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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 18:26
 
 
 

Pour une liste anticapitaliste à gauche de l’Arc-en ciel [l’Arcobaleno, coalition centre-gauche gouvernementale de Prodi]

Salvatore CANNAVÒ et Franco TURIGLIATTO (Gauche critique [courant issu du Parti de la Refondation Communiste, Rifondazione Comunista de Fausto Bertinotti])

Il manifesto, 7 février 2008

La chute du gouvernement Prodi marque le désastre d’un projet politique sans envergure et mal agencé. En dix-huit mois seulement, le centre-gauche, l’Union mythique qui devait « vraiment » changer l’Italie a enchaîné les échecs, laissant derrière elle de bien encombrants décombres. Un désastre matériel : un réel appauvrissement des travailleurs et travailleuses, une augmentation du travail précaire – par exemple par la défiscalisation des heures supplémentaires-, un enrichissement des entreprises par des aides inédites et massives de l’Etat. Mais également un désastre politique qui a provoqué désillusion, désenchantement, perte de confiance, détachement vis-à-vis de la politique et de l’engagement actif, démoralisation.

Prodi n’est pas tombé seulement sous les coups de Mastella[1]. Prodi tombe aussi parce qu’il est socialement isolé, en rupture avec l’électorat qui, à reculons et au prix de grands sacrifices, avait accepté de contribuer à sa victoire, avant tout pour faire obstacle aux forces de droite et au populisme odieux de Berlusconi. C’est cet élément qui explique la faiblesse et la fragilité du gouvernement et qui l’expose donc aux manœuvres d’un Mastella.

Ce désastre met en lumière l’échec de la gauche de pouvoir. La ligne favorable à la participation gouvernementale et à l’alliance avec la « bonne bourgeoisie » [2], a fait régresser le droit du travail, elle a favorisé les banques et les entreprises et elle permet aujourd’hui le retour massif des forces de droite. A la défaite politique illustrée par les envois de corps expéditionnaires à l’étranger, l’augmentation des dépenses militaires, la réduction des charges sociales, l’accord welfare [3], la trahison des attentes égalitaires du mouvement Lgbtq [4], le décret sécurité [5] les libéralisations de Bersani [6], la construction de la base de Vicence [7], la promotion de De Gennaro [8], s’ajoute une défaite sociale car la plupart du temps, les échecs ont été exhibés comme de petites victoires, comme un moindre mal. Il suffit de considérer aujourd’hui l’éparpillement de la gauche et la désorientation des travailleurs et travailleuses eux-mêmes pour prendre la mesure des dégâts.

L’échec de la gauche est sans appel et seuls une remise en cause générale et un renouvellement radical à tous les niveaux –à commencer par les groupes dirigeants- pourrait permettre d’établir une nouvelle base de travail. Il est nécessaire aujourd’hui de rappeler la différence entre une gauche vouée au « compromis préventif » et une gauche anticapitaliste, de classe, qui refuse de gouverner avec le Pd [9] et qui soit au diapason des mouvements sociaux.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas besoin dans l’immédiat d’une forte unité sociale sur des plates-formes claires et sur des propositions radicales –du refus de la guerre à la « suspension » des attaques contre les droits des femmes, de la lutte pour les salaires à la défense des droits civiques -, sur une ligne de « résistance sociale » capable de faire face aux attaques prévisibles des forces de droite, du patronat ou du Vatican. Sachant qu’il ne peut y avoir d’ambiguïtés ou d’hésitations quant aux plates-formes : on ne peut être contre la guerre et soutenir l’intervention au Liban ou en Afghanistan ; on ne peut être contre la précarité et voter pour l’accord welfare ; on ne peut être pour la laïcité et l’autodétermination des femmes et excommunier qui conteste le pape.

Cette position ne fait cependant pas disparaître la nécessité de reconstruire la gauche sur une plate-forme anticapitaliste et de classe. Nous ne croyons pas que la liste Arc-en-ciel puisse incarner ce projet. Le bilan de son activité gouvernementale, les lignes stratégiques sur lesquelles elle évolue, les groupes dirigeants qu’elle propose - comme on le constate dans la formation de sa liste et dans le choix de son candidat au poste de président du conseil [Walter Veltroni] [9]- parlent encore de la gauche encline à la dérive modérée que nous avons vue à l’œuvre ces dernières années et contre laquelle nous nous nous sommes battus . En somme c’est le schéma des « deux gauches » qui revient sur le devant de la scène : d’un côté la gauche à vocation gouvernementale et liée au projet de l’Arc-en-ciel, de l’autre, la gauche anticapitaliste, de classe, d’opposition qui s’avère aujourd’hui hétérogène jusque dans ses structures mais qui a déjà donné des preuves de sa capacité au dialogue et au travail en commun

C’est pourquoi nous croyons nécessaire de donner vie à gauche de l’Arc-en-ciel, à une liste de gauche anticapitaliste sur une plate-forme avancée de lutte et de revendications générales : augmentation réelle des salaires, reprise en main des services sociaux par l’Etat, lutte sans quartier contre les homicides au travail [10], plan « déchets zéro », opposition aux expéditions militaires, réduction des dépenses militaires et reconversion de l’industrie de guerre, défense des droits des femmes, des droits civiques contre toute ingérence du Vatican, abolition de la loi 30 [ 11], abolition de la loi Bossi-Fini [12], réduction drastique des privilèges liés à la fonction.

Une liste d’unité, de pluralité et d’innovation : rotation des élus, strict plafonnement des indemnités, hétérogénéité des candidats. Une liste fermée aux alliances et aux coalitions avec le Parti démocratique mais qui sache redonner souffle et avenir à une alternative politique. Nous voulons travailler à cet objectif, dans le peu de temps qui reste avant les échéances électorales, sans entraves ni schématismes. Une large unité de classe sur une plate-forme partagée, liée à une pratique de lutte commune, est la condition nécessaire non seulement pour obtenir des succès électoraux ou réaliser des ambitions politiques mais plus encore pour contribuer à donner une réponse à la crise et à jeter les bases d’une reconstruction de la gauche alternative et de classe.

[1] ex-ministre du travail de Berlusconi, il participe avec son parti centriste, l’UDEUR ( Union démocratique pour l’Europe) au gouvernement Prodi. Nommé ministre de la justice en 2006, il démissionne suite à une enquête judiciaire pour corruption qui le visait ainsi que son épouse. Il ne soutient pas le gouvernement Prodi lors du vote de confiance et contribue grandement à sa chute. http://www.rue89.com/2008/01/25/la-... )

[2] allusion à un discours de Bertinotti qui prétendait qu’il existait une « bonne bourgeoisie » avec laquelle même le communiste le plus extrémiste pouvait négocier dans l’intérêt du peuple italien http://www.lisistrata.com/cgi-bin/t...

[3] accord social signé en 2007 qui porte à 60 ans au lieu de 57 l’âge minimum du départ en retraite et qui entérine la précarisation des travailleurs. http://communisme.wordpress.com/200...

[4] Lesbienne gay bisexuel, transgenre, queer.

[5] décret-loi (adopté dans l’urgence en novembre 2007 après le meurtre d’une femme par un ressortissant roumain) qui permet l’éloignement pour trois ans d’étrangers membres de l’UE qui « contreviennent à la dignité humaine, aux droits fondamentaux et à la sécurité publique » http://www.ldh-toulon.net/spip.php?... : Ligue italienne des droits de l’homme condamne des expulsions visant des Roumains

[6] ministre du développement économique du gouvernement Prodi

[7] en janvier 2007, Prodi avait annoncé que son gouvernement ne s’opposerait pas à l’extension de cette base qui abrite le commandement US Army de l’Europe du Sud http://www.legrandsoir.info/spip.ph... : l’Italie donne son accord aux USA pour l’agrandissement de leur base de Vicence

[8] Chef de la police depuis 2000, il avait été mis en examen en 2007 pour sa gestion de l’ordre public lors du G8 de Gênes en 2001. Suite aux polémiques, il avait perdu son poste de chef de la police … et avait été promu chef de cabinet au ministère de l’Intérieur http://it.wikipedia.org/wiki/Giovan...

[9] Parti Démocratique : parti né en octobre 2007 de la fusion des Démocrates de gauche et des Démocrates libéraux avec la participation des Verts. Il a pour président Romano Prodi et pour secrétaire Walter Veltroni, le maire de Rome (celui-là même qui assure qu’il sera, « comme Sarkozy, un homme nouveau qui changera la donne dans la politique » voir Canard Enchaîné du 13/02/08)

[10] accidents mortels du travail appelés également « morts blanches » par les Italiens http://communisme.wordpress.com/200...

[11] réforme du marché du travail vers plus de flexibilité, également appelée loi Biagi du nom du juriste qui en est le concepteur et qui a été assassiné en 2002 par les nouvelles Brigades Rouges http://www.politis.fr/article1662.html

[12] loi d’immigration de 2002 qui prévoit, entre autres, la mise en rétention et la reconduite à la frontière des immigrés clandestins http://www.france.attac.org/spip.ph...

TRADUCTION par AVANTIPOPULO

 http://www.ilmanifesto.it/Quotidian...
 
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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 15:06

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Publié sur l'Ernesto ce matin, traduit par GQ, On constate que les camarades italiens sont confrontés à un véritable putsch de leur direction, qui a annulé le congrès statutaire pour passer en force la liquidation de Rifondazione Communista. Les mœurs que l'on tente d'acclimater dans les différents partis du PGE méritent la plus grande vigilance!

140 membres du PRC de la fédération de la province de Pistoia signent l'appel de Florence «  pour un congrès de relance de l'action et de l'autonomie du PRC,,, »

Ernesto, 31/0/2008

Texte accompagnant la signature de l'appel de Florence:

Nous sommes des camarades signataires de motions différentes au dernier congrès et nous retransmettons ici un appel à destination de la Fédération et des cercles du parti, pour que remonte la demande d'un congrès du parti au début du printemps prochain, pour une évaluation démocratique des adhérents sur les thèmes suivants : expérience négative de la participation au gouvernament Prodi, la chute de ce gouvernment, le choix d'entrer dans la « gauche arc en ciel » et celui (avec lequel nous sommes en désaccord) de retirer la faucille et le marteau des bulletins de votes,

La participation au gouvernement s'est avérée sans influence sur son action, et ses choix politiques ont été imposés par le PD [l'ex PCI liquidé et droitisé à mort] de Veltroni, Prodi, Padoa Schioppa, Dini, Mastrella, que ont mis en œuvre une ligne d'austérité en faveur des grandes entreprises, de Cofindustria [medef local] et du pouvoir économique, l'application du programme électoral a été éludé, ce qui montre la satellisation du PRC, et ce qui a provoqué une crise de confiance parmi les travailleurs et les classe populaires qui réclammaient une action en cohérence avec engagements pris pendant la campagne électorale,

Au contraire, sur les questions militaires : la base de Vicence a été concédée au États-Unis, et les dépenses miltaires ont été augmentées de 24%, la précarité et la « loi 30 » ont été confirmées, au préjudice des jeunes générations, les salaires et les retraites sont maintenant les plus bas d'Europe, les droits sociaux ne sont pas défendus et la pauvreté s'accroit dans les classes populaires et parmi les travailleurs, et les accidents du travail causent la mort de milliers de travailleurs, C'est une situation préoccupante qui aurait exigé la réunion d'un congrès du parti dès l'année en cours, au rythme prévu, et au contraire, il a été ajourné et remis au calendes grecques, précisément au moment où le parti est impliqué par sa participation au gouvernment dans les mauvais compromis sur les retraites, les droits sociaux et une loi de finance impopulaire. Au lieu d'un congrès, comme si tout ça ne regardait pas les adhérents du parti, on demande de bien improbables explications à Prodi et au PD, comme si ce n'était pas eux qui avaient imposé l'abandon de la plate forme électorale commune.

