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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 13:46

action-fakir.jpgLe journal Fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

 

 

 


Ça y est : le Comité d’intervention en assemblée générale des actionnaires (Ciag) est lancé. Il compte déjà 152 membres. Il vous attend. Et il attend aussi vos dénonciations...

 

 

L’histoire que nous allons vous raconter se déroule dans la City, en 2004.
Imaginez-vous à cinq heures du matin, dans les rues de Londres, avec ces grandes tours illuminées.

« Cinq heures, c’est l’heure du nettoyage. C’est l’heure où des petits travailleurs et travailleuses besognent dans les tours. Pour aspirer, astiquer, ranger et vider les poubelles pleines de chiffres à plusieurs zéros qui ne sont que des sous-estimations de montants qui vont être tradés lorsque le matin sera levé.
L’un de ces travailleurs est Abdul Durrant. Pour astiquer les bureaux de HSBC, Abdul est payé la somme faramineuse de 6,5€ de l’heure. Qui dit mieux ? Abdul à six enfants, et est le seul à avoir des revenus à la maison.
Aidé par des activistes, Abdul se rend à l’assemblée générale des actionnaires pour se confronter directement au patron de HSBC, John Bond.


Abdul Durrant rentre dans la grande salle peuplée de financiers en costards cravates, parfumés aux billets et prend la parole sans la demander :
- Bonsoir, je m’appelle Abdul Durrant, et je suis actuellement la personne qui nettoie votre immeuble. Je suis venu ce soir pour vous poser quelques questions.

John Bond, bien embêté :
- OK. D’accord.

-Je nettoie votre bureau tous les jours de ma semaine, et j’y vois toujours les photos de vos enfants sur votre bureau. Vous savez, ça me rend triste. Ça me rend triste car je réalise que mes propres enfants n’auront pas la même vie que les vôtres pour une raison très simple : je reçois le salaire minimum et chaque mois je dois me battre pour nouer les deux bouts. La plupart du temps, ils vont à l’école sans un repas convenable, sans avoir pu acheter les livres dont ils ont besoin et le matériel nécessaire.
Vous savez ce qui attend es enfants ? La même que tous les autres du quartier ! A ces gamins, vous leur donnez le choix soit de faire comme moi, nettoyer le bureau des autres pour un salaire de misère, soit de voler. Devenir ce que vous appelez des délinquants. Vous choisiriez quoi à leur place ?
On travaille dans le même bureau, mais nous vivons dans des mondes différents.
Moi, tout ce que je vous demande, c’est de vous rencontrer. Qu’on puis parler de mon salaire et de celui de mes collègues. On ne vous demande pas la lune. On ne veut pas vos bureaux. On ne veut pas vos emplois. On veut même bien garder les nôtres. Mais on ne veut pas travailler pour ce salaire-là.

John Bond, énervé :

- OK OK, je vais vous rencontrer, faites ce que vous voulez mais arrêtez de parler ! Laissez continuer notre réunion. Je ferai ce que vous voulez, mais arrêtez de parler !

Cette petite histoire, un peu naïve, est celle de petites gens qui ont augmenté le salaire des travailleurs de 42% par rapport au salaire minimum ! Cette petite histoire est celles de gens qui ont acquis un droit à se syndiquer, le droit d’avoir des jours de congés payés, le droit de tomber malade sans se faire licencier. »


Cette anecdote, les Belges Nic Gortz et Daniel Zamora sont venus la raconter à la fête de leurs défaites, le 6 juin dernier. ET ça collait parfaitement avec nos expériences : pourquoi, dernièrement, Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, a-t-il abandonné ses poursuites contre Fakir et  ? Parce qu’il redoutait qu’on intervienne, pour la troisième année d’affilée, en assemblée générale des actionnaires. Pourquoi Bernard Arnault, le PDG de LVMH, a-t-il reculé, un peu, temporisé au moins, dans la délocalisation de ses usines de costumes vers la Pologne ? Parce que Marie-Hélène Bourlard, déléguée CGT d’ECCEE, l’a chahuté en pleine AG à nos côtés.


C’est une forme d’action qu’ils redoutent : rares sont les lieux, comme ces AG, où Travail et Capital peuvent se confronter en direct. Nous allons donc, désormais, pratiquer ces incursions avec méthode, constance, organisation. Qu’on transforme leurs réunions en carnaval ! Qu’on colle des insomnies à nos dirigeants !


Notre comité compte déjà 152 membres, prêts ) devenir actionnaires d’un jour -dont Jean-Pierre Garnier, Gérard Mordillat, Leïla Chaibi, la Compagnie Jolie Môme, Le Pavé, etc. Venez grossir nos rangs !


Surtout, il nous faut désormais monter des dossiers. Repérer des entreprises en lutte. Contacter des syndicalistes ou des ONG. Car une chose est sûre : nous ne ferons rien sans les premiers concernés, les salariés – ou les exploités du Sud. Nous serons là en appui, pour les aider – mais pas pour les remplacer.

Voici donc, en gros, notre calendrier :

D’ici l’automne, nous montons des dossiers – c’est le moment, donc, de dénoncer votre patron !

Dans le courant de l’hiver, nous sélectionnons quelques multinationales – et en informons les adhérents ( de façon clandestine).

En début d’année 2013, vous passez à votre banque, vous achetez une action.

Au printemps, la saison des AG, nous devenons le cauchemar du CAC 40 !

Ils ont les millions.
Nous sommes des millions !

Ils ont l’argent,
Nous avons les gens !

Et c’est pour ça qu’à la fin
c’est nous qu’on va gagner !

