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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:35

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Athènes, le 20 octobre. Un syndicaliste communiste couvert de peinture lors des manifestations pendant la grève générale.

 


Après deux jours de grève générale et de combats de rue, la Grèce semble tous les jours un peu plus près du précipice. Alors que les responsables européens se rassemblent ce dimanche dans une dernière tentative de sauvetage de la monnaie unique, un auteur grec condamne les élites de son pays qu’il juge responsables de la situation actuelle.

Cette semaine, les employés d’une petite boulangerie du centre d’Athènes ont annoncé qu’à défaut de fermer boutique – leur clientèle étant largement composée de personnes fragiles -, ils manifesteraient leur soutien au mouvement de grève générale en vendant tous leurs produits à prix coûtant. Cette nouvelle, inattendue pour leurs clients en cette période difficile, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des signes de résistance et de solidarité que donne à voir la capitale grecque. Pendant ce temps, pas un ministre ou député ne peut apparaître en public sans se faire huer ou “yaourter” (sorte d’entartrage à la mode grecque).

La Grèce est un pays divisé : d’un côté, les responsables politiques, banquiers, évadés fiscaux et barons des médias qui soutiennent la réforme culturelle et sociale la plus violente que l’Europe occidentale ait jamais vue, de l’autre, la vaste majorité du peuple grec. La rupture paraissait évidente hier lorsque près de 500 000 personnes sont descendues dans les rues pour participer au plus grand mouvement de contestation de l’histoire du pays.

La tentative du gouvernement de créer une division entre les fonctionnaires (décrits comme une classe de fainéants corrompus) et les salariés du privé, a échoué. Tout ce que le gouvernement Papandreou a réussi à faire, c’est remplacer la vieille opposition droite-gauche par celle des élites contre le peuple.

L'autre Grèce prononcera le verdict de l'Histoire

L’Europe devrait bientôt décider comment gérer la crise de la dette avec le gouvernement grec en simple observateur. Mais une fois que l’Europe se sera occupée du seul problème qui l’intéresse, le jeu politique entrera dans sa phase finale à Athènes. C’est alors que "l’autre" Grèce prononcera le verdict de l’Histoire.

Les élites politiques devront répondre du chaos qu’elles ont créé, et que l’on impute largement à ceux qui résistent aujourd’hui. Les deux partis dynastiques qui se succèdent à la tête du pays depuis près de quarante ans, sont précisément ceux qui sont à l’origine de ce secteur public aussi pléthorique qu’inefficace.

L’émergence – incontestable – des difficultés ne les a pas empêchés de continuer à accumuler les dettes, poussant ainsi l’Europe à intervenir dans les affaires grecques. Selon un représentant, jamais la troïka – Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne – n’a demandé la fin des négociations collectives dans le secteur privé, la seule mesure suscitant quelques résistances au sein du parti au pouvoir. Pas plus que ces institutions n’ont exigé la réforme universitaire. A croire que les élites grecques n’avaient pas de plus cher désir que d’orchestrer le démantèlement de l’Etat-Providence pour transférer des avoirs publics vers le secteur privé.

Le gouvernement Papandréou se verra accusé d’incompétence et de cynisme. Tous les régimes autoritaires rêvent de bouleverser radicalement la société. Ce gouvernement avait pour mission de remplacer la solidarité par l’indifférence, l’hospitalité par l’exploitation. Il a échoué, et maintenant, l’élite n’est plus séparée du peuple en colère que par une épaisse ligne d’hommes en bleu.

Les gens réagiront de plus en plus violemment

Le chômage des jeunes grimpe en flèche et menace d’atteindre les 50 %. Pendant des décennies, la Grèce va payer le prix de la destruction de toute une génération. La troïka se verra accusée d’arrogance néocoloniale. Il n’est pas nécessaire de connaître le mythe de Sisyphe pour comprendre que des mesures qui aboutissent à une croissance de -7 % ne peuvent pas réduire le déficit.

Pas besoin non plus d’avoir lu Platon pour savoir qu’en diminuant de moitié les salaires et les retraites, les gens ne pourront pas payer les nouvelles taxes exorbitantes. Pas besoin d’être versé en histoire de la Grèce pour deviner que plus on répètera que la souveraineté d’un pays est réduite, plus les gens réagiront violemment.

La manifestation du 20 octobre dernier s’est terminée par une tragédie, la mort d’un syndicaliste. C’en est fini des derniers lambeaux de légitimité du pouvoir, et le gouvernement ne devrait pas tarder à plier bagages. Le déficit démocratique dont souffrent tous les gouvernements est irréversible en Grèce. C’est à "l’autre" Grèce qu’il revient de se doter d’une constitution de justice sociale et de démocratie pour le XXIe siècle. Voilà ce que la Grèce peut offrir au monde.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:14

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http://www.bastamag.net/article1809.html

 

Privatisation rampante et logiques mercantiles, fermeture d’hôpitaux, politique du médicament incohérente, augmentation des déserts médicaux… Où va notre système de santé ? Pour André Grimaldi, professeur de diabétologie à la Pitié-Salpêtrière (Paris), il est urgent de tout remette à plat et de revenir aux valeurs de solidarité et d’égalité fondatrices de la Sécurité sociale en 1945. Il est co-auteur du Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire, signé par 123 personnalités du monde médical et de la société civile. Entretien.

 


Basta ! : Êtes-vous inquiet pour le système de santé français ?

André Grimaldi : Un vrai débat est nécessaire sur notre système de santé, qui reste globalement bon, mais devient de plus en plus inégalitaire. Nous assistons actuellement à un transfert continu des charges de la Sécurité sociale vers le privé : les mutuelles, les assurances privées et le reste à charge pour les patients. La Sécurité sociale se concentre sur les remboursements de soins pour les plus pauvres – la CMU – et les pathologies les plus graves. Elle se désengage des soins courants, remboursés à 50 %. Les patients sont contraints de prendre une assurance complémentaire, ce qui crée une double inégalité : les pauvres doivent y consacrer une part de leur revenu beaucoup plus élevée que les riches, et les personnes à risque, en particulier les personnes âgées, payent une surprime. 4 millions de Français n’ont pas de complémentaire santé ! Ce transfert sape progressivement les valeurs – la solidarité et l’égalité – sur lesquelles repose notre système. Ajoutons que les frais de gestion des mutuelles et assurances privées sont supérieures à 15 % de leur chiffre d’affaires, contre moins de 5 % pour la Sécu. Le transfert vers les assurances complémentaires accroît les inégalités et coûte plus cher !

Comment cela va-t-il évoluer dans les prochaines années ?

Lorsque les bien-portants et les plus riches constateront que la Sécu les rembourse peu tandis que leurs primes de mutuelle ne cessent d’augmenter, ils demanderont à sortir du système solidaire. Nous serions alors confrontés à une dérive à l’américaine avec une aide publique uniquement pour les plus pauvres et les plus malades. Une solidarité pour les plus pauvres devient très vite une pauvre solidarité ! Résultat : aux États-Unis, dans certains États, si vous êtes au chômage et que vous avez besoin d’une greffe d’organe, vous êtes fichu. Pour préserver le système, il faut que la solidarité bénéficie à tout le monde : l’équité doit s’exprimer par un prélèvement augmentant de façon progressive avec les revenus, tandis que l’égalité doit se traduire par une prestation de qualité égale pour tous, également remboursée.

