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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 20:04

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Le secrétaire-général des Nations Unies qualifie d' « impressionnantes » les réalisations de Cuba par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le développement


Communiqué de Prensa Latina (avec traduction de la première partie par Granma)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a qualifié d’impressionnantes les réussites de Cuba dans l’accomplissement des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).



Ces félicitations ont été exprimées lors d’une rencontre entre le chef de l’ONU et le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodriguez Parilla, qui participe au Sommet sur les OMD qui s’achève ce mercredi à New York.



A propos des objectifs fixés en 2000 et assortis des cibles chiffrées à atteindre à l'horizon 2015, les deux parties se sont accordées sur la nécessité de renforcer la volonté politique pour œuvrer à la matérialisation de ces engagements, selon une note officielle émise par l’ONU.



Au cours de l’entretien, Ban Ki-moon a salué les remarquables progrès de Cuba concernant les OMD, et il s’est félicité de l’aide cubaine à Haïti, pays qui a été dévasté par un séisme en janvier dernier.



Les entretiens ont également porté sur le changement climatique et sur des questions à caractère humanitaire, selon le communiqué.



Le ministre Cubain des Affaires Etrangères est intervenu hier au sommet des OMD, où il a réclamé la mise en place d'un nouvel ordre économique et politique international, basé sur les principes de solidarité, de justice sociale, d'équité et de respect des droits des peuples et de chaque être humain.



Le ministre a souligné que les objectifs prévus dans la Déclaration du Millénaire ont été réalisés à Cuba pratiquement dans leur totalité et dans certains cas largement dépassés.



Il a expliqué que cette réussite est le résultat direct d'une Révolution qui a posé comme priorité le bien-être de la population, dans un climat d'équité et de justice sociale, et de la société que nous construisons, basée sur la solidarité.



« Des réalisations accomplies malgré le blocus économique, commercial et financier imposé au peuple cubain, pendant un demi-siècle, par le Gouvernement des Etats-Unis », a-t-il déclaré.



Il a également signalé que l'engagement de Cuba « allait au-delà des frontières du pays et avait permis de contribuer au développement social d'autres nations du Tiers-Monde. »

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 19:27

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:52

cubacuba.jpgLa Havane met en place différentes mesures destinées à remettre à flot un pays sous embargo. Notamment la réduction du nombre des salariés de l’État, l’incitation à travailler dans les secteurs productifs comme l’agriculture et l’auto-emploi.

L’annonce a évidemment fait son effet. La Centrale des travailleurs de Cuba (CTC) a annoncé, lundi, dans un communiqué, la réduction de 500 000 postes sur les trois millions de salariés de l’État (secteur productif et non productif) que compte la Grande Île, la population active avoisinant les cinq millions. « Cuba affronte l’urgence d’avancer économiquement, de mieux organiser la production, de potentialiser les réserves de productivité et de l’augmenter, d’améliorer la discipline et l’efficacité », explique la confédération dans son adresse « aux travailleurs ». Ce tournant radical dans le modèle étatique entrera « immédiatement » en vigueur et s’appliquera à « tous les secteurs de l’État » dans le cadre du processus « d’actualisation du modèle économique et des projections de l’économie pour la période 2011-2015 », a précisé la centrale.

Cette batterie de réformes, appelée à relancer une économie qui, après des années de forte croissance, a chuté aux alentours de 1,4 %, avait été actée lors de la session parlementaire d’août dernier. À cette occasion, le président Raul Castro n’avait pas hésité à déclarer : « Il faut effacer pour toujours la notion selon laquelle Cuba est le seul pays au monde où l’on peut vivre sans travailler. » Tout en précisant que « personne ne sera abandonné à son sort ».

 

Les services publics

ne seront pas touchés

Les 500 000 postes supprimés, qui pourraient augmenter à l’avenir, n’affecteront pas les emplois jugés indispensables dans les services publics (médecins, infirmiers, enseignants…), assurent le gouvernement et la CTC, qui précisent par ailleurs que certains salariés se verront du reste réorienter vers des secteurs stratégiques que l’État juge prioritaires : le pétrole, la construction, la biotechnologie, l’industrie pharmaceutique ou encore le tourisme. Mais c’est surtout dans la production agricole que l’État entend mettre l’accent, après avoir mis ces dernières années en usufruit de nombreux terrains, ainsi que dans les coopératives. Un axe de développement vital pour la Grande Île qui reste très dépendante de ses importations.

 

revitaliser le principe

de distribution socialiste

L’autre mutation économique à l’œuvre est le développement de « l’auto-emploi ». En avril dernier, le gouvernement avait autorisé les barbiers et les coiffeurs à louer des locaux où ils puissent travailler et payer des impôts au lieu de recevoir un salaire mensuel. Près d’un demi-million de nouvelles licences devraient être ainsi offertes. Dans le cadre de leur négoce, les « auto-emplois » pourront non seulement à leur tour embaucher mais également commercer avec les entreprises d’État. Ce créneau de libéralisation de l’économie à petite échelle ne devrait toutefois pas remettre en cause le principe de propriété de l’État, mais ce dernier doit se « décharger d’un groupe d’activité pour s’occuper en économie de choses plus importantes », avait insisté en août dernier le ministre de l’Économie, Marino Murillo.

