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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 23:22

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 23:13
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 13:04

 

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Etienne Davignon, sorte de Jean Monnet belge des années 80, empruntera avec succès à l’illustre banquier et marchand de cognac une de ses meilleures recettes : celle des « cercles de conjurés [1] », qui a façonné la construction européenne, entre diplomatie et milieux d’affaires.

Les intérêts des industriels et des financiers ont primé, dès les origines de la construction européenne, sur ceux des travailleurs et des salariés ; c’est du moins ce qu’indique un examen attentif de cette période [2]. Pourtant, en 1973, le commissaire en charge de la politique industrielle et de la recherche pouvait encore se permettre d’attirer l’attention sur « les problèmes économiques et sociaux générés par les activités des entreprises transnationales [3] ».

Quelques années plus tard, cette approche critique devait laisser la place à une véritable symbiose entre les milieux d’affaires européens et la Commission, unis dans une obsession commune de la « compétitivité ». A ce titre, on connait le rôle important joué par Jacques Delors, alors Président de la Commission, ainsi que son action menée main dans la main avec les grands groupes industriels et financiers [4]. On oublie souvent un des « inspirateurs » de sa politique, qui fut à l’origine du lobby européen le plus influent de ces vingt dernières années : Le Vicomte Étienne Davignon.

A bonne école

Davignon commence sa carrière à bonne école. Après avoir obtenu un doctorat de droit, il entre à 27 ans au ministère des Affaires Etrangères de Belgique en 1959 comme stagiaire au Cabinet du ministre. Rattaché au « service Congo », Etienne Davignon est très étroitement associé à la politique africaine de la Belgique et au processus de décolonisation du Congo belge. Il y sera envoyé comme émissaire du ministre Pierre Wigny, qui œuvrait alors à « mettre hors d’état de nuire » le leader indépendantiste Patrice Lumumba [5], en soutenant un mouvement de sécession dans la province du Katanga.

Ses amitiés dans les milieux politiques et financiers belges lui permettront de grimper rapidement les échelons dans le cabinet du successeur de Wigny : Paul-Henri Spaak. L’amateur de Spéculoos prendra le jeune Davignon sous son aile, malgré leurs divergences politiques : à cette époque, le vieux routard de la politique belge se réclame encore du « socialisme », tandis que son jeune chef de cabinet affiche plutôt des convictions conservatrices. Qu’importe, après tout : l’opportunisme ne connaît pas de camp. On peut dire que, en la matière, l’élève dépassera le maître.

Au cabinet de Spaak, Davignon s’occupe en premier lieu de la politique africaine de la Belgique. Il fera notamment office d’intermédiaire dans les conflits entre les nouvelles autorités congolaises (le futur dictateur Mobutu, avec qui il entretient des relations mouvementées mais néanmoins cordiales), la diplomatie belge soucieuse d’afficher une prise de distance par rapport à ses anciennes colonies, et la Société Générale de Belgique, exploitante historique des gisements congolais, qui défend sa rente minière.

En plus des affaires africaines, il suit de près l’évolution de la construction européenne. Disposant d’une aura grandissante, il devient directeur-général au ministère des Affaires étrangères de 1969 à 1976, et sera nommé à la tête du Comité qui prépare les premières propositions sur la coopération politique entre membres de la C.E.E. (Le « rapport Davignon »). Après la crise pétrolière de 1973, il préside la Conférence Internationale qui conduisit à la création de l’Agence Internationale de l’Energie, dont il fut le premier Président de 1974 à 1977.

La Commission européenne : Travaux de fondation

Son influence grandissante lui ouvre les portes de la Commission européenne, où il devient commissaire en charge du marché intérieur et des affaires industrielles. Pendant son mandat, il se chargera d’encadrer la liquidation de la sidérurgie européenne, frappée par une baisse de la consommation d’acier due, en partie, à la substitution de l’acier par l’aluminium et les composants plastiques et par la récession du secteur automobile.

C’est le « Plan Davignon », qui vise à rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. Mis en place en 1981, il préconise l’arrêt des aides publiques, la réduction des capacités annuelles de production de 32 millions de tonnes d’acier (sur un total 126 millions) échelonnée sur 5 ans et la disparition de 250 000 emplois, ainsi que des mesures protectionnistes pour limiter les importations, négociées avec le Japon et les Etats-Unis.

Son premier mandat sera reconduit et il sera nommé à la vice-présidence de la Commission. Homme fort de la nouvelle mandature, Davignon se fait le héraut de la « compétitivité » de l’industrie européenne : le cadre réglementaire doit être plus favorable aux affaires, assène-t-il, au risque d’accroître la désindustrialisation, et les délocalisations qui frappent de plein fouet le marché du travail européen. Un discours aujourd’hui complètement intégré par les institutions européennes.

Pour ce faire, il met en place les fondations d’une politique de recherche européenne tournée vers l’« innovation » et les besoins de l’industrie [6], qui présage la future Stratégie de Lisbonne. Mais il joue avant tout un rôle considérable dans l’intégration des milieux d’affaires dans le processus de décision européen, en participant à la formation de la Table Ronde Européenne des Industriels (ERT). Ce groupe composé des 40 plus grands chefs d’entreprise européenne [7], dont l’influence sera considérable sur la Commission, à qui il fera partager sa passion pour la « compétitivité internationale » et la « flexibilité du marché du travail ».

Avec l’aide du PDG de Volvo, Davignon dresse la liste des premiers membres potentiels du groupe, qu’il s’attache à recruter personnellement. Les premiers associés de l’ERT développèrent l’agenda du groupe au cours de réunions qui se tenaient au sein même du bâtiment de la Commission européenne, en présence d’Etienne Davignon et de François-Xavier Ortoli (ancien président de la Commission, alors commissaire aux finances) [8].

