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 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 20:43

26183.jpgPartie 1 :

La réforme du modèle économique cubain : Causes et perspectives (1/3)
- par Salim Lamrani - 2011-08-23



Les facteurs internes

D’un point de vue national, plusieurs facteurs – dont une partie substantielle sont en lien direct avec l’état de siège imposé par les Etats-Unis – sont à mettre en exergue tels que la bureaucratie, la corruption au niveau intermédiaire – et parfois au plus haut niveau – de la structure étatique entrainant le renforcement du marché parallèle, le manque de débat critique, la faible productivité, l’hypertrophie du secteur public, la production insuffisante de matières premières alimentaires, la décapitalisation de l’industrie et de l’infrastructure productive, ainsi que le vieillissement de la population.

La bureaucratie

La bureaucratie est un réel problème à Cuba et affecte des pans entiers de la société. La presse cubaine, qui a longtemps éludé le sujet, n’hésite désormais plus à en dénoncer l’indolence, l’inefficacité et les dérives. Le principal quotidien du pays, Granma, porte-parole du Parti communiste, a virulemment stigmatisé le poids de la bureaucratie et exhorte à « un changement de mentalité » dans une chronique intitulée « Bureaucratisme, de règle à exception ». Selon l’article, « il y en a encore qui ferment les yeux face au nouveau scénario qui se met en place pour l’économie et la société ». Certains ont « la bureaucratie dans les veines, inoculée comme un virus mortel », alors que d’autres ne souhaitent pas que change « le système d’obstacle, de dilation, d’impunité et l’amende ou le bakchich pour qu’une démarche quelconque arrive à son terme ». Nombre de fonctionnaires « profitent de leurs huit heures quotidiennes de bourreaux rendant la vie impossible » aux citoyens. Granma appelle le gouvernement à mettre un terme à ce « fléau parasitaire au sein de l’administration publique », notamment pour l’application des nouvelles mesures d’élargissement du secteur privé[1].

Le quotidien Juventud Rebelde a également dénoncé une bureaucratie « aux méthodes autocratiques et verticalistes », insensible aux problèmes de la population. Le journal fustige son comportement « impardonnable et paradoxal », notamment en cette période de grands changements à Cuba. Cette dernière ne daigne même pas répondre aux courriers de la population dans plus de 30% des cas et refuse « d’évaluer les problèmes à la racine ». « Un autre élément préoccupant est l’impunité avec laquelle les lois, les normes et même les droits des citoyens sont transgressés, devant les yeux de supérieurs[2] ».

Alfredo Guevara, père du cinéma cubain et ami personnel de Fidel Castro, a approuvé la volonté de réforme du gouvernement et a appelé à mettre fin à l’étatisation outrancière de la société cubaine. « Nous sommes en train de vivre un processus de destruction de l’étatisation de la société et j’espère que nous aurons un Etat qui s’autolimite dans ses fonctions et qui permette à la société de se développer[3] ». Cela permettra d’atteindre « un niveau d’indépendance et de maturité qui sera un grand apport » pour le pays. Guevara a souvent dénoncé la bureaucratie cubaine « absurde et inefficace[4] » ainsi que le paternalisme contre-productif de l’Etat. D’après lui, « la bureaucratie est représentée par des dirigeants inutiles qui pensent que leur tâche consiste uniquement à donner des ordres. L’Etat, ce n’est pas la bureaucratie, mais évidemment un Etat disproportionné crée un phénomène idéologique bureaucratique[5] ».

Le président de la République Raúl Castro a mis en garde les partisans du statu quo, qui refusent le changement : « Nous serons à la fois patients et persévérants face aux résistances au changement, qu’elles soient conscientes ou inconscientes. J’avertis que toute résistance bureaucratique à l’accomplissement stricte des accords du Congrès, massivement soutenus par le peuple, sera inutile[6] ».

La corruption

La corruption est également un phénomène endémique à Cuba et gangrène les niveaux intermédiaires de la structure étatique, y compris les inspecteurs des impôts, et parfois la plus haute hiérarchie[7]. Le marché noir s’est substantiellement développé à Cuba depuis la chute de l’Union soviétique. Elle est principalement due à l’insuffisance du revenu mensuel. Raúl Castro l’a d’ailleurs reconnu sans ambages : « Le salaire est encore clairement insuffisant pour satisfaire tous les besoins, et il a pratiquement cessé de remplir son rôle d’assurer le principe socialiste selon lequel chacun apporte selon  sa capacité et reçoit selon son travail. Cela a favorisé des manifestations d’indiscipline sociale[8] ». Or, toute augmentation du traitement mensuel ne peut survenir qu’en parallèle à une augmentation de la production, laquelle génèrera plus de revenus.

Une étude réalisée en 2005, à la demande expresse de Fidel Castro, avait révélé l’ampleur du vol de combustible dans les 2 000 stations à essence du pays. Durant quarante-cinq jours, les employés de ces points de vente avaient été remplacés par des travailleurs sociaux et renvoyés chez eux, avec le maintien intégral de leur salaire. Le premier rapport rendu public avait montré que plus de 50% de l’essence était détourné. En effet, les revenus quotidiens générés par les 2 000 points de ventes avaient augmenté de 100 000 dollars, soit une croissance de 115% par rapport à la situation antérieure. Dans la province de Santiago de Cuba, les revenus avaient explosé de 553%, illustrant ainsi le fait que plus de 80% du combustible était dérobé à l’Etat et revendu dans l’économie souterraine[9]. Un détournement d’une telle ampleur ne peut être effectué sans la complicité active de hauts-fonctionnaires occupant des postes à responsabilité. Par le passé, plusieurs ministres ont été destitués, traduits en justice et condamnées à de lourdes peines de prison pour corruption et détournements de fonds[10]. Récemment trois ministres ont été limogés pour diverses raisons[11]. Face à ce constat alarmant, Fidel Castro avait mis en garde contre un effondrement total du système : « Ce pays peut s’autodétruire lui-même ; cette Révolution peut s’autodétruire […], nous pouvons la détruire, et ce serait notre faute[12] ».

Raúl Castro, conscient que la corruption n’épargne pas les hauts-fonctionnaires, a envoyé un message clair aux responsables de tous les secteurs : « Il faut mettre un terme définitif au mensonge et à la tromperie dans la conduite des cadres, de tout niveau ». De manière plus insolite, il s’est appuyé sur deux des dix commandements bibliques pour illustrer son propos : « Tu ne voleras point » et « tu ne mentiras point ». De la même manière, il a évoqué les trois principes éthiques et moraux de la civilisation Inca : « ne pas mentir, ne pas voler, ne pas être paresseux », lesquels doivent guider la conduite de tous les responsables de la nation[13]. En effet, le marché noir est alimenté par le détournement massif de marchandises importées par l’Etat et implique forcément de hauts dirigeants. Raúl Castro a été explicite à ce sujet : « Face aux violations de la Constitution et de la légalité établie, il n’y a d’autres alternatives que de recourir au Procureur et aux Tribunaux, comme nous avons déjà commencé à le faire, pour exiger des responsabilités aux contrevenants, quels qu’ils soient, car tous les Cubains, sans exception, sommes égaux devant la loi[14] ».

Gladys Berejano, vice-présidente du Conseil d’Etat et responsable de la lutte anticorruption du gouvernement cubain, a reconnu que le combat contre les malversations restait un défi majeur et l’une des grandes priorités nationales. Selon un récent audit réalisé en 2011, à peine 46% des entités publiques évaluées à Cuba présentaient un bilan acceptable. Dans le reste des agences et entreprises d’Etat, les administrateurs ont falsifié les livres de comptes afin de détourner des articles vers le marché noir, avec la complicité des experts-comptables chargés d’évaluer la santé financière de la structure[15].

L’affaire Esteban Morales est édifiante dans la mesure où elle permet de faire la lumière sur la lutte entre les forces obscures et conservatrices toujours présentes au sein du Parti Communiste Cubain et ses secteurs plus critiques et progressistes. Dans un article publié sur le site Internet de l’Union nationale des écrivains et artistes de Cuba (UNEAC), Esteban Morales, économiste et membre du Parti communiste cubain à la réputation honorable, spécialiste de la question du racisme et des relations avec les Etats-Unis, avait mis en garde en avril 2011 contre le principal danger qui menaçait le processus révolutionnaire cubain : la corruption. Il avait dénoncé l’enrichissement illicite de certains haut-fonctionnaires et membres du gouvernement sans citer de noms, les accusant de préparer le transfert des biens publics entre des mains privées, en cas de chute du régime, dans un processus similaire à ce qui s’était passée dans l’ex Union Soviétique. « Il est indéniable que la contrerévolution prend peu à peu des positions à certains niveaux de l’Etat et du gouvernement ». Il avait cité en exemple la distribution récente de terres en usufruit et les nombreux cas de « fraudes, illégalités, favoritismes, lenteur bureaucratiques » qui se sont ensuivis, ainsi que d’autres cas de hauts-fonctionnaires qui se sont rendus coupables de détournements de fonds et ont ouvert des comptes bancaires à l’étranger[16].

Suite à la publication de cette réflexion sévère et implacable sur la forme mais fondamentalement avérée, Morales a été exclu du Parti Communiste Cubain et son article retiré du site de l’UNEAC. Néanmoins, face au large soutien dont il a bénéficié parmi les membres du Parti – y compris celui de Raúl Castro –, la Commission d’Appel du Comité Central a désavoué la décision prise en première instance et a réintégré Morales dans ses fonctions[17].

La culture du débat

L’absence d’une véritable culture du débat critique à Cuba constitue un frein au développement de la nation. Les plus hauts dirigeants sont conscients cette réalité. Ainsi, Fidel Castro regrette l’unanimité de façade trop souvent présentée, notamment dans la presse cubaine :

Pendant longtemps on a eu tendance ici à supposer que les remarques critiques, la dénonciation de ce qui n’allait pas faisaient le jeu de l’ennemi, aidaient la contre-révolution. Certains ont peur parfois d’informer sur quelque chose en pensant que cela pourrait servir à l’ennemi. Or nous savons pertinemment que le travail des médias est très important dans la lutte contre les faits négatifs. C’est pourquoi nous avons encouragé à l’esprit critique. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il était nécessaire de développer bien davantage l’esprit critique[18].

