à l’image de ce qui existe dans la plupart des pays européens. Ces trois niveaux d’exercice des responsabilités locales permettent d’assurer les fonctions de proximité, de solidarité et de stratégie indispensable à la démocratie locale et au développement territorial.

Non sens politique enfin. Car aujourd’hui franchement, cette question est loin d’être prioritaire pour nos concitoyens. Je le vois comme Président du Conseil général du Val-de-Marne, ce dont nous parlent les habitants c’est d’emploi, de pouvoir d’achat, de logement, d’éducation, de transports, mais pas de niveau de collectivité ou de fusion des mandats. Ce qu’ils attendent de leurs élus, c’est de l’écoute, de la disponibilité, du soutien, et surtout de l’audace pour trouver des solutions à leurs difficultés.

Pensez-vous que les Etats généraux des collectivités locales qui se préparent au Sénat, pourront porter la revendication de l’abrogation de la réforme territoriale ?

Christian Favier :J’en suis pour ma part tout à fait convaincu. A gauche, mais aussi au delà, nous n’avons eu de cesse de dénoncer cette réforme. C’est une réforme particulièrement dangereuse pour la démocratie locale et pour la décentralisation. Notre avis n’a pas changé. Or si une loi est mauvaise, et bien, il faut l’abroger ! C’est le meilleur sort que nous pouvons réserver à la réforme des collectivités.

Les états généraux des collectivités locales organisée à l’initiative du nouveau Président du Sénat, Jean-Pierre Bel seront donc l’occasion de rappeler nos critiques de fond de cette réforme mais aussi de poser des jalons d’une véritable nouvelle étape de la décentralisation.

C’est pourquoi nous comptons non seulement nous investir pleinement dans ces Etats généraux mais également proposer qu’ils puissent faire l’objet d’un large débat populaire, avec les élus locaux bien sûr mais aussi avec les organisations syndicales, les associations, tous les intervenants de nos territoires, et pour que nos concitoyens puissent eux aussi dire ce qu’ils attentent de leurs collectivités locales.

Quel bilan faites-vous de la décentralisation, telle qu’elle se construit depuis 1982 en France ?

Christian Favier :Indéniablement, la décentralisation constitue un mouvement de fond particulièrement positif.

En rapprochant les citoyens des assemblées chargés de prendre d’importantes décisions pour leur vie quotidienne, la décentralisation qui aura trente ans en février prochain, a permis de grande avancées dans de très nombreux sujets.

Pour prendre un exemple que je connais bien, celui des collèges, le fait que le Département en assure la gestion a permis d’améliorer de façon considérable les conditions matérielle d’accueil, de travail et d’enseignement. Là où l’Etat n’investissait plus, les collectivités locales ont beaucoup travaillé, et cela se voit. D’ailleurs, aujourd’hui, les trois quart de l’investissement public sont assurés au niveau local. C’est bien le signe d’un mouvement de fond. A cela nos concitoyens sont aujourd’hui très attachés.

Il reste un bémol et deux risques graves qu’il nous faut déjouer. Le bémol ce sont les moyens. Jamais les collectivités locales n’ont disposés des moyens leur permettant d’assumer leurs missions dans de bonnes conditions. C’est pourquoi nous proposons une refonte complète du financement des collectivités locales qui soit juste, ambitieuse et pérenne. Le premier risque, c’est de ne considérer les collectivités locales que comme des relais du pouvoir central.

C’était déjà l’esprit de la loi d’août 2004 de Jean-Pierre Raffarin et c’est ce vers quoi penche encore plus la réforme des collectivités, c’est un risque démocratique et politique très grave. Le deuxième risque serait un désengagement renforcé de l’Etat, au profit de baronnies locales, ce qui renforcerait la mise en concurrence des territoires et les inégalités.

Quelle sont, pour vous, les réformes prioritaires à entreprendre pour faire évoluer la décentralisation française ?

Christian Favier :Nous proposons six principes qui pour les élus communistes, constituent le socle sur lequel nous pouvons renforcer les droits et libertés des collectivités locales :

Maintenir les trois niveaux de collectivités, je l’ai évoqué il y a quelques instants. Refondre leur financement en prenant en compte la réalité sociale des populations pour permettre à chaque collectivité d’exercer ses misions et de mener à bien ses projets et d’assumer, via la possibilité de lever l’impôt, la responsabilité de ses décisions vis à vis des citoyens.

Maintenir l’intervention de l’Etat pour garantir l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire national.

Garantir pour toutes les collectivités locales la clause de compétence générale. C’est ce qui permet aux communes, aux départements et aux régions de se saisir de toute question d’intérêt local et donc de répondre aux attentes de leurs populations et aux besoins de leurs territoires.

Réaffirmer le principe constitutionnel de libre administration des collectivités. C’est un principe démocratique essentiel.

Enfin favoriser toutes les formes de coopérations entre les collectivités. En privilégiant la liberté d’association des collectivités et en rejetant toute tutelle, y compris d’une collectivité sur une autre, ou tout autoritarisme de l’Etat.

L’entretien sur ELUNET





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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:05

a-copie-8.pngDix millions de mal-logés, cent mille sans domicile. En France, avoir un toit ne va plus de soi. Si le chantier pour sortir du marasme est immense, des solutions existent. Enquête.



