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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 18:15

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Les Latino-Américains ne sont pas des criminels nés et ils n’ont pas inventé les drogues.

Les Aztèques, les Mayas et d’autres groupes humains précolombiens du Mexique et d’Amérique centrale étaient d’excellents agriculteurs et ne cultivaient pas la coca.

Les Quechuas et les Aymaras produisaient des aliments nutritifs sur des terrasses parfaitement alignées qui suivaient les courbes de niveau des Andes. Ils cultivaient le quinoa, une céréale riche en protéines, et la pomme de terre sur la puna, parfois à plus de trois ou quatre mille mètres d’altitude.

Ils connaissaient et cultivaient aussi la coca, dont ils mâchaient les feuilles pour alléger les rigueurs de l’altitude. Son usage actuel remonte donc à la nuit des temps, à l’instar de produits cultivés par d’autres peuples comme le café, le tabac ou le vin.

La coca est originaire des versants abruptes des Andes amazoniennes. Les habitants la connaissaient depuis bien avant l’Empire inca dont le territoire, à son apogée, s’étendait du sud de la Colombie au Nord-Ouest de l’Argentine, couvrant l’Équateur, le Pérou, la Bolivie et l’Est du Chili, soit près de deux millions de kilomètres carrés.

Mâcher la feuille de coca devint un privilège des empereurs incas et de la noblesse durant les cérémonies religieuses.

Une fois disparu l’Empire inca à la suite de l’invasion espagnole, les nouveaux maîtres stimulèrent la mastication traditionnelle de la feuille de coca pour que les indigènes puissent travailler plus longtemps dans la journée, et ce droit a perduré jusqu’à ce que la Convention unique sur les stupéfiants adoptée par les Nations Unies en ait interdit l’usage, hormis à des fins médicinales ou scientifiques.

Presque tous les pays la signèrent. C’est à peine si l’on discutait les questions relatives à la santé. Le trafic de cocaïne n’atteignait pas encore sa gigantesque ampleur actuelle. Depuis, de très graves problèmes ont surgi qui exigent des analyses profondes. L’ONU affirme avec délicatesse, au sujet de cette question épineuse du rapport entre la drogue et la criminalité organisée : « L’Amérique latine n’est pas efficace dans son combat contre la criminalité. »

Les informations publiées par différentes institutions varient à cause du caractère sensible de cette question. Les données sont parfois si complexes et si nombreuses qu’elles peuvent induire en erreur. En tout cas, ce qui est incontestable, c’est que le problème s’aggrave, et très vite.

Voilà presque un mois et demi, le 11 février 2011, le Conseil citoyen pour la sécurité publique et la justice du Mexique a publié un rapport qui offre des données intéressantes sur les cinquante villes les plus violentes au monde compte tenu des homicides commis en 2010 : le Mexique en réunit le quart. Et, pour la troisième année consécutive, Ciudad Juárez, à la frontière étasunienne, occupe le premier rang.

Le rapport affirme : « Cette année, le taux d’assassinats à Juárez a été supérieur de 35 p. 100 à celui de Kandahar, en Afghanistan, qui occupe la seconde place, et de 941 p. 100 à celui de Bagdad », autrement dit presque dix fois plus que la capitale iraquienne, qui apparaît au cinquantième rang de la liste.

San Pedro Sula, au Honduras, occupe la troisième place avec 125 assassinats pour 100 000 habitants, seulement dépassée par Ciudad Juárez, au Mexique, avec 229 et Kandahar, en Afghanistan, avec 169.

Tegucigalpa, au Honduras, occupe la sixième place, avec 109 assassinats pour 100 000 habitants.

Ainsi donc, le Honduras, le pays où se trouve la base aérienne étasunienne de Palmerola où un coup d’État a été fomenté sous l’administration Obama, compte deux villes parmi les six premières au monde en matière d’assassinat. La capitale du Guatemala atteint 106.

Toujours selon ce rapport, Medellín (Colombie) figure parmi les villes les plus violentes d’Amérique et du monde avec 87,42 assassinats.

Le discours du président étasunien Barack Obama en El Salvador et sa conférence de presse postérieure m’imposent le devoir de publier ces lignes sur ce point.

Dans mes Réflexions du 21 mars, je l’ai critiqué pour son manque d’éthique : n’avoir même pas mentionné au Chili le nom de Salvador Allende, un symbole de dignité et de courage pour le monde entier, mort des suites du coup d’État fomenté par un président étasunien.

Comme il devait se rendre le lendemain en El Salvador, un pays centraméricain qui symbolise les luttes des peuples de Notre Amérique et qui a été parmi ceux qui ont le plus souffert de la politique des USA sur notre sous-continent, j’ai écrit : « Là, il va falloir qu’il s’ingénie pas mal, parce que les armes et les instructeurs reçus des administrations étasuniennes ont fait couler bien du sang dans ce pays frère. Je lui souhaite un bon voyage et un peu plus de… bon sens. »

Je dois avouer qu’il a été un peu plus délicat à cette dernière étape de sa tournée latino-américaine.

Tous les Latino-Américains, croyants ou non, admirent monseigneur Oscar Arnulfo Romero et les six jésuites lâchement assassinés par les nervis que les Etats-Unis ont entraînés, soutenus et armés jusqu’aux dents. Le FMLN, une organisation militante de gauche, livra en El Salvador une des luttes les plus héroïques de notre continent, et le parti issu des rangs de ses glorieux combattants – dont l’histoire profonde n’a pas encore été écrite – fut élu par le peuple à la présidence du pays.

Il est urgent en tout cas de se colleter avec le dilemme dramatique que vit non seulement El Salvador, mais encore le Mexique, le reste de l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud.

Obama en personne a affirmé qu’environ deux millions de Salvadoriens, soit 30 p. 100 des habitants, vivaient aux USA où des centaines de milliers d’habitants ont été contraints d’émigrer à cause de la répression brutale orchestrée contre les patriotes et du pillage systématique de ce pays par les États-Unis.

Ce qu’il y a de nouveau, c’est qu’à la situation désespérée des Centraméricains, sont venus s’ajouter le pouvoir incroyable des bandes terroristes, le trafic d’armes sophistiquées et la demande de drogues en provenance du marché étasunien.

Dans le bref discours qu’il a prononcé avec son visiteur, le président salvadorien a affirmé :

« J’ai insisté devant lui sur le fait que la criminalité organisée, le trafic de drogues, l’insécurité des citoyens n’étaient pas des questions qui inquiétaient uniquement El Salvador, le Guatemala, le Honduras ou le Nicaragua, ni même le Mexique ou la Colombie, mais qu’elles préoccupaient la région dans son ensemble, et que nous œuvrons à cet égard pour la mise en place d’une stratégie régionale à travers l’Initiative centraméricaine concernant la sécurité régionale (CARCIS).

« J’ai insisté sur le fait que cette question ne devait pas être abordée seulement par la répression de la criminalité à travers le renforcement de nos polices et de nos armées, mais qu’il fallait aussi mettre l’accent sur la prévention du délit et que la meilleure arme pour combattre la délinquance en soi dans la région était par conséquente d’investir dans des politiques sociales. »

Le président étasunien a répondu :

« Le président Funes s’est engagé à créer plus de possibilités économiques ici, en El Salvador, pour que les gens ne soient pas obligés à se rendre dans le Nord pour maintenir leur famille.

« Je sais que c’est particulièrement important pour les quelques deux millions de Salvadoriens qui vivent et travaillent aux États-Unis. […] J’ai donc informé le président des nouvelles lois de protection du consommateur que j’ai signées et qui informent mieux les gens et garantissent que les envois de fonds familiaux parviennent à leurs destinataires.

« Nous engageons aussi de nouveaux efforts pour faire face aux trafiquants de drogues et aux gangs qui ont provoqué tant de violence dans tous nos pays, en particulier ici en Amérique centrale. […]

« …nous dégagerons deux cent millions de dollars pour appuyer les efforts ici dans la région, y compris pour aborder… les facteurs sociaux et économiques qui poussent les jeunes à la délinquance. Nous aiderons à renforcer les tribunaux, les groupes de la société civile et les institutions qui défendent la légalité. »

Rien de mieux pour exprimer l’essence même d’une situation douloureuse et triste. Le fait est que de nombreux jeunes centraméricains sont poussés par l’impérialisme à tenter de traverser une frontière toujours plus rigide et plus infranchissable ou de prêter service aux richissimes gangs de narcotrafiquants.

J’ai une question à poser à Obama : Ne serait-il pas juste que les États-Unis promulguent une Loi d’ajustement (*) pour tous les Latino-Américains, à l’image de celle qu’ils ont inventée pour punir Cuba voilà plus d’un demi-siècle ? La quantité de personnes qui meurent à la frontière des USA ou qui meurent d’ores et déjà chaque année par dizaine de milliers dans les peuples auxquels vous offrez une « Alliance entre égaux » continuera-t-elle de croître à l’infini ?

Fidel Castro Ruz
Le 25 mars 2011
20 h 46

traduction J-F Bonaldi, La Havane


(*) NOTE DU GRAND SOIR : Loi d’ajustement : allusion à la Loi d’Ajustement Cubain (Cuban Adjustment Act) des Etats-Unis qui accorde automatiquement aux Cubains (et uniquement aux Cubains) le droit de séjour aux Etats-Unis - droit de séjour accompagné de divers aides et avantages (allocations, sécurité sociale, etc). Dans la pratique, cette loi s’applique à tout Cubain touchant le sol des Etats-Unis, quels que soient les moyens employés pour y parvenir (à pied par une frontière terrestre, par la mer et même par un acte criminel tel qu’un détournement d’avion ou d’embarcation sous la menace d’une arme). Dans le même temps, les Etats-Unis refusent souvent de délivrer des visas aux Cubains qui en font la demande par voie officielle. Dans le même temps, les Etats-Unis accusent les autorités cubaines d’empêcher la sortie des Cubains. Dans le même temps, ils menacent Cuba lorsque celle-ci ne surveille plus ses frontières et l’accusent de "porter atteinte à la sécurité nationale" des Etats-Unis en favorisant une "émigration massive".

voir :

Loi d’Ajustement Cubain http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/s...

et

Migrations : http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/s...

En Août 1994, au cours d’une intervention à la télévision - retransmise aux Etats-Unis par la chaîne CNN - Fidel Castro s’adressa aux citoyens Cubains et Américains :

"Si les Etats-Unis ne prennent pas rapidement des mesures efficaces pour faire cesser l’encouragement des départs illégaux de notre pays, nous nous sentirons dans l’obligation de donner l’ordre à nos garde-frontières de ne pas tenter d’empêcher le départ de tout bateau de Cuba. Nous avons clairement indiqué notre position ; nous ne sommes pas opposés à des solutions qui seraient basées sur la sincérité et sur l’honnêteté (...) mais nous ne pouvons tenir le rôle de garde-frontières des Etats-Unis."

La phrase qui précède devrait suffire à elle seule pour souligner l’énorme décalage qui existe entre une image de "goulag tropical" communément véhiculée sur Cuba par les médias, et les enjeux tels qu’ils s’expriment au quotidien depuis des dizaines d’années dans cette région. A l’évidence, il y a quelque chose qui échappe au regard perspicace de nos braves média qui se contentent du terme balseros ("boat-people" cubains).

