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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 17:29

arton15058-ae6b0.jpg« Il faut prendre l’argent où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres. D’accord ils ne sont pas riches mais ils sont nombreux. » - Alphonse Allais


Il était une fois la Grèce un petit pays qui fut pour l’Europe la matrice de la civilisation et de la démocratie et qui traverse une période noire. Le plus triste est que des pays qui ont jailli du néant se permettent de faire la leçon. On lit quelques morceaux d’anthologie dans les dépêches main stream sur la morgue envers la Grèce : « A la veille du G20, mercredi soir, lors d’un mini-sommet de crise, la France et l’Allemagne ont posé un ultimatum à la Grèce : un référendum oui, mais pour décider si la Grèce reste ou non dans la zone euro. En attendant, le pays ne recevra plus un centime. (...) Pour Christophe Barbier le chevalier à l’écharpe rouge, de l’Express, la Grèce joue à la roulette russe. Le référendum grec est illégitime mais peut-être nécessaire. Illégitime, car les Grecs n’ont pas à décider du sort des Européens, et nécessaire si le oui l’emporte. (...) La zone euro peut « se passer » de la Grèce, déclare le ministre français des Affaires européennes Jean Leonetti sur RTL. « Parce que c’est 2% du PIB de la zone euro et c’est 4% de la dette de la zone euro. Donc, on peut les aider, on peut les sauver, on ne peut pas sauver non plus les gens malgré eux », a-t-il souligné. On ne peut pas « faire le bonheur des Grecs malgré eux », lance Jean-Claude Juncker lors d’un entretien à la télévision allemande ZDF.

On le voit, la façon dont on traite le peuple grec réduit à un ensemble de bras cassés appartenant aux « pays du Club Med » d’une façon péjorative, avec dans la même charrette l’Espagne, l’Italie et le Portugal est proprement scandaleuse. Elle dénote, de la part des gouvernants européens du Nord, une suffisance mal placée et une condescendance qui n’a pas lieu d’être. En fait, soulever les peuples les uns contre les autres est l’une des techniques du néolibéralisme sauvage qui permet à l’oligarchie des nantis des banques des détenteurs de continuer à diriger le monde selon leur doxa.

Qu’en est-il exactement de ces Grecs nés avec « un poil dans la main » qui les empêche dit-on de travailler ? Alex Andreou déconstruit l’argumentaire morbide du néolibéralisme. Nous lisons : « Ce qui est en train de se passer à Athènes en ce moment, c’est la résistance contre une invasion à peu près aussi brutale que celle de la Pologne en 1939 ». « Ce sont eux qui nous imposent toutes ces privatisations. Des sites historiques tels que l’Acropole pourraient être privatisés. Ils transformeront le Parthénon et l’ancienne Agora en Disneyland, et ils sous-paieront des gens à se déguiser en Platon ou en Socrate pour jouer les fantaisies des riches. » Poursuivant son amer constat, il écrit : « Laissez-moi donc démystifier un peu la mythologie développée par certains médias ». « Mythe n°1 : les Grecs sont paresseux : Et pourtant, les données de l’OCDE montrent qu’en 2008, les Grecs ont travaillé en moyenne 2120 heures par an, soit 690 heures de plus que les Allemands. » « Mythe n°2 : les Grecs partent trop tôt à la retraite : (...) En regardant les données d’Eurostats, on se rend compte que l’âge moyen de départ à la retraite était de 61,7 ans en 2005, soit plus que l’Allemagne, la France ou l’Italie. » « Mythe n°3 : la Grèce est une économie faible, qui n’aurait pas dû intégrer l’Union européenne : une des affirmations fréquemment adressées à la Grèce est que son adhésion à l’Union européenne lui a été accordée grâce au sentiment que la Grèce est le ’berceau de la démocratie’’. » (1)

« En 2005 poursuit-il, la Grèce était classée 22e pays mondial en termes de développement humain et de qualité de vie - soit mieux que la France, l’Allemagne, et le Royaume-Uni. Pas plus tard qu’en 2009, la Grèce avait le 24e plus haut ratio de PIB par habitant, selon la Banque mondiale. « Mythe n°4 : le premier plan de sauvetage était censé aider le peuple grec, mais a échoué. Non, ce plan n’était pas destiné à aider la Grèce, mais plutôt à garantir la stabilité de la zone Euro, et surtout à gagner du temps. » « Mythe n°5 : le second plan est conçu pour aider la Grèce et va certainement réussir. J’ai regardé la déclaration commune de Merkel et Sarkozy l’autre jour.(...) Leur propos était dénué de tout autre sens que ce dont nous sommes en train de discuter : de l’extension de la misère à venir, de la pauvreté, de la douleur et même de la mort de la souveraineté d’un partenaire européen. » En fait, la plupart des commentateurs s’accordent à dire que « ce second package a le même objectif que le premier : acheter du temps pour les banques, à grands frais pour le peuple grec ». « Mythe n°6 : les Grecs veulent le plan de sauvetage, mais pas l’austérité. C’est le mythe le plus tenace : les Grecs protestent car ils ne veulent pas du tout de plan de sauvetage. C’est une pure contre-vérité. Ils ont déjà accepté des restrictions budgétaires qui seraient aujourd’hui, inacceptables au Royaume-Uni (imaginez la politique de Cameron... et multipliez-la par 10). Or, les résultats ne sont pas au rendez-vous depuis six mois. » (1)

Dans une démocratie, c’est le peuple qui est souverain. Le peuple grec doit absolument être consulté dès lors qu’une décision cruciale sur son destin est en jeu. De plus, le peuple a confié la souveraineté à ses élus, il ne la leur a pas donné et ceux-ci n’en disposent pas. En effet, les élus n’ont pas le droit de transmettre cette souveraineté à quiconque sans l’accord du peuple. C’est ce qui est en jeu actuellement : la disparition de la Grèce comme pays souverain, et aussi la dilapidation de son patrimoine national (télécommunications, aéroports, ports, bâtiments publics, services publics). C’est l’ingérence européenne au contraire qui est illégitime puisqu’elle ne provient pas du peuple, et c’est le pillage euro-américain qui est scandaleux. L’Europe montre son vrai visage, c’est une dictature et la Grèce n’est pour elle qu’un protectorat.


Pourquoi la dette de la Grèce est devenue un tonneau des Danaïdes ?


On dit que ce qui était humainement possible de faire a été fait par le Premier ministre Papandréou. Le peuple grec a été pressuré. Mais rien n’y fait, la dette est toujours là comme ce fut le cas pour l’Algérie, la dette des années ’80 a été payée plusieurs fois, sans que le principal n’ai été entamé ; grâce en soit rendue à Michel Camdessus, directeur du FMI, qui venait souvent nous encourager à plus de désespoir en jetant sur le bord de la route, des centaines de milliers de travailleurs pour être dans la ligne du Consensus de Washington... La situation des pays endettés est partout la même, elle est aggravée en Grèce par l’évasion fiscale, on dit que plus de 120 milliards d’euros appartenant à des Grecs seraient en Suisse. Les paradis fiscaux malgré quelques actions cosmétiques sont plus florissants que jamais. On dit que sur l’île de Jersey habitent 35.000 habitants et 350.000 comptes en banque. Cherchez l’erreur !!!

Pour Eric Toussaint président du CADTM : « Il faut une solution radicale au problème de la dette publique, à travers un processus d’audit qui permette d’identifier la part illégitime de la dette et de la répudier ; cela implique une mobilisation citoyenne car les gouvernements actuels ne sont en aucun cas convaincus par cette voie. Ensuite, nous ne pouvons pas laisser les banques agir de la sorte : il faut socialiser ces entités et non leurs pertes. Les pouvoirs publics doivent mettre au point un dispositif afin de disposer d’un secteur public de crédit pour la population, de relancer l’économie, créer de l’emploi, etc. Nous devons nous doter d’une nouvelle discipline financière, rigoureuse, à l’égard des marchés financiers. » (2)

Une dépêche de Reuter de Vendredi 4 novembre à 9 heures nous apprend que « le gouvernement grec joue sa survie vendredi soir au Parlement lors d’un vote de confiance mais le sort du Premier ministre Georges Papandréou semble scellé après l’échec de sa proposition de référendum. Selon des sources gouvernementales, le chef du gouvernement socialiste a conclu jeudi un accord avec ses ministres par lequel il s’engage à démissionner et à laisser la place à un gouvernement de coalition s’ils l’aident à remporter le vote de confiance, lui accordant ainsi une sortie honorable. La proposition de référendum sur le plan européen d’aide financière à la Grèce, après avoir pris par surprise les dirigeants européens et toute la classe politique grecque, a finalement explosé au visage du Premier ministre. L’opposition de droite demande que Papandréou laisse place à un gouvernement d’intérim composé de techniciens, et de convoquer des élections anticipées. Ce qui devait arriver arriva, le peuple ne sera pas consulté, Papandréou a fait voter le n ième plan de rigueur, conformément aux odres du tandem d’enfer Merkel-Sarkozy.


