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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 13:40

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http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20121019trib000726045/la-misere-des-retraites-allemands.html

 

Marc Meillassoux, à Berlin | 19/10/2012

 


En Allemagne, un nombre croissant de retraités tombent dans la pauvreté. Nombre d'entre eux retournent donc travailler, majoritairement en mini-job, les contrats les plus précaires.
Sur le même sujet.

Mis en place par Bismarck en 1883, le système de retraites le plus ancien du monde a survécu à deux guerres et réussi l’intégration de l’ex-RDA. Aujourd’hui pourtant, il est l’objet de nombreuses critiques dont celle d’avoir paupérisé les retraités. Près de 4 millions de retraités seraient en effet menacés de pauvreté outre-Rhin. Il y a un mois, Ursula von der Leyen, ministre fédérale des Affaires sociales a évoqué plusieurs exemples de ce qui attendait la jeune génération si sa réforme n’aboutissait pas. En 2030, un travailleur indépendant ayant exercé 35 années et gagné 2500 euros brut par mois ne gagnera pas plus que le minimum vieillesse allemand, soit 688 euro par mois. Un salarié ayant cotisé 40 années pour un salaire brut de 2200 euros percevra aussi l’équivalent du minimum vieillesse. Pour la ministre des Affaires sociales, «la légitimité du système de retraites est aujourd’hui en jeu ».


Les retraités retournent travailler…


En 2012, 2,5% des retraités, soit 400 000 personnes, touchent le minimum vieillesse. Un nombre qui qui ne compte que les retraités les plus démunis. Beaucoup pourraient prétendre à cette allocation au regard de petites leurs retraites, mais les conditions pour en bénéficier sont draconiennes : le bénéficiaire ne peut pas être propriétaire ou disposer d’épargne. Nombreux retournent donc travailler. « Depuis 2000, le nombre de minijobs a progressé de 60% chez les plus de 65 ans, soit 761 000 retraités en minijob en Allemagne. Les minijobs sont les contrats les plus répandus chez les retraités, étant les moins chers pour l’employeur (pas de charges sociales, ndlr) » explique à la Tribune Benedikt Dederichs, porte-parole de l’Association d’aide sociale en Allemagne (SoVD). Parmi ces retraités titulaires de minijobs, 120 000 auraient plus de 75 ans.


… ou ramassent les bouteilles


A ceux-là, il faut rajouter les retraités embauchés sous d’autres formes de contrat. Il y a également les retraités que l’on voit au quotidien ramasser les bouteilles dans la rue ou faire les poubelles pour récupérer les consignes, un phénomène à l’ampleur grandissante. Parmi ces retraités qui travaillent, certains sont volontaires, d’autres non. « D’après notre expérience, il y a évidemment des personnes qui n’ont pas besoin de continuer le travail et souhaitent augmenter leur pouvoir d’achat ou avoir une activité mais pour la très grande majorité c’est une nécessité financière. L’augmentation récente des bénéficiaires du minimum vieillesse en atteste » constate Benedikt Dederichs.


Un minimum de 850 euros sous conditions ?


Pour remédier au problème, la ministre des Affaires sociales Ursula von der Leyen a proposé une subvention de l’Etat qui assurerait une retraite minimum de 850 euros à quiconque aurait cotisé 35 années. A partir de 2018, le salarié devra également cotiser au moins une année à une retraite privée. Pour Benedikt Dederich, le financement de la subvention par l’augmentation des cotisations et l’obligation pour ses bénéficiaires d’avoir cotisé auprès de caisses privées limitera sensiblement le nombre de bénéficiaires. Thomas Desray, conseiller financier à Munich et Berlin, conteste également le financement de la subvention. « Nous allons retrouver un problème qui existe déjà en Allemagne dans le système de santé : on exige du bénéficiaire qu’il passe par un tiers privé, tout en assurant des droits minimums à ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas payer les cotisations. Un financement par l’impôt serait plus réaliste » juge Thomas Desray. Aujourd’hui, la ministre n’a pas réussi à dégager un consensus et la classe politique reste très divisée sur cette question fondamentale.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 12:06

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 11:41

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 12:28

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Quand il n'est pas scotché devant son ordinateur, Stefan Cornea regarde à la télévision "des films qui pulsent". À 18 ans, ce lycéen bucarestois en a ras-le-bol de la politique, de la Roumanie et de la vie en général. "Il n'y a rien à faire ici, dit-il sur un ton désabusé. C'était mieux avant. Mes parents m'ont raconté comment ça se passait."

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Avant, c'est-à-dire au temps de la dictature de Nicolae Ceausescu, tombée en décembre 1989, quatre ans avant la naissance de Stefan. Il n'était pas né lorsque le Conducator enfonça la Roumanie dans une des pires autocraties communistes, mais il est convaincu qu'au temps du "Génie des Carpates", tout allait mieux.

Le jeune Stefan n'est pas un cas isolé en Roumanie. Si la génération du troisième âge a la nostalgie du "bon vieux temps", les jeunes Roumains ont, eux, celle d'un passé qu'ils n'ont pas connu. L'étude "Implication civique et politique des jeunes", effectuée par la fondation Soros à Bucarest et rendue publique mardi 18 septembre, dresse un étonnant portrait de la jeune génération roumaine. 

"Deux tiers des adolescents affirment que c'était mieux au temps du communisme, principalement car on respectait davantage la loi, indique Ovidiu Voicu, le coordinateur de cette étude. Ils n'ont pas confiance dans la démocratie ni dans l'économie de marché et ne rejettent pas l'idée d'un chef autoritaire."

 MALAISE PROFOND

Vingt-trois ans après la chute du régime communiste et cinq ans après l'adhésion à l'Union européenne (UE), la Roumanie peine à tourner la page du passé. L'instabilité politique, la crise économique et des dirigeants pas toujours à la hauteur ont plongé les jeunes Roumains dans un malaise profond.

Au lieu de chercher des repères dans l'avenir, ils préfèrent se tourner vers un passé qu'ils n'ont pas connu mais qui les fascine. "Franchement, je ne comprends pas, c'est absurde, s'insurge Mugur Ionascu, un retraité qui a connu la répression de la Securitate, la police politique de la dictature. Ils n'ont aucune idée de ce que nous avons vécu à l'époque. Je peux comprendre que les gens de mon âge regrettent la soi-disant sécurité sociale de l'ancien régime, mais si les jeunes se mettent à aimer Ceausescu, cela veut dire que nous avons échoué, que nous avons fait de la prison pour rien."

Le malaise de la jeunesse roumaine s'est amplifié après la crise politique qui a secoué le pays durant l'été. Le conflit aigu entre le premier ministre socialisteVictor Ponta et le président de centre droit Traian Basescu a persuadé une bonne partie des jeunes que les dirigeants ne s'intéressaient pas à leurs problèmes.

 CRÉDIBILITÉ DES DIRIGEANTS

Arrivé au pouvoir en mai, le gouvernement socialiste a connu en cinq mois quatre ministres de l'enseignement, et les écoles ont ouvert cette année avec une semaine de retard. La révélation du plagiat de sa thèse de doctorat par le premier ministre a encore un peu plus écorné la crédibilité des dirigeants auprès de la jeunesse. "Du temps de Ceausescu, on aurait été mis en prison pour vol intellectuel, s'exclame Stefan. Aujourd'hui, c'est toujours le plus fort qui gagne, peu importe ce qu'il fait. Seuls les pauvres respectent la loi, les autres n'en font qu'à leur tête."

L'étude de la fondation Soros souligne aussi que 47 % des 14-18 ans estiment que le système d'enseignement actuel est pire que celui de l'époque communiste et que 46 % n'ont aucune confiance dans le système de santé. Deux tiers des jeunes souhaitent ne jamais croiser des Roms, la minorité la plus discriminée du pays.

Sans perspectives d'avenir, ils rêvent de partir en Europe occidentale, où deux à trois millions de leurs compatriotes ont trouvé un travail et des revenus. "La société roumaine oublie le mal qu'a fait le communisme et se projette dans lesouvenir d'une utopie, explique Ovidiu Voicu. C'est cet oubli qui pourrait faire des jeunes les proies d'un démagogue souhaitant exploiter leur nostalgie.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 11:46

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http://dessousdebruxelles.ellynn.fr/spip.php?article184

L’adoption du nouveau traité européen, le Pacte budgétaire, n’était qu’un préalable : en vue du Sommet européen des 18 et 19 octobre, les institutions et les gouvernements européens réfléchissent aux prochaines étapes de l’intégration des politiques économiques des Etats membres.

17 octobre

Jusqu’à présent, l’intégration des politiques budgétaires des Etats membres de l’UE a pris la forme d’une institutionnalisation des politiques d’austérité, à travers des contraintes de plus en plus fortes sur les budgets publics, décidées en évitant soigneusement toute consultation populaire. Et cette fuite en avant austéritaire n’est pas près de finir.

C’est du moins ce que suggère la lecture du projet des conclusions du prochain Sommet, proposées le 1er octobre par le Président du Conseil européen Van Rompuy aux Etats membres, élaboré en collaboration étroite avec José Manuel Barroso (Commission européenne), Mario Draghi (BCE) et Jean-Claude Juncker (Eurogroupe) - le « gang des quatre ».

Ce document (disponible ici) se présente en deux parties – la première sur le Pacte de croissance, la seconde sur le « parachèvement de la zone euro ».

Si la première reprend des éléments dans la droite ligne de l’agenda européen de compétitivité (libéralisations, dérégulation, flexibilisation, libre-échange, etc. lire notre précédent article), la seconde présente des pistes pour les futures évolutions institutionnelles de l’Union européenne, et notamment la mise en place d’une « union budgétaire ».

Dans la pratique, cette union budgétaire à vocation à s’inscrire dans le prolongement des efforts de « disciplines budgétaires » et de réformes « structurelles de compétitivité ». Comme le relate un article du Monde, des désaccords existent notamment entre français et allemands sur l’utilisation du budget.