Le déficit de la Sécurité sociale est important. Que proposez-vous pour maintenir un fonctionnement égalitaire dans cette situation budgétaire tendue ?

Il faut remettre à plat notre système de santé en revenant à l’esprit de 1945. Côté dépenses, il est nécessaire de revoir complètement la liste des soins, pour distinguer ceux qui relèvent de la solidarité nationale – et doivent être remboursés par la Sécurité sociale – et ceux qui ne relèvent pas de cette solidarité. Pourquoi rembourse-t-on les cures thermales alors que leur efficacité sur la santé n’est pas prouvée ? Pourquoi certains médicaments sont remboursés à 15 ou 30 % ? C’est absurde : s’ils ne sont pas efficaces, il ne faut pas les rembourser du tout ! Il existe également des différences de prix énormes entre certains médicaments qui sont pourtant remboursés sans distinction. Un exemple : pour une des formes de dégénérescence maculaire de la rétine (DMLA), il existe deux traitements qui ont la même efficacité, l’un coûte 1 200 euros et l’autre 30 euros l’ampoule. Celui qui est autorisé, c’est celui qui coûte 400 fois plus cher ! Enfin, quel prix sommes-nous prêts à payer pour une innovation thérapeutique ? Un médicament doit être jugé à une double aune : son rapport bénéfice/risque pour le patient, mais également l’évaluation de son bénéfice au regard du coût qu’il aura pour la société. Les médicaments génériques valent en France deux fois plus chers qu’en Angleterre ! Pourquoi ?

Comment mieux réguler la politique du médicament ?

En France, la dualité historique entre Sécurité sociale et État entraîne un jeu de ping-pong incessant qui nuit à la cohérence de la politique de santé. La Sécurité sociale paie, mais ce n’est pas elle qui négocie les prix. L’évaluation de l’Amélioration du service médical rendu (ASMR) est assumée par la Haute Autorité de santé, et le prix est déterminé par le Comité économique des produits de santé. Il faudrait fusionner ces deux instances et introduire plus de transparence dans les procédures pour éviter la pression des lobbies pharmaceutiques. On éviterait peut-être qu’un médicament comme le Mediator, dont la commission a estimé à deux reprises qu’il n’améliorait pas le service médical, soit quand même remboursé, pour un coût total pour la Sécu de 1,2 milliard d’euros !

Que proposez-vous pour augmenter les recettes de l’assurance maladie ?

Comme le demande la Cour des comptes, nous voulons la suppression de la majeure partie des niches sociales, ces revenus exonérés de cotisations sociales qui représentent 35 millions d’euros. L’ensemble des revenus doit participer au financement de la santé. Nous plaidons pour un transfert d’une part des primes d’assurance privées et des mutuelles vers l’assurance maladie publique. Il faudrait une grande négociation afin de rééquilibrer le système. Nous proposons un retour au taux de remboursement de 1945 par la Sécu : 80 %. Les patients seraient pris en charge pour l’essentiel des soins par l’assurance maladie publique. À long terme, ils n’auraient plus besoin d’assurance « complémentaire » et prendraient uniquement une assurance « supplémentaire » pour financer, s’ils le souhaitent, un meilleur confort ou des soins superflus. Pour en finir avec le « trou de la Sécu », une fois terminé le ménage des dépenses injustifiées, il faudra adopter une règle d’or : tout dépassement des dépenses devra être compensé par une augmentation automatique des recettes, c’est-à-dire des prélèvements obligatoires.

Vous proposez dans le manifeste de construire ou renforcer quatre services publics de la santé. Quels sont ces services ?

Le premier est le service public de l’assurance maladie, dont ne font pas partie les mutuelles et les assureurs privés (regroupés dans l’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire – Unocam). Le second est le service public hospitalier, représenté par les hôpitaux publics et les établissements privés à but non lucratif, le troisième est celui de la médecine de proximité, avec les centres de santé et les maisons médicales, et essentiellement les médecins libéraux conventionnés en secteur 1, c’est-à-dire sans dépassement d’honoraires. Le quatrième service public est celui de la prévention et de la sécurité sanitaire, qu’il faut développer.

Le changement récent dans l’hôpital est très symbolique : le terme « service public hospitalier » a été supprimé de la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires) de 2009 pour être remplacé par celui de « missions de service public » exercées par des établissements à statuts variables. Les cliniques commerciales s’en sont saisies avec un mot d’ordre : la concurrence. Elles ont même porté plainte à Bruxelles contre la France pour réclamer la convergence tarifaire entre le public et le privé.

Sur quelle justification ?

La fixation d’un prix de marché est la stratégie employée quand on veut faire basculer un système du public vers le privé. Mais comparons ce qui est comparable ! Le public et le privé n’ont ni les mêmes missions, ni la même activité, ni les mêmes patients. Le coût d’un acte n’est pas le même si l’hôpital a des urgences ou pas, s’il a 200, 400 ou 800 lits, s’il est concentré sur une seule pathologie – ce qui est rentable – ou s’il traite des pathologies variées. En dix ans, le nombre de passages aux urgences de l’hôpital public est passé de 9 à 16 millions par an ! Les activités des cliniques ne chevauchent que pour 30 % celles de l’hôpital. Les cliniques privées ne s’occupent pas de pédiatrie, de handicap, de maladies diabétiques compliquées. Elles font essentiellement de la chirurgie simple programmée.

Que proposez-vous pour renforcer la médecine de proximité ?

Elle repose sur des médecins libéraux et suppose un conventionnement respecté entre eux et la Sécurité sociale. Les professionnels du secteur 2, avec dépassement d’honoraires, ne relèvent pas du service public. Il faudrait aménager ce secteur, avant de le supprimer. Cela suppose de tout revoir, y compris la rémunération des professionnels du secteur 1, qui n’est peut-être pas assez élevée. Des chirurgiens spécialistes de la hernie ont un remboursement qui est complètement sous-évalué par rapport à leurs coûts. C’est une conséquence du lobbying : certaines spécialités ont su défendre leurs tarifs, comme les radiologues et les urologues, contrairement à d’autres, comme les chirurgiens généraux et digestifs.

Il faut pouvoir réguler les hausses des tarifs, que les médecins expliquent par l’augmentation du coût des assurances. Pourquoi ne pas mettre en place une assurance professionnelle publique au lieu de tout confier à la logique du capitalisme financier ? Il faut limiter les installations de médecins en secteur 2. Il y a des déserts médicaux en France… et pas toujours où on le soupçonne ! Si vous cherchez un ophtalmo en secteur 1 à Paris, vous êtes dans un désert médical. Pour certaines personnes, cela signifie renoncer aux soins. En France, plus de 15 % des malades renoncent à des soins pour des raisons financières. Ce n’est pas un gain mais un coût pour la société : ces personnes attendront d’être encore plus malades pour se faire soigner. Et le coût sera plus important ! Les inégalités ne sont pas un calcul rentable.

