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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 10:55

dpXgzl485088-02.jpgDu nouveau sur le Bloc de Gauche – Faits et expériences

Par Margarida Botelho, de la commission politique du PCP, ancienne députée de Lisbonne, pour O Militante, revue théorique du parti



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Cf aussi : Analyse (critique) du Bloc de Gauche au Portugal par le Parti Communiste

 

A propos du cycle électoral de 2009 et des résultats du PCP/CDU et du Bloc de gauche, des flots d'encre ont été écrits sur l' « événement historique » qu'aurait constitué le fait que le Bloc de Gauche (BE) dépasse le PCP, en particulier aux élections législatives.

 

La position du PCP alors, jugeant positive la forte croissance de la CDU et non sa position relative, avait été considérée comme une excuse de mauvais perdant. La vérité, c'est que l'histoire du PCP et du mouvement communiste international nous enseigne à ne pas avoir peur de l'influence réelle d'une force politique dans la société sur la base de ses résultats électoraux, qui est en général d'autant plus conjoncturelle et volatile que son enracinement social est faible. Elle nous enseigne également combien il est dangereux de subordonner des principes et un programme politique (qui dans le cas du PCP sont de nature révolutionnaire, visent à la transformation de la société) à des considérations électoralistes et médiatiques. Le front de la lutte électorale est important et il n'existe pas de parti politique, y compris le PCP, qui n'ait pas fixé comme objectif d'obtenir les meilleurs résultats électoraux possibles. Mais miser sur le succès immédiat et céder aux pressions conjoncturelles ont conduit au désastre et même à la disparition de grands et prestigieux partis communistes. Le PCP préfère perdre des voix en disant la vérité et ce qu'il pense réellement, qu'en gagner en mentant ou en éludant des questions.

 

Aux législatives du 5 juin 2011, moins de deux ans après et avec une inversion des positions, l'analyse des commentateurs de service ne choisissait pas le même angle d'attaque, mettant même sur pied, comme le Comité central du parti l'a dénoncé, une « mystification éhontée (…) tentant de profiter de la chute significative du Bloc et de la perte de la moitié de ses députés, pour affirmer une perte d'influence des partis 'à la gauche du PS', cherchant ainsi à dévaloriser l'important résultat de la CDU qui sort renforcée de ces élections ».

 

Les dirigeants et adhérents du Bloc ont contribué à cette mystification, évoquant une prétendue stagnation des résultats du Parti (« du PCP, il n'y a également pas grand-chose à dire. Il se maintient (…) Pour le meilleur et pour le pire, c'est une forteresse. De là, personne ne sort et personne ne rentre » (Daniel Oliveira), ou le sens d'un déclin inexorable (« le PCP a beaucoup perdu depuis 25 ans, et comme il a beaucoup perdu, il n'y a plus grand-chose à perdre », Miguel Portas), ou attribuant cette meilleure « résistance » au déclin électoral à l'influence syndicale, locale ou même, comme le dit Francisco Louça, à une « très longue tradition familiale » du PCP.

 

Le résultat électoral du Bloc a engendré des divergences publiques et a conduit son Bureau national à lancer un débat interne et à annoncer la réalisation pour début Septembre d'un « forum subordonné au débat sur les voies qui s'ouvrent à la convergence des gauches politiques et sociales dans le cycle politique du mémorandum et de l'intensification de la crise au sein de l'Union européenne », ainsi que d'une « conférence, au plan international et national, sur les impacts de la crise de la dette, pour promouvoir le débat sur les grandes options et alternatives dans le contexte de la crise européenne ».

 

La direction du Bloc reconnaît que les « orientations récentes ont été, naturellement, objet de polémique », énumérant le soutien à Manuel Alegre aux élections présidentielles, la présentation de la motion de censure contre le gouvernement PS et l'absence à la réunion avec la troïka comme des attitudes qui « aux yeux de nombreux électeurs (…) sont apparues comme contradictoires ».

 

C'est sur ces éléments contradictoires que, brièvement, cherche à se pencher ce texte. Il ne s'agit ni d'une ingérence dans les affaires internes du Bloc de gauche, ni d'une quelconque prétention stupide à tirer profit des problèmes d'une force qui se situe à gauche du spectre politico-partisan portugais et avec laquelle des prises de position analogues et convergentes ont été possibles à l'Assemblée de la République, ce qui doit être jugé comme positif, en dépit des profondes différences qui séparent une force de classe révolutionnaire d'une force contradictoire, inconséquente, et avec de fréquentes poussées d'anti-communisme. Nous cherchons à tirer des leçons d'idées et de comportements qui pourraient, s'ils en avaient l'occasion, mener à la constitution d'une « gauche (éventuellement) élargie », mais idéologiquement et politiquement désarmée face à la violente offensive du capital et de l'impérialisme. Ici nous avons également en perspective le « Parti de la gauche européenne » qui, comme le PCP avait fort à propos mis en garde, agit pour donner une nouvelle virginité à la nouvelle social-démocratie et pousse les partis communistes à perdre leur identité.

 



Le soutien à Manuel Alegre



Le soutien à Manuel Alegre aux élections présidentielles a été justifié par le Bloc de gauche pour une raison principale – « rassembler des forces » contre le candidat Cavaco Silva. Il l'a fait pratiquement un an avant les élections, début 2010, dans le cadre d'un processus émaillé de critiques et de divergences internes, mais aussi d'attaques lancées envers le PCP, accusé de sectarisme et d'opportunisme. Les raisons pour lesquelles il était nécessaire que le PCP présente sa propre candidature ont été exposées de façon claire pendant la campagne électorale, et nous nous dispenserons de les répéter ici. Le soutien du Bloc de gauche au candidat Manuel Alegre, pendant des décennies dirigeant et député du PS, défenseur actif et responsable des politiques de droite pratiquées dans notre pays, pendant une période de plusieurs mois où le PS était au gouvernement, et était le protagoniste des PEC (Plan de stabilité et de croissance) et des mesures d'austérité, a constitué une des « contradictions » que le Bureau national a lui-même identifié.



Plus que de « contradictions », nombreux sont ceux qui, comme nous, ont vu dans une telle démarche non seulement la conséquence logique d'initiatives pensant possible d'isoler le PCP ou le dissoudre dans un fourre-tout politique sans principes ni orientations clairs mais aussi une façon de contribuer, au beau milieu de plans d'austérité spoliateurs qui se succédaient alors, à apporter une caution de gauche à la brutale offensive droitière du PS.



La motion de censure



Miguel Portas a expliqué dans une interview de façon exemplaire les raisons qui ont motivé la motion de censure : « il y eut dans la décision du Bloc de gauche une tentative de contre-balancer le soutien accordé à Alegre par une position très claire contre le gouvernement ».



La vérité, c'est que, 18 jours après des élections présidentielles où il s'est joint a PS dans le soutien à la candidature de Manuel Alegre, le Bloc de gauche a annoncé qu'il présentait une motion de censure en plein débat avec le premier ministre, alors que quelques jours auparavant Francisco Louça avait affirmé, quand on lui opposait une prétendue intention similaire de la part du PCP, que cela n'aurait aucune « utilité pratique ». Il le fit en l'annonçant à un mois de distance de sa discussion et de son vote à l'Assemblée de la République, comptant naturellement polariser ainsi le débat politique. Le calcul tacticien avec ses contradictions n'est pas passé inaperçu.