Pour le gouvernement français, le budget devrait pouvoir servir à « faciliter les ajustements aux chocs affectant certains pays » ; c’est le fédéralisme budgétaire « classique » qui consiste à organiser des transferts entre différentes zones pour s’attaquer à des déséquilibres régionaux et nationaux que la politique monétaire, nécessairement centralisée, ne peut résoudre.

Mais, rétorquent les allemands, avec le soutien tacite de la Présidence du Conseil, organiser de tels transferts nécessiterait une intégration politique et une convergence plus importante que ce qu’elle n’est actuellement entre pays membres de la zone euro. Pour le gouvernement allemand, le budget doit être un instrument pour permettre les réformes structurelles de compétitivité et rigueur budgétaire.

En d’autres termes, les pays membres de la zone euro seraient amenés à passer des « contrats » avec un Trésor européen – aux pouvoirs de contrôle intrusifs, note leMonde [1] – dans lequel ils s’engagent à mettre en œuvre des réformes structurelles en échange d’une « incitation » financière.

Il s’agit ni plus ni moins d’une généralisation à l’échelle de la zone euro des fameux « mémorandums » imposés à la Grèce, à l’Irlance, au Portugal et peut-être bientôt à l’Espagne, dans lesquels la Troïka impose la mise en œuvre d’un certain nombre de réforme en échange d’une « aide financière ».

Il s’agirait donc d’une étape supplémentaire dans l’élaboration de la mécanique austéritaire européenne. Déjà, avec le Pacte budgétaire et du 6-Pack, toute politique budgétaire ambitieuse est proscrite. Dans le cadre du 2-Pack, le Conseil peut inciter un pays en difficulté à demander une aide financière et se placer dans une situation de tutelle partielle.

Désormais, cette tutelle pourrait être généralisée à l’échelle de la zone euro sous le prétexte d’une « convergence budgétaire » qui est une convergence vers toujours plus d’austérité... Une convergence vers le gouffre, en quelques sortes.

On passe donc d’un contrôle a posteriori et d’une interdiction des déficits… A une véritable prescription des politiques économiques. Ces prescriptions devront être cohérentes avec celles du Pacte pour l’euro, qui listait les réformes à mettre en œuvre par les Etats membres et en priorité :

– S’assurer d’une diminution du coût unitaire de la main d’œuvre. C’est clair, il s’agit de mettre en place les conditions d’une diminution ou d’une stagnation des salaires comme élément clé de la « compétitivité ». Dans la fonction publique, comme dans le privé.

– Réformer le droit du travail et le marché du travail pour plus de flexibilité et réduire les charges fiscales sur l’emploi. Second élément pour plus de « compétitivité », débarrasser les entreprises du « fardeau réglementaire » : droit du travail, charges, etc…

– Assainir les finances publiques. Autrement dit, réformer la protection sociale et l’assurance maladie, qui pèseront moins lourd dans les budgets publics quand elles seront dans l’escarcelle du privé.

A travers l’union budgétaire, il s’agit moins d’établir un budget européen qui permette des transferts entre Etats membres et une forme de solidarité, comme c’est classiquement le cas, que d’établir une sorte de super Troïka qui ne serait plus réservée aux pays surendettés - puisqu’elle aurait le droit de regard sur les politiques économiques de l’ensemble des pays de la zone euro. Autrement dit, chacun pour soi, et la Troïka pour tous...

Les dirigeants européens sont-ils donc si satisfaits des résultats des mémorandums qui ont ruiné la Grèce, bientôt le Portugal, qu’ils souhaitent les généraliser à toute la zone euro ?

En conclusion, il est émouvant de voir que les promoteurs de ce projet prévoient « des mécanismes pour une véritable légitimité et un contrôle démocratique sont nécessaires » en précisant, comme principe clé « le contrôle démocratique doit s’exercer au niveau où les décisions sont prises ». En voilà une innovation révolutionnaire !

Nous voilà rassurés, puisque le contrôle démocratique des décisions prises au niveau européen reviendra au Parlement européen : il sera dûment « consulté », de même que des « débats » seront organisés en lien avec les Parlement nationaux. Que demande le peuple ?

Ajoutons que la nécessité d’un dialogue social ouvert et actif est évoquée. Quand on constate de quelle manière la Confédération Européenne des Syndicats – qui pour la première de son existence s’est opposée à un traité européen avec le Pacte budgétaire – a été ignorée et maltraitée ces dernières années, on se demande à quoi s’attendre… Un dialogue social façon #Pigeons, sans doute ?

Ces petites attentions montrent cependant que les dirigeants européens marchent sur des œufs, et tentent tant bien que mal de donner des gages démocratiques à un durcissement sans précédent des contraintes exercées sur la souveraineté démocratique des Etats de la zone euro.

Peut-être craignent-ils que les mouvements qui se sont levés partout en Europe contre la dérive austéritaire des institutions européennes ne parviennent à contrecarrer leurs plans ? Nous le souhaitons de tout cœur.

Eric Scavennec

PS : pour les amateurs, voici le document (en anglais) qui détaille la position de la Présidence du Conseil européen, écrit entre Draghi (BCE), Barroso (Commission), Van Rompuy (Conseil) et Juncker (Eurogroupe).

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:21

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http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Percee-des-communistes-tcheques-KS%C4%8CM-aux-elections-senatoriales-et-regionales-_a5694.html

Les élections régionales et sénatoriales de ce week-end ont été marquées par une spectaculaire avancée des communistes (KSČM) qui ont obtenu 20% des suffrages au niveau national, leur score le plus élevé depuis la chute du communisme, en 1989

 


La coalition de centre-droit du Premier ministre Petr Necas, partisan de la rigueur budgétaire, a subi une déroute aux élections régionales et au premier tour des sénatoriales tchèques, marquées par une large victoire de l'opposition sociale-démocrate CSSD et communiste KSČM.

Le CSSD, qui considère le scrutin régional comme une sorte de référendum sur les réformes d'austérité du gouvernement, s'est imposé dans 9 des 13 régions et le KSČM a gagné dans deux régions, selon les résultats communiqués par l'office national des statistiques (CSU), après le décompte de 99,9% des voix. Le parti ODS de Petr Necas a remporté une seule victoire, dans la région de Pilsen (ouest).

538.953 voix, 20,43% et 182 élus

Les grands vainqueurs des élections sont les communistes, même si la sociale démocratie arrive en tête, elle perd plus de 75 mandats régionaux (et 400.000 voix) là ou les communistes en gagent 68 (+100.000 voix). Le Président du comité central du Parti Communiste de Bohème-Moravie (KSČM), Vojtech Filip, se dit satisfait de ces résultats "C'est une large réussite, nous démontrons que le Parti communiste est perçu comme un parti moderne de gauche qui possède une vrai ligne, il est en mesure de faire face à la corruption en République tchèque et à résoudre les problèmes qui accompagnent la République tchèque".

 

RÉSULTATS DÉTAILLÉS DES ÉLECTIONS RÉGIONALES TCHÈQUES

Bohême centrale
20 CSSD (-6), 19 KSCM (+9), 16 ODS (-9), 10 TOP09 et maires de Bohême centrale (+6).
71975 voix 20,57% 19 élus

Bohême-du-Sud
18 CSSD (-4), 13 KSCM (+3), 9 Bohême-du-Sud 2012 (+9), 8 ODS (-11), 4 KDU-CSL (-), 3 Top9 et maires de Bohême-du-Sud (+3).
37187 voix 19,37% et 13 élus

Hradec Králové
12 CSSD (-6), 11 KSCM (+4), 7 Coalition KDU-CSL, HDK (social-libéral) et VPM (libéral) (+3), 6 ODS (-7), 5 TOP 09 et maires de Hradec Králové (+5), 4 divers (+4), 0 SNK-ED (-3).

Karlovy Vary
14 KSCM (+6), 13 CSSD (-3), 5 ODS (-4), 5 Mouvement indépendant pour un développement harmonieux des villes et des communes (HNHRM, conservateur) (+2), 4 TOP09 et maires de Karlovy Vary (+4), 4 Alternative (-1), 0 divers (-4).
16580 voix 22,98% et 14 élus

Liberec
13 Maires pour Liberec (+6), 10 KSCM (+2), 10 Changement pour la région de Liberec (coalition du parti Changement et des Verts) (+10), 7 CSSD (-8), 5 ODS (-7), 0 SOS (social-libéral) (-3).
23167 voix 17,89% 10 élus

Moravie du Sud
23 CSSD (-3), 16 KSCM (+6), 14 KDU-CSL (-4), 7 ODS (-4), 5 TOP09 et maires de Moravie du Sud (+5).
64805 voix 18,65% et 16 élus

Moravie-Silésie
24 CSSD (-7), 20 KSCM (+9), 9 ODS (-9), 7 KDU-CSL (+2), 5 Indépendants (+5).

Olomouc
19 CSSD (-8), 16 KSCM (+6), 8 Coalition de la KDU-CSL et des Verts (+3), 8 ODS (-5), 4 TOP09 et maires d’Olomouc (+4).

Pardubice
12 CSSM (-7), 11 KSCM (+5), 10 coalition KDU-CSL, SNK-ED et indépendants (+1), 6 ODS (-5), 3 Top09 et maires de Pardubice (+3), 3 SPOZ (social-démocrate) (+3).
29332 voix 18,86% et 11élus

Pilsen
15 ODS (+1), 15 CSSD (-4), 12 KSCM (+3), 3 TOP09 et maires de Pilsen (+3), 0 KDU-CSL & SNK ED (-3).
34919 voix 20,93% et 12 élus

Ústí nad Labem
20 KSCM (+8), 13 CSSD (-9), 9 Bohêmes du nord (régionalistes) (+1), 7 ODS (-6), 6 PRO! (coalition réunissant la KDU-CSL, les Verts et le HNHRM) (+6).
53819 voix 25,26% 20 élus

Vysočina
17 CSSD (-1), 11 KSCM (+6), 7 KDU-CSL (+2), 5 ODS (-6), 3 divers (+3), 2 TOP09 et maires de Vysočina (-3).
32119 voix 19,57% et 11élus

Zlín
12 CSSD (-6), 10 KDU-CSL (+4), 9 KSCM (+4), 5 TOP09 et maires de Zlín (-), 5 ODS (-6), 4 SPOZ (social-démocrate) (+4).
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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:07

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Article AC

pour

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Les élections communales et provinciales du 14 octobre mettaient à l'épreuve non seulement la « grande coalition » menée par le PS et soutenue par les principaux partis de centre-droit (chrétiens-démocrates, réformateurs du MR, centristes humanistes), mais aussi l'unité même de la Belgique.

