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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 20:21

1734463966.jpgA toi mon frère! S'il ne nous reste qu'à prier avec toi, sache cher Troy Davis, que je prie avec toi. Et si Dieu n'existe pas pour que de telles injustices soient jugées, je dirai, comme Mircea Eliade, tout est cendre! Si tu pars ce soir, en cette Journée mondiale de la célébration de la Paix que le souffle de la Paix de l'âme t'accompagne! Comment tes bourreaux eux dormiront ils tranquilles et dire que l'Amérique es dirigée par un Noir!

Je fais miens ces propos de mon collègue, le doyen Jean Noel Cuénod, journaliste correspondant de la Tribune de Genève à Paris. Clairvoyant, humaniste et d'une exquise plume J.N.C a écrit sur son blog en pensant à cet Américain Noir qui va mourir pour rien. Au détriment de toute logique!

"Fais ta prière, Troy Davis. Ta mort est programmée à 23 heures GMT. Programmée. Car aux Etats-Unis, on programme la mort, comme un rendez-vous avec son médecin. Saut que cette fois-ci, le bourreau à blouse d’infirmier va t’inoculer dans tes veines un remède radical qui supprime toutes les souffrances, à titre définitif. Ils voulaient un coupable, là maintenant. Tout de suite. Contre toi, aucune preuve matérielle. Ah si, une seule mais déterminante: ta peau. Noire. Et celle du policier tué, blanche. (Jean Noel Cuenod Tribune de Genève)

 

Et souviens - toi de la sagesse de tes ancêtres d'Afrique

«  Les morts ne sont pas morts
Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s'entend
Entends la voix de l'eau
Ecoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C'est le souffle des ancêtres.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis
Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire
Et dans l'ombre qui s'épaissit,
Les morts ne sont pas sous la terre
Ils sont dans l'arbre qui frémit,
Ils sont dans le bois qui gémit,
Ils sont dans l'eau qui coule,
Ils sont dans l'eau qui dort,
Ils sont dans la case, ils sont dans la foule
Les morts ne sont pas morts.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis,
Ils sont dans le sein de la femme,
Ils sont dans l'enfant qui vagit,
Et dans le tison qui s'enflamme,
Les morts ne sont jamais sous terre,
Ils sont dans le feu qui s'éteint,
Ils sont dans le rocher qui geint,
Ils sont dans les herbes qui pleurent,
Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,.. »

 

(Les morts ne sont pas morts Birago Diop, Sénégal)


El hadji Gorgui Wade NDOYE, directeur de publication et Rédacteur en Chef du magazien panafricain www.ContinentPremier.Com


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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 20:06

110920_Madame-le-procureur-248x300.jpgIl suffisait de regarder les visages sombres des avocats de la défense des prévenus pour prendre la mesure de la gêne grandissante qui a saisi la salle à l’écoute, mardi 20 septembre, des deux procureurs chargés de requérir une relaxe générale au procès de Jacques Chirac. Car l’affirmation appuyée de la parfaite innocence de leurs clients – et du premier d’entre eux, l’ancien président de la République – était pour eux bien davantage un piège qu’un atout.

Contre un réquisitoire, on peut se battre, argumenter. Contre une plaidoirie laborieuse, reprenant aussi docilement les consignes reçues de leur hiérarchie d’abandonner toutes les charges, le malaise l’emportait.

A entendre les procureurs Michel Maes et Chantal de Leiris, il y a pourtant bien un coupable dans toute cette affaire de chargés de mission de la Ville de Paris, ce sont…les juges d’instruction qui ont renvoyé Jacques Chirac et neuf autres prévenus devant le tribunal.

Coupable, cette « affirmation péremptoire » de la juge Xavière Simeoni, selon laquelle il existait un « système » qui permettait au maire de Paris de faire prendre en charge par la collectivité des emplois qui bénéficiaient à son mouvement et à son activité politiques.

Coupable, encore, cette « formule lapidaire » de la juge, relevant dans son ordonnance de renvoi que Jacques Chirac est « l’auteur, le concepteur et le seul bénéficiaire » du recrutement des chargés de mission. Chantal de Leiris l’affirme : «la procédure de recrutement des chargés de mission est exclusive de tout arbitraire et de tout système frauduleux ».

Tout juste concède-t-elle que cette procédure est « imparfaite » et que le suivi des recrutements était « perfectible ». Mme de Leiris explique encore que la vingtaine d’emplois suspects retenus par l’instruction représentent « une goutte d’eau » - elle répète « une goutte d’eau ! » - dans la masse des 35.000 salariés de la Ville de Paris à l’époque.

La même mansuétude du parquet vaut pour les directeurs de cabinet de M. Chirac, qui, sous ses mots, deviennent de vagues exécutants, un simple « maillon de la chaîne » du recrutement, sans aucun rôle de contrôle financier ou d’opportunité.

Mais le plus fort est à venir. Les deux procureurs vont désormais reprendre un à un les emplois contestés pour justifier du bien fondé de leur recrutement. Que l’audience ait révélé, pour certains d’entre eux, que nul ne les connaissait, qu’il leur était souvent très difficile d’expliquer eux-mêmes la mission qui leur incombait, qu’aucune trace de leur travail n’ait pu être retrouvée, n’a aucune importance, puisque les deux procureurs sont là pour voler à leur secours.

Que l’on ne trouve pas les rapports qu’ils ont rédigés ? « Eh bien, on ne peut pas tout archiver ! », dit Mme de Leiris.

Qu’un chargé de mission appartenant à la cellule corrézienne du maire de Paris n’ait jamais mis les pieds dans la capitale ? « Il faisait, comme on dirait maintenant, du télétravail », explique Michel Maes.

Que l’épouse de l’ancien maire (RPR) de Dijon, Robert Poujade, ait été employée par M. Chirac pour faire des notes après « les événements de 1981 » - c’est sa formule - ? Rien d’étonnant, « elle était agrégée de lettres, ce qui est tout de même une référence », observe le procureur.

Que la fille d’un maire de Corrèze ait elle aussi bénéficié d’un contrat pour faire des fiches de lecture à M. Chirac, qui n'ont pas davantage été retrouvées, n’est pas un problème puisqu’« elle a apporté la liste des livres qu’elle avait lus ».

Que personne ne sache qui était cet agent des impôts rémunéré par la Ville de Paris, s’explique par le fait que l’administration des finances lui imposait « des horaires stricts et un carcan administratif » qui l’empêchaient sans aucun doute de venir plus souvent à l’Hôtel de Ville.

Les emplois n’étaient donc pas fictifs, ils étaient au mieux « flexibles », assure le procureur Michel Maes, et les prestations fournies « étaient certes immatérielles mais ponctuelles », même si, pour certains d’entre eux, il a pointé parfois « une petite baisse d’activité ».

Il en existe tout de même un, un seul, sur lequel le parquet a des doutes, c’est le cas de l’emploi par la Ville, du chauffeur et garde du corps de l’ancien secrétaire général de Force ouvrière, Marc Blondel. On frissonne.

Michel Maes rassure tout de suite l’auditoire : si jamais, indique-t-il au tribunal, celui-ci devait considérer qu’il y a bien là une infraction, le procureur réclame une dispense de peine.

Enfin, et surtout, ont martelé les deux procureurs, « la preuve n’a pas été rapportée par l’instruction que Jacques Chirac avait connaissance » de ces recrutements.

On se demande alors bien pourquoi Jacques Chirac et l’UMP ont jugé nécessaire de rembourser au centime la Ville de Paris de son préjudice financier évalué à plus de deux millions d’euros.