La réunion avec la troïka



La résolution du Bureau national du Bloc de gauche conclut à cet égard : « la direction du Bloc a sur-estimé les capacités de l'indignation immédiate contre la récession et a sous-estimé la peur parmi les secteurs les plus touchés par la crise. L'orientation du Bloc dans la période pré-électorale, concentrée sur l'appel à une votation de type référendaire contre le programme de sauvetage, a découlé de cette sur-estimation, et la même chose peut être dite de l'incompréhension qui a entouré la décision de ne pas assister à la réunion avec le FMI. Aussi fondé qu'ait pu être ce choix, il n'a satisfait ni les secteurs qui voulaient que nous y allions dire 'ce qu'il fallait leur dire', ni ceux qui avaient l'illusion que nous puissions contribuer à atténuer la violence des mesures qui allaient être annoncées quelques jours plus tard, et cela eut donc des conséquences électorales négatives. »



Il est assez légitime de conclure que ce que le Bloc admet est que, si sa position de principe lui est préjudiciable électoralement, il aurait été mieux de la dissimuler ou de l'abandonner. Quelques jours après les élections, Francisco Louça reconnaissait lui-même : « si elle se déroulait aujourd'hui, je verrai cette réunion d'un autre œil (…) notre attitude ne fut pas comprise et cela nous a été préjudiciable du point de vue électoral. Nous aurions pu adopter une attitude différente, certainement. »



Bien que le Bureau national ne la mentionne pas comme un des éléments contradictoires qui auraient contribué à l'effondrement électoral, la position que le Bloc a adopté quant à l'intervention de la troïka en Grèce s'intègre clairement dans ce processus et suscite des doutes encore plus importants.



Si tout n'est pas clair pour nous, rappelons que le 7 mai 2010, l'Assemblée de la République a débattu, sur proposition du gouvernement PS, d'un « prêt » de 2 milliards d'euros à la Grèce. Le Bloc a voté pour, avec le PS, le PSD et le CDS. Seuls le PCP et les « Verts », solidaires avec le peuple grec, ont refusé l'ingérence brutale que cela a signifié. A l'époque, la députée Cecilia Honorio a défendu le vote favorable du Bloc de gauche, disant qu'ils le faisaient « pour une seule raison : refuser ce prêt serait, dans les circonstances actuelles, imposer la faillite à la Grèce. Et cela serait la pire des options. Ce serait la politique de la terre brûlée, ce serait répondre à la crise par une catastrophe économique ». C'est une attitude dans laquelle se révèle clairement sa conception fédéraliste de l'Union européenne et son penchant social-démocratisant. Une attitude compatible par ailleurs avec la proposition présentée quelques mois auparavant par le Bloc de gauche pour la création d'une agence de notation européenne – une idée chère en ce moment même parmi les analystes les plus néo-libéraux – ou avec la proposition présentée au Parlement européen, défendant l'intervention européenne en Libye, mais qui correspond si peu avec la décision de ne pas participer à la réunion avec la troika. Une contradiction de plus.



Un projet clair et fiable que celui du PCP



La rencontre avec le PCP fut un autre motif de polémique au sein du Bloc de gauche et de spéculation dans les médias, en dépit du fait que, au moment de la réunion, les deux partis avaient déjà décidé du cadre dans lequel ils participeraient aux élections législatives anticipées – le Bloc seul, le PCP intégré dans la CDU. Il s'agissait d'une rencontre qui, comme nous l'affirmions à l'époque, « rendait possible un échange d'opinions et de points de vue quant à l'analyse que fait chacun des partis sur la situation économique et sociale du pays (…) Une analyse qui a permis d'identifier des éléments sur lesquels existent des appréciations convergentes. Convergences de points de vues qui ne nous laissent pas dupes en même temps sur les différences d'opinion et même sur des positions divergentes sur plusieurs questions, ce qui est en soi un fait naturel pour des partis aux trajectoires et aux projets différents (…) fait qui n'empêche pas des convergences, comme cela s'est produit en particulier sur le plan parlementaire ».



Les incohérences, à côté des attitudes qui correspondent à sa matrice social-démocratisante et, tout particulièrement, le fait de faire d'une question secondaire la question centrale de la souveraineté et de l'indépendance nationales, tout comme le mépris récurrent pour la dynamique unitaire des organisations syndicales et des manifestations de masses, et en particulier du mouvement syndical unitaire, sont des facteurs qui ne peuvent être ignorés quand on examine les possibilités souhaitables de convergence.



D'autant plus que les médias ont souvent mis en avant le Bloc de gauche, pas tant pour ses mérites propres, mais plutôt avec l'intention claire d'occulter et de minimiser les initiatives du PCP. Prenons le cas de la proposition de la renégociation de la dette que le PCP défend seul depuis des semaines, mais qui a été méthodiquement mise en avant comme s'il s'agissait d'une mesure innovante de la part du Bloc de gauche.



Naturellement que le PCP est, comme il l'a toujours été, disponible pour rechercher des convergences et les coopérations avec toutes les forces sociales anti-monopolistes, avec tous les patriotes et les démocrates, avec toutes les personnalités indépendantes, dans la perspective de la rupture avec ce cap et cette politique, pour quoi est indispensable le développement d'une puissante lutte de masses. Le PCP a un projet clair pour le pays, d'affirmation d'une politique patriotique et de gauche, pour un Portugal de progrès, tout en ayant toujours à l'horizon la perspective du socialisme. Un programme que le PCP propose au peuple portugais et qui correspond « à l'intérêt fondamental de l'immense majorité de la population portugaise ».

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 10:43

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:16

etudiants_capitalisme.jpgLes conséquences des plans d'austérités sur les étudiants en Europe


 

Communiqué publié par les JC 13 (http://jeunescommunistes13.over-blog.com/) et JC Paris 15 (http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/)


Depuis 2008, le système capitaliste est rentré dans une nouvelle période de crise. Cette crise systémique qui a d’abord commencé aux Etats-Unis et s’est ensuite développée en Europe ayant de nombreuses conséquences pour les classes populaires de notre continent.

Le système d’aide de la "Troika" qui vient en aide aux gouvernements de droites et sociaux-démocrates afin de sauver les capitalistes, ne peut pas arrêter la crise. Pire encore, en appliquant des mesures réactionnaires, ils ont conduit les peuples dans une situation encore plus difficiles dans une période ou la crise du capitalisme s’accentue.

 

Avec la crise, l’Union Européenne montre son vrai visage, celui d’une institution impérialiste dont l’objectif est de servir les intérêts de la bourgeoisie européenne.

 

La crise de la dette qui est un symptôme de la crise économique du capitalisme, n’est qu’un prétexte pour imposer des plans d’austérités aux classes populaires dans des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne ou l’Italie. Ces politiques permettent la casse des droits des travailleurs, des étudiants et de l’ensemble de la population. Elles constituent une déclaration de guerre contre les intérêts du peuple.


Depuis 15 ans, le secteur de l’éducation a été le centre des attaques de l’Union Européenne qui veut instaurer les mêmes règles que dans les systèmes éducatifs anglais et américains. Depuis l’ouverture de l’Education au marché, les privatisations et la commercialisation des écoles publiques ont créé d’énormes possibilités de bénéfices pour les monopoles. Dans ce contexte, la situation qui est déjà très dure, va continuer d’empirer. Dans la continuité du processus de Bologne et du traité de Lisbonne, avec à présent la stratégie euro2020, les jeunes venant des classes populaires seront exclus des universités.


Nous, CJC (Catalogne), CJC (Espagne), COMAC (Belgique), EDON (Chypre), FGCI (Italie), JCP (Portugal), KNE (Grèce), UJCE (Espagne), UEC (France), déclarons, en ce jour du 17 novembre, journée internationale des étudiants, que :

 

1. L’éducation supérieure est un droit fondamental du peuple et de la jeunesse, qui ne doit pas être subordonnée aux intérêts privés.


  2. L’éducation et l’enseignement supérieur doivent être un service public, gratuit et laïc. Nous luttons contre les réformes capitalistes, pour que les universités servent les besoins des peuples et non les profits des capitalistes et des monopoles.

 

3. Nos pays doivent rejeter le Processus de Bologne, nous le mettrons en déroute !


4. Le but des universités doit être d’éduquer les jeunes et de leur permettre de poursuivre des projets de recherches de bonnes qualités et ce quelques soient les ressources de chacun.


5. Le capitalisme est un système qui ne permet pas à tout le monde d’étudier et de vivre dans des conditions décentes, c’est pour cela que nous nous battons pour le dépasser.


6. Les universités ne devraient pas appliquer des politiques impérialistes avec les autres pays en les forçant à mettre en œuvre les mêmes réformes que celles de l’UE, comme le Processus de Bologne.Les universités de tous les pays doivent promouvoir la coopération et des programmes de recherches basés sur la solidarité et les intérêts mutuels en fonction des besoins des peuples et non au profit des corporations multinationales.


