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Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:05

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Avec Michèle Audin Auteure de « Une vie brève » (la vie de son père) et avec Sylvie Thénault Historienne spé­cia­liste de l’Algérie

Réunion-débat mardi 11 juin à 19h30

Maison des pas­sa­ges


44 rue St Georges Lyon 5


Entrée libre et gra­tuite dans la limite des places dis­po­ni­bles

Maurice Audin, né en 1932, est assis­tant de Mathématiques à l’Université d’Alger, membre du Parti Communiste Algérien et mili­tant de la cause anti­co­lo­nia­liste. Lors de la « bataille d’Alger » il est arrêté à son domi­cile, le 11 Juin 1957. Sa trace est ensuite perdue. Selon ses pro­ches et de nom­breux his­to­riens il fut tor­turé et tué par les ser­vi­ces fran­çais. Dès Juillet 1957, cer­tains jour­naux com­men­cent à évoquer l’affaire Audin. De nom­breux uni­ver­si­tai­res se mobi­li­sent. Des comi­tés « Audin » sont créés pour faire la lumière sur l’affaire et sen­si­bi­li­ser l’opi­nion sur la pra­ti­que de la tor­ture en Algérie....

En 2013 sa fille Michèle Audin écrit un livre sur son père « une vie brève ».

C’est l’occa­sion pour nous de reve­nir sur cet homme dont le cas a été pour cer­tains un événement fon­da­teur de leur cons­cience poli­ti­que.

C’est aussi un cas où le cou­rage de quel­ques uns a peut être contri­bué à chan­ger un peu le cours des choses.

P.-S.

Ligue des Droits de l’Homme Lyon 7 Tel : 06 33 69 27 06 Mail : ldh.lyon7@gmail.com

Association « Parlons-en » Tel : 04 78 37 79 62 Mail : parlons-en@club-internet.fr

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 17:48

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Pierre Mauroy, l’Union de la gauche, le tournant, l’immigration...

 


dimanche 9 juin 2013 par  Xuan

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-claude-pottier/100613/pierre-mauroy-l-union-de-la-gauche-le-tournant-l-immigration

 

 

Dans la quasi-unanimité de louanges de l’homme qui accompagnent la mort de Pierre Mauroy, une analyse, illustrée de citations, du parcours politique de celui qui reste un des fossoyeurs de la stratégie "Programme commun" de la gauche des années 70/80...je suis un cocu de cette histoire là...je me souviens encore, jeune communiste de 18 ans, d’avoir fait signer des pétitions sur le marché de mon village Souppes sur Loing  pour que le PS s’engage sur le PCG ...et François Mitterand, au Congrès de l’Internationale Socialiste à Vienne, en Autriche, répondant aux questions désapprobatrices des responsables de l’IS disant  "j’ai signé le PCG pour prendre 3 millions de voix au PCF"... Il est plus que temps de reprendre nos voix, par un vrai programme de rupture avec le libéralisme, et de reprise en main du destin de notre peuple par la nationalisation des principaux moyens de production et d’échanges au service d’un projet de société émancipateur...Cela passe par un retour du PCF à son identité historique de parti révolutionnaire, organisé d’abord là ou le combat de classe peut se mener au plus près, dans l’entreprise.

Serge

Ajoutons cette citation qui, curieusement, a été presqu’oubliée, alors qu’elle est pourtant symbolique de l’utilisation de l’immigration et du racisme pour imposer l’austérité... Pour faire passer ce "tournant de la rigueur" en 1983 et devant les luttes des travailleurs de l’automobile, c’est ce même Pierre Mauroy qui déclare en Janvier 1983, quelques mois avant des élections municipales qui verront le succès  électoral du FN à Dreux et lanceront la réhabilitation d’un parti d’extrême-droite en France, que les grévistes de Renault « sont agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises ».

Le texte ci-dessous est bien sûr discutable pour son appréciation unilatérale du rôle des communistes, mais il nous oblige à réfléchir sur l’impasse dans laquelle nous a enfermé le programme commun et une stratégie d’alliance électorale et de sommet.

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La planche pourrie

Tous les médias honorent Pierre Mauroy :

Alain Juppé : « Pierre Mauroy a su conjuguer ses fonctions nationales à une action reconnue dans sa ville de Lille, qu’il a marqué à jamais de son empreinte »

« Changer la société, écrivait-il, c’est refuser l’illusion de la révolution. » Cite Le Point  Jean François Copé «  Même si je ne partageais pas ses idées, son parcours m’a toujours inspiré beaucoup de respect. C’était un homme issu de la méritocratie républicaine » . Et Steeve Briois « tient à rendre hommage, au nom du Front National, à un acteur politique majeur de la Vème République » .

Une telle unanimité aurait déjà de quoi alerter le plus naïf des arpètes.

Jack Ralite l’un des quatre ministres révisionnistes des gouvernements Mauroy de 1981 à 1984 n’est pas de reste :

"Cela reste un bon souvenir. A partir de 1983, les choses n’ont pas tourné comme nous le souhaitions mais travailler avec lui fut agréable. Il y avait une grande bonté en lui et cette fierté d’être le premier Premier ministre d’un gouvernement de toute la gauche. Il en respectait toutes les composantes, il prenait le temps de débattre, il n’adoptait jamais une posture de commandement, c’est la conviction qui devait l’emporter. C’est une figure de la justice sociale qui disparaît. Le souvenir du tournant de 1983 restait douloureux chez lui, de par ses origines et son sens de la solidarité. Je n’oublie pas qu’il a rappelé à Jospin en 2002 que ’le mot ouvrier n’était pas un gros mot’."

On appréciera au passage le bilan du tournant de 83 : le bon souvenir serait devenu douloureux pour Mauroy dit-il.  On y croit, et pour les salariés ?

Quand au respect de toutes les composantes , Ralite nous prend pour des jambons. Nous allons voir ce qu’il en est.

L’Humanité se souvient surtout que des ministres communistes appartenaient au même gouvernement et n’oublie aucune des réformes populaires, sauf au passage quelques licenciements, et glisse sur sa responsabilité dans le tournant de la rigueur, qui est attribué à... Fabius : 1981-1984 : Pierre Mauroy à l’épreuve du pouvoir.

Le « tournant de la rigueur »

Ces réformes, comme les nationalisations qui ont servi à renflouer les grandes entreprises avant de les re-privatiser, ou bien les réductions d’horaires immédiatement récupérées par des hausses de productivité ont été un maigre bénéfice pour les salariés.

Mais le « tournant de la rigueur » a marqué pour plusieurs dizaines d’années la fin des hausses de salaire et l’inflexion du ratio salaires / profits.  Mauroy, qui n’avait de rouge que le bout de son pif, est entièrement responsable du « tournant de la rigueur » confié par lui à Delors, ce que Hollande n’a pas oublié de rappeler : « Pierre Mauroy, c’était aussi l’homme des restructurations industrielles, ce qu’on avait appelé un moment la rigueur » .  Devant la menace de faillite économique - déficits publics et poursuite de l’inflation -, il « a été décisif dans le fait de convaincre (François) Mitterrand qu’il ne fallait pas sortir du système monétaire européen et casser l’Europe pour faire le socialisme dans un seul pays. Mitterrand y avait un peu pensé » , indique Michel Rocard.

Tandis que l’indexation des salaires sur les prix est supprimée le franc est dévalué trois fois en 1981, 1982 et 1983.

 

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Double langage sur les restructurations

On lit dans l’Unité du 23 mars 1979 qu’au cours de son intervention à l’Assemblée nationale dans le débat de censure, Pierre Mauroy s’est adressé au Premier ministre Raymond Barre pour dénoncer l’attitude du Pouvoir sur le problème de la sidérurgie et dans les incidents qui s’étaient produits à Denain :

« Quant à la sidérurgie, vous avez beau jeu de mettre en avant, pour justifier les licenciements à Denain, la faiblesse de la rentabilité de notre appareil de production, comparé à celui de nos voisins. L’approche des socialistes est moins conjoncturelle. La question que nous posons est de savoir si cette différence de rentabilité, au demeurant minime, justifie le sacrifice pur et simple de l’entreprise. La réalité, c’est que dans cette période de crise, vous n’osez pas courir le risque d’une expansion à venir. L’analyse que nous faisons de la situation de l’industrie sidérurgique implique la mise en œuvre de la transformation de l’appareil de production, l’adoption de nouvelles structures industrielles et l’intensification de la recherche. Au moment où vous laissez entendre la fermeture de Denain et peut-être de Longwy, nous vous affirmons, monsieur le Premier ministre, que Longwy et Denain peuvent vivre, et nous formulons un certain nombre de propositions concrètes. Devant cette assemblée, je prends même le risque d’un pari que i’ai déjà fait devant vous, monsieur le Premier ministre, et devant le président de la République. Vous allez licencier des milliers et des milliers de travailleurs à Denain et à Longwy. Vous ne croyez pas à l’expansion. Nous, nous y croyons davantage. Un jour viendra où il faudra pousser les feux à Dunkerque, faire des investissements à Fos et recourir sans doute à une main-d’œuvre qui n’est pas sur place actuellement. Telle est la situation de la sidérurgie. Quel paradoxe que cette hargne à licencier pour rentabiliser, au moment où le chômage apparaît comme le pire des gaspillages sociaux ! Vous ignorez les faillites industrielles jusqu’au moment où la colère des travailleurs tend la situation jusqu’à la rendre dramatique. A ce moment-là, vous tentez de faire peser la suspicion sur l’attitude des chômeurs qui manifestent pour la défense de leur emploi, ou sur des organisations syndicales, voire des formations politiques dont vous n’osez même pas dire le non. Avec le bureau du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, je veux ici, solennellement, m’inscrire en faux contre des affirmations qui veulent rendre les ouvriers sidérurgistes responsables des incidents qui se sont déroulés dans le Valenciennois, et plus particulièrement à Denain. Je veux aussi dénoncer les brutalités qui se sont exercées sur les élus locaux, les parlementaires et les responsables syndicaux. Les socialistes récusent les explications fournies par les pouvoirs publics, ainsi que les déclarations officielles qui ont pu être faites. C’est l’arrivée et l’intervention des forces de police qui sont à l’origine de l’explosion de violence, et nous demandons, avec le bureau du conseil régional, que soient situés les véritables auteurs de ces débordements injustifiables, qui n’ont d’autre objectif que de jeter le discrédit sur des milliers de travailleurs en lutte pour leur droit au travail, et que soient prises à l’égard de tous les responsables de ces graves incidents les mesures qui s’imposent. »

Après les paroles, les actes :

Dès le mois de juin 1982, l’État annonce 12 000 suppressions d’emplois. Pierre Mauroy vient à Pont-à-Mousson le 5 décembre 1982 et s’oppose à 1 500 manifestants qui brûlent des pneus sous les fenêtres des Prémontrés. « Nous ne sommes malheureusement pas des magiciens » , avouait-il dans les colonnes du Républicain Lorrain, la veille de son déplacement.

