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 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 17:17

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Dans le flot des commentaires qui ont précédé et suivi la publication du rapport Gallois et les annonces gouvernementales qui l’ont accompagné - sous le nom de Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi - on a jusqu’ici assez peu relevé l’intéressante analogie de répertoire entre les premiers mois du quinquennat Sarkozy et ceux du quinquennat Hollande : le lancement, très médiatisé, peu après l’élection présidentielle, d’un rapport de référence commandé à un ou plusieurs « experts », le rapport Attali dans le premier cas et celui de l’ancien président d’EADS dans le second [1]. La méthode permet au gouvernement, inspiré par un travail de fond, de fixer un cap de politique économique, en particulier concernant les « réformes structurelles » nécessaires durant le quinquennat [2].

Sur la forme, l’analogie est d’autant plus nette que les « experts » sont issus, très majoritairement, du patronat et de la haute fonction publique économique et financière. Ils s’inscrivent dans une tradition « modernisatrice » pour laquelle la France, toujours « en retard » sur ses concurrents, doit entreprendre avec « courage » une série de réformes inspirées d’expériences étrangères qui garantiront sa croissance future. L’approbation, plus ou moins enthousiaste, des représentants patronaux et des principaux médias à l’égard des diverses propositions contenues dans les deux rapports les rapproche également. Instruments de politique publique, l’un et l’autre servent à mettre sur l’agenda un ensemble d’orientations qui cadrent la politique économique du pouvoir en place en mettant en avant l’expertise économique d’un ou plusieurs acteurs légitimes, situés entre la droite et la gauche de gouvernement. Ces orientations sont ensuite adoptées par le gouvernement.

Sur le fond, l’analogie est tout aussi frappante, et témoigne de la grande continuité en matière de doctrine économique entre le « sarkozysme » et le « hollandisme », ce dernier constituant une nouvelle forme d’une même doctrine que l’on peut appeler le « néolibéralisme » à la française avec ses deux variantes, dites « de gauche » et « de droite ». Sur la base d’un constat de déclin ou de crise du modèle français, étayé par des courbes aux tendances catastrophiques, l’horizon des « réformes » est la réduction rapide de l’endettement public et la recherche d’un regain de « compétitivité » de l’économie française dans le contexte de la mondialisation, et cela par l’entremise d’une « rupture » ou d’un « choc » [3].

Les moyens proposés pour y parvenir appartiennent à la même famille : ils sont centrés sur l’investissement (notamment public) dans la recherche et le développement, en vue de favoriser l’innovation (la fameuse « économie de la connaissance »), et sur diverses mesures « hors-coût » [4], mais aussi sur la baisse du coût du travail censée permettre de rétablir la compétitivité-prix des entreprises. Ils proposent des changements institutionnels (réformes « structurelles ») concernant notamment les rapports entre patronat et salariés, dans un sens globalement favorable aux premiers.

Les dispositifs se ressemblent, le crédit d’impôt recherche, au coeur du rapport Attali, devenant un modèle en matière d’incitations fiscales appelé à se généraliser avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi issu du rapport Gallois. Le recours à une hausse de la TVA, quant à lui, rapproche les choix fiscaux des deux quinquennats, choix dont les différences furent pourtant au centre de la compétition électorale en 2012. D’où, au passage, un « choc » de défiance dans l’électorat de François Hollande et chez les économistes qui attendaient de ce changement politique une grande réforme fiscale.

On pourrait ajouter que l’un comme l’autre sont une déclinaison assez peu originale des grandes orientations contenues dans la stratégie « Europe 2020 » de la Commission européenne [5], dans les rapports du FMI et de l’OCDE consacrés à l’économie française, et finalement dans le discours des élites économiques françaises depuis le rapport Rueff-Armand ! La redondance des préconisations participe d’ailleurs de leur évidence pour les acteurs dirigeants. Au fond donc, rien de très nouveau dans le long cours du néolibéralisme à la française [6].

Cinq ans plus tard, on pourra simplement relever qu’avec le changement de majorité, la tonalité du rapport est devenue plus modeste et moins comminatoire, celui-ci mobilisant beaucoup moins de ressources et couvrant un secteur plus limité de l’action publique : l’industrie. Plus défensif aussi, le rapport Gallois insiste certes sur la nécessité de choix rapides et « courageux », en demandant au gouvernement de ne pas perdre de temps. Mais il n’en chiffre pas systématiquement les effets attendus, là où le rapport Attali avançait imprudemment des prévisions qui furent balayées par la crise mondiale. Plus calibré, le rapport Gallois aura moins de chances d’être totalement obsolète dès que les grands paramètres de la dynamique économique auront évolué. Il reste que l’annonce de la création future de 300 000 emplois et l’optimisme affiché en matière de croissance par le gouvernement Ayrault relèvent de la même méthode Coué qu’affectionnait Nicolas Sarkozy et qui a contribué à sa perte de crédit.

On peut penser que le sort du rapport Gallois sera semblable à celui du rapport Attali, car la doctrine économique qu’il mobilise est tout aussi erronée. Dans un contexte de crise financière, puis de récession mondiale en 2009, les gouvernements ont été conduits à accroître brutalement leur niveau d’endettement public pour tenter de juguler l’effondrement du système bancaire et la montée du chômage, renvoyant le désendettement à des jours meilleurs. Aujourd’hui, le rapport Gallois en appelle à une politique fiscalement orthodoxe plus favorable aux entreprises qu’aux ménages (politique dite « de l’offre ») à un moment où la récession européenne se généralise. En pensant que des stratégies non-coopératives vont avoir des effets positifs durables, les « élites » commettent le même contre-sens historique qui, dans l’entre-deux guerres avait plongé le monde dans la Grande Dépression.

Comme l’ont immédiatement rappelé les économistes de conjoncture de l’OFCE (Henri Sterdyniak en premier lieu), l’application des préconisations du rapport Gallois va renforcer la dynamique récessive de l’économie européenne en généralisant la stratégie allemande de limitation des coûts salariaux et en accroissant la concurrence interne à l’espace européen dans un contexte de demande globale déprimée. Le policy-mix adopté par le gouvernement français, qui repose sur des prévisions budgétaires hyper-optimistes, va tout droit vers un échec programmé : stagnation prolongée, hausse du taux de chômage, diminution des rentrées fiscales, nouveaux plans d’austérité sont d’ores et déjà les enchaînements macroéconomiques à l’oeuvre en Europe. L’application du rapport Gallois les rendra plus inéluctables encore.