Raúl Castro a également fustigé les non-dits, la complaisance et la médiocrité. Il a appelé à plus de franchise. « Il ne faut pas craindre les divergences de critères […], les différences d’opinions […], qui seront toujours préférables à la fausse unanimité basée sur la simulation et l’opportunisme. Il s’agit de surcroit d’un droit dont personne ne doit être privé ». Castro a dénoncé l’excès de la « culture du secret à laquelle nous nous sommes habitués durant plus de cinquante ans » pour occulter les erreurs, les défaillances et les manquements. « Il est nécessaire de changer la mentalité des cadres et de tous nos compatriotes[19] », a-t-il ajouté, en proposant de limiter à 10 ans les mandats politiques « afin d’assurer un rajeunissement systématique de toute la chaîne de responsabilité[20] ». A destination des médias, il a tenu les propos suivants :

Notre presse parle assez de cela, des conquêtes de la Révolution, et nous en faisons autant dans les discours. Mais il faut aller au cœur des problèmes […]. Je suis un défenseur à outrance de la fin de la culture du secret car derrière ce tapis doré se cachent nos manquements et ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change. Je me souviens de quelques critiques apparues dans la presse il y quelques années avec mon soutien [...]. Immédiatement, la grande bureaucratie s’est mise en branle et a commencé à protester : « Ces choses n’aident pas et démoralisent les travailleurs ». Quels travailleurs vont être démoralisés ? De même, dans une grande entreprise laitière de l’Etat de Camagüey, Le Triangle, pendant des semaines, on donnait le lait produit à des cochons du coin car le camion citerne était en panne. J’ai alors demandé à un secrétaire du Comité Central de dénoncer cela dans Granma. Certains sont venus me voir pour me dire que ce genre de critiques était contreproductif car cela démoralisait les travailleurs, etc. Mais, ce qu’ils ne savaient pas, c’est que j’en étais à l’origine[21].

Le 1er août 2011, lors de son discours de clôture de la VIIe Législature du Parlement Cubain, Raúl Casto a réitéré la nécessité du débat critique et contradictoire au sein d’une société : « Toutes les opinions doivent être analysées, et quand il n’y a pas consensus, les divergences seront portées auprès des instances supérieures habilitées à prendre une décision ; de plus, personne ne dispose des prérogatives pour l’empêcher[22] ». Il a appelé à mettre fin « à l’habitude du triomphalisme, de l’autosatisfaction et du formalisme dans le traitement de l’actualité nationale et à générer des matériaux écrits et des programmes de télévision et de radio qui par leur contenu et leur style captent l’attention et stimulent le débat au sein de l’opinion publique », afin d’éviter les matériaux « ennuyeux, improvisés et superficiels » au sein des médias[23].

Granma a également fustigé la culture du secret de la part des fonctionnaires qui empêchent la presse cubaine d’informer correctement la population. Ainsi, la collecte d’information devient un véritable parcours du combattant dans un labyrinthe bureaucratique où les autorisations pour tout reportage sont nécessaires. Le quotidien dénonce « l’incompréhension de nombreux fonctionnaires administratifs qui semblent vivre insensibles au droit des citoyens et à l’irritation que cause à la population le fait de ne pas expliquer à temps les raisons d’un phénomène ou d’une mesure ». Les obstacles sciemment érigés dans l’accès à l’information violent « les principes démocratiques » établies par la Constitution de la République. « Offrir une information systématique, véritable, diverse, qui permette d’aborder la réalité dans toute sa complexité, ne constitue pas une faveur mais un droit du peuple », conclut le journal[24].

Le sectarisme

A Cuba, certaines pratiques discriminatoires sont toujours persistantes au plus haut niveau de l’appareil étatique, malgré les efforts déployés par le président de la République lui-même pour y mettre un terme. Raúl Castro a ainsi publiquement dénoncé à la télévision certaines atteintes à la liberté religieuse dues à l’intolérance « encore enracinée dans la mentalité de nombreux dirigeants à tous les niveaux ». Il a évoqué le cas d’une femme, cadre du Parti communiste, au parcours exemplaire, qui a été écartée de ses fonctions, en février 2011, en raison de sa foi chrétienne et dont le salaire a été réduit de 40%, en violation de l’article 43 de la Constitution de 1976 qui interdit tout type de discrimination. Le président de la République a ainsi dénoncé « le mal occasionné à une famille cubaine par des attitudes basées sur une mentalité archaïque, alimentée par la simulation et l’opportunisme ». Rappelant que la personne victime de cette discrimination était née en 1953, date de l’attaque de la caserne Moncada par les partisans de Fidel Castro contre la dictature de Fulgencio Batista, Raúl Castro a tenu les propos suivants :

Je ne suis pas allé au Moncada pour ça […]. J’ai évoqué cette affaire lors de la réunion du 30 juillet, qui marquait également le 54ème anniversaire de l’assassinat de Frank País et de son fidèle compagnon Raúl Pujol. J’ai connu Frank au Mexique, je l’ai revu dans la Sierra, et je ne me souviens pas avoir connu une âme aussi pure que la sienne, aussi courageuse, aussi révolutionnaire, aussi noble et modeste, et m’adressant à l’un des responsables de cette injustice qui a été commise, je lui ai dit : Frank croyait en Dieu et pratiquait sa religion, que je sache il n’avait jamais cessé de la pratiquer, qu’auriez-vous fait de Frank País[25] ?

Pourtant, les relations avec l’Eglise catholique romaine n’ont jamais été aussi bonnes depuis le triomphe de la révolution en 1959. Le scénario de confrontation avec les institutions religieuses a peu à peu laissé place au dialogue, limant ainsi les aspérités du passé où « les deux parties ont fait preuve d’excès ». Raúl Castro a ainsi virulemment condamné ces pratiques « qui portent atteinte à notre principal arme pour préserver l’indépendance et la souveraineté nationale, c’est-à-dire, l’Unité de la Nation ». Selon lui, il est urgent de briser « la barrière psychologique formée par l’inertie, l’immobilisme, la simulation ou la double morale et l’insensibilité » qui conduit à tout type d’abus. « Notre pire ennemi n’est pas l’impérialisme et encore moins ses salariés présents sur notre sol, mais nos propres erreurs. Si elles sont analysées en profondeur et avec honnêteté, elles se transformeront en leçons[26] ».

 
Une productivité faible

La productivité est également un problème endémique dans une société habituée à recevoir la même rémunération quelle que soit la qualité et la quantité du travail fourni. Les employés du secteur public ne s’intéressent guère aux problématiques de productivité et d’efficience. Il y en en effet « une absence de culture économique chez la population ». Par ailleurs, la soviétisation de l’économie cubaine à partir de 1968, avec la nationalisation de tous les petits commerces, a eu des conséquences désastreuses pour le pays en termes de rendement. Au lieu d’adapter la politique économique aux particularités nationales, Cuba avait suivi par mimétisme le modèle russe. Raúl Castro admet désormais l’erreur dictée à la fois par l’inexpérience de la direction de la nation et par le contexte géopolitique de l’époque : « Nous ne pensons pas copier de nouveau quelqu’un, car cela nous a causé de nombreux problèmes par le passé et, par-dessus le marché, nous avions mal copié[27] ». Le gouvernement cubain est lucide au sujet de ses manquements en matière économique. Il reconnaît que « la spontanéité, l’improvisation, la superficialité, le non-accomplissement des objectifs, le manque de profondeur dans les études de faisabilité et le manque de vision intégrale pour entreprendre un investissement » portent un grave préjudice à la nation[28].

Cuba dispose de terres extraordinairement fertiles et pourrait être un exportateur de matières premières alimentaires. Au lieu de cela, Cuba importe 83% des produits alimentaires qu’elle consomme. Par exemple, Cuba importe chaque année 47 millions de dollars de café alors qu’il serait parfaitement possible d’en produire à Cuba d’une excellente qualité. En 1975, le Vietnam, au sortir de la guerre, avait sollicité l’aide cubaine pour produire du café. Le Vietnam est désormais le second exportateur de café au monde…grâce à l’expérience et au savoir-faire cubains. Un diplomate vietnamien a fait part de sa surprise à son homologue cubain face à cette contradiction : « Comment est-il possible que vous nous achetiez du café alors que vous nous avez appris à le semer[29] ? ». Il y a une raison à cela : Sur les 6,6 millions d’hectares de surface agricole, 3,6 millions restaient en jachère ou sous-exploités en 2008[30].

La politique agricole du gouvernement révolutionnaire a ainsi été l’un de ses plus graves échecs. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer cette dépendance stratégiquement dangereuse. Tout d’abord, le métier de la terre est par définition un travail difficile et ingrat, surtout dans une société qui a atteint un niveau de développement humain sans précédant dans l’histoire de l’Amérique latine et du Tiers-monde. Il est en effet difficile de convaincre des citoyens ayant obtenu des diplômes universitaires d’aller produire du café ou du blé pour obtenir, de toute façon, le même salaire qu’un employé de bureau. Pour cela, il est indispensable « que les agriculteurs obtiennent des revenus justes et raisonnables pour leur dur labeur[31] », comme l’a rappelé le président cubain. Ainsi, depuis 2008, sur un fonds disponible de 1,8 millions d’hectares de terres non cultivées, plus d’un million a été concédé – pour des surfaces allant de 13 à 40 hectares – en usufruit gratuit pour une période de 10 ans pour les particuliers et de 25 ans pour les coopératives. De la même manière, le gouvernement a décidé de baisser de 60% le prix du matériel et des produits agricoles afin d’inciter la population à investir ce domaine[32].