 

 

(Croquis d'audience de Noëlle Herrenschmidt)

 

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2011/09/20/proces-chirac-du-requisitoire-ne-reste-que-le-nom/

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 20:01

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 19:59
arton14683-5d58c.jpgnouvelles émeutes à Bahrein après la mort d’un adolescent entre les mains de police


On avait pensé à Washington pouvoir dompter les flammes de la rébellion populaire qui s’était propagée dans les pays arabes qui leur sont alliés, et mettre le feu à d’autres qu’ils ne contrôlent pas (ils y sont arrivés en Libye), de façon à construire sur leurs cendres le « Grand Moyen-Orient » dont ils ont toujours rêvé, celui sous bannière étoilée, flanquée de la rose des vents de l’OTAN. Mais, bien qu’ils y mettent le paquet, les choses ne vont pas comme ils voudraient. Surtout au Bahrein et au Yémen, supports importants de leur stratégie. Au Bahrein les Etats-Unis ont le quartier général des forces navales de leur Commandement central. Situé à 200 Kms à peine de l’Iran, il dispose de dizaines de navires de guerre, porte-avions et unités d’assaut amphibie compris, avec 28 mille soldats et 3 mille à terre, qui opèrent en Mer Rouge, dans la Mer d’Arabie et dans d’autres parties de l’Océan Indien, pour « assurer la paix et la stabilité et protéger les intérêts vitaux de l’Amérique » (des Etats-Unis d’Amérique, NdT). En d’autres termes, pour conduire les guerres en Irak et Afghanistan et en préparer d’autres (Iran et Syrie sont dans le collimateur). D’où l’importance du Bahrein, que les Etats-Unis ont désigné comme « plus grand allié non-OTAN ». La monarchie héréditaire, garante de la solide alliance, continue cependant à être assiégée par la rébellion populaire, qu’elle n’est pas arrivée à étouffer même avec l’aide de l’Arabie Saoudite, des Emirats et du Qatar qui, en mars, avaient envoyé des troupes au Bahrein. Cinq mois après la « féroce répression du soulèvement populaire », rapportée par le New York Times (15 septembre), il y a tous les soirs à Manama des jeunes qui descendent dans la rue, et affrontent la police. Les autorités ont conquis « une éphémère victoire grâce aux tortures, arrestations et licenciements », surtout contre la majorité chiite (70% de la population) discriminée par la monarchie sunnite. Malgré cela, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton s’est déclarée « impressionnée par l’implication avec laquelle le gouvernement de Bahrein avance sur la voie de la démocratie » et en août, Washington a renouvelé son accord militaire avec Manama, signé en 1991.

Au Yémen aussi, il y a « d’encourageants signes d’une volonté rénovée du gouvernement de promouvoir la transition politique » : c’est ce qu’assure le Département d’Etat le 15 septembre, au lendemain du jour où les Nations Unies ont publié un rapport documenté sur la féroce répression. Confirmée par le fait que, trois jours après à Sana, les militaires ont ouvert le feu avec des mitrailleuses lourdes sur une manifestation pacifique. Les Yéménites n’ont aucun souci à se faire : les Etats-Unis « continuent à appuyer la transition pacifique et ordonnée, répondant aux aspirations du peuple yéménite pour la paix et la sécurité ». C’est le New York Times lui-même qui rapporte comment cela se fait : « L’administration Obama a intensifié la guerre secrète au Yémen, en frappant des militants suspectés, avec des drones armés et des chasseurs-bombardiers ». La guerre est conduite par le Commandement conjoint du Pentagone pour les opérations spéciales qui, sous prétexte de faire la chasse à Al Qaeda, a installé à Sana sa propre position. L’opération est coordonnée par la CIA, qui a construit à cet effet au Moyen-Orient une base aérienne secrète. Mais les missiles Hellfire (Feu de l’enfer) des drones Usa ne font qu’alimenter les flammes de la rébellion populaire.


Manlio Dinucci

 

Edition de mardi 20 septembre 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 19:53

Mort-de-L-euroJacques Sapir nous livre aujourd'hui le deuxième volet de son article sur la fin de l'euro, extrait de son nouveau livre qui paraîtra courant novembre. Il aborde le débat sur l'Euro en France. L'auteur considère qu'il y a un tabou de l'Euro dans notre pays : selon lui, nos politiques n'en abordent que les bienfaits sans en dresser un bilan concret...



Peut-on débattre de l’Euro en France?

À voir la violence des réactions que toute tentative a suscitée jusqu’à ces dernières semaines, à lire les accusations multiples qu’un tel projet provoque, on est en droit d’en douter. Pourtant, un débat aujourd’hui s’impose. Longtemps niée par nos gouvernants mais aussi par une large part de l’opposition (et en particulier au PS), la crise de l’Euro s’impose cependant, constituant pour l’instant un horizon indépassable. Sa réalité est d’ailleurs reconnue à l’étranger ; même le journal allemand le Spiegel, lui a consacré un long dossier (1). Il y a donc bien une particularité franco-française à ce débat, ou plutôt à son refus qui ne cède qu’aujourd’hui sous les coups de boutoirs de la réalité.

Il y a bien un tabou de l’Euro, qui dans notre pays traverse le spectre politique et va de la droite à la gauche, voire à une partie de l’extrême-gauche. En témoignent les attaques dont l’auteur de ce texte fut l’objet.

Les racines en sont multiples. La monnaie unique a perdu sa dimension d’instrument, que l’on doit juger à ses effets, pour devenir un véritable fétiche, au sens religieux du terme. L’Euro, c’est la religion de ce nouveau siècle, avec ses faux prophètes aux prophéties sans cesse démenties, avec ses grands prêtres toujours prêts à fulminer une excommunication faute de pouvoir en venir aux bûchers, avec ses sectateurs hystériques. Qu’un dirigeant de l’UMP ou du PS parle sur ce sujet et sa phrase commence immanquablement par un verset sur les « bienfaits » de l’Euro (mais sans jamais préciser, et pour cause, lesquels) ou sur la « nécessité » de défendre la monnaie unique.

Mais, jamais au grand jamais, n’entendons nous un bilan honnête de ce que l’Euro nous a apporté. Aujourd’hui, l’Euro est devenu le symbole du crépuscule de la raison politique et économique, une hypothèse saturante qui justifie le silence sur l’ensemble des autres problèmes.

La violence des réactions et l’outrance des amalgames qui parsèment la presse française traduisent pourtant le fait qu’en dépit d’un effet d’étouffoir médiatique sans précédent qui jusqu’à maintenant continue de sévir on commence bien à parler de la crise de l’Euro. D’ailleurs, même Elie Cohen l’a reconnue et c’est tout dire !

Cette crise a d’ailleurs suscité de nombreux ouvrages, d’hommes politiques comme d’économistes ou de dirigeants d’association (2). Ils présentent chacun différents aspects de la question ; ils l’abordent aussi à partir de points de vue différents.

Dans ces conditions, pourquoi ce livre ?

Les ouvrages publiés à ce jour ont dénoncé l’Euro, et souvent avec de bons arguments. Ce livre a un autre projet. Il veut tenter d’analyser l’Euro et d’amorcer, contre le tabou et les argumentaires religieux, un retour à la raison. Il se propose aussi d’analyser la crise actuelle,de mettre en évidence tant ses origines que la conjonction de politiques particulières qui l’ont rendue inévitable. Il entend montrer au lecteur comment nous en sommes arrivés là, à partir des espoirs – pour certains réels et pour d’autres imaginaires – qui avaient été mis en l’Euro à l’origine.

