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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 00:12
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Pour trouver un bilan de la gauche plurielle j’ai du me rabattre sur les anars car étrangement peu de choses traînent sur le Net hormis quelques sites à la gloire du grand jypeurien  Lionel Jospin. Du côté du PCF il est clair qu’il ne s’est rien passé durant ces 10 années et même que les dirigeants n’ont gardé aucun souvenir de cette période faste pour le Medef. Pas l’ombre d’une autocritique, des ministres, quels ministres, où ça des ministres, circulez, circulez…Robert Hue ne rapplique plus aux coups de sifflets de Yoyo il se contente de les anticiper en bon  sénateur favorable à la disparition de ce même Sénat. Voici en bref ce que firent les dirigeants du PCF durant ces 10 années : je suis contre mais je vote pour.

Mg Buffet nous invite à tourner la page du Congrès de Tours personnellement je l’invite plutôt à rouvrir celle de la gauche plurielle, allez Marie-Jo raconte nous un peu comment en tant que ministre tu as fait la fête pendant que les salariés faisaient celle de notre parti. Raconte Marie-Jo comment le ministre des transports ordonnât que soient sanctionnés et de belle manière les manifestants qui levaient les barrières de péages d’autoroutes…Raconte nous Marie-Jo et moi après je te le promets, chaque soir je te bercerai en en te contant à l’oreille une des 21 conditions d’adhésion à l’Internationale Communiste, tiens voici la première :

 

1.       La propagande et l'agitation quotidiennes doivent avoir un caractère effectivement communiste et se conformer au programme et aux décisions de la III° Internationale. Tous les organes de la presse du Parti doivent être rédigés par des communistes sûrs, ayant prouvé leur dévouement à la cause du prolétariat. Il ne convient pas de parler de dictature prolétarienne comme d'une formule apprise et courante ; la propagande doit être faite de manière à ce que la nécessité en ressorte pour tout travailleur, pour toute ouvrière, pour tout soldat, pour tout paysan, des faits mêmes de la vie quotidienne, systématiquement notés par notre presse. La presse périodique ou autre et tous les services d'éditions doivent être entièrement soumis au Comité Central du Parti, que ce dernier soit légal ou illégal. Il est inadmissible que les organes usent de l'autonomie pour mener une politique non conforme à celle du Parti. Dans les colonnes de la presse, dans les réunions publiques, dans les syndicats, dans les coopératives, partout où les partisans de la III° Internationale auront accès, ils auront à flétrir systématiquement et impitoyablement non seulement la bourgeoisie, mais aussi ses complices, réformistes de toutes nuances.

 

Cela te rappelle vaguement quelque chose, oui je sais, c’était au début de ta carrière de professionnelle révolutionnaire puis de professionnelle puis de fin de carrière…

C’est horrible n’est ce pas, une si gentille dame comme toi devoir flétrir Jospin et la social-démocratie, dire du mal de ces braves gens qui faisaient ce qu’ils pouvaient et à qui tu faisais des bisous sur le perron de Matignon. Ouf heureusement  la mutation…Donc

 

Il y a dix ans

Mémoire : Une gauche plurielle et puis plus rien

Les pages “ mémoire ” d’Alternative libertaire méritaient-elles d’accueillir la chronique d’un échec, celui de la Gauche plurielle, qui ne faisait aucun doute pour l’ensemble du mouvement libertaire ? Notre rubrique est, il est vrai, plus habituée à rendre compte des expériences sociales et des luttes directement inspirées par notre courant de pensée. Il n’est cependant pas inutile d’autopsier un cadavre. Laissons parler la médecine légale…

 

De 1997 à 2002, la social-démocratie a été au pouvoir, sous la forme d’une coalition rassemblant le PS, le PCF, les Verts, le Mouvement des citoyens (MDC, Chevènement) et le Parti radical de gauche (PRG). Cette coalition, baptisée

 “ Gauche plurielle ”, n’est pas portée au pouvoir par une aspiration populaire ; son avènement résulte d’abord d’un accord électoral, ensuite d’un choix par défaut de l’électorat pour sanctionner la droite après les grèves de décembre 1995.

 

Cette victoire ressemble à un remake de 1988, année de la réélection sans enthousiasme du proto-monarque Mitterrand. Ces deux dates, 1988 et 1997, marquées par des retours à froid de la gauche au pouvoir, sont symptomatiques d’un électorat qui sait clairement que les retours successifs de la gauche aux affaires ne seront pas porteurs de changements radicaux. Ils ne seront donc plus accompagnés de mouvements sociaux d’envergure. Le cycle ouvert par Juin 1936, renouvelé en 1944-45 et en 1981 – dans des partitions à chaque fois différentes –, marqué par des victoires euphoriques et populaires de la gauche, est bien enterré.

Un comportement “ anarcho-électoraliste ” ?

 

Un autre cycle semble s’ouvrir en 1997. Celui d’un ras-le-bol se répercutant sur les votes, qui pourrait faire penser à une forme d’anarcho-électoralisme, si le carambolage de ces deux mots ne prêtait pas à sourire. Depuis 1997, tous les scrutins ont ainsi donné lieu à un coup de pied dans la fourmilière de la part de celles et ceux qui continuent de céder à un réflexe civique pavlovien. Juin 1997 : une majorité de gauche est envoyée à l’Assemblée nationale pour prendre Chirac à contre-pied. Avril 2002 : Jospin est éliminé du premier tour par Le Pen. Le bug électoral s’accentue au second tour par un pseudo front républicain portant Chirac à plus de 80 % alors que la France le vomit. En 2004, les régionales puis les européennes rosissent la carte de France, alors qu’il ne s’agit là encore que d’un vote de rejet, cette fois de la droite. Enfin, le résultat du référendum du 29 mai 2005, outre qu’il défie le libéralisme et scelle temporairement le sort du Traité constitutionnel européen, est aussi l’expression d’un rejet de la classe politique et des grands médias, unis pour le Oui. Le vote sanction frappe alternativement la droite et la gauche, voire les deux en même temps, comme au moment du référendum sur le TCE. Quels plaisirs nous réserve le cru électoral 2007 ?

Des lendemains qui déchantent

 

Mais la Gauche plurielle, qui a inauguré ce cycle de défiance électorale permanente, nous a-t-elle laissé quelque chose avant de disparaître ? Elle nous a d’abord vacciné contre le fait de croire encore une fois les promesses de ses ténors. Car si elle remporte les élections par défaut, sur la base d’un accord électoral doublé d’une plate-forme programmatique satisfaisant dans le flou ses partenaires, elle bénéficie aussi du soutien extérieur d’une partie des trotskistes. La LCR a en effet participé à l’acte de naissance de la Gauche plurielle lorsqu’en avril 1996, un grand meeting à Bercy a rassemblé Jospin (PS), Hue (PCF), Voynet (Verts), Chevènement (MDC), Baylet (MRG) et Krivine (LCR). Quelques mois plus tard, le congrès de la LCR marquait un tournant historique en faisant de la politique électorale non plus une question tactique, mais désormais “ stratégique ” pour elle. Dans les mouvements sociaux, cette organisation travaille alors à faire croire qu’un gouvernement “ issu des aspirations Décembre 95 ” constituerait un “ formidable espoir ”. Il faudra attendre les premiers renoncements de la Gauche plurielle aux commandes pour voir la LCR prendre ses distances, dans un style assez touchant. Un de ses dirigeants, Daniel Bensaïd, publie Lionel, qu’as-tu fait de notre victoire ? chez Albin Michel, un an après l’investiture du gouvernement.

 

C’est que la circulaire Chevènement, le 24 juin 1997, a sonné le glas d’une régularisation massive des sans-papiers en lutte. Cinq jours plus tard, Jospin annonce qu’il ne pouvait rien contre la fermeture de Renault-Vilvorde – alors que l’État français est l’actionnaire de référence (46 %) de l’entreprise. Pourtant, le 16 mars, il s’était présenté en sauveur en s’affichant en tête de l’euromanifestation qui avait regroupé 100 000 personnes à Bruxelles. Rebelote en septembre 1999 lorsque le gouvernement s’avouera impuissant face aux licenciements “ boursiers ” chez Michelin, puis au printemps 2001 face aux licenciements chez Lu-Danone et Marks & Spencer.

 

Durant l’hiver 1997-1998, les chômeuses et chômeurs se rappellent au bon souvenir du gouvernement en revendiquant 3 000 francs de prime de Noël. La lutte, démarrée le 11 décembre par l’occupation de huit antennes Assedic dans les Bouches-du-Rhône et montée en puissance à partir du 22 décembre, obtient une augmentation de 8 % de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS). Le gouvernement cède rapidement, soucieux de ne pas ombrager les fêtes de fin d’année, mais envoie les CRS déloger les récalcitrantes et les récalcitrants.

 

AC !, l’Apeis, le MNCP, la CGT-Chômeurs réclament la réduction du temps de travail ? On va leur en donner. La première loi Aubry du 13 juin 1998 dévoile un mécanisme caractéristique de la social-démocratie : récupérer des revendications fortes du mouvement ouvrier pour les dénaturer et les mettre au service du patronat. Les 32 heures par semaine avaient été une revendication montante de 1993 à 1997, fédérant des secteurs significatifs du mouvement social, de la CGT à la gauche CFDT, des associations de lutte contre le chômage aux syndicats SUD. Face au chômage, pour créer des emplois et redistribuer les richesses, on réclamait la réduction du temps de travail (RTT). Aubry, elle, invente l’ARTT : Aménagement et réduction du temps de travail. En échange de 10 % de baisse du temps de travail, 6 % d’embauche : la différence passe dans la flexibilisation des horaires de travail ! Le patronat grogne pour la forme, mais les gains de productivité sont réels, les revenus ouvriers régressent et le chômage très peu.

Un bilan globalement négatif

 

Au final, le compteur de la Gauche plurielle affiche fort peu d’avancées sociales : le PACS, l’abandon du canal Rhin-Rhône ou de Superphénix – présenté comme une victoire par les Verts, alors qu’il découle d’une décision de bon sens économique sur laquelle ils n’ont pas pesé. Dominique Voynet autorise de façon expérimentale les OGM et se met à dos l’opinion publique sur sa gestion de la crise du pétrolier Erika. Jean-Claude Gayssot entame la privatisation d’Air France et se met à dos les cheminotes et cheminots en lutte. Pas mal de cégétistes déchirent leur carte du PCF à l’époque. On invente un énième statut précaire, les “ emplois-jeunes ”, qui disparaîtra sitôt la droite revenue au pouvoir. On privatise plus que Balladur et Juppé réunis : France Télécom dès 1997, le CIC, Thomson Multimédia, le GAN, la CNP, la Société marseillaise de crédit, RMC en 1998, le Crédit lyonnais, Eramet, Aérospatial-Matra, Air France en 1999, EADS en 2000, la banque Hervet en 2001. Les composantes de la Gauche plurielle se sont lancées dans une course à l’échalote à celui ou celle qui se renierait le plus. Les Verts, pour la première fois au gouvernement, font la démonstration qu’ils ne pratiquent pas la “ politique autrement ”, contrairement à leurs prétentions. Le PCF fait démonstration de son impuissance politique. Tous font de la figuration pour un PS converti depuis longtemps au dogme de l’économie de marché.

