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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 20:01

arton2728-b93ad.jpgDes habitants de logements sociaux campent depuis plus de cinq mois sur une place centrale de Berlin. Ils refusent les hausses de loyers intenables que leur bailleur veut leur faire payer. Et dénoncent la privatisation des logements sociaux, qui risque de pousser en périphérie les classes populaires de ces anciens quartiers ouvriers. Reportage.

Le camp a commencé avec une cabane, bricolée avec des palettes de bois et quelques tables. D’où son nom, Gecekondu, « maison construite dans la nuit » en turc. Une grande tente, deux parasols et un container meublé, avec éclairage et chauffage d’appoint, ont surgi à côté, sur cette grande place berlinoise, Kottbusser Tor. Ce hameau temporaire est l’œuvre de locataires en lutte. Les habitants des logements sociaux construits dans cet ancien quartier ouvrier, dans le quartier de Kreuzberg, s’opposent depuis 2011 aux hausses démesurées de leurs loyers et charges. En mai, ils ont décidé d’occuper un bout de la place très passante, entre les bars et les restaurants.

« Une femme a lancé une pétition dans un des immeubles contre les hausses de loyers, raconte Matti, jeune locataire et activiste du mouvement, appelé Kotti & Co en référence au nom de la place. Puis, on a commencé à se réunir une fois par semaine dans un café. Avec la naissance du mouvement Occupy, nous avons décidé d’installer ce camp, mais en marge d’Occupy parce que de nombreux locataires ne se seraient pas reconnus dans cette logique. » Depuis mai, les locataires de Kotti sont là jour et nuit, 24 heures sur 24. Ils manifestent toutes les deux à trois semaines dans les rues du quartier, au son des casseroles. « Nous sommes une centaine à participer au camp, et beaucoup plus pour les manifestations », indique Hatice, l’une des locataires contestataires.

Subventions supprimées, bailleur privatisé

Un millier de logements sociaux entourent la place berlinoise de Kottbusser Tor. Construits avant la réunification de l’Allemagne par des bailleurs privés, soutenus par la puissance publique, ils ont bénéficié de subventions de la ville pendant des décennies pour maintenir les loyers à un niveau bas. En 2003, Berlin a décidé de supprimer ses subventions pour 28 000 des 160 000 logements sociaux de la ville. Avec la fin des aides publiques, les bailleurs peuvent augmenter les loyers comme bon leur semble, jusqu’au « prix coûtant » incluant le remboursement de l’investissement de construction. « Mais ces logements ont été construits dans les années 70. L’investissement est amorti depuis longtemps », explique Matti. Le problème, c’est que les anciens bailleurs sociaux de Berlin ont bien changé : l’une des sociétés propriétaires des logements sociaux, GSW, a été privatisée en 2004. Et a fait son entrée en bourse en 2010.

Cette politique aboutit à des situations intenables pour nombre de locataires sociaux. Dans plus de 40% des 160 000 logements sociaux de Berlin, les loyers sont supérieurs à ceux du parc privé ! Sur la place de Kottbusser Tor, des locataires ont vu leur loyer augmenter de 300 euros en trois ans. « Les loyers sont passés de 4 euros/m2 à 7 euros/m2 », rapporte Hatice. C’est bien plus que le loyer moyen berlinois, à 5,21 euros/m2 (sans charge) en 2011 [1]. « On nous demande des rattrapages de charges de 1.000 euros en fin d’année ! » Selon les activistes, le loyer représente aujourd’hui 40 à 50% des revenus pour la moitié des familles habitant les logements sociaux de la place. Si elles ne peuvent plus payer ces augmentations, elles savent ce qui les attend : elles devront quitter le quartier et trouver un appartement en périphérie de Berlin. Impensable pour Hatice : « Nous vivons ici depuis 30 ou 40 ans. Nous voulons rester ! »

Poussés vers la périphérie

La majorité de familles locataires de la place sont d’origine turque. Quand elles sont arrivées à Berlin, dans les années 60 et 70, le quartier de Kreuzberg, alors situé en périphérie de Berlin-Ouest, à quelques centaines de mètres du mur, accueillait les nouveaux travailleurs migrants. C’est là qu’ont atterri les familles d’Hatice, Nazan, Mutheb, Gunay et Nazif, quand elles sont arrivées de Turquie. Les quatre femmes et l’homme bavardent dans le container aménagé. Ils servent thé et café en échange de dons, aux militants qui passent, aux curieux, aux locataires des environs. Comme cette femme en béquille, qui habite à quelques rues et vient demander la date de la prochaine manifestation : « Je crains que la hausse arrive dans mon immeuble. Et je ne veux pas déménager », explique-t-elle. Elle y sera pourtant contrainte si son loyer augmente au dessus du seuil pris en charge par l’agence pour l’emploi pour les chômeurs de longue durée (394 euros pour une personne seule).

 

Depuis cinq mois, le camp de Kotti & Co est devenu un lieu de rendez-vous et de rencontres pour les habitants du quartier. Les grands-mères y retrouvent leurs petits-fils, des retraités y croisent des apprentis et des étudiants, des chômeurs des aides-soignants, des designers, infirmiers, ingénieurs, ouvriers, vendeurs… On y parle allemand, turc et même anglais, pour renseigner les touristes, nombreux dans le quartier, sur la situation du logement dans la capitale.

La municipalité justifie les hausses de loyers

« Quand on essaie de mettre en place des initiatives par le haut pour que les différentes populations du quartier se rencontrent, ça ne marche pas. Ici, c’est un mouvement qui part du bas et ça marche tout seul », constate avec joie Taina Gärtner. L’élue verte au conseil du quartier colle des affiches sur les murs du container. Comme le maire (vert) de l’arrondissement de Kreuzberg, elle soutient le mouvement des locataires de Kottbusser Tor. Ce n’est pas le cas de la mairie de Berlin, dirigée par le Parti social-démocrate (SPD), qui n’a pas bougé d’un pouce pour l’instant. Le responsable de l’urbanisme a bien répondu à un courrier des locataires, mais pour justifier, sur cinq pages, les hausses de loyers.

« Le bailleur dit que c’est à la municipalité de faire quelque chose et la municipalité dit que c’est au bailleur », regrette Hatice. « Nous avons tenté d’alerter la mairie sur le problème, sans succès, indique aussi Matti. Le bailleur GSW ne voulait pas nous écouter non plus, puis il nous a reçu. Il a fini par nous fournir les données sur lesquelles il se base pour calculer les augmentations de loyers et de charges. À partir de cela, nous pouvons vérifier si les hausses sont légitimes. Maintenant, nous avons des rendez-vous réguliers. » Le prochain concernera le montant des charges.

Pour un logement social public

La municipalité a pourtant fait quelques efforts, ces derniers mois, sur la question du logement. En septembre, elle a conclu une « alliance pour un logement accessible » avec cinq bailleurs sociaux détenus par l’État-région de Berlin. Le programme prévoit la construction et l’achat rapide de plus de 20 000 logements sociaux supplémentaires et une limitation des hausses de loyer, pour que celui-ci ne dépasse pas 30% des revenus des locataires. Mais les logements de Kottbusser Tor appartiennent à un bailleur privatisé il y a huit ans. Ils ne seront pas concernés par ces mesures. Les activistes de Kotti maintiennent donc leur revendications : une baisse immédiate des loyers et la mise en place d’un plafonnement provisoire. A terme, ils appellent à « recommunaliser » le logement social de la capitale allemande.

Leur démarche a le soutien de partis d’opposition de Berlin (Verts, gauche radicale et Pirates), qui les ont reçu en septembre. Une cinquantaine de sociologues, architectes, urbanistes et artistes ont aussi exprimé leur appui. Le 13 novembre, les locataires organisent, dans les locaux de l’assemblée de Berlin, une conférence sur le logement social dans la capitale allemande. « Nous voulons un rendez-vous avec la mairie avant cette date », souligne Matti. Le groupe de locataires est allé frapper directement aux portes des bureaux de la mairie, espérant être enfin entendu.

Rachel Knaebel

Photo : Source

Notes

[1] D’après les chiffres du « miroir des loyers », l’analyse, publiée chaque année par la municipalité, des différents loyers pratiqués selon la situation des logements, leurs taille, le niveau d’équipement et la date de construction.

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 13:19

arton18145-dd3b8.jpgIl est fondamental de replacer la mobilisation exemplaire du 25, 26 et 29 septembre en Espagne (25S Rodea el Congreso) |1| dans son contexte international pour évaluer les tensions sociales en cours dans un nombre croissant de pays pour les mêmes raisons : un déficit flagrant de démocratie permettant l’application d’une violente politique d’austérité, celle-ci conduisant à l’appauvrissement du plus grand nombre au nom d’une dette largement illégitime qui profite aux quelques autres.

