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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:28

depart-retraite-02_8853c1b7f37c0996450be8cd1e137b39.jpgPour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org


Comprenons d’abord qu’elle s’inscrit dans le droit fil des attaques ordolibérales que nous connaissons depuis le tournant de 1983. Mais ce trentième anniversaire le premier où tous les secteurs de la protection sociale (santé, famille, retraites, droit du travail, etc.) seront touchés et amoindris. Par ailleurs, cela se fera avec une violence inouïe compte tenu de l’importance des reculs sociaux opérés, et du fait que la droite et l’extrême droite sont en mutation culturelle (on l’a vu avec la vigueur des mobilisations contre le mariage pour tous) dans la voie d’un durcissement réactionnaire rarement atteint en France. Cette évolution redonne de la pertinence à l’analogie avec les années 30.

Malheureusement, la gauche solférinienne, qui tient le cap du progrès dans les domaines sociétaux (avec notre soutien sur ce point…), est sur les questions économiques et sociales complètement gagnée aux intérêts du patronat et de l’oligarchie.

Elle nous fait croire que le fait de passer d’un ratio de 6 retraités pour 10 actifs à un ratio de 9 retraités pour 10 actifs oblige à augmenter le nombre d’annuités. C’est comme si la diminution par 10 du nombre de paysans et la multiplication par 2,5 du nombre de bouches à nourrir nous emmenaient à la famine. Eh bien, non ! Tout simplement par ce que la production de nourriture a été augmentée d’un rapport beaucoup plus fort encore. Pour les retraites comme pour la nourriture, ce qui compte, ce n’est pas le rapport des actifs et des retraités mais le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités d’une part et la production de richesse d’autre part. Or ce rapport, la productivité du travail, est en France le plus élevé dans le monde.

Le gouvernement solférinien nous enfume ! En prenant les chiffres du COR, en 2050, le salaire moyen global (en globalisant les retraites et les salaires) serait plus de 60 % plus élevé qu’en 2010. Le problème est donc la répartition des richesses que l’oligarchie ne veut pas changer ! Et même si on table sur un développement des richesses moins importante, il suffit d’une augmentation de 18,75 % pour maintenir le salaire moyen global (retraites comprises). Or moins la croissance est forte, plus il faut réformer le partage de la valeur ajoutée au profit des salariés.

Dans quels termes poser la question

Beaucoup de discours d’intellectuels ou de responsables politiques de la « gauche de la gauche » sont des discours inopérants. Pourquoi ? Ils développent l’idée que la politique suivie par nos gouvernants est mauvaise (sous-entendu pour résoudre la crise !) et que tout pourrait être réglé par une mesure et une seule. En fait, d’après eux, il suffirait de les écouter, d’appliquer la mesure miracle et nous serions dans le nirvana politique. Bien sûr, chacun d’entre eux a une idée de mesure simple, spécifique, singulière (la fameuse cacophonie des différentes « prééminences surplombantes ») qui résoudrait tous les problèmes et aurait comme par enchantement un effet d’entraînement immédiat sur tous les autres domaines.

En réalité, ils essayent d’esquiver aujourd’hui les deux questions centrales à savoir :

- que les couches populaires (ouvriers et employés représentant 53 % de la population française) ne sont pas globalement convaincues de l’utilité de voter Front de gauche et n’utilisent ce vote Front de gauche qu’en 5e choix (après, dans l’ordre, l’abstention, le vote FN, le vote PS et le vote UMP) ;
- que le niveau atteint par la crise systémique du modèle politique ordolibéral ne demande pas de se persuader de prendre la simple et bonne mesure qui entraînerait toutes les autres mais bien de commencer à penser la complexité et la nécessaire globalisation des combats et donc des mesures politiques conséquentes pour produire un nouveau modèle politique alternatif. Et dans ce cas, l’efficacité demande d’articuler dès aujourd’hui les politiques de temps court et les politiques de temps long.

Notre analyse conclut qu’il faut passer aujourd’hui de « la gauche de la gauche » à « la gauche de gauche » au sens de Bourdieu. Comment ? En considérant que nos gouvernants ne font pas une mauvaise politique mais font une excellente politique qui va à court terme de réussite en réussite… dans l’intérêt de l’oligarchie ! Notre proposition consiste donc à remettre au poste de commande non pas une solution technique ou économiciste qui entraînerait le nirvana politique mais la lutte des classes qui est et reste… le moteur central de l’histoire.

Nous sommes entrés dans une contradiction principale antagonique entre les intérêts objectifs des couches populaires et des couches moyennes intermédiaires (24 % de la population française pour ces dernières) d’une part et l’oligarchie d’autre part. Il ne peut plus y avoir de compromis dynamique de type fordiste ou social-démocrate lorsque nous sommes dans une contradiction de type antagonique. La guerre sociale est donc l’horizon de la politique menée par l’oligarchie. Voilà pourquoi il vaut mieux se préparer à des situations chaudes que de proposer des solutions techniques et économicistes réalisées à froid. C’est la globalisation des combats (sans en oublier un seul !) qui est à l’ordre du jour. Ou, dit autrement, ce qui est à m’ordre du jour c’est un nouveau modèle politique, culturel et social et non l’application d’un précepte technique ou économiciste dans le cadre actuel du capitalisme.

Les intentions proclamées

La compilation des douze rapports du Conseil d’orientation des retraites (COR) qui se sont succédé depuis moins de 20 ans permet de mesurer la constance et l’opiniâtreté des dirigeants ordolibéraux de droite et de gauche. A chaque alternance, malgré les changements de personnes au sein du COR, les douze rapports vont dans le même sens.
Une fois encore, appliquant la stratégie de la « société du spectacle », le gouvernement jette une poudre aux yeux dont les ingrédients sont :
- la volonté du retour à l’équilibre, à la fois rapide et durable, en jouant sur la durée d’activité, le niveau des ressources, le niveau relatif des retraites ;
- l’objectif de rendre le système plus juste, en particulier du point de vue des femmes, des carrières courtes, de la pénibilité ;
- la volonté d’assurer la cohérence entre les régimes.

En fait, les dirigeants de la gauche solférinienne ont intégré l’oligarchie et ne diffèrent de la droite néo-libérale que pour les questions sociétales et sur la marque de la poudre aux yeux proposée pour faire passer la pilule ! Leur véritable objectif n’est pas de s’appuyer sur une analyse des besoins utiles, nécessaires et finançables (par une reformation du partage de la valeur ajoutée), mais de diminuer la protection sociale solidaire (ici les retraites), en diminuant le montant des retraites, soit par allongement de la durée de cotisation, qui ne fera qu’augmenter le chômage et réduire les pensions, car la majorité des salariés de plus de 55 ans sont déjà sans emploi, soit en diminuant directement le montant nominal des retraites. Qui peut croire à l’objectif annoncé de rendre le système plus juste ?

La régression du droit social

Sur le plan théorique, la contre-révolution néo-libérale consiste à faire baisser le coût du travail, c’est-à-dire les salaires. Dans l’impossibilité politique (pour l’instant) de s’attaquer au salaire direct, elle s’attaque au salaire socialisé et s’attache donc à faire régresser le champ du droit social (celui qui regroupe les prestations universelles dépendantes des droits politiques et sociaux pour tous, comme le remboursement assurance-maladie, les allocations familiales, les pensions à prestations définies, etc.) au profit de deux champs privés, à savoir le champ du privé lucratif et celui de l’assistance aux pauvres (emprunté à la doctrine sociale de l’Eglise). Dans toutes nos conférences publiques d’éducation populaire, nous montrons que le développement concomitant de ces deux derniers champs en France n’a fait qu’augmenter les inégalités sociales de santé et de protection sociale, alors que seul le développement du champ du droit social a permis de les diminuer.
Par exemple, depuis l’instauration de la CMU-C par le gouvernement Jospin, les inégalités sociales de santé n’ont fait que croître alors que pour les faire diminuer, il faudrait un nouveau droit à caractère universel, à savoir l’accès égalitaire aux soins de qualité partout et pour tous avec remboursement à 100 % par la Sécurité sociale.

On comprend par là comment une partie de « la gauche de la gauche » totalement étrangère à « la gauche de gauche » a troqué la nécessaire lutte de classe des exploités contre les exploiteurs pour la lutte des pauvres contre les riches, chère à la doctrine sociale de l’Eglise. Cette mutation permet au turbocapitalisme actuel et à ses thuriféraires de cantonner les « pauvres » dans un statut juridique dérogatoire à la citoyenneté culturelle, politique, économique et sociale.1

L’argument de l’équilibre budgétaire

François Hollande nous a dit qu’il faut parvenir à l’équilibre de la Sécurité sociale sans augmenter les recettes de la Sécurité sociale, et parvenir à supprimer la dette publique en 2017 après avoir dès 2015 mis le déficit public sous la barre des 3 %.
Alors, disons le tout net, il faut supprimer plus de 7 % des dépenses publiques, soient plus de 70 milliards d’euros. Rien que cela ! Mais alors pourquoi les retraites ? Parce que les retraites représentent le quart des dépenses publiques !
Alors que le mouvement réformateur néo-libéral a déjà fait baisser le niveau des retraites de plus de 20 % grâce aux contre-réformes régressives de 1987 et 1993 de la droite et que la gauche solférinienne n’a jamais remises en cause, nous en sommes aujourd’hui à un déficit des régimes de retraite et de chômage de 17,5 milliards d’euros. Selon l’OFCE, la dépression due à la crise représenterait à elle seule 23,5 milliards d’euros (ce qui coûte 5 % des emplois et donc des cotisations, toujours selon l’OFCE). On voit donc bien que l’oligarchie qui est avec une partie importante des couches moyennes supérieures la seule bénéficiaire du système capitaliste actuel et de sa crise est donc directement responsable de ce déficit des régimes de retraite et de chômage.
S’ajoute à cela que les cadeaux fiscaux et sociaux donnés par la droite et la gauche solférinienne à l’oligarchie (on n’est jamais si bien servi que par soi-même) et à la majorité des couches moyennes supérieures, leur ont permis d’avoir des régimes de retraite par capitalisation qui aujourd’hui ont un excédent de 6,8 milliards d’euros.

Combler aujourd’hui le déficit du régime des retraites impliquerait une hausse de 2,2 % des cotisations ou une baisse des prestations de chômage et de retraites de 5,4 %. Tout le monde comprend bien que cela aurait comme conséquence de faire baisser la consommation, donc le PIB, et ferait s’enfoncer notre pays dans une spirale récessive d’austérité de plus en plus forte et sans fin.
Selon les dernières projections du COR  dans son scénario médian B, le déficit actuel de 0,6 % du PIB deviendrait 1 % en 2020 et 0,9 % en 2040. Ensuite, le COR prévoit à terme une baisse arithmétique du chômage, due à l’inversion de la courbe démographique, qui garantirait les retraites qui suivraient. La difficulté étant donc, d’après l’OFCE, principalement conjoncturelle, il n’y a donc pas de quoi alarmer tous les Landernau de France et de Navarre !

Pourquoi nous contestons les hypothèses du COR

Nous sommes partis des prévisions du COR car celui-ci est formé par les économistes choisis par l’oligarchie et par les gouvernements. Donc ceux qui sont soumis à l’idéologie de l’oligarchie et des médias dominants ne peuvent pas en nous lisant contester ce début de discours. Ouf ! Mais en fait, nous sommes incorrigibles et nous contestons :

  • l’hypothèse de croissance de 1,6  l’an en moyenne de 2011 à 2020, parce qu’elle a toutes les chances d’être nulle, au moins jusqu’en 2014 compris ! Il faudrait qu’elle soit ensuite de 2,4% l’an !
  • l’hypothèse de croissance de 1,6 % jusqu’en 2060 en moyenne. L’économie française retrouve durablement la croissance moyenne de 1,6 % avec une hausse de la productivité du travail de 1,5 % par an ; le PIB de 2040 serait de 1,6 fois celui de 2011 ; celui de 2060, 2,25 fois (!) : les contraintes écologiques sont totalement oubliées ;
  • l’acceptation d’une baisse importante du niveau relatif des retraites : le ratio pension moyenne/salaire moyen baisserait de 15,4 % de 2011 à 2040, puisque les salaires réels progresseraient de 1,5 % par an tandis que les salaires pris en compte et les retraites déjà liquidées, le minimum vieillesse et le minimum contributif seraient fixes en pouvoir d’achat. Sans cette baisse, le déficit en 2040 serait de 3,4 % du PIB. En fait, pour le COR, et pour les néo-libéraux de droite et de gauche, les retraites sont la variable d’ajustement implicite du budget.

La question de l’emploi

Les dépenses de retraite correspondent aujourd’hui à 13,8 % du PIB pour des recettes comptant pour 13,2 % du PIB. À noter que sans la crise, les dépenses actuelles ne représenteraient que 12,8 % du PIB, d’après l’OFCE. Retarder l’âge de la retraite ou augmenter la durée de cotisation en période de crise et d’augmentation du chômage, revient d’une part, on l’a déjà dit, à accroître le chômage, puisque aujourd’hui la majorité des seniors de plus de 55 ans sont déjà chômeurs. Et d’autre part, à reporter sur la précarité et le chômage des jeunes le poids de l’augmentation du taux d’emploi des seniors prévue par le COR, et souhaitée par les néo-libéraux de droite et de gauche.

François Hollande répond à cela par le contrat de génération permettant selon lui une aide pour tout tutorat d’un jeune par un ancien dans l’entreprise. Nous prenons date en disant que cela ne fera que développer un effet d’aubaine pour les employeurs, déjà « fortement choyés », sans que cela procure un retour sur l’emploi. Toutes ces gesticulations ordolibérales de la gauche solférinienne n’auront donc que peu d’impact sur le chômage et la précarité, parce que le « système » ne donne des taux de profit élevés que dans la spéculation financière internationale, pour le plus grand intérêt des « employeurs rentiers » qui dirigent le système avec la technostructure néo-libérale.

Son règne sans partage se transpose d’ailleurs au niveau mondial avec la lutte qui oppose les peuples à l’oligarchie de la gouvernance mondiale, formée du patronat multinational rentier, alliée à la technostructure néo-libérale et appuyée par les armées impérialistes.

