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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 11:30

Quelques questions296403134_db8a4fda99.jpg sur le système KabilQui, en 2001, aurait pu prévoir que le jeune officier sans expérience politique, qui succédait à son père assassiné, serait encore au pouvoir neuf ans plus tard ? A l’époque, Joseph Kabila était considéré comme un intérimaire. Aujourd’hui, le président congolais a pris de l’épaisseur. Il été élu en 2006 avec 58% des voix et son autorité est incontestable. Cependant, il n’a toujours pas désarmé les sceptiques et les critiques. Réponse à quelques questions.

Comment Kabila a-t-il consolidé son pouvoir ?

En 2001, le Congo est en guerre, divisé, occupé par des troupes étrangères. Le jeune chef d’Etat ne cache rien de sa faiblesse et sa bonne volonté séduit les Occidentaux, dont Louis Michel. En 2002, les négociations menées à Sun City en Afrique du Sud débouchent sur un pacte surprenant : le départ de toutes les armées étrangères et la réunification du pays auront comme contrepartie le partage du pouvoir, selon une formule inédite, « un plus quatre ». Kabila, qui a dit à ses négociateurs qu’ils « devaient penser au pays plus qu’à sa personne » reste président en titre, mais il partage son pouvoir avec quatre vice-présidents. Deux d’entre eux sont issus de mouvements rebelles, Jean-Pierre Bemba supervise l’économie, Azarias Ruberwa est en charge de la Défense et de la sécurité. L’accord prévoit aussi d’intégrer dans l’armée nationale tous les groupes armés, dont les forces rebelles, qui bénéficient d’une sorte d’amnistie.
« Jusqu’à la date des élections, en 2006, le Congo est placé sous une sorte de semi-tutelle internationale, ce que Mobutu n’a jamais connu » remarque Gauthier de Villers, ancien directeur du CEDAF(Centre d’études africaines, Bruxelles). Kabila justifie sa prudence et sa discrétion en assurant « qu’il est celui qui porte les œufs » et que son objectif est de mener le pays aux élections démocratiques.
En 2006, la nouvelle Constitution prévoit un pouvoir semi-présidentiel : le président doit composer avec un Premier Ministre dont le gouvernement doit disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale. Si Kabila l’a emporté au deuxième tour contre son adversaire Jean-Pierre Bemba, c’est en concluant des alliances entre son bloc (AMP, Alliance pour une majorité présidentielle) et deux autres formations, UDEMO (Union des démocrates mobutistes de Nsanga Mobutu) et PALU (parti lumumbiste unifié) d’Antoine Gizenga. Autrement dit, le pouvoir est partagé. « Kabila consolide alors sa position, avec l’appui résigné de la communauté internationale » poursuit Gauthier de Villers.
Ce partage du pouvoir est théorique. En réalité, relève le politologue Jean Omasombo (Institut africain, Bruxelles) «c’est la volonté du président qui devient prépondérante… Lorsqu’il s’est agi de former le deuxième cabinet, toujours sous la direction du Premier Ministre Muzito, c’est le chef de l’Etat lui-même qui a décidé des nominations. » Le professeur Jean Claude Willame confirme qu’en fait, «l’exécutif congolais n’a jamais pu fonctionner comme un véritable contrepoids à la présidence de la République ; les deux Premiers Ministres n’ont jamais eu de véritable carrure politique ».
Omasombo souligne aussi que «la présidence s’est impliquée dans les nominations des gouverneurs de province et elle intervient dans les tensions qui surgissent au niveau régional ». Au fil du temps, la « présidence » s’est confirmée comme étant le véritable centre du pouvoir, une sorte de gouvernement parallèle, dont les membres avancent ou reculent suivant la volonté du chef…

Autour de Kabila, qui sont les hommes forts ?

« L’entourage est partagé entre les Katangais et les Kivutiens, surtout les originaires du Maniéma » relève Omasombo. Les originaires de l’Ouest et de l’Equateur se retrouvent dans d’autres institutions, le Sénat entre autres. A la droite du président, l’ancien gouverneur du Katanga, Augustin Katumba Mwanke a longtemps tiré les ficelles et assuré les financements du système. C’est par lui que passent les circuits de l’argent. Peu apprécié par les Occidentaux, parfois présenté comme le paratonnerre de Kabila, cet homme taiseux et travailleur est branché sur la Chine, l’ Afrique du Sud, les nouveaux partenaires économiques.
A la gauche du chef, le nouveau conseiller spécial en matière de sécurité est Pierre Lumbi, originaire du Maniéma. Ancien ministre des Infrastructures, il a conclu les contrats chinois (dix millions de cuivre contre neuf milliards d’investissements aujourd’hui réduits à six) pour se donner les moyens de réaliser les cinq chantiers. « Avant de se présenter pour un deuxième mandat, le président voulait prouver à ses électeurs que la reconstruction du pays avait commencé. Puisque les Occidentaux tardaient à s’engager, je me suis tourné vers les Chinois » explique Lumbi avec pragmatisme. Inspecteur général de la police, le général John Numbi est considéré comme l’un des hommes forts et c’est à ce titre qu’à Kigali il négocia avec le chef d’Etat major James Kabarebe les premières opérations militaires menées conjointement avec l’armée rwandaise. Seul un Katangais pouvait se permettre de prendre un tel virage à 180 degrés, qui suscita l’hostilité du Kivutien Vital Kamerhe. En raison de son opposition aux opérations militaires, Kamerhe dut alors céder son poste de président de l’Assemblée nationale au Kasaïen Evariste Boshab, juriste et professeur d’université, formé en Belgique. Sous ces deux présidences, celle de Kamerhe et celle de Boshab, l’ Assemblée a abattu un travail législatif considérable, votant des lois importantes, sur la décentralisation, l’indépendance de la justice, la révision des contrats miniers, l’octroi des marchés publics…Les députés ont pris leur rôle au sérieux, mais sans oublier de voter à leur profit des émoluments tellement substantiels qu’en janvier dernier, Kabila récusa le budget présenté et demanda aux élus de donner priorité au social. Le bilan législatif n’impressionne pas Willame, qui relève que « ces lois ont rarement été mises en application par l’exécutif… » Au grand dam des anciens partisans de Kabila père, qui se sont sentis trahis, et des nationalistes de toutes obédiences, de nombreux anciens mobutistes ou ex-rebelles se sont ralliés au président : Thambwe Mwamba, Ministre des affaires étrangères était mobutiste puis membre du RCD, Olivier Kamitatu, ministre du Plan et gérant les financements internationaux, était le lieutenant de Jean-Pierre Bemba, Lambert Mende, ministre de l’Information, passa par le RCD Goma. Antippas Mbusa Nyamwisi, venu du RCD-ML, ministre des affaires régionales, représente les puissants Nande du Nord Kivu, José Endundo, ministre de l’Environnement, est originaire de l’Equateur et fut lui aussi à la fois mobutiste et rebelle. Parmi ces ralliés de la 25eme heure, des hommes comme Mende ou Tambwe se montrent quelquefois plus « kabilistes » que l’intéressé lui-même…
Discret, contrôlant de nombreux réseaux d’influence, l’ancien premier ministre de Mobutu, Kengo wa Dondo, préside le Sénat. D’après la Constitution, au titre de deuxième personnage de l’Etat, il succéderait automatiquement au président en cas de disparition de ce dernier.
A ces personnalités qui évoluent sur le devant de la scène s’ajoutent, dans les coulisses, les influences familiales : la mère du président, « Maman Sifa » garde une grande autorité. Le nom de Joe frère cadet et quasi sosie de Joseph est de plus en plus cité dans des affaires douteuses, la sœur jumelle Jaynet préside la fondation Mzee Laurent Kabila et est active dans des associations humanitaires. A cette famille nucléaire s’ajoutent les innombrables oncles et cousins, vrais ou faux et souvent ingérables. Opérant généralement au Katanga, ils se prévalent de leur parenté, réelle ou supposée avec le chef de l’ Etat pour justifier des passe droits et se présenter aux hommes d’affaires comme des intermédiaires obligés…et coûteux…
« Il n’y a pas de reproduction du système Mobutu, qui était comme une araignée, au centre d’une toile tissée par d’autres » relève Gauthier de Villers « mais il n’y a pas non plus de vrai changement de la culture politique. On assiste à un renforcement des centres locaux du pouvoir, une sorte de « patrimonialisme décentralisé » où les anciens chefs de guerre se sont associés aux milieux d’affaires ».

Quel est le style du président ?