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 12:08

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http://dailynord.fr/2012/10/36389/

 

Info DailyNord. Hasard de l’actualité (ou pas), alors que Jean-François Copé nous a gratifié il y a quelques semaines de sa sortie sur le racisme anti-blanc, ceux qu’on appelle parfois « les deux Saïd » – les Roubaisiens Saïd Bouamama, sociologue engagé, et Saïd, du groupe de hip-hop Z.E.P – viennent d’être mis en examen par le tribunal de Paris pour « injures publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une race ou une religion ».

En août 2010, les deux Roubaisiens avaient sorti le livre « Nique la France – Devoir d’insolence » et le morceau de hip-hop « Nique la France », ce qui leur avait valu un tombereau de réactions indignées (relire nos différents articles : Nique la France, le buzz nordiste ne laisse personne indifférent ; « Nique la France » en question par Jean-Pierre Decool). A l’époque, une première plainte émanant d’un identitaire toulousain avait été classée sans suite. Cette fois, c’est l’Agrif (Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité Française et Chrétienne) qui est à la manoeuvre et qui a réussi à convaincre le parquet d’instruire l’affaire. Rendez-vous est pris à l’heure de l’apéro dans un café de Lille-Fives avec Saïd Bouamama qui, tout en sirotant une bière (pour ceux qui imagineraient d’emblée le personnage en barbu intégriste), a bien voulu répondre aux questions de DailyNord. A 54 ans, ce sociologue formant des travailleurs sociaux, très investi dans la lutte pour les sans-papiers veut continuer « à poser des questions embêtantes » y compris au sein du Front de gauche qu’il soutient.

DailyNord : Votre mise en examen intervient alors que Jean-François Copé dénonce le racisme anti-blanc dont seraient victimes certains Français. Est-ce un hasard ?

Saïd Bouamama : Non, à force de céder à l’extrême-droite sur certains points, on assiste à une droitisation de la société. Copé reprend le racisme anti-blanc – vieille antienne du FN – à son compte. L’extrême-droite peut désormais aller plus loin. A leur place, je dirais : « la circoncision est inhumaine, il faut l’interdire » et vous verrez que dans deux ans, le débat sera porté en place publique. Or au final, c’est toujours l’extrême-droite qui gagne car la force du facisme, c’est de se présenter toujours plus net que la photocopie.

« NIQUE LA FRANCE » POUR POSER « UN CERTAIN NOMBRE DE QUESTIONS »

DailyNord : Est-ce à dire que pour vous le racisme anti-blanc est une pure invention ?

Saïd Bouamama : Le FN et Copé mélangent deux choses : d’un côté, les réactions individuelles de quelques jeunes de quartiers minoritaires qui existent, de l’autre un racisme structurel et institutionnel qui fait que tu as 30% moins de chances de trouver un boulot quand tu t’appelles Mohamed ou Mamadou. Le but étant d’invalider l’anti-racisme. On observe le même phénomène pour délégitimiser les féministes : certains prétendent qu’il faut un mouvement « hommiste » pour défendre les hommes battus. Comme si on pouvait comparer les deux…

DailyNord : Quand vous écrivez « Nique la France » il y a deux ans, quel est votre objectif  ?

Saïd Bouamama : Poser un certain nombre de questions dans une forme qui oblige à la réaction.

DailyNord : Au risque d’apparaître non-constructif ?

Saïd Bouamama : Mais la provocation est le seul moyen pour faire entendre une souffrance une frange de la population qui n’est pas entendue et qui n’a pas le droit à la parole. Quelques mois avant, j’avais écrit un ouvrage « la France autopsie d’un mythe national » qui pose les mêmes questions mais de manière plus policée. Pourquoi certains jeunes dans les banlieues disent « Nique la France »? Parce qu’ils n’ont pas l’impression d’être considérés comme Français. La provocation permet aussi d’avancer. Regardez, quand je disais il y a quelques années que la France possèdait encore un héritage colonialiste dont elle avait du mal à se défaire, on me disait que j’étais trop radical. Aujourd’hui François Hollande dit qu’il faut reconnaître le massacre de Thiaroye au Sénégal.

DailyNord : Mais vous saviez que vous alliez braquer certaines personnes, y compris à gauche ?

Saïd Bouamama : Oui, mais il y a eu des critiques avec qui nous avons pu débattre. Même à gauche, on entend dire que les gamins doivent s’intégrer alors qu’ils sont Français. Une partie de la gauche fait une erreur en construisant son discours sur des moyens. La laïcité, ce n’est qu’un moyen de bien vivre ensemble, ce n’est pas une fin en soi. Il ne faut pas que la gauche abandonne cette grille de lecture qui dit que ce sont les conditions de vie qui déterminent les comportements.

Par ailleurs, je pose une question : pourquoi Michel peut-il dire qu’il n’aime pas le drapeau et pas Mohamed ? Pourquoi Aragon peut-il écrire « je conchie la France impérialiste » et pas Saïd ? Nous sommes au début d’une interdiction de toutes critiques envers la France. Avec Sarkozy, on avait l’impression qu’il fallait faire allégeance au drapeau tous les jours.

LORS DU JUGEMENT, « JE COMPTE BIEN INVOQUER ARAGON, LÉO FERRÉ ET D’AUTRES »

DailyNord : Ce livre n’est-il pas en fin de compte le reflet d’une période tendue entre jeunes des quartiers et autorité publique ? En clair l’écririez-vous maintenant ?

Saïd Bouamama : Oui, mais avec un autre titre comme « Marre des discriminations ! ». Il est clair qu’il y a eu un nombre de discours insultants à l’époque de Sarkozy. En sociologie, on appelle ça « le retournement du stigmate ». Le jeune qui entend toute la journée « t’aimes pas la France, t’aimes pas la France, t’aimes pas la France », à la fin il te dit « oui, j’aime pas la France ». Dans cinquante ans, on verra ce livre comme le résultat inévitable d’un contexte.