Contexte international d’une lutte contre l’austérité qui tend à être commune

Peu de temps auparavant, le 15 septembre au Portugal, un million de personnes (10% de la population), dont au moins 500 000 dans la capitale, manifestaient dans tout le pays, soutenues par des représentants des forces de l’ordre et de l’armée, contre la troïka et ses funestes plans d’austérité. Face à la plus grande manifestation depuis le 1er mai 1974 après la chute de la dictature de Salazar, le gouvernement a dû revenir sur ses positions et revoir sa copie, en l’occurrence une hausse de 7% des contributions sociales des travailleurs (de 11% à 18%) - revenant à une baisse de salaire effective - accompagnée d’une baisse de 5,75% des charges patronales (de 23,75% à 18%) |2|. C’est une victoire, bien qu’insuffisante, du mouvement social qui donne une idée de son potentiel émancipateur. Le 29 septembre, des centaines de milliers de personnes manifestaient à l’appel de la CGTP (Confédération Générale des Travailleurs du Portugal), principal syndicat du pays. Le 1er ministre Passos Coelho, surnommé ’Robin des Bois des Riches’ pour vouloir donner aux riches ce qu’il prend aux pauvres, devait trouver où puiser l’argent afin de respecter les objectifs de réduction du déficit public (à 4,5% du PIB l’an prochain) imposés par les créanciers. Après avoir informé la troïka, le ministre des finances, Victor Gaspar, annonçait une hausse brutale et généralisée des impôts sur le revenu en 2013 qui frappe de plein fouet les pauvres et la classe moyenne déjà durement malmenée. « Le même vol avec une autre main » résumait-on au sein de la gauche de la gauche et des mouvements sociaux. En réponse, un nouvel appel à la grève générale est annoncé pour le 14 novembre |3|.

En Italie, le secteur public se met en grève le 28 septembre contre les coupes budgétaires du gouvernement du premier ministre Mario Monti arrivé au pouvoir sans élection en novembre 2011 pour appliquer l’austérité. Austérité qui, selon les marchés, n’était pas mise en place assez rapidement par son prédécesseur Berlusconi, empêtré dans ses fameux scandales de corruption… Arrivé au pouvoir fin 2011, l’ex consultant pour Goldman Sachs Mario Monti |4| a imposé des coupes claires de 30 milliards (décret Salva Italia), la récession de l’économie italienne s’est accentuée alors que les salaires dans la fonction publique sont déjà gelés depuis plus de deux ans, le taux de chômage a atteint 10,7% de la population active en juillet et Monti a pour la première fois déclaré le 27 septembre qu’il serait prêt à rester à la tête du gouvernement après les élections législatives prévues au printemps 2013 si le scrutin ne débouchait pas sur une majorité claire. Une normalisation d’un exercice du pouvoir sans élection qui reviendrait à l’achèvement d’une démocratie mourante, autrement dit, une déviance dictatoriale.

En Grèce, le 26 septembre, le nouveau gouvernement de coalition d’Antonis Samaras soumis à la troïka (Union européenne, BCE, FMI) a vécu sa première grève générale de 24 heures, la troisième depuis le début de l’année. Le nouveau paquet d’austérité draconien que la coalition gouvernementale devait présenter à la troïka est finalement en passe d’être accepté après plus de deux mois de tractations. Il vient s’ajouter aux trois autres plans déjà adoptés par le parlement grec depuis le début de la crise. Les négociations butaient entre autres sur un nouveau relèvement de l’âge du départ en retraite, à 67 ans au lieu de 65 |5|. La Grèce est sommée d’économiser 11,5 milliards d’euros supplémentaires pour 2013-2014 afin de débloquer la prochaine tranche de 31,5 milliards d’euros du prêt UE-BCE-FMI de 130 milliards d’euros promis à la Grèce en mars. Ces mesures iniques imposées par les créanciers ont plongé la Grèce dans sa cinquième année consécutive de récession avec un taux de chômage à 25% qui a plus que doublé en deux ans (54,2% des jeunes entre 15 et 24 ans sont sans emploi et le taux de chômage de la population active atteint 25,1% en juillet 2012). Complètement soumise au diktat des créanciers, la coalition au pouvoir espère obtenir un délai supplémentaire de deux ans (à 2016) pour parvenir aux objectifs imposés initialement pour 2014. La nouvelle grève générale (la 4ème de l’année et la 2ème contre pour le gouvernement actuel) du 18 octobre, coïncidait avec la fin d’une mission de la troïka sans parvenir à un accord sur les mesures d’austérité pour débloquer le prochaine tranche de prêt.

Pendant ce temps, le ministre du Développement, Konstantinos Hatjidakis, vient d’annoncer début octobre que l’État venait d’allouer 28,9 millions d’euros à la construction d’un circuit de Formule 1 dans le sud-ouest du pays (à Fares). Un tel chantier, dont le coût total est estimé pour le moment à 94,6 millions d’euros et devrait durer trois ans, a de quoi exaspérer une population qui continue à se saigner pour rembourser une dette en partie causée par le déficit abyssal (9 milliards d’euros de déficit) généré par l’investissement astronomique pour les Jeux olympiques de 2004 |6|.

Le 9 octobre, 7 000 policiers et tireurs d’élite transformaient Athènes en ville interdite lors de la venue d’Angela Merkel. Ce même jour on célébrait la commémoration des morts tombés sous le bombardement de la ville par l’Allemagne nazi en 1944, 3 jours seulement avant la libération. L’occupation nazi a ruiné le pays et affamé son peuple (300 000 morts lors de l’Occupation) et l’Allemagne n’a toujours pas remboursé sa dette de guerre envers la Grèce. Pour le peuple grec qui vit aujourd’hui une occupation économique, c’est un lourd symbole de recevoir la visite de la chancelière allemande un 9 octobre. Dans un tel contexte, souvent omis dans les médias dominants, on comprend qu’une partie de la population grecque n’hésite pas à assimiler la politique d’austérité allemande à la naissance d’un ’quatrième Reich’. Ce même jour, le quotidien britannique The Guardian publiait les témoignages de plusieurs dizaines de manifestants antifascistes affirmant avoir été victimes de tortures infligées par la police après leur arrestation lors d’une manifestation contre le parti néo-nazi grec, l’Aube dorée |7|. Quelques jours plus tard, un officier de police affirmait que la police était infiltrée par ce parti fasciste |8|.

En France, François Hollande qui dégringole dans les sondages impose, sans référendum ni consultation, le Pacte budgétaire européen, véritable traité de l’austérité à perpétuité, qu’il avait promis de renégocier. Le 30 septembre, près de 80 000 personnes défilent dans les rues de Paris contre cet acte de trahison notoire |9|.

Le même jour en Belgique, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Bruxelles contre les politiques antisociales d’austérité prévoyant près de 14 milliards d’euros d’économies afin de réduire le déficit budgétaire à moins de 3% du PIB contre 3,8% en 2011. Le royaume de Belgique s’enfonce lui aussi dans l’austérité alors que les banques privées sont sauvées quel qu’en soit le coût : en Belgique, les sauvetages bancaires ont provoqué une augmentation de la dette publique de 32,5 milliards d’euros. En guise d’exemple, le groupe bancaire Dexia accusant des pertes astronomiques est sauvé par les contribuables pour la 2ème fois en octobre 2011 alors que des bonus indécents sont distribués aux dirigeants.

Plus loin, les étudiants chiliens, en lutte depuis mai 2011, descendent à nouveau dans la rue le 27 septembre à la veille du débat parlementaire sur le budget prévisionnel de 2013 pour réclamer une hausse du budget de l’éducation. Les étudiant-e-s réclament un changement constitutionnel dans le cadre d’un système éducatif héritier de la dictature de Pinochet (1973-1990) qui a introduit le secteur privé et réduit les ressources publiques destinées à l’enseignement. Après un nombre infini de manifestations réclamant une éducation gratuite et de qualité pour toutes et tous, le gouvernement conservateur de Sebastián Piñera semble fléchir. Il a finalement promu une loi visant à ramener de 6 à 2% les intérêts sur les prêts que les étudiants devaient s’engager à payer au système bancaire pour financer leur carrière |10|. Il a par ailleurs envoyé un projet de loi au Parlement afin d’augmenter le budget de l’éducation de 1200 millions de dollars (soit 9,4% d’augmentation pour atteindre 12,8 milliards). Cette victoire, dont il faudra vérifier la portée, fait écho à celle du mouvement étudiant au Québec qui, après 7 mois de lutte, a réussi à faire annuler l’augmentation disproportionnée de 75% des frais de scolarité et la loi répressive, dite loi 78, durement contestée.

Le 12 octobre, après Barack Obama en 2009, l’Union européenne recevait le prix Nobel de la paix. Cette Union dont la construction repose sur des politiques ultra libérales appliquant l’austérité pour les peuples et creusant toujours plus l’inégalité, fragilise grandement la paix sociale. Ironie de l’histoire, l’organisation militaire de l’OTAN applaudissait la remise du prix. L’Union européenne, dont la Commission - accompagnée de la BCE et du FMI - forme la tristement célèbre troïka, ne fait qu’approfondir les problèmes après 20 sommets dédiés à la résolution de la crise tout en appliquant l’austérité. Cette Union s’apprête à ratifier le traité européen MES (Mécanisme Européen de Stabilité) qui dérobe toute souveraineté à chaque État membre et porte un coup fatal à notre démocratie chancelante. Hasard du calendrier, le lendemain 13 octobre, des milliers de personnes manifestaient dans toute l’Europe |11| et au delà contre la dette et les plans d’austérité dont l’UE supervise l’application.

