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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 09:48

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http://www.portalangop.co.ao/motix/fr_fr/noticias/internacional/2011/0/1/Raul-Castro-decharge-Ramiro-Valdes-veteran-revolution,67612d6d-d396-412d-9fb0-f861cc83dffe.html

 

 

LA HAVANE - Le président Raul Castro a déchargé de son poste de ministre de l'Informatique et des Communications le vétéran de la révolution cubaine Ramiro Valdes, vice-président du Conseil d'Etat et membre du Bureau politique du parti communiste cubain, a annoncé jeudi un communiqué officiel.


Parallèlement, le ministre de la Construction, Fidel Figueroa, a été limogé pour "avoir commis des erreurs" non précisées, selon ce communiqué lu à la télévision d'Etat. Cette décision "permettra (à Ramiro Valdes) de s'occuper des ministères de la Construction et de l'Industrie de base ainsi que du ministère de l'Informatique et des Communications", ajoute le communiqué, semblant ainsi accorder à ce vétéran, âgé de 78 ans, un dernier rôle de supervision.


Un des derniers "comandantes" de la révolution, Ramiro Valdes a participé avec Fidel et Raul Castro à l'assaut de la caserne de la Moncada en 1953, coup d'envoi de la saga castriste, avant de débarquer en 1956 avec eux et d'autres apprentis-guérilleros, dont Ernesto "Che" Guevara, sur les côtes cubaines pour y lancer la guérilla qui devait les mener à la victoire de 1959. Il avait ensuite
occupé de hautes responsabilités, dont celle de ministre de l'Intérieur.


Il a été remplacé à la tête du ministère de l'Informatique et des Communications -un ministère stratégique à Cuba- par le général Medardo Diaz, 48 ans, issu du corps des ingénieurs en communication de l'armée dont il assurait la direction.


Le communiqué annoncé également le remplacement du ministre de la Construction Fidel Figueroa par René Mesa, 52 ans, qui présidait depuis mars 2007 l'Institut national des ressources hydrauliques (INRH). Les "erreurs commises dans (cette) fonction" par son prédécesseur ne sont pas détaillées, mais le secteur de la construction est chroniquement défaillant.


Depuis qu'il a succédé à son frère Fidel en 2006, Raul Castro a procédé à une trentaine de changements dans la composition du gouvernement cubain.

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 21:11

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http://fr.canoe.ca/infos/chroniques/jacqueslanctot/archives/2011/01/20110106-141038.html

 

La Niña est décédée dans son petit village de la Coloma, dans la province de Pinar del Rio, à Cuba, le lendemain du jour de l’An.

Il y a quelques années, je vous avais parlé de cette tante de ma femme que j’avais rencontrée lorsque ma belle-mère avait été hospitalisée…

La Niña, c’est son surnom, avait une âme d’ange gardien. Dès l’annonce de l’hospitalisation de sa sœur, elle était descendue aussi vite que possible de sa province natale pour se rendre à La Havane afin de lui prêter main forte. Celle-ci venait de subir une hystérectomie, qui s’était malheureusement compliquée.

Le voyage vers la capitale avait été long, car l’autobus s’arrêtait à tous les villages, le long de la côte, et parfois même à rase campagne, devant des abris bus où l’autocar, fabriqué au Brésil, de loin plus confortable et moins pétaradant que les modèles précédents, faisait le plein de passagers chargés de lourds colis. La Niña aurait pu, elle aussi, emmener avec elle quelques poissons frais, de la bonite, entre autres, si prisé des membres de sa famille à La Havane, car elle vit dans un village de pêcheurs, mais le téléphone de son beau-frère l’avait prise de court et elle n’avait pas eu le temps de passer la commande à son gendre.

La Niña était finalement arrivée à La Havane, avec pour tout bagage sa petite valise brune en faux cuir, qui contenait peu de choses, finalement, mais surtout une statuette de la Vierge du Cuivre, la Caridad-Ochún. Au cas où... C’était en fin d’après-midi, la fraîcheur semblait vouloir s’installer avec ce soleil qui s’éloignait déjà sur le front de mer en faisant danser des cristaux magiques sur la crête des vagues. Elle avait eu à peine le temps de faire une courte sieste dans cet autobus bondé, en ce mois de mai prématurément caniculaire. Elle se doutait bien que les prochaines semaines ne lui laisseraient guère le temps de se reposer et qu’elle ne pourrait certes pas admirer de près les talles de bougainvilliers d’un rouge vif ni les flamboyants en fleur de la Vieille Havane.

La convalescence d’Olga, l’opérée, serait plus longue que prévue. On ne pouvait, pour l’instant, faire les points de suture pour refermer la plaie, tant qu’elle ne serait pas désinfectée totalement. On avait donc retourné temporairement Olga chez elle, avec sur le ventre des compresses de miel, qui est un puissant antibactérien, semble-t-il. Mais la Niña était prête, elle s’y connaissait dans le don de soi. On dirait que toute sa vie avait été consacrée à aider les autres, elle qui a eu cinq enfants, deux de moins que sa mère.

Il y a une dizaine d’années, elle avait accepté de faire le don d’un rein à son frère qui revenait de la guerre d’Angola où il avait eu un rein écrasé par un puissant éclat d’obus. Mais quelques mois plus tard, cela s’était compliqué, il y avait eu un rejet, puis des transfusions de sang qui n’avaient rien donné, et le frangin était décédé. Ce n’est qu’au moment des funérailles que la famille avait appris que leur frère était membre des services secrets cubains et il avait été inhumé avec tous les honneurs.

La Niña m’avait montré sa cicatrice immense, qu’elle portait fièrement dans le dos. Une cicatrice qui dit tout l’amour qu’elle portait pour son frère, «un internationaliste mort au combat, finalement». Elle était l’aînée d’une famille de sept enfants. L’an dernier, c’est sa mère qui mourait. Il ne reste plus, de la famille Licourt, dont les ancêtres, venus de France, sont d’abord passés par Haïti, que le père, à qui on ne sait pas encore comment annoncer la mort de sa fille, les deux sœurs, soudées ensemble malgré les distances qui les séparent, et deux frères partis vivre le rêve américain vers le soi-disant paradis de Miami.

La Niña, elle, m’avait avoué qu’elle ne quitterait pas son pays pour tout l’or du monde. C’est ici qu’elle était née, c’est ici qu’elle mourrait. C’est ce qu’elle me disait en rigolant, tout en refusant le verre de rhum que je lui tendais. «Ce n’est pas le bon moment», elle boirait le jour où sa sœur serait complètement guérie, c’est-à-dire lorsque tout risque de mort serait dissipé.

Elle m’avait avoué cependant qu’elle aimerait bien rencontrer sur son chemin un bel étranger, aussi audacieux et rieur qu’elle. Elle avait esquissé quelques pas de salsa, d’une sensualité inégalable, et m’avait dit, avec son accent chantant: «Je pourrais lui montrer tout ce que je porte de Cuba en moi!»

La Niña aura maintenant tout le temps de danser et de penser à elle mais je suis certain qu’elle ne pourra pas s’empêcher de veiller sur ceux qui restent et qui continuent de lutter.

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 22:42

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http://www.bakchich.info/Coups-bas-contre-Cuba,12746.html

 

 

Au début des années 90, cinq agents cubains sont chargés de surveiller lesterroristes qui visent leur île depuis cinquante ans, notamment à partir de la Floride. En 1998, les États-Unis les jettent en prison, où ils croupissent.

Gerardo Hernández. Fernando González. René González . Antonio Guerrero. Ramon Labañino. Ces noms devraient nous être connus : ce sont ceux des cinq victimes d’un des pires scandales judiciaires des années 2000. Cinq Cubains qui croupissent depuis plus de dix ans dans des geôles américaines, après ce qu’il faut bien appeler une parodie de procès. Leur crime ? Avoir informé leur gouvernement – qui a ensuite transmis ces renseignements aux plus hautes autorités des États-Unis – sur les auteurs des attentats qui, depuis un demi-siècle, ensanglantent Cuba.

Rompre l’omerta

Mais qui a entendu parler de cette campagne de terreur ? Et qui connaît le nom des « Cinq », comme les appellent les militants – personnalités de premier plan, parmi lesquelles plusieurs Prix Nobel, ou anonymes – qui, partout dans le monde, se battent pour obtenir leur libération ? Maurice Lemoine, ancien rédacteur en chef au Monde diplomatique et excellent connaisseur de l’Amérique latine, a voulu rompre cette omerta en publiant Cinq Cubains à Miami : un roman à clés. Pour que nul ne puisse plus dire qu’il ne savait pas. Une enquête qui s’avère être un passionnant thriller, comme seuls les spécialistes américains du genre savent les réussir.

Terrorisme anti-Castro

Pour comprendre, il faut remonter au 6 octobre 1976. Ce jour-là, un avion de ligne de la compagnie Cubana, piégé par des terroristes, explose en vol au-dessus de la Barbade. Bilan : 73 morts – dont la totalité des escrimeurs de l’équipe nationale cubaine, qui venait de remporter les Jeux transaméricains. L’un des instigateurs du massacre est un éminent représentant de l’extrême droite cubaine exilée à Miami : Luis Posada Carriles. Incarcéré au Venezuela, il s’évade en 1985 – avec l’aide de la CIA. Il rallie le Guatemala, où il met son enthousiasme anticommuniste au service des Américains dans leur guerre secrète contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua.

L’attentat de la Barbade s’inscrit dans une suite ininterrompue d’exactions qui ont fait à Cuba, depuis un demisiècle, 3 400 morts, autant que les attentats du 11 septembre 2001 – sans que cela émeuve outre mesure les opinions occidentales. L’effondrement de l’URSS, principal soutien de Cuba, n’a aucunement mis fin à cette campagne de terreur : en 1997, par exemple, des bombes ont explosé dans plusieurs hôtels de l’île, tuant un vacancier italien. Objectif : frapper au portefeuille un régime sous embargo américain et dont le tourisme est l’une des principales ressources.

Parodie de procès

Pour lutter contre ce terrorisme, le gouvernement cubain envoie en Floride, au début des années 90, cinq agents dont la mission est d’infiltrer les organisations paramilitaires qui ont juré de renverser Fidel Castro. Ces infiltrés se distinguent très vite par « la qualité des informations qu’ils recueillent et transmettent ».

En juin 1998, deux hauts responsables du FBI se rendent à La Havane, où les autorités de l’île leur remettent un volumineux dossier, minutieusement documenté, sur les agissements criminels des groupes anticastristes. Aussitôt, les Américains, plutôt que d’appréhender les auteurs de ces crimes, arrêtent les cinq agents cubains : immédiatement mis au secret, ces derniers resteront un an et demi sans pouvoir préparer leur défense.

