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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 19:11

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Patrick Le Hyaric

  Intervention du député communiste sur l’Europe (rapport et texte des ambassadeurs) et sur Salah Hamouri

Bonjour, Madame la Commissaire et Madame la Ministre,

je vous remercie et me réjouis de vos propos. L’Europe dispose désormais de deux documents essentiels pour peser en faveur d’initiatives nouvelles de paix.

1. Le courageux rapport de la présidence suédoise, et vos propos à l’instant Madame Malmström, qui appellent à progresser vers l’existence de deux Etats, dont la Palestine dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

2. Le texte des "ambassadeurs chefs de missions de l’Union européenne" à Jérusalem qui montre comment les autorités israéliennes ont une stratégie de démolition de maisons, de colonisation contraire aux droits humains. Cette stratégie vise à couper Jérusalem de la Cisjordanie, pour enterrer l’idée même d’un Etat palestinien. Ces deux documents montrent la gravité de la situation, reconnaissent que Jérusalem est annexé par Israël et réaffirment les frontières de 1967.

Mais nos paroles ici n’auront aucun effet s’ils ne sont pas suivis d’actes concrets. Il faut agir. Et pour agir on peut suspendre l’accord d’association Union européenne - Israël et s’appuyer sur les préconisations des chefs de mission européens, tant que la direction israélienne ne respecte pas le droit international. Il faut des actes :
 l’arrêt de la colonisation.
 l’arrêt du blocus de Gaza.
 la destruction du mur de la honte.
 le retour des réfugiés.
 la libération de tous les prisonniers politique à commencer par Marwan Barghouti.

Et permettez-moi un ajout : vous avez demandé la libération du soldat Shalit. Je suis d’accord avec vous mais je demande que notre parlement se prononce pour la libération d’un autre citoyen européen. Un jeune Franco-palestinien. Le jeune Salah Hamouri. Oui, liberté pour le soldat Shalit et pour Salah Hamouri [1]

[1] voir aussi une motion sur Salah hamouri présentée par la Section du PCF d’Aubagne, la Penne, Cuges, Gémenos,

Motion pour la libération de Salah HAMOURI

Salah Hamouri, jeune franco-palestinien de 24 ans, étudiant en sociologie à l’université de Bethléem est emprisonné depuis mars 2005 en Israël.

Les autorités israéliennes lui reprochent d’être passé devant le domicile de Yossef Ovadia, chef du parti Shas, parti intégriste religieux, en vue d’un attentat éventuel.

Le tribunal militaire israélien chargé de le juger a dû annuler plus de 25 audiences, faute de preuves et de témoins.

Salah Hamouri a néanmoins été condamné à 7 ans de prison sans que sa défense ait pu être assurée selon les règles fondamentales du droit international. Salah Hamouri est depuis un prisonnier politique, comme des milliers d’autres en Israël.

Le sort de notre jeune concitoyen ne nous laisse pas indifférents. Nous attendons, de la part des autorités françaises, une action conséquente auprès du gouvernement israélien pour sa libération. Comme cela s’est déjà fait pour des cas similaires, nous demandons que la mère de Salah, Denise Hamouri, soit également reçue par le président de la République.

En ce triste anniversaire des massacres de Gaza, sa libération serait un premier geste de la partie israélienne vers une solution pacifique dans cette partie du monde où devraient coexister deux peuples et deux états.

Nous appelons les citoyens d’Aubagne à intervenir auprès du président de la République pour qu’il s’occupe de tous nos ressortissants emprisonnés à tort ou pris en otage à travers le monde.

La défense des droits de l’homme ne doit pas être à géométrie variable. Notre concitoyen devrait être aussi bien considéré que le soldat israélien SHALIT retenu prisonnier dans la bande de Gaza.

Nous attendons en particulier que le député UMP Bernard Deflesselles intervienne sans délai auprès du chef de l’Etat.

Section du PCF d’Aubagne, la Penne, Cuges, Gémenos, Le 11 décembre 2009

note : C. Léostic, Afps
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 20:40

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La France a commencé la transposition de la nouvelle directive Bolkenstein, et elle devra l'achever courant 2010. Mais Bolkestein bis n'arrive pas seul, c'est un ensemble de textes européens menaçant de faire sauter les dernières protections de l'emploi encore en vigueur.



La directive sur les services, dite Bolkestein du nom du commissaire européen au marché intérieur, a été modifiée à la suite des référendums de 2005 sur la Constitution. On avait le décrié « principe du pays d’origine », et on se retrouve avec la « libre prestation de services ». Entre les deux, des nuances, mais pas plus.

La majorité n’en parle pas trop, « par crainte de raviver la polémique » comme le souligne le sénateur UMP Jean Bizet. On ne verra donc pas de loi-cadre qui pourrait servir d’« épouvantail » et constituer un prétexte à la « cristallisation » des mécontentements de tous ordres. Cela n'empêche aucunement l'UMP et même au-delà (voir plus bas) de soutenir complètement la démarche, voyant en elle une « réforme de structure propice au retour de la croissance» (commission des lois).

Contrairement à beaucoup d’anciennes directives, celle-ci n’entreprend pas le démantèlement d’une entreprise publique. Elle les épargne même explicitement, laissant à d’autres textes le soin de s’en charger, pour se concentrer sur son unique objectif : tout le reste. Tous les secteurs économiques sont en effet concernées, et pas seulement, comme des parlementaires le répètent trop souvent, les « professions réglementées ».

La directive « services » impose :

- La liberté de prestation
- La liberté d’établissement

Puisque le gouvernement veut faire passer cette directive « pas comme les autres » dans la discrétion, on trouve des morceaux de Bolkestein éclatés un peu partout. La loi de modernisation de l’économie (LME) de mai 2008 avait créé des « guichets uniques » pour l’information et les démarches administratives des entreprises européennes, avec une publicité toute particulière faite au nouveau statut d’auto-entrepreneur. Vision glorieuse, non ? 500 millions d’auto-entrepreneurs « libres » de s’établir et de « prester » là où ils le veulent. La même LME avait interdit aux collectivités locales de refuser l’installation de surfaces commerciales pour des raisons de politique économique (offre excessive, dumping social,…).

La deuxième salve est venue de la deuxième loi de «simplification et d’amélioration de la qualité du droit». Le premier opus avait permis le passage de l'amendement empêchant la dissolution de la scientologie. Le deuxième est un Cheval de Troie dont le côté fourre-tout saute aux yeux : les articles concernés portent sur l'ouverture de professions (architectes ou géomètres-experts), de secteurs de la culture, comme l’édition pour la jeunesse, ou simplement de l’agriculture dans sa totalité

Les stratégies de défense

La date du 28 décembre représente un pas important, mais pas encore définitif, pour la transposition de la directive « services », puisque les pays membres doivent avoir pour cette date rendu leur copie à la Commission Européenne sur l’application des nouvelles règles. La seule liberté laissée aux gouvernements est d’exclure un certain nombre de secteurs du champ de la directive.
Pourtant, seule l’opposition souhaite aller dans ce sens. Le gouvernement, lui, se veut rassurant. Il prétend avoir des garanties de la part de la Commission Européenne, et argumente encore une fois sur les vertus de la discrétion. Sauf que la bureaucratie européenne n’est pas plus bête qu’une autre, un peu plus butée sans doute, mais certainement pas plus bête, et elle aura tôt fait de se rendre compte que tout un pan de l’économie échappe au nouveau règlement.

C’est la raison pour laquelle le groupe socialiste a choisi de se servir de la tristement nommée «niche parlementaire» allouée à l'opposition pour déposer une proposition de loi qui vise à protéger un certain nombre d’activitésL’objectif est de saisir la clause d’exclusion pour sortir du champ de la concurrence les services sociaux d’intérêt général, c’est-à-dire l’ensemble de ces activités du champ social et médico-social qui ne relèvent pas, ou pas tout le temps, d’organismes publics (petite enfance, aide familiale, services à la personne) ; un tiers-secteur majoritairement composé d’associations et qui regroupe près de 900000 emplois.

Première difficulté : la mauvaise volonté du gouvernement, qui a déclaré par la bouche de son  secrétaire d’état chargé de l’emploi, que les services sociaux d’intérêt général étaient une notion «totalement vide». 
Deuxième difficulté : la commission européenne a plus d’un tour dans son sac. La législation européenne sur les aides d’état, dit paquet Monti-Kroes, n’épargne, elle, aucun secteur. Pour être autorisées à aider les associations, les collectivités locales doivent donc se conformer à un cadre juridique assez rigoureux, le mandatement.

Puisque l’opposition socialiste a choisi l’option pragmatique de se concentrer sur le tiers-secteur, qu'en est-il pour les autres secteurs de l’économie ? Le règlement No 593/2008, dit « Rome 1 », va lui bientôt entrer en vigueur et permettre à l’ensemble des contrats d'être conclus dans tous les cas selon la loi du prestataire de services. Conjugué à la directive Bolkestein, il laisse peu d'espoir aux secteurs économiques non préservés. 

Du côté politique, les sociaux-démocrates européens semblent peu décidés à se mobiliser. La nouvelle directive Bolkestein est le fruit d'un compromis entre la Commission Européenne  et Evelyne Gebhardt, députée sociale-démocrate allemande. Et pour ceux qui croient à l’alternance officielle pour revenir sur ces régressions :
« L'Espagne [du socialiste Zapatero] a d'ores et déjà indiqué qu'elle inscrirait parmi les priorités de sa présidence de l'Union européenne, au premier semestre 2010, le bon déroulement de la transposition » (Jean Bizet).
Catherine Tasca, ancienne ministre de la Culture du gouvernement Jospin s'inquiète : « Je me demande si le Gouvernement ne prend pas le risque d'un retard dans la transposition». On peut juste espérer qu'elle ne reflète pas l'opinion dominante au sein du PS.



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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 22:47

ps-quel-parti.jpgLes Danois ont un doute. La fameuse « flexisécurité » se meut progressivement en flexibilité plus grande et en sécurité plus réduite. Avec la crise, le consensus d’après-guerre sur l’égalité tend à se fissurer. L’extrême droite, très influente, pousse à des mesures restrictives à l’égard des immigrés, notamment dans le domaine social. Et les couches moyennes réclament des baisses d’impôts et rechignent à « payer » pour les plus pauvres. Du coup, le « modèle nordique » hier tant vanté est directement menacé.

Par Jean-Pierre Séréni

Vue du reste de l’Europe, la générosité de l’Etat-providence danois fait rêver : chaque nouveau-né est assuré d’avoir une place dans une crèche dès l’âge de 6 mois ; la santé est gratuite ; la prise en charge à domicile des vieillards généralisée ; les jeunes bénéficient pendant cinq ans d’une allocation d’études conséquente, à laquelle s’ajoute, quelle que soit la condition sociale de leurs parents, une année sabbatique pour découvrir le monde s’ils le souhaitent ou, plus souvent, redoubler afin de réussir l’examen d’entrée à l’université...

Pourtant, depuis la crise, les salariés danois ont un doute. La « flexisécurité », le remède miracle contre le chômage, tant vanté chez eux et dans le reste de l’Europe, les protégera-t-elle contre la pire récession que le royaume ait eu à affronter depuis la grande crise des années 1930 ?