L'arrêté d'expulsion est arrivé par la poste. Frêle, les yeux cernés, Brigitte Regard, 62 ans, intermittente du spectacle actuellement au RSA, en a perdu « le goût de lire, et même d'écouter de la musique ».Au bar-tabac du coin, tétanisée, elle fixe le trottoir : « Avec la trêve hivernale, j'ai gagné un léger sursis mais, le 15 mars, c'est la rue qui m'attend. »

Brigitte n'est pas une squatteuse, elle a toujours payé son loyer et ne demande qu'une chose : rester dans ce quartier de Paris, entre Beaubourg et Arts-et-Métiers, où elle vit depuis quarante-deux ans. En 2003, la propriétaire de son immeuble décide de vendre à un fonds de pension, qui s'empresse de le revendre à la découpe. On propose alors à Brigitte de racheter son appartement au tarif « préférentiel » de 175 000 euros pour 40 m2. Elle fait le tour des proches, des banques. Impossible.

Heureusement, son nouveau propriétaire, un investisseur qui n'est jamais venu voir son bien, n'a pas cherché à la déloger, et c'est à lui qu'elle paye, depuis, ses 600 euros de loyer. Arrivée en fin de bail en juin 2011, elle a reçu son congé car l'appartement est de nouveau à vendre, mais vide cette fois. Prix affiché : 450 000 euros. Soit plus de 10 000 euros le mètre carré, et, en huit ans, 158 % d'augmentation ! Tout est légal, tout est normal.



Comment en est-on arrivé là ?


En France, le marché décide, à la vente comme à la location. Pas de contrainte, juste le prix maximum. A moins d'obtenir un logement social (elle a déposé une demande en 2004, mais n'est pas seule sur la liste), Brigitte n'a aucune chance de trouver une surface équivalente pour un prix abordable. Et, quand bien même, pas une agence n'accepterait de la recevoir, vu ses « références » : pour postuler, il faut gagner quatre fois le loyer et présenter des garanties en béton !

Il en est ainsi dans toutes les villes où la pression démographique est forte et le déficit de logements criant, Paris et la petite couronne, Lyon, Nantes, Montpellier... Après guerre, les experts n'avaient pas prévu le baby-boom, l'exode rural, le recours à l'immigration, les rapatriés d'Algérie : avec la même cécité, ils n'ont pas vu venir, ces vingt dernières années, les divorces (un couple sur trois), les familles monoparentales, le vieillissement de la population (plus trois mois par an) et les 2,1 enfants par femme qui font que la population française augmente de 400 000 personnes tous les ans.



Sous cette pression mal anticipée, dans les agglomérations, les prix de l'immobilier se sont envolés de 120 % depuis 2000, et ceux de la relocation (quand l'appartement change de locataire) de 50 % à 90 %. Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre(1), constate que, « en 1980, un ménage consacrait 13 % de son budget à se loger et 25 % pour se nourrir. En 2010, le rapport est inversé. Les Français dépensent pour avoir un toit sur la tête le quart de leurs revenus, voire la moitié pour les plus jeunes ou les plus pauvres ! ».

Les heureux primo-accédants, qui, jusque dans les années 2000, s'endettaient sur quinze ans, voient leurs emprunts courir sur vingt-cinq, voire trente ans ! Pour payer un peu moins cher, beaucoup s'installent toujours plus loin des centres... et passent des heures, et une fortune, dans les transports.

Dans ce scénario tendu, au moindre accroc – chômage, séparation, maladie – tout part de travers. La crise qui frappe depuis 2008 n'arrange rien : selon l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), pour 100 chômeurs de plus, 45 familles basculent sous le seuil de pauvreté. Dix millions de personnes sont aujourd'hui touchées par le mal-logement (précarité, surendettement, insalubrité, suroccupation), 1,2 million attendent un HLM, 100 000 sont à la rue. Selon un sondage (2), un Français sur deux craint de se retrouver SDF.

 

Les remèdes qui ne marchent pas


« Une France de propriétaires »,avait promis le candidat Sarkozy en 2007. Quatre ans plus tard, le compte n'y est pas : avec 58 % de propriétaires occupants, la progression n'est que de deux points. Au sein des classes moyennes supérieures, la propriété gagne doucement du terrain, même si c'est plus difficile qu'avant. Les ménages modestes, eux, qui, selon la Fondation, représentaient 45 % des acquéreurs de résidences principales en 2003, ne sont plus que 30 %, voire moins.

« Dans ce joli schéma libéral, la solution miracle de la “maison à 100 000 euros” de Jean-Louis Borloo est un fiasco : il s'en est construit 800, et plutôt à 120 000 euros, sans le terrain ! »s'emporte Thierry Repentin, sénateur de la Savoie, spécialiste au PS des questions de logement. « Quant au nouveau prêt à taux zéro censé aider l'accession des classes moyennes – le fameux TPZ+ lancé par François Fillon en janvier dernier –, il n'est plus assujetti à un plafond de ressources et profite donc pour plus du tiers aux catégories les plus riches. »Coût pour la collectivité : 500 millions d'euros.

Reste que la propriété du logement – rêve de 90 % des Français –, n'est pas nécessairement la panacée claironnée par Nicolas Sarkozy en campagne – « une sécurité en cas de chômage, une garantie de niveau de vie au moment de la retraite, un capital à transmettre aux enfants... »Parfois, surtout pour les plus modestes, c'est un piège : 720 000 ménages vivent dans des copropriétés dégradées, loin de tout, invendables, comme à Clichy-sous-Bois ou Montfermeil, d'où sont parties les émeutes de 2005.

