Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

0
parti.jpg 
thumbnail-copie-3.jpeg
4cb23c12e9-copie-1.jpg8071d6d8-f802-11df-a4d8-fa25b9579a36-copie-2.jpg 
Capture-du-2012-05-09-21-11-58.png
0
saint-communiste.jpg
00
0
soviet_propaganda.png

 vps-final.jpg

 

BDS-boycott-produits-israel.jpg

  

Recherche

lp.jpg

Léonard PELTIER 

 

arton1476.jpg

Archives

 free-the-miami-5-logo-colour.jpg

 

 rubon1-54e3a.jpgcuba-si.jpg

 

c.jpg

France  Cuba

cuba-si-3.jpg 

cuba_linda.jpg 

 

 

 

motocollant 2010 small

 

 

Thierry-copie-2.jpgHommage à

Thierry MENGUY

 


index.jpg 

une avocate

au service

du salarié

 

Maître

  Verrier Ouahmane Aicha

 

1 RESIDENCE DU PARC
  94430 Chennevières-sur-marne
 Téléphone : 01.49.62.04.45
 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





Articles Récents

  • POUR LES FEMME D'ESPAGNE EN 2014 La nuit, la Résistance ... reprise d'un texte de 2009 Alain Girard Je hais les coups d’état, je hais la violence aveugle d’hommes de pouvoir quant ils ne sont pas de simples nervis, ceux là sont sans doute les pires. Je...
  • Obsèques d'Henri Alleg
    Sa famille, ses amis, ses camarades lui rendront un hommage fraternel le lundi 29 juillet à 10h30, au crématorium du Père Lachaise, salle de la Coupole. Le même jour, à 16 h, une courte cérémonie d'inhumation aura lieu au cimetière de Palaiseau (Esso...
  • Décès d'Henri Alleg
    Les communistes sont en deuil, les communistes valentonnais bien plus encore. Henri Alleg, Henri l'infatiguable du combat anticolonialiste, de celui pour un Etat palestinien, de celui pour une société à laquelle il donnait un nom: socialiste. Henri, ce...
  • METROPOLES
    METROPOLES Déclaration de l’ANECR Assemblée Nationale Affirmation des métropoles : discuter en 3 jours d’un remodelage profond de la République est un scandale ! Les amendements gouvernementaux adoptés par la commission des lois de l’Assemblée Nationale...
  • Un nouveau club politique prend racine | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr CHAUNY - Le club Nouveau siècle verra le jour en septembre. Ou plutôt son antenne régionale. Une réunion d’information s’est tenue samedi matin. Objectif : réfléchir sur la société actuelle.
  • Il n'y a plus rien Ferré
    merci tovaritchi mais l'"vènement cd'est le rassemblemnt réusii des communistes azinbt quentinnois, aussi fort que Léo www.youtube.com Une œuvre magistrale, qui présente notre temps alors qu'elle le précède. Merci Léo, tu nous a marqué à jamais et ce...
  • Alain Girard shared Le libre service de la...
    Alain Girard shared Le libre service de la solidarité's photo.
  • Le candidat rouge sera Olivier Tournay | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr SAINT-QUENTIN - Le militant Olivier Tournay a profité de la Fête des libertés ce dimanche au stade Bienfait pour annoncer sa candidature aux municipales 2014.
  • Alain Girard shared Sinn Féin shop's photo.
  • Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's...
    Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's photo.

 

Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

Red_Cavalry_Riding.jpg
La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
sainr-just.jpg
   

A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

KM.jpg


3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 21:14

inv-P_Mise-en-page-2.png

inv-P_Mise-en-page-1.png

Repost 0
25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 12:37

01.jpg

 

http://www.au-troisieme-oeil.com/index.php?page=actu&type=skr&news=35628

    " Le 18 août 1950, le député communiste Julien Lahaut était assassiné. Les chercheurs ont fait progresser l’enquête abandonnée par la Justice, mais l’affaire demeure mystérieuse.
   
    Le 18 août 1950, le député communiste Julien Lahaut était abattu par des inconnus sur le seuil de son domicile, à Seraing (Belgique). Un assassinat perpétré une semaine après l’investiture du roi Baudouin, le 11 août, devant les chambres réunies : une séance solennelle au cours de laquelle une voix avait tonitrué un vibrant « Vive la république ! », comme une provocation lancée au successeur de Léopold III, « le roi collabo », dont le retour controversé sur le trône avait suscité la Question royale et déchiré le pays.
   
    Il n’est pas acquis que cette voix était celle de Lahaut – certains ont considéré par la suite qu’il avait fait chorus au cri lancé par un autre député communiste – mais, à l’époque, on le tint pour certain : sans doute parce que cette provocation se serait inscrite dans le droit fil du combat que Lahaut avait mené pour faire pièce au retour de Léopold III.
   
    Une lutte qui venait après bien d’autres. Né à Seraing en 1884, chaudronnier chez Cockerill dès l’âge de 14 ans – une entreprise dont son père avait été exclu pour ses activités politiques –, Julien Lahaut avait été de tous les combats ouvriers dès son plus jeune âge : à 21 ans, il avait fondé le syndicat des métallurgistes de Seraing « Relève-toi » et il était devenu, trois ans plus tard, le secrétaire permanent de la future Centrale des métallurgistes.
   
    En 1921, la longue grève d’Ougrée Marihaye avait marqué un tournant dans la vie de Lahaut : exclu du syndicat – puis du POB – pour avoir soutenu les ouvriers qui, neuf mois durant, avaient poursuivi la lutte contre l’avis de l’appareil syndical, il avait rejoint le parti communiste belge (PCB) dont il serait député de 1932 à sa mort.
   
    « Pour lui, la vie n’avait de signification que dans la lutte », ont écrit à son propos Hans Depraetere et Jenny Dierickx, dans l’ouvrage La guerre froide en Belgique (Edition EPO-Dossier, 1986). Julien Lahaut, c’est un fait, avait été de tous les combats : de la conquête du suffrage universel aux revendications ouvrières en passant par la dénonciation du fascisme – arrêté par les Allemands en 1941, il fut emprisonné à Mauthausen où il fut « l’homme qui portait le soleil dans sa poche », selon la métaphore dont Jean Louvet fera le titre d’une pièce qui lui rendra hommage.
   
    Devenu président du PCB en 1946, Julien Lahaut serait aussi un adversaire acharné des léopoldistes durant la Question royale qui culmine, en juillet 1950, avec la marche sur Bruxelles organisée après la fusillade tragique de Grâce-Berleur (4 morts).
   
    C’est dans ce climat d’extrême tension que Baudouin prête serment, le 11 août 1950. Et que Julien Lahaut sera abattu de quatre balles, sept jours plus tard. Un assassinat exceptionnel – Lahaut demeura, jusqu’au meurtre d’André Cools, le seul parlementaire à avoir été assassiné depuis la création de l’Etat belge, en 1830 – qui demeure un mystère. Qui l’a commis ? Qui l’a commandité ? Et pourquoi ? L’enquête piétina, s’enlisa. Et, finalement, ne mena nulle part.
   
    La quasi-concomitance entre le meurtre de Lahaut et l’incident survenu durant l’investiture du roi Baudouin imposa longtemps l’idée qu’il existait un lien de causalité entre les deux événements. Certains, comme Depraetere et Dierickx, ont toutefois considéré que cet incident – ce « Vive la république ! » qu’on a prêté à Lahaut – avait tout au plus été un prétexte pour assassiner un symbole de la lutte communiste et antifasciste : pour les tenants de cette thèse-là, le meurtre avait été ourdi par l’extrême droite, dans un climat de répression anticommuniste attisé par la guerre froide – vers cette époque, le secrétaire général du parti communiste japonais est abattu et les dirigeants communistes français et italien, Jacques Duclos et Palmiro Togliatti, sont la cible d’attentats imputés à la CIA.
   
    Cette thèse fut notamment accréditée par les révélations qu’un certain Emile Delcourt fit, en 1958, au tribunal correctionnel de Bruxelles devant lequel il répondait d’un détournement de fonds. Delcourt prétendit avoir joué un rôle d’intermédiaire dans l’assassinat de Lahaut. Ce drôle d’oiseau, qui revendiquait une amitié avec le sénateur américain Mac Carthy, dirigeait le journal de propagande anticommuniste L’Unité belge lorsqu’il avait pris contact avec Paul Calmeyn, l’administrateur du Fonds Cardinal Mercier dont la première vocation était, selon Delcourt, de financer la lutte contre le communisme. Delcourt expliqua que l’argent avancé par ce fonds lui servit à recruter deux gâchettes corses qui firent le travail avec l’aide d’un certain Debbaudt : un ancien de la légion SS Wallonie qui conduisit la voiture à bord de laquelle les tueurs rallièrent Seraing. La presse s’enflamma mais la Justice ne fit aucun cas des révélations de Delcourt.
   
    L’autre thèse évoque un assassinat orchestré par la droite léopoldiste. En 1987, dans un ouvrage intitulé L’assassinat de Julien Lahaut. Une histoire de l’anticommunisme en Belgique, Rudi Van Doorslaer et Etienne Verhoeyen ont même désigné le chef présumé du commando des tueurs sous un pseudo (« Adolphe ») qui cachait en fait la véritable identité de François Goossens. Proche de Mgr Leclef, le bras droit du Cardinal Van Roey, cet ancien combattant domicilié à Hal s’était aussi voué à la lutte contre le communisme avec le fanatisme d’une tête brûlée.
   