Il est nécessaire de donner aux médecins des moyens modernes pour travailler. On propose d’envoyer les jeunes médecins dans les déserts médicaux. Mais pourquoi iraient-ils dans une zone si on y a supprimé l’hôpital ? Il faut arrêter de fermer les hôpitaux de proximité : on va s’apercevoir avec du retard que c’est une folie, comme avec l’instauration du numerus clausus il y a une vingtaine d’années. Il faut des maisons de santé pluriprofessionnelles, avec une nouvelle répartition des tâches entre les paramédicaux et les médecins, et une meilleure coordination entre la ville et l’hôpital.

Vous souhaitez aussi mettre en place un service public de la prévention…

Notre système est né comme système de soin, et non de santé. Il traîne cette défaillance originelle à chaque crise, jusqu’au dossier de la grippe A, dont la gestion a été caricaturale. Nous proposons de renforcer la prévention, qui est un élément essentiel de la politique de santé publique, en y consacrant 10 % du budget de la santé au lieu de 7 % actuellement.

Propos recueillis par Élodie Bécu

À lire : André Grimaldi, Didier Tabuteau, François Bourdillon, Frédéric Pierru, Olivier Lyon-Caen, Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire, éditions Odile Jacob, 200 p., septembre 2011

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 13:53

les-6-candidats-a-la-primaire-ps-lors-du-3e-et-dernier-deba.jpgPar JULIEN AUDEMARD Doctorant en sciences politiques, université de Montpellier-I, DAVID GOUARD Doctorant en sciences politiques, université de Montpellier-I

http://www.liberation.fr/politiques/01012366660-jeunesse-et-milieux-populaires-grands-absents-de-la-primaire

A bien des égards, la primaire socialiste constitue un événement politique majeur. Il s’agissait d’une première dans la vie politique française, où demeure encore une réticence à l’idée de confier à d’autres qu’aux membres des bureaux nationaux ou aux militants la tâche de choisir les candidats à la magistrature suprême. Cette primaire élargie représentait donc un pari osé. La mobilisation électorale a montré que celui-ci a été réussi. Près de 3 millions de personnes se sont ainsi déplacées dans les bureaux de vote mis à leur disposition par le Parti socialiste. Certains soulignent que cette mobilisation n’a concerné en réalité qu’un peu plus de 6% du corps électoral français. D’un autre côté, la tentation est grande de brandir ce chiffre comme la preuve ultime du succès de l’opération, tant ce type de scrutin fait figure d’exception.

Un premier portrait de la base électorale

Ces résultats se prêtent donc à merveille à la spéculation quant à l’ampleur de la mobilisation suscitée par le PS. Reste à s’interroger sur la nature de cette mobilisation. D’un point de vue sociologique, cette élection s’apparente à un «laboratoire d’analyse» pour comprendre qui sont les électeurs de la primaire. L’événement offre ainsi l’occasion de dresser un premier portrait des bases électorales du Parti socialiste à six mois de l’élection présidentielle. Il était difficile de passer à côté de cette opportunité, notamment à Montpellier, une ville où le PS bénéficie d’un ancrage territorial fort depuis plus de trente ans. Les dimanches 9 et 16 octobre, nous étions donc placés à la sortie de deux bureaux de vote où nous avons distribué des questionnaires aux électeurs ayant déposé leur bulletin dans l’urne. Ces deux bureaux, situés dans des quartiers à forte mixité sociale (Assas et Croix-d’Argent), comptent traditionnellement parmi ceux où la participation électorale est la plus élevée dans la ville et où le vote socialiste est le plus important. Les résultats du premier tour n’ont pas démenti ces régularités. Le scrutin y a enregistré des taux de participation très élevés (en moyenne 12,5% sur les deux tours), bien au-dessus de la moyenne nationale, mais également au-dessus du taux montpelliérain, déjà très important (10% environ). Ces deux bureaux, au-delà du contexte local, apparaissent donc comme les témoins d’une mobilisation portée avant tout par les principales villes françaises de gauche.Les résultats que nous avons obtenus sont d’autant plus généralisables que les taux de participation à notre enquête sur ces deux bureaux sont très élevés, puisqu’ils atteignent en moyenne 75%.

Une population à l'écart des scrutins

L’analyse des électorats de ces deux bureaux montre qu’en dépit d’une mobilisation somme toute importante, certaines franges de la population sont restées à l’écart des scrutins. En un sens, cette primaire ne fait que confirmer les logiques censitaires à l’œuvre pour la majorité des élections depuis près de trente ans. Au bureau de vote de l’école maternelle Mozart, la participation a essentiellement été le fait des populations les plus diplômées. Au premier tour, 75% des votants étaient diplômés de l’enseignement supérieur et 70% occupaient un poste de cadre ou de profession intermédiaire. Pourtant, un tiers de l’espace couvert par ce bureau de vote est composé d’habitats sociaux et de milieux populaires. Ces derniers ont donc été largement absents des urnes. Au bureau Aliénor-d’Aquitaine, dans le quartier de la Croix-d’Argent, les ouvriers et les employés ont rassemblé à peine 20% des bulletins. Au second tour, ces taux n’ont été modifiés qu’à la marge. La cartographie de la participation électorale à Montpellier confirme à quel point la mobilisation a pu être inégale selon les milieux sociaux. Ainsi, le 9 octobre, dans les trois bureaux de vote d’un quartier de grands ensembles comme la Paillade les taux de participation ont été trois fois moins importants que dans nos bureaux de vote témoins.

Le fait que cet écart se soit réduit au second tour ne change rien à la prégnance du phénomène. Les milieux populaires ne sont pas les seuls à s’être faiblement mobilisés pour cette primaire. Il en va de même pour les jeunes. Dans les deux bureaux que nous avons étudiés, la proportion de votants de 18-25 ans était deux fois moins importante que ce qu’elle représente sur les listes électorales. Pour les plus de 60 ans, au contraire, on a observé une sur-représentation. Dans ce contexte, l’électeur type est un cadre quinquagénaire. Il vote déjà régulièrement et traditionnellement en faveur de la gauche et du PS. Il ne faudrait donc pas se méprendre sur l’interprétation à donner aux résultats de cette primaire. Non seulement les 2,7 millions de votants ne sont bien entendu pas représentatifs de la population française, mais surtout ils ne sont pas représentatifs de ce que l’on dit être - mais de manière de plus en plus incertaine - l’électorat de gauche.

Le Parti socialiste semble négliger tout travail de terrain

Au vu de ce que montrent les enquêtes de sociologie électorale menées depuis une vingtaine d’années, on assiste à un déplacement du centre de gravité du noyau dur de la gauche socialiste vers les couches moyennes, intellectuelles et urbaines. La gauche, et le Parti socialiste en particulier, ne parvient guère à contrarier les effets induits des inégalités de politisation qui tiennent à l’écart des urnes les milieux les plus en retrait du champ politique. Plus qu’une sorte de fatalisme sociologique, faut-il y voir la marque d’un certain désintérêt du PS pour ces franges de l’électorat ? La thématique des quartiers populaires a en effet été largement absente de la campagne de la primaire. De même, depuis quelques années déjà, le Parti socialiste semble négliger tout travail de terrain auprès de ces mêmes milieux. Dans un contexte de crise économique, sociale et politique, c’est pourtant à ce prix que la gauche peut reconquérir les populations les plus en retrait de la vie politique. A cet égard, que le vote de dimanche ait consacré François Hollande plutôt que Martine Aubry importe finalement peu pour la mobilisation des électeurs les plus politisés, ceux-là même qui sont venus voter lors de cette primaire. En revanche, l’élection n’a absolument pas levé cette énigme pour les milieux populaires et les jeunes, même si le second tour a donné quelques motifs d’espoir pour la conquête de ces électorats décisifs. A tout juste six mois de l’élection présidentielle où, on le sait, ce sera infiniment plus de 6% du corps électoral français qui votera. C’est l’immense défi à relever pour le PS et ses alliés.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 13:42

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http://www.medelu.org/Le-nouveau-systeme-monde

 

Dix ans après les attentats du 11-Septembre et trois ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, quelles sont les caractéristiques du nouveau système-monde ?

