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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 19:02

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La plus grande grève générale depuis vingt ans en Belgique contre la politique d'austérité concertée entre le « gouvernement d'union nationale » et l'Union européenne

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

    Jamais une grève ne fut aussi suivie en Belgique sur les deux dernières décennies, depuis 1993 exactement. Jamais un mouvement de grève n'eut à subir en vingt ans une telle propagande médiatique, et un tel chantage patronal visant à intimider la classe ouvrière belge.

    Au soir de cette journée de grève, les Fédérations patronales wallones (UWE) et flamandes (Voka) claironnaient sur« l'échec de la grève » tout en pestant contre les « 150 ou 200 millions d'euros perdus en une journée ». Derrière ce discours contradictoire, la reconnaissance en réalité d'un mouvement très largement suivi.

    Dans la ligne de mire, le plan de rigueur de 11 milliards d'euros dévoilé par le premier ministre socialiste Elio di Rupo, dans le cadre d'un gouvernement d'union nationale, un plan concerté avec l'Union européenne. Le gros morceau, la contre-réforme des retraites qui prévoit notamment le recul général de l'âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans, de la durée de cotisations minimale de 35 à 40 ans ou encore la remise en cause des régimes spéciaux tels ceux des marins ou des mineurs.



Une grève suivie massivement dans le public, les transports, l'industrie et dans toute la Wallonie



    Une grève qui a paralysé l'ensemble du pays donc bien que de façon inégale. Elle a touché plus le secteur public que le privé, l'industrie plus que le tertiaire ou encore la Wallonie plus que la Flandres.

    A l'avant-garde du mouvement de grève convoqué par les trois grands syndicats belges de la FGTB (socialiste), de la CSC (démocrate-chrétien), de la CGSB (libéraux), les travailleurs des transports.

    La grève des cheminots a totalement interrompu le trafic national sur le rail, tandis que de nombreux trains internationaux Thalys et Eurostar depuis Bruxelles étaient annulés. Aucun métro, tramway et bus de la STIB ne circulait à Bruxelles, pendant que le système de transports était quasiment à l'arrêt en Wallonie. En Flandres, le système de transport public De Lijn a connu d'importantes perturbations, aucun tramway ne roulant par exemple à Gand.

    Enjeu de la grève aussi, les aéroports et les ports. L'aéroport de Charleroi a été totalement fermé tandis que de nombreux vols ont été annulés à l'aéroport international de Bruxelles. Le port international d'Anvers a, de son côté, tourné au ralenti.

    La grève a également été suivie dans l'ensemble du secteur public. Le sud du pays a été privé de courrier après la fermeture des centres de tri de Charleroi et Liège tandis que la grève des enseignants a été largement suivie tant en Flandres qu'en Wallonie, avec la fermeture d'une grande partie des écoles du pays.

    Dans le privé, l'industrie lourde wallonne a été fortement paralysée par le mouvement, notamment dans la sidérurgie et la pétrochimie. Le tertiaire a été plutôt épargné, bien que la Fédération patronale elle-même ait du reconnaître que 30% des commerces n'ont pu ouvert leurs portes en Wallonie en cette journée de mobilisation.



Quelle direction pour le mouvement ? Des syndicats liés à la CES empêtrés dans la « concertation sociale » et l' « intégration européenne »



    Si la grève est un succès et montre un potentiel de mobilisation sans précédent au sein de la classe ouvrière et des couches populaires belges, l'avenir du mouvement dépend aussi de la direction que lui donneront les syndicats belges.   

    Or, le ton n'est guère offensif, et la volonté de poursuivre la lutte contre la politique de classe absente, chez les trois syndicats belges ancrés dans une tradition réformiste et de conciliation de classe.

    Ainsi, les secrétaires de la FGTB et de la CSC, Anne Demelenne et Claude Rolin, se sont empressés de lancer des appels à la « concertation sociale » vite repris par le premier ministre Elio di Rupo qui a annoncé son intention de « préserver la concertation sociale entre patronat et employés ».

    Le grand rassemblement organisé par les trois centrales syndicales au rond-point Maurice Schumann, dans le quartier européen de Bruxelles, ne visait pas l'Union européenne du capital comme responsable mais demandait au contraire « plus d'Europe ».

    En effet, les dirigeants des syndicats ont profité de cette initiative pour émettre une « euro-obligation symbolique », démontrant que « d'autres solutions existent ».

    A noter que la proposition 'révolutionnaire' d'euro-obligation, portée par la CES (Confédération européenne des syndicats) et le PGE (Parti de la gauche européenne), est portée en France par les dirigeants du Parti socialiste comme Ségolène Royal ou Martine Aubry, par le secrétaire de la CFDT François Chérèque mais aussi par la patronne des patrons Laurence Parisot.

    Certes, toutes les fédérations n'offrent pas tout à fait le même son de cloche. Ainsi, celle des Métallurgistes de la FGTB exprime une ligne plus dure, encline à voir dans cette grève le début d'un mobilisation plus large.



Les communistes belges posent la question de la résistance à cette politique de casse sociale mais aussi de l'alternative



    Comme le remarquait Peter Mertens, président du Parti du travail de Belgique (PTB), avant la journée de mobilisation, la grève pose non seulement la question de la résistance acharnée à cette politique anti-sociale mais aussi celle de l'alternative révolutionnaire :

« La grève ne concerne pas seulement sur le fait que le gouvernement va plonger 200.000 personnes de plus dans la pauvreté, en réduisant les allocations du chômage. La grève n’a pas seulement trait au fait que le gouvernement veut réduire la déductibilité fiscale pour le prêt de votre maison, pour votre épargne pension, pour vos crèches et pour l’isolation de votre maison.


La grève n’a pas seulement trait au fait que le gouvernement refuse d’imposer des tarifs maximaux à Electrabel et au fait que l’électricité est en train de devenir hors de prix.


La grève n’a pas seulement trait au fait que les gens vont devoir travailler plus longtemps et que certaines catégories de pensionnés vont devoir sacrifier entre 150 et 180 euros de leur pension chaque mois.


La grève n’a pas seulement trait au fait que des ministres et des patrons rêvent d’un saut d’index ; ce qui veut dire que, la prochaine fois, vos salaires ne seront pas adaptés à la hausse du coût de la vie. Une baisse de 2%. La grève n’a pas seulement trait au fait qu’on cherche 11 milliards d’euros en se trompant de cible et que les millionnaires vont encore y échapper.


La grève, naturellement, a trait à tout cela, mais la grève a surtout trait au genre de société que nous voulons avoir. Toute lutte sociale qui éclate aujourd’hui n’est que le début d’une nouvelle ère ».

    Cette grève historique montre que le potentiel de mobilisation existe plus que jamais en Belgique pour mettre en échec une politique de casse sociale défendue par l'ensemble des forces du consensus dominant en Belgique et en Europe.


    Les travailleurs de France comme du reste de l'Europe ne peuvent qu'exprimer leur solidarité avec les travailleurs belges par le développement des luttes dans leur propre pays, contre l'agenda de casse sociale de l'Union européenne du capital et des gouvernements nationaux à son service !

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:31

photo_1326806547822-1-0.jpgATHENES — Plus de 10.000 personnes, selon la police, ont manifesté mardi à Athènes contre l'austérité qui frappe la Grèce pour la troisième année consécutive, en marge de grèves dans plusieurs entreprises, marquant la première mobilisation sociale de 2012 dans le pays.

Le Front de lutte des travailleurs (Pame), proche du Parti communiste (KKE), a rassemblé presque 7.000 personnes qui ont défilé jusqu'au ministère du Travail dans le centre-ville pour dénoncer "le gouvernement de la ploutocratie" et "la poursuite de mesures anti-populaires".

Un deuxième cortège rassemblant des milliers de personnes, syndicats de sociétés publiques et privées, journalistes du quotidien Eleftherotypia au bord de la faillite ou d'autres médias, professeurs ou des ouvriers de l'usine de la société privée Hellenic Halyvourgia, en grève depuis plus de trois mois, ont marché jusqu'à la place Syntagma devant le parlement.

"On ne va pas les laisser tuer notre vie", "Interdiction des licenciements, effacement de la dette", "Nous résistons aux conditions de travail moyen-âgeuses", "Solidarité aux grévistes, nous sommes tous des grévistes", pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants.

"Les choses deviennent dramatiques, la dignité des Grecs est blessée", se lamente Vassilis, 30 ans, employé d'un super-marché, qui a vu son salaire se réduire de 35% sur les deux dernières années.

Son ami Christos, 30 ans, qui manifeste à côté de lui, avoue qu'il a récemment été licencié car il a refusé "de renégocier son contrat de travail réduisant son salaire de 20% chez un concessionnaire automobile Saab".

Les fonctionnaires du petit musée byzantin à Athènes tenaient de grandes croix noires en bois, sur lesquelles était inscrit "Taxes", "licenciements", "Voleurs".

Mardi, les syndicats des entreprises, des banques et des transports en commun à Athènes ont observé une grève de 24 heures, tandis que les journalistes, dans un secteur fortement frappé par la crise, menaient une grève de 48 heures.

En dépit d'une personne blessée sur la place Syntagma, les manifestations se sont déroulées largement dans le calme, après les dizaines de grèves et de mobilisations, souvent violentes, qui ont eu lieu depuis le début de la crise de la dette en 2010, et l'adoption des mesures d'austérité qui ont entraîné la récession et le chômage dans le pays.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 20:02

arton15495-1d63f.jpgYangos Andreadis est Universitaire, directeur du Centre de Drame et de Spectacle Classique de l’Université Panteion d’Athènes.

Il a bien voulu confier au Grand Soir le texte de son intervention du 3 décembre 2011 à Paris au colloque international « Pour une civilisation de l’émancipation humaine, Trans-Révolutions, Révolutions individuelles et collectives » organisé par le psychiatre Hervé Hubert, animateur du TRIP (Travaux de Recherche sur l’Inconscient et la Pulsion).

LGS



De nouvelles armes destructrices, sont mises à l’essai : celles d’une dictature néofasciste préférant pour le moment aux blindés la terreur des medias et des marchés.