« Kabila n’est pas autoritaire comme l’était Mobutu, avec qui il n’était pas question de discuter…» assure Omasombo, « il n’exerce pas d’autorité directe mais agit via des intermédiaires et au fil du temps se révèle un fin politique, maîtrisant bien tout l’échiquier ». Le président cultive la discrétion, voire le silence. « Lorsqu’on lui soumet une idée, il ne dit pas non tout de suite. S’il se contente de murmurer « je te téléphone » on sait que c’est mal parti », relève un collaborateur. Parfois, lorsqu’il le faut, Kabila monte en ligne : pour obtenir des députés qu’ils obtiennent la démission de Vital Kamerhe, qui refusait de quitter son poste à l’Assemblée nationale, le président convoque les élus de l’AMP « sur ses terres », dans sa ferme proche de Kinshasa. A la fin de la réunion, il leur lâche brutalement « si vous ne votez pas, je dissous l’Assemblée et vous vous retrouverez au chômage ».
La lenteur est l’un des principaux défauts de la « gouvernance Kabila » : « je mets du temps à me décider, parce que je veux être juste, tenter de juger les hommes sur leurs actes et non sur des « on dit »» assure l’intéressé. « Il n’est pas sûr de lui, n’ose pas trancher rapidement» explique un ministre provincial. Un militant des droits de l’homme ajoute : « comme avec beaucoup de conseillers ou de ministres, il a partagé des affaires, il lui est difficile de se débarrasser d’eux… »
Aime-t-il l’argent ? A-t-il besoin de moyens financiers pour sa jouissance personnelle, ou pour asseoir son pouvoir ? Ses adversaires et même des amis politiques en sont persuadés : Kabila aime les affaires, il a besoin d’argent. « Mais il ne touche pas au secteur minier, dit un proche, il préfère la terre, l’ immobilier. » De fait, le ministre Vanackere a été accueilli, au sud de Lubumbashi, dans la « ferme de l’Espoir » une propriété de 300 hectares. « L’autre ferme, celle de N’Sele, près de Kinshasa, est plus belle encore » nous confie un confrère de la presse présidentielle. A Kisangani, Goma, Bukavu, Kalemié, la rumeur assure que « la présidence », c’est à dire Katumba Mwanke ou « Maman Olive » l’épouse du président, ont acheté un terrain ici, fait construire une villa là bas…Mais comment passer de la rumeur à la certitude ?
Ce qui est certain c’est que Kabila, qui ne prend guère de vacances et a peu de loisirs, à part un jogging matinal le long du fleuve ou quelques randonnées en voiture ou en moto, utilise l’argent pour consolider son pouvoir ou régler des problèmes particuliers. « Il m’a fait confiance et a financé lui-même l’opération « des armes contre des tôles » ou « des armes contre des vélos » assure le pasteur Mulunda Ngoy, qui a mené avec succès des opérations de collecte d’armes à Lubumbashi, Kinshasa et au Kivu, mal vues par la Monuc qui se faisait « dribbler ». A tout moment, à l’instar de Mobutu ou d’autres chefs d’Etat africains, « la présidence » est sollicitée pour régler des problèmes de transport, de frais médicaux. Comme ces montants ne sont pas budgétisés, des mésaventures sont possibles : un conseiller s’est fait éconduire parce que, chargé de transmettre une enveloppe à la fille d’un ancien homme politique, il y avait prélevé quelques milliers de dollars. Lorsque la bénéficiaire envoya un SMS au président pour le remercier de la somme reçue, ce dernier vit que le montant initial avait été amputé durant le transport…
Si la croissance économique se confirme (2,9%) elle demeure plombée par la faiblesse du secteur formel : « 16 milliards de dollars circulent en dehors du circuit bancaire » relevait récemment un rapport du Sénat. Autrement dit, l’argent circule de la main à la main, ou est transféré via Western Union, qui a ouvert des agences dans toutes les villes. Mais surtout, le relèvement de l’économie est hypothéqué par la corruption générale du système. « Même pour obtenir une audience avec le chef de l’Etat, il faut payer les intermédiaires» constate un homme d’affaires, qui se demande si l’intéressé est au courant de ces pratiques…
« Il devrait frapper son entourage ; si l’exemple ne vient pas d’en haut, on n’avancera pas » assure un observateur kinois. Dans la capitale d’ailleurs, les « tracasseries » se multiplient, où policiers et militaires tentent d’extorquer « un café » dans le meilleur des cas, ou une amende, plus ou moins salée selon la tête (blanche ou noire..) du client, avec à leur décharge le fait que bien souvent ils n’ont pas été payés.
Au milieu de ces «écuries d’Augias », de ce pays miné par la corruption à tous les niveaux, Kabila tente parfois de faire le ménage. Il proclame « tolérance zéro » face aux méfaits des militaires, vient de remplacer 300 magistrats et d’en promouvoir 2000 autres, dont 1000 seront immédiatement opérationnels. Mais s’abstient-il lui –même de demander au gouverneur de la banque centrale, l’inamovible Jean-Claude Masangu, de consentir à des décaissements non programmés ? Tout Kinshasa se répète une anecdote qui en dit long, où deux escrocs, imitant la voix et l’accent du président, ordonnent au gouverneur de leur livrer une somme importante. Méfiant, Masangu finit par leur tendre un piège et les démasquer…

Le commandant en chef de l’armée est il responsable des exactions commises par ses troupes ?

Issue des accords de Sun City, l’armée affichait, en 2003, quelque 340.000 hommes : des vétérans de l’armée de Mobutu, parmi lesquels des officiers bien formés et de vieux soldats méritant la retraite, des rebelles venus du Kivu, de l’Equateur, de la Province Orientale des Mai Mai du Kivu, des enfants soldats. Et aussi quelque 100.000 soldats fantômes, dont les commandants déclaraient l’existence et percevaient la solde, mais n’existaient que sur papier…
Des commandants de forces rebelles se sont retrouvés à de hautes fonctions, comme le général Amisi, un ancien compagnon de Nkunda, aujourd’hui commandant de l’armée de terre et… très fortuné président du club de football Vita Club. L’an dernier encore, le général Bosco Ntaganda, le bras droit de Laurent Nkunda, a été placé à la tête des opérations militaires au Kivu après avoir désavoué le chef rebelle. Refusant d’exécuter le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, Kabila déclarait : « pour le moment, je préfère la paix à la justice ». Un an plus tard, Bosco Ntaganda a perdu beaucoup de son autorité et une arrestation éventuelle ne représenterait plus un casus belli.
La réforme du secteur de sécurité prévoyait le dénombrement des effectifs réels, la démobilisation, le brassage des militaires de diverses provenances, la création de forces de réaction rapides et, parallèlement, le cantonnement des unités brassées dans des casernes. La Belgique, l’Afrique du Sud, l’Angola et aujourd’hui les Américains, à Kisangani s’engagèrent dans la formation des nouvelles unités intégrées, mais l’efficacité des troupes a toujours été proportionnelle au versement des soldes, insuffisant et souvent irrégulier. Les 18.000 hommes de la garde républicaine, autrefois appelée garde présidentielle, plus efficaces et mieux formés, sont quelquefois considérés comme la milice privée du président.
Les opérations militaires menées au Nord et au Sud Kivu, qui forcèrent de nombreux Hutus à regagner le Rwanda (plus de 2000 en un an) furent unanimement critiquées par la « communauté humanitaire ». « La guerre est loin d’être terminée » assure Oxfam, qui dénonce, comme Amnesty et Human Rights Watch, les agressions, viols et extorsions commis par les nouvelles unités intégrées où se retrouvent d’anciens Mai Mai et des hommes de Nkunda, tandis que les rebelles hutus rwandais des FDLR se livrent également à des représailles.

Kabila est-il violent ou non violent ?

« Pour tenter de régler le problème posé par les FDLR, il a d’abord essayé la négociation, et a demandé l’aide de la communauté romaine de Sant’Egidio » relève le Jésuite Rigoberto Minani, l’un des négociateurs. « Ce n’est qu’en dernier lieu qu’il recourt à la force ».
Au lendemain des élections de 2006, le jeune homme conciliant laisse cependant tomber le masque. Lors de sa prestation de serment, il annonce « la fin de la récréation ». Trois mois plus tard, les milices que son rival Bemba refusait de désarmer à Kinshasa sont dispersées au terme de trois jours d’affrontements qui feront des centaines de morts parmi lesquels de nombreux civils. La garde présidentielle, au cœur de la Gombe, le quartier résidentiel, tire à l’arme lourde, même des ambassades sont touchées. Bemba s’enfuit, Kin la frondeuse est traumatisée par les cadavres jetés sur le Boulevard et que nul ne ramasse: « Il est bon que les Kinois à leur tour découvrent le visage de la guerre » déclare un conseiller de Kabila. « Usage excessif de la force » dénoncent les défenseurs des droits de l’homme et les Nations unies, dont les Casques bleus ne sont pas intervenus.
Lorsque la secte Bundu Dia Kongo, dans le Bas Congo, s’attaque à de symboles de l’autorité de l’Etat (des policiers sont brûlés vifs, des municipalités détruites), ce début d’insurrection est suivi de près par le Congo Brazzaville et l’Angola, qui redoutent le réveil de l’irrédentisme kongo. Raus Chalwe, commandant de la police et vieux compagnon de route du père Kabila, assure qu« il s’agissait de mater une insurrection » et fait donner la troupe. Les morts se compteront par centaines.
Contre ceux qu’il considère comme des ennemis personnels, le « chef » a la dent dure.
Reconnus coupables de l’assassinat du père du président, Laurent Désiré Kabila, et condamnés à mort par la Cour Militaire, 52 détenus, dont l’ancien conseiller spécial Nono Lutula, sont toujours détenus à Makala dans des conditions très difficiles et espèrent une amnistie à l’occasion du 30 juin. Firmin Yangambi, un avocat de Kisangani, militant des droits de l’homme, qui avait voulu se présenter aux élections présidentielles, a été accusé de vouloir préparer un coup d’Etat et est lui aussi condamné à mort. Depuis sa prison, il clame son innocence et nous écrit : « la vraie raison de ma condamnation, c’est que j’ai défié le président, il m’a considéré comme un rival…». Sait-il que, durant plus d’un an, c’est Kabila lui-même qui l’a piégé, le faisant suivre par son aide de camp personnel jusqu’à ce que l’avocat soit découvert en possession d’armes et de Motorola ?

Qui est de taille à s’opposer à Kabila ?