En Europe, un front uni et coordonné des luttes contre l’austérité est nécessaire et urgent. Partout les peuples se rebellent contre cette attaque sans précédent contre la démocratie. Cette atteinte à la souveraineté portée à son paroxysme par le MES, le Pacte budgétaire ou le changement constitutionnel prévoyant la priorité au remboursement de la dette, soulève l’indignation et la révolte. Seule l’union des mouvements populaires contre la troïka des créanciers et les banques privées pourra faire fléchir cette politique qui ne fait qu’accentuer le transfert de richesse du travail vers le capital. Cette lutte devient urgente si l’on ne veut pas voir le fascisme ramper à nos portes et s’autoproclamer unique alternative.

Jérôme Duval

 

http://cadtm.org/Contexte-international-du

Notes

|1| 25S. Le peuple debout face à la démocratie séquestrée, http://cadtm.org/25S-Le-peuple-debout-face-a-la

|2| Un des mots d’ordre était « Que se lixe a troika » (Que la Troïka dégage). Lire Rui Viana Pereira, Portugal : un million de révoltés dans la rue le 15 septembre 2012 contre la Troïka et le gouvernement, http://cadtm.org/Portugal-un-million-de-revoltes

|3| Cet appel à la grève générale devient international et est aussi suivi en Espagne, de grosses manifestations sont prévues un peu partout en Europe.

|4| Goldman Sachs, sans doute averti du risque sur la dette souveraine par son ancien Conseiller pour les affaires internationales Mario Monti, a « réduit son exposition sur les titres de la dette italienne de 92% (de 2,5 milliards de dollars en mars 2011 à 191 millions au 30 juin 2012) ». Chiara Filoni, Italie. L’imposture de Mario Monti, http://cadtm.org/Italie-L-imposture-de-Mario-Monti.

|5| L’accord Grèce-troika tient à 2 ou 3 milliards, L’Echo, 19 septembre 2012 : www.lecho.be/actualite/economie_politique_europe/L_accord_Gr...;?ckc=1

|6| Bloomberg, 01/10/2012, Greece Unblocks Subsidy for Formula 1 Track Construction, http://www.bloomberg.com/news/2012-10-01/greece-unblocks-sub...;; Athènes débloque 30 millions d’euros pour un circuit de F1, L’Expansion, 3.10.2012, http://lexpansion.lexpress.fr/economie/athenes-debloque-30-m...;; www.huffingtonpost.fr/2012/10/01/grece-formule-1-circuit-pat...

|7| ’Greek anti-fascist protesters ’tortured by police’ after Golden Dawn clash’, The Guardian, 9 octobre 2012, http://www.guardian.co.uk/world/2012/oct/09/greek-antifascis...

|8| ’Golden Dawn has infiltrated Greek police, claims officer’, The Guardian, 26 octobre 2012, http://www.guardian.co.uk/world/2012/oct/26/golden-dawn-infi...

|9| Le traité budgétaire européen est finalement adopté par l’Assemblée nationale le 9 octobre.

|10| www.diario-octubre.com/2012/09/27/los-estudiantes-chilenos-v...

|11| Journée mondiale de mobilisation dans le cadre de la Semaine de lutte global contre la dette et les Institutions Financières Internationales à l’appel de Global Noise. Vidéo de la manifestation à Madrid : http://www.europapress.es/videos/video-cacerolada-multitudin...

 

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http://www.legrandsoir.info/contexte-international-du-mouvement-social-pour-une-reelle-democratie-contre-la-dette-et-l-austerite.html
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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 19:25

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Légende, cas d'une cantine sociale (« Deutsche Tafel ») en Allemagne



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Une étude récente du Ministère du Travail allemand reconnaît officiellement l'aggravation drastique des inégalités dans le pays au cours des 30 dernières années, en particulier dans les deux dernières décennies.



L'étude, de 500 pages, intitulée « Richesse et pauvreté », montre que l'Allemagne est l'un des pays où le transfert de richesses du travail vers le capital a été le plus prononcé, générant des inégalités sociales atteignant un niveau inédit jusqu'alors



Ainsi, en seulement 20 ans, les actifs privés (le patrimoine privé) ont plus que doublé, passant de 4 600 milliards d'euros à 10 000 milliards.



Or, comme l'observe le correspondant du journal espagnol la Vanguardia, Rafael Poch, si l'on divise ce montant colossal par les 40 millions de ménages allemands, chacun recevrait une petite fortune de 250 000 euros.



Cependant, on ne parle pas de redistribution mais bien au contraire une concentration croissante. Dans le détail, les statistiques fédérales, pour 2008, montrent que 53% des actifs privés étaient entre les mains de 10% des allemands les plus fortunés. Les 46 autres % du patrimoine privé sont détenus par 40% de la population, tandis qu'il ne reste qu'1% des actifs pour la moitié des allemands.



Dix ans auparavant, en 1998, la moitié la plus pauvre de la population possédait encore 4% des actifs privés et les 40% de la population juste au-dessus,, 52% des richesses. Dans la période suivante, seuls les 10% les plus riches sont parvenus à accroître leur richesse, au prix de la paupérisation de l'immense majorité de la population.



Cette évolution s'est poursuivie, selon ce que révèlent les chiffres de 2011, on constate que les 10% les plus riches détiennent déjà 66% du capital.



Mais même parmi cette minorité, les différences sont abyssales. Ainsi, seulement 0,1% de la population de plus de 17 ans contrôle 22,5% des actifs, 0,9% détient 11,3% de la richesse et les 9% les plus riches restants se répartissent 30% du capital.



La partie intermédiaire (40% de la population) a vu sa part se réduire à 32% de la richesse tandis qu'il ne reste plus que 1,2% pour l'autre moitié de la population.



Gel des salaires, explosion des profits



Pour certains hommes politiques et observateurs, cités dans ce même journal, l'aggravation des inégalités ces dix dernières années est la conséquence d'une politique de gel des salaires, au même moment où les profits des grandes entreprises ont plus que doublé.



L'intensification de l'exploitation fut, en grande partie, actée par l'ensemble de lois connues sous le nom de Hartz IV, qui défendaient une politique de bas salaires et la généralisation de la précarité du travail. Dans le même temps, les revenus les plus élevés bénéficiaient d'exonérations fiscales depuis le début du siècle.



Les entreprises, par exemple, ont vu leur taux d'imposition baisser de 51%, à l'époque du conservateur Helmut Kohl, à 29,6%(dans les faits 22%), au moment des coalitions social-démocrates/verts (1998-2005).



Le résultat est visible : si dans les années 1980 l'Allemagne était un des pays avec le pourcentage le plus faible de bas salaires (14%), aujourd'hui, le taux d'emplois précaires, toujours mal payés, s'élève à 25%, comparable aux chiffres relevés aux États-Unis.



Avec ces politiques favorables au capital, les femmes sont les premières à souffrir. Des chiffres récents issus des statistiques fédérales indiquent que, en Allemagne, les femmes gagnent en moyenne 22% de moins que les hommes, la différence étant plus forte encore dans les postes de direction, où elles gagnent un tiers moins que ce que gagnent les hommes, et moins perceptible dans les emplois administratifs non-qualifiés, où la différence est de 4%.



Les soupes populaires connaissent pas la crise



Les chiffres officielles indiquent l'existence en Allemagne de 13 millions de pauvres, mais cette couche de la population augmente de jour en jour, comprenant chômeurs, personnes âgées, mais aussi travailleurs précaires, dont les salaires ne leur permettent pas de vivre et les contraignent à avoir recours à des organisations de bienfaisance.



Une de ces organisations, Deutsche Tafel, a révélé que ses centres ont déjà aidés 200 000 personnes dans le besoin en plus cette année, par rapport à 2011.



La même organisation affirme qu'au moins 1,5 million de personnes qui fréquentent les cantines sociales en territoire allemand.



La Deutsche Tafel a plus de 20 années d'activité, offrant gratuitement des produits alimentaires récupérés de restes de super-marchés et de boulangeries.



Selon son président, Gerd Häuser, « la politique de lutte contre la pauvreté a été un échec en Allemagne ». Aujourd'hui, « avoir un travail ne signifie plus être protégé contre la pauvreté ».

 

Source: Avante, organe du PC Portugais

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:56

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Le journal Fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

http://www.fakirpresse.info/Voyage-au-sommet-de-l-oligarchie.html

 

 

 


Après les Zones industrielles picardes, Megève. Après les prolos, la France de tout en haut – et son tournoi de polo. On y allait comme le chrétien part en Terre Sainte : dans l’attente d’une révélation. Ici, l’exploitation allait se montrer à nue. Ici, nous allions découvrir leur secret, on titrerait genre « Le Mystère des Riches enfin résolu ! » Mais c’est justement l’inverse : Megève fonctionne comme un masque. Cette ville offre un négatif de la vie qu’ils imposent aux autres, ailleurs…

« Ici, Norbert Dentressangle est en train de se faire construire un énorme chalet. Ça doit valoir dans les 5 millions d’€, même plus… Sur votre droite, on passe devant chez Filipacchi, l’ancien patron d’Hachette… De l’autre côté, vous avez Givenchy… Et dans les parfums toujours, Lindsey Owen Jones, l’ex-PDG de l’Oréal… Tiens, c’est la famille Pollet. Mais si, vous connaissez : La Redoute… De ce côté-ci, les Rotschild installent tout un complexe de grand luxe… »

Sur les hauteurs de Megève, dans sa Panda 4x4, Anne-Catherine (on a changé le prénom, elle tient à sa réputation) nous offre un tour de CAC 40, les résidences d’hiver des grandes fortunes. Elle les connaît bien. Parce qu’elle en est, à moitié : unique héritière d’une boisson gazeuse, cédée à un groupe japonais. Parce qu’elle leur en a vendu, surtout, des villas perdues dans la montagne.

