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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 19:39

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http://www.dijonscope.com/011387-chu-dijon-le-pcf-21-se-mobilise-pour-la-defense-de-l-hopital-public-et-pour-l-acces-de-tous-a-la-sante

 

Dans un communiqué reçu vendredi 18 février 2011, la fédération de Côte-d'Or du Parti communiste français (PCF Côte-d'Or) appelle à une mobilisation face à la situation du CHU de Dijon et de la santé publique, pour une journée d'action samedi 02 avril 2011.


Pour en savoir plus, lire le communiqué ci-dessous.


"Pour la défense et le développement de l'Hôpital Public en Côte d'Or et pour l'accès de tous à la santé : Faisons front !

Ce qui se passe au CHU de Dijon , où l'Etat , le ministère de la santé se comportent en voleur et en menteur en refusant de verser les 10 millions d'euros prévus en 2010 , est dans la logique de casse de l'Hôpital Public dans toute la France !

Décidément ,ce gouvernement a décidé que les hôpitaux publics ne devaient pas avoir une bonne santé financière et les pousse au déficit ! Car ce qui s'annonce ,c'est encore un plan de retour à l'équilibre pour le CHU ce qui veut dire:affaiblir l'offre de santé publique , et réduire encore plus le personnel(les deux premiers s'étaient traduit par 65 puis 135 postes supprimés ) C'est l'application dévastatrice pour les services publics de la RGPP:(Réduction Générale des Politiques Publiques )! C'est inadmissible pour le personnel , et pour les usagers !Ce n'est pas d'un 3è plan de retour à l'équilibre budgétaire dont a besoin le CHU , mais du respects des engagements (déjà insuffisants de ce gouvernement ) et de recettes nouvelles !

Et ce n'est pas aux collectivités locales , étranglées financièrement de mettre la main à la poche pour payer les équipements, tel que le scanner de l'hôpital de Chatillon payé par plusieurs communes du canton !

Qu'on ne nous fasse pas croire que l'Agence Régionale de Santé n'est dans cette logique de casse de la santé publique ! Ce nouvel outil , anti-démocratique ,mis en place par Sarkozy et Bachelot avec la loi HPST,a pour but de livrer la santé publique au privé et de remettre en cause les principes d'une Sécurité sociale solidaire .

La Générale de Santé, elle, se porte bien, puisqu'elle fait construire une grande clinique sur Dijon , sans se préoccuper des conséquences pour une partie de la population ; et qu'elle verse toujours des dividendes à ces actionnaires , grâce à la sécurité Sociale ,donc aux cotisations des assurés ! Et si on taxait ses profits pour le pot commun « Santé publique « ?

La baisse du budget de l'EHPAD public de Champmaillot est tout aussi inadmissible alors que le Président Sarkozy annonce à tout va que la question de la perte d'autonomie est une question primordiale à traiter . Alors oui , que le débat annoncé soit ouvert réellement avec tous les acteurs concernés !

En Côte d'Or ,qui a t-il derrière les annonces de regroupement de plusieurs hôpitaux de proximité dans le nord du département (Saulieu , Vitteaux ,Alise ..) ? Plus de réponse aux besoins de santé de la population ou plus de « rationnalisation /restriction « ?

Les conséquences de la fermeture de la maternité de Châtillon sur Seine, en 2008, c'est, entre autre, faire prendre des risques aux mères et aux nouveaux nés, comme cela vient de se passer cette semaine, où une femme a accouché dans sa voiture sur le trajet Châtillon-Semur.

La situation de l'Hôpital et de la santé publics mis en grand danger par la droite et les intérêts privés nécessite au delà des interpellations individuelles auprès du Ministre X. Bertrand , une mobilisation de tous : usagers, professionnels, syndicats, élus , associations ; construisons -là ensemble pour le 2 avril 2011,journée nationale d'action à l'appel de plusieurs organisations. La fédération de Côte d'Or du PCF est disponible pour réussir cette mobilisation, comme elle est favorable à créer les conditions pour que des rencontres régionales de la Santé s'organisent en Bourgogne ."

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 18:43

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http://quartierspop.over-blog.fr/article-des-quartiers-per-us-comme-une-menace-67525505.html

 

GRAND ENTRETIEN avec Renaud Epstein, politologue.

 

Le comité interministériel des villes s'est tenu vendredi 18 février en la présence de François Fillon et de Maurice Leroy. Un comité que Fadela Amara n'avait guère réussi à mettre en place. Alors quoi de nouveau pour les quartiers populaires ? A entendre le premier ministre et le ministre de la Ville, pas grand chose ! Les différents programmes lancés par le plan Espoir Banlieue (internats d'excellence, contrat d'autonomie, cordées de la réussite) se poursuivent, sans régler les questions d'inégalités croissantes entre les territoires.

Pour faire un point sur les politiques de la ville et établir un bilan de celle engagée par le gouvernement, nous avons interrogé Renaud Epstein, professeur de sciences politiques à l'université de Nantes. Spécialiste des politiques urbaines, il a rendu en octobre 2010, une étude sur l'évaluation des aides aux quartiers défavorisés (1). Il dresse un bilan très mitigé de la rénovation urbaine, pointe les effets contre-productifs de la loi Borloo et dénonce une gestion néoconsérvatrice des quartiers. Entretien.

 

Dans son rapport 2010, l’Observatoire de zones urbaines sensibles (ONZUS) montre une fois encore un accroissement des inégalités. Etes-vous surpris ?

Renaud Epstein. Non. Je ne vois pas ce qui aurait pu inverser une dynamique qui conduit les observateurs et les acteurs de la politique de la ville à faire régulièrement le constat de son échec. Seul le programme national de rénovation urbaine (PNRU) semble échapper à la critique, les élus de tous bords mettant systématiquement en avant les changements visibles qu’il produit. Certes, quand on remplace des tours et des barres dégradées par des petits immeubles neufs, c’est visible. Dans bien des cas, ces opérations de démolition-reconstruction sont nécessaires. Il y a des quartiers qui ont été mal conçus, mal entretenus, sur lesquels aucun investissement d’importance n’a été fait depuis vingt ou trente ans. Si on avait investi en continu dans ces quartiers comme on le fait dans les centres-villes, on n’en serait pas là. Mais les changements, s’ils sont visibles, ne résolvent pas les problèmes sociaux. Il est donc paradoxal de célébrer la rénovation urbaine, qui mobilise une bonne part des moyens de la politique de la ville depuis 2003 : si la politique de la ville est en échec, la rénovation urbaine est aussi en cause. Pourtant, de tous les programmes dirigés vers les quartiers populaires, c’est le plus couteux qui parait résister à toute mise en débat.

 

 Sept ans après le lancement du chantier de la rénovation urbaine, il semble donc possible d’établir un bilan de l’Anru…

 

Renaud Epstein. La loi Borloo prévoyait que le PNRU s’achève en 2008. On est en 2011, il n’est pas absurde de faire un premier bilan. D’autant plus qu’au moment de l’examen de sa loi en 2003, Borloo a justifié la remise à plat de toute la politique de la ville sous l’angle de la simplification administrative et de l’accélération des procédures. Force est de constater qu’en la matière, cette grande réforme néo-managériale n’a pas produit le surcroit de « performance » attendu. Cela me parait important à souligner dans une période d’accumulation des réformes de l’Etat et des services publics, systématiquement défendues sur le registre de la simplification et de la performance.

Il est d’autant plus légitime d’amorcer un bilan que la loi Borloo avait fixé un objectif précis : réduire les inégalités entre 750 Zones urbaines sensibles et le reste du territoire. Jusqu’alors les objectifs de la politique de la ville étaient définis localement. Les maires et leurs partenaires pouvaient définir d’autres objectifs. Par exemple, certains mettaient l’accent sur le renforcement ou la transformation des services publics dans les quartiers populaires. Depuis 2003, il s’agit de normaliser ces quartiers en s’appuyant sur la démolition-reconstruction, avec l’idée que la transformation de l’habitat entrainera celle de la population. Le développement social a été laissé de côté dans la loi Borloo, qui a rabattu la politique de la ville sur la rénovation urbaine et l’exemption fiscale, avec les zones franches urbaines qui ont été prolongées alors même que leur efficience est très limitée.

 

Comment a été réparti le budget dévolu au plan Borloo ?

 

Renaud Epstein. En 2009, l’ensemble des crédits dédiés à la politique de la ville s’élevaient à 3,7 milliards d’euros, soit 0,96 % des crédits de paiement du budget de l’Etat. Sur ces 3,7 milliards, 38 % vont à la dotation de solidarité urbaine (DSU) ; 27% à l’Anru ; 19% à diverses exonérations fiscales, et moins de 17% au reste. Autrement dit, moins d’un cinquième des crédits de la politique de la ville vont à son volet social. Les bénéficiaires directs de la politique de la ville sont d’abord les collectivités, les bailleurs sociaux et les entreprises, bien plus que les habitants des quartiers.

 

 

 

Quels sont les enjeux de la politique de la ville ?

 

Renaud Epstein. Plusieurs lectures des enjeux coexistent dans cette politique depuis sa naissance. Aujourd’hui l’approche dominante est jacobine, centralisatrice et normalisatrice. Les quartiers sont considérés comme des lieux de concentration de handicaps. Dans cette perspective, l’enjeu est de réduire les écarts statistiques résultant de la concentration spatiale des pauvres et des minorités visibles. Pour cela, la politique de la ville peut jouer sur les stocks ou sur les flux. Soit on prend les pauvres là où ils habitent et on met plus de moyens, notamment dans les services publics, dans une logique de discrimination positive. Soit on fait partir des habitants de ces quartiers pauvres et colorés, pour y faire venir des moins pauvres, si possible –mais cela reste implicite– moins colorés. C’est l’option qui a été retenue dans la loi Borloo, en rupture avec ce qui se faisait jusque là : l’Etat n’imposait pas de solution toute faite, renvoyant aux acteurs locaux la charge de définir les contours du problème. Logiquement, les réponses apportées variaient en fonction des villes. Car les enjeux ne sont pas les mêmes dans une grande agglomération de province, une petite ville isolée ou une commune de banlieue parisienne. Et les ressources financières et techniques disponibles pour agir non plus.

 

Les quartiers ont-ils déjà été considérés positivement par les politiques ?

 

Renaud Epstein. Aux débuts de la politique de la ville, dans les années 80, les quartiers n’étaient pas seulement perçus sous l’angle du handicap, mais aussi des ressources. Il s’agissait alors de prendre appui sur les solidarités, les initiatives et les compétences qui existaient dans les quartiers, de les soutenir pour amorcer une dynamique de développement endogène. La politique de la ville finançait toutes sortes d’initiatives individuelles et associatives, sans exiger des porteurs de projets qu’ils fassent la preuve de leur performance. On soutenait alors les associations au moins autant pour ce qu’elles étaient –des collectifs d’habitants mobilisés pour agir– que pour ce qu’elles faisaient. Au début des années 1990, une toute autre approche s’est imposée, correspondant à une autre lecture des quartiers : ceux-ci étaient considérés comme les symptômes de problèmes plus globaux, dont les causes se trouvent dans le fonctionnement des villes, des services publics, des entreprises... La politique de la ville se fixait alors pour objectif de transformer, par des expérimentations, un système producteur d’exclusion.

Depuis 2007, on voit monter en puissance une nouvelle lecture, qu’on peut qualifier de néoconservatrice : les quartiers populaires ne sont plus considérés sous l’angle du symptôme, de la ressource ou du handicap, mais de la menace. Ces quartiers seraient des zones de non-droit, sous la coupe de dealers, de caïds et de barbus qui menaceraient la République. On en revient alors à une logique de maintien de l’ordre public et de l’ordre social, fondée sur l’exfiltration des méritants et la punition des autres. Ce basculement est clair dans les discours de Sarkozy et Amara sur la racaille, l’islam radical ou la polygamie, qui contribuent au renforcement des discriminations quotidiennes dont souffrent particulièrement les hommes des quartiers, qui sont perçus aux travers de ces stéréotypes stigmatisants. Les chiffres de l’ONZUS en témoignent : le chômage des jeunes hommes résidant en ZUS explose depuis 2007. On est en train de produire énormément de ressentiment et de rage dans les quartiers.

