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Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:59

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http://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Cuba-defend-son-allie-venezuelien-face-a-Bogota--16921082/

 

Le gouvernement cubain a exprimé samedi son soutien au président vénézuélien Nicolas Maduro sur fond de querelle diplomatique entre Caracas et Bogota.

Le ministre des Affaires étrangères cubain, Bruno Rodriguez, a déclaré dans un communiqué que la "position de solidarité (de Cuba) vis-à-vis du Venezuela, et de reconnaissance de la légitimité du gouvernement de Nicolas Maduro restait inchangée".

Henrique Capriles, candidat malheureux à l'élection présidentielle vénézuélienne du 14 avril, a rencontré mardi à Bogota le président colombien Juan Manuel Santos, déclenchant l'ire de Nicolas Maduro, qui accuse le chef de l'Etat colombien de comploter contre lui.

L'ancien rival de Nicolas Maduro à la présidentielle s'est rendu en Colombie dans le cadre d'une tournée en Amérique latine visant à démontrer que la victoire de Maduro était entachée de fraudes.

En réponse, le président vénézuélien a rappelé son émissaire aux pourparlers de paix organisés à La Havane entre le gouvernement colombien et les rebelles marxistes des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

Bruno Rodriguez a également accusé Henrique Capriles de travailler de concert avec de puissants groupes américains pour déstabiliser le Venezuela.

Le gouvernement de Bogota et les rebelles des Farc ont entamé le 19 novembre 2012 ces négociations pour mettre fin à près de cinquante ans d'une insurrection qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Le principal négociateur colombien à La Havane, Humberto de la Calle, a déclaré vendredi qu'il espérait que le Venezuela et la Colombie pourraient rapidement se réconcilier dans la mesure où "le rôle joué par le Venezuela est très important dans les négociations".

Le Venezuela est le principal allié de Cuba, à qui il fournit les deux tiers de ses besoins journaliers en pétrole contre les services de plus de 40.000 ressortissants Cubains, essentiellement dans le secteur médical. (Jeff Franks; Hélène Duvigneau pour le service français)

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:55

cuba-china.jpgGuo Jinlong, un haut responsable du Parti communiste chinois (PCC), a déclaré samedi à La Havane que la Chine souhaite élargir la coopération avec Cuba dans plusieurs domaines afin de promouvoir le développement économique des deux pays.

Cuba est le premier pays d'Amérique latine à avoir établi des relations diplomatiques avec la Chine, a indiqué M. Guo, membre du Bureau politique du Comité central du PCC, lors de son entretien avec Mercedes Lopez Acea, vice-présidente du Conseil d'Etat cubain et première secrétaire du Comité provincial de La Havane du Parti communiste cubain.

Le Parti communiste chinois est prêt à maintenir les échanges de haut niveau avec le Parti communiste cubain et à partager les expériences en matière de gouvernance de l'Etat et de construction du parti, a indiqué M. Guo.

La ville de Beijing entend travailler avec La Havane, sa ville jumelle, pour approfondir la coopération et élargir les échanges culturel et ceux entre les populations, a souligné M. Guo, qui est également secrétaire du Comité municipal de Beijing du PCC.

Mme Lopez a affirmé que les relations entre Cuba et la Chine, qui sont basées sur la confiance mutuelle et le respect mutuel, sont devenues un modèle de relations bilatérales.

Les deux pays ont la même tâche de construire le socialisme avec leurs propres caractéristiques nationales, a-t-elle noté, ajoutant que Cuba est prêt à renforcer les échanges et la coopération avec la Chine.

M. Guo est arrivé jeudi à La Havane, à la tête d'une délégation du PCC. Il se rendra par la suite en visite au Brésil.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:49

 csc-logo.jpgL’organisation non gouvernementale britannique Cuba Solidarity Campaign a vu ses fonds destinés à l’achat d’un ouvrage sur les sanctions économiques contre Cuba saisis par le Département du Trésor.


Opera Mundi

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/29149/ong+britanica+e+vitima+das+sancoes+economicas+dos+estados+unidos+contra+cuba.shtml


 The Economic War against Cuba. A Historical and Legal Perspective on the U.S. Blockade a été publié par Monthly Review Press, maison d’édition basée à New York, en avril 2013, traduit du français Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba[1]. L’ouvrage dresse une perspective historique et juridique des sanctions économiques que les Etats-Unis imposent à Cuba depuis 1960 et évalue notamment leur impact dans des domaines tels que la santé, affectant gravement les catégories les plus vulnérables de la population cubaine en empêchant l’île d’avoir accès aux médicaments et équipements médicaux fabriqués sur le territoire étasunien.

Le livre souligne le caractère anachronique, cruel et inefficace d’un état de siège qui date de la guerre froide, qui frappe de manière indiscriminée tous les secteurs de la société – à commencer par les plus fragiles – et qui a été incapable d’atteindre son objectif, à savoir le renversement du gouvernement cubain. De la même manière, il rappelle que les sanctions contre Cuba suscitent le rejet de l’immense majorité de la communauté internationale, avec 188 pays votant pour la 21ème fois consécutive en 2012 contre l’embargo économique, commercial et financier. Par ailleurs, 67% de l’opinion publique étasunienne souhaite une normalisation des relations avec Cuba, car elle ne comprend pas pourquoi elle peut se rendre en Chine, au Vietnam ou en Corée du Nord, mais pas dans la plus grande île de la Caraïbe.

 Un chapitre entier traite du caractère extraterritorial des sanctions économiques, lesquelles violent le droit international. En effet, une législation nationale ne peut pas s’appliquer dans un pays tiers. Par exemple, la loi française ne peut pas s’appliquer en Allemagne et la loi brésilienne ne peut pas s’appliquer en Argentine. Or, la loi sur les sanctions économiques s’appliquent à tous les pays du monde et un bureau spécial du Département du Trésor, le Office Foreign Assets Control (OFAC), est chargé de cela.

 En avril 2013, l’ONG britannique Cuba Solidarity Campaign (CSC) a décidé d’acheter 100 exemplaires de l’ouvrage The Economic War against Cuba et a demandé à sa banque anglaise, la Co-operative, de régler la facture par virement bancaire auprès du compte de la Monthly Review Press chez la Chase Bank.

 Cependant, la transaction n’a pas eu lieu. En effet, l’OFAC a décidé de bloquer les fonds et a exigé de l’ONG britannique qu’elle explique en détail ses relations avec Cuba. Rob Miller, directeur de CSC, a fait part de son étonnement : « On utilise une législation extraterritoriale sur les sanctions économiques pour empêcher la vente d’un livre au Royaume-Uni qui expose l’ampleur du blocus contre Cuba […]. Le caractère ridicule du blocus américain est une nouvelle fois illustré par cette affaire où l’on essaye d’empêcher les lecteurs britanniques de lire un livre publié par une maison d’édition américaine ».

 A l’évidence, ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis appliquent de manière extraterritoriale les sanctions contre Cuba. A titre d’exemple, si l’entreprise allemande Mercedes souhaite exporter ses voitures aux Etats-Unis, elle doit démontrer au Département du Trésor que ses voitures ne contiennent pas un seul gramme de nickel cubain. De la même manière, si un pâtissier français souhaite vendre ses produits sur le marché étasunien, il doit démontrer qu’ils ne contiennent pas un gramme de sucre cubain. Non seulement, les sanctions économiques contre Cuba constituent le principal frein au développement du pays mais représentent également un obstacle aux relations commerciales de l’île avec le reste du monde. Parfois, avec des conséquences insolites.

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:45

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:42

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http://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/rene-burri-depose-photos-musee-elysee/story/25166072

 

 

L'artiste de 80 ans est l'un des plus grands photographes suisses. Il l'est l'auteur d'un cliché de Che Guevara fumant le cigare qui a fait le tour du monde.


Pour attirer ces archives, «un système complexe et un peu innovant» a été mis en place, a expliqué lundi Sam Stourdzé, le directeur du Musée de l'Elysée. Une Fondation René Burri, hébergée par le musée, va voir le jour à Lausanne. Par convention de dépôt, le fonds sera confié à l'Elysée pour une durée de 20 ans, renouvelable.

L'Etat de Vaud, de son côté, financera un poste de conservateur pour inventorier et gérer la collection, ce qui représente un montant de l'ordre de 200'000 francs par an, a indiqué la conseillère d'Etat Anne-Catherine Lyon. Un énorme travail d'inventaire reste à faire.

Patrimoine et commercial

«Nous différencions l'aspect patrimonial et commercial», a expliqué Sam Stourdzé. «La partie commerciale reste entre les mains de René Burri et de sa famille. Nous garantissons le devenir de l’œuvre pour les générations à venir.»

René Burri n'a pas caché qu'il désespérait de trouver une solution pour assurer l'avenir de son oeuvre. «Que faire des milliers et milliers de planches accumulées depuis les années 50 ?».

La collection devrait rassembler quelque 30'000 images. Une grande exposition René Burri devrait voir le jour d'ici cinq ans au Musée de l'Elysée, à Lausanne. (ats/Newsnet)

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:24

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http://www.granma.cu/frances/cuba-f/30may-La%20troisieme.html

 

 

IL y eut trois interventions militaires des États-Unis à Cuba, et non pas deux, comme on l’admet parfois. Le contre-amiral M.E. Murphy reconnaît dans The History on Guantanamo Bay, 1494-1964, que « le soulèvement noir de 1912 amena les États-Unis à intervenir de nouveau à Cuba, cette fois par la province d’Oriente ».