Voilà pourquoi dans la politique de temps long, la solution alternative réside dans l’articulation globalisée entre :

- une politique de fort développement industriel dans le cadre d’une transition écologique,
- une politique volontariste de développement de la Recherche développement (R&D) industrielle,
- la promotion d’une armée d’entrepreneurs publics et privés allant de pair avec une politique chère à Keynes : l’euthanasie rapide des rentiers,
- le rétablissement d’une volonté politique centrale pour organiser ce virage alternatif,
- de nouveaux droits pour les salariés citoyens dans la démocratie politique, dans la démocratie sociale et dans la démocratie dans l’entreprise,
- le développement concomitant d’une sphère de constitution des libertés (école, services publics, santé et protection sociale) totalement dégagée des lois du marché capitaliste et organisée selon une démocratie sociale qui aille très au-delà des propositions du programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 (« Les jours heureux »)

C’est la concomitance de ces principes (sans en oublier un seul !) qui peut assurer une transition vers la République sociale afin de développer les intérêts bien compris des couches populaires ouvrières et employées et des couches moyennes intermédiaires (soit 77 % de la population française). Pour les couches moyennes supérieures, cela implique de rompre avec l’oligarchie ordolibérale et l’économie rentière pour devenir des cadres salariés insérés dans les nouveaux processus de démocratie dans l’entreprise et même des entrepreneurs strictement dégagés de l’économie rentière, qui pourraient même se concevoir hors du pouvoir actuel de l’employeur.

Le modèle néo-libéral programme une baisse sans fin des retraites et des salaires. La seule question de stratégie politique est de savoir jusqu’à quand les citoyens salariésvont accepter cette évolution régressive. Que ce modèle soit renversé un jour est une nécessité historique.

Caractérisitiques de la phase néo-libérale actuelle

Aujourd’hui, conséquences de la crise structurelle du capitalisme, elles sont les suivantes :

- spirale sans fin des politiques d’austérité par processus continu de déformation du partage de la valeur ajoutée,
- privatisation des profits et socialisation des pertes,
- harmonisation par le bas de l’ensemble de la sphère de constitution des libertés, avec une hargne renouvelée contre le principe de solidarité du secteur de la santé et de la protection sociale - qui est de loin le principal budget humain public ;
- alliance néo-libérale entre l’oligarchie et les communautarismes et intégrismes ethniques, religieux et sociaux.

La spirale sans fin des politiques d’austérité par processus continu de déformation du partage de la valeur ajoutée se réalise d’abord par une baisse relative des salaires et des prestations sociales (dont les retraites), puis, lorsque ce n’est plus suffisant pour la survie du système (et nous y arrivons), par une baisse absolue des salaires et des prestations sociales.
La désindexation des retraites sur les salaires (remplacée par l’indexation sur l’inflation, moins favorable pour les retraites) engagée par Philippe Seguin, ministre dans le gouvernement Chirac 1986-1988, et entrée dans la loi Chirac-Balladur de 1993, est déjà responsable de plus de 30 % de baisse des retraites aujourd’hui.2
Ainsi va l’Europe ordolibérale, qui tente d’augmenter le taux d’emploi des seniors et de diminuer le montant des retraites : les pays à fort taux d’emploi des seniors ont un faible taux de remplacement, et vice versa.

2013 est donc l’année où le gouvernement solférinien a décidé d’adouber la proposition du Medef de sous-indexer par rapport à l’évolution des prix, les régimes ARRCO et AGIRC, c’est-à-dire les retraites complémentaires pour le privé qui concernent la majorité de la population. On sait déjà que le gouvernement s’apprête, dès la publication du rapport Moreau le 14 juin, de faire de même pour les retraites de base de la Sécurité sociale et pour les fonctionnaires et les régimes spéciaux.
Alors que la déformation du partage de la valeur ajoutée fait perdre plus de 180 milliards d’euros par an aux salaires et aux prestations sociales pour que l’oligarchie puisse spéculer dans la finance internationale, ils osent dire qu’il faut baisser les retraites pour que le système puisse fonctionner. Mais ce système n’est pas le nôtre. Ce système ne défend pas notre intérêt.

Voilà pourquoi nous devons nous préparer à soutenir la mobilisation que le mouvement syndical revendicatif est en train de préparer pour la rentrée.

Voilà pourquoi nous devons nous préparer à développer les initiatives d’éducation populaire en soutien au mouvement syndical et social, par la multiplication des conférences interactives, du ciné-débat, du théâtre-forum, des conférences théâtralisées. Nous avions répondu au mouvement social et politique en 2010 par la fourniture de conférenciers pour plusieurs dizaines d’initiatives. Nous sommes prêts à aujourd’hui à tripler la mise et à diversifier les formes de l’éducation populaire.

Trois millions de manifestants ont suffit pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy sans nous permettre de bloquer la réforme des retraites. Eh bien là, il va falloir faire plus et plus fort en convaincant le plus grand nombre de nous rejoindre dans cette lutte centrale.

Unifions nos énergies dans cette bataille dès la rentrée de septembre en s’y préparant dès maintenant. Contactez le REP ou ReSPUBLICA !

  1. C’est le développement du communautarisme social tout aussi néfaste que le communautarisme ethnique et religieux ! Alors, où sont les laïques qui pratiquent la prééminence surplombante et qui veulent combattre certains communautarismes, mais pas tous les communautarismes ? []
  2. Henri Sterdyniak précise http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/notes/2013/note26.pdf : « Dans les régimes complémentaires, depuis 1996, de nombreux accords entre partenaires sociaux ont déconnecté la valeur du point (qui augmente au mieux comme les prix) et le prix d’achat du point (qui augmente parfois comme les salaires, parfois moins). Finalement, le taux de rendement a baissé de 11,95 % en 1996 à 8,25 % en 2012, soit de 31 %. ». []
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Published by valenton rouge - dans France
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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 18:43

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http://www.legrandsoir.info/ces-villes-gerees-par-l-extreme-droite.html

 

 

 

 

Des électeurs :


«  On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». 

Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement «  des laboratoires du FN ».


Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, Marignane, Toulon et Orange, «  villes expérimentales » des méthodes à élargir au pays tout entier.

Constatons le carnage en matière de finances, emploi, social, culture, sécurité, démocratie, droits des travailleurs et respect des lois de la République.


A Vitrolles


Catherine Mégret est élue maire le 9 février 1997(1). La dette de la ville augmente. La Chambre Régionale des Comptes de Provence Alpes Côtes d’Azur s’inquiète du budget municipal.

Une prime de naissance de 5 000 francs est octroyée aux familles françaises. Catherine Mégret est condamnée pour discrimination à la prime de naissance.


En juin 1997, le Lycée Pierre Mendès-France refuse d’inscrire Sofia Touzaline, lycéenne née en France de parents Algériens. Une conseillère d’orientation du lycée rapporte avoir entendu le proviseur dire, à propos des élèves de l’internat : «  Il faut faire le tri ; les gris d’un côté, les blancs de l’autre ». Le MRAP et SOS-Racisme se portent parties civiles. En 1998, la proviseur est suspendue de ses fonctions par le recteur d’académie d’Aix-Marseille.


La municipalité décrète la fin des repas de substitution sans porc dans les cantines scolaires. Alain Darmuzey, directeur d’école du Liourat et surveillant de cantine est relevé de ses secondes fonctions par Catherine Mégret, car il a refusé de lui serrer la main.


L’association pro-FN « Fraternité française » (2) reçoit de fortes subventions. La mairie ferme des centres aérés et la mission prospection de «  Vitrolles Emploi Formation ». L’association Vitrolles-Kiffa est jetée hors de ses locaux. Des subventions aux syndicats et associations humanitaires sont supprimées. La municipalité tente de s’expliquer : «  Les vraies associations (…) reçoivent une aide financière (…). Pour elles, les subventions ont augmenté de 40%... ».


La mairie limoge la directrice du cinéma Les Lumières pour avoir proposé des courts-métrages portant sur la prévention du sida. En contrepartie, l’équipe de Bruno Mégret «  s’est efforcée d’obtenir la construction d’un vaste complexe cinématographique de type multiplexe dans la zone commerciale ». Le FN-MNR remplace les cinémas d’art et d’essais par de la malbouffe culturelle produite à la chaîne.


Catherine Mégret tient des discours racistes dans le journal Allemand Berliner Zeitung : « les immigrés l’esprit colonialiste ; les immigrés [... ], ils font je ne sais combien de gamins, qu’ils mettent dans la rue. Ils font des gamins pour toucher des allocations, ils ne les élèvent même pas. [...] Vous interrogez n’importe qui, à part une personne de mauvaise foi, on va vous répondre qu’effectivement il y a des différences entre les races, il y a des différences entre les gènes. C’est ce que disait M. Le Pen. ».


La mairie licencie des agents sociaux et certains contractuels municipaux (150 agents sur 1 000 en 4 mois). En Août 1997, la Justice annule 31 licenciements car «  le motif d’économie avancé pour justifier la délibération du 30 août 1997 ne peut être regardé comme établi ». L’arrivée de la nouvelle équipe signe le départ de cadres municipaux consécutif aux méthodes FN.

En novembre 1997 «  Dans la nuit du 4 au 5, vers 3 h 30, un commando d’une dizaine d’hommes vêtus de noir, cagoulés et armés de battes de base-ball attaque le piquet de routiers grévistes du carrefour de l’Anjoly. Le matraquage fait trois blessés et des dégâts matériels... ».

En décembre 1997, 5 conseillers de Vitrolles sont mis en examen pour «  complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation » et «  complicité de destruction de biens » après l’agression des routiers grévistes.


«  Il faut faire de la répression, c’est-à -dire il faut punir, poursuivre, attraper ceux qu’on connaît » affirme Catherine Mégret au Berliner Zeitung. Les éducateurs de rue et agents de prévention sont remplacés par des policiers. Bruno Mégret se vante d’avoir multiplié par deux les effectifs de la police, d’armer les policiers municipaux, de développer la vidéo-surveillance, le «  patrouillage », les brigades d’interventions rapides… L’augmentation du nombre de policiers municipaux n’améliore pas les chiffres de l’insécurité. Ni la sérénité. Les policiers de Mme Mégret sont surnommés les «  ninjas » à cause de leur tenue et de leurs gros bras.


Les animateurs du bar musical Le Sous-Marin sont accusés par la mairie de création de fausse monnaie et de trafic de drogue. Ils sont contraints de s’installer à Gardanne. Puis, Catherine Mégret est condamnée pour «  effractions et voie de faits » (murage du bar musical) et pour diffamation à l’encontre de l’association culturelle Productions du Sous-Marin.


La mairie redéfinit «  l’identité provençale » : la rue Nelson Mandela est rebaptisée Place Provence, un blason modifie du drapeau de la ville qui devient «  Vitrolles-en-Provence ».

La municipalité rénove les églises et les lieux de cultes. Bruno Mégret affirme que la municipalité «  a entrepris de valoriser nos racines (…). La chapelle de vie au sommet du Rocher a été rénovée ainsi que les cheminements qui y conduisent. Dans le Vieux Village, la réhabilitation intégrale de l’église Saint-Gérard a été lancée ». Le 15 février 1998, Bruno Mégret annonce sur France 2 qu’il n’y aura pas d’emploi-jeunes à Vitrolles.


L’équipe municipale pratique ouvertement la discrimination sociale. Bruno Mégret affirme sur son blog : «  La municipalité a entrepris de donner systématiquement la priorité aux Français dans la limite des possibilités légales. (…). Les emplois au sein de la mairie sont accordés en priorité aux Vitrollais français. Les certificats d’hébergement et les mariages blancs supprimés. Quant aux aides sociales, elles s’efforcent, dans la limite des lois actuelles, de privilégier systématiquement nos compatriotes. Bien que la ville possède peu de logements HLM depuis que l’ancien maire PS a bradé le parc immobilier de la SAVEM, l’équipe Mégret a cherché à favoriser systématiquement les Français dans l’octroi des logements ».


L’élection du 24 juin 2002 est annulée par décision du Conseil d’Etat suite à un tract diffamatoire reprochant à un candidat d’avoir «  abusé sexuellement d’une personne en position de faiblesse psychologique ».


Un conseiller municipal FN est rayé des listes électorales par le tribunal d’instance de Martigues car il ne réside pas à Vitrolles.


Catherine Mégret est accusée de détournement de fond public : elle a fait envoyer aux frais de la commune des lettres aux maires de France pour appuyer la candidature de son mari Bruno Megret. Ce non-respect des règles de financement de campagne électorale à un coût : plus de 74 000 €. En 2006, elle est condamnée à cinquante milles euros d’amende, à un an d’inéligibilité et de frais divers ainsi qu’à huit mois de prison avec sursis. Quatre anciens cadres de la municipalité ont également été condamnés à des peines allant de trois à quatre mois de prison avec sursis et à une amende de 1.500 euros


En mars 2009, le communiste Richard Dubré, secrétaire de la section de Vitrolles et membre du secrétariat fédéral du PCF est agressé au poignard. «  Attendant la proclamation des résultats de l’élection législative de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône, il se trouvait sur le parvis de l’hôtel de ville, lorsqu’une quinzaine de gros bras du FN du Var lancent des grenades lacrymogènes avant de se lancer contre le militant communiste qu’ils montraient du doigt. (…). Un des agresseurs s’approche et le poignarde. La lame est passée à deux centimètres du foie. Le militant, hospitalisé, a deux côtes cassées. Un véritable miracle. Le criminel a été reconnu sur les photos prises pendant l’agression. Il devait être interpellé mardi dans la journée ». (L’Humanité, 31 mars 1999).


Bruno Mégret est satisfait de la gestion de la ville et de l’ambiance démocratique qui y règne. Sur son site, on peut lire : «  Aucun bouleversement, aucune violence, aucune atteinte aux libertés, aucune mise en cause des droits des Vitrollais ».


A Marignane


Le maire Daniel Simonpieri (3), augmente les impôts locaux. La Chambre Régionale des Comptes de Provence-Alpes Côte-d’Azur s’inquiète du budget de la ville.


Le Conseil municipal décide, le 24 juin 1996, de réserver les cantines scolaires aux seuls enfants dont les deux parents peuvent prouver qu’ils travaillent. Le 27 novembre, le tribunal administratif ordonne «  le sursis à exécution », c’est à dire «  la suspension de l’exécution » de cette délibération.


Le complexe de loisir prévu est remplacé par un supermarché.


