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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 21:02

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Maire de Vénissieux
Député du Rhône

A

Monsieur Fidel CASTRO

Président de la République de Cuba

Le 21 février 2008

Monsieur le Président,

Au  moment  où  vous  annoncez  votre  décision  de  ne  plus solliciter, ni accepter, un nouveau mandat à la tête de la République de Cuba,  je  me  permets  de  vous  adresser  un  très  fraternel  coup  de chapeau. Depuis le renversement de la dictature Batista le 1er janvier 1959  et  l’installation  d’un  gouvernement  révolutionnaire  décidé  à travailler à la satisfaction des besoins du peuple, vous avez dû faire face à l’hostilité de votre grand voisin américain, à ses mauvais
coups, à l’occupation militaire de Guantanamo et à un embargo qui dure encore. Ces derniers jours, le président Bush et ses alliés ont multiplié les commentaires agressifs et cyniques, confirmant au passage qu’ils n’ont toujours pas digéré vos réussites et votre obstination à refuser les règles du jeu capitaliste.

En dépit de cet acharnement et des difficultés inhérentes à la guerre  froide,  Cuba  a  accompli  en  un  demi-siècle  des  avancées sociales  considérables  dont  s’inspirent  aujourd’hui  d’autres  chefs d’Etat sud-américains. Le taux d’alphabétisation des Cubains  99,8% - est l’un des plus élevés dans le monde, supérieur de six points à celui des Etats-Unis (93,3%).  Votre système de santé, qui garantit à tous une  gratuité  intégrale,  a  réduit  le  taux  de
mortalité  infantile  à  6 pour mille et élevé l’espérance de vie moyenne à 78 ans, soit des niveaux comparables aux pays les plus développés. L’égalité entre les sexes et entre les races est un autre acquis universellement reconnu de la Révolution cubaine.

Ainsi, Cuba reste aujourd’hui un appui et un exemple pour des pays  comme  le  Venezuela,  la  Bolivie  ou  l’Equateur  désireux d’avancer dans la voie du progrès social, que cela plaise ou non à Washington et aux autres capitales occidentales. Je n’ignore pas que la disparition  de  l’Union  soviétique  et  le  maintien  de  l’embargo américain ont compliqué la situation économique et politique de Cuba.

Mais je ne doute pas que les jeunes générations cubaines sauront trouver  dans  votre  exemple  et  dans  les  acquis  de  la  Révolution cubaine l’énergie et la créativité pour poursuivre la marche en avant.

J’ai bien noté que vous souhaitiez continuer le combat des idées.

Malgré toutes les difficultés et les disparités des situations auxquelles nous sommes confrontés, nous sommes nombreux dans ce cas. Le capitalisme comme modèle économique occidental a fait son temps.

C’est donc en ami de Cuba que je vous adresse, monsieur le Président, mes meilleurs voeux pour votre nouvelle vie, pour que votre pays sache trouver la voie pour renforcer les valeurs et les idéaux du socialisme  et  du  communisme  et  pour  que  renaisse  un  nouvel internationalisme de paix, de justice sociale, pour la promotion des hommes et des peuples.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma haute considération..

André GERIN

CUBA SOLIDARITY PROJECT
http://vdedaj.club.fr/spip/

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 19:07

Le Fidel Castro que je crois connaître, par Gabriel Garcia Marquez.

Fidel Castro. Sa dévotion est au mot. Son pouvoir est à la séduction. Il va chercher les problèmes là où ils sont. L’impulsion de l’inspiration est l’un des traits principaux de son caractère. Les livres reflètent très bien l’étendue de ses goûts. Il a arrêté de fumer pour avoir l’autorité morale de combattre l’addiction au tabac. Il aime préparer des recettes culinaires avec une sorte de ferveur scientifique. Il se maintient en excellente condition physique en passant des heures à faire toutes sortes de gymnastiques et il nage fréquemment. Sa patience est invincible. Sa discipline est de fer. La force de son imagination le pousse jusqu’aux limites de l’imprévu.

 

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José Marti est son auteur préféré et il a eu le talent d’incorporer la pensée de Marti dans le torrent d’optimisme de la révolution marxiste. L’essence de sa propre pensée pourrait résider dans la certitude que, si l’on entreprend un travail de masse, il est fondamental de s’intéresser aux individus.
Cela pourrait expliquer la confiance absolue qu’il place dans le contact direct. Il a un langage pour chaque occasion et un moyen distinct de persuasion selon ses interlocuteurs. Il sait comment se mettre au niveau de chacun et possède des connaissances vastes et variées qui lui permettent d’être à l’aise dans tous les médias. Une chose est sûre : il est où il est, comme il est et avec qui il est. Fidel Castro est là pour gagner. Son attitude en face de la défaite, même dans les actions les plus insignifiantes de la vie quotidienne, semble obéir à une logique personnelle : il ne le reconnaît même pas et il n’a pas une minute de paix tant qu’il n’a pas réussi à inverser les termes et à les convertir en victoire.
Son aide suprême est sa mémoire et il l’utilise, jusqu’à en abuser, pour soutenir des discours ou des conservations privées avec un raisonnement implacable et des opérations arithmétiques d’une rapidité incroyable. Il a un besoin incessant d’informations, bien mastiquées et bien digérées. Au petit-déjeuner il dévore pas moins de 200 pages de journaux. Comme il est capable de découvrir la plus petite contradiction dans une phrase ordinaire, les réponses doivent être exactes. Il est un lecteur vorace. Il est prêt à lire à toute heure tout journal qui lui atterri entre les mains.
Il ne perd pas une seule occasion de s’informer. Pendant la guerre d’Angola, lors d’une réception officielle, il a décrit une bataille avec tant de détails qu’il fut extrêmement difficile de convaincre un diplomate européen qu’il n’y avait pas participé.
Sa vision du futur de l’Amérique Latine est la même que celle de Bolivar et de Marti : une communauté intégrée et autonome, capable de changer le destin du monde. Le pays qu’il connaît en détails le mieux après Cuba sont les Etats-Unis : la nature de son peuple, ses structures de pouvoir, les intentions secondaires de ses gouvernements. Et ceci l’a aidé à affronter le tourment incessant de l’embargo.
Fidel Castro n’a jamais refusé de répondre à quelque question que ce soit, aussi provocatrice soit-elle, il n’a jamais non plus perdu sa patience. En ce qui concerne ceux qui sont économes avec la vérité, pour de ne pas l’inquiéter plus qu’il ne l’est déjà, il le sait. À un fonctionnaire qui agissait ainsi, il a dit : “Vous me cachez des vérités pour ne pas m’inquiéter, mais, lorsque je finirai par les découvrir, je mourrai du choc de devoir affronter tant de vérités que l’on m’a cachées”. Mais, les vérités que l’on cache pour masquer les déficiences sont les plus graves, parce qu’à côté des accomplissements énormes qui donnent des forces à la révolution - les accomplissements politiques, scientifiques, sportifs et culturels - il y a une incompétence bureaucratique colossale, qui affecte la vie quotidienne et en particulier le bonheur familial.
Dans la rue, lorsqu’il parle aux gens, sa conversation retrouve l’expression et la franchise crue de l’affection sincère. Ils l’appellent : Fidel. Ils s’adressent à lui sans façons, ils discutent avec lui, ils l’acclament. C’est à ce moment-là que l’on découvre l’être humain inhabituel que la réflexion de sa propre image ne laisse pas voir. C’est le Fidel Castro que je crois connaître. Un homme aux habitudes austères et aux illusions insatiables, qui a reçu une éducation formelle à l’ancienne, utilisant des mots prudents et des tons contenus, et qui est incapable de concevoir toute idée qui n’est pas colossale.
Je l’ai entendu évoquer des choses qu’il aurait pu faire d’une autre façon pour gagner du temps dans la vie. Le voir surchargé par le poids de tant de destinées distantes, je lui ai demandé ce qu’il préférait faire dans ce monde et il m’a immédiatement répondu : “Rester dans un coin”.

Auteur : Gabriel Garcia Marquez, mardi 19 février 2008
URL : http://www.republique-des-lettres.fr/10315-fidel-castro.php
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 18:46

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 Transmis par J.F.Bonaldi : une étape s’achève. poignant. mais il est toujours là.


























MESSAGE DE FIDEL CASTRO

Chers compatriotes
 
Je vous ai promis, vendredi dernier, 15 février, d’aborder dans mes prochaines Réflexions une question intéressant beaucoup d’entre vous. Je le fais cette fois-ci sous forme de message.
 
Le moment est venu de présenter à l’Assemblée nationale la candidature des membres du Conseil d’Etat, de son président, de ses vice-présidents et de son secrétaire, et de les élire.
 
J’ai rempli cette estimable fonction de président pendant de nombreuses années. La Constitution socialiste a été adoptée le 15 février 1976  au suffrage libre, direct et secret de plus de 95 p. 100 des citoyens ayant le droit de vote. La première Assemblée nationale du pouvoir populaire, constituée le 2 décembre de la même année, a élu le Conseil d’Etat et sa présidence. J’avais exercé auparavant la fonction de Premier ministre pendant presque dix-huit ans. J’ai toujours eu les prérogatives nécessaires pour mener de l’avant l’œuvre révolutionnaire avec le soutien de l’immense majorité du peuple.
 
Connaissant mon état de santé critique, beaucoup de gens à l’étranger pensaient que ma renonciation provisoire, le 31 juillet 2006, au poste de président du Conseil d’Etat que je laissais aux mains du premier vice-président, Raúl Castro Ruz, était définitive. Raúl en personne, qui occupe aussi le poste de ministre des Forces armées révolutionnaire par mérite personnel, et les autres compagnons de la direction du parti et de l’Etat renâclaient à l’idée de me considérer écarté de mes fonctions malgré mon état de santé précaire.
 
Ma position était inconfortable face à un adversaire qui a fait l’impossible pour se débarrasser de moi : il ne m’était pas du tout agréable de lui complaire.
 
J’ai pu ensuite, une fois récupérée la pleine maîtrise de mon cerveau, beaucoup lire et réfléchir, compte tenu de mon repos forcé. J’avais assez de forces pour écrire pendant de longues heures, une occupation que j’ai partagée avec les séances de physiothérapie et les programmes de rétablissement pertinents. Un bon sens élémentaire m’indiquait que cette activité était à ma portée. Je me suis toujours soucié par ailleurs, en parlant de ma santé, de ne pas faire naître de fausses illusions dans notre peuple, un dénouement fatal en pleine bataille risquant d’être traumatisant pour lui. Le préparer à mon absence des points de vue psychologique et politique, telle était ma première obligation après tant d’années de lutte. Je n’ai jamais manqué de signaler qu’il s’agissait d’une convalescence « non exempte de risques ».
 
 
J’ai toujours souhaité faire mon devoir jusqu’à mon dernier souffle. C’est ce que je puis offrir.
 
Je communique à mes très chers compatriotes, qui m’ont fait l’immense honneur de m’élire voilà quelques jours membre du Parlement, lequel doit adopter des accords importants pour les destinées de notre Révolution, que je n’aspirerai pas au poste de président du Conseil d’Etat et de commandant en chef ni ne l’accepterai – je répète : je n’y aspirerai pas ni ne l’accepterai.
 