Le 29 mars 1984, le gouvernement Mauroy - comportant toujours quatre ministres communistes - révisait le plan Acier et annonçait la suppression de 21 000 emplois supplémentaires. Les aciéries de Pompey étaient rayées de la carte et celles de Neuves-Maisons aux trois-quarts liquidées. Le tiers des 6 000 emplois de Gandrange étaient condamnés. Ce plan sonnait enfin le glas de la sidérurgie à Longwy.

25.000 à 30.000 emplois sont supprimés à Usinor et Sacilor, qui à l’époque comptent 90.000 salariés, soit 30% de l’effectif.  Des dizaines de milliers de sidérurgistes manifestent à Paris le 13 avril 1984 aux cris de « Mitterrand trahison ! » .

S’ils annoncèrent en Lorraine qu’ils n’accepteraient jamais le plan Acier, les dirigeants révisionnistes votèrent en mai au Parlement la confiance au gouvernement Mauroy.

Mauroy s’acoquine avec le syndicaliste jaune Jacques Chérèque, pour qui « Il faut retirer les hauts fourneaux de la tête des sidérurgistes lorrains » , et qui sabote l’unité d’action avec la CGT de la métallurgie pour accepter les suppressions d’emplois dans la sidérurgie.

Pour le remercier de ses bons offices, Mauroy le nomme préfet à la réindustrialisation.

Là encore on promet monts et merveilles, mais en définitive, en 1984, le train universel prévu à Gandrange pour un devis de 1,8 milliards de francs n’a pas été réalisé. Il a été également décidé de fermer le train de laminage de Sacilor à Rombas situé lui aussi en Moselle et on a également fermé le site de Fos-sur-mer, pourtant le plus moderne. Cerise sur le gâteau le laminoir de Trith-Saint-Léger n’a quand même pas été sauvé puisqu’il a été fermé l’année suivante en 1985.

Pour plus de détails, voir l’article de matièrevolution Les licenciements massifs dans la sidérurgie lorraine.

Chronique d’une mort annoncée

En 1961, il est élu secrétaire général de la fédération du Nord, la plus importante du parti, mais n’a pas claqué la porte de la SFIO pendant la guerre d’Algérie et sous le gouvernement Guy Mollet, dont il devient le dauphin en janvier 1966.

Au Congrès d’Epinay en 1971, Mauroy déclare

« Le pays repousse la révolution dans le désordre et la confusion. Ce qu’il souhaite en tous les cas la gauche, c’est la seule révolution qu’il admette, c’est la révolution dans la clarté et la sécurité c’est-à-dire sans la violence.

Camarades l’essentiel de notre position peut s’exprimer ainsi : La gauche a besoin du concours du parti communiste, et après évolution, de la participation du parti communiste pour battre la droite et la réaction et pour pouvoir avoir en France un gouvernement de gauche. Ça c’est le premier point, le premier élément. Mais de la même façon camarades, une gauche dominée par le parti communiste n’a aucune chance d’accéder au pouvoir, une gauche dominée par le parti communiste serait le plus beau cadeau que nous pourrions faire à l’UNR. »

Dès lors il est acquis que l’Union de la Gauche est un marché de dupes, mais il n’est pire sourd qui ne veut entendre, Marchais persiste et aujourd’hui encore le parti révisionniste est dans le déni.

Lors du Congrès de Metz de 1979, Pierre Mauroy sera aux côtés de Michel Rocard, contre François Mitterrand, pour défendre une position sociale-démocrate et refuser la « rupture avec le capitalisme ». « La radicalisation atteignait son paroxysme. Nous étions là pour tempérer » .

Les espoirs entretenus autour du Programme Commun étaient ainsi condamnés avant même sa mise en œuvre.

En 1992 c’est la consécration : il préside l’Internationale socialiste.

Mauroy signera sa fin de parcours dans l’opprobre comme bon nombre de notables bourgeois. Le 20 juin 2008, 11 ans après le début de la procédure, il est mis en examen pour détournement de fonds publics pour un emploi fictif attribué à Lyne Cohen-Solal au sein de la communauté urbaine de Lille (CUDL) en 1992, et condamné le 4 février 2011 à 20 000 euros d’amende avec sursis pour abus de confiance, ainsi que son directeur de cabinet Bernard Masset.

La « trahison » des socialistes ne date pas d’aujourd’hui, elle n’est que le prolongement d’une ligne réactionnaire, inaugurée par les sociaux démocrates en votant les crédits de la boucherie impérialiste de 1914.  Regarder la réalité en face évite de renouveler les erreurs, quand il s’agit encore d’erreurs.

L’obstination de la direction révisionniste à repeindre en rose la façade des socialos démontre qu’elle poursuit toujours l’objectif de s’unir avec eux et que les critiques envers Hollande ne l’empêche pas de rester « entre amis ».

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 09:36

 

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http://www.sceneario.com/bande-dessinee/MARX-Une+biographie+dessin%C3%A9e-19538.html

 

Marx de A à Z, en partant de la découverte de la philosophie hégélienne pour en arriver à la rédaction du Capital, le Manifeste du parti communiste tel qu'il était conçu, à la base...
Karl Marx a donc toujours voulu s'opposer au capitalisme, pour cela, en même temps qu'ils mettait à jour la condition de travail des ouvriers, du "prolétariat" il établissait les premiers textes fondateurs du Marxisme. Ce qui n'a pas forcément eu des répercussions positives sur ses conditions de vie personnelles. plusieurs fois poussé à l'exil, à la ruine, il a malgré tout su pousser l'acte révolutionnaire toujours plus loin, en dépits peut-être de son propre embourgeoisement !

 

 

Par Fredgri, le 29/05/2013

Quand on voit la crise actuelle, il est bon de revenir un peu sur les bases, de renouer avec l'esprit original de ce qu'a été le communisme à ses origines, pour mieux le comprendre, pour mieux appréhender ses engagements, ses promesses, avant que Lenine et ses Bolchéviks, entre autre, viennent lui coller une image totalitaire complètement éloignée des idées de Marx.

Corinne Maier nous livre donc, ici, le portrait d'un penseur qui a influé sur son époque de façon résolument fondamentale. Et c'est intéressant de voir combien le parallèle avec notre situation "moderne" peut résonner avec ces théories vieilles de plus d'un siècle et demi.
Cette chronique n'est pas là pour instrumentaliser cet album, ni pour se lancer dans un débat sur la politique de nos jours, simplement c'est important d'avoir des auteurs qui se penchent sur ces fondations avec la volonté d'éclaircir certaines idées, de recadrer un peu le propos pour bien montrer que cette révolution qui entraînait ces hommes au dix-neuvième siècle est on ne peut plus d'actualité (les dernières pages montrent bien, malgré tout, que les époques sont différentes, même si le fond est exactement le même).

L'album est bien sur emprunt de cette philosophie (car le communisme original est une philosophie, "le communisme est l'enseignement des conditions de la libération du prolétariat"), toutefois les auteurs jouent aussi par-ci par-là de la dérision, histoire de contrebalancer avec le sérieux du personnage et de son propos. On a donc une lecture assez agréable, très didactique, et même si, en effet, il y a un "petit" côté partisan, cette lecture n'est à aucun moment rébarbative, bien au contraire.
Graphiquement, c'est assez inventif et frais. On retrouve la même approche que sur leur précédent album sur Freud, assez légère et ponctuée régulièrement de petites pointes d'humour.

Bon, certain passage auraient tout de même mérité d'être un chouilla plus expliqués parce que c'est vrai que Marx est un penseur très pointu avec des idées qui peuvent paraître assez complexes. Toujours est-il que l'album se lit d'une traite et laisse ensuite le lecteur en pleine réflexion sur ce qui l'entoure, la tête pleine d'utopies économiques !!!

A lire absolument, ne serait-ce que pour dépasser certains à priori !

Par Fredgri, le 29/05/2013

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 08:26

mo_9782760410800.jpgLe 5 octobre 1970, Jaques Lanctôt et les autres membres de la cellule Libération du Front de libération du Québec (FLQ) enlèvent le diplomate britannique James Richard Cross, déclenchant ainsi la fameuse Crise d'octobre. Cross est libéré le 3 décembre 1970 en échange d'un sauf-conduit pour ses ravisseurs et leurs familles, qui s'exilent à Cuba. Les Plages de l'exil est le récit, en deux parties, des neuf années d'exil de Jacques Lanctôt à Cuba, puis en France. Il ne veut pas qu'on lui vole ses souvenirs, c'est pour cela qu'il a voulu écrire ce récit avant que la mémoire ne laisse un grand trou noir en lui et avant que d'autres ne tentent de l'inventer de toutes pièces. Jacques Lanctôt ne se censure pas. On vit avec lui tant les émotions nouvelles que le mal du pays natal. Les Plages de l'exil, le récit à fleur de peau d'un révolutionnaire qui n'a jamais baissé les bras.


Voir la fiche complète du livre

 

 

 

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 07:43

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 18:38

Mausolee_de_Lenine-d3c44.jpgls ont tenté à plusieurs reprises de fermer le mausolée de Lénine sur la place Rouge, mais rien n’y a fait. Ils ont seulement réussi à interdire son accès durant six mois de travaux car l’édifice menaçait de s’effondrer, mais les touristes, les admirateurs et les visiteurs venus du monde entier peuvent de nouveau pénétrer depuis le 15 mai à l’intérieur du mausolée d’un des personnages les plus extraordinaires de l’histoire. 

Les admirateurs du grand homme se comptent encore aujourd’hui par millions, car Lénine suscita l’espoir pour une grande partie de l’humanité. Et il est intéressant de voir comment les ploutocrates et leurs valets tentent de minimiser l’émotion qui s’empare encore des humbles qui viennent encore se recueillir au mausolée… un peu comme si les fantômes du capitalisme allaient leur jouer un mauvais tour.

