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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:33

a-copie-5.pngEt si l’Iran, qui en est le principal riverain, fermait le détroit d’Ormuz ? La crainte d’un blocage de cette voie d’eau stratégique, par laquelle transite 40 % du pétrole exporté du Proche-Orient, ressurgit à chaque montée de tension à propos de l’Iran : c’est à nouveau le cas après la déclaration du président israélien Shimon Pérès, le 5 novembre dernier, selon laquelle la perspective d’une option militaire contre l’Iran pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire se rapproche. Et après la publication le 8 novembre du rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) évoquant de « sérieuses inquiétudes concernant une possible dimension militaire du programme nucléaire » de Téhéran, alors que de son côté le président français Nicolas Sarkozy assurait le 9 novembre à une délégation à Paris du Congrès juif mondial vouloir accentuer les pressions sur l’Iran, « Israël n’ayant n’a pas de meilleur partenaire pour sa sécurité que le gouvernement français ».

 

Sur Israël-Infos, Gerard Fredj relève que le numéro un français a reçu mercredi « durant quatre vingt onze minutes »cette délégation du Congrès juif mondial, conduite par son président Ronald Lauder, ainsi que Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF), désireux d’obtenir de M. Sarkozy l’assurance qu’il inciterait les pays occidentaux à agir rapidement pour empêcher l’Iran de parvenir à assembler une bombe nucléaire. Selon Richard Prasquier, Nicolas Sarkozy aurait effectivement assuré qu’il « pousserait »à un renforcement des sanctions internationales contre Téhéran, qui rendraient difficiles les transactions de la Banque centrale iranienne et les exportations de pétrole. En revanche, le président français aurait insisté sur les « conséquences lourdes »d’une intervention militaire destinée à frapper les sites nucléaires iraniens.

Deux mentions récentes de ce qui pourrait se passer autour de ce passage d’Ormuz, long de 63 km et large de 40 km, avec deux rails de navigation de 3 km de large essentiellement situés dans les eaux omanaises - détroit qui relie la mer d’Oman au Golfe arabo-persique, et voit passer chaque année deux mille quatre cents pétroliers, au long de la côte iranienne [1]. Pour Kaveh L. Afrasiabi, professeur de science politique aux universités de Téhéran et Boston, « l’Iran peut couper le détroit d’Ormuz pratiquement à tout moment, et cela mettrait un coup d’arrêt à l’exportation des quelque 6 millions de barils de pétrole embarqués chaque jour [2».


Comme une éventuelle intervention militaire israélienne contre les implantations nucléaires en Iran « nécessiterait, pour avoir des chances de réussite, d’effectuer des frappes sur une douzaine de sites, certains dans ou autour de secteurs peuplés, avec une forte probabilité de faire de nombreuses victimes civiles », cela déclencherait selon lui « un tsunami de colère populaire » dans le pays, qui conduirait les responsables politiques iraniens à lancer des représailles aussi dures que possible contre les intérêts américains et israéliens, avec notamment un blocage d’Ormuz.

« Rhétorique incendiaire »

Cet intellectuel, réputé proche du président Ahmadinejad, estime – comme d’autres experts de politique étrangère en Iran – que l’exécutif américain ne fait rien pour apaiser ce qu’il appelle la « rhétorique incendiaire » d’Israël : « C’est sans doute parce que le président Barack Obama est trop occupé par d’autres problèmes, mais cela peut constituer une erreur grave et coûteuse. »

« La pose de mines dans le Golfe arabique, surtout dans le détroit d’Ormuz, est la principale menace à prendre en compte », considère de son côté Ahmed Al Attar, un commentateur emirati, spécialiste des questions de défense et d’énergie. Il rappelle qu’en 1988, la frégate américaine Samuel B. Roberts avait heurté une mine iranienne, et avait été presque perdue. « L’installation de champs de mines à grande échelle entraverait considérablement le trafic de pétrole et l’ensemble du commerce maritime dans le Golfe, et serait difficile à contrer, quoique pas impossible, estime-t-il. Mais la pose de mines, ou l’utilisation de missiles, affecterait également le commerce pétrolier de l’Iran, autant sinon davantage que celui de ses ennemis. L’aviation et la marine iraniennes seraient rapidement annihilées ; les forces armées se retrouveraient sans couverture air, aux prises avec des attaques aériennes répétées. Et il serait vite l’heure d’abandonner la partie… »

Durant la guerre Iran-Irak des années 1980, des tankers avaient été bombardés par la chasse iranienne dans le Golfe persique. Les prix du brut avaient explosé, tout comme les tarifs d’assurances. L’Iran peut être tenté d’agiter la menace de sa « marine de guérilla » – constituée notamment d’escadrilles de vedettes rapides – et d’une éventuelle fermeture du détroit, au cas où Israël, les Etats-Unis ou l’Europe iraient trop loin dans les sanctions, ou dans des projets d’attaque de ses installations nucléaires.

Le dernier incident sérieux dans la région remonte au 5 janvier 2008. Des vedettes rapides iraniennes s’étaient faites menaçantes contre une petite escadre de l’US Navy, de passage dans le détroit : des bâtiments américains qui rasaient, semble-t-il, la côte iranienne. L’ancien président George W. Bush était alors attendu dans la région. L’incident, qui n’avait pas débouché sur une poursuite ou un tir, avait permis en revanche à la diplomatie américaine de battre le tam-tam auprès des pays du Golfe en faveur d’une coalition anti-iranienne, et au président lui-même de se poser en garant de la libre circulation dans le golfe et le détroit.

La perspective d’une option militaire

Les présidents américain et français ont profité du récent sommet du G20 à Cannes pour dénoncer le programme nucléaire militaire iranien, et agiter la menace de nouvelles sanctions, tandis qu’en Israël on débattait gravement d’une possible expédition punitive des forces armées, dans la foulée d’une déclaration du président israélien. Shimon Pérès [3] avait estimé le vendredi 5 novembre que la perspective d’une option militaire contre l’Iran pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire se rapprochait, et suscité une avalanche de débats et commentaires dans la presse israélienne.

Il semble admis, une semaine plus tard, que ce nouvel accès de fièvre était essentiellement verbal, à usage politique, dans l’attente de la publication d’un rapport « favorable » de l’AIEA ouvrant la voie à un nouveau train de sanctions internationales.

Au contraire de l’Egyptien Mohamed El Baradei, qui faisait preuve d’une certaine indépendance, même s’il a peut-être eu une tendance pan-islamique à minorer les tentatives iraniennes pour se doter de l’arme atomique, le Japonais Yukiya Amano – son successeur à la tête de l’AIEA – semble parfaitement en phase avec Washington (qu’il a consulté quelques heures avant de sortir son rapport), et avec Israël (qui a aussitôt clamé que ce rapport confirmait et même légitimait ses inquiétudes répétées). Selon Téhéran, qui ne compte pas changer de politique, ce rapport est fabriqué à l’aide d’éléments communiqués opportunément par des services secrets occidentaux, et ne reflète pas la réalité.

Sur un plan technique, on relève dans la lettre confidentielle TTU, spécialisée dans les questions de défense [4], « qu’à partir de la fin de l’année, l’aviation israélienne n’aura plus à demander la permission aux Etats-Unis pour survoler l’Irak et mener d’éventuelles attaques contre les installations nucléaires iraniennes ». La clause dans l’accord militaire entre l’Irak et les Etats-Unis signé en novembre 2008, incluse sous la pression du premier ministre chiite Nouri al-Maliki, qui a institué une zone interdite de vol au-dessus du territoire irakien en vue d’empêcher des raids israéliens contre l’Iran, arrive en effet à expiration à la fin 2011, après le départ officiel des troupes américaines d’Irak. Or, rappelle TTU, le plus court chemin vers l’Iran pour l’aviation israélienne passe par l’Irak. Par ailleurs, les vives tensions de ces derniers mois entre Israël et la Turquie excluent un passage par ce dernier pays [5].

Ne pas délaisser le Golfe

Plus généralement, si l’ex-président Bush rêvait de remodeler le Proche-Orient, c’est ce même Proche-Orient avec ses évolutions politiques récentes qui, en attendant, contraint l’exécutif conduit par Barack Obama à redéfinir la posture stratégique des Etats-Unis dans le Golfe. Dans un dossier de la revue Diplomatie (juin-juillet 2011) sur « la géopolitique des Etats-Unis : la fin d’un empire ? », Anthony Cordesman, titulaire d’une chaire de stratégie au Center for Strategic and international Studies (CSIS), conseille au gouvernement américain - auquel il n’est pas hostile ! - de ne pas délaisser le Golfe, qui doit rester une priorité absolue pour les Etats-Unis (comme pour la plupart des pays dépendants du pétrole proche-oriental), quitte à laisser à l’Inde, la Chine, et la Russie le « grand jeu » dans l’Asie du Sud, et à « oublier » ou presque l’Afghanistan, le Pakistan, etc., en évitant en tout cas d’y contrarier les fragiles équilibres actuels.

Cordesman, qui dresse un tableau inquiétant des failles et zones de fracture au Proche-Orient, dans des pays qui étaient jusqu’ici des partenaires privilégiés des Etats-Unis (Egypte, Tunisie, Yémen, Bahrein), suggère par exemple :

 de traiter l’Iran comme s’il était déjà une puissance nucléaire potentielle, de ne pas compter sur une opération israélienne, ni sur une évolution favorable du régime, et d’examiner avec les pays du sud du Golfe un possible dispositif de défense antimissiles, en leur offrant une garantie globale de sécurité ;
 de s’appuyer sur le nouvel Irak, comme gardien du trublion iranien, en y maintenant dans la mesure du possible une présence militaire significative, en continuant à former son armée à la contre-insurrection et au contre-terrorisme, etc. ;
 de rassurer les petits riverains du sud du Golfe (Koweït, Bahrein, Qatar, Oman) quant au maintien des installations militaires américaines actuelles ;
 de maintenir une présence navale et aérienne forte dans le Golfe, pour dissuader toute action iranienne sur le détroit d’Ormuz, le Golfe persique, le Golfe d’Oman, l’océan Indien ;
 de considérer l’Egypte et la Jordanie comme des « partenaires critiques » pour la sécurité à l’ouest du Golfe, en mer Rouge,etc. ;
 de développer des programmes de formation, équipement, etc. des armées locales, pour éviter aux forces américaines d’apparaître en première ligne (le fameux « leadership from behind » qui fait florès ces temps-ci) ;
 et aussi de maintenir un partenariat stratégique avec les grands alliés extérieurs au théâtre que sont notamment la Grande-Bretagne, la Turquie, ou la France.

