Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

0
parti.jpg 
thumbnail-copie-3.jpeg
4cb23c12e9-copie-1.jpg8071d6d8-f802-11df-a4d8-fa25b9579a36-copie-2.jpg 
Capture-du-2012-05-09-21-11-58.png
0
saint-communiste.jpg
00
0
soviet_propaganda.png

 vps-final.jpg

 

BDS-boycott-produits-israel.jpg

  

Recherche

lp.jpg

Léonard PELTIER 

 

arton1476.jpg

Archives

 free-the-miami-5-logo-colour.jpg

 

 rubon1-54e3a.jpgcuba-si.jpg

 

c.jpg

France  Cuba

cuba-si-3.jpg 

cuba_linda.jpg 

 

 

 

motocollant 2010 small

 

 

Thierry-copie-2.jpgHommage à

Thierry MENGUY

 


index.jpg 

une avocate

au service

du salarié

 

Maître

  Verrier Ouahmane Aicha

 

1 RESIDENCE DU PARC
  94430 Chennevières-sur-marne
 Téléphone : 01.49.62.04.45
 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





Articles Récents

  • POUR LES FEMME D'ESPAGNE EN 2014 La nuit, la Résistance ... reprise d'un texte de 2009 Alain Girard Je hais les coups d’état, je hais la violence aveugle d’hommes de pouvoir quant ils ne sont pas de simples nervis, ceux là sont sans doute les pires. Je...
  • Obsèques d'Henri Alleg
    Sa famille, ses amis, ses camarades lui rendront un hommage fraternel le lundi 29 juillet à 10h30, au crématorium du Père Lachaise, salle de la Coupole. Le même jour, à 16 h, une courte cérémonie d'inhumation aura lieu au cimetière de Palaiseau (Esso...
  • Décès d'Henri Alleg
    Les communistes sont en deuil, les communistes valentonnais bien plus encore. Henri Alleg, Henri l'infatiguable du combat anticolonialiste, de celui pour un Etat palestinien, de celui pour une société à laquelle il donnait un nom: socialiste. Henri, ce...
  • METROPOLES
    METROPOLES Déclaration de l’ANECR Assemblée Nationale Affirmation des métropoles : discuter en 3 jours d’un remodelage profond de la République est un scandale ! Les amendements gouvernementaux adoptés par la commission des lois de l’Assemblée Nationale...
  • Un nouveau club politique prend racine | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr CHAUNY - Le club Nouveau siècle verra le jour en septembre. Ou plutôt son antenne régionale. Une réunion d’information s’est tenue samedi matin. Objectif : réfléchir sur la société actuelle.
  • Il n'y a plus rien Ferré
    merci tovaritchi mais l'"vènement cd'est le rassemblemnt réusii des communistes azinbt quentinnois, aussi fort que Léo www.youtube.com Une œuvre magistrale, qui présente notre temps alors qu'elle le précède. Merci Léo, tu nous a marqué à jamais et ce...
  • Alain Girard shared Le libre service de la...
    Alain Girard shared Le libre service de la solidarité's photo.
  • Le candidat rouge sera Olivier Tournay | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr SAINT-QUENTIN - Le militant Olivier Tournay a profité de la Fête des libertés ce dimanche au stade Bienfait pour annoncer sa candidature aux municipales 2014.
  • Alain Girard shared Sinn Féin shop's photo.
  • Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's...
    Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's photo.

 

Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

Red_Cavalry_Riding.jpg
La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
sainr-just.jpg
   

A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

KM.jpg


10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 18:45

dinde.gifEn complément de l’excellent article passé sur Le Grand Soir, de Thierry Brugvin "vers une relocalisation sélective et sociale de l’alimentation", J’invite d’ailleurs tout le monde à le lire si cela n’a pas été déjà fait, je voudrais seulement y ajouter un petit "additif alimentaire", une illustration concrète, concernant les répercutions planétaires de nos "choix" de bouffe, ceux des pays dits "riches". Je l’intitulerai donc :

LE FABULEUX DESTIN DU POULET CLASSE A

C’est une amie, Assistante Sociale, qui m’a ouvert les yeux :

 A mon affirmation péremptoire : "se nourrir en France aujourd’hui, même avec des bons produits ce n’est pas ce qui coûte le plus cher, il suffit de bien savoir cuisiner, et de cuisiner moins de viandes avec plus de légumes de céréales etc., c’est le logement et tout le reste qui grèvent les budgets" et toc !

Certain d’avoir gagné, j’attendais donc sa réponse de pied ferme :

" Mais le problème, c’est qu’ils ne cuisinent pas, ils ne savent même pas cuisiner, ils n’achètent que des merdes toutes préparées !" ("ils", ce sont ses "clients", elle est assistante sociale !) "ils ont tout faux", ajouta-telle, " au niveau budget, comme au niveau santé !"

KO premier round, fus-je !

Me sont remontés alors des souvenirs d’enfance : j’avais été "traumatisé" (litote) enfant lors de séjours de vacances dans une ferme de la campagne profonde bretonne : la ferme n’était pas pauvre du tout, mais ils ne mangeaient pas tant de viande que nous, et pourtant ils se dépensaient beaucoup plus qu’un citadin. A cette l’époque ils n’avaient pas de tracteurs avec air conditionné, les travaux étaient rudes.

Le constat était là, et il peut se résumer ainsi : les plats "traditionnels" Choucroute, Cassoulet, couscous, etc., regorgeant de "barbaques", pour les repas de fête oui, toutes les Sociétés au Monde le font Traditionnellement, mais dans le quotidien, JAMAIS ! C’est ça la vraie "tradition", alors quand on parle de traditions, il faut savoir de quoi l’on parle, une entrecôte de 250g par personne, ou bien de la viande en quantité et à tous les repas, ce n’est pas ça, LA tradition !

On pourrait m’objecter que c’est un sujet anodin, mais par exemple dans nos contrées d’où proviennent donc les problèmes d’obésité, et pourquoi atteignent-ils plus particulièrement les classes populaires ? C’est à la base une question d’éducation : le savoir faire, presque instinctif des paysans, et bien...il s’est perdu ! Un exemple : ils avaient pertinemment bien en eux la connaissance de ce que leur coûtait en effort de nourrir un animal destiné à être "consommé" : il fallait donc y aller "mollo mollo" sur le cheptel ! Par conséquent, ils mangeaient beaucoup plus de pain (de meilleure qualité), des céréales, des soupes de légumes où la viande n’y était souvent qu’en accompagnement, et souvent seulement pour donner du goût. Cette situation simplement économique, les avait entrainés vers le bon "choix", celui d’un bon équilibre alimentaire.
Tout cela s’est en grande partie perdu dans les méandres du "progrès" et des facilités.

En plus maintenant, quand vous êtes en but à des soucis économiques qui reviennent implacablement jours après jour et sans pouvoir en voir le bout, vous "bouffez" n’importe quoi ! Tout le monde en a fait l’expérience un jour l’autre, pris dans quelques gros soucis ponctuels, alors il est facile d’imaginer ce qu’il peut se passer quand les "soucis" (le terme est faible !) reviennent implacablement au quotidien.
Ce n’est qu’un des aspects des problèmes alimentaires du "Nord", mais cela n’a rien à voir avec les problèmes du Sud, de l’Afrique par exemple, me direz vous...

Est ce vraiment LA question ?...Je ne sais mais ou on peut au moins trouver un élément de réponse dans :

La "fabuleuse aventure du poulet classe A".

Voyons voir le parcours de ce poulet, car paradoxalement même s’il est élevé en batterie, c’est un très grand "voyageur".

Pour satisfaire une très grosse consommation de viande de poulet, voir ci-dessus, et compte tenu des impératifs économiques, il faut le produire au plus bas coût.
Son coût provient du style d’élevage, en batterie ou en plein air, et dans une forte proportion, du coût de l’aliment.
L’aliment "au plus bas coût", c’est entre autre le soja, importé en majorité d’Amérique du sud, donc en très grande partie transgénique, ainsi que du maïs qui lui aussi peut être transgénique.

1) Fléaux dus à l’aliment.

a) Dans les pays producteurs de ces aliments, Argentine, Brésil, etc :
 Les Fléaux sociaux : La culture sur de gigantesques exploitations de soja et de maïs...transgéniques a entrainé l’expropriation des petits Paysans, ce qui a entrainé des misères sociales locales pour ceux qui sont restés, gonflements des bidons-villes urbains, pour ceux qui ont été obligés d’émigrer, et deuxième volet de misères sociales et sanitaires, le triste schéma "classique", drogues,violences et délinquances urbaines en tous genres.

 Des Fléaux écologiques : regroupements des terres en monocultures, et la monoculture est la pire des cultures pour l’environnement, est il besoin d’en faire la démonstration ?

 Des Fléaux sanitaires : les Paysans qui sont restés au pays, subissent les méfaits du Round-Up, ils n’y résistent pas car eux, ils ne sont pas transgéniques ! Je passe sur le nombre de maladies, déformations embryonnaires, etc... tout ce que le Round-up peut provoquer, c’est une horreur !

Le plus simple est de voir ou de revoir "Le Monde selon Monsanto le_monde_selon_Monsanto.avi

b) Les Répercussions, et pour faire plus simple disons en France, de l’importation de soja et de maïs transgéniques (il y a des nuances assez prononcées dans les autres pays d’Europe), ce sont aussi des "fléaux".

 Les Fléaux Sociaux-économiques L’importation de céréales produites sur d’énormes parcelles, donc à des coûts bien plus faibles qu’ici, participe dans une très forte proportion à la désertification de nos campagnes : même en comptant les subventions, car comme "il pleut souvent où c’est mouillé", elles ne bénéficient pas à ceux qui en auraient le plus besoin. Ces subventions ne sembleraient même pas assez "attractives" : voyons un exemple concret de ce "Monsieur de" (un voisin) : sur ses terres tellement riches et bonnes qu’on en mangerait (bien épicées quand même !), idéales pour la production de céréales, n’a rien trouvé de plus rentable que de faire planter par "ses gens"...des peupliers !..."cerise (pour lui) sur le gâteau, en plus de produire bêtement du vulgaire peuplier sur de très bonnes terres, il n’a plus besoin d’ouvriers agricoles ! "si vous saviez, mon chèèèr, le coût de la main d’œuvre de nos jours, c’est un désâââstre !"

Cette désertification par les Agriculteurs a de nombreuses répercussions locales autres qu’agricoles, sur les Services etc...c’est la réaction en chaine !

 Les Fléaux sanitaires.
Par l’intermédiaire de l’aliment de ce fameux poulet, que nous le voulions ou non... "on" nous fait bouffer du transgénique, alors au niveau sanitaire cela donne quoi...un grand point d’interrogation !

2) Les Fléaux dus aux deuxième stade, le produit en lui même, le poulet classe A.
Je passe sur le fait que pour avoir une "paix sociale", pour avoir un plus faible coût salarial possible, cause profits (le "classique" quoi !), le Système a besoin de faire produire l’alimentation elle aussi, au plus faible coût ! Est-ce un fléau ? je le pense, le débat est ouvert, mais en avons nous besoin ?

Maintenant c’est à ce moment que notre poulet va "voyager", il va même jouer les "touristes" !

Petite parenthèse concernant le "voyage" de nos gallinacés : sur ce produit il est parfois marqué : "transformé en France"...l’élevage lui, il a été fait où ? ailleurs ? loin ? Voyez déjà le cumul des kilomètres-carbone", mais ce n’est pas fini !

Un constat en forme de statistique : nos "palais délicats" se portent principalement sur les parties les plus facile à cuisiner, pas chères quand même, le filet de Poulet et de dinde, ainsi que les cuisses dans une plus modeste proportion. Mais il n’y a pas que ces morceaux de comestibles dans un volatile, il y a tout le reste, et le reste, on en fait quoi du reste ? Bonne, très bonne question !

Et c’est là que notre poulet mort, "reprend des ailes" ! Tout le reste est congelé, et par conteneurs entiers il part notamment en Afrique. Et les FLÉAUX continuent, en pire même, s’il peut exister une échelle de valeur dans l’horreur :

a) Le Fléau politique, économique et social.
Comme son coût de production est déjà bien amorti dans nos "riches" contrées, il arrive à un prix défiant toute concurrence dans des pays Africains, et c’est là qu’un cercle vicieux ( vicieux...pas pour tout le Monde, je vais y revenir) commence :

 Ce sont les Gouvernements de ces Pays qui sont demandeurs de ce produit. En but à de graves problèmes alimentaires dans leurs populations, ils vont paradoxalement participer à leurs propres malheurs, car les conséquences vont être alors catastrophiques :

 les producteurs de volailles locaux ne peuvent pas suivre cette concurrence déloyale,... faillites en série !

 pour les paysans locaux c’est la même chose. Abandons des terres ! Tout ce monde va donc grossir les bidons villes des banlieues. Il faut bien les nourrir, mais comme il n’y a plus de producteurs locaux, la nécessité se fait encore plus forte d’importer ces poulets congelés, et alors....c’est le cercle infernal !