Cette dynamique macroéconomique perverse est devenue tellement évidente à l’échelle européenne - les cas grec, portugais et espagnol constituant en quelque sorte l’avant-garde d’un processus global - que des économistes néoclassiques, dont certains de sensibilité libérale, en appellent aujourd’hui à un relâchement de la pression austéritaire pour alléger la « souffrance » des peuples, au profit du simple « bon sens économique » [7]. Ils font ainsi suite aux inquiétudes déjà exprimées par le FMI en matière de conjoncture et à l’angoisse grandissante de voir dans la zone euro une sorte de « trou noir » de l’économie mondiale, angoisse qui ressurgit à chaque sommet international.

Le cercle vicieux n’est pourtant pas près d’être brisé, puisqu’aucune mesure politique débattue au sein des gouvernements n’est aujourd’hui réellement susceptible de relancer l’emploi et la confiance en Europe. Il faut donc se résoudre à voir les autorités, confrontées à leur propre échec, adopter une rhétorique qui rappelle chaque jour un peu plus celle des années 1930, entre dévaluation compétitive, obsession de l’équilibre budgétaire et discours de sacrifice.

Chaque révision conjoncturelle à la baisse, entraînant un nouveau « tour de vis » austéritaire, renforce l’hypothèse selon laquelle nous sommes entrés dans un cercle vicieux récessif. Cette hypothèse est en train de devenir majoritaire chez les économistes, même les plus orthodoxes, mais ceux-ci ne trouvent plus guère d’écho chez les décideurs politiques et administratifs qui attendent désespérément un « choc de confiance » résultant de mesures toujours plus brutales et inefficaces.

Si les économistes qui ont participé en première ligne à la formation des politiques publiques depuis la deuxième guerre mondiale sont aujourd’hui de plus en plus marginalisés - hormis ceux, de moins en moins nombreux, qui contribuent à entretenir la croyance néolibérale européenne - on peut se demander quel groupe social ou professionnel pourrait aujourd’hui contribuer à une inflexion. Certainement pas les sociologues qui voient pourtant s’aggraver les effets sociaux de la dynamique en cours, en matière de précarité d’emploi, d’inégalités de santé, de conditions de travail, etc.

Les conflits sociaux, qui se multiplient en Europe du Sud sous la violence du choc austéritaire, n’apparaissent pas en mesure de briser ce cercle vicieux, du moins pour l’instant. Les mouvements sociaux sont en effet, comme dans les années 1930, confrontés à l’effet destructeur de la menace pesante du chômage. Cela les conduit à des stratégies défensives visant, pour l’essentiel, à limiter l’ampleur des plans de licenciement, à résister à la pression à la baisse sur le coût du travail et à la dérégulation accrue du marché du travail, en s’appuyant sur les divisions politiques entre l’aile gauche et l’aile droite du néolibéralisme. Les mouvements de jeunes Indignés trouvent un écho important, mais semblent impuissants à entraîner les sociétés dans une alternative, comme l’illustre le cas espagnol où les partis de droite continuent de maintenir le cap austéritaire avec un certain soutien électoral.

On peut cependant raisonnablement penser que c’est du champ politique, de plus en plus instable, que viendra sans doute la fin de ce cercle. On a vu qu’en Grèce l’effondrement de la social-démocratie (le PASOK) avait suivi l’expérience d’une fin de règne chaotique, au profit de la gauche radicale (SYRIZA) et de la montée de l’extrême-droite néonazie. Cela dans un environnement où le maintien du pays dans la zone euro est tout sauf assuré, malgré des votes parlementaires arrachés de plus en plus difficilement par la « troïka » FMI/Banque centrale européenne/Commission européenne.

A première vue, rien de tel en France : l’alternance entre le PS et l’UMP semble devenue un jeu de balance sans surprise au sein du courant néolibéral, et la France reste solidement arrimée au coeur de la zone euro... Faisant mine, théâtralement, de voir dans la politique du gouvernement Ayrault une inflexion forte par rapport à celle du gouvernement Fillon - alors que le patronat admet la continuité et s’en félicite -, l’UMP commence d’ailleurs à tirer profit de l’effondrement de la popularité de la nouvelle équipe et de la validation a posteriori de ses orientations. Son triomphe aux élections municipales et européennes de 2014 serait la suite logique de ce jeu de bascule et aboutirait à une accentuation des politiques d’austérité en France.

Pourtant, même si la prévision politique tient encore plus de l’art que la prévision macroéconomique, aujourd’hui en grande difficulté, d’autres scenarii apparaissent aujourd’hui possibles. La fin de l’espoir de changement politique et économique en Europe, qui avait suivi l’élection de François Hollande, va accroître les divisions internes à la social-démocratie et à la gauche. Un succès social-démocrate aux élections allemandes de 2013 ne modifiera sans doute pas les orientations austéritaires majoritaires en son sein. Les forces situées à la gauche de la social-démocratie seront ainsi conduites, à nouveau, à clarifier leurs relations avec celle-ci, faute de quoi elles seront entraînées dans son discrédit. Les conflits internes à la gauche devraient donc s’intensifier, d’autant que les mouvements sociaux, même défensifs, ont déjà atteint un niveau relativement élevé en Europe.

Mais c’est surtout à droite que la situation risque rapidement de devenir plus confuse. Car la stratégie d’orthodoxie économique affichée par les principaux dirigeants, en France comme en Allemagne et dans les autres pays, et dont l’échec se généralise en Europe, masque un déplacement souterrain des organisations partisanes et des électeurs vers des positions de plus en plus radicales qui modifient ses équilibres internes. Cela se traduit notamment par les succès d’une extrême-droite conquérante - sous des formes diverses - qui profite de la crise sociale pour avancer des solutions ethnico-nationales de plus en plus populaires électoralement.

Les opinions se radicalisent en fait sur plusieurs plans : les attitudes en matière économique, de plus en plus virulentes face à l’orthodoxie fiscale et contre la solidarité européenne ou contre l’euro ; en matière « identitaire », avec la campagne permanente entretenue en Europe contre l’Islam et les minorités comme les Roms ; et même en matière « sociétale » avec des positions conservatrices d’origine religieuse plus ouvertement mobilisées sur l’homosexualité, la famille, etc.

