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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 10:32

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Lettre ouverte au Président Sarkozy (Colombie)

dimanche 16 décembre 2007

James Petras

Un régime comme le vôtre, dont les ministres des Affaires étrangères   donnent leur aval à l’étranglement économique de tout le peuple de  Gaza… et au bain de sang étasunien en Irak, n’a aucune autorité  morale pour donner des leçons sur les “méthodes” et les “objectifs” [du FARC].

 

Sur l’échange humanitaire de prisonniers politiques en Colombie et   aux Etats-Unis

J’ai lu avec grand intérêt la lettre que vous avez écrite à Manuel Marulanda, le dirigeant des FARC. Je partage avec vous cet élan  humanitaire pour mettre fin à l’emprisonnement des prisonniers politiques en Colombie. Cependant, soyons clairs, de principes et réalistes à ce sujet : la liberté des prisonniers politiques détenus  par les FARC dépend d’une contrepartie : la libération des combattants de la résistance des FARC, emprisonnés dans les donjons de l’Etat colombien.

 

Votre intervention spectaculaire et hautement médiatisée a concentré l’opinion publique mondiale sur les prisonniers détenus par les FARC,  mais vous avez omis de mentionner la situation désespérée des prisonniers politiques détenus par le gouvernement colombien, qui sont torturés et brutalisés par un Président, dont les nombreux et très proches associés au Congrès attendent leur procès pour leurs liens de longue date avec les escadrons de la mort paramilitaires et les narcotrafiquants.

 

Repartons de zéro, Monsieur le Président. Si vous voulez être un médiateur honnête ou un dirigeant humanitaire important, vous devez agir avec impartialité dans un esprit de réciprocité. Jusqu’à présent, vous avez agi de façon partiale, ce qui n’est pas favorable  à une résolution positive d’échange de prisonniers. Dans vos courts appels, hautement médiatisés, vous n’avez pas agi de bonne foi et avec équanimité.

 

Par exemple, début décembre, vous avez appelé “solennellement” les FARC (spécifiquement leur Secrétaire, Manuel Marulanda) à libérer unilatéralement leurs prisonniers, dont Ingrid Betancourt, sans aucun appel parallèle au Président Uribe de libérer ses prisonniers et ceux détenus aux Etats-Unis. Votre appel ressemble plus à un coup de pub sans substance à la “solennité” théâtrale. Pensez-vous que le dirigeant légendaire le plus astucieux de la guérilla latino-américaine puisse être intimidé par votre rhétorique plaçant la responsabilité de la vie d’Ingrid Betancourt sur les épaules de Marulanda ? Votre moralité coloniale duale n’a convaincu personne et n’a certainement pas fait avancer le processus des négociations.
Votre posture éthique a peut-être régalé, à Paris, quelques anciens maoïstes quinquagénaires devenus des philosophes à la petite semaine, mais elle n’a aucune place pour traiter avec des révolutionnaires sérieux et conséquents.

 

Permettez-moi de vous suggérer, puisque vous avez formé une telle relation charnelle avec votre “bon ami” le Président Bush, que vous retourniez vos charmes sur lui et que vous lui disiez de renvoyer en Colombie les deux dirigeants FARC qu’il détient, en échange des trois agents contre-insurrection, prisonniers dans une geôle des FARC et
comme partie d’un échange global de prisonniers. La réciprocité, Monsieur, est sine qua non de toute négociation entre égaux.

 

Deuxièmement, vous avez formulé publiquement votre désaccord sur les “méthodes” et les “objectifs” des FARC, mais pas sur les méthodes d’Uribe. Ce n’est certainement pas une façon de commencer des négociations. Cela donne l’apparence qu’Uribe est un homme politique démocrate, ce qui est à l’opposé de tous les rapports des Nations-Unies, de la Colombie, de l’Organisation des Etats américains, de l’Organisation internationale du Travail, des Droits de l’Homme, qui montrent documents à l’appui que la Colombie est l’endroit le plus dangereux du monde pour les journalistes, les syndicalistes, les avocats des droits de l’homme et les leaders paysans, à cause du terrorisme soutenu par l’Etat. Il est audacieux de votre part, Monsieur le Président, de mettre en doute les qualifications morales des FARC, alors que vous-même et votre
ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avez donné à l’Etat d’Israël votre soutien sans condition, malgré le fait qu’ils détiennent plus de 10 000 prisonniers politiques, dont la plupart a été brutalement torturée et dont beaucoup n’ont jamais été mis officiellement en accusation ou jugés. Un régime comme le vôtre, dont les ministres des Affaires étrangères donnent leur aval à l’étranglement économique de tout le peuple de Gaza (en coupant la nourriture, les médicaments, l’eau et l’électricité) et au bain de sang étasunien en Irak, n’a aucune autorité morale pour donner des leçons sur les “méthodes” et les “objectifs”. Monsieur le Président, je m’en tiendrai à ce sujet : Les FARC ne détiennent pas 10 000 prisonniers politiques, à l’instar de votre allié, l’Etat juif ; il n’envahit pas non plus, ni ne colonise des pays indépendants comme le
fait votre “bon ami”, le Président Bush. Maintenant que j’ai levé le voile sur l’hypocrisie gauloise, tournons-nous vers quelques-unes des vraies questions dont dépend l’ouverture des négociations.

 

Le lieu des négociations

 

L’insistance des FARC sur un lieu spécifique n’est pas un choix de feuillage et de faune, mais une garantie de leur sécurité face aux nombreux accords que le régime d’Uribe a rompus. Monsieur Sarkozy, votre insistance, oui, votre exigence, pour une “preuve photographique” montrant qu’Ingrid Betancourt est en vie a conduit au tout dernier exemple qu’Uribe n’est pas digne de la moindre confiance : Les émissaires qui transportaient ces “preuves” vers vous, par l’intermédiaire du Venezuela, ont été arrêtés et emprisonnés, violant ainsi ouvertement l’entente implicite de sauf-conduit entre vous-même, le Président Uribe et le Président Chavez.

 

Entre 1984 et 1990, les FARC ont réussi à se mettre d’accord avec les Présidents Betancourt et Gaviria pour donner une chance au processus électoral. Un grand nombre d’anciens membres des FARC ont formé l’”Union Patriotique” (UP) avec d’autres personnalités progressistes et des groupes de gauche. Au cours de 5 années, plus de 5 500 membres de l’UP ont été assassinés, dont deux candidats à la présidence, détruisant ces méthodes électorales si chères à votre c¦ur. Monsieur
le Président Sarkozy, je porte ces événements à votre attention, au cas où vos conseillers auraient omis de vous informer sur les dangers et les écueils auxquels est confrontée toute négociation des FARC avec le gouvernement colombien. Qui plus est, l’insistance des FARC pour un lieu de négociation est destinée à protéger ses dirigeants et
ses négociateurs de toute man¦uvre soudaine d’Uribe pour rompre les négociations et capturer ou tuer les dirigeants des FARC.

 

Vous devriez avoir conscience qu’Uribe a joint à son appel pour une zone démilitarisée réduite une récompense de 100 millions des dollars pour les membres des FARC qui assassineraient leurs dirigeants ou qui les livreraient à l’armée colombienne.

 

L’imposition unilatérale de conditions par Uribe

 

Monsieur le Président Sarkozy, comme vous le savez parfaitement, pour entrer dans toute négociation, un camp ne peux pas imposer unilatéralement et arbitrairement des conditions qui nuisent au camp opposé, comme Uribe l’a fait. LePrésident “paramilitaire” a non seulement décidé de la localisation, mais aussi de la longueur et de la largeur de la zone démilitarisée, du temps limité imparti pour un règlement, de l’attitude ultérieure des combattants de la résistance libérés et d’une visite de la Croix-Rouge à la prison clandestine des FARC, tout en insistant sur la caractérisation diffamatoire de ses partenaires de négociation.

 

La taille réduite de la région démilitarisée (de même que son choix sur le temps imparti) soulève une suspicion profonde sur les motivations du gouvernement [colombien]. Une zone démilitarisée plus petite rend plus facile pour le régime d’Uribe d’envahir et de capturer les négociateurs des FARC. Une zone démilitarisée plus grande n’affecte pas les questions d’importance qui doivent être négociées ; elle faciliterait les négociations en accroissant la sécurité des négociateurs.

 

Ensuite, les négociations ne peuvent pas être arbitrairement décidées au cours d’un seul mois, alors qu’il y a de  nombreuses questions de grande complexité qui ont besoin d’être résolues : Tout d’abord l’inclusion des deux dirigeants FARC emprisonnés aux Etats-Unis, grâce à leur transfert arbitraire par Uribe.

 

Il n’y a aucun moyen au monde pour que les FARC acceptent de permettre à une délégation de la Croix-Rouge de rencontrer les prisonniers politiques qu’ils détiennent, ce qui faciliterait les conseillers étasuniens d’Uribe, disposant d’une haute technologie, à détecter et à attaquer la localisation des FARC. L’obsession maladive d’Uribe d’annihiler physiquement les FARC, comme le montre sa dernière éruption, devrait plaider pour qu’il renonce à son exigence
d’une assistance humanitaire de la Croix-Rouge.

 

Il est inutile de dire que l’appel d’Uribe à ce que l’Eglise “impartiale” assiste aux négociations est une blague de mauvais
goût : L’Eglise a été l’apologiste sans réserve d’Uribe, de son organisation politique et de ses Sénateurs et Députés des escadrons de la mort emprisonnés (trente en tout). Il y a plusieurs groupes colombiens de défense des droits de l’homme, qui ont été internationalement reconnus pour leur courage et leur impartialité, y compris “Justice et Paix” et “Reiciniar”, qui peuvent mieux servir de tout rôle intermédiaire.