Le départ de Jean-Pierre Bemba pour la Haye, où il est entre les mains de la Cour pénale internationale, a décapité l’opposition officielle. L’ancien « chairman » demeurant en contact avec ses partisans, le MLC n’a pas encore présenté de relève et son secrétaire général François Mwamba est jugé peu offensif pour le pouvoir. L’UDPS, le parti de Tshisekedi compte revenir dans le jeu politique, mais son leader étant très malade, elle n’a pas encore présenté de relève. Depuis les Etats Unis, le docteur Kashala assure qu’il se présentera comme candidat à la présidence, mais aura-t-il les moyens d’affronter les réseaux du président ? En 2006, il n’avait même pas été autorisé à mener campagne en province…
Au sein du camp présidentiel, un « challenger » potentiel comme Moïse Katumbi, le très populiste gouverneur du Katanga, assure que, s’il n’a pas quitté la politique d’ici là, il se réserve pour « le tour suivant »et fera tout pour qu’en 2011 Kabila obtienne un second mandat. Quant à Vital Kamerhe, ancien brillant président de l’Assemblée nationale, qui mena campagne pour Kabila en 2006, il est à présent sur la touche. S’il n’a pas les moyens de concourir en 2011, il se réservera lui aussi pour le tour suivant.
Les élections, prévues pour 2011, auront elles lieu ? « Rien ne se prépare » redoute Jean Omasombo, « on se demande même comment seront organisées les élections locales » Pierre Lumbi, conseiller spécial du président, ne partage pas ces inquiétudes : « les élections auront lieu à la date prévue, on ne change pas les règles du jeu pendant le match, il faut que la démocratie prenne racine ? » Le politologue Bob Kabamba (ULg)confirme : «le Congo va trouver de nouvelles sources de financement, comme les redevances téléphoniques, les élections auront bien lieu comme prévu… »
Le directeur du Potentiel, Freddy Mulumba l’assure : « les titres se multiplient, la presse est vraiment libre d’écrire ce qu’elle veut… »…Les associations professionnelles de journalistes, comme Journalistes en danger relèvent cependant que plusieurs journalistes, dont deux journalistes de Radio Okapi à Bukavu, ont été assassinés par des « hommes en armes », qu’à Beni un cameraman vient d’être abattu à bout portant, que d’autres confrères sont intimidés par des SMS, des appels téléphoniques, que le signal de RFI a été coupé par le ministre de l’Information Lambert Mende…La plupart des observateurs et des militants des droits de l’homme estiment que le pouvoir se resserre et se durcit ; « On se demande si Lambert Mende, ministre de l’Information et porte parole du gouvernement, n’est pas chargé de traduire tout haut ce que penserait Kabila » se demande Jean Omasombo. Mende ne se prive pas : il fustige Human Rights Watch qui critique le comportement de l’armée, s’en prend aux organisations de la société civile congolaise qui regrettent déjà le départ programmé de la Monuc.
En janvier, Kabila l’avait promis : en plus de voir se développer les grands chantiers de la reconstruction, 2010 sera l’année du social. Il y a urgence en effet : 80% de la population vit avec moins de un dollar par jour, le budget de l’éducation ne dépasse pas 7,5% des dépenses de l’Etat, le pays ne compte que 11 médecins pour 100.000 habitants. Dans les hôpitaux, les familles des malades paient le personnel et les médicaments. Les mauvais payeurs, des malades guéris, des accouchées qui n’ont pu payer la sage femme, sont retenus en otages, quelquefois durant des semaines, jusqu’à ce que la famille réunisse la somme nécessaire. Dans ce secteur aussi, Kabila compte sur l’aide chinoise : l’un des plus grands hôpitaux d’Afrique va être construit à Kinshasa, 145 centres de santé devraient voir le jour.
Si le social reste à la traîne, les nouvelles routes contribuent déjà au relèvement du commerce : désormais reliée à l’Ouganda, Kisangani renaît, une autoroute mène de Lubumbashi à la frontière zambienne, cinq heures suffisent, depuis Kinshasa pour gagner le Bandundu. Partout ces nouveaux axes de communication suscitent des vocations commerciales et à Bukavu, un homme nous assure : « je voterai Kabila, car il est le seul à avoir construit quelque chose, il faut le laisser continuer…»
A l’occasion du 50ème anniversaire, le président refuse les grandes fêtes et recommande l’introspection : «il veut que nous fassions un bilan, d’où nous venons, ce que nous avons fait »explique le cinéaste Balufu Kanyinda, qui ajoute : « c’est une chance pour nous que Joseph Kabila, qui a connu l’exil en Tanzanie, n’a jamais été un « Zaïrois », contaminé par le mobutisme. »
Puisse-t-il ne pas être abusé par les courtisans qui le traitent déjà de « raïs » et ne jamais être le président-fondateur du « kabilisme »…

 

 

 

http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 20:57

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 20:11

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Dans Les Arabes et la Shoah, Gilbert Achcar, universitaire libanais, analyse avec rigueur l’histoire de la perception des persécutions juives par le monde arabe, du nazisme à nos jours. Intellectuel libanais de 58 ans, Gilbert Achcar est professeur à la School of Oriental and African Studies (Soas) de l’université de Londres. Il vient de publier Les Arabes et la Shoah: la guerre israélo-arabe des récits (Sindbad Actes Sud). Cet ouvrage, très complet, étudie les perceptions des persécutions juives par le monde arabe, avant, pendant et après la Shoah. Cette exhaustivité permet de sortir des clichés, à commencer par celui du mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, convié à assister à Berlin au défilé des SS en pleine Seconde Guerre mondiale. D’autres voix sont données à entendre dans cet ouvrage, d’autres positions y sont relatées, expliquées. On apprend notamment que l’Egyptien Anouar al-Sadate et le Palestinien Mahmoud Abbas, présentés comme des chantres de la paix, ont été dans leur jeunesse nettement plus antisémites que Nasser et Arafat, injustement décriés sur ce thème. Achcar, d’une rigueur intellectuelle et morale impeccables, décrit aussi la complexité et l’ambiguïté des relations entre Shoah et nakba, la dépossession des Palestiniens chassés de leurs terres en 1948 (les deux mots, s’ils ne désignent pas la même chose, ont, en français la même traduction: la «catastrophe»).

Par le passé, Gilbert Achcar a déjà publié le Choc des barbaries (2002), l’Orient incandescent (2003), la Guerre des 33 jours (2006) et, avec Noam Chomsky, la Poudrière du Moyen-Orient (2007).

 

 

En exergue, vous avez choisi une phrase de l’Evangile selon Saint Matthieu: «Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil  ?»

 

C’est une excellente règle de vie que de reconnaître ses propres défauts avant de chercher ceux des autres. Je me la suis appliquée à moi-même en tant qu’originaire du monde arabe, afin de dire les choses sans concession. Elle devrait aussi s’appliquer à ceux qui font des reproches aux Arabes et qui ne voient pas l’injustice qu’ils font subir aux autres…

 

Votre livre est-il le premier travail exhaustif sur ce sujet par un universitaire arabe ?

 

 

Oui, certainement. Il n’y a pas eu d’ouvrage systématique sur cette question. Il y a des classiques sur les relations entre l’Allemagne nazie et le monde arabe [1], mais ils relèvent plus de l’histoire diplomatique que d’une étude précise de la perception dans le monde arabe du nazisme, des persécutions antijuives et de la Shoah. Il y a aussi un ouvrage récent d’auteurs israéliens [2], que je critique beaucoup parce que c’est un catalogue qui met sur le même plan d’odieux inconnus et des personnalités plus importantes. On y passe totalement sous silence la visite d’Arafat à la maison d’Anne Frank à Amsterdam, qui était un acte symbolique fort destiné à compenser sa visite avortée au mémorial de l’Holocauste à Washington.

Quelles attitudes dominent dans le monde arabe au moment de la Shoah ?

D’abord, les Arabes, ça n’existe pas. Parler d’un discours arabe au singulier est une aberration. Le monde arabe est traversé par une multitude de points de vue. A l’époque, on pouvait distinguer quatre grands courants idéologiques, qui vont de l’occidentalisme libéral à l’intégrisme islamique en passant par le marxisme et le nationalisme. Sur ces quatre courants, deux rejetaient clairement le nazisme: l’occidentalisme libéral et le marxisme, en partie pour des raisons communes (l’héritage des lumières, la dénonciation du nazisme comme racisme), et en partie à cause de leurs affiliations géopolitiques. Le nationalisme arabe est contradictoire sur cette question. Mais si on regarde de près, le nombre de groupes nationalistes qui se sont identifiés à la propagande nazie est finalement très réduit. Il y a un seul clone du nazisme dans le monde arabe, c’est le Parti social nationaliste syrien, fondé par un chrétien libanais, Antoun Saadé. Le mouvement égyptien Jeune Egypte a flirté un temps avec le nazisme, mais c’était un parti girouette. Quant aux accusations selon lesquelles le parti Baas était d’inspiration nazie à sa naissance dans les années 40, elles sont complètement fausses. Je suis loin d’être un admirateur du Baas, surtout du Baas d’aujourd’hui qui est dictatorial, mais Michel Aflak [intellectuel chrétien syrien, fondateur du Baas, ndlr] était de gauche.

 

Qu’en est-il des islamistes ?

 

 

Le panislamisme intégriste, lui, n’a aucune réserve vis-à-vis du nazisme. Ce choix remonte au tout début des années 30, il a été inspiré par Rachid Rida [intellectuel réformateur musulman égyptien mort en 1935]. Au départ, Rida est plutôt pro juif, par rejet de l’Occident. Par exemple, au moment de l’affaire Dreyfus, il condamne la persécution des Juifs par l’Europe chrétienne. Rida essaye même de prendre langue avec les dirigeants du mouvement sioniste, sans succès. Avec l’exacerbation des tensions en Palestine, il opère un tournant après 1929 et va reprendre et islamiser le discours antisémite européen en appliquant un vernis religieux sur le Protocoles des sages de Sion [3] et la propagande nazie. D’une manière générale, il y a des affinités électives entre islamisme et nazisme: les deux «essentialisent» l’ennemi, l’un sous la forme religieuse, l’autre sous celle, pire encore, d’un racisme biologique. Attention, je parle bien de l’intégrisme islamique et non de l’islam. Au final, deux figures de proue de la mouvance intégriste vont collaborer étroitement avec Berlin: le cheikh Chakib Arslan [une des deux grandes familles féodales druzes libanaises avec les Joumblatt, ndlr] et le moufti de Jérusalem, Amin al-Husseini. Les deux avaient noué des liens étroits avec l’Arabie Saoudite, qui, elle-même, avait approché les nazis. Par prudence et par peur de la Grande-Bretagne, le royaume saoudien va interrompre ces contacts dès qu’ils ont commencé à être connus.

 

 

Quelle était la représentativité d’Amin al-Husseini ? Son ralliement a-t-il durablement terni la cause palestinienne ?

 

 

Dans l’Encyclopédie de l’Holocauste, l’article consacré à Amin al-Husseini n’est dépassé, en longueur, que par celui sur Hitler: c’est une absurdité totale parce que ce personnage n’a été qu’un petit rouage dans la galaxie nazie et qu’il n’a pas participé à l’exécution du génocide. Je ne veux pas l’exonérer de l’abjection de ses positions, mais c’est démesuré. Quant aux entreprises qu’il a menées pour le compte des nazis, c’est un fiasco absolu. Ses exhortations sont restées sans écho dans le monde arabe. Si on compte le nombre d’Arabo-Berbères ayant combattu aux côtés de l’Axe, il est infime comparé à ceux ayant combattu avec les Alliés, y compris parmi les Palestiniens. D’ailleurs quand Husseini se réfugie à Berlin (en 1942), il est déjà discrédité car il a cumulé les défaites, que ce soit en Palestine avec la Grande Révolte de 1936-39 ou en Irak en 1941. Il faut noter au passage que les mémoires d’Amin al-Husseini sont un antidote contre le négationnisme: il savait que le génocide avait lieu et se vantait d’avoir été parfaitement au courant dès 1943. Pour moi, il est un artisan de la nakba (la défaite de 1948 et le départ de centaines de milliers de Palestiniens chassés de leurs terres), au sens où il porte une responsabilité dans ce qui est arrivé au peuple palestinien.

