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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 18:16

Iarton14718-e0db3.jpgl est un fait qui ne finit pas de nous étonner quand il ne nous agace pas profondément : le discours dominant des hommes et des femmes détenteurs du pouvoir politique ou économique est de plus en plus souvent primaire. Primaire dans le double sens où il est simpliste et manichéen. Cela contraste à l’évidence avec la réalité du monde à laquelle ces hommes et ces femmes sont confrontés quotidiennement, réalité qui a au contraire tendance à se complexifier. Alors qu’il conviendrait d’affronter la complexité du monde travaillé par de multiples crises, l’on préfère se réfugier dans le confort trompeur de vieux schémas de pensée et d’action ou caricaturer la réalité sociale pour en faire surgir des ennemis imaginaires sur lesquels il sera commode de rejeter la responsabilité des défaillances de toute une époque. Après trente ans de néolibéralisme le discours primaire se fait océan. C’est en effet peu dire qu’il nous submerge désormais. Mais s’il n’était qu’un discours on pourrait encore en rire. Et nous n’aurions pas à nous forcer beaucoup tant il est maintes fois risible. Cependant, il se traduit en actes aujourd’hui mortifères pour l’intérêt général comme pour l’intégrité physique et morale des individus, en particulier les plus fragiles d’entre eux. Voyageons en trois étapes sur l’étrange et dangereuse planètes du primaire exacerbé.

Primaire d’abord, la manière dont les sociétés dites modernes traitent le travail et, par voie de conséquence inéluctable, les travailleurs que l’on préfère le plus souvent nommer salariés. Alors que le travail, qu’il soit contraint par le respect d’un contrat du même nom ou librement consenti comme dans les sphères du bénévolat ou des activités domestiques, est la toute première des richesses des hommes vivant en société, le capitalisme néolibéral n’y voit qu’une source de profit financier immédiat. Il remet en cause petite à petit et dans une indifférence de plus en plus large les conquêtes sociales du passé qui étaient autant de protections des travailleurs contre les appétits « naturels » des patrons. L’emploi stable et à durée indéterminée se fait rare, le pouvoir d’achat du salaire s’érode pour la plupart des salariés, les conditions de travail se détériorent à mesure que progresse l’individualisation de « la gestion des postes et des carrières ». Cette dégringolade vertigineuse possède son alibi commode : la compétition internationale que « nous » sommes bien obligés de soutenir. L’alibi est tellement commode qu’il est utilisé pour « moderniser » l’organisation du travail d’entités en rien exposées à une quelconque concurrence étrangère – ou même intérieure – tels les services publics. Les critères de gestion et le vocabulaire de l’entreprise privée capitaliste envahissent l’administration et les lieux culturels. Ainsi, dans certaines bibliothèques publiques on parle à propos de la mise en valeur des livres de têtes de gondoles et de packaging. Désormais, le travail et les salariés sont bel et bien considérés comme les ennemis de la course prétendument légitime à la productivité. Pire, nous sommes tous mis dans le même sac, tous suspectés pareillement de chercher à entraver cette course quand nous ne sommes pas tout bonnement déclarés coupables d’une telle obstruction.

Primaire ensuite, le jugement porté sur la nébuleuse nommée mondialisation. Elle serait un phénomène inéluctable puisque provoqué par des mutations technologiques irréversibles, celles du porte-conteneurs et de l’Internet comme le martèle Pascal Lamy. Seule la "régulation" permettrait de maîtriser ses excès. Les décideurs politiques ne seraient donc pour rien dans cette évolution : elle n’est que fatale. Bien sûr, cette vision théologique du monde tourne le dos à la raison même de l’Homme. La fable est commode qui cache la réalité affreuse de la surconcentration des pouvoirs et les enjeux de la lutte des classes toujours si présentes derrière les écrans de fumée de la médiacratie. Les grands prêtres de « la mondialisation fatale mais heureuse » n’ont probablement pas lu Rawi Abdelal. Eux n’ont pas besoin de le lire ; il leur décrit le monde tel qu’ils l’ont façonné. Mais nous… Ce professeur à la Harvard Business School nous révèle dans « Capital Rules : The Construction of Global Finance » ce que le pékin moyen n’a pas à savoir pour survivre en ce bas monde. Il y apprendrait que les hommes influents qui ont fait basculer l’économie d’hier dans la cupidité triomphante d’aujourd’hui - selon le jugement avisé de Josef Stiglitz - sont souvent français et se disent de gauche : Jacques Delors, Pascal Lamy, Michel Camdessus. Après trente ans de libéralisation des marchés par les gourous du « consensus de Paris » les flux financiers tyrannisent l’économie et tétanisent les hommes politiques.

Primaire enfin, les Primaires. Comme elles portent bien leur nom ! En les affublant du qualificatif « à l’américaine » on ne fait évidemment que renforcer le sentiment que la classe politique ne fait plus de politique. Du moins si l’on continue de se faire une id ée noble de la chose politique, à savoir une émanation du peuple appréhendé dans ses aspirations profondes non instrumentalisées. Le nouveau mode de désignation du candidat d’un camp est essentiellement une affaire de Communication – un petit monde dans le grand qui a aussi ses gourous – et a quelque chose de pathétique mesuré à l’aune des terrifiants périls qui guettent nos sociétés. Quelles sont les priorités qui devraient tenailler tout postulant à la magistrature suprême ? La Santé, l’Education, la Justice et le Logement devraient assurément être les quatre points cardinaux d’un engagement politique véritable au service de l’intérêt général et de la justice sociale. Lors du récent débat ayant confronté les six candidats de la Primaire du Parti socialiste ces questions fondamentales n’ont été au mieux qu’évoquées. Voilà bien où mènent plusieurs décennies de détachement progressif d’un parti de gauche vis-à-vis de sa base naturelle. C’est tragique tant la réconciliation des moins favorisés avec la nécessité du politique semble être un pari impossible.

 

Yann Fiévet

 

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http://www.legrandsoir.info/primaire.html
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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:49

100404-melenchon-pibLors de la dernière Fête de l'Humanité, le candidat du Front de Gauche à la présidentielle s'en est pris, selon une vidéo diffusé dimanche par Canal+, à un militant communiste qui l'interpellait sur la présence de plusieurs candidats à la primaire PS.


Dans un reportage filmé la semaine dernière lors de la dernière Fête de l'Humanité et diffusé dimanche sur Canal+, on voit un militant s'approcher de Jean-Luc Mélenchon juste après la visite de Martine Aubry et lui lancer : "je voudrais savoir s'il y a un débat ou si c'est juste pour la télé ? Il y avait Martine, elle ne s'est pas exprimée et on ne sait pas ce qu'elle est venue faire à la Fête de l'Humanité..."

Très agacé, Jean-Luc Mélenchon lui répond sans ménagement: "bon, redescends (de la tribune), s'il te plaît. Dehors !".
- Le militant : "Non, pourquoi je redescendrais ?"
- Jean-Luc Mélenchon : "Si tu es un militant, tu es discipliné !"
- Le militant : "Non, attends, tu vas pas me faire la leçon !"
- Jean-Luc Mélenchon : "Si, je te la fais. Dégage !"

Le militant communiste est ensuite poussé hors de l'estrade par l'entourage de M. Mélenchon tout en lançant : "Il n'a pas à me dire ça... Moi, je suis pas journaliste, Jean-Luc !".

 

http://lci.tf1.fr/politique/melenchon-a-un-militant-communiste-degage-6727755.html

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:40

arton14710-7bc3d.jpgMission Accomplie !

Dans ce cri, célébrant la destruction, la pulvérisation de l’Irak, l’instauration de la démocratie et des libertés dans un pays en cendres, Bush exultait. Enivré d’autosatisfaction, sur un porte-avions dans la baie de San Diego face à la plus grande base aéronavale des USA, en Californie du sud.

En Libye, le tyran a été renversé. Son bras droit, intronisé chef du gouvernement provisoire au milieu des ruines du pays. Avec abnégation, pétri d’émotion, il est venu quémander cette semaine, à la tribune de l’ONU, une “aide alimentaire et matérielle” internationale pour son pays. La Libye en voie de “Somalisation”… Hourrah ! Alléluia ! Youppie ! On a gagné !

Cameron et Sarkozy, maîtres d’œuvre de l’opération militaire par délégation de l’Empire, n’ont pas dérogé au rituel colonial. Mais, plus téméraires, ils sont allés célébrer leur victoire en Libye. Sur le terrain de leurs exploits narcissiques, encadrés de leurs gorilles, de leurs propagandistes et de leur claque applaudissante, figurants aux poches bourrées de dollars.

Par prudence, il est vrai, en des endroits bien balisés et sécurisés. Bien sûr, ne sont jamais montrés à ceux qui appuient sur le bouton de la mort et des massacres, en signent les ordres d’exécution, les effroyables effets. Que des médias pourraient, accidentellement, montrer au JT. “Aseptiser le contexte”, disent les communicants galonnés… Dans nos médias “dominants”, tambours, trompettes, cymbales de la désinformation et de la propagande, reprenant en fanfare la glorification des promoteurs des bombardements humanitaires et libérateurs.

