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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:20

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L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ne fait pas peu la fière, alors qu’a pris fin officiellement ce 31 octobre son opération « Unified Protector », en Libye – « l’une des plus réussies dans l’histoire de l’OTAN », a soutenu son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen. Une prestation de guerre aérienne et navale assurée en mode « zéro mort », un peu longue mais pas trop chère, menée par quelques nations-leaders, sans le secours trop visible du parrain américain, et sans que l’Alliance n’ait à en endosser la responsabilité politique, puisqu’un mandat de l’ONU – même extorqué – revient à se balader avec le bon dieu sans confession…

L’Alliance, pleine de grâce, se paie même le luxe de renoncer à prolonger sa mission en Libye, malgré la demande formulée par les autorités du Conseil national de transition (CNT) de ce pays, qui souhaitaient une reconduite des veilles aériennes et navales jusqu’à la fin décembre, au cas où des partisans de l’ancien régime tenteraient d’organiser la résistance autour de quelques uns des rares rescapés (comme Saïf Al-Islam, un des fils du défunt Guide, ou Abdallah Al-Senoussi, l’ancien chef des services secrets militaires).

Il est vrai que le Conseil de sécurité de l’ONU venait lui-même, le jeudi 27 octobre, d’adopter à l’unanimité une résolution mettant fin au mandat autorisant le recours à la force pour la « protection des populations » en Libye, initié en mars 2011, et de décider de lever les exclusions, gels et embargos adoptés dans les résolutions 1979 et 1973. Et que la solidité de la coalition, déjà sujette à caution aux diverses étapes de l’offensive, s’annonçait rien moins que solide. Surtout après l’appel du CNT libyen à un retour à l’application de la charia, et au vu des conditions dans lesquelles le tyran honni a été massacré – au grand dam d’une partie des dirigeants et de l’opinion sur le continent africain (voir plus loin).

La joie de M. Rasmussen est sans nuance : « Nous avons entièrement rempli le mandat historique des Nations unies de protéger le peuple de Libye, de faire appliquer une interdiction de vol et un embargo sur les armes », et le peuple libyen peut ainsi « prendre son futur en main fermement et en sécurité ». Le même dirigeant se réjouissait que le conseil de l’Atlantique nord (l’instance dirigeante de l’alliance) « ait été élargi aux représentants des cinq pays non membres – Qatar, Emirats arabes unis, Maroc, Jordanie et Suède – partenaires de l’opération ». Cette pratique de coalitions à géométrie variable lui paraît tout à fait dans l’air du temps. Et, de fait, la zone d’action de l’OTAN comme institution et outil militaire ne cesse de s’étendre : après l’Orient (Afghanistan), voici l’Afrique ! L’atlantisme voit de plus en plus loin…

Noyau dur

L’amiral Giampaolo Di Paola, patron du comité militaire de l’Alliance, de passage à Paris à la mi-octobre (Figaro, 15 octobre 11), avait déjà insisté sur le caractère incontournable du « partenariat » pour l’OTAN : « Aujourd’hui aucune nation ne peut agir seule. La nécessité d’avoir une approche globale des crises implique que les alliances se généralisent ». Il avait également évoqué « la nécessité de disposer, dans un environnement stratégique instable, d’un « noyau dur », capable de fonctionner dans les zones de guerre ».

Selon ce plus haut gradé de l’OTAN, l’opération contre le régime de Kadhafi aura été un « succès militaire » ayant permis d’empêcher le massacre de civils à Benghazi tout en évitant les dégâts collatéraux, mais aussi un « succès politique », notamment quand il s’est agi de mener à bien l’indispensable processus de formation de la coalition à l’échelle diplomatique, puis de la « génération de force » à l’échelon militaire. « Pour agir en Bosnie, il nous a fallu plusieurs années. Pour intervenir au Kosovo, plusieurs mois. En Libye, nous avons mis six jours seulement pour agir. Et nous avons obtenu le soutien de nos partenaires arabes ».

L’amiral Giampaolo Di Paola reconnaît cependant que la guerre a aussi révélé les « limites capacitaires chroniques » de l’Alliance, notamment en matière de renseignement, ainsi que des faiblesses, par exemple dans le ciblage, la désignation des cibles.

« Pour sa partie aérienne et navale, cette guerre a été conduite par l’OTAN, confirme Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialiste des questions de défense : elle est apparue beaucoup plus comme une boite à outils fournissant des moyens de planification, de commandement et de conduite des opérations que comme une instance politique décisionnelle. L’OTAN a joué un rôle plus militaire que politique. Cette réalité devrait inciter à une approche pragmatique des débats sur l’Alliance. Quant à l’Union européenne, elle a été exactement là où il fallait s’attendre qu’elle soit, c’est-à-dire nulle part. »

En revanche, les quelques pays européens les plus engagés dans cette croisade, à commencer par la France et la Grande-Bretagne, n’auraient rien pu faire sans le soutien de Washington : « En Libye, les Américains ont certes encouragé les Européens à en faire davantage. Mais ils demeurent un allié stratégique de premier plan », assure l’amiral Di Paola. Quant au numéro un américain, Barack Obama, il pavoisait dans une allocution dès le samedi 22 octobre, au surlendemain de l’élégante élimination de Kadhafi : « Sans envoyer un seul homme sur le sol libyen, nous avons réalisé nos objectifs. » Et de vanter « l’Alliance la plus forte du monde… la plus démocratique… et pas seulement par la force des armes… », avec, pour la première fois depuis un demi-siècle, le leadership laissé à d’autres pays.

Ligne Clinton

C’est le modèle du « leadership from behind », ou du « winning from behind », qu’analyse Olivier Kempf [1] : « Les Etats-Unis, qui s’étaient déjà investis dans ce qu’ils ont appelé “le grand Moyen-Orient”, avec des succès pour le moins mitigés, ne voulaient pas être à nouveau en première ligne, tant vis-à-vis du monde arabe que pour des raisons de politique intérieure. Mais ils ont voulu cependant s’engager (la ligne Clinton a prévalu sur la ligne Gates, plus isolationniste) ».

Pour ce qui est des Européens, « il s’est agi d’une initiative franco-britannique, plus ou moins suivie par certains (Italiens, Belges, Danois, et aussi les Norvégiens qui sont des alliés non-UE) mais pas par d’autres (Pologne et surtout Allemagne). L’Europe n’a donc pas présenté un front uni. C’est pourquoi on a utilisé dans un deuxième temps le cadre otanien, afin de légitimer les choses ».

Selon Kempf, « la formule adoptée peut alors s’assimiler à une sorte de « Berlin + », les Européens utilisant les moyens de l’OTAN, mais avec une triple différence par rapport au cadre prévu lors des accords en 2003 : - d’une part, il était plutôt à l’initiative des Américains qui demandaient « plus d’Europe » (cf. le discours de Robert Gates le 10 juin 2011) ; - d’autre part, s’il y avait une sorte de direction « européenne », elle demeurait transatlantique (le général commandant l’opération était canadien, et les Américains ont continué de fournir pas mal de moyens, en renseignement ou ravitaillement en vol) ; - enfin ce n’était pas la PESD [Politique européenne de sécurité et de défense, émanation de l’Union européenne] en tant que telle qui agissait, mais certains Européens seulement. »

Si bien que, comme le relève Kempf, l’OTAN en l’espèce ne sort pas affaiblie de l’opération, ce qui est déjà un succès pour une organisation sur laquelle on s’interroge régulièrement depuis la fin de l’affrontement est-ouest. De son côté, Richard Werly, spécialiste des conflits de type « humanitaire » et correspondant à Bruxelles du quotidien suisse Le Temps, compare ce succès de l’OTAN à « son échec en Afghanistan sur tous les fronts : politique (car le gouvernement du président Karzaï est plus faible que jamais), militaire (car, dans le pays pachtoune notamment, les talibans continuent de contrôler les villages et de rendre la justice), social (car la démocratisation n’a pas dépassé Kaboul), et sécuritaire (car l’armée et la police afghanes ne seront pas en état de tenir le pays après le retrait des forces internationales prévu pour 2014)… ». A quoi s’ajoutait cette ambiguïté de départ : une opération lancée (en octobre 2001) pour venger un pays d’un homme (Ben Laden) et du régime qui l’appuyait (taliban) ; et une coalition au sein de laquelle les Européens n’ont jamais vraiment trouvé leur place, compte tenu de l’écrasante supériorité des Etats-Unis.

Guide massacré

Mais en Libye, donc, un succès technique et même politique au sens large, bien que terni par :

 l’absence totale de bilan des pertes civiles et ennemies, d’estimation des dégâts matériels, de telle sorte que la « balance » coût-service rendu ne peut toujours pas être effectuée ;
 les craintes d’une dissémination au Sahel ou dans la Corne de l’Afrique des armes détenues jusqu’ici par les soldats de Kadhafi, puis par les rebelles ;
 l’annonce, lors de la proclamation de la libération du pays, de la restauration de la loi coranique (charia) ;
 et surtout, les conditions de la mort de l’ancien numéro un libyen, Mouammar Kadhafi, à l’issue du siège de son fief tribal de Syrte.

Le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, le secrétariat général de l’ONU ainsi qu’Amnesty International ont demandé l’ouverture d’une enquête. Le gouvernement américain a appelé le CNT à la « transparence » dans ce dossier, tandis qu’Amnesty évoquait un possible « crime de guerre » et que la Russie s’interrogeait sur la légalité de la frappe de l’OTAN.

Le président Obama, dans son allocution, avait déclaré : « La mort de Mouammar Kadhafi a montré que protéger le peuple libyen et l’aider à se libérer d’un tyran étaient les bonnes choses à faire. » Le numéro un américain avait considéré que « l’OTAN a évité un génocide à la Libye », (s’attirant aussitôt une réplique du vieux Fidel Castro qui, du fond de son hôpital, dénonçait au contraire « une OTAN génocidaire » en Libye).

Pour Eric David, professeur de droit international à l’Université libre de Bruxelles [2], « s’il est confirmé que Kadhafi a été abattu froidement comme Oussama Ben Laden, il s’agirait d’une “exécution extrajudiciaire”, donc d’une violation des droits humains les plus élémentaires… En bombardant ce convoi, comme d’autres avant lui, l’OTAN n’a pas respecté le mandat donné par l’ONU. Il s’agit donc d’une violation flagrante du droit international. (…) Sur le plan politique, un procès Kadhafi, au-delà des poursuites engagées par la Cour pénale internationale (CPI) en juin, aurait probablement également permis d’aborder les zones d’ombres de l’éventuelle implication de la Libye dans d’autres affaires, comme les attentats contre le DC-10 d’UTA ou celui de Lockerbie ».

Nouvelles armes

En Afrique, le probable massacre d’un homme qui était craint et moqué, mais avait été un des leaders (et financiers) de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), puis de l’Union africaine (UA), et incarné l’osmose (même factice) entre l’Afrique du Nord et le continent noir, est mal passé, même chez des observateurs à priori très critiques à l’égard de Kadhafi, de ses coups de gueule et rodomontades.

En témoignent quelques réactions de presse au lendemain de l’évènement. Pour SUD-Quotidien, un des journaux les plus influents de Dakar (Sénégal), « c’est l’OTAN qui a assassiné Kadhafi » : « On remarquera que ce crime est intervenu deux jours après la visite de la Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Madame Hillary Clinton à Tripoli, au cours de laquelle, elle a dit à propos de Kadhafi : « J’espère qu’il sera bientôt capturé ou tué ». C’est donc un crime d’Etat dont la responsabilité repose sur les épaules de Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron, les principaux chefs de guerre de l’agression impérialiste occidentale contre un régime souverain ».