7. Les étudiants venant du Tiers Monde pour étudier en Europe sont victimes de discriminations et de racisme. Les capitalistes les exploitent et participent au pillage de ces pays. Nous leurs exprimons notre entière solidarité, nous soutenons leur combat et nous les appelons à s’unir dans la lutte pour nos droits à tous.

 

8. Nous demandons instamment à nos universités de développer des partenariats avec les universités Palestiniennes, afin d’aider la lutte pour la vie, l’éducation et le travail que le peuple Palestinien mène dans des conditions très difficiles, en raison de la poursuite de la politique impérialiste d’occupation promue par l’Etat Israélien.


9. Nous dénonçons fortement le révisionnisme et l’anticommunisme dans l’éducation notamment via la falsification de l’histoire et l’amalgame entre nazisme et communisme.


10. Dans le même temps, nous luttons contre l’idéologie capitaliste dans la conception de l’éducation et nous appelons à une vraie démocratie dans l’élaboration des programmes et dans la gestion des universités, de manière à ce que l’éducation et les sciences puissent jouer un véritable rôle dans la société afin d’améliorer la vie des travailleurs.


Pour conclure, nous exprimons notre solidarité aux étudiants et aux jeunes du monde qui se battent pour des meilleures conditions de vie et d’études.

En avant pour un monde de paix, de solidarité, pour le socialisme, avec une Europe libérée de l’exploitation et avec des étudiants ayant de meilleures conditions d’études et vivant librement !

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:48

arton1941-ec70b.jpgLes industries et multinationales semencières veulent rendre les paysans captifs… grâce à la loi. Les députés doivent examiner le 28 novembre un texte instaurant une « contribution volontaire obligatoire » : une véritable dîme sur les semences. Ressemer librement sa propre récolte ou échanger des variétés de plantes deviendra illégal. Soucieux de préserver l’autonomie alimentaire, des paysans et des citoyens entrent en résistance.


Demain, graines et semences ne seront peut-être plus libres. Des agriculteurs s’inquiètent d’une proposition de loi votée par les sénateurs le 8 juillet dernier, et déjà appliquée par décret aux productions de blé tendre. S’ils veulent conserver une partie de leur récolte pour la ressemer l’année suivante (quoi de plus naturel ?), les producteurs de blé tendre doivent payer une redevance appelée « Contribution volontaire obligatoire » (sic). « L’enjeu de cette nouvelle proposition de loi est d’étendre ce mécanisme à tous les paysans, alerte Guy Kastler, du Réseau semences paysannes. Chaque fois qu’on cultivera un hectare, ils prendront un peu d’argent de nos poches pour payer les détenteurs de propriété intellectuelle. » La loi prévoit de considérer la reproduction de semences à la ferme, sans payer cette dîme moderne à leurs « propriétaires », comme une contrefaçon [1]. La récolte pourra alors être saisie.

Qui sont ces propriétaires de semences à qui la « contribution volontaire » sera reversée ? Depuis 1949, toute variété de semence mise sur le marché doit obligatoirement être inscrite sur le catalogue géré par l’Office communautaire des variétés végétales (OCVV), dont le siège est à Angers  [2]. Cet office accorde un droit de propriété intellectuelle, d’une durée de 25 à 30 ans, à « l’obtenteur », celui qui a sélectionné cette variété. Les principaux détenteurs de ces « certificats d’obtention végétale » [3] ne sont autres que les grandes multinationales semencières : Bayer, Limagrain, Monsanto, Pioneer, Vilmorin ou Syngenta. Tous réunis au sein de l’Union française des semenciers, qui aurait fortement appuyé le projet de loi.

Rendre les paysans captifs

« Le fait que l’obtenteur soit rétribué pour son travail de recherche ne nous pose pas de problème, explique Jean-Pierre Lebrun, un maraîcher biologique à la retraite. En revanche, nous sommes opposés à ce que ces obtenteurs récupèrent des taxes sur le travail de sélection que nous menons dans nos fermes. » Avec d’autres paysans et des consommateurs soucieux de préserver l’autonomie alimentaire, Jean-Pierre a fait le déplacement à Angers ce 19 novembre pour « débaptiser » l’OCVV, renommé « Office communautaire de la confiscation des semences ». Un geste symbolique qui en dit long sur les menaces pesant sur l’avenir de notre alimentation.

Yves Manguy, agriculteur à la retraite, connaît bien les semences de ferme, ces graines récoltées à partir de variétés sélectionnées par l’industrie semencière, mais multipliées par l’agriculteur lui-même par souci d’économie et d’indépendance. Pour cet ancien porte-parole de la Coordination nationale pour la défense des semences fermières (CNDSF), l’objectif des firmes semencières est clair : « Elles veulent instaurer un marché captif, que les agriculteurs achètent leurs semences et qu’ils n’en fassent plus chez eux. La loi en préparation consiste non pas à interdire complètement mais à restreindre un maximum le droit des semences à la ferme. » Le texte propose ainsi d’autoriser la semence de ferme pour seulement 21 espèces – en échange du paiement de la Contribution volontaire obligatoire – et d’interdire cette pratique pour toutes les autres espèces.

 

« Ce n’est pas la recherche qu’ils veulent rémunérer mais les actionnaires »

Pourquoi cette redevance ? Officiellement, pour financer la recherche. Actuellement, 85 % des sommes récoltées par la Contribution volontaire obligatoire sont reversées directement aux obtenteurs, et 15 % servent à alimenter le Fonds de soutien à l’obtention végétale en blé tendre. « Les objectifs de sécurité et de qualité alimentaire doivent être définis par le public, et non par les seules recherches de profits des entreprises semencières privées », argue la Confédération paysanne. D’après le syndicat, l’application de la proposition de loi entraînerait un prélèvement supplémentaire sur le revenu des agriculteurs français estimé à 35 millions d’euros. « La recherche doit être financée aussi par le public et non par les seuls agriculteurs. Il convient de mettre en place un mécanisme de financement public de la recherche », estime la Confédération paysanne. Le syndicat suspecte l’Union française des semenciers de vouloir d’ailleurs tripler la redevance (environ 3,50 euros par hectare aujourd’hui).

Des carottes illégales et des choux clandestins

Non loin de l’Office communautaire des variétés végétales, sur la place du Pilori, dans une rue piétonne d’Angers, se déroulent les rencontres des semences paysannes et fermières d’Anjou. Ici, des artisans semenciers partagent une même passion, celle de la sélection, de la conservation, de la multiplication et de l’échange des semences. François Delmond est membre de l’association Les Croqueurs de carottes, qui sauvegarde les variétés potagères traditionnelles menacées de disparition. Sur le stand, plusieurs variétés de carottes et de choux rouges sont proposées à la dégustation. Les réactions varient du « surprenante, celle-là » au « celle-ci a un goût de noisette très fort, vous ne trouvez pas ? ». Pour François, ces dégustations sont l’occasion de montrer l’impact des choix variétaux sur la qualité gustative.

« Ce que vous mangez est une variété de carotte illégale car elle a été radiée du catalogue, elle ne respectait pas les critères », explique François à une passante. Entre 1954 (date d’existence du premier catalogue des variétés de plantes potagères) et 2002, 80 % des variétés ont été radiées du catalogue, à cause d’une réglementation de plus en plus contraignante. « Ce que nous voulons, c’est la liberté de faire notre travail en âme et conscience, la liberté du jardinier de semer la variété qu’il veut et la liberté du consommateur d’accéder à des aliments différents. » Une liberté qui contribue à l’augmentation et à la conservation de la biodiversité cultivée, à la réduction de l’utilisation des pesticides ainsi qu’à l’essor de variétés adaptées à leurs terroirs et aux variations climatiques.

Rébellion contre la dîme des multinationales

Une campagne pour une loi de reconnaissance positive des droits des agriculteurs et des jardiniers sur les semences vient d’être lancée par plusieurs organisations. « Les droits des agriculteurs de conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences, les protéger de la biopiraterie et des contaminations par les OGM brevetés, et de participer aux décisions nationales concernant la biodiversité cultivée sont reconnus par le Traité international sur les semences approuvé en 2005 par le Parlement français », rappelle Anne-Charlotte Moÿ, en charge des questions juridiques au Réseau semences paysannes. Or, une succession de règlements européens et de lois nationales conduisent progressivement à leur interdiction totale.