 

 

Au Moyen-Orient, les Palestiniens sont les premiers à avoir subi les conséquences de la Shoah. Sont-ils plus enclins que d’autres à la nier ou, au contraire, à la reconnaître ?

 

 

On trouve, parmi les Palestiniens, deux attitudes symétriques. Une partie d’entre eux a compris que les leçons de la Shoah sont universelles et que la nier est non seulement faux, mais contre-productif.

Mais sait-on qu’un Palestinien a créé un musée de l’Holocauste ?

Sait-on que le village de Nilin (en Cisjordanie), connu pour sa lutte contre le mur de séparation, a organisé une exposition sur la Shoah ?

Les médias occidentaux montrent beaucoup moins ce type d’attitudes que le contraire…

A l’inverse, il y a, de manière croissante, une attitude négationniste chez les Palestiniens. Prenez les citoyens arabes d’Israël, qui parlent hébreu et qui, dans le cadre de leur cursus scolaire, ont été surinformés sur la Shoah: on constate chez eux un taux de négationnisme qui est passé de 28 % en 2004 à 40 % en 2007. Ce phénomène montre bien qu’il ne s’agit pas d’un négationnisme réfléchi, comme en Europe, mais d’une forme de défi. C’est une manière - la plus mauvaise possible - d’exprimer son ressentiment par rapport à l’escalade systématique de la violence depuis 2001 et au glissement à droite de la société israélienne. C’est une façon de dire: ils utilisent la Shoah pour justifier ce qu’ils nous font, donc la Shoah est une invention. C’est un raisonnement primaire, combattu par une minorité éclairée. Pour lutter contre cela, il faut prendre conscience que les leçons de la Shoah sont universelles et que tout peuple opprimé peut les mettre en avant, y compris les Palestiniens. Au lieu de nier la Shoah, les Palestiniens ont beaucoup plus intérêt à nier à Israël le droit d’exploiter la Shoah pour justifier ses actes et refuser toute critique. C’est ce que disent aujourd’hui plusieurs auteurs israéliens, dont Avraham Burg [responsable travailliste, ex-président de la Knesset, ndlr].

 


Les provocations de Mahmoud Ahmadinejad sur la Shoah sont-elles révélatrices d’une tendance générale ?

 

 

La bêtise est une chose, l’abjection une autre. Malheureusement, ce genre d’obscénités s’est multiplié dans le monde arabe, ce qui fait la joie de sites spécialisés pro israéliens qui les collectionnent. Quant à Ahmadinejad, qui n’est pas arabe mais qui fait partie du paysage régional, son discours est pétri de contradictions. D’une part, il dit: la Shoah est un mensonge, un mythe. De l’autre, il explique que c’est le problème des Allemands et des Autrichiens, qui n’ont qu’à faire un Etat juif chez eux.

 

 

Où le discours antisémite est-il le plus répandu dans le monde arabe ?

 

 

En Arabie Saoudite, où le wahhabisme - une forme d’intégrisme ultra-archaïque - est une idéologie d’Etat. Sous la pression américaine, le pouvoir saoudien a tempéré son attitude, mais au niveau de l’institution religieuse wahhabite, il demeure un fort sentiment antijuif. Sinon, il n’y a pas un pays en particulier où se cristallise l’antisémitisme. On en trouve surtout là où prospèrent les intégristes: les Frères musulmans égyptiens, le Hamas palestinien, le Hezbollah libanais, même si Hassan Nasrallah n’utilise plus ce discours depuis trois ans. Certains nationalistes, comme ceux qui considèrent Saddam Hussein comme un héros, véhiculent aussi ce genre d’idées.

 

 

Le panarabisme, qui a dominé le monde arabe idéologiquement dans les années 50-60, était-il moins antijuif que le panislamisme ?

 

 

Que ce soit Nasser ou le Baas des origines, il n’y a pas d’antijudaïsme. Le panarabisme de gauche met en avant le fait national culturel contre l’appartenance religieuse. C’est allé jusqu’à considérer les Juifs comme des Arabes culturels, dans la mesure où ils n’agissaient pas contre la nation arabe.

Une des campagnes les plus violemment antijuives de cette époque a été le fait d’un Irakien pro britannique, Nouri Saïd, alors que les juifs irakiens étaient plus qu’enracinés dans le pays.

Plusieurs historiens israéliens ont revisité leur histoire à la lumière de la nakba. Les historiens palestiniens prennent-ils en compte la Shoah dans leurs analyses ?

Si l’on parle de l’histoire du mouvement sioniste, beaucoup de Palestiniens et d’Arabes l’ont fait et le font, même si l’accès aux archives n’est pas toujours facile. Mais si vous parlez de l’histoire de la Shoah elle-même, ils ne se sentent pas concernés. Le rapport d’Israël à la nakba, ce n’est pas le rapport des Palestiniens à la Shoah. L’attitude dominante dans le monde arabe, ce n’est pas tant de dire «ça n’a pas existé», mais plutôt: «Le nazisme c’est abject, mais il ne faut pas répondre à une injustice par une autre injustice en développant la colonisation de la Palestine. Pourquoi devrions nous payer le prix de ce qu’ont fait les Allemands ?»

 


* Cet entretien a été publié dans le quotidien français Libération dans son supplément – Le Mag – en date du samedi 27 mars 2010.

1. «The Third Reich And The Arab East», Lucas Hirszowicz (1966).

2. «From Empathy To Denial: Arab Responses To The Holocaust», Meir Litvak et Esther Webman (2009).

3. Ce faux document a été produit par la police tsariste à la fin du XIXe siècle. Il prétendait mettre à jour l’entreprise de domination du monde par les Juifs et la franc-maçonnerie.

(29 mars 2010)

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 19:29

 

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Il faut saluer la mémoire de Pascal Fantodji. Le fondateur et le premier secrétaire du Parti communiste du Bénin (PCB) s’en est allé. Il rejoint ainsi, dans la singulière expérience qu’est la mort, de célèbres ancêtres comme Karl Max et Engels, des contemporains tout aussi célèbres comme Mao Zétoung et Che Guevara, sans oublier de valeureux camarades africains comme Amilcar Cabral et Majmoud Diop.
Une page se referme dans le livre qui reste à écrire sur l’histoire de la construction du Bénin indépendant. Le Bénin des mille et un rêves de nombre de ses fils et de ses filles soucieux, quelque soient les voies empruntées, d’arracher le pays des griffes des prédateurs et des pilleurs de toutes espèces qui n’ont de cesse de plomber son envol vers des horizons de liberté et de prospérité.

Et Pascal Fantodji s’inscrit dans la lignée de ces patriotes sourcilleux. N’ont-ils pas choisi, au mépris de leur confort matériel, de leur sécurité, de porter comme une grossesse le destin de leur nation, de leur continent, voire du monde ? Ces patriotes poussent en avant leurs rêves pour un devenir meilleur, avec la droite certitude qu’ils finiront, tôt ou tard, par se donner la main, malgré la différence des visions projetées, des points de vues défendus et illustrés, des chemins empruntés. Pierre Teilhard de Chardin a immortalisé cet élan vers le meilleur en cette formule restée célèbre : « Tout ce qui monte converge ».

Et Pascal Fantodji, l’enfant de Djakotomey, témoin aux toutes premières loges de la grande misère de son peuple, a choisi, à son tour, de monter, impliquant son peuple dans ce mouvement ascendant vers les cimes. Le marxisme-léninisme l’outillera intellectuellement pour comprendre les grandes lois du développement humain. Il l’aidera à problématiser le combat à mener pour changer l’ordre des choses. Le socialisme scientifique lui servira de boussole par les dédales de la « praxis », pour rester dans le jargon de l’idéologie.

[Suite:]

On peut le dire : le marxisme-léninisme a été, pour au moins trois générations d’Africains, un phénomène générationnel fondamental. Des jeunes gens qui ressentaient dans leur corps et dans leur cœur la blessure ouverte de l’oppression coloniale. Des étudiants, promis à assurer la relève, dans leurs pays respectifs, et qui végètent comme dans un exil intérieur. Des Africains de tous âges meurtris au plus profond d’eux-mêmes par des humiliations, chaque jour, subies. Ce sont tous ces gens-là qui, à un tournant décisif de l’évolution du Bénin, de l’Afrique, s’étaient posés la fameuse question « Que faire » ?

Les uns et les autre allaient trouver dans le marxisme-léninisme et le socialisme scientifique, des réponses à leurs quêtes. Les uns et les autres allaient y découvrir « les armes miraculeuses » selon le mot d’Aimé Césaire, pour la reconquête de leur liberté volée, de leur dignité piétinée, de leur richesse aliénée. Aussi a-t-on pu dire qu’un jeune africain lettré qui choisit, en ces années de braise, de rester insensible au chant d’espoir de l’idéologie marxiste n’aurait été, ni plus ni moins, qu’un marginal obtus, qu’un indifférent inconscient.

Mais si beaucoup de jeunes Africains étaient alors entrés en marxisme pour sacrifier à la mode, Pascal Fantodji y a pris pied comme d’autres entrent en religion, la foi chevillée au corps. Alors que le militantisme des premiers se limitait à un flirt avec le matérialisme historique et dialectique de Marx ou avec le matérialisme et l’empiriocriticisme de Lénine, Pascal Fantodji a trouvé, dans le communisme, son point d’ancrage existentiel, pour dire sa raison de vivre et d’espérer.

Ce docteur en mathématiques, qui a mille raisons de prêter l’oreille aux appels pressants du grand large, a plutôt préféré entrer en son Bénin natal, intégrer, comme le lui recommande l’idéologie marxiste, « les larges masses populaires », prendre sa part aux souffrances de celles-ci, se laisser transcender par l’idéal de lutte. Le « Eblémaku » en fon, c’est quand on choisit de ne point reculer devant les menaces, la prison, la torture, voire la mort. Ce fut exactement ce que firent Pascal Fatondji, les siens et autre Wa houn wa.

C’est ici qu’il convient de s’arrêter sur la page de gloire qu’on cherche, du reste, à occulter et que le Parti communiste du Bénin, sous l’énergique direction de Pascal Fantodji à eu à écrire à l’encre de sang d’un engagement sans faille. Sans ce courage des communistes du Bénin, le renouveau démocratique ne serait peut-être pas advenu. Il faut le reconnaître et le souligner en manière d’hommage au PCB. Un hommage qui prend une dimension exceptionnelle à l’heure de nos adieux au fondateur et premier secrétaire de ce parti. Le Bénin perd un grand patriote. Nous retenons, pour notre part, le parfait accord entre les choix idéologiques et politiques de l’homme et l’exemplarité d’une vie d’engagement et de sacrifice. On peut ne pas être d’accord avec les idées de Pascal Fantodji. On reconnaîtra, tout de même, la cohérence d’un parcours en tous points exemplaire. Au revoir !