« J’ai tenu une galerie de tableaux. Ils achetaient des tableaux, des tableaux de merde, des tableaux italiens, qui étaient moches… C’est là que j’ai découvert que, vraiment, y avait beaucoup d’argent. Ensuite, j’ai ouvert une agence immobilière, plutôt spécialisée dans le standing. Je m’étais trompé : de l’argent, y en avait pas beaucoup, mais beaucoup beaucoup beaucoup. Je me souviens d’un jour, à midi moins le quart, je vois arriver une voiture de location, avec un mec en imperméable tout crade, une grosse bonne femme :
“- Est-que nous pourrions voir trois quatre logements ?
- Revenez cette après-midi, je leur dis, je vous montrerai tout ça.”
Le soir, une amie, dans la concurrence, m’appelle : “T’as eu des clients vers midi, aujourd’hui. Tu les as mal reçus ?
- Oh c’était rien, des fauchés…
- Ouais, eh bien, tes fauchés, c’étaient les Mulliez. Ils m’ont acheté un immeuble avec dix appartements.”
En dix minutes, ils avaient lâché plus de 20 millions de F de l’époque… »

Ça ferait plaisir aux caissières de Auchan, sans doute, de découvrir ce bout de paradis. Même si, au fond, y a pas grand-chose à voir. Juste des portails électriques qui coulissent, des grands murs, des bâtisses de bois.
«  Les grosses familles, elles ont des gros chalets, avec piscine, tout le luxe, donc elles font la fête à l’intérieur. Alors qu’avant, c’étaient des plus petits chalets et ils sortaient, on les croisait au village. Maintenant, ils mènent leur vie entre eux, ils reçoivent à domicile. »

C’est tout le problème, pour un reportage chez les riches : pas facile de les approcher. Y a des digicodes à l’entrée, et quand on sonne, c’est une bonne à la peau brune et à l’accent du sud qui ouvre : « Monsieur n’est pas disponible  ». Y a des carrés VIP où on doit montrer “pass” blanc avant de pénétrer. Y a des « chargés de com’ », qui vous tiennent à distance avec courtoisie. Y a, en plus, que votre porte-monnaie ne suit pas : pas question de les accompagner dans leur restau favori (vous mangez sur le parking une tranche de jambon Petit Casino), encore moins dans leur hôtel préféré (vous logez dans un Formule 1 en bas, du côté de Cluses).

333 € la minute…

« Bienvenue à la douzième édition du Polo Masters de Megève, hurle le commentateur dans sa sono. Les conditions climatiques ne sont pas bonnes, les températures sont très élevées… Voilà pourquoi notre tournoi s’est réfugié sur la patinoire… »
On n’a pas choisi notre week-end au pif, en cette mi-janvier : c’est le Polo des Neiges, avec ses hautes figures.
« Monsieur Laurent Dassault, aux couleurs du Mont d’Arbois, de la famille Rotschild, fait un tour d’honneur en ce moment, poursuit le commentateur. Face à lui, l’équipe JetFly. » En tant que reporter sportif, fan d’équitation, on compte bien causer de leur passion…
Une passion qui « coûte cher », admet Sébastien.
Au bar, après un coup de crosse (on dit « maillet ») pendant un match, ce promoteur immobilier, du côté d’Aix, se colle un bout de pansement sur le bout du nez : «  Le budget moyen, c’est entre 15 et 25 000 € par tournoi.  » Comparé à Laurent Dassault (le fiston des avions), ou à Philippe Charriol (le PDG des montres de luxe), lui fait presque figure de prolo du polo. Qu’on aborde la question financière ne le choque donc pas : « Celui de Megève, ça monte minimum à 30 000 €. Sur trois jours. Pour les autres, ici, vous doublez, vous triplez…
-Combien ça fait de la minute de jeu, alors ?
-Ça fait beaucoup.  » Amusé, il sort son portable et tapote : « Trois parties de trente minutes, soit 333 € la minute de jeu. » Heureusement, il détient une recette pour diminuer les coûts : « On peut défiscaliser à hauteur de 60 % quand on est sponsorisés par sa société. » C’est donc l’État, ouf, nous tous, qui régalons aux deux tiers pour cet amusement. Pardon : cet investissement… Mais 30 000 € – Sébastien a aperçu nos yeux ronds – jamais on ne parviendrait à les claquer en trois jours ! Faut en bouffer à la truelle, des kilos de caviar ! Plonger dans des baignoires de Dom Pérignon ! « Mais 30 000 €, ça correspond à quoi ?
-Les femmes se rasent assez vite des passions des hommes. Donc aller à Deauville, à Megève, La Baule, à Saint-Tropez, ça fait passer la pilule. Avec une offre de services à côté.  »
Un joli euphémisme, « offre de services », pour causer des hôtels quatre étoiles et autres boutiques Hermès. Reste que, 30 000 €, ça en fait des sacs à remplir de fourrures…
« Surtout, poursuit Sébastien, faut payer les chevaux, les joueurs, les petiseros… »
Faut saisir ça, cette différence : sur un terrain de foot, ou de rugby, ou de hand, tous les coéquipiers sont égaux, les barrières sociales tombent le temps d’une rencontre, seules comptent les qualités physiques. Pas au polo. Qui est un sport extrêmement hiérarchisé : la haute ne l’affectionne pas par hasard. Ici, au sommet, se trouve « le patron » - son vrai nom, je n’invente rien, la sociologie se livre à nu. Amateur, c’est le moins doué, mais il fait office de capitaine. C’est qu’il paie ses coéquipiers, des professionnels, souvent argentins - la patrie du polo - pour galoper à ses côtés. Le dernier échelon, c’est le « petisero » : le palefrenier, le valet d’écurie (mais ça fait plus classe en espagnol), qui ramasse le crottin des canassons et leur apporte les croquettes.
« Ce qui est bien, conclut Sébastien, c’est que dans ce milieu, on est en contact avec toutes les classes sociales. » Et ce qui est encore mieux, c’est que chacune reste à sa place…

« Le Polo Masters s’est réfugié sur la patinoire… mais même ici, même avec du produit, il a fallu beaucoup d’efforts pour faire geler la neige… » Tandis que les chevaux tournoient dans la gadoue, le commentateur poursuit sa complainte du climat : «  J’espère que la nuit sera fraîche… Pourvu que la température descende de quelques degrés avant la finale demain… J’ai l’impression que malheureusement la surface est en train de s’abîmer un petit peu… » Autour du terrain, on assiste à une exposition de 4 x 4 – dont un Honda sera offert au gagnant. Et la sono fait entendre ce cri d’effroi de l’organisateur : «  Quand va-t-on retrouver un climat de saison ? », avant de recommander, dans la phrase d’après, la compagnie « JetFly » - qui sponsorise une équipe.

Le match s’achève. Laurent Dassault « fils du sénateur, frère du député et petit-fils du grand avionneur qu’était Marcel Dassault » sort du terrain. De la buée remplit ses lunettes. De la sueur coule long de sa tempe.
« Je porte le maillot du Mont d’Arbois, de la famille Rotschild. Ce sont des amis à moi, de longue date, et je suis très fier de porter leurs couleurs. D’autant plus que nous avons un vin en commun en Argentine, qui s’appelle Fetcha de los Andes, et c’est un lien de plus qui nous unit à la famille Rotschild. » Une imbrication des dynasties capitalistes jusque dans les loisirs. « Je joue à Bagatelle en juin, à la Baule avec mon ami Jean-François Decaux [héritier des sanisettes et des panneaux Decaux], il m’arrive de jouer à Deauville. J’ai joué dans le désert, sur le sable, dans l’Emirat d’Abou Dhabi. J’ai joué en Argentine, au Chili, au Brésil. J’ai joué en Arabie Saoudite. Chaque fois que je peux jouer, j’emmène mes bottes. C’est un sport à la portée de chacun, tout le monde peut prendre un maillet et taper une balle. »
Et se payer trois quatre chevaux.
Ça sent le crottin sous la tente.
« Je m’occupe de la diversification du groupe, l’immobilier, le vin, les participations à l’étranger. Et je m’amuse beaucoup. Si vous ne vous amusez pas dans votre métier, ça ne sert à rien…  » Il me traitait gentiment, sans arrogance, me guidait vers le salon VIP : comment le dépeindre en exploiteur ?
C’est la vérité, pourtant.
La froide observation des faits.
Il suffit de lire la presse du mardi 20 mai 2008 : «  La crise semble épargner l’aviation d’affaires. Après un excellent cru 2007 et malgré un pétrole cher, elle continue de bien se porter.  » C’est Le Figaro, le quotidien du groupe Dassault, qui nous en informe dans ses pages saumon : « Ces quatre mois, DassaultAviation a connu une activité commerciale assez bonne… 2007 avait été une année record avec 212 commandes de jets… “40 % des commandes sont passées par des entreprises et des particuliers qui ne possédaient pas d’avion” explique Alain Aubry, directeur des ventes de Dassault Aviation ».
Mais Le Figaro omet un détail l’actualité aéronautique. Il faut lire Les Échos, alors, toujours ce mardi 20 mai : cette « production qui va augmenter de 50 % d’ici trois ans  » chez Dassault s’accompagne d’une « seule ombre au tableau », « une amplification des délocalisations ». Que confirme le PDG, Charles Edelstenne : « Les délocalisations constituent une arme décisive et nous allons être contraints d’y avoir de plus en plus recours… La démarche naturelle va être la délocalisation dans des zones dollar ou à bas coût, comme cela à été fait par l’industrie automobile…  »
Ils construisent ce monde où la délocalisation, la quête planétaire des plus bas salaires, est présentée comme « naturelle » – même lorsque « Dassault Aviation enregistre une forte progression de son bénéfice net de 46 % au premier semestre ». Derrière ce « naturel  », masqué, sans cesse, il faut révéler tout le « social  » au contraire, tous les rapports (lointains) de domination – qui font de Laurent Dassault, gentil ou pas, arrogant ou pas, un exploiteur, avec son père, ses frères, ses pairs. Avec les camions Dentressangle, avec les hypermarchés Auchan, qui tous s’enrichissent sur le travail en miettes, sur les dimanches ouvrés, sur les temps partiels contraints, sur les salaires rognés, sur les pauses décomptées, sur la Pologne, la Chine, l’Inde moins chères, sur les exonérations fiscales, et les spéculateurs autour qui s’enrichissent sur l’enrichissement, sur l’art en hausse, l’immobilier en hausse, le luxe en hausse, tous les marchés de l’inutile qui prospèrent sur l’inégalité.
Mais il faut se forcer pour rétablir ce lien.
On va se forcer…