Notes

[1] Une base française interarmées permanente a été créée en 2009 à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, aux approches du détroit, face à l’Iran.

[2] Voir son autre article dans Asia Times, « False bells on Iran’s nuclear program ».

[3] Le même Shimon Pérès avait contribué à faire d’Israël une puissance nucléaire dans les années 1960, avec l’aide technique de la France.

[4] 9 novembre 2011 – n° 821.

[5] En septembre 2007, lorsqu’elle a attaqué un site nucléaire dans le nord de la Syrie, ses appareils avaient largué accidentellement des réservoirs de carburant sur le territoire turc.

http://blog.mondediplo.net/2011-11-10-Ormuz-detroit-de-la-peur

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:26

a-copie-4.pngLa Grèce n’en peut plus de se dette et cela ne va pas s’arranger. Pour Renaud Vivien et Yorgos Mitralias, deux militants du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde, il faut renoncer à son remboursement. Et le droit international le permet.



Un gouvernement d’union nationale vient de se former en Grèce avec comme premier Ministre Loucas Papadimos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). La priorité de ce nouveau gouvernement est de défendre le « plan de sauvetage » européen élaboré le 27 octobre à Bruxelles. Cette soumission des autorités grecques à leurs créanciers, en plus de constituer un déni démocratique supplémentaire à l’égard du peuple qui continue à se mobiliser contre les plans d’austérité à répétition, risque bien d’entraîner tout le pays dans un suicide collectif.

Une dette en partie illégale

Comme le souligne la Commission (citoyenne) grecque d’audit sur la dette publique, l’accord du 27 octobre ne résout pas le problème de la dette, mais au contraire donne lieu à de nouveaux fardeaux. La restructuration de la dette prévue dans le plan de sauvetage entraînera notamment, une fois encore, la réduction des retraites, des allocations sociales et des salaires ainsi que des licenciements massifs de travailleurs du secteur public, appauvrissant encore davantage le peuple grec. L’objectif officiel serait de réduire la dette publique à 120% du PIB à l’horizon 2020, ce qui ne lui enlèvera pas son caractère « insoutenable ». En effet, si ce niveau était « soutenable », pourquoi l’Italie qui affiche le même ratio est-elle sommée par la Troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et FMI) de réduire sa dette ?

Pour la Commission grecque d’audit sur la dette publique, il ne faut rien attendre des créanciers. La suspension unilatérale du paiement de la dette publique combinée à l’audit sont d’une nécessité vitale. Cet audit, qui doit être démocratique (placé sous le contrôle de la population), permettra de faire la lumière sur la partie de la dette illégale, illégitime et non conforme à la Constitution. Rappelons, en effet, que les dettes contractées depuis 2010 à l’égard de la Troïka sont issues d’accords odieux qui violent de façon manifeste la Constitution, notamment en supprimant le salaire minimum légal.

Aujourd’hui, la population grecque est en situation de détresse. En octobre 2011, le taux de demandeurs d’emploi a atteint 22%, culminant à 40% chez les jeunes. Les contrats à temps plein sont convertis en contrat à temps partiel ou soumis au chômage partiel, avec d’importantes réductions de salaire. Sur une période de 1 à 4 mois, un tiers des salariés du privé n’a pas été payé ; des dizaines de milliers d’entreprises ont déjà mis la clé sous la porte (14 000 au premier trimestre 2011) tandis que d’autres sont actuellement en procédure de liquidation judiciaire. A cette crise économique et sociale s’ajoute aujourd’hui une crise sanitaire. Selon Médecins sans Frontières, 30% des Grecs se soignent dans des cliniques de rue (contre 5% auparavant). Certaines entreprises pharmaceutiques refusent même de livrer certains hôpitaux, de peur de ne pas être payées. Les retraités, les chômeurs, les sans-abri, les personnes touchées par le VIH et la tuberculose sont privés de couverture maladie. A ceux-là s’ajoutent les 22% de la population active non déclarée, qui n’ont donc aucune couverture sociale. Les coupes dans certains budgets liés à la santé comme l’assistance sociale et le traitement de certaines maladies peuvent aller jusqu’à 80% |1| !

Dans ces conditions, refuser de rembourser la dette publique pour donner la priorité aux droits du peuple grec n’est plus un choix mais une nécessité. La députée grecque Sofia Sakorafa l’a d’ailleurs clairement exprimé le 3 novembre dans l’enceinte du Parlement : « Plus que jamais, il est nécessaire de construire un mouvement social avec comme axe principal la survie économique et social de notre peuple et comme instrument la cessation des remboursements de cette grande partie de la dette qui est illégitime  ».

Un état de nécessité

Mais est-ce qu’un gouvernement peut légalement décider de ne pas rembourser sa dette au motif que sa population est en danger ? Oui, car l’argument juridique de l’état de nécessité le justifie pleinement. L’état de nécessité correspond à une situation de danger pour l’existence de l’État, pour sa survie politique ou sa survie économique. La survie économique se réfère directement aux ressources dont un État peut disposer pour continuer à satisfaire les besoins de la population, en matière de santé, d’éducation, etc. Le remboursement de la dette, l’application des mesures d’austérité et la perte souveraineté engendré par les accords conclus avec la Troïka mettent la Grèce en danger, dont la première obligation en tant qu’État est de respecter les droits humains de sa population.

En droit international, un des éléments fondamentaux de l’État est sa population. L’État a des obligations vis-à-vis de ses nationaux et des étrangers qui se trouvent sous sa juridiction. Cette obligation l’emporte sur tous les autres engagements pris par l’État comme ceux à l’égard de ses créanciers. Comme le souligne la Commission du droit international de l’ONU à propos de l’état de nécessité : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu.  »

Il est de l’intérêt vital de la Grèce d’utiliser l’argument de l’état de nécessité pour se libérer de l’emprise de ses créanciers. Le pays a les moyens de se passer de la prétendue « aide » accordée par ses créanciers en échange de sa docilité. D’une part, les 8 milliards d’euros espérés au titre de la sixième tranche du prêt de 2010 ne resteront pas dans le pays mais serviront directement à rembourser les créanciers de la Grèce ; d’autre part, ils ne pèsent pas lourd par rapport aux avoirs grecs placés à l’étranger, qui représentent des centaines de milliards d’euros. En plus du rapatriement de ses capitaux, d’autres mesures pourraient être prises comme la renationalisation (sous le contrôle des travailleurs) des secteurs stratégiques de l’économie, actuellement entre les mains de sociétés transnationales.

Renaud Vivien est juriste du CADTM Belgique. Yorgos Mitralias est membre fondateur de la Campagne Grecque pour l’Audit de la Dette et du Comité contre la Dette –CADTM grec

Tribune publiée le 11 novembre par la RTBF (Belgique)

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:24

a-copie-2.pngPour lire cet article sur le site de Médiapart

 


La majorité au grand complet. Mardi soir, Luc Chatel, Laurent Wauquiez, Jean-François Copé, Nadine Morano se sont succédé au théâtre Bobino à Paris pour marteler les « succès » de la droite en matière d’éducation et présenter les trente propositions du projet 2012. L’UMP a voulu montrer qu’elle occupait le terrain monopolisé ces dernières semaines par les débats entre socialistes autour, notamment, de la proposition de François Hollande de rétablir en cinq ans les 60.000 postes supprimés dans l’Education nationale.

La thématique ne doit rien au hasard. Les think tank proches de la majorité, comme la Fondation pour l’innovation politique, ont prévenu : les classes moyennes ont une attente – et une angoisse – énorme vis-à-vis de l’école, première barrière contre le déclassement. Impossible donc de faire l’impasse sur ce dossier pour 2012. A six mois de l’élection présidentielle, après les grandes manifestations de la rentrée regroupant public et privé contre les suppressions de postes, il faut à tout prix que la photo soit bonne. « Venez jeune homme, on a besoin de visages jeunes devant ! » lance d’ailleurs un membre de l’organisation en tirant par la manche un jeune un peu rétif assis au fond de la salle du théâtre. Le journaliste-animateur Nicolas Rossignol, issu de l’écurie de Julien Courbet, assure le spectacle dans une ambiance talk-show un peu décalée.

Profil bas alors que l’école est exsangue ? Tout au contraire ! Luc Chatel, d’emblée, donne le ton de la soirée : « Je veux que vous soyez fiers du bilan de Nicolas Sarkozy dans ce domaine. Il faut être fiers du travail que nous avons fait. » Oubliés un instant les milliers de suppressions de postes, les enseignants-stagiaires lâchés sans aucune formation dans leurs classes, les ravages de la quasi-suppression de la carte scolaire, la crise sans précédent des vocations… Aucun de ces sujets ne sera abordé au cours de la soirée. D’où une impression d’un débat parfois « hors-sol », totalement irréel.

Le bilan sur l’école est formidable. Pour preuve, les résultats des dernières évaluations de CE1 et de CM2 qui révèlent « une meilleure maîtrise des fondamentaux ». Et qu’importe si ces évaluations ont été maintes fois contestées, si leurs résultats sont jugés « partiels, peu exigeants et donc trompeurs » par le Haut conseil à l’éducation (HCE) dans son dernier rapport… Les bonnes nouvelles sur le front éducatif sont si rares qu’il est difficile de faire la fine bouche.

Le statut de fonctionnaire

« Je suis fier qu’il y ait 300 collèges (ceux du dispositif ECLAIR — Ecoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite, le dispositif qui remplace les ZEP, Zones d’éducation prioritaire) où il y a une autonomie de recrutement, où les chefs d’établissements ont choisi leur équipe pédagogique. Quelque part, c’est révolutionnaire. Il faudra aller plus loin », lance ainsi le ministre en introduction à la convention UMP intitulée « Du savoir pour tous à la réussite de chacun ». C’est d’ailleurs tout l’esprit du projet présenté mardi : amplifier, généraliser les expérimentations qui tendent à une plus grande libéralisation du système éducatif.