 

Monsieur le Président Sarkozy, malgré vos limites et votre posture morale prévisible, vous avez réussi à révéler la politique dangereuse d’Uribe qui ne marche pas, consistant à “libérer” par la force les prisonniers détenus pas les FARC. Vous avez, au moyen de promesses et de menaces, amené Uribe à accepter partiellement l’exigence raisonnable des FARC d’une zone démilitarisée pour les négociations. Cependant, les concessions apportées par Uribe sont insaisissables :
ce qu’il donne d’une main, il le reprend de l’autre ; il multiplie les conditions inacceptables, précisément pour saper les
négociations. Parce que c’est dans les détails que le processus avancera.

 

A présent, voici le danger, Monsieur le Président. Votre geste d’ouverture et, qui plus est, la pression que vous avez exercée pour sécuriser un terrain pour les négociations vous a gagné le soutien d’un grand nombre de citoyens français profondément engagés dans la libération de leur compatriote, Ingrid. Je ne vous le reprocherai pas ; vous vous êtes intéressé, vous avez parlé, vous avez agi, mais vous n’avez pas encore réussi.

 

Pour commencer ne serait-ce que les négociations, vous devez une fois encore convaincre Uribe d’être raisonnable (au moins à la face du reste du monde), d’oublier ses agendas secrets, d’accéder à la demande d’une zone sûre et démilitarisée de dimension adéquate et de donner aux négociateurs le temps approprié pour résoudre leurs différences. Dans des circonstances normales, M. le Président, vous devez admettre que ce sont des exigences raisonnables. Mais comme
vous devez le savoir, Uribe n’est ni un négociateur de bonne foi, ni disposé à un règlement équitable. Vous faites la une des médias. Vous disposez d’un large soutien national et international. Vous disposez de toute la crédibilité politique (et du pouvoir) pour persuader, faire pression sur Uribe et le tirer vers la table des négociations pour libérer Ingrid et les autres, de même que les 500 prisonniers FARC qui pourrissent dans les trous tuberculeux de la Colombie et des Etats-Unis. La réussite ou l’échec se trouve désormais entre vos mains. Vous avez assumé le devoir solennel de libérer Ingrid. Espérons que vous serez fidèle à votre responsabilité.

 

Fraternellement,

 

James Petras

 

James Petras est professeur émérite de sociologie à l’université Binghamton de New York. Il participe depuis 50 ans à la lutte des classes et il est conseiller juridique des sans-terre au Brésil et en Argentine.

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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 10:19
Texte publié le 23 octobre qui reste d'actu.GQ

Le congrès extraordinaire devient donc une AG extraordinaire.

Au delà des mots, il s'agira encore pour certains d'essayer d'infléchir l'évolution du parti vers son autodissolution, nous et bien d'autres nous travaillerons à les en empêcher et il s'agira pour tout le monde d'un grand gaspillage d'énergie, d'une grande perte de temps, de salive et d'encre. Ce n'est pas la première fois depuis deux ou trois ans qu'on s'ingénie à lancer les communistes dans de grands groupes de parole, au lieu de riposter à la droite et au Medef. Nous nous assemblerons autour d'un ordre du jour qui sera connu à la dernière minute, 1500 délégués, trois demi journées, avec des intervenants extérieurs choisis à la carte par les organisateurs, qui devront en conclusion de leurs travaux, comme au forum de Villepinte en novembre 2005, s'effacer devant les "idiots utiles" (c'est ainsi que Staline désignait les "compagnons de routes" bourgeois qu'il manipulait) sélectionnés par le direction du PCF.

Mais pourquoi? Le vrai motif de ce pseudo congrès transformé en pseudo délibération autour de questionnements dépassés, imprécis, verbeux, prétentieux, imposé par le questionnaire qui a circulé cet été, et qui a été boycotté de fait par les communistes, c'est de permettre aux responsables des stratégies récentes d'esquiver.. leurs responsabilités!. L'échec de la gauche plurielle, l'échec des collectifs antilibéraux, et l'échec de Marie George Buffet, "alors que nous avons fait une campagne extraordinaire "(et il est ici formellement interdit de rire).

Remerciements à Michel Laurent, stratège du 33ème Congrès qui a laborieusement pondu un rassemblement aux contours flous, ambigus, préparant la statégie des collectifs antilibéraux, un marché de dupes qui n'a pas marché. Le "consensus" à la clef est une notion contrerévolutionnaire inventée par le philosophe Habermas pour supprimer la lutte des classes, et qui a migré chez nous en provenant de l'univers mental de L'Union européenne, via le PGE. Et comme si ça ne suffisait pas, il fallait un "double consensus" qui aboutissait à faire dépendre la désignation du candidat au plus petit dénominateur commun des micros appareils gauchistes (MARS, Alternative Libertaire, La Décroissance... vous connaissez?). 

Remerciements à Jean François Gau, notre Mister Bean au sein du collectif national antilibéral, rappelle-toi Jean François, ton faux lapsus à la Bidassoa "quand Marie George sera notre candidate"...

Et Marie George, toi qui crois qu'il faut dire "flûte!" devant les caméras ! Qui se fait couper la parole par tout le monde, même Bruno Gollnich! Rappelle-toi quand tu t'es soudain écriée à la télévision, pleine d'autorité "moi qui suis maire d'une grande ville... " Rappelle toi ton intervention au Cabaret Sauvage, où selon toi le pire chapitre du programme du FN, c'était... la suppression des IUFM! . C'est vrai qu'au gouvernement de la gauche plurielle tu faisais bon ménage avec Claude Allègre. Qu'as-tu fait de ton ambition pour le parti? Il est vrai que tu ne savais l'expliquer qu'en termes électoralistes: "15%, un score à deux chiffres..."

Le groupe dirigeant nous a fait deux propositions depuis dix ans; s'inféoder au PS dans un PSG (Hue, Gayssot, Wurtz, Vieu, Dartigolle), ou s'adjoindre à la poussière des groupuscules antilibéraux (et anticommunistes) de l'extrême gauche dans un PSU, ou même un PRG, (Buffet, Laurent et Laurent, Cohen Seat, Braouzec, Martelli, avec bataille de chiffonniers pour savoir qui sera le chef de cette armée de bras cassés). Ces stratégies ont piteusement échoué toutes deux. Puis ce même groupe de dirigeants encore couverts de bleus et de pansements a mené à contrecœur une campagne présidentielle illisible, en escamotant l'identité communiste, pour pouvoir conclure à l'obsolescence de l'identité communiste! Qui veut noyer son chien...

La campagne présidentielle a été menée sans conviction, par Marie George Buffet, candidate manifestement mal à l'aise dans le rôle et qui ne communiquait pas bien, ni à la tribune, ni à la télévision. Or elle n'est pas incapable de conviction, quand elle veut appeler à voter pour Ségolène Royale, au second tour. Pourtant, en début de campagne, après Saint Ouen, elle atteignait encore 5% d'intention de votes.  Ceux qui disent que la campagne a été "bonne" ont perdu le contact avec la réalité. "On a rempli Bercy !" Tu l'as dit!

(Ici mon ami Olivier Imbert me souffle si je l'entends bien que Marie George a eu un rôle positif dans la mise à l'écart de l'équipe Hue défaitiste et inféodée au PS, et dans la relance du parti en 2002. Et que le problème de la campagne Buffet est en fait le problème posé par l'idéologie de l'ensemble du groupe dirigeant, qui reflète sa base sociale de cadres moyens embourgeoisés).

Il est évident que ces équipes sont disqualifiées et qu'un nouveau groupe dirigeant doit être formé, et démocratiquement contrôlé par les militants du PCF. Figure-toi, Dartigolle, que c'est à cela que servent les statuts! Tu te moques des règles de ton propre parti? Le "viol de la légalité socialiste", tu connais? Chez ces gens là, quand on a éliminé le communisme, le socialisme, il reste le stalinisme. Et c'est pour ça que leurs projets de recompositions sont voués à l'échec!

Il n'y a guère le choix: le nouveau groupe dirigeant doit être constitué avec des élus et des dirigeants fédéraux qui n'ont pas été à l'initiative des stratégies de la gauche plurielle, ni des collectifs, bref des stratégies antimarxistes et antiouvrières qui se sont succédées à la tête du parti depuis plus de dix ans. Et qui n'ont pas joué l'affaiblissement du parti, comme les refondateurs (Zarka, Martelli, Braouzec, etc) l'ont fait en déstabilisant la campagne Buffet. Encore faut-il que cette opposition fasse preuve d'unité, contrairement  au dernier congrès où elle s'est dispersée entre quatre textes.

Enfin, le porte parole national qui doit représenter les idées communistes dans les médias doit être un homme ou une femme qui soit un tribun populaire au moins égal à George Marchais. A vrai dire, on en connaît plusieurs, mais ils sont un peu trop communistes, au goût du groupe dirigeant du parti qui s'appelle encore, capital symbolique oblige, ;.. communiste ! Et qui organise contre eux des campagnes pour les discréditer. Et d'autres, dont la discrétion dans le débat fait question: ont-ils la prudence du chat, ou l'audace de la souris?