La crise de l’Euro résulte de trois crises avec leurs propres rythmes qui aujourd’hui se combinent. Cette conjonction produit désormais une situation intenable. Elle laisse percevoir la catastrophe finale.


Retrouvez le premier volet de l'analyse de la crise de l'Euro par Jacques Sapir  sur Marianne2.
Rendez-vous demain pour le troisième volet.


(1) Consultable en allemand à l’adresse : http://www.spiegel.de/thema/euro_krise_2010/

(2) Alain Cotta, Sortir de l'euro ou mourir à petit feu, Paris, Plon, 2010, Nicolas Dupont-Aignan, L'euro, les banquiers et la mondialisation : L'arnaque du siècle, Monaco, Éditions du Rocher, 2011, Christian Saint-Etienne, La fin de l'Euro, Paris, Bourrin, 2011, Jean-Jacques Rosa, L'Euro : comment s'en débarrasser ?, Paris, Grasset, 2011, Jacques Nikonoff, Sortons de l’Euro, Paris, Mille et Une Nuit, 2011. On y ajoutera des livres qui comprennent d’assez larges développements sur la monnaie unique : Jean-Pierre Chevènement, La France est-elle finie ?, Paris, Fayard, 2011; Marie-France Garaud, Impostures Politiques, Paris, Fayard, 2010.

http://www.marianne2.fr/Pour-Sapir-nous-sommes-pres-de-la-fin-de-l-Euro-2_a210579.html

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 20:12


 1205163910_michael-c-behrent--petit2-.jpgSelon des statistiques récemment publiées par le ministère du travail, 14 millions d’Américains sont désormais au chômage. Soit 9,1% de la population active. Parmi ceux-ci, 6 millions sont des chômeurs de longue durée, ce qui veut dire qu’ils cherchent du travail depuis au moins 27 semaines. On nous rappelle inlassablement que l’économie américaine, simplement pour pouvoir absorber les personnes qui accèdent au marché du travail pour la première fois, doit créer des emplois à un rythme de 100.000 par mois. Au mois d’août, elle n’en a crée qu’à peine 23.000.

De telles chiffres donnent à réfléchir. Mais j’ai appris davantage encore sur l’expérience du chômage aux États-Unis au cours de la crise actuelle en parlant à ceux qui l’ont personnellement subi. A commencer par mes propres étudiants. J’enseigne à l’Appalachian State University, une faculté publique dans la Caroline du Nord occidentale. La plupart des mes étudiants sont issus de la classe moyenne. Bien qu’il soit toujours considéré comme une des principales portes d’entrée à cette classe, le coût d’un diplôme universitaire devient exorbitant. Dans le climat économique actuel, les universités comme la mienne sont vues comme des « bonnes affaires ». Actuellement, pour les habitants de la Caroline du Nord, le coût annuel d’Appalachian State University est d’environ $5.500. A Duke University, la plus prestigieuse université privée de l’État, le coût annuel dépasse les $40.000.

Toutefois, depuis l’effondrement financier de 2008, beaucoup de mes étudiants ont de plus en plus de mal à se maintenir dans la classe moyenne. Ce n’est jamais plus vrai que lorsque le chômage frappe.

Le printemps dernier, j’ai découvert cette troublante réalité en croisant un étudiant qui avait suivi un certain nombre de mes cours. Visiblement troublé, il m’a expliqué, dans un couloir de la faculté, que son père venait d’être licencié. Mon étudiant s’appelle Robert Kent. Il est originaire de Hickory, une ville de 40.000 habitants située à une heure en voiture de notre campus. Son père a servi pendant une dizaine d’années dans l’United States Air Force, et fut déployé notamment dans une base en Allemagne. Après avoir pris sa retraite des forces armées, il travailla comme responsable des prêts (individuels et immobiliers) chez CitiFinancial. La mère de Robert travaille dans un McDonalds. Quant à Robert lui-même, il est diplômé en histoire d’Appalachian State University. Dans sa famille, il est le premier à avoir fait des études supérieures. Son frère cadet est lycéen.

Grâce à ces deux salaires, la famille de Robert peut réclamer son appartenance – l’éducation publique aidant – à la classe moyenne. Le printemps dernier, la sécurité illusoire qu’entraîne ce mode de vie vola en éclats. Selon Robert, les conséquences néfastes du chômage sont liées moins à la perte d’un revenu qu’à son effet de ricochet – au fait que le chômage menace son domicile, sa santé, ses chances de retrouver du travail. Dans une société où les mesures de protection sociale se rétrécissent quotidiennement, l’emploi reste, pour beaucoup, le seul rempart contre le cercle vicieux du chômage, de l’indigence, et de l’exclusion sociale.

Au moment de le licencier, CitiFinancial, son employeur, avait informé le père de Robert qu’il pourrait toucher aux assurances chômage. En juin, il se présenta au Employment Security Commission of North Carolina (la commission pour la sécurité de l’emploi de la Caroline du Nord, ou NCESC), l’agence qui gère et distribue les allocations. En somme,  l’ANPE américain – sauf qu’aux États-Unis, comme pour beaucoup de services publics, l’assurance chômage est géré au niveau de l’État. Les allocations chômage sont calculées en fonction du salaire qu’un employé a touché au cours des quatre trimestres précédant son licenciement. Elles représentent les deux-tiers de son ancien salaire. Toutefois, ces allocations ne peuvent dépasser un plafond hebdomadaire déterminé par l’État. Ce plafond équivaut au salaire hebdomadaire moyen de l’État, multiplié par 66.67. Actuellement, dans la Caroline du Nord, ce plafond est fixé à $522 par semaine. On peut touche à l’assurance chômage « normale » pendant 26 semaines. Toutefois, étant donné la gravité de la crise, le gouvernement a autorisé l’extension de cette période. Ainsi, désormais, on peut en principe obtenir une indemnisation pour jusqu’à 99 semaines. D’autre part, les allocataires doivent se présenter chaque semaine en personne devant la commission de l’emploi. On leur requiert de chercher activement du travail et de pouvoir documenter qu’ils ont postulé chaque semaine pour au moins deux emplois et qu’ils l’ont fait sur deux jours différents. Les allocutions sont financées en parti par une contribution patronale.

J’ai demandé à Robert pourquoi son père fut licencié. « Je sais que Citibank a été très touché par la crise économique, répond-il. D’après ce que j’ai pu comprendre, ce qui se passe sur Wall Street prend un peu de temps pour toucher les gens ordinaires. C’est sans doute pour ça que c’était seulement au mois de mai dernier que mon père a finalement perdu son boulot ».

Son père fut un responsable de prêts dans une région économiquement en déclin. Robert croit que c’est une des raisons pour lesquelles son poste fut supprimé. « Il m’a raconté, ces dernières années, que sa branche avait un taux de délinquance particulièrement élevé – en somme, des gens qui n’arrivaient pas à rembourser leurs dettes. Ça a sans doute un rapport avec l’endroit où il travaillait, la région autour de la ville de Lenoir [que l’on prononce « le-nord »]. Je vois ça comme typique de notre économie régionale, qui a été complètement ravagée par la délocalisation de l’industrie du meuble au cours des années 80 et 90 ». Cette région, située dans la moitié occidentale du « Piedmont » de la Caroline du nord (c’est-à-dire directement en sous de la chaîne des Appalaches), est historiquement réputé pour la qualité de son bois. Des entreprises locales comme Broyhill comptaient parmi les plus importants fabricants de meubles sur le plan national. Mais, comme l’explique Robert, la mondialisation a entrainé la délocalisation de ces entreprises, avec les conséquences pour la population locale qui s’en suivent inévitablement. Lorsque la crise actuelle frappe cette région déjà dans une situation économique extrêmement précaire, beaucoup d’individus n’arrivaient plus à rembourser leurs dettes. Selon Robert, « cela a sans doute contribué à rendre le marché plus ’sec’ pour Citigroup. Ils ont du décidé que cette région ne pouvait plus leur être profitable ».

