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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 18:14

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http://ubacto.com/actualites-la-rochelle/-101026.shtml

 

En consacrant la troisième grande exposition de l'Encan à l'oeuvre d'Ernest Pignon-Ernest, Nathalie Durand-Deshayes à la tête du centre des congrès de La Rochelle marque une nouvelle étape, affranchie du "politiquement correct", dans sa démarche d'ouverture à l'art contemporain. Le travail de Pigon-Ernest, peintre - dessinateur de renommée internationale s'inscrit dans une démarche militante, à la fois artiste et politique. Autodidacte érudit, militant, engagé, l'artiste transcende la virtuosité de son dessin en installant ses grands formats dans l'espace public. Des corps en souffrance, des visages, un hommage aux communards, l'horreur du nucléaire, l'avortement, l'apartheid, le Sida, les immigrés, les expulsés, la guerre d'Algérie, la Palestine... Chez Ernest Pignon le geste artistique n'a d'intérêt que s'il laisse une empreinte et réveille les consciences. Il sérigraphie ses images sur les chutes du papier utilisé pour imprimer sur rotative les journaux quotidiens. Ensuite, comme le font les militants avec leurs affiches, il colle les siennes, souvent la nuit, dans l'espace réel de la rue. Exceptionnelle, l'exposition "Parcours éphémères" retrace en près de 500 "pièces" le processus de création des premières esquisses jusqu'aux photographies "in situ". Visite guidée en compagnie d'Ernest Pignon Ernest qui a le verbe aussi lumineux que son toucher de fusain. À voir absolument jusqu'au 22 août 2010 à La Rochelle l'Espace Encan ! .

© photo : NM - ubacto - Ernest Pignon Ernest, La Rochelle Espace Encan été 2010

Pignon-Ernest à La Rochelle : une exposition qui préfigure une rupture ?
Avec Ernest Pignon-Ernest, Nathalie Durand-Deshayes, directrice des Espaces Congrès de La Rochelle donne une nouvelle dimension au cycle de grandes expositions initié en 2004. La première était consacrée à l'oeuvre de Richard Texier. Cet artiste majeur de renommée internationale qui réside dans la région est aussi une figure bien connue des cercles culturels locaux. La très belle mise en espace de son oeuvre avait permis de (re)découvrir la géographie de ses très grands formats, un ensemble remarquable de sculptures format et le très beau volume de la halle de l'Encan. En 2006, La Rochelle avait accueilli une étape de la tournée d'une intéressante exposition sur le thème de Don Quichotte avec de belles pièces signées par une vingtaine de grands noms de l'art d'aujourd'hui comme Combas, Di Rosa, Garouste, Ben, ou Viallat.

Après une parenthèse de quatre ans en s'attaquant à Ernest Pignon Ernest, L'Encan marque un cap dans une ville qui s'est embourgeoisée au rythme de la pression immobilière. La sage programmation de sa scène nationale, de qualité certes mais sans éclat, ni conviction reflète le consensus, souvent mou, du paysage culturel institutionnel local. Dans ce contexte, le choix d'Ernest Pignon Ernest apparaît comme un sursaut salutaire. Cet accrochage estival marque-il enfin le retour des germes de la révolte dans la cité rebelle ?

Si les deux premières expositions étaient déjà d'excellent niveau, celle consacrée à Ernest Pignon Ernest, artiste engagé, "politiquement incorrect" depuis les années 70 présente en plus de sa qualité l'intérêt d'être beaucoup moins consensuelle. Mieux, l'Espace Congrès a même osé organiser une visite guidée en compagnie de l'artiste pour les entreprises qui s'est terminée par un échange sur le mécénat. Partir du cas "Ernest Pignon Ernest" pour aborder la question des ponts entre art et business était osé. Artiste libre et libertaire, il ne travaille jamais sur commande. Même s'il vit de la vente de certains de ses dessins originaux et d'estampes dans des galeries, son parcours suit ses convictions. Dans ce contexte, soutenir l'exposition qui lui est consacrée revient à affirmer : "Moi, entreprise ancrée dans une logique économique, déclare partager les valeurs de libre-arbitre d'Ernest Pigon Ernest et je souhaite que mes collaborateurs, salariés et partenaires soient capables de développer, à chaque fois que cela est nécessaire des facultés et une capacité à se révolter et à entrer en résistance !". Et tout à coup on se prend à rêver que cette exposition ouvrira de nouvelles voies qui agiteront certaines particules endormies dans le fond du bocal local.