Enfin, sur le plan des salaires, insiste la centrale syndicale, il s’agit de «revitaliser le principe de distribution socialiste de payer chacun selon la quantité et la qualité du travail apporté ». Autrement dit, à chacun selon sa capacité, à chacun selon son travail. Une façon pour les autorités de corriger les aberrations qu’a entraînées l’égalitarisme salarial, renforcées par l’existence de la double monnaie (le peso national et le peso convertible), pénalisant les salariés qui n’ont pas directement accès à la devise forte mais sans pour autant remettre en cause le principe d’égalité des chances.

Cathy Ceïbe

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 18:26

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http://cubasilorraine.over-blog.org/article-l-anecr-se-solidarise-avec-le-peuple-cubain-57075635.html

Paris, 14 septembre (RHC).- L’Association nationale des élus communistes et républicains de France a apporté son soutien à la campagne menée au plan national et international pour la libération des 5 cubains incarcérés arbitrairement aux Etats-Unis.

Dans le cadre de la fête de l’Humanité, des responsables de cette association, Lysiane Alezard, Marie France Vieux-Marcaud, Jean-Claude Mairal et Florian Salazar-Martin ont rencontré la délégation cubaine à la fête en présence de membres de l’Ambassade de Cuba en France.

Au cours de la discussion avec les responsables de l’Anecr, la délégation cubaine a souhaité que la pression sur le Président OBAMA se renforce par la mobilisation citoyenne mais aussi par celle des parlementaires et des élus qui peuvent s’adresser directement à la Maison Blanche.

Un point a été fait sur la situation politique et économique à Cuba. La délégation de l’Anecr a rappelé son soutien au peuple cubain et à la révolution cubaine en dénonçant le blocus imposé par les Etats Unis.

A la fin de la rencontre il a été convenu de renforcer les coopérations entre les élus communistes et républicains et les collectivités cubaines notamment en favorisant les coopérations décentralisées et les coopérations culturelles.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 19:12

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Après 50 ans d'embargo, une prestigieuse revue médicale états-unienne reconnaît que les résultats du système de santé cubain sont comparables à ceux des pays développés et les meilleurs du continent



Communiqué de la Casal Amics de Cuba de Lleida (Catalogne) repris par le site de L'Ernesto (courant marxiste du Parti de la refondation communiste italien)



Traduction AC http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Un article publié le 30 avril 2010 par des professeurs de l'Ecole de médecine de l'Université de Stanford dans la revue Science, une des plus prestigieuses dans le monde scientifique, affirme que « malgré l'impact des restrictions sur l'approvisionnement en médicaments et matériel médical, les résultats sanitaires de Cuba sont comparables à ceux des pays développés ».



L'article prend en exemple les politiques et les résultats sanitaire du Cuba issu de la Révolution. Il apparaît qu'en 1983, Cuba produisait plus de 80% de ses médicaments à partir des matières premières chimiques importées d'Union Soviétique et d'Europe et les cas de carence en médicaments étaient rares. Pendant les trente premières années d'embargo, l'espérance de vie a augmenté de 12,2 ans. Mais après l'effondrement de l'Union Soviétique en 1989 et le durcissement de l'embargo avec les lois « Torricelli » en 1992 et « Helms-Burton » en 1996, les conditions pour le développement du système sanitaire cubain ont empiré et plusieurs manifestations épidémiques ont eu lieu, certaines liées à la mal-nutrition.



Mais l'impact des sanctions a une influence seulement relative sur le succès de Cuba dans d'autres aspects de la prestation de soins. En dépit de l'embargo, Cuba a obtenu des résultats dans le domaine de la santé meilleurs que ceux de la majorité des pays latino-américains et comparables à ceux des pays développés. Cuba a l'espérance de vie la plus élevée (78,6 ans), la plus forte densité de médecins (58 pour 10 000 habitants), et le taux de mortalité infantile le plus bas des 33 pays d'Amérique Latine et des Caraïbes.



Et tout cela avec un coût bien plus réduit. En 2006, le gouvernement cubain a investi pour la santé 355 dollars par habitant, 7,1% du Produit intérieur brut (PIB). Le coût annuel des dépenses de santé aux Etats-Unis a été pour la même année de 6 714 par habitant, 15,3% du PIB du pays. Cuba a également dépensé moins pour la santé que la plupart des pays européens.



Cela est du en particulier à l'attention que le système cubain a porté à la prévention pendant l'embargo. Sur le plan de la prévention, Cuba possède un des systèmes sanitaires les plus efficaces du monde. Par l'éducation de la population à la prévention des maladies et à la promotion de la santé, les cubains dépendent beaucoup moins de l'approvisionnement en médicaments dans le maintien de leur état de santé. Tout le contraire de ce qui se passe aux Etats-unis, qui dépendent largement des médicaments et des technologies dans le maintien de la santé de la population, mais pour un coût beaucoup plus élevé.