Dans de brèves lettres adressées à Randy Alonso, animateur du programme La Table ronde télévisée, avec mission de les divulguer, j’avais inclus discrètement des points du Message que j’écris aujourd’hui, sans que son destinataire soit au courant de mes intentions. Je faisais confiance à Randy parce que je l’avais connu quand il était élève de journalisme et que je me réunissais presque toutes les semaines avec les principaux représentants des étudiants de province dans la bibliothèque de la vaste villa du quartier Kohly où ils logeaient. Aujourd’hui, le pays tout entier est une immense université.
 
Je choisis quelques paragraphes de ma lettre à Randy, du 17 décembre 2007 :
 
« Je suis profondément convaincu que les réponses aux problèmes actuels de la société cubaine, dont le niveau scolaire moyen est proche de la terminale, qui compte presque un million de diplômés universitaires et où tous les citoyens sans discrimination jouissent de la possibilité réelle de faire des études, exigent plus de variantes que celles que peut offrir un échiquier. On ne saurait ignorer aucun détail. Il ne s’agit pas d’une voie facile, si l’on veut que l’intelligence de l’être humain dans une société révolutionnaire l’emporte sur ses instincts.
 
« Mon devoir élémentaire est, non pas de m’accrocher aux fonctions, encore moins de faire obstacle à de plus jeunes, mais d’apporter des expériences et des idées dont la modeste valeur provient de l’époque exceptionnelle qu’il m’a été donné de vivre.
 
« Je pense comme  Niemeyer : il faut être conséquent jusqu’au bout. »
 
Lettre du 8 janvier 2008 :
 
« Je suis résolument en faveur du vote uni (un principe préservant les mérites ignorés) qui nous a permis d’éviter la tendance à copier ce qui se faisait dans les pays de l’ancien camp socialiste, dont le portrait d’un candidat unique à la fois si solitaire et parfois si solidaire avec Cuba. Je respecte beaucoup cette première tentative de construire le socialisme grâce à laquelle nous avons pu poursuivre sur la voie choisie.
 
Mais je suis trop conscient que “toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs” ».
 
Je trahirais donc ma conscience en occupant des responsabilités qui exigent qu’on puisse se déplacer librement et qu’on s’y adonne à fond, ce qui n’est plus à ma portée. Je l’explique sans dramatisme.
 
Notre Révolution peut encore compter, heureusement, sur des cadres de la vieille garde, aux côtés d’autres qui étaient très jeunes au début de sa première étape. Certains ont rejoint presque enfants les combattants des montagnes et ont ensuite écrit des pages de gloire dans notre pays par leur héroïsme et leurs missions internationalistes. Ils ont l’autorité et l’expérience requises pour garantir la relève. Notre Révolution peut aussi compter sur une génération intermédiaire qui a appris à nos côtés les ingrédients de l’art complexe et presque inaccessible d’en organiser et diriger une.
 
Le chemin sera toujours difficile et exigera les efforts intelligents de tout le monde. Je me méfie des voies apparemment faciles de l’apologétique ou, par antithèse, de l’autoflagellation. Toujours se préparer aux pires variantes. Etre aussi prudent dans le succès que solide dans l’adversité, voilà un principe à ne pas oublier. L’adversaire à vaincre est extrêmement fort, mais nous l’avons tenu en respect pendant presque un demi-siècle.
 
Je ne vous fais pas mes adieux. Je tiens juste à combattre comme un soldat des idées. Je continuerai d’écrire sous le titre de : « Réflexions du compañero Fidel ». Ce sera une arme de plus à ajouter à notre arsenal. Peut-être écoutera-t-on ma voix. Je serai prudent.
 
Fidel Castro Ruz
 
18 février 2008
 
17 h 30
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 12:22
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Queridos compatriotas:

Les prometí el pasado viernes 15 de febrero que en la próxima reflexión abordaría un tema de interés para muchos compatriotas. La misma adquiere esta vez forma de mensaje.

Ha llegado el momento de postular y elegir al Consejo de Estado, su Presidente, Vicepresidentes y Secretario.

Desempeñé el honroso cargo de Presidente a lo largo de muchos años. El 15 de febrero de 1976 se aprobó la Constitución Socialista por voto libre, directo y secreto de más del 95% de los ciudadanos con derecho a votar. La primera Asamblea Nacional se constituyó el 2 de diciembre de ese año y eligió el Consejo de Estado y su Presidencia. Antes había ejercido el cargo de Primer Ministro durante casi 18 años. Siempre dispuse de las prerrogativas necesarias para llevar adelante la obra revolucionaria con el apoyo de la inmensa mayoría del pueblo.

 

Conociendo mi estado crítico de salud, muchos en el exterior pensaban que la renuncia provisional al cargo de Presidente del Consejo de Estado el 31 de julio de 2006, que dejé en manos del Primer Vicepresidente, Raúl Castro Ruz, era definitiva. El propio Raúl, quien adicionalmente ocupa el cargo de Ministro de las F.A.R. por méritos personales, y los demás compañeros de la dirección del Partido y el Estado, fueron renuentes a considerarme apartado de mis cargos a pesar de mi estado precario de salud.

Era incómoda mi posición frente a un adversario que hizo todo lo imaginable por deshacerse de mí y en nada me agradaba complacerlo.

Más adelante pude alcanzar de nuevo el dominio total de mi mente, la posibilidad de leer y meditar mucho, obligado por el reposo. Me acompañaban las fuerzas físicas suficientes para escribir largas horas, las que compartía con la rehabilitación y los programas pertinentes de recuperación. Un elemental sentido común me indicaba que esa actividad estaba a mi alcance. Por otro lado me preocupó siempre, al hablar de mi salud, evitar ilusiones que en el caso de un desenlace adverso, traerían noticias traumáticas a nuestro pueblo en medio de la batalla. Prepararlo para mi ausencia, sicológica y políticamente, era mi primera obligación después de tantos años de lucha. Nunca dejé de señalar que se trataba de una recuperación “no exenta de riesgos”.

Mi deseo fue siempre cumplir el deber hasta el último aliento. Es lo que puedo ofrecer.

A mis entrañables compatriotas, que me hicieron el inmenso honor de elegirme en días recientes como miembro del Parlamento, en cuyo seno se deben adoptar acuerdos importantes para el destino de nuestra Revolución, les comunico que no aspiraré ni aceptaré- repito- no aspiraré ni aceptaré, el cargo de Presidente del Consejo de Estado y Comandante en Jefe.

En breves cartas dirigidas a Randy Alonso, Director del programa Mesa Redonda de la Televisión Nacional, que a solicitud mía fueron divulgadas, se incluían discretamente elementos de este mensaje que hoy escribo, y ni siquiera el destinatario de las misivas conocía mi propósito. Tenía confianza en Randy porque lo conocí bien cuando era estudiante universitario de Periodismo, y me reunía casi todas las semanas con los representantes principales de los estudiantes universitarios, de lo que ya era conocido como el interior del país, en la biblioteca de la amplia casa de Kohly, donde se albergaban. Hoy todo el país es una inmensa Universidad.

Párrafos seleccionados de la carta enviada a Randy el 17 de diciembre de 2007:

“Mi más profunda convicción es que las respuestas a los problemas actuales de la sociedad cubana, que posee un promedio educacional cercano a 12 grados, casi un millón de graduados universitarios y la posibilidad real de estudio para sus ciudadanos sin discriminación alguna, requieren más variantes de respuesta para cada problema concreto que las contenidas en un tablero de ajedrez. Ni un solo detalle se puede ignorar, y no se trata de un camino fácil, si es que la inteligencia del ser humano en una sociedad revolucionaria ha de prevalecer sobre sus instintos.

“Mi deber elemental no es aferrarme a cargos, ni mucho menos obstruir el paso a personas más jóvenes, sino aportar experiencias e ideas cuyo modesto valor proviene de la época excepcional que me tocó vivir.

“Pienso como Niemeyer que hay que ser consecuente hasta el final.”

Carta del 8 de enero de 2008:

“…Soy decidido partidario del voto unido (un principio que preserva el mérito ignorado). Fue lo que nos permitió evitar las tendencias a copiar lo que venía de los países del antiguo campo socialista, entre ellas el retrato de un candidato único, tan solitario como a la vez tan solidario con Cuba. Respeto mucho aquel primer intento de construir el socialismo, gracias al cual pudimos continuar el camino escogido.”

“Tenía muy presente que toda la gloria del mundo cabe en un grano de maíz”, reiteraba en aquella carta.

Traicionaría por tanto mi conciencia ocupar una responsabilidad que requiere movilidad y entrega total que no estoy en condiciones físicas de ofrecer. Lo explico sin dramatismo.

Afortunadamente nuestro proceso cuenta todavía con cuadros de la vieja guardia, junto a otros que eran muy jóvenes cuando se inició la primera etapa de la Revolución. Algunos casi niños se incorporaron a los combatientes de las montañas y después, con su heroísmo y sus misiones internacionalistas, llenaron de gloria al país. Cuentan con la autoridad y la experiencia para garantizar el reemplazo. Dispone igualmente nuestro proceso de la generación intermedia que aprendió junto a nosotros los elementos del complejo y casi inaccesible arte de organizar y dirigir una revolución.

El camino siempre será difícil y requerirá el esfuerzo inteligente de todos. Desconfío de las sendas aparentemente fáciles de la apologética, o la autoflagelación como antítesis. Prepararse siempre para la peor de las variantes. Ser tan prudentes en el éxito como firmes en la adversidad es un principio que no puede olvidarse. El adversario a derrotar es sumamente fuerte, pero lo hemos mantenido a raya durante medio siglo.

No me despido de ustedes. Deseo solo combatir como un soldado de las ideas. Seguiré escribiendo bajo el título “Reflexiones del compañero Fidel” . Será un arma más del arsenal con la cual se podrá contar. Tal vez mi voz se escuche. Seré cuidadoso.

Gracias

Fidel Castro Ruz

18 de febrero de 2008

5 y 30 p.m.

http://granma.co.cu/2008/02/19/nacional/artic03.html

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 19:41

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Voilà notre livre, il est enfin sorti de l’imprimerie, tout chaud comme un petit pain…

Il faut que je vous explique de quoi il s’agit, comment se le procurer s’il vous intéresse et comment organiser des débats autour si bien sûr vous êtes en mesure de le faire…

Danielle bleitrach

 

D’abord sachez que ce livre inaugure une collection du temps des cerises, collection qui portera le nom “aventure du socialisme” Je reviendrai sur cette idée du socialisme comme aventure.

