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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 18:43

Grand-guetteur-Nicolas-Lavarenne.jpgLe découragement, parfois, peut guetter celles et ceux qui, même s'ils ne le savent pas - ou plus, se réclament du communisme. Nous sommes, là et maintenant, dans un monde à mille lieues du communisme et la somme des renoncements de celle qui se prétend la gauche est plus nombreuse que les têtes de l'Hydre de Lerne. Nous vivons dans le stress au travail (travail qui envahit nos existences) et dans le silence de fait alors que des gens (parce que roms, parce que musulmans, parce que sans-papiers et surtout parce que pauvres) sont l'objet de la persécution de l'Etat.

 

Au lieu d'être guettés, devenons des guetteurs !


S'il pourrait y avoir de quoi désespérer, nul ne peut en vérité (pré)dire ce que sera demain. Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine, comme en Turquie, par exemple, où la défense d'un parc a débouché sur un mouvement politique d'ampleur.


C'est cela que nous rappelle le grand poète communiste allemand Bertolt Brecht. Porter l'idée communiste exige une foi (et une pratique militante), y compris - et surtout - lorsque l'apparence d'un monde est à pleurer.


Le retournement - ou le renversement -, à n'en pas douter, ne sera pas graduel (laissons ces vieilles lunes à la socialisterie). Il viendra comme un voleur dans la nuit.


Il faut à nouveau répandre la culture des camarades.

 

Aucun - aucun ! - courant politique autre que le communisme n'eut d'aussi grands poètes.

 

ELOGE DE LA DIALECTIQUE

L’injustice aujourd’hui s’avance d’un pas sûr.


Les oppresseurs dressent leurs plans pour dix mille ans.


La force affirme: les choses resteront ce qu’elles sont.


Pas une voix, hormis la voix de ceux qui règnent,


Et sur tous les marchés l’exploitation proclame: c’est maintenant que je commence.


Mais chez les opprimés beaucoup disent maintenant :


Ce que nous voulons ne viendra jamais.

Celui qui vit encore ne doit pas dire : jamais !


Ce qui est assuré n’est pas sûr.


Les choses ne restent pas ce qu’elles sont.


Quand ceux qui règnent auront parlé,


Ceux sur qui ils régnaient parleront.


Qui donc ose dire: jamais ?


De qui dépend que l’oppression demeure? De nous.


De qui dépend qu’elle soit brisée? De nous.


Celui qui s’écroule abattu, qu’il se dresse !


Celui qui est perdu, qu’il lutte !


Celui qui a compris pourquoi il en est là, comment le retenir ?


Les vaincus d’aujourd’hui sont demain les vainqueurs


Et jamais devient: aujourd’hui.

Bertolt Brecht

(traduction Maurice Regnaut)

 


http://blogs.mediapart.fr/blog/yvan-najiels/150613/guetter-limpossible

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 18:21

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D’après une célèbre photo de Wiji Thukul, l’œil bandé. Il avait été blessé lors d’une manifestation en 1995. DR

http://www.courrierinternational.com/article/2013/06/20/wiji-thukul-le-poete-et-le-dictateur

 

«Tyran!


Aujourd'hui il nous menace et il essaye de nous faire peur


Aujourd'hui il construit sa maison et cherche à diriger toute notre vie


Je te demande si tu vas le laisser faire cela


Je te demande si tu vas accepter de perdre ta conscience et ton courage dans ta prison obscure


Actuellement il t'interdit de te lever, avec ses lois


Je te demande où est ta main pour les déchirer...»

 

 


Bio express

Wiji Thukul naît en 1963 à Solo, dans le centre de Java. Marié, il est père de deux enfants. Toute son œuvre porte la marque de son engagement politique dans l’opposition à Suharto. Entré dans la clandestinité en 1996 pour échapper à la répression, il ne donne plus signe de vie à partir de 1998. Sa femme lui parle une dernière fois au téléphone à la mi-mai de cette année-là. Thukul l’appelle de Jakarta, alors théâtre de violentes émeutes. Il lui assure être en sécurité.

 


Il n’a jamais pu prononcer les “r” correctement. Ce léger défaut d’élocution ne l’a pas empêché d’être considéré comme un danger public par l’“ordre nouveau” [nom donné à la dictature de Suharto, qui dirigea le pays de 1965 à 1998].

Il avait les cheveux toujours en broussaille et portait des vêtements tout chiffonnés. Ses pantalons semblaient n’avoir jamais connu ni le savon ni le fer à repasser. Il ne paradait pas comme un paon. Mais, quand Wiji Thukul lisait ses poèmes au milieu des ouvriers et des étudiants, il passait aux yeux des forces de l’ordre pour un agitateur, un provocateur. Les tracts, posters et pamphlets qu’il imprimait étaient diffusés à grande échelle dans les milieux ouvriers et paysans. Ses actions pour éduquer les jeunes des quartiers et des villages étaient jugées en haut lieu comme une incitation à la haine du régime. C’est pourquoi on l’a muselé. Et fait disparaître.

Quinze ans ont passé depuis les émeutes de mai 1998. Cette année-là, entre le 13 et le 15 mai, Jakarta est secouée par de violentes manifestations. Des immeubles sont incendiés, des magasins pillés. Suharto tombe le 21 mai. La “réforme” commence alors [reformasi, en indonésien, indique la période qui a suivi la chute du dictateur].

A la fin des années 1990, Thukul se trouve à Solo [une ville du centre de l’île de Java]. Il est le leader de Jaker, une organisation culturelle affiliée au tout jeune Parti démocratique du peuple (PRD), assimilé par le ministre de la Sécurité au Parti communiste indonésien [banni depuis 1965]. Le PRD et toutes les organisations qui lui sont affiliées ont été interdits par le régime [en 1996]. Comme de nombreux autres opposants, le poète décide d’entrer dans la clandestinité et commence à vagabonder d’une ville à l’autre. Sa photo est diffusée par tous les journaux et les chaînes de télévision : il est l’un des hommes les plus recherchés par la police. Il circule dans des bennes de camion, en bus ou dans des estafettes. Alors que la situation à Jakarta devient de plus en plus chaude, Thukul part pour Kalimantan [partie indonésienne de l’île de Bornéo] avec l’intention de passer en Malaisie, de se terrer dans un village de migrants ou dans tout autre lieu sûr, comme une plantation de palmiers à huile. Dans chaque ville où il fait halte, il se cache dans la maison d’amis ou de connaissances de confiance. Dans sa cavale, il continue à écrire des poèmes.