Enfin, il y a les niches fiscales type « Robien » ou « Scellier », qui permettent aux propriétaires de déduire de leurs impôts des investissements immobiliers s'ils s'engagent à louer pendant neuf ans. « Un scandale !pour Christophe Robert.Non seulement on construit des logements inadaptés, trop chers, là où il y a peu de demandes – dans les petites villes –, mais, en plus, ça coûte des fortunes à l'Etat ! Un logement HLM qui restera toujours dans le parc locatif coûte à construire 130 000 euros, dont 35 000 euros d'aide publique. Pour un appartement comparable, mais disponible neuf ans seulement via le dispositif Scellier, le fisc abandonne entre 40 000 et 50 000 euros ! »

Reste une avancée majeure du quinquennat Sarkozy : le Dalo ou droit au logement opposable, qui permet, depuis 2008, à toute personne mal-logée de se retourner contre l'Etat. Fin 2010, 176 223 recours avaient été déposés, dont les deux tiers en Ile-de-France. Au final, 19 000 personnes ont pu être relogées. Beaucoup d'autres, malgré une décision favorable, sont restées sur le carreau. Les préfets manquent de logements et les solutions qu'ils mettent alors en œuvre sont économiquement absurdes. Il vaudrait mieux, dans l'urgence, maintenir les gens dans leurs appartements en indemnisant les propriétaires plutôt que de les reloger, fort cher, à l'hôtel.



À Boulogne-sur-Mer, réhabilitation du quartier Delacroix-Molinet. Photo : Léa Crespi pour "Télérama".

Par où la sortie ?


« Il faut construire, et massivement,dit Jean-Baptiste Ayrault, de l'association Droit au logement (DAL). Il manque dans les grandes agglomérations un million de logements, dont 600 000 HLM. Rien qu'en Ile-de-France, il en faudrait 70 000 par an pour rattraper le déficit, on est à peine à 40 000. »

Sur ce front, l'Etat avait déjà tendance à réduire ses aides. Le plan de rigueur annoncé par François Fillon le 7 novembre 2011 va freiner encore les choses, comme le dénonce l'Union sociale pour l'habitat: « La hausse des taux réduits de la TVA du bâtiment à 7 %, contre 5,5 %, coûtera au secteur 225 millions d'euros par an. En outre, le plafonnement à 1 % de la hausse de l'aide personnalisée au logement (APL, 6 millions de bénéficiaires) touchera directement les plus modestes. »

Tout reposera désormais sur les maires qui, eux aussi, traînent parfois des pieds, comme le déplore l'un d'eux, Thierry Repentin, élu de Sonnaz, près de Chambéry : « Les plans locaux d'urbanisme (PLU) permettent de con­traindre les promoteurs à construire jusqu'à 30 % de logements sociaux. » Appliqués à Rennes ou à Saint-Ouen, ces programmes « mixtes », où, dans les mêmes immeubles, se côtoient des gens d'origines et de conditions différentes, permettent de casser les ghettos, de retrouver ce qui ressemble à de la ville.

 Trois exemples de rénovation urbaine et architecturale :
 
à Boulogne-sur-Mer(Pas-de-Calais)
 
à Bègles(Gironde)
 
à Champigny-sur-Marne(Val-de-Marne) 

Dans cette recherche de la mixité, « il faut aussi renforcer la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), qui impose 20 % de logements sociaux sur une commune, et remonter ce seuil à 25 %,martèle encore Thierry Repentin.Et les pénalités doivent être significatives en cas de non-respect. Aujourd'hui, l'amende est de 450 euros par logement non réalisé, je propose de la remonter à 15 000 euros, ce qui correspond à ce que la commune mettrait si elle construisait vraiment des HLM. »

Il faut aussi favoriser le logement « intermédiaire ». Jusqu'en 1985, les investisseurs institutionnels, dits « zinzins » (fonds de pension, compagnies d'assurances), avaient l'obligation d'investir une part de leurs avoirs dans l'immobilier locatif, avec des loyers plafonnés accessibles aux classes moyennes. Du jour où la loi a lâché du lest, 800 000 logements qu'ils possédaient sont partis à la découpe (proposés à l'achat d'abord à leur locataire, puis sur le marché). Et tant pis pour les familles qui n'ont pas pu acheter et ont quitté les centres-villes. « Aujourd'hui,explique Thierry Repentin, les “zinzins”, qui n'ont pas fait que de bonnes affaires en Bourse, semblent vouloir revenir sur ce marché pépère, qui, bon an mal an, fait ses 3 % de rendement. »

Le modèle allemand en matière de régulation des prix devrait également nous inspirer. Certes, la pression démographique y est moins forte et l'offre de logements mieux répartie. Mais, dans les villes, les locataires, qui représentent 70 % des habitants, ont à leur disposition un outil, le Mietspiegel(littéralement : « miroir des loyers »), qui, sur chaque quartier, donne annuellement la fourchette des prix. Si un propriétaire dépasse de plus de 10 % le maximum pratiqué, il est possible de se retourner contre lui.

Pour fluidifier le marché et lutter contre la spéculation, il faudrait aussi mettre en place des mécanismes fiscaux incitant les propriétaires à vendre ou à louer. En France, deux millions de logements sont inoccupés, et pas seulement dans les campagnes reculées. Huit villes, dont Paris, Toulouse ou Lyon, ont instauré à titre expérimental une taxe sur la vacance. En quelques mois, entre 40 % et 50 % des appartements vides sont retournés sur le marché, dont certains dans le cadre d'un contrat Solibail tel que l'a imaginé le DAL : c'est la collectivité qui se porte garante face au propriétaire et qui gère la location.

Ce type de taxation pourrait aussi s'appliquer aux terrains à bâtir. Thomas Piketty, professeur à l'Ecole normale supérieure et proche du PS, en appelle ainsi à une refonte de la taxe foncière, qui serait remplacée par un« impôt sur le patrimoine » , incluant le foncier. Sa valeur serait recalculée chaque année en fonction des fluctuations du marché :« Ainsi, un terrain inoccupé, plutôt que de prendre de la valeur en dormant, risquerait, à terme, d'en perdre », explique Piketty.Le type même de chantier casse-gueule qui, dans un premier temps, ne fait que des mécontents. Mais, en début de mandat, le courage politique, face à la plus grande inégalité qui soit, celle du toit, est une option possible.