 

Qu’avions nous à attendre de cette Gauche plurielle ? Rien d’autre sans doute que les avatars qui ne manqueront pas de marcher dans ses pas. La médecine légale est d’ailleurs formelle. À supposer que le cadavre bouge encore, la mort cérébrale ne fait aucun doute. On peut même se demander si le cerveau a un jour fonctionné. La Gauche plurielle est morte depuis cinq ans déjà. Rest in peace !

 

Pierre Chamechaude

Cinq années pathétiques

 

 2 avril 1996 : meeting de Bercy rassemblant PS, PCF, Verts, MDC, LCR, PRG.

 Été 1996 : début de la lutte des sans-papiers avec l’occupation des églises Saint-Ambroise et Saint-Bernard à Paris.

 16 mars 1997 : Jospin défile avec les Renault-Vilvorde en lutte. Par ailleurs il déclare qu’il faut empêcher la privatisation de France Telecom.

 21 avril 1997 : Chirac dissout l’Assemblée Nationale.

 1er juin 1997 : la coalition de “ gauche plurielle ” (le terme provient de l’intitulé de la tendance Voynet-Cochet au sein des Verts entre 1992 et -1996 : les Verts pluriels) remporte les législatives avec 304 sièges (242 PS, 36 PCF, 13 PRG, 7 MDC et 6 Verts).

 24 juin 1997 : circulaire Chevènement : pas de régularisation massive des sans-papiers.

 29 juin 1997 : fermeture de Renault-Vilvorde est confirmée.

 11 mai 1998 : loi Chevènement anti-immigration. Septembre 1997 : début de la privatisation de France Télécom alors que le PS avait promis de maintenir FT au sein du service public.

 10 octobre 1997 : conférence nationale de Matignon sur l’emploi (presque pas), les salaires (pas du tout) et la réduction du temps de travail (n’importe comment) annonçant la réduction de la durée hebdomadaire du travail à 35 heures pour le 1er janvier 2000.

 16 octobre 1997 : mise en place des emplois-jeunes.

 Hiver 1997-98 : lutte des chômeuses et chômeurs.

 13 juin 1998 : loi Aubry I sur l’ARTT.

 Septembre 1999 : licenciements “ boursiers ” chez Michelin. La Gauche plurielle geint mais ne fait rien.

 19 janvier 2000 : loi Aubry II sur l’ARTT, plus pro-patronale encore que la précédente.

 Juin 2000 : signature d’une convention Unedic régressive par le Medef, la CFDT et la CFTC, instituant le Plan d’aide au retour à l’emploi (PARE).

 Mars 2001 : la Gauche plurielle prend une gamelle aux municipales. Printemps 2001 : les annonces de licenciements massifs se multiplient : Danone, Marks & Spencer, Alcatel, Moulinex, etc.

 21 avril 2002 : Ni fleurs ni couronnes.

 

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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 13:19

Le Congrès de Tours

Antonio Gramsci

4 janvier 1921


marx-9c344.jpgOn ne peut comprendre le sens et la portée du congrès de Tours si l'on ne replace pas la lutte des tendances au sein du Parti socialiste dans le cadre général du mouvement ouvrier et paysan en France. Le congrès de Tours est étroitement lié à la grève du I° mai dernier, ses résultats témoignent des dispositions des masses populaires envers les organismes directeurs du mouvement syndical, qui, à l'occasion de la grève et face à ses conséquences immédiates, réagirent de la façon et dans les formes que l'on sait. Le Comité de la III° Internationale dont les deux secrétaires, Loriot et Souvarine, sont en prison depuis le mois de mai sous l'inculpation de complot contre la sûreté de l'État, a vu la très grande majorité des mandats se porter en faveur de sa motion. Le Comité de la III° Internationale, qui représente le solide noyau fondamental du nouveau Parti communiste, n'a pas hésité un instant à prendre une position nette et claire contre les fonctionnaires cégétistes et les députés socialistes qui, durant la grève de mai, ont trahi la classe ouvrière française. La politique communiste de la III° Internationale a eu la vertu d'apaiser les dissensions entre “syndicalistes” et “socialistes”; purgés de leur idéologie syndicaliste, les leaders révolutionnaires de la C.G.T. entreprirent un travail assidu et systématique d'organisation et de propagande qui ne tarda pas à porter des fruits d'autant plus rapides à mûrir et d'autant plus nombreux, que la politique opportuniste et traîtresse du Comité confédéral avait réduit les effectifs syndicaux de deux millions et demi d'adhérents à six cent mille, et avait ainsi donné plus d'importance à la masse des ouvriers et des paysans les plus conscients, ceux qui étaient inscrits également au parti politique. La victoire de Tours est la victoire du Comité de la III° Internationale et elle prélude à la victoire que les révolutionnaires obtiendront au sein de la C.G.T. dès avant le Congrès, et qui les conduira par la suite à la conquête des Bourses du Travail et des Unions départementales.

 

Le congrès de Tours a une portée profonde, non seulement pour la classe ouvrière, mais aussi pour la classe paysanne. Le fait que la majorité des sections rurales ait voté en faveur de la III° Internationale et pour un parti plus homogène et doté d'un centralisme révolutionnaire plus fort, ne peut être interprété comme une manifestation d'impulsivité que par ceux qui se refusent à voir l'ampleur de la crise qui décompose la vieille structure de la société française. La légende de la France pays de petits propriétaires n'a plus aucune consistance. Dès avant la guerre, la désagrégation des vieilles formes économiques avait atteint une phase aiguë et les agitations fréquentes et massives de la classe paysanne en étaient la preuve. Les chiffres que voici, qui concernent l'année 1913, apportent des précisions sur les conditions de répartition de la propriété en France, conditions qui ont été énormément aggravées par la guerre, dans la mesure où la guerre a provoqué un drainage de la richesse vers les coffres-forts d'une minorité : pour 1913, en représentant la richesse globale française par le chiffre 1000, et le nombre de citoyens juridiquement capables d'être propriétaires par le même chiffre 1000, on avait la répartition suivante : 470 Français, soit 47 %, de la population, sans aucune propriété, 406 Français propriétaires de 120 unités, soit 40%, de très petits propriétaires, 85 Français, soit 8,5% de la population propriétaires de 400 unités  et 4 Français soit  4% de la population propriétaires de 470 unités. L'aggravation de la condition économique générale explique suffisamment l'élan révolutionnaire des classes rurales qui s'est révélé lors du congrès de Tours.

 

Mais le congrès de Tours, outre sa signification générale dans le cadre du mouvement révolutionnaire français, a une signification très importante dans le cadre du mouvement révolutionnaire représenté par l'organisation de l'Internationale communiste.

 

Pour porter un jugement exact sur les résultats du Congrès, il importe de tenir compte du fait que la majorité du Congrès n'a encore aucun lien officiel avec l'Internationale communiste, que le nouveau Parti n'est pas encore admis dans l'organisation de Moscou. Le nouveau Parti demande à être admis, après s'être séparé des réformistes et des centristes : la coupure est si radicale que Longuet reste hors du nouveau Parti, de même que Paul Faure qui s'était pourtant rendu à Imola en 1919, après le congrès de Bologne, et avait filé le parfait amour de l'internationalisme communiste avec quelques-uns des plus grands représentants de l'actuel unitarisme italien.

 

Ce qui est le plus important, dans le congrès de Tours, c'est précisément que le Parti favorable à l'adhésion ait atteint un degré d'homogénéité tout à fait remarquable, et que dans son sein, le noyau originairement communiste, le noyau représenté par l'organisation centralisée au sein du Comité de la Ille Internationale, ait acquis une prépondérance décisive.

 

C'est pourquoi le vote de Tours n'est pas la victoire de Cachin ou celle de  Frossard; c'est la victoire des communistes, c'est la victoire de la classe révolutionnaire des ouvriers et des paysans de France, qui sont en train de démembrer la bureaucratie syndicale, opportuniste et félonne, et qui, en se détachant des plus populaires porte-parole de la démagogie parlementaire, ont prouvé qu'ils étaient résolument décidés à faire leur entrée sur le terrain de la lutte pour la révolution mondiale.

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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 09:56

Le traité européen de Lisbonne est-il fondamentalement différent de celui rejeté en 2005 ?

LEMONDE.FR | 10.12.07 |

L’intégralité du débat avec Etienne Chouard, enseignant et auteur du “Blog du plan C, pour une Constitution citoyenne”, jeudi 13 décembre, à 14 h .

 

homas Lefebvre : Vous avez déclaré dans Libération (22 octobre 2007) que le traité européen était “un viol politique” et que “c’était une cause de guerre civile”. Avez-vous commencé à acheter des armes pour votre plan C ? Etienne Chouard : Les solutions que je recherche sont évidemment pacifiques. L’agression qu’on nous fait subir est pourtant majeure. Alors on peut rigoler en prenant les mots les plus extrêmes dans ce que je dis, et en les exagérant encore un peu, pour éviter de parler des choses les plus importantes, il reste que quand le gouvernement chargé de défendre le peuple agresse le peuple, on a un problème majeur avec la concorde.

Ce n’est pas moi qui suis la cause de l’agression. Notre impuissance politique, organisée à la fois par les institutions et par les acteurs du pouvoir, comme toutes les impuissances politiques, est une source potentielle de violence. Ce n’est pas de ma faute, c’est une réalité.
Ce que je construis avec ceux qui m’accompagnent, c’est précisément une façon d’éviter cette violence.

A mon avis, les citoyens devraient écrire eux-mêmes des morceaux de Constitution pour comprendre que c’est leur texte, c’est un texte qui les protège et qu’ils ne doivent pas abandonner à d’autres ; et que la qualité du processus constituant, l’honnêteté de ceux qui écrivent la Constitution, détermine la qualité de celle-ci. Va-t-elle nous protéger ou non ? Tout dépend du processus constituant.

Thomas Lefebvre : Nicolas Sarkozy a été élu, largement et avec une forte participation, sur un programme qui inscrivait noir sur blanc qu’il n’y aurait pas de référendum. Appeler à un référendum, n’est-ce pas s’opposer à la volonté du peuple qui a choisi Nicolas Sarkozy ?

Etienne Chouard : Nicolas Sarkozy a effectivement dit qu’il n’aurait pas recours au référendum. Mais il n’a pas dit que ça. Pour justifier cette annonce, il a aussi dit qu’il ferait ratifier un mini-traité simplifié, donc autre chose que le traité rejeté en 2005, et que c’est cette différence qui justifie le vote parlementaire à la place du référendum. Or, précisément, le traité de Lisbonne n’est ni mini, ni simplifié.

Je ne suis pas le seul à le dire, Giscard d’Estaing, qui n’est pas un anarchiste et qui n’est pas incompétent sur le sujet de la Constitution européenne, a écrit le 26 octobre dans Le Monde une tribune qui me prend les mots de la bouche, mais qui ont plus de force dans sa bouche à lui.

Il dit que le traité est illisible pour les citoyens, il dit que les propositions institutionnelles se retrouvent intégralement dans le traité de Lisbonne, mais dans un ordre différent. Il dit aussi que les outils sont exactement les mêmes, que la boîte a été redécorée en utilisant un modèle ancien qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l’on cherche.