Il n’est pas si infernal que ça pour tout le monde, rassurez vous ! En effet cette situation intéresse beaucoup, beaucoup de monde : corruptions à tous les étages, enrichissements d’une certaine classe sociale dominante qui y trouve largement ses intérêts, et ce, sans états d’âme fera donc tout pour qu’elle perdure ! Cette Classe deviendra donc de fait un excellent soutien à ce que je nommerais : " le néocolonialisme à l’aileron de poulet" !

b) Le Fléau sanitaire C’est un "film d’horreur", décongélation partielle des paquets de viandes sous la chaleur et les mouches, recongélations sommaires ou pas, c’est indescriptible !

Le plus simple c’est de visionner ce reportage : Dailymotion - DOCUMENTAIRE INVASION POULET D EUROPE EN AFRIQUE - une vidéo Actu et Politique bon appétit !

Je n’ai pas parlé du fait que ces poulets, élevés en batterie, étaient bourrés d’antibiotiques,...on en bouffe...et on les exporte !

Ce n’est qu’un simple canevas que j’ai essayé de tisser, car j’ai du certainement être succinct, j’ai du laisser passer, oublier de nombreux points, mais c’est à chacun d’en chercher tous les tenants et tous les aboutissants. Quand je lis un article le Grand Soir, j’attends énormément de choses aussi de la qualité de ses commentaires, ils déterminent d’une certaine manière la pertinence ou l’impertinence de l’article.

Le sujet que j’ai développé n’est ni plus ni moins important que tous les autres "soucis" de la Planète, ce n’est qu’un des éléments de ce fatras épouvantable dans lequel le Système d’une part nous a amené, mais aussi dans lequel nous nous sommes amenés nous-même, et avec lequel nous collaborons aussi, qu’on le veuille ou non dans notre vie quotidienne ! En affirmant cela je sais que ne vais pas me faire que des amis, tant pis ! Mais il y a souvent loin entre les idées et la pratique, je ne m’exclus pas pour autant de cette affirmation.
Ma conviction est qu’il ne faut rien négliger...même pas le poulet classe A !

Depuis je ne peux plus faire de grillades !

Je plaisante !...quoique...

 

 

URL de cet article 14795
http://www.legrandsoir.info/le-fabuleux-destin-du-poulet-classe-a.html
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 18:40

arton14813-07196.jpgLe peuple du Yémen continue à offrir généreusement des martyrs par centaines et des blessés par milliers pour se débarrasser de la dictature d’Ali Abdallah Saleh portée à bout de bras par les américains et leur serviteur local l’Arabie Saoudite. Le peuple libyen, lui, doit subir un Conseil National de Transition (CNT) installé par l’impérialisme américain et européen grâce à l’OTAN, leur bras armé. Au Yémen, l’impérialisme tente d’écraser la révolte populaire en maintenant, vaille que vaille, au pouvoir un despote haï par sa propre population. Ici non seulement on ne se précipite pas à l’ONU « pour assurer la protection des civils », mais on soigne et on arme Ali Abdallah Saleh pour anéantir les aspirations à la dignité et à la démocratie du peuple du Yémen. En Libye on impose militairement un CNT illégitime, réactionnaire et raciste(1). Au Yémen l’impérialisme cherche à dominer le détroit de Bāb al-Mandab qui commande l’entrée à la mer Rouge et surtout le Golfe d’Aden. En Libye la volonté de l’impérialisme, à l’instar d’un vampire, à pomper le pétrole libyen est sans limite. Dans un cas comme dans l’autre, l’impérialisme est l’ennemi des peuples.

Ali Abdallah Saleh est au pouvoir depuis 1978.Et comme Moubarak en Egypte, il préparait activement son fils Ahmed à lui succéder en 2013 .Il a réussi à construire, à l’aide des États-Unis et de l’Arabie Saoudite, un régime despotique et corrompu jusqu’à la moelle épinière.

Par contre Ali Saleh a totalement échoué à mettre le Yémen sur le chemin du développement économique et social. Aujourd’hui ce pays est l’un des plus pauvres de la planète. Il est relégué, pour son Indicateur de Développement Humain (IDH), aux dernières places par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Et c’est justement contre cette misère et cette dictature que le peuple du Yémen s’est soulevé. Il sait pertinemment que les maux dont il souffre au quotidien sont le fruit de décennies de gestion d’un pouvoir dont les préoccupations de la population à une vie meilleure ne font pas partie de ses priorités. Seul compte pour le clan d’Ali Saleh son maintien au pouvoir pour perpétuer ses privilèges et servir les intérêts de ses protecteurs américains et saoudiens en utilisant systématiquement la force et la violence.

En janvier 2011, encouragé par la révolution tunisienne et égyptienne, le peuple du Yémen est descendu massivement dans la rue non pas pour réclamer des réformes politiques, mais pour exiger la fin du régime d’Ali Abdallah Saleh : « le peuple veut renverser le régime » scandaient les manifestants dans les rues de Sanaa, d’Aden, d’Al Mukalla, de Taez et dans toutes les villes du Yémen. Depuis, les manifestations pacifiques, malgré les tentatives de militariser la révolution, n’ont jamais cessé et le peuple continue toujours à réclamer le départ d’Ali Abdallah Saleh.

Mais le tyran s’accroche au pouvoir de toutes ses forces en s’appuyant sur une partie de l’armée et les multiples organes de sécurité dirigés souvent par les membres de sa propre famille et des partisans qui lui sont restés fidèles.

Mais c’est surtout le soutien des États-Unis et de l’Arabie Saoudite qui reste décisif. Les américains, pour dominer durablement cette région stratégique et « bourrée » de pétrole, utilisent leur arme fétiche « la lutte contre le terrorisme », ce qui leur permet de bombarder régulièrement le sud Yémen. « Nous nourrissons une réelle inquiétude sur la capacité d’Al-Qaida (au Yémen) à conduire de nouvelles attaques sur le sol américain et contre des intérêts américains à l’étranger » déclarait James Clapper directeur national du renseignement devant le Congrès le 13 septembre 2011 (2). Ali Abdallah Saleh agite constamment la menace d’Al-Qaïda pour se maintenir au pouvoir et les américains instrumentalisent « cette menace terroriste » pour mieux contrôler la région.

L’Arabie Saoudite, elle, considère le Yémen presque comme le prolongement de son territoire. Les affaires internes du Yémen sont les affaires intérieures de l’Arabie Saoudite. La famille Al-Saoud qui règne sur l’Arabie a dès le début soutenu le régime despotique d’Ali Saleh qu’elle juge comme le meilleur garant de ses intérêts. C’est l’Arabie Saoudite qui a permis le transfert d’Ali saleh de Sanaa à Riyad, le lendemain du bombardement de son palais le 3 juin par le chef tribal Sadek al-Ahmar . C’est également l’Arabie Saoudite qui a soigné dans ses hôpitaux le président gravement blessé et permis enfin son retour au Yémen le 23 septembre 2011.

Ce que craignent les américains et les saoudiens c’est la contagion et l’embrasement de la région. Car le triomphe de la révolution populaire et démocratique au Yémen peut servir d’exemple et encourager les autres peuples de la région à se soulever à leur tour contre leurs propres tyrans qui les oppriment depuis des décennies. C’est ce qui explique par ailleurs l’intervention militaire saoudienne, avec la complicité des États-Unis, à Bahreïn pour écraser le soulèvement populaire dans ce petit royaume (3).

Ce qui est vrai du Yémen, ne l’est pas moins de la Libye même si les situations des deux pays paraissent différentes. Dans un cas comme dans l’autre c’est toujours l’impérialisme qui décide à la place des peuples uniquement et strictement pour ses propres intérêts. Au Yémen il tente de briser la révolution qui risque d’emporter un régime despotique et, partant, les intérêts américains et saoudiens dans la région. En Libye l’impérialisme installe un pouvoir lui permettant de pomper allègrement le pétrole du peuple libyen et de surveiller de plus près les révolutions tunisienne et égyptienne.

L’impérialisme américain et ses caniches britanniques et français ont renversé le régime de Kadhafi non pas parce que celui-ci est un despote, mais parce que Kadhafi, à leur yeux, n’était pas un despote fiable pour servir leurs intérêts.

Tirant la leçon des révolutions tunisienne et égyptienne qui ont partiellement échappé à leur contrôle, les bourgeoisies américaine et européenne ont confisqué au peuple libyen sa révolution pour la remplacer par des groupes armés qui cherchent à prendre la place de Kadhafi. On est très loin des grandes manifestations populaires tunisiennes et égyptiennes qui ont emporté Ben Ali et Moubarak. Le CNT n’est pas arrivé au pouvoir grâce à une révolution populaire. Il a été créé, armé, financé et installé là où il est aujourd’hui par l’impérialisme américain et européen au prix de milliers de victimes innocentes pour assouvir leur soif du pétrole libyen. Et dès le premier septembre 2011, les puissances impérialistes se sont précipitées à Paris, alors que les confrontations n’avaient pas encore cessé, pour partager le butin. Et ils l’ont fait au grand jour, comme au bon vieux temps colonial, sans complexe et sans pudeur aucune. La résolution 1973, la protection des civils, la démocratie etc. n’étaient que des paravents derrière lesquels les bourgeoisies occidentales dissimulaient leur véritable objectif : pomper à satiété l’or noir libyen. Mais comme ces vampires sont nombreux et leur voracité sans limite, le « partage » du pétrole libyen se fera probablement au profit du plus puissant d’entre eux. Belles batailles en perspective !

Le CNT n’est pas le représentant du peuple libyen. Il ne représente qu’une partie de la population, celle qui a accepté de combattre Kadhafi sous l’égide de l’OTAN, bras armé de l’impérialisme. Dans les soulèvements populaires arabes, le CNT est l’incarnation de la contre-révolution avec comme symbole le drapeau libyen de l’ex-roi Idris Ier, renversé en 1969.

Le CNT a trahi la mémoire d’Omar Al Mokhtar (1862/1931) et l’esprit de résistance contre l’occupant étranger qu’il incarnait. Mais si le peuple libyen a engendré dans le passé des héros de la trempe d’ Al Mokhtar, il est certainement capable de produire aujourd’hui des hommes et des femmes qui balayeront tous les traîtres et mettrons un terme au pillage organisé de leurs ressources par les nouveaux envahisseurs.

Le soutien militaire, financier, médiatique etc. de l’impérialisme aux despotes du monde arabe est une évidence qu’il faut rappeler constamment. Démocratie, liberté, droit de l’homme ne sont que des slogans qu’il utilise pour mieux écraser des soulèvements réellement populaires et démocratiques. Qui peut soutenir sérieusement que les pouvoirs qui sévissent à Bahreïn, au Yémen, en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unies et dans tout le monde arabe, exception faite de la Palestine et du Liban, sont des régimes démocratiques ? Et pourtant l’impérialisme porte à bout de bras ces régimes qui exploitent, oppriment, marginalisent et humilient leurs peuples. Toute l’histoire de l’impérialisme américain n’est que soutien aux dictatures les plus terribles de la planète. Aucune guerre, aucune intervention n’est menée pour soutenir les révoltes populaires et démocratiques ; bien au contraire. En Iran, la CIA a renversé le gouvernement Mossadegh en 1953 qui a eu le malheur de nationaliser les ressources pétrolières de son pays pour réinstaller le chah Reza Pahlavi. Au Chili, Les États-Unis ont participé activement en 1973 au renversement du gouvernement démocratiquement élu de Salvador Allende pour installer la dictature du général Pinochet. En Argentine, l’impérialisme américain a soutenu en 1976 le coup d’État militaire du général Videla. Ben Ali et Moubarak n’étaient que des marionnettes entre ses mains. Et on va taire, tellement la liste est longue, les noms des autres dictateurs aussi féroces les uns que les autres installés directement ou indirectement par la bourgeoisie américaine et accessoirement européenne. L’impérialisme américain et européen ont détruit des pays entiers comme la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak ou encore la Côte d’Ivoire laissant derrière eux des victimes par centaines de milliers. Aujourd’hui ils sont en train de détruire le Yémen et la Libye. L’impérialisme est l’ennemi du progrès et de la démocratie. Les bourgeoisies américaines et européennes, inlassablement, parlent des Droits de l’homme, mais massacrent un peu partout les hommes qui leur tiennent tête. Toute leur histoire n’est que mépris et négation de l’homme. Mais malgré tous les malheurs dont il accable les peuples, l’impérialisme produit en même temps les hommes qui le mettront à mort. Les dictateurs qu’il a installés tombent les uns après les autres. C’est déjà le cas en Amérique Latine. Dans le monde arabe, même entravé par l’impérialisme, les peuples poursuivent leur combat y compris en Arabie Saoudite (4) pour une société démocratique débarrassée des régimes despotiques et corrompus. Aux États-Unis même, des hommes et des femmes par milliers manifestent leur indignation contre les vautours de Wall Street, mais aussi contre les guerres impérialistes. Ce n’est pas un hasard si la grande manifestation de Washington du 6 octobre 2011 où les manifestants scandaient, entre autres, « Arrêtez la guerre, ramenez les troupes à la maison » coïncidait avec le dixième anniversaire de l’intervention impérialiste en Afghanistan le 7 octobre 2001. La solidarité entre les peuples est une condition vitale pour mettre un terme définitif à cette hégémonie impérialiste.