L’hypertrophie du secteur public et la faiblesse de l’infrastructure productive

L’hypertrophie du secteur public est une réalité indéniable. En effet, l’Etat emploie près de 84% de la population active, qui s’élève à 5,2 millions de personnes. La fonction publique se charge de fournir un emploi aux Cubains, même si certains secteurs sont saturés. Le suremploi permet d’obtenir une certaine stabilité sociale mais près d’un million d’emplois sont considérés comme peu ou pas productifs[33].

La décapitalisation de l’industrie et de l’infrastructure productive constitue un sérieux obstacle économique. Cuba a un besoin urgent de nouveaux investissements, notamment en capitaux étrangers. Néanmoins, les menaces de sanctions en provenance des Etats-Unis freinent les potentiels investisseurs[34].

 

Une transition démographique avancée

Cuba se trouve enfin à stade de transition démographique avancée, tout comme des pays tels que l’Argentine, l’Uruguay ou le Chili, en raison de son indice de développement humain élevée. Le pays est donc confrontée au vieillissement de sa population, dont l’espérance de vie est de près de 80 ans. Selon le Bureau national des statistiques (ONE), près de deux millions de personnes ont plus de 60 ans, soit 17,8% de la population du pays. Dans vingt ans, le chiffre passera à 30%[35]. Cuba compte actuellement 1 551 centenaires et doit faire face non seulement au problème du financement des retraites – l’âge de départ est passé de 55 ans à 60 ans pour les femmes et de 60 ans à 65 ans pour les hommes en 2009 –, mais également au danger de non-renouvellement générationnel qui affecte l’économie et la société. En effet, le nombre d’habitants a diminué en 2010 en raison du faible taux de natalité[36].


Suite :« Les mesures économiques et sociales » :

La réforme du modèle économique cubain : Causes et perspectives (3/3)
- par Salim Lamrani - 2011-08-26
 

 

Salim Lamrani : Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Editions Estrella, 2011, avec un prologue de Wayne S. Smith et une préface de Paul Estrade.

Contacto: Salim.Lamrani@univ-mlv.fr  ; lamranisalim@yahoo.fr   

 

 Notes 

[1] Félix López, « Burocratismo, de regla a excepción », Granma, 29 janvier 2011 ; EFE, « Diario oficial arremete contra burócratas », 29 janvier 2011

[2] José Alejandro Rodríguez, « Menos respuestas cuando más se necesitan », Juventud Rebelde, 6 juillet 2011.

[3] Agence France Presse, « Figura histórica del castrismo aplaude la ‘desestatización », 23 novembre 2010.

[4] Agence France Presse, « Transición del ‘disparate’ al socialismo, dice Guevara », 24 juin 2011

[5] Agence France Presse, « Figura histórica del castrismo aplaude la ‘desestatización », op. cit.

[6] Raúl Castro, « Toda resistencia burocrática al estricto cumplimiento de los acuerdos del Congreso, respaldados másivamente por el pueblo, será inútil », Cubadebate, 1er août 2011.

[7] Agence France Presse, « Fisco cubano combatirá corrupción de inspectores », 26 juillet 2011.

[8] Raúl Castro Ruz, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op. cit.

[9] Andrea Rodriguez, « Castro revela cifras de robo de combustible en Cuba », Associated Press, 7 décembre 2005.

[10] Esteban Morales, « Corrupción: ¿La verdadera contrarrevolución? », Progreso Semanal, 20 avril 2010 ; Mauricio Vicent, « Corrupción al modo cubano », El País, 16 mai 2010 ; Agence France Presse, « Cuba condena a veinte años de cárcel a empresario chileno Max Marambio », 5 mai 2011.

[11] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit., Granma, « Electa Teresita Romero vicepresidenta de la Asamblea Provincial del Poder Popular en Sancti Spíritu », 2 avril 2011 ; EFE, « Destituciones por corrupción en gobierno de Sancti Spíritu », 2 avril 2011.

[12] Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto por el aniversario 60 de su ingreso a la universidad, efectuado en el Aula Magna de la Universidad de La Habana », 17 novembre 2005. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/2005/esp/f171105e.html  (site consulté le 2 avril 2011).

[13] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[14] Raúl Castro, « Toda resistencia burocrática al estricto cumplimiento de los acuerdos del Congreso, respaldados másivamente por el pueblo, será inútil », Cubadebate, 1er août 2011.

[15] Juan O. Tamayo, « Régimen cubano reconoce aumento de corrupción », 22 juin 2011.

[16]Esteban Morales, « Corrupción : ¿la verdadera contrarrevolución », Unión Nacional de Escritores y Artistas de Cuba, 8 avril 2011. http://www.uneac.org.cu/index.php?module=noticias&act=detalle&tipo=noticia&id=3123  (site consulté le 11 août 2011).

[17] Andrea Rodriguez, « Cuba : comunistas reincorporan a académico expulsado por críticas », The Associated Press, 8 juillet 2011.

[18] Ignacio Ramonet, Fidel Castro. Biographie à deux voix, Paris, Fayard/Galilée, 2007, p. 516.

[19] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[20] Raúl Castro, « Texto íntegro del Informe Central al VI Congreso del PCC », 16 avril 2011. http://www.cuba.cu/gobierno/rauldiscursos/2011/esp/r160411e.html  (site consulté le 3 juin 2011).

[21] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[22] Raúl Castro, « Toda resistencia burocrática al estricto cumplimiento de los acuerdos del Congreso, respaldados másivamente por el pueblo, será inútil », Cubadebate, 1er août 2011.

[23] Raúl Castro, « Texto íntegro del Informe Central al VI Congreso del PCC », 16 de abril de 2011. http://www.cubadebate.cu/opinion/2011/04/16/texto-integro-del-informe-central-al-vi-congreso-del-pcc/ (site consulté le 20 avril 2011).

[24] Anneris Ivette Leyva, « El derecho a la información », Granma, 8 juillet 2011.

[25] Raúl Castro, « Toda resistencia burocrática al estricto cumplimiento de los acuerdos del Congreso, respaldados másivamente por el pueblo, será inútil », Cubadebate, 1er août 2011.

[26] Ibid.

[27] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[28] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[29] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[30] Andrea Rodriguez, « Rebajan precios de insumos agrícolas en Cuba », The Associated Press, 5 août 2011. Voir également le témoignage d’un agriculteur : Ventura de Jesús, « Un buen agricultor suburbano », Granma, 21 mai 2011.

[31] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[32] Andrea Rodriguez, « Rebajan precios de insumos agrícolas en Cuba », op. cit.

[33] Paul Haven, « Cuba : Pequeños empresarios, factor clave de reformas económicas », The Associated Press, 31 janvier 2011.

[34] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.

[35] EFE, « El envejecimiento poblacional en Cuba continuó en aumento en 2010 », 7 juillet 2011.

[36] Agence France Presse, « Aumenta cantidad de centenarios y disminuyen nacimientos en Cuba », 20 mai 2011. Voir également EFE, « Centenarios cubanos develan secreto de la longevidad », 27 mai 2011.


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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 20:40

26160.jpgConfrontée à des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle, à la crise financière globale et à un problème récurrent de productivité, Cuba se trouve dans l’obligation de réformer en profondeur son système socio-économique afin de préserver ses acquis sociaux et son mode de vie. Si les facteurs externes expliquent en partie les difficultés auxquelles se trouve confrontée la société cubaine, il est impossible d’en éluder les responsabilités internes. Comme l’a souligné le président cubain Raúl Castro lors du IXe Congrès de l’Union des Jeunes Communistes le 4 avril 2010, « la bataille économique constitue aujourd’hui, plus que jamais, la tâche principale […] des cadres car d’elle dépend la durabilité et la préservation de notre système social[1] ». Quelques mois plus tard, le 18 décembre 2010, lors d’une intervention devant le Parlement cubain, Raúl Castro a tenu un discours plus alarmiste et a mis le gouvernement et les citoyens face à leurs responsabilités : « Soit nous rectifions [ce qui ne marche pas,] soit nous coulons après avoir trop longtemps bordé le précipice[2] ». Le leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro, a approuvé cette analyse et a apporté son soutien au processus d’actualisation du système économique[3]. L’alternative est claire : le modèle économique cubain doit urgemment subir des changements structurels et conceptuels profonds sous peine d’effondrement.

Les facteurs externes

Le principal obstacle au développement économique du pays reste les sanctions économiques que Washington impose de façon unilatérale à La Havane depuis juillet 1960, lesquelles affectent les catégories les plus vulnérables de la population cubaine et tous les pans de la société. Unanimement condamnées pour la 19ème fois consécutive par 187 pays en octobre 2010, lors de la réunion de l’Assemblée générale des Nations unies, les sanctions économiques, en plus de bloquer tout commerce substantiel entre les deux nations (sauf certaines matières premières alimentaires depuis 2000), revêtent également un caractère rétroactif et extraterritorial. En effet, depuis l’adoption de la loi Torricelli en 1992, de la loi Helms-Burton en 1996 ainsi que des nouvelles restrictions imposées par l’administration Bush en 2004 et 2006, le commerce avec les pays tiers s’en trouve fortement affecté[4].

Ainsi, depuis 1992, toute embarcation accostant à un port cubain se voit interdire l’entrée aux Etats-Unis pendant six mois, ce qui engendre un surcoût important pour Cuba, qui dépend essentiellement du transport maritime en raison de son insularité. De la même manière, depuis 1996, tout entrepreneur étranger investissant à Cuba sur des terres nationalisées en 1959 risque de voir ses avoirs gelés aux Etats-Unis. Par ailleurs, depuis 2004, tout constructeur automobile, quelle que soit sa nationalité, doit démontrer au Département du Trésor que ses produits ne contiennent pas un seul gramme de nickel cubain pour pouvoir les vendre sur le marché étasunien. Il en est de même pour toutes les entreprises agroalimentaires souhaitant investir le marché étasunien. Danone, par exemple, devra démontrer que ses produits ne contiennent aucune matière première cubaine. Ces mesures rétroactives et extraterritoriales privent ainsi l’économie cubaine de nombreux capitaux et les exportations cubaines de nombreux marchés à travers le monde[5].