La Guerre - qui cette fois démarre comme guerre économique menaçant de devenir une guerre globale- est déjà en train de se propager en Europe et dans le monde. Les instigateurs de cette guerre n’ont pas de patrie et, comme les personnages agents du destin dans la Tragédie ils aiment les masques, les jeux de mots macabres et les énigmes. Qu’ils s’appellent « forces du Marché », maison d’évaluation, banques centrales, leur objectif reste le même : Subjuguer le monde entier.

Peut-on encore faire de l’art, théâtral ou autre, au milieu de la crise actuelle ? Et quel genre, dans quel contexte et quel but ? La réponse oui. Peut être plus que jamais. Exemple. Les ouvriers de la « Zone du métal », prés d’Athènes, chômage à 95%, suicides pour motifs économiques, demandent du travail. Du pain, mais aussi la présence d’artistes qui produisent des créations. Seulement voila, la compétition est énorme. Qu’on veuille faire de la tragédie, de la comédie, du drame, du gothique ou de la farce, du grotesque et du happening, la présence, le discours et les actes des politiciens, des banquiers dépassent l’imagination la plus féconde ou la plus perverse. Vous savez bien que les blagues ont toujours servi d’armes contre les régimes totalitaires. Le problème c’est que la production de situations surréelles, je ne dis pas le surréalistes est en quelque sorte devenue le style dominant du néolibéralisme.

On appelle » aide économique » le moyen pour subjuguer politiquement et surexploiter économiquement des nations entières ou des continents.

Pourquoi je dis cela ? C’est plutôt parce que les mots invoqués semblent signifier le contraire du contexte de ce qu’ils annoncent et les actes produisent un effet inverse à celui qu’ils promettent. Le capitalisme, qui se vante d’avoir vaincu ses adversaires, est maintenant prêt à succomber à sa “réussite”, qui menace d’entraîner la Terre entière dans le gouffre. La crise Européenne en est témoin. Certes, le monde ne se limite pas à l’Occident, mais ce qui se passe en ce moment en Europe et en Méditerranée acquiert une signification globale. Vivons-nous ce qu’on appelle un moment tragique ? Objectivement oui, car une catastrophe, au sens banal (et non aristotélicien) du mot est en réalité déjà survenue. Pourtant, si on prend note des discours officiels, depuis des décennies déjà, le refus du tragique, en tant que refus de l’esthétique lié au politique est devenu la façon dominante de penser et sentir de ceux qui réclament le monopole de la décision sur la politique, l’économie ou la culture. On appelle négociateur celui qui prépare la nouvelle guerre. On appelle aide économique le moyen pour subjuguer politiquement et surexploiter économiquement des nations entières ou des continents. C’est embellir ce qui est ignoble ou mortel, refuser de penser tragique, ouvre la voie royale pour causer des tragédies dans la vie…

L’irrésistible ascension est aujourd’hui celle d’une minorité qui aspire à la domination du Globe.

Pouvons-nous repenser le tragique ? Pour le moment, la situation se prête plutôt à la tragicomédie grotesque à un genre hautement ironique ou tout veut dire le contraire. Pensons un moment aux guerres et à la crise : La rhétorique anti-tragique des forces dominantes nous explique que guerre et crise constituent quelque chose comme des erreurs ou des accidents de parcours auxquels le système doit et peut apporter remède. Un regard, même superficiel, aux événements en cours nous assure au contraire qu’il s’agit de phénomènes structurels indispensables à ce qui était naguère le développement et aujourd’hui la survie pure et simple du système. Je vais insister sur le Moyen-Orient et surtout la Grèce, parce que je crois qu’ils peuvent servir de paradigmes en ce qui concerne cette thématique de la destruction globale ou particulière évoquée dans la lettre d’ invitation de ce colloque ainsi que celle de la ségrégation qui, comme nous enseigne l’expérience horrible de la deuxième guerre mondiale, mais aussi le comportement actuel des forces économiques et politiques dominantes et de pas mal de médias Européens envers la Grèce, peut concerner pas uniquement des individus, mais des nations ou ce que certains appellent des races. Le moment semble d’ailleurs propice aux associations d’idées cauchemardesques qui, peu de temps avant, sembleraient exagérées. L’ascension irrésistible n’est plus celle de Hitler/Arturo Ui mais plutôt celle d’une ultra minorité économique et politique qui aspire à la domination du Globe. Minorité en quelque sorte sophistique car elle est caractérisée par son souci permanent de masquer et de travestir son visage ses buts et ses moyens.

Dans une tragédie, Antigone ou Hamlet, Créon ou Claudius énoncent le contraire de ce qui ils pensent ou font. En Grèce d’aujourd’hui, l’occupation quasi totale du pays par les puissances du marche et la perte manifeste de l’indépendance économique et politique nationale ont été imposées par ce qui était appelé des plans de sauvetage. Plans qui malgré les catastrophes qu’ils ont produites, vont en avant bien que leurs auteurs Grecs et autres ont gentiment admis qu’ils étaient erronés. Aujourd’hui des ministres ouvertement néo-fascistes et racistes se trouvent côte à côte avec des sociaux-démocrates et des centristes au sein d’un gouvernement soi disant de salut national qui, en réalité, exerce une dictature économique et concrétise la dépendance totale. Rien de grave pourtant si on fait confiance à la grande majorité des médias, naguère se distinguant pour leurs tirades patriotiques et antifascistes, et aujourd’hui, soulignant le caractère technocratique du gouvernement.

Ce double discours n’est pas du tout un privilège Grec. La prochaine guerre chaude qui peut éclater d’un moment à l’autre en Moyen-Orient va de pair avec les interminables initiatives de paix refusant d’affronter la réalité. Faire face à ce péril mortel serait un objectif prioritaire pour l’Europe, mais l’Europe prétendument Unie a manqué de politique internationale ainsi que de politique concernant la défense, l’économie et la culture, ou plutôt elle a fait depuis longtemps sienne la politique de ceux qui de plus en plus la détruisent.

En réalité une autre guerre est déjà en cours en Europe. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une guerre “chaude”, il y a déjà des dizaines de millions de victimes sur le plan moral, économique et culturel et encore des morts au sens propre. La Grèce a eu depuis 2009 la chance d’être le premier champ de bataille, ou les nouvelles armes destructrices, sont mises à l’essai.

Elles sont celles d’une dictature néofasciste préférant pour le moment aux blindés la terreur des médias et des marchés. Mais la Grèce n’est qu’un ballon d’essais. La Guerre - qui cette fois démarre comme guerre économique menaçant de devenir une guerre globale- est déjà en train de se propager en Europe et dans le monde. Les instigateurs de cette guerre n’ont pas de patrie et, comme les personnages agents du destin dans la Tragédie ils aiment les masques, les jeux de mots macabres et les énigmes. Qu’ils s’appellent forces du Marché, agences d’évaluation, banques centrales, leur objectif reste le même : Subjuguer le monde entier.

Je viens de dire que cette guerre a fait déjà des morts. En Grèce, en quatre ans le nombre de suicides pour raisons économiques a déjà quadruplé. Le nombre des cas enregistres par les institutions d’hygiène psychique suit la même courbe. Mais la situation ne peut pas être comprise uniquement à travers ces chiffres concernant des cas extrêmes. Pour tuer des individus ou des sociétés mieux vaut tuer avant l’espoir, la perspective qui est œuvre du culturel. Dans le champ de la culture, en Grèce comme ailleurs, l’attaque contre la création autonome, sa soumission aux règles des marches et du consumérisme est advenue avant l’éclatement de la crise économique et se développe de plus en plus. La production de biens culturels visant a la critique politique et sociale, ce qui fut l’œuvre de tout art et de toute littérature depuis l’Iliade et le Mahabharata est bloquée de multiples façons. Du côté de l’éducation la nouvelle loi du Juillet 2011, assure la soumission systématique et complète de la recherche et de l’enseignement aux volontés du pouvoir économique international. La langue promue par le contexte de cette loi n’est plus le grec mais le franglais, tant chéri par le gouvernement social-démocrate déchu, emblème linguistique de la perte d’indépendance dans les champs de l’expression et de la pensée. Ce qui semble être en Grèce comme ailleurs l’objectif réel de ces mesures prises au nom du développement et de la modernisation est un changement radical anthropologique, qui transformerait le citoyen, interlocuteur te agent du drame Grec, Elisabéthain ou autre, en outil et en esclave.

Comment penser culture, faire de l’art théâtral ou autre dans une situation pareille ? En réalité revenir au politique dans les conditions présentes est une priorité pour toute création culturelle. Peut-on faire appel à la production tragique pour pouvoir s’inspirer ? Il est bien probable bien que le rire amer de la tragi-comédie, le rire d’Aristophane et celui de Brecht, narrant naguère l’ascension irrésistible d’Arturo Ui semblent plus convenable. C’est dans cette perspective que, le printemps passé, nous avons, au sein du Centre de Drame et de Spectacle Classique produit la pièce musicale politique J’adore mémorandum présenté (entre autres locaux) à la place Syntagma. 1) Entrée. Sauvetage de la famille- société =mort. 2) Le streap-teese du connard. Comment on paie la dette. Gilda/ Heigworth. La troïka enlève tout à la famille/ état. Mais on enlève aussi le sexe. Celui qui fait le streap-tease c’est un père de famille traditionnel / macho. Crète, l’homme Crétois ne pouvant plus nourrir la famille qu’il protège et domine (Sicile, Corse) Etre incapable de gagner d’argent égal ne plus être homme. 3) Une présentatrice de la télévision danse le zeibekiko avant d’être violée par la Troïka. 4) Les Caryatides de l’Acropole d’Athènes voyagent à Londres pour payer les intérêts de la dette en devenant des travailleurs sexuels à Soho. Cauchemar de Seféris/ Junte 1972, colonnes en tubes de pâte dentifrice. Vendre la mémoire/ Acropole. Se prostituer. Nous essayons de promouvoir une collaboration bipartite ou pluripartite sur le Théâtre et la crise. Dans quel idiome ou code artistique ? Notre problème actuel c’est que ce qui, il y a quelques mois, paraissait grotesque et digne d’être satirisé est devenu aujourd’hui tellement banal, par le spectacle même offert par les représentants du pouvoir qu’il ne semble plus capable de inspirer la scène. On songe à faire un texte concernant les suicides, bien que les événements nus me semblent plus éloquents que toute réélaboration artistique. Ce qui nous semble aussi digne de réflexion c’est une série d’autres éléments comme la Ségrégation :

Calomnier avant d’exterminer fut naguère une recette hitlérienne et stalinienne.