Depuis son licenciement, la famille de Robert a du apprendre à vivre avec un budget resserré pendant que son père cherche un nouvel emploi. Les allocutions qu’il touche sont, d’après Robert, « un peu moins que ce qu’il gagnait avant ». Son père a envisagé de suivre des cours au « community college » du coin (ces universités publiques qui ne vont pas au-delà de « Bac + 2 », et qui privilégient notamment les compétences pratiques, entre autre ceux qui peuvent faciliter la reconversion).  Un tel enseignement pourrait éventuellement lui être utile lorsqu’il postule pour un emploi.

Toujours est-il que le principal problème avec le chômage, c’est qu’il entraine dans un cercle vicieux : être licencié et perdre son revenu compliquent considérablement la recherche d’un emploi et la possibilité de gagner de l’argent. Robert raconte qu’il avait offert son ancienne voiture à son petit frère de seize ans, afin que ce dernier puisse le réparer et l’utiliser lui-même (aux États-Unis, on peut avoir le permis souvent à partir de quinze ans). Mais depuis le licenciement de leur père, son frère n’a plus les moyens pour payer l’assurance automobile requise par l’État. « Le problème, Robert m’explique, c’est que si mon frère avait cette assurance, il pourrait se conduire à un job qui lui permettrait de gagner de quoi le payer. Mais actuellement, il n’a pas la possibilité de l’obtenir. Alors il n’arrive même pas à mettre les choses en route ».

Autrement grave sont les conséquences du chômage pour la santé. Comme de nombreux Américains, c’est à travers son employeur que le père de Robert obtenait une assurance maladie pour sa famille. Cette couverture lui était d’autant plus précieuse qui ses médecins venaient de lui diagnostiquer une maladie sérieuse. Avec son emploi, il perd son assurance. La perspective de s’affronter à une maladie grave sans couverture médicale est d’autant plus sinistre que les coûts des soins médicaux sont de plus en plus démesurés. Heureusement, le père de Robert bénéficie d’au moins une solution de rechange : comme militaire à la retraite, il a la possibilité de se faire soigner dans un hôpital du Veterans Administration, le système de soins pour les anciens combattants, financés par le gouvernement fédéral.

D’autre part, sa famille dépendait sur le salaire du père pour rembourser le prêt hypothécaire sur leur maison. En juin, Robert m’a dit : « Je ne sais pas encore si nous allons perdre notre maison, mais on a certainement évoqué la possibilité ». Il est hanté par la perspective d’une saisie de leur demeure par la banque. « Si nous perdions la maison, m’explique-t-il, mon frère pourra s’installait chez ma grand-mère, alors que moi j’ai un petit boulot qui pourra éventuellement m’aider à payer le loyer d’un appart ».

Pour ses parents, le sentiment d’insécurité provoqué par le licenciement est, selon Robert, « psychologiquement dévastateur ». Concernant ses propres perspectives, il est plus optimiste : « J’ai de la chance, j’ai presque terminé mon diplôme universitaire, ce qui m’aidera à trouver un job et à subvenir à mes besoins. Si ce n’était pas le cas, j’irais beaucoup plus mal ». Cette intuition semblerait vérifiée par un rapport publié récemment par le Census Bureau (l’office du recensement), qui confirme que les Américains n’ayant pas un diplôme universitaire ont un taux de chômage particulièrement élevé.

Je demande à Robert de me parler des opinions politiques et, plus généralement, de la vision du monde de sa famille. Malgré la situation économique dans laquelle ils se trouvent, ses parents s’identifient fortement avec la droite américaine. Robert précise : « La plupart de leurs opinions viennent de l’église baptiste. Ils sont partisans du conservatisme social, bien que mon père à voté autrefois pour [le démocrate] Al Gore [en 2000]. Je me souviens qu’en collège, lors de cette campagne, mon instituteur a demandé à la classe pour qui nous voterions, si nous pouvions voter. Un gosse répond ‘Al Gore’. Ensuite, il y a tout le monde qui commence à s’en prendre à lui, à crier : ‘toi, tu veux faire massacrer les bébés !’ Manière d’évoquer l’avortement. Cet incident représente parfaitement le point de vue des gens de chez nous. »

En politique, Robert ne partage pas les opinions de ses parents. L’accès à une université publique comme Appalachian State lui a offert, selon son propre témoignage, une meilleure compréhension du monde : « mes études en économie et en histoire m’ont appris plein de choses concernant notre situation économique actuelle et les réactions politiques qu’elle entraine ». Il s’enthousiasme peu pour les principaux leaders politiques américains, qu’ils soient démocrates ou républicains. « J’ai abouti à la conclusion, m’explique-t-il, que nos politiciens se préoccupent uniquement de la politique partisane, plutôt que du bien publique, malgré ce qu’ils racontent à la télé ». A travers ses lectures et ses études, il s’est bricolé une idéologie sur mesure. « Ma vision du monde, c’est un peu un mélange. Je suis un socialiste modéré qui est pour un marché libre mais contrôlé. Sur le plan social, je souhaite un équilibre entre le bien commun et le maximum de liberté individuelle. Je suis un peu libertarien sur les bords. Je fais de mon mieux pour être tolérant, mais lorsque les autres se montrent intolérants à moi ou à mes opinions, je leur offre un joli doigt d’honneur en pleine figure ».

La plupart des mes discussions avec Robert ont lieu en juin et juillet. Au mois d’aout, il a reçu une heureuse nouvelle: son père a trouvé un nouveau travail, semblable au précédent. Il n’aura été au chômage qu’à peine deux mois. Pour le moment, les choses se présentent plutôt bien pour les membres de sa famille. Mais l’angoisse qu’ils ont subie durant ces quelques semaines de précarité en dit long sur le cercle vicieux dans lequel sont jetés les sans-emplois, surtout dans le climat sinistre de la « grande récession ». Aux États-Unis, l’emploi est l’alpha et l’oméga de l’appartenance à la classe moyenne. La couverture médicale et le logement ne sont accessibles, pour la plupart, que par le travail régulier. De nos jours, quand le cout annuel d’une université d’État peut s’élever à $5.000, il faut appartenir à la classe moyenne même pour pouvoir profiter de ces services dits « publics ».

Bien que les États-Unis disposent (au moins pour le moment) d’importantes mesures de protection sociale – comme le Medicare, le Medicaid, et la Social Security – les « middle-class jobs » – ces emplois qui garantissent un mode de vie de la classe moyenne – sont le fondement du contrat social américain. Avec un taux de chômage à 9,1%  – et alors qu’au nom de la « responsabilité fiscale » des réductions budgétaires draconiennes se font au niveau local et fédéral – ce contrat social est en train d’être déchiré en mille morceaux.  Pour beaucoup, les conséquences seront l’insécurité, la précarité, l’indigence, l’exclusion sociale, et le bannissement – peut-être permanent – de la classe moyenne. La famille de Robert a échappé à ce sort, de justesse. Mais nombreuses sont les Américains qui n’auront pas cette chance.