Sur le papier, ce néologisme disgracieux résume d’une formule choc ce qui se veut le meilleur des deux mondes, la flexibilité pour l’employeur, la sécurité pour le salarié. Le patron danois, comme son homologue américain ou britannique, peut, sans délai, indemnité ou plan social, licencier ses employés. En retour, ces derniers sont assurés de recevoir une indemnité de chômage décente pendant au moins quatre ans, de pouvoir suivre, si besoin est, une formation professionnelle sur mesure ou même, comme à l’agence de l’emploi de Sydhavnen, à Copenhague, une remise en forme physique dans son propre club de sport.

Jusqu’à l’année dernière, le système a fonctionné dans une indifférence quasi générale, le chômage étant évanescent. M. Mogens Lykketoft, son inventeur quand il était ministre des finances d’un gouvernement de centre-gauche — il est actuellement député social-démocrate au Folketing (Parlement danois) —, est catégorique : « C’est un succès, les entreprises n’hésitent plus à embaucher parce qu’elles savent pouvoir se débarrasser sans délai ni frais de leur main-d’œuvre en surnombre. »

En tête des palmarès patronaux

De fait, au moment de sa mise en place en 1994, le Danemark compte officiellement trois cent mille chômeurs (10 % de la population active) ; ils sont moins de cent mille sept ans plus tard ; le chiffre tombe à moins de quarante-sept mille en juin 2008, avant que la crise mondiale n’atteigne les rivages de la Baltique. Les entreprises, pas seulement danoises, plébiscitent la flexisécurité, le pays monopolise les premières places dans les palmarès patronaux internationaux.

IMD, une grande école de commerce de Lausanne, a interrogé cette année quatre mille décideurs de cinquante-sept pays pour son World Competitiveness Yearbook 2009 : le Danemark arrive en tête et fait figure de paradis patronal pour le libéralisme de son gouvernement, son bon climat des affaires, sa paix sociale, avec un score de 100 points (28,4 pour la France...). Le magazine américain Forbes (1) en fait « the best country for business » (« le meilleur pays pour les affaires ») devant les Etats-Unis, selon les chefs d’entreprise interrogés.

Pour autant, les employés n’en sont pas mécontents. A en croire un sondage réalisé en 2006 par Eurofound (2), une fondation bruxelloise chargée de suivre la situation sociale dans l’Union européenne, les salariés danois apparaissent les plus « satisfaits » de leur sort parmi ceux des vingt-sept pays membres.

On les comprend. Le plein-emploi est quasi assuré, les salaires augmentent rapidement (4 % en 2007-2008, juste avant la crise) et l’on est sûr de retrouver une place chez le concurrent en cas d’incompatibilité d’humeur avec son patron ou d’esprit d’aventure... « La flexisécurité a été développée en période d’expansion, c’est l’une des raisons de son succès », admet M. Holger K. Nielsen, président du Socialistisk Folkeparti, plus à gauche que la social-démocratie, en progrès aux dernières élections européennes.

Arrive la crise… La flexisécurité se met à marcher à cloche-pied ; la flexibilité accélère, la sécurité recule. Moins grand que la région Midi-Pyrénées et moins peuplé, avec ses cinq millions six cent mille habitants, que la région Rhône-Alpes, le Danemark est très dépendant du commerce international. Et donc très vulnérable face à l’« extraordinaire récession mondiale », pour reprendre l’euphémisme en vigueur chez le plus grand groupe du pays, l’armateur A. P. Moller-Maersk, numéro un mondial du transport par conteneur.

En 2007, le pays exportait la moitié de son produit intérieur brut. « L’exportation est le secteur qui donne le “la” aux autres dans les négociations sociales », explique M. Klaus Rasmussen, responsable à la Danish Industry, la principale organisation patronale. Sa musique n’a rien d’harmonieux pour les salariés du secteur privé, les plus nombreux. Les ventes à l’exportation se sont réduites depuis un an d’environ 20 %, le nombre de faillites bat de nouveaux records, mois après mois. La plus spectaculaire jusqu’ici a cloué au sol la compagnie de transport aérien à bas coût Sterling Airways (vingt-neuf appareils). Alors, et pas seulement dans l’aviation, les entreprises réduisent la voilure, traquent les dépenses jugées superflues (sur le demi-millier de navires appartenant à Maersk, les marins n’ont plus droit à des serviettes en papier depuis le 1er janvier) et sabrent les effectifs. Le chômage augmente deux fois plus vite qu’en France depuis l’été dernier. Il a plus que doublé en un an pour atteindre cent sept mille chômeurs en juillet 2009, les ouvriers étant les plus touchés.

Dans le bâtiment et travaux publics (BTP), un secteur sinistré, 13 % des travailleurs (deux fois plus qu’il y a un an), 27 % des maçons, 13 % des peintres sont sans emploi selon la Fédération unie des travailleurs danois — Fagligt Fœlles Forbund, « les 3 F », comme on l’appelle —, qui fait état d’une chute de 4 % de ses adhérents depuis janvier 2008. La simple annonce d’un poste de réceptionniste a attiré en province plus de neuf cents candidats. En huit mois, le nombre de jeunes de moins de 24 ans au chômage a quadruplé, selon l’Agence nationale de l’emploi (AMS). Encore s’agit-il de ceux qui sont indemnisés parce qu’ils ont cotisé à l’une des quelque trente caisses de chômage, toutes liées à des syndicats.

Au Danemark comme en Suède, le vieux modèle de Ghent (3) du volontariat s’applique encore : l’adhésion à une assurance-chômage reste facultative. Résultat, le plein-emploi ayant été pratiquement atteint durant le boom des années 2000, beaucoup de jeunes n’ont pas jugé utile de s’assurer. A la fin du premier trimestre 2009, seize mille d’entre eux étaient sans emploi et sans assurance, soit trois fois plus que les jeunes chômeurs indemnisés. Ils doivent se contenter de la très maigre aide publique qui s’apparente au revenu minimum d’activité français.

Les négociations salariales qui ont démarré en mars dernier n’annoncent rien de bon. D’après les sources patronales, un salarié sur deux, dans le privé, ne sera pas augmenté en 2009, un sur trois devra accepter le gel de son salaire horaire. Cela se traduira par une baisse du pouvoir d’achat de l’ordre de 2 %, précise le Conseil économique, une institution officielle mais indépendante. Pour beaucoup de jeunes ménages endettés pour acquérir leur maison — près des deux tiers des Danois sont propriétaires —, cela constitue une catastrophe : les saisies ont battu en mai dernier un record vieux de près de quinze ans.

Selon la Danske Bank, la plus importante banque du pays et la deuxième de Scandinavie, les prix de l’immobilier, qui baissent depuis 2007, devraient encore diminuer en 2009 de « près de 10 %pour les maisons et du double pour les appartements (4) », le plus gros repli en Europe après celui du Royaume-Uni et de l’Irlande. Le jeune ministre du budget, M. Kristian Jensen, numéro trois du gouvernement, s’est voulu intransigeant. Le cabinet ne fera rien pour les malheureux propriétaires : « Ils n’ont qu’à se débrouiller », laisse-t-on entendre officieusement.

Un signe de plus aux yeux d’une population longtemps habituée à être prise en charge du « berceau au cercueil » que l’Etat-providence à la danoise n’est plus ce qu’il était. Pour le gouvernement de centre-droit au pouvoir depuis 2001, la menace qui pèse sur lui est d’abord financière. Selon les calculs du pouvoir, réalisés avant la crise, il manquerait quelque 15 milliards de couronnes (2 milliards d’euros) en 2015 pour faire face aux dépenses. Son plan Economie 2015 bâti sur un « ni-ni » chimérique (ni hausse des impôts ni réduction des prestations) n’a pas résisté à la récession. Sa réforme fiscale, applicable au 1er janvier 2010, abaisse les impôts directs, mais repousse à une date indéterminée la hausse, censée la financer, des « taxes vertes » sur l’électricité, le chauffage, les camions, les gaz à effet de serre autres que le CO2, les eaux usées, les taxis… Autant de charges supplémentaires à venir pour les ménages, qui supportent déjà une TVA à 25 % et qui, en contrepartie, devraient toucher un modeste chèque annuel équivalent à 100 euros par adulte et 40 euros par enfant…

En clair, cette drôle de réforme fiscale fragilise un peu plus l’Etat-providence, mais a l’avantage de plaire aux électeurs de droite et de soutenir une conjoncture plus que dégradée en insufflant dans l’économie 15 milliards de couronnes en 2010 (plus de 2 milliards d’euros) et 8 milliards (1,1 milliard d’euros) en 2011. Après, il sera toujours temps de voir, les prochaines élections législatives devant se tenir au plus tard en novembre... 2011.

Le gouvernement de M. Loekke Rasmussen, composé de ministres libéraux et conservateurs, est minoritaire au Parlement. Il lui manque vingt-cinq voix… que lui apporte régulièrement le Dansk Folkeparti (DF), le Parti du peuple danois, situé à l’extrême droite, qui exploite sans vergogne la xénophobie, l’hostilité à l’Union européenne et la défense des retraités. M. Morten Messerschmidt, 28 ans, sa tête de liste aux élections européennes du 7 juin, dont le portrait était accroché à tous les réverbères de Copenhague pendant la campagne pour les élections européennes, dénonce l’immigration comme la plus grande menace contre le modèle social danois : « Nous devons le protéger car nous sommes un petit pays et notre identité est spécifique », explique-t-il lors d’une soirée électorale où se presse une assistance visiblement aisée, organisée par le Berlingske Tidende, un quotidien conservateur fondé il y a deux cent soixante ans. C’est le candidat qui a recueilli le 7 juin le plus de voix sur son nom. Le DF n’a pas besoin de ministres pour être au pouvoir. Le Danemark a conservé un régime parlementaire, le pouvoir législatif y a le pas sur l’exécutif. Tout se passe au Folketing et dans ses vingt-cinq commissions parlementaires où sont arrêtées les décisions que les ministres se doivent d’exécuter à la lettre. « A Bruxelles, dans les réunions ministérielles, le ministre danois doit s’en tenir à ses instructions et revenir devant la commission du Folketing pour en changer », explique M. Gunnar Rieberholdt, ancien ambassadeur du Danemark à Paris et l’un des artisans de l’adhésion des trois pays baltes à l’Union européenne en 2004.

L’extrême droite à l’offensive

Rien de plus simple pour le DF, fort de sa situation de groupe charnière au Parlement, que de multiplier les coups bas et les provocations contre les quelque quatre cent mille migrants recensés au 1er janvier 2009 et les Danois originaires de pays musulmans, de la Turquie au Pakistan en passant par la Somalie, arrivés à la fin des années 1960 comme réfugiés politiques. Un jour, il faut d’urgence remplacer dans les cantines scolaires le poulet par du porc réputé plus « danois ». Une obsession habite le DF : restreindre par tous les moyens l’accès des migrants à la protection sociale. Depuis 2002, l’épouse d’un migrant perd ses droits sociaux si elle n’a pas travaillé au moins trois cents heures en deux ans. Prétexte invoqué : la libération de la femme musulmane de la tutelle de son mari. Sans doute pour la libérer un peu plus encore, le gouvernement veut maintenant imposer quatre cent cinquante heures ! La conséquence la plus visible est d’aggraver la pauvreté chez les derniers venus, en particulier leurs enfants, dont plus d’un sur dix vit en dessous du seuil de pauvreté.