    La véritable identité d’« Adolphe » avait déjà été éventée depuis belle lurette lorsqu’en décembre 2007, un reportage du magazine Keerpunt, sur Canvas, la deuxième chaîne de la VRT, retrouva un autre habitant de Hal aujourd’hui décédé : sous le couvert de l’anonymat – malgré la prescription –, l’homme expliqua qu’il avait été le deuxième tireur d’un commando de quatre personnes (et non trois comme on l’avait cru jusqu’alors) qui avait assassiné Lahaut.
   
    Ce groupe, baptisé De fret, comprenait en outre François Goossens, un certain Verbruggen et le petit-fils de l’ancien bourgmestre CVP de Hal, Jan-Nikolaas Devillé. Les noms de Goossens, le supposé assassin de Julien Lahaut, et de Verbruggen étaient connus de la Sûreté de l’Etat dès octobre 1950, mais le juge d’instruction liégeois chargé de l’enquête n’avait jamais jugé utile de les interroger.
   
    Connaître l’identité des tueurs est une chose. Cerner leurs motivations en est une autre. Avaient-ils agi seuls ou pour le compte de commanditaires – peut-être issus, a suggéré Rudi Van Doorslaer, de cette droite extrême qui aurait pu concevoir cet assassinat comme un coup de désespoir pour faire sauter le compromis arraché si difficilement autour du remplacement de Léopold III par son fils Baudouin ? Pourquoi l’enquête avait-t-elle si manifestement négligé ou abandonné certaines pistes ? Raison d’Etat ?
   
    Le flou qui nimbe l’assassinat de Julien Lahaut favorise toutes les interprétations et le peu de volonté que les autorités ont mise jusqu’ici à le dissiper continue d’alimenter un certain malaise. A trois reprises, ces dernières années, des voix se sont élevées pour réclamer la création d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur l’affaire. En vain.
   
    Au nom de « l’indispensable travail de vérité », une souscription a été lancée, en novembre dernier, pour réunir la somme (350.000 euros) qui servirait à financer une étude scientifique dédiée à la question. Mais, à ce jour, les dons représentent tout juste dix pour cent du montant qu’il faudrait rassembler.
   
    150 000 € POUR UNE RECHERCHE SUR L'ASSASSINAT DE JULIEN LAHAUT
   
    Le ministre wallon de la Recherche, Jean-Marc Nollet, a décidé de débloquer 150.000 euros pour que le CEGES puisse lancer la première phase d’une recherche sur l’assassinat de Julien Lahaut.
   
    Il l’a expliqué au Soir Magazine qui sort demain mercredi.
   
    Julien Lahaut était président du Parti Communiste. Il a été abattu le 18 août 1950. On lui avait attribué l’expression « Vive la république » lancée une semaine plus tôt lors de la prestation de serment de Baudouin alors prince royal.
   
    Le Sénat a adopté en 2008 une résolution demandant au gouvernement fédéral de financer une étude scientifique sur le déroulement des faits. La mission devait être confiée au Centre d’étude et de documentation guerre et société contemporaine (CEGES). Mais, depuis 2008, aucune disposition n’a été prise pour lancer la recherche.
   
    Une souscription publique lancée par Véronique De Keyser (PS) a permis de recueillir 50.000 euros. Le ministre Nollet a décidé d’y ajouter 150.000 euros, ce qui permettra de démarrer la première phase de la recherche.
   
    Le CEGES a estimé à quelque 470.000 euros le budget pour l’ensemble de sa recherche sur ce sujet.
   
    Grâce à l’aide de la Région wallonne, la première phase qui portera sur le déroulement exact des événements pourra démarrer dès le mois d’avril. Elle ne nécessite pas d’accès aux archives de la Sûreté de l’Etat contrairement à la deuxième phase qui portera sur les auteurs présumés et les commanditaires."
   
    Un article de Stéphane Detaille (LE SOIR en août 2010) & BELGA du 24 février 2011.
   
    Pour visionner le reportage de RTC Liège, cliquez sur le lien SOURCE.

Source : REPORTAGE RTC LIEGE

 

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :


 
 
Repost 0
8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 20:10
 

Quarante-huit ans après, l’État n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans le crime du métro Charonne. Entretien avec Daniel Renard, président du Comité Charonne pour la vérité et la justice.


Jean-Pierre Bernard, Fanny Dewerpe, Daniel Fery, Anne-Claude Godeau, Édouard Lemarchand, Suzanne Martorelle, Hippolyte Pina, Maurice Pochard, Raymond Wintgens. Il y a quarante-huit ans, le 8 février 1962, ces neuf syndicalistes de la CGT, dont huit étaient militants du Parti communiste, étaient assassinés, à la station de métro Charonne, par les brigades spéciales dirigées par Maurice Papon, à l’époque préfet de police de Paris.


Ils venaient de participer à une manifestation contre l’OAS (1) et pour la paix en Algérie. Daniel Renard, aujourd’hui président du Comité Charonne pour la vérité et la justice, faisait partie des organisateurs de cette manifestation. Il témoigne.

Pourquoi un comité Charonne et pourquoi ce nom : vérité et justice ?

DANIEL RENARD. Parce que nous voulons que l’État reconnaisse enfin sa responsabilité dans le crime du 8 février 1962 et que justice soit rendue aux familles des victimes. Nous voulons aussi faire connaître ce qui s’est passé. Beaucoup, surtout parmi les jeunes, ignorent tout de Charonne. On ne leur en parle pas à l’école.


Quel était l’objectif de cette manifestation du 8 février ?


DANIEL RENARD. Elle avait deux objectifs : la riposte aux attentats de l’OAS et la paix en Algérie. Le 7 février, une charge de plastic au domicile du ministre André Malraux avait défiguré la petite Delphine Renard. D’autres attentats avaient visé notamment le député communiste Raymond Guyau et l’écrivain Vladimir Pozner qui avait été sérieusement blessé. Le soir même, les unions départementales CGT de la Seine et de la Seine-et-Oise provoquaient donc une réunion des organisations syndicales et politiques pour riposter. Et, le matin du 8 février, un tract appelait à manifester à 18 h 30 à la Bastille. Il était signé par les syndicats CGT de Seine et de Seine-et-Oise, les organisations parisiennes de la CFTC, de l’Unef, du SGEN, les sections de Seine-et-Oise de la Fédération de l’éducation nationale (FEN) et du Syndicat des instituteurs. Les fédérations de Seine et de Seine-et-Oise du Parti communiste et du PSU, les Jeunesses communistes, les Jeunesses socialistes unifiées, le Mouvement de la paix de Seine et de Seine-et-Oise s‘associaient à l’appel.


Comment les événements se sont-ils déroulés ? Vous étiez parmi les organisateurs…


DANIEL RENARD. J’étais secrétaire général de la FEN de Seine-et-Oise. Lorsque nous avons su que le gouvernement interdisait la manifestation, nous avons tenté en vain d’avoir un rendez- vous à la préfecture de police. Il faut rappeler que le préfet de police, Maurice Papon, venait de s’illustrer dans le massacre des Algériens lors de la manifestation du 17 octobre 1961 à l’appel du FLN – on connaît aussi son rôle, en Gironde, pendant l’Occupation. La Bastille n’étant pas accessible, nous avons constitué cinq cortèges différents. En tête de chacun il y avait des responsables des organisations qui appelaient. On a évalué à 60 000 le nombre total de manifestants. Je me trouvais dans le cortège qui, parti du boulevard Beaumarchais, est arrivé à l’angle de la rue des Écoles et du boulevard Saint-Michel où la dislocation s’est effectuée dans le calme. Je suis alors rentré chez moi, à Bezons. C’est dans la nuit que j’ai été informé de ce qui s’était passé au métro Charonne. Alors que des responsables de la CGT et de la CFTC venaient de s’adresser aux manifestants et avaient appelé à la dispersion, la police a chargé avec une violence inouïe. Il y a eu huit morts sur le champ, un neuvième est décédé huit semaines plus tard. Parmi les nombreux blessés, certains l’étaient très sérieusement. Selon la thèse que Papon et le gouvernement ont tenté d’accréditer, les manifestants se seraient rués dans l’escalier du métro dont les grilles étaient fermées et se seraient écrasés les uns sur les autres. Mais c’est faux, les grilles n’étaient pas fermées.


Comment expliquez-vous une telle violence ?


DANIEL RENARD. Papon et le gouvernement cherchaient à en découdre. Les unités de police avaient été particulièrement choisies et comportaient des éléments qui revenaient d’Algérie. Or la volonté d’écraser la lutte du peuple algérien avait été mise à mal. Avec une certaine mauvaise volonté, le gouvernement français avait dû engager, le 20 mai 1961 à Évian, des pourparlers avec le gouvernement provisoire de la République algérienne. L’OAS, qui voulait y faire échec, multipliait les attentats. Mais la mobilisation contre la guerre s’élargissait. Le 16 janvier 1962, un appel à « agir au grand jour contre les factieux de l’OAS » avait été signé par cent anciens résistants, parmi lesquels des gaullistes comme le général Billotte. Évidemment, les militants communistes qui luttaient depuis des années contre la guerre d’Algérie étaient particulièrement motivés. Le 8 février ils constituaient le gros des cortèges, ce qui fait que sur les neuf victimes, huit étaient communistes.


