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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 09:02

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J’étais en train de lire nombre de documents et de livres pour tenir ma promesse de poursuivre mes Réflexions du 14 avril sur la Bataille de Playa Girón quand j’ai jeté un coup d’œil sur les nouvelles fraîches d’hier, qui sont abondantes, comme chaque jour, et dont on peut accumuler des montagnes n’importe quelle semaine, depuis le séisme au Japon jusqu’à la victoire d’Ollanta Humala sur Keiko, la fille d’Alberto Fujimori, l’ancien président péruvien.

Le Pérou est un gros exportateur d’argent, de cuivre, de zinc, d’étain et d’autres minerais ; il possède de grands gisements d’uranium que de puissantes transnationales aspirent à exploiter. C’est de l’uranium enrichi que sortent les armes les plus terribles qu’ait connues l’humanité et c’est lui qui constitue le combustible des centrales atomiques qui, malgré les avertissements des écologistes, se construisaient à un rythme accéléré aux États-Unis, en Europe et au Japon.

Il ne serait pas juste, néanmoins, d’en accuser le Pérou. Ce ne sont pas les Péruviens qui ont créé le colonialisme, le capitalisme et l’impérialisme. Pas plus qu’on ne saurait en accuser le peuple étasunien, lui aussi victime du système qui a engendré dans ce pays les politiciens les plus écervelés que connaisse la planète.

Le 8 avril dernier, les maîtres du monde ont fait connaître leur rapport annuel habituel sur les violations des « droits humains », ce qui a provoqué une analyse brillante sur le site web Rebelión du Cubain Manuel E. Yepe, http://www.rebelion.org/noticia.php...ídrio-de-estados-unidos- basée sur la réponse du Conseil d’État chinois, qui énumère des faits prouvant la situation désastreuse de ces droits aux USA.

« …ce sont les États-Unis qui violent le plus les droits humains, aussi bien dans le pays même que dans le reste du monde, et c’est l’une des nations qui garantissent le moins la vie, les biens et la sécurité personnelle des habitants.

« Chaque année, 1 habitant sur 5 est victime d’une crime, ce qui est le taux le plus élevé de la planète. Selon des chiffres officiels, les personnes de plus de douze ans ont été victimes de 4,3 millions d’actes violents.

« La délinquance a énormément augmenté dans les quatre plus grandes villes du pays (Philadelphie, Chicago, Los Angeles et New York) et s’est accrue notablement par rapport à l’an dernier dans d’autres grandes villes (Saint-Louis et Detroit).

« La Cour suprême a décidé que la possession d’armes pour la défense personnelle était un droit constitutionnel que les gouvernements des États ne pouvaient ignorer. Sur un pays de 300 millions d’habitants, 90 millions possèdent 200 millions d’armes à feu.

« On a enregistré dans ce pays 12 000 homicides par armes à feu, et 47 p. 100 des vols se déroulent avec usage d’armes à feu.

« Sous le parapluie de la section "Activités terroristes" du Patriotic Act, la torture et la violence extrême pour tirer de aveux aux suspects sont devenue monnaie courante. Les condamnations injustes se constatent dans le fait que 266 personnes, dont 17 déjà dans le couloir de la mort, ont été acquittées grâce aux tests d’ADN.

« Washington prône la liberté sur Internet pour en faire un important instrument diplomatique de pression et d’hégémonie, mais il impose des restrictions sur le cyberespace aux USA mêmes et tente d’établir un encerclement légal pour contrer le problème que constituent Wikileaks et ses fuites.

« Dans un pays accusant un taux de chômage élevé, la proportion des Étasuniens vivant dans la pauvreté a battu des records : 1 habitant sur 8 a dû recourir l’an dernier aux bons alimentaires.

« Le nombre de familles hébergées dans des centres d’accueil a augmenté de 7 p. 100 et les familles y sont restées plus longtemps. Les délits violents contre ces familles de SDF ne cessent d’augmenter.

« La discrimination raciale imprègne chaque aspect de la vie sociale. Les groupes minoritaires sont discriminés au travail, traités indignement et ne comptent pour rien dans la promotion, les avantages ou la sélection professionnelle. Le tiers des Noirs sont discriminés au travail, bien que 16 p. 100 seulement osent présenter des plaintes.

« Le taux de chômage est de 16,2 p. 100 parmi les Blancs, de 22 p. 100 chez les Latinos et les Asiatiques, et de 33 p. 100 chez les Noirs. Les Afro-Américains et les Latinos représentent 41 p. 100 de la population carcérale. Le taux d’Afro-Américains condamnés à vie est 11 fois plus élevé que celui des Blancs.

« 90 p. 100 des femmes ont, d’une façon ou d’une autre, souffert de discrimination sexuelle au travail. Vingt millions de femmes sont violées ; presque 60 000 détenues ont été victimes d’agression sexuelle ou de violence. Le cinquième des étudiantes est agressé sexuellement, et 60 p. 100 des viols sur les campus universitaires ont lieu dans les dortoirs de femmes.

« 9 étudiants homosexuels, bisexuels ou transsexuels sur 10 sont harcelés dans l’établissement d’enseignement.

« Le Rapport rappelle dans un chapitre les violations des droits humains dont le gouvernement étasunien est responsable hors de ses frontières. Les guerres d’Iraq et d’Afghanistan menées par les USA y ont causé une quantité énorme de victimes civiles.

« Les actions "antiterroristes " des USA ont compris de graves scandales d’abus contre les prisonniers, d’arrestations indéfinies sans accusations ni procès dans des centres de détention comme celui de Guantánamo et d’autres endroits du monde, créés pour y interroger ce qu’ils appellent "les prisonniers d’une valeur élevée" au moyen des pires tortures.

« Le document chinois rappelle aussi que les USA ont violé le droit de la population cubaine à la vie et au développement, bien que la communauté internationale ait voté pendant dix-neuf ans consécutifs à l’Assemblée générale des Nations Unies la résolution "Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis".

« Les USA n’ont pas ratifié des conventions internationales sur les droits humains, dont le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination de la femme, la Convention sur les droits des personnes handicapées et la Convention sur les droits de l’enfant.

« Les données fournis par le gouvernement chinois prouvent que l’histoire funeste des USA dans ce domaine les disqualifie comme "juge des droits humains dans le monde". Leur "diplomatie des droits humains" est pure hypocrisie, un deux-poids-deux-mesures au service de leurs intérêts impériaux stratégiques. Le gouvernement chinois conseille au gouvernement étasunien de prendre des mesures concrètes pour améliorer sa propre situation en matière de droits humains, d’examiner ses actions dans ce domaine et de les rectifier, et de cesser sa politique hégémonique consistant à utiliser les droits humains pour s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays. »

L’important de cette analyse et de cette dénonciation, à mon avis, est qu’elles proviennent de l’État chinois, d’un pays peuplé de 1,341 milliard d’habitants et possédant deux billions de dollars dans ses réserves monétaires, et sans la coopération commerciale duquel l’Empire naufragerait. Il me semblait important que notre peuple connaisse les données précises contenues dans le document du Conseil d’État chinois.

Si Cuba le disait, cela n’aurait pas d’importance : ça fait plus de cinquante ans que nous dénonçons ces hypocrites.

Martí l’avait déjà dit voilà cent seize ans, en 1895 : « …la voie – qu’il faut bloquer, et que nous bloquons par notre sang – de l’annexion des peuples de Notre Amérique au Nord turbide et brutal qui les méprise… J’ai vécu dans le monstre et j’en connais les entrailles. »

Fidel Castro Ruz
Le 23 avril 2011
19 h 32

Traduction J-F Bonaldi, La Havane

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http://www.legrandsoir.info/Le-Nord-turbide-et-brutal.html
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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 20:19

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Mon absence du Comité central

 Réflexions de Fidel

 


  Traduction ESTI pour Granma http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 



Je connaissais le Rapport du compañero Raul au Sixième Congrès du Parti.


Il me l’avait montré plusieurs jours avant de sa propre initiative, comme il l’a fait pour de nombreuses autres questions sans que je le lui demande, puisque, comme je l’ai déjà expliqué, j’avais délégué toutes mes responsabilités au Parti et dans l’État dans ma Communication au peuple cubain du 31 juillet 2006.


C’était là un devoir que je n’avais pas hésité un instant à accomplir.


Je savais que j’étais gravement malade, mais j’étais tranquille : la Révolution irait de l’avant ; ce n’était pas son moment le plus difficile après la disparition de l’URSS et du camp socialiste ; Bush était sur le trône depuis 2001 et il avait nommé un gouvernement pour Cuba, mais, une fois de plus, mercenaires et bourgeois firent en vain leurs valises et leurs malles dans leur exil doré.


En plus de Cuba, les Yankees se retrouvaient avec une autre révolution au Venezuela. La coopération étroite entre les pays passera aussi à l’histoire de l’Amérique comme un exemple de l’énorme potentiel révolutionnaire des peuples ayant une même origine et une même histoire.


Parmi les nombreux points abordés dans le projet de Rapport au Sixième Congrès du parti, l’un de ceux qui m’a le plus intéressé concerne le pouvoir : « …nous sommes arrivés à la conclusion qu’il est recommandable de limiter à deux mandats consécutifs de cinq ans au maximum les responsabilités politiques et étatiques fondamentales. C’est possible et nécessaire dans les circonstances actuelles, bien différentes de celles des premières décennies d’une Révolution pas encore consolidée et constamment en butte, par ailleurs, à des menaces et à des agressions. »


L’idée m’a plu. C’était un point sur lequel j’avais beaucoup réfléchi. Accoutumé dès les premières années de la Révolution à lire tous les jours les dépêches des agences de presse, je n’ignorais rien du cours des événements dans le monde, des succès et des erreurs des partis et des hommes. Ces cinquante dernières années, les exemples abondent.


Je ne les citerai pas, pour ne pas m’étendre ni froisser des susceptibilités. Je suis convaincu que les destinées du monde auraient pu être alors très différentes sans les erreurs commises par des leaders révolutionnaires qui brillèrent pourtant par leur talent et leurs mérites. Je ne me fais pas non plus d’illusions que la tâche sera plus facile à l’avenir, bien au contraire.


Je dis simplement ce que je juge un devoir élémentaire des révolutionnaires cubains. Plus un pays est petit, plus les circonstances sont difficiles, et plus il est indispensable d’éviter des erreurs.


Je dois avouer que je ne me suis jamais vraiment inquiété du temps où j’exercerais les fonctions de président des Conseils d’État et des ministres et de premier Secrétaire du Parti. J’étais aussi commandant en chef à partir du débarquement de la petite troupe qui a tant grandi ensuite. Dès la Sierra Maestra, j’avais renoncé à exercer la présidence provisoire du pays après la victoire – que j’avais entraperçue dès 1957 – de nos forces encore modestes à cette date ; si je l’ai fait, c’est parce que les ambitions relatives à ce poste entravaient la lutte.


C’est presque contraint et forcé que je dus accepter le poste de Premier ministre dans les premiers mois de 1959.


Raul savait que je n’accepterai aucun poste au Parti dans mon état actuel, même s’il continuait de me désigner comme premier secrétaire et commandant en chef, des fonctions que, on le sait, j’avais déléguées dans ma Proclamation quand je suis tombé gravement malade. Je n’ai jamais plus tenté de les exercer, ce que je n’aurais jamais pu faire, d’ailleurs, d’un point de vue physique, même si j’ai considérablement récupéré ma capacité d’analyser et d’écrire.


Raul n’a jamais manqué, toutefois, de me faire part des idées qu’il envisageait.

Un autre problème se posait : la Commission organisatrice discutait du total de membres du Comité central à proposer au Congrès, et, d’une manière tout à fait sensée, appuyait l’idée soutenue par Raul qu’il fallait y accroître la présence des femmes et des descendants d’esclaves arrachés à l’Afrique, les deux secteurs les plus pauvres et les plus exploités par le capitalisme dans notre pays.


Par ailleurs, certains compagnons ne pourraient plus prêter beaucoup de services au Parti du fait de leur âge ou de leur état de santé, mais Raul pensait qu’il serait très dur pour eux de les exclure de la liste des candidats. Je n’ai pas hésité à lui suggérer de ne pas retirer un tel honneur à ces compagnons, et j’ai ajouté que le plus important était que je n’apparaisse pas, moi, sur cette liste.

Je pense avoir reçu trop d’honneurs. Je n’ai jamais pensé vivre si longtemps, et l’ennemi a fait l’impossible dans ce sens : il a tenté de m’éliminer un nombre de fois incalculable, et j’ai bien souvent « collaboré » avec lui.


Le Congrès a avancé à un rythme tel que je n’ai pas eu le temps de transmettre un seul mot sur cette question avant de recevoir les bulletins.


Vers midi, Raul m’a envoyé un bulletin à travers son adjoint, et j’ai pu exercer ainsi mon droit de vote comme délégué au Congrès, car les militants du Parti à Santiago de Cuba m’avaient concédé cet honneur à mon insu. Je ne l’ai pas fait d’une manière machinale. J’ai lu les biographies des nouveaux membres proposés. D’excellentes personnes, dont j’ai connu plusieurs au cours de la présentation d’un livre sur notre guerre révolutionnaire dans le Grand Amphi de l’université de La Havane, dans mes contacts avec les Comités de défense de la Révolution, dans mes réunions avec des scientifiques, des intellectuels, et dans bien d’autres activités. J’ai voté et j’ai même demandé qu’on prenne des photos du moment où j’exerçais ce droit.


Je me suis aussi rappelé que j’avais encore du pain sur la planche en ce qui concerne l’histoire de la bataille de Playa Giron. J’y travaille, et je me suis engagé à la conclure au plus vite. J’ai aussi l’idée d’écrire au sujet d’un autre événement important qui s’ensuivit.


Tout ceci, avant que le monde ne périsse !


Qu’en pensez-vous ?

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 17:27

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Traduction par les soins du Parti communiste cubain reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Compañeras et compañeros,

 

Nous commençons cette après-midi les séances du VIème Congrès du Parti Communiste de Cuba à une date très importante de notre histoire, le 50ème anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution par son Commandant en Chef Fidel Castro Ruz, le 16 avril 1961, lors de la cérémonie d’adieu aux victimes des bombardements, le jour avant, des bases aériennes, comme le prélude de l’invasion mercenaire par Playa Girón qui, organisée et financée par le gouvernement des États-Unis, faisait partie de ses plans pour détruire la Révolution et rétablir avec l’agrément de l’Organisation des États Américains (OEA), la domination sur Cuba.

Fidel disait alors au peuple armé et enhardi : « C’est ce qu’ils ne peuvent nous pardonner… que nous avons fait une Révolution socialiste au nez même des États-Unis »…  « Compañeros  ouvriers et paysans, celle-ci est la Révolution socialiste et démocratique des humbles, avec les humbles et pour les humbles. Et pour cette Révolution des humbles, par les humbles et pour les humbles, nous sommes prêts à offrir notre vie. » Fin de citation.

La réponse à cet appel ne s’est faite pas attendre et dans l’affrontement à l’agression, quelques heures après, les combattants de l’Armée Rebelle, des policiers et des miliciens ont versé, pour la première fois, leur sang en défense du socialisme et ont remporté la victoire avant 72 heures, sous la conduction du compañero Fidel lui-même.

 

La revue militaire à laquelle nous avons assisté ce matin, dédiée aux jeunes générations et en particulier la vibrante marche du peuple, qui a eu lieu par la suite, sont une preuve éloquente des forces dont dispose la Révolution pour continuer l’exemple des combattants héroïques de Playa Girón.

Nous ferons autant à l’occasion de la Journée Internationale des Travailleurs, le premier mai prochain, tout le long du pays afin de manifester l’unité des Cubains en défense de leur indépendance et souveraineté nationales, concepts que l’histoire a prouvé qu’il est possible d’atteindre seulement avec le socialisme.

Ce Congrès, en tant qu’organe suprême de l’organisation du Parti, tel qu’il est établi dans l’article 20 de ses statuts, qui réunit aujourd’hui mille délégués en représentation de presque 800 mille militants regroupés dans plus de 61 mille cellules, a commencé en fait le 9 novembre dernier, lors de la présentation du Projet de Directives de la Politique Économique et Sociale du Parti et la Révolution, question qui, comme il a déjà été indiqué, constitue le thème principal du Congrès, sur lequel le peuple a fondé de grandes attentes.

À partir de là de nombreux séminaires ont eu lieu, qui ont servi à éclaircir et à approfondir dans le contenu des directives, et à préparer de manière adéquate les cadres et fonctionnaires qui, à leur tour, seraient à la tête du processus de discussion avec les militants, les organisations de masses et la population en général.

Pendant trois mois, du premier décembre 2010 au 28 février de la présente année, a eu lieu le débat auquel ont participé 8 millions 913 mille 838 personnes dans plus de 163 mille réunions tenues au sein des différentes organisations, en registrant un chiffre supérieur aux trois millions d’interventions.  Il faut éclaircir que dans l’ensemble de participants sont inclus, sans l’avoir défini avec exactitude, des dizaines de milliers de militants du Parti et de l’UJC qui ont assisté aux réunions de leurs cellules ou comités de base, aussi bien qu’à celles tenues dans les lieux de travail ou établissements d’études et en plus dans les communautés où ils résident.  C’est le cas aussi de ceux qui ne militent pas et ont participé dans leurs collectifs de travail, et postérieurement dans les quartiers respectifs.

L’Assemblée Nationale du Pouvoir populaire elle-même a consacré presque deux journées complètes, lors de sa dernière session ordinaire, en décembre dernier, à l’analyse du Projet de Directives parmi les députés.

Ce processus a mis en évidence la capacité du Parti de conduire un dialogue sérieux et transparent avec la population sur n’importe quel sujet, aussi sensible qu’il soit, surtout lorsqu’il s’agit de forger un consensus national sur les traits qui devraient caractériser le modèle économique et social du pays.

En même temps, selon les informations récoltées, les résultats du débat constituent un formidable instrument de travail pour la direction du gouvernement et le Parti à tous les niveaux, ainsi qu’une sorte de référendum populaire par rapport à la profondeur, la portée et le rythme des changements que nous devons introduire.

Dans un véritable et large exercice démocratique, le peuple a manifesté librement ses opinions, éclairci ses doutes, proposé des modifications, exprimé ses insatisfactions et différences et a suggéré aussi d’aborder la solution d’autres problèmes qui n’étaient pas dans le document.

Une fois de plus, la confiance et l’unité de la majorité des Cubains autour du Parti et la Révolution a été mis à l’essai, unité qui ne rejette pas les différences d’opinions mais qui se renforce et se consolide avec elles.  Toutes les propositions sans aucune exclusion ont été incorporées à l’analyse, ce qui a permis d’enrichir le projet qui est soumis à la considération des délégués au Congrès.

Il serait opportun d’exprimer que, dans son essence, le Congrès a déjà eu lieu au milieu de ce magnifique débat avec le peuple.  Aux délégués, il nous resterait dans ces séances de faire la discussion finale du Projet et l’élection des organes supérieurs de direction du Parti.

 

La commission de Politique Économique du VIème Congrès du Parti, chargée premièrement de l’élaboration du projet de directives, a été par la suite responsable de l’organisation du processus de son débat et a travaillé dans les cinq directions principales suivantes :

1. La reformulation des directives en tenant compte des opinions exprimées

2. L’organisation, orientation et contrôle de leur mise en œuvre.

3. La préparation minutieuse des cadres et des autres participants en vue de l’application de certaines mesures qui sont déjà en exécution en ce moment.

4. La supervision systématique des organismes et des entités chargés de mettre en pratique les décisions dérivées des Directives et évaluation de leurs résultats.

5. La conduite de la divulgation à la population.

En application de ce qui précède, le Projet de Directives à été reformulé qui fut soumis à une analyse les 19 et 20 mars dans des sessions du Bureau Politique et du Comité Exécutif du Conseil de Ministres, auxquelles ont participé le Secrétariat du Comité Central du Parti, les cadres dirigeants de la Centrale de Travailleurs de Cuba (CTC) et d’autres organisations de masses et de l’Union de Jeunes Communistes (UJC) ; il fut approuvé dans cette instance, également en qualité de projet, et il vous a été distribué en vue de son examen au sein de chacune des délégations provinciales au Congrès, avec l’intervention active des invités et sera débattu dans les cinq commissions de cette rencontre du Parti en vue de son adoption.

Ensuite, je vous donnerai certaines informations afin d’illustrer le peuple sur les résultats de la discussion des directives, bien que postérieurement une information détaillée en sera publiée.

Le document original avait 291 directives dont 16 furent intégrées dans d’autres, 94 ont maintenu leur rédaction, le contenu de 181 fut modifié et 36 nouvelles furent incorporées, ce qui donne un total de 311 dans le projet actuel.

 

Ces chiffres, en simple arithmétique, montrent la qualité de la consultation  où  plus  ou  moins deux tiers des directives, exactement 68 % ont été reformulées.

Ce processus a suivi le principe de ne pas faire que la validité d’une proposition dépende de la quantité d’opinions données.  La preuve en est que plusieurs directives ont été modifiées ou supprimées, en partant de l’exposé d’une seule personne ou d’un nombre réduit d’elles.

Aussi est-il nécessaire d’expliquer que certaines opinions ne se voient pas reflétées dans cette étape, soit parce qu’il faut approfondir dans le sujet, ne disposant pas des conditions requises, ou dans d’autres cas parce qu’elles entrent en franche contradiction avec l’essence du socialisme, par exemple 45 propositions ont plaidé en faveur de la concentration de la propriété.

Ainsi, je veux exposer que, comme tendance il y a eu en général compréhension et appui au contenu des directives, il n’y a pas eu d’unanimité tant s’en faut, et c’est précisément de ça dont nous avions besoin, si nous voulions vraiment une consultation démocratique et sérieuse avec le peuple.

Par conséquent, avec une sécurité totale, nous pouvons qualifier les directives comme l’expression de la volonté du peuple contenue dans la politique du Parti, du gouvernement et de l’État, de mettre à jour le modèle économique et social dans le but d’assurer la continuité et l’irréversibilité du socialisme, ainsi que le développement économique du pays et l’élévation du niveau de vie, conjugués avec la formation nécessaire de valeurs éthiques et politiques de nos citoyens.

Comme il fallait s’y attendre, dans la discussion des directives, la plus grande quantité de propositions s’est concentrée autour du Chapitre VI « Politique sociale » et le chapitre II « Politiques macroéconomiques », représentant les deux 50,9 % du total.  Elles ont été suivies, par ordre décroissant, par les chapitres : XI « Politiques pour les Constructions, les Logements et les Ressources hydrauliques » ; le chapitre X « Politique pour le Transport », et le PREMIER chapitre « Modèle de Gestion économique ».

Sur ces cinq chapitres, d’un total de 12, se regroupait 75 % des opinions.

Par ailleurs, dans 33 directives --11 % du total--  s’entassait 67 % des propositions ; les directives ayant motivé une plus grande quantité de propositions ont été la 162 portant sur l’élimination de la carte de rationnement, les 61 et 62 sur la politique de prix, la 262 sur le transport de passagers, la 133 portant sur l’éducation, la 54 relative à l’unification monétaire et la 143 associée à la qualité des services de santé.

