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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:41

images.jpegPour ceux qui ne vivent pas en France et ne peuvent pas se procurer l'indispensable hebdomadaire du mercredi, voici l'intégralité d'un article qui apparaît d'ores et déjà comme une "pièce" historique. Quand la "civilisation" ressemble à s'y méprendre à la barbarie...

Obama et Sarkozy ne voulaient pas qu’il s’en sorte vivant. De crainte qu’il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale.

Mercredi, 19 octobre en fin d’après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l’un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l’une des priorités actuelles des généraux de l’équipe Obama, l’Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu’il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu’il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.

Depuis quelques jours d’ailleurs, des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. À Paris, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales) les militaires présents à Syrte.

Leur mission : porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier, et, selon le jargon maison utilisé par un officier du CPCO, « ´´traiter´´ le guide libyen et les membres de sa famille ». Une formule codée en cours à la DGSE : « livrer le colis à Renard », et agir en sorte que Kadhafi n’échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisé « Renard ?».

Hypocrisie internationale.

À l’Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l’un de ses fils s’étaient réfugié à Syrte, avec gardes corps et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoit Puga, son chef d’état-major particulier, de superviser la chasse à l’ancien dictateur. Ce qu’il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l’étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d’ailleurs pour évoquer l’ «élimination physique »du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l’Élysée, s’il faut en croire un conseiller du Président.

« La peine de mort n’était pas prévue dans les résolutions de l’ONU qui ont permis à l’OTAN d’intervenir, ironise un diplomate français. Mais il ne faut pas jouer les hypocrites. À plusieurs reprises, des avions français et britanniques avaient déjà tenté de liquider Kadhafi en bombardant certains de ses repaires, à Tripoli ou en détruisant notamment un de ses bureaux. » Et le même de signaler que, lors d’un procès devant la Cours pénale internationale, « ce nouvel ami de l’Occident aurait pu rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l’aide qu’il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu’il offrait aux uns et aux autres. Voire plus grave, sait-on jamais ? ».

Le 20 octobre à 8h 30 du matin, l’objectif allait être atteint. Trois avions de l’OTAN s’approchent de Syrte. Rien à voir avec une mission de reconnaissance effectuée par hasard : une colonne de 75 véhicules fuit la ville à vive allure. Un drone américain Predator tire des roquettes. Un mirage F1CR français de reconnaissance suit un Mirage 200-D qui large deux bombesGBU-12 de 225 kilos guidées au laser. Bilan : 21 véhicules détruit et Kadhafi seulement blessé.

Soupirs de satisfaction.

Des forces spéciales françaises sont alors présentes sur les lieux. L’histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec abondance de détails un officier des services militaires de renseignements : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande ῞Allah Akbarˮà pleine poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d’autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ».

On connait la suite, quelques images de ce lynchage suivi d’une exécution par balles sont apparues sur les écrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de Kadhafi n’est pas la fin de l’histoire car, en croire une analyse barbouzarde, « la Libye est entrée dans un no man’s land politique, une zone de turbulences imprévisibles. » Voilà qui devrait inquiéter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction que Kadhafi ne serait jamais la vedette d’un procès international.

Claude Angeli

http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2011/10/26/selon-le-canard-enchaine-kadhafi-a-ete-condamne-a-mort-par-w.html

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:35

bruxelles-crise-europe.jpgLe fonctionnement chaotique de l'Europe, son déficit démocratique et la crise sociale à venir : les leçons à retenir du sommet de Bruxelles.

 



La dramaturgie européenne a été respectée : comme à chaque crise, nuit blanche, tensions de couloir, conférences de presse au petit matin... Et un accord final conforme en tous points à ce qui était attendu depuis plusieurs jours, au moins dans le volet qui concerne la dette grecque, les banques, le Fonds européen de stabilité financière.

Quelques leçons à retenir de cet exercice qui, au-delà de l'objectif réussi de « rassurer les marchés », comme le veut la doxa du moment, n'aura pas sorti l'Europe de ses contradictions. Des leçons en forme de non-dits.

1

Fonctionnement chaotique

 

Le mode de fonctionnement de l'Europe souffre de deux maux qui se sont manifestés de manière criante ces derniers jours :

  • le premier est le choc des ego, avec l'indigne sourire arrogant de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de Silvio Berlusconi, entraînant dans son dérapage indécent Angela Merkel. Au moment où la zone euro tente d'afficher sa solidarité, cette pitrerie de conférence de presse alimente cette « Europe des clichés » qui a la vie dure ;
  • le deuxième est la faillite des institutions européennes. Qui a entendu parler de la Commission européenne pendant cette crise ? A quoi sert Herman Van Rompuy devenu l'an dernier, par la force du plus petit dénominateur commun, le « président de l'Europe » ?

L'absence de « gouvernement économique » est apparue, comme on pouvait le supposer depuis des années mais jamais autant qu'aujourd'hui, comme une erreur potentiellement fatale de la construction monétaire européenne.

Le sommet de Bruxelles n'a pas généré d'avancée significative sur cette voie, pas d'ouverture fédératrice, c'est sa principale lacune, même si elle est cachée par les avancées plus immédiates sur la dette grecque ou le fonds de solidarité.

La question pourra-t-elle être éludée beaucoup plus longtemps, si la zone euro veut retrouver sa cohérence ?

2

Déficit démocratique

 

Le grand paradoxe de la dramaturgie de ces dernières 24 heures, est que le déblocage de la situation est venu... du Bundestag. C'est en effet le vote du parlement allemand mercredi après-midi, autorisant Angela Merkel à négocier une extension du Fonds européen de stabilité financière, qui a permis le succès de la nuit à Bruxelles.

Paradoxe car on aurait imagine que c'est l'europarlement, élu au suffrage universel direct par les 450 millions d'Européens, qui joue ce rôle de garant démocratique du deal sur la dette grecque et sur la solidarité financière européenne.

Ça en dit long sur le fait que, malgré les avancées, l'europarlement reste un pôle négligeable de pouvoir en Europe, dont la légitimité reste si fragile qu'on en oublie même qu'il existe quand les enjeux deviennent vitaux. C'est plus que regrettable, c'est affligeant.

Ça en dit long, également, sur le poids de l'Allemagne dans toute solution pour sauver l'euro et traiter la crise de la dette. A garder en mémoire chaque fois que Nicolas Sarkozy emploie le pronom personnel « je » pour expliquer qu'il a sauvé l'Europe.

Dans l'Europe d'aujourd'hui, sans l'Allemagne, pas d'accord, mais l'Allemagne seule ne peut pas sauver l'Europe. On en revient à ce qui fait la mayonnaise européenne de toujours : une machine à générer des compromis entre Etats membres. Ça fonctionne, mais avec un déficit démocratique qui est devenu insupportable.

3

La crise sociale est devant nous

 

Le troisième non-dit de l'accord de Bruxelles, c'est qu'il va falloir faire avaler la potion amère de l'austérité aux peuples d'Europe. Les Grecs sont déjà en train de l'avaler – et de se révolter –, les Italiens viennent de découvrir que leur chef de gouvernement peut promettre en quelques heures dans une lettre écrite à la va-vite que la retraite en Italie va passer à ... 67 ans !

Et les Français, ce jeudi matin, auront plus à cœur de savoir à quelle sauce de TVA ils vont être mangés, que de se réjouir d'apprendre qu'on a réduit la dette grecque et renforcé le FESF.

Ce sera l'enjeu des prochains mois en France. En choisissant François Hollande comme candidat, le PS a désigné le candidat le plus compatible avec les objectifs européens qui ont été décidés cette nuit. En particulier, son engagement d'atteindre le zéro déficit à la fin de son mandat tranchait avec le refus de Martine Aubry de prendre un tel engagement.

La vraie différence sera-t-elle dès lors dans le traitement social de cet effort colossal qui sera demandé à l'économie française et aux Français ?

Nicolas Sarkozy s'est taillé une émission sur mesure, ce jeudi soir, pour convaincre les Français qu'il est le sauveur de l'Europe, et qu'il ne faudra pas changer de capitaine au milieu de la tempête, surtout pour confier le navire à un capitaine qui n'a jamais barré.

Il aura plus de mal à convaincre qu'il a le sort des catégories les plus menacées par la crise à cœur, après quatre années passées avec l'habit qui lui colle désormais à la peau de « Président des riches ». Difficile de nier qu'une partie du déficit actuel repose dans les « cadeaux » fiscaux qui ont été faits, à pure perte, aux plus aisés.

Dans une France moins « indignée » que d'autres pays, au moins en apparence, il ne faudrait pas grand chose pour que la purge sociale se transforme en explosion de colère. Surtout si le candidat qui incarnera la gauche au deuxième tour n'arrive pas à convaincre qu'il est porteur d'un programme radicalement différent.

Le sommet de Bruxelles, plus encore que la primaire socialiste, lance véritablement le coup d'envoi de la campagne électorale française. Premier acte, ce jeudi soir, dans une mise en scène 100% élyséenne.

 

http://www.rue89.com/rue89-eco/2011/10/27/les-trois-non-dits-de-laccord-de-bruxelles-225993

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:31

election-23102011.jpgC’est la première élection libre tenue dans le monde arabe depuis plus de cinquante ans – à l’exception, particulière, de la Palestine où le scrutin s’était tenu sous occupation. La campagne a été animée, la participation massive malgré tous les Cassandre qui prétendaient le peuple déçu par l’absence de changements, comme si le peuple ne s’intéressait qu’aux questions de subsistance et pas à la liberté et à la démocratie. Bien sûr, les élections n’ont pas été parfaites. Certains ont évoqué le poids de l’argent, notamment avec cet homme d’affaires basé à Londres qui a réussi à obtenir un grand nombre de députés (sans doute en amalgamant les rescapés de l’ancien régime). Mais peu de démocraties ont réussi à régler le problème des rapports entre la politique et l’argent – que l’on songe aux Etats-Unis ou à la France. Les Tunisiens ne s’y sont pas trompés et tous les observateurs ont noté non seulement la forte participation, mais aussi l’émotion et la joie de personnes qui faisaient la queue pendant des heures pour glisser un bulletin dans l’urne.

Mais voilà : certains n’acceptent la démocratie que lorsque les électeurs votent comme ils le souhaitent. Que le peuple palestinien sous occupation vote pour le Hamas, et l’Occident organise le blocus du nouveau gouvernement et sa chute. Que les Tunisiens votent pour Ennahda, et voilà nombre de nos éditorialistes, ceux-là même qui affirmaient que le printemps arabe avait vu la disparition des islamistes, s’interroger gravement et reprendre une vieille antienne : les Arabes ne sont pas mûrs pour la démocratie ou, comme ils l’écrivaient avant, mieux vaut Ben Ali que les islamistes.

Heureusement, tous ne sont pas sur la même longueur d’ondes, mais le titre « Après le régime de Ben Ali, celui du Coran » du journal de 7 heures de France-Inter le 25 octobre résume la position de toutes les chaînes de Radio France, mobilisée sur un anti-islamisme primaire.