L’idée donc du livre est née d’un discours que Fidel avait prononcé à l’Université de la havane en novembre 2005, j’ai rarement vu quelque chose d’aussi critique. Il s’était déchaîné contre tout ce qui n’allait pas à Cuba, contre les bureaucrates, ceux qu’il appelait “les petits empereurs”… En le lisant je me disais que ceux qui critiquent Cuba et qui mentent le plus souvent auraient trouvé là des arguments nettement plus valables.  Mais ce discours est quasiment passé inaperçu…

Bon je ne vous dirai pas toute l’enquête que j’ai commencé à mener à Cuba pour tenter de comprendre ce qui se passait. J’ai eu la chance de trouver là-bas des amis particulièrement compétents sur la question et parmi eux Jacques françois Bonaldi qui depuis plus de trente ans vit à Cuba et traduit les discours de Fidel… Mais là c’est encore une autre histoire, il faudrait que j’explique Bonaldi, sa précision, son savoir, sa finesse, au bout de quelque temps comme son apport était fondamental je lui ai demandé de co-signer ce livre et je dois dire honnêtement qu’au point où nous en sommes c’est lui qui devrait en être l’auteur principal. Notons également le travail de réécriture entre deux auteurs à des milliers de kilomètres l’un de l’autre qu’a effectué nicole Amphoux.

Mais revenons sur le fond, ce que j’ai découvert grâce à Bonaldi c’est la manière dont le socialisme cubain n’a cessé d’opérer sa propre rectification et ce sous le feu de l’ennemi. C’est pour cela qu’il y a dans le titre l’idée que loin d’être un modèle clé en main le socialisme est une aventure: on croit savoir mais en fait comme Fidel le disait recemment en citant Socrate “on s’aperçoit que l’on ne sait rien”…  Donc ce livre décrit comment depuis le début de la révolution jusqu’à aujourd’hui où Cuba est en pleine ébullition souterraine, Cuba n’a rien de ce monde figé mais au contraire poursuit une marche qui comme toute les marches paraît parfois un déséquilibre compensé. la masse des problèmes est immense et on croirait parfois que les êtres humains s’ingénient à en rajouter mais il y a à Cuba les racines du courage surhumain d’un peuple: pour les Cubains le socialisme se confond avec l’indépendance nationale. Cuba appartient au Tiers-monde, à tous ceux qui ont connu la colonisation, l’oppression, l’esclavage et sans tenir compte de  cela on ne comprend rien à ce pays.

Dans la quatrième de couverture, nous citons Fidel qui explique que le capitalisme à travers la propriété privée remonte à la nuit des temps, il y a même eu la propriété sur des êtres humain, l’esclavage et on a prétendu inventer la démocratie alors que l’immense majorité de la population était esclave… le socialisme lui n’a pas un tel passé derrière lui, il est encore dans les langes. Tout est à faire, d’où là encore l’idée d’aventure.

Aventure peut aussi être pris comme ad-venture, ce qui doit advenir, parce que si le socialisme n’advient pas cela risque d’être la fin de l’humanité.

Enfin, j’ai découvert toujours grâce à J.F.Bonaldi la manière dont la pensée du Che est constamment présente à Cuba, pour Fidel en particulier. Mais je vous laisse le soin de découvrir ce dialogue sur le socialisme qui se poursuit encore aujourd’hui. C’est le troisième sens de l’idée de l’aventure, la vie comme un beau voyage, une belle aventure pour celui ou celle qui lui consacre sa vie…

Voilà trés sommairement résumé un livre dont je puis dire qu’il  témoigne d’ un respect de l’histoire de ce peuple héroïque et des deux hommes extraordinaires que sont le Che et Fidel, unis par l’amitié et par le compagnonnage révolutionnaire sans pour autant jamais tomber dans l’hagiographie, en faisant état constamment des problèmes, des difficultés, des erreurs, parce qu’il nous paraît qu’ils mettent encore plus en lumière le côté prométhéen de Cuba, c’est-à-dire  la révolte du Titan qui alla voler le feu des dieux pour que les hommes se réchauffent et se protégent des bêtes féroces.

Pour le commander écrivez à l’éditeur :

le temps des cerises

6 avenue edouard vaillant

93.500 Pantin

prix : 25 euros

si vous souhaitez que je vous le dédicace signalez le à l’éditeur, je serai à paris le 20-21 et 22 février donc je pourrai m’en charger.

Par ailleurs si vous voulez organiser des débats, prenez contact avec moi, toujours par l’éditeur et je vous donnerai mes coordonnées pour que nous puission décider ensemble.

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 17:20

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Zoe Valdes n’en est plus à un mensonge près, hier sur son blog, elle affirmait que le jeune Eliecer Avila, un des étudiant qui avait questionné Ricardo Alarcon durant un débat à l’Université de sciences informatiques avait été arrêté. La manière dont ce jeune homme avait interpellé le président de l’assemblée nationale cubaine avait été reprise par les médias occidentaux comme la preuve du « mécontentement » de la population cubaine, alors que pour les amis de Cuba elle témoignait de la liberté de ton entre dirigeant et population. 

Zoe Valdes évidemment en a profité pour faire une fois de plus la preuve de ses délires anti-cubains, elle nous y avait déjà habitué en particulier au moment de la maladie de fidel où dans la même phrase elle avait annoncé sa mort et son retour des enfers pour prononcer un long discours. « L’information » qu’elle a publié dans son blog lui parvenait “d’un membre du Conseil de Relations des droits humains à Cuba » qui faisait état d’une lettre de la mère du jeune homme qui disait que Eliécer Avila, âgé de 21 ans, avait été arrêté à 20heures le 9 février par les agents du Conseil d’Etat et de la sécurité, au domicile du jeune homme situé dans le « batey » (village sucrier) dans le municipe Puerto Padre, dans la province de la Tunas.Le Conseil des Relations des droits Humains de Cuba rend responsable le gouvernement cubain de la santé et de la vie de l’étudiant de l’Université de Sciences informatiques Eliecer Avila Cicilia et appelait la communauté et l’opinion publique internationale à intercéder en faveur de sa mise en liberté immédiate.  

Zoe Valdes dans son blog ajoutait qu’elle allait informer tout de suite Fernando Ravsberg, le correspondant de la BBC. Et elle indiquait qu’une campagne de signatures pour la liberté de ce garçon  envoyées à Amnistie International allait être lancée. Il fallait le plus rapidement possible que tous les blogs relayent la nouvelle et donnent leur accord pour recueillir des listes de signatures.  Elle suppliait chacune de relayer la nouvelle.Mieux avec cette imagination toujours en alerte et pas seulement dans le domaine pornographique qui garantit son succès, Zoé Valdes ajoutait que le jeune étudiant avait fait savoir la veille de son arrestation qu’il ne pouvait quitter son domicile mais qu’il allait être envoyé à La havane. Sa mère aurait raconté qu’il avait été interdit à sa famille de l’accompagner et luxe de détail, un des fonctionnaires qui avait procédé à son arrestation était le propre fils de carlos lage… Zoe valdes avait téléphoné à un autre « dissident » du nom de Gonzales leiva qui lui avait confirmé à cent pour cent la véracité de la nouvelle…  Oui mais voilà toute cette belle histoire dont je vous ai économisé quelques détails dont le désespoir d’une aieule… était pure affabulation et aujourd’hui le quotidien Granma avec une vidéo à l’appui où le jeune homme en question explique que ce qu’il a dit est pour améliorer le socialisme (interview diffusé par la BBC) et démontre qu’il est non seulement en liberté mais qu’il proteste contre le rôle que l’on tente de lui faire jouer . Voir ci-dessous.  Granma dément et publie des interviews en video avec le dit étudiant et d’autres, aujourd’hui 12 févier. 

  Desmiente estudiante de la UCI campaña mediática contra Cuba
Todo lo que están diciendo es una mentira total. Lo que planteamos es para construir mejor el socialismo, no para destruirlo, expresó Eliécer Ávila Cecilia, estudiante de cuarto año de la Universidad de Ciencias Informáticas,  un joven que, según divulgaron medios de prensa el lunes 11 de febrero, se encuentra preso por sus palabras en el video que divulgó la BBC Ver videoEs una ofensa al pueblo cubano
Denuncian los estudiantes de la Universidad de Ciencias Informáticas de Cuba burda manipulación mediática. Ellos, que participaron en un encuentro con el Presidente del Parlamento cubano, Ricardo Alarcón, en vísperas de las elecciones en la Isla, ratifican su compromiso con la Revolución
 
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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 23:33
L’obsession cubaine de Reporters sans frontières

Mondialisation.ca, Le 28 janvier 2008
 


Reporters sans frontières (RSF) n’en finit plus d’être obsédée par Cuba. Alors que, selon ses propres chiffres, 86 journalistes et 20 collaborateurs des médias ont été assassinés à travers le monde en 2007, que 67 professionnels de la presse ont été enlevés et qu’aucun Cubain ne se trouve sur ces listes, l’organisation parisienne cible de nouveau la plus grande île des Caraïbes (1). Le secrétaire général de l’entité qui prétend défendre « la liberté de la presse », Robert Ménard, a profité des élections législatives cubaines pour rappeler « le sort dramatique des journalistes emprisonnés (2) ».

 

Lors d’une conférence de presse tenue à Madrid le 16 janvier 2008, RSF a réitéré « sa demande de libération des vingt-quatre journalistes cubains emprisonnés […] au prétexte absurde d’être des ‘mercenaires à la solde des Etats-Unis’ ». L’organisation fait référence aux personnes condamnées par la justice cubaine à des peines allant de six à vingt-huit ans de prison pour association avec une puissance étrangère et mercenariat (3).

 

RSF qualifie les accusations des autorités d’« absurde[s] » et prétend faire croire à l’opinion publique que les « vingt-quatre journalistes cubains emprisonnés » ne doivent leur situation qu’au caractère hétérodoxe de leur pensée et en aucun cas au fait qu’ils aient violé la loi en acceptant d’être stipendiés par les Etats-Unis. C’est ce qu’affirme la justice cubaine. Les sceptiques pourraient remettre en cause l’impartialité du système judiciaire cubain. Soit. Il existe cependant une source qui corrobore cette réalité et qui est au-dessus de tout soupçon. En effet, les documents officiels du gouvernement de Washington confirment que les Etats-Unis recrutent, orientent et financent des individus à Cuba pour promouvoir leur politique étrangère à l’égard du régime révolutionnaire.

 

Tout d’abord, dès le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, les Etats-Unis ont mis en place une politique destinée à la fabrication d’une opposition à Cuba. Par exemple, lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale tenue le 14 janvier 1960, le sous-secrétaire Livingston Merchant déclara : « Notre objectif est d’ajuster toutes nos actions de manière à accélérer le développement d’une opposition à Cuba […] ». De son côté, le secrétaire adjoint pour les Affaires interaméricaines, Roy Rubottom, a affirmé que « le programme approuvé [destiné à renverser le gouvernement cubain] nous a autorisé à apporter notre aide à des éléments qui s’opposaient au gouvernement de Castro à Cuba, pour faire croire que sa chute était le résultat de ses propres erreurs (4) ».

 

De la même manière, le 19 juin 1963, Kennedy a approuvé le « Plan intégré d’action couverte » qui prétendait « maintenir toutes les pressions possibles sur Cuba, et créer et exploiter des situations à Cuba, calculées pour stimuler des éléments dissidents du régime […] afin de réaliser un coup d’Etat (5) ».