La carte de rationnement et son élimination a été, sans aucun doute, la question qui a provoqué le plus d’interventions des participants au débat, et c’était logique qu’il ait été ainsi ; deux générations de Cubains ont passé leur vie sous ce système de rationnement qui, malgré son nocif caractère égalitariste, a offert durant décennies à tous les citoyens l’accès aux aliments de base à des prix dérisoires, hautement subventionnés.

Cet instrument de distribution qui a été mis en place dans les années 60 avec une vocation égalitaire à des moments de pénuries, en vue de protéger notre peuple de l’agiotage et l’accaparement à des fins lucratives de la part de quelques-uns, s’est transformé au fil des années en une charge insoutenable pour l’économie et un découragement pour le travail, en plus de générer diverses illégalités dans la société.

Étant donné que la carte est dessinée pour couvrir les 11 millions et plus de Cubains de la même manière, les exemples absurdes ne manquent pas comme celui que le café rationné est fourni même aux nouveau-nés.  Ça se passait aussi avec les cigarettes jusqu’en septembre 2010, le quota en était distribué aux fumeurs et aux non fumeurs sans distinction, favorisant ainsi la croissance de cette nocive habitude chez la population.

 

À propos de ce sujet sensible, l’éventail d’opinions est très large ; il y a ceux qui suggèrent de la supprimer sur-le-champ et ceux qui s’opposent énergiquement à son élimination et proposent de tout rationner, y compris les articles industriels.  D’autres sont d’avis que pour combattre l’accaparement et assurer l’accès de tous aux aliments de base, il faudrait dans une première étape, maintenir le quota rationné même si les prix cessent d’être subventionnés.  D’autres enfin recommandent d’éliminer de la carte ceux qui n’étudient ni ne travaillent, ou bien ils conseillent que les citoyens aux plus gros revenus se passent volontairement de ce système.

Certes, le panier familial rationné, justifié dans des circonstances historiques concrètes, pour le fait d’avoir été maintenu durant tant de temps, contredit dans son essence le principe de la distribution qui doit caractériser le socialisme, à savoir « De chacun selon sa capacité, à chacun selon son travail » et cette situation doit être surmontée.

À ce propos, je considère opportun de rappeler ce qui a été dit par le compañero Fidel dans le Rapport Central au Premier Congrès du Parti le 17 décembre 1975, je cite : « Dans la conduction de notre économie, nous avons indubitablement commis des erreurs d’idéalisme et parfois avons méconnu la réalité qu’il existe des lois économiques objectives auxquelles nous devons nous en tenir », fin de citation.

Le problème auquel nous sommes confrontés n’est pas un problème de concept ; il réside dans le comment, quand et avec quel rythme nous le ferons.  La suppression de la carte de rationnement ne constitue pas une fin en soi, elle ne peut pas se voir comme une décision isolée mais comme l’une des principales mesures qu’il sera indispensable d’appliquer en vue d’éliminer les profondes distorsions existantes dans le fonctionnement de l’économie et la société dans son ensemble.

Personne à la direction de ce pays, jouissant de toutes ses facultés, ne saurait avoir l’idée de décréter brusquement l’élimination de ce système, sans en avoir créé les conditions avant.  Cela se traduit par la réalisation d’autres transformations du Modèle économique visant à augmenter l’efficacité et la productivité du travail, de sorte à pouvoir assurer stablement des niveaux de production et des offres de produits et services de base à des prix non subventionnés et à la fois accessibles à tous les citoyens.

Cette question a, logiquement, un rapport étroit avec les prix et l’unification monétaire, les salaires et le phénomène de la « pyramide inversée », ce qui, comme il a été éclairci au Parlement le 18 décembre dernier, s’exprime dans la non correspondance de la rétribution salariale avec la hiérarchie et l’importance du travail réalisé, problématiques qui se sont reflétées en une haute proportion dans les propositions avancées.

Á Cuba, sous le socialisme, il n’y aura jamais d’espace pour les « thérapies de choc »  à l’encontre des plus nécessiteux qui sont traditionnellement ceux qui soutiennent la Révolution avec une plus grande fermeté, à la différence des paquets de mesures qui sont souvent employées par mandat du Fonds monétaire international au détriment des peuples du Tiers monde et même, dernièrement, dans les nations les plus développées, où les manifestations populaires et étudiantes sont violemment réprimées.

La Révolution ne laissera aucun Cubain abandonné et le système d’attention sociale se réorganise afin d’assurer le soutien différencié et rationnel de ceux qui réellement en ont besoin.  Au lieu de subventionner les produits en masse, tel que nous le faisons actuellement, nous allons passer progressivement au soutien des personnes sans un autre moyen.

Ce principe garde toute sa vigueur dans la réorganisation de la force de travail qui est déjà en marche pour réduire les listes gonflées du personnel du secteur d’État, sous une observance stricte du caractère idoine démontré.  Ce processus continuera de l’avant, sans hâte mais sans pause, et son rythme sera déterminé par notre capacité de créer les conditions requises à son total déploiement.

À cela devront contribuer, entre autres facteurs, l’élargissement et la souplesse du travail dans le secteur non étatique.  Cette modalité d’emploi qu’un peu plus de 200 mille Cubains ont adoptée d’octobre de l’année dernière à ce jour, qui a doublé le nom bre de travailleurs à leur compte, constitue une alternative de travail fondée sur la législation en vigueur.  Par conséquent, elle doit compter sur l’appui, le soutien et la protection des autorités, à tous les niveaux, en même temps qu’on exige, avec la rigueur que demande la loi,  l’accomplissement strict de leurs obligations, y compris les tributaires.

La croissance du secteur non étatique de l’économie, loin de signifier une soi-disant privatisation de la propriété sociale, comme l’affirment certains théoriciens, est appelée à devenir un facteur facilitateur pour l’édification du socialisme à Cuba, car elle permettra à l’État de se concentrer à augmenter l’efficacité des moyens fondamentaux de production, propriété de tout le peuple et de se détacher de l’administration d’activités non stratégiques pour le pays.

Par ailleurs, cela favorisera que l’État continue de garantir à toute la population de la même manière et gratuitement les services de santé et d’éducation, de les protéger de façon appropriée au moyen des systèmes de sécurité et d’assistance sociale, de promouvoir la culture physique et le sport dans toutes leurs manifestations et de défendre l’identité et la conservation du patrimoine culturel et la richesse artistique, scientifique et historique de la nation.

L’État socialiste aura alors de plus grandes possibilités de faire une réalité de la pensée de José Martí qui préside notre Constitution : « Je veux que la première loi de notre République soit le culte des Cubains à la dignité pleine de l’homme ».

Il appartient à l’État de défendre la souveraineté et l’indépendance nationales, valeurs qui remplissent d’orgueil les Cubains, et de continuer d’assurer l’ordre public et la sécurité citoyenne qui distinguent Cuba comme l’un des pays les plus sûrs et tranquilles du monde.   Un pays sans trafic de drogues ni crime organisé, sans enfants ou adultes mendiants, sans travail infantile, sans charges de cavalerie contre les travailleurs, les étudiants ou autres secteurs de la population. Un pays sans exécutions extrajudiciaires, ni prisons clandestines ni tortures, en dépit des campagnes qui, sans aucune preuve, sont orchestrées contre nous, tout en ignorant avec une intention évidente que toutes ces réalités sont, en premier lieu, des droits humains fondamentaux, auxquels la majorité des habitants de la planète ne peut même pas aspirer.

Or, pour pouvoir assurer tous ces acquis du socialisme sans reculer dans leur qualité et leur portée, les programmes sociaux doivent se caractériser par une rationalité plus grande, de sorte telle qu’à l’avenir s’obtiennent des résultats supérieurs et durables avec des dépenses mineures, maintenant une relation adéquate avec la situation économique générale de la nation.

Il peut être apprécié dans les directives que ces idées ne sont pas en désaccord avec l’importance que nous concédons à la séparation précise du rôle que doivent jouer dans l’économie les organismes de l’État, d’une part, et les entreprises d’autre part.  Cette question s’est vue remplie de confusions et imprécisions pendant des décennies et nous sommes obligés de les régler à moyen terme dans le cadre du perfectionnement et renforcement de l’institutionalité.

La compréhension pleine de ces concepts nous permettra d’avancer avec solidité et sans recul dans la décentralisation progressive de facultés, depuis le gouvernement central vers les administrations locales et depuis les ministères et autres entités nationales en faveur de l’autonomie croissante de l’entreprise socialiste d’État.

Le modèle centralisé en excès qui caractérise actuellement notre économie devra transiter, dans l’ordre et la discipline, avec la participation des travailleurs, vers un système décentralisé où la planification aura la primauté, comme un trait socialiste de direction, mais n’ignorant pas les tendances présentes au marché, ce qui contribuera à la souplesse et à la mise à jour permanente du plan.

L’expérience pratique nous a enseigné que l’excès de centralisation conspire contre le développement de l’initiative dans la société et dans toute la chaîne de production où les cadres se sont habitués à ce que toutes les décisions viennent « du haut » et en conséquence ils ont cessé de se sentir responsabilisés avec les résultats de l’organisation qu’ils dirigeaient.

Nos entrepreneurs, à quelques exceptions près, se sont accommodés à la tranquillité et à la sécurité de l’ « attente » et ont développé une allergie pour le risque qu’implique l’action de prendre des décisions ou de ce qui revient au même : de réussir ou de se tromper.

Cette mentalité de l’inertie doit être définitivement bannie pour dénouer le nœud qui freine le développement des forces productives.  C’est une tâche d’une importance stratégique et ce n’est pas dû au hasard qu’elle apparaisse, d’une manière ou d’une autre, dans les 24 directives du PREMIER chapitre « Modèle de Gestion Économique ».

Dans cette matière, nous ne pouvons pas admettre d’improvisations ni de hâtes.  Pour décentraliser et changer la mentalité, il est nécessaire d’élaborer le cadre régulateur définissant clairement les facultés et les fonctions de chaque chaînon, dès la nation à la base,  accompagnées invariablement des procédés de contrôle comptable, financier et administratif.

Nous avançons dans ce sens.  Voilà presque deux ans on a commencé les études visant à perfectionner le fonctionnement, la structure et composition des organes de gouvernement aux différents niveaux de direction, obtenant comme résultat la mise en vigueur du Règlement du Conseil de Ministres, la réorganisation du système de travail avec les cadres de l’État et le gouvernement, l’introduction de procédés de planification des activités principales, l’établissement des bases organisationnelles pour disposer d’un système d’information du gouvernement, efficace et opportun, avec son infrastructure d’info-communications et la création, à titre expérimental, sous une nouvelle conception fonctionnelle et structurelle des provinces Mayabeque et Artemisa.

Pour commencer à décentraliser des facultés, il faudra que les cadres de l’État et des entreprises récupèrent le rôle notoire que le contrat doit jouer dans l’économie, tel qu’il est exprimé dans la directive numéro 10.  Cela contribuera aussi à rétablir la discipline et l’ordre dans les recouvrements et paiements, matière qui enregistre des notes insatisfaisantes dans une bonne partie de notre économie.

Comme un sous-produit non moins important, l’usage approprié du contrat en tant qu’outil régulateur des interrelations entre les différents acteurs économiques, deviendra un antidote efficace contre l’habitude étendue du « réunionisme », c’est-à-dire contre l’excès de réunions, vérifications et autres activités collectives, présidées souvent par un niveau supérieur et avec l’assistance improductive de nombreux participants, pour faire accomplir ce que les deux parties d’un contrat ont signé comme devoirs et droits et qu’en raison du manque d’exigence on n’a jamais réclamé l’accomplissement auprès des instances que le propre document contractuel avait établies.

À cet égard, il est utile de souligner les 19 opinions, dans 9 provinces, qui ont réclamé la nécessité de diminuer au minimum indispensable le nombre de réunions et leur durée.  Ce sujet je vais le reprendre plus tard, lorsque j’aborderai le fonctionnement du Parti.

Nous sommes convaincus que la tâche que nous avons devant nous en rapport avec ce sujet et les autres questions liées à la mise à jour du Modèle Économique, est bourrée de complexités et d’interrelations qui touchent, d’une manière ou d’une autre, toutes les phases de la société dans son ensemble.  Voilà pourquoi nous savons que ce n’est pas une question à régler en un jour, même pas en un an, et qu’elle va exiger au moins un quinquennat pour déployer son application avec l’harmonie et l’intégralité requises.  Et lorsqu’on y arrivera, il est nécessaire de ne s’arrêter jamais et travailler en vue de son perfectionnement permanent afin d’être en mesure de soulever les nouveaux défis que le développement nous dictera.

Faisant une similitude, on pourrait affirmer qu’au bout d’un certain temps, dans la mesure où la scène se modifie, le pays devra se confectionner un complet sur mesure.

Nous ne nous faisons pas d’illusions que les directives et les mesures pour l’application du Modèle Économique, ne constitueront pas elles seules le remède universel pour tous nos maux.  Il faudra parallèlement élever à des plans supérieurs la sensibilité politique, le sens commun, l’intransigeance devant les violations et la discipline de tous, en premier lieu des cadres de direction.

Ce qui précède a été irréfutablement mis en évidence dans les déficiences présentées dans l’exécution, il y a quelques mois, de certaines mesures ponctuelles, non complexes ni à grande envergure, à cause des obstacles bureaucratiques au manque de prévision des organes locaux de gouvernement, manifestés dans l’élargissement du travail privé.

Il n’est pas superflu de réitérer que nos cadres doivent s’habituer à travailler avec les documents recteurs émis par les organes facultés et abandonner le vice irresponsable de les mettre au fond d’un tiroir.  La vie nous a enseigné qu’il ne suffit pas de promulguer une bonne norme juridique, peu importe s’il s’agit d’une loi ou d’une simple résolution.  Il est en plus nécessaire de préparer les gens chargés de les mettre en application, les superviser et de vérifier le domaine pratique de ce qui est établi.  Rappelons qu’il n’y a pire loi que celle qui n’est pas accomplie ou que l’on ne fait pas accomplir.

Le système d’écoles du Parti aux niveaux provincial et national, parallèlement à la réorientation obligée de ses propres programmes, jouera un rôle principal dans la préparation et recyclage continu dans ces matières des cadres du Parti, des administrations et des entreprises, avec le concours des institutions spécialisées du secteur de l’éducation et la précieuse contribution des affiliés à l’Association Nationale d’Économistes et Comptables, tel qu’il a été démontré pendant le débat des directives.

 

En même temps, dans le but de hiérarchiser de manière appropriée l’introduction des changements requis, le bureau Politique a accordé de proposer au Congrès la mise en place d’une Commission permanente du gouvernement en vue de l’application et du développement,  subordonnée au président du Conseil d’État et du Conseil de Ministres. Cette commission, sans préjudice des fonctions qui reviennent aux organismes respectifs de l’administration centrale de l’État, aura la responsabilité de contrôler, vérifier et coordonner les actions de tous les intervenants dans cette activité, ainsi que de proposer l’incorporation de nouvelles directives, ce qui sera indispensable à l’avenir.

Á cet égard, nous avons considéré opportun de rappeler l’orientation que le compañero Fidel a incluse dans son Rapport Central au Premier Congrès du Parti, voilà presque 36 ans, à propos du système de direction de l'économie que nous voulions implanter et qui, dû à notre manque de systématicité, de contrôle et d’exigence, a échoué, je cite : « Que les dirigeants du Parti et surtout de l’État fassent sienne son implantation, une question d’honneur; qu’ils prennent conscience de son importance et de la nécessité de lutter avec tout leur effort pour l’appliquer de manière conséquente, toujours sous la direction de la commission nationale mise en place à telle fin…,  et Fidel de conclure : « divulguer largement  le système, ses principes et ses mécanismes à travers une littérature à la portée des masses, pour que ce soit une question dominée par les travailleurs.  Le succès du système dépendra en une mesure décisive de la maîtrise que les travailleurs en auront·, fin de citation.

Je ne me lasserai pas de répéter que dans cette Révolution tout est dit et la meilleure montre en sont les idées de Fidel que le journal Granma, organe officiel du Parti, a publiées tout le long de ces dernières années.

Ce que nous adopterons dans ce Congrès ne peut subir le même sort que les accords des congrès précédents, presque tous oubliés sans avoir été accomplis.  Ce que nous accorderons à cette occasion et dans les futures occasions doit constituer un guide pour la conduite et l’action des militants et dirigeants du Parti et, pour garantir sa matérialisation, devra être ratifié dans les instruments juridiques que devront dicter l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, le Conseil d’État ou le Gouvernement, selon leurs facultés législatives, en conformité avec la Constitution.

Il est bon d’éclaircir, afin d’éviter des interprétations erronées, que les accords des congrès et d’autres organes de direction du Parti en soi ne deviennent pas des lois, mais ils sont des orientations à caractère politique et moral, qu’il incombe au gouvernement, qui est celui qui administre, de réguler leur application.

Pour cette raison, la Commission Permanente d’Application et Développement inclura un Sous-groupe juridique composé de spécialistes de haute qualification, qui coordonnera avec les organismes correspondants, en s’attachant strictement à l’institutionnalité, les modifications requises sur le plan légal pour accompagner la mise à jour du Modèle Économique et Social, en simplifiant et en harmonisant le contenu de centaines de résolutions ministérielles, accords du gouvernement, décrets lois et des lois et, en conséquence, proposer, en temps opportun, l’introduction des ajustements pertinents dans la propre Constitution de la République.

Sans attendre que tout soit élaboré, se trouvent dans une phase avancée les normatives juridiques associées à l’achat-vente de logements et d’automobiles, la modification du décret-loi 259 pour élargir les limites de terre oisive à donner en usufruit aux producteurs agricoles ayant des résultats remarquables, ainsi que l’octroi de crédits aux travailleurs privés et à la population en général.

De même, nous considérons opportun de proposer au Congrès que le futur Comité Central devra inclure comme premier point, dans tous ses plénums, la présentation, non moins de deux fois par an, d’un compte-rendu sur l’état de l’application des accords adoptés dans cette rencontre à propos de la mise à jour du Modèle Économique et comme deuxième point, l’analyse sur l’accomplissement du plan de l’économie, soit du premier semestre ou de l’année en question.

Nous allons recommander également à l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire d’appliquer un procédé similaire dans ses sessions ordinaires, dans le but de renforcer le rôle protagoniste inhérent à sa condition d’organe suprême du pouvoir de l’État.

En partant de la profonde conviction que rien de ce que nous faisons n’est parfait et que ce qui semblerait l’être aujourd’hui ne le sera plus demain face à de nouvelles circonstances, les organes supérieurs du Parti et du Pouvoir de l’État et du Gouvernement doivent maintenir une vigilance systématique et étroite sur ce processus et être à même d’introduire opportunément les ajustements appropriés pour corriger les effets négatifs.

Compañeras et compañeros, nous devons être alertes, mettre les pieds et les oreilles sur terre et lorsqu’un problème pratique se présentera dans un domaine ou endroit quelconques, les cadres aux différents niveaux devront agir avec promptitude et intentionnalité, et ne doivent pas laisser sa solution au temps, car nous savons pour notre propre expérience que la seule chose qui va se passer est que le problème va se compliquer encore plus.

De la même manière, nous devons cultiver et préserver sans cesse l’interrelation avec les masses débarrassée de tout formalisme, pour avoir une rétro alimentation efficace sur leurs soucis et insatisfactions et que ce soit précisément elles qui nous indiquent le rythme des changements que l’on doit introduire.

L’attention aux incompréhensions récentes, associées à la réorganisation de certains services de base, prouve que lorsque le Parti et le gouvernent, chacun en remplissant son rôle, avec des méthodes et styles différents, agissent avec promptitude et harmonie pour s’occuper des préoccupations de la population et quand ils raisonnent avec elle avec clarté et simplicité, on obtient  le soutien à la mesure et la confiance du peuple vis-à-vis de ses dirigeants est encouragée.

Pour aboutir à ce résultat, la presse cubaine, dans ses différents formats, est appelée à jouer un rôle décisif dans l’éclaircissement et la diffusion objective, constante et critique de la marche de la mise à jour du Modèle Économique.  Par conséquent, grâce à  des articles et à des travaux sagaces et concrets, dans un langage accessible à tous, va se développer dans le pays une culture sur ces thèmes.

Sur ce front, il faut aussi chasser définitivement l’habitude du triomphalisme, la stridence et le formalisme au moment d’aborder l’actualité nationale et générer des matériels écrits et des programmes de télévision et de radio qui, de par leur contenu et style attirent l’attention et encouragent le débat dans l’opinion publique.  Cela suppose l’élévation de la professionnalité et les connaissances de nos journalistes ; s’il est vrai que, en dépit des accords adoptés par le Parti sur la politique informative, la plupart des fois ils n’ont pas l’accès opportun à l’information ni le contact fréquent avec les cadres et spécialistes responsabilisés avec les thématiques en question.  L’ensemble de ces facteurs explique la diffusion, en plusieurs occasions, de matériels ennuyeux, improvisés et superficiels.

Non moins important sera l’apport que nos médias devrons pourvoir en faveur de la culture nationale et de la récupération de valeurs civiques dans la société.

Passant à une autre question vitale, qui a une relation très étroite avec la mise à jour du Modèle Économique et Social du pays et qui devra aider à sa matérialisation : nous nous proposons de tenir une conférence nationale du Parti pour aboutir à des conclusions à propos des modifications de ses méthodes et style de travail, dans le but de concrétiser dans ses actions, pour aujourd’hui et pour toujours, le contenu de l’article 5 de la Constitution de la République où il est établi que l’organisation du Parti est l’avant-garde organisée de la nation cubaine et la force dirigeante supérieure de la société et de l’État.

Au début nous avions pensé convoquer cette conférence pour décembre 2011, cependant tenant compte des complications propres du dernier mois de l’année et de l’opportunité de compter sur une réserve prudente de temps pour préciser des détails, nous avons prévu d’avoir cette rencontre à la fin de janvier 2012.

Le 18 décembre dernier j’ai expliqué devant le Parlement qu’en raison des déficiences présentées par les organes administratifs du gouvernement dans l’accomplissement de leurs fonctions, le Parti durant des années s’est vu impliqué dans des tâches qui n’étaient pas de son ressort, en limitant et en compromettant son rôle.

Nous sommes convaincus que la seule chose qui pourrait faire échouer la Révolution et le socialisme à Cuba, mettant en danger le futur de la nation, est notre incapacité de surmonter les erreurs que nous avons commises pendant plus de 50 ans et les nouvelles que nous pourrions encourir.

La première chose que nous devons faire pour corriger une erreur est de la reconnaître consciemment dans toute sa dimension, et le fait réel est qu’en dépit du fait que dès les premières années de la révolution, Fidel a différencié avec clarté les rôles du Parti et de l’État, nous n’avons pas été conséquents dans l’accomplissement de ses instructions et nous sommes laissés emporter par les urgences et l’improvisation.

