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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 10:54

1477983_3_228a_alfredo-castro-dans-le-film-chilien-de-pablo.jpgUne forte tradition sociale, militante et politique marque le cinéma d'Amérique latine. Ce qu'il y a de nouveau, et de particulièrement séduisant, avec la jeune génération, c'est sa capacité à transfigurer ce rude matériau en fiction. Après l'excellent Carancho, de l'Argentin Pablo Trapero, sorti en France voici deux semaines, on découvre aujourd'hui, non sans stupeur, le nouveau film de l'étoile montante du cinéma chilien, Pablo Larrain. A 35 ans, il signe avec Santiago 73, post mortem son troisième long-métrage, après avoir été révélé en 2008 par Tony Manero, portrait halluciné d'un fan de John Travolta qui devient tueur en série sous le régime de Pinochet.

Santiago 73 est donc le deuxième volet d'une trilogie consacrée aux années noires de la dictature chilienne, sujet encore largement tabou dans un pays où les divisions et les haines sont toujours vivaces. Le film se déroule dans un laps de temps assez court, entourant le coup d'Etat mené, le 11 septembre 1973, par le général Augusto Pinochet contre le gouvernement démocratiquement élu du socialiste Salvador Allende, qui se suicide dans le palais assiégé de la Moneda. Mais ces événements tragiques, qui constituent pourtant le coeur du film, ne sont quasiment pas montrés dans Santiago 73.

L'Histoire est délibérément vue par le petit bout de la lorgnette, à travers l'étrange relation sentimentale que vivent deux personnages ordinaires. Mario est un quadragénaire solitaire et morose, petit fonctionnaire à l'institut médico-légal de Santiago du Chili, où il retranscrit les rapports d'autopsie. Nancy, la voisine de la maison d'en face, est une effeuilleuse de cabaret à moitié hystérique, vivant chez ses parents et refusant d'admettre qu'elle a atteint la limite d'âge. Mario est fou de Nancy. Il l'observe chaque jour par la fenêtre, assiste à tous ses spectacles, se revendique comme son protecteur alors qu'elle ne soupçonne même pas son existence.

Une brève aventure les réunit, à laquelle le coup d'Etat coupe court brutalement. Un matin, au réveil, Mario trouve la maison de Nancy, où avaient l'habitude de se réunir des militants communistes, saccagée et désertée. Tandis qu'à la morgue, investie par les putschistes, les cadavres affluent, Mario recherche éperdument sa dulcinée. Il la trouvera finalement cachée chez elle, en compagnie d'un bel amant communiste. La suite, qu'on taira, est ignoble et donne lieu à l'une des séquences finales les plus violentes, sans l'ombre d'une brutalité effective, de l'histoire du cinéma.

Ce paradoxe est une bonne indication de l'enjeu du film, qui est celui de la conscience morale. Comment sombre-t-on dans l'abjection fasciste : telle est la seule question que se pose et que nous pose Santiago 73 à travers le personnage grisâtre de Mario, être fondamentalement immobile dans une réalité en mouvement, d'autant plus docile à la monstruosité de l'Histoire.

La vertu du film est de suggérer cette réponse non par la dissertation philosophique et le débat d'idées, mais par la mise en scène d'un climat et la trajectoire lacunaire, dérisoire, accablante, d'un anonyme. Pablo Larrain prend à cet égard tous les risques : couleurs désaturées (impression fantasmagorique), cadres fixes et fragmentés (inscription problématique des personnages dans l'espace et l'Histoire), acteurs hiératiques (Alfredo Castro et Antonia Zegers, bizarres et magnifiques oiseaux de l'Apocalypse), morceaux de bravoure (l'insoutenable dissection de Salvador Allende), paradoxes temporels (le cadavre de Nancy, montré dès le début du film).

L'ensemble, sur lequel planent les ombres de Kafka et de Franju, évoque l'univers des limbes, hanté par les spectres, où tout est en quelque sorte déjà joué, a déjà eu lieu. Manière élégante de signifier que le film ne prétend pas reconstituer une réalité historique, ne fait même pas semblant d'y être, mais se situe bel et bien après le désastre, du côté et du point de vue des morts, en quête comme eux d'une hypothétique rédemption.

Ce parti pris esthétique, à bien y réfléchir le seul honnête et le plus pertinent, fait penser au récent Vincere, de Marco Bellocchio, l'enfant terrible du cinéma italien, qui prenait pareillement le fascisme en oblique, par la tangente du couple et de l'aliénation passionnelle. Moins opératique que son glorieux aîné, Santiago 73, post mortem, de Pablo Larrain, est lui aussi le film d'un fils qui demande des comptes à ses pères.

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 18:32

poster_81793.jpgUn ancien militant devenu avocat voit ressurgir les années de traque et la machine à broyer du FBI.

Marée noire, d’ Attica Locke, Série noire, Gallimard, 450 pages, 21 euros.  

Les bandes publicitaires, où un auteur consacré, ici James Ellroy, proclame que le livre est un chef-d’œuvre digne de Connelly, de Lehane, d’… Ellroy, finiront par me dissuader de consacrer une ligne aux ouvrages concernés ! Dans le cas de Marée noire, ça aurait été dommage tant le livre d’Attica Locke, prénommée ainsi en référence aux émeutes de la prison de l’État de New York en 1974, se révèle passionnant. Jay Porter est un modeste avocat noir dont le bureau et les clients ne respirent pas la prospérité. Mais pour un ancien militant des Panthères noires, qui a connu la prison, l’avenir est forcément moins sombre que le passé. Jusqu’au jour où il sauve une femme de la noyade.