Quel a été l’impact de Charonne ?


DANIEL RENARD. Cela a déclenché un mouvement auquel le pouvoir ne s’attendait pas. Le lendemain, l’appel à un arrêt de travail d’une heure a été massivement suivi dans tout le pays. Les obsèques ont eu lieu le 13 février à l’appel de toute la gauche, de toutes les organisations syndicales. La foule était immense – on a parlé de 1 million de personnes. La pression pour que les négociations avec le FLN progressent est devenue telle que le 19 mars 1962 les accords d’Évian étaient signés.


Quel enjeu représente aujourd’hui la reconnaissance de ce crime ?


DANIEL RENARD. Cette reconnaissance est très importante pour agir contre toutes les survivances du colonialisme. Nous associons le 8 février 1962 et le 17 octobre 1961 qui était aussi une manifestation pacifique. Faire reconnaître ces crimes par l’État français est aussi une façon de travailler à l’amitié franco-algérienne. Ces dates marquent l’histoire de France et font partie de l’identité populaire.


ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JACQUELINE SELLEM

Repost 0
6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 19:37

220px-bundesarchiv_bild_146-1978-053-30_paris_vor_dem_truim.jpg

CLIQUEZ SUR LA PHOTO

Repost 0
1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 13:15

gustave_ansart_web_1.jpg

Repost 0
31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 21:02

bv000009.jpg

 

Déportée dans ce camp en janvier 1943 avec 230 autres Françaises - dont seulement 43 revinrent -, Marie-Claude Vaillant-Couturier témoigna au procès de Nuremberg face à ses anciens bourreaux. C'était le 28 janvier 1946. Extraits d'un document d'Histoire.

author_cover_marie-claude_vaillant-couturier_126850_250_350.jpg'Nous sommes arrivées à Auschwitz au petit jour. On a déplombé nos wagons et on nous a fait sortir à coups de crosse pour nous conduire au camp de Birkenau, qui est une dépendance d'Auschwitz, dans une immense plaine, qui au mois de janvier était glacée. Nous avons fait le trajet en tirant nos bagages. Nous sentions tellement qu'il y avait peu de chance d'en ressortir - car nous avions déjà rencontré les colonnes squelettiques qui se dirigeaient au travail - qu'en passant par le porche, nous avons chanté 'la Marseillaise' pour nous donner du courage. On nous a conduites dans une grande baraque, puis à la désinfection. Là, on nous a rasé la tête et on nous a tatoué sur l'avant-bras gauche le numéro de matricule. Ensuite, on nous a mises dans une grande pièce pour prendre un bain de vapeur et une douche glacée. Tout cela se passait en présence des SS, hommes et femmes, bien que nous soyons nues. Après, on nous a remis des vêtements souillés et déchirés, une robe de coton et une jaquette pareille. Comme ces opérations avaient pris plusieurs heures, nous voyons, des fenêtres du bloc où nous nous trouvions, le camp des hommes, et vers le soir, un orchestre s'est installé. Comme il neigeait, nous nous demandions pourquoi on faisait de la musique. A ce moment-là, les commandos de travail d'hommes sont rentrés. Derrière chaque commando, il y avait des hommes qui portaient des morts. Comme ils pouvaient à peine se traîner eux-mêmes, ils étaient relevés à coups de crosse ou à coups de botte, chaque fois qu'ils s'affaissaient.

Après cela, nous avons été conduites dans le bloc où nous devions habiter. Il n'y avait pas de lit, mais les bat-flanc de 2 mètres sur 2 mètres, où nous étions couchées à neuf, sans paillasse et sans couverture la première nuit. Nous sommes demeurées dans des blocs de ce genre pendant plusieurs mois. Pendant toute la nuit, on ne pouvait pas dormir, parce que chaque fois que l'une des neuf se dérangeait - et comme elles étaient toutes malades, c'était sans arrêt - elle dérangeait toute la rangée.

A 3 heures et demie du matin, les hurlements des surveillantes nous réveillaient, et, à coups de gourdin, on était chassé de son grabat pour partir à l'appel. Rien au monde ne pouvait dispenser de l'appel, même les mourantes devaient y être traînées. Là, nous restions en rangs par cinq jusqu'à ce que le jour se lève, c'est-à-dire 7 ou 8 heures du matin en hiver, et lorsqu'il avait du brouillard, quelquefois, jusqu'à midi. Puis, les commandos s'ébranlaient pour partir travailler.'

M. Dubost, procureur général adjoint: - Je vous demande pardon, pouvez-vous décrire les scènes de l'appel?

Mme Vaillant-Couturier: 'Pour l'appel, on était mis en rangs, par cinq, puis nous attendions jusqu'au jour que les Aufseherinnen, c'est-à-dire les surveillantes allemandes en uniforme, viennent nous compter. Elles avaient des gourdins et elles distribuaient, au petit bonheur la chance, comme ça tombait, durant l'appel. Nous avons une compagne, Germaine Renaud, institutrice à Azay-le-Rideau en France, qui a eu le crâne fendu devant mes yeux par un coup de gourdin, durant l'appel (...). Il m'est même arrivé de voir une femme déchirée et mourir sous mes yeux, alors que le SS Tauber excitait son chien contre elle et ricanait à ce spectacle.

Les causes de mortalité étaient extrêmement nombreuses. Il y avait d'abord le manque d'hygiène total. Lorsque nous sommes arrivées à Auschwitz, pour 12.000 détenues, il y avait un seul robinet d'eau non potable, qui coulait par intermittence. Comme ce robinet était dans les lavabos allemands, on ne pouvait y accéder qu'en passant par une garde de détenues allemandes de droit commun, qui nous battaient effroyablement. Il était donc presque impossible de se laver ou de laver son linge. Nous sommes restées pendant plus de trois mois sans jamais changer de linge; quand il y avait de la neige, nous en faisions fondre pour pouvoir nous laver. Plus tard, au printemps, quand nous allions au travail, dans la même flaque d'eau sur le bord de la route, nous buvions, nous lavions notre chemise ou notre culotte (...).'

    * Voulez-vous préciser en quoi consistait l'un des appels du début du mois de février?


'Il y a eu le 5 février ce qu'on appelait un appel général.'

    * Le 5 février de quelle année?


'1943. A 3 heures et demie, tout le camp...'

    * Le matin?


'Le matin. A 3 heures et demie, tout le camp a été réveillé et envoyé dans la plaine, alors que d'habitude l'appel se faisait à 3 heures et demie, mais à l'intérieur du camp. Nous sommes restées dans cette plaine, devant le camp, jusqu'à 5 heures du soir, sous la neige, sans recevoir de nourriture, puis, lorsque le signal a été donné, nous devions passer la porte une à une, et l'on donnait un coup de gourdin dans le dos à chaque détenue, en passant, pour la faire courir. Celle qui ne pouvait pas courir, parce qu'elle était trop vieille ou trop malade, était happée par un crochet et conduite au bloc 25, le bloc d'attente pour les gaz (...). Lorsque toutes les détenues furent entrées dans le camp, une colonne, dont je faisais partie, a été formée pour aller relever dans la plaine les mortes qui jonchaient le sol comme sur un champ de bataille. Nous avons transporté dans la cour du bloc 25 les mortes et les mourantes, sans faire de distinction; elles sont restées entassées ainsi (...).

La mortalité dans ce bloc était encore plus effroyable qu'ailleurs, car, comme c'étaient des condamnées à mort, on ne leur donnait à manger et à boire que s'il restait des bidons à la cuisine, c'est-à-dire que souvent elles restaient plusieurs jours sans une goutte d'eau.

Un jour, une de nos camarades, Annette Epaux, une belle jeune femme de trente ans, passant devant le bloc, eut pitié de ces femmes qui criaient du matin au soir, dans toutes les langues: 'A boire, à boire, à boire, de l'eau!'. Elle est entrée dans notre bloc chercher un peu de tisane mais, au moment où elle la passait par le grillage de la fenêtre, la Aufseherin l'a vue, l'a prise par le collet et l'a jetée au bloc 25.

Toute ma vie, je me souviendrai d'Annette Epaux. Deux jours après, montée sur le camion qui se dirigeait à la chambre à gaz, elle tenait contre elle une autre Française, la vieille Line Porcher, et au moment où le camion s'est ébranlé, elle nous a crié: 'Pensez à mon petit garçon, si vous rentrez en France.' Puis elles se sont mises à chanter 'la Marseillaise'.

Dans le bloc 25, dans la cour, on voyait les rats, gros comme des chats, courir et ronger les cadavres et même s'attaquer aux mourantes, qui n'avaient plus la force de s'en débarrasser (...).'

    * Que faisait-on aux internées qui se présentaient à l'appel sans chaussures?


'Les internées juives qui allaient à l'appel sans chaussures étaient immédiatement conduites au bloc 25.'

    * On les gazait donc?


'On les gazait pour n'importe quoi. Leur situation, du reste, était absolument effroyable. Alors que nous étions entassées à 800 dans des blocs et que nous pouvions à peine nous remuer, elles étaient dans des blocs de dimensions semblables, à 1.500, c'est-à-dire qu'un grand nombre ne pouvait pas dormir la nuit, ou même s'étendre.'

    * Voulez-vous préciser ce qu'était le Revier dans le camp?