Dans L’Express, Christophe Barbier, celui-là même qui qualifiait la guerre israélienne contre Gaza de « guerre juste », écrit (« Après le printemps arabe, l’hiver islamiste ? », 25 octobre) :

« C’est une peur qui chemine alors que les armes se taisent et que s’élève le brouhaha des urnes. Une peur un peu honteuse, tant l’irénisme est de rigueur, et tenace aussi, le remords d’avoir si longtemps soutenu des dictateurs, avec, pour seule raison, cynique mais valable, d’être en sécurité sur nos rives. Une peur nourrie par les cris des coptes massacrés en Egypte, les premières élections en Tunisie et l’engagement du Conseil national de transition libyen à faire de la charia la “source première de la loi”. Cette peur, c’est celle de l’islamisme, celle d’un pouvoir barbu et liberticide, dont les imams psychopathes remplaceraient les militaires d’opérette et les despotes débauchés d’hier. »

« Valable » ? Valable de soutenir Ben Ali et Moubarak, le roi du Maroc et les généraux algériens ? S’agissant des coptes égyptiens, faut-il rappeler qu’ils ont été (aux côtés de musulmans qui manifestaient avec eux) massacrés par l’armée, présentée comme une garante face aux islamistes ? Quant à la dénonciation des « imams psychopathes », on reste sans voix...

« Jamais cette crainte n’a abandonné les esprits occidentaux, même si le vacarme de la fête droits-de-l’hommiste l’a reléguée depuis janvier dans l’arrière-boutique de la foire-fouille sondagière. Elle ressort aujourd’hui parce que nous sommes dans un marécage idéologique, un entre-deux politique où les potentats sont déchus, mais les démocraties, pas encore installées. Balbutiantes et vacillantes, elles sont comme un enfant effrayé par ses premiers pas dans un monde vertigineux. Arabes et Occidentaux, tous épris de paix et de liberté, nous sentons que quelque chose a gagné, qui était juste, mais qu’autre chose aujourd’hui menace, qui est terrible. Et si rebelles et révoltés avaient œuvré, à leur insu, pour préparer le règne des imams ? Et si nous avions fourni, enfants béats de Danton et de Rousseau, le moteur démocratique au véhicule islamiste ? S’imposer par une révolution ou une guerre civile n’est rien à côté d’élections gagnées : l’islamisme pourrait bien, demain, affirmer être légitime selon les critères mêmes de l’Occident. Que répondrons-nous ? »

Eh bien, nous répondrons que c’est le jeu de la démocratie. C’est ce que font les partis de la gauche tunisienne, dont certains s’apprêtent à gouverner avec les islamistes. Car, nous le savons tous, des élections libres donneront dans tout le monde arabe un poids important aux islamistes (dans ses différentes déclinaisons, et Ennahda en Tunisie n’est pas les Frères musulmans en Egypte ou au Maroc) et le choix est clair : soit le retour aux dictatures que l’Occident a soutenues sans états d’âme ; soit la confiance dans la démocratie, dans les peuples, qui, même musulmans, aspirent à la liberté et non à une dictature de type taliban.

Autre éditorialiste, Jean Daniel, toujours mal à l’aise quand il s’agit de l’islam et qui a mis si longtemps à dénoncer la dictature de Ben Ali. Son texte publié le 26 octobre, « Tunisie. Victoire programmée pour les islamistes » (Nouvelobs.com) est un mélange d’erreurs factuelles – que signalent d’ailleurs ses lecteurs sur le forum – et des préjugés qui animent une bonne partie de la gauche française.

« Le plus triste, c’est que cette victoire altère les couleurs du Printemps arabe, décourage les insurrections modernistes, et galvanise les insurgés religieux. La Tunisie était un exemple à suivre pour tous les nouveaux combattants arabes de la démocratie. Elle est devenue un modèle pour les mouvements religieux. Dieu vient de dérober au peuple sa victoire. »

Insurgés modernistes ? insurgés religieux ? Sur la place Tahrir tant célébrée, tous les vendredis, des milliers de manifestants faisaient la prière. A quel courant appartenaient-ils ? moderniste ? religieux ?

« Une bonne partie des opinions publiques, tant en Occident que dans les pays arabo-musulmans, s’étaient détournées des compétitions sportives ou de la crise financière mondiale pour s’intéresser à ce qu’il se passait dans un petit pays méditerranéen de 12 millions d’habitants. » (...)

Avaient-elles tort ?

« Les Tunisiens se sont donné le droit de vote. Encore fallait-il que les élections fussent libres. Elles l’ont été pour la première fois et chacun s’est incliné devant le civisme allègre des citoyens qui, par leur vote à près de 90%, étaient supposé charger les 217 constituants d’établir une forme d’Etat de droit en respect avec les principes essentiels qui font une démocratie. Le combat reste ouvert mais il est compromis. On va voir si les Tunisiens savent se reprendre et organiser une coalition qui empêche les 70 nouveaux constituants d’imposer leurs lois. »

Les Tunisiens doivent « se reprendre » ? Quelle condescendance à l’égard de ces ex-colonisés qui ont le front de ne pas voter comme les intellectuels parisiens le souhaitent.

Et Jean Daniel dresse un étrange parallèle avec l’Algérie : « Si une vigilance, parfois ombrageuse, s’est imposée aux familiers de l’histoire du Maghreb dès qu’il a été question d’élections libres en Tunisie, c’est parce qu’ils gardaient à l’esprit ce qui s’était passé, en Algérie, entre le 5 octobre 1988 et le 14 janvier 1992. Bilan : environ 150 000 morts. » Que signifie ce charabia ? Entre octobre 1988 et les élections de janvier 1992, il n’y a pas eu 150 000 morts. Les morts sont venus après que l’armée a arrêté le processus démocratique. Ce coup d’Etat fut, selon Jean Daniel, « populaire aux yeux de l’opinion démocratique » et « a sans doute protégé l’Algérie d’une victoire des ennemis islamistes de la démocratie ».

Populaire aux yeux de l’« opinion démocratique » ? Faut-il rappeler que de nombreux partis non confessionnels, comme le Front des forces socialistes (FFS) ou même le Front de libération nationale (FLN), ont pris position contre le coup d’Etat ? Et qui peut prétendre que ce coup a protégé la démocratie ? S’il existe un pouvoir autoritaire et corrompu aujourd’hui dans le monde arabe, c’est bien celui des généraux algériens.

« Pour nombre de laïcs ou simplement de républicains, fussent-ils les plus musulmans, l’expression “islam modéré” est un oxymore : il y a contradiction absolue entre les deux mots. Pour d’autres, la capacité de résoudre les problèmes considérables que la construction et le développement de la Tunisie vont poser est assez faible sans l’appui des forces qui se disent encore islamistes mais qui ne sont souvent que conservatrices. Elles répondent au besoin d’ordre et d’autorité qui, dans l’histoire, est toujours apparu après le chaos provoqué par des journées insurrectionnelles. »

Nombre de laïcs, de républicains contestent l’expression islam modéré ? Jean Daniel confond les musulmans qui s’expriment abondamment dans les médias occidentaux avec l’opinion dans le monde arabe. Les deux plus importantes forces de gauche en Tunisie ont accepté le principe d’une collaboration avec Ennahda, preuve qu’elles croient qu’il existe non pas un « islam modéré », mais des organisations islamistes qui acceptent les règles de la démocratie.

Plus largement, les clivages qui divisent la Tunisie ne se résument à celui entre laïcs et islamistes. D’autres questions se posent à la société, aussi bien sociales que politiques, des choix du développement comme celui de la politique internationale et régionale. Rien ne serait plus dangereux que de faire des combats dans le monde arabe des combats entre deux blocs homogènes, laïcs et islamistes. Non seulement parce que la victoire de ces derniers serait certaine, mais aussi parce que ce n’est pas le principal clivage de la société.

Oui, Ennahda est une organisation conservatrice, notamment sur le plan des mœurs et de la place des femmes ; elle est libérale en matière économique ; son fonctionnement a longtemps été vertical (comme tous les partis de la région), même s’il est désormais contesté par les nouvelles générations et les nouvelles formes de communication. Il ne s’agit donc pas de donner une image idéalisée du mouvement, mais de reconnaître que, comme le Hamas en Palestine, il est une partie de la société, et que son exclusion signifie l’instauration d’une dictature militaire.

D’autres éditoriaux reprennent cette même ligne islamophobe. On pourra lire bien d’autres contributions sur le thème, que ce soit Alain-Gérard Slama dans Le Figaro du 26 octobre (« Elections en Tunisie : sous le jasmin, les cactus », heureusement ce texte n’est pas en accès libre sur le site du journal) ; ou encore Martine Gozlan, ou l’inénarrable Caroline Fourest, qui écrit notamment sur son blog : « Dire qu’Ennahdha est “modéré” parce qu’il existe des salafistes très excités, c’est un peu comme expliquer que Le Front national de Marine Le Pen est de “gauche” parce qu’il existe des skinheads. »

Mais ne tombons pas dans la paranoïa : fort heureusement, d’autres textes font la part des choses.

On notera la tribune de Bernard Guetta dans Libération du 26 octobre, « L’impardonnable faute des laïcs tunisiens » – encore que l’idée d’un nécessaire front des laïcs me semble contestable.

Et aussi l’éditorial du Monde (27 octobre), « Et si, en Tunisie, la démocratie passait par l’islam ? » :

« L’annonce concomitante du retour de la charia en Libye, avant la poussée électorale attendue d’autres forces islamistes en Egypte, risque ainsi d’alimenter l’incompréhension face à des révolutions menées pour les droits de l’homme qui ne se traduisent pas instantanément par l’adoption des valeurs que les Occidentaux revendiquent. C’est singulièrement vrai sur la question des droits qui doivent être reconnus aux femmes. Ce serait cependant faire injure aux Tunisiennes et aux Tunisiens que de décréter, toutes affaires cessantes et sans qu’il soit nécessaire de voir les vainqueurs à l’ouvrage, que le succès d’Ennahda sonne le glas de leur “printemps”. En l’occurrence, si une loi mérite l’attention, dans les pays qui vont voter pour la première fois autrement que sous la matraque et pour un parti unique, c’est sans doute moins la loi islamique qu’un code autrement plus prosaïque : la loi électorale. »

« La réussite des transitions arabes passe nécessairement par l’adhésion du plus grand nombre à un projet commun, et donc par le compromis et la négociation. A cet égard, le système proportionnel retenu en Tunisie qui écrête les raz de marée électoraux au lieu de les amplifier et contraint le vainqueur à trouver des alliés est judicieux ; il permet d’éviter une situation à l’algérienne, lorsque le Front islamique du salut retourna à son profit en 1991 un système conçu pour favoriser le FLN. »

« La volonté exprimée par des opposants historiques tels que Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar, dont les partis ont obtenu des résultats encourageants, de trouver des terrains d’entente avec Ennahda dessine un tout autre chemin, celui d’un apprentissage de la démocratie qui passe moins par l’anathème que par le dialogue. Sans faire preuve d’un angélisme excessif, il est permis de le juger prometteur. »

Et les élections tunisiennes seront à marquer d’une pierre blanche sur la longue voie des peuples arabes vers la démocratie.