Il dit qu’on est évidemment loin de la simplification, et il pose la question : quel est l’intérêt de cette subtile manœuvre ? D’abord, et avant tout, échapper à la contrainte du recours au référendum, grâce à la dispersion des articles et au renoncement au vocabulaire constitutionnel.

Je trouve quand même, pour prendre du recul, un peu fort de café qu’on nous présente l’élection du président de la République comme une acceptation en bloc de tout son programme électoral, qui nous priverait ensuite de tout débat. Les gens qui disent ça ont-ils conscience de la trahison de l’idéal démocratique qu’ils cautionnent ?

La démocratie, ce n’est pas l’élection, c’est le débat. La démocratie, c’est le respect des opinions dissidentes. La démocratie, c’est le pouvoir du peuple, pas le pouvoir des élus.

Petit-taf : Le peuple a-t-il vraiment le désir de s’engager et de se mettre à écrire des articles ?

Michelle : Faire écrire des morceaux de la Constitution directement par les citoyens, cela finit par s’interroger sur le principe de démocratie “représentative”

Etienne Chouard : Je ne dis évidemment pas que tout le monde devrait écrire, je dis que tout le monde devrait comprendre que ce texte-là est très important pour lui, très concret, et les gens ne devraient pas s’en désintéresser, car leur impuissance politique se joue là. Mais je comprends bien qu’il y ait des tas de gens qui n’ont pas envie d’écrire une Constitution.

Mais je voudrais insister sur le fait que parmi tous les citoyens, une petite poignée ne devrait en aucun cas écrire la Constitution, c’est ceux-là mêmes dont la Constitution est censée limiter les pouvoirs. Il faut comprendre que quand un parlementaire, un ministre, un juge écrit ou révise la Constitution, il écrit des règles pour lui-même. Il est juge et partie. Mécaniquement, il ne peut pas être honnête.

Vous avez raison, tout le monde ne peut pas écrire la Constitution, mais on va bien arriver à trouver cent personnes qui renoncent définitivement au pouvoir et qui acceptent pourtant d’écrire les règles du pouvoir. Quelques personnes volontaires et raisonnables.

Je ne défends pas du tout la démocratie directe, on est beaucoup trop nombreux pour participer tous directement aux décisions. Je tiens au gouvernement représentatif, c’est une bonne idée. Mais je tiens aussi au contrôle citoyen de ce gouvernement représentatif. Je veux à la fois être représenté et garder le contrôle de mes représentants.

Ce que je défends, ce n’est pas l’extrême de la démocratie directe. Je proteste contre l’extrême que constitue le gouvernement représentatif hors contrôle citoyen. Je cherche un gouvernement représentatif sous contrôle et, à mon avis, on n’obtiendra jamais ça tant qu’on laissera le gouvernement écrire lui-même les règles du contrôle.

ALAIN.L : Dans cette nouvelle version du texte, sera-t-il toujours possible de pétitionner pour obtenir un référendum ? Et ce référendum aura-t-il une valeur contraignante pour les institutions européennes ?

Etienne Chouard : C’est une escroquerie de parler de référendum à propos de ce droit de pétition. Oui, il y aura bien toujours ce droit de pétition, mais toujours sans aucune valeur contraignante. Donc toujours aussi inutile. Si cet article n’existait pas, on pourrait tout autant pétitionner avec les mêmes résultats. Essayer de nous faire croire qu’il s’agit là d’un référendum, c’est soit n’avoir rien compris au référendum, soit ne pas savoir lire, soit n’avoir pas lu le texte, soit être de la plus parfaite mauvaise foi.

Zeze_1 : Qu’en est-il de l’adhésion de la Turquie à l’UE ?

Etienne Chouard : Je ne crois pas qu’il y ait de référence nouvelle à la Turquie. D’ailleurs, il n’y en avait pas dans l’ancien traité. A mon avis, on est à la fois sur un sujet polémique, qui monte les uns contre les autres, et absolument à côté de l’essentiel. Pendant qu’on fait jouer la peur de l’étranger, on ne parle pas de l’abandon de la création monétaire, de la confusion des pouvoirs dans les mains de l’exécutif, de la dépendance des juges envers les exécutifs, de l’impuissance des citoyens, etc.

Le problème de l’adhésion de nouveaux pays, je le rattache au consentement mutuel, qui de toute façon est violé depuis longtemps. Si l’on interrogeait tous les peuples, y compris celui de la Turquie, sur leur volonté de fraterniser avec l’Europe, et si les peuples disaient oui, de mon côté, je ne vois aucun problème. Avant de se marier, si l’on veut que le mariage dure et soit heureux, le minimum, c’est que les conjoints aient donné leur consentement personnellement, et pas seulement par leur papa.

Donc pour moi, l’agrément donné par les parlementaires, dans cette matière de souveraineté populaire, ne vaut rien.

Les parlementaires ne sont pas propriétaires de la souveraineté qu’ils incarnent. Ils ne sont donc pas mandatés pour la brader à quelque condition que ce soit. Quand les parlementaires décident d’abandonner la souveraineté populaire à d’autres institutions sans référendum, c’est de l’abus de pouvoir. Ils sont élus, mais pas pour ça.

Gardarist : J’ai lu votre blog sur lequel je viens d’apprendre que la création de monnaie était désormais à l’initiative des banques privées. Connaissez-vous la position d’économistes sur ce point, qui valideraient vos positions ?

Etienne Chouard : Je passe des dizaines d’heures, et même des centaines, avec des économistes de renom comme Michel Devoluy, Maurice Allais ou d’autres, qui me permettent d’être certain à la fois du mécanisme de création monétaire, sur lequel je vais revenir, et de sa nocivité majeure pour les hommes.

Comment ça marche ? Quand une banque vous prête de l’argent, elle ne l’a pas. Ou en tout cas, elle ne l’a pas forcément. Elle peut le créer en écrivant d’un côté de son bilan : je dois 100 000 euros à cette personne à qui je prête de l’argent, et en même temps, de l’autre côté de son bilan, elle note : et cette personne me doit 100 000 euros un peu plus tard. Donc dans son bilan, c’est neutre, c’est équilibré. Elle a créé de la monnaie.

Ensuite, à chaque remboursement, elle détruit des deux côtés du bilan les sommes correspondant au remboursement. Et à la fin du plan d’amortissement, la monnaie qui avait été créée au moment du prêt a été progressivement complètement détruite.

Mais au passage, pendant les remboursements, la banque a prélevé un intérêt, des sommes considérables qui peuvent égaler ou dépasser la somme empruntée, pour le seul travail de suveiller que les remboursements ont bien lieu.

Autrefois, les Etats partageaient avec les banques privées le droit de création monétaire. Comment faisaient-ils ? L’Etat avait la possibilité d’emprunter auprès de sa banque centrale et de lui rembourser au fur et à mesure de ses recettes. La différence, c’est que l’Etat ne payait pas d’intérêts.

C’est là qu’il s’est passé quelque chose d’absolument majeur. En 1974 a eu lieu la dernière émission de monnaie par la Banque de France et depuis, l’Etat s’est, de fait, interdit de créer de la monnaie. Concrètement, il s’est interdit d’emprunter auprès de la banque centrale. Cela a comme conséquence de payer beaucoup plus cher tout ce dont l’Etat a besoin et qui est financé par le crédit.

Je ne sais pas comment les banquiers ont fait pour obtenir du gouvernement cette espèce de hara-kiri monétaire qui consiste à se priver soi-même d’un pouvoir considérable et essentiel dans la politique du pays. Ce sabordage monétaire a été monté au plus haut niveau du droit, à la faveur des “traités constitutionnels”, par l’article 104 du traité de Maastricht, devenu l’article 123 du traité de Lisbonne consolidé, qui rend ce sabordage irréversible, hors d’atteinte des citoyens.

Cette affaire de création monétaire nous coûte 80 milliards par an d’intérêts pour la France, dont plus de 40 milliards à payer par l’Etat. Je voudrais juste qu’on m’explique où est l’intérêt général dans cette affaire, qu’est-ce qu’on a à gagner à payer 200 ce qu’on pourrait payer 100 si l’on avait gardé la création monétaire.

Zenia : Le risque des emprunts d’Etat était de provoquer de l’inflation. Ne pensez-vous pas que c’est une raison suffisante pour interdire les emprunts d’Etat ?

Etienne Chouard : Il faut comprendre qu’il y a risque d’inflation quand on crée trop de monnaie, c’est-à-dire plus de monnaie que l’augmentation des vraies richesses.

Ce qu’on appelle la planche à billets, c’est la possibilité d’accompagner l’augmentation des richesses par une augmentation du nombre de signes monétaires pour pouvoir échanger correctement ces richesses. Donc la planche à billets est nécessaire, elle n’est pas forcément mauvaise. Ce qui est mauvais, c’est l’excès de planche à billets.

Que s’est-il passé ? On a privé les Etats de la planche à billets en criant sur les toits que la planche à billets était source d’inflation, mais on a donné cette planche à billets aux banques privées, qui s’en servent furieusement : l’augmentation de la masse monétaire de la zone euro est de 11 % depuis six ans.

Vous pouvez constater que la planche à billets, bien qu’ayant quitté les mains de l’Etat, continue à tourner. Le problème, c’est que cette monnaie qui est créée est une monnaie d’endettement, qui va disparaître à l’occasion des remboursements. Et cette monnaie-là n’est pas celle dont on a besoin pour résorber le chômage. Cette monnaie d’endettement est asphyxiante.

Michelle : Est-ce qu’on pourrait revenir au traité de Lisbonne ? Par exemple, pouvez-vous évoquer les points positifs qui s’y trouvent, selon vous ?

Etienne Chouard : Le seul point positif, c’est la possibilité pour les Etats de sortir de l’Union européenne, qui n’existait pas auparavant. Il y a évidemment d’autres points positifs, mais mineurs, cosmétiques, trompeurs, rien de convaincant à mon avis.

Je les connais bien, puisque j’en ai débattu pendant des centaines d’heures, mais je les trouve dérisoires à côté des dangers que je dénonce : confusion des pouvoirs dans les mains de l’exécutif, sur des sujets cachés, listés nulle part, à l’occasion des actes non législatifs et des procédures législatives spéciales, dépendance des juges envers les exécutifs, impuissance des citoyens (pas de référendum d’initiative populaire), et sabordage monétaire, dont je parlais à l’instant.

Michelle : “seul point positif = sortie possible”. On va finir par croire que vous êtes anti-UE !

Etienne Chouard : On va finir par croire que je suis en train de me rendre compte d’un piège dont j’ignorais tout. En fait, ce que je commence à croire moi-même, c’est que dès le départ, dans le génome des institutions européennes, il y avait l’impuissance politique des citoyens qui était programmée, et je ne suis pas sûr que ce soit guérissable.

Il faut lire le livre de Chevènement, La Faute de M. Monnaie, où l’on découvre avec consternation que l’icône Jean Monnet, ce quasi-saint pour les eurolâtres, était un banquier américain qui détestait la souveraineté populaire.

Et avec cette grille de lecture, on retrouve partout dans les institutions les traces de cette genèse. Ce texte a été écrit par des banquiers et des multinationales, pour des banquiers et des multinationales. Et je ne confonds pas l’intérêt des banquiers et des multinationales avec l’intérêt général.