Rassembler les industriels pour le marché unique

Au terme de son second mandat à la Commission européenne, Davignon réalise enfin sa vocation : il quitte le monde de l’administration pour celui des affaires. La Société Générale de Belgique s’attache ses services en 1985. Il en deviendra président en 1988.

Il apporte avec lui un précieux carnet d’adresse : « Il n’y a pas de rupture », expliquera-t-il, au sujet de son passage au privé. « En ce sens que les gens qui viennent, en tout cas dans les années qui ont directement suivi, ce sont les mêmes avec lesquels on avait des rapports dans une autre circonstance [9]. » Au sein de l’ERT, le Davignon continue à s’impliquer dans le devenir de la Communauté européenne… Du côté des affaires.

Entre Davignon et le nouveau Président de la Commission, l’entente est plus que cordiale. Jacques Delors reprendra dans son premier discours officiel les grandes lignes du rapport « Europe 1990 » publié en 1985 par la table ronde : un programme ambitieux sur cinq ans visant à faire tomber les barrières commerciales, harmoniser les réglementations et abolir les frontières fiscales. Quelques mois plus tard, Lord Cockfield, le commissaire à l’Industrie, publiait le Livre blanc, qui devait devenir la base de l’Acte unique européen, en reprenant quasiment à la lettre les objectifs de l’ERT [10].

« Delors était un ami d’avant et il n’est pas devenu un moins grand ami après [11] » précisera Davignon. Le Président de la Commission pourra compter sur son « ami » pour faciliter la mise en place du « marché unique » tout au long de ses deux mandats. La table ronde s’est avéré un allié précieux, promouvant de manière vigoureuse les propositions que la Commission avait repris à son compte auprès des gouvernements parfois très dubitatifs. Delors admettra lors d’un entretien télévisé en 1993 la « pression continuelle » de l’ERT ; de son côté, elle se vantera d’être « l’une des principales forces décisionnelles derrière le Marché unique [12] »

Arroseur arrosé

Jamais en reste, Davignon prend en 1991 la présidence de l’Association pour l’Union Monétaire en Europe (AUME) qui jouera un rôle décisif dans la campagne pour l’adoption de la monnaie unique.

Ironie de l’histoire, il sera rattrapé par la vague de fusion et d’acquisitions qui balaye l’Europe, avec la mise en place du Marché Unique et l’intensification de la compétition internationale, particulièrement dans le secteur bancaire et de l’assurance (entraînant la disparition de dizaines de milliers d’emplois et la fermeture de la moitié environ des 166000 agences bancaires européennes) [13].

En 2001, Suez s’empare de la Société Générale de Belgique, et Davignon devient vice-président jusqu’à la fusion du 31 octobre 2003 de la Société Générale de Belgique et de Tractebel, qui deviennent Suez-Tractebel. Après avoir dézingué la sidérurgie belge, voici que le Vicomte Davignon laisse un pan entier de l’industrie tomber dans l’escarcelle de la holding française...

Cela ne l’empêche pas de jouir d’une grande influence dans la vie politique belge, en témoigne sa proximité avec l’ancien ministre des affaires étrangères Louis Michel (avec qui il partage une passion pour l’ex Congo belge), ou encore l’ancien Premier ministre Von Rompuy, récemment promu à la Présidence de l’Union européenne. A cette occasion, Davignon invita son ami à participer à la réunion du groupe de Bilderberg, sorte de Rotary Club qui réunit le gratin du Parti de la Presse et de l’Argent mondial (PPAm), dont il est le Président d’honneur [14].

Au cours de sa longue carrière, Davignon n’aura qu’un regret : nominé en novembre 2007 pour le prix du pire lobbying de l’Union européenne, il verra la récompense lui filer devant le nez, au bénéfice d’un fabricant allemand d’automobile [15]. On lui reprochait d’être le conseiller spécial de Louis Michel (alors commissaire en charge du développement et de l’aide humanitaire) alors même qu’il siégeait au conseil d’administration de Suez, une multinationale qui cherche à s’ouvrir de nouveaux marchés en Afrique. Bref, une banale affaire de conflit d’intérêt, qui sonne comme une insulte au regard de sa longue carrière au service de l’industrie et de la finance.

Les Dessous de Bruxelles souhaitent remédier à son chagrin : pour l’ensemble de son œuvre, ils décernent au Vicomte la prestigieuse Caisse de Cognac Jean Monnet, qui récompense les plus ardents promoteurs de l’Union européenne des riches et des financiers.

 

Les Dessous de Bruxelles

[1] Monnet (qui avait par ailleurs fait fortune dans le commerce de Cognac et la finance) dira à propos de la déclaration du 9 mai qui entérine la création la CECA qu’elle fut le résultat de l’action d’un « cercle de conjurés » - Jean Monnet, Mémoires, Pris, Fayard, 1976, p.353

[2] Lire : Plan B, Construction européenne : le ver était dans le fruit : http://dessousdebruxelles.ellynn.fr...

[3] Altiero Spinelli, Multinational Undertakings in the European Community, 1973

[4] Lire : Fakir, Delors, l’homme des firmes : http://dessousdebruxelles.ellynn.fr...

[5] L’assassinat de Lumumba, Ludo de Witte, éditions Karthala, 2000

[6] Il lança les premiers programmes cadres de recherche communautaire dans le domaine de la technologie de l’information et des télécommunications (Esprit et Race).

[7] ERT article

[8] Maria Green Cowles : "Setting the Agenda for a New Europe : The ERT and EC 1992", Journal of Common Market Studies, Vol.33, No. 4 ; December 1995, p.504-505 and Justin Greenwood, "Interest Representation in the European Union", Palgrave - Macmillan, Hampshire and New York 2003, page 80.

[9] Etienne Davignon, entretiens avec Michel Dumoulin (1998), disponible sur le site de l’European University Institute : http://wwwarc.eui.eu/int/bin/List_a...