Quelles conséquences pour la Grèce après une sortie de l’euro ?


Nous ne croyons pas que ce plan pas plus que les précédents ne soit la solution. Les Grecs revivent à leur façon les douze travaux d’hercule. Au lieu de nettoyer « les écuries d’Augias » de l’incurie, de l’évasion fiscale et de la corruption, Papandréou essaie de remplir un « tonneau des Danaïdes. Pourquoi la Grèce se fait elle laminer sans espoir réel de voir le bout du Tunnel ayant perdu son « fil d’Ariane » ? Peut être que la sortie de l’euro est préférable.

« En cas de sortie, lit-on dans une contribution du journal Le Monde, que pourrait-il se passer ? Référendum, nouveau plan d’aide, restructuration de la dette, abandon de l’euro, diminution de sa note par les agences de notation... Un an et demi après le premier plan d’aide accordé par l’UE et le FMI à la Grèce, les probabilités de faire sortir la Grèce de la zone euro n’ont jamais été si grandes. Une sortie de la Grèce de la zone euro fait partie des scénarios envisagés face à la gravité de la crise. Plusieurs économistes dressent prudemment un même scénario en deux actes : le chaos avant le retour à la compétitivité. Il y aura un mouvement de panique bancaire. Le retour à la drachme - qui irait de pair avec l’annonce d’une dévaluation compétitive - entraînerait irrévocablement une fuite des dépôts. Chaque épargnant grec préférant retirer son argent en euros plutôt qu’en drachme dévaluée. « L’inflation entraînant une baisse du pouvoir d’achat des ménages, faillites en série. » (3)

« Pour les particuliers comme pour les entreprises, les perdants seront ceux qui se sont endettés en euros. Les entreprises seront asphyxiées par leur crédit en euros. « Il faudra du temps avant que les investisseurs acceptent de prêter de l’argent à la Grèce », explique André Sapir. Le Wall Street Journal racontait par exemple la semaine dernière que des grandes firmes pharmaceutiques hésitaient d’ores et déjà à fournir des médicaments aux hôpitaux grecs. Au-delà des efforts nécessaires pour retrouver de la compétitivité qui passe par la baisse des salaires, les Grecs connaîtront une forte diminution de leur pouvoir d’achat conjuguée à une forte hausse du taux de chômage. Déprécier sa monnaie comme elle pourrait le faire en sortant de l’euro lui permettrait à moyen terme de renouer avec cette compétitivité. « Ce ne sera pas la fin de la Grèce, assure M.Fitoussi. Au prix de souffrances considérables, l’exemple argentin a montré qu’un pays pouvait se relever de la faillite. Pour la Grèce, cela passe par une politique monétaire maîtrisée et par une politique fiscale qui permette une collecte et un contrôle efficaces. » (3)


Conclusion


« Justement, l’Argentine est le contre-exemple d’un pays qui a résisté au bulldozer néolibéral et s’en est sorti. Pourquoi pas la Grèce ? La criante de l’Europe est ailleurs ; une sortie de la Grèce de la zone euro représente un saut dans l’inconnu. Cela signifierait que l’Euroland n’est pas une zone économique solidaire.

L’agence de notation Fitch a averti qu’un « non » des électeurs grecs menacerait la viabilité de toute la zone euro. L’effet contagion aux autres maillons faibles de la zone euro est déjà une réalité : les taux italiens à dix ans, déjà sous pression du fait de la difficile situation financière de Rome, s’inscrivaient nettement au-dessus de 6% mardi. Alors que le capitalisme connaît sa crise la plus sérieuse depuis celle des années 1930, les principaux partis de gauche semblent muets, embarrassés. Au mieux, ils promettent de ravauder le système. Plus souvent, ils cherchent à prouver leur sens des responsabilités en recommandant eux aussi une purge libérale. Combien de temps ce jeu politique verrouillé peut-il durer alors qu’enflent les colères sociales ? On ne distingue plus que deux catégories de population : la poignée de ceux qui profitent du capitalisme contemporain et la grande majorité qui le subit.

Notamment à travers le mécanisme de la dette. Au cours des trente dernières années, les maillons faibles de l’économie mondiale se situaient en Amérique latine, en Asie ou dans les pays dits « en transition » de l’ex-bloc soviétique. Depuis 2008, l’Union européenne, à son tour, suscite le doute. Alors que la dette extérieure totale des pays d’Amérique latine atteignait en moyenne 23% du Produit intérieur brut (PIB) fin 2009, elle s’établissait à 155% en Allemagne, 187% en Espagne, 191% en Grèce, 205% en France, 245% au Portugal et 1137% en Irlande. Du jamais vu. »

Serge Halimi rédacteur du Monde Diplomatique s’interroge sur la disparition en tant qu’alternative de progrès d’un projet socialiste porteur, en phase avec le mouvement du monde. Il écrit : « Les Américains qui manifestent contre Wall Street protestent aussi contre ses relais au sein du Parti démocrate et à la Maison-Blanche. Ils ignorent sans doute que les socialistes français continuent d’invoquer l’exemple de M. Barack Obama. Contrairement écrit-il, à M.Nicolas Sarkozy, le président des Etats-Unis aurait su, selon eux, agir contre les banques. S’agit-il seulement d’une méprise ? Qui ne veut pas (ou ne peut pas) s’attaquer aux piliers de l’ordre libéral (financiarisation, mondialisation des flux de capitaux et de marchandises) est tenté de personnaliser la catastrophe, d’imputer la crise du capitalisme aux erreurs de conception ou de gestion de son adversaire intérieur. En France, la faute incombera à « Sarkozy », en Italie, à « Berlusconi », en Allemagne, à « Merkel ». Fort bien, mais ailleurs ? » (4)

« Ailleurs et pas seulement aux Etats-Unis, des dirigeants politiques longtemps présentés comme des références par la gauche modérée affrontent eux aussi des cortèges indignés.

En Grèce, M.Georges Papandréou, président de l’Internationale socialiste, met en oeuvre une politique d’austérité draconienne qui combine privatisations massives, suppressions d’emplois dans la fonction publique et abandon de la souveraineté de son pays en matière économique et sociale à une « troïka » ultralibérale. Les gouvernements d’Espagne, du Portugal ou de Slovénie rappellent également que le terme de gauche s’est à ce point déprécié qu’on ne l’associe plus à un contenu politique particulier.

Renvoyant dos à dos la Droite et la Gauche actuelle, il pointe du doigt la fatalité des comportements socialistes européens qui deviennent, d’une certaine façon des victimes consentantes du modèle néo libéral. Il écrit : « Un des meilleurs procureurs de l’impasse de la social-démocratie européenne se trouve être le porte-parole... du Parti socialiste (PS) français. « Au sein de l’Union européenne, relève M. Benoît Hamon dans son dernier livre, le Parti socialiste européen (PSE) est historiquement associé, par le compromis qui le lie à la démocratie chrétienne, à la stratégie de libéralisation du marché intérieur et à ses conséquences sur les droits sociaux et les services publics. Ce sont des gouvernements socialistes qui ont négocié les plans d’austérité voulus par l’Union européenne et le Fonds monétaire international [FMI]. (...) Une partie de la gauche européenne ne conteste plus qu’il faille, à l’instar de la droite européenne, sacrifier l’Etat-providence pour rétablir l’équilibre budgétaire et flatter les marchés. (...) Nous avons été en plusieurs lieux du globe un obstacle à la marche du progrès. Je ne m’y résigne pas. » » (4)


Pr. Chems Eddine Chitour

Ecole polytechnique enp-edu.dz

 


1. Alex Adreou http://owni.fr/2011/06/26/la-crise-grecque-au-dela-de-la-myt...

2. http://www.cadtm.org/Eric-Toussaint-Les-banques-sont-le

3. Quelles conséquences pour la Grèce après une sortie de l’euro ? Le Monde 4.11.2011

4. Serge Halimi, novembre 2011 : Où est la gauche à l’heure de la tourmente économique ? http://www.monde-diplomatique. fr/2011/11/Halimi/46895

URL de cet article 15058
http://www.legrandsoir.info/dans-l-hypothese-ou-ils-sortiraient-de-l-euro-est-ce-la-fin-du-calvaire-des-grecs.html
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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 16:03


940900-1116513.jpgLes Grecs s'étonnent de l'impact européen voire mondial de la politique menée par leurs dirigeants, Papandréou en tête. Les rumeurs se nourrissent de feta au petit lait et, selon l'hebdomadaire satirique « La Souris », qui s'arrache dans les kiosques, le premier homme politique européen ayant rencontré l'administration américaine juste après le sommet du 26 octobre fut Stavros Lambrinidis, ministre des Affaires étrangères du Protectorat grec et homme de confiance de Papandréou. L'ethnologue Panagiotis Grigoriou raconte ici les conclusions qu'en tire l'hebdomadaire grec.