DailyNord : Concernant votre mis en examen, vous êtes serein ?

Saïd Bouamama : Ce qui m’embête, c’est que depuis deux ans, j’ai reçu beaucoup de messages d’extrémistes disant « on va te faire la peau » et que maintenant que la plainte est acceptée, la partie adverse peut avoir accès à mon adresse. Pour le reste, attendons le jugement, mais je compte bien invoquer Aragon, Léo Ferré et d’autres pour me défendre.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 11:44

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 11:36

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http://www.lesinrocks.com/2012/10/17/actualite/des-personnalites-dextreme-droite-font-de-lentrisme-sur-des-sites-dinfos-11315043/

Effet collatéral de la banalisation du FN de Marine Le Pen ? Depuis quelques mois, nombre d’extrémistes de droite trouvent des tribunes sur des sites grand public bien peu regardants sur l’origine de leurs contributeurs.

“Boulevard Voltaire, le cercle des empêcheurs de penser en rond” : voici le nom et la devise du site d’information lancé au début du mois d’octobre par les journalistes Robert Ménard et Dominique Jamet. “Deux idées président au lancement. La première est ‘liberté’, d’expression, de ton, de parole. La seconde est ‘pluralisme’, afin de permettre à des opinions qui ne sont pas forcément officielles et autorisées par les grands groupes de presse et les grands partis politiques de s’exprimer”, a résumé Dominique Jamet lorsqu’il a été interrogé par l’AFP. Pour concrétiser ce programme, les deux compères n’ont pas hésité à faire appel aux vieilles gloires de l’ultradroite.

Parmi la trentaine de contributeurs de Boulevard Voltaire, des anciens du Front national tels Jean-Yves Le Gallou, ex-député européen frontiste qui a théorisé le concept de “préférence nationale”, mais aussi l’historien Bernard Lugan, ancien membre du conseil scientifique du FN. Parmi les autres plumes du site, on retrouve le militant complotiste et souverainiste Pierre Hillard, l’avocat pro-israélien radical Gilles-William Goldnadel mais aussi l’écrivain André Bercoff, qui vient de publier Apéro saucisson-pinard,un livre d’entretiens avec, entre autres, le président du Bloc identitaire, Fabrice Robert.

D’autres profils n’échapperont pas au lecteur de Minute mais sont moins connus du grand public. Pour Boulevard Voltaire, Mathilde Gibelin a ainsi interviewé Nicolas Dupont-Aignan mais également François Delapierre, le bras droit de Jean-Luc Mélenchon. Alors qu’elle est présentée comme une simple journaliste, un rapide tour sur son blog personnel permet de comprendre qu’elle est l’une des figures d’Europe-Jeunesse, le mouvement de scouts du GRECE (un think tank ayant pour but de fournir à la droite et l’extrême droite un logiciel de pensée identitaire et ethnodifférencialiste). Introduit de la même manière, Nicolas Gauthier, qui publie des analyses géopolitiques sur le site, est l’ancien directeur de publication du journal d’extrême droite Flash.

Ce ne sont pas les seuls militants d’extrême droite qui réussissent à accéder et à contribuer à des sites d’informations grand public. Le phénomène a même tendance à se généraliser. “Les sites participatifs ont besoin d’une grande quantité d’intervenants pour s’autoalimenter ou pour susciter le débat. Ils font donc parfois appel à des gens sans tenir compte de leurs stricts domaines de compétences”, analyse Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). “Beaucoup d’intellectuels déclassés trouvent sur le web une nouvelle visibilité en se présentant comme des parias ostracisés à cause de leurs discours pseudopolitiquement incorrects sur l’islam ou l’immigration”, confirme l’historien des droites extrêmes Nicolas Lebourg.

C’est ainsi, par exemple, que Jean-Paul Gourévitch, “spécialiste autoproclamé des migrations”, adoré par l’extrême droite pour avoir livré un rapport tout à fait farfelu sur le coût économique de l’immigration, intervient sur Le Plus (site participatif du Nouvel Obs) ou bien encore sur le pure player conservateur Atlantico.

Sans doute moins regardant sur sa droite, Atlantico héberge aussi les papiers de Christian Rol, ancien militant de l’organisation étudiante d’extrême droite le GUD, coauteur d’un livre avec Maxime Brunerie (l’homme qui avait tiré sur Jacques Chirac en 2002), simplement présenté au lecteur comme un “écrivain et journaliste”, ou bien encore ceux de Patrice de Plunkett, dont le passé militant au sein de la Nouvelle droite est également passé sous silence.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:33

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http://dupin-bernard.over-blog.com/

 


Depuis le 1er octobre dernier, le plafond du Livret A est passé de 15 300 € à 19 125 € et le Livret de développement durable (LDD) a vu son plafond doubler, de 6 000 à 12 000 €.

Cette mesure qui ne correspond qu’en partie à une promesse de campagne de François Hollande est sensée aider « à la construction de 150 000 logements sociaux par an ».

Or, depuis le 1er octobre et jusqu’à fin décembre 2012, La Banque postale incite les épargnants qui viennent verser sur leur livret A ou leur livret développement durable à ouvrir une assurance vie ou un livret épargne logement.

Ainsi par exemple, pour tout versement de 1 000 € minimum sur le Livret A et un versement simultané sur un contrat d’assurance vie (adhésion et/ou versements libres), les frais sur versements sont attractifs sur les contrats d’assurance vie concernés : 0,50% si le versement est supérieur ou égal à 50 000 € ou 1% si le versement est inférieur à 50 000 €.