Ernest Pignon Ernest - La Rochelle 2010 : une exposition exceptionnelle ; vraiment !
Le magistral volume de la grande halle de l'Encan s'efface pour laisser la place à un dédale très urbain qui fait écho à l'espace qu'investit habituellement Ernest Pignon Ernest quand il colle ses images dans la rue.
Ernest Pignon Ernest a partagé lors d'une visite "guidée" de l'exposition organisée pour les entreprises locales la genèse de son travail ainsi que l'histoire de ses différentes séries. Volubile, passionné et passionnant, à la fois accessible et érudit, il a offert un très beau voyage au coeur de son oeuvre, ponctué d'explications, d'humour et de convictions. Zoom sur quelques unes de ces "escales" à compléter par une longue visite des "Parcours épéhémères" de l'Espace Encan riche de près de 500 pièces : dessins, croquis, travaux préparatoires, affiches originales et photographies !

Hiroshima et l'empreinte : la photographie d'un mur sur lequel le flash atomique a imprimé les ombres d'une échelle et d'une silhouette humaine. Cette image présentée à l'Encan a inspiré la toute première intervention d'Ernest Pignon-Ernest, des empreintes de corps réalisées au pochoir sur des roches et murs du plateau d'Albion et dont il ne reste aujourd'hui plus aucune trace. L'empreinte qui est à la fois une présence et une absence est la meilleure "définition" du travail d'Ernest Pignon-Ernest dont les images sont destinées à s'imprimer dans la conscience des passants et à disparaître physiquement.

1971 - la Commue de Paris : un projet sur La Commune de Paris est le point de départ du travail dans l'espace public. Normalement les artistes sélectionnés pour une exposition collective marquant le centenaire de "la semaine sanglante" étaient invités à peindre des tableaux "traditionnels". Ce format aurait, selon Ernest Pigon Ernest cantonné le sujet et le style dans l'anecdotique ainsi que l'art de la propagande façon réalisme socialiste soviétique ou chinois. Pour s'en détacher, il a choisi de partir de photographies de La Commune pour réaliser une série de gisants. Il "détourne" déjà certaines images, par exemple en intégrant celle du Christ de Mantegna. Il réalise ses premières sérigraphies, très sommaires, et les colle dans des lieux liés à La Commune des marches du Sacré Coeur à la Butte aux Cailles. Il élargit aussi son champ d'action en ajoutant par exemple au métro Charonne, une image qui fait référence à la guerre d'Algérie. Pour Ernest Pignon-Ernest, en se "fondant" dans le paysage urbain, c'est le lieu qui devient, associé à l'image collée "l'objet plastique" qui créé du sens et inscrit sa dimension dramatique dans la mémoire et la conscience du passant-spectateur. Cette installation en 1971 lui a valu un passage au commissariat et en même temps des messages de soutien des syndicats installés rue de Charonne.

Grandeur nature : la taille humaine des personnages d'Ernest Pignon Ernest participe avec la perspective au réalisme de l'impact quand on les croise derrière la vitre d'une cabine téléphonique, au détour d'une rue, sur la façade d'une église...

Nice et l'apartheid : Ernest Pignon-Ernest est niçois. En 1974, le maire de la Ville de Nice, Jacques Médecin, est le seul à oser jumeler sa ville avec Le Cap, la capitale d'une Afrique du Sud infréquentable, mise au banc par les démocraties en raison de son régime d'apartheid. La municipalité pousse jusqu'à organiser une journée de célébration pour ce jumelage. En réaction, Ernest Pignon Ernest installera depuis la place Massena au centre ville jusqu'au stade où se tient un match amical, des images d'humains derrière des barbelés pour dénoncer cette nouvelle entente contre-nature entre Nice et Le Cap. Il poursuivra cette lutte en créant avec le philosophe Jacques Derrida et le peintre Antonio Saura le collectif des "Artistes du Monde contre l'Apartheid" qui prendra la forme d'une exposition qui a tourné au quatre coins du globe. Les oeuvres ont ensuite été offertes au gouvernement démocratique mis en place par Nelson Mandela.
Ernest Pignon-Ernest a été mis à l'écart de la vie culturelle officielle niçoise et ce n'est qu'après la mort de Jacques Médecin que l'artiste a enfin exposé au musée de Nice à l'âge de 55 ans !