 

http://alternatives-economiques.fr/blogs/behrent/2011/09/17/du-chomage-en-amerique-un-temoignage-personnel/

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 19:58

arton14669-fdf7b.jpgCe n’est pas un jeu de chat et de souris ni de petite phrase. C’est une question aigüe, sensible, décisive. C’est là-dessus depuis 2010 que Sarkozy a plongé dans les sondages, parce qu’il a voulu tuer la retraite à 60 ans.

8 millions de français ont manifesté au moins une fois en 2010 contre la sale loi Sarkozy-Woerth-Fillon de pillage de nos retraites. Il y a 75 % de l’opinion qui est profondément attaché au retour au droit à la retraite à 60 ans.

Un droit c’est un droit, ça ne se mégote pas. Les 35 h c’est les 35 h ça n’est pas à la carte. 48 h c’est 48 h, la durée maxima d’ordre public social. Le Smic est le même pour tout le monde, ça ne se mendie pas branche par branche. L’ordre public social ne se découpe pas en tranches. 60 ans c’est 60 ans, ce n’est pas une retraite à la carte. L’ordre public social dans ce pays, ça signifie encore quelque chose.

Le droit légal de prendre sa retraite à 60 ans, c’est un droit, pas une obligation : mais c’est un droit pour tous, pas découpé en rondelles.

Je n’arrive pas à comprendre la pression qui s’exerce sur la position de Martine Aubry quand celle-ci semble s’excuser à la télévision : « – Je ne suis pas une caricature, je ne défends pas la retraite à 60 ans pour tous ». Au contraire, il faut défendre vigoureusement UN DROIT OUVERT A TOUS contre les vraies caricatures de ceux qui fabulent sur une société avec des centenaires partout : ils n’ont jamais regardé de prés le corps des humains qui travaillent entre 55 et 65 ans, encore moins un homme devant son marteau-piqueur, (il y a 1,2 million d’ouvriers du bâtiment)… Et il faut arrêter, hélas, de parler de l’allongement de l’espérance de vie : il est lié à la retraite à 60 ans et aussi au maintien d’une politique de santé pour tous. Aux USA, cela fait de nombreuses années que l’espérance de vie recule. Et même si elle augmentait, quelle importance, si le travail, lui n’augmente pas réellement au-dessus de 55 ans.

Pas un syndicaliste de ce pays, pas un salarié qui ne regarde pas cette question de prés et qui ne soit pas troublé actuellement par ce que dit Martine Aubry.
Alors qu’on veut mobiliser pour la soutenir, c’est le principal point d’interrogation.

Il y va du sort de millions de salariés, de femmes surtout : retour vers une retraite misérable ou non ? Car ce dont il s’agit, c’est du niveau de la retraite perçue : y aura t il baisse massive du niveau de vie des retraités ou non ? Dire qu’on redistribue les richesses et baisser drastiquement le niveau des retraites, c’est tromper.
Dire qu’on refuse l’austérité et la rigueur et l’imposer aux personnes âgées, c’est tromper.
Dire qu’on lutte contre le chômage des jeunes et vouloir maintenir les « seniors » au travail, c’est tromper.
Nous sommes en plein boom démographique depuis 11 ans. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse, sans réduction du temps de travail sur la semaine, sur l’année, sur la vie.
A quoi ça sert de défendre les 35 h en allongeant (d’ailleurs en vain) la durée du travail sur la vie ?

Et attention, les salariés sont avisés, ils ont largement débattu en 2010 de la question des retraites, ils savent ! La question des retraites vaut des millions de voix.

Si on dit « le retour à l’âge légal de 60 ans, ce ne sera pas pour tout le monde », il y a des millions de salariés qui le perçoivent comme un très mauvais signal.
Qui est le « pas pour tout le monde » ? Les jeunes qui commencent à avoir un CDI en moyenne vers 29 ans ? Les « seniors » dont 1 sur 2 est au chômage à 55 ans (et cela s’est aggravé ces dernières années).

La vérité c’est que dans la vie réelle, les salariés cotisent 36 annuités.

On n’est pas dans le fantasme, là, mais dans la réalité. Depuis que la droite a imposé 40 puis 41,5 annuités, c’est allé à l’envers dans la vie réelle, les salariés ont été obligés de travailler moins, ils sont licenciés, chômeurs, inaptes, malades, écartés du travail à partir de 55 ans. Dans ces conditions, imposer 41, 5 annuités, c’est les faire sauter à la perche sans perche. Ils n’y arrivent pas. Cela se traduit par 5,5 années de décote donc une retraite infiniment plus basse avec laquelle il n’est pas possible de vivre décemment. C’est une mort sociale.

Et pourtant dans la lettre de Martine Aubry diffusée à un million d’exemplaires aux Français : « Je veux vous parler de la France », il est écrit (page 5) : « …le rétablissement du droit à prendre sa retraite à 60 ans, et à taux plein pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ou exercé des emplois pénibles… ».

Il faut être clair : ceux qui sont fatigués, usés et qui ont commencé tôt doivent pouvoir partir AVANT 60 ans. Dés l’âge de 55 ans, 2 maladies sur 3 sont en effet liées au travail, la biologie du corps humain est inchangée et, dans le bâtiment ou dans les transports et d’autres métiers à forte pénibilité physique et mentale et horaires atypiques, c’est cela qui se discute ! Dix ans de travail de nuit c’est 15 ans de vie dépensée. Idem pour les 3X8, 4X8, etc.
Ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent mais les accidents cardiaques et vasculaires, il y en 250 000 par an et entre 1/3 et 50 % sont liés au travail ! 100 000 hommes et 50 000 femmes meurent entre 60 et 62 ans, doivent-ils avoir cotisé toute leur vie sans bénéficier d’un seul jour de retraite ?

Entre 60 et 65 ans ce sont les plus belles années de la retraite, et entre 60 et 65 ans, ce sont les plus dures années au travail. Pour tout le monde.

Tous les salariés doivent avoir le droit de partir à 60 ans s’ils le souhaitent et de façon décente sans décote. Le nombre d’annuités nécessaires pour le taux plein peut être discuté, mais il ne peut être irréaliste. Si c’est 41,5 annuités, seul un petit nombre est en position de l’atteindre à 60 ans, voir à 62 ans dans l’état actuel du marché du travail.

L’honnêteté, c’est de partir du réel, de le reconnaître : si la moyenne de travail réelle des Français est de 36 annuités, c’est le chiffre qui doit être retenu comme référence. Si on réussit à faire reculer le chômage et que cela augmente dans la vie réelle et que cela monte à 37, puis 38, puis 39, puis 40, que le nombre d’annuités cotisées exigées suive ! Mais fixer un objectif inatteignable, c’est inacceptable, c’est une tromperie.

Pour le financement, il y a une variable que la droite s’est toujours refusée à faire jouer alors qu’elle les a sans cesse baissées : il faut faire varier les cotisations salariales en fonction des besoins du paiement des retraites.

 

Gérard Filoche

 

http://www.filoche.net/

URL de cet article 14669
http://www.legrandsoir.info/le-retablissement-du-droit-a-la-retraite-a-60-ans-est-une-question-majeure-pour-la-primaire-comme-pour-la-presidentielle-2012.html
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 19:53

couv_2414-01d3f.jpgOn connaît, de Mark Twain (1835-1910), quelques œuvres célèbres, notamment Les Aventures de Tom Sawyer. On sait moins qu’il fut un homme aux multiples engagements, exprimés dans des pamphlets et des articles contre le racisme, l’hypocrisie religieuse, le patriotisme et, surtout, contre l’impérialisme et le cynisme des nations occidentales.