La Grèce comme auparavant d’autres états ou cultures est considérée come un “ rogue state”, un pays, pour se rappeler de Huntington, anormal, ni Occidental ni oriental, ni démocratique ni totalitaire, ayant besoin d’être corrigé dans tous les sens du mot. La recette est connue : Dénigrer ceux qui doivent être corrigés. Pour ce faire il faut employer en virtuoses la calomnie dans les meilleures traditions racistes : Les Grecs sont paresseux, menteurs, voleurs, leur mets et leurs vins sont immangeables et dégoûtants.

Calomnier avant d’exterminer fut naguère la bonne vieille recette hitlérienne et stalinienne. Elle le reste aujourd’hui. L’humour noir serait éventuellement une voie possible. Humour noir vieux d’au moins quelques millénaires. Pour rénover des codes il faut avant tout se rappeler. Pourtant la difficulté est la. Le discours dominant dans les medias et la culture institutionnelle est dominé par cette stratégie de choc qui vise à l’effacement de la mémoire.

Cette Démarche partielle s’inscrit dans une perspective bien plus ample qui ne concerne pas exclusivement les artistes, les intellectuels, mais aussi les sans abris, chômeurs, grévistes, etc. Elle ne concerne pas qu’un seul peuple.

Comment faire trou, comment devenir capable de respirer, de réagir ? Espérons que nous, Grecs, nous Européens et citoyens du monde serons capables de former les réseaux humains indispensables pour créer, jouir, agir. Mettre en relief et mobiliser les gens autour de la question suicides peut est un de nos objectifs à présent : La difficulté de la tache consiste au passage des statistiques aux témoignages humains des proches et aux formes de communication et d’action qui feront comprendre que ces suicides économiques sont des meurtres perpétrés par le néolibéralisme. Mais comme je l’ai déjà dit, le problème n’étant pas uniquement Grec, nous aspirons à ce que les réseaux en question deviennent européens et mondiaux.

 

Yangos Andreadis


URL de cet article 15495
http://www.legrandsoir.info/contre-la-segregation-et-l-exploitation-la-tragicomedie-arme-politique.html
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 19:41

arton15470-a6a1b.jpgLa perspective économique, politique et sociale de 2012 est profondément négative. Quasiment tous les économistes orthodoxes de le pensée dominante sont pessimistes en ce qui concerne l’économie mondiale. Bien que, là aussi, leurs prédictions sous-estiment l’étendue et la profondeur de la crise, il y a de grandes raisons de croire que 2012 sera le début d’un déclin plus important que celui engendré par la Grande Récession de 2008-2009. Avec moins de ressources, plus de dette et une résistance populaire croissante, les gouvernements ne pourront pas sauver le système.



Beaucoup des principales institutions et relations économiques qui ont été la cause et la conséquence de l’expansion capitaliste régionale et mondiale des 30 dernières années sont en train de se désintégrer et de sombrer dans le chaos. Les anciens moteurs économiques de l’expansion globale, les Etats-Unis et l’Union Européenne, ont épuisé leurs ressources et sont clairement en déclin. Les nouveaux centres de croissance, la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie, qui pendant une "courte décennie" ont donné un nouvel élan à la croissance mondiale arrivent en fin de course, leur décélération est rapide et continuera pendant toute l’année prochaine.

L’explosion de l’Union Européenne

En particulier l’Union Européenne gangrenée par la crise se désintègrera et au lieu des relations croisées actuelles on aura des accords de commerce ou d’investissement bilatéraux ou multilatéraux. L’Allemagne, la France, les Pays-Bas et les pays nordiques essayeront de négocier le virage. L’Angleterre —c’est à dire la Cité de Londres— dans son splendide isolement, basculera en croissance négative, ses organismes financiers s’évertuant à trouver de nouvelles opportunités de spéculation dans les états pétroliers du Golfe et autres "niches". L’Europe centrale et l’Europe de l’est, en particulier la Pologne et la République Tchèque, se rapprocheront de l’Allemagne mais souffriront des conséquences du déclin général des marchés mondiaux. L’Europe du sud (la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie) entreront dans une profonde récession et le règlement de l’énorme dette par des assauts sauvages sur les salaires et les avantages sociaux réduira drastiquement la demande des consommateurs.

Le chômage et le sous-emploi dus à la récessions atteindront un tiers des personnes en âge de travailler et cela provoquera des conflits sociaux de longue durée qui s’élargiront en soulèvements populaires. L’explosion de l’Europe est presque inévitable. L’Euro, en tant que monnaie de référence, sera abandonné au profit de monnaies nationales nouvelles ou anciennes accompagnées de dévaluations et de mesures protectionnistes. Le nationalisme sera à l’ordre du jour. Les Banques allemandes, françaises et suisses subiront d’énormes pertes sur les prêts consentis au Sud. Leur sauvetage engloutira des sommes énormes, clivant les sociétés allemandes et françaises en opposant les contribuables majoritaires aux banquiers. Le militantisme syndical et le pseudo "populisme" de droite (néo-fascisme) intensifieront les luttes nationalistes et les luttes de classe.

Une Europe fragmentée et socialement déchirée sera moins susceptible de se joindre à une opération militaire israélo-étasunienne d’inspiration israélienne contre l’Iran (ou même la Syrie). L’Europe en crise s’opposera à une attitude agressive des Etats-Unis à l’égard de la Russie et de la Chine.

Etats-Unis : La récession revient pour de bon

Les Etats-Unis subiront les conséquences de leur énorme déficit fiscal et ne seront pas capables de contrecarrer financièrement la récession mondiale de 2012. Ils ne pourront pas non plus "externaliser" leur solution de la crise en se tournant vers l’Asie auparavant dynamique car la Chine, l’Inde et le reste de l’Asie sont en perte de vitesse économique. La Chine aura une croissance bien inférieure à ses 9% habituels. L’Inde passera de 8% à 5% ou moins encore. De plus, la politique militaire "d’encerclement" pratiquée par le régime d’Obama et sa politique économique d’exclusion et de protectionnisme écarteront la possibilité que la Chine contribue à la relance.

Le militarisme aggrave le déclin économique

Les Etats-Unis et l’Angleterre seront les plus grands perdants de la reconstruction économique de l’Irak après la guerre. Les entreprises étasuniennes et anglaises obtiendront moins de 5% des 186 milliards de projets d’infrastructures (Financial Times, 12/16/11, p 1 et 3). Ce sera sans doute la même chose en Libye et ailleurs. L’armée impériale étasunienne détruit un adversaire, creuse sa dette pour le faire, et des pays qui n’ont pas pris part au conflit récoltent les juteux contrats de la reconstruction économique d’après guerre.

L’économie des Etats-Unis sombrera dans la récession en 2012 et la "relance sans emplois de 2011" sera suivie d’une hausse importante du chômage en 2012. En fait la force de travail toute entière se contractera au fur et à mesure que ceux qui ne touchent plus d’indemnités de chômage cesseront de s’inscrire.

L’exploitation des travailleurs ("la productivité") s’intensifiera à mesure que les capitalistes forceront les travailleurs à travailler toujours plus pour un salaire toujours moindre, creusant ainsi le fossé entre les salaires et les profits.

La récession économique et la hausse du chômage seront accompagnées de coupes sauvages dans les programmes sociaux pour subventionner les banques et les industries en difficulté. Les débats entre les partis politiques porteront sur l’importance des coupes qu’il faut imposer aux travailleurs et aux retraités pour gagner "la confiance" des actionnaires. Confronté a des choix politiques aussi limités, l’électorat réagira en ne réélisant pas les dirigeants sortants, en s’abstenant de voter et en organisant des mouvements de masse spontanés comme “occupy Wall Street”. L’insatisfaction, l’hostilité et la frustration domineront la culture. Les démagogues du Parti Démocratique se serviront de la Chine comme bouc émissaire ; les démagogues du Parti Républicain blâmeront les immigrants. Et les deux partis fulmineront contre les "fascistes islamistes", en particulier contre l’Iran.

Nouvelles guerres au milieu des crises : les sionistes tirent les ficelles

Les "52 présidents des principales organisations juives étasuniennes" et leurs partisans "Israël avant tout" du Congrès Etasunien, de Département d’Etat, du Trésor et du Pentagone inciteront à la guerre contre l’Iran. S’ils parviennent à leurs fins, il y aura une explosion régionale et une dépression mondiale. Etant donné la capacité du régime extrémiste israélien à obtenir du Congrès Etasunien et de la Maison Blanche une adhésion inconditionnelle à tous ses plans belliqueux, on ne peut écarter l’éventualité d’une aussi terrible catastrophe.

Chine : Les mécanismes compensatoires en 2012

La Chine affrontera la récession mondiale de 2012 avec plusieurs options disponibles pour diminuer son impact. Beijing peut modifier sa production et produire des marchandises et des services pour les 700 millions de consommateurs qui ne sont pas pris dans la tourmente économique. En augmentant les salaires, les services sociaux et la qualité de l’environnement, la Chine peut compenser la perte des marchés étrangers. La croissance économique de la Chine, qui s’origine en grande partie dans la spéculation du marché immobilier, sera affectée par l’éclatement de la bulle. Un recul sévère s’ensuivra provoquant des pertes d’emplois, des faillites municipales et l’augmentation des conflits sociaux et des conflits de classes. Cela pourra entraîner soit une plus grande répression soit une démocratisation graduelle. L’issue affectera profondément les relations commerciales de la Chine. La crise économique renforcera probablement le contrôle de l’état sur le marché.

La Russie affronte la crise

L’élection du Président Poutine diminuera le soutien de la Russie aux soulèvements et aux sanctions fomentés par les Etats-Unis contre les alliés et les partenaires commerciaux de la Russie. Poutine se rapprochera de la Chine et bénéficiera de l’éclatement de l’Europe et de l’affaiblissement de l’OTAN.