La proposition de loi relative aux certificats d’obtention végétale doit être débattue le 28 novembre à l’Assemblée nationale. Il est encore possible de participer à la cyberaction, qui a déjà recueilli plus de 14 000 signatures, et un rassemblement est prévu devant l’Assemblée. « Il nous faut rester mobilisés, avertit Guy Kastler, afin de ne pas abandonner l’alimentation à quelques firmes multinationales. » Il y a trois siècles, les paysans versaient la dîme ou étaient contraints à des corvées au profit du seigneur local, propriétaire des terres... Aujourd’hui, cette domination s’est déplacée vers les semences.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Lire à ce sujet Comment les semenciers tentent d’asservir l’agriculture paysanne.

[2] Pour être inscrites, les variétés doivent répondre à trois critères : la distinction (la variété doit être nettement distincte de toute autre variété notoirement connue) ; l’homogénéité (la variété est suffisamment uniforme dans ses caractères pertinents) ; la stabilité (la variété reste conforme à la définition de ses caractères essentiels après avoir été reproduite ou multipliée).

[3] En Europe, on utilise le terme de « certificat d’obtention végétale », qui protège une variété. Son équivalent outre-Atlantique est le brevet, qui protège l’information génétique contenue dans une même variété. Du coup, il arrive qu’une plante fasse l’objet d’un double droit de propriété intellectuelle...

 

 

http://www.bastamag.net/article1941.html

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 21:05

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http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-11-23-Espagne

 

Avec presque 11 millions de voix et la majorité absolue, le Parti populaire (PP) a remporté largement les élections législatives espagnoles du 22 novembre 2011 (1). Les conservateurs ont ainsi balayé le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), au pouvoir depuis 2004. Anticipant la déroute, son principal dirigeant, M. José Luis Zapatero, avait d’ailleurs décidé de ne pas se représenter, non sans avoir fait voter le 7 septembre 2011 une « règle d’or » limitant le déficit public à 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) à partir de 2020.

Les protestations contre cette mesure, et plus largement les critiques sur une gestion perçue comme libérale de la crise économique, n’ont pas manqué, tant de la part du mouvement des Indignés (lire Raúl Guillén, « Alchimistes de la Puerta del Sol », juillet 2011) que des cadres de son propre parti ou de ses électeurs traditionnels. Ainsi, les résultats attestent davantage d’un effondrement du PSOE que d’une fulgurante ascension du PP. Le premier perd 4 315 000 voix par rapport aux élections législatives de 2008, le second en gagne 555 000. L’abstention et les votes blancs et nuls n’évoluant que légèrement (+3 %), les suffrages semblent s’être reportés ailleurs.

Sur des partis plus à gauche, comme Izquierda Unida (IU), d’abord, qui progresse de 700 000 voix et devient la troisième force du pays avec près de 7 % des suffrages. Néanmoins, le système de représentation, extrêmement favorable aux deux formations majoritaires et aux partis obtenant l’essentiel de leur soutien sur un territoire très restreint (les nationalistes par exemple), ne permet à IU d’avoir que 11 députés. L’arithmétique est simple : il faut 42 411 voix aux nationalistes navarrais de Geroa Bai pour obtenir un siège, 60 000 au PP, 64 000 au PSOE et 155 000 à IU…

La formation Unión Progreso y Democracia (UPyD), fondée en 2007 par des transfuges socialistes pour « dépasser le faux dilemme entre la gauche et la droite », connaît également un essor considérable avec plus de 800 000 voix supplémentaires.

Mais ce sont surtout les nationalistes qui tirent leur épingle du jeu. En Catalogne, Convergència i Unió (CiU), un parti de centre-droit, devance désormais les socialistes. Au Pays basque, le score de la gauche nationaliste confirme le mouvement amorcé lors des élections de mai 2011. De retour dans les urnes après des années d’interdiction, elle avait alors remporté 25,5 % des voix dans les trois provinces basques. La coalition Amaiur obtient cette fois 7 sièges au Parlement, un succès qui indique son importance politique, à un moment où la violence politique pourrait prendre fin (lire Brian Currin, « Choisir la paix au Pays basque », juin 2011).

Un raz de marée conservateur peut paraître paradoxal dans un pays dont les récentes mobilisations sociales avaient reçu un écho si enthousiaste de par le monde. Or, c’est sans doute ici que réside l’un des principaux dilemmes des partis de gauche aujourd’hui (lire Serge Halimi, « Où est la gauche à l’heure de la tourmente économique ? », novembre 2011) : comment peuvent-ils concilier un projet progressiste — seul à même de mobiliser les forces sociales qui les soutiennent — et les contraintes que font peser sur eux les représentants des marchés financiers et leurs alliés empressés des institutions européennes ou internationales (lire notre dossier « Peut-on changer le monde ? » dans notre édition de novembre 2011, actuellement en kiosques) ? En tout cas, il semble acquis que la voie choisie par le gouvernement socialiste espagnol n’était pas la meilleure…

 


(1) Les résultats détaillés sont accessibles sur le site du quotidien El País.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 21:01

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http://www.presseurop.eu/fr/content/blog/1203071-les-riches-grecs-plaident-non-coupable

 


Les riches grecs plaident “non coupable”

23 novembre 2011

Se sent-on coupable quand on est riche et Grec en 2011 demande Le Temps à un millionnaire exilé en Suisse et qui paie ses impôts rubis sur l'ongle à Genève ? Pas le moins du monde, répond sans complexe George Koukis, 58e fortune grecque : 

La Grèce a apporté au monde les lumières de la civilisation, elle a développé le concept de philosophie, Platon et Aristote sont toujours étudiés dans les universités… et maintenant elle s se met à mendier pour permettre à certains de maintenir leur style de vie? Je ne leur donnerai pas un centime. Parce qu’il serait volé ou en tout cas mal utilisé. Même si tous les Latsis, Niarchos et autres Koukis du monde pouvaient régler la dette, cela ne changerait rien: 12 mois plus tard, l’ornière serait la même. Le problème de la Grèce, c’est que quatre ou cinq familles se sont succédé à sa tête. Conservatrices ou socialistes, elles ont siphonné des sommes énormes de son économie. Si les leaders n’ont pas de vision à long terme ni d’éthique, ils ne prennent que des décisions qui les feront réélire. 

Pourquoi les Grecs ne paient pas leurs impôts ? : "Parce qu’ils ne font pas confiance au gouvernement".

Les Grecs ne pourraient-ils pas s’inspirer de Warren Buffett, qui demande lui-même à être plus sévèrement taxé, interroge le quotidien suisse :

J’admirais Warren Buffett jusqu’à ce que je me rende compte qu’il possède une partie de Moody’s et de Goldman Sachs ! C’est une hypocrisie totale: c’est sa compagnie qui dégrade les notes des économies et permet à des gens de se faire de l’argent en spéculant! Qui plus est, ceux qui sont en charge en Grèce et en Europe sont souvent des anciens de Goldman Sachs. Le premier ministre grec actuel, Lucas Papadémos, était en charge de la banque centrale à l’époque où Goldman Sachs s’est entendu avec les autorités du pays pour falsifier les comptes. C’est une trahison !

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:57

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Alors que le nouveau Premier ministre grec vient de former un « gouvernement d’union nationale », la vie quotidienne des Grecs continue d’être marquée par des augmentations des taxes sur les biens de première nécessité, la baisse des salaires et la hausse du chômage. Dans un contexte où le nombre de suicides augmente, où l’exode des jeunes Grecs s’intensifie, l’économiste Marica Frangakis, membre d’Attac Grèce, analyse pour Basta ! la situation politique interne et appelle à la solidarité des peuples d’Europe.

Photo : source

Basta ! : Les études montrent que la crise financière pourrait mener à une crise sanitaire. Dans quel état d’esprit est la population grecque face au plan d’austérité ?