Toutefois, au cœur de ces mêmes médias quelques irréductibles, déterminés, tenaces, tels des Astérix de l’info, ont pourfendu la stupidité, le mensonge, le cynisme des castes au pouvoir : les caricaturistes. En France, où ces talents existent (1), peu de dessinateurs ont accès à une grande visibilité lorsqu’ils prétendent contester l’ordre établi, le politiquement correct : « Nous sommes magnifiques, les autres sont des barbares. Ils n’ont que ce qu’ils méritent »

Bâillonnés (2) ou censurés (3)…

Réduits, que nous sommes, à visiter des médias étrangers pour voir illustrer en ridicule cette prétention civilisatrice aussi hypocrite que violente.

The Guardian, par exemple, qui laisse les dessinateurs s’exprimer (en couleurs, en plus !) dans une totale liberté de ton. S’opposant à la ligne éditoriale de leur propre journal qui, depuis la guerre d’Irak, s’est complètement alignée sur l’idéologie fanatique de l’extrême-droite US, pudiquement appelée « néoconservateurs ». Bel exemple de diversité d’opinions au sein d’un même média.

Parmi ces talents, Steve Bell et Martin Rowson, ne cessant de dénoncer l’irresponsabilité et la voyoucratie de la nomenklatura britannique. Tout particulièrement le monde de la Finance ou de la City : les fameux Fat Cats, les “chats grassouillets”, s’empiffrant dans la spéculation et les privilèges fiscaux !

Petit échantillon de ce festival de courage et d’humour. Courage, sous le déluge de la propagande, pour démonter, dénoncer, fustiger, mégalomanie et infantilisme des dirigeants de nos pays. Humour, noir aussi, dans le regard stoïque face à leur stupide folie sanguinaire anesthésiée de Bonne Conscience…

Un dessin de Steve Bell sur la “libération bombardée” de la Libye. Sarkozy s’étant arrogé la fonction de « boss » de l’expédition coloniale, il l’a caricaturé en Napoléon. Reprenant le surnom de Sarkozy, ou l’image, souvent utilisés à l’étranger pour le représenter. Son alter ego dans cette opération, le premier ministre britannique Cameron, en Napoléon aussi, par clonage !

Arborant l’un et l’autre le nouveau drapeau de la “Libye démocratique”, qui était antérieurement celui de la monarchie libyenne. Cameron jetant derrière les conquérants, d’un furtif coup de talonnette, le drapeau de la Libye de Kadhafi. Jetons vite dans l’oubli les plantureux contrats et accords signés avec lui !

 

Martin Rowson a choisi de présenter les conquérants dans la lignée des légendes de Lawrence d’Arabie flanqué de ses compagnons d’aventures, sur des dromadaires. Libérant, soi-disant à l’époque, les pays arabes de l’oppression de l’Empire Ottoman…

Sarkozy y est coiffé du shako avec son protège-nuque des armées d’Afrique et de la Légion, son coursier harnaché du drapeau français. A l’extrême gauche du dessin, esquissée, la chevelure blonde représentant Hillary Clinton, aussi férocement belliciste que celles qui l’ont précédée dans les mêmes fonctions de ministre des affaires étrangères US : Condolezza Rice ou la sinistre Madeleine Albright.

Avec chacun, en tandem sur son dromadaire, son “révolutionnaire libyen” brandissant le “nouveau” drapeau de la Libye démocratique, qui n’est, comme on l’a vu dans la précédente illustration, que “l’ancien” de la monarchie corrompue renversée par Kadhafi. Etendard, symbole, aveu : surtout ne rien changer, pas d’innovation, faire du neuf avec de l’ancien… Excellente illustration du rôle des services spéciaux occidentaux, sponsorisant chacun un clan ou un gang, servant de couverture aux prédations locales de leurs maîtres.

 

Notons le militaire britannique, en bas à droite du dessin, sous son casque colonial en uniforme rouge des années de gloire de l’empire Victorien, sollicitant les militants de demander à Cameron de s’occuper de son armée le week-end. Du fait des économies budgétaires, des licenciements d’hommes de troupe sont, en effet, programmés par le gouvernement britannique. Expliquant son geste distributeur des formulaires P45, qui sont ceux des demandeurs d’emploi…

Les smicards de la guerre deviennent de moins en moins nécessaires. La guerre de conquête est fondée, à présent, sur la haute technologie. Electronique, informatique et télécoms, drones et missiles de croisière, forces spéciales et mercenaires spécialisés, propagande et désinformation : finis gros bataillons et godillots !

Un autre caricaturiste britannique s’est mobilisé contre l’intervention des pays occidentaux. Exceptionnel militant de la paix et de la justice : Leon Kuhn. Ses dessins présentent la particularité de mêler photos et dessins

Dans un impressionnant montage, il évoque les massacres d’innocents, victimes des bombardements aveugles de l’OTAN. Tout le monde se voilant la face. Mettant en scène l’hypocrisie des politiciens représentés par Cameron, (Whitehall désigne le Parlement et Downing Street, bureaux et résidence du premier ministre), dissimulant, sous des discours de prouesses militaires et d’aide humanitaire, la sauvagerie des massacres et destructions.

Rappelons que Cameron se veut un des plus fervents donneurs de leçons de droits de l’homme et de civilisation au reste du monde. Son dernier discours à l’ONU est une éclatante démonstration du cynisme sanguinaire de l’oligarchie occidentale (4).

Le drapeau britannique, totem de gloire et de panache, est ainsi utilisé pour cacher des cadavres d’hommes, de femmes et d’enfants. Recouvrir, étouffer, dissimuler, occulter… D’où le titre du dessin : The Cover Up.

 

Leon Kuhn décrit, dans un autre dessin, le nouveau gouvernement Libyen : Front Bench. Référence aux premiers rangs du Parlement britannique, de part et d’autre du pupitre du président de séance, occupés par les responsables gouvernementaux et, face à eux, les responsables de l’opposition (Shadow Cabinet).

En Libye, ceux qui vont diriger le pays : les soldats de l’OTAN avec leurs armes et uniformes. Exécuteurs des lobbies de l’armement, du pétrole et des BTP. Sur l’épaule droite des trois soldats au premier plan, les drapeaux de leur armée respective, de gauche à droite : France, USA et GB. L’un d’eux tient entre ses mains un dossier intitulé : « contrats pétroliers »…

 

Pour terminer, une illustration de ce que tout le monde a compris, l’Occident colonial veut s’en mettre plein les poches, du moins sa ploutocratie, quitte à plonger le pays dans la misère, la guerre civile. Le pomper jusqu’à extinction de ses ressources. Jeter l’écorce, après en avoir extrait tout le jus...

Victor Kremlev, de l’excellent média Russia Today (RT), a parfaitement résumé le véritable enjeu, la programmation du pillage, dans un dessin évoquant les partages coloniaux des siècles antérieurs. 

Sur fond de puits de pétrole, grande bagarre entre compagnies pétrolières occidentales pour se partager le gâteau. Un “révolutionnaire libyen” stupéfait de voir les occidentaux rivaliser pour se partager les dépouilles du pays, sans un regard pour lui. Sans aucune considération pour le projet actuel de son peuple, son avenir. Essayant de rappeler à la réalité les prédateurs, du moins la sienne :

« Hé les gars, vous n’auriez pas vu Kadhafi, par hasard ? »

 

Dessins, caricatures, fulgurantes analyses en fait, décrivant l’immuable ordre du monde. Avec sa nouvelle sémantique, sa nouvelle rhétorique, que La Mère Pipe dans la pièce Tueur sans gages (5) d’Eugène Ionesco, avait clairement formulées dès 1958 (6) :

« Nous n’allons plus persécuter, mais nous punirons et ferons justice. Nous ne coloniserons pas les peuples, nous les occuperons pour les libérer. Nous n’exploiterons pas les hommes, nous les ferons produire.

La guerre s’appellera la paix…

La tyrannie restaurée s’appellera discipline et liberté. Le malheur de tous les hommes c’est le bonheur de l’humanité ! ».

(1) Exemple Emmanuel Chaunu (http://chaunu.fr/). Voir aussi le site collectif d’un groupement de professionnels du dessin de presse : http://www.caricartists.com/public/pages/caricaturistes_accueil.php

(2) En France, dans un grand quotidien matinal, propriété d’un richissime industriel, un caricaturiste est payé (le propriétaire actuel l’ayant “trouvé” dans les “actifs” du quotidien, au sens comptable et financier, lors de son rachat) avec interdiction de publier le moindre dessin. Motif invoqué : le propriétaire n’aime pas les caricatures…

(3) Pendant l’invasion et la destruction de l’Irak, même un journal satirique bien connu “s’autocensurait” en s’interdisant la publication de toute caricature mettant en cause comportements et carnages démesurés des forces de la coalition, notamment US…

(4) Cf. le discours du prince héritier d’Espagne lors du VII° Congrès International des Victimes du Terrorisme, tenu à Paris (15 – 17 septembre 2011) :

« Rien ne justifie la barbarie ».

Rien que l’édification et le maintien de l’Empire espagnol, du XV° au XX° siècle, a provoqué la mort de dizaines de millions de personnes. Une des plus violentes, cruelles, inhumaines, colonisations de l’Histoire de l’Humanité. Au minimum, rien qu’en Amérique latine plus de 200 millions de victimes, non compris les victimes du trafic d’esclaves à partir de l’Afrique… Quant à la ’barbarie occidentale’ actuelle... « La Bonne Conscience »…

 

 

(5) 1re version, Théâtre II, Gallimard, Coll. « Blanche », 1958, pp. 59–171.