Maintenant comme beaucoup l'avait prévu, le gouvernement Prodi est tombé et nous nous trouvons devant une crise de confiance qui monte dans la toute la société et qui touche aussi notre parti. Nous nous sommes laissés reléguer par nos alliés en position subalterne, ce qui sème le doute sur notre avenir même, et à l'heure actuelle nous ne savons même pas si et quand le congrès aura lieu, tandis que sont mises en avant des propositions du genre d'un « gouvernement institutionnel technique » pour la réforme de la loi électorale, qui si elles sont appliquées consisteront en fait en une coalition avec des formations du centre droit. Nous avons toujours refusé avec détermination de nous associer à ce genre de combinaisons, et aujourd'hui elles sont présentées officiellement par le parti sans discussion préalable par les cercles et les fédérations.

De même le choix de participer à la « Gauche arc en ciel » qui a été fait en décembre dans une réunion « d'états-généraux » et n'a pas été présentée pour discussion à l'ensemble du parti. La démarche apparaît comme émanant du sommet, sans participation des inscrits ni consultation de la base sociale du parti, c'est d'ailleurs également le cas pour les adhérents des autres forces et mouvements concernés, qui ont contribué depuis le G8 de Gênes à la reprise des luttes dans notre pays. Ainsi à l'intérieur des partis et mouvements de gauche se concrétise une fracture profonde qui est due au choix gestionnaires en cours qui conduisent à diminuer et à sous-estimer le rôle de la base, les bases sociale et territoriale nécessaire pour conduire le changement.

Sur la base de ces constatations nous demandons la tenue d'un congrès au début du printemps, de manière a donner le rôle central et décisif aux adhérents du parti dans les choix futurs, en particulier en ce qui concerne la Gauche « arc en ciel » qui ne pourra pas se faire en niant l'autonomie du PRC, ses symboles attitrés et son existence.

Signé par 140 inscrits du PRC de la fédération de Pistoia, appartenants à différents cercles, parmi lesquels 5 secrétaires de cercles, un conseiller provincial, 2 conseillers municipaux, un membre du bureau politique national, et de nombreux membres de la direction fédérale de la province de Pistoia,

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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 14:58

On a appris lundi 28 janvier (et ce n’est donc pas le 1er avril) que pour la première fois, le Royaume-Uni va autoriser trois sociétés dont la chaîne de restauration rapide McDonald’s [1], à décerner ses propres diplômes, équivalents du baccalauréat britannique et reconnus par l’Etat.

L’agence gouvernementale chargée des cursus scolaires (Qualifications and Curriculum Authority, QCA). a précisé que Mac Do pourra délivrer un baccalauréat en "gestion du travail en équipes", qui certifiera que son détenteur a appris toutes les tâches reliées à la gestion d’un restaurant McDonalds, et en particulier les ressources humaines domaine dans lequel c’est bien connu la chaine brille particulièrement...

Network Rail pourra décerner des diplômes pouvant aller jusqu’au doctorat en ingénierie. La compagnie aérienne à bas prix Flybe délivrera des diplômes de stewards ou hôtesses ainsi que d’ingénieurs de vol.

Le ministre des Universités et de la formation, John Denham. a déclaré sans rire : "Cette importante mesure vise à mettre fin aux vieilles divisions entre les qualifications nationales et la formation en entreprises, ce qui va être à l’avantage des employés, des employeurs et du pays dans son ensemble". Il aurait même pu ajouter tant qu’il y était que c’est par pur philantropisme, par amour de l’être humain et de la formation que ces entreprises vont se lancer dans ce nouveau créneau...

Vu la réalité de Mac Do en France et en particulier à Marseille pourquoi ne pas imiter les anglais ? Il pourrait ainsi y avoir :
-  Un bac chasse aux syndicalistes
-  Un master (ça fait plus classe) de mafieux
- Un bac sport études option course entre les tables
-  Et même un BEP (avant qu’il ne soit supprimé) d’apprenti esclave

Mais il faut aller plus loin : pourquoi limiter à Mac Do la délivrance de diplômes ?

Peut être après tout la CGT pourrait elle aussi s’aligner pour un doctorat de résistance ?

Nul doute que Najib, représentant CGT au CE et convoqué une nouvelle fois ce lundi 4 février au commissariat de police sur plainte de sa direction aurait toutes les chances de l’obtenir…

 

[1] Les deux autres sociétés sont Network Rail, qui gère et entretient le réseau ferroviaire, et la compagnie aérienne à bas prix Flybe.

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 21:07
undefined Succès électoraux de « la gauche » dans deux régions d’Allemagne

 

L’exemple de « Die Linke » : ni transposable, ni souhaitable en France.


Des élections régionales avaient lieu dimanche 27 janvier en Hesse et en Basse-Saxe. Pour la première fois depuis plus de 50 ans, des candidats s’affichant à gauche du Parti social-démocrate (SPD) ont été élus à ces deux parlements régionaux de l’ouest de l’Allemagne, comme cela avait déjà été le cas en mai dans la ville-région de Brême. Les listes conduites par le nouveau parti « die Linke », « la gauche », ont dépassé le seuil des 5%. Ces résultats modifient incontestablement la donne politique et ouvrent de nouvelles perspectives à la gauche "anticapitaliste" allemande, notamment des régions de l’ex-RFA, qui s’est investie dans la campagne de « die Linke ». Communistes français, nous nous en félicitons et saluons particulièrement l’élection en Basse-Saxe de Cristel Wegner, membre du parti communiste allemand (DKP).

Pour autant la situation de nos camarades allemands n’est pas la nôtre et le « modèle allemand » de « die Linke » vanté par certains en France ne nous paraît ni adaptable, ni souhaitable dans notre pays. Les travailleurs français n’ont pas besoin d’un nouveau parti social-démocrate, même estampillé « de gauche ». 

Pour le montrer, nous revenons, dans les lignes qui suivent, sur les origines spécifiques, les orientations et les perspectives de « die Linke ».


Le parti « die Linke », « La Gauche », a été officiellement constitué en Allemagne le 17 juin. Ce baptême a suscité l’engouement de certaines personnalités françaises qui y voient un nouveau modèle de recomposition politique « à gauche du PS » applicable à la France après l’essai des « collectifs antilibéraux ».

De nombreux dirigeants du PCF affichent leur enthousiasme. Dans son rapport au Conseil national du PCF du 22 juin, Marie-George Buffet érige le scénario allemand en premier exemple parmi les « idées émises pour examiner sans tabou, ni a priori l’avenir du PCF » : « décider la création d’un nouveau parti, de le dépasser pour en fonder un avec d’autres à l’exemple de Die Linke… ».  

Cherche-t-on à influencer le débat des communistes français avant le congrès de la fin de l’année à partir d’un exemple étranger méconnu et présenté de façon flatteuse ? Une « expérimentation » possible de nouvelle forme politique comme la direction du PCF a tenté de l’imposer dans le texte du mandat de l’assemblée extraordinaire de décembre ? C’est évident. Cela nous invite à nous intéresser plus précisément à cette expérience allemande. Disons-le de suite : elle n’est pas transposable en France et inacceptable pour les communistes français qui entendent le rester.

Un mariage déséquilibré.

Le nouveau parti se présente comme le résultat d’un processus, entamé depuis deux ans et marqué par des candidatures communes aux élections législatives d’octobre 2005, de fusion entre le Parti du socialisme démocratique (PDS) et de « l’Alternative électorale pour la justice sociale » (WASG). La disproportion entre les deux acteurs invite plutôt à parler de transformation du PDS en « die Linke » au moyen de la WASG.  

La WASG est un amalgame récent, créé seulement en 2004, de sociaux démocrates en rupture avec le SPD, de militants d’extrême gauche, d’altermondialistes, de responsables syndicaux… Il comptait autour de 11000 adhérents, dont plusieurs milliers ont refusé de rejoindre le nouveau parti. Comme son nom l’indique, la raison d’être d’origine était électorale. Dans le nouvel ensemble, la WAGS présente notamment deux caractéristiques : être une organisation de l’ouest, n’avoir aucune racine communiste. Mais son identité est peu définie. Pour l’immense majorité de l’opinion publique, ce conjoint du mariage est identifié à son leader, Oskar Lafontaine qui l’avait rejoint en 2005. Homme politique de premier plan, Lafontaine a été, entre autres, président du parti social-démocrate (SPD) de 1995 à 1999 et ministre des finances en 98 et 99 jusqu’à sa démission du gouvernement pour désaccord politique avec l’orientation social-libérale de Schröder. Positionné à l’aile gauche de la social-démocratie mais personnalité médiatique déroutante, Lafontaine a défrayé la chronique en 2005 par une sortie détonante affirmant que « l’Etat doit empêcher que des pères ou mères de famille ne deviennent chômeurs parce que des travailleurs étrangers leur prennent leurs places de travail avec des salaires plus bas ». Il a récidivé en septembre 2007 en se prononçant pour une « allocation pour les femmes aux foyers ».

Il est aujourd’hui l’un deux co-présidents de die Linke.

L’autre composante d’origine de die Linke est le PDS. Au moment de la fusion, il compte 60000 adhérents, principalement à l’est. Le PDS est issu de la transformation en 1990 du Parti socialiste unifié (SED) – parti au pouvoir (mais non parti unique) en RDA. Le SED était né en 1946 de la fusion dans la zone d’occupation soviétique de parti communiste d’Allemagne (KPD) et du parti social-démocrate. Le PDS représente donc un partenaire historique naturel du PCF.

A l’ouest, le parti communiste KPD a continué d’exister avant d’être interdit par le pouvoir de la RFA en 1956 et de renaître officiellement, après une période de clandestinité, en 1968 sous le nom de Parti communiste allemand (DKP). Le DKP, parti communiste se revendiquant comme tel, ne s’est pas fondu dans « die Linke ».