Même type de réaction outrée dans un journal comme La Nouvelle expression au Cameroun, qui n’est pas plus porté que le précédent au kadhafisme : « La mise en scène, la spectacularisation de l’assassinat du Guide africain n’est rien de moins que la mise en garde au reste du monde des puissances qui dominent : il est interdit d’être différent. Il est interdit d’avoir son rythme du monde. (…) Au-delà des intérêts économiques et des ressources convoitées en Libye, la capture puis l’assassinat de Kadhafi (…) sont de nouvelles armes de guerre. Ils signent le début d’une nouvelle ère dans la géostratégie mondiale à laquelle les Africains doivent être attentifs. (…) On a le droit d’assassiner ici au nom de la démocratie et d’enfermer là-bas parce que l’on veut déloger un tyran. Le terme de dictature est employé pour qualifier les modes de gouvernements des « tyranneaux d’Afrique », tandis que le droit d’ingérence donne la possibilité à l’OTAN de frapper un peuple, d’armer une partie de celui-ci, et d’assassiner sous les yeux de la terre entière un dirigeant gênant qui résiste… pour donner l’exemple ! Belle leçon de démocratie ! »

Furia française

« La France n’aurait jamais obtenu ce rôle principal en Libye si elle n’avait pas réintégré l’OTAN », a fait valoir l’amiral Gianpaolo Di Paola. A Paris, le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, a tiré un bilan bien sûr positif de la campagne alliée en Libye. « Sept mois, c’est court pour ce que nous avons fait mais, évidemment, c’est toujours trop long », a-t-il indiqué, rappelant que la France n’avait pas de troupes au sol et qu’elle a pris soin de ne pas faire de « dommages collatéraux » (ce qui reste encore à prouver).

Il est vrai que, côté français, une forte énergie politico-militaire a été déployée pour apparaître comme leader. Elle se résume dans ces deux actions vantées avec moult cocoricos, et de portée au moins symbolique, à défaut d’avoir été déterminantes sur un plan tactique : le premier chasseur à avoir survolé Benghazi, le 19 mars, quelques heures après le vote de la résolution de l’ONU, était français ; et le dernier à avoir largué une bombe en Libye, celui qui a arrêté à la sortie de Syrte la colonne à bord de laquelle Kadhafi tentait de s’enfuir, l’était également…

On peut relever – une dernière fois – que Paris a fourni le plus grand effort au sein de la coalition, supérieur de 20 % environ à celui des Britanniques, avec de la constance dans les bombardements aériens d’objectifs au sol, ainsi que pour obtenir la destruction des unités de la marine libyenne ; le déploiement du porte-avions et des porte-hélicoptères, une action très offensive des hélicoptères de l’Aviation légère de l’armée de terre (ALAT), la participation de commandos en mer et au sol, la distribution d’armes à certaines unités rebelles, etc. – le tout sur un mode interarmées, et sans mort, blessé ou grave dégât côté français.

Les habituelles lacunes ont été constatées : capacités limitées en ravitaillement en vol, faiblesse du renseignement militaire, vieillissement des appareils de transport tactique, et des équipements comme les lasers de désignation de cibles à bord des chasseurs. De manière plus générale, les chefs d’état-major de la marine et de l’armée de l’air ont souligné à quel point leurs forces ont été « au taquet », cette offensive d’assez longue durée (sept mois) ayant malmené les hommes et les matériels, et vidé les stocks.

L’autre aspect pourrait être celui de la déconvenue politique : pour avoir sauté comme des cabris auprès des « révolutionnaires » libyens, enflammés durant sept mois par leurs « Allah Akhbar », les grands et nouveaux redresseurs de torts internationaux que se veulent la France, la Grande-Bretagne et les USA se retrouvent avec un retour de la charia – et peut-être plus grave si affinités ! – et des armes qui vont circuler, vers l’ouest et le sud, notamment au Sahel ; ou vers l’est, en direction de la Corne de l’Afrique, jusqu’à la terrible Somalie…

Notes

[1] « OTAN et Libye », Egeablog.net, 19 octobre 2011.

[2] Tf1news, 21 octobre 2011.

 

 

 

http://blog.mondediplo.net/2011-11-01-L-OTAN-celebre-le-succes-libyen

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:18

Dominique-Strauss-Kahn_pics_809-2-ab62c.jpg« Vous écrivez que vous êtes en voie de guérison, même si la plaie ouverte n’est pas totalement refermée. Comment qualifier la blessure ? » Ces paroles pleines de sollicitude amorçaient l’interview par Pascale Clark de son collègue Ivan Levaï dans l’émission « Comme on nous parle », sur France Inter, le 6 octobre. Le journaliste, vétéran de la radio et toujours responsable de la revue de presse du week-end sur la station publique, signe un livre sur l’affaire Strauss-Kahn sobrement intitulé Chronique d’une exécution (Le Cherche Midi). L’ancien mari d’Anne Sinclair y vole au secours du beau-père de ses enfants accusé de viol, tragiquement confondu avec « je ne sais quel ennemi public » alors qu’il est simplement la « victime [sic] d’un faux pas ».

Le propos, travesti en leçon de journalisme — un comble — et émaillé de citations d’Albert Camus, Marcel Proust ou Louis Aragon, consiste en une longue protestation de la respectabilité de M. Dominique Strauss-Kahn et de son entourage. Levaï y étale sa nostalgie d’une époque où la classe politique était intouchable, où le peuple savait tenir sa place et où « on avait le droit d’être un peu libre en courant des dangers et en faisant même quelques sottises parfaitement condamnables sans risquer la guillotine médiatique ni les tribunaux de l’Inquisition ». L’ancien pilier d’Europe 1 se vante au passage d’avoir encore au Fouquet’s un rond de serviette à son nom datant des années 1970 et 1980 : « C’était le bon temps. Nul ne voyait malice alors au bien-vivre de quelques-uns. »

L’initiative aurait mérité, au mieux, un silence apitoyé ; on en est loin. L’Express, qui doit se faire pardonner la publication du rapport médical de la victime présumée de M. Strauss-Kahn, Mme Nafissatou Diallo, voit dans cette bafouille brouillonne « un livre subtil et scrupuleux, une réflexion de haut niveau sur le métier de journaliste » (5 octobre 2011). Clark se fait lyrique, incitant l’auditeur à se mettre dans la peau de son invité le jour de l’arrestation de M. Strauss-Kahn à New York : « La matinée blême lui avait appris à la fraîche l’impossible nouvelle. »

La complaisance de certains de ses confrères, si elle est banale, aura permis à Levaï, dans son affirmation ingénue du droit des puissants à imposer leurs caprices et leur nombrilisme, de lâcher quelques énormités embarrassantes. Les considérations douteuses sur les « belles de nuit africaines » figurant dans son livre avaient déjà de quoi alerter. Sur France Inter, il fit sauter le standard en estimant qu’un viol, c’est forcément « avec un couteau ou un pistolet », et en assénant cette question qu’aucun enquêteur n’avait été assez fine mouche pour poser avant lui : « Qui a fait des avances à qui ? »

Devant la place prise dans l’actualité par une affaire concernant ses proches, raconte-t-il, le président de Radio France, M. Jean-Luc Hees, lui avait « très élégamment » laissé le choix entre un maintien de sa présence à l’antenne et un retrait provisoire. Il a, ô surprise, « opté sans barguigner » pour la première solution. La récente citation du nom de M. Strauss-Kahn dans une affaire de proxénétisme lui a donc donné l’occasion, dans sa revue de presse du 16 octobre, de brocarder la « société de transparence » et de rappeler, en citant l’écrivain Philippe Forest, que « Robespierre était parfaitement chaste, mais [qu’]il a été un des artisans de la Terreur »

 

Mona Chollet

http://www.monde-diplomatique.fr/2011/11/CHOLLET/46910

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Published by valenton rouge - dans Neuilly et le 9.2
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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:15

05_pubreussie.jpgLes post-tests sont ces enquêtes qui évaluent une prestation médiatique d’un dirigeant politique. Chaque intervention télévisée de Nicolas Sarkozy est donc suivie d’un post-test, confidentiel s’il est qualitatif et publié s’il est quantitatif. On attendait donc le post-test du président sur la crise européenne. On n’est pas déçu.

Le Figaro a publié le « sondage » OpinionWay réalisé auprès des internautes. En fait de sondage, il s’agit d’un push poll, enquête conçue pour promouvoir une cause quelconque, ici plus précisément ce qu’on peut appeler un push test pour faire croire à l’excellence de la qualité de la prestation de Nicolas Sarkozy le 27 octobre. Il y a plusieurs manières de biaiser les résultats [1]. Pour une intervention télévisée, la ficelle consiste simplement à n’interroger que ceux qui ont suivi l’émission. Chose parfaitement logique sans doute, mais utile à préciser, car il arrive que les sondés ayant entendu parler de l’intervention soient aussi sollicités ! Or, en interrogeant des téléspectateurs qui ont suivi une intervention télévisée du président de la République, l’échantillon est forcément constitué par une large majorité de partisans du président de la République : assister ou non à l’émission sert de filtre. Ces sondages sont donc toujours très favorables.

Ici, Le Figaro lance l’information : « Face à la crise, les Français convaincus par Sarkozy » (Le Figaro, 31 octobre 2011). L’AFP reprend : « Sarkozy à la télé jugé convaincant pour 55% des Français » (AFP, 31 octobre 2011). Combien de médias ont reproduit l’« information » ? Le Parisien et d’autres médias ont aussi évoqué l’opinion positive des « Français ». Simplement, cette information est fausse. On ne peut en effet attribuer cette opinion aux Français mais seulement aux internautes ayant répondu, et encore, à seulement 58 % des 1 005 exhibés dans la fiche technique, soit environ 580 personnes qui sont essentiellement des sondés favorables à Nicolas Sarkozy.

Le sondeur ne donne pas le chiffre, mais il est facile de comprendre que les téléspectateurs favorables au président ont plus volontiers suivi son intervention télévisée que ceux qui lui sont hostiles. L’échantillon n’est donc pas représentatif et ne permet pas de parler des « Français ». Un push poll ne procède pas seulement par la production de résultats biaisés, mais aussi par la publication de ces chiffres comme des chiffres exacts et de commentaires faux. Une falsification, en somme.

Quand les sondeurs sont confrontés à ces titres erronés, leur réponse est invariablement la même : ils mettent en cause la « titraille », un penchant journalistique anodin pour les titres qui sonnent haut. Et dégagent ainsi leur responsabilité. Qui pourrait être dupe ? Surtout s’il s’agit d’une association OpinionWay et du Figaro, bien connus pour leur zèle politique. A proprement parler, les médias livrent non seulement un titre abusif mais une « fausse information ». Volontairement ou involontairement ? Les journalistes du Figaro et de l’AFP sont-ils incompétents ? On n’ose le croire. Il faut donc qu’ils emploient délibérément un titre mensonger, au Figaro pour servir leur employeur, et à l’AFP, par soumission au pouvoir politique [2]. En ce sens, ils se rendent complice de la propagation de « fausses nouvelles ». Le code électoral prévoit des sanctions contre les fausses nouvelles qui ont orienté les votes (article L97). Avec les push polls, la pratique est systématique sans qu’il soit possible d’envisager des sanctions.