Gilles Questiaux, section PCF du XXème, Paris
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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 10:05
La Fédération du Nord
du Parti Communiste Français
 
La Fédération du Nord
du Mouvement Jeunes Communistes de France

L’Association Départementale
des Elus Communistes et Républicains
 
ses nombreux amis et camarades
vous informent de la disparition
dans sa 86° année de
 
 Hector VIRON
 
Sénateur du Nord (1967 à 1993)
Ancien Vice Président du Conseil Régional Nord Pas de Calais
Ancien Vice Président de la Communauté Urbaine de Lille
Ancien Conseiller Municipal et Adjoint au Maire de Lille
Ancien Secrétaire de la Fédération du Nord du PCF
(1954 à 1973).
Ancien Secrétaire départemental CGT des Métaux et de
l’Union Départemental CGT du Nord (1947 à 1954).
 
 
Ses funérailles auront lieu le mercredi 2 janvier 2008 au crématorium d’Herlies
où un dernier hommage
lui sera rendu. (Rendez-vous à 9 h 45)
 
Dans l’attente des funérailles Mr Hector VIRON repose au
Salon Funéraire au 136 rue de Douai à Lille.
(visite du mercredi 26 décembre au mercredi 2 janvier).

 

A

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 21:38
undefinedvd’ici janvier à la signature de délégués d’autres sections.

Déclaration de délégués de sections du PCF après « l’Assemblée nationale extraordinaire »

Nous étions délégués par nos sections à l'assemblée nationale extraordinaire du PCF des 8 et 9 décembre.

Nous avons constaté que dans sa préparation et son déroulement, les communistes ont massivement rejeté l’hypothèse d’une disparition du Parti communiste français. Ils ont ainsi désavoué les nombreux dirigeants qui, depuis des mois, expriment publiquement, notamment dans l’Huma, que le parti serait dépassé et devrait être remplacé par autre chose.

L’exigence du maintien du PCF, exprimée dans leurs assemblées de section, s’est reflétée sans ambiguïté pendant l’assemblée « extraordinaire », malgré une organisation qui a limité l’expression des 1200 délégués « de base » à une vingtaine d’interventions. Le mandat adopté reprend la « nécessité de faire vivre et de développer le Parti en 2008 ».

Mais la direction n’a pas renoncé à poursuivre le processus de disparition du parti. Elle l’a montré en tentant, en vain, de remettre dans le texte la phrase qui autorisait à "expérimenter" une nouvelle force politique en préparation du congrès de 2008.

Elle continue à esquiver tout bilan de ses responsabilités dans l’affaiblissement du Parti, pour rester aux commandes et continuer les mêmes orientations d’ici le congrès de 2008. L’alignement sur les positions du PS dans la déclaration commune du « comité de liaison de la gauche» l’a illustré dès le 11 décembre.

La discussion de l’assemblée a pourtant commencé à réfuter les arguments de ceux qui veulent en finir avec le PCF et (re)fonder une nouvelle force

Nous serions devenus trop faibles pour rester le PCF!

Le chat se mord la queue ! Là encore, l’argument ne tient pas tant que l’on ne prend pas en compte le bilan de 10 ans de choix stratégiques. Le Parti rassemblait 10% des voix en 1997.

Nous pensons, et nous ne sommes pas les seuls, que l’abandon de l’organisation révolutionnaire, des cellules de quartier, d’entreprise, d’une ligne idéologique conséquente basée sur une analyse marxiste, que l’héritage de 30 ans d'alliances au sommet, privilégiant la représentation dans les institutions sur les luttes, l’union des forces politiques sur le rassemblement populaire sont grandement à l’origine du recul du Parti. Instrumentaliser ce bilan désastreux pour persévérer dans le même sens est irrecevable. Le 1,9% aux présidentielles est le résultat d'une candidature antilibérale qui ne s'est jamais affichée comme candidature du PCF ! L'expérience des collectifs a montré que les négociations d'appareil avec les multiples groupes organisés alternatifs sont un échec.

Il n’existe pas d’autre formation politique « anti-capitaliste », et loin s’en faut, ayant cette capacité de mobilisation, même diminuée, à représenter un tel repère historique et idéologique de lutte dans notre pays.

Très présents dans cette assemblée, des jeunes qui s'organisent dans le parti, poussent pour retrouver une orientation communiste affirmée, une pratique de luttes et de confrontations, un discours fort et rassembleur qui puisse servir de repères aux luttes, aux militants. C'est porteur d'espoir.

L’histoire du mouvement communiste au XXème siècle serait un « boulet »?

Sous prétexte de rompre avec le stalinisme, la direction propose de rejeter 1920 et toute référence à la révolution d’Octobre et aux expériences socialistes qui y sont liées. Elle a interrompu les relations du PCF avec de nombreux partis communistes et refuse d’assister aux rencontres communistes internationales. Elle privilégie comme partenaires des partis "de gauche", en Allemagne, en Grèce ou en Italie, sous l’égide du PGE.

La rupture avec le réformisme, l’existence du PCF, parti de masse et de classe, ont donné un outil politique essentiel au monde du travail dans la lutte des classes et au pays, en 36, dans la Résistance et à la Libération, dans les luttes anticoloniales… Certains dans le Parti se déclarent partisans d’un « Congrès de Tours à l’envers », et demandent le retour du PCF dans la « vieille maison ». Nous réaffirmons que le choix de 1920 est toujours le bon ! C’est pour cela que nous devons assumer notre histoire et poursuivre l’analyse critique que le PCF a déjà commencée il y a cinquante ans.

Les salariés qui luttent avec nous ne nous reprochent pas d’être communistes mais de ne pas porter une alternative politique claire à Sarkozy et au PS.

Que faire en 2008 ?

Le texte final du mandat pour le congrès de 2008 est suffisamment flou pour « autoriser tous les possibles ». Nous restons convaincus que la majeure partie du CN va continuer à travailler à la disparition du PCF. Elle n’a aucune légitimité pour le faire. Comme l’assemblée l’a montré, la grande majorité des communistes entendent le rester, faire vivre le Parti, lui redonner sa raison d’être dans la lutte des classes.

Dans ces conditions, à notre niveau, nous entendons assumer nos responsabilités de militants et responsables du PCF en 2008 et travailler sur quatre objectifs clefs pour faire vivre et renforcer notre parti, pour préparer le congrès de la fin de l’année:

- l’expression de positions communistes, indépendantes et clairement identifiées dans les luttes et les élections

- la consolidation et la reconstitution d’organisations de base, cellules et section, notamment à l’entreprise

- la relance de la théorie révolutionnaire du PCF, de notre critique marxiste du capitalisme couplé avec une relance de la formation politique des militants

- la remobilisation des camarades isolés et l’adhésion au PCF sur des bases de lutte.

L'assemblée des 8 et 9 décembre a montré qu'il fallait compter avec les communistes. Nous les appelons à agir et se faire entendre pour ne pas se faire voler leur parti, pour garantir l'existence et le renforcement du PCF, dont le monde du travail et le pays ont plus que jamais besoin.

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 19:40
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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 19:30

« Mouvement social et Journalisme de marché »

Un grand sursaut populaire a aussi ceci d’utile : il révèle simultanément la puissance du conditionnement idéologique que les médias nous infligent et la possibilité d’y faire échec. Lors du mouvement de novembre-décembre 1995, la clameur juppéiste quasiment unanime de nos grands éditorialistes n’a pas empêché des centaines de milliers de salariés de se mettre en grève, des millions de citoyens de manifester, une majorité de Français de les soutenir. Pourtant, s’il faut une occasion aussi considérable pour que se révèle crûment la loi d’airain de nos sociétés médiatiques – à savoir le fait que la pluralité des voix et des titres n’induit nullement le pluralisme des commentaires – combien de petites violences la vérité et l’analyse subissent-elles quotidiennement dans le silence de nos pensées engourdies ?
Côté médias, la pièce va se jouer en cinq actes, parfois mêlés.
Le premier, celui de l’exposition, permettra à la quasi-totalité des quotidiens, hebdomadaires, stations de radio et chaînes de télévision de se présenter et d’exprimer leur amour du plan Juppé. La réaction initiale, elle hostile, des salariés et de l’opinion conduit assez vite les éditorialistes à recommander au premier ministre de tenir bon (acte II) et, en échange, ils l’assurent de l’admiration de la profession pour son « courage » et celui de Nicole Notat (alors secrétaire générale de la CFDT) - face à la tempête.
Puis, la poursuite du mouvement et sa popularité incitent nos Grands Commentateurs à se demander si les Français ne seraient pas, contrairement aux marchés, congénitalement incapables de comprendre la réalité. C’est le thème de l’« irrationalité » populaire ; il marquera l’acte III et permettra d’expliquer que, en dépit des attentes - et des efforts déployés en ce sens -, les difficultés quotidiennes nées de la grève n’aient pas déclenché une réaction de l’opinion favorisant les desseins gouvernementaux.
Le combat antisyndical restant sans effet, le journalisme de marché force l’allure et dénonce (acte IV) les « corporatismes » et les preneurs d’« otages ».
Mais l’irrationalité « latine » s’installe et malgré tout, il faut se résoudre à donner la parole aux acteurs du mouvement social. C’est le pâté d’alouette que les médias servent pendant l’acte V.
Cette pièce comporte également un épilogue, triste naturellement, puisque Juppé a dû reculer.