 

Si le Parti socialiste est parvenu à maintenir ses positions dans ses bastions du bassin minier wallon et des grandes villes de Flandres, les partis de la « grande coalition » ont globalement souffert de la politique de « rigueur » menée par Bruxelles, laissant un espace à des partis aux marges du système.

 

Le premier enseignement, c'est naturellement la progression des nationalistes flamands conservateurs du NV-A (Nouvelle alliance flamande), symbolisée par la conquête de la deuxième ville du pays : Anvers. Les nationalistes arrivent également en tête des élections provinciales en Flandres avec 28,5% des voix.

 

Le second est plus positif pour les communistes et les progressistes, c'est la percée du Parti du travail de Belgique (PTB), qui obtiendrait – dans la mesure où les scores puissent être agrégés, pour ce qui est une élection locale – autour de 4% en Wallonie et 5% en Flandres, si on prend en compte les communes et les provinces où se présentaient des candidats du PTB.

 

Un résultat du PTB à valoriser triplement pour les communistes et les progressistes

 

Ce résultat se révèle, pour les communistes et progressistes des triplement positif :

 

  • d'une part parce que le PTB se revendique du marxisme et du léninisme, s'inscrit dans la démarche de coordination des Partis communistes et ouvriers et combat le projet de dissolution des Partis communistes dans une gauche réformiste euro-compatible porté par le PGE (Parti de la gauche européenne) ;

     

  • d'autre part parce que le PTB est le seul parti véritablement national et unitaire, refusant la division de la vie politique belge entre francophones et néerlandophones ;

     

  • enfin, parce que le PTB a noué des alliances historiques avec le Parti communiste (les listes PTB+) dans certaines villes Wallones comme à Liège, Verviers, Seraing ou Herstal, au moment même où le projet de « Front des gauches » porté par la direction du PC belge, en collaboration avec la LCR trotskiste est en pleine décrépitude.

 

 

Analyse des résultats du PTB : spectaculaire progression en Flandres, percée en Wallonie

 

Si toute généralisation en terme de pourcentages est problématique, le PTB a obtenu en tout 80 000 voix aux élections communales et 135 000 voix aux élections provinciales.

 

Dans les communes dans lesquelles le PTB s'est présenté, les scores tournent en moyenne autour de 4% en Wallonie et 5% en Flandres, ce qui révèle une homogénéisation d'un parti historiquement implanté plutôt en Flandres.

 

Le PTB obtient finalement 31 conseillers communaux, 17 élus de district (à Anvers) et 4 conseillers provinciaux

 

L'analyse plus détaillée des résultats, ville par ville, révèlent l'ampleur de la progression du PTB :

 

En Flandres même, le PTB réalise une progression spectaculaire. A Anvers, deuxième ville du pays il quadruple son score, passant de 1,8 à 8%, obtenant 4 conseillers communaux, 17 conseillers de district et 2 conseillers provinciaux. A Genk, il passe de 5,6 à 8,8%, obtenant trois conseillers communaux.

 

Le PTB réalise ses meilleurs scores dans les communes de Houthalen, dans la province de Limburg, avec 16% et 3 conseillers communaux, et dans la ville ouvrière de Zelzate en Flandres orientale, avec 22% et 6 conseillers.

 

Il obtient des scores honorables dans les autres villes moyennes dans lesquelles il s'est présenté, récoltant autour de 3% des voix à Malines, Gent ou encore Leuven.

 

Les résultats du Parti en Wallonie sont eux une relative nouveauté, tirant profit de l'alliance historique avec certaines sections du Parti communiste, dans l'agglomération liégeoise

 

A Liège, le PTB+ réalise ainsi 6,5% (1,4% en 2006) mais obtient des scores à deux chiffres dans la banlieue ouvrière Liégeoise, avec 14% des voix à Seraing et Herstal. Le PTB+ obtient en tout 12 places de conseillers dans l'agglomération.

 

Les résultats dans le « pays noir » du Hainaut sont également positifs : 3,5% à Charleroi (2% en 2006), 3,6% à Mons (1,2% en 2006), 4,5% à La Louvière, avec un conseiller communal dans chacune de ses municipalités.

 

Enfin, dans l'agglomération Bruxelloise, si les résultats restent modestes dans la commune de Bruxelles (1,5%), les bons résultats dans la banlieue obtenus à Molenbeek (4,5%) et Schaerbeek (3,5%) permettent à deux élus du PTB de faire leur entrée dans les conseils communaux de leur cité.

 

« Transformer notre score en une opposition forte et en pression venant de la base »

 

 

Selon le porte-parole du PTB+, Raoul Houdebouw, tête de liste à Liège et nouveau conseiller communal, le succès du PTB est aussi celui de l'accent mis sur des revendications concrètes et sur une alternative de gauche à la politique dominante :

 

« Nous avons pu imposer à l’agenda politique nos thèmes de campagne comme le logement, de l’emploi et la taxation des déchets. Et nous avons ressenti, parmi la population, le besoin d’un véritable parti de gauche, en paroles et en actes. »

 

Raoul Houdebouw en a également profité pour saluer l'importance du soutien du Parti communiste, dont un candidat a par ailleurs été élu à Seraing.

 

Pour Peter Mertens, président du PTB+, tête de liste à Anvers, le score du PTB est une bonne nouvelle pour la population anversoise qui permet de contre-balancer la victoire des nationalistes flamands :

 

« Nous allons mener, dans les prochaines années, une opposition constructive, sociale, mais forte face au futur bourgmestre Bart De Wever. »

 

Il s'agit désormais de faire de ses bons scores électoraux un point d'appui pour les luttes à l'échelle de la commune et du pays : « Le changement commence à Anvers ; nous devons transformer notre score en une organisation forte et en une pression venant de la base ».

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 09:27
LA-BCE-ABAISSE-SES-TAUX-DE-0-25.jpg2 août 2012 par Paul Jorion |

Billet invité. Je rappelle que je préconise personnellement une autre solution : un défaut simultané de la dette des 17 pays de la zone euro, immédiatement suivi d’une restructuration de la dette communalisée.

La BCE s’est engagée avec force à « tout faire pour sauver l’Euro ». Nous allons prendre cette déclaration au pied de la lettre et considérer quelles en seraient les conséquences à court et moyen terme d’une telle action, et si la BCE a réellement les moyens de sauver l’Euro.

 

I. Les conséquences d’une action directe de la BCE.

En admettant que la BCE puisse soit jeter par-dessus les moulins son statut ou trouver des compromis juridiques lui permettant de racheter massivement de la dette souveraine de pays en difficulté, que se passerait-il ?

(a)   L’ampleur des sommes nécessaires :

Il faut tout d’abord considérer les montants que la BCE devrait débourser.

Pour l’Espagne, le gouvernement de M. Rajoy a admis que les besoins s’élèveraient à 300 milliards d’Euros d’ici à la fin de l’année. Il est cependant clair que ce qui aurait été fait pour ce pays ne pourrait être refusé à d’autres. La Grèce viendrait au guichet pour un montant estimé à 60-80 milliards.

L’Italie serait aussi un « client » potentiel, avec des besoins estimés (suivant la date de l’opération) entre 500 et 700 milliards. C’est donc de 860 à 1080 milliards que la BCE devrait racheter dans un délai assez court (moins de 6 mois).

Ces sommes ne sont pas « impossibles », mais elles n’en sont pas moins considérables. Elles représentent en 3 fois et 4 fois le montant des achats de titres publics réalisés par la BCE depuis le début de la crise. Elles représentent un saut qualitatif et non pas simplement quantitatif.

(b)   Les conséquences sur le bilan de la BCE.

Les conséquences sur le bilan de la BCE seraient importantes.

On verrait apparaître près de 1071 (860 + 211 déjà sur le bilan) à 1291 (1080 + 211 déjà sur le bilan) milliards de titres publics. Or, on peut penser qu’entre le tiers et la moitié de ces titres ne sera jamais remboursée dans le cadre de défauts soit « sauvage » soit ordonnés.

La BCE devra soit admettre qu’elle a fait de la création monétaire ex-nihilo ou demander aux États de la zone Euro une recapitalisation comprises entre 330 et 650 milliards.

Le problème avec la création monétaire ex-nihilo n’est pas celui (souvent invoqué) de l’inflation, mais celui, juridique, de la compatibilité du fonctionnement de la BCE avec la Constitution allemande. Cette dernière interdit à la Banque Centrale de procéder à ce type de création monétaire. Il faudrait donc soit modifier la Constitution allemande (ce qui pose des problèmes politiques et risque d’échouer) soit se résoudre à cette recapitalisation.

Ceci pose la question de l’acceptabilité politique de cette dépense pour les États (dans le cas de la France, la contribution pourrait aller de 70 à 140 milliards).

(c)    Serait-ce la fin de la crise de liquidité ?

On affirme souvent qu’une telle intervention règlerait la crise de l’Euro. Mais, la crise de liquidité est issue de la crise de compétitivité. C’est cette dernière qui déclenche les inquiétudes qui font monter les taux d’intérêts et provoque la crise de liquidité.

Or, ici, la BCE est impuissante. La permanence de la crise de compétitivité provoquerait inévitablement la réapparition de la crise de liquidité.

D’ailleurs, depuis que la BCE a procédé aux premiers rachats sur le marché secondaire, aucun des pays qui ont bénéficié de ces opérations n’est revenu sur les marchés financiers.