[10] CEO, Europe Inc., Agone, 2005 p.62

[11] Ibid.

[12] Brochure de l’ERT, septembre 1993 citée dans Europe Inc.

[13] Europe Inc. op.cit. p123

[14] RTBF, Van Rompuy se dévoile devant le groupe de Bilderberg, 14/11/09, http://www.rtbf.be/info/economie/m-...

[15] Prix 2007 du Pire Lobbying, organisé par quatre ONG européennes  : Corporate Europe Observatory, SpinWatch, LobbyControl, Les Amis de la Terre : http://www.worstlobby.eu/2007/winners_fr

http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article25

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 13:32
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Depuis bientôt quarante-cinq ans qu’il est mort, comme s’il était toujours en vie Staline soulève les passions, suscite les malentendus, provoque les paradoxes, embarrasse tellement qu’on cherche à toujours éluder les problèmes qu’il pose et qu’on préfère entretenir à son sujet des mythes contradictoires, interdisant toute tentative d’explication. « Cachez ce sein que je ne saurais voir ! » disait Tartuffe et, comme sous le mouchoir hypocrite le joli téton d’Elmire, on tente de dissimuler Staline sous sa grosse moustache, ce qui permet à tout le monde, aujourd’hui, d’être anti-stalinien, au point que le terme stalinien est devenu une insulte banale pour automobiliste ordinaire, aussi bien qu’à chacun d’entre nous, un jour ou l’autre, d’être, d’avoir été ou de devenir le stalinien de n’importe qui avec ou sans voiture.

Peut-être clarifierait-on la situation créée par cette trop belle unanimité génératrice de confusion, en distinguant tout d’abord le stalinien du staliniste. Pour faire mieux comprendre la différence entre le -ien et le -iste, je prendrai l’exemple de Chirac qui, par sa passion nouvelle pour l’Europe (le parti de l’étranger ?) a cessé d’être gaulliste alors qu’il affecte volontiers un comportement gaullien comme lorsqu’il reprend les essais atomiques contre l’avis du monde entier. Cela permet de riches variations sur un thème commun et, sans que j’aie à nommer personne, chacun pourra reconnaître autour de lui des stalinistes anti-staliniens, ou des anti-stalinistes staliniens, ou des anti-stalinistes anti-staliniens, voire des stalinistes staliniens. Aurais-je la malice d’observer que lorsque le PCF, voulant, à l’occasion de son 22ème Congrès, envoyer un « signal fort » de sa déstalinisation, décida, d’ailleurs selon une procédure quelque peu stalinienne, d’abandonner la dictature du prolétariat, il fit du stalinisme comme monsieur Jourdain de la prose, car il y avait belle lurette que Staline avait confisqué au profit de sa propre bureaucratie tout le pouvoir aux soviets qui étaient bien la forme la plus aboutie de la dictature du prolétariat ? De même, tout récemment encore, avec une égale innocence, pour montrer ses efforts vers le changement, il répudia le centralisme démocratique avant même qu’on n’ait jamais songé à l’appliquer et Staline pas plus qu’un autre, qui, sans se préoccuper de la démocratie plus que de colin tampon, faisait tout venir du centre au centre duquel il s’était placé comme le nombril du monde, dans un effréné culte de sa personnalité.

Il faut dire qu’il est facile de tromper ou de se tromper au sujet du petit père des peuples, tour à tour Père Noël, Père Fouettard ou Père Ubu et alors même que ses admirateurs de la veille, dans une étonnante atmosphère d’amour-haine, sont devenus parfois ses plus acharnés détracteurs du jour, passant de « l’homme que j’aime le plus au monde » à l’homme le plus haï du monde, du bilan globalement positif au bilan totalement négatif. Les adorateurs de Staline révéraient en lui la lutte et l’espérance de ceux qu’on appelle les humbles car ils ne cessent d’être humiliés et, ne vous y trompez pas, les anti-staliniens les plus résolus furent d’abord des anti-communistes. Le dictateur ennemi des droits de l’homme ? Ils n’en avaient rien à foutre ; des dictateurs, ils en avaient plein les poches, des sanguinaires, des corrompus et des fous, qu’ils avaient eux-mêmes fabriqués à grand renfort de subventions, comme ce lamentable putschiste manqué, comment s’appelait-il déjà ? Qu’ils avaient ramassé dans les poubelles de l’Histoire pour en faire précisément un rempart contre le communisme. Ah oui, ça me revient, Hitler, il s’appelait Hitler ! Il a bien failli lui régler son compte, à Staline, le gaillard, dommage qu’entre lui et les démocraties, alors que ça commençait si bien, il y eut pour finir ce malentendu. N’empêche que les généraux allemands, traditionnels représentants des classes dirigeantes ont attendu qu’il n’y ait plus aucune chance pour eux de gagner la guerre, pour glisser des bombes sous les fesses de cet Hitler à qui, jusque-là, ils ne trouvaient rien à reprocher et surtout pas de supprimer des juifs et des communistes par millions.

C’est que l’expérience commencée en 1917 ne devait pas réussir, c’était vital, comme, déjà quarante-six ans plus tôt, ne devait pas réussir l’expérience de la Commune de Paris et pour les mettre en échec, tout était bon, tout était légitime pour la légitime défense du capitalisme de droit divin. Les soixante-douze jours de la Commune furent soixante-douze jours de combats sans merci que menèrent les troupes de Thiers sous l’œil complaisant, voire complice de Bismark. Pas étonnant que Lénine, au soixante-treizième matin de son pouvoir, ait esquissé sur les rives gelées de la Néva, au risque de glisser et de se casser la margoulette, un pas de danse pour exprimer sa joie (et sa surprise !) d’avoir duré un jour de plus que la Commune de Paris. Mais la ressemblance n’en resta pas là. Les soixante-douze ans de l’URSS furent soixante-douze ans de guerre sous toutes ses formes : ingérence étrangère à l’intérieur, cordon sanitaire, isolement diplomatique et commercial, guerre civile, guerre chaude, guerre froide, guerre économique, guerre idéologique, guerre des nerfs, guerre des étoiles, des espions, des subversifs, de la propagande, course aux armements, à l’exploration spatiale ... j’en passe et des pires.