 

Cette politique est actuellement toujours en vigueur, à une différence près : ce qui constituait une politique clandestine et secrète dans les années soixante est devenue une politique publique à partir de 1992.

 

Votée en 1992 par le Congrès étasunien, la loi Torricelli dispose également d’un volet interventionniste et subversif. Par exemple, la section 1705 stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba (6) ».

 

Adoptée par l’administration Clinton en 1996, la loi Helms-Burton prévoit également de fédérer, renforcer et financer une opposition interne à Cuba. La section 109 est très claire : « Le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba (7) ».

 

Le 6 mai 2004, le Président Bush a rendu public un impressionnant rapport de 454 pages intitulé « Commission for Assistance to a Free Cuba » (Commission de soutien à une Cuba libre). Ce rapport prévoit la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante (8) ».

 

Le 3 mars 2005, Roger Noriega, alors secrétaire assistant pour les Affaires de l’hémisphère occidental de l’administration Bush, a signalé que 14,4 millions de dollars avaient été ajoutés au budget de 36 millions de dollars prévu dans le rapport de 2004. Noriega a même poussé la sincérité jusqu’à dévoiler l’identité de certaines personnes travaillant à l’élaboration de la politique étrangère étasunienne contre Cuba. Il a évoqué les noms de Martha Beatriz Roque, des Dames en blanc et d’Oswaldo Payá (9).

 

Le 10 juillet 2006, le président Bush a approuvé le nouveau rapport de 93 pages. Le but affiché est clair : rompre l’actuel ordre constitutionnel en vigueur à Cuba. La première mesure adoptée préconise un financement accru des groupes de « dissidents ». Aux 36 millions de dollars prévus dans le premier rapport de 2004 et aux 14,4 millions de dollars additionnels de mars 2005 s’ajoute une nouvelle somme de 31 millions de dollars. Le plan de Bush cite également les personnes chargées de fédérer les forces subversives : Martha Beatriz Roque, Oswaldo Payá, Guillermo Fariñas et les Dames en blanc, entre autres (10).

 

L’administration Bush a également alloué 24 millions de dollars additionnels à Radio et TV Martí, deux médias propagandistes étasuniens uniquement destinés à promouvoir un « changement de régime », afin d’amplifier les transmissions de programmes subversifs vers Cuba, en violation de la législation internationale qui interdit de violer l’espace hertzien national. Les membres de la « dissidence » cubaine recevront une partie de cette somme pour acquérir et distribuer des équipements radiophoniques et télévisuels permettant de capter les programmes émis depuis les Etats-Unis. Le plan prévoit également « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba (11) ».

 

Ainsi, les documents officiels étasuniens confirment l’existence d’une politique de subversion et contredisent de manière indiscutable les affirmations de RSF. Par ailleurs, l’organisation parisienne n’hésite aucunement à transformer des délinquants en journalistes pourvu que ces derniers – qui n’avaient jamais eu d’activité journalistique avant d’intégrer le juteux commerce de la dissidence, à deux exceptions près – écrivent quelques lignes acerbes contre le gouvernement de La Havane.

 

Mais RSF, dont l’agenda est clairement politique, n’en est pas à une contrevérité près. Dans son communiqué, elle déclare que « la population s’apprête à désigner, à défaut d’élire, le 20 janvier 2008, ses représentants à l’Assemblée nationale et au sein des assemblées provinciales », et ajoute que « le scrutin […] ne saurait, à cet égard, faire illusion. Le pluralisme politique n’est pas à l’ordre du jour et les Cubains n’ont d’autres candidats à ‘élire’ que les 614 représentants, déjà désignés, du Parti communiste cubain, le seul autorisé (12) ».

 

Le problème est que la législation cubaine interdit formellement au Parti communiste de désigner des candidats. « Aucun parti n’a le droit de présenter des candidats. La postulation des candidats est directement effectuée par les électeurs eux-mêmes lors d’assemblées publiques. Le Parti communiste n’est pas une organisation électorale, et par conséquent, il ne peut ni se présenter aux élections ni désigner des candidats (13) ». D’ailleurs, plus de la moitié des parlementaires qui ont été élus ne sont pas membres du Parti communiste (14). Dans quel but alors RSF occulte-t-elle cette réalité si ce n’est que pour induire l’opinion publique en erreur et poursuivre sa campagne de diabolisation de Cuba ?

 

L’organisation de Robert Ménard évoque également « l’état de santé […] des représentants de la presse dissidente emprisonnés à Cuba » dont certains seraient « très gravement malades ». RSF affirme qu’« aucune nourriture ni aucun soin adaptés ne [leur] sont prodigués en cellule (15) ». L’entité de « défense de la liberté de la presse » n’a point peur du ridicule. En effet, comment un détenu privé d’une alimentation adéquate et d’une attention médicale peut-il survivre en prison ? RSF peut-elle citer le nom d’un seul individu décédé en prison à Cuba pour manque de soins ou défaut d’alimentation ?

 

Pour quelles raisons RSF souffre-t-elle d’une obsession singulière à l’égard de Cuba ? Est-ce réellement à cause de la situation de la presse ? A l’évidence non car le cas échéant ses priorités seraient l’Irak où 47 journalistes ont été assassinés en 2007, la Somalie où 8 journalistes ont perdu la vie, le Pakistan où 6 journalistes ont péri, le Sri Lanka où trois journalistes ont été exécutés, l’Afghanistan, l’Erythrée, les Philippines, le Népal ou le Mexique où plusieurs journalistes ont également été assassinés, mais en aucun cas Cuba (16).

 

La réponse se trouve dans le financement de RSF. En effet, l’organisation est stipendiée par l’organisation d’extrême droite Center for a Free Cuba (17) dont le directeur Franck Calzón est l’ancien dirigeant de la Fondation nationale cubano-américane (FNCA), une organisation terroriste responsable de nombreux attentats contre Cuba (18). RSF est également financée par l’officine écran de la CIA qu’est la National Endowment for Democracy, dont le but est de promouvoir l’agenda politique de la Maison-Blanche (19).

 

L’écrivain et journaliste français Maxime Vivas vient de publier un ouvrage révélateur sur « la face cachée de Reporters sans frontières » dans lequel il dénonce « les fréquentations douteuses, les financements honteux, les hargnes sélectives […], les mensonges réitérés de Reporters sans frontières, le tout au service d’une cause sans rapport avec les objectifs affichés ». Ce livre, d’une rigueur factuelle remarquable, dévoile au grand jour le double jeu de Robert Ménard et révèle enfin le vrai visage de l’organisation parisienne au service des puissants de ce monde (20).

 


Notes

 

1 Reporters sans frontières, « Liberté de la presse : l’année 2007 en chiffres », 2 janvier 2008. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24908 (site consulté le 23 janvier 2008).

 

2 Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières rappelle le sort dramatique des journalistes emprisonnés, à la veille du scrutin législatif », 17 janvier 2008. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25093 (site consulté le 20 janvier 2008).

 

3 Ibid.

 

4 Marion W. Boggs, « Memorandum of Discussion at 432d meeting of the National Security Council, Washington », 14 janvier 1960, Eisenhower Library, Whitman File, NSC Records, Top Secret, in Foreign Relations of the United States 1958-1960 (Washington : United States Government Printing Office, 1991), pp. 742-743.

 

5 Piero Gleijeses, Misiones en Conflicto. La Habana, Washington y África 1959-1976 (La Havane: Editorial Ciencias Sociales, 2004), p. 37.

 

6 Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992. Voir également Salim Lamrani, Double Morale. Cuba l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008), pp. 45-55.

 

7 Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

 

8 Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consulté le 7 mai 2004), pp. 16, 22.

 

9 Roger F. Noriega, « Assistant Secretary Noriega’s Statement Before the House of Representatives Committee on International Relations », Department of State, 3 mars 2005. www.state.gov/p/wha/rls/rm/2005/ql/42986.htm (site consulté le 9 avril 2005).

 

10 Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 19

 

11 Ibid., p. 22.

 

12 Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières rappelle le sort dramatique des journalistes emprisonnés, à la veille du scrutin législatif », op. cit.

 

13 Parlamento cubano, « El sistema electoral cubano : cien preguntas y cien respuestas », 9 février 2007. http://www.parlamentocubano.cu/Preguntas%20y%20Respuestas%20sobre%20el%20Sistema%20Electoral.htm (site consulté le 26 janvier 2008).

 

14 Pascual Serrano, « El periodismo papagayo », Rebelión, 21 janvier 2008.

 

15 Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières rappelle le sort dramatique des journalistes emprisonnés, à la veille du scrutin législatif », op. cit.

 

16 Reporters sans frontières, « Baromètre de la liberté de la presse 2007. Journalistes tués », 2 janvier 2008. http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=73 (site consulté le 26 janvier 2008).

 

17 Reporters sans frontières, « Lettre ouverte à ses détracteurs », Réseau Voltaire, 12 septembre 2006. http://www.voltairenet.org/article143413.html?var_recherche=Reporters+sans+fronti%C3%A8res?var_recherche=Reporters%20sans%20frontières (site consulté le 12 septembre 2006).

 

18 Salim Lamrani, « La Fondation nationale cubano-américaine est une organisation terroriste », Mondialisation, 27 juillet 2006.

 

19 Robert Ménard, « Forum de discussion avec Robert Ménard », Le Nouvel Observateur, 18 avril 2005. www.nouvelobs.com/forum/archives/forum_284.html (site consulté le 22 avril 2005) ; John M. Broder, « Political Meddling by Outsiders : Not New for U.S. », The New York Times, 31 mars 1997, p. 1 ; Allen Weinstein, Washington Post, 22 septembre 1991.

 

20 Maxime Vivas, La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux faucons du Pentagone (Bruxelles : Aden, 2007).

 




Salim Lamrani
est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006). Contact : lamranisalim@yahoo.fr
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 21:46

undefined RÉFLEXIONS DE FIDEL CASTRO
 
Cadeau des rois

(Traduit par l’ESTI)

• Les dépêches nous l’avaient fait savoir : dès la fin de ses chrétiennes vacances de Noël, le 6 janvier, Bush partirait en tournée au Proche-Orient, la terre des musulmans, d’une autre religion et d’une autre culture, la terre de ces « infidèles » auxquels les Européens, convertis au christianisme, déclarèrent la guerre au XIe siècle.

Les chrétiens s’entretuèrent pour des motifs religieux autant que par intérêts nationaux. L’Histoire semblait avoir dépassé tout ça. Il ne restait que les convictions religieuses qu’il fallait respecter, les légendes et les traditions, qu’elles fussent chrétiennes ou non. De ce côté-ci de l’Atlantique, tout comme dans de nombreuses autres parties du monde, les enfants attendaient avec anxiété le 6 janvier, cherchant assez d’herbe pour pouvoir alimenter les chameaux des Rois mages. J’ai moi-même participé à cet espoir dans les premières années de ma vie, demandant l’impossible à ces Rois fortunés, avec autant d’illusions que certains de nos compatriotes attendent des miracles de  notre tenace et digne Révolution.