On ne pouvait douter que le dispositif dévoilé par la Cour des comptes en 2009 serait réactivé après une période de sommeil obligé à l’approche de l’élection présidentielle. On suppose que cette fois, l’Elysée ne paie pas les push tests via Publifact, la société de Patrick Buisson, mais par un autre canal. On aimerait que le sondeur produise la facture de l’enquête publiée. On sait en effet qu’il ne faut pas faire confiance aux mentions de la fiche technique qui accompagne les « sondages » associant un sondeur et un journal qui, en réalité, ne paie pas.

Qui a payé, en l’occurrence ? Ici, ce n’est pas le sondeur qui fait sa publicité mais une institution publique, probablement le SIG dont les crédits de sondages sont les plus importants et ont été multipliés par quatre après l’affaire des sondages de l’Elysée. Là encore, l’ambiguïté est gênante. Légalement, l’Elysée, plus d’ailleurs que le SIG, peut commander des post-tests. Lorsqu’ils sont publiés, cependant, et sous une présentation falsifiée, ceux-ci se transforment en procédé de propagande électorale, et la dépense ressort donc du financement politique illicite.

La propagande pose immédiatement la question de l’efficacité. Quel peut en être l’effet sur les citoyens ? On sait que la propagande a surtout l’effet de rasséréner ceux qui en ont besoin. Nicolas Sarkozy était une nouvelle fois très satisfait de sa performance. Le « sondage » d’OpinionWay a donc dû le conforter, ainsi que ses fidèles. Les conseillers ont jubilé. Le Figaro a reçu 1 292 réactions satisfaites, voire euphoriques dans leur immense majorité. Comme l’astrologie, la propagande n’obtient jamais plus l’assentiment que lorsqu’elle apporte de bonnes nouvelles. En ce sens, elle convainc les convaincus. Mais les autres ? En matière électorale, il faut évidemment gagner de nouveaux soutiens. Les push polls risquent en l’occurrence de soulever l’incrédulité, comme ces communiqués militaires dont se moquait Victor Klemperer dans sa critique de la propagande nazie [3].

L’efficacité dépend de la répétition, d’une sorte d’environnement du mensonge qui, à force d’être répété, tend à être pris pour vérité et peut-être à devenir la vérité. En temps de guerre, les bulletins optimistes ne suffisent pas à faire la victoire, mais ils évitent peut-être la défaite, voire la repoussent. Simplement, les acteurs politiques ne peuvent pas ne rien faire. Il leur faut accréditer l’idée de la possibilité d’une victoire pour que celle-ci soit possible. Tel est le mécanisme performatif auquel participent les push polls, cette combinaison de sondages et de commentaires biaisés, d’autant plus crédibles qu’ils s’insèrent dans un environnement congruent. Pour l’intervention de Nicolas Sarkozy, par exemple, le chiffre de 12 millions de téléspectateurs avait été immédiatement présenté comme un succès : ainsi, dans l’émission de propagande « C dans l’air » (28 octobre 2011), le diseur d’opinion Roland Cayrol estimait que « les Français attendaient cette intervention ». Certes, la diffusion d’une émission en prime time et conjointement sur les deux principales chaînes de télévision garantit par avance une bonne mesure d’audimat. Ensuite, il faut éventuellement taire les signes contraires qui, tels les oiseaux de mauvaise augure, contredisent et font douter [4].

La propagande apparaît d’autant plus nécessaire qu’il s’agit d’inverser la croyance. Longtemps fixée sur la certitude de la réélection d’un président sortant, la propagande ayant installé l’impression d’une absence d’alternative, une autre idée dominante s’est progressivement imposée au fur et à mesure des déceptions, et de l’apparition de rivaux : le président sortant serait probablement battu. Sauf à renoncer, il faut bien user des astuces de la propagande pour redonner crédit à un candidat qui n’a peut-être aucune chance, mais qui ne pourrait simplement pas croire en ses chances s’il n’agissait pas. Pour l’observateur réaliste, comme pour les conseillers politiques, il ne s’agit que des procédés habituels de la politique. Seulement anodins. Pour d’autres, hostiles au cynisme politique ordinaire, la transformation du mensonge – un grand mot, mais un mot exact – en procédé systématique pour convaincre fait un tort profond à la démocratie, puisqu’il faut tromper les citoyens pour espérer l’emporter.

Notes

[1] Cf. Alain Garrigou, Richard Brousse, Manuel antisondages, Editions Lavillebrûle, 2011, p. 111-115

[2] Le personnel de l’AFP a voté une motion de défiance pour demander au PDG Emmanuel Hoog de « cesser de promouvoir une proposition de loi visant à modifier le statut de l’agence » (8 septembre 2011).

[3] Victor Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich, Paris, Albin Michel, 1996.

[4] Un sondage en ligne de TNS-Sofres indiquait au même moment que 56% des Français n’avaient pas été convaincus (cf. Olivier Biffaud, « Sarkozy “convaincant” à la télévision : OpinionWay et TNS Sofres se contredisent », FranceTV.fr, 31 octobre 2011). Une enquête « passée presque totalement inaperçue »

 

 

 

http://blog.mondediplo.net/2011-11-03-Push-test-une-coproduction-OpinionWay-Le-Figaro
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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:12

f.jpgXavier Bertrand vient d'annoncer à l'Assemblée nationale, le maintien définitif du service de chirurgie Cardiaque du groupe Hospitalier A.Chennevier/H.Mondor

C'est une belle victoire pour toutes celles et tous ceux qui se sont engagés dans ce combat au sein de la Coordination pour la défense du service de Chirurgie Cardiaque de Mondor. Ce sont bien entendu les plus de 100 000 usagers-pétitionnaires, leurs représentants, les professionnels de l'Hôpital, l'Intersyndical CFDT-CGT-SUD Santé, comme les Universitaires, enseignants et étudiants, les élu-es dans leur grande diversité,... 

 

C'est la confirmation que notre démarche était bien fondée, l'IGAS confirmant la raison d'être de ce service, et même de la nécessité de son développement. Mais c'est aussi la confirmation que c'était une erreur de la part de M. Evin et de MMe Faugere de ne pas entendre les acteurs de terrain qui dénonçaient une décision uniquement basée sur une activité faussée par la période du temps du Pr Loisance. C'est donc une autre conception de la démocratie sanitaire qui a prévalue grâce à cette décision du Ministre.

 

Nous nous félicitons donc de cette victoire de tout un département, une victoire qui devrait déboucher sur un développement du groupe hospitalier en lien avec son Université, ses professionnels et ses élu-es. Nous resterons donc vigilant d ans ce sens, même si pour l'instant nous voulons apprécier ce réel  succès. 

 

Fabien Cohen 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:09

fMercenaires anglais à Tripoli

 

 

En autres indices peu rassurants sur l’évolution de la Lybie, la nomination d’un mercenaire français, ancien membre de la garde personnelle de Jean-Marie Le Pen à la tête de la sécurité pour l’Union européenne donne une indication sur la manière dont seront menées les affaires : françafricaines.



 



On nous a offert durant quelques jours le spectacle très distrayant de la décomposition du corps de Mouammar Kadhafi. Il est évidemment plus important de montrer le processus de putréfaction du cadavre de l’ex-leader libyen que d’éclaircir les responsabilités occultes de son assassinat. Une simple photo aurait été bienvenue, et même nécessaire, mais le cirque nécrophage fut excessif. De quel courage avons-nous fait preuve devant le cadavre de notre ennemi ! Surtout que celui-ci fut notre ami et qu’il fallait l’empêcher de parler – si seulement Kadhafi avait pu dire publiquement ce qu’il savait sur nos dirigeants ! Est-ce parce qu’il fut un allié précieux – comme le fut Saddam – que nos médias ont été autorisés à l’exhiber en morceaux sanguinolents ? Comme dans un rituel mafieux destiné à la famille, au clan ? Peut-être devions-nous faire la preuve que nos anciens alliés ne méritent aucun respect ? Et qu’ils ne nous font pas peur ? À l’inverse du corps de Ben Laden, qui fut dissimulé – par peur de représailles ?

Mais quand j’ai allumé mon ordinateur, prêt à partager avec mes semblables l’honneur de pouvoir assister à la démultiplication des vers dans les yeux de Kadhafi, j’ai eu le sentiment de me retrouver à Disneyland. Angela Merkel offrait à Sarkozy un ours en peluche pour sa fille Giulia. Et le jeune papa souriait avec le rictus de Louis de Funès recevant un coup de pied dans les couilles. Sur la photo, tout se voulait gentillesse et affection, fleurs et violons. Mais le rictus apparaissait sous le masque. Car entre le sinistre hangar de Misrata et les épais tapis de Bruxelles, entre le cadavre pourrissant de Kadhafi et la peluche affectueuse de Giulia, une ligne transite par l’Élysée. Et le Président est tendu. Intégralement tendu. Peut-être plus que jamais. La Libye est son jack pot et sa bouée électorale. Le pétrole et les affaires qu’il rapportera à son entourage, à son ami intime, Vincent Bolloré : la reconstruction du pays, les transports et les télécommunications, le marché de la sécurité et la vente d’armes.

La contribution française à la chute de Kadhafi a été décisive. Le président français fut reçu triomphalement à Tripoli. Certes, il n’avait pas été le premier à donner son soutien aux « rebelles » du CNT. Mais il sera généreux dans l’aide politique et diplomatique, directe et plus sûrement indirecte. Saura-t-on jamais l’importance des conseillers et mercenaires français dans la chute du dictateur ? Sans le soutien de Paris et de Londres, Kadhafi serait peut-être encore au pouvoir. Et les vers de Misrata se contenteraient des corps des opposants.

Selon la rumeur, la France pourrait réussir à contrôler 35 % du pétrole libyen. La diligence avec laquelle cette possibilité fut publiquement démentie est très significative. Comme l’est le fait que le gouvernement a déjà réactivé les postes clefs de la « Françafrique » (ou « Mafiafrique »), c’est-à-dire les réseaux secrets initiés par le général De Gaulle pour que les entreprises françaises puissent continuer d’exploiter l’Afrique après leur accession à l’indépendance. Un conglomérat d’entreprises publiques et d’État intégrant des ramifications plus ou moins discrètes qui regroupent mercenaires, militaires, affairistes, banquiers, politiciens français et des présidents africains. L’économiste et militant anticolonialiste français François-Xavier Verschave a défini la « Françafrique » comme l’altération permanente produite par la propagande officielle. La « Françafrique », c’est 90 % de la réalité franco-africaine qu’on nous cache. Le pire, cependant, n’est pas la malhonnêteté flagrante mais l’incompétence des principaux acteurs, qui a provoqué des génocides et des guerres dévastatrices. C’est comme si, écrit Verschave pour décrire les réseaux de la Françafrique, un groupe de techniciens ivres était au commandement de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Après le Nigeria, l’Irlande, la Bolivie, etc., les vieux vautours ont atterri en Libye, où d’autres bestioles plus discrètes leur préparaient la place depuis des mois. Ancien commandant d’infanterie de marine français, Jean-Pierre Chabrut vient d’être nommé chef de la sécurité pour l’Union européenne à Bengazi. Proche des soldats de fortunes comme Bob Denard, ce Chabrut-là est un pur produit du vivier de mercenaires français, la garde personnelle de Jean-Marie Le Pen, dont il fut le chef de la sécurité. Mais en Angola, entre 1995 et 1999, Chabrut dirigeait la Société internationale d’assistance (SIA), qui assurait la sécurité d’Elf [1] ; justement à l’époque où la compagnie française finançait les deux camps de la guerre civile [2].