L'article conclut en conseillant aux Etats-unis, qui cherchent actuellement à réformer le système de santé, d'apprendre de Cuba une leçon importante concernant le développement d'un système de santé réellement universel et qui donne la priorité à la prévention.



Il faudrait ajouter que de nombreux pays européens pourraient également tirer comme leçon que le système sanitaire public donne de meilleurs résultats que celui privé, même du point de vue financier.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 18:54

 

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Bien qu’il ait publié avant et après des articles sur cette question, le journal mexicain La Jornada lui en a consacré un très impressionnant, le 1er septembre 2010, intitulé : « L’holocauste des Roms : hier et aujourd’hui », qui rappelle une histoire vraiment dramatique. Je vais en citer des extraits textuels qui reflètent des faits absolument bouleversants dont l’Occident et surtout son colossal appareil médiatique ne disent mot.

1496 : essor de la pensée humaniste. Les peuples Roms d’Allemagne sont déclarés traîtres aux pays chrétiens, espions à la solde des Turcs, porteurs de la peste, sorciers, bandits et voleurs d’enfants.

1710 : siècle des Lumières et de la Raison. Un édit envoie à la potence, sans autre forme de procès, tous les Roms adultes de Prague. Les jeunes et les femmes sont mutilés. En Bohème, on leur coupe l’oreille gauche. En Moravie, l’oreille droite.

1899 : apogée de la modernité et du progrès. La police de Bavière crée une section spéciale des questions Roms. En 1929, cette section devient un Centre national qui est transféré à Munich puis, en 1937, à Berlin. Quatre ans après, un demi-million de Roms meurt dans les camps de concentration d’Europe centrale et de l’Est.

Eva Justin, assistante du docteur Robert Ritter, de la Section d’investigations raciales du ministère allemand de la Santé, affirme que le sang Roms est extrêmement dangereux pour la pureté de la race allemande. Et un certain docteur Portschy adresse un mémorandum à Hitler pour lui suggérer de condamner les Roms aux travaux forcés et de les stériliser en masse car ils mettent en danger la pureté du sang du paysannat allemand.

Taxés de criminels invétérés, les Roms commencent à être arrêtés en masse ; dès 1938, ils sont incarcérés dans des blocs spéciaux des camps de Buchenwald, de Mauthausen, de Gusen, de Dautmergen, de Natzweiler et de Flossenburg.

Dans un camp de Ravensbruck lui appartenant, Heinrich Himmler, le chef de la Gestapo (SS), crée un espace pour sacrifier les femmes Roms soumises à des expérimentations médicales. Cent vingt fillettes Roms sont stérilisées. Des femmes Roms mariées à des non-Roms sont stérilisées à l’hôpital de Dusseldorf-Lierenfeld.

Des milliers d’autres Roms sont déportés de Belgique, de Hollande et de France vers le camp polonais d’Auschwitz. Dans ses Mémoires, Rudolf Hess (le commandant du camp) raconte que des quasi-centenaires, des femmes enceintes et un grand nombre d’enfants faisaient partie de ces déportés.

Aucun des cinq mille Roms du ghetto de Lodz (Pologne) […] ne survécut.

En Yougoslavie, Roms et juifs étaient exécutés pareillement dans le bois de Jajnice. Les paysans se rappellent encore les cris des petits Roms conduits sur les lieux d’exécution. Dans les camps d’extermination, seul l’amour des Roms pour la musique leur servit parfois de consolation. À Auschwitz, affamés et pouilleux, ils se réunissaient pour jouer et encourageaient les enfants à danser. Mais le courage des guérilleros Roms de la résistance polonaise dans la région de Nieswiez resta légendaire.

La musique fut un facteur qui maintint leur unité et les aida à survivre, tout comme la religion le fut chez les chrétiens, les juifs et les musulmans.

Dans une série d’articles parus dès fin août, La Jornada a rappelé des événements presque oubliés sur le sort des Roms en Europe qui, bien que victimes du nazisme, ne furent pas pris en considération après le procès de Nuremberg en 1945-1946.

Le gouvernement du chancelier Konrad Adenauer déclara que l’extermination des Roms avant 1943 avait obéi à des politiques d’État légales, si bien que les victimes d’avant cette date ne reçurent aucune indemnisation. Robert Ritter, l’expert nazi en extermination des Roms, fut libéré. Ce n’est qu’en 1982, soit trente-neuf ans après, qu’il fut reconnu que les victimes avaient droit à des indemnisations, mais la majorité était déjà morte. Plus des trois quarts des Roms, calculés entre 12 et 14 millions, vivent en Europe centrale et de l’Est. La Yougoslavie socialiste de Tito fut la seule à reconnaître aux Roms les mêmes droits qu’aux minorités croates, albanaises et macédoniennes.