Je n’ai pas la capacité physique nécessaire de m’adresser directement aux habitants de la commune qui ont posé ma candidature à la députation aux élections de dimanche prochain. Alors, je fais ce que je peux : j’écris. Ce qui constitue pour moi une expérience nouvelle : parler est une chose, écrire en est une autre. Aujourd’hui que je dispose de plus de temps pour m’informer et réfléchir sur ce que je vois, c’est à peine si j’en ai assez pour écrire.

Le bien, on s’y attend ; le mal surprend et démoralise. Etre prêt au pire est la seule manière de se préparer au meilleur.

On croit rêver en voyant Bush, le pillard des matières premières et des ressources énergétiques d’autres peuples, fixer des normes au reste du monde, peu importe combien de centaines de milliers et de millions de personnes il lui faudra tuer ou combien de prisons clandestines ou de centres de tortures il lui faudra ouvrir pour atteindre ses objectifs. Une « soixantaine de trous obscurs perdus dans la planète » peuvent s’attendre à des attaques préventives et par surprise. Ne fermons les yeux : Cuba en fait partie. Le chef de l’Empire l’a affirmé textuellement et j’en ai averti plus d’une fois la communauté internationale.

A Abu-Dhabi, capitale des Emirats arabes unis, à quelques kilomètres de l’Iran, selon l’AP,

« Le président étasunien George W. Bush, a affirmé dimanche que l’Iran constituait une menace pour  la sécurité du monde entier, et que les Etats-Unis et leurs alliés arabes devaient s’unir pour contrer le danger avant qu’il ne soit trop tard ».

« Bush a accusé le gouvernement de Téhéran de financer des terroristes, de saper la paix au Liban et d’expédier des armes aux milices religieuses des talibans en Afghanistan. Il a ajouté que l’Iran tentait d’intimider ses voisins par sa rhétorique alarmante, défiait les Nations Unies et déstabilisait l’ensemble de la région en refusant d’éclaircir ses intentions au sujet de son programme nucléaire.

« "Les actions de l’Iran menacent partout la sécurité des nations", a déclaré Bush. "Les Etats-Unis renforcent donc leurs engagements sécuritaires de longue date avec leurs amis du golfe Persique et appellent leurs amis à faire face à ce danger."

« Bush a pris la parole à l’hôtel Emirates Palace, dont la construction a coûté trois milliards de dollars et où une suite coûte 2 450 la nuit, qui mesure un kilomètre de long et compte une plage privée d’un kilomètre trois cents de long. Selon Steven Pike, un porte-parole de l’ambassade étasunien dans les Emirats arabes unis, chaque grain de sable de cette plage a été importé d’Algérie. »

Tout le monde sait que c’est Bush qui veut faire la guerre à l’Iran, que c’est sa guerre à lui. Il a promis par ailleurs que les troupes étasuniens resteront au moins dix ans de plus en Iraq.

Le pire est l’incapacité à rectifier dont font preuve les principaux candidats des deux partis appelés à lui succéder. Aucun n’ose s’en prendre, même en l’effleurant d’un pétale de rose, à cette pratique impériale, sous prétexte de lutte contre un terrorisme qu’engendrent le système en soi et sa surconsommation colossale et insoutenable, tout en prétendant à l’impossible : croissance soutenu, plein-emploi et zéro inflation.

Ce n’était pas ça, les rêves de Martin Luther King, de Malcom X et d’Abraham Lincoln, ni d’aucun des grands songeurs que l’humanité a engendrés tout au long de son hasardeuse histoire.

Quiconque a le temps de lire et d’analyser les nouvelles qu’apportent l’Internet, les agences de presse et les livres peut constater lui-même les contradictions dans lesquelles on a poussé le monde à s’enferrer.

Paul Kennedy, professeur d’histoire et directeur de l’Institut d’Etudes sur la sécurité internationale à l’Université de Yale, l’un des intellectuels les plus influents de son pays, aborde la question des aliments et des carburants dans un article que publie El País, un journal espagnol à bonne diffusion, affirmant que « le pétrole est le plus gros facteur de dépendance des Etats-Unis par rapport à des forces extérieures ».

 « Au milieu du XVIIIe siècle, la Grande-Bretagne possédait la plus grosse industrie de construction de voiliers au monde. Or, alors que ses chantiers en lançaient des centaines, voire des milliers par an, des inventeurs anglais étaient en train de créer la machine à vapeur qui produisait d’énormes quantités d’énergie garantie par les gisements spécialement bitumineux du sud de Galles. Ce sont les chantiers navals, le moteur à vapeur et le charbon qui impulsèrent le développement de l’Empire britannique durant cent cinquante ans de plus ».

 Kennedy signale plus loin le facteur qui nous intéresse le plus : l’interconnexion grandissante entre le pétrole et les aliments. Les raisons en sont bien connues : l’énorme demande d’énergie des grandes économies asiatiques et l’incapacité des pays les plus riches – les USA, le Japon et l’Europe – à réduire leur consommation.

 « Mais la demande mondiale de soja monte aussi en flèche, surtout à cause de l’élévation de la consommation en Asie ; les dizaines de millions de porcs que compte la Chine dévorent chaque année une quantité de farine de soja incroyable. […] Cette hausse des cours – et ceux à terme du soja cette année [décembre 2007] ont été supérieurs de 80 p. 100 à ceux de 2006 – est-elle inévitable ?

« Nul ne peut en être sûr, mais la logique veut que la croissance démographique incessante et l’augmentation des revenus réels de plus de deux milliards de personnes ces dernières années se traduiront par une demande toujours accrue de protéines – plus de viande de bovin, de porc, de poulet, de poisson – et, donc, de céréales destinées à nourrir les animaux.

Le professeur de Yale aurait pu ajouter : plus d’œufs et plus de lait, dont la production exige toujours plus d’aliments pour animaux. Mais il fait allusion un peu plus loin à un article publié par The Economist, le principal organe des finances européennes, « sous le titre de "La fin de la nourriture bon marché", qu’il qualifie « d’excellent, de très détaillé et de terrifiant ». Il écrit : « La revue "a débuté son index de prix des aliments" rien moins qu’en 1845… celui de cette année est le plus élevé en cent soixante-deux ans ».

Le Brésil, autosuffisant désormais en carburants et à la tête de réserves abondantes, échappera sans doute à ce dilemme. Erigé sur un plateau qui fluctue entre trois cents et neuf cents mètres d’altitude, il est soixante-dix-sept fois plus grand que Cuba.  Cette République sœur connaît trois climats différents. On y cultive à peu près tous les aliments. Elle n’est pas victime de cyclones tropicaux. L’Argentine et elle pourraient être la planche de salut des peuples latino-américains et caribéens, y compris du Mexique, bien que ceux-ci ne jouissent d’aucune garantie de sécurité car ils sont à la merci d’un Empire qui n’admet pas cette union.

L’écriture, bien des gens le savent, est un instrument d’expression auquel font défaut la rapidité, le ton et la mimique du langage parlé qui ne passe pas par des signes. Elle est plusieurs fois plus lente.  Son avantage est qu’elle vous permet de communiquer à toute heure du jour et de la nuit, bien que vous ne sachiez pas qui va vous lire. Vous avez bien du mal à résister à la tentation d’améliorer votre texte, d’y inclure ce que vous avez omis, de biffer une partie de ce que vous avez écrit, voire, parfois, de jeter le tout au panier faute d’interlocuteur présent. Ce que j’ai fait toute ma vie, c’est transmettre des idées sur les événements tels que je les voyais, depuis mon étape d’ignorance la plus totale jusqu’à aujourd’hui où je dispose de plus de temps et de possibilités d’observer les crimes que l’on commet contre notre planète et notre espèce.

Je recommande spécialement aux révolutionnaires les plus jeunes le maximum d’exigence et une discipline de fer, sans ambition de pouvoir, sans suffisance et sans forfanterie. Gardez-vous des méthodes et des mécanismes bureaucratiques. Ne vous laissez pas emporter par les slogans vides. Sachez que les procédures bureaucratiques sont le pire obstacle. Recourez à la science et à l’informatique sans sombrer dans le langage techniciste et inintelligible des élites spécialisées. Soyez assoiffés de savoir, soyez constants, faites des exercices physiques et mentaux.

 

A cette nouvelle ère où nous vivons, le capitalisme ne sert même plus de simple instrument. Il ressemble à un arbre aux racines pourries d’où ne germent que les pires formes d’individualisme, de corruption et d’inégalité. Mais il n’est pas question non plus de faire des cadeaux à ceux qui peuvent produire et ne produisent rien ou produisent peu.

Que l’on récompense le mérite de ceux qui travaillent de leurs mains ou de leur intelligence.

Maintenant que nous avons universalisé les études supérieures, nous devons universaliser le travail physique simple qui contribue du moins à engendrer une partie des investissements infinis que tout le monde réclame, comme s’il existait d’énormes réserves de devises et de force de travail. Gardez-vous en particulier de ceux qui inventent des entreprises publiques sous n’importe quel prétexte et en gèrent ensuite les profits aisés, comme s’ils avaient été des capitalistes toute leur vie, semant l’égoïsme et les privilèges.

Tant que l’on ne prendra pas conscience de ces réalités, aucun effort ne servira à « empêcher à temps », comme le dirait Martí, que l’Empire – qu’il a vu naître après avoir vécu dans ses entrailles – ne brise les destinées de l’humanité.

Etre dialecticiens et créateurs : il n’y a pas de solution de rechange.

Applaudissons donc Bush dans son rôle de Roi mage en visite sur la terre où naquit le fils de Joseph le charpentier, à supposer que quelqu’un sache exactement où se trouvait l’humble crèche. Le chef de l’Empire apporte, lui, en guise de cadeau, des dizaines de milliards de dollars aux pays arabes pour qu’ils puissent acheter les armes que produit le complexe militaro-industriel, et le double à Israël pour qu’il continue de s’armer, même si, selon l’agence des Nations Unies responsable, cet Etat a privé de leurs droits ou expulsé à ce jour trois millions et demi de Palestiniens.

En fait, le seul cadeau des rois que Bush est capable d’apporter dans sa hotte est cette guerre nucléaire dont il ne cesse de menacer obsessionnellement le monde.

Fidel Castro Ruz

14 janvier 2008

19 h 12 •
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 21:43

undefinedAttention, colonne 2… Camilo, ici le Che
• Témoignage d’un ancien combattant du Mouvement révolutionnaire du 26 Juillet qui a enregistré, à la mi-novembre 1958, une conversation de 35 minutes entre les commandants Camilo Cienfuegos et Ernesto Che Guevara, et dont on n’a diffusé jusqu’ici qu’un fragment d’à peine une minute

PAR HAYDEE LEON MOYA, de Granma international
PHOTO OTMARO RODRIGUEZ

IL rentrait presque toujours chez lui en fin de soirée, après une longue journée de travail à la télévision, où il était employé par une agence de publicité : il annonçait des produits à l’écran. Mais ce jour de la mi-novembre 1958, il regagna son quartier havanais de Santa Amalia bien plus tôt que de coutume, sur les 15h30. Il s’installa dans sa chambre, brancha sa bonne vieille radio de marque Hallicrafter et entendit immédiatement, sur les ondes de l’émetteur alors clandestin Radio Rebelde, une conversation en provenance de ce qui semblait être un front de combat de la guérilla. Il plaça immédiatement son magnétophone webcor au pied du récepteur et appuya sur la touche…

Le contenu de l’enregistrement lui fit une forte impression, tout habitué qu’il était à écouter les émissions de Radio Rebelde et même à les enregistrer pour plusieurs annonceurs sympathisants du Mouvement révolutionnaire 26 Juillet, qui s’en servaient pour éditer des bulletins d’information sur les avancées de la lutte.