Le PDS porte (portait) donc une partie du riche héritage historique du mouvement ouvrier allemand et de l’expérience de construction du socialisme sur le sol allemand à l’est. Successeur d’un parti au pouvoir pendant 50 ans, il est marqué aussi par une culture administrative sinon gestionnaire plus que par une culture de lutte. Paradoxalement, l’anticommunisme d’Etat de la RFA, l’ostracisme et la répression qu’elle a appliqués à l’encontre des anciens cadres de la RDA, ont rendu impossible le recyclage, notamment vers le SPD, même des plus « réformateurs » d’entre eux, à l’opposé de ce qui a pu se passer dans d’autres pays de l’est. Certains se retrouvent au PDS.

Le PDS a acquis et conservé jusqu’à présent une forte influence dans les régions de l’ancienne RDA, avec des résultats électoraux très souvent supérieurs à 20%. Il est apparu pour beaucoup comme le seul parti susceptible de porter la colère et les revendications de nombreux citoyens de l’est. 17 ans après l’annexion par la RFA, ils subissent toujours des salaires inférieurs de 20% et un taux chômage largement supérieur à ceux de l’ouest. Donnée méconnue, la diminution de 15% de la population de ces régions par rapport à l’ancienne RDA illustre les aspects économiques dévastateurs de la « réunification ». Cette influence fait du PDS un parti d’élus : plus de 6000, 10% de ses effectifs.

A l’ouest, le PDS a progressé régulièrement mais lentement atteignant 1% des voix, localement plus et quelques milliers d’adhérents venant principalement de la gauche anticapitaliste et/ou pacifiste, souvent en décalage avec les directions de l’est.

La direction du PDS s’est trouvée confrontée à une contradiction. Seule son implantation régionale à l’est lui a donné un statut de parti national mais dans le même temps, à son corps défendant, elle le limite et l’identifie à un passé, à une option politique dont elle cherche obstinément à se dégager.

L’aboutissement du processus de mutation-disparition du PDS.

L’histoire des 17 ans d’existence du PDS est celle d’une mutation impulsée et imposée par son groupe dirigeant pour passer d’un parti marxiste-léniniste à un parti « de gauche », en fait ouvertement social-démocrate.

La transformation du SED en PDS a eu lieu en 1990 en plein effondrement de la RDA, quelques mois après la chute du Mur de Berlin. La plus grande partie de la direction du SED est alors disqualifiée ou a perdu pied. Le parti connaît une hémorragie des adhérents du « parti-Etat ». Il est même question d’une dissolution pure et simple du SED. Les adhérents de conviction, les communistes sont sous le choc, en plein désarroi.

Dans ce contexte, le courant le plus réformiste, gorbatchévien, parvient à l’emporter et prend une place prépondérante dans la direction du nouveau parti. Après avoir pris le contrôle de l’appareil, il ne la lâchera pas. Dès ce moment, sa figure de proue est l’avocat Gregor Gysi, qui devient alors la véritable coqueluche des media de la nouvelle RFA.

Gysi est désormais l’autre coprésident de « die Linke ».

Dès le départ, les statuts et objectifs du PDS ne sont pas ceux d’un parti révolutionnaire et communiste. Mais l’héritage du SED, les repères idéologiques de la plupart de ses adhérents « de base », les premiers combats pour défendre les citoyens de l’est et les acquis de la RDA, la stigmatisation systématique par les autorités et partis de la RFA, maintiennent de fait dans l’opinion une identification communiste.

C’est surtout après la phase de consolidation électorale (de 4 à 5,1% nationalement entre 1994 et 2002), que se manifestent plus clairement l’orientation réformiste et la première préoccupation stratégique de l’équipe dirigeante : l’intégration dans la vie politicienne institutionnelle de la RFA et ses jeux d’alliance. Elle multiplie les gages de rupture avec tout héritage « communiste » pour se conformer aux normes « démocratiques » de la RFA, devenue toute l’Allemagne.

Révélateur de cette évolution, en 2000, la direction a tenté de faire valider le soutien, au cas par cas, d’interventions militaires allemandes à l’étranger. Les délégués du congrès de Münster avaient alors mis en échec cette résolution soulignant le décalage entre direction et base du parti. Une anecdote significative : en 2002, trois députés qui avait déployé une petite banderole « Mr Bush - Stop The War » à l’occasion d’un discours de Bush devant le Bundestag ont été désavoués par la direction du Parti qui s’est excusée directement auprès de Bush.

Gérer le capitalisme mieux que les autres ?

Cette ligne réformatrice modérée a trouvé sa pleine réalisation à partir de 2002 avec la participation du PDS à deux gouvernements régionaux en coalition avec la social-démocratie dans le Mecklembourg et à Berlin. Le bilan est éloquent. La majorité de « gauche », SPD-PDS à Berlin réussit ce que la coalition droite-SPD n’avait pas osé faire : forte augmentation des impôts locaux, privatisation de milliers de logements sociaux, autorisation de l’ouverture des commerces 24 heures sur 24, suppression de milliers de postes de fonctionnaires, réduction de leurs droits d’intervention dans les organismes paritaires… et cerise sur le gâteau : accord donné à la destruction du Palais de la République (de la RDA) et à la reconstruction à sa place du palais des Hohenzollern. La députée et dirigeante berlinoise du PDS, maintenant de « die Linke », Petra Pau, a bien résumé les choses en déclarant en 2005 : « nous avons fait la preuve à Berlin que nous étions capables d’administrer le capitalisme et même mieux que d’autres ». Cette démonstration d’assimilation au système politique (ouest)-allemand n’a pas convaincu les électeurs. Aux élections régionales de l’automne 2006, le résultat du PDS berlinois a fondu de 22,6 à 13,4%. La direction du parti n’en a pas moins décidé de poursuivre sa cogestion avec le SPD (au Mecklembourg, le SPD a préféré s’allier avec la droite).

Le cas berlinois n’est pas une anomalie. La présence dans les institutions, au plan national maintenant, est plus que jamais au centre de la stratégie de la direction de l’ex-PDS. Elle a motivé le processus de transformation étalée sur deux ans depuis 2005 en « die Linke » en passant par l’étape intermédiaire du « Linkspartei-PDS » (changement de nom du PDS en « parti de la gauche »). « Die Linke » répond à l’objectif de rupture avec l’héritage et peut-être surtout l’image d’héritier du socialisme de l’est, tout en essayant de conserver le capital électoral dans ces régions, pour devenir un parti de gouvernement de toute la RFA.

Cette aspiration a rencontré la volonté de Lafontaine de se remettre en selle nationalement mais aussi celle de milliers de progressistes ouest-allemands qui n’en finissent plus d’être dégoûtés par le SPD.

Premiers succès (et déboires) électoraux

Les circonstances politiques sont particulièrement favorables au nouveau parti. Le gouvernement SPD-Verts de Schröder a été battu aux législatives de fin 2005 après avoir mené une politique violemment antisociale. Depuis, faute de majorité absolue, le SPD participe, dans le cadre d’une « grande coalition », au gouvernement de Angela Merkel qui poursuit et aggrave la même politique. Le SPD laisse beaucoup de terrain à gauche. « Die Linke » peut aussi espérer servir de débouché électoral (pas forcément politique) aux très fortes mobilisations des salariés, ces dernières années contre le programme de casse sociale appelé « Hartz 4 » (augmentation du temps de travail, démantèlement des retraites…). Cela a commencé à se vérifier.

L’alliance électorale PDS-WAGS a obtenu 8,7% aux élections générales de fin 2005, score qui a créé l’événement. Les élections dans la ville-région de Brême au printemps 2007 ont confirmé le résultat de 2005 avec 8,4% avant les résultats du 27 janvier 2008 en Hesse et Basse-Saxe. Mais le résultat déjà mentionné de Berlin en 2006 entre temps ternit le tableau, d’autant plus qu’il correspond à une sanction de la ligne défendue par la plupart des dirigeants du Parti.

Quel espace peut occuper « die Linke »? Peut-elle jouer un autre rôle que celui prévu de deuxième parti social-démocrate, "de gauche"?

Pour des raisons historiques connues, il n’y a pas en Allemagne capitaliste, depuis l’après-guerre, de parti anticapitaliste de classe et de lutte, ayant atteint une représentation significative dans la vie politique nationale. « Die Linke » peut-il le devenir ?

Certains en ont l’espoir comptant sur une dynamique populaire nouvelle, issue du mouvement social, susceptible de dépasser les objectifs des fondateurs du parti. En tout état de cause, « die Linke » constitue un nouveau cadre politique dont les communistes et l’ensemble des militants « anticapitalistes » doivent tenir compte, à l’image de nos camarades du DKP.

La montée de dissensions entre Lafontaine et les ex-dirigeants du PDS fait partie des éléments imprévisibles. Paradoxalement, Lafontaine affiche des positions beaucoup plus radicalement critiques vis-à-vis de son ancien parti le SPD, notamment en matière sociale et beaucoup nettement anti-impérialistes en matière de politique extérieure (visite à Cuba – contre les interventions allemandes à l’étranger…).

Enfin, même peu organisés et largement évincés des directions, il reste beaucoup d’adhérents de l’ex-PDS, issus du SED, fortement attachés au socialisme et se revendiquant communistes. Dès les années 90, le décalage entre direction et élus d’une part, base des adhérents de l’autre a été souligné par tous les observateurs. Les évolutions du PDS ont suscité des oppositions internes. En 2000, au congrès de Münster, la direction du PDS avait été mise en échec dans sa tentative de faire valider le soutien aux interventions militaires allemandes à l’étranger (sous mandat de l’ONU). Au sein du PDS, plusieurs « plateformes » (tendances), qui se réclament du marxisme et du communisme, se sont opposées à la fusion-transformation en « die Linke », se prononçant pour de simples alliances électorales avec l’ex-WAGS. Elles se sont toutefois intégrées dans « die Linke ». Par ailleurs, les dizaines de milliers d’adhérents qui se sont détournés ou ont été écartés du PDS depuis 10 ans (la moitié des effectifs) resteront-ils sur la touche ?

Quelle capacité peuvent avoir ces forces, dans le contexte de la situation sociale, pour influer sur le cours futur de « die Linke » ? Nous n’avons pas les éléments pour répondre à cette question.

Mais ce qu’il ne fait pas de doutes, c’est que « die Linke » a été conçu comme un deuxième parti social-démocrate « de gauche » et que c’est la volonté de ses dirigeants actuels de le faire exister comme cela dans la suite de leurs options antérieures.