« Un soulèvement noir organisé à Cuba en mai 1912 par les Indépendants de couleur, prit des proportions telles que, le 23 mai, le Département de la marine dépêcha des troupes à la Base navale des États-Unis, dans la baie de Guantanamo ».

Le 20 mai 1912, le Parti indépendant de couleur (PIC) avait organisé un soulèvement armé, plus symbolique que réel, qui servit de prétexte au déclenchement du massacre de plus de 3 000 Cubains, noirs et métis. Les membres du PIC demandaient l’abrogation de la Loi Morua, qui interdisait la légalisation de partis politiques noirs, et étaient engagés aux côtés d’autres secteurs de la société pour la suppression de la discrimination contre les non-Blancs instaurée précisément par l’occupant nord-américain.

Sous le prétexte de protéger leurs citoyens et leurs biens, comme lors de la deuxième intervention de 1906, la dénommé 1e Brigade provisoire fut organisée sous le commandement du colonel Lincoln Karmany, et stationnée dans la baie de Guantanamo. Le quartier général de la base dépêcha plusieurs détachements ayant pour mission d’ « occuper et de défendre les points stratégiques ».

 

LE FRUIT MÛR


La véritable raison de ces interventions et du blocus qui est actuellement exercé contre notre pays est consignée dans de nombreux documents officiels des États-Unis. John Quincy Adams, secrétaire d’État du président Monroe, parlait en 1823 de « l’inévitable annexion de Cuba », en affirmant que l’Île finirait par tomber entre les mains des États-Unis, que le moment viendrait où il suffirait de tendre la main pour cueillir le fruit mûr…

Le président William Mckinley estima que le fruit était suffisamment mûr en 1898, et décida de lancer la première intervention militaire contre notre pays afin de ravir la victoire à l’Armée de libération de nos « mambises » sur une armée espagnole épuisée par les trois guerres que la métropole avait été contrainte de livrer en trente ans.

Dès le début des protestations organisées par les membres du PIC, des partisans de l’occupation et de l’annexion de l’Île comme Knox, secrétaire à la Guerre sous le gouvernement du président William Taft ; Arthur Beaupré, ministre des États-Unis à Cuba, et Frank Steinhart, président de la Havana Central Railroad Co., se mobilisèrent et firent pression pour obtenir l’intervention et protéger leurs intérêts. Le 1er mai, Beaupré proposa à son gouvernement d’envoyer à Cuba un navire chargé de marines.

Quant à Taft, il envoya un ultimatum au gouvernement cubain, menaçant d’intervenir si le mouvement n’était pas rapidement jugulé par le président José Miguel Gomez, qui pour des raisons électorales essayait de venir à bout des protestations par des moyens pacifiques.

Face à ces menaces, Gomez répondit qu’il avait pris « toutes les mesures qui s’imposaient pour mettre un terme au soulèvement » et qu’il ne jugeait « pas nécessaire une intervention ».

Cependant, la brigade du colonel Lincoln Karmany, composée de 69 officiers et de 2 008 effectifs, fut rassemblée à Norfolk, en Virginie, tout comme le 1er Régiment formé de 29 officiers et de 756 hommes, sous le commandement du colonel George Barnet, qui embarqua le 23 mai à bord de l’USS Prairie et de l’USS Paducah, et arriva à Guantanamo 5 jours plus tard, le 28 mai. Ils y resteraient jusqu’au mois d’août.

Le 25 mai, le deuxième régiment composé de 40 officiers et de 1 252 hommes, placé sous les ordres du colonel James E. Mahoney, voyagea à bord de l’US Atlantic Fleet et débarqua début juin dans la baie de Guantanamo.

Le 11 juin 1912, le détachement de marines de l’USS Ohio, sous le commandement du capitaine R.C. Hooker, à bord de l’USS Eagle, fut transféré de la baie de Nipe à celle de Guantanamo, où il débarqua le 12.

Un autre détachement composé de 27 hommes de l’USS Nashville, et autant d’effectifs de l’USS Paducah, aux ordres du lieutenant E.P. Finney, débarqua à Preston, dans la baie de Nipe, et voyagea par chemin de fer jusqu’aux mines de la Spanish American Iron Works, à Woodfred, à Cuba, pour protéger les propriétés nord-américaines.

Les effectifs des États-Unis occupèrent plusieurs villes et villages près de Santiago de Cuba. Des troupes de la Brigade furent envoyées à Guantanamo, Soledad, Los Canos et San Antonio, entre autres localités.

Avec le soutien de ces troupes d’occupation, l’armée nationale « blanche » – les Noirs étant exclus des unités de combat – créée par les États-Unis, était suffisamment puissante pour écraser le soulèvement.

La révolte avait commencé le 20 mai, jour du 10e anniversaire de la déclaration de la République néocoloniale occupée par l’armée des États-Unis, dans le cadre d’une sorte de transaction face à la ferme opposition des officiers et des troupes mambises à une annexion au voisin du Nord. Les protestations du PIC à Pinar del Rio, La Havane, Matanzas et Las Villas furent rapidement réprimées. Mais le mouvement continua avec une vigueur accrue dans l’est du pays, sous la direction d’officiers de l’armée cubaine de libération comme le général Pedro Ivonet, et le lieutenant Evaristo Estenoz, dans les villes de Santiago de Cuba, Guantanamo, Holguin, El Cobre, Alto Songo et San Luis.

La répression sanglante, marquée par les assassinats d’Ivonet et d’Estenoz, dura deux mois, et fut menée sous les ordres du général José de Jesus Monteagudo, les forces des gardes champêtres, de l’armée nationale et des volontaires, qui comptèrent une vingtaine de morts dans leurs rangs.

 

LES INTERVENTIONS DANS LA CARAÏBE DEPUIS GUANTANAMO


À partir de février 1913, le colonel Lincoln Karmany put une nouvelle fois diposer d’une grande unité à Guantanamo : la 2e Brigade provisoire, composée de 72 officiers et de 2 100 hommes. En 1915, cette unité fut dépêchée vers Haïti, qui fut envahie, pour une occupation qui allait durer jusqu’en 1932.

La période allant de 1915 à 1918 allait maintenir les marines très occupés à Guantanamo. Toute une série d’actions furent lancées en Haïti, en République dominicaine, ainsi que la « Sugar intervention » à Cuba. La compagnie No 24, qui faisait partie de la garnison permanente de la Base navale, fut dépêchée en Haïti le 29 juillet 1915. Des interventions plus ou moins importantes furent menées un peu partout en Amérique latine.

 

Dans sa lettre à son ami mexicain Manuel Mercado, notre Héros national José Marti était on ne peut plus visionnaire lorsqu’il signalait : «Je suis chaque jour en danger de donner ma vie pour mon pays et pour mon devoir, d’empêcher à temps par l’indépendance de Cuba que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne s’abattent, avec ce surcroît de force, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait jusqu’à ce jour et ferai n’a pas d’autre but. »

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:18

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Cuba : La réduction de la faim sur l’île est saluée par la FAO

  Par le 31 mai 2013

 


Au début du mois de mai, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano da Silva, a reconnu les efforts des autorités cubaines pour garantir la sécurité alimentaire à sa population. La FAO est un organe qui oeuvre pour permettre la sécurité alimentaire à l’ensemble des populations en veillant à ce que les êtres humains aient un accès régulier à une nourriture de bonne qualité qui leur permette de mener une vie saine et active.

Le mandat de la FAO consiste de fait à améliorer les niveaux de nutrition, la productivité agricole et la qualité de vie des populations rurales et à contribuer à l’essor de l’économie mondiale.

José Graziano da Silva a déclaré lors de son passage sur l’île des Caraïbes « Cuba est l’un des 17 pays au monde qui a déjà atteint l’objectif du Sommet mondial pour l’alimentation dont le but est de réduire de moitié le nombre absolu de personnes souffrant de la faim. Ceci a été rendu possible grâce au gouvernement cubain qui a fait du droit à l’alimentation sa priorité en adoptant des politiques concrètes ».

Les autres pays qui sont parvenus à remplir cet objectif de réduction sensible de la faim sont l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Chili, les Fidji, la Géorgie, le Ghana, le Guyana, le Nicaragua, le Pérou, les Samoa, la République de Sao Tomé-et-Principe, la Thaïlande, l’Uruguay, Venezuela, et le Vietnam. Les États, qui ont atteint leur objectif avant le délai fixé en 2015, recevront un diplôme reconnaissant leur réussite lors d’une cérémonie qui se tiendra le 16 juin, à Rome, lors de la conférence de la FAO.

Pendant sa visite à La Havane, Graziano da Silva a tenu à souligner que Cuba se trouve aujourd’hui dans une situation de sécurité alimentaire comparable aux pays développés avec un indice de dénutrition inférieure à 5 %.

La conférence de la FAO qui rendra donc hommage aux efforts accomplis par de nombreux pays qui ont été capables de réduire de façon significative les problèmes alimentaires sur leur territoire aura aussi pour but de rappeler l’objectif de l’organisation à savoir l’éradication de la faim, de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire.

Graziano da Silva a salué la politique de Fidel Castro qui a été l’un des premiers à s’engager sur cette voie. Le directeur général a rappelé l’appel fait par le leader de la révolution lors du Sommet mondial de l’alimentation en 1996 en s’engageant à réduire de moitié le nombre absolu de personnes confrontées à la faim.