Nous attendons avec méfiance les résultats du vote de... confiance au gouvernement Papandreou, au Parlement ce vendredi. Les syndicats appellent à manifester, le parti communiste (KKE) et les autres partis de la gauche également.

Hier, encore une journée folle. Tout le monde suivait les événements partout. Radios, télés, internet ; dans les rues les rumeurs se nourrissaient de feta au petit lait. On lisait les titres des journaux devant les kiosques et les commentaires tombaient spontanés, amers et ironiques. Mais c'est surtout le titre de Libération qui a fait tant couler d'encre ici, sous le Parthénon. Quelle fierté, cette petite leçon de grec sur la une du grand quotidien français, à croire que nous tenons pour une seule journée certes, toute la grammaire du monde.

Pour un Premier Ministre dont la langue maternelle est l'américain, c'est de surcroît un exploit. Tremblez, Homère, Aristote et Platon, voilà Papandreou, « tiens, même les Chinois ont fait des déclarations sur notre référendum, la muraille de Chine tremble aussi », s'exclame un étudiant à haute voix et tout le monde rigole et applaudit dans le bistrot à deux pas de la place de la Constitution, certains évoquent l'autre sobriquet de Papandreou : « Crime Minister ».

« Mémorandation »

Depuis le feu d'artifice référendaire, le sarcasme court le marathon dans les rues mais il n'est pas seul. Il rencontre l'indignation et peut-être bien l'apocalypse ; nouveau savoir révélé par notre nouvelle condition inhumaine ici. Eh oui, nous avons découvert ... le Dessous Des Cartes - Mit offenen Karten en allemand - en dix-sept mois de vie sous « mémorandation », si on peut designer ainsi l'occupation toujours plus élaborée, imposée à la Grèce depuis le premier mémorandum de 2010, signé entre Papandreou, le FMI, la Commission européenne et la BCE, sans que le peuple soit consulté.
 
Mais 2010 est déjà loin, très loin. Entre temps, la propagande des nos sous-administrateurs coloniaux qui prétendre être encore ministres et députés, ne passe plus. Ils jouent au théâtre incarnant, tantôt Les Guêpes au sein du parlement, tantôt Iphigénie à Cannes, peine perdue.

Notre vilaine petite souris s'arrache dans les kiosques (La SourisTo Pontiki, hebdomadaire satirique, titre ce jeudi : « Chantage made in USA - Référendum »). Notre Souris note que le premier homme politique européen ayant rencontré l'administration américaine juste après le sommet du 26 octobre, fut Stavros Lambrinidis, Ministre des Affaires étrangères de notre Protectorat et homme de confiance de Papandreou. Il a déclaré après sa rencontre avec Hillary Clinton, le 28 octobre : « C'était une rencontre très positive, dans une ambiance de confiance également positive, prouvant que désormais, la Grèce et les États-Unis d'Amérique ont une approche commune concernant pas mal de choses ».

L'hebdomadaire satirique grec soulignant le mot « désormais », suggère que c'est lors de cette rencontre, que Lambrinidis aurait informé Hillary Clinton de la décision de Papandreou sur le référendum. Une belle munition poursuit la Souris, à la guerre des États-Unis contre l'Allemagne et sa monnaie, l'euro, une preuve supplémentaire concernant les liens de sang entre Papandreou et les intérêts de Washington (sic). Un de mes interlocuteurs d'hier a résumé l'affaire ainsi : « Papandreou mène une vraie politique nationale en faveur de son pays… les États-Unis ! »...

Sous les pavés la Mer Égée ?

En tout cas, Angela Merkel, suivie par Nicolas Sarkozy, a vite réagi, ramenant petit George à l'essentiel, c'est à dire, au nouveau mémorandum du 27 octobre, sur lequel (comme pour les précédents) le peuple grec ne doit en aucun cas être consulté, même si, ce traité officialise la colonisation et la déconstruction de la souveraineté du pays.

Les citoyens grecs ont également compris une autre chose. Le premier mémorandum a été adopté de manière anticonstitutionnelle, malgré une première décision bienveillante de la… Haute Cour de justice. Nombreux sont ainsi, ceux qui en Grèce préparent un après, comportant la mise en examen des députés (droite, extrême droite et P.S.) qui ont paraphé le premier texte. Sans ignorer la colère du peuple qui crie « au poteau », et organise des pendaisons publiques (et pour l'instant symboliques) dans nombreux départements, concernant les photos de… leurs élus, au Parlement.
 
Les événements du 28 Octobre ont sans doute précipité le calendrier d'Angela Merkel. En effet le drapeau allemand et celui de l'Union Européenne ont été brulés, et pas seulement à Patras. Donc, la politique allemande pense avoir obtenu ce qu'elle voulait. Un questionnement alors imposé, lors d'un référendum improbable, (oui ou non à l'euro, et non pas, oui ou non au mémorandum qui impose la perte de la souveraineté car c'est par cette question qu'il faut commencer et ensuite seulement, examiner le reste, abandon ou pas de la monnaie euro-allemande, ou la sortie de l'Union Européenne).

La ridiculisation de Papandreou à Cannes, passe ici pour secondaire, elle ne semble pas chagriner vraiment les Grecs. Ce que le directoire de Cannes à imposé, prévoit une sorte d'accord très probable entre le P.S. et la Nouvelle Démocratie (la droite), en vue d'assumer la lourde responsabilité de l'adoption du mémorandum du 26 Octobre si possible à plus de 180 voix (sur 300) au Parlement, ce qui sauve certaines apparences de conformité avec la Constitution, voilà le vrai fond de la boite de Pandore.

Ensuite, le schéma gouvernemental de transition comme le suggèrent déjà certains médias et les partis du mémorandum, vont probablement organiser des élections législatives, au lieu de les organiser avant, comme l'exige le moindre esprit démocratique, citoyen et national.
 
Papandreou a même déclaré que sa personne et sa survie politique ne l'intéressent pas, son seul but étant de… sauver la Grèce. En dégustant un bon Merlot, offert par un ami français installé à Athènes, nous avons alors évoqué l'autre « sauveur » qui avait fait don de sa personne à la France de 1940. Décidément, mes amis français n'ont pas la mémoire courte. Allez, Santé, le vote de confiance au gouvernement est pour aujourd'hui, et les manifestants devant le Parlement. Sous les pavés la Mer Égée ? Ou bien, vie éternelle sous « mémorandation » ?

Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog.
http://www.marianne2.fr/Papandreou-fait-don-de-sa-personne-aux-Etats-Unis_a212076.html
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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:25

arton15029-6e8ee.jpgJe suis heureux de participer à ce qui pourrait être une relance voire un nouveau début de la présence communiste dans notre pays. Quand, il y a vingt ans fut créé Rifondazione Comunista, le climat idéologique était bien différent de celui d’aujourd’hui. Il y a vingt ans à Washington les idéologues les plus emphatiques proclamaient que l’histoire était finie : en tous cas le capitalisme avait triomphé et les communistes avaient eu le tort de se tenir du mauvais côté, et même du côté criminel de l’histoire. Nous savons aujourd’hui que ces certitudes et ses mythologies avaient fait brèche même dans le groupe dirigeant de Rifondazione Comunista. On a ainsi assisté au spectacle grotesque dans lequel un leader de tout premier plan (1) a déployé tout son talent oratoire pour démontrer que les communistes avaient toujours eu tort et avaient toujours provoqué des catastrophes en Russie comme en Italie ; et continuaient à avoir tort en Chine comme au Vietnam et, en dernière analyse même à Cuba ; on comprend bien l’enthousiasme de la presse bourgeoise pour ce prophète, pour ce don venu du Ciel. Mais nous connaissons tous le résultat final.