(6) Eugène Ionesco, Tueurs sans gages, Editions Gallimard, Folio Théâtre, 1958/2003, Acte III, pp. 131-132.

 

retrouvez lzs caricatures ici
http://www.legrandsoir.info/libye-mission-accomplie-caricatures.html
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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:35

arton14708-c9b2b.jpgEsther Vivas est membre du Centre d’Études sur les Mouvements Sociaux de l’Universitat Pompeu Fabra de Barcelone. Activiste sociale pour la souveraineté alimentaire et militante du mouvement antimondialisation, elle nous alerte sur la prédominance du capital privé qui impose les goûts, marques et produits. En collaboration avec Xavier Montagut, elle a publié les livres ’Del Campo al Plato’, ’Où va le commerce équitable ?’ et ’Supermercados, no gracias’.



Vous êtes co-auteur du livre Del Campo al Plato (Ed. Icaria, 2009). Selon vous, ils nous empoisonnent ?

Le modèle de production d’aliments oppose les intérêts privés et ceux des entreprises aux besoins alimentaires des gens, leur santé et le respect de l’environnement. Nous mangeons ce que les grandes entreprises de ce secteur veulent. Il y a actuellement dans le monde le même nombre de personnes qui ont faim que de personnes ayant des problèmes de surpoids, ce qui touche, dans les deux cas, les secteurs les plus pauvres de la population, tant dans les pays du Nord que dans ceux du Sud. Les problèmes agricoles et alimentaires sont mondiaux et sont le résultat de la transformation des aliments en marchandise.

925 millions de personnes dans le monde ont encore faim aujourd’hui. C’est la preuve de l’échec du capitalisme agro-industriel ?

Oui. L’agriculture industrielle, kilométrique, intensive et dépendante du pétrole a montré qu’elle était incapable de nourrir la population, car elle a un fort impact sur l’environnement en réduisant l’écodiversité, en engendrant un changement climatique et en détruisant des terres fertiles. Pour arrêter la faim dans le monde, il ne s’agit pas de produire plus, comme l’affirment les gouvernements et les institutions internationales. Au contraire, il faut démocratiser les processus de production et faire en sorte que les aliments soient accessibles à l’ensemble de la population.

Les entreprises multinationales, L’ONU et le FMI proposent une nouvelle « révolution verte », des aliments transgéniques et le libre échange. Quelle alternative peut être proposée par les mouvements sociaux ?

Nous devons récupérer le contrôle social de l’agriculture et de l’alimentation. Quelques multinationales, qui monopolisent chaque étape de la chaîne agro-alimentaire, ne peuvent pas décider de ce que nous devons manger. La terre, l’eau et les graines doivent appartenir aux paysans, à ceux qui travaillent la terre. Ces biens naturels ne doivent pas être l’objet d’un commerce, pour faire de la spéculation. Nous, consommateurs devons avoir le pouvoir de décider de ce que nous mangeons si nous voulons consommer des produits sans OGM. En définitive, nous devons miser sur la souveraineté alimentaire.

Pourriez-vous définir le concept de souveraineté alimentaire ?

C’est avoir la capacité de décider de tout ce qui a trait à la production, la distribution et la consommation des aliments. Miser sur la culture de variétés locales, de saison, saines. Encourager les circuits courts de commercialisation, les marchés locaux. Lutter contre la concurrence déloyale, les mécanismes de dumping, la volonté d’exportation. Arriver à cet objectif implique une stratégie de rupture avec les politiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Mais revendiquer la souveraineté alimentaire ne veut pas dire un retour romantique au passé, au contraire, il s’agit de retrouver la connaissance des pratiques traditionnelles et de les associer aux nouvelles technologies et savoirs. Même ainsi, il ne s’agit pas d’une proposition localisée mais cela consiste à promouvoir la production et le commerce local, où le commerce international serait le complément du local.

Via Campesina affirme qu’aujourd’hui manger s’est converti en un « acte politique ». Etes-vous d’accord ?

Absolument. Ce que nous mangeons est le résultat du mercantilisme du système alimentaire et des intérêts de l’agrobusiness. Le mercantilisme mis en oeuvre dans la production agroalimentaire est le même que celui qui touche d’autres contextes de notre vie : privatisation des services publics, précarisation des droits du travail, spéculation sur le logement et le territoire. Il faut opposer à cela une autre logique et s’organiser contre le modèle agro-alimentaire actuel dans le cadre d’une lutte plus générale contre le capitalisme mondial.

Nous sommes entre les mains des grandes chaînes de distribution ? Qu’est-ce que cela implique et quels effets ce modèle de consommation entraîne-t-il ?

Aujourd’hui, sept entreprises de l’Etat espagnol contrôlent 75% de la distribution des aliments. Et cette tendance représente plus que cela. De cette façon, le consommateur a de moins en moins accès à la nourriture et la même chose se passe avec le producteur qui veut atteindre le consommateur. Ce monopole garantit un contrôle total par les supermarchés lorsqu’ils décident de notre alimentation, comment elle est élaborée et du prix de ce que nous mangeons.

Les solutions individualistes servent-elles à rompre avec ces règles de consommation ?

L’action individuelle a une valeur démonstrative et apporte une cohérence, mais elle n’entraîne pas de changements structuraux. Nous avons besoin d’une action politique collective, de nous organiser dans le contexte de la consommation, par exemple, à partir de groupes et de coopératives de produits biologiques ; créer des alternatives et promouvoir de grandes alliances qui participent à des campagnes contre la crise, pour la défense du territoire, des forums sociaux, etc.…

Il faut aussi descendre dans les rues et agir de façon politique, comme cela a été fait à un certain moment avec la campagne de « l’Initiative législative populaire » contre les OGM, organisée par « Som lo que Sembrem », car, comme nous l’avons vu à plusieurs occasions, ceux qui travaillent dans les institutions ne représentent non pas nos intérêts mais les intérêts privés.

Kyoto, Copenhague, Cancun. Quel est le bilan général que l’on peut faire des différents sommets sur les changements climatiques ?

Le bilan est très négatif. Lors de tous ces sommets, les intérêts privés et le court terme ont eu plus de poids qu’une réelle volonté politique ayant pour but de mettre fin aux changements climatiques. Aucun accord pour cela n’a été fait pour permettre une réduction effective des gaz à effet de serre. Au contraire, les critères mercantiles ont été une fois de plus la monnaie d’échange et le mécanisme de commerce d’émissions en est, à cet égard, l’expression la plus significative.

A Cancun, l’idée d’une « adaptation » au changement climatique a été beaucoup reprise. Les intérêts des compagnies multinationales et d’un soit disant « capitalisme vert » se cacheraient-ils derrière cela ?

Tout à fait. Au lieu de solutions réelles, on choisit de fausses solutions telles que l’énergie nucléaire, la captation de carbone dans l’atmosphère pour le stocker ou les biocarburants. Par ces mesures, on ne fait qu’intensifier plus encore la crise sociale et écologique et donc créer d’énormes bénéfices pour un petit nombre d’entreprises.

Le Mouvement pour la Justice Climatique essaie de proposer des alternatives. Comment est-il né et quels sont ses principes ?

Le Mouvement pour la Justice Climatique critique les causes fondamentales du changement climatique, en questionnant le système capitaliste et, comme l’indique sa devise, il s’agit de « changer le système, pas le climat ». De cette façon, il exprime cette relation diffuse qui existe entre la justice sociale et climatique, entre crise sociale et écologique. Le mouvement a un fort impact international, en étant notamment à la base des protestations durant le sommet sur le climat de Copenhague et, plus récemment, lors des mobilisations de Cancun. Cela a contribué à visualiser l’urgence d’agir contre le changement climatique. Le défi est d’élargir sa base sociale, en associant les luttes quotidiennes et chercher des alliances avec le syndicalisme alternatif.

La solution est de changer le climat ou le système capitaliste ?

Un changement radical de modèle est nécessaire. Le capitaliste ne peut apporter de solution à une crise écologique que le propre système a créée. La crise actuelle demande un besoin urgent de changer le monde à sa base et de le faire dans une perspective anticapitaliste et écologiste radicale. Anticapitalisme et justice climatique sont deux combats qui doivent être étroitement liés.

* Entretien avec Esther Vivas réalisé par Enric Lllopis, publié par le site Rebelión et diffusé par EcoDebate.

 


** Traduction : Karine Lehmann & Jean Saint-Dizier pour Autres Brésils http://www.autresbresils.net/

+ info : http://esthervivas.wordpress.com/francais

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http://www.legrandsoir.info/esther-vivas-nous-mangeons-ce-que-les-grandes-entreprises-agroalimentaires-nous-imposent-rebelion.html
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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:32

siteon0.gifSi la presse écrite a pris le temps d’analyser le fond du débat diffusé sur France 2 (15 septembre 2011) entre les six prétendants socialistes à la candidature présidentielle, les commentateurs audiovisuels, eux, avaient d’autres priorités. Une fois encore, en effet, le jeu politicien a primé sur les enjeux politiques et le spectacle sur le fond.

« Un poil guindé, ennuyeux parfois, voire souvent, sans éclat, les éditorialistes politiques […] disent ne pas avoir été captivés par le premier débat ». C’est France Culture [1] qui l’affirme et la plupart des médias radios et télés qui le confirme : les éditorialistes politiques, suivis et répercutés par les sujets d’information, se sont surtout attachés à évaluer la qualité « spectaculaire » du débat, en lui appliquant les critères « médiatiques » habituels : rythme, ambiance, intensité des échanges, agressivité des candidats… Et, plutôt que le fond, souvent vite expédié, on s’attarde complaisamment sur la forme d’un débat politique appréhendée comme la nouvelle série de la rentrée, ou le dernier jeu télévisé à la mode.