La visite du directeur général de la FAO avait été convenue durant le sommet CELAC–UE qui s’est à Santiago du Chili en janvier 2013, à cette occasion José Graziano da Silva et le président de Cuba (Raúl Castro Ruz), pays qui est en ce moment assure la présidence de la Communauté des états d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), se sont engagés à travailler conjointement pour placer la sécurité alimentaire comme une priorité dans l’agenda politique de la région dans le cadre de l’initiative Américaine latine et Caraïbe Faim Zero 2025.

Dans cette optique, une mission de la FAO se déplacera prochainement à Cuba pour discuter et planifier la sécurité alimentaire de la CELAC (Communauté d’États latino-américains et caraïbes). Graziano da Silva a souligné l’importance de la garantie du droit l’alimentation « il ne peut y avoir un véritable développement alors que 49 millions de personnes souffrent de la faim en Amérique latine et dans les Caraïbes ». Il a par ailleurs souligné qu’il avait assisté à un changement en profondeur au sein de la région ces dernières années « c’était difficile auparavant pour un gouvernement d’évoquer le problème de la faim. Aujourd’hui au contraire nous voyons l’émergence d’un engagement politique ferme, au plus haut niveau, dont l’objectif est de parvenir à son éradication. C’est un premier pas, et le plus important est d’avancer ».

La plus grande autorité de la FAO a déclaré que cet engagement se traduit par des projets concrets, des programmes et des lois de sécurité alimentaire au niveau de tous les pays, comme l’initiative « Faim zéro » (« Fome Zero »lancée au Brésil, la Croisade contre la faim menée au Mexique et l’intégration d’Antigua et Barbuda au défi Faim Zéro lancée par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors du Sommet Rio+20. Outre ces rencontres institutionnelles à Cuba, Graziano da Silva a rendu visite au Vivero Alamar, une coopérative d’agricultures périurbaines qui fait travailler 185 personnes. La coopérative produit près de 300 espèces et vend plus de 50 produits (fruits, légumes et plantes d’ornementation). Il faut savoir que paradoxalement, 70 % des personnes qui subissent la faim en Amérique Latine et vivent en situation de pauvreté extrême évoluent en zone rurale, nombreux sont ceux qui pratiquent une agriculture d’autosubsistance. L’objectif est donc de permettre à ces paysans d’augmenter leur productivité, il s’agit de faire en sorte que ces travailleurs puissent non seulement nourrir leurs propres familles, mais aussi leurs communautés.

Le défi « Zéro faim » (Zero Hunger Challenge) s’articule autour de trois axes majeurs :
-S’assurer que toutes les personnes dans le monde aient accès à des aliments sains et nutritifs tout le long de l’année.
-Veiller à l’éradication de la malnutrition pendant la grossesse ou pendant le plus jeune âge, car cela implique un retard de croissance chez les enfants, et entraine des dommages physiques et mentaux.
-Enfin faire en sorte que tous les systèmes alimentaires soient durables.

Les objectifs du millénaire

De son côté le nouveau Cadre stratégique, révisé, de la FAO pour la prochaine décennie réunit cinq Objectifs stratégiques qui sont définis comme suit :

1. Contribuer à éradiquer la faim, l’insécurité alimentaire et la malnutrition
2. Accroître et améliorer la fourniture des biens et services de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche de manière durable
3. Réduire la pauvreté rurale
4. Favoriser l’adoption de systèmes agricoles et alimentaires plus intégrateurs et efficaces à l’échelle locale, nationale et internationale
5. Renforcer la résilience des moyens d’existence face aux menaces et aux crises.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le rapport 2012 de l’ONU sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (voir lien ci-dessous). Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), Millennium Development Goals en anglais, sont huit objectifs adoptés en 2000 à New York (États-Unis) par 193 États membres de l’ONU, et au moins 23 organisations internationales, qui ont convenu de les atteindre pour 2015.
Ces objectifs englobent de grands défis humanitaires : la réduction de l’extrême pauvreté, de la faim et de la mortalité infantile, la lutte contre plusieurs épidémies dont le SIDA, l’accès à l’éducation, l’égalité des sexes, et l’application du développement durable.

 

 

http://www.undp.org/content/dam/undp/library/MDG/french/MDG%20Report%202012%20-%20Complete%20French.pdf

(Aline Timbert)

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:04

arton20807-7165a.pngUne psychologue-clinicienne cubaine nous livre ici une analyse d’un système social où l’« être » reste plus important que l’« avoir » et où la solidarité, l’entraide, constituent une manière de vivre naturelle et quotidienne, à la grande surprise des touristes consuméristes qui se demandent soudain quel sens il faut donner aux mots « confort », « bonheur » et « liberté ».
L’auteur s’interroge sur la possibilité de conserver un modèle tissé en réseaux familiaux, sociaux, de voisinage sécurisant, et de maintenir une éthique solidaire.

LGS

 


À plusieurs occasions, j’ai demandé à mes étudiants quelles seraient les principales raisons de dire qu’il fait bon vivre à Cuba. La majorité des réponses étaient liées à l’accès à la santé, à l’éducation et à la sécurité sociale, qui effectivement sont les piliers de notre modèle socialiste. Cependant, pour les personnes les plus jeunes, ces réalités sont tellement intégrées à leur vie quotidienne qu’elles en deviennent trop banales ou restent figées dans un discours qui, à force d’être répété, perd de son intérêt.

J’irais jusqu’à dire qu’il existe un modèle cubain de bien-être qui a été assimilé avec une telle familiarité acritique qu’il en est devenu invisible à nos yeux mais, paradoxalement, il est présent dans le discours de nombreux Cubains qui ne vivent plus dans notre pays – précisément qui ont perdu ce mode de vie – ou dans celle de visiteurs qui vivent d’autres réalités dans leur pays d’origine. À propos de la vie quotidienne à Cuba, ce sont des difficultés dont on parle le plus souvent, notamment celles à caractère économique, alors que l’on n’entend peu parler de nos avantages et de nos forces.

Les récits entendus en consultation m’ont amenée à réfléchir longuement sur notre socialisme, vu comme une culture et une civilisation alternative. Lorsque les psychologues et autres spécialistes, nous avions participé à la bataille pour le retour d’Elian Gonzalez, l’enfant cubain retenu aux États-Unis, cette question était revenue avec force (1). Récemment, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec plusieurs personnes âgées rapatriées, avec des enfants qui, sur décision de leurs parents, devaient aller vivre dans d’autres pays, ou avec des jeunes gens qui sont revenus d’Espagne après avoir été jetés à la rue parce qu’ils ne pouvaient pas payer leur loyer, si bien que je me suis de nouveau posée la question du modèle cubain de bien-être, à partir de leurs expériences vécues.

Je me souviens que lorsqu’Elian était aux États-Unis, lorsque son grand-père Juanito lui disait au téléphone qu’il était en train de lui fabriquer une carriole, le lendemain l’enfant apparaissait à la télévision avec une voiture électrique qui ressemblait à une vraie voiture, lorsque les grands-parents ou son père lui disaient qu’il manquait à son petit chien, le lendemain Elian apparaissait avec un chiot labrador qu’on lui avait offert, et lorsqu’on lui disait qu’on lui avait acheté un livre d’Elpidio Valdés, il apparaissait avec un costume de Batman. Pourtant, l’affection de sa famille, l’amour de tous ceux qui l’attendaient, la solidarité de ses camarades de classe, de ses instituteurs, ont été plus forts que toutes les choses matérielles du monde.

 

Je discutais récemment avec un homme âgé qui a pris la décision de ne pas retourner aux États-Unis après y avoir vécu 19 ans. Il me disait : « C’est vrai, docteure, là-bas on vit très confortablement, mais ce n’est pas tout dans la vie. Là-bas, « tu n’es personne, tu n’existes pour personne ». Il me racontait qu’il restait de longues heures tout seul chez lui, en attendant le retour de ses enfants et de ses petits-enfants, qu’il restait enfermé parce qu’il ne pouvait pas sortir, sous prétexte qu’il était vieux et qu’on ne lui permettait pas de conduire, et dans la journée le quartier où il vivait « ressemblait à une maquette » : on n’y voyait personne et personne n’avait de temps à perdre pour discuter un moment.

Lors d’une visite qu’il fit à son autre fille qui vit à Cuba, il décida de ne pas repartir. Il me racontait qu’il fait de la gymnastique au parc, qu’il joue aux dominos l’après-midi, qu’il surveille les devoirs de son petit-fils et de deux de ses copains, qu’il a retrouvé quelques amis de la « vieille garde » et qu’avec les quelques sous qu’on lui envoie et l’aide de sa famille ici, il a largement pour couvrir ses frais.

Il me dit textuellement ceci : « Certains me disaient que j’allais revenir vers l’enfer, mais en réalité, docteure, je me sens au paradis. » Évidemment, son mode de vie aujourd’hui, ce n’est pas le paradis, mais il lui procure un bien-être supérieur.