Ça a été un désastre : pour la première fois dans l’histoire de notre république les communistes sont sans représentation au parlement. Pire. Priver les classes laborieuses de leur histoire signifiait les priver aussi de leur capacité à s’orienter dans le présent. Les classes laborieuses peinent aujourd’hui à organiser une résistance efficace à un moment où la République fondée sur le travail (2) se transforme en république fondée sur le licenciement arbitraire, sur le privilège de la richesse, sur la corruption, sur la vénalité des charges publiques. Et, malheureusement, quasiment inexistante a été jusqu’ici la résistance opposée au processus par lequel la République qui répudie la guerre (3) se transforme en république qui participe aux plus infâmes guerres coloniales. C’est avec ce désastre derrière nous que nous nous engageons aujourd’hui dans la relance du projet communiste.

De cela il y a un besoin urgent. Et ce n’est pas un besoin éprouvé seulement par les communistes. Nous voyons ce qu’il arrive aujourd’hui dans le pays qui, il y a à peine plus de vingt ans, avait vu la proclamation de la fin de l’histoire. Les rues sont pleines de manifestants qui crient leur indignation contre Wall Street. Les pancartes ne se bornent pas à dénoncer les conséquences de la crise, c’est-à-dire le chômage, la précarité, la faim, la polarisation croissante de richesse et pauvreté. Ces pancartes vont au-delà : elles dénoncent le poids décisif de la richesse dans la vie politique étasunienne, et démasquent de fait le mythe de la démocratie américaine. Ce qui dicte la loi dans la république nord-américaine est en réalité la grande finance, c’est Wall Street ; voilà ce que crient les manifestants. Et certaines pancartes vont au-delà, et hurlent la rage non seulement contre Wall Street mais aussi contre War Street. C’est-à-dire que le quartier de la haute finance est identifié comme étant en même temps le quartier de la guerre et du déchaînement de la guerre. Emerge ainsi ou commence à émerger la conscience du rapport entre capitalisme et impérialisme.

Oui, le capitalisme porte en même temps des crises économiques dévastatrices et des guerres infâmes. Une fois de plus les masses populaires et les communistes se trouvent en devoir d’affronter la crise du capitalisme et sa politique de guerre. Pour des raisons de temps je ne m’arrêterai que sur ce deuxième point. La fin de l’engagement de l’OTAN en Libye n’est pas la fin de la guerre au Moyen-Orient. Les guerres contre la Syrie et l’Iran sont déjà en préparation. Ces guerres, même, ont de fait déjà commencé. La puissance de feu multimédiatique avec laquelle l’Occident essaie d’isoler, de criminaliser, d’étrangler et de déstabiliser ces deux pays est prête à se transformer en une puissance de feu véritable, à base de missiles et de bombes. Et nous communistes devons dès à présent faire entendre notre voix. Si nous attendions le déclenchement des hostilités nous ne serions à la hauteur ni du mouvement communiste ni du mouvement antimilitariste, et nous ne serions pas les héritiers de Lénine et de Liebknecht. Nous devons dès à présent organiser des manifestations contre la guerre et contre les préparatifs de guerre ; dès à présent nous devons clarifier le fait que la position à l’égard de la guerre est un critère essentiel pour définir la discrimination entre alliés potentiels et adversaires irréductibles.

Pour ce qui concerne la Chine, Washington, oui, transfère en Asie le gros de son dispositif militaire, mais n’agite pour le moment de façon explicite que la menace de la guerre commerciale. Mais, comme il est notoire, on sait comment les guerres commerciales commencent mais on ne sait pas comment elles finissent. Ils feraient bien de réfléchir sur ce point ceux qui, même à gauche, se mettent en rang pour la campagne anti-chinoise : ils tournent ainsi le dos à la lutte pour la paix.

C’est une attitude d’autant plus déconcertante que la Chine a été protagoniste d’une des plus grandes révolutions de l’histoire universelle. Evidemment, il convient de garder à l’esprit les problèmes, les défis, les contradictions même graves qui caractérisent le grand pays asiatique. Mais clarifions d’abord le cadre historique. Au début du 20ème siècle la Chine était une partie intégrante de ce monde colonial qui a pu briser ses chaînes grâce à la gigantesque vague de la révolution anticolonialiste déclenchée en octobre 1917. Voyons comment l’histoire s’est ensuite développée. En Italie, en Allemagne, au Japon, le fascisme et le nazisme ont été la tentative de revitaliser le colonialisme. En particulier, la guerre déchaînée par l’impérialisme hitlérien et par l’impérialisme japonais respectivement contre l’Union soviétique et contre la Chine ont été les plus grandes guerres coloniales de l’histoire. Et donc Stalingrad en Union Soviétique et la Longue Marche et la guerre de résistance anti-japonaise en Chine ont été deux grandioses luttes de classe, celles qui ont empêché l’impérialisme le plus barbare de réaliser une division du travail fondée sur le réduction de grands peuples à une masse d’esclaves ou semi-esclaves au service de la présumée race des seigneurs.

Mais qu’arrive-t-il aujourd’hui ? Comme je l’ai déjà dit, les USA sont en train de transférer le gros de leur dispositif militaire en Asie. Je lis sur des dépêches d’hier (vendredi 28 octobre 2011) de l’agence Reuters qu’une des accusations adressées aux dirigeants de Pékin est celle de promouvoir ou de vouloir imposer le transfert de technologie de l’Occident en Chine. Les USA auraient voulu garder le monopole de la technologie pour continuer à exercer aussi une domination néo-coloniale ; la lutte pour l’indépendance se manifeste aussi sur le plan économique. Et donc : révolutionnaire n’est pas seulement la longue lutte par laquelle le peuple chinois a mis fin au siècle des humiliations et a fondé la république populaire ; ni seulement l’édification économique et sociale par laquelle le Parti communiste chinois a libéré de la faim des centaines de millions d’hommes et de femmes ; même la lutte pour casser le monopole impérialiste de la technologie est une lutte révolutionnaire. Marx nous l’a enseigné. Oui, la lutte pour modifier la division internationale du travail imposée par le capitalisme et par l’impérialisme est elle-même une lutte de classe. Du point de vue de Marx, la lutte pour dépasser dans le cadre de la famille la division patriarcale du travail est déjà une lutte d’émancipation ; il serait bien étrange que ne fut pas une lutte d’émancipation la lutte pour mettre fin au niveau international à la division du travail imposée par le capitalisme et par l’impérialisme, la lutte pour liquider définitivement ce monopole occidental de la technologie qui n’est pas une donnée naturelle mais le résultat de siècles de domination et d’oppression !

Je conclus. Nous voyons de nos jours le pays-guide du capitalisme plongé dans une profonde crise économique et de plus en plus discrédité au niveau international ; en même temps, il continue à s’accrocher à la prétention d’être le peuple élu par Dieu et à accroître fébrilement son appareil de guerre déjà monstrueux, et à étendre son réseau de bases militaires dans tous les coins du monde. Tout cela ne promet rien de bon. C’est la concomitance de perspectives prometteuses et de menaces terribles qui rend urgents la construction et le renforcement des partis communistes. J’espère vivement que le parti que nous construisons aujourd’hui sera à la hauteur de ses devoirs.