Quel bel exemple ce que le leader de la Révolution a exprimé à une date si précoce comme le 26 mars 1962, lors d’une comparution devant la radio et la télévision pour expliquer au peuple les méthodes et le fonctionnement des Organisations Révolutionnaires Intégrées (ORI), qui ont précédé le Parti, quand il a dit :

« … le Parti dirige, dirige à travers tout le Parti et dirige à travers l’administration publique.  Un fonctionnaire doit avoir de l’autorité.  Un ministre doit avoir de l’autorité, un administrateur doit avoir de l’autorité, discuter tout ce qu’il sera nécessaire avec le Conseil Technique Assesseur (aujourd’hui Conseil de Direction), discuter avec les masses ouvrières, discuter avec la cellule, mais c’est l’administrateur qui décide parce c’est sa responsabilité »… Fin de citation.  Cette orientation a été donnée voilà 49 ans.

Il existe des concepts très bien définis qui, en essence, conservent une totale validité pour atteindre le succès dans cette direction, indépendamment du temps écoulé depuis que Lénine les a formulés, il y a presque 100 ans ; Ils doivent être repris de nouveau, en conformité avec les caractéristiques et l’expérience de notre pays.

En 1973, dans le cadre du processus préparatoire du Premier Congrès, il a été bien défini que le Parti dirige et contrôle à travers des voies et des méthodes qui lui sont propres et qui se différencient des voies, méthodes et ressources dont l’État dispose pour exercer son autorité.  Les directives, résolutions et dispositions du Parti n’ont pas directement un caractère juridique obligatoire pour tous les citoyens, elles doivent être accomplies seulement par les militants, consciencieusement, car il ne dispose d’aucun appareil de force et coercition pour le faire.  C’est une différence importante du rôle et des méthodes du Parti et de l’État.

Le pouvoir du Parti repose essentiellement sur son autorité morale, sur l’influence qu’il exerce sur les masses et sur la confiance que le peuple dépose en lui.  L’action du Parti se fonde, avant tout, sur la conviction qui découle de ses actes et du bien-fondé de sa ligne politique.

Le pouvoir de l’État part de son autorité matérielle, qui consiste en la force des institutions chargées d’exiger à tous l’accomplissement des normes juridiques qu’il émet.

Le dommage que provoque la confusion dans ces concepts s’exprime, premièrement, dans l’affaiblissement du travail politique que doit réaliser le Parti, et deuxièmement dans la détérioration de l’autorité de l’État et du gouvernement, car les fonctionnaires cessent de se sentir responsables de leurs décisions.

Compañeras et compañeros, il s’agit de débarrasser pour toujours le Parti de toutes les activités qui ne sont pas propres à son caractère d’organisation politique, en peu de mots, nous libérer de fonctions administratives et nous consacrer chacun à ce qui nous correspond.

Très liées à ces conceptions erronées sont les déficiences dans la politique de cadres du Parti, qui devra elle aussi être l’objet d’une analyse par la dite Conférence Nationale.  Quelques leçons amères nous ont été léguées par les maladresses subies dans ce domaine en raison du manque de rigueur et de vision qui ont ouvert des brèches à la promotion accélérée de cadres inexpérimentés et immatures à coup de simulation et d’opportunisme, attitudes alimentées aussi par le concept erroné qui dit que pour occuper un poste de direction il était exigé comme condition tacite, militer dans le Parti ou la Jeunesse communiste.

Il faut abandonner cette pratique résolument et, sauf pour les responsabilités propres des organisations politiques, la militance ne doit pas signifier une condition obligatoire pour remplir un poste de direction dans le gouvernement ou l’État, mais la préparation pour les exercer et la disposition de reconnaître comme siens la politique et le programme du Parti.

Les dirigeants ne surgissent pas des écoles ni du copinage dissipateur, ils se forment à la base, en remplissant la fonction qu’ils ont étudiée, en contact avec les travailleurs et ils doivent être promus graduellement sur la base du leadership octroyé seulement quand on est un exemple dans le sacrifice et les résultats.

Dans ce sens, je considère que la direction du Parti, à tous les niveaux, doit se faire une sévère autocritique et adopter les mesures nécessaires afin d’éviter la réapparition de ces tendances.  Cela est applicable, à son tour, à l’insuffisante systématicité et volonté politique pour assurer la promotion, à des postes de décision, à femmes, noirs, métis et jeunes, sur la base du mérite et les conditions personnelles.

C’est une véritable honte de ne pas avoir réglé ce dernier problème en plus d’un demi-siècle, problème que nous allons porter dans nos consciences pendant de longues années, simplement parce que nous n’avons pas été conséquents avec les innombrables orientations que dès les premiers jours du triomphe révolutionnaire et tout le long des années le compañero Fidel nous a enseignées, parce que, en plus, la solution de cette disproportion a fait partie des accords adoptés par le très important Premier Congrès du Parti et les quatre qui y ont succédé et nous n’avons pas assuré leur accomplissement.

Pour le règlement des questions comme celle-ci, qui définissent l’avenir, il ne faut plus jamais se laisser emporter par la spontanéité mais par la prévision et la plus ferme intentionnalité politique de préserver et parfaire le socialisme à Cuba.

Malgré les différentes tentatives que nous avons faites en vue de la promotion des jeunes à des postes principaux, la vie a montré que le choix n’a pas été toujours le meilleur.  Aujourd’hui nous affrontons les conséquences de ne pas compter une réserve de remplaçants dûment préparés, avec suffisamment d’expérience et maturité pour assumer les nouvelles et complexes tâches de direction au Parti, l’État et le gouvernent.  C’est une question que nous devons régler petit à petit, au cours du quinquennat, sans précipitations ni improvisations, mais que nous devons commencer dès que le Congrès arrive à sa fin.

À cela contribueront en plus le renforcement de l’esprit démocratique et le caractère collectif du fonctionnement des organes de direction du Parti et du pouvoir de l’État et du gouvernement.  En même temps, il faut assurer le rajeunissement systématique de toute la chaîne de postes administratifs et du Parti, depuis la base jusqu’aux compañeros qui occupent les principales responsabilités, sans exclure l’actuel Président des Conseils d’État et de Ministres ni le Premier Secrétaire du Comité Central qui sera élu dans ce Congrès.

A cet égard, nous avons abouti à la conclusion qu’il est recommandable de limiter à un maximum de deux périodes consécutives de cinq ans, la fonction dans les postes politiques et étatiques fondamentaux.  Ça c’est possible et nécessaire dans les circonstances actuelles, bien différentes de celles des premières décennies de la Révolution, non consolidée encore donc en butte aux constantes menaces et agressions.

Le renforcement systématique de notre institutionnalité sera à la fois la condition et la garantie indispensables pour que cette politique de rénovation des cadres ne mette jamais en risque la continuité du socialisme à Cuba.

Dans ce domaine, nous commençons avec un premier pas en réduisant substantiellement la nomenclature des postes de direction, dont l’approbation revenait aux instances municipales, provinciales et nationales du Parti, et en déléguant certaines facultés aux dirigeants ministériels et des entreprises pour nommer, remplacer et mettre en application des mesures disciplinaires à une grande partie des chefs subordonnés, assistés par les commissions de cadres respectives, dans lesquelles le Parti est représenté et opine, mais qui sont présidées par le dirigeant administratif, qui est celui qui décide.  L’opinion de l’organisation du Parti est inestimable, mais le facteur qui décide est le chef, puisque nous devons préserver et renforcer son autorité, en harmonie avec le Parti.

Concernant la vie interne, thème que nous avons soumis aussi à l’analyse de la Conférence, nous pensons que nous devons méditer sur les effets contre-productifs de vieilles habitudes qui n’ont rien à voir avec le rôle d’avant-garde de l’organisation dans la société, entre eux la superficialité et le formalisme avec lesquels se développe le travail politique idéologique, l’utilisation de méthodes démodées et de termes vieillis qui ne tiennent pas compte du niveau d’instruction des militants, la tenue de réunions excessivement longues et souvent pendant l’horaire de travail qui par ailleurs doit être sacré, en premier lieu pour les communistes ; avec un ordre du jour très souvent inflexible établi par l’organisme supérieur, sans différencier la scène où se développe la vie des militants, les convocations fréquentes à des activités commémoratives formelles, avec des discours encore plus formels, et l’organisation de travaux volontaires les jours de repos sans avoir un contenu réel ni la coordination due, en générant des dépenses et en diffusant le mécontentement et l’apathie parmi nos compañeros.

Ces critères sont applicables aussi à l’émulation, mouvement qui au fil des ans à perdu son essence mobilisatrice des collectifs ouvriers, car il s’est transformé en un mécanisme alternatif de distribution de stimuli moraux et matériels qui ne sont pas toujours justifiés avec des résultats concrets et qui bien des fois ont généré des fraudes dans l’information.

La Conférence devra en plus considérer les relations du Parti avec l’Union de Jeunes Communistes et les organisations de masses pour les dépouiller de schématismes et routines, afin qu’elles récupèrent, toutes, leur raison d’être, adaptée aux conditions actuelles.

Bref, compañeras et compañeros, la Conférence Nationale se concentrera sur le renforcement du rôle du Parti, comme le représentant  maximum de la défense des intérêts du peuple cubain.

Pour atteindre cet objectif il faut absolument changer la mentalité, laisser tomber le formalisme et la fanfaronnade dans les idées et les actions, ce qui revient à dire déterrer l’immobilisme fondé sur des dogmes, consignes vides pour parvenir aux essences les plus profondes des choses, comme le montrent brillamment les enfants de « La Colmenita » dans l’œuvre de théâtre « Abracadabra ».

Seul ainsi le Parti Communiste de Cuba pourra être en mesure d’être, pour tous les temps, le digne héritier de l’autorité et de la confiance illimitée du peuple dans la Révolution et dans son unique Commandant en Chef, le compañero Fidel Castro Ruz, dont l’apport moral et leadership indiscutable ne dépendent pas d’un poste et qui depuis sa qualité de soldat des idées n’a cessé de lutter et de contribuer, avec ses réflexions éclairantes et autres actions, à la cause révolutionnaire et à la défense de l’humanité face aux dangers qui la menacent.

À propos de la situation internationale, nous allons consacrer quelques minutes à évaluer la conjoncture existante sur la planète.

On ne voit pas l’issue de la crise économique globale qui touche toutes les nations, vu son caractère systémique.  Les remèdes appliqués par les puissants visaient à protéger les institutions et les pratiques qui en ont été à l’origine et à décharger le poids terrible de ses conséquences sur les travailleurs dans leurs propres territoires et en particulier dans les pays sous-développés.  La spirale de prix des aliments et du pétrole pousse des centaines de millions de personnes à la pauvreté extrême. 

Les effets du changement climatique sont déjà dévastateurs et le manque de volonté politique des nations industrialisées empêche l’adoption d’actions urgentes et indispensables pour prévenir la catastrophe.

Nous vivons dans un monde convulsé dans lequel se succèdent des catastrophes naturelles telles les tremblements de terre d’Haïti, Chili et Japon, dans le même temps que les États-Unis livrent des guerres de conquête en Iraq et Afghanistan qui ont coûté plus d’un million de civils morts.

Des mouvements populaires dans les pays arabes se soulèvent contre les gouvernements corrompus et oppresseurs, alliés des États-Unis et de l’Union Européenne.  Le conflit lamentable en Libye, nation soumise à une brutale intervention militaire de l’OTAN, a servi encore une fois de prétexte à cette organisation pour excéder ses limités défensifs originaux et étendre à une échelle globale les menaces et les actions de guerre pour protéger des intérêts géostratégiques et l’accès au pétrole.  L’impérialisme et les forces réactionnaires internes conspirent pour déstabiliser autres pays, tandis qu’Israël oppresse et massacre le peuple palestinien en toute impunité.

Les États-Unis et l’OTAN incluent dans leurs doctrines l’interventionnisme agressif contre les pays du Tiers monde dans le but de piller leurs ressources ; ils imposent aux Nations Unies la politique de deux poids deux mesures et utilisent de manière de plus en plus concertée les puissants consortiums médiatiques pour cacher ou fausser les faits, selon il conviendrait aux centres de pouvoir mondial, dans une farce hypocrite destinée à tromper l’opinion publique.

Au milieu de sa situation économique complexe, notre pays maintient la coopération avec 101 nations du Tiers monde.  En Haïti, le personnel médical cubain, après avoir passé 12 ans de travail intense en sauvant des vies, fait face depuis janvier 2010, aux côtés de collaborateurs d’autres pays, aux séquelles du séisme et à la postérieure épidémie de choléra, avec un dévouement admirable.

À la Révolution Bolivarienne et au compañero Hugo Chávez Frías nous exprimons la solidarité la plus résolue et notre engagement, conscients de l’importance du processus que vit le peuple frère vénézuélien pour Notre Amérique, dans le bicentenaire de son indépendance.

Nous partageons aussi les souhaits des mouvements transformateurs dans plusieurs pays latino-américains, coiffés par des leaders prestigieux qui représentent les intérêts des majorités oppressées.

Nous continuerons à contribuer aux processus intégrationnistes de l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), l’Union du Sud (UNASUR) et la Communauté des États Latino-américains et Caribéens (CELAC) qui prépare la tenue à Caracas de son sommet inaugural en juillet de la présente année.  C’est le fait institutionnel le plus transcendant dans notre hémisphère pendant le dernier siècle, puisque pour la première fois nous nous regroupons par nous-mêmes tous les pays au sud du Río Bravo.

Nous sommes encouragés par cette Amérique latine et les Caraïbes, de plus en plus unis et indépendants, que nous remercions pour leur solidarité.

Nous continuerons à plaider le Droit International et soutenons le principe d’égalité souveraine des États et le droit à l’auto-détermination des peuples.  Nous refusons le recours à la force, l’agression, les guerres de conquête, le pillage des ressources naturelles et l’exploitation de l’homme.

Nous condamnons le terrorisme sous toutes ses formes, en particulier le terrorisme d’État.   Nous défendrons la paix et le développement pour tous les peuples et lutterons pour le futur de l’humanité.

Le gouvernement des États-Unis n’a pas changé sa politique traditionnelle visant à discréditer et à renverser la Révolution, bien au contraire il a continue le financement de projets visant à promouvoir directement la subversion, à provoquer la déstabilisation et à interférer dans nos affaires internes.  L’administration actuelle a décidé quelques mesures positive mais très limitées.

Le blocus économique, commercial et financier des États-Unis contre Cuba persiste et même s’intensifie sous la présidence actuelle, en particulier dans les transactions bancaires, en ignorant la condamnation presque unanime de la communauté internationale qui s’est prononcée de façon croissante pour son élimination pendant 19 ans consécutifs.

Bien qu’apparemment, comme il a été mis en évidence lors de la récente visite au Palacio de la Moneda à Santiago du Chili, les gouvernants des États-Unis n’aiment pas à se reporter à l’histoire lorsqu’ils traitent le présent et l’avenir ; il est nécessaire de signifier que le blocus contre Cuba n’est pas une question du passé, nous nous voyons donc dans l’obligation de rappeler le contenu d’un mémorandum secret, déclassifié en 1991, du Sous-secrétaire d’État adjoint aux affaires interaméricaines, Lester D. Mallory, le 6 avril 1960, je cite : « La plupart des Cubains soutiennent Castro…  Il n’existe pas une opposition politique effective […]   Le seul moyen possible de lui faire perdre le soutien interne [au gouvernement] est de provoquer le désappointement et le découragement au moyen de l’insatisfaction économique et la pénurie […]  Il faut mettre en place rapidement tous les moyens possibles afin d’affaiblir la vie économique […] en refusant à Cuba argent et approvisionnements dans le but de réduire les salaires nominaux et réels afin de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement ».  Fin de citation.

Notez la date du mémorandum, le 6 avril 1960, presque un an exact avant l’invasion par Playa Girón.

Le mémorandum en question n’a pas surgi à l’initiative de ce fonctionnaire mais il entrait dans le cadre de la politique visant à renverser la Révolution, de même que le « Programme d’Action secrète contre le régime de Castro », approuvé par le président Eisenhower le 17 mars 1960, 20 jours avant que le mémorandum précité, en utilisant tous les moyens disponibles, depuis la création d’une opposition unifiée, la guerre psychologique, les actions clandestines d’intelligence et la préparation dans des pays tiers de forces paramilitaires capables d’envahir l’île.

Les États-Unis ont incité le terrorisme dans les villes et cette même année, avant Playa Giron, ils ont encouragé la mise en place de bandes contre-révolutionnaires armées, ravitaillées par air et par mer, qui ont commis pillages et assassinats de paysans, ouvriers et jeunes alphabétiseurs jusqu’à leur anéantissement définitif en 1965.

Nous, Cubains n’oublierons jamais les 3 mille 478 morts et les 2 mille  99 handicapés qui ont été les victimes de la politique de terrorisme d’État.

Un demi-siècle s’est écoulé de privations et de souffrances pour notre peuple qui a su tenir bon et défendre sa Révolution, qui n’est pas disposé à se rendre ni a souiller la mémoire de ceux qui sont tombés pendant les derniers 150 ans, depuis le commencement de nos luttes pour l’indépendance.

Le gouvernement états-unien n’a cessé de soutenir o protéger des terroristes bien connus, tandis qu’il prolonge la souffrance et l’injuste emprisonnement des cinq héroïques lutteurs antiterroristes cubains.

Sa politique vis-à-vis de Cuba n’a pas de crédibilité ni aucun soutien moral.  Pour essayer de la justifier, il avance des prétextes incroyables qui, en devenant obsolètes, changent selon ce qui convient à Washington.

 Le gouvernement des États-Unis ne devrait avoir aucun doute que la Révolution Cubaine sortira renforcée de ce Congrès.  S’ils veulent rester cramponnés à leur politique d’hostilité, blocus et subversion, nous sommes prêts à continuer lui faisant face.

Nous réitérons la disposition au dialogue et relèverons le défi de maintenir une relation normale avec les États-Unis, dans laquelle nous pourrions vivre de façon civilisée avec nos différences, sur la base du respect mutuel et de la non ingérence dans les affaires internes.

En même temps, nous maintiendrons de manière permanente la priorité à la défense, en suivant les instructions du compañero Fidel, dans son rapport central au Premier Congrès lorsqu’il a dit, je cite : « Tant qu’il existe l’’mpérialisme, le Parti, l’État et le peuple prêteront aux services de la défense une attention maximale.  La garde révolutionnaire ne sera jamais négligée.  L’histoire nous enseigne avec trop d’éloquence que ceux qui oublient ce principe ne survivent pas à l’erreur ».

 

Sur la scène actuelle et prévisible, la conception stratégique de la « Guerre de Tout le Peuple » maintient toute son actualité, elle s’enrichit et perfectionne constamment.  Son système de commandement et de direction s’est vu renforcé, ses capacités de réaction augmentent devant les différentes situations exceptionnelles prévues.

Le niveau défensif du pays a pris une dimension supérieure aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif.  À partir des ressources propres disponibles, on a élevé l’état technique et de maintien, ainsi que la conservation de l’armement et on a continué l’effort dans la production et surtout dans la modernisation de la technique militaire, tenant compte de ses prix prohibitifs sur le marche mondial.  Dans ce domaine, il est bon de reconnaître l’apport de dizaines d’institutions, civiles et militaires, qui ont démontré les énormes potentialités scientifiques, technologiques et productives que la Révolution a créées.

Le degré de préparation du territoire national en tant que théâtre d’opérations militaires, a grandi de manière significative, l’armement fondamental est protégé de même qu’une partie importante des troupes, des organes de direction et de la population.

L’infrastructure de communications assurant le fonctionnement stable du commandement aux différents niveaux a été établie.  Les réserves matérielles de tout type ont été élevées, avec un échelonnement et protection plus grands.

Les Forces Armées Révolutionnaires, c’est-à-dire le peuple en uniforme, devront continuer leur perfectionnement permanent et préserver auprès de la société l’autorité et le prestige gagnés de par leur discipline et ordre dans la défense du peuple et du socialisme.

Nous allons aborder maintenant une autre question d’actualité, qui n’est pas moins significative.

Le Parti doit être convaincu qu’au-delà des besoins matériels et mêmes culturels, il existe dans notre peuple une diversité de concepts et d’idées sur ses propres nécessités spirituelles.

Dans cette thématique, multiples sont les pensées du Héros National José Martí, homme qui synthétisait cette conjonction de spiritualité et sentiment révolutionnaire.

Sur ce sujet, Fidel exprimait très tôt en 1954, dès la prison, en évoquant le martyr de la Moncada Renato Guitart, je cite : « La vie physique est éphémère, elle passe inexorablement comme sont passées celles de tant et tant de générations d’hommes, comme passera d’ici peu celle de chacun de nous.  Cette vérité devrait enseigner tous les êtres humains que par-dessus eux se trouvent les valeurs immortelles de l’esprit.  Quel sens a celle-là sans celles-ci ? Qu’est-ce vivre alors ?  Comment pourraient mourir ceux qui pour le comprendre ainsi, la sacrifient généreusement au bien et à la justice ! ».

Ces valeurs ont été toujours présentes dans sa pensée et il l’a réitéré ainsi en 1971, lors d’une réunion avec un groupe de prêtres catholiques à Santiago du Chili, je cite : « Je vous dis qu’il y a dix mille fois plus de coïncidences du christianisme avec le communisme que celles qui peuvent avoir avec le capitalisme ».

Sur cette idée il reviendrait en s’adressant aux membres des églises chrétiennes en Jamaïque en 1977, quand il a dit : « Il faut travailler ensemble pour que, lorsque l’idée politique triomphe, l’idée religieuse no soit pas écartée, qu’elle n’apparaisse pas comme ennemie des changements.  Il n’existe pas de contradictions entre les propos de la religion et les propos du socialisme ».  Fin de citation.

L’unité entre la doctrine et la pensée révolutionnaire par rapport à la foi et aux croyants trouve sa racine dans les fondements mêmes de la nation qui, en affirmant leur caractère laïque défendait comme principe auquel on ne peut pas renoncer l’union de la spiritualité avec la Patrie que nous a léguée le Père Félix Varela et les énoncés pédagogiques de José de la Luz y Caballero, qui a été catégorique en disant : « Avant je voudrais, certes, qu’ils s’effondrent les institutions des hommes –rois et empereurs--,  les astres eux-mêmes du firmament, que de voir tomber de la poitrine humaine le sentiment de justice, ce soleil du monde moral ».

En 1991, le IVème Congrès du Parti a accordé de modifier l’interprétation des statuts qui limitait l’entrée à l’organisation des révolutionnaires croyants.

Le bien-fondé de cette décision a été confirmé par le rôle que les leaders et représentants des diverses institutions religieuses ont joué dans les différentes étapes du travail national, y compris la lutte pour le retour de l’enfant Elián à la Patrie, dans laquelle a excellé spécialement le Conseil des Églises de Cuba.

Cependant, il est nécessaire de continuer à éliminer tout préjugé empêchant d’unir dans la vertu et la défense de notre Révolution toutes les Cubaines et tous les Cubains, croyants ou non, ceux qui font partie des églises chrétiennes, parmi lesquelles sont inclues la catholique, les orthodoxes russe et grecque, les évangéliques et protestantes ; de même que les religions cubaines d’origine africaine, les communautés spirites, juives, islamiques, bouddhistes, el les associations fraternelles, entre autres.  À l’égard de chacune d’elles la Révolution a eu des gestes d’affection et de concorde.

