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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:41
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http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/1392-le-racisme-anti-blanc-n-existe-pas-mais-il-a-gagne.html

par Richard Mèmeteau - Dimanche 28 octobre 2012


Professeur de philosophie, co-fondateur de Freakosophy, geek attardé, fan de comédie US, discuteur de théories en tout genre dans les cafés, et, depuis 2005, amoureux de Kele Okereke, le chanteur de Bloc Party.


Il faut réagir contre l'inique instrumentalisation de la gastronomie française par les tendances identitaires!!! Après le saucisson, le jambon et le pinard, le pain au chocolat est sur le point de devenir une cause nationaliste. Quand Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, les young terminators de la Droite dure (tout ça se résume peut-être qu'à une longue métaphore de bandaison), passent sur les plateaux, non seulement ils replacent sans style les termes de nations/peuple/patrie, mais surtout ils tentent nous faire associer le goût du pain au chocolat avec le goût de l'indignation envers le racisme anti-blanc. La gauche avait jusqu'à présent l'exclusivité de la dialectique compliquée : être contre quelque chose qui est contre (contre le racisme, le classisme, le sexisme, bref contre les discriminations...). Maintenant, la droite s'y est mise, et elle adore ça. 

E

videmment, l'histoire du pain au chocolat est ridicule (dernier avatar de la vanne : « Il n'y a pas un papier de cigarette entre le programme de F. Fillon et celui de J-F. Copé – si, au moins un pain au chocolat » @ Ce soir ou jamais, émission du mardi 23 octobre). Pourtant une fois les moqueries épuisées, et le sens de la vérité définitivement corrompu, le concept de racisme anti-blanc est resté (l'histoire, on le sait, n'a pas pu se passer ces deux dernières années, puisque le pain chocolat volé au petit écolier et détruit est supposé l'être sous prétexte de ramadan, alors que le ramadan est tombé deux ans d'affilée pendant les vacances scolaires – seule Nadine Morano avance sans preuves dans un tweet que l'histoire a eu lieu il y a 4 ans...). La France n'est en effet pas apte à comprendre pourquoi le concept de racisme anti-blanc est absurde ; elle n'a pas le logiciel pour l'éradiquer.

Un passage de l'émission du Grand 8, du 16 octobre, illustre parfaitement le problème : on était déjà en queue de comète de l'affaire des pains au chocolat, et c'est Guiullaume Peltier, le junior de la Droite Forte, qui était invité chez les copines d'Audrey, de Roselyne et de Laurence. Elles ont parlé de la petite anecdote de Copé. Comme en France la politique c'est de la littérature, on a analysé le discours, décortiqué les stratégies, et on s'est mis d'accord. Evidemment c'est un appel du pied au FN, qui a popularisé le terme bien avant l'UMP. Alors passée la littérature, voilà qu'Audrey Pulvar ajoute pourtant que bien sûr que le racisme anti-blanc existe (il y a des cons partout). « Le racisme, c'est le racisme, c'est tout, qu'il soit dirigé contre les noirs, les blancs ou qui que ce soient ». Ce qui pose problème, selon elle, c'est de ne parler que du racisme anti-blanc, en oubliant les autres. D'ailleurs, son autre chroniqueuse, Hapsatou Sy, ajoute qu'elle a été la première à dénoncer le racisme anti-blanc. Ainsi, le racisme anti-blanc existe bel et bien. On a perdu. On n'a toujours aucune idée de ce qu'est le racisme.

 

 

La philosophie française du racisme

 

En France, on est complètement nuls sur le racisme, désespérément nuls. À ma connaissance, il n'y a peut-être qu'un tout petit chapitre de La Condition noire de Pap Ndiaye qui montre assez bien l'absurdité du racisme anti-blanc. Mais pour le reste, nous autres, le commun des François, on parle du racisme à toutes les sauces (anti-jeunes, anti-vieux, anti-prof, anti-flics...). Et on a tellement l'habitude de tout confondre qu'on noie allègrement le poisson dans la sauce dès qu'une occasion se présente. Rappelons juste – pour que l'inaltérable mémoire du net n'en perde jamais la trace – que dans la foulée de l'affaire du racisme anti-blanc, Florence Parisot s'est mise à parler de racisme anti-entreprises ! Il ne s'agit même plus de personnes, d'humains, mais elle s'en fout... Pourquoi pas du racisme anti-voiture française (personne ne veut en acheter), anti-bouillote (ringarde), ou anti-bouteille (trop souvent cassée pour rien) ?

 

Peut-être justement parce qu'on a beaucoup trop philosophé là-dessus, avant de tenir compte de la prise de parole des minorités concernées, on croit que le racisme c'est une façon de penser, une idéologie (ou une passion, pour citer Sartre) – et non la situation concrète d'un certain rapport de force... On a fait du racisme une pure affaire privée, une affaire de pensée. Alors que les Américains savent depuis Frederick Douglass que le racisme est le fruit d'une certaine organisation sociale.

 

En tant qu'idéologie, le racisme est partout et nulle part. Il est là où on pourrait le voir. Alors, si on veut regarder de près les miroitements grasseux d'une chocolatine, on l'y trouvera ! La théorie de la supériorité de la race blanche a beau avoir été déclarée scientifiquement absurde depuis longtemps, en tant que façon de penser – mieux : Lebensanschauung – elle continue de s'appliquer à tout et n'importe quoi. Il faudrait peut-être tout simplement arrêter de penser que le racisme est une simple généralisation, sous peine d'être tous racistes parce qu'on prononce les mots « noirs », « blancs » ou « rebeu ». Par ailleurs, l'antiraciste combattant en général le racisme risquerait, sur le même principe, de devenir lui-même raciste, et finirait par s'auto-réfuter (on reconnaîtra ici les vaines arguties d'Eric Zemmour) !...

 

On peut tout apprendre du racisme au détour d'un article écrit par un américain. Je suis tombé par hasard sur cet article de Brandon M. Easton, un dessinateur afro-américain de comics, qui y parle de la situation des Noirs dans l'industrie des comics.

D'après lui, l'industrie des comics est raciste. Attention, non parce que Captain America est travaillé par une haine secrète à l'égard de Black Panther, ni parce que les dessinateurs noirs sont délibérément renvoyés des maison DC ou Marvel. Mais parce que la représentation des scénaristes ou dessinateurs Noirs est tout à fait sous-proportionnée par rapport au lectorat lui-même Black ou latino. Il s'agit d'une situation concrète, et non de la dénonciation d'actes individuels de racisme. Malgré la légitimité qu'auraient ces dessinateurs ou scénaristes, l'industrie reste majoritairement blanche. On peut citer des cas de racisme manifeste, nous explique Brandon M. Easton, mais le vrai problème n'est pas là : « Je ne suis pas un avocat de la cause de l'affirmative action dans les comics. Soit vous avez du talent, soit vous n'en avez pas. Le problème est que ces talents n'ont pas la même opportunité de présenter leurs idées que les autres. Les chiffres ne mentent pas. La question est : pourquoi le chiffre est si bas ? » Autrement dit, le problème n'est pas un homme, une façon de penser, le problème est celle d'une situation inégale qui se conserve elle-même, le problème est celui de l'institutionnalisation du racisme.

 

 

Racisme individuel et racisme institutionnalisé.