 

Chaque secrétaire d’Etat à la ville vise la coopération entre ministères pour améliorer le sort des quartiers populaires. Pourquoi ça ne fonctionne pas ?

 

Renaud Epstein. Les enjeux de la politique de la ville sont à la fois urbains, sociaux, économiques, scolaires... Personne n’a la baguette magique pour résoudre ces problèmes dans leur ensemble. C’est pourquoi la politique de la ville cherche, depuis ses origines, à agir conjointement sur différents leviers. Mais sans soutien du sommet de l’exécutif, la capacité d’un ministre de la Ville à mobiliser les autres ministères est très réduite. L’existence de la politique de la ville a même pu inciter au désengagement de certains ministères. D’autant plus que depuis 2001, avec la LOLF (loi relative aux lois de finances), le budget de l’Etat est structuré en programmes, déclinés en objectifs chiffrés. Cette logique néo-managériale bouleverse l’action publique et rend plus difficile une approche transversale des problèmes.

 

Les politiques convoquent souvent la mixité sociale comme outil pour régler les problèmes des quartiers populaires. Mais, au fond, qu’est-ce que la mixité ?

 

Renaud Epstein. La notion de mixité sociale est d’autant plus consensuelle qu’elle est floue. Comment définir la mixité ? Quelle est la bonne échelle pour la mesurer? A l’échelle de la ville, du quartier, de l’immeuble, de la cage d’escalier ? Il y a aussi un problème de catégories descriptives : doit-elle s’apprécier en termes générationnels, de classes sociales, d’origines, de revenus... Et à partir de quel niveau de présence d’ouvriers ou de minorités visibles estime-t-on qu’un territoire n’est plus mixte ? Plutôt que de répondre à ces questions, les responsables politiques se sont contentés d’arrêter un objectif de 20% de logements sociaux dans chaque commune. Or il ne suffit pas de construire des HLM dans une commune pour que des catégories populaires y accèdent. Par ailleurs, comme le rappellent régulièrement les spécialistes de la ségrégation, les quartiers les plus homogènes sur le plan social, ce sont les quartiers riches. Ce n’est pourtant pas à leur propos que l’on déplore l’absence de mixité, mais au sujet des quartiers de grands ensembles alors même que leur population est bien plus diversifiée. S’ils sont effectivement spécialisés, c’est surtout sur le plan ethno-racial. Finalement, c’est Brice Hortefeux qui a le mieux rendu compte de l’idée sous-jacente à l’objectif de mixité sociale : « Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ». Autrement dit, ce qui pose problème, c’est la concentration des immigrés et de leurs descendants.

 

Quelles sont les conséquences néfastes de la rénovation urbaine ?

 

Renaud Epstein. Les opérations de rénovation urbaine sont bien moins brutales que celles des années 1960. Dans l’ensemble, les ménages relogés sont plutôt satisfaits, même si les loyers des logements neufs leur font perdre des mètres carrés. Mais pour financer la rénovation urbaine, on a pris dans les caisses du 1% logement et dans les budgets du logement social. De ce fait, il n’y a plus d’argent pour intervenir dans d’autres quartiers. On crée de facto la géographie prioritaire de demain

 

Les nouveaux logements construits par l’Anru induisent de nouvelles problématiques. Lesquelles ?

 

Renaud Epstein. Les ménages qui accèdent à ces logements sont les principaux gagnants de la rénovation urbaine, mais ils sont peu nombreux. Pour la majorité des habitants des quartiers, le bénéfice est plus limité. Les grands perdants, ce sont tous les ménages qui attendent un logement social. Dans la politique de l’ANRU, il y a une sorte de tare originelle : la démolition des logements sociaux s’est amorcée dans les années 90, dans un contexte de forte vacance dans le parc social. Elle s’est fortement accélérée à partir de 2003, dans une période de fortes tensions sur les marchés du logement. En démolissant des grands logements à bas loyer qu’on remplace par des petits logements plus chers, on réduit l’offre accessible aux grandes familles à bas revenus. C'est-à-dire d’abord aux familles immigrées. Plus globalement, la rénovation urbaine a des effets sur l’ensemble de la chaine du logement. Pour pouvoir démolir un immeuble, il faut d’abord reloger les locataires. Or construire du neuf, ça prend du temps. Les relogements s’opèrent donc en grande partie dans le parc HLM existant. L’impératif de relogement des habitants des barres démolies a contribué à l’allongement des files d’attentes du logement social, condamnant certains ménages à se reporter vers un parc privé plus couteux, voire vers des copropriétés dégradées ou des marchands de sommeil.

 

Beaucoup d’associations critiquent le manque de concertation citoyenne pour la rénovation urbaine. Qu’en pensez-vous ?

 

Renaud Epstein. Rares sont les élus qui se sont donné les moyens d’impliquer les habitants dans l’élaboration des projets de rénovation urbaine. La concertation se réduit souvent à quelques réunions publiques pour informer les habitants de ce qu’on a décidé pour leur bien. Cette pratique paternaliste est en partie imputable à l’organisation institutionnelle de la rénovation urbaine, qui a renforcé la mise à l’écart des habitants dans les processus de décision. Elaborer un projet urbain de façon participative, cela prend plusieurs années. Or l’ANRU a mis la pression sur les villes pour qu’elles lui soumettent rapidement leur projet. En outre, conduire une démarche participative peut être risqué pour un maire quand le pouvoir de décision est à Paris. Car si l’ANRU exige du maire qu’il modifie un projet élaboré avec les habitants, il se retrouve en porte-à-faux vis-à-vis de ces derniers. On touche là une des limites de la centralisation opérée par la loi Borloo. C’est d’autant plus regrettable que la participation des habitants est la condition pour que de telles opérations aient des effets sociaux. En mobilisant des groupes d’habitants dans l’élaboration et la conduite de ces projets, on peut amorcer une dynamique de développement social, et en même temps changer la nature de la relation entre gouvernants et gouvernés. La rénovation urbaine aurait pu être l’occasion de rétablir la confiance. L’occasion a été ratée.

 

Entretien réalisé par Ixchel Delaporte

photos I.D

(1) Rapport d'information co-réalisé avec le sociologue Thoms Kirszbaum, au nom du comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques sur l'évaluation des aides aux quartiers défavorisés, commandé par François Goulard et François Pupponi.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 22:32

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De partout montent les supputations, les analyses politiques prémonitoires, les sondages d’opinions, les états-majors des partis, inquiets, s’interrogent sur la stratégie à suivre, le processus électoral est bel et bien en marche, les présidentielles sont lancées, elles qui n’auront lieu qu’à l’horizon 2012…

Pourtant, c’est l’élection que l’on devrait contester dans un pays vraiment démocratique car c’est l’aboutissement de la monarchie républicaine, la sublimation du culte de la personnalité, avec aussi le risque de mener la France sur la voie du bipartisme, avec deux partis uniquement gestionnaires du capitalisme. Donc, la logique voudrait que l’on s’intéressât plutôt à des élections permettant d’élire des représentants plus proches du peuple, et bien non, les cantonales qui auront lieu à la fin mars sont totalement absentes du débat politique alors qu’elles sont beaucoup plus importantes qu’il n’y parait.

Si l’on peut considérer que croire dans les conditions actuelles au grand chambardement par la voie des urnes est une analyse politique particulièrement simpliste, digne de politicards professionnels nostalgiques de la IIIème République, cependant, en attendant aussi une aléatoire révolution, certaines élections locales, encore en contact direct avec le peuple, peuvent aider à mettre les territoires en transition, économiquement, écologiquement, idéologiquement ! Par conséquence l’élection cantonale dans sa forme actuelle peut participer, par la volonté d’élus véritables représentants de la souveraineté populaire, à un changement progressif de la société.

Mais en premier, il faut déjà s’opposer au projet de loi de la réforme territoriale qui va transformer un nombre réduit d’élus devenus mi-régionaux, mi-départementaux, à fortiori beaucoup moins proches du terrain, en de véritables « fonctionnaires » de la gestion capitaliste ; ce sera l’aboutissement de la société des experts, celle de la rentabilité coût que coût ; finit le conseiller voisin qui pouvait à tous moments vous recevoir pour des doléances, il est vrai : parfois trop particulières, mais qu’importe, c’était l’écoute du territoire.

Des cabinets d’expertise et de gestion les remplaceront, cabinets qui d’ailleurs existent dèjà dans les régions et qui gèrent celles-ci à la place de conseillers devenus les marionnettes des technocrates ; le PS de la région Pays de Loire a sa propre officine qu’il rétribue fort cher et dont on connaît la dépendance au capitaliste puisque dans le cas présent, elle œuvre en sourdine pour le soutient de la Région au. Projet de Notre-Dame-Des-Landes. Projet qui est dans l’optique de la compétitivité ultralibérale des territoires en favorisant aussi l’expansivité des métropoles globales, conception de l’avenir de nos régions que l’on doit dénoncer dans la mesure où il n’est pas pour le bien réel des habitants, mais pour le profit du capital que génère ainsi le système.

Un constat objectif nous porte aussi à croire que les superficies concentrationnaires industrielles du type « Vendéopôle » n’apportent que peu d’emplois véritablement stables, par contre détourne une partie des terres cultivables de leur but premier. Il en va de même des plans de revitalisation qui attirent des sociétés qui voient là l’occasion de s’installer à moindre frais et qui plient bagage dès que le profit des actionnaires n’a plus un pourcentage à deux chiffres. Et qui par conséquence délocalisent en allant chercher la rentabilité où les salaires sont plus bas.

D’autant que le capitalisme spéculatif, qui maitrise la crise à son avantage contrairement à ce que certains auraient tendance à croire, va peu à peu désindustrialiser les pays développés en avantageant les services, permettant ainsi de mieux maitriser les remous sociaux du fait de l’éparpillement des travailleurs, auxquels il offrira de plus en plus la flexibilité d’un emploi souvent précaire, résultat d’un code du travail démantelé.

En corolaire, pour les pays développés une autre réflexion s’impose aussi, devant les annonces de la raréfaction de beaucoup de matières premières le capitalisme mondialisé privilégie le développement des pays émergents où les salaires, la variable d’ajustement du capital, sont encore bas de manière à tirer le maximum de profit en freinant la croissance des pays développés afin de ménager les ressources. Surtout que la fumeuse croissance verte n’est qu’un leurre consumériste, dont on commence à s’aperçoive aussi des dégâts, entre autres, les ravages dus aux déséquilibres alimentaires venant du fait que l’on préfère fabriquer du carburant plutôt que de donner à manger correctement à tous les habitants de la planète. Il est évident que la notion obsolète de développement durable -ou soutenable en fonction de l’humeur du moment, seul le mot « développement » étant important- ne peut pas associer les trois constantes : l’économie, le social, l’écologie.

On peut donc constater qu’après une baisse graduelle de la croissance dans les pays développés nous en sommes arrivés à une récession qui n’ose pas dire son nom, pour être plus clair, on peut appeler cela de la décroissance subie.

Certes, les accros de la techno-science, les scientistes, nous diront que la recherche va nous apporter les solutions. Il est possible au demeurant que certaines avancées techniques permettront une forme de développement, plus ou moins discutable d’ailleurs dans la mesure où cela est souvent orienté vers la créations de richesse dont le seul but est de faire tourner le système capitaliste en faisant miroiter un semblant de bien-être absolument pas essentiel ; et l’on s’aperçoit aussi qu’il y a un autre revers de la médaille avec par exemple des OGM de plus en plus repoussés depuis que l’on sait qu’ils ne sont pas sans effet sur la santé, des nanotechnologies dont on ne connaît pas à long terme qu’elles vont en être les retombées, des recherches en énergies comme le gaz de schiste tout à fait contestables, etc., non, le science ne résoudra pas tout et il faut accepter que la terre soit un produit fini dont les ressources ne sont pas inépuisables et dont l’équilibre écologique est sans cesse mis à l’épreuve par un progrès non contrôlé, consumériste surtout, sortant du cadre de la notion d’usage. Qu’on le veuille ou pas, nous allons inéluctablement vers une décroissance afin de ménager notre espace vitale, mais pour cela ce doit être une Décroissance choisie au service du peuple, et non une décroissance subie dont le seul but est de préserver le profit des actionnaires des grandes multinationales mondialisées.