L’un des enjeux à droite est de savoir laquelle de ces formes de mobilisation sera la plus payante électoralement, et comment gérer les contradictions entre ces diverses postures, qui s’additionnent dans l’opposition, mais entrent vite en conflit dans un cadre gouvernemental. Dans ce contexte, un glissement idéologique général vers une nouvelle « révolution conservatrice », à forte teneur nationaliste (y compris sur le plan économique), devient donc l’issue la plus probable de la Grande Dépression, comme ce fut le cas dans les années 1930 dans plusieurs pays. Il faut donc s’attendre à voir plusieurs situations nationales basculer dans une nouvelle forme politique, préfigurée par le « berlusconisme » italien, et les évolutions vers l’extrême-droite du « sarkozysme », alliant hypernationalisme ethnique et ultralibéralisme.

 

Notes

[1] Pour le « Rapport sur la libération de la croissance française » : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000041.pdf ; pour le « Pacte pour la compétitivité de l’industrie française » : http://www.gouvernement.fr/rapport_de_louis_gallois_sur_la_competitivite_0.pdf

[2] Dans les deux cas, on notera que le rapport n’émane ni de l’administration centrale ou d’un corps de contrôle, ni du Conseil d’analyse économique ou du Centre d’analyse stratégique (l’ancien commissariat du Plan) placés auprès du premier ministre. On se situe dans la grande tradition du rapport d’expert illustrée par le rapport du comité Rueff-Armand en 1959 en vue d’assurer « la suppression des obstacles à l’expansion économique ». La continuité de répertoire d’action publique entre le contenu et les conditions de production de ces rapports mériterait une analyse socio-historique approfondie.

[3] On a ainsi trop peu commenté la rhétorique du « choc » qui fait suite à celle de la « rupture » et de la « libération » rapide de la croissance. Là encore, une analyse du discours permet de faire apparaître le ressort fondamental de l’opération de politique publique : les mesures sont construites comme un changement rapide et radical qui va engendrer un surcroît de croissance à moyen terme, ne serait-ce qu’en suscitant la « confiance » des acteurs privés.

[4] Olivier Bouba-Olga, Le rapport Gallois, c’est quoi ? : http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/

[5] http://ec.europa.eu/europe2020/index_en.htm

[6] Voir l’ouvrage de François Denord, Néo-libéralisme version française. Histoire d’une idéologie politique, Demopolis, Paris, 2007.

[7] http://www.manifestoforeconomicsense.org

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 08:03

1786023_3_d27f_louis-gallois-et-jean-marc-ayrault-le-5_3360.jpgCLIQUER SUR LA PHOTO

 

 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 13:49

a69suflceaaufbc.jpgOn a eu droit avec le rapport Attali (début 2008) à un hymne à la « libération de la croissance ». Voici venu le temps de l’invocation de LA compétitivité, source majeure, selon notre Président, de croissance et d’emploi. Tout se passe comme s’il n’en existait qu’une modalité : LA compétitivité. Celle que nous dicte l’univers impitoyable de la guerre économique néolibérale de tous contre tous par tous les moyens, y compris les plus destructeurs de la société et de la planète.

Une telle vision signe la défaite du politique, dont l’une des missions devrait être la détermination des règles du jeu économique, donc des règles de la compétition dans la sphère marchande (qui n’est pas la seule, et dont le politique doit aussi circonscrire le périmètre pour préserver des biens communs hors marchés). La concurrence marchande peut, selon les cas, être raisonnable, équitable, loyale, ou se transformer en jungle où les plus faibles trinquent. LE marché n’existe pas, ni LA compétitivité. Les marchés sont des constructions politiques qui ont évolué dans le temps, et qui diffèrent selon les secteurs en dépit de l’invasion des normes néolibérales axées sur la « valeur pour l’actionnaire ». Or ce sont ces dernières qui sont prises aujourd’hui comme références incontournables pour concevoir LA compétitivité. À pensée unique, concept unique.

Or il existe autant de modalités de concurrence, compétition ou émulation, autant de formes de marchés, qu’il existe de :
1) Règles encadrant les marchés (y compris celui du travail), des marchés locaux aux marchés mondiaux.
2) Structures de la demande, et en particulier structures des inégalités.
3) Structures de la production, secteurs et branches, degrés de concentration des pouvoirs, normes de gestion (pour l’actionnaire, pour les sociétaires, pour les coopérateurs, pour l’intérêt général et l’utilité sociale…), etc.

Si la compétitivité des entreprises désignait leur capacité à survivre honorablement (avec évidemment des cas non viables mais gérés selon des règles sociales) dans une concurrence bien encadrée socialement et écologiquement, si elle désignait leur capacité à innover, à s’adapter, à répondre à des besoins d’émancipation humaine, j’aurais peu de raison d’écrire « ras-le-bol ».

Mais on est à l’opposé. En dépit des couplets de Louis Gallois sur l’innovation et sur d’autres coûts, c’est bel et bien la baisse du coût du travail qui est visée, ainsi que sa flexibilité (comme si elle n’était pas déjà partout). Il s’agit de tout faire pour que les entreprises françaises, essentiellement les multinationales, s’adaptent encore plus aux règles néolibérales du dumping social et écologique mondial, quitte, pour un gouvernement de gauche, à tenter de limiter la casse sociale un peu plus que ne l’aurait fait son homologue de droite. Il s’agit de s’inscrire dans la guerre commerciale de tous contre tous mais en mettant une touche de social dans la marche des fantassins.

On me dira : oui, mais cette guerre existe et ce n’est pas un gouvernement français qui va en changer les règles ! Je demande à voir. Certes, ce gouvernement n’est pas capable de transformer l’OMC en OCM (organisation de la coopération mondiale) ni le FMI en banque solidaire. Mais là n’est pas le problème urgent en France, même si cela reste un grand problème mondial. Les politiques nationales et européennes restent très importantes.

Supposons qu’on décide d’utiliser autrement les quelques dizaines de milliards qu’on s’apprête à offrir aux entreprises. Supposons qu’on lance des programmes ambitieux (et bien meilleurs pour l’emploi) favorisant toutes les activités locales ou relocalisables de réhabilitation thermique de millions de logements en dix ans, d’énergies renouvelables décentralisées économisant à terme des milliards d’importations de pétrole et de gaz, de transports collectifs « propres », de services de bien-être pour les personnes âgées, la petite enfance et les personnes handicapées, la santé et l’éducation.

Supposons un appui résolu à tous les circuits courts, aux PME de proximité et à l’agriculture alimentaire de proximité, ainsi qu’à une filière bois-forêt. Supposons qu’on privilégie la recherche et l’innovation (technologique et sociale) dans les procédés et productions soutenables dans tous les secteurs.