Leur décor…

Des chevaux, de l’écologique, du luxe rustique… Voilà l’univers enchanté que décrivent les amateurs de Megève. L’image qu’ils souhaitent avoir d’eux-mêmes.


« C’est une grande marque internationale… Il y a quatre-vingts boutiques Charriol à travers le monde, plus de 3000 magasins… J’ai d’ailleurs créé une montre Megève il y a une petite dizaine d’années. » J’ai l’air d’un con. « Charriol », je ne connaissais pas : je ne prête pas assez attention aux pages de pub du Nouvel Observateur (la plus modeste des breloques chiffre 499 € sur prixrikiki.com). Et c’est son PDG lui-même qui, en dégustant un thé, d’une voix lasse, me décrit son empire - m’accordant dix minutes comme un mauvais moment à passer.

« Depuis douze ans, je suis un sponsor fidèle du Polo des neiges. C’est qu’à Megève, il existe une culture du cheval… Avec ma famille, d’ailleurs, pendant quinze ans, nous avons pratiqué l’art de se servir de calèches : l’été, les calèches étaient tirées par des trotteurs, et l’hiver par des traîneaux russes à quatre chevaux.
-Tout ça au milieu des 4 x 4 !, je le félicite.
-Le cheval peut passer là où le 4 x 4 ne passe pas. Le cochet attendait. Je montais au ski en calèche. Le mariage de ma fille s’est déroulé avec toutes les calèches, la grande calèche avec six alezans blancs… Nous étions écologiques avant l’heure. Notre chalet, de cinq étages, est tout en chêne. Nous avons un vrai goût de l’étable, on en trouve tout autour. »
A l’entrée de la ville, les panneaux « Megève  » sont en bois. Le palace où Nicolas et Carla ont résidé, pour leur Saint-Valentin 2009, se nomme modestement « Les Fermes de Marie », avec des murs décorés (nous l’avons visité) d’antiques semoirs, de tamis paysans - mais avec des suites royales aux jets d’eau multidirectionnels et tout le bataclan. « Authentique », « naturel », ces adjectifs reviennent dans toutes les bouches et dans toutes les boutiques. Une étrange alliance, un oxymore, « luxe rustique » définit parfaitement, sans doute, cette place forte de la bourgeoisie. Car ils veulent tout, et ils ont tout.
Le luxe, bien sûr, les salles de bains avec hammam, les masseurs à portée de main, le champagne à volonté, les petits fours sur commande, les Blackberry dans chaque poche, toute la panoplie des hautes technologies. Et à côté de ce luxe, les signes du rustique. Les signes de la simplicité. Les signes de la pauvreté. Les signes, même, du populaire. Qu’on ne les enferme pas dans une identité sociale, de « gros riche ». Que ces businessmen, âpres au gain, champions des tableaux Excel, s’offrent une autre image d’eux-mêmes, le temps des vacances : « proches des traditions », soucieux de «  l’artisanat local  », comme l’énonce Philippe Charriol, vivant « au rythme de la terre, avec lenteur, et donc la traction hippomobile s’y prête parfaitement ».

« Le rythme de travail, c’est le contraire. Avion, hélicoptère… C’est pour cette raison, au passage, que j’ai choisi Megève comme villégiature. J’habitais souvent à New-York, à Hong-Kong, à Shanghaï, avec un système de multi-résidences, un pied sur chaque continent, qui me permet de suivre mes affaires et le soleil. J’ai étudié les approches aériennes en provenance d’Asie, d’Amérique, et j’ai conclu que Megève était un bon point de chute. C’est très pratique : j’atterris à Genève, et en trente minutes je suis dans mon chalet. »
Voilà la marque des nouvelles élites : leur mobilité. A l’inverse des vieilles fortunes, ancrées sur un territoire, eux n’appartiennent à aucune patrie, ne sont attachés à aucun lieu - sinon, à la rigueur, leur lieu de vacances. C’est un mode de vie ordinaire chez les dirigeants - que le designer Philippe Starck pousse jusqu’à l’absurde : « Je cumule souvent deux cheminées dans chaque chambre de mes vingt et une maisons. Pour aller d’un endroit à un autre, on a un avion dans lequel on habite. Nos vingt-sept motos sont réparties dans le monde, le même modèle, la même couleur, avec la même clé. On peut aussi en embarquer deux dans l’avion. »
Comment s’étonner, dès lors, que le moindre volcan qui fume au-dessus de l’Europe, ou des pistes d’aéroport bloquées par la neige, ou un Eurostar en retard sous le Channel, fassent aussitôt la Une des radios et télés ? Que les médias, les ministres, jusqu’à la Commission européenne, en soient scandalisés, commandent des rapports, réclament des sanctions – bien plus que, par exemple, les 190 000 foyers qui, en 2010, se sont fait couper le gaz et se chauffent à la bougie ? C’est qu’ici, on attente à une valeur clé de l’oligarchie : le déplacement. Le bougisme – qu’ils nous instillent. Rester mobile, sans obstacle, sans frontière : voilà qui devrait être ajouté à la Déclaration des Droits de l’Homme Blanc…

« Et depuis quand vous êtes installés à Megève ?
-Depuis l’époque où François Mitterrand est arrivé au pouvoir : y avait un grand down-turn dans l’immobilier en France, en particulier dans les endroits comme ici. On a acheté ce chalet magnifique, avec beaucoup de salles de bain, une piscine. Mais la station, elle, déclinait un peu. Ensuite, dans les années 90, nous avons participé au renouveau de Megève avec le polo, les calèches, les sculptures… Yes ? » Il décroche son téléphone : « Oui, j’arrive… Je suis en train de finir mon interview… » Il raccroche, remet son manteau : « Je vais y aller parce que mon équipe va bientôt jouer… » Dans sa poche, il cherche un portefeuille.
« Laissez, je vais régler.
- Très bien. » Il me salue. « Au revoir. »
Ce serait tellement plus simple s’ils se montraient méchants, hargneux, arrogants. Ils répondraient à nos stéréotypes, et on les détesterait d’emblée.
Mais là, non. Juste une pointe de sécheresse.
Je retourne l’addition : pffff.
Vu les tarifs, je vide entièrement ma théière. Je lape ma tasse jusqu’aux dernières gouttes, en relisant mes notes : « les calèches », « l’avion  », « l’authentique », je suis déçu. Pas de grande révélation, non. Mais qu’attendrait-on ? Même en entrant dans le carré VIP, même en assistant à leurs dîners privés, même dans leurs chambres à coucher, pas sûr que j’obtienne de grandes confessions. Lève-t-on un coin du voile, au moins, avec ces discussions ? A peine. Au contraire, même.
Oui, au contraire !
Une intuition perce en moi, en cet instant : je venais ici pour découvrir comme un secret, pour résoudre «  Le Mystère des Nantis », pour affronter de près le visage hideux de l’Exploitation. Mais c’est l’inverse, justement, qui se passe : à approcher les riches, surtout durant leurs loisirs, on ne comprend rien de leur enrichissement. Megève fonctionne comme un masque, comme un voile pudique posé sur leur extorsion. Et c’est tout l’intérêt, alors : cette ville offre un négatif de la vie qu’ils imposent aux autres, ailleurs.