 

Jérôme Carlos

 

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 18:35

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 12:47

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Parfois les sociétés avancent, vers davantage de démocratie. En supprimant l’esclavage, ou en accordant le vote au femmes, par exemple. Tardivement en France, il est vrai. Ou en acceptant de supprimer la peine de mort, ce qui représente pour moi une des plus grandes avancées de ces dernières années dans ce pays. Dans d’autres parties du monde, on songe à l’incroyable histoire de Nelson Mandela, en Afrique du Sud, mis en place par l’ancien responsable de l’apartheid, désireux avant tout d’avoir un pays plus apaisé. Nelson Mandela, qui pardonnera à ses bourreaux, et gardera son amitié à un de ses geôliers (qu’il invitera à son investiture, un homme qui avait été séduit par le charisme incroyable de son prisonnier). Les choses avancent donc, vers plus de paix, disons, et plus d’apaisement dans le monde. Et puis parfois, les choses reculent. La France est en proie à une vague d’islamophobie, dont le symptome le plus évident a été la pitoyable prestation du leader du FN le soir des élections régionales, resté accroché à sa pancarte anti-minarets et ses slogans d’antans, qui ne sont que les vestiges de son racisme fondamental. Et en Afrique du Sud, me direz-vous ? Et bien là-bas, ça recule aussi, parfois, mais depuis ce 3 avril, la situation est tout autre. Des vestiges de ce qu’il y avait avant Mandela, il en restait encore quelque uns. Et le dernier vient d’être retrouvé assassiné. Eugene Terreblanche, au nom prédestiné, battu à mort dans sa propriété par deux ouvriers agricoles, au prétexte d’un conflit de paiement de salaire, semble-il. Dimanche 4 avril encore, on craignait dans le pays des réactions violentes à son assassinat.

 

Qui était donc ce Terreblanche ? Tout simplement l’Hitler local. Un « supremacist » comme on dit dans les pays anglo-saxons. On peut employer le terme, car c’était le leader du mouvement Afrikaner Weerstandsbeweging, ou AWB, autrement dit « l’Afrikaner Resistance Movement », autrement dit encore le mouvement raciste d’extrême droite du pays, opposé à la prise en main du pays par la majorité noire avec l’arrivée au pouvoir de Mandela. Un mouvement typique, avec discours enflammés et oripeaux à croix bizarroïdes à trois branches, dans les tons des couleurs nazies. La sinistre svastika (en allemand Hakenkreuz) étant bannie depuis 1945, il fallait bien trouver autre chose. Un homme descendant d’une lignée bien française, d’où la consonance typique : il descendait en réalité d’un colon protestant, un huguenot, Estienne Terreblanche, originaire de Toulon, immigré en Afrique du Sud au tout début du XVIIIeme. Eugène, lui est né en 1941 et a été élevé en pur Afrikaner, qui peuvent être d’origine néerlandaise (en forte majorité, on les surnomme les « Hollandais du Cap »), mais aussi française, allemande ou même scandinave. Il est tout d’abord policier, puis devient agriculteur en 1968 tout en lorgnant sur la politique, qui ne lui plaît pas telle qu’elle se présente alors. Trop consensuelle, déjà, selon lui, avec les noirs ! Il est d’extrême droite, raciste, et ne s’en cache guère.

On pense qu’un tel personnage, ici, en France, ne peut avoir d’admirateurs : détrompez-vous, il en en a, surtout un, qui lui tresse des couronnes de laurier depuis des années : c’est Bernard Lugan, professeur d’histoire à Lyon III, Université où a sévi pendant des années un certain Faurisson (c’était à Lyon II). Le plus fervent admirateur du nazi d’Afrique du Sud, et un homme d’extrême droite lui aussi, avec toutes les valeurs qui y sont attachées : catholicité exacerbée, pétainisme larvaire, racisme patent et antisémitisme à la clé. En 1985, il présidera une soutenance de thèse entièrement rédigée sur la base des Protocoles des Sages de Sion, un faux antisémite notoire. On le retrouvera au jury d’une autre thèse sur « Léon Daudet et l’antisémitisme« . L’année ou Mandela est libéré, il apport un soutien appuyé à son collègue Bernard Notin, qui vient de rédiger un article purement négationniste, reprenant les thèses de Serge Thion. Quelque temps après, il anime assure une réunion sur l’Afrique du Sud pour « l’Association pour la défense de la Mémoire du Maréchal Pétain »... Dans une revue ayant pour thème un Waffen SS, il rédigera un chapitre intitulé « Une tribu blanche d’Afrique australe » (cf. les Boers)… Le Waffen SS, c’est Marc Augier, engagé dans la L.V.F. devenu le chef des S.S. français de la Division Charlemagne ! Réfugié en Argentine, car condamné par contumace et amnistié, il présidera à son retour le « Comité France-Rhodésie«  en faveur de l’État ségrégationniste d’Afrique australe. Décidément, les nazifiants adorent l’Afrique du Sud… exclusivement blanche ! Dans un article du Crapouillot, Dugan écrira aussi son admiration pour les Boers et pour Terreblanche : « confrontés à des populations noires qui menaçaient de les submerger sous leur nombre, les Boers se crurent prédestinés et eurent bientôt la conviction d’appartenir à la race élue par le Seigneur pour apporter la civilisation à cette partie de l’Afrique ». La « race élue », encore elle ! Comme cerise sur le gâteau, il faut aussi savoir que Bernard Lugan a aussi enseigné pendant onze ans (de 1972 à 1983) à l’Université Nationale du Rwanda ! Incroyable ! Qu’a-t-il bien pu enseigner là-bas et à qui ?

Pire encore : Lugan, ancien de l’Action Française, passera beaucoup de temps à tenter de jouer sur les origines de Terreblanche pour faire le lien avec la France et y ancrer en retour ses idées nauséabondes : « il a surtout voulu humaniser la droite raciste partisane de l’apartheid en essayant de montrer que les sud-africains blancs étaient d’anciens français. Le 28 mai 1988, il donnait par exemple une conférence intitulée : « Huguenots et français, ils ont fait l’Afrique du Sud ». » Ça deviendra même un livre chez lui (notez la seconde remarque dans les critiques). Le racisme évident de Lugan n’a d’égal que celui de Terreblanche :  »son engagement politique se ressent dans ses écrits, même universitaires. Lugan y met souvent en valeur la « faillite » de la décolonisation et cherche à montrer que les élites ayant accédé au pouvoir après la décolonisation ont échoué. Il écrit ainsi que“L’Afrique noire a toujours été un continent récepteur et non concepteur… » ; « L’Afrique noire précoloniale ignorait l’écriture, l’usage de la roue, de la poulie ou de la traction animale » ; « Partout dans le monde, sauf en Afrique noire, l’homme chercha et réussit à agir sur la nature » dénoncent ses collègues de Lyon III dans un document. Tout l’inverse d’un René Dumont ! Des positions controversées… et une attitude plus que critiquable. Lugan, comme son idole, a en effet longtemps fait dans le grotesque. « Spécialiste de l’Afrique, auteur de « L’Occident sans complexe » (-célébré ici !-NDLR), autrefois militant de l’Action Française et monarchiste convaincu, M. Lugan paraît, chaque Mardi Gras devant ses étudiants de première année, déguisé en « colon », coiffé d’un casque et muni d’un fouet » (Le Monde, 2 avril 1993). Un universitaire a rejoué pendant des années Tintin au Congo devant ses élèves, et l’Etat et son ministère de tutelle ne l’auraient jamais tancé ? A quoi rimait cette mascarade douteuse ?

Pour Terreblanche, son pays, au seuil des années 70, est toujours soumis à l’apartheid. Mais l’homme n’est pas totalement idiot : il sait que ça ne tiendra plus longtemps : depuis que Rosa Parks a mis les pieds dans un bus aux Etats-Unis, le 1er décembre 1955, à Montgomery, en Alabama, et qu’un pasteur noir plein de charisme a envahi les journaux et les tv américaines en soutenant le boycott des bus de Montgomery, il se doute bien que cela va faire tâche d’huile dans son pays, et donner des idées aux noirs.

Aussi décide-t-il de réagir à sa façon, en quittant tout d’abord le HNP, une fraction dissidente du Parti National, déjà bien de droite, puis en fondant en 1973 son propre parti. Qui n’a aucune idéologie politique autre que le racisme, et un anticommunisme viscéral. Dans ses discours, en effet, note la BBC, « Terreblanche passe des fermiers blancs à la Grèce ancienne, puis à l’Union soviétique, sans aucune logique apparente ». Ce doit être le propre des leaders d’extrême droite de faire dans le propos décousu : chez nous, on a Soral, dans le genre. Moins virulent, mais tout aussi déjanté et aussi incohérent (sinon plus, en ce qui le concerne, je trouve !). Dans une des manifestations de l’AWB, une photo du tribun Afrikaner le montre avec derrière lui une croix gammée et un slogan « que l’on pende Mandela !« ….Terreblanche surfait bien sur les vagues du nazisme et du KKK.

Mais il se range aussi sous la bannière de la résurgence du mouvement Boers et de ses états perdus en 1902 : le Zuid-afrikaansche Republiek (le Transvaal), l’Oranje Vrystaat (l’État libre d’Orange) et la Nieuwe Republic (dite de Vryheid et Utrecht dans le Natal). Son parti est bien un mouvement passéiste, réactionnaire et profondément ancré dans la religion. En effet, « la construction d’un groupe homogène afrikaner s’est globalement appuyé sur la langue afrikaans et sur le calvinisme, dont la doctrine distinguait un peuple élu et les autres » nous dit le Wiki : voilà qui n’est pas sans rappeler une autre religion, au peuple également élu, un pays qui confine une partie de sa population dans un véritable apartheid, avec ceinture de béton autour cette fois. La similitude n’est pas fortuite, nous rappelle l’encyclopédie en ligne :« l’histoire des Afrikaners s’est en fait forgée et continuellement référée à une représentation quasi-religieuse, utilisant les comparaisons bibliques entre l’oppression des juifs dans l’Ancien Testament et l’exode des Afrikaners du Cap en 1835. Le Grand Trek s’est finalement imposé comme la racine historique du peuple afrikaner, l’événement qui lui a donné son âme, le berceau de la nation ».