Cela dit, mon rêve le plus cher est de voir les peuples d’Europe décider eux-mêmes directement de fraterniser et de constituer une seule et même société, apaisée par le débat, et pas enflammée par le viol de ses propres représentants.

Emmanuel : Quelle forme d’Europe défendez-vous ? Une Europe conçue comme un simple moyen d’accord économique, avec des facilités d’échanges économiques, ou une véritable Europe politique, intégrée ?

Etienne Chouard : Je viens de répondre un peu à cette question. Pour moi, les empires jusqu’ici ont toujours été une source d’oppression, comme si la démocratie n’était possible qu’à petite échelle.

Pourtant, j’ai l’impression d’avoir trouvé une bonne idée, une idée simple, une idée forte, une idée assez nouvelle, ou en tout cas peu débattue jusqu’ici, pour instituer une société de grande envergure et pourtant démocratique.

Je pense que si les peuples d’Europe (je ne parle pas de leurs représentants) se réapproprient le processus constituant, et s’ils arrivent à imposer un processus constituant honnête, une Assemblée constituante dont les membres seraient désintéressés, ils seront capables de créer la première vraie grande démocratie représentative, c’est-à-dire un système de représentation qui reste sous leur contrôle en cas d’abus de pouvoir.

Bamjj : Des citoyens se mobilisent en ce moment sur Internet pour porter plainte contre l’Etat français pour déni de démocratie. Pensez-vous que cette initiative puisse aboutir ?

Etienne Chouard : Oui. Non seulement je le crois, mais je trouve que cette initiative est la plus convaincante, la plus porteuse d’espoir depuis trois ans que dure la bagarre contre l’abus de pouvoir des “traités constitutionnels”.

Le citoyen qui a écrit cette requête a monté une argumentation juridique enthousiasmante. On est au cœur du plus grave problème qu’ont les humains avec le gouvernement représentatif : nos propres représentants ont quasiment vidé de sa substance le suffrage universel, et c’est une bonne idée de protester en s’appuyant sur les droits de l’homme.

Quel est l’argument ? La Convention européenne des droits de l’homme, dans l’article 3 de son protocole 1, garantit aux citoyens des élections libres, dans des conditions qui assurent la libre expression de l’opinion du peuple dans le choix du corps législatif. Cette expression “corps législatif” est l’objet du débat.

Je pensais dans un premier temps qu’on pourrait nous renvoyer dans les cordes en disant : “Mais enfin, vous avez vos élections à l’Assemblée nationale, vous choisissez donc librement votre corps législatif, rentrez chez vous.” En fait, Guillaume (l’auteur de la requête) démontre brillamment que le corps législatif n’est plus l’Assemblée nationale, mais bien principalement des organes non élus, comme la Conférence intergouvernementale pour ce qui concerne le droit primaire de l’Union, et la Commission et le Conseil des ministres pour le droit ordinaire de l’Union. Et comme ce droit de l’Union représente aujourd’hui 80 % des nouvelles règles qui nous sont imposées tous les jours, on a là une démonstration juridique que notre corps législatif, pour l’essentiel, n’est pas élu.

La Cour européenne des droits de l’homme permet à un homme seul d’attaquer un Etat. C’est à la fois très beau et normal, et nous avons là une occasion inespérée de joindre nos voix individuelles à celle de Guillaume, qui a fait un travail extraordinaire.

Phil : Où peut-on trouver cette plainte ?

Caussenard46 : Un lien sur cette plainte ?

Etienne Chouard : Il suffit de taper 29mai.eu, et tout est très bien expliqué, le mode opératoire et la plainte elle-même, qu’il faut imprimer, compléter avec son nom et son adresse, signer et envoyer en courrier ordinaire à la Cour à Strasbourg. Le texte est assez long, il fait vingt pages, mais j’insiste, c’est un texte qui peut changer nos vies. On a là la première vraie arme pour résister au coup d’Etat qui se déroule. Je rappelle que la définition d’un coup d’Etat, c’est de ne pas se plier au suffrage universel.

Il y a un forum sur 29mai.eu auquel on peut participer. C’est un endroit vivant.

Thomas Lefebvre : Vous faites campagne sur Facebook aux cotés du Mouvement pour la France pour un référendum sur le traité de Lisbonne. Pourquoi avoir choisi de faire alliance avec la droite villiériste et non avec les Chevènement, Mélenchon…

Etienne Chouard : C’est vrai. Christophe Baudoin, dont je relaie souvent les arguments sur ma page de lien, m’a proposé de joindre nos forces pour un texte qui est maintenant sur Facebook qui appelle à un référendum. J’ai trouvé ce texte conforme à ce que je pense, et j’ai dit oui.

Et quand je lis votre question, je me rends compte que cela peut servir de machine à salir. En agglomérant ce qu’aurait pu dire Christophe Baudoin et dont je ne suis pas au courant à ce qui est dit sur Facebook, on peut me discréditer.

Moi, je ne connais rien à la politique politicienne, et je me rends bien compte qu’on arrive à discréditer quelqu’un sans parler de ses idées, mais en évoquant simplement des gens avec qui il a parlé. Je trouve qu’on est au degré zéro de l’argumentation. J’étais dimanche dernier dans un meeting avec Chevènement, je suis en train de dévorer le livre de Mélenchon, je m’alimente de la pensée de Jennar (Raoul-Marc Jennar, chercheur et militant altermondialiste), et en fait, c’est ridicule de vouloir me mettre à gauche ou à droite.

Je me bats contre les abus de pouvoir, et il se trouve qu’il y a aussi bien à gauche qu’à droite des hommes qui, comme moi, se battent contre les abus de pouvoir.

Quand le Mouvement pour la France parle des mosquées, cela m’insupporte. C’est juste un autre sujet. Les hommes ne sont pas noirs ou blancs, n’importe qui peut avoir une excellente idée qui va améliorer la vie des hommes. Il faut rester ouvert. Je tiens au respect des opinions dissidentes, au droit des paroles pour tous, y compris pour les “affreux” (chacun a ses affreux, c’est un concept relatif).

J’ai besoin qu’on m’aide à progresser sur la partie Wiki de mon site. Je vous invite à venir écrire des articles avec moi, pour montrer que c’est possible (que des hommes dont ce n’est pas le métier peuvent écrire une Constitution qui ressemble à quelque chose), et que c’est beaucoup mieux (que des hommes désintéressés instituent de vrais contre-pouvoirs). Mon site : etienne.chouard.free.fr/Europe.

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 19:49

Nicolas Sarkozy perçoit toujours son salaire de ministre de l'Intérieur


publié le mercredi 12 décembre 2007 à 16h53



Double augmentation de Sarkozy

Après la polémique sur l'augmentation de salaire du président de la République, voici que le Canard Enchaîné nous apprend que Nicolas Sarkozy cumule en ce moment son salaire de président de la République et celui de ministre de l'Intérieur. L’information est sure puisqu’elle a été confirmée par l'Elysée. C'est du jamais vu. Décryptage.


La double augmentation de Sarko (Le Canard Enchaîné, 12 décembre 2007)

Dans son édition du mercredi 12 décembre 2007, le Canard Enchaîné publie une brève explosive. On sait que Nicolas Sarkozy a obtenu une augmentation de salaire de 172% il y a quelques semaines en demandant l'alignement de sa rémunération sur celle du Premier ministre. Ainsi, le chef de l'Etat percevra un salaire mensuel de 19 331 euros net. Mais cette augmentation ne sera effective que le 1er janvier 2008. D'ici là, le chef de l'Etat est censé percevoir le même salaire que celui de son prédécesseur, soit 7 500 euros net. Or, Nicolas Sarkozy a demandé à continuer de percevoir son salaire de ministre l'Intérieur jusqu'au 31 décembre 2007, soit 11 500 euros net.


Salaire des ministres : la règle des 6 mois

Pour permettre à un ministre qui vient de quitter le gouvernement de retrouver un emploi, ce dernier perçoit son traitement intégral pendant les six mois qui suivent son départ du gouvernement. Nicolas Sarkozy a démissionné de son poste de ministre de l'Intérieur fin mars, pendant la campagne présidentielle. Il a donc perçu son salaire de ministre jusqu'en septembre dernier. Mais il a demandé que soit prolongé ce versement jusqu'en décembre 2007, avant l'entrée en vigueur de son augmentation de salaire au 1er janvier 2008.


Le salaire de Sarkozy depuis le 6 mai 2007 : 7 500 + 11 500

Résumons : au nom de l'équité et de la transparence, le chef de l'Etat a demandé à ce que son salaire soit aligné sur celui du Premier ministre. Dont acte. A partir du 1er janvier 2008, le président de la République percevra un salaire mensuel de 19 331 euros net.
Mais en demandant de continuer à percevoir son salaire de ministre de l'Intérieur en plus de son salaire de président de la République, Nicolas Sarkozy a réussi à anticiper sa hausse de salaire... dès le 6 mai 2007. Entre le 6 mai 2007, jour de son élection, et le 31 décembre 2007, Nicolas Sarkozy aura donc perçu un total de 19 000 euros net... au lieu des 7 500 euros prévus.


Salaire de Sarkozy

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*** Source
- "La double augmentation de Sarko", Le Canard Enchaîné, mercredi 12 décembre 2007, page 2


*** Liens

- La polémique sur l'augmentation de salaire de Sarkozy
- Le budget de l'Elysée a été multiplié par 9 sous Jacques Chirac
- Le problème du budget de l'Elysée
- L'Elysée, un château entretenu par les autres ministères
- Les résidences du président de la République
- Jacques Chirac, une retraite à 30 000 euros par mois

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Quiz : Quelle institution chargée de contrôler le budget de l'Etat vient de fêter son bicentenaire ?


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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 18:48



 
CINCO HEROES DEL IMPERIO
.....