Quel fut le véritable rôle de Chabrut dans le conflit libyen et en particulier dans la liquidation de Kadhafi ? Cette nomination est-elle une récompense ou une nouvelle mission ? Que se passera-t-il dans une Libye divisée en clans se déchirant pour le pétrole et le pouvoir ? Difficile de ne pas voir tous les ingrédients réunis pour engendrer une nouvelle Somalie.

Xavier Montanyà

Texte paru sur Vilaweb,
Traduit du catalan par Raphaël Monnard
——
Journaliste et documentariste, Xavier Montanya est notamment l’auteur, en français, de
Les Derniers Exilés de Pinochet. Des luttes clandestines à la transition démocratique(Agone, 2009) ; à paraître, L’Or noir du delta du Niger. Pillage, ravages écologiques et résistances (Agone-« Dossiers noirs », automne 2012)

Notes

[1] Lire Xavier Renou (avec Philippe Chapleau, Wayne Madsen et François-Xavier Verschave), La Privatisation de la violence. Mercenaires & sociétés militaires privées au service du marché(Agone-« Dossiers noirs », 2006).

[2] Lire Raphaël Granvaud, « De l’armée coloniale à l’armée néocoloniale (1830-1990) » ; Que fait l’armée française en Afrique ?(Agone-« Dossiers noirs », 2009)

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:08



e-copie-1.pngUn million de malades d’Alzheimer en France. Une « pandémie neurologique » dont les victimes sont de plus en plus jeunes. Et les causes parfaitement identifiées. Pourtant, les autorités sanitaires préfèrent regarder ailleurs, dénoncent la scientifique Marie Grosman et le philosophe Roger Lenglet. Dans les coulisses de la recherche et des décisions gouvernementales, ils ont enquêté sur les nombreux conflits d’intérêts qui paralysent toute politique de prévention. Entretien.



 

Basta ! : Quelle est l’ampleur des maladies qui assiègent nos cerveaux ?

Marie Grosman [1]  :Le nombre de malades d’Alzheimer et d’autisme augmente de façon vertigineuse dans de nombreux pays, surtout les plus développés. De 300 000 malades d’Alzheimer en 1994 en France, on en compte environ un million aujourd’hui. Et, si l’on ne fait rien, ce chiffre doublera tous les 20 ans. Le nombre de personnes souffrant d’autisme a été multiplié en France par 17 au cours des cinquante dernières années. On constate également une très forte progression des tumeurs cérébrales chez les enfants (20 % de plus en dix ans). La maladie de Parkinson et la sclérose en plaques, qui concernent respectivement 100 000 et 80 000 personnes, sont aussi en progression. Cela devrait quand même inciter à agir sur les causes de ces maladies !

Roger Lenglet [2]  :Toutes les données citées dans notre livre sont démontrées scientifiquement, ce ne sont pas des hypothèses. Nous sommes face à une pandémie neurologique qui ne cesse d’empirer. Les autorités trouvent toujours une explication rassurante à donner. Elles répètent que ces maladies n’ont pas de causes connues, hormis le vieillissement de la population. Mais l’âge est une condition de la maladie et non une cause. La maladie se produit souvent en fin de vie car c’est le temps nécessaire à son expression. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de pathologies dont le temps de latence est important entre l’exposition aux toxiques et l’apparition des symptômes. Et de plus en plus de jeunes sont touchés par la maladie d’Alzheimer. Entre 30 000 et 50 000 personnes de 13 à 60 ans sont concernées.

Nous naissons et vivons aujourd’hui dans « un monde neurotoxique ». Est-ce, selon vous, la cause principale du développement des maladies neurodégénératives ?

R. L. :On a l’habitude de raisonner sur le mode « pasteurien » : un virus = une maladie. Dans un monde où les produits chimiques sont devenus omniprésents, leurs effets se combinent, et les maladies sont multifactorielles. Mais les principaux coupables sont connus. Grâce à une étude épidémiologique de 1995, par exemple, on sait qu’un taux de 100 microgrammes/l d’aluminium dans l’eau du robinet multiplie par deux ou trois le nombre de cas d’Alzheimer. C’est un facteur puissant qui peut déclencher la maladie. À cela s’ajoute la synergie entre les produits, comme le mercure et le plomb, par exemple, qui aggrave considérablement leur nocivité, comme tous les toxicologues le savent [3].

Les enfants sont-ils particulièrement touchés par les substances neurotoxiques ?

M. G. :L’exposition aux molécules neurotoxiques commence dès le début de la vie in utero. Dans le ventre maternel, la barrière placentaire qui protège le fœtus ne stoppe pas les neurotoxiques, qui ont tendance à s’accumuler dans son cerveau en développement. Mercure, plomb, cadmium, phtalates, pesticides et solvants font partie de cette farandole qui a des effets, notamment sur la thyroïde. Plus ces substances sont présentes dans le cordon ombilical, moins le fœtus dispose d’hormones thyroïdiennes. Cette faible quantité peut entraîner une altération irréversible du développement cérébral. On sait aussi que plus la mère porte d’amalgames dentaires [plombages], plus le taux de mercure dans le cerveau du bébé est élevé  [4]. Les mères d’enfants autistes ont été en moyenne davantage exposées au mercure dentaire pendant leur grossesse [5].

Un quart des notices affichent des effets secondaires neurotoxiques : les médicaments sont-ils aussi en cause ?

R. L. :Oui. Même des médicaments contre les affections neurologiques entraînent d’autres désordres neurologiques, et ces effets peuvent être insidieux et durables, surtout après une consommation pendant des mois, voire des années. Ainsi, les antidépresseurs modifient les fonctions cognitives en diminuant la mémoire des faits récents, ils provoquent des tremblements, des difficultés de concentration, etc. Certains malades de Parkinson ont développé la maladie après la prise de médicaments. Quand un médicament pour Alzheimer provoque une « confusion » du patient, on met cela sur le dos de la maladie et pas du médicament. Il faut savoir que toutes les pathologies neurologiques peuvent être induites par des médicaments. Mais cette question est évacuée, comme si le médicament était sanctuarisé. En neurologie, les jeunes praticiens apprennent pourtant que la première question à se poser avec un patient souffrant d’une pathologie neurologique est de savoir ce qu’il a pris comme médicament.

Est-ce lié au fait que ces médicaments représentent un marché en pleine expansion ? 4,3 milliards de dollars en 2009 pour la seule prescription de médicaments pour Alzheimer…

M. G. :Effectivement, les maladies neurodégénératives et neuropsychiatriques constituent un fabuleux marché. Et garantissent un exceptionnel retour sur investissement : 39 % par an, selon André Syrota, directeur de l’Inserm. Pour les pandémies cardiovasculaires, le retour sur l’investissement serait de l’ordre de 37 %.

R. L. :On privatise la maladie en la réduisant à un produit financier outrageusement rentable. Ces médicaments assurent une sécurité sur les investissements totalement incroyable dans un monde en pleine instabilité financière. C’est une véritable marchandisation des pandémies.

Avec des situations de conflits d’intérêts ?

M. G. :L’association Formindep a fait éclater le scandalesur les conflits d’intérêts des experts de la Haute Autorité de santé (HAS), qui ont formulé les recommandations pour les médicaments anti-Alzheimer. Le médecin à la tête de la Commission transparence de la HAS était également rémunéré par des firmes pharmaceutiques, ce qui est interdit par le règlement. Avant même la sanction du Conseil d’État, la HAS a revu sa recommandationsur le sujet.

R. L. :Les acteurs économiques font un lobbying forcené pour maintenir le remboursement des médicaments. Cela signifierait sinon la fin de la prescription et d’un marché. Dans le cas de médicaments inefficaces et dangereux, le corps médical a toujours la même formule : « Le médicament permet d’intégrer dans les circuits de prise en charge les patients touchés. »Sans cela, on ne s’occuperait pas du patient ? Il existe pourtant une prise en charge non médicamenteuse et l’accompagnement nécessaire des malades.

D’où l’importance d’assurer l’indépendance de la pharmacovigilance ?

R. L. :Une vraie expertise du médicament est possible. La revue médicale indépendante Prescrirea prévu tous les scandales sanitaires de ces dernières décennies liés aux médicaments, grâce à ses contre-expertises. Il est essentiel que la Sécurité sociale et l’État, qui disposent de moyens considérables, mettent en place ce pôle d’experts indépendants. Même chose du côté des Mutuelles : elles doivent créer un pôle d’expertise qui leur permettra d’assurer une fonction de contrôle critique face aux médicaments qui ne devraient pas être autorisés et, a fortiori, qui ne devraient pas être remboursés.

M. G. :Nous avons besoin d’experts qui n’ont aucun conflit d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques. On nous répond depuis vingt ans que « les meilleurs travaillent déjà pour des laboratoires »et que cela reviendrait à « se priver de leurs compétences » [6]. En attendant, le travail mené par le Réseau environnement santé, qui a abouti à l‘interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires, montre toute l’importance de l’expertise citoyenne.

Qu’en est-il de la prévention ?

R. L. :Le fait le plus marquant est justement la quasi-inexistence d’actions de prévention, alors que les enjeux sanitaires sont considérables et que la plupart des causes sont connues. Faut-il attendre que la prévention devienne rentable pour la mettre en place ? Nous devons sortir d’une approche exclusivement thérapeutique. Et redévelopper la toxicologie, qui permet d’évaluer les effets des substances sur les organismes vivants et d’identifier les affections qu’elles peuvent entraîner. Les filières de formation à la toxicologie ont été fermées en France alors qu’il faudrait faire le contraire. Les toxicologues sont considérés comme des emmerdeurs qui viennent vous dire : « Le produit pour lequel vous avez un marché fait des morts. »

Comment expliquez-vous que les responsables politiques puissent négliger les causes de l’hécatombe ?

R. L. :Les relations de l’Élysée avec les laboratoires pharmaceutiques conditionnent totalement la politique de santé publique mise en œuvre en France. Le principal conseiller en santé de Nicolas Sarkozy est Arnold Munnich, un généticien dont l’équipe de recherche détient de multiples brevets. On demande aux chercheurs de se concentrer sur les prédispositions génétiques, alors que ça ne concerne pas plus de 3 % des maladies neurodégénératives. Un élément est frappant : le « pantouflage » intense entre les secteurs pharmaceutiques et chimiques, et les postes à responsabilité publique. Le gouvernement Sarkozy a réduit de 5 à 3 ans le délai minimum pour pouvoir rejoindre le secteur de l’industrie privée après avoir occupé un poste dans le secteur public. Le gouvernement est également à l’initiative de rapprochements entre recherche publique et industrie privée, qui permettent aux laboratoires pharmaceutiques de siphonner allègrement les crédits publics alloués à la recherche.

M. G. :Les spéculateurs se réjouissent de cette collusion avec l’industrie pharmaceutique. Et les assureurs privés se positionnent avec appétit sur ce marché : la poursuite de cette politique de l’autruche signifie la mort assurée de la Sécurité sociale et le partage de l’actuel régime obligatoire entre des assureurs privés.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de procès et d’actions en justice dans ce domaine ?