Un environnement international aussi hostile ne justifie certainement pas mais suffit à expliquer en partie que Staline, pour sauver et croyant ainsi sauver l’État soviétique, se soit écarté de la voie socialiste ou lui ait imposé des torsions pour le moins contraires à certains grands principes du socialisme. Dans de telles conditions était-il possible de construire le socialisme dans un seul pays ? Mais Staline avait-il le choix d’une autre démarche, sauf capituler devant le capitalisme comme le fit Gorbatchev quelques décennies plus tard ? Peut-être n’était-ce pas le socialisme qui se construisait dans l’URSS de Staline mais, par plus d’un aspect cela lui ressemblait quand même pas mal : la propriété collective des grands moyens de production et d’échange, l’accès du peuple à la santé et à l’instruction comme en témoignent l’allongement de l’espérance de vie et la transformation d’un peuple de moujiks analphabètes en un peuple d’ingénieurs, la garantie d’un travail sans chômage et d’une vieillesse sans angoisse, le rôle international déterminant dans le mouvement de libération des peuples colonisés, etc. je ne dirai certes pas que sous la moustache de Staline on aurait pu trouver le sourire de Reims. Je ne lui prête aucun angélisme. Mais je ne pense pas non plus que sous ses moustaches on découvrirait les canines de Dracula, même si la vieillesse de Staline, après toute une vie rude de militant révolutionnaire et trente ans de pouvoir absolu, bascula dans la tragédie shakespearienne, traversée de méfiance pathologique, de peur enfantine, de mégalomanie et de folie.

Laissons de côté l’anti-stalinisme de droite il est naturel et n’a rien à nous apprendre, ni sur la droite ni sur Staline. L’anti-stalinisme de gauche se développera surtout après la publication du rapport Krouchtchev qu’il faudra bien relire un jour pour décrypter sous le réquisitoire anti-stalinien, la plaidoirie pro-domo d’un proche collaborateur de Staline, soucieux de se dédouaner et de faire porter le chapeau au mort. Or cet anti-stalinisme-là n’est pas sans contradiction ni faux-semblant. N’est-il pas souvent le paravent derrière lequel s’abritent tous ceux-là qui préfèrent les révolutions vaincues parce qu’elles sont plus faciles à gérer et qu’on y trouve l’alibi à sa propre inaction ? N’est-il pas le chemin bordé de roses vers l’anti-communisme. Si confortable pour les petits bourgeois soixante-huitards ou leurs héritiers aux discours flamboyants et au réformisme compulsionnel, qui découvrent avec ravissement qu’on peut se dire de gauche pour son plaisir, et être anti-communiste pour la satisfaction de papa et maman. Le plus grave et sans doute le plus triste, c’est quand ceux qui se proclament communistes et ne savent plus ce que cela veut dire (non, le communisme, ce n’est pas la vie commune !) et qui, avec la fougue du nouveau converti ou du renégat, se jettent dans un anti-stalinisme qui ressemble à s’y méprendre à un anti-stalinisme de droite façon Carrière d’Encausse et les conduit d’ailleurs à se féliciter bruyamment de la chute de l’URSS.

Comme pour le communiste d’hier qui n’avait pas que de mauvaises raisons d’être stalinien, pour le communiste d’aujourd’hui, il n’y a pas que de bonnes raisons d’être anti-stalinien. D’autant moins que la confusion des sentiments pro- ou anti-staliniens, interdit toute analyse lucide du phénomène Staline. Que cela nous plaise ou non, que cela nous arrange ou nous dérange, Staline est un des pères du communisme et nous ne pourrons en finir avec lui que lorsque plus rien ne sera dissimulé sous sa moustache. Alors nous pourrons regarder dans les yeux ce père à la fois digne et indigne et le tuer respectueusement pour prendre sa place et épouser l’avenir.

P.-S.

Bernard-G. Landry

http://www.lescommunistes.org/spip.php?article383
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 19:34
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LA RÉSISTANCE AU « BUSING » OU LA (RE)SÉGRÉGATION SCOLAIRE


En 1968, la Cour suprême avait exigé que soient préparés des plans d’intégration scolaire susceptibles de fonctionner immédiatement ; elle avait propose l’emploi d’autobus pour amener les élèves hors de leurs quartiers de résidence. C’est cette pratique que l’on a surnommée « busing ».

En 1970, les progrès en terme d’intégration scolaire sont encore un rêve : les écoles intégrées demeurent l’exception dans le Sud, et sont encore plus rares dans le Nord, et les réticences au système du busing révèle la profondeur de la résistance à l’intégration : Nixon est opposé au busing, et fait en sorte que le ministère de la justice ralentisse l’application du décret de la Cour suprême. En réaction, des militants noirs accusent publiquement Nixon d’infraction à la loi. La NAACP obtient gain de cause en portant plainte devant la Cour suprême, qui confirme à nouveau son appui au busing en 1971.

Mais l’opposition est surtout palpable dans la société américaine. A Boston, les écoles noires sont surpeuplées, et en 1974 des parents portent plainte contre les autorités qui selon eux freinent l’intégration ; le jugement conclue que la ville de Boston a agi à maintes reprises dans l’intention délibérée de ségréguer les écoles. Mais beaucoup d’ouvriers parents d’élèves ne l’entendent pas ainsi et sont personnellement opposés au busing. La tension monte, et des affrontements ont lieu le jour de la rentrée. Pour éviter le mélange avec des enfants noirs, les Blancs partent de plus en plus en banlieue et inscrivent leurs enfants dans les écoles privées. Les écoles déjà peu intégrées sont ainsi reségréguées de fait, et le même scénario se produit dans de nombreuses autres villes américaines.