Domenico Losurdo

Rimini, 29 octobre 2011

Publié sur le blog de l’auteur :

http://domenicolosurdo.blogspot.com/2011/10/intervento-al-6-...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

(1) Fausto Bertinotti, longtemps secrétaire général du Partito della Rifondazione Comunista (NdT)

(2) Article 1 de la Constitution italienne : « L’Italie est une république fondée sur le travail »

(3) Article 11 de la Constitution italienne : « L’Italie répudie la guerre comme instrument d’offense à la liberté des autres peuples et comme moyen de résolution des controverses internationales »

URL de cet article 15029
http://www.legrandsoir.info/reconstruire-le-parti-communiste-unir-la-gauche-battre-les-droites.html
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 21:12

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« UK Uncut, c’est une vraie bouffée d’air frais. »Vera Weghmann est une activiste londonienne impliquée dans les mouvements « no cuts ! » (non aux coupes budgétaires), et en particulier dans le collectif UK Uncut. Adepte des occupations festives de banques ou de magasins de luxe qui pratiquent l’évasion fiscale, UK Uncut mène des actions diverses et souvent très créatives. Le 8 octobre dernier, avec le soutien de syndicats, le collectif a bloqué le pont de Westminster en plein Londres pour protester contre le démantèlement par le gouvernement du système de santé public.

« UK Uncut rassemble de nombreux jeunes qui ne se retrouvent pas forcément dans les formes "traditionnelles" de mobilisations », témoigne Vera. Le contexte social, particulièrement tendu, semble favoriser le succès du collectif. Car depuis la déroute financière des subprimes, la Grande-Bretagne vacille.

Contre « l’austérité juste » du gouvernement

L’État a renfloué les banques, dopées aux produits financiers toxiques, à hauteur de plus de 1 000 milliards d’euros. Et ce sont principalement les salariés et les précaires qui passent à la caisse. Le plan d’austérité du gouvernement prévoit des coupes considérables dans les dépenses publiques, à hauteur de 90 milliards d’euros d’ici à 2014. Soit une diminution d’environ 12 % du budget de l’État ! Au programme : des coupes dans la protection sociale (18 milliards), dans les services publics (36 milliards) et une hausse de la TVA. « Les mesures de rigueur les plus drastiquesdepuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », selon Rowena Crawford, de l’Institut d’études fiscales. Et surtout, les 3 % de la population les plus vulnérables(personnes handicapés, personnes âgées, précaires…) se trouveront affectés par un quart des coupes budgétaires.

Face à cette situation, l’année 2011 a marqué au Royaume-Uni un regain considérable de mobilisation dans les mouvements sociaux. Un exemple marquant : la manifestation du 26 mars dernier, qui a rassemblé plus de 500 000 manifestants à Londres – la plus importante mobilisation sociale depuis les années Thatcher. Le programme d’hyper-austérité – ou d’« austérité juste » selon les termes employés par le Premier ministre, David Cameron, en 2010 – ravive la combativité de syndicats. La politique du gouvernement (qui compte à ce jour 18 millionnaires sur 25 de ses membres) n’est en effet sans doute jamais apparue aussi clairement inégalitaire aux yeux des Britanniques.

Le mouvement étudiant a fait l’effet d’un « électrochoc »

Dès décembre 2010, le mouvement étudiant contre l’augmentation des frais d’inscription à l’université a surpris par son ampleur et sa radicalité. Les étudiants ont manifesté en nombre, occupé les universités – et même le siège du Parti conservateur –, du jamais vu depuis les années 1960. Par cette première mobilisation d’ampleur contre les politiques d’austérité, le mouvement étudiant apparaît comme un précurseur de la mobilisation unitaire de mars. Il a agi « comme un électrochoc au mouvement syndical », analyseun responsable d’Unite, le principal syndicat britannique.

De nombreux jeunes mobilisés contre l’augmentation des frais d’inscription ont continué à militer dans les mouvements « no cuts », et notamment à UK Uncut. « Suite aux mobilisations étudiantes, nous avons constaté une importante augmentation de nos militants », témoigneAnna Walker, membre du collectif.

Source

La mobilisation des étudiants a aussi contribué à donner un nouveau souffle à l’action militante, au travers de nouvelles méthodes de communication utilisant Internet et les réseaux sociaux. Le site web de UK Uncut fonctionne en partie comme un « facilitateur » de mobilisations : le site et les réseaux sociaux facilitent la coordination et l’émergence d’initiatives locales ou nationales. Organiser la transformation d’une banque en bibliothèque municipale ? Rien de plus simple. « Via le site, on peut contacter les activistes proches de chez soi, trouver des idées, des infos pratiques et des argumentaires pour faciliter l’organisation d’actions décentralisées », explique Vera. Les initiateurs peuvent diffuser l’information en inscrivant leur initiative sur le calendrier en ligne. Et une fois l’action réalisée, ils peuvent en rendre compte en publiant leurs vidéos.

Des mouvements « anticoupes » décentralisés

Avec la décentralisation budgétaire, le gouvernement a trouvé un moyen pratique de diffuser et diluer les effets de son plan d’austérité. En effet, les coupes budgétaires sont souvent mises en œuvre par les collectivités locales. En retour, les initiatives et collectifs « anticoupes », rassemblant citoyens, syndicalistes et activistes, présentent un fort ancrage local – à l’image de « Save our services » à Lambeth, « Leeds against cuts », ou encore de la « Coalition against austerity » à Southport. Mais cet ancrage local qui fait la force du mouvement peut aussi se révéler être une faiblesse, avec l’éparpillement des initiatives.

Outre UK Uncut (qui demeure une plateforme informelle), le mouvement est néanmoins relayé à l’échelle nationale par la Coalition of Resistance, qui s’est constituée sur la base d’un appelsigné par des responsables politiques, des syndicalistes et des personnalités de la gauche britannique. L’enjeu pour cette coalition ? Rassembler le mouvement « no cuts » et élaborer un calendrier commun à l’échelle nationale.

Uncut débarque en France

Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans une perspective plus large que le seul horizon britannique : le mouvement Uncut a dépassé les frontières de la Grande-Bretagne, avec le développement de groupes aux États-Unis, au Portugal ou en France, et entre en résonance avec le mouvement global des Indignés. Quant à la Coalition of Resistance, elle a été à l’initiative d’une « conférence européenne contre l’austérité » le 1er octobre à Londres, rassemblant partis politiques, syndicats et mouvements européens. Dans sa déclaration finale, les participants en appellent à une grève européenne commune contre l’austérité.

Dans l’immédiat, la prochaine étape sera la grande journée de manifestation du 30 novembre, à l’appel de l’intersyndicale, contre la réforme des retraites. Les organisateurs espèrent réitérer le succès du 26 mars, qui devait déjà beaucoup à la participation des mouvements « de base », étudiants et « anticoupes ».


Frédéric Lemaire

http://www.bastamag.net/article1848.html

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:53

11-Novembre-Sarkozy-Merkel-soldat-inconnu_pics_809.jpg

 

Grisés par leur nuit de négociations, les dirigeants européens se réjouissent un peu vite. Le plan annoncé allie une fois encore soutien massif aux banques et saignée sociale. Quand l'expérience prouve que ces recettes nous amènent dans le mur, le Conseil européen appuie sur l'accélérateur.

Ce n'est pas l'envolée de la bourse qui est faite pour nous rassurer. D'ailleurs, elle fête le licenciement de 7000 salariés en Europe avec la montée de 3% du cours en bourse du groupe PSA.

Je rappelle que si les banques sont aujourd'hui obligées de renoncer à une part de leurs créances, c'est la rançon du racket financier auquel elles se sont livrées et qui a mis la Grèce à genoux. Il est inacceptable que les gouvernements soient encore prêts à des recapitalisations sans contrepartie. Plus un sou ne doit être cédé aux banques sans que leurs pratiques de crédit ne soient contrôlées et dirigées vers l'intérêt général.

Avec l'alignement de Nicolas Sarkozy, la Chancelière Merkel a gagné sur toute la ligne : pas question de faire appel au pouvoir de création monétaire de la Banque centrale européenne. Pourtant ce n'est pas l'augmentation de la force de frappe du « fonds européen de stabilité financière », au service de stratégies financières intactes, qui relancera la croissance, seule à même de faire reculer l'endettement.

Au lieu de cela, ils continuent de faire payer les peuples. En France, alors que les patrons des banques ont augmenté leurs revenus de 44,8% en 2010, le chômage est en hausse, une vague de licenciements sans précédent est annoncée dans l'automobile et Fillon nous prépare un nouveau plan d'austérité avec une hausse de la TVA.

Modifier les critères du crédit des banques et les missions de la BCE, les rendre utiles à l'emploi, aux services publics, au développement durable sont les seuls outils pertinents pour sortir de la crise. Ceux qui y renoncent aujourd'hui se rendent coupable de la crise de demain. 