Mohamed Belaali

(1) Ses crimes contre les noirs libyens et africains témoignent d’un racisme de classe d’un autre âge. Car dans leur immense majorité, ces persécutés du CNT sont des travailleurs !

(2)http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/09/13/al-qa...

(3) http://www.legrandsoir.info/L-intervention-saoudienne-a-Bahr...

(4) http://observers.france24.com/fr/content/20111005-chiites-ar...

 

URL de cet article 14813
http://www.legrandsoir.info/manoeuvres-imperialistes-au-yemen-et-en-libye.html
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 18:37

IPA030038.jpgl est un succès des primaires acquis avant le vote : elles auront beaucoup fait parler d’elles. Au point que les adversaires politiques, d’abord si hostiles qu’ils ont semblé vouloir les perturber par des arguments légaux, se sont ralliés à la procédure pour la prochaine échéance électorale présidentielle. On aurait pourtant tort d’y voir une victoire somme toute logique de la démocratie. Le succès est d’abord médiatique : les primaires ont animé l’actualité. Il y a même eu l’accident qui a relancé un suspense promis à une fin prématurée avec le renoncement à la candidature du favori DSK. Or, les dirigeants politiques ne peuvent se permettre de bouder l’écho médiatique et les chefs de la majorité ont bien dû se rendre à l’évidence ; leurs adversaires ont réussi à capter l’attention publique. Forcément à leur détriment. En politique, être, c’est paraître.

Finalement, c’est plutôt à gauche que des critiques auront continué de s’exprimer. Ce n’en est pas une que de constater que le PS s’est rallié à la procédure à cause de sa transformation en parti d’élus, qui a ainsi plus ou moins abandonné ses principes militants. Un constat tout au plus [1]. A cet égard, les partis de droite devraient se rallier plus facilement à la procédure des primaires. Il est vrai que la sélection interne des dirigeants a toujours été le terrain de manœuvres des intrigues partisanes où s’exprime la loi d’airain de l’oligarchie révélée par Robert Michels [2]. Pour autant, le renoncement à une culture d’avant-garde peut l’emporter sans forcément déjouer les tendances oligarchiques. Il y a dans la confiance enthousiaste dans les primaires cette naïveté que les prophétismes politiques font si facilement surgir avant les désillusions. Autre effet observé : il est vrai que les positions politiques des candidats, souvent mal différenciées au départ, se sont progressivement écartées, donnant ainsi à l’offre électorale une physionomie à la fois plus lisible et plus pluraliste. C’est une condition pour que les électeurs s’intéressent à la compétition et choisissent. Il reste à savoir ce qui restera de ces écarts distinctifs une fois effectués les compromis entre les candidats.

Les promoteurs des primaires ne pouvaient en même temps oublier qu’ils invitaient les sondeurs au banquet. Ceux-ci ont pris tant de place que des candidats et la Haute Autorité de la primaire ont dû mettre en garde. Il y eut en effet 41 sondages avant le premier tour. Cela a alimenté en partie le succès médiatique mais a mis cruellement à l’épreuve le sérieux des sondeurs :

— Leurs sondages n’ont jamais été d’aussi mauvaise qualité. Si on les définit comme des enquêtes quantitatives fondées sur la représentativité des échantillons, comme cela est la définition méthodologique habituelle, il n’y a pas eu de vrais sondages. Les sous échantillons de sympathisants de gauche ou socialistes ont réuni des effectifs trop réduits (le plus souvent autour de 200, malgré un maximum de près de 600), la fiabilité des déclarations des sympathisants est très problématique, surtout celle de leur participation future au vote, alors qu’ils étaient invités à dire s’ils allaient « certainement » ou « probablement » voter. Les chiffres élevés des futurs électeurs déclarés laissaient prévoir selon les critères d’extrapolation habituels de sondages « représentatifs » des millions d’électeurs (entre 2,5 et 13 selon les cas). Un sondeur risqua même une correction audacieuse en proposant de diviser par deux la participation puisque, avec une projection de 8 millions, il proposa de ramener les électeurs au chiffre « raisonnable » de 4 millions. A ce niveau de redressement intuitif, il est inutile de relever l’écart. Ironie, le chiffre de deux millions d’électeurs est un succès pour le PS et un échec pour les sondeurs.

— Quarante et un sondages ont été réalisés sur la primaire socialiste entre 1989 et le 10 octobre 2011. Il faut se rappeler que les sondages avaient d’abord consacré un large favori, Dominique Strauss-Kahn, crédité d’un succès certain si l’on en croyait de nombreux éditorialistes. Certes les sondeurs feront remarquer qu’ils ne sont pas plus que d’autres à l’abri des accidents de parcours puisque la « sortie » de DSK n’a aucun rapport avec la politique et la France. Du coup, le candidat François Hollande a rapidement pris la place de favori des sondages [3], plus grâce à un positionnement politique au centre de l’espace politique qu’à une proximité idéologique. Cela est significatif des propriétés structurelles des sondages. Jusqu’à la dernière semaine, ces mêmes sondages ont annoncé que l’écart s’amplifiait entre le favori François Hollande et ses suivants. Sur un échantillon total de 4 742 sondés, le sondeur ayant fait le plus gros effort quantitatif a obtenu un sous échantillon de 574 personnes inscrites et certaines d’aller voter (mais 12 % n’ont pas exprimé d’intention de vote). Il créditait François Hollande de 44 % d’intentions de vote, Martine Aubry de 27 %, Ségolène Royal de 13 % et Arnaud Montebourg de 10 % (Ipsos — Le Monde, 29 septembre 2011). Connaissant les résultats du premier tour, respectivement 39 %, 31 %, 7 % et 17 %, ce n’est pas ici accabler le sondeur s’étant donné le plus de mal et ayant dépensé le plus d’argent. Simplement, les autres sont encore plus loin d’une approximation minimale — Opinionway donnait 49% à François Hollande trois jours avant le scrutin — qu’il est absurde d’évaluer une quelconque (contre)performance quand les sous-échantillons utiles tournent autour de 200 personnes, dont personne n’était capable de savoir qui elles étaient. Et de toute façon, pour recommencer l’expérience dès la prochaine fois, on peut compter sur l’amnésie et beaucoup de culot : « Les résultats ont démontré la qualité des sondages », a osé Brice Teinturier (Ipsos) sur France Inter, pour réveiller les auditeurs dès le matin du 10 octobre.

Il faut ici relever qu’un sondeur n’a pas participé à la farce. TNS Sofres s’est expliqué sur son « abstention ». Conformément à sa réputation d’institut « au-dessus du lot », mais pas toujours à l’abri des reproches, cette entreprise a renoncé pour des raisons méthodologiques (incapacité à constituer des échantillons représentatifs) et financières (il aurait fallu opérer sur des échantillons de 10 000 sondés) avec ce message sur Twitter : « TNS Sofres n’a réalisé AUCUN sondage d’intentions de vote pour la primaire socialiste… Qu’on se le dise » (Edouard Lecerf, 7 octobre 2011).

Les sondages sur les primaires obligent à poser une question qui devrait toujours l’être sous la forme d’une remarque de bon sens : comment est-il possible que l’on s’obstine à réaliser autant de sondages d’aussi mauvaise qualité ? Simple gaspillage ? Car cela a un coût. Imprudence ? Car la contre-performance était prévisible sauf à compter sur la chance. Bien sûr, il existe une rationalité à cette débauche de chiffres incertains. Les élections sont devenus une campagne publicitaire pour les sondeurs. Les sondages d’opinion n’apportent que moins de 10 % de leur chiffre d’affaires, mais leur visibilité est un puissant argument pour décrocher les contrats avec les entreprises et les institutions. Ce sont donc les instituts qui paient les sondages, aidés par des entreprises associées, comme Logica Business Consulting, et très peu par les médias. La presse reçoit quasi-gratuitement des sondages qui permettent d’entretenir le feuilleton. Bon sujet en termes journalistiques mais effet délétère sur la qualité journalistique puisque les commentateurs doivent payer l’information offerte gracieusement. Le journalisme hippique (horse race journalism) est-il critiquable si le public aime ? De l’information gratuite, un sujet vendeur, pourquoi les médias bouderaient-ils le cadeau ? Cela commence pourtant à ressembler à la corruption. Il existe en effet une dimension plus opaque de l’usage des sondages dans leurs effets prescriptifs. Après bien des dénégations, il est devenu difficile de les ignorer. La primaire socialiste l’a amplement démontré en consacrant des favoris, en concentrant les suffrages et même dans son erreur de n’avoir pas vu la montée de Arnaud Montebourg. Juste une question de jours car, à n’en pas douter, comme à chaque campagne électorale, un sondeur au moins aurait annoncé la montée du « troisième homme ». On ne peut ignorer combien le jeu des pronostics participe à la secrète pulsion des faiseurs de rois. Il est significatif que ce soient les éditorialistes qui cèdent le plus facilement à la tentation de décréter quelles sont les chances des candidats pour, à l’abri des résultats des sondages, donner en fait leur propre opinion. Venant de journalistes proches du pouvoir médiatique et du pouvoir politique, une forme du journalisme embarqué en somme, ils sont les plus en phase avec des sondages qui avantagent les candidats proches de la position médiane dans l’espace politique.

Financement et rôle prescriptif expliquent l’usage des sondages à des fins d’orientation du suffrage. Pourquoi des sondeurs et des médias accorderaient-ils autant d’importance à des chiffres aussi déficients s’ils n’avaient de bonnes raisons de le faire ? Et la raison stratégique l’emporte ici sur les raisons — faut-il dire les justifications ? — économique et démocratique. Il s’agit de peser sur les choix des candidats puis des élus avec les moyens dont on dispose : le financement de la vie politique et la capacité prescriptive des sondages et de la presse. Comme on s’inquiète parfois de la concentration de la presse et de la propriété des médias entre les mains de groupes ou d’entrepreneurs bien connus, il faudrait s’inquiéter aussi de la propriété des entreprises de sondages. Pas plus que pour les journalistes, il ne s’agit d’affirmer que les sondeurs sont aux ordres jusque dans le contenu de leurs articles — sauf les titres du Figaro — ou leurs pourcentages, mais de savoir qu’il existe des liens de dépendance qui lient les employés à leurs employeurs. Et quand, par exception un sondeur se montre critique à l’égard des sondages de ses confrères sur la primaire, en les traitant de « bidons » même si « le terme est un tout petit peu exagéré », ce sont des journalistes qui volent au secours des sondeurs attaqués (I.télé, 3 octobre 2011). Sans aucune compétence en la matière, cela va de soi. Belle illustration de l’utilité des sondages dans un journalisme d’opinion.

On sait que les sondages ne peuvent pas se tromper comme le déclarait la présidente du Medef et propriétaire de l’Ifop. On a évidemment entendu répéter cette vieille antienne immédiatement après les résultats du premier tour de la primaire socialiste. Les électeurs n’étaient simplement pas tout à fait les mêmes que les sondés.

Notes

[1] Lire à ce sujet les articles de Rémy Lefebvre, « Faire de la politique ou vivre de la politique ? », octobre 2009 et « Partis politiques, espèce menacée », mai 2010.

[2] Robert Michels, élève de Max Weber, a publié son étude sur le plus grand parti de militants de son temps, le Parti social-démocrate allemand, sous le titre de « Les partis politiques. Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties » (1914). Il y montrait comment le fonctionnement des organisations partisanes consacrait le pouvoir des chefs contre l’égalitarisme démocratique.

[3] Voir « DSK, Hollande : le croisement », Observatoire des sondages, 10 octobre 2011.

 

 

http://blog.mondediplo.net/2011-10-10-Primaire-socialiste-certainement-n-est-pas

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 18:21
1247171895.jpg


Journaliste, Marc réalise des enquêtes et des reportages pour de nombreux journaux sur des sujets aussi divers que la vie politique, l’économie, l’actualité sociale, les nouvelles technologies, les médias et leur économie, la lutte contre les discriminations et la question des minorités...

Alors que l’engouement de certains Français pour les « primaires citoyennes » organisées par le Parti Socialiste et le Parti Radical de Gauche est salué par les médias, le PS, près de dix ans après le 21 avril 2002, semble avoir toujours un mal fou à ressentir la société française. Parti d’élus, le PS devient autiste dès qu’il s’agit d’incarner, au-delà de ses discours bisounours hérités de SOS Racisme, la jeunesse dans sa diversité sociale et culturelle. Les crispations autour du principe de laïcité, mis à toutes les sauces, le prouvent une fois de plus. Les socialistes auraient-ils peur de la société ? 

Ségolène Royal, lors du troisième débat télévisé d’avant premier tour de la primaire: « Nous sommes tous des notables ! Nous sommes des élus ! ». Par ces mots, elle tentait de répondre à M. Joffrin, du Nouvel Observateur, qui lui rappelait qu’elle-même avait affirmé le jour précédent : « François Hollande, c’est un notable, si on l’écoute, c’est dormez braves gens, on ne changera pas grand chose… », avait semble-t-il lâché à la presse la présidente de la Région Poitou-Charentes. Suite à cet échange, Hollande, justement, réagit une nouvelle fois par un de ses « bons mots ». Les sourires, et les rires gênés fusent.