COMMUNIQUEZ AVEC
LES CINQ HÉROS

ANTONIO GUERRERO RODRÍGUEZ
ANTONIO No 58741-004 Dirección postal USP FLORENCE PO BOX 7500 5880 State HWY 67 South Florence, CO 81226 Telf.: 719-784-9454 Fax: 719-784-5157 FERNANDO GONZÁLEZ LLORT (RUBÉN CAMPA)
No 58733-004 Dirección postal FCI OXFORD PO BOX 500 Oxford, WI 53952-0500 Telf.: 608-585-5411 Fax: 608-585-6371
GERARDO HERNÁNDEZ NORDELO (MANUEL VIRAMONTES)

No 58739-004 Dirección postal USP Victorville
 PO BOX 5400
13777 Air Expressway Road Adelanto, CA 92394
Telf: 760-530-5000
RAMÓN LABAÑINO SALAZAR (LUIS MEDINA)

No 58734-004 Dirección postal usp beaumont PO BOX 26035 Beaumont TX 77720, Telf.: 409-727- 8188 Fax: 409-626-3700
RENÉ GONZÁLEZ SEHWERERT

No 58738-004 Dirección postal FCI Edgefield PO BOX 725, Edgefield, South Carolina 29824
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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 18:41

db.jpgAutour de la visite de kadhafi, les véritables enjeux pour l’Afrique

Dans le cadre du travail entamé sur ce blog ou journel, je voudrais donner comme à notre habitude un nouvel éclairage sur la visite de kadhafi en France. Nous avons eu droit à toutes les parodies, la gauche une fois de plus avec l’inénarrable Ségolène Royal s’est donné le ridicule de manifestations d’un accueil grossier et inculte de la situation internationale. Nous agissons une fois de plus comme des colonialistes méprisants prenant le prétexte de l’assassinat de quelques missionnaires pour aller faire l’éducation de « sauvages » que nous souhaitons piller. Rapaces, donneurs de leçons, méprisant les valeurs et les coutumes des peuples, corrupteurs, nous ignorons tout de ce qui se passe sur le continent africain. Nous n’avons été capables que de le coloniser, envoyer ses enfants en esclavage, en retirer ses matières premières et aujourd’hui hypocritement nous nous inventons une fois de plus un rôle de sauveur. Kadhafi est ce qu’il est mais revoyons son séjour, ce qu’il a dit à la lumière de ce qu’il pense de nous et de notre rôle passé, présent et surtout à venir sur ce continent martyrisé. Il revenait d’une réunion sur l’unité africaine dont Clara Pulido, la directrice du centre d’études africaines de la havane nous fait ici le compte rendu. Notons brievement le paralllelisme entre ce qui est recherché en Afrique et en Amérique latine  face à la prédation néo-libérale, face à l’imposition de circuits coloniaux qui isole chaque pays, dresse des barrières linguistiques mais aussi a créé tous les liens économiques, les transports, en relation avec les anciennes métropoles, liens surlesquels se surimpressionne aujourd’hui l’avancée des etats-Unis en matière de pillage de matière première. Il faut recréer l’unité dans de telles conditions de division entretenues pour mieux régner, dans les barrières hostiles et le plus souvent artificielles créées par la colonisation. Il faudrait encore pour comprendre parler du rôle actuel de la Chine, voir comment l’Afrique tente de redresser la tête pour mesurer l’ignominie dont font preuve les médias, les politiques en particulier de gauche et combien les communistes ont démissionné.
Danielle Bleitrach

Continuer la lecture ‘Autour de la visite de kadhafi, les véritables enjeux pour l’Afrique’

 

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 18:37
pcf.jpgPCF : après l’Assemblée des 8 et 9 décembre

Samedi 8 décembre, L’Humanité titrait « Le devoir d’invention ». C’est à la mesure de ce défi qu’il faut apprécier « l’avant » et « l’après » Assemblée Extraordinaire. Pas seulement un défi pour l’ « existence » du PCF : le PCF n’est pas un but « en soi » et encore moins « pour soi ». Le défi est de devoir « repenser le changement » face à un « capitalisme mondialisé, financiarisé, militarisé et productiviste ». Pour ce « dépassement du capitalisme jusqu’au bout », le choix très largement partagé n’est pas de « renoncer au communisme » mais d’initier une identité communiste de notre temps, repensant à la fois la visée, les cheminements et l’organisation pour la porter.

Des points d’appui pour 2008 et au delà

Des communistes qui ne renoncent pas au dépassement de toutes les exploitations et de toutes les dominations : c’est évidement absolument essentiel face à la dégénérescence d’une partie de la gauche en vague mouvance démocrate.

La volonté de « reprise d’initiative politique des communistes » pour amplifier les résistances à la droite et ouvrir de nouvelles perspectives. Le processus long et inédit de préparation extraordinaire d’un Congrès fin 2008, ne signifie en aucun cas « cocogiter » dans son coin en circuit fermé, ou une « année blanche » pour le PCF. L’énoncé de certaines campagnes politiques à engager, de « L’Europe » à « la protection sociale », en témoigne. De même que la volonté de « développer et d’expérimenter des convergences, des coopérations originales (…) nouvelles dynamiques politiques et citoyennes à vocation majoritaire ».

La soif de débat, d’une prise de parole, de dire à la fois ses inquiétudes, ses critiques, et certaines furent sans ménagements vis-à-vis de la direction nationale. Expressions à la fois de convictions et de nombreuses questions, de souffrances parfois trop longtemps retenues ou non prises en compte. La volonté, large, de construire un « en commun » réellement nouveau, de laisser le débat se déployer et s’approfondir. En ce sens, en partant des questionnements exprimés, cette préparation de Congrès est déjà différente des autres.

Un projet de mandat largement réécrit. Le projet préparé par le CN était à la fois « verbeux » et surtout, [involontairement ou volontairement ?] confus sur ce qui relevait du rassemblement d’une part et du parti d’autre part.

Tels qu’ils étaient initialement proposés les points 4 et 5 du projet de mandat laissaient planer une ambiguïté lourde sur ce qui pouvait être « expérimenté » en 2008, s’agissait il seulement d’explorer toutes les voies et formes possibles et nouvelles de rassemblement, ou bien cela incluait-il la possibilité d’expérimenter, voire d’anticiper, sur des formes d’une nouvelle « force politique » ou d’un « nouveau parti ».

Le mérite de la nouvelle rédaction du mandat et des débats menés, est triple :

il est clair sur l’appel à expérimenter et construire des « fronts », des « convergences », des rassemblements »…..
cet appel ne donne ni « chèque en blanc », ni mandat pour anticiper sur la création d’une nouvelle « force » ou « organisation » ou « parti » politique qui mettrait ensuite la préparation du Congrès devant le fait accompli. C’était essentiel pour une grande partie des délégués et pour rétablir le « courant » entre les délégués et la direction nationale.
laisser clairement ouvertes toutes les hypothèses pour le débat qui doit s’approfondir en vue du Congrès

Des limites à bousculer

Dans le même temps, le déroulement de l’Assemblée permet de mieux cerner des freins à bousculer. Certains, à l’intérieur du PCF, [mais aussi les médias], ont voulu enfermer le débat dans un dilemme « maintient » ou « dissolution » du PCF. Débat en « blanc ou noir », incapable de rendre compte des réalités auxquelles nous sommes confrontées.

Certes des propositions politiques parlant de « créer une nouvelle force », voire de fondre le PCF dans une nouvelle structure, ont été émises depuis juin, pensons aux contributions de JC.Gayssot, aux appels tel que « Maintenant A Gauche » par exemple, et elles n’ont pas été sans largement inquiéter.

Je donne mon point de vue : je ne partage absolument pas ces propositions mais je pense qu’on n’y répond pas efficacement en jouant sur les peurs, en prétendant interdire « d’explorer toutes les hypothèses » ou par un préalable de « maintenir » le PCF comme certains l’énonçaient. L’Assemblée, sur proposition de Marie George Buffet, ne s’y est d’ailleurs pas laissée aller.(1) On ne peut y répondre efficacement qu’en relevant le défi de « révolutionner » le PCF, d’y changer tout ce qu’il faut y changer, et de laisser le débat pleinement se déployer. Clairement écrit : certains défenseurs du « maintien » du PCF feraient parfois désespérer des potentialités du PCF à se « révolutionner » lui-même et donnent plutôt des arguments à celles et ceux qui invitent à son dépassement.

Il est par ailleurs significatif que lorsque le débat reste confiné en « pour » ou « contre » telle ou telle hypothèse de devenir du PCF, il stagne souvent dans la répétition figée de points de vue émis dès juin dernier ( que ce soit par Y.Dimicoli, R.Martelli, JC.Gayssot, N.Marchand, D.Cirera….). A l’inverse dès que le débat s’empare des défis de projets, (mondialisation, unité du salariat, dépasser le productivisme, conception du changement et de la transformation sociale,….), il oblige en dynamique à revisiter les questions des rassemblements à construire et des transformations à opérer au PCF. Avec à la fois audace et réalisme. Pour mettre « en phase » un projet de notre époque avec les démarches et les moyens politiques pour en ouvrir le chemin. Si nous voulons avancer d’ici fin 2008, faire œuvre utile, ces « débats thématiques » préparatoires, et aussi certains invités à l’Assemblée Extraordinaire, nous ont montré le chemin pour réellement construire un « en commun » nouveau.

Des audaces à investir

Le champ du projet communiste : celui ci n’étant pas conçu comme seulement un « texte » à produire, mais comme une ambition à incarner, à faire vivre, partager, donc des idées et des valeurs, mais également des pratiques à développer, à tous les niveaux. Avec l’ensemble des obstacles à affronter pour rendre force et crédibilité à cet idéal d’émancipation humaine.

Celui des rassemblements à construire. De ce point de vue l’intervention de clôture de Marie George Buffet est riche de propositions et il me semble que l’Assemblée elle-même a été en deçà des possibles. Invitant à travailler « à l’unité des dominés », (…) par des rassemblements (….) qui se construisent en fonction des enjeux (…) », à réfléchir à « une grande initiative politique pour appeler à des fronts citoyens et populaires », citant un premier thème « l’Europe », invitant à « démultiplier, élargir ces fronts jusqu’à construire une majorité politique ». De permettre à « des femmes et des hommes isolés, divisés, de se rassembler en mêlant en toute occasion audace et réalisme, inventivité et concret, souhaitable et possible ». Ce qui croise la tradition historique du PCF pour redevenir « un grand parti national, porteur de grand rassemblement populaire ». Le PCF n’est pas simplement un « parti communiste », [certain dans le monde sont des sectes !], il n’est grand que lorsqu’il porte des initiatives historiques de rassemblement, de longue portée, s’adressant au peuple entier, pour aider à construire un avenir meilleur. C’est cela la « tradition thorézienne » dans ce qu’elle a de meilleur. C’est cela qu’il faut dans les conditions d’aujourd’hui entièrement repenser, mais sans en rabattre sur l’ambition concrète.

Celui du parti politique. Si toutes les hypothèses sont ouvertes quant à l’avenir à long terme, dans le paysage politique d’aujourd’hui, le PCF demeure, comme collectif militant et comme repère, indispensable. Tout ce qui participera de sa revitalisation en 2008, non seulement sera positif pour les forces de transformation sociale, mais pour préparer l’avenir. En mobilisant tous ses potentiels pour travailler de façon ouverte, confiante et innovante, à se « révolutionner », les communistes engageront un effort sur eux même bien plus exigeant que simplement « continuer d’exister » ou de se laisser aller à la facilité de se « dissoudre » dans on ne sait quelle nouvelle force.

J’ai trouvé d’ailleurs que le discours de clôture de Marie George Buffet posait de façon plus dynamique ces enjeux. A en regretter que la problématique n’ait pas été posée en ces termes dès l’ouverture.

Jean Paul Duparc

(1) Si j’ai beaucoup apprécié l’implication de Marie George Buffet dans le débat, cette implication , -y compris voir la secrétaire nationale devant prendre en main le débat sur les amendements pour ne pas que ça dérive en « n’importe quoi »-, révèle bien des faiblesses ou des divisions de la direction. Je comprends qu’on ait eu la sagesse en juin d’estimer qu’il était urgent que MG.Buffet demeure secrétaire nationale d’ici le Congrès.

« L’organisation » ( ?) de la Commission du samedi soir était un radeau de la Méduse. Personnellement je n’ai jamais vu ça. Entre des responsables de la commission visiblement en dissonance avec le travail de réécriture à accomplir, ce qui évidement nourrissait la réaction - non moins insupportables- de certains délégués à la tonalité « basiste » voire populiste.