 

En France, on confond deux choses: les préjugés (les simplifications, les réductions, les essentialisations de certaines catégories de personnes) et le racisme (un certain rapport de pouvoir qui entraîne l'aggravation des inégalités entre un groupe par rapport à un autre). On peut aussi parler de racisme individuel et de racisme institutionnalisé.

 

Stokely Cormichael, le militant des droits des Noirs fait cette distinction très clairement en 1967 dans l'un de ses discours, The Dialectics of Liberation. « Laissez-moi vous donner un exemple du racisme du premier type. Quand des terroristes blancs non-identifiés font exploser une église noire, et tuent cinq enfants, on a affaire à un acte de racisme individuel, largement déploré par tous les segments de la population mondiale. Mais quand dans la même ville, à Birmingham, Alabama, non pas cinq mais cinq cents bébés meurent chaque année à cause du manque de nourriture décente, de toits ou d'aménagements médicaux, et que des milliers en plus sont détruits et estropiés physiquement, intellectuellement et émotionnellement à cause des conditions de pauvreté et de discrimination dans la communauté noire, c'est un effet du racisme institutionnalisé ».

 

J'espère que la chose est claire par elle-même : le racisme anti-blanc n'a pas de sens, car dans cette société, les Blancs ne sont pas les victimes d'un racisme institutionnalisé. Être agressé sur la base de préjugés absurdes est toujours un mal, mais l'apparence de légitimité qui enveloppe le racisme partagé le rend encore plus insupportable. Les choses sont donc beaucoup plus simples si vous acceptez de reconnaître qu'on a bâti notre démocratie moderne sur les cendres d'une ancienne société esclavagiste. Dans cette société, un préjugé raciste envers un Blanc n'a pas le même poids qu'un préjugé raciste contre un Noir. C'est peut-être la même démarche intellectuelle – et encore – mais insérée dans une certaine société raciste, cette pensée sera une pure et simple injustice. Pour continuer, un préjugé homophobe n'a pas le même poids qu'un préjugé anti-hétéro. Et une énième blague sur les chrétiens n'aura jamais le même poids qu'une caricature de Mahomet dans un journal satirique. Pourquoi ? Parce qu'on vit dans une société à majorité blanche, chrétienne et hétérosexuelle. C'est un fait, et vous aurez beau être sympa, et compréhensif, ça ne changera rien à la situation politique concrète. Le racisme n'est pas qu'une question d'intention, et de mode de penser.

 

Stokely Cormichael et Brandon M. Easton expliquent que lorsqu'on parle de racisme; le premier mouvement de l'interlocuteur est de s'excuser, mais aussi de relativiser : lui, personnellement n'est pas raciste, donc tout va bien. La charge de la preuve revient alors tout de suite à celui qui parle de racisme. Si vos interlocuteurs affirment ne pas l'être – et évidemment, ça ne coûte à personne de dire qu'il aime le couscous, ou qu'il a déjà voyagé en Martinique – vous vous retrouvez seul comme un con, à porter désormais l'accusation d'un racisme inversé. Car vous accusez l'autre (plutôt le Blanc, dans ce cas de figure) de rester aveugle au racisme institutionnalisé. Le racisme anti-blanc est donc aussi vieux que le discours de Cormichael, aussi vieux que le racisme lui-même. C'est sa première ligne de défense.

 

Voilà la faille française : même si nous pensons individuellement que tout le monde est sympa, et qu'on devrait aller plus souvent en club pour danser ensemble, les Noirs / Blancs / Rebeu / Indiens / Asiatiques / Latino etc... notre avis individuel sur la question ne compte pas vraiment. Ce qui compte est l'état de la société. Le simple fait que le débat sur le racisme anti-blanc fut lancé que par des hommes politiques blancs prouve à quel point, le racisme anti-blanc s'est lui-même réfuté... Peut-être d'ailleurs, à la grande colère de ceux qui sont véritablement victimes d'actes individuels de racisme et qui trouvent les plus mauvais défenseurs dans les représentants de cette nouvelle Droite-forte-qui-n'est-pas-molle-car-elle-n'a-pas-de-problème-d'érection (merde, qu'est-ce qu'ils prennent à la fin pour l'avoir si dure, leur droite...?).

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 11:53

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Le magazine était poursuivi pour diffamation par un maire qu'il accusait d'avoir fermé les yeux sur des agressions sexuelles. Le parquet n'a requis aucune condamnation.

 


Mauvaise presse pour Rémi Pauvros. Le maire PS de Maubeuge (Nord) poursuivait Causette pour diffamation, pour un article intitulé « Droit de cuissage à la mairie » dans son numéro d'avril 2012 (le début de l'article ici).
Le magazine y relayait, en autres, les accusations de viols et de harcèlement sexuel d'une ancienne employée de mairie de Maubeuge à l'encontre de quatre membres du Parti socialiste. Et affirmait que Rémi Pauvros, alerté par la jeune femme, n'avait pas signalé les allégations aux autorités : « une entorse à la loi », jugeait Causette .

Le maire, qui demandait 30 000 euros de dommages et intérêts, ne s'est pas déplacé à l'audience, mercredi 24 octobre au tribunal d'Avesne-sur-Helpe. Bien lui en a pris, car l'accusation s'est retournée contre lui. La vice-procureure a confirmé la version de Causette et estimé qu'en effet Rémi Pauvros « aurait dû alerter le parquet ». Elle n'a en conséquence requis aucune condamnation. Le jugement sera rendu le 19 décembre.

« Bon, maintenant, je lis Causette »

Le magazine pourrait à son tour demander des dommages et intérêts au maire de Maubeuge pour procédure abusive. Et il en a profité pour gagner un lecteur supplémentaire. Le directeur de la publication, Grégory Lassus-Debat, s'amusait à l'issue de l'audience de ce que l'avocat de Remi Pauvros est venu lui dire : « Bon, maintenant, je lis Causette, que je ne connaissais pas avant ! ».

Comme le soulignait, à la veille de l'audience, l'Association contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), qui accompagne l'employée de mairie, « les informations délivrées par Causette sont en tous points conformes à celles que nous avons nous-mêmes pu recueillir dans le cadre d’un travail méthodique dans chacun de ces dossiers ». Entre temps, la justice a ouvert une instruction sur ces faits présumés de violences sexuelles à la mairie de Maubeuge.

 

 

http://lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/49-ca-fait-du-bien/2272-droit-cuissage-mairie-causette-marque-un-point-au-tribunal

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 21:02

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Chers amis,

 

Comme vous le savez, Mumia Abu-Jamal, l’une des figures emblématique du combat pour l’abolition universelle de la peine capitale, est enfin sorti de l’enfer du couloir de la mort en décembre 2011. Sa peine a été commuée en réclusion à perpétuité (plus d’information sur www.mumiabujamal.com).

 

Cette décision a été saluée par ses soutiens dans le monde entier comme une première grande victoire contre le déni de justice que constituait sa condamnation à mort. Plus généralement, les abolitionnistes se sont réjouis de ce revers infligé à la peine capitale aux Etats-Unis, pays où les condamnations et les exécutions se pratiquent encore en toute légalité.