L’opposition russe soutenue par les médias occidentaux utilisera son poids financier pour discréditer Poutine et promouvoir le boycott des investissements, ce qui ne les empêchera pas de perdre largement les élections présidentielles. La récession mondiale affaiblira l’économie russe et la forcera à choisir entre les nationalisations ou l’utilisation croissante des fonds de l’état pour tirer d’affaire les oligarques influents.

La transition 2011-2012 : De la récession et la stagnation régionales aux crises mondiales

L’année 2011 a posé les fondations de l’explosion de l’Union Européenne. Les crises ont commencé avec la déconfiture de l’Euro, la stagnation aux Etats-Unis et la déferlante dans le monde des manifestations populaires contre les indécentes inégalités. Les événements de 2011 ont donné un aperçu de ce que nous prépare 2012 : des guerres commerciales débridées entre les principales puissances, l’exaspération des luttes entre impérialistes et la perspective de soulèvements populaires qui tournent en révolutions. De plus, l’escalade de la fièvre belliciste orchestrée par les sionistes contre l’Iran en 2011 laisse présager la plus terrible guerre régionale depuis le conflit étasuno-indo-chinois. Les campagnes électorales et les résultats des élections aux Etats-Unis, en France et en Russie aggraveront les conflits mondiaux et les crises économiques.

En 2011 le régime Obama a initié une politique de confrontation militaire avec la Russie et la Chine et des politiques destinées à gêner et retarder la montée de la Chine en tant que puissance économique mondiale. A cause de l’aggravation de la récession économique et du déclin des marchés étrangers surtout en Europe, une guerre commerciale d’envergure éclatera. Washington poursuivra une politique agressive visant à limiter les exportations et les investissements chinois. La Maison Blanche intensifiera ses efforts pour empêcher le commerce et les investissements de la Chine en Asie, en Afrique et ailleurs. On peut s’attendre à des efforts renouvelés de la part des Etats-Unis pour exploiter les conflits ethniques et populaires intérieurs de la Chine et augmenter sa présence militaire le long des côtes chinoises. Une provocation majeure ou des incidents montés de toutes pièces ne sont pas à exclure. Tout cela pourrait mener en 2012 au nationalisme fanatique et à une nouvelle et coûteuse "Guerre Froide". Obama a fourni le cadre et la justification d’une confrontation à grande échelle et de longue durée avec la Chine. Ce sera un effort désespéré pour maintenir l’influence étasunienne et ses positions stratégiques en Asie. Le "quadrilatère de pouvoir" de l’armée étasunienne —les Etats-Unis, le Japon, l’Australie et la Corée— avec le soutien des satellites philippins, essayera de détruire les liens commerciaux de la Chine au moyen de la puissance militaire de Washington.

Europe : Intensification de l’austérité et de la lutte des classes

Les programmes d’austérité imposés à l’Europe, de l’Angleterre à la Lettonie en passant par l’Europe du Sud, seront la marque de 2012. Des licenciements massifs dans le secteur public et des salaires et des offres d’emploi en réduction dans le privé engendreront une guerre continuelle entre les classes sociales et la remise en question des régimes. Les "politiques d’austérité" du Sud provoqueront une incapacité de payer la dette qui entraînera la faillite de banques françaises et allemandes. La classe financière dominante anglaise, isolée de l’Europe, mais dominante en Angleterre, obligera le gouvernement conservateur à "réprimer" les révoltes populaires et syndicales. Un nouveau style de règle autocratique néo-thatcherienne verra le jour ; l’opposition syndicale formulera des revendications de pure forme tout en serrant la bride à la populace rebelle. En un mot, les politiques sociales économiques régressives développées en 2011 ont préparé le cadre dans lequel de nouveaux régimes policiers pourront réprimer dans le sang les travailleurs et les jeunes chômeurs sans avenir.

Les guerres qui vont sonner le glas de "l’Amérique telle que nous la connaissons"

Aux Etats-Unis, Obama a préparé le terrain pour une guerre plus importante au Moyen-Orient en déplaçant des troupes d’Irak et d’Afghanistan pour les concentrer sur l’Iran. Pour déstabiliser l’Iran, Washington multiplie les opérations militaires et civiles secrètes contre les alliés de l’Iran, en Syrie, au Pakistan, au Venezuela et en Chine. Voilà les ingrédients de la stratégie belliqueuse israélo-étasunienne contre l’Iran : des guerres dans les états voisins, des sanctions économiques internationales, des attaques cybernétiques pour mettre à mal les industries vitales et des assassinats ciblés de savants et d’officiels militaires. Le projet en son entier, de sa planification à son exécution, peut être attribué, sans risque d’erreur, à la configuration du pouvoir sioniste qui tient les positions stratégiques dans l’Administration étasunienne, les médias dominants et la "société civile". Une analyse systématique des politiciens étasuniens du Congrès qui promeuvent et mettent en oeuvre la politique de sanctions montre que les rôles principaux sont tenus par des méga-sionistes (les adeptes du "Israël avant tout") comme Ileana Ros-Lehtinen et Howard Berman, Dennis Ross à la Maison Blanche, Jeffrey Feltman au Département d’Etat et Stuart Levy et son remplaçant David Cohenson au Trésor. La Maison Blanche est entièrement aux mains des collecteurs de fonds sionistes et fait ce que veulent les 52 présidents des principales organisations juives étasuniennes.

La stratégie israélo-sioniste est d’encercler l’Iran, de l’affaiblir économiquement et de l’attaquer militairement. L’invasion de l’Irak a été la première guerre des Etats-Unis au bénéfice d’Israël ; la guerre de Libye, la seconde ; la guerre par personnes interposées contre la Syrie, la troisième. Ces guerres ont détruit les adversaires d’Israël ou sont en passe de les détruire. En 2011, les sanctions économiques destinées à créer de l’agitation intérieure en Iran ont été la principale arme sélectionnée. La campagne pour les sanctions internationales a mobilisé toute l’énergie des lobbys sionistes. Ils n’ont rencontré aucune résistance dans les médias dominants, ni au Congrès, ni dans les bureaux de la Maison Blanche. La Configuration de Pouvoir Sioniste (CPS) n’a pas été l’objet de la moindre critique de la part des groupuscules, mouvements ou journaux de la gauche progressiste, à part quelques notables exceptions.

Le repositionnement des troupes étasuniennes de l’Irak aux frontières de l’Iran, les sanctions et l’influence grandissante de la cinquième colonne israélienne aux Etats-Unis signifie que la guerre va s’étendre aux Moyen-Orient. Cela implique sans doute une attaque aérienne "surprise" de missiles par les forces étasuniennes. Elle sera justifiée par une prétendue "attaque nucléaire imminente" inventée par le Mossad israélien et transmise dans les termes exacts par le CPS à ses laquais du Congrès étasunien et de la Maison Blanche pour être officialisée et diffusée au monde entier. Ce sera une guerre meurtrière, sanglante et longue au profit d’Israël ; les Etats-Unis en paieront le prix militaire direct et le reste du monde paiera un prix économique élevé. La guerre étasunienne fomentée par les sionistes fera évoluer la récession du début de 2012 en une profonde dépression vers la fin de l’année et provoquera sans doute des soulèvements populaires massifs.

Conclusion

Tout indique que 2012 sera une année déterminante dans la crise économique dévastatrice qui s’étend de l’Europe et des Etats-Unis vers l’Asie et leurs états-clients d’Afrique et d’Amérique Latine. La crise sera vraiment mondiale. Les conflits entre les pays impérialistes et les guerres coloniales saperont touts les efforts pour mettre fin à la crise. En réaction, des mouvements de masse verront le jour et on peut espérer que les manifestations et les soulèvements se transforment avec le temps en révolutions sociales et que le pouvoir change de camp.

 

James Petras

 

 

James Petras, ancien professeur de Sociologie à l’université de Binghamton, New York, conseille les personnes qui n’ont ni terre ni travail au Brésil et en Argentine. Il a co-écrit Globalization Unmasked (Zed Books). Son dernier livre est : The Arab Revolt and the Imperialist Counterattack.

Pour consulter l’original : http://petras.lahaine.org/?p=1885

Traduction : Dominique Muselet

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http://www.legrandsoir.info/2012-une-vision-d-apocalypse.html
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 19:12

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http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/74705/date/2012-01-01/article/2011-vu-par-frederic-lordon-les-ingredients-du-desastre/

Il fallait bien un “économiste atterré” pour nous expliquer en quoi l’Europe telle qu’elle existe aujourd’hui ne pouvait qu’aboutir à la crise de l’euro.

 

Voué à se perdre dans la prolifération des événements de première grandeur, comme seules les crises historiques en réservent, l'exercice de la rétrospective économique a tout d'une gageure. Si vraiment il fallait donner une cohérence à l'année 2011, il est possible que, d'abord entendu en son sens étymologique, et puis peut-être en son sens ordinaire, ce soit le mot d'apocalypse qui, appliqué à la construction européenne, convienne le mieux. L'apocalypse, c'est la révélation, et ce que l'année 2011 aura révélé, visibles sans doute depuis longtemps mais à qui avait au moins le désir de voir, ce sont les irréparables tares de la monnaie européenne, désormais mises en pleine lumière, accablantes, incontestables aux yeux mêmes des plus bornés soutiens de "L'Europe", ce générique qui n'a jamais eu de sens sinon celui de rejeter dans l'enfer "nationaliste" des "anti-Européens" tous ceux qui avaient à redire, non pas à l'Europe, mais à cette Europe.

D'impasses intellectuelles aux conséquences matérielles

Il aura donc fallu l'extrémité de cette crise pour faire apparaître que toute la construction de l'euro a reposé - par négation calculée ou par franche bêtise ? on ne le saura pas - sur l'ignorance crasse de la souveraineté comme principe fondamental de la grammaire politique moderne - où l'on aperçoit que des impasses intellectuelles peuvent emporter de terribles conséquences matérielles. De toutes les atteintes que ce principe aura eu à subir, la pire sans doute aura tenu au choix de remettre délibérément la surveillance et la normalisation des politiques économiques aux marchés de capitaux, agencement expressément voulu par l'Allemagne, soupçonnant, en l'absence de tout mécanisme institutionnel capable de les rendre exécutoires, que les règles des traités (et du pacte de stabilité) ne vaudraient rapidement pas beaucoup plus qu'un "chiffon de papier".