 

 

http://blog.mondediplo.net/2011-10-27-Tunisie-les-editocrates-repartent-en-guerre

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:43

arton812.jpgQue cachent les «  35% » de Wade dans le capital des Sociétés de téléphonie et des mines ?

Après les « 35% » que Wade s’était octroyés d’office sur les bénéfices de la gestion de son «  Monument de la Honte », le voilà, aujourd’hui, qui décide, en Conseil de ministres, de conférer à l’Etat, par voie législative, 35% du capital des entreprises de télécom, et de réviser le Code minier pour appliquer ces mêmes 35% dans le capital des sociétés d’exploitation minière.

Les Sénégalais s’interrogent donc, à juste titre, sur les motivations du Chef de l’Etat, à déclencher pareilles opérations, et sur leur faisabilité.

  1. Quelles sont les motivations ?

Ces nouvelles opérations de Wade sont entreprises dans un contexte où il a décidé de surtaxer les appels entrants pour se faire un pactole de 60 milliards /an sur le dos de la Diaspora Sénégalaise.

En effet, surtaxer la consommation des ménages pour renflouer le budget, rentre bien dans le cadre des orientations de la Banque mondiale et du FMI, d’où leur silence assourdissant, face à la clameur suscitée par le rejet massif de cette nouvelle agression contre le pouvoir d’achat des Sénégalais installés à l’étranger, qui sont soucieux de garder le contact avec les siens restés au pays, et de continuer à les soutenir pour survivre, malgré la crise des économies occidentales qu’ils subissent de plein fouet.

Les Sénégalais ont perçu cette surtaxe, comme un moyen pour Wade de financer la campagne électorale de son Parti, et non comme une volonté d’un plus grand partage des bénéfices des entreprises de téléphonie. Un meilleur partage des bénéfices de ces entreprises n’a rien à voir avec une surtaxe des consommateurs au profit du Trésor.

En fait, avec la surtaxe, l’Etat cherche à faire des revenus supplémentaires pour les ajouter à sa part des bénéfices qui découle de la proportion d’actions qu’il détient dans le capital de l’entreprise.

Ce n’est donc ni une fiscalité sur les bénéfices qui augmenterait sa part, ni une fiscalité sur les coûts de l’entreprise qui augmenterait les recettes fiscales perçues sur l’activité de l’entreprise, mais il s’agit, bel et bien, de surtaxer la consommation des Sénégalais de l’extérieur.

D’ailleurs, Wade avait déjà renoncé à augmenter la part de l’Etat dans les bénéfices des entreprises.

C’est ainsi que, pour pouvoir bénéficier d’un bon rang dans le classement de «  Doing Business » de la Banque mondiale, Wade a dû réduire la fiscalité sur les bénéfices des entreprises de 35% à 25%, faisant perdre ainsi au Trésor public, 40% de l’Impôt sur les Sociétés (I S), en guise de «  cadeaux fiscaux » aux entreprises qui font des bénéfices.

Ce sont les indicateurs de «  Doing Business » qui constituent sa Bible en matière de législation économique et sociale.

Rappelons- le, ces indicateurs reposent sur la «  sécurité de l’investissement privé », «  moins d’impôt sur le capital », « moins de charges salariales et de cotisations sociales patronales  sur l’emploi »,   « moins de tracasseries administratives et douanières », «  libre exportation des bénéfices », et   « plus d’impôts sur la consommation des ménages », pour créer un environnement de «  classe internationale », capable d’attirer l’Investissement Direct Etranger (IDE).

Dans ce contexte, pour faire accepter aux Sénégalais de l’intérieur, cette surtaxe des entrants, Wade tente de leur faire croire que c’est pour réduire la part des bénéfices des actionnaires étrangers dans le but de renflouer le Trésor.

Il compte ainsi, à force de propagande pour toucher la fibre nationaliste, persuader les Sénégalais qu’il ne s’agit nullement d’un   « racket » sur les Sénégalais de l’extérieur, mais bien une façon de réduire les bénéfices des actionnaires étrangers !

Mais cette volonté « nationaliste », qu’il veut afficher, est aussi en porte à faux avec sa décision antérieure, de réduire la part de l’Etat dans le capital de la SONATEL, donc sa part dans les bénéfices de l’entreprise, pour vendre une partie des actions que l’Etat y déteint à France TELECEM, pour lui donner la majorité absolue dans le capital de la société!

De même, dans le capital de SUDATEL, il n’avait prévu aucune participation de l’Etat dans le capital, mais avait obtenu de réserver 15% au privé national sans qu’il y ait, jusqu’ici, un début officiel de son application !

De même, la crise qu’il entretient avec TIGO, est dans le but avoué d’augmenter le coût du « ticket entrant », pour avoir de l’argent frais, mais aucunement pour que l’Etat y détienne une part du capital pour pouvoir participer au partage des bénéfices de l’entreprise.

Le souci de Wade est donc de disposer de l’argent frais en grande quantité, pour ses besoins de train de vie et d’accumulation de richesse, même si cela se fait au détriment des revenus futurs garantis, pour financer des investissements publics planifiés.

Cette volonté de Wade a été contrée efficacement par les travailleurs de la SONATEL et par l’opinion publique, et avait même amené la Banque mondiale et le FMI à émettre des réserves sur la volonté de Wade de céder une partie des actions de l’Etat à France TELECOM, à cause de ses conséquences néfastes sur les ressources futures du Trésor public.

Après cet échec cuisant, la surtaxe des appels entrants est donc venue à la rescousse pour lui procurer de l’argent frais sur le dos de notre Diaspora, sans compromettre les ressources futures du Trésor, ni se mettre en contradiction avec les indicateurs de «  Doing Business ».

Mais, cependant, cette surtaxe a l’inconvénient de constituer une menace grave pour la survie de la SONATEL, qui est l’opérateur principal de téléphonie au Sénégal.

C’est cela qui a mis en branle, à nouveau, les travailleurs de la SONATEL et l’opinion publique, contre ce « racket » dont les Sénégalais de l’extérieur sont l’objet, et contre la mise en danger de cette entreprise nationale.

Le rejet de cette surtaxe est si puissant que Wade n’a trouvé d’autres parades, que dans de vaines tentatives de montrer que son soucis, dans cette affaire, c’est le « recouvrement de la souveraineté nationale » dans cet important secteur de développement que constituent les TELECOMS.

Et pour tenter de rendre cette volonté crédible, il se propose de «  nationaliser » tout bonnement la SONATEL !

Mais puisqu’il n’est ni révolutionnaire, ni nationaliste, mais adepte de « Doing Business », les travailleurs de la SONATEL lui ont rappelé, qu’il ne pourra  « nationaliser » l’entreprise qu’à la fin de la concession dont elle bénéficie, c'est-à-dire, pas avant 2014, avec, comme cerise sur le gâteau, un rachat des actions que France TELECOM déteint dans l’entreprise qui risquent de coûter plusieurs centaines de milliards au Sénégal !

L’absurdité d’une telle prétention saute aux yeux de tous ceux qui savent que, sans remettre en cause son engagement libéral dans le «  Doing Business », il ne peut pas nationaliser à volonté sans racheter les actions du privé ainsi exproprié.

C’est cette perception des manœuvres de Wade pour imposer la surtaxe des appels entrants, qui a renforcé la détermination des travailleurs de la SONATEL à s’y opposer, et a permis l’élargissement de cette opposition au « Mouvement des Forces Vives de la Nation » (M23), auquel l’Intersyndical des travailleurs de l’entreprise vient d’adhérer.

Dans ce contexte, Wade ne peut plus défendre, devant l’opinion, la nécessité de la surtaxe des appels entrants, qu’en tentant de nouveau, à rendre plus crédible, sa volonté, dans cette opération, de défendre l’intérêt national.

C’est à cet effet, qu’il a décidé l’octroi à l’Etat de 35% du capital des sociétés de téléphonie, et de réviser le Code minier pour en faire de même.

Pour ce faire, il va saisir l’Assemblée nationale de projets de loi pour traduire en acte, sa volonté de recouvrer la souveraineté économique de notre peuple.

Du fait de sa majorité aux ordres à l’Assemblée nationale, qui va le soutenir dans cette nouvelle initiative, Wade croit pouvoir toucher la fibre nationaliste des Sénégalais, pour désamorcer la pression de l’opinion contre la surtaxe des appels entrants, et lui permettre d’orienter l’attention vers un débat sur la faisabilité de la prise de participation dans le capital des entreprises ciblées.

Il est donc important de s’y pencher sérieusement pour déjouer cette nouvelle stratégie de diversion de Wade.

  1. Quelle est la faisabilité de cette nouvelle opération de Wade ?

Certains commentateurs ont vite balayé d’un revers de main cette novelle opération de Wade, sous prétexte qu’il ne peut pas, légalement, imposer à une entreprise, qui n’a aucune difficulté économique ni financière, de «  recapitaliser » afin de lui permettre d’acheter des actions dans le nouveau capital à hauteur de 35%.

Une telle approche de la question repose sur une mauvaise compréhension du projet de Wade.

En effet, il ne s’agit pas, pour lui, de « recapitaliser », qui ferait appel à des fonds nouveaux, mais bien de « reconfigurer la géographie actuelle » du capital des entreprises, pour permettre à l’Etat d’y détenir 35%.

En d’autres termes, il s’agit , dans le cas de la SONATEL, d’obtenir que France TELECOM, ou les autres actionnaires privés petits porteurs, lui cèdent 8% du capital de l’entreprise pour pouvoir , avec les 27% que l’Etat y détient déjà, porter sa part à 35%.

Une telle opération relève de la souveraineté des Etats, et non de la volonté des actionnaires privés majoritaires de l’entreprise.

C’est dans cette optique que des  « nationalisations partielles ou totales » des entreprises privées, « sans indemnisation aucune » ont été opérées dans le passé, dans des pays où des révolutionnaires ou des nationalistes, soucieux de la souveraineté économique de leurs pays, ont accédé au pouvoir.

Mais il est évident, que Wade n’étant ni révolutionnaire ni nationaliste, il n’est pas capable de défier de cette manière les grandes puissances occidentales au nom de la souveraineté de son peuple.

En fait, depuis son avènement au pouvoir, tout ce qu’il entreprend rentre dans une recherche effrénée de caution de leur part.

Dans ce cadre, une loi qui autorise l’Etat de s’offrir 35% du capital des entreprises de TELECOM et des Sociétés minières, ne saurait être rétroactive pour s’appliquer sur celles déjà en activité.