Ford, président intérimaire après la démission de Nixon, n’accorde aucun crédit pour les programmes sociaux sans pour autant remettre en cause le système bien qu’il y soit personnellement opposé. Carter, lui, démocrate du Sud profond, a grandi dans des principes de tolérance et d’égalité raciale, et il sollicite le vote noir : en novembre 1976, il est élu avec 94 % des suffrages noirs : grâce aux nouvelles inscriptions sur les listes électorales, il conquiert tous les Etats du Sud sauf la Virginie. Mais il ne fera rien de particulier en faveur des Noirs.

Ces réticences aux programmes d’aide aux Noirs émises par de nombreux Blancs met en lumière tous les dilemmes de l’affirmative action.


LE DILEMME DE L’AFFIRMATIVE ACTION


L’affirmative action, présentée par JFK en 1961 et dont les principes ont été définis en 1965 par Johnson, consiste, pour les entreprises privées et l’administration, à « réparer » les dommages engendrés par des siècles de discrimination en faisant un effort délibéré pour embaucher et promouvoir des employés noirs à tous les niveaux de responsabilité. Selon le principe, les Noirs doivent constituer dans tous les emplois et dans toutes les sociétés un pourcentage égal à celui qu’ils occupent dans la population.

En 1968, le ministère du travail précise les délais, mais n’instaure pas de quotas, car ceux-ci auraient défié le capitalisme et les principes constitutionnels d’égale protection des lois. Cependant, sous les pressions administratives et judiciaires, l’affirmative action progresse. Carter nomme un grand nombre de Noirs à des postes de responsabilité, mais n’impose rien, face à un taux d’inflation très élevé et au déficit budgétaire qui occupent l’essentiel de sa politique. On atteint dans ces années un taux de chômage record chez les Noirs. La récession touche également les autres Américains, et les groupes conservateurs s’élèvent contre le busing et l’affirmative action et globalement contre toute intervention gouvernementale, en plus de militer pour le maintien de la prière obligatoire dans les écoles et contre l’avortement. De plus en plus, d’autres minorités revendiquent une discrimination positive en leur faveur, et privent au final les Noirs de leur spécificité : les revendications noires sont noyées, le sort historique très spécifique des Noirs est gommé.

En 1974, l’affirmative action révèle son dilemme au grand jour. Alan Bakke, étudiant blanc, porte plainte contre son université en déclarant que la procédure de sélection le prive de l’égale protection des lois garantie par le XIVème amendement. La Cour suprême est sollicitée en octobre 1977. Des groupes juifs associés à des groupes conservateurs rejettent le principe de la préférence raciale, contraire selon eux à la Constitution et réduisant l’individu à la couleur de sa peau. En juin 1978, la Cour suprême rend son jugement : elle ordonne l’admission de Bakke à la faculté de médecine, sans pour autant remettre en cause l’affirmative action, tout en condamnant cependant le système des quotas, déclaré inconstitutionnel : l’affirmative action n’est donc pas nécessairement en contradiction avec la Constitution, mais elle n’est pas non plus une obligation légale. Le juge noir Thurgood Marshall, ayant une opinion dissidente, signale que le XIVème amendement n’empêche pas de remédier aux injustices historiques… l’argument est également avancé par les militants et la communauté noirs. Mais le dilemme de l’affirmative action est insoluble, et le cas par cas fait tomber les énoncés généraux du principe.


LA « NOUVELLE DROITE » AU POUVOIR : LE PROBLÈME NOIR SERAIT RÉGLÉ


En août 1979, Andrew Young, représentant noir des Etats-Unis à l’ONU nommé par Carter, rencontre Yasser Arafat alors que le gouvernement interdisait tout contact avec l’OLP avant la reconnaissance d’Israël par l’organisation palestinienne. Young démissionne. Les leaders noirs condamnent Israël pour ses relations avec l’Afrique du Sud, et approuvent la rencontre entre la SCLC et Arafat.

En décembre 1979, un bourgeois noir tranquille de Miami est battu à mort après avoir grillé un feu rouge par quatre policiers. Au mois de mai 1980, le jury entièrement blanc acquitte les quatre prévenus. Le verdict déclenche trois jours d’émeutes qui feront 17 morts, 10 noirs et 7 blancs.

Les Noirs votent quand même à 90 % pour Carter, mais Reagan est élu et les sénateurs partisans de la lutte pour les Droits civiques perdent leur siège. La « nouvelle droite » ne croit plus que les solutions aux problèmes sociaux peuvent se trouver entre les mains du gouvernement (et à la charge du contribuable…), et dénonce une « mentalité d’assistés » ; elle considère en fait l’égalité raciale obtenue. Reagan nomme le Noir Colin Powell au Conseil national de Sécurité ainsi que plusieurs autres noirs dans son administration, tous ultraconservateurs. 75 % des entreprises travaillant avec l’Etat sont dispensés de respecter les normes à l’égard des minorités. La Cour suprême quant à elle est de plus en plus conservatrice.

Officiellement, pour le gouvernement, le « problème noir » a ainsi disparu, alors que les ghettos noirs sont presque totalement en marge de la société américaine et en proie à une violence de certains de leurs habitants, strictement apolitique (le mouvement politique noir étant quasiment nul) et pouvant se déclencher à tout moment.

Le militant noir Jesse Jackson échouera pour obtenir l’investiture démocrate pour les élections présidentielles de 1988, et finira par soutenir Bill Clinton en 1992. Cette même année est celle de l’affaire Rodney King et des émeutes sanglantes de Los Angeles.