Il faudrait donc se résoudre à ce que, durablement, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et peut-être l’Italie, aient recours aux capacités de financement de la BCE.

Les montants à moyen terme seraient encore plus considérables que ceux que l’on a évoqué plus haut et pourraient atteindre entre 2 000 et 2 500 milliards d’Euros.

(d)   Une erreur de diagnostic.

Plus profondément, la politique de la BCE que l’on suppose ici illustre une erreur majeure de diagnostic à propos de la crise de la zone Euro.

Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine ! C’est une crise de compétitivité, liée aux structures économiques et démographiques hétérogènes des pays de la zone qu’exacerbe le fonctionnement quotidien de la monnaie unique. Cette crise donne alors naissance d’une part à une croissance très ralentie dans un certain nombre de pays (Italie, Portugal et dans une moindre mesure France) et à une désindustrialisation accélérée dans d’autres (Irlande, Portugal, Espagne, Grèce et encore France).

Avec l’éclatement de la « bulle » des taux historiquement bas que l’on a connus de 2002 à 2008, ces deux phénomènes se sont traduits par une montée des dettes souveraines dans les pays considérés.

Vouloir résoudre le symptôme (la crise de la dette) ne fait qu’empirer le mal ! Les politiques requises pour tenter de résoudre la crise de la dette aggravent la situation, en plongeant les pays dans une récession, voire une dépression, qui réduit les ressources fiscales et accroissent considérablement le chômage.

Mais, si l’on veut s’attaquer à la racine du mal, soit la crise de compétitivité, il faut mesurer ce que cela implique pour les pays, ou en matière de coûts de transfert.

La mise en œuvre d’une politique « non conventionnelle » par la BCE est possible. Mais, elle implique un tournant qualitatif dont les conséquences n’ont pas été mesurées et ceci sans fournir de solution à la crise de la zone Euro. La seule perspective offerte est celle d’une installation de longue durée dans cette crise.

II. La crise de compétitivité fera soit éclater l’Euro, soit éclater l’Europe.

Il n’est donc pas du pouvoir de la BCE de résoudre la crise de l’Euro. Même des actions combinées avec celles des États membres n’offrent guère d’alternative. Soit l’Europe éclatera après une « décennie perdue » à l’image de celle de la Grande Dépression, soit la zone Euro sera dissoute.

(a)  Les politiques de déflation salariale sont des impasses.

La crise de compétitivité se manifeste dans les déficits des balances commerciales des pays (sauf l’Allemagne) et l’accroissement du montant du compte TARGET-2 dans ce dernier pays.

Des politiques de baisse des coûts salariaux sont d’ores et déjà expérimentées dans des pays de la zone Euro (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie).

Leurs conséquences en sont catastrophiques. Ces politiques nécessitent une contraction violente de la demande intérieure, qui provoque non seulement une forte hausse du chômage mais en sus une baisse de la productivité, impliquant de nouvelles mesures d’ajustement, dont les effets sur le chômage viendront se cumuler avec les premières mesures.

D’ici deux ans, et en incluant les effets induits et non pas seulement les effets directs, il faut donc s’attendre à des taux de chômage de :

52 % en Grèce.

35 % au Portugal.

32 % en Espagne.

22 % à 25 % en France et en Italie.

Les niveaux de chômage escomptés sont donc à peu de choses près les mêmes que lors de la « Grande Dépression » des années 1930.

(b)  Les politiques de transferts budgétaires sont politiquement impossibles.

Une autre solution, cohérente avec la monnaie unique, serait d’instituer des flux de transferts depuis les pays excédentaires vers les pays déficitaires. Mais, les montants sont tout à fait énormes. On peut les estimer à :

10,8 % de PIB de l’Espagne pour le soutien à l’Espagne ;  

13,1 % de PIB de l’Italie pour le soutien à l’Italie ;  

12,3 % de PIB du Portugal pour le soutien au Portugal ;  

  6,1 % de PIB de la Grèce pour le soutien à Grèce.  

Compte tenu des niveaux de coûts salariaux, de la structure et du montant des profits, du poids des salaires et de la structure du PIB cette politique coûterait à l’Allemagne 12,7 % du PIB (en 2012) en transferts budgétaires pour les 4 pays en difficulté.

De tels montants briseraient les reins de l’économie allemande et sont, très clairement, politiquement impossibles. Il faut ici signaler qu’une dissolution de l’Euro, accompagnée de dévaluations dans différents pays, ne coûterait que 2% à 2,5% du PIB à l’Allemagne.

Il n’est donc pas étonnant qu’une majorité absolue des Allemands se prononce aujourd’hui contre l’Euro (51% contre et 29% pour). L’opposition politique de l’Allemagne aux mesures de transferts est donc appelée à se durcir dans les semaines à venir.

(c)   Entre l’Euro et l’Europe, il faudra choisir.

La crise de l’Euro confronte aujourd’hui les pays européens au choix soit de voire périr l’Europe soit de dissoudre la zone Euro.

Si l’on persiste dans la politique actuelle, la zone Euro, et l’Europe avec elle entrera dans une récession, puis une dépression de longue durée. La comparaison avec la crise des années 1930, la « Grande Dépression » s’impose. Le poids politique et économique de l’Europe se réduira de manière considérable, et notre continent deviendra « l’homme malade du monde ».

Mais, surtout, l’Union européenne ne résistera pas aux conséquences de cette crise.

Des pays sortiront de l’Euro, les uns après les autres. Le premier sera sans doute la Grèce. Elle sera suivie par le Portugal et l’Espagne. En effet, les mesures « non conventionnelles » de la BCE ne rétabliraient la solvabilité extérieure dans aucun de ces deux pays.

La spéculation financière atteindrait de nouveaux sommets et les mesures unilatérales prises par chacun de ces pays (y compris des défauts sur les dettes) feraient rapidement tache d’huile. De proche en proche, ce sont toutes les mesures constitutives de l’Union Européenne qui seront remises en cause.

Par contre, si une politique de dissolution coordonnée et concertée de la zone Euro était adoptée, elle prendrait la forme d’un acte européen. Tout en rendant possible pour les pays concernés de réaliser les ajustements nécessaires à un coût bien plus faible en termes de chômage par des dévaluations, elle permettrait de sauvegarder l’essentiel de l’Union Européenne. Cette politique offrirait la perspective, à moyen terme, de reconstituer sur des bases plus souples une forme d’intégration monétaire (par une monnaie commune).

(d)  Les politiques « non conventionnelles » de la BCE, pour autant qu’elles soient possibles, ne feront que retarder les échéances.

Les politiques non conventionnelles de la BCE sont certes possibles, mais elle ne sont nullement une solution. Au contraire, enfermant la zone Euro dans sa crise, elles portent en elles la menace d’un éclatement de l’Union Européenne.

Ces politiques ne feront que retarder, à l’échelle de deux à trois ans, le dénouement de cette crise. On doit donc se demander si politiquement le jeu en vaut la chandelle. Pour ces trois années (au mieux…) de gagnées, nous serions confrontés à une crise bien pire que celle que nous connaissons aujourd’hui, et avec une situation de la France particulièrement dégradée.

Plusieurs économistes, dont les deux Prix Nobel Joseph Stiglitz et Paul Krugman, ont affirmé que la poursuite de cette politique visant à sauver l’Euro était criminelle.

On se contentera de dire que les mesures envisagées, mais qui sont loin d’être acquises, par la BCE viennent trop tard et n’apportent aucune solution aux problèmes de fond de la zone Euro.

La raison, tant économique que politique, commande ne pas s’entêter et de ne pas prendre le risque de faire périr l’Europe et d’exacerber une opposition entre l’Allemagne et les autres pays. Une dissolution de la zone Euro réalisée d’ici à la fin de 2012 en tant qu’acte européen est aujourd’hui la seule solution qui puisse éviter un désastre.

============================
(*) Directeur d’études à l’EHESS, Professeur associé à la MSE-MGU (Moscou)

 

 

http://www.pauljorion.com/blog/?p=40042

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 16:42

l-espagne-annonce-un-plan-d-austerite-de-27-milliards-d-eur.jpgOn peut décrire la crise qui frappe l’Espagne au niveau de la débâcle de son secteur financier mais il en est de l’Espagne comme de la plupart des pays de la planète. Nous sommes exactement dans ce que décrivait Marx un ébranlement parti de l’infrastructure économique qui entraîne un ébranlement de toute la société, ses représentations, ses institutions, plus rien n’est stable. Nous sommes dans un processus dont il faut saisir à chaque fois ce qui tente de perdurer à n’importe quel prix, exerçant une violence insoutenable sur la majorité des individus et leurs tentatives de résistance, voir de transformation. Cela ne se limite pas à une crise financière qui n’est que l’écume d’un bouleversement beaucoup plus profond.


La crise espagnole vient de loin


Il y a quelques années j’avais écris deux articles sur le blog que je tenais alors intitulé Changement de société, on les retrouvera aisément dans les archives. Le premier dénonçait l’inévitable crise liée à la bulle immobilière favorisée par la spéculation immobilière. le second dénonçait le rôle joué dans ce système par la banque Santader et j’avais tenté de mettre en évidence comment cette banque fleuron du franquisme avait envoyé ses tentacules au Venezuela, dans l’Amérique latine et même au Maroc. Comment elle possédait une part importante de la presse venézuélienne et à ce titre contribuait à une tentative de déstabilisation permanente de Chavez. Il faudrait ajouter à cette description le rôle joué sur le plan idéologique par d’autres institutions liées au franquisme comme les fondations (là encore un article de mon ancien blog explique la manière dont ces fondations dont celles d’Aznar ont jeté leurs liens y compris en France dans des Universités comme U3 et aux Etats-Unis) ainsi qu’avec la privatisation du système scolaire et universitaire le rôle dévolu à de véritables sectes anticommunistes comme le trés scandaleuse La Légion du Christ (LC) fondée en 1941 au Mexique par le père Marcial Maciel Degollado. Ce qu’il faut bien voir dans ces brèves notations c’est la double influence, d’abord du franquisme trés intégré au catholicisme institutionnel et qui n’a jamais été éradiqué malgré les efforts de Zapatero. Le second point est le lien étroit que cette espagne franquiste continue à entretenir avec l’Amérique latine et là on retrouve non seulement l’influence de l’Eglise mais celle de ce secteur bancaire, en particulier la banque de Santader assise sur la spéculation immobilière.