Mêlé malgré lui à une affaire complexe dont les ramifications touchent aux plus hautes sphères du pouvoir, dans une ville, Houston, dont la prospérité économique fondée sur le pétrole est partout donnée en exemple, Jay voit le passé faire irruption dans sa vie. Comment croire que police et FBI, qui ont manqué de peu de le broyer quelques années plus tôt, lui feront le moindre cadeau ? Comment échapper à ses responsabilités devant les attentes de la communauté noire et les pressions des anciens camarades restés attachés à une cause perdue ? Si l’intrigue de Marée noire est très habilement construite, si les rebondissements entretiennent jusqu’au bout un suspense angoissant, ce qui constitue la grande force du roman c’est sa relation avec l’histoire. Une histoire récente, celle des années de la radicalisation noire, des Panthères noires, d’Angela Davis et du programme secret destructeur mis au point par J. Edgar Hoover et le FBI sous le nom de code de CointelPro.

Attica Locke, fille d’anciens militants, sait de quoi elle parle. Et au-delà des faits eux-mêmes, son moindre talent n’est pas de mettre à nu les terribles ravages d’une époque dévastatrice. Ceux qui sont morts assassinés par le pouvoir, ceux qui ont délibérément tourné le dos à leurs idéaux de jeunesse ne se posent plus de questions. Mais chez les autres, comment survivre après l’échec, la prison, la mise à l’index ? Comment échapper au désenchantement et à la dépression dans un État submergé par l’argent du pétrole où les Noirs peuvent avoir l’illusion que les miettes de l’abondance pourraient remplacer la liberté et la dignité? Un grand livre, certes !

Roger Martin

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 18:34
1-459198-5720995.jpg"Un autre regard sur la Russie" par Alexandre Latsa

La Russie vient la semaine dernière de célébrer un anniversaire peu banal. En effet, le vendredi 19 août 2011 était le 20ème anniversaire du putsch de Moscou. Cet évènement anodin pour beaucoup de Français, surtout pour les jeunes, a pourtant eu une importance capitale. Non seulement l’échec du putsch a scellé le destin de l'URSS mais il a aussi également accéléré  l’apparition de la nouvelle Russie.

L'URSS connaissait depuis 1985 et l'élection du président Gorbatchev des réformes assez radicales, qui devaient transformer l'Union soviétique. Ces réformes, plus connues sous le nom de Perestroïka, ne suscitaient pas l’adhésion d’une aile dure et conservatrice au sein de la société et notamment au sein du puissant parti communiste. En outre, les agitations nationalistes dans diverses républiques soviétiques faisaient craindre à cette même aile conservatrice des velléités d'indépendance dans ces républiques, qui auraient fatalement porté atteinte à l'intégrité territoriale et politique de l'Union Soviétique.

Le 19 août 1991, ils décidèrent donc de démettre de force le président Gorbatchev en organisant un putsch militaire, notamment pour empêcher la signature d’un traité qui annonçait à leurs yeux la fin imminente de l’URSS. Le putsch était coordonné notamment par le responsable du KGB Vladimir Krioutchkov, le ministre des Affaires intérieures (MVD) Boris Pougo et le ministre de la Défense Dimitri Iazov. Ce fameux 19 août, des blindés envahissent la capitale russe et Guennadi Ianaïev est nommé président par intérim. Le soir même, le président français François Mitterrand donne une interview  dans laquelle il reconnait un peu rapidement et à mi-mots la réussite du coup d’état et le nouveau pouvoir Soviétique. Mais en Russie Boris Eltsine (alors président du soviet suprême, l’équivalent du parlement de l’URSS) devint, un peu malgré lui, le symbole de la résistance à ce Putsch.
Finalement la tentative de coup d’état n’a duré que trois jours, les heurts entre manifestants et militaires ont fait trois morts, ce qui est finalement très peu. Moscou a frôlé une catastrophe. Aux yeux de la population, Boris Eltsine est devenu l’homme fort et providentiel du pays. Moins de six mois plus tard, en décembre, les Ukrainiens votent pour leur indépendance, immédiatement reconnue par la Russie. L’URSS est dissoute de facto, remplacée par la CEI et Boris Eltsine devient le 25 décembre 1991 le premier président de la jeune et démocratique fédération de Russie, après la démission de Michael Gorbatchev. Une page de l’histoire est tournée.