Et, plus généralement, entre ceux des dirigeants qui ne suivent que leur idée mais au moins la disent, et les autres qui ne disent rien, ni au CN, ni à l’Assemblée, laissant dans un « brouillard » leur propre positionnement, ( pour vivre heureux, vivons cachés ? )tout cela n’est pas très sain et ne joue pas vraiment collectif. Désolé de le dire ainsi mais j’ai été habitué à des dirigeants d’une autre trempe et d’une autre tenue, je le dis sans ambages.


De : jean paul duparc
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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 18:21
pauvrete.jpgPour des millions de personnes en France, pauvreté égale mauvaise nutrition

Pour des millions de personnes en France, pauvreté égale mauvaise nutrition

| 13 décembre 2007

Sur Viva presse, 10.12.07

Prés de 10 % des sujets dans un état proche du scorbut, 25 % victimes d’hypertension, 20 % de femmes anémiées , 56 % des personnes de l’échantillon concernées par l’obésité ou le surpoids... Ce sont les chiffres chocs, issus d’une enquête réalisée par l’Institut de veille sanitaire auprès d’un millier de personnes ayant recours aux distributions de colis alimentaires.

Ces chiffres, qui révèlent la situation très critique de populations qu’on évalue entre 3,7 millions et 7,1 millions selon les seuils utilisés, ont été cités en exergue d’un colloque « nutrition et précarité », organisé par la ville de Brest, le 6 décembre dernier.

« Ce sont des personnes qui touchent le Rmi ou les autres minima sociaux, explique Christine César, socio-anthropologue au Conservatoire national des arts et métiers, mais aussi des travailleurs - et on devrait plutôt dire des travailleuses car ce sont très majoritairement des femmes - des travailleuses pauvres, donc, qui occupent des emplois peu payées et des temps partiels subis ».

Dans ces familles, on dispose d’environ 2,60 euros par personne et par jour pour l’alimentation, quand des études ont montré qu’en dessous de 3,50 euros, il est impossible de couvrir les apports alimentaires conseillés et donc d’échapper aux carences. « On a trop tendance à dire, les pauvres font des erreurs alimentaires, il ne savent pas... Alors que leur comportement obéit à la rationalité cruelle du porte-monnaie », insiste Christine César.

Quand l’objectif principal est de lutter contre la sensation de faim, le calcul est vite fait entre un euro de fruits et légumes qui fournit 76 calories en moyenne, et un euro de chips ou de barre chocolatée qui apportent près de 400 calories : « les plus pauvres choisissent l’investissement le plus rentable sous le rapport coût-calories au détriments de leur capital santé ».

« Dans ce contexte, a quoi peuvent servir les recommandations du Programme national nutrition santé, si elles demeurent inaccessibles, à la partie la plus défavorisée de la population ? » se sont interrogés les participants au colloque, des professionnels de la santé et du social.

Une première réponse a été donnée par plusieurs responsables de l’aide alimentaire. Depuis plusieurs années, les organismes qui distribuent les colis – associations, centres communaux d’action sociale – ont multiplié les efforts pour que les denrées proposées respectent mieux les préconisations en matière d’équilibre alimentaire.

Ils ont lancé également des actions d’accompagnement – information nutritionnelle, cours de cuisine, apprentissage de lecture des étiquettes – qui demeurent toutefois insuffisantes pour faire face au problème. Christine César propose la création d’un « ticket fruits et légumes » qui pourrait être attribué par les organismes sociaux et permettrait aux personnes d’acheter ce type d’aliments « dans les magasins de leur choix ». Un système qui fait actuellement l’objet d’une expérimentation par le Centre d’examen de santé de la Caisse primaire d’assurance-maladie de Bobigny.

François Boënnec

- http://www.betapolitique.fr/+Pour-d...

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 18:15
bisounours-et-le-pays-magique-419x327.gifLe PCF et l’auto-dissolution du Parti Communiste Italien...

de Pierre Laroche, PCF Paris 5

Le Parti Communiste Italien, né en 1921, a été dissous par son 20è congrès en janvier 1991. Cette auto-dissolution est l’issue d’un long processus, dont tous les protagonistes n’avaient sans doute pas projeté ni le déroulement, ni la fin. Ainsi, le secrétaire général du PCI, Enrico Berlinguer, qui avait, au lendemain du coup d’Etat de Pinochet au Chili en 73, estimé qu’il n’était pas possible de diriger un pays avec un gouvernement minoritaire ou disposant d’une trop faible majorité, avait-il proposé en 74 pour l’Italie ce qu’il avait appelé un « compromis historique » entre les forces communiste, socialiste, et chrétienne. Cette proposition, loin de faire l’unanimité dans le PCI, avait cependant eu un grand écho dans le pays et, dans l’immédiat, le PCI avait obtenu le meilleur score électoral de son histoire passée et future aux élections de 1976, avec 34,4% des voix. La démocratie chrétienne, qui était également, sous l’impulsion d’Aldo Moro, à la recherche d’un nouveau dispositif politique du pays, s’était ralliée à l’idée de convergence démocratique. Et, peu à peu, le PCI s’était approché d’une participation gouvernementale, ce qui n’avait pas eu lieu depuis 1947. C’est alors qu’Aldo Moro était enlevé puis assassiné en 1978 par les « Brigades rouges ». Bientôt, le PCI, accusé simultanément d’être complice des terroristes et co-responsable de la politique gouvernementale, avait mis fin en 1979 à sa participation à la majorité et tentait une stratégie qui faisait plus de place au mouvement social, alors que le « compromis historique », du moins dans sa mise en œuvre politique sous forme de « solidarité nationale », donnait la prééminence aux rapports entre formations. La mort brutale de Berlinguer, en 1984, contribuait à fragiliser le PCI, son successeur Alessandro Natta n’ayant pas le poids charismatique de Berlinguer.

Offensive patronale

La fin des années 70 et le début des années 80 voient en Italie, dans le contexte d’une forte offensive conservatrice mondiale, le patronat marquer des points sur des questions importantes comme le démantèlement de l’échelle mobile des salaires (accepté par référendum en 1985), le développement de la flexibilité, la concentration des entreprises, en même temps que la valorisation idéologique de l’entreprise, Fiat devenant une sorte d’emblème national, symbole d’un consensus idéologique fondé sur le profit, symbole de stabilité et de sécurité dans un monde de précarité. La politique de la grande entreprise commence ainsi à structurer un consensus majoritaire sur l’impossibilité de réponses indolores à la crise et l’acceptation des mesures d’austérité ; les solutions de la classe dirigeante sont perçues comme salutaires ou inévitables. Cette offensive bénéficie d’un affaiblissement du syndicalisme de classe, résultant des règles de l’unité syndicale qui conduit la CGIL à accepter que ses initiatives soient conditionnées par les autres syndicats.

Questions pour un consensus

Lors du 17è congrès du PCI en 1986, marqué par une forte présence des cadres du parti, Natta prend des distances philosophiques avec le marxisme (le concept de lutte des classes « est un concept que nous utilisons tous de moins en moins », dit-il tout en montrant combien il reste opératoire). Le congrès rejette les amendements qui proposent comme perspective le dépassement ou la sortie du capitalisme ; le PCI se proclame « partie intégrante de la gauche européenne » et « refuse d’anticiper sur les évolutions historiques », déclarant cependant qu’il « n’est pas actuel de penser à une adhésion à l’Internationale socialiste ». Mais des délégués relèvent aussi l’affaiblissement des valeurs de solidarité et d’égalité dans la société italienne, les réactions racistes contre les gitans et les travailleurs immigrés, le recul des valeurs d’égalité entre les sexes. Le PCI ne se présente plus comme parti révolutionnaire porteur d’objectifs transformateurs, mais comme « parti réformateur moderne », comme l’annonce la banderole de la tribune.

Le secrétaire général de la CGIL, principale confédération syndicale, déclare que s’il vivait en RFA, il serait au SPD. Le Comité central du PCI refuse un amendement de Luciana Castellina qui affirme que « le reaganisme exprime une réponse de longue durée à la crise de l’ordre capitaliste des années 70 ». Giorgio Napolitano, l’actuel Président de la République, alors responsable du secteur « politique étrangère » du PCI, confirme dans une interview du 8 mai 86 au magazine « Panorama » que « l’URSS est à la tête d‘un des 2 blocs politico-militaires », ce qui n’est guère discutable, mais ajoute : « et nous sommes avec l’autre ».

Affaiblissement du PCI et de l’identité communiste

En 1987, ont lieu des élections législatives anticipées (pour la 5è fois depuis 1968). L’Italie traverse une crise politique mais le président de l’organisation du grand patronat italien (Confindustria) écrit dans « le Figaro » du 15 juillet 87 que « l’Italie est championne, au moins potentiellement, du capitalisme ». Le résultat des élections, avec 26,6% des voix pour le PCI, est, selon le mot de Natta, « une défaite ». A part les élections européennes de 84, toutes les élections depuis 1976 ont été marquées par le tassement de ses voix, surtout dans les secteurs ouvriers et populaires, dans les villes industrielles, dans les zones « rouges » de Rome. L’insatisfaction des électeurs reporte leurs voix sur certaines formations « radicales » (Démocratie prolétarienne), sur les Verts, mais aussi sur les socialistes et les démocrates chrétiens. Un dirigeant du PCI, Lucio Magri, parle d’ « affaiblissement de l’identité communiste » et Alessandro Natta se demande si l’idée qu’il fallait rassembler ne l’a pas emporté sur le contenu du rassemblement. La majorité gouvernementale de centre droit, forte de 57% des suffrages, est renforcée, le Parti socialiste italien améliore ses résultats : avec 14,3% des suffrages, il retrouve son niveau des années 50. Le président de la Confindustria., toujours dans la même interview au « Figaro » du 15 juillet 87, annonce qu’« il importe que le nouveau gouvernement adopte des règles précises pour l’action économique, la libéralisation des capitaux, la modernisation de l’appareil administratif public… nous avons de bonnes chances d’aboutir ».

Les années 88-89 sont marquées par la volonté d’accentuer et accélérer la restructuration de l’économie et de la société italiennes. Les gouvernements « pentapartites » (socialistes, sociaux-démocrates, libéraux, républicains, démocrates chrétiens), font en sorte d’élargir les espaces politiques et économiques ouverts au capital privé, dans l’enseignement supérieur (au nom de l’autonomie des universités), la recherche, la culture. Le ministre du Trésor, Guido Carli, ancien président de la Banque d’Italie, ancien président de la Confindustria, déclare dans « la Repubblica » du 29 juillet 89, que, pour résorber le déficit de l’Etat, il faut commencer à « céder le patrimoine de l’Etat » : téléphone, banques, assurances, électricité.

Signes prémonitoires et préliminaires

Le PCI opère activement pour un rapprochement avec les partis sociaux-démocrates européens. Giorgio Napolitano, dans « l’Espresso » déclare en décembre 88 que, s’il n’est pas possible que le PCI « s’intègre actuellement dans le groupe socialiste à l’Assemblée européenne, car seuls en font partie des formations appartenant à l’Internationale socialiste ; les choses pourraient être examinées autrement si les conditions devenaient moins contraignantes ».