 

Mumia est sauvé mais il restera en prison à vie car la porte à un nouveau procès a été juridiquement fermée. Toutes les juridictions, jusqu’à la Cour Suprême des Etats-Unis, ont en effet refusé, sans le moindre examen, toutes les demandes déposées en ce sens par sa défense depuis plus de 30 ans. Le seul espoir réside dans une initiative que pourrait prendre le Ministre de la justice des Etats-Unis. C’est ce qui a motivé la grande manifestation organisée à Washington au printemps dernier du ministère jusqu’à la Maison Blanche, avec pour mot d’ordre « Libérez Mumia Abu-Jamal ». Une importante délégation française a participé à cette manifestation.

 

C’est dans ce contexte de victoire inachevée qu’il nous faut envisagez la suite du combat pour la libération de Mumia.

 

Le Collectif français, créé en 1995, fédère aujourd’hui l’engagement d’une centaine d’organisations et de collectivités territoriales dont l’objectif est d’obtenir « justice et liberté » pour cet homme qui n’a jamais renoncé à se battre pour faire reconnaître son innocence.

 

… /

 

La sentence de mort a été annulée mais le fond de cette affaire et ses conséquences restent insupportables : Mumia ne sera pas exécuté mais il est toujours condamné à mourir en prison !

 

Cette situation nous a conduits - en concertation avec les organisations américaines de soutien à Mumia, sa défense et avec Mumia en personne à l’occasion d’une longue visite que lui avons rendue en avril dernier - à réaffirmer l’incontournable nécessité de poursuivre le combat jusqu’à sa libération. La rencontre avec Mumia (récit sur www.mumiabujamal.com) a aussi été un moment de réflexion partagée sur la nécessité de ne pas oublier les autres condamnés du couloir de la mort, notamment en Pennsylvanie. Rappelons que cet Etat qui avait programmé l’assassinat de Mumia est toujours le champion de la discrimination raciale aux Etats-Unis.

 

Plus généralement, notre engagement collectif s’inscrit dans le combat pour les droits humains et en particulier pour l’éradication de la peine capitale aux Etats-Unis et partout dans le monde. Notre présence très active au sein de la Coalition Mondiale contre la peine de mort, forte aujourd’hui de 140 membres (ONG de défense des droits de l’Homme, barreaux d’avocats, syndicats et collectivités), ne saurait donc connaître de retrait.

 

En résumé, le combat continue, avec pour mots d’ordre « Une seule justice pour Mumia, sa libération » et « Abolition universelle de la peine de mort » !

 

En ce sens, nous proposons de renommer le Collectif Unitaire National « ENSEMBLE, LIBERONS MUMIA ».

 

Nous souhaitons recueillir votre assentiment et votre adhésion pour poursuivre ensemble ce beau et grand combat unitaire.

 

Avec nos plus amicales salutations abolitionnistes.

 

 

Le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 20:24

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La crise de la dette est là et pourtant, les députés sont appelés à voter le 7 novembre un budget de la Défense de plus de 39 Milliards d'euros. Ce choix budgétaire, morbide pour une économie moderne dans un monde globalisé, doit-il demeurer celui de la France ?


Ce budget est la conséquence de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'Otan et du vote de la Loi de programmation militaire 2010-2013 qui engloutira ces prochaines années 186 milliards d’euros au bénéfice de la Défense, dont 102 milliards seront consacrés à l’équipement des forces.


Ces sommes colossales devraient servir à éradiquer la faim dans le monde, assurer un accès à l'eau potable à tous, garantir une éducation primaire pour tous partout sur la planète. Ces objectifs sont sous-financés et pourtant ils correspondent à des engagements de la communauté internationale regroupés dans le "Programme d'action pour une culture de la paix et de la non-violence".


Le Mouvement de la Paix vous invite à vous mobiliser pour refuser ce budget intolérable et exiger des investissements dans les besoins sociaux, qui sont les seuls à permettre de résoudre la crise.


Pour cela :

  • Signez la cyber-pétition en ligne qui sera envoyée en votre nom aux parlementaires, députés et sénateurs, de votre département - cela ne prend que quelques instants;
  • Faites signer cette pétition autour de vous (en téléchargeant la pétition en un fichier pdf) et renvoyez les signatures au comité du Mouvement de la Paix de votre département ou au siège national du Mouvement de la Paix, Maison de la Paix, 9 rue Dulcie September, 93400 Saint Ouen;

  • Demandez un rendez-vous aux parlementaires de votre département pour les mettre devant leur responsabilité;

  • Faites suivre ce message (en format html) à vos connaissances pour former la chaîne de la paix.

Nous comptons sur vous.

Le Mouvement de la Paix

www.mvtpaix.org

 
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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 19:28

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Marie-Geneviève, Aïcha et Carine de l'Amicale du Pont-Blanc à Sevran


http://banlieue.blog.lemonde.fr/2012/10/24/a-sevran-trois-femmes-menent-la-fronde-contre-un-bailleur-indelicat/

 


Cela fait un an que les trois femmes se battent contre la Logirep. Un an de démarches, d’épluchage de documents abscons, d’espoirs et de désillusions. Dans leur petit local au rez-de-chaussée d’un bâtiment de la cité du Pont-Blanc, Aïcha, Marie-Geneviève et Carine ne décolèrent pas. Début septembre, le couperet est tombé : la filiale du groupe Polylogis, un des plus gros bailleurs indépendants de France, réclame aux quelque mille habitants de cette cité HLM de Sevran (Seine-Saint-Denis), quatre ans d’arriérés de charges locatives. 1,36 millions d’euros.

Les familles installées dans cette résidence sociale d’une des communes les plus pauvres de Seine-Saint-Denis doivent donc s’acquitter d’un rappel qui s’élève entre 100 et 274 euros pour 146 foyers mais entre 450 euros et 850 euros pour 577 foyers. Alors les trois battantes ont ressorti leurs armes : une lettre individuelle que chaque résident doit envoyer au bailleur pour lui signifier son refus de payer. Une centaine sont déjà parties. Une mobilisation collective qui est une première dans cet ensemble de logements très modestes.

"Une cité à l'abandon"

Les trois femmes ont monté, voici un an, l’Amicale des locataires de la cité. C’était en juin 2011, deux mois après que les habitants aient reçu un rappel de charges. Le coup de massue financier ne passe pas dans ce quartier déshérité. Aïcha lance la fronde en appelant les habitants à venir en masse à la permanence de la Logirep tenue pour recevoir les locataires. « Les gens se sont lâchés en parlant de leur cité à l’abandon et criant qu’ils ne paieraient pas », se souvient la trentenaire, jolie brune au chômage.

« Les représentant de la Logirep avaient tellement de mépris en nous renvoyant la responsabilité des dégradations », renchérit Marie-Geneviève, une sexagénaire à la mise soignée. Le soir même, lors d’une assemblée générale improvisée, elles lancent l’association. Quelque 150 personnes vont y adhérer, apprenant d’un coup à sortir de l’isolement. Le boycott est décidé. « Ici on a des gens qui ne mangent pas tous les jours. Payer pour des conditions de vie aussi dégradées, c’est non ! », justifie Aïcha.

531 634 euros d’"erreurs de calcul"

Car derrière l’aspect presque propret des bâtiments - « la « cité basse » faite d’immeubles de quatre étages, « la cité haute » de tours de 15 niveaux -, la réalité du Pont blanc est d’abord celle du délabrement. Ce sont les rats qui courent dans les canalisations, les fuites dans les plafonds, les ascenseurs régulièrement en panne, la chaussée pleine de nids de poule, des allées plongées dans le noir dès la nuit tombée, le trafic de drogue et les armes qui circulent. Le soir, les femmes avouent ne plus sortir et pour toute installation récréative, les enfants s’amusent à construire des cabanes avec des caddies retournés sur le terrain défoncé.