R. L. :Ces procès auront forcément lieu. Pour le moment, les décideurs font barrage. Mais dès la reconnaissance officielle de la neurotoxicité des produits, en particulier celle des médicaments, une brèche va s’ouvrir pour les plaintes des malades. C’est ce qui s’est passé pour l’amiante : 300 000 procès ont été gagnés aux États-Unis, après la reconnaissance de la toxicité de celle-ci.

M. G. :Au niveau collectif, il faut se battre pour que les class actions[recours collectifs, ndlr] soient autorisées, afin de rééquilibrer le rapport de force entre les multinationales, dont les ripostes sont hallucinantes, et les citoyens. La France a envisagé de l’autoriser, sauf dans le domaine de la santé [7]. On en est à une situation où le tabac fait plus de 66 000 morts en France chaque année, et un seul plaignant a perdu. Aux États-Unis, ce sont des États entiers qui ont obligé les cigarettiers à passer des accords.

R. L. :Il y a également des moyens de prévenir l’exposition aux neurotoxiques de façon individuelle. Personne ne peut se protéger complètement, mais des actions sont possibles au niveau de l’alimentation, du jardinage, des téléphones mobiles et d’autres sources délétères pour le cerveau… On peut refuser de se faire poser des amalgames dentaires et exiger des céramiques ou des composites à base de résine. On a mené la révolution pasteurienne, la révolution toxicologique reste à faire. En santé publique, toute prise de conscience est forcément anxiogène. On doit mettre en pratique un nouvel « hygiénisme » qui corresponde à la réalité qui nous entoure. Tout en sachant que, sans action collective, la législation et les normes de protection resteront le fruit des pressions des industriels.

Propos recueillis par Sophie Chapelle

Marie Grosman, Roger Lenglet, Menace sur nos neurones, éditions Actes Sud, 2011, 283 pages.

Notes

[1] Marie Grosman est agrégée de sciences de la vie et de la Terre, spécialisée en santé publique et en santé environnementale. Elle a publié des travaux scientifiques sur les facteurs environnementaux des maladies neurodégénératives.

[2] Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation, est l’auteur de nombreux livres d’enquête s’intéressant tout particulièrement à la santé, à l’environnement et au lobbying industriel. Il est membre de la Société française d’histoire de la médecineet du comité de parrainage de l’association Anticor (Association de lutte contre la corruption).

[3] Toxicologie industrielle et intoxications professionnelles, Robert Lauwerys, éd. Masson, 2007.

[4] "Mercury Burden of Human Fetal and Infant Tissues", Gustav Drasch, et al., in European Journal Pediatrics, vol. 153, n° 8, mars 1994, pp. 607-610.

[5] "A Prospective Study of Prenatal Mercury Exposure from Maternal Dental Amalgams and Autism Severity", David A. Geier, et al., in Acta neurobiologiae experimentalis, vol. 69, 2009, pp. 189-197.

[6] C’est ce qu’a notamment déclaré le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, le 27 octobre 2011 à l’Assemblée nationale. Il s’opposait à un amendement interdisant tout lien d’intérêt aux experts, qui a finalement été retiré.

[7] Les sénateurs ont adopté le 27 octobre 2011 un amendement autorisant les associations de victimes d’un médicament nocif à mener en justice une action de groupe, dont pourront bénéficier ensuite tous les patients touchés.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:03

d.pngDans son livre Leur grande trouille(éditions Les Liens qui libèrent), le journaliste François Ruffin, fondateur du journal Fakir, prend la défense du protectionnisme. Il dénonce l'ostracisme autour de cette option économique, et les ambiguïtés de la gauche antilibérale elle-même à ce sujet.

 

Depuis l'écriture de cet ouvrage, Arnaud Montebourg a pris la défense du protectionnisme avec le succès que l'on sait. Sentez-vous le vent tourner?

Montebourg est devenu un héraut du protectionnisme. Mais, dès le lendemain de la primaire socialiste, le discours dominant est redevenu le même, les partisans du libre-échange sont retombés sur leurs pieds. Montebourg a vu ses idées dénoncées comme proches du nazisme ou du stalinisme. Aucun des principaux candidats ne défendra le protectionnisme en 2012.

Pourquoi vous, journaliste dans un journal d'enquête sociale, avez-vous décidé d'écrire un livre pour défendre le protectionnisme?

Parce que j'étais fatigué d'assister à des défaites en permanence. Je suis d'Amiens, j'ai donc eu l'occasion d'assister en première ligne au massacre de l'industrie locale. Jusqu'à la nausée. Cela fait deux ans que je ne me suis pas rendu dans une usine en fermeture, parce que c'est toujours la même chose, les mêmes discours. Si on n'a pas de solution à proposer, c'est inutile, il ne reste qu'un sentiment de dégoût. La cause est toujours la même, et ceux qui ont le regard le plus lucide là-dessus, ce sont les patrons, qui expliquent par exemple comment ils se font bouffer par la métallurgie turque, indienne etc.

Seraient-ils plus lucides que les syndicats?

En tout cas, il y a une logique chez les patrons. Comment s'indigner qu'ils aillent produire dans les pays où la fiscalité est la plus basse, les normes sociales et environnementales les moins élevées? C'est tout à fait logique. Si l'on veut que ça change, il faut changer les règles du jeu. Or, ces règles, c'est encore la gauche qui les accepte les mieux. Le libre-échange n'est qu'une option économique, mais elle en a fait une valeur morale, en assimilant les métissages culturel et économique.

Vous décrivez un étonnant dialogue avec Olivier Besancenot, où celui-ci déclare que le protectionnisme fait le jeu des patrons...

On observe une alliance objective entre le patronat, qui tire profit du libre-échange, et une extrême-gauche qui renvoie dos à dos celui-ci et le protectionnisme, en faisant miroiter une révolution ouvrière internationale que je souhaite, mais à laquelle je ne crois pas à court ou moyen terme. Marx, en son temps, prêchait pour le libre-échange, parce qu'il pensait que cela créerait des tensions qui conduiraient à l'internationale ouvrière. Il a perdu son pari, mais au moins le choix était clair. Alors que, Besancenot, je ne vois pas quel pari il fait. Ne pas choisir entre libre-échange et protectionnisme, c'est rester dans l'altermondialisme, espérer que des séries de sommets militants pourront influer sur les grands chefs d'Etats...

Faites-vous la critique d'un certain «folklore» de gauche, plein de bonnes intentions, mais inefficace?

J'en fais partie aussi de ce mouvement. Il a eu une fonction importante de repolitisation, notamment dans les années 1990, lorsque certains annonçaient la fin de l'histoire et le libéralisme pour toujours. Mais aujourd'hui, on touche aux limites de l'altermondialisme, dont on ne voit pas très bien sur quoi il pourrait déboucher.

Vous expliquez que c'est notamment l'exaltation du «métissage culturel» qui a facilité l'acceptation du libre-échange commercial par la gauche. Du coup, la mise en place du protectionnisme sera-t-elle aussi inséparable d'une revalorisation de la culture nationale?

Je pense que ça va avec. Moi, je n'ai pas de problème avec l'idée de nation. Ce qui ne veut pas dire qu'elle soit fondée sur la pureté de la race. Certains prônent le métissage tout en condamnant le protectionnisme. D'autres prônent le libre-échange des marchandises, mais le protectionnisme pour les hommes. Pas question de taxer les roulettes en aluminium chinoises, ce serait du fascisme. En revanche, on peut créer des brigades qui vont en Libye ou au Niger pour empêcher l'immigration vers l'Europe.

Quelles seraient les frontières de ce protectionnisme?

Il s'agit de faire coïncider l'espace économique et l'espace politique. Si cet espace doit être plurinational, ce ne pourra pas être, je pense, l'Europe à 27. Par contre, on voit bien que la Grèce, l'Italie, l'Espagne et la France, par exemple, font face aux mêmes problèmes, c'est donc dans cet espace que l'on pourrait mettre en place le protectionnisme. Dans le pire des cas, on peut imaginer que ce sera une politique nationale.

Parmi les attaques régulièrement portées contre les partisans du protectionnisme, il y a un «égoïsme» qui voudrait empêcher les pays du Sud de commercer avec nous et de se développer.

Je réponds que le protectionnisme, essentiel pour les travailleurs de France, est un impératif pour les pays du Sud, et notamment pour leurs paysans. Il faut tout faire pour que ces pays ne se voient pas imposer le libre-échange, pour qu'ils aient les moyens de choisir eux-mêmes leur politique. Contrairement à le version libérale de l'histoire économique, pas un seul grand pays – Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Japon,... – ne s'est industrialisé sans être passé par une phase de protectionnisme dur.

Marine Le Pen a-t-elle joué un sale tour à la gauche en récupérant le discours protectionniste?

La gauche lui a tout simplement abandonné le terrain. D'où la nécessité de récupérer des outils de politique économique et un discours favorable au monde ouvrier, deux choses délaissées par la gauche. Quant au Front national, rappelons-nous que le protectionnisme est un moyen, pas une finalité. Cette politique, on la veut pour quoi faire? Relever les impôts pour aller vers plus d'égalité, redonner du travail aux salariés français, relever les normes écologiques et fiscales, ça, n'est pas dans le programme du FN. Le protectionnisme, aujourd'hui, relève de l'évidence pour beaucoup de personnes. Raison de plus pour ne pas laisser ce boulevard au Front national.


http://www.liberation.fr/economie/01012368803-c-est-la-gauche-qui-accepte-le-mieux-les-regles-du-libre-echange

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:00

 

c.png« Nous sommes les 99 % » s’écriaient les contestataires américains le 17 septembre 2011. « Nous n’avons rien pendant que l’autre pour cent a tout » s’exclamaient les protestataires. « Occupons Wall Street » répondaient d’autres encore. Ces cris d’indignations ont raisonné comme un tonnerre dans le ciel des États-Unis. Ailleurs dans le monde, le 15 octobre des hommes et des femmes, par centaines de milliers, marchaient pacifiquement contre les marchés financiers, les banques, les gouvernements qui désormais ne les représentent plus. Ils se présentent eux-même comme les héritiers des révolutionnaires égyptiens. Ils sont « tous unis pour un changement global ». Quelles que soient les formes et les dimensions que prend ce mouvement dans chaque pays, la contestation du capitalisme est planétaire. Il reste maintenant à transformer l’indignation en révolte et la révolte en révolution. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer la société capitaliste pour la rendre supportable, mais de l’abolir.

Les révoltes dans le Monde arabe, en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Australie etc. sont le produit de la lutte des classes imposée par le capitalisme lui-même à travers le monde. Au Nord comme au Sud de la planète, nonobstant des conditions matérielles d’existence très différentes d’une formation sociale à l’autre, c’est toujours une petite minorité, la bourgeoisie, qui exploite et domine l’immense majorité de la population. Le slogan des contestataires américains « Nous sommes les 99 % » illustre bien cette situation de conflit de classes. Même si le mouvement aux Etat-Unis n’est qu’à ses débuts, il fait déjà preuve d’une certaine maturité politique en s’attaquant au symbole du capitalisme comme le montre le nom même du mouvement « Occupons Wall Street ». Wall Street est le centre du capitalisme mondial et son symbole le plus visible contrairement à la finance internationale qui, elle, reste abstraite pour la plupart des citoyens. Dénoncer Wall Street, les guerres impérialistes et la crise économique avec ses cortèges de millions de chômeurs, de précaires, de sans abris etc. inscrit d’emblée le mouvement dans une perspective et dans un combat progressistes. Il faut donc marcher main dans la main avec les "indignés" contre la bourgeoisie. Toute contestation de cette classe sociale et de son système, même symbolique, constitue un pas en avant sur le chemin de l’unité dans l’action.