Pour restructurer nos territoires et les amener vers la transition économique, écologique et sociale, on peut favoriser la relocalisation par l’intermédiaire du conseil général. C’est-à-dire que l’aide apportée favorisera en partie l’artisanat, mais surtout l’implantation de petites unités de fabrication, dont le but sera de servir la proximité avec une prépondérance vers l’usage, fabrication qui pourra aussi s’appuyer sur des spécificités locales découlant du particularisme des territoires.

L’impact écologique sera important avec la proximité qui réduira les transports, mais aussi dans la conception de ces unités par leurs tailles réduites on pourra s’entourer de toutes les précautions pour fournir une fabrication non polluante. Le productivisme à grande échelle qui est le grand pollueur de la planète s’en trouvera donc réduit par cette autre conception de l’industrialisation ;

Pour le coté idéologique, une aide apporté à l’autogestion permettra de mettre en place cette forme d’entreprise où le travail ne sera plus au service du capital, ce sera donc le travail qui se servira du capital. Cela permettrait de sortir progressivement de la conception de l’économie de marché telle qu’on la connaît et qui mène automatiquement à une financiarisation spéculative, un pas en avant sera fait ainsi vers la conception que certains considèrent encore comme utopique : la non-économie, celle qui fait totalement abstraction d’une recherche obsessionnelle de la croissance du PIB qui soi-disant créeraient des richesses alimentant un développement constant dont on sait pourtant qu’il est devenu improbable, disons impossible à long terme.

L’aspect social est évident car en fabriquant pour les besoins locaux et l’usage on assurera une pérennité de l’emploi. En découlera aussi le fait que la rentabilité du capital ne devenant pas primordiale, l’emploi pourra être moins concentré pour la productivité permettant ainsi de diminuer les horaires de travail et permettre des embauches. On imagine aisément la différence qui peut y avoir entre des gains de productivité qui ne servent pratiquement qu’au profit de l’actionnariat, et ceux qui pourraient être partagés entre les ouvriers. Notion de : « gains de productivité », qui d’ailleurs pourrait à l’occasion être discuté idéologiquement puisque l’on ne produira plus, mais l’on fabriquera, ce qui est une conception tout à fait différente pour le travail. C’est donc une industrialisation stable construit à l’échelon des territoires, restant de fait dans la dimension humaine et de proximité, que l’on pourra commencer à construire si on y met la volonté politique.

Un autre avantage aussi, et pas des moindres, de la relocalisation, c’est qu’en redonnant vigueur au tissu rural on limitera la concentration urbaine, ce qui mettra un frein à la « métropolisation » globale dont on connaît l’unique but qui est de favoriser encore plus le profit des capitalistes auxquels importe peu le déséquilibre des territoires.

Par contre, il ne faudrait pas se tromper de relocalisation et y voir là l’occasion d’exacerber un nationaliste nauséabond et franchouillard, du genre : « La France aux français ! ». Au contraire, cela pourra donner l’occasion aux diversités de s’exprimer permettant une intégration constructive par l’association des cultures. Il y a un exemple remarquable c’est celui de l’habitat traditionnel du Marais Poitevin qui est souvent rénové par des entreprises de maçonnerie dont le patron et beaucoup d’ouvriers sont d’origine portugaise. En refaisant les maisons anciennes dans l’âme de ce Marais, ils apportent une part de leurs savoirs qui, en ne modifiant pas profondément l’aspect de celle-ci, manie une technique différente parfois plus édulcorée que celle utilisée autrefois par les anciens de la région. Ce mélange des savoir-faire est donc une source d’enrichissement pour tout le monde, et il parait indéniable que cette forme d’intégration ne peut qu’être bénéfique à tous les migrants, d’où qu’ils viennent ! C’est pourquoi ils doivent aussi faire partie intégrante de la relocalisation.

Dans le cadre des prérogatives des conseils généraux nous n’éplucherons pas toutes les possibilités que l’élection des conseillers généraux pourrait permettre. Toutefois, quelques suggestions aideront à comprendre le sens important de cette élection puisqu’elle peut aussi ouvrir la porte à la création de services publics départementaux.

L’eau, le bien commun de l’humanité est entre les mains des multinationales. Pourtant, s’il y a un domaine où la volonté politique pourrait rapidement modifier la donne c’est bien celui-là. On peut alors imaginer la création d’une agence de bassin départementale permettant ainsi de bien cerner les différences en ressources des territoires du département. Un collège citoyen sera le décideur de la gestion de l’eau afin d’éviter, entre autres, les abus comme la prépondérance donnée à l’irrigation de la culture intensive, agriculture uniquement tournée vers l’agrobusiness et très peu pour la collectivité. L’autre intérêt c’est qu’elle servira d’appui technique aux communes pour la mise en place de régie communale de la gestion de l’eau potable et usée, ce qui les fera sortir de l’emprise des multinationales. La gestion de l’eau est d’ailleurs un secteur où il y a tout à reconstruire afin que le citoyen soit le seul acteur décisionnel sur ce qui lui appartient.

Un dernier point très important pour compléter ces propositions non-exhaustives, l’incontournable collectivisation des transports. Incontournable car le pétrole va continuer inexorablement à diminuer tandis que son prix augmentera, et qu’il n’y a pas de solution viable à long terme de remplacement, puisque même la voiture électrique en se multipliant participera à la raréfaction des matières premières, dans sa conception (le cuivre par exemple dont les prix explosent du fait aussi de sa diminution, d’autant que le recyclage n’est aucunement lui aussi extensif et ne réglera pas tout), dans sa consommation surtout si on utilise le nucléaire comme fournisseur d’électricité. Par conséquence la mise en place de tous les moyens de déplacements collectifs doit être une priorité avant toutes autres options (quatre voies et autoroutes, par exemple), on favorisera bien sûr le ferroviaires, mais aussi les plus oubliés, les transports collectifs en milieu rural. En découlera donc, du fait que l’on pourra ainsi diminuer le nombre de véhicules circulant, un impact écologique important sur les émissions de gaz à effet de serre, sans oublier que cela permettra de ne pas augmenter le réseau autoroutier particulièrement dommageable pour l’environnement. Il va sans dire que l’on limitera le nombre des moyens hyper rapides du style TGV, LGV, voire aussi, écarter la nouvelle mode des services de bus ultra-rapides en milieu urbain.

Ces propositions qui peuvent mettre les territoires en transition, économique, écologique et sociale, entrent bien dans le cadre des prérogatives des conseils généraux et par conséquence doivent être le support politique pour les élections cantonales, qui de fait ne doivent pas être négligées.

Surtout qu’en restructurant de façon différente les territoires on va apporter une note idéologique qui pourrait ouvrir les consciences et les décoloniser de la pensée unique capitaliste.

Par ce travail progressif on peut espérer aussi que le nombre augmentant des initiatives, hors de la pensée dominante, puisse permettre d’arriver à la rupture avec le capitalisme, que se soit par le basculement de la masse critique vers une société de liens, plus humaine et débarrassée du productivisme et du consumérisme de l’économie de marché, ou amener véritablement une révolution totale, qui ne sera pas que celle du renversement d’un dictateur, d’un autocrate, mais d’un changement profond de la société…

C’est pourquoi ces élections ne doivent pas être oubliées, ni considérées comme secondaires !

Par Michel Mengneau

http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com

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http://www.legrandsoir.info/Cantonale-l-election-oubliee.html
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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 19:33

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http://delorca.over-blog.com/article-tres-mauvais-debat-le-pen-melenchon-67170123.html

 

Ce que je peux voir du débat Mélenchon-Le Pen sur le "best of" de BFM TV me déprime.

 

JL Mélenchon ridicule dans son invocation d'un "SMIC européen" dont chacun sait très bien qu'il ne verra jamais le jour, Marine Le Pen qui accapare au service d'une idéologie islamophobe agressive l'idée d'un protectionnisme national pourtant nécessaire pour faire avancer un programme de gauche dans ce pays.

 

JLM a ainsi montré, contre la caste médiatique, qu'il n'était pas sur la même longueur d'onde que le FN (et même qu'il était plus proche qu'il n'y paraissait des idées du parti socialiste ! ouf !), et Marine Le Pen montre aux ouvriers qu'elle est de leur côté... mais contre l' "infâme immigré" transformé en cheval de Troie des multinationales (il lui sera de toute façon plus facile de taper sur les musulmans que sur les entreprises du Cac40).

 

 

Splendide ! le débat politique est ainsi gelé pour les 20 ans qui viennent, et Sarko-DSK se feront toujours élire brillamment avec 50 % d'abstention.

 

On attend toujours, à gauche, le politicien courageux et clairvoyant qui défendra à la fois le protectionnisme économique national et la solidarité avec les immigrés, seule solution pour sortir le pays du naufrage européiste programmé...

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 19:24
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illustration : contrôler le marché ou le subir ?

Cette mesure est une attaque d’une extrême gravité contre le salariat (93 % de la population) mais n’aura aucune incidence sur les banques qui portent pourtant l’entière responsabilité de l’augmentation de la dette publique au cours des trois dernières années.

Qui peut imaginer un seul instant, en effet, que si les banques nous replongeaient dans la même galère qu’il y a trois ans, Sarkozy ne serait pas le premier à leur offrir les centaines de milliards d’euros dont elles auraient besoin pour financer leurs créances toxiques, garantir les dépôts de leurs clients et leur éviter la faillite ? Qui peut penser qu’il n’augmenterait pas aussitôt le déficit public pour satisfaire les besoins des banques ?

Le même argument qu’en 2008 nous serait alors resservi : « elles sont trop grandes pour faire faillite » ! Alors que, si elles n’étaient pas immédiatement nationalisées, elles pourraient immédiatement faire faillite et s’ensuivrait une crise économique catastrophique. On peut donc être certain que, dans un tel cas de figure, le Conseil constitutionnel s’assiérait sur l’amendement de Sarkozy et se retrancherait derrière des « circonstances exceptionnelles » pour les sauver sans les nationaliser.

Pourtant, ces « circonstances exceptionnelles » ne sont rien d’autre que le fruit de l’inaction du gouvernement Sarkozy et de son inépuisable complaisance envers les banques. Car rien, depuis 2008, n’a été fait pour interdire aux banques de spéculer avec les dépôts de leurs clients. Aucune séparation n’a été instaurée entre banques d’investissement et banques de dépôts. Des dizaines de milliards d’actifs toxiques plombent encore leurs bilans. Loin de revenir à des tailles plus modestes et donc moins dangereuses pour l’économie et la société, les établissements bancaires les plus importants ont profité des fonds mis à leur disposition par l’Etat pour racheter des établissements plus petits ou plus vulnérables. Elles sont encore plus « grandes » aujourd’hui qu’en 2008 et leurs faillites seraient donc encore plus dangereuses.

C’est uniquement contre le salariat qu’est dirigée cette modification de la Constitution

Et cela à double titre.

D’abord en adossant directement à la Constitution le plan d’austérité destiné à rétablir l’équilibre budgétaire, un plan payé par les seuls salariés.

La dette publique sert, en effet, de bélier à Sarkozy et à son gouvernement pour imposer les « réformes » néolibérales qu’ils n’avaient pas encore pu nous infliger. Avec la retraite à 62 ans, les deux ans de travaux forcés qu’il essaie de nous imposer ne sont qu’un avant-goût de ce qu’il nous concocte. La privatisation de pans entiers de l’assurance-maladie, du secteur hospitalier, de la dépendance, des retraites est au menu de son plan d’austérité. La diminution des emplois publics, la destruction de l’Éducation nationale s’accentueront. Les collectivités locales pourront toujours moins financer les prestations sociales qu’il leur incombe de prendre en charge. Sans même parler de la TVA antisociale à laquelle Copé commence déjà à nous préparer.