Le cas échéant, ce serait alors un coup fatal à la sécurité des investissements privés étrangers que Wade se garderait bien de porter, pour ne pas nuire à son classement dans le «  Doing Business », dans lequel il se glorifie d’avoir, cette année, gagné trois places !

Cette loi, une fois adoptée ne pourrait donc s’appliquer obligatoirement que dans le cadre de nouvelles sociétés, soucieuses de s’implanter dans la téléphonie et/ou dans les mines.

Donc, en présentant ces projets de loi, comme si leurs effets allaient être immédiats, Wade cherche à faire croire aux Sénégalais, que ce qui l’oppose aux travailleurs de la SONATEL et au M23, ce n’est pas la surtaxe des appels entrants, qui est perçue comme un «  racket » sur la Diaspora Sénégalaise, mais bien, sa volonté de recouvrer la souveraineté économique du peuple.

C’est de la même qu’il procède en masquant une vaste opération de spéculation foncière sur le site de l’aéroport LSS, derrière la construction d’une «  Cité des Affaires », après avoir bradé les terrains devant servir de réserves foncières à l’ASECNA pour ses projets d’agrandissement et de modernisation de cet aéroport.

Même les terrains devant servir d’emprise des pistes d’envol n’ont pas été épargnés dans cette course effrénée d’argent frais, qui est le moteur de la gestion de Wade des affaires de la Nation.

Il est ainsi évident que les décisions, prises en Conseil de ministres sur la participation de l’Etat dans le capital des sociétés de téléphonie et des mines, et sur la construction d’une «  Cité des Affaires » sur le site de l’aéroport LSS, des l’ouverture de celui de DIASS en 2012, ne sont rien d’autres qu’une vulgaire recherche d’argent frais pour renflouer la «  cagnotte électorale » du Parti de Wade en 2011.

Donc, pour contrer efficacement une telle manœuvre, il faudrait éviter de tomber dans son jeu, en donnant l’impression que l’on se bat contre sa décision de faire adopter, par voie législative, la prise de participation de l’Etat dans ces sociétés.

Il ne faudrait pas lui donner prétexte pour renoncer à ce projet de prise de participation obligatoire de l’Etat dans le capital des Sociétés qui vont venir s’implanter dans la téléphonie et les mines.

Il faudrait tout faire pour l’enferrer dans son propre jeu en l’obligeant, par la clameur populaire, à ne pas faire machine arrière sur cette question.

Il faudrait donc exiger qu’il aille jusqu’au bout de ce projet, tout en faisant clairement comprendre, que cela n’a rien à voir avec la surtaxe des appels entrants, et par conséquent, qu’il faut continuer à se mobiliser pour sa suppression, qui est parfaitement compatible avec le projet de prise de participation de l’Etat dans le capital de ces nouvelles entreprises, à côté du privé national, comme condition non négociable à toute nouvelle cession de concessions dans ces secteurs stratégiques pour le développement économique et social du pays.

Dans ce cadre, il faudrait exiger de l’Etat, après l’adoption de cette loi, d’ouvrir immédiatement, comme l’a proposé le Président de l’Intersyndical de la SONATEL, une large concertation avec les acteurs concernés des entreprises déjà installées, pour créer les conditions d’une renégociation de la géographie du capital de leurs entreprises, pour permettre à l’Etat d’en détenir 35%.

Il ne faudrait pas laisser à Wade le soin de reculer dans aucun volet de ce projet de prise de participation de l’Etat, à côté du privé national, dans le capital de toutes les entreprises stratégiques sous contrôle du capital étranger.

Par contre, son projet d’aggravation de la spéculation foncière avec sa «  Cité des Affaires », qui va rendre encore plus chers, à Dakar, les loyers à usage d’habitation ou de bureau, devrait être dénoncé et combattu sans concession.

Ceux qui accepteront de rentrer dans ce jeu de spéculation foncière de Wade, devraient s’attendre à être expropriés sans aucune indemnisation, comme Benno l’a déjà clairement notifié aux Partenaires Techniques et Financiers du Sénégal.

Donc, le retrait de la surtaxe sur les appels entrants, la saisine de l’assemblée nationale pour instituer cette prise de participation de l’Etat, et l’annulation du projet «  Cité des Affaires », devraient , désormais, faire partie du même combat que mène le M 23, pour la préservation du pouvoir d’achat des Sénégalais, la sauvegarde de l’entreprise SONATEL avec ses emplois, et pour le recouvrement de notre souveraineté économique dans les entreprises stratégiques, et dans notre patrimoine foncier, qui sont indispensables pour le Développement économique et social du Sénégal.

Fait à Dakar le 23 Octobre 2011

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:38
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http://www.liberation.fr/societe/01012367077-l-ecole-condamnee-a-produire-du-capital-humain

L’école condamnée à produire du capital humain»

InterviewA la botte de l’économie, le système scolaire se serait lancé dans une course à la compétitivité. Une mutation que déplore le sociologue Christian Laval, dénonçant le déclin de la pédagogie et un surcroît d’inégalités.


Recueilli par véronique soulé 

Suppressions de postes, résultats des élèves en baisse, enseignants désorientés… L’éducation sera l’un des sujets de la campagne présidentielle et la Nouvelle Ecole capitaliste - le livre de Christian Laval (1), Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux - tombe à point pour le nourrir. Les auteurs, enseignants et chercheurs, analysent les transformations en profondeur entraînées par le néolibéralisme dans le système éducatif. Christian Laval, professeur de sociologie à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, revient sur les mécanismes ayant conduit à une redéfinition des missions de l’école au service de l’entreprise et plaide pour un renouvellement de la pensée sociologique.

Vous décrivez une «nouvelle école capitaliste» soumise à la concurrence, gérée comme le privé et au service de l’économie : est-elle née sous Sarkozy ?

Non, ce serait une grande erreur de le croire. Le sarkozysme a accéléré et rendu plus visibles les transformations néolibérales ou, pour appeler un chat un chat, la mutation capitaliste de l’école. Mais elles étaient amorcées depuis longtemps en France et à l’étranger. Le programme de transformation de l’université française a ainsi été ébauché à la fin des années 90, puis a commencé à s’appliquer au début des années 2000, avant d’être parachevé avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy et la loi sur l’autonomie des universités [la LRU, votée en août 2007, qui avait suscité un vaste mouvement de protestations, ndlr]. Bien au-delà de la finance et des marchés de biens et services, le néolibéralisme a progressivement touché toutes les institutions, y compris l’école, notamment avec l’apparition du nouveau management public, c’est-à-dire avec l’importation des techniques managériales du privé dans les services publics

Vous dénoncez la concurrence qui a gagné l’école, les compétences qui ont remplacé les connaissances et l’obsession de l’employabilité : ce sont les caractéristiques de l’«école capitaliste» ?

Oui, c’en sont des aspects majeurs. D’abord, les missions de l’école et de l’université ont été progressivement redéfinies. Les systèmes éducatifs ont été sommés de justifier les dépenses qu’on leur consacre par un «retour sur investissement» de nature économique. Cela devient la préoccupation exclusive de cette nouvelle école : elle est au service de l’économie et doit s’intégrer à la course à la compétitivité et à la productivité. Logiquement, elle doit donc s’organiser selon le principe de la concurrence et faire sien l’impératif de «performance». Ces nouvelles dimensions sont progressivement devenues une norme évidente, une sorte de rationalité incontestable qui a conquis les esprits. Experts, administrateurs, responsables politiques, certains syndicats minoritaires ont même vu dans cette adaptation au monde moderne la solution à tous les maux de l’école. Ces transformations ont touché au cœur du métier enseignant. Elles ont entamé profondément un système de valeurs partagées, l’idée ancrée chez les enseignants que leurs missions dépassent le cadre d’un métier ordinaire, leur sens de l’intérêt général… Ils ont eu l’impression d’être dépossédés de leur métier par un flot torrentiel des réformes.

Le concept d’employabilité est au cœur de vos critiques : pourquoi ?

Dans le discours des institutions internationales et de plus en plus dans celui des responsables nationaux, l’école a pour fonction de produire des ressources humaines ou du «capital humain». L’employabilité est devenue la norme qui organise les mutations de l’école. L’idéologie de la professionnalisation a pénétré l’université et l’ensemble du système, jusqu’aux premiers niveaux de l’enseignement. Prenons le «socle commun de compétences» [introduit au collège puis en primaire, il liste les aptitudes que l’élève doit acquérir, à côté des connaissances]. Ces compétences ont été fixées par l’OCDE et par la Commission européenne à partir de critères d’employabilité, en fonction de considérations économiques et non pas pédagogiques. On va jusqu’à redéfinir les programmes, l’évaluation, la pédagogie.

Mais est-ce critiquable que les jeunes veuillent des débouchés à la fin de leurs études ?

Certes non, et ce n’est pas nouveau. L’école républicaine avait idéalement trois missions - former l’homme, le citoyen et le travailleur. Il est normal que dans une économie où près de 95% de la population ne dispose pas de ses propres outils de travail, le souci de l’insertion professionnelle soit constant, surtout en période de chômage important des jeunes. Mais nous tombons dans un écueil : celui de réduire la mission de l’école et de l’université aux débouchés professionnels, à partir d’une définition utilitariste des contenus d’enseignement. Or, une solide formation intellectuelle ne nuit pas à l’emploi, bien au contraire. Mais avec la logique des compétences, on définit ce qu’il faut acquérir aux différents âges en vue de l’employabilité à 16 ans. Comme si les usages de la force de travail par les employeurs devaient imposer à l’école ce qu’elle devait transmettre. Ce sont les économistes, notamment ceux des institutions internationales, qui définissent les fonctions et les missions de l’école. Il s’agit là d’une rupture majeure.

Comment ces changements conduisent-ils au creusement des inégalités constaté aujourd’hui ?

Avec le consensus ambiant, il paraît normal à beaucoup que les établissements doivent être en concurrence, attirer les meilleurs élèves et étudiants, faire de la publicité pour leurs formations, trouver le plus d’argent possible. Or, tout cela a des effets inégalitaires et conduit à une polarisation sociale des établissements, de plus en plus assumée dans le supérieur et de plus en plus évidente dans le primaire et le secondaire.

Ces changements - la concurrence généralisée et la transformation entrepreneuriale du système - ont accentué et renouvelé les mécanismes de la reproduction sociale en donnant à l’argent et aux réseaux familiaux un poids grandissant. Les classes favorisées assurent leur reproduction plus efficacement qu’avant. Ce ne sont plus les voies nobles de l’élitisme républicain - comme l’Ecole normale supérieure - qu’elles privilégient. Ce sont désormais HEC et les écoles commerciales qui attirent les meilleurs élèves, y compris dans les filières littéraires. Nous vivons la grande revanche de l’argent sur la culture.