On connaît la suite : des opposants sont enlevés en rafales. Quinze années ont passé, mais Nezar Patria se souvient de tout. Les questions de ses ravisseurs [en mars 1998], qui le torturent, résonnent encore dans les oreilles de l’ancien étudiant : “Tu connais Wiji Thukul ? Dis-nous où il est !” Comme Nezar ne répond pas, tchac, tchac, les coups s’abattent sur son ventre alors qu’il est étendu à moitié nu sur un lit de camp, les pieds liés par des câbles, sa main gauche menottée, les yeux bandés. Il se souvient de l’appareil de climatisation installé au plafond ; il projette un air glacé qui pénètre ses os. Des voix continuent à hurler : “Où est Wiji Thukul ? Tu sais bien, celui qui fait des pamphlets. Ses poèmes sont bons, mais son cerveau est sale.”

L’enquête menée par la Commission nationale des droits de l’homme a conclu que ces enlèvements relevaient d’une entreprise criminelle concertée, planifiée et exécutée par les acteurs de diverses institutions étatiques. Et donc pas seulement par le commando Mawar [“rose”], formé spécialement à cet effet par le Kopassus [les forces spéciales d’intervention de l’armée indonésienne]. Lors d’un procès à la Haute Cour militaire de Jakarta, en 1999, Bambang Kristiono, le chef du commando Mawar, a revendiqué “en son âme et conscience” la responsabilité des enlèvements. En retenant cette déclaration, la cour a renoncé à enquêter sur l’implication d’autres hauts fonctionnaires, ainsi que sur les tortures et sévices infligés aux victimes. Sans parler de la disparition de treize militants. Les cellules sombres du quartier général du Kopassus, là où avaient lieu les séances de torture, sont aujourd’hui rasées. A la place, un jardin de fleurs multicolores a été aménagé – contraste saisissant avec le destin des militants disparus dans le noir.

A l’époque, la disparition de Thukul passe d’abord inaperçue. Après la chute de Suharto, des personnes sortent de la clandestinité, mais le poète, lui, demeure invisible. Les militants pensent qu’il se cache dans sa famille. A l’inverse, sa famille est persuadée qu’il est sous la protection du PRD. Finalement, le parti lance une équipe sur ses traces. Le premier à pressentir le pire est Jaap Erkelens, un chercheur de l’Institut royal néerlandais d’études sur l’Asie du Sud-Est et les Caraïbes (KITLV). Erkelens a étudié l’œuvre de Thukul et connaît bien l’homme. Le 18 février 2000, il envoie une lettre au courrier des lecteurs du quotidien Kompas, dans laquelle il demande à toute personne qui aurait des informations de le contacter. Aucune réponse. En mars 2000, la femme du poète, Dyah Sujirah, signale officiellement la disparition de son mari auprès de Kontras, la Commission des disparus et des victimes de violence, fondée en septembre 1998. De nouvelles recherches sont lancées.

Résultats : nuls. Tout laisse à penser que Thukul est mort. Lorsqu’elle est à son tour partie sur les traces du poète, la rédaction de Tempo a organisé des discussions avec des militants, des victimes des enlèvements, des membres de la Commission nationale des droits de l’homme et de Kontras, ainsi qu’avec des amis et des proches de Thukul. Nous avons envoyé plusieurs journalistes dans les villes où Thukul a fait halte. Dans chaque localité, nous avons passé toutes les éventualités au peigne fin. Nous avons vérifié les rumeurs, comme celle qui voulait que Thukul se soit remarié à Kalimantan, une information qui s’est révélée fausse.

Résistance. Lors de nos recherches, nous avons fait quelques découvertes inattendues : comme le fait que le frère cadet de Thukul était prêtre à Solo. L’existence de ce jeune frère a suscité l’espoir que Thukul ait pu profiter de tout un réseau de planques dans les congrégations religieuses et les églises en dehors de Java. Une rumeur disait qu’il se serait caché sous l’identité d’un abbé dans un séminaire, et même qu’il aurait rejoint une église aux Philippines. Un rapport affirmait que Thukul avait été vu sur le marché Agung, à Depok [banlieue sud de Jakarta], en 2006. Une autre rumeur affirmait qu’il avait été aperçu à Banten. Nous n’avons pas ignoré non plus les mentions de cadavres non identifiés : par exemple un corps ressemblant à celui de Thukul aurait été découvert dans la forêt de Tawangmangu, à Java centre. On racontait aussi que son cadavre faisait partie de ceux jetés dans l’archipel de Seribu – une rumeur sur laquelle Kontras a enquêté précédemment.

Nous n’avons pas suivi uniquement la piste de sa mort, mais aussi celle de sa poésie. Il faut reconnaître que très peu de poètes sont entrés dans l’histoire avec un poème devenu aussi emblématique que Le Rappel, dont le vers “Un seul mot : résistance” est aujourd’hui aussi connu que “Je suis un animal sauvage” de Chairil Anwar [poète indonésien mythique mort en 1949, à l’âge de 27 ans].

Deux personnes ont influencé sa poésie. La première est Cempe Lawu Warta, le directeur du théâtre Jagat à Jagalan, un quartier proche de la maison de Thukul à Solo. Lawu a protégé le poète quand il était adolescent et que les voisins se moquaient de lui. C’est aussi grâce à Lawu que Thukul a découvert la “poésie troubadour”. L’homme de théâtre invitait les membres de sa troupe à clamer leur poésie en déambulant de quartier en quartier pour la mettre à l’épreuve du peuple. L’autre personne influente est Halim H. D., un agitateur culturel de l’université Gadjah Mada [à Yogyakarta, centre de Java], qui a introduit Thukul dans le réseau des intellectuels et des militants venus de toute l’Indonésie.

Mais c’est dans l’organisation Jaker que le poète a connu beaucoup d’artistes luttant pour la démocratie. Il participait aux réunions et aux discussions. Il lisait les écrits des philosophes Paulo Freire et Ivan Illich sur l’éducation libératrice. Il était un adepte de l’approche d’Augusto Boal, ce dramaturge brésilien qui utilisait le théâtre comme instrument pour détruire la culture du silence, battre en brèche l’oppression qui distille dans le peuple la peur de parler. En 1994, lorsque les magazines Tempo, Editor et Detik ont été interdits, Thukul a rassemblé à Solo les jeunes du centre communautaire pour commémorer la nuit où la presse a été muselée. L’année suivante, il a organisé une immense grève dans l’usine textile Sritex de Sukoharjo, à Java centre. Plus de 15 000 ouvriers ont cessé le travail. La police a attaqué les manifestants. Thukul a été roué de coups jusqu’à en perdre à moitié l’ouïe et la vue.

Ses meilleurs poèmes ont été publiés dans le recueil Je veux être un projectile [inédit en français]. Il y a par ailleurs tous les poèmes qu’il a écrits en cavale et qu’il a confiés à Stanley Adi Prasetyo, un militant par la suite devenu membre de la Commission nationale des droits de l’homme. Dans cette édition de Tempo, nous publions ces poèmes, pour la plupart inédits.