Marica Frangakis : L’austérité en Grèce a un visage. Ce sont des rangées de boutiques fermées et qui affichent « à vendre » ou « à louer ». Des signes que l’on retrouve aussi sur les façades des appartements, alors que le marché immobilier est en chute libre. Ce sont les boutiques d’achat et de vente d’or qui, subitement, prolifèrent. Ce sont des lignes de taxis jaunes attendant les clients. Ce sont les conversations étouffées dans les autobus, les gens se racontant leurs problèmes. Beaucoup sont gênés de dire qu’ils n’ont pas assez d’argent pour leurs besoins quotidiens. Ce sont des enfants qui s’évanouissent à l’école et admettent n’avoir pas eu de repas solide depuis plusieurs jours. Ce sont les manifestations et les marches à travers le centre d’Athènes. Ce sont des grèves qui rendent la vie quotidienne difficile, mais auxquelles les gens font face sans se plaindre. C’est le nombre croissant de suicides de pères au chômage qui ne peuvent pas nourrir leur famille, d’hommes d’affaires qui ne peuvent pas payer leurs dettes. Athènes est devenu un endroit déprimant pour vivre en ce moment. La situation n’est pas si mauvaise dans d’autres endroits, notamment dans les villes plus petites, où les réseaux sociaux sont plus resserrés. Cependant, à mesure que la crise s’aggrave, la Grèce entière est entraînée dans une spirale infernale.

Concrètement, en quoi consistent ces mesures d’austérité ?

Les mesures d’austérité ont changé la vie quotidienne des Grecs à bien des égards. Depuis 2009, le salaire nominal dans le secteur public a été réduit, tout comme les retraites, de 15 à 20 %. Dans le même temps, la taxe sur la valeur ajoutée a été augmentée à 19 % au début 2010, puis à 21 % et à 23 % à la mi-2010. Par ailleurs, les taxes sur les biens de première nécessité ont été revues à la hausse. Le taux d’inflation est donc dû à l’augmentation de la fiscalité. Comme l’OCDE l’a noté, si l’effet de l’augmentation de la fiscalité est retiré, la Grèce entre réellement en déflation, c’est-à-dire dans une chute persistante des salaires et des prix.

Et côté chômage ?

En raison de la contraction de la demande, le chômage est passé de 10 % à plus de 18 %, selon les statistiques officielles. Cela pourrait même être plus de 20 %. Le chômage touche particulièrement les jeunes (15-35 ans), les femmes et les immigrants, alors que le nombre de chômeurs longue durée (plus de 12 mois) ne cesse d’augmenter. La réduction prévue du nombre de fonctionnaires va venir gonfler encore le chômage. On n’avait pas vu de tels chiffres depuis la première moitié du XXe siècle ! À l’instar des années 1950 et 1960, la Grèce connaît un exode des jeunes, qui migrent vers d’autres pays. L’augmentation du chômage signifie aussi que les salaires et les conditions de travail dans le secteur privé se détériorent. Cela est particulièrement vrai pour les nombreuses petites entreprises, qui sont la norme dans l’économie grecque.

Quel est l’impact de la crise sur le paysage politique ?

Depuis le milieu des années 1970 et la chute de la dictature, la politique grecque a été dominée par deux grands partis – la Nouvelle Démocratie (conservateur) et le Pasok (socialiste) – dirigeant en alternance et disposant de plus de 80 % des voix, dans un pays où le vote est obligatoire. La gauche grecque, de son côté, est fragmentée. Le Synaspismós actuel (Syn) est l’héritier de la coalition entre le Parti communiste grec et sa branche dissidente dite « de l’intérieur ». Le Syn est un des partis fondateurs de la Syriza, une large alliance de mouvements politiques de gauche. Au mieux, ces deux partis de l’aile gauche ont obtenu 12 à 14 % des voix. Enfin, un parti de l’extrême droite – Laos (Alarme populaire orthodoxe) – est apparu au début des années 2000, et recueille environ 5 % des voix. Depuis 2009, la crise a agi comme un catalyseur pour le paysage politique. Selon les sondages, les deux grands partis sont soutenus par moins de 50 % de l’électorat, les deux partis de l’aile gauche par plus de 20 %, l’extrême droite par environ 8 %, tandis qu’un peu moins de 10 % des votes vont à un certain nombre de nouveaux partis qui se sont établis à la fois au centre-gauche (Verts, Gauche démocratique) et à droite (Alliance démocratique). Ces changements marquent un processus rapide de radicalisation politique de la société grecque et la recherche de nouveaux acteurs dans la politique grecque.

Comment est perçu l’accord pour un gouvernement d’union nationale ?

C’est dans ce contexte de mécontentement à l’encontre de l’élite politique traditionnelle et de recherche de nouvelles forces politiques que le gouvernement d’« union nationale » doit être considéré. Il est à noter que tous les partis de l’aile gauche ont refusé de participer à ce nouveau gouvernement. En ce sens, ce n’est pas vraiment un gouvernement d’« union nationale », car il ne se compose que de membres des deux grands partis et du Laos. Le fait que la grande majorité des ministres soient les mêmes que dans le précédent gouvernement Pasok est une indication supplémentaire que ce n’est que la continuation du passé. Enfin, il est clair pour tout le monde que le nouveau Premier ministre, Lucas Papadémos, a été choisi en raison de ses liens avec les marchés financiers et les forces conservatrices de l’Union européenne, en tant qu’ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) et président de la Banque centrale de la Grèce.

Le gouvernement d’union nationale va-t-il apaiser le mécontentement social ?

La crédibilité des deux grands partis est très faible. Les « Indignés » grecs sont des gens ordinaires de tous âges et ils expriment leur frustration à chaque occasion, de manière pas toujours pacifique – en lançant par exemple yaourts et œufs sur des ministres du gouvernement ! Cette tension a augmenté depuis fin 2009, alors que la crise de la dette publique s’étalait et que les banques grecques ont été généreusement soutenues par l’État du fait de la crise financière mondiale. Comme les mesures d’austérité introduites depuis 2009 sont très dures et socialement injustes, la tension sociale grandit. En juin 2011, le ministre des Finances a été remplacé, pour calmer le conflit entre le gouvernement et la grande majorité de la société. En octobre 2011, comme ce conflit devenait de plus en plus vif, le gouvernement a démissionné et un nouveau a été nommé afin de signer le nouveau contrat de prêt et de tenir des élections début 2012. Il est peu probable que cette nouvelle manœuvre politique calme l’agitation sociale. En ce sens, les tensions politiques internes vont non seulement se poursuivre, mais aussi augmenter.

Quel est le niveau de mobilisation en Grèce ? Et qu’attendez-vous des peuples européens ?

La crise a été un catalyseur de mobilisations. Elle a fait sortir les gens dans les rues. Ces protestations sont croissantes et prennent des formes diverses au fil du temps. C’est une expression de mécontentement social qui évolue et qui n’est pas conforme aux idées préconçues traditionnelles. Il y a eu beaucoup de grèves générales en 2010 et 2011. À ces occasions, les rassemblements organisés par les syndicats ont attiré beaucoup de monde, même si les syndicats en Grèce sont très proches des deux grands partis politiques et, par conséquent, manquent de crédibilité. La gauche est fragmentée, ce qui est une grave faiblesse pour offrir une alternative. Le peuple grec est traditionnellement pro-européen. Les Grecs espèrent trouver la solidarité des peuples d’Europe, alors qu’ils sont profondément déçus par les dirigeants européens.


Propos recueillis par Sophie Chapelle

http://www.bastamag.net/article1919.html

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:51

arton167-bae51.jpg« Il y a des limites désirables à l’extension de la démocratie politique » expliquait en 1975 un rapport d’experts de la Commission trilatérale [1]. Il semble que cette leçon de bon sens soit désormais bien ancrée dans les têtes des dirigeants de l’Union européenne.

L’adoption laborieuse du Traité de Lisbonne (et ce malgré son rejet par referendum en France, aux Pays-Bas, puis Irlande) n’était donc qu’un avant-goût. Comme dans un mauvais film, la crise de la dette, loin de conduire à une remise en question de l’absence de régulation financière – qui en est pourtant la cause première – a permis aux marchés d’accroître leur emprise sur les pays de l’Union européenne.