En temps normal, les frais sur versements se montent à 3,50% pour la gamme de contrats Vivaccio et à 3% pour le contrat Cachemire.

Par ces offres promotionnelles, la Banque Postale détourne donc une partie de l’épargne qui devait aller sur le livret A, vers d’autres produits financiers, ce qui est contraire à l’objectif poursuivi.

L’épargne populaire et notamment le livret A doivent être en effet au service du financement de l’intérêt général et de la réponse aux besoins sociaux.

La mission première du livret A est le financement du logement social car la crise du logement touche de nombreux territoires avec des besoins qui sont toujours aussi criants et qui se sont même encore aggravés ces dernières années.

Le montant des loyers demeure de plus en plus insupportable particulièrement pour les ménages à revenu modeste.

L’épargne réglementée, dont le livret A mais surtout le livret de développement durable, a aussi vocation à répondre à d’autres besoins cruciaux et enjeux sociaux et économiques.

C’est en particulier le cas du financement de l’industrie et du développement du tissu économique local et des infrastructures de transport ou de développement durable.

Pour répondre à ces enjeux, la création d’un pôle financier public, qui serait alimenté, entre autres, par l’épargne populaire apparaît de plus en plus indispensable.

L’utilisation de l’épargne populaire de même que la centralisation des dépôts collectés auprès de la CDC doivent répondre à ces différentes priorités, mais pour cela, il convient avant tout d’augmenter les salaires qui sont à l’origine de cette épargne.

En jouant sur des incitations promotionnelles face à l’accroissement de versements dus à l’augmentation des plafonds du livret A et du livret LDD, la Banque Postale « s’assoie » donc sur le principe même de créations de logements sociaux voulu par le gouvernement.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 19:38

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Comparée aux autres pays occidentaux, la France se singularise par la place qu'elle accorde aux questions de sécurité dans l'espace public. Cette particularité remonte aux années 1980, dans le contexte de recomposition du paysage politique liée à la victoire de la gauche, à l'affaiblissement de la droite et à la montée du Front national. Face à cette situation, les partis conservateurs, reprenant à l'extrême droite ses thèmes favoris, se sont servis de celui de l'insécurité pour remobiliser leur électorat et reconquérir le pouvoir. Deux ministres de l'intérieur ont marqué de leur empreinte cette reconversion, Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy, qui ont transformé en profondeur la visibilité et l'approche des questions sécuritaires.


Ce changement est passé par un contrôle croissant exercé sur l'appareil statistique et la recherche, un durcissement de l'arsenal législatif, une pression exercée sur les magistrats et un élargissement des prérogatives des policiers en matière de contrôle d'identité. Cette stratégie s'est avérée doublement efficace. Elle a contribué à la victoire de la droite à trois présidentielles successives, et contraint la gauche à suivre le mouvement, les parenthèses de sa présence au gouvernement au cours des deux dernières décennies n'ayant pas changé la donne, malgré l'intéressante mise en place d'une éphémère police de proximité.


 IMAGE AMBIGUË


L'un des éléments essentiels de ce dispositif sécuritaire à la française est le déploiement de ces unités spéciales que sont les brigades anticriminalité (BAC). Bien qu'on ait parfois cherché à en faire remonter la genèse aux brigades de surveillance nocturne mises en place à Paris en 1971, les BAC ont en réalité une histoire plus récente : celles de nuit ont été créées en 1994 et celles de jour en 1996. Composées de gardiens de la paix, souvent en civil, circulant dans des véhicules banalisés et supposées mieux armées pour le flagrant délit, les BAC ont été conçues pour intervenir dans les quartiers réputés difficiles, et donc les banlieues des grandes agglomérations, avant de se multiplier sur tout le territoire national, jusque dans des petites villes de province.

Au sein de la police nationale, leur image est ambiguë : on les respecte et on les craint. D'un côté, elles constituent presque un corps d'élite, puisqu'on les intègre à la suite d'épreuves, certes peu sélectives, et par cooptation, soit sur la base d'affinités. De l'autre, on les considère souvent comme brutales, peu contrôlables, opérant aux limites de la légalité, susceptibles de faire dégénérer les situations délicates par leur agressivité. Conséquence de cette ambiguïté, mais aussi du désenchantement de beaucoup de gardiens de la paix qui ont rejoint ces unités, les postes y sont difficiles à pourvoir, ce qui amène nombre de commissariats à diminuer le niveau de leurs critères de recrutement.

Leur très grande autonomie, tant dans le travail que dans sa supervision et son évaluation, en a rapidement fait un petit Etat dans l'Etat, les policiers qui les dirigent n'ayant souvent de comptes à rendre qu'au commissaire chef de la circonscription. Du reste, bras armé des politiques sécuritaires, elles sont devenues presque intouchables, car leur présence sur le terrain rassure, sinon les habitants, du moins une hiérarchie désireuse de se conformer à la culture du résultat qui a servi pendant dix ans de mot d'ordre aux ministres de l'intérieur successifs. Or, qu'en est-il de ces résultats ?

Difficile de répondre à cette question en l'absence de données disponibles sur l'activité des BAC. Même les autorités seraient bien en peine de le faire. Les chiffres produits sur le terrain ne différencient pas les types de faits enregistrés. Ce serait pourtant là un élément instructif. Contrairement à l'idée répandue selon laquelle les banlieues, notamment les cités, seraient minées par la délinquance et la criminalité, les statistiques du ministère de l'intérieur révèlent une situation moins sombre. La plupart des faits les plus graves sont en baisse depuis des décennies et leur incidence dans les zones urbaines sensibles n'est pas supérieure à ce qu'elle est dans les agglomérations environnantes.

