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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 10:51

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Cuba a été contrainte de se battre pour son existence face à une puissance expansionniste, située à quelques milles de ses côtes et qui ne cachait pas ses visées d’annexion dans la mesure où sa seule destinée était censément de tomber dans son giron tel un fruit mûr. Nous étions voués à l’inexistence comme nation.

Dans la glorieuse multitude de patriotes qui se battit durant la seconde moitié du XIXe siècle contre l’abominable colonialisme imposée par l’Espagne pendant trois cents ans, José Martí fut celui qui perçut avec le plus de clarté cette destinée si dramatique. Et il le fit savoir dans les dernières lignes qu’il écrivit quand, à la veille d’un rude combat prévu contre une colonne espagnole aguerrie et bien équipée, il affirma que l’objectif clef de sa lutte était «  d’empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne s’abattent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait à ce jour et tout ce que je ferai, c’est pour cela. »

Quiconque ne comprend pas cette profonde vérité aujourd’hui ne peut être ni patriote ni révolutionnaire.

Les médias, le monopole de nombreuses ressources techniques et les fonds considérables destinés à tromper et à abrutir les masses constituent sans aucun doute des obstacles importants, mais non invincibles.

La nation cubaine a prouvé, malgré sa condition de factorerie coloniale yankee où sévissaient l’analphabétisme et la pauvreté généralisée, qu’il était possible de faire face au pays qui menaçait de l’absorber définitivement. On ne saurait affirmer qu’il existait une bourgeoisie nationale opposée à l’Empire ; au contraire, elle en était si proche qu’un peu après le triomphe de la Révolution, elle est allée jusqu’à envoyer quatorze mille enfants aux États-Unis sans la moindre protection, car on avait fait courir le mensonge perfide selon lequel l’autorité parentale serait supprimée, l’Histoire devant enregistrer cette « Opération Peter Pan » comme la plus grande manipulation d’enfants à des fins politiques en Amérique.

À peine deux ans après le triomphe révolutionnaire, le territoire national fut envahi par des forces mercenaires constituées d’anciens militaires de Batista et de fils de gros propriétaires terriens et de bourgeois, armées par les États-Unis et escortées par des bâtiments de leur flotte navale, dont des porte-avions prêts à entrer en action, qui les accompagnèrent jusqu’à nos côtes. La défaite et la capture de la quasi-totalité des mercenaires en moins de soixante-douze heures et la destruction de leurs avions qui opéraient depuis des bases au Nicaragua et de leurs moyens de transport naval constituèrent une défaite humiliante pour l’Empire et ses alliés latino-américains qui avaient sous-estimé la capacité de lutte du peuple cubain.

Les USA ayant interrompu leurs livraisons de pétrole puis supprimé totalement les contingents d’exportation de sucre dont Cuba avait toujours bénéficié sur leur marché et interdit le commerce établi entre les deux pays durant plus de cent ans, l’URSS répondit à chacune de ces mesures en nous livrant du pétrole, en achetant notre sucre, en faisant du commerce avec notre pays et finalement en nous fournissant les armes que Cuba ne pouvait acheter sur d’autres marchés.

Une campagne systématique d’attaques pirates organisées par la CIA, les actions militaires de bandes contre-révolutionnaires créées et équipées par les USA avant et après l’attaque mercenaire, tout ceci devant aboutir à une invasion militaire directe, donnèrent naissance aux événements qui mirent le monde au bord d’une guerre nucléaire totale à laquelle aucune des parties ni l’humanité elle-même n’auraient pu survivre.

Ces événements entraînèrent sans aucun doute la destitution de Nikita Khrouchtchev qui sous-estima l’adversaire, refusa d’écouter les avis qu’on lui donnait et ne consulta pas ceux qui, comme nous, étaient en première ligne avant de prendre sa décision finale. Ce qui aurait pu être une importante victoire morale se transforma ainsi en un revers politique coûteux pour l’URSS. De fait, durant bien des années, les USA continuèrent de commettre les pires méfaits contre Cuba et continuent, comme c’est le cas de leur blocus criminel, de les commettre.

Khrouchtchev eut des gestes extraordinaires envers notre pays. J’ai critiqué sans hésiter, à l’époque, le fait qu’il ait passé un accord avec les États-Unis sans nous avoir consultés, mais il serait ingrat et injuste de notre part de ne pas reconnaître sa solidarité extraordinaire à des moments difficiles et décisifs pour notre peuple dans sa bataille historique pour son indépendance et sa Révolution face au puissant Empire étasunien. Je comprends que la situation était extrêmement tendue et qu’il ne voulait pas perdre une minute quand il prit la décision de retirer les projectiles et que les Yankees s’engagèrent, très en secret, à renoncer à leur invasion.

Des décennies se sont depuis écoulées pour atteindre un demi-siècle, et le fruit cubain n’est toujours pas tombé dans les mains des Yankees.

Les nouvelles qui nous parviennent aujourd’hui d’Espagne, de France, d’Iraq, d’Afghanistan, du Pakistan, d’Iran, de Syrie, d’Angleterre, des îles Malvinas et de bien d’autres point de la planète sont sérieuses et augurent toutes une catastrophe politique et économique à cause de la démence des États-Unis et de leurs alliés.

Je me bornerai à quelques points. Je tiens d’abord à signaler – comme tout le monde peut le constater – que la sélection d’un candidat républicain à la présidence de cet Empire globalisé et touche-à-tout, constitue – et je le dis sérieusement – le pire concours d’idiotie et d’ignorance qu’on ait jamais vu. Comme j’ai d’autres chats à fouetter, je ne peux pas perdre mon temps à ça. Je savais pertinemment qu’il en serait ainsi.

Des dépêches de presse que je tiens à analyser sont bien plus éloquentes, parce qu’elles étalent en plein jour le cynisme incroyable que génère l’Occident dans sa décadence. L’une d’elles parle tout bonnement d’un prisonnier politique cubain qui, dit-on, est décédé au terme d’une grève de la faim de cinquante jours. Un journaliste de Granma, de Juventud Rebelde, d’un journal parlé ou télévisé ou de tout autre organe de presse révolutionnaire peut bien se tromper dans ses appréciations d’un tel ou tel thème, mais il ne fabrique jamais une nouvelle de toutes pièces ni n’invente un mensonge.

Selon la note publiée par Granma, cette grève de la faim n’a jamais eu lieu : il s’agissait d’un prisonnier de droit commun, condamné à quatre ans de privation de liberté pour avoir battu sa femme et lui avoir causé des blessures au visage ; c’est la belle-mère en personne qui a demandé l’intervention des autorités ; les proches ont été au courant de tous les gestes médicaux faits pour le sauver et savent gré aux spécialistes cubains des efforts qu’ils ont déployés. Il a été soigné, signale la note, dans le meilleur hôpital de l’Est du pays, comme n’importe quel autre citoyen. Il est décédé des suites d’une défaillance multi-organique secondaire associée à un processus respiratoire septique sévère.

Le patient a reçu tous les soins habituels dans un pays qui possède un des meilleurs services médicaux au monde, des soins gratuits malgré le blocus que l’impérialisme impose à notre patrie. Il s’agit tout simplement d’un devoir normal dans une Révolution qui peut se vanter d’avoir toujours respecté, durant plus de cinquante ans, les principes qui lui donnent sa force invincible.

Mieux vaudrait, assurément, que le gouvernement espagnol, compte tenu de ses excellentes relations avec Washington, se rende aux États-Unis et s’informe de ce qu’il se passe dans les prisons yankees, de la conduite impitoyable suivie envers les millions de détenus dans ce pays, de la politique de la chaise électrique qui y est appliquée et des horreurs commises envers les détenus dans les prisons et ceux qui protestent dans les rues.

Hier, lundi 23 janvier, un dur éditorial de Granma intitulé « Les vérités de Cuba » a expliqué en détail sur toute une page la campagne mensongère insolite et impudente orchestrée contre notre Révolution par « certains gouvernements traditionnellement impliqués dans la subversion contre Cuba ».

Notre peuple connaît bien les normes qui ont régi la conduite immaculée de notre Révolution dès le premier combat et jamais souillée durant plus d’un demi-siècle. Il sait aussi que les ennemis ne pourront jamais exercer de pressions sur lui ni le faire chanter. Nos lois et nos normes seront appliquées indéfectiblement.

Il est bon de le signaler clairement et en toute franchise. Le gouvernement espagnol et l’Union européenne qui part en capilotade, plongée dans une profonde crise économique, doivent savoir à quoi s’en tenir. Leurs déclarations reproduites par les agences de presse et recourant à des mensonges éhontés pour attaquer Cuba font pitié. Occupez-vous d’abord de sauver l’euro, si vous le pouvez, réglez le chômage chronique dont souffrent toujours plus de jeunes, répondez aux indignés que vos polices ne cessent d’attaquer et de frapper.

Nous n’ignorons pas que le gouvernement espagnol est maintenant passé aux mains d’admirateurs de Franco, lequel dépêcha près de cinquante mille membres de la Division Bleue auprès des SS et des SA nazis pour participer à la sauvage agression contre les Soviétiques, prenant part à l’opération la plus cruelle et la plus douloureuse de cette guerre, le siège de Leningrad, où un million de citoyens russes périt dans cette tentative d’étrangler la ville héroïque. Le peuple russe ne pardonnera jamais ce crime horrible.

La droite fasciste d’Aznar, de Rajoy et d’autres serviteurs de l’Empire doit avoir sa petite idée sur les seize mille morts que souffrirent leurs prédécesseurs de la Division bleue et sur les Croix de fer par lesquelles Hitler récompensa ses officiers et ses soldats. Ce que fait aujourd’hui la police-gestapo aux hommes et aux femmes qui réclament leur droit au travail et au pain dans le pays où sévit le chômage le plus élevé d’Europe n’a donc rien d’étonnant

Pourquoi les médias de l’Empire mentent-ils si impudemment ?

Ceux qui manipulent ces médias s’escriment à tromper et à abrutir le monde par leurs mensonges éhontés, pensant peut-être que c’est là le recours principal pour maintenir le système de domination et de pillage imposé au monde et, tout particulièrement, aux victimes proches du siège des métropoles, autrement dit les presque six cents millions de Latino-Américains et de Caribéens vivant sur ce continent-ci.

La république sœur du Venezuela est devenue l’objectif clef de cette politique. La raison en saute aux yeux. Sans le Venezuela, l’Empire aurait imposé le Traité de libre-échange à tous les peuples du continent qui vivent au sud des États-Unis, où se trouvent les plus grandes réserves de terre, d’eau potable et de minerai de la planète, ainsi que de grande ressources énergétiques qui, gérées dans un esprit de solidarité avec les autres peuples du monde, ne peuvent ni ne doivent tomber aux mains des transnationales qui imposent un système suicidaire et infâme.

Il suffit, par exemple, de regarder une carte pour comprendre l’extorsion criminelle dont l’Argentine a été victime quand on lui a enlevé un pan de son territoire à l’extrême sud du continent où les Britanniques ont utilisé leur appareil militaire décadent pour assassiner des recrues argentines vêtus d’uniformes d’été en plein hiver austral. Les États-Unis et leur allié Augusto Pinochet y offrirent à l’Angleterre un appui ignominieux. De nos jours, à la veille des Jeux olympiques de Londres, le Premier ministre David Cameron proclame à son tour, comme l’avait déjà fait Margaret Thatcher, son droit de recourir aux sous-marins atomiques pour tuer des Argentins. Le gouvernement de ce pays ignore que le monde est en train de changer et que notre continent et la plupart des peuples méprisent toujours plus les agresseurs.

Le cas des îles Malvinas n’est pas le seul. Quelqu’un sait-il comment se terminera le conflit en Afghanistan ? Voilà quelques jours à peine, on apprenait que des soldats étasuniens avaient outragé les cadavres de combattants afghans assassinés par les drones de l’OTAN.

Voilà trois jours, une agence de presse européenne faisait savoir que « le président Hamid Karzai avait avalisé des négociations de paix avec les talibans, en soulignant que c’était là une question que devaient régler les citoyens de ce pays », et qu’il avait ajouté : « … le processus de paix et de réconciliation incombe à la nation afghane, et aucun pays ni aucune organisation étrangère ne peut ôter ce droit aux Afghans. »

Par ailleurs, une dépêche en provenance de Paris publiée par notre presse informait : « La France a suspendu aujourd’hui toutes ses opérations d’entraînement et d’aide au combat en Afghanistan et a menacé de retirer ses troupes avant la date prévue, après qu’un soldat afghan a eu abattu quatre militaires français dans la vallée de Taghab, dans la province de Kapisa […] Sarkozy a donné des instructions à son ministre de la Défense, Gérard Longuet, de se rendre sans délai à Kaboul et a envisagé la possibilité de retirer le contingent français par anticipation. »

À la disparition de l’URSS et du camp socialiste, le gouvernement étasunien a jugé que Cuba ne pourrait pas se maintenir. George W. Bush avait même préparé un gouvernement contre-révolutionnaire pour diriger notre pays. Le jour même où Bush a lancé sa guerre criminelle contre l’Iraq, j’ai demandé aux autorités de notre pays de cesser d’être tolérantes envers les chefaillons contre-révolutionnaires qui demandaient hystériquement, ces jours-là, une invasion de Cuba, car leur attitude constituait de fait une trahison à la patrie.

Bush et ses crétineries ont sévi durant huit ans ; la Révolution dure déjà depuis plus d’un demi-siècle. Le fruit mûr n’est pas tombé aux mains de l’Empire. Cuba ne sera pas une force de plus par laquelle l’Empire s’étendra sur les peuples d’Amérique. Le sang de Martí n’aura pas coulé en vain.

Je publierai demain d’autres Réflexions qui compléteront celles-ci

 

Fidel Castro Ruz

Le 24 janvier 2012 - 19 h 12

 

http://www.cuba.cu/gobierno/reflexiones/2012/fra/f240112f.ht...

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 17:02

 

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Paris, 13 janvier, (RHC)- Mme le Maire de la commune française de Valenton, Françoise Baud, a condamné l’emprisonnement injuste des 5 antiterroristes cubains aux Etats-Unis et elle s’est prononcé pour leur libération immédiate.

Au cours d’un meeting qui s’est tenu dans cette localité, Françoise Baud et le Secrétaire du Parti Communiste Français, Alain Girard ont appelé toutes les personnes présentes à écrire au Président Barack Obama afin qu’il fasse libérer les 5.

Le Conseil Municipal de Valenton, situé dans le département de Val-de-Marne a adopté deux motions en faveur de la libération de Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Ramón Labañino, Fernando González et de René González.

Nos 5 compatriotes ont été condamnés à de lourdes peines de prison  dont deux perpétuités au terme d’un procès truqué à Miami. Ils ont été accusés de conspiration afin d’espionner. Ils n’avaient pourtant fait que surveiller les organisations terroristes de Miami pour prévenir Cuba des attentats la prenant pour cible. René González, qui a déjà purgé sa peine doit passer encore trois ans aux Etats-Unis sous un régime de liberté surveillée.