J'appelle à un grand rassemblement de la colère ce soir, à 18h30 devant les locaux de l'agence Moody's - 96, boulevard Haussmann à Paris - pour dire : « Stop au chantage de la finance. Oui à la liberté de choix de notre peuple ».

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:35

bruxelles-crise-europe.jpgLe fonctionnement chaotique de l'Europe, son déficit démocratique et la crise sociale à venir : les leçons à retenir du sommet de Bruxelles.

 



La dramaturgie européenne a été respectée : comme à chaque crise, nuit blanche, tensions de couloir, conférences de presse au petit matin... Et un accord final conforme en tous points à ce qui était attendu depuis plusieurs jours, au moins dans le volet qui concerne la dette grecque, les banques, le Fonds européen de stabilité financière.

Quelques leçons à retenir de cet exercice qui, au-delà de l'objectif réussi de « rassurer les marchés », comme le veut la doxa du moment, n'aura pas sorti l'Europe de ses contradictions. Des leçons en forme de non-dits.

1

Fonctionnement chaotique

 

Le mode de fonctionnement de l'Europe souffre de deux maux qui se sont manifestés de manière criante ces derniers jours :

  • le premier est le choc des ego, avec l'indigne sourire arrogant de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de Silvio Berlusconi, entraînant dans son dérapage indécent Angela Merkel. Au moment où la zone euro tente d'afficher sa solidarité, cette pitrerie de conférence de presse alimente cette « Europe des clichés » qui a la vie dure ;
  • le deuxième est la faillite des institutions européennes. Qui a entendu parler de la Commission européenne pendant cette crise ? A quoi sert Herman Van Rompuy devenu l'an dernier, par la force du plus petit dénominateur commun, le « président de l'Europe » ?

L'absence de « gouvernement économique » est apparue, comme on pouvait le supposer depuis des années mais jamais autant qu'aujourd'hui, comme une erreur potentiellement fatale de la construction monétaire européenne.

Le sommet de Bruxelles n'a pas généré d'avancée significative sur cette voie, pas d'ouverture fédératrice, c'est sa principale lacune, même si elle est cachée par les avancées plus immédiates sur la dette grecque ou le fonds de solidarité.

La question pourra-t-elle être éludée beaucoup plus longtemps, si la zone euro veut retrouver sa cohérence ?

2

Déficit démocratique

 

Le grand paradoxe de la dramaturgie de ces dernières 24 heures, est que le déblocage de la situation est venu... du Bundestag. C'est en effet le vote du parlement allemand mercredi après-midi, autorisant Angela Merkel à négocier une extension du Fonds européen de stabilité financière, qui a permis le succès de la nuit à Bruxelles.

Paradoxe car on aurait imagine que c'est l'europarlement, élu au suffrage universel direct par les 450 millions d'Européens, qui joue ce rôle de garant démocratique du deal sur la dette grecque et sur la solidarité financière européenne.

Ça en dit long sur le fait que, malgré les avancées, l'europarlement reste un pôle négligeable de pouvoir en Europe, dont la légitimité reste si fragile qu'on en oublie même qu'il existe quand les enjeux deviennent vitaux. C'est plus que regrettable, c'est affligeant.

Ça en dit long, également, sur le poids de l'Allemagne dans toute solution pour sauver l'euro et traiter la crise de la dette. A garder en mémoire chaque fois que Nicolas Sarkozy emploie le pronom personnel « je » pour expliquer qu'il a sauvé l'Europe.

Dans l'Europe d'aujourd'hui, sans l'Allemagne, pas d'accord, mais l'Allemagne seule ne peut pas sauver l'Europe. On en revient à ce qui fait la mayonnaise européenne de toujours : une machine à générer des compromis entre Etats membres. Ça fonctionne, mais avec un déficit démocratique qui est devenu insupportable.

3

La crise sociale est devant nous

 

Le troisième non-dit de l'accord de Bruxelles, c'est qu'il va falloir faire avaler la potion amère de l'austérité aux peuples d'Europe. Les Grecs sont déjà en train de l'avaler – et de se révolter –, les Italiens viennent de découvrir que leur chef de gouvernement peut promettre en quelques heures dans une lettre écrite à la va-vite que la retraite en Italie va passer à ... 67 ans !

Et les Français, ce jeudi matin, auront plus à cœur de savoir à quelle sauce de TVA ils vont être mangés, que de se réjouir d'apprendre qu'on a réduit la dette grecque et renforcé le FESF.

Ce sera l'enjeu des prochains mois en France. En choisissant François Hollande comme candidat, le PS a désigné le candidat le plus compatible avec les objectifs européens qui ont été décidés cette nuit. En particulier, son engagement d'atteindre le zéro déficit à la fin de son mandat tranchait avec le refus de Martine Aubry de prendre un tel engagement.

La vraie différence sera-t-elle dès lors dans le traitement social de cet effort colossal qui sera demandé à l'économie française et aux Français ?

Nicolas Sarkozy s'est taillé une émission sur mesure, ce jeudi soir, pour convaincre les Français qu'il est le sauveur de l'Europe, et qu'il ne faudra pas changer de capitaine au milieu de la tempête, surtout pour confier le navire à un capitaine qui n'a jamais barré.

Il aura plus de mal à convaincre qu'il a le sort des catégories les plus menacées par la crise à cœur, après quatre années passées avec l'habit qui lui colle désormais à la peau de « Président des riches ». Difficile de nier qu'une partie du déficit actuel repose dans les « cadeaux » fiscaux qui ont été faits, à pure perte, aux plus aisés.

Dans une France moins « indignée » que d'autres pays, au moins en apparence, il ne faudrait pas grand chose pour que la purge sociale se transforme en explosion de colère. Surtout si le candidat qui incarnera la gauche au deuxième tour n'arrive pas à convaincre qu'il est porteur d'un programme radicalement différent.

Le sommet de Bruxelles, plus encore que la primaire socialiste, lance véritablement le coup d'envoi de la campagne électorale française. Premier acte, ce jeudi soir, dans une mise en scène 100% élyséenne.

 

http://www.rue89.com/rue89-eco/2011/10/27/les-trois-non-dits-de-laccord-de-bruxelles-225993

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:29

lemonde02.jpgLe journal Fakir est un journal papier. Il est en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu’il est acheté.

Antoine, pendant ses vacances, a visité la Banque Centrale européenne, à Francfort. C’est que, au fond, discrètement, cette ville est devenue notre nouvelle capitale. Mais comme, sur place, le guide n’était pas terrible, à son retour de congé, il a interrogé Frédéric Lebaron, à la fois sociologue et économiste, auteur de La BCE et la révolution néolibérale – et qui collectionne des fiches sur tous les banquiers centraux de la planète...

Francfort, notre capitale invisible ?

 

lebaron.jpgAntoine : Je me suis rendu à Francfort parce que, ces temps-ci, on a l’impression que c’est devenu notre nouvelle capitale. Régulièrement, la Banque centrale réclame plus de « flexibilité sur le marché du travail ». En février dernier, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, déclarait qu’ « augmenter les salaires est la dernière bêtise à faire en Europe » – au même moment, on apprenait que le CAC 40 allait augmenter ses dividendes aux actionnaires de 13%, pour atteindre 40 milliards, mais ça ne soulevait pas la colère du président de la BCE.

Frédéric Lebaron : Et pourtant, on ne dit pas que Jean-Claude Trichet est un leader du néolibéralisme en Europe…

François : Surtout, dernièrement, on est tombés sur cet article dans Le Figaro. La BCE a adressé une lettre à l’Italie, qui donne carrément des ordres au gouvernement. Trichet et son successeur, Mario Draghi, listent carrément les sociétés à privatiser : « transports publics, voirie, fourniture d’électricité, à l’exclusion de la distribution d’eau qui devra rester publique ». Ils exigent de modifier le Code du travail, « de rendre plus flexibles les procédures de licenciement », de « privilégier les accords au sein des entreprises aux conventions sectorielles ». Et surtout, ils imposent à Silvio Berlusconi de « procéder par décret, d’application immédiate, et non par projet de loi, que le Parlement met toujours du temps à approuver. » Même l’ancien commissaire européen Mario Monti estime, désormais, que l’Italie est dirigée par un « podestat étranger ». Et Le Figaro conclut : « Si ce n’est pas un programme de gouvernement ou une mise de l’Italie sous tutelle, c’est tout comme. »

Antoine : À lire ces lignes, on a le sentiment que le centre du pouvoir s’est déplacé là-bas, à Francfort. Et pourtant, cette capitale demeure largement invisible. Je veux dire, pour l’instant, il n’y pas eu de manifestations d’Italiens, de Grecs, de Français, entre la cathédrale Saint Barthélémy et la place Römerberg.