Supposons qu’on décide, ce que propose Attac, d’une taxe kilométrique sur toutes les importations et toutes les exportations, avec des taux initiaux faibles mais destinés à progresser, avec des taux différents selon les modes de transport en fonction du « contenu carbone ». Supposons bien d’autres choses encore pour REDUIRE LA DEPENDANCE AUX IMPORTATIONS ET L’IMPERATIF D’EXPORTATION A TOUT PRIX, pour favoriser des dynamiques de territoires et des coopérations « endogènes ». Pour protéger la société et l’environnement sans privilégier le protectionnisme unilatéral.

Rien de tout cela n’est impossible, et cette liste peut être beaucoup allongée, en y intégrant une vraie révolution fiscale réductrice d’inégalités. Mais on ne risque pas de trouver ces mesures en nommant un grand patron pour rédiger un rapport sur LA compétitivité comme simple adaptation à la guerre économique mondiale existante, prise comme cadre incontournable.

Madame Parisot était très satisfaite hier soir à la télé. Elle a bien raison de l’être. Ce gouvernement lui a déroulé le tapis rouge, avec quelques touches de rose. Jamais le MEDEF n’a obtenu autant d’un gouvernement, quel qu’il soit. Ceux qui vont payer ce cadeau, un authentique dumping fiscal, seront les salariés, les retraités, les services publics et les associations. Et comme c’est un cadeau sans contreparties, il ne fera pas reculer le chômage. Mais les dividendes continueront à bien se porter.

Quand on fera le bilan du montant des dépenses publiques par emploi créé, on s’apercevra qu’il est exorbitant, sans commune mesure avec le coût complet d’un emploi de bonne qualité, public, associatif ou privé. J’en fais le pari, et je suis certain de le gagner, vu l’énormité de l’effet d’aubaine et l’absence de contreparties.

Pour information, Attac et la Fondation Copernic s’apprêtent à sortir un très bon livret « en finir avec la compétitivité ». J’en reparlerai.

RETROSPECTIVE DE LA COMPETITIVITE DEPUIS LES ANNEES 1960

Dans un super article http://tinyurl.com/adsorv8, Frédéric Lemaire propose une rétrospective de la façon dont la compétitivité a fait son entrée comme slogan politique avant de s’imposer depuis 2000. Voici de courts extraits, mais une lecture complète ne vous décevra pas, et ne manquez pas une minute trente de vidéo de Pompidou en 1967.

« … C’est à partir des années 80 que prend forme une véritable doctrine européenne de la compétitivité, sous l’impulsion décisive de la Table ronde des industriels européens, puissant lobby industriel… qui participera activement à l’élaboration de l’Acte unique européen. Le traité se basait sur le Livre Blanc publié par la commission Delors en 1985. Ce document était, comme le reconnurent ses auteurs, lui-même directement inspiré du rapport « Europe 1990 » rédigé par le lobby industriel.

Le marché unique sera un premier pas dans l’imposition de la compétitivité comme impératif catégorique… Ce n’était qu’un début : lorsque Delors rend en 1993 son Livre blanc sur la croissance, la compétitivité et l’emploi, il remercie les industriels pour leur soutien lors de sa préparation…

La stratégie de Lisbonne adoptée en mars 2000 apparaît comme l’aboutissement de cette symbiose entre la commission et le lobby industriel. Elle sacrait pour dix ans la compétitivité comme objectif n°1 de l’Union européenne, appelée à devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010 ». Pour les lobbies industriels, le rêve se réalisait : l’Union européenne, dévouée toute entière au bien-être des grands groupes privés. »

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 13:14

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En précisant, ce matin sur les ondes d'Europe 1, dans le cadre de l'affaire Aurore Martin, que " la lutte contre le terrorisme ne doit souffrir d'aucune hésitation", le Ministre continue à laisser croire qu'Aurore Martin est une terroriste. C'est irresponsable et indigne d'un Ministre de la République.
Après avoir déclaré dimanche (Sud Ouest), « je fais confiance à la justice espagnole pour traiter le cas d'Aurore Martin en tenant compte du fait qu'elle n'a pas de sang sur les mains », dès lundi matin, M.Valls s'est réveillé d'humeur belliqueuse.

Alors que le processus de paix est engagé, que le candidat François Hollande avait demandé à C.Guéant en juillet 2011 la clémence pour Aurore Martin, cet acharnement du Ministre de l'intérieur doit cesser. Il devrait prendre toute la dimension du très large rassemblement républicain qui demande le retour d'Aurore Martin dont le seul « crime » est la participation à des réunions publiques. Après un "mensonge d'Etat" sur les conditions de l'arrestation et de l'extradition, M.Valls devrait aujourd'hui changer de comportement. Il vient déjà de faire pire que la droite. Cela suffit, non ?

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 12:52

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 12:47
  ayrault-hollande.jpgInternet et Twitter ne cessent de hurler contre toutes les mesures (ou inactions) du gouvernement Ayrault et ce dernier n'entend rien tout en mettant en scène un bordel plus ou moins contrôlé. Résultat, le PS organise son calendrier comme Sarkozy : des effets d'annonce pour alimenter le buzz et épuiser les gens dans des affrontements inutiles car rien n'est tranché in fine. Il devient de plus en plus évident que les français aiment les présidents nuls : c'est le troisième à la suite.  

 

 

Tout y va, l'extradition hallucinante d'Aurore Martin, la popularité de Valls auprès des électeurs de... droite, la dépénalisation du cannabis, le droit de vote des immigrés, l'aéroport pas nécessaire de Notre-Dame-des-Landes, le TGV au pays Basque, le nucléaire, le mariage pour tous, la Syrie, tout. Et comme le bras d'honneur de Gérard Longuet aura fait son petit effet au-delà du camp politique de la droite, il ne faudra pas s'attendre à un geste symbolique ou de vraies excuses lors du voyage de Hollande en Algérie le mois prochain.

 

Tout s'affaisse. Un écroulement politique. Le PS se congratule en congrès et ne voit rien en dehors. Pendant ce temps, le pays se déchire et la chasse à l'islam continue, à droite comme à gauche tandis que ceux qui s'offusquent contre les couvertures du Point ne semblent pas remarquer ce n'est pas vraiment pire que ce qui se dit depuis des années du côté des Fourest, Levy et Onfray, comme le souligne ce texte définitif de Sylvie Tissot, Qui a peur du communautarisme? Un mouvement s'organise pour montrer à la France qui sont les vrais Français, ceux du métissage. Les communautaires en ont marre d'être rejetés par ce gouvernement plus jacobin que jamais qui ne comprend toujours pas le monde moderne. Les gens veulent être vus et entendus. Mais la gauche nous étouffe encore plus.