Le journal mexicain qualifie de « particulièrement perverse » la déportation massive de Roms vers la Roumanie et le Bulgarie ordonnée par le gouvernement de Sarkozy, un juif d’origine hongroise. Qu’on ne prenne pas ça pour de l’irrespect de ma part : ce sont les termes mêmes du journal.

On calcule que deux millions de Roms vivent en Roumanie, pays allié des USA et membre illustre de l’OTAN, dont le président, Traian Basescu, a qualifié une journaliste d’ « immonde Roms ». Quelqu’un de très délicat et d’une politesse exquise, on le constate.

Le site web Univisión.com a commenté les manifestations organisées contre l’expulsion de Roms et contre la « xénophobie » en France. Selon l’agence de presse AFP, environ « cent trente manifestations devaient se dérouler en France et devant les ambassades françaises de plusieurs pays de l’Union européenne, avec le soutien de dizaines d’organisations des droits humains, de syndicats et de partis de gauche et d’écologistes ». La longue dépêche évoque la participation de personnalités connues de la culture, comme Jane Birkin et la cinéaste Agnès Jaoui, et rappelle que la première a fait partie, aux côtés de l’ancien résistant à l’occupation nazie de France (1940-1944), Stephane Hessel, du groupe qui eut ensuite des entretiens avec des conseillers d’Eric Besson, le ministre de l’Immigration.

« Ça a été un dialogue de sourds, mais il est bon qu’il ait eu lieu pour leur montrer qu’une bonne partie de la population se dresse contre cette politique nauséabonde", a déclaré le porte-parole du réseau Education sans frontières… »

D’autres nouvelles abordent ce point épineux. Selon l’article de Ricardo Martínez de Rituerto, sur elpais.com, « le Parlement européen a cloué hier au pilori la France et Nicolas Sarkozy pour leur rapatriement de milliers de Roms roumains et bulgares, à la suite de débats tendus au cours desquels l’attitude de José Manuel Durão Barroso et de la Commission a été qualifiée de scandaleuse et de ridicule, compte tenu de leur apparente pusillanimité à condamner les décisions de Paris comme illégales et contraires au droit communautaire ».

La Jornada a fourni dans un autre article une donnée sociale impressionnante : la mortalité néonatale des Roms est neuf fois plus élevée que la moyenne européenne et leur espérance de vie dépasse à peine cinquante ans.

Le journal mexicain avait informé le 29 août :

Bien que les critiques n’aient pas manqué, aussi bien de la part des institutions de l’Union européenne que de l’Église catholique, de l’ONU et d’une vaste gamme d’organisations travaillant auprès des émigrés, Sarkozy insiste pour expulser et déporter des centaines de citoyens bulgares et roumains, des citoyens européens, donc, au motif de leur nature prétendument "criminelle".

On a du mal à croire, après le terrible passé de l’Europe en matière de racisme et d’intolérance, qu’une ethnie entière puisse encore être ainsi criminalisée et signalée en bloc comme un problème social.

L’indifférence, voire la complaisance face aux actions aujourd’hui de la police française, hier de la police italienne, et en général européenne, laissent pantois les observateurs les plus optimistes.

Soudain, tandis que j’écrivais ces Réflexions, je me suis rappelé que la France était la troisième puissance nucléaire de la planète et que Sarkozy possédait lui aussi un attaché-case qui contient les codes autorisant le lancement de l’une des plus de trois cents bombes que possède ce pays. De quel droit moral peut-on dès lors lancer une attaque contre l’Iran, que l’on condamne pour sa prétendue intention de fabriquer une bombe atomique ? Où sont la sagesse et la logique de cette politique ?

Supposons que Sarkozy perde soudain la tête, comme il semble que c’est en train d’arriver… Que ferait en l’occurrence le Conseil de sécurité des Nations Unies de Sarkozy et de son attaché-case ?

Que se passerait-il si l’extrême droite française décidait d’obliger Sarkozy à suivre une politique raciste en contradiction avec les normes de l’Union européenne ?

Le Conseil de sécurité pourrait-il répondre à ces deux questions ?

L’absence de vérité et la primauté du mensonge sont la pire tragédie à notre périlleuse ère nucléaire.

Fidel Castro Ruz
Le 12 septembre 2010

Traduction J-F Bonaldi, La Havane

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http://www.legrandsoir.info/L-Hypocrisie-infinie-de-l-Occident.html
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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 16:27

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 18:50

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Voilà deux jours, je regardais Vanessa Davies en train de conduire son programme « Contragolpe » de la huitième chaîne, Venezolana de Televisión. Elle dialoguait avec Basem Tajeldine, un Vénézuélien intelligent et honnête dont le visage respire la noblesse, et elle le criblait de questions. Quand j’ai allumé le téléviseur, ils parlaient de ma thèse selon laquelle seul Obama peut stopper la catastrophe.