HLM : qui paye quoi ?
Un office HLM est une société d'économie mixte présidée par un élu. Il autofinance les logements qu'il construit, en recourant  pour 70 % à l'emprunt auprès de la Caisse des dépôts. L'Etat accorde une subvention de 1 000 euros par logement (elle était de 6 000 euros en 2000), soit moins de 1% du coût. Les collectivités locales ont dû porter leur participation à 11% (2% en 2000).

Luc Le Chatelier

Télérama n° 3227



(1) La Fondation Abbé-Pierre interpelle les candidats à la présidentielle au travers d'une « mobilisation générale pour le logement » soutenue par une pétition, accessible sur www.mobilisationlogement2012.com
(2) BVA pour Emmaüs en 2006.

A lire
L'Etat du mal-logement en France, 16e rapport annuelFondation Abbé-Pierre.
Pour sortir de la crise du logement, Regards croisés sur l'économie, no 9, mai 2011, éd. La Découverte, 15 €.

A voir
Squat, la ville est à nous, documentaire de Christophe Coello, en salles depuis le 2 novembre.



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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 21:19

jabha.jpgLe PC libanais, inquiet des derniers développements en Syrie, appelle à la résistance à la fois contre une intervention étrangère et pour des transformations démocratiques radicales



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Bureau politique du Parti communiste libanais a discuté des derniers développements dans le monde Arabe et plus particulièrement ceux en Syrie. Il a également discuté des développements internes dans ses dimensions politiques et socio-économiques, en accordant une attention toute particulière à la réapparition de la loi concernant le retour des collaborateurs Israéliens, la campagne nationale pour la réforme de la loi électorale, la situation socio-économique qui continue de se dégrader. Le parti a produit la déclaration suivante concernant ces questions (nous traduisons la partie concernant la situation en Syrie) :

 

Le parti exprime sa grave préoccupation concernant la détérioration de la situation en Syrie, qui devient de plus en plus dangereuse au fil des événements. Ces développements inquiétants comprennent à la fois la décision inédite adoptée par la Ligue Arabe mettant de l'huile sur le feu et incluant le rappel des ambassadeurs de Damas, et la persévérance du régime Syrien dans l'adoption de la « solution sécuritaire » comme alternative au dialogue national avec l'opposition démocratique en Syrie. Ces décisions dangereuses, s'ajoutant aux actions violentes et aux réactions violentes, aux enlèvements et aux massacres communautaires, menacent la stabilité de la Syrie et de l'ensemble de la région. Ces développements offrent également un nouveau tremplin aux États-Unis pour qu'ils puissent continuer leur ingérence dans les affaires intérieures Syriennes dans le cadre de la mise en place de leur plan pour un Nouveau Moyen-Orient visant à redessiner la région.

 

Outre ce contexte, le bureau politique voit les décisions de la Ligue arabe comme s'insérant dans une série d'événements partant du rapport qui a été remis au Comité des affaires étrangères au Congrès des États-Unis le 9 novembre jusqu'à la nouvelle escalade Turque et allant finalement jusqu'au déploiement militaire pour l'OTAN. Cela nous renvoie en tout point aux événements en Libye, et en Irak auparavant, et vise à offrir un alibi « légitime » à la position des États-Unis visant à détruire la Syrie comme nous le savons bien, et pas seulement son régime. Dans la poursuite de leur objectif, les États-Unis profitent du refus du régime Syrien d'abandonner la « solution sécuritaire », et de son refus d'accorder des concessions au peuple Syrien par la mise en œuvre des réformes démocratiques nécessaires.

 

Le Parti communiste libanais, sur la base de cette situation très difficile et de la menace croissante d'une intervention militaire impérialiste-Israélienne-Turque, lance un appel aux forces démocratiques et progressistes en Syrie afin qu'elles prennent une position historique et mobilisent rapidement pour rassembler des forces sur une position commune afin de faire échec à trois développements dangereux :

 

1 – L'escalade des actions et réactions violentes ;

 

2 – L'escalade du communautarisme ;

 

3 – L'intervention étrangère imminente ;

 

L'opposition démocratique et progressiste est aussi invitée à stabiliser la situation interne nationale en mettant un terme à la violence, aux enlèvements, aux arrestations et à la répression et est aussi invitée à lancer un appel à l'accélération de la mise en œuvre des réformes nécessaires, y compris la fin de la « solution sécuritaire », à la libération des prisonniers, et à l'opposition à toute forme d'intervention étrangère et de conflit interne qui peut rapidement tourner en guerre civile communautaire.

 

Le Parti communiste libanais lance finalement un appel à l'opposition démocratique et progressiste afin qu'elle affirme sa position par l'annonce de l'appel à une convention nationale visant au développement d'un front de résistance nationale contre toute intervention étrangère, et tout aussi important, visant également à l'élaboration d'un programme politique pour la mise en œuvre des transformations démocratiques radicales nécessaires.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 21:15

arton15194-aed31.jpgHernando Calvo Ospina est un journaliste colombien réfugié en France et collaborateur, entre autres, du Monde Diplomatique.

Sa présence dans un avion régulier d’Air-France en avril 2009 effraya à ce point les USA qu’ils lui interdirent le survol de leur territoire et exigèrent son déroutage. Voir : http://www.legrandsoir.info/article8459.html

Hernando Calvo Ospina a bien voulu nous confier le texte d’un entretien qu’il a eu avec Danielle Mitterrand. Qu’il en soit remercié.