En 1989, Natta ayant démissionné de ses fonctions de secrétaire général du PCI pour raisons de santé, son successeur, Achille Occhetto, exalte lors du 18è congrès la valeur historique et future du nom de parti communiste « et alors, on ne comprend pas pourquoi nous devrions changer de nom ». Mais il annonce aussi que « si un parti, face à des transformations de vaste portée et face à des faits qui changent l’ensemble du panorama politique global, décidait, de façon autonome et non à cause de circonstances extérieures, de donner vie, avec d’autres, à une nouvelle formation politique, alors oui, il s’agirait d’une chose sérieuse, qui n’offenserait ni la raison ni l’honneur d’une organisation politique ».

Dès le lendemain de la chute du mur de Berlin (9-10 nov. 1989), il commence à parler, hors des instances du parti, d’une initiative importante, justifiée par des raisons italiennes et internationales, non pour changer le nom du parti, mais pour « donner vie à une nouvelle formation politique ». Il soumet cette proposition le 13 novembre 1989 au secrétariat du Comité central, le 14 à la Direction du parti, où elle suscite de fortes oppositions. Le 20 novembre, le Comité central adopte cette proposition qui doit être soumise à un congrès extraordinaire qui ouvrira une phase constituante, pour une organisation dont on ne définira le nom que plus tard et qui, en attendant, s’appelle « la cosa » (la chose) ; on annonce d’emblée qu’elle demandera son adhésion à l’Internationale socialiste, avec pour mission de jouer un rôle d’impulsion pour sortir la gauche européenne de sa crise. La phase constituante doit déboucher sur un congrès. Cette proposition s’adresse aux forces progressistes et de gauche, non aux partis politiques, mais Occhetto parle des verts, des radicaux, de la gauche souterraine, des socialistes et des démocrates chrétiens de gauche. Effectivement, la préparation de ce congrès a donné lieu à des rencontres, clubs et même à un référendum parmi les lecteurs de l’hebdomadaire « l’Espresso ». Le 19è congrès (mars 1990) se trouve placé devant 3 motions, inamendables, ce que certains délégués ont contesté, et le congrès ne peut qu’enregistrer les votes des sections. Un peu moins de 30% des membres du parti ont participé aux débats préparatoires, ce qui est plus que d’ordinaire, mais peu compte tenu de enjeux de ce congrès. La motion Occhetto l’emporte avec environ 70% des mandats et le PCI s’engage dans la constitution de « la chose ».

Le congrès de l’auto-dissolution

Occhetto, considérant que l’effondrement des systèmes politiques de l’est européen ouvre une nouvelle période historique, estime qu’il faut se débarrasser d’idéologies dépassées, surmonter les divisions historiques du mouvement ouvrier et trouver une réponse à la crise d’identité du PCI, à ses échecs politiques, à ses défaites électorales, à son vieillissement, au relâchement de ses contacts avec le monde du travail. Le 20è congrès (Rimini, 31 janv.-3 fév. 1991) a vu la convergence des « colonels » (c’est ainsi qu’on appelait ses proches) d’Occhetto avec ceux qui se définissent comme relevant d’une « aire réformiste », « à la recherche d’objectifs de liberté et de justice qu’il est concrètement possible de poursuivre ». Ils refusent une stratégie de rupture avec le capitalisme. L’objectif est, pour eux, que le nouveau parti soit capable d’exprimer « une culture et une capacité de gouvernement », de tenir compte des contraintes budgétaires, d’avoir une vision « non étatiste des rapports entre public et privé dans l’économie ».

Parmi les opposants à cette orientation, Nichi Vendola se dit dérouté par le « vide d’analyse et de jugement sur une phase longue, une décennie intense, durant laquelle s’est consommée la défaite historique de la gauche mondiale ». Ces opposants jugent que « suppprimer l’identité des communistes est une erreur gravement dommageable pour toute la gauche […] L’erreur n’a pas été d’être trop communistes. Elle a été au contraire de ne pas avoir développé une critique rénovée des nouvelles formes d’exploitation et de domination ». Pour eux, le tournant engagé avec le congrès précédent pèche pour 3 raisons : « a/ l’absence d’une analyse de classe, moderne, de la société

b/ un déplacement de l’axe culturel vers des positions subalternes par rapport à des idéologies modérées

c/ une idée de la politique de sommet, qui privilégie le recours aux medias et les fonctions de leader ».

D’autre part, ce 20è congrès congrès ayant lieu au moment de la guerre du Golfe, Giorgio Napolitano s’oppose à la demande de retrait des forces italiennes dans le Golfe, objectant que ce ne serait qu’un geste de propagande. Mais beaucoup estiment démentie l’analyse d’Occhetto qui ne voyait dans l’effondrement des systèmes politiques d’Europe de l’est que des possibilités de développement démocratique et la fin de la guerre froide et de la politique des blocs.

Ce congrès est intervenu dans un climat de démobilisation des adhérents : plus de 100 000 adhérents n’ont pas repris leur carte. Mais cette phase constituante a associé de nombreux interlocuteurs extérieurs qui, n’appartenant pas au PCI, décident d’adhérer à la nouvelle formation (57 000 adhésions).

Le congrès adopte la motion Occhetto par 807 voix, 75 contre, 49 abstentions, 328 délégués étaient sortis de la salle pour manifester leur volonté de faire sécession. Occhetto est difficilement élu secrétaire général. Le Parti démocratique de la gauche était né. Plusieurs opposants continuèrent d’en faire partie, espérant pouvoir y rassembler de nombreux hésitants susceptibles d’être convaincus de la possibilité d’une force communiste dans ce parti.

On conçoit le désarroi des militants et des sympathisants du PCI devant cette disparition du PCI. Le 10 février 1991, quelques milliers de militants se rassemblent à Rome et fondent le Mouvement pour la refondation communiste, qui deviendra par la suite le Parti de la Refondation communiste.

Les conséquences ne se font pas fait attendre : c’est un recul idéologique et politique global pour le monde du travail. En septembre 1992, la Confindustria fait presque explicitement savoir qu’elle ne se sent plus liée aux forces qui ont jusqu’alors gouverné l’Italie et qui, effectivement, ont disparu des résultats électoraux (le Parti socialiste, la Démocratie chrétienne, le Parti libéral, le Parti social-démocrate). Achille Occhetto déclare que la gauche rénovée pourra donner « à la crise italienne une réponse que les vieilles classes dirigeantes ne sont plus en mesure d’élaborer ». La CGIL précise un élément de cette réponse, lors de son congrès fin octobre 1992 : il en sort un syndicat défini comme « post-ouvrier », qui en a fini avec « le mythe du rôle central de la classe ouvrière ». Le syndicat doit défendre les travailleurs, les usagers, l’entreprises, les compatibilités. Si l’on ne tient pas compte des compatibilités entre ce qu’on demande et ce qui est possible, « on aura l’air de Martiens », affirme le secrétaire général : le syndicat doit donc fixer ses propres limites, il ne sert à rien de refuser par principe les mises à la retraite anticipée, la flexibilité, le chômage économique. On voit se dessiner la possibilité d’un nouveau pacte social où les syndicats auraient pour rôle de contenir les éventuels excès des salariés et des entreprises. Au plan politique, l’arrivée de Berlusconi, à 2 reprises président du conseil, marque une régression démocratique importante.

Voilà donc comment un grand parti, nombreux, influent, fort d’une longue histoire de luttes (antifascisme, Résistance, « reconstruction » économique et politique après 20 ans de fascisme et 5 ans d’une guerre qui a comporté un changement d’alliance et qui a eu de fortes composantes d’une guerre civile) a disparu après une dizaine d’années de reculs politiques et de reculades idéologiques sur fond de régression sociale. Certains de ses membres ont pu espérer, soit qu’une « tendance communiste » pourrait peser sur l’activité du nouveau parti, soit que le patrimoine du PCI pourrait fructifier dans ce nouveau parti. Il n’en est rien, le nouveau parti est maintenant en train de se joindre à des formations social-démocrates, des formations de centre gauche, voire de centre droit, pour constituer un « parti démocratique » (ou « parti démocrate », à l’américaine : c’est le même mot en italien), avec comme objectif, non pas de changer la société, de briser la domination du capital, mais d’être une force d’alternance contre la droite berlusconienne. Ses actuels dirigeants font savoir leur exaspération quand reparaît le mot d’ordre d’Enrico Berlinguer : être à la fois parti de lutte et de gouvernement.

Si vous ne voulez pas que le parti communiste français connaisse le même sort, avec les mêmes conséquences désastreuses pour la société et les travailleurs français, il y a urgence à réagir.

Prenez la parole.


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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 18:10
euro.jpgla vérité des prix de 280 produits parmi les plus vendus dans un hypermarché (+ 25% entre 2004/2007

La vérité sur la hausse des prix NOUVELOBS.COM | 13.12.2007 | 12:53

Exclusif Le Nouvel Observateur s’est procuré un listing retraçant l’évolution des prix, dans un hyper, de plus de 250 produits de grandes marques parmi les plus vendus dans les grandes surfaces.

Il en ressort une hausse moyenne de 11,5% sur trois ans, deux fois plus que l’inflation. Nouvelobs.com en publie la liste intégrale.

 

C’est le genre de ticket de caisse que les Leclerc, Carrefour, Auchan et autres Intermarché n’impriment jamais. Ils préfèrent nous abreuver de coupons de réduction et nous matraquer de publicité pour leurs promos à tout casser. La hausse des prix ? Pas vu, pas pris. Et pourtant, ce que n’affichent pas les caisses enregistreuses, Le Nouvel Observateur vous en donne ici un saisissant aperçu.

Nous nous somme procurés un listing retraçant l’évolution des prix, dans un hyper, de plus de 250 produits de grandes marques parmi les plus vendus dans les grandes surfaces. Aucun doute : tout flambe ! Les steaks hachés (+ 42%), les coquillettes (+ 32%). Les filets de maquereau (+ 35%) L’eau de Volvic (+26%)... En trois ans, la hausse moyenne de ce "super Caddie"(*) s’établit à 11,5 %, une valse des étiquettes deux fois supérieure au taux d’inflation calculé par l’Insee pour la période.

Plus spectaculaire encore : depuis 2000 (passage à l’Euro !), le grand panier de l’Obs s’est renchéri, en moyenne, à 29%. Et cela ne devrait pas s’arranger : invoquant - non sans raison - la flambée du cours de l’énergie et des matières premières, la plupart des grands groupes agro-alimentaire ont présenté, cet automne des tarifs rehaussés de 8% qui se traduiront, si rien ne change, par une nouvelle flambée des étiquettes.