Depuis vingt ans, les politiques éducatives d’inspiration néolibérale ont ainsi aggravé les inégalités comme le montre le recul de la part des enfants des classes populaires à l’université. La concurrence entre établissements et la libéralisation de la carte scolaire ont encouragé l’apartheid scolaire. Rappelons que les deux finalistes, de droite et de gauche, à la présidentielle de 2007 [Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal] étaient favorables à la suppression ou, au moins, à un très grand assouplissement de la carte scolaire.

La gauche ne se distinguerait pas de la droite ?

Ces vingt ou trente dernières années, le néolibéralisme s’est imposé comme une norme aux gouvernements de droite comme de gauche. La droite a été la plus agressive dans la réforme néolibérale, jusqu’à affaiblir aujourd’hui gravement le système éducatif. La gauche au pouvoir n’a jamais remis en question le nouveau modèle managérial et concurrentiel, bien au contraire. Elle n’a pas voulu comprendre que la transformation des systèmes publics par les principes du management était l’une des formes de déploiement du capitalisme contemporain. Celui-ci ne se contente pas de déréguler les marchés de biens, du travail et des capitaux. Il transforme aussi l’action publique. Il la «met en marché», c’est-à-dire y impose la logique de la concurrence et le modèle de l’entreprise. Cette «marketization», comme disent les anglo-saxons, est aujourd’hui le cœur de la transformation de l’école et de l’université.

Il n’y a donc pas de vision alternative de l’école à gauche…

La pensée de la gauche dite de gouvernement s’est effondrée en matière d’éducation. Il suffit de regarder ce que propose le PS pour s’en apercevoir. La question d’un projet alternatif se pose avec urgence aux partis, aux syndicats et aux associations. Depuis les années 80, on assiste à un morcellement des réflexions et à une profonde dépolitisation de la question scolaire. Les considérations se sont technicisées. Elles portent sur l’organisation scolaire et la pédagogie sans plus aucune référence à un projet d’émancipation. Dans ses plus grands moments - il suffit de penser à Jaurès -, la pensée progressiste sur l’éducation avait construit un projet de transformation en articulant une vision de la société, une mission pour l’école, une définition du métier enseignant et une orientation de la pédagogie.

Comment voyez-vous «l’école post-capitaliste» que vous appelez de vos vœux ?

Vaste chantier. Qu’est-ce qu’une école démocratique ? Premièrement, c’est une école qui réduit les inégalités entre les enfants des différentes classes sociales. Mais elle ne peut le faire qu’en étant partie prenante d’un grand mouvement de réduction des inégalités dans toute la société. Jaurès disait en substance : «Nous ne ferons pas l’école socialiste au milieu de l’océan du capitalisme.» C’est encore vrai. Une école démocratique ne pourra vraiment se développer que dans une société où l’égalité sera promue comme valeur essentielle.

Mais comment faire plus d’égalité?

Tout est revoir sous cet angle : les méthodes d’enseignement, les contenus, l’articulation des niveaux d’enseignement, la mixité scolaire des établissements. Deuxièmement : dans la perspective d’une telle société démocratique, l’école doit former des individus ayant des outils communs de compréhension du monde, en particulier sur le plan social et économique. Elle doit leur fournir des instruments de jugement moral et politique qui leur permettent d’être les citoyens de «la démocratie réelle», selon l’expression des Indignés. La lutte contre les inégalités sociales et économiques est inséparable de la lutte pour la démocratie politique effective. Cela suppose une société où le capitalisme ne régnerait pas en maître absolu comme aujourd’hui.

Vous ne seriez pas un peu nostalgique de l’ancienne école ?

En aucune façon. On taxe toujours un peu vite de passéistes les gens qui critiquent les réformes, ou plutôt les contre-réformes actuelles pour mieux justifier son propre aveuglement ou sa soumission à l’ordre néolibéral. Il s’agit pour nous d’échapper au débat stéréotypé entre les «pédagogues» supposés modernes et les «républicains» que l’on dit nostalgiques d’un âge d’or de l’école. La réinvention de l’école démocratique mérite mieux qu’un retour à de vieux conflits.

(1) Il a aussi signé la préface de «l’Ecole en Europe, politiques néolibérales et résistances collectives», sous la direction de Ken Jones, La Dispute, 2011

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:29

lemonde02.jpgLe journal Fakir est un journal papier. Il est en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu’il est acheté.

Antoine, pendant ses vacances, a visité la Banque Centrale européenne, à Francfort. C’est que, au fond, discrètement, cette ville est devenue notre nouvelle capitale. Mais comme, sur place, le guide n’était pas terrible, à son retour de congé, il a interrogé Frédéric Lebaron, à la fois sociologue et économiste, auteur de La BCE et la révolution néolibérale – et qui collectionne des fiches sur tous les banquiers centraux de la planète...

Francfort, notre capitale invisible ?

 

lebaron.jpgAntoine : Je me suis rendu à Francfort parce que, ces temps-ci, on a l’impression que c’est devenu notre nouvelle capitale. Régulièrement, la Banque centrale réclame plus de « flexibilité sur le marché du travail ». En février dernier, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, déclarait qu’ « augmenter les salaires est la dernière bêtise à faire en Europe » – au même moment, on apprenait que le CAC 40 allait augmenter ses dividendes aux actionnaires de 13%, pour atteindre 40 milliards, mais ça ne soulevait pas la colère du président de la BCE.

Frédéric Lebaron : Et pourtant, on ne dit pas que Jean-Claude Trichet est un leader du néolibéralisme en Europe…

François : Surtout, dernièrement, on est tombés sur cet article dans Le Figaro. La BCE a adressé une lettre à l’Italie, qui donne carrément des ordres au gouvernement. Trichet et son successeur, Mario Draghi, listent carrément les sociétés à privatiser : « transports publics, voirie, fourniture d’électricité, à l’exclusion de la distribution d’eau qui devra rester publique ». Ils exigent de modifier le Code du travail, « de rendre plus flexibles les procédures de licenciement », de « privilégier les accords au sein des entreprises aux conventions sectorielles ». Et surtout, ils imposent à Silvio Berlusconi de « procéder par décret, d’application immédiate, et non par projet de loi, que le Parlement met toujours du temps à approuver. » Même l’ancien commissaire européen Mario Monti estime, désormais, que l’Italie est dirigée par un « podestat étranger ». Et Le Figaro conclut : « Si ce n’est pas un programme de gouvernement ou une mise de l’Italie sous tutelle, c’est tout comme. »

Antoine : À lire ces lignes, on a le sentiment que le centre du pouvoir s’est déplacé là-bas, à Francfort. Et pourtant, cette capitale demeure largement invisible. Je veux dire, pour l’instant, il n’y pas eu de manifestations d’Italiens, de Grecs, de Français, entre la cathédrale Saint Barthélémy et la place Römerberg.

Frédéric Lebaron : Exactement. On pourrait dire que la BCE a construit son invisibilité. Elle s’est placée dans une position d’expertise, au-dessus des partis et des états. Il y a très peu de travaux universitaires à son sujet – et elle fait tout pour les décourager. Il y a également peu d’investigations des journalistes. Pour l’instant, elle a rarement été la cible des mouvements sociaux – qui s’en prennent aux dirigeants nationaux.

François : Dans nos cortèges, on se moque de Sarkozy, mais jamais on n’a brûlé une effigie de Trichet…

Antoine  : Qui c’est, d’ailleurs, Trichet ?

Frédéric Lebaron : Eh bien, même s’il cultive une image « apolitique », cet ingénieur des Mines et énarque a été conseiller de Giscard d’Estaing à l’Élysée, puis directeur de cabinet d’Edouard Balladur au ministère des Finances, en 1986, quand la droite privatisait les banques, les assurances, TF1… En 1993, il est devenu gouverneur de la Banque de France et est resté célèbre en pratiquant la politique du « Franc fort », dont il a été l’un des principaux théoriciens.

Antoine : Du franc fort à Francfort…

Frédéric Lebaron : L’objectif de sa « désinflation compétitive » était de défendre coûte que coûte la parité du Franc face au Mark. Ce qui a produit une montée du chômage, car on limitait l’accès au crédit en maintenant des taux d’intérêt élevés.

François : C’était la politique de la BCE avant la BCE ?

Frédéric Lebaron : Si on veut. Enfin bref, sous couvert d’ « expertise », Trichet ne s’est jamais privé d’intervenir dans la politique française : lors du passage aux 35 heures, par exemple, il avait mis en garde contre le risque de « renchérissement du coût du travail ». De façon déguisée, mais il fait de la politique.

Au service des peuples, ou des rentiers ?

 

Antoine : Quand je me suis rendu à la BCE, je n’ai pas échappé à un superbe Power Point, et surtout on m’a remis cette brochure : « Pourquoi la stabilité des prix est-elle importante pour vous ». L’intervenant était très fier de montrer, graphique à l’appui, que l’objectif des 2% d’inflation avait toujours été respecté. Mais pourquoi, en fait, la stabilité des prix est importante pour moi ? Pourquoi on en a fait la priorité des priorités ?

Frédéric Lebaron : Tout d’abord, ce chiffre de 2% est comme sorti d’un chapeau : on n’a jamais su en quoi il correspondait à un « niveau optimal d’inflation ». Pourquoi pas 3 ou 4%, ce qui semble historiquement plus réaliste ? Ces discussions de chiffres peuvent paraître inutiles, mais avec 4 % d’inflation – ce qui n’est pas non plus l’Allemagne des années 20 – cela pousserait à augmenter les bas salaires, réduirait d’autant la dette de l’État et celle des ménages ou des entreprises...

Antoine : Mais de qui l’inflation est-elle l’ennemi ? L’intervenant de la BCE m’a expliqué que c’était avant tout mauvais pour les personnes ayant une petite retraite...

Frédéric Lebaron : C’est faux. Même si cela déplaît aux dirigeants économiques, les retraites, comme les salaires, devraient toujours être indexés sur l’inflation. Non, l’inflation, c’est d’abord l’ennemi des créanciers, des détenteurs de capitaux, de ceux qui ont beaucoup d’argent à placer. Pour Keynes, l’inflation participe à « l’euthanasie des rentiers » : la valeur réelle de leur épargne diminue.

Antoine : Et donc, il faut d’autant plus nous persuader que c’est important pour nous. Alors que ça va contre notre intérêt…

Frédéric Lebaron : Tout à fait. Derrière des mesures présentées comme « techniques », la BCE a un agenda caché : réduire les coûts salariaux, diminuer la pression fiscale, abaisser les protections sociales...

François : C’est presque une lutte des classes, discrète, d’autant plus discrète qu’elle passe par des instruments monétaires, auxquels personne ne comprend rien.