La norme actuelle ce sont les séismes. Des séismes climatiques, des séismes financiers et boursiers, des séismes énergétiques et alimentaires, des séismes communicationnels et technologiques, des séismes sociaux, des séismes géopolitiques comme ceux provoqués par les insurrections de l’éveil arabe...

Autre caractéristique dominante : l’absence de visibilité générale. Des évènements imprévus font brutalement irruption sans que nul, ou presque, ne les ait vus survenir. Si gouverner c’est prévoir, nous vivons une évidente crise de gouvernance. En Europe, les dirigeants actuels se révèlent incapables de prévoir les collisions que se succèdent. La politique semble impuissante. L’Etat qui protégeait les citoyens a cessé d’exister. D’où la crise de la démocratie représentative. "Ils ne nous représentent pas !" constatent, non sans raison, les "indignés" espagnols. Les citoyens assistent à l’effondrement de l’autorité politique et réclament qu’elle assume de nouveau son rôle conducteur de la société. Seul le politique dispose de la légitimité démocratique. Ce que les gens demandent aussi c’est que le pouvoir politique délimite et restreigne celui, excessif, de la finance. Qu’il régule enfin, d’une main ferme, l’irrationnelle exubérance des marchés.

Autre constat : à l’échelle planétaire, la médiocrité des dirigeants politiques consterne. Peu d’hommes ou de femmes d’Etat sont à la hauteur des défis contemporains.

Les pays riches (Amérique du Nord, Europe, Japon) subissent le plus grand choc économique et financier depuis la crise de 1929. Pour la première fois, l’Union européenne voit sa cohésion et même son existence menacées. Simultanément, le risque n’une nouvelle Grande dépression économique affaiblit le leadership international des Etats-Unis dont la prépondérance est également menacée désormais par l’émergence de nouveaux pôles de puissance (Chine, Inde, Russie, Brésil) à l’échelle mondiale.

Dans un discours récent, le Président des Etats-Unis a annoncé la fin des "guerres du 11-Septembre" (Irak, Afghanistan et contre le "terrorisme international") qui ont marqué cette décennie. Barack Obama a rappelé que "cinq millions d’Américains ont porté l’uniforme au cours des dix dernières années". Malgré cela, il n’est pas évident que Washington l’ait emporté. Les "guerres du 11-Septembre" ont coûté au budget de l’Etat entre 1 billion (un million de millions) et 2,5 billions de dollars. Charge financière astronomique qui a fait exploser l’endettement des Etats-Unis et a aggravé, en particulier après 2007, leur crise économique.

Dans une certaine mesure, finalement, Al Qaeda a poussé Washington dans une fuite en avant militaire comme Reagan l’avait fait vis-à-vis de Moscou lorsque, dans les années 1980, il avait obligé l’URSS à se lancer dans une exténuante course au surarmement, dans le cadre de la "guerre des étoiles", qui avait fini par épuiser l’empire soviétique et provoqué son explosion. L’Amérique sort laminée de ces conflits. Son "déclassement stratégique" a commencé.

En matière de diplomatie internationale, la décennie a confirmé l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux pôles de pouvoir, surtout en Asie et en Amérique latine. Le monde se "désoccidentalise" et devient multipolaire. La Chine apparaît, en principe, comme la future grande puissance à vocation hégémonique. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Car la stabilité de l’Empire du Milieu n’est pas garantie. En son sein coexistent, à la fois, le capitalisme le plus sauvage et le communisme le plus autoritaire. La tension et la contorsion de ces deux forces provoqueront, tôt ou tard, une rupture. Pour l’instant, tandis que décline l’hégémonie des Etats-Unis, l’ascension de la Chine se confirme. Elle est déjà la seconde puissance économique du monde devant le Japon et l’Allemagne. Par ailleurs, en raison de l’importante part de la dette américaine qu’elle possède, la Chine tient en ses mains le destin du dollar...

Le groupe d’Etats géants rassemblés au sein du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) n’obéit plus automatiquement aux consignes des grandes puissances traditionnelles occidentales (Etats-Unis, Royaume Uni, France) qui continuent cependant de se définir comme "la communauté internationale". Les BRICS ont encore montré leur autonomie en s’opposant, dans l’enceinte des Nations Unies, aux décisions des puissances occidentales lors des récentes crises de Libye et de Syrie.

Le monde fait face à une somme de crises si intimement mêlées les unes aux autres que nous ne parvenons plus à distinguer les causes et les conséquences. Parce que les conséquences des unes sont les causes des autres, et ainsi de suite jusqu’à constituer un véritable système. Le monde occidental vit une sorte de grande crise systémique qui bouleverse la technologie, l’économie, le commerce, la politique, la démocratie, la guerre, la géopolitique, l’environnement, la culture, la famille, l’éducation, la jeunesse...

Nous disons qu’il y a crise lorsque, dans n’importe quel domaine, un mécanisme cesse soudain de fonctionner, commence à céder et finit par casser. Cette rupture empêche l’ensemble de la machine de tourner. C’est ce qui arrive notamment à l’ensemble de l’économie depuis l’éclatement de la bulle des sub-primes aux Etats-Unis en 2007.

Les répercussions sociales du cataclysme économique sont d’une brutalité inédite. Au sein de l’Union européenne : 23 millions de chômeurs, plus de 80 millions de pauvres... Les jeunes en sont les victimes principales. C’est pourquoi, de Madrid à Tel Aviv, en passant par Santiago du Chili, Athènes ou Londres, une vague d’indignation soulève la jeunesse du monde. Mais les classes moyennes sont également effrayées par ce modèle néolibéral de croissance qui les abandonne au bord du chemin. En Israël, une partie d’entre elles se sont jointes aux jeunes pour refuser l’intégrisme ultralibéral de Benyamin Netanyahou.

Le pouvoir financier (les "marchés") domine et contrôle le pouvoir politique. Cela désoriente les citoyens. La démocratie ne fonctionne pas. Nul ne comprend l’inertie des gouvernements face à une crise provoquée par la spéculation et la dérégulation financières. Les citoyens exigent que la politique assume sa responsabilité, désarme les marchés et rétablisse l’ordre démocratique. Mais les leaders politiques semblent dépassés. La vitesse de l’activité financière est celle de la foudre ; tandis que la politique avance à l’allure de l’escargot. Il est de plus en plus difficile d’harmoniser temps économique et temps politique. Ou bien crises globales et gouvernements nationaux.