L’accès à la nationalité danoise est quasi fermé. Il faut neuf à dix ans de séjour avant de pouvoir déposer sa candidature et subir des épreuves de danois, langue déjà difficile, particulièrement pointues. Depuis 2002, sous l’influence du DF, les épreuves ont été durcies à quatre reprises par le Parlement. Un test à l’aveugle organisé par le Berlingske Tidende a montré qu’un bachelier danois « d’origine » sur deux échouait à l’épreuve. Même durcissement de la politique de réunification familiale : l’époux ou l’épouse doit avoir au moins 24 ans et « une relation plus forte avec le Danemark qu’avec le pays d’origine du conjoint ». Mesure après mesure, le gouvernement réinvente un peu tous les jours le statut des métèques de l’ancienne Rome, sous prétexte de fermeté.

M. Ravi Chandran, arrivé de Singapour en 1992, aujourd’hui responsable d’une organisation non gouvernementale spécialisée dans l’aide aux victimes du sida originaires de minorités ethniques, raconte les frustrations des « new Danes », ceux qui n’ont ni les yeux bleus ni le cheveu blond : « Ils sont nés et ont été élevés ici ; le Danemark est leur seul pays, ils n’en ont pas d’autre ; ils entendent leurs parents se plaindre du sort qu’on leur fait, voient la télévision s’apitoyer sur la mort violente d’un Danois de souche mais ignorer celle des autres ; eux-mêmes ont le sentiment de se heurter à un mur de verre… Alors, de temps à autre, ça explose comme en février 2008 à Nørrebro (5)  ! » Lally Hoffmann, journaliste vedette et spécialiste de politique étrangère à TV2, la chaîne publique, se désole de ce climat d’intolérance : « Je ne reconnais pas le Danemark de mon enfance, son image dans le monde s’est beaucoup dégradée. »

Une crise a révélé aux yeux du monde et de l’Europe, qui préfère d’habitude regarder ailleurs, le poids de l’extrême droite danoise dans le gouvernement du pays : les caricatures du prophète Mahomet publiées par un quotidien danois, le Jyllands-Posten, fin septembre 2005. « Le problème n’est pas leur publication, mais le refus, quatre mois durant, du premier ministre d’alors, M. Anders Fogh Rasmussen, aujourd’hui secrétaire général de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique nord], de recevoir à leur demande les ambassadeurs des douze pays musulmans accrédités chez nous », explique Tøger Seidenfaden, le rédacteur en chef de Politiken, le grand quotidien danois qui défend, un peu seul, bec et ongles, la ligne libérale traditionnelle sur l’accueil des étrangers ou le traitement des minorités. « Ce n’est qu’ensuite que la crise s’est internationalisée et a échappé à tout contrôle. »

Le refus de M. Rasmussen a été délibéré, la défense de la liberté d’expression n’étant qu’un prétexte qui dissimulait mal ce qui était un secret de polichinelle dans les milieux politiques de Copenhague : Mme Pia Kjærsgaard, ancienne aide-ménagère élue au Folketing en 1984 et toute-puissante dirigeante du DF, avait mis son veto à toute audience.

Devant la dérive droitière de l’opinion, la gauche est mal à l’aise. Sociaux-démocrates, socialistes de gauche et sociaux-libéraux ont bien signé un accord tripartite de gouvernement, mais, échaudés par trois défaites électorales en huit ans, ils hésitent à contester trop fermement la politique xénophobe de la majorité. « Le gouvernement a été élu et réélu en nous accusant d’avoir été complaisant avec les étrangers », se défend M. Lykketoft, qui a perdu la présidence du Parti social-démocrate à la suite de la dernière défaite en novembre 2007. « Il faut que les Danois se souviennent que la gauche a été de tout temps meilleure que la droite sur le plan social. Ce n’est pas encore le cas. »

Mais y a-t-il encore consensus, comme dans les années 1960, pour élargir le modèle social danois, après un enrichissement exceptionnellement rapide ? « En deux générations, une langue de sable déshéritée, à la périphérie de l’Europe, est devenue un pays de cocagne », écrit Knud J. V. Jesperen, l’historien officiel de la reine du Danemark, la très populaire Margrethe II, dans son livre devenu un classique (6). L’égalité d’antan a laissé place à un sentiment nouveau : l’égoïsme des classes moyennes qui ne veulent plus payer « pour les autres » et réclament à cor et à cri des baisses d’impôts.

Elles ont déjà obtenu en partie satisfaction, avec la réforme fiscale, mais ne s’arrêteront pas là. Fin mai, les quatre-vingt-dix-huit maires du pays, véritables maîtres Jacques de l’Etat-providence, qui leur a délégué l’exécution de nombreuses missions (crèches, écoles, soins aux personnes âgées, emploi, culture…), se sont déchirés sur la péréquation fiscale imposée aux communes les plus riches au profit de celles qui le sont moins. Quarante d’entre eux ont exigé une révision à la baisse de la solidarité. Indignés, vingt-sept maires de communes pauvres leur ont demandé de retirer leur proposition. Rudersdal, le Neuilly danois, où le revenu par habitant est deux fois plus élevé qu’à Copenhague, ne veut plus payer… Filiales de « cercle de réflexion » conservateurs américains, Cepos et Copenhagen Institute ont pignon sur rue dans la capitale et popularisent la baisse des impôts comme solution à tous les problèmes.

Les entreprises également tirent bien leur épingle du jeu fiscal. L’impôt sur les bénéfices des sociétés a été ramené à 25 % (33,5 % en France) ; il n’existe quasiment pas d’imposition sur le capital et le patrimoine ; les ménages supportent l’essentiel du financement des dépenses sociales par le biais d’impôts indirects lourds expliquant la cherté du coût de la vie. Comme ni la droite ni la gauche n’envisagent de leur demander un effort supplémentaire, le rétrécissement de l’Etat-providence s’annonce inéluctablement à l’horizon. Le gouvernement actuel a envisagé de réduire de quatre à deux ans la période d’indemnisation du chômage, qui a déjà été plafonnée à 2 000 euros par mois en 2006. Il y a renoncé dans l’immédiat. Mais ce n’est que partie remise. « On peut reculer le problème de quelques années, ce n’est pas le moment de changer les choses », admet M. K. Rasmussen, de l’organisation patronale Danish Industry.

D’autant qu’il y a d’autres moyens que la réduction des prestations pour dépenser moins, comme le montre l’autre volet de la flexisécurité, la sécurité de l’emploi. « En 1993, il y a eu une rupture idéologique, analyse le professeur Jørgen Goul Andersen, de l’université d’Aalborg, dans le centre du pays. La sécurité sociale a cessé d’être la priorité au profit d’un autre objectif, la baisse du chômage structurel. » On a durci les conditions à remplir pour toucher l’indemnité de chômage, multiplié les obligations (rencontrer au moins quatre employeurs par semaine, suivre une formation, se rendre aux rendez-vous de l’agence pour l’emploi, accepter de changer de résidence et de métier…).

Avec la crise, la tentation est grande de durcir un peu plus encore le dispositif. L’aktivering (« activation »), obligatoire pour tout bénéficiaire d’une aide, n’est pas une sinécure et, selon Andersen, « en moyenne, un chômeur trouve un emploi avant le début de sa période d’activation ». Si, au départ, dans l’esprit de ses promoteurs sociaux-démocrates, cette politique visait à requalifier la main-d’œuvre sans interruption ni chômage, elle s’est plutôt révélée comme un stratagème pour obliger le chômeur à reprendre au plus vite un emploi sans faire le difficile... Tout est en place, en effet, pour le dissuader d’entrer au bout de trois mois d’inactivité dans le cycle de l’activation : choisir son nouveau métier, son employeur ou même son lieu d’activité est plus difficile. Et en cas de refus, il se retrouvera privé d’allocation. Le workfare (bien-travailler) remplacera-t-il le welfare (bien-être) dans le modèle social danois de demain ?

Jean-Pierre Séréni.

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Jean-Pierre Séréni

Journaliste, auteur (avec Ania Francos) d’Un Algérien nommé Boumediène, Stock, Paris, 1976.


(1) Forbes, New York, 25 mars 2009.

(2) European Foundation for the Improvement of Living and Working Conditions, www.eurofound.europa .eu

(3) Apparu au tout début du mouvement ouvrier dans la ville de Gand, en Belgique, le modèle de Ghent repose sur trois principes : l’adhésion facultative des bénéficiaires, la gestion syndicale des caisses et leur multiplicité. Il s’oppose au principe d’universalisme qui veut offrir les mêmes services à tous les citoyens, travailleurs ou inactifs, nationaux ou immigrés. Au Danemark, ce modèle ne survit que pour l’indemnisation du chômage.

(4) Danske Bank, « Nordic Outlook. Economic and financial trends », Copenhague, juin 2009.

(5) Le district de Nørrebro dans le nord de Copenhague connaît depuis 2007, et la fermeture d’un squat, des émeutes à répétition qui opposent le plus souvent jeunes et policiers. En février 2008, l’affrontement entre membres de gangs de motards et jeunes musulmans de la seconde génération a provoqué la mort d’une personne et dévasté le quartier.

(6) A History of Denmark, Palgrave Macmillan, New York, 2004, 244 pages.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 19:30

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 19:57


AFP/PETER MUHLYLe ministre de la justice irlandais lors de la conférence de presse de présentation du rapport d'enquête sur les violences sexuelles infligées par des représentants de l'Eglise catholique, le 26 novembre.


Le constat est accablant : l'Eglise catholique d'Irlande a couvert les abus sexuels commis par des prêtres de la région de Dublin sur des centaines d'enfants pendant plusieurs décennies. Selon un rapport d'enquête officiel publié jeudi 26 novembre, quatre archevêques successifs ont protégé les auteurs d'abus et n'ont "pas signalé à [la police irlandaise] qu'ils étaient au courant d'abus sexuels sur des enfants", commis à partir des années 60.

 

Les conclusions de ce document de plus de 700 pages, consacré à l'attitude de la hiérarchie catholique dans l'archevêché de Dublin entre 1975 et 2004, sont terribles pour le clergé, qui a selon lui systématiquement privilégié les intérêts de l'Eglise sur ceux des enfants. "La préoccupation de l'archevêché de Dublin dans la gestion des cas d'abus sexuels sur des enfants, au moins jusqu'au milieu des années 1990, a été de garder le secret, d'éviter le scandale, de protéger la réputation de l'Eglise et de préserver ses biens", relève le rapport.

"Les autorités de l'Etat ont facilité cette dissimulation en n'assumant pas leurs responsabilités", et "le bien-être des enfants, qui aurait dû être la première priorité, n'était même pas un facteur pris en considération au début", accuse le rapport. L'enquête a permis d'examiner des plaintes portant sur plus de 320 abus sur des enfants.

EXCUSES DU GOUVERNEMENT ET DE L'ÉGLISE

La commission a notamment mis au jour "le cas d'un prêtre qui a avoué avoir abusé sexuellement de plus de 100 enfants", et d'un autre qui a reconnu avoir abusé des enfants en moyenne "une fois toutes les deux semaines pendant son ministère, qui a duré plus de vingt-cinq ans".