Dessin Avoine

Deux ans plus tard, à l’automne 2000, s’ouvre leur procès, à Miami. Ville où « la possibilité de sélectionner douze [jurés] qui soient capables d’être impartiaux dans une affaire impliquant des agents déclarés du gouvernement cubain est pratiquement nulle » (1), comme le relèveront maints juristes. Qu’importe, puisque la Constitution des États-Unis prévoit que tout accusé a droit à un jugement rapide et impartial…

De nombreux officiers américains de haut rang témoignent qu’à aucun moment les Cinq – dont la mission était strictement limitée à la surveillance des anticastristes – n’ont menacé la sécurité nationale des États-Unis. Le tribunal échoue à fonder son accusation d’espionnage.

Mais qu’importe, là encore : en décembre 2001, dans le contexte ultrasécuritaire de l’après 11-Septembre, les Cinq sont condamnés pour « conspiration » à des peines maximales – « démesurées, irrationnelles », observe Maurice Lemoine. Elles seront d’ailleurs réduites, en 2008, par la cour d’appel d’Atlanta, qui les jugera « excessives et contraires aux normes juridiques ».

Les terroristes de Miami, eux, bénéficient d’une totale impunité… Luis Posada Carriles s’est vanté, dans un entretien publié en 1998 dans le New York Times, d’avoir été à l’origine de la vague d’attentats qui a frappé des hôtels cubains en 1997, qualifiant la mort d’un touriste italien d’«  incident insolite ». Puis d’ajouter, sans rire : « Je dors comme un bébé. » Il est vrai : Carriles coule à Miami des jours paisibles…

Mobilisation

Au mois de septembre 2010, l’acteur Sean Penn a signé une pétition demandant au président Obama de libérer les Cinq. Puis, le 4 octobre, dans un courrier adressé au ministre américain de la Justice, Amnesty International, sans se prononcer sur «  l’innocence ou la culpabilité des cinq hommes », a demandé un réexamen de leur affaire, estimant que « l’équité et l’impartialité de leur procès [étaient] douteuses ».

À ce jour, toutes ces démarches sont restées infructueuses : les Cinq sont toujours en prison. Cela fait déjà douze ans que l’épouse de Gerardo Hernàndez n’a pas eu le droit de le voir. Celle de René Gonzàlez, quant à elle, a vu son mari pour la dernière fois en 2000.

Cinq Cubains à Miami, par Maurice Lemoine, éd. Don Quichotte, 1 048 pages, 24 euros.

(1) Washington contre Cuba, l’affaire des Cinq, sous la direction de Salim Lamrani, éd. Le Temps des cerises, 231 pages, 15 euros.

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 21:32

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Bien des gens ont un haut-le-cœur rien que d’entendre nommer cette organisation.

Les vingt-huit membres de cette institution militariste, engendrée par les États-Unis, ont décidé, le vendredi 19 novembre 2010 à Lisbonne (Portugal), de créer ce qu’ils ont qualifié cyniquement de « nouvelle OTAN ».

L’ « antérieure » a vu le jour après la Deuxième Guerre mondiale, comme instrument de la Guerre froide déclenchée par l’impérialisme contre l’Union soviétique, le pays qui avait payé sa victoire sur le nazisme de plusieurs dizaines de millions de vies et d’une destruction colossale.

Les États-Unis mobilisèrent contre l’URSS, en même temps qu’une partie saine de la population européenne, l’extrême droite et toute la lie nazi-fasciste d’Europe, bourrée de haine et prête à tirer profit des erreurs commises par les dirigeants soviétiques après la mort de Lénine.

Le peuple soviétique fut capable, au prix d’énormes sacrifices, de préserver la parité nucléaire et d’appuyer la lutte de libération nationale de nombreux peuples, malgré les efforts que les États européens consentaient pour maintenir le système colonial imposé par la force au cours des siècles et qui s’allièrent dans l’après-guerre à l’impérialisme yankee quand celui-ci prit les rênes de la contre-révolution dans le monde.

L’opinion mondiale a reçu en à peine dix jours – moins de deux semaines – trois grandes leçons inoubliables : le G-20(Séoul), l’APEC (Yokohma) et l’OTAN (Lisbonne), de sorte que tous les honnêtes gens sachant lire et écrire et dont les cerveaux n’ont pas été castrés par les réflexes conditionnés que favorise l’appareil médiatique de l’impérialisme peuvent avoir une idée réelle des problèmes qui flagellent aujourd’hui l’humanité.

À Lisbonne, les chefs d’État n’ont pas prononcé un seul mot capable de transmettre de l’espoir aux milliards de personnes qui souffrent de la pauvreté, du sous-développement, de la pénurie d’aliments, de logements, de santé, d’éducation et d’emplois.

Au contraire, le personnage infatué de lui-même qui fait fonction de chef de la mafia militaire de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré, sur un ton de chefaillon nazi, que le « nouveau concept stratégique » permettait d’ « opérer n’importe où dans le monde ». Ce n’est pas pour rien que le gouvernement turc a failli bloquer sa nomination quand ce néolibéral danois, alors Premier ministre, avait, arguant de la liberté de la presse, défendu en avril 2009 les auteurs de graves offenses au prophète Mahomet, respecté par tous les musulmans.

Bien des gens dans le monde se rappellent les relations de coopération étroites nouées entre le gouvernement danois et les « envahisseurs » nazis durant la Deuxième Guerre mondiale.

L’OTAN, cet oiseau de proie incubé dans le nid de l’Empire yankee, dotée d’armes nucléaires tactiques qui peuvent être plusieurs fois plus destructrices que la bombe qui fit disparaître Hiroshima, s’est compromise aux côtés des USA dans la guerre génocidaire d’Afghanistan, encore plus complexe que l’équipée du Kosovo et que la guerre contre la Serbie où elle bombarda Belgrade et où elle aurait frôlé le désastre si le gouvernement de ce pays était resté ferme au lieu de faire confiance aux institutions de justice internationale de La Haye.

L’infâme Déclaration de Lisbonne affirme d’une manière vague et abstraite à l’un de ses points : « Soutien à la stabilité régionale, aux valeurs démocratiques, à la sécurité et à l’intégration de l’espace euro-atlantique dans les Balkans… La mission au Kosovo s’oriente vers une présence plus réduite et plus souple. » Maintenant !

La Russie ne pourra pas non plus oublier si facilement que, quand Eltsine désintégra l’URSS, les USA en profitèrent pour avancer les frontières de l’OTAN et ses bases d’attaque nucléaire vers le cœur de ce pays, depuis l’Europe et l’Asie.

Ces nouvelles installations militaires menaçaient aussi la République populaire de Chine et d’autres pays asiatiques.

Quand ceci se passait (1991), des centaines de SS-19, de SS-20 et d’autres armes soviétiques puissantes pouvaient frapper en quelques minutes les bases militaires des USA et de l’OTAN en Europe. Aucun secrétaire général de l’OTAN n’aurait osé parler avec autant d’arrogance que ce Rasmussen.

Le premier accord concernant la limitation des armes nucléaires fut souscrit à une date aussi lointaine que le 26 mai 1972, entre le président étasunien Richard Nixon et le secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, Leonid Brejnev, en vue de limiter le nombre de missiles balistiques antibalistiques (traité ABM) et de défendre certains points contre des missiles équipés d’ogives nucléaires.

Brejnev et Carter signèrent à Vienne, en 1979, de nouveaux accords connus comme SALT II, que le Sénat étasunien refusa toutefois de ratifier.

Le nouveau réarmement promu par Reagan, autrement dit l’Initiative de défense stratégique, liquida définitivement les accords SALT. Et la CIA avait déjà fait exploser le gazoduc sibérien.

Un nouvel accord fut toutefois signé en 1991 entre Bush père et Gorbatchev, cinq mois avant l’effondrement de l’URSS et alors que le camp socialiste n’existait déjà plus. Les pays que l’Armée rouge avait libérés de l’occupation nazie ne furent même pas capables de maintenir leur indépendance. Des gouvernements de droite qui accédèrent au pouvoir entrèrent avec armes et bagages dans l’OTAN et tombèrent aux mains des États-Unis. Celui de la RDA qui, sous la direction d’Erich Honecker, avait fait de grands efforts, ne put vaincre l’offensive idéologique et consumériste lancée depuis la capitale qu’occupaient les troupes occidentales.

Virtuellement maîtres du monde, les USA renforcèrent leur politique aventurière et guerrière.

Au terme d’une évolution bien manipulée, l’URSS se désintégra. Le coup de grâce fut assené par Boris Eltsine, le 8 décembre 1991, quand, en sa qualité de président de la Fédération de Russie, il déclara que l’URSS avait cessé d’exister. Le 25 décembre, le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau fut amené sur le Kremlin. Un troisième accord sur les armes stratégiques fut alors signé entre George H. W. Bush et Boris Eltsine, le 3 janvier 1993, qui interdisait le recours aux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) à ogives multiples et qui fut ratifié par le Sénat étasunien, le 26 janvier 1993, par 87 voix contre 4.

La Russie avait hérité la science et la technologie de l’Union soviétique – laquelle, malgré la guerre et les énormes sacrifices qu’elle impliqua, fut capable d’égaler en pouvoir l’immense et riche Empire yankee – de la victoire sur le fascisme, des traditions, de la culture et des gloires du peuple russe.

Par la guerre contre la Serbie, un peuple slave, l’OTAN avait durement entamé la sécurité du peuple russe, ce qu’aucun gouvernement ne pouvait se payer le luxe d’oublier.

La Douma russe, indignée par la première guerre contre l’Iraq et par celle du Kosovo durant laquelle l’OTAN avait bombardé le peuple serbe, se refusa à ratifier le START II et ne le fit qu’en 2000, et, dans ce cas, pour tenter de sauver le traité ABM que les Yankees, à cette date, n’avaient pas d’intérêt à maintenir.

Les USA s’efforcent d’utiliser leurs énormes ressources médiatiques pour tromper et duper l’opinion publique mondiale.

L’administration étasunienne traverse une étape difficile par suite de ses équipées militaires. Absolument tous les pays de l’OTAN ainsi que, dans une plus ou moins grande mesure, des pays riches et industrialisés comme le Japon et l’Australie, et d’autres du Tiers-monde, sont compromis dans la guerre de l’Afghanistan, dont la boucherie suscite la répugnance et la haine des peuples concernés.

Quelle est l’essence de l’accord signé en avril dernier entre les USA et la Russie ? Les deux parties se sont engagées à réduire le nombre d’ogives nucléaires stratégiques à 1 550. Des ogives nucléaires que possèdent la France, le Royaume-Uni et Israël et qui peuvent toutes frapper la Russie, pas un mot. Pas un mot non plus des armes nucléaires tactiques dont certaines sont plus puissantes que la bombe qui rasa Hiroshima. Pas un mot de la capacité destructive de nombreuses armes classiques, des armes radioélectriques et d’autres systèmes d’armements auxquels les USA allouent des sommes toujours accrues, au point que leur budget militaire dépasse aujourd’hui celui de toutes les autres nations du monde ensemble. Les deux gouvernements savent, et peut-être bien d’autres de ceux qui se sont réunis à Lisbonne, qu’une troisième guerre mondiale serait la dernière. Quelles illusions peuvent bien se faire les membres de l’OTAN ? Quelle tranquillité l’humanité peut-elle tirer de cette réunion ? Quel bénéfice peut-elle apporter aux pays du Tiers-monde, voire à l’économie mondiale ?