Frédéric Lebaron : En quelque sorte. D’ailleurs, il faut faire un retour en arrière, aux années 70. Là, les dirigeants économiques ont nourri des inquiétudes très fortes. Ils avaient le sentiment qu’ils ne contrôlaient plus la machine, que les hausses de salaire devenaient quasi-automatiques, avec des revendications puissantes. À l’inverse, les profits, les dividendes, les revenus du capital diminuaient. L’inflation gênait les banques et les acteurs financiers parce qu’elle réduisait la valeur des créances et favorisait les personnes qui s’endettent. Ils ont donc mis en scène l’hyperinflation. Ils l’ont présentée comme une menace, comme un danger pour toute la société. Dans les années 80, on a donc rétabli une économie favorable aux créanciers, aux rentiers.

Antoine : Et ça vaut toujours trente ans plus tard ?

Frédéric Lebaron : Le débat se rouvre en ce moment. L’ancien chief economist du FMI, Kenneth Rogoff, vient de secouer ce tabou. Il propose une inflation modérée, à hauteur de 5–6%, comme moyen de réduire les dettes publiques. C’est une solution qui a fait ses preuves dans le passé, mais qui implique pour les entreprises de moins rémunérer leurs actionnaires… Mais il reste isolé. Vous avez vu Le Monde d’aujourd’hui ?

 

Antoine : Non.

Frédéric Lebaron : C’est comme la réponse de l’orthodoxie à Kenneth Rogoff, pour que, justement, ce débat ne se rouvre pas vraiment. Sur les six personnalités interrogées par Le Monde, comme par hasard, aucune n’est favorable à l’inflation. Jacques Delors annonce que « l’inflation n’est plus une solution ». Pour Daniel Cohen cette proposition est « complètement en dehors des clous », et pour Jean-Pierre Landau, sous-gouverneur de la Banque de France, laisser courir l’inflation « est immoral et dangereux ». Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, qui avait pourtant proposé une inflation à 4% en 2010 et déclenché une réaction hystérique des banquiers centraux, crache le morceau avec franchise : pour lui, l’inflation s’apparente à une « expropriation ». On voit parfaitement qui peut avoir peur d’un taux d’inflation un peu plus élevé...

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:26

kotzaridis.jpg

 

 

Parti Communiste Français

Section de Valenton

47 Rue du Colonel Fabien

94460 VALENTON

pcf-valenton@laposte.com

 

 

 

 

A l'attention de :

 

Comité Central du KKE

cpg@int.kke.gr

 

Centrale syndicale PAME

international@pamehellas.gr

 

 

Valenton, le 23/10/2011

 

 

Chers(es) camarades,

 

nous avons appris le décès de du syndicaliste du PAME, Dimitris Kotzaridis, 53 ans, secrétaire de la branche de Viron du syndicat des travailleurs du bâtiment. Et que des dizaines de manifestants du PAME ont également été blessés lors de la manifestation du 20 octobre.

Ainsi comme à Strasbourg lors du sommet de l'Otan, des forces dites incontrôlées, armées de grenades lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de cocktails Molotov ont agressé la partie du cortège la plus engagée dans le combat contre l'austérité du pouvoir socialiste, du FMI, de l'Europe du capital.

 

L'affrontement de classe qui oppose le peuple grec à sa bourgeoisie, au pouvoir social démocrate qui applique les mesures de mise à mort de votre pays , prend une dimension politique et sociale inconnue jusqu'à présent.

 

C'est désormais tout un peuple qui se dresse contre le capital et les banquiers, contre l'Europe de Merkel et Sarkozy et c'est la contagion des luttes qui sème l'inquiétude chez les milliardaires, en dollars ou en Euros, qui exigent, pour certains et désormais, de payer des impôts....

 

La manifestation du 20 octobre a marqué une nouvelle dimension de la mobilisation du peuple grec contre ceux qui voudraient faire payer leur crise, celle du capitalisme financiarisé, historiquement parvenu à son terme.

 

Les communistes de Valenton vous font part à la fois de leur émotion et de leur solidarité à l'égard des proches de Dimitris, à l'égard des militants(es) de la centrale syndicale PAME et du du Parti Communiste Grec KKE .

 

Nous réaffirmons ici notre total soutien aux luttes légitimes du peuple grec avec à ses côtés et bien souvent devant les travailleurs(ses) organisées au sein de leur organisation syndicale de classe PAME et avec leur tarduction politique avec le KKE.

 

Avec toute notre fraternité ;, notre solidarité.

 

Pour la section du PCF de Valenton

 

Alain Girard

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:21

jean-pierre-rosenczveig-president-du-tribunal-pour-enfants-.jpg

http://quartierspop.over-blog.fr/article-avec-des-lois-repressives-on-cree-les-conditions-de-l-exclusion-86538121.html

 

Magistrat, vice-président du tribunal de grande instance de Bobigny et président du tribunal pour enfants, Jean-Pierre  Rosencveig a consacré sa vie aux droits des mineurs. Il livre son analyse sur l'évolution du droit pénal des mineurs depuis un siècle et alerte sur les dérives de lois qui criminalisent les jeunes délinquants au lieu de les prendre en charge. Grand entretien avec un magistrat d'exception.

 


Promulguée cet été, la loi sur la justice des mineurs va-t-elle dans le bon sens ?

Jean-Pierre Rosencveig. C’est une loi qui organise la défiance vis-à-vis des juges pour enfants. Les 16-18 ans, qui sont réitérants sinon récidivistes, en sont le cœur de cible. On fait appel à un tribunal dans lequel il n’y aura plus qu’un seul juge pour enfants spécialisé. C’est une régression. Actuellement, ces jeunes-là, en matière correctionnelle, sont jugés par un juge pour enfants et deux assesseurs. Avec la loi, il y aura deux juges pour encadrer le juge des enfants, qui pourront être des juges civils. Il va falloir aussi trouver un juge des affaires familiales et un juge civil pour venir compléter la juridiction du tribunal correctionnel pour mineurs. C’est une façon d’empêcher les juges des enfants et les assesseurs de continuer à se préoccuper du cœur de cible en pleine délinquance. Que restera-t-il au juge pour enfant ? On sait que les faits des plus de 18 ans ne relèvent plus du tribunal pour enfant, aussi bien au pénal qu’au civil. On veut confier les moins de 13 ans et les 16-18 ans au tribunal correctionnel. Le juge pour enfants va s’occuper des 13-16 ans à condition qu’ils ne soient pas récidivistes. En somme, c’est le démantèlement institutionnel du tribunal pour enfants. Rajoutez à cela la décision du tribunal constitutionnel prise en juin, demandant au juge qui instruit de ne plus être celui qui juge.

Vous sentez-vous démuni en tant que juge ?

Jean-Pierre  Rosencveig. Nous sommes accusés d’être plein de commisération à l’égard des enfants. Les juges penseraient plus à l’irresponsabilité de l’enfance et négligeraient la victime et l’acte. Sarkozy l’a très bien dit : ce qui est important c’est la victime et de quoi elle a été victime, peu importe qu’elle ait été agressée par un mineur ou un majeur. C’est une justice à l’acte. Du coup, qu’il soit jugé par Dupont ou par Durand et qu’ils soient spécialisés ou non, ce qui compte c’est qu’à l’acte corresponde une réponse. Lorsqu’un gamin commet un, dix, quinze ou vingt délits, il n’a pas de limites. Il est dans une phase boulimique de satisfaction de ses désirs. Autrement dit, ce n’est pas une délinquance réfléchie, ni organisée. Ce n’est pas une délinquance cartésienne. C’est une délinquance de situation. Donc, parler des jeunes délinquants récidivistes est une totologie. Par définition, un jeune délinquant est réitérant. Ce sont là les poutres maîtresses du raisonnement qui est en route depuis 2002. Le résultat aboutit à rejeter une prise en charge spécifique des jeunes délinquants. Pour le gouvernement, il faut cadrer mineurs et majeurs sans distinction.

C’est donc une remise en cause en profondeur du système du droit pénal des mineurs ?

Jean-Pierre  Rosencveig. Le droit pénal du XXème siècle s’est construit sur le fait que les enfants ne sont pas des adultes. Tout a commencé à partir de 1912 : l’école obligatoire, les lois sur la protection de l’enfance… On commence à comprendre qu’un enfant n’est pas un adulte et qu’il faut le traiter différemment. On expérimente de nouvelles structures. La justice organise deux modes d’intervention complémentaires : elle sanctionne l’acte et donne les conditions pour ne plus recommencer. En d’autres termes, la justice des mineurs est fondamentalement préventive de la récidive. C’est tellement vrai d’ailleurs que cela fonctionne. Dans 87 % des cas, les moins de 18 ans ne sont pas des délinquants une fois majeurs si on les a pris en charge. En prenant la personne en charge par les travailleurs sociaux, en multipliant les dispositifs, on s’aperçoit que les gens qui auraient pu s’inscrire dans la délinquance ne s’y inscrivent plus. Et nombre des démarches expérimentées pour les mineurs vont être étendues aux majeurs. Comme par exemple, la liberté surveillée, le contrôle judiciaire ou la mise à l’épreuve… Le droit des mineurs va influencer le droit des majeurs durant tout le XXème siècle. A la fin du XXème, on a fait monter en épingle la délinquance des mineurs, qui d’ailleurs augmente en quantité mais diminue en proportion : dans les années 70, elle constituait 14% de la délinquance globale ; en 1999 elle est passée à 20 % et depuis 2000, la proportion de la délinquance des mineurs baisse par rapport à la délinquance des majeurs. Aujourd’hui on est à 17%. En proportion, la délinquance des majeurs a bien plus augmenté. Au début du 21ème, on enclenche un processus inverse où la justice des mineurs doit emboiter le pas à la justice des majeurs. En 2002, le conseil constitutionnel a réaffirmé la spécificité de la justice des mineurs.

Dès lors, quel est le réel objectif visé par ces réformes ?

Jean-Pierre  Rosencveig. L’objectif est d’assurer plus de sécurité. Pourquoi pas ? C’est un objectif en soi plutôt positif. Le but étant de faire en sorte que ceux qui violent la loi ne le fassent plus. C’est la lutte contre la récidive. Deuxième objectif : faire que ceux qui ne sont pas délinquants ne le deviennent jamais. C’est la prévention. A cela, j’oppose deux constats : tout le débat politique depuis 2002 est axé sur la prévention de la récidive mais pas sur la prévention de la primo-délinquance. C’est comme si on mettait des lunettes qui ne corrigent qu’un seul œil. Deuxième constat : face à la prévention de la récidive, faut-il jouer la stratégie de la peur ou s’attaquer aux causes pour pouvoir éradiquer le délit ? C’est une suspicion très forte à l’encontre du travail social. Est-ce que les travailleurs sociaux sont capables d’amener un délinquant à ne plus l’être ? Pour beaucoup de gens de droite et d’extrême droite, les travailleurs sociaux sont des baba-cools qui sont incapables de mater des jeunes. On assiste donc à un démantèlement de la justice des mineurs fondée sur la prise en charge de la personne. C’est une erreur. Bien sûr, il ne faut pas être manichéen et il n’existe pas de réponse simpliste à tous les problèmes. Il n’empêche que la justice pénale des mineurs fonctionne relativement bien en France.