Après la publication du rapport, le gouvernement irlandais a présenté ses excuses "sans réserves" pour les défaillances de l'Etat dans cette affaire. Cette enquête a révélé une "perversion systématique et calculée du pouvoir et de la confiance face à des enfants innocents et sans défense", a déclaré le gouvernement dans un communiqué, promettant que "cela ne se produira plus jamais". "J'offre à chacun des survivants mes excuses, mon chagrin et ma honte pour ce qui s'est passé", a déclaré de son côté l'archevêque de Dublin, soulignant que "le mal causé aux enfants ne pourra jamais être réparé".

Les conclusions de cette enquête arrivent six mois seulement après un autre rapport qui avait horrifié l'Irlande en mai, en révélant des décennies d'abus sexuels, parfois "endémiques", à partir des années 1930 dans les institutions pour enfants dirigées par l'Eglise catholique.
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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 19:26


AUTEUR:  Patrick MAC MANUS

Traduit par  Annie Goossens


Le procès contre le groupe Oprør (Rébellion), accusé de soutenir des mouvements de résistance, commencera sous peu. Le Procureur requiert une peine d'emprisonnement. Le procès aura lieu à la VIème Chambre du tribunal de grande instance de Copenhague  les 3 et 7 décembre, 2009 et les 8 et 15 janvier 2010. Le verdict sera rendu le 8 février 2010.

L'objectif de l’association Oprør,  constituée en 2004, est de défier la « législation antiterroriste », tant au Danemark qu’au plan international.   
Par le biais de la législation antiterroriste, les autorités cherchent à saper  les organisations progressistes, les mouvements de résistance, les syndicats et les mouvements de solidarité dans le monde entier.

Nous invitons tous les mouvements à nous soutenir pour :
- Défendre le droit des peuples à résister aux gouvernements illégitimes et à l’occupation étrangère!
- Défendre le droit des peuples à prendre les armes contre l'oppression quand tous les autres moyens ont été épuisés!

 

Oprør est accusé d'avoir transféré des fonds importants au Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) et aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en défi de la législation antiterroriste.

Le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) est depuis des décennies un chef de file de la lutte du peuple palestinien engagé dans un conflit légitime contre les forces d'occupation. Nous appuyons le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) dans sa lutte pour un Àtat laïque et démocratique pour tous. Cette organisation ne  peut en aucune façon être qualifiée de « terroriste ».

Les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) ont travaillé et ont combattu pendant des décennies pour les droits démocratiques et l'égalité du peuple. Avec l'appui des USA et en coopération avec des « escadrons de la mort » contrôlés par les grands propriétaires fonciers et les  cartels de la drogue, le régime actuel continue à persécuter les dirigeants et les membres des syndicats, des militants politiques, des étudiants et des organisations paysannes de Colombie. Plusieurs pays  latino-américains ont négocié la paix en légalisant les groupes rebelles, leur permettant ainsi de participer à un processus politique ouvert. La criminalisation des FARC empêche une solution politique en Colombie.  

Au Danemark, on conteste de plus en plus  la  législation antiterroriste ; Oprør a contribué à développer ce mouvement et en est partie prenante.

 

Proche de nous, l'organisation Fighters & Lovers (Combattants  & Amants) a contesté la législation antiterroriste en vendant des T-shirts en soutien aux FARC et au FPLP.  Le 18 septembre 2008, la Cour d’Appel a annulé l'acquittement prononcé par le tribunal de première instance de Copenhague et a infligé à cinq des membres de l’organisation des peines de 60 jours à six mois de prison. En mars 2009, la Cour suprême a converti les peines d’emprisonnement en condamnations avec sursis, exprimant également certains doutes sur la législation elle-même.

Les thèmes du terrorisme, des mouvements de résistance et de libération font  de plus en plus l’objet de débats.

Le moindre d'entre eux n'est pas celui du mouvement de résistance danoise contre l'occupation au cours de la Deuxième Guerre mondiale. À l'époque, les résistants ont été qualifiés de « terroristes » par les forces d'occupation et leurs alliés danois. L’Association Horeserød -Stutthof, issue du mouvement de résistance et des générations suivantes, a  accéléré le débat. Depuis 2006, cette association a maintes fois transféré des fonds aux FARC et au FPLP, et en a informé le Ministère de la Justice. Et pourtant, celui-ci n'a pas réagi, révélant l'hypocrisie de l'actuelle mise en application de la législation « antiterroriste ».

Un groupe international du syndicat des travailleurs de l’industrie du bois et de la construction (TIB) de Copenhague a également transféré des fonds au mouvement de résistance en Colombie. Dans ce cas, il renvoie à  l'expérience antérieure du soutien aux mouvements de libération du Viêt Nam et d’Afrique du Sud, qui constituait à l'époque un défi aux politiques dominantes des gouvernements. À ce jour  il n’y a pas eu de réaction judiciaire à cette initiative non plus.

Dans le procès imminent contre Oprør même un acquittement ne résoudra pas le problème. La législation internationale contre le « terrorisme » continuera à défier les droits humains. Une condamnation ne modifiera pas non plus notre objectif qui est de continuer à soutenir le droit à la résistance et à la solidarité dans le monde entier.

Nous avons choisi de nous concentrer sur la Palestine et la Colombie. Nous aurions pu choisir beaucoup d'autres cas ,de la Turquie au Kurdistan, du Pays basque aux Philippines. Dans notre choix,  nous avons tenu compte d'un facteur important, à savoir que les forces de libération font progresser les objectifs laïcs, démocratiques et humanistes de concert avec le peuple.

Par le biais de l'actuelle législation antiterroriste, les États ont tenté de freiner la liberté d'expression et les droits politiques de leurs citoyens. Le droit de fournir un soutien moral et matériel aux mouvements de résistance et de libération dans le monde entier est menacé. Les droits civils et les droits des travailleurs à mener une lutte légitime pour la protection sociale et la réforme démocratique sont également de plus en plus réduits.

Oprør demande à tous les mouvements luttant pour la démocratie et la solidarité internationale à se joindre à lui en contestant la législation antiterroriste nationale et supranationale ainsi que la prétendue « guerre mondiale contre la terreur ».

Des manifestations devant les ambassades danoises exigeant l'acquittement d’ Oprør au procès à venir seraient les bienvenues de même que l'envoi de lettres de protestation aux ministères de la Justice et des Affaires étrangères.  

  • Ministère de la Justice:
    Slotsholmsgade 10

    1216 Copenhague K
    Téléphone: +45 / 72 26 84 00
    Télécopieur : +45 / 33 93 35 10
    E-mail:  jm@jm.dk
  • Ministère des Affaires étrangères:
    Asiatisk Plads 2
    DK-1448 Copenhague K
    Téléphone: +45/ 33 92 00 00
    Télécopie: +45/ 32 54 05 33
     E-mail:
    um@um.dk
  • Oprør peut être contacté à: info[at]opror[dot]net

 


Source : Rebellion (Denmark): The Court Case is Approaching!

Article original publié le 20/11/2009

Sur l’auteur

Annie Goossens est une collaboratrice de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Fausto Giudice est membre. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9371&lg=fr

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 19:38
AFP) –

ROME — Une proposition d'un ministre italien de supprimer la pause déjeuner pour améliorer la productivité a suscité une levée de boucliers, rapporte la presse italienne mardi.

"La pause du déjeuner nuit au travail. C'est un rite qui bloque tout le pays", avait lancé lundi midi le ministre de la Mise en oeuvre du programme, Gianfranco Rotondi.

"Mais Rotondi a-t-il déjà travaillé?", a répliqué avec ironie Gianni Pagliarini, un responsable du Parti communiste (PDCI), cité par le journal La Stampa.

Les Italiens interrogés dans la rue par les télévisions et les journaux, se sont massivement indignés.

"Une énième attaque aux droits des travailleurs", s'est également insurgé dans le quotidien Repubblica, Michele Gentile, un dirigeant du syndicat Cgil, principale organisation syndicale italienne avec plus de 5 millions d'adhérents.

"Si cela cache la volonté obscure d'essayer de rallonger le temps de travail ou d'augmenter la productivité, alors nous sommes contre. La pause déjeuner est un droit acquis depuis longtemps", a-t-il ajouté.

"Puisque nous y sommes, abolissons également ce fastidieux rituel du sommeil", a ironisé un autre responsable syndical, Carlo Podda, dans le Corriere della Sera.

Alors que les syndicalistes craignent une atteinte aux droits des travailleurs, les nutritionnistes y ont vu un danger pour la santé et la productivité des employés.

"Ce sont les repas qui synchronisent nos rythmes. Ce serait une erreur de perturber ce mécanisme par un jeûne prolongé", a expliqué Giuseppe Fatati, président de l'Association italienne de diététique et de nutrition clinique, dans le quotidien Il Messaggero.

"On ne peut pas laisser le cerveau à jeun. Pour maintenir la concentration et la productivité, il a besoin de +carburant+", a affirmé l'expert.
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 19:45

Le texte ci-dessous est la résolution préparatoire à la prochaine conférence nationale sur le nouveau programme du Parti Suisse du Travail (PST) votée à l’unanimité par son comité directeur, d’après les indications du secrétaire national Leonardo Schmid .

Il lève toutes les ambiguites concernant le processus de recomposition politique en oeuvre en Suisse. Le Parti Suisse du Travail récuse toute tentative de dilution/liquidation dans un « Parti de la Gauche », « Front de Gauche » à la suisse (le projet de parti « La Gauche » mené par Jospeph Zysiadis) et entame un processus de reconstruction organisationnelle et idéologique du Parti Suisse du Travail. Ce document définit avant tout les grandes axes de travail pour la réactualisation du programme du PST :

retour au cadre d’analyse marxiste de la société, analyse du capitalisme, de ses contradictions, de ses mécanismes d’exploitation et de la société de classe qui en découle.

Primat de la lutte de classe sur la lutte des places, priorité à l’impulsion et l’animation des luttes, auxquelles la présence dans les institutions est subordonnée. Priorité au rassemblement populaire sur les alliances électoralistes.

Reconstruction de l’organisation du Parti et de son unité d’action, réimplantation du parti dans le monde du travail et dans les quartiers populaires. Fin des féodalités locales autour d’élus autonomes du parti, redéfinition d’une ligne nationale appliquée par les fédérations du Parti.

réaffirmation de l’objectif révolutionnaire et de la perspective stratégique du socialisme, le parti ne se limite ni à des discours stériles d’opposition ni à des propositions d’humanisation du capitalisme. Son programme met au centre l’appropriation collective des moyens de production.

AC Source : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Qui sommes-nous et que voulons-nous ? Résolution du Comité Directeur du PST/POP pour la Conférence Nationale du 28 Novembre 2009.