Ce tour de passe-passe mérite bien la mise en œuvre de quelques « limites désirables » à la démocratie… Les Dessous de Bruxelles reviennent sur les dernières tendances en la matière.

15 novembre

Il y eut tout d’abord ce joli coup d’éclat. L’appel d’un Premier-Ministre en perdition, à l’insu des dirigeants de l’UE et même de certains de ses ministres, à tenir un référendum sur la mise en œuvre du dernier « plan de sauvetage » européen, négocié en cercle fermé lors du dernier sommet.

Une initiative qui vaudra à Jo Papandréou de se faire traiter de tous les noms : « opportuniste », « irresponsable », voire « fou », les dirigeants et la presse européenne ne trouvent pas de mots assez durs pour qualifier celui qui menace de conditionner l’adoption de l’accord des dirigeants européens à un vote favorable du peuple grec.

Cette initiative avait bien sûr tout d’un coup politique, au point même que même les partis à la gauche du PASOK s’y sont opposés en réclamant, plutôt qu’un référendum, la tenue de nouvelles élections.

L’initiative de « Jo » Papandréou avait pourtant le mérite de poser la question suivante : Les peuples concernés ont-ils eu l’occasion, ne serait-ce qu’une fois, de se prononcer sur les saignées prescrites par les bons médecins de la Troïka – Union européenne, FMI et Banque Centrale Européenne ? Question dont la réponse est simple : Jamais.

Ceux qui ont œuvré pour que les peuples trinquent à la santé des marchés financiers et des banques - qui s’en tirent à chaque fois sans douleur - peuvent souffler. Décidément, « il y a des limites désirables à l’extension de la démocratie politique ».

Car la réponse n’aurait pas été difficile à prédire si, en Irlande ou au Portugal, alors que les gouvernements en place étaient soufflés par une crise de la dette privée (devenue par magie publique), le choix avait été possible entre un parti prônant la rigueur de Bruxelles, contre un parti prônant la désobéissance façon Reykjavik.

Mais ce ne fut jamais le cas : les partis socialistes, ou l’internationale de la gauche molle, jouant la partition truquée de la rigueur de gauche contre la rigueur de droite… Comme on dit, la copie ou bien l’original ?

Non décidément, « il y a des limites désirables à l’extension de la démocratie politique », et d’ailleurs, en parlant d’Islande, il ne faudrait pas qu’une poignée de vikings ne donnent de mauvaises idées aux peuples européens, avec ces histoires de référendums, de faillites bancaires payées… par les banques (non mais, on marche sur la tête !).

Bref, et cette fois c’est carrément David Rockefeller qui l’expliquait pas plus tard qu’en 1999, dans un magazine à grand tirage : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire » [2]. En attendant, le « pouvoir privé » peut toujours s’arranger pour que les gouvernements soient gérés par ses hommes de main.

Après l’Irlande et le Portugal, c’est au tour de l’Italie et de la Grèce de voir son gouvernement tomber. Mais cette fois, il ne sera même pas question d’élections (ni a fortiori, of course, que le peuple aie quoi que ce soit à dire). Quoi de mieux alors, pour remplacer le vieux « Jo », un peu usé et sans doute rendu « dépressif » (comme le suggère Nicolas Sarkozy), et Berlusconi, qui ne vaut plus guère davantage sur le marché des hommes d’état, que de choisir, en catimini, et pour « rassurer les marchés et Bruxelles », deux hommes de main des marchés financiers ?

Le premier, Lukas Papadimos, pas de souci : il est pas né de la dernière pluie. Lorsqu’il était banquier central de la Grèce, il a négocié avec Goldman Sachs (en la personne de… Mario Draghi, actuel Président de la BCE, ancien responsable Europe de la banque américaine) les maquillages nécessaires pour dissimuler la dette grecque. Une dette accumulée à longueur de sous-marins nucléaires, de chantiers interminables négociés à prix d’or avec les entreprises européennes, notamment allemandes et françaises…

L’autre, c’est Mario Monti, ancien conseiller de Goldman Sachs et disciple à la commission européenne du thatchérien Peter Sutherland. A Bruxelles, il est considéré comme l’un des pères de la nouvelle « gouvernance économique », cette machine antidémocratique à compresser les salaires, augmenter l’âge de départ à la retraite, flexibiliser le marché du travail, et diminuer le nombre de fonctionnaires…

Au sujet de quoi Barroso triomphait : « ce qui est en train de se passer est une révolution silencieuse – une révolution silencieuse vers une gouvernance économique plus forte. Les États membres ont accepté – et j’espère que c’est ainsi qu’ils l’ont entendu – que les institutions disposent désormais d’importantes prérogatives concernant la surveillance et le contrôle strict des finances publiques. [3] »

Deux experts, donc, dont nul ne doute qu’ils sauront faire leur travail. Ou presque. Alors bien sûr, Clement Attlee, premier-ministre britannique, s’effarouchait déjà en 1950 : « la démocratie ne peut abdiquer entre les mains de quelques personnes censées compétentes, et dont les décisions peuvent comporter des conséquences sortant du cadre de leurs attribution et débordant largement sur le plan politique ».

Ce à quoi Sylvie Pierre-Brossolette pourrait répondre, avec la pédagogie et le bon sens coutumier du PPA : « Est-ce qu’il ne faut pas violer des fois les peuples un tout petit peu pour leur bien ? » [4]


Frédéric Lemaire

[1] The Crisis of Democracy, Task Force Report #8. Trilateral Commission, 1975

[2] David Rockefeller, 1999, fondateur du groupe Bilderberg et de la Commission trilatérale (Newsweek international, 1er février 1999)

[3] José Manuel Barroso, à l’European University Institute, Juin 2010

[4] Sylvie Pierre-Brossolette, 2008, journaliste sur France Info (France Info, 16.1.08, au sujet de l’adoption du traité de Lisbonne)

 

http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article167

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:26

a-copie-4.pngLa Grèce n’en peut plus de se dette et cela ne va pas s’arranger. Pour Renaud Vivien et Yorgos Mitralias, deux militants du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde, il faut renoncer à son remboursement. Et le droit international le permet.



Un gouvernement d’union nationale vient de se former en Grèce avec comme premier Ministre Loucas Papadimos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). La priorité de ce nouveau gouvernement est de défendre le « plan de sauvetage » européen élaboré le 27 octobre à Bruxelles. Cette soumission des autorités grecques à leurs créanciers, en plus de constituer un déni démocratique supplémentaire à l’égard du peuple qui continue à se mobiliser contre les plans d’austérité à répétition, risque bien d’entraîner tout le pays dans un suicide collectif.

Une dette en partie illégale

Comme le souligne la Commission (citoyenne) grecque d’audit sur la dette publique, l’accord du 27 octobre ne résout pas le problème de la dette, mais au contraire donne lieu à de nouveaux fardeaux. La restructuration de la dette prévue dans le plan de sauvetage entraînera notamment, une fois encore, la réduction des retraites, des allocations sociales et des salaires ainsi que des licenciements massifs de travailleurs du secteur public, appauvrissant encore davantage le peuple grec. L’objectif officiel serait de réduire la dette publique à 120% du PIB à l’horizon 2020, ce qui ne lui enlèvera pas son caractère « insoutenable ». En effet, si ce niveau était « soutenable », pourquoi l’Italie qui affiche le même ratio est-elle sommée par la Troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et FMI) de réduire sa dette ?

Pour la Commission grecque d’audit sur la dette publique, il ne faut rien attendre des créanciers. La suspension unilatérale du paiement de la dette publique combinée à l’audit sont d’une nécessité vitale. Cet audit, qui doit être démocratique (placé sous le contrôle de la population), permettra de faire la lumière sur la partie de la dette illégale, illégitime et non conforme à la Constitution. Rappelons, en effet, que les dettes contractées depuis 2010 à l’égard de la Troïka sont issues d’accords odieux qui violent de façon manifeste la Constitution, notamment en supprimant le salaire minimum légal.