On parle souvent de la pieuvre à propos de la mafia italienne, mais il faut voir que l’image serait tout aussi exacte pour décrire la manière dont franquise-institutions catholiques anticommunistes et implantations bancaires en Amérique latine se sont développées. Le franquisme à la fin de la II e guerre mondiale a joui de l’étrange privilège de ne jamais être inquiété parce qu’il s’est immédiatement reconverti en tête de pont de la guerre froide et à offert aux Etats-Unis implantation et réseaux pour mener de nouveaux combats. Il a contribué avec certaines institutions vaticanes au transfert en Amérique latine d’anciens nazis et fascistes qui s’étaient attirés les bonnes grâces des Etats-Unis. Tout ce beau monde à la manière d’un Barbie en Bolivie a aussitôt offert ses services aux dictatures locales avec l’assentiment de la CIA.


La democratie monarchique et l’intégration européenne, des palliatifs pour le maintien du système


A la mort de Franco celui-ci avait déjà mis en place sa sucession pour que rien ne soit durablement bouleversé dans l’échaffaudage avec le retour de la monarchie et une amnistie qui couvrait les crimes franquistes mais excluait les résistants basques de ses bénéfices. Il a fallu la complicité de la gauche non seulement celle du PS mais celle du dirigeant communiste de l’époque Santiago Carillo, depuis pssé au PS, pour entériner ce maintien du système sous des allures de démocratie monarchique que toute l’intelligentzia européenne a salué comme un triomphe de la liberté.

L’intégration européenne a été le deuxième volet de cette pseudo-démocratisation espagnole qui en fait avait une seconde fois trahi la République abolie par le coup d’Etat militaire franquiste aidée par les nazis et trahie par les socialistes français.  Avec cette monarchie concotée par Franco mais présentant un visage respectable on avait prétendu créer l’unité espagnole mais le système était tout autant conçu pour que ne soient pas remis en cause les bases économiques, judiciaires, culturelles du franquisme.   Cette intégration a effectivement correspondu à de nouvelles libertés autant qu’à un indéniable essor économique mais marqué par le primat de l’immobilier tandis que la dépendance productive s’accroissait par rapport à l’Allemagne. Le soubassement franquiste se  maintenait sous la fièvre consumériste et individualiste qui semblait s’être emparée de l’Espagne mais aussi une mise en concurrence à tous les niveaux y compris entre les provinces, les riches comme la Catalogne refusant de payer pour les autres.


Le néo-colonialisme de l’Amérique latine sous protection US


Les liens avec l’Amérique latine sous protection du parrain USA se développaient et contribuaient à étendre sur ce sous continent l’avancée des monopoles espagnols financiarisés en liaison avec une bourgeoisie locale toujours prête à soutenir des dictatures infames et meurtrières. Ce n’est pas un hasard si le modèle néo-libéral qui depuis s’est étendu au monde a été inauguré sous le CHili de Pinochet après 1973.

Cet assaut des monopoles financiarisés européen qui prend tout son essor dans le début des années quatre-vingt témoigne du fait que la crise financière actuelle ne doit pas être isolée de la concurrence monopoliste portée à son plus haut niveau. Après les colonies, il y a eu un nouveau système qui a “libéré” de la tutelle politique directe pour renforcer l’emprise de l’exploitation des ressources, un peu à la manière dont le capitalisme avait  “libéré” le travailleur du servage, en avait fait un citoyen, pour aussitôt le forcer à vendre sa force de travail à l’entrepreneur. A la base de ce pillage il y a eu la main mise de monopoles sous une forme financiarisée c’est-à-dire étendant et collectivisant la propriété à travers des institutions comme les fonds de pension, avec toujours plus la concentration monopoliste et des directions mais la diffusion des actions dans l’épargne des pays riches. Les années quatre vingt et la vague néo-libérale peuvent être comparée à de nouvelles expéditions vers les ex-pays colonisés par le biais de la financiarisation mais imposant l’exploitation monopoliste et transformant la structure de la propriété dans les pays européens. Il suffit de penser en France à Suez, à EDF, Total etc…

On ne comprend rien par parenthèse à la haine dont est poursuivi Chavez si l’on ne mesure pas que son pays dominé par les majors étasuniennes du pétrole et la banque de Santander a été arraché à leurs tentacules. La lutte de Chavez a une triple dimension,1) lutte contre les Etats-Unis qui lui reprochent son indépendance à l’OPEP, dans tout le continent sud-américain et renégociation des contrats pétroliers. 2)lutte contre l’Espagne et ses monopoles, les banques mais aussi Respol la société pétrolière et enfin l’influence idéologique  travers les médias 3) lutte contre la Colombie voisine qui a été en particulier sous le narcotrafiquant tortionnaire Uribe le lieu dont partait tout le trafic de drogue, la mafia des paramilitaires liés aux grands propriétaires vénézueliens. A tel point que le coup d’Etat contre Chavez a été mené par l’amabassade des Etats-Unis et celle d’Espagne en relation avec quelques mafieux capitalistes locaux.

La vague progressiste en Amérique latine a consisté à tenir la dragée haute aux monopoles des Etats-Unis qui n’ont réussi à imposer leurs vues d’intégration qu’au mexique qui est entré dans une vague de violence et de misère extrême. Pour une part la fragilité de l’Espagne et de son secteur financier est lié à la bulle immobilière mais aussi à la difficulté à exploiter l’Amérique latine.

Quel que soit le pays que l’on analyse on ne doit jamais oublier ce qui est le grand bouleversement de ce XXI e siècle, l’apparition d’un monde multipolaire et la fin de ce qui paraissait être sorti de la deuxième guerre mondiale: un monde tripolaire, Etats-Unis, Europe, japon, les deux derniers acceptant d’être les vassaux politiques du premier au nom de la prospérité économique, l’ONU et son conseil de sécurité étant le symbole de cette hégémonie qui aujourd’hui se délite sur le plan économique. Il ne reste plus qu’une suprématie militaire incapable de maintenir l’ordre et ce qui dévrait être des opérations de simple police sur les peuples revendiquant leurs souveraineté. La crise européenne est à la fois le crise d’un modèle néo-libéral et la crise de l’hégémonie occidentale.


La nouvelle étape de la spoliation espagnole avec la crise financière


Nous sommes aujourd’hui à un nouveau stade de cette histoire scandaleuse puisque l’Espagne est désormais captive de son secteur financier fragilisé par l’engouement pour la spéculation immobilière (une crise des subprimes), ce qui correspond en fait à une thrombose puisque personne ne prête plus à personne, tant il y a eu des jeux de cavalerie dans ce qui est censé justifier les prêts et crédits. L’accés au marchés financiers devient de plus en plus problématique et à des tazux de plus en plus usuraire pour l’ensemble de l’économie y compris celle qui n’est pas dans la bulle immobilière mais qui est bloquée par l’impossibilité d’emprunt et les déséquilibres des prix, leur gonflement à la consommation.

l’Europe préfère faire payer le contribuable espagnol que faire contribuer les investisseurs institutionnels à la débâcle du secteur bancaire ibère Parce qu’il ne s’agit pas seulement de sauver les banques espagnoles en fait les banques continentales, allemandes en particulier verront leurs créances remboursées au centuple grâce aux sommes colossales exigées des contribuables espagnoles (c’est le même mécanisme que celui qui a été appliqué à l’irlande). C’est un système extraordinaire qui fait que les banques allemandes mais aussi françaises vont être remboursée à un prix largement supérieur au loyer de l’argent fixé par la BCE.

les premières pertes des banques espagnoles seront prises par les actionnaires, en particulier par les détenteurs des titres hybrides plus risqués que les obligations classiques. Le reste du passif et il est considérable sera garanti par l’Etat espagnol et l’Europe, il s’agit du salaire des employés, des dépots des Espagnols ou les créances que les banques et les assureurs ont entre eux.

comme le souligne le journal financier la Tribune : “Les Espagnols vont donc passer trois fois à la caisse. D’abord, leur patrimoine immobilier a fondu . Il avait augmenté à un rythme délirant. L’atterrissage est douloureux mais inévitable. Ensuite ils vont perdre les avoirs qu’ils avaient sur les banques. Pas ou peu leurs dépôts puisque ces derniers sont garantis jusqu’à 100.000 euros par personne. En revanche, leurs actions ou leurs parts sociales vont se volatiliser. Or, en Espagne, comme jadis en Belgique quand Fortis se sentait vaciller, les caixas ne se sont pas gênées pour fourguer leurs propres titres à leurs clients dans des « produits d’investissement » packagés de telle manière que l’épargnant n’y voit que du feu. Une bonne partie sinon tout cet argent sera perdu. Enfin, les Espagnols passeront à la caisse une troisième fois, en tant que contribuable, pour financer le passif restant des banques une fois que tous ceux qui avaient pu éponger des dettes auront été essorés.   Bref. Non seulement ils vont perdre leurs avoirs mais ils vont contracter de nouvelles dettes pour…. rembourser les investisseurs institutionnels. Pour l’instant, il est impossible de dire dans quelles proportions ces transferts vont avoir lieu car l’évaluation des actifs des banques est en cours. Mais on parle en milliards d’euros, sinon en dizaines de milliards d’euros. C’est beaucoup pour un pays dont un quart de la population active est au chômage et dont le gouvernement n’en finit pas de couper dans les bénéfices sociaux pour tenter de conserver un étroit accès aux marchés de capitaux.”   C’est là qu’apparaît le plus clairement ce qu’est l’Europe en réalité, un lieu non de solidarité mais de concurrence intermonopoliste à un stade le plus élevé. D’abord le fait qu’il y a eu une conccurence internation et leurs monopoles et secteurs bancaires avec des zones de profit, de véritables bulles encouragées, la fragilité des secteurs financiers, causée par l’excès de dettes de toutes sortes, un peu comme dans la crise des subprimes oblige  toujours plus chaque pays à convertir de la dette privée en dette publique, puis à transformer la dette nationale en dette européenne pour répartir sur le contribuable européen non pas une part du poids qui pèse sur les épaules du contribuable grec, italien, espagnol mais pour poursuivre le système qui accorde aux banques allemandes et françaises un remboursement trés profitable…


Perspectives?