EN GUISE DE CONCLUSION, UNE ANALYSE DES ÉMEUTES DE LOS ANGELES


Les émeutes de 1992 à Los Angeles ont pour point de départ le verdict du procès ayant fait suite au passage à tabac policier extrêmement violent du chauffard récidiviste Rodney King après un délit de fuite, en mars 1991. La scène est filmé par un passant : Rodney King est frappé à terre par les policiers 26 fois en 81 secondes, et échappe de peu à la mort.

Sur la demande des avocats des accusés, la cour d’appel accepte de déplacer le lieu du procès des policiers et de recruter un jury dans un quartier aisé, habité par plus de 20% de policiers blancs. Rodney King ne comparait pas à la barre. Les images du tabassage sont projetés lors du procès. Mais les policiers sont acquittés.

Après l’annonce du verdict les ghettos de Los Angeles s’embrasent. Il nous a paru judicieux de conclure le dossier sur quelques réflexions à propos de ces évènements écrites par Philippe Paraire dans son excellent ouvrage (Les Noirs américains, généalogie d’une exclusion), qui avec un ton souvent ironique et pour le moins pessimiste fait le tour de la question noire aux Etats-Unis, dans son histoire et son actualité (jusqu’en 1992). Cette analyse demeure celle d’un auteur et ne saurait sans doute convaincre tout le monde : le militantisme noir n’est pas mort et a survécu à travers des héritiers de Malcolm X en particulier, aussi divers soient-ils (on peut penser au mouvement MOVE de John Africa duquel est proche Mumia Abu-Jamal, ou encore aux revendications politiques d’artistes noirs comme Public Enemy qui se placent en filiation directe avec le militantisme radical des années 60) ; mais la réalité de la décomposition sociale et du conservatisme (raciste) profond a indéniablement pris le pas sur l’espoir d’un changement politique porté par un militantisme organisé.

« L’émeute de 1992 n’a pas la pauvreté pour cause, mais seulement pour prétexte et pour décor ; c’est plus une révolte de la frustration qu’une rébellion sociale ; en réalité, le matraquage publicitaire crée tellement de faux besoins dans les mentalités des Noirs des ghettos que des milliers de personnes sont actuellement en prison pour des années, après avoir seulement dévalisé les rayons de survêtements et de chaussures de sports ainsi que les départements vidéo des grands magasins. Il est significatif d’observer qu’une infime minorité de pillards sont accusés de vol de nourriture, ou d’attaque de banques, et encore moins de violences contre les forces de l’ordre, curieusement absentes durant la première journée. Los Angeles 1992 n’est ni une émeute pour les droits civiques (les Noirs, de nos jours, ne votent pas plus que les Blancs, après s’être battus pourtant avec acharnement pour l’égalité civique), ni une jacquerie du Tiers-Monde, du type Sao Paulo ou Kinshasa. Simplement, le modèle idéologique imposé par le mode de vie blanc, véhiculé par la publicité, les séries télévisées, le cinéma et le show-business crée un sentiment collectif de paupérisation relative qui dégénère en complexe de frustration.

[…]Il paraît assez clair au vu des évènements, que la généralisation des fantasmes de la haine raciale […] a empêché l’éclosion d’une conscience révolutionnaire chère aux penseurs anciens. Car la majorité des Noirs a désapprouvé les violences. Non seulement la population totale de South Central n’était pas sur les lieux des incendies, des meurtres et des pillages, loin s’en faut, mais, en plus, les scènes de solidarité collectives, au moment du nettoyage des rues de la ville par les habitants noirs et hispaniques de South Central ont montré l’aveuglement des pillards : c’est l’environnement urbain du ghetto, déjà pauvre, qui avait été le plus durement touché par la violence de la foule. On comprend bien dans ces conditions pourquoi les leaders institutionnels du mouvement noir auraient préféré que l’émeute se fixât des objectifs plus politiques ; mais le confinement a joué plein son rôle stratégique (celui, sans doute, pour lequel il a été conçu) : les émeutiers ont trouvé face à eux la garde nationale qui leur a coupé la route des quartiers chics du Nord et de l’Ouest. Les leaders du NAACP et de l’AME, ainsi que Jesse Jackson lui-même, ont appelé au calme parce qu’ils ont immédiatement compris la pauvreté politique de l’émeute et son manque absolu de perspectives. Rodney King, manipulé par le Ministère public, a fait de même ; tous les Noirs établis avaient compris, dès les premiers incendies et les premiers morts, que la frange la plus décidée et incontrôlable des ghettos ne serait pas suivie par la masse noire. Celle-ci, dépolitisée par quinze ans de déceptions successives, est restée sceptique quant aux chances de victoire militaire contre le système blanc, en l’absence d’une réelle organisation du type Black Panthers ou Black Muslims, qui avaient en leur temps su jouer un rôle politique d’encadrement et de direction déterminants
. »

Evoquant la prolifération des gangs (dont font partie plus de 100 000 Noirs et Hispaniques dans la seule ville de Los Angeles) et les pillages lors des émeutes de 1992, Philippe Paraire conclue : « Causes futiles de duels à l’arme à feu, vendetta dont les raisons finissent par se perdre, tradition et sens de l’honneur, tabassages, lynchages, rien dans ces pratiques ne peut aider à la renaissance d’une identité noire. Tout cela se construit à partir des fantasmes meurtriers du cinéma ou des bandes dessinées crées par le monde blanc. Dès lors, on peut se demander si le déficit d’identité de la communauté afro-américaine des Etats-Unis n’a pas atteint un tel degré qu’il soit difficile de parler encore d’une nation noire dans ce pays… ».