Un jour, j’ai reçu en consultation l’enfant de deux diplomates, qui était venu en vacances et qui ne voulait pas repartir avec ses parents à l’ambassade où ils travaillaient. Il était « révolté », en pleine « grève » : il demandait à rester avec sa grand-mère, il ne voulait pas repartir, il n’aimait pas vivre là-bas. Quand j’ai demandé à ses parents de m’expliquer ce qu’il se passait, ils m’ont raconté que là-bas il devait vivre enfermé pour des raisons de sécurité ; il avait très peu de camarades de classe avec lesquels jouer après l’école, et ses cousins qu’il adorait, lui manquaient. « Dès qu’il revient ici, c’est comme si on lui rendait la liberté, me disaient les parents : il va au parc au coin de la rue avec les copains du quartier, il va se promener avec ses cousins, il joue au baseball et au foot en pleine rue, il passe ses journées entouré de ses grands-parents, de ses oncles et des voisins. » Au cours de l’entretien, l’enfant, m’a raconté que ses cousins lui disaient qu’il était stupide de vouloir rester à Cuba alors qu’il avait l’occasion de vivre dans un autre pays, et le garçon me disait : « Quand je suis ici, la pizza aux poivrons me manque beaucoup, mais je t’échange un million de pizzas pour rester vivre à Cuba tout de suite. »

 

Un jeune revenu d’Espagne me racontait qu’il avait perdu son travail et qu’évidemment il n’avait pas d’argent pour payer son loyer ; la propriétaire lui avait donné un délai de trois mois, mais comme il ne pouvait pas payer, elle l’avait jeté à la rue. Le plus triste dans ce cas, c’est que personne, pas même ses amis ne lui avaient tendu la main, car, disaient-ils, à cause de la crise chacun « devait se débrouiller comme il pouvait ». Il a dû revenir à Cuba car il n’avait qu’un seul choix : dormir dans le métro ou revenir chez ses parents. « Finalement, me disait-il, ceux qui sont prêts à t’accueillir, ce sont toujours les tiens ».

J’ai réfléchi à ces témoignages qui pourraient être bien utiles à tant des jeunes qui ne trouvent aucun avantage à vivre à Cuba, qui ne pensent qu’à une vie « de progrès » à l’étranger ou qui surestiment la vie ailleurs comme une vie de réussites et d’opportunités. Et je me demande : qu’avons-nous ici qui manque à d’autres lieux ? Qu’ont découvert l’enfant, la personne âgée et le jeune revenu d’Espagne, à partir de leurs expériences ailleurs, qu’est-ce que nous ne voyons pas ici ? Le modèle de vie que proposent les sociétés capitalistes contemporaines constitue-t-il réellement un modèle de bien-être aujourd’hui, même s’il est vendu par les médias comme « le rêve de la terre promise » ?

Parlons-nous aujourd’hui de bonne vie ou de bien vivre, de vie remplie ou de vie pleine ? Le développement économique et technologique est-il le seul moyen d’assurer le bien-être personnel et social ?

Je vais tenter de faire une synthèse, en partant de ces expériences professionnelles, dans lesquelles pourraient bien se trouver certaines des bases de notre modèle cubain de bien-être.

PAS DE SENTIMENT D’EXCLUSION, PAS D’« ANOMIE SOCIALE »

Il s’agit d’une question aux connotations spirituelles et éthiques profondes.

Quand on arrive dans un quartier à Cuba et qu’on cherche l’adresse de quelqu’un, on nous dit généralement : « Il habite dans cette maison ». Les Cubains, nous avons tous un nom et une biographie parce que nous avons tous des espaces d’appartenance (famille, école, communauté, lieu de travail) et de participation sociale. Nous avons tous assumé des responsabilités, assisté aux réunions dans le quartier, nous sommes allés à notre cabinet médical, nous votons dans le même bureau, nous achetons les produits « normés » au marché ou nous avons le même « mensajero » (coursier). Bien sûr, il nous arrive de dire : « Les mêmes têtes tous les jours ! », mais c’est justement là que réside un espace vital aux dimensions humanistes et solidaires immenses.

L’anomie sociale qui s’exprime, dans les paroles du grand-père par « tu n’existes pas », est tout le contraire de ce que nous vivons à Cuba. L’anomie sociale est le fait de vivre sans avoir de lieu, sans être reconnu ou remarqué, et il ne s’agit pas d’un lieu physique, mais d’un lieu symbolique, un lieu d’appartenance et de participation, un lieu qui donne sens à la vie. Vivre dans le « non-lieu », c’est se sentir isolé, dans une solitude existentielle, c’est se sentir étranger, et c’est un des problèmes du monde actuel. Même les lieux où cohabite aujourd’hui beaucoup de monde sont des « non-lieux » plutôt que des lieux de rencontre.

Il paraît incroyable que dans un métro bourré quotidiennement par des centaines de voyageurs, personne ne se parle et que les gens sont plus intéressés par leur téléphone portable, dans une sorte d’autisme technique, que par le contact de personne à personne. Les aéroports ou les supermarchés (cathédrales de la consommation) sont autant de « non-lieux » : beaucoup de monde autour de vous et absolument aucun contact. Si vous tombez, personne pour vous aider à vous relever, parce qu’en plus, il existe tellement de lois concernant les « droits citoyens » qui sont censées protéger les personnes d’un point de vue individualiste que personne n’osera vous toucher car il existe le risque d’être accusé de « harcèlement sexuel ». Le « non-contact » et l’indifférence sont réglementés.

Aujourd’hui, la réalité sociale dans d’autres pays fait que la société facilite plus l’exclusion que l’inclusion. À Cuba, même s’il existe des inégalités sociales comme conséquence des réalités économiques actuelles, notre projet politique vise à promouvoir l’inclusion sociale afin de supprimer la distance entre les genres, les couleurs de peau, les capacités physiques et l’orientation sexuelle. Le système social cubain, malgré les difficultés et les contradictions, tente de construire un monde dans lequel chacun a une place, et où la réciprocité humaine spontanée se construit à partir de ces conditions. Dans l’« autre géographie », sur la carte de la globalisation néolibérale, divisée en classe, les relations interpersonnelles sont détériorées par de multiples discriminations, si bien que les uns sont séparés des autres par des frontières invisibles, qui empêchent l’intégration et la participation.

LES DIFFÉRENTS ESPACES DE SOCIALISATION

Les espaces de socialisation tiennent une place importante dans la vie, à travers le réseau social qui est un soutien pour tout sujet car il est évident que c’est dans cet espace qu’une personne peut s’épanouir. Actuellement, les familles vivent isolées partout dans le monde, et plus le niveau de vie est élevé, plus le mode de vie cloîtré dans sa maison se développe.

Personne ne connaît son voisin, personne ne sait qui il est. Chez eux, les membres de la famille ont peu de moments en tête-à-tête, parce que l’invasion de la technologie est telle qu’un père peut être en train de « chatter » avec un collègue au Japon et ne pas avoir la moindre idée de ce que fait son fils dans la chambre d’à côté. Des études réalisées dans plusieurs pays ont révélé que le temps de conversation en tête-à-tête qu’un père consacre à ses enfants ne dépasse pas 15 minutes quotidiennes.

Le peu de temps consacré à la famille ou à d’autres espaces communautaires est une des grandes conséquences du modèle capitaliste hégémonique actuel. Pendant la semaine, la famille « n’existe plus » en tant que groupe : les horaires de travail extensifs, le pluri-emploi des parents qui doivent résoudre les exigences de plus en plus nombreuses de consommation font que les anciennes habitudes et les traditions familiales ont disparu de la vie quotidienne.

Selon des psychologues et des sociologues, la solitude de l’enfant et l’absence de relations pour la personne âgée sont la plus grande conséquence de cette réalité. De nombreux enfants de la classe moyenne ou de la classe moyenne supérieure reviennent de l’école sans qu’un adulte ne soit présent à la maison avant des heures avancées de la soirée ; certains sont gardés par une nourrice qui leur prépare les repas, mais qui ne saurait remplacer l’affection et l’attention des parents.

Les moyens technologiques apparaissent comme l’antidote de la solitude, mais sans aucune restriction de la part des adultes, au risque de produire une addiction aux jeux vidéo, d’augmenter la violence et de stimuler l’érotisation précoce. Aujourd’hui, il est rare que les enfants et les adolescents disposent de places publiques, de rues ou de parcs en plein air comme lieux de rencontre, car il n’y a pas de sécurité citoyenne. Les univers spatiaux-temporels du réseau urbain destinés à la jeunesse sont considérés comme des lieux menaçants et dangereux plutôt que comme des espaces de loisirs et de construction de liens sociaux. À Cuba, les parcs et les places restent des lieux de socialisation pour les différentes générations. La famille cubaine est liée par des réseaux sociaux d’échange, avec les voisins, avec les organisations, avec l’école, avec les parents, y compris pour les émigrés. Ce qui identifie le mode de vie des Cubains, ce sont les espaces de socialisation, un tissu social qui n’exclut personne et où tout le monde a un nom.

Je dirais que la cellule de base de la société cubaine, en dehors de la famille en tant que foyer, est constituée par un réseau social d’échange, familial ou de voisinage. Ce tissu social en réseau représente une des plus grandes forces invisibles du modèle cubain de bien-être. C’est là que réside la plus importante réussite de notre processus social : la solidarité sociale, la contention sociale et l’échange social permanent. Ce capital n’est perceptible que pour celui qui le perd et qui commence à vivre une réalité différente à l’étranger.

Malgré les difficultés économiques et les problèmes non résolus, la famille continue d’occuper une place privilégiée : une famille qui commence à vivre intensément à la sortie de l’école quand les enfants et les adolescents reprennent leur vie familiale et communautaire. La famille cubaine ne vit pas portes closes. On peut frapper à la porte d’un foyer cubain plusieurs fois dans la journée, que ce soit les agents de la fumigation contre les moustiques, les voisins, l’infirmière, les dirigeants du quartier, les vendeurs au porte à porte. Il faut sortir tous les jours pour aller au marché, aller chez les voisins chercher ses courses, jeter les ordures, aller à la pharmacie, chercher les enfants à l’école… La vie familiale est multi-générationnelle : toutes les générations interagissent, la majorité des personnes âgées ne vit pas en maison de retraite, leur véritable espace étant généralement dans la communauté.