Ce fameux Grand Trek, cette grande migration en chariots devenue un mythe véritable, entretenu par tous les Afrikaners. Le Grand Trek de plusieurs milliers de fermiers Boers de la petite colonie du Cap vers l’intérieur des terres (on chiffre à 15 000 le nombre de déplacés), entre 1835 et 1840 reviendra souvent dans les discours enflammés du tribun néo-nazi, prompt à se comparer à Moïse. Un Moïse conquérant et armé celui-là, qui devra se heurter aux tribus sur place, qui feront plus que se défendre : « cependant, l’intérieur des terres n’était pas vide d’habitants même si dans les années 1820 les armées de Shaka, roi des Zoulous, avaient décimé ou poussé à l’exode vers le nord plusieurs dizaines de milliers de tribus. La plupart des pionniers Boers vécurent des heurts sanglants avec les Ndébélés (bataille de Vegkop en 1836) et surtout les Zoulous alors que d’autres comme Louis Trichardt, partis très au nord du pays, succombent à la malaria ».

Les guerres zoulous passées, la guerre du XXeme siècle de Terreblanche sera donc interne, et consistera à commettre tout de suite des actes de guérilla pro-blanche qui mettront le feu au pays. La Nuit de Cristal permanente, l’Incendie du Reichstag mensuel : les néonazis ne sortent jamais de l’agitation violente comme moyen d’entraîner avec eux des fidèles. Ça, et la détention d’armes, une constante chez eux. En 1983, Terreblanche sera en effet condamné à deux ans de prison (avec sursis) pour détention illégale d’armes. Pour mieux les réaliser, ses rêves, il crée une milice, le Brandwag ( »la sentinelle »), du nom de l’emblème du « Golden Gate National Park » dans l’État-Libre d’Orange, qui se rendra célèbre par ses exactions.

En France, Jean-Marie LePen sera fort tenté de faire la même chose avec son DPS, armée de nervis toujours prêt à faire le coup de poing, à l’uniforme proche de celui de la police, et dont un de ses membres, plus allumé que les autres, se rendra en Afrique Centrale pour exercer d’autres talents : Claude Hermant, aujourd’hui gestionnaire d’une auberge en banlieue lilloise liée au mouvement du Vlaams, un établissement inauguré par…. Fabrice Robert, leader des identitaires, « ex-conseiller municipal FN à La Courneuve, ex-membre du Conseil national du MNR (de Bruno Mégret), c’est aussi l’ancien porte-parole d’Unité radicale, » l’homme qui a hébergé dans son groupe (dissous) Maxime Brunerie, celui qui a failli tuer Jaques Chirac en lui tirant dessus un 14 juillet. Celui qui répand sa prose raciste via ses sites « d’information » déguisés en « agences », telle Novopress. Robert, « le fondateur du groupe de rock radical Fraction Hexagone, qui promet « une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme, et une balle pour la police » ou rend hommage à la croix celtique, symbole depuis longtemps récupéré par les groupuscules fascistes »… L’AWB n’est pas si loin que ça… chez lui et dans nos propres banlieues !

Robert, ou Hermant, qui avouera un jour ce en quoi consiste son organisation dite de « fantômes » : le second type de mission demandé aux « fantômes » consiste à organiser la déstabilisation de certains quartiers ou des villes qui ne sont pas acquises aux idées du Front. Là encore, il faut infiltrer. Prendre contact avec des bandes. Inciter à la violence ou à la rébellion. Fournir la logistique dans des quartiers sensibles pour donner aux jeunes la possibilité de s’exprimer par la violence. Dans un quartier, si vous mettez le feu à une voiture, dans l’heure qui suit, neuf fois sur dix vous en avez quinze autres qui brûlent ». On retrouve là même mouvance et les mêmes techniques de déstabilisation que celle du Brandwag, spécialiste des voitures brûlées : tous les mouvements d’extrême droite on les mêmes bases, et les mêmes fonctionnements ! Quand on se pose la question de l’incroyable extension de la violence en Afrique du Sud, à la veille de la Coupe du Monde de football, il ne faut pas chercher bien loin. L’activisme de groupes d’extrême droite y est toujours présent, et les heurts entre ethnies « encouragés ».

Les mêmes habitudes et les mêmes fournisseurs, comme Bernard Courcelle, l’homme de la Françafrique, le responsable du DPS : « M. Courcelle a proposé aux Tchétchènes de leur fournir des instructeurs et des armes. Il a demandé à Marti Cappiau d’ouvrir des comptes en banque, et les Tchétchènes ont fait un premier versement d’un million de dollars. Ils ont demandé un matériel spécifique, assez récent comme des Kalachnikov AK-74, que Bernard Courcelle était capable de vendre sous 24 heures. Mais, à ma connaissance, on leur a fourni des armes datant de l’après-guerre, des AK-47. Les Tchétchènes ont demandé réparation. M. Courcelle a toujours les Tchétchènes derrière lui, pour payer sa dette ». James » Marty Cappiau étant un ancien légionnaire belge recyclé dans le trafic d’armes, « tué le 22 mars 2001, alors qu’il venait d’exécuter Vjekslav Slisko, un « big-boss » de la mafia croate ». Cappiau travaillait pour Jacques Monsieur, dont je vous ai déjà conté les étranges aventures ici-même. L’extrême droite a toujours aimé voir circuler les caisses d’armes. Le responsable du Vlaams Belang, en Belgique, n’est pas l’ancien responsable du port d’Anvers pour rien.

Et il n’est pas islamophobe non plus pour rien : « dans un entretien accordé à l’hebdomadaire juif américain Jewish Week, Filip Dewinter affirme que le Vlaams Belang n’est pas un parti xénophobe mais bien « islamophobe ». Il reproche aussi à l’Europe de ne pas soutenir suffisamment l’entité sioniste ». Admirons la contradiction de l’extrême droite actuelle, toujours coincée entre islamophobie nouvelle et antisémitisme traditionnel. L’ancien patron du Vlaams, Franck Vanhecke, restant dans la lignée d’un racisme bien ordinaire : en mars 1990, il qualifie de « renégat pour son peuple et sa tribu, » le maire d’Amsterdam Ed van Thijn qui vient d’inaugurer une place Mamdela. « Imaginez que le bourgmestre d’Amsterdam qui fait preuve tous les jours de son incapacité à gérer les problèmes de sa ville en matière de drogues, de criminalité, de logement et d’immigration a jugé nécessaire de rebaptiser la prestigieuse Leidseplein en ‘place Nelson-Mandela’, ce qui donna lieu à des manifestations hystériques dans les rues, dignes de l’un ou l’autre bidonville de Kinshasa ou des bas quartiers de Caracas, mais qu’on ne devrait pas voir en Europe occidentale. Ce monument d’incompétence qu’est Van Thijn a en plus trouvé bon de faire la leçon aux Sud-Africains dans un discours prononcé devant à la faune et flore rassemblée. » Vanhecke n’encensera pas non plus pour rien, David Duke, leader antisémite du KKK, invité d’ Ahmadinejad à la conférence du 11 et 12 décembre 2006 à Téhéran sur le négationnisme, tout en se déclarant le plus grand défenseur d’israël existant... le grand écart persiste chez lu et dans tout le mouvement : négationnistes, mais soutenant Netanyahou et Lieberman !

Chez Terreblanche, les armes proviendront… des stocks de la South African Air Force. Le samedi 15 Avril 1990, un groupe comportant Francois Van Rensburg, un des conscrits de la base, adhérent des idées de Terreblanche, commettra un des plus grands vols d’armes survenus dans le pays. Aux commandes d’un camion volé à l’aviation sud-africaine, qui va entrer dans la base, Piet Rudolph, député et leader du Boerestaat Party, membre de l’Afrikaner Volksfront (une coalition hétéroclite d’extrême droite), qui possède le double des clés de l’armurerie. 68 armes seront ainsi volées, dont des pistolets et des fusils d’assaut R5 (le Galil israélien, produite sous licence en Afrique du Sud). Les armes seront remises à un adjoint de Terreblanche, Kallie Bredenhann et à son fils Henk. Elles n’ont jamais été retrouvées. Tout le monde s’est alors posé la question de la facilité avec laquelle le vol avait pu se produire…

Terreblanche, dont les troupes stockent donc des armes volées ou achetées (on découvrira plusieurs de leur caches dans les années 80) et qui essaiera notamment de perturber les élections de 1994, les premières élections multi-raciales en Afrique du Sud, en faisant sauter des bombes qui tueront 21 personnes. Une bombe explosera même à l’aéroport de Johannesbourg. Mais l’option terroriste choisie se révélera d’une rare inefficacité. Ce que n’a pas prévu Terreblanche, en effet, c’est qu’en face il y a un homme beaucoup plus intelligent que lui : Frederik de Klerk, qui aura tôt fait de se servir des attentats comme rebrousse-poil, en traçant un portrait d’un Terreblanche à demi-fou, ce qu’il n’était pas loin d’être à vrai dire. L’homme a en effet déclaré un jour vouloir « tuer tous les Noirs non civilisés ». Le résumé de l’individu, et de son racisme fondamental.

Un racisme qui plaît à ses seules ouailles, et encore. Dans les années 90, son mouvement réunissait en effet 70 000 adhérents, sur une population totale de 3,5 millions de blancs. Il défilait dans les rues de Pretoria comme défilaient les membres du KKK aux Etats-unis, cheval et drapeau en tête. Les actions violentes se sont multipliées ces années là. Avec un Nelson Mandela relâché le le 11 février 1990, Terreblanche sait qu’il a déjà perdu la partie, et radicalise encore davantage son mouvement : « si les attaques perpétrées par l’extrême droite constituaient, en 1989, un pour cent des actes de terrorisme commis en RSA, on estime que ce chiffre a atteint vingt pour cent en 1990. » Piet Rudolph, l’allié de Terreblanche, a en effet déclaré la même année qu« il vaut mieux mourir glorieusement que de vivre dans la dégradation en acceptant l’autorité des Noirs ». Les mouvements d’extrême droite comme le sien ou celui de Terreblanche constituent alors un vrai casse-tête pour le jeune gouvernement noir, car ils bénéficient aussi du soutien… de la police : « on estime que soixante pour cent des policiers blancs sont sympathisants ou membres d’organisations conservatrices. Les commandos ruraux de la SADF semblent également acquis aux visées de la droite, et l’état-major a décidé de retirer l’armement léger de certaines unités pour cette raison. Néanmoins, des vols d’armes commis en avril 1990 par des militants d’extrême droite n’ont pu être opérés qu’avec la complicité de personnels militaires. Enfin l’ancien chef des forces armées, le général Constantin Viljoen, occuperait une position occulte au sein de la droite« . On sait enfin pourquoi l’expédition dans la caserne de l’AirForce a été aussi transparente !