D’un autre côté, les crises économique, financière, énergétique, alimentaire et environnementale ont eu un impact désastreux sur les pays en voie de développement en général et Cuba en particulier. L’envolée des prix des matières premières alimentaires, dont le prix a été multiplié par deux depuis 2007 et dont l’île dépend à 83%, ainsi que la baisse du cours des ressources minérales que Cuba exporte (tel que le nickel dont le cours a chuté de plus de 50%) ont déséquilibré la balance des paiements et fortement réduit les liquidités disponibles. Ainsi, entre 1997 et 2009, Cuba a subi une perte nette de plus de 10 milliards de dollars en raison de la dégradation des termes de l’échange et a vu son pouvoir d’achat se réduire de 15%. Par ailleurs, Cuba se voit interdire tout accès à des financements externes auprès du Fonds monétaire international ou de la Banque mondiale, en raison des sanctions économiques. Les Cubains de l’étranger, des Etats-Unis en particulier, ont réduit le montant de leurs transferts d’argent vers l’île en raison de la récession économique. Les revenus du tourisme ont également chuté pour les mêmes motifs[6].

A cela s’ajoutent les catastrophes naturelles – seize cyclones au total – qui, entre 1998 et 2008, ont causé des dégâts d’un montant supérieur à 20 milliards de dollars[7]. Ainsi, l’ouragan Gustav qui a frappé les Caraïbes à la fin du mois d’août 2008 a eu un coût matériel dramatique. Les provinces de Pinar del Río, Matanzas et de l’île de Jeunesse ont offert un spectacle de ruine et de désolation. Des 25 000 logements que compte l’Île de la Jeunesse, 20 000 ont été partiellement ou totalement détruits. Près de 45% des habitations de Pinar del Río, soit 102 000 logements, ont été gravement endommagées. Fidel Castro avait comparé les dégâts causés par le cyclone à « une attaque nucléaire[8] ». Pour sa part, l’ouragan Ike de septembre 2008 a détruit, entre autres, 323 000 logements, 700 000 tonnes d’aliments, une grande partie de l’infrastructure électrique et les réserves d’eau potable.[9] Par ailleurs, les précipitations irrégulières entre novembre 2008 et juin 2010 ont affectés les cultures agricoles et réduit les possibilités d’exportations de certaines matières premières alimentaires (tabac, rhum, sucre)[10].

Ces aléas ont amenés les autorités cubaines à bloquer les transferts financiers vers l’extérieur à partir de 2008 afin d’éviter une fuite des capitaux étrangers. La Havane a également été contraint de renégocier sa dette face aux difficultés de paiement. Quant à la croissance, elle a été de 2,1% pour l’année 2010[11].

 

À suivre :

-« Les facteurs internes » 2/3 :

 

La réforme du modèle économique cubain : : Causes et perspectives 2/3
- par Salim Lamrani - 2011-08-24


-« Les mesures économiques et sociales » 3/3 :
La réforme du modèle économique cubain : Causes et perspectives (3/3)
- par Salim Lamrani - 2011-08-26

Salimm Lamrani : Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Editions Estrella, 2011, avec un prologue de Wayne S. Smith et une préface de Paul Estrade. 

Contacto: Salim.Lamrani@univ-mlv.fr  ; lamranisalim@yahoo.fr  

 

Notes

[1] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, y Segundo Secretario del Comité Central del Partido Comunista de Cuba, en la clausura del IX Congreso de la Unión de Jóvenes Comunistas », República de Cuba, 4 avril 2010. http://www.cuba.cu/gobierno/rauldiscursos/2010/esp/r030410e.html  (site consulté le 26 mars 2011).

[2] Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », República de Cuba, 18 décembre 2010. http://www.cuba.cu/gobierno/rauldiscursos/2010/esp/r181210e.html  (site consulté le 2 avril 2011).

[3] Agence France Presse, « Fidel Castro apoya cambios impulsados por su hermano Raúl », 18 novembre 2010.

[4] Salim Lamrani, État de siège, Paris, Éditions Estrella, 2011.

[5] Ibid.

[6] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », Prensa Latina 18 avril 2011. http://www.prensa-latina.cu/Dossiers/LineamientosVICongresoPCC.pdf  (site consulté le 20 avril 2011). Voir également Andrea Rodriguez, « Alza de precio de alimentos afecta a Cuba », The Associated Press, 15 avril 2011.

[7] Ibid.

[8] Fidel Castro, « Un golpe nuclear », Granma, 3 septembre 2008 ; Ronald Suárez Rivas, « Housing, the Greatest Challenge », Granma, 2 septembre 2008.

[9] Marta Hernández, « Más de 320 000 casas dañadas », Granma, 11 septembre 2008. Orfilio Pelaez, « Pérdidas millonarias en la vivienda », Granma, 13 septembre 2008 ; Granma, « Cuba prioriza alimentación de damnificados por huracán Gustav », 5 septembre 2008, Prensa Latina, « Cuba prosigue evaluación de daños y recuperación tras huracán Ike », 11 septembre 2008 ; Freddy Pérez Cabrera, « Recuperar todo lo relacionado con la producción de alimentos », Granma, 11 septembre 2008 ; EFE, « Los supermercados de La Habana presentan problemas de abastecimiento », 16 septembre 2008 ; Wilfredo Cancio Isla, « Perdidas 700,000 toneladas de alimentos », El Nuevo Herald, 12 septembre 2008 ; The Associated Press, « Cuba Estimates Gustav, Ike Damages at US$5 Billion », 16 septembre 2008 ; Granma, « Información oficial de datos preliminares sobre los daños ocasionados por los huracanes Gustav e Ike », 16 septembre 2008.

[10]Raúl Castro, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular, en el Palacio de Convenciones, el 18 de diciembre de 2010, “Año 52 de la Revolución” », op.cit.

[11] Ibid.


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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:44

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



5-cub.jpgLe Sénat belge a exigé l'intervention du gouvernement des États-Unis pour en finir avec l'injustice dont sont victimes les Cinq, à travers une résolution adoptée après plusieurs années de travail inlassable du Comité belge pour la libération des anti-terroristes cubains.



La résolution, élaborée par la sénatrice du Parti socialiste Fatiha Saïdi, fut adoptée début juillet et rendue publique récemment.



La sénatrice Fatiha Saïdi a pris cette initiative après une seconde rencontre en octobre 2010 avec Olga Salanueva et Adriana Pérez, épouses de René González et Gerardo Hernández, au Parlement fédéral belge. Lors de cette rencontre étaient présents des députés et sénateurs de sept partis politiques : les partis sociaux-démocrates sp.a et PS, les partis démocrates-chrétiens cdH et CD&V, le parti nationaliste flamand N-VA et les partis écologistes Groen ! et Ecolo.



La résolution fut présentée à la Commission des affaires étrangères du Sénat par la sénatrice Fatiha Saidi et la sénatrice et ancienne ministre Marie Arena et a obtenu le soutien de 48 sénateurs issus de neuf partis politiques. On a seulement enregistré 3 votes contre et 2 absentions.



Dans la résolution, les sénateurs constatent que les Cinq endurent des peines sévères, suite à un procès qui a été remis en cause par Amnesty International, par le Groupe de travail sur les détentions arbitraires de l'ONU et par de nombreuses ONG. Ils constatent également que les droits de visite des proches sont violés.



Désormais qu'on arrive au bout des recours par la voie judiciaire classique, les sénateurs Belges prennent en considération le pouvoir dont dispose le président des États-Unis à accorder la grâce, à réduire les peines ou à annoncer une amnistie comme ultime recours pour obtenir la liberté des Cinq.



Les sénateurs belges demandent à leur gouvernement d'utiliser toute l'influence diplomatique à leur disposition pour obtenir la libération des Cinq et mettre la question à l'ordre du jour des réunions bi-latérales avec les États-Unis.



Ils demandent également au gouvernement de faire savoir à l'ambassadeur des États-Unis en Belgique que les belges sont préoccupés par la situation de ces hommes, leur détention et leurs conditions de détention. Ils demandent aussi de lui transmettre la requête du Parlement belge au Président des États-Unis afin qu'il gracie les « Cinq de Miami », commue la peine en une peine plus légère, ou les soumette à un procès juste dans un autre État.



Les sénateurs belges concluent en invitant leur gouvernement à présenter cette résolution aux autorités des États-Unis (Congrès et Sénat des Etats-unis et Président des Etats-unis) pour les informer des préoccupations du peuple belge concernant le sort des « Cinq de Miami ».



Une résolution similaire fut présentée à la Commission des affaires étrangères de la Chambre du Parlement belge, où on attend sa mise au débat.



Article initial de Katrien Demuynck, publié sur le site CubaDebate

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 19:47

A-copie-4.png

http://cubasilorraine.over-blog.org/article-et-moi-qui-ne-m-attendais-a-aucune-surprise-ou-comment-est-il-possible-que-cuba-soit-encore-debou-77859751.html

 

 

(A propos de mon séjour à Cuba en mai 2011)


Ricardo Infante Caminal, d’Uruguay


J’AI pas mal d’années de vie sur ce monde, camarades. Trop même. Et avec le temps, on se laisse moins surprendre par les aléas de l’existence. La réalité quotidienne nous a mis à rude épreuve, et, lorsque nos modestes espoirs de tendre une main semblent s’être dissipés, nous voilà bousculés par l’imprévu !

 

Je dois dire que je m’étais pas mal informé sur le sujet, et s’il est une chose que je croyais connaître de A à Z, c’est bien la révolution cubaine.

 

J’avais consacré des milliers d’heures à écouter, lire et m’informer sur cet événement qui chaque jour semble vouloir défier la logique ou le « naturel ».

Parce que tout a été et reste une « belle folie ». Une Révolution à seulement 90 milles marins du plus grand empire de l’histoire ? De la folie ! Attaque de la caserne Moncada avec 135 hommes mal armés ? De la folie ! Débarquement du yacht Granma avec 82 hommes pour livrer (et gagner !) leur premier combat avec les 12 survivants ? De la folie totale !