Quelques jours plus tôt, c’est au tour de la « philosophe » Elisabeth Badinter, également première actionnaire et présidente du conseil de surveillance du groupe mondial de publicité et de communication, Publicis, de nous faire rire d’effroi en déclarant : « en dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité. Au sein de la gauche, le combat a été complètement abandonné, si ce n'est par Manuel Valls ». Selon elle, Selon elle, « la gauche a laissé s'installer l'équation suivante : défense de la laïcité égale racisme. Cela est tragique ». Tra-gi-que. Son analyse n’est pourtant pas celle de son propre mari, Robert Badinter. À la mi-avril, ce dernier regrettait au micro de Radio J que le « débat » sur la laïcité organisé par l’UMP ait été principalement « orienté vers nos concitoyens musulmans », qui n’ont pu le ressentir que « comme une sorte de mise en accusation (…) de ghettoïsation ». « L’exploitation du thème de la laïcité pour toujours pointer vers les mêmes n’est pas à l’avantage de l’unité républicaine », concluait-il alors. Mais pour Elisabeth B. « croire en Dieu doit rester une affaire intime ». Note pour plus tard : il faudra la prochaine fois que je dénombre les églises et les cathédrales que je croise lors de mes balades. D’aileurs, le week-end dernier, en visite à Chartres, j’ai dû affronter en pleine rue une invasion de scouts d’Europe exprimant haut et fort leur croyance…

 

 

Au PS, on est loin d’être au clair

 

Incroyable donc… En Espagne, qui oserait remettre en cause les processions religieuses lors de la semaine sainte ? Et, en France, qui oserait remettre en cause les trains affrétés par la SNCF pour le pèlerinage de Lourdes ? En attendant, au PS, on est loin d’être au clair sur cette question. Et personne n’ose trancher. Car, en réalité, ce débat recouvre des divisions bien plus profondes qui traversent ce parti entre les différentes conceptions de la politique, de la société, et de l’État. L’année dernière, le parti avait ainsi pris ses distances à l’égard de la loi UMP contre la burqa, mais certains ont tout de même préféré se distinguer.

 

Manuel Valls justement… et Robert Badinter : « Sur les questions de laïcité, j’ai été l’un des rares députés socialistes à voter la loi interdisant le voile intégral. Heureusement, Badinter et 60 sénateurs ont suivi après. Quand c’est Valls qui le fait, il est droitier. Quand c’est Badinter et 60 sénateurs qui le font, respect ! », déclarait Manuel à Libération le 27 septembre dernier. Mais comme le rappelle aujourd’hui Jean Glavany, monsieur « laïcité » du PS (ancien directeur de campagne de Lionel Jospin en 2002, et aujourd’hui soutien de Martine Aubry), Manuel Valls est un mauvais laïc car il veut remettre en cause la loi de 1905 – horreur –, afin que les collectivités territoriales puissent financer des lieux de cultes : « Elisabeth Badinter est injuste avec le PS », confie alors Jean tout penaud à Marianne2.fr.

 

Il est vrai qu’il y a quelques années – environ quatre ans –  sur un plateau de la chaîne Public Sénat, en présence de Caroline Fourest, et de Valérie Pécresse, Jean s’opposait à une telle révision de la loi de 1905  tout en expliquant très tranquillement que les églises et cathédrales étaient le résultat d’une histoire… Et pouvaient donc être subventionnées au nom du « patrimoine ». Autre égérie laïque, la député Aurélie Filippetti, ancienne porte-parole de Ségolène Royal, et désormais soutien de François Hollande, s’était également distinguée en 2010 en plaidant pour le pour le « bannissement » par la loi du port du voile intégral dans « l'espace public et ses services (mairies, écoles, préfectures, sécurité sociale) mais aussi sur l'ensemble de la voie publique ».

 

Alors forcément, devant tant de confusions, le projet du PS proposé au printemps, est une sorte de définition Reader’s digest : « La laïcité est un pilier de notre république et une condition de l’émancipation au sein de notre société. Nous réaffirmerons son sens face aux tentatives d’instrumentalisation dont elle fait l’objet. Parce qu’elle est, comme l’a dit Jaurès « la plus grande chose qui ait été tentée dans notre pays depuis la Révolution », la loi de 1905 doit être protégée et les règles du vivre enseble et de la neutralité dans l’espace public et dans les services publics, particulièrement dans les établissements d’enseignement et les hôpitaux, respectées ».

 

 

Neutralité de l’État ou de « l’espace public » ?

 

À la lecture de cette « définition », Jean Baubérot, « le » spécialiste français de la laïcité a dû s’étrangler, lui qui contredit avec grande pertinence sur Médiapart la position d’Elisabeth : « A partir de cette réduction de la religion à l'intimité, Elisabeth Badinter s'en prend aux manifestations extérieures de la religion... (…)Le ver est dans le fruit dès que l'on veut réduire, au nom de la laïcité, la religion à la sphère privée, entendue comme étant la sphère «intime». Cette position est absolument contraire à la loi de 1905 qui affirme dans son Article 1: “La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées [dans la loi elle-même] dans l'intérêt de l'ordre public”. Pour la loi de 1905, la liberté de conscience doit si peu “rester une affaire intime” que l'Article II, qui met fin aux “cultes reconnus” (semi officiels avant 1905) et énonce le principe du non-subventionnement des religions, émet immédiatement une exception. Cet Article permet d'inscrire dans les dépenses publiques les “services d'aumônerie destinés à assurer le libre-exercice du culte dans les établissements publics, tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons”. L'armée ne tardera pas à être ajoutée à cette liste. Lors des débats parlementaires sur cette loi de séparation des Eglises et de l'Etat, les députés refusèrent massivement un amendement voulant interdire le port du vêtement ecclésiastique dans l'espace public. La soutane était visée car certains la considérait comme une tenue “provocante”, contraire à la “liberté et à la dignité humaine”, un costume prosélyte qui rendait le prêtre “prisonnier, esclave” et le séparait des autres hommes. On avait parfaitement le droit de considérer ainsi la soutane, mais pas celui d'embarquer la laïcité dans sa vision des choses. Et Aristide Briand récusa toute législation sur ce point en déclarant : “La soutane devient, dès le lendemain de la séparation, un vêtement comme les autres”. On est dans la démarche exactement inverse à celle de Madame Badinter. Celle-ci croit que les choses ont changé à la fin du XXe siècle, elle veut oublier les députés, comme l'abbé Pierre ou le chanoine Kir, qui se rendaient à l'Assemblée en soutane ». Je vous conseille vivement de lire la suite de la démonstration de Jean Baubérot…

 

Sauf qu’au PS, on préfère lire et écouter Caroline Fourest, plutôt que lire et écouter Jean Baubérot. On invita même l’essayiste en décembre dernier lors des « rencontres de la laïcité à l’Assemblée Nationale ». Les thuriféraires de la laïcité en ont fait leur porte-parole. Et comme partout, il y a les bons et mauvais élèves. Ceux qui écoutent attentivement Sainte Caroline, et les autres…

 

Ceux qui utilisent la loi de 1905 dans leur combat anti-religieux et ceux qui ne le font pas… Ceux pour qui la laïcisation de la société doit être imposée par la loi, par l’État, par une morale républicaine, et ceux qui préfèrent en faire un long chemin d’éducation, de compréhension, et de progrès économique. Le démographe Emmanuel Todd est d’ailleurs le premier à expliquer que la laïcisation d’une société est d’abord le résultat de la démographie.

 

Caroline Fourest préfère attaquer ceux qui sont les « mauvais élèves » de la laïcité. Et d’après elle, Martine Aubry n’atteint pas la moyenne dans cette discipline. Alors l’essayiste multicarte n’hésita pas à qualifier le mari de Martine Aubry « d’avocat des islamistes » il y a quelques années… avant que l’extrême-droite ne s’en empare. Quand la maire de Lille décida en juillet dernier de dénoncer de telles rumeurs autour de son couple, Caroline Fourest s’en expliqua sur son blog, en persistant et en signant.

 

 

Tous pour Fourest…

sauf Martine Aubry et quelques autres

 

Pour Fourest, le tort ultime de Martine Aubry est d’avoir autorisé une « expérimentation » dans une piscine de Lille permettant à une association de femmes musulmanes d'avoir un horaire réservé. Une expérimentation désormais terminée. Mais bien peu de gens — n’est-ce pas Caroline ? — n’ont dénoncé l’existence dans d’autres villes — et notamment à Sarcelles, ancienne ville de DSK — de mêmes horaires pour des associations juives orthodoxes.

 

Et bien peu de gens ont dénoncé le fait que l’Élysée était intervenu il y a quelques mois auprès des directions de plusieurs grandes écoles d'ingénieurs pour qu'elles aménagent leurs concours d'entrée afin de permettre à quelques étudiants juifs pratiquants de passer les concours, qui tombent pendant la période de la pâque juive, grâce à « des sessions secrètes de nuit [...], avec un confinement préalable des candidats concernés plusieurs heures avant. ». Mais depuis une bonne dizaine d’années, chacun sait que l’invocation de la laïcité dans notre pays se fait à géométrie variable. Quoi, les scouts d’Europe ou les jeunes des JMJ n’auraient plus le droit d’envahir « l’espace public » ?

 

Décidément, Caroline Fourest n’a pas d’humour. L’autre soir (vendredi) au Grand Journal de Denisot, elle a pronostiqué, qu’après le premier tour de la primaire, on aurait droit à un match Hollande-Montebourg. La rancune n’est pourtant jamais bonne conseillère… Le tort d’Aubry ? Peut-être tout simplement d’avoir une vision optimiste et généreuse de la société française. Aubry garde le bon côté de « la deuxième gauche » : une gauche décentralisatrice, girondine, auto-gestionnaire, qui fait confiance à « la société civile » et à la société tout court pour permettre l’émancipation des individus. Mais Aubry sait que cette conception pleinement social-démocrate est loin de faire l’unanimité au sein d’un PS qui a troqué depuis bien longtemps la lutte des classes pour une morale républicaine peu réjouissante.

 

Son équipe de campagne est ainsi constituée par des personnalités très différentes… Entre son ami sociologue Michel Wiervorka qui a travaillé sur le multiculturalisme et le gardien du temple laïque Jean Glavany, il y en effet un gouffre intellectuel ! Autour du sociologue, plusieurs personnalités ont d’ailleurs lancé un appel pour soutenir l’ancienne secrétaire du PS : « Nous soutenons Martine Aubry pour la fidélité de son combat contre le racisme et les discriminations » (Avec Martine Aubry, l’espoir du vivre ensemble).

 

 

La parole est aux candidats

et aux socialistes

 

Mais laissons la parole aux candidats et aux socialistes. Lors de différentes interviews politiques pour le magazine Têtu ces derniers mois, je les ai souvent questionnés sur ces enjeux. Martine Aubry m’expliqua : « Une société pour moi, c’est le fait de rencontrer des gens différents qui vous enrichissent. Je suis pour une intégration qui permette de garder ses racines, ses originalités, ses différences, dès lors que l’on respecte les autres. Mais je n’aime pas le terme “multiculturalisme” parce qu’il laisse penser que vivent côte à côte des cultures différentes. La République se doit d’intégrer sans vous forcer à oublier vos origines ou ce qui vous différencie. Qu’on accepte le socle de valeurs communes de notre société, et qu’on ait toutes les chances de s’intégrer quelques soient les origines ou les différenciations ».

 

Manuel Valls, champion de la laïcité selon Badinter et pourfendeur du « communautarisme », arrive toujours à retomber sur ses pattes, même devant ses contradictions :

 

« On pourrait vous qualifier comme « libéral » au PS, et en même temps vous avez des positions très républicaines. C’est assez étonnant car les tenants de la « troisième voie », comme Tony Blair et Anthony Giddens, mettent en avant les minorités dans leur projet de société. Ne trouvez-vous pas que la République a des difficultés pour intégrer les faits minoritaires ?

 

Je ne suis pas blairiste, parce qu’il est anglais, et que je suis français. L’approche anglo-saxonne est issue de traditions très différentes. Ce qui m’a intéressé chez Giddens, c’est l’idée de partir de l’individu. Il ne faut jamais oublier que Jaurès disait « le socialisme, c’est l’individu jusqu’au bout ». Le marxisme et une certaine conception étatiste et  jacobine très française ont sans doute mis à mal ces idées. Moi je viens du rocardisme et de la « deuxième gauche » pour qui les mots autogestion, autonomie, ont une importance. Comme le souligne Giddens, il faut aider chaque individu à se frayer un chemin. L’État ne peut pas tout. Dans nos sociétés ouvertes, surinformées avec Internet, chaque individu réclame des droits, soit pour lui, soit pour des groupes. Effectivement, les sociétés anglo-saxones s’accomodent très bien de cela, mais je pense que la synthèse avec la République est largement possible. Je suis un libéral, républicain et laïque… » (Question publiée dans Têtu du mois de mai).