L’inoubliable Cintio Vitier, cet extraordinaire poète et écrivain qui a été député de notre Assemblée Nationale, avec les forces de la plume et son éthique martienne, chrétienne et profondément révolutionnaire, nous a légué des avertissements pour le présent et pour la postérité que nous devons rappeler.

Cintio a écrit : « Ce qui est en danger, nous le savons, c’est la nation elle-même.  La nation est déjà inséparable de la Révolution qui la constitue depuis le 10 octobre 1868 et il n’y a pas d’autre alternative : ou elle est indépendante ou elle cesse d’être absolument.

Si la Révolution était mise en déroute, nous tomberions dans le vide historique que l’ennemie nous souhaite et nous prépare, que même le plus élémentaire du peuple flaire comme abîme.

Et Cintio de continuer :

À la défaite on peut arriver, nous le savons, par l’intervention du blocus, l’usure interne, et les tentations imposées par la nouvelle situation hégémonique du monde ».

Après avoir affirmé que : « Nous sommes au moment le plus difficile de notre histoire », il a dit : « obligée à se battre contre la stupidité du monde auquel elle fatalement appartient, menacée toujours par les séquelles d’obscures plaies séculaires, implacablement harcelée par la nation la plus puissante de la planète, victime aussi de maladresses importées ou autochtones qui ne sont jamais commises impunément dans l’histoire, notre petite île se contracte et se dilate, systole et diastole, comme une lueur d’espoir pour elle et pour tous ».  Fin de citation.

 Nous devons nous référer au processus récemment terminé de libération de prisonniers contre-révolutionnaires, de ceux qui aux  temps difficiles et d’angoisse pour la Patrie ont conspiré contre elle au service d’une puissance étrangère.

Par décision souveraine de notre gouvernement, ils ont été libérés, sans avoir accompli totalement leurs sanctions.  Nous aurions pu le faire de manière directe et nous attribuer le mérite certain que nous l’avions décidé en considérant la forteresse de la Révolution.  Cependant, nous l’avons fait dans le cadre d’un dialogue de respect mutuel, loyauté et transparence avec la haute hiérarchie de l’église catholique qui a contribué avec son travail humanitaire, à ce que cette action conclue en harmonie et dont les lauriers, en tout cas, correspondent à cette institution religieuse.

 

Les représentants de l’église catholique ont manifesté leurs points de vue, qui ne coïncidaient pas toujours avec les nôtres, mais constructifs.  C’est au moins notre appréciation, après de longues conversations avec le Cardinal Jaime Ortega et le Président de la Conférence Épiscopale Monseigneur Dionisio García. 

Avec cette action, nous avons favorisé la consolidation du legs le plus précieux de notre histoire et du processus révolutionnaires : l’unité de la nation.

Nous devons également rappeler la contribution de l’ancien Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération d’Espagne, Miguel Ángel Moratinos, qui a fourni des facilités au travail humanitaire de l’Église, de sorte telle que ceux qui ont manifesté ce souhait ou ont accepté l’idée, voyagent à l’étranger en union de leurs familles.  D’autres ont décidé de rester à Cuba.

Nous avons supporté patiemment les campagnes implacables de discrédit en matière de droits humains, concertées depuis les États-Unis et plusieurs pays de l’Union Européenne, qui nous exigent rien de plus que la reddition inconditionnelle et le démontage immédiat de notre régime socialiste et ils encouragent, orientent et aident les mercenaires internes à désobéir la loi.

À cet égard, il est  nécessaire d’éclaircir que ce que nous ne ferons jamais est refuser au peuple le droit de défendre sa Révolution, parce que la défense de l’indépendance, des acquis du socialisme et de nos places et rues restera le premier devoir de tous les patriotes cubains.

Nous aurons des journées et des années de travail intense et d’une énorme responsabilité pour préserver et développer, sur des bases fermes et durables, le futur socialiste et indépendant de la Patrie.

Jusqu’ici le Rapport Central au VIème Congrès.

 

Je vous remercie.

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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 08:48
arton13414-827ff.jpgDiscours prononcé par Fidel Castro Ruz, Président de la Double République de Cuba, en rendant les honneurs funèbres aux victimes des bombardements en divers points de la République effectués le 23 et le 12, face au Cimetière Colomb, le 16 avril 1961.


Camarades de l’Armée Rebelle et des Milices Nationales Révolutionnaires, Cubains,

C’est la deuxième fois que nous nous réunissons en ce lieu. La première fois, ce fut au moment de cet acte de sabotage qui coûta la vie à pratiquement une centaine d’ouvriers et de soldats.

En cette occasion, il avait été nécessaire d’ expliquer le crime commis contre notre peuple par une série de déductions ; en cette occasion, il avait été nécessaire de prouver que ce sabotage n’avait pu être réalisé sur notre territoire, il n’avait pu être préparé sur notre territoire étant donné les conditions de vigilance extrême dans lesquelles le déchargement de ce bateau s’accomplissait. Il n’était pas possible de supposer que cela soit dû à un accident, vu que le type de munitions qu’on déchargeait ne pouvait exploser en tombant.

Il fut nécessaire de faire l’historique des antécédents qui désignaient les coupables de cet acte criminel ; il fut nécessaire de se souvenir de tout l’intérêt que le gouvernement des Etats-Unis avait manifesté et de toutes les manoeuvres qu’il avait réalisées pour éviter que ces armes, que vous étiez en train de décharger depuis un moment, arrivent jusque dans nos mains.

Depuis les débuts du Gouvernement Révolutionnaire, les premier effort des ennemis de la Révolution fut d’empêcher que notre peuple s’arme. Les premiers pas que firent nos ennemis tendaient à maintenir notre peuple désarmé, et devant l’échec de leurs pressions politiques pour nous empêcher d’ acquérir ces armes, devant l’échec des premières manoeuvres diplomatiques, ils eurent recours au sabotage, à l’utilisation de procédés violents pour empêcher que ces armes arrivent entre nos mains, pour rendre difficile l’acquisition de ces armes et finalement réussir, que le gouvernement d’où provenaient ces armes, arrêtent les ventes à notre pays.

Ce coup de griffes coûta la vie à de nombreux ouvriers et soldats et lorsqu’en cette occasion, nous avons affirmé que nous avions le droit de penser que les coupables de ce sabotage étaient ceux qui avaient intérêt à ce que nous ne recevions pas ces armes, vous vous souvenez comment le gouvernement des Etats-Unis a protesté, comment le gouvernement des Etats-Unis a dit que c’était une imputation injuste, et comment ils ont affirmé devant le monde, qu’ils n’avaient rien à voir avec l’explosion du vapeur « La Coubre ».

Cependant, nous tous, notre peuple, avons gardé la profonde conviction que la main qui avait préparé cet acte barbare et criminel était la main des agents secrets du Gouvernement des Etats-Unis.

Cependant, au début, pour beaucoup de personnes dans ce pays et même hors de ce pays, il était difficile de croire que le Gouvernement des Etats-Unis soit capable d’une chose pareille ; il était difficile de croire que les dirigeants d’un pays soit capables de pareils procédés. Pour certains , il était possible que’ il existe de la part du gouvernement

Révolutionnaire, une méfiance excessive, qu’il existe de la part des Cubains des soupçons excessifs et une suspicion excessive ; il était possible aussi qu’une partie du peuple reste sceptique devant ces affirmations ; nous n’avions pas encore acquis la dure expérience que nous devions acquérir pendant ces deux ans et demi , nous ne connaissions pas encore bien nos ennemis, nous ne connaissions pas encore bien leurs procédés, nous ne savions pas encore ce qu’était l’Agence Centrale d’Intelligence du gouvernement des Etats-Unis, nous n’avions pas encore eu l’occasion d’éprouver jour après jour leurs activités criminelles contre notre peuple et notre Révolution.

Ce n’était pas seulement ce fait isolé. Déjà, notre pays subissait une série d’agressions, déjà notre pays subissait une série d’incursions, d’avions pirates qui un jour lançaient des proclamations, un autre jour brûlaient nos cannes, et un autre jour tentaient de lancer une bombe sur l’une de nos centrales sucrières.

En cette occasion, où précisément par l’éclatement de la bombe qu’ils allaient lancer, l’avion pirate explosa avec son équipage, tombant en morceaux sur notre territoire, en cette occasion, le Gouvernement des Etats-Unis, ne put nier, comme il venait de le faire, que ces avions arrivaient de ses côtes, le Gouvernement des Etats-Unis ne put, devant les restes de ces pilotes, devant les documents intacts et devant l’immatriculation de l’avion qui était tombé sur notre territoire, il ne put nier la réalité et ils se décidèrent à nous donner, ou pour mieux dire, ils se décidèrent à nous demander des excuses et à nous donner une explication.

Certainement, il était difficile pour tout le monde, de comprendre qu’un avion, et de nombreux avions, puissent sortir et entrer du territoire des Etats-Unis sans que cela soit observé par les autorités de ce pays, sans que cela soit enregistré par les équipements modernes que possède ce pays pour détecter les avions. Mais, en cette occasion, ils nous demandèrent des excuses et nous donnèrent des explications.

Cependant, les vols ne s’arrêtèrent pas. Pendant longtemps, les incursions aériennes continuèrent et une fois, une de ces incursions coûta à notre pays un grand nombre de victimes. Cependant, aucun de ces faits n’avait le caractère d’une attaque militaire ; aucune de ces incursions n’allait au-delà d’ actes de harcèlement de la part d’avions pirates qui, un jour, brûlaient les cannes, un autre jour essayaient de lancer des grenades, un autre jour essayaient de lancer des tracts, et enfin rendaient notre pays victime de harcèlement systématique et essayaient de provoquer des dégâts économiques, mais de façon que jamais, cela n’avait revêtu les caractères d’une attaque militaire.

L’explosion de « La Coubre » fut un acte de sabotage préparé par les agents de la Centrale d’Intelligence yankee. Les attaques de la part d’avions pirates étaient des attaques sporadiques, jamais n’avait été menée à bien une opération qui possédaient toutes les caractéristiques d’une opération nettement militaire.

Récemment, des semaines plus tard, une embarcation pirate pénétra dans le port de Santiago de Cuba, canonna la raffinerie qui y est installée et en même temps, causa des victimes avec ses tirs parmi les soldats et les marins qui étaient à l’entrée de la baie. Tout le monde savait qu’une opération de ce type, avec des embarcations de cette nature, ne pouvait être menée à bien s’il ne s’agissait pas de bateaux fournis et équipés par les Nord-Américains en n’importe quel lieu des Caraïbes.

Ce fait mettait notre pays dans une situation particulière : il nous faisait vivre en plein XX° siècle comme les peuples et les villages de ce continent se virent obligés de vivre aux XVI° et XVII° siècles, comme se virent obligés de vivre les cités et les peuples à l’époque des pirates et des flibustiers. Il plaçait notre pays dans une situation spéciale, en vertu de laquelle nos usines, nos concitoyens, nos villages, devaient vivre à leur merci, rien d’étonnant alors qu’un avion brûlait nos cannaies, alors qu’un avion essayait de lancer une bombe sur nos centrales sucrières, ou alors qu’un avion faisait des victimes dans notre population, ou qu’un bateau pénétrait dans nos ports et canonnait honteusement, chose qui n’était jamais arrivée, chose qui n’est jamais arrivée, en ce siècle, jusqu’à présent et sur ce continent.

Car ce continent, oui, il avait su ce qu’étaient des canons navals, ce continent, oui, il avait su ce qu’étaient des villes bombardées et ce continent, oui, il avait su ce qu’étaient des débarquements de troupes étrangères. Il l’avait su au Mexique, il l’avait su au Nicaragua, il l’avait su en Haïti, et il l’avait su à Saint-Domingue et à Cuba car tous ces peuples avaient su ce qu’étaient les flottes et les canons des Etats-Unis et tous ces peuples avaient eu l’occasion de savoir ce qu’étaient les interventions de l’infanterie de marine des Etats-Unis.

Ce qu’aucun peuple de ce continent n’avait eu l’occasion de connaître, c’était ce type de harcèlement par air et par mer, c’était ce type d’opérations de flibustiers par air et par mer, ce que ce continent n’avait pas eu l’occasion de connaître – continent qui avait connu des interventions, continent qui avait connu des armées de mercenaires organisées par les Etats-Unis – ce qu’aucun peuple de ce continent n’avait eu l’occasion de connaître, c’était cette action systématique de la part des services secrets du Gouvernement des Etats-Unis, cette action systématique de sabotage et de destruction de la part d’un puissant organisme qui possède toutes les ressources économiques et tous les moyens les plus modernes de sabotage et de destruction ; ce que jamais un peuple de ce continent n’avait connu, c’était la lutte contre l’Agence Centrale d’Intelligence du Gouvernement des Etats-Unis, engagée à n’importe quel prix, accomplissant les instructions de son gouvernement pour entraver la marche pacifique et difficile d’une nation en détruisant systématiquement le fruit du travail d’un peuple, en détruisant systématiquement les ressources économiques, les établissements commerciaux, les industries, et ce qui est pire, les vies précieuses d’ouvriers, de paysans et de citoyens travailleurs et honnêtes de ce pays.

Ce type de lutte, aucun peuple d’Amérique ne l’avait connu, ni incursions d’avions pirates, ni incursions de bateaux pirates, ni sabotages de caractère international mis sur pied par un puissant organisme qui possède, comme je l’ai dit, de puissantes ressources économiques et techniques.

Notre pays était peut-être devenu l’unique pays du monde dont les villages et les villes pouvaient être harcelés par des avions pirates, dont les ports pouvaient être attaqués par des bateaux pirates. Et, à notre connaissance, il n’existait ni il n’existe actuellement, un seul cas d’un pays qui, n’étant en guerre avec aucun autre pays, qui, n’étant pas engagé dans une guerre civile, doive supporter ce type d’attaques de la part d’avions et de bateaux pirates et, en outre, cette campagne systématique de destruction des richesses et des vies cubaines que réalise ce corps secret du Gouvernement des Etats-Unis.

Mais avec tout cela, aucun des faits antérieurs, n’avait été, comme hier, une agression de type réellement militaire. Il ne s’est pas agi du vol d’un avion pirate, il ne s’est pas agi de l’incursion d’un bateau pirate, il s’est agi de rien moins que d’une attaque simultanée de trois villes du pays, à la même heure, un matin, il s’est agi d’une opération suivant toutes les règles des opérations militaires.

Trois attaques simultanées, au matin, à la même heure, à La havane, à San Antonio de Los Baños et à Santiago de Cuba, 3 points distants l’un de l’autre et surtout, l’un d’eux par rapport aux deux autres, exécuté avec des avions de bombardement de type B26, avec largage de bombes d’un grand pouvoir destructif, avec rockets et mitraillage de trois points distincts du territoire national. Il s’est agi d’une opération ayant toutes les caractéristiques et suivant toutes les règles d’une opération militaire.

Ce fut en outre, une attaque surprise, ce fut une attaque semblable aux attaques avec lesquelles les gouvernements vandales du nazisme et du fascisme avaient coutume d’agresser les nations. L’expression « déclaration de guerre » n’était pas une expression que connaissaient les gouvernements fascistes d’Europe. Les attaques armées contre les peuples d’Europe par les hordes hitlériennes furent toujours des attaques de ce type : attaques sans avis préalable, attaques sans déclaration de guerre, attaques sournoises, attaques traîtresses, attaques par surprise. Ainsi, furent envahies par surprise, la Pologne, la Belgique, la Norvège, la France, la Hollande, le Danemark, la Yougoslavie et autres pays d’Europe. Et, lorsqu’au milieu de cette guerre, le gouvernement impérialiste du Japon voulut y participer, il n(y eut ni déclaration de guerre, ni avis préalable. Un dimanche matin – si je me souviens bien – le 7 ou le 8 décembre 1941, un matin, les bateaux et les avions japonais attaquèrent par surprise la base navale de Pearl Harbour et détruisirent presque totalement les bateaux et les avions des forces navales des Etats-Unis dans le Pacifique.

Tout le monde se souvient de cette date, tout le monde se souvient de la vague d’indignation qu’elle produisit dans le peuple des Etats-Unis, tout le monde se souvient de l’irritation que produisit dans ce pays et de l’indignation que produisit dans le reste du monde, cette attaque menée à bien de façon sournoise et par surprise. Le peuple de s Etats-Unis se mobilisa devant cette agression et le peuple des Etats-Unis ne voulut jamais oublier la façon traîtresse et lâche dont ses bateaux et ses avions furent attaqués un matin du mois de décembre 1941.

Et ce fait est resté comme un symbole de trahison ; ce fait est resté dans l’histoire des Etats-Unis comme un symbole de félonie, de vilenie et de couardise. Pearl Harbour rappelle aux Etats-Unis la trahison, Pearl Harbour rappelle au peuple des Etats-Unis la vilenie, la couardise et la félonie ; Pearl Harbour fut un événement que l’histoire et l’opinion des Etats-Unis anathématisent comme un événement indigne, comme un événement plein de trahison et de couardise.

Hier... Nous ne prétendons pas comparer parce que, lorsque les Japonais combattaient les Nord-Américains, c’était un combat entre deux pays impérialistes, c’était un combat entre deux pays capitalistes, c’était un combat entre deux gouvernements exploiteurs, c’était un combat entre deux gouvernements colonialistes, c’était un combat entre deux gouvernements qui essayaient de dominer les marchés, les matières premières et l’économie d’une partie considérable du monde.

Et le combat était entre ces deux gouvernements, bien que l’impérialisme nord-américain n’ait pas eu à cette époque l’agressivité de l’impérialisme japonais, ce n’était pas un impérialisme guerrier comme l’impérialisme japonais ; bien que ce soient des puissances impérialistes qui luttaient entre elles et parmi ces impérialismes, le moins guerrier et le moins agressif était l’impérialisme nord-américain mondial – en ce qui concerne l’Amérique Latine, il avait toujours été un impérialisme agressif et guerrier mais d’un bellicisme d’énorme puissance contre des peuples faibles, un bellicisme lâche de grande nation et de nation puissante contre des nations petites et désarmées – mondialement, l’impérialisme nord-américain était moins agressif et moins guerrier que l’impérialisme allemand, que l’impérialisme italien et que l’impérialisme japonais. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une lutte entre deux forces prédatrices, dans ce cas, il ne s’agit pas d’une lutte entre deux impérialismes.

Et si l’attaque de Pearl Harbour fut une attaque condamnable par la façon dont elle se produisit, par surprise et en violant les normes les plus élémentaires et les traditions des relations entre peuples, dans ce cas, le combat qui nous enveloppe, nous, est le combat entre un gouvernement impérialiste et un gouvernement révolutionnaire, c’est le combat entre un impérialisme guerrier et agressif et une Révolution sociale qui détruit précisément toutes les formes d’exploitation, non seulement d’exploitation d’un peuple par un autre mais aussi l’exploitation d’une partie du peuple par l’autre partie.

Nous nous différencions des Etats-Unis en ce que les Etats-Unis sont un pays qui exploite d’autres peuples, en ce que les Etats-Unis sont un pays qui s’est emparé d’une grande partie des ressources naturelles du monde, et qui fait travailler au bénéfice de sa caste de millionnaires, des dizaines et des dizaines de millions de travailleurs dans le monde entier. Et nous, nous ne sommes pas un pays qui exploite d’autres peuples, nous ne sommes pas un pays qui s’est emparé ni qui lutte pour s’emparer des ressources naturelles d’autres peuples, nous ne sommes pas un pays qui essaie de faire travailler les ouvriers d’autres peuples pour notre bénéfice.

Nous sommes tout le contraire : un pays qui lutte pour que ses ouvriers ne soient pas obligés de travailler pour la caste des millionnaires américains (applaudissements) ; nous constituons un pays qui lutte pour récupérer nos ressources naturelles, et nous avons repris nos ressources naturelles qui étaient aux mains de la caste des millionnaires nordaméricains.

Nous ne sommes pas un pays dans le système duquel la plus grande partie du peuple, la plus grande partie des ouvriers, des masses du pays constituées par les ouvriers et les paysans, travaillent pour une minorité d’exploiteurs millionnaires privilégiés ; nous ne sommes pas un pays qui possède un système dans lequel les grandes masses de la population sont discriminées et oubliées comme les masses noires aux Etats-Unis ; nous ne sommes pas un pays qui possède un système dans lequel une partie minoritaire du peuple vit en parasite du travail et de la sueur des masses majoritaires.

Nous, avec notre Révolution, nous n’éradiquons pas seulement l’exploitation d’une nation par une autre nation mais aussi l’exploitation de certains hommes par d’autres hommes (applaudissements).

Oui, nous avons déclaré dans une assemblée générale historique que nous condamnions l’exploitation de l’homme par l’homme (applaudissements) ; nous avons condamné l’exploitation de l’homme par l’homme ! (applaudissements et cris de « Fidel ! Fidel ! ») Nous nous différencions des Etats-Unis en ce que, là-bas, un gouvernement de classe privilégiée et puissante a établi un système en vertu duquel cette classe exploite l’homme à l’intérieur même des Etats-Unis et cette classe exploite l’homme hors des Etats-Unis.

Les Etats-Unis constituent politiquement aujourd’hui un système d’exploitation des autres nations par une nation et un système d’exploitation de l’homme par d’autres hommes. Ainsi, le combat entre le Japon et les Etats-Unis est un combat entre des systèmes identiques, le combat entre les Etats-Unis et Cuba est un combat sur des principes différents, c’est à dire, c’est un combat entre ceux qui n’ont plus aucun principe humain et ceux qui brandissent la défense des principes humains (applaudissements et exclamations : « Nous vaincrons ! »).

C’est à dire que si l’attaque de Pearl Harbour a constitué un crime, ce fut un crime entre impérialistes, ce fut un crime entre exploiteurs où un gouvernement exploiteur voulut annihiler un autre système exploiteur, où un impérialisme a voulu annihiler un autre impérialisme. Le crime d’hier, cependant, fut le crime des exploiteurs impérialistes contre un peuple qui veut se libérer de l’exploitation, contre un peuple qui veut implanter la justice, ce fut un crime entre les exploiteurs de l’homme et ceux qui veulent abolir l’exploitation de l’homme ! (applaudissements et exclamations : « Nous vaincrons ! »).

Si l’attaque de Pearl Harbour fut considérée par le peuple des Etats-Unis comme un crime et comme un acte traîtreux et couard, notre peuple a le droit de considérer l’attaque impérialiste d’hier comme un événement deux fois criminel, comme deux fois sournois, deux fois traîtreux et mille fois lâche (applaudissements et exclamations de « Cuba oui, yankees, non ! ») . Et, si le peuple des Etats-Unis a considéré qu’il avait le droit de juger le gouvernement qui avait préparé et perpétré cette attaque comme un gouvernement vil et misérable, notre peuple a le droit de qualifier de mille fois vil et misérable le gouvernement qui a préparé cette attaque contre notre pays (applaudissements et exclamations : « Pan, pan ! Dehors, à bas Caïmanera ! ») Si le peuple des Etats-Unis a eu le droit de qualifier de lâche cette attaque surprise, c’est à dire une attaque venue d’un pays puissant contre un autre pays puissant, d’un pays qui possédait de nombreux bateaux et de nombreux avions contre un autre pays qui possédait de nombreux bateaux et de nombreux avions, nous, nous avons le droit de qualifier de « mille fois lâché » l’attaque d’un pays qui possède de nombreux bateaux et de nombreux avions contre un pays qui possède très peu de bateaux et très peu d’avions (applaudissements et exclamations : « Nous vaincrons ! »).