C’est donc un travail salutaire qu’accomplissent les éditions Agone en publiant un recueil de ces prises de position sous le titre La prodigieuse procession & autres charges, avec une vigoureuse préface de Thierry Discepolo, « La littérature est toujours propagande – autant savoir pourquoi ».

Il n’est pas question de résumer le livre, mais il a l’avantage de nous rappeler que, durant cette fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les Etats-Unis furent une puissance impérialiste particulièrement agressive, comme le résume une excellente chronologie, des agressions contre le Mexique aux interventions en Chine ou au Japon, des multiples expéditions en Amérique du Sud à la guerre contre le peuple des Philippines – cette guerre, menée en 1899-1902 mobilisa 70 000 soldats américains et coûta la vie à plusieurs centaines de milliers de Philippins.

Voici quelques-uns des commentaires écrits par Twain et qui pourraient s’appliquer à l’Irak de 2003.

« Nous étions supposés les délivrer de la tyrannie espagnole afin qu’ils puissent mettre en place leur propre gouvernement et nous devions rester à proximité afin de vérifier qu’il avait toutes ses chances. Cela ne devait pas être un gouvernement conforme à nos idées mais un gouvernement qui représentait les sentiments de la majorité des Philippins, un gouvernement conforme aux idées philippines. Ce qui aurait été une mission digne des Etats-Unis. Mais maintenant – eh bien, nous avons mis notre doigt dans l’engrenage, dans un bourbier où à chaque nouveau pas il devient plus difficile encore de nous extirper » (6 octobre 1900).

« Je n’étais pas anti-impérialiste il y a un an. Je pensais qu’il était magnifique de donner beaucoup de liberté aux Philippins, mais je pense maintenant qu’il vaudrait mieux qu’ils se la donnent eux-mêmes » (15 octobre 1900).

Les textes de Mark Twain dénoncent aussi bien les agressions contre les Chinois aux Etats-Unis que la pratique du lynchage, les pratiques religieuses que les crimes commis par le roi belge Leopold II au Congo, les turpitudes tsaristes que le patriotisme, sans jamais se départir de son humour et de sa verve. De son indignation aussi quand, durant une conférence sur les mineurs de Sibérie, il s’exclame : « Si un tel gouvernement ne peut être renversé autrement que par la dynamite, alors, Dieu merci, heureusement que la dynamite existe. »

 

http://blog.mondediplo.net/2011-09-19-Mark-Twain-anti-imperialiste

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 19:45

Mort-de-L-euro

Jacques Sapir nous livre en exclusivité les premières pages de l'introduction de son nouveau livre qui paraîtra courant novembre. Le premier volet de son analyse de la crise de l'Euro en aborde les origines : une financiarisation à outrance, le déni de démocratie qui suivit le référendum de 2005 ou encore le traité de Lisbonne. L'économiste voit pour seule issue une sortie de l'Euro, encore possible aujourd'hui selon lui.




De la Grèce à l’Italie, en passant par l’Irlande, le Portugal et l’Espagne, la zone Euro est désormais en feu. Les États ne cessent d’emprunter à des taux de plus en plus élevés et les contrats d’assurance sur les dettes, qu’elles soient publiques ou privées, voient le montant de leurs primes s’envoler. L’Euro aujourd’hui se meurt. Tout cela avait été prévu il y a de cela plusieurs mois (1), voire plusieurs années (2). Mais Cassandre ne saurait se réjouir de voir ses prévisions se réaliser. On ne comprend que trop que la mort de l’Euro, du fait de l’entêtement imbécile de nos dirigeants et de leur incapacité à prévoir une sortie ordonnée ce qui serait pourtant encore possible aujourd’hui, nous condamne très probablement à un saut dans l’inconnu.

L’histoire mesurera la responsabilité de nos gouvernements qui, par idéologie, par conformisme et parfois par lâcheté ont laissé la situation se dégrader jusqu’à l’irréparable. Elle dira aussi l’immense culpabilité de ceux qui, dans les capitales nationales comme à Bruxelles ou à Francfort, ont cherché à imposer à contrebande une Europe fédérale par le biais de la monnaie unique à des peuples qui n’en voulaient pas. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement l’Euro, cette construction boiteuse et imparfaite, qui agonise. C’est aussi une certaine conception de l’Europe.
La victoire provisoire des « cabris », de ceux qui pour reprendre la phrase célèbre du Général de Gaulle s’en vont criant « l’Europe, l’Europe » en sautant sur des chaises, se paye aujourd’hui au prix fort. Si nous ne voulons pas en revenir à une Europe du conflit « de tous contre tous », il nous faudra réapprendre les principes de la coordination entre Nations souveraines, qui sont les berceaux de la démocratie, sur les ruines d’une coopération que l’on a voulu construire sur le mépris de l’opinion des électeurs. La crise actuelle solde à la fois les erreurs d’une financiarisation à outrance voulue à la fois par la droite et la gauche parlementaire (3), et la faute politique que fut le Traité de Lisbonne et le déni de démocratie qui suivit le référendum sur le projet de traité constitutionnel en 2005.


En effet, à peine nos gouvernants ont-ils le sentiment d’avoir apporté un remède, ne serait-ce que temporaire, sur l’un des pays que la crise se précise sur un autre. Les banques européennes sont ainsi dans l’œil du cyclone, et elles ont subi de lourdes pertes quant à leur capitalisation depuis le début du mois d’août. L’incertitude quant à leur solvabilité ne cesse de monter. Elle est à la mesure de l’erreur, et le terme est modéré, qui fut commise au début du printemps 2011 quand les « tests de résistance » (ou Stress-Tests) qui furent réalisés ont omis dans leurs hypothèse d’intégrer un possible défaut d’un pays de la zone Euro. Nous payons cher cette erreur (4) ! Il est probable que celle-ci rende inévitable une nationalisation temporaire, partielle ou totale, de nos systèmes bancaires.
Après la Grèce, désormais condamnée au défaut et à une dévaluation (5), et saignée à blanc par une répétition insensée de plans d’austérité qui fut dénoncée par l’économiste en chef de Natixis (6), ce sont l’Italie et l’Espagne qui donnent des signes de faiblesse (7). En Italie, en dépit de la multiplication de plans d’austérité, la dette n’en finit pas d’augmenter tandis qu’inexorablement monte le flot du chômage en Espagne. Le Portugal s’enfonce dans une crise sans issue (8) et la France elle-même est mise en cause.

Les septiques les plus endurcis doivent donc l’admettre dans les tréfonds de leur cœur. Au-delà de la crise de chaque pays, qui s’explique par des raisons à chaque fois spécifiques, au-delà de la crise de gouvernance de la Zone Euro, certes prévisible mais qu’exaspère une opposition entre l’Allemagne et la France, c’est bien la monnaie unique, l’Euro lui-même, qui est en crise.