La disparition de l’URSS survint en décembre 1991 alors que pourtant le 17 mars de la même année, un  référendum avait été organisé pour savoir si les peuples soviétiques voulaient maintenir l’Union en tant qu’entité. Le “oui“ s’était imposé à 76%, malgré le boycott des états baltes, de la Moldavie, la Géorgie et l’Arménie. Les scores d’adhésion les plus élevés furent atteint en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, en Biélorussie et au Kirghizstan. Sans surprise, la Biélorussie et le Kazakhstan sont aujourd’hui déjà membres de l’union douanière avec la Russie, alors que le Kirghizstan prépare actuellement son adhésion. Le cas de l’Ukraine est intéressant puisque si 70% des votants soutinrent le maintien de l’URSS en mars 1991, ils furent 90% à voter pour l’indépendance du pays le 1er décembre 1991. Ce total basculement des votes ne peut que faire penser au basculement électoral que le pays a connu en soutenant majoritairement un président ouest-orienté en 2005, pour ne lui attribuer que 5% des voix 5 ans plus tard et réélire un président est-orienté. Le pays semble encore aujourd’hui toujours chercher sa voie et sa place entre l’Europe de l’ouest et la Russie et se montre du reste très frileux face au projet d’union douanière avec la Russie.
En Russie, les opinions restent partagées, à propos de ce brusque changement de régime et de système, qui s’est produit il y a 20 ans. 58% des Russes interrogés en avril dernier affirment encore regretter la disparition de l’URSS, mais ils étaient 75%  en 2000. Enfin pour 40% des Russes interrogés ces événements ont été tragiques pour le peuple et le pays et seulement 10% les interprètent comme une victoire de la démocratie, bien loin de l’interprétation qui est faite de ces événements à l’ouest. Alors pourquoi ces sentiments contrastés puisque la Russie a surmonté les terribles conséquences des deux dernières crises économiques qu’elle a du affronter en 1998 et 2008, que l’état est enfin reconstruit et que les grandes inquiétudes des années 90 ont disparu?

Il est évident que les Russes, malgré le redressement rapide du pays, ont une forme de nostalgie de l’empire soviétique et du statut de grande puissance qui était celui de l’URSS. Cette envie de retrouver une Russie-puissance (un peu comme on parle d’Europe puissance) existe dans le peuple comme dans ses élites. Le manifeste du parti dominant Russie-Unie dans le préambule de son manifeste se définit comme “Le parti du succès de la Russie, le parti du redressement de tout le pays contre des adversaires qui ne lui ont laissé qu’une place humiliante dans le monde contemporain“. Pour beaucoup de Russes, toutes générations confondues, les inégalités inévitablement créées par le capitalisme libéral de type occidental sont un fait nouveau, qui n’existait pas sous l’URSS. Malgré la hausse des revenus en cours, une partie importante de la population (16%) vit encore sous le seuil de pauvreté et se sent laissée pour compte dans ce récent développement économique du pays.
Voilà sans doute le grand défi auquel fait face le pouvoir politique russe actuel: Faire en sorte que le développement économique de la Russie bénéficie à toute la population. Il s’agit  aussi d’empêcher l’émergence de foyers de contestations sociales trop importants, qui pourraient avoir des répercussions sociales et électorales. Le mieux être de toute la population est une condition indispensable pour prétendre au statut de grande puissance, statut auquel la Russie aspire en ce début de 21ème siècle.

 

http://fr.rian.ru/tribune/20110824/190663707.html

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 18:22

couv - giap1 mLes mémoires de combattant sont un genre à part entière. A mi-chemin entre documents d’archives et travail d’historien, elles sont précises sur les victoires et accumulent les excuses pour justifier les échecs; elles sont l’occasion de régler de vieux comptes, de préférence contre des homologues décédés; et elles sont le plus souvent écrites par les vaincus, qui doivent avoir plus de temps à leur disposition que leurs adversaires victorieux. A tout ceci, le texte de Giap est une exception: le glorieux général a vaincu la France puis les USA en 30 ans de campagne: toujours vivant, centenaire cette année, il n’a pas besoin de s’édifier une statue tellement la sienne est évidente. Son texte, publié dans les années 90, surprend par son ton posé, sa modestie, et sa pertinence.

Les Mémoires de Giap concernent seulement la guerre d’Indochine. Giap ne revient pas sur son enfance ni sa formation: il commence son récit en 1946, lors de l’insurrection du 19 Décembre contre toutes les implantations françaises. Ce premier volume décrit ensuite, à peu près dans l’ordre, les différentes phases de la guerre jusqu’en 1950: la durée des sièges initiaux à Hanoi ou Hué; l’ambitieuse campagne lancée par les français à l’automne 47 qui, si elle surprend le Viet-Minh, ne parvient pas à en réduire le sanctuaire; l’initiative passée aux communistes, d’abord par harcèlement des communications françaises puis par attaque des points fortifiés; enfin la préparation d’une grande campagne finale pour 1950, dont on sait qu’elle n’aura pas encore le succès escompté.

La grande qualité du livre tient à l’évolution de la doctrine viet-minh. Giap le rappelle en passant: l’Indochine est première défaite d’une armée moderne par une armée populaire. Les vietnamiens n’ont pas d’exemple sur lesquels s’appuyer et, s’ils compulsent Engels et Clausewitz, il leur faut en fait tout inventer. En face, la France a une longue expérience coloniale pour jouer, à côté des armées, sur les aspects diplomatiques, économiques (pour assécher l’économie de la "zone libre") et politiques. Le viet-minh combine donc endoctrinement politique, pour souder le peuple au-delà des différences régionales, et développement militaire. Après l’insurrection surprise de fin 1946, la guérilla cherche "beaucoup de petites victoires pour en faire une grosse", mais ne se contente pas d’armer les milices villageoises: Giap organise aussi des bataillons mobiles, autonomes, pouvant s’infiltrer et s’embusquer en force chaque semaine à un endroit différent. Quand vient le temps d’attaquer les places fortes françaises, Giap nous rapporte le professionnalisme de son organisation: reproduction grandeur nature des lieux à assaillir, entrainement constant, test d’armes de pénétration pour briser les parois renforcées, enfin retour d’expérience systématique après les premières tentatives d’assaut. Le viet-minh est modeste et pragmatique: il sait qu’il a à apprendre, que le combat est une excellente école, à condition de pouvoir formaliser ce qui fonctionne et corriger ce qui ne marche pas.