Aujourd’hui, la population grecque est en situation de détresse. En octobre 2011, le taux de demandeurs d’emploi a atteint 22%, culminant à 40% chez les jeunes. Les contrats à temps plein sont convertis en contrat à temps partiel ou soumis au chômage partiel, avec d’importantes réductions de salaire. Sur une période de 1 à 4 mois, un tiers des salariés du privé n’a pas été payé ; des dizaines de milliers d’entreprises ont déjà mis la clé sous la porte (14 000 au premier trimestre 2011) tandis que d’autres sont actuellement en procédure de liquidation judiciaire. A cette crise économique et sociale s’ajoute aujourd’hui une crise sanitaire. Selon Médecins sans Frontières, 30% des Grecs se soignent dans des cliniques de rue (contre 5% auparavant). Certaines entreprises pharmaceutiques refusent même de livrer certains hôpitaux, de peur de ne pas être payées. Les retraités, les chômeurs, les sans-abri, les personnes touchées par le VIH et la tuberculose sont privés de couverture maladie. A ceux-là s’ajoutent les 22% de la population active non déclarée, qui n’ont donc aucune couverture sociale. Les coupes dans certains budgets liés à la santé comme l’assistance sociale et le traitement de certaines maladies peuvent aller jusqu’à 80% |1| !

Dans ces conditions, refuser de rembourser la dette publique pour donner la priorité aux droits du peuple grec n’est plus un choix mais une nécessité. La députée grecque Sofia Sakorafa l’a d’ailleurs clairement exprimé le 3 novembre dans l’enceinte du Parlement : « Plus que jamais, il est nécessaire de construire un mouvement social avec comme axe principal la survie économique et social de notre peuple et comme instrument la cessation des remboursements de cette grande partie de la dette qui est illégitime  ».

Un état de nécessité

Mais est-ce qu’un gouvernement peut légalement décider de ne pas rembourser sa dette au motif que sa population est en danger ? Oui, car l’argument juridique de l’état de nécessité le justifie pleinement. L’état de nécessité correspond à une situation de danger pour l’existence de l’État, pour sa survie politique ou sa survie économique. La survie économique se réfère directement aux ressources dont un État peut disposer pour continuer à satisfaire les besoins de la population, en matière de santé, d’éducation, etc. Le remboursement de la dette, l’application des mesures d’austérité et la perte souveraineté engendré par les accords conclus avec la Troïka mettent la Grèce en danger, dont la première obligation en tant qu’État est de respecter les droits humains de sa population.

En droit international, un des éléments fondamentaux de l’État est sa population. L’État a des obligations vis-à-vis de ses nationaux et des étrangers qui se trouvent sous sa juridiction. Cette obligation l’emporte sur tous les autres engagements pris par l’État comme ceux à l’égard de ses créanciers. Comme le souligne la Commission du droit international de l’ONU à propos de l’état de nécessité : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu.  »

Il est de l’intérêt vital de la Grèce d’utiliser l’argument de l’état de nécessité pour se libérer de l’emprise de ses créanciers. Le pays a les moyens de se passer de la prétendue « aide » accordée par ses créanciers en échange de sa docilité. D’une part, les 8 milliards d’euros espérés au titre de la sixième tranche du prêt de 2010 ne resteront pas dans le pays mais serviront directement à rembourser les créanciers de la Grèce ; d’autre part, ils ne pèsent pas lourd par rapport aux avoirs grecs placés à l’étranger, qui représentent des centaines de milliards d’euros. En plus du rapatriement de ses capitaux, d’autres mesures pourraient être prises comme la renationalisation (sous le contrôle des travailleurs) des secteurs stratégiques de l’économie, actuellement entre les mains de sociétés transnationales.

Renaud Vivien est juriste du CADTM Belgique. Yorgos Mitralias est membre fondateur de la Campagne Grecque pour l’Audit de la Dette et du Comité contre la Dette –CADTM grec

Tribune publiée le 11 novembre par la RTBF (Belgique)

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 19:25

7nov.jpgTraduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Conférence de presse d'Aleka Papariga, secrétaire-générale du Comité central du KKE, ce 7 novembre, sur la formation d'un nouveau gouvernement à partir des forces des deux partis bourgeois du pays, le social-démocrate PASOK et le parti de droite Nouvelle démocratie, qui a également le soutien du parti nationaliste LAOS. Aleka Papariga a appelé la classe ouvrière, les couches populaires à faire tomber ce gouvernement aussi vite que possible par leur lutte. Elle a insisté sur la nécessité de constituer un front populaire socialpour renverser le pouvoir des monopoles, les socialiser, pour retirer la Grèce de l'UE et de l'OTAN et annuler la dette.

 

Intégralité de la déclaration introductive de la secrétaire-générale du Comité central du KKE à la conférence de presse :

 

« Un gouvernement du front obscur des partis du capital est sur le point d'être formé, un gouvernement du capital en personne, avec l'UE dans le rôle du chef d'orchestre. Ce gouvernement va être formé pour imposer les intérêts du capital Grec et Européen dans des conditions de crise et de rivalités, pour faire face aux tensions exacerbées dans l'UE et pour soumettre le peuple. De façon ostensible, l'UE a fait pression sur la Nouvelle démocratie et le PASOK pour qu'ils forment ce gouvernement. En réalité, ces pressions se retournent contre le peuple. Nous affirmons sans le moindre doute que ce gouvernement ne va pas s'occuper de la dette ou des déficits, ou du fond de la crise, si vous préférez, il ne va même pas s'occuper de la possibilité d'une faillite incontrôlée.

 

Éviter la faillite dans les prochains mois ou/et les prochaines années ne dépend pas de la combinaison politique de gouvernement que les divers gouvernements bourgeois pourraient réaliser, que ce soit une coalition gouvernementale ou un gouvernement avec un seul parti à sa tête etc. La question de savoir si il y aura des partis supplémentaires dans la coalition, nous le réaffirmons, est fondamentalement liée à une pédagogie de la soumission du peuple, car le problème de la crise est plus profond, il concerne le système capitaliste même et non sa gestion.

 

Le peuple doit savoir la chose suivante : que ce qu'il a vécu dans la période précédente, il va le revivre maintenant. Pour commencer, ils vont prendre des mesures anti-populaires, anti-ouvrières et après le versement sera payé, et en fait nous allons maintenant entrer dans le nouveau cycle de versements du nouveau mémorandum. Nous ne croyons pas le moins du monde que l'initiative de G.Papandreou de procéder à un référendum 'Euro ou Drachme' est ce qui a mené à la formation d'un gouvernement de coalition. Ils se préparaient pour cela depuis longtemps, bien sûr cela a été la bonne occasion.

 

Le capital dans notre pays et dans l'UE veut imposer un gouvernement fort et énergique. Et en fait, si vous y regardez de plus près, il est même allé plus loin que ce qu'il louait déjà auparavant au Portugal, où l'opposition avant les élections avait déclaré qu'elle serait d'accord sur tout et voterait tout. Ce n'était pas assez. Il ne veut pas de la Nouvelle démocratie comme parti d'opposition qui, clairement pour des motifs d'opposition tactique et non pour des raisons stratégiques a voté contre ces mesures, affirmant bien entendu comme il l'avait déjà dit qu'il respecterait les engagements du gouvernement précédent. Il voulait une alliance gouvernementale unitaire.

 

Une bonne partie du peuple, mais ce qui est étrange c'est que certains politiciens font aussi comme si c'était le cas, s'est sentie humiliée par les interventions de l'UE et par les déclarations de Merkel et de Sarkozy. Nous disons les choses clairement. Si le peuple ne veut plus se sentir humilié, ce qui à l'avenir, si rien ne change, sera bien pire, si il veut être libéré de ce sentiment d'humiliation il doit, avant tout, se libérer du pouvoir des monopoles dans notre pays, se retirer de l'UE. Autrement, de telles humiliations continueront à exister, et nous le redisons, elles seront bien pires à l'avenir.

 

Le patriotisme de notre temps pour nous, c'est : socialisation des monopoles, pouvoir populaire et ouvrier, retrait de l'UE, ce qui dans les conditions actuelles, implique également l’annulation unilatérale de la dette.