Paru dans Il Manifesto Rosso, bulletin d’information du Parti Suisse du Travail

Le Comité Central du Parti Suisse du Travail a décidé, lors de la séance du 5 septembre 2009, de la nécessité d’une discussion générale sur la ligne politique de notre Parti. Pour l’affronter, il a été décidé d’organiser une Conférence Nationale du Parti pour le 28 novembre 2009. En soutenant pleinement cette décision, le Comité Directeur a donc décidé de présenter un rapport qui propose à la fois une analyse de la situation difficile du Parti et des propositions pour le renforcer. La ligne politique originaire du PST (Pour faciliter la lecture le nom du Parti sera écrit seulement PST, ce choix ne veut en aucun cas oublier que des sectoions du Parti portent le nom de Parti Ouvrier Populaire), qui se veut un parti pour la transformation socialiste de la société capitaliste, s’est affaiblie de manière considérable, tant vers l’extérieur qu’à l’intérieur du Parti. En tant que direction nationale nous devons agir pour que cette tendance soit inversée, nous avons la responsabilité d’appliquer les décisions qui à plusieurs reprises ont réaffirmé une ligne politique de transformation radicale de la société capitaliste. Plus précisément, nous avons le devoir de travailler pour redonner un contenu à cette idée, qui est devenue aujourd’hui une formule creuse, qui ne sert que de justificatif pour nous distinguer des formations de la gauche réformiste. Il est donc nécessaire de travailler d’abord sur le plan interne, pour redonner un vrai poids à la ligne politique du Parti, dans son contenu et surtout dans son application. Savoir orienter notre politique concrète à partir d’une ligne politique claire est le premier pas pour redonner une stratégie unitaire et un fonctionnement plus efficace au Parti.

INFOBULLETIN PST/POP/PDA/PDL

Les propositions de changement de nom en Parti Communiste Suisse et de dissolution du Parti pour fonder le Parti de la “vrai” gauche ont alimenté la confusion sur le rôle que le Parti doit jouer dans la société suisse. Les débats à la Conférence Nationale devront servir surtout à clarifier cette situation. De plus, ils devront donner une orientation à la commission pour le nouveau programme. Les camarades qui y participent devront s’appuyer fortement sur les résultats de la Conférence Nationale pour rédiger la proposition de programme, qui sera ensuite discutée au Congrès Ordinaire de 2010. Il faut souligner l’importance de ce nouveau programme, pour qu’il puisse redonner une unité d’analyse et d’action au Parti. La faiblesse de la ligne politique est aujourd’hui un grave problème, qui cause une incapacité à approfondir les débats sur des sujets politiques de fond mais aussi sur des thèmes très concrets. Une totale fragmentation sur les choix stratégiques et tactiques, un important problème d’organisation interne et une faible conscience pour les membres de ce que signifie être militant du PST en sont les principales manifestations. De manière générale, il y a depuis plusieurs années, une perte de vue de ce que le Parti veut être, de ses objectifs et par conséquent du sens de sa lutte. Le nouveau programme politique devrait être le premier aboutissement d’un processus de renforcement du Parti qui concerne tantôt son organisation tantôt ses positions politiques.

La Conférence Nationale en question sera une étape importante, par conséquent le CD va assumer des positions tranchées, non pas par volonté d’imposition d’une vision du Parti, mais pour susciter le débat interne, afin de pouvoir obtenir la meilleure synthèse possible. Ces positions seront inspirées, en premier lieu de l’histoire du PST, c’est-à-dire d’un parti qui pendant longtemps s’est inspiré des principes du marxisme et du léninisme appliqués à la réalité suisse. Pour que le débat soit constructif il sera nécessaire que toutes et tous les camarades s’y engagent. Il faut absolument éviter que cette discussion soit menée exclusivement entre camarades aux postes de responsabilité dans le Parti. Au contraire ces camarades doivent stimuler le débat dans toutes les instances du Parti et des sections, il faut que chaque membre du Parti puisse s’exprimer.

Préambule

La force d’un mouvement politique se constate dans sa capacité à faire passer les idées qui lui sont propres à l’intérieur de la société. Pour des communistes ou en tout cas des militants de la transformation sociale, il est absolument faux de croire que la force politique d’une organisation se mesure avec les résultats électoraux ou le nombre d’adhérents. C’est l’influence sur le débat politique à l’intérieur de la société qui compte le plus. Dans notre cas, il est plus précis de parler de capacité que nous avons de susciter une prise de conscience des classes populaires (les prolétaires) vis-à-vis de l’exploitation capitaliste (des bourgeois). Malheureusement, si nous pensons à l’influence que notre Parti exerce sur la conscience des classes populaires suisses, nous ne pouvons que constater qu’elle est décidément peu importante. Les classes populaires, bien que dans certaines régions votent encore de manière importante pour nous, souvent ne sont pas conscientes de ce que nous voulons sur le long terme.

Nous devons partir de ce constat et nous demander qui, aujourd’hui, connaît notre projet de société. La réponse à cette question est difficile à accepter, parce que décevante, mais il est nécessaire de l’admettre. En dehors du Parti, certainement très peu de gens connaissent notre projet de société. Mais encore plus grave, nous sommes arrivés au point de nous demander aussi si ce projet est connu à l’intérieur du Parti. C’est précisément de là que nous devons partir pour reconstruire notre Parti, il faut redécouvrir qui nous sommes et ce que nous voulons. Cela revient à repenser la ligne politique du Parti. La ligne politique d’un parti comme le notre est l’ensemble des principes fondamentaux qui nous réunit dans une seule organisation. Elle est dictée en premier lieu par l’article 1 des statuts :

Article 1

Le Parti suisse du Travail (PST-POP) est une organisation politique démocratique qui se propose les buts suivants :défendre et promouvoir les intérêts matériels et culturels de la population de la Suisse, sur la base d’un socialisme démocratique s’inspirant en permanence de l’analyse scientifique de la société et des traditions humanistes ; il entend par là le développement libre, pacifique, digne et humain de chacun-e comme condition du libre développement de toutes et tous et cela en harmonie avec la nature et l’environnement ;

réaliser l’égalité des droits entre femmes et hommes et contribuer à les libérer de toute exploitation et de tout assujettissement ;

défendre et développer les droits démocratiques de toutes et tous et dans tous les domaines ;

contribuer à réunir une large majorité en faveur du dépassement du capitalisme et du développement socialiste de la société suisse ;

contribuer à la recherche et à la consolidation de la paix dans le monde ;

développer la solidarité internationale entre les peuples, entre les travailleuses et travailleurs, entre les femmes, les hommes et les enfants de la terre ; contribuer à réaliser l’égalité des droits entre les peuples et à libérer ceux-ci de toute exploitation et de tout assujettissement.

Ces buts sont détaillés dans les programmes du PST-POP, qui sont formulés périodiquement en tenant compte des conditions historiques, nationales et internationales.

Le PST se réclame, de manière critique, de l’héritage des mouvements pour le socialisme et des luttes des peuples pour leur indépendance. Dans ses réflexions comme dans ses actions, il s’appuie sur les analyses développées par Marx et d’autres théoriciennes et théoriciens du mouvement révolutionnaire. Dans sa lutte pour la défense des exploité-e-s, il prend en considération l’existence des contradictions entre les classes.

Le PST coopère avec des organisations, des mouvements et des personnes qui visent des buts généraux ou particuliers convergents aux siens.

Néanmoins, il y a la nécessité de spécifier ces points dans un programme politique. C’est donc dans ce document qu’il y a le développement plus précis de la ligne politique d’un parti. Actuellement, le programme politique du Parti est celui qui a été approuvé par le Congrès de 1991 à Prilly. La “ligne politique” du Parti est aussi l’ensemble des idées fondamentales qui guide nos analyses et notre pratique. Elle doit permettre aux instances du Parti de faire des choix sur les questions politiques qui se posent au quotidien et plus à long terme. Pour le bon fonctionnement du Parti, il est donc nécessaire qu’elle soit unitaire, cohérente et efficace. Chaque membre du Parti doit la connaître et s’y retrouver. Autrement dit, elle doit être le fruit de la synthèse entre les opinions de tous. Il ne s’agit pas pour nous d’accepter chaque position individuelle, mais de conjuguer chaque position individuelle pour construire, par un processus dialectique de synthèse, une position collective, mais unique. La nécessité de l’unité est fondamentale pour le fonctionnement du Parti, si on ne travaille pas tous pour les mêmes objectifs pourquoi resterions nous ensemble ? Il est évident que la situation actuelle ne correspond pas à ces exigences. C’est donc justifié de discuter de la ligne politique du PST, mais il faut être attentif à comment on affronte ce débat. Il faudra que l’analyse et les propositions qui sont présentées soient étudiées de manière précise en s’appuyant sur des constatations objectives et non sur des sensations émotionnelles.

Il ne faut pas pourtant penser de pouvoir réinventer la roue, nous devons partir des bases plus élémentaires de notre théorie - la théorie marxiste - pour les concrétiser à la réalité spécifique de notre époque et de notre pays. Sur le plan du renforcement de l’organisation du Parti, nous devrons savoir nous inspirer des formes de luttes qui nous ont précédé, tant en Suisse qu’au niveau international. Les expériences des mouvements révolutionnaires du 20ème siècle et celles du début du siècle en cours doivent nous servir de source d’inspiration. Nous ne nions pas la difficulté de cette tâche et son ambition, mais nous pourrons certainement y arriver en suivant une méthode analytique et une dialectique. Si nous croyons pouvoir changer cette société, nous sommes ambitieux par définition. N’ayons pas peur d’aller attaquer les fondements des problèmes, même si c’est compliqué. Si faire la révolution ne nécessitait pas de ces discussions et réflexions, si c’était facile de faire la révolution, probablement nous y serions déjà parvenus depuis longtemps.

Les problèmes de la ligne politique du PST-POP

Pendant les 20 dernières années, le mouvement communiste international a connu une crise probablement sans précédents. La chute du Bloc Communiste en Europe de l’Est d’une part et l’ouverture à l’économie de marché de la Chine de l’autre, sont en bonne partie à l’origine d’une grande confusion à tous les niveaux. Dans cette confusion, certains partis en Europe Occidentale et des plus importants, ont varié leurs lignes politiques de manière disparate et souvent, si on ose le dire, d’une manière opportuniste. La disparition du Parti Communiste Italien en est certainement l’exemple le plus éclatant, mais dans tous les partis communistes ou ouvriers historiques, on a connu des mutations importantes à la recherche de nouvelles sources d’inspiration après la perte de la “mère patrie” soviétique.

La même situation s’est développée au sein du PST avec les révisions du programme et un assouplissement statutaire qui ont amené à un affaiblissement organisationnel. En cherchant une nouvelle proposition politique et une nouvelle forme organisationnelle du Parti, de manière compréhensible à cause de la nouvelle situation politique, à partir de 1991 nous avons perdu des principes fondamentaux d’analyse et de structuration du Parti. Cette dynamique n’a pas cessé de se développer jusqu’à très récemment, avec sa manifestation ultime dans les tentatives de dissolution du Parti dans “A Gauche Toute !” ou dans un nouveau Parti de la Gauche de la Gauche. Ces tentatives de liquidation répondaient à l’affaiblissement du Parti, en partant de la conviction que le “vieux” concept de parti à inspiration communiste était dépassé. Au contraire, selon le CD, les causes de l’affaiblissement du Parti se trouvent dans les tentatives mêmes de recherche de nouvelles formes d’actions politiques.