'Le Revier était les blocs où l'on mettait les malades. On ne peut pas donner le nom d'hôpital, car cela ne correspond pas du tout à l'idée qu'on se fait d'un hôpital. Pour y aller, il fallait d'abord obtenir l'autorisation du chef de bloc, qui la donnait très rarement. Quand, enfin, on l'avait obtenue, on était conduits en colonne devant l'infirmerie où, par tous les temps, qu'il neige ou qu'il pleuve, même avec 40ø de fièvre, on devait attendre plusieurs heures, en faisant la queue, pour être admise. Il arrivait fréquemment que les malades meurent dehors, devant la porte de l'infirmerie, avant d'avoir pu y pénétrer. Du reste, même de faire la queue devant l'infirmerie était dangereux car, lorsque cette queue était trop grande, le SS passait, ramassait toutes les femmes qui attendaient et les conduisait directement au bloc 25.'

    * C'est-à-dire la chambre à gaz?


'C'est-à-dire la chambre à gaz. C'est pourquoi, très souvent, les femmes préféraient ne pas se présenter au Revier, et elles mouraient au travail ou à l'appel. Après l'appel du soir, en hiver, quotidiennement, on relevait des mortes qui avaient roulé dans les fossés (...). Une de mes compagnes, Marguerite Corringer, me racontait que, pendant son typhus, elle ne pouvait pas dormir toute la nuit à cause des poux; elle passait sa nuit à secouer sa couverture sur un papier, à vider les poux dans un récipient auprès de son lit, et ainsi pendant des heures.

Il n'y avait pour ainsi dire pas de médicaments; on laissait donc les malades couchées, sans soins, sans hygiène, sans les laver. On laissait les mortes pendant plusieurs heures couchées avec les malades, puis quand enfin on s'apercevait de leur présence, on les balançait simplement hors du lit et on les conduisait devant le bloc. Là, la colonne de porteuses de mortes venait les chercher sur de petits brancards, d'où la tête et les jambes pendaient. Du matin au soir, les porteuses de mortes faisaient le trajet entre le Revier et la morgue. Pendant les hivers 1943 et 1944, les brancards ont été remplacés par des chariots, car il y avait trop de mortes (...).'

    * Le Revier était-il ouvert à toutes les internées?


'Non, quand nous sommes arrivées, les juives n'avaient pas le droit d'y aller, elles étaient directement conduites à la chambre à gaz.'

    * Voulez-vous parler de la désinfection des blocs, s'il vous plaît?


'De temps en temps, étant donné les tas de saletés qui occasionnaient des poux et, par conséquent, tant d'épidémies, on désinfectait les blocs en les gazant, mais ces désinfections causaient également un très grand nombre de morts parce que, pendant qu'on gazait le bloc, les prisonnières étaient conduites aux douches, puis on leur retirait leurs vêtements, qu'on passait à l'étuve. On les laissait toutes nues dehors attendre que les vêtements ressortent de l'étuve et on les redonnait mouillés. On envoyait même les malades, quand elles pouvaient se tenir sur leurs jambes, aux douches. Il est évident qu'un très grand nombre mouraient en cours de route. Celles qui ne pou~aient pas bougez étaient lavées toutes dans la même baignoire pendant la désinfection.'

    * Comment étiez-vous nourries?


'Nous recevions 200 grammes de pain, trois quarts de litre ou un demi-litre - suivant les cas - de soupe de rutabaga et quelques grammes de margarine ou une rondelle de saucisson le soir (...).'

    * Voulez-vous parler des expériences si vous en avez été témoin?


'En ce qui concerne les expériences, j'ai vu dans le Revier, car j'étais employée au Revier, la file des jeunes juives de Salonique qui attendaient, devant la salle des rayons, pour la stérilisation. Je sais, par ailleurs, qu'on opérait également par castration dans le camp des hommes. En ce qui concerne les expériences faites sur des femmes, je suis au courant parce que mon amie, la doctoresse Hadé Hautval, de Montbéliard, qui est rentrée en France, a travaillé pendant plusieurs mois dans ce bloc pour soigner les malades, mais elle a toujours refusé de participer aux expériences. On stérilisait les femmes, soit par piqûres, soit par opérations, ou également avec des rayons. J'ai vu et connu plusieurs femmes qui avaient été stérilisées. Il y avait parmi les opérées une forte mortalité. Quatorze juives de France qui avaient refusé de se laisser stériliser ont été envoyées dans un commando de Starfarbeit, c'est-à-dire punition de travail (...)'

    * Au Revier, avez-vous vu des femmes enceintes?


'Oui. Les femmes juives, quand elles arrivaient enceintes de peu de mois, on les faisait avorter. Quand la grossesse était près de la fin, après l'accouchement, on noyait les bébés dans un seau d'eau. Je sais cela parce que je travaillais au Revier, et que la préposée à ce travail était une sage-femme allemande, détenue de droit commun pour avoir pratiqué des avortements (...)'

    * Comment se comportaient les SS à l'égard des femmes? Et les femmes SS?


'Il y avait à Auschwitz une maison de tolérance pour les SS et également pour les détenus, fonctionnaires hommes, qu'on appelait des 'Kapo'. D'autre part, quand les SS avaient besoin de domestiques, ils venaient accompagnés de la Oberaufseherin, c'est-à-dire la commandante femme du camp, choisir pendant la désinfection, et ils désignaient une petite jeune fille que la Oberaufseherin faisait sortir des rangs. Ils la scrutaient, faisaient des plaisanteries sur son physique et, si elle était jolie et leur plaisait, ils l'engageaient comme bonne avec le consentement de la Oberaufsherin qui leur disait qu'elle devait une obéissance absolue, quoi qu'ils lui demandent.'

    * Etes-vous témoin direct de la sélection à l'arrivée des convois?


'Oui, parce que, quand nous avons travaillé au bloc de la couture en 1944, notre bloc où nous habitions était en face de l'arrivée du train. Nous voyions donc les wagons déplombés, les soldats sortir les hommes, les femmes, les enfants des wagons, et on assistait aux scènes déchirantes des vieux couples se séparant, des mères étaient obligées d'abandonner leurs jeunes filles, puisqu'elles entraient dans le camp, tandis que les mères et les enfants étaient dirigés vers la chambre à gaz. Tous ces gens ignoraient le sort qui leur était réservé. Ils étaient seulement désemparés parce qu'on les séparait les uns des autres, mais ils ignoraient qu'ils allaient à la mort.

Pour rendre l'accueil plus agréable, à cette époque, c'est-à-dire en juin, juillet 1944, un orchestre composé de détenues, toute{ jeunes et jolies, habillées de petites blouses blanches et jupes bleu marine, jouait pendant la sélection à l'arrivée des trains des airs gais comme 'la Veuve joyeuse', 'la Barcarolle' des 'Contes d'Hoffmann', etc. Alors, on leur disait que c'était un camp de travail et comme ils n'entraient pas dans le camp, ils ne voyaient que la petite plate-forme entourée où se trouvait l'orchestre. Evidemment, ils ne pouvaient pas se rendre compte de ce qui les attendait.

Ceux qui étaient sélectionnés pour le gaz, c'est-à-dire les vieillards, les enfants et les mères, étaient conduits dans un bâtiment en brique rouge (...) qui portait les lettres 'Bad', c'est-à-dire 'bains'. Là, au début, on les faisait se déshabiller, et on leur donnait une serviette de toilette avant de les faire entrer dans la soi-disant salle de douches. Par la suite, à l'époque des grands transports de Hongrie, on n'avait plus le temps(de jouer ou de simuler. On les déshabillait brutalement et je sais ces détails car j'ai connu une petite juive de France, qui habitait avec sa famille place de la République (...)

Lorsque je l'ai connue, elle était employée pour déshabiller les bébés avant la chambre à gaz. On faisait pénétrer les gens, une fois déshabillés, dans une pièce qui ressemblait à une salle de douches, et par un orifice dans le plafond on lançait les capsules de gaz. Un SS regardait par un hublot l'effet produit. Au bout de cinq à sept minutes, lorsque le gaz avait fait son oeuvre, il donnait le signal pour qu'on ouvre les portes. Des hommes avec des masques à gaz - ces hommes étaient des détenus - pénétraient dans la salle et retiraient les corps. Ils nous racontaient que les détenus devaient souffrir avant de mourir, car ils étaient agrippés les uns aux autres en grappes et on avait beaucoup de mal à les séparer. Après cela, une équipe passait pour arracher les dents en or et les dentiers. Et, encore une fois, quand les corps étaient réduits en cendres, on passait encore au tamis pour essayer de récupérer l'or.

Il y avait à Auschwitz huit fours crématoires. Mais à partir de 1944, ce n'était pas suffisant. Les SS ont fait creuser par les détenus de grandes fosses dans lesquelles ils mettaient des branchages arrosés d'essence qu'ils enflammaient. Ils jetaient les corps dans ces fosses (...). Une nuit, nous avons été réveillés par des cris effroyables. Nous avons appris le lendemain matin, par les hommes qui travaillaient au Sonderkommando (le commando des gaz), que la veille, n'ayant pas assez de gaz, ils avaient jeté les enfants vivants dans les fournaises (...).'

Témoignage

Repost 0
31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 20:50
3560-photo1-snap.jpg
http://www.pharedere.com/actualite/Andre-Parise,-memoires-d-un-deporte-communiste-3560.html
Militant communiste depuis plus de soixante-dix ans, le Villageois André Parise a été résistant, puis déporté pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a connu l'enfer des camps de concentration nazis, la peur, la faim, la haine des hommes et, enfin, le retour à la vie. Il vient de publier ses mémoires.