Eric Ciotti brandit l’encadrement militaire comme la solution aux problèmes d’autorité des jeunes. Qu’en pensez-vous ?

Jean-Pierre  Rosencveig. On est sur une stratégie d’extrême droite. Ciotti joue les fers de lance par rapport à Sarkozy. C’est le repoussoir sur la responsabilité pénale des enfants. Il laisse penser qu’il veut faire appel à l’armée mais ne précise pas qu’il s’agit d’anciens militaires. C’est plus l’esprit de l’armée que l’armée elle-même. Il agite un drapeau rouge pour créer le clivage à gauche. Et à gauche, certains tombent dans le piège. Pourtant les propositions de Ciotti sont creuses. Dans ce qu’il propose, il n’y a que des classiques. Pour certains, l’encadrement militaire peut être structurant. En 1982, quand j’ai inventé les opérations d’été pour les jeunes en difficulté, j’ai fait appel à l’armée. Mon idée était très simple : faire monter jeunes sur le Mont Blanc encadrés par des militaires de l’école d’alpinisme. Ce que j’attendais de l’armée, c’était aider des gamins à retrouver des fondamentaux. On commence par tenir compte de l’expérience des adultes. Il ne s’agit pas d’obéir pour obéir mais montrer aux gamins que les adultes savent quels sont les risques et les limites à ne pas franchir. Il ne s’agit pas de mater les jeunes mais de leur redonner confiance en les adultes.

En somme, l’erreur consiste à déplacer le curseur sur ce que symbolisent les militaires et non pas sur les activités qu’ils peuvent faire avec les jeunes…

Jean-Pierre  Rosencveig. La droite regrette qu’on ne respecte plus le chef. Or, un chef, on lui obéit. Ils sont convaincus que ce qui fait problème dans la société, c’est l’autorité. Et cette absence d’autorité serait la source de tous les maux. Ils pensent qu’en la rétablissant, on va rétablir la paix et le sentiment de bonheur des gens.

Comment analysez-vous ce problème dit « d’autorité » ?

Jean-Pierre  Rosencveig. Si les gamins ne respectent pas l’autorité, ce n’est pas parce qu’ils sont libertaires ou anarchistes mais parce qu’ils ne ressentent pas les bienfaits de l’autorité. Pourquoi la plupart des gens sont légitimistes, pourquoi ils respectent les règles, les feux rouges et les stops ? Parce qu’on sait bien qu’en respectant les règles, on pourra utiliser la route et circuler plus facilement. On respecte la loi parce qu’elle nous paraît juste et d’ailleurs quand elle ne nous paraît injuste, on défile dans la rue. La plupart des gamins des quartiers ne respectent pas l’autorité des parents, des profs, des juges, des flics parce que de leur point de vue cette autorité est injuste et ne leur rapporte rien. Ils ne font pas partie de la circulation. Cette autorité ne les sort pas des difficultés et ne leur donne pas de perspectives. C’est ce que j’essaie de leur montrer : me respecter moi, c’est en tirer un bénéfice pour eux-mêmes ! J’ai croisé des jeunes que j’ai incarcérés et qui, en sortant de mon bureau, m’ont dit « merci ». Ils savent qu’ils ont fait une connerie et qu’ils méritent la punition mais voient aussi qu’on leur a consacré une heure et demie en essayant de construire un projet. Le fait de tracer des perspectives et de l’espoir fait qu’ils respectent l’autorité. Ce que leur offre le gouvernement, c’est la menace de la sanction. Les gamins n’y croient plus. Cette menace n’est pas opérationnelle. On leur propose la stratégie de la peur. On pense qu’on a va ainsi éviter la récidive sans s’attaquer à la primo-délinquance. On ne s’occupe pas de 50 % des problèmes et au lieu de créer les conditions d’une insertion, on crée les conditions de l’exclusion.

Comment réagissez-vous à la promulgation de la loi concernant les jurys populaires ?

Jean-Pierre  Rosencveig. On est dans la démagogie. Cette loi sera très difficile à mettre en œuvre techniquement et financièrement. Même si le parlement et le conseil constitutionnel essaient de limiter la nature et le champ des affaires qu’auront à gérer ces jurys populaires, comme les infractions trop techniques. Une culture juridique parfois très poussée est demandée. Il y a des affaires dans lesquelles, moi-même je ne pourrais pas être juge malgré toute l’expérience que j’ai. C’est devenu d’une complexité effroyable. Les jurys populaires seront sous la dépendance de magistrats professionnels. Aux assises du tribunal pour enfants, les jurés sont recrutés sur un processus solide, avec une formation et un accompagnement qui leur est donnée. Il leur faut ensuite deux ans pour être opérationnels. Avec la nouvelle loi, on recrute les gens le matin et à 14 heures, ils vont siéger. Pour moi, cela traduit une défiance à l’égard des juges professionnels. On les met sous le contrôle du peuple au nom duquel les missions sont rendues. La gestion au quotidien des juridictions n’est pas facile avec l’ensemble des nouvelles lois qui tombent sur des tribunaux sans moyens. Le temps de délibéré avec des jurés sera multiplié par quatre. Le rendement judiciaire va baisser. Je ne suis pas convaincu que les parlementaires aient pris en compte toutes ces considérations. A la fois on veut plus de contrôle des juges par des non-professionnels et d’un autre côté on ne permet pas à ces non-professionnels de pouvoir exercer leur esprit critique. Ce n’était ni une nécessité, ni une priorité. Le parlement lui-même s’interroge sur le mode de fonctionnement puisqu’il expérimente dans deux cours d’appel jusqu’en 2014.

Depuis quelques semaines, le conseil général de Seine-Saint-Denis a engagé un bras de fer avec l'Etat sur la prise en charge des mineurs isolés. Une solution a-t-elle été trouvée ?

Jean-Pierre  Rosencveig. Oui, l'Etat a enfin pris ses responsabilités ! Dpeuis une quinzaine d'années, les départements de Seine-Saint-Denis et l'Etat sont dans un bras de fer sur les responsabilités de chacun concernant les mineurs isolés qui arrivent sur le territoire national. Les conseils généraux demandent à l'Etat d'assumer sa fonction de régulation et de péréquation pour que le problème ne soit pas seulemen traité par les quelques départements dans lesquels il  y a des points de fixation, soit parce qu'il y a un aéroport, soit parce qu'il y a des filières. Il y a un mois, la Seine-Saint-Denis a prévenu l'Etat que s'il ne réagissait pas, elle refuserait d'accueillir le moindre jeune. Menace qu'elle a mise à exécution. Le tribunal s'est donc retrouvé submergé par des cas de jeunes. Nous avons demandé à l'aide sociale et à la protection judiciaire de la jeunesse de les prendre en charge. Les deux ont refusé. Cela a duré trois semaines avec des mineurs à qui on donnait un ticket de métro et un ticket restaurant pour éventuellement être accueillis par la maraude à Paris. C'était pitoyable. Le conseil général et l'Etat violaient la loi et on était à deux doigts de porter plainte pour mise en danger des mineurs. La peur de ces recours et l'impact de l'incendie de Pantin ont conduit le ministre de la Justice à nous recevoir. un dispositif a finalement été mis en place : d'autres parquets seront mobilisés pour que les jeunes soient confiés à des foyers de ces départements. L'essentiel étant que les gamins trouvent des réponses adaptées à leurs problèmes. 

Entretien réalisé par Ixchel Delaporte 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:18

arton14901-5aa6e.jpgOn ne peut nier qu’Obama a l’art de la parole et qu’il sait servir ses divers plats avec des mots et des principes qu’il ajuste aux diverses situations sans se préoccuper de leurs contradictions avec les politiques et pratiques de son administration.

Cette situation est d’autant plus frappante qu’il a été élu avec la promesse d’un avenir différent pour l’Amérique et pour le monde, fondé non plus sur les guerres de conquête et de domination, mais sur le respect des droits fondamentaux des personnes et des peuples.

« Ces idéaux éclairent toujours le monde et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme. Donc, à tous les autres peuples et les gouvernements qui nous regardent, aujourd’hui, du plus petit village où mon père est né, sachez que l’Amérique (les États-Unis) est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme, enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à diriger, une fois de plus. »

Par ces mots, le nouveau Président indique sa volonté de tourner cette page sombre de l’histoire des États-Unis où la « politique de la sécurité nationale » a servi, trop souvent, à justifier un interventionnisme opportuniste et, plus que tout, à défier, dans nombre de cas, les droits les plus fondamentaux des peuples et des personnes. Il s’agit là d’un changement radical dans l’approche des relations des États-Unis avec le monde : ce ne sera plus par les armes, le chantage, la manipulation et le mensonge que les États-Unis s’imposeront au monde, mais par la flamme vivante des idéaux, inscrits dans sa Constitution et dans le droit international, qu’il en deviendra un leader et un guide.

« … notre sécurité émane de la justesse de notre cause, notre force de notre exemple, des qualités tempérantes de l’humilité et de la retenue. »

Cet esprit a dominé dans ses premières rencontres avec la communauté internationale et les communautés régionales. On se souviendra de l’accueil fait par les Présidents des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, enchantés qu’ils étaient d’une approche et d’un discours qui tranchaient avec ceux de ses prédécesseurs, particulièrement ceux de G.W. Bush.

« Nous ne pouvons pas rester prisonniers des désaccords du passé... Je prends devant vous l’engagement d’un partenariat d’égal à égal ».

Dans son discours au Caire, il n’en va pas autrement. Une approche fondée sur une compréhension mutuelle de l’histoire et de la volonté de surmonter les différents pour construire ensemble un monde plus juste et plus prospère.

«  Je suis venu chercher un nouveau commencement entre les Etats-Unis et les musulmans du monde entier, qui se fonde sur un intérêt et un respect mutuels ; qui se fonde sur le fait que l’Amérique et l’islam ne sont pas exclusifs l’un de l’autre et ne sont pas voués à se faire concurrence. Au lieu de cela, ils se chevauchent et partagent des principes communs : justice et progrès ; tolérance et dignité de tous les êtres humains. »

Des propos de nature à redonner confiance et espoir aux peuples. Une aire nouvelle s’ouvre pour les pays du monde dans leurs les relations avec le pays le plus puissant. Toutefois la fraicheur de tels propos sera vite dissipée par la dure réalité de politiques qui ne feront que renforcer les orientations déjà prises par G.W. Bush.
En Amérique Latine la politique impériale de domination et de conquête continue à s’imposer.

Le blocus économique imposé à Cuba depuis plus de 50 ans et dénoncé par une très grande majorité des membres de l’Assemblée générale des Nations Unies est maintenu et, dans certains cas, les mécanismes de contrôle de son application ont été renforcis. Il en va de même pour les 5 prisonniers antiterroristes cubains, condamnés injustement et détenus depuis plus de 13 ans. En dépit du fait que leur libération est réclamée par la communauté internationale, le président Obama ne bouge pas.