 

Valls en appelle pourtant toujours à l’État – et à ses forces de police –  dès qu’il s’agit de préserver la République dans les quartiers populaires…

 

Montebourg, de son côté, n’hésite pas à faire des propositions originales sur l’Islam et la question de l’intégration (constitution d’un « Islam de France » en formant les imans, et autorisation de statistiques « de la diversité » pour les chercheurs en sciences sociales), mais adore prendre les accents de la troisième République, ou parfois du général (De Gaulle), tout en s’entourant de Siham Habchi, présidente de « Ni putes, ni soumises », ou de l'architecte Roland Castro, connu pour son urbanisme à la sauce Pasqua. La parole est à l’avocat Montebourg :

 

« L’idée de société multiculturelle vous parle ?

 

Elle est un fait la société multiculturelle. Après, si le multiculturalisme, c’est le séparatisme des cultures, je ne suis pas d’accord. Je pense qu’avec des identités culturelles différentes on a toujours fabriqué une culture commune. La République, c’est le fait de s’arracher à sa condition, comme disait Anna Arendt en parlant de l’éducation des citoyens. Chaque citoyen a une part d’arrachement de lui-même. Il s’arrache de ce qu’il est et d’où il vient,  pour aller vers un ailleurs qui nous est commun. Bien sûr qu’il y a des gens qui sont différents, mais nous ferons des choses ensemble, et cela aussi, c’est un fait. Donc les querelles sur le multiculturalisme qui a échoué sont des opérations visant à séparer les Français. Moi je travaille à les unir ».

 

 

Les cantines de Lyon selon Collomb

 

Dans un prochain article, nous reviendrons sur les envolées lyriques de Ségolène Royal sur « la dignité de la personne humaine ». Cette « personne humaine » si à la mode depuis quelques temps…et si peu laique ! Enfin, le gauchiste mou François Hollande s’entoure à la fois d’Aurélie Filippetti, pro-loi anti-burqa, et de Gérard Collomb, ayant une conception de laïcité qui pourrait également filer des boutons à Caroline Fourest.

 

En 2008, durant la campagne des municipales, j’avais rencontré le maire de Lyon pour Têtu. En plein milieu de l’interview, il avait fait référence spontanément à la question de la laïcité. Par manque de place, ce passage ne sera jamais publié : « Je vais vous répondre sur une question qui, en apparence, est éloignée de notre thème central, mais qui quelque part montre aussi notre volonté de progresser : les repas dans les établissements scolaires et la question religieuse. Lors de la grande discussion sur la laïcité, certains ont fait comme s’il y avait toute une série de gens qui devaient obéir à une norme, qui serait la norme commune, on va dire « française », majoritaire. Nous, nous avons pris le problème d’une autre façon. On a d’abord réuni tout le monde, à la fois les partenaires religieux et les associations laïques, et en discutant avec eux, nous avons réussi à trouver une formule de repas qui convenait à tout le monde. Aujourd’hui, dans chacune de nos cantines, sont proposés deux repas. Mais nous n’avons pas fait « porc ou sans porc » parce qu’autrement on rentrait dans la question religieuse, mais on a fait « avec ou sans viande ». Finalement, le problème était résolu dans le respect des traditions républicaines, mais aussi dans le respect de la conscience générale. Car dans un certain nombre d’écoles, on s’est aperçu du coup que près de 30 % des enfants ne mangeaient pas à midi avant la mise en place de ce système. Le simple fait de pouvoir choisir entre un poisson et une viande par exemple, a permis a des gamins de se remettre à manger, alors que ces populations immigrées sont souvent les plus pauvres. Cela demande donc simplement un peu d’attention, et après, de la volonté politique. Bien sûr au début, cela nous a été reproché, mais à chaque fois que vous prenez une position, cela est reproché par une partie de l’opinion. Par exemple, au début, les délégués départementaux de l’Éducation Nationale avaient été extrêmement choqués. On les a réuni et l’on a expliqué ce que l’on faisait, et ils ont finalement compris ».

 

Et si on n’avait pas bien compris nous aussi, Gérard Collomb nous précisa sa pensée dans une autre question :

 

« Vous parliez d’inconscient des discriminations, mais justement, la gauche depuis une trentaine d’années n’a-t-elle pas des difficultés à appréhender les différences, le fait minoritaire ?

 

Effectivement, une certaine idée un peu rigide de l’égalité républicaine a fait que la gauche a eu du mal à penser la différence. C’est parfaitement exact. Pourtant, certains à gauche n’ont jamais eu cette conception rigide. Et pour moi, tout se tient. L’attitude que j’ai vis-à-vis des minorités, c’est la même que celle que j’ai vis-à-vis des religions. La laïcité n’est pas de nier le fait religieux ou spirituel. Je les prends donc en compte, mais d’une manière égale. Pour le manifester, je vais aux cérémonies religieuses catholiques, ce qui était une tradition à Lyon, mais ce qui l’était moins, c’était de venir aux fêtes de Kippour dans les synagogues ou aller à la mosquée de Lyon pendant la rupture du jeun. Qu’on mette ensemble les religions sur un plan d’égalité pour marquer que chaque citoyen de la ville ait un égal respect de la part du maire de Lyon et donc de la collectivité publique ! » 

 

C’est sûr, Lyon est une ville bien éloignée du pouvoir central et jacobin.


Marc Endeweld
http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/1189-bazar-laic-au-parti-socialiste.html
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Europe
commenter cet article
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 18:11

Salah-Hamouri.jpg

Section du Parti Communiste Français


Cercle des Jeunes Communistes


47, rue du Colonel Fabien

94460 Valenton

 

 

Monsieur Alain JUPPE

Ministre d'Etat

37, quai d'Orsay
75351 Paris Cedex 07

 

 

Valenton, le 10/10/2011

 

Monsieur le Ministre d'Etat,

 

Vous avez reconnu précédemment, que le dossier de Salah Hamouri, jeune français condamné par un tribunal militaire israélien à une peine de prison de 7 ans pour complot, était vide relativement à sa condamnation et son attitude honorable.

 

Malgré l'engagement formel du Président de la République, engagement à « aller chercher partout les français emprisonnés à l'étranger », nous ne pouvons que regretter avec amertume le silence complice de la Présidence en direction des autorités d'occupation de la Palestine et le traitement indigne infligé à l'un de nos compatriotes.

 

De plus, nous venons d'apprendre, d'une part, que Salah Hamouri a été déplacé de prison, que sa mère, Denise Hamouri n'a jusqu 'à présent pu obtenir aucune information sue lieu de transfert de son fils et en conséquence ne peut lui rendre visite.

 

D'autre part et quasiment dans les mêmes temps, les autorités israéliennes entendent que les peines de prison de la « justice » militaire seront non plus réalisées selon les années administratives (soit 245 jours, comme c’est le cas actuellement) mais en années civiles. En clair cela représente 140 jours de cellules supplémentaires pour Salah Hamouri. Cette loi, appelée loi Shalit aura t' elle un effet rétroactif comme eurent, à une tragique époque, les sections spéciales durant l'occupation de notre pays ?

 

Salah Hamouri doit être libéré le 28 novembre conformément au jugement prononcé et à l'absence d'exigence de libération immédiate de la part des autorités françaises.

 

La section du Parti Communiste Français et le cercle des Jeunes Communistes de Valenton, Val de Marne, exigent de votre part une intervention ferme et déterminée quant à la libération de Salah Hamouri en cette date du 28 novembre.

 

Dans l’attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre d’Etat, en l’expression de nos salutations les plus distinguées.


Pour le PCF                                                              

Alain Girard                                                                     

secrétaire de section   

pour le Mouvement Jeunes Communistes

                                                   

Yohan Pudelko  

  secrétaire de cercle

 

 



Repost 0
Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
commenter cet article
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 18:01

batailloncommune.gifIl y a soixante quinze ans, 30.000 volontaires venus du monde entier (9000 Français) rejoignaient l’Espagne pour défendre la République agressée par un putsch militaire dirigé par le général Franco puissamment aidé par Hitler, Mussolini et Salazar. L’épopée des Brigades Internationales demeure un moment essentiel de la solidarité internationale contre le fascisme, pour la liberté et la démocratie. Près de deux cents personnes venues de nombreux pays (Etats-Unis, Allemagne, Grande Bretagne, Italie, Suède, Danemark… et 50 Français (avec deux anciens Brigadistes) vont participer à cet événement. Voici le programme.

 

Contact presse à Paris et à Madrid : Patrick Diaz (Les amis des combattants en Espagne républicaine, ACER et Coordination internationale) : 0650451921

pdiazbescont@)yahoo.fr

 

Samedi 22/10/2011.

 

MADRID

 

12h00. Cité Universitaire, avenue de la complutense, près de la station de métro « Ciudad Universitaria : inauguration du monument aux Brigades Internationales.

 

14h00. Repas à l’hôtel Tryp ATOCHA

 

16h30. Cimetière de la Almudena : hommage à Pasionaria, discours et dépôt de gerbe.

 

19h00. Soirée festive à l’auditorium «  Marcelino Camacho « des Commissions Ouvrières, rue Lope de Vega.

 

21h00. Installation des participants à l’hôtel Novotel «  Puente de la Paz ».

 

 

Dimanche 23/10/2011.

 

MADRID

 

09h30 : Cérémonie au cimetière de Fuencarral, avenue Montecamelo.

Inauguration d’une plaque en hommage aux volontaires Chypriotes.

Discours et dépôt de gerbes aux monuments aux volontaires des Brigades Internationales, aux républicains espagnols, aux volontaires Soviétiques.

 

12h00 : Visite du champ de bataille du Jarama.

 

14h00 : Repas à Rivas Vacia Madrid

 

16h00 : Rencontre-débat avec des associations en charge de la mémoire historique.

 

18h30 : Départ vers Albacete

 

Lundi 24

 

Albacete

 

9h30. Départ pour une visite des cantonnements des Brigades Internationales autour d’Albacete.

 

Après midi : cérémonie anniversaire organisé par l’Université et les autorités locales

 

Soirée festive

 

 

Mardi 25. Retour sur Madrid puis sur Paris

 

Alors qu’une partie des participants retournera à Paris via Madrid, le groupe continuera vers Cambrils où il sera hébergé. Diverses visites et rencontres sont prévues dont celle du site de la bataille de l’Ebre qui fut la plus importante de la guerre d’Espagne.

Ensuite, ils rejoindront Barcelone où se déroulera le congrès d’Histoire Internationale. Le samedi matin 29 octobre, un hommage officiel sera rendu aux Brigades Internationales au monument édifié en leur mémoire à Barcelone. En accord avec la mairie de Barcelone cette célébration deviendra officielle et aura lieu chaque année.

Repost 0
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 17:57

cout_auste_rite_libye-2-0e249.pngPour les guerres, nos gouvernements ne manquent pas d'argent. La dernière en date, contre la Libye, aura coûté au contribuable plusieurs centaines de millions d'euros en quelques mois. Et pendant ce temps, on annonce partout en Europe que les travailleurs devront se serrer la ceinture pour rembourser des dettes dont ils ne sont pas responsables.

 

 

 

France

 

Le ministre français de la défense, Gérard Longuet, a évalué le coût de la guerre pour la France à 320 millions d'euros en six mois (1). Cette somme, a-t-il affirmé, sera « mutualisée dans le budget global » de l'État et non prise sur celui de la défense. Le ministre a toutefois promis que les dépenses diminueraient dans les mois à venir. Mais il a également dit qu'il n'y avait « pas d'urgence  » au désengagement de la France, du moins tant que la situation sur place ne serait pas réglée.

 

Lorsqu'on sait que la principale organisation patronale française – le Medef – a estimé le marché de la reconstruction en Libye à 200 milliards de dollars, on comprend que la France ne soit pas pressée de quitter les lieux. D'ailleurs, le secrétaire d'État au commerce extérieur ne le cache pas : « La France, a-t-il déclaré, bénéficie d'un capital de sympathie élevé auprès des nouvelles autorités libyennes. Il est normal que les entreprises françaises en profitent  ».

 

 

Royaume-Uni

 

Un expert britannique vient de révéler que, contrairement aux chiffres officiels, le coût de la guerre pour son pays pourrait atteindre 2 milliards d'euros (2)  ! Fin juin, le Royaume-Uni avait évalué ses dépenses à « seulement » 230 millions d'euros (3). Pour justifier cette somme, le secrétaire à la défense Liam Fox a expliqué qu'épargner des civils revenait cher. Une bonne chose en soi, puisque cela prouvait que les Britanniques avaient une « plus haute estime pour la vie humaine que le régime de Kadhafi ». Fox a d'ailleurs prévenu que, si l'on voulait des guerres « propres » à l'avenir, il faudrait accepter « d'en payer le coût financier ». Le chantage est donc clair : soit on paye, soit on tue. Et pourquoi pas simplement renoncer à la guerre ?

 

 

États-Unis

 

Alors que, depuis le début, les USA semblaient en retrait par rapport à la France et au Royaume-Uni, le prix de leur participation à la guerre est tout sauf négligeable. D'après le National Journal, le premier jour des bombardements leur aurait déjà coûté 100 millions de dollars rien qu'en munitions. Après quatre mois de conflit, le montant total de leurs dépenses s'élevait à 896 millions de dollars (4), soit 637 millions d'euros. La somme a dû aujourd'hui largement dépasser le milliard. Cependant, le Washignton Post a souligné qu'il s'agissait de frais minimes en comparaison de ceux des guerres d'Irak et d'Afghanistan, qui ont déjà dépassé ensemble les 1000 milliards de dollars. Et ça n'est pas fini !