Il décida que cet enregistrement ne connaîtrait pas le même sort qu’un autre, qu’il avait conservé chez lui mais qu’il avait dû effacer à un moment où la répression s’intensifiait : le régime dictatorial entendait faire le silence sur les actions des forces révolutionnaires qui avaient lieu aussi bien dans la montagne que dans la plaine.

Il faut absolument que celui-ci soit sauvé, pensa-t-il. Il téléphona sur le champ à un ami, alors responsable du service de télévision de son agence ce publicité : « Attends-moi, mon pote, j’arrive… » Il attrapa la bande magnétique, sortit dans la rue principale, monta dans un autobus et en moins d’une heure arriva à la porte de l’agence. Quelques instants après, il retrouvait son camarade.

« Jesus (Cabrera), ce que je t’apporte ici, je te demande de ne pas l’écouter maintenant ; cache-le, classe-le dans la pièces des bandes magnétiques, nous ne savons pas si le pire peut nous arriver ; si la Révolution triomphe, écoute-la, qui sait si cela ne deviendra pas un document historique. »

Il avait toujours rêvé de devenir locuteur de télévision, mais s’il s’était lié à ce milieu, c’était avant tout pour remplir des missions que lui confiait le Mouvement révolutionnaire 26 Juillet.

Près d’un demi-siècle après les faits, Andrés Soto Arado, l’auteur de l’enregistrement historique de fin 1958 (il avait alors tout juste 21 ans) me reçoit dans sa résidence du quartier Casino de la capitale cubaine, par une belle matinée de décembre.

Il a maintenant 70 ans, et le mérite d’avoir réalisé et conservé le seul enregistrement qui contient les voix et illustre la fraternité des deux commandants, Camilo Cienfuegos et Ernesto Guevara.

Jusqu’à maintenant, on n’en a diffusé qu’un extrait d’à peine une minute, à l’occasion de la commémoration de tel ou tel événement lié à la vie de l’un ou l‘autre des deux héros du dernier épisode de la lutte du peuple cubain pour son indépendance véritable. Mais voilà qu’il m’est donné d’en entendre la version intégrale, auprès de mon interlocuteur qui l’a enregistré « en direct » sur les ondes de Radio Rebelde. Camilo se trouvait alors sur le front nord de l’ancienne province de Las Villas, où il dirigeait la colonne 2 « Antonio Maceo », tandis que le Che commandait la colonne 8 « Ciro Redondo », dans le sud de ce territoire. Le contact entre les deux hommes s’établit grâce à des radios mobiles situées dans les zones de combat.

Andrés prend entre ses mains la boite dans laquelle il a longtemps conservé l’enregistrement original, tout en nous racontant quelques détails de l’histoire.

-- La Révolution triomphe en janvier 1959, soit un mois et quelques jours après cette conversation, et je n’avais plus eu l’occasion d’en parler, quand un jour je rencontre dans la cafétéria d’un grand magasin de La Havane un lieutenant de l’Armée rebelle qui me dit avoir appartenu à la colonne 8. Je lui parle alors de l’enregistrement et il me propose de le remettre avec lui au Che. Et c’est ce que nous avons fait. Trois mois après, je décide de l’emprunter au Che qui l’avait gardé pour le transférer à la radiodiffusion, de sorte qu’il soit conservé. C’est la femme du Che qui me l’a rendu et à la mi-mai 1959, la bande est copiée à la rédaction du journal télévisé. L’original est resté en mon pouvoir.

« Plusieurs années plus tard, en 1973, à l’occasion d’un anniversaire de Radio Rebelde, j’entends pour la première fois, sur la longueur d’ondes de cet émetteur : « Attention colonne 2, colonne 2, colonne 2, Camilo ici le Che, Camilo ici le Che… »

« Je me demandais pourquoi on n’en diffusait que ce fragment. J’ai posé la question à un journaliste de la télévision qui m’a dit que suite à une fausse manœuvre, le reste avait été effacé. Pour éviter tout autre incident du même genre, parce que j’ai tout de suite pensé que cela pouvait aussi m’arriver, j’ai décidé de remettre l’original à l’institution Commission pour perpétuer la mémoire du Che et de Camilo.

Avez-vous pu en parler au commandant Camilo Cienfuegos ?

-- Oui, une fois. Je l’ai rencontré par hasard, cette même année 1959, à la cafétéria de l’hôtel Habana Libre ; il s’est assis à côté de moi et je l’ai abordé. J’ai d’abord voulu éclaircir quelques détails de cette conversation qu’il avait eue avec le Che, sur ces sacs de riz qu’il fallait acheminer d’un campement de guérilla à un autre, et ces verres que consommaient les combattants. Il m’a expliqué qu’ils avaient parlé en langage codé, et qu’il s’agissait en fait d’armes et de munitions. Il a précisé que le récepteur se trouvait loin du transmetteur et qu’il lui fallait aller de l’un à l’autre au pas de course. La conversation a été très brève, et je n’en ai gardé que ces quelques détails.

Vous êtes allé trouver le Che deux fois : pour lui porter la bande puis pour la reprendre. Avez-vous pu parler de l’enregistrement avec lui ?

Non, chaque fois j’ai été reçu par son épouse ; la première fois, nous nous sommes croisés sur le seuil de la maison de repos où il se trouvait. Il sortait, seul, avec plusieurs documents à la main. Lorsque je le croise, il me salue et me demande : « Tu voulais me voir ? » Je lui ai expliqué que je venais récupérer la bande magnétique que je lui avais prêtée. Il a alors poursuivi son chemin en répétant à plusieurs reprises : « une bande magnétique, une bande magnétique ? ». Après j’ai su qu’il l’avait écoutée plusieurs fois, mais dans les jours qui ont suivi le moment où je l’avais laissée chez lui. Après le triomphe de la Révolution, je me suis trouvé plusieurs fois au côté du Che, mais nous n’avons pas parlé de cela. 

Soto Arado appuie sur la touche de son magnétophone, dernier modèle !

Campement Las Villas, campement Las Villas, campement Las Villas, allo, colonne 2, colonne 2, colonne 2, colonne 2… Colonne 8 appelle colonne 2…

Attention, attention, colonne 2 Antonio Maceo appelle colonne 8, à vous…

(Voix de Camilo Cienfuegos) Attention Colonne 8 Ciro Redondo, attention colonne 8 Ciro Redondo, ici colonne Antonio Maceo, du front nord de Las Villas, territoire libre de Cuba. On t’entend un peu mieux, un peu mieux,  je veux savoir si le Che est là, si le Che est là, à toi, dis-le moi, à toi…

(Voix d’un opérateur) : Oui, oui, camarade, le Che est là, le Che est là, la prochaine fois c’est le Che qui parlera, à vous ; la prochaine fois c’est le Che qui parlera. Est-ce que vous m’entendez mieux, dites-moi si vous entendez mieux, moi je vous entends à cent pour cent, je répète, ici je vous entends à cent pour cent, dites-moi comment vous entendez ; la prochaine fois c’est le Che qui parlera, colonne 8 pour colonne 2, à vous… Bonsoir…

Camilo : Attention, attention colonne 8, attention colonne 8 ; ici colonne 2 Antonio Maceo, colonne 2 Antonio Maceo depuis le front nord de Las Villas, territoire libre de Cuba. Che, j’espère que tu as le micro en mains, comme moi… on va voir s’il faut changer de point de vue… Je pense liquider le problème aujourd’hui même, et j’ai besoin que tu me dises quelles sont les conditions par radio, pour voir si le problème peut être réglé aujourd’hui, on va voir si on s’entend, si on s’entend pour continuer la conversation, à toi, Guevara…

Che : Attention colonne 2, colonne 2, colonne 2, Camilo, ici le Che, Camilo, ici le Che, parfaitement compris, tu fais un bon locuteur… écoute, tout près d’ici il y a une école, l’école Marconi, une école de télégraphistes, je t’entends parfaitement, dis-moi vite quel est le problème… vite, à toi…

Opérateur : Je vous passe Camilo tout de suite…

Camilo : Attention Che, Attention Che, Attention Che, Attention Che, le problème qui m’amène c’est l’homme que je t’ai envoyé là-bas deux fois de suite… mais pour en finir, en finir, suivre les instructions, suivre les instructions que tu m’as données avec l’homme que je t’ai envoyé, avec l’homme que je t’ai envoyé là-bas deux jours de suite, dis-moi si tu me comprends, dis-moi si tu me comprends, dis-moi si tu me comprends, dis-moi si tu me comprends, à toi Che…

Che : Attention colonne 2, colonne 2, Camilo je t’entends parfaitement, on dirait un disque rayé, il faut en changer, écoute-moi , sur le problème j’ai consulté… et il faut le diviser, parce qu’il y avait un problème, je ne sais pas, je ne me rappelle pas bien, mais entre autres choses il y avait aussi une avancée sur un petit point, … si je te le dis tu t’en rappelleras, on va dire que ce petit point s’appelle vermicelle, sur vermicelle il ne faut pas avancer pour le moment, mais l’autre partie, tu sais que le problème se divise aussi en deux, il se divise en deux parce qu’il faut d’abord savoir si tout ce riz était ou non pour notre colonne, parce qu’avec ces messieurs on a convenu que…ils nous donnaient la moitié du riz et gardaient l’autre moitié… parce que nous allions laisser en territoire libre l’autre moitié pour eux, je veux savoir si tu as consulté pour savoir si l’arrangement tient, si c’est bien comme ça,  parce que dans ce cas il nous faut prendre la moitié des verres, et puis il y a un autre problème, sur les autres verres il faut prélever une petite dette parce que les hommes ont consommé quelques verres, et maintenant on n’a plus rien à manger, encore que cette bouffe ne leur plaît pas beaucoup, tu sais, on va voir si tu as compris, à toi…

Camilo : ici on n’entend pas à cent pour cent comme vous avez l’air d’entendre. J’en ai saisi une partie, des petits bouts, mais comme cette affaire est un peu délicate, j’ai besoin que tu répètes pour ce problème, il ne faudrait pas qu’il y ait une erreur d’interprétation, pas une mauvaise interprétation, mais c’est que l’appareil ne fonctionne pas tout à fait comme je voudrais, répète voir si je comprends un peu mieux et parle doucement, j’y vais, à toi…

Che : Attention colonne 2, colonne 2, colonne 2, colonne 2, effectivement Camilo ici on reçoit à cent pour cent, ici l’antenne fonctionne parfaitement. Je vais te parler len-te-ment. Après t’avoir dit la première partie, je me suis rappelé que je n’avais pas dit le reste, de sorte que cette opération vermicelle est sans effet, sans-ef-fet, dis-moi si tu as compris, à toi…

Opérateur : Je vous passe Camilo tout de suite, Je vous passe Camilo tout de suite…

Camilo : J’ai besoin que tu répètes tout, on n’a rien compris, absolument rien compris, à toi…

Che : Ecoute, Camilo, ici colonne 8… on va parler directement du riz pour voir si on se comprend. Tu sais que maintenant, avec la politique des impôts, il faut que tout soit clair. Le premier problème est qu’il y avait un arrangement avec ces messieurs… le patron a dit l’autre fois qu’il allait en donner la moitié et il ne l’a pas donnée, alors il faudrait maintenant prendre la même mesure, la moitié du riz, mais en plus, le riz restant qui appartient au patron, l’autre fois il nous en a emprunté quelques sacs, et ces sacs il doit les rendre, j’estime qu’il s’agit de… vingt-cinq sacs, à peu près vingt-cinq sacs, plus la moitié des autres, voilà ce qui nous reviendrait… C’est ce que je veux que tu me dises si tu as compris… à toi.