Ensuite, en rendant très difficile, pour un gouvernement de gauche, la possibilité de faire une autre politique qu’une politique néolibérale. La dette publique actuelle a deux origines.

La première est la baisse des impôts des riches qui obligent l’État à emprunter aux rentiers et à leur verser des intérêts qui accroissent encore le montant de la dette publique.

La seconde est la crise économique (conséquence directe de la crise bancaire) qui s’est traduite par une augmentation des dépenses (financement du plan d’aide aux banques, primes à la casse pour préserver les profits de l’industrie automobile …) et par une diminution des recettes liées au recul de l’activité économique.

Cette dette publique est illégitime, elle n’a jamais profité à l’ensemble de la population, uniquement à ceux qui ont vu leurs impôts baisser, leurs rentes augmentées, leurs profits bancaires restaurés.

Mais une politique de gauche pourrait très bien prendre appui sur un déficit d’une tout autre nature : un déficit finançant l’investissement productif et l’augmentation du pouvoir d’achat. Ce déficit serait rapidement comblé par un surplus de croissance. Utilisé, non pour augmenter les dividendes des actionnaires, but ultime de la politique de Sarkozy, mais pour faire reculer le chômage, sauvegarder la Sécurité sociale, augmenter les salaires du secteur public, ce déficit serait parfaitement légitime. L’amendement voulu par Sarkozy l’interdirait et rendrait anticonstitutionnelle toute politique d’inspiration keynésienne.

La gauche ne doit pas aider Sarkozy à se relever du discrédit politique qui le frappe actuellement

Sarkozy n’osera pas avoir recours à la procédure référendaire pour entériner cette modification de la Constitution. Il sait fort bien que, quel qu’en soit l’objet, il ne peut gagner aucun référendum, tant il est détesté.

Il ne lui restera donc plus que la voie du Congrès (réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat) et la nécessité de réunir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés par les députés et les sénateurs.

Sarkozy ne pourra donc imposer sa réforme qu’avec une partie des voix des élus de gauche. S’il arrivait à imposer son amendement, ce serait non seulement imposer de très sévères entraves à toute future politique de gauche mais ce serait, aussi, lui permettre de se remettre politiquement en selle, après le profond discrédit que lui a infligé la gigantesque mobilisation en défense de nos retraites.

Il aurait, en effet, une nouvelle fois réussi à diviser la gauche. Il en récolterait les fruits en 2012. A l’inverse, un camouflet infligé à Sarkozy accentuerait encore son discrédit et aiderait à une victoire de la gauche.

Le Parti Communiste a annoncé que ses élus ne voteraient pas l’amendement Sarkozy. La direction du Parti Socialiste semble s’orienter dans le même sens. La gauche doit être unanime dans son refus : exigeons donc, dès maintenant, de chacun de nos élus de gauche qu’il ne vote à aucun prix une telle modification de la Constitution.

 

Jean-Jacques Chavigné

 

source : http://www.democratie-socialisme.or...

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http://www.legrandsoir.info/Sarkozy-veut-faire-entrer-dans-la-Constitution-l-interdiction-des-deficits-publics.html
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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 22:10

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Le livre qui connaît le plus grand succès aujourd’hui nous demande de nous indigner.

Ces derniers jours je me suis indigné en écoutant les propos de Monsieur Mélenchon. Une fois de plus devrait je dire, il a «  dérapé », dans un interview sur une chaîne de télé, sur le thème, relation homme et femme en politique, il a déclaré «  après une bombe atomique, il restera deux choses les cafards et Mme Lienemann ».

 

Les médias n’ont retenu que cette phrase, rien sur d’éventuelles propositions pour améliorer la parité, pour la place des femmes dans la société, pour l’égalité des salaires etc. alors que le PCF est prompt à réagir sur la question du droit des femmes, là silence complet.

Marie George Buffet a su dénoncer une campagne de publicité pour un fromage qui maltraitait l’image de la femme, alors pourquoi pas de réaction ? Je n’ose imaginer que cela tient à la candidature de Mr Mélenchon pour représenter le Front de Gauche.

 

J’attends du PCF dans cette période ou les gens attendent beaucoup de la politique que ses réactions ne soient pas à géométrie variable. Pour mener une campagne nous avons besoin d’autres choses que des petites phrases, d’autant que nous sommes invités à élaborer un programme populaire partagé. Alors à quand la réaction du PCF ?

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 22:33

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Inactifs. Violents. Irresponsables. Depuis une vingtaine d’années, voilà comment les images du 20h représentent les jeunes de banlieue. Des voitures qui brûlent, des enseignants agressés, de l’argent facilement gagné… Des images qui questionnent, inquiètent et dont beaucoup attendent des réponses. Pourquoi ces faits persistent-ils depuis tant d’années ? Quelle est la source de cette violence ? Et est ce qu’il existe des moyens pour améliorer cette situation ? Le sociologue Saïd Bouamama répond à ces questions.

Interview réalisée par Anissa Mouhoub
 
 
 
Régulièrement, des émeutes éclatent en France. En 2005, CNN se demandait même : « Paris brûle-t-elle ? ». Mais derrière le tapage médiatique et les grandes déclarations de Sarkozy sur les racailles et le karcher, on évoque rarement les raisons qui incitent les jeunes à se "rebeller". Quelles sont-elles selon vous ?
Depuis plus d’une vingtaine d’années, des explosions et révoltes urbaines éclatent dans les grandes agglomérations françaises. Si le déclencheur est fréquemment la mort d’un jeune ou d’un habitant généralement issus de l’immigration, l’ampleur et la durée des révoltes soulignent que ces explosions révèlent des colères et des revendications plus profondes. Il convient donc de distinguer déclencheur et cause. La mort d’un concitoyen est l’expression d’une négation suprême qui vient confirmer aux yeux des habitants de milieux populaires en général et à ceux issus de l’immigration en particulier une négation permanente qu’ils ressentent au niveau économique, social, du logement, etc. En novembre 2005, 400 quartiers populaires ont connu des affrontements pendant 21 jours, démontrant ainsi l’ampleur des inégalités qui caractérisent les habitants de ces quartiers. En fait pour comprendre ces révoltes, il faut prendre en compte un triple processus en œuvre depuis trois décennies. Tout d’abord, ces quartiers vivent un processus de paupérisation avec des taux de chômage pour les nouvelles générations allant de 40 % à 70 %. Deuxièmement, pour ceux qui accèdent quand même au travail, nous assistons à un processus de précarisation permettant de survivre mais en aucun cas de pouvoir se projeter dans l’avenir. Ces deux premiers processus touchent l’ensemble des milieux populaires. Enfin, pour les personnes issues de l’immigration s’ajoute le processus de discrimination raciste. Ainsi, une enquête du BIT de 2008 révèle le fait suivant : quatre employeurs sur cinq choisissent le candidat issu du groupe majoritaire (non issu de l’immigration) au candidat issu de l’immigration ; avec exactement les mêmes diplômes, les mêmes CV et les mêmes lettres de motivation. Ces trois processus constituent la véritable base matérielle des révoltes.
Pourquoi parle-t-on des jeunes "issus de l'immigration ou issus de la colonisation" alors qu'ils sont nés en France ?
Ces expressions démontrent l’existence de processus discriminatoires c'est-à-dire d’un traitement inégal en fonction de l’origine. L’expression « jeunes issus de la colonisation » a été mise en avant par les militants immigrés et issus de l’immigration. L’objectif était de mettre en évidence une spécificité des immigrés issus des anciennes colonies et de leurs enfants français. Les immigrés des périodes antérieures (Belges, Italiens, Polonais, etc.) ont vécu de la xénophobie et ont été utilisés dans les emplois les plus pénibles, les plus mal payés, les plus flexibles, etc. Simplement, pour ces immigrés le stigmate xénophobe s’est arrêté aux enfants. Pour les immigrations issues des anciennes colonies, on constate que le stigmate xénophobe se transmet de manière transgénérationnelle. Ces jeunes nés français mais avec des parents issus des anciennes colonies sont regardés et traités comme des étrangers. Ils occupent des emplois qui sont les mêmes que ceux qui caractérisaient l’immigration. D’ailleurs le discours politique et médiatique continue de parler « d’intégration » ou de « crise de l’intégration » alors que l’on parle de jeunes nés français et socialisés à l’école française.
Finalement, c'est quoi « être français » ?
Il y a toujours eu un affrontement entre deux conceptions de la nation depuis l’avènement des Etats-nations. La première conception définit la nation comme étant une culture héritée des ancêtres et stable dans le temps. Cette conception est réactionnaire car elle nie le mouvement et les transformations qu’ont vécues toutes les nations. Elle est non matérialiste parce qu’elle se définie par une essence (la culture). Elle est non dialectique car elle refuse le mouvement, toutes les nations s’étant transformées dans l’Histoire avec l’arrivée de nouvelles populations. La seconde conception est une définition politique de la nation : la nation est un corps politique regroupant tout ceux qui habitent durablement sur un même territoire et donc sont concernés par les mêmes questions, les mêmes luttes, les mêmes enjeux. Dans la première conception, être français est contradictoire avec le fait d’être aussi breton, arabe, berbère ou musulman. Devenir français dans cette conception, c’est s’assimiler. Dans la deuxième conception, être français c’est simplement vivre durablement sur le territoire français et donc être soumis à ses lois ainsi qu’être concerné par les luttes sociales qui traverse ce territoire. Seule cette seconde conception est progressiste parce qu’elle correspond à la réalité sociologique des nations contemporaines.
Le terme identité nationale ne renvoie-t-il pas à l'image du "bon" français auquel il faut ressembler, la personne qui ne s’assimile pas étant catalogué de « sauvage » ? Cela peut-il provoquer un sentiment d’exclusion chez les jeunes ? 
Le terme identité nationale est à chaque fois apparu dans le débat politique lorsque nous étions dans une période de montée des idées d’extrême droite. Ainsi la crise de 1929 a vu apparaître les ligues fascistes appelant à défendre l’identité nationale menacée par les étrangers, les communistes et les juifs. Dans ces moments de régression, la thématique de l’identité nationale permet d’élargir le rejet à d’autres personnes que les seuls étrangers. En 1929, les communistes, qui étaient français pourtant, étaient présentés comme un « danger pour la nation ». Les juifs français avaient exactement le même traitement. L’identité nationale permet ainsi de passer d’une fonction « bouc émissaire » (celle qu’ont toutes les immigrations pour les classes dominantes) à une fonction « d’ennemi de l’intérieur ».
 
Les parents sont-ils responsables du comportement de ces jeunes ? Ont-ils démissionné ? 
Le discours sur la démission des parents n’est qu’une des multiples variantes de l’approche capacitaire qui a pour fonction de masquer les bases économiques et sociales des comportements. Au 19ème siècle, on expliquait ainsi l’alcoolisme dans la classe ouvrière non pas par les conditions sociales mais par une incapacité des prolétaires à gérer leur budget. L’intérêt de ces explications est de reconnaître les conséquences (alcoolisme, drogue, délinquance, etc.) sans les relier aux causes : la pauvreté, la précarité, l’absence d’espoir social individuel et collectif. En réalité il n’y a pas de parents démissionnaires mais des parents dépassés et/ou assommés par les processus de paupérisation et de précarisation qui détruisent les sécurités sociales pour les milieux populaires.
Les jeunes eux-mêmes sont-ils responsables de leur condition sociale et professionnelle (échec scolaire, chômage, prison, etc...) ?
Il suffit de regarder les liens entre les milieux sociaux d’origine et ceux du chômage, de la prison ou de l’échec scolaire, pour s’apercevoir de l’idiotie de l’affirmation que les jeunes sont responsables de leur situation. On retrouve le même type d’affirmation pour les chômeurs que l’on présente comme responsable de leur situation. Ici aussi c’est l’approche capacitaire qui porte ces affirmations pour nier la base économique, sociale et matérielle des phénomènes sociaux. Le phénomène est le même que celui en œuvre au niveau international avec les nouvelles guerres impérialistes : elles sont présentées comme issue du combat pour la démocratie ou « l’émancipation des femmes ». Mais tout cela sert à masquer les bases matérielles de ces conflits (des guerres pour le gaz et le pétrole). 
 