Nous vivons dans un monde qui semble décidément pressé de tourner la page du communisme, tant Lénine continue de donner des sueurs froides au capitalisme. Ce capitalisme qui est désormais à genoux et qui remercie au passage qu’il n’y ait plus aucun menace sérieuse à l’horizon...

Lénine restera donc en place dans le monument construit pour lui en 1930 sur la place Rouge par Chtchoussev. L’y enlever aurait eu une signification profonde, et le président Poutine ne s’y est d’ailleurs pas risqué. Boris Eltsine avait en son temps tenté de faire fermer le mausolée et avait même réclamé un référendum, mais il avait alors dû se heurter à la fronde des communistes et des patiotes, hostiles au projet. Aujourd’hui, des millions d’admirateurs continueront donc de se recueillir devant le grand homme, et non par superstition comme l’a grotesquement avancé la journaliste Anna Zafesova à la Stampa, mais parce que sa présence a encore un sens pour tous ceux qui ne désespèrent pas renverser un jour le capitalisme.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/...

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 19:37

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http://www.editionsbdl.com/marx-au-combat.html

 

Marx au combat

Christian Laval


Collection 3e culture

Format : 10 x 18
120 pages
ISBN : 978-2-35687-166-4
Prix de vente public :
8 € TTC

 

Quelques semaines avant sa mort, Marx répond une dernière fois aux questions d’un journaliste. "Qu’est-ce qu’il y a ?", demande le journaliste alors que Marx silencieux scrute l’horizon. "La lutte", répond Marx.

"Dévoiler la loi économique du mouvement de la société moderne", est le but du Capital. Et le silence de la bibliothèque du British Museum que Marx fréquente des années durant ne doit pas nous tromper : dire le vrai est un combat.

Jeune publiciste, Marx a dû fuir les créanciers, la censure et les polices européennes. C’est entre de multiples changements d’adresse qu’il a écrit le Manifeste du Parti communiste. Avec son épouse et ses quatre enfants, nés dans trois pays différents, il partage une vie quotidienne précaire aux revenus toujours incertains. Enfin réfugié à Londres, avec l’aide de son irremplaçable ami Engels, il écrit et étudie sans relâche. Son combat prend ici la forme d’une critique systématique des fondements et des catégories fallacieuses de l’économie politique. Il faut dénoncer les "philistins" de tous bords (parfois même avec quelque injustice), être attentif aux mouvements longs de l’histoire comme aux soubresauts de l’actualité pour dire le vrai du système capitaliste. Il faut dire l’avenir aussi et démontrer que les crises ne sont pas de simples ajustements cycliques mais qu’elles scandent un mouvement irrésistible de l’histoire, celui du dépassement du capitalisme. Il le faut, parce qu’il y a urgence, parce que l’exploitation se fait au nom de la liberté, parce que la misère se répand à mesure que les richesses s’accumulent, parce que les inégalités et les injustices triomphent par le mensonge.

La lutte n’est pas seulement une notion fondamentale de sa philosophie de l’histoire : la vie entière de Marx est un combat.

 

 


Christian Laval est professeur de sociologie à l'université de Paris Ouest Nanterre La Défense. Auteur de plusieurs ouvrages de sociologie de l'éducation L'école n'est pas une entreprise (La Découverte, 2002) et La nouvelle école capitaliste (La Découverte, 2011), Christian Laval est spécialiste de l'histoire de la sociologie L’ambition sociologique (La Découverte, 2002) et L'homme économique Essai sur les racines du néolibéralisme (Gallimard, NRF-Essai, 2007). Avec Pierre Dardot, il a publié un ouvrage de référence sur le néolibéralisme La nouvelle raison du monde Essai sur la société néolibérale (La Découverte, 2010) et publie en 2012 Marx, prénom : Karl (Gallimard, NRF-Essai).

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 13:05

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Charlatans saumâtres

    *  En attendant, des charlatans saumâtres nous expliquent que le fin du fin est de supprimer la lutte des classes. Ils ont tout dit quand ils ont dit ça. Ils veulent supprimer la lutte des classes par décret, en l'interdisant par affiches, comme on interdit certains apéritifs, certains jeux de hasard, la circulation dans Paris minuit passé, et le franchissement de la chaussée en dehors des passages cloutés. Nos charlatans saumâtres, s'ils n'étaient pas de vulgaires coquins, seraient de petits ignorants et mériteraient le bonnet d'âne. Tant qu'il y aura des pauvres et des riches, des exploités et des exploiteurs, ces catégories antagonistes se heurteront. On ne connaissait pas encore les théories du socialisme lorsque les esclaves romains se révoltaient sous la direction de Spartacus ; tout le Moyen-Age a été marqué des Jacqueries, ces révoltes des paysans contre les seigneurs féodaux.
    *  Il n'est de société sans classes que la société sans exploitation de l'homme par l'homme. Supprimer l'exploitation de l'homme par l'homme, c'est tarir la source du profit capitaliste. Les nazillons n'y songent pas un instant. Leurs modèles, les nazis, n'y ont jamais songé.
    *  L'appropriation individuelle des instruments de production par les détenteurs de l'argent ne correspond plus au caractère social, collectif du mode de production. Et comme il ne peut être question de revenir à l'artisanat ou à la manufacture, l'harmonie nécessaire entre le mode de production et le mode d'appropriation ne peut être établie que par la remplacement de la propriété individuelle par la propriété sociale.
    *  C'est ce qu'exprime ce très beau raccourci de Jaurès :


    * "Nous voulons l'abolition du salariat et, comme il est impossible, maintenant que le temps du rouet, du fuseau, du marteau à la main, de l'instrument individuel de production, est passé pour faire place au grand mécanisme collectif de la production, comme il est impossible d'assurer à chaque travailleur la propriété de son outil individuel, c'est par la transformation de la propriété capitaliste en propriété collective que nous voulons poursuivre la transformation sociale."

    *  Oh nous savons bien l'objection des ignorants qui se donnent pour de beaux esprits ! "Vous retardez, nous disent-ils, avec votre B A BA du socialisme. Tout cela est bel et bien dépassé aujourd'hui. Les fondateurs du socialisme vivaient à l'autre siècle. Comment auraient-ils pu prévoir les formes de l'économie moderne et les bouleversements qui ont secoué le monde ?"


L'époque de l'impérialisme

    *  Voici notre réponse :
    *  Si le socialisme n'avait pas conservé un si grand prestige, s'il n'était pas la seule formule d'affranchissement humain, ceux qui rêvent pour des desseins suspects de se gagner la sympathie des masses populaires n'arboreraient pas le drapeau du socialisme.
    *  Au surplus, s'il est bien vrai que les fondateurs du socialisme scientifique n'ont pu prévoir dans les détails les phénomènes économiques surgis depuis cinquante années, ils en avaient indiqué les prémisses a~ec une grande lucidité, et leurs continuateurs ont étudié très scrupuleusement ces phénomènes en appliquant à leur étude la très sûre méthode du matérialisme dialectique. Et à quelles conclusions ont abouti ces continuateurs qui s'appellent Lénine et Staline ? De quelle contribution ont-ils enrichi le socialisme ? Ils ont expliqué que nous étions entrés, avec le vingtième siècle, dans l'époque de l'impérialisme.
    *  L&ipos;époque de l'impérialisme est celle où le heurt entre les forces productives et le régime social atteint sa plus grande acuité. Le régime capitaliste cesse d'être progressif. Ses idéologues se font alors les négateurs du progrès. A l'époque de l'impérialisme, l'effort de la raison, de l'analyse scientifique, ne peut que démontrer le caractère irrationnel de ce système. Les idéologues de l'impérialisme affirment que "les vrais chefs n'ont nullement besoin de culture et de science" (Hermann Göring). Au développement de la raison, on oppose les mythes grossiers de la Terre et du Sang. A l'époque de l'impérialisme, enfin, c'est-à-dize à l'époque de la domination d'une oligarchie financière étroite, la couche sociale intéressée au maintien du système capitaliste devient de moins en moins nombreuse (Note d'Ami de l'égalité : l'oligarchie est le gouvernement d'un petit groupe ; ce mot est souvent employé aussi pour désigner le petit groupe qui gouverne).


Recours au terrorisme

    *  Pour assurer leur pouvoir, les oligarchies doivent renoncer au système de gouvernement démocratique. Elles recourent au terrorisme. Elles deviennent anti-démocratiques et réactionnaires. Pour mener à bien leur entreprise, il leur faudra tenter de détourner les masses ouvrières de la voie révolutionnaire, de les maintenir sous la domination de la grande bourgeoisie. C'est dans ce but qu'elles créeront partout où elles pourront des mouvements fascistes ; qu'elles leur conseilleront, pour tromper les masses ouvrières, de se servir de mots d'ordre anti-capitalistes. C'est ainsi qu'à l'époque de l'impérialisme, en combinant une démagogie anti-capitaliste chauvine, anti-sémite avec un terrorisme forcené contre la classe ouvrière, le fascisme a pu, dans un certain nombre de pays, dresser un barrage contre le socialisme, assurer la prolongation du système de domination des oligarchies capitalistes. Telle était la mission des nazis rassemblés par Adolf Hitler. Telle est la mission des nazillons qu'essayent de rassembler Marcel Déat, Deloncle et Jacques Doriot.