Voilà des années qu'il arpente inlassablement les salles de classes des collèges et lycées de Charente-Maritime. Voilà des années qu'il témoigne, la gorge nouée, les yeux embués, "de ce que l'homme a pu faire d'un autre homme" comme l'écrit Primo Levi dans Si c'est un homme. De 1942 à 1945, André Parise a connu l'horreur de la Seconde Guerre mondiale et des camps d'extermination nazis. Trois années pendant lesquelles sa condition d'homme était réduite au néant. Son crime : être communiste et résistant. Il n'avait que 16 ans.

Cette "jeunesse confisquée" est le titre de son livre paru en décembre 2010. Imprimé à un faible tirage, il s'adresse avant tout à ses camarades communistes, "ses frères" issus de ce parti auquel il a toujours été fidèle au péril de sa vie. Mais André Parise écrit aussi pour la Mémoire, pour la nouvelle génération qu'il veut alerter. La montée du Front national et la banalisation des propos racistes l'effraient. "Ils ne se rendent pas compte où cela peut mener", dit-il avec tristesse.

Dans ses mémoires, il incite les citoyens que nous sommes à célébrer la Journée du souvenir de la Déportation chaque dernier dimanche d'avril. "Une date qui a tendance à disparaître de certains calendriers", regrette André Parise. Près de trois années ont été nécessaires à l'écriture de son livre. Dans sa maison de Saint-Clément-des-Baleines, où il vit paisiblement depuis trente ans avec Ginette, son épouse, il se replonge dans ses souvenirs. À chaque ligne rédigée, André revit les scènes de barbarie. Traumatisé, sa santé s'affaiblit au fur et à mesure que le livre prend forme. Une trêve de six à huit mois lui est imposée. Puis, la volonté de transmettre reprend le dessus et André poursuit l'écriture de ses mémoires jusqu'à son terme.

L'engagement politique

Fervents syndicalistes et militants au Parti communiste français, les parents du jeune André l'initient très tôt à l'engagement politique. En 1938, il intègre les Jeunesses communistes. Dès le début de la guerre, la maison familiale se transforme en imprimerie clandestine où la "Ronéo" tourne à plein régime pour l'impression des tracts. Arrêtés une première fois pour actes de résistance le 8 janvier 1942 "par la police française" - précision importante d'après André � lui et sa mère sont soumis à de violents interrogatoires. Il est relâché un mois plus tard. Sa mère, elle, reste emprisonnée. Son père échappe de peu à l'arrestation grâce à l'alerte donnée par des voisins. Il restera longtemps caché. À sa sortie de prison, André retrouve immédiatement le réseau de résistance. Mais le 22 juillet 1942, la police française l'arrête à nouveau.

La prison, puis la déportation en Allemagne. Les coups, les humiliations, les privations, la maladie, le froid, les rassemblements répétitifs et interminables, les clôtures électrifiées, les fours crématoires, la mort. "La déshumanisation commence [...], et nous allons, chose incroyable, nous y habituer", écrit-il. Dès son arrivée au camp d'Hinzert, André Parise est rasé de la tête aux pieds. Il se voit remettre un uniforme. Sur la manche, un triangle rouge dans lequel figure la lettre F, ce qui signifie "prisonnier politique français". Dans le dos, les initiales NN pour "Nacht und Nebel" ("Nuit et Brouillard" en français). Pour les SS, ces prisonniers ne doivent pas revenir. André n'a plus de nom, plus d'identité, mais un numéro qu'il doit apprendre par coeur en allemand. Tour de la mémoire ou volonté inconsciente de tourner la page, André a aujourd'hui oublié son matricule. Après Hinzert, suivront pour le jeune résistant communiste Diez, Brieg, Breslau, Gross-Rosen, Dora et Ravensbrück. Des noms qui hantent encore aujourd'hui la mémoire collective.

Le retour à la vie

Au début du mois de mai 1945, les soldats russes entrent dans le camp. Contre toute attente, ils demandent aux déportés de se rassembler. La colère gronde. Cette nouvelle épreuve ne fait que rappeler les humiliations infligées par les Kapos lors des rassemblements. "En fait, des SS s'étaient cachés parmi nous. Nous ne le savions pas. Les Russes nous ont demandé de lever les bras. Les nazis étaient tatoués. Cette marque leur a été fatale. Les plus forts d'entre nous se sont rués sur eux et les ont battus à mort. Nous n'étions plus des hommes, mais des bêtes aveuglées par la haine", raconte André Parise.

Après la libération des camps nazis par l'armée russe, les déportés regagnent leur patrie en héros. André est de ceux-là. "Lorsque nous sommes arrivés à Paris, les gens nous embrassaient, nous applaudissaient. C'était irréel", se souvient-il. Après quatre jours passés à l'hôtel Lutecia où sont accueillis tous les anciens déportés, il prend le train pour Troyes. Sur le quai, son père et sa mère, qui ont survécu à la guerre, et ses camarades des Jeunesses communistes l'attendent. Dès ce jour, André Parise comprend qu'il a survécu à sa propre mort. Peu après la guerre, il rencontre Ginette lors d'une réunion des Jeunesses communistes de Troyes. Il l'épouse en 1946. Ils ont une petite fille, Nadia. La vie reprend doucement son cours.

Comme pour la plupart des déportés revenus vivants des camps de la mort, la volonté de témoigner est là, mais la souffrance est encore trop vive. André devra attendre dix ans avant de pouvoir mettre des mots sur son histoire. Dix ans avant de pouvoir raconter l'Histoire. Depuis, il n'a jamais cessé.


Les personnes qui souhaitent se procurer le livre d'André Parise, Une jeunesse confisquée, peuvent s'adresser à l'auteur au 05 46 29 42 52, à Guy Wendeling, secrétaire de la section du PCF de l'île de Ré au 05 46 55 43 88 ou à la Fédération du PCF de La Rochelle au 05 46 41 20 24.
Le livre est vendu au prix de 10 €. 2 € seront reversés à la section du PCF de l'île de Ré.

Article rédigé par :
Julie Loizeau
Repost 0
28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 21:14

gra.jpg

Le conseil d’usine

1920 Antonio Gramsci 


 

La révolution prolétarienne n’est pas l’acte arbitraire d’une organisation qui s’affirme révolutionnaire ou d’un système d’organisations qui s’affirment révolutionnaires. La Révolution prolétarienne est un processus historique très long qui s’incarne dans le surgissement et le développement de forces productives déterminées (que nous résumons dans l’expression - prolétariat -) dans un contexte historique déterminé (que nous résumons dans les expressions "mode de propriété individuelle, mode de production capitaliste, système de la fabrique, mode d’organisation de la société dans l’Etat démocratico-parlementaire"). Dans une phase déterminée de ce processus, les forces productives nouvelles ne peuvent plus se développer et s’organiser de façon autonome dans les schémas officiels dans lesquels se déroule la vie collective : dans cette phase déterminée intervient l’acte révolutionnaire qui consiste à briser violemment ces schémas, à détruire tout l’appareil du pouvoir économique et politique, dans lequel les forces productives révolutionnaires sont opprimées, c’est-à-dire à anéantir la machine de l’Etat bourgeois pour constituer un type d’Etat dans lequel les forces productives libérées trouvent la forme adéquate à leur développement ultérieur et l’organisation nécessaire et suffisante pour la suppression de leurs adversaires.

Le processus réel de la Révolution prolétarienne ne peut être identifié au développement et à l’action des organisations révolutionnaires de type volontaire et contractuel comme le parti politique et les syndicats professionnels qui sont nés dans le camp de la démocratie bourgeoise et de la liberté politique (comme affirmation et développement de la liberté politique). Ces organisations dans la mesure où elles incarnent une doctrine qu’interprète le processus révolutionnaire et en prévoit (dans certaines limites de probabilité historique) le développement, dans la mesure où elles sont reconnues par les masses comme le reflet et comme un appareil de gouvernement embryonnaire, sont et deviendront de plus en plus les agents directs et responsables des actes successifs de libération que la classe ouvrière tout entière tentera d’accomplir dans le cours du processus révolutionnaire. Mais elles n’incarnent pas ce processus, elles ne dépassent pas l’Etat bourgeois, elles n’embrassent pas et ne peuvent pas embrasser tout le pullulement des forces révolutionnaires que le capitalisme déchaîne dans son fonctionnement implacable de machine à exploiter et à opprimer.

Dans la période de prédominance économique et politique de la classe bourgeoise, l’évolution du processus révolutionnaire se fait souterrainement dans l’obscurité de l’usine, dans l’obscurité de la conscience des multitudes immenses que le capitalisme soumet à ses lois. Il n’est pas contrôlable et perceptible, et le deviendra à l’avenir seulement quand les éléments qui le constituent (les sentiments, les velléités, les habitudes, les germes ’initiative et de conceptions morales) se seront développés et purifiés avec l’évolution de la société et de la situation que la classe ouvrière occupe dans le camp de la Production. Les organisations révolutionnaires (le parti politique et le syndicat) sont nés dans le camp de la liberté politique, dans le camp de la démocratie bourgeoise, comme affirmation de la liberté et de la démocratie en général, dans un camp dans lequel subsistent les rapports de citoyen à citoyen : le processus révolutionnaire lui se manifeste au niveau de la production, dans l’usine, où les rapports sont des rapports d’oppresseur à opprimé, d’exploiteur à exploité, où il n’existe pas de liberté pour l’ouvrier, où il n’existe pas de démocratie. Le processus révolutionnaire se manifeste là où l’ouvrier n’est rien et veut devenir tout, là où le pouvoir du propriétaire est Illimité, est pouvoir de vie et de mort sur l’ouvrier, sa femme et son fils.