Cette crise était en fait prévisible depuis de nombreuses années, car les défauts structurels de la zone Euro étaient notoires et bien connus des économistes, y compris de partisans de l’Euro (9). Les déséquilibres induits par la monnaie unique faisaient leur chemin aux seins des économies de pays de la Zone Euro. Si la crise de 2007-2008 a donné une impulsion décisive à la crise de l’Euro, il convient de dire que cette dernière n’attendait qu’un grand désordre de l’économie mondiale pour se révéler. 
Cette crise est devenue une réalité à l’été 2009 quand l’accumulation des dettes a atteint un seuil critique en Grèce, en Irlande et au Portugal. À l’été 2011, elle a pris un tour dramatique qui prouve que le processus va empirant. On peut d’ailleurs constater la montée d’une fatigue de l’Euro, qui est perceptible que ce soit dans les opinions publiques (10) où désormais nous avons une majorité contre une aide supplémentaire à la Grèce, mais aussi dans les gouvernements où le découragement désormais se fait jour. 
Cette crise se combine aussi avec les inquiétudes que suscite la situation aux Etats-Unis. La perte par ce dernier pays de sa note AAA, prouve qu’il n’est pas sorti de la crise dite des « subprimes » (11). De plus, les perspectives de croissance y sont très faibles. Premier pays frappé par la crise de 2007, il n’a pas retrouvé une dynamique de développement saine et s’enfonce lentement dans une double crise d’endettement tant de l’État fédéral que des ménages. Les réactions des pays émergents, menés par la Russie et la Chine (12), face à la politique monétaire menée par Washington sont de plus en plus vigoureuses.


La concomitance de ces crises contribue cependant à en obscurcir le sens. Elle masque en particulier ce que la crise dans la Zone Euro a de spécifique et les effets de la monnaie unique qui aggravent cette crise. Mais elle nous rappelle que dans un monde de finance globalisée, des liens étroits unissent les différents problèmes. Que l’Euro vienne à disparaître et c’est le Dollar qui se trouvera en première ligne face à la spéculation internationale qui se déchaînera alors. Gageons qu’il ne tardera guère à sombrer.
Nombreux sont ceux qui pensent que la crise de l’Euro réjouit les dirigeants américains. Ils se trompent lourdement. Un Euro affaibli politiquement mais présent, concentrant pour plusieurs années encore l’attention des spéculateurs internationaux et freinant le développement des économies européennes, est bien la meilleure situation pour les dirigeants de Washington. C’est bien pourquoi ces derniers multiplient les initiatives pour forcer la main des pays européens et pour que soit mis en place un nouveau plan de sauvetage de la crise en Grèce.

Ainsi, pour des raisons aussi diverses qu’il y a de pays concernés, des deux côtés de l’Atlantique les dirigeants affirment leur volonté de défendre l’Euro. Mais les faits sont têtus ! Et quand on les méprise, ils se vengent.
Les argumentations controuvées des uns et des autres, les plaidoyers pro-domo de politiciens aux abois, les arguties dans un jargon pseudo technique dans lesquelles se complaisent les bureaucrates de Bruxelles n’y changeront rien. La monnaie unique européenne, qui fut à son origine source de tant d’espoirs, n’a tenu aucune de ses promesses. Elle meurt aujourd’hui de l’échec du projet politique qui lui avait donné naissance, le « fédéralisme furtif », et de la divergence dans les dynamiques économiques des pays membres, divergence exacerbée par la politique de l’Allemagne.

Ce qui est infiniment plus grave que la mort de l’Euro dans sa forme actuelle, c’est que le principe même de coordination monétaire risque de mourir avec lui. Et la question est aujourd’hui posée : peut-on sauver ce principe de coordination, avec ce qu’il implique de flexibilité pour chaque pays et de coopérations entre pays, du désastre qui attend l’Euro ?


Rendez-vous demain pour le second volet de l'analyse de la crise de l'Euro par Jaques Sapir.


(1) Pour mémoire citons de nombreux articles publiés par l’auteur sur le site de Marianne2 dont, en mai 2010, J.Sapir, « Grèce: les trois mensonges des médias et des experts », URL : http://www.marianne2.fr/Grece-les-trois-mensonges-des-medias-et-des-experts-1_a192305.html et, J. Sapir, « Europe : Jacques Sapir répond au Nouvel Observateur », Marianne2, URL http://www.marianne2.fr/Europe-Jacques-Sapir-repond-au-Nouvel-Observateur_a193058.html , en décembre 2010, J. Sapir, « L'euro peut-il survivre à la crise ? », Marianne2, URL http://www.marianne2.fr/L-euro-peut-il-survivre-a-la-crise-3-3_a201117.html, J. Sapir, « L'euro fort nous a coûté 403 milliards d'euros. Cash! », Marianne2, URL : http://www.marianne2.fr/L-euro-fort-nous-a-coute-403-milliards-d-euros-Cash_a201330.html , J. Sapir: « Jacques Sapir : pourquoi la France ne doit pas copier l'Allemagne » Marianne2, URL : http://www.marianne2.fr/Jacques-Sapir-pourquoi-la-France-ne-doit-pas-copier-l-Allemagne-1_a202867.html .
(2) J. Sapir, « La Crise de l’Euro : erreurs et impasses de l’Européisme » in Perspectives Républicaines, n°2, Juin 2006, pp. 69-84.
(3) Ce que le Nouvel Observateur fait mine de découvrir aujourd’hui en citant le rapport du professeur Rawi Abdelal datant de 2005. Voir P. Fauconnier, « La gauche française, pionnière de la dérégulation financière ? », Le Nouvel Observateur, 16 septembre 2011, URL : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110916.OBS0537/la-gauche-francaise-pionniere-de-la-deregulation- financiere.html
(4) Ou plus précisément l’aveuglement idéologique de nos dirigeants qui se refusaient en ce printemps 2011 d’admettre la possibilité d’un défaut.
(5) P. Artus, « Faut-il sortir la Grèce de la zone Euro ?», FLASH Économie-Recherche économique, Natixis, n° 696, 15 septembre 2011. Il n’y a pas de sens pour la Grèce en effet de faire défaut sur sa dette et de rester dans la zone Euro. Si elle veut retrouver le chemin de la croissance, elle doit dévaluer et pour cela sortir de la zone Euro.
(6) P. Artus, « Que faire pour aider la Grèce », FLASH Économie-Recherche économique, Natixis, n°531, 7 juillet 2011, Paris.
(7) P. Artus, « L’Italie et l’Espagne subissent-elles une crise de solvabilité ou une crise de liquidité ? », FLASH Économie-Recherche économique, Natixis, n° 695, 15 septembre 2011.
(8) P. Leao et A. Palacio-Vera, «Can Portugal Escape Stagnation without Opting Out from the Eurozone?», Working Paper n° 664, Levy Economics Institute of Bard College, Mars 2011, Annandale-on-Hudson, NY 12504-5000.
(9) Comme en témoigne M. Aglietta, "Espoirs et inquiétudes de l'Euro", in M. Drach (ed.), L'argent - Croyance, mesure, spéculation, Éditions la Découverte, Paris, 2004.
(1)0 Le Figaro comme le Nouvel Observateur publiaient sur leurs sites internet le 17 septembre 2011, les résultats d’un sondage donnant 68% des français opposés à la poursuite de l’aide à la Grèce. En Allemagne, ce ne sont pas moins de 75% des personnes interrogées qui ont manifesté une semblable opposition.
(11) L. Randall Wray, « Lessons We Should Have Learned from the Global Financial Crisis but Didn’t » , Working Paper n° 681, Levy Economics Institute of Bard College, Août 2011, Annandale-on-Hudson, NY 12504-5000.
(12) A. Chechel, S. Rose et J. Jordan, « Putin Denounces American Parasite While Russia Increases Treasuries 1,600%», Bloomberg, 19 août 2011, URL : : http://www.bloomberg.com/news/print/2011-08-18/putin-slams-u-s-parasite-after-1-600-jump-in-russia-holdings.html. Z. Lifei, « China Joins Russia in Blasting U.S. Borrowing », Bloomberg, 3 août 2011, URL : http://www.bloomberg.com/news/print/2011-08-03/china-s-zhou-to-monitor-u-s-debt-as-xinhua-sees-bomb-yet-to-be-defused.html     
http://www.marianne2.fr/Pour-Sapir-nous-sommes-pres-de-la-fin-de-l-Euro-1_a210557.html 



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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 12:16

3282277-4702914.jpgLettre ouverte à B.H.L

GIDEON LEVY, JOURNALISTE ISRAELIEN DU JOURNAL ‘’HA’ARETZ ECRIT A BHL

Gideon Lévy, journaliste israélien du journal « HA’ARETZ » a écrit une lettre ouverte à Bernard Henri Lévy afin de lui rappeler que le blocus de Gaza n’est pas de la désinformation mais une réalité amère infligée aux palestiniens.