Même si cet aspect est ’facile’ a posteriori, Giap montre également comment le viet-minh s’est engagé dans la durée. A le lire, l’insurrection initiale ne visait pas à prendre le contrôle du pays, mais était d’abord une démonstration de la primauté du viet-minh parmi les indépendantistes et de la capacité à battre, même temporairement, la puissance coloniale: une thèse probablement contestable. Toutefois, Giap montre comment formation militaire et industrie d’armement ont été d’emblée pensées pour la durée, et toujours selon une organisation dispersée et ultra-mobile. Le viet-minh organise des écoles de sous-officiers puis d’officiers, Giap ayant vite compris qu’il a là une lacune face aux français. Et il lance, sans autre ressources que ce qui est disponible dans les zones "libres", une industrie d’armement dont le principe est la spécialisation sur quelques armes (mines, grenades, bazooka) et le développement d’armes spécifiques pour détruire blindés et fortins. Faire des fusils, par exemple, n’est pas une priorité: il vaut mieux les récupérer à l’ennemi. Ces choix sont fondamentaux pour la conduite du conflit, et révèle de nouveau la doctrine viet-minh; des petits pas obstinés plutôt que des brusques changements.

Le ton du texte surprendra les lecteurs ayant eu d’autres mémoires en main. Le "je" est singulièrement absent, à part pour quelques anecdotes: les décisions sont impersonnelles, même si on comprend bien que Giap en est la puissance motrice. Ho-Chi-Minh est bien sûr parfait, fin et exemplaire. L’admiration que Giap lui porte est toujours vive est sincère. La direction communiste est toujours unie et il ne transparait qu’exceptionnellement des divergences d’avis (sur des points techniques uniquement), jamais la moindre lutte politique. Et si l’extension de la "zone libre" s’accompagne de répression, tel n’est pas le sujet du livre. Ce texte ne contient aucun règlement de compte, aucune amertume. L’auteur veut laisser un texte fédérateur, pas partisan.

Enfin, le lecteur doit être prévenu que ces Mémoires sont un petit peu ardues pour qui n’est pas (très) familier de la géographie du Viet-Nam. Il y a bien 2 pauvres cartes, mais on y cherchera en vain la plupart des lieux du texte, ou encore une estimation de qui contrôle quoi. Alors que les axes routiers sont essentiels pour comprendre le conflit, que le texte mentionne régulièrement les zones de guerre viet-minh, le texte ne nous en donne aucune carte... Il faut se laisser porter par la narration, contraint et forcé. D’ordres de bataille ou de conséquences chiffrées des engagements, il n’en est guère sinon pour détailler des pertes françaises (mais au niveau tactique: 200 hommes et 50 véhicules dans telle embuscade, etc.), ou, occasionnellement, pour corriger ce qui a été lu chez des historiens ou mémorialistes français. Mais on se rend mal compte de la puissance effective du viet-minh, et encore plus mal des pertes subies lors des campagnes, que ce soit par combat ou à cause des conditions de vie.

Ceci dit, on trouvera peu d’équivalent à ces mémoires: un texte fin écrit par un leader insurrectionnel à la profonde intelligence, racontant le point de vue viet-minh sans abrutir le lecteur d’idéologie. Une œuvre suffisamment singulière pour la recommander.

 

 

http://www.mapiledelivres.org/dotclear/index.php?post/2011/08/15/M%C3%A9moires-du-g%C3%A9n%C3%A9ral-Giap-1946-1945%2C-tome-1%3A-la-r%C3%A9sistance-enclercl%C3%A9e2

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 18:07

2006_08_10969229_giap-chavez.jpg« C’est par l’énumération de vos victoires que j’ai appris la géographie de votre pays… » Sous les applaudissements de l’assistance, le Belge Lucien Outers, alors Ministre de la Coopération, renouait ainsi,  en 1978, les liens entre le Vietnam et la Belgique et portait un toast à un petit homme aux lunettes rondes, à la poitrine couverte de médailles. A cette époque déjà, Vo Nguyen Giap avait sa place dans les livres d’histoire : après s’être battu contre les occupants japonais durant la deuxième guerre mondiale à la tête d’une petite armée de partisans, il avait, en 1954,  infligé une défaite majeure au corps expéditionnaire français qui laissa dans la cuvette de Dien Bien Phu 2200 morts et plus de 11.000 prisonniers. A la tête de l’armée populaire vietnamienne, il affronta ensuite les Américains et, malgré les bombardements des B52, mit en échec la superpuissance, capturant, en 1975, la ville de Da Nang, défendue par plus de 100.000 hommes, prélude à la chute de Saïgon.

Considéré, au même titre que Ho Chi Minh,  comme l’artisan de la libération du Viet Nam, la popularité du général Giap demeure immense et son centenaire a été célébré moins par les instances officielles  que par la population qui lui a spontanément rendu hommage.