Pour comprendre les jeux (politiciens), enjeux (politiques) et les double-jeux (crapuleux) en action, que pouvions-nous faire d’autre que de remettre à plat, une fois encore (et pour votre plus grand bonheur) un des aspects les plus médiatisés autour de Cuba ? Les plus médiatisés et pourtant (ou par conséquence...) les moins compris.

EN GUISE D’APERITIF :

"De toutes les ironies exprimées par la politique étrangère américaine, notre position vis-à-vis de Cuba est la plus paradoxale. Une forte dégradation de la situation économique a provoqué une poussée du nombre de Cubains entrant illégalement aux Etats-Unis. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour détériorer la situation économique et ainsi accroître le flux. Nous encourageons également cet exode en accordant aux Cubains, qui arrivent illégalement ou qui s’approchent par voie de mer, un statut de résident et une assistance pour s’installer. Dans le même temps, nous n’avons pas respecté les quotas de visas pour les Cubains désireux d’immigrer aux Etats-Unis [...] quand Castro tente d’empêcher des cubains malheureux de quitter leur pays infortuné, nous l’accusons de violation des droits de l’homme. Mais quand il menace d’ouvrir grand les portes si nous continuons à accueillir sans limites des cubains sans visas - y compris ceux qui ont commis des actes de violence pour aboutir à leurs fins - nous brandissons des menaces imprécises mais aux conséquences terribles."

Jay Taylor, responsable de la section des intérêts américains à Cuba entre 1987 et 1990, in "Playing into Castro’s hands", the Guardian, Londres, 9 août 1994.

 

 

Voir le dossier Cuba et Migrations :

Introduction http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/s...

Migrations et la politique des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/s...

La deuxième vague d’émigrants http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/s...

Crise et émigration http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/s...

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http://www.legrandsoir.info/Entre-l-emigration-et-le-crime.html
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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 13:14
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La journée d’hier a été longue. Dès midi, j’ai suivi les péripéties d’Obama au Chili, comme je l’avais fait hier avec ses aventures à Rio de Janeiro, une ville qui a brillamment défié et battu Chicago comme candidate aux Jeux olympiques de 2016, à une époque où le nouveau président des États-Unis et Prix Nobel de la paix paraissait un disciple de Martin Luther King

Nul ne savait quand il arriverait à Santiago-du-Chili. ni ce qu’il y ferait un président des États-Unis dont l’un de ses devanciers avait commis le crime sinistre de fomenter le renversement et la mort de son président héroïque, les horribles tortures et l’assassinat de milliers de Chiliens.

 

Je me suis efforcé parallèlement de suivre les nouvelles qui parvenaient de la tragédie au Japon et de la guerre brutale déclenchée contre la Libye, tandis que l’illustre visiteur proclamait l’ « Alliance entre égaux » dans la région du monde qui connaît la pire distribution de la richesse.

Tiraillé entre tant de choses, j’ai eu un moment d’inattention et j’ai raté le banquet somptueux servi à des centaines de personnes à partir des choses exquises dont la Nature a doté les mers et qui, s’il tenait tenu dans un restaurant de Tokyo où l’on paie jusqu’à trois cent mille dollars un thon rouge frais, aurait coûté au bas mot dix millions de dollars.

C’était trop de travail pour un jeune de mon âge. J’ai écrit de brèves Réflexion et j’ai dormi de longues heures.

 

Ce matin, donc, j’étais en pleine forme. Comme mon ami n’arriverait en El Salvador qu’à midi passé, j’ai demandé des dépêches de presse, des articles d’Internet et d’autres textes frais arrivés.

 

J’ai d’abord constaté que, par ma faute, les dépêches de presse avaient donné de l’importance à ce que j’avais dit dans ces Réflexions au sujet de ma responsabilité de premier secrétaire du parti. Une rapide explication, donc.

Concentré sur l’ « Alliance entre égaux » de Barack Obama, un point d’une grande importance historique – je parle sérieusement – je ne me suis même pas rappelé que le congrès du parti aura lieu en avril prochain. Mon attitude à cet égard a été d’une logique élémentaire. Quand j’ai compris la gravité de mon état de santé, j’ai fait ce que je n’avais pas eu à faire après ma douloureuse chute à Santa Clara : le traitement avait été dur, mais ma vie n’était pas en danger. Quand, en revanche, j’ai rédigé ma « Communication au peuple cubain » du 31 juillet 2006, j’étais conscient que mon état était extrêmement critique. J’ai donc démissionné sur-le-champ de toutes mes fonctions publiques et ajouté quelques instructions pour rassurer et tranquilliser la population. Il ne me semblait pas nécessaire de renoncer, un par un, à chacun de mes postes.

 

À mes yeux, la fonction politique la plus importante était celle de premier secrétaire du Parti auquel l’autorité suprême correspond, par idéologie et par principe, à une étape révolutionnaire. Mes autres responsabilités étaient celles de président du Conseil d’État et de président du Conseil des ministres, sur élection de l’Assemblée nationale. Il existait un substitut pour ces deux postes, non en vertu de la parenté, que je n’ai jamais considérée comme source de droit, mais en vertu de l’expérience et des mérites.

Le grade de commandant-en-chef, c’est la lutte même qui me l’avait conféré, plus par hasard que par mérites personnels. À une étape postérieure, la Révolution a confié la direction de toutes les institutions armées au président, une fonction qui doit revenir à celui qui est premier secrétaire du parti, car c’est là à mon avis la décision correcte dans un pays comme Cuba qui doit faire face à un obstacle aussi considérable que l’Empire étasunien.

Depuis notre précédent Congrès du parti, quasiment quatorze ans se sont écoulés qui ont coïncidé avec la disparition de l’URSS et du camp socialiste, avec la Période spéciale et avec ma maladie.

 

Après avoir récupéré en partie ma santé, il ne m’est pas venu à l’idée que je devais renoncer formellement et expressément à chacune de mes fonctions. J’ai accepté durant cette période l’honneur d’avoir été élu député à l’Assemblée nationale, une responsabilité qui n’exigeait pas ma présence physique et d’où je pouvais faire part de mes idées.

Comme j’ai maintenant plus de temps que jamais pour observer, m’informer et exposer des points de vue, je remplis modestement mon devoir de me battre pour les idées que j’ai défendues tout au long de ma vie.

 

Je prie mes lecteurs de m’excuser du temps perdu à cette explication, mais les circonstances m’y obligent.

 

Car je n’oublie pas que le point le plus important est l’alliance insolite que l’illustre président des États-Unis propose entre millionnaires et crève-la-faim.

Les personnes bien informées – qui connaissent par exemple l’histoire de notre sous-continent, de ses luttes, voire celle de Cuba défendant contre l’Empire la Révolution qui, comme Obama lui-même l’a reconnu, « a duré plus longtemps que lui-même » - s’étonneront assurément de cette proposition.

 

Le président étasunien, on le sait, est un bon faufileur de mots, ce qui, de pair avec la crise économique, la montée du chômage, la perte de logements et la mort de soldats dans les guerres insanes de Bush, l’a aidé à remporter la victoire.

Tout compte fait, je ne m’étonnerais pas qu’il soit l’auteur de cette appellation ridicule dont on a affublé la tuerie en Libye : « Aube de l’odyssée », qui doit faire trembler les restes d’Homère et de ceux qui contribuèrent à forger la légende contenue dans le fameux poème grec, quoique j’admette la possibilité que ce soit une création des chefs militaires qui manient les milliers d’ogives nucléaires par lesquelles un simple ordre du Prix Nobel de la paix peut décréter la fin de notre espèce.

 

Les ambassades étasuniennes ont distribué partout des copies du discours qu’il a adressé, depuis le Centre culturel Palais de la Monnaie, aux Blancs, aux Noirs, aux Indiens, aux métis et non-métis, aux croyant et incroyants des Amériques, et qui a été traduit et divulgué par Chile TV, par CNN, et, j’imagine, par d’autres émetteurs en d’autres langues.

Il est dans le style de celui qu’il a prononcé, à sa première année de mandat, au Caire, la capitale de son ami et allié Hosni Moubarak, dont un président étasunien est censé savoir qu’il volait des dizaines de milliards de dollars à son peuple.

« Le Chili prouve qu’il n’y a pas de raisons que nous soyons divisés par la race ou la religion ou par des conflits ethniques… », a-t-il assuré, biffant ainsi le problème américain d’un trait de plume.

Il parle ensuite, presque aussitôt, de « ce cadre merveilleux, à quelques pas de là où le Chili a perdu sa démocratie voilà plusieurs décennies… » Évoquer le coup d’État, l’assassinat du digne général Schneider ou le nom glorieux de Salvador Allende, comme si Washington n’avait absolument rien à voir avec ça, lui écorcherait la bouche…

En revanche, il a prononcé plusieurs fois le nom du grand poète Pablo Neruda, dont la mort fut accélérée par le coup d’État et dont il a cité le vers : « Nos guides de départ sont la lutte et l’espérance. »

Alors, là, j’ai été soufflé des profondes connaissances historiques dont fait preuve Obama presque dès le début de son discours ! Un conseiller irresponsable aurait-il donc omis de lui expliquer que Neruda était un militant du Parti communiste chilien, un ami de la Révolution cubaine, un grand admirateur de Simón Bolívar qui renaît tous les cent ans, un inspirateur du Guérillero héroïque, le Che Guevara ?

 

Après plusieurs paragraphes insignifiants, il reconnaît :

« Je sais que je ne suis pas le premier président des États-Unis à promettre un nouvel esprit de partenariat avec nos voisins latino-américains… je sais qu’il y a eu des époques où les États-Unis n’ont peut-être pas fait grand cas de cette région. »

« …l’Amérique latine n’est plus ce cliché éculé d’une région constamment en conflit ou attrapée dans des cycles de pauvreté interminables.

« …En Colombie, de grands sacrifices de la part des citoyens et des forces de sécurité ont permis de restaurer un niveau de sécurité sans précédent en plusieurs décennies. »

Bien entendu, là-bas, pas de trafic de drogues, pas de paramilitaires, pas de fosses clandestines.

Pour lui, la classe ouvrière n’existe pas, pas plus que les paysans sans terre, ni les analphabètes, ni la mortalité infantile et maternelle, ni ceux qui perdent la vue ou qui sont victimes de parasites comme dans la maladie de Chagas ou de bactéries comme dans le choléra :

« De Guadalajara à Santiago et à Sao Paulo, une nouvelle classe moyenne demande davantage de soi-même et des gouvernements.

« […] quand un coup d’État au Honduras a menacé le progrès démocratique, les nations du continent ont invoqué unanimement la Charte démocratique interaméricaine, ce qui a contribué à jeter les fondations du retour à la légalité. »

La véritable raison de ce discours merveilleux d’Obama apparaît sans conteste à mi-discours :

« …l’Amérique latine est en train de devenir tout simplement plus importante pour les États-Unis, en particulier pour notre économie. […] Aucun autre pays n’achète plus de vos produits, plus de vos biens que nous, aucun autre pays n’investit plus que nous dans cette région.

« Par exemple, nous exportons en Amérique latine le triple de ce que nous exportons en Chine. Nos exportations dans cette région-ci… augmentent plus rapidement que dans le reste du monde. »

Mais peut-on vraiment en conclure, comme il le fait ?