De toute façon, lorsque les Japonais attaquèrent à Pearl Harbour, ils assumèrent la responsabilité historique de leurs actes. Lorsque les Japonais attaquèrent à Pearl Harbour, ils n’essayèrent pas de cacher qu’ils étaient les organisateurs et les exécutants de cette attaque et ils assumèrent les conséquences historiques et les conséquences morales de leurs actes. Cependant, lorsque, dans ce cas, le pays puissant et riche prépare l’agression surprise et lâche contre le petit pays, le pays qui n’a pas de moyens militaires pour répondre à l’agression, bien qu’il puisse résister jusqu’à la dernière goutte de sang !... (applaudissements et exclamations : « La Patrie ou la Mort » !)

C’est en toute sécurité que le gouvernement impérialiste des Etats-Unis agit ainsi avec nous parce que nous ne sommes pas un pays puissant. C’est en toute sécurité qu’il agit ainsi avec nous, parce qu’il sait que nous ne pouvons riposter comme il le mérite, aux actes criminels et lâches qu’ils exécutent contre nous (applaudissements) ; en toute sécurité parce que, si nous étions un pays militairement puissant, le gouvernement impérialiste des Etats-Unis n’oserait jamais accomplit de semblables actes contre nous ! (applaudissements et exclamations : « Assassins ! »).

Lorsque les Japonais attaquèrent Pearl Harbour, ils en assumèrent la responsabilité et ces messieurs, non, ces messieurs préparent l’attaque, organisent l’attaque, remettent les avions, remettent les bombes, entraînent les mercenaires, payent les mercenaires et réalisent l’attaque sans avoir le courage d’affronter la responsabilité historique et morale de leurs actes ! (applaudissements et exclamations : « Ce sont des lâches ! Ce sont des lâches ! »).

Le gouvernement impérialiste du Japon agit et n’essaya pas de cacher sa responsabilité. Par contre, le Président des Etats-Unis (exclamations : « Dehors ! ») est comme la « petite chatte de Maria Ramos » qui « lance la pierre et cache sa main » (exclamations : Dehors ! Dehors ! »). Le président Kennedy comme la « petite chatte de Maria Ramos lance la pierre et cache sa main ! » ce sont les mots par lesquels on peut résumer la politique du gouvernement des Etats-Unis.

Cependant, combien ces événements sont utiles pour comprendre ! Combien ces événements sont utiles pour nous enseigner les réalités du monde ! Combien ces événements sont utiles pour éduquer notre peuple ! Les leçons coûtent cher, les leçons sont douloureuses, les leçons sont sanglantes mais comme les peuples s’instruisent avec ces événements ! Comme notre peuple s’instruit ! Comme notre peuple s’éduque et grandit !

Ce n’est pas pour rien qu’en ce moment, nous savons tant de choses que les autres peuples ignorent ; ce n’est pas pour rien que nous sommes, en ce moment, l’un des peuples qui a le plus appris en peu de temps sur l’histoire du monde. Et ces événements d’hier vont nous éduquer, ces événements douloureux d’hier vont nous éclairer et vont nous montrer, peut-être avec plus de clarté qu’aucun autre événement jusqu’à aujourd’hui, ce qu’est l’impérialisme.

Peut-être avez-vous une idée de ce qu’est l’impérialisme, peut-être vous êtes-vous souvent demandé ce qu’était l’impérialisme et ce signifiait ce mot.

Est-ce que les impérialistes sont réellement quelque chose d’aussi mauvais ? Est-ce qu’il n’y a pas beaucoup de passion dans toutes les accusations qu’on leur porte ? Est-ce que tout ce que nous avons entendu dire de l’impérialisme nord-américain n’est pas le produit du sectarisme ? Est-ce que tout ce qu’on affirme sur l’impérialisme américain est bien vrai ? (exclamations de « Oui » !) Est-ce que les impérialistes nord-américains ont aussi peu de scrupules qu’on le dit ? (exclamations de « Oui ! ») Est-ce que les impérialistes nordaméricains sont aussi canailles et scélérats qu’on l’affirme ? (exclamations de « Oui ! ») Est-ce que les impérialistes nord-américains sont aussi sanguinaires, vils et lâches qu’on l’affirme ? (exclamations de « Oui ! ») Ou exagère-t-on ? (exclamations de « Non ! ») Ou bien est-ce du sectarisme ? (exclamations de « Non ! ») Ou est-ce un excès de passion ? (exclamations de « Non ! »)

Mais, est-il possible que les impérialistes aient fait les choses qu’on affirme qu’ils ont faites ? Tout ce que l’on a dit à propos de leurs actions de vandales au niveau international, de leurs provocations est-il bien certain ? Est-ce que ce sont eux qui ont provoqué la guerre de Corée ? (exclamations de « Oui ! »).

Comme il était difficile de savoir ce qui se passait dans le monde quand n’arrivaient dans notre pays d’autres nouvelles que les nouvelles nord-américaines ! Quelle tromperie nous graveraient-ils dans l’esprit et de combien de mensonges nous rendraient-ils victimes ? S’il restait quelque doute à quelqu’un, si quelqu’un, dans ce pays, de bonne foi – et je ne parle pas de la misérable « gusanera » , je parle d’hommes et de femmes capables de penser honnêtement, même s’ils ne pensent pas comme nous – avait quelque doute, si quelqu’un croyait qu’il reste un atome d’honnêteté dans la politique yankee, si quelqu’un croyait qu’il reste un atome de morale dans la politique yankee, si quelqu’un croyait qu’il reste un atome de honte, d’honneur ou de justice dans la politique yankee, si quelqu’un dans ce pays, dans cet heureux pays qui a eu l’occasion de voir, dans cet heureux pays qui a eu l’occasion d’apprendre bien qu’il se soit agi d’un apprentissage sanglant, mais un apprentissage de liberté et un apprentissage de dignité (applaudissements), si quelqu’un dans ce pays qui a eu le privilège de voir se transformer tout un peuple en un peuple de héros et en un peuple d’hommes dignes et vaillants (applaudissements), si quelqu’un dans ce pays dont l’accumulation de mérites, d’héroïsme et de sacrifices croît chaque jour, doute encore , si ceux qui ne pensaient pas comme nous croient arborer ou défendre un drapeau honnête, croient arborer ou défendre un drapeau juste et parce qu’ils croient cela, sont pro-yankees et sont défenseurs du gouvernement des Etats-Unis, si quelqu’un d’entre eux de bonne foi restait dans notre pays , que ces événements que nous allons analyser servent à ce qu’il n’ait plus aucun doute.

Hier, comme nous le savons tous, des bombardiers divisés en trois groupes , à 6h pile du matin, pénétrèrent sur le territoire national, venant de l’étranger et attaquèrent trois points du territoire national ; en chacun de ces points, les hommes se défendirent héroïquement, en chacun de ces points coula le sang valeureux des défenseurs (applaudissements), en chacun de ces points, il y eut des milliers sinon des centaines et des centaines de témoins de ce qui arrivait. C’était, en outre, un événement que l’on attendait, c’était quelque chose que l’on attendait tous les jours, c’était le point culminant logique de l’incendie des cannaies, des centaines de violations de notre espace aérien, des incursions aériennes pirates, des attaques pirates de nos raffineries par un bateau qui arriva au petit matin, c’était la conséquence de ce que tout le monde sait, c’était la conséquence des plans d’agression élaborés par les Etats-Unis avec la complicité des gouvernements laquais d’Amérique Centrale ; c’était la conséquence des bases aériennes que le peuple entier connaît parce que même les journaux et les agences d’information nord-américaines en ont parlé et les agences elles-mêmes et les journaux eux-mêmes se sont fatigués de parler des armées de mercenaires qu’ils organisent, des camps d’aviation tout prêts, des avions que leur avait remis le Gouvernement des Etats-Unis, des instructeurs yankees, des bases aériennes établies sur le territoire guatémaltèque. Cela, toute la population de Cuba le savait, cela, le monde entier le savait. L’attaque s’est produite hier, en présence de milliers d’hommes et que croyez-vous qu’ont dit les dirigeants yankees face à cet événement insolite ? Car il ne s’agit pas de l’explosion de « La Coubre » qui est un acte de sabotage rusé et caché, il s’agit d’une attaque simultanée en trois points du territoire national avec mitraille, bombes, fusées, avec des avions de combat que tout le monde a vus. Il s’agit d’un fait public, un fait attendu, un fait que tout le monde connaissait avant qu’il ne se réalise.

Et pour que reste une certitude historique, pour que notre peuple soit instruit en une fois et pour toujours et pour que cette partie des peuples d’Amérique puisse apprendre ce qui peut arriver , même s’il s’agit seulement d’un rayon de vérité, je vais expliquer au peuple, je vais vous montrer comment procèdent les impérialistes (applaudissements).

Croyiez-vous que le monde allait s’informer de l’attaque contre Cuba ? Croyiez-vous que le monde allait s’informer de ce qui était arrivé ? Croyiez-vous ou avez-vous pensé qu’il était possible d’essayer d’éteindre, dans le monde, l ’écho des bombes et des rockets criminelles tirées hier contre notre patrie ? Que cela serait arrivé à quelqu’un dans le monde ? Que quelqu’un pouvait essayer de tromper le monde entier, essayer de cacher la vérité au monde entier, essayer d’arnaquer le monde entier ? Eh bien, hier, non seulement ils ont attaqué notre terre dans une attaque sournoise et criminelle préméditée et que tout le monde connaissait, avec des avions yankees, avec des bombes yankees, avec des armes yankees, et avec des mercenaires payés par l’Agence Centrale d’Intelligence yankee ; non seulement ils ont fait cela, non seulement ils ont détruit des biens de la nation, non seulement ils ont détruit des vies de jeunes dont beaucoup n’avaient pas encore vingt ans (exclamations) mais, en outre, en outre, le Gouvernement des Etats-Unis a essayé hier, d’arnaquer le monde. Le Gouvernement des Etats-Unis a essayé hier d’arnaquer le monde de la manière la plus cynique et le plus honteuse qu’on n’ait jamais pu concevoir.

Et voici les preuves des agissements de l’impérialisme, de toute la mécanique opératoire de l’impérialisme, de la façon dont l’impérialisme non seulement commet des crimes contre le monde entier mais de la façon dont il trompe le monde. Mais il trompe le monde non seulement en lui volant son pétrole, ses minerais , le fruit du travail de ses peuples, mais il trompe le monde moralement en lui envoyant les mensonges et les choses les plus épouvantables qu’on puisse imaginer.

Et voici les preuves. Devant notre peuple, nous allons lire ce que l’impérialisme a dit au monde, nous allons vous expliquer ce que le monde a su hier, ce qu’ils ont dit au monde, ce qu’ils ont fait croire peut-être, à des dizaines et des dizaines de millions d’êtres humains, ce qu’ont publié hier des milliers et des milliers de journaux, ce qu’ont annoncé hier des milliers et des milliers de stations de radio et de télévision sur ce qui s’est passé à Cuba, ce qu’a appris le monde ou une grande partie du monde, une partie considérable du monde, par les agences yankees.

Câble de l’UPI ( désapprobation) :

« Miami, 15 avril. Des pilotes cubains qui ont déserté les forces aériennes de Fidel Castro ont atterri en Floride avec des bombardiers de la Seconde Guerre Mondiale après avoir fait sauter des installations militaires cubaines pour venger la trahison d’un des leurs. »

Je répète : « Miami, 15 avril, UPI. » - Distribué dans le monde entier, publié par des milliers de journaux, de stations de radio et de télévision. « Des pilotes cubains » - Des pilotes cubains, c’est ce qu’ils ont dit au monde, c’est ce qu’ils ont dit au monde après avoir organisé les aérodromes au Guatemala, après avoir envoyé les avions, après avoir envoyé les bombes, après avoir envoyé la mitraille et entraîné les mercenaires, et ils ont donné l’ordre aux mercenaires, chose que tout le monde savait. Et ceci, c’est ce qu’ils disent au monde après avoir violé des centaines de fois l’espace aérien, devant le fait le plus scandaleux, devant le fait le plus inattendu, devant un fait qui, en soi allait constituer un scandale mondial, qu’ont fait les Gringos ? Qu’a fait le gouvernement gringo ?

« Miami, 15 avril, UPI. Des pilotes cubains qui ont déserté les forces aériennes de Fidel Castro ont atterri aujourd’hui en Floride avec des bombardiers de la Seconde Guerre Mondiale après avoir fait sauter des installations militaires cubaines pour venger la trahison d’un lâche parmi eux. » Un des bombardiers B 26 de la Force Aérienne Cubaine atterrit à l’aéroport international de Miami criblé par le feu de l’artillerie antiaérienne et des tirs de mitraillettes, avec seulement un de ses deux moteurs. Un autre s’arrêta à la base aérienne de la Marine à Cayo Hueso ; un troisième bombardier atterrit dans un autre pays étranger – on ne dit pas lequel – différent de celui dans lequel les trois avions avaient projeté – écoutez bien – avaient projeté à l’origine de se rendre après l’attaque, selon des sources cubaines locales compétentes. Il existe des versions non confirmées du fait qu’un autre avion, un autre aéroplane, s’est abîmé en mer près de l’Ile de la Tortue (applaudissements). De toute façon, la Marine des Etats-Unis enquête. Les pilotes qui ont demandé qu’on ne divulgue pas leur identité... (exclamations) descendirent de leurs avions et revêtirent leurs uniformes et immédiatement, demandèrent l’asile aux Etats-Unis (exclamations).

« Edouard Ahrens – voyez – Edouard Ahrens, directeur du service de l’immigration de Miami, a déclaré que les demandes étaient à l’étude. L’aviateur à moustaches qui descendit à Miami, indiqua aux fonctionnaires de l’immigration que lui et trois autres pilotes des Forces Aériennes Cubaines avaient projeté voilà des mois, de fuir la Cuba de Castro. Il ajouta que ce fut à cause de la trahison de Galo que lui et les deux autres résolurent de lui donner une leçon avec le bombardement et le mitraillage des installations des bases aériennes sur leur chemin vers la liberté. Il dit qu’il avait opéré sur sa propre base, celle de San Antonio de Los Baños et que les autres pilotes en avaient attaqué d’autres. Ce pilote se montra disposé à discuter avec les journalistes mais il baissa la tête et se mit des lunettes de soleil quand les journalistes essayèrent de la photographier. »

« Il expliqua que – écoutez bien quel énorme mensonge et quelle absurdité – il expliqua que lui et les autres pilotes avaient laissé leur famille à Cuba et craignaient les représailles de Castro contre leurs parents. » C’est à dire qu’ils affirment avoir volé les avions, avoir déserté et qu’ils ne disent pas leur nom pour qu’on ne sache pas comment s’appellent ceux qui ont volé les avions et ont déserté. Et c’étaient des pilotes de la Force Aérienne, disent-ils. Il est indiscutable que l’Américain qui a écrit cela était complètement saoul, hier matin (applaudissements). »

« Miami, UPI. Le pilote du bombardier qui atterrit à Miami expliqua qu’il était l’un des 12 pilotes de B 26 qui étaient restés dans la Force Aérienne de Cuba après la désertion de Diaz Lanz et les purges qui suivirent. Diaz Lanz était le chef de la Force Aérienne de Castro mais il déserta au début de 1959, peu après que celui-ci soit arrivé au gouvernement. Il a ajouté qu’il avait aujourd’hui mission d’effectuer une patrouille de routine sur la zone de sa base et que les deux autres pilotes stationnés à Campo Libertad, dans les environs, décollèrent sous divers prétextes ; l’un d’entre eux devait effectuer aujourd’hui un vol vers Santiago de Cuba et l’autre dit qu’il voulait vérifier son altimètre. Ce dernier était en l’air cinq minutes après six heures du matin. Mes camarades, ajouta-t-il, décollèrent plus tôt pour attaquer les aérodromes que nous avions décidé de punir.

Ensuite, et parce que mon combustible s’épuisait, je dus prendre la route de Miami parce que je ne pouvais rejoindre notre destination prévue. Il est possible que les autres soient allé mitrailler une autre base avant de partir, peut-être la plage de Baracoa où Fidel a son hélicoptère. L’aviateur n’a pas révélé la destination qui avait été prévue. »

Câbles de l’AP (exclamations) :

« Miami, 15 AP – Ce qu’ils ont dit au monde – Miami, 15 AP. Trois pilotes cubains de bombardiers craignant d’être trahis dans leurs plans pour échapper au gouvernement de Fidel Castro ont fui aujourd’hui aux Etats-Unis après avoir mitraillé et bombardé les aéroports à Santiago et à La Havane. »

« Un des deux bombardiers bimoteurs de la Seconde Guerre Mondiale a atterri à l’aéroport international de Miami avec un lieutenant aux commandes de l’avion. Il a indiqué la façon dont lui et trois des 12 pilotes d’avions B 26 qui sont ceux qui restent aux Forces Aériennes Cubaines ont projeté, pendant des mois, de fuir Cuba. »

« L’autre avion, avec deux hommes à bord, a atterri à la base aéronavale de Cayo Hueso. Les noms des pilotes ont été tenus secrets. Les autorités de l’immigration ont mis les Cubains sous surveillance et confisqué les avions. »

« Approximativement, 100 Cubains réfugiés, réunis à l’aéroport, poussèrent des vivats et applaudirent quand le pilote fut amené jusqu’au bureau de la douane et ensuite transporté vers un lieu gardé secret. »

Voyez : « Edgard Ahrens, directeur du district du Service d’Immigration d’Etat des Etats- Unis rendit publique – le directeur de l’Immigration de Miami rendit publique – la déclaration suivante du pilote de la Force Aérienne Cubaine » - c’est à dire que, non seulement ils affirment qu’il est Cubain mais ils ont le toupet d’affirmer qu’il ne donne pas son nom et qu’il ne donne pas son nom pour qu’on ne sache pas qui ils sont. Déjà, prétendre cacher le nom d’un monsieur qui vient de commettre un délit … Mais en plus, le directeur de l’Immigration rend les déclarations publiques ! Et, voyez à quel degré de cynisme il arrive, voyez jusqu’à quel point les fonctionnaires et les dirigeants de l’impérialisme sont sans vergogne , voyez comme ils en arrivent à inventer en détail une légende surprenante que personne ne croit... Pas même le chat, je pense (applaudissements) ; que personne ne croit, pas même la « petite chatte de Maria Ramos ». Le pilote dit – voyez l’histoire qu’il publie pour parer toute l’histoire de détails, pour rendre le stratagème complet, avec tous les détails, voyez l’histoire qu’ils inventent

 : « Je suis l’un des 12 pilotes d’avions B26 et je suis resté dans la Force aérienne de Castro après la désertion de Diaz Lanz , ex chef de la force Aérienne Cubaine, et les purges qui suivirent. Trois de mes camarades pilotes et moi, avions mis au point durant des mois la façon dont nous échapperions à la Cuba de Castro. Avant-hier, j’appris que l’un des trois, le lieutenant Alvaro Galo – même un mon, ils prennent le nom de l’un des aviateurs des FAR, ils mettent un nom ; à quelle extrémité portent-ils leur cynisme et leur toupet ! - avanthier, j’appris que l’un des trois, le lieutenant Alvaro Galo qui est le pilote d’avions B 26 N° FAR-915 – en fait, le pilote, précisément, est à Santiago, par hasard il est détaché à Santiago – avait parlé avec un agent de Ramiro Valdes, le chef du G-2. J’ai alerté les deux autres, et nous conclûmes alors que, probablement, Alvaro Galo qui avait toujours agi ainsi, comme un poltron, nous avait trahi. Nous décidâmes alors de passer immédiatement à l’action. Hier matin, on me détacha à la patrouille de routine de ma base, San Antonio de los Baños, sur une section de Pinar del Rio et autour de l’Ile des Pins. J’en avisai mes amis au Camp Libertad et ils furent d’accord sur le fait que nous devions agir.

L’un d’eux devait voler vers Santigao, l’autre donna comme excuse qu’il voulait vérifier son altimètre, il devait décoller de Campo Libertad à 6h – au Campo Libertad, il n’y avait aucun avion B 26, il y avait des avions endommagés – Je fus en l’air à 6h05 ; à cause de la trahison d’Alvaro Galo, nous avions décidé de lui donner une leçon, c’est pourquoi je revins à San Antonio où son avion était stationné et je fis deux passages pour mitrailler son avion et trois autres stationnés à côté. En partant, je fus touché par un tir d’arme légère et je m’enfuis. Mes camarades étaient déjà partis pour attaquer les bases aériennes que nous avions décidé d’attaquer. Ensuite, comme je n’avais plus beaucoup de carburant, je dus aller à Miami parce que je ne pouvais atteindre notre destination première, celle qui était prévue. Il est possible que les autres aient mitraillé d’autres bases avant de partir comme la plage de Baracoa, où Fidel garde son hélicoptère. »

C’est ce qu’ils ont dit au monde. Non seulement l’UPI et l’AP donnent au monde la nouvelle que « des aviateurs cubains sont partis avec leurs avions et ont bombardé », mais en plus, ils répandent cette historiette dans le monde entier. Et que croyez-vous que des dizaines de millions de personnes ont lu et entendu hier dans le monde, publié par des milliers et des milliers de journaux différents, de stations de radio et de télévision ? Et que croyez-vous qu’on a dit en Europe, en plusieurs endroits de l’Amérique Latine, en de nombreuses parties du monde ? Non seulement, ils ont affirmé cette chose mais ils en ont fait toute une histoire, avec des détails et des noms, et comment ils ont tout mis sur pied. Non. A Hollywood, ils n’en n’avaient jamais tant fait , messieurs !

Voilà ce que déclare l’UPI, ce que déclare l’AP et ce que déclarent les mercenaires. Voilà la déclaration que remet le directeur de l’Immigration, disant en même temps qu’ils ne disent pas le nom pour qu’ils ne soient pas découverts, après avoir affirmé qu’ils viennent d’amener leur avion.

Est-ce que cela s’arrête ici ? Non. Cela ne s’arrête pas ici, la chaîne continue. Maintenant, voici les déclarations de Miro Cardona. Mais avant de lire les déclarations de Miro Cardona, je vais lire le câble publié au Mexique, ce que dit l’AP du Mexique. C’est à dire comme preuve de ce qu’ils racontent dans le monde entier – ce qu’a publié la plus grande partie des journaux, les journaux de la réaction au Mexique – pour que vous voyez comment travaille tout l’appareil du mensonge et de la tromperie internationale :

« Mexico DF 15 – (AP) – Le bombardement de bases cubaines par des avions cubains déserteurs fut reçu ici avec des démonstrations de joie par la plus grande partie des journaux qui se sont unis aux groupes de Cubains exilés pour dire que le bombardement était le début d’un mouvement de libération du communisme. Le gouvernement a gardé le silence tandis que des groupes d’étudiants gauchistes et communistes ont soutenu la déclaration de l’Ambassadeur cubain José Antonio Portuondo, disant que les attaques aériennes avaient été des attaques lâches et désespérées des impérialistes. Parmi les Cubains exilés, on notait une grande activité. Une source cubaine rapporta que le nouveau gouvernement cubain en exil se transporterait à Cuba peu après la première vague d’invasion contre le régime cubain de Fidel Castro pour établir un gouvernement provisoire avec l’espoir qu’il soit rapidement reconnu par de nombreux pays latinoaméricains anti-castristes. Amado Hernandez Valdés du Front Révolutionnaire Démocratique Cubain, ici, a dit que le moment de la libération s’approchait. Il a déclaré que les bases cubaines attaquées par les trois avions cubains déserteurs ont été au nombre de quatre : Campo de Libertad, près de La Havane, San Antonio de los Baños, Centre Aérien de Santiago et Guanito, Pinar del Rio ».