Le salarié de la Logirep responsable de la cité est aux abonnés absents. Les mères de famille, aidées de l’antenne départementale de la Confédération nationale du logement (CNL), vont réclamer les factures d’opérations de rénovation annoncées pour justifier l’augmentation des charges, et les éplucher minutieusement. Elles vont découvrir 531 634 euros d’erreurs de calcul, de factures fantaisistes et de travaux non faits.

"Si on ne fait pas payer, il n’y a plus de bailleur"

Devant la mobilisation des habitants, le bailleur envoie un nouveau responsable, reconnaît des « erreurs de gestion » et fait effectuer quelques travaux pour éviter le rats. L’ardoise n’est cependant pas effacée. « On a régulé avec retard mais on reste dans le cadre de la loi qui nous autorise à réclamer jusqu’à cinq ans d’arriérés », justifie Patrice Vitteaux, le directeur général de la Logirep. A ses yeux, en opérant un abattement - qui en fait correspond aux fameuses « erreurs de calculs » - et en étalant le remboursement, la Logirep aurait pris en compte que « les habitants sont des gens modestes » : « avec l’étalement, nous réclamons 15 euros par mois en moyenne », argumente-t-il.

L’association réclame aujourd’hui l’effacement de la dette jusqu’en 2010. « Impossible, rétorque M. Vitteaux. Ce sont des charges dues, le chauffage a été consommé et le gardiennage effectué. Si on ne fait pas payer, il n’y a plus de bailleur ». Aïcha et ses deux amies n’en démordent pas : en refaisant l’installation de chauffage en 2006 - 850 m2 de panneaux solaires primés par l’ADEME ! - le bailleur avait promis une baisse des charges. Or elles ont doublé en quatre ans. La mairie de Sevran s’en est mêlé comme le député François Asensi (Front de gauche) qui a réclamé, à son tour, une annulation de la dette. En vain. Les nouvelles militantes ne veulent pas s’arrêter, « prêtes », disent-elles « à aller en justice si la Logirep ne bouge pas ».

En attendant, elles savourent étonnées la nouvelle ambiance créée au Pont-Blanc. « La solidarité s’est réveillée », constate Aïcha. « On a appris à être plus fortes à plusieurs », renchérit Carine, jeune mère en congé parental. Elles sont aujourd’hui fières du chemin parcouru. Juste avant l’été, elles ont emmené une soixantaine de femmes au théâtre à Paris voir le comique Cartouche  parce que comme le résume Aïcha, « c’est toujours les femmes qui sont en réunion, qui se mobilisent ». « Alors on a voulu se faire plaisir. Et on a toutes tellement ri… ».

Sylvia Zappi

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 13:01

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http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/784221/Le_parquet_oppose_a_la_demande_de_liberation_de_Georges_Ibrahim_Abdallah.html


Le parquet a requis devant le tribunal d'application des peines le rejet de la demande de libération conditionnelle du Libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré depuis 28 ans pour complicité d'assassinat de deux diplomates, a-t-on appris de source judiciaire.


La décision a été mise en délibéré au 21 novembre.

La juridiction parisienne, seule dans le pays à statuer sur la détention dans les dossiers de terrorisme, a examiné à huis clos la demande déposée il y a quelques mois et entendu par visioconférence le détenu et son avocat Me Jacques Vergès depuis la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées).

Engagé auprès du mouvement palestinien radical FPLP (Front populaire de Libération de la Palestine), Georges Ibrahim Abdallah, 61 ans, avait été arrêté le 24 octobre 1984 et condamné à perpétuité en 1987 pour complicité dans les assassinats en 1982 à Paris de deux diplomates, l'Américain Charles Robert Day et l'Israélien Yacov Barsimantov.

L'acceptation de sa demande de remise en liberté supposerait au moins des garanties suffisantes d'absence de réitération des faits et un projet de réinsertion précis, conditions qui n'avaient pas été jugées remplies jusqu'ici.

Libérable depuis 1999, le Libanais a déjà vu sept de ses précédentes demandes rejetées, selon son comité de soutien. Entre 70 et 80 sympathisants ont manifesté mardi devant la prison de Lannemezan pendant l'audience aux cris de "libérez Georges Abdallah !".

"Le gouvernement libanais est prêt à le recevoir, on nous dit c'est dangereux, mais le Liban est souverain que je sache", a fait valoir Me Vergès, joint par l'AFP.

Selon son comité de soutien, la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté consultée dans ce type de procédure a rendu un avis défavorable à la demande de libération conditionnelle, transmis au tribunal.

Politiquement, son comité de soutien notait toutefois un "changement de ton" récent des autorités sur la question d'une possible libération de Georges Ibrahim Abdallah, en faveur de laquelle s'est publiquement prononcé l'ancien patron de la DST (contre-espionnage intérieur) Yves Bonnet.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 12:33
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Les « états généraux » de la démocratie territoriale, réunis les 4 et 5 octobre 2012 au Sénat, se sont achevés sur l’annonce d’un nouveau projet de loi de décentralisation. Que restera-t-il de la réforme territoriale du 16 décembre 2010 ? Retour sur une loi emblématique mais contestée du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Dossier : Réforme territoriale : un état des lieux

Aucun observateur ne s’aventurerait à qualifier la réforme territoriale du 16 décembre 2010 d’Acte III de la décentralisation. Le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy sur la remise à plat de l’organisation administrative du territoire était moins un discours sur l’adaptation des territoires et des institutions aux évolutions en cours, qu’une « dénonciation » du millefeuille territorial français jugé illisible, du trop grand nombre d’élus locaux (plus de 500 000) et de la gabegie des collectivités territoriales jugée coûteuse pour le contribuable. Le souci de rationaliser l’existant et non d’approfondir la décentralisation est à l’origine de l’adoption du volet territorial de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), vaste réforme de « modernisation » de l’État initiée le 10 juillet 2007 par le Premier ministre François Fillon. Réponse managériale à la crise des finances publiques, la RGPP est vite passée d’une révision des politiques publiques à une révision structurelle des appareils administratifs chargés de mettre en œuvre ces politiques.

Afin de « s’attaquer » aux structures territoriales existantes, le Comité Balladur, installé par un décret présidentiel du 22 octobre 2008, avait pour mission d’« étudier les mesures propres à simplifier les structures des collectivités locales, à clarifier la répartition de leurs compétences et à permettre une meilleure allocation de leurs moyens financiers, et de formuler toute autre recommandation qu’il jugera utile ». Son rapport, publié en mars 2009, a alimenté en partie la loi du 16 décembre 2010. Celle-ci ouvre la voie à une réforme visant non seulement à réformer les collectivités territoriales, mais également à s’attaquer aux cadres territoriaux légués par la Révolution (communes et départements) pour leur préférer une nouvelle organisation fondée sur l’intercommunalité et la région. Il convient ici de retracer le cheminement de la réforme de 2010, aujourd’hui remise en cause par l’alternance présidentielle, afin de mieux mesurer l’écart qui sépare le projet initial du texte adopté et de sa mise en œuvre. Il faut ainsi distinguer le volet le plus conflictuel de la réforme, la création des conseils territoriaux, de son volet le plus consensuel, l’intercommunalité.