 
Y a-t-il un autre moyen pour témoigner et dénoncer l'injustice, le racisme, l'exclusion et l'abus des forces de police que vivent les jeunes au quotidien autrement qu'à travers la casse, les émeutes ou parfois même à travers la victimisation ?
Le recours aux révoltes urbaines est le signe d’une absence d’alternative. Ces révoltes expriment à la fois que le monde est devenu insupportable et que l’on ne sait toujours pas comment le transformer. Nous sommes donc face à un vide organisationnel et d’alternative qu’il s’agit de combler. S’organiser politiquement est donc incontournable pour trouver d’autres canaux d’expression à une révolte qui est fondamentalement légitime.
Y a-t-il une chose qui vous rend optimiste face à cette situation ?
Les quartiers populaires ne sont pas les déserts politiques que mettent en scène les médias. De nombreuses tentatives d’organisations existent même si elles n’ont pas encore trouvé de forme nationale susceptible d’influencer le rapport de forces. Il est vrai aussi que pour l’instant les forces de « gauche » ne s’occupent pas de ces quartiers. Elles se trompent grandement lorsque l’on regarde les chiffres officiels de la population française par exemple. Ainsi 30 % des milieux populaires (ouvriers et employés) sont issus de l’immigration postcoloniale. Cela veut dire concrètement qu’aucune grève générale massive, aucune transformation radicale, aucune révolution, etc., n’est possible sans la jonction des deux parties de la classe ouvrière que la classe dominante s’évertue à diviser. Mon optimisme est lié au fait qu’il y a des résistances dans les quartiers populaires mêmes si celles-ci n’ont pas encore trouvé le chemin d’une contre-offensive.
 

 
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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 21:38

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http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/dune-extreme-droite-a-lautre-entretien-exclusif-avec-nicolas-lebourg/2484

 

Nicolas Lebourg, chercheur à l’université de Perpignan, animateur du site Fragments sur les temps présents a consacré sa thèse de doctorat aux nationalistes-révolutionnaires puis  un récent ouvrage “Le Monde vu de la plus extrême-droite”. Il travaille actuellement avec Joseph Beauregard à une biographie enquêtée du responsable d’extrême-droite François Duprat. Il répond à quelques questions que nous lui avons posées à l’occasion de la sortie de son livre. Celui-lui étant sorti de presse au moment où les extrême-droite  reviennent au devant de la scène.

ReSPUBLICA : Nicolas lebourg, vous venez de sortir un livre intitulé “Le Monde vu de la plus extrême droite” aux éditions Presses Universitaires de Perpignan. Vous y décrivez un courant peu connu du grand public ou des médias car pas exactement en phase avec l’extrême-droite lepeniste.  De la fin de la seconde guerre mondiale à nos jours les structures du nationalisme-révolutionnaire semblent avoir toujours eu une durée de vie éphémère, des cadres volatiles, un impact mineur sur les masses pourtant pourquoi selon vous mérite t-il l’étude ?

Nicolas Lebourg : L’histoire politique française souffre quelque peu d’un excès de parlementarisme. Les groupuscules hors du système électoral n’y paraissent souvent pas dignes d’intérêt. Or, c’est souvent là que les choses se passent d’abord. Les groupes ont besoin de justifier leur autonomie et essayent d’étendre leurs assises. Résultat, pour faire une analogie avec l’économie, ils innovent en matière de propagande, d’offres nouvelles, dont ils espèrent qu’elles puissent accroître leur part du marché politique, entre autres en débusquant des demandes politiques insatisfaites.
Par exemple : jusqu’à la fin des années 1970, le Front National et tous les autres groupes d’extrême droite vivotent car sur le créneau de l’anti-communisme il y a une offre plus crédible que la leur. Les groupuscules nationalistes-révolutionnaires ont amené au F.N. trois thèmes : le rejet socio-économique de l’immigration, l’antisionisme, et l’antiaméricanisme. Le F.N. perce et, sans même participer à une coalition gouvernementale, sans être à l’Assemblée hormis la période 1986-1988, il pèse tant sur la vie politique française que la législation relative à l’immigration change à chaque législature, voire dorénavant plusieurs fois par législature. Ce sont d’ailleurs les groupuscules nationalistes-révolutionnaires qui ont introduit d’Allemagne la thématique de « l’identité nationale » dans les années 1970.
Par ailleurs, les cadres issus des groupuscules s’y sont souvent bien formés, aguerris, pétris de principes d’organisation léninistes. Quand ils passent à des partis plus classiques, ils apportent une vraie capacité d’organisation.
Enfin, le choix de l’objet « nationaliste-révolutionnaire » permet de faire une histoire au long cours du fascisme français et de ses spécificités. Dans notre pays, le fascisme n’a jamais connu un grand parti de masse avec un leader charismatique. C’est une nébuleuse toujours. C’est peut-être paradoxal, mais l’étude du néo-fascisme permet de bien mieux comprendre le fascisme dans sa première période en dégageant des structures séculaires.

ReSPUBLICA : Le nationalisme-révolutionnaire serait donc l’héritier du primo-fascisme des années 20 à 40 ? Quelles sont les constantes, les clefs et les codes que l’on peut retrouver de cette origine au néo-fascisme de nos jours ?

NL : La question de la périodisation et de la définition du fascisme est un débat historiographique très vigoureux, car cela a des conséquences sur l’analyse que nous faisons de nos sociétés. En Italie, jusqu’aux travaux de Renzo de Felice au début des années 1970, le fascisme c’était l’aventure de Mussolini. De Felice a montré l’adhésion populaire au régime : on l’a insulté, on l’a menacé physiquement. On l’accusait de réhabiliter le phénomène. Aujourd’hui, dans le monde intellectuel italien, il y a la grande place d’Umberto Eco qui, lui, décrit le fascisme comme un phénomène éternel et universel s’incarnant de diverses manières. On voit à quel point le regard a changé en peu de temps. Mais la dilution de la caractérisation de l’objet « fascisme » n’est sans doute pas la meilleure voie analytique.
Peu ou prou, on peut proposer de voir le fascisme en deux grandes étapes, elles-mêmes subdivisées en deux parties. Primo, la période « fasciste » qui compte un premier temps avec les « fascismes-mouvements », développant un verbalisme révolutionnaire fort et un activisme contre-révolutionnaire dynamique, puis les « fascismes-régimes », qui vont de l’alliance avec les conservateurs jusqu’au tourbillon totalitaire.
Durant la Seconde guerre mondiale, il y a une césure : l’enlisement sur le Front de l’Est, ouvert à l’été 1941. Changement de braquet : le III Reich passe de l’exaltation de l’impérialisme germano-aryen au « Nouvel ordre européen », unifiant les nations européennes, voire les ethnies, dans ce que le SS belge Degrelle nomme un « socialisme sans les juifs ». A la fin de la guerre la moitié des 900  000 Waffen SS ne sont pas des Allemands, mais des Français, des Flamands, etc. Pendant ce temps, en 1943, le fascisme italien se dote d’un nouveau programme donnant pour utopie une communauté européenne socialiste. Le néo-fascisme ensuite conserve ses fondamentaux. Il considère que les erreurs centrales des fascismes-régimes furent le nationalisme et le racisme intra-européens, ainsi que l’alliance avec la réaction. Donc, en fait, la seconde période, le « néo-fascisme », s’entame dès 1942.
Ce néo-fascisme connaît deux temps à son tour Une phase jusqu’en 1962 qui est surtout la quête d’une internationale européenne pouvant réinitialiser diverses utopies de grands-espaces produites antérieurement. Puis, une modernisation, par une imitation et un apprentissage auprès des mouvements de libération nationale, de l’anti-impérialisme, des courants nationalistes-révolutionnaires et révolutionnaires-conservateurs de l’Allemagne de la République de Weimar.

ReSPUBLICA : Etes vous d’accord avec Bernard Henry Levy qui dans “l’idéologie française” estime que le fascisme est profondément ancré dans l’identité de notre pays ?
De même que pensez-vous de l’analyse marxiste qui fait toujours du fascisme le bras armé du capital ou de la classification classique de René Remond qui explique qu’il y a en France toujours une droite bonapartiste ?

NL : Ce sont des théories qui sont toutes aujourd’hui un peu datées. Bernard-Henri Lévy tend à situer tout ce qui est pour part nationaliste et socialisant dans l’étiquette « fasciste », puis, mirant l’histoire de France, il n’y voit plus que fascisme… Il le voit partout car il s’en tient à des schèmes (le nationalisme, le socialisme, le césarisme, l’antisémitisme…) alors qu’avec sa formation philosophique il ne devrait pas oublier qu’une forme est un état supérieur à la somme des éléments qui la composent. Le problème est plus sa méthodologie qu’une culture française pas plus portée qu’une autre au fascisme ou à l’antisémitisme (qu’il tend aussi à amalgamer à un prurit fasciste).
On voit bien le problème de sa méthode dans l’épisode récent où il fustige le Bloc identitaire qu’il qualifie de « néo-nazi » et l’islamisme, d’ « islamo-fascisme ». Or, l’islamisme n’a rien à voir avec le fascisme, s’il fallait le rapprocher de la politique européenne on ferait mieux de penser justement à la Révolution conservatrice sous Weimar. Quand au Bloc identitaire, son projet s’inspire certes de l’Europe des régions ethniques tel que rêvé par certains SS, mais il n’est pas néo-nazi, il n’est pas fasciste, il ne prône pas une hiérarchie des races, bref il est bien une continuité de l’histoire dont nous parlons mais ce n’est pas le néo-nazisme. Or, c’est ennuyeux car Bernard-Henri Lévy se définit comme un philosophe militant, un combattant des Droits de l’Homme, qu’il jouit d’un certain poids dans les élites, et il devrait donc être le premier à s’astreindre à bien qualifier pour bien cibler.
La thèse de René Rémond définissant les traditions droitières en France était une avancée considérable, mais il est vrai que l’ensemble de la radicalité lui est un peu étranger : à un journaliste qui lui parlait du Front National et de l’extrême droite, il avait répondu qu’il préférait que l’on parle d’une « droite extrême musclée »… Le problème de ceux qui finissent par ne plus voir du tout de fascisme en France vient du fait qu’ils cherchent le parti de masses, type allemand ou italien, alors qu’en France c’est une réalité par réseaux, par maillages.
Enfin, relativement à l’analyse marxiste, elle a eu de belles lettres, mais participe de cet aveuglement qui faisait dire à Lénine qu’aucun ouvrier ne pouvait être antisémite…. Bien sûr que le fascisme a su utiliser le Capital pour prendre le pouvoir et y demeurer. Mais, l’histoire est toujours multi-causale, cette analyse a souvent tant voulu pouvoir amalgamer le fascisme et le capitalisme qu’elle est à la limite méthodologique du conspirationnisme parfois. Cette assimilation entre Capital et fascisme repose sur autant de vraies-fausses évidences que celle faite entre fascisme et stalinisme via l’usage simplifié du concept de totalitarisme (que seuls quelques chercheurs comme Gentile ont affiné et rendu opératoire). Les deux procédés se ressemblent d’autant plus d’ailleurs que, dès qu’on accepte de ne plus en faire des dogmes mais des outils, des fins mais des moyens, ils peuvent redevenir féconds !

ReSPUBLICA : Le courant nationaliste-révolutionnaire objet de votre étude  semble toujours orienté par un européisme parfois ethno-régionaliste, d’autre fois jacobin centralisateur mais toujours à connotation socialisante.  Comment expliquer une utopie finalement en phase avec une construction européenne voulue et réalisée par une majorité de démocrates humanistes ?