Au cours de la cérémonie, l’Ambassadeur de Cuba en France, Orlando Requeijo, a expliqué les détails de l’affaire. Il a mis l’accent sur les nombreux témoignages de solidarité que nos compatriotes reçoivent du monde entier.

Orlando Requeijo a reçu des mains d’une jeune de la localité un tableau sur les 5 peint par elle.

 

http://www.radiohc.cu/fr/nouvelles/de-cuba/2902-mme-le-maire-de-valenton-exige-la-liberation-des-5.html

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 16:53

salim.jpgEDMUNDO GARCÍA : Salim Lamrani, lors de votre conférence ici à la Alianza Martiana, vous vous êtes montré assez critique vis-à-vis du rôle des médias et vous avez cité l’exemple de Cuba en donnant quelques informations, quelques détails et statistiques d’Amnistie Internationale. Vous avez évoqué la manière dont cela était reflété dans les médias. Je crois que nous devrions débuter cette interview, cette conversation par cela.


SALIM LAMRANI : Je crois qu’il faut commencer par le postulat suivant : les grands groupes économiques et financiers du monde contrôlent le secteur de la presse, et le rôle des médias n’est plus de fournir une information vraie et vérifiable au lecteur, à l’opinion publique, mais de contrôler le marché des idées et défendre l’ordre établi. Ainsi, l’objectivité des médias est un mythe car ils défendent des intérêts très précis.

Vous évoquez la question des droits de l’homme, qui est la problématique par excellence dès lors qu’il s’agit de Cuba. Ne comptez pas sur moi pour vous dire qu’il n’existe aucune violation des droits de l’homme à Cuba. Mais si je souhaite me faire une opinion juste et vérifiable sur la situation des droits de l’homme à Cuba et voir s’il existe une spécificité dans ce domaine, par rapport au reste du monde, je n’ai qu’à consulter une source internationale qu’est l’organisation Amnistie Internationale, et qui publie chaque année un rapport détaillé sur la situation des droits de l’homme à Cuba. Le postulat des médias est le suivant : « Cuba est un pays qui viole les droits de l’homme et qui se démarque du reste du continent américain, par exemple, par ses violations des droits de l’homme ». Nous pouvons comparer ce postulat de base avec la réalité des faits en nous référant au rapport. Selon le rapport d’Amnistie International d’avril 2011, dans le continent américain, l’un des pays qui viole le moins les droits de l’homme – sans doute le moins – ou qui les respecte le mieux est Cuba. Ne croyez pas ce que je raconte, allez sur le site Internet d’Amnistie Internationale où le rapport est disponible en trois langues : français, anglais et espagnol. Amnistie Internationale est une organisation que nous ne pouvons qualifier de procubaine pour la raison suivante : elle a rompu ses relations diplomatiques avec Cuba depuis 1988. En conclusion, il y a un abîme entre la rhétorique médiatique de départ et la réalité des faits. Vous pourriez me rétorquer que la Colombie ou le Honduras ne sont pas des exemples en termes de droits de l’homme, et que la comparaison n’est pas très explicite.

Prenons donc le cas suivant ; comparons la situation des droits de l’homme à Cuba et au sein de l’Union européenne. Pourquoi l’Union européenne ? Parce que depuis 1996, l’Union européenne impose à Cuba une Position commune en raison de la situation des droits de l’homme. Qu’est-ce qu’une Position commune ? Il s’agit du principal pilier de la politique étrangère de Bruxelles vis-à-vis de La Havane, qui limite les échanges diplomatiques, politiques et culturels. Il est singulièrement curieux que le seul pays du continent américain victime d’une Position commune soit Cuba, alors que selon Amnistie International Cuba est le pays qui viole le moins les droits de l’homme. Il s’agit là d’une première contradiction. Maintenant, il convient bien évidemment d’évaluer la légitimité de l’Union européenne à s’ériger en juge sur la question des droits de l’homme, parce que pour pouvoir stigmatiser un pays sur ce thème il faut être irréprochable.

Que dit Amnistie Internationale ? Selon le rapport d’avril 2011, disponible sur Internet de manière gratuite, 23 des 25 pays qui ont voté les sanctions politiques et diplomatiques et culturelles contre Cuba en 2003 – ils étaient 25 et non 27 à l’époque – présentent, selon Amnistie International une situation des droits de l’homme qui est pire que celle de Cuba. Prenons le cas qui me concerne le plus, le cas de la France. Nous sommes la Patrie des droits de l’homme. Néanmoins, j’invite tous les auditeurs à se rendre sur le site d’Amnistie Internationale, à prendre le rapport sur Cuba et le rapport sur la France, à les comparer et à tirer leurs propres conclusions. Cela est donc un exemple de la manipulation médiatique. Je le répète, Cuba ne présente pas un bilan parfait, propre, sur la question des droits de l’homme. Il y a quelques critiques de la part d’Amnistie International sur la question de la liberté d’expression, de la liberté d’association, etc. Mais quand nous comparons cela avec la réalité existante sur notre continent, et sur le continent américain, nous découvrons qu’il s’agit d’une énorme manipulation.

EG : Pourriez vous citer des exemples, des faits qui se passent au sein de l’Union européenne, alors que l’Union européenne maintient Cuba sous une Position commune ?

SL : Donnons quelques exemples précis. Pour ce qui est de Cuba, Amnistie Internationale n’a jamais rapporté de cas d’assassinat par les forces de l’ordre, ce qui est le cas pour le Royaume-Uni et d’autres pays ; de stérilisation forcée de femmes issues des minorités ethniques, tortures dans les prisons, répressions violentes et massives de manifestations publiques, avec des gaz lacrymogènes etc., discrimination envers les enfants issus des minorités au sein du système éducatif comme cela est le cas pour la République tchèque ou la Slovaquie. Je pourrais multiplier les exemples graves.

ED : Et en Autriche ? Je vous ai entendu dire dans une conférence qu’il y avait un problème avec les minorités en Autriche.

SL : Il y a de très graves violations des droits de l’homme en Autriche, des cas d’assassinats commis par les forces de l’ordre, de brutalités à l’égard des minorités. Mais il y a également eu des déclarations discriminatoires contre les minorités Rom faites par le président de la République en France. Nous voyons donc, avec cette réalité, que la Position commune est une vaste hypocrisie. En fait, ce qui dérange l’Union européenne n’est pas tant la situation des droits de l’homme mais le système politique, économique et social qu’il y a à Cuba.

EG : Salim Lamrani, j’aimerais que vous évoquiez le thème migratoire entre Cuba et les Etats-Unis et que vous fassiez une analyse comparative, comme pour Amnistie Internationale, avec les autres pays d’Amérique latine. Est-ce que les Cubains émigrent plus ? Emigrent-ils moins que les autres pays de la région ? Quelles seraient les causes dans un cas et dans l’autre ?

SL : La problématique migratoire est effectivement une problématique qui est politisée dès lors qu’il s’agit de Cuba. Je lis toujours au sein des médias le postulat suivant : « Les Cubains émigrent massivement vers les Etats-Unis, ce qui illustre l’échec du système économique, politique et social à Cuba ». Néanmoins, ce postulat, cette affirmation ne sont jamais corroborés par des données, des statistiques alors qu’elles existent pour l’émigration cubaine vers les Etats-Unis pour la période allant de 1820 à 2010.

Voyons un peu ce qu’était la réalité migratoire entre les Etats-Unis et Cuba en 1959. Cuba était un petit pays de 6 millions d’habitants et occupait le second rang du continent américain en termes d’émission migratoire vers les Etats-Unis. Le premier rang a toujours été occupé par le Mexique pour des raisons historiques, géographiques et démographiques évidentes. Cuba donc, petite nation de 6 millions d’habitants, avait une émission migratoire plus forte que celle de tous les pays d’Amérique centrale réunis, plus forte que celle de toutes les nations de la Caraïbe réunies, presque aussi forte que celle de l’Amérique du Sud en intégralité. Ainsi, un petit pays d’Amérique latine, émettait plus d’émigrants que la somme d’une quinzaine de pays d’Amérique latine et de la Caraïbe. Vous trouverez ces données, facilement accessibles, sur le site des services d’immigration des Etats-Unis.

Ensuite, à partir de juillet 1960, les Etats-Unis et l’administration Eisenhower plus précisément, imposent des sanctions économiques contre Cuba, ce qui constitue un facteur objectif d’incitation à l’émigration légale et illégale, parce que la situation économique devient plus difficile, et que de l’autre côté les Etats-Unis acceptent les émigrants. En 1966, en novembre 1966, le Congrès des Etats-Unis adopte ce que l’on appelle la loi d’Ajustement cubain. Qu’est-ce que la loi d’Ajustement cubain ? Il s’agit d’une courte législation de deux pages, une page et demie en réalité, qui stipule que tout Cubain qui, le 1er janvier 1959 ou après, émigre légalement ou illégalement, pacifiquement ou par la violence, obtient automatiquement au bout d’un an le statut de résident permanent. Il s’agit d’une loi unique au monde et qui constitue un formidable facteur d’incitation à l’émigration légale et illégale. Il convient de souligner la date pour en voir la substance politique : le 1er janvier 1959 ou après, c’est-à-dire que le Cubain qui est arrivé le 31 décembre 1958 ne peut pas bénéficier de la loi d’Ajustement Cubain. Nous en voyons clairement le contenu politique. Il s’agit là d’une arme contre le processus révolutionnaire.

Voyons les dernières statistiques, celles que j’ai consultées sont celles de 2003. Je ne voudrais pas me référer à celles de 2010 car je n’ai pas les chiffres exacts en tête. Nous pourrions imaginer ou supposer qu’en raison de la réalité migratoire de 1959 – second rang sur le continent américain –, en ajoutant à cela les sanctions économiques – facteur objectif d’incitation à l’émigration –, la loi d’Ajustement cubain – autre facteur objectif d’incitation à l’émigration – que Cuba a dépassé le Mexique et occupe le premier rang. Or, ce n’est pas le cas. Le Mexique occupe toujours le premier rang en termes d’émission migratoire vers les Etats-Unis. Cuba n’occupe plus le second rang, ni le cinquième mais seulement le dixième rang.

Je le répète, ces sources, ces chiffres des services d’immigration, sont disponibles sur Internet. C’est-à-dire qu’en Amérique latine, il y a, en 2003, neuf pays qui disposent d’une émission migratoire plus forte que celle de Cuba. Pourtant, les médias n’ont jamais utilisé cette problématique pour dénigrer les gouvernements du Salvador, du Mexique, de la Jamaïque ou de la République dominicaine.

Vous pourriez me rétorquer que l’on ne peut pas comparer la réalité migratoire d’un pays comme le Mexique avec plus de 100 millions d’habitants, avec un petit pays comme Cuba de 11 millions d’habitants. C’est une critique acceptable. Comparons donc la réalité migratoire de Cuba en 2003, avec la réalité du Salvador, avec 5,75 millions d’habitants, moins de 6 millions d’habitants. Le Salvador en 2003 a eu une émission migratoire trois fois plus forte que celle de Cuba et néanmoins, on n’a jamais parlé de cela, on n’a jamais utilisé cette problématique pour dénigrer le système politique et économique néolibéral au Salvador, ou dénigrer son gouvernement. Nous voyons donc qu’il s’agit une nouvelle fois d’une stigmatisation discriminatoire. Si nous voulions vraiment donner une explication politique ou utiliser l’émigration comme un thermomètre de légitimation d’un gouvernement ou d’un système, si nous nous référions aux chiffres, nous ne pourrions arriver qu’à une seule conclusion : le gouvernement et le système cubains sont sans doute parmi les plus légitimes du continent américain, je le répète, si nous partons du postulat que l’émission migratoire est illustrative du bon fonctionnement ou non d’un système.

Posons la question suivante : que se passerait-il si demain le gouvernement des Etats-Unis approuvait une loi d’Ajustement mexicain ? Pas pendant 40 ans ou plus, 1966 à 2011 cela fait 45 ans…, 46 ans. Pas pendant 4 ans, ni pendant 4 moins, ni pendant 4 jours. Imaginons la chose suivante : le gouvernement des Etats-Unis adopte une loi d’Ajustement mexicain durant 4 heures, rien de plus. Que se passerait-il au Mexique, d’après vous ? Je vous laisse imaginer la réponse.

EG : Salim Lamrani, j’aimerais entendre votre opinion sur la relation entre Cuba et les Etats-Unis en matière commerciale. J’aimerais connaître votre opinion sur le bilan économique des relations entre Cuba et les Etats-Unis durant les trois premières années de l’administration Obama.

SL : Il convient de reconnaitre que le gouvernement d’Obama diffère de la précédente administration Bush par son style, par la forme. C’est un homme plus cultivé, plus intelligent avec un discours nouveau, parce que durant sa campagne il a fait le constat suivant : la politique des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba a échoué. Cinquante ans de sanctions économiques contre Cuba, avec l’objectif de renverser le gouvernement cubain, et donc imposer un changement de régime était un échec total. Les sanctions économiques contre Cuba sont le principal obstacle au développement de l’île. Elles sont anachroniques parce qu’elles remontent à la Guerre Froide. Elles sont cruelles parce qu’elles affectent les catégories les plus vulnérables de la société cubaine : les femmes, les enfants, les personnes âgées. Elles sont également inefficaces car elles n’ont pas atteint leur objectif de mettre un terme au processus révolutionnaire.

Obama a effectué un constat lucide qui démontre son intelligence et sa sagacité. Néanmoins, nous ne pouvons pas juger Obama sur sa rhétorique mais sur les faits. Nous devons reconnaître qu’il a annulé les restrictions sur les voyages de la communauté cubaine des Etats-Unis. Car rappelons qu’entre 2004 et 2009, les Cubains des Etats-Unis ne pouvaient se rendre à Cuba que 14 jours tous les trois ans dans le meilleur des cas, s’ils obtenaient une autorisation du Département du Trésor. Pour obtenir ce permis, il fallait justifier de la présence d’un membre direct de la famille à Cuba. Pour tout le monde, un cousin, un oncle, une tante, un neveu sont des membres directs. Mais non, l’administration Bush avait donné une nouvelle définition de la famille qui ne s’appliquait qu’aux Cubains. Seuls faisaient partie de la famille les grands-parents, les parents, les époux, les enfants et petits-enfants. Il s’agissait donc d’une politique cruelle qui divisait les familles. Obama, homme lucide, a éliminé ces restrictions, mais malheureusement, nous devons constater que l’administration Obama a été plus constante dans l’application stricte des sanctions économiques et de l’imposition d’amendes à des entreprises étrangères qui violent les règles du commerce, des entreprises européennes par exemple.