Ainsi Alain Duhamel, sur RTL (16 septembre), commente : « C’était doux, c’était lent, c’était ordonné, ça a été ennuyeux pendant les deux premier tiers. […] Par la force des choses, un débat ça finit par devenir pugnace, simplement il faut attendre les dix dernières minutes. » Même état d’esprit chez Bruce Toussaint ,sur Europe 1 (16 septembre), lorsqu’il interroge son chroniqueur Olivier Duhamel : « Qui l’a emporté selon vous ? » Comme s’il s’agissait d’un sprint ! Ce dernier lui décline le futur gouvernement socialiste… avec François Hollande comme président. Sur I-Télé (17 septembre), Maya Lauqué demande la même chose à ses deux polémistes (Eric Zemmour, Nicolas Domenach) : « Alors, qui a gagné ? » « Match nul, la balle au centre », répond Patrick Cohen sur France Inter. « Qui a gagné » ? Pas le journalisme politique en tout cas.

« Le match commence »

Au lendemain du débat, les journaux de la matinale de France Inter sont exemplaires. A l’ouverture du journal de 7 heures : « Pas dynamique mais instructif », résume la journaliste, avant de signaler une « joute sans violence entre Hollande et Aubry » et d’annoncer des « morceaux choisis dans quelques secondes ». Va-t-on nous instruire de l’aspect « instructif » du débat, ou va-t-on gloser sur son dynamisme ? Le suspense, insoutenable, est partiellement levé par le lancement du sujet : « Premier débat, premiers accrochages, enfin surtout pas d’affrontement direct : le cadre est lisse, po-li-cé même (...) Tout est réglé, minuté, sans éclats ». Et c’est bien ce qui les chagrine.

Les « morceaux choisis » (par Ludovic Faux) sont à cet égard révélateurs – le tout en trente secondes :

- « Les candidats aux primaires ont retenu leurs coups hier soir, faisant parfois assaut d’amabilités... ». Premier extrait sonore, avec les réponses d’Aubry et de Hollande à la question : « Quel est le candidat idéal ? »

- « ... Résultat : il a fallu attendre près de deux heures pour que le match commence vraiment, et c’est Martine Aubry qui est passée à l’offensive la première... » Et puisqu’elle passe à l’offensive, deuxième extrait. Les deux heures qui précèdent ne contenaient aucun morceau digne d’être choisi.

- « ... au passage, Martine Aubry taille en pièce le contrat de génération, proposition phare de François Hollande, et critique son manque de clarté sur le nucléaire... » Et puisqu’elle poursuit son offensive : troisième extrait.

- « ... François Hollande répond en assumant ses propositions et en affichant son calme... » Quatrième extrait, manifestement indispensable.

- « ... et puis il contre-attaque en demandant à son tour à Martine Aubry de préciser sa pensée, et constate avec plaisir qu’elle ne parle pas de sortir du nucléaire à court terme... » C’est l’acmé du combat des chefs tant attendu par les commentateurs médiatiques, et légitime cinquième extrait, présenté ici dans son intégralité :

- François Hollande : « Nous sommes tous d’accord... »
- Martine Aubry : « Non, nous ne sommes pas d’accord ! »

- « ... Enfin, il suggère que, contrairement à lui, Martine Aubry est candidate par défaut, parce que DSK s’est retrouvé hors jeu ». Cette suggestion à haute valeur informative méritait bien de constituer le sixième et dernier extrait.

Conclusion : « Le duel attendu a donc bien eu lieu, mais sans tourner à la foire d’empoigne, et pour faire bonne figure, les deux favoris se sont fait la bise à la fin de l’émission ». A France Inter, on aurait préféré une belle bagarre…

« Oui ou non ? »

Dans la futilité, c’est l’équipe du « Grand Journal », sur Canal +, qui décroche le pompon. La première image sélectionnée est celle de François Hollande et de Ségolène Royal qui se sont simplement serré la main et non pas… embrassés. Ensuite, la première question que Michel Denisot pose à ses invités du soir (Thomas Legrand, Fabien Namias et Sylvie Pierre-Brossolette) est la suivante : « Le masterchef, hier soir, c’était François Hollande ? » Réponse de Namias : « On n’a pas reconnu le François Hollande auquel on est habitué. Il était méchant, sévère […] Il dominait un peu le débat. » Pour Thomas Legrand [2], c’était « un débat assez digne, un peu rasoir par moment ». S’ensuit d’interminables discussions sur l’audience, et le seul extrait du débat montré est la passe d’armes entre Aubry et Hollande.

Pressé de passer à la publicité, Denisot interroge tout le monde : « François Hollande peut-il être élu au premier tour ? Oui ou non ? Oui ou non ? » Réponse de Namias : « C’est difficile. » Denisot : « C’est oui ou non. C’est oui ou non ! » Et pour clore cette discussion de haute voltige, Ariane Massenet, dont les questions sont toujours d’une grande pertinence, se lance : « Est-ce que les 4,9 millions qui ont regardé l’émission vont aller dans les bureaux de vote ? » Une question d’autant plus intéressante qu’il est impossible d’y répondre…

***

Quelques quotidiens (Libération, surtout, Le Monde, un peu…) ont pris le temps d’analyser les différences entre les candidats et se sont peu attardés sur le « spectacle » de France 2. Mais pour certains chroniqueurs de la presse écrite et pour nombre de bavards dans les médias audiovisuels, la prestation proprement médiatique des candidats, la qualité « télévisuelle » du débat – estimée en termes d’audience – et le « duel » entre les deux candidats élus par sondages interposés ont éclipsé les deux premières heures de l’émission, écrasé toute considération sur le fond du débat, et éliminé les quatre autres candidats potentiels qui participent à la primaire : une focalisation exclusive et souvent caricaturale sur ce qui passionne avant tout les Master Chef de la vie politique.

Olivier Poche et Mathias Reymond

Notes

[1] Journal de 7 heures, vendredi 16 septembre.

[2] Le même Thomas Legrand se félicitait le matin même sur France Inter d’un « débat politique de fond et de haute tenue entre les socialistes », tout en s’inquiétant pour « les taux d’audience de l’émission ». Il faut dire que « le tirage au sort qui définissait l’ordre de passage a mal fait les choses », puisqu’il a placé Jean-Michel Baylet, « le maillon faible de la soirée », en deuxième position : « de quoi plomber l’audimat ».

 

http://www.acrimed.org/article3678.html

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:29

Latvian_Socialist_Party_logo.jpgLa coalition de gauche du Centre de l'Harmonie, menée par les communistes remporte avec 28,3% des voix les législatives en Lettonie, dans un pays saigné par le FMI et l'UE

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les élections législatives anticipées en Lettonie, qui se déroulaient samedi dernier ont accouché d'un résultat historique. Pour la première fois depuis la restauration du capitalisme en 1991, les communistes duParti socialiste de Lettonieont remporté un scrutin national, à la tête de la coalition de gauche du Centre de l'harmonie.

 

 

Le Centre de l'Harmoniea obtenu 28,36% des voix (dont 41% à Riga) ainsi que 31 élus sur les 100 que compte le Parlement. Il devance assez largement les partis de droite libéraux-nationalistes de de la Réforme(20,82% et 22 sièges), de l'Unité(18,83% et 20 sièges) et de l'Alliance nationale(13,8% et 14 sièges).

 

 

L'étendue du consensus existant entre les trois formations de droite, sur fond d'ultra-libéralisme économique et de nationalisme ethnique euro-compatible, devrait permettre la formation d'une coalition gouvernementale réactionnaire.

 

 

Contrairement au discours médiatique dominant, le Centre de l'Harmonie n'est absolument pas un « parti russe » en Lettonie. Certes, la base sociale et politique de la coalition était initialement cette minorité russophone longtemps privée de ses droits civiques et politique et encore aujourd'hui largement discriminée et stigmatisée par le nationalisme raciste des partis de droite lettons.

 

 

Mais le succès de samedi prouve que les communistes du Parti socialiste de Lettonie et les socialistes du Parti de l'Harmonie – les deux composantes essentielles de l'alliance – ont su rassembler large, et unir travailleurs Lettons de souche et russophones autour d'un discours d'opposition au racisme d’État et aux recettes libérales concoctées en concertation entre les classes dirigeantes lettones, le FMI et l'UE.

 

 

Il faut dire que la traditionnelle instrumentalisation d'un nationalisme letton, divisant les travailleurs en lettons de souche 'privilégiés' et lettons russophones exclus, ne peut plus masquer la faillite de la restauration du capitalisme en Lettonie après 1991, ressentie durement aujourd'hui par tous les ménages ouvriers et populaires.

 

 

Le « miracle letton » fut plutôt un mirage bien éphémère. Après une décennie 1990 marquée par une récession continue – en 2005, la production industrielle Lettone ne représentait encore que 50% de celle de 1990 – la consommation des ménages ainsi que l'investissement ont été artificiellement gonflés par le crédit, provoquant un endettement à grande échelle mais aussi une bulle immobilière considérable.