C’est l’incendie dans les Caddies. Ce relevé des prix pourra inspirer Nicolas Sarkozy, qui a réclamé, fin novembre, "un indice du pouvoir d’achat qui corresponde enfin à la vie quotidienne des Français, pour qu’ils aient le sentiment qu’on ne se moque pas d’eux". Président autoproclamé du "pouvoir d’achat", il veut jouer les pompiers. "Nous allons entamer une discussion avec la grande distribution pour obtenir la baisse des prix dans les grandes surfaces", promettait-il , la semaine dernière, sur TF1. Chargé de cet épineux dossier, le secrétaire d’Etat au commerce, Luc Chatel, défend ces jours-ci devant le Parlement un projet de loi visant à réformer les relations entre la grande distribution et ses fournisseurs. Dans le collimateur : la loi Galland. Depuis 1996, ce texte conçu pour protéger l’industrie des appétits de la grande distribution, établit un seuil de revente à perte : pas question de vendre un produit au dessous du tarif proposé par son fabricant. Seulement voilà, privé de négociation sur le prix d’achat de la marchandise (la "marge avant"), les centrales d’achats se rattrapent en facturant des "coopérations commerciales". Ces services (mises en avant des produits, impressions de catalogues, campagnes de promos…) facturés aux prix forts ont constitué les fameuses et faramineuses "marges arrières" que la loi Galland et son seuil de revente à perte interdisent de répercuter sur les prix à la consommation ! Nul besoin d’être grand clerc pour comprendre que ce mécanisme a alimenté une spirale inflationniste. Devant les exigences des centrales d’achats surpuissantes - Leclerc-Système U, Carrefour, Intermarché, Auchan et Casino- se partagent 85% du marché - les industriels n’ont guère eu d’autre issue que d’augmenter sans cesse leur prix à la sortie des usines.

- A ce petit jeu, les multinationales de l’agroalimentaire, maîtres de leurs tarifs, imposent leurs conditions à tous les réseaux de distribution et "achètent" l’espace dans les rayons en versant de copieuses marges arrières que les PME du secteur ne sauraient acquitter… Les grandes surface, elles, réclament des taux de "taux de coopération commerciale" de plus en plus mirobolants : jusqu’à 35% des prix pratiqués dans certains rayons. Une véritable rente qui leur permet de développer leurs marques propres, copies pures et simples des produits les plus innovants des multinationales, qui représentent aujourd’hui un tiers de leur chiffre d’affaires.

"Bref, tout le monde s’est gavé », résume un expert du système. Ce que confirme une récente étude réalisée par Natexis : de 1996 à 2004, les marges opérationnelles des grands distributeurs (Carrefour, Auchan, Casino) ont cru de deux ou trois points et celle des géants de l’agro-alimentaire de 4 ou 5 points. "Les entreprises françaises ont pu rattraper leur retard de rentabilité sur les grands groupes internationaux", constate Natexis. Les perdants sont les consommateurs. Comme l’a souligné la commission Attali pour "la libération de la croissance", la France est le pays d’Europe où l’écart entre les grandes enseignes des hypers les plus chères et les moins chères est le plus faible ! Pas étonnant dans ces conditions que les magasins de "hard discount", aux produits basiques et à l’assortiment réduit, aient connu un succès croissant : on en compte aujourd’hui 4.000 en France. Pour les contrer et conserver leurs clients dans leurs magasins, les enseignes ont étoffé leur offre de produits "premiers prix", ces denrées moitié moins coûteuses que les produits de marques nationales ! Inflationniste, anticoncurrentiel… Pour couronner le tout, le système des marges arrières s’avère aussi frauduleux ! Comme l’ont souligné plusieurs rapports parlementaires, les grands distributeurs ont pris la déplorable habitude d’imposer des "coopérations commerciales" aux motifs fumeux ("mise en avant", "maintien de la gamme", "conseil au fournisseur"…). Des prestations fictives que les fabricants ont intérêt à régler sans regimber sous peine de voir leurs produits exclus des linéaires. "Le système est pourri. Il a donné naissance à un océan de fausses factures", lance le député UMP Jean-Paul Charié, grand pourfendeur des dérives de la "coopération commerciale". En 2001, pour tenter de réprimer ces excès, le délit d’"abus de coopération commercial" a été introduit dans le droit par la Nouvelle loi de régulation économique du gouvernement Jospin. Les poursuites menées par Bercy ont abouti à quelques condamnations : en octobre 2006, pour avoir obtenu "des avantages ne correspondant à aucun service commercial spécifique rendu", Système U a été condamné à rembourser 76 millions d’euros. Une somme qui donne une idée des montants en jeu…
Les marges arrières sont aussi devenues la cible privilégie du trublion de la grande distribution Michel-Edouard Leclerc. Dès l’automne 2002, le président de l’association des centres distributeurs entreprend sa croisade au nom de l’intérêt supérieur des consommateurs, faisant mine d’ignorer que la "coopération commerciale" a fait la fortune de son groupe et de ses adhérents ! "Un génie de la communication", commente admiratif un de ses adversaires industriels. De passage à Bercy en 2004, Nicolas Sarkozy ne tardera pas à comprendre le message : le ministre des finances qu’il est alors réunit le gratin de l’industrie agro-alimentaires et des linéaires et exige, devant les caméras de télévision, une "modération des marges arrières" pour redonner du pouvoir d’achat aux Français. Officiellement, l’opération aboutira à une baisse des prix de 3,2% dans les rayons de la grande distribution. Officiellement seulement, car on peine à déceler l’effet des mesures Sarko d’alors dans l’envolée des prix constatée depuis 2004. Reparti pour le Ministère de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy n’aura pas le temps de réformer les lois Galland comme il en avait l’intention. Il laisse cela à Renaud Dutreil, ministre du Commerce, qui, en élabore un difficile compromis : au terme de la loi qui porte son nom 20% du montant des marges arrières perçues par les distributeurs pourront être répercutées sur les prix. On attend toujours…
Devenu président de la République, Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à ses fins ? Rien n’est moins sûr. La loi Chatel qui autorisera bientôt une déduction complète des marges arrières mais préserve la notion de seuil de revente à perte a déçu Michel-Edouard Leclerc : "si Luc Chatel avait, dans son projet, autorisé la négociabilité des tarifs, les hausses auraient probablement pu être diminuées de moitié. Oui, j’affirme, de moitié ! (…) Le Président avait parlé de supprimer les marges arrière ? Le projet Chatel va les accroître sous prétexte qu’elles sont déductibles. Le Président souhaitait que cette réforme profite aux consommateurs et qu’elle génère des baisses de prix pour améliorer le pouvoir d’achat des Français. Or, c’est la réforme Chatel qui nourrit l’inflation tarifaire ! C’est à désespérer de la politique !"

Au nom de la sauvegarde de l’emploi, les industriels se sont démenés en coulisse pour éviter une réforme radicale. "Les acheteurs de la grande distribution veulent que tout soit permis, sans limite, et que la loi du plus fort – le distributeur – s’impose à tous les industriels. Aucune loi ne changera une réalité simple : chaque année, la distribution veut plus", dénonce Olivier Desforges, président de l’Ilec, le puissant lobby des géants de l’agro-alimentaire. A l’Assemblée, l’UMP est apparue très divisée entre parlementaires partisans d’une mise en concurrence brutale et élus soucieux de préserver les intérêts des industriels et des agriculteurs de France. Si bien que la discussion d’une réforme du fameux seuil de revente à perte est renvoyée au printemps prochain.

En attendant, les consommateurs continuent à pousser leur Caddie dans la jungle des faux "prix bas". Sylvain Courage

- - OLIVES DENOYAUTEES GORDAL TRAMIER 51,51% - EXTRA MOELLEUX X10 CHARAL CHARAL SA (SURGELES) 42,72% - DELICES MARINS 300GR. FLEURY MICHON TRAITEUR (SAURIS 41,15% - MAQUEREAUX VIN BL.1/4 PAUL PAULET 35,98% - CRACOTTE AU FROMENT LU FRANCE 35,00% - PAILLE D'OR LU LU FRANCE 34,07% - YOP 75 CL CHOCOLAT YOPLAIT.FRANCE 33,83% - BARQUETTE LU ABRICOT X 2 LU FRANCE 33,58% - CAKE AUX FRUITS 300G BROSSARD 33,24% - MIKADO CHOCOLAT FIN LU FRANCE 32,89% - COQUILLETTES CELLO 500 GR PANZANI SA 32,85% - BOUT.ENTIER 1 LIT X 6 LACTEL 32,14% - RICORE 100G NESTLE FRANCE 31,80% - RILLETTES DU MANS 220GR LBC BORDEAU CHESNEL 31,54% - PATES ALPHABETS 500 GR PANZANI SA 31,48% - MONT BLANC VANILLE 510 GR MONT BLANC 30,89% - MALABAR TUTTI FRUTTI GEANT CADBURY FRANCE 29,79% - KNACKIS X4 HERTA (CH.LS) 29,18% - LOYAL BOEUF 3/2 MASTER FOODS 28,18% - PETIT ECOLIER CHOC/LAIT LU FRANCE 28,02% - BISCUITS SHOCKS DE LU LU FRANCE 27,96% - CIGARETTES RUSSES DELACRE UNITED BISCUITS 27,68% - VOLVIC 1.5L DANONE FRANCE RUNGIS 26,75% - TUC CRACKERS DE LU 100G LU FRANCE 26,54% - QUENELLES BROCHET SAUCE 1/2 WILLIAM SAURIN 26,42% - POIV.BLANC MOULU 100G MC CORMICK FRANCE S.A.S. 26,28% - KINDER CHOCOLAT X 16 FERRERO FRANCE 26,19% - BN CHOCOLAT X16 UNITED BISCUITS 26,11% - SAVANNE CHOCOLAT BROSSARD 25,96% - MOUTARDIER SOUPLE UNILEVER BESTFOODS FRANCE 25,66% - BEURRE NANTAIS 130G LU FRANCE 25,45% - THE LU CARTOUCHE LU FRANCE 25,21% - LISTEL GRIS DE GRIS VRANKEN MONOPOLE 24,90% - PELLETIER NORM 24T LU FRANCE 24,74% - SAUCISSON SEC J.BRIDOU S.E.C SPE.EUROP.CHARCUTIERE 24,12% - PRINCE CHOCOLAT X 2 LU FRANCE 24,12% - YOCO PULPE FRUITS X 16 NESTLE PROD LAITIERS FRAIS SA 24,05% - THON NATUREL 1/4 SAUPIQUET 23,93% - SALVETAT 6X1.25CL DANONE FRANCE RUNGIS 23,21% - GRANY BARRES BRUT CHOCO LU FRANCE 23,14% - CHICOREE GRAIN 500GR LEROUX 22,93% - PIMS ORANGE LU LU FRANCE 22,89% - TAILLEFINE FRUITS X 16 DANONE GERVAIS 22,52% - PETIT BRUN EXTRA X 2 LU FRANCE 22,34% - HUILE OLIVE PUGET 1L LESIEUR 22,17% - CHOUCROUTE W.SAURIN 4/4 WILLIAM SAURIN 22,06% - GATEAU RIZ RAISINS X2 UNILEVER BESTFOODS FRANCE 22,00% - NUTELLA POT FERRERO FRANCE 21,89% - VINAIGRE DE VIN 75CL UNILEVER BESTFOODS FRANCE 21,70% - ST MORET 150 GR FROMARSAC (CREMERIE) 21,52%

il y en a 6 pages allez les voir la - [->http://tempsreel.nouvelobs.com/file/418890.pdf" class="spip_url spip_out">Evolution des prix de 280 produits ...

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/economie/20071213.OBS9971/la_verite_sur_la_hausse_des_prix.html]

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Published by valenton rouge - dans France
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