LA SOLIDARITÉ SOCIALE À CONTRE-COURANT DE L’INDIVIDUALISME

Sur le plan international, le bien individuel est plus important que le bien social. Le modèle de développement économique place les personnes face au désir de vivre « mieux » (parfois aux dépens des autres) au dessus du vivre bien pour tous.

Aujourd’hui on a coutume de dire : « Je ne fais de mal à personne, que personne ne vienne fourrer son nez dans ma vie ; pour moi, ça va bien, c’est mon corps, c’est ma vie, c’est mon espace. » On privilégie ce qui va apporter le plus de bénéfices. Le « je » a remplacé le « nous ». Dans ce monde hégémonique, on qualifie positivement la conduite égoïste de « rationalité instrumentale » alors qu’en réalité cette rationalité dissimule une grande insensibilité sociale.

Dans notre pays, la solidarité sociale existe, même si aujourd’hui nous vivons une sorte de parallélisme entre nos comportements solidaires et l’insensibilité de certaines personnes. La socialisation du transport ou « botella » (auto-stop), par exemple, l’attitude des voisins, la famille, le partage des téléphones particuliers, les échanges d’uniformes scolaires, de certains médicaments, le prêt de sa maison comme salle de classe après le passage d’un ouragan qui a détruit l’école, sont des exemples de nos échanges solidaires.

Une jeune fille en internat à l’école Lénine me racontait que chaque semaine dans son groupe d’amies – comme dans tous les groupes – les élèves mettaient en commun tous les aliments qu’elles avaient apportés et les partageaient équitablement. Ainsi, elles mangeaient toutes la même chose, indépendamment que certaines pouvaient apporter plus de choses que d’autres. Pour elles, le plus important, c’était l’amitié et la fraternité.

LA CRÉATIVITÉ ET L’INTELLIGENCE COLLECTIVE

À Cuba, l’on peut discuter et avoir de nombreux échanges sociaux, et l’on peut aussi s’offrir le luxe d’avoir une bonne conversation avec beaucoup de gens. Nous savons tous quelque chose, nous pouvons tous donner une opinion ou avoir de bonnes idées. Nous avons une culture politique, une culture sportive et certains sont connaisseurs en art.

Nous avons un capital culturel accumulé qui fait partie de notre patrimoine social et du bien-être invisible. Nous sommes cultivés, et c’est le résultat des niveaux d’enseignement atteints. Les Cubains et les Cubaines, nous impressionnons par notre capacité à converser, à exposer des idées et des critères. Un de mes grands problèmes, en tant que psychologue clinicienne, lorsque je m’occupe de quelqu’un, c’est que les séances prennent beaucoup de temps, parce que nous sommes habitués à converser. Certains viennent avec une liste écrite pour ne rien oublier de ce qu’ils avaient à dire. Nous prenons notre temps et c’est un luxe à notre époque, alors que personne ne veut perdre son temps, et que partout dans le monde, on vit avec le syndrome de la vitesse.

Lorsque je me rends dans des pays latino-américains pour donner des cours, les étudiants présentent, dans leurs travaux sur la famille, une réalité familiale et sociale qui me laisse perplexe, à cause de la quantité de problèmes sociaux accumulés, non seulement dans les familles pauvres, mais aussi dans toutes les classes sociales.

Je me rends compte à travers ce que j’entends que nous sommes à des siècles de distance, parce que leurs problèmes ne sont pas d’ordre économique mais ils sont plutôt liées à l’ignorance, la pauvreté mentale accumulée, les stigmates sociaux, les préjugés de classe, de genre, de race, la violence contre les femmes, les solutions magiques sans fondement scientifique à des problèmes, l’abus sexuel des enfants, la polygamie, les tares génétiques dues à une sexualité irresponsable. Ce sont des problèmes quotidiens qui sont associés au chômage, à l’absence de programmes sociaux de prévention. Ce qui pour nous est l’exception est pour eux le quotidien.

En tant que professeur, je sens que notre population est cultivée et développée, et nous le vivons sans même nous en rendre compte. Même si notre quotidien semble être insignifiant, il reste la grande toile de fond de l’Histoire.

Certains jeunes émigrés se rendent compte souvent de cette réalité sociale si différente lorsqu’ils y sont confrontés.

COMMENT RENFORCER NOTRE MODÈLE DE BIEN- ÊTRE ?

Le nouveau modèle économique a, entre autres objectifs, l’augmentation de la productivité. Il a pour but le renforcement de notre modèle de bien-être qui représente une alternative à l’anti-modèle dominant, une conception que partage également l’ensemble des peuples indigènes du continent et du monde, et qui tire ses racines d’une longue tradition dans les différentes manifestations religieuses.

Pour tous ces projets de société, y compris le cubain, l’objectif de développement n’est pas de posséder toujours davantage, mais d’ « être » davantage, ce n’est pas accumuler davantage de richesses, mais davantage d’humanité. Il propose de vivre bien et non pas de vivre mieux, ce qui implique solidarité, pratiques de réciprocité et volonté de parvenir à un équilibre avec l’environnement, et en même temps d’améliorer les conditions de vie de la population. Cependant, l’amélioration des conditions de vie ne pourrait à elle seule résoudre les problèmes sociaux qui se sont accumulés.

La dimension économique ne saurait être isolée des dimensions sociales, culturelles, historiques et politiques qui donnent au développement un caractère intégral et interdisciplinaire, permettant de récupérer le sens du bien-être et du bien vivre comme objectif fondamental.

Il n’y a pas besoin d’être un scientifique social pour se rendre compte que, à la marge des conditions de vie, nombreuses sont les personnes et les familles qui bien plus que dans la pauvreté matérielle se sont installées dans la pauvreté spirituelle. Certaines d’entre elles souffrent de pauvreté spirituelle, ce qui s’exprime par des modes de vie éloignés de la plus élémentaire décence, loin des réalités de notre pays. Elles se montrent avides de biens matériels superflus, avec des aspirations contraires au bien-être collectif. Une culture de la banalité et de la frivolité propre au modèle hégémonique actuel.

L’accumulation de problèmes matériels, du fait de la profonde crise économique que nous avons traversée dans les années 90, a considérablement détérioré les valeurs sur le plan social.

Les valeurs ne sont pas seulement des principes, elles doivent se traduire dans nos comportements. Si nous contredisons les principes dans notre pratique, nous sommes en fait face à une crise des valeurs. Cuba n’est pas à l’abri des influences hégémoniques du monde unipolaire. Nous devons continuer à construire un modèle alternatif de bien-être, « contre vents et marées », malgré toutes les influences de la colonisation de la subjectivité, y compris, malgré l’effet modulaire de nos politiques sociales. Sur le marché, les valeurs ne comptent pas : seule compte la possibilité de consommer. Les non consommateurs se considèrent comme des êtres humains « non reconnus », exclus de tout type de reconnaissance sociale.

Le monde d’aujourd’hui est saturé d’informations, certaines intéressantes, d’autres médiocres et superficielles. Pour augmenter les ventes, les médias de l’actuel modèle hégémonique n’hésitent pas à faire l’éloge de la banalité. Nous sommes assaillis par les divertissements, les téléfilms, les séries et les films de violence qui ont un tel pouvoir de séduction incroyable qu’elles attrapent le téléspectateur, avec le risque d’être entraîné dans l’oisiveté et l’addiction (drogue, alcool, pornographie, argent facile, jeux de hasard, jeux vidéo).

Lorsque Ghandi, prix Nobel de la Paix, signalait les sept péchés capitaux de la société contemporaine, il faisait précisément allusion au contexte mondial dans lequel nous sommes immergés : la richesse sans travailler, le plaisir sans la conscience, la connaissance inutile, le commerce injuste, la science sans humilité, l’adoration sans le sacrifice et la politique sans principes.

La publicité et le marché associent généralement le bien-être au plaisir, à l’« avoir », au succès et au statut social.

Il est certain que le manque de culture favorise la tendance à penser que le bien-être réside dans l’ « avoir », à se laisser prendre par toutes sortes d’offres de consommation qui fleurissent comme de la mauvaise herbe, et à se laisser dominer par l’ignorance. L’éthique de l’être exige une formation morale, une éducation familiale, généralement une éducation d’une plus grande envergure. C’est là le pari que nous devons faire pour notre société.

ENCOURAGER LA SOLIDARITÉ SOCIALE

Avec l’augmentation du travail indépendant, la communauté représente l’espace de vie de nombreuses familles. Les liens entre la famille, la communauté, les organisations politiques et sociales et le travail se développent. Par ailleurs, les nouveaux espaces constituent une occasion parfaite pour renforcer la vie communautaire, en même temps que le travail au bénéfice du bien-être commun. Cuba peut faire la différence en ce qui concerne le sens de la solidarité et de la solidarité sociale.

Il est important de développer une culture solidaire et une responsabilité sociale pouvant servir d’antidote à la pénétration de la culture mercantile, de conserver une éthique solidaire afin de ne pas abandonner le projet collectif, même si le nom, – et pas l’idée du travail à son compte – suggère une certaine déconnexion sociale, qui ne représente pas notre éthique solidaire.