Quand le processus historique de la Révolution ouvrière - immanent dans le mode de vie collective du régime capitaliste, conforme à des lois et se développant nécessairement par la confluence d’une multiplicité d’actions, incontrôlables parce que créées par une situation non voulue et non prévue par l’ouvrier - devient-il contrôlable et repérable ?

Il le devient quand toute la classe ouvrière est devenue révolutionnaire non au sens où elle refuse génériquement de collaborer aux institutions de gouvernement de la classe bourgeoise, non au sens où elle représente une opposition dans le camp de la démocratie, mais au sens où tous les travailleurs qui se retrouvent dans l’usine commencent une action qui nécessairement doit déboucher dans la fondation d’un Etat ouvrier, qui nécessairement doit conduire à organiser la société d’une façon originale sous une forme universelle qui embrasse toute l’Internationale et par conséquent toute l’humanité. Nous disons que la période actuelle est révolutionnaire précisément parce que nous constatons que la classe ouvrière, dans toutes les nations, avec toute son énergie - quelles que soient par ailleurs les erreurs, les hésitations propres à une classe opprimée qui n’a pas d’expérience historique et doit inventer presque tout - tend à créer des institutions de type nouveau au niveau ouvrier, à base représentative et selon un schéma industriel. Nous disons que la période actuelle est révolutionnaire parce que la classe ouvrière tend aveu toutes ses forces, avec toute sa volonté à fonder son Etat. C’est pourquoi nous disons que la naissance des conseils ouvriers d’usine représente un grand événement historique, le début d’une ère nouvelle dans l’histoire du genre humain. Par là le processus révolutionnaire vient à la lumière, entre dans la phase où il peut être contrôlé et calculé.

Dans la phase libérale du processus historique de la classe bourgeoise et de la société dominée par elle, la cellule élémentaire de l’Etat était le propriétaire qui dans l’usine subjugue à son profit la classe ouvrière. Dans la phase libérale le propriétaire était aussi entrepreneur et industriel. Le pouvoir industriel, le fondement du pouvoir industriel était dans l’usine et l’ouvrier n’arrivait pas à libérer sa conscience de la conviction que le propriétaire était nécessaire, car il l’identifiait avec la personne de l’industriel, avec la personne du gestionnaire responsable de la production, responsable par conséquent de son salaire, de son pain, de ses habitudes de vie et de son toit.

Dans la phase impérialiste du processus historique de la classe bourgeoise, le pouvoir industriel sur toute usine se détache de l’usine et se concentre dans un trust, dans un monopole, dans une banque, dans la bureaucratie étatique.

Le pouvoir industriel devient irresponsable et par conséquent plus autocratique, plus impitoyable, plus arbitraire. Mais l’ouvrier, libéré de la suggestion par le "chef", libéré de l’esprit hiérarchique servile, poussé par les conditions générales dans laquelle se trouve la société en fonction de la nouvelle phase historique, fait des conquêtes inappréciables d’autonomie et d’initiative.

Dans l’usine la classe ouvrière devient un instrument de production déterminé dans une organisation déterminée. C’est par hasard que chaque ouvrier entre dans ce corps constitué pour ce qui concerne la destination de son travail, puisqu’il représente une nécessité déterminée du processus de travail et de production. C’est seulement pour cela qu’on l’emploie et qu’il peut gagner son pain : il est un engrenage de la machine - division du travail, de la classe ouvrière se déterminant en un instrument de production. Si l’ouvrier acquiert une conscience claire de sa nécessité déterminée et en fait le fondement d’un appareil représentatif de type étatique, c’est-à-dire non volontaire ou contractuel, par voie d’adhésion, mais absolu, organique, collant à une réalité qu’il est nécessaire de reconnaître pour assurer le pain, le vêtement, le toit, la production industrielle. Si l’ouvrier, si la classe ouvrière font cela, ils font une chose grandiose, ils inaugurent une histoire nouvelle, celle des Etats ouvriers qui doivent confluer dans la formation de la société communiste, d’un monde organisé conformément à la grande entreprise mécanisée, dans la formation de l’Internationale communiste dans laquelle chaque peuple, chaque partie de l’humanité prennent figure en tant qu’ils exercent une production déterminée et non plus en tant qu’ils sont organisés sous la forme de l’Etat et dans des frontières déterminées.

En construisant cet appareil représentatif la classe ouvrière procède à l’expropriation de la machine essentielle, de l’instrument de production le plus important, la classe ouvrière elle même, retrouvée, en possession de la conscience de son unité organique et opposée unitairement au capitalisme. La classe ouvrière affirme ainsi que le pouvoir industriel dans son fondement doit retourner dans l’usine ; elle pose l’usine comme la forme dans laquelle elle se constitue en corps organisé, comme la cellule d’un nouvel Etat, l’Etat ouvrier, et comme la base d’un nouveau système représentatif, le système des conseils. L’Etat ouvrier, dans la mesure où il se donne une configuration productive, crée déjà les conditions de son développement, de sa dissolution en tant qu’Etat, de son incorporation dans un système mondial, l’Internationale Communiste.

Aujourd’hui, dans le conseil ouvrier d’un grand établissement mécanisé chaque équipe de travail se fond, du point de vue prolétarien, avec les autres équipes, et chaque moment de la production industrielle se fond, d’un point de vue prolétarien, avec les autres moments en marquant le processus productif. De même, dans le monde le charbon anglais se fond avec le pétrole russe, le blé sibérien avec le soufre de Sicile, le riz du Vercellese avec le bois de Styrie... dans un organisme unique sous administration internationale qui gouvernera la richesse du globe au nom de l’humanité tout entière. En ce sens le conseil ouvrier est la première cellule d’un processus historique qui doit culminer dans l’internationale communiste, non plus comme organisation politique du prolétariat révolutionnaire, mais comme réorganisation de toute la vie collective, nationale et mondiale. Toute action révolutionnaire n’a de valeur, de réalité historique que si elle s’insère dans ce processus, que si elle est conçue comme un acte de libération par rapport aux superstructures bourgeoises qui empêchent et entravent ce processus.

Les rapports qui doivent exister entre le parti politique et le conseil d’usine, entre le syndicat et le conseil d’usine résultent implicitement de cette façon de voir. Le parti et le syndicat ne doivent pas se poser en tuteurs ou comme superstructures déjà constituées de cette nouvelle institution, dans laquelle le processus historique de la Révolution prend une forme contrôlable. Ils doivent se faire les agents conscients de sa libération par rapport aux forces répressives coiffées par l’Etat bourgeois, ils doivent se proposer d’organiser les conditions externes générales (politiques) où le processus révolutionnaire se fera plus rapide, où les forces productives libérées trouveront leur expansion maximale.

 


Antonio Gramsci, Ecrits politiques, 3 vol., Gallimard, Paris, 1974, 1975, 1980 ; Lettres de prison, Gallimard, Paris, 1971 ; Cahiers de prison, 3 vol., Gallimard, Paris, 1978, 1983; Textes, Messidor-Ed.Sociales, P

 

Ouvrages de Gramci à télécharger :

gramsci_pop.jpg


pour accéder au téléchargement cliquez sur l'image
 

 

 

 

Repost 0
26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 22:00

AngelaDavisJeune-c640e-1b9c8.gifAngela Davis, la rebelle, condamnée à mort, est acquittée le 4 juin 1972

Publié le 4 juin 2010

 



Aux cotés de Malcom X et Martin Luther King, Angela Davis est une grande figure du mouvement Noir américain. Elle adhère au Parti Communiste vers 18 ans et devient membre des Black Panthers en 1967. Militante révolutionnaire, se battant pour l’égalité des noirs et des blancs mais également pour l’émancipation des travailleurs, elle comprend très vite que seule l’unité des mouvement sociaux et politiques entre blanc et noir, homme et femme permettra de combattre la classe dirigeante. C’est cette compréhension qu’elle paiera en étant condamnée à mort en 1972. C’est une mobilisation d’une ampleur internationale qui permit sa libération. Aujourd’hui, elle est toujours militante des luttes sociales et politiques aux États-Unis.

Angela Davis affirme : « La jeunesse est plus révoltée et plus créative que jamais. C’est elle qui me permet de continuer à avancer. » dans un excellent entretien dans Multitudes sur la révolte des banlieues françaises en novembre 2005.

Angela Yvonne Davis est née le 26 jan­vier 1944 au « Deep South », dans les bas-fonds de Birmingham, quar­tier sur­nommé « Dynamite Hill », état de l’Alabama, aux USA. C’est l’époque des grands trou­bles et du racisme exa­cerbé dans une société ségré­ga­tion­niste. Ses parents sont com­mu­nis­tes acti­vis­tes. La petite Angela, élevée dans la contes­ta­tion et la résis­tance, reçoit les influen­ces de ses futu­res convic­tions poli­ti­ques et concep­tions phi­lo­so­phi­ques. A 12 ans, elle par­ti­cipe au boy­cott d’une com­pa­gnie de bus pra­ti­quant la ségré­ga­tion.