NL : On vit politiquement dans la cité comme on s’y entretue, et la géographie dépend de cette histoire de la violence. Sous l’Ancien régime, c’est la société d’ordres, les fiefs, et les nobles qui manient l’épée. La Révolution Française c’est l’État, la nation et le peuple en armes. Or, la première mondialisation capitaliste à la fin du XIXè siècle et la Première guerre mondiale soldent le siècle des nations. De la Grande Guerre naissent les partis de masses et leurs projets totalitaires, de même que l’européisme et la volonté d’un ordre supra-national, certes encore basé sur cette idée (Société des Nations, Organisation des Nations Unies) mais qui témoigne de ce dépassement au fur et à mesure que des dizaines de pays nouveaux naissent. L’idée d’Europe va donc son chemin, qui peut être emprunté par des gens très différents et selon des modalités très diverses.
Le cas le plus problématique demeure celui de l’euro-régionalisme. Ce dernier a été amplement fondé par des nazis et des collaborationnistes qui mettaient en avant une fédération du travail (corporatisme), des pays (ethno-nationalisme) etc. Mais l’idée correspond à une préservation et une valorisation de l’ethnie, avec un nationalisme non de contrat social mais du sol, du sang, de la langue (fédérant Pays Basque, Catalogne, Bretagne etc.). On peut être euro-régionaliste et progressiste, mais il est clair que la limite avec la hantise du métissage et l’organicisme ethnique est délicate. Entre l’ultra-gauche, certains courants écologistes, et la plus extrême droite, il peut y avoir là une passerelle que l’essentiel des partisans de gauche refusent de voir. Ceux d’extrême droite préfèrent être réalistes et s’en féliciter.

ReSPUBLICA : La hantise du métissage et le programme de séparation identitaire permettent donc d’identifier un courant s’excluant par ses thèses des principes républicains ! Que pensez-vous des nouvelles convergences entre identitaires et ultra-laïques ? Que pensez-vous du FN version Marine Le Pen contre le FN version Bruno Gollnisch ?

NL : Dans les relations entre Riposte Laïque et le Bloc Identitaire, le premier poursuit la dynamique qui était foncièrement la sienne, le second continue à être ce qu’il est, en s’étant trouvé un allié. Il n’y a donc pas de convergence nouvelle, ni de raison de sonner le tocsin sur un pseudo monstre « rouge-brun ». Dire que Riposte Laïque est un mouvement « ultra-laïque » de « gauche » me paraît étrange puisqu’au niveau électoral on ne lit guère sur son site que des appels à voter Marine Le Pen. Étrange manie des éditorialistes : si quelqu’un appelle à voter UMP il est de droite, PS il est de gauche, NPA il est d’extrême gauche, et là, en revanche, il faudrait qualifier de gauche des gens qui reprennent les arguments d’extrême droite, une vision du monde d’extrême droite, et appellent à voter à l’extrême-droite… Cela me laisse circonspect, la seule rationalité que j’y vois tient moins à Riposte Laïque et au Bloc Identitaire (qui, somme toute, défendent leurs idées et ne cachent pas leurs préférences) qu’aux faiblesses du champ politique en général.
Ce qui est nettement plus pertinent c’est effectivement que là encore les groupuscules servent de laboratoire. Marine Le Pen rompt avec une extrême droite marquée par la Seconde Guerre mondiale et la Guerre d’Algérie. Elle intègre le programme minimum de représentation collective : laïcité, République, alors que la contre-société de l’extrême droite tendance réactionnaire en faisait litière. Elle déclare à Haaretz que le FN est pro-israélien, et expose au Monde que le CRIF participe à la dilution communautariste de la nation. Plutôt que de vouloir rassembler les Français quant à un ensemble de valeurs traditionnelles (Gollnisch) elle parle de resouder le corps social par la réintroduction de la régulation du marché. Il y avait eu pléthore de tentatives de gens plus radicaux que Jean-Marie Le Pen, tel Bruno Mégret, pour affirmer qu’il fallait rompre avec les provocations et appliquer ce type de ligne. Cela avait toujours été un échec car les provocations étaient un marqueur anti-système, donc de vote FN, et que la personnalité de Jean-Marie Le Pen en faisait un animal politique hors-pair. C’est la première fois qu’une telle ligne va avec quelqu’un qui a le même nom et le même talent tribunicien. Elle me paraît capable de réunir des catégories électorales très divergentes, du vote populaire aux quartiers bourgeois. Si la droite lui fournit une légitimation de ces thématiques sur l’islam et l’immigration, si la gauche fait comme en 2002 et en 2007 une campagne qui ne s’adresse pas aux classes populaires, la voilà probablement à l’orée d’une très belle carrière.

Propos recueillis par Nicolas Pomiès

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 20:36

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Mes chers collègues,


Fidèle aux traditions en cette première session de l’année, je renouvelle à chacune et chacun d’entre vous mes meilleurs vœux, di paci e di saluta, d’abord à titre individuel, et ensuite pour la réussite collective de notre Assemblée.

Dans cet esprit, je serai votre interprète pour témoigner amicalement à nos collègues Etienne BASTELICA et Marie-Antoinette SANTONI toute notre affection.

J’adresse également tous nos vœux au Conseil Exécutif et à son Président Paul GIACOBBI, ainsi qu’à l’ensemble des agents de la Collectivité Territoriale de Corse.

Entre l’alternance et donc le changement à matérialiser par de nouvelles orientations, la nécessaire continuité du service public, et les exigences de la crise économique et sociale, les attentes sont considérables à l’égard de notre institution.

Chacun d’entre nous, à l’Assemblée, au Conseil Exécutif comme dans les services, aura son rôle à jouer et il importe que toutes les compétences soient bien mobilisées.

Quelques indications, d’abord, sur l’ordre du jour de cette séance.

Nous avons clôturé, l’an dernier, nos travaux avec un débat sur la violence, et le début d’année n’a pas, loin s’en faut, réduit son intérêt : conformément aux positions exprimées le 15 décembre, l’ordre du jour comportera la constitution d’une commission sur la violence. Elle sera chargée de prolonger concrètement nos échanges et la semaine dernière, j’ai réuni la conférence des présidents pour s’entendre sur un format et une méthode appropriés.

Quant au débat, promis en novembre, après la communication de Jean ZUCCARELLI sur la feuille de route de l’ADEC, il va se tenir aujourd’hui ; avec l’examen de la stratégie régionale de l’innovation, notre Collectivité commencera ainsi l’année en apportant des réponses fortes à la situation économique de la Corse.

Cependant, avec Paul GIACOBBI, nous avons tenu à positionner au début de l’ordre du jour un rapport consacré à l’exercice du pouvoir normatif.

En effet, le statut particulier a donné à notre Collectivité un pouvoir de consultation, ou de proposition, pour adapter les normes nationales aux spécificités de la Corse. Le moins qu’on puisse dire, objectivement, c’est d’une part que nous n’avons pas été souvent à l’initiative et d’autre part, que le gouvernement nous a rarement écouté.

 

Or, il s’agit là d’un levier stratégique, qui conditionne l’efficacité de nos politiques autant que notre crédibilité : on ne saurait, en effet, revendiquer d’autres transferts si l’on n’est pas capable d’utiliser les pouvoirs existants.

Notre collègue Pierre CHAUBON a donc souhaité démarrer les travaux de sa commission par un état des lieux, assorti de propositions pour relancer ce pouvoir normatif.

Son rapport donnera lieu à une délibération solennelle que l’Exécutif transmettra avec l’attention requise au Premier ministre. Vous aurez tout loisir d’en débattre, le cas échéant d’amender ce texte, mais j’attire votre attention sur l’intérêt d’obtenir une adhésion unanime.

Je tiens à souligner que notre Assemblée prend, ici, l’initiative de l’ordre du jour : ainsi a-t-elle la capacité, par un travail approfondi et concerté en commission d’être, elle aussi, force de proposition.

Ces trois sujets sont, mes chers collègues, la preuve -si certains en doutaient- de notre volontarisme : il nous appartiendra, ensemble, d’amplifier cet élan afin qu’il se poursuivre tout au long de la mandature.

Vous aurez d’ailleurs les dates des prochaines séances publiques, de façon à organiser l’agenda trimestriel des commissions. Je rappelle à ce sujet, certains s’en sont encore plaints, que les dates des séances et des commissions sont prédéfinies, de façon à éviter les chevauchements des bureaux ou conseils d’administration de nos agences, offices, et sociétés d’économie mixte

Pour ce qui concerne l’Assemblée, je vous signale que notre amie Josette RISTERUCCI reprend ses activités en février : elle réunira donc à Bastia la commission Tchernobyl et j’invite les groupes qui ne l’auraient pas encore fait à proposer le concours de personnalités qualifiés.

La commission de la Culture va également, dans le prolongement des travaux réalisés par celle de l’Evaluation, préparer le débat sur la Langue qui constituera l’un des thèmes prioritaires des prochains mois.

Pour ma part, je poursuivrai les échanges thématiques avec des acteurs nationaux intervenant dans le cadre de nos compétences. En novembre, nous avions auditionné Cap’énergie. Au mois de février, j’ai invité Henri PROGLIO, Président Directeur Général d’EDF, à rencontrer les groupes de l’Assemblée pour un échange qui sera forcément fécond.

L’actualité récente m’a inspiré, ensuite, deux séries de commentaires que je souhaite livrer à votre réflexion.

La semaine dernière, la Haute-Corse et l’ensemble des cantons de montagne ont été touchés par d’abondantes chutes de neige.

Je tiens d’abord à assurer les populations des villages concernés, surtout les plus vulnérables, de notre entière solidarité. Certains ont subi des dommages dans leur vie quotidienne ou leur activité économique. Au nom de cette solidarité, j’invite les responsables des organismes concernés, publics ou privés, à faire preuve de compréhension à leur égard.

Ceux qui résident ou travaillent dans le monde rural ont, en effet, besoin d’être davantage confortés que fragilisés.

J’adresserai ensuite nos remerciements à tous les agents des services publics, de Corse comme du continent, qui aussitôt se sont mobilisés pour rétablir leur continuité. C’est ainsi que s’exerce, au quotidien, la solidarité collective qui structure une démocratie responsable.

Vous me trouverez toujours solidaire des agents du service public : leur dévouement constitue une richesse humaine qui vaut bien des indicateurs financiers.

Vous me permettrez aussi, chers collègues, d’élargir mon propos aux évènements que connaît la Tunisie.

De nombreux habitants de la Corse sont d’origine ou de nationalité Tunisiennes et nous sommes sensibles à leurs espoirs autant qu’à leurs préoccupations.

En-dehors de toute polémique, reconnaissons que la France n’a pas été dans cette « Révolution de jasmin » un modèle de discernement, malgré les liens historiques, économiques et culturels qui unissent nos deux peuples.

J’ai tout comme vous cherché à comprendre les fondements de ce mouvement pacifique et pourquoi notre gouvernement, comme d’ailleurs l’Union Européenne, ont pu se montrer aussi « timorés ».

Sur le fond, les commentateurs s’accordent généralement pour considérer que les déséquilibres sociaux constituent l’une des causes principales de la révolution de Tunisie, déséquilibres dont la fortune accumulée par des prédateurs tels que le clan au pouvoir est l’illustration ; ce sont d’ailleurs les classes populaires des régions pauvres qui, en manifestant contre les conditions économiques particulièrement difficiles, sont à l’origine du mouvement , poursuivi par les masses urbaines et la classe moyenne des villes. La pauvreté, la cherté de la vie, le chômage sont la cause première de cette révolution, qui a aussi des causes politiques et qu’une répression féroce n’a pu endiguer.

Quant à l’attitude de l’Europe et de notre gouvernement, on peut risquer une première explication d’ordre culturel : l’enseignement des langues arabes n’a cessé de reculer, et nos élites politiques, économiques et intellectuelles n’ont plus la compréhension suffisante des réalités du Maghreb. Nos interlocuteurs continuent, eux, mais pour combien de temps, de s’exprimer dans un français parfait…

Pourtant, des voix s’élevaient, en France, en Europe, pour dénoncer les dérives du régime tunisien, la situation économique inquiétante et le déni des droits de l’homme, sans parvenir à infléchir l’attitude officielle des autorités, aussi bien du Gouvernement français que de l’UE.