Le terroriste Luis Posada Cariles, auteur, en 1976, du sabotage en plein vol d’un avion de Cubana aviation entrainant la mort de 73 personnes, est toujours protégé par l’administration étasunienne qui se refuse de l’extrader au Venezuela qui le réclame pour le juger.

En juin 2009 se réalise le coup d’État militaire au Honduras, chassant du pouvoir le président légitimement élus, Manuel Zelaya. Cette intervention militaire n’a été possible qu’avec l’appui officieux de l’Administration Obama qui a soutenu les auteurs de ce renversement de gouvernement.

Peu de temps après ce sera l’annonce de l’implantation de 9 bases militaires étasuniennes en territoire colombien, menaçant ainsi la sécurité du Venezuela et de l’ensemble de l’Amérique latine. Pour un prix Nobel de la paix c’est là une initiative qui répond à une logique qu’il est seul à connaître et qui n’est pas sans inquiéter les voisins.

À tout cela s’ajoute les actions menées par diverses agences étasuniennes visant à déstabiliser les gouvernements des pays émergents de l’Amérique latine tels l’Équateur, victime d’une tentative de coup d’État, en 2010, le Venezuela dont le Président est sans cesse menacé d’assassinat, la Bolivie où les actions de division sont nombreuse. Vraiment rien pour rassurer les partenaires latinos américains sur les intentions de Washington.

Au Moyen Orient la situation n’est guère mieux. Les guerres se poursuivent en Afghanistan, en Irak, en Libye. Des interventions de sabotages sont en opération en Syrie, en Iran et la Palestine doit faire son deuil du vote d’Obama au Conseil de sécurité pour être reconnu comme État souverain avec siège aux Nations Unies.
En dépit de toutes ces contradictions le président Obama s’est présenté avec assurance devant l’Assemblée générale des Nations Unies, en ce 21 septembre 2011, avec un discours tissés de principes et de contradictions. Je me permets quelques illustrations qui démontrent sa logique à l’intérieur de chacun des thèmes traités, mais pas toujours la cohérence entre ces derniers.

En tant que prix Nobel de la paix 2009, il se devait de parler de cette paix comme objectif fondamental des Nations Unies. Une paix, dit-il, qui n’est pas pure absence de guerre, mais qui permet de rejoindre les grandes aspirations du monde d’aujourd’hui.

Si la guerre est parfois nécessaire, ce ne peut être que pour permettre à des peuples, privés de liberté et de démocratie, de chasser les tyrans et de prendre en main leur propre destin de nations libres et indépendantes.

Lorsqu’il passe aux exemples concrets permettant d’illustrer cette approche, les thèmes choisis et les analyses proposées ont chacune leur logique interne fondée sur des postulats et des lectures de la réalité qui sont loin de faire l’unanimité.

Il y a, entre autres, le cas de la Tunisie où le peuple, sans arme, s’est levé pour réclamer le départ du Président qui occupait son poste depuis plus de 30 ans. Dans ce cas, la foule représentait bien la volonté populaire et le Président se devait de partir. En aucun moment, dans son discours, il n’a été question de dictateur corrompu et sanguinaire, mais bel et bien d’un Président qui avait fait son temps et dont le départ était demandé par le peuple. Il s’est bien gardé, toutefois, de relever le changement de régime réclamé par le peuple et la mise en place d’une nouvelle constitution.

Il y a également le cas de l’Égypte où là encore un peuple s’est mobilisé pacifiquement pour réclamer le départ d’un Président qui avait fait son temps. Pas de commentaires spécifiques sur l’attaque violente et sanguinaire dont cette foule, réunie sur la place principale, a été victime lors de ces manifestations. Pas un mot sur la corruption et le régime répressif.

Dans le cas de la Libye, le ton change et les mots et les arguments deviennent différents. Il n’est plus question d’un Président, mais d’un dictateur sanguinaire qui opprime son peuple depuis plus de 40 ans. Il ne s’agit plus d’un peuple manifestant sur la place verte de Tripoli ou ailleurs à travers le pays comme ce fut le cas en Tunisie et en Égypte, mais d’opposants armés au régime Kadhafi, victimes de l’atrocité sanguinaire du tyran. Dans ce dernier cas, Il n’est pas question de démontrer les faits des crimes commis pas plus que de connaître la volonté du peuple libyen en appui aux opposants. Pour Obama, les opposants sont le peuple.

La nouvelle, non confirmée, de l’assassinat de 6000 personnes par les forces de Kadhafi donne le signal de l’offensive de l’OTAN. Il n’est pas question de suivre les conseils de divers pays de l’Amérique latine et de l’Afrique qui demandent qu’une commission spéciale soit envoyée sur les lieux pour vérifier l’authenticité des faits rapportés et chercher par des voies politiques une solution au problème interne à la Libye.

Aujourd’hui nous savons que cette accusation des six mille exécutions étaient sans fondement et que tout ce qui a suivi n’a été tissé que de demi-vérités ou de mensonges.

Les trois derniers cas, donnés en exemple, se rapportent au Yémen, à Bahreïn et à la Syrie. Dans les deux premiers cas, l’approche est différente. Tout en reconnaissant un certain soulèvement de la population, Obama ne mentionne pas comme telle la répression dont il a été victimes. Le cas de Bahreïn retient d’autant plus l’attention que le gouvernement a fait appel à l’armée de l’Arabie Saoudite pour faire taire le peuple. Ce fait n’a soulevé aucune urgence d’une intervention des Nations Unies pour défendre le peuple, comme ce fut le cas pour la Libye et que ce le sera probablement pour la Syrie. Dans ce dernier cas, il s’agit de groupes armés qui se proclament représentants du peuple et qui réclament le changement de régime. Rien à voir avec ces foules comme celles en Égypte, en Tunisie ou encore au Yémen et à Bahreïn. Le cas de la Syrie se rapproche beaucoup de celui de la Libye.

La logique de M. Obama est que dans tous les cas, y incluant la Libye et la Syrie, il s’agit du soulèvement de peuples. Par contre, qu’il y ait eu un million et demie de libyens et libyennes, soit 25% de la population totale de Libye, réunis sur la Place verte de Tripoli, pour s’opposer à l’intervention de l’Otan et soutenir Kadhafi, cela ne compte pas. Le groupe de mercenaires dont nous connaissons la composition est, pour M. Obama, le peuple Libyen alors que ceux qui résistent sont des Kadhafistes.

Dans son discours, il parle de l’importance des Nations Unies et de son rôle pour assurer la paix dans le monde. Il demande que tous les pays s’unissent dans un effort commun pour construire cette paix. Tout en disant cela, il nie à la communauté internationale son pouvoir d’assumer cette responsabilité, en maintenant le système du droit de véto de cinq pays. Les Etats-Unis, par ce droit de véto peut renverser toutes les décisions prises par l’Assemblée générale. Ce sera le cas pour bloquer la reconnaissance de la Palestine comme pays souverain ayant son siège aux Nations Unies.

« Ces idéaux (le respect des droits des personnes et des peuples) éclairent toujours le monde et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme. Donc, à tous les autres peuples et les gouvernements qui nous regardent, aujourd’hui, du plus petit village où mon père est né, sachez que l’Amérique (les États-Unis) est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme, enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à diriger, une fois de plus. »

Je laisse à d’autres de poursuivre dans l’identification des incohérences souvent noyées dans l’usage de mots dont les contenus varient selon les territoires, les populations, mais surtout selon les intérêts en cause.

Oscar Fortin

Québec, le 16 octobre 2011

http://humanisme.blogspot.com

URL de cet article 14901
http://www.legrandsoir.info/obama-et-bush-un-meme-combat-en-depit-des-discours-pleins-d-esperance.html
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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 15:18

kotzaridis.jpgLe Parti communiste grec (KKE) s'exprime sur l'assaut organisé meurtrier contre le cortège du PAME dans la manifestation du jeudi 20 octobre qui a conduit au décès du syndicaliste Dimitris Kotzaridis

 

 

Communiqué du Parti communiste grec (KKE)

publié le 20 octobre

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



A l'occasion de la manifestation de jeudi, des groupes organisés ayant des ordres bien précis et des anarcho-fascistes ont lancé une attaque avec des cocktails Molotov, des grenades lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des pierres, afin de disperser le formidable rassemblement de travailleurs place Syntagma et en particulier dans la zone où le PAME s'était concentré. Le bilan de cette attaque, c'est la mort du syndicaliste du PAME, Dimitris Kotzaridis, 53 ans, secrétaire de la branche de Viron du syndicat des travailleurs du bâtiment. Des dizaines de manifestants du PAME ont également été blessés.

 

La haine de ces gens cagoulés contre le mouvement syndical et populaire et contre le PAME exprime toute la violence des forces qui servent le système et le pouvoir bourgeois. Le gouvernement a une énorme responsabilité dans ce qui s'est passé. Derrière l’opération visant à intimider, calomnier et réprimer le mouvement syndical et populaire on trouve des structures, centres et services d’État. L'histoire nous le démontre, l'offensive meurtrière et barbare d'aujourd'hui nous le prouve également. Ces gens cagoulés, des anarcho-autonomistes, des fascistes ou quelque soit la manière dont ils se qualifient ont essayé de réaliser ce que les forces de la répression, le chantage et les menaces ne sont pas parvenus à faire : intimider les travailleurs afin qu'ils se soumettent. Il apparaît désormais en toute objectivité que ce sont de ces mêmes centres qu'est venu l'ordre donné à des agents provocateurs d'incendier la banque Marfin, causant la mort de trois personnes, lors du vote du Mémorandum, le 5 mai 2010.

 

Ils ont échoué dans leur objectif, la dispersion du rassemblement du PAME. De la même manière, les plans du gouvernement, des appareils du système, des partis de la ploutocratie qui cherchent à intimider et contenir le torrent de la riposte politique qui a déferlé dans les rues avec la grève de 48 heures doivent également être mis en échec.

 

Le KKE exprime sa peine et ses condoléances à la famille de Dimitris Kotzaridis qui est tombé dans la lutte pour la juste cause de la classe ouvrière et du peuple. Il exprime sa solidarité avec les manifestants blessés, avec tous ceux qui ont défendu la manifestation ouvrière et populaire contre les groupes provocateurs. Il appelle le peuple à s'opposer de façon résolue ; à lutter avec le KKE, à rejoindre les syndicats, le PAME et les autres organisations radicales qui luttent contre les politiques anti-populaires, contre le pouvoir des monopoles. Il s'agit de la force d'opposition aux partis de la ploutocratie, à l'UE et au FMI. Il s'agit de la force dont dispose le peuple pour repousser les mesures brutales, la violence et l’intimidation de tous les appareils répressifs. Le peuple peut mettre en échec les politiques et le pouvoir anti-populaires.

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Published by valenton rouge - dans Europe
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