En 1958, elle obtient une bourse pour étudier à l’ « Elisabeth Irwin High School » de New York où existe un pro­gramme d’aide aux élèves noirs du Sud pour conti­nuer leur sco­la­rité. Ce lycée privé est sur­nommé « Little Red Scholl House » à cause de sa sen­si­bi­lité aux mou­ve­ments sociaux et poli­ti­ques de gauche. Angela y ren­contre les enfants des lea­ders com­mu­nis­tes, Bettina Aptheker qui, plus tard, en 1975 écrira un livre sur elle. Angela est recru­tée par les Jeunesses Communistes, « Youth Communist Group ».

Angela obtient son bac­ca­lau­réat. En 1961, elle rentre à l’Université de Brandeis dans le Massachusetts où elle ren­contre le phi­lo­so­phe Herbert Marcuse, son guide. Puis elle étudie en France de 1963 à 1964. Elle ren­contre le racisme, traîne de l’empire colo­nial fran­çais. Elle se trouve à Biarritz quand elle apprend l’atta­que à la bombe dans l’église de sa ville natale : quatre enfants qu’elle connaît per­son­nel­le­ment sont tués. Fait divers rou­ti­nier dans le Sud pro­fond des Etats-Unis où la vie d’une per­sonne noire ne vaut rien.

Après la Sorbonne, elle va en Allemagne à l’Université Goethe de Francfort et suit les cours de Théodore Adorno. Ces séjours à l’étranger enri­chis­sent son expé­rience de vie, mili­tan­tisme avec les Algériens en France et avec les jeu­nes­ses socia­lis­tes en Allemagne, et ses connais­san­ces phi­lo­so­phi­ques marxis­tes.

Maintenant, Angela est forte. Elle décide de ren­trer aux Etats-Unis pour mettre son savoir en pra­ti­que et mener le combat de son peuple, le peuple noir.

“ Venue des bas-fonds du « Deep South », une nou­velle lueur illu­mine le Monde le 26 jan­vier 1944 : Angela Yvonne Davis. Elle devien­dra flamme, embra­sera une popu­la­tion entière, por­tant le combat sur tous les fronts, n’ayant qu’un seul but : Justice et Egalité pour tous, Liberté pour son peuple !”

En 1968, doc­to­rat en poche, Angela Davis devient ensei­gnante à l’Université de San Diego. Elle milite à l’inté­rieur du parti com­mu­niste et des Black Panthers, tota­le­ment immer­gée dans la com­mu­nauté noire qui endure les rafles en per­ma­nence et l’oppres­sion de la police raciste, lyn­cha­ges, sup­pli­ces et exé­cu­tions som­mai­res sont le quo­ti­dien. Dans ce contexte, reven­di­quer des droits civi­ques c’est ris­quer sa vie à chaque ins­tant et être à l’index. Témoin de l’assas­si­nat de trois de ses amis sur le campus, puis dénon­cée comme com­mu­niste par un de ses étudiants, Angela est ren­voyée par la direc­tion de l’uni­ver­sité, inci­tée par le gou­ver­neur d’alors, Ronald Reagan. Désormais, Angela est sur­veillée de près par le gou­ver­ne­ment.

C’est dans cet envi­ron­ne­ment que se pro­dui­sent les cir­cons­tan­ces qui vont façon­ner le destin d’Angela Davis. On est le 7 août 1970, une prise d’otages visant à libé­rer George Jackson, membre des Black Panthers condamné à la prison à vie à l’âge de dix-huit ans pour un vol de 70 $ (dans une sta­tion-ser­vice, je crois), tourne mal. Quatre per­son­nes sont abat­tues et trois autres sont griè­ve­ment bles­sées. Angela est membre du comité de sou­tien de George Jackson, elle est accu­sée par le FBI d’avoir pro­curé les armes qui ont permis ce coup de force. Certes, elle est noire, mais en plus elle est une femme. Angela est la troi­sième femme de l’Histoire à être ins­crite sur la liste des per­son­nes les plus recher­chée par le FBI, la célè­bre « Most Wanted List ». Mais Angela est introu­va­ble. Durant deux mois, la pan­thère noire déjoue la pour­suite du FBI. Pendant cette traque à tra­vers les Etats-Unis, sa renom­mée se façonne, gran­dit, et de nom­breu­ses pan­car­tes fleu­ris­sent sur les murs et les portes : « Angela notre sœur, tu es la bien­ve­nue dans cette maison ».

AngelaDavisWantedFBI-876de.gif

                                                       Affiche de l’avis de recherche du FBI

Angela Davis est arrê­tée le 13 octo­bre 1970, dans un hôtel. Accusée de meur­tres et de séques­tra­tions… c’est la peine de mort.

Angela est placée en déten­tion pro­vi­soire pen­dant seize mois au « Women’s Detension Center » de New York. L’opi­nion publi­que inter­na­tio­nale se mobi­lise pour la sup­por­ter, John Lenon et Yoko Ono chan­tent la chan­son « Angela », les Rolling Stones écrivent et com­po­sent pour elle « Sweet Black Angel ». Prévert lui écrit un poème. Des mani­fes­ta­tions mons­tres gron­dent dans les capi­ta­les. A Paris, 100.000 per­son­nes deman­dent sa libé­ra­tion avec en tête de la foule, Aragon et Sartre.

AngelaDavisAsonProces-9f124

                                                                            Angela Davis lors de son proces

Grâce à la pres­sion inter­na­tio­nale, elle est acquit­tée le 4 juin 1972 de toutes les char­ges qui pèsent contre elle par un jury com­posé uni­que­ment de blancs, au cours d’un procès hyper média­tisé qui met à jour une machi­na­tion du FBI. Angela est libé­rée sous cau­tion. Un mons­tre sacré est né, une grande figure pour la jus­tice et l’égalité. Elle mul­ti­plie ses com­bats, pour la paix au Viêt Nam, pour l’égalité des femmes, contre le racisme et l’oppres­sion.

Aujourd’hui, Angela a 65 ans, tou­jours rebelle. Elle lutte pour l’abo­li­tion de la peine de mort aux Etats-Unis et contre le sys­tème car­céro-indus­triel. Cette indus­trie péni­ten­tiaire deve­nue une manne iné­pui­sa­ble pour le gou­ver­ne­ment et les socié­tés pri­vées qui la contrô­lent. Angela donne des cours sur l’éveil de la cons­cience à l’uni­ver­sité de Santa Cruz en Californie, encou­rage l’esprit cri­ti­que face au prêt à penser. Angela Davis rejoint le « Comité International de Soutien aux vic­ti­mes viet­na­mien­nes de l’Agent Orange et au procès de New York » (CIS)

 

AngelaDavisAujourdhui-5b853.jpg

 


Elle a écrit (titres tra­duits) :

1971 : S’ils frap­pent à l’aube…
1972 : Les bases de la défense : le coup monté
1974 : Autobiographie
1981 : Femmes, race et classe
1985 : Les vio­len­ces contre les femmes et le per­pé­tuel défi du racisme
1989 : Femmes, culture et poli­ti­que
1999 : Le mes­sage fémi­niste dans le blues
1999 : Philosophie d’Angéla Davis
2003 : Les pri­sons sont-elles obso­lè­tes ?

Principaux livres sur Angela Davis :

1972 : Regina Nadelson : Who is Angela Davis ? The bio­gra­phy of a revo­lu­tio­nary
1972 : Charles Ashman : The people vs Angela Davis
1973 : Reginald Major : Justice in the roud : the trial of Angela Davis
1975 : Bettina Aptheker : The mor­ning breaks
1975 : Mary Timothy : The story of the trial of Angela Y. Davis

André Bouny
père adop­tif d’enfants viet­na­miens, pré­si­dent du « Comité International de Soutien aux vic­ti­mes viet­na­mien­nes de l’Agent Orange et au procès de New York » (CIS)

 

 

http://rebellyon.info/Angela-Davis-la-rebelle-condamnee.html

Repost 0
26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 14:12

pci_ricostruireilpartitocomunista.jpg

 

Introduction et traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Congrès de Livourne, 21 janvier 1921. Inspirés par l'élan de l'Octobre russe, animés par une volonté de rupture vis-à-vis de l'attitude capitularde du Parti socialiste dans le mouvement révolutionnaire des occupations d'usines qui secouait alors l'Italie, un groupe dirigeant mené par Antonio Gramsci et Palmiro Togliatti décidait de faire scission et de fonder le Parti communiste italien, section italienne de la IIIème internationale.


Pendant cinq ans, la lutte du noyau dirigeant communiste recoupant celui de la rédaction du journal de la section turinoise de l'ex-PSI « Ordine nuovo » (Gramsci, Togliatti, Terracini) – avec la bénédiction de Lénine qui voyait dans ces dirigeants les organisateurs du Parti communiste de l'avenir – sera âpre tant contre les tendances centristes et opportunistes que contre la direction sectaire de Amedeo Bordiga.


Certes, le fascisme privera le mouvement communiste de ces éléments les plus brillants et les plus valeureux, Gramsci en tête. Mais dans l'épreuve de la résistance se forgera le « Parti nouveau », le plus grand parti communiste d'Europe occidentale. Le parti de la Résistance au fascisme et de la démocratie progressive, le parti de la classe ouvrière et de la rupture avec la vieille Italie cléricale et bourgeoise.