Je mentionnais précédemment la Position commune qui a été adoptée en 1996. La date n’est pas anodine. Pourquoi a-t-elle été adoptée en 1996 ? Que s’est-il passé aux Etats-Unis en 1996 ? Le Congrès des Etats-Unis a adopté la loi Helms-Burton qui dispose d’un caractère extraterritorial – une loi ne peut pas s’appliquer à d’autres pays ; la loi française ne peut pas s’appliquer en Italie ; la loi anglaise ne peut pas s’appliquer en Allemagne. Néanmoins, la loi sur les sanctions économiques contre Cuba s’applique à la France, à la Suisse, etc. Récemment, la banque suisse UBS a dû payer une amende de 100 millions de dollars pour avoir ouvert un compte en dollars à Cuba. Il y a donc eu une application extraterritoriale des sanctions économiques contre Cuba même sous Obama. Il y a, je le répète, une contradiction entre sa rhétorique, de « changement », et la réalité des faits qui fait que chaque année, il a recours à une loi de 1917, la loi de Commerce avec l’ennemi, pour prolonger l’état de siège contre Cuba.

EG : J’aimerais aborder avec vous, Salim Lamrani, un point que vous avez développé dans vos recherches et qui concerne le traitement médiatique de la politique des sanctions économiques, non pas comme un problème économique et politique mais comme un élément de publicité et de manipulation idéologique. Comment voyez-vous ce traitement au sein de la presse internationale, de la presse occidentale ?

SL : Il y a un fait très révélateur. Dans l’histoire des votes aux Nations unies, la résolution qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages, chaque année, est la résolution contre les sanctions économiques imposées à Cuba. En octobre 2011, pour la vingtième fois consécutive, une immense majorité de la communauté internationale, 185 pays, ont voté pour la levée de ces sanctions économiques. Néanmoins, ce fait médiatique a été supprimé, censuré, ignoré par la presse. La presse occidentale parle beaucoup des problèmes économiques à Cuba – il y a effectivement de graves problèmes à Cuba – mais cependant, elle n’évoque jamais, je le répète, le principal obstacle au développement économique de la nation, qu’est l’embargo commercial ou le blocus, appelons-le comme bon nous semble.

Quelques données : Cuba ne peut absolument rien vendre aux Etats-Unis. Elle ne peut lui acheter que des matières premières alimentaires depuis 2000, avec de nombreuses restrictions. Il faut se rappeler que le marché historique et naturel de Cuba a toujours été les Etats-Unis. En 1959, 73% des exportations cubaines allaient aux Etats-Unis, et Cuba en importait 67% de ce qu’elle consommait. Cette rupture unilatérale du commerce entre Cuba et les Etats-Unis constitue donc le principal obstacle.

De plus, les sanctions économiques disposent d’un caractère extraterritorial. Je vais donner quelques exemples précis. Si une entreprise française de pâtisserie – vous savez que les pâtisseries françaises sont succulentes – souhaite exporter ses gâteaux aux Etats-Unis – car il s’agit de la première économie du monde, le principal marché mondial et cela représente une ambition économique que d’exporter et vendre ces gâteaux – elle doit démontrer au Département du Trésor que ses pâtisseries ne contiennent pas un seul gramme de sucre cubain. Cuba ne peut absolument rien vendre aux Etats-Unis, mais dans ce cas précis, elle ne pourra pas non plus vendre à la France. Prenons un autre exemple : Mercedes-Benz, l’entreprise allemande qui fabrique sans doute les meilleures voitures du monde. Pour que cette entreprise Mercedes-Benz puisse exporter ses voitures aux Etats-Unis, elle doit démontrer au Département du Trésor que ses voitures ne contiennent pas un seul gramme de nickel cubain. Donc Cuba ne peut pas vendre son nickel aux Etats-Unis mais elle ne pourra pas le vendre à l’Allemagne non plus. Ce sont des exemples clairs de l’impact des sanctions économiques.

EG : Mais dans la presse, comment cela est-il transcrit, Salim Lamrani ?

SL : Il y a une censure totale de cette réalité. Les lecteurs savent-ils, l’opinion publique sait-elle quels sont les effets des sanctions économiques ? Pourquoi y a-t-il 185 pays qui votent contre les sanctions économiques ? Ce n’est pas parce qu’il y a 185 pays amis de Cuba. Cuba a beaucoup d’amis dans le monde, mais pas tous. Par exemple, toute la Communauté européenne a voté contre ces sanctions, et l’Union européenne a une politique hostile à l’égard de Cuba. La raison est que la communauté internationale sait quel est l’impact dramatique des sanctions économiques sur la population cubaine. Les sanctions économiques n’affectent pas les dirigeants, elles affectent le peuple. Donc, il m’est difficile de comprendre la logique qui consiste à soutenir les sanctions. Je comprends qu’il puisse y avoir des secteurs avec une opinion différente de celle du gouvernement de La Havane. Je peux comprendre que l’on pense différemment du gouvernement cubain, mais si ce qui nous importe réellement est le bien-être du peuple cubain, nous ne pouvons que condamner inconditionnellement les sanctions économiques contre Cuba.

ED : Salim Lamrani, dans la rhétorique publique de l’administration Obama, il est dit que les Etats-Unis ne peuvent pas normaliser les relations avec Cuba parce que l’affaire Alan Gross, le sous-traitant détenu à Cuba, représente un obstacle. On nous donne l’impression que si Gross est libéré tout redeviendra normal. Comment voyez-vous ce nouveau prétexte mis en avant par l’administration nord-américaine pour ne pas avancer davantage dans le dialogue ?

SL : D’abord, je crois qu’il faut mettre sur la table le postulat correct. Lorsque l’administration Obama affirme : « Nous attendons des signaux ou de la réciprocité pour normaliser les relations », il s’agit d’un postulat erroné. Parce que Cuba n’impose pas de sanctions économiques aux Etats-Unis. Cuba n’occupe pas une partie du territoire américain par la force, comme c’est le cas pour Guantanamo. Cuba ne finance pas une opposition interne dans le but de subvertir l’ordre établi. L’agression, l’hostilité, l’état de siège, je le répète, sont unilatérales. Cuba n’a pas de concessions à faire aux Etats-Unis. On parle des droits de l’homme. Je le répète, j’invite les auditeurs à jeter un œil au rapport d’Amnistie Internationale sur les droits de l’homme aux Etats-Unis et à le comparer avec celui sur Cuba. J’affirme qu’il s’agit d’une rhétorique, d’un argument qui est dénué de fondement car les Etats-Unis ne disposent d’absolument aucune autorité morale pour disserter sur la question des droits de l’homme.

Evoquons à présent le cas d’Alan Gross. Alan Gross est un sous-traitant qui développait un programme de la USAID destiné à miner le gouvernement cubain, le système cubain, avec l’objectif public de changement de régime. Il fournissait à la dissidence du matériel hautement sophistiqué tels que des téléphones satellitaires. Cela est réglementé à Cuba. On ne peut pas entrer avec un téléphone satellitaire à Cuba. Pourquoi ? Parce que Cuba est un pays qui a été victime de 50 ans de terrorisme. Avec un téléphone satellitaire, on peut fournir une géolocalisation, pour faire exploser une bombe ou je ne sais quoi. Washington affirmé que Gross s’était rendu à Cuba uniquement pour aider la petite communauté juive. Bon, écoutons la version de la communauté juive elle-même. Que dit-elle ? Les principales organisations juives ont répété à maintes reprises qu’elles n’avaient aucun contact avec Alan Gross, et qu’elles n’avaient pas besoin de son aide de toute façon, car elles maintiennent d’excellentes relations avec le gouvernement de La Havane, et beaucoup d’autres relations avec les communautés juives des Etats-Unis et du reste du monde qui leur fournissent ce dont elles ont besoin. En réalité, Gross faisait partie d’un programme, peut-être ne lui a-t-on pas révélé quels étaient les risques qu’il courait, mais la réalité est que Gross a violé la loi, il a commis un grave délit, qui en France serait passible de 30 ans de prison.

Je crois que ce cas, en plus d’être un cas politique, est un cas humanitaire. La réciprocité est importante. Il est possible de trouver une solution à l’affaire Alan Gross. Si les Etats-Unis libèrent les cinq prisonniers politiques cubains – l’un est sorti mais se trouve toujours en liberté conditionnelle –, je me réfère à ceux qui ont infiltré clandestinement certaines entités violentes de l’exil cubain pour empêcher la réalisation d’attentats terroristes et qui ont été condamné à des peines allant de 15 ans à deux peines de prison à vie. Je crois que si l’administration Obama qui, je le répète, est une administration lucide par rapport à la précédente, souhaite résoudre ce problème, elle peut effectuer un échange de prisonniers : elle relâche les cinq et je suis convaincu que le gouvernement de La Havane en ferait de même avec Gross. Je ne crois pas qu’il faille s’attendre à un geste unilatéral d’aucune des parties. Le dialogue, la négociation ne peuvent que déboucher sur quelque chose de positif.

EG : Vous croyez que la visite du Pape Benoit XVI à Cuba puisse contribuer à résoudre le problème d’Alan Gross et des 5 ? Par ailleurs, je crois qu’il faut également prendre en compte le processus électoral américain. Cela peut-il contribuer à trouver une solution ?

SL : Je crois que la visite du Pape, de sa Sainteté, sera bénéfique non seulement pour Cuba mais également pour les relations entre La Havane et Washington. Plusieurs membres de l’Eglise Catholique américaine, d’éminents membres, ont publié il y a peu de temps, deux ou trois semaines, une déclaration favorable à la libération d’Alan Gross et des Cinq pour des raisons humanitaires. Je crois que la voix du Vatican est une voix importante sur la scène internationale, et je suis convaincu que le gouvernement de La Havane lui prêtera une attention particulière. J’espère que le gouvernement d’Obama en fera de même et que l’on pourra atténuer les tensions qui existent entre les deux pays depuis 50 ans.

EG : Professeur Salim Lamrani, vous avez interviewé il y a quelque temps Yoani Sánchez qui a remporté d’innombrables prix. Vous avez publié une interview qui a beaucoup circulé dans la presse. Ensuite Yoani Sánchez a déclaré que l’interview avait été manipulée de votre part. Après, nous avons découvert que l’interview qu’elle prétendait avoir réalisé avec le président Obama était fausse et que ce fut Jonathan Farrar lui-même, ambassadeur américain à Cuba, qui avait rédigé les questions et les réponses. Yoani affirmait également qu’elle avait envoyé les questions au Président Raúl Castro et ensuite, nous avons appris par Wikileaks qu’elle n’avait en réalité jamais envoyé le questionnaire. Elle avait déclaré qu’elle allait démontrer que vous aviez manipulé l’interview, mais l’affaire en était restée là. J’aimerais avoir votre point de vue à ce sujet, sur ses déclarations, car Yoani Sánchez a une capacité incroyable à nous surprendre.

SL : En ce qui concerne l’interview que j’ai effectuée, Yoani Sánchez a eu trois versions différentes. La première version qu’elle a publiée sur son blog déclarait que cela avait été une conversation constructive et agréable. La seconde version disait que l’interview avait été mutilée. La troisième version affirmait au contraire que j’avais inventé des réponses. Donc, j’ai lancé un défi à Yoani Sánchez, et je le relance une nouvelle fois, de publier sur son blog les réponses que j’aurais inventées, et que si je ne publiais pas les enregistrements, elle aurait eu raison. Je suis attentivement ce que publie Yoani Sánchez et je me suis rendu compte qu’elle avait démenti des points précis sur l’embargo, sur Batista, qui se trouvent dans l’interview, sur les cinq Dans un article que j’ai publié intitulé « La diplomatie étasunienne et la dissidence cubaine », j’ai publié précisément les versions audio de tout ce qu’elle avait nié. Je l’invite donc une nouvelle fois à continuer à démentir de manière précise, et si je ne poursuis pas la divulgation des versions sonores, cela voudra dire qu’elle avait raison.

EG : Vous lui lancez un défi ?

SL : Bien évidemment que je lui lance un défi. Qu’elle le fasse sur son blog, ou dans des déclarations à la presse comme elle l’a fait.

EG : Ce que est sûr est que la presse semble avoir adoptée une position commune, en plus de tous les prix qu’elle a obtenus, pour que personne ne publie toute critique de Yoani Sánchez. C’est comme si elle était l’enfant prodige, la Sainte Madeleine, je ne sais pas. La presse censure les critiques à l’égard de Yoani Sánchez.

SL : Je suis sans doute le seul journaliste qui ait effectué une interview sans complaisance. Je lui ai permis d’exprimer ses points de vue. Il y a beaucoup de contradictions dans l’histoire de Yoani Sánchez, que tout journaliste honnête et professionnel devrait souligner. Par exemple, Yoani Sánchez décrit la réalité cubaine de façon apocalyptique. Quand on lit son blog, on a l’impression qu’il s’agit de l’antichambre de l’enfer, avec une vision terrible de la réalité. Or, nous apprenons qu’elle a voyagé en Suisse, la perle de l’Europe, l’un des pays les plus riches du monde, qu’elle y est restée deux ans et qu’ensuite elle a décidé de rentrer à Cuba. De deux choses l’une : soit Yoani Sánchez ne dispose pas de toutes ses facultés mentales – ce qui n’est pas le cas –, soit la réalité qu’elle peint est moins obscure qu’elle le prétend. Je me demande également comment elle a pu obtenir en si peu de temps – de 2007 à aujourd’hui – autant de prix, qui représentent au total, d’un point de vue économique, presque 300 000 euros, c’est-à-dire presque 22 ans de salaire minimum en France et 1 487 ans de salaire minimum à Cuba. Je ne crois pas au hasard. Je crois qu’il y a de puissants intérêts derrière Yoani Sánchez.

Par exemple, elle qui est si expressive sur son blog, qui se présente comme la transparence personnifiée, n’a pas publié le fait qu’elle a rencontré Bisa Williams, la plus haute fonctionnaire de l’administration Obama qui se soit rendue à Cuba, secrètement dans son appartement. Elle n’a pas mentionné non plus, et cela jette une ombre sur sa crédibilité – comme vous le mentionnez concernant l’interview d’Obama ; en réalité cela ne me surprend pas que ce soit Farrar qui ait effectué les réponses, ce sont toujours les hauts fonctionnaires qui répondent pour le Président, lequel se contente de signer – le fait qu’en réalité elle n’a pas envoyé les questions au Président Raúl Castro. Pourtant, elle l’a publiquement affirmé, et elle me l’a dit dans l’interview, qu’elle avait bien envoyé les questions et qu’il n’aurait pas répondu. Mais elle a avoué à Jonathan Farrar, qui l’a écrit dans un mémorandum rendu public par Wikileaks, qu’en réalité elle n’avait jamais envoyé les questions. Cela, je le regrette, jette une ombre sur sa crédibilité.

EG : S’il y a un thème que vous connaissez par vos origines, vous êtes français d’origine algérienne, ce sont « les printemps » qui sont survenus dans le monde arabe, en Afrique du Nord ; la question que j’aie posé également à d’autres personnes : quelle est votre interprétation de ce fait ? De la même manière, et cela a été une surprise pour certains qui s’attendaient à un printemps à Cuba également, pourquoi il ne se passe rien à Cuba ?