Naples, la mort et les femmes : le travail réalisé sur une période de près de dix ans dans la capitale napolitaine offre un "condensé" emblématique de l'oeuvre d'Ernest Pignon-Ernest. La ville et ses 3000 ans d'histoire du Vésuve à la Camorra permettent à l'artiste de répondre à la question de la familiarité avec la mort. L'histoire de l'art, la superposition des mythes, les églises, les femmes et les représentations de la Vierge, le spirituel et le mortel... Homme du Sud, Ernest Pignon Ernest a trouvé dans les pavés noirs en pierre de lave du Vésuve un terrain sur lequel il va sublimer la puissance fragile des noirs de ses images. La texture particulière du "pauvre" papier d'imprimerie qu'il utilise lui permet de "fondre" ses oeuvres dans le dédale des rues.

Les séries napolitaines multiplient les références. Elles permettent de rappeler que le travail d'Ernest Pignon-Ernest est très loin d'être celui d'un copiste ou d'un portraitiste qui excellence dans le style du dessin académique. À chaque fois, il reconstruit l'image qui l'inspire, tableau de maître, photographie, scène de la vie réelle en fonction du lieu où il va l'installer en modifiant par exemple la perspective pour qu'elle s'intègre dans l'espace. Au-delà de la référence, il opère une réécriture des oeuvres ou la réalité pour les transposer dans l'espace public et les inscrire dans sa quête de sens et de questionnement du monde contemporain.

Naples, Le Caravage, Pasolini... C'est à Naples où il s'est réfugié après une accusation de meurtre que Le Caravage a peint son David et Goliath dans lequel il se représente en donnant son visage à la tête tranchée. Ernest Pignon-Ernest a re-cadré et ré-écrit le tableau lui donnant une nouvelle perspective ainsi qu'une référence contemporaine, ajoutant dans l'autre main de David la tête également décapitée de Pier Pasolini, le cinéaste dont il admire l'oeuvre et dont la figure revient souvent dans ses images. Par exemple dans son interprétation du Suaire de Turin qui combine deux références, l'autoportrait de La tête de la Méduse du Caravage et le visage de Pasolini qui remplace celui du Christ.

Les poètes : une série a été installée à Ramallah et en Palesine après l'assassinat de son ami, le poète palestinien Marmoud Darwish. Juste après celle des "cabines téléphoniques", les dernières séries présentées rendent hommages aux poètes : Gérard de Nerval, Robert Desnos, Antonin Artaud, Arthur Rimbaud... Ernest Pigon-Ernest a collé parfois pendant des années leurs images dans différents lieux emblématiques de leurs parcours.
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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 18:47

 

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 17:02

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[Jolie Môme] En panne ! on en appelle au public.

La longue et coûteuse aventure qui nous liait à notre véhicule de travail surnommé Piwik vient brusquement de prendre fin, en quelque sorte le moteur s’est mis de traviole et le devis pour une éventuelle réparation s’élève à 11 500 € (je vous fais grâce des dizaines...), ce qui est exorbitant pour un véhicule qui côte environ 8000 € !

Bref, le concessionnaire dit que ce genre de panne n’arrive jamais et qu’il n’est pas responsable, le constructeur dit que ça ne relève pas de sa responsabilité, la pièce ayant déjà été démontée il y a un an environ (Par qui ? Le concessionnaire...)

Autre bref, des problèmes d’un autre ordre (injection), nous ont coûté entre la 2ème et 5ème année la somme d’environ 16OOO € ! Le constructeur n’est pas responsable,les concessionnaires non plus...

Brefs finaux :

nous avons besoin d’un véhicule 9 places pour cet été, en bon état... Loué pas cher ou vendu ou prêté ou prêt-troqué, (contre une soirée cabaret par exemple...)

et si vous connaissez un avocat spécialisé dans les litiges avec les grandes marques, Renault pour ne pas la citer, nous sommes preneur...

Merci.