C’est ce qu’ils publient depuis le Mexique. Même chose dans toutes les capitales du monde impérialiste ou exploitées par l’impérialisme.

Déclarations de Miro Cardona, pour qu’ils se découvrent ainsi, quelle sorte de vermine sont ces messieurs ? Pour que vous sachiez de quel genre sont ces parasites, une déclaration remise par le docteur Miro Cardona. Le texte est de AP et de UPI.

« Un héroïque coup en faveur de la liberté cubaine fut assené ce matin par un certain nombre d’officiers de la Force Aérienne Cubaine. Avant de voler sur leurs avions vers la liberté, ces véritables révolutionnaires ont essayé de détruire le plus grand nombre possible d’avions militaires de Castro. Le Conseil Révolutionnaire s’enorgueillit d’annoncer que leurs plans furent couronnés de succès, que le Conseil est entré en contact avec eux, et a encouragé ces vaillants pilotes. Leur action est un nouvel exemple du désespoir auquel toutes les couches sociales peuvent être amenées sous l’implacable tyrannie de Castro. Tandis que Castro et ses partisans essaient de convaincre le monde. (Ecoutez bien !) Tandis que Castro et ses partisans essaient de convaincre le monde que Cuba a été menacée d’invasion depuis l’étranger, ce coup en faveur de la liberté, comme d’autres précédents, fut asséné par des Cubains résidant à Cuba qui se sont décidés à lutter contre la tyrannie et l’oppression ou à en mourir . Pour des raisons de sécurité, on ne donnera pas plus de détails. »

Voyez comment travaille l’impérialisme, avec quel manque de respect pour le monde. Le monde entier savait qu’ils avaient les avions, là-bas, et que même, ils avaient peint des drapeaux cubains et des insignes cubains sur les avions. Cela a été publié un nombre infini de fois. Voyez comment ces messieurs, à la chaîne, mettent au point les mensonges les plus monstrueux, les plus cyniques et les plus culottés au monde !

Mais ce n’est pas fini. Nous allons achever de démasquer ce comédien que possède l’impérialisme, là-bas, à l’ONU, et qui joue l’ homme illustre, libéral, de gauche, etc, etc...

Monsieur Adlai Stevenson, qui est un autre sans vergogne. Et voici l’arnaque : Déjà l’UPI et l’AP ont répandu l’historiette, des milliers de journaux, de réactionnaires... et eux-mêmes, la publient et les principaux journaux ont reçu avec plaisir la nouvelle de la désertion de ces pilotes.

Arrive monsieur le Délégué de « la petite chatte de Maria Ramos » à l’ONU .

L’Ambassadeur nord-américain Adlai Stevenson – il rejette les affirmations de Roa et réitère la déclaration du Président John F. Kennedy, qu’en aucune circonstance – je répète – en aucune circonstance, il n’y aura d’intervention des forces armées des Etats-Unis à Cuba. Stevenson montra à la Commission des photographies de United Press International qui montrent deux avions ayant atterri aujourd’hui en Floride après avoir participé à l’incursion contre trois villes cubaines.

Alors, Stevenson dit : « Il y a le signe de la Force Armée de Castro sur la queue – il s’exprime en montrant l’une d’elles - ; il y a l’étoile et les initiales cubaines ; elles sont clairement visibles. Je montrerai volontiers cette photo. » Stevenson ajouta que les deux avions en question étaient pilotés par des officiers de la Force Aérienne Cubaine et l’équipage formé par des hommes ayant déserté le régime de Castro. Aucun citoyen des Etats-Unis n’a participé à l’incident d’aujourd’hui, et les aéroplanes n’appartenaient pas aux Etats-Unis -insista-t-il – c’étaient des avions de Castro lui-même qui ont décollé de ses propres bases ».

« Le Ministre cubain dit que « les incursions de ce matin, indubitablement, sont le prologue d’une tentative d’invasion à grande échelle, organisée, équipée et financée par Washington. Le gouvernement de Cuba, a dit Roa, accuse solennellement le gouvernement des Etats-Unis devant cette Commission et devant l’opinion publique mondiale, d’essayer d’employer la force pour régler ses différents avec l’un des états membres. »

Nous avons ici comme c’est arrivé rarement à un peuple, l’occasion de connaître du dedans, du dehors, des côtés, d’en bas et d’en haut, ce qu’est l’impérialisme.

Nous avons ici l’occasion d’apprécier comment fonctionne son appareil financier, publicitaire, politique, mercenaire, ses corps secrets, ses fonctionnaires, qui, en toute tranquillité et de façon inédite, trompent le monde. Maintenant, imaginez de quelle manière nous pourrions savoir ce qui s’est passé dans le monde s’ ils ont fait croire à tant de monde cette même version et cette explication.

C’est à dire qu’ils organisent l’attaque, préparent l’attaque, entraînent les mercenaires, leur donnent des avions, leur donne des bombes, des aéroports – tout le monde le sait – l’attaque survient et, ensuite, ils affirment tranquillement devant le monde entier que cela ne s’est pas passé ainsi. Devant un monde qui, ils le savent, se lèverait, indigné, devant une violation si monstrueuse, si lâche, si agressive, contre les droits des peuples et contre la paix !

Et ces misérables gringos impérialistes, après avoir semé le deuil dans plus d’une demidouzaine de foyers, après avoir assassiné une poignée de jeunes qui n’étaient pas des parasites millionnaires, car ceux que nous venons d’enterrer ne sont pas des millionnaires parasites, ne sont pas des mercenaires achetés par l’or de l’étranger, ne sont pas des bandits, ce sont les fils chéris de notre peuple ! De jeunes ouvriers, des fils de familles humbles qui ne volent rien à personne, qui n’exploitent personne, qui ne vivent du travail de personne, et qui ont le droit de vivre plus que les millionnaires et qui ont le droit de vivre plus que les parasites, et qui ont le droit de vivre plus que les gusanos. Parce qu’ils ne vivent pas du travail des autres comme les millionnaires yankees. Ils ne vivent pas avec l’or de l’étranger comme les mercenaires, gusanos vendus à l’impérialisme. Ils ne vivent pas du vice, ils ne vivent pas du vol et ils ont le droit que leur vie soit respectée.

Aucun misérable millionnaire impérialiste n’a le droit d’envoyer des avions, des bombes, des fusées, pour détruire ces vies jeunes et chéries de la Patrie.

Ceux qui sont d’accord avec un pareil crime, ceux qui sont d’accord avec une sauvagerie pareille, ceux qui se vendent misérablement et soutiennent les activités de ces criminels, ceux qui conspirent contre la Patrie, dans la rue, dans les églises, dans les écoles, où que ce soit, doivent s’attendre à ce que la Révolution les traite comme ils le méritent ! Ce sont les crimes de l’impérialisme, ce sont les mensonges de l’impérialisme, viennent ensuite les évêques pour bénir le mensonge, viennent ensuite les clercs réactionnaires pour sanctifier les mensonges.

L’impérialisme projette le crime, organise le crime, arme les criminels, entraîne les criminels, paie les criminels... Les criminels viennent et assassinent sept fils d’ouvriers, ils atterrissent tranquillement aux Etats-Unis et même alors que le monde avait connaissance de leur équipée, ils déclarent qu’ils étaient des pilotes cubains, ils préparent l’historiette mensongère et romancée, ils la répandent dans le monde entier, la publient dans tous les journaux, toutes les radios et les télévisions de la réaction et de la « gusanera » (1) réactionnaire Communauté anti-cubaine de Miami (et d’ailleurs...) formée à cette époque par les nostalgiques du du monde. Ensuite viennent les archevêques, ils bénissent et sanctifient le mensonge.

Ainsi s’associent ainsi au crime et au mensonge tout le ramassis de mercenaires exploiteurs et menteurs qu’il y a dans le monde.

Reste-t-il encore un Cubain honnête qui ne comprenne pas ? Reste-t-il encore un Cubain honnête qui ait des doutes ? Si cela n’est pas suffisant, si, voyant cette façon de procéder, il n’arrivait pas à comprendre, nos bases sont ici, ici est San Antonio, les FAR, et Santiago de Cuba, qu’ils y aillent et qu’il voit par lui-même s’il y a un seul mot de vrai dans ce qu’ils ont dit, qu’il voit par lui-même comment les réactionnaires, les impérialistes et les clercs comédiens trompent et arnaquent le monde, comment ils trompent et arnaquent les peuples et qu’il est temps, pour les peuples, de secouer cette exploitation, cette tromperie et cette arnaque des impérialismes et de tous les comédiens qu’il y a dans le monde, quelque soit le prix, pour se débarrasser de ce joug !

Mais est-il possible de tromper le monde ainsi ? Je pense que monsieur le Président des Etats-Unis possède, ne serait-ce qu’un atome de pudeur et, s’il reste à ce monsieur le Président un atome de pudeur, le Gouvernement Révolutionnaire de Cuba le met face au monde, le Gouvernement Révolutionnaire de Cuba le met face au monde et s’il a un atome de pudeur, qu’il présente devant les Nations Unies, les pilotes et les avions qu’il dit être sortis du territoire national !

Cuba demandera devant les Nations unies que soient présentés les avions et les pilotes que l’on dit déserteurs de la Force Aérienne, nous allons voir s’ils peuvent continuer à se voiler la face !

Et s’ils ne les présentent pas, pourquoi ne les présentent-ils pas ? Naturellement, monsieur le Président des Etats-Unis a le droit de ne pas se faire traiter de menteur, bien, monsieur le Président des Etats-Unis veut-il que personne n’ait le droit de le traiter de menteur ?

Qu’il présente devant les Nations Unies les deux pilotes et les avions dont ils parlent !

Ah ! Si le Président des Etats-Unis ne présente pas ces pilotes devant les Nations Unies, pour démontrer – et comment va-t-il pouvoir le démontrer ? - que ces messieurs les pilotes étaient ici et ont déserté d’ici, alors, non seulement le Gouvernement Révolutionnaire Cubain mais le monde entier aura le droit de l’appeler menteur ! Tout le monde, non seulement le gouvernement de Cuba mais tous les peuples du monde, auront le droit de proclamer que le gouvernement des Etats-Unis n’a pas droit au moindre prestige ni au moindre respect dans le monde.

Quand l’avion U-2 qui espionnait l’Union Soviétique fut détruit, la première déclaration du gouvernement des Etats-Unis fut qu’il avait dévié de sa route et avait été abattu. Mais, quelques jours après qu’il se soit lancé en plein dans ce mensonge, il furent bien attrapés parce que, par hasard, le pilote était vivant, parlant comme une pipelette, racontant jusqu’au dernier détail , les Etats-Unis se virent mis à nu face au monde et durent avouer que l’avion U-2 était nord-américain, qu’il espionnait et qu’ils l’avaient envoyé dans ce but.

Il ne restera plus au gouvernement impérialiste des Etats-Unis d’autre remède que d’avouer que les avions étaient à eux, que les bombes étaient à eux, que les balles étaient à eux, que les mercenaires furent organisés, entraînés et payés par eux ; que les bases étaient au Guatemala , que l’attaque contre notre territoire était partie de là et que le avions qui n’avaient pas été abattus, rejoignirent les côtes des Etats-Unis où on leur a donné un abri.

Comment le gouvernement des Etats-Unis peut-il s’obstiner dans son mensonge ? Je demande à l’UPI et à l’AP qu’elles aient l’amabilité de dire à monsieur Kennedy que s’il ne présente pas ces deux pilotes devant les Nations Unies, alors, nous, nous dirons, à bon droit, que c’est un menteur et s’il n’est pas un menteur, pourquoi ne nous présente-t-il pas les pilotes ?

Croient-ils par hasard qu’ils vont pouvoir cacher cela au monde ?... Non. Déjà, Cuba possède une radio qui transmet à toute l’Amérique Latine et cette histoire, d’innombrables frères d’Amérique Latine et du monde entier sont en train de l’écouter.

Bien sûr, nous ne sommes plus à l’époque des diligences... Nous sommes à l’époque de la radio et les vérités d’un pays peuvent être envoyées au loin. Mais, en plus de cela, au cas où messieurs les impérialistes l’auraient oublié, nous sommes à l’époque des voyages dans le cosmos, bien que ce type de voyage ne soit pas un voyage pour les Yankees.

Voici, messieurs, alors que ne s’est pas encore éteint l’écho de l’admiration pour l’Union Soviétique, suscitée dans le monde entier par la précision, la haute technologie et le succès que signifie pour l’humanité l’exploit scientifique qu’ils viennent de réaliser, alors que ne s’est pas encore éteint l’écho de cette admiration dans le monde, à côté de l’exploit de l’Union Soviétique, le gouvernement yankee présente son propre exploit : l’exploit de bombarder les installations d’un pays qui n’a pas d’aviation ni de bateaux ni de forces militaires pour riposter .

Comparons et demandons au monde de comparer l’exploit soviétique et l’exploit impérialiste, de comparer l’allégresse, l’encouragement et l’espérance qu’a signifié pour l’humanité l’exploit soviétique et la honte, le dégout et la répugnance que signifie l’exploit yankee. Devant l’exploit scientifique qui permet d’amener un homme dans l’espace et de le faire revenir en toute sécurité et l’exploit yankee qui arme des mercenaires et les paie pour qu’ils viennent assassiner des jeunes de 16 et 17 ans dans une attaque surprise, sournoise et traîtreuse contre un pays auquel ils ne peuvent pardonner son honneur, sa dignité et sa valeur. Parce que ce que les impérialistes ne peuvent nous pardonner, c’est que nous sommes ici, ce que les impérialistes ne peuvent nous pardonner, c’est la dignité, l’intégrité , le courage, la fermeté idéologique, l’esprit de sacrifice et l’esprit révolutionnaire du peuple de Cuba.

C’est ce qu’ils ne peuvent nous pardonner : que nous soyons ici, sous leur nez et que nous ayons fait une révolution socialiste sous le nez des Etats-Unis !

Cette révolution socialiste, nous la défendons avec ces fusils. Cette révolution socialiste, nous la défendons avec le courage que nos artilleurs anti-aériens, hier, ont montré en criblant de balles les avions agresseurs.

Et cette Révolution, cette Révolution, nous ne la défendons pas avec des mercenaires, nous la défendons avec les hommes et les femmes du peuple

Qui a les armes ? Peut-être le mercenaire ? Peut-être le millionnaire ? Parce que mercenaire et millionnaire, c’est la même chose. Peut-être ce sont les fils à papa des riches qui ont les armes ?

Ce sont peut-être les contremaîtres qui ont les armes ? Qui a les armes ? Quelles sont les mains qui brandissent ces armes ? Sont-ce des mains de petits messieurs ? Sont-ce des mains de riches ? Sont-ce des mains d’exploiteurs ? Quelles sont les mains qui brandissent ces armes ? Ce ne sont pas des mains d’ouvriers, ce ne sont pas des mains de paysans, ce ne sont pas des mains durcies par le travail, ce ne sont pas des mains créatrices, ce ne sont pas les humbles mains du peuple ? Et qu’est-ce qui forme la majorité du peuple ? Les millionnaires ou les ouvriers ? Les exploiteurs ou les exploités ? Les privilégiés ou les humbles ? Est-ce que les privilégiés n’ont pas d’armes ? Ce sont les humbles qui les ont !

Est-ce que les privilégiés sont une minorité ? Est-ce que les humbles sont une majorité ?

Une Révolution où les humbles ont les armes est-elle démocratique ?

Camarades ouvriers et paysans, ceci est la Révolution socialiste et démocratique des humbles, avec les humbles et pour les humbles et pour cette Révolution des humbles et pour les humbles, et pour les humbles, nous sommes prêts à donner notre vie.

Ouvriers et paysans, hommes et femmes humbles de la Patrie, jurez-vous de défendre jusqu’à l’ultime goutte de sang cette Révolution des humbles, pour les humbles et par les humbles ?

Camarades ouvriers et paysans de la Patrie, l’attaque d’hier a été le prélude à l’agression des mercenaires. L’attaque d’hier a coûté sept vies héroïques, elle avait pour but de détruire nos avions au sol mais elle a échoué. Ils n’ont pas détruit nos avions, et la plus grande partie des avions ennemis fut touchée ou abattue. Ici, devant la sépulture des camarades tombés, ici, face aux restes des héroïques jeunes, fils d’ouvriers, fils d’humbles, promettons à nouveau que, comme eux qui ont mis leur poitrine devant les balles, comme eux qui ont donné leur vie, lorsque viendront les mercenaires, nous, fiers de notre Révolution, fiers de défendre cette Révolution des humbles par les humbles et pour les humbles, nous n’hésiterons pas, face à qui que ce soit, à la défendre jusqu’à notre dernière goutte de sang.

Vive la classe ouvrière ! Vive les paysans ! Vive les humbles ! Vive les martyres de la Patrie ! Que vivent éternellement les héros de la Patrie ! Vive la Révolution socialiste ! Vive Cuba libre !

La Patrie ou la mort ! Nous vaincrons !

Nous allons chanter l’Hymne National, Camarades.

Camarades,

Toutes les unités doivent se rendre au siège de leurs bataillons respectifs en accord avec la mobilisation ordonnée pour maintenir le pays en état d’alerte face à l’imminence qui se déduit de tous les événements de ces dernières semaines et de la lâche attaque d’hier ; de l’agression des mercenaires. Allons jusqu’aux maisons des miliciens, formons les bataillons et apprêtons-nous à sortir contre l’ennemi avec l’Hymne National, avec les strophes de l’hymne patriotique, aux cris de « Au combat ! », avec la conviction que « mourir pour la Patrie, c’est vivre » et que « vivre enchaîné, c’est vivre dans l’opprobre et le déshonneur. » Rendons-nous à nos bataillons respectifs et attendons les ordres, Camarades

 

(traduction Gaston Lopez)

(1) Communauté anti-cubaine de Miami (et d’ailleurs...) formée à cette époque par les nostalgiques du régime de Batista (note du traducteur)

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 07:50

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Aux forces politiques et mouvements sociaux amis



La Révolution Cubaine, dans sa bataille pour construire une société plus juste, s'apprête à célébrer le VI Congrès du Parti Communiste Cubain.

Les activités préalables ont déjà commencé avec le débat critique et l'analyse précise par le peuple et ses militants des grandes lignes de la politique économique et sociale en projet, document qui contient l'essentiel de la mise à jour dont a besoin notre modèle économique, basé sur la planification et non sur le marché.

Le prochain Congrès aura lieu dans un contexte caractérisé par le combat contre les effets de 50 ans de guerre économique des Etats-Unis, les conséquences de la guerre économique internationale , la perte de 20 900 millions de dollars entre 1998 et 2008 à cause des événements climatiques. A l'intérieur, le faible rendement de plusieurs de nos branches de production aggrave la situation, la décapitalisation de la base productive et l'infrastructure, le vieillissement et la stagnation de la croissance de la population et les mesures conceptuelles et humaines utiles en leur temps doivent être éradiquées , à la lumière de la situation actuelle.

La presse internationale et de nombreux analystes auto proclamés sur les thèmes cubains ont commencé à distordre, réinterpréter et falsifier le contenu, la portée et les objectifs des mesures dont nous discutons aujourd'hui à Cuba. Ils cherchent ainsi à salir l'esprit humaniste de notre projet socialiste.

L'annonce de l'élimination de près d'un million de postes de travail inutiles majoritairement dans les secteurs subventionnés et dans celui des services, desquels on éliminera environ 500 000 postes d'ici mars 2011 est traitée par la presse internationale comme une mesure de licenciement massif, certains ont même utilisé l'expression « thérapie de choc ». Les médias et les analystes omettent de dire qu'il s'agit d'un processus destiné à obtenir une meilleure réorganisation et distribution de la force de travail et à éradiquer peu à peu le phénomène pernicieux du sous-emploi ; rendre soutenable et efficace du point de vue économique notre projet révolutionnaire et socialiste dans les conditions actuelles déjà décrites; et corriger les mesures qui ont amené notre Etat à assumer des attitudes paternalistes qui mettaient en danger la continuité du socialisme à Cuba.

La réorganisation du travail a aussi pour objectif de réorienter une bonne partie de cette force de travail vers d'autres secteurs productifs que réclament aujourd'hui l'économie du pays. En outre, un peu plus de 20% de ces 500 000 travailleurs seront seulement gérés différemment mais ne changeront pas d'emploi, ce qui allègera la charge de l'Etat et donnera plus d'efficacité à la production et aux services.

A tout ceci, il faut ajouter que la volonté ferme de l'Etat socialiste de maintenir ses conquêtes sociales et de ne laisser sans soutien aucun ouvrier ou employé est connue mais maintenant, sous de nouvelles formules plus supportables.

La grande presse des monopoles ne dira jamais non plus que les mesures qui aujourd'hui sont mises en application et celles qui seront approuvées au VI Congrès du PCC contiennent l'analyse opportune et réfléchie et les propositions que le peuple a exprimées dans le débat qui a été mené à Cuba sur l'avenir de la Révolution et qui comprend trois grands moments:

Le premier fut la discussion, à partir du discours du Commandant en Chef Fidel Castro à l'Université de La Havane en novembre 2005, dans lequel il demanda de réfléchir sur les dangers internes qui guettaient la Révolution et sur la responsabilité de tous les Cubains pour la préserver et la fortifier.

Le second moment commença après l'intervention du Camarade Raùl Castro le 26 juillet 2007. A compter de cette date et pendant des mois, tout le peuple eût l'opportunité d'exprimer ses idées sur la société, sur la Révolution Cubaine et sur l'avenir du socialisme à Cuba. Ce débat continua en 2008 mais à l'intérieur de chaque secteur de production et de chaque secteur social, dans le but de proposer toutes les solutions possibles pour diagnostiquer et corriger, par secteur et intégralement, les déficiences de notre modèle économique. Toutes les opinions, toutes, furent recueillies par le Parti et la direction du pays et sont la boussole qui dirige le processus qui atteint une nouvelle étape aujourd'hui.

Le troisième moment est le Congrès du PCC qui a commencé dans les rues, dans les foyers, dans les industries, dans tous les coins du pays, avec l'analyse critique par toute la population des grandes lignes de la Politique Economique et Sociale, document qui est le fruit des discussions antérieures et qui n'est pas fermé car il recueillera à nouveau les opinions et les suggestions finales qui seront débattues et approuvées par les délégués au VI Congrès du PCC.