...et son envers

Derrière le décor, maintenant, se cachent pollution et exploitation. Les deux mamelles de leurs fortunes. _
C’est-à-dire ?
Leurs chalets sont nichés dans un repli de la montagne, avec vue sur ce paysage escarpé, un silence troublé par le « floc… floc… floc… » de la neige qui fond aux fenêtres : un grand bol d’air frais, du « 100 % naturel  » comme ils disent. Mais quel monde construisent-ils, sinon, pour se rendre au plus vite de Paris à Tokyo, de Madrid à Nairobi ? Il faut des aéroports, des lignes à grande vitesse pour cette clientèle pressée et prisée : « Jets privés : ne vous en privez plus ! » titre Le Figaro. « Les very light jets se vendent par centaines », « les villes françaises déroulent de plus en plus le tapis rouge aux avions privés », « l’hélicoptère est devenu le complément de l’avion d’affaires et même du TGV grâce au projet d’implantation d’une hélisurface près de chaque gare », etc. Et surtout, des autoroutes.
Des autoroutes partout, les « 12 000 kilomètres de voies rapides » réclamés par le patronat européen (voir Fakir n°40), et vite accordés par la Commission, plus des trous dans les Pyrénées, dans les Alpes, sous la Manche. Et pourquoi déverser tout ce béton ? Pas pour le rapprochement entre les peuples, non. Pour que les industriels, les grands distributeurs, fassent produire leurs marchandises plus loin, moins cher, dans les « PMO » comme ils disent, les « Pays à bas coût de Main d’Œuvre », et ramènent ces chargements dare-dare vers les marchés de consommation. Leurs profits naissent de là, de ce défilé de camions.
Dans nos campagnes, après ça, autour de nos cités, allez admirer le paysage, écouter le chant du vent, respirer un grand bol d’air pur : des tranchées bétonnées déchirent tout le pays. Tout le pays ? Non : un petit bourg des Alpes résiste... Et qui y voit de l’ironie ? Les Mulliez résident ici, les Dentressangle également – eux dont les poids lourds sillonnent l’Europe. Sans aucun risque qu’une autoroute ne passe sous leurs fenêtres…

Voilà pour l’écologie.
Mais le social, également, doit se lire à rebours. Que de courtoisie, ici ! C’est un univers sans saillance, tout douillet, comme si nous étions entourés de coton, avec des voix douces, une ambiance douce, une musique douce, des visage doux, rien qui accroche, tout glisse, tout lisse. Tandis qu’au dehors, ils bâtissent un monde de violence.
La semaine dernière, dans un foyer d’urgence à Bourg-en-Bresse, je rencontrais un routier international : « Il me reste plus que ça, me montrait-il dans sa chambrette : une commode et de l’informatique… Je faisais l’Espagne, l’Allemagne, les pays de l’est. Je dormais très peu, du lundi au dimanche. Dès que c’était férié dans un pays, je passais dans un autre. J’ai jonglé comme ça durant des années. Le patron me réclamait ça, sinon “les étrangers étaient plus rentables” il me prévenait… Et puis, avec la fatigue, j’ai déprimé… des hallucinations sont venues… Je conduisais dix minutes et je stoppais net : j’avais l’impression qu’un monstre était monté dans ma cabine… J’ai fait arrêt maladie sur arrêt maladie, et maintenant j’ai tout perdu. » Ces dernières années, Norbert-Dentressangle fait pression, avec succès, auprès des gouvernements, auprès de l’Europe, pour accroître le tonnage des camions, les horaires de travail, leur flexibilité. Et il écrème ses routiers nationaux, leur préfère des slaves moins coûteux, ou des auto-entrepreneurs qui s’auto-exploitent. Et qui, pour certains, s’auto-suicident : deux la même semaine…

« On peut l’enlever, ce bazar à la con. On peut même le jeter au feu…  »
Nous voici dans le Nord, désormais, près de Roubaix, au centre de l’empire Mulliez. Un conflit s’achève chez les Pimkie : les filles de l’atelier démontent la tente, le brasero s’éteint, et de dépit, Mado y jette le badge qu’elle portait sur sa poitrine. « Y avait Gérard sur un tas d’or… et c’était inscrit : “Les Mulliez doivent casquer”. Mais ils ne vont pas casquer, ils ont encore gagné. On n’a pas un jour de grève de payé. Sur les 190 licenciements, y aura pas un reclassement. » C’est la peur qui se lit, ici, la peur du lendemain, pour soi, pour ses enfants.
D’après un expert, le taux de profit, chez Pimkie, voisinait les 20 %. Chaque employée versait, chaque année, l’équivalent de 7 600 € en dividendes aux actionnaires Mulliez, plus de sept mois de salaire net. Encore insuffisant : déplacée en Pologne, la logistique reviendra moins cher. Et à aucune de ces petites mains, ce fort chrétien patron n’a offert de place comme vendeuse, dans les Boulanger, Gémo, Décathlon, Auchan, du centre commercial de Tourcoing, juste à côté. Où une caissière témoigne à son tour : «  Pendant sept ans, ils nous ont payés en dessous du SMIC. On avait beau accepter les temps partiels, les coupures le midi, ça ne suffisait pas : il fallait encore que, sournoisement, ils rognent sur notre paie. La CFDT a fini par s’en apercevoir, mais on a perdu toutes ces années.  »
Megève, maintenant. Autour de moi, dans cette salle, par la vitrine, nul reflet de cette peur, de ces combines, de ces conflits. Ils sont brutaux, quotidiennement. Impitoyables, indirectement. Mais ce lieu est fait, justement, pour dénier cette violence. Pour cacher leur tyrannie. Pour purifier leurs fortunes. Pour leur laisser l’âme tranquille, avec au cœur la certitude d’un monde apaisé.

Ça fait penser aux portraits que publient d’eux la presse – ou aux livres à leur propre gloire. Les nababs ne se montrent plus, sérieux, derrière leur bureau, ou devant un paperboard, préparant une OPA, fermant un site, encaissant leurs stock-options. Non, Jean-Marie Messier s’affiche un sandwich à la main et un trou à la chaussette – et dans les premières lignes de son autobiographie, Mon vrai journal, il caresse un loup au fin fond du Canada… Quel romantique ! Et le banquier allemand Rainer Engelke, le voilà qui s’exhibe, pour Le Monde 2, dans sa position habituelle : allongé dans la paille… Et de quoi parle Bernard Arnault, dès les premières lignes de sa « Passion créative » ? De musique ! « Quand je joue du piano, ma femme trouve toujours mes tempi trop rapides. » Et la quatrième de couverture dévoilait toutes les qualités de ce « personnage captivant » : « pianiste, il a joué avec Seiji Ozawa à Tokyo ; mécène, il aide des causes humanitaires ; amateur d’art, il vient de racheter l’enseigne de vente aux enchères Phillips. » Quant à Daniel Bernard, l’ex-PDG de Carrefour, « débarqué » avec 38 millions d’€ d’indemnités, désormais conseiller chez Mc Kinsey, vice-président de Kingfisher le n°3 mondial du bricolage, siégeant au conseil d’administration de Cap Gémini, dirigeant sa société d’investissement Provestis, consultant pour le gouvernement chinois, etc., c’est en vérité un homme d’esprit qui nourrit bien des « rêves » : «  Comme celui d’écrire un ouvrage sur Wagner et Eschyle afin de comparer les dramaturgies nordiques et grecques. Ou encore, dénicher une forêt sans château. Mais le comble du luxe serait d’arriver à créer un jardin qui donnerait des fleurs toute l’année... » Ainsi relèguent-ils à l’arrière-plan leur richesse, presque secondaire, anecdotique - que l’on oublie la cruauté de cette appropriation, que l’on oublie Marie, par exemple, caissière à Carrefour, en temps partiel contraint, 30 heures pour « 837 euros et 63 centimes », à qui on offre une boîte de chocolat à 2,50 € en guise de treizième mois, au moment où l’ancien PDG (wagnérien fleuriste) ramassait le pactole. Le temps d’une photo, le carnassier se déguise ainsi en bohème.
Megève remplit la même fonction : cette station, c’est l’image qu’ils veulent se donner d’eux-mêmes. Et ils y croient. En toute bonne foi : à Paris, on aperçoit la tour Eiffel de partout – sauf, justement, perché sur la tour Eiffel. De même, ici, on n’aperçoit rien de l’Exploitation : on est assis le cul dessus.

Très prochainement, la suite du dossier « Voyage au sommet de l’oligarchie : La France de tout en haut »

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:37
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La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France pour 2013 reste un sujet de dissension entre le gouvernement et les économistes. Le premier maintient, officiellement, sa prévision d’une croissance faible, mais positive, de 0,8 %. Il a fondé le calcul de son budget sur cette prévision. Cependant nombre d’officiels admettent, en privé et sous réserve de ne pas être cités, que l’on sera « quelque part » entre 0,5 % et 0,3 %. Ceci est cohérent avec calculs réalisés par diverses institutions.

Prévisions pour 2013


FMI (octobre 2012) [1] : 0,4 %
OCDE (mai 2012) : 1,2 %
Commission européenne (mai 2012) : 1,3 %
Gouvernement (septembre 2012) : 0,8 %
Consensus (octobre 2012) : 0,3 %

 

On peut déjà noter qu’un réajustement a eu lieu entre les prévisions de l’OCDE ou de la Commission européenne - qui datent du printemps dernier - et celles du FMI - publiées en octobre, mais faites fin août et début septembre - et enfin du « consensus des économistes », réalisées au début du mois d’octobre. On constate que plus tardive est la prévision, plus mauvais en est le résultat. Cela n’a rien d’étonnant, la France étant clairement sur une pente d’entrée en récession. Les derniers résultats impliqueraient que sans mesures fiscales supplémentaires - pour l’instant exclues par le premier ministre - l’objectif des 3 % de déficit budgétaire pour 2013 ne pourra être tenu. Des personnalités de premier plan, comme le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone [2], ont déjà lancé des ballons d’essai sur ce point. Mais la réalité risque de se révéler bien plus sérieuse qu’un écart de 0,5 % entre les prévisions et le résultat définitif.