 

Parce qu’à Cuba les choses sont comme ça, et pas autrement. Les gens semblent avoir rayé le mot « impossible » de leur dictionnaire. On test, on change, on insiste… Et si cela ne donne rien on recommence. A la fin, les choses finissent par rentrer dans l’ordre, de gré ou de force… Peuvent-ils faire autrement ?

 

Mais j’étais au courant de tout cela. J’ai voulu me rendre sur place en simple observateur, pour faire du « tourisme révolutionnaire », comme on dit.

 

Mais mes projets ont lamentablement échoué. Et ce dès le premier jour. Un lecteur avisé pourrait penser que cette chronique est un « piège » pour attirer l’attention sur ce qui s’offre à leurs yeux comme un cliché. Ceux qui croient tout savoir sur Cuba (comme moi) se posent dès lors la même question : Comment est-il possible que Cuba soit encore debout ?

 

Parce que quand on regarde le panorama international et qu’on voit des pays entiers s’effondrer comme des châteaux de cartes face à l’imposante machine impériale, chaque jour plus sophistiquée et destructrice, pilonnant des villages et des villes, à l’aide de porte-avions, de tanks, de missiles et tout autre moyen servant à détruire, écraser, terroriser le genre humain… On ne peut s’empêcher de trembler pour Cuba ! Car que chaque fois que le royaume de la terreur se lance dans une nouvelle aventure, on ne peut s’empêcher de craindre pour Cuba.

 

Cependant, ici les gens affichent une telle assurance qu’on a toujours l’impression que rien ne peut les perturber. Comment expliquer ce paradoxe ? Alors que je me résignais à mourir sans avoir eu le temps de découvrir ce secret, l’un de ces gens gais et fiers m’a dit, tout sourire : « Ici les yankees ont déjà taté de nos fusils, monsieur ». Et je sentais qu’il ne plaisantait pas.

 

Pour la première fois j’ai pu découvrir les ingrédients d’une réalité dont on a de cesse de rabâcher le nom, sans savoir vraiment de quoi il s’agit. Cette réalité s’appelle RÉVOLUTION.

 

J’ai pu voir cette Révolution dans chaque chose, dans chaque foyer, dans chaque personne. Parce que les Cubains sont conscients que les révolutions commencent chez chaque individu. Et qu’elles se doivent de refléter nos valeurs et nos principes.

 

J’ai fait 25 heures de film. A beau mentir qui vient de loin, dit le proverbe. Je savais qu’à mon retour au pays je ne pourrais pas résister à raconter tout ce que j’ai vu ici.

 

Me croirait-on dis je disais que lorsque j’ai demandé à un chauffeur de taxi (je suis moi-même chauffeur de taxi) s’il y avait beaucoup d’attaques visant les taxis, il m’a répondu, incrédule :

 

Mais, monsieur, qui aurait l’idée d’attaquer un taxi ?

Quand je lui ai expliqué que chez nous les taxis étaient munis d’une vitre de séparation blindée et que deux ou trois collègues se faisaient tuer chaque année, il n’a pas voulu me croire et m’a répondu : « Si c’est comme ça, c’est tous des mafieux dans ton pays. Vous devez tous être armés jusqu’aux dents ! » Tout est filmé.

J’aimerais maintenant aborder un sujet qui me tient à cœur.

 

LES CINQ PRISONNIERS DE L’EMPIRE


A notre arrivée, on nous a annoncé qu’il y avait un spectacle d’enfants dans le quartier de la Vieille ville. C’était facultatif. J’aurais préféré m’en passer pour pouvoir découvrir le pays, parler aux gens. En bon touriste… Mais décliner l’invitation m’a semblé un manque de courtoisie.

 

Le théâtre s’appelait La Colmenita (La petite ruche). C’était une version du bâtiment précédent qui avait brûlé – j’ignore dans quelles circonstances – et portait le même nom. Aujourd’hui c’est le siège d’une troupe de théâtre enfantine assez nombreuse.

 

Le théâtre était plein à craquer et j’ai été surpris par le nombre d’étrangers présents dans la salle. Beaucoup d’Américains, d’Allemands, de Néerlandais… Bref, nous étions nombreux.

 

Un orchestre (composé d’enfants) a interprété (très bien) des chansons cubaines que nous connaissions tous. Les percussions étaient à la fête, mais chaque instrument avait son espace.

 

Ensuite les enfants ont interprété une pièce de théâtre intitulée Abracadabra. C’est l’histoire d’une jeune institutrice qui refuse qu’on lui impose des concepts dépassés. On voit la discussion avec le directeur, et les enfants qui prennent le parti leur institutrice. Elle leur donnera des devoirs à faire.

 

LA SIGNIFICATION DU MOT ESSENCE


Et trouver des exemples, bien entendu. Je ne vais pas tous les raconter, mais après de nombreuses situations empreintes d’une profonde tendresse, avec un premier acteur âgé de quatre ans seulement, les acteurs et le public découvrent que l’essentiel maintenant pour la patrie est le retour des cinq prisonniers cubains. Le « comment » est quelque chose qu’il faut voir, qu’on ne peut décrire.

 

Au baisser du rideau, nous étions tous profondément émus. Et à notre grande surprise les enfants sont venus se mêler au public pour nous remercier. Nous sommes partis très impressionnés, et nous avons été surpris d’apprendre qu’il y avait déjà des troupes La Colmenita dans plusieurs pays. Vous pouvez consulter le net.

 

 

Mais ce n’est pas tout. Dans ce pays du « jamais plus ! » qui n’a pas besoin de publicité, il y a de nombreuses pancartes à l’effigie des cinq camarades incarcérés. Les légendes : Nous les voulons parmi nous ! Ils ont confiance en nous ! Dans tout Cuba, des pancartes réclament la libération immédiate des cinq héros injustement prisonniers. La loyauté envers les camarades est l’un des grands principes de la Révolution cubaine.

 

(Tiré de http://postaportenia.blogspot.com/)

Source : Granma

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 20:54

t_libro_che_800-85f32.jpgTraduction AC pour http://solidarite-internationale-pc...



Les carnets inédits du guérillero Ernesto ’Che’ Guevara, présentés aujourd’hui à la Havane, montrent un homme « courageux et cultivé », selon les mots d’un des combattants qui a lutté avec lui dans la Sierra Maestra.

L’ouvrage de 303 pages avec 40 photos et fac-similés, intitulé le Journal d’un combattant, et dédié au 83ème anniversaire de la naissance du médecin et guérillero né à Rosario, en Argentine, contient des notes recueillies par le ’Che’ au cours de la période comprise entre le débarquement du Granma (1956) et le triomphe de la révolution cubaine (1959).

« Tout ce que j’ai appris et j’ai fait dans ma vie, je le dois à l’enseignement du Che », a déclaré à l’ANSA Oscar Fernández Mell, médecin et compagnon du guérillero dans la Sierra Maestra et dans le groupe de guérilleros qu’a commandé Guevara au Congo, avant de se rendre en Bolivie, où il est mort assassiné par un militaire après avoir été capturé en octobre 1969.

Fernández Mell fut le principal intervenant lors de la présentation du volume, devant plus d’une centaine de personnes, parmi elles Aleida March, la seconde épouse de l’argentin et présidente du Centre d’études Che Guevara, qui a recueilli et préparé les textes en vue de leur publication.

Il a raconté devant l’auditoire qu’en pleine guerre il a dû voyager avec Guevara à bord d’un véhicule défectueux par des chemins de terre, le long des falaises, lors d’une nuit d’orage : « Dans un moment de tension, il m’annonça sans lâcher le volant : après, je vais te dire quelque chose (…) Quand nous sommes enfin arrivés à destination, je lui demandai ce qu’il avait à me dire. Il me répondit : c’est la première fois que je conduis. »

« Le livre qui est déjà distribué à Cuba, se vendra bientôt dans toute l’Amérique latine grâce à la maison d’édition australienne Ocean Press. Il y aura également une édition en anglais », a déclaré à l’ANSA Maria del Carmen Ariet, du Centre d’études Che Guevara.

Ariet a souligné que « nous avons reçu les encouragements et l’aval de Fidel » pour publier ces carnets.

Article paru initialement sur le site CubaDebate

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 11:18

china-c102-scott-748-749-15th-anniv-liberation-of-cuba-01fa.jpgLa Chine continue d'entretenir de bonnes relations avec Cuba au niveau politique, et la coopération économique et commerciale entre les deux pays se développe rapidement, a indiqué Liu Yuqin, ambassadrice de Chine à Cuba.

Mme Liu a tenu ces propos lors d'une interview accordée à l'agence Xinhua avant la prochaine visite du vice-président chinois Xi Jinping à Cuba. M. Xi se rendra à La Havane samedi soir.

"Ces dernières années, les relations sino-cubaines se portent bien dans différents domaines, et ont été marquées par de fréquentes visites de haut niveau", a-t-elle fait remarquer.

Parlant du développement rapide des relations économiques et commerciales bilatérales, Mme Liu a indiqué que la Chine est devenue le second plus grand partenaire commercial de Cuba après le Venezuela, tandis que Cuba constitue l'un des principaux partenaires commerciaux de la Chine en Amérique latine.

Par ailleurs, après avoir cité un projet de coopération agricole mis en oeuvre à Cuba, elle a indiqué que les deux pays avaient également mis au point des projets en Chine, précisant qu'à Beijing, la capitale de la Chine, les deux parties fabriquent conjointement des médicaments contre le cancer, alors que dans le nord-est de la Chine, ils opèrent d'autres joint-ventures dans le secteur pharmaceutique.

En ce qui concerne les relations politiques, Mme Liu a noté que Cuba avait établi des relations diplomatiques avec la Chine dans les années 1960, devenant ainsi le premier pays en Amérique latine à avoir des relations diplomatiques avec la Chine.

A propos de la réforme économique cubaine, Mme Liu a estimé que le processus de réforme était "extrêmement positif".

"Cuba explore une voie de développement adaptée à ses conditions nationales", a-t-elle conclu.