Thukul n’est peut-être pas le poète le plus brillant de notre pays. L’histoire de la République indonésienne montre qu’il n’est pas non plus le seul à avoir été victime d’un enlèvement politique. Mais la vie de Thukul est importante dans l’histoire de l’“ordre nouveau” et ne doit pas être oubliée : c’est la vie d’un poète dont les vers faisaient trembler la dictature et dont la mort demeure jusqu’à nos jours un mystère.

Publié le 12 mai

EN SAVOIR PLUS — La fin de Suharto

En 1998, cela fait trente et un ans que le général Suharto dirige l’Indonésie d’une main de fer, après avoir ravi le pouvoir à Sukarno, le père de l’indépendance. Mais la crise économique qui lamine le pays ébranle son régime, et la chute de Marcos, aux Philippines, en 1986, donne des idées à la jeunesse indonésienne. En 1996 est fondé le Parti démocratique du peuple (PRD), qui se donne pour objectif de renverser Suharto avec l’appui du peuple. C’est à cette occasion que Wiji Thukul lit son poème Le Rappel et ce vers devenu célèbre : “Un seul mot : résistance !” Le PRD est immédiatement interdit. Ses membres entrent dans la clandestinité, avec comme consigne de créer des comités d’action pour fomenter la révolte. En 1998, tout se précipite. Les arrestations se multiplient. Le 12 mai, une fusillade contre des étudiants de Jakarta sert de déclencheur à plusieurs journées d’émeute, qui débouchent, le 21 mai, sur la démission de Suharto.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:29
m_264729627_0.jpgLouis Aragon lors d'une soirée poétique organisée à la maison de la radio © Galmiche, Georges / INA
http://blogs.mediapart.fr/blog/nicolas-dutent/090613/aragon-l-homme-communiste


« L'homme communiste, en 1946 ce livre est né de la constatation nécessaire de ce nouveau héros des temps modernes, rendue accessible à tous, contrôlable par tous, grâce à la vertu des faits, de l'histoire. » Le premier tome de L'homme communiste est publié en 1947. Lorsqu'on lui propose de retravailler son texte en 1953, Aragon écrit un deuxième tome en « tenant compte du temps et des évènements, il fallait étendre [le livre] à des images peu nombreuses, mais typiques, de l'homme communiste, tel que, dans cette période de notre histoire, il a continué à se manifester ». 

Préface de Francis Combes

Quelques mots pour aujourd’hui…

Voici un livre dont on ne pourra pas soupçonner l’éditeur de le rééditer pour céder à un effet de mode…Mais qu’on y prenne garde il pourra surprendre plus d’un lecteur. Tout d’abord, c’est un livre d’Aragon, et à ce titre il ne peut guère laisser indifférent. Rien de ce qui est sorti de cette plume ne nous indiffère. Qu’il suscite un engouement qui confine parfois chez certains de ses admirateurs à la passion ou une haine tenace que les ans n’ont pas suffi à effacer, Aragon ne laisse pas indifférent. Et on sait, plus ou moins, même quand on ne prend pas la peine de le lire vraiment, ou l’on devrait savoir qu’il est et demeurera l’un des plus grands écrivains de la langue française et que son œuvre, par son ampleur et ses beautés, le situe dans la lignée et à la hauteur de Ronsard ou Hugo. Mais il y a plus…

Ceux qui auront la curiosité de se lancer dans la lecture de ces pages devraient à mon sens être touchés par la leçon humaine et politique qui s’en dégage. (...)

Il est certain qu’à bien des égards Aragon parle d’une époque qui n’est plus, une époque par exemple où le communisme n’était pas seulement défini comme « le mouvement du réel qui abolit l’état de choses existant » (ce qui peut dire beaucoup… ou pas grand-chose) mais comme un idéal, une société supérieure qui méritait qu’on fît pour elle la révolution et qu’on y consacrât sa vie.

Aragon nous parle d’un temps où importait ce qu’on nommait la « morale communiste ». Certes, cette morale-là fut souvent caricaturée. Et parfois par les communistes eux-mêmes, dont la rigidité et parfois la pudibonderie (ici comme là-bas) a pu entraîner bien des malheurs personnels. Mais la morale communiste, avant toute chose, était cet idéal qui consistait pour les militants à trouver naturel de se dévouer pour le bien commun, la défense de leur classe, la liberté de la nation et la solidarité internationale des peuples. Je n’ai pas la naïveté de croire que tous les communistes se comportèrent toujours et partout de façon exemplaire. (Il y eut sous le stalinisme tant de communistes bourreaux d’autres communistes qu’il est impossible de l’oublier…) Et sans aller si loin, je milite depuis assez longtemps pour savoir que le goût du pouvoir, le suivisme ou l’imbécillité peuvent aussi sévir dans les rangs des communistes. Mais il est vrai que le Parti communiste se distinguait des autres par cela qu’on ne devenait pas communiste pour faire fortune ou carrière, que les dirigeants et les élus acceptaient de vivre avec un salaire d’ouvrier et que la promotion intellectuelle qu’il offrait à de nombreux militants ouvriers ne les conduisait pas à sortir de leur classe mais à mieux lutter à son service. Dans un des textes présentés ici (« Écrit pour une réunion de quartier »), Aragon qui ne prend jamais la posture du théoricien ou du philosophe, donne du communiste une définition qui, je crois, est toujours très parlante pour beaucoup de communistes d’aujourd’hui.[...]

Pour beaucoup, le communisme n’a plus de véritable doctrine et n’est, au mieux, qu’une politique pétrie de bonnes intentions.

C’est que nous vivons un moment où les peuples ont un urgent besoin d’une nouvelle synthèse théorique, rendant le monde à nouveau lisible et transformable. L’avenir des communistes comme courant dans la société et la culture est certainement lié à leur capacité de reformuler la théorie adaptée à l’époque de la mondialisation et de sa crise. En clair, il s’agit, si on veut retrouver le souffle révolutionnaire, la capacité d’enthousiasme et d’entraînement, par-delà les nécessités politiques du moment auxquelles chacun fait face comme il peut, d’être capables de donner vie, dans les conditions d’aujourd’hui, à la vieille idée toujours neuve : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous.

Une telle théorie, permettant d’ouvrir pratiquement la voie au dépassement des aliénations et oppressions de toutes sortes dont souffre toujours l’humanité, ne pourra pas faire longtemps l’impasse sur la question morale, la question du devenir de l’homme et de la femme.
Sans doute ne s’agit-il pas de renouer avec les formules anciennes de « l’homme nouveau », dont on sait aujourd’hui qu’elles étaient entachées d’idéalisme et qu’elles sous-estimaient en l’homme les contradictions. Marx lui-même parlait d’ailleurs plutôt d’homme-total et il n’imaginait pas que l’homme de l’avenir puisse faire table rase du vieil homme dont il fallait se dépouiller.