Ces chefs d’État ne peuvent même pas offrir l’espoir que la crise économique mondiale sera surmontée, ou que la situation s’améliorera et pour combien de temps. La dette publique totale des USA, à savoir non seulement celle du gouvernement fédéral, mais celle des autres institutions publiques et privées, se chiffre d’ores et déjà à 58 billions de dollars, ce qui équivaut au PIB mondial de 2009. Ceux qui se sont réunis à Lisbonne se sont-ils demandé par hasard d’où sortaient ces ressources fabuleuses ? La réponse est pourtant toute simple : de l’économie de tous les autres peuples du monde auxquels les USA ont refilé, unilatéralement, du vulgaire papier converti en devise qui, depuis quarante ans, n’a plus aucun aval en or dont la valeur est aujourd’hui quarante fois supérieure. Et ce pays dispose toutefois du pouvoir de veto au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale. Pourquoi ces messieurs n’ont-ils pas discuté de tout ça au Portugal ?

L’espoir des USA, de l’OTAN et de leurs alliés de retirer leurs troupes d’Afghanistan est chimérique. Ils devront abandonner ce pays avant de remettre, vaincus, le pouvoir à la résistance afghane. Les alliés mêmes des États-Unis commencent à reconnaître que cette guerre pourrait durer des dizaines d’années. L’OTAN est-elle prête à rester là-bas si longtemps ? Les citoyens de chaque pays impliqué le permettront-ils ? Ces messieurs ne devraient pas oublier qu’un pays très peuplé, le Pakistan partage une frontière commune d’origine coloniale avec l’Afghanistan et qu’une partie pas si négligeable de ses habitants a une origine commune.

Je ne critique pas Medvedev, qui fait bien de tenter de limiter la quantité d’ogives nucléaires braquées sur son pays. Barack Obama, lui, ne peut inventer la moindre justification. Celle selon laquelle ce bouclier nucléaire antimissile, déployé à un coût colossal, vise à protéger l’Europe et la Russie des fusées provenant d’un pays, l’Iran, qui ne possède même pas un engin nucléaire tactique, est tout simplement grotesque. Même les bandes dessinées ne vont pas si loin !

Obama a d’ores et déjà admis qu’il pourrait très bien ajourner sa promesse de retirer les soldats étasuniens d’Afghanistan et que l’impôt sur les grosses fortunes pourrait être annulé sans retard. Après le Prix Nobel, il faudrait lui concéder celui de « meilleur charmeur de serpents ».

Compte tenu de l’autobiographie de W. Bush qu’un rédacteur intelligent a rédigée à sa place et qui est déjà un best-seller, pourquoi ne lui a-t-on pas fait l’honneur de l’inviter à Lisbonne ? L’extrême droite européenne, le Tea Party de là-bas, en aurait été assurément ravie.

Fidel Castro Ruz

Le 21 novembre 2010

Traduction J-F Bonaldi (La Havane)

version espagnole : http://www.cuba.cu/gobierno/reflexiones/2010/esp/f211110e.html
URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/OTAN-gendarme-mondial.html

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 23:09

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 http://www.leprogresvilleray.com/Chroniques/Les-potins-dAlain,-collaborateur-citoyen/2010-11-22/article-1984836/La-peur-d%26rsquo%3Bun-tout-inclus/1

 

 

 

J’ai fait plusieurs voyages dans ma vie. Comme un bohème et avec mon sac à dos j’ai visité, la Chine, le Pérou, la Bolivie, le Honduras, le Costa Rica, etc. Mais Cuba, jamais ! Un tout inclus en plus! Wo! Ça me faisait peur. Je croyais que les tout inclus étaient pour l’âge d’or ou les gens très kétaines. Le grand risque du voyage était plutôt de vivre avec ma mère et ma blonde, dans la même chambre, pendant une semaine. La grosse surprise! Je suis revenu sain et sauf et j’ai adoré mon voyage.


À la dernière minute j’ai acheté trosi billets pour Varadero, Cuba. J’avais vraiment besoin de vacances. Une semaine dans un tout inclus avec ma mère et ma blonde.

Spécial spatial comme situation! Oui! Mais tout s’est très bien déroulé! Comme d’habitude, je me suis tissé plusieurs amitiés pendant mon voyage. J’ai fait vraiment de belles rencontres. Les Russes et les Québécois étaient majoritaires dans mon entourage. Méchant mix! Que voulez-vous? Ça manquait à ma liste ‘’à faire’’ d’avoir des petits amis russes. Voilà que c’est coché!

La première journée était chaude et ensoleillée. Magnifique ! 30 ou 32 degrés Celsius. Il n’y avait pas un nuage dans le ciel. Donc, je suis parti en courant vers la plage.

Je me suis baigné dans la mer. Je me suis roulé dans le sable. Tout le kit ! Après, pour ne pas manquer au stéréotype du bon vieux québécois en vacances. Je suis tombé endormi sur la plage et devenu rouge comme un homard. Outch! Ça chauffait! Le lendemain, une aussi belle journée, j’ai sorti la 50 FPS. Croyez-moi!

Après deux jours de plage, j’avais fait le tour de la patente. Bien évidemment, j’avais besoin de voir autre chose qu’un hôtel et des touristes. Parfait ! Ma mère s’était fait des amis et la température avait chuté à cause de la tempête qui passait sur Haïti.

Donc, moi et Valérie avons loué un scooter et nous sommes partis. Nous avons traversé pâturages, terres et vrais villages cubains. Nous avons roulé 300 km à scooter. Valérie en a eu mal aux fesses.

Finalement, Cuba est très riche de culture et d’histoire. J’ai trouvé les Cubains cultivés et très sympathiques.

Durant mon voyage. Je me suis reposé. J’ai vu des spectacles. Je suis parti à l’aventure avec Val. J’ai rencontré du bon monde et je me suis amusé. J’ai vécu plein de bonnes choses et j’ai adoré. Ça a beaucoup changé ma vision de Cuba.

Souvenez-vous! Si vous allez à Cuba dans un tout inclus, c’est permis de sortir de l’hôtel et de voir autre chose.

Prenez des vacances !

Bon voyage,

Alain Bourgeois

lespotinsdalain@gmail.com

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 20:26

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http://www.monde-diplomatique.fr/2010/11/LEMOINE/19816

 

Il y a dix ans, le 27 novembre 2000, s’ouvrait à Miami le procès de cinq Cubains qui, pour avoir infiltré les réseaux criminels agissant contre l’île depuis la Floride, ont été condamnés à des peines qui défient l’entendement. Avant et pendant les audiences, tandis que les médias nationaux et internationaux se désintéressaient de l’affaire, ceux de Miami ont joué un rôle primordial dans la mise en condition de l’opinion – et des jurés.

Par Maurice Lemoine

Cent policiers ! Une opération digne d’Hollywood pour, ce 12 septembre 1998, à Miami, arrêter cinq Cubains : MM. Gerardo Hernández, Ramon Labañino, René González, Fernando González et Antonio (Tony) Guerrero. Suivent deux jours d’interrogatoires ininterrompus, exténuants, au long desquels ils ne peuvent ni se laver ni se raser. Le 14 septembre, vêtements fripés, joues bleuies par la barbe, chevelures en broussaille, yeux ravagés, on les propulse devant une nuée de photographes. Belle séance de portraits ! Ce sont ces « tronches » de truands qui apparaîtront dans la presse, dès le lendemain.

Ce même 14 septembre, en conférence de presse, le chef local du Federal Bureau of Investigation (FBI) Hector Pesquera fait l’important : « Cette arrestation est un coup significatif porté au gouvernement cubain. Ses efforts pour espionner les Etats-Unis ont été déjoués. » M. Pesquera ment. Il s’en moque. Il peut se permettre n’importe quoi. Il se trouve dans la République bananière de Miami et il le sait.

Ceux qui bientôt deviendront les « cinq » ont en réalité infiltré les organisations armées de l’exil anticastriste, tout comme leur vaisseau-amiral, la « très respectable » Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), créée par Ronald Reagan en 1981. Ils ont informé La Havane sur les tentatives d’infiltrations dans l’île et les attentats en préparation (1). Et pour qui douterait de l’existence de ces réseaux criminels, l’un de leurs principaux acteurs a mis personnellement les points sur les « i » : M. Luis Posada Carriles. Agent de la Central Intelligence Agency (CIA), auteur intellectuel du crime de La Barbade – l’explosion en vol, en 1976, d’un DC-8 de la Cubana de Aviación (soixante-treize morts) –, il a, depuis l’Amérique centrale, accordé treize heures d’entretien à Larry Rohter et Ann Louise Bardach, du New York Times. « Je tiens à déclarer que je suis l’organisateur de la campagne contre des objectifs touristiques, en 1997, à Cuba. » Une série de bombes a, du 12 avril au 4 septembre de cette année-là, frappé les hôtels de La Havane, provoquant d’importants dégâts, la mort d’un touriste italien et de nombreux blessés. Ayant, à ce moment, quelques comptes à régler avec ses amis, M. Posada Carriles a précisé : « Je suis en lien permanent avec la FNCA. » Réaction des journalistes : « Vous voulez dire qu’elle est au courant de vos activités ? » « Evidemment, puisqu’elle les finance ! De [Jorge] Mas Canosa [président à l’époque de la FNCA], j’ai dû recevoir environ deux cent mille dollars. »

Ces révélations, publiées par le NYT les 12 et 13 juillet 1998, tétanisent Miami. Le Miami Herald, le Nuevo Herald, le Diario las Americas, les radios – Radio Mambi, La Poderosa, etc. –, la télévision – Canal 23, Canal 41, TV Martí – détournent l’attention en bombardant le public de la nouvelle du siècle : une supposée maladie de M. Fidel Castro.

En revanche, quelques mois plus tard, et s’agissant des « cinq »… Tout y passe. Le mot « espions », en long, en large et en continu. Les formules stéréotypées, les clichés rebattus des plus mauvais romans. Les déclarations fantaisistes de fonctionnaires du FBI : les détenus sont des individus dangereux. Les mensonges les plus éhontés : « Les espions planifiaient des sabotages en Floride » (2).

Dix-sept mois d’isolement total dans le pourrissoir de cellules disciplinaires empêchent les inculpés de préparer leur défense. Qui serait assez simple, au demeurant. Il n’existe aucune preuve de leur culpabilité. Par ailleurs, prévoit la loi, si le climat hostile d’un lieu – et dans ce cas Miami, fief de l’extrême droite cubaine – peut avoir une quelconque influence sur le bon déroulement d’un procès, le juge doit le transférer en un autre endroit. Il n’en sera rien. Dix-sept avocats commis d’office par la Cour refuseront de siéger, craignant les répercussions que pourrait avoir sur leur carrière le fait de défendre un « espion cubain ».