Les conseils territoriaux : une réforme mort-née

La création des conseillers territoriaux, innovation majeure de la réforme de 2010, consistait à organiser la fusion des élus – conseillers généraux et régionaux – à défaut d’organiser la fusion des institutions (conseils généraux et régionaux). Cette disposition n’avait rien d’inédit au regard du précédent calédonien. La loi du 23 août 1985 sur l’évolution de la Nouvelle-Calédonie avait ainsi conservé deux niveaux de collectivités, les régions et le territoire de la Nouvelle-Calédonie, tout en confiant leur administration à un élu unique chargé, selon le Conseil constitutionnel, « d’une double fonction territoriale et régionale » (Chavrier 2009). S’inspirant de ce modèle, la réforme de 2010 maintenait deux collectivités territoriales, dotées chacune d’un conseil, mais composé de conseillers élus au scrutin uninominal et exerçant à la fois une fonction départementale et régionale. Exprimant sa préférence pour des scrutins de listes départementales, le Comité Balladur avait de son côté envisagé que seuls les premiers de la liste puissent siéger au conseil régional à l’instar du mode d’élection des élus des arrondissements de Paris, Lyon et Marseille.

L’examen des motifs du projet de création des conseils territoriaux a mis au centre la question des économies budgétaires gagées sur la réduction des dépenses de campagne (estimées à 120 millions d’euros) et celles sur les indemnités des élus locaux (estimées à près de 70 millions d’euros par an), ainsi que sur la mutualisation de certains services communs aux deux collectivités. Si les économies promises restaient incertaines, la réforme présageait une meilleure complémentarité et articulation des compétences, associant une vision de proximité dévolue aux départements et une vision prospective et stratégique confiée aux régions. Le nouvel encadrement des compétences était fondé sur un principe de spécialisation des conseils territoriaux qui rompait avec la tradition décentralisatrice française faisant de la clause générale de compétences l’un des éléments de caractérisation des collectivités territoriales. Selon l’article 75 de la loi du 16 décembre 2010, cette spécialisation devait prendre appui sur l’élaboration, en 2014, de schémas « d’organisation des compétences et de mutualisation des services ».

Cette complémentarité du binôme département–région a suscité bien des réserves (en particulier de l’Association des départements de France et de l’Association des régions de France, toutes deux à présidence socialiste). Alors que les communes et intercommunalités forment un même bloc local par la nature de leurs compétences, le département et la région ont des vocations assez nettement distinctes, comme le rappelait une mission sénatoriale présidée par Yves Krattinger et Jacqueline Gourault [1]. Le croisement des compétences de ces deux niveaux de collectivités ne concerne, en définitive, que 20 % des dépenses des régions et rien n’indique que la complémentarité recherchée se fasse au profit de ces dernières. Sans mener de combat homérique pour la suppression des départements, si souvent réclamée par des élus et experts [2], la réforme devait initialement aménager un système « transitoire » faisant des départements « des composantes des régions », prélude à leur « évaporation » selon l’expression du Comité Balladur. L’adossement du mode de scrutin des conseillers territoriaux sur le modèle cantonal semblait néanmoins hypothéquer un tel scénario. Si, à long terme, l’hypothèse d’une « digestion » des départements par les régions ne semble toujours pas totalement exclue, la suppression du conseil territorial a été, elle, annoncée officiellement, lors des états généraux de la démocratie territoriale, par le président de la République le 5 octobre 2012.

Achever et renforcer le maillage intercommunal français

Plus consensuel que la création des conseils territoriaux, la réforme poursuivait aussi l’objectif d’atteindre une « France 100 % intercommunale » d’ici fin 2013 [3]. À cette fin, l’insertion des communes au sein de groupements intercommunaux, auparavant facultative et volontaire, s’est muée en figure imposée, faisant de la communauté une réalité co-extensive de la commune (Portier 2010). Une relance des schémas départementaux de la coopération intercommunale (SDCI), supprimés en 1999, est décidée par le législateur. La première génération des SDCI avait révélé une certaine frilosité du côté de l’État : les propositions préfectorales reprenaient le plus souvent à leur compte les propositions émanant des élus locaux. La « nouvelle génération » de schémas prévoyait d’asseoir davantage la vision de l’État dans chaque département et de répondre à la critique récurrente sur le caractère sous-dimensionné des intercommunalités, qu’il s’agisse de la taille institutionnelle (trop peu de communes réunies), spatiale (se confondant dans nombre de cas avec le canton) ou démographique (en 2009, 35 % des établissements publics de coopération intercommunale – EPCI – comprenaient moins de 5 000 habitants [4]).

Dans un pays cédant facilement à la célébration du village et à la haine de la ville (Baubérot et Bourillon 2009), la réforme de 2010 proposait d’accompagner le fait urbain avec la création d’une nouvelle collectivité, la Métropole, suggérée dans le rapport Balladur. Le constat d’un « déficit urbain » répond autant aux considérations sur les insuffisances actuelles de l’intercommunalité française (incohérence du périmètre, caractère trop peu intégrateur, déficit démocratique) qu’aux pressions exogènes (mondialisation, européanisation). Il s’agissait d’accompagner sur le plan du droit un phénomène de métropolisation porté par les dynamiques économiques contemporaines et une économie de flux échappant aux limites territoriales (Négrier 2012). Dans une perspective quasi utopique de remodelage du territoire, le Comité Balladur proposait une sorte d’inversion juridique faisant de la Métropole une super-commune, dotée de la clause générale de compétences, au détriment des municipalités qui en devenaient de simples composantes. La Métropole se voyait également renforcée par le haut grâce au transfert des compétences départementales sur son territoire sur le modèle du statut de la ville de Paris, à la fois municipalité et conseil général. Nous pouvons aussi mentionner, en marge de la réforme de 2010, le cas exceptionnel du Grand Paris, mais dont seul le volet « aménagement » semble avoir survécu, le volet « gouvernance » étant passé à la trappe devant les réticences des élus franciliens.

Une réforme édulcorée

Le Parlement, et en particulier le Sénat, s’est livré à une déconstruction minutieuse du programme du Comité Balladur. La Métropole se retrouve ainsi déclassée juridiquement pour redevenir un simple établissement public, une sorte de communauté urbaine améliorée. Le combat engagé par les élus locaux contre le risque de vassalisation des communes membres, selon le mot de Jacques Pélissard, député-maire UMP de Lons-le-Saunier et président de l’Association des maires de France, a eu raison du projet. Par ailleurs, les transferts de compétences départementales et régionales ne se font plus que sur une seule base conventionnelle (volonté des deux parties), à l’exception de quelques compétences pour lesquelles un exercice de plein droit par la Métropole est prévu en lieu et place du département (pour les transports scolaires et la voirie) et de la région (pour les compétences relatives aux zones d’activités et à la promotion à l’étranger du territoire et de ses activités économiques). Cette déconstruction rend plus secondaire la question du seuil démographique requis pour bénéficier du statut de Métropole, établi à 500 000 habitants.