Le 4 septembre 1996, Jean-Christian Tarelli, premier adjoint au maire demande à la directrice de la bibliothèque municipale d’interrompre les abonnements aux quotidiens Libération et La Marseillaise et à l’hebdomadaire L’Evénement du jeudi, pour les remplacer par trois publications proches de l’extrême-droite : Présent, Rivarol, National-Hebdo. L’achat de certains ouvrages par la bibliothèque municipale sera refusé «  pour des raisons économiques ». En revanche, début 1997, soixante-quinze livres rédigés par des auteurs du Front national ou d’extrême-droite sont commandés sans que les bibliothécaires en aient été avertis. Notons aussi la suspension des abonnements aux «  journaux de gauche » dans la bibliothèque pour les remplacer par des «  journaux d’extrême-droite ».


Raymond Lecler, ancien directeur de cabinet de la mairie fait un constat des dérives du maire : «  remboursements illégaux » ; «  5510 francs pour un repas de Jumelage » et «  4608 francs en frais de séjour pour déplacement au congrès du FN à Strasbourg »… Daniel Simonpieri affirme avoir payé de ses deniers la facture de l’hôtel Hilton et porte plainte pour diffamation.


Daniel Simonpieri supprime «  l’avant-veille de Noël, les subsides accordés aux Restos du coeur pour les hivers de 1993 et de 1994, par le précédent maire Laurens Delieul (divers droite) » et «  Un local et un camion avec chauffeur prêté pour aller chercher à Aubagne les quelque 1.200 repas que les volontaires de l’association distribuaient à 400 familles en difficulté ». En revanche, selon l’association marignanaise «  Alarme citoyens ! », la municipalité a porté la subvention du club de football local de 600.000 à 700.000 francs.


En 2009, Daniel Simonpiéri justifie son refus de voter des subventions au Mrap, par l’argument suivant : «  vote politique ».


Le 9 novembre 2011, il est condamné pour fausses factures et emplois fictifs à 12 mois de prison avec sursis, 10 000 € d’amendes et 5 ans d’inéligibilité.


A Toulon


Le 22 mars 1996, la municipalité de Toulon vote son premier budget (4). Contrairement aux engagements du maire, Jean-Marie Le Chevallier, de baisser les impôts, une augmentation de plus de 9 % est adoptée.


On constate une absence de politique cohérente et efficace en faveur des jeunes. La mairie se désinvestit des cités et coupe les subventions des associations qui agissent auprès des citoyens issues de l’immigration. La femme de Jean-Marie Le Chevallier est placée à la tête du Centre de loisirs et d’action sociale. Des associations pro-FN sont créées de toutes pièces telles que «  Jeunesse toulonnaise » destinées à organiser les colonies de vacances à la place du centre de loisirs et d’action sociale. Mal gérée, la structure est placée en liquidation judiciaire en 1999.


Les subventions aux associations sont revues : celle du Centre communautaire israélite est supprimée, le Secours Populaire n’obtient que 8 000 francs tandis que la Société des amis des chats bénéficie d’une subvention de 40 000 francs. La mairie maintient un budget associatif en direction des associations d’anciens combattants et des associations de pieds-noirs. Marek Halter est interdit de Fête du Livre et le groupe NTM interdit de spectacle.


La dérive de la municipalité contraint les opposants à en appeler à la Justice pour contester les décisions.


En 1997, Jean-Marie Le Chevallier est élu député de la 1re circonscription du Var, mais en 1998 son élection est invalidée pour triple infractions au financement de campagne.


Toujours en 1997, la municipalité est accusée de pot-de-vin et de monnayage d’attribution de postes administratifs : «  A Toulon (Var), c’est une histoire de pots-de-vin qui embarrasse la municipalité dirigée par Jean-Marie Le Chevallier. Son propre chef de cabinet, Philippe de Beauregard, par ailleurs conseiller municipal FN de Hyères, a en effet été mis en examen, mardi 6 janvier, pour « recel de preuve ». La justice lui reproche d’avoir, par son absence de réaction, en quelque sorte « couvert » un cas de corruption dans lequel une employée municipale, Dominique Notto, est compromise. Responsable des femmes de ménage à la municipalité, elle est accusée d’avoir monnayé, en juin 1997 - 30 000 francs en petites coupures - l’attribution de deux postes administratifs ». (L’Express, 15 janvier 1998).


En 1999, Jean-Marie Le Chevallier quitte le Front National. Il est condamné en 2003 pour subornation de témoins dans l’affaire du meurtre de son directeur de Cabinet, un ancien légionnaire. Ce dernier avait été tué par son amant et non par des opposants. Le maire avait fait pression sur des employés municipaux pour que la première piste n’apparaisse pas.


A Orange


Le 18 octobre 2011, la Chambre Régionale des Comptes de Provence-Alpes Côte-d’Azur pointe des irrégularités dans la gestion municipale à Orange. La mairie augmente «  la surtaxe » de l’eau. On constate un isolement de la ville, lié à ses difficultés pour travailler avec les communes limitrophes. La mairie finance seule les grands travaux entrepris. Elle est contrainte de provisionner à hauteur de 11 millions de francs pour payer les amendes et les pénalités.


Dans la ville, il s’est installé un climat de délation, de peur et d’angoisse pour le personnel municipal. Les insultes et les vociférations fusent de la part de maires adjoints.


Les élus d’opposition déplorent l’attitude népotique du maire et l’absence de recherche de consensus. Le neveu de l’épouse de Jacques Bompard est placé à la tête de l’Office du tourisme...


Jacques Bompard (5), aussitôt élu, décide de supprimer la subvention municipale de 1 million de francs permettant l’organisation des Chorégies (le plus ancien festival français : première présentation en 1869). Après plusieurs semaines de polémique, le ministère de la culture se substituera à la ville. En matière de culture, la municipalité fait des choix : elle invite le groupe Fraction Hexagone qui chante «  Une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme et une balle pour la police ».


Côté sécurité, on assiste à une augmentation de la petite délinquance.


Sous prétexte de maintenir la propreté de la voirie, le maire interdit la distribution de tracts anti-FN. L’hygiénisme sert de prétexte à l’absence de démocratie.


J.-Y. Le Gallou, secrétaire national du FN affirme sans vergogne «  Dans ce pays assez totalitaire, les villes FN sont un espace de liberté locale, comme lnternet à l’échelle mondiale ».

L’aménagement urbain est à deux vitesses : embellissement du centre ville et absence de rénovation des quartiers populaires. On assiste à une ghettoïsation des quartiers. «  En visite dans le quartier, il y a peu, pour « écouter » les doléances des habitants, le maire s’est ainsi contenté de les renvoyer vers leur logeur HLM, Mistral Habitat. « A vous de faire la police », leur a-t-il dit. Jacques Bompard a d’autres priorités : la rénovation, à grands frais, de l’avenue de l’Arc-de-Triomphe, censée assurer sa réélection en 2007. Et que nul ne vienne le contrarier dans ses projets ! ». (L’Express.fr, 25 juillet 2002).


La mairie limite le nombre d’enfants dans les cantines scolaires, mais le cours Aristide-Briand (entrée de la ville) avec son rond-point fleurit et ses jets d’eau fait le bonheur de certains électeurs. La mairie supprime les cars de ramassage vers les Centre Aérés, elle coupe le budget d’associations à caractère social.


En 2010, Jacques Bompart, qui avait connu une garde à vue en 2009, est mis en examen pour prise illégale d’intérêts.


Selon Bruno Mégret : « Jacques Bompard est le seul nationaliste du département à faire du bon boulot. Orange, sa ville, est nickel. Il y opère une gestion exemplaire que je souhaite voir étendue aux autres villes. C’est pour ça que je lui apporte mon soutien... ».


Le Bilan  :


En matière de gestion  : hausse des impôts et endettement des villes,
isolement financier et abandon de projets.


En matière d’emploi  : répression des travailleurs et discriminations à l’embauche, mises au placard et licenciement d’agents municipaux, gestion par le stress.


En matière de politique sociale : abandons des défavorisés et des exclus, destruction du terreau associatif, attribution de subventions à la tête du client, haro sur la cantine, absence de politique en faveur de la jeunesse, logique de répression et abandon des politiques de prévention, ghettoïsation des quartiers.


En matière de culture : promotion des auteurs FN, assèchement du pluralisme culturel et promotion du foklorisme, attribution de subventions à la tête du client.


En matière de justice et de sécurité : dérives légalistes et magouilles politico-judiciaires, fausses factures et prises illégales d’intérêts, agression d’élus, propos racistes et xénophobes, détournements de fonds public, effractions et voie de faits, condamnations par les tribunaux, inéligibilités.


En matière de démocratie : népotisme et copinage, discrimination, non respect des promesses électorales. 


Sources : Critique internationale n°4 - été 1999 ; Didier-hacquart.over-blog.com/30-categorie-1080919.html 17 février 2001 ; Ere marine.fr, le site qui ne donne pas envie de voter Marine Le Pen ; Ina, 18 septembre 1997 ; L’Express, 15 janvier 1998 ; L’Express, 25 juillet 2002 ; L’Humanité, 11 novembre 2000 ; L’Humanité, 27 avril 2002 ; L’Humanité, 6 mars 1999 ; L’humanité, 25 février 1999 ; L’Humanité, 24 mars 1999 ; L’Humanité, 31 mars 1999 ; L’Humanité, 27 octobre 1999 ; La Provence.Com, 10 novembre 2011 ; La Provence.Com, 20 février 2009 ; La Provence.Com, 19 mars 2008 ; Le Monde, 26 février 1997 ; Le Monde, 02 Juillet 2009 ; Le Nouvel Observateur, 18 novembre 199 ; Le Nouvel Observateur, 7 octobre 2002 ; Libération, 30 décembre 1995 ; Libération, 17 octobre 1997 ; Libération, 6 janvier 1998 ; Libération, 9 février 1998 ; Libération, 18 octobre 2006 ; Mrap.fr (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) ; SOS Racisme.org ; Voltairenet.org ; Wikipedia.org… A lire également : Roger Martin, Main basse sur Orange : une ville à l’heure lepéniste, Calmann-Lévy, 1998.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 18:32

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http://www.lavoixdunord.fr/region/un-ouvrier-se-brise-la-colonne-vertebrale-arcelormittal-ia17b47588n1322171

 

Ce 10 juin, ArcelorMittal et Nempon Mimeca (réparation de machines et équipements mécaniques) comparaissaient devant le tribunal pour exécution de travaux sans plan de prévention des risques préalables (ArcelorMittal et Nempon); infraction à la réglementation générale sur l’hygiène et la sécurité du travail (ArcelorMittal); blessures involontaires et mise à disposition pour des travaux temporaires en hauteur d’équipement de travail ne préservant pas la sécurité du travailleur (Nempon).

 

 

Le 5 octobre 2009, Marc est employé par Nempon via une agence d’intérim pour travailler comme manœuvre sur le site d’Arcelor. Avec un chef d’équipe et quelques collègues, il se trouve à plus de deux mètres de hauteur, sur une passerelle reliant deux plateformes entourées de rembardes (garde-corps).

Rapport de l’inspection du travail accablant

Ils doivent changer un moto-réducteur. Problème : il est si gros qu’il ne peut s’extraire qu’en démontant l’une des rembardes. Les ouvriers la remplacent par du ruban plastique. Mais le chantier de l’étage au-dessus leur envoie de grosses poussières et Marc et ses collègues décident de nettoyer ces poussières avec une lance à air comprimé.

Marc, soudain déstabilisé par de la poussière, chute et se fracture la colonne vertébrale deux mètres plus bas. Alors que Marc réclame des soins, son équipe le place d’abord dans une camionnette pour l’emmener sur le site de Nempon avant de le conduire finalement à l’hôpital. À qui la faute ?

Selon un inspecteur du travail, « quand des entreprises interviennent pour une société, il doit y avoir un plan de prévention qui doit prévoir les conséquences et risques de chaque entreprise intervenante. C’est ce qui sert de plan de travail pour chaque ouvrier. Là, on a une absence de prescription sur la manipulation du moto-réducteur, ce qui devait être une décision partagée entre Arcelor et Nempon. »

Quant à la poussière, qui « ne vient ni d’Arcelor, ni de Nempon », dès qu’on la constate, « on est censé dire : On arrête et on voit ce qu’on fait ». Là, « des salariés se sont trouvés à prendre des décisions eux-mêmes » et ont donc pris « la mauvaise décision » de la lance à air.

Des conclusions qui ont conduit le parquet à réclamer un total de 30 000 € d’amende contre Arcelor et 25 000 € contre Nempon.

Pour l’avocate de la victime, « Arcelor a failli dans la rédaction du plan de prévention et Nempon a fermé les yeux ». Ils n’ont pas « assuré leurs rôles ». Les avocats des deux sociétés poursuivies ont demandé une relaxe, se renvoyant la balle sur les responsabilités qui ont conduit à ce dramatique accident du travail. Quatre ans après les faits, la victime n’est toujours pas en état de travailler. Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Il sera rendu le 21 juin.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 18:59

photo_1207135618714-1-1.jpgAncien trotskiste, le fondateur de Reporters sans frontières se lance dans les municipales de Béziers, soutenu par le Front national. Un rapprochement idéologique entamé depuis plusieurs années.

 

Par Michael Bloch

http://www.francetvinfo.fr/de-rsf-au-fn-le-parcours-tortueux-de-robert-menard_336306.html

 

 

Hier défenseur des reporters de guerre, aujourd'hui, participant au colloque de préparation des municipales d'Orange, aux côtés de figures du FN. Robert Ménard devrait se présenter à l’élection municipale de Béziers (Hérault) avec l'appui du Front national. Un soutien qui "ravit" l'ancien fondateur de Reporters sans frontières. L'ONG, en revanche, a pris soin de se désolidariser de l'homme, rappelant jeudi 6 juin qu'il ne faisait plus partie de l'organisation. Retour sur son parcours tortueux.

Une personnalité controversée à RSF

Lobbying. A Reporters sans frontières, Robert Ménard se fait surtout connaître par sa défense des journalistes en zone de conflit. Mobilisé dès le premier jour pour la libération de Florence Aubenas, Robert Ménard n'hésite pas à faire du lobbying auprès d'entreprises privées comme Sanofi, Pathé, Suez ou Areva, afin de récolter des fonds pour hâter la libération de la journaliste. Il se rapproche même d'Omar Harfouch, un ami du colonel Kadhafi, "mais aussi un ami de RSF, qui répond toujours présent quand on le sollicite", comme il l'explique au Monde en mai 2005 (article payant).  