Ce n'est pas du socialisme

    *  Cette entreprise, on peut la baptiser de tous les noms qu'on voudra. Elle n'a rien à voir avec le socialisme ; elle est le contraire du socialisme (Note de Gabriel Péri : Staline, dans son rapport au dix-septième congrès du Parti bolchévique, caractérise le fascisme "comme un signe montrant que le grand capital n'est plus en mesure d'exercer son pouvoir au moyen des anciennes méthodes de parlementarisme et de démocratie, ce qui l'oblige à recourir dans sa politique intérieure aux méthodes de domination terroristes"). Le socialisme nous révèle la contradiction qui creuse le tombeau du capitalisme. Le nazisme est né de l'effort du capitalisme décadent pour imposer son pouvoir par la terreur. Le socialisme révèle aux exploités le secret de leur exploitation et le moyen de briser cette exploitation. Le nazisme est la tentative tout à la fois sournoise et violente des couches réactionnaires de la bourgeoisie pour détourner les exploités de la voie de leur affranchissement.
    *  Le socialisme repose sur deux assises fondamentales : la propriété sociale des moyens de production, dans le cadre du respect de la petite propriété individuelle, fruit du travail personnel ; la suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme.
    *  La Société Socialiste, c'est celle où les moyens de production appartiennent soit à la société tout entière, soit à la collectivité des producteurs qui les gère. La Société Socialiste, c'est celle où les moyens de production qui permettaient l'exploitation du travail d'autrui étant devenus propriété sociale, la classe exploiteuse n'existe plus. La Société Socialiste est celle où la classe travailleuse (ouvriers et paysans) a cessé d'être exploitée par les possesseurs des grands moyens de production, pour devenir la propriétaire collective de ces moyens de production, affranchie de toute exploitation.
    *  Etre socialiste, c'est lutter pour cette société-là ! Est-ce cette société que se proposent de construire les démagogues ivres du "Rassemblement" antinational et impopulaire ? Ce qui est certain, c'est que leurs maîtres de Berlin ne l'ont xas construite. Ils lui ont tourné le dos.

4 - Discours anticapitalistes et subvention des magnats

    *  On conçoit aisément que le socialisme tel qu'il est, tel que nous venons de le définir, le socialisme vrai, dont les communistes sont les seuls champions authentiques, ait été depuis toujours le cauchemar des ploutocrates.
    *  Le socialisme, parce qu'il se propose de dépouiller les oligarchies de l'instrument d'exploitation, est pour celles-ci l'objet de la plus vive inquiétude. Contre lui, elles ont multiplié les obstacles. Elles ont usé de la puissance que leur confère la richesse pour combattre le mouvement socialiste ; elles ont usé de l'emprise qu'elles exercent sur l'Etat pour briser les organisations ouvrières, etc.
    *  Si le nazisme, dont les hauts-parleurs du RNP prétendent suivre l'exemple et imiter le modèle, avait été le socialisme ; s'il avait été, à tout le moins, une variété, une forme de socialisme, ses progrès auraient provoqué l'indignation des classes possédantes. Contre lui, elles auraient multiplié les entraves. Elles auraient tout essayé pour ruiner le mouvement. Elles auraient, à pzix d'or, suscité contre lui des mouvements rivaux, etc... Bref, elles auraient déployé l'effort de corruption que partout et toujouzs des exploiteurs déploient contre ceux qui menacent leurs privilèges.
    *  Or, que s'est-il passé en Allemagne ? Il s'est passé ceci, sur quoi Déat et Doriot observeront, si vous les interrogez, un silence pudique : les possesseurs et les manieurs d'argent, les magnats de l'industrie lourde, les forces les plus actives du capitalisme ont subventionné le mouvement nazi, financé ses journaux, entretenu sa caisse de propagande. Pourquoi ? Parce que le nazisme, loin d'être une forme du socialisme, a été pour la grande bourgeoisie allemande - ce que le RNP tente d'être pour la grande bourgeoisie française - l'instrument de tentative de sauvetage de l'ordre ploutocratique.


Ce jongleur de Mussolini

    *  Sans doute, les dirigeants nazis ont-ils eu soin, toujours, d'entourer de mystère tout ce qui concernait les ressources du Parti. En vertu du "Führerprinzip" (principe du Führer), Hitler s'abstenait de révéler à ses collaborateurs les plus proches l'origine de certaines souscriptions ; mais dans les années qui précédèrent son avènement au pouvoir, chaque fois que s'amorçait un débat public sur les moyens financiers du Parti, Hitler préférait transiger avec ses "diffamateurs" plutôt que de leur intenter un procès. Ce qui ne l'empêchait pas de célébrer la "vertu nazie" et d'accuser d'autres fascistes - les fascistes italiens par exemple - de n'être pas comme lui vêtus de probité candide et de lin blanc ! Le 29 juillet 1922 - treize ou quatorze ans avant l'Axe - le Völkischer Beobachter écrivait que "Mussolini avait trahi ses camarades parce qu'il avait été corrompu par les représentants de la Société du Gaz de Zurich". Le journal ajoutait que le Popolo d'Italia, le journal de Mussolini, avait été fondé avec de l'argent juif et il invitait les "nationaux-socialistes" à "éviter strictement tout rapport avec ce jongleur de Mussolini". Mais les sources où s'abreuvait Hitler n'étaient pas plus pures que celles où Mussolini avait étanché sa soif. L'un et l'autre s'étaient désaltérés aux fontaines du grand capital. L'un et l'autre ont été choisis par les tenants du vieil ordre comme les chiens de garde de leurs privilèges.


L'Allemagne entre les deux guerres

    *  Pour la bonne compréhension de ce qui va suivre, essayons de nous représenter l'Allemagne entre les deux guerres. En 1918, ce pays a vu éclore des Soviets d'ouvriers et de soldats (note d'Ami de l'égalité : le mot russe "soviet" est l'équivalent du mot français "conseil" ; Gabriel Péri l'emploie ici par référence à la révolution russe de 1917, qui a consisté dans la formation en Russie de conseils d'ouvriers et de soldats, lesquels ont démantelé les institutions du pouvoir impérial et se sont formés en institution politique nouvelle ; les bolchéviks déployaient leur activité au sein de ces conseils ; en employant ici le mot russe "soviet", Gabriel Péri désigne les conseils révolutionnaires formés en Allemagne au moment de la déconfiture des institutions du pouvoir impérial consécutive à la défaite militaire de l'automne 1918). Mais la Révolution a été écrasée dans le sang par les efforts conjugués de l'Entente (note d'Ami de l'égalité : il s'agit de l'alliance franco-anglaise conclue sous le nom d'Entente cordiale et à laquelle s'étaient joints, à la faveur de la guerre mondiale, divers autres états) et des chefs traîtres de la social-démocratie, lesquels ont fait appel aux junkers et aux officiers de l'ancienne armée. Le courant populaire a été si puissant cependant que les maîtres du pouvoir durent accorder quelques concessions à la classe ouvrière : assurances sociales, contrats collectifs, conseils d'entreprises, droit d'organisation des ouvriers agricoles. Toutefois, les potentats de la grande industrie, aussi bien que les hobereaux, sont parfaitement décidés à reprendre ce qu'ils ont accordé. Pour commencer, ils sabotent l'application des lois sociales ; ils s'emploient à briser les grèves. Ils créent pour cela des corps spéciaux, des ligues de combat, sorte de police prétorienne aux ordres du grand capital. La plus agissante de ces ligues crées et mises au monde par les capitalistes allemands, c'est le Parti National-Socialiste d'Adolf Hitler. Pendant toute une période, ces ligues, que le grand capital a eu l'occasion d'expérimenter lors du putsch de Kapp, sont tenues en réserve. L'heure n'a pas sonné encore de les lancer dans la bagarre. Il attend que les capitaux américains et anglais aient afflué en Allemagne, que l'industrie allemande se soit rééquipée. Seulement, lorsque cet équipement est achevé, lorsque l'Allemagne s'apprête à inonder le monde de ses produits, le monde est secoué par la grande crise économique de 1930. Cette crise touche directement les industriels allemands. Leur grande préoccupation, dès lors, va être de réduire les salaires ouvriers, d'abroger la législation sociale, d'en finir avec le système des contrats collectifs. Ils doivent, pour cela, disposer d'un Etat docile à leurs voeux. Les corps-francs sont tirés de l'ombre ; le parti national-socialiste est poussé à l'avant-scène. Fritz Thyssen et Kirdorff de la métallurgie de Gelsenkirchen augmentent le chiffre de leurs subventions. Les gouvernements de Brüning, de Von Schleicher, de Papen cèdent à la pression des agitateurs nazis, puis ils leur abandonnent la place.
    *  Ne nous y trompons pas, cependant, la volonté et l'argent de quelques magnats n'auraient point suffi à assurer la victoire de cette équipée. Pour qu'elle réussît, ses initiateurs devaient capter la confiance d'une troupe importante, se donner - ce que Déat et Doriot cherchent en vain dans la France de 1941 - une base de masse. Comment s'y prirent-ils ? La question est d'importance. Là-bas, une formidable entreprise de viol des foules a réussi. Réussira-t-elle chez nous ? Ce qui est certain, c'est que l'un des moyens d'empêcher {on succès, c'est de révéler les procédés qu'elle employa, de dire comment elle mystifia ceux à qui elle s'adressait, et c'est de montrer que ceux-là furent victimes d'une des plus gigantesques escroqueries de l'histoire.


Des millions d'êtres dans la misère

    *  Mais qui étaient-ils au juste, ceux auxquels s'adressait l'agitation nazie ? C'étaient les classes moyennes d'abord, les épargnants, les détenteurs de revenus fixes saignés à blanc par la chute du mark, les petits commerçants pressurés par les banques, écrasés par les magasins cartellisés. C'étaient les paysans endettés, que le fléchissement des prix condamnait à la misère, à partir de 1929 ; les petits paysans s'entend, car pour ce qui est des hobereaux, la politique douanière du gouvernement les avait mis à l'abri des risques les plus graves. A ces catégories sociales ajoutez les anciens combattants et parmi eux la foule des anciens officiers et sous-officiers à qui la fin de la guerre et la défaite ont fait perdre leur emploi ; la jeunesse enfin, la tragique multitude des jeunes chômeurs et des jeunes étudiants sans emploi, tous avides d'action, de mouvement, de renouvellement.
    *  Où vont aller ces millions d'hommes et de femmes sur qui la misère s'est abattue comme un manteau de plomb et que déjà la famine guette ? Où vont-ils aller ?
    *  Ah certes, si contre le régime qui engendre l'effroyable détresse, la classe ouvrière s'unissait comme tentent de l'unir les communistes, la réponse ne serait pas douteuse. Le prolétariat uni serait pour la petite bourgeoisie une irrésistible force d'attraction. Autour de cette force se grouperaient les victimes de la guerre, les jeunes dont les vingt ans réclament avec tant d'impatience l'action, la rénovation de l'Allemagne. Alors serait mobilisée la formidable armée qui ne s'égarerait pas, ne prendrait pas le mauvais chemin, mais s'attaquerait à la cause du mal : elle désignerait aux multitudes le but à atteindre, le socialisme.