Si l’avenir des Métropoles apparaît très incertain, celui des nouveaux « pôles métropolitains » pourrait, en revanche, bousculer davantage les cadres territoriaux hérités. Ces syndicats mixtes, formés des seuls EPCI à fiscalité propre, ont vocation à exercer des prérogatives métropolitaines « en matière de développement économique, de promotion de l’innovation, de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la culture ». Les nombreux projets de pôles métropolitains recensés pourraient, à terme, représenter une menace supplémentaire quant à l’hypothèse, maintes fois repoussées, du renforcement régional.

En matière jurisprudentielle, ensuite, le Conseil constitutionnel avait déjà atténué la portée du projet de spécialisation des conseils territoriaux en donnant une base constitutionnelle à la clause générale de compétence (rattachée au principe de libre administration, article 72, alinéa 1). La loi du 16 décembre 2010 permet ainsi au conseil général ou au conseil régional de se saisir « par délibération spécialement motivée » de « tout objet d’intérêt départemental ou régional pour lequel la loi n’a donné compétence à aucune autre personne publique » [5]. Cette décision réhabilite la définition traditionnelle de la clause générale de compétence (Marcou 2011). Et à peine plus d’un mois après la promulgation de la loi, un rapport de la mission sénatoriale aux collectivités appelait, quant à lui, à un aménagement du principe de spécialisation des compétences des départements et des régions, et envisageait des possibilités plus grandes de partage des compétences. La clarification attendue des compétences et des financements associés semble ainsi avoir été manquée (Pissaloux et Supplisson 2011).

La réforme des collectivités territoriales voulue par l’ancien président de la République a vu ses ambitions initiales de remodeler la carte intercommunale se dégonfler. En matière de décentralisation, les réformes deviennent souvent ce qu’en font les élus locaux. Quand elles n’ont pas été préalablement conçues au sein même des lobbys territoriaux, elles sont en tout état de cause appliquées en fonction de stratégies locales de négociation et de compromis (Marcou 2012). Le discours volontariste de l’État sur le remodelage intercommunal s’est heurté aux résistances politiques des élus dans la plupart des départements, à l’image de l’Ille-et-Vilaine. Alors que dans ce département une première esquisse préfectorale (certes irréaliste) envisageait d’abaisser le nombre d’EPCI de 29 à 17, le chiffre est progressivement remonté à 27 sous la pression d’élus locaux réfractaires, notamment ceux des EPCI limitrophes de Rennes Métropole, qui rejetaient l’hypothèse d’une « absorption » dans le Grand Rennes.

Indépendamment des résultats des états généraux de la démocratie territoriale initiés par le Sénat, la réforme territoriale oscille entre certitudes, esquisses et interrogations. La certitude tient à la suppression des conseils territoriaux d’ici fin 2012, mais le gouvernement n’a, en revanche, pas renoncé à opérer une clarification des compétences entre collectivités (des contrats de gouvernance territoriale sont évoqués). Son problème tient au grand écart entre sa promesse de renforcer l’échelon régional et son souci de rassurer les départements [6]. Sur le volet intercommunal, enfin, la continuité l’emporte dans l’ensemble et le débat reste ouvert sur l’opportunité d’introduire une élection séparée et au suffrage universel direct des Métropoles. Les résistances politiques, que devrait susciter un tel scrutin au moment où le cumul des mandats est remis en cause, pourraient rapidement avoir raison d’une telle hypothèse.

Bibliographie

  • Baubérot, Arnaud et Bourillon, Florence (dir.). 2009. Urbaphobie. La détestation de la ville, Pompignac : Éditions Bière.
  • Chavrier, Géraldine. 2009. « Conseillers territoriaux : questions sur la constitutionnalité d’une création inspirée par la Nouvelle-Calédonie », Actualité juridique droit administratif, n° 43, 2009, p. 2380-2384.
  • Marcou, Gérard. 2012. « Changements et permanences dans le système français d’administration territoriale », Revue française d’administration publique, n° 141, p. 5-17.
  • Marcou, Gérard. 2011. « La clause générale de compétence », in Pasquier, Guigner et Cole (dir.), Dictionnaire des politiques territoriales, Paris : Presses de Sciences Po, p. 57-62.
  • Négrier, Emmanuel. 2012. « Métropolisation et réforme territoriale », Revue française d’administration publique, n° 141, p. 73-86.
  • Pissaloux, Didier et Supplisson, Jean-Luc. 2011. « La réforme inachevée des collectivités territoriales », Revue française d’administration publique, n° 137-138, p. 229-237.
  • Portier, Nicolas. 2010. « L’intercommunalité au tournant », in Némery (dir.), Quelle nouvelle réforme pour les collectivités territoriales françaises ?, Paris : L’Harmattan, p. 119-131.

Notes

[1] Yves Krattinger et Jacqueline Gourault, Rapport d’information au nom de la mission temporaire sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, Sénat, session ordinaire, 2008-2009, n° 471.

[2] Rappelons que la suppression des départements figurait en janvier 2008 au rang des propositions de la Commission Attali pour la libération de la croissance française et que Nicolas Sarkozy avait pris soin de s’en démarquer sur ce point.

[3] Au 1er janvier 2009, selon l’Insee, 93 % des communes étaient membres d’une communauté.

[4] Portrait des intercommunalités rurales réalisé fin 2009 par l’Observatoire de l’Assemblée des communautés de France (AdCF).

[5] Décision du Conseil constitutionnel, n° 2010-618 DC, 9 décembre 2010.

[6] Il semble, à ce titre, acquis que les conseils régionaux soient à l’avenir désignés responsables de la gestion des fonds européens à la place de l’État.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 12:28

services-secrets-barbouzeries-pirates-dst-dgse-11.jpgRencontre Emmanuel Fansten, auteur du livre Les nouveaux barbouzes. Le monde opaque du renseignement privé, des barbouzeries, surgit parfois à la faveur d'affaires judiciaires. Les protagonistes sont alors des grands flics, des anciens des services secrets, des dirigeants du CAC40, parfois des pirates informatiques.

 

C’est l’histoire d’un triangle, de trois personnages incarnant trois univers bien réels. Les officines d’abord. Elles sont au cœur du livre que signe Emmanuel Fansten, Les nouveaux barbouzes (Robert Laffont). S’y retrouvent des anciens des services spéciaux, des grands flics et des pirates informatiques, hackers du côté obscur surnommés les “black hats”.

Les nouveaux barbouzes

Dans cette enquête-polar, le journaliste Emmanuel Fansten plonge dans le monde du renseignement privé, le monde des barbouzes. Le secteur, officiellement labellisé “intelligence économique” s’est développé à partir des années 1990 en France. Les anciens des services secrets croisent les grands flics corrompus et de hauts fonctionnaires en activité. Lorsqu’elles sortent, les affaires d’espionnage (Renault, Canal Plus, EDF, Vivendi…) conduisent parfois au sommet de l’État. Les bonnes feuilles ont été publiées sur Slate.

Deuxième composante du triangle : les services de sécurité intérieur français, principalement la Direction de surveillance du territoire (DST) devenue en 2008 la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Enfin, les grandes entreprises du CAC40 par l’intermédiaire de leur service de sécurité.

Ce système opaque n’est porté à la connaissance du grand public qu’à la faveur d’affaires judiciaires. Des affaires pelotes jamais entièrement remontées. Dans l’une des affaires racontées par Emmanuel Fansten, les protagonistes s’appellent Greenpeace et EDF, Vivendi, la Direction des chantiers navals (DCN), Karachi.