RENFORCER L’ESPACE COMMUNAUTAIRE

Aujourd’hui, la famille et la communauté ont gagné en importance à Cuba en temps qu’espaces de vie. Lorsqu’un visiteur observe notre mode de vie communautaire, il dit parfois qu’autrefois l’on vivait ainsi dans son pays, mais qu’il y a plus de 10 ans que l’on vit « portes fermées » et que les « maisons sont vides une grande partie de la journée ». Cela est dû en grande partie à l’apparition de nouvelles technologies, aux horaires de travail de plus en plus étendus, aux changements de lieu d’habitation et de travail répétés, et aux villes toujours plus grandes et plus peuplées.

La croissance exacerbée de l’individualisme rend de plus en plus difficile le fait de ressentir un sentiment communautaire. En effet, la communauté s’est réduite au simple noyau familial, et dans ces circonstances, il est très facile de tomber dans l’isolement qui entraîne la solitude et la dépression, créant un grand collapsus social, avec des résultats aussi inquiétants que l’augmentation de la violence, de l’abus de drogues et des maladies mentales.

Lorsque les personnes de tous âges, les groupes sociaux et culturels ont le sentiment d’appartenir à une communauté, elles ont tendance à être plus heureuses et sont en meilleure santé ; le réseau social devient plus fort, plus stable et plus solidaire. Une communauté forte apporte beaucoup d’avantages, aussi bien à l’individu qu’au groupe, en favorisant l’amélioration de la société. Nous avons un grand défi devant nous : que nos portes restent ouvertes, que nous ne perdions pas la sensibilité envers les autres, envers notre quartier et son environnement, que nous continuions à nous préoccuper du bien-être collectif.

Les diverses formes d’insertion à l’économie n’ont pas détérioré le tissu social existant. Nous ne sommes pas une société stratifiée en classes sociales, mais tissée en réseaux familiaux, de voisinage et sociaux, et nous maintenons une éthique solidaire.

L’important, c’est de trouver des solutions novatrices à de nombreux problèmes qui existent dans la communauté, conçue comme espace permettant d’apporter des solutions. Pour y parvenir, il faut une plus grande dynamique de la communauté dans sa capacité d’influer sur les problèmes locaux, en maintenant l’implication des citoyens dans la vie sociale, en prenant soin de nos espaces, de nos anciens, des enfants, des femmes, des personnes handicapées, et surtout il est important de maintenir la responsabilité sociale dans l’éducation des jeunes générations.

Compte tenu de tous ces éléments, nous avons la responsabilité sociale de préserver notre modèle cubain de bien-être, car notre pays dispose de conditions sans précédent pour marquer la différence. Nous devons continuer à résister à la colonisation culturelle et à la subjectivité, car le grand défi, c’est de proposer d’autres modèles d’être humain et de collectivité qui indiquent réellement les voies d’une véritable humanisation.

 

Patricia Arés Muzio


(1) Elián González : un Cubain de cinq ans, séquestré du 25 novembre 1999 au 28 juin 2000 par une partie de sa famille à Miami après que sa mère fut décédée dans un naufrage au cours d’une traversée illégale à travers le détroit de la Floride. Le père légitime, vivant à Cuba, réclamait le retour de l’enfant. Il fallut une extraordinaire mobilisation du peuple cubain pour que la Justice états-unienne autorise le retour de l’enfant auprès de son père qui avait le tort de vivre à Cuba et de ne pas vouloir en partir.
(Note du GS).

 http://www.granma.cu/frances/cuba-f/22may-Un%20regard.html
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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:56

           carte-cuba1.gif Depuis le triomphe de la Révolution en 1959, Cuba a mis en place une politique de solidarité internationale destinée à venir en aide aux populations les plus démunies du Tiers-monde. Les résultats sont spectaculaires.

 

 


 Depuis 1963 et l’envoi de la première mission médicale humanitaire en Algérie, Cuba s’est engagée à soigner les populations pauvres à travers la planète, au nom de la solidarité internationaliste. Les missions humanitaires cubaines s’étendent sur quatre continents et revêtent un caractère unique. En effet, aucune autre nation au monde, y compris les plus développées, n’a tissé un tel réseau de coopération humanitaire à travers à la planète. Ainsi, depuis le lancement de cette politique humanitaire, près de 132 000 médecins cubains et autres personnels de santé ont bénévolement œuvré dans 102 pays[1]. Au total, près de 100 millions de personnes ont été soignées à travers la planète par les médecins cubains qui ont ainsi sauvé environ un million de vies. Actuellement 37 000 collaborateurs médicaux offrent leurs services près de 70 nations du Tiers Monde[2].

L’aide internationale cubaine s’étend à dix pays d’Amérique latine et aux régions sous-développées de la planète. En octobre 1998, l’ouragan Mitch avait ravagé l’Amérique centrale et la Caraïbe. Les chefs d’Etat de la région lancèrent un appel à la solidarité internationale. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Cuba fut la première à répondre positivement en annulant la dette du Nicaragua de 50 millions de dollars et en proposant les services de son personnel de santé[3].

Le Programme Intégral de Santé a alors été mis en place et élargi à d’autres continents tels que l’Afrique ou l’Asie. Le PNUD note une amélioration de tous les indicateurs de santé, notamment une baisse notable du taux de mortalité infantile, dans les régions où il est appliqué[4].

Grâce à l’alliance entre Cuba et le Venezuela dans le secteur de la santé, plus de cent mille vie ont été sauvées.

 

L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)

Le premier pays bénéficiaire du capital humain cubain a logiquement été le Venezuela, grâce à l’élection de Hugo Chávez en 1998 et à la relation spéciale établie avec Cuba. L’universalisation de l’accès à l’éducation élaborée depuis 1998 a eu des résultats exceptionnels. Près de 1,5 millions de Vénézuéliens ont appris à lire, écrire et compter grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela. La Mission Robinson II a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. A cela s’ajoutent les Missions Ribas et Sucre qui ont permis à plusieurs dizaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. En 2010, 97% des enfants vénézuéliens étaient scolarisés[5]. Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézuéliens. La Mission Barrio Adentro I a permis de réaliser 300 millions de consultations dans les 4 469 centres médicaux créés depuis 1998. Près de 17 millions de personnes ont ainsi pu être soignées, alors qu’en 1998, moins de 3 millions de personnes avaient un accès régulier aux soins. Plus de 1,7 millions de personnes ont été sauvées entre 2003 et 2011. Le taux de mortalité infantile a été réduit à moins de 10 pour mille[6]. Au classement de l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Venezuela est passé du 83ème rang en 2000 (0,656) au 73ème rang en 2011 (0,735), intégrant ainsi la catégorie des nations à l’IDH élevé[7]. De même, selon le PNUD, le Venezuela, qui dispose du coefficient de Gini le plus bas d’Amérique latine, est le pays de la région où il y a le moins d’inégalités.[8]

Luis Alberto Matos, économiste expert en énergie, souligne la « coopération emblématique » entre Cuba et le Venezuela : « Qui peut nier l’immense contribution de ce pays en faveur du Venezuela dans l’amélioration des domaines de la santé, de l’agriculture et du sport, sans oublier la culture[9] ? »

Grâce à l’ALBA et au programme social lancé par le gouvernement d’Evo Morales, entre 2006 et juillet 2011, la Brigade médicale cubaine présente en Bolivie a soigné plus de 48 millions de personnes et a sauvé 49 821 vies[10]. La Bolivie a ainsi pu améliorer ses indicateurs de santé avec une baisse de la mortalité infantile de 58 pour 1000 en 2007 à 51 pour 1000 en 2009[11], soit une réduction de près de 14% en trois ans. Entre 2006 et 2009, près de 545 centres de santé ont été créés à travers le pays. Au niveau de l’éducation, la Bolivie a été déclarée territoire libre d’analphabétisme le 20 décembre 2008 par l’UNESCO avec l’alphabétisation de 824 000 personnes. Près de 1 540 établissements scolaires ont été construits. En ce qui concerne l’enseignement supérieur, trois universités indigènes ont été créées. La pauvreté extrême a été réduite de 6%, passant de 37,8% à 31,8%[12].

Au Nicaragua, le programme « Yo, sí puedo » a permis à l’Unesco de déclarer le pays libre d’analphabétisme en 2009. Grâce à l’ALBA, le Nicaragua a également pu résoudre sa grave crise énergétique qui provoquait parfois des ruptures de courant 16 heures par jour. Plusieurs hôpitaux intégralement équipés ont été construits à travers le territoire national avec un accès gratuit aux soins pour toute la population, et ils fonctionnent en partie grâce à la présence du personnel médical cubain[13].

En Equateur, l’arrivée au pouvoir de Rafael Correa en 2006 a également entraîné une révolution sociale sans précédent. Ainsi, le budget de la santé est passé de 437 millions de dollars en 2006 à 3,43 milliards en 2010. Le budget de l’éducation est passé de 235 millions en 2006 à 940,7 millions en 2010. Le taux de scolarisation jusqu’au niveau du baccalauréat du quintile le plus pauvre est passé de 30% à 40% entre 2006 et 2010. La couverture du panier de la ménagère est passée de 68% à 89%. La pauvreté a baissé de 7% sur la même période au niveau national et de 13% pour les Afro-équatoriens, sortant ainsi de la pauvreté 700 000 personnes sur les 5 millions d’indigents que comptait la nation en 2006[14]. L’Equateur a prévu d’éradiquer totalement la malnutrition infantile en 2015, et de rejoindre ainsi Cuba, seul pays d’Amérique latine et du Tiers-monde à s’être débarrassé de ce fléau selon l’UNICEF[15].