 

 

Inflation galopante et endettement des ménages rendant la situation des classes populaires et moyennes lettones précaires, politique fiscale favorable aux entreprises rendant vulnérables les comptes publics, enfin consommation financée par les importations dans un pays où l'appareil productif 'national' (hérité de l'époque soviétique) a été démantelé, creusant donc un déficit commercial abyssal : toutes les conditions étaient réunies pour un désastre social.

 

 

La crise capitaliste de 2008-2009 a touché la Lettonie de plein fouet avec en deux ans – 30% de récession, une dette publique multipliée par sept et enfin un taux de chômage record de 22,2%.

 

 

Confrontée à la faillite du capitalisme libéral Letton, la classe dirigeante Lettone a choisi la fuite en avant : la vassalisation accrue envers l'UE et le FMI et l'approfondissement d'une politique ultra-libérale avec le plan d'austérité mis en œuvre en 2010 prévoyant une baisse des salaires des fonctionnaires de 20 à 50%, des retraites de 10 à 70% ou encore une baisse des salaires dans le privé de 20 à 30%.

 

 

Confronté à une fronde sociale sans précédent, miné par les affaires de corruption, le gouvernement a été contraint de dissoudre l'Assemblée en juillet dernier, après consultation populaire selon la procédure constitutionnelle.

 

 

La percée historique du Centre de l'Harmonie, et des communistes qui la mènent, est l'expression d'une colère massive de la classe ouvrière lettone, quelque soit son étiquette ethnique ou son statut juridique.

 

 

Elle vient de loin. Depuis plusieurs années, les communistes et la gauche ne cessent de progresser. En 2009, le « Centre de l'Harmonie » remportait la mairie de Riga. Cette même année, l'ancien maire communiste de Riga soviétique, secrétaire du Parti socialiste letton (PSL) devenait député européen. Une revanche historique pour cet ancien prisonnier politique après 1991, coupable d'être resté fidèle à l'Union soviétique.

 

 

Certes, la droite libérale et nationaliste vassalisée à l'UE et au FMI ne laissera pas le pouvoir à l'alliance socialiste-communiste, elle qui a posé dans la campagne notamment la remise en cause de l'Euro et la relance des dépenses publiques plutôt que l'austérité.

 

 

Tout comme en Russie ou en République tchèque, voilà un autre pays de l'Est où les communistes représentent plus que jamais l'opposition au capitalisme libéral et au nationalisme étroit compatible avec cette « prison des peuples » qu'est l'Union européenne.

 

 

 

Cf notre article-synthèse sur la Lettonie : Législatives en Lettonie: face à un « tigre balte » soumis à la piqûre d'austérité, les communistes moteurs d'une force de rassemblement populaire qui peut gagner

 

 

Cf l'interview d'Alfred Rubiks, secrétaire-général du Parti socialiste letton : Interview d’Alfred Rubiks, secrétaire-général du Parti socialiste de Lettonie (PSL), sur le combat des communistes Lettons et leurs succès en terre hostile

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:27

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:21

bench_web.jpgL’abandon des classes populaires était déjà opéré : voici qu’il est théorisé. Consciemment, la gauche cède les ouvriers/employés au Front National. Les valeurs morales comptent plus, désormais, que les conquêtes sociales. Voici sous quels augures s’ouvre la présidentielle de 2012. À moins qu’on y oppose une autre « stratégie »

 

« Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? » Il faut la lire avec attention, cette note de la « fondation progressiste » Terra Nova, qui officie autour du Parti socialiste. Pas seulement comme une pièce livrée par l’ennemi, à dénoncer – mais comme un signe de l’époque, qui dépasse ses auteurs. Comme la confirmation d’un tournant politique. Nous allons donc la citer longuement.

Le socle se dérobe

L’exposé historique, d’abord :

Depuis le Front populaire en 1936, la gauche en France (socialiste, mais surtout communiste) a accompagné la montée en puissance du monde ouvrier. Autour de ce cœur ouvrier s’est constituée une coalition de classe : les classes populaires (ouvriers, employés) et les catégories intermédiaires (les cadres moyens). Ce socle historique de la gauche se dérobe aujourd’hui. Les ouvriers votent de moins en moins à gauche. L’érosion est continue depuis la fin des années 1970 et prend des allures d’hémorragie électorale ces dernières années.

Pourquoi cette « hémorragie » ?

À partir de la fin des années 1970, la rupture va se faire sur le facteur culturel. Mai 68 a entraîné la gauche politique vers le libéralisme culturel : liberté sexuelle, contraception et avortement, remise en cause de la famille traditionnelle… Ce mouvement sur les questions de société se renforce avec le temps pour s’incarner aujourd’hui dans la tolérance, l’ouverture aux différences, une attitude favorable aux immigrés, à l’islam, à l’homosexualité, la solidarité avec les plus démunis. En parallèle, les ouvriers font le chemin inverse. Le déclin de la classe ouvrière – montée du chômage, précarisation, perte de l’identité collective et de la fierté de classe, difficultés de vie dans certains quartiers – donne lieu à des réactions de repli : contre les immigrés, contres les assistés, contre la perte de valeurs morales et les désordres de la société contemporaine. Malgré cette discordance sur les valeurs culturelles, la classe ouvrière continue au départ à voter à gauche, qui la représente sur les valeurs socioéconomiques. Mais l’exercice du pouvoir, à partir de 1981, oblige la gauche à un réalisme qui déçoit les attentes du monde ouvrier. Du tournant de la rigueur en 1983 jusqu’à ‘l’Etat ne peut pas tout’ de Lionel Jospin en 2001, le politique apparaît impuissant à répondre à ses aspirations. Les déterminants économiques perdent de leur prégnance dans le vote ouvrier et ce sont les déterminants culturels, renforcés par la crise économique, ‘hystérisés’ par l’extrême-droite, qui deviennent prééminents dans les choix de vote et expliquent le basculement vers le Front national et la droite.

L’analyse, jusqu’alors, paraît plutôt juste – et même teinté d’autocritique. Ce serait moins, au fond, les classes populaires qui auraient abandonné (électoralement) la gauche que l’inverse : la gauche qui, d’abord, aurait abandonné (socialement, économiquement, même culturellement) les classes populaires.

La « France de demain »

Vient l’heure des recommandations : comment faire, alors, malgré ce divorce, pour remporter la présidentielle ? En se rabibochant avec les ouvriers ?
« C’est la tentation naturelle de la gauche, qui ne peut se résoudre, pour des raisons historiques, à perdre les classes populaires. » Un archaïsme, on devine, une telle « tentation ». Car cette « stratégie se heurte désormais à un obstacle de taille : le nouveau Front national. En voie de dé-diabolisation, et donc bientôt fréquentable, le FN de Marine Le Pen a opéré un retournement sur les questions socioéconomiques, basculant d’une posture poujadiste néolibérale (anti-État, anti-fonctionnaires, anti-impôts) à un programme de protection économique et sociale équivalent à celui du Front de gauche. Pour la première fois depuis plus de trente ans, un parti entre à nouveau en résonance avec toutes les valeurs des classes populaires : protectionnisme culturel, protectionnisme économique et social. Le FN se pose en parti des classes populaires, et il sera difficile à contrer. » Mieux vaut donc renoncer à la reconquête des ouvriers/employés. Et les laisser à l’extrême droite…

À la place, le rapport recommande « la stratégie centrale ‘France de demain’ : une stratégie centrée sur les valeurs » : « Si la coalition historique de la gauche est en déclin, une nouvelle coalition émerge. Sa sociologie est très différente : 1. Les diplômés. 2. Les jeunes. 3. Les minorités et les quartiers populaires. 4. Les femmes. Contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socioéconomiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes : elle veut le changement, elle est tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive.  »

1984, année clé

L’abandon des classes populaires était déjà opéré : voici qu’il est théorisé. Sciemment dirait-on, écrit noir sur blanc, ces penseurs envoient les ouvriers/employés dans la gueule du fascisme soft. Eux préfèrent ce risque, ce pari hardi, plutôt que de mettre en œuvre, eux-mêmes, directement, un « protectionnisme économique et social ».
C’est un remake, croirait-on.
En 1984, le chômage grimpait de 25% en douze mois. Les premiers contrats précaires, dits TUC – Travaux d’Utilité Collective – sont votés en décembre. L’ouverture des Restos du Cœur ne tardera plus. Les sidérurgistes lorrains sont liquidés, eux s’attaquent au château du « maître des forges » et affrontent les CRS dans les rues de Paris. Que fait alors le nouveau Premier ministre, Laurent Fabius ? Défend-il cette classe ouvrière qui, à 74%, a voté pour le candidat socialiste au second tour de la présidentielle ? Tout le contraire, il enfile les habits de la gauche moderne et sermonne les rétrogrades : « La dénonciation systématique du profit est désormais à ranger au magasin des accessoires ». Après la « lutte des classes », refrain du Mitterrand de la décennie 70, succédait une autre bataille : « la bataille de la compétitivité et de l’emploi ». Le lâchage, alors, est manifeste. Il démarre ce jour-là.

Cette même année 1984, on retrouve Jean-Marie Le Pen – sur FR3 Lorraine, justement : « Ça ne vous paraît pas évident que le nombre de plus de six millions d’étrangers en France est en relation directe avec le fait qu’il y ait trois millions de chômeurs ? Ca me paraît évident et ça paraît d’ailleurs évident à beaucoup de Français. » Cette « évidence » gagnait du terrain, en effet : longtemps groupusculaire, le Front national franchissait cette année-là la barre des 10% aux élections européennes...