 

Le mariage pour tous est un bon exemple. Il est désormais évident que le gouvernement Ayrault va utiliser la polémique jusqu'à la corde et empoisonner le pays avec une loi pourtant facile à rédiger, et qui ne coûte rien à l'Etat. Comment tourner un truc facile à faire en gangrène pour tous? À un moment, il faut savoir faire preuve d'autorité sur les bonnes décisions. C'est du symbolique, stupid! À la place, les hésitations de la gauche encouragent le camp anti mariage gay qui utilise aussi ce thème pour mobiliser les troupes. Dans les confrontations, la gestion du temps est capitale : il faut aller vite, passer en force. En rallongeant « le temps de réflexion » jusqu'au mois d'avril 2013, Ayrault laisse pourrir le mariage pour tous sur notre dos. Car c'est bien de nous qu'il s'agit quand les insultes sont lancées. Nous les recevons. Ayrault utilise le sujet LGBT comme un détour afin de focaliser les insultes sur les gays et les lesbiennes,  non pas la gestion de la crise.

Les personnes LGBT ne sont pas dupes. Elles se trouvent instrumentalisées dans un agenda bloqué. Leurs associations sont inefficaces car inféodées au PS. Mais les éditos coléreux commencent à fuser. D'autres croient toujours bon de choisir le ton de la supplique. Mais tout le monde regarde Ayrault s'embourber de plus en plus dans un rôle d'allié inefficace, qui devient progressivement le mauvais ami. Le traitre. Celui qui, finalement, n'a rien compris à ce que vous dites, après toutes ces années.

 

 

De toute manière, Ayrault et Hollande, c'est Dupont et Dupont. Ils ont le même look, la seule chose qui les sépare, c'est une très légère variante dans leur incapacité à s'exprimer. Car en plus d'être brouillons, ils n’ont aucun sens oratoire - alors qu'il y a des cours pour ça, ils ne le savent peut-être pas. Les voir à la télé est déjà devenu un supplice, comme cela a été pour Sarko, comme cela a été pour Chirac, comme ça l'était pour le dernier septennat de Mitterrand. Cela fait 30 ans que les Français élisent des hommes horripilants. Quand Ayrault parle à l'Assemblée nationale, on dirait que chacune de ses phrases se termine par un "Na!" imaginaire.

- "Oui, je me battrai pour l'industrie de l'automobile, na!"

-"Oui, je trouve que Google devrait être français, na!"

- "Oui, je suis un premier ministre énergique, na!"

Faites-le la prochaine fois que vous le voyez à la télé, ça marche.

 

Sur tous les sujets de société; Hollande et Ayrault ressemblent à leurs parodies du Grand Guignol.

6 mois ont passé et pas une seule mesure symbolique d'ampleur qui tourne la page sur un passé dramatique (l'Algérie) ou qui lance le pays dans une surprise commune, qui prouve qu'on peut changer les choses. Ce ne sont pas les sujets qui manquent, il y a le choix. Mais non, pas un seul effet de surprise!!!

Le PS est si largué qu'il énerve tout le monde, à droite comme à gauche.

C'est un super bon calcul, bravo les mecs. Le FN va être content.

 


Didier Lestrade
http://www.minorites.org/index.php/3-lagence/1400-le-ps-se-fout-de-nous.html
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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 12:36

arton2758-dabbd.jpgPendant la campagne électorale états-unienne, l’argent coule à flot. Et les grandes entreprises françaises, y compris publiques, ne sont pas les dernières à distribuer des milliers de dollars aux candidats. Avec un certain penchant pour les républicains les moins fréquentables : néoconservateurs et fondamentalistes chrétiens du tea party, dénégateurs du changement climatique, fanatiques des énergies fossiles et des armes à feu, jusqu’aux xénophobes avérés. Quand les intérêts économiques français se font complices de l’obscurantisme.

Aux États-Unis, le financement des campagnes électorales, que ce soit pour entrer à la Maison Blanche ou au Congrès, ne souffrent de quasiment aucune restriction, ni véritable obligation de transparence. Depuis deux ans, les dirigeants de sociétés cotées en bourse peuvent ainsi financer les campagnes, sans limites, via des comités d’action politique, appelés « Super PACs » (Lire notre article). De grandes entreprises françaises participent à cet afflux massif de dollars. Leur objectif premier : empêcher toute mesure significative de lutte contre le changement climatique, et toute régulation environnementale en général. Leurs financements favorisent également la frange des républicains la plus réactionnaire.

Avec des donations déclarées de 728 000 dollars, au 1er octobre 2012, auprès de candidats au Sénat et au Congrès, les entreprises françaises se placent au quatrième rang des firmes étrangères qui interviennent financièrement dans les élections. Elles sont certes moins généreuses que leurs homologues britanniques, suisses (respectivement 2,3 millions) et allemandes (près de 2 millions). Mais les sommes en jeu demeurent conséquentes, selon le relevé établi par le site états-unien opensecrets.org, animé par un centre de recherche indépendant qui scrute les financements des partis politiques états-uniens. Ces versements profitent d’abord au camp républicain : le groupe pharmaceutique Sanofi, EADS (aéronautique et défense), Areva (nucléaire), Lafarge (BTP), GDF-Suez (énergie) et le groupe Louis-Dreyfus (négoce de matières premières) ont chacun versé entre 55 000 et 192 500 dollars à des candidats, en majorité républicains [1].

GDF-Suez et Lafarge misent sur les climato-sceptiques

A regarder dans le détail, on s’aperçoit que nos champions du CAC 40 portent une attention toute particulière aux candidats climato-sceptiques, qui nient la réalité du changement climatique, et aux membres ultraconservateurs du Tea party, aussi bien hostiles à toute régulation qu’aux minorités (homosexuels, migrants, noirs…). Sur les 33 candidats que GDF-Suez a soutenu, le groupe français a ainsi versé des milliers de dollars à seize républicains clairement climato-sceptiques, ainsi qu’à six autres s’opposant à toute forme de régulation des gaz à effet de serre. Près des trois quarts des contributions directes de l’entreprise – environ 40 000 dollars – leur sont destinées. Le groupe de BTP Lafarge finance de son côté douze candidats climato-sceptiques et cinq opposés à toute régulation sur le climat. Soit 17 candidats sur les 23, auprès desquels l’entreprise a distribué 48 500 dollars de subsides.