Les textes du congrès fondateur abondent des notions asexuées de « gauche » et d’« antilibéralisme ». Ils portent indiscutablement des orientations réformistes dans la prolongation des positions du PDS. Au-delà d’un vaste catalogue de réformes sociales, les axes programmatiques adoptés définissent un « socialisme démocratique » qui s’accommode de la propriété capitaliste de l’économie, éventuellement régulée. On retrouve la notion que nous avons appris à connaître avec la « Mutation » du PCF de « dépassement », dépassement du capitalisme, dépassement de la logique du profit, dépassement de l’OTAN : le dépassement qui implique l’acceptation. Ce programme d’aménagement du capitalisme est parfaitement compatible avec l’objectif prioritaire : la collaboration à un gouvernement dominé par le SPD. L’expérience berlinoise l’illustre. Ce qui va se passer en Hesse où le SPD (prétendument dominé par son aile gauche dans cette région)  peut avoir besoin des élus de « die Linke » pour former sa majorité sera intéressant à suivre comme confirmation ou contrepoint.

Les repères historiques affichés par les dirigeants de die « Linke » sont également assez éloquents. Lafontaine, social-démocrate lui-même, a réussi au congrès fondateur de juin un amalgame détonnant en associant dans son panthéon personnel Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, les fondateurs du Parti communiste allemand, sauvagement assassinés en 1919 sous la consigne du ministre social-démocrate Noske, à Willy Brandt, chancelier social-démocrate de la RFA dans les années 70, président de l’internationale socialiste de 1976 à sa mort. Pour leur part, Gysi et Bisky, ex-président du PDS, viennent de faire le choix d’honorer le 15 janvier dernier tout en même temps Luxemburg et Liebknecht à l’occasion de l’anniversaire de leur assassinat et « les victimes du stalinisme ».

Bisky a été désigné président du « Parti de la gauche européenne » au congrès de novembre. Communistes français, nous retombons en terrain de connaissance. Nous avons eu maintes fois l’occasion de dénoncer le PGE, promoteur de l’intégration européen et financé par la Commission européenne pour cela. Bisky a succédé à l’Italien Bertinotti dont le parti a participé jusqu’au bout au gouvernement centriste de Prodi, malgré la politique de casse des retraites et de soutien aux USA en Afghanistan et qui tente aujourd’hui de créer un nouveau « parti de la gauche » en Italie. « Gauche européenne », « gauche italienne », « gauche allemande », « gauche française » demain ? Comme MG Buffet en juin, c’est ce que Francis Wurtz préconise. « La gauche sera européenne ou ne sera pas » s’est-il envolé dans son discours comme invité au congrès fondateur de « die Linke ».

Quelles que soient les incertitudes sur le devenir de « die Linke », l’objectif de sa création est clair et la mise en avant comme modèle de cette expérience par les dirigeants français correspond étroitement à leur objectif de sabordage du PCF et de transformation en « chose de gauche », tournant le dos à l’identité révolutionnaire et communiste de notre parti. Communistes résolument déterminés à mettre en échec cette perspective, nous serons amenés probablement à éclairer et dénoncer la réalité du « modèle allemand » et des intentions qu’il porte.

L’exemple de « die Linke » n’est absolument pas souhaitable pour les communistes français. Une transposition n’est pas non plus crédible en France.

Les conditions politiques du moment ne sont pas du tout les mêmes.

Le PS, malgré les avances de Sarkozy, ne participe pas au gouvernement. Même si ses positions sont aussi socio-libérales que celles du SPD, il reste largement identifié comme un parti de « gauche ».

La personnalité, le courant du PS susceptible de jouer le rôle incarné par Lafontaine n’existe pas. Toujours à l’affût, Mélanchon (comme d’ailleurs la créature médiatique Autain) s’est montré à Berlin au congrès fondateur de « die Linke ». Mais l’ex-secrétaire d’Etat de Jospin, issu du PT, ne compte guère de divisions. Pas plus que l’ex rocardienne Lienemann.  Emmanuelli à peine plus. Quant à Fabius, son passé n’est pas vraiment marqué « à gauche ». Ces derniers ont compris d’emblée qu’ils avaient tout à perdre à quitter le PS pour rejoindre un PCF très affaibli mais encore très encombrant politiquement pour eux.

C’est bien là que réside l’impossibilité structurelle d’un scénario à l’allemande. Le PCF n’est pas le PDS. Il ne dispose plus de positions électorales locales prédominantes mais il représente, profondément ancré dans l’histoire de l’ensemble de notre pays, le parti anticapitaliste de masse et de classe que l’Allemagne n’a plus connu depuis 1933.

C’est cet acquis que nous voulons défendre, faire renaître. Plus que jamais, le monde du travail, la France ont besoin du Parti communiste français ! L’échange, la solidarité avec nos camarades allemands seront aussi importants dans cet objectif.

par Vive le Parti Communiste Français publié dans : Mouvt communiste international
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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 21:47

Die Link, le parti qui réunit depuis l’été dernier néo-communistes et déçus de la social-démocratie, devrait rentrer aux Parlements de Hesse et de Basse Saxe, selon des résultats encore provisoires des élections régionales. La CDU, le parti d’Angela Merkel, reste en tête mais subit un sérieux revers par rapport à 2003

Les chrétiens-démocrates (CDU) ont subi un très sérieux revers aux élections au Parlement du Land de Hesse. Le parti de la chancelière allemande a recueilli 36,8% des vois, contre 48,8% lors des dernières élections régionales en 2003, selon des résultats officiels provisoires. Il s’agit de sa plus mauvaise performance depuis 1966. La CDU se retrouve au coude-à-coude avec le SPD crédité de 36,7% des suffrages. Par conséquent, les deux blocs traditionnels se retrouvent chacun avec 42 sièges au Parlement. En Basse-Saxe, aussi, l’heure est à la déception pour la CDU. Certes, les chrétiens-démocrates y conservent une confortable majorité (plus de 50%), mais le parti a perdu plus de cinq points par rapport à 2003.

En fait, le grand vainqueur de ces élections régionales, c’est le parti d’extrême-gauche, Die Linke, qui réunit depuis l’été dernier néo-communistes et déçus de la social-démocratie. Près de vingt ans après la chute du Mur de Berlin, le parti, emmené notamment par l’ex-ministre et transfuge du SPD Oskar Lafontaine, ont obtenu entre 7 et 7,1% des voix à l’élection de Basse-Saxe, et 5% en Hesse, selon les résultats provisoires. Sachant qu’il faut obtenir au moins 5% des voix pour siéger au Parlement, Die Linke décroche son ticket d’entrée dans les parlements de deux grands Etats régionaux de l’ouest de l’Allemagne. "C’est une sensation, un résultat extraordinaire !", a jubilé le secrétaire général de Die Link, Dietmar Bartsch.

Les représentants de Die Link avaient franchi pour la première fois les portes d’un Parlement dans l’ouest de l’Allemagne en mai 2007, en réunissant 8,4% des suffrages à Brême (nord), un mois avant l’acte de naissance officiel du parti, né de l’union du PDS héritier du communisme de RDA et du petit mouvement WASG implanté à l’ouest depuis 2005. Mais les grandes formations avaient alors relativisé la portée de ce score réalisé dans un Etat mineur et sur une terre de gauche. Le doublé de dimanche entérine incontestablement la montée du parti, qui menace de bouleverser l’échiquier politique, en gênant la formation de coalitions. Et ce d’autant plus que Die Link pourrait bientôt siéger aussi au Parlement de Hambourg (nord) : il est crédité de 5 à 7% des voix à l’élection du 24 février.

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 22:00
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Par Phil Stewart

ROME (Reuters) - Benoît XVI a annulé la visite qu'il devait effectuer jeudi à la prestigieuse université de La Sapienza à Rome à la suite de manifestations d'étudiants et d'enseignants contre la venue du pape.

Après avoir résisté aux appels visant à annuler sa venue, le Vatican a annoncé mardi que le chef de l'Église catholique avait décidé de reporter sa visite.

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Le pape bavarois devait prendre la parole à l'occasion de l'inauguration de l'année universitaire 2008, dont le thème est la peine de mort, que le Vatican comme l'Italie combattent à travers le monde.

Selon le Saint-Siège, Benoît XVI fournira tout de même le texte du discours qu'il avait projeté de lire.

"Je suis très déçu. On peut ne pas partager toutes les idées du pape et le laisser tout de même s'exprimer", a déclaré à la presse le ministre des Universités, Fabio Mussi.

Les manifestants ont occupé les bureaux du chancelier de l'université pour exiger le droit de manifester dans l'enceinte de l'établissement lors de la venue de Benoît XVI. "Le pape prend La Sapienza en otage. Libérez les penseurs!", proclamait une banderole.

La controverse n'a cessé de s'étendre depuis une pétition de 67 professeurs de l'université Rome I - sur 5.000 - présentant le pape comme un théologien rétrograde qui place la religion au-dessus de la science et ne devrait donc pas être autorisé à prendre la parole dans un temple de la pensée laïque.

La protestation de certains enseignants et étudiants s'appuie sur un discours prononcé en 1990 par celui qui n'était encore que le cardinal Joseph Ratzinger. Ce discours, affirment-ils, démontre que le futur pape soutenait le procès en hérésie intenté en 1633 contre Galilée pour avoir osé affirmer que la Terre tourne autour du Soleil.

CENSURE OU DÉFENSE DE LA LAÏCITÉ ?

Ils dénoncent la venue du pape dont les analyses, disent-il, "nous offensent et nous humilient".

Pour ses partisans, le pape n'a fait que reprendre un philosophe autrichien qui avait jugé que le procès de Galilée était "rationnel et juste", sans apporter sa caution intellectuelle à ce jugement.

"Il a exprimé une position différente, prenant ses distances vis-à-vis de cette doctrine qu'il n'a pas absolument faite sienne", écrit le quotidien conservateur Il Giornale, qui a publié un extrait de ce discours.

La polémique a rebondi sur le thème de la laïcité: un groupe d'étudiants a proclamé une "semaine anticléricale" dans l'enceinte de La Sapienza.

"Je pense que la visite du pape n'est pas une bonne chose car la science n'a pas besoin de la religion. L'université est ouverte à toute forme de pensée, la religion ne l'est pas", a déclaré Andrea Sterbini, professeur d'informatique et signataire de la pétition.

Mais l'affaire a également permis au pape de trouver des soutiens inattendus, comme celui du prix Nobel de littérature 1997, le dramaturge Dario Fo, qui n'a jamais épargné ses critiques contre l'Église mais défend le droit de Benoît XVI à s'exprimer.

"Je suis contre toute forme de censure parce que le droit à l'expression est quelque chose de sacré", a-t-il dit au quotidien La Repubblica.

D'autres, champions de la laïcité, ont saisi l'occasion pour se plaindre de l'influence que conserve à leur grande fureur l'Église catholique dans la société italienne.

L'une des plus grandes universités du monde, La Sapienza, fondée en 1303 par le pape Boniface VIII, rassemble aujourd'hui une vingtaine de facultés et compte 150.000 étudiants.

avec Cristiano Corvino et Antonio Denti, version française Henri-Pierre André, Guy Kerivel et Jean-Loup Fiévet

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 21:28

undefinedPar VICTOR TRUSHKOV
La Pravda n° 118 du 25.10.2007
Traduction COMAGUER à partir du texte en espagnol (les passages en majuscule sont dans l’original).