Ainsi l’UMP propose d’accélérer l’autonomie des établissements pour l’instant uniquement expérimentée dans les ECLAIR. La proposition 10 indique clairement que « le renforcement de l’autonomie des établissements doit signifier la possibilité pour le chef d’établissement (principal de collège, proviseur de lycée, mais aussi, à terme, directeur d’école) de recruter librement son équipe enseignante et d’administration, en fonction du projet de son établissement ». Une mise en concurrence assumée du système de recrutement qui risque de renforcer les écarts entre établissements. Mais le but est également que les chefs d’établissement (à la manière de ce qui s’est déjà fait pour les directeurs d’hôpitaux) soient de véritables patrons, formés au management et eux-mêmes évalués. Pression et concurrence à tous les étages, donc, pour que, bien entendu, chacun donne le meilleur de lui-même.

Sur ce point, la philosophie du projet UMP est sans complexe : « L’école du futur doit être complètement transparente vis-à-vis des parents. Il faut qu’ils puissent mesurer les performances des établissements éducatifs », a souligné Luc Chatel. Et faire leur choix dans un système où la concurrence est naturellement synonyme d’émulation. Jean-François Copé raconte ainsi le « cauchemar » qu’il a vécu pour faire partir un principal de collège à Meaux « pas adapté »… Et l’on comprend bien que c’est au statut des fonctionnaires qu’il faut s’attaquer. La salle applaudit.

Double évaluation

L’autre mesure phare présentée mardi, censée aider à « revaloriser la place et l’autorité des professeurs », propose d’ailleurs de revoir en profondeur le statut des enseignants. Ce dernier intégrerait, en plus des heures de cours, « le tutorat, l’orientation, la concertation ». Un temps de présence accru contre une revalorisation du traitement des enseignants. Contrairement au parti socialiste qui avance aussi sur le sujet et négocie en coulisse depuis des mois avec les syndicats, l’UMP propose habilement que ce nouveau statut soit proposé « sur la base du volontariat ».

Cette redéfinition des missions pourrait aboutir à la création d’un nouveau corps qui concernerait les candidats à l’actuel Capes (le concours d’entrée) et qui serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat, stipule la proposition 15. Un nouvel avatar éducatif du travailler plus pour gagner plus en somme.

L’UMP, dans le droit fil de la politique menée ces dernières années, propose aussi que les enseignants soient désormais évalués par leurs chefs d’établissement, mais aussi par « un chef de département », un responsable disciplinaire. Là encore, pour motiver un corps enseignant trop peu stimulé sans doute.

Pour restaurer l’autorité dans les classes, une enseignante de maternelle invitée à débattre avec le ministre propose que le vouvoiement soit obligatoire dès la maternelle, suscitant le silence poli du ministre. Le principal d’un internat d’excellence fait lui l’éloge d’une des mesures emblématiques du quinquennat qui permettent d’exfiltrer les élèves « qui ont des capacités » de leurs quartiers difficiles pour leur offrir une chance de réussite. Comment en serait-il autrement d’ailleurs puisque ceux-ci signent en début d’année « un contrat sur la base de la notion de progrès » ? La contractualisation de la réussite est l’un des axes majeurs du programme UMP. On comprend que ces internats – extrêmement coûteux pour très peu d’élèves – seront pérennisés. Pour l’UMP, il s’agit que chaque élève trouve dans le système éducatif la place qu’il mérite.

Pour « les perturbateurs », ceux qui ont des problèmes de comportements, l’UMP propose de développer les établissements de réinsertion scolaires, expérimentés depuis cette année. Là encore, il faudra veiller à la poursuite du dispositif. « La mixité sociale, c’est bien gentil, assure d’ailleurs Jean-François Copé, à condition que ce ne soit pas pour être tiré vers le bas. »

Dans le projet présenté, le collège unique, cible constante de la droite, serait également aménagé pour permettre une orientation dès 14 ans de l’élève « vers une voie de réussite qui lui correspond ». Une orientation ultra-précoce « à la découverte des métiers », donc, pour laquelle les entreprises ont maintes fois montré un intérêt très modéré. A moins qu’il ne s’agisse de trouver une nouvelle porte de sortie aux élèves les moins performants… Pour Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille et en charge des questions d’apprentissage pour l’UMP : « Il faut mieux orienter nos jeunes dès l’école. Toutes les voies sont des voies royales dès lors qu’elles amènent à un métier. » Enthousiaste, un participant à la convention UMP glisse même qu’il serait bon que la découverte des métiers se fasse dès la maternelle.

A l’adresse des classes moyennes

L’école dont rêve l’UMP pour 2012 laisserait une place plus importante aux outils numériques. Jean-Michel Fourgous, député-maire d’Elancourt, grand adepte de la pédagogie numérique sur laquelle il doit rendre prochainement un rapport, fit frissonner la salle en parlant des perspectives de e-learning dans l’Education nationale. « Le numérique est un formidable atout de changement… Imaginez un prof d’anglais qui parle en visio-conférence en direct des Etats-Unis, avec son accent ! » Un rêve pour Bercy, indiscutablement. « En plus, avec cette tablette, vous pouvez évaluer l’élève en temps réel », s’extasie-t-il.

Pour le reste, la trentaine de propositions présentées mardi n’avaient rien de très nouveau : revenir sur les rythmes scolaires (et la semaine de quatre jours mise en place par Xavier Darcos), le ministère en parle depuis longtemps ; enseigner l’anglais dès 3 ans, Luc Chatel le propose depuis des mois.

Pourquoi cette assurance à proposer de poursuivre une politique qui a mis le monde éducatif en ébullition ? Parce que, pense la majorité, c’est ce qu’attendent « les classes moyennes ». « Le sujet éducatif est mûr dans notre pays. Les Français l’attendent », a, de façon un peu énigmatique, conclu le ministre de l’Education. Une phrase bientôt éclairée par l’intervention de Laurent Wauquiez à propos des frais d’inscription à l’université que la fondation Terra Nova, proche du parti socialiste, propose de tripler. « Le vrai sujet tabou en France, ce sont les classes moyennes. Ce n’est pas politiquement correct d’en parler. Ces “cochons payeurs” comme on dit chez nous... », bons à payer des impôts, mais qui ne reçoivent aucune aide de l’Etat « dès lors qu’ils ont le malheur de toucher deux Smic ». C’est à eux que le projet UMP s’adresse.

Dans ce contexte, la défiance envers le corps enseignant a été jugée exploitable. Car ce qui ressort des propositions de l’UMP pour 2012, c’est qu’elles jouent clairement les classes moyennes contre le monde éducatif. Une grande partie des propositions pour 2012 tournent significativement autour de la mise au pas d’un corps de fonctionnaires, enfin mis en concurrence. Sur ce point, ce qui a été initié ces cinq dernières années, carte scolaire, amorce de rémunération au mérite, doit donc être poursuivi.

Recrutés par le chef d’établissement (donc beaucoup plus soumis à son autorité comme dans les établissements privés), toujours plus évalués, les enseignants travailleront plus et mieux, veut croire la majorité. Le tri des élèves tout au long de leur scolarité « pour ne pas être tiré vers le bas », comme le souligne le président de l’UMP, s’inscrit dans le droit fil des analyses sur la peur du déclassement des classes moyennes menées par le sociologue Eric Maurin. Parfois explosives, toutes les propositions de l’UMP ne seront sans doute pas reprises par Nicolas Sarkozy. Mais le ton et l’angle d’attaque de la campagne sur l’école sont bel et bien donnés.

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:22

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http://www.bastamag.net/article1888.html



Posée dans l’océan Indien, entre Madagascar et le Mozambique, Mayotte est secouée depuis six semaines par une violente révolte sociale : manifestations, barrages routiers, violences contre les personnes, pillage de magasins. Plusieurs personnes ont été blessées, parfois grièvement. Un homme est mort. Si le prétexte de départ est « la vie trop chère », ces émeutes font émerger des problèmes plus profonds.



C’est d’abord contre la vie chère que les Mahorais ont décidé de protester, dans le courant du mois de septembre. Dans cette petite île de 374 km², confetti de l’empire colonial français, les prix sont en moyenne 30 % plus élevés qu’en métropole. Et le Smic local est fixé à 85 % du Smic national. Surnommée « révolte des mabawas » – ailes de poulet en langue shimaoré, aliment très prisé à Mayotte –, la protestation s’est amplifiée et durcie au fil des semaines.

Le 17 octobre, le syndicat FO a signé, avec le Medef local et la grande distribution, un accord sur la baisse des prix des neuf produits de première nécessité, dont le gaz, les mabawas et le riz. Mais cela n’a pas calmé la colère de tous, loin s’en faut. Et les affrontements, musclés, avec la police se sont encore durcis après la mort d’un manifestant, le 19 octobre. Des barrages ont été dressés un peu partout sur l’île. Les batailles à coups de barre de fer et de cocktails Molotov ne sont pas rares. Réprouvés par les syndicats (notamment CGT et CFDT) qui encadrent la grève générale et les manifestations non-violentes, ces barrages sont souvent tenus par des jeunes, dont certains n’ont pas 10 ans.

Expulsés de leurs terres

Menacés de pillage, les commerces ont baissé leurs rideaux. Les stocks ont fondu, l’activité portuaire étant paralysée. L’économie, déjà fragile, de l’île est exsangue. Le secteur du tourisme est quasiment stoppé. Idem pour celui du bâtiment, faute de déplacements possibles vers les chantiers. Plus de 2 000 salariés ont été mis au chômage partiel, sur les 17.000 actifs recensés dans le secteur privé.

Longtemps indifférent, le gouvernement a finalement décidé d’envoyer un négociateur. Comme l’a dit Nicolas Sarkozy en 2010, sous les hourras d’une foule en liesse : « Mayotte, c’est la France. » Opposée à l’indépendance lors du référendum de 1974, tandis que les autres îles comoriennes votaient en faveur de la séparation, Mayotte est devenue en avril dernier, au terme de plusieurs consultations de la population, le 101e département français, et le cinquième département d’outre-mer.