Mais l’indignation, quelles que soient d’ailleurs sa force et sa sincérité, ne permet pas de bouleverser radicalement la société capitaliste. Il ne s’agit pas seulement de mener un combat pour améliorer momentanément les conditions d’existence des travailleurs et des salariés en général pour rendre la société capitaliste supportable, mais de lutter pour une nouvelle société. La tendance générale du capitalisme n’est pas d’améliorer ces conditions, mais de les dégrader. Les politiques de "rigueur et d’austérité" imposées par la bourgeoisie ne font que préparer d’autres crises plus violentes et moins prévisibles avec toutes les conséquences terribles pour les travailleurs. Or les "indignés" avouent eux-mêmes que leur mouvement n’est pas « une révolution, mais plutôt une évolution » (1). « Nous ne sommes pas contre le système, c’est le système qui est contre nous ! » dit un slogan des « indignés » qui reflète bien cette position ambiguë qui consiste à dénoncer les conséquences du capitalisme tout en acceptant le système qui les engendre !

L’indignation s’apparente ici davantage à une revendication morale que politique. On fait appel en quelque sorte à la classe dominante pour améliorer la situation sans vraiment la remettre radicalement en cause. On s’indigne contre le chômage de masse, contre les marchés financiers, contre les inégalités, contre la corruption des dirigeants etc., sans réellement mettre en exergue les fondements matériels dont ils sont le reflet. L’indignation, comme la morale, n’a pas d’autonomie ; elle est intimement liée au système capitaliste qui la produit. C’est le capitalisme en crise profonde qui a donné naissance au mouvement des « indignés ». Ce n’est pas un hasard si le Mouvement est apparu d’abord en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Italie c’est à dire dans des pays ravagés par la crise, conséquence directe d’un système aux abois. En Espagne par exemple, le chômage a battu tous les records : 21,2 % de la population active (près de 5 millions d’hommes et de femmes) et 46,2 % des jeunes de moins de 25 ans sont privés d’emploi ! 2 millions de chômeurs ne touchent aucune prestation. La grande misère ronge des millions d’espagnols alors que la crise est loin d’être terminée (2). La situation de la Grèce est encore pire ! Et ce n’est certainement pas avec l’indignation et les "assemblées populaires" que l’on mettra un terme à cette souffrance infligée par la bourgeoisie à des millions d’hommes et de femmes dans toute l’Union Européenne.

L’histoire nous enseigne que la bourgeoisie ne renonce jamais à ses privilèges, qu’elle n’accorde jamais rien par générosité ou grandeur d’âme et qu’elle ne recule devant rien pour sauver ses intérêts.

Évidemment, il ne s’agit pas de renoncer à la lutte pour l’amélioration de la situation des salariés dans le cadre même du système. Mais ce combat inévitable reste largement insuffisant. C’est le salariat lui-même, cette forme d’esclavage moderne, qu’il faut abolir.

C’est cette position réformiste des "indignés" qui explique, entre autres, la longue liste de soutiens hypocrites apportés au Mouvement par les porte-parole du capital. On peut citer pêle-mêle et à titre d’exemple seulement, Ben Bernanke président de la Banque centrale américaine, Jean-Claude Trichet et Mario Draghi, ancien et nouveau présidents de la Banque Centrale Européenne (BCE), Angela Merkel, Herman Von Rompuy, José Manuel Barroso et des milliardaires comme Warren Buffett ou Georges Soros qui dirige un Fonds spéculatif qui porte son nom. Même Obama disait qu’il comprenait le mouvement des « indignés ». Par cette "sympathie" douteuse, la bourgeoisie tente de récupérer le Mouvement pour le dévier de sa trajectoire initiale et le vider de sa substance progressiste. La classe dominante peut également recourir à son arme fétiche, la répression pour empêcher le Mouvement de devenir plus combatif. Elle a déjà réprimé violemment les manifestants de la Plaça Catalunya à Barcelone, le campement d’Oakland en Californie et dans d’autres villes américaines, européennes et australiennes. En France, la police de Sarkozy réprime systématiquement les rassemblements des « indignés » et les militants sont parfois traduits devant les tribunaux (3). La bourgeoisie occidentale brutalise ainsi ses propres citoyens qui manifestent pacifiquement tout en dénonçant cyniquement les atteintes aux droits de l’homme ailleurs dans le monde !

La classe dirigeante combinera tentatives de récupération et répression pour étouffer le Mouvement ou tout du moins le canaliser.

Malgré ses faiblesses, le mouvement des « indignés » reste un événement majeur dans la lutte anticapitaliste. Il est l’expression d’une colère planétaire contre tous les symboles du système. Son mérite réside dans son existence même. Mais il doit se débarrasser lui même des tendances réformistes et petites-bourgeoises qui l’animent et le maintiennent encore dans l’illusion de pouvoir moraliser un système amoral. Il doit dépasser l’indignation pour aller vers un changement radical de la société. Il ne peut le faire qu’en s’alliant avec la classe ouvrière, seule classe réellement révolutionnaire malgré le chômage de masse et la bureaucratie des directions des partis et syndicats qui se réclament d’elle. Sinon, il restera un mouvement démocrate petit-bourgeois aspirant à moraliser et à améliorer le capitalisme avant d’être domestiqué par la classe dominante. Le capitalisme porte en lui les germes de sa propre destruction. Il a largement démontré, à travers ses crises à répétition, son inefficacité et sa dangerosité pour l’homme et la nature. Il n’a pas d’avenir. Les travailleurs et les laissés-pour-compte du monde entier doivent s’unir pour hâter sa disparition.

Mohamed Belaali

(1) Voir l’entretien d’Ignacio Sierra, porte-parole du groupe Democracia Real Ya accordé au journal algérien El Watan reproduit par le site « Poètes Indignés »

http://poetesindignes.wordpress.com/2011/07/22/%C2%ABles-ind...

(2) http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/10/24/la-grande-mi...

(3) Onze « indignés » jugés par le TGI de Paris Le 31 octobre 2011 pour avoir "décollé" la vitre d’un fourgon de police dans lequel ils pénétraient après une manifestation le 19 septembre.


http://www.legrandsoir.info/on-ne-change-pas-le-monde-avec-seulement-de-l-indignation.html

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 19:58


b.pngQuand je réfléchis à la crise, je finis toujours par me mettre en colère : nous savons d’où elle provient, nous savons pourquoi elle est survenue, nous savons comment la résorber… et il ne se passe toujours rien.

En effet cette crise provient de l’excès d’appétit des actionnaires, elle était inévitable car le système capitaliste engendre les excès, et pour la résorber il faudrait faire payer les riches. Mais faire payer les riches, n’est-ce pas supprimer la substance même du capitalisme ?

Et un capitalisme sans riches ni pauvres, c’est encore du capitalisme ? Et puis surtout, par quoi le remplacer ?

Face à ces questions qu’on croyait pour toujours tombées dans l’oubli, les penseurs d’aujourd’hui semblent incapables de sortir de nouvelles idéologies prometteuses d’espoir, car le système capitaliste les en empêche : les idées anti-capitalistes ne sont pas rentables.

Car ce n’est pas sur nos hommes politiques qu’il faudra compter, pas plus que sur les riches eux-mêmes. La richesse conduisant au pouvoir et le pouvoir conduisant à la richesse, il est bien évident que ceux qui profitent ensemble du système le défendent ensemble. Et à vrai dire ils n’ont pas vraiment d’autres choix. Comment pourraient-ils en effet se mettre à payer maintenant, alors que le peuple se rendrait compteaussitôt de la supercherie dont il est victime depuis si longtemps, de combien on l’exploite sur son travail et à quoi sert l’argent qu’on lui vole ? Si l’on rendait demain le capitalisme véritablement transparent, on s’apercevrait immédiatement de toute l’injustice de ce système, de toute l’inhumanité qu’il engendre, de toute la corruption qu’il provoque. En fermant les paradis fiscaux et en ouvrant les chambres de compensation, tous seraient ébahis par les sommes gigantesques qui transitent pour amasser qui le fruit de ventes d’armes ou de drogues, qui le fruit du travail des hommes ou d’une bonne négociation, qui l’argent de la prostitution ou du terrorisme.

Imaginons l’impossible, et qu’on réponde un jour à cette question : qu’a-t-on fait de votre argent ? De qui l’avez-vous reçu, à qui l’avez-vous donné, et à qui, à quoi a-t-il servi ? …

L’argent que vous gagnez à la sueur de votre front, ou même à la sueur d’autres fronts (c’est ça la mondialisation !), et bien cet argent va dans les poches des riches, qui eux-mêmes remplissent des poches plus grandes, et moins nombreuses ! Il transite discrètement de par le monde, fructifiant au gré des aléas législatifs, de niche fiscale en chambre de compensation, se perd dans des rétro-commissions secrètes, finance des guerres ou nourrit la misère, et finit sur un compte bancaire dans un paradis fiscal pour ne même pas faire le bonheur de celui qui le possède. Les très riches s’étant mis d’accord avec les très puissants pour que ceux qui votent les Lois pour les riches s’enrichissent sans faire de vagues, tout s’est toujours très bien passé tant que cela restait discret, et qu’ils n’étaient pas trop nombreux…

Mais la crise et les outils de médiatisation ont transformé la donne : la véritable nature du capitalisme apparaît peu à peu au grand jour, car les lois qui protégeaient autrefois les intérêts desdominants se retournentactuellement contre eux, tandis que l’opinion publique prend peu à peu conscience qu’on veut lui faire porter le chapeau. Ne pouvant pas se permettre de laisser s’écrouler le château de cartes sur lequel ils sont assis, les riches refusent maintenant d’admettre que le système qui les a placé ici ne les soutient plus, et s’acharnent à vouloir croire encore à leurs propres mensonges. Ils ne peuvent plus continuer comme avant, mais ne peuvent pas non plus s’arrêter là : faire payer les riches, c’est tout simplement mettre fin à leur domination. Et faire payer les pauvres c’est perdre les élections.

L’exemple de la Grèce en est bien la preuve : perdu entre la nécessité de respecter l’illusion démocratique pour être réélu et celle de satisfaire aux exigences des riches qui veulent faire payer le peuple, le premier ministre grec envisage aujourd’hui de se débarrasser du problème en convoquant un référendum. Entrainant la panique sur les marchés, ainsi que les autres chefs d’Etat dans leurs retranchements (jusqu’à leur faire dire publiquement l’irresponsabilité qu’il y a à solliciter l’avis du peuple sur son propre avenir !), le premier ministre grec réalise un joli coup d’échec. Mettant le peuple, les politiques et les financiers face à l’insoluble équation qui les unit dans un système autodestructeur, il leur permet de constater la réalité des faits : le capitalisme est un système injuste et nocif, qui peut détruire en un jour ce qu’il a contribué à construire en plusieurs siècles, la démocratie.


Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 19:52

a-copie-5.pngpar Hassan Aharrath, secrétaire de l'Association marocaine de défense des droits de l'Homme, ancien détenu politique



Interview prononcée lors d'une rencontre réalisée dans la fédération du Tarn du PCF



Traduction MO pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Mes salutations et mes remerciements aux militant(e)s du PCF dans le Tarn.



Je suis heureux d'être ici parmi vous en France, pays des révolutions et de lutte de classe par excellence. Je profite de l'occasion pour saluer la lutte et les combats de notre peuple, saluer les Martyrs marocains et saluer tous les détenus politiques au Maroc. 



Je considère cette occasion  comme une expression d'échange et de contact, une traduction significative de notre ambition et implication à nos tous, étant militants(e) communistes, en un nouveau monde démocratique socialiste à horizon communiste,  un monde sans exploitation aucune, un monde qui valorise l'humain, respecte sa dignité, ses droits politiques, économiques, sociaux et culturels, dans leur globalité et leur universalité.



C'est un moment de partage de nos idées et réflexions autour de ce qui se produit d'une manière sans précédent, dans la région du Proche-Orient et l'Afrique du Nord; région sensible et de hauts intérêts économiques, politiques et militaires. Inévitablement, toute action de changement ne peut qu'influencer le rapport des forces international et régional.



Premièrement: Il m'était possible d'intituler mon intervention « les révolutions arabes »car  le mouvement concerne les Etats Arabes. Mais l'identité des peuples en mouvement est différente. Essentiellement pour cette raison, j'ai employé une détermination géographique pour définir le champ de ces « révolutions ».



Deuxièmement: Mon intervention portera sur deux axes principaux.

Le premier, c'est celui de la situation générale dans la région, le second c'est celui du Maroc, bien que le Maroc soit un exemple insignifiant, car il s'agit actuellement de manifestations qui ne sont pas encore à la hauteur des deux « révolutions » en Tunisie ou en Egypte.



Situation générale:



Le monde entier a suivi  ce qui s’est  produit  en Tunisie, dès la première étincelle lancée par le martyr tunisien, l'universitaire, Med Bouazizi, qui s'est immolé, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzide, cette étincelle s'est propagée à toute la Tunisie, et après, différemment , à l'Égypte, et surtout au Yémen, en Syrie, au Bahreïn, en Libye, en Algérie, et au Maroc aussi.

 

Le monde entier savait parfaitement que les peuples de cette large région qui ont soif de liberté, de dignité et de démocratie, se sont sacrifiés, dans le passé, héroïquement et ont oeuvré, à plusieurs reprises pour  renverser et  changer les régimes réactionnaires en place. Mais, malgré tous les sacrifices, les souffrances s'aggravaient, les plaies s'ouvraient en profondeur :  misère économique et sociale, arrestations massives, tueries, kidnappings et autres crimes contre l'humanité qui ont  été commis, au su et au vu des nations unies, des USA, de l'Union Européenne, de la France et du monde entier.



Et à cette occasion, je pose la question suivante: où étaient-t-ils les USA quand les régimes réactionnaires et despotiques commettaient tous ces crimes? N’est-ce pas les USA qui ont soutenu, financé et  défendu ces régimes réactionnaires civils et militaires, en Afrique, en Asie et en Amérique latine?



Je cite les USA car ils sont le super parrain, hier comme aujourd'hui, de tous les régimes réactionnaires de la région. Et bien sûr, ils sont les plus concernés par les changements en cours, s'ils ne sont pas les manipulateurs.



La situation de l'Arabie Saoudite, source de tous les abus, de toutes les avaries, origine du mal qu'elle finance à travers les continents, n'intéresse t-elle pas les USA?



Où se trouve t-il le dictateur déchu Ben Ali? N'est ce pas en Arabie Saoudite, malgré le mandat d'arrêt tunisien?



Où sont les médias, comme  la chaine Aljezira pour démasquer l'intervention militaire de l'Arabie Saoudite au Bahreïn, qui a pour but de massacrer les manifestants contre le régime en place, contre les USA et contre les bases militaires américaines dans le pays? 



Et je constate qu'à ce niveau, la France est à la traine derrière les USA, au sujet des affaires  de la région du Maghreb. Souvenez vous du soutien inconditionnel jusqu'au dernier moment, de Sarkozy à son homologue Ben Ali, tandis que Obama, sûr du départ de l'homme "malade", a conçu et a préparé son départ, en collaboration avec son entourage proche. Les renseignements français n'étaient pas capables de dénouer les mystères de la surprise préparée par les USA.



Je rappelle que les soulèvements en Tunisie et ailleurs dans la région, en partie, sont le résultat de luttes de longue haleine et longue date, qui se seraient  produits  tôt ou tard.



Les masses populaires et surtout les jeunes ont créé l'évènement et ont investi les rues et les places publiques. De par leur héroïsme, leurs slogans, leur solidarité et leur union, ils  ont quitté la peur et se sont accrochés à l'avenir. De vraies épopées. Quelques formations politiques, syndicales et associatives ont y participé.



En conséquence, les deux têtes des deux régimes, en Tunisie et en Égypte, ont été limogées. Ben Ali a pris la fuite, Moubarak a démissionné. Quelques portes se sont ouvertes. Des concertations au sujet de l'avenir des deux pays ont été entamées, avec méfiance et crainte du retour à la case départ, vu la continuité  des régimes réactionnaires en place, soutenus de l'extérieur et dont quelques symboles seulement sont limogés. Ces dirigeants et bien d'autres ne remplissent plus leurs fonctions et missions aux yeux des maîtres, ils sont devenus des obstacles à  la réalisation des projets impérialistes,  dans la région, à savoir la maîtrise de la sécurité et des richesses pétrolières et autres. En plus, El Quaïda et peut être d'autres organisations radicales peuvent s'emparer du pouvoir face à  la faiblesse des régimes classiques.  



Dans ce contexte, quelques injections relativement fortes de démocratie et des droits de l'homme, sont nécessaires pour renouveler le sang et entamer la nouvelle période de domination, à moindre frais. Cette fois-ci avec d'autres méthodes conformes à la période actuelle, celle de la révolution technologique et numérique qui a permis l'accès à l'information et son usage. En clair, dans ces conditions, il est impossible de cohabiter avec des structures et des mentalités plus archaïques qui s'opposent à tout slogan de modernité, de démocratie et des droits de l'homme.



Les méthodes ont changé. Au lieu des coups d'État, rouges ou blancs,  qui sont inutiles et incompatibles avec cette période, et ne justifient plus les interventions directes de l'extérieur(opex), on a vécu des opérations sous titre "révolutions arabes" en Tunisie et en Egypte, et on a ouvert le feu sur les maillons faibles, comme la Libye et la Syrie.



Le 07 novembre 1987, Ben Ali s'est emparé du pouvoir par un coup d'Etat blanc sous les yeux du monde entier. S'emparer de lui d'une autre manière (4 janvier 2011) était facilement faisable. Que l'on se souvient tous du bruit du site Wikilix, en ce qui concerne exactement la Tunisie sous le titre: "la corruption en Tunisie: ce qui vous appartient, est à nous". . J'attire votre attention sur le coup de fil de la secrétaire d'État aux affaires étrangères américaines, Hilary Clinton aux responsables militaires tunisiens leur conseillant de ne pas intervenir et ne pas réprimer les manifestations et les contestations en Tunisie, et sans doute d'autres sujets ont été  abordés… Ce qui nous interpelle aux sujets des perspectives de ces « révolutions ».



Bien sûr  le risque d'instrumentaliser, d’influencer et fausser l'opinion publique existe. J'ai à l'esprit le rôle des médias numériques et satellites. Surtout dans notre région, la chaine ALjezira est financée par un régime réactionnaire collaborateur de l'impérialisme pour effectuer des missions bien définies au préalable. Il faudrait se souvenir de la propagande et du rôle des médias occidentaux impérialistes, à travers la falsification des faits et la dénaturation des vérités, dans la chute des régimes socialistes en Europe de l'Est et surtout le cas du régime de Ceaucescu en Romanie.



La faiblesse et même l'absence sur scène d'organisations politiques, avant et après les soulèvements, parait particulièrement évident à tout le monde. Elles n'organisent  et ne cadrent pas  les manifestations massives. Elles ne fabriquent, n'influencent et n'orientent pas  les événements. De fait, ces formations étaient obligées de rejoindre la rue et de participer dans quelques limites. Toutes les organisations politiques, syndicales et associatives étaient surprises par ce qui s'est produit. En conséquence, elles se retrouvaient à la marge du mouvement. Il n'existe pas de force politique militante, influente à forte organisation solide structurée face aux régimes de Ben Ali et Moubarak. On peut penser aux Frères Musulmans en Égypte, sauf qu'ils sont une organisation complice avec le régime Moubarak et toujours prête aux compromissions afin de faire perdurer les conditions de vie difficiles des masses populaires en Égypte. C'est presque le même cas concernant le parti islamiste Annahda en Tunisie.



L'absence atroce, abominable de forces politiques, dérangeantes, qui luttent réellement contre ces régimes, revient essentiellement aux années de plomb, de répression, d'asservissement exercés par ces régimes avec le fort soutien des forces étrangères. Aux noms de ses vifs intérêts  stratégiques ces dernières ont lâché leurs amis et alliés et même elles les ont éliminés.



Le plus dangereux, c'est que le vide actuel, ou bien la faiblesse des forces politiques, fait que l'administration et la gestion de la prochaine période sont aux mains des anciennes figures (l'armée, les renseignements militaires et civils…), complices à des niveaux différents des atrocités du passé, sous l'égide et l'orientation de l'extérieur, premier bénéficiaire de la situation.



Les organisations politiques faibles sont un partenaire secondaire sans influence.



Même les enjeux des élections libres et indépendantes, ne peuvent leur permettre d’avoir une place sur  l'échiquier politique ou au mieux de gérer les affaires du pays, c'est le cas surtout des partis démocratiques et laïques. On serait donc en face des régimes inclinés et courbés, alliés et qui ne prient qu'au nom des USA.



Parmi les indicateurs forts et significatifs  de ce processus, c'est il y a le fait de vider actuellement et à l'avenir ce qui s'est produit de son contenu et sa substance révolutionnaire et démocratique, c'est aussi l'inapplication de la règle: « aucun n'est au dessus de la loi », juger tous ceux qui sont complices et ont participé aux crimes du passé. Bien sûr, il ne s'agit pas là de la vengeance ni de la chasse aux sorcières, au contraire le jugement équitable et juste des mains sales et de tous ceux qui ont commis des crimes politiques et économiques devra être garanti. Dire "non à l'impunité" est un pas vers l'avenir que méritent les peuples opprimés. 



Le 08, 09 et 10 juillet dernier en Tunisie, j'ai participé à un séminaire organisé par le réseau euro-méditerrannéen des organisations non gouvernementales au sujet des expériences de la Tunisie et de l'Egypte. A la quasi-totalité, la rencontre a fait le constat suivant: les symboles du passé règnent encore, au sein de l'armée et au niveau de tous les engrenages de l'Etat en Egypte comme en Tunisie. Aucun changement économique et militaire n'est constaté. Le changement est donc superficiel et trop limité. Même le jugement de Housny Moubarak n'est qu'une scène théâtrale non convaincante.