Le philosophe Henri Lefebvre nous offre peut-être une piste quand il écrit « l’avenir de l’homme, c’est le monde »… mais cette réflexion sur le futur de l’homme gagnerait beaucoup à ne pas oublier les exemples que nous livre Aragon de ces hommes communistes qui, comme personne avant eux, essayèrent de se placer dans les actes essentiels de leur vie du point de vue de l’avenir.

Extraits du chapitre I « Écrit pour une réunion de quartier », 1946

Le Temps des Cerises, 500 pages 22 €

« Mais qui ne voit que le communiste est de nos jours l’héritier, le représentant de toute grandeur humaine, de tout esprit de sacrifice, de tout héroïsme français ? Le chrétien, lui, je veux dire le chrétien qui agit comme il est écrit, qui vit et meurt suivant les principes proclamés du christianisme, le fait croyant, au-delà de la mort, à un autre monde, à une punition et à une récompense. Dirai-je que pour moi cela ne le diminue pas à mes yeux, car ce qui m’importe c’est la pureté, la beauté, le désintéressement en ce monde-ci… cependant, songez que le communiste, lui, n’attend vraiment rien pour lui-même.

S’il donne sa vie, comme soixante-quinze mille des nôtres l’ont fait devant les fusils des pelotons d’exécution allemands, et de bien d’autres manières, sa récompense est que les siens, que les Français, les hommes de son peuple, de sa nation, grâce à ce sacrifice, seront un tout petit peu plus près du bonheur que s’il n’avait pas accepté le martyre. La récompense pour le communiste est affaire de l’espèce humaine et non de l’individu. La croyance au progrès, au progrès indéfini et infini de l’homme, en la montée de l’humanité vers un soleil que, lui, ne verra point mais dont il aura préparé obscurément l’aurore, voilà ce qui anime et soutient le communiste, voilà l’idéal du communiste. Entre cet idéal et l’idéal chrétien, il est sûr que moi j’ai choisi. Mais cela ne m’empêche pas de rendre hommage à ces chrétiens qui se conduisent sur cette terre, comme un communiste considère bel et bien qu’on se conduise. Je m’étonne souvent du peu de réciproque, du peu de charité chrétienne de certains catholiques devant la vie et la mort des communistes.

Il faut parler de la vie et de la mort des communistes. C’est peu de concéder que l’homme communiste n’est pas l’homme au couteau entre les dents ! On se fait, hors des rangs communistes, une idée un peu simple de ce qui amène un homme à être communiste. Le plus généralement, les gens pensent que c’est par une manière de fatalité qu’on le devient, entraînement de milieu, de classe même, ou simplement par basse envie de ceux qui vivent mieux, jalousie de ceux qui possèdent… remarquez qu’on peut envier les autres, leurs biens, sans devenir communiste : c’est même là ce qui entraîne plus généralement les hommes au jeu, à la spéculation ou à l’escroquerie. Et les joueurs, les gens de Bourse et les escrocs sont rarement communistes [...]

L’homme communiste… il était un ouvrier comme un autre, celui-là, avec une femme, des enfants, travaillant, gagnant après tout sa vie, en 1936, quand au-delà des Pyrénées s’éleva l’appel tragique du peuple espagnol… et on a vu ces métallos, ces mineurs, ces simples comptables, des gens des Ptt, des cheminots… tout quitter, du jour au lendemain, tout donner et se battre. Pendant que les hommes qui aujourd’hui font les philosophes se demandaient si vraiment Mussolini et Hitler avaient envoyé des soldats en Espagne, et si nous devions nous mêler de cette histoire… L’homme communiste qui a compris que défendre Madrid, c’était défendre Paris, comment était-il devenu communiste ? Par basse envie, par entraînement de milieu ? Ah, ce n’est pas un sujet d’ironie après ces terribles années, terribles pour les communistes dès 1939, quand ils furent jetés en prison, pourchassés, condamnés par ceux qui portaient comme eux le nom de français… ce n’est pas un sujet d’ironie, après ces années où même les anticommunistes forcenés n’oseraient pas publiquement dire que c’est pour des raisons basses, d’entraînement ou d’envie, que tant de communistes ont tout à la France donné !

Peut-être devient-on communiste, sans doute devient-on communiste, pour des raisons de classe. Et l’aveu en est sanglant aux lèvres de ceux qui sont les responsables de la solidarité ouvrière contre l’égoïsme bourgeois. Mais ces raisons de classe, à une époque où monte du meilleur de l’humanité, cette force pure, la force du travail producteur, ces raisons de classe, les partagent ceux qui sont nés ouvriers, et ceux qui du sein de la bourgeoisie où le hasard les a fait naître, reconnaissent dans la classe ouvrière la porteuse de l’avenir humain… et je vous le dis, oui, ce sont des raisons de classe qui font qu’un Langevin, un Joliot-Curie, un Picasso, un
Éluard deviennent des communistes. Mais ces raisons de classe, que les anticommunistes ne les invoquent pas trop haut ! Elles sont l’honneur des communistes. Un Langevin, un Joliot-Curie, un Picasso, un Éluard, il n’y a pas besoin de demander si c’est l’envie ou l’entraînement qui les a faits communistes.

L’homme communiste, ouvrier, paysan, intellectuel, c’est l’homme qui a une fois vu si clairement le monde qu’il ne peut pas l’oublier, et que rien pour lui désormais ne vaut plus que cette clarté-là, pas même ses intérêts immédiats, pas même sa propre vie. L’homme communiste, c’est celui qui met l’homme au-dessus de lui-même. L’homme communiste, c’est celui qui ne demande rien, mais qui veut tout pour l’homme. Oui, il envie mille choses, le bonheur, la santé, la sécurité, mais pour tous, et au prix de sa santé, de son bonheur, de sa sécurité, de son existence. Si tel n’est pas l’homme communiste, expliquez-moi Valentin Feldman.

Il était esthéticien, disciple de Victor Basch, professeur. On rapporte de lui deux mots. Comme on hésitait, c’était aux premières heures de la résistance, à le charger de tâches humbles et dangereuses, à porter des explosifs par exemple, il répondit à celui qui représentait pour lui son parti : Vous pouvez tout me demander. Et devant le peloton d’exécution allemand, il cria : Imbéciles, c’est pour vous que je meurs ! Voilà l’homme communiste.

Expliquez-moi le philosophe Georges Politzer, donnant toute sa vie aux tâches de la documentation économique, sacrifiant son œuvre à son parti, avant de tomber fusillé par les nazis au mont Valérien ?

Et Paul Vaillant-Couturier, qui a sacrifié à une vie épuisante dont il est mort avant l’âge, son œuvre d’écrivain ? Voilà l’homme communiste. »

Extraits publiés avec l'aimable autorisation de l'éditeur.