Tous gravitant autour d’un pirate informatique.

Dans votre livre, vous consacrez un chapitre à Alain Quiros, pirate informatique passé des petites missions de dépannage à des affaires d’État, l’affaire Karachi en l’espèce. Quelle a été sa trajectoire ?

Alain Quiros est au croisement de plusieurs affaires importantes. Je l’ai rencontré lors du procès EDF1. Il apparaît aussi dans une affaire concernant un laboratoire sollicité par le Tour de France (le LNDD), et l’affaire Vivendi…

Au départ, Alain Quiros n’a aucun lien avec le milieu du renseignement. Il voulait devenir pompier, rien ne le destinait à devenir apprenti barbouze. Il est arrivé par hasard dans le secteur de l’intelligence économique, un secteur fourre-tout qui va de la sécurité au renseignement, sans être vraiment contrôlé. Alain Quiros a commencé par la sécurité physique de certains sites à la Défense, avant de travailler pour le petit cabinet d’intelligence économique d’Alain Richard. À l’époque, il partageait ses locaux avec une figure du secteur : Philippe Legorjus, un ancien du GIGN qui a quitté ses fonctions après le fiasco de la grotte d’Ouvéa.

Le pirate informatique Alain Quiros est fasciné par ce monde du renseignement auquel il n’appartient pas. Un peu par hasard, par l’intermédiaire de Philippe Legorjus, il rencontre Thierry Lohro dans une soirée à Nantes.

Thierry Lorho, un ancien du “service Y”, le service opérations de la DGSE ?

Oui, Lorho est passé par la DGSE et n’hésite pas à le mettre en valeur notamment auprès de jeunes comme Quiros. Thierry Lorho a une petite société, Kargus Consultant, qui travaille beaucoup sur les opérations informatiques. Sur le papier, uniquement via des sources ouvertes, les forums, les blogs etc. Thierry Lorho comprend très vite le potentiel d’Alain Quiros en terme de piratage.

Au début, il lui demande des petits services, sécuriser sa boite email, espionner le mari d’une amie… Un jour, il lui demande de pénétrer l’ordinateur d’une personne présentée comme un ancien salarié. Au fil du temps, Alain Quiros devient l’un de ses principaux sous-traitants.

Alain Quiros est donc un exécutant ? Était-il conscient de ce qu’il faisait ?

Au procès, il est apparu très clairement comme la victime du système, lâché par les donneurs d’ordre. Il gagne de l’argent pour chaque opération, environ 1 000 euros. Il ne mesure pas les risques qu’il encourt. C’est un informaticien pur ! Il cherche la prouesse technique, la performance.

Tout bascule quand il est mis sur le dossier EDF. Thierry Lorho organise sa rencontre à la terrasse d’une brasserie en plein Paris avec le numéro deux de la sécurité d’EDF, Pierre François, un ancien flic.

Un nom sort : Yannick Jadot, le directeur des opérations de Greenpeace. Alain Quiros accepte de pirater son ordinateur. Il a besoin d’une adresse mail, envoie un cheval de Troie en pièce jointe et cherche ensuite dans le disque dur de la cible grâce à une liste de mots-clés fournies par le demandeur.

C’est le premier basculement. Ensuite, une autre personne, le plus mystérieux de l’histoire intervient : Jean-François Dominguez, un ancien légionnaire.

Lui débarque un peu plus tard, après l’affaire d’EDF. Il va voir Lorho pour trouver un pirate informatique qui sera Alain Quiros. Lorho est le seul à connaître tous les protagonistes. Jean-François Dominguez veut des informations sur l’avocat des petits porteurs de Vivendi, Maître Frederik-Karel Canoy. Il donne à Quiros des instructions très précises dans une enveloppe kraft à la terrasse d’un café. Tout fonctionne.

Vient plus tard l’affaire du laboratoire du Tour de France (LNDD) qui donne vraiment l’impression d’avoir affaire à des amateurs alors que les enjeux sont énormes. Comme très souvent dans l’espionnage industriel, il n’y a aucun contrôle en amont. Les affaires n’éclatent que s’il y a un dérapage. Et le dérapage arrive avec cette affaire. L’avocat de Floyd Landis qui avait commandé ces documents les a publiés sur son blog. L’affaire la plus anecdotique, même si elle est grave, a permis aux enquêteurs de remonter le fil : EDF, Greenpeace, Karachi2.

Malgré les procédures judiciaires, plusieurs énigmes demeurent : pour qui travaillait Dominguez ? Quelles étaient les relations de Pierre François avec la DST ?

Au cours de l’instruction, Dominguez et Lorho se sont rencontrés pour se mettre d’accord, mais le juge l’a su. Chacun a choisi une ligne de défense différente : Lorho en balançant EDF pour se dédouaner sur le reste ; Dominguez en refusant de parler. L’avocat espionné, Maître Frederik-Karel Canoy, a suggéré que Vivendi était le commanditaire. Rien ne permet de l’affirmer, mais qui d’autre aurait intérêt à se renseigner sur la bête noire de l’entreprise, l’avocat des petits porteurs ? À l’époque, la principale société d’intelligence économique, Atlantic Intelligence dirigée par Philippe Legorjus, comptait Vivendi parmi ses clients.

Aujourd’hui le procès d’EDF est passé, l’entreprise a été condamnée en tant que personne morale, fait rarissime et très symbolique dans ces affaires.

Sans faire toute la lumière sur les liens avec la DST…

Pierre François est non seulement le numéro deux de la sécurité d’EDF, mais aussi le correspondant de la DST dans son entreprise avec qui il est en contact régulier. Ces contacts sont fréquents, c’est la zone grise du renseignement. Depuis l’affaire du Rainbow Warrior qui a été un vrai traumatisme, les services préfèrent garder leur distance ou donner un feu orange, en tout cas ne pas trop se mêler de ce genre d’affaire.

Dans sa plaidoirie, l’avocat d’EDF, Alexis Gublin, a chargé la DCRI en allant jusqu’à laisser entendre que l’entreprise aurait pu être victime d’une opération scabreuse. Cette plaidoirie a été très mal vécue à la DCRI. Thierry Lorho lui-même avait un agent traitant qui a confirmé leurs rencontres fréquentes. Lorho pouvait potentiellement lui apporter des informations sur des affaires en cours. C’est l’archétype de l’ancien des services reconverti dans le privé tout en conservant des contacts avec la maison. Il joue les électrons libres. Difficile d’imaginer que la DST puis la DCRI, n’aient pas été au courant des magouilles de Thierry Lorho !

C’est un triangle avec la DCRI, Thierry Lorho et Pierre François, donc entre l’État, les officines et les services de sécurité des grandes entreprises.

D’autres pirates travaillaient-ils pour Thierry Lorho ?

Certains le prétendent, mais rien ne permet de l’affirmer.

D’autres entreprises de sécurité, Géos, Risk&Co ou autres, font-elles appel aux compétences de pirates informatiques ?

Des sociétés spécialisées dans le renseignement informatique existent et font appel à des pirates pour cartographier les réseaux etc. Rien d’illégal. Parfois, ils franchissent la ligne jaune. La frontière est ténue. Pirater un ordinateur est la manière la plus rapide et la plus certaine d’obtenir des informations. Certains hackers sont devenus des mercenaires du renseignement. Le cas de Quiros est typique : les mercenaires sont dans des situations précaires, quand ils se font choper, l’entreprise se dédouane. Ce sont deux univers très différents qui se rencontrent. Alain Quiros est la partie immergée d’un système très vaste.