Les marchés sur-réagissent sur le temps court devant la moindre information (ou rumeur) ; tandis que les organisations financières globales (FMI, OMC, Banque mondiale...) travaillent sur le temps long et peinent à déterminer et à prévenir les chocs. Tout cela provoque, chez les citoyens, angoisse et frustration.

Cependant, la crise globale ne produit pas que des perdants. Les gagnants se trouvent, essentiellement, en Asie et dans les pays émergents. Au Brésil, par exemple, durant les deux mandats du président Luis Inacio Lula da Silva, 2003-2011, le nombre de pauvres a diminué de 39 millions... Ces Etats ne partagent pas la vision pessimiste des Européens. Il y a également de nombreux gagnants à l’intérieur même des pays occidentaux frappés par la crise. Les sociétés sont fracturées par les inégalités entre des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres. 

Entretemps, les ruptures stratégiques se succèdent sans que nous en comprenions la signification. Internet est un vecteur important de nombre de changements. Presque toutes les crises récentes, dans les domaines les plus divers, ont un rapport plus ou moins pertinent avec les nouvelles technologies de la communication. Les marchés financiers, par exemple, ne seraient pas aussi puissants si les ordres d’achat et de vente ne circulaient pas à la vitesse de la lumière via les "autoroutes de l’information" qu’Internet a mis à leur disposition. Davantage qu’une technologie, Internet est un acteur des crises. Rappelons - sans pour autant le magnifier -, le rôle qu’ont joué WikiLeaks, Facebook, Twitter ou le courrier électronique dans les récentes révolutions démocratiques dans le monde arabe.

Du point de vue anthropologique, ces crises se traduisent par une montée des peurs et du ressentiment. Les gens vivent en état d’anxiété et d’incertitude. On voit revenir les grandes paniques face à des menaces indéterminées comme la perte de l’emploi, les chocs technologiques, les catastrophes naturelles, le changement climatique, les biotechnologies, l’insécurité généralisée... Chacune de ces menaces constitue un défi pour les démocraties. Les terreurs diffuses se transforment parfois en haine et en répulsion. Dans plusieurs pays européens, la détestation vise en priorité l’étranger, l’immigré, le différent... La répulsion sociale à l’égard de tous les "autres" (musulmans, Roms, Noirs, "sans papiers", etc.) ne cesse de monter alors que se multiplient les partis xénophobes.

Autre grande préoccupation planétaire : la crise climatique. La prise de conscience du danger que représente le réchauffement général s’est largement étendue. Les problèmes liés à l’environnement sont devenus hautement stratégiques. Les "guerres climatiques" se multiplient. Le prochain Sommet mondial du climat, qui aura lieu à Rio en 2012, constatera que le nombre de catastrophes naturelles est en augmentation spectaculaire et que la relation de nombre d’entre elles aux changements climatiques en cours est de plus en plus évident.

Le récent accident nucléaire de Fukushima a terrorisé le monde. Plusieurs gouvernements (Allemagne, Suisse) ont décidé de faire marche arrière en matière d’énergie nucléaire. Ils parient désormais - dans un contexte marqué para la fin prochaine du pétrole - sur les énergies renouvelables.

Le cours de la mondialisation semble suspendu. L’idée d’une démondialisation séduit de plus en plus. Le pendule était sans doute allé trop loin dans le sens d’une mondialisation néolibérale ; il pourrait maintenant partir en direction contraire. Ce n’est plus un sacrilège de parler de protectionnisme pour limiter les excès du libre échange et mettre fin aux délocalisations et à la désindustrialisation de l’Union européenne. L’heure de réinventer la politique paraît avoir sonné.

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 16:49
939615-1115509.jpgLe polar français a depuis les années 70 le coeur à gauche. Petit-fils de communiste et électeur fidèle sinon enthousiaste du PCF, l'écrivain Jérôme Leroy aussi. Mais les personnages de son dernier roman, le Bloc, appartiennent à un mouvement d'extrême droite ressemblant étrangement au Front national. D'autres, un Didier Daeninckx, par exemple, pour ne citer que le plus connu des petits procureurs des lettres françaises, auraient sacrifié au catéchisme obligé de l'antifascisme tel qu'il ronronne entre le café de Flore et l'île Saint-Louis. Leroy a une tout autre ambition, littéraire et politique : regarder frontalement l'état inquiétant de la société française et inventer des personnages crédibles, porteurs d'une vérité romanesque plutôt que des opinions, plus ou moins légitimes, de leur créateur. Dans le Bloc, ils se nomment Antoine, Stanko, Agnès ou Roland, et leur langage comme leur vision du monde ne correspondent guère à celles des lecteurs de Libé ou des Inrocks. Dans l'interview ci-dessus, Jérôme Leroy dit sa crainte qu'on lui cherche des noises pour un hypothétique manque de distanciation. Sur un sujet voisin, le regretté Thierry Jonquet en avait fait l'expérience amère lors de la publication d'Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, montré du doigt par quelques imbéciles. Le Bloc poursuit ce travail de dévoilement, et c'est ainsi que la littérature est grande.
A.Léauthier

Quand un coco s'intéresse aux «fachos»

Marianne : Une fiction sur l'extrême droite, ce n'est pas si courant. Pourquoi ce projet ?

Jérôme Leroy : Parce qu'écrire sur l'extrême droite m'a toujours fasciné. Que les choses soient claires : je me place du point de vue de la littérature et, dans cette optique, difficile de nier qu'il y a là un sujet éminemment romanesque. A l'image de Doriot, nombre de dirigeants de l'extrême droite sont des aventuriers de la politique, des desperados quelquefois. Comment un romancier ne serait-il pas attiré par une matière aussi riche ? Par ailleurs, il y a dans le polar français une tradition que l'on qualifiera d'antifasciste primaire. Je voulais clairement m'en démarquer, non sur le plan idéologique, mais esthétique. Les personnages, les récits y sont terriblement caricaturaux tant le désir de diaboliser prime sur toute autre considération. Décrire des gens comme des robots venus de la planète Hitler n'aide pas plus à comprendre les changements de notre société qu'à produire de bonnes histoires. En outre, d'un strict point de vue politique, c'est totalement inefficace, comme on peut s'en rendre compte aujourd'hui...

Doit-on traiter ce sujet avec des précautions particulières ?

Pourquoi ? Quel que soit le sujet, l'écrivain, selon moi, est totalement libre de ses moyens.  

Justement, le procédé consistant à incarner les personnages de l'intérieur, en caméra subjective, en quelque sorte, fait la force mais aussi, diront certains, l'ambiguïté du livre...

J'aime et j'écris une littérature où l'on entend des voix... J'ai un besoin absolu de me mettre dans la peau des personnages pour les faire vivre et leur donner une crédibilité. Cela suppose évidemment une dose d'empathie mais, une fois le livre refermé, éprouve-t-on de l'admiration ou une quelconque sympathie pour eux ? Je ne le crois pas.

Il y a deux caractères dominants, un intellectuel, sorte d'anar de droite, et un prolo du Nord, un déclassé. Le grand écart...