Ardemment souhaitée par une population désirant bénéficier des avantages, notamment sociaux, offerts par la France, la départementalisation pose de nombreux problèmes. La pagaille qui règne désormais en matière de droit foncier est sans doute l’un des plus douloureux. Avec la mise en place du cadastre, de nombreuses personnes dépourvues de titres de propriété formels (et notamment les plus pauvres) se retrouvent expulsées de leurs terres, désormais propriétés de l’État. Pour payer leurs impôts fonciers (inexistants auparavant), beaucoup de Mahorais vont être contraints de vendre des lopins sur lesquels ils vivent, voire cultivent la terre, depuis plusieurs générations. Et pour que les minima sociaux atteignent les niveaux de ceux de la métropole, il faudra patienter vingt-cinq ans. Une éternité quand on a moins de 20 ans, comme 56 % de la population.

La moitié des expulsions françaises ont lieu à Mayotte

Un autre gros souci que la départementalisation n’a pas résolu, et même sans doute accentué, c’est l’immigration. Le statut à part de Mayotte, et son PIB neuf fois supérieur à celui des îles voisines, favorise une forte immigration clandestine. Selon le recensement de l’Insee en 2007, le nombre d’immigrés clandestins – Comoriens pour la plupart – est de 60 000, soit près du tiers des 186 000 habitants de l’île. Pour limiter cet afflux, le gouvernement français a décidé, à partir du milieu des années 1990, de mener une politique musclée de reconduites aux frontières.

Résultat : en 2010, plus de 20 000 personnes ont été expulsées de Mayotte, soit la moitié du nombre d’expulsions opérées par la France cette année-là ! Parmi ces personnes reconduites, des milliers de mineurs. Un droit dérogatoire permet de faire à Mayotte ce qui est interdit en métropole. Denis Robin, conseiller de François Fillon aux affaires intérieures, et négociateur mandaté par le gouvernement pour apaiser la situation, osera-t-il aborder cette question délicate ? Pas sûr. En 2008, alors qu’il était préfet de Mayotte, Denis Robin a encouragé la population à seconder l’État dans sa traque aux clandestins. Ce qui a entraîné une sympathique ambiance de délation…

Vers une économie autonome ?

Les échanges à partir du lundi 7 novembre réuniront Denis Robin, des sénateurs et députés locaux, des maires, le président du conseil général ainsi que des représentants syndicaux. Les négociations n’ont pas pu se tenir lundi : l’intersyndicale a quitté la table car FO, seul signataire de l’accord du 17 octobre, y siégeait aussi. Les négociations risquent en outre de se concentrer sur le volume des aides financières de la métropole, ce qui ne résoudra que partiellement le problème. Puisque, comme l’a souligné le sénateur Thani Mohamed Soilihi, « on a d’un côté des prix élevés et, de l’autre, une insuffisance de ressources » . Parmi les pistes évoquées pour aider Mayotte à relever la tête : le développement d’une agriculture locale, qui permettrait de diminuer le stock des importations. Ou le développement d’un tourisme à haute valeur ajoutée géré par des Mahorais plutôt que par des métropolitains.

La coopération régionale avec les Comores voisines est une autre solution avancée par divers acteurs qui estiment urgent de combler le déséquilibre entre ces confettis frères. Pour mettre fin à la dislocation de l’archipel, d’autres parlent aussi du retour de Mayotte dans le giron des Comores, notamment l’union africaine et... l’ONU ! En 1974, les Nations Unies ont en effet voté une résolution réaffirmant l’intégrité et l’unité de l’Archipel des Comores. Ce que ne manquent pas de rappeler certains manifestants, fatigués par l’attitude de la métropole.

Nolwenn Weiler

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:18

Transcription complète de l’intervention de Noam Chomsky le 2 novembre 2011 à la conférence de Sydney Peace Prize, « Pacifisme Révolutionnaire : Choix et Perspectives », devant 2000 personnes qui lui ont réservé un « standing ovation ».

 

ch.pngcliquez sur la photo

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:14

sob.pngNon seulement la rigueur que l’on impose aux peuples est injuste, détruit des vies, les espérances d’avenir d’une jeunesse qui est condamnée à s’ajuster à ce monde là, mais elle est totalement inefficace parce que les politiques de rigueur ne réduiront pas les dettes souveraines s’il y a récession. Et il faut comprendre que même si on limitait la crise européenne au seule problème des dettes souveraines (ce qui serait complétement erroné), la solution n’en serait pas une. A ce seul niveau sont désormais enchevêtrées les questions financières, économiques et politiques. Cette imbrication est telle que toutes les solutions adoptées creusent le gouffre de l’endettement et provoquent de nouvelles instabilités, l’impossibilité d’aller vers des solutions dites démocratiques, le respect des choix citoyens. Il y a donc la nécessité de penser un changement global.


La soumission aux diktats du marché mène à la récession,


Nous sommes en effet dans une situation que l’on pourrait résumer de la manière suivante: l’Europe est une machine à plier devant les diktats des marchés financiers comme elle tente d’organiser le consensus autour de ces diktats.

On a souligné l’incohérence (apparente) d’une BCE qui prête aux Banques à 1% tandis que les banques prêtent au meilleur des cas à 4% voir beaucoup plus suivant les notations. Et il faut considérer le fait que cette BCE  n’a pas pu agir ne serait-ce comme la FED c’est-à-dire payer la dette grecque en évitant la récession en émettant des liquidités.

Ne croyez pas pour autant par parenthèse que les Etats-Unis qui sont venus  au G 20 donner un bulletin de satisfecit à Nicolas Sarkozy s’en sortent mieux. Il s’agit d’ un pays qui est plus proche de la faillite que l’Italie ou l’Espagne. Le pays aux 49 millions de pauvres, au taux de chômage qui ne baisse pas malgré les centaines de milliards de dollars jetés par les fenêtres et tombées dans l’escarcelle de Wall Street et du complexe industrialo-militaire. Un pays qui a un secrétaire au trésor, Tim Geithner tellement inféodé à Wall Street que l’administration étatsunienne a perdu toute marge de manoeuvre.  Le président Obama est devenu l’image douloureuse de la dépendance politique totale et de l’incapacité à adopter une politique nationale ou internationale qui ne corresponde pas aux voeux d’un capital financiarisé et militarisé, donc toujours condamné à céder devant l’extrême-droite républicaine. Un pays qui a la dette tellement colossale qu’on n’arrive plus à compter les zéros, à l’immobilisme politique total avec des républicains et démocrates qui ne sont même pas parvenus à un vrai accord sur le plafond de la dette, au plan d’austérité inexistant, à la monnaie dont tout le monde, Chinois en tête, se demande comment s’en débarrasser.

Obama, totalement pris en otage et en mauvaise passe électorale lui-même, est venu  féliciter Nicolas Sarkozy, de quoi exactement ?

De ce que les marchés réclamaient depuis des mois: une gouvernance économique européenne. Ils l’ont. L’Allemagne a pris le leadership de l’Europe. Angela Merkel ne voulait aucun compromis quitte à laisser le rôle d’aboyeur face à  Papandréou et à Berlusconi à Sarkozy, celui-ci devenu une sorte de capo dans le stalag européen. Ce sera un plan de sauvetage allemand ou rien. Et toute l’Europe s’est inclinée. La dette grecque à 50%, la recapitalisation des banques, un Fonds de stabilité raisonnablement augmenté, c’était le plan allemand. Mais merkel a ajouté des nouvelles exigences : une réforme des retraites en Italie, le départ de fait de Berlusconi au printemps 2012 et… l’obligation pour la France de venir avec un plan crédible de réduction du déficit budgétaire. Et elle a tout obtenu.

Et la politique, l’expression démocratique, ce qu’on peut attendre des élections est un peu plus déconsidérée non seulement à cause des marionettes grecque et italienne, des pantins de foire surlesquels on s’amuse à jeter des balles pour les faire chuter mais parce que les autres ne vallent pas mieux, à commencer par Sarkozy qui revient comme un quelconque Berlusconi appliquer un plan de rigueur. Il ne peut le faire que parce qu’il n’y a pas d’alternative réelle, les autres candidats de la présidentielle à commencer par le challenger sont aux abonnés absents.


On ne peut pas résoudre la dette en cas de récession


Oui mais voilà chacun aura compris qu’à la crise économique et financière provoquée par la pression des « marchés » ne résoud rien du tout parce que l’enjeu réel est le taux d’emprunt et la grande peur française autour du triple A parce que dès hier la pression s’est faite sur l’Italie et que le prochain client du jeu spéculatif pourrait être la France.

Tant que l’on cédera à ces jeux spéculatifs que ce soit sous la forme étatsunienne en déversant du dollar vers wall street et le complexe industrialo militaire ou sous la forme européenne en imposant des programmes d’austérité ce sera aller plus avant dans la crise. D’abord il faudra dans quelques mois renégocier la dette d’autres pays que la Grèce. Car même avec les programmes d’austérité imposés par l’Allemagne, l’endettement augmentera. Pourquoi ? Parce que la croissance ne sera pas au rendez-vous. Le nouveau président de la banque centrale européenne, Mario Draghi a parlé d’une « recession douce » en Europe ce qui est une litote et on peut accumuler tous les programmes d’austérité que l’on veut le déficit ne peut pas reculer en cas de récession.

Effectivement le problème est bel et bien politique puisqu’il reflète un rapport de forces capital travail qui est largement à l’origine du mal puisqu’il s’agit d’un endettement que l’on a prétendu substituer à l’insuffisance des salaires comme à celui du paiement à son juste prix des matières premières et une progression croissante des investissements de l’Etat en particulier dans les dépenses militaires autant qu’un tribut accordé à la financiarisation au dépend des dépenses productives et des services publics. Toutes les institutions dites démocratiques ont été conçues pour maintenir cette ligne ultralibérales et pour contenir la protestation populaire. Donc il faut bien envisager un mode d’intervention populaire susceptible de transformer ce rapport capital travail. la preuve étant faite que toutes les régulations proclamées, à commencer par la lutte contre les paradis fiscaux sont restées lettre morte et que seule subsiste le solution mortifère et inefficace de l’austérité pour les peuples.