SL : Je crois qu’il est difficile d’expliquer les grandes tendances historiques du monde arabe en si peu de temps. Pour résumer, dans tous ces pays, l’Egypte, la Tunisie, le Yémen, depuis des décennies, il y a des gouvernements dictatoriaux, alliés du monde occidental, toujours protégés, qui défendent un certain modèle économique, qui opprimaient leurs peuples. La situation économique et sociale est devenue si difficile que le désespoir des gens s’est exprimé par ce printemps arabe.

Certains, comme vous le soulignez, se demandent pourquoi cela ne se passe pas à Cuba. Pour une raison simple : le printemps cubain est survenu en 1959. Je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a pas de secteurs insatisfaits dans la population cubaine, mais ces secteurs insatisfaits savent que le changement – qui doit arriver – doit survenir de l’intérieur, sans intervention étrangère. Les Cubains savent également ce qu’ils ont à perdre. Ils vivent dans des conditions, malgré leur caractère modeste, malgré toutes les vicissitudes quotidiennes, qui sont exceptionnelles si l’on prend en compte la problématique du Tiers-Monde. Cuba dispose d’une espérance de vie de 78 ans, l’une des plus hautes, peut-être la plus haute du Tiers-monde, un taux de mortalité infantile de 4,8 pour mille, le plus bas du continent américain, y compris le Canada et les Etats-Unis, et le plus bas du Tiers-monde. Cuba dispose d’un indice de développement humain bien supérieur à celui du reste du Tiers-monde. La comparaison démontre que les postulats sur la nature du gouvernement cubain sont faux.

Si le gouvernement cubain était un gouvernement qui imposait son autorité par la force, le peuple cubain se serait soulevé depuis longtemps. Le Cubain n’est pas un peuple lâche. Il faut lire l’histoire de Cuba pour s’en rendre compte. Le peuple cubain s’est soulevé contre l’empire espagnol, s’est soulevé contre la dictature de Machado, contre la dictature de Batista. Il existe un consensus au sein de la société cubaine pour sauvegarder le système, qui doit être amélioré en éliminant les restrictions et interdictions excessives, mais au sein du système, car on ne demande pas de changement de système, mais une amélioration de celui-ci. C’est cela la grande différence entre un gouvernement populaire tel que celui de Cuba et des dictatures militaires comme celle en Egypte.

Nous avons vu il y a quelques semaines la terrible répression en Egypte. Quelle a été la position des Etats-Unis ? Ils ont exprimé leur inquiétude, « inquiétude ». Imaginez si cela arrivait à Cuba. Je suis absolument convaincu que même le Luxembourg demanderait une invasion militaire de l’île.

EG : Merci beaucoup, professeur Salim Lamrani pour ce dialogue avec « La tarde se mueve ». Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2012.

SL : Bonne année à vous ainsi qu’à tous les auditeurs.

 

EG : Je reviens en direct la semaine prochaine. A mon tour, bonne année à tous.


PROGRAMME : La Tarde se Mueve (Miami. 14.50 AM, 5:00-6:00 PM)
JOURNALISTE : Edmundo García
INVITÉ : Prof. Salim Lamrani
DATE : Jeudi 29 décembre 2011

http://lanochesemueve.us/12-29-11_Jueves.mp3

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 16:51
arton15592-65134.jpgAgents de sécurité iraniens photographiés à travers une vitre brisée après l’assassinat de l’ingénieur Massoud Ali Mohammadi devant chez lui par une moto piégée, le 12 janvier 2010. (c) Getty Images


J’ai eu le plaisir, hier, de converser calmement avec Mahmoud Ahmadineyad que je n’avais plus vu depuis septembre 2006, voilà plus de cinq ans, quand il était venu à La Havane participer à la Quatorzième Conférence au sommet du Mouvement des pays non alignés qui avait élu Cuba pour la seconde fois à la présidence de cette organisation pour la durée prévue de trois ans. J’étais tombé gravement malade le 26 juillet 2006, un mois et demi avant, et je pouvais à peine me maintenir assis sur le lit. Plusieurs des dirigeants les plus distingués qui assistaient au Sommet eurent l’amabilité de me rendre visite. Chávez et Evo le firent plusieurs fois. Quatre dont je me souviens encore vinrent en début d’après-midi : Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU ; un vieil ami, Abdelaziz Bouteflika, le président algérien ; Mahmoud Ahmadineyad, le président iranien ; et Yang Jiechi, alors vice-ministre et aujourd’hui ministre des Relations extérieures de la République populaire de Chine, en représentation de Ju Jintao, chef du Parti communiste et président du pays. Ce fut vraiment un moment important pour moi qui rééduquais aux prix de gros efforts mon bras droit sérieusement blessé lors de ma chute à Santa Clara.

J’avais commenté avec ces quatre dirigeants des aspects des problèmes complexes que le monde connaissait alors et qui sont le devenus assurément de plus en plus.

À notre rencontre d’hier, j’ai constaté que le président iranien était on ne peut plus tranquille, absolument indifférent aux menaces yankees, confiant en la capacité de son peuple de repousser n’importe quelle agression et dans l’efficacité des armes dont il produisent une grande partie eux-mêmes pour faire payer aux agresseurs un prix insupportable.

En fait, c’est à peine s’il a parlé de la guerre. Il est plutôt revenu sur les idées qu’il avait exposées à sa conférence dans le grand amphi de l’Université de La Havane, axées sur l’être humain : « S’acheminer vers la paix, le respect de la dignité humaine en tant que souhait de tous les êtres humains tout au long de l’Histoire. »

Je suis convaincu qu’on ne doit pas s’attendre de la part de l’Iran à des actions irréfléchies qui contribueraient au déclanchement d’une guerre. Si celle-ci éclate, ce sera uniquement la faute de l’aventurisme et de l’irresponsabilité congénitale de l’Empire yankee.

Je pense de mon côté que la situation politique créée autour de l’Iran et les risques d’une guerre atomique qui en émanerait et toucherait tous les pays, qu’ils possèdent des armes de ce genre ou non, sont extrêmement délicats parce qu’ils menacent l’existence même de notre espèce. Le Moyen-Orient, qui produit des ressources économiques vitales pour l’économie de la planète, est devenu aujourd’hui la région la plus conflictuelle au monde.

La capacité de destruction de certaines armes employées durant la Deuxième Guerre mondiale et les souffrances massives qu’elles infligèrent incitèrent fortement à en prohiber quelques-unes, dont les gaz asphyxiants. Néanmoins, les conflits d’intérêts et les énormes profits des fabricants les conduisirent à élaborer des armes encore plus cruelles et plus destructrices, jusqu’au jour où la technologie moderne a fourni les matériaux et les moyens nécessaires à la mise au point d’armements dont l’emploi dans une guerre mondiale conduirait à notre extermination.

Je suis d’avis – qui est sans aucun doute celui de toutes les personnes dotées d’un sens élémentaire de leurs responsabilités – qu’aucun pays, grand ou petit, n’a le droit de posséder des armes atomiques.

On n’aurait jamais dû s’en servir pour attaquer deux villes sans intérêt militaire comme Hiroshima et Nagasaki, pour assassiner et irradier avec d’horribles effets durables des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants d’un pays déjà vaincu sur le plan militaire.

À supposer que le nazi-fascisme eût obligé les puissances liées contre lui à rivaliser avec cet ennemi de l’humanité dans la fabrication de cette arme, le premier devoir de l’Organisation des Nations Unies, créée à la fin de la guerre, aurait dû être de l’interdire sans la moindre exception.

Mais les États-Unis, la nation la plus puissante et la plus riche, imposèrent au reste du monde la ligne à suivre. Ils possèdent aujourd’hui des centaines de satellites qui épient et surveillent de l’espace tous les habitants de la planète ; ils ont équipé leurs forces navales, terrestres et aériennes de milliers d’armes atomiques ; ils manipulent à leur guise, par Fonds monétaire international interposé, les finances et les investissements du monde.

Quand on analyse l’histoire de l’Amérique latine, depuis le Mexique jusqu’à la Patagonie en passant par Saint-Domingue et Haïti, on constate que toutes les nations, sans exception, du début du XIXe siècle à nos jours, soit deux cents ans, ont été victimes et continuent de l’être toujours plus des pires crimes que le pouvoir et la force puissent commettre contre le droit des peuples. De brillants écrivains ne cessent de les dénoncer. L’un d’eux, Eduardo Galeano, auteur de Les Veines ouvertes de l’Amérique latine, vient d’être invité à inaugurer le prix prestigieux de la Casa de las Américas, en reconnaissance à son œuvre marquante.

Les événements se succèdent à une vitesse incroyable, mais la technologie permet d’en informer le public encore plus vite. Des nouvelles importants tombent, aujourd’hui comme hier. Une dépêche de presse du 11 nous apprend :

« La présidence danoise de l’Union européenne a informé mercredi qu’un nouveau train de sanctions encore plus sévères serait décidé le 23 contre l’Iran à cause de son programme nucléaire, visant non seulement son secteur pétrolier, mais aussi sa Banque centrale… Nous irons encore plus loin dans nos sanctions contre son pétrole et ses structures financières », a affirmé le chef de la diplomatie danoise, Villy Soevndal, à la presse étrangère.

On peut constate clairement que sous prétexte d’éviter la prolifération nucléaire, Israël a le droit d’accumuler des centaines d’ogives atomiques, tandis que l’Iran, lui, n’a même pas celui de produire de l’uranium enrichi à 20 p. 100.

Une agence de presse britannique bien connue fournit une autre nouvelle sur ce thème :

« La Chine n’a pas donné le moindre signe, mercredi, qu’elle céderait aux pressions des États-Unis pour qu’elle réduise ses achats de pétrole iranien et elle a considéré comme excessives les sanctions de Washington contre Téhéran. »

On reste abasourdi de voir avec quelle tranquillité les États-Unis et l’Europe censément civilisée orchestrent une campagne assortie de méthodes systématiquement terroristes. Pour s’en convaincre, il suffit de la nouvelle fournie par une autre agence de presse européenne :

« L’assassinat, ce mercredi, d’un responsable de la centrale nucléaire de Natanz, au centre de l’Iran, a été précédé de trois autres depuis janvier 2010. »

Le 12 janvier de cette année-là, « un physicien nucléaire de renommée internationale, Massoud Ali-Mohammad, professeur à l’Université de Téhéran, qui travaillait pour les Gardiens de la révolution, est mort dans l’explosion d’une moto piégée devant son domicile de la capitale. »

« 29 novembre 2010 : Majid Shahriari, fondateur de la Société nucléaire iranienne, "chargé d’un des grands projets de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique" […] a été tué à Téhéran par l’explosion d’une bombe magnétique fixée à sa voiture.

«  Ce même jour, un autre physicien nucléaire, Feyerdoun Abbasi Davani, a fait l’objet d’un attentat dans des conditions identiques quand il garait sa voiture devant l’Université Shahid Beheshti de Téhéran, où tous deux étaient professeurs. » Il n’a été que blessé.

« 23 juillet 2011 : le scientifique Dariush Rezainejad, qui travaillait à des projets du ministère de la Défense, a été abattu à coups de feu par des inconnus qui roulaient en moto à Téhéran.

« 11 janvier 2012 – soit le jour même où Ahmadineyad voyageait entre le Nicaragua et Cuba pour donner sa conférence à l’Université de La Havane – le scientifique Moustapha Ahmadi Roshan, qui travaillait à la centrale de Natanz où il était le vice-directeur pour les affaires commerciales, est mort dans l’explosion d’une bombe magnétique posée sur sa voiture, près de l’Université Allameh Tabatabai, à l’est de Téhéran… L’Iran en a accusé de nouveau les États-Unis et Israël », comme pour les cas précédents.

Il s’agit là de l’assassinat sélectif, mais systématique, de brillants scientifiques iraniens. J’ai lu des articles de sympathisants notoires d’Israël qui considèrent ces crimes perpétrés par ses services secrets en collaboration avec ceux des États-Unis et de l’OTAN comme quelque chose de tout à fait normal.

Des agences informent depuis Moscou :

« La Russie a alerté aujourd’hui qu’un scénario similaire à celui de la Libye était en train de mûrir en Syrie, mais que l’attaque partirait cette fois-ci de la voisine Turquie.

« Nikolaï Patrouchev, secrétaire du Conseil de sécurité russe, a affirmé que l’Occident voulait "punir Damas non pas tant à cause de la répression contre l’opposition, mais de son refus de rompre son alliance avec Téhéran".

« …à son avis, un scénario libyen est en train de mûrir, mais les attaques ne viendront pas en l’occurrence de France, de Grande-Bretagne et d’Italie, mais de Turquie.

« Il s’est même risqué à affirmer : "Il se peut que Washington et Ankara soient déjà en train de définir différentes options de zones d’exclusion aérienne, où des armées de rebelles syriens pourraient être entraînées et concentrées". »

Les nouvelles proviennent non seulement d’Iran et du Moyen-Orient, mais aussi d’autres points d’Asie centrale proche de cette région. Ce qui nous permet d’apprécier la complexité des problèmes découlant de cette zone dangereuse.

Les États-Unis ont été entraînés par leur politique impériale contradictoire et absurde dans de sérieux problèmes dans des pays comme le Pakistan, dont les frontières avec celles d’un autre État important, l’Afghanistan, ont été délimitées par les colonialistes sans tenir compte des cultures ni des ethnies.

Dans ce dernier pays qui a défendu des siècles durant son indépendance face au colonialisme anglais, la production de drogues s’est multipliée depuis l’invasion yankee, tandis que les soldats européens appuyés par des drones et l’armement perfectionné des États-Unis commettent des massacres ignominieux qui augmentent la haine de la population et éloignent les possibilités de paix. C’est bien ça, et d’autres horreurs, que reflètent les dépêches des agences de presse occidentales :

« WASHINGTON, 12 janvier 2012. Le secrétaire d’État à la Défense, Leon Panetta, a taxé ce jeudi d’ "absolument déplorable" le comportement de quatre hommes présentés come des marines étasuniens en train de pisser sur des cadavres, selon une vidéo circulant sur Internet.

« "J’ai vu les images et je trouve ce comportement absolument déplorable".

« "Ce comportement est absolument inapproprié de la part de membres de l’armée étasunienne et ne traduit en aucun cas les critères et les valeurs que nos forces armées jurent de respecter".

En fait, le secrétaire à la Défense ne confirme ni n’infirme ces faits. Chacun donc peut en douter, et lui le premier peut-être.

En tout cas, il est extrêmement inhumain que des hommes, des femmes et des enfants, ou un combattant afghan qui se bat contre l’occupation étrangère, soient assassinés sous les bombes d’avions sans pilote. Pis encore : des dizaines de soldats et officiers pakistanais qui surveillent les frontières du pays ont été déchiquetées par ces bombes.

Le président afghan lui-même, Karzai, a affirmé qu’outrager des cadavres était « "tout simplement inhumain" et il a demandé à l’administration étasunienne d’ "infliger la peine la plus sévère à quiconque serait condamné pour ce crime". »

Des porte-parole des Talibans ont déclaré : « Des centaines d’actes semblables ont été commis ces dix dernières années sans qu’on les révèle. »

On en arrive presque à prendre en pitié ces soldats, séparés de leurs familles et de leurs amis, envoyés à des milliers de kilomètres de leur patrie pour lutter dans des pays dont ils n’ont peut-être jamais entendu parler à l’école et où on leur confie la mission de tuer ou de mourir afin d’enrichir des sociétés transnationales, des fabricants d’armes et des politicards sans scrupules qui dilapident chaque année les fonds dont on aurait besoin pour alimenter et éduquer les innombrables millions d’affamés et d’analphabètes dans le monde.