Parmi les politiciens les plus prisés des entreprises françaises, on trouve par exemple John Shimkus, membre du Congrès pour l’Illinois. Il avait défrayé la chronique en 2009 en déclarant ne pas craindre la montée du niveau des océans parce que Dieu a promis à Noé que l’humanité ne serait plus jamais menacée par un déluge, selon la Bible... Autre chouchou de cette french connection, Ed Whitfield (Kentucky) : on le retrouve derrière toute une série de tentatives d’abrogation de mesures environnementales adoptées par les démocrates, depuis la classification des gaz à effet de serre comme polluants jusqu’aux normes de pollution de l’air par les centrales électriques. Ou encore John Barrasso, sénateur du Wyoming – financé par Sanofi et GDF-Suez – et déterminé à empêcher l’Agence de protection environnementale de faire quoi que ce soit en matière de changement climatique. Cette liste est loin d’être exhaustive.

Le Tea party, prisé par Vivendi et Sanofi

Parmi les élus républicains, figurent deux groupes de membres du Congrès spécialement mis à l’index par des associations citoyennes et écologistes à cause de leur acharnement à entraver toute forme de limitation de la pollution. Le premier est baptisé le « Five Flat Earth » (« les cinq de la Terre plate »), en référence à leur négation de toute considération scientifique environnementale. Le second est appelé le « Toxic Six » (les « six toxiques »), opposés à toute forme de lutte contre la pollution. Parmi leurs bienfaiteurs, on retrouve encore des entreprises françaises. Le républicain Dan Lungren (Californie), qui a le privilège douteux de faire partie des deux groupes, a reçu 2 000 dollars du groupe de services et restauration Sodexo.

L’assureur Axa a versé 6 000 dollars à la candidate Ann Marie Buerkle (New York), l’une des « five flat earth ». Lafarge soutient Chris Gibson (New York) des « Toxic Six », ainsi que Dan Benishek (Michigan) pour 7 500 dollars. La plus importante contribution directe de l’entreprise, qui clame pourtant son attachement à la « protection environnementale » et au « respect des communautés locales »… Membre des « five flat earth », Dan Benishek a qualifié le changement climatique de « foutaise », de « truc scientifique non prouvé », ou encore de « pure et simple machination ».

Financer le créationnisme

Et s’il n’y avait que les climato-sceptiques. Défendre le créationnisme, s’opposer à toute restriction des armes à feu, entraver les droits des homosexuels, des immigrés ou des Noirs, ne semble pas spécialement déranger les entreprises françaises. David Vitter, sénateur de Louisiane, financé par Lafarge et Louis Dreyfus, avait ainsi tenté de faire voter une subvention de 100 000 dollars à un groupe créationniste pour prêcher la « science chrétienne » dans les écoles de Louisiane. Le « Tea party », la frange la plus extrémiste des parlementaires républicains, bénéficie également de l’attention pécuniaire de Vivendi, Areva, Sanofi, GDF-Suez et du groupe Louis Dreyfus [2].

Des dizaines de milliers de dollars sont donc distribués ici et là, parmi les ultra-conservateurs. Et encore ne s’agit-il là que des sommes directement données à un candidat par des entreprises françaises. Si l’on considère les budgets d’ensemble des comités d’action politique (PACs), spécialement créés pour faire transiter les financements privés à but politique, les dépenses totales de ces entreprises hexagonales se portent à 700 000 dollars pour Axa, 644 000 pour Sanofi, 196 000 pour Vivendi ou 163 000 pour Areva.

La Société générale, fan de Mitt Romney

La Société générale et BNP-Paribas contribuent à travers les associations professionnelles et par des donations directes. Les deux banques ont par exemple déclaré à la Commission électorale fédérale (FEC) avoir distribué respectivement 218 000 et 32 000 dollars à la campagne de Mitt Romney. Le candidat républicain est, cette fois, le favori des banquiers : ceux de Goldman Sachs lui ont versé près d’un million de dollars, ceux du Crédit suisse un demi-million...

 

Les contributions de campagne des groupes français s’ajoutent à leurs dépenses de lobbying à Washington. Air Liquide, Alstom, ArcelorMittal, Areva, GDF-Suez, Lafarge ou Michelin ont chacune dépensé annuellement entre 600 000 et 1,5 million de dollars ces dernières années pour peser sur des projets de loi relatifs au secteur de l’énergie et du climat. Dans le secteur pharmaceutique, Sanofi bat tous les records hexagonaux, avec 6 à 8 millions de dollars dépensés chaque année. Vivendi, en raison de ses intérêts dans Universal, figure parmi les plus gros contributeurs historiques en terme de lobbying, avec pour objectif quasi exclusif la protection et le durcissement de ses droits de propriété intellectuelle. Le groupe a ainsi dépensé plusieurs millions de dollars en 2011 et 2012 à l’occasion du projet de loi avorté Stop Online Piracy Act (connu sous l’acronyme SOPA).

Areva, le nucléaire à tout prix

Une entreprise comme Areva illustre à merveille la continuité entre lobbying et dépenses électorales. Sans surprise, l’équipementier nucléaire concentre la majeure partie de ses dépenses de lobbying – plus d’un million de dollars déclaré par an depuis 2005 – sur les projets de loi relatifs à l’énergie et aux normes de sécurité et de pollution qui pourraient affecter la viabilité des centrales nucléaires. Les dons aux candidats effectués par Areva dans le cadre de la campagne 2012 suivent la même logique. Ils sont versés à des politiciens influents et connus pour leur soutien au nucléaire, qu’ils soient républicains (Fred Upton et Mike Simpson) ou démocrates (Steny Hoyer et James Clyburn). L’entreprise a également organisé des séminaires dans le cadre des conventions républicaines et démocrates pour assurer la promotion du nucléaire [3]. Cette stratégie d’influence, déjà contestable en elle-même, semble désormais justifier toutes les dérives et toutes les compromissions. Comment expliquer qu’une entreprise publique française finance ainsi six congressistes républicains se réclamant du Tea party ?

Les contributions déclarées par les entreprises ne sont que la pointe émergée de l’iceberg. Il existe bien des moyens de contourner les faibles règles de transparence qui régissent encore leurs dépenses politiques et électorales. C’est le cas notamment des groupes dits « c4s », acteur émergent de la campagne 2012, et dont l’immense majorité est favorable à la cause républicaine. Contrairement aux « superPACs », ils ne sont pas tenus de révéler l’identité de leurs donateurs et sponsors. C’est le cas d’un puissant réseau néoconservateur et néolibéral : l’American Legislative Exchange Council (Alec), dans lequel Sanofi et Louis Dreyfus ont joué un rôle actif aux côtés de célèbres entreprises états-uniennes.