Acte I – Ils adorent le plan Juppé
Bayrou (ministre de l’éducation et de l’enseignement supérieur dans le gouvernement Juppé), émission « 7 sur 7 », TF1, 3 décembre 1995 : « Tous les journalistes français disaient : À quand les réformes ? Et, permettez-moi de vous dire : ils ont tous applaudi. » Bayrou citera d’ailleurs l’appel de « cent cinquante militants de gauche, intellectuels de gauche » signataires de la pétition favorable au plan Juppé lancée en novembre 1995 par la revue Esprit (au nombre desquels Alain Touraine et Pierre Rosanvallon[1]).
Juppé, France 2, 10 décembre 1995 : « Tout le monde l’a salué [son plan] parce qu’il était global, cohérent […]. Vous avez vu qu’un bon nombre d’intellectuels de gauche ont adhéré aux principes de fond de ma réforme. »
Devant l’Assemblée nationale, le 5 décembre, Juppé avait fait référence à Rocard puis ajouté : « Les Français ont besoin d’un langage de vérité et de responsabilité. Certains à droite comme à gauche se sont grandis en le comprenant ».
Alain Duhamel, « Face à face », Europe 1, 10 décembre : « Juppé à l’Assemblée, quand il avait présenté son plan le 15 novembre, l’avait bien présenté et avait été salué par tout le monde, y compris la presse de gauche le lendemain [2] ».
Paul Thibaud, Libération, 6 décembre : « Le gouvernement gagnerait, je crois, ce référendum, un instant envisagé, parce que son projet est bon, que sur le fond on ne lui a rien objecté de sérieux ».
Alain Duhamel, « Face à face », Europe 1, 3 décembre :
- « Il ne faut pas de référendum sur la sécurité sociale puisqu’on sait qu’il serait négatif […]. Le gouvernement est meilleur depuis six semaines que les six mois d’avant […]. La réforme de la sécurité sociale, on a considéré que c’était cohérent et novateur. »
- Serge July : - « Tout à fait. »
Libération, 1er décembre : « Alain Juppé a surpris tout son monde avec un plan courageux. »
L’Express, 30 novembre : « Responsables. politiques, adeptes de la pensée unique, hauts fonctionnaires de tout bord, financiers ouverts sur le monde ont salué le virage de Chirac et le courage de Juppé ».
Gérard Carreyrou, TF1, 15 novembre : « Une grande impulsion a été donnée, celle de la réforme ambitieuse qui devrait garantir à long terme la pérennité d’une bonne sécurité sociale permettant aux Français d’être bien soignés et au système d’être équilibré. Comme on dit : c’est lisible. Il était temps ».

Et lorsque Juppé parla à nouveau le 5 décembre 1995…
Alain Joanès, LCI, 5 décembre : « un ton très chaleureux, très fraternel presque ».
Gilles Leclerc, France 3, 5 décembre : Juppé « transformé en tribun […] Rien n’entame sa détermination. Il tente le tout pour le tout avec un certain panache. »
Gérard Carreyrou, TF1, 5 décembre : « Juppé côté cœur : il a choisi de se battre parce que reculer n’est pas dans son tempérament. Debout dans la tranchée réformiste […] M. Juppé a marqué sans doute un point, celui du courage politique. »
Jean-Marc Sylvestre, France Inter, 7 décembre : « Le gouvernement ne peut pas céder sur le coeur de ses réformes, à savoir la réduction des déficits publics et des déficits sociaux. […] Il est très écouté des citoyens-contribuables qui savent bien qu’au bout du compte c’est eux qui devront payer la facture d’une dégradation de la situation. Le gouvernement peut donc compter sur la fatigue des usagers et surtout celle des Parisiens. »

A cette occasion, les médias célèbrent une heureuse naissance : la gauche Juppé-Notat…
Nicole Notat, TF1, 15 novembre : « Aujourd’hui, il [Juppé] a pris une bonne direction. Il faut qu’il maintienne le cap ».
Appel des intellectuels « de gauche » pour Notat : « La réforme [Juppé] est une réforme de fond qui va dans le sens de la justice sociale » (Le Monde, 3-4 décembre).

Le Nouvel Observateur, 23 novembre.
Pierre Joxe, ancien ministre socialiste : « Ces mesures vont dans le bon sens. »
Françoise Giroud : « Une architecture cohérente même si elle dérange des intérêts particuliers. Alain Juppé est content de lui. On peut le comprendre. Son plan est le premier qui mérite le nom de réforme. Qui peut avoir sincèrement envie de la torpiller ? »
Hervé Algalarrondo : « Même ceux qui combattent son plan soulignent la qualité de la copie, sa cohérence surtout […] L’ère Juppé qui s’ouvre aujourd’hui risque d’être marquée par des réformes difficilement classables d’un point de vue politique parce que d’abord inspirées par une volonté têtue de moderniser l’appareil d’État. »

Pour André Glucksmann (Le Figaro, 4 décembre) c’est le « choc entre une France responsable et consciente de l’avenir – bravo Nicole Notat – et une société fermée défendant son bout de gras ».
Jean Daniel, Le Nouvel Observateur, 7 décembre : « Cette femme tranquille et forte, Nicole Notat, je me suis dit aussitôt : elle est chez nous chez elle. Nous avons le même langage […]. Aujourd’hui PMF parierait sur Delors et sur Nicole Notat […]. Le plan de sauvetage de la sécurité sociale présenté aux députés et aux sénateurs le 15 novembre a frappé par son ambition et par sa cohérence ».
Claude Lefort, philosophe, Le Monde, 4 janvier 1996 : « Sachant que la première de toutes les réformes, urgente et inéluctable, était celle de la sécurité sociale, Nicole Notat a eu l’intelligence et le courage de répondre à la fois oui et non au gouvernement. Oui, très naturellement, puisque la réforme donnait pour une part satisfaction aux propositions syndicales. Pour le reste, elle a laissé se développer le courant de grève, sans vaines incitations, jusqu’à choisir le juste moment pour conseiller aux cheminots de reprendre le travail, leurs objectifs étant atteints ».

Acte II – Le courage de tenir bon

Jacques Chirac, Cotonou, 3 décembre : « Nous avons du courage, nous avons du temps. »
Jacques Julliard, Europe 1, 2 décembre : « Juppé a eu le courage de porter le fer dans la plaie ». Mais deux semaines plus tard, Julliard tergiversera : « Il y a beaucoup de gens qui se sentaient favorables au plan Juppé - c’était mon cas - et qui, à bien des égards, étaient aussi solidaires des grévistes ». (Europe 1, 16 décembre).
Marc Ullmann, Paris Match, 14 décembre : « Heureusement nos compatriotes ont le sens de la mesure : 70 % des Français reconnaissent que Juppé a du courage ».
Paris Match, 14 décembre : « L’inflexible Nicole Notat défie les derniers dinosaures […]. Devant sa grande table de travail en bois clair, celle qui en moins de trois semaines est devenue la “femme Courage” de la scène sociopolitique française est restée pendue à son téléphone ».
Le Point, 2 décembre : « Nicole Notat, la femme qui dérange les syndicats ». Elle est présentée comme « la dame de fer », appellation jusqu’alors réservée à Margaret Thatcher. « Alain Juppé partage avec Nicole Notat cette espèce d’euphorie de ceux qui mettent leur point d’honneur à déranger. Cette Lorraine qui, comme lui, ne s’encombre pas de logorrhée reste sa plus précieuse alliée. » […] « Si elle parvenait à incarner un syndicalisme réformateur nouveau, la petite institutrice de Domrémy [Notat = Jeanne d’Arc en même temps que Margaret Thatcher…] écrirait une belle page de l’histoire du syndicalisme non-marxiste que ne renieraient pas les pères fondateurs […] se réclamant de la collaboration des classes ».
Claude Imbert, Le Point, 2 décembre : « Par chance, et face au syndicalisme de guerre froide, voici quelques lueurs : Nicole Notat […]. Un groupe d’experts socialistes lui emboîte le pas. »

Acte III – Le peuple est irrationnel, pas les marchés
Claude Imbert, Le Point, 9 décembre 1995 : « Quand souffle l’irrationnel […] un songe fabuleux a fait de notre pays une nation somnambule […] coup de lune […] Nous avons quelques millions de Français échoués, mentalement décalés ».
Bernard-Henri Lévy, Le Point, 2 décembre : « M. Juppé a raison […]. Son plan reprend pour l’essentiel ce que les meilleurs esprits de la gauche réformiste et moderniste proposent depuis dix ans. » Il tient « le seul langage de l’intelligence » sans « prendre en charge cette part de folie, d’irrationalité qui habite aussi les peuples. »
Franz-Olivier Giesbert, Le Figaro, 4 décembre : « Faut-il nécessairement se pâmer au spectacle de centaines de milliers de manifestants dans la rue comme si le seul fait d’être ensemble, de se sentir ensemble, ah !, c’était la vie retrouvée ? […] Faut-il célébrer le Peuple, la bouche pleine de ce grand mot, le Peuple debout, face à la technocratie ? Est-il bon ou seulement intelligent de s’adonner à un populisme de gauche, lamentable pendant d’un populisme de droite, celui de Le Pen […]. On dirait que soudain s’est entrouverte la vieille malle où moisissaient les restes de l’archéomarxisme, du maoïsme et du sartrisme […] Seule la véhémence demeure. Le discours est informe. »
François de Closets (Le Figaro, 4 décembre 1995) en appelle aux « psychiatres » et parle de la « dérive schizophrénique » des Français qui serait alimentée par une « pensée socialement correcte, un discours terroriste qui leur interdit de s’interroger sur les phénomènes sociaux ».
Pour Alain Minc (Le Figaro, 4 décembre), « l’irrationnel a pris le dessus ». Le mouvement s’explique par « les fantasmes les plus absurdes : la prédilection si exclusivement française pour des embrasements collectifs n’a disparu ni avec l’enrichissement du pays, ni avec l’extension de la classe moyenne, ni avec l’affaissement des acteurs sociaux […] Dans ce monde en apparence unifié par les modes de vie et les marchés financiers [sic], il demeure une spécificité française : le goût du spasme et son corollaire, le traitement politique du séisme ».
Guy Sorman, alors « conseiller à la prospective » d’Alain Juppé : « Carnaval de la société » (L’Express, 7 décembre). « Au Moyen Age, nos édiles savaient qu’une fois par an le carnaval était nécessaire pour exhaler les humeurs que suscitent toujours les puissants » (Le Figaro, 6 décembre 1995).
Raymond Soubie, Le Point, 9 décembre : « Le risque, c’est que nous tombions peu à peu dans l’irrationnel, qui est le propre des grands mouvements sociaux ».
Alain Duhamel : « La France est saisie d’une grand fièvre collective qui sert de déversoir et de purge aux colères, aux peurs et aux frustrations […] rites et liturgies d’une société archaïque […] débordements et maximalismes : les partenaires du gouvernement ne sont pas assez forts pour être modérés » (Le Point, 9 décembre). « Refus d’un univers rationnel » (Europe 1, 3 décembre).
Guillaume Durand utilise lui aussi l’adjectif « irrationnel » pour qualifier la réaction des Français (LCI, 8 décembre 1995).
Gérard Carreyrou, TF1, 8 décembre : « Ce conflit a percuté dans l’irrationnel collectif. On ne sait pas toujours ce qui est en cause, y compris chez les grévistes ».
Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur, 7 décembre : « Ce front du refus dessine les contours d’une France archaïque tournée vers des solutions à l’italienne (endettement, inflation et clientélisme) plutôt que vers des solutions à l’allemande (négociation salariale et rigueur de gestion) ». Julliard évoque aussi, à toutes fins utiles, le risque que ce « front du refus » ne débouche sur une victoire du Front national.