Dans l’histoire, seuls les êtres humains, entrent inévitablement, par l’action, en relation les uns avec les autres, ce que ne peuvent faire ni les objets, ni aucun autre être vivant.

La population est la source principale de n’importe quel développement social. C’est merveilleux de disposer de richesses naturelles uniques, mais c’est seulement par le travail de la population qu’elles se transforment en richesses sociales. C’est l’ABC du marxisme. Et quand on se met à parler de la mise en valeur des richesses du pays la population est ce qu’on doit prendre en compte en premier.

Les gens astucieux et mal intentionnés qui travaillent actuellement dans ce champ de recherche historique ont créé une grande quantité de mythes et de légendes qui en certaines occasions dégénèrent en véritables mensonges. Les détracteurs professionnels du socialisme et du système soviétique sont ceux qui mettent le plus d’acharnement dans cette activité. C’est comme s’ils avaient organisé entre eux un concours pour voir celui qui de la façon la plus indécente et la plus impardonnable s’emploie à inventer le plus grand nombre de « victimes » du « pouvoir soviétique » dans les années : 30 millions de personnes, 60 millions..., 80 millions ... 100 millions ...en sous-entendant qu’il s’agit seulement de la population adulte et avant tout des hommes. Il semble qu’il ne leur vient même pas à l’esprit que toutes ces affabulations pourraient être réfutées par n’importe quel élève en fin d’école primaire.

La population de l’URSS, l’année où elle s’est constituée en Etat unifié s’élevait à 136,1 millions de personnes parmi lesquelles on dénombrait, fin 1922, 63 millions d’hommes. Que nous reste-t-il si nous soustrayons ne serait-ce que 60 millions de victimes mythiques ? Qui donc alors a combattu pendant la Grande Guerre Patriotique ? D’où sortirent les alors les 51 millions d’hommes que comptait en 1939 la seule République Socialiste Fédérative de Russie (RSFR) ? A cette date la population totale de l’URSS était proche de 93 millions.

Faisons une autre comparaison à laquelle se refusent toujours les antisoviétiques. Je me réfère aux périodes de croissance dans la RSFR et aux Etats-Unis d’Amérique du Nord (qui était le nom officiel du pays jusqu’à la seconde guerre mondiale) Pourquoi la Russie et pas toute l’Union Soviétique ? Parce que, dans les années 30, le territoire de la RSFR n’a pas subi de modifications alors qu’entraient dans l’URSS 4 nouvelles républiques : Moldavie, Lettonie, Lituanie, Estonie ainsi que l’Ukraine occidentale et la Biélorussie occidentale. Dans les 13 années séparant les recensements de 1926 et 1939 le nombre d’habitants de la RSFR augmenta de 13,9%. Il ne s’agit pas de données de la Direction Centrale de la Statistique de l’URSS, que les défenseurs du capitalisme aiment tant mettre en doute, mais de données qui ont été scrupuleusement vérifiées par l’actuel Institut de recherches scientifiques en Statistique qui dépend de l’Agence Statistique de la Fédération de Russie (ROSSTAT).

La population des Etats-Unis d’Amérique du Nord qui continuait à croître grâce aux émigrants d’Europe et d’autres parties du monde augmenta de 8% entre 1930 et 1940.

Ce sont des chiffres éloquents. Mais revenons à la Russie. Dans les années 30 la population augmenta de 13,37 millions. Comparons ces chiffres à la croissance globale de la population globale de la Russie tsariste dans une époque assez prospère comparée à l’actuelle, comme fut la première décennie du XX° siècle. Entre 1901 et 1910, la population de la Russie s’accrut de 13,37 millions de personnes. Revenons à l’étude du professeur Vassili Simchera, directeur de ROSSTAT : « Développement de l’économie russe durant un siècle.

Evolution historique (Editions NAUKA - 2006). Dans cet ouvrage il analyse minutieusement la dynamique de la population pendant le XX° siècle. Les chiffres sur la croissance annuelle de la population sont particulièrement intéressants. Observons les variations dans la période qui sépare la Guerre Civile de la Grande Guerre Patriotique.

Les conséquences démographiques de la Guerre Civile furent perceptibles jusqu’en 1923 où la variation de la population était de - 0,2%. Au contraire, dans les 3 années suivantes de 1924 à 1926, il y eut une croissance record, qui atteignit +1,9% par an. Ensuite, au cours des 11 années suivantes, on observa une croissance régulière de la population.

Dans la RSFR elle était de 1,1% l’an (soit environ 1 million de personnes). Et soudain nous observons une autre inflexion. De nouveau, en trois années, on enregistre une croissance démographique notable de 1,6% l’an (1,7 millions de personnes par an). Prêtons donc attention à ces années 1938, 1939, 1940. Non, je n’ai pas la moindre intention de démentir à l’aide de toutes ces données fiables de ROSSTAT le fait qu’il y eut répression dans la seconde moitié des années 30. Et malheureusement elle eut un caractère de masse. Mais je refuse catégoriquement l’accusation portée contre le Parti Communiste Bolchevique et le pouvoir soviétique selon laquelle il aurait accompli un génocide contre son propre peuple. Le mythe sur ce supposé génocide est faux du début à la fin. Accuser le Parti Communiste et l’Etat soviétique est une méchante calomnie ainsi que le démontre la statistique impartiale.

Pendant le XX° siècle, LA POPULATION DE LA RUSSIE a augmenté de 76,1 millions c’est-à-dire plus que doublé. Les scientifiques ont calculé que la population du pays aurait été multipliée par 4 par rapport à 1900. Mais il y eut trois crises démographiques qui l’empêchèrent. La première est liée à la Première Guerre Mondiale et à la Guerre Civile. Durant ces années la population diminua de 3,2 millions de personnes. Le pouvoir soviétique put combler ces pertes en à peine deux ans et, dès 1925, le maximum atteint avant la période des guerres était dépassé. Au total, pendant des années de la construction socialiste précédent la Seconde Guerre Mondiale, la population de la RSFR augmenta de 20 millions.

La seconde crise démographique profonde eut lieu pendant la Grande Guerre Patriotique. En plus il faut prendre en compte le fait que la guerre continua à faire des victimes jusqu’en 1950. La population n’arrêta pas de décliner de 1941 à 1950 et la perte est estimée à 8,6 millions de personnes. Parmi eux 2,6 millions moururent dans les 5 années suivant la victoire. Le retour aux niveaux antérieurs ne fut effectif qu’en 1955.

La troisième crise démographique est probablement la plus tragique car il s’avère impossible de lui trouver une justification. Elle eut lieu dans une période de paix. Pendant cette période, selon la terminologie couramment acceptée ne fut livrée contre nous aucune « guerre froide ». La restauration du capitalisme « fusille » implacablement presque un million de personnes par an. Et cela dure depuis 16 ans.

Il reste aujourd’hui en Russie le même nombre d’habitants qu’en 1984 dans la RSFR. Nous en sommes arrivés à des niveaux inférieurs à ceux du début de la Perestroïka. N’est-ce pas symbolique ? Et amer, c’est le moins qu’on puisse dire.

23 années perdues dans l’évolution démographique naturelle de l’histoire de la Russie, 23 années de recul. Peut-être n’est-ce pas suffisant ? C’est autant que durant le règne du tsar Nicolas II, le sanguinaire, qui aboutit à la Grande Révolution Socialiste d’Octobre.

La PROPAGANDE DE LA RESTAURATION CAPITALISTE s’efforce de justifier l’agonie du pays en l’attribuant à la répercussion démographique de la Guerre. Il est certain que l’invasion de l’Union Soviétique par le fascisme a eu des répercussions. Mais en faire la cause de l’actuel génocide (un génocide authentique, pas inventé par des manipulateurs politiques habiles et rusés) est impossible.

La première vague du contrecoup démographique de la Grande Guerre Patriotique est arrivée dans la seconde moitié des années 60, deux décennies après la victoire. Entre 1968 et 1971 le rythme d’accroissement de la population diminua de moitié et tomba à 0,5% par an. Les quatre années suivantes ce taux ne put dépasser 0,6 %. Puis il remonta et approcha de 1%.

La seconde vague est plus faible, moins perceptible. Mais elle ne peut être ignorée. Il est certain qu’un demi-siècle après le début de la Grande Guerre Patriotique, c’est à dire dans les années 1990-1991 la croissance de la population comparée à celle des années précédentes, se réduisit de moitié, descendant jusqu’à 0 ,4 % par an.

Mais c’est ensuite que commença l’extinction. Depuis 1994, la population a diminué de 6,7 millions. Les pertes réelles ont été 1,5 fois plus importantes car il faut prendre en compte qu’en ces années là 3,5 millions de personnes arrivèrent dans la Fédération de Russie en provenance des « nouveaux Etats » (NDT :anciennes républiques de l’URSS)

Par conséquent, la restauration capitaliste a « fusillé » pas moins de 10 millions de russes. C’est plus que les pertes subies par la Russie entre 1941 et 1950.

(NDT : le chiffre, couramment admis, de 20 millions de morts du fait de la guerre s’applique à la population de toutes les républiques de l’URSS et pas à la seule Russie)

ON EN CONCLUT QUE LA CAPITALISME, IMPOSE AU PAYS PAR LA FORCE, n’est pas moins inhumain que le fascisme hitlérien. Il détruit sans pitié la principale ressource du pays. En conséquence, pour le salut de la Russie, ce capitalisme inhumain doit être vaincu d’une façon résolue et implacable, comme nos pères et nos grands-pères détruisirent l’odieux ennemi offrant à la planète une Grande Victoire.

Dans cette lutte actuelle - la guerre est la guerre - le choix des moyens est dicté par les circonstances. Un bulletin de vote, si nous savons l’utiliser de façon rationnelle, peut se convertir en légende, comme les Katiouchas. C’est toujours le cas lorsque la puissance de feu du bulletin de vote est appuyée par l’offensive de tout le peuple travailleur.

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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 22:23

liebknecht-luxemburg-demo.jpg Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, fondateurs du Parti communiste allemand, étaient sauvagement assassinés par la milice antirévolutionnaire des  « Corps francs » agissant sur ordre du ministre de l’intérieur social-démocrate Gustav Noske. Le gouvernement du social-démocrate Friedrich Ebert finissait ainsi de noyer dans le sang la Révolution de novembre 1918 et rassurait une bourgeoisie terrorisée par l’idée d’une extension de la révolution soviétique au lendemain de la première guerre mondiale.

Ci-dessus le défilé annuel en hommage à Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht


Chaque année, une grande manifestation est organisée à Berlin pour rendre hommage à Rosa Luxemburg et à Karl Liebknecht autour du monument qui leur est dédié dans le cimetière de Friedrichsfelde. Elle aura lieu cette année dimanche 13 janvier.