 L’Équateur a également bénéficié des programmes de solidarité cubaines après l’arrivée de Correa au pouvoir.

La Brigade Henry Reeve

Le 19 septembre 2005, suite à la tragédie engendrée par l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans, Cuba a créé la Brigade Henry Reeve[16], un contingent médical composé de 10 000 professionnels de la santé, spécialisé dans les catastrophes naturelles. La Havane avait, à l’époque, offert à Washington d’envoyer 1 586 médecins secourir les victimes, mais s’était heurté au refus du président de l’époque George W. Bush[17].

La Brigade Henry Reeve est notamment intervenue sur plusieurs continents. Ainsi, suite au tremblement de terre qui avait ravagé le Pakistan en novembre 2005, 2 564 médecins se rendirent sur place et portèrent secours aux victimes pendant plus de huit mois. Trente-deux hôpitaux de campagne furent montés et furent ensuite offerts aux autorités sanitaires du pays. Plus de 1 800 000 patients furent soignés et 2 086 vies furent ainsi sauvées. Aucune autre nation au monde n’apporta une aide aussi importante, pas même les Etats-Unis, principal allié d’Islamabad, qui n’établirent que deux hôpitaux de campagne et restèrent sur place huit semaines[18]. Le journal britannique The Independent souligna le fait que la brigade médicale cubaine fut la première à arriver sur les lieux et la dernière à quitter le pays[19].

Antérieurement, après le tsunami qui avait dévasté la région pacifique en 2004, Cuba a dépêché plusieurs missions humanitaires pour porter assistance aux victimes, souvent abandonnées par les autorités locales. Plusieurs zones rurales de Kiribati, du Sri Lanka ou du Timor Oriental dépendent encore de l’aide médicale cubaine[20]. Une école de médecine a même été inaugurée au Timor Oriental afin de former de jeunes étudiants du pays. Les Iles Salomon ainsi que la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont sollicité La Havane pour bénéficier d’une aide similaire et signer des accords de coopération[21].

Après le tremblement de terre survenu en mai 2006 à Java, en Indonésie, Cuba a également envoyé plusieurs missions médicales. Ronny Rockito, coordinateur régional indonésien pour la santé, a fait l’éloge du travail des 135 professionnels cubains qui ont installé deux hôpitaux de campagne. Selon lui, leur travail a eu un impact plus important que celui de n’importe quel autre pays. « J’apprécie les équipes médicales cubaines. Leur style est très amical et leur niveau de soins est très élevé. Tout est gratuit et il n’y a aucun soutien de la part de mon gouvernement dans cela. Nous remercions Fidel Castro. Beaucoup de villageois ont supplié les médecins cubains de rester », a-t-il souligné[22].

Le cas le plus récent et le plus emblématique de la coopération médicale cubaine concerne Haïti. Le tremblement de terre de janvier 2010, de magnitude 7, a causé de dramatiques dégâts humains et matériels[23]. Selon les autorités haïtiennes, le bilan, extrêmement lourd, a été d’au moins 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 millions de sans-abris[24]. La brigade médicale cubaine, étant sur place depuis 1998, a été la première à porter secours aux victimes et a soigné près de 40% des victimes[25].

En octobre 2010, des soldats népalais des Nations unies ont introduit par inadvertance le virus du choléra à Haïti. Selon l’ONU, l’épidémie a été découverte par l’équipe médicale cubaine du Docteur Jorge Luis Quiñones. Elle a coûté la vie à 6 600 personnes et en a infecté 476 000 autres, ce qui représente près de 5% de la population sur un total de 10 millions d’habitants. Il s’agissait du taux de choléra le plus élevé au monde selon les Nations unies. Le New York Times souligne dans un reportage le rôle-clé des médecins cubains : « La mission médicale cubaine qui a joué un rôle important dans la détection de l’épidémie est toujours présente à Haïti et reçoit chaque jour la gratitude des donateurs et des diplomates pour sa présence sur les lignes de front et pour ses efforts de reconstruction du système de santé délabré du pays[26] ».

De son côté, Paul Farmer, envoyé spécial de l’ONU, a noté qu’en décembre 2010, lorsque l’épidémie avait atteint son sommet avec un taux de mortalité sans précédent et que le monde avait les yeux rivés ailleurs, « la moitié des ONG étaient déjà parties, alors que les Cubains étaient toujours présents ». Selon le Ministère de la Santé haïtien, les médecins cubains ont sauvé plus de 76 000 personnes dans les 67 unités médicales sous leur responsabilité, avec seulement 272 décès, c’est-à-dire un taux de mortalité de 0,36%, contre un taux de 1,4% dans le reste du pays. Depuis décembre 2010, aucun décès n’est survenu chez les patients soignés par les médecins cubains[27].

 

Une politique solidaire saluée par les Nations unies

Selon le PNUD, l’aide humanitaire cubaine représente proportionnellement au PIB un pourcentage supérieur à la moyenne des 18 nations les plus développées. Le PNUD note dans un rapport que

La coopération offerte par Cuba s’inscrit dans un contexte de coopération Sud-Sud. Elle ne poursuit pas d’objectif lucratif mais elle est au contraire offerte comme l’expression d’un principe de solidarité et, dans la mesure du possible, à partir de coûts partagés. […]. Dans la quasi-totalité des cas, l’aide cubaine a été gratuite, même si à partir de 1977, avec certains pays à hauts revenus, principalement pétroliers, une coopération sous forme de compensation s’est développée. Le développement élevé atteint à Cuba dans les domaines de la santé, de l’éducation et du sport a fait que la coopération a concerné ces secteurs, bien qu’il y ait eu une participation dans d’autres branches comme la construction, la pêche et l’agriculture[28].

L’internationalisme humanitaire mis en place par Cuba démontre que la solidarité peut être un vecteur fondamental dans les relations internationales. Ainsi, une petite nation du tiers-monde aux ressources limitées, et victime d’un état de siège économique sans précédent de la part des Etats-Unis, arrive à dégager les ressources nécessaires pour venir en aide aux plus démunis et offre au monde l’exemple, comme dirait le Héros national cubain José Martí, que la Patrie peut être l’Humanité.

 

 Salim Lamrani


http://www.mondialisation.ca/cuba-ou-la-mondialisation-de-la-solidarite-13/5337424?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=cuba-ou-la-mondialisation-de-la-solidarite-13

 

 

Article initialement publié en portugais :

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/29161/cuba+ou+a+globalizacao+da+solidariedade+o+internacionalismo+humanitario+.shtml

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel



[1] Felipe Pérez Roque, « Discurso del canciller de Cuba en la ONU », Bohemia Digital, 9 novembre 2006.

[2] Ibid.

[3] Programme des Nations unies pour le Développement, Investigación sobre ciencia, tecnología y desarrollo humano en Cuba, 2003, p.117-119. http://www.undp.org.cu/idh%20cuba/cap6.pdf (site consulté le 15 février 2013).

[4] Ibid.

[5] Programa de Naciones Unidas para el Desarrollo, « Objetivos de desarrollo del Milenio en Venezuela », 2011. http://www.pnud.org.ve/content/view/176/169/ (site consulté le 15 février 2013).

[6] Programme des Nations unies pour le Développement, Investigación sobre ciencia, tecnología y desarrollo humano en Cuba, 2003, p.117-119. http://www.undp.org.cu/idh%20cuba/cap6.pdf (site consulté le 15 février 2013).

[7] Programme des Nations unies pour le Développement, Rapport sur le développement humain 2011, Nations unies, New York, 2011, p. 150. http://hdr.undp.org/en/media/HDR_2011_FR_Complete.pdf (site consulté le 15 février 2013).

[8] Programa de Naciones Unidas para el Desarrollo, « Objetivos de desarrollo del Milenio en Venezuela », 2011. Op. cit.

[9] Fidel Ernesto Vásquez, « Petrocaribe promueve el intercambio justo y equitativo en la región », Partido Socialista Unido de Venezuela, 27 octobre 2011. http://aristobulo.psuv.org.ve/2011/10/27/canpana/petrocaribe-promueve-el-intercambio-justo-y-equitativo-en-la-region/ (site consulté le 15 février 2013).

[10] Ministerio de Relaciones Exteriores, « Alcanza la ‘Operación Milagro’ en Bolivia más de 600 000 operaciones de la vista », República de Cuba, 29 août 2011. http://www.cubaminrex.cu/Actualidad/2011/Agosto/ALCANZA.html (site consulté le 15 février 2013).

[11] Programme des Nations unies pour le Développement, « Taux de mortalité infantile chez les moins de cinq ans (pour 1000 naissances vivantes), Nations unies, 2011. http://hdrstats.undp.org/fr/indicateurs/57506.html (site consulté le 15 février 2013).

[12] Presidencia de la República, « 100 logros del Gobierno para Bolivia (2006-2009) », Estado Plurinacional de Bolivia, 2010. http://www.presidencia.gob.bo/documentos/logros100.pdf (site consulté le 15 février 2013).

[13] Mariela Pérez Valenzuela, « ALBA : la justicia de los hechos », Granma, 14 juillet 2009. http://www.granma.cubaweb.cu/secciones/alba/int/2integ32.html (site consulté le 15 février 2013).

[14] Pedro Rioseco, « Ecuador. Destacan logros de Revolución Ciudadana en cuatro años », Prensa Latina, 31 mai 2011.