La dissolution du Parti communiste en 1991 fut un traumatisme dont non seulement les communistes italiens mais l'ensemble de la classe ouvrière ne se sont pas remis. Après vingt ans de d'hésitations et d'équivoques quant aux tentatives de « refondation », la nécessité d'une reconstruction du Parti communiste italien, 90 ans après Livourne, 20 ans après la liquidation, est désormais mise au premier plan par nombre de dirigeants du PdCI et de Refondation communiste.


Afin de participer à ce travail de reconstruction, il paraît opportun de republier certains textes fondamentaux du fondateur, théoricien et dirigeant du Parti communiste italien, Antonio Gramsci, rappelant la raison d'être d'un Parti communiste en Italie.



Le Parti communiste



par Antonio Gramsci

Gramsci.jpg

« L'Ordine Nuovo », 9 octobre 1920

 

 

Le mouvement prolétarien, dans sa phase actuelle, tend à accomplir une révolution dans l'organisation des choses matérielles et des forces physiques; ses traits caractéristiques ne peuvent être les sentiments et les passions diffuses dans la masse sur lesquels repose la volonté de la masse; les traits caractéristiques de la révolution prolétarienne ne peuvent être recherchés que dans le parti de la classe ouvrière, dans le Parti communiste, qui existe et se développe pour autant qu'il est l'organisation disciplinée de la volonté de fonder un État, de la volonté d'apporter une organisation prolétarienne à l'ordre des forces physiques existantes et de poser les bases de la liberté populaire. (…)

 

L'ouvrier dans l'usine n'accomplit que des tâches purement d'exécution. Il ne saisit pas le processus général du travail et de la production; il n'est pas un point qui se met en mouvement pour créer une ligne; il est une épingle plantée en un poste déterminé et la ligne résulte de la succession des épingles qu'une volonté extérieure a disposées à ses propres fins. L'ouvrier tend à étendre cette façon d'être à tous les milieux dans lesquels il est impliqué; il se résigne facilement, partout, à son poste d'exécutant matériel, de « masse » guidée par une volonté qui lui est étrangère; il est paresseux intellectuellement, il ne sait pas et ne veut pas prévoir au-delà de l'immédiat, c'est en cela qu'il manque de tout critère dans le choix de ses chefs et se laisse duper facilement par les promesses; il veut croire qu'il peut obtenir sans grand effort de sa part et sans devoir trop penser.

 

Le Parti communiste est l'instrument et la forme historique du processus de libération intime par lequel l'ouvrier, d'exécutant devient créateur, de masse devient chef et guide, de bras devient cerveau et volonté; dans la formation du Parti communiste on peut voir le germe de la liberté qui aura son développement et sa pleine expansion après que l'Etat ouvrier aura organisé les conditions matérielles nécessaires. (...)

 

Le Parti communiste, même en tant que simple organisation, s'est révélé la forme particulière à la révolution prolétarienne. Aucune révolution du passé n'a connu les partis; ceux-ci sont nés après la révolution bourgeoise et se sont décomposés sur le terrain de la démocratie parlementaire. Même sur ce terrain s'est vérifiée l'idée marxiste que le capitalisme crée des forces qu'il ne parvient pas ensuite à dominer.

 

Les partis démocratiques servaient à faire remarquer les hommes politiques de valeur et à les faire triompher dans la compétition politique; aujourd'hui les hommes de gouvernement sont imposés par les banques, les grands journaux, les associations patronales; les partis se sont décomposés en une multiplicité de cliques personnelles.

 

Le Parti communiste, surgissant des cendres des partis socialistes, répudie ses origines démocratiques et parlementaires et révèle ses caractères essentiels qui sont originaux dans l'histoire: la révolution russe est la révolution accomplie par les hommes organisés dans le Parti communiste, qui dans le parti se sont façonnés une personnalité nouvelle, ont acquis de nouveaux sentiments, ont réalisé une vie morale qui tend à devenir conscience universelle et fin pour tous les hommes.

 

Les partis politiques sont le reflet des classes sociales, et contribuent à leur donner un nom. Ils surgissent, se développent et se décomposent, se renouvellent, selon que les diverses strates des classes sociales en lutte subissent des changements d'une réelle portée historique, voient leur conditions d'existence et de développement se transformer radicalement, acquièrent une conscience plus grande et plus claire d'elles-mêmes et de leurs intérêts vitaux.

 

Dans la période historique actuelle et à la suite de la guerre impérialiste qui a profondément transformé la structure de l'appareil national et international de production et d'échange, est devenue caractéristique la rapidité avec laquelle se déroule le processus de dissociation des partis politiques traditionnels, nés sur le terrain de la démocratie parlementaire, et d'apparition de nouvelles organisations politiques: ce processus général obéit à une logique interne implacable, alimentée par la désagrégation des vieilles classes et des vieilles couches sociales et par le vertigineux passage d'une condition à une autre connu par des strates entières de la population sur tout le territoire de l'Etat, sur tout le territoire du domaine capitaliste.

 

Le Parti socialiste s'auto-proclame champion des doctrines marxistes; le parti devrait donc trouver, dans ces doctrines, une boussole pour s'orienter à travers la complexité des événements, il devrait posséder cette capacité de prévision historique qui caractérise les partisans intelligents de la dialectique marxiste, il devrait avoir un plan général d'action, basé sur cette prévision historique, et être en mesure de lancer à la classe ouvrière en lutte des mots d'ordre clairs et précis; au contraire le Parti socialiste, le parti champion du marxisme en Italie est, comme le Parti populaire, comme le parti des classes les plus arriérées de la population italienne, exposé à toutes les pressions des masses etse met en action et se distingue quand les masses se sont déjà mises en action et déjà distinguées. En vérité ce Parti socialiste, qui se proclame guide et dirigeant des masses, n'est rien d'autre qu'un piètre notaire qui enregistre les opérations accomplies spontanément par les masses; ce pauvre Parti socialiste, qui se proclame chef de la classe ouvrière, n'est rien d'autre que les impedimentade l'armée prolétarienne.

 

Si cet attitude étrange du Parti socialiste, si cette condition bizarre du parti politique de la classe ouvrière n'ont pas encore à ce jour provoqué une catastrophe, c'est qu'ils se trouvent au sein de la classe ouvrière, dans les sections urbaines du Parti, dans les syndicats, dans les usines, dans les villages, des groupes énergiques de communistes conscients de leur rôle historique, énergiques et réfléchis dans l'action, capables de guider et d'éduquer les masses locales du prolétariat; c'est qu'il existe potentiellement, au sein du Parti socialiste, un Parti communiste auquel ne manque que l'organisation explicite, la centralisation et sa discipline propre pour se développer rapidement, conquérir et renouveler l'ensemble du parti de la classe ouvrière, donner une nouvelle orientation à la Confédération générale du travail et au mouvement coopératif.

 

Le problème immédiat de cette période, qui succède à la lutte des ouvriers métallurgiques et précède le congrès où le Parti devra prendre une position sérieuse et précise vis-à-vis de l'Internationale communiste, celle justement d'organiser et de centraliser ces forces communistes déjà existantes et opérantes.

 

Le Parti socialiste, de jour en jour, avec une rapidité fulgurante, se décompose et part en lambeaux; les tendances dans un laps de temps très court, ont déjà acquis une nouvelle configuration; placés face aux responsabilités de l'action historique et aux engagements pris au moment de l'adhésion à l'Internationale communiste, les hommes et les groupes se sont recomposés, ont changé; l'équivoque centriste et opportuniste a gagné une partie de la direction du Parti, a jeté le trouble et la confusion dans les sections.

 

Le devoir des communistes, dans cette débâcle générale des conscience, des fois, de la volonté, dans ce déchainement de bassesses, de lâcheté, de défaitisme est celui de resserrer les rangs, de se mettre d'accord, de se tenir prêts à entendre les mots d'ordre qui seront lancés. Les communistes sincères et désintéressés, sur la base des thèses adoptées par le IIème Congrès de la IIIème Internationale, sur la base de la discipline loyale à l'autorité suprême du mouvement ouvrier mondial, doivent réaliser le travail nécessaire afin que, dans les plus brefs délais, soit constituée la fraction communiste du Parti socialiste italienne, qui, pour se vêtir du nom correct du prolétariat italien, doit, au Congrès de Florence, devenir, de nom et de fait, le Parti communiste italien, section de la IIIème Internationale communiste;afin que la fraction communiste se constitue avec un appareil de direction organique et fortement centralisé, avec ses propres articulations disciplinées dans tous les lieux dans lesquels travaille, se réunit et lutte la classe ouvrière, avec un ensemble de services et d'instruments pour le contrôle, pour l'action, pour la propagande qui la mettent en condition de fonctionner et de se développer dès maintenant comme un véritable parti.

 

Les communistes, qui dans la lutte des métallurgistes ont, avec leur énergie et leur esprit d'initiative, sauvé d'un désastre la classe ouvrière, doivent aller jusqu'aux ultimes conclusions de leur attitude et de leur action: sauver la cohésion primordiale (en la reconstruisant) du parti de la classe ouvrière, donner au prolétariat italien le Parti communiste qui soit capable d'organiser l'État ouvrier et les conditions de l'avènement de la société communiste.

Repost 0