 

 

Belgique

 

Avec la prolongation du conflit, décidée le 16 septembre par le gouvernement, le montant des opérations belges en Libye atteindra au moins 45 millions d'euros à la fin de l'année. Par rapport aux grandes puissances, cela peut sembler dérisoire, mais ça correspond quand même au salaire annuel de quelque 1750 jeunes professeurs. Depuis l'arrivée du nouveau ministre de la Défense, Pieter de Crem – qui refuse tout débat sur la guerre – le montant général des opérations belges à l'étranger n'a fait qu'augmenter, passant de 115 millions en 2007 à 170 millions en 2010, et plus encore aujourd'hui (5).

 

 

 

Notes :

(1) Le Monde, 06/09/11.

(2) The Guardian, 25/09/11.

(3) The Guardian, 23/06/11.

(4) The Washington Post, 23/08/11.

(5) Solidaire, 26/09/11.

 

 

Source : michelcollon.info

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 17:53

_41438270_saadat_ap220_enleve_par_israel_dans_l_attaque_je_.jpgAhmad Saadate, Secrétaire général du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), est dans le coma depuis dimanche. Son état est critique. Il en va de même d’autres détenu (e)s palestiniens parmi les 3000 qui font la grève de la faim, depuis plus d’une semaine, pour attirer l’attention sur leur situation dans les camps de détention de l’occupant israélien.
Les détenus nous ont envoyé un message dans lequel ils appellent à une solidarité agissante de la part des Partis Communistes et de gauche dans les pays arabes et sur le plan international.
Le Parti Communiste libanais, à la suite du communiqué qu’il avait publié, lance un appel à tous les Partis frères afin de montrer, par des actes concrets, leur solidarité avec les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.
Mardi 11 octobre 2011, se tiendra au Liban une réunion afin de mettre au point un programme de lutte.

 

Pour le PCL
Marie Nassif-Debs
Secrétaire générale adjointe
Responsable des relations internationales

***

نداء للتضامن مع الرفيق المناضل أحمد سعدات
وكل الأسرى في معركة الامعاء الخاوية داخل المعتقلات الاسرائيلية

تحياتنا... ولنا في الصمود الاسطوري الذي يجسده في اللحظة الراهنة رفيقنا القائد احمد سعدات كل الدروس والعبر والدلائل والبراهين التي تؤكد على حقيقة الجبهة الشعبية لتحرير فلسطين وكل القوى اليسارية الماركسية الثورية عبر مواقفها السياسية ضد التحالف الامبريالي الصهيوني، وكل قوى الاستبداد والتخلف والقهر في النظام العربي الرسمي ، بعيدا عن كافة مظاهر وممارسات الهبوط السياسي والمواقف الانتهازية التي تسعى الى مهادنة القوى اليمينية والتوافق معها في المواقف السياسية او فيما يتعلق بقضايا الصراع الوطني والطبقي لا فرق ، الامر الذي يدفعني الى مخاطبة رفاقي في الجبهة الشعبية وفي الحزب الشيوعي اللبناني وكافة الاحزاب والقوى اليسارية من الكتاب والمثقفين والاكاديميين في بلدان الوطن العربي والعالم كله التداعي في هذه اللحظة الى حوار عاجل يستهدف بلورة وتفعيل كل اشكال التضامن مع اخواتنا واخوتنا ورفيقاتنا ورفاقنا الاسرى المناضلين الصامدين القابضين على جمر القضايا والمواقف الوطنية والقومية التحررية وفي مقدمتهم المناضل المثقف الثوري العنيد الامين العام للجبهة الشعبية لتحرير فلسطين عبر المظاهرات والاعتصامات والمؤتمرات في كل العواصم العربية والعالمية تحت شعار " نعم لمقاومة النازية الصهيونية بكل وسائل النضال الكفاحي والسياسي ..لا للوجود الامبريالي في بلادنا...الحرية للاسرى ..الحرية لاحمد سعدات... املا من رفاقي في الحزب الشيوعي اللبناني والقوى الوطنية والتقدمية والاحزاب الشيوعية واليسارية العمل على ترجمة هذا النداء الى كل اللغات ونشره بصورة عاجلة ...

انها لحظة من لحظات التضامن الرفاقي الوطني والقومي والاممي مع الرفيق الباسل احمد سعدات وكل اسرانا البواسل.

ملاحظة :

هذا النداء من الجبهة الشعبية لتحرير فلسطين. نحيله لكم للاطلاع واتخاذ اللازم .
أما في لبنان فسيعقد اجتماع غدا الثلاثاء بدعوة من هيئة التنسيق بين المعتقلين المحررين من السجون الاسرائيلية لبحث أشكال التحرك.

بيروت في 10 تشرين الأول-أكتوبر 2011
مع تحياتنا الرفاقية
ماري ناصيف-الدبس
نائبة الأمين العام للحزب الشيوعي اللبناني
مسؤولة العلاقات الخارجية

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 19:07

KPRF_logo_color.jpgXIVème Congrès du PC Russe (KPRF) avant les législatives de décembre :

un parti plus fort pour porter « l'objectif du pouvoir populaire et du socialisme »


 

Article BL pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

A l’occasion d’un Congrès extraordinaire, les communistes de Russie reviennent sur vingt années de capitalisme sauvage et définissent leurs objectifs pour les échéances électorales de 2012.

 

Le discours de clôture du XIVe Congrès du KPRF, prononcé le 24 septembre dernier par son secrétaire général Guennadi Andreïevitch Ziouganov, a donné lieu au vote d’une résolution décisive.

 

Il y a vingt ans, l’impérialisme remportait une victoire sans précédent en parvenant à jeter la Russie dans le capitalisme le plus sauvage et à détruire la communauté socialiste mondiale.

Pour autant, grâce au travail inlassable du Parti Communiste de la Fédération de Russie, les choses sont en train de changer. Le Congrès constate que « les dogmes du libéralisme se sont effondrés ». Après vingt ans de lutte sans répit du Parti contre la propagande antisoviétique et anticommuniste, plus de deux tiers de la population russe déclare aujourd’hui regretter l’époque soviétique.

 

Au cours de ces deux décennies, le KPRF n’a cessé de lutter pour mettre les travailleurs au pouvoir.

 

Le Congrès ne peut que constater qu’au cours des deux seules dernières années pas moins de 30 000 personnes ont rejoint le Parti Communiste pour lutter sous la bannière de Lénine. Les résultats du Parti aux élections locales ne font que croître.

 

Les congressistes remarquent solennellement qu’il s’est aujourd’hui « formé une majorité de citoyens qui réclament un changement radical de politique sociale et économique dans l’intérêt des masses populaires ».

 

Cette situation pose la question du rôle du Parti dans le jeu politique actuel.

 

Le KPRF n’entend pas laisser à d’autres ce rôle. Il se donne cinq ans après l’élection d’un nouveau Parlement et d’un nouveau Président pour « rattraper les vingt années perdues ».

 

Le Congrès a décidé de définir trois axes de gouvernement :

 

  1. Garantir la sécurité et l’indépendance nationales ;

 

  1. Sortir de l’impasse économique par un développement accéléré et volontariste ;

 

  1. Lutter contre la pauvreté et la casse sociale.

 

La Russie doit reprendre le contrôle de son économie, de ses moyens financiers et de ses ressources naturelles. Elle doit valoriser son potentiel intellectuel en luttant contre la « fuite des cerveaux », la casse de l’Education et la débilisation télévisuelle.

 

Dans le même temps, le XIVe Congrès proclame la nécessité indiscutable d’une démocratisation du système politique. Les communistes au pouvoir garantiront un droit réel au référendum et élargiront les pouvoirs du Parlement. Les membres du Conseil de la Fédération (Sénat), les détenteurs du pouvoir exécutif à tous les niveaux, ainsi que les juges des tribunaux municipaux et de districts seront élus au suffrage universel.

 

Le XIVe Congrès de Parti Communiste de la Fédération de Russie déclare solennellement que le pays est aujourd’hui « à une étape décisive de la lutte pour le pouvoir populaire et le socialisme ».

 

« A ce titre, le Congrès décide que : 

 

  1. Le Parti participera aux prochaines élections législatives ;

 

  1. Le Comité Central, les responsables locaux et tous les communistes doivent s’impliquer activement dans la campagne électorale

 

  1. Le Comité Central assurera une diffusion massive des décisions du Congrès par des tirages spéciaux, la publication dans la presse du Parti et sur ses sites internet ;

 

  1. Le Parti doit assurer la production d’un matériel de campagne de grande qualité, des rencontres avec les électeurs et la présence des candidats dans les médias ;

 

  1. Le Parti doit organiser un mouvement populaire de grande ampleur pour lutter contre la falsification des résultats électoraux ;

 

  1. L’exécution des présentes dispositions est confiée au Présidium du Comité Central du Parti Communiste de la Fédération de Russie. »

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 18:50

arton14773-c3561.jpgVoici un texte rédigé en juillet 2001. "Si vous connaissiez la vérité sur ce qui s’est passé en Indonésie, vous comprendriez parfaitement vers quoi on nous entraîne aujourd’hui..." ou comment la globalisation en Asie est née sur l’un des plus grands (et plus méconnus) massacres du 20ème siècle - sur fond de désinformation médiatique et préparation du coup d’état au Chili.



14 juillet 2001 : Il y a 35 ans, une dictature militaire s’est instaurée en Indonésie et un million de personnes étaient tuées pendant qu’on déroulait un tapis rouge au capitalisme occidental. Ce fut le début de la globalisation en Asie, un modèle du genre qui nous a légué sweatshops et corruption.

En survolant (la capitale) Jakarta, il n’est pas difficile d’imaginer pourquoi la ville cadre bien avec la description de l’Indonésie par la Banque Mondiale. Des nombreux lauriers attribués par la Banque Mondiale à l’Indonésie, le dernier en date était « élève modèle de la globalisation ». C’était il y a presque quatre ans, au cours de l’été 1997. En quelques semaines, le capital global avait fui le pays, la bourse et la monnaie nationale s’étaient effondrées, et le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté absolue a frôlé les 70 millions. L’année suivante, le Général Suharto a été obligé de démissionner après 30 ans de dictature, en emportant avec lui une indemnité de licenciement estimée à 15 milliards de dollars, soit l’équivalent de près de 13% de la dette totale du pays, dont une bonne partie due à la Banque Mondiale.

Vu du ciel, le plus frappant chez cet élève modèle est le modèle industriel qu’il propose. Jakarta est cernée par de vastes terrains appelés zones de traitement économique qui comprennent des centaines d’usines qui fabriquent des produits pour les compagnies étrangères : des vêtements que vous achetez dans votre rue marchande, des pantalons branchés de marque Gap jusqu’aux Nike et autres chaussures de sport Adidas ou Reebok qui se vendent plus de 100 euros la paire chez nous. Dans ces usines, des milliers de travailleurs, en majorité des jeunes femmes, travaillent pour moins d’un euro par jour. Au taux de change courant, il s’agit du salaire minimum en Indonésie qui, selon le gouvernement, correspond à la moitié d’un salaire de survie. Les travailleurs chez Nike ont 4% de remise sur les chaussures qu’ils fabriquent – même pas le prix des lacets. Mais ils peuvent s’estimer heureux : ils ont du travail, eux. Le « succès économique dynamique et en expansion » (autre étiquette accolée par la Banque Mondiale) a crée 36 millions de sans emploi. Dans une usine que j’ai visitée et qui fabriquait des articles pour ces marques célèbres, les jeunes femmes travaillent en batterie dans des températures qui peuvent atteindre 40 degrés. La plupart n’ont pas leur mot à dire quant aux horaires, y compris pour la fameuse « équipe prolongée » - 36 heures d’affilée sans rentrer chez soi.

Éparpillés autour de ces usines, tels des débris après la tempête, on trouve les camps de travail : des communautés hobbesiennes qui vivent dans de longs dortoirs faits de bric et de broc. Comme la majorité de l’humanité qui n’est pas concernée par les plaisirs de McDonalds ou de Starbucks, de l’Internet ou des téléphones portables et qui est sous-alimentée, ce sont les ignorés de la globalisation. Ils vivent au milieu d’égouts à ciel ouvert qui débordent et beaucoup dépensent jusqu’à la moitié de leur salaire pour avoir de l’eau potable. Leurs maisons sont traversées par des canaux puants creusés par les anciens maîtres coloniaux, les Hollandais, lors de la tentative habituelle et vaine de recréer l’Europe en Asie. Le résultat est un désastre urbain et environnemental où les moustiques pullulent en apportant leurs lots de maladies. Aujourd’hui, il s’agit d’une forme virulente de fièvre dengue. Après plusieurs visites, j’ai été piqué et il m’a fallu deux mois pour m’en remettre. Pour les enfants sous-alimentés des camps, la dengue est généralement synonyme de mort. C’est la maladie de la globalisation, que les moustiques ont colporté au fur et à mesure que les camps s’étendaient et que les ateliers émigraient des zones rurales ruinées principalement par la Banque Mondiale qui promouvait les cultures d’exportation au dépens d’une agriculture d’auto-subsistance.