Le régime de Kadhafi n'était pourtant pas connu pour sa défense de la liberté de la presse. Mais Robert Ménard a fait fi de ces contradictions. "Je suis profondément réaliste, et j'en suis venu à la conclusion que si je ne suis pas efficace, c'est que je n'ai pas su m'y prendre"soulignait-il quelques mois plus tôt, déjà dans Le Monde (article payant).

"Autoritarisme". Co-fondateurs de RSF en 1985 avec Robert Ménard, Rony Brauman et Jean-Claude Guillebaud ont quitté l'organisation au milieu des années 1990, pointant pour l’un "l'autoritarisme" de Robert Ménard, pour l'autre, son absence de critique des médias français, comme l’observe en 2008 un blog hébergé sur Mediapart.

Un apôtre d'une liberté d'expression totale

Quand il était encore dirigeant de Reporters sans frontières, le natif d'Oran détonnait dans sa défense jusqu'au-boutiste de la liberté d'expression.

Soutien à Dieudonné. En 2004, il vient défendre à la barre du tribunal Dieudonné, accusé de "diffamation publique à caractère racial" pour son sketch polémique de décembre 2003, réalisé dans l’émission "On ne peut pas plaire à tout le monde" de Marc-Olivier Fogiel. En treillis, chapeau de juif orthodoxe, cagoule et papillotes, Dieudonné avait appelé les jeunes des cités "à rejoindre l'axe américano-sioniste qui [vous] offrira beaucoup de débouchés", et lancé, bras tendu, "Israheil".

Malgré ses démêlés avec la justice, Robert Ménard continue à inviter l’ancien compère d'Elie Semoun dans son émission sur Sud Radio, notamment en avril 2012. A plusieurs reprises, il convie également Alain Soral, essayiste proche de l'extrême droite et ancienne plume de Jean-Marie Le Pen. En 2007, il lui ouvre même les colonnes de sa revue Médias, qu'il a fondée en 2004, alors qu'il était encore secrétaire général de RSF.

Combat contre la "bien pensance". C'est également dans Médias qu'il s'attaque (avec Pierre Veilletet), dès 2004, à la "bien-pensance" qui veut "nous faire croire que Jean-Marie Le Pen est plus dangereux que Goebbels et que tous les médias italiens sont sous la botte d’un néofasciste qui a pour nom Silvio Berlusconi". Il ferraille dans le même article contre les altermondialistes, symbolisés par Le Monde diplomatique : "Ils ont beau débiter des sornettes, rêver d’un monde dont nous ne sommes pas sûrs qu’ils veuillent eux-mêmes, personne ou presque n'ose les rappeler à la réalité des chiffres et aux leçons de l’histoire."

En 2008, il a annoncé, comme le notait 20 Minutesqu'il descendrait "dans la rue pour défendre la presse FN". Une petite phrase à peine relevée à l’époque mais qui réjouit l’extrême droite. Le député européen FN Bruno Gollnisch se félicitait alors, sur son blog, de la bataille de Robert Ménard contre les "bien-pensants".

La liberté d’expression, fil conducteur de l'engagement de ce pied-noir permettant d'expliquer son rapprochement avec le FN ? En 2012, il lance le site internet Boulevard Voltaire, "un lieu ouvert à toutes les sensibilités, où les journalistes ne trient pas entre ce qui est convenable et ce qui ne l'est pas", explique-t-il, cité par L'Express. Comme contributeur, on y retrouve Christian Vanneste, privé de l'investiture UMP pour les législatives, ou Jean-Yves Le Gallou, ex-député européen frontiste.

Un méticuleux rapprochement avec le FN

"Pas de gauche". En septembre 2008, Robert Ménard quitte l'organisation qu'il avait fondée en 1985. Il récupère, d'une certaine manière, sa liberté totale de parole. Et ne se prive pas de l'utiliser. "Quand vous dirigez une association de droits de l'homme, il va de soi que vous êtes de gauche. Le problème, c’est que je ne suis pas de gauche", explique-t-il en avril 2011 aux Inrocks.

Dans ses jeunes années, Robert Ménard a pourtant été un militant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). "Sur la forme, il n'a pas changé, il a toujours braillé. C'était un bon copain, mais un révolutionnaire, un teigneux", se souvient un ancien camarade du parti, cité par Midi Libre.

Pro peine de mort. Habitué aux polémiques, Robert Ménard a défendu à plusieurs reprises la peine de mort. Marine Le Pen avait également proposé, pendant sa campagne présidentielle, de réfléchir à un rétablissement de la peine capitale. "Je pense que sur un certain nombre d’affaires, comme celle de Dutroux, je ne suis pas sûr que je mettrais beaucoup d’énergie [pour éviter] qu’à Dutroux on coupe le cou", argumentait Robert Ménard en mars 2010 sur France Inter, comme l’avait repéré Rue89. Ce "beauf absolu", comme il s'était autoproclamé, réitère cette position en décembre 2010 sur le plateau d'i-Télé, avant de se faire vertement reprendre par le présentateur Julian Bugier.

En 2011 sur l’antenne de RTL, Robert Ménard franchit un nouveau cap en faisant l'éloge de Marine Le Pen, nouvelle présidente du FN, souligne Le Monde (article payant). "Elle appelle un chat, un chat. (...) Elle piétine une classe politique qui est dans l'incapacité totale de résoudre les problèmes qu'il y a. (...) Elle incarne une autre réponse. Vous n'aimez pas cette réponse, les gens vont vous balayer."

Un livre de soutien. Le transfert semble parachevé en avril de la même année, quand Robert Ménard publie le pamphlet Vive Le Pen ! (coécrit avec son épouse Emmanuelle Duverger, éditions Mordicus). L'ancien fondateur de RSF se défend pourtant d’être devenu lepéniste. "Je ne voterai pas Front national mais je pense que ce parti, qui doit être considéré comme républicain aussi longtemps qu'il ne sera pas interdit, doit bénéficier du droit à la liberté d'expression. Défendre la liberté d'expression n'est pas défendre l'extrême droite", argue l'ancien militant des droits de l'homme, cité par Le Figaro. Après la publication de l’essai, Robert Ménard sera débarqué de RTL en juin 2011, puis d'i-Télé en juillet 2012.

La satisfaction du FN. Au FN, on se réjouit de la capture d'une telle proie. "Cela montre que le processus de dédiabolisation fonctionne", s'amuse Steeve Briois, secrétaire général du FN contacté par francetv info. "Des gens comme M. Ménard ne nous auraient jamais rejoint il y a dix ou quinze ans. Le FN ouvre aujourd’hui ses portes à de telles personnalités."

En se présentant à Béziers avec le soutien du Front national, Robert Ménard parferait définitivement sa mutation idéologique. En septembre 2012, l'ancien journaliste de Radio France Hérault décrivait, sur son blog, une ville laissée à l'abandon. "L'habitat est délabré, squatté par des marchands de sommeil. Les paraboles punaisent les façades d'immeubles occupés par des pauvres, des maghrébins, des gitans. Les bourgeois ont fui. Les Biterrois ne reconnaissent plus leur ville." Un constat pas si éloigné des thèses du FN, comme le souligne le 30 mai le Huffington Post.

Large rassemblement. A Béziers, Robert Ménard veut rassembler de "la gauche à l'extrême droite", mais le FN ne lui tient pas rigueur de ses "infidélités". "Ce sont les médias qui mettent des gens dans des petites cases. Notre clivage, c'est souverainiste ou mondialiste. S’il y a des patriotes, souverainistes et de gauche, qui veulent nous rejoindre à Béziers, il n'y a aucun problème", conclut Steeve Briois.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 18:49

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http://blogs.rue89.com/chez-gael-brustier/2013/06/09/melenchon-ps-pourquoi-tant-de-haine-230531

 

Un tweet de Jean-Luc Mélenchon a révélé que, malgré la mort d’un jeune homme, la guerre des appareils partisans reprenait ses droits très vite :

« Aux rassemblements, tenez-vous à distance du PS qui a trop assimilé le PG à l’extrême droite. Pas d’amnésie sur l’amnistie. »

Le Parti de Gauche (PG) est né d’une scission nocturne du Parti Socialiste en novembre 2008. « Ça suffit comme ça ! » avait lancé son leader, las, après trente années de participation à la vie du PS, de guerres d’appareils qui l’avaient marginalisé autant qu’elles avaient mis de côté tout aggiornamento idéologique.

Pari risqué s’il en était et dont on doit reconnaitre qu’il s’est plutôt bien acquitté jusqu’à l’élection présidentielle, fédérant la « gauche de la gauche » et marginalisant les groupes anti-capitalistes.

Les scissions du PS ont échoué

Historiquement, de toutes les scissions du Parti Socialiste, aucune n’a réussi (si l’on fait abstraction du Congrès de Tours de décembre 1920 qui donna naissance au Parti Communiste) :

  • Le Parti Socialiste de France des néo-socialistes (juillet 1933) a terminé comme l’on sait (dans la collaboration avec les Allemands) – après retour au bercail de ses éléments les plus modérés.
  • Le PSA-PSU de Depreux (né en 1958 du refus de la Guerre d’Algérie et du soutien de la SFIO au Général de Gaulle) a terminé fondu dans un magma « rouge et vert » après deux décennies d’agonie.
  • Le Mouvement des Citoyens (MDC, scission de 1992-93) de Jean-Pierre Chevènement a intégré la majorité de François Hollande après vingt ans de relations pour le moins complexes.

Il est très difficile de créer un parti socialiste idéal à coté du Parti Socialiste réel. Ces trois scissions historiques nous le rappellent.

« Ânonner des slogans extrémistes »

La tentative du Parti de Gauche avait jusqu’ici une originalité : elle pouvait être resituée dans un mouvement d’ampleur européenne, dans la reconfiguration de la gauche radicale en Europe.

C’est cette dimension qui est intéressante et qui peut déterminer l’avenir de la gauche radicale comme de la social-démocratie en France comme en Europe.

Jean-Luc Mélenchon déclarait (dans Le Monde du 28 mai 2010) :

« Il s’agit de prendre la majorité à gauche, et cela est radicalement impossible si l’on se contente d’ânonner des slogans extrémistes anti-tout et anti-tout le monde en se montrant incapable de s’entendre avec qui que ce soit dans quelques conditions que ce soit. »

On pouvait penser que l’option stratégique choisie par Jean-Luc Mélenchon serait de favoriser une modification du rapport de forces entre gauche radicale et social-démocratie et non l’entrée en guerre contre cette dernière.

Amérique latine

La Gauche radicale en Europe évolue. Elle a de jeunes animateurs talentueux dans nombre de pays : Alexis Tsipras en Grèce, Alberto Garzon Espinosa en Espagne... Certains sont venus à la politique

  • par les Forums sociaux internationaux (mondiaux ou européens),
  • d’autres sont issus du post-communisme,
  • d’autres encore sont issus de l’aile gauche de la social-démocratie.

Beaucoup ont voyagé en Amérique latine, parfois y ont-ils séjourné et croisé d’autres jeunes responsables dont, par exemple, Rafael Correa, actuel Président de l’Equateur.

Dans bien des pays, les scores de la gauche radicale progressent.

Le « marqueur communiste »

Reste à savoir ce qu’est la gauche radicale et où elle peut aller. Comme le souligne fort justement Gerassimos Moschonas de l’Université Panteion d’Athènes, le « marqueur communiste » représente la « centralité perdue » de cette gauche radicale.

Avec l’effondrement du communisme, place est laissée à une myriade de mouvements qui naissent des échecs conjugués du communisme, du néolibéralisme et… de la social-démocratie.

Moschonas constate d’ailleurs que le communisme a perdu sa capacité de polarisation, d’un point de vue idéologique ou partidaire. Ce qui ne signifie pas que ces partis fortement enracinés, dotés d’une solide culture politique et de réseaux de militants et d’élus encore souvent denses, soient impuissants. Les partis communistes sont une composante de ces reconfigurations que représentent les gauches radicales mais n’en ont pas le leadership exclusif.

La question de l’intégration européenne

C’est la question de l’intégration européenne qui a amené les gauches radicales à évoluer, leur fournit un puissant moteur et, dans le même temps, quelques ferments de division. Le « Non de gauche » du 29 mai 2005 a servi à unifier différentes tendances de gauche, dans une ébauche de recomposition politique autant qu’il a mis en évidence des divergences politiques profondes.

Dans son analyse des recompositions de la gauche radicale, Moschonas relève :

« Paradoxalement, la gauche radicale s’est faite plus “ amicale ” envers l’Europe dans une période où l’Europe devenait, par son poids accru et sa logique libérale, plus “ inamicale ” envers la gauche. »

En Grèce, Synaspismos, concurrent du très orthodoxe KKE, a eu longtemps la réputation d’être un mouvement de gauche radicale « pro-européen » alors que le KKE multipliait les prises de position hostiles à l’intégration européenne. Au sein même de Syriza, les débats sur l’euro sont encore vifs.

Deux attitudes au sein de la gauche radicale

Ces fractures internes aux gauches radicales européennes ne doivent pas éclipser qu’elles parviennent néanmoins à profiter électoralement des difficultés de la social-démocratie, embourbée dans les contraintes de l’Union européenne et confrontées à un amoindrissement évident du pouvoir d’Etat. Souvent contrainte au verbalisme, la social-démocratie européenne s’essouffle.

On constate aujourd’hui deux attitudes au sein de la gauche radicale :

  • L’une consiste à accepter l’alliance (locale au moins) avec la social-démocratie, soit dans un but de pure gestion locale soit dans le but d’influencer celle-ci.
  • L’autre fait le pari d’une submersion de la social-démocratie par la gauche radicale.

Du côté de la social-démocratie, certains cherchent une rupture définitive avec la gauche radicale, alors que les faiblesses des partis sociaux-démocrates apparaissent au grand jour à mesure que les effets de la crise se déploient.

Le pari sur la fracture

Si la social-démocratie n’est pas un « logiciel figé » comme le dit avec justesse Fabien Escalona, elle doit néanmoins régler « deux impensés problématiques : celui du compromis et celui du productivisme ».