LGS

 



Ce qui suit est un extrait de l’entrevue à Mme. Danielle Mitterrand, veuve de l’ex-président français François Mitterrand, et présidente de l’association « France-Libertés ». A sa lecture il est facile de comprendre pourquoi, et ce depuis plusieurs années, les médias politiques et d’informations dans leur grande majorité ont essayé de l’ignorer.

vendredi 28 octobre 2005 - Entretien réalisé par Hernando Calvo Ospina.

Hernando Calvo Ospina : Mme. Mitterrand, qu’a signifié pour vous l’arrivée au gouvernement de votre époux François ? Est-ce que les idéaux sociaux et politiques qu’il portait dès sa jeunesse ont été reconnus en ces moments-là ?

Danielle Mitterrand  : Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ces rêves d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, deviennent réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je lui demandais à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir.

J’appris ainsi que d’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant 14 ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement.

HCO : Vous n’avez pas assumé le rôle de « première dame » comme l’« exige » la tradition protocolaire. Était-ce un simple caprice ? Ou à cause de convictions politiques ?

DM : Je n’ai pas voulu être une « première dame » comme toutes les autres, et en conséquence j’ai refusé le protocole qu’on a voulu m’imposer. J’étais l’épouse du chef de l’État, d’un homme que j’aimais, mais j’étais aussi libre d’avoir mes propres convictions. Je n’allais pas accepter d’être la simple image de la femme française typique, représentative d’un secteur social ; de sourire devant les caméras et les personnalités ; ou de servir d’ornement aux oeuvres de bénéfices. Avant tout, mon rôle devait consister en mon apport pour la construction d’une société juste.

J’ai eu mes critères et mes réflexions politiques, qui ont parfois fait choc avec celles de François. Si le gouvernement n’allait pas sur une bonne voie, je me devais de le dire, de le critiquer. Je sais que ce n’est pas le rôle d’une « première dame », car normalement elles ne sont qu’un instrument du pouvoir. Chaque fois que les autres ont voulu s’opposer à mes tâches militantes pour des « raisons d’État », pour n’être pas « diplomatiquement correctes », François m’a soutenue car il voyait qu’elles étaient justes. Il ne pouvait essayer de m’empêcher de faire ce qu’il disait défendre.

HCO : Mme. Mitterrand, vous avez fondé « France-Libertés », qui s’est distinguée par son engagement politique, social et humanitaire...

DM : Je l’ai fondée non pas dans l’intention d’en faire un contre-pouvoir, ni pour qu’elle serve au pouvoir. Je voulais prendre mes propres initiatives de solidarité politique, indépendantes des desseins du pouvoir, même si je m’attendais qu’avec le gouvernement socialiste nous aurions des objectifs proches. Mais je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas facile. Est arrivé le moment où « France-Libertés » voulait aider des populations opprimées, mais le gouvernement socialiste français soutenait d’une manière ou d’une autre leurs bourreaux. Rapidement j’ai dû me poser la question : Jusqu’où peut-on aller sans provoquer d’ « incidents diplomatiques » ?

Dans l’Association s’est présenté pour nous un questionnement qui ne m’a pas du tout plu : sa présidente, épouse du président de la République, devait-elle respecter la sacro-sainte loi de non-ingérence dans les affaires de l’État, et se priver ainsi de son droit à la solidarité politique et humanitaire, pour ne pas aller à contre-courant ? J’ai continué avec mon projet car je le croyais juste. Alors, même de vieux amis personnels et de lutte ont commencé à m’isoler. Tout le pouvoir et le poids de la diplomatie française ont tenté de m’écraser, usant de tout pour « réparer » mes actions et mes expressions politiques publiques.

 

J’ai constaté que je ne pouvais pas exercer ma fonction de manière exemplaire si je ne servais pas le marché, le capitalisme. Que mon devoir n’était pas de me préoccuper des torturés ni des affamés. Que si ceux qui étaient écrasés réclamaient l’éducation, la santé ou du travail, je devais tourner la tête de l’autre côté. J’étais la « première dame » et je devais aider, avec mes sourires dans les cocktails, à ce que les intérêts commerciaux de la France progressent. Quand j’écoutais au cours de mes visites aux ambassades les discours du « commercialement correct », où le tout-puissant marché était ce qu’il y avait de fondamental avant la solidarité entre les peuples, cela me donnait l’envie de partir en courant. Je ne pouvais croire que les « bulldozers » du marché pourraient arriver à recouvrir jusqu’aux fondements mêmes de notre culture. Et ils l’ont fait.

Pourquoi un gouvernement qui se disait de gauche ne pouvait-il pas répondre aux attentes qu’il avait créées durant tant d’années dans l’opposition, tant au niveau national qu’international ? Devait-on accepter les impératifs d’un système mercantile jusqu’à la soumission ?

HCO : Ce système du marché sauvage, du capitalisme, du néolibéralisme, a à sa tête les États-Unis. Est-ce que la France se soumettait aux desseins de ce pays ?

DM : Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme - juillet 1989 - j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux État-Unis. L’État français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard c’était ces pays-là que Washington voulait annuler, détruire. Et je ne vais pas citer de noms, mais c’est facile à vérifier. Je me rappelle avoir dit à François : « Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des États-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités... ? » Ce fut une honte.

HCO : Mme. Mitterrand, si cela arrive en France, vous devez bien savoir ce qu’il en est sous d’autres latitudes...

DM : Je ne suis pas anti-États-Unis, mais je suis avec le peuple de ce pays et non pas avec l’Administration qui le gouverne. Celle qui se sert de ce peuple pour tirer des bénéfices qui servent à quelques uns. Durant toutes ces années de ma vie, spécialement après la Seconde Guerre mondiale, j’ai pu voir comment les États-Unis foulaient aux pieds la liberté et la démocratie des autres pays, particulièrement les pauvres. Ronald Reagan désigna comme terroriste le gouvernement sandiniste du Nicaragua, quand les terroristes, c’était son Administration et cette « contra » qu’il finançait.