La Revue du projet, n° 23

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 13:59

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 19:13

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Zebda est de retour ! Neuf ans après "La Tawa", les toulousains reviennent avec un disque très politique "Second Tour", sorti cette semaine. Ceux qui ont tombé la chemise retroussent leurs manches. Le voile islamique, la laïcité, le métissage de la société, les femmes, la politique, Brice Hortefeux, le racisme, l'éducation. Mustapha Amokrane et Magyd Cherfi ont répondu à nos questions. Sans détour. Un disque politique, une rencontre forcément politique.

Votre nouvel album "Second tour" vient de sortir. Vous aviez annoncé votre reformation en février 2008. Vous avez donc mis quatre ans pour revenir dans les bacs. Vous avez pris votre temps… (Steven Bellery, journaliste)
Mus' alias Mustapha Amokrane : En fait on a réellement commencé à travailler il y a un an. On a annoncé notre reformation quand on l'avait décidé. On a pris le temps de terminer ce que l'on faisait chacun de notre côté. En fait on a pris le temps oui.

Et les automatismes sont revenus immédiatement ? Le travail a été aussi facile que sur les précédents albums ?
Magyd Cherfi : Instantanément. C'est un peu comme si on avait quitté la tournée précédente trois mois avant. Zebda c'est quinze ans de notre vie. Quand on s'est retrouvé, c'était comme le vélo… On s'était quitté parce qu'il y avait de l'usure dans la mécanique, on n'était pas fâché.

Ce nouvel album est clairement politique. "Second tour" évoque la prochaine élection présidentielle… On connait vos opinions. Est-ce qu'on peut dire que Nicolas Sarkozy a été votre vitamine C pour cet album ?
Mus' : C'est trop positif comme métaphore. (rires) On a toujours été dans une veine politique. Au-delà de Nicolas Sarkozy, ça fait des années qu'on a la droite. Sur ce dernier quinquennat, les choses se sont particulièrement aggravées. La politique ultra-libérale a été mise en place au forceps, avec arrogance. L'idée d'une droite décomplexée s'est accompagnée d'une libération de la parole raciste. Et ça ça nous touche, nous, enfants d'immigrés algériens. Ça nous provoque. Ça nous donne le besoin impératif de réagir.

« On est des individus politiques, c'est dans notre constitution physique »
Vous êtes des artistes engagés ou politiques ?
Magyd : On est des individus politiques, c'est dans notre constitution physique. Notre vie a été interpellée par des formes d'injustices. Le décalage entre les principes, les droits, l'éthique, la démocratie et la réalité provoque en nous une fusion nucléaire.

En tout cas cet album n'arrive pas au hasard, on est à moins de 100 jours de l'élection présidentielle et c'est aussi votre "second tour" en tant que groupe ? La double-idée vous intéressait ?
Mus' : Complètement. Par contre, ce ne sont pas les élections qui ont programmé notre retour mais ça nous a boosté. On s'est dit "on ne va pas le sortir après, ça serait nul". Ça faisait une échéance intéressante dans notre intention de prendre la parole.

Crédits photo : Pochette de l'album

« On a toujours été vigilant sur la récupération intempestive »
Est-ce que Zebda va s'investir dans la campagne présidentielle ? Est-ce que vous allez chanter dans des meetings ?
Mus' : Je ne pense pas. On a toujours été vigilant sur la récupération intempestive et le rôle que le politique voudrait nous donner. Ça ne devrait pas se produire, en tout cas dans le cadre du premier tour. Ça ne sera pas la même chose si Marine Le Pen est au second tour…

Dans la première chanson, "Les deux écoles", vous utilisez l'expression "être victime d'une Hortefeux". Qu'est-ce qui se cache derrière ?
Mus' : J'adore cette phrase !
Magyd : Une Hortefeux, c'est comment être raciste et que ça passe.
Mus' : C'est une injustice, c'est une discrimination subie, c'est une forme de traumatisme. Le ministère de l'Identité nationale, pour nous ça ne passe pas. Ça va à l'opposé des belles idées que la France a imaginé. La France est un pays merveilleux qui a de très belles idées mais elle a peur de les appliquer. Il y a des gens qui s'appuient sur ces peurs-là. La France d'aujourd'hui ce n'est pas la France du 19ème siècle… Pour arriver à des fins électorales, certains sont prêts à tout même à vendre la République.

Pour être clair, vous pensez que Brice Hortefeux est raciste ?
Magyd : Pour moi oui…
Mus' : Il a été condamné…

"Frère Jacques, dormez-vous. Qu'avez-vous fait du rendez-vous. Si vous dormez encore, alors. A la vie à la mort" chantez-vous dans ce premier morceau. Qui est donc Frère Jacques ?
Magyd : C'est aux gens d'y mettre la traduction qu'ils veulent. On donne un tempo.

"Le dimanche autour de l'église", deuxième plage de ce disque. Un titre sur le métissage. Vous y allez vraiment le dimanche autour de l'église ?
(rires)
Mus' : Évidemment ! On parle de la basilique Saint-Sernin à Toulouse où il y a un marché le dimanche matin. C'est un endroit cosmopolite. Ce n'est pas le paradis mais c'est une agora réaliste. Quand on voit ce marché, on se dit que c'est l'un des rares endroits où on a l'impression de voir une représentation réaliste de ce qu'est la France, ce qu'on ne verra pas à l'Assemblée Nationale.
« Le métissage c'est violent, ce sont des accrochages »
Magyd : Il y a là-bas un mélange qui ne nous oblige pas à être des enfants de chœur. La France voudrait un métissage docile, souriant et plaisant. Le vrai métissage - auquel on aspire - ne se raconte pas d'histoires. Le métissage c'est violent, ce sont des accrochages. Avant les harmonies, il y a des accrochages. Notre vision c'est celle-là : cessez d'imaginer un conte de fée.

Regardez le clip de "Le dimanche autour de l'église" de Zebda



"Fuck la Pléiade" dîtes-vous dans le morceau "Un je ne sais quoi". Un titre assez dur sur l'école…
Magyd : C'est un regard décalé sur l'école. Ce n'est pas la condamnation du savoir. On s'interroge : pourquoi nous, nous ne sommes pas dans ce savoir ? Pourquoi on n'est jamais représentés dans la documentation scolaire ? On ne représente jamais la réussite mais tout le temps un problème. Quand il y a réussite elle est docile pour nous. En d'autres termes Paul réussit, Rachid s'intègre. Et donc, c'est une forme de violence qui nous amène à dire "Fuck la Pléiade"…

Et vous l'avez chez vous la Pléiade ?
Mus' : Quelques exemplaires (rires). On a plutôt cette chance d'avoir eu accès au savoir.
« Pourquoi un blanc réussit et les gens de couleurs s'intègrent ? »
Magyd : Et les médias parlaient d'ailleurs pour Rachida Dati, Fadela Amara ou Rama Yade d' "exemples d'intégrations". Si avoir acquis tout un savoir, c'est pour s'entendre dire qu'on est intégrés, autant tout foutre en l'air. Elles ont réussi, elles ne sont pas intégrées. Pourquoi un blanc réussit et les gens de couleurs s'intègrent ? C'est quoi cette discrimination ?