Il suffit d'y ajouter un modèle de Banque centrale européenne (BCE) très exactement décalqué de la Bundesbank et destiné lui aussi à garantir le primat des obsessions allemandes (exclusivité de la mission anti-inflationniste, interdiction des financements monétaires des déficits budgétaires et de toute forme de garantie des dettes publiques) pour avoir, combinés, les principaux ingrédients du désastre. Inexistant en 2007, le "problème des dettes publiques" ne se constitue que par la récession consécutive à la crise des subprimes, mais encore est-il gérable jusqu'au début 2010. C'est la spéculation sur les marchés obligataires qui, faisant monter les taux d'intérêt, donc le service de la dette, le transforme en une insoluble crise dès lors que la BCE refuse obstinément tout crédit direct aux finances publiques, toute garantie des dettes et toute formule de leur restructuration !

Incapables de concevoir l'impasse dans laquelle ils se sont mis, les gouvernements de la zone euro auront passé leur année à explorer des solutions qui ne font que la verrouiller davantage : leur asservissement aux injonctions des marchés les conduit à des politiques d'austérité dont la "coordination" garantit la récession généralisée, donc l'effondrement des recettes fiscales, donc la détérioration des dettes ; chaque tour de vis supplémentaire imposé aux Etats secourus n'a pas d'autre effet que de les plonger dans des difficultés plus profondes et d'intensifier les effets de contagion ; la liste des Etats attaqués par la spéculation n'a donc cessé de s'allonger jusqu'à gagner les pays du coeur de la zone, la France notamment dont la notation ne tient plus qu'à un fil ; et le pauvre Fonds européen de stabilité financière (FESF) est si visiblement débordé qu'aucune des contorsions de l'ingénierie financière ne parvient plus à lui rendre un semblant de pertinence : c'est la BCE, dont les possibilités de création monétaire sont virtuellement infinies, et non un fonds, dont les moyens financiers sont par construction limités, qui devraient faire le back up des dettes souveraines européennes - mais voilà, la BCE ne veut pas...

Ce sont ces inextricables contradictions que, dans leur récurrence presque comique, les sommets de l'eurozone n'ont pas cessé de reparcourir, pour se heurter toujours aux mêmes murs, et se conclure par les mêmes pathétiques communiqués triomphateurs mais dépourvus de toute solution, puisque des solutions, tant que l'on reste dans le cadre actuel, il n'y en a pas !... et qu'il est à craindre que la transformation du cadre, c'est-à-dire la modification des traités, appartienne à un horizon temporel sans rapport avec l'urgence d'une crise au bord de devenir foudroyante.

"Tout ça ne pourra pas durer éternellement"

Pendant ce temps, les corps sociaux, qui ont déjà avalé à leurs frais le sauvetage de la finance, puis assisté, médusés, à son retournement contre les Etats qui l'avaient secourue et, pire encore, la voient exiger de ces derniers des politiques de rigueur n'ayant d'autre finalité que d'éviter au secteur bancaire de nouvelles pertes, les corps sociaux, donc, contemplent l'évanouissement définitif de leur souveraineté et leur dépossession de tout pouvoir politique réel. Car l'Europe n'est plus qu'un gigantesque solécisme politique, où l'on trouve côte à côte : l'empire exclusif des marchés sur la définition des politiques économiques, conduites non plus d'après les intérêts du seul ayant droit légitime de la puissance publique - le peuple -, mais selon les réquisits d'un tiers intrus au contrat social - le groupe informe des créanciers internationaux - ; la neutralisation de toute expression financière de la souveraineté politique par la soumission des budgets nationaux auxdites "règles d'or", ou par leur contrôle a priori par les instances européennes ; la quasi-éviction des gouvernants par des curateurs missionnés par des organisations internationales, à l'image de la Grèce désormais aux mains de ladite "troïka" (FMI, Commission européenne, BCE), ou de l'extravagante feuille de route envoyée telle quelle par la BCE au président du Conseil italien (il s'agissait alors de M. Berlusconi) ; enfin les tentatives désespérées de réobtenir les faveurs des marchés par la nomination de gouvernements d'"experts", tels ceux de MM. Monti et Papademos, gouvernements prétendument apolitiques, évidemment on ne peut plus politiques.

Tout ça ne pourra pas durer éternellement. D'abord parce que la construction économique s'apprête à s'effondrer sous le poids de ses propres malfaçons et que l'on s'approche chaque jour davantage du point critique où la panique financière, en avance même sur les défauts souverains, mettra de nouveau à bas le système bancaire entier, ne laissant plus que les banques centrales comme uniques institutions capables, avec le risque que le refus de la BCE conduise au réarmement forcé des banques centrales nationales, donc à l'éclatement de l'euro. Mais ça ne pourra pas durer non plus parce qu'on ne dépouille pas impunément les corps sociaux de leurs prérogatives souveraines, en tout cas sans s'exposer au risque que vienne un jour où ceux-ci décident de la récupérer violemment - et, un peu à la manière de ce qu'avait montré Karl Polanyi à propos des années 30, la chose peut ne pas être belle à voir...

La laideur cependant n'est pas non plus une fatalité, car c'est aussi une opportunité historique de renverser l'ordre néolibéral qui est en train de se former dans ce bouillonnement de contradictions. Et de se débarrasser par la même occasion de tous ses desservants, ceux-là mêmes qui ont des décennies durant expliqué au bas peuple que l'ordre du monde est idéal, qu'il avait de toute façon la force d'une donnée de nature et que l'on ne saurait se rebeller contre la loi de la gravitation, qu'au demeurant la construction européenne telle qu'elle est (était...), elle aussi intouchable dans sa perfection même, était là pour notre supplément de bonheur, qu'il fallait être au choix archaïque, frileux ou xénophobe pour trouver à y redire. Tous ces gens, hommes politiques de gauche, de droite, experts dévoués, chroniqueurs multicartes, éditorialistes suffisants et insuffisants comme disait non sans cruauté Bourdieu, tous ces répétiteurs, voués à la pédagogie du peuple obtus, se sont trompés sur tout, et les voilà qui contemplent sidérés l'écroulement du monde dont ils ont été si longtemps les oblats. Et l'on se prend à rêver de les voir eux aussi partir par la bonde à l'occasion de la grande lessive.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:39

kucheida-458457-jpg_309320.jpgL'enquête s'oriente vers le financement des campagnes du PS local et l'enrichissement personnel.

Après la carte de crédit, la voiture..., Jean-Pierre Kucheida, le député-maire socialiste de Liévin, avait, comme l'a révélé Le Point.fr, l'habitude de faire "chauffer" sa carte professionnelle. En 2008, par exemple, ses dépenses réglées avec la carte de la Soginorpa, l'un des plus grands bailleurs sociaux de France, s'élevaient à 9 654 euros, dont 1 392 injustifiés. Le baron PS du Pas-de-Calais a mis en avant des problèmes techniques avec sa carte bancaire personnelle. En fouillant dans les comptes de la Soginorpa, on découvre que Kucheida dispose également d'une voiture de fonction. Une Renault Laguna bleue qui s'avère être en leasing, dont beaucoup à la Soginorpa se demandent quel usage le député-maire peut bien en faire puisqu'il roule habituellement dans une Peugeot 306 ou une Toyota Prius. À moins qu'il n'en ait confié le volant à quelqu'un d'autre ? Président de l'Epinorpa, un établissement public propriétaire de la Soginorpa, Jean-Pierre Kucheida a la haute main sur les logements miniers du Pas-de-Calais - 65 000 maisons et appartements évalués à 2,4 milliards d'euros. Une des deux vaches à lait du PS local, avec la société d'économie mixte Adevia, qui gère notamment l'ambitieux projet du Louvre-Lens.

Toutes les deux ont été mises en cause par la chambre régionale des comptes (CRC) et sont aujourd'hui dans le collimateur de la justice, qui soupçonne un financement illégal du Parti socialiste, dont Jean-Pierre Kucheida serait le chef d'orchestre. Un système qui favoriserait le clientélisme : sympathisants politiques, réseaux francs-maçons, amis en tout genre et famille. Ainsi Adevia, dont Jean-Pierre Kucheida est administrateur, a-t-elle été critiquée par la CRC pour avoir conclu des marchés importants avec une société gérée par Frédéric Kucheida, le fils du député. Quant à la fille, Marie, elle est chargée de mission au conseil régional pour un projet baptisé "Mineurs du monde". Artiste photographe, elle intervient régulièrement sous le nom de MaryKa dans des expositions parrainées par la commune de Liévin, dont son père est l'heureux élu. On la retrouve encore dans certaines publications de la Soginorpa.

Patrimoine

Contacté par Le Point, Jean-Pierre Kucheida n'a pas souhaité nous répondre. Chaque année, la Soginorpa distribue largement un gros gâteau au nom de la promotion des logements miniers. En 2006, par exemple, "publicité, ­publications, relations publiques, cadeaux" représentaient 561 604 euros. À quoi s'ajoutaient 185 000 euros de prestations et d'indemnités diverses, plus 104 000 euros de subventions distribués. L'enquête préliminaire ouverte au printemps et révélée par Le Point.fr s'orienterait, selon nos informations, vers les financements de campagne du PS dans le Pas-de-Calais, avec en toile de fond un système de double facturation et de commissions sur les attributions de marché.

Par ailleurs, le patrimoine du député-maire de Liévin intriguerait les enquêteurs, notamment cet appartement en SCI boulevard de Grenelle (Paris 15e), acheté 2 millions de francs en 1993, et ce chalet à Mercury, non loin du fameux restaurant de Marc Veyrat où Jean-Pierre Kucheida a fait "chauffer" la carte de crédit Soginorpa...