 

Ce gouvernement ne va pas être mis en place juste pour quelques mois. Ils ont l'intention de tirer sur la corde le plus longtemps possible. Mais même si il ne restait que quelques mois, il prendrait des mesures qui touchent la vie, les conditions de vie et les droits du peuple sur les dix à quinze prochaines années.

 

Et en fait, le FMI parle d'un gouvernement sur deux ans. Nous appelons la classe ouvrière, les couches populaires à faire tomber ce gouvernement par la lutte le plus rapidement possible, à lui rendre la vie impossible, à utiliser toutes les difficultés que puisse rencontrer la nouvelle coalition gouvernementale (du neuf avec du vieux, mais neuf pour ce qui est de sa composition unitaire) et à rendre son existence aussi brève que possible, avant que des décisions définitives soient prises, et à imposer les élections. Ce qu'il faut bien sûr ici, c'est une lutte sans précédent et particulièrement que les travailleurs, les couches populaires qui croient encore dans le PASOK et la ND n'aient aucune inhibition à ce sujet, ils ne doivent avoir aucune illusion sur le fait que cette alliance puisse améliorer les choses. Elle est mise sur pied pour porter le pire, et même bien pire que ce que nous avons déjà vécu. Le peuple a une arme supplémentaire aujourd'hui, qui n'est pas seulement la justesse de sa cause et l'expérience acquise dans la période récente et dans le passé, mais aussi le fait que l'UE rencontre des difficultés sérieuses. Les gouvernements de l'UE ne peuvent pas gérer la crise, le système politique en Grèce est sous tension, et c'est pour cette raison qu'ils ont été contraints de monter une coalition gouvernementale alors qu'ils ont bien du mal à sauver le système d'alternance des deux partis au gouvernement.

 

Le peuple ne doit pas nourrir d'inquiétudes sur les faiblesses du système bourgeois, les inquiétudes et les dilemmes qui sont les siens. Les dettes, déficits, tout cela, le mémorandum, les programmes à moyen-terme, qu'ils soient adoptés ou non, ce sont les inquiétudes de la classe dirigeante de notre pays et les partis qui la servent et le peuple ne doit pas être inquiet sur la façon dont les choses se dérouleront.

 

Le peuple ne doit se préoccuper que d'une seule chose : comment il va être en mesure de mettre en échec et d'inverser ces mesures, comment il peut être en mesure d'être victorieux.

 

Ils menacent le peuple Grec d'exclusion, d'exclure la Grèce de la zone Euro. Le peuple doit se servir de cette menace, relever la tête et dire : Avec notre résolution, avec notre force, avec notre projet, à partir de maintenant, nous allons nous retirer de l'UE.

 

Ce n'est pas impossible ; il est possible dans les prochaines années que l'UE ne ressemble plus à ce qu'elle est aujourd'hui. Des pays peuvent être exclus de la zone Euro, de l'UE, l'UE pourrait exploser, et quelque chose d'autre pourrait prendre sa place. Il y a même des discussions pour transformer l'UE en une organisation du type États-Unis d'Amérique. Ils envisagent même d'abolir l'organisation en États-nations par décret politique. Parce que c'est un moyen pour pousser le peuple à se soumettre, à cesser son activité militante. Et ensuite, c'est aussi un moyen de s'assurer que la lutte entre les monopoles soit menée dans les meilleures conditions possibles pour eux. Ce plan ne pourra pas par contre abolir les crises en système capitaliste, les rivalités et les fractures.

 

Et puisque l'opportunité se présente, sachant que les médias continuent de dire que Mme. Papariga affirme que si nous retournons à la Drachme certains vont spéculer dessus, clarifions les choses. Sur la question particulière Euro ou Drachme, notre réponse était qu'il y a des fractions du capital, non seulement en Grèce mais dans d'autres pays également, qui sont intéressés à ce que la Grèce reste dans l'UE et quitte la zone Euro car leur position économique dans le système est vouée à la spéculation. Cependant, notre réponse, c'est : retrait. Car nous n'allons pas nous ranger du côté des spéculateurs de l'Euro ou des spéculateurs du Drachme. Ainsi, nous considérons que les intérêts du peuple ne seront pas servis par un front général « anti-memorandum », peu importe qu'il se proclame progressiste, patriotique ou de gauche. Jusqu'à présent, la Nouvelle démocratie se rangeait parmi les forces contre le mémorandum et vous verrez bien où ils vont finir. Il s'agit bien sûr d'un choix réfléchi, elle n'a pas changé de camp. Quel sens aurait un front contre le mémorandum, de gauche, progressiste ?

 

Le front dont nous avons besoin aujourd'hui ne doit pas être juste un front « anti ». Il faut qu'il dise où le peuple doit aller. Et cela détermine son caractère « anti ». Donc nous parlons d'un front populaire social pour le renversement du pouvoir des monopoles, pour leur socialisation, pour le contrôle populaire et ouvrier, pour le retrait de la Grèce de l'UE et de l'OTAN et bien sûr tout cela implique l’annulation de la dette. Nous ne voulons des politiques anti-ouvrières ni avec l'Euro ni avec le Drachme.

 

De ce point de vue, tout front contre le mémorandum de ce type n'est pas seulement temporaire – il éclatera tôt ou tard – mais constituera un des remparts qui protégera la classe bourgeoise qui d'une part veut d'un front clairement conservateur-réactionnaire mais qui dans le même temps peut utiliser un front de ce type pour se constituer une forme de protection. Car quiconque qui lutte dans le cadre de l'UE, en termes de négociations et de changements dans les combinaisons politiciennes, ne constitue pas une menace pour le système. L'action commune avec le KKE constitue une des conditions préalables irremplaçables, nous ne prétendons pas que c'est la seule, mais c'est une condition préalable essentielle pour que ce front populaire social – des germes de ce front existent déjà – puisse se constituer et riposter.

 

Dans le même temps, nous estimons que des fronts de lutte doivent se développer immédiatement, dès demain si possible, avec des exigences mises à jour sur la base des sept points de la feuille de route. De nouvelles revendications spécifiques apparaissent. Je ne vais pas les détailler. Par exemple : sur les caisses de sécurité sociale, le « haircut » revient à un « haircut » de 50% pour les banques et les caisses de sécurité sociale ; sur les accords collectifs de branche, le budget à venir va encore plus couper dans les dépenses, je ne sais même pas si il va laisser quelque chose pour l'éducation, la santé, les allocations-sociales, les crèches, pour les personnes âgées, pour les personnes qui ont des besoins particuliers, pour les problèmes spécifiques des femmes et des jeunes ; le chômage, armée industrielle de réserve, la soi-disant libéralisation des professions. Je ne mentionne ici que quelques exemples, je ne présente pas une plate-forme revendicative générale. Par ailleurs, les fronts de lutte émergent du peuple même, dans les quartiers, dans les entreprises. Néanmoins, ces fronts de lutte doivent viser à mettre en échec ces mesures, à les empêcher, à faire tomber le gouvernement. A des élections maintenant.

 

Et bien sûr qu'après les élections, le peuple doit créer les conditions d'une riposte forte. Ile ne faut pas oublier qu'il y a d'autres questions également : L’Égée, les droits souverains dans la mer Égée, le tribunal de la Haye qui va trancher sur le nom de la République de Macédoine – ce n'est pas la question du nom qui nous concerne mais d'autres questions qui ont à voir avec les frontières, la Constitution, etc. Ce sont des événements qui se produisent actuellement et le peuple ne peut rien attendre des déclarations programmatiques du gouvernement. Les déclarations programmatiques du gouvernement sont connues de tous. La manière dont les choses vont évoluer va faire que cela va être bien pire que dans la période précédente. Par conséquent, nous devons lutter immédiatement en utilisant toutes les formes de lutte – grèves, manifestations, comités populaires à la base, alliance sociale à la base. Il ne peut y avoir d'entreprise ni de quartier populaire sans foyer d'action et de lutte. Ils doivent tous converger dans un torrent massif pour le renversement du pouvoir des monopoles. Il n'y a pas d'autre solution alternative aujourd'hui. »

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Published by valenton rouge - dans Europe
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