Un autre titre très politique… "Le théorème du châle" où vous parlez du voile islamique. Et où vous prenez position contre.
Mus' : Clairement on est contre, mais ce titre est aussi rempli de tendresse et d'empathie. On essaie de remettre la question du port du voile dans le bon sens dans le débat. Ce débat-là on en a été privé. Pour nous qui connaissons cette culture, on n'est pas effrayé par une femme qui porte le voile. On en connait. On sait aussi qu'il n'y pas qu'une seule raison qui peut pousser une femme à porter le voile. Toutes ne sont pas "obligées" de le porter. Ça peut être par provocation, par look, par ruse, par conviction religieuse. A travers ce thème qui symbolise la stigmatisation de la religion musulmane dans le paysage public français, on défend ce que nous ne devrions pas défendre même si on se méfie du religieux. Au bout d'un moment l'insulte est tellement forte qu'on doit dire "oh oh calmez-vous ils ont quand même le droit de prier dans des mosquées". Et puis ça fait des années que la question des lieux de cultes se pose donc on ne peut pas dire non plus "holala les gens prient dans la rue".

Je vais me faire l'avocat du diable, mais il y a de plus de plus de mosquées…
Magyd : On est loin du compte.

L’État ne peut pas participer financièrement à la construction des mosquées à cause de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l’État. Vous pensez que l’État français devrait participer tout de même ?
Mus' : On préfère que ce soit l'Arabie Saoudite qui le fasse ? Moi je ne préfère pas.
Magyd : Ça pose des problèmes c'est certain. Mais il n'y a pas le choix.
« Qu'est-ce qui nous convainc que la laïcité n'est pas islamophobe »
Mus' : Nous sommes des laïques. La laïcité telle qu'elle est prônée par l'extrême-droite et par des gens soi-disant de gauche est une vision rétrograde. On ne peut pas dire la laïcité c'est comme en 1905, c'est pas réaliste. On n'a pas la possibilité d'avoir un vrai débat sur la laïcité, c'est impossible. On ne peut pas dire d'un côté aux parents vous n'êtes pas présents et de l'autre interdire aux femmes voilées d'aller chercher leurs enfants à la sortie de l'école.
Magyd : Qu'est-ce qui nous convainc que la laïcité n'est pas islamophobe ? Elle est d'obédience judéo-chrétienne alors est-ce qu'on peut s'y fier ? J'étais pour la loi anti-voile mais je ne dis pas qu'elle n'est pas islamophobe…

"La promesse faite aux mains", un titre plus joyeux. "Pour vivre heureux, vivons fâchés. Chiche vivons les mains cachées. Petit conseil à tous les proches. Vivons mais vivons les mains dans les poches"., chantez-vous. Un conseil à la jeunesse d'aujourd'hui ?
Magyd : C'est notre privilège à nous de pouvoir parler. Il est sain de vivre fâché pour vivre heureux. L'existence même est une injustice. Puisque que certains naissent dans des conditions favorables, beaucoup d'autres dans des conditions difficiles. Donc il faudrait comme premier principe à l'école évoquez celui-là : vivons fâchés par précaution des injustices.

Dans "Les Proverbes" vous parlez aussi de ces petits riens qui nous influencent…
Mus' : C'est surtout une chanson sur ces expressions qui peuvent te figer dans une morale bourgeoise et un état d'esprit. Après tout, pourquoi faut-il être comme la société le veut ?

Dans "La Chance" vous parlez aux femmes très directement, comme rarement vous l'avez fait…
Magyd : Faut pas être démago. La difficulté est dans la justesse du regard. Ça n'est pas facile d'écrire sur les femmes et les discriminations dont elles sont victimes. Le sujet est assez délicat. Comme tout sujet délicat, il est traité rarement. On est des mecs, on a grandi dans des milieux qui nous ont masculinisés…

Vous allez repartir en tournée avec cet album ?
Mus' : On a envie de mettre le feu, de partager un enthousiasme. On a une sensation de retour au bac à sable chaque fois qu'on repart en tournée. On va beaucoup tourner…
Magyd : La vérité de Zebda, elle est sur scène. Le maitre mot c'est énergie intérieure et physique.

http://www.chartsinfrance.net/actualite/interview-49385.html

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 09:36

jean-louis-murat-455420-jpg_306996.jpghttp://www.lepoint.fr/musique/jean-louis-murat-ca-me-plait-assez-qu-on-ne-m-aime-pas-09-12-2011-1405699_38.php?google_editors_picks=true

Alors que sort son nouvel album "Grand Lièvre", le plus individualiste des chanteurs s'est confié au Point.fr. Interview au lance-flammes.

 


Jean-Louis Murat travaille comme les paysans dont il célèbre l'existence. D'abord il compose, retiré dans les monts d'Auvergne, puis il enregistre, puis il joue, puis il se terre à nouveau pour reprendre le cycle de sa vie d'artiste. C'est méticuleux, régulier, et toujours talentueux, comme il le prouve avec son dernier album, un petit bijou d'écriture et de mélodie baptisé Grand Lièvre (1). Jean-Louis Murat, un homme rare, mais disert.

Le Point.fr : Vous vous tenez en marge du système. Pourquoi refuser de participer aux opérations caritatives, comme Les Enfoirés ?

Jean-Louis Murat : Je trouve ce système dégoûtant. Les jolis coeurs, les plus-généreux-que-moi-tu-meurs, je n'y crois pas du tout. Tous ces artistes sont des monstres d'égoïsme. La vraie générosité, elle est silencieuse. Tu fais, mais tu fermes ta gueule. Ça ne doit pas devenir un élément de promotion.

Les artistes qui y participent n'ont aucune volonté d'aider une cause, selon vous ?

Non, ils font de la promo. N'importe quelle maison de disque te dira que la meilleure émission de variétés, c'est "Les Enfoirés", et qu'il serait bien d'y être. Tout est dit.

Même pas un soupçon d'altruisme ?...

Moi, toutes ces qualités-là, l'altruisme, le machin, je m'en bats les c... Ces hommes de gauche patentés, je connais leur mode de fonctionnement. Le plus grand des jolis coeurs, Renaud, je l'ai vu faire un truc qui te conduit normalement en prison. Il est devenu mon ennemi de base, même si on ne tire pas sur une ambulance. J'ai vu aussi des hérauts de la gauche jouer au poker une petite nana perdue, une nana de 16 ou 17 ans. "Elle est pour toi ou elle est pour moi ?" Je les ai vus faire ça, ces mecs qui hurlent à la mocheté du monde dès qu'un chien se fait écraser. Dans le business, c'est pire. C'est un milieu où il faut se taire. Ils ne peuvent pas me supporter, je le leur rends bien. Je n'ai pas d'amis là-dedans.