J’étais au Nicaragua peu de temps avant qu’ils détruisent la révolution. Fonctionnait encore ce qui avait été atteint au niveau de l’éducation et de la santé, des choses qu’avait le peuple nicaraguayen pour la première fois de son histoire. Je me rappelle que Daniel Ortega me disait : « Daniella, dis à François qu’il ne peut pas nous laisser tomber ; que l’Europe démocratique ne peut pas nous abandonner... ». Je le lui ai dit en effet. Et il n’a pu rien faire : les États-Unis avaient décidé que les sandinistes devaient s’en aller avec leurs plans de développement social, pour faire place au néolibéralisme et au retour de la misère pour le peuple. Tandis que nous, nous étions en train de fêter le Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme !

HCO : Au cours de ces mêmes années Washington resserrait le blocus contre Cuba, essayant d’en finir avec la Révolution.

DM : Le Nicaragua ne pouvait compter que sur Cuba. Et Cuba aussi était en train d’être étranglée par l’embargo des États-Unis, qui continue jusqu’à présent et qui n’a eu d’autre but que celui d’en finir avec tout ce qu’il y a de merveilleux que cette Révolution a réalisé au niveau social : quelque chose d’unique en Amérique latine ; presque unique dans un pays du Tiers-Monde.

Quand en 1989 Cuba se trouvait déjà seule face à Washington, car elle n’avait plus l’appui de l’Union soviétique, je m’y suis rendue. À mon retour j’ai dit à François : « Tu ne peux pas laisser tomber Cuba. Cette Révolution a beaucoup fait pour le peuple. La France ne peut être soumise aux États-Unis. » Il me disait que la France toute seule ne pouvait pas, et qu’en Europe personne ne la suivrait. Que les États-Unis détenaient tout le pouvoir économique, politique et de la propagande, en plus des contre-révolutionnaires de Miami. Je continue aujourd’hui à dire que cette révolution a mérité de se maintenir, car elle l’a fait et c’est le peuple qui la maintient. Par conséquent les États-Unis n’ont pas pu la faire plier. Je connais Fidel depuis très longtemps. J’ai passé beaucoup d’heures à discuter avec lui, à nous dire ce que nous pensons. Je lui ai fait part de toutes les critiques que j’ai au niveau politique. Une fois je lui ai demandé pourquoi il me supportait. Et il m’a répondu : « Parce que tu es une amie sincère. Et les critiques des amis on les écoute parce qu’elles sont honnêtes, même si nous ne sommes pas d’accord sur certaines choses. »

La dernière fois qu’avec François nous avons reçu officiellement Fidel à Paris, en le saluant je l’ai embrassé publiquement sur la joue. Ce qu’ « interdit » le protocole et les « politiquement corrects ». Mais c’est que non seulement Fidel était notre ami, mais aussi qu’il est latin, et les Latins sont tendres. Ce fut un scandale que la presse me rappelle encore.

HCO : Que pense Mme Mitterrand du président vénézuélien Hugo Chávez et des projets nationaux qu’il essaie de lancer ?

DM : Je n’ai jamais aimé les militaires. Mais Chávez, avant d’être un militaire est un homme, un être humain, et il est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, et au point de gagner plusieurs élections. Chávez, au milieu de tous les obstacles que mettent sur son chemin les États-Unis et l’opposition dirigée par les riches, tente de faire avancer les programmes sociaux qu’il a offerts au peuple. Évidemment, le monde capitaliste lui est tombé dessus car il ne veut pas qu’un président du Tiers-Monde démontre que le peuple peut effectivement participer aux décisions de l’État et à son développement.

Que ce peuple, avec son leader, marche de l’avant pour ne plus être exploité, ni être analphabète et avoir droit à la santé. C’est ce qui se passe au Venezuela malgré tout. À cause de cela ils veulent éliminer, effacer Chávez. Peu leur importe si c’est le peuple qui l’a élu, et qui doit décider s’il doit le soutenir ou l’enlever de là. Il existe une espèce de rage de la grande majorité de la presse mondiale contre Cuba et le Venezuela. Et c’est parce que ces gouvernements veulent être indépendants, souverains, dignes. Cela dérange. N’oubliez pas que les médias sont dirigés par de puissants capitalistes.

HCO : Mme Mitterrand, est-ce que la France est un modèle de démocratie ? Est-ce une puissance mondiale ?

 

DM : En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ? Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer « leur » démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale ?

Je le dis en tant que Française : Cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés ? Nul.

 

Hernando Calvo Ospina.


http://hcalvospina.free.fr/spip.php?article119

(Traduit par Abacar Fall)

URL de cet article 15194
http://www.legrandsoir.info/danielle-mitterrand-la-democratie-n-existe-ni-aux-usa-ni-en-france.html
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 21:10

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http://www.bastamag.net/article1937.html

 

 

Depuis un mois et demi, les pompiers de la gare d’Austerlitz, à Paris, sont en grève. Payés 1 200 euros par mois, ils revendiquent une augmentation de salaire. Leur employeur, un sous-traitant de la SNCF, reste pour l’instant intraitable. Au risque de menacer la sécurité des usagers.


« C’est quand même incroyable, cela fait plus de 45 jours que nous sommes bloqués pour 150 euros », résume Julien Bracq, syndicaliste CGT dans une entreprise de sécurité privée. Entre une tente igloo et un brasier dans la cour de la gare d’Austerlitz à Paris, cet agent de sécurité incendie et ses 13 collègues tiennent tête à leur employeur depuis le 3 octobre : la société Lancry Sécurité Protection, prestataire de sécurité pour la SNCF dans les gares d’Austerlitz, du Nord, de l’Est et de Montparnasse. Les négociations sont au point mort. À leur demande de hausse des salaires, la direction oppose un changement de rythme de travail.