Bon été,

Amicalement

Jolie Môme

Le site www.cie-joliemome.org

pour nous écrire courrier@cie-joliemome.org

La compagnie Jolie Môme est accueillie par la ville de Saint-Denis

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/La-Compagnie-Jolie-Mome-est-en-panne-Appel-au-public.html

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 21:50

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  Inscris !
Je suis Arabe
Le numéro de ma carte : cinquante mille
Nombre d'enfants : huit
Et le neuvième... arrivera après l'été !
Et te voilà furieux !

Inscris !
Je suis Arabe
Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine
Et j'ai huit bambins
Leur galette de pain
Les vêtements, leur cahier d'écolier
Je les tire des rochers...
Oh ! je n'irai pas quémander l'aumône à ta porte
Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais
Et te voilà furieux !

Inscris !
Je suis Arabe
Sans nom de famille - je suis mon prénom
« Patient infiniment » dans un pays où tous
Vivent sur les braises de la Colère
     Mes racines...
     Avant la naissance du temps elles prirent pied
     Avant l'effusion de la durée
     Avant le cyprès et l'olivier
     ...avant l'éclosion de l'herbe
Mon père... est d'une famille de laboureurs
     N'a rien avec messieurs les notables
Mon grand-père était paysan - être
     Sans valeur - ni ascendance.
Ma maison, une hutte de gardien
     En troncs et en roseaux
Voilà qui je suis - cela te plaît-il ?
     Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom.

Inscris !
     Je suis Arabe
Mes cheveux... couleur du charbon
Mes yeux... couleur de café
Signes particuliers :
     Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré
Et ma paume est dure comme une pierre
...elle écorche celui qui la serre
La nourriture que je préfère c'est
     L'huile d'olive et le thym

Mon adresse :
     Je suis d'un village isolé...
     Où les rues n'ont plus de noms
     Et tous les hommes... à la carrière comme au champ
Aiment bien le communisme
     Inscris !
     Je suis Arabe
     Et te voilà furieux !

Inscris
     Que je suis Arabe
Que tu as raflé les vignes de mes pères
     Et la terre que je cultivais
     Moi et mes enfants ensemble
     Tu nous as tout pris hormis
     Pour la survie de mes petits-fils
     Les rochers que voici

Mais votre gouvernement va les saisir aussi
     ...à ce que l'on dit !

DONC

Inscris !
     En tête du premier feuillet
     Que je n'ai pas de haine pour les hommes
     Que je n'assaille personne mais que
Si j'ai faim
     Je mange la chair de mon Usurpateur
Gare ! Gare ! Gare
     À ma fureur !

 

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 09:44

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L’autobiographie de l’écrivain américain qui a bouleversé la littérature du XXe siècle en brisant les tabous d’une société puritaine. De Brooklyn à Paris, l’ancien éboueur déroule sa vie en toute franchise.

Vous avez remarqué que tous nos romanciers ont fait Normale sup. Donc, tomber sur un tout petit bouquin Ma vie et moi, dans lequel feu Henry Miller nous fait partager son existence, réconcilie avec la littérature, celle qui ne s’apprend pas à l’école. Ce fils de tailleur luthérien, ivrogne à Brooklyn, en substitut d’hypokhâgne, a démarré commis à la société des ciments Atlas, à Portland. Pour continuer ce bout de chemin en Amérique, rappelons John Fante, qui a passé une partie de sa jeunesse dans des conserveries. Puis le mode de vie aléatoire de la beat generation, celle qu’a fait naître Miller.

Mal élevé

Afin d’améliorer la qualité de ce que proposent nos libraires, peut-être serait-il utile de relancer l’école des écrivains mal élevés ? En France, sans même consulter de dictionnaire, on peut citer Gaston Bachelard, Louis Guillou, Roger Vaillant, Yves Gibeau et des kyrielles de types qui ont écrit dans le reflet des caniveaux.

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Maintenant, nos auteurs sont cavaliers – et là on regrette que le cheval ne soit pas celui qui tienne la plume – ou professeurs d’université. Petits bourgeois fils de petits bourgeois. Si leur qualité de normaliens les changeait en Sartre, Nizan ou Gracq… Non, tout ça se termine en Mazarine Pingeot. Aujourd’hui, les enfants de pauvres l’ont bien compris, pour faire fortune ils ne veulent pas être Hugo mais Tapie. Un conseil, si vous tenez à être célèbre, soyez d’abord riche, tous font aussi des bouquins et passent à la télé.