Camilo : Voyons voir, voyons voir… Oublions le reste, le premier point, ça on en parlera une autre fois, le problème de l’impôt sur le riz, tu m’en as parlé, tu as parlé de trente sacs, bien, je veux régler ce problème ce soir, je veux régler le problème ce soir, savoir si je l’emporte dans l’autre campement dont je t’ai parlé et qui est à trois ou quatre kilomètres d’ici, si j’emporte tous les sacs ou si j’en emporte la moitié et je laisse l’autre moitié pour la consommation de ce campement, et les autres, ceux du patron, ceux qui m’ont l’air compliqué parce qu’il y a eu un problème, il n’a pas payé l’impôt ou je ne sais quoi, si je laisse tout ici jusqu’à nouvel ordre ou si on commence à consommer, voyons voir si on se comprend, à toi…

Che : ici colonne 8 pour colonne 2, ce qui se passe c’est que le problème de nos sacs, pour moi, il était réglé, je croyais que ton problème, c’étaient les autres sacs qui n’étaient pas complets, mais je voulais savoir si c’était le même patron et si l’arrangement tenait encore, parce que le type est un peu, tu vois ce que je veux dire, il ne tient pas toujours parole, alors, réponds moi clairement, je t’écoute, à toi…

Camilo : Je n’ai pas tout saisi, je n’ai pas tout saisi, allons-y doucement, laissons tomber pour le moment ce problème, on en reparlera personnellement quand tu voudras, je veux savoir ce que je dois faire de notre riz, je vais en garder une partie ici pour notre consommation, la partie que tu m’as indiquée, et je voudrais transporter le reste jusqu’à l’autre campement, mais cela va bien me prendre une heure, j’ai déjà téléphoné à l’autre campement et je leur ai dit que j’allais le leur apporter… Je vais t’envoyer le patron pour qu’il te parle et que vous vous compreniez mieux tous les deux… Je veux savoir si tu es d’accord pour que j’en emporte là-bas quelques quintaux, je garde ici ce qui me revient comme tu l’as dit, et j’emporte ce qui ne m’appartient pas, voyons voir, à toi…

Che : Attention colonne 2, attention colonne 2, c’est d’accord Camilo ; c’est clair, je crois que oui, tu dois faire ce changement, et tu peux le faire quand tu voudras, aujourd’hui si tu veux, mais rappelle-toi que dans l’autre campement tu dois faire attention, très attention, prendre soin de toi, Camilo, ce serait peut-être bien que tu dises à William de t’attendre là-bas, ou qu’il envoie des hommes t’attendre là-bas, tu as compris, à toi…

Opérateur : Camilo vous répond tout de suite, mais il doit parcourir une petite distance…

Camilo : Oui, William doit m’attendre au même endroit que l’autre fois, voilà pourquoi je suis pressé, il est trois heures dix et je suis pressé, ici j’ai les deux guides qui m’ont accompagné l’autre fois, dis-moi si tout va bien pour mettre les plans en marche, j’espère que tu m’entends, moi je t’entends assez bien…

Che : Attention Camilo, attention Camilo, je t’entends parfaitement, et je crois que nous nous sommes compris ; parfait, pas de problème. Laisse-moi t’indiquer un truc dont j’ai eu l’idée : ce petit appareil, le récepteur, pose-le à côté du transmetteur, nous ont faisait la même chose il y a quelques jours, à toi…

Camilo : Alors je fais le transfert cet après-midi, il est déjà trois heures et quart…

Che : Attention Camilo, attention Camilo, tu as mon autorisation, tu l’as, tu peux faire le changement, tu me fais savoir demain ou après-demain comment ça s’est passé, tu peux le faire, ce changement, à toi…

Camilo : Bon, Che, j’ai ton autorisation et je vais procéder au changement dès que possible, en suivant les instructions que tu m’as laissées sur les petits papiers que tu m’as envoyés avec ce type qui a une sale gueule et qui est allé te trouver deux fois, compris ? Il est trois heures et quart et je m’occupe de ça tout de suite, dans un instant, disons à trois heures et demie, alors on a encore quelques minutes pour causer avant qu’on ait l’occasion de se retrouver un de ces jours, j’espère que ça ne va pas tarder, moi j’ai visité ta zone, maintenant c’est à toi de venir voir la mienne. On m’a dit qu’il y a des soldats concentrés à Santa Clara, et à Placetas et encore je ne sais où, mais à mon avis ce sont des racontars, et comme nous envisageons de lancer une offensive par là, je voudrais bien savoir ce que tu sais du mouvement des troupes ennemies, parce que le messager qui est allé par là a vu quelque chose, mais il n’a pas su m’expliquer, alors, à toi, Guevara…

Che: Ok Camilo, ok, Camilo, ok Camilo, je vois que ça te démange, hein ?

Camilo: Je n’entends rien, je n’entends rien, Che…

Che: Mais moi je t’entends, je t’entends bien…, Dis-moi, avant de couper et de partir, comment vont les hommes de ton côté, réponds-moi et va t’en, Camilo….

Il est impressionnant d’entendre ces deux voix pendant près de trente-cinq minutes, en plein combat, tandis qu’ils tracent des stratégies sans jamais se défaire de ce sens de l’humour qui les caractérisait, et encore moins de leur confiance dans la victoire, de leur volonté de s’acquitter minutieusement des missions confiées à leurs colonnes de guérilla, de leur désir de se retrouver après la victoire.

Note de la rédactrice: La transcription omet quelques mots qu’on n’entend pas assez clairement.

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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 21:24
undefinedFidel a joué un rôle actif pour contrer le coup d’État contre Chavez
 
02 janvier 2008
L'aut'journal

Dans Fidel Castro : biographie à deux voix, publié aux Éditions Fayard/Galilée, Fidel Castro raconte à Ignacio Ramonet comment il s’est transformé en reporter pour porter secours à Hugo Chavez lors du coup d’État du 11 avril 2002.



Ramonet: Un coup d’État a eu lieu le 11 avril 2002 à Caracas contre Chavez. Avez-vous suivi ces événements?



Castro : Ce 11 avril, quand nous avons appris, à midi, que la manifestation convoquée par l’opposition avait été déviée par les putschistes et qu’elle s’approchait du palais de Miraflores, j’ai tout de suite compris que de graves événements étaient sur le point d’éclater.



En fait, je suivais en direct le déroulement de cette marche sur la chaîne publique Venezolana de television, qui diffusait encore à ce moment-là. Très vite, les provocations se sont succédées, les coups de feu fusaient, faisant de nombreuses victimes.



Quelques minutes après seulement, Venezolana de television a cessé de retransmettre. Les nouvelles ont commencé à nous parvenir par bribes et par différentes voies. On a appris que certains hauts officiers s’étaient prononcés publiquement contre le président. On affirmait que la garnison présidentielle s’était retirée, et que l’armée était sur le point d’attaquer le palais de Miraflores.



Des personnalités vénézuéliennes téléphonaient à leurs amis à Cuba pour leur faire leurs adieux car elles étaient déterminées à résister et à mourir; elles parlaient concrètement de s’immoler.

Entretien téléphonique Castro-Chavez

Très tôt dans l’après-midi, j’avais essayé de joindre le président vénézuélien par téléphone. Impossible! En pleine nuit du 12 avril, à 0 h 38, c’est finalement Chavez qui m’appelle.



Je lui demande où en est la situation. Il me répond : « Nous nous sommes retranchés dans le palais. Nous avons perdu la seule force militaire qui aurait pu agir. On nous a ôté toute possibilité de communiquer par télévision. J’analyse la situation, mais je ne dispose d’aucun moyen militaire. »



Très rapidement, je lui ai demandé : « Combien d’hommes as-tu sous tes ordres?



- Entre 200 et 300, mais tous sont exténués.



- As-tu des tanks?



- Non, nous en avions, mais ils ont tous regagné le quartier général. »



Et moi, de nouveau : « Quelles sont les autres forces dont tu pourrais disposer? »



Il me répond : « Il y a d’autres troupes, mais elles sont trop loin, et je n’arrive pas à entrer en contact avec elles. »



Il faisait référence au général Raul Isaias Baduell et à ses parachutistes de la division blindée, et à d’autres forces d’intervention, mais il lui était impossible d’entrer en contact avec ces unités bolivariennes loyales.



Avec le maximum de délicatesse, je lui ai alors demandé s’il me permettrait de lui faire une suggestion.



« Puis-je te donner mon avis? »



« Je t’écoute », m’a-t-il répondu.



Je lui ai alors suggéré, en essayant d’être le plus persuasif possible : « Présente les conditions d’un arrangement honorable et digne, afin de préserver la vie des hommes qui t’entourent, ce sont les plus loyaux. Ne les sacrifie pas, et toi non plus. »



Il me répond, la voix pleine d’émotions : « Tous sont prêts à mourir ici. »

Un coup de fil décisif

J’ai donc enchaîné, sans perdre une seule seconde : « Je n’en doute pas, mais je crois pouvoir réfléchir de façon plus sereine que toi en ce moment. Ne démissionne pas, exige des conditions honorables et des garanties pour ne plus être victime d’une félonie, car je pense que tu dois rester en vie. Par devoir vis-à-vis tes compagnons. Ne t’immole pas ! »



Il était très clair pour moi que la situation dans laquelle se trouvait Chavez ce 12 avril 2002 était profondément différente de celle qu’avait connue Salvador Allende le 11 septembre 1973. Allende n’avait pas un seul soldat. Chavez, lui, pouvait compter sur la majorité des soldats et sur de nombreux officiers de l’armée, particulièrement les plus jeunes.



Je lui répétais : « Ne démissionne pas « Ne te démets pas! »



Nous avons abordé d’autres questions : la manière dont je pensais qu’il devait abandonner provisoirement le pays, et comment me mettre en rapport avec un officier qui exercerait une véritable autorité dans les rangs putschistes pour lui indiquer que Chavez était disposé à quitter le pays, mais sans démissionner pour autant.