« Bref, plus l’Amérique latine sera prospère, et plus les États-Unis le seront. »

Il consacre ensuite des phrases insipides aux faits réels :

« Mais soyons honnêtes et admettons… que le progrès dans les Amériques ne va pas assez vite. En tout cas, pas pour les millions de personnes qui endurent l’injustice de la pauvreté extrême. Pas pour les enfants des bidonvilles et des favelas qui veulent seulement avoir les mêmes chances que tous les autres. […]

« […] Le pouvoir politique et économique est trop souvent concentré en quelques mains, au lieu de servir à la multitude. […]

« Bien entendu, nous ne sommes pas la première génération à devoir relever ces défis. Voila cinquante ans ce mois-ci, le président John F. Kennedy avait proposé une ambitieuse Alliance pour le progrès. […]

« La gageure du président Kennedy se maintient : "Bâtir un continent où tout le monde puisse aspirer à un niveau de vie viable, convenable, où tout le monde puisse vivre d’une manière digne et libre." »

Il est incroyable qu’on vienne nous raconter de telles fadaises qui constituent une insulte à l’intelligence humaine.

Forcément, il n’a pas pu ne pas parler, entre autres grandes calamités, d’un problème causé par le colossal marché que représentent les USA en drogues et en armes :

« Les gangs de criminels et de trafiquants de drogues constituent une menace non seulement à la sécurité de nos citoyens, mais encore au développement, parce qu’ils font fuir les investissements dont les économies ont besoin pour prospérer ; et ils menacent directement la démocratie, parce qu’ils alimentent la corruption qui ronge les institutions de l’intérieur. »

Et d’ajouter à contrecœur :

« Mais nous ne briserons jamais l’emprise des cartels et des gangs tant que nous ne nous attaquerons pas aux facteurs sociaux et économiques qui nourrissent la criminalité. Nous devons toucher les jeunes en danger avant qu’ils ne se tournent vers les drogues et le crime. […]

« …en tant que président, j’ai dit clairement que les États-Unis partageaient et acceptaient leur part de responsabilité dans la violence issue de la drogue. Après tout, la demande de drogues, y compris aux États-Unis, actionne cette crise. Voilà pourquoi nous avons mis au point une nouvelle stratégie de contrôle de la drogue axée sur la réduction de la demande à travers l’éducation, la prévention et le traitement. »

Il se garde bien dire, par exemple, qu’au Honduras 76 habitants sur 100 000 meurent à cause de la violence, soit dix-neuf fois plus qu’à Cuba où ce problème n’existe pratiquement pas malgré la proximité des États-Unis.

Après avoir aligné un certain nombre de balivernes de ce genre – sur les armes saisies en route vers le Mexique, sur le Partenariat transpacifique, sur la Banque interaméricaine de développement dont il dit que son pays s’efforce d’accroître le nouveau « Fonds de croissance des Amériques à partir de microcrédits », après avoir promis de créer de nouvelles « voies de prospérité » et avoir prononcé d’autres termes tout aussi grandiloquents en anglais et en espagnol, Obama en revient à ses promesses farfelues d’unité continentale, puis tente d’impressionner ses auditeurs par les risques des changements climatiques :

« …Et si quelqu’un doute de l’imminence des changements climatiques, il lui suffit de regarder pas plus loin que dans nos Amériques, depuis les tempêtes plus fortes dans les Caraïbes jusqu’à la fonte des glaciers dans les Andes, en passant par la disparition de forêts et de terres arables dans tout la région. »

S’il avait du moins le courage de reconnaître que son pays est le plus grand responsable de cette tragédie...

Puis il annonce fièrement :

« …les États-Unis travailleront avec des partenaires dans cette région, dont le secteur privé, afin d’accroître la quantité d’étudiants étasuniens en Amérique latine à 100 000, et la quantité d’étudiants latino-américains aux États-Unis à 100 000. »

On sait combien coûtent des études de médecine ou de quoi que soit dans ce pays, qui se livre par ailleurs à un vol de cerveaux éhonté.

Tout ce verbiage pour conclure sur des louanges à l’OEA, que notre ministre des Relations extérieures, Raúl Roa, avait taxée de « ministère des Colonies yankees » quand, dans une mémorable dénonciation au nom de notre patrie aux Nations Unies, il avait informé que l’administration étasunienne avait, le 15 avril 1961, fait bombarder notre territoire par des B-26 peints à nos couleurs. Une action ignominieuse qui aura cinquante ans dans vingt-trois jours.

Obama était convaincu d’avoir parfaitement préparé le scénario pour proclamer son droit à s’ingérer dans notre pays. Il avoue sans fard

« avoir permis aux Étasuniens d’envoyer de l’argent à Cuba afin que les gens puissent avoir un certain espoir économique et devenir plus indépendants des autorités cubaines. Allant plus loin, nous continuerons de chercher des moyens d’accroître l’indépendance du peuple cubain qui a droit à la même liberté que tous les autres sur ce continent. »

Il reconnaît ensuite que le blocus fait du tort à Cuba, prive son économie de ressources. Pourquoi ne reconnaît-il pas que les intentions d’Eisenhower et l’objectif explicite des États-Unis étaient justement d’obtenir la reddition du peuple cubain par la faim ? Pourquoi le maintient-il ? Combien de centaines de milliards de dollars les États-Unis doivent-ils verser à notre pays à titre d’indemnités ? Pourquoi continue-t-il d’emprisonner les cinq héros cubains qui luttaient contre le terrorisme ? Pourquoi n’applique-t-il pas la loi d’Ajustement cubain à tous les Latino-Américains afin que des milliers d’entre eux ne soient pas tués ou blessés en tentant de franchir la frontière que les USA ont imposée au Mexique après lui avoir volé plus de la moitié de son territoire ?

Je prie le président étasunien de me pardonner ma franchise. Je n’ai aucune hostilité envers lui ni envers son peuple. Je fais simplement mon devoir de dire ce que je pense de son « Alliance entre égaux ».

Les États-Unis ne gagneront rien à créer et à promouvoir dans notre pays le métier de mercenaire. Je puis assurer que les jeunes qui sortent excellemment formés de notre Université des sciences informatiques s’y connaissent bien plus en Internet et en informatique que le Prix Nobel et président des États-Unis.

 

Fidel Castro Ruz

 
Le 22 mars 2011
21 h 17

Traduction J-F Bonaldi, La Havane

 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 08:59

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http://humeursdejeandornac.blogspot.com/2009/04/50-ans-de-la-revolution-cubaine-quest.html
 

 

 

L'indifférence —contraire de l'amour— est étrangère à la Révolution Cubaine et à Fidel Castro. Ils réveillent Éros ou Thanatos, l'éden ou l'enfer, l'amour ou la haine, d’après la vision de chacun. Découvrir son essence est une tâche cyclopéenne.

Plus que connaître l'histoire, il importe de penser à cette île avec ses lumières et ses ombres ; et aussi avec un peuple qui a une mystique. Il s’agit de désapprendre le regard capitaliste que —quoique nous le déplorions beaucoup— dans une plus ou moins grande mesure, nous avons intégré. Et de sonder l'essence même de la liberté ; de nous demander ce qui signifie être libre. Le sommes-nous, nous-mêmes ?

Tout le processus révolutionnaire qui a fait de Cuba un pays socialiste dès 1959, est connu comme la Révolution Cubaine. Précisément, le premier jour de 2009 fut le 50º anniversaire de son commencement, quand un groupe rassemblé autour de Fidel Castro a battu le dictateur Fulgencio Batista (1952-1958), et a pris le Pouvoir. Le Président a nommé magistrat Manuel Urrutia, et Castro a assumé le poste de Premier ministre jusqu'à 1976, date à partir de laquelle il a assumé la présidence.

La révolte fut initiée par l'assaut du Quartier Moncada le 26 juillet 1953 et, d'avance, Castro avait appelé à la grève générale avec cette consigne : « Révolution, oui ; coup d'État, non ». Le débarquement du yacht Granma en 1956, a donné l'impulsion définitive à la guerre. Quatre-vingt-deux francs- tireurs, avec entre autres Ernesto « Che » Guevara, Camilo Cienfuegos et Raúl Castro, ont pris pied sur cette terre ce jour-là. « Ici nous sommes ! / le mot nous vient humide des bois, / et un soleil énergique se fait jour dans les veines », résonnaient les vers de Nicolás Guillén.

Ils portaient des armes : ils voulaient destituer Batista, un assassin qui a semé la mort, la faim et la corruption. Ils portaient des rêves, des valeurs —ces semences fondamentales pour Fidel—, et se repaissaient des idéaux de l'écrivain, poète et héros national de Cuba, José Martí : « Être cultivés pour être libres ».

Fidel s'est maintenu à cette charge jusqu'à 2006, quand —à la suite d'une affection intestinale sérieuse— son frère Raúl lui a succédé. En 2008, celui-ci a été choisi par le Parlement, après le renoncement de Fidel, il est de nos jours le commandant en Chef des Forces Armées Révolutionnaires, et le premier secrétaire du Parti Communiste.

Dès 1959, le « Commandant » —l'une des personnalités les plus importantes du XXème siècle— a subi plus de 600 attentats contre sa vie, et les États-Unis d'Amérique du Nord n'ont jamais reconnu les attaques contre l'Île. Il y a 47 ans ils ont imposé le blocus économique le plus cruel et prolongé qu’on ait connu. Son objectif était de détruire la Révolution Cubaine « […] à travers le désenchantement et le découragement fondés sur l'insatisfaction et les difficultés économiques […], refuser à Cuba l'argent et l’approvisionnement, pour diminuer les salaires réels et monétaires, pour causer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement […] ».

Pendant ce temps, ils accusaient Fidel d’être un dictateur. Mais, toujours les adversaires doivent se rendre à l'évidence de ce que, malgré le blocage et l'isolement, les indices d'éducation, de santé et d'alimentation placent l'île à la hauteur des pays développés.

Le terrorisme d'État des USA

Le blocus est un composant fondamental de la politique de terrorisme d'état de l'Amérique du Nord qui —sans pitié— blesse toute la population sans distinction. Depuis le triomphe de la Révolution, l'Empire s'est entêté à la battre. Il a commis des centaines d'attentats, même dans des lieux publics.

Dès que Fidel a pris le Pouvoir, a fait la réforme agraire, a commencé les transformations pour la santé, et a initié l'alphabétisation : la clameur par la culture de José Martí devenait certaine dans le petit pays. «J’ai vu / que j'ai déjà appris à lire, / à compter, que j'ai déjà appris à écrire et à penser/et à rire » (Nicolás Guillén)

 

Quand il était au cœur de la lutte pour la croissance du peuple, le 15 avril 1961 des avions américains déguisés avec des insignes cubains, ont attaqué trois aéroports et ont causé la mort de centaines d'innocents. Pendant ces deux jours, les USA se sont servis de mercenaires recrutés par la CIA au Nicaragua et ont envahi la Baie des Cochons, notamment sur Playa Girón.

Habillés pour tuer, ils ont dévasté l'île, par terre, mer et ciel, mais le gouvernement cubain a réussi à les battre en soixante-douze heures. Dans cet endroit, aujourd'hui, un musée existe qui reprend les détails de ce fait historique. Après cet assaut américain, Cuba a renforcé ses liens avec l'Union soviétique de l'époque et a reçu son appui.