C’est à force de lire à la bibliothèque publique qu’Henry Miller est devenu écrivain. La nécessité de dire la vie, avec des mots et du papier, lui est venue comme, chez d’autres gosses, le goût du football. Quand il rentrait à la maison, de son emploi d’éboueur ou de chauffeur de tram, et tapait sur la machine à écrire, sa mère, honteuse de cette pratique, lui demandait de se cacher dans un placard, dans le parfum des boules de camphre, en cas de visite. Miller, toujours poussé par une femme – elles ont été son essence –, décide de filer en Espagne. Il s’arrête en France, une chance. Quoi de plus parisien et français, au sens du chef-d’oeuvre, que son Tropique du cancer ou que ses Jours tranquilles à Clichy ?

N’écrivons pas l’une de ces fiches qui font la sous-culture de nos lycéens : « Henry Miller en cent mots. » L’important du petit livre qui vient de sortir en français est qu’il contient la recette de l’écriture. Miller explique : « La vérité est que j’avais peur de devenir écrivain, c’était trop énorme… ayant tout essayé et tout raté – alors pourquoi ne pas tenter d’écrire. »

Non-sens

Aujourd’hui, nos écrivains ne tentent rien que directement le PC ou le Mac, et le manuscrit expédié par Internet sur le site de l’éditeur. Pour le non-normalien, le blocage de l’écriture se cache dans la première phrase. Comment mieux faire que « J’avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie » ou « C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar » ? Miller a donné la clé : « Que de fois dans ma vie d’écrivain j’ai eu du mal à commencer. Mais je commençais. Par tout ce qui me passait dans la tête – pur non-sens, habituellement. Au bout de deux pages, j’avais trouvé le sillon. Peu importe par où l’on commence, on revient toujours à ce que l’on est. » Miller nous explique à sa façon le « Madame Bovary, c’est moi ! » de Flaubert.

Ecriture automatique

Dear Henry est plus précis encore sur sa méthode, inspirée de l’écriture automatique des surréalistes. Sur la page blanche, il met « tout ce qui passe par la tête – les pires absurdités, sans virgules ni ponctuation, sans suite d’aucun ordre – jusqu’au moment où ce que l’on a envie de dire vient à sourdre ». Miller travaille à la machine « qui écrit la vérité », et garde la plume, la main, pour « le mensonge de la conversation » : « C’est à la machine que j’ai l’impression de me donner entièrement. » À bas Normale sup, vive le cours Pigier.

 

"Ma vie et moi", suivi d’"Ici la voix du Pacifique", par Henry Miller, éd. Bartillat, 220 pages, 14 euros.

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 20:21

 

 

 

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 20:03

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Acteur, réalisateur, collectionneur, photographe, il a été emporté vendredi par un cancer de la prostate...

Dennis Hopper, qui combattait depuis plusieurs mois un cancer de la prostate, est mort ce samedi à l’âge de 74 ans dans sa propriété de Venice, en Californie. Selon le site TMZ, sa famille se trouvait à ses côtés. Le 26 mars dernier, l’acteur avait reçu, pour sa dernière apparition publique, son étoile sur le «Walk of Fame», à Los Angeles.

«Je me souviens de la mort de Marilyn Monroe (1962), de la marche des Black Panthers (1967), de la première gay pride à New York (1970), de Madonna chantant Like a Virgin (1984), du 11-Septembre (2001)», énumérait encore il y a quelques mois Dennis Hopper. Né le 17 mai 1936, le réalisateur du cultissime Easy Rider, incarnait à lui tout seul une partie de la mémoire culturelle des Etats-Unis.

>> Le portrait de Dennis Hopper en images, c'est par ici

Drogue, alcool, quatre divorces à son actif... Il a brûlé sa vie comme la gomme de ses pneus sur l'asphalte. Et a résisté à presque tout. Etonnant de voir que, même en 2008, lors de sa venue à Paris à l’occasion d’une expo qui lui était dédiée à la cinémathèque française, il gardait un visage sans marque du temps. Le 19 janvier 2010, il demandait encore, à 73 ans, le divorce de sa... cinquième épouse, Victoria Duffy, 41 ans. Dans sa demande, l’acteur indiquait qu’il était séparé de son épouse depuis le 11 janvier dernier, et demandait la garde de leur fille, Galen.