  1. L’entreprise a été condamnée pour avoir fait espionner un dirigeant de Greenpeace, ndlr []
  2. Quiros a été chargé d’espionner le dirigeant de la société Heine par laquelle aurait transité des commissions liées à des contrats avec le Pakistan, ndlr []

http://owni.fr/2012/10/23/ces-hackers-devenus-mercenaires/

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 12:26

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 13:51

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http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/10/09/sanofi-supprime-des-emplois-mais-lance-une-boisson-avec-coca-cola-236017

Sanofi, qui supprimera 900 postes d’ici à 2015, s’allie à Coca-Cola pour une boisson beauté. Une diversification qui inquiète les chercheurs du groupe pharmaceutique.

Alors que les salariés de Sanofi continuent de protester contre des réductions d’effectifs, qui visent particulièrement le secteur recherche, le « champion français de la pharmacie » s’apprête à s’enraciner sur le marché des cosmétiques. Selon un document de présentation que Rue89 s’est procuré, Sanofi lance « une combinaison UNIQUE entre le rafraîchissement, le goût et le pouvoir d’actifs de beauté », en partenariat avec Coca-Cola.


Voir le document

(Fichier PDF)


Sous le nom de projet « Paris », Beautific Oenobiol a été présenté en interne au cours d’un comité d’entreprise du groupe Sanofi Aventis France, le 20 juin dernier. Mi-septembre, Bakchich publiait des captures du mémo et posait la question de la rentabilité de la recherche contre le cancer.

Selon Laurent Ziegelmeyer, salarié du site de Vitry (Val-de-Marne) et représentant CGT, le document a rapidement circulé entre les salariés, provoquant l’incrédulité :

« Quand je l’ai reçu, je n’y ai pas cru. J’ai cru à un canular ou à un montage. Sur le document, il y a des filles en maillot de bain, et puis c’est un partenariat avec Coca-Cola...

Ça fait vingt ans que je suis à Sanofi, j’ai déjà vu un certain nombre de choses, mais là, je me suis dit : “C’est pas possible.” Et en fait, si. »

Contactée à plusieurs reprises, la direction de Sanofi n’a pas souhaité répondre à nos questions.

« Là, ça fait épicerie »

Beautific Oenobiol
Destiné à un usage « en relais ou en complément de la prise de gélules Oenobiol », Beautific Oenobiol cible en particulier « les femmes entre 25 et 45 ans, urbaines, actives, de catégories socio-professionnelles supérieures », selon le document de présentation

Le produit sera vendu au prix de 2 ou 3 euros, en pharmacie et parapharmacie. D’ici début 2013, quatre boissons devraient être commercialisées, chacune répondant à un « objectif beauté ciblé » : « colaire intensif », « cheveux & ongles »,« copslim minceur » et « vitalité ».

Certaines d’entre elles ont déjà été mises en vente à Paris, Lyon, Marseille et Nice, avec valeur de test pour Sanofi.

Qu’un grand laboratoire se lance sur le marché des cosmétiques, pourquoi pas, concède Laurent Ziegelmeyer :

« C’est un complément de revenus pour l’entreprise. Mais ça ne correspond pas du tout à l’état d’esprit général des chercheurs de l’entreprise. L’industrie pharmaceutique, c’est pas ça ! Là, ça fait épicerie. »

Surtout, rappelle le représentant du personnel :

« Il y a des vraies urgences de santé, que ce soit en France ou ailleurs. Nous, on a envie de faire notre métier, de travailler sur des médicaments utiles plutôt que de faire des pilules autobronzantes.

Il ne faut pas que cette diversification se fasse au détriment de la recherche sur des thérapies plus importantes, or c’est notre sentiment. »

« Sanofi se désengage du médicament »

Beautific Oenobiol est essentiellement constitué d’eau, de jus de fruits et de mystérieux « ingrédients actifs pour maximiser un objectif beauté ciblé ». Cette boisson est donc bien éloignée des médicaments traditionnellement commercialisés par Sanofi.

Le numéro trois mondial de l’industrie pharmaceutique a en effet bâti son succès sur un certain nombre de « blockbusters » – Plavix, Lantus ou Stilnox – et, surtout, sur le secteur des vaccins, grâce à son laboratoire Sanofi Pasteur.

Laurent Besson-Imbert, du syndicat SUD Chimie Toulouse, y voit une stratégie de long terme qui vise à supprimer petit à petit l’activité recherche du groupe :

« Depuis l’arrivée de Christopher Viehbacher à la tête du groupe en 2008, la direction a procédé à des coupes dans les effectifs et à de nombreuses suppressions de produits dans le portefeuille de projets de recherche, motivées par leur prétendue “ inefficacité ”. C’est du meurtre avec préméditation. »

Une chercheuse sur le site de Toulouse – dont le sort reste à préciser – depuis douze ans confirme :

« Ils stoppent unilatéralement le développement de certaines molécules, ce qui leur permet ensuite de dire que nous n’avons rien produit et donc qu’on ne sert à rien. Comme ça, ils justifient les réductions d’effectifs. »

Pour Florence Faure, secrétaire du comité d’entreprise de Sanofi Aventis France, le constat est simple :

« Sanofi se désengage du marché du médicament. »

« Falaise des brevets »

Ces dernières années, l’industrie pharmaceutique s’est trouvée confrontée à l’arrivée à expiration de nombreux brevets protégeant ses médicaments phares. Le phénomène est connu sous le nom de « falaise des brevets » : les inventions, propriétés de leur découvreur, tombent dans le domaine public au bout de vingt ans, autorisant leur reproduction et donc la mise au point de médicaments génériques.

Sanofi se trouve ainsi placé dans une situation concurrentielle inédite : entre 2008 et 2011, le groupe a, selon Challenges, vu un tiers de son chiffre d’affaires et la moitié de ses profits partir en fumée devant la fameuse « falaise des brevets ».

Les cosmétiques, plus lucratifs

Le groupe a alors fait le choix de diminuer l’importance de sa recherche en interne et de diversifier ses activités. Une analyse de la commission économique et sociale du comité central d’entreprise Sanofi Aventis montre ainsi qu’entre 2008 et 2011 :

  • le nombre de sites de recherche et développement a été divisé par deux ;
  • les budgets recherche, réduits de 15% ;
  • les effectifs, de 22%

On peut lire également :

« De plus, la direction ne cache pas sa volonté de se diversifier dans des domaines ne touchant pas à la santé publique (ex. boisson beauté) qu’elle estime plus lucrative et moins risquée. »

En 2009, Sanofi rachetait Oenobiol, numéro un des compléments de beauté en France, dans le but de faire du groupe « une entreprise globale et diversifiée dans le domaine de la santé ».

Le chiffre d’affaires de l’entreprise de cosmétiques est estimé à environ 60 millions d’euros annuels. Le groupe Sanofi, quant à lui, réalise plus 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, pour un bénéfice net de 9,2 milliards d’euros en 2010.

Une stratégie payante, puisque Sanofi pourrait bientôt détrôner Total de sa première place au CAC 40.

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Published by valenton rouge - dans France
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