Agence de presse Xinhua     2011/06/04

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 18:47

manipulation_titre.jpgcliquez sur l'image

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 11:59

Z.pngCeux qui s’occupent de ce genre de questions savent que le 11 septembre 2001 notre peuple s’est solidarisé avec celui des États-Unis et lui a offert la modeste coopération en matière de santé que nous pouvions offrir aux victimes du brutal attentat contre les tours jumelles de New York.

Nous avons également tout de suite mis les pistes aériennes de notre pays à la disposition des avions nord-américains qui n’auraient pas où atterrir étant donné le chaos qui régnait durant les premières heures après l’attentat.

La position historique de la Révolution cubaine, qui s’est toujours opposée aux actions pouvant mettre en danger la vie des civiles, est bien connue.

Partisans décidés de la lutte armée contre la tyrannie de Batista, nous étions en revanche opposés par principe à tout acte terroriste pouvant provoquer la mort de personnes innocentes. Cette conduite que nous avons maintenue pendant plus d’un demi siècle nous donne le droit d’exprimer notre point de vue sur cette question délicate.

Lors d’un meeting à la Cité des sports de La Havane, j’avais exprimé ce jour-là ma conviction que jamais le problème du terrorisme international ne pourrait être résolu par la violence et la guerre.

À ce propos, cet homme fut pendant des années un ami des États-Unis, qui lui firent suivre un entraînement militaire, et un adversaire de l’URSS et du socialisme ; mais quelles que soient les actions attribuées à Ben Laden, l’assassinat d’un être humain désarmé et entouré de membres de sa familles est un acte exécrable. Et c’est apparemment ce qu’a fait le gouvernement de la nation la plus puissante qui ait jamais existé.

Le discours soigneusement préparé par Obama pour annoncer la mort de Ben Laden signale : « … et nous savons aussi que les pires images sont celles qui n'ont pas été vues par le monde entier. La chaise vide au dîner. Les enfants qui ont dû grandir sans leur mère ou leur père. Les parents qui ne pourront plus jamais tenir leurs enfants dans leurs bras. Près de 3 000 concitoyens nous ont été arrachés, nous laissant un vide terrible dans le cœur. »

Ce paragraphe laisse transparaître une vérité dramatique, mais il ne peut empêcher des milliers d’honnêtes gens de penser aux guerres injustes déclenchées par les États-Unis en Irak et en Afghanistan, aux centaines de milliers d’enfants qui ont été obligés de grandir sans leur père ou leur mère, et aux parents qui plus jamais ne pourront embrasser leurs enfants.

Des millions de citoyens ont été contraints de quitter leur pays : en Irak, en Afghanistan, au Vietnam, au Laos, au Cambodge, à Cuba et dans de nombreux pays du monde.

Les esprits de centaines de millions de gens ont été marqués par les images horribles prises à Guantanamo, territoire occupé de Cuba, montrant des êtres humains défilant en silence et qui ont été soumis pendant des mois, voire pendant des années, à des tortures barbares insupportables ; ces personnes ont été enlevées et transportées dans des prisons secrètes avec la complicité hypocrite de sociétés soit disant « civilisées ».

Obama n’est pas en mesure d’occulter qu’Oussama Ben Laden a été exécuté devant les yeux de ses enfants et de ses épouses, aujourd’hui retenus par les autorités pakistanaises, un pays musulman de près de 200 millions d’habitants, dont les lois ont été violées, un pays outragé dans sa dignité nationale et dans ses traditions religieuses.

Comment empêchera-t-il à présent les femmes et les enfants de la personne exécutée sans jugement d’expliquer ce qui s’est passé, et les images d’être divulguées dans le monde ?

Le 8 janvier 2002, le journaliste de la CBS Dan Rather faisait remarquer à travers cette chaîne de télévision que, le 10 septembre 2001, la veille des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, Oussama Ben Laden avait été soumis à une dialyse rénale dans un hôpital militaire au Pakistan. Il n’était pas en mesure de se cacher ou de se terrer dans des grottes profondes.

L’assassiner et l’envoyer dans les profondeurs de la mer démontre la peur et le manque d’assurance, et font de lui un personnage beaucoup plus dangereux.

La propre opinion publique des États-Unis, après l’euphorie du début, finira par critiquer les méthodes qui, loin de protéger les citoyens, finiront par décupler les sentiments de haine et de vengeance contre eux.

Fidel Castro Ruz
Le 4 mai 2011
20h 34

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 09:31

 

Cher Fidel,
Compañeras et compañeros,


20110416MVH_18.JPGNous approchons de la fin du Congrès, après des journées intenses au cours desquelles, nous, les communistes cubains, avons discuté et adopté les Directives de la Politique Économique et Sociale du Parti et la Révolution, le Rapport Central et différentes résolutions sur les principaux sujets analysés.

Je considère que la manière la plus digne et à la fois la plus productive de commémorer le 50ème anniversaire de la Victoire sur l’invasion mercenaire à Playa Girón, un jour comme aujourd’hui, le 19 avril 1961, est précisément avoir tenu un Congrès du Parti magnifique, une réunion qui prend fin un peu plus de cinq mois après le commencement des discussions sur les Directives, processus profond, à caractère démocratique et transparent, dont le rôle principal indiscutable a été assumé par le peuple sous la direction du Parti.

Au nom des près de 800 mille militants communistes, des mille délégués au Congrès, de la nouvelle direction de notre organisation et en particulier, du compañero Fidel Castro Ruz, je tiens à féliciter toutes les Cubaines et tous les Cubains pour leur participation décisive au débat et à l’indubitable démonstration d’appui à la Révolution, ce qui constitue pour nous un motif de satisfaction et, ce qui est plus importante, une responsabilité et un engagement supérieurs pour aboutir, grâce au concours de tous, à l’actualisation du modèle économique visant à assurer le caractère irréversible du Socialisme à Cuba.

Nous avons déjà exprimé dans le Rapport Central que nous ne nous faisions pas d’illusions sur le fait que les Directives et les mesures afférentes étaient à elles seules la solution à tous les problèmes existants. Pour atteindre le succès dans cette question stratégique et dans les autres, il est nécessaire de nous concentrer immédiatement à faire accomplir les accords de ce Congrès, sous un dénominateur commun dans notre conduite : l’ORDRE, la DISCIPLINE et l’EXIGENCE.

La mise à jour du modèle économique n’est pas un miracle qui pourrait être réalisé du jour au lendemain comme certains le pensent ; nous parviendrons à son total déploiement graduellement au cours du quinquennat, car le travail de détail est considérable, la planification et la coordination, tant sur le plan juridique que dans la préparation minutieuse de tous ceux devant intervenir dans sa mise en œuvre pratique.

Il sera nécessaire aussi de développer un travail de divulgation intense à la population à propos de chaque mesure que nous adopterons et en même temps, de maintenir les pieds et les oreilles très attentifs et collés à la terre afin de surmonter les obstacles que nous rencontrerons et de rectifier rapidement les erreurs que nous commettrons dans leur application.

Nous sommes convaincus que l’ennemie principal auquel nous sommes confrontés et auquel nous ferons face seront nos propres déficiences, par conséquent, c’est une tâche immense pour le futur de la nation qui ne saurait admettre d’improvisations ni précipitations. Nous ne renoncerons pas à faire les changements qu’il faudra, tel que Fidel nous l’a indiqué dans sa Réflexion d’hier, nous allons les faire au rythme que demandent les circonstances objectives et toujours avec le soutien et la compréhension des citoyens, sans jamais mettre en péril notre arme la plus puissante : l’unité de la nation autour de la Révolution et ses programmes.

Sans la moindre intention de chauvinisme, je considère que Cuba se trouve parmi le nombre réduit de pays du monde ayant les conditions pour transformer son modèle économique et sortir de la crise sans traumatismes sociaux car, en premier lieu nous avons un peuple patriotique, qui se sait puissant vu la force que représente son unité monolithique, la pertinence de sa cause et sa préparation militaire, avec une instruction élevée, et fier de son histoire et de ses racines révolutionnaires.

Nous allons avancer malgré le blocus états-unien et les adverses conditions dominantes sur le marche international qui s’expriment, entre autres, dans les restrictions à l’accès de Cuba aux sources de financement et la spirale des prix du pétrole qui entraîne le reste des matières premières et les aliments ; en peu de mots, tout ce que nous acquerrons à l’étranger se renchérit.

Peu de mois après le début de 2011 et selon des informations très récentes, le coût additionnel des importations de l’année se chiffrent à plus de 800 millions de dollars, rien que pour l’augmentation des prix, pour acquérir les mêmes quantités planifiées, ce qui nous obligera dès la fin du Congrès à réaliser des ajustements au plan approuvé en décembre dernier.

En ces moments l’épargne de ressources de tout type reste l’une des principales sources de recettes du pays car il existe encore des dépenses irrationnelles et d’immenses réserves d’efficience que nous devons exploiter avec un grand sens commun et une vaste sensibilité politique.

Malgré l’acceptable comportement obtenu jusqu’à cette date dans la livraison de terres oisives en usufruit, en conformité avec le Décret-loi 259 de 2008, il persiste encore des milliers et des milliers d’hectares de surface cultivable attendant les bras disposés à en extraire les fruits tant demandés par la population et l’économie nationale et que nous pouvons récolter dans nos champs en vue de remplacer les importations de plus en plus coûteuses de bien des produits qui aujourd’hui bénéficient les fournisseurs étrangers et non nos paysans.

La première chose que nous devons faire est accomplir ce que nous venons d’approuver dans cet événement, donc ce n’est pas une décision fortuite que le Comité Central analyse dans ses plénums, au moins deux fois par an, comment s’accomplissent les accords du Congrès en particulier, la marche de l’actualisation du modèle économique et la mise en œuvre du plan de l’économie.

À cet égard, je dois souligner l’importance de la tâche assignée à la Commission Permanente du Gouvernement pour la mise en œuvre et le développement, qui conduira harmonieusement les efforts et les actions des organismes et des entités nationales impliqués dans la mise à jour du modèle économique, avec le soutien en particulier du Ministère de l’Économie et la Planification, qui constitue l’État Majeur du Gouvernement pour cette activité du travail national.