 

Facteurs positifs et négatifs

Commençons par un inventaire des facteurs qui vont peser sur la croissance.

(a) L’ajustement budgétaire et fiscal.

Cet ajustement doit porter sur 30 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB. L’impact sur la croissance dépendra bien évidemment du « multiplicateur des dépenses publiques » [3]. On sait que ce dernier oscille de 0,7, dans les modèles utilisés en prévision, à des valeurs constatées (et non prévues) de 1,7 à 2,2 dans les cas de l’Espagne et de l’Italie. Si la valeur effective du multiplicateur n’est que de 1,2, cela signifie qu’une conjonction de hausse des impôts et de baisse des dépenses de 1,5 % du PIB devrait entraîner une contraction de 1,8 % de ce dernier.
Si la valeur du « multiplicateur » atteint 2 (intermédiaire entre la valeur observée sur l’Espagne et sur l’Italie), c’est à une baisse de 3 % de la croissance qu’il faut s’attendre. Ces projections, appliquées à la prévision réalisée en mai 2012 par l’OCDE impliquent une contraction de l’activité en 2013 comprise entre -0,6 % et -1,8 %.

(b) L’impact des politiques d’austérité menées dans les autres pays
Les pays dans le voisinage immédiat de la France (Espagne, Italie, Grande-Bretagne) conduisent aussi des politiques violentes d’austérité. Ceci devrait avoir un effet très négatif sur les exportations françaises en 2013.

(c) La contraction de la demande intérieure
Par ailleurs, la contraction de la demande intérieure risque d’être plus élevée que prévu car, avec la détérioration rapide de la situation de l’emploi, il faut s’attendre à une augmentation de l’épargne de précaution des ménages (variable traitée de manière très discutable dans les modèles de prévision). Dès lors, outre les prélèvements sur les revenus des ménages et des entreprises, une partie supplémentaire du revenu des ménages restant ne sera pas dépensée en consommation, mais sera épargnée. Ceci va entraîner une baisse plus profonde que prévu de la consommation, et donc de la demande pour les entreprises.

(d) Les anticipations des entrepreneurs
C’est aujourd’hui un cliché de dire que ces anticipations sont assez négatives. Les entreprises, escomptant une baisse de la demande, vont elles-mêmes réduire leur volume de production, quitte à accroître leurs prix si elles ont sous-estimé la demande. La baisse de l’investissement qui en résultera va contribuer d’autant plus à la baisse de la demande globale.

Face à ces perspectives peu engageantes, de quels outils dispose le gouvernement pour relancer l’activité ?

(a) La Banque publique d’investissement
Elle doit procurer aux petites et moyennes entreprises des financements de l’ordre de 10 % de leurs besoins (20 milliards d’euros par rapport à 200 milliards de besoins exprimés). Ce n’est pas négligeable, mais ne saurait en aucun cas être suffisant pour relancer l’investissement.

(b) Une petite partie des 40 milliards annuels d’investissements que le gouvernement a arrachés à l’Allemagne en contrepartie de son engagement à faire voter le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG).
Ces éléments positifs - et on le regrette - sont très loin de compenser les éléments négatifs cités plus haut. La croissance réelle en 2013 sera plus probablement comprise entre -0,5 % et -0,8 % que proche des +0,8 % auxquels le gouvernement s’accroche avec l’énergie du désespoir.

 

Conséquences

Entre les prévisions du gouvernement et la réalité on doit donc s’attendre à un écart compris entre -1,3 % et -1,6%. Cet écart signifie deux choses :

  • le PIB sera inférieur aux prévisions de 26 à 32 milliards d’euros en 2013. D’où une baisse des recettes fiscales de 11,7 milliards à 14,4 milliards ;
  • la hausse du chômage sera supérieure à ce qui est attendu aujourd’hui, comme nous l’avons déjà indiqué à de multiples reprises. Ceci devrait entraîner entre 3 et 5 milliards de dépenses supplémentaires.

On aboutit donc à un surcroît de déficit compris entre 15 milliards et 19,5 milliards. Autrement dit, le déficit devrait se monter non pas à 3%, mais entre 3,75 % et 4 % du PIB. Le gouvernement devra alors soit prélever entre 15 et 19,5 milliards d’impôts supplémentaires (ou réaliser de nouvelles compressions de dépenses publiques), avec des effets désastreux pour la croissance [4], soit se décider à laisser filer le déficit budgétaire. Il est en fait probable qu’il choisisse la seconde solution. Néanmoins, la France ne pourrait toujours pas atteindre en 2014 l’objectif des 3% de déficit budgétaire, et ceci même sans choc externe majeur en provenance d’Espagne ou d’Italie.

La question maintenant posée est de savoir pourquoi le gouvernement s’enferre dans une politique qui n’a aucune chance de réussir et qui, par-dessus le marché, mettra la France en contravention avec un traité qu’elle a ratifié. Il n’y a là ni raison ni logique. Seule l’idéologie commune à une partie de la « gauche » et de la droite peut expliquer ce comportement. Ce qui est effrayant, dans la situation actuelle, est moins la réalité de l’économie, qui – on l’accorde – n’a rien de réjouissant, que l’écart entre une représentation « officielle », appuyée par une partie de la presse, et cette même réalité qui, inéluctablement, finira par s’imposer.

Lénine faisait remarquer que « les faits sont têtus » [5]. Ces faits ne conduiront certes pas à l’insurrection (du moins pas encore) mais ils condamnent de manière irrémédiable la politique du gouvernement qui consiste à s’aligner sur le cours austéritaire dicté par Angela Merkel. Quand il ne passe pas son temps à se déchirer ou dans combinaisons politiques aux accents ubuesques, ce qui reste de l’UMP ne propose d’ailleurs pas autre chose.

La politique économique du gouvernement appartient à une époque révolue. Contre la récession dans laquelle la France est déjà engagée, et surtout contre la dépression qui menace de s’abattre sur elle, avec une terrible et rapide augmentation du chômage, il faut d’urgence une autre politique.

 

Notes

[1] Voir http://russeurope.hypotheses.org/300

[2] Le 14 octobre, il a qualifié d’« absurde » l’objectif des 3 % de déficit. Voir : http://www.europe1.fr/Deficit-a-3-un-cote-absurde-Bartolonne

[3] Sur ce point voir Jacques Sapir, “Quelques commentaires sur le rapport du FMI World Economic Report, octobre 2012 (II). Billet publié sur le carnet Russeurope le 14 octobre 2012 : http://russeurope.hypotheses.org/300

[4] En utilisant la même méthodologie, un nouveau prélèvement de 15 milliards devrait aboutir à une nouvelle contraction du PIB de 18 à 30 milliards, soit de 1 à 1,5 %. En admettant qu’une partie de l’effet soit décalée sur 2014, la croissance serait ainsi réduite de -0,5 % à -0,7 5%, soit, compte tenu des projections à moyen terme un pronostic de -0,1 à -0,4 % pour cette année.

[5] Lénine, « Lettre aux camarades », Œuvres Complètes, Éditions du Progrès, T. 26, pp. 139-196, 198-216 et 222-226.

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 20:50
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Nous étions ce samedi 20 octobre environ 200 000 manifestants (150 000 selon la police) à marcher dans les rues de Londres contre l’austérité. Si les perspectives de lutte sont moins ouvertes qu’en Espagne, au Portugal et bien sûr en Grèce, pays qui connaîtront une nouvelle grève générale le 14 novembre, et où les manifestations sont quasi quotidiennes, nous pouvons dire au regard de l’Histoire de la Grande-Bretagne que les mouvements de lutte reviennent de loin.

En effet, à la suite des mesures antisyndicales imposées par Margaret Thatcher et de la défaite du mouvement ouvrier dans les années 80, les luttes ont pendant longtemps quasiment déserté les lieux de travail. Seuls les mouvements de quartier semblaient avoir perduré, que ce soit dans les luttes contre les expulsions, contre le racisme, ou lors d’émeutes aussi impressionnantes qu’éphémères. Pour beaucoup, l’engouement semble être revenu via les manifestations contre la guerre en Irak, rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes en 2003. Quant à eux, les étudiants sont passés par l’occupation des universités pour appeler au boycott d’Israël lors du massacre commis à Gaza à l’hiver 2008-2009, avant de les occuper de nouveau et d’être 50 000 à défiler en novembre 2011 contre l’augmentation des frais d’inscription.