La division ouvrière favorise le nazisme

    *  Oui, mais la classe ouvrière est divisée, la social-démocratie, non contente de repousser les propositions d'action commune des communistes, charge son préfet de police Zorgiebel de faire tirer sur la foule ouvrière de Berlin, le premier mai 1929. Elle s'accroche à la capote de Hindenburg, à la soutane de Brüning, à la jaquette de von Papen.
    *  Par sa faute inexpiable, c'est vers d'autres forces que va se diriger la cohorte des victimes. Vers quelles forces ? Vers celles qui ont été mises sur pied par les responsables de ses misères.
    *  Ces forces existent ; ce sont le Parti nazi, ses sections de protection, ses sections d'assaut dont le grand capital a alimenté les caisses. Magnats de l'industrie, féodaux de la terre ont réalisé ce tour de force : ils ont groupé les victimes du régime dans des organisations dont la raison d'ê|re et la mission était de sauver ce régime.
    *  Nous verrons comment cette supercherie fut possible et quel langage tinrent, à cette foule qui avait faim, les chefs visibles du mouvement. Mais qu'importait le langage. Les autres chefs, invisibles ceux-là, tenaient les cordons de la bourse. Ils étaient les vrais maîtres du mouvement nazi ; ils savaient qu'ils le conduiraient où ils voudraient et ils lui avaient assigné la mission de sauver des privilèges que la tourmente menaçait d'emporter.


Bailleurs de fonds de Hitler

    *  Ces chefs invisibles, ces bailleurs de fonds, quels étaient-ils ? Certains ne vivaient pas sous le ciel allemand. C'est ainsi que, parmi les protecteurs de la première heure du mouvement nazi figurent : le pétrolier anglais Sir Henri Detterding, le potentat américain Ford et quelques financiers suédois liés à la famille de Göring. Parmi les protecteurs allemands, il convient de citer M. Aust, pzésident de l'Union des Industriels bavarois ; M. Kuhlo, avocat-conseil de cette union ; Von Epp qui, en compagnie de Röhm, se procura dans les milie}x financiers de Munich les fonds nécessaires à l'achat du journal le Völkischer Beobachter ; le grand industziel Borsig ; le fabricant de dentelle Mutscham ; le chef du trust du charbon de Rhénanie Kirdorff ; l'industriel Thyssen ; l'admini{trateur du grand trust de la potasse Wintershall de Cassel ; le trust Lahussen-Nordwolle ; l'union minière Bergbanveren d'Essen ; la maison Otto Wolf ; le trust des cigarettes Reemsta ; de grands propriétaires terriens ; enfin les anciens princes allemands : l'ex-Kaiser, le prince Auguste-Guillaume de Hohenzollern, le prince Christian de Schaumburg-Liffe, le duc de Saxe-Cobourg Gotha, les grands-ducs d'Oldenburg, de Mecklemburg, de Hesse, le duc Ernest-Auguste de Brünswick. Et ce fut pour être agréable à ces "nom de Dieu de princes", pour les payer comptant, que les députés nazis, tout en vitupérant le capitalisme, votèrent au Reichstag contre la loi d'expropriation des anciennes familles princières !
    *  Voilà quels noms portent les vrais maîtres du mouvement nazi. Ces bailleurs de fonds, dont les journaux de Marcel Déat et de Doriot ne publieront jamais le palmarès, ne gaspillaient pas leurs deniers. Ils ne prêtaient pas à fonds perdus. Ils réalisaient un très bon placement. Ils se ménageaient une assurance. En prélevant un peu sur leurs bénéfices, ils entendaient assurer la protection de leur régime, de leurs privilèges et tirer une traite sur l'avenir.
    *  Ils n'ont pas été déçus, mais remboursés avec usure et récompensés au centuple !

5 - L'escroquerie du programme : Bons et mauvais capitalistes

    *  Les hauts-parleurs du "Rassemblement national populaire" balbutient et bredouillent. Mettez-vous à leur place. Ils ont mijoté dans les vieilles marmites des 200 familles ; ils ont été ministres de Tardieu, ou de Doumergue, ou de Flandin, ou de Daladier ; ils ont attaché leurs noms à des décrets-lois de déflation qui, pour sauver le superflu des riches, rognaient sur le nécessaire des pauvres. Tel est le cas de Laval, avocat marron qui nut l'agent électoral du financier Octave Homberg ; de Marcel Déat à qui il ne répugnait pas d'être collaborateur de deux journaux, dont l'un : L'Oeuvre, était financé par la Banque Lazard, et l'autre : La République, touchait au guichet des Compagnies d'Assurances ; de Rivollet (fâcheusement compromis par ailleurs dans un scandale de Loterie d'anciens combattants), qui fut ministre des Pensions et signa les décrets qui frappaient d'un prélèvement les pensions des anciens combattants ; de Cathala, qui fut ministre de Tardieu ; de Besset, qui fut ministre de Daladier.


Premiers vagissements du RNP

    *  Ils ont passé une partie de leur vie à dénoncer la Révolution, à exorciser le socialisme, à frémir chaque fois que le prolétariat entamait un des privilèges sacrés du capitalisme. Aujourd'hui, pour servir les mêmes forces d'argent qu'hier, il leur faut modifier du tout au tout leur vocabulaire, se couvrir d'une vêture nouvelle. Ils bégaient, ils hésitent, ils ont peur. Voilà pourquoi leur déclaration-programme est si mièvre, si pâle, si anémiée et souffreteuse.
    *  Nos gaillards désirent "une économie dizigée à base corporative". Ils suggèrent que la monnaie soit "garantie par le travail". Ils n'écrivent pas une fois le mot socialisme. Ils veulent bien manipuler des pétards de feu d'artifice ; ils hésitent à faire fonctionner le 420 de la démagogie (Note d'Ami de l'égalité : l'un des plus gros calibres de l'artillerie de la guerre de 1914-1918 est de 420 millimètres). Il faudra qu'ils s'y résignent cependant, car leurs formules proprettes et chétives, si elles rassurent pleinement leurs maîtres, n'exerceront aucun attrait sur les masses populaires. Pour essayer de séduire ces masses, il faudra trouver autre chose. Ils chercheront. Ils chercheront dans le Programme de leurs modèles les nazis d'Allemagne.
    *  Et que trouveront-ils ? Il faut que nous soyons ici prévenus. Il est possible que dans les semaines à venir, les hommes du "Rassemblement national" mettent en circulation des slogans sonores à allure très radicale et très subversive. Il n'est pas d'autre moyen pour eux d'exécuter la besogne dont l'occupant et les amis de l'occupant les ont chargés. C'est ainsi et pas autrement qu'ils tenteront de mystifier le public, de lui jeter de la poudre aux yeux ; c'est contre cette mystification et cette escroquerie que nous mettons en garde les travailleurs français.


Panneau-réclame des nazis

    *  Supposons que, forçant la note et haussant le ton, les hommes du Rassemblement substituent prochainement à leur Déclaration de principe minable et décolorée un panneau-réclame claironnant et haut en couleurs. Que faudra-t-il en penser ? Pour former à son sujet un jugement sain, le mieux sera de se reporter au panneau-réclame que les agitateurs nazis allemands - les modèles du RNP - ont promené à travers l'Allemagne entre 1929 et 1933. Que disaient-ils alors ? Et quelle était la portée de leur programme ? N'oublions jamais que pour parvenir à leurs fins, les nazis d'Allemagne sont allés dans la voie de la démagogie aussi loin que peut aller un parti mis au monde par les oligarchies, et dont le sauvetage des oligarchies est le but suprême encore que soigneusement dissimulé aux foules.
    *  Ils se sont présentés comme les redresseurs du socialisme, comme les amis et les protecteurs des syndicats ouvriers ; ils n'ont pas hésité à proclamer que l'arme de la grève était pour les travailleurs une arme légitime : "Le national-socialisme, écrivait le "Völkicher Beobachter", reconnaît sans restriction le droit de grève... C'est mentir honteusement que de dire que les nationaux-socialistes, lorsqu'ils auront pris le pouvoir, enlèveront aux travailleurs leur arme suprême : le droit de grève".
    *  Nos RNP ne tiennent pas encore ce langage. Ils en sont encore aux vagissements prémonitoires. Mais en 1929, en 1930, non contents de prêcher le "redressement" du socialisme, de déclarer sacré le droit de grève, arme suprême des ouvriers, les nazis d'Allemagne parlaient confusément d'une réforme profonde du droit de propriété. Devant les petits paysans, ils allaient jusqu'à envisager le partage des terres. Ils faisaient la grosse voix contre les agrariens (qui subventionnaient la caisse nazie). Ils disaient : "La grande propriété, dans l'Est, doit disparaître pour la plus grande partie. On ne peut conserver la grande propriété par respect pour les traditions."


Ce programme ? Une duperie

    *  Arrêtons-nous un moment. Nous pressentons l'objection que l'on nous adresse : que vous le vouliez ou non, nous dit-on, des promesses de ce genre sont tout de même assez précises. Elles ont trait à une transformation assez profonde de la structure capitaliste. Il est possible qu'elles n'aient pas été tenues, nous ne voulons pas le savoir pour l'instant. Elles n'en contenaient pas moins un engagement de transformer le vieil ordre social capitaliste. Le programme, en somme, n'était pas mauvais et si le RNP nous en présente un semblable, pourquoi lui bouderions-nous ?
    *  Et voici notre réponse : Non, ce programme, ce n'était pas le programme socialiste et c'était, par conséquent, une duperie.
    *  Les nazis d'Allemagne (et vous verrez que les nazillons de France suivront leur exemple) ont pris à partie, avec beaucoup de virulence oratoire il est vrai, les à-côtés du régime ploutocratique. Ils n'ont jamais touché à la racine du mal. Ils n'ont jamais porté une main sacrilège sur le système d'où les oligarchies tirent la source de leur super-profit. Ils ont dénoncé à la colère des masses quelques rouages de la machine, c'est-à-dire que dans cette Allemagne que le socialisme aurait pu sauver de la misère, le nazisme a rempli très exactement la mission que lui avaient confiée ses maîtres : sauver le vieux régime et détourner les multitudes de la lutte pour le socialisme.
    *  Soyez sûrs que c'est cette besogne-là qu'accompliraient, si nous les laissions faire, les chefs de bande du RNP.
    *  Mais pour réussir ce normidable subterfuge, comment ont procédé les nazis d'Allemagne ?