Cette situation se traduit par une faible sollicitation de la part des habitants et par une démarche consistant à aller au contact de la population. S'agissant des BAC, ce contact prend la forme de contrôles d'identité ciblés sur deux catégories d'individus, les jeunes hommes résidant dans les cités et les personnes paraissant d'origine étrangère, avec l'espoir de constater une infraction à la législation sur les stupéfiants dans le premier cas ou à la législation sur les étrangers dans le second. Ainsi, faute de flagrant délit sur des affaires sérieuses, ces policiers doivent se contenter d'usagers de cannabis et de sans-papiers. Beaucoup déplorent ce décalage entre leur mission et leur action.

Si l'efficacité des BAC est donc loin d'être établie en matière de réduction de la délinquance et de la criminalité, elle est en revanche plus facile à démontrer sur un tout autre plan. Leur présence dans les quartiers populaires relève en effet d'une logique différente de celle dont se réclamaient leurs concepteurs. La pratique des contrôles d'identité et des fouilles au corps en livre la clé d'interprétation. Réalisés souvent sans justification et même en dehors des règles définies par le code de procédure pénale, ces actes s'accompagnent parfois d'insultes et de brutalités auxquels les intéressés savent qu'ils ne doivent pas répondre au risque de tomber sous le coup de l'accusation d'outrage et de rébellion, un délit dont les contrôles et les fouilles ont permis la multiplication. Alors que tous les gardiens de la paix, de même que leurs supérieurs, savent que les outrages et rébellions sont un marqueur non pas de la violence du public mais de l'agressivité des policiers concernés, les poursuites judiciaires ont été systématiquement encouragées par le ministère de l'intérieur depuis dix ans.


 MAINTIEN DE L'ORDRE INÉGALITAIRE


La fonction sociale des BAC n'est donc pas la lutte contre l'insécurité, mais la constitution d'un ordre social dans lequel chacun doit savoir la place qui est la sienne et apprendre à la respecter : les jeunes des cités, indépendamment de leur implication dans la délinquance ; les immigrés, quelle que soit la régularité de leur séjour ; les minorités ethniques françaises, volontiers assimilées dans les faits aux groupes précédents ; la majorité des citoyens, qui se sait à l'abri de ces pratiques et souvent ignore même leur existence chez les autres. Le harcèlement des populations déjà précarisées, marginales et stigmatisées produit ainsi une forme singulière de maintien de l'ordre inégalitaire, dont l'action de la police redouble l'injustice puisqu'elle en évite toute contestation.

Pour en prendre la mesure, il faut tenter de s'imaginer les rondes des patrouilles qui sillonnent les rues des cités, les pratiques ordinaires de provocation en écho à celles des jeunes, les déploiements spectaculaires en réponse à des actes mineurs, les expéditions punitives qui prennent tous les résidents d'un immeuble ou d'un quartier en otages pour un délit, les frustrations causées par des plaintes pour violences policières qui n'aboutissent presque jamais mais se retournent parfois contre leurs victimes. Bref, tout cet ordinaire d'intimidation qui pèse sur la vie quotidienne d'habitants déjà pénalisés par l'état dégradé de leur habitat et les pratiques délinquantes de certains groupes.

Depuis vingt ans, les pouvoirs publics ont mis en place une police d'exception, qui ne se déploie que dans certains territoires et pour certaines populations. Cette rupture d'égalité des citoyens devant leur police est une brèche dans le contrat républicain, par lequel ils délèguent à l'Etat le monopole de la violence légitime à la condition qu'il s'applique de la même manière à tous - telle est la justification d'une police qui a été voulue nationale.

Accuser les gardiens de la paix qui composent les BAC de cette pratique discriminatoire serait pourtant aussi vain qu'injuste, car ils ne font que mettre en oeuvre la politique qu'on leur demande d'appliquer. Si, comme le disent certains responsables, ils produisent souvent plus de dégâts par leurs interventions qu'ils ne résolvent de problèmes, ils permettent de justifier leur propre existence, puisque, une fois les drames survenus et les émeutes commencées, ce sont eux que l'on mobilisera pour rétablir l'ordre qu'ils ont troublé. La question est finalement politique : peut-on se satisfaire d'une situation dans laquelle on fait de l'exception une règle ?

Les diverses affaires qui secouent aujourd'hui l'institution policière à travers la mise en cause de plusieurs de ses BAC peuvent donc servir à engager le nécessaire travail de fond permettant de rétablir des relations de confiance entre la police et la population. Cet effort suppose une évaluation indépendante, réalisée dans d'autres pays mais jamais entreprise en France, en même temps qu'il implique une concertation entre tous les partenaires concernés, des syndicats de policiers aux associations d'habitants et aux élus locaux, en passant par les chercheurs. Chacun a intérêt à ce que les gardiens de la paix honorent la signification de leur nom. A terme, il s'agit que les forces de l'ordre retrouvent le sens d'agir au service non plus d'un gouvernement, mais de la société.