Ne pas renoncer à la croissance mais en changer de modèle


Quelle solution? Il est absolument nécessaire de lutter donc contre la récession mais en changeant le modèle de croissance. Nous sommes en effet devant une croissance qui est restée depuis des années poussive, qui s’est combinée avec une chômage important et une précarité trés grande en particulier pour la jeunesse. cette croissance même quand elle atteignait 2 à 3% n’était pas suffisante pour permettre le développement des pays du sud et le rôle de la Chine a été par son effet de masse avec d’autres pays du Bric d’impulser un autre type de croissance mais celui-ci est resté trés lié à la croissance occidentale dans son modèle, marchand et destructeur des énergies et de l’environnement. de surcroît depuis 2007 et la crise dite des subprimes, cette croissance poussive glisse vers la récession sans pour autant en finir avec l’inflation, nous sommes en deflagation. C’est-à-dire que l’euro continue à être élevé et que les prix continuent à grimper alors même que la récession est là: la main invisible du marché est décidemment atteinte de parkinson…

Nous sommes à un moment où il faut repenser l’ensemble et on ne peut le faire qu’en plaçant au coeur d’une nouvelle croissance non plus le profit et le marchand mais la justice sociale et une mode de convergence avec planification dans le respect des souveraineté.

Paradoxalement des voix s’élèvent du côté des économistes les plus inféodés au capital, non seulement pour dénoncer comme nous le faisons ici la contradiction indépassable entre politiques de rigueur et récession mais pour exiger un nouveau modèle de développement. Les mêmes bien sûr dénoncent « la consommation » et donc en reviennent à la rigueur. Pourtant il y a là une réflexion que nous ne pourrons pas éviter sur un développement basé uniquement sur la marchandise, le consumérisme et qui sacrifie de plus en plus le développement humain, la santé, l’éducation c’est-à-dire les services publics. Au contraire il ne s’agit pas d’envisager une décroissance mais une croissance sur d’autres bases respectueuses des êtres humains et de l’environnement sur la base de la justice sociale et des souverainetés.

Tout ce qui va à l’encontre de cette nécessité doit être dénoncé à commencer par l’austérité imposée aux peuples, il eut été important de soutenir les luttes du peuple grec non seulement par solidarité mais parce qu’il s’agit de notre propre sort. Mais il faut tout autant lutter contre le bellicisme inhérent à ce capitalisme à son stade sénile, dont concurrence et pillage sont les maîtres mots. Il faut enfin prendre conscience que tout est fait pour que la solution politique soit un leurre parce que l’issue en sera toujours aujourd’hui l’élection d’un candidat qui acceptera « la rigueur » c’est-à-dire la mission impossible de saigner les peuples alors même que la question des dettes souveraines aura d’autant plus d’impact que ces politiques entraînent la récession. Un candidat acquis à cette Europe là autant qu’aux expéditions de l’OTAN. Quitte à jouer avec une instabilité permanente autour de personnages déconsidérés.

Mais l’essentiel est de proposer dans un contexte de solidarité accru entre les peuples ce nouveau modèle de croissance qui se donnera les moyens de maîtriser ce qu’on appelle « les marchés » et qui n’est que l’impérialisme sous sa forme financiarisée, ce qui aujourd’hui ne peut avoir lieu dans le contexte européen. Nous en sommes loin et il n’y a pas un candidat aux présidentielles qui porte ces nouvelles exigences politiques, financières, économiques et même culturelles car il s’agit d’un changement de civilisation. j’approuve la position des camarades grecs qui tout en menant une lutte résolue contre les divers plans imposés à la Grèce affirment que l’on ne pourra pas trouver de solutions sans poser la question du socialisme, de la transformation du rapport capital travail et sans pour cela poser la question de la propriété capitaliste. Mais je considère que nous devons approfondir notre réflexion sur les conditions du développement de l’initiative populaire autant que sur un nouveau modèle de croissance dans lequel ce socialisme devrait s’engager.

 Socialisme ou barbarie disait Rosa Luxembourg en dénonçant la guerre impérialiste, l’alternative est plus que jamais là.


Danielle Bleitrach

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 19:25

7nov.jpgTraduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Conférence de presse d'Aleka Papariga, secrétaire-générale du Comité central du KKE, ce 7 novembre, sur la formation d'un nouveau gouvernement à partir des forces des deux partis bourgeois du pays, le social-démocrate PASOK et le parti de droite Nouvelle démocratie, qui a également le soutien du parti nationaliste LAOS. Aleka Papariga a appelé la classe ouvrière, les couches populaires à faire tomber ce gouvernement aussi vite que possible par leur lutte. Elle a insisté sur la nécessité de constituer un front populaire socialpour renverser le pouvoir des monopoles, les socialiser, pour retirer la Grèce de l'UE et de l'OTAN et annuler la dette.

 

Intégralité de la déclaration introductive de la secrétaire-générale du Comité central du KKE à la conférence de presse :

 

« Un gouvernement du front obscur des partis du capital est sur le point d'être formé, un gouvernement du capital en personne, avec l'UE dans le rôle du chef d'orchestre. Ce gouvernement va être formé pour imposer les intérêts du capital Grec et Européen dans des conditions de crise et de rivalités, pour faire face aux tensions exacerbées dans l'UE et pour soumettre le peuple. De façon ostensible, l'UE a fait pression sur la Nouvelle démocratie et le PASOK pour qu'ils forment ce gouvernement. En réalité, ces pressions se retournent contre le peuple. Nous affirmons sans le moindre doute que ce gouvernement ne va pas s'occuper de la dette ou des déficits, ou du fond de la crise, si vous préférez, il ne va même pas s'occuper de la possibilité d'une faillite incontrôlée.

 

Éviter la faillite dans les prochains mois ou/et les prochaines années ne dépend pas de la combinaison politique de gouvernement que les divers gouvernements bourgeois pourraient réaliser, que ce soit une coalition gouvernementale ou un gouvernement avec un seul parti à sa tête etc. La question de savoir si il y aura des partis supplémentaires dans la coalition, nous le réaffirmons, est fondamentalement liée à une pédagogie de la soumission du peuple, car le problème de la crise est plus profond, il concerne le système capitaliste même et non sa gestion.

 

Le peuple doit savoir la chose suivante : que ce qu'il a vécu dans la période précédente, il va le revivre maintenant. Pour commencer, ils vont prendre des mesures anti-populaires, anti-ouvrières et après le versement sera payé, et en fait nous allons maintenant entrer dans le nouveau cycle de versements du nouveau mémorandum. Nous ne croyons pas le moins du monde que l'initiative de G.Papandreou de procéder à un référendum 'Euro ou Drachme' est ce qui a mené à la formation d'un gouvernement de coalition. Ils se préparaient pour cela depuis longtemps, bien sûr cela a été la bonne occasion.

 

Le capital dans notre pays et dans l'UE veut imposer un gouvernement fort et énergique. Et en fait, si vous y regardez de plus près, il est même allé plus loin que ce qu'il louait déjà auparavant au Portugal, où l'opposition avant les élections avait déclaré qu'elle serait d'accord sur tout et voterait tout. Ce n'était pas assez. Il ne veut pas de la Nouvelle démocratie comme parti d'opposition qui, clairement pour des motifs d'opposition tactique et non pour des raisons stratégiques a voté contre ces mesures, affirmant bien entendu comme il l'avait déjà dit qu'il respecterait les engagements du gouvernement précédent. Il voulait une alliance gouvernementale unitaire.

 

Une bonne partie du peuple, mais ce qui est étrange c'est que certains politiciens font aussi comme si c'était le cas, s'est sentie humiliée par les interventions de l'UE et par les déclarations de Merkel et de Sarkozy. Nous disons les choses clairement. Si le peuple ne veut plus se sentir humilié, ce qui à l'avenir, si rien ne change, sera bien pire, si il veut être libéré de ce sentiment d'humiliation il doit, avant tout, se libérer du pouvoir des monopoles dans notre pays, se retirer de l'UE. Autrement, de telles humiliations continueront à exister, et nous le redisons, elles seront bien pires à l'avenir.

 

Le patriotisme de notre temps pour nous, c'est : socialisation des monopoles, pouvoir populaire et ouvrier, retrait de l'UE, ce qui dans les conditions actuelles, implique également l’annulation unilatérale de la dette.

 

Ce gouvernement ne va pas être mis en place juste pour quelques mois. Ils ont l'intention de tirer sur la corde le plus longtemps possible. Mais même si il ne restait que quelques mois, il prendrait des mesures qui touchent la vie, les conditions de vie et les droits du peuple sur les dix à quinze prochaines années.

 

Et en fait, le FMI parle d'un gouvernement sur deux ans. Nous appelons la classe ouvrière, les couches populaires à faire tomber ce gouvernement par la lutte le plus rapidement possible, à lui rendre la vie impossible, à utiliser toutes les difficultés que puisse rencontrer la nouvelle coalition gouvernementale (du neuf avec du vieux, mais neuf pour ce qui est de sa composition unitaire) et à rendre son existence aussi brève que possible, avant que des décisions définitives soient prises, et à imposer les élections. Ce qu'il faut bien sûr ici, c'est une lutte sans précédent et particulièrement que les travailleurs, les couches populaires qui croient encore dans le PASOK et la ND n'aient aucune inhibition à ce sujet, ils ne doivent avoir aucune illusion sur le fait que cette alliance puisse améliorer les choses. Elle est mise sur pied pour porter le pire, et même bien pire que ce que nous avons déjà vécu. Le peuple a une arme supplémentaire aujourd'hui, qui n'est pas seulement la justesse de sa cause et l'expérience acquise dans la période récente et dans le passé, mais aussi le fait que l'UE rencontre des difficultés sérieuses. Les gouvernements de l'UE ne peuvent pas gérer la crise, le système politique en Grèce est sous tension, et c'est pour cette raison qu'ils ont été contraints de monter une coalition gouvernementale alors qu'ils ont bien du mal à sauver le système d'alternance des deux partis au gouvernement.

 

Le peuple ne doit pas nourrir d'inquiétudes sur les faiblesses du système bourgeois, les inquiétudes et les dilemmes qui sont les siens. Les dettes, déficits, tout cela, le mémorandum, les programmes à moyen-terme, qu'ils soient adoptés ou non, ce sont les inquiétudes de la classe dirigeante de notre pays et les partis qui la servent et le peuple ne doit pas être inquiet sur la façon dont les choses se dérouleront.