Lequel correspond en réalité à la sociologie que l'on peut rencontrer dans un parti comme le FN. Antoine l'intello est un peu ce que j'aurais pu devenir. Il aime les vins que j'aime, la littérature que j'aime, Breton et Michaux mais aussi les Hussards, le cinéma que j'aime, Godard mais aussi Audiard, seulement, ce n'est pas moi. Dois-je rappeler qu'il s'agit d'un roman ?

Et Stanko, le fils de prolo, le petit Blanc paumé, au racisme à fleur de peau ?

J'ai enseigné pendant vingt ans dans des ZEP du Nord, en particulier dans le Valenciennois. J'ai vu les ravages de la désindustrialisation, comparables à ceux de la guerre, j'ai vu un monde ouvrier s'effondrer, oublié, trahi par toute la classe politique, et notamment par une certaine gauche bobo ou gestionnaire, qui n'est pas la mienne. Des Stanko, des déclassés, j'en ai croisé des dizaines dans les tribunes du Losc [le club de football de Lille] ou dans mes classes. Comme ceux qu'ils haïssent, «ceux d'en face», Arabes ou Africains, pour faire court, ils sont mimétiquement crispés sur la seule chose qui leur reste, leur supposée identité blanche. Je voulais raconter cette France où la grille de lecture ethnique, raciale primera bientôt sur tout le reste. Nous vivons dans un pays où tout le monde a peur, de plus en plus. La destruction systématique de toutes les solidarités a abouti à la guerre de tous contre tous. Pour les romanciers, il est temps de s'y intéresser, non ?

Les chefs du Bloc, le Vieux, qui a passé la main, et Agnès, sa fille, qui lui succède, seront perçus comme des copies conformes de Jean-Marie et Marine Le Pen. Or, ils ne sont pas les plus antipathiques...

J'ai voulu aussi raconter une passion, celle d'Antoine, garçon intelligent, pour Agnès. Peut-on aimer à la folie un monstre ? Peut-on avoir de la tendresse pour un beau-père qui serait une simple ganache hitlérienne ? L'oublier n'aurait pas été conforme à la cohérence du récit, à son économie propre.

Vous craignez le procès en sorcellerie ?

Je crains qu'à dessein certains ne feignent de confondre l'écrivain et son sujet. Oui, je crains les persécutions d'une certaine gauche. Mais j'ai dit ce que je voulais dire. Rien n'est plus important.

Le Bloc, par Jérôme Leroy, Gallimard, "Série noire", 295 p., 17,50 €.
http://www.marianne2.fr/Jerome-Leroy-l-extreme-droite-est-un-sujet-romanesque_a210959.html
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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 18:28

1247171895La prestation télévisée Hollande-Aubry aura permis de montrer que, pour l’essentiel, le Parti socialiste partage les options de la politique étrangère de la droite.

Sur ces questions, les deux compétiteurs se sont limités à évoquer la mondialisation et l’endettement de la Grèce. Pas un mot des opérations militaires de l’armée française en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye ! Pas un mot sur l’armement nucléaire !

Qui ne dit mot, consent !

Il suffit de se pencher sur le « Projet socialiste 2012 » pour en avoir la confirmation.

D’une manière générale, ce document justifie les interventions de l’armée française à l’étranger dès lors qu’elles se fondent sur « le respect des mandats de l’ONU, la protection des populations civiles et de nos ressortissants à l’étranger ».

On reconnaît là les arguments classiques utilisés par les puissances occidentales chaque fois qu’elles s’apprêtent à lancer leurs armées à la conquête d’un pays, une massive, et très souvent mensongère, campagne médiatique ayant préalablement accrédité l'existence d'un de ces prétextes. Les exemples abondent.

AFGHANISTAN

Le PS a approuvé l’envoi de troupes françaises en Afghanistan et les motivations avancées pour le justifier. Aujourd’hui - tout comme Obama et Sarkozy - il souhaite mettre fin à cette aventure qui tourne au désastre.

Avec le même objectif : « L’émergence de forces de sécurité afghanes crédibles, contrôlées par les autorités d’un État stable issues d’un processus démocratique incontestable associant tous les Afghans qui reconnaissent la Constitution et refusent de soutenir Al Qaïda et le terrorisme ».

Un objectif dont tout le monde avoue qu’il est hors d’atteinte.

PALESTINE

Le PS se prononce pour « la levée du blocus de Gaza » et pour la « fin dès maintenant de la colonisation dans les territoires palestiniens ». Mais, tout comme Obama et Sarkozy, il n’envisage aucune sanction pour contraindre Israël à enfin respecter la légalité internationale. Une situation qui dure depuis 53 ans.

Rien non plus pour condamner le mur de séparation à l’intérieur du territoire palestinien, rien pour exiger la libération des prisonniers politiques palestiniens.

« Les Palestiniens ont droit à un Etat souverain et viable » est-il écrit, sans même faire référence aux frontières de 1967 ni à Jérusalem comme capitale du nouvel Etat, ni, surtout, au droit au retour pour les centaines de milliers de Palestiniens expulsés de force de leurs maisons et de leurs terres.

IRAN

Quand il s’agit de l’Iran, le PS retrouve son mordant. « La stratégie poursuivie dans le dossier nucléaire conduit jusqu’ici à une impasse », juge-t-il. Il faut « empêcher le développement d’une force nucléaire militaire iranienne, porteuse de profondes déstabilisations ».

Pas un mot - évidemment - sur la force nucléaire israélienne déjà opérationnelle depuis des dizaines d’années. Sans doute ne la considère-t-il pas comme déstabilisatrice.

STRATEGIE ET ARMEMENT NUCLEAIRE

Le PS tacle « la politique menée depuis 2007 ». Il lui reproche son « alignement atlantiste » mais n’envisage pas, toutefois, un retrait de l’OTAN. Pour lui, l'alternative serait de constituer une « Europe de la défense » dont il attend une « impulsion » de la France et de l’Allemagne.

Par ailleurs, le PS ne remet pas « en cause la légitimité d’une dissuasion nationale indépendante tant que subsistent d’autres arsenaux nucléaires ».

Cette convergence de fait entre le Parti socialiste et la droite s’est déjà vérifiée sous la présidence de Mitterrand qui a engagé la France dans la première invasion de l’Irak et lorsque Jospin, Premier ministre, a décidé avec Chirac le bombardement de la Serbie.

On la retrouve dans la politique néocoloniale de la France en Afrique - la Françafrique inaugurée par De Gaulle et continuée par Mitterrand.

Le fait que le PS soit le premier responsable de cette politique impérialiste ne doit pas faire oublier qu'il a toujours partagé les responsabilités gouvernementales avec d'autres partis de gauche. Que ces derniers se soient parfois démarqués du PS par des déclarations ne suffit pas à les disculper.

Quand il s’agit d’engager le pays dans des aventures impérialistes - une fois au pouvoir - gauche et droite c’est « bonnet blanc et blanc bonnet ». [1]

JPD

[1] Le consensus français, c'est aussi les 36 millions d'électeurs (sur 44 millions d'inscrits) qui se sont prononcés pour Sarkozy et Ségolène Royal en 2007, ratifiant ainsi ou ignorant leur projet politique commun en matière de politique internationale.