Nombre de ces soldats, victimes de leurs traumatismes, finissent par s’ôter la vie.

Est-ce que j’exagère quand je dis que la paix mondiale tient à un fil ?

 

Fidel Castro Ruz

 

Le 12 janvier 2012

21 h 14

traduction J-F Bonaldi, la Havane

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 21:40

fidel_castro_1.jpgCe n’est pas une question d’optimisme ou de pessimisme, de connaissance ou d’ignorance de choses élémentaires, de responsabilité ou d’irresponsabilité face aux événements. Il faudrait jeter à la poubelle de l’Histoire ceux qui se targuent d’être des hommes politiques alors qu’en règle générale, ils ignorent tout ou presque tout de ce qui a trait à cette activité.



Je ne parle pas bien entendu de ceux qui, au long de plusieurs millénaires, ont converti la chose publique en instrument de pouvoir et de richesse au profit des classes privilégiées, établissant en l’occurrence de véritables records de cruauté durant les huit ou dix mille dernières années, celles durant lesquelles nous possédons des vestiges certains de la conduite sociale de notre espèce d’êtres pensants dont l’existence, selon les scientifiques, ne dépasse guère les cent quatre vingt mille ans.

Je n’ai pas l’intention de me lancer dans des thèmes pareils qui ennuieraient assurément la quasi-totalité des gens continuellement bombardées de nouvelles fournies par les médias, qui vont depuis la parole écrite jusqu’aux images tridimensionnelles que les cinémas coûteux commencent à projeter, au point qu’elles finiront sous peu par prédominer sur les écrans de télévision aux images déjà fabuleuses en soi. Il n’est pas fortuit que l’industrie dite des loisirs soit installée au cœur même de l’Empire qui nous tyrannise tous.

Je prétends juste me situer au point de départ actuel de notre espèce pour parler de la marche à l’abîme. Si je parlais d’une marche « inexorable », je serais d’ailleurs bien plus près de la vérité. L’idée d’un jugement dernier apparaît implicitement dans les doctrines religieuses les plus pratiquées parmi les habitants de notre planète, que nul ne qualifie pour autant de pessimistes. J’estime au contraire que le devoir élémentaire de toutes les personnes sensées et sérieuses, qui sont des millions, est de se battre pour reculer, voire, qui sait, pour empêcher cet événement dramatique et proche dans le monde actuel.

De nombreux périls nous menacent, mais deux d’entre eux, la guerre nucléaire et les changements climatiques, sont décisifs et leur solution ne cesse de s’éloigner toujours plus.

Le verbiage démagogique, les déclarations et les discours au sujet de ces deux points auxquels recourent les États-Unis et leurs alliés puissants et inconditionnels qui imposent leur tyrannie au monde ne font aucun doute.

Le 1er janvier 2012 – qui marque le nouvel an en Occident et dans la chrétienté et qui coïncide avec l’anniversaire de la victoire de la Révolution cubaine et avec le cinquantième de la crise des Fusées de 1962 où le monde se vit au bord de la guerre atomique – m’oblige à écrire ces lignes.

Mes mots n’auraient aucun sens s’ils visaient à imputer la moindre faute au peuple étasunien et à celui de n’importe quel pays allié des États-Unis dans cette aventure insolite : ils seraient inévitablement, tout comme les autres peuples du monde, les victimes de la tragédie. On a vu récemment en Europe et ailleurs l’indignation de ceux que le chômage, les pénuries, les réductions de revenus, les dettes, la discrimination, les mensonges et la politicaillerie poussent à protester massivement, même s’ils sont brutalement réprimés par les gardiens de l’ordre en place.

On parle de plus en plus fréquemment de technologies militaires pouvant toucher la totalité de notre planète, le seul satellite habitable connu à des centaines d’années-lumière à la ronde, à moins qu’un autre ne nous soit accessible si nous nous déplaçons à la vitesse de la lumière, soit trois cent mille kilomètres par seconde.

On ne saurait ignorer que si notre merveilleuse espèce pensante disparaissait, bien des millions d’années s’écouleraient avant que n’en surgisse un autre capable à son tour de penser, en vertu des principes naturels qui régissent l’évolution des espèces découverte en 1859 par Darwin et admise aujourd’hui par tous les scientifiques sérieux, qu’ils soient croyants ou non.

À aucune autre époque de son histoire, l’humanité n’a connu les périls actuels. Ceux qui comme moi ont plus de quatre-vingt-cinq ans ont passé leur bac à dix-huit ans alors que la première bombe atomique n’avait pas encore été fabriquée.

De nos jours, les engins de cette nature prêts à l’emploi – incomparablement plus puissants que ceux qui produisirent une chaleur solaire sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki – se comptent par milliers.

On dénombre aujourd’hui plus de vingt mille ogives nucléaires, entre celles qui sont entreposées dans les dépôts et celles qui sont déjà déployées en vertu d’accords.

Il en suffirait d’une centaine pour provoquer un hiver nucléaire qui infligerait en peu de temps une mort épouvantable à tous les êtres humains, comme l’a expliqué brillamment, à partir de données informatiques, Alan Robock, scientifique et professeur à l’Université de Rugers, dans le New Jersey.

Ceux qui lisent normalement les nouvelles et les analyses internationales sérieuses savent que le danger d’une guerre à armes atomiques s’aggrave à mesure que la tension grandit au Proche-Orient où le gouvernement israélien en dispose de centaines parfaitement opérationnelles, même si nul n’infirme ni ne confirme le statut d’Israël de forte puissance nucléaire. Les tensions s’accroissent aussi autour de la Russie, qui possède incontestablement une capacité de riposte et qui est menacée par un bouclier nucléaire censément européen.

L’affirmation des États-Unis selon laquelle le bouclier nucléaire européen vise à protéger aussi la Russie de l’Iran et de la Corée du Nord est risible. Leur position sur ce point délicat est si débile que leur allié, Israël, ne se donne même pas la peine de leur garantir qu’il les consultera au préalable au sujet de mesures qui risqueraient de déclencher une guerre.

L’humanité, en revanche, ne jouit, elle, d’aucune garantie. L’espace sidéral est saturé, à proximité de notre planète, de satellites étasuniens qui épient ce qu’il se passe jusque sur les balcons des logements de n’importe quelle nation du monde. La vie et les habitudes de chaque famille ou de chaque personne sont maintenant l’objet d’espionnage ; les conversations sur téléphone mobile de centaines de millions de personnes partout dans le monde ont cessé d’être privées pour devenir un matériau d’information pour les services secrets étasuniens.

Tel est le droit qu’il reste aux citoyens de notre monde en vertu des actes d’un État dont la Constitution, adoptée par le Congrès de Philadelphie en 1776, stipule que tous les hommes naissent libres et égaux et que le Créateur leur concède des droits déterminés dont il ne reste même plus, ni à ceux des USA ni à ceux du reste du monde, celui de communiquer au téléphone à des parents et amis leurs sentiments les plus intimes.

La guerre reste donc une tragédie qui peut advenir et qui, très probablement, surviendra. Mais, à supposer que l’humanité soit capable de l’ajourner pour une période indéfinie, un autre fait tout aussi dramatique s’impose désormais à un rythme croissant : les changements climatiques. Je me bornerai à signaler ce que des scientifiques et des communicateurs éminents de stature mondiale ont expliqué dans des documents et des films que nul ne conteste.

L’on sait que le gouvernement étasunien s’est opposé aux accords de Kyoto sur l’environnement, sans même concilier cette ligne de conduite avec ses plus proches alliés dont les territoires souffriraient énormément et dont certains, telle la Hollande, disparaîtraient presque totalement.

La planète ne dispose plus aujourd’hui de politique sur ce grave problème, tandis que le niveau de la mer s’élève, que les énormes couches de glace qui couvrent l’Antarctique et le Groenland – où s’accumule plus de 90 p. 100 de l’eau potable du monde – fondent à un rythme croissant et que l’humanité compte officiellement, depuis le 30 novembre dernier, une population de sept milliards d’habitants dont la croissance dans les régions les plus pauvres du monde est soutenue et inévitable.

Ceux qui se sont consacrés, ces cinquante dernières années, à bombarder des pays et à tuer des millions de personnes pourraient-ils d’ailleurs s’inquiéter du sort des autres peuples ? Les États-Unis sont aujourd’hui non seulement les fauteurs de ces guerres, mais encore les plus gros fabricants et les plus gros exportateurs d’armes au monde.

Ce puissant pays, on le sait, vient de souscrire avec le royaume d’Arabie saoudite – d’où ses transnationales et celles de ses alliés tirent tous les jours dix millions de barils de pétrole léger, soit un milliard de dollars – un accord portant sur la livraison d’armements pour soixante milliards de dollars. Qu’adviendra-t-il de ce pays et de la région quand ces réserves d’énergie seront épuisées ? Notre monde globalisé ne saurait admettre sans ciller ce gaspillage colossal de ressources énergétiques que la Nature a mis des centaines de millions d’années à créer et dont la dilapidation renchérit les coûts essentiels. Ce serait tout à fait indigne de l’intelligence qu’on attribue censément à notre espèce.

Cette situation s’est aggravée d’une manière considérable ces douze derniers mois compte tenu de nouvelles avancées technologiques qui, loin d’alléger la tragédie qu’entraîne la déprédation des combustibles fossiles, l’empire toujours plus.

Des hommes de science et des chercheurs de prestige mondial ne cessent de signaler les conséquences dramatiques des changements climatiques.

Le réalisateur français Yann Arthus-Bertrand a, dans un documentaire datant de mi-2009 et élaboré en collaboration avec des personnalités internationales prestigieuses et bien informées, alerté le monde de ce qu’il advenait à partir de données irréfutables. Se fondant sur des arguments solides, il a exposé les conséquences néfastes qu’impliquait le fait de consommer en moins de deux siècles les ressources énergétiques créées par la nature durant des centaines de millions d’années, le pire étant non seulement cette dilapidation colossale, mais les conséquences suicidaires qu’elle aurait sur l’espèce humaine. Parlant de l’existence même de la vie, il reproche à celle-ci : « Tu bénéficies de l’héritage fabuleux de quatre milliards d’années que t’a légué la Terre. Et toi, en seulement deux cent mille, tu as changé la face du monde. »

Il n’accusait personne – ce n’était pas son propos – il dénotait simplement une réalité objective. Mais aujourd’hui, nous devons nous accuser tous de le savoir et de ne rien faire pour tenter d’y remédier.

Les réalisateurs de ce film y incluent des images et des concepts, des mémoires, des données et des idées que nous avons le devoir de connaître et de prendre en considération.

Plus récemment, deux autres réalisateurs français ont présenté un documentaire tout aussi fabuleux, Océans, jugé par la critique cubaine comme le meilleur film de l’année : de mon point de vue, peut-être même le meilleur de cette époque.

Il éblouit par la précision et la beauté d’images qu’aucune caméra n’avait jamais filmées auparavant. Les réalisateurs y ont investi huit années et cinquante millions d’euro. L’humanité devrait leur savoir gré d’exprimer ainsi les principes de la Nature adultérés par l’homme. Les acteurs n’en sont pas les êtres humains, mais les habitants des mers du monde qui méritent un Oscar !

Les motifs pour lesquels je me fais un devoir d’écrire ces lignes-ci ne sont pourtant pas les faits que j’ai signalés plus haut et que j’ai déjà commentés auparavant d’une façon ou d’une autre, mais d’autres qui, manipulés au gré des intérêts des transnationales, ont vu le jour ces derniers mois au compte-gouttes et qui prouvent définitivement, à mes yeux, la confusion et le chaos politique régnant dans notre monde.

C’est voilà à peine quelques mois que j’ai lu pour la première fois des informations sur le gaz de schiste, selon lesquelles les États-Unis disposaient de réserves suffisantes pour satisfaire leurs besoins de ce combustible pendant cent ans. Comme j’ai maintenant du temps pour approfondir sur des thèmes politiques, économiques et scientifiques qui peuvent vraiment être utiles à nos peuples, je suis entré discrètement en contact avec plusieurs personnes vivant à Cuba ou à l’étranger. Curieusement, aucune d’elles n’en avait jamais entendu parler. Ce n’était pas la première fois, bien entendu, que ça arrivait : on s’étonne d’ailleurs de constater à quel point des faits importants en soi sont occultés sous une véritable marée d’informations mêlées à des centaines ou à des milliers de nouvelles circulant à travers la planète.

J’ai continué toutefois à m’intéresser à cette question. Quelques mois à peine se sont écoulés et le gaz de schiste a disparu des médias. On disposait toutefois à la veille du nouvel an d’assez de renseignements pour voir clairement que le monde marche à l’abîme, menacé par des périls dont la gravité est aussi extrême que la guerre nucléaire et les changements climatiques. J’ai déjà parlé des deux premiers ; du troisième, je me bornerai pour aller vite à exposer des faits déjà connus et d’autres à connaître qu’aucun cadre politique ni nulle personne sensée ne saurait ignorer.

J’observe ces deux faits – je l’affirme sans hésitation – avec la sérénité des années que j’ai vécues en cette phase spectaculaire de l’histoire humaine qui ont contribué à l’éducation de notre peuple vaillant et héroïque.

Le gaz se mesure en TCF, qui peut signifier des pieds ou des mètres cubes [1] – on ne précise pas toujours s’il s’agit de l’un ou de l’autre – en fonction du système de mesures appliqué dans un pays donné. Par ailleurs, quand on parle de billion, il s’agit d’un million de million, à ne pas confondre avec le billion étasunien qui équivaut au milliard (le billion français équivalant, lui, au trillion étasunien). Ce sont là des différences dont il faut tenir compte quand on parle de volumes qui sont généralement, pour ce qui est du gaz, très importants. Je le signalerai le cas échéant.

Daniel Yergin, auteur étasunien d’un gros classique sur l’histoire du pétrole, a affirmé, selon l’agence de presse IPS, que le tiers du gaz produit aux USA provenait d’ores et déjà du schiste : « …l’exploitation d’une plateforme dotée de six puits peut consommer 170 000 mètres cubes d’eau, voire provoquer des effets nuisibles, par exemple influer sur les mouvements sismiques, polluer les eaux souterraines et superficielles, et endommager le paysage. »

Le groupe britannique BP informe de son côté :

« Les réserves prouvées de gaz conventionnel ou traditionnel de la planète se chiffrent à 6 608 billions – million de millions – de pieds cubes, soit 187 billions de mètres cubes […] les dépôts les plus importants se trouvant en Russie (1 580 TCF), en Iran (1 045), au Qatar (894), et en Arabie saoudite et au Turkménistan, avec 283 TCF chacun. » Il s’agit du gaz déjà produit et commercialisé.