 

Le peuple ne doit se préoccuper que d'une seule chose : comment il va être en mesure de mettre en échec et d'inverser ces mesures, comment il peut être en mesure d'être victorieux.

 

Ils menacent le peuple Grec d'exclusion, d'exclure la Grèce de la zone Euro. Le peuple doit se servir de cette menace, relever la tête et dire : Avec notre résolution, avec notre force, avec notre projet, à partir de maintenant, nous allons nous retirer de l'UE.

 

Ce n'est pas impossible ; il est possible dans les prochaines années que l'UE ne ressemble plus à ce qu'elle est aujourd'hui. Des pays peuvent être exclus de la zone Euro, de l'UE, l'UE pourrait exploser, et quelque chose d'autre pourrait prendre sa place. Il y a même des discussions pour transformer l'UE en une organisation du type États-Unis d'Amérique. Ils envisagent même d'abolir l'organisation en États-nations par décret politique. Parce que c'est un moyen pour pousser le peuple à se soumettre, à cesser son activité militante. Et ensuite, c'est aussi un moyen de s'assurer que la lutte entre les monopoles soit menée dans les meilleures conditions possibles pour eux. Ce plan ne pourra pas par contre abolir les crises en système capitaliste, les rivalités et les fractures.

 

Et puisque l'opportunité se présente, sachant que les médias continuent de dire que Mme. Papariga affirme que si nous retournons à la Drachme certains vont spéculer dessus, clarifions les choses. Sur la question particulière Euro ou Drachme, notre réponse était qu'il y a des fractions du capital, non seulement en Grèce mais dans d'autres pays également, qui sont intéressés à ce que la Grèce reste dans l'UE et quitte la zone Euro car leur position économique dans le système est vouée à la spéculation. Cependant, notre réponse, c'est : retrait. Car nous n'allons pas nous ranger du côté des spéculateurs de l'Euro ou des spéculateurs du Drachme. Ainsi, nous considérons que les intérêts du peuple ne seront pas servis par un front général « anti-memorandum », peu importe qu'il se proclame progressiste, patriotique ou de gauche. Jusqu'à présent, la Nouvelle démocratie se rangeait parmi les forces contre le mémorandum et vous verrez bien où ils vont finir. Il s'agit bien sûr d'un choix réfléchi, elle n'a pas changé de camp. Quel sens aurait un front contre le mémorandum, de gauche, progressiste ?

 

Le front dont nous avons besoin aujourd'hui ne doit pas être juste un front « anti ». Il faut qu'il dise où le peuple doit aller. Et cela détermine son caractère « anti ». Donc nous parlons d'un front populaire social pour le renversement du pouvoir des monopoles, pour leur socialisation, pour le contrôle populaire et ouvrier, pour le retrait de la Grèce de l'UE et de l'OTAN et bien sûr tout cela implique l’annulation de la dette. Nous ne voulons des politiques anti-ouvrières ni avec l'Euro ni avec le Drachme.

 

De ce point de vue, tout front contre le mémorandum de ce type n'est pas seulement temporaire – il éclatera tôt ou tard – mais constituera un des remparts qui protégera la classe bourgeoise qui d'une part veut d'un front clairement conservateur-réactionnaire mais qui dans le même temps peut utiliser un front de ce type pour se constituer une forme de protection. Car quiconque qui lutte dans le cadre de l'UE, en termes de négociations et de changements dans les combinaisons politiciennes, ne constitue pas une menace pour le système. L'action commune avec le KKE constitue une des conditions préalables irremplaçables, nous ne prétendons pas que c'est la seule, mais c'est une condition préalable essentielle pour que ce front populaire social – des germes de ce front existent déjà – puisse se constituer et riposter.

 

Dans le même temps, nous estimons que des fronts de lutte doivent se développer immédiatement, dès demain si possible, avec des exigences mises à jour sur la base des sept points de la feuille de route. De nouvelles revendications spécifiques apparaissent. Je ne vais pas les détailler. Par exemple : sur les caisses de sécurité sociale, le « haircut » revient à un « haircut » de 50% pour les banques et les caisses de sécurité sociale ; sur les accords collectifs de branche, le budget à venir va encore plus couper dans les dépenses, je ne sais même pas si il va laisser quelque chose pour l'éducation, la santé, les allocations-sociales, les crèches, pour les personnes âgées, pour les personnes qui ont des besoins particuliers, pour les problèmes spécifiques des femmes et des jeunes ; le chômage, armée industrielle de réserve, la soi-disant libéralisation des professions. Je ne mentionne ici que quelques exemples, je ne présente pas une plate-forme revendicative générale. Par ailleurs, les fronts de lutte émergent du peuple même, dans les quartiers, dans les entreprises. Néanmoins, ces fronts de lutte doivent viser à mettre en échec ces mesures, à les empêcher, à faire tomber le gouvernement. A des élections maintenant.

 

Et bien sûr qu'après les élections, le peuple doit créer les conditions d'une riposte forte. Ile ne faut pas oublier qu'il y a d'autres questions également : L’Égée, les droits souverains dans la mer Égée, le tribunal de la Haye qui va trancher sur le nom de la République de Macédoine – ce n'est pas la question du nom qui nous concerne mais d'autres questions qui ont à voir avec les frontières, la Constitution, etc. Ce sont des événements qui se produisent actuellement et le peuple ne peut rien attendre des déclarations programmatiques du gouvernement. Les déclarations programmatiques du gouvernement sont connues de tous. La manière dont les choses vont évoluer va faire que cela va être bien pire que dans la période précédente. Par conséquent, nous devons lutter immédiatement en utilisant toutes les formes de lutte – grèves, manifestations, comités populaires à la base, alliance sociale à la base. Il ne peut y avoir d'entreprise ni de quartier populaire sans foyer d'action et de lutte. Ils doivent tous converger dans un torrent massif pour le renversement du pouvoir des monopoles. Il n'y a pas d'autre solution alternative aujourd'hui. »

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 19:10

arton5807.pngUn chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Mokhtar Belmokhtar, affirme que son organisation a acquis des armes libyennes durant le conflit ayant abouti à la chute de Mouammar Kadhafi, dans un entretien avec une agence mauritanienne privée d’information en ligne.

Il a par ailleurs indiqué qu’Aqmi réclamait toujours le retrait des troupes françaises d’Afghanistan en contrepartie des otages français que détient au Sahel cette organisation ayant fait allégeance à Al-Qaïda et à son chef Oussama ben Laden, tué au Pakistan le 2 mai 2011.

"Les combattants d’Aqmi ont été les plus grands bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe (...) et pour ce qui est de l’acquisition, par nous, de l’armement en Libye, c’est une chose tout à fait normale", a déclaré Mokhtar Belmokhtar à l’Agence Nouakchott Informations (ANI).

Cette agence de presse a régulièrement publié par le passé des communiqués ou des déclarations de membres d’Aqmi sans jamais avoir été démentie.

M. Belmokhtar, qui est d’origine algérienne, n’a pas donné de détails sur les armes reçues par son organisation alors que de nombreux spécialistes se sont déjà inquiétés de la dissémination d’armes libyennes au Sahel à la faveur du conflit en Libye.

Il a par ailleurs déconseillé aux ex-rebelles libyens de déposer les armes après la mort de Kadhafi, tué le 20 octobre.

Il a estimé que les "armes aux mains des combattants (ex-rebelles libyens) constituent le gage de leur gloire et de la réalisation des objectifs de la révolution qui restent la mise en place d’un régime islamiste" en Libye.

Le dirigeant d’Aqmi a reconnu l’existence de "relations idéologiques" entre son organisation et les "jeunes combattants islamistes" libyens, affirmant toutefois : "Nous n’avons pas combattu avec eux, sur le terrain, contre les forces de Kadhafi".

Selon lui, de "jeunes islamistes, des jihadistes (...), ont constitué le fer de lance de la révolution en Libye".

S’agissant des quatre otages français toujours détenus, il a indiqué qu’Aqmi réclamait toujours le retrait des troupes françaises d’Afghanistan en contrepartie de leur libération.

"Notre direction avait exigé pour leur libération la sortie des forces françaises d’Afghanistan, ceci reste entièrement valable. Nous n’avons pas changé d’objectifs", a-t-il affirmé.

Quatre Français enlevés par Aqmi le 16 septembre 2010 à Arlit (nord du Niger), site d’extraction d’uranium, sont toujours retenus en otages.

En octobre, le ministre français de la Défense Gérard Longuet avait indiqué qu’ils étaient vivants. "Il y a des négociations, rien ne peut être dit, le fil n’est pas rompu", avait-il assuré.

M. Belmokhtar a également accusé le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz de mener une guerre par procuration contre Aqmi au profit de la France. Mais "le principe de la mise à l’écart de la Mauritanie (dans) cette confrontation peut faire l’objet de discussion", a-t-il indiqué.

"Le régime (mauritanien) avait suggéré à nos frères (des jihadistes) libérés (après une amnistie du président mauritanien) de nous envoyer une mission de religieux pour discuter avec nous des principes et objectifs de notre combat. Nous l’avons accepté et nous continuons toujours de l’accepter et de l’attendre", a-t-il dit.

Aqmi opère dans une vaste zone englobant plusieurs pays du Sahel, dont le Niger, l’Algérie, la Mauritanie et le Mali, où cette organisation se livre à des attentats, des enlèvements - notamment d’Occidentaux - et divers trafics.

 

(Mercredi, 09 novembre 2011 - Avec les agences de presse)

http://www.aloufok.net/spip.php?article5807

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 19:07

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dessin : Jacques TARDI

 

Même si je ne l’oublie jamais, à l’approche du 11 novembre la chanson de Craonne se fait de plus en plus présente sur le bord de mes lèvres. Présence forte des mots : « Ceux qu’ont le pognon, ceux-là reviendront…Car c’est pour eux qu’on crève… Mais c’est fini, nous, les trouffions… On va se mettre en grève… », ravivant le souvenir des oubliés de 1917, des contestataires, des décimés du capital auxquels on accorde même pas de nos jours une réhabilitation estompant un tant soit peu les humiliations subies par les familles des ces suppliciés. La pensée unique n’aime pas que l’on sorte du chemin unidirectionnel qu’elle trace…



En cette année 2011 où l’hégémonie du capitalisme se fait de plus en plus forte, pour la France, année de guerre aussi, -en Afghanistan, en Libye, de temps en temps pour prêter main forte à quelques autocrates africains-, effrayé par ces abominations mes souvenirs reviennent aussi vers Jaurès, autre victime de la barbarie des exploiteurs.