Les marchés financiers, en revanche, sont rationnels…

Éditorial de The Economist, 9 décembre 1995 : « Les événements des deux dernières semaines en France font ressembler le pays à une république bananière dans laquelle un gouvernement assiégé cherche à imposer les politiques d’austérité du F.M.I. à une population hostile […]. Les marchés ont mis le gouvernement sous surveillance : même un modeste compromis pourrait provoquer une crise du franc. »
Die Welt : « Jacques Chirac et Alain Juppé s’apprêtaient à transformer de fond en comble la société française. La formation d’un nouveau gouvernement et l’annonce d’une réforme de la sécurité sociale, considérée comme radicale, constituent les premiers pas concrets dans cette direction - que le marché a unanimement approuvés et pour lesquels Paris s’est attiré de nombreux satisfecit de ses partenaires européens » (Cité par Courrier International, 7 décembre 1995).
Les Echos, 6 décembre : « Dénouer le noeud gordien des mécontentements sociaux sans rien lâcher sur l’essentiel, telle est la tâche difficile à laquelle va devoir s’attacher le gouvernement. Les marchés lui laissent une chance à ce prix ».
International Herald Tribune, 5 décembre : « Les analystes et les économistes préviennent : tout signe de concession de la part du gouvernement provoquerait un désastre sur les marchés financiers ».
Notice « Les monnaies » du Monde du 7 décembre : « Le franc continuait à se reprendre vis à vis du mark mercredi 6 décembre en début de matinée. Les cambistes ont apparemment apprécié l’annonce par le premier ministre du maintien des réformes ».
A propos de la baisse du taux des appels d’offre de la Banque de France : « Gary Dugan, responsable de la stratégie boursière de la banque américaine J.-P. Morgan, déclarait hier : “Nous pensions que la Banque de France attendrait la fin des grèves pour s’assurer que le gouvernement ne cédera pas. Mais là, elle affiche son soutien au gouvernement en présumant qu’il va tenir bon contre les grévistes”. » (Le Figaro, 8 décembre).
Le Monde, 12 décembre : « L’affaiblissement du franc est une conséquence directe de l’intervention d’Alain Juppé qui n’a pas hésité à employer le mot tabou de négociation qui contraste avec la fermeté affichée jusqu’à présent ».
Guillaume Durand interroge Louis Viannet, alors secrétaire général de la CGT : « Est-ce que vous avez l’impression que les marchés vont tolérer cette plaisanterie longtemps ? » (LCI, 11 décembre, 19 heures).
« Le franc dopé par les espoirs d’un dénouement très proche de la crise sociale. Jeudi, l’annonce de la réouverture partielle d’une ligne de métro lui a ainsi permis de gagner, en quelques minutes, près de deux centimes face au mark » (Le Monde, 17-18 décembre).

Acte IV - Haro sur le service public et sur les grévistes
Claude Imbert (Le Point, 9 décembre) : « obésité », « dinosaure », « vase clos », « privilèges », « confinement », « prurit égalitaire », « l’envie ».
La Stampa (Turin) : « Ces grandes cathédrales paraétatiques édifiées au cours de l’après-guerre, les chemins de fer, les musées [3] ».
BHL, Le Point, 2 décembre : « Son irresponsabilité érigée en règle de gestion et en principe, le service public, en France, était en train de réunir toutes les caractéristiques de ce qu’on appelait, jadis, l’économie à la soviétique. »
François de Closets, Le Figaro, 4 décembre : « La crise présente oppose les travailleurs du secteur public et parapublic aux autres Français […]. Les grandes centrales syndicales sont, de facto, des organismes catégoriels. »
L’Express, 30 novembre 1995 : « France des intérêts catégoriels dont la défense conduit une frange de la population à rejeter en bloc les réformes ».
Alain Minc : « Ce sont des conflits corporatistes » (« Arrêt sur images », La 5, 9 décembre).
« Mais vous êtes tout de même un privilégié » demande le journaliste Thierry Desjardins à un cheminot de 51 ans qui gagne 8 500 francs par mois [4] (Le Figaro, 6 décembre).
Guy Sorman parle des « gras corporatistes qui poussent devant eux les petites gens » et de « revendications matérielles insensées » (Le Figaro, 6 décembre).
Franz-Olivier Giesbert, Le Figaro, 4 décembre : « Les cheminots et les agents de la RATP rançonnent la France pour la pressurer davantage. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de corporatisme, c’est à dire de racket social. […] Les catégories avantagées du secteur protégé, qu’on appelle communément le secteur public, exigent que le secteur privé travaille encore plus afin de payer leurs retraites. »
Alain Duhamel, Europe 1, 10 décembre : « La modernisation du secteur public, ça ne peut pas faire plaisir à ceux qui y travaillent parce que ça remet en cause beaucoup de leurs avantages, beaucoup de leurs garanties. »
Michel Garibal, France Inter, 14 décembre : « Quand un conducteur de chemin de fer prend sa retraite à cinquante ans et qu’il va avoir une espérance de vie qui sera bientôt de cent ans [sic] il est évident qu’il y a un hiatus. »
Claude Imbert, Le Point, 2 décembre : « D’un côté la France qui travaille, veut travailler et se bat, et de l’autre la France aux semelles de plomb, campée sur ses avantages acquis […] toute une noria de paniers percés ».
Le Point, 9 décembre : « Alors que le secteur privé, immergé de force dans l’économie et la société modernes, devait innover, oser, s’adapter, l’Etat a anesthésié et engraissé ses bastions publics dans la quiétude des monopoles et la drogue de l’endettement ».
Le Figaro, 2-3 décembre : « Les gens se pressent, en silence. Leurs habits sont tristes, noirs ou gris. On dirait des piétons de Varsovie […]. Des marcheurs égarés avancent, mécaniques, le regard fixé vers le bas. Chez eux, c’est encore si loin ».
Le 6 décembre, TF1 offre aux téléspectateurs un reportage sur la famille Chanzy : « La poursuite de la grève commence à coûter cher. Pour la famille Chanzy, la grève est synonyme de galère et de grosses dépenses. » Puis, TF1 embraie sur les difficultés des personnels des crèches, les commerçants « qui souffrent de la baisse de fréquentation des magasins ». Un commerçant se lamente : « On a des embauches qu’on ne va pas faire ».
France Info semble décidée à établir, chaque heure, le box office des records d’embouteillage.
Le 5 décembre, France Soir titre « Pas de métro pour les SDF » : « Blotti sous un porche, Christian, SDF de 56 ans, rumine sa colère. La grève des transports et la fermeture des stations de métro à Paris ont jeté dans la rue des hordes de laissés-pour-compte. Comme Christian, ils sont des centaines à arpenter les rues du matin au soir pour ne pas mourir de froid. »
Le même jour dans France Soir, un article est titré « RMistes et Chômeurs : La peur des guichets fermés » : « Le mouvement social qui s’étend à la Poste va t-il paralyser les guichets, privant chômeurs et RMistes de leurs prestations attendues ces prochains jours ? »
Paris Match, 14 décembre, couverture : « France : l’asphyxie ; pourquoi nous déprimons ». Photo d’embouteillages : « Sur les 35 km du périph, les feux du désespoir… »
France 3, 5 décembre : « Les exclus sont perturbés par les conflits sociaux […] non accès aux couloirs de métro, unique source de chaleur et de réconfort ».
Daniel Bilalian (France 2, 8 décembre, 20 heures) évoque les « victimes de la grève » pour parler de ceux que la marche fatigue et que l’attente des bus déprime. Sans oublier les victimes de la baisse des ventes de bateaux de plaisance.
« Les Parisiens galériens » (Le Figaro, 13 décembre 1995).
TF1, 8 décembre : Reportage sur les « entreprises au bord de l’asphyxie », les « magasins gravement touchés » au nombre desquels les salons de coiffure et instituts de beauté : « C’est partout le même refrain : Vivement que la grève s’arrête ».
[Les journaux télévisés et les bulletins radiophoniques sont répétitifs et sans imagination : embouteillages, usagers qui ont des cors aux pieds (TF1 fera un sujet là dessus), commerçants qui se plaignent. Lors du journal de France 2, le 12 décembre 1995, un journaliste avoue enfin : « Ça fait dix-huit jours qu’on vous raconte la même chose ».]