Le 27 novembre 2000 commence la sélection du jury. De nombreuses personnes convoquées expriment leur réticence à l’intégrer, déclarant redouter la pression des médias. D’autres expriment leur crainte d’une manifestation violente de l’exil si les jurés décident d’absoudre les accusés. Le 2 décembre, la juge expose aux « heureux élus » les grandes lignes du fonctionnement d’un procès. « Il vous est interdit de lire quoi que ce soit sur l’affaire, dans les journaux, ou d’écouter des commentaires à la radio ou à la télévision, les médias pouvant contenir des informations et des jugements qui ne constituent en rien des preuves. (…) Vous m’avez compris ? » Ils acquiescent gravement. Un peu plus tard, ils quittent leur salon de réunion. Un greffier en sort précipitamment sur leurs talons. Il lève une main pour montrer un journal froissé. Un exemplaire du Miami Herald. A la « une », un assassinat en règle des « cinq espions ».

Début du procès. Télévision, quotidiens sérieux et feuilles à scandale couvrent les audiences, espérant sans doute y trouver le monde glamour de James Bond, des nuits de cocktails, des autos de luxe, des armes sophistiquées – bref, des « super-espions ». Déception. Quand la défense commence à parler de leur objectif antiterroriste, le New York Times rappelle sa correspondante. Malgré leur passion pour les chroniques judiciaires, fussent-elles totalement dépourvues d’intérêt, les autres envoyés spéciaux font leurs valises aussi.

Les médias européens ? Si la grande presse américaine consacrait une large place à l’affaire, si celle-ci concernait une star du showbiz ou une personnalité connue – comme M. O.J. Simpson en 1994-1995 ou Michael Jackson en 1993 et 2003 – sans doute s’y intéresseraient-ils. Ce n’est pas le cas. Ne restent que les reporters des médias de Miami.

Des manifestations ont lieu devant le siège du tribunal. Des excités brandissent des cordes en demandant que les « cinq » soient pendus. Jusqu’au moment des délibérations (le 4 juin 2001), les jurés subissent un harcèlement constant. Brandissant caméras et micros, des journalistes les poursuivent dans les couloirs, dans la rue, jusqu’à leurs véhicules, dont ils filment les plaques d’immatriculation.

Moment clé (parmi tant d’autres). Le 13 mars 2001, à la demande de la défense, M. José Basulto a été convoqué pour témoigner. Vétéran de la Baie des Cochons, lié à la CIA, auteur d’une attaque à la mitrailleuse contre un hôtel cubain en 1962, il a rejoint la contra nicaraguayenne (3) dans les années 1980 puis a fondé une « organisation humanitaire », Hermanos al Rescate (Frères du sauvetage ; HAR), à Miami, en mai 1991. Dotée de plusieurs avions – dont deux Cessna 0-2 en version militaire que lui a offert l’US Air Force (dont ils portent encore l’emblème), à la demande du président George Bush (père) – elle a pour objectif affiché de sauver les balseros (4) en perdition dans le détroit de Floride. Provoquant un scandale mondial, deux de ces appareils ont été abattus par la chasse cubaine (quatre morts), le 24 février 1996, dans l’espace aérien de l’île violé à maintes reprises pour inciter, à l’aide de tracts jetés du ciel, les Cubains à se rebeller. Lui imputant un rôle dans cet événement, on accuse M. Hernández de « conspiration d’assassinat au premier degré dans les eaux internationales ».

Seulement, le témoignage de M. Arnoldo Iglesias, lui aussi convoqué, a levé un coin de voile sur la face cachée de HAR. Pressé de questions par la défense, il a dû admettre que, en 1995, M. Basulto et lui ont fait l’essai de bombes artisanales en les lançant de leur avion dans la zone de l’aéroport d’Opa-Locka (et au large des Bahamas). Sommé de s’expliquer lors de l’audience du 13 mars, M. Basulto ment, s’enferre, se décompose et finit par perdre son sang-froid, accusant l’avocat Paul McKenna d’être « un espion communiste ».

Le lendemain, silence radio – au sens propre de l’expression. Indigné, M. Roberto González, frère d’un des accusés, René (5), croise le journaliste du Miami Herald dans le hall du tribunal. Il raconte : « Je lui ai dit : “Chico, je suis préoccupé. On m’a parlé de la liberté de la presse, mais je vois que lorsque quelque chose à l’audience contredit la thèse du gouvernement, tu ne publies rien, le jour suivant.” Il a eu l’air ennuyé et il m’a répondu : “Les gens n’aiment pas ce genre d’information. Ils disent que j’aide la défense.” » Le Nuevo Herald, pour sa part, titre, le 17 mars : « La défense tente de souiller Basulto ». Et le procès reste un brouillard pour ceux qui n’y assistent pas.

Extrême discrétion encore lorsque des représentants de la Federal Aviation Agency (FAA) confirment qu’ils ont averti sept fois M. Basulto du grave danger que faisaient courir à HAR ses vols illégaux sur La Havane. Lorsque le contre-amiral Eugène Carroll affirme que, informé par les autorités cubaines qu’elles défendraient leur espace aérien, conformément au droit international, il a prévenu les responsables militaires, à Washington, afin qu’ils mettent un terme aux provocations de HAR, mais qu’ils n’ont rien fait. Lorsque plusieurs officiers de haut rang – le général Edward Breed Atkison, instructeur de l’Ecole du renseignement pour la défense pendant dix ans ; le général Charles Elliott Wilhelm, ex-chef du Commandement sud de l’armée des Etats-Unis ; le général James Clapper, ex-directeur de la Defense Intelligence Agency, les services secrets du Pentagone – déclarent à la barre qu’aucun des inculpés n’a obtenu ou recherché des informations pouvant porter préjudice à la « sécurité nationale des Etats-Unis ».

En revanche, le 30 avril, le Nuevo Herald sonne le tocsin : « Le ministère public a assuré qu’il disposait de preuves et de documents en abondance au sujet des prétendues activités d’espionnage des accusés. Or, bien que le procès doive se conclure dans un mois, de nombreux observateurs et leaders communautaires se plaignent de ce que ces preuves écrasantes brillent par leur absence, et que la défense semble avoir assis l’exil cubain au banc des accusés… Si les choses continuent comme ça, ces espions vont être mis en liberté. »

Vaine inquiétude… Le 8 juin 2001, sans doute soucieux d’éviter le lynchage, les jurés, à l’unanimité, déclarent les « cinq » coupables. Entre le 13 et le 27 décembre 2001, les peines tombent, démesurées, irrationnelles, pour « conspiration d’espionnage en vue d’affecter la sécurité nationale des Etats-Unis » : quinze ans d’emprisonnement pour M. René González ; dix-neuf ans pour M. Fernando González ; perpétuité plus dix-huit ans pour M. Labañino ; perpétuité plus dix ans pour M. Guerrero ; deux perpétuités plus quinze ans (« conspiration en vue d’assassinat ») pour M. Hernández (6).

La presse locale explose de joie. Les médias internationaux se taisent.

En septembre 2006, scandale (très limité) : on découvre que dix journalistes influents, d’origine cubaine, qui travaillent dans les médias de Miami (7) – Miami Herald, Nuevo Herald, Diario Las Americas, les chaîne Univisión, Telemundo et Canal 41, Radio Mambi – sont régulièrement payés par le gouvernement fédéral pour participer à des programmes de Radio et TV Martí – deux chaînes officielles émettant vers l’île pour appuyer la politique anticastriste – afin de réaliser des opérations de propagande clandestine – ce que, dans le jargon des opérations psychologiques, on appelle « semer l’information ». Ces « professionnels » sont ceux qui, par leurs articles et commentaires, ont contribué à créer le climat qui a entouré l’affaire des « cinq » depuis leur arrestation en 1998 (8).

Le 2 juin 2010, le comité national américain pour la libération des « cinq » – Free The Five – a annoncé sa décision de porter plainte contre le Broadcasting Board of Governors (BBG), entité autonome du gouvernement fédéral responsable de toutes les transmissions financées par ce même gouvernement. Au terme d’une enquête de dix-huit mois, le comité dénonce le paiement par le BBG de 74 400 dollars à des journalistes, afin de créer une atmosphère préjudiciable aux « cinq ». Du 27 novembre 2000 au 8 juin 2001 – c’est-à-dire pendant le procès –, le Nuevo Herald a publié huit cent six articles, et le Miami Herald trois cent cinq, hostiles aux accusés.

Jamais la vérité n’a été aussi nue.

Mais, douze ans après leur arrestation, les « cinq » pourrissent toujours dans les pires établissements pénitenciers américains.

Maurice Lemoine.

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Maurice Lemoine

Auteur de Cinq Cubains à Miami, Don Quichotte, Paris, 2010, 1050 pages, 24 euros.

Version augmentée de l’article paru dans le Monde diplomatique de novembre 2010.

(1) Depuis 1959, les actions armées de l’exil ont fait plus de trois mille quatre cents morts à Cuba.

(2) El Nuevo Herald, 17 septembre 1998. El País, sous le titre « Les 007 de Fidel » (Madrid, 21 septembre 1998), évoquera des « plans de sabotage contre des avions et des aéroports » et le recueil d’« information détaillée sur les hauts commandants du Commandement sud de l’armée des Etats-Unis ».

(3) Contre-révolutionnaires qui ont mené des opérations armées contre la révolution sandiniste, depuis leurs camps du Honduras.

(4) Cubains cherchant à gagner les Etats-Unis sur des embarcations de fortune.

(5) Nés aux Etats-Unis de parents cubains qui ont regagné l’île après le triomphe de la révolution, ils ont tous deux la double nationalité cubaine et américaine, tout comme M. Antonio Guerrero.

(6) Au terme d’un processus judiciaire complexe, les peines de trois détenus ont été réduites, en 2008 : vingt et un ans et dix mois de prison pour M. Guerrero ; trente ans pour M. Labañino ; dix-sept ans et neuf mois pour M. Fernando González.

(7) Parmi eux : Carlos Alberto Montaner, collaborateur du journal conservateur espagnol ABC.

(8) En décembre 2006, Jésus Díaz, président et rédacteur en chef du Miami Herald et du Nuevo Herald a dû démissionner.

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 20:50

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Avec Obama, rien n'a changé pour les Cubains: le blocus continue à être un acte de génocide et de guerre économique qui a coûté à Cuba plus de 750 milliards de dollars en 50 ans

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Article paru initialement sur CubaDebate



Le conflit historique qui caractérise les relations entre les Etats-unis et Cuba depuis plus de 200 ans, trouve son origine dans l'ambition des différents gouvernements nord-américains à contrôler la destinée de Cuba et la détermination constante des cubains à défendre leur droit à être une nation libre, indépendante et souveraine.