Par ailleurs, nos députés ont un travail plus grand devant eux puisque les Directives approuvées par le Congrès seront soumises à l’analyse de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, en vue de leur ratification législative dans les successives sessions, au fur et à mesure que nous compléterons l’élaboration des normatives légales correspondantes.

Comme vous avez entendu, le Congrès a accordé la convocation pour le 28 janvier de l’année prochaine, date dans laquelle nous arriverons au 159ème anniversaire de la naissance de José Martí, à la Conférence Nationale qui, dans la pratique sera une continuation du VIème Congrès, consacrée à évaluer avec réalisme et esprit critique le travail du Parti, ainsi qu’à préciser les transformations requises pour exercer le rôle de force dirigeante supérieure de la société et de l’État qui lui correspond en vertu de l’Article cinq de la Constitution de la République. De même, nous accordons l’octroi à cette Conférence des facultés en vue de la mise à jour des méthodes et du style de travail, des structures et de la politique de cadres y compris l’élargissement et la rénovation du Comité Central.

Comme il est exprimé dans sa convocation, la Conférence Nationale sera présidée par la détermination de « changer tout ce qui doit être changé » contenue dans la brillante définition du concept Révolution du compañero Fidel.

Pour atteindre le succès, nous sommes obligés tout d’abord à modifier dans la vie du Parti la mentalité qui, comme barrière psychologique ayant été attachée de longues années durant aux mêmes dogmes et critères obsolètes, à mon avis, est ce qui nous coûtera plus d’effort surmonter. Il sera indispensable également de rectifier des erreurs et de conformer, sur la base de la rationalité et la fermeté de principes, une vision intégrale du futur en vue de la préservation et le développement du Socialisme dans les circonstances actuelles.

En matière de politique de cadres, avec l’élection du nouveau Comité Central, son Secrétariat et le Bureau Politique, présentés ce matin, nous avons donné un premier pas pour accomplir ce que nous avons accordé au Congrès, très particulièrement quant au commencement d’un processus graduel de rénovation et de rajeunissement de la chaîne de charges politiques et étatiques, en même temps que la composition raciale et de genre s’est substantiellement améliorée.

Le Comité Central est intégré par 115 membres dont 48 femmes, c’est-à-dire 41,7 %, ce qui dépasse le triple de la proportion atteinte au congrès précédent, qui a été de 13,3 %. Les Noirs et les Métis sont 36 %, leur représentation s’accroissant de 10 %, se chiffrant maintenant à 31,3 %.

Ce résultat, je répète, est un premier pas, ce n’est pas le fruit de l’improvisation. Le Parti, depuis plusieurs mois, travaillait avec profondeur dans cette direction dans le but de conformer une candidature qui tienne compte de la nécessité d’avoir des proportions justes de genre et de race dans les membres du Comité Central.

Ont été sélectionnés de la gigantesque carrière de diplômés universitaires et spécialistes qualifiés que la Révolution n’a pas perdu de temps à former. Ce sont des enfants de la classe ouvrière, surgis des entrailles les plus humbles du peuple, avec une vie politique active dans les organisations étudiantes, l’UJC et le Parti, des jeunes qui pour la plupart ont plus de 10, 15 ou 20 ans d’expérience à la base, sans cesser de travailler dans les professions qu’ils ont étudiées, et presque tous ont été proposés par les cellules où ils militent, comme partie du procès de préparation du Congrès.

Nous devons désormais leur donner un suivi et continuer leur formation afin de les préparer dans l’intérêt qu’ils puissent, progressivement, occuper des responsabilités supérieures.

Dans l’intégration des organes supérieurs du Parti, malgré le départ du Comité Central de 59 compañeros, la moitié de ses membres effectifs, la plupart d’eux ayant des états de service à la Révolution positifs; nous avons gardé plusieurs vétérans de la génération historique et c’est logique qu’il en soit ainsi, comme l’une des conséquences des déficiences commises dans ce domaine, critiquées dans le Rapport Central, qui nous ont empêché d’avoir aujourd’hui la réserve de remplaçants murs et suffisamment expérimentés pour assumer le relais dans les principales charges du pays.

Par conséquent, nous continuerons à adopter des mesures similaires dans cette décisive direction pendant la prochaine Conférence Nationale du Parti et dans la vie quotidienne de notre travail de Parti, gouvernemental et d’État.

Le compañero Fidel Castro Ruz, fondateur et Commandant en Chef de la Révolution Cubaine, nous a donné le premier exemple d’attitude conséquente dans cette matière, en demandant expressément de ne pas être inclus dans la candidature du Comité Central.

Fidel est Fidel et il n’a pas besoin de quelque charge que ce soit pour occuper, pour toujours, une place au sommet de l’histoire, au présent et au futur de la nation cubaine. Tant qu’il aura de la force pour le faire, et heureusement il se trouve dans la plénitude de sa pensée politique, et depuis sa modeste qualité de militant du Parti et de soldat des idées, il continuera à apporter à la lutte révolutionnaire et aux propos les plus nobles de l’Humanité.

En ce qui me concerne, j’assume ma dernière tâche, avec la ferme conviction et l’engagement d’honneur que le Premier Secrétaire du Comité Central du Parti Communiste de Cuba a pour mission principale et sens de sa vie : défendre, préserver et poursuivre le perfectionnement du Socialisme et ne permettre jamais le retour au régime capitaliste.

Au Bureau Politique, il peut être observé, se reflète une proportion adéquate de chefs principaux des Forces Armées Révolutionnaires. C’est naturel qu’il en soit ainsi, ce que je fonde sur les propos du compañero Fidel dans le Rapport Central au Premier Congrès du Parti, et je cite :

« L’Armée Rebelle a été l’âme de la Révolution. Des ses âmes victorieuses a émergé libre, belle, puissante et invincible la Patrie nouvelle… Lorsque le Parti à été fondé… notre armée, héritière à son tour de l’héroïsme et la pureté patriotique de l’Armée Libératrice et continuatrice victorieuse de ses luttes, a déposé dans ses mains les drapeaux de la Révolution et à partir de cet instant-là et pour toujours il est son continuateur le plus fidèle, discipliné, humble et immuable ». Fin de citation.

J’ai suffisamment de raisons pour proclamer que les Forces Armées Révolutionnaires dont je suis fier d’avoir été ministre presque 49 ans, ne renonceront jamais à accomplir ce rôle au service de la défense du peuple, du Parti, de la Révolution et le Socialisme.

La qualité de membre du Comité Central, si elle a en partie jusqu’aujourd’hui une reconnaissance dans le parcours de lutte des élus, ce qui a été juste, à partir de maintenant le concept qui devra prédominer est en essence, que cette qualité représente une responsabilité énorme vis-à-vis du Parti et du peuple, car entre un congrès et un autre congrès, le Comité Central est l’organisme supérieur de direction du Parti et il lui reviennent, d’après les statuts, de larges facultés dans le contrôle de l’application de la politique tracée et les programmes de développement économique et social du pays, ainsi que dans la politique de cadres et le travail idéologique, entre autres.

En conformité avec ça, il est nécessaire d’élever la préparation et le perfectionnement constant de ses membres, étant donné que nous nous proposons d’utiliser activement le Comité Central dans la matérialisation des accords du Congrès, comme forum pour analyser de manière collégiale, sans le moindre trait de formalisme, les principaux thèmes de la vie du Parti et la nation.

Nous ferons autant dans le Bureau Politique, comme il lui appartient, étant l’organisme supérieur de direction entre les plénums du Comité Central.

Le Bureau Politique, composé de 15 membres, s’est réduit par rapport à l’antérieur de 24 membres, quantité qui dans la pratique s’est avérée excessive ; trois nouveaux compañeros y sont entrés : Mercedes López Acea, première secrétaire du Comité Central du Parti à La Havane ; Marino Murillo Jorge, vice-président du Conseil de Ministres et Chef de la Commission Permanente du Gouvernement pour la Mise en Œuvre et le Développement, et Adel Yzquierdo Rodríguez, qui fut récemment nommé ministre de l’Économie et la Planification.

Ces promotions ne sont pas fortuites, dans le premier cas, cela obéit à la priorité que le Parti concède à son travail dans la capitale, de plus de deux millions d’habitants et, dans les cas des autres compañeros, ça répond à la signification stratégique et la mise à jour du modèle économique et le développement de l’économie nationale.

Nous maintiendrons la pratique utile de réunir hebdomadairement la Commission du Bureau Politique avec le Comité Exécutif du Conseil de Ministres afin d’évaluer les questions fondamentales de la vie nationale, parallèlement nous continuerons à favoriser la participation aux sessions mensuelles du Conseil de Ministres, selon les thèmes à débattre et en qualité d’invités, les membres du Bureau Politique et du Secrétariat du Comité Central, le Conseil d’État et la présidence de l’Assemblée Nationale ; les cadres dirigeants de la Centrale de Travailleurs de Cuba (CTC), d’autres organisations de masses et l’UJC, ainsi que les premiers secrétaires des comités provinciaux du Parti et les présidents des conseils de l’administration provinciale.

Cette méthode a prouvé son efficacité pour transmettre, sans intermédiaires, aux principaux dirigeants de tout le pays, des informations indispensables et de orientations pour l’accomplissement de leurs responsabilités.

Finalement, aucun de nous n’ignore l’importance historique qu’a signifiée pour le destin de la Révolution l’écrasante défaite de l’invasion mercenaire de Playa Girón, comme résultat de l’action ferme, incessante et décidée de nos combattants qui, sous le commandement direct du Commandant en Chef Fidel Castro, qui s’est maintenu tout le temps dans le théâtre d’opérations où se livraient les actions combattives, ont détruit, en moins de 72 heures, la tentative du gouvernement des États-Unis d’installer une tête de pont dans un coin éloigné de la Patrie auquel il prétendaient transférer ensuite depuis une base militaire en Floride, un gouvernement fantoche qui solliciterait à l’Organisation des États Américains la tristement célèbre OEA, l’intervention militaire de forces états-uniennes, situées dans des eaux très proches, accompagnant le contingent mercenaire depuis son départ des côtes centraméricaines, tel qu’ils l’avaient déjà fait au Guatemala, en 1954, sept ans auparavant, quand ils ont renversé le gouvernement progressiste de Jacobo Arbenz.