Didier Fassin, sociologue

 

Didier Fassin

Professeur de sciences sociales à l'Institute for Advanced Study de Princeton (New Jersey), directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, anthropologue, sociologue et médecin. Son enquête sur les brigades anticriminalité a été présentée dans "La Force de l'ordre. Une anthropologie de la police des quartiers" (éd. du Seuil, 2011, 408 p., 21,30 €)

 


Débattons des atteintes ordinaires au droit

 

Vers la fin de l'enquête que j'ai conduite pendant quinze mois, entre 2005 et 2007, sur une brigade anticriminalité dans la région parisienne, j'ai demandé au commissaire adjoint du chef de la circonscription pourquoi lui et ses supérieurs avaient autorisé cette recherche, il a eu cette réponse : "Pourquoi cette question ? Nous n'avons rien à cacher. Il n'y a pas de ripoux parmi nous." Il est vrai que je n'ai jamais eu vent de quelque corruption que ce soit au sein de ses services. Il est impossible de tirer de cette observation des conclusions sur le caractère marginal ou non de l'affaire de vol et d'extorsion impliquant la BAC du nord de Marseille, mais cette remarque montre que telle était la principale préoccupation en matière de bonnes pratiques : éviter l'opprobre de l'image de "ripoux".
Or , il ne faudrait pas que l'arbre de l'affaire marseillaise cache la forêt des problèmes posés par l'action de la police dans les quartiers en difficulté. Bien plus que les affaires de corruption, ce sont les atteintes ordinaires aux droits des citoyens, régulièrement critiquées par la Commission nationale de déontologie de la sécurité, supprimée par le gouvernement en 2009, qui devraient susciter la réflexion et l'action. Comme le disait le secrétaire général d'un grand syndicat de police, les BAC se comportent souvent dans les banlieues comme des "meutes qui vont produire plus de dégâts en allant sur le terrain que régler des problèmes". De fait, pratiquement tous les désordres urbains qu'a connus la France depuis vingt ans se sont produits à la suite d'interactions violentes entre des jeunes des cités et des policiers de ces unités.
Certes, toutes les BAC n'agissent pas de la sorte. Il existe en leur sein des policiers qui, parce qu'ils sont plus familiers des quartiers dans lesquels ils opèrent et plus soucieux des règles éthiques, parviennent à maintenir des conduites respectueuses du droit, tout en étant plus efficaces que les autres dans la lutte contre la délinquance. Mais il s'agit plutôt de comprendre comment le fonctionnement insulaire des BAC, leur soustraction aux modalités habituelles d'évaluation et la tolérance dont elles bénéficient de la part de leurs instances disciplinaires conduisent à des dérives. Le cas marseillais n'est probablement pas la règle, mais il est exemplaire en ce qu'il montre les conséquences extrêmes de ce mode de fonctionnement. L'enjeu ne relève pas seulement de la morale individuelle qu'il faut sanctionner, mais du dispositif institutionnel qu'il faut réformer.
Après un exposé des résultats préliminaires de ma recherche, un commissaire de Seine-Saint-Denis a dit : "Vous avez raison, mais voyez-vous, les BAC, c'est un mal nécessaire." Alors que se multiplient les affaires graves - Amiens, Arras, Marseille -, révélant les problèmes structurels de ces unités spéciales, demandons-nous si tel est vraiment le cas.

Didier Fassin

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 19:35

cla23.jpgSociologue, Choukri Ben Ayed critique le rapport de la concertation. Pour lui, la refondation prolonge les politiques libérales des gouvernements précédents. Le rapport reste dans des formules vagues par exemple quand il évoque " les pratiques pédagogiques dites « efficaces »". La co-éducation avec les collectivités territoriales est aussi présentée comme un élément de creusement des inégalités.

 

 

Après une phase dense de concertation sur l’école, le comité de pilotage a remis sa copie. Il nous est ainsi permis de réagir, même si l’exercice n’est pas aisé en raison de la nature un peu particulière du texte à mi-chemin entre la concertation elle-même et la future proposition de loi. Nous sommes tentés de souligner le caractère participatif de la démarche (bien que dans un cadre bien prédéfini par les thèmes retenus), de nous réjouir également de voir abandonné le langage agressif qui caractérisait la période précédente. Pour autant les doutes et les réserves ne sont pas dissipés.

 

Les doutes d’abord : n’y a-t-il pas contradiction à louer les vertus d’une concertation inédite par son ampleur et d’annoncer un calendrier aussi étriqué pour la rédaction de la loi d’orientation qui en sera issue ? Quant aux réserves, nous abordons à présent le fond du texte.

 

L’avenir de l’école appelle un projet éducatif ambitieux et non une simple action publique réformée

 

Dès l’entrée en matière du texte on ressent une certaine gêne. Si le thème des inégalités est mis en exergue, pourquoi n’avoir retenu que des données de cadrage de PISA ? Ignorées donc les enquêtes nationales plus fines mettant l’accent sur la source des inégalités en France et sur leur caractère cumulatif tout au long de la scolarité ? En second lieu, et c’est sûrement le point d’achoppement, on ne trouve pas de critique en règle sur le fond des réformes menées sous l’ancien gouvernement. Les déboires de l’école seraient uniquement liés à un mauvais pilotage de ces réformes, une mauvaise organisation, un mauvais ordonnancement, une « mauvaise conduite du changement ». Le lecteur avisé y trouve là des références implicites à certaines théories de la science politique qui autorisent le glissement de sens du registre de la « politique éducative » à « l’action publique éducative ».

 

La notion d’action publique fait référence à une conception techniciste et managériale des réformes, alors que la notion de politique éducative mobilise une acception beaucoup plus ambitieuse et potentiellement portée par une vision humaniste. L’école aujourd’hui a besoin d’un projet de très grande ampleur et d’une rupture radicale avec la période précédente. Naguère nous tombions tous à bras raccourcis contre les réformes menées tambour battant, il n’est pas trop tard pour assumer ces critiques et abroger les dispositions prises. Une telle entrée en matière du texte aurait eu le mérite de clarifier les choses.