Cette ambition a atteint son expression maximale avec le triomphe de la Révolution cubaine en 1959. Dès lors, les gouvernements nord-américains successifs ont utilisé, avec certaines nuances, les mêmes instruments politiques pour détruire la Révolution cubaine. Le blocus économique, commercial et financier, la subversion et la guerre psychologique et de propagande ont été des instruments permanents d'une politique systématiquement dirigée vers cette fin.



Par sa nature, le blocus doit être qualifié d'acte de génocideet d'acte de guerre économique, étant donné que les sanctions unilatérales contre Cuba ont un effet étendu hors du territoire nord-américain sur les entreprises et les citoyens de pays-tiers.



En fait, l'installation d'un nouveau gouvernement démocrate aux Etats-unis, supposément animé par une philosophie de changement, n'a pas non plus signifié un changement essentiel dans la politique de blocus.



Cuba ne peut toujours pas exporter et importer librement des produits et des services vers ou depuis les Etats-unis; il ne peut pas non plus utiliser le dollar nord-américain dans ses transactions internationales ou avoir des comptes en cette devise dans des banques de pays-tiers si il s'agit d'un ressortissant ou d'une entreprise cubaine; on ne lui permet pas non plus d'avoir accès à des crédits de banques aux Etats-unis, de leurs filiales dans des pays-tiers et d'institutions internationales comme la Banque mondiale, le FMI ou la Banque inter-américaine de développement



Les lois Torricelli et Helms Burton, toujours en vigueur, et leur application extra-territoriale continue d'empêcher le commerce de Cuba avec des filiales d'entreprises nord-américaines dans des pays-tiers, tout comme elles menacent d'appliquer et appliquent des sanctions aux entrepreneurs qui désirent investir à Cuba, tout en rendant difficile et coûteux le transport maritime de marchandises entre Cuba et des pays tiers, en interdisant pour 6 mois l'entrée dans les ports des Etats-unis des navires qui s'arrêtent dans des ports cubains ou transportent des marchandises pour le compte de Cuba, ou alors on empêche l'accès aux navires avec équipages cubains même quand ils naviguent avec le pavillon d'un pays-tiers.



En outre, le gouvernement actuel nord-américain, violant les normes internationales élémentaires, continue à utiliser la subversion politique comme une arme dans son affrontement avec Cuba. A fin d'impulser les programmes subversifs, furent accordés un total de 40 millions de dollars pour les années 2009 et 2010.



Depuis l'adoption de la résolution 64/6 pour l'Assemblée générale des Nations unies, le 28 octobre 2009, jusqu'à aujourd'hui, ont été maintenues et renforcées les principales mesures de blocus contre Cuba, matérialisées par des sanctions économiques encore plus dures et la persécution des activités économiques et des transactions financières cubaines.



Les dégâts économiques directs occasionnés au peuple cubain par l'application du blocus économique, commercial et financier des Etats-unis contre Cuba jusqu'en décembre 2009, à prix courants, calculés d'une manière très conservatrice, s'élève à un chiffre qui dépasse les 100 milliards de dollars.



Ce montant serait porté à 239 milliards de dollars, si le calcul était réalisé en prenant comme base l'inflation des prix à la consommation aux Etats-unis, en utilisant le calculateur CPI du Département du Travail Etats-unien.



Si on prend en compte que la valeur du dollar, mesuré en termes de la cote de l'or sur le marché financier international, a été réduite plus de 30 fois depuis 1961 date à laquelle le prix de ce métal était fixé à 35 dollars l'once Troy jusqu'à fin 2009, où il est parvenu à dépasser la barre des 1 000 dollars, les dommages totaux causés à l'économie cubaine seraient de l'ordre de 751 milliards de dollars.



L'administration du président Barack Obama: continuité dans la politique du blocus



Le 28 mars 2009, le vice-président des Etats-unis, Joseph Biden, dans le cadre du Sommet des leaders progressistes, au Chili, déclarait à la presse que le gouvernement de son pays ne lèverait pas le blocus envers Cuba. Le 7 avril de la même année, le porte-parole du Département de l'État, Robert Wood, dans une conférence de presse a déclaré: « Je pense que nous avons été très clairs sur le fait que nous ne considérons pas le moment opportun pour lever le blocus ».



Le 19 avril 2009, le conseiller de Obama, David Axelrod, dans une interview à la chaine télévisée CBS, à la question si il existait la moindre idée à la Maison blanche de lever l' « embargo », répondit: « nous en sommes loin ».



Ce même jour, le conseiller économique du président Obama, Lawrence Summers, dans une interview à la chaîne NBC, a déclaré se référer à la levée du blocus: « Ce n'est pas pour demain, et cela dépend de ce que fait Cuba, Cuba sait ce qu'il doit faire depuis longtemps et cela dépend d'eux, pour ce qui est de leurs politiques, leur démocratisation et toutes les mesures qu'ils peuvent prendre (…) c'est une question qui sera tranchée sur la base du comportement de Cuba. »



Il est donc clair que le gouvernement des Etats-Unis ne nourrit aucune intention de produire un changement dans sa politique vis-à-vis de Cuba, ni de se conformer aux résolutions réitérées de l'Assemblée générale des Nations Unies qui demandent au gouvernement de ce pays de mettre fin au blocus économique, commercial et financier contre Cuba. Au contraire, le gouvernement des Etats-Unis continue à poser comme conditions à un changement de sa politique envers Cuba des exigences et des restrictions interventionnistes inacceptables.



Bien qu'il ait pu compter avec une considérable base de soutien politique au Congrès, dans la presse, dans l'opinion publique et auprès du patronat, qui transcendait un quelconque consensus précédent dans la société nord-américaine par rapport à la politique vis-à-vis de Cuba, ce qui aurait pu permettre d'agir avec un haut niveau d'autonomie, le Président Obama s'est tenu bien en-deçà des attentes créées par son discours compte tenu des revendications de divers secteurs de la société nord-américaine et de la communauté internationale, tout comme de ses prérogatives lui permettant de modifier des aspects significatifs de la politique du pays, même sans l'intervention du Congrès.



En vertu de ces prérogatives et s'il existait la volonté politique à cette fin, le président Obama aurait eu la capacité d'assouplir de manière significative le blocus contre Cuba. Dans ce sens, et sans que soit nécessaire un quelconque aval du Congrès, le Président aurait pu prendre une série de mesures d'assouplissement:





  • Étendre substantiellement les voyages de nord-américains et d'étrangers résidant aux Etats-unis, par une interprétation large des 12 catégories de voyage fixées par la Loi (par exemple, extension des voyages éducatifs, des permis pour participer à des conférences professionnelles, des échanges universitaires, scientifiques, estudiantins, culturels, sportifs, religieux, et autorisation des projets humanitaires, entre autres).



  • Éliminer les limites concernant les dépenses liées aux voyages, comme celles sur le logement, la nourriture et les transports locaux, que les nord-américains et cubains résidant aux Etats-unis peuvent avoir quand ils visitent Cuba (les nord-américains, y compris les cubains-américains, après l'amendement sur la Loi de Finances 2009, ne peuvent dépenser plus que les limites fixées pour les dépenses de voyage – c'est-à-dire pour les voyages hors de ceux des fonctionnaires nord-américains – qui sont actuellement de 179 dollars par jour).



  • Supprimer l'interdiction de l'usage des cartes de crédit et de débit, des chèques personnels, des chèques de voyage, émis tant par les banques des Etats-unis que par celles de pays-tiers.



  • Élargir la liste des aéroports des Etats-unis autorités pour faire décoller des vols charter vers Cuba (actuellement seuls trois sont autorisés: Miami, New York et Los Angeles).



  • Permettre le développement de services de ferry entre les Etats-unis et Cuba.



  • Autoriser toutes les agences de voyages des Etats-unis à organiser des voyages à Cuba, ou assouplir les conditions et les procédures en vigueur pour que les agences de voyage obtiennent les permis nécessaires à cette activité (actuellement 150 agences sont autorisés, moyennant des permis spécifiques).



  • Autoriser les voyageurs qui visitent Cuba à acheter des produits cubains et à les ramener aux Etats-unis, pour leur usage personnel ou comme cadeaux, et éliminer les limites quant à leur valeur (jusqu'à présent, la seule chose qu'ils pouvaient rapporter était des journaux, y compris des pièces artistiques).



  • Éliminer l'introduction faite aux entreprises cubaines de participer au transport de visiteurs des Etats-unis, vers et depuis Cuba, ou de visiteurs de Cuba vers et depuis les Etats-unis.



  • Permettre certaines relations bancaires, en tant que banques à co-responsabilité et ouverture de comptes par des entités cubaines dans des banques des Etats-unis, pour faciliter les exportations agricoles.



  • Éliminer l'interdiction qui empêche aux embarcations qui transportent des produits agricoles à Cuba, de charger des marchandises dans notre pays bien que leur destination soit un pays-tiers.



  • Étendre la liste des produits qui peuvent être exportés à Cuba pour y inclure, par exemple, les insecticides, les pesticides, les herbicides, les équipements agricoles et, y compris, les meubles faits de bois et les vêtements fabriqués avec des matériaux d'origine animale ou végétale.



  • Permettre des formes plus larges de collaboration dans le développement, la commercialisation et la fourniture de médicaments et de produits bio-médicaux d'origine cubaine.



  • Autoriser l'importation de médicaments et de produits médicaux d'origine cubaine, et que les exportateurs cubains soient payés en conséquence.



  • Autoriser l'exportation de médicaments et d'équipements qui peuvent être utilisés dans la production de produits bio-technologiques cubains.



  • Donner l'instruction aux représentants des Etats-unis dans les institutions financières internationales de ne pas bloquer l'octroi de crédits et d'autres facilités financières à Cuba.



  • Assouplir ou éliminer l'interdiction de l'usage du dollar dans les transactions internationales de Cuba



  • Permettre aux filiales étrangères d'entreprises nord-américaines de réaliser des transactions déterminées avec Cuba, comme dans les services financiers, les assurances, les services et investissements (la Loi Torricelli interdit le commerce de marchandises, mais pas les transactions évoquées).



  • Lever les interdictions instaurées par la Loi Torricelli par rapport aux navires: celle qui empêche l'entrée dans des ports Etats-uniens, pendant 180 jours, des navires de pays-tiers qui ont transporté des marchandises à Cuba; et celle qui rend impossible l'entrée dans des ports Etats-uniens de navires qui transportent des marchandises ou de passagers vers ou depuis Cuba (la Loi Torricelli et les réglementations pour sa mise en place autorisent le président à émettre des permissions).



  • Exclure Cuba de la liste des Etats soutenant le terrorisme international. Cette liste fut publiée pour la première fois, en 1982, sous l'administration Reagan et a été maintenue telle que jusqu'à présent. Elle entraîne l'application de certaines sanctions bien précises.