Il fut celui qui ne voulait pas de la grande boucherie, mais que n’avait-il pas dit !

S’opposer à une guerre voulue afin de canaliser les ardeurs des populations qui commençaient à s’opposer au système capitaliste, dénoncer une guerre qui coupait court à la contestation en occupant le prolétaire, cela ne se fait pas ! Il faut alors éliminer ceux qui pourraient donner des idées subversives à la populace comme on appelait le peuple pour marquer le peu de cas que l’on faisait de lui. On le fit tuer pour le faire taire. Portant sa pensée est restée, car nul impérialisme, même le plus vil comme le capitalisme ultralibéral, ne pourra effacer la voix de la raison.

Cependant, il est assez surprenant de constater que certains parmi ceux qui se réclament de la pensée du grand homme ont apparemment perdu la mémoire. Je pense aux socialistes français qui font souvent référence au pacifiste que fut Jaurès et qui plein de morgue ont voté la poursuite de la guerre en Libye.

Le pire sans doute c’est que les circonstances étaient les mêmes qu’en 1914 où planait sur l’avenir guerrier l’ombre des maîtres de forge. Dans le même ordre d’idée, manipulée par l’impérialisme de l’OTAN, l’ONU a pondu une résolution alibi qui avait l’odeur du baril de pétrole. D’ailleurs, l’ONU a perdu dans cette affaire le peu d’indépendance et de crédibilité qui lui restait étant devenu de fait la caution de l’hégémonie impérialiste de l’Alliance Atlantique. Cela n’a pas empêché le capital de maquiller cette intervention coloniale, guerre uniquement au service de profits pour l’actionnariat, en guerre humanitaire. Sous le silence de la gauche d’accompagnement (PS), voire aussi d’inconscients plus à gauche -on peut citer entre autres ceux qui ont voté pour l’application de la résolution au parlement européen, à l’évidence il fallait être peu fin politique pour tomber dans le piège de la magouille politique concoctée par Obama, Cameron et Sarkozy ; le comble de l’hypocrisie c’est qu’en approuvant la résolution ils savaient pertinemment que l’OTAN interviendrait, et pour se dédouaner hurlèrent à l’ignominie lorsque celle-ci le fit.

Comme de bien entendu tout ce préparatif guerrier fut orchestré par des médias complaisants au service de la pensée unique. On a même put lire dans la presse politique se voulant de gauche un article au titre abominable : « La guerre du moindre mal ! ».

Comme si une guerre pouvait être un moindre mal car ce serait oublier trop vite les 70 000, ou plus, victimes libyennes ; en somme, les habitants de la ville de Bourges que l’on aurait assassinés pour pouvoir mettre encore pendant quelque temps du carburant dans la bagnole de l’employé de banque du pays surdéveloppé.

S’appuyant sur une campagne médiatique orientée afin de formater au consentement, les va-t-guerre capitalistes utilisèrent comme justificatif la mauvaise image de marque dont jouissait déjà Kadhafi pour affirmer que ce gêneur allait commettre des massacres abominables, ce qui n’était qu’une hypothèse hasardeuse car en effet, bien qu’il lançât des anathèmes expiatoires en direction des insurgés, il prétendait aussi vouloir négocier. On ne peut donc pas faire la guerre sur des suppositions surtout quand il s’agit de s’ingérer dans la souveraineté d’un pays pour uniquement récolter les fruits de la manne pétrolière. Le bilan affreux de cette guerre prétendue humanitaire est une honte pour ceux qui la commanditèrent, pour ceux qui se turent devant une perspective catastrophique, puisque le massacre d’innocents n’ayant pas suffit on a assassiné un dictateur sans autre forme de procès pour l’empêcher de parler, dictateur que l’on a aussitôt remplacé par une dictature religieuse intégriste classant les femmes au même rang que le reste du cheptel appartenant au male dominant…

L’histoire ressemble parfois au présent, cela n’empêche pas à certains d’occulter le passé pour ne pas sortir de la pensée unique qui les a formatée.

Alors c’est vrai, pourquoi ont-ils tué Jaurès ? On peut se poser la question car manifestement certains de ses admirateurs en ont oublié les raisons. Sans doute ne se souviennent-ils pas plus des contestataires de 1917…

Oublions ces renégats de la classe prolétarienne et continuons à défendre la mémoire des vaincus du capital ! Gloire aux vaincus !

En 1934 tout le monde n’avait oublié les abominations de ce que l’on appela la grande guerre, en particulier dans le petit bouquin dont le titre est : « La guerre », au sous-titre encore plus évocateur : « Prolétaires de tous les pays, égorgez vous ! », où l’on peut trouver une série de texte dénonçant l’inconcevable, pour aller dans le sens de cet article on retiendra celui-là :

Notre conscience nous ordonne non seulement de ne pas commettre ce qui est injuste, mais de ne pas le commettre sans nous y opposer de toutes nos forces. Agir autrement, c’est nous rendre complice de mauvaises actions par égoïsme et par lâcheté.

J. Steeg (il n’est pas précisé l’origine du texte)

Pour mémoire…

Chez les Allemands, comme chez les Français, la contestation était en train de monter dans les rangs des sacrifiés.

L’on se souvient de la chanson : « C’est à Craonne, sur le plateau… ». La boucherie inutile du chemin des Dames amena la contestation dans les deux camps. Attaque, contre attaque, ordres insensés, tout y fut pour ouvrir le chemin de la révolte.

Officiellement, c’est le 17 avril 1917 que l’on a recensé les premiers mutins de l’Armée française, environ 230 si l’on en croit ce que l’on a bien voulu dire ; ou taire ! Déjà, quelques jours avant, certains avaient cassé la gueule à leur officier et refusé d’aller se faire tuer pour reprendre quelque cent mètres de tranchée ou bien une casemate déjà à moitié rasée, pris et repris l’avant-veille, repris et pris la veille par l’un ou par l’autre des deux antagonistes. Finalement, les historiens avancent le nombre approximatif de quarante mille rouspéteurs, contestataires, rebelles, mutins, à mi-mai 17. On est loin des chiffres officiels !

Le 15 mai, pour régler ce problème, Poincaré et le ministère de la Guerre eurent une idée de génie, ils virèrent Nivelle et mirent à la place Pétain. Dans les livres d’Histoire on nous a dit que ce fut le futur Maréchal qui régla la contestation en accordant des permissions plus longues, des montées au front plus courtes avec plus de dopage en vin et en gnole (appelée par les poilus le « Monte-en-ligne »), pudiquement désigné comme amélioration du ravitaillement. En fait, les choses se sont réglées plus brutalement.

Officiellement, une fois de plus, on annonce le chiffre très précis de quarante-deux mutins fusillés. Pour être plus juste, on peut utiliser le terme de décimation. En annonçant le chiffre minimum d’un millier de punis, l’on se rapproche de la vérité. Malheureusement, nous ne saurons jamais le nombre exact de fusillés puisque les proches, les familles reçurent le simple message : « Mort au front, tel jour… » ou bien « Mort pour la France », sans qu’il soit précisé que ce fût sous les coups de l’ennemi. Seuls les désignés pour servir les pelotons d’exécution eurent longtemps des nuits agitées. Traumatisés, perturbés par le souvenir ineffaçable de l’instant où leur doigt appuya sur la détente du Lebel…

 

Michel Mengneau

 

http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 18:52

92_remi_dette-4199d.pngCritères de convergence, plans d’austérité tous azimuts, règle d’or… Le péquin moyen, dont nous sommes, n’y entrave en général que dalle. En revanche, ce qui est certain, c’est que l’entourloupe est destinée à nous faire payer leur crise. Histoire d’approfondir le sujet, CQFD a demandé à un expert de la chose financière de débroussailler un peu le terrain. Il en ressort que l’État, institution censée défendre l’intérêt général contre les intérêts particuliers depuis au moins le siècle des Lumières, s’est vendu, corps et biens, aux appétits du marché triomphant. Seulement voilà, l’un comme l’autre semblent aujourd’hui au bout du rouleau, et les failles béantes ainsi ouvertes laissent quelque espoir de joyeuses expérimentations en attendant la fin de leur monde. Rencontre avec Nicolas Sersiron, vice-président du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-monde France et président de l’association Échanges non marchands.

 

 

 

 

CQFD : On nous parle de dette publique, de ses conséquences inévitables, des menaces qu’elle fait peser sur nos vies… De quoi s’agit-il ?

Nicolas Sersiron : C’est la dette qui s’est accumulée au fur et à mesure des déficits budgétaires qui permettent aux administrations de faire fonctionner l’armée, l’éducation, la santé, la justice, les routes, etc. On peut comparer cette situation à celle d’un ménage qui, ayant des fins de mois difficiles, va voir son banquier ou ses copains et leur emprunte de l’argent. Quand l’État n’arrive pas à boucler son budget, il emprunte de l’argent en mettant en vente ce qu’on appelle des bons du trésor ou obligations d’État à terme (OAT).

Mais les États ne disposaient-ils pas d’autres moyens, moins onéreux pour l’ensemble de la collectivité ?

Pendant les « Trente glorieuses », le déficit était comblé par la planche à billets. Depuis 1973, la mondialisation des marchés et l’entrée dans l’Europe, les États se sont contraints à emprunter des capitaux privés sur le marché, en versant des intérêts. Avec la victoire de l’ultralibéralisme marquée par l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et Ronald Reagan aux États-Unis, on a voulu diminuer l’emprise de l’État désigné comme un frein au développement. On a donc réduit ses recettes en diminuant les impôts des plus riches, ceux des grandes entreprises, en créant des niches fiscales et des paradis fiscaux. Résultat, chaque année, le déficit s’est accumulé. Lorsqu’il est devenu trop important, les gouvernements ont déclaré qu’ils ne pouvaient plus payer les dépenses d’éducation, retraites, santé, etc. Pour combler le trou, ils ont émis de plus en plus d’OAT, faisant ainsi monter encore le stock de la dette. Émettre des OAT, c’est vendre du papier contre de l’argent, c’est faire une reconnaissance de dette avec intérêt remboursable après six mois, dix ans ou trente ans.