Les attaques ont continué, certes. En 1962, John F. Kennedy a dénoncé la présence de missiles nucléaires soviétiques à Cuba, et l'URSS a retiré les armes tandis que le président américain a promis que les invasions seraient suspendues. Mais les pressions et les attaques ont suivi, avec les différents gouvernements du Nord. Quand l'URSS s’est effondrée, après la chute du Mur de Berlin, elle a révoqué l'aide à ses amis cubains et l'économie s’est violemment écroulée. L'île subit le blocus et était à nouveau dans la solitude.

 

(Il y a 47 ans ils (les USA) ont imposé le blocus économique le plus cruel et prolongé qu’on ait connu)

 

Comment Castro surmonta-t-il la tempête du blocus ? Selon l'écrivain Gabriel García Márquez, Castro a pu le faire parce que sa vision de l’avenir de l'Amérique latine est la même que celle de Bolivar et Martí ; parce qu'il la voit comme une communauté intégrée et autonome, capable de bouleverser le destin du monde.

Il est certain que la Révolution Cubaine est « blanche ou noire » : pour la majorité, il ne semble pas exister de « gris » qui consisterait à prendre ce qui est bon et à repousser ce qui mérite d'être rejeté.

Bien qu’elle ne s'applique presque pas, à Cuba existe la peine de mort, qui a été utilisée —avec ou sans législation— par presque tous les pays, pour punir des crimes ou des idées, ce qui n’excuse rien.

 

En mars 2003, le Gouvernement a emprisonné 75 adversaires, des mercenaires qui recevaient de l'argent des États-Unis pour trahir la patrie ; et en avril, tandis qu'un exode massif de Cubains survenait, trois ravisseurs ont été fusillés — « les trois principaux, les plus actifs et brutaux, des ravisseurs d’une chaloupe »— et le monde a rugi. Le regard éthique, où je m'inclus, a crié ; me concernant, je n'accepte pas la peine capitale ni en temps de guerre ni en temps de paix. De nulle manière.

Quoi qu’il en soit, il faut se demander pourquoi le monde n'a pas tonné tous les jours, avec les morts en Palestine, au Liban, en Irak, en Afghanistan ... ; des morts dont la responsabilité est majoritairement de Georges W. Bush, un « terroriste » allié avec le sionisme. Pourquoi n'a-t-il pas éclaté avec tous les massacres que l'Empire a produits, y compris en Amérique latine ? Pourquoi ne rugit-il pas quand quelques pays théoriquement civilisés d'Europe agissent —de plus en plus— comme des États policiers, assassinent, torturent et emprisonnent ? Sans justice ni morale.

Il me semble qu’en principe, il y a deux raisons, la première est de toute évidence : la répulsion réactionnaire envers les gauches. Concernant le progressisme vrai ou supposé : ne sera-t-il pas qu’on exige le plus de celui qui a plus à donner ? Les mots de José Saramago, lors des fusillades de 2003, résonnent encore : « Jusqu'ici, je suis arrivé avec la Révolution Cubaine ».

Mais ... qui est Fidel ?

Ceux qui l'abominent, disent que c’est un dictateur, qu’il est responsable des tortures qu'il nie, ainsi que du manque de liberté d'expression, et critiquent la peine de mort.

Pour les spécialistes et les politologues, Fidel est un grand stratège militaire et un homme politique qui a créé une politique extérieure comparable à celle d'une puissance mondiale. Et il l'a fait avec le peuple, depuis une île qui est 84 fois plus petite que l'Amérique du Nord.

Selon certains sondages absurdes faits par certains médias, genre « The Times », il occupe la neuvième place des barbus du monde. La première et inamovible place est pour Karl Marx ; et les suivants sont Raspoutine et l'acteur Anglais Brian Blessed, puis Darwin, le père de la Théorie de l'Évolution et... Mince ! Jésus-Christ est le quatrième dans cette compétition futile. Quelle mascarade !

Curieusement, les premières influences idéologiques de Fidel, ont été les écrits de Primo de Rivera et la Phalange espagnole. Son père était galicien et il l'a fait étudier dans un collège religieux. Son « guide spirituel », le jésuite espagnol Armando Llorente, a rappelé qu'ils chantaient ensemble l'hymne phalangiste « Face au soleil ».

Après il a obtenu son diplôme de docteur en Droit Civil et fut licencié en Droit Diplomatique. Et le temps a volé. En 1958, devant l'interrogation de Llorente si la révolution en marche était d'un caractère communiste ou humaniste, Castro n'a pas douté : « Père, d'où je vais hériter le communisme si mon père est plus franquiste que vous! ». Bon !

Mains de bisaïeul, Fidel a 82 ans, tête brillante et âme bondissante, a dit à Oliver Stone, dans le film « Commandant », que, ne pas se raser, lui a permis des économies de beaucoup de mois. On l'accuse d’être « totalitaire », et il dit qu’il l’est parce qu’il compte sur l’appui de la « totalité de la population » : Il a de l’humour. Certes, qu’on a fait de lui des milliers d'interviews, quelques films, vidéos, et livres.

 

Pourtant, apparemment personne ne lui a rien demandé directement et concrètement, avec dates, noms, données et témoignages, sur les martyres de tous ceux qui disent avoir subi les tortures supposées ; ni sur le manque de liberté d'expression, ou la prison. Non plus que sur l'exclusion de beaucoup d'artistes, voire de maints écrivains —des dissidents, certainement— , dont quelques-uns soldats des USA ; parmi eux Heriberto Padilla, Cabrera Infante, Reynaldo Arenas et Orlando Mediavilla. La personnalité de Castro est bien séductrice, c’est clair, et les vrais journalistes, capables de dévoiler toutes les vérités, ne sont pas au rendez-vous. Alors donc, où la vérité est-elle ?

 

 
Fidel. Il lit l’anglais mais ne le parle pas, il n'est jamais allé chez un psychiatre, et il l'attribue à sa confiance en lui-même ; il raconte que les plus grandes douleurs de sa vie ont été la mort de sa maman et celle du « Che ». Il a cessé de fumer pour avoir l’autorité de se battre contre le tabagisme, il aime cuisiner, il fait de la gymnastique et de la natation ; il aime la science, rêve que ses scientifiques découvrent le vaccin contre le cancer ; il est patient et discipliné, et a une imagination puissante.

 

À force de vivre, l'homme de La Havane sait qu'apprendre à se reposer est aussi important qu’apprendre à travailler. Très cultivé, c’est un lecteur invétéré d'économie, d'histoire, de littérature et de poésie. Il n'écrit pas de poèmes, mais il vise une cadence et une musicalité poétique pour ses textes.

Fanatique des films de Chaplin, il jouit de Cantinflas et de Gérard Depardieu ; il n'a déjà pas de préjugés envers les homosexuels, et dans la rue, les citoyens l'appellent par son nom, le tutoient, le contredisent : les gens se sentent en famille avec lui. Ennemi du culte de la personnalité, il n'est pas grandiloquent, mais réservé. Austère, à l'île on ne pourra voir un portrait ni une sculpture de lui ; et non plus des timbres postaux ou monnaies à son effigie : rien. La sobriété est l'une de ses marques.

Et, de sa vie privée, il ne parle pas, contrairement au cirque de l’intimité que les hommes politiques du monde ont commencé à montrer, surtout à partir de 1990. Sa compagne, depuis trente ans, est Dalia Soto del Valle, qui a eu cinq fils, dont les noms commencent tous avec la lettre A. On dit qu'il a eu au moins trois fils de plus, mais le seul qui est connu est Fidelito, fruit de son mariage avec Mirta Díaz-Balart. Il refuse de s’exhiber ce qui ne l’empêche pas de reconnaître de vieilles rêveries avec Sophia Loren ou Brigitte Bardot. Nonobstant, on pense que son grand amour fut Celia Sanchez, amie et combattante depuis la lutte contre Fulgencio Batista. Vénérée par les Cubains, c’était le visage féminin des années 60-70 et elle est morte en 1980.

Et maintenant, quoi ?

Cuba et son peuple mythique « a cette substance connue / qui façonne une étoile ». Peuple renaît comme tel à partir de la « Révolution Cubaine », parce que jusqu'alors maintes gens avaient boité face à Washington. L'île était seulement une petite tache sur la carte, où les maffias faisaient leur nid. Aujourd'hui, quand dans la majorité des pays les êtres humains semblent orphelins au milieu de la multitude désabritée l'île a une mystique de la fraternité, et un grand amour pour la patrie.

Il y a une autre Cuba, c'est certain : celle de la maffia de Miami, où les dissidents travaillent pour l'Empire. Mais aussi ... pourquoi certains veulent-ils s’échapper ?

Par ailleurs, si nous empruntons la pensée de Simón Bolívar concernant « si un homme est nécessaire pour soutenir l'État, cet État ne devra pas subsister, et à la fin il n'existera pas », il faut se demander pourquoi Fidel n’a pas formé des jeunes pour assurer la continuité quand il aura quitté le monde.

« Condamnez-moi, l'histoire m'absoudra », a dit Castro dans le jugement du Moncada, le 16 octobre 1953. Qu’en dire ? Chacun a son opinion, à partir de la question : qu'est-ce qui est la liberté ?

Anesthésiés par les hot-dogs et la limonade multinationale, strictement surveillés dans un pays terroriste, les citadins nord-américains sont-ils plus libres sous le joug de l'Empire ?

Qui est-ce qui a moins de liberté : celui qui ne peut pas sortir de son pays mais a : maison, nourriture, éducation, santé ... ? Ou celui qui possède son passeport, tandis que manque l'indispensable : un toit, un travail, une école ? Rappelons que quand la Révolution a débuté, il y avait 30 % d'analphabètes et 60 % d'analphabètes fonctionnels, pendant que seulement 10 % avaient une certaine culture générale. Aujourd'hui 99,8 % de sa population est alphabétisée ; et 67 universités forment chaque année, gratuitement, 800 mille étudiants ; il y a 1médecin pour 260 habitants, et tout le service de santé —de la meilleure qualité scientifique— est gratuit.

Par hasard, les immigrants qui peuvent sortir de leur patrie pour trouver un lieu dans le monde... où on les assassine ou emprisonne sont-ils davantage libres ? Sont-ils libres, les chômeurs de plus en plus nombreux sur la planète, ou sont-ce les cubains, sachant qu'ils ont un travail ?

Est-il libre le pays le plus puissant de la terre, s'il transforme chaque ville en prison et que chaque personne devient suspecte ? Sont-ils libres, les habitants d'un pays qui annonce la Justice et ne l'exerce pas ? En un mot : qu'est la liberté ?
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Les Cinq Cubains, prisonniers de l'Empire
Le Géant du Nord, depuis dix ans, tient captifs les fameux Cinco (Cinq) Cubains, prisonniers de l'Empire. Ils sont accusés d'espionnage — et condamnés— sans preuves, ce qui mérite la réprobation du monde et des organismes internationaux concernés.
Un jour, Fidel Castro étant un étudiant avide de connaissances, on lui a défendu d'entrer dans une classe à cause de son militantisme politique. Il avait 20 ans.