Sources
Histoire des Noirs américains au 20ème siècle, Nicole Bacharan
Les Noirs aux Etats-Unis, Claude Fohlen
La société américaine, 1865-1970, Claude Fohlen
Histoire intérieure des Etats-Unis au 20ème siècle, Jacques Portès et Pierre Melandri
Les Noirs américains, généalogie d’une exclusion, Philippe Paraire

http://www.acontresens.com/contrepoints/histoire/19.html

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 17:31
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Ce livre retrace l’histoire de la vague de Français venus en Algérie dès l’été 1962

Quelques ouvrages ont été consacrés aux “porteurs de valises” et au réseau français de soutien au FLN durant la guerre de Libération, mais rares sont les témoignages sur ceux que “l’indépendance ou l’espoir révolutionnaire ont portés” jusqu’en Algérie.
Qui sont-ils ? Combien étaient-ils ? Qu’a représenté l’Algérie dans leur imaginaire ? Pourquoi ce choix à rebours des colons qui quittaient massivement l’Algérie en 62 ? Que sont-ils devenus ? C’est ce que tente de démêler l’auteure en donnant la parole aux multiples acteurs anonymes ou célèbres. De l’école du travail aux maisons pour enfants orphelins de guerre, des chantiers de reboisement à Révolution africaine, en passant par le TNA et la cinémathèque, Catherine Simon a élargi son propos en vue de brosser un tableau d’ensemble sur leur engagement. De là, un livre documenté dont l’ambition est double. D’abord, établir - ou rétablir - les faits sur la part prise par les pieds-rouges dans l’Algérie des années 1962- 1969.
Ensuite dégager un bilan ou typologie de leurs actions dans le cadre général des événements politiques que l’ouvrage a choisi de mettre en évidence. Le livre appelle une première remarque : pourquoi pieds-rouges ? Ces Français, certes ancrés dans l’opposition intérieure de leur pays-les années 1960 étant  celles des contestations à l’université et celles de la lutte contre la guerre- ne constituaient pas un bloc monolithique.
L’auteure évoque l’origine controversée du terme : “Selon une première hypothèse, des journalistes de droite, voire d’extrême droite, auraient inventé le mot pied-rouge pour railler cette ahurissante sous-espèce d’oiseaux migrateurs chantant l’Internationale et censée, bien évidemment, appartenir au camp des “rouges, bolcheviks et autres suppôts de Moscou”…
Selon une seconde hypothèse, Kateb Yacine aurait voulu célébrer la naissance du bébé d’un docker pied-noir communiste, très populaire à Alger en lui inventant dans un billet d’Alger Républicain ce tendre surnom de “pied-rouge”. Frantz Fanon notait déjà à propos des Européens qui aidaient le FLN durant la guerre que  “les autorités françaises ont pris l’habitude de taire cet engagement ou de faire de ces Européens des communistes ; cet artifice de propagande vise deux objectifs : d’abord réamorcer la thèse de l’infiltration communiste en Afrique du Nord dans le dispositif de l’Otan ensuite les discréditer, les présenter comme des agents de l’étranger voire des mercenaires”.
La crainte de voir se profiler l’ombre du communisme dans l’Algérie indépendante en pleine guerre froide a-t-elle fait des pieds-rouges un enjeu  d’endiguement ou d’influence ? La tentation eût été grande alors que les luttes politico-idéologiques se cristallisaient à cette étape sur l’économie notamment. Autre sujet d’étonnement : il a fallu attendre 2009 pour recueillir ces témoignages. Reste à espérer d’autres monographies tant vaste est le champ à combler. En définitive, le déficit de mémoire favorise d’abord le révisionnisme historique dont l’actualité continue de nous transmettre ses échos.
Quant au “désenchantement”, rappelons que les années 1970 ont été marquées par la montée des conservatismes idéologiques en Europe et aux États-Unis, et les réorientations des intellectuels qui avaient soutenu le combat anti-colonial.
L’historien Claude Liauzu parle de “disparition d’une opposition intérieure à l’impérialisme”, à  partir de 1975 en France. Ce livre se veut un  simple récit journaliste.Il est utile, car il nous livre le regard de l’autre, celui de l’étranger toujours “étrange”.

C. B.

* Algérie, les années pieds-rouges, Des rêves de l’indépendance au désenchantement de Catherine Simon, éditions La Découverte, Paris 2009

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=131266
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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 17:25

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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 17:19
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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 16:58
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 21:03

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Article de l'Unità, du 3 juillet 1949 – jour de la mort de Georgi Dimitrov

 

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

La vie légendaire de Georgi Dimitrov

 

Une enfance difficile

 

Le camarade Georgi Dimitrov, naquit le 18 juin 1882 dans le village de Kovatchevizi, dans le district de Radomir. Dès son plus jeune âge, Georgi Dimitrov connut les privations, la dure vie d'ouvrier et de révolutionnaire. La situation malhereuse de la Bulgarie et des travailleurs avait de graves répercussions sur sa famille. A dix ans, le jeune Georgi dût déjà prendre en charge toute sa famille, et se vit contraint à abandonner l'école pour gagner sa vie, ainsi que celle de sa famille.

 

C'est ainsi qu'il a commencé sa vie d'ouvrier. A l'imprimerie où il est entré, on le forma au métier de typographe, métier qui satisfasait sa passion pour les livres. A quinze ans Dimitrov était déjà un militant actif du syndicat des typographes de Sofia.

 

A dix-huit ans Dimitrov fut élu secrétaire du syndicat des typographes. A vingt ans, en 1902, il devint membre du parti social-démocrate bulgare.

 

Les luttes politiques de la jeunesse et de la maturité

 

Bien qu'elle ait commencé plus tôt, la lutte entre les réformistes et les révolutionnaires, entre les socialistes de gauche (Tesniatzi) et les socialistes de droite (Chirocki) s'intensifia à ce moment précis. Dimitrov prit résolument position pour la gauche, dont Blagoev était alors le dirigeant. Après la scission du Parti social-démocrate, Dimitrov devint secrétaire de l'organisation des socialistes de gauche de Sofia. A partir de 1909 il fit partie du Parti des socialistes d'extrême-gauche, ainsi que de son Comité Central dont il fut – sans interruption – un de ses membres les plus compétents.