TF 1, 10 décembre, Claire Chazal : « Les usagers ont défilé aujourd’hui à Paris ; plus de 1 500 personnes [sic] protestaient contre les conséquences de la grève. Des manifestants qui ont marché dans le calme sous deux banderoles “La France en otage” et “Parole aux usagers” ». Le reportage parle de « près de 1 500 personnes ».
Total : 1 minute 30 pour 1 500 manifestants à Paris.
Le soir, toujours sur TF1, la manifestation d’usagers fait l’ouverture du JT alors que ses effectifs étaient deux fois moindres que ceux du rassemblement anti-grévistes de la semaine précédente, déjà squelettique. Claire Chazal, qui soulignait toujours quand les mouvements de grève étaient en « perte de vitesse », annonce cette fois-ci : « Ils étaient plus de 1 500 à défiler ». Le reportage note néanmoins que les manifestants étaient « un peu déçus d’être peu nombreux ». Mais cela ne les empêche pas de faire l’ouverture du JT. Pourtant, le même jour, « Du jamais vu à Bordeaux un dimanche : près de 30 000 personnes ont défilé dans les rues du centre ville. »
Le Wall Street Journal consacre trois colonnes à une « manif antigrève à Paris » dans son édition du 4 décembre. France 2 ouvre ainsi son journal de 20 heures du 2 décembre : « A bout de souffle, les usagers ont laissé exploser leur colère. »
France Soir, 11 décembre : « Ce sont les plus courageux qui ont fait l’effort de marcher hier […]. Nous avons reçu des milliers d’appels de personnes trop fatiguées pour venir manifester, explique Jean-Claude Delarue. » Les manifestants anti-Juppé, eux, ne sont jamais fatigués pour se déplacer...
Le Figaro du 11 décembre cite Delarue : « L’annonce du mouvement [des « usagers »] n’a pas été bien relayée dans les médias ».
Le 11 décembre, TF1 consacre un reportage à un cheminot en grève, mais à Strasbourg, là où la grève vient d’être levée, « seule ville à avoir pris cette décision ».

Mais, rien n’y fait: le mouvement reste populaire.
Le 30 novembre déjà, Jean-Pierre Pernaut (TF1, 13 heures), annonce que l’opinion, d’abord favorable aux grévistes, a basculé. Un micro-trottoir lors duquel presque tous les intervenants condamnent la grève confirme aussitôt l’intuition de la chaîne Bouygues. Toutefois, selon un sondage du Parisien publié le 8 décembre, entre le 20-22 novembre et le 6 décembre, le soutien aux grévistes est passé de 54 % à 59 %. Un autre sondage, France 2-Le Point, réalisé le 6 décembre, établit qu’une majorité des Français n’approuve pas le plan Juppé (53 %), n’ont pas trouvé les discours du premier ministre convaincants (54 %), estiment la poursuite de la grève justifiée (58 %).
Claire Chazal, TF 1, 8 décembre : « Ce qui surprend les usagers, c’est que le conflit n’est pas tout à fait impopulaire ». « Pas tout à fait » : selon le sondage CSA du jour, 59 % des Français soutiennent les grévistes.

Acte V – La parole au peuple ?

France 2, « La France en direct », 1er décembre. Daniel Bilalian parle ainsi aux acteurs du mouvement social : « Posez vos questions comme on dit dans les Jeux » Les acteurs du mouvement, en duplex de leurs braseros, sont appelés à être concis : « Synthétisez ! », leur enjoint-on, alors qu’ils sont à l’évidence peu habitués à s’exprimer en 12 secondes. Parfois, ils se cabrent comme ce machiniste : « Votre émission c’est la France en direct et pas seulement dans les salons parisiens ». Les animateurs interrompent les grévistes pour donner la parole à Bernard Kouchner, ancien ministre socialiste. D’après Le Monde du 3-4 décembre 1995, ce soir du ler décembre, les cinquante grévistes du Mans ont parlé 3 minutes et 41 secondes, les trente d’Aubervilliers 3 minutes et 21 secondes, les vingt de Strasbourg 4 minutes et 48 secondes et ceux de Toulouse 4 minutes et 17 secondes, soit un total cumulé d’un quart d’heure de temps de parole pour les grévistes dans une émission de deux heures consacrée à la grève.
Sur France 3, à « La marche du siècle », Jean-Marie Cavada, toujours serviable avec les puissants, avait lui aussi donné la parole aux étudiants quinze minutes dans une émission de deux heures. Emission « Polémiques » de France 2, le 3 décembre : Christian Stoffaës expose sa « profonde conviction d’expert », Pierre Moscovici (PS) semble regretter qu’Alain Juppé ne se soit pas inspiré de la méthode Balladur (qui avait profité des vacances d’été pour allonger, en 1993, la durée des cotisations des salariés du privé), un président de la fédération des usagers représente les 1 500 « usagers » qui se rendent à sa manifestation. Hélas, … c’est Bernard Thibaut (alors dirigeant des cheminots CGT) qui crève l’écran même s’il parle dix fois moins qu’Alain Madelin.
Madelin, idole des élites et des marchés, est omniprésent : invité principal de 7 sur 7 le 26 novembre sur TF1, invité de « Polémiques » (sur France 2) le 3 décembre. Ces invitations coïncident fortuitement avec la sortie de son dernier livre.
Claude Bébéar, assureur et roi des stock options en France, parlera de ses salariés qui marchent quatre heures par jour pour venir travailler.

Et vint le temps des diversions…

TF1, 20 heures, 3 décembre, Claire Chazal : « Avant d’évoquer la paralysie des transports et la crise dans laquelle s’enfonce la pays, évoquons l’histoire heureuse de ce gagnant du loto ». Suivent 3 minutes 30 avec le gagnant invité sur le plateau (« Bruno, heureux gagnant »).
Le 4 et le 5 décembre, TF1 ouvre à nouveau sur des faits divers…
Mardi 12 décembre, le gros succès des manifestations contre le plan Juppé est en partie occulté par la libération de deux pilotes français par les Bosno-Serbes. Sur TF1, cette nouvelle fait l’ouverture du journal et quinze minutes ; sur France 2, elle fait l’ouverture du journal et douze minutes [5].
Ivan Levaï, France Inter, 12 décembre : « Nous on distille les bonnes et les mauvaises nouvelles. Les mauvaises nouvelles, c’est un conflit [social] qui dure et qui perdure. Mais la bonne nouvelle d’hier, c’était la libération des deux pilotes. »

Épilogue

Le journalisme de marché a la grève réussie plutôt triste :
Claude Imbert, Europe 1, 16 décembre : « Toute cette déprime qu’on vient de traverser ».
Jean-Marc Sylvestre, France Inter, 11 décembre : « Tous les conjoncturistes révisent à la baisse leurs prévisions de croissance. D’où - et on va être très précis - une diminution probable des recettes fiscales liées à l’activité. Ce qui signifie de façon automatique une aggravation du déficit budgétaire. D’où une remontée probable du chômage. [6] »
Le 14 décembre, L’Express titre « Tous perdants » ; le 15, Le Nouvel Economiste titre : « Et en plus la croissance s’effondre ».
Michel Garibal, France Inter, 15 décembre : « Les abandons successifs qui ont été consentis au plan Juppé auront une suite. On ne pourra pas accepter d’avoir 45 milliards [de francs] de dépenses supplémentaires par an. C’est totalement impossible. Donc ils [les « abandons »] seront remis en question. »
Reste alors la possibilité de tout oublier au plus vite : « On se souviendra aussi peu de ça [les grèves de décembre 1995] qu’on s’est souvenu de la grève SNCF de 1986 » (Alain Minc, le 9 décembre 1995).


Serge Halimi
Politique, la revue, n° 2, octobre 1996, p. 91-96


Notes:

(1) « Pour une réforme de fond de la sécurité sociale » (publié sous forme d’encart dans Le Monde, 3-4 décembre 1995). Les premiers signataires étaient : Gilles Achache, Claude Alphandéry, Elie Arié, Guy Aznar, Jacqueline Aznar, Jean Beauville, Pascale Beck, Daniel Behar, Aina Blanc, Pierre Bouretz, Dominique Bourg, Rony Brauman, Guy Brouté, Pascal Bruckner, Bernard Brunhrs, André Bruston, André Bussery, Jean-Yves Calvez, Bertrand Cassaigne, Roland Cayrol, Gilbert Cette, Louis Chauvel, Jacques Chérèque, Daniel Cohen, Henry Colombani, Jeanette Colombel, Guy Coq, Daniel Croquette, Simone Daret, Daniel Defert, André Delvaux, André Demichel, Francine Demichel, Michel Dessaigne, Jean-Philippe Domecq, Jacques Donzelot, Brigitte Dormont, François Dubet, Nicolas Dufourcq, Échanges et Projets, Alain Ehrenberg, Corinne Ehrenberg, Bernard Eme, Philippe Essig, Hugues Feltesse, Alain Finkielkraut, Jean-Paul Fitoussi, Jean-Baptiste De Foucauld, Patrick Gagnaire, Marc Gagnaire, Antoine Garapon, Jean-Pierre Gattégno, Xavier Gaullier, François Gèze, Jacques Le Goff, Yvon Graïc, Benoît Granger, Alfred Grosser, Jeanyves Guérin, Jean-Paul Guisselin, Hervé Hamon, Pierre Hassner, Jean-Paul Jean, Isabelle Jegouzo, Marie-Ève Joel, Jacques Julliard, Sylvain Kahn, Pierre Kahn, Serge Karsenty, Antoine Kerkuel, Jean de Kervasdoué, Jean-François Laé, Jean-Louis Laville, Antoine Lazarus, Marie-France Lecuir, Claude Lefort, Jean Le Gac, Thierry Lehnebach, Antoine Lejay, Jean-Claude Le Maire, Christian Le Pape, Maximilienne Levet, Jacques Lévy, Yves Lichtenberger, Daniel Lindenberg, Claude Llabre, Michel Lucas, Henri Madelin, Philippe Madinier, Marie Maes, Nicole Maestracci, Michel Marian, Jean Marquet, Frédéric Martel, Antoine Martin, Hélène Mathieu, Maïté Mathieu, Christian Mellon, Pierre-Michel Menger, Christine Meyer-Meuret, Martine Michelland-Bidegain, Denys Millet, Georges Minzière, Najet Mizouni, Thierry Monel, Olivier Mongin, Francis Montes, Jacques Moreau, Daniel Mothé, Olivier Nora, Denis Olivennes, Erik Orsenna, Maurice Paga, Serge paugam, Luc Pareyot, Marie-Claire Picard, Bernard Perret, Michelle Perrot, Guy Peyronnet, Philippe Pibarot, Jean-Pierre pillon, Françoise Piottet, Jean-Claude Pompougnac, René Pucheu, Hugues Puel, Yves Raynouard, Gilles-Laurent Rayssac, Gilles Renaudin, Paul Ricoeur, Jacques Rigaudiat, Robert Rochefort, Joël Roman, Pierre Rosanvallon, Guy Roustang, Denis Salas, Gérard Sarazin, Michel Scheider, Isabelle Seguin, André Senik, Alfred Simon, Martin Spitz, François-Xavier Stasse, Henri-Jacques Sticker, Serge Ter Ovanessian, Irène Théry, Marie-Olga Théry, Paul Thibaud, Véronique Thiébaut, Alain Thomassez, Guy Tissier, Sylvie Topaloff, Armand Touati, Jean-Claude Toubon, Alain Touraine, Henri Vacquin, Louis-André Vallet, François Vidal, Georges Viragello, Jérôme Vignon, Bertrand Wallon, Michel Wieviorka, Michel Winock, Jean-Pierre Worms, André Wormser, Gérard Wormser.
(2) Ce face à face « opposait » Alain Duhamel à Serge July et, effectivement, le lendemain du 15 novembre, Libération avait titré « Juppé l’audace ». C’est vraisemblablement à Libération, quotidien dans lequel il dispose d’une tribune hebdomadaire, qu’Alain Duhamel faisait allusion en parlant de « la presse de gauche »…
(3) Dans le quotidien d’Agnelli, patron de Fiat, on ne sait pas que la SNCF a été nationalisée en 1937. Quant aux musées…
(4) Soit 1300 euros.
(5) On ne nous épargnera même pas l’interview dans un café d’un consommateur qui avait bu des verres avec l’un des pilotes et qui, en conséquence, pouvait deviner ce que celui-ci avait dû ressentir pendant sa captivité…
(6) Aucune des relations « automatiques » annoncées par Sylvestre n’est automatique (l’économie est une dynamique, pas une mécanique). La baisse des recettes fiscales n’entraîne pas nécessairement l’accroissement des déficits budgétaires (si, par exemple, comme l’explique d’ailleurs Sylvestre la plupart du temps, les dépenses publiques sont réduites). L’accroissement du déficit budgétaire n’entraîne nullement une remontée du chômage. C’est même un moyen courant de relance de l’activité économique.

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 10:44
Extrait de poésie "Paroles", Jacques Prévert)

 

 

 

 

 

 
Chanson dans le sang

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage... si monotone...
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie... la neige...
le grêle... le beau temps...
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres... ses jardins... ses maisons...
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent...
Elle elle s'en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
elle s'en fout
elle tourne
elle n'arrête pas de tourner
et le sang n'arrête pas de couler...
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres... le sang des guerres...
le sang de la misère...
et le sang des hommes torturés dans les prisons...
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman...
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons...
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit

 

Et le sang qui arrive et qui coule à grands flots
avec le nouveau-né... avec l'enfant nouveau...
la mère qui crie... l'enfant pleure...
le sang coule... la terre tourne
la terre n'arrête pas de tourner
le sang n'arrête pas de couler
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués... des humiliés...
des suicidés... des fusillés... des condamnés...
et le sang de ceux qui meurent comme ça... par accident.
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s'étale encore...
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait... avec ses vaches...
avec ses vivants... avec ses morts...
la terre qui tourne avec ses arbres... ses vivants... ses maisons...
la terre qui tourne avec les mariages...
les enterrements...
les coquillages...
les régiments...
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 23:20
jeudi 20 décembre 2007 (20h10) :

comme quoi Bellaciao qui depuis des mois censure, insulte les communistes se trouve viré par ses maîtres.
R. Ferrario tente de faire accréditer l'idée qu'il est victime de son engagement trop communiste, il ya de quoi se rouler par terre lorsque l'on connait l'hystérie qui s'empare de cet individu dès qu'il voit le seul nom de Lénine. Notez au passage que ce monsieur vient de virer  Arc en Ciel sinistre et à tout seigneur tout honneur se présente comme une éminence du Parti de la Gauche Européenne.
Lors d'un échange ce triste sire m'avait, en tant que membre  du comité de je ne sais plus quoi de Mg Buffet interdit de voter pour elle en me traitant de crapule stalinienne. Sous une étiquette et un emballage trompeurs se faufilait le ban et l'arrière ban de la LCR mutante et du PCF muté dont le socle commun est constitué d'un  antisoviétisme de bon aloi..
Il faut croire que les mutés qui dirigent la  fédé de Paris qui rejettent le P de parti et le C de communiste n'apprécient pas la concurrence déloyale de l'ex facteur de la LCR qui rejette le C de communiste et le R de révolutionnaire.
Pourtant un tandem Bessac/Besancenot
ou Alain Krivine/Marie Pierre Vieu
ou Cohen-Seat/Christian Picquet
imaginez un peu ils recolleraient les morceaux, le F de français et le L de ligue .

la Ligue Française, top le nouveau bidule anti libéral non?!


CA AURAIT UNE DE CES GUEULES !


Bellaciao viré de la Fédération du PCF de Paris !!!???

Le bruit court que Bellaciao s’est fait virer de la Fédération du PCF de Paris.

Dans la page Souscription du site l’adresse du siège de Bellaciao a disparu...

Je suis passé pour vérifier au 120 rue Lafayette et la pancarte de Bellaciao sur la porte du local n’était plus la…

Il se dit que la direction du parti a viré Bellaciao parce qu’ils ne supportent plus la "ligne éditorial" du site internet.

La publication d’articles qui critiquent les alliances politiques nationales pour les prochaines élections avec le Parti Socialiste est contestée par la direction…

C’est un cauchemar... on a la sensation de revenir dans les années noires du "socialisme réel"…

J’aime bien le site Bellaciao, on ne peut pas imaginer que mon parti ait fait ça…

Pourra t-on avoir plus d’infos SVP?

Un communiste dégoûté.

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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 23:01

ce n'est qu’un aurevoir…

ingres_-_jupiter_et_thetis.jpgVoilà,

 Voici le tableau dont nous parlions avec caius gracchus, je vous l’offre pour les fêtes de la Noel .

Oui ce magnifique et ridicule tableau de Ingres se trouve au musée Granet à Aix-en provence. Grandiose et étrange dans sa démesure. Parce que je n’ai jamais vu un tableau de cette taille, il est plus grand que l’atelier de Courbet et plus haut que l’enterrement d’Ornans, Jupiter nous écrase de sa masse virile tandis que timidement la nymphe lui chatouille la barbe. Ce doit être le rêve secret de tout homme même celui qui feint de croire en l’émancipation féminine, je l’ai découvert j’avais 18 ans et j’ai ri devant tant de prétention machiste.  Messieurs vous étiez ma part sur la terre mais quels “pompeux cornichons!”

 

Caius Gracchus l’a mis sur son blog pour illustrer mon article sur Nicolas et Pimprenelle en m’avouant qu’il aurait souhaité encore plus érotique. l’érotisme en matière d’art a de multiples facettes, il y a les enfers, les créateurs explicites mais il y a l’acte de création et ce qui l’inspire, un peu à la manière dont Neimeyer explique qu’il ne pense qu’à ça en dessinant des volumes et des rampes d’escalier.