 

 

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2011/10/14/imperialisme-le-consensus-francais.html

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:47

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Les caissières du supermarché Dia d’Albertville (Savoie), qui étaient en grève depuis 102 dimanches contre le travail dominical, ont finalement obtenu gain de cause, le gérant ayant renoncé à les obliger à travailler ce jour-là.

Depuis le premier dimanche de grève, le 11 octobre 2009, les six employées – devenues cinq après le départ de l’une d’elles – se relayaient chaque week-end au piquet de grève, au gré de leur inscription au planning du magasin. Le magasin continuait à ouvrir, avec le concours d’étudiantes et de salariés de Dia venus des supermarchés alentour.

Le magasin étant passé en location-gérance le 11 octobre dernier, « le nouveau gérant s’est engagé à ne pas faire travailler les gens de force et à ne prendre que des volontaires », a déclaré à l’AFP Antoine Fatiga, responsable du syndicat CGT qui soutenait le mouvement.

 

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Les-caissieres-d-Albertville-gagnent-leur-combat-contre-le-travail-du-dimanche-_NG_-2011-10-14-723163

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:44

 

 

724880_3_adf2_la-plupart-des-associations-distribuent-l-aid.jpgLa plupart des associations distribuent l'aide sous forme de colis que les personnes viennent chercher. Sinon, il s'agit d'"épiceries sociales", de repas assis ou de repas distribués dans la rue.AFP/JACQUES MUNCH

Le Secours populaire français a redit, mercredi 12 octobre, sa crainte d'"un désastre alimentaire sans précédent" en Europe, en raison de la disparition programmée en 2013 du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD).

Peu avant la "Journée mondiale du refus de la misère" le 17 octobre, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, appelle à "ne pas rajouter de la misère à la misère" et arrêter ce "tsunami alimentaire programmé". "Mais ce 17 octobre 2011 s'annonce avec de très mauvaises décisions", car "si les autorités européennes ne reviennent pas sur leur décision, un désastre alimentaire sans précédent menace des millions de familles qui ne mangent que grâce" au PEAD, s'inquiète M. Lauprêtre.

"13 MILLIONS DE PERSONNES"

"En Europe, un peu plus de 13 millions de personnes accèdent à ce programme d'une valeur de 480 millions d'euros. En France, le programme est de 72 millions d'euros et aide près de 4 millions de personnes à se nourrir", rappelle le communiqué.

"La décision de la Cour européenne de justice, appuyée par l'Allemagne et 5 autres Etats, pénalise 19 Etats, dont le nôtre, avec son objectif visant à diminuer de 75 % le Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) en 2012, et sa suppression totale, en 2013", déplore M. Lauprêtre.
 

"Derrière la froideur de ces chiffres, se cache la détresse d'enfants, de familles, de personnes âgées, de chômeurs, de travailleurs pauvres, de jeunes, etc. (...). Au moment où la valse des milliards est orchestrée, l'argent versé par le PEAD représente seulement 1 euro par habitant d'Europe", souligne le Secours populaire.

En avril, un arrêt de la Cour de justice européenne a donné raison aux six pays (Allemagne, Danemark, Royaume-Uni, Pays-Bas, République tchèque, et la Suède) qui arguaient que la politique sociale ne relève pas de la Commission euroépenne et des fonds de la politique agricole commune (PAC), remettant en cause l'achat massif de produits de base destinés à la distribution des repas par les associations caritatives.

Depuis, Bruxelles propose d'ajouter un nouveau fondement légal au PEAD, à savoir l'objectif de "renforcer la cohésion sociale de l'Europe", afin de surmonter les objections de la Cour européenne de justice qui avait estimé en avril qu'il s'était éloigné de son objectif initial de fournir un débouché aux stocks d'excédents agricoles.

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:38

p12.jpgVice-président du comité consultatif du conseil des droits de l'homme des Nations unies, Jean Ziegler vient de publier Destruction massive. Géopolitique de la faim(éditions du Seuil). Dans cet essai, le sociologue suisse fait part de son expérience en tant que Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation (2000 à 2008) et analyse les raisons qui provoquent chaque année la mort de 36 millions de personnes à cause de la malnutrition.


Pourquoi meurt-t-on encore de faim de nos jours ?

Il y a cinq grandes raisons : premièrement, la spéculation financière sur les matières premières alimentaires qui a fait flamber leurs prix ces dernières années et rendu quasiment impossible aux agences d’aide, comme le Programme alimentaire mondial (PAM) de subvenir aux besoins des populations victimes de sous-alimentation. Il y a ensuite les agrocarburants, qui soustraient des terres fertiles et des plantes nourricières à l’alimentation humaine. Troisièmement, il y a la dette extérieure, qui étrangle les pays les plus pauvres et les empêche d’investir dans l’agriculture de subsistance. Après, il y a le dumping agricole, qui fait que, sur les marchés de Dakar ou de Cotonou, les fruits, les légumes et les poulets français, grecs, portugais, allemands etc. sont vendus au tiers ou à la moitié du prix du produit africain équivalent. Enfin, il a l’accaparement des terres par les fonds d’investissement ou les grandes multinationales, qui en chassent les paysans locaux pour y cultiver des produits destinés exclusivement aux marchés occidentaux.

L'UE a-t-elle une responsabilité ?

Elle a une responsabilité totale dans le dumping agricole. A commencer par la France : en 2005, lors des négociations de Hong Kong au sein de l'OMC, le secrétaire général de l'organisation, Pascal Lamy, avait proposé de baisser progressivement les aides à l'exportation jusqu'à les faire disparaître en cinq ans. Et la France s'y est farouchement opposée, car elle veut maintenir ses subsides à l'exportation, notamment à cause du poids des chambres de commerce agricoles. Et donc le dumping continue, alors que l'Afrique est sous-peuplée, qu'elle a une classe paysanne extraordinaire…et massacrée, car les paysans ne parviennent pas à écouler leur production. 

A-t-elle un rôle à jouer dans la lutte contre la faim dans le monde ? 

La Commission européenne actuelle est formée de purs mercenaires au service des pieuvres du commerce agro-alimentaire. C'est incroyable la puissance des lobbies sur Bruxelles. S'ils le voulaient, ils pourraient arrêter demain le dumping agricole. 

Bruxelles est aussi d'une hypocrisie sans nom : alors que l'Europe parle de justice planétaire et de développement, les 87 pays ACP [Afrique-Caraïbe-Pacifique, essentiellement des anciennes colonies européennes] sont maintenus dans des conditions d'infériorité inacceptables. Imaginez qu'on les a obligé à accepter des accords d'investissement qui les obligent à mettre sur le même plan les entreprises locales et les multinationales occidentales. 

La Commission européenne dit à ces pays : "vous contestez notre politique de subventions agricoles et à l'exportation ? ok, mais nous devrons reconsidérer nos opérations d'aide au développement". C'est pire que du colonialisme : c'est du fascisme extérieur. Les droits de l'homme s'arrêtent à la frontière de l'Europe ; au-delà, c'est la loi de la jungle, de la violence, de l'ordre cannibale.

A quoi peut-on attribuer la crise qui frappe l’Europe ? 