C'est pourquoi vous avez choisi de vivre et travailler en Auvergne ?

Oui. Je ne suis jamais arrivé à me faire à ce milieu. Au début, j'avais un appartement à Paris, parfois je me mélangeais un peu, mais c'était une catastrophe. Je me souviens d'une fois où j'ai mangé avec le patron d'une maison de disque et sa grande vedette. Je n'ai pas passé l'entrée. Je leur ai dit : "Je n'ai rien à voir avec vous, je vous emmerde, au revoir, je me casse."

Vous dénoncez aussi l'engagement politique des artistes.

C'est le triomphe de l'hypocrisie. Les chanteurs se mettent toujours du côté du manche. La vie d'artiste est beaucoup plus confortable si tu es vaguement contre. Ils essaient de se placer sous une sorte de lumière marxiste. Ils disent : Je suis un rebelle, je suis socialiste. Tous les cons font ça.

Tous ne sont pas de gauche !

Non. Tu peux aussi faire une carrière de lèche-cul à la Souchon. C'est le plus grand stratège de la chanson française. Il est passé de Pompidou à Sarkozy sans broncher. C'est un centriste, si on veut. Souchon, c'est le Lecanuet de la chanson, ou alors, pour être plus moderne, c'est le Bayrou de la chanson. Un exemple à suivre si on veut vendre des disques.

Vous ne vous reconnaissez dans aucun parti ?

Je n'ai jamais été de gauche une seule minute dans ma vie, mais je n'ai jamais été de droite non plus. L'engagement, c'est différent, c'est le pont plus loin. Si tu t'engages, tu dois faire abstraction du fait de savoir si tu es de droite ou de gauche. Ou alors il faut faire de la politique comme Flaubert, c'est-à-dire déceler la connerie, sortir le détecteur. C'est un spectacle tellement ridicule qu'il faut jeter un regard neuf dessus. On aurait besoin de Blake Edwards pour mettre en scène la clownerie de l'accord passé ces derniers jours entre les Verts et le PS, par exemple !

L'artiste n'a rien à dire politiquement ?

Mais quelle est la valeur de l'artiste dans la société ? Qu'est-ce que c'est que ces petits chanteurs de variétés qui font des trucs à la con de trois minutes avant de disparaître, et qui d'un seul coup ont des consciences de Prix Nobel de la paix ? Ça n'est pas sérieux.

Vous faites malgré tout des choix politiques, comme tout le monde...

Idéologiquement, j'aime beaucoup Léon Bloy, Bernanos. Ils ont une façon de penser dans laquelle je me retrouve. Ce sont des pré-communistes, des pro-chrétiens. Si je doute de quelque chose, il suffit de quelques pages de Bernanos, ça me remet à cheval ! Mais ce n'est pas tellement de la politique, c'est plutôt une façon d'envisager la vie et l'individu.

Donc, vous ne vous engagerez pas pour une cause ?

Jamais. L'idéologie chez les artistes, c'est une funeste blague. Ce qu'ils portent vraiment, c'est dans leurs chansons et leur comportement.

Et vous, pourquoi faites-vous des chansons ?

Pour moi. Si elles rencontrent des gens, très bien. Mais je n'ai jamais pensé à quelqu'un d'autre que moi en écrivant une chanson. Même dans la chanson populaire, même Bruant, même Pierre Perret, ils pensent d'abord à leur gueule.

C'est de l'égocentrisme !

Non, c'est la nature des choses. Je ne pense pas qu'un artiste puisse amener quoi que ce soit. Je pense que les enjeux sont ailleurs. Ils sont à l'extrême intérieur, dans le saint des saints de chacun. La seule idée que j'aimerais faire passer, c'est que chacun a en soi une énergie quasi infinie.

C'est ce que vous démontrez sur scène, où vous semblez comme possédé ?

Sur scène, je vais dans une sorte de château-fort intérieur. S'il y a quelque chose qui peut être exemplaire chez l'artiste, c'est ce chemin sportif qui mène vers ce "Fort-Boyard" dans lequel je me mets sur scène. Ce chemin a du sens. Un concert, c'est un meeting d'athlétisme. Je ne l'envisage que comme ça. Je fais un disque tous les ans parce que je défends une idée quasi héroïque de l'énergie. Je peux regarder quinze fois un sprint d'Usain Bolt, et ça me sert pour écrire mes chansons. Je suis dans quelque chose de primitif, d'où vient l'énergie, le feu sacré.

En revanche, vous ne parlez pas pendant un concert. Les spectateurs ont l'impression que vous les méprisez...

Je ne dis plus rien parce que tout le monde filme. Cinq minutes après, tu te retrouves sur Internet. Pourtant, j'ai eu des moments très spectaculaires. Le lundi qui suit la défaite de Jospin en avril 2002, par exemple, je suis en concert à la Cigale. J'attaque par une blague où je dis : 80 ans de communisme, 80 millions de morts, on est bien débarrassé ! Silence de cathédrale dans la salle. Le public ne supporte pas ce genre de truc ! En fait, j'aime beaucoup déclencher le rire jaune, j'aime bien aller à la limite. Il faut être créatif.

Qui sont vos héros personnels ?

Les sportifs, comme Usain Bolt ; peu d'artistes, ou alors des morts. J'aime Proust, par exemple. En musique, j'en ai très peu. J'aime bien les gagnants, mais aussi les losers. Je trouve qu'il y a une abnégation incroyable chez Van Morrison, chez Tony Joe White, chez JJ Cale. Ils ne sont jamais arrivés en haut mais ils s'en foutent, ils rament !

Ils ont cette fameuse énergie, ce feu sacré ?

Voilà ! J'aime aussi les gens qui, comme Bernanos, vont vers le surnaturel ou le mysticisme. Hector, Achille, Léon Bloy, Bahamontès et Usain Bolt, c'est un mélange de tout ça. Mais j'aime pas les lopettes, ce qui semble être la particularité du monde politique : fabricant de lopettes. Même Proust pouvait provoquer quelqu'un en duel et aller au coin du bois. Dans le monde politique d'aujourd'hui, pas un seul serait capable de le faire !

L'une de vos chansons, sur votre dernier album, proclame ceci : "Dans ce monde moderne je ne suis pas chez moi". Vous êtes misanthrope ?

Je dis ensuite : "Merci pour tant de peine, mais je ne t'aime pas." C'est ce que je pense vraiment. C'est même vicieux, puisque ça me plaît assez qu'on ne m'aime pas. Être une vedette dans ce monde pourri, je n'apprécierais pas tellement ! C'est plutôt un honneur d'être détesté. Mais je ne suis pas suicidaire. Je suis un mec simple. Je garde les valeurs paysannes : se lever tôt, travailler. Et ce que les autres en pensent, à vrai dire, on s'en fout.