Dans ce système tout l’enjeu est d’imposer au plus faible le plus mauvais remboursement de ses créances. Nous sommes typiquement dans une situation de crise capitaliste qui se traduit par une nouvelle vague de concentration monopoliste et ou un bellicisme accru.   Ceux qui subissent en première ligne ce système et qui de fait subissent un véritable essorage de leurs avoirs à savoir les créanciers espagnols, le secteur financier espagnol  plus le pompage du contribuable espagnol a ses hommes au pouvoir et ceux-ci ne voient de solution que dans la déflation, toujours plus d’austérité et de rigueur ce qui accroît la spirale infernale de l’endettement et de la récession.

ce qui se passe en Espagne sur le plan politique montre que les Espagnols ne sont pas prêts à accepter cette situation et témoigne d’une remise en cause profonde du système comme si le masque qui avait été posé sur ce pays à la chte du franquisme rompait de partout à la fois.

Le système issu du franquisme, nous venons de le voir,  a reposé sur l’intégration européenne et le développement économique qu’elle permettait mais aussi la garantie démocratique que représentait cette intégration. La monarchie était en quelque sorte la façade de cette quadrature du cercle: comment poursuivre le franquisme en ne changeant rien à ses élites économiques, judiciaires, culturelle, médiatiques tout en se présentant comme une démocratie prospère et unie?

En fait les signes de décomposition étaient à l’oeuvre depuis pas mal de temps et l’Espagne se fragmentait en provinces comme pour marquer le refus de la coexistence entre régions prospères et pauvres, la logique concurrentielle européenne jouait à plein. Avec la crise violente et ce que subissent les Espagnols on assiste paradoxalement à de nouvelles formes d’unification autour de l’idée de République et la montée des luttes se dirigeant de toutes l’Espagne vers la capitale Madrid. Que faut-il en penser? Là encore nous sommes dans un processus c’est-à-dire que chaque moment doit être analysé dans sa capacité ou non à résoudre les contradictions ou au contraire à tenter de bloquer toute issue.


Danielle Bleitrach

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 16:01

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"Toutes les dettes accumulées par l’intermédiaire du Mémorandum sont illégitimes"

"Nous allons soutenir tous vos efforts"


par Despina Papageorgiou du mensuel grec « Crash » (juin 2012)


En 2007, à Quito, un groupe d’experts rentrant dans leurs chambres d’hôtel sont restés sans voix : des boîtes entières de documents du ministère de l’Economie, se rapportant à la période antérieure à la présidence de M. Rafael Correa, avaient tout simplement disparu. Ces experts étaient membres du Comité d’audit de la dette de l’Equateur, qui avait été mis en place après l’élection de Correa. Le Comité était composé de douze experts de l’Équateur et six provenant de l’étranger. Le politologue belge et historien Eric Toussaint était l’un d’entre eux. La parole lui est donnée aujourd’hui dans le magazine ’Crash’ où il décrit comment le mythe de David contre Goliath s’est une fois de plus matérialisé en Equateur, malgré les difficultés attendues. Après 14 mois de travail acharné, le Comité d’audit de la dette a produit les premiers résultats, déclarant une grande partie de la dette illégitime. Sur cette base, le gouvernement a ensuite suspendu le paiement des titres de la dette venant à échéance en 2012 et en 2030. Il a amené les créanciers à revendre ces titres à 35% de leur valeur d’origine. Washington eut une attaque...


Une décennie auparavant, l’Équateur était décrit comme une « république bananière ». De nos jours, selon le journal britannique « The Guardian », il pourrait être ’l’endroit le plus radical et enthousiaste où vivre’. Il y a plus d’avantages sociaux, les pauvres reçoivent des allocations et les soins de santé sont entièrement gratuits. Les dépenses publiques ont également augmenté. Le pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est passé de 37,6% en 2006 à 28,6% 2011.

Eric Toussaint est professeur à l’Université de Liège (Belgique), fondateur et président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM, www.cadtm.org ) et l’auteur de nombreux ouvrages. Il a travaillé bénévolement pour la Commission de l’Audit de la Dette de l’Equateur. Avec ses connaissances et son expérience, il peut certifier qu’il existe une alternative, à condition qu’il y ait une volonté politique.

Eric Toussaint est catégorique quand il affirme à ’Crash’ que la dette causée par le Mémorandum est non seulement illégitime et/ou odieuse. Il s’est également exprimé publiquement, à travers notre magazine, sur son soutien personnel et celui de son organisation vis-à-vis de tout effort en Grèce qui tendrait vers une Commission d’audit de la dette. ’Il est plus facile pour vous d’analyser votre dette que ce n’était le cas pour l’Equateur’, dit-il. ’Alors faites-le !’

Est-ce que le nouveau gouvernement grec - après les élections du 17 Juin - entendra l’appel du professeur ? Un avertissement antérieur à un autre gouvernement grec était tombé dans l’oreille d’un sourd. ’Nous avions mis en garde Georges Papandréou dans les temps ! Avant que la Grèce ne passe sous la coupe du FMI, l’ex-Premier ministre grec avait demandé conseil à Rafael Correa - sur base de sa propre expérience - sur la façon de traiter le problème de la dette ’, a raconté le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patinio dans un discours à Quito en février 2012 (cité par L. Vatikiotis). ’Le Premier ministre grec parlait beaucoup’, a poursuivi Patinio. « Regardez », dit Correa. « Il y a quelque chose que vous ne devez pas faire et quelque chose que vous devez absolument faire, afin de ne pas payer. Vous ne devez pas aller au FMI. Et vous devez créer un comité d’audit de la dette. » Puis, Papandreou fit exactement le contraire’ ...

Ma conversation avec Eric Toussaint a commencé par la question des élections grecques. J’ai remarqué que la proposition de la constitution d’une Commission d’audit de la dette grecque est tombée à nouveau dans la période électorale. J’ai dit : ’le fait que la proposition ait été rejetée par les deux partis qui ont présidé la Grèce depuis des décennies est symptomatique. Pourquoi pensez-vous qu’ils ne veulent pas analyser la dette, et pourquoi sapent-ils tous les efforts pour son annulation ?

« Il est clair que le PASOK et Nouvelle Démocratie ne sont pas intéressés à appuyer un audit, car leur responsabilité dans la dette du pays en ressortirait. Ils ont une énorme part de responsabilité dans la dette des années qui 1990 et 2000, ainsi que dans la nouvelle dette issue du protocole. Pour moi, c’est une dette illégitime ».

« Il convient de mentionner ici que la dette odieuse est une dette a) qui a été acceptée sans le consentement de la nation, b) pour laquelle l’argent dépensé fut contraire aux intérêts de la nation et c) que le prêteur était au courant des faits énoncés précédemment. Le concept de dette odieuse est attribué au professeur de droit, Alexander Sack [1].

« Comment expliquez-vous que la dette soit illégitime ? » demandais-je à Eric Toussaint.

« Peut-être que nous devrions commencer par la nouvelle dette, de mai 2010 jusqu’à aujourd’hui. Les règles fixées par la Troïka sont une violation des droits économiques et sociaux des citoyens grecs, illustrée par une réduction des salaires, des pensions réduites, la violation des droits élémentaires du peuple grec. Par exemple, le premier protocole n’a pas été intégralement examiné par le Parlement grec, celui-ci n’a pas véritablement délibéré ; la procédure n’était pas démocratique. La troïka a dit « vous devez accepter. Si vous n’acceptez pas les règles, vous ne recevrez pas d’aide. » Tout cela au mépris total du principe démocratique d’un pays souverain. Donc pour moi cette nouvelle dette qui en 2013 représentera la majeure partie de la dette publique extérieure grecque est illégitime et doit être annulée. »

« Nous devons aussi d’analyser la dette des années allant de 1990 à 2000, dette liée à la préparation des Jeux Olympiques, et aussi de la dette engendrée à travers les conditions d’accès de la Grèce à la zone Euro. Une grande partie de l’argent provenait de banques allemandes, françaises et d’autres banques privées des principaux pays de l’UE. Il est clair que beaucoup d’argent est entré en Grèce sous forme de dette privée ou publique. Les banques privées d’Allemagne, de France, de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg ont octroyé ces prêts, car ceux-ci leur étaient profitables. De plus, ils savaient que si un problème se présentait, ils seraient renfloués par la Banque Centrale Européenne. Ainsi, nous pouvons aussi discuter et nous interroger sur la légitimité de ce type de prêt ».

En effet, les banques ont été renflouées par la BCE à 1% d’intérêt... 

« La BCE a accordé des prêts (en Décembre 2011 et Février 2012) pour un montant de 1.000 milliards d’euros (1 000 000 000 000 €) avec un intérêt de 1% sur trois ans pour aider les banques européennes. Les grandes banques d’Allemagne, de France, de Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas, d’Autriche, et aussi les banques grecques et italiennes ont pris l’argent. »

Et maintenant les pays empruntent auprès des banques à des taux d’intérêt élevés ... 

« Ils reçoivent de l’argent à un taux d’intérêt de 1% et après cela ils prêtent cet argent aux pays périphériques à des taux de 4, 5, 6 ou 7% d’intérêt. En droit commercial, lorsque vous financez ces prêts par l’intermédiaire de crédits accordés à 1%, il contrevient aux droits commerciaux. Ces prêteurs s’enrichissent d’une manière abusive. »

Donc, la dette est juste un outil utilisé par l’élite financière et politique pour traiter avec condescendance, contrôler la population et imposer certaines politiques ?