L’explication fondamentale tient à la représentation que notre système dirigeant se fait de la Tunisie. Une destination touristique accueillante, bien sûr ; un sous-traitant économique peut-être ; mais aussi, de plus en plus, un relais sécuritaire.

Car au-delà des intentions démocratiques, au-delà des promesses de développement comme l’Union pour la Méditerranée, ce sont les préoccupations liées au terrorisme, à la montée de l’intégrisme islamique, et à la pression migratoire qui ont pris le dessus. Avec un tel état d’esprit, l’Europe s’est accommodée de régimes autoritaires pour garder ses frontières au sud de la Méditerranée.

Comme l’écrivait Bernanos, « la force et la faiblesse des dictatures sont d’avoir fait un pacte avec le désespoir des peuples ».

Ceux qui ont vu dans le régime archi-corrompu de Ben Ali un moindre mal ; ceux qui jugeaient irréaliste une évolution sans fanatisme ni fondamentalistes ; ceux qui s’inquiètent aujourd’hui des incertitudes de la transition démocratique, tous devraient méditer cette citation.

Mes chers collègues, fidèle à La Fontaine lorsqu’il écrit que le jasmin est une « fleur que les vents n’ont pu ternir », j’adresse, pour ma part, tous mes encouragements au peuple tunisien.

Avant d’aborder l’ordre du jour, je voudrais rendre hommage à un grand élu de l’Assemblée qui vient de nous quitter : notre ami Albert FERRACCI.

Lorsque, en novembre 1942, dès l’entrée en Corse des troupes italiennes, Albert FERRACCI rejoint la Résistance afin de combattre pour la libération de la Corse, commence alors un engagement politique placé sous le signe du courage et de la fidélité.

Fidélité à l’égard de ses origines sociales : issu d’une famille, de paysans et de bergers, de Suartone à Bonifacio, ayant forgé une claire conscience de classe, il fut, au sein du Parti communiste auquel il avait adhéré dans la clandestinité, l’inlassable défenseur de la cause des pauvres, des exploités, des dominés.

Fidélité à ses compagnons d’armes.

Fidélité à son idéal de paix et de libération des peuples, en particulier pendant la guerre d’Algérie.

Fidélité à la Corse, notamment par son rôle dans le « Mouvement du 29 novembre » 1959 et la contestation victorieuse des expériences atomiques dans le massif de l’Argentella.

Cette ligne de conduite, Albert FERRACCI – instituteur, résistant, militant syndicaliste, militant communiste de Corse, conseiller municipal d’Ajaccio de 1953 à 1959, puis conseiller à l’Assemblée de Corse – l’a suivie fidèlement.

Elu à la première assemblée de Corse en 1982, puis réélu successivement en 1984, 1986 et 1987, il a siégé jusqu’en mars 1992. Durant cette décennie, il présida le groupe communiste à l’Assemblée.

Nous qui l’avons côtoyé entendons encore l’écho de sa voix, calme et mesurée, celle d’un pédagogue et non d’un bateleur, où couvait la passion de la Corse et de la vérité. Ses prises de parole étaient écoutées avec attention, sur tous les bancs de cette assemblée, s’exprimant sur tous les sujets qui, durant cette décennie de mise en place de l’institution Régionale, étaient au cœur des préoccupations. Son apport aura été très important, ses avis appréciés, ses recommandations méditées. Il s’intéressait particulièrement aux questions relatives au développement de la Corse, et il siégea d’ailleurs assidument à la Commission du Plan ainsi qu’à celle du Schéma d’aménagement. Il n’hésitait jamais, fut-ce dans des conditions difficiles, à prendre la défense des salariés et à accompagner leurs combats .En même temps, son exigence de rigueur morale le portait à la vigilance sur l’utilisation des deniers publics. Il participa activement aux débats sur le statut particulier et la décentralisation.

Il aura été durant ces années, ainsi que l’a dit Paul Antoine LUCIANI dans son éloge funèbre, « l’une des voix les plus écoutées et les plus respectées à l’Assemblée de Corse. Il ne perdait jamais de vue ce qui, à ses yeux, était l’essentiel : la libération humaine. Il savait replacer nos turbulences insulaires, souvent délétères, dans leur contexte général. Il savait se situer. Et il fournissait ainsi des repères lisibles à tous les acteurs de la vie publique »

A l’Assemblée, Albert laissera le souvenir d’un homme de conviction et d’ouverture. Conviction d’un militant communiste ancrée dans l’expérience de la Résistance irréductiblement opposé au mode d’exploitation capitaliste ; mais ouverture d’esprit, sens de l’écoute, capacité à dialoguer.

Au soir d’une vie d’engagement, il n’éludait pas la critique des dévoiements du communisme « réel », du stalinisme, sans pour autant abandonner son idéal car, écrivait-il encore à la veille de sa disparition : « Les débordements sauvages actuels du capitalisme me rendent plus communiste que jamais. Et plus proche de mes vingt ans ».

Il n’était pas de ceux qui se laissent enfermer dans un dogme étroit et, tout au long de sa vie, sa curiosité intellectuelle aiguillonnant sa grande culture historique et son sens aigu de la liberté critique, il se montra disponible à la recherche de solutions politiques innovantes.

Le charisme d’Albert dépassait évidemment largement le périmètre de son « camp » comme en témoignent l’émotion qu’a suscitée partout l’annonce de sa disparition et les hommages venus de quasiment tous les bords politiques ; ainsi, à l’hommage rendu par Paul-Antoine LUCIANI ont fait écho, loin des discours convenus, celui de Jean BAGGIONI, de Monseigneur BRUNIN, de Camille de ROCCA SERRA.

Albert est mort, sa voix s’est tue, et déjà elle nous manque ; son intelligence, sa culture corse, universelle, progressiste, sa tolérance, son éthique caractérisée par l’exigence de réunir morale et politique dans l’action publique, espérons que tout cela se soit transmis et anime encore, à l’avenir, notre vie civique. Aujourd’hui, en songeant à l’impact qu’a sur nous l’exemple d’Albert, je me dis qu’il tient essentiellement à la fidélité à sa profonde exigence de justice, à son élan fraternel envers les autres, à la rigueur de sa pensée.

Il tient aussi à la distance qu’il avait – lui, athée affirmé – avec les vanités de ce monde, les illusions de puissance qu’elles procurent et l’abîme qui les séparent de la vérité.

Il n’a jamais réclamé de décorations ni de médailles, mais je veux dire ici à sa famille, à ses amis, au nom de tous les membres de l’Assemblée de Corse, la profonde estime que tous ici nous lui portons.

Aux jeunes générations, la vie d’Albert FERRACCI montre, par l’exemple, la noblesse de l’action publique et la grandeur de l’engagement civique.

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 20:49

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http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ecolo-naturiste-qui-redige-les-87372

 

"Travail, mafille, patrie" est le nouveau slogan du FN, à n’en point douter. Lors de son discours d’introduction de nouvelle responsable des fascisants qui ne veulent pas qu’on les appelle ainsi (c’est raté, donc) plus d’un observateur a noté que non seulement fifille ne l’avait pas rédigé ni trop lu avant, et plus d’un aficionado du FN à la Holeindre a tiqué (d’ailleurs il est parti depuis, le grognard). Non, ce n’était déjà plus Jean-Marie qui parlait, même si les thèmes de base sont restés les mêmes. A savoir avant tout un racisme latent, une xénophobie à fleur de peau et le sempiternel discours sur les immigrés venant manger le pain des français. A quoi fifille vient de rajouter une couche fort porteuse en ce moment dans l’opinion : celle de l’islamophobie, calquée sur les positions de Riposte Laïque, mouvement infesté par le FN comme on sait. Bref, une vernis neuf sur une épaisse couche de vieuseries. Tout le monde s’est quand même demandé d’où sortait cette prose étrange, mêlant des idées chères à la concurrence du Bloc Identitaire à des notions mal digérées d’écologie. Aujourd’hui, on sait. Celui qui aurait rédigé ce discours est.... un écologiste. Ouais, ça existe aussi à l’extrême droite, figurez-vous. Et la cerise sur le râteau, c’est que c’est un écologiste tout droit sorti du Bloc Indentitaire... et un drôle d’oiseau, à vrai dire. Marine LePen a souhaité repeindre le célèbre paquebot, visiblement : elle aurait dû regarder l’origine des pots de couleurs pour le faire avant de se lancer dans l’aventure... les contradictions du FN étaient déjà nombreuses, elles sont devenues immenses : et un paquebot trop chargé, c’est bien connu, ça finit toujours par couler.

Les ténors de la droite ou de l'extrême droite ont fait comme tous les autres en effet : ils se sont attachés les services d'écrivaillons, dont le plus bel exemple est celui de la famille Tellenne, dont vous connaissez tous un des personnages : celui qui a offert une Renault Espace flambant neuve à une prostituée notoire pour qu'elle aille salir à la télévision la carrière d'un Dominique Baudis (aujourd'hui président de l'Institut du Monde Arabe) qui en était resté sidéré : sa prestation télévisée pour venir dénoncer ses attaques fielleuses n'avait pas été un succès : mal à l'aise, il suait de partout, ce que le public avait traduit par de la fausseté. Il n'avait pas compris que la (très) vieille rivalité politique (et familiale !) qui l'opposait au leader du groupe de presse toulousain (Jean-Michel Baylet) ... le mènerait jusqu'à un tel déballage d'histoires sordides. Le Tellenne en question, viré de la boîte où il sévissait à l'époque, Canal Plus, c'est bien entendu Marc Tellenne, à savoir Karl Zero, celui qui a ravalé le rang de journaliste à celui de chroniqueur sportif (et encore, en sport, il y en a de plus intelligents et qui au moins, ne tutoient pas tout le monde pour faire plus branché !) . Le Karl en question est issu d'une famille qui n'a jamais vraiment penché à gauche, à vrai dire. Sa mère, Annick Tellenne, était animatrice à la radio catho KTO, où l'ouverture d'esprit n'était pas de règle semble-t-il. 

Karl a trois frères, dont un qui s'appelle Bruno, qui s'est auto-surnommé Basile de Koch (qui a des amis en politique) et qui s'est fait connaître par des parodies de journaux dans son groupe de presse,Jalons. On est loin de l'humour d'un Coluche ou d'un Desproges, avec lui : avec sa femme, surnommée Frigide Barjot (faudra me dire un jour où il faut rire, elle s'appelle en réalité Virginie Merle, ce devait être pour lui éviter les noms d'oiseaux je suppose) ils défendent des idées... dignes de celles d' Ardisson : la monarchie, la religion catholique tendance Lefebvre, fulminent sur l'usage de la contraception, etc. Bref, des réacs de première, qui doivent leur notoriété aux fiestas parisiennes où il jouent au Night-Clubbers ayant de l'esprit (ce qui n'est pas trop difficile dans le milieu, le but du nightclubber se résumant abruptement par "laquelle vais-je me faire ce soir"). Or cet olibrius d'extrême droite que l'on trouve aujourd"hui signant des papiers chez Valeurs Actuelles (pas vraiment de gauche non plus) ou dans le site Causeur de la copine de Zemmour (Elisabeth Levy, un beau cas d'espèce aussi !) a aussi été longtemps assistant parlementaire, à savoir celui qui se charge de tout à la place du député... qui pense lui aussi en premier "laquelle va-t-il se faire à la réunion politique du soir". Enfin, presque, chez d'autres c'est "combien vais-je pouvoir gagner de blé si je m'acoquine avec ce patron qui me propose un coup douteux". Dans le genre, en France, pendant un bon bout de temps on en eu un comme ça de député, qui est devenu ministre de l'intérieur après avoir passé trente années à faire le représentant chez Ricard. C'est bien entendu notre Charly national : Charles Pasqua, redoutable tribun, grand spécialiste des coups tordus du SAC sous De Gaulle et au RPR (à savoir l'élimination de quelques gêneurs...). Or notre nightclubbler, justement, est celui qui va rédiger, les discours de Charly, l'homme qui "terrorise les terroristes" et descend un jour d'un Falcon en affirmant que "La France n'a pas payé de rançon", alors que l'on sait aujourd'hui qu'elle en payé une, et que l'intermédiaire de Charly se serait même un peu sucré dessus au passage (d'autres vont même plus loin sur le sucrage...). Bref, vous l'avez compris : les discours c'est comme les bouquins de PPDA : ce ne sont pas ceux qui les signent qui les ont écrits.