Frédéric Lebaron : Exactement. On pourrait dire que la BCE a construit son invisibilité. Elle s’est placée dans une position d’expertise, au-dessus des partis et des états. Il y a très peu de travaux universitaires à son sujet – et elle fait tout pour les décourager. Il y a également peu d’investigations des journalistes. Pour l’instant, elle a rarement été la cible des mouvements sociaux – qui s’en prennent aux dirigeants nationaux.

François : Dans nos cortèges, on se moque de Sarkozy, mais jamais on n’a brûlé une effigie de Trichet…

Antoine  : Qui c’est, d’ailleurs, Trichet ?

Frédéric Lebaron : Eh bien, même s’il cultive une image « apolitique », cet ingénieur des Mines et énarque a été conseiller de Giscard d’Estaing à l’Élysée, puis directeur de cabinet d’Edouard Balladur au ministère des Finances, en 1986, quand la droite privatisait les banques, les assurances, TF1… En 1993, il est devenu gouverneur de la Banque de France et est resté célèbre en pratiquant la politique du « Franc fort », dont il a été l’un des principaux théoriciens.

Antoine : Du franc fort à Francfort…

Frédéric Lebaron : L’objectif de sa « désinflation compétitive » était de défendre coûte que coûte la parité du Franc face au Mark. Ce qui a produit une montée du chômage, car on limitait l’accès au crédit en maintenant des taux d’intérêt élevés.

François : C’était la politique de la BCE avant la BCE ?

Frédéric Lebaron : Si on veut. Enfin bref, sous couvert d’ « expertise », Trichet ne s’est jamais privé d’intervenir dans la politique française : lors du passage aux 35 heures, par exemple, il avait mis en garde contre le risque de « renchérissement du coût du travail ». De façon déguisée, mais il fait de la politique.

Au service des peuples, ou des rentiers ?

 

Antoine : Quand je me suis rendu à la BCE, je n’ai pas échappé à un superbe Power Point, et surtout on m’a remis cette brochure : « Pourquoi la stabilité des prix est-elle importante pour vous ». L’intervenant était très fier de montrer, graphique à l’appui, que l’objectif des 2% d’inflation avait toujours été respecté. Mais pourquoi, en fait, la stabilité des prix est importante pour moi ? Pourquoi on en a fait la priorité des priorités ?

Frédéric Lebaron : Tout d’abord, ce chiffre de 2% est comme sorti d’un chapeau : on n’a jamais su en quoi il correspondait à un « niveau optimal d’inflation ». Pourquoi pas 3 ou 4%, ce qui semble historiquement plus réaliste ? Ces discussions de chiffres peuvent paraître inutiles, mais avec 4 % d’inflation – ce qui n’est pas non plus l’Allemagne des années 20 – cela pousserait à augmenter les bas salaires, réduirait d’autant la dette de l’État et celle des ménages ou des entreprises...

Antoine : Mais de qui l’inflation est-elle l’ennemi ? L’intervenant de la BCE m’a expliqué que c’était avant tout mauvais pour les personnes ayant une petite retraite...

Frédéric Lebaron : C’est faux. Même si cela déplaît aux dirigeants économiques, les retraites, comme les salaires, devraient toujours être indexés sur l’inflation. Non, l’inflation, c’est d’abord l’ennemi des créanciers, des détenteurs de capitaux, de ceux qui ont beaucoup d’argent à placer. Pour Keynes, l’inflation participe à « l’euthanasie des rentiers » : la valeur réelle de leur épargne diminue.

Antoine : Et donc, il faut d’autant plus nous persuader que c’est important pour nous. Alors que ça va contre notre intérêt…

Frédéric Lebaron : Tout à fait. Derrière des mesures présentées comme « techniques », la BCE a un agenda caché : réduire les coûts salariaux, diminuer la pression fiscale, abaisser les protections sociales...

François : C’est presque une lutte des classes, discrète, d’autant plus discrète qu’elle passe par des instruments monétaires, auxquels personne ne comprend rien.

Frédéric Lebaron : En quelque sorte. D’ailleurs, il faut faire un retour en arrière, aux années 70. Là, les dirigeants économiques ont nourri des inquiétudes très fortes. Ils avaient le sentiment qu’ils ne contrôlaient plus la machine, que les hausses de salaire devenaient quasi-automatiques, avec des revendications puissantes. À l’inverse, les profits, les dividendes, les revenus du capital diminuaient. L’inflation gênait les banques et les acteurs financiers parce qu’elle réduisait la valeur des créances et favorisait les personnes qui s’endettent. Ils ont donc mis en scène l’hyperinflation. Ils l’ont présentée comme une menace, comme un danger pour toute la société. Dans les années 80, on a donc rétabli une économie favorable aux créanciers, aux rentiers.

Antoine : Et ça vaut toujours trente ans plus tard ?

Frédéric Lebaron : Le débat se rouvre en ce moment. L’ancien chief economist du FMI, Kenneth Rogoff, vient de secouer ce tabou. Il propose une inflation modérée, à hauteur de 5–6%, comme moyen de réduire les dettes publiques. C’est une solution qui a fait ses preuves dans le passé, mais qui implique pour les entreprises de moins rémunérer leurs actionnaires… Mais il reste isolé. Vous avez vu Le Monde d’aujourd’hui ?

 

Antoine : Non.

Frédéric Lebaron : C’est comme la réponse de l’orthodoxie à Kenneth Rogoff, pour que, justement, ce débat ne se rouvre pas vraiment. Sur les six personnalités interrogées par Le Monde, comme par hasard, aucune n’est favorable à l’inflation. Jacques Delors annonce que « l’inflation n’est plus une solution ». Pour Daniel Cohen cette proposition est « complètement en dehors des clous », et pour Jean-Pierre Landau, sous-gouverneur de la Banque de France, laisser courir l’inflation « est immoral et dangereux ». Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, qui avait pourtant proposé une inflation à 4% en 2010 et déclenché une réaction hystérique des banquiers centraux, crache le morceau avec franchise : pour lui, l’inflation s’apparente à une « expropriation ». On voit parfaitement qui peut avoir peur d’un taux d’inflation un peu plus élevé...

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:26

kotzaridis.jpg

 

 

Parti Communiste Français

Section de Valenton

47 Rue du Colonel Fabien

94460 VALENTON

pcf-valenton@laposte.com

 

 

 

 

A l'attention de :

 

Comité Central du KKE

cpg@int.kke.gr

 

Centrale syndicale PAME

international@pamehellas.gr

 

 

Valenton, le 23/10/2011

 

 

Chers(es) camarades,

 

nous avons appris le décès de du syndicaliste du PAME, Dimitris Kotzaridis, 53 ans, secrétaire de la branche de Viron du syndicat des travailleurs du bâtiment. Et que des dizaines de manifestants du PAME ont également été blessés lors de la manifestation du 20 octobre.

Ainsi comme à Strasbourg lors du sommet de l'Otan, des forces dites incontrôlées, armées de grenades lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de cocktails Molotov ont agressé la partie du cortège la plus engagée dans le combat contre l'austérité du pouvoir socialiste, du FMI, de l'Europe du capital.

 

L'affrontement de classe qui oppose le peuple grec à sa bourgeoisie, au pouvoir social démocrate qui applique les mesures de mise à mort de votre pays , prend une dimension politique et sociale inconnue jusqu'à présent.

 

C'est désormais tout un peuple qui se dresse contre le capital et les banquiers, contre l'Europe de Merkel et Sarkozy et c'est la contagion des luttes qui sème l'inquiétude chez les milliardaires, en dollars ou en Euros, qui exigent, pour certains et désormais, de payer des impôts....

 

La manifestation du 20 octobre a marqué une nouvelle dimension de la mobilisation du peuple grec contre ceux qui voudraient faire payer leur crise, celle du capitalisme financiarisé, historiquement parvenu à son terme.

 

Les communistes de Valenton vous font part à la fois de leur émotion et de leur solidarité à l'égard des proches de Dimitris, à l'égard des militants(es) de la centrale syndicale PAME et du du Parti Communiste Grec KKE .