À l'appui de cette opinion et analyse, je vous cite quelques passages d' un communiqué du Conseil National pour la Défense de la Révolution en Tunisie, daté du 21 août 2011:



"L'assemblée  condamne avec force toutes les attaques contre le Conseil National et toutes tentatives de le ruiner par le biais de procréer des conseils et comités parallèles, du camouflage, et des campagnes médiatiques suspectes; par le biais aussi des condamnations dans toute la patrie, ordonnées par les responsables Unionistes, comme ELkabli et Assijoumi, contre ces militants. Nous condamnons aussi avec la même force les agressions subies par ces militants, en particulier, le 14 mai 2011, devant le théâtre national, à l'occasion de la journée nationale de la défense de la révolution, ainsi le 15 août 2011 au sein de la capitale et dans d'autre région: Sousse, Makrine, Zaghouan, Tobrouka…



Le Conseil National salue la renaissance révolutionnaire ascendante dans toutes les villes et compagnes de la Tunisie que le pouvoir illégitime ne peut plus étouffer par le couvre feu, la répression, les descentes de police, les arrestations et des jugements sommaires. Pour asservir les masses populaires, le pouvoir use de tous les scénarios: la sédition régionale et tribale, la police politique et les mélices Unionistes organisent le désordre sécuritaire.



Les événements ont justifié les opinions du Conseil National; Il rappelle fortement que la bande qui organisait son assaut contre  le pouvoir après la chute du dictateur Ben Ali, est une vitrine politique et le fer de lance des forces de  la contre- révolution. Ces forces se sont réorganisées et ont restructuré ses rangs. Les symboles de la corruption administrative, politique et financière continue leur domination sur la justice, l'administration et les médias. Le retour de L'Union est légalisé sous forme d'autres partis, la police politique en tête de l'institution sécuritaire oppressive s'est consolidée. Les criminels sont protégés et échappent à la justice, ils sont même libérés. Ils sont même innocentés et aidés à fuir  en dehors du pays. Ceci au moment même où la condamnation des militants des Conseils de la défense de la révolution, des manifestants et protestants continuent.



Le Conseil National considère que les orientations économiques et sociales dictées par les cercles impérialistes de l'autorité illégalle, qui continue à consolider l'aliénation et l'aggravation de la dette, sont totalement à l'opposé du mouvement révolutionnaire des masses et de ses objectifs: le travail, la dignité, l'égalité sociale et le développement équilibré régional. Les choix du gouvernement  se concordent totalement avec les intérêts des classes sangsues qui ont pillé le fruit de l'effort du peuple et qui sont la base du régime Bourguibiste Novembriste. Ces classes sont les grands capitalistes, les grands propriétaires fonciers et les grands commerçants. Ceux là ont la main libre des monopoles, de la concurrence, l'augmentation des prix et la baisse du pouvoir d'achat de tout le peuple.



Le Conseil refuse tout plan suspect de remplacer les dictatures par la colonisation et toute tentative d'emmener la Tunisie à participer aux interventions agressives de l'OTAN pour renverser le régime dictatorial de Kadhafi. Ces agressions n'ont aucun rapport avec la lutte du peuple libyen et la protection des civils. Elles ciblent les potentialités du peuple libyen et ont pour but de renforcer les bases militaires dans notre région. L'OTAN menace la stabilité en Tunisie et en Egypte et porte soutien aux forces de la contre révolution dans les deux pays,  afin d'empêcher leurs révolutions de remplir leurs missions de rompre avec l'aliénation, avec l'impérialisme et avec l'ennemi sioniste".

 

C'est ainsi en Tunisie et en Egypte, quelle est la situation au Yémen, en Syrie et en Libye en particulier?

 

L'éclatement des situations libyenne  et syrienne intéressent singulièrement les USA. et pour éclairer les intentions des USA, je vous cite la déclaration de madame  Michèle Fournay, secrétaire d'Etat américain,  adjointe à la défense, datée du 24 avril 2011, une quarantaine de jours après le déclenchement des protestations en Syrie, Madame la ministre disait:



"La solution à la crise en Syrie passe par la rupture de son alliance avec l'Iran, le Hezboullah et le Hamas, et son ralliement au bloc stratégique des pays du Golfe afin de faciliter le relancement du processus de paix avec Israel. C'est ainsi que se calmeront la crise et la violence en Syrie".



Et ce n'est pas difficile de constater que les  américains s'orientent vers la Syrie et la Libye en marchant sur les dépouilles de Ben Ali et Moubarak. Autrement dit, renverser les régimes libyens et syriens se préparent à travers le lynchage  des vieux collaborateurs Ben Ali et Moubarak. Ecraser franchement la Libye (Khadafi) ou la Syrie (Béchar), signifie un autre Irak ou autrement d'autres Saddam. Ainsi passer par la Tunisie et L'Egypte évite certainement le soutien et la solidarité et endormir les peuples de la région.



On ne peut pas  nier que le choc produit fortement a déstabilisé et a semé les illusions auprès des peuples de la région et quelques forces politiques qui croyaient au "mensonge" de la révolution.   

 

La plupart croyait que  Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ont été déchus par leurs peuples, au point que  des questions stupides ont été posées;



  • Comment les chefs d'Etat déchus pouvaient -ils gouverner pendant de longues années sans aucune légitimité politique?

  • Comment se fait -il que les peuples arabes ont accepté, durant toutes ces périodes, ces chefs d'Etat dont le seul souci est de s'assurer leurs intérêts, ceux de leurs familles et ceux de l'élite de leur entourage?



Les réponses sont claires:



Les gouvernants, chefs d'Etat, n'ont pu s'asseoir sur les plaies de leurs peuples que par la force et par le soutien inconditionnel de l'extérieur.



Les peuples ont pu supporter tous les crimes commis contre eux de par leur incapacité et de par l'absence des conditions subjectives de leur affranchissement à cause de l'oppression à la fois intérieure et extérieure.

 

Et dans tous les cas, ce qui s'est passé en Libye ne laisse aucun doute : ce sont les USA, la France à travers les interventions militaires de l'OTAN qui ont mis fin au régime Kadhafi et non le peule libyen.

 

Deuxième axe: Exemple du Maroc

 

Le Maroc a connu  plusieurs immolations, certaines avec décès, c'est le cas de Fadoua Elâroui, Hamid Guenouni. Il connait aussi des arrestations, de la torture, des jugements sommaires et des assassinats au cours des Intifadas et au sein des manifestations du mouvement 20 février à Sefrou, El Houceima, Safi, Souk Essabet, Berkane etc. Certes, le mouvement n'est pas encore au stade de la révolution.



Et la réponse à la question suivante "pourquoi nous manifestons le 20 février?" montre bien les limites des évènements au Maroc:



"Parce qu'il est temps de dire d'une seule voix:

  • Stop à l'humiliation, à l'oppression, aux fraudes et à la corruption.

  • Stop à la cherté de la vie, stop aux bas salaires, à la pauvreté et la faim.

  • Stop à la dégradation des services sociaux



Pour exprimer notre indignation envers les politiques suivies et nos ambitions à réagir vis à vis du champ politique et activer le processus très en retard du passage à la démocratie.



Pour dire d'une voix haute OUI: à l'enseignement gratuit, à la santé, au travail, à la vie dans la dignité, au logement décent.



OUI à la liberté d'expression et d'opinion" (Extrait d'une fiche descriptive de la coordination de Rabat du mouvement 20 février).

 

Nous avons poursuivi avec grande précision comment l'extérieur (USA, France) faisait silence  froidement sur le cas du Maroc en comparaison avec la Tunisie et l'Egypte. Même les médias, Aljezira par exemple, ne se sont pas intéressés, ni de près, ni de loin au Maroc. Par ailleurs, nous avons constaté des correspondances de soutien et d'assurance, par exemple, le positionnement au sujet de la nouvelle/ancienne constitution, qui concentre les pouvoirs au main du roi et assure sa domination sur toute la vie politique, économique et militaire au Maroc.



Effectivement, les airs de changement ont soufflé aussi sur le Maroc. Par solidarité avec la Tunisie et ensuite avec l'Egypte, les manifestations se sont déclenchées dans toutes les villes et villages marocains. C'était un événement extraordinaire, à contre gré du régime. Ont été entendus des  slogans contre les responsables marocains complices de corruption et aussi, à échelle réduite, les slogans pour changer et renverser le régime.



La nouveauté au Maroc, c'est la périodicité des actions de protestation dans les rues, depuis le 20 février 2011 jusqu'à maintenant, malgré l'oppression, les menaces et surtout les ordres du roi contenus dans  ses discours à plus d'une occasion. Ces mouvements ont eu un fort impact sur l'agenda du régime, à titre d'exemple le boycott de La comédie du référendum de la nouvelle constitution.

 

L'expérience marocaine présente des faiblesses sur différents plans, organisationnel et politique. Les formations politiques, syndicales et associatives ne participent pas directement au  mouvement populaire. Elles se contentent de surveiller les évènements et de rendre publics  leurs avis et leur soutien. Des problématiques complexes  sont posées, en premier lieu, l'appel à une monarchie parlementaire qui limite seulement quelques pouvoirs octroyés au roi et la question de l'alliance avec les forces islamistes complices et même responsables de l'assassinat d'un grand nombre de militant de la gauche.



J'ai avec moi un rapport concernant les violations commises au Maroc par le régime depuis le 20 février 2011 et aussi une liste des détenus politiques au pays.

 

 

 

                              Déclaration de presse  

 

Bonjour,



Je vous remercie tous et toutes;



Je remercie le Parti Communiste, la Fédération du Tarn.



Je vais soulever à cette occasion deux points importants:



* Le premier point: Ce qui s'est passé et se passe encore dans plusieurs pays dits arabes;



* Le deuxième point: Le cas du Maroc.



Pour le premier point, je salue les sacrifices des peuples en Tunisie et en Egypte et dans les autres pays en mouvement, ces peuples qui ont créé de vraies épopées.



Mais, ce qui est dangereux, c'est primo, ne pas aller jusqu'au bout. Comment?



- En Egypte et en Tunisie, les régimes en place existent toujours;



- Seules les têtes de ces régimes et quelques autres symboles ont été  limogés;



- Mêmes orientations politiques, économiques et militaires, càd, mêmes conditions de vie;



- Faiblesse des forces politiques et de la société civile.



Secondo, l'intervention de l'extérieur (USA, France…) politique et militaire. Le cas de la Libye ne laisse aucune illusion, c'est l'OTAN qui a mis fin au régime despotique de Khadafi, et non le peuple libyen.



Concernant le deuxième point, le peuple marocain n'a pas tardé à suivre les pas des autres peuples en mouvement. Il a organisé sa première manifestation le 20 février 2011, et il n'a cessé d'organiser ces manifestations jusqu'à maintenant.



Le régime marocain réactionnaire n'a pas hésité à réprimer sauvagement les manifestant(e)s, ce qui a laissé des martyrs et beaucoup de détenu(e)s politiques, et c'est au su et au vu des USA, de la France et même de l'ONU.



Parmi les revendications du mouvement du 20 février au Maroc:



- Stopper l'humiliation, l'oppression, les fraudes et la corruption;



- Stopper la cherté de la vie, les bas salaires, la pauvreté et la faim;



- Stopper la dégradation des services publics;



- Reclamer  l'enseignement gratuit, à la santé, le travail, la vie dans la dignité et le logement décent;



- Reclamer  la liberté d'expression et d'opinion.



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Published by valenton rouge - dans Monde
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