C’est que le général Giap, enseignant, journaliste au départ, puis fondateur du parti communiste vietnamien aux côtés de l’ « Oncle Ho » (Ho Chi Minh) n’est pas seulement l’un des meilleurs stratèges du 20eme siècle, qui mit en échec les puissances de l’époque (le Japon, la France puis les Etats Unis), il est demeuré un homme de conviction : intouchable, considéré comme une sorte de statue de Commandeur, il ne s’est pas privé, au cours des dernières années, de mettre en cause les orientations politiques du parti, la corruption,  les concessions au capitalisme. Au nom de la souveraineté nationale et de la défense de l’environnement, il a critiqué, avec virulence, la décision de laisser un groupe chinois prendre le contrôle d’un gisement de bauxite sur les haut plateaux, au centre du pays.

Mis à l’écart du bureau politique du parti communiste dès 1982, le général Giap est demeuré, pour les jeunes générations, le symbole d’un combat nationaliste, le père de l’indépendance.

Malgré les accords de paix, la normalisation des relations et la bannière commune de la francophonie, ses adversaires de l’époque, eux non plus, n’ont pas oublié. Au Rwanda en 1994, les militaires français de l’Opération Turquoise, encerclés à Gikongoro par le Front Patriotique rwandais dirigé par cet autre redoutable stratège qu’est le général Kagame, avaient rebaptisé les collines qui les entouraient : Gabrielle, Huguette, Dominique… Le nom des collines qui entouraient la cuvette de Dien Bien Phu, où le colonialisme français  en Asie subit un échec cinglant…

 

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2011/08/25/le-general-giap-centenaire-et-toujours-present/ 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 12:04

 

À l’occasion du 63e anniversaire de la Libération, entretien avec André Carrel, président de l’Association nationale de la Résistance.

Comment s’est fait votre engagement au sein de la résistance ?

André Carrel. Ma mère était au Parti communiste et a fait partie de la première délégation qui s’est rendue en Union soviétique. Naturellement, après mon bac, j’ai adhéré aux Jeunesses Communistes en 1933 puis au Parti. Lorsque la guerre a éclaté, j’étais journaliste au Peuple, journal de la CGT, tiré à l’époque à 200 000 exemplaires. J’ai été mobilisé dans un régiment hippomobile. J’avais gardé des contacts avec le Mouvement mondial de la jeunesse, dont j’avais été un des dirigeants et j’ai eu la chance de rencontrer par hasard le Dr Victor Laffitte en septembre 1940. J’ai ainsi pu reprendre contact avec les membres du Parti et j’ai intégré l’office spécial pour surveiller les Allemands.

Quelles étaient les actions ?

André Carrel. Je diffusais les tracts et je surveillais les mouvements qui pouvaient s’opérer. Il venait d’y avoir une rafle monstre et de nombreuses arrestations en Seine-et-Marne. J’ai donc été transféré là-bas pour remettre sur pied le Front national. À l’époque la Seine-et-Marne était un point névralgique. C’est là qu’arrivaient les trains d’Allemagne. J’y suis resté un an jusqu’au jour de l’arrestation par les Allemands de l’écrivain Streber. On m’a nommé à sa place pour représenter le Front national au Comité parisien de la Libération (CPL).

Quelle était la fonction du Front national ?

André Carrel. Le Front national a été constitué grâce à l’action d’André Tollet, son président. Ce dernier a également réussi à réunir les représentants de la plupart des organisations de résistance clandestines à Paris. Il y avait les républicains avec Léo Hamon, les gaullistes avec Mme Lefaucheux, dont le mari avait été déporté, Albert Rigal pour le PCF, Tollet pour les syndicats et moi pour le Front national. Il a ainsi monté le CPL en accord avec le Conseil national de la Résistance (CNR). La première réunion a eu lieu en 1943 dans un appartement, au-dessus duquel habitait Céline ! Nous avons eu beaucoup de discussions mais nous avons pu maintenir le CPL jusqu’au déclenchement de l’insurrection de la région parisienne. Pour ma part, j’avais comme charge essentielle les questions militaires ainsi que les liaisons avec les FFI, les FTP et le CNR.

De quoi étiez-vous chargé pendant ce mois d’août 1944 ?

André Carrel. Le bureau du CPL m’avait confié une mission très compliquée : transformer la police parisienne en police patriotique. Après toutes les arrestations qu’ils avaient faites, vous imaginez les difficultés ! Pour déclencher la grève générale de la police, il a fallu prendre contact avec des colonels de la gendarmerie et de la police. Nous avons pu transformer cette masse qui, jusque-là, avait comme seul objectif d’arrêter les patriotes et de les mettre dans les mains de la gestapo. Il ne faut pas oublier qu’en août 1944, les départs de déportés de la région parisienne continuaient. La grève a eu plus de succès dans les branches les plus « ouvrières » de la police. Puis elle s’est généralisée lorsque les Allemands ont volé des armes à des commissaires de police en Seine-Saint-Denis.

Ce mouvement s’est aussi cristallisé dans la manifestation du 14 juillet 1944 dont les flics n’ont pas empêché la tenue. Cet événement montrait à quel point la population était prête mentalement pour une insurrection. D’autant plus que le 6 juin 1944, il y avait eu le débarquement des alliées en Normandie et que de Gaulle était à Bayeux.

Concernant la mise en place de l’insurrection, quelles étaient les consignes ?