Alors, il est parti à la plage, a médité et a abaissé sa bouche vers le sol en embrassant le sable. Après il est revenu, bien qu'il ait su qu'ils pouvaient le tuer.

Ce jour il a pleuré.
Qui pleure dans l'île aujourd'hui ?

* Cristina Castello est une poète et journaliste argentine bilingue (espagnol-français) qui vit entre Paris et Buenos Aires.

 


* Cet article est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 08:50

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Par Vincent Fournier


Le 17 avril 1961, vers 2 heures du matin, 1 500 émigrés cubains anticastristes, financés, armés et entraînés par les États-Unis, débarquent à Playa Girón et à Playa Larga, deux plages situées dans la baie des Cochons, à moins de 200 kilomètres au sud-est de La Havane. Pour la CIA, l'opération I.D. (Invasion Day) vient de commencer, mise en oeuvre par la Brigade 2506. Voilà pour les noms de code.

Pour ce qui est de l'objectif, il est assez simple : couper l'île en deux - séparer La Havane de Santiago, jugée très favorable au régime -, et établir une tête de pont capable de résister deux semaines, le temps, pense-t-on à la CIA, qu'une partie de la population se rallie à un hypothétique « Conseil révolutionnaire provisoire » dont le premier acte serait de demander l'aide du grand voisin. Le président américain pourrait alors envoyer l'armée, les Cubains seraient battus, et le tyran Castro renversé…

Mais rien ne se passe comme prévu. En soixante-douze heures, les combattants anticastristes sont tués ou faits prisonniers, leurs navires coulés, et plusieurs avions partent en fumée. L'opération I.D. est un fiasco retentissant, qui entre dans l'Histoire comme « le désastre de la baie des Cochons ». Si le débarquement échoue lamentablement, ce n'est pourtant pas faute d'avoir été préparé. Dès la fin de 1959, l'administration Eisenhower prend la décision d'appliquer à Cuba « la solution Guatemala », en référence au coup d'État qui renversa en 1954 le régime de gauche du président Jacobo Arbenz. Autorisation est donc donnée au Pentagone et à la CIA d'organiser et d'entraîner militairement les exilés cubains. Une décision que confirmera John F. Kennedy dès son arrivée à la tête du pays, en janvier 1961.

Des camps d'entraînement sont installés au Guatemala et au Nicaragua, d'où partiront les assaillants. Plus tard, d'autres camps seront même ouverts sur le territoire américain, en Louisiane et en Floride. Pour ce qui est du secret de l'opération, c'est plutôt raté, l'émigration anticastriste étant infiltrée depuis le début par des agents cubains.

Toujours est-il qu'après la suppression des importations de sucre, après l'embargo économique total et la rupture des relations diplomatiques, l'heure de l'action armée a sonné pour Washington. Seulement voilà, Castro n'est pas Arbenz, ni Cuba le Guatemala. En deux ans, Castro a eu le temps de mettre sur pied son appareil de défense, d'acheter des armes à l'URSS, à la Belgique et à l'Allemagne de l'Ouest, et de créer des milices populaires qui quadrillent le territoire. Elles joueront d'ailleurs un rôle essentiel en ripostant, avant l'aube, aux assaillants, qui ne peuvent plus progresser vers le nord. Deuxième surprise pour les envahisseurs : des avions tirent sur les navires américains. À la mi-journée, quatre ont été coulés. Le 18 avril, l'artillerie et les chars cubains entrent en action. L'aviation des assaillants perd alors la suprématie dans le ciel. Le 19 avril, le piège se referme. Pris de panique, ils fuient, abandonnent leurs armes, changent d'habits pour tenter de se fondre dans la population. À 17 h 30, moins de soixante-douze heures après le débarquement, le dernier réduit, Playa Girón, est repris par l'armée cubaine.

Dans cette affaire, Washington a commis deux erreurs fatales. Il a sous-estimé la capacité militaire de La Havane, ignorant au passage l'efficacité des milices révolutionnaires, et a surestimé la fragilité du régime fidéliste. Sur la foi des informations fournies par les exilés, la CIA s'était imaginé que le peuple se soulèverait, que les miliciens retourneraient leurs armes contre « le dictateur barbu » dès l'annonce du débarquement. Ce qui montre à quel point le département d'État et la CIA s'étaient trompés sur la réalité cubaine.

Dans le quotidien Le Monde en date du 22 avril 1961, Claude Julien écrivait : « Fidel Castro est un dictateur parce qu'il n'a pas organisé d'élections. […] Mais les paysans préfèrent la réforme agraire de Fidel Castro aux élections du régime Batista. Fidel Castro est impopulaire parce qu'il a nationalisé les entreprises privées. Mais le peuple cubain a plus d'écoles, de logements, de travail, peut mieux - ou moins mal - se nourrir et s'habiller. »

Aujourd'hui, il suffit de préciser qu'il est vrai… qu'à l'époque c'était vrai. À l'entrée de la ville, en tout cas, un panneau proclame fièrement : « Girón : première défaite miliaire yankee en Amérique latine. » Et ça, ce n'est pas rien.
http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN15047dbarqsnohco0/
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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 08:38

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http://www.caraibcreolenews.com/news/cuba/1,3169,18-03-2011-cuba-le-50y-anniversaire-de-la-victoire-de-la-baie-des-cochons-se-pry-pare-.html

La Havane, Vendredi 18 mars 2011. CCN/RHC/AIN - Les Cubains de tous âges ont été invités à participer le 16 avril à la revue militaire et au défilé populaire par lesquelles Cuba célébrera le 50è anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution cubaine.

Une réunion des représentants des organisations politiques et des masses a eu lieu au théâtre Lazaro Peña de notre capitale pour coordonner des actions et préciser des détails. Elle a été présidée par Esteban Lazo, membre du Bureau Politique du Parti et vice président du Conseil d’état.

Esteban Lazo a demandé aux Cubains, aux jeunes de réfléchir sur la signification de ce rendez-vous avec la Patrie, un demi siècle après la proclamation du caractère socialiste de notre révolution et de la victoire sur l’invasion mercenaire de la Baie des Cochons, qui aura lieu en plus quelques heures à peine avant le début du 6è Congrès du Parti Communiste de Cuba.

«
Les Cubains entendent démontrer qu’à Cuba il y a un grand patriotisme, une conscience, une fermeté et une jeunesse convaincue de ses idéaux, comme celle qui a lutté jusqu’à la victoire de la Baie des Cochons», a déclaré Esteban Lazo qui a mis l’accent sur le fait que cette commémoration est spécialement dédiée aux nouvelles générations de Cubains.

Judith Area Sarmiento, Secrétaire de l’UJC dans la capitale cubaine a expliqué que les lycéens de l’école Vladimir Ilich Lenin ouvriront la marche et qu’un bloc formé de pionniers, élèves des écoles militaires, sportifs, universitaires et professionnels seront chargés de clore le défilé.

Une jeune participante à la réunion a pour sa part signalé, «
Nous les jeunes nous allons participer à la marche et nous allons préserver la Révolution que vous avez construite et que nous continuerons à perfectionner pour nos enfants»

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 22:57

 images-copie-1.jpgUn puissant séisme de magnitude 8,9 a ébranlé aujourd’hui le Japon. Le plus préoccupant, c’est que les premières nouvelles font état de milliers de morts et de disparus, des chiffres vraiment inhabituels dans un pays développé où toutes les constructions sont antisismiques. On parlait même d’un réacteur nucléaire hors de contrôle. On informait quelques heures plus tard que les quatre centrales nucléaires proches de la zone la plus touchée étaient contrôlées. On faisait aussi état d’un tsunami avec des vagues de dix mètres de haut qui a provoqué une alerte au raz-de-marée pour tout le Pacifique.

L’épicentre du séisme a été situé à 24,4 kilomètres de profondeur et à cent kilomètres de la côte. Si le séisme s’était produit à moins de profondeur et de distance, les conséquences auraient été plus graves.

 

La Terre a été déplacée sur son axe. C’est donc le troisième phénomène de grande intensité qui se produit en moins de deux ans, après Haïti et le Chili. On ne saurait accuser l’homme de telles tragédies. Chaque pays fera sûrement son possible pour aider ce peuple laborieux qui a été la première et seule victime d’une attaque atomique inutile et inhumaine.

Selon le collège officiel des géologues d’Espagne, l’énergie libérée par le séisme équivaut à deux cent millions de tonnes de dynamite.

 

D’après une information de dernière heure transmise par l’AFP, la compagnie japonaise Tokyo Electric Power a fait savoir :

  

« Conformément aux instructions gouvernementales, nous avons libéré une partie de la vapeur contenant des substances radioactives… Nous suivons la situation. Aucun problème ne s’est présenté pour l’instant… On signale aussi des désajustements concernant le refroidissement dans trois réacteurs d’une seconde centrale proche, Fukushima 2. Le gouvernement a ordonné l’évacuation des zones environnantes dans un rayon de dix kilomètres dans le cas de la première centrale et de trois kilomètres dans celui de la seconde. »

 

Un autre séisme de nature politique et potentiellement plus grave, concerne la Libye et touche d’une façon ou d’une autre tous les pays.

Le drame que vit ce pays bat son plein et son dénouement est encore incertain.

Un grand branle-bas de combat a sonné hier au Sénat étasunien quand James Clapper, le directeur national du renseignement, a affirmé devant la Commission des services armées : « Je ne crois pas que Kadhafi ait la moindre intention de partir. D’après les preuves en notre possession, il semble s’installer dans un processus de longue durée. »

Il a ajouté que Kadhafi comptait deux brigades qui « lui sont très loyales ».

Il  a signalé que « les attaques aérienne de l’armée fidèle à Kadhafi avaient causé des dommages « principalement » à des édifices et à l’infrastructure, plutôt que des pertes dans la population. »

 

Le général de corps d’armée Ronald Burgess, directeur de l’Agence de renseignement de la Défense, a affirmé devant cette même commission : « Kadhafi semble « devoir rester au pouvoir, à moins qu’une autre dynamique ne modifie l’actuelle ». »

Il a assuré : « L’occasion que les rebelles avaient eue au début du soulèvement populaire « a commencé à changer ». »

 

Comme on peut en inférer de mes Réflexions du 9, je ne doute absolument pas que Kadhafi et les dirigeants libyens se sont trompés de faire confiance à Bush et à l’OTAN.

Je ne doute pas non plus que les États-Unis et l’OTAN ont l’intention d’intervenir militairement en Libye et de faire avorter la vague révolutionnaire qui ébranle le monde arabe.

 

Les peuples qui s’opposent à l’intervention de l’OTAN et défendent l’idée d’un règlement politique sans intervention étrangère sont convaincus que les patriotes libyens défendront leur patrie jusqu’à leur dernier souffle.

 

Fidel Castro Ruz

 

Le 11 mars 2011

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 20:18
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Dessin : "Du calme, les bombes sont là pour nous aider. C’est l’OTAN qui les envoie".


Comme certains le savent, le colonel Mouammar el-Kadhafi, un Bédouin au caractère particulier, s’inspirant des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser, prépara au sein des forces armées un mouvement qui renversa en septembre 1969 Idris Ier, roi de Libye, un pays désertique en sa quasi-totalité et faiblement peuplé, situé au nord de l’Afrique, entre la Tunisie et l’Égypte.