Principales mesures de continuité du blocus adoptées par le gouvernement des Etats-unis:



Le 11 septembre 2009, le président Obama, s'emparant d'un reliquat historique qu'est la Loi de commerce avec l'ennemi de 1917, considérée comme une des lois régissant la politique du blocus, a notifié au Secrétaires d'Etat et du Trésor qu'il était d' « intérêt national » de maintenir les sanctions économiques contre Cuba.



Le 15 novembre 2009, l'agence de presse DPA a publié un article affirmant que l'entreprise Mozilla, fabriquant du navigateur Internet Firefox, excluait les usagers de Cuba et d'autres pays soumis à des sanctions, de participer à un concours de programmation.



En décembre 2009, on apprenait que le secrétaire adjoint d'Etat pour les Affaires de l'hémisphère occidental, Arturo Valenzuela, avait envoyé une lettre au sénateur George Le Mieux (Républicain/Floride), dans laquelle il soulignait que le Département d'Etat continue à appliquer les sanctions prévues dans le cadre du titre IV de la Loi Helms-Burton.



Le 21 janvier 2010, la Commission fédérale des communications (FCC, en anglais) a publié un Avis public – à partir des instructions reçues le 12 de la part du Département d'Etat – annonçant que Cuba sera maintenue dans la liste d'exclusion de la FCC et que l'organisme continuera à travailler en étroite coordination avec le Département d'Etat dans l'application de la politique de communications envers Cuba, malgré les nouvelles procédures visant à solliciter des permis dans le but de fournir des services de télécommunications à Cuba, qui est de ne pas permettre d'investissements en infrastructure à Cuba liés à ce type de services.



Le 28 janvier 2010, le site softlibre.barrapunto.com informait que SourceForge, une centrale pour le développement de logiciels qui contrôle et gère divers projets de logiciels libres, avait bloqué l'accès à des pays contre lesquels les Etats-unis appliquent des sanctions économiques uni-latérales, parmi eux Cuba. Le site affirme que, par cette décision, sont violés deux des principes de la Open Source Initiative (OSI), organisation dédiée à la promotion du logiciel libre: pas de discrimination envers les personnes et pas de discrimination envers les secteurs d'activité.



Réaffirmant la continuité du blocus, le 24 février 2010, le président Obama a reconduit la Proclamation présidentielle 6867 intitulée « Poursuite de l'Urgence nationale envers Cuba et de l'Autorité d'urgence sur la régulation du mouillage et du mouvement de navires », adoptée en 1996, tout comme la Proclamation 7757 de 2004, laquelle étendit l'état d'urgence national vis-à-vis de Cuba pour empêcher l'entrée de bateaux de plaisance des Etats-unis dans les eaux cubains, comme une façon de renforcer le blocus économique.



Le 8 mars 2010 dernier, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor a annoncé de nouvelles réglementations sur les services d'Internet pour Cuba.



Est mis en place un cadre légal pour que les entreprises des Etats-unis et ses filiales à l'étranger offrent certains services Internet aux individus Cubains, ce qui n'était pas expressément permis auparavant. Ces services comprennent: messagerie instantanée, chat, courrier électronique, réseaux d'interaction sociale, navigation, création de blocs et échange de photos et de vidéos.



Le document de l'OFAC indique clairement ce qui n'est pas autorisé:



  • L'exportation – directe ou indirecte – de services Internet aux fonctionnaires de haut rang du gouvernement de Cuba ou du Parti.



  • L'exportation – directe ou indirecte – de services de connexion Internet ou d'installations de transmission de télécommunications (tout comme des installations satellite ou des lignes ayant cet objectif)



  • L'exportation – directe ou indirecte – de services de serveurs qui soient autres que pour assurer les communications personnelles et de services d'enregistrement de domaine (par exemple, les extensions: net, edu, gov, entre autres).



  • L'usage des services Internet à des fins commerciales.



Les ambitions subversives de ces mesures ont été ouvertement reconnues par les fonctionnaires du gouvernement nord-américain.



Tout ce qui a été dit précédemment confirme le caractère politique de la manière dont le gouvernement des Etats-unis traite la question des communications avec Cuba. Dans cette sphère non plus, la politique du blocus n'a pas été assouplie, ni n'existe l'intention de développer une communication normale avec Cuba. Dans d'autres domaines, l'intérêt primordial continue d'être l'installation de canaux qui facilitent son travail de subversion. Cette régulation s'applique également à d'autres pays auxquels les Etats-unis imposent des sanctions économiques. D'une part, il cherche à éviter que notre pays récolte des bénéfices provenant de ces activités, et, d'autre part, il tente d'influer directement sur les individus dans le cadre de ses desseins subversifs envers notre pays.



De la même manière et avec des objectifs subversifs similaires, Cuba a dû faire face également à l'agression radio-électronique depuis le territoire des Etats-unis. En violation des normes du Droit international, depuis ce pays sont émises chaque semaine vers Cuba plus de 2 000 heures d'émission, par 30 fréquences différentes, en utilisant 19 émetteurs de radio et de télévision. Ces émissions créent des interférences préjudiciables pour nos services nationaux, et certaines d'entre elles appellent à la violence et l'assassinat, pousse à l'émigration et à la désertion de spécialistes et de techniciens, falsifient et déforment les faits sur la réalité cubaine et promeuvent la destruction de l'ordre constitutionnel légitimement établi et approuvé par le peuple cubain.

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:08

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http://www.lindependant.com/articles/2010-10-18/bloc-notes-blfx-lnameq-bloc-notes-br-exposition-d-art-cubain-br-jusqu-au-22-octobre-dans-les-caves-ecoiffier-70-portraits-originaux-de-che-guevara-ine-267886.php

BLOC-NOTES
Exposition d'art cubain.

Jusqu'au 22 octobre dans les caves Ecoiffier : 70 portraits originaux de Che Guevara inédits en France (photographe Liborio Noval); 10 peintures à l'huile de femmes nues, sur de véritables feuilles de tabac par Bernal Milton et 41 oiseaux endémiques d'Amérique Latine, réalisés par Antonio Guerrero au pastel depuis le pénitencier où il est incarcéré aux USA.
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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 21:58

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Cinq cubains à Miami de Maurice LEMOINE

Sortie le 7 octobre 2010

Documenté aux meilleures sources,

un roman plus « vrai » qu’un document.

 

 


6 octobre 1976, La Barbade : un attentat détruit en vol un DC-8 de la Cubana de Aviación (soixante-treize morts).

12 avril au 4 septembre 1997 : une série d’explosions frappe les hôtels de La Havane. À l’origine de ces actions terroristes qui, depuis 1959, ont fait plus de 3 400 morts à Cuba : Miami ; la très honorable « Fondation » ; quelques personnages ténébreux : Luis Posaril, Pepper Nández, Jorge Maskano, le docteur Orlando… Une même obsession les habite : en finir avec le régime et faire la peau de Fidel Castro.

Début des années 1990 : les services de renseignement cubains agissent. À leur instigation, cinq hommes abandonnent leurs familles et partent pour la Floride, « trahissant » la révolution – Gerardo, Tony, Fernando, Ramón et René. Agissant clandestinement, prenant des risques, jouant au chat et à la souris, prêchant le faux pour savoir le vrai, ils infiltrent les réseaux criminels. La qualité des informations qu’ils recueillent et transmettent permettent à La Havane de communiquer au FBI, par l’intermédiaire du président Clinton, un dossier exhaustif et précis sur les commanditaires de ces opérations résidant en territoire américain.

 

Las ! Ce sont ces cinq agents qu’arrêtera le FBI, en septembre 1998. Jugés à Miami – une ville que l’anti-castrisme radical tient complètement – ils seront condamnés au terme d’un procès ubuesque à des peines démesurées – de quinze années à perpétuité – pour avoir « espionné les États-Unis ».

Les personnes, lieux et événements présentés dans ce roman devraient, selon la formule consacrée, être entièrement imaginaires. Néanmoins, ils rappellent, à de nombreux égards, l’histoire d’une île – Cuba –, d’une ville – Miami – et de cinq Cubains incarcérés dans les pires établissements pénitenciers américains : Gerardo Hernández, Ramón Labañino, René González, Fernando González et Antonio Guerrero.

 

 

Mêlant fiction (très peu) et réalité (beaucoup), Cubains de l’île et cubanos de Miami, personnages connus (Fidel Castro, George Bush père et fils, Bill Clinton) et anonymes, terroristes internationaux et agents de la CIA, emmenant le lecteur de Cuba à l’Angola, du Salvador au Nicaragua, de l’Union soviétique aux États-Unis, ce roman haletant raconte la guerre secrète qui oppose Cuba et ses opposants de l’exil, l’histoire tumultueuse des relations entre La Havane et Washington, mais lève aussi le voile sur l’un des scandales judiciaires majeurs de notre temps.

 

 

Le 27 mai 2005, le Groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unies (GT) a émis l’opinion que la privation de liberté des Cinq a « un caractère arbitraire » et a requis du gouvernement des États-Unis qu’il adopte « les mesures nécessaires pour remédier à cette situation ».

Dix prix Nobel ont lancé un appel en faveur des Cinq : José Ramos-Horta, Wole Soyinka, Adolfo Pérez Esquivel, Nadine Gordimer, Rigoberta Menchú, José Saramago, Zhores Alferov, Darío Fo, Günter Grass, Mairead Corrigan Maguirre.

Le 16 juin 2009 la Cour suprême des États-Unis a annoncé qu’elle ne réexaminera pas cette affaire.

Un Comité international pour la liberté des Cinq a été créé. Face à l’intransigeance de Washington, c’est sur le terrain de la solidarité internationale que l’affaire sera résolue.

 

Écrivain, journaliste, spécialiste de l’Amérique latine, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, Maurice Lemoine a notamment publié : Sucre amer (Encre, 1980) ; Los compañeros (Encre, 1982) ; Les Cent portes de l’Amérique latine (L’Atelier, 1990) ; Amérique centrale : Les naufragés d’Esquipulas (L’Atalante, 2002) ; Chávez Presidente (Flammarion, 2005).

 

Ouvrage publié avec le soutien de Mémoires des Luttes. www.medelu.org

Éditions Don Quichotte - 13, rue Séguier 75006 Paris.
contact@donquichotte.com
www.donquichotte-editions.com

Pour toute demande d’entretien, intervention publique, conférence, rencontre-débat sur l’affaire des Cinq de Miami : mlemoineau@gmail.com

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 12:29

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Viktor DEDAJ

DU « GOULAG TROPICAL » AU « DESERT DES TARTARES »

A force de sortir précipitamment leurs valises à chaque annonce de l’imminence de la « chute du régime castriste » et de les ranger aussitôt devant le constat amer d’une fausse alerte, les anticastristes primaires sont probablement les seuls à posséder des valises usées jusqu’à la corde mais qui n’ont jamais servi.