 

Nous réaffirmons ici notre total soutien aux luttes légitimes du peuple grec avec à ses côtés et bien souvent devant les travailleurs(ses) organisées au sein de leur organisation syndicale de classe PAME et avec leur tarduction politique avec le KKE.

 

Avec toute notre fraternité ;, notre solidarité.

 

Pour la section du PCF de Valenton

 

Alain Girard

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 15:18

kotzaridis.jpgLe Parti communiste grec (KKE) s'exprime sur l'assaut organisé meurtrier contre le cortège du PAME dans la manifestation du jeudi 20 octobre qui a conduit au décès du syndicaliste Dimitris Kotzaridis

 

 

Communiqué du Parti communiste grec (KKE)

publié le 20 octobre

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



A l'occasion de la manifestation de jeudi, des groupes organisés ayant des ordres bien précis et des anarcho-fascistes ont lancé une attaque avec des cocktails Molotov, des grenades lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des pierres, afin de disperser le formidable rassemblement de travailleurs place Syntagma et en particulier dans la zone où le PAME s'était concentré. Le bilan de cette attaque, c'est la mort du syndicaliste du PAME, Dimitris Kotzaridis, 53 ans, secrétaire de la branche de Viron du syndicat des travailleurs du bâtiment. Des dizaines de manifestants du PAME ont également été blessés.

 

La haine de ces gens cagoulés contre le mouvement syndical et populaire et contre le PAME exprime toute la violence des forces qui servent le système et le pouvoir bourgeois. Le gouvernement a une énorme responsabilité dans ce qui s'est passé. Derrière l’opération visant à intimider, calomnier et réprimer le mouvement syndical et populaire on trouve des structures, centres et services d’État. L'histoire nous le démontre, l'offensive meurtrière et barbare d'aujourd'hui nous le prouve également. Ces gens cagoulés, des anarcho-autonomistes, des fascistes ou quelque soit la manière dont ils se qualifient ont essayé de réaliser ce que les forces de la répression, le chantage et les menaces ne sont pas parvenus à faire : intimider les travailleurs afin qu'ils se soumettent. Il apparaît désormais en toute objectivité que ce sont de ces mêmes centres qu'est venu l'ordre donné à des agents provocateurs d'incendier la banque Marfin, causant la mort de trois personnes, lors du vote du Mémorandum, le 5 mai 2010.

 

Ils ont échoué dans leur objectif, la dispersion du rassemblement du PAME. De la même manière, les plans du gouvernement, des appareils du système, des partis de la ploutocratie qui cherchent à intimider et contenir le torrent de la riposte politique qui a déferlé dans les rues avec la grève de 48 heures doivent également être mis en échec.

 

Le KKE exprime sa peine et ses condoléances à la famille de Dimitris Kotzaridis qui est tombé dans la lutte pour la juste cause de la classe ouvrière et du peuple. Il exprime sa solidarité avec les manifestants blessés, avec tous ceux qui ont défendu la manifestation ouvrière et populaire contre les groupes provocateurs. Il appelle le peuple à s'opposer de façon résolue ; à lutter avec le KKE, à rejoindre les syndicats, le PAME et les autres organisations radicales qui luttent contre les politiques anti-populaires, contre le pouvoir des monopoles. Il s'agit de la force d'opposition aux partis de la ploutocratie, à l'UE et au FMI. Il s'agit de la force dont dispose le peuple pour repousser les mesures brutales, la violence et l’intimidation de tous les appareils répressifs. Le peuple peut mettre en échec les politiques et le pouvoir anti-populaires.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:35

greece-red.jpg

Athènes, le 20 octobre. Un syndicaliste communiste couvert de peinture lors des manifestations pendant la grève générale.

 


Après deux jours de grève générale et de combats de rue, la Grèce semble tous les jours un peu plus près du précipice. Alors que les responsables européens se rassemblent ce dimanche dans une dernière tentative de sauvetage de la monnaie unique, un auteur grec condamne les élites de son pays qu’il juge responsables de la situation actuelle.

Cette semaine, les employés d’une petite boulangerie du centre d’Athènes ont annoncé qu’à défaut de fermer boutique – leur clientèle étant largement composée de personnes fragiles -, ils manifesteraient leur soutien au mouvement de grève générale en vendant tous leurs produits à prix coûtant. Cette nouvelle, inattendue pour leurs clients en cette période difficile, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des signes de résistance et de solidarité que donne à voir la capitale grecque. Pendant ce temps, pas un ministre ou député ne peut apparaître en public sans se faire huer ou “yaourter” (sorte d’entartrage à la mode grecque).

La Grèce est un pays divisé : d’un côté, les responsables politiques, banquiers, évadés fiscaux et barons des médias qui soutiennent la réforme culturelle et sociale la plus violente que l’Europe occidentale ait jamais vue, de l’autre, la vaste majorité du peuple grec. La rupture paraissait évidente hier lorsque près de 500 000 personnes sont descendues dans les rues pour participer au plus grand mouvement de contestation de l’histoire du pays.

La tentative du gouvernement de créer une division entre les fonctionnaires (décrits comme une classe de fainéants corrompus) et les salariés du privé, a échoué. Tout ce que le gouvernement Papandreou a réussi à faire, c’est remplacer la vieille opposition droite-gauche par celle des élites contre le peuple.

L'autre Grèce prononcera le verdict de l'Histoire

L’Europe devrait bientôt décider comment gérer la crise de la dette avec le gouvernement grec en simple observateur. Mais une fois que l’Europe se sera occupée du seul problème qui l’intéresse, le jeu politique entrera dans sa phase finale à Athènes. C’est alors que "l’autre" Grèce prononcera le verdict de l’Histoire.

Les élites politiques devront répondre du chaos qu’elles ont créé, et que l’on impute largement à ceux qui résistent aujourd’hui. Les deux partis dynastiques qui se succèdent à la tête du pays depuis près de quarante ans, sont précisément ceux qui sont à l’origine de ce secteur public aussi pléthorique qu’inefficace.

L’émergence – incontestable – des difficultés ne les a pas empêchés de continuer à accumuler les dettes, poussant ainsi l’Europe à intervenir dans les affaires grecques. Selon un représentant, jamais la troïka – Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne – n’a demandé la fin des négociations collectives dans le secteur privé, la seule mesure suscitant quelques résistances au sein du parti au pouvoir. Pas plus que ces institutions n’ont exigé la réforme universitaire. A croire que les élites grecques n’avaient pas de plus cher désir que d’orchestrer le démantèlement de l’Etat-Providence pour transférer des avoirs publics vers le secteur privé.

Le gouvernement Papandréou se verra accusé d’incompétence et de cynisme. Tous les régimes autoritaires rêvent de bouleverser radicalement la société. Ce gouvernement avait pour mission de remplacer la solidarité par l’indifférence, l’hospitalité par l’exploitation. Il a échoué, et maintenant, l’élite n’est plus séparée du peuple en colère que par une épaisse ligne d’hommes en bleu.

Les gens réagiront de plus en plus violemment

Le chômage des jeunes grimpe en flèche et menace d’atteindre les 50 %. Pendant des décennies, la Grèce va payer le prix de la destruction de toute une génération. La troïka se verra accusée d’arrogance néocoloniale. Il n’est pas nécessaire de connaître le mythe de Sisyphe pour comprendre que des mesures qui aboutissent à une croissance de -7 % ne peuvent pas réduire le déficit.

Pas besoin non plus d’avoir lu Platon pour savoir qu’en diminuant de moitié les salaires et les retraites, les gens ne pourront pas payer les nouvelles taxes exorbitantes. Pas besoin d’être versé en histoire de la Grèce pour deviner que plus on répètera que la souveraineté d’un pays est réduite, plus les gens réagiront violemment.

La manifestation du 20 octobre dernier s’est terminée par une tragédie, la mort d’un syndicaliste. C’en est fini des derniers lambeaux de légitimité du pouvoir, et le gouvernement ne devrait pas tarder à plier bagages. Le déficit démocratique dont souffrent tous les gouvernements est irréversible en Grèce. C’est à "l’autre" Grèce qu’il revient de se doter d’une constitution de justice sociale et de démocratie pour le XXIe siècle. Voilà ce que la Grèce peut offrir au monde.

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