Amis et amies du monde,



Le VI Congrès s'inscrit dans le cadre du 50° anniversaire de la Victoire de Playa Giron, première grande déroute militaire des Etats-Unis en Amérique, et de la Proclamation du caractère socialiste de la Révolution Cubaine.

Cuba, son peuple et sa Révolution, sont conscients du chemin choisi en 1959 et du rôle qu'ils jouent dans le monde d'aujourd'hui. Abandonner la voie du socialisme serait un suicide car notre souveraineté succomberait et nous trahirions des millions de femmes et d'hommes qui ont sacrifié leur vie en défendant le progrès de la nation.

Nous assurons à nos amis et amies dans le monde que la défense indéfectible de notre indépendance et de notre socialisme sont aujourd'hui et seront toujours les principales bannières du processus révolutionnaire cubain.

DEPARTEMENT DES RELATIONS INTERNATIONALES

La Havane, 26 novembre 2010

(traduction Gaston Lopez) Cuba Si France Provence

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 07:47

tttt.pngLe changement de modèle économique qui s’est mis en marche à Cuba marque une borne décisive dans la Révolution, et probablement, dans l’histoire mondiale des luttes pour le socialisme étant données la singularité qui a marqué cette dernière et son importance dans les mouvements de transformation à l’échelle latino-américaine, tiers-mondiste et universelle.



"L’actualisation" du modèle - qui n’est pas une réforme dévastatrice - se propose de préserver la ligne socialiste, car ce sera "la planification et non le marché qui caractérisera l’économie" et par conséquent, de maintenir et d’élever la qualité des conquêtes en matière d’éducation et de santé gratuites, de sécurité sociale pour tous dont le maintien est impossible avec le modèle économique en vigueur. Pour y parvenir, il est prévu un éventail de mesures comme la décentralisation progressive des décisions, la réalisation d’économies substantielles des ressources, l’augmentation des exportations, la substitution des importations par le renforcement de l’offre de produits sur le marché interne. Il est aussi prévu de faire en sorte que le salaire rémunère des résultats effectifs, l’élévation de la productivité par rapport au salaire moyen, l’instauration d’un secteur de travailleurs individuels et de micro-entrepreneurs , source d’emploi pour des centaines de milliers de gens qui resteront disponibles sur les listes pléthoriques de l’Etat et levier créateur de productions et de services que l’entreprise d’Etat n’a pas pu assumer. Il est prévu aussi la transformation en coopératives de nombreuses entreprises publiques comme des salons de coiffure, des ateliers de mécanique automotrice, des services de restauration et des taxis.

En somme, ce qui est proposé, c’est un changement de cap radical dans la manière d’organiser et de diriger non seulement l’économie mais aussi la société, dans les méthodes et le style de travail du Parti Communiste de Cuba (PCC) et du gouvernement et dans une meilleure différenciation de leurs fonctions respectives. Pour comprendre cela, il faut remonter à la trajectoire de changement dans la continuité propre à la Révolution depuis ses origines, qui a fait en sorte de se dépasser continuellement elle-même et de s’adapter aux convulsions de l’échiquier international, en même temps qu’elle affrontait la guerre économique la plus longue de l’histoire contemporaine.

L’actualisation du modèle remet en question des concepts qui ont été donnés pour des vérités absolues dans les manuels de feu le socialisme, et elle repose sur la décision de ne pas copier de nouveau d’autres expériences, sans rejeter pour autant leur héritage en ce qu’il pouvait avoir de profitable et même concernant ce que le capitalisme peut avoir de positif. Elle remet en cause des conceptions enracinées mais erronées qui prévalaient sur l’île concernant le système de répartition propre au socialisme, comme conséquence du paternalisme, de l’idéalisme et de l’égalitarisme créés au tout début de la Révolution dans le désir d’arriver le plus tôt possible à une parfaite justice sociale. L’actualisation exige un changement des mentalités.

Elle avait été annoncée peu avant dans le discours de Fidel Castro à l’Université de La Havane en novembre 2005 et par le mouvement provoqué par le président Raul Castro depuis le 26 juillet 2008, lorsqu’il demanda l’ouverture d’un débat national sur les changements "structurels et conceptuels" qui devaient être mis en œuvre dans l’économie. Au cours de ce débat, les sentiments et l’opinion du peuple furent palpables. Ils inspirèrent l’élaboration du Projet des Grandes Lignes de la Politique Economique et Sociale du VI° Congrès du PCC, qui avaient déjà ouverts aux débats dans les organisations de base ainsi que dans les assemblées ouvrières, paysannes, estudiantines et populaires, dont les propositions et les points de vue feront l’objet d’une analyse dans la réunion du parti qui doit avoir lieu en avril, et dont le sujet portera sur l’économie nationale. Le discours de Raul sur le débat à propos de ce document à l’Assemblée Nationale constitue une analyse critique et autocritique mémorable non seulement sur l’économie mais aussi sur la construction du socialisme à Cuba, "point d’inflexion" comme le qualifie Eusebio Leal, l’historien de La Havane, lors d’une rencontre d’intellectuels.

Fidel, dans son "discours de l’Université", affirma : "Une conclusion que j’ai tirée au bout de toutes ces années : de toutes les erreurs que nous avons tous commises, la plus importante fut de croire que quelqu’un connaissait le socialisme ou que quelqu’un savait comment le socialisme se construit". Il faut supposer que cette affirmation repose sur l’absence de théorie authentique de la construction socialiste comme conséquence de la stérilité du travail théorique en ex-URSS. Avec les mots de Raul, cela donne :…l’édification de la nouvelle société dans le domaine économique est, à mon humble opinion, un trajet vers l’inconnu…

Les "changements structurels et conceptuels" du modèle économique cubain seront introduits graduellement entre 2011 et 2015, c’est-à-dire entre le VI et le VII° congrès du Parti Communiste de Cuba. Le président Raul Castro a fait allusion pour la première fois à l’importance de mettre en œuvre ces changements, dans son discours du 26 juillet 2009 mais en même temps, il a attiré l’attention sur la nécessité de ne pas tomber dans l’improvisation, raison pour laquelle le Projet des Grandes Lignes Economiques et Sociales du VI° Congrès a été dessiné à partir d’une longue période d’études de la part de la Commission Economique , chargée de préparer l’agenda de la réunion. Lorsque les choses ont été suffisamment pertinentes, des expériences pilotes ont été réalisées dont les résultats ont alimenté par la suite les Grandes Lignes ou l’ensemble d’instruments légaux qu’il a fallu instituer avant le VI° congrès et il faudra continuer de le faire après pour mettre ces transformations en pratique.

Le travail de la commission a été mené parallèlement et de façon interactive avec un débat national selon deux processus parlementaires, l’un immédiatement postérieur au discours du Président, l’autre qui a débuté le 1° décembre 2010 et qui se poursuivra jusqu’en février. Le premier avait pour but de collecter les avis de la population sur les vices ou les concepts erronés qui entravent l’économie, les interdits et règlements qui alourdissent la bureaucratie et favorisent la corruption, qu’ils soient spécifiques, qu’ils proviennent de formules ayant échoué, ou bien qu’ils résultent du mélange des deux. Le second, afin de débattre des Grandes Lignes, c’est pourquoi on peut affirmer que cette étape marque le début du VI° congrès du PCC.

En soulignant que la construction socialiste dans le domaine économique est un parcours "vers quelque chose d’inconnu, d’ignoré", Raul a bien montré que pour cette raison, "chaque étape doit être l’objet d’une réflexion profonde et doit être planifiée avant la suivante, pour que les erreurs soient corrigées de façon opportune et rapide et il ne faut pas attendre que le temps fasse les choses de lui-même…car il finit toujours par nous passer la facture, plus amère encore." L’actualisation du modèle économique a des implications qui exigeront de la part des dirigeants du parti et du gouvernement dans toutes ses instances un degré d’attention maximum. Il ne faut pas sous-estimer la tension sociale que provoque déjà - et ce n’est qu’un début - le fait d’exclure des effectifs de l’Etat près d’un million et demi de personnes en cinq ans, parmi lesquels se trouvent de nombreux personnels de niveau universitaire qui désormais vont devoir chercher à gagner leur vie en tant que travailleurs indépendants, micro-entrepreneurs ou employés de ces derniers.

Il arrive fréquemment que des personnes ayant des aptitudes pour ce type d’activités et pressées d’améliorer leurs revenus accueillent favorablement les nouvelles mesures, mais il existe une frange de Cubains qui ont toujours travaillé pour l’Etat, ou en tous cas, qui ont profité des aides et des gratuités pendant de nombreuses années et qui, maintenant, sont désespérés et dans le doute. Peut-être que par la suite les faits leur démontreront que le nouvel état de choses ne les lèse pas et qu’il arrange même leurs intérêts personnels mais on ne peut pas affirmer qu’il en sera ainsi dans tous les cas. La direction révolutionnaire a souligné que personne ne sera abandonné, que la sécurité sociale protègera tous ceux qui ne pourront se débrouiller tout seuls et que dans le futur les personnes fragilisées recevront des subsides mais cela ne sera pas le cas pour tout le monde car le budget ne le permet pas. En outre, le livret de rationnement sera supprimé graduellement. A ce sujet, il est nécessaire de bien souligner que si celui-ci en son temps représenta la décision la plus révolutionnaire contre la spéculation et pour une répartition juste, il est devenu depuis des années une entrave à la rétribution socialiste car il bénéficie à part égale au travailleur d’excellence et à celui qui n’apporte rien à la société. Il est devenu un mécanisme qui alimente le marché noir. Je ne mets aucunement en doute la volonté politique du gouvernement cubain à faire en sorte que ces changements soient au final le moins traumatisants possible mais en même temps, comme l’a dit Raul, certaines décisions "ne sont pas populaires", cependant, il va falloir les prendre tout de même pour pouvoir maintenir et même améliorer la gratuité des services d’éducation, de santé et de sécurité sociale.

En résumé, l’actualisation du modèle économique est devenue une question de vie ou de mort, non seulement pour le modèle lui-même mais aussi pour l’amélioration de la qualité de vie de la société dans son ensemble et la survie de la Révolution. Raul a insisté :"ou bien nous rectifions les choses ou bien c’en sera fini de l’époque où nous marchions au bord du précipice".

Dans les deux articles précédents, j’ai expliqué l’inévitable nécessité de changer le modèle économique de Cuba, en rectifiant des erreurs provoquées paradoxalement par la volonté de parvenir à établir une parfaite justice sociale, même si ce fut parfois en copiant certains procédés sur d’autres expériences qui ont essayé de construire le socialisme. Si nous étudions le message de Fidel aux étudiants en date du 17 novembre 2010 (synthèse des idées de son discours de l’Université de 2005) et les discours de Raul Castro depuis le 26 juillet 2009 jusqu’à celui qui a servi de conclusion à la dernière séance de l’Assemblée Nationale de 2010, et les résumés des débats qui ont été publiés dans la presse cubaine, on voit se dégager divers axes centraux.

Premièrement, ce processus est animé par la décision inébranlable d’assurer l’irréversibilité de la Révolution socialiste cubaine et de ses conquêtes emblématiques, en rationalisant au maximum tous les secteurs de l’économie, en rectifiant les erreurs et les pratiques qui entravent cet objectif, particulièrement lorsqu’elles vont à l’encontre du pouvoir stimulant du salaire. Il s’agit de faire démarrer un grand processus d’accumulation de capital qui soit le support matériel de cet objectif crucial, à commencer par la manière la plus simple d’y arriver, c’est-à-dire en économisant les ressources de tout type au lieu du gaspillage injustifié que l’on a connu.

Deuxièmement, il est stratégiquement très important de travailler d’arrache-pied à l’élévation de la production de l’élevage et de l’industrie qui y est associée, de sorte que dans un délai le plus court possible, peut-être de dix ans, on puisse arriver à produire sur l’île le plus gros des légumes ; tubercules et produits carnés nécessaires à la consommation nationale, ainsi qu’à diminuer substantiellement l’importation si coûteuse d’aliments pouvant être produits sur place, et augmenter les exportations traditionnelles et non traditionnelles de ces secteurs d’activité. En somme, atteindre la souveraineté alimentaire tout en sachant qu’un certain niveau de subventions étatiques est nécessaire à l’agriculture, mais il faut que cette aide serve à offrir des prix plus stimulants au producteur et non pas à suppléer des insuffisances. Pour soutenir cette ligne d’action, l’agriculture urbaine est encouragée, tandis qu’apparaît et se développe l’agriculture suburbaine, de même, on a recours à la traction animale pour économiser le combustible, déjà plus d’un million d’hectares de terres appartenant à l’Etat a été confié à des particuliers et à des coopératives et ce mouvement se poursuit, la simplification urgente de la chaîne producteur - consommateur est à l’étude, et la décentralisation des décisions progresse. Voici donc quelques unes des mesures envisagées, malgré la grande résistance de la bureaucratie et de certains esprits attardés.

Troisièmement, il se dégage de tous les phénomènes énumérés le juste équilibre accordé aux facteurs objectifs et subjectifs, sans l’application stratégique desquels le triomphe de la lutte armée de libération, la résistance contre les agressions systématique des Etats-Unis, les conquêtes révolutionnaires propres à Cuba, et sa solidarité permanente avec les peuples du monde n’auraient pas été possibles. Mais cet équilibre n’a pas été assuré avec la même précision dans le domaine de l’économie. Ce concept est associé à un autre qui est également vif dans l’esprit des dirigeants cubains, à savoir que le socialisme, à la différence de toutes les sociétés qui l’ont précédé, se construit consciemment. C’est pourquoi, il ne faut pas compter sur le côté spontané du passage du temps ou sur l’action des mécanismes du marché, mais sur une planification prévisionnelle qui ne néglige pas l’utilisation régulée de ces mécanismes qui font partie des lois et des réalités objectives du développement social. Partant de cela, j’expose mon point de vue à savoir qu’en toute rigueur, dans la Cuba révolutionnaire, il n’a jamais existé de modèle économique dessiné à long terme car l’hostilité de l’impérialisme a été cause de virages tactiques constants et traumatisants, afin de garantir la simple survie au détriment du plein développement des forces productives.

Ce qui permet et oblige pour l’heure à dessiner un modèle économique à long terme, c’est la quantité et la qualité du capital humain forgé par la Révolution, la complexité et la diversité qu’a atteintes la société cubaine, l’analyse critique de l’expérience elle-même et des causes de l’effondrement de l’Union Soviétique, la situation nouvelle d’indépendance et d’intégration en Amérique latine et le déclin de l’hégémonie des Etats-Unis, bien que malgré la crise qu’ils traversent, ils conservent la plus grande puissance militaire de la planète, d’énormes moyens économiques et politiques et qu’ils n’aient rien retranché de l’hostilité de leur politique envers Cuba.

La Révolution Cubaine a le grand avantage d’être la seule des révolutions socialistes où la direction historique, avec tout son prestige et son autorité, a pu mener la rectification après des décennies passées à tracer la route à suivre. Le président Raul Castro a affirmé : " le VI° Congrès du Parti (2011) doit être, de par la loi de la vie, le dernier pour la majorité de ceux qui constituent la Génération Historique, le temps qui nous reste est court, la tache gigantesque… nous avons le devoir élémentaire de corriger les erreurs que nous avons commises au cours de ces cinq décennies de construction du socialisme à Cuba et nous emploierons toutes les énergies qui nous restent pour mener à bien ce projet."



Pour des raisons historiques, la Révolution détient aussi la possibilité de réaliser des changements en tirant parti des expériences réussies ou ratées des autres tentatives de construction du socialisme, y compris l’effondrement du socialisme européen, et en outre, au moment où les idées de Marx et l’objectif socialiste reviennent sur l’échiquier international, du fait de l’insondable crise structurelle du capitalisme. En même temps, réaliser cela dans une situation favorable de transformations sociales et politiques en Amérique Latine qui a favorisé la création de l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique et de l’UNASUR (Union des Nations du Sud), qui sont des institutions pour l’indépendance et l’intégration, sans précédent dans la région. A cela, il convient d’ajouter le fantasme contagieux et vital de l’insurrection des jeunes et de ceux qui sont mécontents. Ce fantasme parcourt en ce moment le monde, depuis la France et l’Angleterre jusqu’à la Grèce, la Tunisie et d’autres pays arabes.

Les changements qui sont proposés à Cuba, étant donné leur importance, exigeaient une gestation et une confrontation depuis la base afin de créer un grand consensus national à travers l’approfondissement et l’extension du débat qui a eu lieu ces deux dernières années, de sorte que les orientations principales se dessinaient avant même le VI° congrès. Ce travail n’a aucunement l’intention de réfuter les calomnies méprisables concoctées contre ce processus dans la marmite capitaliste, mais en revanche, de constater qu’elles expriment leur frustration face à la capacité de la Révolution à se réinventer elle-même pour survivre et à se radicaliser dans les moments les plus délicats.

Une démocratisation accrue de la société sera l’un des résultats encourageants des changements mais, au delà du climat de parlement social dans lequel vit l’île depuis juillet 2008, la décentralisation en chantier accordera une autonomie croissante à des entreprises, des municipalités, et des provinces dans la mesure où vont se créer et être distribuées davantage de richesses et que se forgeront les expérimentations mises en œuvre dans ce but dans les nouvelles provinces d’Artémise et de Mayabeque. Cela créera des conditions beaucoup plus propices à l’élaboration des décisions collectives et à la lutte contre "la manie du secret"que réclame Raul. La" manie du secret", comme il a expliqué, est liée à la volonté de la bureaucratie de cacher ses erreurs et ses défaillances, sous prétexte qu’elles ne doivent pas être rendues publiques afin de ne "pas rendre service à l’ennemi", attitude qu’il a censurée durement. Le président a été très clair lorsqu’il a déclaré que l’unité du peuple sera renforcée si "on applique des méthodes absolument démocratiques dans tout l’ensemble du schéma politique de la nation", et cela depuis le noyau du Parti jusqu’à l’Assemblée Nationale. Il est évident que les media cubains de diffusion de masse sont appelés à accompagner par des initiatives nouvelles et audacieuses cette lutte cruciale pour donner la plus grande transparence à la gestion de l’Etat et du Parti.

En résumé, ce qui se passe à Cuba, c’est une grande croisade de rectification générale des erreurs, la suppression d’interdictions absurdes et l’éradication de concepts erronés ou dépassés par les circonstances qui freinent le développement des forces productives. Il faut mettre au point des batteries de tir ajustées aux obstacles qui empêchent l’application du principe socialiste de distribution, illustré principalement par le salaire, levier sans lequel il est impossible d’atteindre ce développement. En même temps, il existe la volonté politique de n’abandonner personne à son sort, en créant des réseaux d’assistance sociale capables d’appuyer tous ceux qui en auront besoin au cours de ce difficile processus où des centaines de milliers de travailleurs devront se réinstaller dans des activités différentes de celles qu’ils occupent actuellement.

Que personne n’ait de doute sur l’avenir de Cuba, car il s’agit d’un mandat du peuple exprimé mille fois : le pays est résolu à préserver le socialisme qui est "l’unique garantie pour être libres et indépendants".

Ángel Guerra Cabrera

journaliste cubain résident au Mexique et rédacteur au journal La Jornada


source : http://www.argenpress.info/

Traduction Espagnol-Français : Simone Bosveuil-Pertosa

 

Le Grand Soir

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 07:39

 

 

aaa-copie-1.pngBarack Obama a autorisé, le 8 mars, la reprise des procès militaires dans le site cubain de Guantanamo, après les avoir suspendus pendant deux ans. Cette décision, à rebours des engagements pris, met à mal une détermination déjà passablement affaiblie de fermer le camp scélérat.

 

Mais si Guantanamo mobilise depuis des décennies les militants des droits de l'homme, ce n'est pas uniquement en raison du sort des 172 détenus accusés, depuis 2002, de terrorisme islamiste. Ce sont d'autres indésirables qui ont fait l'histoire sombre de ce bout de terre à 200 kilomètres de la Floride : les immigrés clandestins qui fuient Haïti, ses tortionnaires, sa misère et ses colères telluriques.

L'histoire de l'emprise américaine sur cet espace caribéen reliant Cuba, Haïti et la péninsule de Floride commence au lendemain de la guerre d'indépendance cubaine contre l'Espagne. L'émancipation est soutenue par les Etats-Unis, qui acquièrent Porto Rico et, faute de pouvoir s'imposer dans l'ancienne colonie française, obtiennent d'installer une base navale dans la baie occidentale de Cuba - Guantanamo - en 1903. Second choix, l'enclave le demeura lorsque, contraints de quitter Haïti en 1934, après dix-sept années d'occupation, ils renouvelèrent le bail de Guantanamo, s'assurant ainsi de conserver un pied dans ce que certains ont nommé une "Méditerranée américaine".

A la fin des années 1950, à la faveur de la révolution castriste et de l'accession au pouvoir de François Duvalier, l'histoire de ce triangle impérial prit un nouveau tour : face à l'afflux de réfugiés haïtiens fuyant le régime criminel de Papa Doc ( 1957 à 1971), les Etats-Unis envisagèrent de créer un centre de détention pour ceux qui étaient interceptés... à Guantanamo. Plus proche d'Haïti que de la Floride, Guantanamo bénéficie d'emblée de sa souveraineté juridique litigieuse : pour le Pentagone, la base est "à nous" mais pas "chez nous".

La politique migratoire de Washington à l'égard de la Caraïbe était alors empreinte d'une assez grande duplicité : l'on accueillait à bras ouverts les dissidents castristes mais l'on fermait la porte aux Haïtiens et aux Dominicains victimes de tyrannies semblables (mais non communistes), parfois installées avec le concours des services américains.

L'administration Reagan édicta ensuite un principe intangible : les rafiots haïtiens ne devaient en aucun cas toucher le sol américain et étaient par conséquent directement déroutés en pleine mer, pour un itinéraire retour à Port-au-Prince. La meilleure façon de ne pas avoir à les "remettre sur les bateaux" était encore qu'ils n'en descendent pas. Le renversement de Jean-Bertrand Aristide, en 1991, provoqua une nouvelle hémorragie et des dizaines de milliers de boat people tentèrent de rejoindre les Etats-Unis. Cette fois, l'administration Bush installe des milliers de tentes à l'autre extrémité de Guantanamo pour y enfermer les clandestins interceptés. Il s'agira du plus grand centre d'accueil et de détention des réfugiés : au plus fort des interpellations par les patrouilleurs des mers américains, près de 45 000 Haïtiens y furent détenus.

Nul ne pouvait ignorer que nombre de ces exilés étaient des victimes d'un régime qui torturait et assassinait ses opposants. Tout le dilemme des autorités américaines réside alors dans la distinction jésuitique entre émigration économique (Haïti est le pays le plus pauvre de cette partie du monde) et exil de réfugiés politiques protégés par le Refugee Act de 1980.

Sans distinction possible, a priori : renvoyer les demandeurs d'asile à une mort probable était politiquement embarrassant, mais les accepter sur le territoire américain risquait d'ouvrir la boîte de Pandore : plus de 25 000 Haïtiens avaient déjà tenté d'arrimer, suivis par 30 000 Cubains, et ils seraient des dizaines de milliers d'autres si le signal de l'accueil était donné.