L’idée du pouvoir incommensurable qu’on lui attribue est venue aussitôt à l’esprit de l’historien. Et c’est vrai, sans aucun doute. Mais nous pensons à deux pouvoirs différents.

Le pouvoir politique réel aux États-Unis, c’est la puissante oligarchie des multimillionnaires qui le détient, et qui gouverne non seulement le pays, mais le monde : le gigantesque pouvoir du Club Bilderberg que décrit Daniel Estulin, créé par les Rockefeller, et la Commission Trilatérale.

L’appareil militaire étasunien avec ses organismes de sécurité est bien plus puissant que Barack Obama, le président des USA. Ce n’est pas lui qui a créé cet appareil, ni l’appareil qui l’a créé, lui. Les facteurs principaux qui ont conduit un descendant cultivé et intelligent du secteur le plus discriminé des USA au poste qu’il occupe aujourd’hui ont été des circonstances exceptionnelles : la crise économique et la guerre.

En quoi réside le pouvoir d’Obama actuellement ? Pourquoi affirmé-je que la guerre ou la paix dépendra de lui ? Si seulement l’échange entre la journaliste et l’historien servait à éclaircir cette question…

Je le dirai autrement : le fameux attaché-case contenant les codes et le bouton permettant de larguer une bombe nucléaire est né de la terrible décision que cela impliquait, autrement dit le caractère dévastateur de cette arme, et de la nécessité de ne pas perdre une seconde. Kennedy et Khrouchtchev sont passés par cette expérience, et Cuba a failli être la première cible d’une frappe massive de ces armes.

Je me rappelle encore l’angoisse que traduisaient les questions que Kennedy avait chargé le journaliste français Jean Daniel de me poser, quand il avait su que celui-ci viendrait à Cuba et se réunirait avec moi. « Castro sait-il à quel point nous avons frôlé une guerre mondiale ? » Je lui ai demandé de retourner à Washington pour converser avec lui. C’est une histoire bien connue.

La question était si intéressante que je l’ai invité à sortir de La Havane et nous en parlions dans la matinée dans une villa au bord de mer, sur la fameuse plage de Varadero.

Nous ne nous racontâmes pas grand-chose en fin de compte, parce qu’on m’avertit aussitôt de l’attentat. Nous cherchâmes une radio des États-Unis, qui nous informa que le président venait d’être grièvement blessé de plusieurs balles.

Des mains mercenaires avaient commis l’homicide.

Pour la droite étasunienne, dont les mercenaires de la CIA débarqués à Playa Girón, il n’avait pas été assez énergique vis-à-vis de Cuba.

Presque un demi-siècle s’est écoulé depuis. Le monde a changé. Bien plus de vingt mille ogives nucléaires ont été mises au point dont le pouvoir destructif est 450 000 fois celui de la bombe qui détruisit Hiroshima. On est en droit de se demander : à quoi sert l’attaché-case nucléaire ? Un président peut-il par hasard diriger quelque chose d’aussi sophistiqué et complexe qu’une guerre nucléaire ?

Cet attaché-case est aussi symbolique que le bâton de chef qui reste aux mains du président comme de la fiction pure et simple.

Le seul fait significatif est que la Constitution des États-Unis stipule qu’une seule personne dans le pays peut donner l’ordre de déclencher une guerre, et ceci est maintenant encore plus important que jamais, parce qu’une guerre nucléaire mondiale peut se déclencher en une minute mais ne durer peut-être qu’un jour.

On peut se poser plusieurs questions. Quelqu’un d’autre que le président peut-il donner l’ordre de déclencher une guerre ? Kennedy a-t-il eu besoin d’une autre faculté pour attaquer à la baie des Cochons et lancer ensuite la guerre au Vietnam ? Johnson pour l’intensifier ? Nixon pour écraser ce pays sous les bombes ? Reagan pour envahir la Grenade ? Bush père pour attaquer le 20 décembre 1989 les villes de Panama, de Colón, pour détruire le quartier pauvre d’El Chorrilllo et y tuer des milliers de miséreux ? Clinton pour attaquer la Serbie et engendrer le Kosovo ? Bush fils pour réaliser son atroce invasion de l’Irak ? Je mentionne par ordre chronologique juste quelques-uns des forfaits les plus connus de l’Empire. Jusqu’ici, Obama n’a fait que recevoir l’héritage.

La vieille pensée ne s’adapte pas aisément aux nouvelles réalités.

Donc, j’ai soulevé cette idée, non qu’Obama soit puissant ou surpuissant. Il préfère jouer au basket ou prononcer des discours ; il a même reçu le prix Nobel de la paix que Michael Moore l’a d’ailleurs pressé de vraiment mériter maintenant. Sans doute personne ne s’imaginait alors – lui, moins que quiconque – que s’il suit en ces derniers mois de 2010 les instructions du Conseil de sécurité des Nations Unies, ce à quoi l’exhorte peut-être fermement un Sud-Coréen nommé Ban Ki-moon, il sera responsable de la disparition de l’espèce humaine.