Mais dès la fin des années 90, Terreblanche va se faire doubler par un politicien bien plus adroit que lui, Constand Viljoen, justement, l’ancien chef de la « South African Defence Force », lui aussi d’extrême droite, mais bien plus fin politicien, qui grignotera assez rapidement l’électorat raciste Afrikaner pour totalement isoler le leader de l’AWB. Autant Terreblanche incarne un mouvement purement terroriste, dans les années 90, autant celui de Viljoen présente tous les aspects de la respectabilité : c’est un LePen d’après le captage de l’héritage des Ciments Lambert, en quelque sorte. Tout le monde sait qu’il y a deux carrières chez LePen : avant l’héritage et la fortune, avec bandeau sur l’œil et costume mal taillé, et après avec aspect de respectabilité et belles affiches en couleurs, « offertes » par un imprimeur, Fernand Le Rachinel, qui veut aujourd’hui sa peau (pour un chiffre faramineux d’impayés - 6,3 millions d’euros !). Terreblanche ne l’a pas vu venir, l’homme plus « respectable », et en moins de cinq ans le voilà marginalisé… et emprisonné pour avoir attaqué une station service tenue par un noir, battu à coups de barre de fer avec son vigile ! En réalité, Viljoen, surnommé le « dernier des généraux Boers » lu aussi stockait des armes…. mais n’en faisait pas publicité !

Au sortir de prison en 2004 (il a été condamné le 17 juin 1997 à six ans de prison), Terreblanche recommence son grand cirque habituel, chevauchant sur la porte de la prison son cheval (noir) appelé Attila (les gens d’extrême droite manquent d’imagination !). Mais il n’est plus rien et ne représente plus rien. Il a beau faire le 16 décembre 2005, un discours où il raille la langue anglaise choisie par le pouvoir comme preuve de son renoncement national, le « jour de la réconciliation » (le « jour du vœu », du 7 décembre 1838, sous l’apartheid, rebaptisé !), rien n’y fera : c’est devant une centaine de personnes qu’il parle désormais. Mandela a gagné, et lui a perdu. On se moque de ses interventions grandiloquentes… et on lui prête également une aventure avec une journaliste (blonde) sud africaine, Jani Allan, etc… Une vraie « blonde », celle-là, devenue chrétienne « born again » en 1994, qui va en faite détruire ce qui lui reste de notoriété. La fin de la carrière de l’Hitler austral va sombrer en effet dans le grotesque. Il l’était déjà avant, mais l’affaire Allan va le laminer littéralement.

Cela commence par une interview où il sera présenté sous son meilleur angle : Allan s’en excusera plus tard en disant « qu’elle ne connaissait pas le pouvoir de persuasion d’Hitler ! », et ça se terminera d’une façon assez atypique. Des témoins ayant vu à plusieurs reprises la blonde et Terreblanche ensemble, après l’article dithyrambique, des rumeurs d’amourette commençant à fleurir, et un des membres de l’AWB, Cornelius Lottering, ne va rien de trouver mieux que d’aller poser une bombe en dehors de l’appartement de la journaliste, qui explosera en volatilisant tous les carreaux du voisinage. On n’est jamais mieux trahi que par les siens ! En réalité, Terreblanche poursuivait bien la journaliste de ses assiduités : après l’avoir expédiée en Angleterre, le responsable du journal où elle travaillait publiera la correspondance enflammée du « supremacist », ruinant encore un peu plus sa réputation : l’agenda d’Allan servira à un procés intenté par Terreblanche, dans lequel elle avait noté ses fantasmes et décrits ses sous-vêtements verts… à trous : l’homme deviendra alors la risée de toute la presse du pays !

On accusera plus tard Tertius Myburgh, l’éditeur du magazine ou travaillait Allan, d’avoir eu des liens avec le « South African Bureau of State Security » voire de travailler pour le National Party, pour élliminer définitivement Terreblanche du circuit politique. Et effectivement, en 2008, à la fin de de son histoire de  »cœur », il n’est plus rien, l’ancien leader aux dessous troués. Ses amours grotesques l’ont éliminé du circuit. Il tente vainement la même année de recourir à la Cour internationale de justice de La Haye pour exiger la création d’un état blanc Afrikaner, peine perdue. Comme supporter de l’idée, on retrouve… Lugan, qui, dans la revue Identités, (une revue du Front National) prône lui aussi la création d’un État blanc d’Afrique du Sud, seul susceptible selon lui de maintenir la « survie de l’identité blanche« . Un Lugan qui écrira pour se défendre un texte qui résonne bizarrement aujourd’hui : « Je n’ai jamais défendu l’apartheid. J’ai en revanche toujours dit que les colons hollandais avaient l’antériorité de la présence sur environ un quart du pays et que la création d’une province ou d’un Etat national sur un espace réduit de l’ancienne Afrique du Sud était le seul moyen d’éviter à la tribu afrikaner le sort peu enviable qui est aujourd’hui celui des Blancs du Zimbabwe ». Voilà qui nous rappelle d’autres revendications similaires sur « l’antériorité de la présence « …

Retrouvé samedi dernier dans sa ferme de Ventersdorp, battu et sévèrement touché au visage par des coups de panga, le couteau-machette de bois local, Eugène Terreblanche disparaît dans la violence, après l’avoir attisée toute sa vie. « Sa milice de protection, armée jusqu’aux dents et joignable 24 heures sur 24 par SMS, n’aura pas eu le temps de le sauver » note Libération. Espérons que ce soit bien la dernière fois que lui et ses idées fassent la une des journaux, et qu’il n’y aura personne pour reprendre ses élucubrations. L’arrestation en décembre dernier des membres d’un obscur culte pro-blanc, le Jesurun Brotherhood, en ce sens, n’est pas faite pour rassurer. Un groupe lié à celui des Suidlanders, qui répand la rumeur comme quoi tous les blancs seront tués à la mort de Mandela… au milieu de leur fatras intellectuel, des citations du Deutéronome ! La dernière fois, donc, on l’espère. A part hélas pour Bernard Lugan, bien entendu, qui cumule, visiblement, lui, et devient certainement le seul à regretter aujourd’hui Eugène Terreblanche…

PS : pour ceux qui auraient déjà oublié Steve Biko, mort le 12 septembre 1977, personnellement, je ne l’ai jamais oublié. Merci, Peter Gabriel, d’avoir fait connaître son sort, merci !!!

 

September ’77

Port Elizabeth weather fine

It was business as usual

In police room 619

Oh Biko, Biko, because Biko

Oh Biko, Biko, because Biko

Yihla Moja, Yihla Moja

-The man is dead

 

When I try to sleep at night

I can only dream in red

The outside world is black and white

With only one colour dead

Oh Biko, Biko, because Biko

Oh Biko, Biko, because Biko

Yihla Moja, Yihla Moja

-The man is dead

 

You can blow out a candle

But you can’t blow out a fire

Once the flames begin to catch

The wind will blow it higher

Oh Biko, Biko, because Biko

Yihla Moja, Yihla Moja

-The man is dead

 

And the eyes of the world are

watching now

watching now

 

http://www.centpapiers.com/l%E2%80%99homme-qui-voulait-pendre-mandela/12327/

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 20:02

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Nous avons, bien souvent, cette fâcheuse habitude de résumer toute l’oeuvre de Kateb Yacine par rapport à Nedjma. Or Kateb, c’est aussi Mohamed prends ta valise, L’homme aux sandales de caoutchouc, Palestine trahie, Saout nissa (Voix de femmes), ou encore Les Ancêtres redoublent de férocité. Cet enfant des Keblouti est non seulement un monument de la littérature algérienne et maghrébine, mais aussi une figure de proue du 4e art en Algérie. C’est justement de ce dramaturge insurgé, qu’il a été question dans le film documentaire de Djillali Khellas, La Patrie au coeur, le théâtre de Kateb Yacine.
Aidé par Nazim Souissi et Belkacem Bellil, réalisateurs exécutifs, ce romancier et chroniqueur va nous donner, tout au long de 77 minutes, un aperçu de ce qu’a été le théâtre katébien. Pour ce faire, Djillali Khellas va réaliser une série d’entretiens avec des spécialistes du 4e art, des universitaires et des comédiens qui ont côtoyé le père de Nedjma. «Personnellement, j’ai rencontré Kateb Yacine à l’âge de 23 ans. C’est un personnage étrange, il faut dire qu’on n’a jamais vu un personnage pareil dans la littérature algérienne», fera remarquer M.Khellas, quelques minutes avant le début de la projection.
Un homme généreux et exceptionnel, un romancier insolent et d’un immense talent, Kateb Yacine fut aussi et surtout un dramaturge d’une audace jamais égalée, un intellectuel engagé et révolutionnaire. A travers son théâtre contestataire, Kateb a su dire, mieux que quiconque, la révolte des peuples opprimés. Il n’a jamais hésité à mettre son talent à la disposition d’une cause, celle de son peuple en premier lieu. «C’est l’un des premiers écrivains qui s’est attaqué au colonialisme», dira Ahmed Cheniki, écrivain et critique de théâtre. Les événements de Mai 1945 furent, dans ce sens, déterminants pour cet écrivain hors pair. D’autres spécialistes sollicités évoqueront sa rencontre avec Jean-Marie Serreau qui adaptera Le Cadavre encerclé en 1958. Plus qu’un art, le théâtre fut pour Kateb Yacine une arme qu’il utilisait, «sans modération», pour crier les injustices dont souffraient les gens. Son seul souci, était celui de faire parvenir son message et toucher le plus grand nombre de personnes par n’importe quel moyen. Il n’hésitera donc aucunement à écrire ses pièces en arabe dialectale ou en arabe algérien. «Je suis contre l’idée d’arriver en Algérie par l’arabe classique, parce que ce n’est pas une langue populaire, je ne peux m’adresser au peuple tout entier même s’il n’est pas lettré, je veux avoir accès au grand public, pas seulement les jeunes, et le grand public comprend les analphabètes», affirmait-il. Le Cadavre encerclé, Les Ancêtres redoublent de férocité et La Poudre d’intelligence regroupées dans Le Cercle des représailles, Kateb, les a écrits en langue française. Son «insolence» et son irrévérence seront les raisons pour lesquelles, il sera «exilé» avec sa troupe, sous le règne de Boumediene, à Ténira, un village près de Sidi Bel Abbès. Cela ne va pas décourager l’intellectuel engagé qu’il était. Avec très peu de moyens, il réussira à monter de nombreuses pièces de théâtre exprimant sa révolte et sa contestation. «Notre théâtre n’avait pas besoin d’argent, à peine si on avait où placer quelques cintres pour accrocher nos costumes. Ce qui était indispensable, c’était l’intelligence et l’amour», témoignera Fadhila Assousse, une comédienne qui faisait partie de la troupe de Kateb. Et à Hacène Assousse, un autre comédien de la troupe de renchérir: «A l’époque, il n’y avait pas beaucoup de salles en Algérie, mais cela ne constituait pas un obstacle, le théâtre de Kateb n’était pas destiné aux espaces clos, on jouait également en plein air.» Cette expérience originale que fut celle de la troupe katébienne est un exemple duquel de nombreux dramaturges pourraient s’inspirer.