Et pour cause ; Gaza n’a droit qu’à 97 produits AU LIEU DE 4000 AVANT LE SIEGE pour 1,5 million de gens. 8o % des habitants de gaza vivent de l’aide humanitaire ; 90 % des usines de gaza sont fermées ou tournent au ralenti. ce sont là quelques vérités que tient à souligner gidéon Levy à son collègue Bernard-Henri Lévy qui s’est toujours ériger comme la voie de la conscience comme le qualifie ironiquement le journaliste de « ha’aretz POUR L’ACCULER AFIN DE NE PLUS POUVOIR NIER QU’Israël est une puissance occupante et de faire dans la politique de l’autruche. Voici dans ce qui suit le texte intégral de la lettre :
Cher Bernard-Henri Lévy
Nous ne nous connaissons malheureusement pas. Nous nous sommes brièvement croisés dans les décombres fumants de Gori pendant la guerre de Géorgie. Vous y avez fait un passage éclair et, comme d’habitude, vous avez attiré l’attention, là comme dans d’autres zones de conflit où vous vous êtes rendu. J’admire profondément les intellectuels de votre stature, qui se font fort de visiter les champs de bataille et de faire entendre leur voix. Votre tentative de protéger Israël, dont témoignait votre article publié le 8 juin dans Ha’Aretz (“Il est temps de cesser de diaboliser Israël”), a fait plaisir à beaucoup d’Israéliens, qui avaient grand besoin que quelqu’un dise un peu de bien de leur pays, chose rare par les temps qui courent.
Je ne gâcherai pas leur plaisir. Mais, au nom de votre appel à mettre un terme à la désinformation, je souhaiterais attirer votre attention sur des informations qui ont peut-être échappé à votre mémoire. On pourrait se risquer à penser que, dans votre jeune temps, vous auriez été l’un des membres de la flottille. A cette époque, un blocus de plus de quatre ans imposé à 1,5 million d’individus aurait éveillé en vous un impératif moral vous poussant à vous joindre à la contestation. Mais, aujourd’hui, pour vous comme pour la plupart des Israéliens, il n’y a pas de blocus de Gaza. En parler relève pour vous de la “désinformation”. Au fait, puisque vous étiez sur place, pourquoi n’en avez-vous pas profité pour faire un saut à Gaza, à l’instar de votre ami Mario Vargas Llosa, pour voir de vos propres yeux s’il y avait ou non un blocus ? Les médecins de l’hôpital Shifa [à Gaza], par exemple, vous auraient parlé de leurs patients qui décèdent à cause du “non-blocus”. Certes, personne ne meurt de faim. Pourtant, l’association Gisha pour la liberté de mouvement a publié cette semaine un rapport expliquant qu’Israël autorise l’importation de 97 produits à Gaza, contre 4 000 avant le siège.
Vous n’appelez pas cela un blocus ?
Un grand supermarché israélien propose 10 000 à 15 000 articles ; à Paris, il y en a sûrement plus encore. Pourtant, Gaza n’a droit qu’à 97 produits. S’il est quelqu’un dont on aurait attendu davantage de compréhension à l’égard des besoins gastronomiques, c’est bien le bon vivant raffiné que vous êtes. Vous dites, comme si vous vous faisiez le porte-parole de Tsahal, qu’Israël laisse entrer 100 à 125 camions par jour à Gaza. Une centaine de camions pour 1,5 million de gens : ne s’agit-il pas là d’un “siège impitoyable”, comme l’écrivait [Laurent Joffrin dans] le journal Libération, contre lequel vous vous élevez ? 8O % des habitants de Gaza vivent de l’aide humanitaire ; 90 % des usines de Gaza sont fermées ou tournent au ralenti. Vraiment, Bernard-Henri Lévy, ne sommes-nous pas là face à un blocus ? Ne devrait-on pas s’attendre que, plus que tout autre, un grand intellectuel comme vous sache que les gens, y compris les Gazaouis, ont besoin d’autre chose que de pain et d’eau ? Mais oublions les statistiques car, après tout, les philosophes ne s’encombrent pas de chiffres. Vous écrivez qu’Israël a été accusé “jusqu’à la nausée” d’être responsable de ce blocus – tiens, voilà que maintenant vous parlez de blocus ? –, imposé autant par Israël que par l’Egypte. C’est exact. La participation de l’Egypte est en effet scandaleuse et inexplicable, mais on ne peut juger selon les mêmes critères l’Egypte et Israël. L’occupation de Gaza n’est pas terminée, elle a simplement été levée, pour arranger l’occupant, mais Israël n’en reste pas moins responsable. La monnaie officielle de Gaza est le shekel, les registres d’état civil sont établis par Israël, qui surveille également toutes les entrées dans la bande de Gaza. Des décennies d’occupation ont rendu Gaza dépendante d’Israël, et Israël ne saurait s’en défaire par un simple “désengagement”. Mais cessons de parler du blocus, que vous le niez ou que vous le justifiiez. Comment pouvez-vous ignorer le contexte ? Depuis quarante-trois ans, des millions d’individus – dont certains auraient pu espérer devenir Bernard-Henri Lévy, au lieu de perdre leur vie à se battre pour survivre connaissent une situation d’occupation et de désespoir. Quelles chances un jeune Palestinien a-t-il de faire quelque chose de sa vie ? Regardez les photos des Gazaouis qui se pressent au poste-frontière de Rafah et observez l’expression imprimée sur leur visage.
Le concept de liberté ne vous est certainement pas étranger. Vous ne pouvez reprocher l’occupation à personne d’autre qu’à nous, les Israéliens. Il y a beaucoup d’excuses pour cette occupation, mais aucune ne change quoi que ce soit à l’ultime réalité : Israël est une puissance occupante. C’est la racine de tous les maux et c’est ce que vous avez dissimulé. Vous n’en dites pas un mot. Israël avait peut-être le droit d’empêcher des armes de pénétrer à Gaza, mais vous n’avez pas le droit d’ignorer ce qui a fait de Gaza une région de réfugiés désespérés.
Vous avez raison, Bernard-Henri, de souligner que le monde est plus exigeant envers Israël qu’envers des dictatures. Ce n’est pas la “confusion d’une époque”, comme vous le dites, mais une époque nouvelle (et juste) dans laquelle le monde exige qu’en tant que démocratie Israël paie le prix de sa conduite. Alors, diabolisation ? Possible, mais la façon de la combattre est de faire le siège de son arsenal. Sans le blocus de Gaza, sans l’occupation, il n’y aurait aucune raison de diaboliser Israël. Est-ce trop attendre de vous, naguère la voix de la conscience, que vous compreniez cela ?
http://www.reflexiondz.net/Lettre-ouverte-a-B-H-L_a13750.html
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Published by valenton rouge - dans Palestine libre
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