(1) Grand Lièvre, Jean-Louis Murat, V2 Music/Polydor

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 18:13

2011-09-04petrucciani-film.jpg

 

Le film de Michael Radford, entre pépites et oripeaux croustillants. Au spectateur d’en extraire la poésie du pianiste de jazz.

« Nous regrettons d’avoir entendu, sur Michel Petrucciani, des détails sur sa vie privée que nous estimons ne pas avoir à connaître », déclare un couple à l’issue de la projection du film, Michel Petrucciani (1 h 40), réalisé par Michael Radford. Affecté de la maladie des os de verre et décédé en 1999 à l’âge de trente-six ans, le pianiste français Michel Petrucciani a marqué l’histoire du jazz, comme le disent tous les invités du documentaire (en salle depuis le 17 août). Ce dernier reflète un fait de société auquel n’est pas étrangère la télé-réalité : l’acceptation croissante, parmi le public et la critique, de l’étalage de l’intimité – la sienne ou celle d’autrui. Pourtant, débarrassé de ses oripeaux croustillants, le portrait de Michael Radford eût constitué un bel hommage.

Michel Petrucciani contient en effet de vraies pépites : des fragments musicaux où l’on voit jouer le natif d’Orange, ainsi que les témoignages des musiciens Joe Lovano, Lionel Belmondo, Aldo Romano, du producteur Francis Dreyfus ou encore du réalisateur Frank Cassenti, tous d’une profonde dignité. Après avoir débarqué en Californie, fin 1980, chez le saxophoniste Charles Lloyd, alors qu’il allait fêter son 18e anniversaire quelques jours plus tard, Michel Petrucciani impressionna aussitôt la sphère du jazz par sa technique extraordinaire autant que par l’infinie sensibilité de son jeu. « Une main droite étonnante, un oiseau chanteur », résume le batteur Eliot Zigmund. « La plus belle main gauche au monde ! » rappelle une intervenante dont on ignore l’identité et la fonction.

Aux antipodes, nombre de déclarations vulgaires, l’appesantissement sur le handicap de Michel et sa taille de 102 centimètres. Il ne s’agit pas de censurer des faits, ni des propos, mais de désapprouver le déséquilibre avec la réalité. Michel Petrucciani irradia son existence par sa créativité, sa combativité, son urgence. Il savait son temps compté. Il y avait aussi, mais peu présents dans le film, les éclairs de poésie ou le questionnement philosophique qui éclairaient soudain sa relation à l’art et à l’autre, avant qu’il ne retournât immanquablement – le documentaire le montre bien – à ce qu’il usait comme d’un bouclier : l’autodérision.

Le nom des intervenants n’est jamais indiqué. Les musiciens, les producteurs et d’autres encore qui ont apporté leur pierre au parcours de Michel, il vous faudra les reconnaître. Défilent les différentes épouses – l’une d’elles précisant qu’il « était très généreusement doté » –, un médecin qui commente une radiographie, un accordeur de pianos qui ose des théories douteuses et parle du « cul monstrueux » de Michel, une femme murmurant que « d’après les rumeurs, c’était une affaire au lit »... Impression de voyeurisme. Et l’on souhaite vivement que Michael Radford dresse un nouveau portrait, en allouant plus de place à la musique et en ne gardant que les pépites qui illuminent le présent film.

 

 

 

 

  • À voir:

 Le superbe DVD, Lettre à Michel Petrucciani (1983), 36’, documentaire de Frank Cassenti

Fara C.


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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 11:39

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 20:33

laminuteculture-guernica1.jpgRegardez travailler les bâtisseurs de ruines
Ils sont riches patients ordonnés noirs et bêtes
Mais ils font de leur mieux pour être seuls sur cette terre
Ils sont au bord de l'homme et le comblent d'ordures
Ils plient au ras du sol des palais sans cervelle.

On s'habitue à tout
Sauf à ces oiseaux de plomb
Sauf à leur haine de ce qui brille
Sauf à leur céder la place.

Parlez du ciel le ciel se vide
L'automne nous importe peu
Nos maîtres ont tapé du pied
Nous avons oublié l'automne
Et nous oublierons nos maîtres...

Ville en baisse océan fait d'une goutte d'eau sauvée
D'un seul diamant cultivé au grand jour
Madrid ville habituelle à ceux qui ont souffert
De cet épouvantable bien qui nie être en exemple
Qui ont souffert
Que la bouche remonte vers sa vérité
Souffle rare sourire comme une chaîne brisée
Que l'homme délivré de son passé absurde
Dresse devant son frère un visage semblable
Et donne à la raison des ailes vagabondes.

(Cours Naturel) (N.R.F.)

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 07:47

AllainLeprest1.jpg

 

 

 

 

Déjà qu'à un an ses parents
Poussaient son landau en gueulant
Pour Vanzetti et pour Sacco
Il a grandi sous une banderole
Entre une affiche et un seau d' colle
La moindre manif, il y go
Sacré coco

Soixante-dix piges et des poussières
Qu'il balaie chaque anniversaire
Entre les miettes et les mégots
Comme il dit "J' suis un dinosaure"
On cherchait pas le même trésor
C'est là qu'on n'est pas ex-æquo
Sacré coco

Il dit aussi "Juré, craché !
J' boss'rai pas pour des haricots
Et si ça arrange leurs affaires
Demain pour la classe ouvrière
J' port'rai des godasses en croco"
Sacré coco

Il dit même "Pour les non-voyants
Il faudrait écrire les slogans
En braille sur les calicots"
En classe, il a pas été loin
Mais il connaît sur l' bout des poings
Cézanne, Beethov' et l' père Hugo
Sacré coco

On rentre chez lui sans frapper
Là où c'est écrit "J'aime la paix"
Au trente-six rue des coquelicots
On sirote un alcool de fruits
En rigolant, il dit qu' chez lui
C'est l' temps des cerises en bocaux
Sacré coco

On chante la jeune garde à tue-tête
Quand c'est qu' des fois sous sa casquette
Souffle un vieux coup de sirocco
Et le lendemain, sa gueule de bois
Sûr c'est la faute à Paribas
C.I.A. monopole and co
Sacré coco

Pour la castagne, il crie "D'abord !"
Pour la fiesta, il crie "D'accord !"
Et pour le cul, il crie "Banco !"
Il dit encore "Si il fait froid
Lutte à l'envers, lutte à l'endroit
Se battre, c'est se faire son tricot"
Sacré coco

"Y a pas de sans-culotte au ciel"
Comme il dit "J'suis pas éternel
D'ailleurs, Dieu c'est du rococco
Quand j' s'rai mort, juste un bouquet rouge
Des chansons et des gens qui bougent
Pour qu' le vent reprenne en écho"
Sacré coco

 

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