Le capitalisme... étranger, ennemi principal

    *  Aux masses frémissantes d'Allemagne, ils ont désigné comme ennemi principal le capitalisme... étranger. C'est le capitalisme étranger qui a imposé à l'Allemagne l'injuste traité de Versailles ; c'est lui qui prélève sur le peuple allemand le terrible fardeau des réparations, etc... Donc, sus au capitalisme international ! Discours habile auquel applaudissaient à la fois ceux qui s'étaient endettés à l'étranger, ceux qui rêvaient du réarmement et de la revanche allemande et ceux qui détestaient l'exploitation capitaliste. A cette propagande, la politique insensée des vainqueurs de 1918 apportait un renfort précieux. Des opérations comme l'occupation de la Ruhr (note de Ami de l'égalité : par l'armée française !) en 1923 servirent puissamment l'agitation nazie. Et c'est ainsi que la lutte juste, sans aucun doute, du peuple allemand contre le diktat de Versailles, cette lutte qui avait éveillé la sympathie des prolétaires de tous les pays, cette lutte, monopolisée par le Parti nazi, fut orientée par lui dans le sens du chauvinisme agressif. La colère légitime des masses contre le capitalisme fut muée, par l'alchimie national-socialiste, en une lutte contre Versailles, puis en une excitation véhémente à la guerre pour la suprématie du monde.


Deuxième stade : l'antisémitisme

    *  Mais le capitalisme étranger était une pâture insuffisante. Les chefs nazis eurent tôt fait de le comprendre. Alors, ils désignèrent un autre ennemi : le capitalisme juif. Et dans leur laboratoire, ils transformèrent l'anticapitalisme des masses en un antisémitisme barbare et grossier. On identifie au juif le banquier, le dirigeant du magasin à pris unique, le créancier anglo-saxon. Nul ne dira combien cet antisémitisme imbécile a servi le système capitaliste allemand dans son ensemble. Non seulement les capitalistes allemands ont été les bénéficiaires des spoliations et des rapines dont furent victimes les capitalistes juifs du Reich et d'Autriche, mais surtout l'antisémitisme a été là-bas, comme partout, le procédé habile pour détourner la colère populaire de la lutte contre le régime d'exploitation des oligarchies. Le juif a été dénoncé comme le mauvais capitaliste. C'est donc qu'il y a de bons capitalistes ? C'est donc que Krupp est un capitaliste très convenable, si Rotschild est un capitaliste détestable ? C'est donc que le régime capitaliste n'est pas condamnable en bloc ; c'est donc qu'il n'est pas question de le condamner ou de le renverser, mais d'assurer sa survie en massacrant les juifs.{CRLN}

Sus au capitalisme de prêt

    *  De fait, les nazis d'Allemagne ont poussé très loin cette théorie de la di~ision entre le bon et le mauvais capitaliste (Note de Gabriel Péri : c'est notamment le thème d'un très mauvais film allemand (un film à boycotter !) donné récemment dans les salles parisiennes : Les Rapaces, où s'étale le contraste bébête entre le mauvais capitaliste, un juif cela va de soi, et le bon capitaliste (un de Wendel, un Mercier, par exemple) qui, répondant à l'appel de sa fille, distribue ses générosités sur le monde). Le bon capitaliste, c'est l'industriel, le mauvais capitaliste, c'est le prêteur d'argent. Sus au "capitalisme de prêt" ! Les agitateurs nazis s'en vont à travers le pays expliquer qum "l'esclavage de l'intérêt" est le mal des maux. "Abolissons l'esclavage de l'intérêt". Mais les conzerns et les trusts peuvent continuer sans se troubler leur bienfaisante activité.
    *  Nous lirons très bientôt sous la plume des pense-petit du RNP des élucubrations de ce genre. Nos hommes ont déjà plagié l'antisémitisme de leurs modèles allemands.
    *  De petites feuilles hebdomadaires appellent régulièrement au pogrom. Les équipes de Doriot s'offrent contre argent aux commerçants aryens pour aller saccager les boutiques de leurs concurrents israélites. Les hommes de main du RNP, sous la protection du préfet de police, s'installent dans les immeubles des juifs. Un statut raciste a été promulgué à Vichy. D'autres mesures suivront peut-être. On ne fera croire à personne que l'anticapitalisme a quelque chose de commun avec ces procédés d'apaches (note d'Ami de l'égalité : aux dix-neuvième et au vingtième siècles, ce mot ne désignait pas seulement une tribu indienne d'Amérique du Nord ; il désignait aussi les truands de barrières et de faubourgs, qui tiraient leur ressources du proxénétisme et de la vente de leur aptitude à jouer du couteau). C'est le capitalisme qui gagne à tous les coups. C'est lui, si l'affaire réussissait, qui serait le grand bénéficiaire. Ce truc grossier lui aurait épargné le châtiment et les coups. L'antisémitisme est la planche de salut du capitalisme. Aussi bien, dans ce pays de France, antisémitisme et révolution sont des termes qui s'excluent. L'antisémitisme a toujours été, il demeure l'odieux compagnon de route de la réaction politique et sociale. Le racisme antisémite a ravagé bien des pays de l'Europe ; il a été le déshonneur de la Russie des Tsars, de la Pologne des seigneurs ; il est la honte de l'Allemagne. Il est au monde un pays qui s'est débarrassé de ces vestiges affreux et qui a proclamé la fraternité des races, c'est l'Union Soviétique ; c'est le seul pays où les oligarchies ont été mises hors d'état de nuire.


Nos nazillons veulent asservir la France

    *  Si soucieux qu'ils soient d'imiter leurs modèles d'Allemagne, les nazillons de France devront sur un point, au moins, s'écarter d'eux. Quand les nazis commencèrent leur campagne, ils se posèrent en champions de la libération de leur pays. Ils dirent qu'ils voulaient briser les chaînes d'un injuste traité, affranchir l'Allemagne de la servitude. Sans doute firent-ils de ces nobles mobiles une exploitation impérialiste qui devait accroitre terriblement les dangers de guerre. Du moins appelaient-ils le peuple allemand à se lijérer, à regagner son indépendance ; du moins les vit-on lutter pour que le territoire allemand fût délivré de l'occupation étrangère, pour que le peuple allemand ne supportât pas le tribut du vainqueur. Ce qui ne les empêchait pas d'ailleurs de s'offrir parfois au vainqueur comme mercenaires anti-communistes ; tel fut le cas de Hitler. Dans un livre intitulé "Le quai d'Orsay", que son auteur a prudemment retiré de la circulation, M. Paul Allard a établi que le futur chancelier d'Allemagne, à l'époque de l'agitation nazie dans la Ruhr, fut soudoyé par un certain Heinz, autonomiste du Palatinat, homme à tout faire du deuxième Bureau, et qu'entretenaient, au su de Adolf Hitler, les fonds secrets du quai d'Orsay (Note de Gabriel Péri : Quant à M. Paul Allard, il s'est courageusement mis au service de la presse parisienne du Dr. Göbbels, depuis le 20 juin 1940 !).
    *  Les nazillons français, eux, ont été tenus sur les fonds baptismaux par l'armée de l'occupant ; ils se sont placés sous la protection de ses baïonnettes ; C'est pour servir l'occupant qu'ils veulent forcer les portes du gouvernement. Les nazis prétendaient libérer l'Allemagne. En fait ils l'ont précipitée dans la guerre. Nos nazillons, si nous les laissions faire, précipiteraient eux aussi la France dans la guerre. Mais auparavant, ils l'auraient asservie.
    *  Les maîtres capitalistes que servaient les nazis voulaient l'abrogation du traité de Versailles. Les maîtres capitalistes que servent les nazillons ont besoin de l'asservissement de la France.


Un programme attrape-nigaud

    *  Jusqu'ici, nous n'avons parlé que du Programme du Parti nazi ; c'est-à-dire de l'ensemble des propositions suggérées par un parti que subventionne une oligarchie capitaliste et qui, pour le compte de cette oligarchie, s'adresse à des masses que la misère accable, que la division ouvrière et la politique criminelle de la social-démocratie détournent de la lutte pour le vrai socialisme. S'adressant à ces masses avec le dessein de les capter et de les séduire, le nazisme, nous l'avons dit, se permet dans son programme certaines audaces.
    *  Et pourtant, même dans le Programme, il est gêné aux entournures ; il s'empêtre dans ses contradictions ; il est limité dans sa propension démagogique et il se garde de s'en prendre à l'ensemble du système capitaliste.
    *  Même dans le Programme, il se garde de se prononcer pour ce qui caractérise la société socialiste, pour ce sans quoi il n'y a pas de socialisme, pour ce sans quoi il est interdit de se dire socialiste.
    *  Même dans le Programme, qui n'est qu'un attrape-nigaud, où la démagogie semble-t-il devrait avoir toute licence, même dans ce Programme plus hardi cependant que l'insignifiant prospectus du RNP, le nazisme se garde de toucher au point névralgique du système ploutocratique.
    *  Même dans le Programme !
    *  Que sera-ce dans les faits ? Dans les faits, le nazisme se révélera comme un système de renflouement ploutocratique, de régression anti-sociale ; comme l'organisation méthodique du massacre des conquêtes ouvrières.