Ce n’est que peu à peu que l’on découvrit ses très grosses et utiles ressources énergétiques.

Né dans une famille de bédouins, dans la région de Tripoli, Kadhafi était foncièrement anticolonialiste. On dit que son grand-père paternel mourut en luttant contre les envahisseurs italiens en 1911 : le régime colonial et le fascisme changèrent la vie de tous les habitants. On dit aussi que son père endura la prison avant de pouvoir gagner sa vie comme ouvrier industriel.

Jusqu’aux adversaires de Kadhafi assurent qu’il se fit remarquer par son intelligence durant ses études. Expulsé du lycée pour ses activités antimonarchiques, il s’inscrivit dans un autre, puis conclut des études de droit à l’université de Benghazi à vingt et un ans. Il entra ensuite à l’école militaire de cette ville où il créa en secret le Mouvement des officiers unionistes libres, et il conclut ses études dans une école militaire britannique.

Ces antécédents expliquent l’influence notable qu’il a exercée ensuite en Libye et sur d’autres dirigeants politiques, qu’ils soient aujourd’hui pour ou contre lui.

Il s’engagea dans la vie politique par des actions incontestablement révolutionnaires.

En mars 1970, il obtint que les soldats britanniques évacuent le pays au terme de manifestations nationalistes massives et, en juin, que les États-Unis se retirent d’une grande base aérienne proche de Tripoli, qui fut remise à des instructeurs militaires égyptiens dont le pays était l’allié de la Libye.

En 1970, la Révolution toucha à plusieurs sociétés pétrolières occidentales et à des banques à participation étrangère. Fin 1971, la fameuse British Petroleum subit le même sort. Dans le domaine agricole, tous les biens italiens furent saisis, et les colons et leurs descendants expulsés de Libye.

L’État entreprit donc de contrôler les grandes sociétés. La production commença à devenir l’une des plus élevées du monde arabe. Le jeu et l’alcool furent interdits. Le statut juridique de la femme, traditionnellement limitée, s’améliora.

Le dirigeant libyen élabora des théories extrémistes, s’opposant à la fois au communisme et au capitalisme. Ça n’aurait pas de sens d’inclure cette étape de théorisations de sa part dans mon analyse, quoique je doive signaler que l’article premier de la Proclamation constitutionnelle de 1969 stipulait la nature « socialiste » de la Jamahiriya arabe libyenne populaire.

Je tiens en revanche à insister sur le fait que les droits humains n’ont jamais intéressé les États-Unis ni leurs alliés de l’OTAN.

La réunion du Conseil de sécurité, la réunion du Conseil des droits de l’homme à Genève et l’Assemblée générale des Nations Unies à New York n’ont été que du théâtre, un panier de crabes.

Je comprends parfaitement les réactions des dirigeants politiques impliqués dans tant de contradictions et dans des débats si stériles, compte tenu de l’entrelacs d’intérêts et de problèmes dans lequel ils se retrouvent.

Nous savons tous très bien que le statut de membre permanent du Conseil de sécurité associé au pouvoir de veto, la possession d’armes nucléaires et l’appartenance à maintes institutions sont des sources de privilèges et d’intérêts que l’0n impose de force à l’humanité. On peut être d’accord ou non avec nombre de ces institutions, mais on ne saurait les accepter comme des juges justes ou moraux.

L’Empire prétend maintenant faire tourner les événements autour de ce qu’a fait ou n’a pas fait Kadhafi, parce qu’il a besoin d’intervenir militairement en Libye et de bloquer la vague révolutionnaire qui déferle dans le monde arabe. Car, à ce jour, personne ne disait mot, tout le monde faisait silence… et de bonnes affaires.

Que la rébellion libyenne ait été attisée par les services secrets yankees ou par les erreurs de Kadhafi lui-même, il est important que les peuples ne se laissent pas duper, car l’opinion mondiale aurait très bientôt suffisamment de preuves pour savoir à quoi s’en tenir.

Il fallait – et je l’ai dit dès le premier moment – dénoncé les plans de cette organisation belliciste qu’est l’OTAN.

À l’instar de nombreux pays du Tiers-monde, la Libye est membre du Mouvement des pays non alignés, du Groupe des 77 et d’autres organisations internationales à travers lesquelles se nouent des relations, indépendamment de leur système économique et social.

À grands traits : la révolution, inspirée de principes marxistes-léninistes et martiniens, triompha en 1959 à Cuba, à cent cinquante kilomètres des États-Unis qui nous avaient imposé l’amendement Platt et qui étaient propriétaires de l’économie de notre pays.

L’Empire déclencha presque aussitôt contre notre peuple sa sale guerre, organisa des bandes contre-révolutionnaires, décréta un blocus économique criminel et peaufina l’invasion mercenaire de Playa Girón, durant laquelle un de ses porte-avion patrouillait non loin et ses marines étaient prêts à débarquer au cas où ses forces mercenaires auraient atteints les objectifs prévus.

À peine un an et demi, il nous menaça de son arsenal nucléaire, et une guerre de cette nature faillit éclater. Tous les pays latino-américains, hormis le Mexique, participèrent au blocus criminel qui est toujours en place.

Mais notre pays ne s’est jamais rendu. Il est important de le rappeler à ceux qui ont la mémoire historique courte.

En janvier 1986, sous prétexte que la Libye était derrière le terrorisme dit révolutionnaire, Reagan rompit les relations économiques et commerciales avec ce pays.

En mars de cette même année, une force embarquée à bord de porte-avions situés dans le golfe de Syrte, dans les eaux que la Libye considère comme nationales, déclencha des attaques qui détruisirent plusieurs navires équipés de lance-missiles et des systèmes de radars côtiers que ce pays avait achetés à l’URSS.

Le 5 avril, une discothèque de Berlin-Ouest fréquentée par des soldats étasuniens fut plastiquée : trois personnes moururent, dont deux militaires étasuniens, et beaucoup furent blessées.

Reagan en accusa Kadhafi et ordonna à ses forces de l’air de riposter. Trois escadrilles décollèrent des porte-avions de la VIe flotte et de bases du Royaume-Uni et lancèrent des bombes et des missiles sur sept objectifs militaires à Tripoli et à Benghazi. Un quarantaine de personnes moururent, dont quinze civils. Averti de l’avance des bombardiers, Kadhafi était en train d’évacuer sa famille de sa résidence située dans le complexe militaire de Bab Al Aziziya, au sud de la capitale, quand un missile la frappa de plein fouet : sa fille Hanna mourut, et deux autres enfants furent blessés. Cette attaque fut largement condamnée ; l’Assemblée générale des Nations Unies vota une résolution la condamnant pour violation de la Charte des Nations Unies et du droit international. Le Mouvement des pays non alignés, la Ligue arabe et l’OUA adoptèrent des positions tout aussi énergiques.

Le 21 décembre 1988, un Boeing 747 de Pan Am se désintégra en plein vol entre Londres et New York sous l’effet d’une bombe, et les restes tombèrent sur la localité de Lockerbie. La tragédie tua deux cent soixante-dix personnes de vingt et une nationalités.

Au départ, l’administration étasunienne pensa à des représailles de l’Iran, dont un avion de ligne, un Airbus, avait été abattu par les USA, causant la mort de deux cent quatre-vingt-dix personnes. Selon les Yankees, les recherches impliquaient deux agents secrets libyens. Des imputations similaires furent faites contre la Libye au sujet d’un avion de ligne français desservant Brazzaville-N’Djamena-Paris, mais Kadhafi refusa d’extrader les fonctionnaires libyens censément impliqués dans des faits qu’il nia catégoriquement.

On commença à tisser une légende ténébreuse contre lui, avec la participation de Reagan et de Bush père.

De 1975 jusqu’à la fin de l’administration Reagan, Cuba se consacra à ses devoirs internationalistes en Angola et dans d’autres pays africains. Je connaissais les conflits qui se déroulaient en Libye ou autour d’elle grâce à des lectures et aux témoignages de personnes très liées à ce pays et au monde arabe, ainsi qu’aux impressions que je gardais de nombreuses personnalités de différents pays avec lesquelles j’avais eu des contacts durant ces années-là.

De nombreux leaders africains connus avec lesquels Kadhafi maintenait des rapports étroits s’efforcèrent de chercher des solutions à la forte tension existant entre la Libye et le Royaume-Uni.

Le Conseil de sécurité avait imposé à la Libye des sanctions qui commencèrent à être levées quand Kadhafi accepta de faire juger, dans des conditions données, les deux accusés pour le sabotage de l’avion en Écosse.

Dès lors, on commença à inviter des délégations libyennes à des réunions européennes. En juillet 1999, Londres entreprit de renouer totalement ses relations diplomatiques avec la Libye, après que celle-ci eut fait encore plus de concessions.

En septembre, les ministres de l’Union européenne acceptèrent d’annuler les mesures de restrictions commerciales adoptées en 1992.

Le 2 décembre, Massimo D’Alema, Premier ministre italien, fut le premier chef de gouvernement européen à se rendre en Libye.

L’URSS et le camp socialiste européen avaient disparu, et Kadhafi avait décidé d’accepter les réclamations des USA et de l’OTAN.

Quand je me suis rendu en Libye en mai 2001, Kadhafi me montra les ruines provoquées par l’attaque traîtresse par laquelle Reagan assassina sa fillette et faillit exterminer toute sa famille.

Début 2002, le département d’État faisait savoir que des conversations diplomatiques étaient en cours entre les USA et la Libye.

En mai, il avait inscrit de nouveau la Libye sur la liste des États promoteurs de terrorisme, bien que George W. Bush n’eût pas mentionné ce pays africain dans son fameux discours de janvier sur « l’axe du mal ».

Début 2003, après que la Libye eut accepté de signer un accord économique d’indemnisations avec les pays demandeurs, le Royaume-Uni et la France, le Conseil de sécurité de l’ONU leva les sanctions qu’il lui avait infligées en 1992.

Avant la fin de 2003, Bush et Antony Blair informèrent d’un accord avec la Libye, qui avait remis à des experts en renseignements britanniques et étasuniens de la documentation sur ses programmes d’armements non classiques et sur ses missiles balistiques d’une portée supérieure à trois cents kilomètres. Des fonctionnaires de ces deux pays avaient visité différentes installations. Cet accord, comme le révéla Bush, couronnait des mois de conversations entre Tripoli et Washington.

Kadhafi tint ses promesses de désarmement. En quelques mois, la Libye se débarrassa de ses cinq batteries de missiles Scud-C d’une portée de huit cents kilomètres et ses centaines de Scud-B d’une portée supérieures à trois cents kilomètres parmi ses engins défensifs de courte portée.

Un marathon de visites à Tripoli démarra en octobre 2002 : Berlusconi, en octobre 2002 ; José María Aznar, en septembre 2003 ; de nouveau Berlusconi en février, août et octobre 2004 ; Blair, en mars 2004 ; le chancelier allemand Schroeder, en octobre 2004 ; Jacques Chirac, en novembre 2004. Tout le monde était aux anges. Comme le dit le fameux poème espagnol : « Don Argent est un puissant monsieur. »

Kadhafi parcourait l’Europe en triomphe. Il fut reçu à Bruxelles en avril 2004 par Romano Prodi, le président de la Commission européenne ; en août, il fut invité par Bush ; Exxon Mobil, Chevron Texaco et Conoco Philips mettaient la dernière main à la reprise de l’extraction de pétrole par des joint ventures.