« Il est clair que la troïka utilise la dette grecque comme un instrument, comme un outil, pour imposer une politique qui viole les droits élémentaires du peuple grec. La Grèce est alors instrumentalisée pour faire du chantage à l’égard d’autres pays - comme le Portugal, l’Irlande, l’Italie, l’Espagne - et leur imposer le même type de politique. La Grèce n’est pas une exception. La Grèce est un laboratoire où la nouvelle thérapie de choc est appliquée. »

 

Ce qui m’amène à la question suivante. Dans l’un de vos récents articles, vous avez écrit : ’L’Europe subit une thérapie de choc comme l’Amérique latine dans les années 80 et 90’. Pensez-vous que l’Europe, aussi, est maintenant entrée dans une « longue nuit néolibérale » ?

« Certainement. Le parallèle est évident. Dans les années 80 et 90, le FMI, ainsi que la Banque Mondiale et le Club de Paris, ont imposé une telle thérapie aux peuples d’Amérique latine, ainsi qu’à d’autres peuples dans le reste du Tiers Monde, en Asie - par exemple l’Indonésie, les Philippines, la Corée du Sud - après la crise asiatique en 1997. Ce n’était donc pas seulement en Amérique latine, mais dans toutes les régions du Tiers-Monde. Nous pourrions faire une comparaison avec la thérapie de choc appliquée en Russie, en Pologne, en Hongrie et en Allemagne de l’Est durant la période de réunification dans les années 90. Alors, quelles sont les politiques ? La privatisation, comme c’est le cas en Grèce en ce moment, l’augmentation de la TVA, les impôts indirects sur la majorité de la population, les licenciements dans la fonction publique, une réduction des salaires, etc. »

La recette classique du FMI ...

« Exactement. Ce qu’ils font en Grèce a été mis en œuvre il y a 20 ou 30 ans dans les pays latino-américains, asiatiques, africains et les pays de l’ex-bloc soviétique. »

Et les résultats sont évidents ...

« Ça a échoué parce que ça n’a pas créé de la croissance, ou de l’emploi. Mais la vraie motivation n’est pas la croissance de l’économie, la réelle motivation du FMI et des autres éléments de la Troïka, la BCE et la Commission européenne, est de ne pas fournir de croissance. Ils savent parfaitement qu’avec ce type de politique, la Grèce ne récupérera pas sur le plan économique. Ils le savent fort bien. Ils ne sont pas stupides. Ils sont intelligents. Ils se servent de la crise de façon stratégique pour réduire les salaires et le niveau de vie de la population, parce qu’ils veulent un pays et un monde augmentant les profits pour les grandes entreprises. C’est vraiment la motivation. Ils veulent aider et renforcer les grandes sociétés financières comme Goldman Sachs, Deutsche Bank, JP Morgan et toutes les grandes banques privées en Europe et aux Etats-Unis. »

« Quelqu’un qui n’est pas un économiste de gauche, Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel en 2001, écrivait dans son livre ’Globalization and its Discontents’ que si vous analysez superficiellement les politiques du FMI, elles pourraient sembler absurdes et vouées à l’échec, mais si vous considérez que le FMI aide et défend les intérêts du capital financier, vous vous rendrez compte que ses politiques sont vraiment cohérentes et intelligentes. »

Et ils essaient de persuader la Grèce que c’est la seule façon d’agir, mais, comme vous le savez très bien, nous avons des exemples de pays qui ont annulé des parties de la dette illégitime. Un exemple en est bien sûr l’Equateur, où vous avez participé à la Commission d’audit de la dette. Pourriez-vous nous dire brièvement comment cet effort a évolué, comment cela a-t-il porté des fruits ?

« Tout d’abord, nous devons dire que ce fut un succès à 100% et cela sans représailles. Ce qu’a fait le peuple équatorien : il a élu un nouveau président en novembre 2006, qui, par décret présidentiel, a créé une Commission d’audit de la dette en juillet 2007 pour analyser la dette pour la période 1976-2006. Le président a choisi 18 experts, 12 de l’Equateur, 6 venant de l’étranger. J’ai été l’une des ces six personnes. Il a également demandé à 4 organes de l’Etat de faire partie de la Commission : la Commission anti-corruption, la Cour des comptes, le Ministère de la Justice, le Ministère des Finances. »

Alors, le gouvernement a appuyé pleinement l’effort.

« Nous avons travaillé pendant 14 mois et, à la fin de cette période, en septembre 2008, nous avons remis notre conclusion et nos recommandation au gouvernement. Après deux mois de délibération, ils ont décidé de suspendre le paiement de la dette sous forme de titres (ceux venant à échéance en 2012 et en 2030. »

C’est étonnant, il a fallu seulement 16 mois, 14 pour le travail d’audit et deux de plus pour que le gouvernement agisse…

« Il a fallu 14 mois pour analyser et deux mois pour discuter au sein du gouvernement de ce qui devait être fait. Nous avons eu plusieurs réunions avec le gouvernement au cours de ces 14 mois et après, mais c’est le gouvernement qui a pris la décision finale de suspendre les paiements des titres. Après huit mois de non-paiement, ils ont réussi à forcer les détenteurs de titres à accepter une réduction de 65% de la valeur. L’Etat, l’Equateur, a acheté des obligations à prix réduits. Pour une obligation d’une valeur de 1.000 dollars, ils ont payé 350 dollars. »

Je suppose que vous avez rencontré des difficultés. Je veux dire, vous vous êtes élevés contre les créanciers internationaux, les banques et le système. Il a été rapporté dans un article que des boîtes avec des documents provenant du Ministère de l’Economie ont disparu de vos chambres.

« Il est évident que lorsque nous étions au travail, les personnes au pouvoir avant l’élection du nouveau président et qui avait été soudoyées, ou qui avaient signé des contrats illégaux qui contribuent à l’endettement du pays, n’ont pas voulu nous donner toute la documentation dont nous avions besoin pour notre travail. Sous certains points de vue, ce fut difficile, mais à la fin nous avons eu toute la documentation dont nous avions besoin. »

« Dans le cas de la Grèce, je pense que ça doit être, dans un certain sens, plus facile parce qu’il y a plus d’information disponible ; il n’y a pas de secret au sujet des conditions imposées par la Troïka par exemple. Nous pouvons analyser exactement ce que la Troïka a fait avec la Grèce dans les deux dernières années. Donc, nous n’avons pas vraiment besoin d’accéder à des secrets d’État ».

La dette de l’Equateur est passée de 1,2 milliards de dollars en 1970 à 14,25 milliards de dollars en 2006. Elle était plus petite que la dette grecque. J’ai donc demandé à Eric Toussaint :

Étant donné que la Grèce est dans la zone euro et que sa dette est supérieure à celle de l’Equateur, pensez-vous qu’il serait plus difficile pour la Grèce d’effacer la partie illégale de sa dette ?

« Je crois qu’il est plus facile d’analyser la dette grecque que celle de l’Equateur, parce que cette dernière était plus compliquée et concernait beaucoup plus de contrats que ce n’est le cas en Grèce. Dans le cas de l’Équateur, nous avons eu à analyser un par un, les contrats du pays avec la Banque mondiale, le FMI, la Banque interaméricaine de développement, les pays membres du Club de Paris, mais aussi sa dette (titres) envers les marchés. »

« Dans le cas de la Grèce, la plus grande partie de la dette sera rapidement sous forme de titres achetés par la Troïka ou de prêts accordés par elle. Donc, je pense que c’est plus facile. Dans le cas de l’Équateur, la dette aurait pu être relativement plus faible, mais il y avait plus de 100 contrats. L’analyse était donc plus difficile. »

Je me souviens de la déclaration du gouvernement Correa par l’intermédiaire du Ministre des Finances Ricardo Patinio - et il a respecté cette déclaration : « Nous n’acceptons pas ce que les autresgouvernements ont accepté. C’eci est valable pour notre politique économique dictée par le FMI. Nous considérons que c’est inacceptable. » Est-ce que les Grecs oseront faire la même chose ? ai-je demandé à Eric Toussaint :

Le peuple grec est dans la crante que si on annule la dette illégitime, il pourrait y avoir des représailles sur les marchés et qu’il ne serait alors même plus capable de manger. Dans le cas de l’Equateur, il n’y a pas eu de représailles. Y at-il une possibilité de représailles dans le cas de la Grèce ?

« Nous devons être clairs. J’ai dit qu’il n’y avait pas eu de représailles, mais nous devons nous rappeler que désormais l’Équateur ne finance plus ses politiques sur les marchés. Il n’y a pas eu de représailles, mais il est clair que si vous arrêtez de payer la dette aux banques privées, il faudra attendre quelques années avant que les banques acceptent de vous financer à nouveau. »

« La Grèce, dans les conditions actuelles, devrait trouver des méthodes alternatives de financement de ses politiques et de son développement. La Grèce devrait combiner une suspension du paiement de la dette avec un audit de celle-ci, et réformer sa politique fiscale. Le pays devrait élaborer une politique fiscale qui respecte la règle de l’égalité. Je dois mentionner, par exemple, qu’en Grèce, l’Eglise, ainsi que le secteur du transport maritime, sont largement exonérés d’impôt. Les différentes institutions et secteurs du pays devraient contribuer à la fiscalité. »

« Vous devez établir un budget fondé non seulement sur l’argent de l’étranger, mais de l’intérieur du pays aussi. Et, bien sûr, je ne veux pas dire en imposant plus de TVA aux pauvres. Je dis tout simplement que les secteurs qui ne contribuent pas au budget devraient y contribuer ».

Pendant ce temps, le peuple grec serait en mesure de survivre ?