Je suis prêt à continuer de discuter de ce point.

Fidel Castro Ruz
Le 22 août 2010

Traduction J-F Bonaldi, La Havane

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http://www.legrandsoir.info/Je-suis-pret-a-continuer-de-discuter.html
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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 12:09

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LA HAVANE  -  Vingt-deux ans après avoir suscité une vive polémique à Cuba en y subissant la première opération de changement de sexe, Mavi Susel  rompt le silence pour dénoncer homophobes et machistes dans le premier  documentaire cubain consacré à la transsexualité.


    "Le Corps qui s'est trompé", qui relate la vie difficile d'un transsexuel, a été  présenté en première cette semaine dans une salle bondée du centre-ville de  La Havane en présence de sa réalisatrice Marilyn Solaya et de sa protagoniste, Mavi, une femme rondelette de 49 ans qui n'avait jamais auparavant évoqué publiquement sa "transformation".


    Mavi a expliqué à l'AFP qu'elle avait décidé de raconter sa vie pour que les gens "apprennent à nous aimer et nous comprendre".

 

Signe des temps, le film  de 52 minutes doit être présenté à travers le pays et sa sortie a été soulignée  à la télévision cubaine qui le diffusera aussi, loin du tollé qu'avait provoqué en  1988 l'annonce de la chirurgie subie par Mavi.


    La polémique à l'époque avait été telle que les opérations de changement de  sexe, effectuées gratuitement comme tout traitement médical à Cuba, n'ont pu  reprendre que vingt ans plus tard grâce à la gestion de la sexologue Mariela Castro, fille du président Raul et nièce de Fidel, qui dirige le Centre national  d'éducation sexuelle.


    Depuis, une dizaine de transsexuels ont pu bénéficier de ce type d'opération  décriée par l'Eglise catholique et certains membres du Parti communiste, de  l'aveu même de Mme Castro. Si les Cubains ont été parmi les premiers au  monde à légaliser l'avortement et font preuve d'une grande ouverture en matière  de sexualité entre les hommes et les femmes, la question de l'homosexualité et  de la transsexualité reste très controversée.

 

http://www.portalangop.co.ao/motix/fr_fr/noticias/internacional/2010/7/33/Mavi-premier-transsexuel-cubain-rompt-silence-sur-les-ecrans-Cuba,a39d38fd-8c1b-4bd8-85ab-ebab0110ab72.html

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 18:52

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    La question du nombre de « prisonniers politiques » à Cuba est sujette à polémique. Pour le gouvernement cubain, il n'y a pas de prisonniers politiques à Cuba, mais des personnes condamnées pour des délits inscrits au code pénal, notamment le fait d'être financé par une puissance étrangère. Amnesty International (AI), quant à elle, recense dans son rapport 2010 « 55 prisonniers d'opinion1 », parmi lesquels 20 ont été libérés en juillet 2010 et 6 autres le 15 août 2010, suite à la médiation de l'Eglise catholique et de l'Espagne, et deux autres auparavant 

 

2. Donc, selon AI, il reste actuellement 27 « prisonniers politiques » à Cuba. Enfin, l'opposition cubaine et Elizardo Sánchez de la Commission des droits de l'homme et de la réconciliation nationale (CDHRN) en particulier évoquent le nombre de 147 prisonniers politiques, moins les 6 récemment libérés, soit 141

3. Les médias occidentaux privilégient cette dernière liste.

Il convient d'abord de faire la lumière sur un aspect de cette question avant d'évoquer le sujet du nombre exact de « prisonniers politiques » dans l'île : l'existence ou non d'un financement de l'opposition cubaine par les Etats-Unis.

Cette politique, clandestine entre 1959 et 1991, est désormais publique et attestée par maintes sources. En effet, Washington reconnaît cette réalité dans plusieurs documents et déclarations officiels. La loi Torricelli de 1992, et plus particulièrement la section 1705, stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba ».

La loi Helms-Burton de 1996 prévoit, à la section 109, que « le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba ».

Le premier rapport de la Commission d'assistance à une Cuba libre, adopté le 6 mai 2004, envisage la mise en place d'un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l'opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante ».

Le second rapport de la même Commission, rendu public le 10 juillet 2006, prévoit un budget de 31 millions de dollars pour financer l'opposition interne.

Le rapport prévoit également « d'entraîner et d'équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba ».

       La représentation diplomatique étasunienne à La Havane, la Section d'intérêts nord-américains (SINA) confirme cela dans un communiqué : « Depuis longtemps, la politique des Etats-Unis consiste à fournir une assistance humanitaire au peuple cubain, particulièrement aux familles des prisonniers politiques. Nous permettons également aux organisations privées de le faire ».

   Laura Pollán, du groupe dissident « les Dames en Blanc », admet avoir reçu de l'argent des Etats-Unis1: « Nous acceptons l'aide, le soutien, que ce soit de l'extrême droite ou de la gauche, sans conditions».