«J'ai voté pour Bush, père et fils, mais là je vote Obama»

Au cinéma, Hopper a tourné auprès des plus grands. Notamment sous la direction de Wim Wenders dans L'Ami américain, de Francis Ford Coppola dans Apocalypse now ou de David Lynch pour Blue Velvet. Et pourtant, «personne n’a eu autant de problème que moi avec Hollywood», confiait l’acteur, 72 ans aujourd’hui. Dispute avec Henry Hathaway, producteur phare de l’époque, difficultés de financement de ses films, et vide cinématographique qui s’en est suivi... «Il aura fallu que je reçoive le Lion d’Or à Venise pour The last movie (1971) pour entrer à Universal comme si j’avais gagné un championnat de basket», avait lâché Dennis Hopper, pour qui Hollywood n’était plus qu’un repère de personnes «sorties d’écoles de commerce».
 
Hopper, c’était aussi l’homme qui photographiait tout ce qui bougeait. Sur ces clichés, on voit James Brown, Tina Turner, Jane Fonda qui tire à l’arc en bikini ou Paul Newman, jeune et torse nu.
 
Autre spécificité du gaillard: sa collection personnelle. Qui n’a rien d’anecdotique puisqu’il a été l’un des premiers acheteurs de Jean-Michel Basquiat, Roy Lichtenstein ou Andy Warhol - dont il acheté l’une des premières soupes Campbell pour... 75 dollars. Ce dont il n’était pas peu fier.

Dennis Hopper, c’était enfin un individu politiquement compliqué. «J'ai voté pour Bush, père et fils, mais là je vote Obama», avait confié l’acteur. Pourtant, le camp démocrate ne le comptait pas dans ses rangs jusqu’à l’arrivée de l’actuel président des Etats-Unis. «J'étais le premier, dans ma famille, à être Républicain», a expliqué Hopper, qui a aussi voté pour Ronald Reagan (1981-1989) bien qu'il n'ait «jamais été très fan de lui, ni comme acteur, ni comme président». La faute, disait le réalisateur, aux mensonges «innombrables et intolérables» de George W. Bush (Voir la vidéo ici) . C'est dire si Dennis Hopper était bien revenu de tout...

 

Alice Antheaume

 

http://www.20minutes.fr/article/408042/Culture-Dennis-Hopper-est-mort.php

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 16:15

 

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Ken Loach arrivant à l'avant-première de son film «It's a free world» à Venise, Italie. Septembre 2009 Quaglia/SIPA

CRITIQUE - Les spectateurs sont sortis de la salle les jambes tremblantes...

Si vous avez manqué le début

Fergus est inconsolable depuis que son meilleur ami, Frankie, s’est fait abattre sur la Route Irish, à Bagdad. C’est lui qui avait convaincu Frankie de venir travailler comme agent de sécurité en Irak et il se sent terriblement coupable. Quand Fergus reçoit un téléphone portable contenant une vidéo du massacre d’une famille irakienne auquel Frankie a assisté, il décide de mener l’enquête. Sa besogne est rendue d’autant plus difficile qu’il doit agir à distance, ne pouvant quitter l’Angleterre avant un procès dans lequel il est impliqué.

Les têtes d'affiche

Ken Loach a remporté la Palme d’or pour Le vent se lève en 2006. Mark Womack est surtout connu à la télévision britannique où il a joué dans de nombreuses séries et téléfilms.  Andrea Lowe fait ses débuts au cinéma avec Route Irish mais elle participé à des séries télévisées comme Les Tudor.

Backstage

Le scénario du film, signé par Paul Laverty, fidèle collaborateur de Ken Loach, s’appuie sur l’Ordonnance 17 qui a été en vigueur de 2003 à 2007  et qui garantissait l’impunité aux agents de sécurité privés opérant en Irak. Ils auraient été près de 50.000 lourdement armés. Mark Womack s’est livré à de copieuses recherches pour préparer son rôle de mercenaire. Il a questionné plusieurs agents de sécurité et s’est fait enrôler dans un camp d’entraînement militaire. Ken Loach lui ménageait des surprises dans le scénario au gré du tournage afin de l’aider à réagir comme son personnage.

Le plus

Ken Loach évite tout manichéisme pour décrire des hommes pourris par la guerre et l’appât du gain. Il montre de façon très claire comment certains n’hésitent pas à ses salir les mains alors que d’autres, en retrait, s’enrichissent sans le moindre scrupule. Il étaye sa démonstration de scènes bouleversantes, notamment une séquence de torture d’une rare intensité.