Comment, dès cette époque, la gauche pouvait combattre efficacement la montée de l’extrême droite ? En abreuvant les médias de discours moralisants ? Ou en défendant les intérêts des travailleurs, en s’opposant à un libre-échange qui balayerait bientôt le textile, la confection, la métallurgie, etc. ? Le choix fut clair : en 1984 toujours, se créait SOS Racisme, téléguidé depuis l’Élysée. Et le socialiste Jacques Delors partait pour Bruxelles, en 1984 encore, relançant une Europe de la « libre circulation des marchandises et des capitaux » main dans la main avec la « European Round Table », le Medef européen. Toute l’équation fut posée alors. Le rapport de Terra Nova ne fait que la prolonger, qu’en tirer les conclusions ultimes. Avec franchise, cette fois.

Jusque chez Solidaires

C’est le Parti socialiste, cette note, haussera-t-on les épaules. Et même plutôt son aile droite. Soit. Mais j’intervenais, invité par Solidaires, lors d’une journée syndicale en Ardèche : « Vous dites que les usines se délocalisent, m’interpelait un participant. Bon, et alors ? Les ouvriers vont faire autre chose, ils vont suivre des formations, ils deviendront qualifiés, ou ils occuperont des emplois de service, ou ils se lanceront dans le tourisme... Ça prendra un peu de temps, peut-être, une ou deux générations, mais il suffit de s’adapter. »
Un militant, donc, qui énonçait ça. Malgré des nerfs en boule, j’attaque posément :
– Vous faites quoi, comme métier ?
– Enseignant. Pourquoi ?
– Est-ce que votre recteur vous a déjà annoncé que, à la rentrée, il supprimait votre poste ? Que vous devriez songer à une reconversion comme mécanicien ?
– Non non, d’accord...
– Est-ce que, à un de vos collègues, on a déjà proposé de conserver son emploi, mais en Tunisie par exemple et pour quatre fois moins cher ?
– ...
– Dites-moi ?
– Non, bien sûr.
Donc ça va, vous, vous ne vous sentez pas trop menacés par le professeur chinois ? Moi, c’est pareil : France Inter ne va pas recruter tout de suite des reporters roumains. Et c’est pareil pour les médecins, qui ne redoutent pas trop l’arrivée du stomatologue polonais, ou pour les avocats, ou pour les éditorialistes, etc. Et nous qui sommes bien à l’abri, nous qui n’avons pas à subir cette mise en concurrence, on vient leur dire : ’C’est pas si grave... Devenez qualifiés...’ Quand on songe que, durant un siècle, la gauche avait lié son destin à la classe ouvrière, c’est bizarre, quand même, non, ce discours ici ? »

Le lâchage des classes populaires était moins conscient, ici, mais c’était le même.

Les deux cœurs de la gauche

Il y a une dizaine d’années, dans L’Illusion économique, le démographe Emmanuel Todd observait déjà le « divorce des deux cœurs sociologiques de la gauche » :

Les enseignants, qui constituent l’un des cœurs sociologiques de la gauche, sont faiblement menacés par l’évolution économique. N’ayant pas à craindre au jour le jour le licenciement ou une compression de salaire, ils ne se sentent pas menacés d’une destruction économique, sociologique et psychologique. Ils ne sont donc pas mobilisés contre la pensée zéro. (...) Sans être le moins du monde ‘de droite’, statistiquement, ou favorables au profit des grandes entreprises, ils sont atteints de passivisme et peuvent se permettre de considérer l’Europe monétaire et l’ouverture des échanges internationaux comme des projets idéologiques sympathiques et raisonnables. L’immobilité idéologique des enseignants les a séparés de cet autre cœur sociologique de la gauche que constituent les ouvriers, qui eux subissent, depuis près de vingt ans, toutes les adaptations, tous les chocs économiques concevables. Les résultats électoraux des années 1988-1995 mettent en évidence cette dissociation, peut-être temporaire, des destins. La stabilité du vote enseignant pour la gauche, aux pires moments de la plongée du Parti socialiste, a contrasté avec la volatilité du vote ouvrier, désintégré, capable de se tourner vers le Front national comme vers l’abstention.

Dans son ouvrage suivant, Après la démocratie (2008), le même intellectuel citait un sondage :

« Pour chacune des questions suivantes, pouvez-vous me dire si elle évoque pour vous quelque chose de très positif, d’assez positif, d’assez négatif ou de très négatif ?’ Concernant le protectionnisme économique, 53 % des sondés lui étaient favorables, 31% défavorables. Sans opinion : 16 %. « Les plus favorables au protectionnisme sont les 18-24 ans (67 % contre 18 %) et les ouvriers (63 % contre 19 %). Ce résultat est tout à fait rassurant sur l’état mental de nos concitoyens parce qu’il est adapté à la réalité économique : les jeunes et les ouvriers sont les principales victimes du libre-échange. »

Il y a une dizaine d’années également, nous lancions Fakir. Autour de nous, à Amiens, de Honeywell à Whirlpool en passant par Magneti-Marelli, nous avions tout loisir d’observer les coups portés au monde ouvrier. Et pire, sans doute : cette violence sociale ne suscitait que de l’indifférence parmi nos élites municipales de droite (qui titraient sur « Un Carnaval fou et gratuit ! » la semaine où Yoplait fermait ses portes), et nos élites nationales de gauche (avec un Lionel Jospin parti en campagne présidentielle sans prononcer le mot « ouvrier », et sans croiser une licenciée de chez Lu).
On connaît la suite.
Elle est méritée.

C’est comme si l’histoire repassait aujourd’hui les plats et que, malgré les 55 % de « non » le 29 mai 2005, malgré le naufrage de l’idée libérale dans la crise, nous n’avions rien appris. C’est comme si les pesanteurs sociologiques, cette emprise de la petite-bourgeoisie intellectuelle – dont nous sommes – sur les partis, les syndicats, les médias, maintenait la bien-pensance libre-échangiste tel un carcan, et ouvrait – consciemment désormais – un boulevard à l’extrême-droite. Avec la modestie de nos moyens, nous poursuivrons notre effort inverse : réunir les deux cœurs sociologiques de la gauche, car rien de beau, rien de grand, ne se fera sans ces deux forces.

Je revendique un « protectionnisme économique et social » allié au « progressisme culturel », et sans y voir nulle contradiction : il faut de la confiance en soi, dans son avenir, se sentir rassuré pour ses enfants, protégé dans son emploi, son logement, sa retraite, pour accueillir avec sérénité le changement, la nouveauté, l’étranger.

Les pleureuses du 1er mai

Quand le FN grimpera à 15, 20 ou 25 %, oseront-ils encore nous servir des leçons de morale ? Monopoliseront-ils à nouveau les antennes pour nous appeler à des « sursauts républicains » et compagnie ?
Oui, ils oseront.
Ils osent déjà.
Le premier mai, j’entendais ça, au journal de 8 heures, sur France Inter :
« Pour Bernard Thibault et François Chérèque, l’enjeu est de ne pas laisser la rue au FN. Depuis quelques mois, alors qu’une poignée de militants d’à peu près tous les syndicats ont affiché leur appartenance à l’extrême droite, l’intersyndicale s’attache à combattre le discours social de Marine Le Pen. Un texte commun contre la préférence nationale a été diffusé, et la lutte pour l’égalité des droits et contre les discriminations est mise en avant dans l’appel à manifester. Un FN dont la montée dans les classes populaires ne laisse pas d’inquiéter les grandes confédérations. » Interviewée ensuite, Nadine Prigent, de la CGT, se lançait dans des « C’est dangereux pour les salariés », « Il faut une forme de mobilisation », etc. Des bonnes intentions, des leçons de morale. À croire qu’on n’en est jamais lassés. Au journal de 9 h, un « expert des relations sociales et syndicales », Bernard Vivier, « directeur de l’Institut Supérieur du Travail », nous enfonçait dans cette impasse : « Le FN développe aujourd’hui un discours qui se veut social et qui est en train de concurrencer les principes d’action de syndicats que l’on qualifie de républicain. Le projet qui manque, c’est un discours d’ouverture qui fasse barrage à un discours uniquement centré sur le repli sur soi et le nationalisme. »
Et si ce qui manquait, au contraire, à gauche, c’était un discours ferme et de fermeture ? Oui, de fermeture, partielle, des frontières aux marchandises et aux capitaux ? Car pour l’ « ouverture », ça fait trente ans qu’elle est menée grandeur nature. Depuis bien assez longtemps, en tout cas, pour que les Français – et les « classes populaires » aux premières loges – en tirent des conclusions logiques. Et si ce qui manquait, à nos partis et nos syndicats, c’était une révision franche, brutale, de leurs positions à l’égard du libre-échange et du protectionnisme – qui les mettent en phase avec les attentes populaires ?

 

http://www.fakirpresse.info/Le-grand-lachage-de-la-classe,245.html

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:19

Dans la question des “emprunts toxiques”  des collectivités territoriales et autres établissements publics, la banque Dexia, sans être la seule concernée, loin s’en faut, a est certainement celle qui est la plus en pointe, comme le montre bien l’enquête de Libération sur ce sujet, même si cette enquête peut être contestée sur tel ou tel point,  ce qui ne met nullement en cause l’ensemble de la critique.