L'opposant Vladimiro Roca confesse que la dissidence cubaine est stipendiée par Washington tout en rétorquant que l'aide financière reçue est « totalement et complètement légale ». Pour le dissident René Gómez, le soutien financier de la part des Etats-Unis n'est « pas une chose qu'il faudrait cacher ou dont il faudrait avoir honte».

De la même manière, Elizardo Sánchez confirme l'existence d'un financement de la part des Etats-Unis : « La question n'est pas de savoir qui envoie de l'aide mais ce que l'on en fait ».


La presse occidentale admet cette réalité. L'Agence France-Presse informe que « les dissidents ont pour leur part revendiqué et assumé ces aides financières». L'agence espagnole EFE fait allusion aux « opposants payés par les Etats-Unis ».
L'agence de presse britannique Reuters, « le gouvernement étasunien fournit ouvertement un soutien financier fédéral pour les activités des dissidents, ce que Cuba considère comme un acte illégal ».
L'agence de presse étasunienne The Associated Press reconnaît que la politique de fabriquer et financer une opposition interne n'était pas nouvelle : « Depuis des années, le gouvernement des Etats-Unis a dépensé des millions de dollars pour soutenir l'opposition cubaine ».
Elle précise : « Une partie du financement provient directement du gouvernement des Etats-Unis, dont les lois préconisent le renversement du gouvernement cubain. L'agence internationale pour le développement des Etats-Unis (USAID), qui supervise le soutien financier du gouvernement pour une 'transition démocratique' à Cuba, a alloué plus de 33 millions de dollars pour la société civile cubaine pour la présente année fiscale ».

      Wayne S. Smith est un ancien diplomate étasunien qui a été chef de la SINA à La Havane de 1979 à 1982. Selon lui, il est « illégal et imprudent d'envoyer de l'argent aux dissidents cubains ».
Il a ajouté que « personne ne devrait donner de l'argent aux dissidents et encore moins dans le but de renverser le gouvernement cubain » car « lorsque les Etats-Unis déclarent que leur objectif est de renverser le gouvernement cubain, et qu'ensuite ils affirment qu'un des moyens pour y parvenir est de fournir des fonds aux dissidents cubains, ces derniers sont placés de facto dans la position d'agents payés par une puissance étrangère pour renverser leur propre gouvernement ».

Evoquons à présent la position d'Amnesty International. L'organisation fait état de 27 prisonniers politiques à Cuba au 15 août 2010. Or, elle reconnaît en même temps que ces personnes ont été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba ».
Ainsi, l'organisation entre en contradiction car le droit international considère comme illégal le financement d'une opposition interne dans une autre nation souveraine. Tous les pays du monde disposent d'un arsenal juridique codifiant comme délits de telles conduites. Ainsi, les législations étasunienne et européennes, entre autres, sanctionnent lourdement le fait d'être stipendié par une puissance étrangère.

La liste élaborée par Elizardo Sánchez est plus longue et inclut tout type d'individus. Parmi les 141 noms, 10 autres avaient déjà été remis en liberté pour des raisons de santé, ce qui fait un total de 131 personnes. Au sujet de ces dix personnes, Sánchez a expliqué qu'il les maintenait dans sa liste car elles pouvaient être de nouveau incarcérées dans le futur. Quatre autres personnes ont accompli leur peine et sont sorties de prison. Il reste donc 127 individus. 27 autres personnes doivent être libérées d'ici le mois d'octobre, selon l'accord passé entre La Havane, l'Espagne et l'Eglise catholique.

Sur les 100 individus restant, près de la moitié ont été condamnés pour des crimes violents. Certains ont réalisé des incursions armées à Cuba et au moins deux d'entre eux, Humberto Eladio Real Suárez et Ernesto Cruz León, sont responsables de la mort de plusieurs civils, respectivement en 1994 et en 1997.

Ricardo Alarcón, président du Parlement cubain, n'a pas manqué de souligner ces contradictions : « Curieusement, ceux qui nous critiquent parle d'une liste [et pas de noms]. Pourquoi ne disent-ils pas qu'ils sont en train de demander la liberté de la personne qui a assassiné Fabio di Celmo ? ».

       Associated Press (AP) a également souligné le caractère douteux de la liste de Sánchez et note que « plusieurs d'entre eux ne devraient normalement pas être considérés comme des prisonniers politiques ». « Une étude plus attentive permet de voir la présence de terroristes, de preneurs d'otages et d'agents étrangers ». AP note que parmi les 100 personnes restantes, « près de la moitié ont été condamnées pour terrorisme, prise d'otages et autres crimes violents, et quatre d'entre eux sont d'anciens militaires ou agents des services de renseignement condamnés pour espionnage ou pour avoir révélé des secrets d'Etat ».

        De son côté, Amnesty International affirme qu'elle ne peut pas considérer les membres de la liste de Sánchez comme des « prisonniers de conscience » car elle inclut « des gens jugés pour terrorisme, espionnage ainsi que ceux qui ont tenté et même réussi à faire exploser des hôtels », indique l'organisation. « Nous ne demanderons certainement pas leur libération et ne les décrirons pas comme prisonniers de conscience ».