6 - Le Nazisme sans voiles : Une formidable machine de régression sociale

    *  Ne perdons jamais de vue notre point de départ : Quel est le secret de l'exploitation capitaliste ? Pourquoi et comment le capitalisme exploite-t-il le travailleur salarié ?
    *  Dans le régime capitaliste, la force de travail de l'ouvrier est une marchandise. Sa valeur est déterminée par le temps de travail qui y est incorporé. Ce qui caractérise le régime du travail dans le système capitalis|e, c'est que l'ouvrier travaille pendant une partie de la journée pour produire, sous forme de salaire, la valeur d'une quantité de subsistance qui lui est nécessaire, et une autre partie pour produire la plus-value, source du profit capitaliste. Survienne un progrès technique qui permette d'augmenter la productivité du travail, cette augmentation accroîtra le profit capitaliste ; elle n'atténuera pas l'exploitation que subit le prolétaire ou l'atténuera fort peu.
    *  C'est ainsi que les choses se passent dans le régime capitaliste.
    *  Le régime socialiste, au contraire, c'est, répétons-le, le régime de la propriété sociale des moyens de production, c'est le régime qui supprime l'exploitation capitaliste. En d'autres termes, la classe ouvrière, dans une Société Socialiste, n'entre plus en conflit avec des exploiteurs et leur appareil d'Etat pour exiger une meilleure part dans le produit de son traviil : la classe exploiteuse a disparu. La lutte de classes est un souvenir du passé. Ce sont les travailleurs maîtres des moyens de production, maîtres de l'appareil d'Etat, qui décident combien de temps durera le travail, quelle part du produit du travail sera consommée, quelle part sera consacrée à perfectionner la production socialiste, quelle part sera consacrée à assurer la défense de la patrie socialiste.
    *  A quel type d'organisation se rattache l'Allemagne nazie ?
    *  Les contorsions de Déat, Deloncle et Doriot n'y changeront rien : l'Allemagne nazie est un pays authentiquement capitaliste, dans lequel un groupe d'hommes, les possédants, tirent leur profit de l'exploitation, du vol de la plus-value.
    *  Mais ce capitalisme allemand n'est-il pas d'une nature un peu spéciale ? N'a-t-il pas été "mis au pas", "discipliné" ? N'y a-t-il pas, dans l'organisation allemande, "un peu de socialisme" ?


Dissolution des syndicats. Plus de législation sociale

    *  Réponse : avant l'avènement du nazisme, les ouvriers allemands possédaient des syndicats, ils disposaient d'une arme redoutable : la grève. Une série de batailles ouvrières avait limité l'absolu|isme patronal ; un système de conventions collectives protégeait les salaires. Que sont devenues toutes ces acquisitions sociales ? M. Deloncle s'égosille devant le micro à nous crier :"La Révolution sera sociale ou ne sera pas !" Soit ! Seulement, le mouvement nazi, dont le Deloncle en question suit les traces, avait trouvé une Allemagne pourvue d'organisations ouvrières et d'une législation sociale qui avaient fourni aux travailleurs des garanties contre l'arbitraire patronal. Qu'a fait le nazisme ? Il a dissous par la violence les organisations ouvrières. Par la force et la ruse, il a brisé la législation sociale.
    *  Les procédés qu'employèrent les nazis allemands méritent d'être étudiés de très près. Ils seront peut-être expérimentés par les nazillons français. Il est bon que nous ne soyons pas pris au dépourvu. Avant leur accession au pouvoir, les nazis s'étaient appliqués à constituer des cellules dans les usines. Sans beaucoup de succès d'ailleurs, puisqu'en 1933 encore, les candidats de ces cellules aux Conseils d'Entreprises obtenaient à peine 3 % des voix. Pour obtenir la première place, les cellules durent attendre ... l'incendie du Reichstag, l'occupation des Maisons du Peuple par les Chemises Brunes, la dissolution des Syndicats libres. Les cellules se posèrent alors en héritières des Syndicats, et pour recueillir l'héritage, c'est-à-dire pour gagner la sympathie des syndiqués, elles portèrent la démagogie au diapason le plus élevé.
    *  Entendons-nous d'ailleurs ; parmi les membres des cellules nazies qui réclament, à cette époque, le contrôle de l'embauchage, qui interviennent dans la direction des entreprises, qui vont jusqu'à exiger l'arrestation de certains patrons, tous ne sont pas des démagogues forcenés. Nombreux sont les ouvriers trompés par la démagogie des hitlériens et qui croient que la "Révolution Nazie" sera sociale ou ne sera pas. Les magnats capitalistes et les dirigeants du Parti ont vite fait de les mettre à la raison et quelques centaines d'entre eux vont méditer dans des camps de concentration sur les vertus "socialistes" de la doctrine de Hitler.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:50

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http://www.monde-diplomatique.fr/2013/04/CHAUVIER/48998

 

 

 

Vies multiples, passion commune : celles de communistes des « années de feu », des années 1930 aux camps nazis, vichystes. Ou staliniens. Ainsi le parcours exceptionnel de cet avocat belge, Jean Fonteyne, que son petit-fils évoque avec empathie (1). Né en 1899, Fonteyne grandit au sein de l’intelligentsia. Mais il découvre les « tranchées ouvrières », et réalise un film sur le tournage de Misère au Borinage, le remarquable documentaire de Joris Ivens et Henri Storck consacré à une légendaire bataille des mineurs (1932). Bruxelles est alors la plaque tournante de l’Internationale communiste en Europe occidentale. Dans ses coulisses, et dans celles de la première ambassade d’URSS en Belgique (1935-1940), Fonteyne devient le « complice » de l’ambassadeur Evguéni Roubinine. Roubinine est un proche de Maxime Litvinov, le chef de la diplomatie soviétique, dont la politique dite « de sécurité collective » (antifasciste) fut battue en brèche par les accords de Munich de 1938 et par le pacte germano-soviétique de 1939. Mémoire de tragiques occasions manquées. Fonteyne accueille des dirigeants communistes français, dont Maurice Thorez, exfiltré en 1940 vers l’URSS, ainsi que le très secret Eugen Fried (« Clément »), assassiné en 1943, et bien d’autres figures. En 1943, il est arrêté, puis déporté à Buchenwald.


Souvent riches d’éléments romanesques, les biographies de ceux qu’il a croisés ou aidés ont pu, ou pourraient, figurer dans le précieux et déjà mémorable Komintern : l’histoire et les hommes (2). Le principal auteur de ce dictionnaire, l’historien José Gotovitch, signe par ailleurs un livre touffu d’analyses et de portraits de communistes belges (3), dont ceux de Marcelle Leroy, militante féministe et franc-maçonne, et de Marc Willems, ex-dirigeant du parti envoyé au goulag en 1937 alors qu’il vivait en URSS. En défricheur de terres vierges, Gotovitch explore les relations entre le Komintern (l’Internationale communiste) et les « partis frères », le syndicalisme révolutionnaire de l’entre-deux-guerres, la clandestinité sous l’Occupation, les relations compliquées entre les socialistes (confrontés à la trahison de leur président) (4) et le Parti communiste belge (PCB). Celui-ci fut l’initiateur de la principale organisation de résistance populaire, le Front de l’indépendance (FI), pluraliste, de son Armée belge des partisans (les PA « partisans armés »), de ses Comités de lutte syndicale (CLS) et de son Comité de défense des Juifs…


Efraïm Wuzek est un autre représentant de cet idéal qui s’inscrit dans des choix vécus. Communiste polonais et Juif membre du Parti communiste palestinien, il s’engage dans la compagnie Botwin (juive polonaise) des Brigades internationales en Espagne. Survivant, il subira la dure loi des camps vichystes. Sa fille explore avec délicatesse et précision la vie mouvementée d’un militant qui connaîtra le désespoir après la révélation officielle des crimes de Staline. Ses souvenirs d’Espagne sont ici publiés pour la première fois en français, dans un ouvrage qui comprend la liste des combattants de la compagnie Botwin (5).


Jean-Marie Chauvier

Journaliste, Bruxelles.

(1) Jean Lemaître, C’est un joli nom, camarade. Jean Fonteyne, avocat de l’Internationale communiste, Aden, Bruxelles, 2012, 378 pages, 22 euros.

(2) Collectif, Komintern : l’histoire et les hommes. Dictionnaire biographique de l’Internationale communiste, L’Atelier, coll. «  Jean Maitron  », Ivry-sur-Seine, 2001, 604 pages, 46,15 euros.

(3) José Gotovitch, Du communisme et des communistes en Belgique. Approches critiques, Aden-CarCoB, Bruxelles, 2012, 436 pages, 30 euros.

(4) Lors de l’invasion allemande, en mai 1940, Henri de Man, président du Parti ouvrier belge (POB), se rallie à l’occupant. Il dissout le POB et crée le syndicat unique pronazi, l’Union des travailleurs manuels et intellectuels (UTMI).

(5) Efraïm Wuzek, Combattants juifs dans la guerre d’Espagne. La compagnie Botwin, présenté et annoté par Larissa Wuzek-Gruszow, Syllepse, coll. «  Yiddishland  », Paris, 2013, 219 pages, 22 euros.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:55
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Solidarité Internationale PCF

L’idéologie dominante ne se contente pas de ré-écrire l’histoire, elle pratique la mémoire sélective. A côté des crimes qu’elle commémore, ceux attribués aux forces communistes et progressistes, il y a ceux qu’elle passe sous silence, tente d’oublier

La sortie dans les salles françaises du banalement sordide « The act of Killing » nous rappelle un des plus grands massacres du XX ème siècle, absents de nos manuels scolaires, de la scène médiatique, du débat historique : le massacre de masse des communistes indonésiens, en 1965.

Les cadavres remontent désormais à la surface, en Indonésie même, où toute référence aux « événements de 1965 » était proscrite sous le dictateur Suharto et encore largement tue.

Un rapport de la Commission indonésienne des droits de l’Homme (Komnas-HAM) a reconnu en 2012 pour la première fois le « crime contre l’humanité » qu’a constituée la répression anti-communiste de 1965.

En l’absence d’enquête internationale, de nature judiciaire ou historique, les chiffres exacts restent inconnus. Si les estimations ne descendent pas en-dessous de 500 000 morts, la fourchette actuelle – reprise dans The Act of Killing– serait de 1 à 3 millions de victimes.

Le massacre s’intégrait dans un coup d’État de Suharto visant à liquider le PC indonésien (PKI), avec le soutien bienveillant des États-Unis déterminés à éliminer une « menace rouge » qui, après la Chine et le Vietnam, risquait de faire tomber un des États les plus peuplés du monde.

Le premier parti communiste du tiers-monde et l’alliance anti-impérialiste de Soekarno

L’Indonésie d’après-guerre est associée à la figure de Soekarno, dont l’œuvre est résumée dans les cinq principes (Pancasila) qui posent comme fondement un nationalisme unitaire, lui-même inscrit dans une perspective internationaliste, teinté de « socialisme » et de tolérance religieuse.

Dans un État constitué de six grandes religions, 300 dialectes, 17 000 îles et 100 millions d’habitants, Soekarno se posait comme l’arbitre entre les forces sociales et politiques antagonistes, le garant de l’ « unité nationale ».

Sa politique du front national, le « NASAKOM », consiste en une direction par le Parti national indonésien (nas) d’un mouvement unitaire avec d’un côté les groupements religieux conservateurs (agama), de l’autre les communistes indonésiens (kom).