Nicolas Sarkozy n'échappe pas à la règle ; lui aussi à son scribe, même que souvent il se prend pour le pharaon, ce que je vous ai déjà expliqué. Et fifille, que Politis appelle "LaPen", ce que j'adore à vrai dire, elle aussi s'en est dégotté un, de scribouillard. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est plutôt surprenant. La plume à fifille, niche en haut des arbres, figurez-vous, et c'est effectivement un drôle d'oiseau ! Il s'appelle Laurent Ozon, l'oiseau rare, qui écrit aussi sous les pseudonymes de William Reymonds et Frédéric Corbin. C'est au départ un patron de PME bien particulière : comme il s'en vante lui-même, d'ailleurs c'est un "Investisseur en projets hi-tech (s) avec des préférences pour ceux liés aux technologies de contrôle (biométrie, vidéosurveillance, etc.)". En réalité, il dirige deux sociétés, VisioDyn SAS et Storvision SAS (marrant, hein, les vocables "SAS"). A savoir des domaines touchant avant au contrôle de la vie privée. Et en même temps, le fondateur d'un mouvement "localiste et identitaire" (oui, vous avez bien lu, appelé Maison Commune, dont le porte-parole est une revue écologique « Le recours aux forêts ». Laurent Ozon, qui est aussi un "écologiste chasseur" (?). Et ouais, le fameux "recours aux forêts" de Ernst Junger, qui dans son "Traité du rebelle" en évoquait le représentant, appelé "waldgänger", dont certains ici avaient repris l'intitulé. L'évocation d'une "doctrine du recours aux forêts et de la cabane" qui serait un élément ancestral chez tous les hommes. Et sur ce quoi tablent les écolos babos pour s'en construire une, parfois, au fond de leur jardin.

Ils feraient bien de se méfier de ceux qui descendent des arbres, les babos : derrière eux il y a bien souvent Edward Goldsmith, frère du milliardaire et écolo d'extrême droite, dont Ozon est le disciple avoué. "Le 11 janvier 1998, Goldsmith a donné une conférence à Paris sur « L’écologie contre le progrès » lors du premier colloque organisé par Le Recours aux forêts, organisation écologiste liée à la Nouvelle Droite. Parmi les conférenciers, il y avait Alain de Benoist et des mem bres du MPF de Philippe de Villiers. Beaucoup d’idéologues d’extrême droite croient que les « Indo-Germains » (en clair, les Aryens) sont « par nature des habitants des forêts » alors que « les Sémites sont des peuples du désert ». Le Recours aux forêts a été fondé par le GRECE. Ce club de réflexion veut uti­liser les mouvements écologistes et néo-païens pour populariser à nouveau l’idéologie du Blut und Boden (le Sang et le Sol)". On nage en plein trip de droite, type Auberge Flamande (Vlaams Huis) dans le Nord et en Belgique. Des fachos, quoi. Travail, Mafille, Patrie.

Se méfier, car "le Recours aux Forêts est dirigé par Laurent Ozon qui se trouve aussi à la tête de la section écologie du GRECE : La Nouvelle Ecologie. Comme le dirigeant du Front national Bruno Mégret, Ozon est un produit de l’éducation dispensée par La Nouvelle Ecole d’Alain de Benoist. Il écrit régulièrement dans les publications d’Alain de Benoist Krisis et Eléments. Ozon est devenu un par­tisan fidèle de Goldsmith et le cite régulièrement dans ses propres écrits. Il a également interviewé Goldsmith et publié de nom­breux articles du millionnaire dans le magazine "Le Recours aux forêts". Chaque numéro contient aussi des articles d’Alain de Benoist et de membres du Front national" nous disait mondialisme.org en 2008 déjà.

Chez Ozon, l'écologie cache donc bel et bien des thèses d'extrême droite identitaires. Dans son site "maisoncommune" on trouve quelque perles en effet : en article 9 d'un manifeste se voulant écologique, on a en effet ceci : "nous voulons une Europe ouverte à tous les européens. Mais nous voulons en finir avec les politiques d’immigration irresponsables des gouvernants européens et proposons un arrêt de toute immigration d’implantation, de toute colonisation de peuplement extra-européenne en Europe. " Un texte appuyé déjà en article 2 avec cette formulation : "la mémoire de chaque peuple est respectable. Les populations ne sont pas interchangeables". Que viennent faire ses notions xénophobes dans un mouvement qui se voudrait écologique, seul le responsable d'une société de surveillance vidéo pourrait sans doute l'expliquer : à pays fermé à l'immigration, barrières et caméras sont les équipements premiers. Mais il y a mieux encore chez le Henri Guaino (ici avec sa femme) de Marine le Pen. Il y a l'article 17, vers qui va ma préférence : "Nous voulons une politique familiale et démographique européenne en vue, notamment, de favoriser le renouvellement des générations et ce, afin d'assurer la stabilité démographique, condition de la stabilité économique, de la paix et de la biodiversité". Ah, la thèse démographique, vieux dada de l'extrême droite aussi, ça. Mais, là, sur le sujet, il faut vous dire que notre porte-plume de fifille a un atout majeur. Un atout qu'il a développé à plusieurs reprises dans son propre blog. Et cet atout, c'est un sacré numéro également...

Un cas assez spécial, disons, qui s'appelait Kienné de Mongeot. Ah, vous ne connaissez pas l'individu ? Pas grave, Ozon est là pour nous rappeler sa pensée profonde . En France, on l'a aussi appelé le "Pape des Nudistes", notre bonhomme  : "Kienne de Mongeot fut l’initiateur en France du Naturisme ou plus précisément de la Gymnosophie, la sagesse du corps, ce mouvement qui compta avant-guerre en Europe près de 6 millions de pratiquants (ce qui représente beaucoup plus que ce que comptent l’ensemble des partis écologistes d’aujourd’hui !). Le naturisme gymnique, fait de l’acceptation de notre nature biologique, de notre corps, la propédeutique de toute démarche écologiste" dit Pivert, un de ses disciples. Le naturisme, un mouvement, qui eût un certain succès avant guerre en effet. Mais pas tout de suite chez les nazis, en raison semble-t-il de l'opposition de Goering à la chose. On peut comprendre, à voir l'individu, pas vraiment un le type du héros hitlérien façon Arno Breker, le sculpteur attitré du régime. Mais Hitler lui se fera séduire par les arguments de son inspecteur de l'éducation physique à la direction du service du travail, Hans Suren, qui saura le convaincre habilement (par l'idée de "l'éducation physique différenciée selon les races" et un ouvrage, "Mensch und Sonne" (L'homme et le soleil) que l'on pouvait fabriquer aussi de très beaux nazis en les laissant se promener nus. Le naturisme fut donc admis sous Hitler en pleine guerre. Voilà une chose que j'ignorais encore et vous aussi certainement je suppose !

Ce qui laisse plutôt songeur, car dès 1928, le fameux Kienné de Mongeot, avec d'autres penseurs, avait aussi affirmé que "les maux dont souffrent l'humanité sont issus des perversions sexuelles et des névroses causées par la morale judéochrétienne pudibonde et hyprocrite. Le sadisme et le masochisme n'ont pas d'autres origines. Les guerres, les viols la prostitution sont le lot des pays où la pudeur a modifié et compliqué l'instinct sexuel primitif". Hitler séduit par les idées de Freud, on aura tout vu... Ouh là, ça devient chaud au FN ! Que faire de Jeanne D'Arc la pucelle alors, qui se battait comme un chevalier ? Et que dire aux militants sinon de conseiller "l'instinct sexuel primitif " lors des réunions du parti ? Vous ne trouvez pas ? Surtout que je vous en ai trouvé une autre, de phrase du fameux Kienné tant admiré par le rédacteur du discours de fifille : "Il est encore plus anti-naturel de boire un - même pas deux ! - verre d’alcool que de se livrer aux jeux de l’amour ! Même avec excès ! » En effet, en gymnosophie, l'excès de Vie n'est jamais néfaste !". Et voilà comment sans doute Laurent Ozon résout l'équation démographique française, celle à laquelle il tient tant dans son article 17 de sa "maison écolo". Voilà que le FN devient le porte-parole de la sexualité débordante et de la France considérée comme baisodrome : l'ineffable Pivert avait même terminé son panégérique de Kienné par un très beau : "son testament spirituel auquel il porta la dernière touche trois ans avant sa disparition, portait d'ailleurs comme titre : La Révolte des Sexes". Selon lui, l'ouvrage sera volé peu de temps après son décès. Par un obsédé, sans nul doute. 

Fifille ne parle donc pas comme son père, visiblement : combien de fois n'est-il pas intervenu en effet sur la "décadence des mœurs" de la France ? Un de ses disciples, "Guillaume Peltier,(alors au FNJ) accusant Mai 68 d'avoir « légué la liberté sexuelle avec le sida » et appelait à « faire taire l'anti-France » (*) . Dans son dernier discours, il traçait encore une fois le "portrait de la décadence et de la déchéance" de la France... Même qu'il en avait eu le retour de bâton dans sa carrière, du coup de la "décadence", avec sa première femme. Elle s'était en effet clairement vengée, la Pierrette (Lalanne). Vengée l'éducation donnée à ses filles, notamment : "et comme si ses valeurs racistes certaines et son affection pour Hitler ne suffisaient pas, Le Pen a éduqué ses trois filles dans l'antisémitisme et le racisme pur et dur. Il leur interdisait notamment de regarder la série télévisée Holocauste", précise-t-elle. "J'ai fait tout ce qui était possible pour les protéger et les tenir à l'écart de ses idéaux." Et il y avait matière à protéger, ajoute Bakchich : surtout de ses amis proches.

Il n'empêche, au final le paquebot newlook revu par fifille ressemble aux destroyers américains (ou leurs porte-avions) et leurs pachas déboussolés : "Entre la défense de l’Ours et de son biotope d’origine et celui d’un modèle de famille Amish en version catholique sepia, le bureau politique du FN prend des allures d’armée des 12 singes en lutte contre le Système" conclut avec humour "Bouteille à l'Amer", en décrivant l'arrivée de David Mascré, Louis Aliot (le compagnon de fifille) et Laurent Ozon au sein du nouveau bureau politique du FN." Laurent Ozon, puisque c’est de lui dont il s’agit, fait ainsi directement son entrée au BP du Front national . Il n’est pas membre du comité central du FN. Mais si le comité central approuve statutairement la composition du BP, pour autant, les membres du BP ne doivent pas obligatoirement être issus du comité central, nous a t-on indiqué sur place à Tours. C’est à Marine Le Pen qui en a les prérogatives en tant que présidente que M. Ozon doit cette nomination" indique Le Monde. Selon Bruno Bilde, proche de Marine Le Pen, “M.Ozon est au FN depuis peu qu’il aurait rejoint en raison de son parcours intellectuel”. Ce ne serait pas, toujours selon M.Bilde, un “signe envoyé aux Identitaires”. Un signe envoyé aux naturistes, alors ? "Tous à poil avec Marine", en voilà un slogan porteur, non ? Allez, Ozon, Ozon, Ozon !

PS : aux dernières nouvelles, le mouvement est sur le déclin.
 
(*) il finira... à l'UMP qu'il a rejoint le 31 mars 2009 !
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Published by valenton rouge - dans France
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