 

http://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-kucheida-a-l-esprit-de-famille-14-12-2011-1407252_20.php

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:17

 
naissance-du-kosovo-j.jpgIls sont arrivés à Pristina en 1999 ou en 2000. Ils ont travaillé pour la Minuk, ils ont conseillé les gouvernements successifs, ils sont devenus riches et « ils aiment beaucoup le Kosovo ». Corrompus, ils ferment les yeux sur les activités criminelles et entretiennent l’irresponsabilité des dirigeants kosovars. Les « internationaux », eux-mêmes assurés de l’impunité juridique, dirigent toujours le Kosovo comme une colonie. Enquête.

Par Serbeze Haxhiaj

L’ambassadeur américain Christopher Dell, dans la série des « Pimpsons »

La déclaration d’indépendance du Kosovo aurait été rédigée dans le bureau d’Alexander Borg-Olivier, proche du gouvernement du Kosovo. Ce dernier, qui a dirigé durant huit ans le Bureau d’aide légale de la mission de l’ONU au Kosovo, affirme qu’il est toujours toujours très attaché au Kosovo. Arrivé à Pristina à l’hiver 2000, il est devenu conseiller du Premier ministre, Hashim Thaçi, au terme de son mandat aux Nations Unies, et il a finalement ouvert un cabinet d’avocat. Cet américain d’origine maltaise reconnait avoir beaucoup travaillé pour les institutions du Kosovo et pour l’indépendance. Mais qu’a-t-il donc reçu en échange de son engagement ?

Avni Zogiani, dirigeant de l’ONG Çohu explique qu’Alexander Borg-Olivier a beaucoup aidé les dirigeants politiques du Kosovo et qu’il a reçu en échange beaucoup d’argent de la part du pouvoir. « Des responsables de l’administration internationale ont parfois obtenu des contrats importants grâce aux institutions du Kosovo, en profitant de l’influence qu’ils avaient en tant que responsables internationaux. Le cas le plus exemplaire est celui d’Alexander Borg-Olivier. Il est devenu conseiller du gouvernement immédiatement après la fin de son mandat à l’ONU », explique Avdi Zogiani.

Alexander Borg-Olivier dément avoir abusé de sa position. Tout en reconnaissant l’existence d’abus internationaux, il nie toute implication personnelle. Pourtant, c’est bien la signature d’Alexander Borg-Olivier, en sa qualité de chef du Bureau d’aide légale de la Minuk, qui a permis à un membre du Parti démocratique du Kosovo (PDK), Bedri Selmani, d’exploiter le réseau des stations-service Kosova Petrol, fortement soupçonné de servir au blanchiment d’argent et à d’autres activités criminelles. Aujourd’hui encore, Bedri Selmani possède toujours ce réseau sur la seule base légale de l’attestation de propriété signée par Alexander Borg-Olivier.

Ce dernier reconnaît tout de même un peu de légèreté dans l’octroi d’une licence d’hôtel à l’aéroport international de Pristina, qui endommageait le master-plan de l’aéroport. Toutefois, il estime qu’à l’époque, « la mafia politique contrôlait l’aéroport ».

Un autre responsable de l’ONU au Kosovo, Simon Haselock, chef du bureau pour la communication de la Minuk est devenu par la suite l’un des principaux conseiller du cabinet de Ramush Haradinaj et des gouvernements successifs. Soupçonné d’être impliqué dans des affaires de corruption, il nie toute implication.

Par ailleurs, le chef du Bureau de supervision des entreprises publiques, James Ëasserstrom aurait « facilité » la signature d’un contrat annuel de 150.000 euros entre l’aéroport international de Pristina et les PTK.

De même, l’Américain Steven Schook a été longtemps le numéro 2 de la Minuk. Il a démissionné après l’ouverture d’une enquête contre lui pour abus de pouvoir. Il est devenu par la suite l’un des conseillers principaux de Ramush Haradinaj. Alors que ce dernier est en cours de jugement devant le TPIY de La Haye, Steven Schook dément avoir aidé sa défense en collectant des informations confidentielles (lire notre article « Kosovo : Steven Schook, un ripou au sommet de la MINUK »).

Avdi Zogiani explique que les internationaux au Kosovo continuent à favoriser la nomination à des postes importants d’employés locaux aux CV très insuffisants, en échange de services rendus. « Ils se comportant toujours comme les dirigeants du Kosovo. L’influence de ces anciens cadres de la Minuk est exceptionnelle. Ce sont eux qui déterminent les choix de la communauté internationale envers la situation politique au Kosovo, et ils ont favorisé l’impunité pour la corruption et le crime organisé », ajoute Avdi Zogiani.

Christopher Dell : le « gouverneur »

L’ambassadeur des Etats-Unis au Kosovo, Christopher Dell, est souvent qualifié « d’ange protecteur » du Premier ministre Hashim Thaçi. À Pristina, on estime que se profile l’ombre du diplomate américain derrière toute déclaration ou toute initiative importante d’Hashim Thaçi. « Cette attitude ne fait que pousser à l’irresponsabilité de la classe politique kosovare », estime l’analyste Shkëlzen Gashi.

Bien sûr, les cadres du Parti démocratique du Kosovo (PDK) et de l’Alliance pour l’avenir du Kosovo (AAK), les deux formations issues de l’UÇK, démentent profiter du soutien de « protecteurs » internationaux. Burim Ramadani, député de l’AAK, fait l’éloge de Steven Shook en reconnaissant tout de même que la « collaboration » a pu se révéler bénéfique également bénéfique pour le parti et pour le fonctionnaire américain.

Par contre, sa camarade de parti Melihate Tërmkolli accepte de parler de « néocolonialisme ». « Le Kosovo est toujours gouverné par les étrangers. On peut même parler de néo-colonialisme. C’est le Kosovo d’aujourd’hui, peuplé par des marionnettes politiques : plus les gens se soumettent, plus ils ont de chances de réussir leur carrière politique », estime-t-elle.

Pour Rexhep Hoti, proche d’Hashim Thaçi, il est vrai que certains responsables internationaux ont tiré des bénéfices en échange de leur soutien aux dirigeants locaux politiques, puisque le Kosovo continue de représenter un « trafic dense ».

Betim Musliu, chercheur à l’Institut des Politiques de Développement (KIPRED) pense que la mission de certains responsables internationaux s’est parfois limitée à se remplir les poches. « Le pire problème est l’immunité dont jouissent ces responsables. Ils sont intouchables, même quand leurs activités délictueuses sont prouvées. Souvenez-vous du détournement de quelques millions d’euros par l’ancien responsable international de la Corporation Energétique du Kosovo (KEK), Jo Trutschler, en 2002-2004 », rappelle Betim Musliu (lire notre article « Kosovo : corruption à la MINUK »)..

Le misérable pactole que représente le Kosovo semble être toujours aussi attirant pour certains responsables internationaux sans scrupules.

 

http://balkans.courriers.info/article18847.html

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 08:58

eurodictature-guerre-sociale-fesf-europe.jpegSuper, après l’annonce du plan d’austérité pour l’Italie, et l’annonce d’un nouveau traité européen le CAC40 est reparti à la hausse, notamment les valeurs bancaires. Les marchés dirigent l’Europe capitaliste et vont profiter de ce nouveau traité pour graver dans le marbre la réduction des dépenses publiques et l’acceptation des plans d’austérité par les états comme horizon indépassable !

Pour faire court, les grands axes de ce nouveau traité européen rebaptisé accord intergouvernemental, puisque l’Europe des 27 deviendrait celle des 17 de la zone euro plus 6 autres pays, sont une véritable déclaration de guerre sociale à l’égard des peuples et des salariés. L’accord explique qu’il faut sortir de la crise exclusivement en comprimant encore un peu plus les budgets publics. Bref, les peuples paieront, pas les spéculateurs. Allant toujours plus loin dans la soumission vis-à-vis des marchés financiers, cet accord prévoit que les politiques budgétaires des états seront supervisées par la cour de justice européenne, et des sanctions automatiques seront prises pour tout dépassement du plafond actuellement fixé à 3% du PIB.

Les choses sont claires, l’Europe n’est plus qu’une institution au service de la finance et des marchés. Les services publics, les salariés, et la population vont être mis à contribution pour renflouer le système capitaliste qui prend l’eau de toute part. Suppressions d’emplois dans le privé, le non remplacement des fonctionnaires, l’extension de la précarité et du chômage sont les seuls horizons que nous proposent nos gouvernants. Cette Europe là n’est pas la nôtre, ils veulent nous faire croire que les dettes souveraines seraient exclusivement la faute des peuples, alors que les états ont renfloué les banques à coup de milliards et qu’ensuite ces mêmes banques ont spéculé sur la dette. Ce traité entérine la perte de souveraineté des états au niveau de leurs budgets et nous livre pieds et poings liés aux spéculateurs et aux fonds de pension. Il n’y aura aucun contrôle démocratique.

Les dernières nominations de personnalités comme Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos tous proches de Goldman Sachs la célèbre banque d’affaires américaines, n’auraient jamais dû être permises. Et qui se souvient qu’au terme du G20 de Cannes, le président Obama a fait l’éloge de la décision de mettre l’Italie sous la surveillance du FMI car, tout en étant un grand pays, « elle a aussi une grande dette ». Ces nominations et ces déclarations, sont l’avant garde d’un contrôle drastique de la finance sur les états. Si les états ne sont pas capables de résister à la pression de la finance, s’en est fini de notre liberté. Nous sommes aux portes d’un monde totalitaire entièrement contrôlé par les marchés.

Une fois de plus, les élites prennent des décisions sans consulter le peuple, déjà Sarkozy avait fait voter par le parlement le traité de Lisbonne, qui était la copie conforme du Traité Constitutionnel Européen (TCE), traité qui avait été refusé par 55 % des électeurs. Toute décision de cette importance devrait être soumise à référendum et décidée par le peuple souverain. Reconnaissons tout de même que Sarko fait son job, il travaille pour 5 % de la population française, les très riches. Et en cinq ans il a été au delà de toute leur espérance !