« Une étude de l’EPA – une agence énergétique du gouvernement étasunien – publiée en avril 2011 mentionne pratiquement les mêmes volumes (6 620 TCF ou 187,4 billions de mètre cubes) de shale gas récupérables dans à peine trente-deux pays, les géants étant la Chine (1 275 TCF), les États-Unis (862), l’Argentine (774), le Mexique (681), l’Afrique du Sud (485) et l’Australie (396 TCF). »

Le shale gas est le gaz de schiste, également appelé « gaz de roche-mère » ou « gaz de shale ». Remarquez que l’Argentine et le Mexique comptent des réserves presque égales à celles des USA. La Chine, qui possède les plus gros gisements, disposent de réserves quasiment le double des premières et 40 p. 100 de plus que les USA.

« …des pays qui ont toujours dépendu de fournisseurs étrangers disposeraient d’une forte base de ressources pour leur consommation. C’est le cas de la France et de la Pologne qui importent 98 et 64 p. 100 respectivement du gaz qu’elles consomment et qui posséderaient dans leurs roches schisteuses (ou lutites ou pélites) des réserves supérieures à 180 TCF chacune. »

L’IPS explique :

« Pour l’extraire des schistes, on recourt à une méthode dite de fracturation hydraulique, qui consiste à injecter de grandes quantités d’eau à haute pression mêlée à du sable et à des additifs chimiques. L’empreinte carbone (proportion de dioxyde de carbone libéré dans l’atmosphère) est bien supérieure à celle qu’engendre la production de gaz conventionnel. »

« Quand on bombarde des couches de l’écorce terrestre par de l’eau et d’autres substances, on aggrave le risque d’endommager le sous-sol, les sols, les nappes phréatiques profondes et superficielles, le paysage et les voies de communication si les installations de forage et les moyens de transport de la nouvelle richesse sont défectueux ou mal manipulés. »

Qu’il suffise de signaler que, parmi les nombreuses substances chimiques qu’on mêle à l’eau afin d’extraire le gaz, on trouve le benzène et le toluène qui sont des substances terriblement cancérigènes.

Lourdes Melgar, experte de l’Instituto Tecnológico y de Estudios Superiores de Monterrey, estime :

« "C’est un technique qui suscite de nombreux débats et ce sont des ressources situées dans des zones où l’eau n’existe pas."

« Les schistes gaziers – affirme l’IPS – sont des réservoirs d’hydrocarbures non conventionnels retenus dans les roches qui les enferment, si bien qu’on recourt à la fracturation hydraulique pour les libérer à grande échelle.

« La production de gaz de schiste implique de gros volumes d’eau ; le forage et la fracturation engendrent de grandes quantités de résidus liquides qui peuvent contenir des substances chimiques dissoutes et d’autres polluants qu’il faut traiter avant de les rejeter.

« La production de gaz de schiste est passée de 11,037 milliards de m3 en 2000 à 135,84 milliards en 2010. À ce rythme de croissance, elle permettra en 2035 de satisfaire 45 p. 100 de la demande de gaz général, selon l’EPA.

« Des études scientifiques récentes ont alerté au sujet de l’impact négatif du gaz de schiste sur l’environnement.

« Les professeurs de l’Université de Cornell (USA), Robert Howarth, Renée Santoro et Anthony Ingraffea, ont conclu dans leur étude « Methane and the Greenhouse-Gas Footprint of Natural Gas from Shale Formations », publiée en avril dernier dans la revue Climatic Change, que cet hydrocarbure était plus polluant que le pétrole et le gaz.

« "L’empreinte carbone est supérieure à celle du gaz conventionnel ou du pétrole, analysée à tout horizon temporel, mais surtout sur un délai de vingt ans. Comparée au charbon, elle est au moins supérieure de 20 p. 100, voire de plus du double, sur vingt ans", souligne cette étude.

« Le méthane est l’un des gaz à effet de serre les plus polluants de tous ceux qui sont responsables de l’élévation de la température sur la planète.

« "Dans les zones d’extraction active (un ou deux puits au kilomètre), les concentrations moyennes et maximales de méthane dans des puits d’eau potable ont augmenté à proximité du puits gazier le plus proche et ont constitué un danger d’explosion potentielle", écrivent Stephen Osborn, Avner Vengosh, Nathaniel Warner et Robert Jackson, de l’Université publique de Duke.

« Ces indicateurs remettent en cause l’argument de l’industrie selon laquelle le schiste peut se substituer au charbon dans la production d’électricité et qu’il peut donc être un ressource permettant de réduire les changements climatiques.

« "C’est une aventure trop prématurée et trop risquée".

« En avril 2010, le département d’État étasunien a lancé l’Initiative mondiale du gaz de schiste pour aider les pays qui cherchent à exploiter cette ressource à l’identifier et à la développer, au profit économique éventuel des transnationale des USA. »

J’ai dû forcément m’étendre. Je rédige ces lignes pour le site web CubaDebate et pour la chaîne Telesur, l’un des chaînes d’information les plus sérieuses et les plus honnêtes de notre monde si mal en point.

Pour aborder cette question, j’ai laissé passer les fêtes du Nouvel An et de l’ancien.

Fidel Castro Ruz

Le 4 janvier 2012, 21 h 15

 

[1] 1 TCF vaut 28,3 milliards de mètres cubes (N.d.T)

EN COMPLEMENT : toutes les réflexions de Fidel Castro dans toutes les traductions officielles http://www.cuba.cu/gobierno/reflexiones/reflexiones.html

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:38

b.pngLa victoire écrasante de Daniel Ortega et du FSLN

Réflexion du compañero Fidel


Des élections générales se sont déroulées au Nicaragua voilà soixante-douze heures, le dimanche 6 novembre, et Daniel et le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) y ont remporté une victoire écrasante.

Le hasard a voulu que le quatre-vingt-quatorzième anniversaire de la glorieuse Révolution socialiste soviétique soit tombé le lendemain. Des ouvriers, des paysans et des soldats russes écrivirent des pages indélébiles de l’Histoire, et le nom de Lénine brillera à jamais parmi les hommes et les femmes qui rêvent d’une meilleure destinée pour l’humanité.

Ces questions sont toujours plus complexes, et l’on ne fera jamais assez d’efforts pour éduquer les nouvelles générations. Voilà pourquoi j’ouvre ici un espace pour commenter ce fait, parmi tant d’autres qui surviennent chaque jour sur la planète et dont nous prenons connaissance par des voies toujours plus nombreuses et que nul n’aurait imaginées voilà quelques décennies à peine.

Je dois dire que les élections nicaraguayennes se sont déroulées à la manière bourgeoise traditionnelle qui n’a rien de juste ou d’équitable, puisque les secteurs oligarchiques de nature antinationale et alignées sur l’impérialisme monopolisent en règle générale les ressources économiques et publicitaires qui sont en règle générale, surtout sur notre sous-continent, au service des intérêts politiques et militaires de l’Empire, tout ceci ne faisant que mettre en lumière l’ampleur de la victoire sandiniste.

C’est là une vérité que l’on connaît parfaitement dans notre patrie depuis que José Martí tomba à Dos Ríos, le 19 mai 1895, pour « empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne s’abattent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique ». Je ne me lasserai jamais de le répéter, d’autant que notre peuple a été capable de supporter pendant un demi-siècle le blocus économique rigoureux et les agressions les plus brutales de cet Empire.

Ce n’est pourtant pas la haine qui inspire notre peuple, mais les idées. C’est d’elles qu’est née notre solidarité avec le peuple de Sandino, le Général des hommes libres, dont je lisais les hauts faits avec admiration voilà plus de soixante ans quand j’étais étudiant, sans disposer bien entendu des merveilleuses perspectives culturelles dont bénéficieront dans quelques jours les étudiants d’aujourd’hui qui, aux côtés des lycéens, participeront à ce qui est d’ores et déjà une belle tradition : le Festival universitaire du livre et de la lecture.

La mort héroïque du héros nicaraguayen qui lutta contre les occupants yankees fut toujours une source d’inspiration pour les révolutionnaires cubains. Notre solidarité avec le peuple nicaraguayen, qui s’est exprimée dès les premiers jours de la Révolution du 1erjanvier 1959, n’a donc rien d’étonnant.

Le journal Granmanous rappelait hier, 8 novembre, la mort héroïque, en 1976, deux ans et demi avant la victoire, du fondateur du FSLN, Carlos Fonseca Amador, « tayacánvainqueur de la mort », selon les paroles d’une belle chanson écrite à sa mémoire : « Ô fiancé de la patrie rouge et noire, Tout Nicaragua te crie "Présent !" »

Je connais bien Daniel. Il n’a jamais adopté de positions extrémistes et il est resté invariablement fidèle à des principes de base. Chargé de la présidence à partir d’une direction politique collégiale, il s’est caractérisé par son respect des vues des compagnons des autres tendances surgies au sein du sandinisme à un moment donné de la lutte révolutionnaire, devenant ainsi un facteur d’unité entre eux. Il était constamment en contact avec le peuple, ce qui explique la grande ascendance qu’il a prise dans les secteurs les plus modestes du Nicaragua.

La profondeur de la Révolution sandiniste lui gagna la haine de l’oligarchie nationale et de l’impérialisme yankee.

 La sale guerre que Reagan et Bush imposèrent au pays et au peuple depuis la Maison-Blanche et l’Agence centrale de renseignement se caractérisa par les crimes les plus atroces.

Ils organisèrent, entraînèrent et équipèrent de nombreuses bandes contre-révolutionnaires ; ils firent du trafic de drogues un instrument permettant de financer la contre-révolution ; ils introduisirent des dizaines de milliers d’armes qui causèrent la mort ou la mutilation de milliers de Nicaraguayens.

Les sandinistes maintinrent les élections au milieu de la bataille injuste qu’ils livraient dans une position désavantageuse. C’était l’époque de l’effondrement du camp socialiste, de la désintégration imminente de l’URSS et du début de la Période spéciale dans notre patrie. Et il leur fut impossible de gagner les élections dans des circonstances si difficiles, bien qu’ils bénéficiassent, selon tous les sondages d’opinion, de l’appui de la majorité du peuple nicaraguayen.

Et celui-ci fut contraint de supporter à nouveau, pendant presque dix-sept ans, des gouvernements corrompus et vendus à l’impérialisme. Les taux de santé, d’alphabétisation et de justice sociale obtenus par les sandinistes commencèrent à chuter douloureusement. Mais les révolutionnaires, sous la conduite de Daniel, continuèrent de lutter durant ces années amères, et le peuple put retourner au pouvoir, bien que dans des conditions extrêmement difficiles qui exigeaient le maximum d’expérience et de sagesse politique.

Cuba était toujours en butte au brutal blocus yankee, à quoi s’ajoutaient les dures conséquences de la Période spéciale et l’hostilité d’un des pires assassins qui aient gouverné les États-Unis, George W. Bush, le fils de celui qui avait déclenché la sale guerre contre le Nicaragua, fait libérer le terroriste Posada Carriles pour le placer à la tête de la distribution d’armes aux contre-révolutionnaires nicaraguayens et gracié Orlando Bosch, l’autre auteur du crime de La Barbade.

Une nouvelle étape démarrait néanmoins dans Notre Amérique grâce à la Révolution bolivarienne au Venezuela et à  la montée au pouvoir en Équateur, en Bolivie, au Brésil, en Uruguay, en Argentine et au Paraguay de gouvernements attachés à l’indépendance et à l’intégration des peuples latino-américains.

Je peux dire aussi avec satisfaction que la solidarité politique et sociale de Cuba avec la patrie de Sandino n’a jamais cessé. Et je dois affirmer en toute justice que le Nicaragua a été l’un des pays qui a utilisé le mieux la coopération de Cuba en santé et en éducation.

Les milliers de médecins qui ont prêté service dans ce pays frère héroïque se sentent vraiment stimulés par l’excellente utilisation que les sandinistes ont faite de leurs efforts. On peut en dire autant des milliers de professeurs qui furent envoyés, dans la première phase de cette révolution, dans les montagnes les plus reculées pour apprendre à lire et à écrire aux paysans. De nos jours, les expériences éducationnelles en général et, en particulier, les pratiques de l’expérience médicale découlant de l’École latino-américaine de médecine où se forment des milliers d’excellents médecins, ont été transférées au Nicaragua. Ces réalités constituent un grand stimulant pour notre peuple.

Ces détails que je mentionne ne constituent qu’un exemple des efforts féconds que les révolutionnaires sandinistes consentent pour développer leur patrie.

Le rôle fondamental de Daniel, qui  ne s’est jamais écarté du peuple et qui a lutté inlassablement pour son bien-être, explique à mon avis sa victoire écrasante.

C’est aujourd’hui un leader vraiment expérimenté qui a été capable de gérer des situations complexes et difficiles à partir des années où son pays s’est retrouvé à nouveau sous la férule du capitalisme rapace. Il sait gérer intelligemment des problèmes compliqués, sait ce qu’on peut faire ou non, ce qu’on doit faire ou non pour garantir la paix et le développement économique et social soutenu de son pays. Il sait très bien qu’il doit sa victoire écrasante à son peuple héroïque et courageux, qui a largement participé aux élections et dont les deux tiers ont voté pour lui. Il a été capable de se lier étroitement aux ouvriers, aux paysans, aux étudiants, aux jeunes, aux femmes, aux techniciens, aux professions libérales, aux artistes et à l’ensemble des secteurs et des forces progressistes qui soutiennent le pays et le font avancer. Son appel à toutes les forces politiques démocratiques qui sont prêtes à œuvrer pour l’indépendance et pour le développement économique et social du pays est, à mon avis, absolument correct.

Dans notre monde, les problèmes sont extrêmement complexes et difficiles. Mais, tant qu’il durera, nous, les petits pays, nous pouvons et nous devons exercer nos droits à l’indépendance, à la coopération, au développement et à la paix.

 

Fidel Castro Ruz

Le 9 novembre 2011

20 h 12



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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:58

  che.pngInterview pour le journal brésilien A folha (extraits)

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Elle dit qu'elle est juste une militante de base du Parti communiste cubain, mais elle porte le nom d'un mythe de la gauche. A 50 ans, la pédiatre Aleida Guevara s'occupe de faire vivre la mémoire de son père et propose une défense passionnée du modèle de l'île. Dans cette interview, elle exprime ses craintes personnelles que les réformes en cours sur l'île, qui ont permis la vente de biens immobiliers et de véhicules, n’affectent la conscience sociale de la population, et puisse aboutir à une montée de l'individualisme.







Comment vont les choses à Cuba?