Louis Dreyfus et les « bienfaits du dioxyde de carbone »

L’Alec s’implique activement dans toutes les causes chères à la droite extrême américaine, depuis la répression de l’immigration [4] jusqu’à la dénégation du changement climatique, en passant par la liberté de porter des armes à feu et d’en faire usage à titre préventif. Sur tous ces sujets, l’organisation élabore et promeut des « législations modèles ». L’Alec a ainsi, parmi ses multiples activités, tenté de promouvoir une « législation modèle » sur les gaz de schiste, dont le but à peine caché est d’affaiblir tout moyen de protection de la qualité de l’eau et de maintenir le secret commercial sur la nature des substances chimiques utilisées pour la fracturation hydraulique. Lors de son congrès en 2011, le programme de l’Alec proposait aussi une session sur les « bienfaits du dioxyde de carbone ».

Les grands groupes finançant l’Alec ont été ciblés par une campagne citoyenne de grande envergure, Alec Exposed [5], après que les informations fragmentaires existant sur leurs financements aient été recoupées. Pointées du doigt, des dizaines de multinationales nord-américaines, dont Coca-Cola, PepsiCo, Wal-Mart, McDonald’s, ou Kraft Foods, ont annoncé publiquement qu’elles se dissociaient de l’Alec. Côté français, Sanofi, particulièrement actif dans l’Alec, a fini par officialiser son retrait début octobre 2012. Louis Dreyfus affirme également s’être désengagé du lobby.

Tout sauf Obama

Les associations professionnelles permettent aussi aux entreprises de soutenir, indirectement, des candidats peu recommandables tout en préservant une apparence vertueuse de neutralité, évitant ainsi de se retrouver la cible de campagnes citoyennes. C’est ainsi que l’association PhRMA, représentant l’industrie pharmaceutique (présidée jusqu’il y a quelques mois par Chris Viehbacher, directeur général de Sanofi), a dépensé 10 millions de dollars lors de la campagne 2010 [6], contre seulement 200 000 dollars deux ans auparavant. En 2012, le secteur de l’énergie, emmené par des groupes comme l’American Petroleum Institute (dont sont membres ArcelorMittal, Technip, Total, Schlumberger et Schneider Electric), montre sa détermination à faire battre Obama en ayant déjà dépensé plus de 150 millions de dollars début septembre, avant même que la campagne officielle ne commence [7] !

 

La principale association professionnelle, l’US Chamber of Commerce, est systématiquement montée au créneau pour s’opposer à toutes les réformes de l’administration Obama, depuis la loi Dodd-Frank sur la finance jusqu’à la réforme du système de santé. Elle s’affiche comme la représentante de l’ensemble des entreprises américaines, mais est surtout déterminée à imposer sa vision néolibérale du monde. En 2012, elle a annoncé qu’elle comptait dépenser au moins 100 millions de dollars, principalement en spots télévisés ciblant indirectement Obama et les candidats démocrates vulnérables au Congrès et au Sénat [8]. La liste des membres et des donateurs de l’US Chamber of Commerce n’est pas publique, mais, là encore, Sanofi occupe un siège dans son conseil de direction. En 2010, une enquête avait révélé que près de 900 000 dollars collectés par la Chambre provenaient d’entreprises étrangères, parmi lesquelles Axa et Sanofi.

Des intérêts économiques qui s’accommodent du racisme et de l’homophobie

Déjà, à l’occasion des élections de mi-mandat de 2010, les financements accordés par les huit plus important émetteurs de gaz à effet de serre européens – dont ArcelorMittal, Lafarge, GDF-Suez et Solvay – s’orientaient principalement vers les candidats climato-sceptiques. 35% des contributions cumulées de ces huit entreprises étaient allées à des candidats niant purement et simplement le changement climatique, et 43% supplémentaires à des candidats opposés à toute forme de régulation des gaz à effet de serre, révélait le Réseau action climat Europe. L’ONG y voyait une illustration du double jeu des entreprises concernées, qui s’affichent comme écologiquement responsables, mais ne cessent de miner tout effort de législation ambitieuse sur le climat, que ce soit en Europe ou aux États-Unis.

En 2012, au-delà même du sujet central du climat et de l’énergie, l’engagement des entreprises françaises dans la vie politique américaine semble illustrer une complicité plus profonde avec la vision de la société et du monde véhiculée par la droite extrême américaine. L’opposition farouche et quasi religieuse à toute forme de régulation publique des entreprises et à toute forme de redistribution fiscale (exprimée de manière exacerbée aux États-Unis, et plus sourde en France) semble bien valoir quelques compromissions avec l’obscurantisme, le racisme et l’homophobie.

Olivier Petitjean

Photo de une : source

Notes

[1] Les premières entreprises françaises en terme de contributions déclarées sont Sanofi (192 500 dollars, à 57% pour des républicains), EADS (168 600 $, à 61% pour des républicains) et Axa (148 500 $, à 50,3% pour des républicains). Suivent Vivendi (89 000 $, à 53% pour des démocrates), Areva (82 000 $, à 67% pour des républicains), Lafarge (65 500 $, à 68% pour des républicains), GDF-Suez (55 000 $, à 68% pour des républicains) et le groupe Louis-Dreyfus (55 000 $, à 90% pour les républicains).

[2] Vivendi en soutient huit, Areva six, Sanofi, GDF-Suez et Louis Dreyfus cinq, Axa trois, ArcelorMittal et Lafarge deux, Arkema, Sodexo, Air Liquide et Michelin un.

[3] Source : arevablog ici et .

[4] Lire cet article.

[5] Initiée par ColorOfChange, un groupe soutenant la participation politique des Noirs américains, la campagne regroupe aujourd’hui des organisations aussi diverses que Greenpeace, le Center for Media and Democracy (actif sur les questions de lobbying et de pouvoir des entreprises), ou encore Common Cause (dédiée à la promotion d’une véritable démocratie citoyenne, transparente et responsable).

[6] Source.

[7] Voir [cet article du New York Times]->http://www.nytimes.com/2012/09/14/u...].

[8] Lire ici.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 10:58

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 10:33

 

wb_3D4E2A425E3340A6AE381050850EF023.jpgLa situation financière de l’Arrco et de l’Agirc est dégradée, notamment du fait de la crise. La destruction massive d’emplois, la précarisation et la stagnation salariale conduisent à une baisse, relative ou absolue, de la masse salariale, et par voie de conséquence à une baisse des cotisations. Depuis maintenant trois ans, les régimes puisent dans leurs réserves pour équilibrer leurs comptes. Mais ces réserves ne sont pas inépuisables. Le Medef veut profiter de cette situation pour imposer des nouvelles mesures régressives, qu’il qualifie par avance de mesures « conservatoires ». Il a obtenu l’ouverture d’une négociation le 22 novembre prochain.