Son écho est toujours considérable nationalement et internationalement. Voilà qui explique sans doute l’odieuse provocation montée cette année. Le même jour, les néo-nazis du NPD et d’autres groupes organisent, à quelques centaines de mètres de la commémoration, une autre manifestation pour honorer la mémoire des assassins sur le mot d’ordre « Contre l’oubli – les Corps-Francs, soldats pour l’Allemagne ».

L’extrême droite allemande se voit pousser des ailes depuis un certain temps. Elle s’attaque sans retenue aux symboles les plus éminents du combat communiste et révolutionnaire allemand. Le dernier épisode en date s’est joué au conseil d’arrondissement de Lichtenberg : le chef de la fraction du NPD proposa de débaptiser une place portant le nom du résistant antinazi berlinois Anton Saefkow au profit d’un officier de cavalerie qui s’était illustré dans la répression anti-spartakiste1. Visiblement, le capitalisme allemand et ses relais politiques ont besoin d’un regain d’anticommunisme pour mieux faire passer leur politique « ultra-libérale ».

Karl-Liebknecht-Briefmarke-.jpg La commémoration de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht prend donc une signification encore plus grande cette année. Les organisations communistes et progressistes intensifient la mobilisation pour dimanche dans tous le pays. Ils peuvent avoir l’assurance du soutien le plus total des communistes français.
 
Etonnante initiative du Parti « die Linke »
 
Dans ce contexte, une initiative du parti de « La Gauche » (die Linke)2, un des partis animateurs du Parti de la gauche européenne (PGE) ne peut que susciter étonnement et inquiétude. « Die Linke », en tant que successeur du PDS et du SED (parti socialiste unifié est-allemand) dispose d’une part de légitimité historique dans l’organisation de l’hommage rendu à Luxemburg et Liebknecht.

Les représentants de Die Linke ont décidé de déposer, dans le cadre de la cérémonie, une couronne d’œillets au pied d’une stèle dédiée « aux victimes du stalinisme ». Cette stèle a été inaugurée en 2006 dans le même carré du cimetière de Friedrichsfelde où sont enterrés les deux dirigeants du parti communiste allemand par des élus de « die Linke » et du Parti social-démocrate (parti de Ebert et Noske !).

Elle est sujette à de nombreuses contestations dans les rangs des communistes et au-delà.

Que l’on dénonce les crimes commis au nom du socialisme et que l’on honore des militants communistes éliminés lors des purges ordonnées par Staline : quasiment tous les partis communistes sont les premiers à le faire et cela depuis des décennies.

 
Mais que peut signifier rendre un hommage aux « victimes du stalinisme » ?


D’abord de qui parle-t-on ? Le texte gravé sur la stèle ne le précise pas, ne porte pas de noms. Certains rangent dans cette catégorie les nombreux nazis morts dans la lutte engagée contre l’URSS dirigée par Staline, d’autres encore les personnes qui s’estiment lésées par l’ex-RDA.

Ensuite, quelle est la définition du « stalinisme » ? Dans les milieux progressistes, parmi les communistes, le concept recouvre des interprétations très diverses et sa pertinence est loin d’être unanimement reconnue. Du côté des capitalistes au contraire, tenants de l’idéologie dominante, tous les moyens sont déployés, en Allemagne encore plus qu’en France, pour établir un parallèle entre « stalinisme » et nazisme et un amalgame entre « stalinisme » et communisme.

Dans l’état du débat public, honorer les « victimes du stalinisme », c’est objectivement apporter de l’eau au moulin de l’anticommunisme sans porter en rien une critique constructive de l’histoire du mouvement ouvrier et communiste du XXème siècle.


Le faire à l’occasion de la commémoration annuelle des fondateurs du Parti communiste allemand, est complètement déplacé et encore plus injustifiable. Die Linke prend la responsabilité d’instaurer la confusion dans les esprits : rendre hommage en même temps aux victimes communistes de groupes qui ont fait le lit du nazisme en Allemagne et à des victimes d’autres communistes (supposés)? C’est une opportunité inespérée pour les anticommunistes de dénaturer une manifestation hautement symbolique. On imagine que les néonazis sont tout prêts à déposer des fleurs sur la stèle.

Il y a d’autres lieux, d’autres occasions et surtout d’autres façons pour faire, sans caricature, son examen de conscience de l’histoire du « socialisme réel ».


A Berlin, die Linke participe activement à la municipalité social-démocrate (social-libérale) qui privatise les logements sociaux ou augmente les impôts des ménages modestes… Au plan national, ce parti multiplie les gages de « respectabilité » pour pouvoir participer à des coalitions gouvernementales. Est-ce la raison pour laquelle die Linke se sent obliger de renier ou de déformer ses racines communistes, de se conformer aux dogmes de l’anti-communisme « officiel » ?


L’initiative de Die Linke participe, qu’elle le veuille ou non, à la campagne de diabolisation de toute organisation communiste, de la perspective révolutionnaire et de la lutte pour le progrès social qu’elle porte.
 

Les communistes français peuvent d’autant plus partager ces préoccupations que la direction du PCF coopère étroitement et ne cache pas ses affinités avec « die Linke » dans le PGE.

1- Spartakisme : dénomination du mouvement communiste allemand de 1916 à 1919

2- Parti issu de la fusion entre le PDS et une fraction de la social-démocratie.

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Published by valenton rouge - dans Europe
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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 18:21
drapeau.jpgMonsieur Arsène Heitz s'était inspiré de sa foi catholique mariale, et peut-être des vitraux de la Cathédral de Strasbourg  pour faire ce drapeau composé de douze étoiles (symbole de Marie, des douze apôtres et des douze tribus d'Israël) sur fond bleu (couleur de Marie dans la tradition catholique). Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe n'était pas au courant (tu parles)de cette inspiration qui leur a été présentée comme un symbole universel: les douze signes du zodiaque, les douze tribus d'Israël, les douze mois, les douze heures, les douze travaux d'Hercule, ...

et maintenant dites nous tout Etienne Chouard

Étienne Chouard : les traités européens servent les intérêts de ceux qui les écrivent

Étienne Chouard : les traités européens servent les intérêts de ceux qui les écrivent

En 2005, un Français comme les autres, Étienne Chouard, professeur au lycée Marcel Pagnol de Marseille, a présenté sur son blog ses analyses du projet de Traité constitutionnel européen. Au cours de la campagne référendaire, son site suscite un véritable engouement et devient l’un des plus fréquentés de France. Tranchant avec l’opacité des discours officiels, la simplicité de ses argumentaires touche un vaste public pour qui « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». Silvia Cattori a rencontré ce citoyen exemplaire qui revient sur le devant de la scène à l’occasion de la signature du mini-traité européen. Il raconte son parcours et décrit sa vision d’institutions selon lui dénaturées.

par Silvia Cattori

Étienne Chouard : les traités européens servent les intérêts de ceux qui les écrivent Silvia Cattori : En consultant votre site internet on découvre, qu’en 2004, vous étiez favorable au Traité constitutionnel européen, mais qu’après en avoir étudié son contenu, vous avez radicalement changé d’avis. Pourriez-vous nous résumer les raisons de votre revirement ?

Étienne Chouard : Ma trajectoire est celle de quelqu’un qui faisait confiance aux politiciens. Je ne faisais pas de politique. Quand j’ai commencé à comprendre ce qu’étaient devenues les institutions européennes, je suis tombé de haut. Je me suis rendu compte que les hommes au pouvoir étaient en train d’écrire eux-mêmes les limites de leur pouvoir, qu’il y en avait pas ou peu, et qu’elles étaient écrites de façon à ce que nous ne comprenions rien.

Dans les institutions européennes, plus aucun acteur n’est responsable de ses actes devant les citoyens ; il y a quelques apparences de responsabilité, mais ce sont des faux semblants, des leurres. Mais surtout, le Parlement ne compte pour rien dans les institutions : il n’a pas l’initiative des lois, il ne participe à l’élaboration de la loi que sous la tutelle (la surveillance ?) du Conseil des ministres qui s’est promu co-législateur au mépris de la plus élémentaire et indispensable séparation des pouvoirs, et encore, pas dans tous les domaines ! En effet, il y a des domaines soumis à ce qu’on appelle les « procédures législatives spéciales », une vingtaine, dont on n’affiche la liste nulle part, et dans lesquels le Conseil des ministres décide seul, sans le Parlement. Le saviez-vous ?

C’est impressionnant de voir le nombre d’institutions européennes non élues qui ont un pouvoir important et mal contrôlé.

La Banque centrale européenne, non plus, ne rend de comptes à personne. C’est extravagant, la façon dont cela a été écrit : on voit bien, on voit partout, que ce sont des ministres qui ont écrit ces règles sur mesure, pour eux-mêmes.

En regardant bien, on s’aperçoit même que ces institutions ont été écrites plus pour l’intérêt des banques et des multinationales que pour l’intérêt général. On peut se demander pourquoi.

Quand on lit le livre de Jean-Pierre Chevènement, on découvre que Jean Monet, cette icône, ce symbole de l’Europe, ce quasi saint pour les « eurolâtres », était un banquier français qui vivait aux États-Unis et qui s’était imprégné de leurs valeurs. En fait, il avait conçu et construit l’Union européenne pour affaiblir l’Europe, pour empêcher les souverainetés populaires de se reconstruire après la guerre. Il l’écrit lui-même ! C’est consternant !

Quand on lit les traités européens avec ces lunettes, ils ressemblent à cette vision-là de Monet : ces institutions permettent aux multinationales d’écrire le droit et interdisent aux parlements nationaux et aux peuples de s’y opposer. C’est un régime inacceptable ; pourtant, Monet et ses fidèles nous l’ont imposé par voie de traités depuis 50 ans sans que le peuple n’ait jamais vraiment son mot à dire.

Il y a eu un simulacre de débat sur Maastricht ; je vous rappelle, qu’alors, on n’a absolument pas parlé d’institutions ; on a parlé de monnaie, certes, mais même pas de ce qui compte le plus en matière monétaire : on ne nous a rien dit, notamment, de l’abandon total de la création monétaire aux banques privées (article 104) qui est pourtant un pur scandale, la cause majeure de la dette publique qui asphyxie nos États et une cause importante du chômage endémique qui asphyxie nos économies.

En 1992, on ne nous a invités à débattre que de l’indépendance de la Banque centrale et de la nouvelle monnaie unique, qui sont sans doute de bonnes choses. Mais, de la faiblesse du Parlement, de la confusion des pouvoir, de l’indépendance des juges, de l’impuissance des citoyens, de la révision sans référendum, de toutes ces honteuses et dangereuses institutions, on n’a pas du tout parlé. Du vote de Maastricht, on ne peut donc pas dire honnêtement qu’il cautionne les institutions.