Une argutie juridique, toujours au coeur des débats en 2011, permit de trancher le dilemme : l'obligation d'asile ne s'applique qu'aux immigrants parvenus sur le sol américain. Or la base navale cubaine n'est pas, techniquement, sous souveraineté américaine. De centre d'accueil provisoire, Guantanamo devint alors un lieu de détention : les clandestins n'étaient pas tous renvoyés immédiatement mais tous étaient considérés comme des criminels. Nombre d'entre eux faisaient en effet les frais d'une guerre à la drogue dont on les accusait opportunément d'être les principaux trafiquants dans l'espace antillais.

D'autres étaient maintenus parce qu'ils contrevenaient aux procédures d'usage pour l'acquisition du droit d'asile, des années d'attente et un examen médical scrupuleux. Car les Haïtiens n'ont pas bonne presse, on les accuse d'être porteurs de la tuberculose et du sida, si bien que les services sanitaires américains les classent en tête des "populations à risque" qu'il est préférable de maintenir en quarantaine. Le Center for Disease Controlleur accorde ainsi une place de choix dans la catégorie administrative infamante des quatre H : homosexuels, hémophiles, héroïnomanes et haïtiens.

Préfigurant la rhétorique de son successeur, Bill Clintonrépond aux cris d'indignation en affirmant que les détenus ne pouvaient en aucun cas réclamer l'habeas corpus, n'étant protégés ni par la Constitution des Etats-Unis, ni par l'Etat fédéral américain, ni par les lois internationales. Pas même les 150 détenus séropositifs qui y sont enfermés et isolés.

Devant ce déni de justice et d'humanité, les grèves de la faim dans l'île et sur le territoire américain, la mobilisation d'artistes et les témoignages de ceux qui en échappèrent furent nombreuses : le chanteur haïtien-américain Wyclef Jean, membre du groupe The Fugees (et candidat à l'élection présidentielle en Haïti), reprend alors avec ironie la chanson des dissidents cubains Guantanamera. Un groupe d'étudiants en droit parvient à porter l'affaire devant un tribunal new-yorkais qui conclut à l'inconstitutionnalité de l'argument clintonien : Guantanamo est "sous tutelle" américaine, la loi s'y applique donc.

Le centre est fermé en 1995 et ses 4 000 prisonniers sont reconduits. Mais un tour de passe-passe judiciaire permet d'effacer la décision afin qu'elle ne fasse pas jurisprudence. Il faut attendre 2004 pour que la Cour suprême confirme la décision d'un petit juge de Brooklyn en affirmant que tout détenu de la baie de Guantanamo (y compris, bien sûr, les présumés terroristes, installés depuis 2002) a le droit de contester sa détention et peut recourir aux tribunaux américains. Pour les Haïtiens, cet arrêt est une évocation doublement douloureuse : en 2001, le Patriot Act les qualifiait eux aussi de "menaces à la sécurité nationale".

Lorsque, après le séisme de 2010, Barack Obamaannonce qu'il suspend la reconduite des clandestins haïtiens (tolérance dont l'expiration est repoussée à juin 2011), chacun salue une mesure humanitaire de bon sens. La nomination, par Barack Obama, de Bill Clinton et George W. Bush à la tête du plan de secours d'urgence à Haïti, en 2010, fit en revanche sursauter certains progressistes à la mémoire longue.

Lorsque, dans le même souffle, les Etats-Unis réinstallent des tentes à Guantanamo pour accueillir les réfugiés haïtiens fuyant le cauchemar, la bonne foi humanitaire masque mal l'absence de tact historique. Aujourd'hui s'éloigne un peu plus la perspective d'une fermeture prochaine de cette enclave de la honte. Les deux visages de Guantanamo, celui des réfugiés dangereux, ici, et celui des terroristes ennemis, là, sont donc, hélas, même sous Barack Obama, toujours grimaçants.

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 19:01

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Reporters Sans frontières a fait du 12 mars la journée internationale de la cyber-censure et présente sur son site Web la « liste des pays ennemis d’Internet », une liste, uniquement en anglais, qui comprend 9 pays « ennemis d’Internet » et 16 pays qui « placent Internet sous surveillance ». Premier détail curieux, sur la page en espagnol de ce site, les seuls pays mentionnés sous le signet « ennemis d’internet » et « Internet sous surveillance » sont respectivement Cuba et le Venezuela.

 

Examinons de plus près l’argumentation avancée en ce qui concerne Cuba.

Reporters sans Frontière reconnaît que :

« Le régime ne dispose pas des moyens nécessaires pour installer un système de filtrage systématique, mais il s’appuie sur plusieurs facteurs pour limiter l’accès à Internet : la lenteur des connexions et le coût exorbitant de celles-ci - près de 1,5 dollar l’heure, dans un hôtel, pour avoir accès au réseau international alors que le salaire mensuel moyen des Cubains est de 20 dollars - ces obstacles expliquent pourquoi le nombre d’internautes et le temps de connexion continuent à être limités ».

Remarquons que Reporters sans frontières reconnaît que le gouvernement n’établit aucun type de censure en fonction du contenu ; les explications avancées sont uniquement la lenteur et le coût. Affirmer que cela constitue une censure est exactement aussi sérieux que d’accuser le gouvernement d’un pays quelconque de porter atteinte à la liberté de circulation de ses citoyens parce que l’état des routes est déplorable ou parce que les péages sont trop chers.

Reporters sans frontières poursuit :

« Pendant des années, le régime cubain a rendu responsable de la mauvaise qualité de sa connexion à Internet l’embargo appliqué par les Etats-Unis qui empêchent l’île d’accéder aux réseaux internationaux. Ce problème est en passe d’être résolu grâce à l’installation du câble sous-marin à fibre optique ALBA-1 qui relie Cuba au Venezuela depuis février 2011, ce qui va multiplier par trois mille la capacité de connexion de Cuba au reste du monde. Il est prévu qu’il soit fonctionel en juillet 2011. »

Les connexions au réseau international se font actuellement par la voie du satellite dont les coûts sont prohibitifs. Théoriquement, la fibre optique permettra de baisser les prix d’accès à Internet et d’accroître la vitesse de connexion. Cependant il ne faut pas espérer une démocratisation d’Internet dans le pays ou un accès libre et généralisé à court terme. »

 
Carte des câbles qui évitent "soigneusement" l’île de Cuba...

Le régime ne rend pas responsable le blocus ; c’est une réalité technique que Reporters sans frontières confirme elle-même lorsqu’elle fait remarquer que les coûts de l’accès, via le satellite, imposés à Cuba, sont prohibitifs. Observons attentivement les termes employés : « coûts prohibitifs » et non pas « gouvernement prohibitif ». C’est pourtant un sacré paradoxe de constater que ces deux pays qui sont « ennemis d’Internet » sont ceux qui mettent en place un câble sous-marin à fibre optique pour multiplier par trois mille la capacité de connexion de l’un d’eux…

Mais tout cela ne gêne absolument pas Reporters sans frontières qui poursuit :

« Cependant il ne faut pas espérer une démocratisation d’Internet dans le pays ou un accès libre et généralisé a court terme.

Les autorités prennent leurs précautions lorsqu’elles parlent de cette avancée. Le vice-ministre pour l’Informatique, José Luis Perdomo, a souligné, en février 2011, que le câble « n’est pas une baguette magique » et qu’il faudra encore beaucoup investir dans l’infrastructure pour ouvrir aux Cubains l’accès à Internet. Selon lui, il « n’existe aucun obstacle politique » pour cette ouverture. Pour le moment, l’accès au réseau restera réservé à un « usage social » : institutions, universités et certains professionnels, comme les médecins et les journalistes »…

Autrement dit, ce sont précisément les journalistes - qui intéressent tant Reporters sans frontières - qui vont avoir le privilège et la priorité pour accéder à Internet. Et pourtant Reporters sans frontières ne voit pas là une raison suffisante de s’en réjouir. Alors que lorsqu’il s’agit de l’invasion de l’Irak ou de l’Afghanistan, ces gens se soucient uniquement des journalistes et pas du tout des populations civiles, lorsqu’il s’agit de Cuba, ces mêmes gens minimisent l’annonce faite par le vice ministre de donner la priorité aux journalistes et commencent à dénoncer un véritable marché noir des connexions entre les simples citoyens et l’achat ou la location, en sous-main, de mots de passe et de codes d’accès de certains individus et organismes qui ont reçu du parti l’autorisation d’accéder à Internet.

La persécution et la censure à l’encontre des blogueurs et que RSF dénonce est dramatique. Jugez-en :

« Pour y parvenir ils (les blogueurs) appliquent un procédé tortueux : d’abord ils rédigent leurs textes, puis ils les copient sur une clé USB et ensuite ils les expédient par courrier électronique depuis un hôtel ou un autre lieu. »

N’avons-nous pas véritablement l’impression d’assister, là, à la lutte héroïque de courageux combattants clandestins contre une féroce dictature ?…

Mais L’ONG française qui défend hardiment les blogueurs cubains opposés au gouvernement se fait un sang d’encre lorsque ces blogueurs ne sont pas anticastristes :

« Aujourd’hui les autorités tentent de développer leur présence sur le Web : en 2009 est née une association officielle de blogueurs cubains. Le nombre de blogueurs « pro-gouvernement » ne va pas cesser de croître. Il semblerait qu’ils soient des centaines. L’agence de presse Reuters a signalé, en février 2011, qu’on compterait environ mille « blogueurs officiels » cubains.

(…) Puisque aujourd’hui sa stratégie est de « noyer » les blogueurs « dissidents » dans la masse des blogueurs pro-gouvernementaux, le gouvernement n’a plus besoin de les attaquer aussi ouvertement et peut relâcher son étreinte ».

Autrement dit, le gouvernement n’a pas besoin d’attaquer les blogueurs opposants parce qu’il y a d’autres blogueurs qui défendent le gouvernement. Voilà une autre caractéristique bien curieuse de cette dictature cubaine et de sa façon inhumaine de combattre la liberté d’expression…

Le document se termine par une autre perle :

« Il reste un espoir : Cuba a annoncé qu’elle veut basculer du système d’exploitation WINDOWS au système LINUX. Cette initiative pourrait améliorer les compétences techniques des informaticiens cubains qui seront mieux armés pour échapper à la censure. »

Comprenons bien ce que nous explique RSF : le passage à LINUX va rendre les Cubains plus libres et moins soumis à la censure que tous les citoyens de tous les gouvernements qui utilisent WINDOWS…


Pascual Serrano
Rebelión


http://www.rebelion.org/noticia.php...

Traduction M. Colinas pour le Grand Soir


 Articles de Pascual Serrano publiés par Mondialisation.ca

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 20:27

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Hier, pour des motifs d’espace et de temps, je n’ai dit mot du discours sur la guerre de Libye que Barack Obama a prononcé le lundi 28. Je disposais d’une copie de la version officielle distribuée à la presse par le gouvernement étasunien. J’avais souligné certaines choses. Je l’ai révisé et je me suis convaincu qu’il ne valait guère la peine de trop dépenser de papier à ça.

Je me suis rappelé ce que m’avait raconté Carter – quand il nous a rendu visite en 2002 – sur la sylviculture aux USA, car il possède une plantation familiale en Georgia. À cette visite-ci, je lui ai posé à nouveau des questions sur cette plantation et il m’a confirmé qu’il semait des pins séparés par une distance de trois mètres sur deux, soit mille sept cents arbres par hectare, et qu’on les récolte tous les vingt-cinq ans. J’ai lu voilà bien des années que le papier de la livraison dominicale du New York Times exigeait l’abattage de quarante hectares de forêt. On comprendra dès lors mon souci d’économiser du papier…

Bien entendu, Obama est un excellent enfileur de grands mots et de belles phrases. Il pourrait gagner sa vie à écrire de contes pour enfants. Je connais son style parce que la première chose de lui que j’ai lue et soulignée avec respect, bien avant qu’il n’accède à la présidence, est son livre Les Rêves de mon père, ce qui m’a permis de constater que son auteur savait choisir le mot exact et la phrase idoine pour forcer la sympathie des lecteurs.

J’avoue ne pas avoir apprécié sa tactique du suspense et sa façon d’occulter ses idées politiques à lui jusqu’au bout. J’avais fait un effort spécial pour ne pas aller chercher au dernier chapitre ce qu’il pensait de différentes questions qui sont à mon avis cruciales en cette étape de l’histoire humaine. J’étais convaincu que la profonde crise économique, les dépenses militaires colossales et le sang jeune versé par son prédécesseur républicain l’aideraient à battre son adversaire à la présidence malgré les énormes préjugés raciaux de la société étasunienne. J’étais conscient qu’il courait le risque d’être éliminé physiquement.

Pour des raisons de politicaillerie traditionnelle qui coulent de source, il était allé quêter, avant les élections, les voix des anticubains de Miami, dirigés pour la plupart par des réactionnaires nostalgiques de Batista qui ont converti les USA en une république bananière où la fraude électorale a déterminé rien moins que le triomphe de W. Bush en 2000 et écarté un futur Prix Nobel, Al Gore, le vice-président de Clinton et candidat à la présidence.

Un sens de la justice élémentaire aurait dû conduire le président Obama à rectifier les conséquences du procès infâme qui a abouti à l’incarcération inhumaine, cruelle et particulièrement injuste des cinq patriotes cubains.

Son message sur l’État de l’Union, ses discours au Brésil, au Chili et en El Salvador, la guerre de l’OTAN en Libye m’ont contraint à souligner son discours sur la Libye encore plus abondamment que son autobiographie.

Qu’est-ce qu’il y a de pire dans ces déclarations et comment expliquer les quelque deux mille cinq cents mots que contient la version officielle ?

Sur le plan intérieur, sa carence totale de réalisme place son heureux auteur aux mains de ses pires adversaires qui souhaitent l’humilier et se venger de sa victoire électorale de novembre 2008. La punition qu’ils lui ont infligée fin 2010 ne leur suffit pas.

Sur le plan extérieur, le monde a mieux pris conscience de ce que le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’OTAN et l’impérialisme yankee signifient pour de nombreux peuples.

Je vais être aussi bref que j’ai promis. Pour commencer, Obama a commencé par affirmer que les troupes étasuniennes « étaient en train de freiner le dynamisme des Talibans en Afghanistan et de traquer Al-Qaeda à travers le monde entier ».

Et d’ajouter presque aussitôt : « Des générations durant, les États-Unis d’Amérique ont joué un rôle unique en tant que bastion de la sécurité mondiale et défenseur de la liberté humaine. »

Une vérité dont – tous les lecteurs le savent – peuvent attester les Cubains, les Latino-Américains, les Vietnamiens et bien d’autres.

Après une profession de foi aussi solennelle, Obama consacre une bonne partie de son temps à parler de Kadhafi, de ses horreurs et des motifs pour lesquels les États-Unis et leurs « alliés les plus proches – le Royaume-Uni, la France, le Canada, le Danemark, la Norvège, l’Italie, l’Espagne, la Grèce et la Turquie, tous pays qui se sont battus à nos côtés durant des décennies […] ont décidé d’assumer leurs responsabilités de défendre le peuple libyen. »

Et d’annoncer un peu plus loin :

« …l’OTAN a pris le commandement pour faire appliquer l’embargo sur les armes et la zone d’interdiction aérienne ».

Puis il confirme les objectifs de la décision :

« Par suite de cette transition à une coalition plus vaste basée sur l’OTAN, les risques et les coûts de cette opération pour nos militaires et les contribuables étasuniens se réduiront significativement.

« Je tiens donc à être clair à l’adresse de ceux qui doutaient de notre capacité à mener cette opération : les États-Unis d’Amérique ont fait ce que nous avions dit que nous ferions. »

Il distille ensuite ses obsessions sur Kadhafi et révèle les contradictions qui l’agitent :

« …Kadhafi n’a pas encore abandonné le pouvoir, et tant qu’il ne le fera pas, la Libye restera un danger.

[…]

« Il est vrai que les États-Unis ne peuvent pas utiliser leur armée partout où il y a une répression. Et, compte tenu des coûts et des risques d’une intervention, nous devons toujours soupeser nos propres intérêts et la nécessité d’une action.

[…]

« La tâche que j’ai assignée à nos forces – protéger le peuple libyen […] – est en accord avec un mandat de l’ONU et avec un appui international.

Et puis, son obsession, encore et toujours :

« Si nous nous efforcions de renverser Kadhafi par la force, notre coalition se scinderait. Pour remplir cette mission, nous devrions envoyer des troupes étasuniennes à terre ou risquer de tuer de nombreux civils depuis les airs.

[…]

« …nous sommes pleins d’espoir en l’avenir de l’Iraq. Mais le changement de régime a coûté huit années, des milliers de vies étasuniennes et iraquiennes et presque trois milliards de dollars. »

Quelques jours après le début des bombardements de l’OTAN, on a appris qu’un chasseur-bombardier étasunien avait été abattu. Une nouvelle qu’une source a confirmée ensuite. Des paysans, en voyant descendre un parachute, ont fait ce qu’on fait par tradition en Amérique latine : ils se sont approchés pour prêter secours, le cas échéant. Nul ne pouvait savoir comment ils pensaient. C’étaient vraisemblablement des musulmans, des gens qui faisaient produire la terre et qui ne pouvaient pas être partisans des bombardements. Soudain, un hélicoptère est apparu pour récupérer le pilote et leur a tiré dessus, blessant grièvement l’un d’eux et ne les tuant pas tous par miracle. Les Arabes, on le sait, sont traditionnellement hospitaliers envers leurs ennemis, les logent sous leur propre toit et se retournent pour ne pas savoir par où ils repartent. Ni un lâche ni un traître ne représente jamais l’esprit d’une classe sociale.

Seul un Obama pouvait nous débiter la curieuse théorie qui apparaît à un moment donné de son discours :

« Il y aura toutefois des occasions où, même si notre sécurité n’est pas directement menacée, nos intérêts et nos valeurs le seront. […] …nous savons qu’on réclamera souvent l’aide des États-Unis, comme la nation la plus puissante du monde.

« En ces cas, nous ne devons pas avoir peur d’agir, mais le poids de l’action ne doit pas retomber uniquement sur les États-Unis. Au contraire, tout comme nous le faisons en Libye, notre tâche est de mobiliser la communauté internationale en vue d’une action collective. […]

« Tel est bien le genre de leadership dont nous faisons preuve en Libye. Bien entendu, même si nous agissons dans le cadre d’une coalition, les risques de n’importe quelle action militaire seront élevés. On a pu constater ces risques quand un de nos avions a eu des ratés en survolant la Libye. Or, quand un de nos aviateurs a sauté en parachute, dans un pays dont le dirigeant a si souvent satanisé les États-Unis, dans une région qui a eu des relations si difficiles avec notre pays, cet Étasunien n’a pas rencontré d’ennemis, au contraire, il a été accueilli par les gens à bras ouverts. Un jeune Libyen venu le secourir lui a dit : "Nous sommes vos amis. Nous sommes si reconnaissants envers ces hommes qui protègent notre ciel."

« Cette voix n’est rien que l’une des nombreuses voix dans une région où une nouvelle génération refuse de se voir dénier ses droits et ses chances plus longtemps.

« Ce changement compliquera toutefois le monde pendant un temps. Le progrès sera inégal, et le changement surviendra différemment dans les différents pays. Il y a des endroits, comme l’Égypte, où ce changement nous encouragera et rehaussera nos espoirs. […]

Tout le monde sait que Moubarak a été l’allié des États-Unis. Quand Obama s’est rendu à l’Université du Caire en juin 2009, il ne pouvait ignorer qu’il avait volé des milliards de dollars à l’Égypte.

Mais Obama poursuit son récit émouvant :

« …nous nous félicitons que l’histoire se soit mise en branle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et que les jeunes soient à l’avant-garde. En effet, partout où les gens rêvent d’être libres, ils trouveront un ami dans les États-Unis. Somme tout, c’est cette foi, ce sont ces idéaux qui sont la vraie aune du leadership étasunien.

« …notre puissance à l’étranger s’enracine dans notre puissance à domicile. Et notre étoile polaire doit toujours être la suivante : la capacité de notre peuple à donner tout son potentiel, à faire des choix judicieux à partir de ses propres ressources, à amplifier la prospérité qui est à la source de notre pouvoir et à vivre les valeurs qui nous sont si chères.

[…]

« […] Regardons l’avenir pleins de confiance et d’espoir non seulement en notre pays, mais en tous ceux qui languissent après la liberté dans le monde entier. »

À lire cette histoire à dormir debout, je me suis souvenu du Tea Party, du sénateur Bob Menéndez et de l’illustre représentante Ileana Ros (actuelle présidente de la Commission des Affaires Etrangères du Sénat US - NdR), la « grande méchante louve », qui narguait la loi pour continuer de séquestrer le petit Cubain, Elián González, et qui est maintenant rien moins que la présidente de la commission des Relations extérieures de la Chambre des représentants des États-Unis !

Kadhafi se tue à répéter qu’Al-Qaeda lui fait la guerre et envoie des combattants contre son gouvernement, parce qu’il a appuyé la guerre antiterroriste de Bush.

Al-Qaeda a eu par le passé d’excellentes relations avec les services secrets étasuniens dans la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan et on connaît long sur les méthodes de travail de la CIA.

Que se passerait-il si les dénonciations de Kadhafi étaient vraies ? Comment Obama expliquerait-il au peuple étasunien qu’une partie de ces armes de combat terrestre tombent aux mains des hommes de Bin Laden ?

N’aurait-il pas été mieux et plus intelligent de promouvoir la paix en Libye, au lieu de fomenter la guerre ?

Fidel Castro Ruz
Le 31 mars 2011
19 h 58

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http://www.legrandsoir.info/Le-meilleur-et-le-plus-intelligent.html
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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 20:21

4d8689904d5bdC’est finalement les éditions Michel-Lafon qui publieront en France les Mémoires de Fidel Castro en deux temps. Le premier tome, intitulé Les Chemins de la victoire et couvrant les armées 1926-1959, sortira le 21 avril.

Soit 700 pages d’´une autobiographie et de récits de luttes jusqu´à la victoire stratégique » dans la Sierra Maestra (sud-est) de l´été 1958, qui allait conduire, le 1er janvier 1959, à la chute du dictateur Fulgencio Batista. Le second tome, de 1959 à nos jours est prévu pour octobre 2011,

Dans ce premier tome de son autobiographie, Fidel Castro révèle de façon inédite les coulisses de la révolution cubaine.

Il fait part de sa défiance pour l´impérialisme des Etats-Unis qui asservissait les Cubains par l´entremise de Batista, et interdisait à l´île tout développement. Il raconte le rêve d´indépendance qui anima cette poignée de jeunes révolutionnaires, luttant pour la liberté face au géant américain, et dénonçant la corruption ainsi que les abus de pouvoir.

Enfant révolté, étudiant brillant, avocat engagé dans la lutte contre les inégalités et la terreur du régime de Batista, Fidel Castro rassemble les étudiants en quête de justice.

Il relate comment une centaine d´hommes mus par une force de conviction exemplaire et la connaissance du terrain vainquit dix mille soldats armés au cœur de la Sierra Maestra. Ce livre retrace de façon fidèle ce qui s´est passé. (présentation de l’éditeur)

Tiré de
Cubarte



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