Robert Gil

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 12:08

toddc.jpgNé en 1951, en marge de l’université française après avoir notamment étudié à Cambridge en Angleterre, Emmanuel Todd apparaît souvent terriblement journaliste à ses pairs et furieusement académique aux yeux de bien des gazetiers…

Emmanuel Todd annonça, à 25 ans, la fin de l’Urss au nez et à la barbe des kremlinologues, en se fondant sur l’étude des structures familiales et autres fantaisies – selon les canons alors encore dominants d’un marxisme sourcilleux: La Chute finale (Robert Laffont, 1976). Emmanuel Todd écrivit son fait au sujet des États-Unis d’Amérique, colosse dont il examina scrupuleusement les pieds d’argile, qui en font désormais un facteur de désordre mondial: Après l’Empire (Gallimard, 2002).

 

Il examina les troubles alors encore à venir dans des sociétés arabo-musulmanes confrontées à leur transition démographique: Le Rendez-Vous des civilisations (avec Youssef Courbage, Le Seuil, 2007).

Le chercheur inventoria par ailleurs les processus ayant favorisé l’émergence de Ségolène Royal et surtout l’arrivée au pouvoir d’un Nicolas Sarkozy en 2007: Après la démocratie (Gallimard, 2008).

Il s’amuse des interviewers qui viennent parfois le voir comme la Pythie sur son trépied. Ses intuitions, servies par un verbe haut, font mouche. Il nous confia ainsi comment François Hollande pourrait connaître un destin politique aux antipodes d’un François Mitterrand, arrivé à l’Élysée «à gauche toute», pour baisser pavillon dès 1983 avec «le tournant de la rigueur». L’actuel candidat socialiste, quasiment centriste en début de course, finira-t-il, crise systémique oblige, en héraut d’une gauche revivifiée?

Pour comprendre le paysage européen et ses enjeux monétaires ou sociaux, voici donc l’homme dont les recherches avaient été détournées au profit de la campagne de Jacques Chirac, en 1995, sur «la fracture sociale»…

Craignez-vous que la droite n’acclimate vos idées sur le protectionnisme, du fait de ce «besoin de protection» sur lequel entend jouer Nicolas Sarkozy?

Je ne me suis pas posé la question en ces termes. Je vois plutôt venir une campagne très dure, qui pourrait permettre à la gauche de redevenir la gauche. On voit en effet disparaître une certaine fantaisie (la gauche de la gauche, le trotskisme…), au profit d’une reconfiguration favorisée par une discipline inhabituelle.

En face, la droite existe – par-delà l’insignifiance de Nicolas Sarkozy – à travers deux composantes de son corps électoral, qui se sont énormément rapprochées: l’UMP et le FN. La porosité est désormais patente.

Je m’attends donc à un choc frontal sur le plan idéologique, avec une gauche obligée de s’assumer du fait de la crise, de l’effondrement de la légitimité libre-échangiste «européiste», ou de la faillite des classes dirigeantes. Cette gauche, contrainte d’être plus offensive, devra désigner le véritable ennemi: la nouvelle oligarchie, le nouveau système de pouvoir, les nouveaux rapports de classe.

 

Cette gauche française, par la force des choses, sera tenue de sortir du béni-oui-oui social-libéral, face à une droite n’ayant rien à proposer et qui ressortira donc les thèmes de l’identité nationale, de l’islam, des Arabes. Cette droite, très liée à ce qu’on appelait jadis «le grand capital financier», cette droite Fouquet’s pour dire vite, fera du populisme, jouera sur les peurs et le vieillissement d’un corps électoral, qui n’a jamais été aussi âgé en France.

Alors certes, dans la confusion générale, il est possible que Nicolas Sarkozy demande à son baratineur en chef, Henri Guaino, d’écrire son pipotage habituel de dernière minute, sur le protectionnisme. Il l’avait instrumenté en 2007, comme naguère au profit de Jacques Chirac. Il suffira de rappeler ces précédents pour contrer une telle tromperie sur la marchandise. Mais peut-être avez-vous raison: quelqu’un se trouve sans doute déjà dans les starting-blocks, prêt à raconter n’importe quoi!

Vous ne craignez pas que Sarkozy parvienne à se poser en digue?

Mais il est là depuis cinq ans, il a déjà tout dit sans jamais rien faire! Or le corps électoral comprend, malgré les grands médias tenus par l’argent. Nous sommes encore dans la phase où l’establishment journalistico-communicant s’enivre de son propre isolement: nous n’entendons, sous couvert de politique, que des spécialistes parler entre eux.

Nous verrons bientôt apparaître, dans les sondages, le vote populaire, qui représente encore 50% de la population électorale. Ces gens comprennent ce qui ne va pas, à droite comme à gauche. Ils savent déjà que le propos du président sur leur «protection» relèvera du tour de passe-passe. Pour eux, Sarkozy, c’est le type qui s’est baladé dans les usines en déclarant qu’il allait les sauver mais qui n’en a rien fait!

Cet électorat – j’espère ne pas me comporter ici comme l’establishment en parlant à la place du peuple! – a profondément intériorisé l’impuissance de Sarkozy. Celui-ci n’a pas pu démettre Fillon, ce que n’importe quel président de la Ve République n’aurait jamais supporté. Il a été obligé de reprendre Juppé, ce qui le prive de l’intégralité de la politique étrangère, ce prétendu «domaine réservé».

Voilà quelqu’un toujours présenté comme un personnage fort. Mais il est vacillant, telle est sa réalité psychologique! Il se situe dans un modèle hiérarchique: il se montre fort avec les faibles et faible avec les forts. Il se soumet aux puissants (les États-Unis, la Chine, l’Allemagne) et tape sur les gamins de banlieue ou sur les Roms! Je suis persuadé que les gens le savent.

De plus, une rupture idéologique vient d’intervenir. J’ai été tricard plus d’une décennie sur la question du protectionnisme européen, qui ne pouvait, clamait-on, que faire le jeu du FN. Enfin la primaire socialiste vint! Arnaud Montebourg, qui avait compris avant moi – puisqu’il appelait à une taxation européenne de certains produits dès 1997 alors que je n’ai pigé qu’en 1999 –, a obtenu un succès parmi les classes moyennes (le corps électoral de cette primaire). Nous ne savons pas encore quel sera l’écho de son discours dans les milieux populaires.

Il est donc trop tard pour Nicolas Sarkozy: cette thématique de la protection économique ne peut plus être maniée par la droite. La voilà ancrée à gauche. Pas suffisamment, certes, mais elle ne peut qu’y trouver un écho de plus en plus large du fait de la crise. Le timide concept de «juste échange» débattu dans le PS est dépassé. Sur la question des banques et de la dette publique – sans oublier l’euro –, il faudra une prise de contrôle par l’État pour éviter la panique. Or c’est précisément là que gît le subconscient de la gauche…

Et le FN en embuscade ?

Le FN est certes haut dans les sondages et il peut encore passer à une hauteur supérieure. Mais il existe enfin une possibilité de le voir avalé par une gauche ragaillardie. Tout dépend de la campagne que mènera le PS: nous sommes dans une hésitation historique.

Il y a donc de l’espérance, même si nous nous avançons vers quelque chose de très dur et de très angoissant. Auparavant, nous ne pouvions qu’espérer un élu de droite à peu près civilisé ou un(e) socialiste continuant de faire la même chose. Nous ne sommes plus dans une telle continuité: nous aurons vraiment pire, ou franchement mieux!

Croyez-vous à une rupture ?

Il y aura forcément rupture. Si Nicolas Sarkozy était réélu, après ce qu’il a déjà fait, la France ne serait plus la France. Elle ne se relèverait pas d’un deuxième mandat d’un tel président, qui pourchasse les boucs émissaires en pleine déroute économique. Étant donné son image dans le monde, les Français paieraient une note salée: s’ils votaient mal, ils seraient punis par l’Histoire.

En revanche, la France peut à nouveau émerger comme le pays de l’égalité, capable d’utiliser l’État de façon originale pour mettre à bas les puissances financières. Souvenons-nous des suites de la crise de 1929, quand l’Allemagne produisait Hitler, la Grande-Bretagne des conservateurs asthéniques et l’Amérique Roosevelt: la France a élu le Front populaire…

Voyez-vous une tension entre le capitalisme qui tend à son autodestruction et l’Europe qui s’achemine, malgré tout, vers son autoconstruction?

Je vois tout à fait autre chose! Le champ de force est difficile à analyser, nous percevons uniquement ce qu’il y a de commun au monde développé: la montée de l’inégalité, ainsi que des phénomènes de domination. Chez les Anglo-Saxons, les libertés individuelles sont chevillées au corps. Mais en Europe continentale, existent des manifestations d’autorité politique et de bureaucratisation. Dans la zone euro, ou plutôt dans ses parties faibles (c’est-à-dire toute la zone sauf l’Allemagne!), nous sommes confrontés à une forme d’hybridation: des responsables sont nommés sur pression de Berlin pour relever les finances publiques, après avoir travaillé pour Goldman Sachs. Ils se retrouvent à l’intersection des deux domaines de domination.

Or la France navigue à vue, précisément à cette intersection, avec des élites de droite, dans la tradition catholico-vichyste, très séduites par l’Allemagne et les systèmes autoritaires de l’Europe continentale, tandis que le tempérament de sa population rend la France plus proche des valeurs de liberté anglo-saxonnes. D’où des tensions intéressantes sur le plan historique et anthropologique…

En ce qui concerne la construction européenne, les forces de l’inégalité et de la domination sont dans une forme d’ivresse terminale: exigence d’un service frénétique de la dette publique, appétit de privatisations, soif d’austérité! Bref, encore plus de tout ce qui a été fait! Comme si les élites, qui tiennent un tel discours, étaient aveuglées par les dieux attachés à leur perte: nous pataugeons dans le tragique de l’Histoire…

Cependant, un tel retour au tragique se fait chez nous sur un mode sénile, en raison de notre pyramide des âges: voilà pourquoi vous ne voyez pas une jeunesse européenne envahissant massivement l’espace public, comme dans les pays arabes.

Qu’en est-il de la démocratie en Europe?