André Carrel. Le CPL a lancé un appel à toutes les entreprises de la région parisienne afin de créer des milices patriotiques pour neutraliser les Allemands. Nous avons eu de nombreuses discussions avec Rol-Tanguy pour savoir si nous étions prêts à lancer le mot d’ordre de l’insurrection. En tant que dirigeant des FFI, il était d’accord. Je me suis ensuite rendu avec Tollet à la réunion du CNR où unanimement le CPL et le CNR ont déclenché l’insurrection. À peine avait-on fini d’écrire l’appel, qu’on entendait déjà des coups de feu dans les rues. La reprise des mairies a été un événement considérable. Il y avait un double mouvement : mettre les Allemands à la porte et revenir sur Vichy.

Où étiez-vous le jour de l’insurrection ?

André Carrel. La direction du Front national, du Parti communiste et des FTP étions retranchés à Montfermeil. Nous avions décidé de ne pas prendre les zones officielles pour éviter la répression allemande. Sauf que Léo Hamon et quelques autres ont décidé de prendre l’Hôtel de Ville. Lorsqu’il est entré, d’autres s’y étaient déjà infiltrés. Il nous a appelés et nous sommes rentrés à quatre pattes avec Tollet dans l’Hôtel de Ville. Nous nous sommes installés là. Nous avons mis en place une série d’opérations pour garder des liens avec les mairies reprises, les policiers et les groupes de résistance. Les avant-gardes de l’armée Leclerc sont arrivées. J’ai accueilli le capitaine Dronne. L’insurrection a été ainsi dirigée depuis l’Hôtel de Ville. Cet élan national, exceptionnel, doit être raconté, en particulier aux jeunes générations. Il est essentiel de leur expliquer ce qu’a été la Résistance car elle fait partie de leur histoire et de l’histoire de France.

 

Au cœur de la Libération de Paris, André Carrel, Éditions sociales, 1994.

Entretien réalisé par Ixchel Delaporte

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 15:48

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Il y a 66 ans - le 6 août 1945 - les Etats-Unis lancent sur Hiroshima (300.000 habitants) une bombe à fission d’uranium (bombe A) d'une puissance explosive de 15 kT de TNT. [1]

 

Il ne subsiste aucune trace des habitants situés à moins de 500 mètres du lieu de l'explosion. De 70.000 à 80.000 personnes sont tuées instantanément et, par la suite, plus 200.000 personnes mourront des effets de l'irradiation ou de leurs brûlures.

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Trois jours après, Nagasaki (240.000 habitants) est la cible d'une seconde bombe. Il s’agit, cette fois, d’une bombe A à fission de plutonium, d’une puissance de 22 kT de TNT. On estime le nombre de morts immédiats à 40.000 et au moins autant les années suivantes.

 

Les autorités américaines ont toujours prétendu qu'elles avaient eu recours à l'arme nucléaire afin d'obtenir la capitulation rapide du Japon tout en évitant de lourdes pertes américaines.

 

Mais, Patrick Blackett - physicien britannique, prix Nobel de physique 1948 - a très tôt contesté cette version. Pour lui, la bombe sur Hiroshima « ne fut pas tant la dernière opération de la Seconde guerre mondiale que la première opération de la guerre froide, diplomatique, contre la Russie ».

 

C'est également la thèse d'un autre britannique, l'historien Eric Hobsbawn, qui écrit : « Les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 n'étaient pas indispensables à la victoire, alors acquise : c'était un moyen de sauver la vie de soldats américains. Mais peut-être l'idée qu'elle empêcherait l'URSS, alliée des Etats-Unis, de revendiquer un rôle de premier plan dans la défaite du Japon n'était-elle pas non plus étrangère à la décision prise par les responsables américains ». [2]

 

Quant au philosophe italien Domenico Losurdo, il ne doute pas que « l'arme atomique visait en réalité l'Union soviétique, le seul pays désormais capable de contester le programme explicitement énoncé par Truman lors d'une réunion du cabinet du 7 septembre 1945 : faire des Etats-Unis le gendarme et le shérif du monde ». [3]

 

JPD

 

[1] Selon le journaliste américain Adam Hoschschild, 80% de l’uranium dans les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki fut extrait dans le Congo par des travaux forcés (Les fantômes du roi Léopold : La terreur coloniale dans l'Etat du Congo, 1884-1908, Ed. Tallandier, 2007). Une horreur en rejoint une autre !

 

[2] Eric Hobsbawn, L'âge des extrêmes : le court vingtième siècle 1914-1991, Ed. Complexe, 2003.

 

[3] Domenico Losurdo, Fuir l'histoire ?, Ed. Delga, 2007.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 20:50

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cliquez sur l'image

ll reste que je ne suis qu'un homme, mais plusieurs vous diront quel homme j'ai été. J'ai toujours lutté pour le peuple et les droits de celui-ci de se gouverner lui-même, j'en ai frôlé la mort plus d'une fois et j'ai même dû me sauver de chez moi pour de longues années. Mais toujours j'ai écrit et aimé la vie. Mon oeuvre a fait le tour du monde et je suis devenu un symbole pour une jeunesse pleine de vie. Les élèves aimeront mon Chant général où je tente de faire sentir toute la beauté du monde. J'aime la vie et le monde. J'ai été heureux dans ma lutte incessante. Notez cher lecteur qu'un film fut fait sur mes relations avec un postier lors de mon exil en Italie, un film merveilleux de tendresse mettant en vedette Philippe Noiret: Il Postino

    Pablo Neruda


D'origine modeste, Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Neftali Reyes Basoalto, est né le 12 juillet 1904 à Parral, au Chili. Son enfance, très proche de la nature, a pour cadre Temuco, petite ville de l'Araucanie. Dès l'adolescence, et pendant ses études dans la capitale Santiago, il écrit avec avidité. Depuis 1923, date de Crépusculaire (Crepusculario), les oeuvres se succèdent au long d'une vie marquée par les voyages, l'errance, l'exil: «Ainsi toute ma vie, je suis allé, venu, changeant de vêtements et de planète.»