[15] Presidencia de la República de Ecuador, « En 4 años, Gobierno aspira a declarar Ecuador país libre de desnutrición infantil », El Ciudadano, 27 octobre 2011. http://www.elciudadano.gov.ec/index.php?option=com_content&view=article&id=28336:en-4-anos-gobierno-aspira-declarar-a-ecuador-pais-libre-de-desnutricion-infantil&catid=40:actualidad&Itemid=63 (site consulté le 15 février 2013) ; UNICEF, Progreso para la infancia. Un balance sobre la nutrición, 2011.

[16] Citoyen étasunien devenu Brigadier-Général de l’Ejército Libertador durant la première guerre d’indépendance de Cuba entre 1868 et 1878, qui donna sa vie pour la libération de l’île.

[17] Felipe Pérez Roque, « Discurso del canciller de Cuba en la ONU », Bohemia Digital, 9 novembre 2006.

[18] Ibid.

[19] Nina Lakhani, « Cuban Medics in Haiti Put the World to Shame », The Independent, 26 décembre 2010.

[20] Cubadebate, « Presentan filme sobre cooperación cubana en el Pacífico », 10 novembre 2009.

[21] Tom Fawthrop, « Impoverished Cuba Sends Doctors Around the Globe to Help the Poor », The Syndney Morning Herald, 28 octobre 2006.

[22] Ibid.

[23] Institut national de sciences de l’univers, « Séïsme de Haïti du 12 janvier 2010 », Centre national de la recherche scientifique, 19 janvier 2010. http://www.insu.cnrs.fr/co/terre-solide/catastrophes-et-risques/seismes/seisme-de-haiti-du-12-janvier-2010 (site consulté le 15 février 2013).

[24] Radio Canada, « Le bilan grimpe à 230 000 morts », 10 février 2010. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/02/10/004-haiti_bilan.shtml (site consulté le 15 février 2013).

[25] Nina Lakhani, « Cuban Medics in Haiti Put the World to Shame », op. cit.

[26] Andrés Martínez Casares, « Cuba Tales Lead Role in Haiti’s Cholera Fight », The New York Times, 7 novembre 2011.

[27] Ibid. Voir également Cuba Debate, « Brigada Médica Cubana en Haití alcanza records mínimos de tasa de letalidad por cólera », 5 mars 2011.

[28] Programme des Nations unies pour le Développement, Investigación sobre ciencia, tecnología y desarrollo humano en Cuba, 2003, p.117-119. http://www.undp.org.cu/idh%20cuba/cap6.pdf (site consulté le 15 février 2013).

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 19:51

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Intervention du leader historique de la Révolution Cubaine,

le Commandant en Chef Fidel Castro Ruz,

durant la Session de Constitution de la VIII° Législature

de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire.

 


Chers compañeros,


Je suis profondément reconnaissant envers le geste noble du peuple qui m’a élu député à l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire.de Cuba.

L’intervention d’aujourd’hui ne prendra pas beaucoup de temps, de même que n’occupera pas beaucoup d’espace ce siège honorable de député, et cela non par faute de volonté mais à cause des impératifs de la nature.

Jamais je n’aurais pensé que mon existence se prolongerait aussi longtemps et que l’ennemi serait aussi peu adroit dans ses tentatives pour éliminer un ennemi décidé à lutter.

Dans ce combat inégal, notre peuple a fait la preuve de son ahurissante capacité à résister et à vaincre. Oui ! Chacune des années de résistance entre 1959 et 2013 a été une victoire que notre pays a le droit de proclamer !

Nous ne nous battons pas pour la gloire ou les honneurs ; nous nous battons pour les idées que nous considérons comme justes, celles auxquelles des millions de Cubains, héritiers d’une longue liste de prédécesseurs, ont consacré leur jeunesse et leur vie. Un chiffre dit tout : le nombre des Cubains qui ont rempli avec abnégation des missions dictées par l’internationalisme s’élève à 80 000. Sachant qu’au triomphe de la Révolution en 1959, nous atteignions les 7 000 000 d’habitants, on peut mesurer la signification d’un tel effort.

Ceci, cependant, ne dit pas tout. En Octobre 1962, le pays allait devenir un champ de bataille nucléaire. Un an et demi avant, en Avril 1961, une expédition de mercenaires, entraînée, armée et encadrée par la Marine des États-Unis, a débarqué dans la Baie des Cochons et était sur le point de provoquer une guerre sanglante qui aurait coûté à l’envahisseur d’Amérique du Nord des centaines de milliers de vies - je le dis sans exagération - et à notre pays la destruction et des pertes humaines réellement incalculables.

Nous avions alors environ 400 000 armes et nous savions comment nous en servir.

En moins de 72 heures la foudroyante contre-attaque révolutionnaire a évité cette tragédie, autant à Cuba qu’aux populations des Etats-Unis.

Nous avons été victimes de la "guerre sale" pendant longtemps, et 25 ans après la Crise d’Octobre, des troupes issues de l’Internationale défendaient l’Angola contre les envahisseurs racistes Sud-Africains, munis à cette époque d’armes nucléaires dont la technologie et les parties principales étaient fournies par Israël avec la bénédiction des États-Unis. A cette occasion la victoire de Cuito Cuanavale et l’avancée qui suivit donna de l’audace tant aux forces Cubaines qu’Angolaises, équipées des moyens aériens, anti-aériens et de l’organisation adéquate pour libérer les territoires encore occupés par les envahisseurs. Et elles mirent en déroute l’Afrique du Sud à qui il ne restait plus d’autre choix que d’abandonner ses ambitions nucléaires et de s’asseoir à la table des négociations. L’odieux système raciste avait cessé d’exister.

Entre toutes choses, nous avons mené une Révolution en profondeur que, partant de zéro, notre peuple a été capable de réaliser. Aux premiers noyaux révolutionnaires s’en sont ajouté d’autres. Nous étions unis par l’envie de nous battre et la douleur d’avoir sous les yeux la tragédie de notre pays face à la brutalité d’un coup d’état. Tandis que les uns nourrissaient l’espoir d’un futur qu’ils voyaient encore lointain, nous autres réfléchissions à la nécessité de provoquer un saut dans l’histoire.

Entre le coups d’état du 10 Mars 1952 et celui du 1º Janvier 1959, il ne s’est passé que 6 ans et 296 jours ; pour la première fois dans notre Patrie le pouvoir était laissé totalement aux mains du peuple.

La bataille a alors commencé contre l’ignorance politique et les principes anti-socialistes que l’Empire et la bourgeoisie avaient répandus dans notre pays.

La lutte des classes déclenchée à quelques miles du siège de l’Empire a été l’école politique la plus efficace qu’ait jamais eue un pays ; je parle d’une école qui a ouvert ses portes il y a plus de 50 ans. Hommes, femmes, depuis les fondateurs jusqu’aux gens qui avaient beaucoup plus d’années, nous avons tous été élèves de cette école.

Cependant la grande bataille qui s’impose, selon ce que me disait Raúl il y a quelques jours, c’est la nécessité d’une lutte énergique et sans trêve contre les mauvaises habitudes et les erreurs que commettent quotidiennement dans divers domaines nombre de citoyens, même militants.

L’humanité est entrée dans une époque unique de son histoire. Les dernières décennies n’ont aucun rapport avec les milliers de siècles qui les ont précédées.

En 2011, la population mondiale est arrivée à 7 000 millions d’habitants, ce qui constitue un chiffre alarmant. Rien qu’en deux siècles, la population mondiale a été multipliée par sept, atteignant un rythme en besoins alimentaires vitaux auquel la science, la technologie et les ressources naturelles sont bien loin de parvenir.

On peut faire des tonnes de calculs, parler de Malthus ou de l’Arche de Noé, il suffit de savoir ce qu’est un gramme et ce que produit un hectare en aliments pour en tirer soi-même ses conclusions.

Peut-être que le Premier Ministre Anglais ou bien le président Obama auraient la réponse pour prolonger de quelques jours la vie humaine, pour multiplier les pains et les poissons, ainsi que des paroles magiques pour persuader les Africains, les habitants de l’Inde, d’Amérique Latine et de tous les pays du tiers-monde de se passer de blé ?

Il y a deux jours, une agence internationale rapportait qu’un multimillionnaire Américain, Dennis Tito, avait dépensé plus de 20 000 000 de dollars pour payer son voyage à la Station Spatiale Internationale où il est resté plusieurs jours en 2011.

A présent Tito, qui a l’air d’être un vrai fanatique de l’exploration spatiale, est en train d’envisager les détails de son arrivée sur la planète Mars. Le voyage durera 501 jours. Ça, c’est profiter de la plus-value ! Pendant que les pôles se désagrègent à toute vitesse, que le niveau de la mer monte à cause des changements climatiques et s’apprête à inonder de grandes surfaces en quelques dizaines d’années. Et tout ceci en supposant qu’il n’y aura pas de guerres et que les armes sophistiquées qui sont fabriquées à un rytme accéléré ne seront jamais utilisées. Qui comprend ?

Je conclurai, pour respecter ma promesse d’être bref, par ces paroles de salutation à notre Assemblée Nationale :

Au moment du 118° anniversaire du Grito de Baire  et du 160° anniversaire de la naissance de notre Héros National,  je souhaite rendre hommage au révolutionnaire, anti-impérialiste et bolivarien qui a semé dans notre jeunesse les premières graines du devoir.

Merci beaucoup !

 

 

Publié le 25 Février 2012 sur Cubadebate

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