Une entreprise peut en cacher une autre

Employés en CDI depuis février 2009, ces sapeurs-pompiers, affectés au site d’Austerlitz, regardent passer leurs employeurs au gré des rotations du marché. Ils deviennent la variable d’ajustement. Avant Lancry, le prestataire s’appelait James Sécurité. « Nous avions les heures supplémentaires, notre salaire de base était à 1 200 euros et pouvait monter à plus de 1 500 euros grâce à une ou deux vacations en plus », explique Teddy, l’un des pompiers grévistes. Au passage de relais à Lancry, en juin 2010, terminé les heures sup’. La société instaure une modulation des heures sur trois mois ou sur l’année. « Les deux premiers mois, ils nous font bosser comme des tarés et le troisième mois nous avons deux ou trois vacations. » Résultat :« Avec Lancry, nous avons perdu 200 à 300 euros. » Sans oublier que leur qualification de sapeur-pompier, exigée au recrutement, ne se traduit pas sur la fiche de paie.

Les pompiers goûtent ainsi aux joies de l’externalisation de leur activité, au détriment de leurs conditions de travail. « Ça part en vrille. Nous n’avons pas les plannings en temps voulu pour pouvoir ensuite poser des gardes dans les casernes », déplore Teddy. Un autre gréviste, Jérémie Tassin, renchérit : « On n’a pas d’ordres de mission. On ne sait même pas qui est à même de nous donner des ordres, est-ce Lancry, ceux qui nous payent, ou est-ce la SNCF ? » Alors ils apprennent l’autonomie et « font à leur sauce ». Extincteurs, plans de repères, détections incendie des bâtiments et du RER : à leur arrivée, toute la sécurité incendie était à refaire. « On a abattu un sacré boulot. Lancry, tout ce qu’elle avait à faire, c’est encaisser le chèque », relève Teddy.

« On parle salaires, ils nous parlent horaires »

Cela n’empêche pas les gestionnaires de l’entreprise d’imposer leurs choix. Lancry souhaite passer les vacations de 24 heures à 12 heures. Ce que refusent catégoriquement les pompiers d’Austerlitz. Ils tiennent à leurs six vacations mensuelles de 24 heures, suivies de 96 heures de repos. « Le fait de travailler en 24 heures est un acquis pour nous. Cela nous permet de faire nos gardes ailleurs, en tant que pompier volontaire. On ne serait pas ici si c’était sur douze heures », détaille Julien Bracq. Après une première grève, ils avaient obtenu gain de cause. Mais, cette fois, la direction de Lancry a coupé court à toute négociation en conditionnant l’acceptation des revendications salariales à ce changement d’horaires. « On leur parle salaires, ils nous parlent horaires, c’est la politique de l’autruche », lance Jérémie Tassin.

En fait, la stratégie patronale est assez rusée. L’Inspection du travail, qui assure la médiation, serait plutôt gênée aux entournures sur cette question. Difficile de ne pas faire respecter le code du travail, qui impose un temps de travail consécutif maximal à douze heures. En particulier depuis la modification de la directive sur le temps de travail, actuellement en révision à la Commission européenne. Celle-ci bouleverserait toute l’organisation de la sécurité civile française. D’où la « réponse funambule » qu’aurait donnée la direction générale du travail aux grévistes sur le maintien des 24 heures : « Je ne vous dirai jamais que les 24 heures sont interdites, sinon on me mute à Saint-Pierre-et-Miquelon. »

« Le RER brûle, et c’est le tunnel du Mont-Blanc »

En attendant, les salariés ne voient toujours pas l’ombre de leurs 150 euros revendiqués. Pourtant, c’est une bagatelle pour cette entreprise aux 81 millions de chiffre d’affaires. Et Lancy fait partie du groupe Atalian, qui compte un milliard de chiffre d’affaires. Pourquoi un tel entêtement ? « Il doit y avoir un problème de responsabilité et d’ego quelque part ; ils ne veulent pas donner l’impression que les grévistes ont gagné », estime Julien. En comparaison, il raconte comment la grève de leurs collègues de gare du Nord face à James Sécurité, dix fois plus petite que Lancry, a été réglée. « Ils se sont mis en grève le matin à 7 h. Ils avaient exactement les mêmes revendications. À 11 h, c’était fini. Tout était accepté. »

Lancry préfère piétiner le droit de grève en remplaçant les pompiers grévistes par le personnel administratif. Cette fois, les usagers ne pourront pas dire qu’ils sont « pris en otages ». Sauf que le code de l’habitation et de la construction soumet l’exploitation d’une gare à la présence de sécurité incendie. La gare d’Auterlitz devrait donc être fermée depuis le 3 octobre pour des raisons évidentes de sécurité. Avec en moyenne un ou deux incidents par jour, on imagine mal les comptables et les chargés de planning du sous-traitant secourir un voyageur blessé. « Les mecs qui bossent en bas sont incapables de mettre en route un désenfumage. Si ça brûle au RER, là c’est le tunnel du Mont-Blanc », commente un pompier.

Le Comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) a déposé des droits d’alerte qui, jusque-là, sont restés lettre morte. « On peut faire de l’intox, mais imaginez-vous que si nous n’avions pas eu les garanties d’une sécurité-incendie conforme, la SNCF aurait laissé une gare dans un tel fonctionnement ? Même si ce ne sont pas les salariés habituels, Lancry nous a assuré de leurs compétences », précise Gilles Peuziat, directeur de communication de la SNCF.

La SNCF responsable ?