Voici un enregistrement effectué il y a deux ans au lendemain de la passation de pouvoir de Fidel Castro à Raoul : « ah, ça y’est, c’est la fin du régime ». Le léger tremblement d’émotion à la fin sont dues aux larmes de joie versées par Jacobo Machover, anticastriste primaire et notoire, qui écrivait au même moment dans le Nouvel Observateur que Fidel Castro « était probablement déjà mort ». Comme on peut le constater, Fidel était bel et bien déjà mort - de rire.

Et voici maintenant un autre enregistrement (prêtez bien l’oreille) : « ah, ça y’est, c’est la fin du régime ». Celui-ci a été effectué lors de l’annonce de la « dédollarisation » de l’économie Cubaine en 2004.

Comment s’en lasser ?

1996 - adoption de la loi US Helms-Burton : « ah, ça y’est, c’est la fin du régime ».
1993 - « dépénalisation du dollar » : « ah, ça y’est, c’est la fin du ».
1992 - adoption de la loi US Torricelli : « ah, ça y’est, c’est la fin ».
1991,1990,1989 - chute de l’Union Soviétique et introduction du tourisme de masse à Cuba : « ah, ça y’est, c’est la ».
1975 - intervention militaire cubaine en Angola pour repousser les troupes racistes sud-Africaines. « ah, ça y’est ... ».
1966 - adoption de la loi sur l’immigration « Cuba Adjustment Act » : « ah, ça... ».
1961,1960 - premières tentatives de sabotage économique de la part des Etats-Unis : « ah... »
1959 - Révolution cubaine : « rassurez-vous, Mister President, cette révolution ne durera pas 6 mois »

L’anticastriste primaire annonce la « fin du régime » à Cuba comme l’idiot du village saharien annonce chaque matin la pluie. Oui, je sais, même au Sahara il arrive de pleuvoir, et peut-être qu’un matin il pleuvra pour de vrai, mais ça ne rendra pas l’idiot du village plus intelligent pour autant. Alors, lorsque les autorités cubaines ont annoncé récemment la suppression de 500.000 postes du secteur public d’ici le mois de mars 2011, que croyez-vous qu’il arriva ?

Faire et refaire la même erreur pendant cinquante ans, ça doit bien avoir un nom ?

DES PETITES PHRASES AUX ONOMATOPEES ?

Il serait évidemment tentant de s’attarder sur la « petite phrase » de Fidel Castro. Et ce serait assez typique du fonctionnement des médias et des pratiques du monde politique chez nous. A quoi bon dérouler une pensée ou expliquer une situation ? A l’allure où vont les choses, même les « petites phrases » seront de trop et un jour on n’aura plus droit qu’aux onomatopées.

Un journaliste : « Il a dit QUOI ??? »
Un autre journaliste : « Hum, je crois qu’il a dit "Oh" »
Un journaliste : « C’est bon, on le tient. On ouvre le journal de 20h avec ça, les gars ».

Mais il y a ceux qui commettent systématiquement l’erreur de tenter de comprendre Cuba à travers Fidel Castro alors que pour comprendre Fidel Castro il faut d’abord avoir compris Cuba.

Pour un homme réputé pour ses « discours fleuves », il y a une certaine ironie à s’attarder sur une poignée de mots. D’ailleurs, Fidel n’a jamais fait de « discours fleuves ». Fidel a fait de longues interventions, nuance. Les « discours », c’est ce que prononcent nos responsables politiques à nous, ceux qui font des promesses qui n’engagent que ceux qui les croient. Ceux qui promettent une chose en campagne électorale et qui font le contraire une fois élus. Ceux qui embauchent des doués de la plume pour leur tourner de belles « petites phrases » qui feront le buzz de la semaine. Le discours, c’est pour celui qui n’a pas honte de prononcer quarante fois (sic) le mot liberté dans une intervention de 20 minutes (sic), exploit réalisé par George Bush, par exemple. Un discours, chez nous, c’est l’opération qui consiste à trouver les mots justes pour remporter l’adhésion d’une population à une politique injuste.

Alors oui, dans ce cas, un discours de deux heures, d’une demie-heure et même de dix minutes, c’est long. Moi, j’entends « Français, Françaises... » et ça y est, je baille.

Fidel Castro ne faisait pas de discours, Fidel délivrait des cours magistraux à la population cubaine. Il ne promettait pas du sang, des larmes et de la sueur, comme ça, juste pour entrer dans le dictionnaire des citations ; il « expliquait » à la population et la conviait à ses côtés, pour lui préciser quel sang, pourquoi des larmes, avec quelle sueur. Oui, expliquer exige un effort, une analyse, une compréhension, les mots pour le dire, la volonté de le faire et du temps. Essayez de retrouver un seul de ces éléments parmi nos responsables et on en reparlera.

C’est ça la politique chez nous. Dites « je vous aime » et vous passerez au 20h de TF1. Dites pourquoi et comment « je vous aime » et vous aurez de la chance si vous arrivez à vous caser à 23h30 sur ARTE.

LE PREMIER DEVOIR D’UN FONCTIONNAIRE...

Ca fait vingt ans et plus que les médias nous serinent que « le peuple cubain a envie de changement », « il faut que ça bouge », « l’immobilisme cubain », etc. Si le régime ne bouge pas (sous-entendu vers plus de libéralisme) ça va péter. Et lorsque le régime bouge (vers ce qui est décrit comme plus de libéralisme) ça va péter aussi. Ca fait aussi vingt ans et plus que les mêmes médias aiment à répéter qu’un « Cubain qui travaille dans le privé gagne en un jour ce que son père fonctionnaire gagne en un mois ». Autrement dit, toujours selon la logique des médias, dans les prochains mois, 500.000 cubains vont voir leur revenus multipliés par 30. Qui dit mieux ?

Toujours selon les commentateurs des médias, cette soudaine et massive « libéralisation » est le signe patent d’un échec et la fin d’un modèle (encouragés qu’ils étaient par la récente « petite phrase » prononcée par Fidel Castro).

On en déduirait que le « modèle cubain » reposait sur l’idée suivante : faire une révolution à 150km de Miami pour pouvoir embaucher un maximum de fonctionnaires.

Ainsi, la célèbre phrase « le premier devoir d’un révolutionnaire, c’est de faire la révolution » n’aurait été qu’une mauvaise traduction de « le premier devoir d’un fonctionnaire, c’est de faire remplir le formulaire ». Et « socialismo o muerte » en réalité voulait dire « nous sommes ouverts de 9h30 à 11h00 et de 13h45 à 16h30, du mardi au jeudi ». Vous avez cru comprendre « soyons réalistes, demandons l’impossible » ? Que nenni. Il fallait comprendre « revenez demain avec tous les documents ».

Qui pourrait résister à un tel objectif - au point d’y consacrer (et risquer) sa vie ?

CUBA : UN « MODELE » DE RESISTANCE

Certains prédisent que la société cubaine « n’y résistera pas ». Alors remontons par exemple à l’année 2003, lorsque l’industrie sucrière à Cuba, qui était une des principales ressources économiques du pays, a été réduite de moitié. 200.000 travailleurs ont alors « perdu leur emploi », selon la terminologie consacrée. Prenons un pari peu risqué : si les travailleurs et leurs familles s’étaient retrouvés à vagabonder et mendier sur les routes, comme cela se serait passé en d’autres temps ou en d’autres lieux, il ne fait aucun doute que les médias du monde entier se seraient précipités pour illustrer « la faillite du modèle cubain ». Mais les médias n’ont pas pipé mot. Nous racontons dans notre livre Cuba est une île (D. Bleitrach et V. Dedaj avec la participation de J-F Bonaldi) comment les suppressions d’emploi ont été accompagnées par des restructurations, des reconversions, etc., pour aboutir à ce qu’aucun travailleur ne soit abandonné à son sort.

Cette année-là, la société cubaine a résisté, et bien résisté. Comme elle a résisté aux cyclones. Comme elle a résisté à la dollarisation/dédollarisation. Comme elle a résisté au tourisme. Comme elle a résisté à la Période Spéciale. Comme elle a résisté aux lois Torricelli, Helms-Burton et autres plans de l’administration US visant à fournir à Cuba « une assistance pour une transition vers la démocratie ». Comme elle a résisté à l’agression économique et paramilitaire la plus longue de toute l’histoire.

A observer le « modèle cubain », la seule chose que l’on puisse affirmer avec certitude, vue d’ici, est qu’il a maintes fois démontré sa capacité à absorber des changements qui auraient été vécus ailleurs comme de véritables traumatismes.

Jacques-François Bonaldi, à la Havane, précise : « Le licenciement durant plusieurs fois concernera 500 000 travailleurs (à terme, ce sera un total d’un million), et non 500 000 fonctionnaires. La mesure touche l’ensemble de l’activité économique, et non les employés de l’administration publique. Je rappelle qu’à Cuba, l’énorme majorité de l’activité économique est aux mains de l’État. » et rappelle que « cette énorme quantité de travailleurs excédentaires est tout simplement le fruit aussi bien des bienfaits que des méfaits d’un socialisme cubain qui s’est toujours voulu et continue de se vouloir à la mesure de l’homme et non de l’économie, de la parfaite utopie qui voulait, dans un pays pauvre (et victime d’un blocus), en faire plus que ne pouvaient les conditions matérielles , de vouloir forcer le destin au point de convertir « l’étude en une forme d’emploi » (ce qui sera aussi supprimé, ainsi que d’autres formes de subventions). Bref, qui continue de croire dans un monde qui n’y croit plus (guère : il reste encore quelques îlots) qu’un autre monde est possible. »

Une telle capacité ne s’obtient pas avec des bataillons de consultants élevés en batterie dans des « sociétés d’audit et de conseil », mais par un « modèle » dont les observateurs ici n’ont apparemment toujours pas compris la nature exacte.

Alors la société cubaine résistera-t-elle cette fois-ci ? Si vous me posez la question, je vous répondrai « probablement ». Si vous posez la question à l’idiot du village saharien, il vous répondra « j’ai mal aux genoux, signe qu’il va pleuvoir ».

TOUT ENTENDRE, TOUT VOIR ET TOUT SUPPORTER

Mais la censure exercée par les médias et le discours servi sur les antennes par les anticastristes un tantinet mythomanes peuvent parfois faire illusion. Comme cette écrivaine qui s’est réinventé un passé pour s’attirer les sympathies du monde de l’édition, qui tient un langage « progressiste » ici et défendra l’agression contre l’Irak ailleurs. Comme cet autre écrivain qui admet (hors antenne) à un journaliste qu’il s’était « récemment » rendu à Cuba alors même qu’il avait insisté et répété sur France Inter qu’il était « exilé », « interdit de séjour » et qu’on lui « refusait le visa pour revoir le pays où il était né ». Comme cette blogueuse sacrée « une des personnalités les plus influentes au monde » par le presse US mais qui s’avère être incapable d’aligner trois phrases cohérentes lorsqu’elle est interviewée. Comme ce « spécialiste » membre d’un « centre d’études » qui lance une nouvelle légende urbaine sur Cuba en déclarant sans hésitation que le « principal fournisseur d’aliments à l’île sont les Etats-Unis ». Comme ce « prisonnier politique » gréviste de la faim qui se trouvait enfermé pour cause d’un coup de machette malencontrueux et qui n’avait de politique qu’une tardive reconversion au martyr. Comme ce « poète emprisonné » poseur de bombes. Comme les sidatoriums, « prisons pour sidéens », etc.