Comme il se refuse à la moindre augmentation des ressources, la seule possibilité qui resterait serait donc de réduire le niveau des droits en cours d’acquisition, de revaloriser les pensions à un niveau inférieur aux prix, voire de ne pas les revaloriser du tout, de durcir les conditions de la réversion (passage du taux de 60 % à 54 % et âge minimum Arrco porté de 55 à 60 ans).
Il est même évoqué la possibilité de modifier les deux conditions requises pour une retraite sans abattement : augmenter la durée de cotisation et reculer une nouvelle fois l’âge, qui passerait à 64 ans pour la génération née en 1959.

Non content d’être un des principaux responsables de la crise en cours, le patronat, Medef en tête, veut en faire payer le prix aux salariés et aux retraités. Cette volonté constante s’inscrit bien dans l’objectif d’imposer l’austérité aux salariés et aux retraités de toute l’Europe. C’est une des raisons qui motivera une participation massive à la grande journée d’action européenne du 14 novembre prochain.

Pour la CGT, il est possible de financer les régimes afin de garantir un niveau de pension pour toutes et tous. Lors des dernières négociations, celles qui s’étaient ouvertes fin 2010, il avait été montré qu’en soumettant à cotisations la participation, l’intéressement, l’abondement des PEE, l’abondement des Perco et enfin les stocks options et les actions gratuites, on obtenait une rentrée supplémentaire annuelle de plus de 2 milliards d’euros pour l’Arrco et l’Agirc, soit la moitié du déficit sur une année. Avait également été chiffrée la mise à contribution des revenus financiers des entreprises qui apportait chaque année 10 milliards d’euros supplémentaires dans les régimes, soit 2,5 fois le déficit annuel.

Ces deux dispositions ne mettraient personne sur la paille et permettrait d’envisager l’avenir plus sereinement, avec y compris des améliorations pour les droits futurs, et les jeunes générations.

Des mesures au service du plein emploi

Au-delà de la situation des retraités actuels et futurs, ces améliorations sont indispensables pour aider à la reconquête du plein emploi, notamment dans le secteur industriel, en stimulant la consommation des retraités actuels et futurs, donc la demande intérieure. Soulignons que la reconquête du plein emploi est un élément incontournable pour assurer la pérennité de notre protection sociale et donc de nos régimes de retraite.

Les salariés et les retraités, rassemblés avec leurs organisations syndicales, peuvent imposer à la partie patronale, le Medef en particulier, la mise en œuvre de dispositions favorables aux retraités actuels et futurs.

 
Arrco Agirc
Nombre de cotisants (2010) 18 millions 4 millions
Nombre de retraités (2010) 11,48 millions 2,6 millions
Pension moyenne (2010) 299,75€ 752€
Pension femmes/hommes (2010) 58% 40%
Valeur du point au 1/04/2012 1,2414€ 0,4330€
« Prix d’achat » du point au 1/04/2012 15,0528€ 5,2509€

Source : Arrco et Agirc
 Déficit des deux régimes en 2011 = 3,8 milliards d’euros.
 Cotisations sur intéressement, participation… = plus de 2 milliards d’euros par an.
 Mise à contributions revenus financiers des entreprises = 10 milliards de ressources supplémentaires par an.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:47

planning-familial.jpg

 

http://www.planning-familial.org/actualites/le-remboursement-de-livg-100-pour-toutes-les-femmes-vote-lassemblee-007026

 

Les députés ont voté hier le remboursement à 100% des IVG par l'assurance maladie à toutes les femmes à partir de 2013, une promesse de campagne de François Hollande.

27/10/2012

Les députés ont voté vendredi le remboursement à 100% des interruptions volontaires de grossesse (IVG) par l'assurance maladie à toutes les femmes à partir de 2013, une revendication ancienne de nombreuses associations et une promesse de campagne de François Hollande.

Au cours d'un débat apaisé, où il a été abondamment rendu hommage à Simone Veil et à sa loi dépénalisant l'IVG (1975), la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a affirmé qu'il s'agissait d'un "choix de santé publique" et rappelé qu'un avortement n'était "jamais un acte anodin" pour une femme.

Actuellement, un avortement coûte, selon la méthode (médicament ou intervention chirurgicale) et selon le lieu (hôpital ou cabinet médical), entre 200 et 450 euros.

L'assurance maladie prend aujourd'hui en charge à 100% les IVG pour les jeunes filles mineures et entre 70% (en ville) et 80% (en établissement de santé) des frais pour les femmes majeures. La prise en charge à 100% représentera un coût de 13,5 millions d'euros.

Plusieurs députées PS ont cité Simone Veil, ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, qui avait fait voter en 1975 la légalisation de l'IVG, au terme d'un dur combat politique. Rare homme à gauche à intervenir, le député Jérôme Guedj, a dit son "émotion" de "légiférer sur l'IVG". "Je revois l'image de Simone Veil qui nous a tous marqués", a-t-il dit.

La députée UMP Bérengère Poletti, qui a souligné avoir fait de la contraception son "combat" de "femme libre", s'est opposée à un amendement de suppression de l'article signé de six de ses collègues UMP.

Beaucoup de députés ont souligné la difficulté d'accès à l'IVG.

Ainsi la communiste Jacqueline Fraysse a cité des délais allant jusqu'à cinq semaines, contre 5 jours recommandés, entre la prise de contact et l'acte dans un département comme la Seine-Saint-Denis, déplorant "le manque criant de centres IVG dans les structures publiques".

Mme Poletti a aussi souligné le fait que les nouveaux médecins n'étaient plus les militants des années 70.

"S'il n'y a plus l'esprit militant, il faut souligner le fait qu'il y a plus de femmes médecins", a rétorqué la ministre de la Santé, tandis que le jeune député socialiste Olivier Véran assurait que "les jeunes médecins sont tout aussi militants".

La députée écologiste Véronique Massonneau a plaidé pour que le gouvernement "travaille sur la revalorisation de l'acte", ce qu'il a promis de faire.

L'IVG chirurgicale est en effet une activité déficitaire pour les établissements de santé, conduisant certains à se désengager de cette activité et à réduire le nombre de lieux de prise en charge.

Selon un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) d'octobre 2009, le coût des IVG représente 70 millions d'euros, dont 55 "sont pris en charge par l'assurance maladie", le reste constituant le ticket modérateur à la charge des patientes.

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