Ce n’est absoluemnt pas un hasard car cette banque a une histoire très particulière : elle résulte en effet de la fusion en 1996 de deux établissements issus d’une logique publique, le Crédit local de France et le Crédit local de Belgique, dans une banque au capital très majoritairement privé

Et le Crédit local de France, établissement de droit privé, est lui même la transformation en 1987 de la Caisse d’Aide à l’Equipement des Collectivités Locales, la CAECL, établissement public, outil de la Caisse des Dépôts et Consignations, et  interlocuteur historique des collectivités locales, dont le capital a été ouvert, à hauteur de 50 % par le gouvernement de Michel Rocard en 1991.

Un homme a joué dans ces transformations succesives, d’un établissement public à une société privée, un rôle déterminant, Pierre Richard (pas l’acteur, son homonyme, le haut-fonctionnaire devenu banquier). qui a fondé Dexia en 1987 et l’a dirigé jusqu’en 2008.

Polytechnicien, celui-ci va commencer une carrière de haut fonctionnaire, en particulier à l’EPA de Cergy-Pontoise, alors sous la responsabilité d’un grand commis de l’Etat, Bernard Hirsch (le père de Martin), avant, très vite, d’être appelé dans les cabinets ministériels, puis en 1974, d’être nommé par Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République pour suivre les dossiers des collectivités locales, de l’aménagement du territoire, de l’environnement, de l’urbanisme et de la construction.

Nommé en 1978, Directeur général des collectivités locales au Ministère de l’Intérieur, il participe à l’élaboration des projets de loi de décentralisation pour le compte de la gauche, et tout particulièrement du Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Gaston Deferre. De janvier 1983 à juin 1993, il est directeur général adjoint de la Caisse des dépôts et consignations, en charge du Département des prêts aux collectivités locales.

Un tel parcours prédisposait assez naturellement à prendre la responsabilité de ce qui va devenir le premier financier mondial des collectivités locales et des services publics, par la fusion des deux structures française et belge, puis par leur privatisation, qui va induire un très fort développement au niveau international (en Amérique, en Italie, en Europe centrale, en Turquie…) avec une introduction en Bourse, à Bruxelles et à Paris.

Tout en exerçant son métier de banquier au niveau mondial, Pierre Richard va se voir confier un certain nombre de fonctions publiques au niveau français, dont la rédaction à la demande du ministre délégué au budget, Jean-François Copé, d’un rapport, fort intéressant et préfigurant sur bien des points ce qui va se concrétiser dans la réforme des collectivités territoriales« Solidarité et performance : les enjeux de la maîtrise des dépenses publiques locales »

Le texte incite clairement les collectivités à « s’engager davantage dans des démarches de rigueur financière et d’amélioration de la productivité de leurs services »

Comment ne pas s’étonner que l’auteur de ce rapport, paru en  Décembre 2006, soit exactement en même temps le patron d’une banque qui incite les collectivités à souscrire à des emprunts structurés qui vont s’avérer totalement contradictoires avec l’objectif affiché de  rigueur financière ? Dédoublement de personnalité ou rigueur nécessaire pour les uns et avantages considérables pour les autres ?

Comment ne pas penser que les élus locaux ont eu naturellement confiance dans une banque, interlocuteur historique, dont le patron est celui là même qui est mandaté par le Gouvernement pour proposer des mesures accrues de rigueur dans la gestion des collectivités, alors qu’elle formulait dans le même temps des propositions de prêts avec des conditions parfaitement incompréhensibles pour des non-experts en produits financiers très sophistiqués (et encore, on se demande si les experts eux-même comprenaient tout !) ? C’est ce sentiment qu’exprime sans équivoque le Président de l’Association des Maires de France, Jacques Pélissard, dans une entrevue à 20 Minutes, quand il rappelle que les  toutes les banques ont une obligation de conseil et que certaines y ont manqué.

Comment expliquer qu’un haut-fonctionnaire, manifestant son souci de saine rigueur pour les collectivités territoriales, ait pu devenir l’acteur déterminant de leur fragilisation financière, guidée par la seule stratégie d’une banque croyant que son avenir était dans la sophistication croissante de produits sur le marché financier mondial, et qui s’y est surtout fragilisée elle-même ?

Pour tenter d’avoir une réponses à ses interrogations, il nous faut revenir sur ce qui s’est passé en 2008, au moment de la crise financière, où Dexia n’a du sa survie qu’à l’intervention publique massive, avec une injection de 6,4 Milliards d’Euros de la part des gouvernements français (avec l’appui de la Caisse des Dépôts et Consignations), belges et luxembourgeoois..

Les deux dirigeants, Pierre Richard, le Président du Consil d’Administration, et Axel  Miller, Président du Comité de direction, ont démissionné le 30 Septembre 2008, face à la dégringolade du titre qui avait perdu 30 % de sa valeur dans une seule séance boursière. Pierre Richard touche toutefois une confortable retraite complémentaire, dite “chapeau”  de 583.000 euros par an. qui a nécessité dans les comptes de Dexia une provision de 11,6 millions d’euros car l’avantage a été programmé sur 20 ans, comme nous le mentionne l’Expansion.

Et si, au fond, un des fondements de ces évolutions n’était pas, tout simplement, une augmentation très importante, par rapport à ce que peut toucher un haut-fonctionnaire,  des revenus de celui qui, par ses positions diverses, en a été tout à la fois le concepteur, le réalisateur et l’un des principaux bénéficiaires. ?

Enfin, mentionnons que Pierre Richard était aussi, entre autres administrateur du Monde. Cela peut expliquer une certaine réserve de ce journal, et des media en général, à analyser ses pratiques. Il n’est pas certain que la démocratie s’accommode de ce mélange des genres entre public et privé d’une part, entre action et information d’autre part. 

En tous cas les élus des nombreuses collectivités ayant souscrit ces emprunts structurés/toxiques savent qui en sont les victimes, en attendant que ce soit le tour du contribuable d’être mis à contribution.

 

http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/2011/09/23/dexia/

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Published by valenton rouge - dans France
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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:10

carte-emprunts-toxiques-dexia.jpg

 

carte des emprunts toxiques

 

Dans son édition du 21 septembre 2011, le journal Libération détaille un fichier confidentiel de Dexia Credit Local (DCL) concernant quelques 5.500 collectivités locales et établissements publics français ayant souscrit des « prêts toxiques » auprès de cette banque entre 1995 et 2009.
Des communes de l’agglomération toulonnaise, le Conseil général du Var et la Région PACA sont cités.

DEXIA ?

Dexia est une banque dont l’objet principal est de financer les collectivités locales. Dexia prête aux villes, aux départements, aux régions, aussi aux hôpitaux, aux organismes HLM etc. Elle n’est pas la seule, toutes les grandes enseignes jouent dans cette cour, avec ceci de particulier que leurs débiteurs sont élus par le peuple et n’engagent pas leur propre argent. La Société générale joue, le Crédit agricole joue, la Caisse d’épargne joue etc. Il ne faudrait donc pas imaginer que le fichier récupéré par Libé présente un caractère exhaustif, d’autres banques ont pu vendre des prêts pourris et vous n’en saurez rien. En tant qu’ancien Crédit Local de France, financier historique des collectivités, Dexia peut toutefois rester l’option de facilité pour les demandeurs. Du genre : on a bossé avec vous jusque-là et même si je ne comprends rien à vos salades, on va continuer. « La banque accompagne les collectivités locales et l’ensemble des acteurs publics et parapublics dans la réalisation de leurs projets » dit une accroche publicitaire. Alors voyons voir ce que l’ "accompagnement" à la sauce Dexia signifie (ou a signifié).

Prêts toxiques ?

Ce terme qualifie des "produits structurés" présentant un risque maximum (pour le couillon d’emprunteur, essentiellement). « Les crédits dits structurés ont pour vocation de réduire les frais financiers et de minimiser le coût de la dette » explique pourtant Dexia en 2011. Les crédits qui nous intéressent s’appuient sur des taux d’intérêt variables indexés sur des valeurs très volatiles comme la parité entre les monnaies, le cours du pétrole, l’évolution de la situation climatique ou le classement du RCT dans le top 14 [1]. Évitons les exemples précis : vous êtes beaucoup trop cons pour comprendre la complexité des mécanismes. Nous aussi, d’ailleurs. Et les directeurs financiers des communes, et les édiles ! Qui signent des documents dont ils ne comprennent pas la teneur, ah ah ! Qu’à cela ne tienne : avec l’ancien Crédit Local de France, la confiance est de mise.
« Il faut reconnaître qu’un certain nombre de collectivités, qui ne disposaient pas des compétences internes suffisantes pour bien évaluer et souscrire de tels produits, se sont retrouvées confrontées à une stratégie marketing habile et agressive des banques auxquelles elles ont trop fait confiance, parfois tout simplement par habitude. Certes, elles auraient pu se faire aider par des conseils, mais encore fallait-il qu’elles disposent en interne d’un minimum de compétences dans le domaine afin de conserver un point de vue libre et distancié sur les recommandations de ces mêmes conseils » [2].

Le contribuable vulgaire ne comprend rien, l’élu d’élite ne comprend rien non plus. Et la crème de banquier, maîtrise-t-elle vraiment les montages qu’elle propose ? On peut légitimement en douter : il n’y a pas que des cyniques, dans cette profession. Bref, voilà une authentique conjuration d’imbéciles.

Contrepartie ?