À partir de 1927, Pablo Neruda occupe plusieurs postes consulaires: Rangoon, Colombo, Batavia, Buenos Aires.

En 1935, il est à à Madrid, la veille de la guerre civil.

En 1940, après un séjour au Chili, Neruda est nommé, consul général au Mexique. La peinture des grands muralistes, Orozco, Rivera, Siqueiros, n'est pas sans influence sur Le Chant général (Canto general) qu'il compose alors.

En 1945, le poète est élu sénateur des provinces minières du nord du Chili; la même année, il adhère au Parti communiste mais les persécutions du président de la République, Gabriel González Videla, l'obligent à fuir son pays. À nouveau, les voyages se multiplient aux quatre coins du monde.

En 1950, Neruda obtient le prix Staline de la paix.

En 1970, il est nommé ambassadeur du Chili, sous le gouvernement socialiste du président Allende

Le 21 octobre 1971, il reçoit la consécration du prix Nobel de littérature. Dans le discours qu'il prononce à Stockholm, le poète évoque avec tendresse les frères inconnus qui l'aidèrent à franchir les Andes alors que sa tête était mise à prix dans son propre pays (1949). Réaffirmant « qu'il n'y a pas de solitude inexpugnable et que le poète n'est pas «un petit dieu», Neruda se rallie à la prophétie de Rimbaud: «À l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes», en laquelle il voit la proclamation d'un avenir certain.

En 1972, il prononce devant le Pen Club International un discours dénonçant le blocus américain contre le Chili. Géographie infructueuse (Geografía infructuosa, 1972) paraît en mai à Buenos Aires: pressentant sa proche agonie, le poète s'interroge sur sa vie et sur son oeuvre poétique. Renonçant à son poste, il quitte la France le 20 novembre 1972 et rentre au Chili avec Mathilde Urrutia. Son peuple l'accueille triomphalement à Santiago. Ses oeuvres, au fil des ans, n'ont pas cessé de voir le jour, tout imprégnées des péripéties d'une vie tumultueuse et généreuse: «Je déclare ici que personne n'est passé près de moi qui ne m'ait partagé. J'ai brassé jusqu'au coude et re-brassé dans une adversité qui n'était pas faite pour moi dans le malheur des autres.»

En 1973, Neruda participe à la campagne pour les élections de mars en écrivant Incitation au nixonicide et éloge de la révolution chilienne (Incitación al nixonicidio y alabanza de la revolución chilena, 1973); tout en chantant l'Océan et Quevedo, il fustige dans de courts pamphlets les «politicards» et les «larrons». Le 11 septembre, un putsch militaire renverse le gouvernement de l'Unité populaire. Allende est assassiné à la Moneda.

Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda meurt à Santiago. Ses obsèques se déroulent en présence de l'armée: des chants jaillissent de la foule, témoignant, par-delà la mort, du pouvoir subversif de la poésie.

Bibliographie

Electre et Gallimard (Archives)
Influence de la France et de l'Espagne sur la littérature 1997 Caractères
Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée 1998 Gallimard
Né pour naître 1996/1996 Gallimard
La centaine d'amour 1995 Gallimard
J'avoue que j'ai vécu 1997 Gallimard
Les vers du capitaine 1984 Gallimard
Chant Général 1984 Gallimard
La rose détachée et autres poèmes 1982 Gallimard
Les premiers livres 1982 Gallimard
Les premiers livres (vers et proses) 1979 Gallimard
Splendeur et mort de Joaquim Murieta 1978 Gallimard
Mémorial de l'île noire 1977 Gallimard
Odes élémentaires 1974 Gallimard
L'épée de flammes 1973 Gallimard
Incitation au nixonicide et Éloge de la révolution chilienne, 1973 adaptation de Marc Delouze (Éditeurs français réunis).
Résidence sur la terre 1972 Gallimard
Les pierres du ciel, 1972 Gallimard
Les pierres du Chili 1972 Gallimardv Vaguedivague 1971 Gallima
L'Espagne au coeur 1938 Denoël

Extrait de la chronologie d'Europe (1974) établi par Jorge Sanhuesa et publié dans le numéro: Ecrivainsde langue espagnole, de mars-avril 1964.

«La terreur sanglante s'abat sur le Chili, tandis que les partis de gauche, la Centrale syndicale, le Congrès et les autres institutions constitutionnelles sont dissous, les universités militarisées, et les partis de droite eux-mêmes, suspendus. Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda qui, depuis le 11, était en résidence surveillée et dont les maisons de Santiago et d'Isla Negra, avaient été plusieurs fois perquisitionnées et saccagées, meurt, dans sa soixante-dixième année. Officiellement d'un cancer.»


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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 20:28

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Honneur aux fusillés du Mont Valérien, Sylvaine Galéa, valentonnaise, porte le drapeau de l' Association des Familles de Fusillés et Massacrés de la Résistance Française et de leurs Amis .    

Sylvaine est également conseillère municipale communiste  de sa ville.