Le moins

On ressort bouleversé et les jambes flageolantes, mais est-ce vraiment une mauvaise chose ?

La réplique

- « Il était au mauvais endroit au mauvais moment. »

La vidéo

 

 


http://www.20minutes.fr/article/405810/Cannes-Route-Irish-bouleversant-et-intense.php

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 08:22

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Soyons brefs : avant d’aller voir ce spectacle, ne faites pas de recherches sur Rosa Luxembourg pour déterminer dans quelle mesure le personnage est susceptible de vous intéresser, allez directement sur le myspace de Claire Diterzi et écoutez quelques unes de ses chansons. Si ça vous plait, foncez ! Sinon restez bien tranquillement chez vous, à l’abri.

Vous en apprendrez autant sur Rosa Luxembourg dans le petit paragraphe ci-dessous que dans le spectacle.

Rosa Luxembourg est une militante et théoricienne marxiste, cofondatrice de la Ligue Spartakus et du Parti communiste allemand, née en 1871 et morte assassinée en 1919 lors de la répression de la Révolte spartakiste de Berlin. Elle a passé plusieurs années en prison durant la guerre pour ses positions antimilitaristes. En dehors de ses écrits théoriques, elle a entretenu une longue correspondance avec ses proches, notamment lors de ses détentions, où elle exprime son amour de la vie sous toutes ses formes.

Dans un entretien entre Claire Diterzi et le metteur en scène Marcial Di Fonzo Bo on peut lire les propos suivants : « au travers de la musique et des images, de la mise en scène, on veut traduire la puissance des pensées et des convictions de Rosa, la part imaginaire de son esprit ». Un exemple : en référence à la ligue spartakiste (qui tire son nom de Spartacus, gladiateur et meneur de la plus grande rébellion d’esclaves de la république romaine), ils ont eu la brillante idée de diffuser un extrait du film Spartacus avec Kirk Douglas, suivi d’un montage vidéo avec de pauvres types du monde entier qui disent chacun à leur tour : « I am Spartacus ! ». C’est ridicule, non ? Passons. On peut lire plus loin : « On veut faire d’elle l’artiste qu’elle n’a jamais été… ». Mais pourquoi diable faire une telle chose ? Je me le demande encore. Surtout que le mélange entre les textes issus de la correspondance de Rosa et ceux issus de l’esprit de Claire est pour le moins hasardeux. Avant d’avoir « passé tout l’été avec Rosa » (on l’imagine bien sur la plage dévorant La crise de la social-démocratie) Claire ne trouvait pas Rosa très « glamour ». Elle a donc décidé d’apporter cette féminité qui manquait à la pauvre Rosa « moche, petite et boiteuse, mais très charismatique et courtisée ». Moi j’ai surtout eu l’impression d’assister à un concert déguisé en pièce de théâtre, un coup de promo, parce que Rosa elle était quand même sacrément rebelle et çà c’est vachement glam.

« On veut du jus de Rosa, un concentré de la complexité de sa personnalité bafouée, l’essence de son admirable combat, un parfum aux arômes extrêmes. La vie, la mort. La passion. L’émotion »

En tout cas y’en a un à qui ça n’a vraiment pas plu ! A la fin du spectacle, avant le rappel, alors que les applaudissements venaient de cesser, un type au fond de la salle a hurlé : « Honte à toi d’avoir salie la mémoire de Rosa Luxembourg ! ». Ca fait mal…Il faut comprendre, les temps sont difficiles, les gens sont à fleur de peau, ils démarrent au quart de tour. Mais elle a bien encaissé : « alors maintenant je vais salir la mémoire d’Alain Bashung » et elle a chanté Madame rêve. Belle chanson certes, mais encore une fois, quel rapport ? Quel intérêt ? Le seul que je vois est pour les fans. C’est l’occasion pour eux de voir leur idole dans un beau cadre se livrer à ses fantaisies. Mais pour les autres, y’a rien à voir. Du vent, du vide, de la gnognotte.

Espérons simplement que ça ne devienne pas une mode, que Bénabar ne se mette pas à chanter la correspondance de Sartre ou Lara Fabian les discours de Jaurès. S’il vous plait, épargnez-nous !