Je suis convaincue qu’il n’y a pas que Sade qui écrivait d’une seule main, toute activité artistique conduit à l’érotisme, cela se sent formidablement. j’ai vu recemment au grand palais l’exposition Courbet, elle était trop serrée, les tableaux manquaient d’espace, mais il y avait une salle géniale, d’un côté la série de tableaux représentant les cavernes souterraines et leur fente, c’était le mystère qui conduisait à l’origine du Monde, et en face de la représentation de ces fentes entrouvertes sur l’obscurité de la naissance et de la mort, il y avait des peintures de tempêtes, des vagues qui se fracassaient, ce que Lacan désigne comme le mystère de la jouissance féminine, et à l’entrée de la salle un merveilleux petit tableau représentant Courbet découvrant la mer à Palavas et la saluant d’un geste large et enthousiaste… Cette salle était à mes yeux aussi érotique sinon plus que celle des nus parmi lesquels l’origine du monde, disons que c’était la même chose, que Courbet y disait la générosité de son désir, son bonheur d’être et en faisait hommage à la femme, je suis convaincue qu’il était obligé de faire l’amour en peignant. Et on trouve cette pulsion de vie dans la création sous diverses formes. Je n’ai jamais pu contempler des Picasso sans sentir cette violence du désir et en être émue. Mais comment expliquer c’est dans la peinture qu’il se transfigure…

je trouve que l’on prive les être humains de cette pulsion vitale, de cette créativité, j’en suis toujours au cri “Combien de Mozart assassiné!” pas tout le monde peut être Mozart, Courbet, Picasso pour ne citer que des forces vitales déchaînées, mais tout le monde peut enrichir son plaisir de vivre de ce que d’autres créent pour lui… cela s’apprend comme on apprend à lire… Et pas seulement avec des mots, je suis assez d’accord avec Godard on apprend le cinéma en confrontant des films entre eux. Chaque art a son langage propre… Mais je crois que tous ont en commun l’érotisme, la pulsion de vie, le désir…

Et pour revenir à l’article sur la pipolisation du pouvoir c’est cela qui me rend malade ce sabotage des êtres humains. Cette volonté de puissance qui s’égare dans l’avarice, les eaux glacées du calcul égoïste, la volonté d’être plus que les autres. Je me souviens de ce que disait Evo Morales le “vivre bien” s’oppose au “vivre mieux”… le rapport à la nature est le rapport générique de l’homme à lui-même, à sa propre nature… Il ne s’agit pas seulement de refuser de s’en emparer, il s’agit de le faire avec ce qu’il y a de meilleur en nous mêmes. c’est ce que dit Fidel castro, mettre la justice sociale au coeur de notre rapport à la nature, le faire à partir de notre capacité de création tant sur le plan scientifique qu’artistique. Ne pas renoncer au savoir, à la science mais la diriger vers la vie et non vers la mort… Vous voyez comme c’est proche de cet autre rapport générique celui de l’être humain qui n’est pas un mais au moins deux: l’homme et la femme.

Il faut retrouver la terre comme l’espèce humaine l’a découverte, conquise, nous avons avancé à partir de l’Afrique de un kilomètre par génération, en suivant le gibier, nous avons fait le tour de la terre et nous savons désormais qu’il y a la famille humaine, qu’elle est faite de nos diversité autant que d’universalité, apprenons à nous découvrir. c’est ce qui a été tenté dans ce blog. Nous continuerons à mon retour.

Mais passons à ce pourquoi je vous écris, le site va un peu somnoler… Il y a beaucoup de choses à lire, beaucoup de vidéos à voir… Jusqu’au 10 janvier, je reviendrai de temps en temps au hasard, au grè de la possibilité d’atteindre internet là où je serai… Mais il faudra utiliser les ressources de ce blog, tenter si faire ce peut, si vos vacances et vos joies familiales vous en laissent le temps de lire calmement et au fond ce que vous avez souvent survolé. Ne me dites pas non, je sais qu’il en est ainsi! Vous ne lisez plus ou vous le faite avec impatience… Vous êtes nombreux à être venus sur ce site depuis sa création le 19 mai 2007, il y a juste sept mois, il y a eu pratiquement 100.000 visites. Qu’en retirez vous je l’ignore pourtant il m’intéresserait de le savoir.

Bonne année qu’elle vous soit douce et légère.

 Danielle Bleitrach

Mais comme les amis du pigeon bleu me l’ont conseillé avant de partir et il faut boire , chanter sur la table…

Alors n’oubliez pas de clickez sur le lien avant de quitter cet article

http://fr.youtube.com/watch?v=XdmZ2GasMJ0

 


  1. 1 alain girard 2007 décembre J à 6:53

    Ce que je retire de mes visites ici je vais te le confier mais je compte sur toi pour ne pas l’ébruiter.
    ici je retrouve mes colères et mes doutes,
    ici je trouve ce que rien ne m’a prédisposé à connaître, une élévation du savoir à travers tes et vos analyses,tes articles et il a fallu que l’on me colle le nez sur un vrai Picasso, pas un en photo, non un vrai pour que j’en prenne plein les yeux et les sens. Grâce à des communistes comme toi, comme vous j’apprends, je découvre ce que ma vie de fils, petit fils de prolos devrait m’interdire.
    en réalité Danielle et autres vous remplacez ce parti qui n’est plus à sa place,plus capable de donner à la classe ouvrière sa pleine autonomie, de lui ouvrir l’accès à la culture et pas n’importe laquelle.
    Ce parti des communistes qui a façonné ces femmes et ces hommes et qui leur a permis de s’élever dans le désir, la volonté de comprendre à la manière de Lénine, apprendre pour comprendre et agir mais également s’épanouir.
    je trouve ici l’entêtement qui fait de tout des communistes, cette volonté de rien céder même que parfois cela ferait tant de bien, poser, se reposer mais bon omme en face ils sont organisés…si tu souffles un instant t’es mal.
    je retrouve ici des camarades, que ce mot est bon à entendre quand il est franc, sincère, fraternel.
    je trouve ici de la grandeur humaine et parfois les coups de semonces de Danielle.
    je retrouve ici…

  2. 2 socio13 2007 décembre J à 7:35

    si c’est ça que tu as, que d’autres ont perçu de ce blog, c’est exactement ce que je veux: faire sentir, vivre, revivre ce que nous sommes nous les communistes.

    Non seulement nous avons été les combattants les plus déterminés, les plus dangereux pour le capitalisme, il a senti le vent du boulet et encore aujourd’hui il fremit à ce seul mot, communisme… Mais nous avons été plus que ça, un lieu d’amitié, de solidarité, d’enrichissement individuel, nous avons été la fontaine mais aussi la plaie et le couteau…

    Nous étions sérieux et gais… Un souvenir encore mon mari avait coutume d’accueillir les nouveaux adhérents par un discours dans lequel avec beaucoup de chaleur et de lyrisme il leur expliquait le sens du combat des communistes et il terminait par cette recommandation:

    “Si un jour ça devient trop difficile pour toi et que tu es obligé de descendre de la charette, fais-le, va cueillir des fleurs dans les prés, mais ne la laisse pas trop s’éloigner de toi, suis-là du regard pour trés vite y reprendre ta place… ”

    Danielle Bleitrach

  3. 3 Alain ROBLOT 2007 décembre J à 8:39

    Je souscris pleinement aux réflexions d’Alain Girard. Il est vrai que dans les années 70, le parti m’a ouvert à la culture, sans prétention certes, mais je n’aurais jamais pu imaginé que fils de mineur de fond, je puisse apprècier l’art sous toutes ses formes. Et puis , d’autres ont contribué à me former, comme Max Pol Fouchet… mais c’est une autre histoire… Toi , Danielle, tu me fais redécouvrir mes révoltes contre l’injustice, la solidarité envers les peuples (cuba, amérique latine..) et je continue d’apprendre. J’ai parfois quelques difficultés à tout comprendre, mais tes textes m’éclairent et je retrouve le bonheur d’être communiste.
    Bonne fêtes à tous.
    SIMBA

  4. 4 Esteban 2007 décembre J à 2:10

    Eh bien tu vois danielle, ton mari était un fin psychologue mais ce qu’il disait à ces nouveaux adhérents il a certainement du le puiser dans son expérience et non dans l’enseignement scolastique.

    Aussi, je viens de descendre de la charrette tout en y faisant attention parce que…

    Mais je ne cueille pas des fleurs, je regarde au loin d’autres espaces qui grouillent et où se démènent des fourmis avec une volonté que je leur envie.

    Je rêve que nous soyons en capacité d’imiter ce qui se passe dans ces espaces mais nous nous sommes laissés polluer…

    Je ne suis pas triste car il y a encore des refuges éclairés qui nous rappellent toujours que la charrette peut toujours rouler et qu’il faut une fois le rêve estompé, fouetter le cheval pour accélérer.

  5. 5 COMAGUER 2007 décembre J à 10:40

    Merci Danielle d’avoir évoqué COURBET, sa puissance , l’immensité de ses grandes toiles mais son ultime impertinence que tu connais certainement est délectable et mérite le récit qui est à peu prés celui-ci :
    COURBET participe à la Commune de Paris et en tant qu’animateur du comité des artistes il va proposer la démolition de la colonne Vendome symbole de l’autoritarisme napoléonien. Proposition retenue et mise en application !

    La Commune vaincue, les revanchards versaillais - il y en a en nombre dans ces débuts tatonnants de la III° République - vont poursuivre Courbet pour obtenir réparation , au plein sens du terme.

    Aprés diverses péripéties judiciaires COURBET est condamné à payer la reconstruction de la Colonne Vendöme : une somme évidemment astronomique.

    Il obtient un étalement de sa dette et doit effecteur le premier versement le Premier Janvier 1878.

    Il meurt le 31 Décembre 1877 !
    Enorme pied de nez aux réactionnaires vengeurs et à leur appareil judiciaire aux ordres !
    Une mort en forme de défi à l’ordre établi !
    Un chef-d’oeuvre de plus !

 

 

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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 22:53
Soeurs d'espérance 


Soeurs d'espérance ô femmes courageuses
Contre la mort vous avez fait un pacte
Celui d'unir les vertus de l'amour

O mes soeurs survivantes
Vous jouez votre vie
Pour que la vie triomphe

Le jour est proche ô mes soeurs de grandeur
Où nous rirons des mots guerre et misère
Rien ne tiendra de ce qui fut douleur

Chaque visage aura droit aux caresses.

Paul Eluard

- 1948 -

Ce poème provient du recueil intitulé " Poèmes politiques "
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