Officiellement, la SNCF ne s’ingère pas dans le conflit, qui a pour origine, selon elle, « la conformité avec le droit du travail ». Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel aux CRS le 7 octobre dernier pour déloger les pompiers de leur poste de commandement. « C’était une entrave au fonctionnement de la sécurité de Lancry », justifie Gilles Peuziat. La SNCF envoie régulièrement des huissiers sur le piquet de grève, accusent les grévistes. Pour les salariés, la SNCF, en tant que donneur d’ordres, doit assumer sa part de responsabilité.

Car, en matière de sécurité incendie, elle fait appel à des sous-traitants depuis 2001. L’objectif était de décharger la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris en mettant en place un secours spécialisé et compétent dans les premières techniques secouristes, les sapeurs-pompiers de Paris n’intervenant qu’en cas de transport à l’hôpital. Par le jeu des appels d’offres, elle participe indirectement au moins-disant social, regrettent les grévistes. « C’est automatique, les boîtes qui arrivent essaient de faire des bénéfices maximum. Il y a un jeu de la SNCF qui n’améliore pas les conditions de travail, c’est de pire en pire », constate Julien Bracq. La SNCF ferait cependant pression sur son prestataire pour qu’il trouve une issue, elle aurait même contacté d’autres prestataires possibles.

Et se faire embaucher directement par la SNCF ? Cela pourrait mettre fin aux imbroglios liés à l’externalisation. « Ce serait une solution. Mais cela représente un coût d’avoir une sécurité. S’ils font de la prestation, ce n’est pas pour rien », observe Teddy. L’embauche directe des ces « pompiers de site » par la SNCF n’est pas d’actualité. D’après la société, cela imposerait de créer un service de ressources humaines pour gérer des carrières d’employés diplômés en sécurité. « Ce n’est pas notre métier, ce serait trop lourd. On préfère faire appel à des professionnels », répond Gilles Peuziat. Le représentant CGT promet, lui, que cette « utopie » sera bien posée sur la table des négociations. Comme quoi il n’y a pas que la SNCF qui a des idées d’avance.

Ludo Simbille

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 21:05

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http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-11-23-Espagne

 

Avec presque 11 millions de voix et la majorité absolue, le Parti populaire (PP) a remporté largement les élections législatives espagnoles du 22 novembre 2011 (1). Les conservateurs ont ainsi balayé le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), au pouvoir depuis 2004. Anticipant la déroute, son principal dirigeant, M. José Luis Zapatero, avait d’ailleurs décidé de ne pas se représenter, non sans avoir fait voter le 7 septembre 2011 une « règle d’or » limitant le déficit public à 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) à partir de 2020.

Les protestations contre cette mesure, et plus largement les critiques sur une gestion perçue comme libérale de la crise économique, n’ont pas manqué, tant de la part du mouvement des Indignés (lire Raúl Guillén, « Alchimistes de la Puerta del Sol », juillet 2011) que des cadres de son propre parti ou de ses électeurs traditionnels. Ainsi, les résultats attestent davantage d’un effondrement du PSOE que d’une fulgurante ascension du PP. Le premier perd 4 315 000 voix par rapport aux élections législatives de 2008, le second en gagne 555 000. L’abstention et les votes blancs et nuls n’évoluant que légèrement (+3 %), les suffrages semblent s’être reportés ailleurs.

Sur des partis plus à gauche, comme Izquierda Unida (IU), d’abord, qui progresse de 700 000 voix et devient la troisième force du pays avec près de 7 % des suffrages. Néanmoins, le système de représentation, extrêmement favorable aux deux formations majoritaires et aux partis obtenant l’essentiel de leur soutien sur un territoire très restreint (les nationalistes par exemple), ne permet à IU d’avoir que 11 députés. L’arithmétique est simple : il faut 42 411 voix aux nationalistes navarrais de Geroa Bai pour obtenir un siège, 60 000 au PP, 64 000 au PSOE et 155 000 à IU…

La formation Unión Progreso y Democracia (UPyD), fondée en 2007 par des transfuges socialistes pour « dépasser le faux dilemme entre la gauche et la droite », connaît également un essor considérable avec plus de 800 000 voix supplémentaires.

Mais ce sont surtout les nationalistes qui tirent leur épingle du jeu. En Catalogne, Convergència i Unió (CiU), un parti de centre-droit, devance désormais les socialistes. Au Pays basque, le score de la gauche nationaliste confirme le mouvement amorcé lors des élections de mai 2011. De retour dans les urnes après des années d’interdiction, elle avait alors remporté 25,5 % des voix dans les trois provinces basques. La coalition Amaiur obtient cette fois 7 sièges au Parlement, un succès qui indique son importance politique, à un moment où la violence politique pourrait prendre fin (lire Brian Currin, « Choisir la paix au Pays basque », juin 2011).

Un raz de marée conservateur peut paraître paradoxal dans un pays dont les récentes mobilisations sociales avaient reçu un écho si enthousiaste de par le monde. Or, c’est sans doute ici que réside l’un des principaux dilemmes des partis de gauche aujourd’hui (lire Serge Halimi, « Où est la gauche à l’heure de la tourmente économique ? », novembre 2011) : comment peuvent-ils concilier un projet progressiste — seul à même de mobiliser les forces sociales qui les soutiennent — et les contraintes que font peser sur eux les représentants des marchés financiers et leurs alliés empressés des institutions européennes ou internationales (lire notre dossier « Peut-on changer le monde ? » dans notre édition de novembre 2011, actuellement en kiosques) ? En tout cas, il semble acquis que la voie choisie par le gouvernement socialiste espagnol n’était pas la meilleure…

 


(1) Les résultats détaillés sont accessibles sur le site du quotidien El País.

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