L’anticastrisme mène-t-il à tout ? L’expérience démontre qu’il ne mène pas souvent vers la vérité et assez fréquemment vers les studios.

GRATTEZ UN ANTICUBAIN, VOUS TROUVEREZ UN REACTIONNAIRE

Comme si cela ne suffisait pas, une fois ce brouillard dissipé, il reste encore à se coltiner les errements de la Gauche la Plus Conne de la Planète (la nôtre), celle dont José Saramago disait qu’elle « n’a pas la moindre putain d’idée du monde dans lequel elle vit ». Lorsqu’il s’agit de Cuba, la voilà soudainement détroussée de tout esprit critique, du moindre recul, de la méfiance la plus élémentaire. On remarquera que c’est souvent la même qui avale tout ce qui a eut été raconté sur l’Irak, tout ce qui s’est raconté sur le Venezuela, tout ce qui se raconte sur l’Iran, et tout ce qui se racontera sur le prochain sur la liste.

Dans ce domaine, Cuba est un instrument de mesure à l’efficacité redoutable, un véritable détecteur d’opportunistes et de retourneurs de vestes en tous genres.

Prenez un José Bové, par exemple. Longtemps icône de l’altermondialisation, José Bové, lors de la campagne de récolte de signatures pour sa candidature à l’élection présidentielle, s’est cru en devoir de se démarquer de Cuba, où il avait été très correctement reçu et où il avait pu s’exprimer librement – de son propre aveu dans son propre livre. Sans même y avoir été invité, il s’est lancé dans deux diatribes consécutives contre ce pays pour se poser en victime et inventer une expulsion et une censure inventées de toutes pièces. (1) Ses futurs renoncements et compromissions s’annonçaient et Cuba en fut l’annonciatrice.

J’invite le lecteur à tenter l’expérience suivante : prenez une personnalité. Examinez ses positions, ses déclarations sur Cuba. Comparez avec le reste de ses actions et positions. Ca ne rate pour ainsi dire jamais et ça vous fera gagner beaucoup de temps.

Autrement dit, c’est tellement plus simple de « balancer » sur Cuba pour s’acheter un passe-droit dans les médias que cela en dit long sur l’esprit qui est derrière. Et lorsque pour ces cinq minutes de gloire on est prêt à passer par-dessus bord une extraordinaire aventure humaine et qu’on n’a plus que les mots « droits de l’homme » et « démocratie » à la bouche, vous pouvez être sûr et certain que le dernier de ses soucis sont - justement - les droits de l’homme et la démocratie.

Pour paraphraser Lénine, « grattez un anticubain, vous trouverez un réactionnaire ».

UNE SOLIDARITE PLUS GRANDE QUE L’ILE

Comment éviter l’éternelle comparaison avec les anciens pays communistes de l’Est ? Comment éviter d’entendre « oui, oui, on nous a déjà fait le coup, mais la réalité est... ». Soulignons le phénomène suivant : dans le cas des ex-pays communistes, les visiteurs sympathisants a priori revenaient « plutôt déçus » (le degré de déception pouvant énormément varier d’un pays à l’autre, d’ailleurs). Dans le cas de Cuba, c’est plutôt le phénomène contraire - et il ne fait que s’amplifier au fur et à mesure que la réalité de l’île est connue de visu. Je ne parle évidemment pas du visiteur qui pense que le président s’appelle Che Guevara (véridique) ni de celui qui voit des statuettes de José Marti devant toutes les écoles et s’exclame « Ha ! Lénine, bien-sûr ! » (véridique) ni de celle qui râle parce qu’elle ne trouve pas sa marque d’après-shampooing et « qu’il doit bien y avoir un Monoprix quelque part sur cette foutue île, quand même ? »

Le fait est que nous sommes nombreux à défendre Cuba. Je l’affirme avec une grande sérénité, car lorsque tous les médias relaient les appels à manifester contre Cuba lancés par Reporters Sans Frontières et que les manifestants se retrouvent à 12 (littéralement) devant l’ambassade, les contre manifestants, mobilisés par la bouche à oreille, se comptent par centaines. Du dirigeant d’un mouvement de jeunesse de droite (eh oui), aux communistes « purs et durs », en passant par les sans-carte, l’éventail politique de la solidarité avec Cuba est large et ne correspond en rien à l’image « crypto » assénée par les médias. On trouvera aussi des dirigeants d’églises protestantes, un ancien ministre de la Justice US, d’anciens représentants des Etats-Unis à Cuba, des prix Nobel à la pelle, etc. La liste est impressionnante par sa longueur et sa diversité et devrait mettre la puce à l’oreille de plus d’un critique.

Il y a bien une raison à cela et ce n’est pas le « modèle bureaucratique » présenté par les médias qui peut l’expliquer.

Alors je ne sais pas ce que Fidel avait à l’esprit lorsqu’il a parlé de « modèle » en répondant à un journaliste occidental réactionnaire. Mais on dit aussi que le poisson ne perçoit pas la nature de l’eau... (Notons au passage qu’il a souvent été dit que le premier dissident de l’île était Fidel lui-même dont les critiques et mises en garde ont toujours jalonné l’histoire de la révolution cubaine.)

Mais si vous voulez la définition d’un « modèle cubain », je vous propose modestement celui-ci.

PARLONS DE MODELE, MAIS MODELE DE QUOI ?

Prenez la France. Installez-la sur une table. Invitez vos amis et voisins et demandez-leur « que voyez-vous ? »

« Des mangeurs de grenouilles » dit l’Anglais. « Des types qui se lavent pas souvent » dit le Latino. « Des grandes-gueules » dit l’Allemand. « C’est joli, mais qu’est-ce que c’est ? » demande l’Américain.

Vous pouvez prendre n’importe quelle société et l’analyser selon plusieurs axes.

Alors que certains ne verront à Cuba que des magasins moyennement achalandés, d’autres remarqueront la distribution équitable sur toute l’île des rares denrées. Certains ricaneront au diplômé qui conduit un taxi. D’autres s’émouvront d’un fils d’ouvrier qui a pu faire de hautes études. Certains feront remarquer qu’un médecin cubain pourrait gagner mille fois plus à Miami. D’autres s’étonneront de voir tous ces médecins qui restent. Certains rappelleront que des Cubains rêvent de tenter leur chance aux Etats-Unis (car ils savent qu’ils seront reçus comme des rois). D’autres se souviendront que les enfants des bidonvilles de Bogota qui trompent leur faim en sniffant des chiffons imbibés d’essence ne sauraient même pas vous dire dans quelle direction se trouvent les Etats-Unis. Certains se lamenteront que les Cubains ne travaillent pas. D’autres s’étonneront que les Cubains arrivent à vivre sans travailler.

LE MODELE CUBAIN : « L’ANNONCE DE MA MORT EST TRES EXAGEREE »

Personne, je crois, n’est solidaire de Cuba à cause du nombre de salariés employés par l’Etat. Jamais des larmes d’émotion ne nous sont montées aux yeux devant la répartition des employés entre le secteur public et le secteur privé. « Combien vous dites qu’ils sont ? 80 % ? C’est tellement beau que j’ai envie de pleurer... ». Vraiment ? Pour comprendre si peu, il faut n’avoir rien compris du tout.

Je ne vais pas vous rechanter le couplet de toutes les réussites sociales à Cuba. D’ailleurs, la réussite peut-elle être un critère de jugement ? Lorsque la réussite devient le critère de jugement, nous ne faisons que reproduire les valeurs du libéralisme, n’est-ce-pas ? Mario Bennedetti disait que « le développement [économique] n’est pas en soi une qualité éthique, ni une valeur morale ». Il y a aussi la question des priorités face aux possibilités. Il y a des pains partagés, mêmes secs, qui contiennent plus d’humanité que toutes les bonnes oeuvres d’un Bill Gates.

Nous ne sommes pas solidaires de Cuba à cause de tous les enfants scolarisés, car dans ce cas nous serions solidaires aussi du Canada. Nous ne sommes pas solidaires de Cuba à cause des enfants vaccinés, car dans ce cas nous serions solidaires aussi de la Suède. Nous sommes solidaires de Cuba à cause des choix et des priorités qui ont été donnés et d’une éthique sans faille et d’une détermination à résister dans les conditions extrêmement difficiles qui lui ont été imposées.

De même que si les médias s’obstinent à focaliser sur les « prisonniers politiques » (dont chaque cas examiné de prés se dégonfle comme une baudruche) et sur les « dissidents » (dont chacun pour les mêmes actes commis en France écoperait des mêmes peines), personne ne s’aventurera à mentionner le nombre incroyable de « réfugiés politiques » qui ont foulé cette île. Personne n’a jamais su me donner un chiffre précis, mais les estimations sont de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers. Pratiquement toute la gauche latino-américaine, et même d’ailleurs, toutes tendances confondues, a une dette envers Cuba - si ce n’est pas toute l’Amérique latine. (2)

LA REVOLUTION CUBAINE N’A PAS ETE UN DINER DE GALA

Cuba n’est ni le fantasme d’une révolution par procuration, ni un paradis socialiste sur terre. C’est juste la convergence, dans un même espace-temps, d’un groupe de personnes nourries de 150 ans de luttes de libération qui réussissent à renverser un ordre établi et qui lancent une entreprise de changement social radical et qui, de leur propre aveu, parfois ne savaient pas où ils allaient car en investissant les lambris dorés des palais abandonnés, ils n’ont trouvé ni mode d’emploi, ni porte dérobée vers une société idéale, juste des caisses vides et les graffitis obscènes de leurs prédécesseurs. Les lendemains de fête - à 150 km d’un empire qui avait déjà largement démontré sa capacité à écraser toute velléité de résistance sur le continent - peuvent se révéler très difficiles. Et ils le furent.

Alors sur quoi faut-il revenir, sur quel point insister ? En matière d’errements, de tâtonnements, d’hésitations et d’impasses, d’agressions et de trahisons, de catastrophes et de cyclones, Cuba a tout connu, tout vécu et survécu à tout. Et à voir les cubains dans la rue, le modèle cubain - celui que je vois - a parfaitement fonctionné.

Alors ne serait-ce pour que pour cette raison, et au nom de mon modèle à moi, permettez-moi de leur tirer mon chapeau et faire ma petite révérence et de vous rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour leur dire « merci ».

Viktor Dedaj
« avec quelques cm de plus et 20kg de moins, moi aussi j’aurais pu être un modèle »

http://www.legrandsoir.info/Le-modele-cubain-l-annonce-de-ma-mort-est-tres-exageree.html

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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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