 

Hadjer GUENANFA

 

http://www.lexpressiondz.com/article/3/2010-04-12/75212.html

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 18:51

 

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Le ministre des Affaires étrangères Ali Chami s'est rendu hier à Téhéran pour participer à un congrès sur « la sécurité internationale et la non-prolifération des armes nucléaires » qui doit se tenir les 17 et 18 avril. Chami est accompagné du directeur des affaires administratives par intérim Ali al-Habhab, de son conseiller juridique Wassim Wehbé et de la directrice de l'information au ministère Magida Karaki.
Avant son départ, le ministre Chami a déclaré à l'aéroport : « Nous nous rendons à Téhéran pour participer à ce congrès très important sur le désarmement nucléaire dans le monde. En tant que Libanais et qu'Arabes, nous appelons les États-Unis et tout pays occidental à ne pas ignorer l'arsenal nucléaire israélien. » Chami a rappelé que tous les sommets arabes ont proposé de faire du Moyen-Orient une zone sans armes nucléaires, mais non dépourvu de potentiel nucléaire civil. Il a ajouté que l'Iran, à l'instar des pays arabes, cherche à se doter de l'énergie nucléaire à des fins civiles alors qu'Israël possède tout un arsenal de missiles à tête nucléaire. Selon lui, il faut donc chercher à pousser la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu'il accepte de signer le traité de non-prolifération des armes nucléaires. En réponse à une question, il a affirmé que le fait pour la communauté internationale de cibler l'Iran en ignorant Israël a des répercussions négatives sur la paix dans la région. Chami a ajouté qu'avec ou sans armes nucléaires, Israël a une politique agressive envers les pays arabes et ses violations de la résolution 1701 ont atteint 6 500 violations depuis l'adoption de cette résolution.
Le ministre des AE a évité de répondre directement à une question sur la possession par le Hezbollah de missiles Scud, rappelant que c'est Israël qui occupe un territoire libanais et qui multiplie les agressions et les violations des résolutions internationales. Dans ces conditions, le peuple libanais, l'armée et la résistance ont le droit d'utiliser tous les moyens légitimes, y compris les armes, pour défendre leur pays.

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 19:37

 

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Malgarai Ahmadshah a travaillé comme interpète pour les Forces armées de juin 2007 à juin 2008.

Photo: Reuters

 

(Ottawa) Arrestations sommaires, transferts d'innocents aux autorités afghanes, tentative de camouflage d'un meurtre ; de nouvelles allégations explosives ont relancé, mercredi, le débat sur le transfert de prisonniers par les militaires canadiens en Afghanistan.

Dans un témoignage incendiaire devant le comité spécial sur la mission canadienne en Afghanistan, un ancien interprète qui a travaillé pour les Forces armées de juin 2007 à juin 2008, Malgarai Ahmadshah, a affirmé que les autorités canadiennes «sous-traitaient la torture» sciemment.

Citoyen canadien d'origine afghane, M. Ahmadshah, dont le nom de code dans l'armée canadienne était Pasha, estime que les militaires impliqués dans le transfert des prisonniers étaient bien aux faits des méthodes utilisées par les services de sécurité afghans (NDS) pour soutirer des informations à des détenus.

«Ils utilisaient la NDS pour sous-traiter la torture», a souligné l'interprète pashtou-anglais, qui agissait aussi à titre de conseiller auprès de l'ancien commandant de la Force opérationnelle interarmées en Afghanistan.

M. Ahmadshah a relaté plusieurs exemples de personnes innocentes, dont un homme de 90 ans, qui auraient été arrêtées par les Forces armées canadiennes, puis remises aux autorités afghanes sur la base d'un examen de résidus d'explosifs qu'il a qualifié de «ridicule». «Tout le sol afghan est contaminé de fertilisant», a-t-il expliqué, ayant lui-même échoué à ce test en cherchant à démontrer son point de vue pour alerter ses supérieurs des dangers encourus dans le transfert de prisonniers.

Sur la base de témoignages qu'il a recueillis auprès des détenus, M. Ahmadshah a conclu que l'armée canadienne aurait commis un impair, tuant à bout portant, par derrière, un homme non armé lors d'un raid à l'été 2007. L'interprète aurait par la suite entendu une conversation dans laquelle un militaire a affirmé : «C'est un meurtre et ils tentent de le camoufler.»

Le comité spécial de la Chambre des communes se penche sur le dossier des détenus afghans depuis le témoignage controversé du diplomate Richard Colvin, qui a affirmé en novembre dernier qu'Ottawa savait que tous les prisonniers transférés aux autorités afghanes couraient le risque d'être torturés, ce qui contreviendrait aux conventions de Genève.

Crédibilité

Dans un contre-interrogatoire musclé, le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense, Laurie Hawn, a cherché à miner la crédibilité du témoin, en affirmant que ce dernier n'avait aucune information ni preuve de ce qui était arrivé aux détenus transférés aux autorités afghanes.

«Tous les généraux militaires qui sont venus témoigner devant ce comité, et qui ont dit qu'il n'y avait aucune preuve de mauvais traitement, vous les traitez de menteurs ?» a lancé M. Hawn, furieux.

Le critique libéral en matière d'affaires étrangères, Bob Rae, a jugé que le témoignage de M. Ahmadshah était «très important» et qu'il méritait qu'on s'y attarde davantage.

«On ne peut pas sous-estimer à quel point ces allégations sont très sérieuses», a dit M. Rae, répétant qu'une commission d'enquête serait le seul moyen de faire toute la lumière sur le dossier. «Ceux qui sont accusés ont le droit de se défendre», a-t-il ajouté.

«Le gouvernement ne peut plus, après ce témoignage, maintenir sa position de déni», a renchéri le député néo-démocrate Jack Harris.

Selon le député du Bloc québécois Claude Bachand, les affirmations de M. Ahmadshah viennent relancer complètement le débat sur le transfert des prisonniers.

«C'est un témoignage aussi percutant que celui de M. Colvin. Quand on regarde ses lettres de créances, cet individu est blindé. Il connaît bien le terrain, la tradition afghane, a souligné M. Bachand. Je trouve la réaction du Parti conservateur épouvantable.»

Alors que le gouvernement tente depuis des mois de discréditer la version de Richard Colvin, deux autres diplomates ont affirmé, mercredi, avoir alerté Ottawa des risques que les prisonniers transférés aux autorités afghanes soient torturés.

En matinée, le diplomate Nicholas Gosselin a affirmé, devant la Commission d'examen des plaintes contre la police militaire, avoir alerté à de nombreuses reprises, en 2008, les autorités canadiennes d'allégations de mauvais traitements des prisonniers transférés, dans des rapports pour la plupart inconnus jusqu'à ce jour.

Au comité parlementaire, en après-midi, l'ex-numéro 2 du Canada en Afghanistan, Eileen Olexiuk, a affirmé, à l'instar de M. Colvin et de M. Ahmadshah, que les problèmes de mauvais traitements infligés aux détenus par les services de sécurité afghans étaient bien connus.


http://www.cyberpresse.ca/dossiers/le-canada-en-afghanistan/201004/14/01-4270502-de-nouvelles-allegations-explosives.php

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 16:11

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PRÉSENTATION

 

Le capitalisme connaît en moyenne une crise grave tous les dix ans. Mais un séisme économique d’une aussi forte intensité que celui de l’« automne noir » 2008, il ne s’en produit qu’un seul par siècle.
Aucun autre cependant, avant celui-ci, n’avait conjugué une somme de menaces croisées aussi alarmantes. Tout le système financier – banques, bourses, caisses d’épargne, agences de notation, normes comptables – a craqué. Et une doctrine a fait faillite : celle du néolibéralisme, responsable de la déréglementation des marchés et de la spéculation effrénée de ces trente dernières années. De surcroît, l’ouragan, d’abord immobilier, bancaire, puis boursier, s’est rapidement propagé à l’ensemble du champ économique pour devenir une tempête industrielle et enfin sociale. Tout cela, dans une atmosphère globale déjà alourdie par une triple crise : énergétique, alimentaire, climatique. Et dans un contexte géopolitique marqué par l’affaiblissement de l’hégémonie américaine et par la montée en puissance de la Chine.
La convergence et la confluence de toutes ces tensions, au même moment, dans toute la planète, font de ce cataclysme un krach parfait.

En s’appuyant sur d’éclairants  exemples tirés de l’actualité, Ignacio Ramonet, ancien directeur du Monde diplomatique, décrit comment se sont mis en place, méthodiquement, depuis plusieurs décennies, les éléments (idéologiques, politiques, économiques) qui ont favorisé l’explosion de cette crise. Il explique le fonctionnement précis des mécanismes ayant permis la fabrication du krach et analyse les éventuelles conséquences – sociales et géopolitiques – qui pourraient en résulter. Enfin, il propose l’adoption d’une liste de mesures concrètes pour refonder l’économie sur des bases plus justes et plus démocratiques.

 

Format : 12,5 x 21,5 cm
Nombre de pages : 144
Prix : 18 €
Date de parution : 2009
ISBN : 97827186079

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