 

Audren Destin

Rosa la rouge
de Claire Diterzi et Marcial Di Fonzo Bo
mise en scène Marcial Di Fonzo Bo
chant et guitare Claire Diterzi
batterie et machine à sons Etienne Bonhomme
hautbois Cédric Chatelain
cor Baptiste Germser
images Patrick Volve
dramaturgie Leslie Kaplan
réalisation kalachguitare Michal Batory
du 11 au 22 mai 2010
Théâtre du Rond-Point
2bis, avenue Franklin D. Roosevelt
75008 Paris

http://unfauteuilpourlorchestre.com/?attachment_id=2811
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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 12:36

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Depuis La Répudiation (Denoël, 1969, Folio), son premier roman, Rachid Boudjedra ne cesse de remettre sur l'ouvrage les motifs de ses colères, de ses rages, de ses imprécations contre les convulsions d'un pays, l'Algérie, qui peine depuis l'indépendance à se construire une identité et à trouver les voies de sa modernité. Pour autant, bien que ces motifs nous soient familiers, on est toujours saisi par les turbulences d'une écriture heurtée, rugueuse, lyrique, crue, sensuelle, faite de ruptures de ton, de chaos syntaxiques, d'interférences de styles et de genres.

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Les Figuiers de Barbarie, qui vient d'être couronné par le Grand Prix du roman arabe (1), n'échappe pas à cet esthétisme singulier qui mêle intimement - comme toujours chez cet écrivain - les traumas de la grande et de la petite histoire. Celle de Rachid, le narrateur, emprunte d'ailleurs beaucoup au parcours du romancier.

Né en 1941 dans le Constantinois, comme Boudjedra lui-même, Rachid décide de rejoindre le maquis en 1959, avant de s'engager au Parti communiste après l'indépendance. Devenu chirurgien, ce célibataire endurci s'est installé à Alger.

Un jour, alors qu'il s'apprête à regagner Constantine, il tombe par hasard, à l'aéroport, sur Omar, son cousin, un architecte réputé qui court le monde pour fuir son passé. Liés par le sang et une jeunesse fiévreuse, les deux hommes, que la vie semble avoir éloignés, vont, le temps d'un voyage, reprendre le fil d'une conversation jamais interrompue depuis l'enfance. "Ce jour-là (...), j'étais décidé à en finir avec lui, à le débarrasser de ses fantômes, à le délester de ses chagrins ; j'avais une heure pour le convaincre." Une heure pour replonger dans le maelström de l'Histoire, rouvrir les plaies encore douloureuses de la colonisation et d'une indépendance ensanglantée par des querelles fratricides. Une heure pour extirper mensonges, contre-vérités et tenter d'exorciser doute, honte et culpabilité.

Dans l'immobilité d'un temps qui ne passe pas, à l'image de ce voyage qui s'étire dans l'azur du ciel, Rachid Boudjedra déploie dans le désordre - apparent - des réminiscences sombres et lumineuses l'histoire contrastée de ces deux hommes qui ont toujours tout partagé : les "leçons d'humanisme et de vigilance politique" de M. Baudier, leur professeur d'histoire ; les nuits d'ivresse dans les bordels de Constantine, les étés idylliques dans la campagne algéroise ; les filles, telles Dounia et Mounia, deux soeurs jumelles farouchement libres... Mais, aussi, l'effroi d'une guerre pernicieuse dans laquelle ils se sont engagés. L'un, pour absoudre son père, commissaire de police, et son frère, membre de l'OAS. L'autre, fasciné par Fernand Yveton, ouvrier communiste guillotiné en 1957, auquel sa mère, femme répudiée par un "tyran féodal", s'était identifiée. Une guerre qui, dans ses ultimes soubresauts, annonçait déjà une indépendance frelatée...

 

A travers cette fresque bouleversante, Rachid Boudjedra, en sismographe des corps et des âmes d'un pays, offre plus qu'un grand roman sur l'Algérie, une passionnante réflexion sur les ambiguïtés de l'Histoire.

 

 


Les Figuiers de Barbarie,de Rachid Boudjedra, Grasset, 266 p., 17,50 €.

(1) Ce prix a également récompensé le peintre et romancier marocain Mahi Binebine pour "Les Etoiles de Sidi Moumen" (Flammarion).

Christine Rousseau

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