La réponse me laisse sans voix :

« Si vous arrêtez de payer, vous aurez l’argent ! Si vous n’utilisez pas l’argent pour payer les banques, vous pouvez l’utiliser pour payer les salaires, augmenter les pensions, payer les fonctionnaires, créer des emplois, stimuler l’économie. C’est exactement ce qu’a fait l’Argentine après avoir cessé de payer sa dette en 2001. Depuis lors, ils n’ont plus demandé de financement auprès des banques étrangères privées ni auprès des marchés. Et l’Argentine se porte très bien. Ce que l’Argentine et l’Équateur ont fait, ils ont imposé de plus grands impôts sur les grandes entreprises. J’insiste : cela ne signifie pas que la Grèce devrait demander à la majorité des gens, les pauvres, à payer plus d’impôts. Je dis que les grandes sociétés privées devraient contribuer. »

Il est révélateur que, malgré le fait que l’Équateur est un pays exportateur de pétrole, le pays a reçu de petits revenus de ces exportations, étant donné que les compagnies pétrolières multinationalesobtenaient la plus grande partie des bénéfices. Cela a changé lorsque, en juillet 2010, par le biais d’une loi adoptée par le gouvernement de Correa, la part de l’Etat dans les exportations de pétrole a augmenté de 13% à 87% sur les revenus pétroliers bruts. 7 des 16 compagnies pétrolières ont fui le pays, et ont été remplacées par les entreprises d’État. Les autres sont restées. L’augmentation des recettes pétrolières d’État était de 870 millions de dollars en 2010.

En outre, les impôts immédiats, imposés principalement sur les entreprises, ont augmenté de 35% en 2006 à plus de 40% en 2011. Le projet a nécessité une forte volonté politique dans son conflit avec les intérêts des puissants. Il y avait aussi une confrontation avec l’élite nationale. Cela m’amène à la question suivante :

  Nous tenons également à ouvrir les comptes bancaires des personnes qui s’occupaient de la dette. Vous l’avez fait en Équateur, aussi.

« Si nous voulons mettre en évidence les cas de corruption, il est clair que la justice doit engager des poursuites et que le Ministère des Finances doit amener certaines personnes à répondre à des questions concrètes sur leur richesse, comment ils sont arrivés à s’enrichir, à partir de quelles sources ils ont reçu l’argent et la fortune qu’ils ont accumulée. Une Commission d’audit aurait besoin de l’aide de ceux en charge du contrôle des impôts ainsi que du Ministère de la Justice. ».

Vous avez parlé de pots de vin. Donc, vous êtes certain qu’il y en a eu.

« Dans certains cas. Oui. En Grèce, ce n’est peut-être pas le problème majeur, mais il est clair qu’il y avait des contrats financés par des prêts, des contrats pour acheter du matériel de Siemens etc. Déjà, le Ministère de la Justice en Grèce a montré que, dans le cas de Siemens, il y avait eu une énorme quantité des pots de vin versés à des politiciens dans l’optique de faire approuver le contrat avec Siemens. Ce n’est donc pas un secret. C’est bien connu ».

En Équateur, vous avez également découvert des pots de vin versés par des entreprises multinationales et des banques. Pourriez-vous nous donner quelques exemples, comme Siemens ?

« Les gens au sein du gouvernement pendant les années 90 et 2000 ont reçu de l’argent pour signer des contrats avec les banques, et pour accepter des conditions favorables aux banquiers ».

Voulez-vous dire que les pots de vin ont été offerts afin que les fonctionnaires acceptent des conditions favorables aux entreprises et non pas aux citoyens du pays ?

« Exactement ».

Vous souvenez-vous de certains cas ?

« Citigroup, mais aussi JP Morgan ont participé. Et il y avait aussi la participation d’avocats à New York qui se spécialisent dans le conseil aux banques et aux gouvernements, et qui ont également reçu leurs parts d’intermédiaires dans ce cycle de corruption. »

Il est clair que Correa a provoqué - au moins dans une certaine mesure –la ’Révolution citoyenne », qu’il avait déclaré lors de son arrivée au pouvoir. Le président de l’Equateur est le « but contre son camp » de l’Occident : en dépit d’avoir été éduqué dans les universités européennes et américaines - certaines d’entre elles, forteresses de l’école de Chicago -, quand il est arrivé au pouvoir, il a pratiqué l’exact opposé de ce qu’il avait appris. Aujourd’hui, cependant, il obtient la critique, même de la gauche, avec l’accusation selon laquelle il n’est pas allé jusqu’au bout.

J’ai demandé à Eric Tousssaint : ’Avez-vous eu un contact récent avec le président Correa sur l’abolition de la dette illégitime ?’.

« Dans le cas de l’Équateur, ce fut un succès à 100%. J’ai rencontré le président de l’Equateur en Janvier 2011, deux ans après les travaux de la Commission d’audit. Il m’a dit que c’était un succès à 100% car il n’y avait absolument pas de représailles contre l’Equateur. Il pensait dorénavant à suspendre d’autres parties du paiement de la dette extérieure. Nous allons voir ce qu’il fera ».

Il y a des critiques qui disent que l’Equateur n’a pas parcouru tout le chemin possible...

« Ils auraient pu faire plus et ils le savent. Donc, ils sont en train de penser à d’autres parties de la dette qu’ils pourraient remettre en cause. »

Toutefois, pendant ce temps, l’Equateur emprunte à la Chine à des taux d’intérêt élevés.

« Il y a certains accords entre l’Équateur et la Chine, pour l’exploration et l’exploitation pétrolière. Ils empruntent de l’argent à des sociétés chinoises ».

Eric Toussaint dit qu’il n’est pas un représentant de la présidence de l’Equateur et qu’il soutient tout simplement le changement politique positif et critique les côtés négatifs.

La Chine a été le prêteur numéro un envers l’Equateur après le défaut de paiement en 2008. L’Etat approuva un prêt de 2 milliards de dollars en 2011 de la China Development Bank. Les conditions du prêt, cependant, ne semblent pas avoir réduit les dépenses sociales : de toute l’Amérique du Sud, l’Equateur a le plus haut pourcentage de dépenses sociales par rapport à son PIB de toute l’Amérique latine et les Caraïbes.

Dans quelles conditions la Grèce peut-elle suivre l’exemple de l’Équateur ?

« Il ya deux scénarios. Si, après les élections, un gouvernement conservateur suit la politique de la Troïka, il est impossible d’imaginer qu’un tel gouvernement donne son soutien à un audit honnête. C’est le premier scénario. L’autre scénario est l’élection d’un gouvernement progressiste de gauche. S’il s’agit d’un gouvernement progressiste, démocratique et souverain, il devrait abroger l’accord avec la Troïka et entreprendre un audit de la dette. Donc, oui, dans ce cas, ce sera très positif. Un tel gouvernement saura révéler ce qui s’est réellement passé avec la dette grecque.

Dans le premier scénario, si vous avez encore un gouvernement qui respecte l’accord avec la Troïka, ce qui devrait être entrepris est un audit citoyen, totalement indépendant du gouvernement.

 Je voudrais exprimer publiquement que dans les deux cas, si le peuple veut lancer un réel audit citoyen de la dette, nous soutiendrons cette option. Dans le second scénario, si un gouvernement progressiste suspendait l’accord imposé par la Troïka et voulait auditer la dette, nous serions favorables à cette initiative avec enthousiasme. »

Supposons que la Grèce annule une partie de la dette illégitime. Cela amènerait-il à un déclenchement d’une « révolution » européenne contre la dette ?

« Si la Grèce fait cela, il y aura beaucoup de gens au Portugal et en Espagne, et nous espérons aussi en Irlande et en Italie, qui soutiendront cette décision. Et on trouvera aussi un soutien dans les pays comme la France, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni. Nous sommes actifs dans ces pays et nous avons une campagne de solidarité avec la Grèce. Notre campagne reçoit un soutien important. Il n’est pas réaliste de dire, que les gens dans tous ces pays ont déjà compris ce qui se passe réellement. Mais il y a une partie importante de l’opinion publique qui comprend que les conditions imposées à la population grecque sont totalement inacceptables, tandis que de nombreuses personnes dans d’autres pays européens espèrent voir le peuple grec émerger comme un exemple d’un pays qui a recouvré sa souveraineté et donc être une source d’inspiration pour une force alternative en Europe ».

D’un aperçu à l’autre de l’Europe démocratique, nous avons conclu notre entretien avec Eric Toussaint. Ses dernières phrases ont persisté longtemps dans mon esprit : la Grèce pourrait ouvrir la voie pour sortir de la « longue nuit néolibérale » européenne.

’Je vais vous faire une offre que vous ne pourrez pas refuser’ était la phrase mémorable de Marlon Brando dans le film bien connu « le Parrain ». De la même manière, la Grèce semble être soumise à un chantage en respectant le mémorandum avec la Troïka. Mais la clé pour comprendre la position de l’élite internationale contre le pays se trouve dans les mots du juge à l’égard des membres de la mafia dans ce film même : « La pomme pourrie peut gâcher le cageot’ ...

... Selon l’image de la ’pomme pourrie’ (que Noam Chomsky a souvent utilisée), la raison pour laquelle les Etats-Unis ont puni Cuba n’était pas que Fidel Castro constituait une véritable menace pour eux. Leur principale crainte était que la « pomme pourrie » - le leader cubain - puisse en inspirer d’autres et créer un effet domino qui pourrirait le cageot entier. En effet, comme la « marée rouge » a gagné l’Amérique latine et a amené certains dirigeants à rompre le « Consensus de Washington », Washington a connu son plus grand cauchemar.

Dans le cas de la Grèce, si le ’Cochon d’Inde occupe le laboratoire’ – comme le dit Costas Douzinas -, si la Grèce rend la politique de la Troïka vide de sens et prouve que les démocraties ne sont pas des cul-de-sac et ne portent que des solutions uniques, l’Europe peut conduire vers la démocratie . Dans ce cas, bien sûr, les ’pommes’ ne seront pas pourries. Elles seront simplement mûres…

 


Traduit de l’anglais par Maude Petit.

[1] Voir Adam Sack http://cadtm.org/Les-effets-des-transformations-des-

URL de cet article 17219
http://www.legrandsoir.info/la-grece-pourrait-ouvrir-la-voie-en-europe-a-la-sortie-de-la-longue-nuit-neoliberale-crash.html
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Published by valenton rouge - dans Europe
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