Dexia agit comme courtier. Elle prépare ses cocktails avec des banques spécialisées qui assureront la contrepartie financière. Tous les prêts dont il est question ont été contractés un peu avant la crise de 2008, voire pendant, quand ce n’est pas après (en considérant que la crise de 2008 est achevée et qu’on est désormais dans la crise de 2011).

Au moment même où les États recapitalisaient les banques affaiblies par des spéculations hasardeuses — au premier rang desquelles Dexia —, les collectivités françaises continuaient de contracter auprès des mêmes établissements des prêts "structurés" sur des spéculations toujours aussi hasardeuses. C’est beau.

Quels sont ces organisations avec lesquelles il fait bon d’être en affaire ? Bank of America, recapitalisée en 2008-2009. Royal Bank of Scotland, partiellement nationalisée en 2008. Dexia, sauvée par les gouvernements français, belge et luxembourgeois en 2008. Des noms connus, maintes fois cités dans la presse depuis trois ans. Rappelons qu’on soupçonne Goldman Sachs et JP Morgan d’avoir aidé la Grèce à camoufler sa dette. Les deux enseignes, avec Bank of America, sont impliquées dans le scandale de saisies immobilières particulièrement brutales aux Etats-Unis. Et allez savoir pourquoi, chaque fois qu’on évoque l’affaire Madoff, on cite aussi JP Morgan. Autre chose : on a récemment appris que Deutsche bank et Goldman Sachs étaient au centre « d’une enquête britannique visant à déterminer si certains établissements financiers ont frauduleusement présenté certains titres financiers à leurs clients et contreparties sous un jour trompeur » (Reuters, 5 septembre 2011). Etc.

Surcoût ?

Ces sommes parfois impressionnantes font tout le sel du document de Dexia. C’est un surcoût "attendu", établi « par Dexia selon une méthodologie qui prend en compte la "valeur de marché" (le mark to market) du produit structuré ; en d’autres termes, c’est le surcoût [pour les collectivités] estimé par rapport aux intérêts calculés au moment de la signature initiale » (Libération, 21 septembre). Dexia réagit sans tarder en étouffant un hoquet d’indignation : « des données erronées et tronquées ont servi de support à cet article qui met en cause la compétence et l’intégrité des collaborateurs de Dexia ainsi que des élus et agents administratifs des collectivités locales, ce qui est inacceptable ». « Il est totalement infondé et irresponsable d’avancer que "des milliers de communes françaises sont en faillite en raison des crédits structurés souscrits auprès de Dexia" ».

On se demandera toutefois pourquoi la banque a pris soin, en novembre 2009, d’auto-édicter 10 engagements relatifs aux prêts structurés. À la première ligne, on lit que « Dexia s’engage à ne proposer à ses clients aucun nouveau crédit les exposant à des risques sur le capital de leurs emprunts ou sur certains indices à risque élevé (matières premières, actions, devises, indices hors OCDE) ». Le mot important dans cette phrase est bien sûr le "nouveau" de "nouveau crédit". Qui tend à signifier qu’avant, pour les "anciens" crédits donc, c’était la foire à la saucisse.

Depuis la publication des données, des maires dénoncent des erreurs d’appréciation visant à appuyer un discours catastrophiste. Libération relativisait déjà l’usage qu’on pouvait en faire, chaque surcoût concluant une analyse prévisionnelle, une estimation de ce que la collectivité aurait à payer à l’instant t si elle décidait soudain de solder son emprunt. D’autre part, certaines collectivités ont peut-être pu renégocier un certain nombre d’éléments avec leur partenaire minceur. Mais pour autant, il ne faut pas minimiser l’ampleur du problème. Le Président du Conseil général de Seine-saint-Denis n’a pas attendu le dossier de Libé pour traîner Dexia — entre autres — devant le tribunal. L’actuel maire de Saint-Étienne, qui fut bien embêté au lendemain de son élection en 2008 quand il se rendit compte que sa ville était blindée de crédits toxiques, demandait en juillet dernier la création d’une structure de "défaisance" dont la Cour des Comptes a pour l’instant refusé le principe. Le cas de Saint-Étienne devient d’ailleurs emblématique, un bon coup de pub : on n’a jamais autant parlé de la préfecture de la Loire depuis Robert Herbin et les poteaux carrés (encore une triste histoire).

Les données !

Voici enfin celles intéressant la rade toulonnaise, telles que publiées par Libération le 21 septembre dernier. La prochaine fois que vous constaterez une augmentation des impôts locaux, c’est à dire la prochaine fois, essayez d’estimer la part ponctionnée par les banques privées. Après tout, il n’y a pas de raison qu’il n’y en ait toujours que pour les écoles, les routes, les hôpitaux et le logement social.

Et si vous trouvez qu’il ne sert à rien que des collectivités se pressent pour être évaluées par des agences de notation (c’est payant) si c’est pour finalement contracter des prêts pourraves à des taux dépassant largement le seuil de l’usure, c’est que vous n’avez rien compris. Vous n’êtes sans doute ni banquiers, ni gestionnaires de catégorie A, ni élus de la République.

Légende :
Types de prêts : (1) "structures complexes d’options sur taux de change" ; (2) "structures complexes d’options sur écart de taux CMS ; (3) "structures complexes d’options sur taux d’intérêt" ; (4) "structures complexes d’options sur taux d’inflation".
Ratio : rapport surcoût / montant.

Carqueiranne
Prêts contractés pendant le mandat de Marc Giraud (UMP)

Contrepartie Type Date / durée Montant Surcoût Ratio
Royal Bank of Canada (2) 2007 / 19 ans 2.7111.000 553.000 20,4%
JP Morgan (3) 2007 / 18 ans 2.449.000 395.000 16,13%






Total

5.160.000 948.000 18,37%

Hyères
Prêts contractés pendant le mandat de Léopold Ritondale (DVD)

Contrepartie Type Date / durée Montant Surcoût Ratio
Crédit Suisse (2) 2007 / 15 ans 3.658.000 553.000 2,16%
Goldman Sachs (3) 2004 / 20 ans 198.000 395.000 4,95%






Total

7.658.000 277.000 3,62%

Ollioules
Prêt contracté pendant le mandat de Robert Beneventi (UMP)

Contrepartie Type Date / durée Montant Surcoût Ratio
Royal Bank of Scotland (2) 2010 / 25 ans 3.349.000 303.000 9,05%

Le Pradet
Prêts contractés pendant le mandat de Roland Joffre (PRG)

Contrepartie Type Date / durée Montant Surcoût Ratio
Goldman Sachs (2) 2008 / 24 ans 4.119.000 342.000 8,3%
Deutsche Bank (3) 2003 / 21 ans 2.592.000 169.000 6,52%
Dexia Bank Belgium (3) 2006 / 17 ans 1.401.000 72.000 5,14%






Total

8.112.000 583.000 7,19%

La Seyne-sur-Mer
Prêts contractés pendant le mandat d’Arthur Paecht (UMP) puis Marc Vuillemot (PS) après 2008.

Contrepartie Type Date / durée Montant Surcoût Ratio
JP Morgan (1) 2007 / 22 ans 8.733.000 3.486.000 39,92%
Crédit Suisse (1) 2007 / 22 ans 8.733.000 3.539.000 40,52%
Crédit Suisse (1) 2007 / 22 ans 8.733.000 3.169.000 36,29%
Royal Bank of Scotland (2) 2006 / 20 ans 2.238.000 279.000 12,47%
Dexia Bank Belgium (2) 2009 / 12 ans 7.258.000 798.000 10,99%
Goldman Sachs (3) 2009 / 17 ans 9.496.000 786.000 8,28%






Total

49.316.000 12.164.000 24,67%

Six-Fours les plages
Prêts contractés pendant le mandat de Jean-Sébastien Vialatte (UMP).

Contrepartie Type Date / durée Montant Surcoût Ratio
Crédit Suisse (1) 2008 / 20 ans 3.853.000 1.038.000 26,94%
Deutsche bank (2) 2008 / 20 ans 3.853.000 466.000 12,09%
Morgan Stanley (3) 2008 / 20 ans 3.853.000 608.000 15,78%
Bank of America (3) 2008 / 20 ans 3.853.000 1.022.000 26,52%






Total

15.412.000 3.134.000 20,33%

Toulon
Prêt contracté pendant le mandat de Hubert Falco (UMP).

Contrepartie Type Date / durée Montant Surcoût Ratio
Goldman Sachs (3) 2003 / 12 ans 5.634.000 316.000 5,61%

Département du Var
Prêt contracté pendant le mandat de Horace Lanfranchi (UMP).

Contrepartie Type Date / durée Montant Surcoût Ratio
Dexia Bank Belgium (3) 2009 / 24 ans 104.400.000 8.152.000 7,81%

Région Provence Alpes-Côte d’Azur
Prêt contracté pendant le mandat de Michel Vauzelle (PS).

Contrepartie Type Date / durée Montant Surcoût Ratio
JP Morgan (4) 2007 / 25 ans 38.282.000 5.366.000 14,02%

[1] Ne riez pas trop : le système est tellement dingue qu’il n’y a aucune raison pour qu’on ne spécule pas là dessus, du moment qu’il y a du blé à se faire.

[2] In La gestion de la dette publique locale, discours de Didier Migaud, premier Président de la Cour des Comptes, 13 juillet 2011.

 

 

http://www.cuverville.org/article43396.html

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