Si on envisage l’ensemble de la construction européenne sur cinquante ans, les peuples n’ont donc finalement pas eu droit au moindre débat sur l’essentiel.

La seule fois où on nous a demandé vraiment notre avis, en 2005, la première fois où on nous a retiré le bâillon, on a crié « Non ! » Aussitôt, on nous a remis le bâillon et puis le viol a recommencé. Et on nous dit : « Vous n’en voulez pas, mais vous l’aurez quand même, par la voie parlementaire… »

2007 a donc confirmé ce que 2005 avait révélé : la méthode et le contenu du traité de Lisbonne confirment que l’on a une bande de violeurs aux manettes, et ce qui se passe là, c’est un coup d’État. C’est un coup de force. La définition du coup d’État, c’est un pouvoir exécutif qui ne se plie pas au suffrage universel. Nous y sommes.

Silvia Cattori : Tout cela a pu se faire car les citoyens ont abandonné leurs responsabilités et s’en sont remis naïvement à leurs représentants sans sans imaginer qu’ils pouvaient abuser de leurs pouvoirs et sans contrôler leur action.

Étienne Chouard : Oui. Le mensonge est partout et les gens honnêtes n’osent pas y croire. On parle d’un mini traité simplifié, qui n’est ni « mini », ni « simplifié ». Il faut lire trois mille pages maintenant pour savoir ce qu’il y a dans le traité de Lisbonne. C’est extrêmement compliqué. Il y a toutes sortes de renvois et tout ce qui était dans le traité de 2005 se retrouve ici. Même ce qu’ils ont dit vouloir retirer. L’hymne, ils vont le garder. Le drapeau va rester. La référence à l’euro va rester. Ils ont dit qu’ils retireraient le drapeau. Mais vous le croyez, qu’ils vont le retirer ? Ils ont retiré l’étiquette « constitution ». Mais sur une fiole de poison, qu’est-ce qui est dangereux ? L’étiquette ou le poison ? Quand on retire l’étiquette, est-ce que le poison est moins dangereux ?

On nous prend pour des imbéciles.

C’est une constitution, à l’évidence, mais une mauvaise constitution écrite par des gens qui ne devaient pas l’écrire. On a des élus, mais ce n’est pas à eux d’écrire la constitution. Je tiens à cette idée forte : ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ; ce n’est pas aux parlementaires, aux ministres, aux juges, d’écrire la constitution ; c’est à d’autres, à des gens désintéressés.

Il n’y a pas d’autre moyen, pour nous les simples citoyens, d’être protégés contre les abus de pouvoir, qu’une Assemblée constituante, mais attention : surtout pas élue parmi les candidats des partis, car les partis ont de nombreux membres au pouvoir dont les amis écriraient à nouveau des règles pour eux-mêmes et on n’en sortirait pas.

Ce que Giscard lui-même a affirmé [1] de ce traité de Lisbonne devrait amener les 16 millions d’électeurs qui ont voté non à descendre dans la rue, car c’est le même traité que le précédent, illisible, et s’il est compliqué, Giscard dit que c’est pour rendre impossible le référendum ; Giscard dit aussi que tout ce qui tenait à cœur aux Conventionnels en 2004 se retrouve dans le traité de Lisbonne, sauf que c’est dans un ordre différent.

Ma conclusion est celle-ci : tout cela arrive parce que ceux qui écrivent les règles les écrivent pour eux-mêmes et qu’ils trichent.

Silvia Cattori : Aucun acteur n’a de compte à rendre ?

Étienne Chouard : Aucun ; les citoyens ne comptent pour rien. Ils n’ont aucun moyen de résister contre les abus de pouvoir dans ces institutions. Le seul bon moyen serait le référendum d’initiative populaire et nous ne l’avons pas. Je dirais même qu’on ne l’aura jamais si ce sont des représentants élus qui écrivent les règles. Le droit de pétition (de l’article 11 du traité de Lisbonne consolidé) n’a aucune valeur contraignante. On n’a pas besoin d’un article comme ça pour faire des pétitions : même si on le retirait, les gens pourraient toujours faire pétition.

Silvia Cattori : Le traité de Lisbonne ne comporte-t-il pas au moins un élément positif, par exemple la possibilité pour un État de sortir de l’Union européenne ?

Étienne Chouard : Oui, et cela existait déjà dans le TCE rejeté en 2005, et c’est repris, comme tout le reste.

Silvia Cattori : Dans ce cas de figure, comment un État qui le souhaiterait pourrait-il sortir de l’Union ? Cette procédure est-elle applicable ?

Étienne Chouard : Cela ne serait pas simple de sortir de l’Union européenne et cela coûterait très cher ; il y a beaucoup de rouages en œuvre ; il faudrait un gouvernement très déterminé. Cette situation de non-retour me fait penser à l’AGCS (l’Accord Général sur le Commerce des Services) d’où on ne peut pas sortir non plus : cet accord (négocié et signé sans nous en parler, dans le plus grand secret) a le même génome antidémocratique que l’Union européenne : ce sont les mêmes qui l’ont conçu, ce sont les mêmes intérêts qui sont servis : les multinationales et les banques.

À quoi sert l’AGCS ? À faire disparaître toutes les contraintes sur le commerce des services. Aujourd’hui, un État souverain peut encore interdire quantité d’abus pour se protéger contre les investisseurs prédateurs : quand une grande entreprise veut venir s’installer quelque part, le pays a ses propres règles pour défendre son droit social, son droit environnemental, son droit fiscal, ses ressources naturelles, etc.

Cela va disparaître : Les États, dans les négociations secrètes de l’AGCS, sont en train de s’interdire d’interdire (aux entreprises), les uns les autres : je ne t’interdis plus cela, mais toi, tu arrêtes de m’interdire ça… Les citoyens vont se retrouver nus, sans défense et personne n’en parle ! Tous les services publics sont menacés par ces mécanismes. Et cela est irréversible : les amendes que les États acceptent de devoir payer en cas de retrait ne sont pas payables, tellement elles sont prohibitives.

Les accords de l’AGCS sont donc négociés en secret par une personne seule : le commissaire européen au commerce extérieur… Une personne seule pour 480 millions de personnes négocie en secret des accords décisifs qui lèsent tout le monde de façon irréversible. C’est un pur scandale, c’est très grave.

Silvia Cattori : En voyant les chefs d’État et de gouvernement de l’Union signer le traité à Lisbonne qu’avez-vous ressenti ?

Étienne Chouard : L’impression d’être violenté, à l’évidence, et par ceux-là mêmes qui prétendent partout me défendre… L’impression d’être dans un piège contrôlé par des menteurs professionnels et des voleurs en bande. Ce qui me désole est que les gens ne soient pas du tout informés et ne se sentent donc pas concernés.

Silvia Cattori : Il y a un aspect très important qui est également peu présent dans le débat : la politique étrangère de l’Union ; la participation de ses principaux membres à des opérations militaires via l’OTAN. Or, là aussi, alors que les sondages montrent que les citoyens sont très majoritairement opposés à ces guerres illégales, ils sont totalement impuissants à les empêcher. Alors que les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak se révélent être des aventures coloniales, M. Sarkozy tente de resserrer les liens de l’Union européenne et des États-Unis dans la perspective d’un conflit avec l’Iran dans l’intérêt d’Israël. Que pensez-vous de cet aspect de l’Union ?

Étienne Chouard : On a l’impression que tout cela a été programmé depuis le début. Cela s’est fait de manière progressive. Le Non les a un peu ralentis mais, deux ans plus tard, les autorités font passer le traité en force. Et les citoyens ne réagissent pas, ce qui confirme sans doute les gouvernants dans l’opinion qu’ils ont tous les droits. L’ambiance est au pessimisme. Oui, ils peuvent enlever des enfants africains dans les écoles, oui ils peuvent aller faire la guerre au bout du monde. Il faut lire Alain Badiou (De quoi Sarkozy est-il le nom). Les critiques des médias ont été si virulentes contre ce livre que j’ai failli ne pas le lire. Je le trouve pourtant passionnant. C’est très bien analysé ; il dit bien que l’ambiance n’est pas au pétainisme, mais au néo pétainisme.

Il faut aussi lire François-Xavier Verschave (« De la Françafrique à la Mafiafrique , pour commencer) pour comprendre que la décolonisation n’a pas eu lieu.

Silvia Cattori : Votre réflexion rejoint celle que le sociologue Jean-Claude Paye a conduit à propos des libertés fondamentales dans l’Union [2]. Comme vous, il constate que les institutions ont été construites de telle façon que les décisions échappent aux citoyens.

Étienne Chouard : Effectivement, je ne suis pas le seul à le dire, loin de là, et en fait, tous ceux qui étudient honnêtement les institutions sont scandalisés et regrettent d’avoir trop fait confiance à leurs élus.

Silvia Cattori : Ces sommets, Lisbonne, le G 8, ne seraient donc que des mascarades où des dirigeants, entre festins et embrassades, prennent des décisions sans en référer à leurs mandants comme si on était dans un système dictatorial ?

Étienne Chouard : Ce n’est pas —encore— une dictature car, dans une dictature, il n’y a pas de liberté d’opinion ni d’expression. C’est donc plus soft que cela, c’est poli, c’est joli à voir, c’est en train de devenir totalitaire, mais il y a moins de prise à la critique, c’est plus difficile à condamner. Le discours mensonger, inversant les valeurs, Orwell l’annonçait fort bien dans 1984, consistait à dire « la guerre, c’est la paix », « le travail ; c’est la liberté », et le simple fait de le répéter retire des armes aux résistants potentiels. La manipulation par le langage fonctionne bien. Elle demande, de la part des résistants, une formation, un apprentissage de ces manipulations.

Silvia Cattori : Quels outils les partisans du non ont-ils pour vaincre ces obstacles ?

Étienne Chouard : Il y en a un qui sera peut-être assez fort : c’est une requête individuelle auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui ne fait pas partie de l’Union européenne mais dont l’Union a signé la Convention qu’elle doit donc respecter.

La Cour peut être saisie par une unique personne contre un État. C’est une cour qui protège les individus isolés.

Son argumentation est puissante (voyez le site 29mai.eu), je m’en sers déjà à tout propos. La requête consiste à attaquer l’État français pour violation de l’article 3 du protocole 1 de la Convention qui dit que les « hautes parties contractantes s’engagent à garantir à leurs citoyens des élections libres qui permettent un libre choix du corps législatif ».

En fait, notre corps législatif est désormais très largement européen. Et au niveau européen, est-ce que le corps législatif est élu ? Pour l’essentiel, non : nous n’avons pas le choix. Le corps législatif en France, ce n’est pas l’Assemblée nationale : 80 % des nouvelles lois qui s’appliquent en France sont des normes européennes automatiquement transposées dans notre droit national, sans vrai débat parlementaire.

Alors, qu’en est-il donc en Europe ?