Nous sommes dans une situation où il nous faut trouver des solutions à des problèmes réels qui existent depuis longtemps. Et il y a les problèmes actuels que le pays subit en raison de la crise économique, qui touche tous les pays du monde. Nous sommes en train de discuter de ces problèmes avec l'ensemble du peuple, en les analysant sur les lieux de travail, dans les quartiers. Le congrès du parti a analysé tout ce qui est sorti de ces réunions populaires et est arrivé à un consensus sur le fait que nous devrons opérer quelques changements dans l'économie domestique. Résoudre le problème de familles, de personnes qui sont sans emploi en ce moment car l’État ne peut pas continuer à payer des personnes qui travaillent sans produire. Lorsque nous avons perdu le camp socialiste européen, Cuba a subi une crise brutale et l’État a garanti la sécurité de l'emploi à tout le monde sur toute la période. Aujourd'hui, la situation de notre économie s'est améliorée. Par conséquent, des possibilités réelles s'ouvrent à ces personnes pour qu'elles travaillent de façon indépendante. C'est pourquoi on en arrive à cette possibilité de travail individuel. Pour ce qui est de la Constitution, il nous faudra analyser quels sont les articles de la Constitution actuelle qui entrent en contradiction avec ces changements. Voilà pourquoi il nous faut cette analyse populaire, profonde, et s'il est nécessaire de changer un article de la Constitution, que le peuple sache ce qui se trame et pourquoi. Et le référendum qui devrait être organisé le sera plus rapidement et plus facilement.



Qu'est-ce qu'il faudrait changer dans la Constitution ?



Il a été convenu dans la Constitution que Cuba est une société socialiste. Dans cette société socialiste, il y a des normes, des règles. Quand on dit aujourd'hui qu'il y a des personnes qui vont travailler pour leur propre compte, cela peut supposer louer sa maison, ce qui n'existait pas auparavant. Ces personnes qui travaillent actuellement pour leur propre compte, si elles veulent embaucher d'autres personnes, doivent payer un salaire juste, garanti par la loi. Par exemple, si vous voulez louer une pièce de votre maison et embaucher quelqu'un pour faire le ménage. Avant cette personne n'était protégée par aucune loi. Désormais, avec ces changements, cette personne sera protégée également par les lois de l’État cubain. Ces lois doivent être introduites dans la Constitution.



Le dernier congrès du parti a ouvert la possibilité d'une appropriation privée des bâtiments et des voitures...



Disons que ce n'est pas de la propriété privée. Moi avant, par exemple, si je me payais une voiture, c'était la mienne. Le problème, c'est que je n'avais pas le droit de la vendre. Aujourd'hui, j'ai ce droit. Ce qui a changé, c'est que le citoyen qui est propriétaire de sa voiture puisse la vendre légalement. C'est sa propriété, c'est son droit. C'est la même chose pour les maisons. Si une maison est légalement la tienne, tu peux la vendre.



Mais c'est reconnaître la propriété privée



Dans ce qui existait déjà, dans la propriété individuelle. Que tu peux appeler privée, si tu veux. C'est la tienne. Le problème, c'est de légaliser cette propriété de façon à ce que tu puisse en user comme tu le désires.



Vous ne trouvez pas que cela rentre en conflit avec le principe socialiste ?



Non. Cela ne pose aucun type de problème avec les principes socialistes. Le problème, ce n'est pas de vendre ta maison ou ta voiture ou de l'échanger. Cela me paraît une très bonne chose que nous puissions le faire librement, sans aucune entrave. Le problème, c'est qu'il existe aujourd'hui des travailleurs qui travaillent pour leur propre compte. Ces travailleurs vont rechercher leur bénéfice personnel. Ma crainte personnelle – comme simple citoyenne, je n'ai rien à voir avec la direction du gouvernement cubain, je suis une médecin cubaine – ma crainte est que les personnes qui travaillent pour elles-mêmes perdent un peu de vue la question sociale, perdent leur conscience sociale. En vivant dans une société socialiste, nous travaillons pour tout un peuple. Quand tu commences à travailler pour remplir ton porte-feuille, pour ton bien-être personnel, il y a le risque de perdre ce lien social que nous avons toujours maintenu. C'est ma préoccupation personnelle. L’État socialiste continue d'être socialiste car il n'y a pas privatisation des grands moyens de production. Ce n'a pas eu lieu et cela n'aura pas lieu. Le peuple cubain continue d'être le propriétaire de tout ce qui se produit dans le pays. Tu peux être le propriétaire de ce que tu produis dans ta maison, dans un restaurant, un salon de beauté, des services produits. Mais les grands moyens de production, tout est entre les mains de l’État, donc, du peuple. Dans cette perspective, il n'y a aucun changement.



Les réformes ont été faites pour libérer quelque peu l'Etat du poids de personnes qui...



Exactement. De personnes qui seront laissés sans travail par l’État, car l’État ne peut pas continuer à soutenir cette situation. Nous avons connu des améliorations économiques. Ces personnes restent libres de travailler pour l’État et d'avoir leur propre travail. Et l’État se libère de cette situation difficile où il faudrait garder ceux qui ne produisent pas.



Votre crainte, c'est que cette réforme, qui peut être lue comme plus privatisante, affecte la conscience sociale ?



L'homme pense comme il vit. C'est ma préoccupation, tout simplement. Si tu vis juste en étant intéressé par la rénovation de ta maison, par l'accroissement de la quantité d'argent que tu as dans ton porte-feuille, par l'amélioration de ta garde-robe, tu oublies que l'école du coin, où tes enfants et tes petit-enfants étudient, aura besoin d'un petit coup de peinture. Tu serais capable de donner un peu de ton argent à cette école ? Si tu en es capable, je ferme ma bouche et me voilà satisfaite. C'est ma préoccupation, que l'on perde cette perspective, que l'on ne soit plus concerné par la perspective de la communauté sociale, qui est ce que nous sommes et continue d'être notre raison d'être.

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 17:53

fivearc.jpgCuba : « La libération des Cinq cubains serait un geste d'humanité et de justice »

René Gonzalez, l'un des cinq Cubains condamnés en 2001, a été libéré après 13 années d'enfermement dans un presque total isolement. Il devra rester en résidence surveillée pendant trois années supplémentaires sans pouvoir rencontrer ni son épouse ni sa mère qui restent interdites de territoire par la justice des États-Unis.

René Gonzalez est l'un des cinq Cubains accusés d'espionnage par l'administration des États-Unis et condamnés en 2001 lors d'un procès réalisé dans des conditions peu favorables pour l'exercice d'une véritable justice, sous la pression de l'extrême droite exilée à Miami et des médias locaux liés à l'opposition cubaine. L'énormité injustifiable et consternante des peines prononcées à l'encontre de ces cinq Cubains, qui n'ont à aucun moment mené des actions mettant en danger la sécurité des États-Unis, montre le caractère politique et inique de ce procès. L'attitude des autorités de Washington contraste d'ailleurs avec l'impunité et la protection accordées à Orlando Bosch et à Luis Posada Carriles, auteurs de plusieurs actes terroristes dont l'attentat contre un avion de ligne cubain qui a couté la vie à 73 personnes en 1976, et des attentats à la bombe contre certains hôtels à La Havane.

Le PCF se joint aux appels lancés depuis des années par un grand nombre de progressistes et démocrates dans le monde, notamment les 10 prix Nobel, en faveur d'une libération immédiate de ces cinq citoyens cubains.

Le gouvernement cubain vient de renouveler ses appels à une relation de respect et de dialogue avec les États-Unis. La libération des cinq serait un geste d'humanité, de justice et un acte politique permettant une évolution positive. La mise en cause d'une relation anti-cubaine anachronique et stupide n'existe que par le refus de Washington de reconnaître au peuple cubain son droit à l'autodétermination et à l'indépendance.

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 19:48

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 20:46

26220.jpgLes premières partie de cet article :

La réforme du modèle économique cubain : Causes et perspectives (1/3)
- par Salim Lamrani - 2011-08-23

La réforme du modèle économique cubain : : Causes et perspectives 2/3
- par Salim Lamrani - 2011-08-24



Les mesures économiques et sociales

Du 1er décembre 2010 au 28 février 2011, un projet de réforme de la politique économique et sociale, élaboré par la Commission de Politique économique du Parti communiste cubain, a été soumis à un vaste débat public avec l’aide de la centrale syndicale du pays[1]. Au total, près de 9 millions de Cubains ont assisté à l’une des 163 000 réunions organisées pour débattre du projet avec un total de 3 millions d’interventions. Le document original comprenait 291 points, desquels 16 ont été intégrés à d’autres, 94 ont été maintenus intacts, 181 ont été modifiés et 36 ajoutés pour un total comprenant au final 311 points[2]. Le projet de départ a ainsi été modifié à 68% par les citoyens et a été adopté le 18 avril 2011 lors de la tenue du VIIème Congrès du Parti communiste cubain par les mille délégués représentant les 800 000 militants[3]. Il a ensuite été soumis au Parlement cubain, qui l’a approuvé en session plénière le 1er août 2011[4].

L’Etat cubain, qui doit apporter des solutions pour éviter la banqueroute, a ainsi décidé, sur une base quinquennale, d’adapter les dépenses aux ressources disponibles et deréduire au maximum le recours à la dette[5]. Raúl Castro a insisté sur l’urgence de la situation : « Nous sommes convaincus que la seule chose qui puisse faire échouer la Révolution et le socialisme à Cuba, mettant en danger le futur de la nation, est notre incapacité à dépasser les erreurs que nous avons commises durant plus de 50 ans[6] ».

Deux mesures spectaculaires sont à souligner. La première constitue une révolution structurelle de la force du travail. Ainsi, les autorités ont décidé de procéder à la suppression à moyen terme de près d’un demi-million de postes de fonctionnaires, soit 10% du total des employés du secteur public, et d’un million d’ici cinq ans[7]. Les fonctionnaires concernés auront trois possibilités : une réaffectation dans un service déficitaire, le travail privé ou l’obtention de terres en usufruit. Auparavant, les employés licenciés percevaient l’intégralité de leur revenu jusqu’à ce qu’ils retrouvent un emploi. Désormais, l’allocation chômage ne durera que cinq mois au maximum et sera à taux plein que le premier mois (passant ensuite à 60% du salaire). Tous les secteurs disposant d’un excédent de capital humain seront réduits au strict nécessaire avec une restructuration du monde du travail. Le gouvernement précise néanmoins que « l’Etat socialiste ne laissera aucun citoyen dans le désarroi et s’assurera, par le biais du système d’assistance sociale, que les personnes ne pouvant travailler recevront un minimum de protection. A l’avenir, les subventions seront destinées non pas aux produits mais à celles et ceux qui pour une raison ou pour une autre les nécessitent vraiment[8] ».

La seconde mesure est également sans précédent par son envergure. Il s’agit d’une ouverture de l’économie étatique au secteur privé, destinée, entre autres, à légaliser une économie informelle croissante, et à récolter des impôts dans un pays peu habitué à la culture fiscale. Ainsi, l’Etat, qui contrôle près de 90% de l’économie, a décidé de déléguer une partie de ses activités économiques à des personnes privées, et se limitera à la gestion et l’exploitation des ressources stratégiques de la nation, avec une décentralisation progressive afin de stimuler le développement. Près de 250 000 nouvelles licences ont été octroyées dans divers secteurs. Près de 178 nouvelles activités ont ainsi été ouvertes au domaine privé et concernent différents champs tels que la restauration (le nombre de sièges dans les restaurant passant de 12 à 50[9]), la vente au détail ou la location de chambre. Dans 83 secteurs, les nouveaux entrepreneurs pourront désormais embaucher du personnel, prérogative qui a été jusque là une exclusivité de l’Etat, des sociétés mixtes et des entreprises étrangères, moyennant des charges à hauteur de 25% du salaire de l’employé[10]. Le succès a été immédiat[11]. En l’espace de six mois, le nombre de petits entrepreneurs est passé de 157 000 à plus de 320 000, et devrait se stabiliser autour d’un demi-million[12]. Les premiers effets positifs sont apparus avec une augmentation des recettes fiscales de l’Etat au bout de six mois[13].

Les commerces privés sont soumis à un impôt progressif pouvant atteindre 50% des revenus et à des cotisations sociales à hauteur de 25%[14]. Les revenus jusqu’à 5 000 pesos annuels sont exemptés d’impôts alors que ceux qui dépassent les 50 000 pesos seront taxés à hauteur de 50%. Le nouveau code fiscal stipule que les entrepreneurs pourront désormais déduire jusqu’à 40% de leurs revenus au titre de frais professionnels contre 10% auparavant[15]. Ainsi, les travailleurs indépendants devront s’acquitter de quatre impôts au total : l’impôt sur le revenu de 25% (revenus supérieurs à 5 000 pesos) à 50% (revenus supérieurs à 50 000 pesos), les charges patronales à hauteur de 25% du salaire de l’employé, la TVA de 10% (5% pour le secteur alimentaire), et les cotisations sociales de 25%[16].

Pour faire face à la pénurie de matières premières, le gouvernement a décidé d’allouer d’importantes ressources à l’achat de matériel exclusivement réservées au secteur privé. Les nouveaux entrepreneurs devront faire face à trois principaux défis : se constituer une clientèle, obtenir des crédits et vaincre les obstacles bureaucratiques[17]. Les plus hautes autorités de l’Etat ont garanti le caractère irréversible des réformes et ont apporté leur soutien aux travailleurs indépendants en annonçant une nouvelle politique bancaire de crédits destinés aux micro-entrepreneurs[18], en particulier dans le domaine agricole[19]. Ces nouvelles mesures devraient générer des revenus à hauteur d’un milliard de dollars en impôts, selon les estimations gouvernementales[20].

 De la même manière, les cantines d’entreprise et le transport ouvrier ne seront plus à la charge de l’Etat, tout comme les salons de coiffure et les taxis, entre autres, qui vont être dorénavant gérés par les employés. Les entreprises disposeront désormais de facultés d’initiative plus amples[21].

L’objectif est d’augmenter la productivité, de renforcer la discipline et d’offrir un éventail de salaires plus large qui permette de satisfaire les nécessités des citoyens. La politique égalitariste dans les mécanismes de distribution du revenu sera ainsi éliminée, tout comme la gratuité de certaines prestations[22]. Raúl Castro reconnaît que « l’excessive approche paternaliste, idéaliste et égalitariste instituée par la Révolution au nom de la justice sociale » a été une erreur. « Nous avons confondu le socialisme avec les gratuités et les subventions, l’égalité avec l’égalitarisme », a-t-il précisé. Désormais, les salaires seront indexés sur la productivité[23]. « L’égalité des droits et des opportunités pour tous les citoyens » prévaudra, avec une politique axée sur le travail considéré comme « à la fois un droit et un devoir ». Il sera désormais « rémunéré en fonction de sa quantité et de sa qualité[24] ».

Par ailleurs, de nombreuses interdictions outrancières, qui favorisaient le marché noir, sont en passe d’être éliminées. Raúl Castro a ainsi appelé à éliminer les nombreuses prohibitions irrationnelles qui ont perduré pendant des années, sans tenir compte des circonstances existantes, créant ainsi le ferment pour de multiples agissements en marge de la loi, qui débouchent fréquemment sur la corruption à des niveaux variés. On peut arriver à une conclusion évidente : les prohibitions irrationnelles favorisent les violations, lesquelles conduisent à leur tour à la corruption et à l’impunité.