En Angleterre, le montant des frais d’inscription est passé d’environ 300€ à plus de 1000€ pour une année en licence, entraînant une baisse de 14% du nombre d’inscrits dans les universités. En 2011-2012, l’endettement moyen d’un étudiant à la fin de son cursus est de 33 000€. Un certain nombre des étudiants débiteurs sont conscients de leur future impossibilité à rembourser, et tant pis pour les banquiers. A l’inverse des manifestations étudiantes en France, beaucoup des slogans entendus à l’intérieur du « cortège éducation » visaient directement le capitalisme, l’Etat et la police, et il n’y avait qu’une étudiante du parti travailliste pour brandir sans ironie un panneau avec inscrit « I love responsible capitalism » (« J’aime le capitalisme responsable ») …

Plus globalement, la politique d’austérité a débuté en 2010 par une hausse de la TVA de 17,5 à 20%, et un recul de l’âge légal de départ à la retraite à 66 ans (auparavant 65 pour les hommes et 60 ans pour les femmes). Ce mois-ci, Georges Osborne, chancelier de l’Echiquier (ministre « responsable des finances et du trésor ») annonçait 12,5 milliards d’euros de coupes dans les aides sociales, à ajouter au 18 milliards de livres étalées de 2010 à 2018. Demandant « Comment l’on peut justifier des aides au logement pour des gens qui n’ont jamais travaillé », Osborne a annoncé la suppression des aides au logement pour les moins de 25 ans, et demandé aux parents de réfléchir au nombre d’enfants qu’ils prévoyaient de faire, prévoyant une réduction des allocations familiales …

Parallèlement, au nom de la bien connue « lutte pour la compétitivité », le taux d’imposition sur les entreprises est passé de 50% à 45%, et l’impôt sur les sociétés de 26% à 22%. Sur le chemin de la manifestation, les locaux de Starbucks, entreprise connue pour les conditions de travail désastreuses et son refus de payer ses impôts, étaient particulièrement protégés par les cordons policiers. Un peu avant, des dizaines de jeunes cachant leur visage avec un foulard ou un masque de la mouvance Anonymous (repris du film V pour Vendetta) avaient déjà dévié du cortège, pour aller titiller les flics et les bourgeois en bloquant l’entrée des magasins de la très chic Oxford Street.

Si beaucoup de manifestants défilaient en scandant « Hey ! Ho ! David Cameron’s got to go » (« Hey ! Ho ! David Cameron doit dégager ! »), beaucoup ne semblaient pas résignés à remplacer l’austérité de droite par une austérité de gauche. Lors d’une allocution prononcée à la fin de la manifestation, Ed Miliband, leader du parti travailliste a été copieusement hué lorsqu’il a commencé une phrase par « Je ne promets pas des jours heureux, il y aura des choix difficiles … ». Les allocutions les plus acclamées furent celles des leaders des syndicats du service public et des cheminots, réclamant la préparation par le TUC (Trade Union Congress, la confédération syndicale), d’une grève de vingt-quatre heures.

Une partie de l’extrême-gauche semble être dans la même logique. Tout au long du cortège, le Socialist Party faisait signer une pétition appelant à l’organisation d’une grève générale de 24 heures « pour montrer qui fait tourner l’économie ». De son côté, le Socialist Workers Party, principale organisation de la gauche radicale, s’est prononcé en faveur de cette éventualité, tout en appuyant sur le fait que ce n’était « pas suffisant ». Par ailleurs, pour le SWP, il n’y a pas non plus à attendre l’organisation d’une telle journée pour agir, de nombreux conflits en cours dans les entreprises ou les quartiers pouvant pousser des milliers de personnes à la révolte.

Officiellement, les directions syndicales « se penchent sur la possibilité d’une grève générale », bien que les lois antisyndicales imposent de déclarer toute grève deux mois à l’avance, les seules actions spontanées restant la grève étudiante, l’émeute ou le blocage. Si l’on ne semble pas pour l’instant près du blocage généralisé qui pourrait faire sauter le gouvernement, le fait que cette discussion soit à l’ordre du jour symbolise un niveau de conflictualité politique augmentant, la dernière grève générale au Royaume-Uni remontant à 1926 …

Par ailleurs, bien que nous ayons insisté sur les lois antisyndicales rendant difficile le blocage de la production (et la lutte en général), il est évident que si le niveau de conflictualité venait à augmenter, beaucoup de personnes seraient prêtes à s’émanciper de toute référence à un cadre légal.

 

Vivian PETIT

 

http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?p=1335

Illustrations : Outerfield Photography

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http://www.legrandsoir.info/hey-ho-david-cameron-s-got-to-go.html
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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 20:46

a9c4d396-e1be-11df-9ef2-a97876a65005.jpgC’est la nouvelle grande idée des néolibéraux britanniques : renoncer à ses droits en tant que salarié en échange d’actions en bourse de son entreprise. Tel est le projet du ministre des Finances britannique George Osborne, présenté le 8 octobre lors du congrès annuel du parti conservateur (Tories).

Selon sa proposition de loi, les salariés renonceraient à s’opposer à un licenciement et à demander des indemnités de départ. Ils accepteraient également des horaires de travail flexibles et de se former sur leur temps libre. En échange, les entreprises leur « offriraient » entre 2 500 et 62 000 euros d’actions boursières. Le tout exonéré d’impôts. La réforme doit entrer en vigueur en avril 2013. Les salariés présents dans l’entreprise ne devraient pas être forcés d’accepter cet échange, qui s’appliquera cependant à toute nouvelle embauche.

Pour le ministre anglais des Finances, cette réforme permettra aux employés « de remplacer [leurs] vieux droits à contester un licenciement abusif par de nouveaux droits de propriété. Et nous ne prélèverons pas d’impôt sur les gains que vous ferez sur ces actions » Ou comment détruire le droit du travail tout en ruinant les finances de l’État, pour l’unique profit des gros actionnaires de l’entreprise [1].

Après avoir considérablement réduit les budgets de la protection sociale et des services publics, augmenté les frais d’inscription à l’université et la TVA (voir notre article ici), le gouvernement britannique conservateur poursuit la casse sociale. Et s’oppose à toute régulation de la spéculation financière à la City.

 

http://www.bastamag.net/article2702.html 

Notes

[1] Lire aussi cet article de The Independant (en anglais).

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 11:51

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Par manque d’argent, les épandages anti-moustiques ont été réduits en Grèce. Résultat: la malaria est de retour. Elle se transmet à l’intérieur des frontières.

 

 

 

La cure d’austérité a des effets inattendus en Grèce. La réduction des dépenses publiques contraint les autorités locales à réduire drastiquement les campagnes d’épandage permettant de combattre les moustiques et les maladies qu’ils transmettent.

Résultat, selon plusieurs médias anglo-saxons, la malaria est de retour dans la patrie d’Hippocrate.


Bientôt à Athènes?

Les autorités sanitaires ont lancé des alertes aux voyageurs qui se rendent dans les sept régions du Sud du pays touchées. Elles craignent aussi qu’Athènes ne soit bientôt concernée.

Si des cas de malaria sont signalés chez des personnes l’ayant contractée ailleurs, la Grèce enregistre cette année ses premiers cas de malaria indigène. Une première depuis l’éradication de la maladie dans le pays en 1974.


Pilules antimalaria

La semaine dernière, les autorités américaines ont même demandé à leurs concitoyens se rendant dans la région d’Evrotas, la plus frappée, de se munir d’une prophylaxie adéquate.

«Pour un pays européen, laisser ce type de situation se développer et ne pas la contrôler est une grosse source d’inquiétude», estime Apostolos Veizis, un responsable de MSF sur place. (Newsnet)

Créé: 23.10.2012, 16h52

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 12:40

Capture-du-2012-10-23-13-58-48.png

 

PP   DROITE

 

PSOE  SOCIAUX DEMOCRATES

 

AGE  GAUCHE DONT COMMUNISTES

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 12:27

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http://www.bastamag.net/article2722.html

 

 

La Cour de cassation italienne vient de reconnaître comme maladie professionnelle une tumeur au cerveau liée à l’usage intensif d’un téléphone portable. La Cour avait été saisie par un cadre supérieur, victime d’une tumeur cérébrale. Celle-ci aurait été provoquée par l’utilisation intensive d’un téléphone cellulaire dans le cadre de son travail, 30 heures par semaine pendant 12 ans, a conclu la justice italienne. L’organisme d’assurance sociale dont le salarié dépend devra lui verser une pension d’invalidité.


Ce jugement fait suite à une décision de la Cour d’appel de Brescia. Les juges de la Cour de cassation ont estimé que les références scientifiques présentées lors du premier procès étaient valides. A l’inverse, les résultats des études scientifiques financées par des entreprises ont été écartés, pour cause de conflits d’intérêt. Le justice italienne a estimé que leurs conclusions minimisaient l’impact de la téléphonie mobile sur la santé.


Cette reconnaissance d’une maladie professionnelle lié aux ondes de téléphonie mobile n’est pas la première :« Une class action (recours collectif) aux États-Unis a tenté de faire reconnaître fin 2001 la négligence et la responsabilité de l’industrie du téléphone portable pour des cas de tumeurs au cerveau apparus chez des employés de Motorola », explique l’euro-députée Michèle Rivasi (EELV), fondatrice du Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM). « Il aura fallu attendre 2006 pour que le système judiciaire américain établisse que la tumeur au cerveau d’une employée – Shareza Price – était une conséquence directe de l’utilisation du téléphone portable ».


En France, une proposition de loi sur la réduction de l’exposition des personnes aux champs électromagnétiques, rédigée par la députée Laurence Abeille (EELV), devrait être discutée dans les prochaines semaines. Depuis 2011, les ondes émises par les téléphones cellulaires sont considérés comme « peut-être cancérogènes » par l’Organisation mondiale de la santé (voir le communiqué de l’OMS).


Voir le jugement de la Cour de cassation (en italien).

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