J’arrivais tout juste à me faufiler dans un passage étroit. Il était rempli de vêtements accrochés et protégés par du plastique, comme dans le fond d’une boutique de nettoyage à sec. Le propreté et l’ordre qui règnent ici sont étonnants. Les gens vivent dans des pièces qui ressemblent à des cellules, généralement sans fenêtres ni ventilation, où repas et sommeils s’enchaînent au rythme des horaires de travail dans les usines. Pendant la mousson, les canaux débordent et provoquent des inondations, et du coup encore plus de plastique fait son apparition pour protéger les biens : un lecteur de bandes magnétiques, des affiches des Spice Girls et de Che Guevara. J’ai failli trébucher sur une poêle brulante. Il y a des feux de paraffine à ciel ouvert et les enfants jouent à proximité. J’ai observé une famille de cinq perchée sur un petit coin de verdure qui regardait le coucher du soleil à travers une brume de pollution jaunâtre tandis que de petits chauve-souris tournoyaient dans la distance où se dessinaient les silhouettes de gratte-ciels inachevés. Voilà un entraperçu apocalyptique du monde « globalisé » qui - d’après Blair et Bush - est irréversible.

Un "code de déontologie" publié par la société américaine Gap indique : « les dortoirs (doivent) respecter toutes les lois et réglementations relatives à la santé et à la sécurité, y compris de protection contre les risques d’incendies, les accidents et la conformité des installations électriques, mécaniques et des structures. » Mais parce que ces dortoirs sont situés à l’extérieur des usines, Gap et ses sous-traitants ne sont pas responsables. Les clients qui déambulent dans un des nombreux magasins Gap devraient réfléchir à cette non-responsabilité lorsqu’ils achètent une chemise fabriquée par des gens qui touchent un salaire qui ne leur permettrait même pas de s’offrir les boutons, encore moins un lieu de vie décent.

A quinze kilomètres des camps, au bord de la route à péage qui appartient à la fille de Suharto, se trouve le centre de Jakarta. Là se trouve la vitrine officielle et approuvée de « l’élève modèle » de la globalisation. Là on peut trouver McDonalds avec des enfants potelés assis sur les genoux de Ronald, le clown, et des galeries marchandes qui proposent des vestes en cuir Versace à £2.000 et une salle d’exposition de voitures Jaguar. Un des hôtels les plus chics est le Shangri-la. On y célèbre chaque semaine quatre mariages. Au mois de décembre dernier s’est tenu une réception qui a coûté $120.000. Elle s’est tenue dans le grand salon, qui est une réplique du celui du Waldorf Astoria à New York, complète avec chandeliers et arches de feuilles dorées. Les invités portaient de l’Armani, du Versace, de véritables diamants et déposaient de gros chèques dans une grande boite. Il y avait un gâteau de huit étages avec les initiales de mariés. Des photos de leurs vacances autour de monde étaient projetés sur un écran de cinéma. Parmi les invités, on trouvait les partisans de Suharto déchu et le premier représentant de la Banque Mondiale en Indonésie, Mark Baird, un néo-zélandais, qui a paru troublé lorsque je lui ai demandé s’il s’amusait. La Banque Mondiale a dit que sa mission en Indonésie consistait à « lutter contre la pauvreté » et à « aider les pauvres ». C’est la banque qui a prêté les $86.000.000 pour construire le Shangri-la qui, peu après la réception à laquelle assistait Baird, a licencié la plupart des employés qui s’étaient mis en grève pour des salaires décents.

Le centre de Jakarta est occupé en majorité par des bâtiments des banques, dont beaucoup sont vides, et d’immeubles inachevés. Avant 1997, la ville comptait la plus forte concentration de banques au monde, mais la moitié avaient fait faillite après l’effondrement, sous le poids de sa propre corruption, de cette économie « dynamique ». Au cours des 30 années de dictature de Suharto, le capital « global » a afflué en Indonésie. La Banque Mondiale a royalement accordé plus de 30 milliards de dollars de prêts. Une partie de la somme est allée vers des programmes censés, comme l’éducation, et des milliards sont partis ailleurs – 630 millions de dollars sont partis dans le programme de « transmigration » de Suharto visant à coloniser l’archipel. Des immigrés de toute l’Indonésie furent envoyés pour occuper le Timor Oriental où ils contrôlaient l’économie. Le récent bain de sang a Kalimantan (Borneo) était dirigé contre les immigrés de l’île de Madura qui avaient été importés pour « développer » le territoire. En août 1997, un rapport interne de la Banque Mondiale, rédigé à Jakarta, confirmait que l’un des plus grands scandales de l’histoire du « développement » était probablement le fait qu’ « au moins 20 à 30 % des prêts de la Banque sont détournés vers les poches d’employés du gouvernement et de politiciens  ».

Il ne se passait pratiquement pas un mois sans qu’un politicien occidental ne félicite Suharto pour la « stabilité » du quatrième pays le plus peuple au monde. Les politiciens britanniques étaient particulièrement actifs, à commencer par le ministre des affaires étrangères de Harold Wilson, Michael Stewart, qui en 1966 louait la « politique économique censée » du dictateur. Margeret Thatcher qualifia Suharto de « un de nos meilleurs et plus chers amis ». Le ministre des affaires étrangères de John Major, Douglas Hurd, vantait les « valeurs asiatiques » de Suharto (un terme codé pour désigner l’absence de démocratie et les violations des droits de l’homme). En 1997, Robin Crook, lors que son premier voyage officiel à l’étranger, est passé par l’Indonésie pour une poignée de main chaleureuse – si chaleureuse que le ministère des affaires étrangères a bizarrement choisi une photo couleur des deux en train de se serrer la main pour illustrer son rapport sur les droits de l’homme dans le monde.

Tout le monde savait bien sûr. Amnesty International remplissait les dossiers de preuves contre Suharto. Milosevic et Saddam Hussein étaient des amateurs en comparaison. Peu avant l’arrivée de Cook, une enquête détaillée de la Commission des Affaires Etrangères du parlement Australien avait conclu que les troupes de Suharto avaient tué « au moins » 200.000 habitants au Timor Oriental, soit un tiers de la population. Au cours de la première année au pouvoir du Parti Travailliste (le « Parti Socialiste » britannique – NdT), la Grande-Bretagne était le premier fournisseur d’armes à l’Indonésie.

Ce qui est logique car la vente d’armes est un des grands succès de la globalisation et l’Indonésie, l’élève modèle, a joué un rôle important. Lorsque « l’économie globale » (càd le Capitalisme débridé) s’est emparée de la Grande-Bretagne au début des années 80, Margaret Thatcher a entrepris de démanteler le tissu industriel britannique, tout en relançant l’industrie de l’armement qui est devenu l’un des premiers au monde, devancé uniquement par les Etats-Unis. Ceci fût réalisé grâce à des subventions cachées, celles qui sapent et sabotent le « marché libre » en occident. Près de la moitié de toutes les subventions de recherche et de développement était accordée à la « défense » et le département de garantie des crédits à l’exportation du Ministère de Commerce et de l’Industrie offrait des « prêts avantageux » aux régimes du tiers monde qui cherchaient à s’offrir quelques sabres hi-tech à brandir. Le fait que nombre de ces régimes violaient allégrement les droits de l’homme où connaissaient des conflits internes où étaient au bord d’une guerre avec un pays voisin ne constituait pas un frein. L’Indonésie était un des grands bénéficiaires de ces largesses. Au cours de ces 12 mois, près de 1 milliard de livres sterling de subventions ont financé la vente de bombardiers Hawk à l’Indonésie. C’est le contribuable britannique qui a déboursé, mais ce sont les marchands d’armes qui ont récolté les profits. Les bombardiers Hawk sont employés à bombarder les villages dans les montages du Timor Oriental – et le Ministère des Affaires Etrangères a menti pendant quatre ans avant de l’avouer. Depuis, les Hawks ont bombardé les habitants de la Papouasie occidentale qui luttent pour leur liberté.

Je suis allé dans la région de Krawang sur l’île de Java, où j’ai rencontré un cultivateur de riz nommé Sarkom. On peut dire que Sarkom est représentatif des 80% de l’humanité qui vivent de l’agriculture. Il ne fait pas partie des plus pauvres, il vit avec sa femme et leurs trois filles dans une petite maison de bambou au sol carrelé. Sous le haut-vent, on trouve un lit de bambou, une chaise et une table où sa femme, Cucuk, arrondit les fins de mois avec des travaux de couture. L’année dernière, le Fonds Monétaire International a offert au gouvernement post-Suharto un « plan de sauvetage » sous forme de prêts de plusieurs millions de dollars. Les conditions d’octroi du prêt précisaient la suppression des droits de douane sur les aliments de base. «  Le commerce de toutes les qualités de riz a été ouvert aux importateurs et exportateurs » a décrété le FMI dans une lettre. Les fertilisants et les pesticides ont perdu aussi leurs 70% de subventions. Pour des fermiers comme Sarkom, cela signifie probablement la faillite et leurs enfants devront aller chercher du travail en ville. De plus, cela donne le feu vert aux multinationales céréalières géantes américaines pour entrer dans le pays.

Le deux-poids deux-mesures appliqué est époustouflant. L’agrobusiness en Occident, particulièrement aux Etats-Unis et en Europe, a été capable de produire les fameux surplus et de développer ses capacités d’exportation uniquement grâce aux barrières douanières et aux subventions locales massives. Le résultat fut une augmentation brutale de la mainmise de l’occident sur les aliments de base de toute la panète. Le patron de Cargill Corporation, qui domine le commerce mondial des céréales, s’est vanté un jour, « lorsque nous nous levons de table chaque matin après le petit-déjeuner, une grande partie de ce que nous avons consommé – céréales, pain, café, sucre et ainsi de suite – est passée entre les mains de ma société. » L’objectif de Cargill est de doubler de taille tous cinq ou sept ans. C’est ce qu’on appelle « le marché libre ». « J’ai passé 14 ans en prison pour tenter de l’empêcher, » dit Sarkom. « Tous mes amis, ceux qui n’ont pas été assassinés, sont allés en prison pour empêcher la prise de pouvoir du grand capital. Peu importe comment on l’appelle aujourd’hui – le truc global ou le machin mondial. Ce sont les mêmes forces, qui représentent la même menace pour nos vies. »

Cette remarque fait référence à un chapitre de l’histoire de l’Indonésie que les politiciens et hommes d’affaires occidentaux préféraient oublier, même s’ils ont été parmi les principaux bénéficiaires. Sarkom faisait partie des dizaines de milliers d’emprisonnés après le coup d’état du général Suharto en 1965-1966 - « l’année de tous les dangers » – qui a renversé le président nationaliste Sukarno qui dirigeait le pays depuis la fin de la colonisation hollandaise. Les chercheurs estiment à présent que jusqu’à 1 million de personnes ont été tués lors du pogrom qui a suivi le coup d’état qui visait principalement le Parti Communiste d’Indonésie, le PKI. Sarkom avait 19 ans lorsqu’ils l’ont emmené. Aujourd’hui il essaie de rédiger ses mémoires dans un cahier d’écolier pour raconter les horreurs vécues. Il a vécu de nombreuses années sur l’île de Buru, où des milliers de prisonniers ont été tout simplement déposés, sans logement, sans nourriture et sans eau. Le jour où je suis allé le voir, il avait rassemblé un groupe d’amis pour me rencontrer, des hommes de 60, 70 ans, qui eux aussi étaient des « tapols » - des prisonniers politiques relâchés après la chute de Suharto en 1998. Il y avait deux enseignants, un fonctionnaire, un membre du parlement. Un avait été emprisonné pour avoir refusé de voter pour le parti de Suharto, le Golkar. Plusieurs étaient membres du PKI. Adon Sutrisna, enseignant, m’a dit, « Nous sommes le peuple, la nation, que le monde a oublié. Si vous connaissiez la vérité sur ce qui s’est passé en Indonésie, vous comprendriez parfaitement vers quoi on nous entraîne aujourd’hui. »

A quelques kilomètres de la ferme de Sarkom se trouve une butte de terre recouverte de fleurs. C’est une fosse commune, mais rien ne signale sa présence – 35 ans après le massacre, les familles des victimes – estimées à une dizaine - ont encore trop peur pour oser ériger une pierre tombale. Mais dans l’ère post-Suharto, de nombreux Indonésiens commencent lentement à se débarrasser de la peur qui a marqué tout une génération et à travers tout le pays les familles commencent à exhumer les restes de leurs proches. Quelques silhouettes furtives la nuit, entraperçues au bord d’une rivière ou d’une rizière. Les témoins les plus âgés se souviennent des « rivières charriant des cadavres, comme des troncs d’arbres ». D’un village à l’autre, de jeunes hommes furent massacrés sans raison et leurs meurtres signalés par des rangées de pénis tranchés.