En mai 2006, les USA faisaient savoir qu’ils retiraient la Libye de la liste des pays terroristes et qu’ils renouaient pleinement les relations diplomatiques.

En 2006 et 2007, la France et les États-Unis souscrivirent des accords de coopération nucléaire à de fins pacifiques. En mai 2007, Blair visite de nouveau Kadhafi à Syrte. La British Petroleum signa un contrat de prospection de gisements de gaz « extraordinairement important », selon les informations de l’époque.

En décembre 2007, Kadhafi se rendit deux fois en France et signa des contrats d’équipements militaires et civils pour dix milliards d’euros, et en Espagne, où il eut des entretiens avec le chef de gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero. Il signa de très gros contrats avec d’importants pays de l’OTAN.

Pourquoi donc les États-Unis et les autres membres de l’OTAN ont-ils évacué maintenant leurs ambassades en Libye ?

Tout ceci est extrêmement curieux.

George W. Bush, le père de cette stupide guerre antiterroriste, avait déclaré le 20 septembre 2001 devant les élèves de l’école militaire de West Point : « Notre sécurité exigera… le recours aux forces militaires que vous commanderez et qui doivent prêtes à attaquer sur-le-champ n’importe quel sombre recoin du monde, et notre sécurité exigera que nous soyons prêts, le cas échéant, à déclencher des attaques préventives pour défendre notre liberté et… nos vies. […] Nous devons découvrir des cellules terroristes dans une soixantaine de pays… Aux côtés de nos amis et alliés, nous devons nous opposer à la prolifération et faire face aux régimes qui promeuvent le terrorisme en fonction de chaque cas. »

Que pense donc Obama de ce discours ?

Le Conseil de sécurité imposera-t-il des sanctions à ceux qui ont tué plus d’un million de civils en Iraq et à ceux qui assassinent tous les jours des hommes, des femmes et des enfants en Afghanistan où, tout récemment, la population en colère est descendue dans la rue pour protester contre le massacre d’enfants innocents ?

Une dépêche de l’AFP, daté de Kaboul aujourd’hui même, révèle :

« L’année passée a été la plus meurtrière pour les civils après neuf années de guerre entre les Talibans et les forces internationales en Afghanistan : presque 2 800 morts, soit 15 p. 100 de plus qu’en 2009, a affirmé ce mercredi un rapport de l’ONU qui insiste sur les coûts humains de ce conflit pour la population.

« …les Talibans ont intensifié leur insurrection ces dernières mois, gagnant du terrain par des actions de guérilla réalisées au-delà de leurs bastions traditionnels du Sud et de l’Est. « Avec exactement 2 777 civils morts en 2010, la quantité de victimes a augmenté de 15 p. 100 par rapport à 2009, indique le rapport annuel conjoint de la Mission d’aide des Nations Unies en Afghanistan...

« Le président Barack Obama a exprimé, le 3 mars, son "profond regret" au peuple afghan pour les neuf enfants tués, tout comme l’ont fait le général étasunien David Petraeus, commandant en chef de l’ISAF, et le secrétaire à la Défense, Robert Gates.

« …le rapport de l’UNAMA souligne que le chiffre de civils morts en 2010 est quatre fois supérieur à celui des soldats des forces internationales tombés en combat cette même année.

« L’année 2010 a pourtant été, et de loin, la plus meurtrière pour les soldats étrangers en neuf années de guerre, soit 711 morts, ce qui conforme que la guérilla des Talibans s’est intensifiée malgré l’envoi en renfort, l’an dernier, de trente mille soldats étasuniens. »

Pendant dix jours, on a entendu aux Nations Unies – entre Genève et New York – plus de cent cinquante discours sur les violations des droits humains, qui ont été repris des millions de fois à la télévision, à la radio, dans la presse écrite et sur Internet.

Notre ministre des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, est intervenu devant ses pairs réunis à Genève dans le cadre de Conseil des droits de l’homme, le 1er mars dernier. Il y a dit notamment :

« La conscience humaine s’élève contre la mort d’innocents en toute circonstance et en tout lieu. Cuba fait tout à fait sienne l’inquiétude du monde devant les morts de civils en Libye et souhaite que son peuple règle d’une manière pacifique et souveraine la guerre civile qui s’y déroule, sans aucune ingérence étrangère et d’une façon qui garantisse l’intégrité de cette nation. »

Certains paragraphes finals de son intervention ont été péremptoires :

« S’il est vrai que le droit humain essentiel est le droit à la vie, alors le Conseil est-il prêt à en expulser les États qui déclenchent une guerre ?

« Expulsera-t-il donc les États qui offrent un financement et une aide militaire à un autre État qui les utilise à des violations massives, flagrantes et systématiques des droits humains et à des attaques contre la population civile, comme cela se passe en Palestine ?

« Appliquera-t-il donc cette mesure à des pays puissants qui réalisent des exécutions extrajudiciaires sur le territoire d’autres États en recourant à une technologie de pointe, telle que les munitions intelligents et les drones ?

« Qu’arrivera-t-il donc aux États qui acceptent d’héberger sur leur territoire des prisons secrètes illégales, qui facilitent le transit secret d’avions emportant des personnes séquestrées ou qui participent à la torture ? »

Je partage à fond la courageuse position du dirigeant vénézuélien Hugo Chávez et de l’ALBA.

Nous sommes contre la guerre intestine en Libye, en faveur de la paix immédiate et du plein respect de la vie et des droits de tous les citoyens, sans intervention étrangère, car celle-ci ne servirait qu’à prolonger le conflit et à favoriser les visées de l’OTAN.

Fidel Castro Ruz
Le 9 mars 2011
21 h 35

Traduction J-F Bonaldi, La Havane

URL de cet article 13043
http://www.legrandsoir.info/L-OTAN-la-guerre-le-mensonge-et-les-affaires.html
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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 20:32

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Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Alberto Granado, ami et compagnon du guerrillero Ernesto « Che » Guevara lors de son voyage de jeunesse en moto à travers l’Amérique latine, est mort aujourd’hui à la Havane à l’âge de 88 ans.

  Granado, né le 8 août 1922 à Cordoba (Argentine) et installé à Cuba depuis 1961, est décédé de mort naturelle, a expliqué son fils Alberto Granado.

  Granado, fidèle ami de Cuba, sera incinéré ce samedi à la Havane et ses cendres seront dispersées à Cuba, en Argentine et au Venezuela, selon sa volonté.

  Ami d’enfance du Che, il fut son compagnon dans le voyage en moto qu’ils entreprirent en 1952 à travers l’Amérique du sud, un périple qui contribua à l’éveil de la conscience politique du guerrillero argentin.

  Sur « La Poderosa » (La puissante), la moto de Granado, ils parcoururent une bonne partie du Cône sud jusqu’à que, neuf mois plus tard, ils se séparent au Vénézuela.

  Ces péripéties furent portées au grand écran en 2004 dans le film « Carnets de voyage », réalisé par le brésilien Walter Salles et interprétées par le mexicain Gael Garcia Bernal dans le rôle du Che et l’argentin Rodrigo de la Serna dans celui d’Alberto Granado.

  Après ce voyage, Granado retourna en Argentine pour travailler comme bio-chimiste mais, après le triomphe de la révolution cubaine, le Che l’invita à venir à la Havane et, un an après, il décida de s’installer sur l’île avec son épouse, Delia, et ses fils.

  En 2008, Alberto Granado voyagea en Argentine pour participer aux commémorations du 80ème anniversaire de la naissance du Che Guevara dans la ville de Rosario.

  Son dernier voyage à l’étranger fut en Equateur il y a quelques mois de cela, selon ce qu’en dit à la presse son propre fils, qui a tenu à souligner que son père était un « grand révolutionnaire » et un homme qui aimait beaucoup la vie.

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 13:37
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Quand, s’inspirant de son collègue égyptien Abdel Gamal Nasser, le colonel de l’armée libyenne, Mouammar el-Kadhafi, alors âgé de vingt-sept ans, renversa le roi Idris Ier, il prit d’importantes mesures révolutionnaires comme la réforme agraire et la nationalisation du pétrole. Il consacra les revenus croissants au développement économique et social, en particulier aux services éducationnels et sanitaires de la peu nombreuse population d’un immense pays majoritairement désertique aux rares terres cultivables.

Une mer d’eau fossile très étendue et profonde gît sous ce désert. Et il m’avait semblé, après avoir connu une zone de culture expérimentale, que ces eaux seraient à l’avenir plus précieuses que le pétrole.

La foi religieuse, prêchée avec la ferveur qui caractérise les peuples musulmans, aidait en partie à compenser la forte tendance tribale qui caractérise encore ce pays arabe. Les révolutionnaires libyens élaborèrent leurs propres idées et les appliquèrent dans des institutions juridiques et politiques que Cuba se fit une norme de respecter.

Elle s’abstint absolument d’émettre des vues sur les conceptions de la direction libyenne. Mais je constate clairement que les États-Unis et l’OTAN s’inquiètent surtout, non de ce qu’il se passe en Libye, mais de la vague révolutionnaire qui déferle dans le monde arabe et qu’ils veulent freiner à tout prix.

Car il est incontestable que, ces dernières années, les rapports des USA et de leurs alliés de l’OTAN avec la Libye étaient excellents…, jusqu’à la rébellion en Égypte et en Tunisie. Aucun dirigeant des pays de l’OTAN ne faisait état de problèmes quand il rencontrait Kadhafi ; la Libye était devenue une source sûre de pétrole de grande qualité, de gaz, voire de potasse. Les difficultés surgies entre eux dans les premières décennies avaient été surmontées.

Le pays s’était ouvert à l’investissement étranger dans des secteurs stratégiques comme la production et la distribution du pétrole.

La privatisation avait touché de nombreuses sociétés publiques. Le Fonds monétaire international jouait son rôle béatifique dans la mise en place de ces opérations. Bien entendu, Aznar ne tarissait pas d’éloges envers Kadhafi. Et, à sa suite, Blair, Berlusconi, Sarkozy, Zapatero et jusqu’à mon ami le roi d’Espagne défilèrent sous le regard narquois du leader libyen. Ils étaient heureux.

J’ai l’air de me moquer, mais c’est faux. Car je me demande tout simplement : pourquoi veulent-ils maintenant envahir la Libye et traduire Kadhafi devant la Cour pénale internationale de La Haye ?

On l’accuse du matin au soir d’avoir fait tirer contre des citoyens désarmés qui protestaient. Pourquoi ne dit-on pas au monde que ce sont les États-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres hôtes illustres de Kadhafi qui lui ont fourni les armes et surtout les équipements de répression sophistiqués qu’il possède ?

Je m’oppose aux mensonges cyniques par lesquels on prétend justifier l’invasion et l’occupation de la Libye.

Ma dernière visite à Kadhafi remonte à mai 2001. Quinze années s’étaient écoulées depuis que Reagan avait attaqué sa résidence plutôt modeste, mais il avait tenu à me faire constater les grandes destructions qu’y avait causées la frappe directe de l’aviation, laquelle avait aussi tué sa petite fille de trois ans… Assassinée par Ronald Reagan ! Il n’y avait pas eu dans ce cas d’accord préalable de l’OTAN, du Conseil des droits de l’homme ni du Conseil de sécurité.