Une vingtaine de militants du PCF ont débaptisé samedi une place Louis Renault à Rueil-Malmaison pour s'opposer à la tentative de réhabilitation du constructeur automobile. Les militants ont apposé sur le panneau une affiche "Place des salariés de Renault fusillés par l'occupant 1940-1944".

"Louis Renault est le nom d'un collaborateur notoire qui a fait travailler ses usines pour l'occupant allemand alors que, dans le même temps, des ouvriers de Renault ont résisté et ont été fusillés au mont Valérien", a dit Marc Becquey, conseiller municipal communiste, qui a demandé en conseil municipal que la place soit débaptisée, sans succès.

"C'est une action symbolique mais il ne faut surtout pas laisser réécrire l'Histoire", a renchéri Roger Silvain, 79 ans, dont 42 passés dans les usines de Boulogne-Billancourt où il a dirigé le syndicat CGT.

Les militants entendaient protester contre la décision des petits-enfants de Louis Renault d'attaquer l'Etat en justice pour contester la nationalisation-sanction de Renault en 1945 et obtenir réparation, nouvelle étape dans une campagne de réhabilitation de l'industriel accusé de collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale.

Leur avocat, Me Thierry Lévy, a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), considérant que l'ordonnance de confiscation "est contraire aux principes fondamentaux du droit de la propriété".

"C'est une tentative de négation de l'histoire. Louis Renault est un symbole de la collaboration industrielle", a dit Annie Lacroix-Riz, historienne spécialiste de la collaboration économique, présente sur place.

 

http://www.leprogres.fr/economie/2011/06/04/rueil-malmaison-le-pcf-debaptise-la-place-louis-renault

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 09:49

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JOHANNESBURG — "Un colosse" du combat anti-apartheid, un "trésor" national, "la sage-femme" de la démocratie: l'Afrique du Sud rendait vendredi un hommage ému à Albertina Sisulu, camarade de lutte et amie proche de Nelson Mandela, décédée la veille à l'âge de 92 ans.

Proches et personnalités politiques ont défilé toute la matinée dans le quartier de Linden, à Johannesburg, où "Mama Sisulu" s'est éteinte jeudi soir en regardant les informations télévisées avec deux de ses petits-enfants.

"L'Afrique du Sud restera éternellement reconnaissante et endettée envers ce pilier de la libération", a estimé le président Jacob Zuma, en saluant l'"un des derniers colosses" de la lutte contre le régime ségrégationniste.

Albertina Sisulu a été pendant des décennies "une force centrale pour l'ensemble du mouvement de libération, dont elle a élevé, conseillé, materné et éduqué la plupart des leaders", a-t-il souligné.

Cette femme modeste mais déterminée, infirmière de profession, était entrée en politique après avoir épousé en 1944 Walter Sisulu, un grand complice de Nelson Mandela, né comme elle en 1918, qui fut témoin au mariage.

Avec Oliver Tambo, les deux hommes ont transformé dans les années 40 le Congrès national africain (ANC) en organisation militante, capable d'organiser des manifestations de masse contre les lois d'apartheid. Un peu plus tard, ils l'ont doté d'un bras armé.

De son côté, Albertina Sisulu avait rejoint en 1948 la ligue des femmes de l'ANC.

Quand son mari fut condamné à perpétuité et expédié sur l'île-bagne de Robben Island avec Nelson Mandela, en 1964, elle "a rempli le vide laissé par l'emprisonnement et l'exil forcé des leaders" de la lutte, a rappelé l'ANC dans un communiqué.

"Elle ne nous a pas seulement donné une direction politique, mais elle a également servi de figure maternelle à tous les militants", a ajouté le parti au pouvoir depuis les premières élections multiraciales de 1994.

De tous les combats, elle fut arrêtée à plusieurs reprises, assignée à résidence, bannie hors de Johannesburg. Certains des cinq enfants du couple furent également emprisonnés par le régime raciste.

Mais contrairement à Winnie Mandela, l'épouse de Nelson également opprimée par les autorités d'apartheid, Albertina Sisulu n'a jamais versé dans la violence.

Aux discours enflammées, elle préférait la pédagogie. "Pendant un combat, si les gens ne savent pas pourquoi ils se battent, ça ne sert à rien", avait-elle expliqué plus tard.

Lors du scrutin de 1994, qui a porté Nelson Mandela à la présidence, le couple Sisulu était entré au Parlement. Albertina avait pris sa retraite quatre ans plus tard. En 2003, son époux décédait.

Toute sa vie, "Mama Sisulu est restée l'humilité personnifiée. Elle a résisté à la tentation de devenir une célébrité en politique", a rappelé le quotidien The Star dans un éditorial.

"Nous mettons nos drapeaux en berne en hommage à la sage-femme de l'Afrique du Sud libérée, d'une vraie mère de la Nation", ajoute l'éditorialiste.

Nelson Mandela, à qui elle avait rendu visite lors de son hospitalisation en janvier pour une infection respiratoire, ne s'était pas encore exprimé vendredi à mi-journée. Après son décès, il reste le dernier survivant des héros anti-apartheid de cette génération.

La Fondation Mandela, qui gère ses oeuvres caritatives, a toutefois rappelé qu'il l'avait un jour décrite comme une personne "sage et merveilleuse". Et de conclure : "l'Afrique du Sud a perdu un trésor."

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