Elle est le fait d'une énorme dette qui s'est accumulée, parce que les gouvernements ont sauvé à deux reprises les banques. Une première fois en 2008, puis à présent, en les recapitalisant avec de l'argent public qu'ils n'ont pas et pour obtenir lequel ils sont obligés de s'endetter et de couper dans leurs budgets. Résultat : le pouvoir d'achat des travailleurs diminue, de même que les prestations sociales. Et ces mêmes Etats sont incapables d'imposer une norme de risque à leurs banques ! Rien n'a changé dans ce domaine depuis 2008.

Quelles sont les solutions ?

Il faut faire deux choses : premièrement désosser les banques, en séparant la branche "investissements" de la branche "dépôts". Une banque ne devrait pas pouvoir faire les deux activités. Ensuite, il faut les nationaliser. Ce n'est pas une question idéologique – De Gaulle a bien nationalisé le crédit dans l'après-guerre. Aujourd'hui, l'incapacité des dirigeants occidentaux d'imposer des décisions et des règles aux oligarchies bancaires au nom du bien public est invraisemblable.

Que pensez-vous du mouvement des “indignés” ?

On est proche de l'insurrection des consciences : ce samedi [le 15 octobre], les indignés du monde entier vont manifester. Difficile toutefois de dire où cela peut nous mener. Les processus révolutionnaires dans l'histoire sont archi-mystérieux. On ne peut pas les anticiper  : "Caminante no hay camino, se hace camino al andar", disait le poète espagnol Antonio Machado. La conscience collective sait ce qu'elle ne veut pas : on ne veut pas cet ordre cannibale du monde, où des hommes sont directement responsables du massacre par la faim de 35 millions de personnes par an. Et il ne faut pas avoir peur de ne pas faire le poids : il n'y a pas d'impuissance en démocratie et dans la diplomatie multilatérale.

Les droits de l'homme, la presse libre, la mobilisation populaire, les élections, la grève générale…on a les outils pour battre les mécanismes de la faim. La bourse est soumise à la loi : on peut interdire du jour au lendemain toute spéculation sur les denrées alimentaires. On peut imposer des tarifs prohibitifs à l'importation de bioéthanol. Les ministres de l'Agriculture européens peuvent exiger la fin du dumping agricole. Les ministres des finances des pays membres du FMI pourraient voter l'effacement de la dette des pays les plus endettés. 

 

Propos recueillis par Gian Paolo Accardo

http://www.presseurop.eu/fr/content/blog/1057651-jean-ziegler-

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:23

index.jpegArnaud Montebourg a annoncé vendredi matin qu'il voterait pour François Hollande quand Ségolène Royal avait annoncé son soutien au candidat mercredi. Le symbole de réflexes dignes d'un vieux parti, selon Camille Peugny, sociologue.




Des bureaux de votes bondés, des hommes et des femmes déterminés à choisir le candidat pour lequel ils voteront au premier ou au second tour de l’élection présidentielle : beaucoup a été dit et écrit sur cette "jubilation démocratique". De ce point de vue, il ne fait guère de doute que la première primaire "ouverte" de l’histoire politique française constitue un succès.

 

Hélas, cette semaine d’entre-deux tours aura montré qu’au Parti socialiste, beaucoup ne sont pas à la hauteur de cette avancée démocratique. Rejouant les nuits poussiéreuses des congrès socialistes, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg ont piétiné une rénovation dont ils n’ont cessé de s’attribuer la paternité, Royal en choisissant d’appeler les électeurs à voter pour François Hollande et Montebourg en affirmant qu'il voterait pour l'ancien premier secrétaire du PS.

 

Certes, donner des consignes de vote ou simplement faire part d’une inclination personnelle n’est évidemment pas condamnable en soi. En se ralliant à François Hollande dès le soir du premier tour, Manuel Valls n’a fait que prendre acte de la convergence entre le projet qu’il a défendu et le discours de l’ancien Premier secrétaire.

 

Des ralliements incohérents

 

A l’inverse, Royal et Montebourg lui apportent leur soutien au mépris de toute cohérence. En 2006, la première a émergé en se positionnant à l’extérieur de son parti et en s’efforçant d’incarner la rénovation d’une organisation vermoulue, dirigée par François Hollande depuis dix ans, gangrenée par les combats d’égo, les synthèses factices et un pouvoir des barons locaux entretenu par un cumul des mandats maladif, interdisant toute respiration et tout renouvellement.

 

Plus encore, en 2011, Royal a mené campagne en tentant d’incarner une ligne volontariste et interventionniste, contre la finance et les banques, contre le système et contre la pensée unique. Eliminée au soir du premier tour, elle se prononce en faveur du député de Corrèze et contre Martine Aubry, en faveur d’un discours soulignant les limites de l’intervention de l’Etat (on ne peut pas contrôler les banques, on ne peut pas contraindre les médecins à s’installer là où sont les besoins, on ne peut pas interdire les licenciements, etc.) et contre la première secrétaire qui a mis en place les primaires et décidé du non-cumul des mandats.

 

Le jeu d’Arnaud Montebourg est encore plus incohérent et ne trompe personne. Défendant un protectionnisme européen qui a enfin fait son entrée dans le logiciel socialiste grâce au concept de "juste échange" introduit par Martine Aubry depuis trois ans, il préfère faire la fine bouche, au motif sans doute de quelque inimitié personnelle ou des séquelles de "l’affaire Guérini", du nom d’un système certes détestable mais qui n’a probablement pas émergé le jour de l’élection de Martine Aubry au poste de Première secrétaire après douze ans d’une direction aussi irréprochable qu’Hollandaise.

 

La double peine du PS

 

En se retranchant derrière l’argument de l’ampleur à donner au score du vainqueur de la primaire, Royal et Montebourg montrent en réalité qu’ils n’ont rien compris à l’esprit d’une consultation qu’ils ont pourtant réclamée. D’un côté, la mobilisation des électeurs de gauche. De l’autre, des vieux réflexes qui cachent mal une angoisse, celle de la double peine : ne pas être dans le camp du vainqueur, après avoir été éliminé au premier tour. Peut-être ce curieux conglomérat de ralliements permettra à François Hollande de l’emporter au soir du 16 octobre.

 

Mais alors, cette primaire socialiste ne sera qu’un succès sur la forme, et un échec sur le fond, puisqu’en raison de combines d’un autre temps, la décision risque de ne pas se prendre sur le fond d’un clivage qui empoisonne la vie du Parti socialiste et de la gauche depuis des décennies. Cette primaire aurait du en effet être l’occasion de donner au peuple de gauche la possibilité de trancher le conflit entre une approche comptable et gestionnaire de la pratique gouvernementale et une approche n’ayant pas renoncé à "changer la vie".

 

Non pas que les premiers soient plus beaux ou moins estimables que les seconds : si François Hollande l’avait emporté sur une ligne claire et assumée, sa victoire aurait été une belle et nette victoire. Mais s’il l’emporte ce 16 octobre, à la tête d'un attelage brinquebalant tiré à gauche par Arnaud Montebourg et à droite par Manuel Valls, la fracture au sein de la gauche s’ouvrira à nouveau dès les premiers mois d’un éventuel exercice du pouvoir.

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/204077;ralliement-de-montebourg-a-hollande-derriere-la-renovation-des-reflexes-moisis.html

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Published by valenton rouge - dans France
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