En effet, avec ces tentatives, nous avons perdu de vue le sens même de notre lutte. Nous ne sommes plus pleinement conscients de la structure « classiste » du capitalisme et des mécanismes d’exploitation bourgeoise. Nous ne savons plus quels sont les facteurs structurant le système de domination, autrement dit des rapports entre système de production et sa représentation politique. Nous ne savons plus comment se caractérise notre base, quel est le facteur déterminant pour l’appartenance au prolétariat. Nous ne savons plus à travers quelles pratiques nous entendons dépasser le capitalisme. En gros, nous n’avons plus un objectif clair et une stratégie à long terme à suivre.

Un des problèmes principaux qui a amené cette recherche de nouveauté a été l’affaiblissement de l’autorité des instances nationales du Parti, qui sont de plus en plus ignorées par les directions cantonales. L’autonomie laissée au niveau cantonal a permis le développement dans le Parti de lignes politiques très disparates. Nous avons perdu la capacité de synthèse des expériences diverses pour développer une ligne commune, nous avons perdu la capacité de nous confronter de manière constructive. Chaque section cantonale s’est développée en suivant une ligne propre, sans que l’action politique soit coordonnée avec les autres. Ce fonctionnement a amené à une perte de vue de l’utilité d’un parti national dans leur fonctionnement.

Ainsi, dans les grandes sections, il y a eu une dérive parlementariste. Elles se sont tournées quasi exclusivement sur la lutte pour la conquête des sièges dans les institutions bourgeoises, sans plus accompagner à cette lutte un discours et surtout une pratique pour la transformation socialiste de la société. Au contraire, les sections plus faibles se sont souvent concentrées sur les discussions idéologiques en s’éloignant de la pratique politique concrète. Globalement, le PST n’agit plus comme une seule force politique capable d’analyser le capitalisme suisse, pour ensuite appliquer cette analyse aux réalités nationales et cantonales. Les sections ne sont pas en mesure d’effectuer ce travail, car elles sont trop liées aux réalités locales qui ne leur permet pas de développer une vision globale. Ainsi, ce qui manque à notre Parti est le soutien des instances nationales à la pratique politique des sections. Les sections sont laissées à elles-mêmes face aux problèmes de fond, que seulement une structure nationale peu aider à affronter.

Le parti national doit savoir en finir avec la confusion sur qui nous sommes et ce que nous voulons. Peu de gens savent aujourd’hui ce que nous sommes et ce que nous voulons. Ceci parce que, comme nous l’avons déjà annoncé, cette ambiguïté est présente aussi à notre interne. Le vrai problème du PST, qui nécessite des réponses urgentes, est de nature opérationnelle et analytique, autrement dit il faut savoir nous redonner une ligne politique claire et unitaire, qui est actuellement trop concentrée sur le court terme.

Le militantisme dans notre Parti est devenu une lutte pour les petites causes des petites gens, qui est certes fondamentale et louable, mais aussi limitative. Nous ne sommes plus capables d’affronter les grandes causes de ces petites gens. Nous n’avons même plus l’ambition de penser à l’éventualité de changer les rapports de production, de faire la révolution. Nous sommes un Parti de résistance face aux attaques néolibérales, mais nous ne savons pas proposer des alternatives concrètes qui soient radicalement différentes des propositions socio-démocrates.

Le Comité Directeur considère que pour attaquer ce débat il faut partir des fondements de ce que nous sommes et de ce que nous voulons. En ce sens, le débat de fond doit se développer sur le sens qu’on veut donner au renforcement du Parti. Ainsi, nous considérons que le renforcement doit passer par la construction d’un parti d’inspiration communiste dans notre pays, sans que cela ne choque personne. Pour certains camarades, il n’est pas clair si nous voulons être un parti d’inspiration communiste ou quelque chose d’autre. Mais surtout, et ceci pour tout le monde, il n’est pas clair ce que voudrait dire pour nous, être un parti qui se prétend tel. Selon le Comité Directeur, il est nécessaire de redevenir un parti à inspiration communiste, non pour autosatisfaction, comme certains l’ont insinué, mais pour ce qui concerne la pratique et l’analyse qu’on a sur la société. Certains camarades ont peur, ou aversion pour ce débat, car considéré comme superflu, comme non prioritaire. Derrière cela, il y a certainement un sentiment de méfiance vers une image caricaturale et négative du communisme. D’autres camarades ne comprennent pas la nécessité de ce débat, car pour eux l’identité communiste du PST serait évidente. En réalité, il existe un sentiment d’ambiguïté sur cette situation, par conséquent ce débat est central pour affronter à la racine les problèmes du Parti.

Malheureusement, plusieurs camarades ne veulent pas se libérer d’un poids sur la conscience, pour lequel, surtout nous – les communistes suisses - n’avons rien à nous reprocher. Souvent le débat interne est biaisé par des préjugés que nous avons des nos camarades et de leurs idées, sans être capables de les écouter parce qu’ils sont des “stalinos” ou parce qu’ils sont des “réformistes”. En réalité, il ne s’agit pas de savoir si on est des “purs et durs” ou si on est des “socio-traîtres”. Il ne s’agit pas de savoir si on veut revenir au vieux modèle de parti ou si on veut avoir un parti moderne, adapté à la réalité du XXIe siècle, car je crois que sur ce point nous sommes tous d’accord.

Le problème est bien plus concret, bien que ces étiquettes y jouent un rôle. Le débat sur le communisme, comme le CD l’étend, doit se faire de manière très concrète, il faut traiter de la capacité analytique et organisationnelle du Parti. Le concept de “Parti Communiste” a des contenus théoriques claires, qui structurent l’organisation du parti et en construisent la ligne politique. Il ne s’agit pas de créer un idéal métaphysique comme pourrait être le futur parti de “La Gauche”, vide de signification théorique tantôt pour les analyses de la société que pour le fonctionnement du Parti. Ce discours doit valoir aussi pour le parti d’inspiration communiste, qui ne doit pas être une simple étiquette ou boîte remplie de concepts dogmatiques. Quand on parle de parti d’inspiration communiste on sait qui sont les auteurs qui l’ont décrit, on sait comment il s’organise, quelle lignes stratégiques développer et surtout quels principes d’analyse sur la société il adopte.

Il y a quelque chose qui bouge, mais il faut concrétiser

Malgré ces problèmes, il est juste d’affirmer que de bonnes nouvelles commencent parfois à se faire entendre. La sortie du Parti de l’alliance “A Gauche Toute”, qui devenait le lieu où notre député national agissait en dehors de tout contrôle démocratique de la part du Parti, a certainement été le premier moment visible. Néanmoins, des signaux minimes étaient déjà présents, la fondation des nouvelles sections de Berne et Saint-Gall ainsi que le rajeunissement et la fortification de la section du Tessin en étaient des exemples. Aujourd’hui, les bons résultats électoraux de la section de Neuchâtel, ainsi que la fondation de la section des Grisons et peut-être celle de Soleure, le rajeunissement d’autres sections, le rapprochement entre le Neue PdA et le PdA 1944 et le probable lancement d’un mouvement de jeunesse du PST doivent nous donner de l’espoir que nous sommes à la sortie de la crise. Ces faits sont aussi un signal de l’évolution de la société. C’est le début d’une prise de conscience de la nécessité de dépasser les vieux traumatismes pour pouvoir lutter unis contre la société capitaliste.

Comprendre ce moment est fondamental pour le futur du Parti. Pour mieux le représenter nous pouvons reprendre une formule déjà utilisée par d’autres camarades : “il faut arrêter de jouer aux orphelins du Mur de Berlin”. Par là, on veut dire qu’il faut affronter notre passé debout, comme des adultes, sans complexe ni mélancolie, afin de construire notre futur.

Toutefois, il faut que nous traduisions ces belles nouvelles en un développement organisé du Parti et donc aussi du mouvement populaire. Nous devons construire sérieusement et avec clairvoyance notre projet de société. Cela en sachant regarder, avec suffisamment de recul, dans le passé pour pouvoir en tirer des enseignements pour le futur. Nous devons savoir analyser notre passé de manière objective, sans immiscer les sentiments et les passions, ces instruments d’analyse on les laisse aux religieux.

Comment pouvons-nous sortir de cette situation

Un parti à tradition marxiste-léniniste, tel que nous sommes historiquement, devrait aspirer à fonctionner selon le principe de l’unité. Nous considérons que l’unité d’action et d’analyse nécessaire au parti doit être le miroir de notre projet de société. Pour nous, le collectif prime sur l’individu. Ce qu’un individu produit (en termes généraux et non économiques) dans une société est d’autant plus fort s’il collabore avec d’autres. La somme des efforts individuels ne sera jamais à la hauteur d’un effort collectif coordonné. Pour nous, il faut que la société soit, non une agrégation d’individualités, mais une communion des forces productives. Nous retrouvons ainsi le mot communisme, en commun. Comme nous l’avons annoncé plus haut, pour nous la question du communisme est centrale. Il faut absolument qu’après la Conférence Nationale, il soit clair quelle identité détient le Parti. Ainsi, comme nous l’avons déjà dit, selon le Comité Directeur, pour renforcer le Parti, il est nécessaire de redevenir un parti qui fonctionne selon les principes d’un parti communiste.

Qu’est-ce que ça veut dire être un parti communiste ?

La réponse à cette question doit toucher plusieurs points et surtout parler des contenus du mot communiste. Nous ne devons pas tomber dans le piège de la définition métaphysique du parti communiste, car ça serait la porte ouverte au sectarisme, à l’autoritarisme ou au dogmatisme. En effet le concept “communisme” est théoriquement très précis, mais des années d’anticommunisme ont offusqué son contenu en le liant exclusivement à des situations politiques spécifiques. Nous devons sortir de la logique défensive, qui nous veut justificateurs de notre projet politique, pour redevenir une force politique prépositive et fière de combattre le capitalisme et ses représentants. Ainsi à ce sujet il est nécessaire de poser des questions plus approfondies.

Est-ce que notre Parti propose un changement radical pour un projet de société socialiste ou il veut améliorer le capitalisme petit à petit pour lui donner un visage humain ?

La position qui a toujours été celle de notre Parti, est d’aspirer à l’instauration d’un système socialiste, fondé sur des bases complètement nouvelles, de progrès par rapport aux “règles” capitalistes. Ceci en renversant les rapports de force au sein de la société suisse en faveur des prolétaires. Nous considérons que cette position doit être maintenue, fortifiée et développée. Nous ne voulons pas un Parti comme un cartel électoral, dont le but existentiel est de conquérir l’espace politique à la gauche du PS. Nous voulons une organisation qui fonctionne de manière globale pour la transformation sociale. De plus, nous devons nous distinguer des mouvements “anti”, car nous ne voulons pas nous arrêter à une opposition stérile au capitalisme, mais proposer des solutions pour la construction de la société socialiste. Nous considérons qu’il est nécessaire de rompre radicalement avec le système capitaliste, parce que l’exploitation est inscrite dans sa nature même. Nous sommes pour l’organisation collective et démocratique de la société dans tous ses aspects, en premier lieu celui de la production. Un parti d’inspiration communiste est le parti qui agit pour la rupture avec le capitalisme pour l’instauration du socialisme.

Quelles sont les contradictions fondamentales du capitalisme qui le rende à la fois injuste et vulnérable ?