 

Mais la critique nécessaire fait place à une rhétorique du changement à l’aune de formules générales et convenues : « l’école doit changer car le monde change », « l’école doit rentrer dans la modernité », ou bien des critiques un peu éloignées des réformes elles-mêmes déplorant qui les mutations des cultures juvéniles, qui la communication, qui l’individualisme etc. Dont acte. Mais que dire des évolutions problématiques de l’école elle-même : doxa de l’utilitarisme, du néo-libéralisme, de la concurrence ? Certes ce dernier point est évoqué mais quelle action volontariste lui est opposée ? Suppression des palmarès et des classements ? Non. Suppression des logiques d’autonomie des établissements ? Non. De la situation spécifique de l’enseignement privé ? Non. Tout juste l’idée d’une nouvelle forme d’évaluation détachée des logiques concurrentielles qui reste d’ailleurs à clarifier.

 

Comment réduire les inégalités ? Vrais problèmes et solutions limitées

 

Nous touchons là probablement au cœur du texte. La continuité avec les orientations politico-idéologiques précédentes se confirme. Le socle commun de connaissances, directement issu de la loi Fillon de 2005, n’est pas remis en cause. Il est au contraire fortement revendiqué. Seule sa simplification est annoncée : quelle simplification ?  C’est même lui qui conduirait la réforme des programmes et les épreuves du DNB (Diplôme national du Brevet des collèges).

 

Si la perspective de réduction des inégalités est tout à fait louable, et nous devons bien sûr l’encourager, les causes de ces inégalités sont peu analysées. Certes il est nécessaire d’œuvrer pour la pré-scolarisation, et de renforcer l’école primaire. D’accord aussi pour une action volontariste en ce sens au collège. Mais la nature de celle-ci laisse perplexe. Le thème de l’individualisation de l’action pédagogique comme remède à l’échec scolaire, cher à Xavier Darcos et Luc Chatel et qui cristallisait les critiques il y a encore quelques mois, n’est pas ici remis en cause. Il est même récurrent et demeure étroitement lié aux approches psychologisantes et naturalisantes de la difficulté scolaire. On retrouve la rhétorique du précédent gouvernement qui triait les élèves en fonction de leurs goûts, intérêts et autres talents supposés. Le « bien être psychologique », composante de la réussite ne saurait suffire pour éradiquer l’échec scolaire.

 

Une référence récurrente au « changement de pédagogie » ? Ce changement est indispensable mais le propos demeure bien général. Opposer l’innovation, sans la définir aux « pédagogiques traditionnelles frontales », sans en faire l’analyse, revient à une critique formelle aussi convenue que dépassée des anciens contre les modernes. Qui s’est vraiment donné la peine de comprendre la genèse des pratiques pédagogiques et d’outiller efficacement les enseignants ? Les ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation) revendiquées, seront-elles à la hauteur ? Le rapport n’apporte au fond que peu de précision sur les pratiques pédagogiques dites « efficaces » sur la façon de les penser et de les transmettre.

 

Les élèves qui rencontrent des difficultés ont besoin d’un service public fort plutôt que de compassion ou de bienveillance, d’un service public qui en appui sur la recherche universitaire et pédagogique interroge la nature des difficultés rencontrées par les élèves pour y apporter des réponses audacieuses, garantes d’un profond changement.

 

La co-éducation : pour quoi faire ?

 

Le thème du partenariat est également très présent. Mais rien de nouveau depuis à présent trois décennies. Ce qui l’est en revanche, c’est la notion de co-éducation qui impliquerait certes les parents d’élèves mais également les entreprises, et ce dès la 6ème, comme le préconisait récemment le Ministre lui-même. N’est-ce pas là la consécration d’une logique utilitariste ? En matière de « gouvernance » la décentralisation (de la formation professionnelle et de l’orientation) est fortement souhaitée ainsi que la contractualisation avec les collectivités locales, tout en revendiquant une action forte de l’Etat : n’est-ce pas contradictoire ? Quel bilan peut-on faire de l’émiettement de l’action éducative depuis trois décennies ? N’y a-t-il pas un lien avec le développement très marqué des inégalités territoriales d’éducation ? Aujourd’hui l’école a besoin de plus ou de moins d’Etat ? D’une simplification de son action ou d’une complexification ? Cette nouvelle phase de décentralisation revendiquée, corrélée à un rapprochement avec le monde de l’entreprise, ne risque-t-elle pas de plonger l’école dans une nouvelle crise dont elle n’a absolument pas besoin aujourd’hui pour se reconstruire ? Il y a à mon sens davantage à perdre qu’à gagner sur ce de terrain.

 

L’éducation prioritaire et la carte scolaire : les grands oubliés

 

Ces deux sujets condensent la plus grande surprise du rapport. Si ce dernier souhaite mettre l’accent sur la réduction des inégalités, pourquoi alors reléguer le sujet de l’éducation prioritaire en dernière position ? C’est le cas aussi pour la carte scolaire qui pourtant constituait l’un des symboles de la dérégulation éducative par l’ancien gouvernement.

 

Ce qui pose problème c’est de cantonner la question du traitement des inégalités les plus vives, ainsi que celle de la sectorisation, aux seuls territoires prioritaires. Il s’agit même d’un contre sens. Ce qui se joue dans ces territoires n’est qu’un révélateur puissant des défaillances d’ensemble de l’école. La concentration des difficultés et les logiques ségrégatives sont le produit de la compétition scolaire généralisée et de l’insuffisance de l’école à assumer la massification scolaire.

 

Le traitement de ces deux questions appelle des actions d’ensemble et non des approches segmentées et particularistes en allant même jusqu’à proposer d’agir à la seule échelle des établissements. Renoncer à l’idée de zonage territorial fait courir du reste un risque considérable de démobilisation et de déstabilisation des établissements depuis longtemps engagés dans des actions en réseau et d’ouverture sur leur environnement. La priorité est d’éviter que ces établissements ne décrochent davantage et qu’ils ne fassent l’objet d’une stigmatisation renforcée.