Nous découvrons la supercherie suivante: les valeurs européennes étaient censées s’incarner dans un espace de démocratie libérale ayant renoncé aux rapports de force entre les nations, traitées sur un pied d’égalité, quelle que fût leur puissance. C’était une fiction. On savait que le Luxembourg n’avait pas forcément son mot à dire, certes. Mais la Belgique, par exemple, avait réellement voix au chapitre.

Or l’Europe est aujourd’hui devenue le contraire d’un tel mythe fondateur. L’égalité? Nous nous retrouvons avec un système hiérarchique dément: des faibles et des forts (avec un fort absolu: l’Allemagne). Les faibles sont mis au pas et privés de leur système démocratique, tandis que surgit un nouveau personnel venu de Bruxelles, Francfort et Berlin – les trois pôles du système de domination –, sous les applaudissements de Paris, convertie en succursale chargée de faire la claque!

L’Allemagne, revoilà l’ennemi ?

Je sais tout ce que l’Allemagne apporta à l’Europe avant le nazisme – à commencer par la réforme protestante et l’alphabétisation de masse. Ce pays repose sur une culture particulière, centrée sur la famille souche; système à héritier unique un peu autoritaire. D’où son efficacité industrielle, sa position dominante en Europe, mais aussi sa rigidité mentale.
L’Allemagne s’est toujours affolée quand elle s’est retrouvée en position dominante. Notamment sous Guillaume II, avant le premier conflit mondial, quand, échappant à la raison bismarkienne, elle se retrouva hégémonique. La situation actuelle se rapproche davantage de cette période wilhelmienne que de la séquence nazie.

Or une telle ivresse de puissance serait facile à contrôler, si les décideurs français étaient normaux: l’Allemagne est vieille, avec 80 millions d’habitants qui peinent à se renouveler; elle n’est plus dans une culture totale; son industrie, somme toute moyenne, hyper exportatrice, certes, est loin du niveau japonais, par exemple, techniquement parlant. Bref, il serait facile de la ramener à la raison. Mais la névrose des classes dirigeantes françaises les pousse à s’agenouiller.
Une telle inaptitude à remettre Berlin à sa place, de la part d’un président de la République atteint de nanisme politique et qui se montre donc incapable d’affronter Angela Merkel, entretient l’Allemagne dans son délire. Délire auquel répond une hostilité incroyable à l’encontre de Berlin, sur tout le continent.

Nous venons d’assister, en Grèce et en Italie, à une interdiction de référendum, à des dépositions de chefs de gouvernement…

Les pays qui viennent d’être mis au pas, la Grèce, l’Italie, bientôt l’Espagne et le Portugal, ce sont des nations dont les traditions démocratiques s’avèrent récentes et fragiles. L’Europe, qui était censée être le continent de la démocratie libérale, est devenue une machine qui l’a cassée dans des régions où elle venait de naître!
Apparemment, l’Allemagne, qui donne le la, possède une démocratie plus saine que la France: les syndicats ouvriers s’y avèrent encore représentatifs, l’extrémisme politique y est moins apparent qu’ailleurs: ça tourne mieux. Angela Merkel ne s’offre pas aux yeux du monde et de son peuple comme un problème inquiétant pour la démocratie, contrairement à l’actuel président de la République française.

Pourtant, si vous examinez la surpuissance économique allemande dans l’espace européen, vous découvrez qu’elle se fit par le biais d’une politique économique égoïste, avec des délocalisations des produits intermédiaires en Europe de l’Est, hors zone euro. Il y a eu outre-Rhin, des années durant, un blocage et une baisse des salaires en s’appuyant sur les mécanismes autoritaires de la culture allemande, au profit d’une politique d’exportation dans la zone euro, où Berlin réalise ses plus gros excédents commerciaux.

Une telle politique effectuée contre ses partenaires fut menée de bout en bout par des coalitions, comprenant souvent le SPD; ce qui remet finalement en cause le principe d’une véritable alternance.

Alors se pose une question en forme de retour cruel de l’Histoire: le facteur central de la dégénérescence de la démocratie dans le système européen, ne serait-ce pas l’Allemagne?…

Des foules, d’Athènes à Madrid, crient déjà au IVe Reich!

Le ras-le-bol s’exprime par des expressions exagérées. Mais si personne ne dit véritablement ce qui se passe, les opprimés ont l’impression d’être niés. Les choses ne sont pas dites au bon niveau, puisque Nicolas Sarkozy lâche sur tout. Il n’y a donc plus de rapports égalitaires en Europe.

Les Allemands ne sont pas foncièrement arrogants. Ils ont lâché beaucoup sur la gestion par la Banque centrale. Certes, pour ce pays à la vision fort peu égalitaire, la communautarisation de la dette semble un obstacle infranchissable. Mais il aurait été possible de le faire plier pendant qu’il était encore temps.

Le jour où l’euro tombera, il sera acté qu’une classe dirigeante entière a été déligitimée. Pour un prix inférieur à celui de 1940! Sans frais militaires! Finalement, je pourrais vous proposer une histoire riante de la France, non pas immédiatement mais un an après la chute de l’euro, alors que les Allemands ne pourront pas y faire face si facilement…

Croyez-vous à une Europe sans euro ?

Je suis passionné, culturellement, par l’Europe. Or la monnaie unique, dont on voit qu’elle produit actuellement une exaspération sur le continent, était, dès le départ, la négation de l’Europe. J’étais donc contre au départ. J’avais fini par l’accepter, persuadé qu’elle ne pouvait être sauvée que si l’Europe passait au protectionnisme.

Le libre-échange, présenté comme un doux commerce entre les peuples, est en réalité une déclaration de guerre économique de tous à tous. Il crée cet état de jungle, de rapport de force en train de détruire l’Europe. Il aboutit à une hiérarchisation des nations en fonction de leur situation économique.

Du coup, au stade actuel, ma préférence irait vers un sauvetage de l’euro par le protectionnisme européen. Il faudrait donc que la France ait le courage de négocier cette solution avec l’Allemagne. Il faut créer les conditions d’une remontée de la demande sur l’ensemble d’un continent, où l’on cesserait de se jeter les uns sur les autres. L’Europe redeviendrait alors ce qu’elle a cessé d’être: un atout. Ce qui apparaît aujourd’hui comme une faiblesse déstructurante, la diversité anthropologique, referait alors sa force dans un contexte global protégé.

Toutefois, au rythme où va cette crise financière, monétaire, économique, avec une récession programmée par les plans d’austérité, je vois se dessiner une sortie préventive de l’euro. Je donne raison sur ce point à l’économiste Jacques Sapir. Les Allemands se verraient alors contraints d’accepter une restructuration globale, ainsi que le protectionnisme européen.

Mais nous assistons à une absence de débats économiques. On claironne qu’il n’y a pas d’alternative. Cette attitude de déni quant aux solutions possibles trahit la fossilisation mentale du Vieux Continent. Les experts s’époumonent, tel un chœur de vieillards: «Ce n’est pas possible!»

C’est effrayant comme un discours totalitaire imposant la négation de la vie, de la réalité, de l’Histoire, de la capacité à peser sur les choses. Nous avons eu la soumission à la race avec le nazisme, la soumission à une doxa dite socialiste avec les démocraties populaires; il y a désormais une soumission à des plans d’austérité, qui conduisent mécaniquement à la régression.

Voilà bien une pathologie mentale digne de celles qui menèrent au totalitarisme. Le totalitarisme était fondé sur des sociétés dont la jeunesse était encore le ressort. Nous le reproduisons donc dans sa version décrépite: l’euro (dans le sens monétaire) totalitarisme!

Ferons-nous l’économie d’une guerre sur le sol européen, alors que l’équilibre de la terreur semble être passé du domaine nucléaire au domaine financier?

Les menaces de guerre font partie de la panoplie agitée par le système. S’il y a bien quelque chose qui ne menace pas sur ce continent fourbu: c’est la guerre. Personne ne va nous envahir. Le danger vient de la baisse du niveau de vie, de l’implosion des systèmes éducatifs, ou de la destruction des services publics.

Cela dit, des régimes autoritaires sont possibles. En France notamment, où la combinaison de valeurs libérales et égalitaires en tension peut déboucher sur le bonapartisme. Si la baisse du niveau de vie s’accélère et si la gauche n’est pas capable de proposer une alternative avec reprise de contrôle du système financier et restructuration de l’Europe, si la droite reste donc au pouvoir, nous irons à l’évidence vers un régime autoritaire.

Toutes les décisions du président de la République actuel s’inscrivent dans l’établissement d’un tel régime. Cela va de la mainmise sur l’information, à la volonté de fusionner la police et la gendarmerie, alors que ces deux corps séparés de maintien de l’ordre – grande tradition républicaine – s’avèrent l’une des garanties de la démocratie.
Alors, nous connaîtrions la dictature sans la guerre. C’est déjà ça, non?…

Les indignés, c’est ce qui reste quand on a tout perdu?

Les indignés sont peu nombreux dans nos sociétés européennes, où l’âge médian dépasse la quarantaine (40 ans en France, 44 ans en Allemagne), où l’état d’atomisation de la structure sociale freine l’action collective. Je ne crois pas à la puissance des forces de contestation. Nous avons besoin de prises de conscience fortes et non d’un basculement général et révolutionnaire. Je milite pour un retour des élites à la raison, pas pour leur renversement.

Je n’ai rien contre les élites, mais je ne supporte pas qu’elles trahissent leur tâche. La lutte des classes existe et m’apparaît en partie soluble par la négociation. Il y aura toujours des classes supérieures. Celles-ci me sont intolérables lorsqu’elles deviennent folles et irresponsables. Les grandes démocraties reposent sur un système où une partie des élites accepta un tel contrat, au point de passer du côté du peuple. Or nous avons dorénavant des oligarques furieux, qui répondent à la définition d’un marxisme caricatural.

J’ai une conscience égalitaire de petit-bourgeois de gauche et je suis attaché à une forme de moralité sociale: cela ne fait pas de moi un révolutionnaire.

Votre rhétorique enflammée donne pourtant le change…

Oui, j’exprime très violemment des idées très modérées.

 


Mediapart

http://mediabenews.wordpress.com/2011/12/03/emmanuel-todd-le-jour-ou-leuro-tombera/

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 11:05

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