La société capitaliste comme nous la vivons aujourd’hui, et malgré les évolutions qui la différencient de celle que Marx connaissait, est fondé sur les mêmes contradictions que le fondateur du socialisme scientifique a décrit. Le mécanisme principal qui la caractérise est celui de l’exploitation d’une minorité sur la grande majorité. Cette exploitation se distingue des exploitations de type esclavagiste ou féodale par la division entre deux classes : les propriétaires des moyens de production (les bourgeois) et ceux qui leur vendent leur force de travail (les prolétaires). Dans la société capitaliste les bourgeois, avec l’excuse d’être propriétaires des moyens de production, se permettent de voler une grande partie du travail des travailleurs. Cette situation est injuste parce que c’est seulement grâce au travail des prolétaires qu’une production est possible. Toute machine, même la plus compliquée, ne pourra jamais tourner sans qu’un être humain la fasse fonctionner. Or, pourquoi le fait de tout simplement être propriétaire pourrait légitimer de voler aux travailleurs le fruit de leur activité ? Il n’y a pas une raison rationnelle, mais seulement une envie des bourgeois de pouvoir continuer à profiter du travail des autres, c’est-à-dire réaliser de profits. “C’est en tant que propriétaires des moyens de production que les capitalistes exercent la fonction dirigeante dans l’organisation capitaliste du travail et de production. C’est la condition prolétarienne de l’ouvrier, par contre, son exclusion de la propriété des moyens de production, qui réduit l’ouvrier au rôle d’objet, au rôle de simple matériel dans le processus capitaliste de travail et de production et qui le prive de toute influence sur la direction de ce processus.

« De la propriété des moyens de production résulte également la contradiction fondamentale du capitalisme : la contradiction entre le caractère social du processus de production et la forme capitaliste, privée de l’appropriation des produits. […] Le but de la production capitaliste n’est pas la satisfaction des besoins des hommes, mais le profit. L’homme et ses besoins sont absents du champ visuel du capitalisme, qui ne s’intéresse à l’homme que dans la mesure où il peut l’utiliser pour l’acquisition du profit. […] Or l’ouvrier produit, par son travail, une valeur supérieure au prix - représenté par son salaire - de sa force travail. C’est précisément de ce surplus de production, de la plus-value, c’est-à-dire de la part non rétribuée du travail de l’ouvrier, que le capitaliste tire son profit. Tel est le mécanisme de l’exploitation du travail salarié par le capital. Voilà pourquoi le rapport entre capitalistes et ouvriers est un rapport d’exploités. »

(Programme PST, VII. Congrès 16.Mai 1959)

Pour les communistes cette situation doit être dépassée. Ainsi nous devrions soutenir la gestion collective de la production où chacun participe selon ses capacités et reçoit selon ses nécessités. Seulement en garantissant une gestion démocratique et collective de la production, il sera possible d’éliminer l’exploitation, c’est-à-dire rendre à chacun le fruit de son travail.

Si le mécanisme d’exploitation du système capitaliste fait la force des bourgeois, la soif de profit de ces derniers en est le point faible. Le capitaliste ne voit pas la société comme un collectif qui doit vivre de manière harmonieuse, mais comme un ensemble d’individus en lutte l’un contre l’autre afin de conquérir plus de richesses possibles. Ainsi non seulement il organise l’exploitation des prolétaires, mais il se met en concurrence avec les autres capitalistes. Cette situation est la source de la contradiction fondamentale qu’il faudra alimenter pour abattre le système capitaliste. La crise actuelle en est la manifestation la plus évidente à l’époque contemporaine. Malgré tout ce que les économistes bourgeois affirment, nous ne sommes pas confrontés à une crise financière, mais à une crise de surproduction.

La soif de profit des capitalistes les amène à faire baisser les salaires des prolétaires pour garder une plus grande part de leur travail. Cette dynamique affaiblit le pouvoir d’achat des prolétaires qui ne peuvent plus acheter la production vendue par les capitalistes. Par conséquent les capitalistes n’arrivent plus à écouler la production, en faisant ainsi travailler les prolétaires sans avoir suffisamment d’entrées pour les payer. Il existe différents escamotages que les capitalistes essayent pour se maintenir en vie. Par exemple ils pratiquent la réduction des coûts de production (licenciement ou baisse de salaire). De manière plus indirecte et récente nous trouvons l’utilisation de l’endettement. On augmente de manière fictive le pouvoir d’achat des prolétaires en leur faisant des prêts à des taux “convenables”. Les prêts servent à permettre de garantir la consommation d’une surproduction. Toutefois ce remède ne peut être que temporaire, car quand les dettes deviennent tellement grandes que personne ne peut les payer, le système craque. En effet, sur le long terme il est inévitable que la crise éclate et les capitalistes plus faibles font faillite. Cette certitude dérive tout simplement du fait que la soif de profit est dans la nature même du capitalisme. Cette soif de profit se répercute sur la possibilité de réaliser ces mêmes profits, vu que plus personne ne pourra acheter ce que les capitalistes vendent.

Les sorties de la crise peuvent être de deux types, lorsque les capitalistes survivants sont suffisamment forts et les communistes pas assez préparés, ils instaurent un nouvel ordre capitaliste de type monopoliste. Néanmoins si les communistes sont bien organisés ils peuvent profiter du moment de faiblesse des capitalistes pour pousser, plus que jamais, les contradictions du capitalisme et construire un mouvement populaire pour la révolution socialiste. Notre objectif, en tant que parti d’inspiration communiste en Suisse, en ce moment de crise, devrait être précisément de forcer ces contradictions. Il ne s’agit pas de faire un discours “le pire pour mieux”. Au contraire il faut forcer les revendications pour que les contradictions du système apparaissent encore plus évidentes. Nous devons donner la possibilité aux classes populaires de croire que se défaire de l’exploitation capitaliste est possible.

Qui est notre base ?

En cherchant encore une fois dans la théorie marxiste, le capitalisme est pour nous le système d’organisation de la société fondé par l’exploitation bourgeoisie sur les prolétaires. Le parti d’inspiration communiste est le parti qui organise les prolétairespour faire face à la lutte de classes. Or, malgré que ces termes puissent être vuscomme dépassés, leur portée analytique est encore tout à fait actuelle. Ainsi les personnes auxquelles le Parti devrait s’adresser sont les prolétaires, mais qui sont les prolétaires ? Une analyse attentive et approfondie de la structure de la société est nécessaire pour répondre à cette question de manière précise. Toutefois nous pouvons justement reprendre la formule marxiste classique comme base sur laquelle travailler. Les prolétaires sont toutes les femmes et les hommes dont le seul moyen de survie est leur propre force de travail. Les prolétaires ne possèdent ni propriété foncière ni moyens de production. Ainsi les prolétaires n’ont d’autre possibilité, à l’intérieur d’une société capitaliste, que de vendre leur force de travail à des bourgeois. Ils et elles se trouvent donc dans une situation de faiblesse, car leur vie dépend du sort que leur réserve les patrons. Il est évident que l’idée de prolétaire ne doit pas être assimilée à l’ouvrier de type “fordiste” des grands établissements industriels. Aujourd’hui, mais peut-être déjà depuis quelques années, les formes de conditions prolétariennes sont certainement multiples. Nous devrons ainsi être capables d’en définir les caractéristiques précises, afin de savoir interpréter les formes de lutte plus adéquates.

Quelle est la stratégie à suivre pour atteindre notre objectif, le socialisme ?

Le parti d’inspiration communiste devrait être le parti qui travaille pour unir les prolétaires dans un seul mouvement. L’unité des prolétaires est la seule manière pour eux de se défaire de la bourgeoisie, c’est-à- dire gagner la lutte de classes. L’arme la plus puissante de la bourgeoisie est la concurrence entre les travailleurs, car tant que ceux-là n’arrivent pas s’accorder à quel prix vendre leur force de travail, un dumping sur ce prix existera et tendra à le réduire. Cependant au moment où les prolétaires arrivent à contracter le prix de leur force de travail, ils pourront se rendre compte qu’ils ne doivent rien du tout aux patrons. Cette prise de conscience doit être le but du parti d’inspiration communiste. En effet, il faut que l’unité des prolétaires soit précisément orienté à cette fin, car si la fin dévient la gestion de la société bourgeoise elle perd tout son sens et dévient, parfois, même réactionnaire. Pour nous le parti d’inspiration communiste devrait être le parti qui se propose donc de développer la conscience de classe parmi les prolétaires, afin qu’ils comprennent leur situation d’exploitation, en sortant de leur situation d’aliénation et pour qu’ils s’engagent dans la lutte contre le bourgeois. Ainsi il est important de souligner encore une fois que la base du parti ce ne sont pas les électeurs, ni les sympathisants. La politique du parti doit s’orienter vers les prolétaires et doit toujours tenir compte de l’opposition entre eux et les bourgeois. Afin de gagner la confiance des prolétaires le parti d’inspiration communiste doit s’engager pour développer le conflit social. Par là nous entendons identifier les moyens que la bourgeoisie utilise pour exploiter les prolétaires afin de les dénoncer et les combattre. Cette lutte servira premièrement aux communistes pour démontrer aux prolétaires leur engagement auprès d’eux et à en gagner la confiance. Deuxièmement, les victoires dans les luttes concrètes permettront de limiter la concurrence entre les classes populaires et faciliter l’union contre les seuls responsables de leur exploitation, les bourgeois. Troisièmement, la présence dans les conflits sociaux est fondamentale pour les communistes afin de faire passer la prise de conscience des prolétaires. En conclusion, le développement du conflit social doit se faire en fonction du développement de la lutte de classes. La lutte de classes est le combat qui va permettre aux prolétaires de conquérir le contrôle des moyens de productions et donc l’organisation de manière collective et démocratique de la production et de la société toute entière.

Comment pouvons-nous nous organiser pour prôner nos luttes ?

Le parti d’inspiration communiste devrait savoir interpréter les situations d’exploitations des prolétaires pour pouvoir en organiser les luttes. Un des lieux priviligiés où combattre l’exploitation capitaliste sont certainement les institutions bourgeoises. La présence des communistes dans les parlements et avec beaucoup de précaution dans les exécutifs est une partie centrale de l’activité d’un parti qui opère dans un cadre démocratique libéral. La participation aux institutions doit être un élement pour dénoncer et combattre l’exploitation y compris avec des positions réformatrices. Néanmoins cette participation doit avoir, comme nous l’avons déjà souligné plus haut, trois finalités : démontrer aux prolétaires qu’ils peuvent compter sur nous, lutter pour limiter la concurrence entre les prolétaires et développer la conscience de classe. Ces trois orientations de la lutte doivent être nos objectifs stratégiques et ils doivent se développer de manière à former un tout. Si l’activité parlementaire se résume à l’amélioration du capitalisme nous serions un parti socio-démocrate.