 

Agir contre les inégalités ce n’est pas « triturer » à loisir les zonages prioritaires, c’est aussi poser clairement la question de la politique redistributive en matière d’éducation. A ce titre le rapport aurait été bien inspiré de reprendre à son compte les termes du référé de la Cour des comptes adressé le 11 juillet dernier au Ministre de l’Education nationale et portant sur le traitement des inégalités scolaires. Ce dernier argumentait, en substance, que l’une des causes du renforcement des inégalités de scolarisation est leur absence de prise en compte lors de l’attribution des moyens. C’est donc à un changement radical de paradigme redistributif que le référé appelle de ses vœux.

 

Il ne s’agit de saupoudrage de moyens supplémentaires au profit de quelques établissements triés sur le volet, mais de s’adresser à tous ceux qui accueillent des élèves en situation objective de désavantage économique, scolaire et culturel. En soulignant le fait que certains territoires scolaires situés dans le haut des hiérarchies concentrent les moyens les plus importants, on peut résumer la préconisation de la Cour par le principe de « donner moins à ceux qui ont plus » et réellement « plus à ceux qui ont moins ». Preuve s’il en est qu’une action volontariste en matière de réduction des inégalités nécessite une vision d’ensemble tant en matière de redistribution des moyens, des postes, que des actions spécifiques à mener, conception bien éloignée donc d’une vision partielle du problème.

 

Vous avez dit arbitrage ?

 

Au terme de cette lecture, si nous avons souligné des manques et des points de désaccord nombreux, il est aussi des points d’accord : sur la scolarisation obligatoire à 2 ans, sur la nécessité de réformer la formation des enseignants, sur le rétablissement de la sectorisation (partout ou dans les territoires prioritaires ?), sur la nécessité d’homogénéiser l’offre de formation, sur l’obligation de ne laisser aucun élève sans solution, de redonner un second soufflet à la vie scolaire etc. Cependant faute d’une argumentation beaucoup plus précise, ces propositions, qui étaient « dans l’air du temps » avant la concertation risquent bien d’en rester à l’état d’incantation. Du reste ces dernières cohabitent avec des propositions inquiétantes d’une toute autre obédience politique puisqu’elles s’inscrivent dans la continuité des politiques néo-libérales qui ont plongé l’école dans l’impasse. Refonder l’école ce n’est pas chercher à contenter tout le monde, c’est faire des choix. L’école du peuple supposera des changements de paradigmes radicaux : c’est bien cela que l’on appelle à présent l’arbitrage ?

 

Choukri Ben Ayed

Sociologue, Professeur à l’Université de Limoges

Chercheur au GRESCO

 


http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/10/09102012Article634853618631571249.aspx

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 19:33

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 19:24

stat_chocos002_-_copie-41860.jpgLe ramadan et les viennoiseries ? Après un week-end d’enquête, regards.fr vous dit tout sur cette terrible histoire française.


Un coup de tonnerre. La déclaration faite par Jean-François Copé vendredi dernier à Draguignan brise un terrible tabou de la société française. Même nous, à Regards, sommes bien obligés de l’admettre : seul le maire de Meaux dispose, aujourd’hui dans le paysage politique français d’une envergure telle qui lui permette d’aborder frontalement un sujet aussi délicat que celui de la dérobade caractérisée de pains au chocolat (et parfois même de croissants au beurre, nous y reviendrons...) à la sortie des établissements scolaires au moment des fêtes musulmanes. On se souvient que le maire de Toulouse, le socialiste Pierre Cohen, avait également essayé l’an dernier d’évoquer ce problème mais il avait parlé de chocolatine et personne n’avait rien compris.

Avec Copé, c’est du sérieux. Les pieds dans le plat de levure. Un pavé dans le four de la boulangerie. Et regards.fr, qui ne recule devant aucune investigation, est aujourd’hui en mesure de vous en dire plus sur ce sujet. Grâce à un document confidentiel qu’une source bien informée (mais qui tient à conserver l’anonymat) au sein de l’ONDCVCMAEA nous a photocopié en cachette. L’ONDCVCMAEA, c’est l’Observatoire national des délits concernant les viennoiseries commis par les musulmans et autres étrangers affamés (retrouvez toutes leurs statistiques sur www.cékilétrangékapikémachoco.ump.fn.com).

Ce graphique, que nous reproduisons en exclusivité est la preuve qu’il y a quand même bien un putain de problème dans la société française actuelle. Vous noterez au passage qu’en janvier et février, le taux de vols de pains au chocolat est sensiblement supérieur à la moyenne annuelle. C’est parce que c’est l’hiver, il fait froid et les enfants Roms ont la dalle. Soit dit en passant, ils sont plus malins que les petits musulmans puisque eux au moins, ils attaquent pas les sorties d’école pendant les vacances scolaires.

L’ONDCVCMAEA n’en restera pas là. Bien que lui aussi affecté par la baisse des subventions aux organismes publics (comme en atteste la qualité douteuse du document reproduit ci-dessus), cet observatoire - qui mène un travail discret mais remarquable depuis des années - nous promet pour 2013 de nouvelles révélations. Et notamment le tableau sur la recrudescence des vols de chouquette à la sortie des écoles primaires dans le XIIIe arrondissement de Paris au moment du nouvel an chinois. Ce document dont nous avons eu connaissance constitue, n’hésitons pas à l’écrire, une véritable bombe. Regards.fr reviendra dessus. En attendant, si vous êtes pas sûr de bien comprendre ce que dit Jean-François Copé quand il parle politique et viennoiseries, rendez vous sur regards.fr, on vous expliquera tout.

 


http://www.regards.fr/societe/affaires-des-pains-au-chocolat-les,5638

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 19:21

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