Que cette occasion serve pour répéter les mots de Fidel lors du 15ème anniversaire de la Victoire, le 19 avril 1976, lorsqu’il a dit : « À partir de Giron, tous les peuples d’Amérique ont été un peu plus libres », fin de citation.

À Girón, pour la première fois, a été employé dans la défense du socialisme à Cuba l’armement fourni par l’Union Soviétique quelques mois auparavant, sans avoir pu a peine l’assimiler complètement. C’est juste, un jour comme aujourd’hui, de reconnaître que sans l’aide des peuples qui composaient cet immense pays, notamment le peuple russe, la Révolution n’aurait pu survivre dans les premières années, face aux croissantes et continuelles agressions de l’impérialisme, c’est pourquoi nous en serons éternellement reconnaissants.

Notre gratitude, un jour comme aujourd’hui, aux actuels pays socialistes pour leur invariable coopération et soutien pendant toutes ces années de dures batailles et sacrifices.

Les peuples frères du Tiers monde, en particulier ceux d’Amérique latine et des Caraïbes qui s’efforcent pour transformer l’héritage de siècles de domination coloniale et savent qu’ils auront notre solidarité et notre soutien.

Une chaleureuse salutation fraternelle aux partis communistes et autres forces progressistes de toute la planète qui luttent sans cesse, en partant de la ferme conviction qu’un monde meilleur est possible.

Je tiens à exprimer aussi la reconnaissance du peuple cubain à tous les gouvernements qui, année après année, ont réclamé avec leur suffrage et leurs voix, aux Nations Unies, la cessation du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba.

Finalement, que notre reconnaissance parvienne à toutes et à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont participé à l’organisation réussie et à la bonne gestion de ce Congrès.

Je crois qu’il n’existe pas un meilleur moyen de célébrer le 50ème anniversaire de la Journée de la Victoire à Playa Girón, que de clore cet historique Congrès du Parti avec la présence de Fidel et le symbolisme qu’implique l’Élégie des Chaussures Blanches », de Indio Naborí, déclamée par l’acteur Jorge Ryan et les émouvantes paroles de Nemesia, la fille charbonnière qui a vu mourir sans défense sa mère et les blessures faites à sa grand-mère et ses deux frères par l’action assassine d’avions peints avec les insignes cubaines et dont les chaussures blanches, perforées par la mitraille ennemie, sont exhibées au musée de Playa Girón, comme preuve matérielle que la Révolution se maintient victorieuse 50 ans après, en rendant hommage à tous ses morts.

Je vous remercie.

Par cuba si lorraine
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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 09:28

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Du 16 au 19 avril, le VI° Congrès du Parti Communiste de Cuba, coïncidant avec les 50 Ans de la Victoire de Playa Giron et de la Proclamation du Caractère Socialiste de la Révolution Cubaine, a été célébré à La Havane.
Plus de 1000 Délégués et Invités nationaux y ont participé, représentant près de 800 000 militants , organisés en 61 000 organisations de base dans les divers secteurs de toute la société cubaine.
Le Rapport Central, présenté par le Général d'Armée Raùl Castro Ruz, est une analyse profondément autocritique et opportune de la cruciale conjoncture actuelle du processus historique de la construction du socialisme à Cuba. Dans ce contexte, les aspects essentiels qui fondent la nécessité de continuer les transformations économico-sociales , dirigées vers l'actualisation du modèle économique et le renforcement des structures économiques et sociales qui garantissent de pouvoir avancer dans l'édification de la nouvelle société socialiste, se précisent. Dans son essence, le Rapport Central du Congrès était destiné à identifier les problèmes de fond qu'affronte le pays et à déterminer comment les résoudre.
Les discussions au sujet des thèmes centraux qui ont été analysés, ont ratifié l'application consécutive de la pensée créatrice du fondateur du Parti, le lider historique et Commandant en Chef de la Révolution Cubaine, Fidel Castro Ruz. Par ailleurs, il a été réaffirmé le fait que l'actualisation en marche de notre processus était conçue essentiellement sur la base des particularités historico-culturelles concrètes de Cuba, soumise à un blocus économique , commercial et financier de fer depuis presque 50 ans, et non à partir de la copie mécanique d'expériences similaires dans d'autres parties du monde.
Ont été approuvées les Grandes Lignes de la Politique Economique et Sociale du Parti et de la Révolution, Projet qui a été précédé par un large processus de débat populaire qui s'est étendu sur 5 mois et auquel ont participé plus de 8 000 000 de personnes (certains en plus d'une occasion) et qui a produit environ trois millions d'interventions de la
population, avec 781 644 opinions , ceci étant la garantie que les participants se sont manifestés librement et ont exprimé leurs insatisfactions et leurs désaccords.
Toutes les propositions formulées par le peuple ont été analysées . 87,4% des opinions collectées dans ces débats ont été prises en compte, tandis que, pour les 12,6% restant, il fut décidé, de continuer à étudier l' application possible d'une partie et d'autre part, jusqu'à maintenant, ce qui restait n'a pas été considéré.
A été ratifié avec le soutien majoritaire du peuple, la validité de la prédominance de la propriété d'Etat socialiste sur les moyens de production et de la planification comme base essentielle de l'économie nationale. A été confirmée la ferme volonté de l'Etat Socialiste de sauvegarder les conquêtes sociales , résultat de l'oeuvre révolutionnaire, expression de l'esprit humaniste de notre projet social et de soutenir l'accès gratuit de tous les citoyens à l'éducation, la santé publique, la pratique massive du sport et de la culture.
Le processus qui a constitué de fait un référendum de tout le peuple, par lequel ont été modifiées 68% des Grandes Lignes originales proposées, a confirmé la confiance et l'unité de l'immense majorité des Cubains envers le Parti Communiste et envers la Révolution,
Révolution qui ne laissera jamais personne sans soutien. Une fois de plus, la force de la pensée du Camarade Fidel: « La force du Parti prend sa source dans ses liens étroits et permanents avec les masses ...» a été démontrée.
Ce fut sans aucun doute un processus démocratique et transparent avec une très grande participation populaire qui se déroula sur la base du principe que ce doit être le peuple avec le Parti à sa tête qui décide du destin du pays.
Maintenant, la mise en oeuvre des mesures du Nouveau Modèle Economique et Social du pays s'impose pour une période de plusieurs années de façon graduelle, sans précipitation.
Les délégués du Congrès ont pris en compte la volonté du Camarade Fidel Castro Ruz de ne pas être candidat au Comité Central et sa décision de continuer à être « militant du Parti et soldat des idées ».
Ont été élus les Camarades: Raùl Castro Ruz Premier Secrétaire du Parti Communiste de Cuba et José Ramon Machado Ventura, Second Secrétaire.
Un Comité Central de 115 membres a été élu également, dont la moitié des effectifs a été renouvelée, avec une représentation féminine de 41,7%. Un Bureau Politique de 15 membres et un Secrétariat du Comité Central ont été également élus. Cette élection n'a pas été le fruit d'une improvisation mais d'une politique destinée à incorporer dans ses instances la représentativité réelle de notre peuple et par dessus tout une nouvelle génération de Cubains qui puissent garantir, de pair avec la Génération Historique, la continuité du Socialisme à Cuba.
Le Congrès a approuvé la convocation pour le 28 janvier 2012, de la Conférence Nationale du Parti, rencontre qui constitue la continuité du VI° Congrès du Parti.
Elle aura comme objectif principal de renforcer le Parti sur la base du principe que le Parti Communiste de Cuba dirige et contrôle mais n'administre pas. Pour cela, la Conférence doit adopter les décisions nécessaires pour adapter les statuts, les normes internes, la structure, les méthodes et les styles de travail du Parti aux circonstances historiques actuelles que vit le Parti , de même que donner une attention spéciale à la formation et au développement des cadres de direction comme aspect prioritaire et stratégique pour le Parti tout entier et déterminante pour le futur de la Révolution.
La Conférence doit débattre des définitions fondamentales en relation avec la politique extérieure et les relations internationales du Parti et, en outre, les approuver. En ce sens, le §Congrès a réitéré la position invariable de Cuba, qui est de défendre les principes universels de souveraineté, d'indépendance, d'autodétermination, le non emploi de la force dans la résolution des conflits et la non ingérence dans les affaires internes des pays.
Il a ratifié la disposition à dialoguer avec le gouvernement des Etats-Unis sur n'importe quel thème d'intérêt commun, sur la base de la reconnaissance et du respect mutuel et sans conditions.
La résolution sur le Perfectionnement des Organes du Pouvoir Populaire , sur le Système Electoral et sur la Division Politico-administrative a été approuvée.
Amis et amies du monde:
Le VI° Congrès du Parti Communiste de Cuba a confirmé que pour les militants et les patriotes, la nation, l'indépendance et le socialisme sont indissolublement liés pour ce qui est et sera toujours leur défense à laquelle ils ne peuvent renoncer, le drapeau principal du processus révolutionnaire cubain.
Dans les paroles de clôture du Premier Secrétaire nouvellement élu , Raùl Castro Ruz, il a réitéré la solidarité militante des Cubains envers les peuples frères du tiers-Monde et le soutien aux partis communistes et autres forces progressistes du monde entier qui luttent sans arrêt pour un monde meilleur.
Nous profitons de cette occasion pour remercier les partis et forces politiques , les mouvements sociaux, les personnalités et les amis, pour les messages de soutien et de solidarité reçus au cours de ce grand événement.


DEPARTEMENT DES RELATIONS INTERNATIONALES DU COMITE CENTRAL DU
PARTI COMMUNISTE DE CUBA
La Havane, le 20 avril 2011
(traduction Françoise et Gaston Lopez)

 

Par cuba si lorraine

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