Toutefois il est fondémental que l’action des communistes se développe aussi en dehors du cadre institutionnel, c’est même plus important. Il faut que les communistes travaillent pour les trois objectifs stratégiques dans tout le tissu social. Il faut que les communistes soient présent dans les associations d’intérêts collectifs, dans les syndicats, dans les établissements scolaires, partout où il y a des contradictions du système capitaliste. Il est donc possible que les communistes doivent s’engager pour créer ces lieux d’aggregation pour faire face à des facettes de l’exploitation. Il s’agirait par exemple de développer des coopératives pour l’echange directe entre petits producteurs et consommateurs, en écartant la spéculation des grands distributeurs. L’utilisation des mass-média doit être prudente, nous ne pouvons pas croire que la presse bourgeoise nous laisse gagner nos luttes à travers eux. Nous devons comprendre que le seul appui sur ces moyens de communication ne nous permettra pas de créer une véritable conscience de classe. Pour cela nous devons souligner l’importance de nos journaux et de nos sites internets qui doivent être soutenus et développées.

Conclusions

La construction d’un parti d’inspiration communiste, comme objectif général que nous devons nous donner, est un processus qui va se structurer et se redéfinir avec les expériences pratiques. Le Parti devra interagir avec le contexte de manière dialectique pour ajuster en continuation ces pratiques à la réalité changeante. Néanmoins ce processus doit garder comme objectif les fondements du sens de notre lutte, c’est-à-dire le dépassement de l’exploitation capitaliste. Il faudra être novateur ou réformateur sans tomber dans le réformisme ou le révisionnisme. Le Parti devra savoir dialoguer avec les prolétaires, non pour reprendre de manière populiste le sens commun alimenté par la bourgeoisie, mais pour interpréter et comprendre les conditions d’exploitation qui s’instaurent dans la société. Nous devons être un parti à l’écoute des classes populaires, un parti ouvert, mais capable d’expliquer par ses propres moyens les situations d’exploitation.

La tâche que nous nous proposons avec ce document n’est certainement pas un projet facile. Nous sommes conscients de notre ambition, mais nous sommes révolutionnaires, c’est dans notre nature de l’être. Cette ambition ne doit pourtant pas devenir arrogance, nous n’avons pas toutes les réponses à toutes les questions. Nous devons savoir étudier avec humilité et constance nos conditions de vie et de militants en sachant faire une autocritique quand cela dévient nécessaire. Le militant communiste doit être l’exemple pour les autres, son attitude et son comportement sont le reflet de son projet politique. Ainsi le militant communiste doit être capable de discuter avec respect, même avec ceux qui ne se sont pas d’accord avec lui. Il doit être le militant plus actif, plus constant, plus studieux.

Nous ne devons pas développer la conscience de classe à travers le folklore, mais en expliquant nos points de vue pour que cela soit compris dans leur sens le plus profond. Seulement de cette manière la construction d’un parti d’inspiration communiste sera possible et les fruits en seront durables. Nous devons savoir nous rapprocher de manière plus concrète aux classes populaires, afin que chaque prolétaire comprenne le sens profond de notre lutte. Sans diluer nos idées et notre identité par peur de ne pas être compris, nous devons militer à côté des classes populaires, des prolétaires. Nous devons être leur organisation politique qui les guide vers l’unité et la révolution.

Site du Parti Suisse du Travail : http://www.pst.ch/
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 13:21


Publié le 1er octobre 2000  par Serge Halimi

Avant la guerre du Golfe, avant le Kosovo, une autre " juste cause " avait mobilisé les médias occidentaux...

C’était il y a un peu plus de dix ans, quelques jours avant Noël. L’actualité était à l’époque occupée par deux événements de politique internationale. A Panama, l’armée américaine intervenait pour expatrier manu militari avant de le juger à Miami le chef de l’Etat panaméen, Manuel Noriega, un ancien agent de la CIA qui avait cessé d’être utile à George Bush, lui même ancien directeur de la CIA devenu président des Etats-Unis. Cette opération de police internationale fut présentée par la plupart des grands médias comme une promenade de campagne. On apprendrait plus tard qu’elle avait fait près de 2000 morts.

C’était il y a un peu plus de dix ans, quelques jours avant Noël. En Roumanie, une dictature s’écroulait devant les caméras. On parla beaucoup de sang. TF1 expliqua : " Ceaucescu, atteint de leucémie, aurait eu besoin de changer son sang tous les mois. Des jeunes gens vidés de leur sang auraient été découverts dans la forêt des Carpates. Ceaucescu vampire ? Comment y croire ? La rumeur avait annoncé des charniers. On les a trouvés à Timisora. Et ce ne sont pas les derniers. [1]" L’Evénement du jeudi titra : " Dracula était communiste. " (28/12/1989)

On parla de " génocide ", de " charniers ", de " massacres ", de " femmes enceintes éventrées ", de " tortures ", de " corps brûlés dans un crématorium". On évoqua ces " hauffeurs de camions qui transportaient des mètres cubes de corps, qui étaient abattus d’une balle dans la nuque par la police secrète pour éliminer tout témoin.] [2]" On parla de 70 000 morts en quelques jours. Sur TF1, Gérard Carreyrou lança un appel à la formation de brigades internationales prêtes à " Mourir à Bucarest. " Il ne dit pas s’il aurait été volontaire. Mais on devina que non.

On parla de Timisoara. Timisoara, 350 000 habitants. Ville martyre. Le 23 décembre 1989, on chiffrait à plus de 10 000 morts le nombre des victimes de la Securitate, la police du régime. Selon l’envoyé spécial d’El Pais, " A Timisoara, l’armée a découvert des chambres de torture où, systématiquement, on défigurait à l’acide les visages des dissidents et des leaders ouvriers pour éviter que leurs cadavres ne soient identifiés. " On découvrit un charnier gigantesque. D’ailleurs, à titre d’exemple, mais seulement à titre d’exemple, on exposa devant les caméras dix-neuf corps, côte à côte, plus ou moins décomposés. Dont celui d’un bébé posé sur le cadavre d’une femme, qu’on imaginait être sa maman. Tous extraits d’une fosse commune. Le 22 décembre, les agences hongroise, est-allemande et yougoslave, qui seront reprises par l’AFP à 18h 54, parlaient de 4 632 cadavres de victimes des émeutes des 17 et 19 décembre, " soit par balles soit par baïonnette " (Tanjung), de 7 614 manifestants fusillés par la Securitate. Un chapeau du Monde annonçait 4 000 à 5000 morts.

Sur la Cinq, Guillaume Durand donna le chiffre de 4 630 corps comme un " bilan tristement officiel." Sur France Inter, le correspondant de la station annonça à son tour comme une certitude avérée la découverte de 4630 cadavres à Timisoara. Derrière lui, en plateau, le commentateur reprit : " 4630 cadavres, vous avez bien entendu, dans une seule fosse commune !" A quatre reprises au cours de ce journal, le chiffre de 4 630 cadavres fut cité sans que nulle source ne fût jamais indiquée. Dans Libération (23/12/1989), un titre sur deux pages fit état des 4 630 cadavres ; il était accompagné d’un éditorial de Serge July titré " Boucherie ". On lisait : " Timisoara libéré découvre un charnier. Des milliers de corps nus tout juste exhumés, terreux et mutilés, prix insupportable de son insurrection. " Le rédacteur en chef, Dominique Pouchin, expliqua : " Tout nous laissait penser, y compris les images qui arrivaient, que l’info était vraie. " (Libé, 4/4/90) Le Monde félicita La Cinq d’avoir " révélé l’horrible charnier des victimes des manifestations du dimanche précédent " [3].

Le bilan officiel des victimes pour toute la Roumanie est de 689 morts, pas 70 000. A Timisoara, il y aurait eu entre 90 et 147 victimes, pas 12 000. Et, comme le remarqua Jean-Claude Guillebaud, " 90 morts dans une ville de province, c’est beaucoup. " La maman présumée avait succombé à une cirrhose du foie le 8 novembre 1989. La petite fille, qui n’était pas sa fille, avait péri de la mort subite du nourrisson [4]. On avait déterré leurs corps de la fosse commune.

A Panama, il y avait eu 2000 morts, civils pour la plupart, soit trois fois plus de victimes qu’en Roumanie. Personne n’avait cependant parlé de " génocide panaméen " ou de " charnier ". On s’était même amusé des techniques de l’armée américaine qui, pendant des jours entiers, essaya de déloger Manuel Noriega du bâtiment consulaire où il était réfugié en jouant au volume maximum la musique qu’il détestait le plus. Tant d’humanité ...

Mais comme il est dur, dans ce métier, en France, de faire son autocritique. Trois mois après l’imposture de Timisoara, Guillaume Durand prétendait encore : " Le bilan est satisfaisant professionnellement. Si les éditorialistes assis dans leurs fauteuils cherchent la bagarre, ils vont l’avoir. " [5] Un an après la guerre du Kosovo, Jacques Julliard a l’audace de se montrer tout aussi offensif : " Nous n’avons que faire, je le dis hautement, de ces réquisitoires de procureurs et de pions ; de ces tonitruants discours de tranche-montagnes, entrecoupés des gémissements de tous les déçus de l’Histoire. Nous sommes de bonne volonté. Mais si l’on nous cherche, on nous trouvera. " [6]

Serge Halimi

Publié dans La Vache folle n°27, août-octobre 2000, p. 9
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 13:13

En décembre 1989, la Roumanie est le dernier pays du bloc de l'Est

à se détacher du communisme. Dans La Mort des Ceausescu. La vérité sur un coup d'Etat communiste, qui sort aujourd'hui, Catherine Durandin revient sur la genèse des événements roumains.

Qu'est-ce qui va provoquer la chute du couple Ceausescu ?

Les manifestations commencent à Timisoara les 16 et 17 décembre 1989, provoquées par une situation économique et sociale dégradée. Le régime est pris au dépourvu. L'armée et la police tirent sur la foule, faisant une centaine de morts. Mais le mouvement continue à prendre de l'ampleur. Les manifestations se déplacent à Bucarest les 21 et 22 décembre. Au total, ces événements ont fait 1 100 morts dans tout le pays. Poussé par son entourage, Nicolae Ceausescu, à la tête du pays depuis 1965 et premier secrétaire du Parti communiste roumain, s'enfuit en hélicoptère, ce qui donne l'image désastreuse d'un dirigeant en fuite à la Louis XVI.

Mais la réalité c'est qu'un coup d'Etat est en train de se jouer en Roumanie...

Oui. Un coup d'Etat organisé par le général Stanculescu notamment. Pour légitimer le nouveau régime, un tribunal expéditif est organisé. Ceausescu et sa femme sont condamnés au peloton d'exécution pour avoir commis « un génocide contre le peuple roumain ». On les accuse d'être à l'origine de la mort de « 60 000 personnes à Timisoara », ce qui est faux.

Quel regard les Roumains portent-ils sur ces événements aujourd'hui ?

Ils sont très mal à l'aise. Il y a à la fois un grand respect pour les jeunes qui ont crié « liberté » et ont été tués, mais aussi une grande gêne par rapport au procès des Ceausescu. Les médias occidentaux n'ont pas non plus fait leur autocritique, alors qu'on a construit l'idée de charniers [après les manifestations de Timisoara], participé à la légitimation d'un procès inique. Comme si on avait voulu que le sang coule parce que c'était la fin de la guerre froide. W

 

http://www.20minutes.fr/article/362997/Monde-le-proces-des-Ceausescu-gene-les-Roumains.php
Recueilli par Armelle Le Goff
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Published by valenton rouge - dans Europe
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