À qui l’État emprunte cet argent ? Qui achète ces morceaux de papier ?

Pour l’essentiel, ils sont achetés par les investisseurs institutionnels, aussi appelés Zinzins. Ce sont notamment les compagnies d’assurance, les banques et les fonds de pension (retraites par capitalisation). Mais ces organismes font aussi des placements à risque, avec des rendements allant jusqu’à 20 % ou plus. L’exemple de ces prêts subprimes tellement rentables et qui sont devenus des actifs toxiques, donc non remboursables, est emblématique. Pour compenser, ils s’engagent massivement sur les placements prétendument sûrs que sont les OAT, avec des intérêts de 3 % pour les pays bien notés, les fameux AAA.

Revenir au système antérieur serait donc « financièrement » insupportable pour les détenteurs de capitaux ?

Avant 1973, si l’État avait un déficit d’un milliard de francs, il fabriquait un milliard de francs et pouvait alors payer ses dépenses. Mais le principe de rareté, qui veut que plus il y a d’objets sur le marché moins ils valent cher, est le même concernant la monnaie : plus on en crée moins elle vaut. Cette inflation monétaire est surtout ressentie par ceux qui disposent de beaucoup de monnaie : celui qui détient un million de dollars, quand il y a une inflation de 15 %, ne dispose plus que de 850 000 dollars au bout d’un an. Dans la zone euro, les traités ont fixé à la banque centrale européenne (BCE), comme premier objectif, la lutte contre l’inflation. Les raisons d’une telle prise de position ? L’application du dogme ultra-libéral appelé trickle down effect ou théorie du ruissellement qui affirme qu’il faut soutenir les détenteurs de capitaux parce que plus les riches seront riches, plus ils pourront investir et créer de l’emploi…

Justement, quel est le véritable rôle de la BCE dans cette crise ?

Auparavant, les États pouvaient faire des dévaluations compétitives de la monnaie qui relançaient leurs économies en baissant les prix des biens produits dans le pays. La valeur des dettes baissait d’autant. Aujourd’hui avec la BCE indépendante, il n’y a plus de dévaluation possible. Mais ce n’est pas la véritable raison des déficits.

Quand l’investisseur prête de l’argent à un État en achetant des OAT à dix ans par exemple, il ne sera remboursé de son capital initial qu’à ce terme, les intérêts lui auront été versés au cours des années. L’État dont les OAT arrivent à terme réemprunte aussitôt une somme équivalente sous forme de nouvelles émissions d’OAT. La Grèce dont la note s’est effondrée ne peut emprunter qu’avec des taux de 15 à 18 % sur ses émissions à dix ans. Ces taux étant insupportables, elle n’emprunte qu’à court terme, six mois, en solution de secours.

La BCE achète actuellement avec des intérêts de 4 % les OAT des pays mal notés, et l’Union européenne leur prête des milliards d’euros afin de leur éviter une faillite liée à l’impossibilité de réémettre des OAT pour remplacer celles arrivées à échéance, plus celles nécessaires à combler leur déficit budgétaire. Il s’agit de parer à l’effet domino qui entraînerait l’ensemble de l’Europe dans une crise insurmontable. Le sauvetage des banques en 2008 par les États a permis d’éviter cet effet qui fût redoutable en 1929. Ces achats en masse par la BCE des OAT des pays à risques comme le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne représentent déjà 100 milliards d’euros. Ils redonnent confiance aux marchés et repoussent le moment de la faillite de ces pays. Or le paiement des créances résulte de la capacité des États à trouver de l’argent par les impôts directs et indirects, donc de la santé de l’économie.

La dette est-elle un élément structurel du capitalisme ?

Le mécanisme est semblable à celui de la dette des pays en développement. La Banque mondiale avait, dès le début, imposé aux ex-pays colonisés le remboursement des prêts engagés par le pays colonisateur. Cela s’appelle « une dette odieuse ». Depuis plus de trente ans, ces pays ont été chargés de dettes, les décideurs corrompus et les États contraints de signer des contrats commerciaux défavorables avec les ex-colonisateurs. Le but était de continuer l’extractivisme – l’appropriation des matières premières qui naît avec la conquête des Amériques, puis se poursuit avec l’esclavage et la colonisation. Aujourd’hui, ce système-dette est remonté vers le Nord. C’est le résultat de la volonté de domination totale des capitalistes sur la planète. Le grand changement se trouve dans l’épuisement des matières premières. Ces dernières, à la base de l’enrichissement des capitalistes, commencé avec le pillage de l’or des Incas et avec les enclosures en Angleterre, sont en voie d’épuisement. Aujourd’hui, la question est : qu’y a-t-il encore à extraire ? Ce qui produit la richesse est le travail salarié. Par la dette, on va donc amplifier l’extraction de la plus-value faite sur le dos de la grande majorité des travailleurs.

On retrouve ce dont parlait Marx à propos de la rente foncière…

C’est exactement ça, le foncier en moins. C’est l’assujettissement à un ordre mondial totalitaire. Quand les pays sont trop endettés et donc abandonnés par les investisseurs, le Fonds monétaire international (FMI) entre dans la danse en tant qu’ultime prêteur. Il fixe alors ses conditions : d’abord rembourser les investisseurs avec cet argent prêté. Il impose ensuite des « conditionnalités » ultralibérales. Au Sud ce sont les plans d’ajustement structurels, au Nord, aujourd’hui, les plans d’austérité. Sont exigés en conséquence la diminution des dépenses affectant les budgets publics, la multiplication des privatisations, le libre-échange, la liberté de mouvements des capitaux. Toutes choses destinées à aggraver les conditions de l’asservissement des peuples aux profits des détenteurs de capitaux.

Les capitalistes peuvent-ils encore redynamiser le système pour sortir de cette crise ?

Non, car ils se tirent une balle dans le pied. Ils n’ont pas de projets organisés à part celui de, chacun et contre tous, faire des profits. Aujourd’hui, trente ans après la victoire des Friedrich Hayek et Milton Friedman, ils sont devant la catastrophe. La trilogie consommation-production-profit est en train de se casser la gueule car elle reposait depuis cette révolution conservatrice, en grande partie sur l’endettement des ménages et des États. Faudra-t-il atteindre la saturation pour que ce système s’effondre ? Par ailleurs, aujourd’hui, il est confronté aux limites du réchauffement, de l’épuisement des ressources, de la perte de la biodiversité, etc.

Et si les États refusaient de rembourser leur dette ?

C’est déjà arrivé, et ça marche très bien ! L’Argentine en 2001 était au fond du gouffre après la dictature de Jorge Rafael Videla et ses massifs détournements de prêts. Le président Nèstor Kirchner a décidé de ne pas rembourser ces dettes illégitimes. Après quelques années, il a offert à ses créanciers de payer seulement 30 % de la valeur, en précisant que c’était à prendre ou à laisser. Depuis, l’Argentine a eu un taux de croissance de 7 %… L’économie s’est remontée en supprimant l’essentiel de sa dette illégitime, avec, hélas, une inégalité sociale très forte. Le second exemple est l’Équateur qui a fait un audit public de sa dette en passant en revue tous les emprunts afin de répondre aux questions : d’où vient l’argent, à quoi et à qui a-t-il servi, cette dette est-elle légitime ? Résultat : une grande partie de la dette a été annulée, et l’Équateur gagne sur ce non-remboursement entre 600 à 700 millions de dollars par an qui financent des mesures de rééquilibrage économique en faveur d’un développement pour tous. Le pays qui ne rembourse pas n’aurait-il plus accès au crédit ? En réalité les États ont finalement plus d’argent s’ils refusent de se plier au remboursement de la dette illégitime et cessent d’emprunter.

Et si la Grèce, l’Espagne, le Portugal… refusaient de rembourser, que se passerait-il, ici, en Europe ?

Cela casserait le traité de Lisbonne fondé sur les équilibres budgétaires, et ce serait très probablement la fin de l’euro. Le grand perdant serait l’Allemagne qui exporte plus de 60 % de sa production en Europe grâce à l’euro. Avec une drachme (monnaie grecque) dévaluée, les produits allemands deviendraient trop chers. Ses banques comme celles de France qui détiennent environ 50 % des dettes publiques de ces pays seraient très mal en point. C’est pour tenter d’éviter cela que la population grecque subit les terribles conditionnalités de l’Europe et du FMI. En diminuant les salaires des fonctionnaires et les retraites, en augmentant la TVA, ce pays s’enfonce dans la récession. À terme, il ne pourra pas rembourser sa dette.

Les plans d’austérité qui tombent un peu partout en Europe, et notamment en France, sont une application de la « stratégie du choc » de Naomi Klein : augmentation des privatisations et de la part de la plus-value qui va aux capitalistes, diminution des salaires et des services publics. La consommation baisse, le chômage augmente, les rentrées fiscales diminuent. La récession qui pointe rendra impossible le remboursement de la dette publique.

L’agonie du système ultralibéral nous empoisonnera-t-elle encore longtemps l’existence ?

La solution la plus logique serait de faire des audits des dettes publiques en Europe et d’annuler les dettes illégitimes. Est-il légitime de baisser les impôts des plus riches comme l’ont fait Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy alors que le budget était déjà lourdement déficitaire ? Est-il légitime de sauver les banques avec de l’argent public sans avoir un droit de regard sur leur gestion ? La deuxième solution qui risque fort de se produire sera la fabrication de monnaie par la BCE comme le fait la réserve fédérale américaine. Cela provoquera une forte perte de valeur de la monnaie et donc des dettes à rembourser et l’euro aura bien du mal à y résister. Le système ultralibéral a trente ans, il va très probablement continuer à s’effondrer…

 

http://www.cqfd-journal.org/Peuples-payez-leur-dette

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