 

A partir de ce moment, il se révéla être un grand dirigeant de la classe ouvrière et un animateur de l'unité internationale du mouvement ouvrier.

 

En 1913, Dimitrov fut élu député. Lui, qui avait alors trente ans, n'était pas seulement un des plus jeunes députés, mais aussi le premier ouvrier à être parlementaire en Europe du Sud-Est. En 1919, le Parti des socialistes prit la décision de se transformer en Parti Communiste. Dimitrov fut invité, aux côtés de Kolarov et de Kabatchiev, au Second Congrès du Komintern. Il tenta de rejoindre la Russie en bateau, via la Mer Noire, mais une tempête dirigea le bateau vers les eaux roumaines où Kolarov et Dimitrov furent arrêtés par la gendarmerie. Indignés, les ouvriers bulgares et roumains protestèrent, et Dimitrov fut libéré, bien qu'il dût renoncer à participer au second congrès du Komintern.

 

Vers la fin de 1920, Dimitrov fit de nombreux voyages, il vint aussi en Italie et se rendit en Russie pour prendre part au troisième congrès du Komintern.

 

En 1923, le fascisme en Bulgarie déclencha une campagne sanguinaire de répression contre les forces populaires.

 

Le 9 juin 1923, la réaction qui avait trouvé dans la monarchie un soutien renversa le gouvernement constitutionnel de Stamboliiscki, fit assassiner le leader de l'Union paysanne et instaura une dictature fasciste qui plongea le pays dans vingt ans de Terreur. Trois mois plus tard, les ouvriers et les paysans tentèrent de mettre fin à la dictature fasciste. Dimitrov et Kolarov étaient à la tête de l'insurrection. Mais la réaction fasciste eut recours à toutes sortes de provocations et réussit à mater l'insurrection. Dimitrov dut se réfugier à l'étranger, à Berlin et à Vienne. Il commença pendant ses années sa période d'émigration politique. Il travailla la plupart du temps tantôt à Vienne tantôt à Berlin devenant un des organisateurs de la lutte internationale contre les fascistes. Très tort, il se révèla comme un grand militant international.

 

Le gouvernement bulgare le condamna deux fois à mort par contumace: la première fois en 1923, quelques mois après l'insurrection de septembre et la seconde en 1928 au cours du procès organisé par les fascistes bulgares contre les dirigeants du Parti Communiste.

 

Accusé/accusateur à Lepizig

 

Pendant les années d'émigration de Dimitrov, l'Europe connut des jours difficiles. Le fascisme jouissait d'appuis puissants, au niveau international. Le 27 février 1933, cinq jours avant le jour fixé pour les élections législatives en Allemagne, un incendie évidemment intentionnel détruisit le Reichstag, le siège du parlement allemand. Au cours de la nuit la police allemande, la radio et les journaux reprennent le mot d'ordre de Hitler: « C'est un signe de Dieu: maintenant arrêtons les communistes! ». Il s'agit de la plus gigantesque provocation de toute l'histoire du mouvement ouvrier, les communistes ne devaient pas vaincre. Le 9 mars, Dimitrov est arrêté et le nazisme décide de l'accuser de l'incendie.

 

Déjà au premier jour où se tient ce procès extraordinaire mis en scène par Goering et Goebbels, Dimitrov prit le rôle de l'accusateur. Le fils d'ouvrier bulgare démonte un par un tous les mensonges des spécialistes fascistes, ridiculise tous les faux témoins, coupe la parole, transforme le procès contre le bolchevisme en un terrible acte d'accusation contre les provocateurs et les terroristes nazis, contre la réaction allemande. Même Goering, qui vient au tribunal faire sa fausse déposition, est démasqué. Dimitrov réussit, bien qu'isolé du reste du monde et laissé complètement à l'écart du développement de la situation, à reconstituer les dessous de l'attentat, à prouver son innocence ainsi que la culpabilité des fascistes. La cour allemande fut obligéede le relâcher et de reconnaître son innoncence.

 

A la tête du Komintern

 

La liberté retrouvée, Dimitrov partit pour Moscou, où en 1935 il fut élu secrétaire général du Comité exéuctif de l'internationale communiste, place à laquelle il resta jusqu'au mois de mai 1943, époque à laquelle l'Internationale Communiste décide de se dissoudre. Ces années de la vie de Dimitrov furent occupées par l'organisation de la lutte contre le fascisme, par la formation de fronts populaires anti-fascistes.

 

Dès les premiers jours de la création de l'Etat Soviétique, Dimitrov fut un partisan décidé de la collaboration des peuples avec l'Union Soviétique, l'ennemi le plus résolu du fascisme. Déjà en 1935 il affirmait: « la pierre de touche de la sincérité et de la probité de tout militant ouvrier, au sein de n'importe quel parti et n'importe quel organisation de travailleurs, de tout démocrate est son attitude vis-à-vis du grand pays du socialisme ».

 

La bataille pour la démocratie populaire

 

Dimitrov est le fondateur du Front Patriotique bulgare qui montra à la Bulgarie la voie du salut, qui la sortit du désastre. Il a été l'âme de la lutte populaire bulgare contre le fascisme.

 

Décoré en 1945 de l'Ordre de Lénine en récompense de ses grands mérites dans la lutte contre le fascisme, Dimitrov retourna dans son pays en tant que guide des forces populaires bulgares.

 

Défenseur vigilant de la pureté du Parti, défenseur infatigable de l'amitié envers le pays du socialisme, le vieux typographe de Sofia, le tenace dirigeant du Parti ouvrier bulgare, était depuis quelques mois gravement malade, hospitalisé dans une clinique Soviétique, d'où il avait envoyé au parti et au peuple de Bulgarie, à l'occasion du 10 mai, des messages d'encouragement et d'incitation à poursuivre la lutte pour la consruction du socialisme et de la paix.
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