        Miguel Moratinos, ministre des Affaires étrangères espagnol, qui a joué un rôle clé dans l'accord portant sur la libération de 52 prisonniers, a également mis en doute la liste de Sánchez et souligné son caractère aléatoire. : « Ne dites pas qu'il faut libérer 300 prisonniers car il n'y en a pas 300. La liste de la Commission des droits de l'homme de Cuba disait, une semaine avant mon arrivée, qu'il y en avait 202. A mon arrivée à Cuba, elle a affirmé la veille qu'il y en avait 167 ».

     A l'issue de la libération des autres 27 personnes incluses dans l'accord de juin 2010, il ne restera qu'un seul « prisonnier politique » à Cuba, Rolando Jimenez Pozada, selon Amnesty International. Associated Press note pour sa part que ce dernier a en réalité été « emprisonné pour désobéissance et pour avoir révélé des secrets d'Etat ».

  Curieusement, la liste dressée par Sánchez, qui est la moins fiable et qui est dénoncée de toutes parts en raison de l'inclusion d'individus condamnés de graves actes de terrorisme, est privilégiée par la presse occidentale.

        Le gouvernement cubain a effectué un geste notable en procédant à la libération des prisonniers considérés comme « politiques » par les Etats-Unis et certaines organisations telles qu'Amnesty International. Le principal obstacle à la normalisation des relations entre Washington et La Havane - du point de vue de l'administration Obama - est désormais levé. Il revient donc à la Maison-Blanche d'effectuer un geste de réciprocité et de mettre un terme aux sanctions économiques anachroniques et inefficaces contre le peuple cubain.


Notes

1 Amnesty International, « Rapport 2010. La situation des droits humains dans le monde », mai 2010. http://thereport.amnesty.org/sites/default/files/AIR2010_AZ_FR.pdf  (site consulté le 7 juin 2010), pp. 87-88.

2 EFE, « Damas piden a España acoger a más presos políticos », 25 juillet 2010 ; Carlos Batista, « Disidencia deplora 'destierro' de ex presos », El Nuevo Herald, 15 août 2010.

3 EFE, « Damas piden a España acoger a más presos políticos », 25 juillet 2010

4 Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

5 Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

6 Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004).
www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consulté le 7 mai 2004), pp. 16, 22.

7 Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006).
www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 20.

8 Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006).
www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 22.

9 The Associated Press/El Nuevo Herald, « Cuba : EEUU debe tomar 'medidas' contra diplomáticos », 19 mai 2008.

10 The Associated Press, « Cuban Dissident Confirms She Received Cash From Private US Anti-Castro Group », 20 mai 2008.

11 El Nuevo Herald, « Disidente cubana teme que pueda ser encarcelada », 21 mai 2008.

12 Patrick Bèle, « Cuba accuse Washington de payer les dissidents », Le Figaro, 21 mai 2008.

13 Agence France-Presse, « Prensa estatal cubana hace inusual entrevista callejera a disidentes », 22 mai 2008.

14 Agence France-Presse, « Financement de la dissidence : Cuba 'somme' Washington de s'expliquer », 22 mai 2008.

15 EFE, « Un diputado cubano propone nuevos castigos a opositores pagados por EE UU », 28 mai 2008.

16 Jeff Franks, « Top U.S. Diplomat Ferried Cash to Dissident : Cuba », Reuters, 19 mai 2008.

17 Ben Feller, « Bush Touts Cuban Life After Castro », Associated Press, 24 octobre 2007

18 Will Weissert, « Activistas cubanos dependen del financiamiento extranjero », The Associated Press, 15 août 2008.

19 Radio Habana Cuba, « Former Chief of US Interests Section in Havana Wayne Smith Says Sending Money to Mercenaries in Cuba is Illegal », 21 mai 2008.

20 Wayne S. Smith, « New Cuba Commission Report : Formula for Continued Failure », Center for International Policy, 10 juillet 2006.

21 Amnesty International, « Cuba. Cinq années de trop, le nouveau gouvernement doit libérer les dissidents emprisonnés », 18 mars 2008.
http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/cuba-five-years-too-many-new-government-must-release-jailed-dissidents-2 (site consulté le 23 avril 2008).

22 Juan O. Tamayo, « ¿Cuántos presos políticos hay en la isla? », El Nuevo Herald, 22 juillet 2010

23 José Luis Fraga, « Alarcón : presos liberados pueden quedarse en Cuba y podrían ser más de 52 », Agence France-Presse, 20 juillet 2010.

24 Paul Haven, « Number of Political Prisoners in Cuba Still Murky », The Associated Press, 23 juillet 2010.

25 Ibid.

26 EFE, « España pide a UE renovar relación con Cuba », 27 juillet 2010.

27 Paul Haven, « Number of Political Prisoners in Cuba Still Murky », op. cit.
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