La ligne du PKI était de constituer un « front populaire national » en vue de fonder une nation indépendante de l’impérialisme, une démocratie avancée sociale qui constituerait une étape vers le socialisme. Ce qui était pour Soekarno un but était pour le PKI une période transitoire.

Dans cette politique d’alliances, les communistes connurent une irrésistible ascension : le PKI avait obtenu 16% des voix aux élections de 1955 mais en 1965, le PKI comptait 3,5 millions d’adhérents.

Ses organisations de masse rassemblaient plus de 20 millions de sympathisants, soit un cinquième de la population indonésienne en 1965.

Le syndicat de classe SOBSI contribuait à mener la lutte de classe externe contre les vestiges de l’impérialisme néerlandais et britanniques, interne contre les éléments petit-bourgeois de l’alliance nationale, et la vieille classe dominante « nationale », celle des propriétaires terriens islamiques.

Puissant chez les travailleurs du pétrole, du caoutchouc ainsi que chez les petits paysans de Java et Sumatra,le PKI et ses organisations de masse donnent une perspective aux luttes : réforme agraire pour les paysans, nationalisation des ressources nationales.

Le massacre replacé dans un contexte international : la main de l’impérialisme

Après la chute de la Chine et l’enlisement au Vietnam, la montée du communisme indonésien inquiétait l’impérialisme américain, craignant tant la radicalisation du nationalisme anti-impérialiste de Soekarno qu’une révolution communiste.

Dans un premier temps, les Etats-unis vont apporter un soutien à tous les opposants de la « révolution nationale », finançant notamment le Parti socialiste (PSI), farouchement anti-communiste, et le parti islamiste Masyumi.

En 1958, la CIA offre les bases logistiques et militaires d’une rébellion armée à Sumatra, riche en pétrole. Le « gouvernement révolutionnaire » indonésien, sans base populaire, appuyé par les États-Unis et par les Partis socialistes et islamistes est défait en quelques mois par l’armée indonésienne.

Les Etats-unis changent de stratégie. L’armée constituant le seul rempart contre le communisme, ils lui apportent une aide de 65 millions de $ entre 1959 et 1965. Conscient de la manœuvre, Soekarno avait apostrophé l’ambassadeur américain : « Allez en enfer avec votre aide ! ».

Pour les services secrets américains et britanniques, il s’agissait de favoriser la faction « de droite », anti-Soekarno et pro-impérialiste, conduite d’abord par Nasrution puis par Suwarto, lui-même formé par les Etats-unis, face à la faction dominante « centriste », dirigé par Yani, pro-Soekarno.

Le prétexte à la vague sanguinaire contre-révolutionnaire survient le 30 septembre 1965 : un coup de force d’un quarteron de colonels qui proclame un « gouvernement révolutionnaire » après avoir exécuté six membres de l’Etat-major de la faction « centriste » de l’armée, dont le général Yani.

Suharto, en charge des troupes de réserves nationales (KOSTRAD), prend le contrôle de Djakarta, au nom du maintien du régime de Soekarno. En attribuant le putsch aux communistes, il déclenche « le plus grand massacre du XX ème siècle » selon les termes même d’un rapport de la CIA de 1968.

L’implication de la CIA, de l’ambassade américaine mais aussi des services britanniques ne fait aucun doute. Sans archives complètes américaines et indonésiennes, seule l’ampleur de la collaboration est encore à préciser.

Parmi les certitudes, ce sont les Etats-unis qui contribuent à former les officiers indonésiens, dans l’École des officiers de l’armée indonésienne à Bandoeng (SESKOAD), à la « guerre contre-insurrectionnelle » (territorial warfare).

De 1958 à 1965, la SESKOAD va former les différents échelons de l’armée pour lutter contre toute « insurrection » communiste, jusqu’à former les embryons de milices locales dans les quartiers et villages. Elles furent au cœur de la terreur de 1965.

La CIA va aussi jouer un rôle capital en élaborant la propagande anti-communiste des putschistes : non seulement faire circuler des faux sur les atrocités commises par les communistes mais surtout attiser les haines raciales (contre les Chinois) et religieuses (contre les athées).

L’ambassade et les services secrets auraient même rendu une liste de 5 000 cadres, à tous les niveaux, du PKI à l’armée indonésienne, facilitant ainsi sa traque et la décapitation du parti.

Alors que la répression faisait rage et que les journaux occidentaux étaient contraints, en les minimisant, de faire état du carnage, les ambassades et chancelleries occidentales maintenaient un silence officiel tout en louant en coulisses l’efficacité de la liquidation du PKI.

Le fruit du crime : 35 ans de dictature obscurantiste au service des multi-nationales américaines

Le bilan comptable de la répression ne peut rendre compte de la barbarie des actes : exécutions sommaires par balles ou décapitation, rivières jonchées de cadavres, déportation dans des camps, viols puis prostitution forcée, ce que reconnaît le rapport de 2012 de la Commission indonésienne des droits de l’Homme.

Pour les services secrets américains, le succès de la liquidation du mouvement révolutionnaire en Indonésienne fut une source d’inspiration pour les opérations ultérieures : de l’opération Phoenix au Viet-Nam jusqu’aux coups d’Etat et dictatures latino-américaines, Pinochet en tête.

Le déroulé de la répression est révélateur :

D’une part, le rôle d’impulsion de l’Armée, financée et formée par les États-Unis, comme en Amérique latine : c’est elle qui a lancé la « Terreur », identifiant et listant les ennemis, donnant le mot d’ordre de « Sikat » (liquidation, nettoyage) et surtout armant, formant et encadrant les milices.

Car l’essentiel des massacres revient à des milices civiles issues des partis religieux : NU (Nahdaltul Ulama) – avec sa branche de jeunesse fanatisée, l’ANSOR – et Muhammadiyah, deux organisations islamistes de masse, ancrés dans les communautés rurales, appelant à un djihad anti-communiste.

Ce rôle de bras armé joué par les islamistes ne doit pas occulter l’implication massive des autres forces religieuses : hindous à Bali, pour la défense du système de caste et contre les influences chinoises ; chrétiennes à Java où les forces catholiques ont participé notamment à la formation du KAMI (Forum d’action étudiant), mouvement étudiant qui participa à l’épuration des communistes.

Il ne doit pas non plus masquer l’antagonisme social qui en est à l’origine. Loin d’être tous athées, les sympathisants communistes étaient souvent eux-mêmes musulmans, notamment dans les régions rurales javanaises.

L’antagonisme pendant la crise de 1965 s’est structuré entre santri, musulmans fondamentalistes, proches des propriétaires terriens, colonne vertébrale des milices islamistes ; et abangan, forme religieuse syncrétique, tolérante, ancrée dans les masses rurales sympathisantes du PKI.

L’évocation du motif religieux fut avant tout un puissant facteur de mobilisation pour les propriétaires terriens inquiets par la progression communiste, ainsi que pour une armée soucieuse de faire main basse sur la manne pétrolière.

L’hypocrisie américaine : double discours sur la lutte contre l’islamisme et pour la démocratie

L’hypocrisie américaine du discours de la lutte contre l’islamisme ne fait guère illusion. En Indonésie, comme en Afghanistan, au Yémen hier, comme en Syrie et en Libye aujourd’hui : islamisme, élites économiques conservatrices et impérialisme occidental font bon ménage.

Hypocrisie américaine du discours sur la « démocratie » capitaliste contre la « dictature » communiste. Pendant plus de trente ans, l’ « Ordre nouveau » de Suharto a livré tous les échelons de pouvoir à l’armée dans sa « double fonction » de stabilisation politique et économique.

Les organisations islamistes, coordonnées par l’État dans le cadre du Conseil des Oulémas (MUI), encadraient les masses rurales.

Aujourd’hui encore, NU et Muhammadiyah sont deux des organisations islamistes les plus puissantes du monde,avec le réseau de madrasa (écoles coraniques), d’associations de charité, elles rassemblent plus de 60 millions de membres.

Dans ce schéma, comparable à l’Égypte de Moubarak (y compris dans le rapport aux Frères musulmans), Suharto a organisé la « dépolitisation des masses », diamétralement opposée à la « mobilisation populaire » qui fondait l’action de Soekarno et du PKI.

Pour Suharto, les « masses flottantes » devaient être encadrées par des organisations de masse, tel le syndicat unique FBSI, chargées de la collaboration de classe dans un système corporatiste, semblable au régime fasciste.

Dans ses 32 années de règne, les répressions sanglantes furent la marque de fabrique de Suharto. Pour ne citer que les cas les plus barbares, la répression du mouvement de libération du Timor oriental et celui de Papouasie occidentale firent au moins 300 000 morts.

L’enthousiasme des observateurs occidentaux n’eut pas de limites pour le miracle du « dragon indonésien ».

Suharto, comme Pinochet au Chili avec l’ « Ecole de Chicago », fut prompt à mettre en place les recettes libérales de la « mafia de Berkeley » : austérité budgétaire, suppression des aides sociales (remplacées par la charité islamique), privatisations et fiscalité attractive pour les entreprises.

Gonflée par la manne pétrolière après 1973, les subsides du FMI et de la Banque mondiale, le « miracle indonésien » a profité aux multi-nationales, telles Shell ou BP dans le pétrole, ou encore Nike et Adidas dans le textile, ainsi qu’à une mince oligarchie corrompue.

En dépit de trois décennies de croissance économique, l’Indonésie compte encore 120 millions de pauvres, la moitié de la population vivant avec moins de 2 $ par jour, selon les chiffres de la Banque mondiale, 200 millions vivant avec moins de 4 $ par jour.

L’enrichissement spectaculaire d’une minorité contraste avec la paupérisation de la majorité. L’Indonésie est actuellement le pays où le nombre de millionnaires croît le plus vite : ils seront 100 000 en 2015, concentrant 500 milliards de $, les deux-tiers de la richesse du pays.

A l’heure actuelle, les 40 individus les plus riches d’Indonésie concentrent autant de richesses que 60 millions d’Indonésiens.

L’exemple indonésien met non seulement à jour l’hypocrisie des tenants de l’ordre capitaliste mais aussi ce à quoi conduit cette forme extrême de liquidation d’un Parti communiste de masse : dépendance nationale et paupérisation générale.

Solidarité Internationale PCF

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