Au niveau constituant d’abord, c’est une CIG (Conférence intergouvernementale, non élue) qui écrit et corrige les traités, c’est-à-dire la Constitution européenne (qui cache désormais son nom, hypocritement). Les parlements (les seuls qui soient élus) ne peuvent que ratifier ou pas les traités écrits par des non élus, en bloc : ils n’ont ni droit d’initiative, ni droit d’amendement : ils sont donc réduits à la portion congrue, alors que ce sont eux qui sont élus !

Au niveau constituant, donc, le pouvoir échappe aux élus.

Ensuite, les lois ordinaires européennes sont écrites par la Commission (non élue) qui a l’exclusivité et l’initiative des lois, et ces lois sont ensuite discutées et votées par le Conseil des ministres (non élu) en « codécision » avec le Parlement européen (le seul qui soit élu).

Mais —écoutez bien cela, c’est essentiel— il n’y a pas codécision sur tous les sujets : il y a une quantité de sujets où des non élus (Commission et Conseil) décident seuls de la loi européenne.

Ces domaines où les exécutifs écrivent ce que j’appelle des lois sans parlement (c’est plus clair que l’expression chafouine « procédures législatives spéciales ») sont soigneusement cachés, ils n’y a pas de liste : demandez donc à vos parlementaires ou à vos ministres ou à vos journalistes de vous dire quelques uns de ces domaines : ils ne les connaissent pas eux-mêmes (ou alors ce sont de vrais bandits de ne pas en parler clairement à tout le monde).

Cette stérilisation progressive du suffrage universel est une raison solide d’attaquer l’État français pour violation de la Convention européenne des droits de l’homme : nos propres représentants sont en train de vider nos votes de toute force : la démocratie agonise dans un décor factice de démocratie simulée.

Une seule requête suffit, mais en en envoyant des milliers, on crée une force politique en appui d’une requête juridique.

C’est gratuit. Si on perd, cela n’aura coûté que le timbre d’envoi.

De plus, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a intérêt à montrer quelle sert à quelque chose, et c’est un cas d’école (inédit) qui pourrait faire jurisprudence.

En tout cas, c’est le seul moyen dont nous disposons, nous : simples citoyens. Tous les autres moyens dépendent de nos représentants, parlementaires et ministres, qui ont montré qu’ils sont décidés à nous violer. Si on attend d’eux qu’ils nous défendent, on va attendre longtemps, c’est perdu d’avance.

Cette requête donne de l’espoir car la Cour peut bloquer le processus de ratification, le temps de décider sur le fond. Il me semble que c’est une arme puissante, nouvelle.

Silvia Cattori : Que dites-vous à ces citoyens suisses et norvégiens qui ont refusé jusqu’ici d’adhérer à l’Union européenne, généralement qualifiés d’« attardés qui refusent le progrès » par leurs détracteurs ?

Étienne Chouard : J’espère pour eux qu’ils vont continuer de résister. Je les envie, car j’ai l’impression que nous sommes enfermés par nos propres élus dans un piège épouvantable. Notre désindustrialisation a commencé et elle va à grand pas. On nous oblige à ouvrir nos frontières avec des pays qui ne respectent ni les droits du travail, ni les droits environnementaux, ni aucune des contraintes que nous imposons à nos propres entreprises en vertu du progrès social. Mis en concurrence déloyale avec des pays qui sont si peu comparables, on ne peut que continuer de dégringoler vers la ruine générale.

Ne riez pas : des pays ont déjà vécu cette descente aux enfers en appliquant ces mauvaises recettes : voyez le cas effrayant de l’Argentine, cobaye du néolibéralisme…

Silvia Cattori : Si on demandait aux citoyens s’ils veulent rester ou sortir de l’Union, que choisiraient-ils selon vous ?

Étienne Chouard : le coup d’État de Lisbonne me conduit à me demander s’il ne faut pas sortir de toute urgence de cette UE-MB (Union européenne des multinationales et des banques). Je commence effectivement à désespérer de changer l’UE, dont le programme génétique semble être conçu contre les peuples et contre la démocratie.

Peut-être faut-il sortir de cette UE-là pour construire enfin une vraie société européenne, voulue et défendue par les peuples concernés (et pas par leurs élites décalées).

Silvia Cattori : Pourquoi ne pas faire campagne pour en sortir carrément, si les chances de revenir sur le traité sont nulles ?

Étienne Chouard : Je n’ai pas encore renoncé à mon rêve européen de fraternité. Je voudrais que l’on recommence avec moins de pays à la place de ce monstre conçu par et pour les grandes corporations. Là on est en train de marier des peuples avec le consentement de leurs « pères ». Un mariage réussi et durable se fait forcément avec le consentement des peuples concernés.

Silvia Cattori : Les sociaux-démocrates ne portent-ils pas la principale part de responsabilité dans cette forme de construction européenne ? Jacques Delors n’a-t-il pas fait l’Europe du marché ?

Étienne Chouard : Jacques Delors et la plupart des leaders socialistes nous ont évidemment trompés, ils nous ont menti mille fois, et cette évidente trahison des chefs de la gauche est une catastrophe pour le pays.

Je leur faisais confiance, et très particulièrement à Jacques Delors : je me souviens du dernier jour avant le référendum de Maastricht : Jacques Delors nous avait parlé à la télévision ; il avouait qu’on n’avait encore pas « fait de social » jusque-là en Europe, mais il prenait date avec nous, solennellement, en nous regardant avec ses yeux bleus tristes et sincères, il nous a promis ardemment de commencer à « faire du social » dès le lendemain de notre vote Oui. Il nous l’a promis pour qu’on vote OUI. Quinze ans après, nous sommes plus que jamais en recul social sur tous les plans… J’ai l’impression d’avoir été trompé par un des hommes en qui je faisais le plus confiance. C’est triste et révoltant à la fois.

La chute est rude.

Silvia Cattori : Vous avez parlé d’abandon total de la création monétaire. Vous pouvez préciser de quoi il s’agit ?

Étienne Chouard : Il y a un rouage essentiel qui m’est apparu cette année. Je commence même à y voir le cœur du piège, le diamant central, le moteur de notre impuissance… C’est l’article 104 de Maastricht (qui est devenu l’article 123 du traité de Lisbonne).

Il dit ceci : « Les États n’ont plus le droit d’emprunter auprès de leurs banques centrales ». Pour le commun des mortels c’est incompréhensible.

De quoi s’agit-il ? Depuis des siècles, les États ont abandonné une partie de leur pouvoir de créer la monnaie aux banques privées : les banques ont obtenu des gouvernants, très certainement par corruption, le droit (fondamental) de créer la monnaie.

Mais au moins, jusqu’à une période récente (1974 en France), les États partageaient encore avec les banques privées le droit de créer la monnaie : quand un État avait besoin d’argent pour créer des voies ferrées, des logements ou des hôpitaux, l’État créait lui même sa monnaie, et il ne devait pas payer d’intérêts pendant les remboursements - ne relâchez pas votre attention et n’oubliez pas : c’est le point crucial, celui qui vous condamne aux travaux forcés au profit de rentiers oisifs.

C’est comme cela que l’État créait la monnaie : l’État empruntait auprès de sa banque centrale (qui créait cette monnaie pour l’occasion) et, au fur et à mesure où l’État remboursait cet emprunt, la Banque centrale détruisait cet argent, mais sans faire payer d’intérêts à l’État !

Depuis 1974 en France, à l’époque du serpent monétaire européen, l’État —et c’est sans doute pareil dans les autres pays européens— s’est interdit à lui-même d’emprunter auprès de sa banque centrale et il s’est donc lui-même privé de la création monétaire. Donc, l’État (c’est-à-dire nous tous !) s’oblige à emprunter auprès d’acteurs privés, à qui il doit donc payer des intérêts, et cela rend évidemment tout beaucoup plus cher.

Dans quel intérêt ? L’intérêt général ? Vous plaisantez, sans doute !

Je vous fais remarquer que, précisément depuis 1974, la dette publique ne cesse d’augmenter et le chômage aussi.

Je prétends que c’est lié.

Ce n’est pas fini : depuis 1992, avec l’article 104 du traité de Maastricht, cette interdiction pour les États de créer la monnaie a été hissée au plus haut niveau du droit : international et constitutionnel. Irréversible, quoi, et hors de portée des citoyens.

On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre. Si l’article 104, disait « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, maintenant ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers, propriétaires de fonds à prêter à qui voudra les emprunter », il y aurait eu une révolution.

Ce hold-up scandaleux coûte à la France environ 80 milliards par an (*) et nous ruine année après année ; mais on ne peut plus rien faire.

Ce sujet devrait être au cœur de toutes nos luttes sociales, le fer de lance de la gauche et de la droite républicaines. Au lieu de cela, personne n’en parle. C’est consternant.

Silvia Cattori : C’est difficile pour le citoyen d’imaginer que leurs élus se compromettent tous à ce point. Finalement ce sont des citoyens isolés, qui comme vous, s’investissent de manière désintéressée, qui reprennent en main le débat que leurs élus ont abandonné.

Étienne Chouard : Il y a des gens qui se battent. Maurice Allais, prix Nobel d’économie, tempête contre la création monétaire abandonnée aux banques privées ; il proteste énergiquement et affirme que c’est une honte, que les banques privées se comportent (parce qu’on les y autorise) comme des faux monnayeurs et que cela nous ruine. L’esprit libre Maurice Allais dit aussi que les multinationales qui nous imposent ce grand marché dérégulé sont malfaisantes. L’ultra libéral Maurice Allais dénonce la « chienlit laisser-fairiste » de l’Union européenne. Peut-on être plus clair ?

Et bien, ce monsieur qui a voué un grande partie de sa vie à l’étude de la monnaie et qui a probablement reçu tous les honneurs et toutes les médailles du monde, ce grand spécialiste de la monnaie est « triquard » (interdit de tribune) dans les grands médias, il n’arrive plus à publier ni dans Le Monde, ni dans Le Figaro.

Qui ne voit le lien évident entre la persécution d’un citoyen courageux qui appuie là où ça fait mal et le fait que les grands médias aient été achetés -et soient désormais contrôlés- précisément par des multinationales et des banques ?

Maurice Allais développe une idée majeure (que nous devrions tous étudier) quand il dit qu’il faut rendre la création monétaire aux États, à une banque centrale indépendante, qu’il faut que la banque européenne (BCE) récupère la création monétaire en la reprenant aux banques privées.

[1] « La boîte à outils du traité de Lisbonne », par Valéry Giscard d’Estaing, Le Monde du 26 octobre 2007.

[2] Lire l’entretien de Silvia Cattori avec Jean-Claude Paye : « Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de l’Empire », Réseau Voltaire, 12 septembre 2007.

Jeudi 10 Janvier 2008 Silvia Cattori

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Published by valenton rouge - dans Europe
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