Il a ainsi dénoncé les démarches administratives inutiles concernant le changement de logement ou la vente de voiture entre particuliers[25]. Désormais, les logements pourront être achetés et vendus par les Cubains ainsi que les étrangers ayant le statut de résident permanent. Auparavant, seuls l’échange et le legs étaient autorisés, entrainant de nombreuses opérations illégales. Néanmoins, il ne sera pas possible d’être propriétaire de plus d’un logement et ces mesures excluent à la fois les Cubains non résidents ainsi que les étrangers. La loi sur la confiscation des biens pour les émigrants est ainsi abrogée, lesquels pourront, en cas de départ, léguer leurs biens à leur famille jusqu’au quatrième degré de consanguinité, à condition de pouvoir justifier de cinq ans de vie commune avec la personne concernée[26].

Enfin, l’île se trouve également dans l’obligation de mettre un terme à la dualité monétaire – le peso avec lequel la plupart des Cubains reçoivent leur salaire et le peso convertible, réservé au secteur touristique – afin de réduire les inégalités. En effet, un peso convertible (environ 1 dollar) vaut 26 pesos[27].

Si le changement de la structure économique semble indispensable, Cuba ne compte pas adopter le modèle économique de marché. Selon le gouvernement cubain, le principe de base reste le même : « Seul le socialisme est capable de vaincre les difficultés et préserver les conquêtes de la Révolution ». Ainsi, la planification de l’économie prévaudra sur les règles mercatiques, tout en modernisant la méthodologie, l’organisation et la gestion[28].  

Au niveau macroéconomique, Cuba aspire à une meilleure efficience afin de limiter l’intervention financière de l’Etat dans les secteurs déficitaires. Deux types de solutions sont envisagés. La première, à court terme, permettra d’éliminer le déficit de la balance des paiements en substituant les importations et en augmentant les revenus externes. L’objectif d’améliorer la croissance et le niveau de vie de la population passe par une meilleure efficacité économique, une stimulation du travail et une redistribution plus équitable du revenu national[29].

A long terme, Cuba doit trouver des solutions de développement durable qui permettent notamment d’atteindre une autosuffisance alimentaire et énergétique, une utilisation efficace du capital humain, une bonne compétitivité dans les productions traditionnelles et le développement de nouvelles productions de biens et de services à haute valeur ajoutée[30].

 

Les entreprises étatiques et les coopératives

Une autonomie plus grande sera octroyée aux entreprises étatiques, aux entreprises aux capitaux mixtes, aux coopératives, aux usufruitiers de terres, ainsi qu’aux petits entrepreneurs privés, sans pour autant permettre une concentration de propriété trop importante. Le pouvoir décisionnel sera décentralisé au profit du secteur entrepreneurial, afin d’obtenir une meilleure efficacité. Les entreprises disposeront de plus de facultés ainsi que d’une responsabilité plus importante dans la gestion de leurs ressources humaines, matérielles et financières, supprimant ainsi une partie des contrôles bureaucratiques. Des marchés d’approvisionnement non subventionnés seront à la disposition des entreprises[31].

Les entreprises étatiques dont le bilan financier est structurellement déficitaire, dont le capital de travail est insuffisant et qui se montrent incapables de respecter leurs obligations, passeront systématiquement par un processus de liquidation. Les entreprises ne recevront plus de financement budgétaire pour la production de biens et de services. En revanche, elles pourront créer des fonds propres pour le développement ou l’augmentation de salaires, en cas de bénéfices, après avoir satisfait leur contrat de production et s’être acquittées de leurs obligations fiscales. De la même manière, les salaires des employés du secteur public évolueront en fonction des résultats de l’entreprise. Les subventions pour pertes seront désormais éliminées[32].

Les coopératives, basées sur « libre disposition des travailleurs à s’y associer », restent propriétaires des moyens de production et peuvent en disposer à leur guise (location, usufruit…). Elles peuvent s’associer à d’autres entités similaires (pour l’achat et la vente par exemple afin de réduire les coûts). Néanmoins, la propriété coopérative ne peut être vendue ou louée à d’autres coopératives ou à des entreprises non étatiques. Elles se chargent également de fixer les salaires de leurs employés[33].

 

La politique sociale

Au niveau de la politique sociale, la priorité est de préserver « les conquêtes de la Révolution, tels que l’accès aux soins médicaux, à l’éducation, à la culture, au sport, aux loisirs, à la sécurité sociale et à la protection au moyen de l’assistance sociale pour les personnes dans le besoin », tout en éliminant les « dépenses excessives[34] ».

Au niveau de l’éducation, les cursus universitaires seront en adéquation avec le développement de l’économie et de la société, avec une augmentation des places dans les filières technologiques et scientifiques. Au niveau de la santé, une réorganisation territoriale des centres de soin est prévue, tout comme le développement de la médecine naturelle et traditionnelle, ainsi que la promotion de la médecine préventive. Enfin, pour faire face au vieillissement de la population et au problème de la dépendance, la contribution des salariés sera accrue et de nouveaux financements devront être trouvés[35].

Le salaire retrouvera un rôle principal au sein de la société afin de « réduire les gratuités non nécessaires et les subventions personnelles excessives, en établissant des compensations pour les personnes dans le besoin ». Ainsi, le carnet de rationnement, instauré en 1963 pour faire face aux sanctions économiques, à la spéculation sur les matières premières et éviter une crise alimentaire, « qui favorise autant le citoyen dans le besoin que celui qui en est à l’abri », dispose de nombreux inconvénients car il profite indistinctement aux travailleurs consciencieux qui apportent de la richesse à la société et à ceux qui préfèrent vivre aux crochets de l’aide sociale sans rien produire[36].

Comme le note Raúl Castro, le carnet « est devenu, au fil des ans, une charge insupportable pour l’économie, n’incite pas au travail, et est source d’illégalités diverses[37] ». Il est ainsi graduellement réduit et sera à terme supprimé pour éviter les pratiques de trocs et de revente qui alimentent le marché noir[38]. Par exemple, les cigarettes ont disparu du carnet depuis septembre 2010[39]. Le riz et le sucre (exceptée la partie mensuelle subventionnée) sont désormais en vente libre sur le marché[40], alors que le prix de l’huile a augmenté d’environ 10%[41]. La suppression du carnet de rationnement sera compensée par des augmentations salariales.

Néanmoins, l’alimentation sociale dans la sphère des services de santé et d’éducation est préservée « pour protéger la population vulnérable ». Les cantines ouvrières resteront ouvertes mais elles seront désormais payantes et non subventionnées. De la même manière, l’Etat s’engage à « garantir que les personnes dans le besoin reçoivent la protection de l’assistance sociale[42] ».

 

La politique industrielle et énergétique

L’industrie pharmaceutique et biotechnologique est l’un des fleurons économiques de la nation cubaine. Elle représente la quatrième source de revenus pour l’île après les prestations de services, le tourisme et le nickel[43]. L’objectif affiché est d’atteindre une souveraineté technologique dans ce domaine et de renforcer la politique de dépôt de brevet et de propriété industrielle sur les principaux marchés internationaux.

Au niveau énergétique, Cuba doit réduire sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur et élever la production de pétrole et de gaz en exploitant les gisements sous-marins récemment découverts dans le Golfe du Mexique, et augmenter sa capacité de raffinement afin de réduire l’importation de produits dérivés. Néanmoins, de lourds investissements sont nécessaires et l’île ne dispose pas des ressources pour les financer. De la même manière, l’énergie utilisée pour des activités productives de biens ou de services ne sera plus subventionnée[44].

Afin de procéder à des économies d’énergie en raison de la hausse du prix du pétrole, le gouvernement a ainsi annoncé en octobre 2010 une augmentation des tarifs électriques pour les grands consommateurs, c’est-à-dire ceux qui utilisent plus de 300 kilowatts/heure par mois. L’augmentation sera graduelle et oscillera entre 15% et 285% du prix, selon le surplus de consommation. Cette catégorie d’usagers, qui représente 5,6% de la population, devra payer entre 1,5 et 5 pesos le kilowatts/heure supplémentaire au lieu du prix normal de 1,3 pesos. Pour les ménages consommant moins de 100 kilowatts/heure, le prix restera à 0,09 peso le kilowatt/heure. L’Etat a donné l’exemple en réduisant sa consommation de 10% en 2010 par rapport à l’année antérieure. Le prix de l’essence a également augmenté de 10% et celui du diesel de 18%, étant donné que plus de 50% du combustible consommé dans l’île est destiné à produire de l’électricité[45].

 

Le tourisme

Dans le secteur touristique, qui constitue la seconde source de revenus de la nation, la priorité est donnée à l’amélioration de la qualité des services fournis – lesquels sont bien en deçà des standards internationaux –, ainsi qu’à la diversification des destinations  touristiques à l’intérieur du pays pour éviter des concentrations trop importantes de vacanciers. De la même manière, pour augmenter la capacité d’hébergement du pays, les particuliers pourront désormais louer plus facilement une partie de leur logement[46].

 

Le transport et le logement

Le transport reste l’un des graves problèmes à Cuba et a un impact aussi bien sur la vie économique que sur le bien-être de la population. Le réseau doit être modernisé, réorganisé et surtout développé. Les réseaux ferroviaire et maritime constituent une priorité notamment pour des raisons économiques et environnementales. Les ports nationaux doivent notamment être agrandis pour des raisons commerciales[47].

L’autre grand problème national reste le logement qui est insuffisant et souvent dans un état précaire. L’île nécessite la construction de 100 000 logements par an car il existe depuis des décennies un déficit structurel du fond immobilier de la nation, en raison notamment des sanctions économiques. La construction de logements ne sera plus une tâche exclusive de l’Etat : le secteur privé pourra désormais s’acquitter de cette activité. En novembre 2010, l’Etat a décidé de mettre un terme aux subventions du matériel de construction en raison du manque de liquidités[48].

 

Conclusion

Le défi qui attend les Cubains est de taille. S’ils ne peuvent agir contre le principal obstacle au développement de la nation que sont les sanctions économiques, dont la levée –unanimement réclamée – dépend du bon vouloir de la Maison-Blanche et du Congrès étasunien, ils peuvent se targuer d’avoir créé la société la moins injuste de la planète et d’afficher le meilleur indice de développement humain du Tiers-monde. Néanmoins, la lutte contre la bureaucratie, la corruption, le marché noir, la faible productivité, l’amateurisme en termes de politique économique, la forte dépendance alimentaire et énergétique, les interdictions outrancières, l’insuffisance de débat critique, le rapport nonchalant au travail, restent leur principale priorité. Les Cubains – plus précisément les plus jeunes générations – devront se montrer à la hauteur de la situation et s’adapter aux nouvelles réalités, tout en restant fidèles à leur histoire et leur tradition de lutte et de résistance. Car, pour reprendre les enseignements lucides de l’Apôtre cubain et héros national José Martí, « le premier devoir de tout homme […] est d’être un homme de son temps ».





Salim Lamrani
: Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.  

Son dernier ouvrage s’intitule Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Editions Estrella, 2011, avec un prologue de Wayne S. Smith et une préface de Paul Estrade.

 

Contacto: Salim.Lamrani@univ-mlv.fr  ; lamranisalim@yahoo.fr  

 

 

[1] Andrea Rodriguez, « Raúl Castro pide apoyo a central sindical cubana », Associated Press, 1er noviembre 2010.

[2] Raúl Castro, « Texto íntegro del Informe Central al VI Congreso del PCC », 16 de abril de 2011. http://www.cubadebate.cu/opinion/2011/04/16/texto-integro-del-informe-central-al-vi-congreso-del-pcc/  (site consulté le 20 avril 2011).

[3] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[4] Raúl Castro, « Toda resistencia burocrática al estricto cumplimiento de los acuerdos del Congreso, respaldados másivamente por el pueblo, será inútil », Cubadebate, 1er août 2011.

[5] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[6] Raúl Castro, « Texto íntegro del Informe Central al VI Congreso del PCC », 16 de abril de 2011, op. cit.

[7] Agence France Presse, « Gobierno cubano anuncia reglas para apertura de negocios y despidos », 25 octobre 2010.

[8] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[9] Agence France Presse, « Cuba baja los impuestos y amplia ‘paladares’ para estimular negocios », 27 mai 2011.

[10] Juan Carlos Chávez, « Impuestos en Cuba llegarán hasta el 50 por ciento para trabajadores privados », El Nuevo Herald, 26 octobre 2010.

[11] Paul Haven, « Cuba : Pequeños empresarios, factor clave de reformas económicas », op. cit

[12] Agence France Presse, « Otorgan en Cuba 171,000 nuevas licencias », 21 mars 2011 ; Ivette Fernández Sosa, « Trabajadores por cuenta propia sobrepasan las 300 000 personas », Granma, 21 mai 2011.

[13] Andrea Rodriguez, « Erario cubano comienza a ver resultados de reforma », The Associated Press, 16 mai 2011.

[14] EFE, « Cubanos se preparan para nueva cultura tributaria », 22 octobre 2010.

[15] Mark Frank & Eric Faye, « Cuba dévoile un nouveau code fiscal pour les petites entreprises », Reuters, 22 octobre 2010.

[16] Paul Haven, « Cuba Males Self-Employement Rules Official », Associated Press, 25 octobre 2010 ; Agence France Presse, « Cuba: jusqu’à 50% des revenus des commerces privés soumis à impôt », 25 octobre 2010.

[17] Paul Haven, « Cuba : Pequeños empresarios, factor clave de reformas económicas », op. cit

[18] EFE, « Anuncian nueva política bancaria de créditos », 1er avril 2011 ; Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[19] EFE, « Gobierno cubano da créditos a campesinos », 11 juillet 2011.

[20] Juan Carlos Chávez, « Impuestos en Cuba llegarán hasta el 50 por ciento para trabajadores privados », op. cit.

[21] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[22] Ibid.

[23] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[24] Partido Comunista de Cuba, « Proyecto de lineamientos de la política económica y social », op. cit.

[25] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[26] Agence France Presse, « Cubanos de la isla podrán comprar casas y autos », 1er juillet 2011.

[27] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[28] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[29] Ibid.

[30] Ibid.

[31] Ibid.

[32] Ibid.

[33] Ibid.

[34] Ibid.

[35] Ibid.

[36] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[37] Raúl Castro, « Texto íntegro del Informe Central al VI Congreso del PCC », 16 de abril de 2011, op. cit.

[38] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[39] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[40] EFE, « Cuba libera venta de azúcar y sube precio del arroz », 12 février 2011.

[41] Agence France Presse, « Cuba sube precio de aceite comestible », 2 avril 2011.

[42] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[43] EFE, « La isla recibe al primer millón de turistas en 2011 », 11 avril 2011.

[44] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[45] EFE, « Cuba sube tarifas eléctricas para grandes consumidores domésticos », 29 octobre 2010.

[46] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[47] Ibid.

[48] Agence France Presse, « Raúl Castro elimina subsidios a materiales para reparar y construir casas », 18 novembre 2010.


Salim Lamrani est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Salim Lamrani publiés par Mondialisation.ca

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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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