J’ai un ami à Jakarta qui s’appelle Roy. Certains l’appellent Daniel. Ce ne sont que deux des pseudonymes qui lui ont permis de rester en vie depuis 1965. Il fait partie d’un groupe remarquable de révolutionnaires qui sont entrés dans la clandestinité pendant la longue répression de Suharto – les années où la Banque Mondiale chaperonnait son « élève modèle » - et qui émergeait dans des moments critiques pour diriger un mouvement d’opposition clandestin. Il a été arrêté et torturé à plusieurs reprises. « J’ai survécu parce qu’ils n’ont jamais su que c’était moi, » dit il. « Une fois, un tortionnaire m’a hurlé dessus « dis nous où se trouve Daniel ! » ». En 1998, il a organisé les manifestations de rues des étudiants courageux qui ont ses sont confrontés aux véhicules anti-émeutes fournis par la Grande-Bretagne, et qui ont joué un rôle clé dans la chute finale du dictateur.

Roy m’a emmené à l’école où le cauchemar de Suharto a commencé pour lui. Tandis que nous nous asseyons dans une salle de classe vide, il se souvient de cette journée d’octobre 1965 lorsqu’il a vu un gang surgir et trainer le maître d’école dans la cour, où ils l’ont battu à mort. « C’était un homme merveilleux, gentil et bon, » a dit Roy. « Il chantait à la classe, et me faisait la lecture. C’était quelqu’un que je moi, en tant que garçon, je prenais pour un modèle... J’entends à présent ses hurlements, mais pendant des années tout ce dont je me souvenais était d’être sorti de la classe en courant et d’avoir couru, couru, dans les rues, sans m’arrêter. Lorsqu’on m’a retrouvé le soir, j’étais traumatisé. Je n’ai pas parlé pendant un an. »

Le maître d’école était soupçonné d’être un communiste, et son meurtre ce jour-là était caractéristique de l’exécution systématique des enseignants, des étudiants, des fonctionnaires, des paysans. « En termes de nombre de tués, » selon un rapport de la CIA, « le massacre constitue l’un des pires massacres de tout le 20ème siècle ». L’historien Gabriel Kolko a écrit que «  la « solution finale » au problème communiste en Indonésie constitue un crime comparable à celui commis pas les Nazis. » Selon le spécialiste de l’Asie, Peter Dale Scott, les politiciens, diplomates, journalistes et universitaires occidentaux, dont certains avaient des connexions directes avec les services de renseignement, ont propagé le mythe que Suharto et les militaires avaient sauvé le pays d’une tentative de coup d’état du Parti Communiste Indonésien, le PKI. Jusqu’à là, Sukarno avait compté sur les communistes pour contre-balancer l’influence de l’armée. Lorsque 6 généraux furent assassinés le 30 septembre 1965, Suharto a accusé le PKI. Depuis la chute du dictateur en 1998, des témoins ont parlé pour la première fois et des documents publiés suggèrent fortement que Suharto, qui contrôlait l’armée à Jakarta, a profité d’une lutte interne au sein de l’armée pour s’emparer du pouvoir.

Ce qui ne fait plus aucun doute par contre c’est la collaboration des gouvernements occidentaux et le rôle joué par les multinationales. En réalité, la globalisation en Asie est née dans ce bain de sang. Pour la Grande-Bretagne, l’objectif à l’époque était de protéger ses intérêts coloniaux en Malaisie, menacés par une « confrontation » avec un président Sukarno qualifié « d’instable ». Un document de 1964 du Ministère des Affaires Etrangères demandait la « défense » des intérêts occidentaux en Asie du sud-est, « un producteur majeur de biens de consommations essentiels. La région produit près de 85% du caoutchouc mondial, plus de 45% du fer blanc, 65% du cuivre et 23% du chrome. » Sur l’Indonésie, Richard Nixon a écrit, « avec une population de 100 millions et 300 kms d’îles qui abritent les plus grandes ressources naturelles de la région, l’Indonésie est un morceau de choix dans l’Asie du Sud-est ».

L’ex-président Sukarno était à la fois un populiste et un nationaliste, et le fondateur de l’Indonésie moderne et du mouvement des pays non-alignés qui, espérait-il, allait tracer une véritable « troisième voie » entre les deux super-puissances. Il pouvait être démocrate et démagogue. Il encourageait les syndicats et les mouvements de femmes, culturels et de paysans. Entre 1959 et 1965, plus de 15 millions de personnes ont rejoint les partis politiques et les organisations de masse affiliées qui étaient encouragées à défier l’influence britannique et étasunienne dans la région. Avec 3 millions de membres, le PKI était le plus grand parti communiste au monde en dehors de l’Union Soviétique et de la Chine. Selon l’historien australien Harold Crouch, « le PKI bénéficiait d’un large soutien non pas en tant que parti révolutionnaire mais en tant qu’organisation qui défendait les intérêts des pauvres au sein du système. » C’était cette popularité, plus qu’un hypothétique soulèvement armé, qui faisait peur aux Américains. L’Indonésie, comme le Vietnam au nord, pouvait « tomber entre les mains du communisme ».

En 1990, la journaliste d’investigation étasunienne Kathy Kadane a révélé l’existence d’une participation secrète des Etats-Unis au massacre de 1965/66 qui renversa Sukarno et mit au pouvoir Suharto qui à l’époque était peu connu en dehors des cercles d’initiés des services secrets. Dans une série d’interviews d’anciens officiels étasuniens, elle conclut : « Ils fichaient les militants communistes. Jusqu’à 5.000 noms ont été remis à l’armée indonésienne, et les Américains ensuite rayaient de la liste les noms de ceux qui avaient été tués ou capturés ».

En 1966, l’ambassadeur US à Jakarta a rassuré Suharto que «  les Etats-Unis voient plutôt d’un bon œil et admirent ce que l’armée est en train de faire. » L’ambassadeur britannique, Sir Andrew Gilchrist, a rapporté au Ministère des Affaires Etrangères britanniques : « Je n’a jamais caché que je pense que quelques pelotons d’exécution en Indonésie seraient un préliminaire indispensable à tout changement réel. » Après avoir armé et équipé une bonne partie de l’Armée, Washington a ensuite secrètement fourni une assistance en matière de communications aux troupes de Suharto. L’équipement était acheminé de nuit dans des avions de l’armée de l’Air US depuis les Philippines et constituait le nec plus ultra en matière de communications et la CIA et la NSA connaissaient les fréquences. Cette technologie a non seulement permis aux généraux de Suharto de coordonner les tueries mais signifie aussi que les plus hauts échelons de l’administration US étaient à l’écoute. Suharto a réussi à isoler de larges zones du pays. On connait des films d’archives qui montrent des gens se faire embarquer dans des camions et être emportés, mais c’est tout. A ma connaissance, la photo floue publiée ici est la seule image d’archive disponible de cet holocauste indonésien.

Il serait utile aux journalistes d’aujourd’hui de comprendre l’importance du rôle joué par la propagande occidentale hier comme aujourd’hui. Les services de renseignement britanniques ont manipulé la presse avec tant de doigté que Norman Reddaway, chef du Département de Recherche et d’Information du ministère des affaires étrangères, s’est vanté auprès de l’ambassadeur Gilchrist, dans une lettre marquée « secrète et personnelle », que la manipulation que lui et ses collègues avaient réussi à orchestrer - que le pouvoir de Sukarno aboutirait à une prise de pouvoir des communistes - « avait fait le tour du monde ». Il raconte comment un journaliste chevronné d’un grand journal britannique a accepté de « donner votre version des faits dans son article... à savoir, qu’il s’agissait d’un coup d’état de velours, sans boucherie. » Roland Challis, qui était le correspondant de la BBC pour l’Asie du Sud-est, pense que la couverture des massacres a été un triomphe de la propagande occidentale. « Mes sources britanniques ont prétendu ne pas savoir ce qui se passait, » m’a-t-il dit, « mais ils connaissaient le plan américain. Il y avait des cadavres qui échouaient sur les pelouses du consulat britannique à Surabayo, et des navires de guerre britanniques ont escorté un bateau rempli de soldats indonésiens à travers le détroit de Malacca, pour aller participer à ce terrible holocauste. Ce n’est que beaucoup plus tard que nous avons appris que l’ambassade des Etats-Unis fournissaient des noms et les rayaient de la liste au fur et à mesure qu’ils étaient tués. Il y avait un accord, voyez-vous. L’instauration du régime de Suharto impliquait l’entrée en scène du FMI et de la Banque Mondiale. Sukarno les avait expulsés, Suharto devait les ramener. C’était l’accord.  »

Avec un Sukarno malade et impuissant et Suharto sur le point de s’autoproclamer président, la presse US a présenté le coup d’état non pas comme une tragédie humaine mais comme une série de nouvelles opportunités économiques. La prise de pouvoir par les militaires, malgré les massacres, fut décrit par le magazine Time comme « la meilleure nouvelle en Asie pour l’Occident  ». Un titre du magazine US News & World Report disait « Indonésie : de l’Espoir, là où il n’y en avait plus.  » Le célèbre commentateur du New York Times James Reston a quant à lui célébré l’émergence d’une « lueur en Asie » et signé un article qu’on avait manifestement écrit pour lui. Le premier ministre australien, Harold Holt, en visite aux Etats-Unis, a fourni un bel exemple de son sens de l’humour. « Avec 500.000 à 1 million de sympathisants communistes éliminés, » a - t-il dit, « je pense qu’on peut dire qu’une réorientation s’est produite. »

Ralph McGehee, un officier supérieur de la CIA à l’époque, que j’ai interviewé pour la première fois il y a presque 20 ans, a décrit le renversement de Sukarno en Indonésie comme une « opération modèle » pour le coup d’état qui devait renverser Salvador Allende au Chili sept ans plus tard. « la CIA a fabriqué un document qui était censé prouver un complot gauchiste visant à assassiner des chefs militaires chiliens, » écrit-il, « comme en Indonésie en 1965. » Il dit que les massacres en Indonésie constituaient aussi un modèle pour l’Opération Phénix au Vietnam, où les escadrons de la mort dirigés par les Etats-Unis ont assassiné prés de 50.000 personnes.

En novembre 1967, après la capture du « morceau de choix », le pillage fut organisé. La société Time-Life Corporation a organisé une conférence extraordinaire à Genève qui, en l’espace d’une semaine, a procédé au partage de l’Indonésie. A la conférence se trouvaient les hommes d’affaires les plus importants au monde, comme David Rockefeller, et tous les géants du capitalisme occidental étaient représentés. On y trouvait les grandes compagnies pétrolières et les banques, General Motors, Imperial Chemical Industries, British Leyland, British-American Tobacco, American Express, Siemens, Goodyear, the International Paper Corporation, US Steel.

De l’autre côté de la table se trouvaient les hommes de Suharto, que Rockefeller appelait « la meilleure équipe d’économistes de l’Indonésie ». Plusieurs étaient des économistes formés à l’Université de la Californie à Berkley. Tous ont chanté la partition qu’on leur tendait et vanté les avantages de leur pays et de son peuple : « Abondance de main d’oeuvre bon marché... une mine de ressources naturelles... un marché captif. »

J’ai récemment demandé à l’un d’entre eux, le Dr. Emile Salim, si quelqu’un à la conférence avait mentionné qu’un million de personnes avaient été tuées pour instaurer un pouvoir favorable aux affaires. « Non, ce n’était pas à l’ordre du jour », a-t-il répondu. « Je n’étais pas au courant à l’époque, je ne l’ai appris que plus tard. Rappelez-vous, nous n’avions pas la télévision et les téléphones ne marchaient pas très bien. »

A cette conférence, l ’économie indonésienne fût dépecée, secteur par secteur. Dans une salle, on dépeçait les forêts, dans une autre, les minerais. La société Freeport Company s’est vu accorder une montagne de cuivre en Papouasie occidentale (Henri Kissinger siège au Conseil d’administration). Un consortium américano-européen a eu le nickel de la Papouasie occidentale. Le géant Alcoa a eu la plus grosse tranche de bauxite indonésienne. Un groupe d’Etasuniens, de Japonais et de Français ont eu les forêts tropicaux de Sumatra, Papouasie occidentale et Kalimantan

Une loi sur les investissements étrangers, hâtivement votée après le coup d’état, a dispensé le pillage de tout impôt pendant au moins cinq ans. Le contrôle réel, et secret, de l’économie du pays a été transféré au FMI et à la Banque Mondiale à travers le Inter-Governmental Group on Indonesia (IGGI), dont les principaux membres étaient les Etats-Unis, le Canada, l’Europe et l’Australie. Sous Sukarno, l’Indonésie n’avait que peu de dettes. Après, les très gros prêts ont déboulé, souvent pour atterrir directement dans les poches, tandis que le « morceau de choix » se voyait piller de ses ressources. Peu avant le crash financier asiatique de 1997, les parrains du IGGI ont félicité leur tueur en série préféré pour avoir crée « une économie miracle ».

John Pilger

Juillet 2001

 

http://www.inminds.co.uk/globalisation-in-indonesia.html

Traduction « toute ressemblance avec des personnages, situations, pays, existants ou ayant existé... » par VD avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 14773
http://www.legrandsoir.info/globalisation-en-indonesie-le-pillage-apres-le-massacre.html
Repost 0