L’évolution du capitalisme et la question environnementale lui imposent de penser ces nouveaux enjeux, autrement qu’en assénant un discours impuissant sur le « vivre-ensemble » ou en « green-washant » ses différentes prises de positions.

L’avenir dira si la Gauche radicale surmontera les difficultés liées à son rapport à l’Union européenne et si, de son côté, la social-démocratie réglera ses impensés.

Pour l’heure, ce qui explique la haine réciproque de Jean-Luc Mélenchon et de l’aile droite du PS, c’est le pari sur la fracture. Pari partagé. Le pari sur la fracture, c’est pourtant toute la gauche qui en paiera la facture. Engager une fracture irrémédiable avec la social-démocratie c’est rendre impossible tout combat culturel véritable contre les droites, c’est se condamner pour les deux camps à ne pas régler leurs contradictions, à camper sur des postures et à laisser la voie libre aux droites.

Jean-Luc Mélenchon n’est pas andalou

D’un point de vue purement électoraliste, une gauche désunie n’intéresse pas l’électeur. Face à une gauche fratricide, l’électeur préférera rester chez lui et laissera les appareils se mener des guerres picrocholines qu’il se refusera à départager dans l’isoloir.

Le différentiel d’abstention entre ouvriers aux « valeurs » de gauche et ouvriers aux « valeurs » de droite est là pour démontrer qu’une partie de son électorat potentiel s’est déjà structurellement détourné des urnes.

La trajectoire des gauches radicales n’est pas encore écrite. Il n’y a pas de stratégie unique.

En Andalousie, Izquierda Unida a permis au PSOE, minoritaire dans cette région historiquement de gauche de conserver la majorité. Le rapport de forces entre gauche radicale et social-démocratie commence à changer en Espagne. Izquierda Unida semble, pour sa part, faire l’économie des insultes.

Mais Jean-Luc Mélenchon n’est pas andalou et il fait, quant à lui, le pari de la submersion. C’est un choix politique, délibéré. Les mots qu’il adresse au Parti Socialiste sont choisis, pensés et l’on sait l’homme suffisamment cultivé pour ne pas, à l’aune de l’Histoire, mesurer très exactement les implications possibles du pari qui est le sien.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 18:47

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http://www.courrier-picard.fr/region/lulu-une-femme-engagee-et-solidaire-ia193b0n104040

 

La décolonisation, le féminisme... Lucienne Boubennec a épousé les causes qui ont bouleversé sa génération.

 

Tout commence avec la guerre d'Algérie. Lucienne Boubennec, surnommée Lulu, figure de l'engagement citoyen dans le bassin creillois, fait ses premières armes. « On a envoyé mon époux en Algérie en tant que soldat. Il y est resté pendant 27 mois alors que j'étais enceinte de ma fille aînée. Cet événement a été le déclencheur », raconte Lulu.

En 1961, elle milite à l'association pour le Mouvement de la paix. Alors qu'elle distribue le journal l'Humanité, à la gare de Creil avec ses camarades, elle se sent en danger, sous la menace de l'OAS, l'organisation de l'armée secrète, les pro de l'Algérie française. « Ces terroristes d'extrême droite nous surveillaient. Même les passants avaient peur d'acheter notre quotidien », se souvient-elle.

Née en 1935, elle est restée marquée par son enfance : après le divorce de ses parents en 1939, elle est ballottée au sein de sa famille pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a vécu cette période avec la peur et la faim au ventre. « Ce sont les bourgeois qui nous donnaient des vêtements, manteaux, gants en fourrure. Ce que je n'appréciais pas. Je trouvais humiliant que les riches nous considèrent comme leur déchetterie », confie Lulu.

À la Libération, Lulu vient d'avoir 10 ans et sa mère s'est remariée avec un soldat qui était en captivité. « Mon beau-père, inscrit au Parti communiste et à la CGT, m'emmenait aux réunions syndicales », témoigne Lulu. À 13 ans, elle travaille à la ferme, puis comme domestique. À 17 ans, elle retrouve son père à Creil ; c'est ici aussi qu'elle rencontre son futur mari et qu'elle s'engage concrètement. Contre la guerre au Vietnam. Pour le Secours populaire.

C'est en rencontrant une précédente figure locale du féminisme, Huberte D'Hoker, qu'elle « ouvre les yeux sur la condition des femmes », explique Lulu. La quarantaine passée, elle divorce et reprend des études d'aide-soignante. À l'hôpital où elle travaille, elle est à la CGT et monte une section du PCF, dénommée Dulcie September en hommage à cette Sud-africaine qui se battait contre l'apartheid et qui a été assassinée en 1988 à Paris. Aujourd'hui, Lulu milite auprès des Femmes solidaires.

Contact : Femmes solidaires, espace Elsa-Triolet à Montataire.Tél. 03 44 27 54 08.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 11:53

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http://www.acrimed.org/article4081.html

 

Court dictionnaire des idées reçues (accompagnées de quelques citations imaginaires).

 


 « Activistes ». Terme préférable à « militants » quand ces derniers défient une autorité réputée pour son « réalisme »* ou son « pragmatisme »*. « Des activistes occupent le terrain dédié à un aéroport par le maire de Nantes ».

 « Adaptation ». S’impose à tous, en particulier aux « inadaptés » qui la refusent et témoignent ainsi de leur « extrémisme »*.

 « Affaires ». Terme générique, employé non sans fatalisme, pour désigner les malversations politico-économiques à répétition, sans trop s’indigner du système qui les rend possibles. « Monsieur Cahuzac, pouvez-vous éviter de laisser traîner vos affaires ? »

 « Archaïsme ». Terme employé pour qualifier tout propos visant à affirmer qu’il existerait des acquis sociaux à défendre, des droits sociaux à conquérir, voire même des emplois à préserver. « L’archaïsme de cet ouvrier qui, en 2013, vêtu d’un bleu de travail, défend son emploi menacé de délocalisation, fait peine à voir ».

 « Choix ». Se présentent généralement à l’heure. À l’heure des choix, il n’en reste pratiquement aucun pour éviter le pire prévu par ses prophètes. « Taxer les bénéfices, au risque d’encourager la fuite des capitaux, la guerre civile et le retour de la lèpre, ou travailler plus longtemps, ce qui semble logique au vu de l’allongement de l’espérance de vie ? La France est à l’heure des choix ».

 « Classe moyenne ». Espèce en expansion dont les frontières ne cessent de s’élargir, au point d’englober des salariés sous-payés et de petits actionnaires. La mettre au pluriel, pour souligner qu’elle se multiplie et qu’elle absorbe plus de la moitié de la population.

 « Classe ouvrière ». Espèce disparue, dont quelques spécimens se manifestent encore, mais sous le nom de « salariés ». « Des peintures représentant des scènes de vie quotidienne de la classe ouvrière ont été découvertes sur les parois d’une grotte de la région Nord-Pas-de-Calais ».

 « Compétitivité ». Ardente obligation, à la différence de la coopération ou de la solidarité, condamnées par le « pragmatisme »*.

 « Consensus ». Désigne un accord recherché ou obtenu, du moins quand il traduit la convergence de point de vue entre élites politiques, économiques et… médiatiques. Que ces dernières forment une minorité n’empêche pas que le consensus puisse être « large », notamment à la sortie des sommets européens. « Cette proposition fait l’objet d’un large consensus. C’est d’ailleurs pour cette raison que notre journal la défend âprement, n’en déplaise aux extrémistes de gauche, de droite, du centre et d’ailleurs ».

 « Conspirationnisme ». Vice rédhibitoire non seulement des conspirationnistes réellement existants, mais également de toutes les explications qui invoquent des causes invisibles à l’œil nu des commentateurs. Seule, la main invisible (et généreuse) du marché n’est pas conspirationniste.

 « Démagogie ». Symptôme du « populisme »*. À la différence de la pédagogie médiatique qui, avec réalisme, enseigne… le « réalisme »*, la démagogie se signale par sa consternante contestation de la médiacratie et des évidentes évidences économiques et sociales dont elle se repaît. « Parler d’une augmentation du Smic sous le prétexte fallacieux que les richesses n’ont jamais été aussi mal réparties, c’est de la pure démagogie ».

 « Europe ». N’est plus une déesse grecque. C’est pourquoi il en faut « plus », de préférence sans précision superflue.

 « Eurobéat ». Vocable absent du vocabulaire médiatique, alors qu’il serait très économique de l’employer par opposition à « eurosceptique »*.

 « Eurosceptique ». Vocable très économique, puisqu’il englobe toutes les critiques récusées par les eurobéats. L’eurosceptique est parfois « europhobique », dans la nomenclature des maladies mentales diagnostiquées par la médiacratie.

 « Escalade ». Conséquence inévitable des « excès »* et de la « surenchère »*.

 « Excès ». À dénoncer sans « modération »*.

 « Extrêmes ». Vocable englobant des réprouvés que tout oppose et que les agitateurs d’épouvantails amalgament avec discernement, pour les disqualifier simultanément et sans effort.

 « Extrémismes ». Points cardinaux en excès sur la carte politique du bien. Vont généralement par deux et fréquemment « se touchent ».

 « Isolement ». Risque encouru ou position déjà occupée par tous ceux qui n’œuvrent pas au « consensus »*. « Certes, votre raisonnement est incontestable, vos chiffres sont exacts et vos propositions crédibles, mais ne craignez-vous pas l’isolement ? »

 « Modèle ». À défendre quand il est « social européen ». À imiter quand il est « allemand ». À réformer lorsqu’il est « social français ». À réprouver dans tous les autres cas.

 « Modération ». En faire preuve, mais sans « excès »*.

 « Pensée unique ». La pensée d’en face.

 « Petite phrase ». Prélevée par les médias sur un long discours, préparée par l’orateur pour être reprise par les médias, reprise par les médias dans le but d’être reprise par les médias, qui déplorent l’invasion des petites phrases.

 « Plus d’Europe ». Déesse supplétive, dont il convient d’invoquer régulièrement l’intervention.

 « Polémique ». Désigne n’importe quel désaccord quand les médias s’en emparent. Dès ce moment, « ça fait polémique ». En version journalisme branché, on peut parler de « clash », surtout quand il fait le « buzz ». « La question du port du béret dans les cours des écoles primaires fait polémique ».

 « Populisme ». Vocable sciencepipeaulogique très éclairant puisqu’il désigne, très rigoureusement, toute adresse au peuple, à l’exception de toutes celles… qui ne sont pas populistes. Est menacé de populisme, tout individu, discours ou parti qui prétend, à tort ou à raison, tenir compte des points de vue et des préoccupations des personnes non assujetties à l’ISF.

 « Pragmatisme ». Synonyme de « réalisme »*, vocable trop usé pour qualifier les réelles « adaptations »*, et notamment l’adaptation au pragmatisme.

 « Programme ». Se dit des propositions et des engagements d’un parti politique, quand on les évoque pour en dire le moins possible. Trop long pour tenir en un tweet, à la différence d’une « petite phrase »*. « Dans les vingt secondes qui nous restent, pouvez-vous nous résumer votre programme économique et social ? »

 « Radicalisation ». Effet de la « surenchère »* ou de la poursuite désastreuse d’objectifs que la médiacratie, convertie au « réalisme »*, condamne ou décide d’abandonner. « Exiger la réquisition des logements vides depuis 50 ans témoigne d’une dangereuse radicalisation ».

 « Réalisme ». En faire preuve. Vertu des chefferies politiques quand elles se conforment aux vœux des chefferies éditoriales. Synonyme de « pragmatisme »*, vocable mieux adapté aux nécessaires « adaptations »* et à l’indispensable « responsabilité »*. « En exigeant la suppression de l’Inspection du travail le Medef a une nouvelle fois fait la preuve de son réalisme ».

 « Responsabilité ». En faire preuve. Est responsable, en langue médiatique ordinaire, l’attitude, la décision ou la mesure mais aussi… le responsable dont l’ « adaptation »* témoigne d’un grand « pragmatisme »*. « Les salariés qui, par souci de compétitivité, acceptent sans broncher la délocalisation de leur entreprise, font preuve d’un bel esprit de responsabilité ».

 « Sacrifices ». Sont inévitables, du moins quand il s’agit d’acquis sociaux qui bénéficient trop largement aux classes populaires. « La conjoncture économique étant économique et conjoncturelle, les Français doivent évidemment se préparer à faire des sacrifices ».

 « Sceptique ». Personne dont le point de vue ne trouve pas sa place dans les colonnes des tableaux des instituts de sondages. « Près d’un Français sur quatre partage le point de vue selon lequel "l’austérité, c’est fun". Les autres sont sceptiques ».

 « Surenchère ». Excès d’ « excès »*. Se manifeste une fois que les commissaires-priseurs des médias ont obtenu satisfaction sans avoir à ouvrir les enchères. Bien souvent, la surenchère conduit à la « radicalisation »*.

***

Phrase automatique :

N’en déplaise aux sceptiques, il convient aujourd’hui de faire preuve de responsabilité, de cesser toute démagogie et d’opter pour le réalisme, en repensant avec pragmatisme le modèle social français et en acceptant de procéder aux nécessaires sacrifices, sous peine de faire le jeu des extrêmes et du populisme.

 

Henri Maler et Julien Salingue

 

 

Voir aussi nos autres lexiques.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 11:45
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http://babordages.fr/?p=442
Billet invité

Ce Nombre… Il m’a frappé dès le jour de sa publication. Élevé, bien plus qu’il ne l’avait jamais été auparavant. Ce nombre c’est un résultat, celui d’une année, une seule, 2012, Le Changement.

Ces expulsés, car c’est d’eux dont il s’agit ici, sont la garantie pour Manuel Valls de n’être accusé ni de laxisme, ni d’angélisme. Il est l’homme fort du gouvernement, le ministre préféré des Français, il gère sa Com’. Derrière celle-ci, il y a des gens. Les refus de régularisation sont légion, ils n’ont pas baissé depuis le changement de majorité, ils ont même augmenté dans certaines préfectures (Essonne, Lyon… ).

Expulser des êtres humains, à quoi ça sert ?

Une partie de la population, celle pour qui l’insécurité est lié à l’immigration, aux sans-papiers, se frotte les mains et même applaudit.

Est-ce l’objectif ?