Ma visite antérieure datait de 1977, huit ans après le début de la révolution en Libye. J’avais visité Tripoli ; j’avais participé au Congrès du peuple libyen à Sebha ; j’avais parcouru les zones agricoles où se déroulaient les premières expérimentations à partir des eaux tirées de l’immense mer fossile ; j’avais connu Benghazi où j’avais fait l’objet d’un accueil chaleureux. La Libye était un pays légendaire qui avait été le théâtre de batailles historiques durant la dernière guerre mondiale. Elle ne comptait même pas six millions d’habitants, et ses énormes réserves de pétrole léger et d’eau fossile n’avaient pas encore été découvertes. Et les anciennes colonies portugaises d’Afrique s’étaient déjà libérées.

En Angola, nous avions lutté quinze années durant contre les bandes mercenaires organisées par les États-Unis sur des bases tribales, contre le gouvernement de Mobutu et contre l’armée raciste de l’apartheid, bien équipée et bien entraînée. Celle-ci, obéissant – on le sait aujourd’hui – à des instructions des États-Unis, avait envahi l’Angola en 1975 pour empêcher son indépendance, et ses forces motorisées étaient parvenues aux portes de Luanda. Plusieurs instructeurs cubains moururent durant cette invasion brutale face à laquelle nous dépêchâmes de toute urgence des ressources. Une fois expulsées du pays par les troupes internationalistes cubaines et les troupes angolaises jusqu’à la frontière de la Namibie occupée par l’Afrique du Sud raciste, celle-ci reçut pendant treize ans la mission de liquider la révolution en Angola.

Elle mit au point l’armée atomique avec l’appui des États-Unis et d’Israël. Et elle la possédait déjà quand les troupes cubaines et angolaises mirent en déroute ses forces terrestres et aériennes à Cuito Cuanavale et, bravant les risques, utilisant les tactiques et les moyens classiques, progressèrent jusqu’à la frontière namibienne où les troupes de l’apartheid prétendaient résister. Nos troupes ont, deux fois dans leur histoire, couru le risque d’être attaquées par ce genre d’arme : en octobre 1962 et dans le Sud angolais, mais, dans ce second cas, même l’arme nucléaire n’aurait pas empêché la défaite de l’Afrique du Sud qui marqua la fin de son système odieux. Tout ceci se passait sous l’administration Ronald Reagan aux USA et sous Pieter Botha en Afrique du Sud.

Nul ne parle de cette aventure impérialiste, ni des centaines de milliers de vies qu’elle a coûtées.

Je regrette d’avoir à rappeler ces faits quand un autre grand risque pèse sur les peuples arabes parce qu’ils ne résignent plus au pillage et à l’oppression dont ils sont victimes. La révolution dans le monde arabe, que redoutent tant les États-Unis et l’OTAN, est la révolution de ceux qui n’ont aucun droit face à ceux qui font étalage de tous les privilèges et elle est donc appelée à être plus profonde que celle qui éclata en Europe à partir de la prise de la Bastille en 1789.

Même Louis XIV, qui proclama : « L’État, c’est moi ! », ne bénéficiait pas des prébendes du roi Abdallah d’Arabie saoudite, encore moins de l’immense richesse qui git sous la surface de ce pays quasi désertique où les transnationales yankees décident de l’extraction du pétrole et contrôlent donc les cours mondiaux de ce produit. Depuis que la crise a éclaté en Libye, l’extraction du pétrole en Arabie saoudite a augmenté d’un million de barils par jour, à un coût minime, de sorte que les revenus de ce pays et de ceux qui le contrôlent s’élèvent, rien qu’à ce titre, à un milliard de dollars par jour.

Mais que personne ne pense que le peuple saoudien baigne dans la richesse. Les récits des conditions de vie de nombreux travailleurs du bâtiment et d’autres secteurs, contraints de travailler treize ou quatorze heures par jour pour des salaires misérables, sont émouvants.

Effrayée par la vague révolutionnaire qui ébranle le système de pillage en place depuis les faits dont les travailleurs ont été les protagonistes en Égypte et en Tunisie, mais aussi par les actions des jeunes chômeurs en Jordanie, dans les territoires occupés de Palestine, au Yémen, et même au Bahreïn et dans les Émirats arabes aux revenus plus élevés, la haute hiérarchie saoudite vit sous l’impact des événements.

À la différence de ce qu’il se passait autrefois, les peuples arabes reçoivent aujourd’hui des informations presque immédiates, quoiqu’extraordinairement manipulées, sur le cours des événements.

Le pire pour le statut des secteurs privilégiés, c’est que les faits – qui sont têtus, on le sait – coïncident avec une hausse considérable des cours des aliments et avec les retombées dévastatrices des changements climatiques, tandis que les États-Unis, le plus gros producteur de maïs au monde, utilisent presque 40 p. 100 de ce produit subventionné et une part importante de leur soja pour fabriquer des biocarburants destinés aux moteurs de voitures. Lester Brown, l’écologiste étasunien le mieux informé au monde sur les produits agricoles, peut nous offrir sûrement une idée de la situation alimentaire actuelle.

Le président bolivarien Hugo Chávez tente un vaillant effort pour trouver un règlement en Libye sans intervention de l’OTAN. Ses possibilités de succès augmenteraient s’il parvenait – ce qui serait un exploit – à créer un vaste mouvement d’opinion avant, et non après, l’intervention, afin que les peuples ne voient pas se répéter dans d’autres pays l’atroce expérience de l’Iraq.

Je conclus ici ces Réflexions.

Fidel Castro Ruz
Le 3 mars 2011
22 h 32

traduction J-F Bonaldi, La Havane

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http://www.legrandsoir.info/La-guerre-inevitable-de-l-OTAN-II.html
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 07:34

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http://cubasilorraine.over-blog.org/article-reflexions-de-fidel-la-danse-macabre-du-cynisme-68005961.html

 

La politique de pillage imposée par les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN au Moyen-Orient est entrée en crise. Et cette crise est due, forcément, à la hausse des cours des céréales dont les retombées ont été plus fortes dans les pays arabes où la rareté de l’eau, les zones désertiques et la pauvreté du peuple généralisée contrastent avec les revenus très élevés des secteurs privilégiés liés aux énormes ressources pétrolières.

Alors que les prix des aliments ont triplé, les fortunes immobilières et les trésors de la minorité aristocratique se chiffrent à des billions de dollars.

Le monde arabe, de culture et de religion musulmane, s’est en plus senti humilié par la mise en place, à feu et à sang, d’un État qui n’a respecté aucune des obligations élémentaires ayant présidé à sa création dans le cadre de l’ordre colonial qui existait à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et qui permit aux puissances victorieuses de fonder l’ONU et d’imposer les règles du jeu régissant le commerce et l’économie mondiaux.

La trahison de Moubarak à Camp David a empêché l’existence de l’État arabe palestinien visé dans les accords de l’ONU de novembre 1947, si bien qu’Israël est devenu une forte puissance nucléaire alliée des États-Unis et de l’OTAN.

Le complexe militaro-industriel étasunien a livré des dizaines de milliards de dollars tous les ans à Israël et même aux États arabes que celui-ci soumettait et humiliait.

Le génie s’est échappé de la bouteille, et l’OTAN ne sait pas comment le contrôler.

Il va s’efforcer de tirer le plus gros profit des regrettables événements libyens. Nul n’est capable de savoir actuellement ce qu’il se passe dans ce pays. L’Empire a fait publier par ses médias toutes sortes de chiffres et de versions, jusqu’aux plus saugrenus, afin de semer le chaos et la désinformation.

De toute évidence, une guerre civile se déroule en Libye. Pourquoi et comment a-t-elle éclaté ? Qui en paiera les conséquences ? L’agence Reuters, se faisant l’écho d’une banque japonaise bien connue, la Nomura, a signalé que les cours du pétrole pourraient battre tous les records :

« "Si la Libye et l’Algérie arrêtaient leur production pétrolière, les cours pourraient dépasser 220 dollars le baril, et l’OPEP verrait réduite sa capacité inutilisée à 2,1 millions de barils par jour, similaire aux niveaux de la guerre  du Golfe, et au record de 147 dollars le baril établi en 2008", a affirmé la banque dans une note. »

Qui pourrait payer des prix pareils? Quelles en seraient les conséquences en pleine crise alimentaire ?

Les principaux leaders de l’OTAN jubilent. Le Premier ministre britannique, David Cameron – selon ANSA – « …a admis dans un discours au Koweït que les pays occidentaux avaient fait erreur d’avoir soutenu des gouvernements non démocratiques dans le monde arabe. » Félicitons-le du moins pour sa franchise.

Son collègue français Nicolas Sarkozy a déclaré : « La poursuite de la répression brutale et sanglante contre la population civile libyenne est répugnante. »

Le ministre italien des affaires étrangères, Franco Frattini, a jugé « crédible » la quantité de mille morts à Tripoli, et a parlé de "chiffres tragiques" et de "bain de sang".

Selon Hillary Clinton, le « bain de sang » est « absolument inacceptable » et « doit cesser ».

Pour Ban Ki-moon, « le recours à la violence dans ce pays est absolument inacceptable… le Conseil de sécurité agira en accord avec les décisions de la communauté internationale… nous envisageons une série de variantes. »

 En fait, ce qu’attend Ban Ki-moon, c’est qu’Obama dise le dernier mot.

Le président étasunien a parlé ce mercredi après-midi. Il a fait savoir que sa secrétaire d’Etat partirait en Europe afin de décider avec les alliés de l’OTAN des mesures à prendre. À le voir, on constatait qu’il ne voulait pas laisser filer l’occasion de se colleter avec le sénateur républicain d’extrême droite, John McCain, avec le sénateur pro-israélien du Connecticut, Joseph Lieberman, et avec les dirigeants du Tea Party, et de garantir son investiture par le Parti démocrate.

Les médias de l’Empire ont préparé le terrain en vue d’une action. Une intervention militaire en Libye n’aurait rien de surprenant, ce qui garantirait par ailleurs à l’Europe les presque deux millions de barils par jour de pétrole léger qu’elle importe, si des événements qui mettraient fin au leadership ou à la vie de Kadhafi n’intervenaient pas avant.

De toute façon, le rôle d’Obama est plutôt compliqué. Comment réagira le monde arabe et musulman si une telle équipée faisait couler à flot le sang libyen ? La vague révolutionnaire déclenchée en Égypte freinera-t-elle une intervention de l’OTAN en Libye ?

L’invasion de l’Iraq déclenchée par Bush sous de faux prétexte – mission remplie !  s’était-il exclamé – a coûté la vie à plus d’un million d’Arabes innocents.

Nul dans le monde n’acceptera jamais la mort de civils innocents, en Libye ou ailleurs. Je me demande : les États-Unis et l’OTAN appliqueront-ils un jour ce même principe aux civils désarmés que leurs drones et leurs soldats tuent tous les jours en Afghanistan et au Pakistan ?

C’est vraiment la danse macabre du cynisme !

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 23 février 2011

19 h 42

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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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