À Cuba, nous allions essayer de mobiliser l’ensemble du corps diplomatique, et envoyer deux avions à Caracas avec notre ministre des Relations extérieures et un groupe de diplomates étrangers pour tenter de ramener Chavez ici. Il a réfléchi quelques secondes, puis a finalement accepté ma proposition. Maintenant, tout dépendait du chef militaire ennemi.



Dans le livre de Rosa Miriam Elizade et Luis Baez, Chavez Nuestro, José Vicente Rangel, alors ministre de la Défense, qui sera ensuite vice-président, qui se trouvait au côté de Chavez au moment des faits, affirme textuellement dans un entretien avec les auteurs : « Le coup de téléphone de Fidel a été décisif et déterminant pour éviter l’immolation. Ses conseils nous ont aidés à voir clair dans l’obscurité. Il nous a beaucoup aidés. »

Chavez, Allende : deux situations différentes

Ramonet : Avez-vous encouragé Chavez à résister les armes à la main?



Castro:  Non, au contraire. C’est ce qu’avait fait Salvador Allende avec héroïsme, selon moi, et c’était ce qu’il devait faire vu les circonstances, mais il l’a payé courageusement de sa vie, comme il s’y était engagé.



Chavez avait trois solutions : se retrancher à Miraflores et résister jusqu’à la mort; sortir du palais et tenter de rassembler le peuple pour déclencher une résistance nationale, avec de très faibles probabilités de succès, vu la situation; ou bien abandonner le pays sans démissionner ni se démettre, dans le but de reprendre la lutte avec de fortes chances de l’emporter rapidement. Nous lui avons suggéré de choisir la troisième option.



Mes derniers mots, lors de cette conversation téléphonique, étaient fondamentalement choisis pour le convaincre : « Sauve ces hommes si courageux qui luttent en ce moment à tes côtés dans cette bataille pour l’instant inutile. »



Mon idée était la suivante : j’avais la conviction qu’un dirigeant aussi populaire et charismatique que Chavez serait, après avoir été renversé et trahi dans de telles circonstances, et si on ne le tuait pas, réclamé par le peuple avec encore plus de force – et cette fois avec le soutien du meilleur des forces armées, j’en étais convaincu –, et qu’il reviendrait inévitablement au pouvoir. Voilà pourquoi j’ai pris la responsabilité de lui proposer ce plan.



À ce moment précis, quand on a entrevu la réelle possibilité d’un retour victorieux et rapide de Chavez, il n’était plus question qu’il meure en combattant, comme l’avait si héroïquement fait Allende. Et ce retour victorieux de Chavez s’est effectivement produit bien avant ce que j’aurais jamais imaginé.

Chavez suit les conseils de Fidel


Ramonet : Comment avez-vous essayé d’aider Chavez depuis La Havane?



Castro : Eh bien, la seule chose que nous pouvions faire à partir d’ici, c’était de recourir à la diplomatie. En pleine nuit, nous avons convoqué à La Havane tous les ambassadeurs accrédités et nous leur avons proposé d’accompagner notre ministre des Relations extérieures Felipe Pérez Roque à Caracas, pour récupérer pacifiquement Chavez, président légitime du Venezuela.



Il ne faisait aucun doute pour mois qu’en très peu de temps Chavez serait de retour, porté en triomphe par le peuple et par ses troupes. Pour l’heure, il fallait juste empêcher qu’il se fasse tuer.



Nous avons proposé d’envoyer deux avions, au cas où les putschistes accepteraient qu’il parte en exil. Mais le chef militaire des putschistes a refusé la proposition, et il a dans le même temps annoncé à Chavez qu’il serait traduit devant un conseil de guerre.



Chavez a alors endossé son uniforme de parachutiste et, accompagné de son fidèle assistant, Jesus Suarez Chourio, il s’est rendu au fort Tiuna, le quartier général des militaires putschistes.



Quand je l’ai appelé, comme convenu, deux heures après son appel, Chavez avait déjà été fait prisonnier par les putschistes et il n’y avait plus de contact avec lui. La télévision repassait en boucle la nouvelle de sa « démission » afin de démobiliser ses partisans et le peuple.

La fille de Chavez téléphone à Fidel

Mais, toujours ce 12 avril, quelques heures plus tard, Chavez s’est débrouillé pour passer un coup de téléphone. Il a pu ainsi parler à sa fille Maria Gabriela. Il lui a dit qu’il n’avait pas démissionné, qu’il était un « président emprisonné ». Et il lui a demandé de me tenir informé pour que je diffuse cette information partout.



Aussitôt sa fille me contacte, vers 10 heures du matin, et me rapporte ce que lui a dit son père. Je lui demande : « Serais-tu disposée à répéter au monde entier ce que tu viens de me dire? »



Elle m’a dit ceci : « Je ferai n’importe quoi pour mon père », phrase admirable qui témoignait de sa détermination.



Je suis alors entré en contact avec Randy Alonso, journaliste et animateur du programme de la télévision cubaine Table ronde. Muni d’un dictaphone, Randy a contacté Maria Gabriela sur son portable. Il était presque 11 heures du matin. On a enregistré la déclaration de Gabriela, qui s’exprimait de manière claire et posée, très convaincante, puis nous l’avons retranscrite et envoyée à toutes les agences de presse accréditées à Cuba.

Ces propos ont été diffusés au Journal télévisé cubain vers 12h40. On avait également remis l’enregistrement aux chaînes de télévision internationales accréditées à La Havane.



La CNN, complice, n’arrêtait pas de diffuser depuis le Venezuela les nouvelles de source putschiste; mais vers midi, leur correspondante à La Havane a pu retransmettre la déclaration on ne peut plus éclairante de Maria Gabriela qui a fait l’effet d’une bombe.

Un autre appel de Gabriela

Ramonet : Et quelles en ont été les conséquences?



Castro : Et bien, cette information est arrivée aux oreilles de millions de Vénézuéliens, majoritairement antiputschistes, ainsi qu’à celles des militaires demeurés fidèles à Chavez, mais qui avaient été trompés et paralysés par les rumeurs mensongères de sa démission.



Vers 23h15, Maria Gabriela m’a rappelé. Un accent tragique dans la voix. Je ne l’ai pas laissée finir sa phrase, je lui ai demandé : « Que s’est-il passé? »



« Mon père a été transféré cette nuit, par hélicoptère, vers une destination inconnue. »



Je lui ai dit : « Alors, il faut agir sur-le-champ, les gens doivent entendre cette nouvelle au plus vite, de ta propre bouche. »



Randy était près de moi; il avait un dictaphone avec lui, et nous avons recommencé ce que nous avions fait à midi le jour même. L’opinion vénézuélienne et le monde entier ont été informés du transfert de Chavez, en pleine nuit, vers une destination inconnue. Nous étions dans la nuit du 12 au 13 avril 2002.



De très bonne heure le samedi 13, je reçois un nouvel appel de Maria Gabriela. Elle me dit que les parents de Chavez sont inquiets, et qu’ils souhaitent me parler depuis Sabenata, dans l’État vénézuélien de Barinas, et faire une déclaration.



Je l’informe qu’une agence de presse internationale est en train de diffuser une annonce selon laquelle Chavez aurait été conduit à Turiamo, une base navale située dans l’État d’Aragua, sur la côte nord du Venezuela. Je lui dis que, vu les précisions et les détails, cette nouvelle semble véridique. Je lui recommande d’essayer d’en savoir davantage à ce sujet.



Elle m’indique que le général Lucas Rincon, inspecteur général des forces armées, souhaite également s’entretenir avec moi par téléphone et qu’il veut faire, lui aussi, une déclaration publique.

Fidel, toujours au téléphone

La mère et le père de Chavez me téléphonent alors; tout est normal, selon eux, dans l’État de Barinas. La mère m’informe que le chef de la garnison locale vient de parler avec son époux, père du président et gouverneur de cet État. J’ai essayé de les tranquilliser du mieux que je pouvais.



Le maire de Sabaneta, le lieu de naissance de Chavez, m’appelle à son tour. Il veut, lui aussi, faire une déclaration à la presse internationale. Au passage, il m’apprend que Chavez peut vraiment compter sur la loyauté de toutes les garnisons. Son optimisme est perceptible.



Je m’entretiens avec le général Lucas Rincon. Il m’affirme que la brigade des parachutistes, la division blindée et la base de chasseurs-bombardiers F-16 s’opposent au coup d’État et sont prêtes à intervenir.



Je me hasarde à leur suggérer de faire le maximum pour essayer de trouver une solution sans que les militaires en viennent à se battre entre eux. Il était évident que le coup d’État allait vers l’échec. Nous n’avons pas pu recueillir la déclaration du général Lucas Ricon parce que la communication a été coupée et qu’il a été impossible de la rétablir.



Quelques minutes après, Maria Gabriela appelle de nouveau pour me dire que le général Raul Isaias Baduell, chef de la brigade des parachutistes, veut me parler, et que les forces loyales de la base de Maracay, des troupes d’élite, désirent adresser une déclaration au peuple du Venezuela et à l’opinion internationale.



J’étais très désireux d’en savoir davantage, et j’ai donc immédiatement appelé le général Baduell pour qu’il me précise quelques détails, avant de poursuivre notre conversation. Il m’a répondu et a complètement satisfait ma curiosité; de chacune de ses phrases émanait une grande combativité.



Je lui ai aussitôt dit : « Tout est prêt pour votre déclaration. » Mais il m’ a demandé d’attendre un peu : « Je vous passe le général de division Julio Garcia Montoya, secrétaire permanent du Conseil national de sécurité et de défense. Il nous a rejoints pour apporter tout son soutien à notre position. » Montoya, plus âgé que les jeunes chefs militaires de la base de Maracay, ne commandait pas de troupes à ce moment-là.



Le général Baduell me passe alors le général Garcia Montoya. Très respectueux de la hiérarchie militaire, Baduell était à la tête de la brigade de parachutistes qui constituait un pilier fondamental de cette base de Maracay qui comptait également d’autres puissantes composantes : des chars, de l’infanterie blindée et une escadrille de chasseurs-bombardiers. Cette base se trouvait précisément dans l’État d’Aragua.



Garcia Montoya, officer le plus haut gradé, a fait preuve, dans ses propos, d’une grande intelligence; son plan était fort convaincant et très adapté à la situation. Il m’a affirmé que, au fond, les forces armées vénézuéliennes demeuraient fidèles à la Constitution. Il avait tout dit.



Avec mon téléphone portable et le magnétophone de Randy, je m’étais transformé en une sorte de reporter de presse qui recevait et diffusait les nouvelles et les déclarations publiques. J’étais témoin de la formidable contre-attaque du peuple et des forces armées bolivariennes du Venezuela.



(NDLR: On se rappellera que les Vénézuéliens sont descendus massivement dans la rue pour protester contre le coup d’État et que les soldats restés fidèles à Chavez ont appelé à un contre-coup d’État. Ils ont repris le contrôle du palais présidentiel et ont retrouvé Chavez pour le libérer. Le 13 avril, Chavez était de retour au palais présidentiel.)

 


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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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