Trente six mille huit cent vingt deux ?

Valls a fait de la lutte contre l’insécurité la priorité des priorités de son Ministère, il ne cède jamais, sur aucun dossier. Les Affaires Sociales n’interviennent pas (ne veulent pas ? ne peuvent pas ?) et cela même lorsqu’il s’agit d’individus malades (Sida, hépatite…), qui se font expulser de la même manière.

Dans le programme de François Hollande, il n’est indiqué nulle part que le Ministère de l’Immigration perdurerait. Il est là, bien présent. Il n’a jamais été aussi rayonnant. Les vieilles techniques persistent. Et lorsque Valls parle d’un « Ennemi de l’intérieur » lors de l’affaire Merah, il stigmatise, faisant une généralité d’une poignée de détraqués.

D’outrance en outrance, de communication en lapsus, le Ministre s’en prend également aux Roms. (Le Changement ?)

Vous avez aimé Brice Hortefeux et Claude Guéant, vous adorerez Manuel Valls et son discours, tendance Marine Le Pen.

« Les Roms n’ont pas vocation à rester sur le territoire. »

Cette phrase a été prononcée trois fois, reprise par différents médias sans que cela ne choque personne…

Sur les 15 000 Roms migrants vivant en France, 12 000 ont été déplacés ou expulsés en un an. (Encore un nombre)

La procédure est bien rodée. Les gendarmes arrivent, prennent des photos (des adultes mais aussi des enfants), relèvent les empreintes, fichent les voitures. Ensuite, c’est la course contre la montre, 48 heures pour expulser, après, c’est trop tard. C’est bien simple, entre un maire PS, un président de région PS et un préfet fraîchement installé, tout le monde tombe d’accord.

Dans les 48 heures, pelleteuses et autres tractopelles arrivent et arrachent tout. Que cela se déroule sous les yeux des enfants n’est absolument pas un problème. En 5 minutes, tout est détruit. Les Roms vont se cacher un peu plus loin, loin des habitations, loin des gens qui payent des impôts, loin des gens qu’ils dérangent.

Cette politique qui se met au même niveau que la celle de la droite, qui joue sur son terrain, n’apporte rien à l’électeur PS. On passe des années à s’opposer sous Sarkozy à ce Ministère, et, une fois aux commandes, on fait la même chose. En tant qu’électeur, non encarté, je trouve cela plus que douteux.

La sécurité n’est pas la priorité des Français. Les priorités sont et resteront l’emploi, le logement, la santé, l’éducation… Tous ces sujets sur lesquels les politiques ont baissé les bras depuis des décennies.

La sécurité a été placée sur un piédestal, elle a été choisie comme priorité. Le PS commet cette erreur. L’unique priorité c’est de réduire le chômage, la vraie solution contre l’insécurité est là.

Tant qu’il continuera de faire croire que les étrangers sont la source de l’insécurité, s’appropriant les thématiques de la droite, le PS ne pourra que perdre à terme. Il existe des voies (voix) divergentes, Martine Aubry, à Lille, avec EELV, essaye des choses, prend une autre direction avec les villages tests. Hollande et Ayrault laissent faire Valls. Ils sont sur la même ligne, cette ligne dure qui ne servira à rien. Les électeurs de droite ne votent qu’à droite.

Sarkozy avait suivi la ligne Buisson, il a tout perdu. Valls sera le Buisson de Hollande.

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:56
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Le Qatar, une métaphore de la France en phase de collapsus

René Naba | 05.06.13 | Paris

Un si vilain pays qui ne veut pas du bien à la France.

Paris- «Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie». Ce précepte d’Albert Londres, figure de légende de la profession, deux journalistes français l’ont appliqué à la lettre pour notre bonheur, pour l’honneur de la profession et la manifestation de la vérité.
Le titre l’annonce, le corps du sujet en apporte la convaincante démonstration: le Qatar est un vilain pays qui ne veut pas du bien à la France. Point barre. Foin de contorsions intellectuelles, ni d’agitations nombrilistes. La réalité est là. Toute crue. Toute nue.

Et pour que les choses soient claires et faire taire d’avance les éventuelles accusations d’islamophobie, les auteurs assurent, d’emblée, que leur ouvrage ne relève pas du «Qatar Bashing», sport à la mode s’il en est, mais «écrit par des hommes libres». Connaissant l’un et lisant attentivement l’autre, le signataire de ce texte leur en donne volontiers acte.
Car si Nicolas Beau, ancien de l’hebdomadaire satirique Canard Enchainé, est bien connu du landerneau médiatique français, ne serait-ce que pour son déflagrant ouvrage «la régente de Carthage», l’autre élément du tandem n’est pas pour autant un saute-ruisseau. Grand reporter pour Paris Match, Jacques Marie Bourget a notamment couvert la guerre du Viêtnam (1965-1075) et la guerre du Liban (1975-1990), la première et la seconde Intifada (1986-2000). Autant dire un poids lourd du journalisme d’investigation dont la carrière a d’ailleurs été couronnée par le prix Scoop pour avoir révélé l’affaire Greenpeace.
Auteur d’un ouvrage sur les massacres des camps palestiniens de Sabra-Chatila (Beyrouth), ce baroudeur d’empire a été, le 21 octobre 2000, à Ramallah (Cisjordanie), la cible d’un tir de l’armée israélienne. C’est dire le sérieux de l’entreprise et du bonhomme.

Grâce soit donc rendue à Nicolas Beau, pourfendeur de la dictature tunisienne, et à Jacques Marie Bourget, un journaliste de terrain qui a payé de sa chair, en Palestine, le prix de la vérité. «Un si vilain Qatar, cet ami qui nous veut du mal» (Fayard) (1), leur ouvrage rédigé à quatre mains s’impose comme un chef d’œuvre d’humour, d’érudition et de rigueur.
En cliniciens du monde arabe, le tandem du site satirique «Bakchich » -tout un programme s’agissant du monde interlope de l’affairisme franco arabe – pointe, sans ménagement, sans la moindre ambiguïté, mais sans acrimonie, les complexités de cet émirat mirage. Une parfaite radioscopie non seulement des tortuosités de l’émirat, mais également des turpitudes de leurs interfaces français.

La démonstration est limpide et la paire de gâchette Beau-Bourget sans fléchissement:

  • Le rôle moteur du Qatar dans le conditionnement de l’opinion, l’encadrement et l’amplification du «printemps arabe», la confiscation de la révolution arabe et son déroutement des rives inflammables du Golfe pétro monarchique vers les républiques laïques de la Méditerranée (Libye, Syrie), en connivence avec les Etats Unis, jusque-là susurré, est établi.
  • Le Qatar, connu du monde entier par une antiphrase ravageuse, «la chaîne qui possède un état», en référence à sa chaine d’Al Jazira, alimentera ainsi de nombreuses thèses doctorales des facultés des sciences de la communication sur la «Révolution 2.0» ou d’autres balivernes du genre «Révolution cathodique», dans une opération de diversion médiatique visant à usurper, à tout le moins à en atténuer la portée, en tout cas à subvertir le sacrifice du tunisien Mohamad Bouazizi, l’étincelle de la révolution. Un parfait représentant de cette société informelle qui peuple le Monde arabe par déclassement social, dont la marginalisation et la paupérisation ont constitué le moteur du bouleversement régional, avant d’être dérouté par l’islam pétrolier et atlantiste de son cours libératoire.
  • Le passage forcé de ce cheval de Troie anglophone de l’Amérique au sein de l’Organisation de la Francophonie, en vue de prendre pied dans la zone stratégique à la charnière du Maghreb et de l’Afrique noire, de même que les mésaventures d’une universitaire française venue enquêter pour les besoins de sa thèse sur les «bidounes» (apatrides), à l’arrière-plan du grenouillage et des gigotements de la classe politique française devant ce nouvel eldorado, révèlent la face sombre de cet émirat, sa vanité en même temps que la cupidité et la vulnérabilité de ses interlocuteurs français.
  • La chorégie du Qatar: Nabil Ennasri, Tariq Ramadan, Mohamad Henniche et Mathieu Guidère.
  • Le passage concernant les néo-islamologues médiatiques (pages 202-209), au parcours académique, constitue un morceau d‘anthologie: Le quartette de la chorégie qatariote –le thésard Nabil Ennasri, le politologue Tariq Ramadan, l’universitaire Mathieu Guidère, est pointé du doigt, de même que l’empressement zélé de Mohamad Henniche, notable de la zone bariolée de la région Ile de France, convoyeur attitré des meetings électoraux de la présidence Sarkozy.
  • Particulièrement démasquée la duplicité du discours du petit-fils du fondateur de la Confrérie des Frères Musulmans, une famille constamment adossée aux dollars pétro monarchiques des régimes les plus pro américains et les plus régressifs du Monde arabe, le père, Said, à l’Arabie saoudite, le fils, Tariq, au petit wahhabite du Qatar.

Saïd Ramadan (à droite de la photo tenant une feuille blanche) reçu en audience en 1953 par le président américain Dwight Eisenhower (au centre).

Dans la stratégie du Qatar, Tariq Ramadan a vocation à assurer la relève de l’octogénaire Qaradawi dans son rôle prescripteur sur le plan théologique, parallèlement au rôle dévolu sur le plan politique, à Azmi Béchara, cet officiant chrétien d’Al Jazira, ancien député palestinien du parlement israélien. Un duo islamo chrétien destiné à assurer la maitrise du débat intellectuel panarabe dans ses diverses déclinaisons pour le compte du Qatar via les contrefeux de ses hommes-lige.

Et son fils, Tariq Ramadan, en compagnie de Cheikh Youssef Al Qaradawi, le Mufti de l’Otan, et de la princesse Moza, 3eme épouse de l’Emir du Qatar, fille de l’ancien chef de l’opposition Nasser al Misned.

Même traitement pour Eric Ghébali. Un délice. Le jeune socialiste co-fondateur de «SOS racisme» apparaît ici sous un nouveau jour. L’époux de l’animatrice télé Daniella Lambroso, dont la légende lui attribue un geste de bravade à l’égard de son mentor François Mitterrand, -((la destruction de sa carte du parti en signe de protestation contre la réception en France de Yasser Arafat, chef de l’organisation de libération de la Palestine, dans la décennie 1980))-, apparaît ici comme un zélé promoteur sinon des relations franco qatariotes, à tout le moins du Groupe Suez dont il est le conseiller de son Président Gérard Mestrallet. Sans la moindre réticence à faire commerce avec ce pays arabe, soutien du Hamas. En raison du rôle supplétif du Qatar dans la stratégie israélo américaine dans la domestication de la branche palestinienne de la Confrérie des Frères Musulmans?

Le Qatar, énigme ou oxymore ?

«L’énigme du Qatar»: Une prestation du mégaphone du Qatar dans la France périurbaine.
Le Mamamouchi de l’époque contemporaine fait l’objet d’un engouement à la mesure sans doute de l’indifférence qu’il suscitera ultérieurement en cas de sortie de route, un parcours identique à celui de ses prédécesseurs dans la panégyrie: Le Chah d’Iran, l’irakien Saddam Hussein, le Libanais Rafic Hariri. Une flopée de livres lui a été ainsi consacrée, en 2013, sans qu’il ait été possible de déterminer si cette curiosité relève d’une saine activité de prospection intellectuelle pour une meilleure connaissance d’une région du monde qui intéresse au plus haut point la France ou d’une vulgaire opération mercantile de renflouement de caisses éditoriales, malmenées par le numérique et l’économie de pénurie.
Une compétition éditoriale nullement justifiée par l’aura du majestueux sujet, plus vraisemblablement par une possible activation du flux financier qu’un tel thème pourrait générer, à tout le moins pour les plumes laudatives.
Premier chronologiquement sur le marché, «L’énigme du Qatar» (Nabil Ennasri-Edition IRIS-Armand Colin-Mars 2013) apparait ainsi comme un faire-valoir d’un à-valoir du mégaphone du Qatar dans la France périurbaine. Sans la moindre novation de la pensée stratégique française contemporaine en dépit de prestigieux parrainages, sans autre crédit que celui que lui dispense la doxa officielle française.

Le Qatar, une énigme? Vraiment? Au point d’en faire un ouvrage?
Point n’est pourtant besoin d’être grand clerc pour appréhender le Qatar, le nouveau crésus de l’économie planétaire, au fonctionnement sommaire, au décryptage basique. Une charade simple à dénouer.

Un fils qui évince son père est un parricide. Un prince qui épouse la fille du chef de l’opposition, en gage de sa loyauté, est un Machiavel en herbe. Ou un gougnafier.

Un gouverneur qui sévit en tandem avec son cousin, -le propre fils de l’ancien émir destitué par le propre père de l’actuel gouverneur-, en vue de mettre l’émirat en coupe réglé est un prédateur. Les Borgia de Florence délocalisés à Qatargaz, quand bien même octroie-t-il en guise de jeux de cirque, un joujou Pin Pon à ses sujets, des Porsche rutilantes à sa police.
L’attelage ainsi constitué est désigné dans le langage académique comme étant une relation tripolaire. Ou une triangulation. Michel Audiard, célèbre dialoguiste de cinéma du siècle dernier au langage châtié, qualifiait jadis ce genre de «combinazione» de «conjuration de cloportes» ourdie par des prédateurs machiavéliques. Autrement dit une association de malfaiteurs. Au vu d’une telle mystification, il aurait sans doute tonné haut et fort contre qu’«il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages», encore moins les vessies pour les lanternes, intimant de cesser au plus vite ce «foutage de gueule», si préjudiciable à ses auteurs.

La chute vertigineuse de l’audience d’Al Jazira en porte témoignage. De « 43 millions de téléspectateurs quotidiens à 6 millions », selon Riadh Sidaoui, directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales (CARAPS), basé à Genève, qui explique cette dégringolade par le traitement partial de la chaine qatariote du « printemps arabe » au point de soutenir la guerre coloniale de l’OTAN en Libye.
-Plutôt un oxymore
Le roitelet d’un minuscule pays qui génère un milliard de dollars de recettes par jour dans un monde où l‘argent est roi est ipso facto le Roi du Monde dans une période où l’économie occidentale est en crise systémique.
Mais le souverain d’une principauté dont le quart de la superficie du pays est occupé par une importante base militaire américaine est au choix un prince captif ou un souverain sous tutelle. Un gouverneur d’opérette ? Une marionnette? Dans tous les cas de figure, un oxymore. Un tison incandescent américain planté sur le flanc de l’Arabie, alléché par l’idée de se substituer à la dynastie wahhabite au leadership spirituel et politique du Monde sunnite. Au même titre que la Turquie, principal bénéficiaire sur le plan régional sunnite de la destruction de l’Irak et de la Syrie.
Que le prédicateur-maison, Youssef al Qaradawi, la caution théologique des équipées atlantistes en terre arabe, implore les Etats-Unis de bombarder la Syrie, un pays qui a soutenu trois guerres contre Israël en partenariat avec l’Egypte, donne la mesure de l’aberration mentale du millionnaire égypto-qatariote et de sa soumission, de même que son mécène, à l‘ordre israélo-américain.

Milliardaire du loto de la vie, à l’obésité étroite dans sa cage dorée, ce bédouin oisif s’est choisi comme terrain de jeu la scène mondiale. Et pour hobby, non le Golf qui sied aux gentlemen, mais le jeu de massacre que ce fauconnier braconnier prise particulièrement. Un milliardaire arabe et croyant qui consacre 200 millions de dollars à Jérusalem et trois milliards de dollars au financement des djihadistes cannibales en Syrie est un mystificateur. Et pour les puristes de la religion, un mécréant.

Que, dans la foulée, le Hamas, ultime mouvement sunnite de lutte armée, choisisse à son chef charismatique, Khaled Mecha’al, comme résidence permanente, Doha, à vol d’oiseau de la base américaine du Centcom, la plus importante base américaine du tiers monde, donne la mesure de l’abdication morale et intellectuelle de l’Islam atlantiste. Un acte d’indignité nationale à l’effet de disqualifier ce mouvement de libération nationale, au-delà de l’insulte morale que constitue ce choix pour la mémoire des pères fondateurs de ce mouvement tous tués par assassinats extra judicaires israéliens avec la caution américaine.
Tels sont les axiomes de base de l’équation qatariote. Le reste relève de l’entreprise apologétique, d’une mendicité déguisée ou d‘une gesticulation médiatique en quête de notoriété.
Le soft power, notion abondamment développée par cet auteur prolixe, par ailleurs tweeter fébrile, ne saurait tenir lieu de cache misère à une indigence conceptuelle, ni justifier les turpitudes d’un pays qui passe pour être l’un des principaux exportateurs du djihadisme erratique, le principal promoteur financier du néo islamisme rigoriste dans les pays arabes et africains, particulièrement en Tunisie, ainsi qu’au Mali.

Deux ans après le déclenchement du «printemps arabe», Al Qaida et sa matrice formatrice, les Frères Musulmans, multiplient les communiqués de victoire sur tous les fronts arabes, au rythme des concessions arabes sur la Palestine…. sur fond d’un paysage dévasté d’un champ de ruines généré par la guerre mercenaire menée par des Arabes contre des Arabes pour le plus grand profit de leurs ennemis communs, Israël et les Etats Unis. L’Irak, le Yémen, le Soudan, la Libye et la Syrie sont déchiquetés par des guerres sectaires.

Le sud Soudan et le Kurdistan irakien promus, parallèlement, au rang de plateformes opérationnelles israéliennes sur les deux versants du Monde arabe, et la Palestine, à l’abandon, en état de décomposition avancée, indice patent d’une défragmentation mentale absolue sans pareille dans les annales des relations internationales, dont le Qatar en porte une lourde responsabilité. Pour le plus grand malheur des Arabes et des Musulmans.
Telle est l’énigme, si énigme il y a, qu’il importe de percer, de même que la ruée des dignitaires du Golfe à l’assaut des pubères syriennes, la collusion entre Israël et les djihadistes du Qatar dans leurs attaques synchronisées contre la Syrie, enfin la cascade de fatwas pathologiques édictées à l’encontre des «dépendantes» à l’ombre du printemps arabe. Tout le reste n’est que bobards de salonards.

Pour aller plus loin à propos des dignitaires du Golfe à l’assaut des pubères syriennes, cf ce papier «De centaines de dignitaires religieux arabes divorcent pour épouser de mineures syriennes»:

http://www.elaph.com/Web/NewsPapers/2012/9/760241.html

Le double parrainage de l’auteur pose rétrospectivement le problème de sa pertinence: Pascal Boniface, son éditeur, inlassable pourfendeur des faussaires, et François Burgat, son mentor universitaire, analyste lucide du phénomène de l’islamisme algérien durant la décennie noire (1990-2000). Pour lui donner de la consistance? L’oindre de l’onction scientifique de leur magistère moral? Auquel cas que n’a-t-il pris exemple sur eux? Que n’ont-ils encouragé leur poulain à renoncer à sa vieille recette du plaidoyer pro domo? Exiger de lui, -devant la richesse des sources et les informations accablantes-, une plus grande rigueur analytique. A tout le moins, une critique aussi rigoureuse du Qatar qu’il ne le fait de la Syrie, sa cible obsessionnelle, tant il est vrai que « quand l’histoire encense la vanité des despotes, elle est complice de la Tyrannie » (Louis Philippe de Ségur). Une tâche habituellement réservée aux «intellectuels de cour».

A titre de démonstration pédagogique, la thématique de leur poulain à propos des combats en Syrie, de la passivité syrienne face Israël et son interprétation académique a fait l’objet d’une déconstruction par l’auteur de ces lignes sous le lien suivant: http://www.renenaba.com/a-propos-des-combats-de-syrie-de-la-passivite-syrienne-face-a-israel-et-de-son-interpretation-academique/
Incubateur intellectuel de Nabil Ennasri, son patron de thèse, François Burgat, membre du Conseil Européen des affaires étrangères, passe pour avoir bénéficié d’une subvention substantielle de l’ordre de deux millions d’euros en vue d’animer une étude collective sur «la transition dans les pays arabes». Gageons que cet universitaire respecté saura épargner à la France, sur le dossier Qatar, la réédition de sa mésaventure en Syrie.

L’ancien directeur de l’Institut Français de Damas (2), bien qu’il s’en défendra de l’admettre publiquement, n’ignore pas que la France a pâti dans sa prestation syrienne de fautes majeures initiées dans l’allégresse au début du conflit par de zélés thuriféraires, compromettant gravement son rôle pilote, le réduisant à celui de caisse de résonnance de la campagne de conditionnement médiatique de l’opinion européenne, en diversion aux opérations clandestines.
Le placement de la campagne anti syrienne sous l’égide de Bernard Henry Lévy, en juillet 2011, en association avec les Frères Musulmans, sans tenir compte de la profonde révulsion qu’inspire le philosophe philo-sioniste dans le Monde arabe, a constitué une erreur criminelle en ce qu’elle a durablement détourné d’opposants historiques de la structure off-shore.
De même, le parrainage ostentatoire de la France à une opposition dirigée par des universitaires syriens salariés de l’administration française a obéré son discours moral et humaniste en ce que l’opération est apparue au sein de larges couches d‘une opinion syrienne farouchement nationaliste comme la mise en selle d’ «arabes de service», sous tutelle de l’ancien pouvoir colonial, pour des équipées hégémoniques occidentales en terre arabe. Erreur imputable au premier chef à une nostalgie de grandeur nourrie par le retour du refoulé d’un passif colonial non purgé.

Gardons-nous donc des «Arabes de service» et de leur zèle intempestivement ravageur. Ces «native informant», à la légitimité purement médiatique, qui accaparent la parole d’une communauté sans en être représentatif, si bien décrits d’ailleurs par Pascal Boniface. Cela vaut pour la Syrie comme pour le Qatar. Sur un sujet aussi sensible et décisif pour la cohésion nationale française et le devenir des relations franco-arabes, ne sauraient être de mise les propos de comptoir, pas plus que les postures déclamatoires, à en juger par les déboires de la France en Libye et au Mali.
Rare cas de fusion intellectuelle entre un auteur et son éditeur, leur osmose éditoriale s’est matérialisée par cette interview qui s’est apparentée par moments à un exercice d’auto célébration auto promotionnelle.
http://www.iris-france.org/informez vous/blog_pascal_boniface_article.php?numero=229

La déroute de la diplomatie française en Syrie devrait nous inciter à répudier la flamboyante complaisance narcissique de la classe politico médiatique française pour mieux se pénétrer des vertus de la rigueur et sans doute de l’humilité intellectuelle.
Pitoyable Fabius, jadis brillant homme de gouvernement, désormais piteux politiciens, qui réclame la mise à l’index la branche militaire du Hezbollah libanais et non le MUJAO, auteur le même jour de sa déclaration d’un double attentat au Niger faisant 24 tués. Non la filiale syrienne d’Al Qaida, Jobhat An Nosra pétro monarchique, inscrite depuis six mois sur la liste des organisations terroristes par les Etats Unis. Non Ansar Eddine, filiale caritative du djihadisme qatariote, qui a sinistré le pré carré français au Nord Mali, et sapé le dernier erzat de la puissance française. Non les dynamiteurs de l’ambassade de France en Libye. Non Boko Haram qui a pris en otage sept ressortissants français avant de les relâcher sans doute au terme d’une négociation indirecte avec la France via le camerounais Paul Biya.

Le Hezbollah et non les groupements sunnites. Est-ce par ce que la formation libanaise gêne les projets israéliens, alors qu les autres s’appliquent méthodiquement à la destruction des pays arabes? Est- ce par ce que le chiite tient la dragée haute au camp atlantiste et à ses alliés de l’islam pétrolier, en sa qualité d’ultime digue de retenue du naufrage de la Palestine?
Un politologue, sans doute l’un des plus prometteurs islamologues de la génération de la relève, Haoues Seniguer (3), en pose la saine problématique. En prolongement de l’ouvrage du tandem Beau Bourget, l’universitaire franco algérien, descendant d’une famille d’authentiques patriotes algériens, fait un sort aux sornettes en tous genres proférées à propos du Qatar, dans une étude retentissante qu’il importe à l’auteur de ces lignes de porter à la connaissance du public, dans l’intérêt même de la France et du Monde arabe.

Sur fond de scandales récurrents de la société française, de déliquescence morale de ses élites, avec un ancien Président gaulliste de la République Jacques Chirac condamné par la justice de son pays, son successeur Nicolas Sarkozy en maille avec elle, de même que la directrice française du FMI Christine Lagarde, de grosses pointures socialistes carbonisées par de comportements calamiteux Dominique Strauss Khan et Jérôme Cahuzac- de revers diplomatiques retentissants avec l’implosion du Mali et le dynamitage de l’ambassade française à Tripoli du fait des pupilles de son allié, le Qatar, cet oxymore, pourrait bien apparaître rétrospectivement comme une métaphore de la France en phase de collapsus.
Que ces éminents universitaires ne prennent pas ombrage de ce rappel à l’ordre motivé par une fidélité à la prescription d’un prestigieux ainé, Albert Camus, qui commandait à «l’intellectuel de se ranger, non du côté de ceux qui dictent l’histoire, mais de ceux qui la subissent», meilleur antidote à l’étrange sensation d’une «étrange défaite» de la pensée.

Pour aller plus loin sur le Qatar et les sujets connexes sur le blog renenaba.com

  • http://www.renenaba.com/lhomme-de-lannee-2011/
  • http://www.renenaba.com/lettre-ouverte-aux-djihadistes-de-tous-les-pays/
  • http://www.renenaba.com/qatar-un-rebut-de-luxe-pour-recyclage-haut-de-gamme/
  • http://www.renenaba.com/al-jazeera-la-fin-dune-legende/
  • http://www.renenaba.com/la-controverse-a-propos-de-basma-kodmani/

Références

1- «Un si vilain petit Qatar, cet ami qui nous veut du mal» (Fayard). Un cocktail d’humour et d’érudition, un festival régal qui se lit d’une traite. 296 pages d’une bonne lecture pour les vacances d’été. Dans la même veine «Sabra Chatila, au cœur du massacre», Jacques Marie Bourget- Septembre 2012- Editions Eric Bonnier.

2-Le dispositif politico-médiatique français pour la bataille de Syrie présentait la configuration suivante:
Trois franco syriens, -drôle de direction constituée par trois binationaux-, Bourhane Ghalioune, premier président de l’opposition offshore, sa porte-parole Basma Kodmani, la sœur de cette dernière, Hala, chargée dans un premier temps de la rubrique Syrie au Journal Libération. Deux français émargeant sur le budget de l’état français, Ignace Leverrier de son vrai nom Wladimir Glassman, ancien diplomate français en poste à Damas dans la décennie 1980, et Jean Pierre Filiu, ancien diplomate recyclé dans l’enseignement, blogueur attitré du journal en ligne Rue 89, membre du groupe du Nouvel observateur. Cinq faux nez de l’administration française.

En tandem avec Nabil Ennasri, Ignace Leverrier a effectué une tournée de sensibilisation sur la Syrie dans la zone périurbaine de Paris, en décembre 2011. Les deux compères tiennent des blogs propagatoires au sein du journal Le Monde, chargés d’amplifier les thèses de la doxa officielle française, couvrant de gloire et d’éloges les «combattants de la liberté» jusqu’au désastre du cannibalisme djihadiste, de la prédation sexuelle des dignitaires du golfe à l’assaut des pubères syriennes et des déboires de l’opposition offshore pétromonarchique. En complément à l’édifice, une instance de légitimation des thèses du pré doctorant est constituée de deux personnalités François Burgat, ancien directeur de l’Institut français de Damas et son patron de thèse de même que Pascal Boniface, son éditeur. Ce dispositif, qui a créé une fâcheuse confusion de genre entre pouvoir et contrepouvoir, explique le désastre diplomatique de la France en Syrie et révèle vulnérabilité de la presse française à l’égard du pouvoir.
Afin que l’auteur de ces lignes ne soit pas accusé de se livrer au «French Bashing», accusation généralement brandie sur le mode du «Qatar Bashing» pour neutraliser toute critique à l’égard du discours dominant, ci-joint cette analyse d’un journaliste du Figaro, journal parisien de la bourgeoisie d’affaires.

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2013/05/le-spectaculaire-revirement-fr.html

A propos de François Burgat, plus précisément, Cf. à ce propos les éléments concernant le Conseil Européen des Relations Extérieures, sa composition et sa mission. Cf. en version bilingue franco anglaise: http://www.ecfr.eu/content/paris/council
Pour le lecteur arabophone Conférence de François Burgat au «Centre du Roi Faysal sur les sciences islamiques» (Arabie saoudite) sur le Thème «Les conceptions occidentales des mouvements islamiques». http://www.youtube.com/watch?v=00vAjS8GXeY
3-«Le Qatar et l’Islam de France: vers une nouvelle idylle? Confluences Méditerranéennes N0 84 Hiver 2012-2013 par Haoues Seniguer, chercheur associé au GREMMO (Université Lyon II, IEP de Lyon). Voir aussi du même auteur à propos de la judéopohobie de Youssef Al Qaradawi, le prédicateur atlantiste de la chaine qatariote «Al Jazira», la caution spirituelle de Bourhane Ghalioune, le binational franco syrien, premier chef de l’opposition off-shore syrienne. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/848068-propos-judeophobes-du-frere-musulman-al-qaradhawi-qui-pour-s-en-inquieter.html.

Articles scientifiques récents: 2012: «Les islamistes à l’épreuve du printemps arabe et des urnes: une perspective critique», in L’Année du Maghreb 2012 (revue d’anthropologie-droit et sciences politiques classée par l’AERES), VIII, 2012, p. 67-86 2011: «Controverses sur la politisation de la mémoire», in « Mémoire et oubli», Annales de philosophie et des sciences humaines, Colloque international, en collaboration avec l’Association lacanienne internationale, volume 27, Jounieh, PUSEK.

www.renenaba.com est un média indépendant qui ne perçoit ni de rémunérations ni de la publicité, et ne relève ni d’un éditeur, ni d’un groupe de presse. La vraie valeur ajoutée du blog réside précisément dans son indépendance tant intellectuelle que financière. Les sites relais qui rediffusent nos papiers ne répercutent pas leurs recettes sur notre production, le prix de son indépendance, la marque de notre indépendance. La progression constante de notre lectorat, sa configuration, ses exigences, constituent pour www.renenaba.com une marque de confiance renouvelée à l’effet de nous inciter à aller de l’avant, animés d’une volonté inébranlable de poursuivre sans concession le combat pour la dignité des hommes et la souveraineté des peuples.

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 10:15

Carte-crise-nord-Mali.jpg

mali_carte_des_ressources.jpg

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2013/02/17/article.php?sid=145279&cid=41

 

Par Ali El Hadj Tahar
elhadjtaharali@gmail.com

 

Sous le prétexte d’une «responsabilité de protéger», les Français ont intervenu au Mali sans mandat de l’ONU. Les puissances occidentales les soutiennent pour une mise sous tutelle programmée de l’Afrique. Mais dans la tutelle de l’Afrique, il y a la mise sous tutelle de la France par les USA, car ceux qui mènent le jeu au Sahel ce sont les Américains, avec la complicité de nombreux pays d’Afrique et d’Afrique du Nord, qui semblent depuis quelques années appeler le néocolonialisme de leurs vœux.
Dans le nouvel ordre mondial qui voit le jour, la financiarisation est inséparable de la militarisation, le monde de la finance étant intimement lié au complexe militaro-industriel qui a pris la Maison-Blanche en otage. La Maison-Blanche, quant à elle, prend en otage d’autres pays, des plus grands aux plus petits. Moscou et Pékin et les pays du BRICS semblent être les seuls Etats à refuser cette hégémonie, que les Américains refusent de voir fragilisée, quitte à ramener les récalcitrants avec le «gros bâton» cher au président Theodore Roosevelt. Beaucoup d’éléments ont argumenté dans le sens d’une préméditation de l’opération Serval dans le cadre d’un complot contre le Mali et les pays frontaliers, pas uniquement l’Algérie. Mais on a compris que tout le micmac flagrant montre qu’il s’agit d’une crise créée de toutes pièces et que le manipulateur en chef, le Département de la défense américain (DoD) la préparait depuis les années 1990, lorsqu’il a créé des situations créatrices de crises (crisogènes) par sa seule présence. Revenons à l’histoire de la présence américaine en Afrique et à l’apparition mystérieuse du terrorisme, à chaque fois qu’une base américaine se crée dans une région. «L’idée politique centrale de l’impérialisme, écrit la philosophe politique Hannah Arendt, est l’expansion comme un but permanent et suprême de la politique», tandis que Chalmers Johnson écrit dans The Sorrows of Empire. Militarism, Secrecy, and the End of the Republic : «L’impérialisme ne peut pas exister sans un puissant appareil militaire pour soumettre et policer les gens qui s’opposent sur son chemin et un système économique pour financer un établissement militaire couteux et improductif.»(1) En 2002, dans une perspective qui s’inscrit dans le projet impérialiste du Grand Moyen-Orient, George Bush a créé le plan Pan Sahel afin de «lutter» contre le terroriste dans le Sahel ; or, il n’y avait pas de terroristes au Sahara ni dans sa région sud, est et ouest, même après dix années de troubles en Algérie. Le terrorisme s’est développé au nord du Maghreb, et s’y est maintenu car il n’avait pas d’assisses dans le sud, d’autant que l’Islam traditionnel et soufi y est très puissant et constituait un paravent contre les takfiristes, wahhabites et autres excommunicateurs. Ce bel Islam de nos ancêtres dérangeait beaucoup, car il donne une idée forte et puissamment ancrée d’une tradition spirituelle et culturelle qui empêchait la prolifération des parasites. Mais le Sahel est une région visée par les Etatsuniens dès que le bloc communiste a sombré. Déjà, en 1996, ils ont demandé aux Saoudiens d’envoyer l’agent Ben Laden au Soudan, non sans avoir concocté un coup d’Etat dans ce pays afin de permettre à un Etat «islamiste» d’y prendre racine. Ben Laden enverra des armes et des Arabes-Afghans vers l’Algérie et, au préalable, il écrira pour ses amis du parti dissous les paroles de : «Alayha nahia, alayha noudjahed.»
Programme d’aide, programme d’asservissement
Pourquoi les Américains voulaient-ils «combattre» le terrorisme sur un territoire où le phénomène n’existait pas si ce n’est pour le créer ? Comme par hasard, dès l’année suivante, entre 2003 et 2004, le groupe d’El Para kidnappe plusieurs groupes de touristes au Sahara ! Le groupe terroriste nigérian Boko Haram est créé en 2002. Entre 2007 et 2008, la Mauritanie subit des attaques et des enlèvements de l’Aqmi. Le terrorisme était inconnu en Irak avant 2003 ; aujourd’hui, ce pays est son fief. En 2008 apparaissent les djihadistes d’Al-Shabbab, en Somalie. Moubarak et Benali ont éradiqué le terrorisme que le «printemps arabe» vient ressusciter en Égypte et en Tunisie… Idem pour la Libye et surtout la Syrie actuellement… où les Américains s’installent. Le cancer terroriste se développe, comme s’ils l’inoculaient directement par injection. En 2005, le programme US Pan Sahel se transforme en Trans Sahel Conter Terrorism Partnership dont l’objectif était de former les forces militaires des sept pays sahariens «volontaires» dans leur lutte contre leurs différents ennemis, y compris «terroristes», en fait des alliés sous de faux drapeaux. Tactique du pyromane pompier… Les Etats-Unis ont aussi un programme appelé Counter Terrorism Train and Equip destiné à apporter de l’aide militaire à des pays maghrébins et d’Afrique subsaharienne (Algérie, Burkina Faso, Tchad, Libye, Mali, Mauritanie, Maroc, Niger, Nigeria, Sénégal, Tunisie) en leur offrant quelques armes et véhicules, du matériel de communication, des pièces de rechange et des tenues militaires. Il permet d’avoir un pied à terre dans ces pays en attendant mieux, une base militaire, un puits de pétrole ou une exploitation minière, par exemple. Ainsi donc, les Etats-Unis visent l’implantation dans des pays qui sont traditionnellement dans le giron français… Peu d’égards pour la France amie et alliée au sein de l’OTAN… Mais les Etats-Unis ne sont-ils pas venus concurrencer la France à Djibouti en 1981 ? Et comme par hasard, le piratage s’est développé dans la corne de l’Afrique dès que la base américaine de Camp Lemonnier a été créée en 2003. Les actes de piratage contre des navires marchands se développent en même temps que le terrorisme, au fur et à mesure que la répression grandit. L’injustice nourrit la révolte, c’est ce que font semblant de ne pas comprendre les pays qui ont de longues expériences coloniales. Une fois le terrorisme installé en Afrique, George Bush décide de créer, en 2007, un commandement unifié pour l'Afrique (United States Africa Command) dont l'acronyme est Usafricom ou Africom et destiné, en premier lieu, à coordonner toutes les activités militaires et sécuritaires étatsuniennes sur ce continent. Son deuxième but est la «géopolitique du pétrole», soit la sécurisation des approvisionnements américains par le golfe de Guinée afin d'amoindrir la dépendance aux réserves du Moyen-Orient. Le troisième but est la compétition économique afin de contrer par un pré-positionnement militaire US la montée en puissance de la Chine. Parmi ces objectifs, on ne sait lequel est prioritaire, car comptent beaucoup pour les Etats-Unis les nécessités de défense pure, soit la dépense du budget militaire dans des conflits nécessaires pour le fonctionnement du complexe militaro- industriel. Ce n’est qu’à cela essentiellement qu’ont servi les guerres d’Afghanistan et d’Irak depuis 2003. Car il faut savoir que la Maison-Blanche a dépensé près de 5 000 milliards de dollars en dix ans en Irak et en Afghanistan, sommes qui sont allées dans les coffres du complexe militaro-industriel et ceux d’autres entreprises étatsuniennes. La recette est simple : on crée la pauvreté dans un pays, et lorsqu’il devient ingouvernable, on y envoie des terroristes qu’il s’agira d’éliminer sous prétexte qu’ils menacent le «monde libre». Ainsi, la chaîne de production d’armes tourne à fond pour doter à la fois les terroristes et les pays qui combattent le terrorisme. En 2008, Jeremy Keenan, un anthropologue très au fait des choses du terrorisme et du renseignement, écrivait dans la revue d’intelligence Menas: «Rares sont les endroits au monde qui ont été autant sujets à désinformation que le nord du Mali et sa frontière avec l’Algérie. Il est vrai que c’est le point focal de l’administration Bush en ce qui concerne sa fabrication d’un second front saharien dans sa soidisant guerre contre le terrorisme.» En 2009, le Mali a bénéficié du programme Trans Sahel Conter Terrorism Partnership, mais au préalable, les Etats-Unis ont imposé à ce pays criblé de dettes une restructuration qui l’a davantage affaibli puis entraîné dans le gouffre actuel. En un tour de passe-passe américano-franco-qatari, voilà le Mali coupé en deux, avec un nord occupé par une nébuleuse d’islamistes et de pseudo-rebelles également à la solde. Puis voilà les Français qui accourent pour sauver un peuple de barbares islamistes… qu’ils ont pris soin de doter des armes les plus sophistiquées…
La guerre, seule logique de la Maison-Blanche
Pour renforcer sa présence en Afrique, au détriment d’une France qui n’a plus d’argent pour y être présente, Washington va, selon le Département d'Etat américain, déployer une centaine de conseillers en Afrique de l'Ouest et les répartir au sein des contingents africains de six nations : Niger, Nigeria, Burkina Faso, Sénégal, Togo et Ghana, qui fournissent des troupes à la Misma. Ces «mentors» dépendent du programme African Contingency Operations Training and Assistance (ACOTA). Même s’ils ne seront pas déployés sur le territoire malien, économiquement, il s’agit d’une ingérence dans une chasse gardée, même s’il s’agit d’un allié atlantique. Pour comprendre cette stratégie, il faut savoir que le budget américain est de 755 milliards de dollars (2010) alors que celui de la Chine est de seulement 143 milliards de dollars, que celui de la Russie est de 71, 9 mds et celui de la France de 62,5 seulement. Le budget défense des Etats-Unis est non seulement colossal, mais il est plus important que tous les autres secteurs réunis : il bouffe plus que la moitié du budget du pays alors que celui de la France est le deuxième après celui de l’éducation. En 2011, le budget du DoD représente 41% du total mondial de défense par rapport à la Russie qui n’en détient que 4,1% et la Chine 8,2 % tandis que l’Arabie Saoudite en détient 3%. La véritable course aux armements n’a jamais été aussi folle qu’aujourd’hui, car l’Amérique dope les achats en imposant une surenchère, ensuite grâce au terrorisme qui cible les pays non amis et ennemis. Ainsi, les pays arabes, qui soutiennent le terrorisme (Arabie Saoudite, le Qatar et les autres pays du Golfe) sont devenus des investisseurs dans l’industrie militaire occidentale par le biais d’opérations de leurs fonds souverains, et ce, indirectement ou directement dans certaines entreprises liées au complexe militaro-industriel (Carlyle et la société militaire privée Vinnel) : des enjeux importants les lient désormais au terrorisme qui nourrit le complexe militaro-industriel… Le problème malien s’inscrit donc dans une stratégie géopolitique globale qui dépasse les acteurs apparents (groupes terroristes) et même ceux qui se sont mis en avant depuis le début ou dernièrement (Qatar et France) : elle s’inscrit dans un plan du Grand Moyen-Orient tout comme les «printemps arabes» qui visaient à éliminer tous les raïs (Benali, Moubarak et surtout Kadhafi) susceptibles de s’opposer à la création, à leur frontière (Mali), d’un Etat failli où se déploient les groupes terroristes, tout comme en Afghanistan. Fin 2010, Obama avait dit vouloir renforcer l’armée américaine et lui donner de nouveaux «partenaires» pour la réussite de ses objectifs : il ne dit pas alliés car ceux de l’Occident sont connus ; il s’agit donc de ces innombrables traîtres à leur nation qui prolifèrent depuis les «printemps arabes». Ce sont les services de renseignements étatsuniens qui recrutent les traîtres, ainsi que des agences supposées de droits de l’homme, des ONG supposées humanitaires ou destinées à «promouvoir la démocratie dans le monde», comme l’Open Society, le Fondation Soros, la National Endowment for Democracy… D’ailleurs, ces trois ONG liées à la CIA ont joué un rôle fondamental dans les «printemps arabes».
A.E.T.
(A suivre)
1. Traduction Ali El Hadj Tahar.

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